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3 janvier 2016 7 03 /01 /janvier /2016 13:18

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2016/01/03/no-light-on-the-horizon/

 

Alors que commence l’année 2016, les perspectives pour la Thaïlande paraissent sombres. La dictature de Prayut ne montre aucun signe d’essoufflement. Les élections ont été reportées à plusieurs reprises, et même si elles finissent par avoir lieu, la junte espère avoir fixé le système de sorte que les élites conservatrices et militaires restent au pouvoir quel que soit le résultat du vote.

Le généralissime Prayut et sa bande de voyous en uniforme continuent de menacer et de détenir toute personne opposée à la junte. Ceci est réalisé de la manière la plus grossière, mieux illustrée par les "sessions forcées de changement d'attitude" dans des camps militaires, l'intimidation des familles des militants, la poursuite des militants en vertu de la draconienne loi de lèse-majesté, l'utilisation des tribunaux militaires, "l’aménagement" d’accusations douteuses contre des personnes innocentes et les diatribes forte en gueule de Prayut. A plus d'une occasion Prayut a proféré des menaces de violence contre les personnes impliquées dans des manifestations pacifiques, affirmant qu'il y a des hordes de gens patriotiques qui pourraient leur faire du mal. Les avocats, universitaires, étudiants et journalistes ont tous été intimidés.

Des arrestations de militants pro-démocratie en 2015

Des arrestations de militants pro-démocratie en 2015

Ceux qui sont assez courageux pour tenter d’organiser une résistance non-violente contre cette junte illégale sont traînés dans des prisons secrètes par des soldats qui cachent leurs visages. Leurs familles et eux-mêmes ne sont pas informés de leurs allées et venues et les prisonniers sont enfermés dans de petites cellules sans air frais ni lumière du jour.

Sans surprise, il n'y a aucune prétention à l'impartialité. Les moines fascistes et ultra-royalistes sont autorisés et même encouragés à manifester et leur comportement de voyou lorsqu’ils ont sabotés les élections de 2014 a été négligé par les tribunaux. En même temps, les événements pro-démocratie, dont les séminaires universitaires et les expressions pacifiques de l'opposition sont soumis à l'intimidation militaire. La censure est répandue.

L'accusation de l’ancienne première ministre Yingluck pour le système de garantie des prix du riz contraste avec la tentative de blanchir les exactions de la junte au pouvoir et sa corruption.

Tout cela est fait alors que les responsables de la junte ne montrent aucune gêne quand ils racontent des mensonges éhontés au sujet de la démocratie et de bonheur. Ils n’ont pas honte non-plus quand ils expulsent des demandeurs d'asile vers la Chine ou ces derniers font face à une mort certaine ou à l’emprisonnement.

Bien sûr, la junte ne contrôle pas tout. L'énorme scandale de corruption militaire en cours impliquant Rachapak Parc suinte douloureusement de toute part et ne pourra tout simplement pas être étouffé. Elle fait preuve d'incompétence totale dans la résolution de certains crimes très médiatisés tels que l'attentat à la bombe dans le centre de Bangkok et l'assassinat de deux touristes britanniques. Au même moment, l'économie va de plus en plus mal. Ceci n’est pas totalement dû à la mauvaise gestion de la junte, bien que le tourisme soit affecté par la situation politique. Les problèmes économiques de la Thaïlande sont liés au ralentissement économique de la Chine. Mais la junte n'a évidemment pas la moindre idée sur la façon de résoudre cela et elle sera blâmée par la population.

L'épine la plus importante du camp de la dictature est qu'elle a échouée à éradiquer la dissidence. Des manifestations régulières ont lieu en dépit des menaces et des détentions. Mais c’est là que notre camp; le camp pro-démocratie, possède une grave faiblesse. Depuis la disparition des Chemises rouges en tant que mouvement social actif, la nouvelle génération de militants a échoué à construire un nouveau mouvement de masse pour la démocratie. Il n'y a aucune indication comme quoi ils essaieraient même de le faire, préférant agir en petits groupes autonomes, en espérant que des gestes symboliques conduiront en quelque sorte à la restauration de la démocratie. Nous pouvons percevoir le danger de cette stratégie en observant la Birmanie. Depuis 1988, l'insistance de Mme Aung San Suu Kyi pour l’utilisation de gestes symboliques tout en tournant le dos aux mouvements de masse, a signifié que quand elle s’est compromise avec la junte birmane, les deux ont été en mesure de concevoir une imposture de système démocratique qui a reçu des éloges internationaux.

Compte tenu de la domination de l'armée sur le système politique et le palais, que le présent roi vive ou meure n'aura aucune incidence sur l'avenir de la démocratie thaïlandaise.

Dans le court terme, a moins qu’un mouvement social de masse pour la démocratie se rebâtisse, il y a peu d'espoir pour la liberté en Thaïlande.

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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 12:53

Si deux Britanniques avaient été condamnés à mort, et qu’autant de doutes entouraient leur cas, le tollé aurait été énorme

Un article du journal britannique "The Independent"

Lien :

http://www.independent.co.uk/voices/thailand-backpacker-murders-britain-too-quick-to-accept-thai-court-s-verdict-a6791226.html

 

La veille de Noël, un tribunal thaïlandais a condamné deux travailleurs birmans à mort pour l'assassinat des jeunes voyageurs britanniques Hannah Witheridge et David Miller sur une plage de Koh Tao l'année dernière. Les faits sont épouvantables: Mlle Witheridge a été violée avant sa mort et M. Miller matraqué et laissé se noyer dans la mer. La réaction des familles au verdict, se félicitant de la déclaration de culpabilité et cherchant à tirer un trait sur la tragédie, est compréhensible.

Pourtant, de graves questions demeurent et elles ne devraient pas être balayées par déférence à la terrible souffrance que les parents de M. Miller et Mlle Witheridge ont subis. Les travailleurs accusés sont rapidement revenus sur leur confession initiale, affirmant qu'ils avaient avoués après avoir été torturés. La scène du crime aurait été mal géré; l'enquête sur une puissante famille thaïlandaise a été abandonné et le commandant qui a dirigé cette opération transféré; et la pièce maîtresse des preuves liant les deux hommes à Mme Witheridge par l'ADN sur une cigarette n'a jamais été produite au tribunal. L’expert médico-légal le plus connu de Thaïlande a été interdit d'enquête.

Si un bouc émissaire était recherché, ces deux hommes tombent dans la bonne catégorie. Les droits des immigrés birmans sont régulièrement bafoués en Thaïlande. Beaucoup vivent dans des camps de réfugiés. Le Foreign Office s’est précipité pour considérer l'affaire close alors que les avocats de Zaw Lin et de Wai Phyo promettent de faire appel et qu’un jugement de la Cour suprême pourrait suivre. La réputation de la Grande-Bretagne est liée à ce cas: les diplomates ne devraient pas être pressés de suivre la ligne du gouvernement thaïlandais, en particulier du fait du renforcement de la censure et de la répression dû a la junte militaire. Si c’était deux Britanniques qui avaient été condamnées à mort et qu’autant de doutes auraient entourés leur cas, le tollé aurait été énorme. Nous ne devons pas tourner le dos simplement parce que ce sont des Birmans.

 

Quelques liens sur l’affaire de Koh Tao :

http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/12/koh-tao-les-deux-boucs-emissaires-birmans-condamnes-a-mort-tandis-que-les-vrais-coupables-courent-toujours.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/10/double-meurtre-de-koh-tao-l-affaire-ranucci-de-la-thailande.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/11/le-probable-criminel-dans-l-affaire-de-koh-tao-est-protege-par-la-junte-militaire.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/09/ce-que-l-assassinat-des-deux-touristes-britanniques-nous-dit-sur-le-cote-sombre-de-la-thailande.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/12/en-thailande-des-centaines-de-touristes-et-d-expatries-sont-assassines-chaque-annee.html

 

Un expatrié britannique, Ian F., a commenté la version originale de cet article:

Tous les expatriés qui vivent en Thaïlande savent sans aucun doute que les deux jeunes birmans sont innocents de ces crimes. Parmi la communauté d'expatriés, en particulier ceux qui vivent dans ces îles, beaucoup savent que la mafia locale contrôle complètement Koh Tao et que la police et la justice ont été payées afin d'empêcher la poursuite des vrais coupables thaïlandais qui sont le frère et le fils du maire de l’ile et qui ont d’ailleurs été initialement accusés de ces meurtres. Ils ont disparu assez rapidement et avaient déjà été impliqués dans des crimes, y compris des viols. Malheureusement, c’est comme cela que la loi fonctionne en Thaïlande. Si vous avez de l'argent, vous pouvez vous en sortir avec un assassinat comme nous l'avons vu dans ce cas. Ce sont ceux qui sont au bas de l'échelle et qui n'ont pas accès à la justice qui sont utilisés comme boucs émissaires et les Birmans sont, depuis de nombreuses années, traités avec un mépris absolu ici. Je le vois tous les jours sur les chantiers, dans les camps de réfugiés le long de la Salween et ailleurs. Ceci est une grossière erreur judiciaire et le monde doit être conscient de la façon dont la loi fonctionne ici. La Thaïlande n’est pas un pays sûr - à moins que vous ne soyez riche.

En Birmanie, des manifestants protestent contre le verdict injuste de l’affaire de Koh Tao

En Birmanie, des manifestants protestent contre le verdict injuste de l’affaire de Koh Tao

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30 décembre 2015 3 30 /12 /décembre /2015 13:07

Ces derniers temps, l’affaire de Koh Tao, ou deux touristes britanniques ont été assassinés, a fait grand bruit. Voici les liens de quelques articles que Libérez-Somyot a publié précédemment sur cet odieux assassinat qui a vu deux boucs émissaires birmans condamnés à mort à la place du vrai coupable qui n’est autre que le fils du maire de l’ile:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/12/koh-tao-les-deux-boucs-emissaires-birmans-condamnes-a-mort-tandis-que-les-vrais-coupables-courent-toujours.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/10/double-meurtre-de-koh-tao-l-affaire-ranucci-de-la-thailande.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/11/le-probable-criminel-dans-l-affaire-de-koh-tao-est-protege-par-la-junte-militaire.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/09/ce-que-l-assassinat-des-deux-touristes-britanniques-nous-dit-sur-le-cote-sombre-de-la-thailande.html

Mais il ne s’agit pas d’un cas isolé. De nombreux touristes et expatriés sont assassinés chaque année en Thaïlande, principalement dans les plages et les iles du sud du pays. Beaucoup de ces décès sont catalogués comme étant des suicides, une façon bien pratique pour la police de déguiser un meurtre. Le taux de touristes qui se suicident en Thaïlande est le plus élevé, et de loin, au monde. Il ne se passe pas un jour sans que les journaux locaux de Koh Samui, Pattaya ou Phuket n’en répertorient au moins un. Il y a aussi de nombreux touristes qui meurent d’accident cardio-vasculaires, autre moyen de camoufler un meurtre.

Parmi les ambassades des pays occidentaux, seule l'ambassade du Royaume-Uni donne des chiffres clairs et précis sur les décès de ses concitoyens. Le taux de mortalité des autres nationalités, Américains, Français, Allemands, Japonais, Russes ou autres, serait aussi très important mais, jusqu'à maintenant, les ambassades de ces pays se refusent à publier des statistiques.

La province où les touristes et expatriés meurent le plus est Phuket, Surat Thani (Koh Samui, Koh Pangnan et Koh Tao) vient en deuxième et Chonburi (Pattaya) en troisième (mais la situation semble s’améliorer dans cette dernière destination). Selon les statistiques de l’ambassade du Royaume-Uni publiées par le Bangkok Post, 389 Britanniques sont morts en Thaïlande entre juillet 2013 et juillet 2014 ce qui donne un taux de mortalité d'un par jour en moyenne. Ce taux de décès compte les maladies, les accidents, les meurtres et surtout les suicides qui, comme nous l’avons dit plus haut, ne sont souvent que des meurtres déguisés et qui représentent le plus haut pourcentage des décès de ces statistiques.

En 2008, Andrew Spooner, l'auteur du guide anglais Footprint Handbooks sur la Thaïlande, avait déjà sonné le signal d'alarme et écrit un article sur les dangers du pays pour le journal "The independent". Il raconte aussi l’une des rares affaires de meurtre d’un expatrié britannique ou les vrais coupables ont pu être interpellés, juges et emprisonnés.

Voici le lien de l'article en anglais:

http://www.independent.co.uk/news/world/asia/with-so-many-britons-murdered-in-thailand-why-does-our-government-not-warn-of-the-dangers-faced-there-769640.html

Voici la traduction en français:

"Alors qu'il y a autant de Britanniques tués en Thaïlande, pourquoi notre gouvernement ne nous met-il pas en garde contre ​​les dangers de ce pays?

Au moins 17 Britanniques ont été assassinés en Thaïlande depuis 2003 (NDT: Il s'agit de statistiques sur 4 ans) - y compris Toby Charnaud, brutalement assassiné par sa femme thaïlandaise. Maintenant, sa famille veut savoir pourquoi notre gouvernement est si réticent à avertir les gens que le "pays du sourire" est l'un des endroits les plus dangereux au monde pour les Britanniques.

Un article d’Andrew Spooner publié le dimanche 13 Janvier 2008

"Ses doigts tremblaient en allumant une autre cigarette, la précédente fumant encore dans le cendrier. Ses mains étaient moites et il transpirait malgré la fraicheur de l'air conditionné. Il sentait une lourdeur dans le creux de son estomac. C'était la chose la plus terrible qu'il avait fait dans sa vie, et l'attente était la partie la plus difficile".

Ce passage est tiré d'une nouvelle intitulée "Rainfall", écrite en 2003 par Toby Charnaud, un Anglais expatrié vivant dans la station balnéaire chic de Hua Hin, en Thaïlande. Charnaud raconte, avec un sens de l'imminence de la crainte, l'histoire d'un Britannique nommé Guy qui envisage de tuer sa femme thaïlandaise. Pourtant, cette parabole qui donne à réfléchir s'est retourné contre lui, car c'est sa femme thaïlandaise qui l'a tué à la place.

Deux ans plus tard, le 27 mars 2005, Charnaud a lui-même été assassiné dans des circonstances horribles. L'homme de 41 ans a été attiré dans la maison qu'il avait acheté pour son ex-femme thaïlandaise, Panadda Laoruang, près de Hua Hin. Là, après qu'un pistolet fait maison n'ait pas réussi à le tuer, trois hommes embauchés par Laoruang l'ont battu à mort avec un objet lourd. Son corps a été partiellement incinéré dans un barbecue, coupé en petits morceaux et dispersé dans une forêt voisine. Les parents de Charnaud, Jeremy et Sarah, ont ensuite été forcés d'endurer l'insensibilité d'une ambassade britannique sans grâce, l'embauche de détectives privés et de nombreux tests ADN afin de vérifier, plusieurs mois plus tard, que les restes calcinés appartenaient bien à leur fils.

Lors de la tâche épuisante pour découvrir le sort terrible de leur fils, les parents de Charnaud ont découvert une Thaïlande que l'on ne voit pas dans les brochures sur papier glacé de ses autorités touristiques. Ce qui ressort de la mort de Charnaud et de bien d'autres, c'est le fait que la Thaïlande, malgré sa popularité parmi les Britanniques, est l'un des endroits les plus dangereux au monde pour les visiteurs du Royaume-Uni, un fait que le Foreign & Commonwealth Office (FCO) est très réticent à reconnaître.

Né fils d'agriculteur et élevé comme tel, Charnaud ne semblait destiné qu'à n'avoir qu'une seule voie. "Nous avons toujours pensé qu'il allait devenir agriculteur", explique son père. Je suis assis dans la cuisine d'une ferme de campagne dans le petit village de West Kington, où Charnaud et Som (surnom thaï de son épouse Laoruang) ont passé deux années heureuses ensemble.

Charnaud a eu une enfance rurale sans histoire, qu'il partageait avec ses deux sœurs, Marthe et Hannah, et son frère, Matthew, et a commencé ses études dans l'une des meilleures écoles privées de Grande-Bretagne, Marlborough College. Il a ensuite décidé d'étudier au Royal Agricultural College de Cirencester. "Il a rencontré plein de gens là-bas", raconte sa mère. "C'était l'une des périodes les plus heureuses de sa vie."

Après l'obtention de son diplôme, Charnaud a commencé une carrière réussie en tant que "land agent", se déplaçant dans tout le Royaume-Uni et se bâtissant une réputation. C'est durant cette période qu'il a été mordu par le virus du voyage. "Toby a voyagé en Australie, Nouvelle-Zélande, puis a fait un voyage par la route jusqu'en Afrique du Sud", explique son père. La partie du monde qui a vraiment attiré son attention, c'est l'Asie du Sud-Est et, en particulier, la Thaïlande. "Alors qu'il travaillait comme "land agent", il a commencé à voyager beaucoup plus régulièrement", raconte sa mère. "Nous avons su à ce moment-là qu'il commençait à avoir une fascination particulière pour la Thaïlande."

C'est au court d'un de ces voyages que Charnaud a rencontré Laoruang. "Apparemment, elle travaillait comme agent de sécurité dans un grand magasin", raconte sa sœur Hannah. "Ils ont eu une sorte de bref contact mais Toby ne l'a plus vu pendant un certain nombre d'années." Puis, lors d'un voyage, Charnaud s'est heurté à l'improviste à Laoruang et leur romance s'est épanouit. "Toby est ensuite retourné avec nous pour travailler à la ferme", dit son père. "Nous avons remarqué qu'il correspondait avec quelqu'un là-bas et que certains sentiments intenses se développaient."

En octobre 1997, Charnaud et Laoruang se sont mariés lors d'une cérémonie bouddhiste dans le village natal de cette dernière situé dans l'Issan, une région pauvre du Nord-est de la Thaïlande. Martha est le seul membre de la famille du Royaume-Uni qui y a assisté. "Les parents de Som étaient incroyablement accueillant," raconte-t-elle. "Le village lui-même était idyllique, il semblait complètement retiré de la culture de consommation occidentale et je suppose que Toby pensait que Som ne pourrait pas être si facilement séduits par les pièges de cette dernière." Un incident a été remarqué par Martha alors qu'elle était chez la famille de Laoruang: "Som a secoué un arbre et a fait tomber une noix de coco pour nous. Toby a été très impressionné par cela, il semblait totalement séduit."

Peu de temps après le mariage, Laoruang et Charnaud se sont rendus en Grande-Bretagne et ont vécus dans un chalet à West Kington. "Je me sentais très bien avec Som", se rappelle Martha. "Elle était chaleureuse, sympathique et drôle. Nous avions l'habitude d'avoir des petites conversations entre femmes. Bien sûr, je n'ai jamais rien soupçonné. Je veux dire, pourquoi aurais-je dû me méfier?" La femme de Charnaud semblait prendre part à la vie du village anglais. Elle a trouvé un emploi dans une pépinière horticole locale et faisait partie de la famille. "Som était une épouse aimante, elle sympathisait avec la population locale et était bien adapté à la vie de West Kington" explique le père. "Je pensais qu'elle était d'agréable compagnie."

En 1999, suite à la crise de l'agriculture au Royaume-Uni, Charnaud et son épouse ont pris la décision de retourner en Thaïlande. "Elle n'a jamais fait pression sur lui pour repartir", explique son père. "Il était vraiment très enthousiaste avec cette idée." Au début de 2000, le couple, installé depuis à Hua Hin, a eu un fils, Daniel. Avec l'arrivée d'un beau petit garçon, une femme qu'il aimait et une entreprise en plein essor dans l'une des premières villégiatures de Thaïlande, la vie semblaient presque trop belle pour être vraie.

C'est à ce moment que les choses ont commencé à aller mal. "Quand Toby a ramené Som en Grande-Bretagne, nous l'avions accueilli dans notre famille", raconte le père. "Elle semblait toujours douce, une fille thaïlandaise presque naïve", ajoute Hannah. "Mais Som a réussi à jeter de la poudre aux yeux de tous."

En fait, le mariage n'était pas seulement la rencontre de deux personnes, mais de deux cultures très différentes. Pour les Occidentaux vivant en Thaïlande, il est souvent difficile de déchiffrer des codes sociaux et culturels subtils et très complexes du pays. Comme il est courant dans d'autres cultures asiatiques, les Thaïlandais ont tendance à séparer le personnage qu'ils représentent devant le monde de leur caractère intérieur. Maintenir un "jai yen" (un "cœur frais" ou garder son "sang-froid" en restant calme) dans toutes les situations est considérée comme la bonne façon de se comporter. Révéler un "jai rawn" (un "cœur chaud" ou perdre son "sang-froid") en montrant de la colère, en étant direct ou en s'engageant dans une confrontation verbale, c'est risquer de provoquer vous-même et les autres à "perdre la face", et c'est considéré comme une violation grave du protocole social.

Le résultat, pour Laoruang, c'est que quand elle a eu des difficultés, elle a essayé de son mieux pour empêcher que son mari ne les découvre. "J'ai reçu une lettre du Som en 2001 qui disait qu'elle avait eu des ennuis et avait besoin de 5000 livres anglaises pour payer un pot de vin", raconte Martha. "Elle m'a aussi prié de ne pas mentionner la question à Toby." En fait, Laoruang commençait à avoir quelques sérieuses dettes de jeu. Il semble qu'elle ait entamé une liaison avec un policier du coin et se soit impliqué dans des affaires d'or louches. Avec un mari étranger et riche, il est également possible que Laoruang soit devenue une cible pour les arnaqueurs locaux.

En 2004, ses dettes avaient presque ruiné l'entreprise et ses aventures extraconjugales ont détruit sa relation avec Charnaud, qui a donc divorcé. Il a obtenu la garde de Daniel, a mis en place un règlement de divorce généreux qui comprenait une importante somme versée ainsi qu'une allocation mensuelle et le paiement du loyer de Laoruang, puis l'a ensuite viré de l'entreprise. "Vu ce qui s'est passé avec Toby, vous pourriez penser qu'il était tout à fait naïf", raconte Martha. "Mais en fait, il était tout à fait avisé. Il avait vraiment compris la façon thaïlandaise de faire les choses."

Pourtant, l'année suivante, Charnaud est mort. Son destin entre les mains de son ex-femme donne un aperçu tragique d'un aspect tout à fait sombre du soi-disant "pays du sourire". La Thaïlande a l'un des plus hauts taux de meurtres par habitant au monde. Selon l'ONU, en 2000, il se situait à 5140 par an et le total annuel est maintenant supposé être de plus de 6000. Entre les années 2003 et 2006, 17 de ces victimes étaient des ressortissants britanniques, selon le FCO. Parmi ces meurtres, on compte; un meurtre à motivation sexuelle d'une jeune femme britannique; un agent de police thaïlandais exécutant deux routards dans une rue bondée; plusieurs morts par fusillades et égorgements; deux cas d'autres Occidentaux assassinant des ressortissants du Royaume-Uni; et, de façon plus pertinente, plusieurs cas de femmes thaïlandaises ou de membres de leur famille tuant des maris britanniques.

En moyenne, environ 50 ressortissants civils britanniques sont tués dans le monde chaque année (à l'exception des attaques terroristes). Cela signifie que près de 10 pour cent de tous les meurtres de Britanniques à l'étranger sont commis en Thaïlande. C'est un chiffre effrayant, étant donné que la Thaïlande ne reçoit que 0,6 pour cent de tous les voyageurs du Royaume-Uni à l'étranger.

Le taux d'assassinat est peut-être surprenant. Parmi les 420.000 voyageurs britanniques annuels en Thaïlande, un petit pourcentage d’entre eux est victime d'actes criminels. Les Thaïlandais sont des hôtes sympathiques et attachants et, avec leurs célèbres plages, stations balnéaires et des prix bas qui plaisent aux millions de touristes, il est facile de comprendre pourquoi nous sommes tombés amoureux du pays, et qu'actuellement nous comptons parmi la plus forte proportion de visiteurs occidentaux.

Pourtant, son côté sombre est bien visible. Hua Hin, où Charnaud a vécu et travaillé, est l'une des stations balnéaires les plus détendue de Thaïlande, située à 150 miles au sud de Bangkok. Longtemps une escapade de la royauté thaïlandaise, qui a attiré toute une partie de l'élite thaïlandaise dans son sillage, il a une poignée de bars miteux, mais la ville est une image de l'innocence par rapport à Pattaya situé à 150 miles au nord à travers le golfe de Thaïlande. C'est là-bas que les visiteurs étrangers les moins bienvenus du pays rencontrent ses confins les plus sombres, les plus dangereux de la culture thaïlandaise; c'est là-bas que l'énorme industrie du sexe de Thaïlande a son épicentre.

Bien que rien n'indique que Charnaud n'était en aucune façon impliqué dans ce monde - "Toby ne pourrait jamais être appelé un touriste sexuel", dit Hannah, "Je ne peux pas imaginer qu'il soit allé à un club de strip durant tout le temps où il était en Thaïlande, ce n'était pas son style"- il est utile d'inclure Pattaya dans son histoire pour une image plus complète de la société dans laquelle il vécut et mourut; il est considéré par certains que plus de citoyens britanniques terminent de fin violente ici plus que n'importe où ailleurs en Thaïlande (NDT: excepté Phuket et Koh Samui).

Des dizaines de milliers de prostituées travaillent dans les maisons closes, les bars, les rues, les halls d'hôtel, les fronts de plage et même les centres commerciaux de cette ville voyante. Pattaya est aussi l'objet de niveaux élevés d'activité criminelle de gangs internationaux venus de Russie, d'Allemagne, du Royaume-Uni et de Chine. Le nombre de décès des ressortissants britanniques à Pattaya est difficile de déterminer - même si certaines sources affirment que c'est quatre par semaine, ni le FCO, ni les autorités thaïlandaises n'ont toutes les données. Cependant, ce qui peut être spéculé avec une certaine confiance, c'est que sur les 226 décès annuels moyens de citoyens britanniques en Thaïlande enregistrés par le FCO, un grand pourcentage se produit à Pattaya. (Le FCO refuse de donner causes de décès, il faut donc aussi spéculer sur les raisons de ce hotspot morbide. Des preuves anecdotiques suggèrent des causes directes de la mort pour certains, tels que des accidents de la route et des problèmes de santé;. Puis il y a le pourcentage suspect de "suicides", sauter d'un balcon semble être la méthode préférée).

À l'heure actuelle l'information du FCO sur les décès en Thaïlande est limitée. Andy Pearce, chef de mission adjoint à l'ambassade britannique de Bangkok, admet que le taux d'assassinat des Britanniques résident en Thaïlande est environ le même que le taux intérieur thaïlandais, environ cinq fois plus élevé qu'au Royaume-Uni, mais ajoute que ce n'est que une estimation (On estime à environ 50.000 le nombre de résident britannique dans le pays à l'heure actuelle). "Pour publier le nécessaire avertissement sur les taux de meurtre, il faudrait une base statistique plus précise", explique-t-il (NDT: cela a été fait depuis la publication de cet article).

Au début de 2006, juste après le viol brutal et l'assassinat de la jeune routard britannique Katherine Horton sur une plage déserte de Koh Samui, et après une période de 18 mois au cours duquel neuf Britanniques ont été assassinés, le FCO a eu un débat interne révélateur sur les conseils de sécurité qu'ils devraient donner aux ressortissants britanniques voyageant en Thaïlande, comme un e-mail obtenu par la BBC dans le cadre du Freedom of Information Act l'explique: "Le problème avec [le fait de donner des conseils suite au taux d'assassinat] est que cela aurait pour effet de mettre en évidence le nombre de meurtres au cours de la dernière année, ce qui dans les circonstances actuelles pourraient avoir un impact disproportionné sur la réputation de la Thaïlande et nos intérêts commerciaux communs légitimes".

Aucune statistique donnée par les fonctionnaires de l'ambassade britannique n'aurait pu sauver Charnaud. Alors que sa fin a été brutale, les raisons pour lesquelles il est mort n'ont jamais été vraiment claires. "La seule chose que nous savons, c'est qu'elle l'a tué pour des raisons financières", explique Hannah. "Som [qui a été condamné à la prison à vie pour l'assassinat ainsi que trois complices lors d'un procès en septembre 2006] pensait qu'elle pourrait obtenir de l'argent de Toby par leur fils, Daniel. Mais elle n'obtenait jamais un sou. Cela a été un moment horrible pour nous tous", ajoute Martha, "mais la famille ne s'est pas effondré" (Daniel vit maintenant heureux dans le Royaume-Uni avec les membres de la famille).

Pourtant, la famille de Charnaud pense que les fonctionnaires britanniques en Thaïlande auraient pu faire beaucoup plus pour les aider, ce qui a conduit leur député local, James Gray, à poser des questions au Parlement en 2006. "En contraste direct avec les Thaïlandais, qui manipulaient tout depuis le début, notre ambassade s'est révélé insensible, incompétente et inefficace", affirme Hannah. "Lorsque les restes de Toby ont été trouvés, ils nous ont envoyé un email court, avec des détails graphiques. Cela a été fait après que nous ayons parlé à la presse. Ils ont offert de l'aide pour les tests d'ADN, puis ont créés de grandes difficultés."

À un moment donné, quand les restes de Charnaud ont été mis à disposition par la police thaïlandaise alors que toute la famille était de retour au Royaume-Uni, l'ambassade a contacté la famille et a offert d'incinérer le corps. "J'ai dit, 'Quoi? Vous voulez faire la crémation alors que personne n'est là-bas? et ils ont dit "Oui", raconte Hannah. "J'étais stupéfaite. On dirait qu'ils avaient juste envie de se débarrasser du cas."

En 2006, une cérémonie du souvenir pour Charnaud a eu lieu à Hua Hin, ses cendres ont été dispersées dans les eaux miroitantes du golfe de Thaïlande. "C'était l'un des jours les plus durs de ma vie", explique Hannah. Pour les sœurs, les frères, les futures mères et pères des Britanniques tués en Thaïlande, il semble que des jours plus difficiles vont suivre.

"Guy se força à regarder vers le haut. Ses yeux s'écarquillent sous le choc en voyant le fusil dirigé sur lui. Il ne comprenait pas, ne pouvait admettre ce qu'il voyait. Sa dernière pensée, bizarrement, c'est que le silencieux était aussi grand que le pistolet. La jeune fille se glissa dans la chambre. Elle était minuscule avec de grands yeux bruns. Elle regarda le corps de Guy sur le sol, puis l'homme thaïlandais qui glissait l'arme dans la ceinture de son jean. L'expression de son visage exprimait du regret, de la tristesse et du désarroi. Cela passa rapidement..." extrait de "Rainfall" par Toby Charnaud, 1964-2005."

Andrew Spooner est l'auteur du Guide anglais "Footprint Handbooks" sur la Thaïlande

Article d’un journal britannique sur l’assassinat de Charnaud

Article d’un journal britannique sur l’assassinat de Charnaud

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27 décembre 2015 7 27 /12 /décembre /2015 14:12

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/12/27/prayuts-because-i-say-so-law/

 

Non content d'avoir écrit sa propre constitution militaire temporaire juste après le coup d'Etat mai 2014 et nommé ses copains et ses laquais au soi-disant "parlement", le généralissime Prayut applique également la loi "Parce que je le dis". Connu officiellement sous le nom "d’article 44" cette loi confirme que tous les caprices du grand égoïste sont immédiatement inscrits dans la loi, sans aucun argument ou débat. On se demande même pourquoi il dérange son parlement nommé.

L’année 2015 tirant à sa fin, il est utile de revoir la façon dont cette loi a été utilisée.

En avril Prayut a utilisé ses pouvoirs afin de décréter que, après l'annulation de l’état d’urgence, l'armée avait les pleins pouvoirs pour maintenir la paix et la sécurité dans le pays en réprimant toute personne opposée à la junte. Fondamentalement, ce fut la loi martiale utilisée contre les militants politiques, tout en permettant aux commerces et aux entreprises de fonctionner normalement.

Le journal en ligne "Prachatai" a détaillé chaque fois que l'article 44 a été utilisé. Le premier acte a été d'annuler les élections pour les organes administratifs locaux.

Il a également été utilisé pour forcer, à travers des "zones économiques spéciales", le changement d’un trait de l'utilisation des terres. Les recettes de la loterie peuvent être utilisées pour tout projet jugé "bénéfique" par la junte. Taksin a également été dépouillé de son rang dans la police en vertu de cette loi.

Dans un prétendu accès de fermeté, l'article 44 a été utilisé pour contrôler la pêche illégale, mais il est douteux que de véritables changements aient lieu. Cela n’est simplement qu’une tentative pour éviter des sanctions contre les exportations de fruits de mer thaïlandais.

Les jeunes indisciplinés à motos ont été "bannis" de courses dans les rues et leurs parents se sont vus "ordonnés" de discipliner leurs enfants. Tout parent échouant à le faire pourra faire face à une peine de prison ou amende.

L’éradication de la drogue a également été placée entre les mains de l'armée, ce qui permet sans aucun doute aux soldats de faire des profits en faisant des affaires directement avec les barons de la drogue, sans le concours de la police!

Le général a également décrété que le "centre de commande pour résoudre les problèmes de l'aviation civile" serait placé directement sous le contrôle de la junte. Ceci a été décidé après que les organismes internationaux de sécurité aient soulevé de graves préoccupations concernant la sécurité de l'aviation thaïlandaise. Le message de cette dernière décision et de celle du contrôle de la pêche est que "seul le généralissime" peut résoudre les problèmes de la Thaïlande.

Cependant, la grande majorité des décrets de l'article 44 concernent le déplacement, la nomination, le renvoi et l'extension des fonctions des représentants du gouvernement dans une grande variété de services. Tout cela est conçu pour placer des gens de confiance dans des positions de pouvoir et de se débarrasser des opposants .... juste parce que Prayut l’a dit. Il fut un temps où Taksin avait été accusé de nommer ses copains et alliés aux plus hauts postes et cela a été considéré comme de la corruption par les Chemises jaunes royalistes. Mais alors que Taksin avait été élu par un vote démocratique, Prayut a simplement pris le pouvoir par un coup d'Etat militaire, ce qui fait que, dans son cas, c’est bien!

Plus récemment, l’aberrant et vicieux général a fait des rodomontades contre les universitaires pro-démocratie qui sont confrontés à des poursuites pour violation de ses décrets. "S’il est maintenant interdit de parler, alors ils devraient se taire! Il s’agit du même groupe d'universitaires délinquants n’est-ce pas?! Je m’en fiche! S’ils veulent être actifs, alors ils devront faire face aux conséquences de même que ceux qui les suivent! Que se passera-t-il si les gens commencent à tirer sur eux et à leur jeter des bombes? Alors, ils devront juste mourir, n’est-ce pas ?" Le général meurtrier qui a fait abattre des manifestants non armés en 2010 et organisé un coup d'État illégale en 2014, a ajouté: "Est-ce qu'ils enseignent? Ils devraient enseigner aux enfants à être de bonnes personnes et à respecter la loi"!

Voilà l'homme qui dirige la Thaïlande en ce moment. Il devrait être renversé et mis derrière les barreaux.

Le général Prayut

Le général Prayut

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25 décembre 2015 5 25 /12 /décembre /2015 12:20

Zaw Lin et Win Zaw Tun, deux immigrés birmans qui ont servis de boucs émissaires lors de l’affaire du double meurtre de deux touristes britanniques, Hannah Witheridge et David Miller, dans l’ile thaïlandaise de Koh Tao, ont été condamnés à mort.

La mère de Zaw Lin éclate en sanglots à l’annonce du verdict

La mère de Zaw Lin éclate en sanglots à l’annonce du verdict

Les deux accusés birmans du crime de Koh Tao ont expliqué qu'on les avait obligés à confesser le double crime. La police les a menacés de les découper en morceaux, de les mettre dans un sac et de le jeter dans une rivière. Les policiers ont aussi dit qu'ils allaient les attacher à des pneus, les recouvrir de pétrole et ensuite y mettre le feu. D’autres rapports affirment que des policiers les ont torturés en les battants et leur versant de l'eau bouillante sur le ventre et les parties génitales. Terrorisés, ces deux Birmans, qui sont visiblement des boucs émissaires, ont avoué. Ils se sont ensuite rétractés lors du procès.

Zaw Lin et Win Zaw Tun, les deux boucs émissaires birmans

Zaw Lin et Win Zaw Tun, les deux boucs émissaires birmans

L'homme clé, dans le cas de l'Affaire de Koh Tao, c'est Warot Tuwichian.

Warot Tuwichian, surnommé Nom Sod (lait frais), âgé de 22 ans, fils de Woraphan Tuwichian, le parrain politicien mafieux de Koh Tao, est probablement le vrai meurtrier. Warot est étudiant à Bangkok. Il se trouvait dans la capitale thaïlandaise le 13 octobre, soit un jour avant le meurtre, mais a disparu du 13 au 15. Le meurtre s'est produit dans la nuit du 14 au 15. Le 15, dans la journée, des témoins ont affirmé avoir vu Warot, l'air inquiet, embarquant à l'aéroport de Surat Thani, la province dont dépend Koh Tao, pour Bangkok.

Selon certains de ses camarades de classe, Warot Tuwichian serait un individu obsédé par le sexe. Il ne parlerait que de cela lors de ses heures libres.

Warot Tuwichian, le probable meurtrier, un individu obsédé par le sexe

Warot Tuwichian, le probable meurtrier, un individu obsédé par le sexe

Des immigrés birmans vivant dans l'ile, ainsi que des expatriés apeurés, ont raconté anonymement à des journalistes que Warot Tuwichian ainsi que cinq de ses amis, l'un d'entre eux étant un policier local connu pour racketter les Birmans, auraient suivis Hannah Witheridge alors qu'elle se rendait du bar à son bungalow en passant par la plage. Le groupe aurait ensuite agressé la jeune fille. David Miller, voyant cela, serait intervenu. Les 6 Thaïlandais avinés l'auraient tué avant de violer Hannah Witheridge à la tournante puis de la massacrer en lui explosant la tête à coup de pierre.

Hannah Witheridge et David Miller, les deux touristes britanniques assassinés

Hannah Witheridge et David Miller, les deux touristes britanniques assassinés

Montage d’affiche "Wanted" avec la photo de Warot Tuwichien fait par un expatrié britannique

Montage d’affiche "Wanted" avec la photo de Warot Tuwichien fait par un expatrié britannique

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23 décembre 2015 3 23 /12 /décembre /2015 12:01

Un article de Chatwadee Rose Amornpat

Lien:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/12/22/madness-and-loyalty-in-thailand/

 

Malgré le vieux et sage dicton, en Thaïlande les chiens finiront toujours par vous mordre.

Quand j’ai grandis en Thaïlande, mes professeurs m'ont appris beaucoup de proverbes thaïlandais et me demandaient de me conformer strictement à ces maximes.

Ces joyaux du sens commun comprenaient ce qui suit:

Un homme est comme les pattes avant d'un éléphant, tandis qu'une femme est comme ses pattes arrière.

Cela signifie qu’une femme doit toujours se conformer, suivre et être docile.

Un autre proverbe similaire avec l’animal comme motif:

Toujours suivre les anciens et les chiens ne viendront pas vous mordre.

Cela signifie simplement qu’il ne jamais remettre en question les anciens et qu’ainsi vous n’aurez pas de problèmes.

Ce ne sont que deux des nombreux enseignements que les Thaïlandais aînés ont bourrés le crane aux jeunes générations pendant des siècles.

Vu que les proverbes ci-dessus sont encore enseignés dans les écoles thaïlandaises, il n’est pas étonnant que les Thaïlandais soient les gens les plus passifs au monde.

Malgré cela, je trouve triste de voir qu'ils n’osent toujours pas se lever et revendiquer leurs droits.

Évidemment, ces proverbes ne sont pas tous à blâmer.

Des années et des années d'oppression et d'abus et la façon dont les enfants thaïlandais sont élevés, ont été couplé avec la création systématique de la peur par l'armée sous les yeux attentifs du roi, de sa famille et de son cercle de proches, y compris le Conseil privé.

Mais maintenant, la situation politique en Thaïlande se détériore d'heure en heure, particulièrement sous le dernier régime militaire dirigé par le général Prayuth Chan-ocha.

Le général Prayuth, un monarchiste convaincu, n’aurait pas pu avoir été placé dans sa position incontestée sans l'approbation latente du palais. En effet, un jour après s’être emparé du pouvoir de la Première ministre Yingluck Shinawatra en mai 2014, il a eu une audience avec le roi Bhumibol qui lui a donné sa pleine approbation pour son coup d'Etat ainsi que la légitimité en tant que nouveau chef du gouvernement.

Et depuis, nous avons vu une détérioration dramatique des droits politiques et des libertés personnelles en Thaïlande.

Le dimanche 13 décembre 2015, un groupe de policiers et de militaires a arrêté un militant étudiant âgé de 25 ans non armé, Thanet Anantawong.

Etudiant en sciences politiques à l'Université Thammasart, Thanet avait rassemblé des informations sur les infâmes statues des anciens rois thaïlandais installées par l'armée à Rajabhakti Park.

Le projet, supervisé par le général Udomdej Sritrabutra, s’est rapidement transformé en farce et est l'un des pires scandales de corruption de mémoire récente.

Thanet a été entraîné loin de l'hôpital où il était soigné pour un problème rénal, et accusé de diffamation envers la monarchie, alors qu'en fait, il n'a pas prononcé un mot contre tout roi passé ou actuel.

Mais pour sa simple collecte d'informations sur ce scandale, il a été accusé de violation de l'article 112 (crime de lèse-majesté), ainsi que de troubles et d'incitation à des crimes informatiques.

Le lendemain, lundi 14 décembre, un ouvrier d'usine était inculpé de sédition et d’avoir insulté Thongdaeng, le chien préféré du Roi Bhumibol Adulyadej, même si la loi de lèse-majesté ne couvre pas les animaux de la famille royale.

Thanakorn Siripaiboon fait également face à des accusations distinctes de sédition en vertu de l'article 116 du Code pénal pour des messages en ligne alléguant que les membres du Conseil National pour la paix et l’ordre, la junte au pouvoir de Prayuth, sont corrompus.

S’il est reconnu coupable, il risque jusqu'à 37 ans de prison.

Et mardi dernier, un tribunal militaire a condamné une mère célibataire, connu sous le nom de Chayapha, à sept ans de prison pour des articles publiés sur Facebook jugés insultants vis-à-vis du roi.

Quant à savoir pourquoi il y a tant de cas de lèse-majesté sous le présent régime militaire, je ne peux qu’extrapoler qu'il pourrait s’agir d’un remboursement de dette.

Le général Prayuth, venu d'une pauvre famille militaire de bas niveau, a été choyé par la famille royale depuis le temps où il était à l'École militaire Chulachomklao.

Son père a obtenu un grade de sergent avant sa retraite, et Prayuth est associée à la faction des gardes de la reine. Il a toujours été proche de la famille royale, et est probablement reconnaissant au roi et la reine pour son poste actuel de premier ministre.

Quelle meilleure manière de montrer sa gratitude et sa fidélité que par les poursuites arbitraires pour lèse-majesté, peu importe combien ridicule puisse être les cas.

Ou peut-être qu’il y a une autre raison. Peut-être que la Thaïlande a finalement sombré dans les aboiements fous.

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

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20 décembre 2015 7 20 /12 /décembre /2015 12:13

Daranee Charnchoengsilpakul (Da Torpedo), emprisonnée depuis aout 2008, a été condamnée à 18 ans de prison pour "crime de lèse-majesté" le 28 aout 2009, peine ramenée à 15 ans lors d’un procès en appel en 2011. A moins d’être graciée, elle restera donc en prison jusqu’en aout 2023.

L’exilé politique Giles Ji Ungpakorn avait écrit un article en septembre 2009 pour soutenir Daranee.

Le voici:

L’affaire Da Torpedo replonge la Thaïlande dans l’Age des Ténèbres.

Le mois dernier Daranee Charnchoengsilpakul (Da Torpedo) a été condamnée à 18 ans de prison pour "crime de lèse-majesté" après un procès tenu en secret à Bangkok. Ceci est juste un autre exemple de la façon dont la Thaïlande en vient rapidement à ressembler à des pays autoritaires comme la Corée du Nord. L’utilisation de la loi sur la sécurité intérieure pour empêcher des manifestations pacifiques des Chemises rouges pro-démocratie et la façon dont le Premier ministre non élu, Abhisit, a exhorté l’armée à tuer des manifestants en avril de cette année (2009) sont d’autres exemples. Ce qui est aussi choquant, c’est la manière dont il y a eu un silence complet des soi-disant "militants des droits de l’homme" ou des ONG et des universitaires sur ce qui se passe en Thaïlande. Ceci ne peut être décrit que comme une situation honteuse. La politique à long terme d’Amnesty International de tourner le dos aux détenus de conscience thaïlandais, emprisonnés pour lèse-majesté, est aussi épouvantable. Elle remet en question le rôle de cette organisation.

Da Torpedo n’a jamais commis un acte de violence. Elle n’a jamais tué personne ni détruit de biens de quiconque. Elle est une militante pro-démocratie qui a fait des discours en public. Elle a été emprisonnée pour 18 ans pour avoir fait ces discours. En Thaïlande, les officiers de l’armée et des fonctionnaires de l’Etat qui commettent des crimes violents contre les gens sont libres de jouir du pouvoir et des privilèges. Le pire des crimes aux yeux des élites thaïlandaises au pouvoir, est de penser pour soi-même et d’exprimer ses pensées. C’est pourquoi Da est en prison […]

Les élites thaïlandaises veulent que nous soyons des imbéciles. Ils veulent que nous fassions ce qui nous est dit et que nous soyons fidèles à la Nation, à la Religion et au Roi. Lorsque le leader éternue, nous devons tous éternuer. S’il porte une chemise rose, nous devons tous en porter une aussi. Nous devons tous croire qu’il a inventé tout ce qui est de valeur dans le pays. Les élites veulent nous faire ramper sur le sol devant eux comme si nous n’étions pas humains. Nous devons sourire comme des idiots et chanter à l’unisson que nous "aimons notre roi et la patrie". Le problème dans la société thaïlandaise a toujours été que les dirigeants sont corrompus, brutaux et barbares, tandis que le peuple est généralement bon. Pourtant, "Ils" revendiquent le droit de nous faire la leçon et de nous intimer d’être bon.

La démocratie ne pousse pas sur les arbres ou ni ne nous tombent dans les mains comme un fruit mûr. Nous devons tous nous battre pour elle et ce doit être une lutte collective. Cela signifie que nous ne devons jamais oublier Da Torpedo […] ni aucun autre prisonnier d’opinion dans les prisons thaïlandaises. Nous devons faire campagne pour l’abolition de la loi de lèse-majesté.

Source

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article14927

Daranee Charnchoengsilpakul (Da Torpedo)

Daranee Charnchoengsilpakul (Da Torpedo)

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17 décembre 2015 4 17 /12 /décembre /2015 16:33

Le 19 mai 2010, dernier jour de la sanglante répression contre les Chemises rouges à Bangkok, leurs supporters d’Ubon manifestaient pour montrer leur colère contre cette tuerie. Peu après, la marie de la ville brulait mais heureusement, personne n’a été victime de l’incendie. Le gouvernement d’alors, dirigé par la marionnette de l’armée, le tristement célèbre Abhisit Vejjajiva, a évidemment accusé les Chemises rouges du forfait.

Quatre Chemises rouges, probablement innocents, purgent actuellement une peine de 33 ans de prison depuis qu’ils ont été arrêtés en mai 2010. Mais il y a pire. Un leader local des Chemises rouges, Pichet “DJ Toi” Tabuda, qui avait été condamné à 1 an de prison à l’époque ainsi que 2 autres Chemises rouges dont une femme, viennent d’être rejugé par les tribunaux de l’actuelle junte dont le leader, le général Prayut Chan-ocha est l’un des principaux artisans du massacre d’au minimum 91 manifestants chemises rouges à l’époque. Pichet a été condamné à la peine de mort et les 3 autres à la perpétuité mais la justice leur a «gentiment» laissé entendre qu’ils verraient leurs peines diminuées s’ils plaidaient coupable, ce qu’ils ont fait bien sûr. Résultat, Pichet a vu sa peine diminuée de la peine de mort à la perpétuité et les 2 autres de la perpétuité à 33 ans de prison.

Pichet “DJ Toi” Tabuda condamné à la prison à vie

Pichet “DJ Toi” Tabuda condamné à la prison à vie

Mais que s’est-il vraiment passé à Ubon ce jour-là?

La version des Chemises rouges d’Ubon est très différente de la version officielle. La voici:

Les manifestants étaient très en colère mais pacifistes. Ils sont arrivés devant la mairie ou se trouvait déjà de nombreux policiers et militaires et se sont rassemblés devant les grilles du bâtiment. Ils ont ensuite criés des slogans demandant l’arrêt de la répression, la démission du gouvernement et des élections libres. Puis sont apparus plusieurs hommes masqués habillés en noir qui ont poussés les Chemises rouges à renverser les grilles et à envahir le bâtiment. Ces hommes, qui ressemblaient plus à des militaires qu’à des manifestants, parlaient avec l’accent de Korat qui est très diffèrent de celui d’Ubon. Certains d’entre eux ont emprunté des foulards rouges à des manifestants et se les sont enroulés autour de la tête, genre pirate des Caraïbes. Ils ont ensuite commencé à pousser les grilles et ont encouragés les manifestants à les aider, certains se méfiaient mais d’autres, surexcités par l’action, ont suivi. Les policiers et les militaires, postés derrière les grilles, demeuraient impassibles. Ensuite, une fois les grilles tombées, les forces de l’ordre se sont écartées et ont laissé passer les hommes masques ainsi que quelques Chemises rouges et ont ensuite reformés en ligne pour empêcher le gros des manifestants de passer. Les voyous masqués ont alors amené des bidons d’essence et ont commencé à les vider dans le bâtiment puis ont lancés des cocktails molotov pour déclencher l’incendie, tout cela sous le regard passif des policiers et des militaires sur place. Puis, quand le bâtiment a commencé à bien bruler, les hommes masqués se sont retirés et les forces de l’ordre sont alors intervenues contre les manifestants chemises rouges demeurés sur place. 2 Chemises rouges ont été tués par balle et 6 autres ont été blessés (Ces victimes n’ont pas été comptabilisées dans les 91 morts officiels).

Cette version a, bien sûr, toujours été déniée par l’armée thaïlandaise mais Libérez-Somyot a reçu des photos prises par un homme qui tient à rester anonyme. Elles confirment la version des Chemises rouges. Ces photos, qui n’ont jamais été publiées dans les medias, les voici:

Photo 1 : Les Chemises rouges manifestent devant la mairie qui, comme nous pouvons le voir, est bien gardée.

Les Chemises rouges manifestent devant la mairie qui, comme nous pouvons le voir, est bien gardée.

Les Chemises rouges manifestent devant la mairie qui, comme nous pouvons le voir, est bien gardée.

Photo 2 : Les Chemises rouges devant les grilles de la mairie.

Les Chemises rouges devant les grilles de la mairie.

Les Chemises rouges devant les grilles de la mairie.

Photo 3 : Arrivée des hommes habillés en noir qui poussent les Chemises rouges à défoncer les grilles de la mairie. Sur la gauche, nous pouvons voir les forces de l’ordre toujours impassibles.

Arrivée des hommes habillés en noir qui poussent les Chemises rouges à défoncer les grilles de la mairie. Sur la gauche, nous pouvons voir les forces de l’ordre toujours impassibles.

Arrivée des hommes habillés en noir qui poussent les Chemises rouges à défoncer les grilles de la mairie. Sur la gauche, nous pouvons voir les forces de l’ordre toujours impassibles.

Photo 4 : Sous l’œil d’un homme masqué en noir, des Chemises rouges surexcités commencent à pousser les grilles. Bizarrement, les forces de sécurité, présentes lors de la photo précédente, ont mystérieusement disparu.

Sous l’œil d’un homme masqué en noir, des Chemises rouges surexcités commencent à pousser les grilles. Bizarrement, les forces de sécurité, présentes lors de la photo précédente, ont mystérieusement disparu.

Sous l’œil d’un homme masqué en noir, des Chemises rouges surexcités commencent à pousser les grilles. Bizarrement, les forces de sécurité, présentes lors de la photo précédente, ont mystérieusement disparu.

Photo 5 : Les grilles tombent.

Les grilles tombent.

Les grilles tombent.

Photo 6 : Les types masqués rameutent leurs acolytes.

Les types masqués rameutent leurs acolytes.

Les types masqués rameutent leurs acolytes.

Photo 7 : Les hommes masqués en noir dans les jardins de la mairie.

 

Les hommes masqués en noir dans les jardins de la mairie.

Les hommes masqués en noir dans les jardins de la mairie.

Photo 8 : Les policiers et les soldats empêchent la plupart des Chemises rouges de suivre les hommes masqués.

Les policiers et les soldats empêchent la plupart des Chemises rouges de suivre les hommes masqués.

Les policiers et les soldats empêchent la plupart des Chemises rouges de suivre les hommes masqués.

Photo 9 : A part quelques chemises rouges qui ont franchi les grilles avec eux, les hommes masqués sont seuls. Ils préparent des cocktails molotov et apportent un bidon d’essence.

A part quelques chemises rouges qui ont franchi les grilles avec eux, les hommes masqués sont seuls. Ils préparent des cocktails molotov et apportent un bidon d’essence.

A part quelques chemises rouges qui ont franchi les grilles avec eux, les hommes masqués sont seuls. Ils préparent des cocktails molotov et apportent un bidon d’essence.

Photo 10 : Les hommes masqués devant le bâtiment. Il semble qu’il n’y a qu’un seul Chemise rouge avec eux (à gauche sur la photo)

Les hommes masqués devant le bâtiment. Il semble qu’il n’y a qu’un seul Chemise rouge avec eux (à gauche sur la photo)

Les hommes masqués devant le bâtiment. Il semble qu’il n’y a qu’un seul Chemise rouge avec eux (à gauche sur la photo)

Photo 11 : Les hommes masqués font sortir un travailleur de la mairie (le type habillé en bleu foncé avec le masque chirurgical). A l’arrière-plan, d’autres versent de l’essence.

 

Les hommes masqués font sortir un travailleur de la mairie (le type habillé en bleu foncé avec le masque chirurgical). A l’arrière-plan, d’autres versent de l’essence.

Les hommes masqués font sortir un travailleur de la mairie (le type habillé en bleu foncé avec le masque chirurgical). A l’arrière-plan, d’autres versent de l’essence.

Photo 12 : Un homme masqué entouré de ses complices verse de l’essence par la fenêtre. L’unique Chemise rouge (peut-être un de leurs complices) présent sur les lieux les regarde.

Un homme masqué entouré de ses complices verse de l’essence par la fenêtre. L’unique Chemise rouge (peut-être un de leurs complices) présent sur les lieux les regarde.

Un homme masqué entouré de ses complices verse de l’essence par la fenêtre. L’unique Chemise rouge (peut-être un de leurs complices) présent sur les lieux les regarde.

Photo 13 : Cela commence à bruler. Il serait intéressant de retrouver le seul homme sans masque de cette photo qui ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Cela commence à bruler. Il serait intéressant de retrouver le seul homme sans masque de cette photo qui ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Cela commence à bruler. Il serait intéressant de retrouver le seul homme sans masque de cette photo qui ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Photo 14 : Un homme masqué lance un cocktail molotov sur l’édifice.

Un homme masqué lance un cocktail molotov sur l’édifice.

Un homme masqué lance un cocktail molotov sur l’édifice.

Photo 15 : Apres leur forfait, les hommes masqués se retirent. Ils passent tranquillement devant une voiture à gyrophare de la police qui ne les arrête pas. Un autre d’entre eux qui a retiré son masque, ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Apres leur forfait, les hommes masqués se retirent. Ils passent tranquillement devant une voiture à gyrophare de la police qui ne les arrête pas. Un autre d’entre eux qui a retiré son masque, ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Apres leur forfait, les hommes masqués se retirent. Ils passent tranquillement devant une voiture à gyrophare de la police qui ne les arrête pas. Un autre d’entre eux qui a retiré son masque, ne fait pas partie des condamnés d’Ubon.

Photo 16 : Apres le retrait des hommes masqués, les policiers et les militaires, qui se trouvaient sur place depuis le début, décident d’intervenir. Il y aura 2 morts et 6 blessés parmi les manifestants chemises rouges restés devant les grilles de la mairie.

Apres le retrait des hommes masqués, les policiers et les militaires, qui se trouvaient sur place depuis le début, décident d’intervenir. Il y aura 2 morts et 6 blessés parmi les manifestants chemises rouges restés devant les grilles de la mairie.

Apres le retrait des hommes masqués, les policiers et les militaires, qui se trouvaient sur place depuis le début, décident d’intervenir. Il y aura 2 morts et 6 blessés parmi les manifestants chemises rouges restés devant les grilles de la mairie.

Sur ces photos il parait évident que ceux qui ont déclenchés l’incendie sont des hommes jeunes. Cependant, parmi les 7 personnes condamnées pour cela se trouve deux femmes et cinq hommes âgés d’au minimum 40 ans. Pichet lui-même est un sexagénaire. Il n’y a pas un seul de ces condamnés qui ne soit coupable des faits qui lui sont reproché.

Aujourd’hui, la Thaïlande vit sous un régime de répression totale. Un homme a même été emprisonné pour s’être moqué du chien du roi. C’est pourquoi il est important de rétablir la vérité face aux mensonges de la classe dirigeante de ce pays.

 

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14 décembre 2015 1 14 /12 /décembre /2015 13:33

Un article du New York Times

Lien:

http://www.nytimes.com/2015/12/14/opinion/thailands-fear-of-free-speech.html?_r=0

 

Depuis qu'elle a pris le pouvoir grâce à un coup d'Etat militaire en 2014, la junte militaire de la Thaïlande, dirigée par le général Prayuth Chan-ocha, est devenue de plus en plus obsédée par le contrôle du débat public. Cela a atteint des proportions absurdes mercredi dernier, lorsque les policiers thaïlandais ont annoncé qu'ils enquêtaient sur l’ambassadeur des États-Unis Glyn Davies pour une éventuelle violation des lois de lèse-majesté du pays qui font de l’insulte envers la royauté un crime.

L'enquête se concentre sur des remarques que M. Davies a fait le mois dernier réitérant la préoccupation des États-Unis au sujet des efforts déployés par la junte pour freiner la liberté d'expression, en particulier les "longues peines de prison et sans précédent" donnés aux civils par des tribunaux militaires thaïlandais pour violation de cette même loi de lèse-majesté. Le gouvernement devrait savoir que sa décision d'enquêter sur M. Davies ne fait que confirmer la vérité de ce qu'il a dit.

De plus, sa critique bien-fondé des efforts draconiens pour limiter la liberté d'expression ne peut en aucune façon être interprétée comme une insulte vis-à-vis du roi Bhumibol Adulyadej. En fait, M. Davies avait fait l'éloge du roi dans ses remarques. Mais le roi est âgé de 88 et malade, et la junte semble avoir l'intention de maintenir une main de fer sur le pays, au moins jusqu'à après la succession royale.

La junte réprime durement les critiques. Les médias ont été perquisitionnés et des journalistes, ainsi que des universitaires et des politiciens, ont été envoyés dans des camps de "changement d'attitude." Certaines des personnes arrêtées ont disparu.

Des gens ont été condamnés à des décennies de prison pour des messages sur Facebook, et l'armée a apparemment des plans pour réduire le trafic internet vers une passerelle unique qu'elle pourra contrôler.

Pendant ce temps, l'économie autrefois robuste de la Thaïlande s’ecroule et la criminalité a fortement augmenté à Bangkok. Les agriculteurs – la moitié de la population du pays vit dans les zones rurales - souffrent après avoir subis la pire sécheresse depuis des décennies, et l’eau est rationnée dans un tiers du pays.

La junte est également impliquée dans un scandale de corruption impliquant Rajabhakti Park, un site somptueux qui a été bâti pour honorer les rois de Thaïlande. Et, jeudi dernier, l'enquêteur supérieur sur les réseaux de traite des humains en Thaïlande, le major général Paween Pongsirin, a annoncé qu'il avait fui en Australie, où il va demander l'asile. Il a expliqué qu'il craignait pour sa sécurité après avoir exposé la collusion entre les syndicats du crime et les autorités thaïlandaises.

La meilleure façon pour le général Prayuth de calmer la frustration croissante du public et de répondre aux préoccupations légitimes des États-Unis et des autres alliés, est de lutter pour rattraper le retard économique de la Thaïlande, s’attaquer à la corruption dans les rangs de l'armée et faire des progrès vers la rédaction d'une constitution et dans la tenue d'élections pour une transition vers un régime civil, ce que la junte a promis. Un débat public ouvert est essentiel pour ce processus.

Manifestantes thaïlandaises anti-coup d’Etat

Manifestantes thaïlandaises anti-coup d’Etat

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13 décembre 2015 7 13 /12 /décembre /2015 13:57

Il est inculpé de lèse-majesté pour un "Like" sur Facebook

Une déclaration de Human Rights Watch

Lien:

https://www.hrw.org/news/2015/12/11/thailand-junta-critic-feared-disappeared

 

Les autorités thaïlandaises doivent immédiatement révéler où se trouve Thanakorn Siripaiboon, un critique de la junte thaïlandaise qui serait maintenu en détention militaire secrète depuis le 8 décembre, 2015, a déclaré Human Rights Watch.

Le 8 décembre dernier, les soldats et la police ont arrêté Thanakorn, un ouvrier d'usine de 27 ans, dans sa maison située dans le district Muang de la province de Samutprakarn et l'ont emmené dans un endroit inconnu pour l'interroger sur des allégations de sédition et de lèse-majesté (insulte à la monarchie). Depuis lors, la police, l'armée, et le département des corrections ont nié, à sa famille et ses avocats, toute connaissance du lieu où Thanakorn est détenu, ce qui soulève de graves inquiétudes pour sa sécurité.

"La détention secrète de Thanakorn devrait déclencher des feux rouges clignotants - surtout depuis que les autorités thaïlandaises ont échoué à résoudre les deux cas récents de décès de détenus en détention militaire", a déclaré Brad Adams, directeur pour l'Asie. "La junte de Thaïlande bafoue de plus en plus les protections juridiques internationales en détenant des civils au secret dans des camps militaires."

Thanakorn a été arrêté pour avoir partagé sur Facebook une infographie alléguant que le premier ministre, le général Prayut Chan-ocha, ainsi que d'autres membres de la junte au pouvoir qui s’est auto-nommée le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO), étaient coupable de corruption dans le projet Rajabhakti Park. Rajabhakti Park, un parc nouvellement construit sur un terrain de l'armée qui honore la monarchie en Thaïlande, est en proie à des rapports de détournement de fonds.

Thanakorn fait face à des accusations de violation de la loi sur la cybercriminalité et de l'article 116 du code pénal - l'équivalent de la sédition. Il a également été accusé d'avoir commis un crime de lèse-majesté en vertu de l'article 112 du code pénal pour avoir cliqué "Like" à une image sur Facebook que les autorités considèrent comme offensive envers la monarchie.

Selon une entrevue avec les médias le 9 décembre du major-général Wicharn Jodtaeng, chef du Bureau des affaires juridiques du NCPO, Thanakorn a d'abord été emmené à la Division de la police pour la répression de la technologie criminelle avant d'être placé en détention dans un camp militaire non divulguée pour complément d'enquête. La police de la province de Samutprakarn a dit aux parents de Thanakorn qu'il était détenu à la base militaire de la 11eme armée. Mais sa famille et ses avocats, des avocats thaïlandais pour les droits humains, n’ont pas pu obtenir la permission de lui rendre visite ou de recevoir une confirmation officielle comme quoi il serait effectivement détenu là-bas.

Human Rights Watch a soulevé à maintes reprises de sérieuses préoccupations concernant la détention militaire secrète en Thaïlande. Le risque de disparition forcée, de torture et d'autres mauvais traitements augmente considérablement lorsque les détenus sont maintenus au secret en détention militaire. Les disparitions forcées sont définies par le droit international comme étant l'arrestation ou la détention d'une personne par des agents de l'Etat suivis par un refus de reconnaitre la privation de liberté ou de révéler le sort de la personne ou le lieu où elle se trouve. Les disparitions forcées violent toute une gamme de droits fondamentaux protégés par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) que la Thaïlande a signé, y compris les interdictions contre l'arrestation et la détention arbitraires, la torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants, et les exécutions extrajudiciaires.

Depuis le coup d’Etat de mai 2014, le NCPO a arrêté des centaines de politiciens, d’activistes, de journalistes et de personnes qu'ils accusent de soutenir le gouvernement précèdent renversé, de manquer de respect ou d'offenser la monarchie, ou d’être impliqué dans des manifestations et des activités anti-junte. Beaucoup de ces personnes ont été détenues au secret dans des camps militaires où elles ont été interrogées sans garanties contre la torture et autres mauvais traitements.

"Le gouvernement thaïlandais devrait mettre fin aux craintes comme quoi Thanakorn soit victime d’une disparition forcée en révélant immédiatement son emplacement et en lui permettant l'accès de sa famille et des avocats", a déclaré Adams. "Les agences des droits de l'homme des Nations Unies et les gouvernements concernés devraient faire pression sur le général Prayut afin que ce dernier mette fin aux détentions secrètes et fournisse un compte rendu complet sur les traitement des détenus en détention militaire."

Thanakorn Siripaiboon

Thanakorn Siripaiboon

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Published by liberez-somyot
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