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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 14:47

Une déclaration du Comité de protection des journalistes

Lien:

https://cpj.org/2015/10/in-thailand-cartoonist-detained-and-warned-he-coul.php

 

Dimanche dernier (le 4 octobre), les autorités de Thaïlande ont brièvement détenu Sakda Sae Lao, un caricaturiste de premier plan qui publie dans le journal local Thai Rath et lui ont signifié qu'il pourrait être poursuivi pour ses futurs dessins, selon les rapports de presse. Le Comité de protection des journalistes condamne ce harcèlement et appelle le Premier ministre Prayuth Chan-ocha à mettre fin à la campagne d'intimidation de son gouvernement militaire contre les journalistes.

Sakda embarqué par la police thaïlandaise

Sakda embarqué par la police thaïlandaise

Sakda, connu sous son nom de plume "Sia", a déclaré aux journalistes qu'il avait été interrogé pendant environ 90 minutes au siège de l'Armée royale thaïlandaise à Bangkok. Le caricaturiste a déclaré que les autorités militaires avaient critiqué plusieurs de ses dessins, dont un publié le 3 octobre qui se moquait du discours que Prayuth avait faite à l'Assemblée générale des Nations Unies, dans lequel le premier ministre auto-désigné affirmait son engagement à défendre les droits de l'homme.

"Les dessins satiriques de Sakda Sae Lao osaient dire la vérité sur le pouvoir alors que l’environnement médiatique est très réprimé en Thaïlande", a déclaré Shawn Crispin, le représentant du CPJ pour l’Asie du Sud-est. "La demande de monopole de la vérité de la junte thaïlandaise est aussi grotesque que sa prétention à la légitimité. Sakda devrait être autorisé à continuer à dessiner ses dessins de presse critiques sans crainte de représailles."

Selon les rapports de presse, c’est la deuxième fois depuis que l'armée a pris le pouvoir lors du coup d'Etat de mai 2014 que Sakda est convoqué pour ce que la junte appelle un "ajustement d'attitude". La première fois a eu lieu deux semaines après le coup d'Etat du 22 mai 2014. La junte de Thaïlande qui se dénomme elle-même le "Conseil national pour la paix et l'ordre", a fortement réprimé toutes les critiques des médias envers son coup d'Etat et sa dure gouvernance. Les autorités ont dit à Sakda qu’il ne serait pas puni pour ses dessins existants, mais qu'il pourrait être poursuivi si ses futures caricatures étaient perçues comme une déformation de la vérité.

La junte de Prayuth a récemment intensifié sa répression des médias. Un journaliste, Pravit Rojanaphruk, été maintenu en détention militaire pendant trois jours, le mois dernier, pour un tweet que les autorités considéraient comme critique vis-à-vis de Prayuth et du coup d'Etat. Pravit a été libéré sans inculpation mais il a été exigé comme condition de sa libération qu’il signe un formulaire ou il s’engageait à ne pas participer à des activités anti-junte sinon le pouvoir pourrait saisir ses biens personnels.

Un dessin de Sakda se moquant du général Prayuth

Un dessin de Sakda se moquant du général Prayuth

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 08:33

Il y a 39 ans, l’armée et la police thaïlandaise ainsi que des miliciens d’extrême droite massacraient les étudiants de l’Université Thammasat à Bangkok.

Voici un extrait de livre "Un coup d’Etat pour les riches" de Giles Ji Ungpakorn

Lien pour télécharger l’ensemble du livre:

http://redthaisocialist.com/download-/77-francais/671-un-coup-detat-pour-les-riches.html

 

Dans les premières heures du 6 octobre 1976, des policiers thaïlandais en uniforme se positionnèrent dans le parc du Musée National, voisin de l'université Thammasat et anéantirent d'une implacable grêle de balles d'armes automatiques, un rassemblement pacifique d'étudiants et de travailleurs sur le campus de cette dernière. Au même moment, une importante bande "de forces officieuses" d'ultra-droite, connues sous les noms de Scouts de Village, Krating Daeng et Nawapon, s'adonnèrent à une orgie de violence et de brutalité envers tous les gens à côté de l'entrée principale de l'université. Des étudiants et leurs partisans furent trainés en dehors de celle-ci et pendus aux arbres autour de Sanam Luang, d'autres furent brulés vivant devant le Ministère de la Justice tandis que la foule dansait autour des flammes. Des hommes et des femmes, morts ou vivants, furent soumis aux plus extrêmes comportements violents et dégradants.

Dès avant l'aube ce matin-là, les étudiants furent empêchés de quitter le campus par la police qui était positionnée à chaque porte. A l'intérieur du campus bouclé de l'université, la violence fut exécutée par des policiers lourdement armés de la Division de Suppression du Crime, de la Police de Patrouille des Frontières et des Unités de Forces Spéciales de la Police Métropolitaine. Des étudiants, hommes et femmes, désarmés qui avaient fuis les lieux initiaux de lourde fusillade pour se réfugier à l'intérieur du bâtiment de la faculté de commerce furent poursuivis et obligés de s'allonger face à terre sur le terrain de football, sans chemises. Des policiers en uniforme tiraient sans discontinuer à la mitrailleuse au-dessus de leurs têtes. La chaleur des tirs qui passaient au-dessus d'eux brula la peau de leurs dos nus. D'autres étudiants qui essayèrent de s'enfuir des bâtiments du campus par l'entrée arrière de l'université, furent traqués et abattus sans pitié.

Les actions de la police et de la foule d'extrême droite lors du 6 octobre furent l'aboutissement des tentatives par la classe dirigeante d'en terminer avec le développement d'un mouvement socialiste en Thaïlande. Les événements de l'université Thammasat furent suivis d'un coup d'état militaire qui amena au pouvoir un des gouvernements les plus à droite de l'histoire de la Thaïlande. Dans les jours qui ont suivis, les bureaux et les maisons des organisations subirent des raids. Les syndicalistes furent arrêtés et les droits syndicaux réduits. Les journaux de Gauche et de Centre Gauche furent supprimés et leurs bureaux mis à sac. Les partis politiques, les unions étudiantes et les organisations paysannes furent interdits. Le nouveau régime militaire communiqua une liste de 204 livres illicites. Les bibliothèques des universités furent fouillées et des livres furent confisqués et brulés publiquement. Quand l'entrepôt et la librairie de Sulak Sivaraksa furent mis à sac, on brula plus de 100 000 livres. En plus des ouvrages communistes évidents comme Marx, Engels, Lénine, Mao ou Jit Phumisak, des auteur comme Pridi Bhanomyong, Maxime Gorky, Julius Nyerere, Saneh Chamarik, Chai-anan Samudwanij, Charnvit Kasetsiri et Rangsan Tanapornpan apparurent sur la liste des livres interdits. Le désir de la classe dirigeante thaïlandaise de détruire le développement du mouvement socialiste, spécialement dans les zones urbaines, peut être compris en observant le climat politique de l'époque. Trois ans auparavant, le mouvement de masse du 14 octobre avait renversé les militaires, qui étaient au pouvoir depuis 1957. Cependant, l'établissement d'une monarchie parlementaire ne régla pas les problèmes sociaux profondément enracinés. Donc, les protestations, les grèves et les occupations d'usines s'intensifièrent. Au même moment, les Etats Unis étaient en train de perdre la Guerre du Vietnam. En 1975, des gouvernements communistes avaient pris le pouvoir dans les pays voisins du Laos, du Cambodge et au Vietnam tandis qu'en Thaïlande, l'insurrection rurale conduite par le Parti Communiste Thaïlandais s'amplifiait. Les événements du 6 octobre et le coup d'état qui a suivi n'ont pas été un simple retour des militaires au gouvernement. Ils furent une tentative d'écraser le mouvement populaire pour la justice sociale, pour éradiquer la Gauche et renforcer la position des élites. Ce n'était ni la première, ni la dernière fois que l'élite thaïlandaise avait recours à la violence et au coup d'état pour protéger ses intérêts.

Il serait faux de penser qu'il y eut un plan détaillé et bien coordonné, de l'entière classe dirigeante, qui conduisit aux événements du 6 octobre. Inversement, il serait aussi erroné de suggérer que seul un ou deux individus ou groupes furent derrière l'écrasement de la Gauche. Ce qui est arrivé le 6 octobre fut le résultat d'un consensus parmi la totalité de la classe dirigeante sur le fait qu'un système démocratique ouvert donnait "trop de liberté" à la Gauche. Cependant, il est probable qu'il y eut aussi bien des accords que des désaccords sur comment agir exactement et qui devrait agir. Le point de vue général était que des "méthodes extra-parlementaire" devraient être utilisées, dirigées par l'établissement de divers groupes fascistes. Le rôle du Palais lors des événements à été débattu par beaucoup d'écrivains. La plupart expriment l'idée que celui-ci aida, dans un sens large, à paver la voie pour un coup d'état en donnant son soutien ouvert à la Droite. Ce que nous savons, c'est que le Palais supporta ouvertement et encouragea les Scouts de Village. De plus, il était proche de la Police de Patrouille des Frontières qui fonda le mouvement des Scouts de Village et joua aussi un rôle central dans le massacre de Thammasat. Pour finir, juste avant les sanglants événements, des membres du Palais ont rendus une visite à l'ex dictateur Thanom peu après son retour en Thaïlande.

L'image générale de la classe dirigeante qui émerge durant 1976 est son degré d'unité dans son besoin de détruire la Gauche mais aussi de ses désaccords sur comment le faire et, beaucoup plus important, sur qui allait diriger le pays. Cela eut des conséquences importantes sur l'évolution de la dictature post-1976. La conséquence immédiate du bain de sang de Thammasat fut que des milliers d'étudiants partirent à la campagne rejoindre la lutte menée par le P.C.T. contre l'état thaïlandais. Toutefois, au bout d'un an, le gouvernement d'extrême droite de Tanin Kraivichien fut chassé du pouvoir. Ceux qui prenaient le dessus dans la classe dirigeante étaient convaincus que, non seulement la nature des mesures prises le 6 octobre, mais aussi la façon dont le gouvernement Tanin se conduisait, créaient de grandes divisions et une instabilité à l'intérieur de la société et aidaient le Parti Communiste Thaïlandais à se développer. Il n'est pas étonnant que ces officiers de l'armée qui défendaient une ligne plus libérale fussent ceux qui étaient sur le front à combattre contre le P.C.T. Ils comprenaient, comme beaucoup de militaires dans ce cas, que la lutte contre la Gauche devait impliquer une sorte d'accord politique en plus de l'utilisation de la force. Comme le Général Prem Tinsulanonda, Premier ministre de 1980 à 1988, l'a fait remarquer lors d'une émission de la chaine de télévision ITV en 1999: "Les étudiants ont rejoints les Communistes parce qu'ils furent brutalement réprimés. Le moyen de saper les Communistes était d'établir la justice dans la société."

Trois ans après 1976, le gouvernement décréta une "amnistie" pour ceux qui étaient partis se battre au côté des communistes. Cela coïncida avec des disputes et des scissions entre les activistes étudiants et les dirigeants conservateurs du P.C.T. En 1988, les premiers étaient tous retournés en ville lorsque le P.C.T. s'effondra. La Thaïlande était revenue à un système de démocratie parlementaire presque complet mais avec une condition spéciale: c'était une démocratie parlementaire sans partis de Gauche ou représentant les intérêts des ouvriers et des petits paysans. Auparavant, les partis de Gauches, comme le Parti Socialiste, le Front Socialiste et Palang Mai (Nouvelle Force) avaient obtenus 2,5 millions de voix (14,4%) lors de l'élection législative de 1975. Ces partis avaient gagnés beaucoup de sièges dans le nord et le nord-est du pays et, en dehors de l'arène politique légale, le Parti Communiste Thaïlandais avait aussi eu une grande influence. Dorénavant, la Gauche organisée était détruite.

Extrait d’un article de journal publié en 1988 à l’occasion du 12ème anniversaire du massacre

Extrait d’un article de journal publié en 1988 à l’occasion du 12ème anniversaire du massacre

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 10:30

Pavin Chachavalpongpun a discuté de la politique thaïlandaise, de la monarchie, du régime autoritaire et de Thaksin avec un intellectuel de renommée mondiale.

Un article de Pavin Chachavalpongpun

Lien:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/10/01/a-conversation-with-chomsky/

 

Depuis le coup d'Etat thaïlandais du 22 mai 2014, ma vie a été bouleversée.

La junte thaïlandaise m'a convoqué à deux reprises pour avoir critiqué son intervention dans la politique. Quand j’ai rejeté la citation à comparaitre tout simplement parce que je ne reconnaissais pas la légitimité des putschistes, ils ont émis un mandat d'arrêt contre moi et ont révoqué mon passeport. Cela m'a forcé à demander le statut de réfugié politique au Japon.

Tout au long de cette période tumultueuse, le professeur Noam Chomsky, l'un des universitaires, commentateurs politiques et militants pour la justice sociale les plus renommés du monde, m’a offert ses encouragements et son soutien lors du processus de demande de mon statut de réfugié.

Il a aidé à faire appel au gouvernement japonais pour que ce dernier envisage sérieusement mon cas, tandis que dans le même temps il condamnait la junte thaïlandaise pour son harcèlement contre mes droits humains fondamentaux.

Je n'avais jamais rencontré Chomsky avant le coup d'Etat en Thaïlande. Par conséquent, sa sympathie envers mon combat était inattendue et très appréciée. Ainsi, lorsque je fus invité à prendre la parole lors du programme d'études thaïlandaises à l'Université de Harvard le 25 septembre dernier, j’ai écrit une note Chomsky pour lui demander s’il serait disponible pour me rencontrer. Il a répondu oui.

Notre réunion a eu lieu le même jour à son bureau à l'intérieur du Massachusetts Institute of Technology (MIT), où nous avons eu une conversation privée. Dès que je fus invité à m'asseoir, Chomsky m’a posé de nombreuses questions percutantes. Il était intéressé par trois questions: l'armée, la monarchie, et Thaksin Shinawatra.

D'abord, il m'a demandé si je pouvais décrire la performance du gouvernement militaire actuel dirigé par le général Prayuth Chan-ocha. Il était curieux de savoir comment le gouvernement militaire avait fait face à la pression à la fois nationale et internationale. Dans le même temps, il m'a demandé de donner une mise à jour sur l'état des droits de l'homme en Thaïlande.

Chomsky m’a donné son point de vue sur un régime autoritaire dans le monde d'aujourd'hui et comment il fonctionne à contre-courant de la démocratisation. Il m'a dit que, dans ce siècle, tout régime non pris en charge par le peuple ne devrait pas durer longtemps. Mais dans le cas de la Thaïlande, il a admis qu'il y avait des facteurs contributifs à la longévité du régime militaire. L'un d'entre eux est la monarchie.

Il m'a demandé dans quelle mesure la monarchie thaïlandaise avait interféré dans la vie politique. Je lui ai répondu en me référant à la stratégie de déplacement de la monarchie et de son implication dans la politique.

L'institution royale a rompu son modus operandi passé qui était de tirer les ficelles derrière la scène politique et s’est maintenant décidé à faire ouvertement de la politique. Cela est devenu clair quand, après le coup d’Etat de 2006, la Reine a assisté aux funérailles d'une chemise jaune et quand la Princesse Chulabhorn a soutenu ouvertement la manifestation anti-gouvernementale dirigée par le Comité pour une réforme démocratique populaire (PDRC) (NDT: qui a abouti à la chute du gouvernement élu de Yingluck Shinawatra et au coup d’Etat militaire de Prayut).

Chomsky a répondu en affirmant que l'engagement de la monarchie dans la politique expliquait pourquoi la politique thaïlandaise était devenue confuse et compliquée. La tendance mondiale montre que les monarchies du monde sont en diminution. Travailler contre la marée de la démocratie ne ferait qu'accélérer ce processus de retrait.

Mais il a également été surpris par le fait que le public thaïlandais puisse tolérer l'ingérence politique de la monarchie et celle de l'armée, en particulier parmi ceux qui sont politiquement marginalisés. Cette discussion nous a conduits à mettre l'accent sur la flambée des cas impliquant des accusations de lèse-majesté.

Il m'a raconté qu'il se souvenait avoir signé une pétition il y a plusieurs années appelant à une réforme de la loi de lèse-majesté en Thaïlande. Toutefois, il dit aussi que son effort était vain. Il estime que sans une réforme immédiate de la loi, il sera encore plus difficile pour la monarchie de coexister avec la démocratie.

Chomsky semble être également très fasciné par le fait que l'ancien Premier ministre Thaksin ait toujours suscité l'amour et le respect de la part d'un certain nombre de chemises rouges en Thaïlande. Il était curieux de connaître l’efficace politique populiste de Thaksin qui semblait avoir "hypnotisé" les Thaïlandais à tel point qu’ils continuent à voter pour ses mandataires politiques.

Cependant, Chomsky se méfiait également de la politique compétitive de Thaksin, qui était très différente de celle "du réseau de la monarchie". Il a soulevé la question pertinente sur la façon dont les idées politiques de Thaksin pourraient vraiment changer le paysage politique de la Thaïlande vers une plus grande démocratisation.

Chomsky a aussi demandé pourquoi les opposants politiques de Thaksin, qu'ils fassent partie de ses opposants ou de ses ennemis du vieil établissement, aient échoué à initier des politiques meilleures et plus commercialisés, conçues pour gagner les cœurs et les esprits des villageois thaïlandais. J’ai répondu qu'ils n’étaient pas intéressés par l'autonomisation des personnes car une telle autonomisation aurait pu contester leur propre position de force dans les sphères politiques et économiques.

Chomsky a posé d'autres questions sur les aspects négatifs du populisme de Thaksin, mais en même temps, il comprenait la raison pour laquelle ses tactiques populistes avaient bien fonctionné dans un pays où les personnes marginalisées avaient encore du mal à avoir accès aux ressources politiques et économiques.

Cela nous a conduits à la dernière question de la discussion, l'économie thaïlandaise. Chomsky était curieux de connaitre les conséquences économiques du coup d’Etat, l’évolution des conditions socio-économiques nationales et les implications sur les investisseurs étrangers en Thaïlande. Encore une fois, je ne pouvais que lui donner une vision pessimiste. Chomsky a déploré que la Thaïlande soit tombée dans son propre piège politique.

Mis à part sa curiosité à propos de la crise politique thaïlandaise, Chomsky m'a interrogé sur mes projets d'avenir, maintenant que je suis devenu un réfugié fuyant mon propre pays. Que ferais-je à partir de maintenant?

Je lui ai dit que mon statut au Japon était garanti et que j’attendais simplement d’assister aux changements au cours de cette période de transition en Thaïlande. Il m’a affirmé que si j’avais besoin de son aide, il était prêt à aider autant qu'il le pourrait.

Je lui ai alors posé une dernière question; comment voyait-t-il l'avenir de la Thaïlande? Chomsky a rapidement répondu, "Un Etat démocratique sans interventions des institutions non-élues."

Pavin Chachavalpongpun est professeur agrégé au Centre de l'Université de Kyoto pour les études d'Asie du Sud-est.

A gauche Pavin Chachavalpongpun, à droite Noam Chomsky

A gauche Pavin Chachavalpongpun, à droite Noam Chomsky

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 14:39

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/10/04/prayuts-little-toy-soldiers-in-thai-universities/

 

Chaque année, à chaque arrivée de nouveaux étudiants dans les universités thaïlandaises, le système " SOTUS" dresse sa tête hideuse. SOTUS signifie "Ancienneté, Ordre, Tradition, Unité, Esprit (Seniority, Order, Tradition, Unity, Spirit)", qualités qui réchauffent le cœur du généralissime Prayut. Il s’agit d’un système de "bizutage" basé sur la cruauté, la torture, la déshumanisation et l'abus de pouvoir de la part des étudiants supérieurs contre ceux qui sont en première année. Il trouve son origine dans les pires institutions des États-Unis et est peut-être venu en Thaïlande via les Philippines.

Récemment, une jeune maîtresse de conférences à l'Université de Mahasarakarm s’est exprimée sur ces abus et a été inondé de menaces violentes et sexistes venus de diverses personnes, la pire venant d'un ex-étudiant. Heureusement, c’est devenu un enjeu national et les étudiants les plus progressistes de son université se sont unis pour la soutenir. Pourtant, aussi longtemps que des hommes armés en uniforme contrôleront la société thaïlandaise et exigeront de faire respecter "l'Ancienneté, l’Ordre, la Tradition, l’Unité et l’Esprit" via des coups d'Etat et des lois draconiennes comme celle de la lèse-majesté, ce système restera en place.

Non seulement il demeurera en place en raison du climat d'autoritarisme, mais il sera également renforcé par les mesquins étudiants supérieurs qui obtiennent leurs autorité en donnant des coups de pied aux jeunes autour d’eux. C’est choquant et c’est également renforcé par l’approbation de nombreux membres du personnel des universités qui semblent croire qu'ils ont un intérêt dans le maintien de cette brutale absurdité. Habituellement, il s’agit de conférenciers qui sont eux-mêmes passé par le système SOTUS et qui enseignent maintenant dans les mêmes universités où ils étaient étudiants. Ces employés retiendront des "points de comportement" aux étudiants qui refusent de prendre part à ces activités de bizutage.

Quand j’ai écrit un article dans un quotidien thaïlandais en 2002 pour condamner le système SOTUS, j’ai aussi reçu beaucoup d'insultes, mais pas au niveau connu par Lalita Harnwong, la conférencière de Mahasarakarm.

En 2002, je donnais des cours à l'Université Chulalongkorn et un jour, à la fin de l’après-midi, alors que je marchais pour prendre le transport public afin de rentrer chez moi, j’ai entendu des bruits similaires à ceux émis par des bêtes sauvages ou des hooligans provenant des salles de classe verrouillés où les étudiants de première année avaient été emprisonnés sous une chaleur insupportable. L'air conditionné était éteint et ils étaient soumis aux cris et aux abus de la part de personnes plus âgés qu’eux. Cela se produisait chaque jour pendant des semaines. A l'extérieur, autour du mât portant le drapeau, des groupes de personnes âgées de sexe masculin étaient souvent vus intimidant de jeunes étudiantes, leur ordonnant de courir vers l'arrière et vers l'avant, de s'asseoir ou de se lever. Tous les nouveaux étudiants étaient obligés d'apprendre les chansons de l'université et celles des stupides professeurs. Tout étudiant qui refusait de prendre part à cela était ostracisé. Des menaces étaient faites comme quoi, après avoir obtenu leurs diplômes, leurs futures progressions de carrière seraient bloquées par le "réseau" des anciens.

À une occasion, une de mes conférences a duré 15 minutes de plus que le temps habituel et mes élèves ont ensuite été soumis à une punition pour être arrivé en retard aux séances de torture organisées par les chefs autoproclamés des "petits soldats de plomb", des chefs tout justes sortis des couches de leurs mères qui organisaient le bizutage. Ces aînés n’arrivaient jamais à temps aux conférences.

Un argument ridicule en faveur du système SOTUS est qu'il serait censé encourager l'esprit d'équipe et l'unité. Mais ce n’est qu’une unité définie par les oppresseurs et basée sur la coercition et la brutalité. Elle consiste à briser l'esprit des jeunes. Elle cherche plus à rassembler la nouvelle promotion d'étudiants dans un "troupeau" de stupides sous-hommes. Elle est très étroitement liée à la nature de la formation militaire qui transforme les conscrits en meurtriers déshumanisés qui massacrent de sang-froid.

Dans le cas où le système d'éducation de l'école n'a pas déjà détruit toute individualité, originalité, confiance en soi, imagination ou tout amour d'apprendre des étudiants, le système SOTUS est conçu pour finir le travail. Les étudiants universitaires en Thaïlande sont obligés de porter des "uniformes scolaires". Les femmes n’ont pas le droit de porter un pantalon et toute personne en tongs est interdite de bibliothèques. C’est comme si les autorités universitaires voulaient tout faire sauf veiller à ce que les jeunes reçoivent une éducation décente. Quelle belle publicité pour la qualité des universités thaïlandaises!

La bonne nouvelle, c’est qu'il y a une longue tradition de lutte contre le système SOTUS parmi les étudiants progressistes. Dans les années 1970, lorsque d'énormes vagues de radicalisation ont balayé les universités ainsi que les écoles à travers le monde et que les étudiants thaïlandais ont renversé la dictature militaire de l'époque, le système SOTUS a provisoirement disparu. Il est revenu plein de vengeance après la réaction brutale contre la démocratie qui a eu lieu à la fin des années 1970 et au début des années 1980.

Aujourd'hui aussi, il y a des signes de résistance. Non seulement nous avons de jeunes conférenciers qui osent prendre la parole mais nous avons aussi des manifestations étudiantes contre la junte. L'étudiant de l'école secondaire, qui a osé se lever et poser à Prayut une question sur l'éducation, en est un excellent exemple. Il a été immédiatement jeté hors de la salle, mais son message a été propagé par les médias sociaux et même par les médias traditionnels. Prit Chiwaruk avait demandé pourquoi les étudiants thaïlandais n’étaient pas autorisés à étudier la philosophie et l'éthique afin de pouvoir penser par eux-mêmes. Il avait aussi dénoncé le fait que les écoles nourrissaient de force tous les élèves de la notion "du devoir des citoyens".

Les petits soldats de plomb des universités thaïlandaises

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 07:58

Un article de Political Prisoners of Thailand

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https://politicalprisonersofthailand.wordpress.com/2015/09/24/rich-fascist-fails-to-get-her-way/

 

Les médias sociaux sont en effervescence [en Thaïlande], car il a été divulgué que Chitpas Bhirombhakdi/Kridakorn voulait intégrer la police dans une "situation particulière" pour un "poste réservé seulement à des spécialistes." La "position particulière" n’était en fait qu’une "qualification" pour quelqu’un ayant "des compétences en langue anglaise."

Cela sonne remarquablement comme un poste créé uniquement pour un ami.

Chitpas a été l'une des forces motrices de l’ antidémocrate Comité de réforme démocratique populaire après avoir démissionné du Parti Démocrate afin de pouvoir se livrer à des actes illégaux.

Pourquoi Chitpas voudrait d’une telle position alors qu’elle est fabuleusement riche. Elle refuse de le dire, mais nous pouvons deviner que, en tant que supportrice du coup d'Etat et de la dictature militaire, ce serait une nomination politique.

Tweet du journaliste Andrew Marshall expliquant que Chitpas n’est qu’une stupide antidémocrate

Tweet du journaliste Andrew Marshall expliquant que Chitpas n’est qu’une stupide antidémocrate

Sa nomination - oups, désolé, "sélection" - a été contestée par ses opposants politiques.

L'héritière Boonrawd (la société qui produit les bières Singha et Leo) a déclaré les larmes aux yeux: "Je regrette profondément de ne pas avoir assez de chance pour rejoindre la police et de porter un uniforme de policier afin de devenir une protectrice du peuple...".

Bien sûr, la "chance" n'a rien à voir avec cela. Elle était juste abasourdie que sa richesse et ses positions politiques n'aient pas été suffisantes pour lui obtenir une "position" ou sinécure qu’elle convoitait absurdement. En Thaïlande, les gens riches et bien connectés ont l’habitude d’obtenir ce qu’ils veulent.

Nous sommes sûrs qu'après sa crise de colère, elle intriguera pour une vengeance politique.

Note de Libérez-Somyot: Chitpas Bhirombhakdi/Kridakorn est bien connue pour avoir déclaré en 2014 qu’en Thaïlande, les pauvres étaient trop cons pour bénéficier du droit de vote. Nous continuons à appeler au boycott des bières Singha et Leo ainsi que de tous les produits de la compagnie Boonrawd qui appartient à sa famille.

Appel au boycott de tous les produits Boonrawd dont les bières Singha et Leo

Appel au boycott de tous les produits Boonrawd dont les bières Singha et Leo

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 13:33

Déclaration du comité de soutien à Yingluck Shinawatra

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https://www.facebook.com/Y.Shinawatra/photos/a.106877456023385.4057.105044319540032/1085853151459139/?type=3&theater

 

Une déclaration du comité de soutien à Yingluck Shinawatra

Le 29 septembre 2015, Mlle Yingluck Shinawatra a déposé une plainte pénale à la Cour pénale contre le procureur général et les personnes concernées pour leur effort concerté dans le but de causer des dommages à l'égard d'autres personnes conformément à l'article 83 du Code criminel, leur négligence du devoir, conformément à l'article 157 du Code criminel et leur l'échec d'exercer leurs fonctions conformément à l'article 200 du Code criminel. Les 3 méfaits comprennent;

1. Le procureur général a décidé d'inculper sans examen suffisant de matériaux, preuves et des témoins qui ont été jugés pertinents et utiles à l'affaire, alors que cela est requis en vertu de la loi organique sur la procédure pénale pour personne détenant des positions politiques. Certaines de ces questions comprennent les questions non concluantes du régime de mise en gage du riz, la négligence du devoir et les questions liées à des actes de corruption. Le procureur général a omis de prendre en compte ces questions et l’a inculpé 1 heure seulement avant le processus de destitution à l'Assemblée nationale législative.

2. Le procureur général a déposé un dossier qui comprenait des accusations supplémentaires ne figurant pas dans la plainte déposée par la Commission nationale de lutte contre la corruption (NACC). La plainte de la NACC sous la section 157 du Code criminel ne comprenait pas d’accusations concernant la corruption ou qui aurait permis à des actes de corruption de se produire sous le régime de mise en gage du riz, mais le procureur général a inclus ces accusations qui devraient donc être considérées comme illégales.

3. Au cours de la procédure judiciaire, le procureur général a également utilisé des matériaux qui ne figuraient ni dans ceux de la NACC ni dans ceux du groupe de travail conjoint entre la NACC et le processus d'enquête du procureur général. Le procureur général a inclus 60.000 pages supplémentaires de matériaux pour ce cas, ce qui devrait également être considéré comme illégal.

Par conséquent, Mlle Yingluck estime qu'il est nécessaire pour elle de se protéger par l'exercice de ses droits conformément à la loi en déposant une plainte contre toutes les actions du procureur général et des personnes concernées qui ne sont pas en conformité avec la loi, les règlements et la règle du droit.

 Yingluck Shinawatra

Yingluck Shinawatra

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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 13:15

Environ 150 personnes, en majorité des Thaïlandais expatriés, ont manifestés contre le chef de la junte thaïlandaise, le général Prayuth Chan-ocha en visite à l’ONU ou il a fait un court et incompréhensible discours en thaï.

Parmi eux se trouvait l’universitaire Pavin Chachavalpongpun avec une pancarte demandant pourquoi la junte avait annulé son passeport.

Voici quelques photos de l’évènement:

Manifestation contre Prayuth Chan-ocha devant le siège de l’ONU à New York
Manifestation contre Prayuth Chan-ocha devant le siège de l’ONU à New York
Manifestation contre Prayuth Chan-ocha devant le siège de l’ONU à New York
Manifestation contre Prayuth Chan-ocha devant le siège de l’ONU à New York
Manifestation contre Prayuth Chan-ocha devant le siège de l’ONU à New York
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27 septembre 2015 7 27 /09 /septembre /2015 13:07

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/09/27/sufficiency-economy-and-sufficiency-democracy/

 

Depuis que le sanglant généralissime Prayut, chef de la junte thaïlandaise, a sorti les habituelles absurdités à propos de "l'économie de suffisance" du Roi à l'Organisation des Nations Unies, cela pourrait être une bonne idée de parler de cette mauvaise idéologie royaliste.

Déjà en 2006, Paul Handley avait écrit dans son livre "Le roi ne sourit jamais", que l'économie de suffisance était juste une "pseudo-économie". Après le coup d'Etat militaire de septembre 2006, cette pseudo-économie est devenue la politique officielle de la junte et a été inscrite dans la constitution militaire de 2007.

En janvier 2007, le magazine The Economist est allé plus loin que Handley et a décrit l'économie de suffisance comme du "blablas nouvel âge" bénéficiant du patronage royal. Naturellement ces deux publications ont été censurées en Thaïlande. L'article de The Economist critiquait le rapport du PNUD (Programme des Nations unies pour le développement) qui venait d'être publié avec l'aide de Chris Baker, le partenaire de l'économiste Pasuk Pongpaichit. Ce rapport du PNUD était totalement infecté par les bactéries de l’économie de suffisance. The Economist a ensuite commenté que "en publiant un tel rapport asymétrique sur une théorie qui n’a jamais été essayée à un niveau national, le PNUD a abandonné tout sens de l'objectivité. Il apporte également une légitimité à un régime qui a pris le pouvoir par la force. Hakan Bjorkman, le chef adjoint du PNUD en Thaïlande, affirme qu'il voulait provoquer un débat. Mais un tel débat est impossible en Thaïlande, parce que la théorie de la suffisance est la philosophie du Roi et que la moindre critique de celle-ci pourrait être considérée comme de la lèse-majesté et passible de la prison."

En fait, j’ai moi-même été inculpé de lèse-majesté pour avoir critiqué la junte de 2006 et l'économie de suffisance dans mon livre "Un coup d'État pour les riches". Je cite l'un des paragraphes de mon livre que l'armée a trouvé fortement déplaisaient: " Les membres du Parlement nommés par l'armée recevaient des salaires et des émoluments mensuels d‘environ 140 000 bahts, alors que le salaire minimum des travailleurs n'atteint pas 5 000 bahts par mois et que beaucoup de paysans pauvres des villages vivent avec bien moins. Ces parlementaires touchent souvent plusieurs salaires. Le gouvernement prétend se conformer à la philosophie de l‘économie de suffisance du Roi, affirmant l'importance de n'être pas avide. Apparemment, chacun doit se contenter de la quantité suffisante qui lui est nécessaire, mais, comme Orwell aurait pu le dire, quelques-uns sont plus "suffisants" que d'autres. Pour la Couronne, "quantité suffisante" veut dire posséder une série de palais et de gros conglomérats capitalistes comme la Siam Commercial Bank. Pour la junte militaire, cela signifie recevoir de multiples gros salaires, et pour un paysan pauvre c'est se débrouiller pour survivre, sans aucun investissement moderne pour l'agriculture. Le ministre des Finances a expliqué que "l'économie de suffisance" veut dire "ni trop, ni trop peu" : en d'autres termes, obtenez juste assez.".

En tant qu'institution la monarchie est une société commerciale, mais certains, comme les anarchistes ruraux thaïlandais adeptes de Chatthip Nartsupa, que le Roi aurait "inventé" l'idée de l'économie autosuffisance des communautés ou Setakit Chumchon Po-Piang comme une alternative au capitalisme mondial!

L’économie de suffisance est une idéologie conservatrice et néo-libérale mortellement sérieuse, visant à prévenir la redistribution des richesses et la réduction de la pauvreté. Elle tente d'essayer de faire que les gens se sentent coupables et donc acceptent leur pauvreté et vivent selon leurs moyens. Les deux juntes militaires de 2006 et 2014 ont été parmi les plus ardents défenseurs de l’économie de suffisance et des politiques néo-libérales afin d’augmenter progressivement les dépenses militaires et remplir leurs propres poches.

Il n’est donc pas surprenant que le Roi ait toujours été un défenseur des points de vue économiques qui révélaient son opposition à toute protection sociale pour les pauvres ainsi qu’à la redistribution des revenus. Il est bien connu comme opposant à un État-providence. Mais ce qui est pire est qu’alors qu’il est l'un des hommes les plus riches dans le monde, le Roi a l'arrogance de demander aux pauvres d'être suffisants dans leur pauvreté à travers la notion "d'économie de suffisance". Sa famille est tout aussi hypocrite. Le 11 décembre 2009, au Central Plaza, à Bangkok, l'une des filles du roi a montré son chien, habillé avec un costume de Père Noel avec des diamants d’une valeur de 150 millions de bahts cousus dans la cape. Bien sûr, nous sommes tous familiers avec les dépenses sauvages et effrénées de la Reine et du Prince héritier.

Alors n’ayons aucune illusion sur l'économie de suffisance. Pour emprunter un terme de l’universitaire australien Andrew Walker, elle se marie bien avec la "démocratie de suffisance" très prisée par des juntes militaires de Thaïlande.

L’économie de suffisance et la démocratie de suffisance
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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 10:44

Une déclaration de la Fédération internationale des droits de l’homme

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https://www.fidh.org/International-Federation-for-Human-Rights/asia/thailand/thailand-member-states-must-use-un-review-to-demand-key-human-rights

 

Paris, Bangkok, le 22 septembre 2015: les Etats membres de l'ONU doivent utiliser le prochain Examen périodique universel (EPU) de la Thaïlande pour exiger du gouvernement de ce pays des engagements clés sur les droits humains, ont déclaré la FIDH, son organisation membre de l'Union for Civil Liberty (UCL), et son organisation partenaire Dialogue Internet pour la réforme du droit (iLaw).

La FIDH, l'UCL et iLaw ont fait cet appel en rendant public deux soumissions conjointes pour la deuxième EPU de la Thaïlande, qui aura lieu en avril 2016 à Genève en Suisse.

"Les Etats membres des Nations Unies doivent continuer à exiger que la Thaïlande mette ses lois répressives en conformité avec ses obligations internationales en ce qui concerne les droits à la liberté d'opinion, d'expression et de réunion pacifique," a déclaré le président de la FIDH Karim Lahidji. "Les États membres doivent aussi prier instamment la Thaïlande à prendre des mesures concrètes en vue de l'abolition de la peine de mort", a-t-il ajouté.

Un mémoire préparé par la FIDH et iLaw, détaille comment la situation concernant le droit à la liberté d'opinion et d'expression et le droit de réunion pacifique a nettement empiré depuis le premier Examen périodique universel de la Thaïlande en 2011.

La Thaïlande a continué à restreindre ces droits par le biais de l'utilisation de la législation et des proclamations qui sont incompatibles avec les obligations du pays en vertu du droit international, notamment du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (International Covenant on Civil and Political Rights, sigle anglais ICCPR) et du Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels (International Covenant on Economic, Social, and Cultural Rights, sigle anglais ICESCR).

Après le coup d'Etat du 22 mai 2014, la situation a continué de se détériorer. De nombreux ordres et annonces émis par la junte militaire au pouvoir, le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO), ont imposé des restrictions supplémentaires au droit à la liberté d'opinion et d'expression et au droit de réunion pacifique. Cela a abouti à une application stricte de l'interdiction des rassemblements publics, des événements et des discussions dont les autorités prétendent qu’ils pourraient affecter la sécurité nationale. En outre, les autorités ont intensifié l'intimidation contre les travailleurs des médias ainsi que la censure et l'application trop zélée des lois lèse-majesté.

Le nombre croissant d'arrestations et de poursuites pour lèse-majesté en vertu de l'article 112 du Code pénal thaïlandais est particulièrement préoccupant. La privation de liberté et l'imposition de peines d'emprisonnement d'une sévérité disproportionnée sous le prétexte de protéger la monarchie se sont intensifiées de façon significative après le coup d'Etat du 22 mai 2014. A la date du 22 mai 2014, il y avait six personnes qui purgeaient des peines de prison pour les délits en vertu de l'article 112. Le 21 septembre 2015, ce nombre est passé à 35 et au moins 14 autres personnes sont maintenues en détention en attendant leurs procès.

"Seul un retour à la véritable démocratie pourrait apporter une réforme des lois actuelles relatives à la lèse-majesté, aux crimes informatiques, et aux manifestations publiques, de manière à établir les pleins droits à la liberté d'opinion, d'expression et de réunion pacifique. Cependant, à l’heure actuelle, les demandes les plus immédiates à adresser au NCPO devraient être l'abrogation de l'article 44 de la Constitution intérimaire, l’annulation de tous les ordres restreignant la liberté d'expression et de réunion, la fin de l'utilisation des tribunaux militaires pour juger des civils ainsi que celle de toutes les détentions arbitraires," a déclaré le directeur exécutif d’iLaw Jon Ungpakorn.

Dans un mémoire conjoint séparé, un document de la FIDH et de l’UCL montre l'échec de la Thaïlande à faire de réels progrès vers l'abolition de la peine de mort.

Depuis le premier examen périodique universel de la Thaïlande, il n’y a eu aucun effort pour réduire le nombre de crimes passibles de la peine de mort. Au lieu de réduire le nombre d'infractions qui sont définis comme des crimes capitaux, les législateurs ont introduit une nouvelle législation dont les lois proposées élargissent les infractions qui peuvent être punies de mort.

Les infractions liées aux drogues continuent de représenter une part disproportionnée des crimes pour lesquels la peine de mort est imposée. A la date du 31 mai 2015, trente-sept pour cent des hommes et 80% des femmes qui ont été condamnés à la peine de mort avaient été jugés coupables d'infractions liées à la drogue.

La Thaïlande a déclaré à plusieurs reprises son intention d'envisager d'abolir la peine capitale. Cependant, la plupart des déclarations officielles réclament un soutien de l'opinion publique comme condition à l'abolition de la peine de mort. Malheureusement, les gouvernements successifs ont échoué à fournir au grand public des informations pertinentes afin d'avoir une opinion éclairée sur les questions liées à la peine de mort.

"La Thaïlande a examiné l'abolition de la peine de mort et a publié une pléthore de déclarations à cet effet. Cependant, le manque de volonté politique a étouffé toute action significative. Ce qui manque également, c’est une initiative du gouvernement pour informer adéquatement et éduquer le grand public sur la question", a affirmé le Conseiller principal de l’UCL Danthong Breen. "Malgré une baisse constante du nombre de prisonniers condamnés à la peine de mort et le fait qu’aucune exécution n’ait eu lieu depuis plus de six ans, l'abolition reste un objectif difficile à atteindre," a-t-il ajouté.

La soumission conjointe FIDH-UCL fait d'importantes recommandations au gouvernement de Thaïlande pour qu’il prenne des mesures afin d'abolir la peine de mort.

Contact pour la presse:

M. Arthur Manet (français, anglais, espagnol) - Tel: 33672284294 (Paris)

Le président de la FIDH Karim Lahidji

Le président de la FIDH Karim Lahidji

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23 septembre 2015 3 23 /09 /septembre /2015 11:23

Selon la stricte loi de lèse-majesté de la Thaïlande, c’est un crime d'insulter la monarchie, une infraction qui englobe un nombre surprenant d'activités.

Un article du New York Times

Lien:

http://www.nytimes.com/interactive/2015/09/18/world/asia/thailand-king-lese-majeste.html

 

Selon la loi thaïlandaise, il est illégal de diffamer, d’insulter ou de menacer le Roi Bhumibol Adulyadej, la Reine ou le Prince héritier.

Mais au cours de la dernière décennie, la loi a été utilisée plus largement, conduisant les critiques à de longues peines de prison, et largement appliquée pour couvrir toutes sortes de discours, y compris des graffitis, des pièces de théâtre et des conversations privées.

Voici six cas récents qui ont aboutis à des peines de prison:

Condamnés à 2,5 ans de prison

Une pièce de théâtre

Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong

"La fiancée du Loup," une pièce de théâtre jouée une seule fois à l'Université Thammasat de Bangkok en octobre 2013, raconte l'histoire d'un royaume imaginaire, de son roi impitoyable et de ses conseillers corrompus.

Les royalistes ont été scandalisés par ses allusions apparentes à la couronne thaïlandaise quand ils ont découvert une vidéo de la performance sur Youtube et ont déposé une plainte pénale.

Les procureurs ont fait valoir que le but caché de la pièce était de dénigrer la monarchie.

M. Patiwat, un étudiant qui jouait un conseiller brahmane du roi fictif, et Mlle Pornthip, qui dirigeait le spectacle, ont été condamnés à une peine d'emprisonnement de cinq ans. Leurs peines ont été réduites de moitié après qu’ils aient plaidés coupable.

D'autres participants de la pièce sont partis en exil, selon les médias locaux.

Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong escortés par des gardiens de prison en Thaïlande

Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkong escortés par des gardiens de prison en Thaïlande

Condamné à 1 an et demi de prison

Un graffiti dans une salle de bain

Opas Chansuksai

L’année dernière, un gardien de sécurité d’un grand magasin à Bangkok a accusé M. Opas d’avoir griffonné un texte diffamatoire sur les murs d'une salle de bain publique. M. Opas, un commerçant âgé d’environ 60 ans, a été arrêté par les militaires et jugé par un tribunal militaire. Sa peine de trois ans de prison a été plus tard réduite de moitié en raison d'une maladie.

On ne sait pas exactement ce que M. Opas aurait écrit sur le mur de la salle de bain, parce que les lois de lèse-majesté interdisent aux médias de rapporter l'insulte alléguée.

Condamné à 2 ans de prison

Un geste de la main

Yossawarit Chuklom

Les autorités thaïlandaises ont poursuivies M. Yossawarit, un politicien, pour un geste de la main qu’il avait fait tout en donnant un discours lors d'une manifestation en 2011: Il a posé ses mains sur sa bouche, dans un mouvement qui suggérait qu'il était muselé.

Dans son discours, M. Yossawarit appelait à la dissolution du gouvernement thaïlandais de l'époque (NDT: celui d’Abhisit Vejjajiva), expliquant que l'armée et le chef du Conseil privé, entre autres, voulaient le maintenir au pouvoir.

Mais il y a aussi quelqu'un d'autre, a-t-il ajouté, faisant alors le geste. "Je ne suis pas assez courageux pour dire de qui il s’agit," a-t-il dit à la foule. "Mais je sais à qui vous pensez en ce moment. Donc, je vais me taire."

Un tribunal a condamné le politicien à trois ans de prison pour crime de lèse-majesté. Sa peine a été réduite à un an en raison d'un aveu. Il a depuis été libéré sous caution.

Condamné à 10 ans de prison

L'article de quelqu'un d'autre

Somyot Pruksakasemsuk

M. Somyot, un militant des droits des travailleurs, a été emprisonné en 2011 pour son rôle dans la publication de deux articles qui ont été jugés diffamants vis-à-vis du roi.

Il n'a pas écrit les articles en question, mais ils ont parus dans une revue qu'il dirigeait et dont la publication a cessé depuis.

Lors de son procès, M. Somyot a ouvertement défié la loi de lèse-majesté thaïlandaise, faisant valoir qu'elle était un obstacle à la liberté d’expression. La Cour constitutionnelle de Thaïlande a rejeté son raisonnement, en disant que le fait d'insulter le roi "est considéré comme un acte qui blesse les sentiments des Thaïlandais qui respectent et adorent le roi et la monarchie."

M. Somyot a été reconnu coupable et condamné à 10 ans de prison.

Somyot Pruksakasemsuk lors de son procès en 2013

Somyot Pruksakasemsuk lors de son procès en 2013

Condamné à 2,5 ans de prison

Une conversation dans un taxi

Yuthasak Kangwanwongsakul

En janvier 2014, M. Yuthasak, un chauffeur de taxi à Bangkok, a discuté en passant de politique avec un passager, qui l’a dénoncé plus tard à la police pour avoir parlé de la monarchie d’une manière désobligeante.

M. Yuthasak a été arrêté en juin et a été jugé en août. L’enregistrement secret de la conversation par le passager (NDT: avec son téléphone portable) a été utilisé comme preuve.

M. Yuthasak, qui est âgé de 45 ans, a été condamné à cinq ans de prison. La sentence a été réduite de moitié, car il a plaidé coupable.

Condamné à 30 ans de prison

Des messages sur Facebook

Pongsak Sriboonpeng

L'année dernière, M. Pongsak, 48 ans, a publié six photos sur Facebook avec des commentaires qui auraient critiqués la royauté thaïlandaise. Le contenu de ces messages n’est pas connu.

M. Pongsak, un guide touristique, a été jugé par un tribunal militaire en août dernier. Un juge l’a condamné a une peine de prison de 10 ans pour chacun des six messages postés sur Facebook (NDT: soit 60 ans de prison).

Sa peine a été réduite de moitié à 30 ans, car il a plaidé coupable. C’est la condamnation pour lèse-majesté la plus sévère de l'histoire thaïlandaise moderne.

Pongsak Sriboonpeng, à droite, dans une photo que la Police royale thaïlandaise a partagée sur Facebook

Pongsak Sriboonpeng, à droite, dans une photo que la Police royale thaïlandaise a partagée sur Facebook

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