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29 novembre 2015 7 29 /11 /novembre /2015 13:09

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/11/29/the-stench-of-military-corruption/

 

La puanteur de la corruption de la junte dans le cas du monument gossier et de mauvais goût "Rachapak" ne va pas disparaître. Le général Prawit, vice-Premier ministre et ministre de la Défense, et le généralissime Prayut ont à plusieurs reprises essayé de noyer le poisson en prétendant qu'il s’agissait "d’une affaire interne à l'armée" ou que ça n’avait "rien à voir avec le gouvernement", car cela serait l’affaire d'une fondation privée. Le général Teerachai, commandant de l'armée, a tenté d’étouffer l'affaire et le général Udomdet, président de la Fondation Rachapat et vice-ministre de la Défense, a également essayé de nier tout acte répréhensible. Quand les journalistes leur demandent à plusieurs reprises des explications, les généraux autoproclamés ont tendance à crier de colère et à menacer. Ils peuvent également "envoyer des soldats" pour visiter le domicile des gens et conduire quelqu'un dans un camp de l'armée pour une session de changement d'attitude. Ils l'ont fait avec un politicien du Pua Thai qui avait posé des questions embarrassantes. Mais le scandale ne va tout simplement pas disparaître.

L’auditeur général est intervenu et a dit que l'argent de l'Etat avait aussi été utilisé pour ce projet et pas seulement celui d'une fondation.

Le Parc Rachapak, près de Hua Hin, est le site de sept énormes statues de rois précédents, glorifiant et continuant à déformer l'histoire "thaïe". Naturellement, il a reçu l'approbation royale spéciale. C’est la copie brute d'un site similaire, avec d'énormes statues de trois rois birmans, construit par la junte militaire birmane dans sa nouvelle capitale, Naypyidaw. Pendant des mois, il s’est diffusé des histoires de la corruption entourant le bâtiment des statues du parc Rachapak.

En attendant, la Commission contre la corruption est toujours en train de "réfléchir" si elle doit lancer une enquête ou non. Si elle le fait, elle devra faire preuve de prudence afin de ne pas offenser ses maîtres militaires.

Lorsque Prayut a organisé son coup militaire en mai 2014, il a affirmé que l'une des priorités de la junte serait de lutter contre la corruption. Seuls les stupides membres des classes moyennes l'ont réellement cru.

Quand les généraux thaïlandais prétendent réprimer la corruption, ce qu’ils veulent vraiment dire c’est qu'ils vont s’arranger avec les politiciens corrompus qui se trouvent sur leur chemin. C’est un moyen de faire en sorte que l'armée puisse disposer d'un monopole sur les pratiques de corruption.

Dans un article récent à New Mandala, Prasit Wongtibun a écrit que "la junte thaïlandaise n'a pas débarrassé le pays des politiciens douteux mais qu’elle a tout simplement pris leur place". Il explique que le secteur des entreprises a rapporté que les "commissions" pour les projets du gouvernement étaient passées de 30 à 50 pour cent de la valeur totale du projet. Les mafias locales dans les rues ont été remplacées par des hommes en uniforme à qui les vendeurs doivent encore payer une protection.

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/11/26/still-better-than-thaksin/

En plus du scandale actuel, Prayut a nommé son frère et plusieurs de ses proches à des postes importants. Ils se sont offerts d’énormes salaires et ont également augmenté le budget militaire dans lequel ils se servent tous.

La corruption militaire en Thaïlande a une longue tradition remontant à des décennies. Les officiers militaires sont impliqués dans la contrebande, le racket de la prostitution, le trafic de drogue et la traite des êtres humains. Ils se nomment eux-mêmes dans de lucratifs postes du conseil d'administration de la gestion des entreprises d'Etat. La plupart des officiers militaires bénéficient de revenus bien supérieurs aux salaires des militaires et de la retraite après avoir amassé de grandes richesses.

Le maréchal Sarit Tanarat était l'un des dictateurs corrompus les plus notoires de la Thaïlande. Il a utilisé des fonds publics pour payer ses plaisirs sexuels et afin de faire des investissements dans ce qui sont devenus ses entreprises privées. Il a pillé le budget secret de la sécurité de l'État et celui de la loterie gouvernementale. Sa femme et lui avaient des actions dans 45 sociétés. Une de leurs prises de participations principales a été dans l’entreprise de Bangkok qui produisaient les sacs de jute. La loi obligeait les meuniers du riz d'acheter leurs sacs à cette société. Sarit avait aussi amassé de vastes zones de terres et des économies de trésorerie se chiffrant en millions. Il participait à la contrebande afin de compléter son revenu. Lorsque Sarit est mort suite à une insuffisance hépatique, le Roi Pumipon a ordonné 21 jours de deuil officiel pour son "meilleur ami". Pendant ce temps, ses maîtresses et ses enfants se disputaient sa succession.

Après la mort de Sarit, ses hommes de main, les généraux Tanom Kitikajorn et Prapart Jarusatien ainsi que Narong, le fils de Tanom, ont continués cette corruption dans les meilleures traditions de l'armée, en siphonnant des millions dans le budget de la loterie nationale et en percevant des droits de protection auprès des diverses entreprises liées à des contrats gouvernementaux.

La corruption va de pair avec le manque de démocratie et de responsabilité et le rôle accru de l'armée dans la société est de faire empirer les choses.

La puanteur de la corruption militaire
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27 novembre 2015 5 27 /11 /novembre /2015 16:33

Nous rejetons l'immunité pour les militaires prévue dans la nouvelle constitution

Une déclaration de Human Rights Watch

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https://www.hrw.org/news/2015/11/24/thailand-constitution-give-soldiers-license-kill

 

La junte de la Thaïlande a proposé que la nouvelle constitution protège le personnel militaire de toutes poursuites pour violations graves des droits de l’homme, a déclaré Human Rights Watch. Les rédacteurs de la constitution devraient rejeter cette proposition d'amnistie de facto.

Le 11 Novembre 2015, le général Prayut Chan-ocha, premier ministre putschiste, a, en sa qualité de président du Conseil national pour la paix et l'ordre, envoyé une lettre concernant le projet de constitution au Comité de rédaction de la Constitution nommé par la junte. La junte recommande que le comité de rédaction ajoute une clause qui exempterait les militaires de toutes responsabilités aussi bien civile que pénale et administrative concernant l'usage de la force "de bonne foi" pour protéger la sécurité nationale contre les menaces internes et externes.

"Une clause d'immunité pour les militaires dans la nouvelle constitution de la Thaïlande permettrait à l'armée de commettre toutes sortes d’abus sans crainte de poursuites", a déclaré Brad Adams, directeur pour l'Asie de Human Rights Watch. "Étant donné la longue histoire de violations des droits de l'homme de l'armée thaïlandaise, ce serait donner, de façon effective, un permis de tuer aux soldats thaïlandais."

L'armée de Thaïlande massacre en toute impunité depuis des décennies. Pas un seul soldat n’a été tenue légalement responsable pour les décès ou les blessures commis au cours des répressions contre les manifestants des années 1970 jusqu’aux dernières confrontations politiques d’avril/mai 2010. En 2010, au moins 99 personnes ont perdu la vie et plus de 2.000 ont été blessés, la plupart du temps du fait de l'utilisation excessive et inutile de la force par les militaires. Les commandants qui ont donné des ordres illégaux de tirs n’ont également pas été tenus responsables.

Les traités internationaux relatifs aux droits de l'homme ratifiés par la Thaïlande montrent clairement que le statut de fonctionnaire du gouvernement ne permet pas d'immunité pour les violations graves des droits de l’homme. En outre, la Thaïlande a des obligations juridiques internationales pour garantir le droit à un recours effectif pour les victimes de violations graves, notamment d'homicides illégaux. Le droit d'une victime à un recours effectif exige que le gouvernement prenne les mesures d'enquête judiciaires et correctives nécessaires pour remédier à la violation des droits et fournir justice et réparation.

"Le Comité de rédaction de la Constitution devrait immédiatement rejeter la proposition de l'impunité de la junte", a déclaré Adams. "La nouvelle Constitution devrait garantir que la loi s’applique à tous les gens de façon égale. Personne ne devrait être en mesure d'échapper à des poursuites et à la responsabilité pour les violations des droits humains."

Des civils massacrés par l’armée thaïlandaise en 2010

Des civils massacrés par l’armée thaïlandaise en 2010

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25 novembre 2015 3 25 /11 /novembre /2015 10:44

Le Premier ministre thaïlandais, Prayuth Chan-ocha, n’a pas hésité à utiliser son message de condoléances à la France à la suite des attaques du 13 novembre pour justifier son autoritarisme.

Il a ainsi encouragé “les médias thaïlandais à aider le gouvernement à surveiller ‘mauvais éléments’ plutôt que de couvrir les divisions politiques qui existent dans le pays”.

Panitan Wattanyagorn, conseiller à la sécurité du vice-Premier ministre, a été encore plus loin, soulignant que les malheurs de la France sont liés “à trop de liberté”. “Les libertés publiques doivent donc être encadrées par les autorités”, a-t-il ajouté.

Libérez-Somyot se demande si l’attentat de Bangkok du 17 août 2015 qui a couté la vie à 27 personnes ne serait-il pas dû à “trop de dictature” par hasard ?

Sources:

http://www.courrierinternational.com/article/vu-de-thailande-les-attentats-de-paris-ne-peuvent-pas-justifier-lautoritarisme

et

http://www.nationmultimedia.com/opinion/A-crude-response-to-the-horrors-in-Paris-30273063.html

Prayuth Chan-ocha

Prayuth Chan-ocha

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22 novembre 2015 7 22 /11 /novembre /2015 15:47

Jit Phumisak (en thaï: จิตร ภูมิ ศักดิ์) est né le 25 septembre 1930 et a été assassiné le 5 mai 1966. C'était un auteur thaïlandais, historien, poète et révolutionnaire communiste. Son livre le plus influent parmi les Thaïlandais est "Le vrai visage de la féodalité thaïe (โฉมหน้า ศักดินา ไทย, Chomna Sakdina thaï)", écrit en 1957 sous le pseudonyme de Somsamai Srisootarapan. Jit a été décrit comme le "Che Guevara de Thaïlande".

Jit est né dans une famille pauvre de la province de Prachinburi située dans l'est de la Thaïlande. Il a étudié à l'Université Chulalongkorn de Bangkok. Lors de ses études, il a découvert le marxisme. En 1953, il a traduit le Manifeste du Parti Communiste en thaï.

Ses écrits étaient anti-nationalistes et progressiste et étaient considérés comme une menace pour l'État par le gouvernement anti-communiste de Sarit Thanarat. Il a été arrêté en 1957, accusé d'être un communiste, et après six ans de prison a été déclaré non coupable par un tribunal et remis en liberté.

En 1965, il rejoint le Parti Communiste de Thaïlande, dont le siège se situait dans la jungle des montagnes de Phu Phan dans la province de Sakhon Nakhon. Le 5 mai 1966, après avoir été capturé, il a été abattu par l’armée. Son corps a été brûlé et aucune cérémonie proprement dite de son décès n'a eu lieu avant 1989, lorsque ses restes ont finalement été placés dans un stupa au Wat Prasittisangwon à proximité du lieu de son exécution.

Liberez-Somyot avait déjà publié cet article le 6 octobre 2012

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-jit-phumisak-un-revolutionnaire-thailandais-110940550.html

Jit Phumisak

Jit Phumisak

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17 novembre 2015 2 17 /11 /novembre /2015 09:18

Un article de Robert Amsterdam

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http://robertamsterdam.com/why-we-will-never-forget-the-human-rights-crimes-of-the-thai-army/

 

S’il y a une caractéristique qui définit le funeste gouvernement thaïlandais dirigé par le Parti Démocrate d'Abhisit Vejjajiva de 2008 à 2011, c’est son mépris choquant et impitoyable de la vie humaine au cours du massacre de 2010 à Bangkok.

Comme mon cabinet d'avocats l’a réitéré à maintes reprises, l’utilisation de tireurs d'élite hautement qualifiés et équipés du matériel militaire le plus récent contre des manifestants civils désarmés, comme Abhisit et l'armée thaïlandaise l’ont fait en avril/mai 2010, est non seulement un crime contre le peuple thaïlandais, mais contre l'humanité elle-même.

Pourtant, ce ne sont pas seulement les actions ignobles de l'armée thaïlandaise et d’Abhisit en 2010 qui cimentent leur réputation comme infligeant une terreur de sang-froid à leur propre peuple. Ce sont également leurs tentatives pour falsifier l’histoire de ces terribles événements, niant ainsi non seulement la justice et la vérité, mais compromettant toute chance de réconciliation véritable pour ceux qui ont souffert de leurs mains.

Au cours des derniers jours, l’éhontée et mal nommée Commission nationale "anti-corruption" a inventé des accusations contre la dernière première ministre démocratiquement élue de Thaïlande, Yingluck Shinawatra, et contre son cabinet, pour avoir tenté de compenser financièrement les citoyens thaïlandais ordinaires ayant subi des pertes et/ou des blessures au cours de la période des troubles politiques de 2005 à 2010. Alors qu’il y avait certainement des défauts dans ce régime de compensation, il s’agissait de la toute première fois ou l'Etat thaïlandais avait cherché à reconnaître et faire des réparations pour les dommages causés à la population civile. Étant donné la longue histoire de massacres et d'impunité de la Thaïlande, un tel régime d'indemnisation était remarquable et unique.

Ce qui est beaucoup moins unique est la tentative de la junte militaire présente de réécrire le passé très récent, tout en articulant la rhétorique bidon d'unité et de réconciliation, un vieux truc que les élites ont utilisé maintes et maintes fois.

Comme indiqué précédemment, dans les prochains jours, mon cabinet d'avocats publiera un certain nombre de documents relatifs aux événements de 2010. Il n’y aura pas grand-chose de nouveau dans ces documents pour ceux qui ont été témoins des événements terribles de 2010, et pour ceux, y compris moi-même, qui ont à l’époque participé aux efforts pour négocier un dénouement pacifique. Pourtant, il est important de diffuser ces documents afin que tous ceux qui cherchent la justice en Thaïlande soient équipés de suffisamment d’outils pour participer à cette lutte.

Au cours des 5 dernières années, beaucoup d'entre nous qui sont conscients de la vérité ont exercé une résolution inébranlable dans nos efforts pour exposer les mensonges et les distorsions évidentes de l'armée, du Parti "Démocrate" d'Abhisit et de leurs larbins des relations publiques assorties. Donc lésés sont l'armée et les tentatives d'Abhisit pour engendrer un cover-up alors qu'ils ont même tenté d'utiliser un processus de "réconciliation" fallacieux afin de pouvoir de facto maintenir et renforcer l'impunité.

La seule voie pour la réconciliation se fera par les valeurs que l'armée thaïlandaise et le Parti Démocrate craignent le plus - la vérité et la justice. Ce sont ces valeurs auxquelles nous devons adhérer pour poursuivre notre lutte.

Mai 2010: un soldat thaïlandais et sa victime

Mai 2010: un soldat thaïlandais et sa victime

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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 07:33

Le 15 novembre 2015, à l’occasion de la journée mondiale des écrivains emprisonnés, PEN International a décidé de soutenir les étudiants Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong détenus pour lèse-majesté.

Une déclaration de PEN International

Lien :

http://www.pen-international.org/day-of-the-imprisoned-writer-patiwat-saraiyaem-and-pornthip-munkong/

Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong

Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong

Le 23 février 2015, les étudiants activistes Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong ont été condamnés chacun à deux ans et demi de prison pour avoir violé la loi thaïlandaise de "lèse-majesté". L’accusation de "lèse-majesté", ou l’article 112 du Code pénal, criminalise les insultes alléguées contre la monarchie et est couramment utilisé pour réduire au silence la dissidence pacifique. L’affaire contre Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong concerne leur implication dans la mise en scène d’une pièce de théâtre sur un monarque de fiction appelée "La Fiancée du Loup (Jao Sao Ma Pa)" à l’Université Thammasat en Octobre 2013. Les deux étudiants sont détenus depuis leur arrestation en août 2014, et se sont vu refuser à plusieurs reprises la liberté sous caution. Ils ont plaidés coupable en décembre 2014 afin d’obtenir une réduction de peine. Pen International considère que Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong sont emprisonnés en violation des articles 9 et 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel la Thaïlande a adhéré.

Patiwat Saraiyaem a 23 ans et est un étudiant de cinquième année et activiste de la Faculté des Beaux-arts et arts appliqués à l’Université de Khon Kaen, et le Secrétaire général de la Fédération étudiante du Nord-Est. Pornthip Munkong a 26 ans et a été récemment diplômée de la Faculté de science politique à l’Université Ramkhamhaeng. C’est aussi une activiste politique. Ces deux étudiants ont joués le rôle des personnages principaux dans la représentation d’une pièce intitulée "La Fiancée du Loup", qui a eu lieu le 13 octobre 2013 à l’Auditorium de l’Université Thammasat pour commémorer le 40eme anniversaire du soulèvement populaire du 14 octobre 1973. La pièce, qui a été organisée par d’anciens membres du défunt Prakai Fai Karn Lakorn, un sous-groupe du Prakai Fai (‘Susciter le Feu’), un groupe de théâtre de gauche, dramatisait l’histoire d’un roi fictif et de son conseiller dans un royaume fantastique. Alors que le spectacle n’a été joué qu’une seule fois à l’université, il a été filmé et partagé sur les médias sociaux.

Saraiyaem a été arrêté le 14 août 2014 et Munkong a été arrêté le lendemain. Les deux ont été accusés de lèse-majesté en vertu de l’article 112, une loi qui protège la famille royale de tout ce qui est perçu comme une insulte. Pendant leur détention, ils ont été privés plusieurs fois du droit à la liberté sous caution et le 29 décembre 2014, ils ont tous deux plaidé coupable afin de réduire leurs peines; les accusés espérant que le tribunal suspendrait leurs peines de prison après leurs aveux. Toutefois, la Cour pénale de Bangkok les a condamnés à cinq ans de prison, réduite à deux ans et demi le 23 février 2015. Les juges ont déclaré que; "jouer la pièce est un acte de diffamation et injurieux pour de nombreuses personnes. En outre, elle a été diffusée sur de nombreux sites, causant des dommages à la monarchie, qui est vénéré par tous les Thaïlandais [sic.]. Une telle action est un crime grave qui ne justifie aucune suspension de la peine". Saraiyaem et Munkong n’ont pas fait appel à la condamnation, selon leurs avocats, en raison de craintes de nouvelles sanctions et de mauvais traitements. Munkong est actuellement détenue à la prison centrale des femmes de Bangkok, tandis que Saraiyaem est emprisonné à la Maison d’Arrêt de Bangkok.

Contexte

Les lois de lèse-majesté en Thaïlande figurent parmi les plus strictes lois du monde contre l’insulte et sont été resté inchangée depuis 1908. Selon l’article 112 du code pénal thaïlandais, toute personne qui "diffame, insulte ou menace le roi, la reine, l’héritier présomptif ou le régent" sera puni d’un maximum de 15 ans de prison. Depuis que l’armée a pris le pouvoir en mai 2014 suite à un coup d’Etat, le nombre de procès et de détentions liés aux infractions de lèse-majesté a augmenté de façon significative, ceci afin de faire taire la dissidence.

Le monarque thaïlandais, le Roi Bhumibol Adulyadej, est sur le trône depuis six décennies et bénéficie d’un statut quasi-divin de la part de nombreux Thaïlandais. Depuis l’introduction d’une monarchie constitutionnelle en 1932, la Thaïlande a été un foyer d’instabilité politique avec des périodes alternées de la démocratie et de dictature militaire. Populairement connu comme "l’événement du 14 octobre", le soulèvement de 1973 a été mené par des étudiants activistes. Bien qu’il ait été initialement écrasé par l’armée, il a finalement abouti à la fin d’une dictature militaire qui avait duré 26 ans. En mai 2014, la Thaïlande a subi son 12eme coup d’Etat militaire réussi après environ sept mois d’escalade de la violence politique. Le coup d’Etat a imposé la loi martiale et un couvre-feu, dissous le Sénat – le seul organisme restant de gouvernement national ayant des membres élus – et a accordé de vastes pouvoirs exécutifs et législatifs aux chefs de l’armée. Dans le sillage du coup d’Etat, un contrôle strict des médias a été imposé; de nombreuses stations de télévision et de radio ont été fermées et des journalistes ainsi que des universitaires ont été arrêtés. La loi martiale a finalement été révoquée en mars 2015.

Les mécanismes des droits de l’homme des Nations Unies ont précisé à plusieurs reprises que les lois pénales sur la diffamation et l’insulte, y compris les lois de lèse-majesté, sont incompatibles avec les normes internationales sur la liberté d’expression. En 2011, le Rapporteur spécial des Nations unies sur la promotion et la protection du droit à la liberté d’opinion et d’expression, Frank La Rue, a appelé la Thaïlande à réformer sa loi de lèse-majesté. Il a déclaré; "La menace d’une longue peine de prison et l’imprécision de ce que ce genre d’expression constituerait une diffamation, insulte ou menace envers la monarchie, encourage l’autocensure et étouffe les débats importants sur des questions d’intérêt public, mettant ainsi en péril le droit à la liberté d’opinion et d’expression".

S’il vous plaît envoyer des appels:

En demandant la libération immédiate et inconditionnelle des étudiants Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong qui sont détenus pour avoir exercé pacifiquement leur droit à la liberté d’expression, une détention qui viole les articles 9 et 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), auquel la Thaïlande a adhéré;

En réitérant vos graves préoccupations pour la sécurité des écrivains, des universitaires et des militants en Thaïlande, qui risquent d’être emprisonnés uniquement pour l’expression pacifique de leurs opinions;

En insistant pour que les autorités modifient le Code criminel, en particulier la loi de lèse-majesté, pour s’assurer qu’elles respectent les obligations internationales de la Thaïlande afin de protéger la liberté d’expression.

Appels à envoyer au:

Premier Ministre

Gen. Prayuth Chan-o-cha

Government House

Pitsanulok Road, Dusit

Bangkok 10300

Thailand

Fax: 011 66 2 282-5131

E-mail: prforeign@gmail.com

Copies à envoyer au:

vice-Premier ministre et Ministre des Affaires étrangères

Thanasak Patimapragorn

Ministère des Affaires étrangères

Sri Ayudhya Road

Bangkok 10400

Thailand

Fax: 011 66 2643 5320 / 011 66 2643 5314

Email: minister@mfa.go.th

S’il vous plaît aussi envoyer des copies de vos appels à l’ambassade de Thaïlande dans votre pays. Les adresses peuvent être trouvées sur ce lien: http://www.thaiembassy.org/main/

Solidarité

S’il vous plaît envoyer des lettres de soutien à Pornthip Munkhong et Patiwat Saraiyaem qui sont en prison:

Pornthip Munkhong

Central Women’s Prison

33/3 Ngamwongwan Road

Lad Yao, Chatuchak

Bangkok 10900

Thailand

Patiwat Saraiyaem

Bangkok Remand Prison

33 Ngamwongwan Road

Lad Yao, Chatuchak

Bangkok 10900

Thailand

Les membres du PEN sont encouragés à:

Publier des articles et des textes d’opinion dans leur presse nationale ou locale en soulignant le cas des étudiants thaïlandais.

Leurs écrits carcéraux sont disponibles pour publication:

Le poème "Friend" de Patiwat Saraiyaem a été traduit en anglais et publié sur Prachatai (lien: http://www.prachatai.org/english/node/4364)

La traduction en anglais d’une fable en 4 parties que Pornthip Munkhong a écrite en prison est disponible pour publication (lien: http://prachatai.org/english/node/4778)

Organiser des événements publics, des lectures de théâtre, des conférences de presse ou des démonstrations

Partager des informations sur Patiwat Saraiyaem et Pronthip Munkong ainsi que sur leurs activités de campagne pour eux via les médias sociaux

Médias sociaux: S’il vous plaît utiliser le hashtag #ImprisonedWriter

Tweets suggères:

#Thaïlande libérez Patiwat Saraiyaem & Pornthip Munkong emprisonnés pour la pièce "insultant" le roi #ImprisonedWriter @pen_int

La journée du #ImprisonedWriter agit pour les écrivains qui résistent à la répression de leur droit humain fondamentaux

S’il vous plaît laissez-nous connaître vos activités et envoyer nous un rapport sur elles avant le 15 décembre 2015, de sorte que nous puissions les partager avec d’autres centres PEN.

Pour plus de détails s’il vous plaît contactez Emma Wadsworth-Jones au PEN International London Office: PEN International, Unit A, Koops Mill, 162-164 Abbey Street, London SE1 2AN Tel: +44 (0) 20 7405 0338 email: emma.wadsworth-jones@pen-international.org

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15 novembre 2015 7 15 /11 /novembre /2015 12:27

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/11/15/weird-lese-majeste-purge-exposes-the-nature-of-this-abominable-law/

 

Récemment, il y a eu une vague d'arrestations et d'accusations de lèse-majesté contre des officiers de police et d'autres, dont des officiers de l'armée, qui auraient soi-disant revendiqué de "fausses connexions" avec le Palais pour leur gain personnel. Deux détenus sont morts en prison. Ceci est un peu bizarre et est en relation avec les élites connectés à la purge des personnes associées à l'ancienne épouse divorcée de l'odieux prince héritier. En termes généraux, c’est de peu d'intérêt pour ceux qui font campagne pour la liberté et la démocratie, mais cela soulève la question de l'utilisation de la lèse-majesté.

Bien sûr, les coureurs des bois défendent l'existence de la lèse-majesté en Thaïlande parce qu'elle protège la monarchie. En dehors de la question de savoir si le pays devrait même avoir une telle institution parasitaire et obsolète, il y a aussi la question de savoir pourquoi une institution publique devrait exiger une telle protection draconienne. Cela semble être un symptôme de malaise extrême et de manque de confiance en la stabilité de la monarchie de la part des élites. Cela donne un démenti à l'affirmation selon laquelle la monarchie serait "très aimé de tous" et ses représentants "considéré comme des demi-dieux" par la population.

Le Roi est une personne faible et manipulée et le prince héritier sera tout aussi faible. La monarchie n’existe qu’afin de justifier les actions de l'armée et des autres élites. Ce que les élites conservatrices et militaires craignent le plus, c’est que leur "mascotte" ou leurs "marionnettes" ne tombent en poussière.

Quand on regarde les victimes de la lèse-majesté, nous commençons à voir un dessin. Au cours de la crise politique des 10 dernières années, les cas de lèse-majesté se sont multipliés, en particulier sous le régime autoritaire dur qui est arrivé au pouvoir à la suite du coup d'Etat militaire de Prayut en 2014. La grande majorité des cas sont des militants de gauche pro-démocratie. Ceci est également le modèle depuis la Seconde Guerre mondiale. Donc, en dehors des cas bizarres contre des gens comme Sulak Sivarak, la lèse-majesté est une arme utilisée par la classe dirigeante thaïlandaise contre la gauche.

Une autre utilisation de la lèse-majesté est celle d’une arme utilisée par les factions au pouvoir à un moment donné, contre leurs rivaux qu’ils veulent purger, ou des gens comme les journalistes étrangers qui expriment des opinions "dérangeantes". Ce fut le cas auparavant sous Taksin et avant la crise politique actuelle. Cela caractérise les purges récentes mentionnées ci-dessus.

Cependant, quand on regarde les récentes accusations de "fausses prétendues connexions" avec le Palais à des fins personnelles, les plus grands délinquants sont le gang du coup d'Etat de Prayut et tous les dictateurs militaires précédents de Thaïlande. Ces dictateurs autoproclamés ont tous prétendu agir du fait de leurs "connexions" avec le Palais et la nécessité de protéger la monarchie. Une fois au pouvoir, ils ont ensuite agis pour remplir leurs propres poches, augmenter le budget militaire, et nommer leurs amis à des postes élevés. La plupart des officiers supérieurs ont accumulé par ce moyen des richesses bien au-delà de leurs salaires de l'Etat.

Un autre groupe de personnes qui ont prétendu de "fausses connexions" avec le Palais pour leurs gains personnels sont les voyous des classes moyennes en chemise jaune, y compris la bande de Sutep, qui ont joué un rôle important dans la destruction de la démocratie et espèrent que les anti-réformes soutenues par les militaires leur apporteront une plus grande influence dans la société thaïlandaise à l’avenir.

Naturellement, ni l'armée ni les voyous de la classe moyenne ne font face à des accusations de lèse-majesté, ce qui montre qui bénéficie de la monarchie et de la manière unilatérale dont la lèse-majesté est utilisée. Cette abominable loi ne peut pas être réformée. Elle doit être mise au rebut.

Giles Ji Ungpakorn

Giles Ji Ungpakorn

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 09:49

Thaïlande: Harcèlement contre une journaliste spécialiste de la question des droits humains

Une declaration de Front Line Defenders

Lien:

https://www.frontlinedefenders.org/fr/node/30032

 

Le 27 octobre 2015, le département de l'armée royale thaïe à Bang Sue a interrogé la journaliste Thaweeporn Kummetha à propos d'un article.

Dans l'article, publié le 20 octobre 2015 par le journal en ligne Prachatai, la journaliste recense une liste d'affaires récentes de poursuites pour diffamation de l'État ou de fonctionnaires en vertu de l'article 112 du Code pénal de Thaïlande.

Thaweeporn Kummetha, également appelée Am, est une journaliste spécialiste des droits humains, blogueuse et rédactrice en chef par intérim de Prachatai English, une version anglaise du journal en ligne Prachatai. Prachatai informe au sujet des droits humains et des violations des droits de la communauté. Thaweeporn Kummetha promeut la liberté d'expression et le droit à un accès à l'information en Thaïlande.

Le 27 octobre 2015, la journaliste a assisté à une réunion au département de l'armée royale à Bang Sue, au sujet d'un article qu'elle a écrit pour le journal Prachatai à propos des poursuites intentées pour diffamation en vertu de l'article 112 du Code pénal thaï, appelé loi sur les crimes de lèse-majesté. L'article a été publié en thaï et rassemblait une liste de cas de poursuites pour diffamation de l'État ou de fonctionnaires et était intitulé "Ce qui peut vous conduire en prison pour lèse-majesté".

Des représentants du ministère de la Justice, du département des enquêtes spéciales (DSI), de la division pour suppression des crimes technologiques (TDSD), quatre représentants de l'Association des journalistes thaïs (TJA), dont le président de la TJA Wanchai Wongmeechai, et des officiers de l'armée étaient présents à la réunion. Thaweeporn Kummetha était accompagnée par Chiranuch Premchaiporn, directeur de Prachatai, Chuwat Rerksirisuk, le rédacteur en chef de Prachatai et un représentant de l'organisation Thai Lawyers for Human Rights.

Le président de la réunion était un officier supérieur de l'armée qui a refusé de révéler son identité. Tout en faisant référence à l'article de la journaliste, il a déclaré que la liberté d'expression ne pouvait pas justifier le fait de violer la loi et que cela n'est pas sans conséquence juridique. De plus, il a informé Thaweeporn Kummetha qu'elle serait encore surveillée.

La veille, le 26 octobre, quatre officiers de l'armée et deux policiers s'étaient rendus chez elle dans l'est de Bangkok pour l'informer de la réunion. Thaweeporn Kummetha n'était pas là, mais les policiers ont informé ses parents qu'elle devrait se présenter dans le complexe militaire de Bang Sue à Bangkok. Ils ont montré à ses parents une copie imprimée de l'article en question ainsi qu'une photo de la journaliste participant à une manifestation contre l'article 112 il y a plusieurs années. Plus tôt dans la journée, au moins trois militaires ont été vu marchant et circulant en moto autour des bureaux de Prachatai pendant six heures.

Le 22 octobre, la journaliste a reçu un appel anonyme sur son téléphone; la personne qui téléphonait s'est présentée comme le représentant du Conseil national de la paix et de l'ordre (NCPO). Il a dit qu'il n'était pas satisfait par ces informations et a demandé à rencontrer Thaweeporn Kummetha le 26 octobre. Elle a refusé de le rencontrer.

Front Line Defenders est préoccupée par le harcèlement contre Thaweeporn Kummetha et pense que ces actes visent à empêcher la journaliste d'enquêter et de parler des violations des droits humains.

Thaweeporn Kummetha

Thaweeporn Kummetha

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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 08:44

Un article de Giles Ji Ungpakorn

https://www.socialistworker.co.uk/art/41675/Vote+in+Burma+reflects+deep+desire+for+change

 

La Birmanie n’est pas en train de passer d’un régime militaire à la démocratie malgré l'impressionnante victoire du parti d'Aung San Suu Kyi lors des dernières élections.

L'armée birmane est au pouvoir depuis un demi-siècle. Elle conservera la mainmise sur la politique en se réservant un quart des sièges dans les haute et basse chambres.

Les ministres de la Défense, de l’Intérieur et des Frontières seront des officiers de l’armée et les militaires auront un droit de veto sur tout changement de constitution. Ils se réservent le droit d'intervenir à volonté dans les moments de "crise".

Le président sera choisi parmi trois candidatures, une de chacune des deux chambres et une de l'armée. Les deux candidats qui ne parviendront pas à gagner le plus de votes seront vice-présidents. Aung San Suu Kyi ne pourra prétendre à cette position en raison d'une loi conçue spécifiquement pour l'exclure.

Mais nous devrions avoir aucune illusion sur Aung San Suu Kyi ni sur son parti la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

Suu Kyi a suivi une ligne islamophobe dure au cours des dernières années.

Les extrémistes bouddhistes, avec la complicité de l'armée, ont violemment attaqué les musulmans rohingyas persécutés. Suu Kyi a délibérément ignoré leur sort. Des milliers de réfugiés rohingyas ont été contraints de fuir par bateau vers les pays voisins.

La LND et le "parti militaire", le Parti de l'Union de la solidarité et du

développement (USDP), ont tous les deux empêchés les musulmans de se présenter comme candidats. Les musulmans non-rohingya, qui représentent cinq pour cent de la population, ont fait face à des obstacles racistes lors de l'inscription des électeurs.

En dépit de ses principes courageux, Aung San Suu Kyi est une politicienne néolibérale. Elle a placé un amortisseur fatal sur le soulèvement anti-militaire de 1988 alors qu’il était à deux doigts de la victoire. Depuis, elle a tendu la main à l'armée.

Récemment, elle a affirmé que si son parti remportait la majorité absolue, elle formerait un "gouvernement d'unité nationale" qui inclurait l'armée.

Cela ne résoudra pas les niveaux élevés d'inégalité en Birmanie ni ne donnera de voix aux aspirations à l'autonomie d'un certain nombre de groupes ethniques minoritaires qui ont fait la guerre civile contre le gouvernement central.

Suu Kyi n'a jamais reconnu la légitimité de ces aspirations.

Les élections ont généré un climat d'enthousiasme politique pour beaucoup de gens en Birmanie. Le taux de participation était élevé.

La LND pourrait dissiper cet enthousiasme au cours des mois et des années qui viennent vu qu’elle essaie de freiner les attentes. Ou cela pourrait générer une nouvelle ardeur afin de lutter contre l'armée.

Cette dernière option nécessitera une organisation politique indépendante d’Aung San Suu Kyi et de la LND.

Aung San Suu Kyi a suivi une ligne islamophobe dure au cours des dernières années

Aung San Suu Kyi a suivi une ligne islamophobe dure au cours des dernières années

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 11:37

Un article de Pravit Rojanaphruk

Lien:

http://www.khaosodenglish.com/detail.php?newsid=1446833596&typecate=06&section=

 

Cela fait-il 15, 16 ou peut-être 17 mois que nous vivons sous un régime militaire? Certains, dont moi-même, avons commencé à perdre la notion du temps alors que nous vivons sous le régime de la junte depuis le coup d’Etat de mai 2014. Et nous ne savons pas combien d'années nous devrons supporter cela.

Tandis que le général Prayuth Chan-ocha étend le passé lointain comme règle de vertu promise à l'origine, beaucoup s’estiment désormais résignés et impuissants, et acceptent cette nouvelle "normalité" de la nation. Alors que sa menace d'exécuter les journalistes avait provoqué la surprise lors des premiers mois qui ont suivis sa prise de pouvoir, une récente menace de fermer le pays du reste du monde n’a seulement provoqué que quelques haussements d'épaules.

Cependant, ceci est la dernière chose que nous devrions ressentir.

Je sais qu'il y a des millions de gens qui soutiennent la junte et n’ont aucun scrupule à voir leurs droits ou ceux des autres restreints, mais il ne faut pas généraliser ni affirmer que tous les Thaïlandais désirent cela.

En vertu de cette nouvelle "normalité" certains de nos droits civiques et politiques nous ont été supprimés contre notre volonté.

Mais peut-on vraiment accepter des procès militaires contre des civils accusés d'infractions liées à la sécurité de cette nouvelle "normalité"?

[Peut-on vraiment accepter] la détention des critiques et opposants politiques sans inculpation, une détention déguisée en euphémisme comme "changement d'attitude", ou la révocation des passeports appartenant aux critiques non tolérés [par la junte]?

Peut ont considérer le fait d’emprisonner des étudiants universitaires simplement pour avoir organisé des manifestations pacifiques contre la junte comme normal?

La restriction des droits des villageois locaux qui protestent ou font des doléances au sujet de leurs mauvaises récoltes peut-elle être considérée comme normale? Les "visites" régulières faites par des officiers militaires en uniforme contre les critiques de la junte peuvent être considérés comme saines d'esprit?

Et comment la junte, qui se surnomme elle-même le Conseil national pour la paix et l'ordre peut-elle inviter les éditeurs pour les réunions afin de "demander de la coopération", puis attendre d'être tolérée par les journalistes comme une entité "normale?"

Nous vivons vraiment dans un temps anormal […]

Malgré cela, certains médias continuent de parler du gouvernement militaire comme de toute autre administration "normale", faisant semblant de croire que l'anormal n’est simplement qu’une autre forme du normal.

La question de savoir si le régime est légitime ou non ne se pose plus pour beaucoup de gens qui haussent maintenant les épaules devant ce qu’ils considèrent comme un fait accompli.

Ceux d'entre nous qui essayent de garder leur santé mentale en se rappelant qu'il n'y a rien de normal dans la nouvelle norme, doivent utiliser certaines tactiques. Certains protestent dans les rues, malgré le risque d'arrestation ou de détention. D'autres utilisent les médias sociaux pour diffuser leurs griefs et leurs angoisses, malgré le risque d'arrestation ou de détention.

Si les gens cessent de se rappeler qu'ils ne doivent pas accepter la règle militaire comme quelque chose d’habituel, la Thaïlande court le risque de devenir une "Juntaland" permanente, un endroit où ils seront rétrogradés du niveau de citoyen, avec les droits et libertés fondamentaux, a celui de subordonné, un être sur lequel les généraux non élus règnent de manière arbitraire.

Rappelez-vous que nous le pouvons.

Pour terminer ce premier article sur un tel sujet dépressif, voici une amère blague que quelqu'un a récemment écrite sur Facebook. Les gens expliquaient de manière sarcastique à ce qu'ils diraient si la police leur demandait leur carte d'identité:

"Pourquoi devrais-je en posséder une quand mes droits de citoyen ont disparus?" a écrit une personne qui s’appelait Supachai Saibut. "On m’a tout volé."

Pravit Rojanaphruk

Pravit Rojanaphruk

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