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9 décembre 2015 3 09 /12 /décembre /2015 12:22

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/12/06/the-role-of-thai-social-movements-in-democratisation/

 

Dans l'histoire politique thaïlandaise récente, nous avons vu un certain nombre de mouvements sociaux qui prétendaient faire campagne pour la démocratie. Parmi les Chemises jaunes, on trouve l'Alliance du Peuple pour la Démocratie (PAD) ou le Comité de la Réforme Démocratique Populaire de Sutep Teuksuban (PDRC) et parmi les Chemises rouges, le Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (UDD) en sont les exemples les plus importants.

C’est une vue de longue date que l'action des mouvements sociaux, ou des acteurs de la société civile, a pour effet d'élargir l'espace démocratique. Pourtant, les mouvements sociaux en eux-mêmes ne sont pas automatiquement des mouvements progressistes pour la démocratie et les droits civils. Ne l’est pas plus la "société civile", lorsqu'elle est définie comme un groupe d’organisations non étatiques souvent composées d'acteurs de la classe moyenne qui seraient donc automatiquement en faveur de la démocratie ou de l'élargissement des droits civils et de la liberté.

Dans le camp conservateur de l'échiquier politique, nous avons "l’Alliance du Peuple pour la Démocratie" et le "Comité de la Réforme Démocratique Populaire". Malgré leurs noms trompeurs ces deux mouvements ont cherché à réduire l'espace démocratique en appelant à un coup d'Etat militaire ou à l'intervention du roi contre un gouvernement élu.

Ces mouvements sociaux sont de très bons exemples de "mouvements sociaux créés par le haut", mobilisés par la classe dirigeante afin de maintenir le statu quo face aux menaces contre leurs privilèges. Nous savons qu'ils ont été mobilisés par le haut parce que bien que ces mouvements eux-mêmes aient été principalement composés de personnes de la classe moyenne, leurs dirigeants étaient de hauts responsables politiques et des hommes d'affaires ayant des liens étroits avec les hauts gradés militaires et le palais. Après le coup d'Etat militaire de 2006, les dirigeants du PAD ont célébré une fête du Nouvel An avec les putschistes et les aristocrates. La Reine et l'une des princesses ont montré leur soutien en assistant à l'enterrement d'un partisan du PAD qui avait été tué par une grenade lancée par un autre membre du PAD (NDT: le PAD a attribué ce meurtre à la police jusqu’à que les preuves démontrant la fausseté de cette affirmation s’accumulent), et, aussi bien les dirigeants du PAD que ceux du PDRC, ont bénéficié d'un traitement préférentiel spécial de la junte militaire et des tribunaux, en particulier lors de l'occupation de l'aéroport international par les membres du PAD en 2008 et le violent sabotage des élections en 2014. Dans les deux cas, l'armée a refusé d'intervenir et de rétablir l'ordre au nom du gouvernement élu. Pourtant, l'armée a utilisé des snipers meurtriers pour tuer près d'une centaine de manifestants chemises rouges en 2010. Ces Chemises rouges occupaient une zone commerçante afin d’exiger des élections démocratiques pour remplacer le gouvernement non élu du Parti Démocrate mis en place par l'armée.

Certains ont aussi essayé de prétendre que les Chemises rouges ou le "Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature" n’étaient que de simples outils politiques de l'ancien Premier ministre Taksin Shinawat. Pourtant, ceci est une erreur fondamentale. Les Chemises rouges ne peuvent pas être classés comme un "mouvement social créé par le haut" pour un certain nombre de raisons. Tout d'abord, la plupart des Chemises rouges croyaient qu'ils luttaient pour élargir l'espace démocratique contre les structures conservatrices ancrées de la classe dirigeante. Ils voulaient la fin du statu quo. Deuxièmement, au niveau communautaire, les Chemises rouges étaient un mouvement auto-organisé de travailleurs venus aussi bien du milieu urbain que rural. Ceci malgré le fait que leur leadership politique soit majoritairement composé d'un groupe d'anciens politiciens du parti de Taksin.

Au fur et à mesure que le mouvement des Chemises rouges se développait, leur conscience de classe grandissait. Les Chemises rouges ont commencé à se surnommer eux-mêmes "serfs" ou "Prai" et beaucoup ont commencé à remettre en question toute la structure de l'élite politique, y compris la monarchie. Des milliers de Chemises rouges ordinaires ont lutté pour la démocratie, la dignité et la justice sociale, tandis que Taksin et ses alliés politiques menaient une campagne très différente afin de retrouver l'influence politique et économique qu'ils possédaient avant le coup d'État de 2006. Toutefois, en même temps, Taksin restait très populaire et influent parmi la plupart des Chemises rouges.

Un facteur mobilisateur important pour les Chemises rouges a été la colère ressentie par des millions de citoyens ordinaires suite à la façon dont ils ont été dépouillés de leurs droits démocratiques par les élites et les classes moyennes.

La division entre les "Rouges" et les "Jaunes" dans la crise actuelle est une division de classe. Il y a une tendance claire, parmi les travailleurs et les agriculteurs pauvres ou de revenu moyen, de soutenir les partis de Taksin et les Chemises rouges, indépendamment de leur situation géographique. Ceci est dû aux politiques pro-pauvres du TRT (NDT: Thai Rak Thai, le parti de Taksin) de soins de santé universels, de création d'emplois et de soutien aux producteurs de riz. Les travailleurs urbains ont bénéficié des politiques pro-pauvres qui ont eu un impact positif sur leurs familles vivant dans les zones rurales. Elles réduisaient leurs engagements financiers vis-à-vis de ces membres de la famille. Mais dans les provinces et à Bangkok, les classes moyennes et les élites ont tendance à voter pour le Parti Démocrate (NDT: un parti antidémocratique de l’élite) et voulaient réduire l'espace démocratique et revenir en arrière à l'époque pré-TRT.

Mais cela n’est pas seulement une simple lutte des classes. En fait, les luttes des classes dans le monde réel sont rarement simples ou pures. La crise thaïlandaise a des dimensions importantes de lutte des classes, mais elles sont compliquées par la faiblesse politique de la gauche et de la classe ouvrière organisée. Voilà pourquoi Taksin pouvait dominer et diriger les Chemises rouges.

Si les mouvements sociaux sont trop étroitement associés à des partis politiques de la classe dirigeante ils finissent par être dirigés, incorporés et dominée par ces partis plutôt que d'être en mesure de pousser pour des changements qui correspondent aux propres objectifs du mouvement. En Thaïlande, les principaux dirigeants de l'UDD étaient soit des politiciens du parti de Taksin ou d’autres qui le sont rapidement devenus après la victoire électorale de Yingluk Shinawat en 2011. Cela a conduit au déclin progressif des Chemises rouges.

Même si un parti chemise rouge progressif devait être bâti à l’avenir, un équilibre devra encore être établi entre les partis politiques et les mouvements sociaux et entre la base spontanée et l’organisation politique. Elles ne sont pas mutuellement exclusives, mais elles dépendent les uns des autres afin de pouvoir apporter des changements.

Une "grande image" marxiste sur les mouvements sociaux décrit souvent les divers mouvements venus de la base comme étant juste un grand mouvement social avec de nombreux bras et jambes, en constante évolution à travers le temps et toujours lié aux mouvements internationaux. Ce "mouvement social" est constamment en train de lutter contre "le système" qui est contrôlé par la classe dirigeante.

Ce point de vue nous permet de voir les Chemises rouges comme étant la continuité des mouvements pro-démocratiques passés tels que le Parti Populaire qui a renversé la monarchie absolue en 1932, les soulèvements pro-démocratie contre l'armée en 1973 et 1992 et la guerre civile d’inspiration communiste des années 1970. Bon nombre des acteurs clés du mouvement chemise rouge ont été impliqués dans certains de ces précédents mouvements. Bien sûr, il y a aussi des militants de ces précédents mouvements qui ont changés de camp et rejoint les mobilisations de l’élite conservatrice. Mais le fait est qu'ils ont changé de camp et soutenus leurs anciens ennemis comme l'armée ou la monarchie.

Aujourd'hui, le défi pour les militants pro-démocratie est de savoir si nous pouvons tous contribuer à la reconstruction d'un mouvement de masse pour la démocratie qui lierait ensemble les problèmes pressants de la société et qui serait allié à un nouveau parti politique organisé et au mouvement ouvrier. Toutefois, aussi braves que les militants étudiants d'aujourd'hui puissent être, leurs protestations symboliques contre la junte ne sont pas suffisantes. Nous avons besoin d'un mouvement de masse.

 

Ceci est une version abrégée d'un document présenté à la Conférence internationale pour l'éducation des droits de l’homme de l'Université Soochow, à Taipei en novembre 2015.

Le lien de la totalité du document (en anglais):

http://bit.ly/1l34Xqe

 

Voir aussi cette vidéo d'introduction:

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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 10:10

L’organisation non gouvernementale française de défense de la liberté de la presse, Reporters sans frontières, a condamné dans une déclaration la censure de la version internationale du quotidien américain New York Times.

Lien:

http://fr.rsf.org/thailande-rsf-condamne-la-censure-du-02-12-2015,48606.html

 

A la suite du refus de l’imprimeur thaïlandais du International New York Times de publier un article sur les difficultés économiques de la Thaïlande, l’édition locale du quotidien est apparue le 1er décembre 2015 avec un espace vierge en Une.

Dans son édition thaïlandaise du 1er décembre 2015, la Une du International New York Times fait pâle figure. Un espace vierge apparaît en lieu et place d’un article du journaliste Thomas Fuller sur le mal-être économique de la Thaïlande, dont le quotidien a été amputé par son imprimeur local, l’entreprise Eastern Printing PCL. En Une comme à la page six, à la place de l’article, il est précisé : «L’article prévu à cet emplacement a été enlevé par notre imprimeur en Thaïlande. L’International New York Times et son équipe éditoriale n’ont joué aucun rôle dans son retrait».

L’article en cause, intitulé «Thai spirits sagging with the economy», évoque les difficultés de la junte à relancer l’économie, alors que les militaires avaient promis d’en faire leur priorité lors du coup d’Etat de mai 2014. Il est toujours disponible sur la version en ligne du NYT.

«Nous condamnons vivement la suppression de l’article du International New York Times de l’édition thaïlandaise, nouvel exemple des tabous imposés par la junte à la presse locale et internationale et de l’autocensure généralisée des collaborateurs des médias, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. La politique de répression de l’information doit cesser immédiatement. Cette politique est à l’origine même de certains des problèmes économiques rencontrés par le pays et soulevés par les médias. En empêchant la publication d’analyses économiques, le gouvernement ne fait qu’accroître le problème; le Premier ministre n’est-il pas familier avec l’effet Streisand?»

Le 22 septembre dernier, l’édition asiatique du International New York Times avait déjà été censurée par la même entreprise d’impression et n’avait pas pu être publiée dans son intégralité en raison d’un article de 1300 mots sur la santé déclinante du roi Bhumibol et des interrogations sur sa succession, un sujet hautement sensible en Thaïlande.

Les sujets tabous ne manquent pas en Thaïlande, classée 134eme sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015. Avec le coup d’Etat militaire de mai 2014, la «sensibilité» sur des sujets touchant de près ou de loin à la politique s’est exacerbée. Le 12 novembre dernier, Reporters sans frontières a publié un rapport d’enquête dressant un état des lieux, un an et demi après le coup d’Etat mené par la junte de Prayut Chan-o-cha. Intitulé «Thaïlande: coup d’Etat permanent contre la presse», ce rapport appelle notamment les autorités thaïlandaises à mettre un terme à l’instrumentalisation du crime de lèse-majesté et à abroger les lois et articles de lois répressifs tels que l’article 112, la loi sur la diffamation criminelle et le Computer Crime Act.

A gauche, l’édition normale du 1er décembre 2015 du New York Times, à droite, la même édition diffusée en Thaïlande

A gauche, l’édition normale du 1er décembre 2015 du New York Times, à droite, la même édition diffusée en Thaïlande

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3 décembre 2015 4 03 /12 /décembre /2015 16:20

Lettre ouverte

A l’Honorable Ambassadeur Glyn T. Davies

The United States Embassy

120-22 Wireless Road

Bangkok 10330, Thailand

 

Lien de la lettre de Chatwadee Rose Amornpat:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/12/02/open-letter-to-us-ambassador-from-chatwadee-rose-amornpat/

 

Monsieur l'Ambassadeur Davies

Nous souhaitons contester les médias contrôlés par la junte thaïlandaise ainsi que les dirigeants de cette dernière, le général Prayuth Chan-Ocha et le général Pravit Wongsuwan, demandant que le gouvernement américain ne se mêle pas des affaires politiques du pays et affirmant que "les Thaïlandais ont été blessés" par les remarques concernant leur loi barbare de lèse-majesté ou l'article 112 de leur Code pénal.

Les royalistes d'extrême droite ont employé la même vieille ligne pour justifier leurs actions illégales, y compris de fréquents coups d'Etat, l'imposition de la loi martiale, et l'actuel article 44 qui donne un pouvoir illimité au chef de la junte, le général Prayuth Chan-ocha.

Nous sommes heureux de constater que des groupes américains et que le gouvernement des Etats-Unis prennent au sérieux les diverses violations du droit par la junte militaire.

Les élites thaïlandaises ont été très ingrates vis-à-vis de votre gouvernement pour les milliards de dollars d'aide que les Etats-Unis ont offert à la Thaïlande pendant une longue période. Comme une claque au visage, la junte thaïlandaise embrasse maintenant la Chine dans son actuelle politique étrangère.

Nous pensons que les Etats-Unis devraient imposer des sanctions économiques plus sévères contre la Thaïlande et des restrictions sur les déplacements des dirigeants de la junte aux États-Unis et dans leurs pays alliés. Si possible, s'il vous plaît, retirez la Thaïlande de la liste des "nations les plus favorisées" en termes d'importation de marchandises thaïlandaises, à moins que l'article 44 ne soit abrogé et les prisonniers politiques libérés.

Nous tenons également à vous informer d'un problème très important qui est l'une des principales causes de tous les problèmes de la Thaïlande et du fait que le processus démocratique soit au point mort dans ce pays. Il s'agit du méprisable article 112 du Code criminel. Cet article est également appelé la loi de lèse-majesté, et interdit aux gens de faire des commentaires ou des critiques constructives envers le roi thaïlandais, même si ces commentaires sont basés sur la vérité.

Cette injuste loi de lèse-majesté a effectivement réduit au silence le peuple thaïlandais en empêchant les gens de dire ce qu'ils pensent. Quand des personnes sont reconnues coupable, cela brise des familles et des proches pendant des années. Quatre-vingt-dix-neuf pour cent de ceux qui sont accusés de lèse-majesté sont aujourd'hui condamnés par des tribunaux militaires thaïlandais. Cela est encore plus barbare maintenant, parce que les Thaïlandais ordinaires sont obligés de comparaître devant un tribunal militaire! Le procès n'est souvent qu'une session de la cour à huis-clos sans que les médias ne soient autorisés à y assister. Les auteurs présumés de l'article 112 peuvent être envoyés en prison de trois ans à 15 ans pour chaque infraction.

Des centaines de gens sont maintenant emprisonnés dans toute la Thaïlande. Certains servent des sentences de 10 ou 20 ans. Ceci est une parodie de justice. Ce ne sont pas des criminels mais des individus courageux qui osent parler contre cette loi barbare et injuste et ceux qui en bénéficient.

Par exemple, Darunee Charnchoensilpakul a été condamnée à 18 ans de prison sur des accusations de lèse-majesté, le 28 août 2009. Lors du procès, mené en secret dans une cour fermée, elle a été condamnée à six ans pour chacun des trois discours qu'elle a faits lors d'un rassemblement politique. L'affaire a démontré la parodie qu'est le processus judiciaire de la Thaïlande. Elle purge actuellement sa septième année dans une prison thaïlandaise et est en mauvaise santé.

Darunee souffre d'une infection aiguë de la gencive et pourtant le directeur de la prison lui a refusé un traitement médical approprié. Ceci est un moyen pour la torturer encore plus pour avoir critiqué le soi-disant "Père de la Nation." On croit que son mauvais traitement la conduirait à finalement se confesser et demander le pardon du roi thaïlandais. Jusqu'ici, Darunee refuse d'admettre qu'elle a fait quelque chose de mal.

Un autre prisonnier en vertu de l'article 112 qu'il convient de mentionner ici est Somyot Prueksakasemsuk, un ancien rédacteur en chef d'un magazine pro-démocratie qui a été condamné à 11 ans de prison pour avoir publié un article jugé lèse-majesté. Lui aussi, il refuse d'admettre qu'il a fait quelque chose de mal et purge maintenant sa cinquième année en prison.

Les prisonniers en vertu de l'Article 112 ou de la lèse-majesté sont aussi maltraités par leurs codétenus. Lors des jours fériés royaux, les détenus se voient régulièrement offrir une réduction de peine; sauf les prisonniers pour lèse-majesté qui purgeront toute leur durée en prison.

Lors du prochain anniversaire du roi le 5 décembre, tous les prisonniers de droit commun et leur famille se réjouiront de leur libération ou de leur réduction de peine. Malheureusement, les contrevenants de lèse-majesté ne se verront probablement pas accorder d’indulgence. En fait, ils ne devraient pas avoir été mis en prison en premier lieu, car ils ont tous exprimé leurs commentaires au sujet de la famille royale d'une manière pacifique.

Toute personne peut déposer une accusation de lèse-majesté contre quiconque et la police est tenue d'enquêter sur tous les cas et souvent de compléter le processus jusqu'à la présentation de l'accusé devant la cour. Ne pas le faire peut avoir de graves répercussions pour les enquêteurs. Même si le roi a déclaré lors d'un discours prononcé en 2005 qu'il était en désaccord avec cette loi, il n'a rien fait pour l'abolir. Il a tout le pouvoir pour le faire. Mais rien n'a été fait jusqu'ici.

Cette loi très injuste et pas du tout civilisée donne un pouvoir illimité à la monarchie thaïlandaise afin de faire quoi que ce soit pour ses propres intérêts et sa prospérité! Le bras d'investissement du roi, le Bureau de Propriété de la Couronne (CPB) est le plus grand propriétaire de tous les principaux biens de Bangkok et le principal actionnaire de la Bourse de Thaïlande! Le roi lui-même est le plus riche monarque du monde classé depuis 7 ans comme tel par le magazine Forbes. Dans le même temps, des enfants thaïlandais sont toujours en train de mendier ou de vendre des guirlandes dans les rues de Bangkok pour aider leur famille. Ces enfants devraient être à l'école et non pas vendre des guirlandes ou des fleurs dans les rues!

Les familles pauvres sont contraintes de vendre leurs filles pour la prostitution. Des salaires d’esclaves sont la norme dans la plupart des usines. Des thaïlandais conscients, hommes et femmes, ont dû fuir leur pays parce qu'ils avaient commenté ou révélé trop de choses sur les secrets de la monarchie.

Personne ne peut remettre en question la façon dont le CPB est devenu si riche et puissant. Personne ne peut contester ses comptes ni vérifier si oui ou non le CPB paie des impôts. Ceci est hors du dossier public.

Les Royaux affirment que leur richesse et leurs actifs appartiennent au peuple. Mais nous n’avons pas vu de contributions monétaires considérables pour aider les pauvres de la part du CPB au cours des 60 dernières années! Même les projets royaux sont payés par les contribuables.

En raison de cette loi, la Thaïlande a subie, jusqu'à présent, 19 coup d 'Etat dont le dernier du 22 mai 2014! Le roi thaïlandais approuve les coups d’Etat et pardonne les putschistes!

Aucun des anciens premiers ministres de Thaïlande n'a osé remettre en question la pertinence et la viabilité de cette loi! La plupart des politiciens, des universitaires, des critiques et des journalistes étrangers ignorent ce sujet, de peur d'aller en prison, en raison de la nature perverse de l'article 112! Toute suggestion ou même un léger soupçon de révision de la loi seraient certainement soumis à une inculpation de lèse-majesté!

Les Thaïlandais sont gardés en otage par cette mauvaise loi!

Les États-Unis doivent prendre les devants afin de demander l'abolition de cette très injuste loi ou la Thaïlande continuera à souffrir. L'Union Européenne, le Royaume-Uni, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, l'Inde et tous les pays d'Asie du Sud-Est doivent aussi être unis et imposer des sanctions jusqu'à ce que la Thaïlande et la monarchie thaïlandaise abolissent cette loi barbare.

Cette loi n'est pas une affaire intérieure de la Thaïlande. Elle est l'affaire du monde et tous les citoyens du monde doivent dire au roi thaïlandais que c'en est assez.

Les royalistes thaïlandais, y compris les médias, affirment souvent au monde que le roi thaïlandais est bien aimé par les gens. J'affirme que ce n'est pas la vérité! S'il vous plaît exigent qu'ils abolissent la loi de lèse-majesté et de voir si cette affirmation est encore vraie ou non.

Une dernière chose, la guerre froide a pris fin il y a bien longtemps. Il n'y a plus aucune menace du communisme. Nous comprenons que le gouvernement des États-Unis, pendant la guerre du Vietnam, aient donnés autant de pouvoir au roi afin de servir de tête de pont contre la Chine communiste.

Mais maintenant, la Chine agit davantage comme un grand pays capitaliste et donc, les Etats-Unis ainsi que de nombreux pays démocratiques n'ont pas besoin de la monarchie thaïlandaise. Les Thaïlandais veulent une véritable démocratie, pas une démocratie déformée avec un roi comme chef de l'Etat, un roi qui est en fait un mauvais dictateur déguisé.

Les Thaïlandais n’ont pas besoin d’une monarchie que les contribuables doivent soutenir en payant la somme de 500 millions de dollars par an bien que le monarque thaï soit le plus riche du monde.

La monarchie thaïlandaise est maintenant très impopulaire et détesté par la plupart des Thaïlandais. Seule une poignée parmi la riche élite riche aiment encore la monarchie, parce qu'ils partagent des intérêts commerciaux mutuels.

Nous, le peuple thaïlandais sans voix, dans et en dehors de la Thaïlande, tenons à exprimer notre profonde gratitude pour vos commentaires au Club des correspondants étrangers de Thaïlande, le 25 novembre 2015.

Merci.

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

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2 décembre 2015 3 02 /12 /décembre /2015 09:30

Apres des mois d’émeutes afin de renverser le gouvernement élu du Parti Palang Prachachorn, le 26 novembre 2008, les milices fascistes armées des Chemises jaunes du PAD occupent les aéroports internationaux de Bangkok, Don Muang et Suwarnabhumi, et les ferment. La Thaïlande est isolée et des milliers de touristes sont bloqués dans le pays. Dans la ville meme de Bangkok, les miliciens jaunes font régner la terreur. Des partisans du gouvernement sont blessés par balles, d’autres sont battus. Les Chemises jaunes sont soutenus plus ou moins ouvertement par l’armée, le Parti Démocrate, les juges et certains membres du Palais.

Finalement, utilisant le prétexte du désordre, la Cour constitutionnelle dissout le gouvernement élu. A la suite de ce coup d’Etat judiciaire, les élites mettent en place un gouvernement non-élu dirigé par un des plus haïssables politiciens du pays, Abhisit Vejjajiva qui commettra quelques temps après, un massacre contre des manifestants pacifiques qui soutenaient la démocratie.

A ce jour, aucun de ces criminels n’a été puni.

Voici deux articles publiés a l’époque par l’universitaire pro-démocratie Giles Ji Ungpakorn, le premier daté du 26 novembre 2008, le second du 2 décembre 2008. Ils proviennent des annexes 3 et 4 de la version française de son livre "Un Coup d'Etat Pour Les Riches"

Lien:

http://www.scribd.com/doc/243049902/Un-Coup-d-Etat-Pour-Les-Riches

 

Les deux articles publiés à l’époque:

 

Des voyous fascistes terrorisent les passagers de l'aéroport international de Bangkok

Giles Ji Ungpakorn le 26 novembre 2008

L'aéroport international de Bangkok a maintenant été fermé par les voyous fascistes du mouvement antigouvernemental P.A.D. Le P.A.D. réclame la démission du gouvernement élu. Et ce, malgré le fait que le gouvernement dispose du soutien de la majorité de la population thaïlandaise et même de la majorité des citoyens de Bangkok. Ce soutien a été réaffirmé par des élections répétées. Le P.A.D. veut qu'une dictature remplace la démocratie parce qu'ils jugent que la majorité de l'électorat est trop ignorante pour mériter le droit de vote.

Comment les voyous du P.A.D. se sont-ils débrouillés pour s'emparer de l'aéroport international de Bangkok ? Les aéroports sont supposés être des zones de haute sécurité. Les aéroports thaïlandais sont contrôlés par les militaires thaïlandais. Il est évident que les militaires thaïs, qui ont organisé un coup d'État illégal en 2006, ont discrètement soutenu les actions du P.A.D. Il est aussi évident que les militaires sont réticents à fournir une sécurité de base aux voyageurs et au personnel aérien. Mais ils sont bien contents de ramasser d'énormes salaires grâce à leur contrôle des Autorités de l'aéroport. Les gouvernements étrangers et les lignes aériennes devraient réexaminer la question du respect des normes internationales de garantie et de sécurité en Thaïlande.

Au début d'octobre dernier, les voyous du P.A.D. ont assiégé le Parlement pour empêcher le Premier Ministre de prononcer un discours de politique générale. Lorsque la police a utilisé du gaz lacrymogène pour essayer de disperser le P.A.D., elle a été unanimement condamnée par les médias thaïlandais et par la plupart des intellectuels de la classe moyenne. Les militants du P.A.D., ce n'est pas secret, sont armés de pistolets, de bombes, d'armes blanches et de bâtons. Ils violent continuellement la loi en toute impunité. Plutôt dans la journée, les voyous du P.A.D. ont été filmés par PBS Thaï TV, en train de tirer sur des chauffeurs de taxi qui essayaient de défendre leur station de radio communautaire pro-démocratie. Les voyous du P.A.D. portaient des images du Roi. Hier, les militants du P.A.D. ont frappé et donné des coups de pied à un officier supérieur de police. La police n'a pas le pouvoir d'agir.

Le P.A.D. est un mouvement royaliste et fasciste qui a de puissants soutiens. En plus de l'armée, ils sont soutenus par la Reine, le soi-disant Parti Démocrate, la Cour de justice, les principaux courants médiatiques, et la plupart des académiciens. Ce qu'ont en commun ces gens est leur complet mépris pour les électeurs thaïlandais qui sont pauvres. Ils sont furieux que le peuple thaï ait voté pour un gouvernement qui a créé un système universel de santé pour les pauvres et leur a offert d‘autres avantages. Ils veulent revenir à une dictature qu'ils appellent "l'Ordre Nouveau". Ils espèrent que la Cour va dissoudre le parti au pouvoir et qu'un "Gouvernement National" autoritaire sera installé. Il est clair que le P.A.D., les militaires, le Parti Démocrate et les classes dirigeantes conservatrices préféreraient voir un chaos complet s‘instaurer en Thaïlande plutôt que d'autoriser la démocratie à fonctionner. Et ceci malgré le fait que nous faisons face à une sérieuse crise économique. Curieusement, les groupes antigouvernementaux sont des néo-libéraux extrêmes qui ne savent guère comment gérer la crise économique ou comment stimuler l'économie. Mis à part le fait de s'opposer aux mesures sociales, ils se sont attaqués à la politique keynésienne de l'ancien gouvernement Taksin.

Et le Roi dans tout ça ? Durant les trois ans de la crise politique, le Roi n'a jamais évoqué le problème. Beaucoup de Thaïlandais pensent qu'il soutient le P.A.D., mais il est plus probable que le Monarque a toujours été trop faible pour intervenir dans n'importe quelle crise.

Ceux qui soutiennent la démocratie et la justice sociale en Thaïlande doivent condamner le P.A.D. et tous les partisans de la dictature. Nous devons être avec les Chemises rouges pro-démocratie bien que nous refusions de soutenir l'ancien Premier Ministre Taksin qui a à son actif des violations des droits de l'Homme. J'espère que tous les amis de la Thaïlande soutiendront nos efforts pour défendre la démocratie thaïlandaise et défendre ceux d'entre nous qui risquent d‘être arrêtés dans l'avenir.

 

La Thaïlande et le coup d’État pour les riches

Giles Ji Ungpakorn le 2 décembre 2008

La Cour constitutionnelle dissout, comme il était à prévoir, un parti élu démocratiquement.

La Cour constitutionnelle de Thaïlande a dissous le parti gouvernemental élu démocratiquement pour la deuxième fois ce mardi 2 décembre, forçant le gouvernement à démissionner. Cela fait suite au refus de l'armée et de la police d‘obéir aux instructions gouvernementales de faire évacuer les deux aéroports occupés par les fascistes armés de l'Alliance du Peuple pour la Démocratie.

L'alliance royaliste contre le gouvernement se compose des fascistes du P.A.D., des militaires, de la police, de la justice, des principaux médias, du Parti Démocrate, de la plupart des intellectuels de la classe moyenne et de la Reine. Ils sont tous derrière ce coup d'État judiciaire. Un des principaux députés du Parti Démocrate est aussi l'un des dirigeants du blocus illégal des deux aéroports de Bangkok. Les Chemises jaunes du P.A.D. ont des gardes armés qui ont plusieurs fois tiré sur leurs opposants. Ils utilisent continuellement la violence et demandent maintenant des "patrouilles communes" avec la police. Le P.A.D. a constamment violé la loi et pourtant il est intouchable. Lors d'une des rares occasions où les dirigeants du P.A.D. furent traduits devant un tribunal, la justice les libéra sous caution et ils commirent à nouveau les mêmes crimes, encore et encore.

La majorité de la population thaïlandaise, qui est pauvre, fait face à un double drame. Premièrement, l'élite royaliste fait tout son possible pour lui retirer ses droits démocratiques de base. Deuxièmement, il y a une perte d'emplois énorme parmi les travailleurs de l'industrie touristique suite au blocage de l'aéroport. Des emplois dans l'agriculture et dans l'électronique sont aussi touchés et, bien sûr, nous devons faire face à la grave crise économique mondiale. Les élites se moquent complètement du fait que l'économie thaïlandaise s'écroule et que la Thaïlande redevienne une nation pauvre du Tiers-Monde. Dans ce genre de pays, les élites continuent de vivre avec le même niveau de vie que les riches des pays développés. Les protestataires du P.A.D. sont des extrémistes de la classe moyenne qui n'ont pas à aller travailler, d‘où la durée de leurs manifestations de protestation.

Les conservateurs nous affirment constamment que les pauvres sont trop stupides pour avoir le droit de vote. L'armée a fait un coup d'État en 2006 et réécrit la constitution dans le but de réduire l'espace démocratique et aussi de s'absoudre eux-mêmes de leurs crimes. L'électorat a voté répétitivement et avec un nombre en constante augmentation pour le parti gouvernemental, que ce soit le Thaï Rak Thaï qui conduisit l'ancien Premier Ministre Taksin Shinawat au pouvoir, ou pour son successeur, le Parti du Pouvoir du Peuple (P.P.P.). Maintenant, les politiciens du Pouvoir du Peuple forment un nouveau parti, le Parti Pua Thaï. Une élection honnête sera-t-elle organisée ? Les élites vont-elles organiser le truquage pour faire gagner leurs candidats ?

Quel est la racine profonde de cette crise?

La racine profonde de cette crise n'est pas la corruption du gouvernement Taksin dans le passé. Ce n'est pas non plus l'achat des votes, ni le désir de mettre en place un meilleur gouvernement, d‘obtenir le respect des droits civils et de la loi. Les politiciens de tous les partis, démocrates inclus, sont connus pour acheter les votes. Les élites, qu'elles soient politiciennes, fonctionnaires ou militaires ont toutes une histoire de grosse corruption. Et même lorsqu‘elles ne violent pas la loi, elles se sont enrichies sur le dos des travailleurs et des petits paysans thaïlandais. Le Parti Démocrate est farci de millionnaires de ce type.

Paradoxalement, le parti Thaï Rak Thaï a contribué à réduire l'importance de l'achat des votes parce qu'il a été le premier parti depuis des décades à avoir une politique qui soit réellement bénéfique pour les pauvres. Il a mis en place un système de santé universel et des fonds keynésiens d'aide aux villages. Le peuple a voté sur la base d'une telle politique. Le Parti Démocrate et les élites conservatrices haïssent l'alliance entre le parti des affaires de Taksin et les pauvres. Ils ne peuvent supporter l'idée qu'un gouvernement utilise les fonds publics pour améliorer la vie des pauvres. C'est pourquoi l'alliance anti-gouvernementale est contre la démocratie. Le P.A.D. propose donc de réduire le nombre de députés élus et d‘en finir avec le principe "un homme, une voix". Le mépris des élites conservatrices pour les pauvres et pour la démocratie est la cause profonde du problème. Ils sont prêts à violer la loi quand ça les arrange.

Quelle est la solution? Les chefs d‘entreprises et les élites royalistes réclament un gouvernement national non élu. Les dirigeants du Parti Démocrate se sont portés "volontaires" pour fournir le Premier Ministre. Un tel gouvernement national compléterait le coup d'État judiciaire en faveur des riches. Ce serait une victoire pour le P.A.D. et une défaite pour l'électorat.

Les Chemises rouges, qui ont été organisés par des politiciens du gouvernement, sont actuellement le seul espoir de la démocratie thaïlandaise. Ils sont maintenant devenus un authentique mouvement de masse des pauvres pour la démocratie. C'est eux qui représentent la société civile et non pas les fascistes du P.A.D. Les intellectuels thaïlandais n'ont pas réussis à comprendre ce fait de base. Il faut cependant préciser que, parmi les Chemises rouges, beaucoup conservent leurs illusions sur l'ancien Premier Ministre Taksin. Ils oublient les violations des droits de l'Homme dans le Sud et la guerre contre la drogue au cours de laquelle des centaines de gens furent exécutés sommairement comme trafiquants de drogue sans preuves ni procès. Mais ces questions de droits de l'Homme ne préoccupent pas plus le P.A.D et ses amis.

Tout au long de cette crise de trois ans, la majorité des ONG (en particulier l'ONG Coordinating Committee) ont échoué à soutenir la démocratie. Beaucoup d'entre elles ont soutenu le coup d'État et la constitution militaire. Maintenant, soit elles restent silencieuses, soit elles font écho aux demandes du chef de l'armée qui a déclaré, une semaine avant la dissolution du gouvernement, que celui-ci devait démissionner. Ils n'ont essayé à aucun moment de construire un mouvement social pour soutenir la démocratie. Beaucoup, parmi les membres des ONG, pensent que les pauvres ne sont "pas assez éduqués et manquent d'information pour voter". On peut cependant citer quelques ONG honnêtes : la Midnight University de Chiang-Mai, quelques sections du mouvement des travailleurs, des groupes de la nouvelle génération des ONG activistes et du mouvement Turn Left.

La crise économique.

Des millions d'emplois sont sur le point de disparaître à cause de la crise économique et des troubles de la société thaïlandaise. Les gens vont être ramenés vers la pauvreté. A l'heure actuelle, le Parti Démocrate, l'armée, les élites conservatrices et la plupart des ONG n'ont pas la moindre idée ou se moquent complètement de la défense nécessaire du niveau de vie des pauvres. Ils chantent les louanges de "l'Économie Suffisante" du Roi et de la discipline fiscale. En d'autres mots, les pauvres devront faire attention à leurs dépenses et apprendre à supporter leur pauvreté tandis que les riches pourront continuer à vivre dans le luxe.

Nous avons désespérément besoin que le gouvernement engage des dépenses massives dans des infrastructures pour la protection de l'emploi et pour une sérieuse politique d'aide sociale. La TVA doit être réduite ou abolie, et un impôt sur la fortune suffisamment élevé doit être payé par tous les riches. Le gigantesque budget de l'armée doit être largement réduit. Les salaires des travailleurs doivent être augmentés. Les paysans pauvres doivent être protégés. Cela ne peut se faire que dans une véritable démocratie. C'est pourquoi nous devons nous opposer à ce "second coup d'État pour les riches".

Ci-dessous, quelques photos des évènements de novembre/décembre 2008 à Bangkok:

Il y a 7 ans, le PAD occupait les aéroports de Bangkok
Il y a 7 ans, le PAD occupait les aéroports de Bangkok
Il y a 7 ans, le PAD occupait les aéroports de Bangkok
Il y a 7 ans, le PAD occupait les aéroports de Bangkok
Il y a 7 ans, le PAD occupait les aéroports de Bangkok
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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 13:09

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/11/29/the-stench-of-military-corruption/

 

La puanteur de la corruption de la junte dans le cas du monument gossier et de mauvais goût "Rachapak" ne va pas disparaître. Le général Prawit, vice-Premier ministre et ministre de la Défense, et le généralissime Prayut ont à plusieurs reprises essayé de noyer le poisson en prétendant qu'il s’agissait "d’une affaire interne à l'armée" ou que ça n’avait "rien à voir avec le gouvernement", car cela serait l’affaire d'une fondation privée. Le général Teerachai, commandant de l'armée, a tenté d’étouffer l'affaire et le général Udomdet, président de la Fondation Rachapat et vice-ministre de la Défense, a également essayé de nier tout acte répréhensible. Quand les journalistes leur demandent à plusieurs reprises des explications, les généraux autoproclamés ont tendance à crier de colère et à menacer. Ils peuvent également "envoyer des soldats" pour visiter le domicile des gens et conduire quelqu'un dans un camp de l'armée pour une session de changement d'attitude. Ils l'ont fait avec un politicien du Pua Thai qui avait posé des questions embarrassantes. Mais le scandale ne va tout simplement pas disparaître.

L’auditeur général est intervenu et a dit que l'argent de l'Etat avait aussi été utilisé pour ce projet et pas seulement celui d'une fondation.

Le Parc Rachapak, près de Hua Hin, est le site de sept énormes statues de rois précédents, glorifiant et continuant à déformer l'histoire "thaïe". Naturellement, il a reçu l'approbation royale spéciale. C’est la copie brute d'un site similaire, avec d'énormes statues de trois rois birmans, construit par la junte militaire birmane dans sa nouvelle capitale, Naypyidaw. Pendant des mois, il s’est diffusé des histoires de la corruption entourant le bâtiment des statues du parc Rachapak.

En attendant, la Commission contre la corruption est toujours en train de "réfléchir" si elle doit lancer une enquête ou non. Si elle le fait, elle devra faire preuve de prudence afin de ne pas offenser ses maîtres militaires.

Lorsque Prayut a organisé son coup militaire en mai 2014, il a affirmé que l'une des priorités de la junte serait de lutter contre la corruption. Seuls les stupides membres des classes moyennes l'ont réellement cru.

Quand les généraux thaïlandais prétendent réprimer la corruption, ce qu’ils veulent vraiment dire c’est qu'ils vont s’arranger avec les politiciens corrompus qui se trouvent sur leur chemin. C’est un moyen de faire en sorte que l'armée puisse disposer d'un monopole sur les pratiques de corruption.

Dans un article récent à New Mandala, Prasit Wongtibun a écrit que "la junte thaïlandaise n'a pas débarrassé le pays des politiciens douteux mais qu’elle a tout simplement pris leur place". Il explique que le secteur des entreprises a rapporté que les "commissions" pour les projets du gouvernement étaient passées de 30 à 50 pour cent de la valeur totale du projet. Les mafias locales dans les rues ont été remplacées par des hommes en uniforme à qui les vendeurs doivent encore payer une protection.

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/11/26/still-better-than-thaksin/

En plus du scandale actuel, Prayut a nommé son frère et plusieurs de ses proches à des postes importants. Ils se sont offerts d’énormes salaires et ont également augmenté le budget militaire dans lequel ils se servent tous.

La corruption militaire en Thaïlande a une longue tradition remontant à des décennies. Les officiers militaires sont impliqués dans la contrebande, le racket de la prostitution, le trafic de drogue et la traite des êtres humains. Ils se nomment eux-mêmes dans de lucratifs postes du conseil d'administration de la gestion des entreprises d'Etat. La plupart des officiers militaires bénéficient de revenus bien supérieurs aux salaires des militaires et de la retraite après avoir amassé de grandes richesses.

Le maréchal Sarit Tanarat était l'un des dictateurs corrompus les plus notoires de la Thaïlande. Il a utilisé des fonds publics pour payer ses plaisirs sexuels et afin de faire des investissements dans ce qui sont devenus ses entreprises privées. Il a pillé le budget secret de la sécurité de l'État et celui de la loterie gouvernementale. Sa femme et lui avaient des actions dans 45 sociétés. Une de leurs prises de participations principales a été dans l’entreprise de Bangkok qui produisaient les sacs de jute. La loi obligeait les meuniers du riz d'acheter leurs sacs à cette société. Sarit avait aussi amassé de vastes zones de terres et des économies de trésorerie se chiffrant en millions. Il participait à la contrebande afin de compléter son revenu. Lorsque Sarit est mort suite à une insuffisance hépatique, le Roi Pumipon a ordonné 21 jours de deuil officiel pour son "meilleur ami". Pendant ce temps, ses maîtresses et ses enfants se disputaient sa succession.

Après la mort de Sarit, ses hommes de main, les généraux Tanom Kitikajorn et Prapart Jarusatien ainsi que Narong, le fils de Tanom, ont continués cette corruption dans les meilleures traditions de l'armée, en siphonnant des millions dans le budget de la loterie nationale et en percevant des droits de protection auprès des diverses entreprises liées à des contrats gouvernementaux.

La corruption va de pair avec le manque de démocratie et de responsabilité et le rôle accru de l'armée dans la société est de faire empirer les choses.

La puanteur de la corruption militaire
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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 16:33

Nous rejetons l'immunité pour les militaires prévue dans la nouvelle constitution

Une déclaration de Human Rights Watch

Lien:

https://www.hrw.org/news/2015/11/24/thailand-constitution-give-soldiers-license-kill

 

La junte de la Thaïlande a proposé que la nouvelle constitution protège le personnel militaire de toutes poursuites pour violations graves des droits de l’homme, a déclaré Human Rights Watch. Les rédacteurs de la constitution devraient rejeter cette proposition d'amnistie de facto.

Le 11 Novembre 2015, le général Prayut Chan-ocha, premier ministre putschiste, a, en sa qualité de président du Conseil national pour la paix et l'ordre, envoyé une lettre concernant le projet de constitution au Comité de rédaction de la Constitution nommé par la junte. La junte recommande que le comité de rédaction ajoute une clause qui exempterait les militaires de toutes responsabilités aussi bien civile que pénale et administrative concernant l'usage de la force "de bonne foi" pour protéger la sécurité nationale contre les menaces internes et externes.

"Une clause d'immunité pour les militaires dans la nouvelle constitution de la Thaïlande permettrait à l'armée de commettre toutes sortes d’abus sans crainte de poursuites", a déclaré Brad Adams, directeur pour l'Asie de Human Rights Watch. "Étant donné la longue histoire de violations des droits de l'homme de l'armée thaïlandaise, ce serait donner, de façon effective, un permis de tuer aux soldats thaïlandais."

L'armée de Thaïlande massacre en toute impunité depuis des décennies. Pas un seul soldat n’a été tenue légalement responsable pour les décès ou les blessures commis au cours des répressions contre les manifestants des années 1970 jusqu’aux dernières confrontations politiques d’avril/mai 2010. En 2010, au moins 99 personnes ont perdu la vie et plus de 2.000 ont été blessés, la plupart du temps du fait de l'utilisation excessive et inutile de la force par les militaires. Les commandants qui ont donné des ordres illégaux de tirs n’ont également pas été tenus responsables.

Les traités internationaux relatifs aux droits de l'homme ratifiés par la Thaïlande montrent clairement que le statut de fonctionnaire du gouvernement ne permet pas d'immunité pour les violations graves des droits de l’homme. En outre, la Thaïlande a des obligations juridiques internationales pour garantir le droit à un recours effectif pour les victimes de violations graves, notamment d'homicides illégaux. Le droit d'une victime à un recours effectif exige que le gouvernement prenne les mesures d'enquête judiciaires et correctives nécessaires pour remédier à la violation des droits et fournir justice et réparation.

"Le Comité de rédaction de la Constitution devrait immédiatement rejeter la proposition de l'impunité de la junte", a déclaré Adams. "La nouvelle Constitution devrait garantir que la loi s’applique à tous les gens de façon égale. Personne ne devrait être en mesure d'échapper à des poursuites et à la responsabilité pour les violations des droits humains."

Des civils massacrés par l’armée thaïlandaise en 2010

Des civils massacrés par l’armée thaïlandaise en 2010

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 10:44

Le Premier ministre thaïlandais, Prayuth Chan-ocha, n’a pas hésité à utiliser son message de condoléances à la France à la suite des attaques du 13 novembre pour justifier son autoritarisme.

Il a ainsi encouragé “les médias thaïlandais à aider le gouvernement à surveiller ‘mauvais éléments’ plutôt que de couvrir les divisions politiques qui existent dans le pays”.

Panitan Wattanyagorn, conseiller à la sécurité du vice-Premier ministre, a été encore plus loin, soulignant que les malheurs de la France sont liés “à trop de liberté”. “Les libertés publiques doivent donc être encadrées par les autorités”, a-t-il ajouté.

Libérez-Somyot se demande si l’attentat de Bangkok du 17 août 2015 qui a couté la vie à 27 personnes ne serait-il pas dû à “trop de dictature” par hasard ?

Sources:

http://www.courrierinternational.com/article/vu-de-thailande-les-attentats-de-paris-ne-peuvent-pas-justifier-lautoritarisme

et

http://www.nationmultimedia.com/opinion/A-crude-response-to-the-horrors-in-Paris-30273063.html

Prayuth Chan-ocha

Prayuth Chan-ocha

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 15:47

Jit Phumisak (en thaï: จิตร ภูมิ ศักดิ์) est né le 25 septembre 1930 et a été assassiné le 5 mai 1966. C'était un auteur thaïlandais, historien, poète et révolutionnaire communiste. Son livre le plus influent parmi les Thaïlandais est "Le vrai visage de la féodalité thaïe (โฉมหน้า ศักดินา ไทย, Chomna Sakdina thaï)", écrit en 1957 sous le pseudonyme de Somsamai Srisootarapan. Jit a été décrit comme le "Che Guevara de Thaïlande".

Jit est né dans une famille pauvre de la province de Prachinburi située dans l'est de la Thaïlande. Il a étudié à l'Université Chulalongkorn de Bangkok. Lors de ses études, il a découvert le marxisme. En 1953, il a traduit le Manifeste du Parti Communiste en thaï.

Ses écrits étaient anti-nationalistes et progressiste et étaient considérés comme une menace pour l'État par le gouvernement anti-communiste de Sarit Thanarat. Il a été arrêté en 1957, accusé d'être un communiste, et après six ans de prison a été déclaré non coupable par un tribunal et remis en liberté.

En 1965, il rejoint le Parti Communiste de Thaïlande, dont le siège se situait dans la jungle des montagnes de Phu Phan dans la province de Sakhon Nakhon. Le 5 mai 1966, après avoir été capturé, il a été abattu par l’armée. Son corps a été brûlé et aucune cérémonie proprement dite de son décès n'a eu lieu avant 1989, lorsque ses restes ont finalement été placés dans un stupa au Wat Prasittisangwon à proximité du lieu de son exécution.

Liberez-Somyot avait déjà publié cet article le 6 octobre 2012

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-jit-phumisak-un-revolutionnaire-thailandais-110940550.html

Jit Phumisak

Jit Phumisak

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 09:18

Un article de Robert Amsterdam

Lien:

http://robertamsterdam.com/why-we-will-never-forget-the-human-rights-crimes-of-the-thai-army/

 

S’il y a une caractéristique qui définit le funeste gouvernement thaïlandais dirigé par le Parti Démocrate d'Abhisit Vejjajiva de 2008 à 2011, c’est son mépris choquant et impitoyable de la vie humaine au cours du massacre de 2010 à Bangkok.

Comme mon cabinet d'avocats l’a réitéré à maintes reprises, l’utilisation de tireurs d'élite hautement qualifiés et équipés du matériel militaire le plus récent contre des manifestants civils désarmés, comme Abhisit et l'armée thaïlandaise l’ont fait en avril/mai 2010, est non seulement un crime contre le peuple thaïlandais, mais contre l'humanité elle-même.

Pourtant, ce ne sont pas seulement les actions ignobles de l'armée thaïlandaise et d’Abhisit en 2010 qui cimentent leur réputation comme infligeant une terreur de sang-froid à leur propre peuple. Ce sont également leurs tentatives pour falsifier l’histoire de ces terribles événements, niant ainsi non seulement la justice et la vérité, mais compromettant toute chance de réconciliation véritable pour ceux qui ont souffert de leurs mains.

Au cours des derniers jours, l’éhontée et mal nommée Commission nationale "anti-corruption" a inventé des accusations contre la dernière première ministre démocratiquement élue de Thaïlande, Yingluck Shinawatra, et contre son cabinet, pour avoir tenté de compenser financièrement les citoyens thaïlandais ordinaires ayant subi des pertes et/ou des blessures au cours de la période des troubles politiques de 2005 à 2010. Alors qu’il y avait certainement des défauts dans ce régime de compensation, il s’agissait de la toute première fois ou l'Etat thaïlandais avait cherché à reconnaître et faire des réparations pour les dommages causés à la population civile. Étant donné la longue histoire de massacres et d'impunité de la Thaïlande, un tel régime d'indemnisation était remarquable et unique.

Ce qui est beaucoup moins unique est la tentative de la junte militaire présente de réécrire le passé très récent, tout en articulant la rhétorique bidon d'unité et de réconciliation, un vieux truc que les élites ont utilisé maintes et maintes fois.

Comme indiqué précédemment, dans les prochains jours, mon cabinet d'avocats publiera un certain nombre de documents relatifs aux événements de 2010. Il n’y aura pas grand-chose de nouveau dans ces documents pour ceux qui ont été témoins des événements terribles de 2010, et pour ceux, y compris moi-même, qui ont à l’époque participé aux efforts pour négocier un dénouement pacifique. Pourtant, il est important de diffuser ces documents afin que tous ceux qui cherchent la justice en Thaïlande soient équipés de suffisamment d’outils pour participer à cette lutte.

Au cours des 5 dernières années, beaucoup d'entre nous qui sont conscients de la vérité ont exercé une résolution inébranlable dans nos efforts pour exposer les mensonges et les distorsions évidentes de l'armée, du Parti "Démocrate" d'Abhisit et de leurs larbins des relations publiques assorties. Donc lésés sont l'armée et les tentatives d'Abhisit pour engendrer un cover-up alors qu'ils ont même tenté d'utiliser un processus de "réconciliation" fallacieux afin de pouvoir de facto maintenir et renforcer l'impunité.

La seule voie pour la réconciliation se fera par les valeurs que l'armée thaïlandaise et le Parti Démocrate craignent le plus - la vérité et la justice. Ce sont ces valeurs auxquelles nous devons adhérer pour poursuivre notre lutte.

Mai 2010: un soldat thaïlandais et sa victime

Mai 2010: un soldat thaïlandais et sa victime

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 07:33

Le 15 novembre 2015, à l’occasion de la journée mondiale des écrivains emprisonnés, PEN International a décidé de soutenir les étudiants Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong détenus pour lèse-majesté.

Une déclaration de PEN International

Lien :

http://www.pen-international.org/day-of-the-imprisoned-writer-patiwat-saraiyaem-and-pornthip-munkong/

Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong

Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong

Le 23 février 2015, les étudiants activistes Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong ont été condamnés chacun à deux ans et demi de prison pour avoir violé la loi thaïlandaise de "lèse-majesté". L’accusation de "lèse-majesté", ou l’article 112 du Code pénal, criminalise les insultes alléguées contre la monarchie et est couramment utilisé pour réduire au silence la dissidence pacifique. L’affaire contre Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong concerne leur implication dans la mise en scène d’une pièce de théâtre sur un monarque de fiction appelée "La Fiancée du Loup (Jao Sao Ma Pa)" à l’Université Thammasat en Octobre 2013. Les deux étudiants sont détenus depuis leur arrestation en août 2014, et se sont vu refuser à plusieurs reprises la liberté sous caution. Ils ont plaidés coupable en décembre 2014 afin d’obtenir une réduction de peine. Pen International considère que Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong sont emprisonnés en violation des articles 9 et 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel la Thaïlande a adhéré.

Patiwat Saraiyaem a 23 ans et est un étudiant de cinquième année et activiste de la Faculté des Beaux-arts et arts appliqués à l’Université de Khon Kaen, et le Secrétaire général de la Fédération étudiante du Nord-Est. Pornthip Munkong a 26 ans et a été récemment diplômée de la Faculté de science politique à l’Université Ramkhamhaeng. C’est aussi une activiste politique. Ces deux étudiants ont joués le rôle des personnages principaux dans la représentation d’une pièce intitulée "La Fiancée du Loup", qui a eu lieu le 13 octobre 2013 à l’Auditorium de l’Université Thammasat pour commémorer le 40eme anniversaire du soulèvement populaire du 14 octobre 1973. La pièce, qui a été organisée par d’anciens membres du défunt Prakai Fai Karn Lakorn, un sous-groupe du Prakai Fai (‘Susciter le Feu’), un groupe de théâtre de gauche, dramatisait l’histoire d’un roi fictif et de son conseiller dans un royaume fantastique. Alors que le spectacle n’a été joué qu’une seule fois à l’université, il a été filmé et partagé sur les médias sociaux.

Saraiyaem a été arrêté le 14 août 2014 et Munkong a été arrêté le lendemain. Les deux ont été accusés de lèse-majesté en vertu de l’article 112, une loi qui protège la famille royale de tout ce qui est perçu comme une insulte. Pendant leur détention, ils ont été privés plusieurs fois du droit à la liberté sous caution et le 29 décembre 2014, ils ont tous deux plaidé coupable afin de réduire leurs peines; les accusés espérant que le tribunal suspendrait leurs peines de prison après leurs aveux. Toutefois, la Cour pénale de Bangkok les a condamnés à cinq ans de prison, réduite à deux ans et demi le 23 février 2015. Les juges ont déclaré que; "jouer la pièce est un acte de diffamation et injurieux pour de nombreuses personnes. En outre, elle a été diffusée sur de nombreux sites, causant des dommages à la monarchie, qui est vénéré par tous les Thaïlandais [sic.]. Une telle action est un crime grave qui ne justifie aucune suspension de la peine". Saraiyaem et Munkong n’ont pas fait appel à la condamnation, selon leurs avocats, en raison de craintes de nouvelles sanctions et de mauvais traitements. Munkong est actuellement détenue à la prison centrale des femmes de Bangkok, tandis que Saraiyaem est emprisonné à la Maison d’Arrêt de Bangkok.

Contexte

Les lois de lèse-majesté en Thaïlande figurent parmi les plus strictes lois du monde contre l’insulte et sont été resté inchangée depuis 1908. Selon l’article 112 du code pénal thaïlandais, toute personne qui "diffame, insulte ou menace le roi, la reine, l’héritier présomptif ou le régent" sera puni d’un maximum de 15 ans de prison. Depuis que l’armée a pris le pouvoir en mai 2014 suite à un coup d’Etat, le nombre de procès et de détentions liés aux infractions de lèse-majesté a augmenté de façon significative, ceci afin de faire taire la dissidence.

Le monarque thaïlandais, le Roi Bhumibol Adulyadej, est sur le trône depuis six décennies et bénéficie d’un statut quasi-divin de la part de nombreux Thaïlandais. Depuis l’introduction d’une monarchie constitutionnelle en 1932, la Thaïlande a été un foyer d’instabilité politique avec des périodes alternées de la démocratie et de dictature militaire. Populairement connu comme "l’événement du 14 octobre", le soulèvement de 1973 a été mené par des étudiants activistes. Bien qu’il ait été initialement écrasé par l’armée, il a finalement abouti à la fin d’une dictature militaire qui avait duré 26 ans. En mai 2014, la Thaïlande a subi son 12eme coup d’Etat militaire réussi après environ sept mois d’escalade de la violence politique. Le coup d’Etat a imposé la loi martiale et un couvre-feu, dissous le Sénat – le seul organisme restant de gouvernement national ayant des membres élus – et a accordé de vastes pouvoirs exécutifs et législatifs aux chefs de l’armée. Dans le sillage du coup d’Etat, un contrôle strict des médias a été imposé; de nombreuses stations de télévision et de radio ont été fermées et des journalistes ainsi que des universitaires ont été arrêtés. La loi martiale a finalement été révoquée en mars 2015.

Les mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies ont précisé à plusieurs reprises que les lois pénales sur la diffamation et l’insulte, y compris les lois de lèse-majesté, sont incompatibles avec les normes internationales sur la liberté d’expression. En 2011, le Rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Frank La Rue, a appelé la Thaïlande à réformer sa loi de lèse-majesté. Il a déclaré; "La menace d’une longue peine de prison et l’imprécision de ce que ce genre d’expression constituerait une diffamation, insulte ou menace envers la monarchie, encourage l’autocensure et étouffe les débats importants sur des questions d’intérêt public, mettant ainsi en péril le droit à la liberté d’opinion et d’expression".

S’il vous plaît envoyer des appels:

En demandant la libération immédiate et inconditionnelle des étudiants Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong qui sont détenus pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression, une détention qui viole les articles 9 et 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel la Thaïlande a adhéré;

En réitérant vos graves préoccupations pour la sécurité des écrivains, des universitaires et des militants en Thaïlande, qui risquent d’être emprisonnés uniquement pour l’expression pacifique de leurs opinions;

En insistant pour que les autorités modifient le Code criminel, en particulier la loi de lèse-majesté, pour s’assurer qu’elles respectent les obligations internationales de la Thaïlande afin de protéger la liberté d’expression.

Appels à envoyer au:

Premier Ministre

Gen. Prayuth Chan-o-cha

Government House

Pitsanulok Road, Dusit

Bangkok 10300

Thailand

Fax: 011 66 2 282-5131

E-mail: prforeign@gmail.com

Copies à envoyer au:

vice-Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères

Thanasak Patimapragorn

Ministère des Affaires étrangères

Sri Ayudhya Road

Bangkok 10400

Thailand

Fax: 011 66 2643 5320 / 011 66 2643 5314

Email: minister@mfa.go.th

S’il vous plaît aussi envoyer des copies de vos appels à l’ambassade de Thaïlande dans votre pays. Les adresses peuvent être trouvées sur ce lien: http://www.thaiembassy.org/main/

Solidarité

S’il vous plaît envoyer des lettres de soutien à Pornthip Munkhong et Patiwat Saraiyaem qui sont en prison:

Pornthip Munkhong

Central Women’s Prison

33/3 Ngamwongwan Road

Lad Yao, Chatuchak

Bangkok 10900

Thailand

Patiwat Saraiyaem

Bangkok Remand Prison

33 Ngamwongwan Road

Lad Yao, Chatuchak

Bangkok 10900

Thailand

Les membres du PEN sont encouragés à:

Publier des articles et des textes d’opinion dans leur presse nationale ou locale en soulignant le cas des étudiants thaïlandais.

Leurs écrits carcéraux sont disponibles pour publication:

Le poème "Friend" de Patiwat Saraiyaem a été traduit en anglais et publié sur Prachatai (lien: http://www.prachatai.org/english/node/4364)

La traduction en anglais d’une fable en 4 parties que Pornthip Munkhong a écrite en prison est disponible pour publication (lien: http://prachatai.org/english/node/4778)

Organiser des événements publics, des lectures de théâtre, des conférences de presse ou des démonstrations

Partager des informations sur Patiwat Saraiyaem et Pronthip Munkong ainsi que sur leurs activités de campagne pour eux via les médias sociaux

Médias sociaux: S’il vous plaît utiliser le hashtag #ImprisonedWriter

Tweets suggères:

#Thaïlande libérez Patiwat Saraiyaem & Pornthip Munkong emprisonnés pour la pièce "insultant" le roi #ImprisonedWriter @pen_int

La journée du #ImprisonedWriter agit pour les écrivains qui résistent à la répression de leur droit humain fondamentaux

S’il vous plaît laissez-nous connaître vos activités et envoyer nous un rapport sur elles avant le 15 décembre 2015, de sorte que nous puissions les partager avec d’autres centres PEN.

Pour plus de détails s’il vous plaît contactez Emma Wadsworth-Jones au PEN International London Office: PEN International, Unit A, Koops Mill, 162-164 Abbey Street, London SE1 2AN Tel: +44 (0) 20 7405 0338 email: emma.wadsworth-jones@pen-international.org

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