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12 novembre 2015 4 12 /11 /novembre /2015 08:44

Un article de Giles Ji Ungpakorn

https://www.socialistworker.co.uk/art/41675/Vote+in+Burma+reflects+deep+desire+for+change

 

La Birmanie n’est pas en train de passer d’un régime militaire à la démocratie malgré l'impressionnante victoire du parti d'Aung San Suu Kyi lors des dernières élections.

L'armée birmane est au pouvoir depuis un demi-siècle. Elle conservera la mainmise sur la politique en se réservant un quart des sièges dans les haute et basse chambres.

Les ministres de la Défense, de l’Intérieur et des Frontières seront des officiers de l’armée et les militaires auront un droit de veto sur tout changement de constitution. Ils se réservent le droit d'intervenir à volonté dans les moments de "crise".

Le président sera choisi parmi trois candidatures, une de chacune des deux chambres et une de l'armée. Les deux candidats qui ne parviendront pas à gagner le plus de votes seront vice-présidents. Aung San Suu Kyi ne pourra prétendre à cette position en raison d'une loi conçue spécifiquement pour l'exclure.

Mais nous devrions avoir aucune illusion sur Aung San Suu Kyi ni sur son parti la Ligue nationale pour la démocratie (LND).

Suu Kyi a suivi une ligne islamophobe dure au cours des dernières années.

Les extrémistes bouddhistes, avec la complicité de l'armée, ont violemment attaqué les musulmans rohingyas persécutés. Suu Kyi a délibérément ignoré leur sort. Des milliers de réfugiés rohingyas ont été contraints de fuir par bateau vers les pays voisins.

La LND et le "parti militaire", le Parti de l'Union de la solidarité et du

développement (USDP), ont tous les deux empêchés les musulmans de se présenter comme candidats. Les musulmans non-rohingya, qui représentent cinq pour cent de la population, ont fait face à des obstacles racistes lors de l'inscription des électeurs.

En dépit de ses principes courageux, Aung San Suu Kyi est une politicienne néolibérale. Elle a placé un amortisseur fatal sur le soulèvement anti-militaire de 1988 alors qu’il était à deux doigts de la victoire. Depuis, elle a tendu la main à l'armée.

Récemment, elle a affirmé que si son parti remportait la majorité absolue, elle formerait un "gouvernement d'unité nationale" qui inclurait l'armée.

Cela ne résoudra pas les niveaux élevés d'inégalité en Birmanie ni ne donnera de voix aux aspirations à l'autonomie d'un certain nombre de groupes ethniques minoritaires qui ont fait la guerre civile contre le gouvernement central.

Suu Kyi n'a jamais reconnu la légitimité de ces aspirations.

Les élections ont généré un climat d'enthousiasme politique pour beaucoup de gens en Birmanie. Le taux de participation était élevé.

La LND pourrait dissiper cet enthousiasme au cours des mois et des années qui viennent vu qu’elle essaie de freiner les attentes. Ou cela pourrait générer une nouvelle ardeur afin de lutter contre l'armée.

Cette dernière option nécessitera une organisation politique indépendante d’Aung San Suu Kyi et de la LND.

Aung San Suu Kyi a suivi une ligne islamophobe dure au cours des dernières années

Aung San Suu Kyi a suivi une ligne islamophobe dure au cours des dernières années

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9 novembre 2015 1 09 /11 /novembre /2015 11:37

Un article de Pravit Rojanaphruk

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http://www.khaosodenglish.com/detail.php?newsid=1446833596&typecate=06&section=

 

Cela fait-il 15, 16 ou peut-être 17 mois que nous vivons sous un régime militaire? Certains, dont moi-même, avons commencé à perdre la notion du temps alors que nous vivons sous le régime de la junte depuis le coup d’Etat de mai 2014. Et nous ne savons pas combien d'années nous devrons supporter cela.

Tandis que le général Prayuth Chan-ocha étend le passé lointain comme règle de vertu promise à l'origine, beaucoup s’estiment désormais résignés et impuissants, et acceptent cette nouvelle "normalité" de la nation. Alors que sa menace d'exécuter les journalistes avait provoqué la surprise lors des premiers mois qui ont suivis sa prise de pouvoir, une récente menace de fermer le pays du reste du monde n’a seulement provoqué que quelques haussements d'épaules.

Cependant, ceci est la dernière chose que nous devrions ressentir.

Je sais qu'il y a des millions de gens qui soutiennent la junte et n’ont aucun scrupule à voir leurs droits ou ceux des autres restreints, mais il ne faut pas généraliser ni affirmer que tous les Thaïlandais désirent cela.

En vertu de cette nouvelle "normalité" certains de nos droits civiques et politiques nous ont été supprimés contre notre volonté.

Mais peut-on vraiment accepter des procès militaires contre des civils accusés d'infractions liées à la sécurité de cette nouvelle "normalité"?

[Peut-on vraiment accepter] la détention des critiques et opposants politiques sans inculpation, une détention déguisée en euphémisme comme "changement d'attitude", ou la révocation des passeports appartenant aux critiques non tolérés [par la junte]?

Peut ont considérer le fait d’emprisonner des étudiants universitaires simplement pour avoir organisé des manifestations pacifiques contre la junte comme normal?

La restriction des droits des villageois locaux qui protestent ou font des doléances au sujet de leurs mauvaises récoltes peut-elle être considérée comme normale? Les "visites" régulières faites par des officiers militaires en uniforme contre les critiques de la junte peuvent être considérés comme saines d'esprit?

Et comment la junte, qui se surnomme elle-même le Conseil national pour la paix et l'ordre peut-elle inviter les éditeurs pour les réunions afin de "demander de la coopération", puis attendre d'être tolérée par les journalistes comme une entité "normale?"

Nous vivons vraiment dans un temps anormal […]

Malgré cela, certains médias continuent de parler du gouvernement militaire comme de toute autre administration "normale", faisant semblant de croire que l'anormal n’est simplement qu’une autre forme du normal.

La question de savoir si le régime est légitime ou non ne se pose plus pour beaucoup de gens qui haussent maintenant les épaules devant ce qu’ils considèrent comme un fait accompli.

Ceux d'entre nous qui essayent de garder leur santé mentale en se rappelant qu'il n'y a rien de normal dans la nouvelle norme, doivent utiliser certaines tactiques. Certains protestent dans les rues, malgré le risque d'arrestation ou de détention. D'autres utilisent les médias sociaux pour diffuser leurs griefs et leurs angoisses, malgré le risque d'arrestation ou de détention.

Si les gens cessent de se rappeler qu'ils ne doivent pas accepter la règle militaire comme quelque chose d’habituel, la Thaïlande court le risque de devenir une "Juntaland" permanente, un endroit où ils seront rétrogradés du niveau de citoyen, avec les droits et libertés fondamentaux, a celui de subordonné, un être sur lequel les généraux non élus règnent de manière arbitraire.

Rappelez-vous que nous le pouvons.

Pour terminer ce premier article sur un tel sujet dépressif, voici une amère blague que quelqu'un a récemment écrite sur Facebook. Les gens expliquaient de manière sarcastique à ce qu'ils diraient si la police leur demandait leur carte d'identité:

"Pourquoi devrais-je en posséder une quand mes droits de citoyen ont disparus?" a écrit une personne qui s’appelait Supachai Saibut. "On m’a tout volé."

Pravit Rojanaphruk

Pravit Rojanaphruk

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 12:41

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/11/08/merely-demanding-elections-in-thailand-is-woefully-inadequate/

 

Alors que la junte étend tranquillement son régime dictatorial après avoir, à plusieurs reprises, repoussé les échéances pour les élections, il est intéressant d’observer ce qui se passe au-delà de la frontière, en Birmanie, où des élections soi-disant "libres et équitables" se déroulent. Bien sûr, pour tout observateur intéressé, il est évident que les élections en Birmanie sont une imposture, une simple cérémonie, où l'armée conservera le pouvoir réel en vertu de la constitution militaire quel que soit le résultat des élections.

Toutes les élections thaïlandaises qui auront lieu dans le futur seront semblables. Les comités anti-réforme nommés par l'armée poursuivent leurs tentatives pour concevoir un système électoral qui donnera plus de poids au Parti Démocrate soutenu par les militaires. Ce plan hideux est de s'assurer qu'aucun parti politique, en particulier un parti associé à Taksin, ne puisse gagner une majorité absolue au parlement. Pour ces anti-réformateurs le gouvernement idéal serait une coalition faible et instable de petits partis fragmentés, facilement manipulable par les élites conservatrices et militaires. Cela ouvrirait également la porte à un premier ministre non élu choisi par les élites, quelqu'un qui ne soit pas un député,.

En attendant les soldats continuent à envahir les maisons des gens pour des sessions de changement d'attitude, la dernière "infraction" concernant ceux qui ont osé porter des chemises rouges dimanche dernier dans le cadre d'un geste politique contre la junte. On pouvait s'y attendre, ce toqué de général Prayut continue d’ouvrir en grand sa bouche pour faire de vides et stupides menaces comme quoi il allait "fermer le pays". La junte semble être aussi préoccupée par les activités des divers exilés en dehors du pays qui sont constamment en campagne contre le régime militaire et qui donnent des encouragements à ceux qui osent résister à l'intérieur de la Thaïlande.

Le bureau du Premier ministre militaire vient de publier un décret sur la façon de demander la permission de protester, avec une liste de tous les équipements anti-émeutes que la police pourra utiliser. Il s’agit d’une liste assez abstraite, étant donné que, lorsque les choses se gâtent, l'armée intervient pour tirer sur les manifestants avec des balles réelles comme elle l’a fait en 2010.

Les bouffons qui dirigent la junte pensent évidemment que les gens à l’intérieur et à l'extérieur de la Thaïlande sont aussi stupides qu’eux-mêmes. Le général Tanasak Patimabrakorn, vice-Premier ministre qui ne cesse de se faire des illusions, a révélé que la première réunion de "Comité des normes morales" nommé par l'armée avait décidé d'élever les normes morales de la population thaïlandaise et de transformer la Thaïlande en "leader moral" pour l'ASEAN et même pour le reste du monde!! Cela vient de la bande de gangsters assassins qui a massacré de sang-froid des manifestants non armés, qui a volé les droits démocratiques des citoyens et qui a intimidé toute personne ayant un esprit indépendant.

Mais le point important à propos de l’horrible situation politique actuelle en Thaïlande est que simplement exiger des élections est nettement insuffisant, car elles ne seront pas démocratiques. Ce qui est nécessaire, c’est un renversement complet de la junte et la mise-a-bas de l'influence de l'armée et des élites conservatrices. Personne ne peut le faire à la place du peuple thaïlandais. Nous devons nous libérer par l’intermédiaire de mouvements politiques de masse.

Exiger des élections en Thaïlande est malheureusement insuffisant
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4 novembre 2015 3 04 /11 /novembre /2015 11:26

Un article de Thai Political Prisoners

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https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/11/02/unleashing-extremism/

 

Le fait de susciter l'extrémisme a longtemps été une tactique employée par les militaires vis-à-vis de l'opposition politique. Cela a été particulièrement évident pendant la période de 1973 à 1976 quand les extrémistes de droite associés avec le palais et principalement dirigés par des personnalités militaires ont été utilisés pour créer des troubles et anéantir leurs adversaires. Cela a souvent conduit au meurtre et à ce qu'on appelle aujourd'hui les disparitions forcées. Le rôle des "Red Gaur" et des "Village Scouts" lors du 6 octobre 1976 est disponible dans le "Bulletin of Concerned Asian Scholars".

Les Red Gaur étaient dirigés par l'agent de renseignement de l'armée, le major-général Sudsai Hasdin. Pendant quelques temps, sous l'administration du général Prem Tinsulanonda, Sudsai a été nommé ministre dans le Cabinet du Premier ministre. Ses partisans et lui-même ont souvent été utilisés pour mettre la pression sur les adversaires du gouvernement et les menacer de plus de chaos et de violence.

Toujours dans cette période, les moines de droite étaient actifs, y compris le tristement célèbre Kittivudho Bhikkhu, lié au palais, qui affirmait que le fait de tuer des communistes n’était pas un péché. Il voulait dire tous les "gens de gauche" qui étaient considérés comme une menace pour la monarchie. Ce moine était aussi un fraudeur et un véreux.

Plus récemment, l'armée a soutenu le Comité pour une réforme démocratique populaire qui comptait le moine d’extrême droite et royaliste Bouddha Issara parmi ses dirigeants.

En d'autres termes, l'extrémisme de droite n’est pas rare en Thaïlande, et a longtemps été soutenu aussi bien par le palais que par les militaires. Cet extrémisme est promu par les notions agressives de la trilogie "Nation, Religion et Monarchie" qui est largement diffusé dans la société, par la xénophobie ainsi que par l'ultra-royalisme et l’ultra-nationalisme.

Ceci est une longue introduction pour un rapport inquiétant publié par Prachatai. Ce rapport précise que le moine "Aphichat Promjan, le moine en chef chargé des cours à Benjamabophit, un temple de Bangkok sous patronage royal" a "suggéré que le gouvernement devrait brûler une mosquée pour chaque moine bouddhiste tué dans le Sud de la Thaïlande."

Il a également exhorté le gouvernement à "armer la population bouddhiste dans le Sud profond afin de protéger les moines et défendre les bouddhistes de la région qui seraient ciblés par ce qu'il appelle les "bandits Malayu". Cela s’aligne avec un programme qui a été mis en œuvre à partir de 2004 et a conduit à l'armement des bouddhistes du Sud à la demande pressante de la Reine. L'alignement du nationalisme extrême avec l’insistance royale a été dévoilé par un câble de Wikileaks daté de 2005.

Bien que ce moine trouve probablement un peu de son inspiration parmi les moines nationalistes d’extrême droite de Birmanie, avec une dictature militaire dangereuse au pouvoir à Bangkok qui travaille dur pour éliminer toute opposition politique, l'émergence de ces extrémistes de droite était malheureusement prévu. Le soutien qu'ils reçoivent de la part des militaires et du palais les enhardit.

Le moine d’extrême droite Aphichat Promjan appelle à bruler les mosquées

Le moine d’extrême droite Aphichat Promjan appelle à bruler les mosquées

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2 novembre 2015 1 02 /11 /novembre /2015 07:50

La torréfaction de gens vivants par l'armée thaïlandaise, le massacre des barils rouges de Phattalung durant les années 1970:

Cet article explicatif a été publié dans le Bangkok Post le 14 octobre 2003 à l'occasion du trentième anniversaire de cet horrible massacre.

Les massacres des barils rouges de Phattalung il y a 30 ans

Les massacres des barils rouges, il y a 30 ans, représentent les excès de la contre-insurrection dont personne ne veut parler. Mais les souvenirs ont la vie dure et la façon la plus saine de vivre avec les horreurs est de les admettre.

Au moins 3008 personnes, accusées d'être des suspects communistes, ont été tuées après avoir été enfermées vivantes dans des barils de pétrole de 200 litres et incinérées (Le nombre 3008, cité par le Bangkok Post, est le nombre prouvé de Thaïlandais ayant été incinérés vivant par l'armée thaïlandaise. Il semble que le vrai chiffre approche les 25000). Les atrocités ont commencé dans des camps militaires dans un petit village de la province de Phattalung deux ans avant les événements du 13 octobre 1973, et ont continué jusqu'en 1975, selon un ancien officier de la police spéciale.

Afin de mettre au repos les âmes des villageois, des milliers de personnes des provinces méridionales de Phattalung, Surat Thani, Songkhla, Trang et Nakhon Si Thammarat, ont convergé afin d'organiser des rites religieux dans une plantation de caoutchouc à Ban Kho Lung, un village situé dans le sous-district de Si Nakarin de la province de Phattalung le 10 Avril de cette année (2003).

Aujourd'hui, le terrain (où a eu lieu les massacres) est occupé par deux compagnies de soldats, l'une de la caserne Senanarong à Songkhla, et l'autre de la caserne Ingkayuth Boriharn à Pattani.

"C'était la politique du gouvernement du général Thanom Kittikachorn afin de se débarrasser, de façon décisive, des insurgés communistes", a expliqué l'ancien officier de la police spéciale.

Mais le gouvernement n'a jamais précisé ce que "façon décisive" signifiait. Alors qu'à Ban Kho Lung, les soldats mettaient les suspects dans des barils rouges afin de les incinérer, les forces armées de Nakhon Si Thammarat massacraient des familles entières et laissaient les corps sur place, a-t-il ajouté.

"En tant que subordonnés, les fonctionnaires n'ont fait que suivre les ordres. Les erreurs étaient inévitables. "

La police a également joué son rôle dans la répression drastique, tuant des suspects sur la base de listes transmises par les unités de renseignement, a-t-il confirmé. Ils ont envoyé certains des suspects dans les camps militaires à Ban Kho Lung. Mais l'officier a souligné qu'il n'a jamais assisté à l'une des exécutions des barils rouges.

Ce massacre mené par l'armée et la police a conduit des milliers de villageois à rejoindre le Parti Communiste hors la loi de Thaïlande.

Fon Silamul, qui est aujourd'hui conseiller provincial, était l'un d'eux, son front opérationnel était la chaîne de montagnes Phu Banthad. Il se souvient comment la peur l'a convaincu de se joindre au Parti Communiste après que des soldats et des policiers se soient rendus au domicile de ses parents et aient embarqué tous les hommes afin de les interroger au camp de Ban Kho Lung.

Lorsque les parents sont allés visiter les hommes au camp deux jours plus tard, on leur a dit que certains avaient été libérés mais que d'autres étaient maintenant morts. Mais aucun (y compris les soi-disant "libérés") n'est jamais rentré chez lui.

M. Fon a affirmé qu'il ne se souvenait pas d'un seul homme, "jeune ou vieux", qui soit resté chez lui dans les villages de Ban Na, Lamsin, Khao Khram, Ban Tone, Ban Loh Kwai, Ban Lam Nai, Ban Na Wong, Ban Rai Nua et Ban Kongla après que les nouvelles aient commencé à circuler comme quoi les personnes accusées d'aider le Parti Communiste Thaïlandais étaient brûlées vives.

"Que pouvaient faire les villageois comme nous alors que nous étions pris en sandwich entre les représentants du gouvernement et ceux du PCT? Si nous refusions de coopérer avec l'un ou l'autre nous nous mettions en grand danger.

Prendre parti pour le PCT semblait être la meilleure façon de survivre dans des circonstances sous lesquelles les agents de police et de sécurité ne pouvaient nous fournir une protection (bien au contraire) et tout nous semblait être un véritable gâchis".

M. Fon se souvient des voyous et des voleurs qui sont venus voler du bétail la plupart des nuits jusqu'à ce que il n'y ait plus un seul animal dans son village. La police craignait pour sa propre sécurité car elle était surpassée en nombre par ces gangs. Elle refusait de répondre aux appels des villageois lui demandant d'extirper les voleurs.

Quand les gens ont constatés qu'ils ne pouvaient pas compter sur les représentants du gouvernement, ils se sont tournés vers les membres du front uni du Parti Communiste Thaïlandais qui s'étaient installés dans la région "neuf ans plus tôt" (depuis le début des années 1960). Ces hommes et ces femmes ont promis de les sauver des atrocités militaires et de maintenir la loi et l'ordre.

Les choses sont devenues pire pour de nombreux villages qui étaient suspectés d'abriter parmi eux des membres du PCT et des hooligans et les chefs de village dénonçaient souvent des personnes innocentes mais avec qui ils étaient en conflit. Ces gens ont été arrêtés mais n'ont pas été exécutés avant l'année 1970. Auparavant, ils devaient subir une "rééducation".

Les massacres ont commencé en 1970, quand des "rangers" ainsi que des groupes d'escadrons de la mort de Lop Buri et les troupes de la caserne Ingkayuth Borihan ont été envoyés pour écraser les insurgés communistes.

Lorsque on a demandé à M. Fon et à d'autres villageois vivant près du camp de Ban Kho Lung comment ils savaient que les personnes arrêtées devenaient plus tard les victimes des barils rouges flamboyants, ils ont expliqué qu'ils pouvaient entendre le bruit des camions militaires, utilisé pour couvrir les cris de ceux que l'on brûlait vif, tout au long de la soirée après que des suspects communistes aient été amenés dans le camp. Les villageois sentaient l'odeur de brûlé de la chair humaine et voyaient les fumées s'élever dans le ciel nocturne.

"Dans le même temps, certains villageois de Surat Thani arrêtés ont été jetés à partir d'hélicoptères sur la chaine de montagne de Phu Banthad," affirme M. Fon.

Alors qu'on lui a demandé s'ils avaient des preuves de cette tuerie de masse, M. Fon et d'autres villageois ont dit avoir trouvé des crânes et des ossements humains éparpillés le long de Klong Muay, à côté du camp de Ban Kho Lung, après sa fermeture à la fin de 1975.

"Beaucoup d'enfants utilisaient ces crânes pour jouer au football et on nous a dit que les cendres ainsi que les autres restes avaient été jetés dans Lamphan, une partie de Thalae Luang (Thalae signifie grand lac ou mer) à Phattalung."

Les habitants de Phattalung ne savent pas grand chose sur les atrocités des barils rouges. Tout ce qu'ils savent, c'est que les soldats tuaient les communistes parce qu'ils étaient en guerre avec les troupes gouvernementales.

Le chiffre de 3008 personnes exterminées dans des barils rouges a été dévoilé en 1975 par les membres d'un comité enquêtant pour la Fédération étudiante de Thaïlande qui avait été envoyés pour visiter la région afin de recueillir des informations sur les victimes. Il n'y a pas d'exemplaires connus de ce rapport disponible actuellement.

Les villageois ont dit qu'ils n'avaient aucune rancune contre ceux qui ont apporté tant de terreur dans leur vie. Ils n'avaient aucun désir de se venger contre la police et l'armée.

"Oublions le passé, et modifions nos différences d'idéologie", a déclaré M. Fon. "Je comprends parfaitement que les troupes impliquées dans l'affaire des barils rouges devaient suivre les ordres et les villageois pensaient se battre pour leur survie et pour une vie meilleure. Personne n'était vraiment en faute car il était très fréquent de voir des pertes des deux côtés lorsque chaque partie prétendait se battre pour un meilleur système de décision ".

Pour l'ancien officier de la police spéciale, les événements d'il y a 30 ans peuvent être considérés comme un cas de réaction disproportionnée de l'Etat. Mais pour les fonctionnaires de l'Etat, puis, le danger rôdait dans tous les coins, en particulier dans le district de La Kong, dans lequel ils ne pouvaient pas se rendre, pas même quand le nombre des morts a commencé à monter.

Les massacres des barils rouges a pris fin en 1975, deux ans après la chute du régime Thanom, et lorsque la Thaïlande a établi des relations diplomatiques avec la Chine, a expliqué l'officier.

Bien que les souvenirs des événements de Ban Kho Lung s'estompent, la plupart des villageois qui ont survécu aux horreurs refusent toujours d'en parler.

Leur seul désir, disent-ils, est de faire du mérite en l'honneur de ceux qui ont péri dans les barils rouges parce que "quand ces gens ont été tués, ils n'ont eu aucune chance de voir des moines pour leur dernière bénédiction".

"Nous voulons que le cas des barils rouge soit une leçon et ne soit pas oublié par la prochaine génération car leurs ancêtres ont sacrifié leurs vies pour la démocratie." affirme un villageois.

Un groupe de villageois a déjà acheté un lopin de terre 450 000 baht afin de construire un centre d'information et un monument aux morts, un plan qui suscite apparemment l'opposition des autorités de l'Etat, et parmi elles celle de l'ancien agent spécial.

Mais comment les fantômes des barils rouges pourront-ils se reposer?

Source:

http://asiaprovocateur.blogspot.co.uk/2014/06/roasting-people-alive-thai-armys-red.html

Les massacres des barils rouges de Phattalung

Les massacres des barils rouges de Phattalung

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 10:29

Déclaration de la firme d’avocats et juristes Amsterdam & Partners

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http://robertamsterdam.com/amsterdam-partners-retained-by-nurse-kates-mother/

 

La firme d’avocats et juristes Amsterdam & Partners annonce avec effet immédiat qu'elle a été retenue sur une base pro-bono par l'activiste thaïlandaise des droits de l'homme, Phayaw Akkahad.

En mai 2010, lors d'une répression brutale et meurtrière conduite par l'armée thaïlandaise sous les ordres de l'ancien premier ministre Abhisit Vejjajiva du Parti Démocrate, la fille de Phayaw, Kamonked surnommée "Nurse Kate", qui travaillait comme infirmière dans le temple Wat Patum désigné zone de sécurité par le gouvernement, a été tuée, ainsi que plusieurs autres civils non armés, par les forces de l'armée thaïlandaise.

Depuis ce temps, de nombreuses enquêtes ont conclu que non seulement les meurtres du Wat Patum ont été perpétrés par l'armée thaïlandaise, mais qu’il n'y avait aucune preuve suggérant que les personnes à l'intérieur du temple auraient été armées. Kamonked portait une tenue d’infirmière facilement identifiable et a été abattu de plusieurs balles militaires à haute vélocité.

Malgré un processus légal entamé en 2013 contre M. Vejjajiva pour l’homicide de Kamonked, ce processus a cessé depuis le coup d'Etat militaire du mois de mai 2014. À l'heure actuelle il n'y a aucune forme de responsabilité pénale en mouvement pour les dizaines de meurtres lors du massacre de Bangkok en 2010, qui comprenait l'assassinat de Kamonked.

Amsterdam & Partners représenteront Phayaw à l'échelle mondiale et continueront à rechercher les moyens par lesquels tous les responsables de la mort de sa fille soient tenus entièrement pour responsable de leurs actes.

Robert Amsterdam, associé fondateur d'Amsterdam & Partners, a déclaré: "Nous sommes honorés et privilégiés de représenter quelqu'un d'aussi engagée pour la justice et la responsabilisation que Phayaw. Nous allons continuer de faire tout en notre pouvoir pour conduire les meurtriers de Kamonked devant un processus judiciaire complet, y compris des poursuites pénales, pour les terribles événements de mai 2010."

Phayaw Akkahad devant une photo de sa fille Kamonked assassinée par l’armée

Phayaw Akkahad devant une photo de sa fille Kamonked assassinée par l’armée

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25 octobre 2015 7 25 /10 /octobre /2015 12:54
Ayuttaya était une ville marchande multiculturelle

En Asie du Sud-Est le processus de construction de l’état-nation a eu lieu au milieu du XIXeme siècle. Il a impliqué la centralisation du système politique, l'élaboration des frontières nationales et l'unité forcée, souvent basées sur une seule langue nationale. Le catalyseur pour ce processus était l'impérialisme occidental et cette construction de l’état-nation s’est produite, aussi bien dans les colonies européennes, comme la Malaisie, l'Indonésie et l'Indochine, qu’en Thaïlande. Avant que ce processus ne soit achevé il n’existait pas d’entité appelée "Thaïlande". Le pays a été créé pour défendre les intérêts des dirigeants de Bangkok face à la concurrence de l'Occident. Bangkok est devenu le centre d'une nouvelle nation impérialiste locale avec son droit propre.

Naturellement, une partie importante de ce processus de construction de l’état-nation a été la création de "mythes nationaux". En Thaïlande, le discours nationaliste affirme que tous les Thaïlandais sont ethniquement purs et indivisible. Les mythes sont également associés à des "monuments" nationalistes. Un monument nationaliste important en Thaïlande est la ville en ruines d’Ayuttaya. Ce fut un lieu de prédilection pour le dictateur ultra-nationaliste, le maréchal Plaek Pibun Songkhram. Non seulement a-t-il ordonné la construction du siège provincial de type fasciste d’Ayuttaya, avec un style architectural similaire au monument de la démocratie et à la Poste centrale de Bangkok, mais il a très grossièrement "restauré" trois pagodes éminentes d’un des plus importants temples. Les recrues de l'armée et les enfants des écoles sont conduits là-bas pour admirer la "grandeur de la Thaïlande ". Le siège provincial d’Ayuttaya construit par Pibun est maintenant un musée. Mais à l'extérieur du bâtiment trônent les statues grotesques d'anciens héros militaires.

Ayuttaya était une ville marchande multiculturelle

Les juntes militaires de Birmanie et de Thaïlande ont pris la construction de statues de héros militaires très au sérieux.

Ayuttaya était une ville marchande multiculturelle
Ayuttaya était une ville marchande multiculturelle

Une étude de l'histoire et une visite à Ayuttaya dissipe rapidement les mythes nationalistes. Ayuttaya était une ville commerciale importante avec des liaisons maritimes vers d'autres régions d'Asie du Sud-Est, mais aussi vers l’Europe, le Proche-Orient, la Chine et le Japon.

Il existe des sites archéologiques de colonies japonaises et portugaises. Les mercenaires portugais se sont battus pour le roi contre la "Birmanie". Les Portugais ont également apportés un certain nombre d'importants produits alimentaires d'Amérique du Sud dans la région, tels que les piments, la papaye, le maïs sucré et les tomates. Avant cela, le "Som Tam" soit n’existait pas, soit était préparé avec des fruits locaux comme les mangues non mûres. La seule chose qui donnait du "piquant" dans la cuisine locale était les grains de poivre.

Dans le musée d’Ayuttaya, nous pouvons voir que le contact commercial avec l'Angleterre s’est arrêté temporairement vers 1640; l'année où la révolution bourgeoise en Angleterre a eu lieu. La montée capitaliste avait mis en place une éphémère République sous Cromwell après la décapitation du roi Charles 1er.

Cependant, le fait le plus intéressant à propos de l’histoire d’Ayuttaya était que les langues officielles pour les négociations étaient le chinois et le malais. Les gens parlaient évidemment de nombreuses langues, tout comme dans d'autres villes anciennes dans le monde entier. La population locale était clairement très diverse ethniquement et culturellement.

Le tombeau de Cheikh Ahmad

Le tombeau de Cheikh Ahmad

Cheikh Ahmad

Cheikh Ahmad

Un visiteur à Ayuttaya serait bien avisé de trouver un moment pour visiter le collège de formation des enseignants locaux, près de l'ancien siège provincial. A l'intérieur du campus de cette université se trouve une tombe musulmane. Il s’agit du tombeau du chef du service du port d’Ayuttaya qui s’occupait du commerce avec l'Europe, l'Inde et le Moyen-Orient. C’est l'ancêtre primordial de la puissante et aristocratique famille Bunnag. Cheikh Ahmad était un marchand perse, un natif de Qom en Iran safavide, au sud de Téhéran, qui s’était installé à Ayuttaya vers l’année 1600. Il a également été nommé pour superviser les affaires concernant tous les chiites du Siam.

Autant pour la pureté de l'héritage "thaï"!

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24 octobre 2015 6 24 /10 /octobre /2015 15:15

Ci-dessous, le message des Anonymous à la junte militaire thaïlandaise:

Salutations citoyens du monde, nous sommes les Anonymous.

Au gouvernement du Royaume de Thaïlande, il est venu à notre attention que vous avez décidé de ne pas tenir compte de vos citoyens, des gens de ce pays, et persistez à projeter une passerelle unique de l'Internet, afin de gérer un système qui n’avantagera que vous-mêmes et les grandes entreprises d’exploitation.

Nous avons constaté que la situation en Thaïlande était allée trop loin ces derniers mois en restreignant l'accès fondamental à la liberté d'expression et aux droits fondamentaux contre toute personne qui critique la junte thaïlandaise ou proteste contre elle.

Le dernier projet du gouvernement militaire thaïlandais est de déployer une passerelle unique afin de contrôler, d'intercepter et d'arrêter les personnes qui ne veulent pas suivre les ordres de la junte et votre soi-disant morale.

Aucun système d'interception n’a jamais fait cesser les attaques terroristes, ni aucune menace à la sécurité nationale en Asie ou dans les pays occidentaux. Il permet seulement plus de contrôle aux gouvernements et aux grandes sociétés avides d'obtenir plus de bénéfices et moins de liberté d'expression pour les gens de ces pays.

Le pays du sourire sera bientôt semblable à la Chine, la Corée du Nord ou tout autre pays tyrannique qui utilisent des systèmes électroniques intrusifs afin d’espionner et de poursuivre leurs propres citoyens pensant différemment.

Il est inacceptable que vous fassiez la promotion de vos propres personnes, les cadres de l'armée à la tête du plus grand opérateur de télécommunications: CAT Telecom. Toutes les sociétés ou les individus qui aident à déployer cette passerelle unique seront ciblés par tous les moyens électroniques.

Nous allons non seulement lutter contre le projet de passerelle unique, mais allons exposer votre incompétence au monde, où votre dépravation et vos intérêts personnels l'emportent sur tout le reste.

Plus de 6.000 personnes sont mortes et 10 000 ont été blessés dans le sud de la Thaïlande et vous n’avez pas de budget pour mettre fin à ce génocide quotidien qui tue des innocents, mais trouvez 15 millions de dollars de budget pour censurer vos propres citoyens. Nos frères thaïlandais vont comprendre ce que «ความไม่สงบในชายแดนภาคใต้ของประเทศไทย» veut dire.

Ensemble, nous sommes contre l'injustice de votre Gouvernement, demain, vous allez payer le prix de votre oppression contre votre propre peuple.

Vous pouvez nous arrêter, mais vous ne pouvez pas arrêter une idée.

Nous sommes Anonymous.

Nous sommes Légion.

Nous ne pardonnons pas.

Nous n'oublions pas.

Redoutez-nous.

Liens:

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10153517116946622&set=a.10150233233556622.321763.719216621&type=3&theater

et

http://www.khaosodenglish.com/detail.php?newsid=1445581716

Le groupe international de hackers Anonymous déclare la cyber-guerre à la junte thaïlandaise
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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 11:48

Le chanteur de rock thaïlandais pro-chemises rouges, Tom Dundee, de son vrai nom Thanat Thanawachanon, est emprisonné depuis juin 2014, il y a un an et 4 mois, pour lèse-majesté ainsi que pour avoir omis de se rendre à la convocation de la junte. Selon le media des Chemises jaunes, Manager, Tom Dundee a été convoqué par la Cour de Bangkok le 20 octobre dernier. Le chanteur a confirmé qu’il allait plaider non-coupable pour ses accusations de lèse-majesté et la Cour a rejeté sa demande de libération sous caution.

Lien:

http://www.manager.co.th/Crime/ViewNews.aspx?NewsID=9580000117414

Tom Dundee escorté par des gardiens de prison le 20 octobre dernier

Tom Dundee escorté par des gardiens de prison le 20 octobre dernier

Il y a un an, en septembre 2014, alors qu’il venait d’être incarcéré à la prison centrale de Bangkok, il a écrit une lettre témoignage pour se défendre et expliquer son cas. Libérez-Somyot avait traduit et publié cette lettre. Nous la republions aujourd’hui afin de rappeler que cet homme, qui a vécu plusieurs années en France, parle le français et est marié a une Laotienne de nationalité française, croupit toujours en prison pour avoir simplement utilisé son droit à la liberté d’opinons.

Ci-dessous la lettre témoignage écrite par Tom Dundee le 24 septembre 2014:

Le témoignage de Tom Dundee sur son arrestation et son emprisonnement

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/09/le-temoignage-de-tom-dundee-sur-son-arrestation-et-son-emprisonnement.html

 

Le problème a commencé après que la loi martiale ait été déclarée. Je faisais du jardinage à la maison de mon père à Phetchaburi. J'avais demandé à un ami de me prévenir immédiatement s'il y avait une annonce du NCPO pour Thanat Thanawachanon. C'est parce qu'il n'y a ni télévision ni radio chez moi et que donc je ne pourrais jamais s'avoir si j'avais été convoqué ou non. Malheureusement, l'annonce du NCPO a utilisé mon ancien nom "Panthiwa Pumiprathet" donc je n'ai pas reçu de nouvelles de mon ami.

Le 8 juin 2014, vers 21 heures, il y a eu une annonce pour Thanat Thanawachanon. Mon ami m'a appelé pour m'informer le 9 juin 2014 vers 11 heures alors que je supervisais les travailleurs agricoles. J'ai apris la nouvelle pendant la pause déjeuner, donc j'ai contacté un ami qui travaillait pour le "projet Santiparp" de la Princesse Siridhorn situé au district de Jana, Sabayoi et ait parlé au Lieutenant Général Tanayod afin de prendre rendez-vous pour signaler au NCPO. Le Lieutenant Général Tanayod a ensuite informé le colonel Nithi. J'ai donc appelé le colonel Nithi qui m'a dit que, compte tenu de l'heure de cet appel, il serait assez difficile pour moi de me signaler ce jour-là. Il s'arrangerait que je puisse me signaler le jour suivant, le 10 juin, 2014, entre 10 et 11 heures au Thai Army Club de Bangkok.

Après que le rendez-vous ait été fixé, vers 15 heures ce même jour, j'ai conduit ma camionnette afin de transporter des produits agricoles, des pousses de bambou doux Kim Sung, pour livrer à notre client. Alors que je conduisais sur la route de Kaeng Krachan, à environ 10 km de la maison, une Jeep Cherokee m'a suivi, s'est mis en travers de la route afin de m'obliger à m'arrêter et un convoi de quatre véhicules est arrivé derrière. Ensuite, un groupe d'environ 15/20 hommes armés (avec des fusils d'assaut et des pistolets) a entouré ma voiture et a crié pour nous ne résistions pas et sortions de la camionnette. Leur action a causé de la confusion et de la peur pour moi et surtout pour ma femme. Ensuite, un soldat en uniforme et un officier de police en civil se sont présentés et m'ont arrêté pour avoir omis de me déclarer après avoir été convoqué par le NCPO. Sans mandat d'arrêt, sans vouloir entendre la moindre explication, des véhicules militaires et des soldats en uniforme, portants des gilets pare-balles, m'ont conduit au 15ème Bataillon d'infanterie, dans la province de Phetchaburi.

Après notre arrivée, des soldats et des officiers de police sont venus m'interroger et m'ont accusé de tentative d'évasion et d'entrave à leurs fonctions officielles. Ils m'ont aussi accusé d'implication dans une affaire d'armes de guerre, d'avoir formé des forces armées de guérilla et d'avoir mis au point un plan pour bombarder la province de Rajchaburi. Ils m'ont aussi accusé de diffamation, d'insulte ou de menace contre la monarchie (article 112).

Les officiers pensaient et concluaient conformément à la vision de ceux qui sont au pouvoir. Cela me désole vraiment que les impôts soient utilisés pour prendre soin de ces personnes, trop immature pour diriger le pays.

J'ai été interrogé de 20 heures 30 à 23 heures 20. Les Soldats m'ont livré aux Forces Rangers à Lard Ya dans la province de Kanchanaburi. Les militaires des Forces Rangers ont pris très bien soin de moi. Ils me connaissaient car nous avions planté ensemble des arbres afin de célébrer la monarchie dans la province de Prachuabkirikan. Durant les deux nuits ou je suis resté là-bas, je leur ai donné des conseils sur comment jouer de la musique pendant de nombreuses heures.

Le 12 juin 2014, à 5 heures du matin, 5 officiers de la police militaire de Bangkok et un soldat chauffeur sont venus me chercher pour un interrogatoire au Thai Army Club de Bangkok. Nous sommes arrivés à 7 heures 30, les policiers m'ont emmené dans une petite pièce où j'ai attendu pendant environ 2 heures avant d'être amené dans une autre pièce. Ils m'ont mis un sac en tissu sur la tête, m'ont menotté et m'ont emmené dans une voiture. La voiture a ensuite démarrée.

Le voyage a duré environ une demi-heure avant que la voiture ne se gare. J'ai été emmené par un chemin sinueux dans une petite salle climatisée, on m'a alors dit de m'asseoir sur une chaise et de pencher la tête vers le bas. Apres un certain moment, un autre groupe de personnes, peut-être 3 personnes, est entré et a commencé l'interrogatoire.

- Une personne était assise sur la droite, prenait des notes et fournissait des questions.

- La seconde a allumé le clip audio lié à l'enquête.

- Le troisième se tenait en face de moi et posait les questions.

Tout au long de l'interrogatoire, j'ai été menacé, insulté, et on m'a crié à plusieurs reprises des mots sarcastiques. Ils m'ont menacé de me tuer et de s'en aller, d'amener ma femme et mes enfants et les torturer jusqu'à ce que je l'avoue.

Pas moins de 3 groupes de policiers se relayaient pour m'interroger avec les mêmes questions:

"Où caches-tu les armes?"

"Combien de personnes composent ton groupe de guérilla?

"Nous avons toutes les preuves!"

J'ai dit tout ce que je savais en fonction des faits. J'ai répondu: "Je ne sais rien à propos des bombes. Je n'ai pas d'armes de guerre, ne dirige pas de forces de guérilla et ne suis pas impliqués dans le commerce des armes".

"Si vous (les soldats) avez une photo de moi portant des armes de guerre, elle vient de quel film? Quand j'étais un acteur de film d'action, je portais une arme à feu dans la plupart des films. De plus alors que je suis un chanteur bien connu, pourquoi devrais-je endommager ma réputation. Ne serait-il pas plus agréable pour moi de faire de la moto, conduire, boire du vin et manger?

La raison pour laquelle j'ai lutté pour la démocratie, c'est pour le bien-être du peuple. Je n'aime pas les guerres ni la violence. J'aime les gens qui s'aiment et "font l'amour pas la guerre". Si vous, les soldats, avez des preuves claires comme vous l'avez affirmé, vous pouvez aller de l'avant et me pendre".

Alors que j'étais interrogé et contraint, j'ai essayé d'expliquer au sujet de la charge de diffamation de la monarchie. Je leur ai dit que j'avais participé au projet de la princesse Siridhorn, "Paix pour le sud". J'ai planté des arbres et participé à la création des glorieux versets avec 7000 autres motards sur de grosses motos dans un stade de la province de Kanchanaburi ainsi qu'au stade de l'Armée de l'Air à Bangkok, et bien d'autres endroits.

Un des interrogateurs a hurlé: "Menteur! Connard! Ça ne m'intéresse pas! "

Quand ils ont vus qu'ils n'avaient pas réussi à m'intimider, ils se sont mis à bien me parler, à adopter une attitude plus amicale mais ont continué à me poser les mêmes questions auxquelles je donnais encore et encore les mêmes réponses.

Ah oui, j'oubliais. Pendant l'interrogatoire, quand j'ai dit que j'étais une star de cinéma, l'équipe de l'interrogatoire s'est arrêté brièvement et m'a demandé qui j'étais. Quand j'ai précisé que j'étais Tom Dundee, cela les a stupéfiés et ils ont immédiatement quitté la salle. Apres qu'ils soient revenus, leur façon de m'interroger avait radicalement changé. Ils sont passé des pronoms grossiers "mungo", "goo" à d'autres beaucoup plus polis comme "khun", "pom", "krub" et ne cessaient de répéter: "Nous sommes amis. Ne vous inquiétez pas!" "Je fais juste mon travail." Ha...ha...ha... C'est cela les soldats thaïlandais!

L'interrogatoire avait commencé tôt le matin et a duré jusqu'à 23 heures passé. J'ai reçu un paquet de riz frit avec des poivrons, mais je ne pouvais pas le manger car j'étais menotté. Heureusement il y avait un régime de bananes suffisant pour soutenir la faim. Lorsque l'interrogatoire a pris fin et qu'ils ont été (probablement pas) satisfaits, ils m'ont forcé à signer une attestation disant que "L'armée n'avait pas fait de menaces. L'armée avait bien parlé au suspect. L'armée n'avait pas physiquement agressé ni causé des lésions corporelles." Si je n'avais pas été Tom Dundee, j'aurais craché du sang comme les autres suspects. Mais qui sait.

Après que l'interrogatoire ait pris fin, à 11 heures 30 la nuit du 12 juin 2014, les agents de la police militaire m'ont ramené au Thai Army Club, au même endroit que le matin. Il a fallu seulement 5 minutes en voiture tandis que le trajet du matin avait pris plus d'une demi-heure. Je suppose que la sale d'interrogatoire se trouvait dans la même enceinte que le Thai Army Club. J'ai expliqué aux soldats qui étaient avec moi que, "Dans les films ou j'ai joué, ils utilisaient la même technique." Ils m'ont demandé comment je le savais et ont rigolé.

Ensuite, ils m'ont remis dans la voiture et enlevé le sac de ma tête. J'ai été conduit à Aksa Road qui était un camp militaire temporaire à ce moment-là. J'ai vu 4 détenus chemises rouges, 1 homme et 3 femmes, mais ils n'étaient pas autorisés à parler. On m'a isolé d'eux et j'ai dormi seul.

Le 13 juin 2014, des officiers de la police militaire m'ont envoyé à la Division de la répression de la criminalité pour des interrogatoires de police et une détention. J'ai rencontré des personnes qui avaient levé trois doigts, 2 hommes et 1 femme (Khun Ning). J'ai dormi à la Division de la répression de la criminalité de Lardprao pendant 2 nuits puis les officiers de police m'ont conduit à la cour martiale de Bangkok (Sanam Luang) pour être ensuite envoyé à la maison d'arrêt de Bangkok, dans la Division 1.

Être en prison, c'est comme être en enfer. Mais j'ai rencontré beaucoup de Chemises rouges là-bas. Je suis resté détenu dans la Division 1 pendant 3 nuits avant de pouvoir obtenir, de la Cour militaire, une libération sous caution avec les conditions suivantes:

1 - Pas d'implication dans la vie politique

2 - Aucun discours sur scène

3 - Pas d'interview dans les médias

4 - Aucune participation à un mouvement politique et interdiction de déplacement à l'étranger

L'armée ne se donnerait pas la peine de m'inculper. Tout était censé se terminer ici. Tom Dundee pouvait librement accepter des contrats de concerts et de performances mais devait se signaler selon le calendrier.

Dignité militaire

Bien sûr, en tant qu'homme, j'aurais tenu mes promesses. Mais l'armée a menti et a ordonné mon arrestation après que je sois allé me signaler. Ils m'ont fait payer la violation de la loi sur la cybercriminalité et de l'article 112 et me soumettent à la fois au tribunal militaire et la cour criminelle. Les soldats ont fouillés deux fois ma maison pour rechercher un ordinateur qu'ils voulaient mais ne pouvaient pas trouver. Je n'avais pas d'ordinateurs. Je ne sais même pas comment les utiliser. Il existe des preuves à l'appui de ce que j'ai dit, mais les soldats ne veulent pas écouter et ne sont pas intéressés. Ce qu'ils ont fait constitue une diffamation très grave.

Le 9 juillet 2014, vers 14 heures, environ 30 militaires des forces spéciales en uniforme et armés jusqu'aux dents ont envahis ma ferme de bambou et m'ont arrêté comme si j'étais un gros trafiquant de drogue. Ils ont essayé de me faire peur, mais je n'ai pas été effrayé. J'étais sûr que je n'avais rien fait de mal et tenu ma promesse faite à l'armée.

Mais ils m'ont agressé et m'ont arrêté comme si j'avais commis une infraction très grave. Ils ont fouillé tous les coins de ma maison pour trouver l'ordinateur, mais n'ont rien pu trouver. Alors, ils m'ont conduit à Bangkok et m'ont détenu là-bas, puis m'ont envoyé à la Division de la répression de la criminalité liée aux technologies située au 4ème étage du Complexe gouvernemental de Changwatana.

Les agents de police ont alors gentiment ajouté deux autres accusations contre moi, la diffamation du roi, de la reine, de l'héritier présomptif qui est considérée comme portant atteinte à la sécurité nationale (article 112) et la violation de la loi sur la criminalité informatique (article 14 (3)) en transmettant ce genre d'informations dans le système informatique.

Je me sens triste, déplorable et offensé.

Un artiste comme moi, qui avait travaillé pour la société tout au long de sa carrière, est maintenant dans un état pitoyable dans une prison. C'est en effet l'enfer.

Ma pétition à tous les médias

Tom Dundee

(M. Thanut Thanawatchanon)

Griefs: J'ai les griefs suivants et je voudrais demander par l'intermédiaire de mes amis.

1 - Pourquoi le clip de mon discours de l'année dernière (2013) n'est apparu sur Youtube que pendant la loi martiale?

2 - Pourquoi la personne qui l'a téléchargé et a donné des explications supplémentaires sur l'internet n'a pas été arrêtée ou interrogée?

3 Pourquoi une personne (NDT; Ton Dundee lui-même) est accusée et mise en prison en dépit du fait que son droit ait été violé?

4 Est-ce le meilleur processus judiciaire de Thaïlande?

Tom Dundee en septembre 2014, au moment de son emprisonnement, serre une dernière fois sa femme dans ses bras

Tom Dundee en septembre 2014, au moment de son emprisonnement, serre une dernière fois sa femme dans ses bras

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 08:35

Une déclaration du comité de soutien au militant britannique pour les droits des migrants Andy Hall

Lien:

http://www.walkfree.org/drop-the-charges-against-andy-hall-now/?utm_source=Subscribers&utm_medium=email&utm_campaign=drop-the-charges-against-andy-hall-now&utm_content=Andy-Hall_EmailTarget_Chaser_en_Inactive_17Oct15

 

"Ceci n’est que de la persécution. Il s’agit d’une affaire politique pour essayer de me faire taire... Je suis quelqu'un qui a révélé des choses que le gouvernement et l'industrie alimentaire ne souhaitent pas voir révélée," a expliqué Andy Hall à la presse.

Le 18 septembre 2015: les juges thaïlandais ont confirmé une décision prise l'année dernière de rejeter les accusations de diffamation criminelle contre Andy pour une interview qu'il avait donné à Al-Jazira sur les droits des travailleurs migrants qui travaillent pour la compagnie thaïlandaise "Natural Fruit". "Natural Fruit" a refusé d’admettre cet acquittement et a fait appel de la décision au tribunal. Nous étions alors heureux que la justice ait été soutenue et (ce que nous pensions alors) l'affaire ait été rejetée pour de bon.

Le 24 août 2015: Andy Hall a été inculpé par la Cour pénale de Bangkok de diffamation et de criminalité informatique. Le procès doit commencer le 19 octobre 2015, et si Andy est reconnu coupable, il risque 7 ans de prison ainsi qu’une amande de 7 millions de livres anglaises. Nous condamnons cette décision et nous exhortons les autorités thaïlandaises à faire tout en leur pouvoir pour s’assurer que ces accusations soient retirées immédiatement.

Le militant des droits humains Andy Hall va bientôt savoir s’il fera face à une peine de prison pour ses rapports sur les violations des droits du travail dans l'industrie thaïlandaise de production de l'ananas. En 2013, un rapport comprenant une partie de ses recherches a été publié et ce dernier comprenait des allégations d'abus des travailleurs et des pratiques analogues à l'esclavage commises par la compagnie "Natural Fruit", une société thaïlandaise qui vend des ananas et fournit les détaillants dans le monde entier.

Au lieu d’enquêter sur ces allégations, "Natural Fruit" a ciblé Andy. Il a été conduit à la cour et inculpé de criminalité informatique et de diffamation criminelle.

Malgré un tollé international, "Natural Fruit" a refusé de céder. Nous devons maintenant appeler le gouvernement thaïlandais à bien agir et à veiller à ce que toutes les charges contre Andy Hall soient abandonnées.

Les autorités thaïlandaises sont déjà confrontés à un examen global pour n’avoir pas fait assez afin de protéger les travailleurs contre les abus - le dernier rapport de l’organisation américaine contre le trafic humain, "US Trafficking in Persons" donne à la Thaïlande la plus mauvaise note dans l'action pour lutter contre l’esclavage.

Nous avons quelques semaines pour agir dans ce cas. S'il vous plaît montrer votre soutien à Andy et aux travailleurs migrants qui restent vulnérables à l'esclavage moderne en Thaïlande: prenez des mesures pour exiger que ces accusations soient abandonnées maintenant.

Pour signer la pétition, cliquez sur le lien suivant:

http://www.walkfree.org/drop-the-charges-against-andy-hall-now/?utm_source=Subscribers&utm_medium=email&utm_campaign=drop-the-charges-against-andy-hall-now&utm_content=Andy-Hall_EmailTarget_Chaser_en_Inactive_17Oct15

Andy Hall arrêté par la police thaïlandaise

Andy Hall arrêté par la police thaïlandaise

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