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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 12:20

Zaw Lin et Win Zaw Tun, deux immigrés birmans qui ont servis de boucs émissaires lors de l’affaire du double meurtre de deux touristes britanniques, Hannah Witheridge et David Miller, dans l’ile thaïlandaise de Koh Tao, ont été condamnés à mort.

La mère de Zaw Lin éclate en sanglots à l’annonce du verdict

La mère de Zaw Lin éclate en sanglots à l’annonce du verdict

Les deux accusés birmans du crime de Koh Tao ont expliqué qu'on les avait obligés à confesser le double crime. La police les a menacés de les découper en morceaux, de les mettre dans un sac et de le jeter dans une rivière. Les policiers ont aussi dit qu'ils allaient les attacher à des pneus, les recouvrir de pétrole et ensuite y mettre le feu. D’autres rapports affirment que des policiers les ont torturés en les battants et leur versant de l'eau bouillante sur le ventre et les parties génitales. Terrorisés, ces deux Birmans, qui sont visiblement des boucs émissaires, ont avoué. Ils se sont ensuite rétractés lors du procès.

Zaw Lin et Win Zaw Tun, les deux boucs émissaires birmans

Zaw Lin et Win Zaw Tun, les deux boucs émissaires birmans

L'homme clé, dans le cas de l'Affaire de Koh Tao, c'est Warot Tuwichian.

Warot Tuwichian, surnommé Nom Sod (lait frais), âgé de 22 ans, fils de Woraphan Tuwichian, le parrain politicien mafieux de Koh Tao, est probablement le vrai meurtrier. Warot est étudiant à Bangkok. Il se trouvait dans la capitale thaïlandaise le 13 octobre, soit un jour avant le meurtre, mais a disparu du 13 au 15. Le meurtre s'est produit dans la nuit du 14 au 15. Le 15, dans la journée, des témoins ont affirmé avoir vu Warot, l'air inquiet, embarquant à l'aéroport de Surat Thani, la province dont dépend Koh Tao, pour Bangkok.

Selon certains de ses camarades de classe, Warot Tuwichian serait un individu obsédé par le sexe. Il ne parlerait que de cela lors de ses heures libres.

Warot Tuwichian, le probable meurtrier, un individu obsédé par le sexe

Warot Tuwichian, le probable meurtrier, un individu obsédé par le sexe

Des immigrés birmans vivant dans l'ile, ainsi que des expatriés apeurés, ont raconté anonymement à des journalistes que Warot Tuwichian ainsi que cinq de ses amis, l'un d'entre eux étant un policier local connu pour racketter les Birmans, auraient suivis Hannah Witheridge alors qu'elle se rendait du bar à son bungalow en passant par la plage. Le groupe aurait ensuite agressé la jeune fille. David Miller, voyant cela, serait intervenu. Les 6 Thaïlandais avinés l'auraient tué avant de violer Hannah Witheridge à la tournante puis de la massacrer en lui explosant la tête à coup de pierre.

Hannah Witheridge et David Miller, les deux touristes britanniques assassinés

Hannah Witheridge et David Miller, les deux touristes britanniques assassinés

Montage d’affiche "Wanted" avec la photo de Warot Tuwichien fait par un expatrié britannique

Montage d’affiche "Wanted" avec la photo de Warot Tuwichien fait par un expatrié britannique

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 12:01

Un article de Chatwadee Rose Amornpat

Lien:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/12/22/madness-and-loyalty-in-thailand/

 

Malgré le vieux et sage dicton, en Thaïlande les chiens finiront toujours par vous mordre.

Quand j’ai grandis en Thaïlande, mes professeurs m'ont appris beaucoup de proverbes thaïlandais et me demandaient de me conformer strictement à ces maximes.

Ces joyaux du sens commun comprenaient ce qui suit:

Un homme est comme les pattes avant d'un éléphant, tandis qu'une femme est comme ses pattes arrière.

Cela signifie qu’une femme doit toujours se conformer, suivre et être docile.

Un autre proverbe similaire avec l’animal comme motif:

Toujours suivre les anciens et les chiens ne viendront pas vous mordre.

Cela signifie simplement qu’il ne jamais remettre en question les anciens et qu’ainsi vous n’aurez pas de problèmes.

Ce ne sont que deux des nombreux enseignements que les Thaïlandais aînés ont bourrés le crane aux jeunes générations pendant des siècles.

Vu que les proverbes ci-dessus sont encore enseignés dans les écoles thaïlandaises, il n’est pas étonnant que les Thaïlandais soient les gens les plus passifs au monde.

Malgré cela, je trouve triste de voir qu'ils n’osent toujours pas se lever et revendiquer leurs droits.

Évidemment, ces proverbes ne sont pas tous à blâmer.

Des années et des années d'oppression et d'abus et la façon dont les enfants thaïlandais sont élevés, ont été couplé avec la création systématique de la peur par l'armée sous les yeux attentifs du roi, de sa famille et de son cercle de proches, y compris le Conseil privé.

Mais maintenant, la situation politique en Thaïlande se détériore d'heure en heure, particulièrement sous le dernier régime militaire dirigé par le général Prayuth Chan-ocha.

Le général Prayuth, un monarchiste convaincu, n’aurait pas pu avoir été placé dans sa position incontestée sans l'approbation latente du palais. En effet, un jour après s’être emparé du pouvoir de la Première ministre Yingluck Shinawatra en mai 2014, il a eu une audience avec le roi Bhumibol qui lui a donné sa pleine approbation pour son coup d'Etat ainsi que la légitimité en tant que nouveau chef du gouvernement.

Et depuis, nous avons vu une détérioration dramatique des droits politiques et des libertés personnelles en Thaïlande.

Le dimanche 13 décembre 2015, un groupe de policiers et de militaires a arrêté un militant étudiant âgé de 25 ans non armé, Thanet Anantawong.

Etudiant en sciences politiques à l'Université Thammasart, Thanet avait rassemblé des informations sur les infâmes statues des anciens rois thaïlandais installées par l'armée à Rajabhakti Park.

Le projet, supervisé par le général Udomdej Sritrabutra, s’est rapidement transformé en farce et est l'un des pires scandales de corruption de mémoire récente.

Thanet a été entraîné loin de l'hôpital où il était soigné pour un problème rénal, et accusé de diffamation envers la monarchie, alors qu'en fait, il n'a pas prononcé un mot contre tout roi passé ou actuel.

Mais pour sa simple collecte d'informations sur ce scandale, il a été accusé de violation de l'article 112 (crime de lèse-majesté), ainsi que de troubles et d'incitation à des crimes informatiques.

Le lendemain, lundi 14 décembre, un ouvrier d'usine était inculpé de sédition et d’avoir insulté Thongdaeng, le chien préféré du Roi Bhumibol Adulyadej, même si la loi de lèse-majesté ne couvre pas les animaux de la famille royale.

Thanakorn Siripaiboon fait également face à des accusations distinctes de sédition en vertu de l'article 116 du Code pénal pour des messages en ligne alléguant que les membres du Conseil National pour la paix et l’ordre, la junte au pouvoir de Prayuth, sont corrompus.

S’il est reconnu coupable, il risque jusqu'à 37 ans de prison.

Et mardi dernier, un tribunal militaire a condamné une mère célibataire, connu sous le nom de Chayapha, à sept ans de prison pour des articles publiés sur Facebook jugés insultants vis-à-vis du roi.

Quant à savoir pourquoi il y a tant de cas de lèse-majesté sous le présent régime militaire, je ne peux qu’extrapoler qu'il pourrait s’agir d’un remboursement de dette.

Le général Prayuth, venu d'une pauvre famille militaire de bas niveau, a été choyé par la famille royale depuis le temps où il était à l'École militaire Chulachomklao.

Son père a obtenu un grade de sergent avant sa retraite, et Prayuth est associée à la faction des gardes de la reine. Il a toujours été proche de la famille royale, et est probablement reconnaissant au roi et la reine pour son poste actuel de premier ministre.

Quelle meilleure manière de montrer sa gratitude et sa fidélité que par les poursuites arbitraires pour lèse-majesté, peu importe combien ridicule puisse être les cas.

Ou peut-être qu’il y a une autre raison. Peut-être que la Thaïlande a finalement sombré dans les aboiements fous.

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 12:13

Daranee Charnchoengsilpakul (Da Torpedo), emprisonnée depuis aout 2008, a été condamnée à 18 ans de prison pour "crime de lèse-majesté" le 28 aout 2009, peine ramenée à 15 ans lors d’un procès en appel en 2011. A moins d’être graciée, elle restera donc en prison jusqu’en aout 2023.

L’exilé politique Giles Ji Ungpakorn avait écrit un article en septembre 2009 pour soutenir Daranee.

Le voici:

L’affaire Da Torpedo replonge la Thaïlande dans l’Age des Ténèbres.

Le mois dernier Daranee Charnchoengsilpakul (Da Torpedo) a été condamnée à 18 ans de prison pour "crime de lèse-majesté" après un procès tenu en secret à Bangkok. Ceci est juste un autre exemple de la façon dont la Thaïlande en vient rapidement à ressembler à des pays autoritaires comme la Corée du Nord. L’utilisation de la loi sur la sécurité intérieure pour empêcher des manifestations pacifiques des Chemises rouges pro-démocratie et la façon dont le Premier ministre non élu, Abhisit, a exhorté l’armée à tuer des manifestants en avril de cette année (2009) sont d’autres exemples. Ce qui est aussi choquant, c’est la manière dont il y a eu un silence complet des soi-disant "militants des droits de l’homme" ou des ONG et des universitaires sur ce qui se passe en Thaïlande. Ceci ne peut être décrit que comme une situation honteuse. La politique à long terme d’Amnesty International de tourner le dos aux détenus de conscience thaïlandais, emprisonnés pour lèse-majesté, est aussi épouvantable. Elle remet en question le rôle de cette organisation.

Da Torpedo n’a jamais commis un acte de violence. Elle n’a jamais tué personne ni détruit de biens de quiconque. Elle est une militante pro-démocratie qui a fait des discours en public. Elle a été emprisonnée pour 18 ans pour avoir fait ces discours. En Thaïlande, les officiers de l’armée et des fonctionnaires de l’Etat qui commettent des crimes violents contre les gens sont libres de jouir du pouvoir et des privilèges. Le pire des crimes aux yeux des élites thaïlandaises au pouvoir, est de penser pour soi-même et d’exprimer ses pensées. C’est pourquoi Da est en prison […]

Les élites thaïlandaises veulent que nous soyons des imbéciles. Ils veulent que nous fassions ce qui nous est dit et que nous soyons fidèles à la Nation, à la Religion et au Roi. Lorsque le leader éternue, nous devons tous éternuer. S’il porte une chemise rose, nous devons tous en porter une aussi. Nous devons tous croire qu’il a inventé tout ce qui est de valeur dans le pays. Les élites veulent nous faire ramper sur le sol devant eux comme si nous n’étions pas humains. Nous devons sourire comme des idiots et chanter à l’unisson que nous "aimons notre roi et la patrie". Le problème dans la société thaïlandaise a toujours été que les dirigeants sont corrompus, brutaux et barbares, tandis que le peuple est généralement bon. Pourtant, "Ils" revendiquent le droit de nous faire la leçon et de nous intimer d’être bon.

La démocratie ne pousse pas sur les arbres ou ni ne nous tombent dans les mains comme un fruit mûr. Nous devons tous nous battre pour elle et ce doit être une lutte collective. Cela signifie que nous ne devons jamais oublier Da Torpedo […] ni aucun autre prisonnier d’opinion dans les prisons thaïlandaises. Nous devons faire campagne pour l’abolition de la loi de lèse-majesté.

Source

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article14927

Daranee Charnchoengsilpakul (Da Torpedo)

Daranee Charnchoengsilpakul (Da Torpedo)

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 16:33

Le 19 mai 2010, dernier jour de la sanglante répression contre les Chemises rouges à Bangkok, leurs supporters d’Ubon manifestaient pour montrer leur colère contre cette tuerie. Peu après, la marie de la ville brulait mais heureusement, personne n’a été victime de l’incendie. Le gouvernement d’alors, dirigé par la marionnette de l’armée, le tristement célèbre Abhisit Vejjajiva, a évidemment accusé les Chemises rouges du forfait.

Quatre Chemises rouges, probablement innocents, purgent actuellement une peine de 33 ans de prison depuis qu’ils ont été arrêtés en mai 2010. Mais il y a pire. Un leader local des Chemises rouges, Pichet “DJ Toi” Tabuda, qui avait été condamné à 1 an de prison à l’époque ainsi que 2 autres Chemises rouges dont une femme, viennent d’être rejugé par les tribunaux de l’actuelle junte dont le leader, le général Prayut Chan-ocha est l’un des principaux artisans du massacre d’au minimum 91 manifestants chemises rouges à l’époque. Pichet a été condamné à la peine de mort et les 3 autres à la perpétuité mais la justice leur a «gentiment» laissé entendre qu’ils verraient leurs peines diminuées s’ils plaidaient coupable, ce qu’ils ont fait bien sûr. Résultat, Pichet a vu sa peine diminuée de la peine de mort à la perpétuité et les 2 autres de la perpétuité à 33 ans de prison.

Pichet “DJ Toi” Tabuda condamné à la prison à vie

Pichet “DJ Toi” Tabuda condamné à la prison à vie

Mais que s’est-il vraiment passé à Ubon ce jour-là?

La version des Chemises rouges d’Ubon est très différente de la version officielle. La voici:

Les manifestants étaient très en colère mais pacifistes. Ils sont arrivés devant la mairie ou se trouvait déjà de nombreux policiers et militaires et se sont rassemblés devant les grilles du bâtiment. Ils ont ensuite criés des slogans demandant l’arrêt de la répression, la démission du gouvernement et des élections libres. Puis sont apparus plusieurs hommes masqués habillés en noir qui ont poussés les Chemises rouges à renverser les grilles et à envahir le bâtiment. Ces hommes, qui ressemblaient plus à des militaires qu’à des manifestants, parlaient avec l’accent de Korat qui est très diffèrent de celui d’Ubon. Certains d’entre eux ont emprunté des foulards rouges à des manifestants et se les sont enroulés autour de la tête, genre pirate des Caraïbes. Ils ont ensuite commencé à pousser les grilles et ont encouragés les manifestants à les aider, certains se méfiaient mais d’autres, surexcités par l’action, ont suivi. Les policiers et les militaires, postés derrière les grilles, demeuraient impassibles. Ensuite, une fois les grilles tombées, les forces de l’ordre se sont écartées et ont laissé passer les hommes masques ainsi que quelques Chemises rouges et ont ensuite reformés en ligne pour empêcher le gros des manifestants de passer. Les voyous masqués ont alors amené des bidons d’essence et ont commencé à les vider dans le bâtiment puis ont lancés des cocktails molotov pour déclencher l’incendie, tout cela sous le regard passif des policiers et des militaires sur place. Puis, quand le bâtiment a commencé à bien bruler, les hommes masqués se sont retirés et les forces de l’ordre sont alors intervenues contre les manifestants chemises rouges demeurés sur place. 2 Chemises rouges ont été tués par balle et 6 autres ont été blessés (Ces victimes n’ont pas été comptabilisées dans les 91 morts officiels).

Cette version a, bien sûr, toujours été déniée par l’armée thaïlandaise mais Libérez-Somyot a reçu des photos prises par un homme qui tient à rester anonyme. Elles confirment la version des Chemises rouges. Ces photos, qui n’ont jamais été publiées dans les medias, les voici:

Photo 1 : Les Chemises rouges manifestent devant la mairie qui, comme nous pouvons le voir, est bien gardée.

Les Chemises rouges manifestent devant la mairie qui, comme nous pouvons le voir, est bien gardée.

Les Chemises rouges manifestent devant la mairie qui, comme nous pouvons le voir, est bien gardée.

Photo 2 : Les Chemises rouges devant les grilles de la mairie.

Les Chemises rouges devant les grilles de la mairie.

Les Chemises rouges devant les grilles de la mairie.

Photo 3 : Arrivée des hommes habillés en noir qui poussent les Chemises rouges à défoncer les grilles de la mairie. Sur la gauche, nous pouvons voir les forces de l’ordre toujours impassibles.

Arrivée des hommes habillés en noir qui poussent les Chemises rouges à défoncer les grilles de la mairie. Sur la gauche, nous pouvons voir les forces de l’ordre toujours impassibles.

Arrivée des hommes habillés en noir qui poussent les Chemises rouges à défoncer les grilles de la mairie. Sur la gauche, nous pouvons voir les forces de l’ordre toujours impassibles.

Photo 4 : Sous l’œil d’un homme masqué en noir, des Chemises rouges surexcités commencent à pousser les grilles. Bizarrement, les forces de sécurité, présentes lors de la photo précédente, ont mystérieusement disparu.

Sous l’œil d’un homme masqué en noir, des Chemises rouges surexcités commencent à pousser les grilles. Bizarrement, les forces de sécurité, présentes lors de la photo précédente, ont mystérieusement disparu.

Sous l’œil d’un homme masqué en noir, des Chemises rouges surexcités commencent à pousser les grilles. Bizarrement, les forces de sécurité, présentes lors de la photo précédente, ont mystérieusement disparu.

Photo 5 : Les grilles tombent.

Les grilles tombent.

Les grilles tombent.

Photo 6 : Les types masqués rameutent leurs acolytes.

Les types masqués rameutent leurs acolytes.

Les types masqués rameutent leurs acolytes.

Photo 7 : Les hommes masqués en noir dans les jardins de la mairie.

 

Les hommes masqués en noir dans les jardins de la mairie.

Les hommes masqués en noir dans les jardins de la mairie.

Photo 8 : Les policiers et les soldats empêchent la plupart des Chemises rouges de suivre les hommes masqués.

Les policiers et les soldats empêchent la plupart des Chemises rouges de suivre les hommes masqués.

Les policiers et les soldats empêchent la plupart des Chemises rouges de suivre les hommes masqués.

Photo 9 : A part quelques chemises rouges qui ont franchi les grilles avec eux, les hommes masqués sont seuls. Ils préparent des cocktails molotov et apportent un bidon d’essence.

A part quelques chemises rouges qui ont franchi les grilles avec eux, les hommes masqués sont seuls. Ils préparent des cocktails molotov et apportent un bidon d’essence.

A part quelques chemises rouges qui ont franchi les grilles avec eux, les hommes masqués sont seuls. Ils préparent des cocktails molotov et apportent un bidon d’essence.

Photo 10 : Les hommes masqués devant le bâtiment. Il semble qu’il n’y a qu’un seul Chemise rouge avec eux (à gauche sur la photo)

Les hommes masqués devant le bâtiment. Il semble qu’il n’y a qu’un seul Chemise rouge avec eux (à gauche sur la photo)

Les hommes masqués devant le bâtiment. Il semble qu’il n’y a qu’un seul Chemise rouge avec eux (à gauche sur la photo)

Photo 11 : Les hommes masqués font sortir un travailleur de la mairie (le type habillé en bleu foncé avec le masque chirurgical). A l’arrière-plan, d’autres versent de l’essence.

 

Les hommes masqués font sortir un travailleur de la mairie (le type habillé en bleu foncé avec le masque chirurgical). A l’arrière-plan, d’autres versent de l’essence.

Les hommes masqués font sortir un travailleur de la mairie (le type habillé en bleu foncé avec le masque chirurgical). A l’arrière-plan, d’autres versent de l’essence.

Photo 12 : Un homme masqué entouré de ses complices verse de l’essence par la fenêtre. L’unique Chemise rouge (peut-être un de leurs complices) présent sur les lieux les regarde.

Un homme masqué entouré de ses complices verse de l’essence par la fenêtre. L’unique Chemise rouge (peut-être un de leurs complices) présent sur les lieux les regarde.

Un homme masqué entouré de ses complices verse de l’essence par la fenêtre. L’unique Chemise rouge (peut-être un de leurs complices) présent sur les lieux les regarde.

Photo 13 : Cela commence à bruler. Il serait intéressant de retrouver le seul homme sans masque de cette photo qui ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Cela commence à bruler. Il serait intéressant de retrouver le seul homme sans masque de cette photo qui ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Cela commence à bruler. Il serait intéressant de retrouver le seul homme sans masque de cette photo qui ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Photo 14 : Un homme masqué lance un cocktail molotov sur l’édifice.

Un homme masqué lance un cocktail molotov sur l’édifice.

Un homme masqué lance un cocktail molotov sur l’édifice.

Photo 15 : Apres leur forfait, les hommes masqués se retirent. Ils passent tranquillement devant une voiture à gyrophare de la police qui ne les arrête pas. Un autre d’entre eux qui a retiré son masque, ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Apres leur forfait, les hommes masqués se retirent. Ils passent tranquillement devant une voiture à gyrophare de la police qui ne les arrête pas. Un autre d’entre eux qui a retiré son masque, ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Apres leur forfait, les hommes masqués se retirent. Ils passent tranquillement devant une voiture à gyrophare de la police qui ne les arrête pas. Un autre d’entre eux qui a retiré son masque, ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Photo 16 : Apres le retrait des hommes masqués, les policiers et les militaires, qui se trouvaient sur place depuis le début, décident d’intervenir. Il y aura 2 morts et 6 blessés parmi les manifestants chemises rouges restés devant les grilles de la mairie.

Apres le retrait des hommes masqués, les policiers et les militaires, qui se trouvaient sur place depuis le début, décident d’intervenir. Il y aura 2 morts et 6 blessés parmi les manifestants chemises rouges restés devant les grilles de la mairie.

Apres le retrait des hommes masqués, les policiers et les militaires, qui se trouvaient sur place depuis le début, décident d’intervenir. Il y aura 2 morts et 6 blessés parmi les manifestants chemises rouges restés devant les grilles de la mairie.

Sur ces photos il parait évident que ceux qui ont déclenchés l’incendie sont des hommes jeunes. Cependant, parmi les 7 personnes condamnées pour cela se trouve deux femmes et cinq hommes âgés d’au minimum 40 ans. Pichet lui-même est un sexagénaire. Il n’y a pas un seul de ces condamnés qui ne soit coupable des faits qui lui sont reproché.

Aujourd’hui, la Thaïlande vit sous un régime de répression totale. Un homme a même été emprisonné pour s’être moqué du chien du roi. C’est pourquoi il est important de rétablir la vérité face aux mensonges de la classe dirigeante de ce pays.

 

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 13:33

Un article du New York Times

Lien:

http://www.nytimes.com/2015/12/14/opinion/thailands-fear-of-free-speech.html?_r=0

 

Depuis qu'elle a pris le pouvoir grâce à un coup d'Etat militaire en 2014, la junte militaire de la Thaïlande, dirigée par le général Prayuth Chan-ocha, est devenue de plus en plus obsédée par le contrôle du débat public. Cela a atteint des proportions absurdes mercredi dernier, lorsque les policiers thaïlandais ont annoncé qu'ils enquêtaient sur l’ambassadeur des États-Unis Glyn Davies pour une éventuelle violation des lois de lèse-majesté du pays qui font de l’insulte envers la royauté un crime.

L'enquête se concentre sur des remarques que M. Davies a fait le mois dernier réitérant la préoccupation des États-Unis au sujet des efforts déployés par la junte pour freiner la liberté d'expression, en particulier les "longues peines de prison et sans précédent" donnés aux civils par des tribunaux militaires thaïlandais pour violation de cette même loi de lèse-majesté. Le gouvernement devrait savoir que sa décision d'enquêter sur M. Davies ne fait que confirmer la vérité de ce qu'il a dit.

De plus, sa critique bien-fondé des efforts draconiens pour limiter la liberté d'expression ne peut en aucune façon être interprétée comme une insulte vis-à-vis du roi Bhumibol Adulyadej. En fait, M. Davies avait fait l'éloge du roi dans ses remarques. Mais le roi est âgé de 88 et malade, et la junte semble avoir l'intention de maintenir une main de fer sur le pays, au moins jusqu'à après la succession royale.

La junte réprime durement les critiques. Les médias ont été perquisitionnés et des journalistes, ainsi que des universitaires et des politiciens, ont été envoyés dans des camps de "changement d'attitude." Certaines des personnes arrêtées ont disparu.

Des gens ont été condamnés à des décennies de prison pour des messages sur Facebook, et l'armée a apparemment des plans pour réduire le trafic internet vers une passerelle unique qu'elle pourra contrôler.

Pendant ce temps, l'économie autrefois robuste de la Thaïlande s’ecroule et la criminalité a fortement augmenté à Bangkok. Les agriculteurs – la moitié de la population du pays vit dans les zones rurales - souffrent après avoir subis la pire sécheresse depuis des décennies, et l’eau est rationnée dans un tiers du pays.

La junte est également impliquée dans un scandale de corruption impliquant Rajabhakti Park, un site somptueux qui a été bâti pour honorer les rois de Thaïlande. Et, jeudi dernier, l'enquêteur supérieur sur les réseaux de traite des humains en Thaïlande, le major général Paween Pongsirin, a annoncé qu'il avait fui en Australie, où il va demander l'asile. Il a expliqué qu'il craignait pour sa sécurité après avoir exposé la collusion entre les syndicats du crime et les autorités thaïlandaises.

La meilleure façon pour le général Prayuth de calmer la frustration croissante du public et de répondre aux préoccupations légitimes des États-Unis et des autres alliés, est de lutter pour rattraper le retard économique de la Thaïlande, s’attaquer à la corruption dans les rangs de l'armée et faire des progrès vers la rédaction d'une constitution et dans la tenue d'élections pour une transition vers un régime civil, ce que la junte a promis. Un débat public ouvert est essentiel pour ce processus.

Manifestantes thaïlandaises anti-coup d’Etat

Manifestantes thaïlandaises anti-coup d’Etat

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 13:57

Il est inculpé de lèse-majesté pour un "Like" sur Facebook

Une déclaration de Human Rights Watch

Lien:

https://www.hrw.org/news/2015/12/11/thailand-junta-critic-feared-disappeared

 

Les autorités thaïlandaises doivent immédiatement révéler où se trouve Thanakorn Siripaiboon, un critique de la junte thaïlandaise qui serait maintenu en détention militaire secrète depuis le 8 décembre, 2015, a déclaré Human Rights Watch.

Le 8 décembre dernier, les soldats et la police ont arrêté Thanakorn, un ouvrier d'usine de 27 ans, dans sa maison située dans le district Muang de la province de Samutprakarn et l'ont emmené dans un endroit inconnu pour l'interroger sur des allégations de sédition et de lèse-majesté (insulte à la monarchie). Depuis lors, la police, l'armée, et le département des corrections ont nié, à sa famille et ses avocats, toute connaissance du lieu où Thanakorn est détenu, ce qui soulève de graves inquiétudes pour sa sécurité.

"La détention secrète de Thanakorn devrait déclencher des feux rouges clignotants - surtout depuis que les autorités thaïlandaises ont échoué à résoudre les deux cas récents de décès de détenus en détention militaire", a déclaré Brad Adams, directeur pour l'Asie. "La junte de Thaïlande bafoue de plus en plus les protections juridiques internationales en détenant des civils au secret dans des camps militaires."

Thanakorn a été arrêté pour avoir partagé sur Facebook une infographie alléguant que le premier ministre, le général Prayut Chan-ocha, ainsi que d'autres membres de la junte au pouvoir qui s’est auto-nommée le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO), étaient coupable de corruption dans le projet Rajabhakti Park. Rajabhakti Park, un parc nouvellement construit sur un terrain de l'armée qui honore la monarchie en Thaïlande, est en proie à des rapports de détournement de fonds.

Thanakorn fait face à des accusations de violation de la loi sur la cybercriminalité et de l'article 116 du code pénal - l'équivalent de la sédition. Il a également été accusé d'avoir commis un crime de lèse-majesté en vertu de l'article 112 du code pénal pour avoir cliqué "Like" à une image sur Facebook que les autorités considèrent comme offensive envers la monarchie.

Selon une entrevue avec les médias le 9 décembre du major-général Wicharn Jodtaeng, chef du Bureau des affaires juridiques du NCPO, Thanakorn a d'abord été emmené à la Division de la police pour la répression de la technologie criminelle avant d'être placé en détention dans un camp militaire non divulguée pour complément d'enquête. La police de la province de Samutprakarn a dit aux parents de Thanakorn qu'il était détenu à la base militaire de la 11eme armée. Mais sa famille et ses avocats, des avocats thaïlandais pour les droits humains, n’ont pas pu obtenir la permission de lui rendre visite ou de recevoir une confirmation officielle comme quoi il serait effectivement détenu là-bas.

Human Rights Watch a soulevé à maintes reprises de sérieuses préoccupations concernant la détention militaire secrète en Thaïlande. Le risque de disparition forcée, de torture et d'autres mauvais traitements augmente considérablement lorsque les détenus sont maintenus au secret en détention militaire. Les disparitions forcées sont définies par le droit international comme étant l'arrestation ou la détention d'une personne par des agents de l'Etat suivis par un refus de reconnaitre la privation de liberté ou de révéler le sort de la personne ou le lieu où elle se trouve. Les disparitions forcées violent toute une gamme de droits fondamentaux protégés par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) que la Thaïlande a signé, y compris les interdictions contre l'arrestation et la détention arbitraires, la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, et les exécutions extrajudiciaires.

Depuis le coup d’Etat de mai 2014, le NCPO a arrêté des centaines de politiciens, d’activistes, de journalistes et de personnes qu'ils accusent de soutenir le gouvernement précèdent renversé, de manquer de respect ou d'offenser la monarchie, ou d’être impliqué dans des manifestations et des activités anti-junte. Beaucoup de ces personnes ont été détenues au secret dans des camps militaires où elles ont été interrogées sans garanties contre la torture et autres mauvais traitements.

"Le gouvernement thaïlandais devrait mettre fin aux craintes comme quoi Thanakorn soit victime d’une disparition forcée en révélant immédiatement son emplacement et en lui permettant l'accès de sa famille et des avocats", a déclaré Adams. "Les agences des droits de l'homme des Nations Unies et les gouvernements concernés devraient faire pression sur le général Prayut afin que ce dernier mette fin aux détentions secrètes et fournisse un compte rendu complet sur les traitement des détenus en détention militaire."

Thanakorn Siripaiboon

Thanakorn Siripaiboon

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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 12:22

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/12/06/the-role-of-thai-social-movements-in-democratisation/

 

Dans l'histoire politique thaïlandaise récente, nous avons vu un certain nombre de mouvements sociaux qui prétendaient faire campagne pour la démocratie. Parmi les Chemises jaunes, on trouve l'Alliance du Peuple pour la Démocratie (PAD) ou le Comité de la Réforme Démocratique Populaire de Sutep Teuksuban (PDRC) et parmi les Chemises rouges, le Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (UDD) en sont les exemples les plus importants.

C’est une vue de longue date que l'action des mouvements sociaux, ou des acteurs de la société civile, a pour effet d'élargir l'espace démocratique. Pourtant, les mouvements sociaux en eux-mêmes ne sont pas automatiquement des mouvements progressistes pour la démocratie et les droits civils. Ne l’est pas plus la "société civile", lorsqu'elle est définie comme un groupe d’organisations non étatiques souvent composées d'acteurs de la classe moyenne qui seraient donc automatiquement en faveur de la démocratie ou de l'élargissement des droits civils et de la liberté.

Dans le camp conservateur de l'échiquier politique, nous avons "l’Alliance du Peuple pour la Démocratie" et le "Comité de la Réforme Démocratique Populaire". Malgré leurs noms trompeurs ces deux mouvements ont cherché à réduire l'espace démocratique en appelant à un coup d'Etat militaire ou à l'intervention du roi contre un gouvernement élu.

Ces mouvements sociaux sont de très bons exemples de "mouvements sociaux créés par le haut", mobilisés par la classe dirigeante afin de maintenir le statu quo face aux menaces contre leurs privilèges. Nous savons qu'ils ont été mobilisés par le haut parce que bien que ces mouvements eux-mêmes aient été principalement composés de personnes de la classe moyenne, leurs dirigeants étaient de hauts responsables politiques et des hommes d'affaires ayant des liens étroits avec les hauts gradés militaires et le palais. Après le coup d'Etat militaire de 2006, les dirigeants du PAD ont célébré une fête du Nouvel An avec les putschistes et les aristocrates. La Reine et l'une des princesses ont montré leur soutien en assistant à l'enterrement d'un partisan du PAD qui avait été tué par une grenade lancée par un autre membre du PAD (NDT: le PAD a attribué ce meurtre à la police jusqu’à que les preuves démontrant la fausseté de cette affirmation s’accumulent), et, aussi bien les dirigeants du PAD que ceux du PDRC, ont bénéficié d'un traitement préférentiel spécial de la junte militaire et des tribunaux, en particulier lors de l'occupation de l'aéroport international par les membres du PAD en 2008 et le violent sabotage des élections en 2014. Dans les deux cas, l'armée a refusé d'intervenir et de rétablir l'ordre au nom du gouvernement élu. Pourtant, l'armée a utilisé des snipers meurtriers pour tuer près d'une centaine de manifestants chemises rouges en 2010. Ces Chemises rouges occupaient une zone commerçante afin d’exiger des élections démocratiques pour remplacer le gouvernement non élu du Parti Démocrate mis en place par l'armée.

Certains ont aussi essayé de prétendre que les Chemises rouges ou le "Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature" n’étaient que de simples outils politiques de l'ancien Premier ministre Taksin Shinawat. Pourtant, ceci est une erreur fondamentale. Les Chemises rouges ne peuvent pas être classés comme un "mouvement social créé par le haut" pour un certain nombre de raisons. Tout d'abord, la plupart des Chemises rouges croyaient qu'ils luttaient pour élargir l'espace démocratique contre les structures conservatrices ancrées de la classe dirigeante. Ils voulaient la fin du statu quo. Deuxièmement, au niveau communautaire, les Chemises rouges étaient un mouvement auto-organisé de travailleurs venus aussi bien du milieu urbain que rural. Ceci malgré le fait que leur leadership politique soit majoritairement composé d'un groupe d'anciens politiciens du parti de Taksin.

Au fur et à mesure que le mouvement des Chemises rouges se développait, leur conscience de classe grandissait. Les Chemises rouges ont commencé à se surnommer eux-mêmes "serfs" ou "Prai" et beaucoup ont commencé à remettre en question toute la structure de l'élite politique, y compris la monarchie. Des milliers de Chemises rouges ordinaires ont lutté pour la démocratie, la dignité et la justice sociale, tandis que Taksin et ses alliés politiques menaient une campagne très différente afin de retrouver l'influence politique et économique qu'ils possédaient avant le coup d'État de 2006. Toutefois, en même temps, Taksin restait très populaire et influent parmi la plupart des Chemises rouges.

Un facteur mobilisateur important pour les Chemises rouges a été la colère ressentie par des millions de citoyens ordinaires suite à la façon dont ils ont été dépouillés de leurs droits démocratiques par les élites et les classes moyennes.

La division entre les "Rouges" et les "Jaunes" dans la crise actuelle est une division de classe. Il y a une tendance claire, parmi les travailleurs et les agriculteurs pauvres ou de revenu moyen, de soutenir les partis de Taksin et les Chemises rouges, indépendamment de leur situation géographique. Ceci est dû aux politiques pro-pauvres du TRT (NDT: Thai Rak Thai, le parti de Taksin) de soins de santé universels, de création d'emplois et de soutien aux producteurs de riz. Les travailleurs urbains ont bénéficié des politiques pro-pauvres qui ont eu un impact positif sur leurs familles vivant dans les zones rurales. Elles réduisaient leurs engagements financiers vis-à-vis de ces membres de la famille. Mais dans les provinces et à Bangkok, les classes moyennes et les élites ont tendance à voter pour le Parti Démocrate (NDT: un parti antidémocratique de l’élite) et voulaient réduire l'espace démocratique et revenir en arrière à l'époque pré-TRT.

Mais cela n’est pas seulement une simple lutte des classes. En fait, les luttes des classes dans le monde réel sont rarement simples ou pures. La crise thaïlandaise a des dimensions importantes de lutte des classes, mais elles sont compliquées par la faiblesse politique de la gauche et de la classe ouvrière organisée. Voilà pourquoi Taksin pouvait dominer et diriger les Chemises rouges.

Si les mouvements sociaux sont trop étroitement associés à des partis politiques de la classe dirigeante ils finissent par être dirigés, incorporés et dominée par ces partis plutôt que d'être en mesure de pousser pour des changements qui correspondent aux propres objectifs du mouvement. En Thaïlande, les principaux dirigeants de l'UDD étaient soit des politiciens du parti de Taksin ou d’autres qui le sont rapidement devenus après la victoire électorale de Yingluk Shinawat en 2011. Cela a conduit au déclin progressif des Chemises rouges.

Même si un parti chemise rouge progressif devait être bâti à l’avenir, un équilibre devra encore être établi entre les partis politiques et les mouvements sociaux et entre la base spontanée et l’organisation politique. Elles ne sont pas mutuellement exclusives, mais elles dépendent les uns des autres afin de pouvoir apporter des changements.

Une "grande image" marxiste sur les mouvements sociaux décrit souvent les divers mouvements venus de la base comme étant juste un grand mouvement social avec de nombreux bras et jambes, en constante évolution à travers le temps et toujours lié aux mouvements internationaux. Ce "mouvement social" est constamment en train de lutter contre "le système" qui est contrôlé par la classe dirigeante.

Ce point de vue nous permet de voir les Chemises rouges comme étant la continuité des mouvements pro-démocratiques passés tels que le Parti Populaire qui a renversé la monarchie absolue en 1932, les soulèvements pro-démocratie contre l'armée en 1973 et 1992 et la guerre civile d’inspiration communiste des années 1970. Bon nombre des acteurs clés du mouvement chemise rouge ont été impliqués dans certains de ces précédents mouvements. Bien sûr, il y a aussi des militants de ces précédents mouvements qui ont changés de camp et rejoint les mobilisations de l’élite conservatrice. Mais le fait est qu'ils ont changé de camp et soutenus leurs anciens ennemis comme l'armée ou la monarchie.

Aujourd'hui, le défi pour les militants pro-démocratie est de savoir si nous pouvons tous contribuer à la reconstruction d'un mouvement de masse pour la démocratie qui lierait ensemble les problèmes pressants de la société et qui serait allié à un nouveau parti politique organisé et au mouvement ouvrier. Toutefois, aussi braves que les militants étudiants d'aujourd'hui puissent être, leurs protestations symboliques contre la junte ne sont pas suffisantes. Nous avons besoin d'un mouvement de masse.

 

Ceci est une version abrégée d'un document présenté à la Conférence internationale pour l'éducation des droits de l’homme de l'Université Soochow, à Taipei en novembre 2015.

Le lien de la totalité du document (en anglais):

http://bit.ly/1l34Xqe

 

Voir aussi cette vidéo d'introduction:

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 10:10

L’organisation non gouvernementale française de défense de la liberté de la presse, Reporters sans frontières, a condamné dans une déclaration la censure de la version internationale du quotidien américain New York Times.

Lien:

http://fr.rsf.org/thailande-rsf-condamne-la-censure-du-02-12-2015,48606.html

 

A la suite du refus de l’imprimeur thaïlandais du International New York Times de publier un article sur les difficultés économiques de la Thaïlande, l’édition locale du quotidien est apparue le 1er décembre 2015 avec un espace vierge en Une.

Dans son édition thaïlandaise du 1er décembre 2015, la Une du International New York Times fait pâle figure. Un espace vierge apparaît en lieu et place d’un article du journaliste Thomas Fuller sur le mal-être économique de la Thaïlande, dont le quotidien a été amputé par son imprimeur local, l’entreprise Eastern Printing PCL. En Une comme à la page six, à la place de l’article, il est précisé : «L’article prévu à cet emplacement a été enlevé par notre imprimeur en Thaïlande. L’International New York Times et son équipe éditoriale n’ont joué aucun rôle dans son retrait».

L’article en cause, intitulé «Thai spirits sagging with the economy», évoque les difficultés de la junte à relancer l’économie, alors que les militaires avaient promis d’en faire leur priorité lors du coup d’Etat de mai 2014. Il est toujours disponible sur la version en ligne du NYT.

«Nous condamnons vivement la suppression de l’article du International New York Times de l’édition thaïlandaise, nouvel exemple des tabous imposés par la junte à la presse locale et internationale et de l’autocensure généralisée des collaborateurs des médias, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. La politique de répression de l’information doit cesser immédiatement. Cette politique est à l’origine même de certains des problèmes économiques rencontrés par le pays et soulevés par les médias. En empêchant la publication d’analyses économiques, le gouvernement ne fait qu’accroître le problème; le Premier ministre n’est-il pas familier avec l’effet Streisand?»

Le 22 septembre dernier, l’édition asiatique du International New York Times avait déjà été censurée par la même entreprise d’impression et n’avait pas pu être publiée dans son intégralité en raison d’un article de 1300 mots sur la santé déclinante du roi Bhumibol et des interrogations sur sa succession, un sujet hautement sensible en Thaïlande.

Les sujets tabous ne manquent pas en Thaïlande, classée 134eme sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015. Avec le coup d’Etat militaire de mai 2014, la «sensibilité» sur des sujets touchant de près ou de loin à la politique s’est exacerbée. Le 12 novembre dernier, Reporters sans frontières a publié un rapport d’enquête dressant un état des lieux, un an et demi après le coup d’Etat mené par la junte de Prayut Chan-o-cha. Intitulé «Thaïlande: coup d’Etat permanent contre la presse», ce rapport appelle notamment les autorités thaïlandaises à mettre un terme à l’instrumentalisation du crime de lèse-majesté et à abroger les lois et articles de lois répressifs tels que l’article 112, la loi sur la diffamation criminelle et le Computer Crime Act.

A gauche, l’édition normale du 1er décembre 2015 du New York Times, à droite, la même édition diffusée en Thaïlande

A gauche, l’édition normale du 1er décembre 2015 du New York Times, à droite, la même édition diffusée en Thaïlande

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 16:20

Lettre ouverte

A l’Honorable Ambassadeur Glyn T. Davies

The United States Embassy

120-22 Wireless Road

Bangkok 10330, Thailand

 

Lien de la lettre de Chatwadee Rose Amornpat:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/12/02/open-letter-to-us-ambassador-from-chatwadee-rose-amornpat/

 

Monsieur l'Ambassadeur Davies

Nous souhaitons contester les médias contrôlés par la junte thaïlandaise ainsi que les dirigeants de cette dernière, le général Prayuth Chan-Ocha et le général Pravit Wongsuwan, demandant que le gouvernement américain ne se mêle pas des affaires politiques du pays et affirmant que "les Thaïlandais ont été blessés" par les remarques concernant leur loi barbare de lèse-majesté ou l'article 112 de leur Code pénal.

Les royalistes d'extrême droite ont employé la même vieille ligne pour justifier leurs actions illégales, y compris de fréquents coups d'Etat, l'imposition de la loi martiale, et l'actuel article 44 qui donne un pouvoir illimité au chef de la junte, le général Prayuth Chan-ocha.

Nous sommes heureux de constater que des groupes américains et que le gouvernement des Etats-Unis prennent au sérieux les diverses violations du droit par la junte militaire.

Les élites thaïlandaises ont été très ingrates vis-à-vis de votre gouvernement pour les milliards de dollars d'aide que les Etats-Unis ont offert à la Thaïlande pendant une longue période. Comme une claque au visage, la junte thaïlandaise embrasse maintenant la Chine dans son actuelle politique étrangère.

Nous pensons que les Etats-Unis devraient imposer des sanctions économiques plus sévères contre la Thaïlande et des restrictions sur les déplacements des dirigeants de la junte aux États-Unis et dans leurs pays alliés. Si possible, s'il vous plaît, retirez la Thaïlande de la liste des "nations les plus favorisées" en termes d'importation de marchandises thaïlandaises, à moins que l'article 44 ne soit abrogé et les prisonniers politiques libérés.

Nous tenons également à vous informer d'un problème très important qui est l'une des principales causes de tous les problèmes de la Thaïlande et du fait que le processus démocratique soit au point mort dans ce pays. Il s'agit du méprisable article 112 du Code criminel. Cet article est également appelé la loi de lèse-majesté, et interdit aux gens de faire des commentaires ou des critiques constructives envers le roi thaïlandais, même si ces commentaires sont basés sur la vérité.

Cette injuste loi de lèse-majesté a effectivement réduit au silence le peuple thaïlandais en empêchant les gens de dire ce qu'ils pensent. Quand des personnes sont reconnues coupable, cela brise des familles et des proches pendant des années. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent de ceux qui sont accusés de lèse-majesté sont aujourd'hui condamnés par des tribunaux militaires thaïlandais. Cela est encore plus barbare maintenant, parce que les Thaïlandais ordinaires sont obligés de comparaître devant un tribunal militaire! Le procès n'est souvent qu'une session de la cour à huis-clos sans que les médias ne soient autorisés à y assister. Les auteurs présumés de l'article 112 peuvent être envoyés en prison de trois ans à 15 ans pour chaque infraction.

Des centaines de gens sont maintenant emprisonnés dans toute la Thaïlande. Certains servent des sentences de 10 ou 20 ans. Ceci est une parodie de justice. Ce ne sont pas des criminels mais des individus courageux qui osent parler contre cette loi barbare et injuste et ceux qui en bénéficient.

Par exemple, Darunee Charnchoensilpakul a été condamnée à 18 ans de prison sur des accusations de lèse-majesté, le 28 août 2009. Lors du procès, mené en secret dans une cour fermée, elle a été condamnée à six ans pour chacun des trois discours qu'elle a faits lors d'un rassemblement politique. L'affaire a démontré la parodie qu'est le processus judiciaire de la Thaïlande. Elle purge actuellement sa septième année dans une prison thaïlandaise et est en mauvaise santé.

Darunee souffre d'une infection aiguë de la gencive et pourtant le directeur de la prison lui a refusé un traitement médical approprié. Ceci est un moyen pour la torturer encore plus pour avoir critiqué le soi-disant "Père de la Nation." On croit que son mauvais traitement la conduirait à finalement se confesser et demander le pardon du roi thaïlandais. Jusqu'ici, Darunee refuse d'admettre qu'elle a fait quelque chose de mal.

Un autre prisonnier en vertu de l'article 112 qu'il convient de mentionner ici est Somyot Prueksakasemsuk, un ancien rédacteur en chef d'un magazine pro-démocratie qui a été condamné à 11 ans de prison pour avoir publié un article jugé lèse-majesté. Lui aussi, il refuse d'admettre qu'il a fait quelque chose de mal et purge maintenant sa cinquième année en prison.

Les prisonniers en vertu de l'Article 112 ou de la lèse-majesté sont aussi maltraités par leurs codétenus. Lors des jours fériés royaux, les détenus se voient régulièrement offrir une réduction de peine; sauf les prisonniers pour lèse-majesté qui purgeront toute leur durée en prison.

Lors du prochain anniversaire du roi le 5 décembre, tous les prisonniers de droit commun et leur famille se réjouiront de leur libération ou de leur réduction de peine. Malheureusement, les contrevenants de lèse-majesté ne se verront probablement pas accorder d’indulgence. En fait, ils ne devraient pas avoir été mis en prison en premier lieu, car ils ont tous exprimé leurs commentaires au sujet de la famille royale d'une manière pacifique.

Toute personne peut déposer une accusation de lèse-majesté contre quiconque et la police est tenue d'enquêter sur tous les cas et souvent de compléter le processus jusqu'à la présentation de l'accusé devant la cour. Ne pas le faire peut avoir de graves répercussions pour les enquêteurs. Même si le roi a déclaré lors d'un discours prononcé en 2005 qu'il était en désaccord avec cette loi, il n'a rien fait pour l'abolir. Il a tout le pouvoir pour le faire. Mais rien n'a été fait jusqu'ici.

Cette loi très injuste et pas du tout civilisée donne un pouvoir illimité à la monarchie thaïlandaise afin de faire quoi que ce soit pour ses propres intérêts et sa prospérité! Le bras d'investissement du roi, le Bureau de Propriété de la Couronne (CPB) est le plus grand propriétaire de tous les principaux biens de Bangkok et le principal actionnaire de la Bourse de Thaïlande! Le roi lui-même est le plus riche monarque du monde classé depuis 7 ans comme tel par le magazine Forbes. Dans le même temps, des enfants thaïlandais sont toujours en train de mendier ou de vendre des guirlandes dans les rues de Bangkok pour aider leur famille. Ces enfants devraient être à l'école et non pas vendre des guirlandes ou des fleurs dans les rues!

Les familles pauvres sont contraintes de vendre leurs filles pour la prostitution. Des salaires d’esclaves sont la norme dans la plupart des usines. Des thaïlandais conscients, hommes et femmes, ont dû fuir leur pays parce qu'ils avaient commenté ou révélé trop de choses sur les secrets de la monarchie.

Personne ne peut remettre en question la façon dont le CPB est devenu si riche et puissant. Personne ne peut contester ses comptes ni vérifier si oui ou non le CPB paie des impôts. Ceci est hors du dossier public.

Les Royaux affirment que leur richesse et leurs actifs appartiennent au peuple. Mais nous n’avons pas vu de contributions monétaires considérables pour aider les pauvres de la part du CPB au cours des 60 dernières années! Même les projets royaux sont payés par les contribuables.

En raison de cette loi, la Thaïlande a subie, jusqu'à présent, 19 coup d 'Etat dont le dernier du 22 mai 2014! Le roi thaïlandais approuve les coups d’Etat et pardonne les putschistes!

Aucun des anciens premiers ministres de Thaïlande n'a osé remettre en question la pertinence et la viabilité de cette loi! La plupart des politiciens, des universitaires, des critiques et des journalistes étrangers ignorent ce sujet, de peur d'aller en prison, en raison de la nature perverse de l'article 112! Toute suggestion ou même un léger soupçon de révision de la loi seraient certainement soumis à une inculpation de lèse-majesté!

Les Thaïlandais sont gardés en otage par cette mauvaise loi!

Les États-Unis doivent prendre les devants afin de demander l'abolition de cette très injuste loi ou la Thaïlande continuera à souffrir. L'Union Européenne, le Royaume-Uni, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, l'Inde et tous les pays d'Asie du Sud-Est doivent aussi être unis et imposer des sanctions jusqu'à ce que la Thaïlande et la monarchie thaïlandaise abolissent cette loi barbare.

Cette loi n'est pas une affaire intérieure de la Thaïlande. Elle est l'affaire du monde et tous les citoyens du monde doivent dire au roi thaïlandais que c'en est assez.

Les royalistes thaïlandais, y compris les médias, affirment souvent au monde que le roi thaïlandais est bien aimé par les gens. J'affirme que ce n'est pas la vérité! S'il vous plaît exigent qu'ils abolissent la loi de lèse-majesté et de voir si cette affirmation est encore vraie ou non.

Une dernière chose, la guerre froide a pris fin il y a bien longtemps. Il n'y a plus aucune menace du communisme. Nous comprenons que le gouvernement des États-Unis, pendant la guerre du Vietnam, aient donnés autant de pouvoir au roi afin de servir de tête de pont contre la Chine communiste.

Mais maintenant, la Chine agit davantage comme un grand pays capitaliste et donc, les Etats-Unis ainsi que de nombreux pays démocratiques n'ont pas besoin de la monarchie thaïlandaise. Les Thaïlandais veulent une véritable démocratie, pas une démocratie déformée avec un roi comme chef de l'Etat, un roi qui est en fait un mauvais dictateur déguisé.

Les Thaïlandais n’ont pas besoin d’une monarchie que les contribuables doivent soutenir en payant la somme de 500 millions de dollars par an bien que le monarque thaï soit le plus riche du monde.

La monarchie thaïlandaise est maintenant très impopulaire et détesté par la plupart des Thaïlandais. Seule une poignée parmi la riche élite riche aiment encore la monarchie, parce qu'ils partagent des intérêts commerciaux mutuels.

Nous, le peuple thaïlandais sans voix, dans et en dehors de la Thaïlande, tenons à exprimer notre profonde gratitude pour vos commentaires au Club des correspondants étrangers de Thaïlande, le 25 novembre 2015.

Merci.

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 09:30

Apres des mois d’émeutes afin de renverser le gouvernement élu du Parti Palang Prachachorn, le 26 novembre 2008, les milices fascistes armées des Chemises jaunes du PAD occupent les aéroports internationaux de Bangkok, Don Muang et Suwarnabhumi, et les ferment. La Thaïlande est isolée et des milliers de touristes sont bloqués dans le pays. Dans la ville meme de Bangkok, les miliciens jaunes font régner la terreur. Des partisans du gouvernement sont blessés par balles, d’autres sont battus. Les Chemises jaunes sont soutenus plus ou moins ouvertement par l’armée, le Parti Démocrate, les juges et certains membres du Palais.

Finalement, utilisant le prétexte du désordre, la Cour constitutionnelle dissout le gouvernement élu. A la suite de ce coup d’Etat judiciaire, les élites mettent en place un gouvernement non-élu dirigé par un des plus haïssables politiciens du pays, Abhisit Vejjajiva qui commettra quelques temps après, un massacre contre des manifestants pacifiques qui soutenaient la démocratie.

A ce jour, aucun de ces criminels n’a été puni.

Voici deux articles publiés a l’époque par l’universitaire pro-démocratie Giles Ji Ungpakorn, le premier daté du 26 novembre 2008, le second du 2 décembre 2008. Ils proviennent des annexes 3 et 4 de la version française de son livre "Un Coup d'Etat Pour Les Riches"

Lien:

http://www.scribd.com/doc/243049902/Un-Coup-d-Etat-Pour-Les-Riches

 

Les deux articles publiés à l’époque:

 

Des voyous fascistes terrorisent les passagers de l'aéroport international de Bangkok

Giles Ji Ungpakorn le 26 novembre 2008

L'aéroport international de Bangkok a maintenant été fermé par les voyous fascistes du mouvement antigouvernemental P.A.D. Le P.A.D. réclame la démission du gouvernement élu. Et ce, malgré le fait que le gouvernement dispose du soutien de la majorité de la population thaïlandaise et même de la majorité des citoyens de Bangkok. Ce soutien a été réaffirmé par des élections répétées. Le P.A.D. veut qu'une dictature remplace la démocratie parce qu'ils jugent que la majorité de l'électorat est trop ignorante pour mériter le droit de vote.

Comment les voyous du P.A.D. se sont-ils débrouillés pour s'emparer de l'aéroport international de Bangkok ? Les aéroports sont supposés être des zones de haute sécurité. Les aéroports thaïlandais sont contrôlés par les militaires thaïlandais. Il est évident que les militaires thaïs, qui ont organisé un coup d'État illégal en 2006, ont discrètement soutenu les actions du P.A.D. Il est aussi évident que les militaires sont réticents à fournir une sécurité de base aux voyageurs et au personnel aérien. Mais ils sont bien contents de ramasser d'énormes salaires grâce à leur contrôle des Autorités de l'aéroport. Les gouvernements étrangers et les lignes aériennes devraient réexaminer la question du respect des normes internationales de garantie et de sécurité en Thaïlande.

Au début d'octobre dernier, les voyous du P.A.D. ont assiégé le Parlement pour empêcher le Premier Ministre de prononcer un discours de politique générale. Lorsque la police a utilisé du gaz lacrymogène pour essayer de disperser le P.A.D., elle a été unanimement condamnée par les médias thaïlandais et par la plupart des intellectuels de la classe moyenne. Les militants du P.A.D., ce n'est pas secret, sont armés de pistolets, de bombes, d'armes blanches et de bâtons. Ils violent continuellement la loi en toute impunité. Plutôt dans la journée, les voyous du P.A.D. ont été filmés par PBS Thaï TV, en train de tirer sur des chauffeurs de taxi qui essayaient de défendre leur station de radio communautaire pro-démocratie. Les voyous du P.A.D. portaient des images du Roi. Hier, les militants du P.A.D. ont frappé et donné des coups de pied à un officier supérieur de police. La police n'a pas le pouvoir d'agir.

Le P.A.D. est un mouvement royaliste et fasciste qui a de puissants soutiens. En plus de l'armée, ils sont soutenus par la Reine, le soi-disant Parti Démocrate, la Cour de justice, les principaux courants médiatiques, et la plupart des académiciens. Ce qu'ont en commun ces gens est leur complet mépris pour les électeurs thaïlandais qui sont pauvres. Ils sont furieux que le peuple thaï ait voté pour un gouvernement qui a créé un système universel de santé pour les pauvres et leur a offert d‘autres avantages. Ils veulent revenir à une dictature qu'ils appellent "l'Ordre Nouveau". Ils espèrent que la Cour va dissoudre le parti au pouvoir et qu'un "Gouvernement National" autoritaire sera installé. Il est clair que le P.A.D., les militaires, le Parti Démocrate et les classes dirigeantes conservatrices préféreraient voir un chaos complet s‘instaurer en Thaïlande plutôt que d'autoriser la démocratie à fonctionner. Et ceci malgré le fait que nous faisons face à une sérieuse crise économique. Curieusement, les groupes antigouvernementaux sont des néo-libéraux extrêmes qui ne savent guère comment gérer la crise économique ou comment stimuler l'économie. Mis à part le fait de s'opposer aux mesures sociales, ils se sont attaqués à la politique keynésienne de l'ancien gouvernement Taksin.

Et le Roi dans tout ça ? Durant les trois ans de la crise politique, le Roi n'a jamais évoqué le problème. Beaucoup de Thaïlandais pensent qu'il soutient le P.A.D., mais il est plus probable que le Monarque a toujours été trop faible pour intervenir dans n'importe quelle crise.

Ceux qui soutiennent la démocratie et la justice sociale en Thaïlande doivent condamner le P.A.D. et tous les partisans de la dictature. Nous devons être avec les Chemises rouges pro-démocratie bien que nous refusions de soutenir l'ancien Premier Ministre Taksin qui a à son actif des violations des droits de l'Homme. J'espère que tous les amis de la Thaïlande soutiendront nos efforts pour défendre la démocratie thaïlandaise et défendre ceux d'entre nous qui risquent d‘être arrêtés dans l'avenir.

 

La Thaïlande et le coup d’État pour les riches

Giles Ji Ungpakorn le 2 décembre 2008

La Cour constitutionnelle dissout, comme il était à prévoir, un parti élu démocratiquement.

La Cour constitutionnelle de Thaïlande a dissous le parti gouvernemental élu démocratiquement pour la deuxième fois ce mardi 2 décembre, forçant le gouvernement à démissionner. Cela fait suite au refus de l'armée et de la police d‘obéir aux instructions gouvernementales de faire évacuer les deux aéroports occupés par les fascistes armés de l'Alliance du Peuple pour la Démocratie.

L'alliance royaliste contre le gouvernement se compose des fascistes du P.A.D., des militaires, de la police, de la justice, des principaux médias, du Parti Démocrate, de la plupart des intellectuels de la classe moyenne et de la Reine. Ils sont tous derrière ce coup d'État judiciaire. Un des principaux députés du Parti Démocrate est aussi l'un des dirigeants du blocus illégal des deux aéroports de Bangkok. Les Chemises jaunes du P.A.D. ont des gardes armés qui ont plusieurs fois tiré sur leurs opposants. Ils utilisent continuellement la violence et demandent maintenant des "patrouilles communes" avec la police. Le P.A.D. a constamment violé la loi et pourtant il est intouchable. Lors d'une des rares occasions où les dirigeants du P.A.D. furent traduits devant un tribunal, la justice les libéra sous caution et ils commirent à nouveau les mêmes crimes, encore et encore.

La majorité de la population thaïlandaise, qui est pauvre, fait face à un double drame. Premièrement, l'élite royaliste fait tout son possible pour lui retirer ses droits démocratiques de base. Deuxièmement, il y a une perte d'emplois énorme parmi les travailleurs de l'industrie touristique suite au blocage de l'aéroport. Des emplois dans l'agriculture et dans l'électronique sont aussi touchés et, bien sûr, nous devons faire face à la grave crise économique mondiale. Les élites se moquent complètement du fait que l'économie thaïlandaise s'écroule et que la Thaïlande redevienne une nation pauvre du Tiers-Monde. Dans ce genre de pays, les élites continuent de vivre avec le même niveau de vie que les riches des pays développés. Les protestataires du P.A.D. sont des extrémistes de la classe moyenne qui n'ont pas à aller travailler, d‘où la durée de leurs manifestations de protestation.

Les conservateurs nous affirment constamment que les pauvres sont trop stupides pour avoir le droit de vote. L'armée a fait un coup d'État en 2006 et réécrit la constitution dans le but de réduire l'espace démocratique et aussi de s'absoudre eux-mêmes de leurs crimes. L'électorat a voté répétitivement et avec un nombre en constante augmentation pour le parti gouvernemental, que ce soit le Thaï Rak Thaï qui conduisit l'ancien Premier Ministre Taksin Shinawat au pouvoir, ou pour son successeur, le Parti du Pouvoir du Peuple (P.P.P.). Maintenant, les politiciens du Pouvoir du Peuple forment un nouveau parti, le Parti Pua Thaï. Une élection honnête sera-t-elle organisée ? Les élites vont-elles organiser le truquage pour faire gagner leurs candidats ?

Quel est la racine profonde de cette crise?

La racine profonde de cette crise n'est pas la corruption du gouvernement Taksin dans le passé. Ce n'est pas non plus l'achat des votes, ni le désir de mettre en place un meilleur gouvernement, d‘obtenir le respect des droits civils et de la loi. Les politiciens de tous les partis, démocrates inclus, sont connus pour acheter les votes. Les élites, qu'elles soient politiciennes, fonctionnaires ou militaires ont toutes une histoire de grosse corruption. Et même lorsqu‘elles ne violent pas la loi, elles se sont enrichies sur le dos des travailleurs et des petits paysans thaïlandais. Le Parti Démocrate est farci de millionnaires de ce type.

Paradoxalement, le parti Thaï Rak Thaï a contribué à réduire l'importance de l'achat des votes parce qu'il a été le premier parti depuis des décades à avoir une politique qui soit réellement bénéfique pour les pauvres. Il a mis en place un système de santé universel et des fonds keynésiens d'aide aux villages. Le peuple a voté sur la base d'une telle politique. Le Parti Démocrate et les élites conservatrices haïssent l'alliance entre le parti des affaires de Taksin et les pauvres. Ils ne peuvent supporter l'idée qu'un gouvernement utilise les fonds publics pour améliorer la vie des pauvres. C'est pourquoi l'alliance anti-gouvernementale est contre la démocratie. Le P.A.D. propose donc de réduire le nombre de députés élus et d‘en finir avec le principe "un homme, une voix". Le mépris des élites conservatrices pour les pauvres et pour la démocratie est la cause profonde du problème. Ils sont prêts à violer la loi quand ça les arrange.

Quelle est la solution? Les chefs d‘entreprises et les élites royalistes réclament un gouvernement national non élu. Les dirigeants du Parti Démocrate se sont portés "volontaires" pour fournir le Premier Ministre. Un tel gouvernement national compléterait le coup d'État judiciaire en faveur des riches. Ce serait une victoire pour le P.A.D. et une défaite pour l'électorat.

Les Chemises rouges, qui ont été organisés par des politiciens du gouvernement, sont actuellement le seul espoir de la démocratie thaïlandaise. Ils sont maintenant devenus un authentique mouvement de masse des pauvres pour la démocratie. C'est eux qui représentent la société civile et non pas les fascistes du P.A.D. Les intellectuels thaïlandais n'ont pas réussis à comprendre ce fait de base. Il faut cependant préciser que, parmi les Chemises rouges, beaucoup conservent leurs illusions sur l'ancien Premier Ministre Taksin. Ils oublient les violations des droits de l'Homme dans le Sud et la guerre contre la drogue au cours de laquelle des centaines de gens furent exécutés sommairement comme trafiquants de drogue sans preuves ni procès. Mais ces questions de droits de l'Homme ne préoccupent pas plus le P.A.D et ses amis.

Tout au long de cette crise de trois ans, la majorité des ONG (en particulier l'ONG Coordinating Committee) ont échoué à soutenir la démocratie. Beaucoup d'entre elles ont soutenu le coup d'État et la constitution militaire. Maintenant, soit elles restent silencieuses, soit elles font écho aux demandes du chef de l'armée qui a déclaré, une semaine avant la dissolution du gouvernement, que celui-ci devait démissionner. Ils n'ont essayé à aucun moment de construire un mouvement social pour soutenir la démocratie. Beaucoup, parmi les membres des ONG, pensent que les pauvres ne sont "pas assez éduqués et manquent d'information pour voter". On peut cependant citer quelques ONG honnêtes : la Midnight University de Chiang-Mai, quelques sections du mouvement des travailleurs, des groupes de la nouvelle génération des ONG activistes et du mouvement Turn Left.

La crise économique.

Des millions d'emplois sont sur le point de disparaître à cause de la crise économique et des troubles de la société thaïlandaise. Les gens vont être ramenés vers la pauvreté. A l'heure actuelle, le Parti Démocrate, l'armée, les élites conservatrices et la plupart des ONG n'ont pas la moindre idée ou se moquent complètement de la défense nécessaire du niveau de vie des pauvres. Ils chantent les louanges de "l'Économie Suffisante" du Roi et de la discipline fiscale. En d'autres mots, les pauvres devront faire attention à leurs dépenses et apprendre à supporter leur pauvreté tandis que les riches pourront continuer à vivre dans le luxe.

Nous avons désespérément besoin que le gouvernement engage des dépenses massives dans des infrastructures pour la protection de l'emploi et pour une sérieuse politique d'aide sociale. La TVA doit être réduite ou abolie, et un impôt sur la fortune suffisamment élevé doit être payé par tous les riches. Le gigantesque budget de l'armée doit être largement réduit. Les salaires des travailleurs doivent être augmentés. Les paysans pauvres doivent être protégés. Cela ne peut se faire que dans une véritable démocratie. C'est pourquoi nous devons nous opposer à ce "second coup d'État pour les riches".

Ci-dessous, quelques photos des évènements de novembre/décembre 2008 à Bangkok:

Il y a 7 ans, le PAD occupait les aéroports de Bangkok
Il y a 7 ans, le PAD occupait les aéroports de Bangkok
Il y a 7 ans, le PAD occupait les aéroports de Bangkok
Il y a 7 ans, le PAD occupait les aéroports de Bangkok
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Published by liberez-somyot
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