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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 08:39

Une déclaration de Reporters sans frontières

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https://fr.rsf.org/thailande-le-journaliste-pravit-rojanaphruk-14-09-2015,48342.html

 

Le journaliste Pravit Rojanaphruk détenu au secret par les militaires

Reporters sans frontières (RSF) dénonce fermement la détention arbitraire du journaliste de The Nation, Pravit Rojanaphruk, dans un lieu tenu secret depuis dimanche 13 septembre. L’organisation appelle à sa libération immédiate.

Pravit Rojanaphruk, qui travaille pour le quotidien thaïlandais The Nation, a été convoqué pour une session d’ “ajustement de comportement” par les militaires le 13 septembre 2015 en début d’après-midi après que deux militaires se sont rendus à son domicile sans l’y trouver. Le journaliste s’est rendu au quartier général de l’armée à Bangkok accompagné de l’avocate Pawinee Chumsri, de Thai Lawyers for Human Rights, et d’un représentant des Nations unies, Pokpong Lawansiri. Ces derniers n’ont pas été autorisés à accompagner Pravit Rojanaphruk durant sa détention. Le téléphone portable du journaliste a également été confisqué. L’avocate a par la suite appris que Pravit Rojanaphruk avait été transféré dans une autre base militaire, dont le nom n’a pas été révélé par les autorités.

Interrogés par le journal The Nation ce lundi, les militaires à l’origine de la convocation de Pravit Rojanaphruk n’ont toujours pas divulgué le lieu ni le motif de la détention.

“Nous dénonçons vivement la détention arbitraire de Pravit Rojanaphruk par la junte au pouvoir et exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Si le Conseil national pour la Paix et l’Ordre considère que le journaliste a commis un délit, il doit saisir la justice, qui rendra publiques les charges pesant contre lui, et non le détenir au secret, sans motif valable. De telles pratiques, qui relèvent d’un régime dictatorial, visent à intimider les journalistes indépendants et à susciter l’autocensure de la presse.”

Connu pour ses positions critiques à l’égard de la junte et de la loi sur les crimes de lèse-majesté, Pravit Rajanaphruk avait déjà été arrêté et détenu sept jours en mai 2014, quelques jours après la prise de pouvoir par les militaires.

La Thaïlande occupe la 134e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 établi par Reporters sans frontières.

Pravit Rojanaphruk

Pravit Rojanaphruk

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 06:47

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/09/13/the-reform-junket/

 

L’"Assemblée nationale anti-réforme" nommée par la junte vient de clôturer son "travail" avec une croisière de célébration à grands frais des contribuables le long de la rivière Chao Praya. L'organisation "iLaw" a révélé que 700 millions de bahts avaient été dépensés par cette assemblée au cours des derniers mois. Le produit du travail de l'Assemblée a été résumé par iLaw comme étant "une liste de souhaits nébuleuse et pleine d’illusions" de 505 propositions, dont aucune ne pourrait être mise en pratique. En plus de cela, il n'y a rien eu de nouveau proposé et au moins une centaine de nouvelles lois ont été prévues pour être rédigées au cours des 17 prochaines années! La base idéologique de tout ce fatras était la foi totalement naïve que des "bonnes personnes" pourraient réaliser ce que les autres ne pouvaient pas. Il aurait été plus rapide et moins coûteux de sous-traiter le travail à un groupe d'enfants de la maternelle. Quel beau bric-à-brac pour les amis de la junte!!

Une autre somme de 85 millions de baht a été dépensée par le Comité de rédaction constitutionnelle nommé par la junte, qui a chié le défunt projet de charte qui a ensuite été annulé par le comité anti-réforme. Qu'est-ce que c’est cher pour du papier-cul!!

Bien sûr, contrairement aux cas du projet de liaison ferroviaire à grande vitesse du gouvernement de Yingluck ou de la politique de garantie des prix du riz, il n'y aura pas de Cour constitutionnelle kangourou ou de Comité anti-corruption pour destituer le généralissime Prayut sur les motifs de corruption et de gaspillage des fonds publics.

Le résultat des actions de l'armée et de leurs alliés de l'élite, c’est que l'état de la politique thaïlandaise et de la justice sont allés aux chiens. Il n’est presque pas la peine de mettre en évidence le dernier cas de double standard ou d’abus de pouvoir. Il n’est presque pas la peine non plus de se prononcer sur les différentes propositions anti-démocratiques émanant des entrailles de la dictature; tout cela au nom de la "réforme".

Alors quelle position devons-nous prendre sur la question des réformes politiques et la rédaction d'une constitution?

Presque tout le monde, y compris les plus purs et durs des antidémocrates, diront que ce qui est nécessaire, c’est "la participation du peuple". Donc, nous devons être prudents dans notre définition sur ce à quoi cela devrait vraiment ressembler. Ce devrait être l'inverse du système, favorisés par les militaires et autres antidémocrates, d'auto-sélection parmi les "notables" de diverses professions. Cela ne devrait être rien qui ressemble à "la Grande populeuse", ce qui signifie la nomination des amis du gangster et émeutier de la rue, Sutep Tuaksuban. Ca ne devrait pas être le genre de "participation de la population" favorisé par les ONG. Les dirigeants des ONG aiment à se présenter comme des "représentants de la société civile", alors qu’ils n'ont jamais été élus, et qu’ils ne représentent pas les mouvements de masse. Qui plus est, les gens des ONG faisant partie du comité national anti-réforme ont voté pour accepter la charte défunte et discréditée.

La participation démocratique de masse ne peut pas être mise en place à partir des moyens ci-dessus. Elle ne peut pas être écrite dans une constitution. Elle ne peut pas provenir de commissions. Elle se met en place lorsque des millions de gens ordinaires deviennent actifs dans la lutte et se joignent à des mouvements sociaux qui sont créés à partir de ci-dessous. Un tel mouvement social aura des dimensions de classe parce que nous vivons tous dans une société de classes. Un tel mouvement aura à lutter contre le statu quo de décision. Un tel mouvement doit être un champ de bataille d'idées conflictuelles découlant de la participation des organisations et partis politiques. Ces groupes politiques seraient en concurrence pour l'acceptation et le soutien dans le but de devenir des leaders ou des représentants du peuple.

Une prise de conscience de la société de classe est d'une importance vitale quand les gens s’assoient pour réellement élaborer une constitution ou des lois. Il n'y a rien de bon si les mouvements sociaux ne font que des suggestions et laissent à d'autres le soin de rédiger les règles. Si le pouvoir de rédiger des constitutions est donnée aux "personnes qualifiées"; les élites et les antidémocrates, alors le résultat ne sera que de plus coûteux rouleaux de papier-cul ou, pire encore, des lois oppressives.

La tâche d'élargir l'espace démocratique et de rendre la société plus juste et équitable ne peut être obtenue simplement en écrivant de nouvelles règles pour la société. En fait, toutes les constitutions et les lois de réforme dans le monde n’ont aucun sens sans mouvements de la société pour sauvegarder les objectifs. Il serait préférable d'avoir une constitution minimaliste et un moins grand nombre de lois. Les décisions et les politiques devraient être dévolues aux communautés, si possible, avec la participation active du plus grand nombre de personnes possible.

La conclusion est qu'une véritable réforme ne viendra au monde que si les Thaïlandais démocratiques se mettent à bâtir des mouvements sociaux de masse à partir de la base, en prenant exemple sur le mouvement syndical et d'autres mouvements des classes exploitées.

La réforme bric-à-brac
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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 13:31

Nous demandons la fin des détentions militaires au secret de critiques et de dissidents de la junte

Une déclaration de Human Rights Watch

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https://www.hrw.org/news/2015/09/10/thailand-dissenting-ex-minister-secretly-detained

 

(New York) - La junte thaïlandaise doit immédiatement révéler le lieu où les militaires détiennent l’ancien ministre du gouvernement depuis le 9 Septembre 2015, a exigé Human Rights Watch aujourd'hui. Pichai Naripthaphan, qui était ministre de l'énergie en 2011-2012, est détenu au secret.

Le 10 septembre, le général Prayuth Chan-ocha, premier ministre, déclaré aux médias que Pichai avait été arrêté en raison de son "expression d'opinions qui défient les autorités .... Quant à savoir s’il y aura des mesures sévères ou clémentes [contre Pichai], cela dépendra de ma décision .... Personne ne peut s’opposer à moi. S’ils ne veulent pas apprendre, ils seront détenus encore et encore ... je pourrais aussi leur coudre la bouche pour qu’elle reste fermée." Le colonel Winthai Suwaree, porte-parole du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO), a déclaré que Pichai était sous la garde de l'armée, mais a refusé de fournir des renseignements sur ses allées et venues ou sur son statut. La junte a également refusé l'accès à Pichai aux membres de sa famille et à un avocat.

"La junte thaïlandaise continue d’utiliser l'arrestation arbitraire et la détention secrète pour intimider et réduire au silence ceux qui critiquent pacifiquement le régime militaire", a déclaré Brad Adams, directeur d’Human Rights Watch pour l'Asie. "Comme la junte resserre ses pouvoirs dictatoriaux, le climat de peur s’intensifie en Thaïlande."

Le 9 septembre à 08h05, Pichai a posté un commentaire sur sa page Facebook: "Je suis de nouveau convoqué pour «changer d'attitude»". Les soldats vont venir me chercher ce matin à 9h30 "Puis, à 9h42, il a affiché sa photo à côté de deux soldats de la 12eme Division de l'armée (la Garde du Roi) avant qu’ils ne l’emmènent hors de sa maison à Bangkok. Il n'a pas été vu en public depuis lors.

Human Rights Watch a condamné à plusieurs reprises l'utilisation des arrestations et des détentions militaires secrètes et arbitraires par la junte de Thaïlande. Depuis le coup d'Etat du 22 mai 2014, le NCPO a arrêté des centaines de politiciens, des activistes, des journalistes et des personnes accusées de soutenir le gouvernement déchu, de manquer de respect ou d'offenser la monarchie, ou d’être impliqué dans des activités anti-putschistes présumées.

Le NCPO a emprisonné bon nombre de ces personnes au secret dans des camps militaires, en violation des obligations internationales de la Thaïlande vis-à-vis des droits de l'homme. La junte a systématiquement omis de fournir des informations sur les personnes en détention secrète, affirmant que de telles pratiques seraient souhaitables pour assurer la sécurité des détenus et leur permettre de se soumettre au "changement d'attitude" forcé sans perturbation de l'extérieur.

Le risque de disparition forcée, de torture et d'autres mauvais traitements augmente considérablement lorsque les détenus sont maintenus au secret en détention militaire officieuse. La disparition forcée est définie par le droit international comme étant l'arrestation ou la détention d'une personne par des fonctionnaires de l'Etat ou leurs agents suivis par un refus de reconnaissance de la privation de liberté ou de révéler le sort de la personne ni le lieu où elle se trouve. Les disparitions forcées violent toute une gamme de droits fondamentaux protégés par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que la Thaïlande a signée.

La junte oblige généralement les personnes libérées de la détention militaire à signer un accord qui porte atteinte à leurs libertés fondamentales, y compris celles d’accepter de ne pas faire des commentaires politiques, participer à des activités politiques, ou voyager à l'étranger sans la permission de la junte. Le fait de ne pas se conformer à l'accord peut conduire à une nouvelle détention, une peine de deux ans de prison ou une amende de 40.000 baht (1,250 dollars US). Ceux qui ne se déclarent pas à l'assignation du NCPO font également face à l'arrestation et la poursuite en justice militaire, ce qui ne leur donne pas le droit de faire appel du verdict.

"Les promesses de la junte de respecter les droits humains ont prouvé qu’elles étaient vide de sens", a déclaré Adams. "Le général Prayuth devrait ordonner immédiatement un terme à l'arrestation arbitraire et la détention secrète, et libérer toutes les personnes injustement détenues."

https://www.hrw.org/news/2015/09/10/thailand-dissenting-ex-minister-secretly-detained

L'ancien ministre de l'Énergie de la Thaïlande Pichai Naripthaphan

L'ancien ministre de l'Énergie de la Thaïlande Pichai Naripthaphan

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 07:30

Un article de la journaliste économique hongkongaise Shuli Ren

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http://blogs.barrons.com/asiastocks/2015/09/06/thailand-extends-military-rule-for-two-more-years-dragging-down-the-economy/

 

Dimanche dernier, le Conseil national de réforme de la Thaïlande (NRC) a voté contre un projet de constitution, aidant par la même occasion la junte militaire à rester au pouvoir pendant au moins deux ans de plus.

Alors que ce projet de constitution, qui comprend une clause contraignante "d’équipe de crise" permettant à un groupe de 22 membres de saisir le pouvoir exécutif au cours d'une période de crise, ait largement été pressenti pour être soumis à l’examen public par l’intermédiaire d’un referendum, les analystes sont surpris que le rejet soit venu si tôt.

"La spéculation maintenant à Bangkok est que les factions extrémistes au sein du gouvernement ont peut-être voulu l'échec de ce projet afin d’éviter toute transition ... Borwornsak Uwanno, qui a dirigé le comité de rédaction de la constitution, a déclaré que les membres militaires du NRC "avaient écouté leurs supérieurs" selon un rapport, "ce qui suggère un rejet pré-planifié", écrit Bob Herrera-Lim de Teneo Intelligence, un cabinet de conseil de risque géopolitique.

Le rejet du projet de constitution dimanche dernier signifie que la junte militaire pourra rester au pouvoir deux ans de plus, jusqu'à la première moitié de 2017, au plus tôt.

Teneo a fait le calcul suivant:

La constitution provisoire de 2014 dissout automatiquement les deux institutions impliquées dans le processus, le NRC et le Comité de rédaction de la Constitution (CDC) - et de nouveaux membres devront être nommés, éventuellement en octobre de cette année. Le prochain projet pourrait être éventuellement soumis à un vote de la prochaine NRC autour d’avril ou mai 2016. Un référendum ultérieur aurait lieu en septembre ou octobre 2016 puis les élections seront repoussée au deuxième trimestre de 2017 au plut tôt, soit près de deux ans à partir de maintenant.

"Cela signifie que l'incertitude politique sous-jacente qui a sapé la croissance économique pour l'année écoulée persistera probablement à moyen terme", a déclaré Teneo.

Les économistes de Nomura Securities s’accordent pour dire:

"En ce qui concerne les implications du rejet sur l'économie en général, nous continuons à croire que, bien que l’extension du pouvoir de la junte pourrait leur donner l'espace pour fournir plus de mesures de relance budgétaire à court terme, les dynamiques politiques sous-jacentes à long terme aurait une incidence négative sur les perspectives économiques.

Bien que le calme politique au cours des prochains mois profitera probablement aux dépenses du gouvernement dans une certaine mesure, nous nous attendons à des vents contraires en provenance d'autres facteurs tels que la pauvre croissance des exportations et la faible demande d'investissement du secteur privé qui ne pourront compenser ces gains et, à long terme, un environnement politique incertain pèsera probablement sur les dépenses du secteur public. Comme cela a été le cas dans le passé, les questions politiques seront probablement prioritaires, laissant l'agenda économique (y compris les réformes structurelles et les projets d'infrastructure à grande échelle) en veilleuse".

A noter:

Les iShares MSCI Thailand ETF (THD) libellés en dollars ont reculé de 16,3%. Le baht thaïlandais a baissé de 9% et l'indice SET de la Thaïlande a chuté de 8,5%.

La journaliste économique hongkongaise Shuli Ren

La journaliste économique hongkongaise Shuli Ren

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 08:47

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/09/06/the-junta-is-an-obstacle-to-peace-in-patani/

 

Lors d’une récente interview vidéo pour Prachatai (1) Abu Hafez du mouvement Majlis Amanah Rakyat Patani ou coalition "Mara Patani", a expliqué que les récentes réunions entre les militaires thaïlandais et eux avaient été marquées par l'intransigeance du général Prayut sur toutes les propositions de modifications apportées à l'administration politique de la région. Tout en prétendant vouloir tenir des "pourparlers de paix", qu'il a rebaptisé plus tard "pourparlers pour établir le bonheur", Prayut a déclaré que la question de l'administration de la région de Patani n’était pas négociable. Abu Hafez se demande à juste titre quel est l’intérêt de négocier avec la junte dans de telles conditions.

Les militaires semblent être simplement en train d’essayer de demander une reddition inconditionnelle des insurgés sous la forme d’une fin de la lutte armée. Rien n'a été offert en retour. Cela semble indiquer que la junte n’est pas du tout sérieuse quand elle prétend vouloir la fin du conflit.

Le fond du problème est que, pour établir la paix, une solution politique est nécessaire. Telle est l’unique leçon de toutes les insurrections nationalistes ou séparatistes. Une telle solution politique devra commencer par aborder les questions de l'injustice à Patani alors que l'état thaïlandais unitaire actuel ne reconnaît pas l'utilisation de la langue locale yawi et ne respecte pas la culture musulmane malaise ni sa religion. Le système d'éducation devrait être réformé pour tenir compte des préférences locales. L’autodétermination politique devrait être mise en avant et discutée par l'examen de l'indépendance ou de diverses formes d'autonomie. Si les insurgés renoncent à leurs armes, les militaires doivent également retourner dans leurs casernes et arrêter de patrouiller dans la zone. En fait, il doit y avoir une démilitarisation totale de toutes les forces, y compris celle des soi-disant volontaires villageois. En dehors de cela, il doit y avoir une "commission de vérité et de justice" authentique pour enquêter sur les injustices commises dans le passé par l'Etat thaïlandais. Les prisonniers politiques doivent également être libérés.

Rien de tout cela ne peut avoir lieu sous une dictature militaire où les mobilisations politiques et les discussions politiques ouvertes sont interdites, à l'exception de celles organisées par les voyous pro-junte de Sutep. Dans son interview, Abu Hafez regrettait beaucoup que le développement démocratique précédemment prometteur de la Thaïlande ait été étranglé par l'intervention militaire et la crise politique.

Non seulement il ne peut y avoir de progrès pour l'établissement de la paix sous la dictature, mais la longue domination des événements politiques a Patani et dans l'ensemble de la Thaïlande par l'armée, et la monopolisation des soi-disant pourparlers de paix par les militaires, même sous des gouvernements civils démocratiquement élu, signifie que l'État thaïlandais n’est pas sérieux quand il prétend rechercher une solution politique. Tout est dirigé par un agenda militaire pour maintenir l'état thaïlandais unitaire et écraser toute rébellion.

La paix et le bien-être des citoyens de Patani, et de la Thaïlande dans son ensemble, est complètement liée avec la lutte pour la démocratie et la nécessité de réduire et d’anéantir le pouvoir des militaires. Cela signifie que les activistes thaïlandais qui luttent pour la démocratie doivent aussi rejeter le chauvinisme thaïlandais et tous les compromis à long terme avec les militaires.

(1) Lien de l’interview de Prachatai:

https://www.youtube.com/watch?v=INNVOXzjHy0

La junte est un obstacle à la paix à Patani
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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 12:37

Un article de Phoowadon Duangmee

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http://www.nationmultimedia.com/life/A-plant-out-of-place-30268047.html

 

La Thaïlande ne décriminalisera pas de sitôt la marijuana, et c’est une déception pour les participants à un forum public sur la libération du cannabis.

Les intervenants à un forum public le week-end dernier (29 et 30 aout) sur la légalisation de la marijuana en Thaïlande – ou un jeune homme a brandit une pancarte demandant la légalisation de l’herbe – n’ont fait qu’essentiellement "prêcher des convertis". Toutes les personnes présentes lors de la discussion qui a eu lieu au Centre de la Culture et des Arts de Bangkok étaient convaincues que la ganja – le nom sous lequel la marijuana est plus communément appelée ici - avait été injustement diabolisé depuis trop longtemps […]

Suite aux espoirs et aux attentes soutenus par la légalisation du cannabis au cours des dernières années aux Pays-Bas, en Uruguay et dans les États américains du Colorado, de l'Oregon, de l'Alaska et de Washington, plus de 450 personnes se sont présentées au forum "Où est la liberté pour la marijuana?" organisé par iLaw, une organisation non gouvernementale fondée par Jon Ungpakorn qui aborde les questions judiciaires et de droits de l'homme.

Il s’agissait du deuxième débat public sur la marijuana en Thaïlande, dont le climat subtropical chaud et humide apporte des conditions parfaites pour la culture de la ganja, que ce soit pour le plaisir, le profit, à usage médical ou, cultivé sans les ingrédients psychoactives, comme le chanvre pour être transformé en corde et en nourriture pour le bétail.

"L'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime - UNODC - a démonisée le cannabis", explique Veeraphan Ngamee de l’Ozone Foundation, qui a admis consomer de temps en temps la drogue illégale. "Fumer de la marijuana, indique-t-il sur son site, nuirait à l'utilisateur de plusieurs manières, y compris en causant des dommages au cerveau et de la dysfonction sexuelle… Allons donc l' UNODC, fumer un joint ne serait pas bon pour votre vie sexuelle? Je suis totalement en désaccord! Dans les faits, les cigarettes et le whisky sont bien pires que le cannabis en termes de dommages causés par l'abus, et pourtant ces drogues sont légalement vendus dans le commerce."

"Contrairement au tabac et aux spiritueux, le cannabis offre des avantages pour la santé en cas de consommation responsable, souligne-t-il. Les patients cancéreux soumis à une chimiothérapie peuvent éviter les nausées et les vomissements caractéristiques en fumant ou en consommant de petites quantités [de marijuana].

Alors que les gens du Moyen-Orient et d’Asie du Sud ont longtemps utilisé la résine de haschisch en provenance de plantes de cannabis femelles comme relaxant, les Thaïlandais ont utilisee les feuilles de la plante depuis des siècles dans le même but. Dans la cuisine, quelques bourgeons de cannabis séchés ajoutent de la saveur au poulet au curry, et de nombreux vendeurs de nourriture dans les rues de la ville ajoutaient communément de la ganja à leurs soupes de nouilles avec l'approbation tacite ou explicite de leurs clients" […]

La loi sur les drogues narcotiques de la Thaïlande de 1979 met le cannabis dans la catégorie 5 de la liste des drogues, aux côtés des feuilles de la plante de Mitragyna, largement disponibles sous le nom de Krathom et qui a des effets psychoactifs similaires. Le cannabis ne peut pas être cultivé en Thaïlande même pour la recherche médicale, à la différence de l'autorisation formelle du gouvernement américain accordé à l'Université du Mississippi pour mener des études. Si les pharmacologues thaïlandais ont besoin d’en savoir plus sur le potentiel du cannabis pour soulager les symptômes des maladies, ils ne peuvent que consulter les revues médicales.

La professeur adjointe Niyada Kiatying a même décrit les bienfaits du cannabis comme étant "une chose mythique" pour le domaine de la pharmacologie. "Nous pouvons entendre parler de la marijuana médicale par le biais du bouche à oreille", a-elle-dit à la tribune, "mais nous ne disposons pas de recherches pour confirmer ces affirmations, et donc l'ensemble de ce domaine reste incertain" […]

"Mon frère est un étudiant en médecine et il m'a souvent expliqué les succès de la marijuana médicale", a déclaré un étudiant de l'Université Chulalongkorn. "Par exemple, une petite quantité de marijuana soulage la douleur neuropathique chronique pour cause de blessure, ainsi que les effets secondaires de la chimiothérapie.

"Ce que je veux dire est que le cannabis est titulaire d'un grand intérêt pour la science médicale Malheureusement, la loi et la menace de saisies de drogue ne laissent aucune chance pour les chercheurs. Nous devrions aider à passer une nouvelle loi pour légaliser le cannabis - Au moins pour les études de médecine. Rien ne doit nous empêcher de revendiquer notre droit à l'accès à la connaissance".

Mis à part les graves problèmes juridiques abordés, la discussion sur la marijuana a aussi débouchée sur quelques rires. L’étudiant brandissant la pancarte "Légalisez l’herbe" a fièrement annoncé qu'il avait même brandit dans le bus public le conduisant au forum de Nonthaburi. "Et j’ai fumé un joint dans les toilettes avant le début du forum," a-t-il admis.

Une chercheuse en sciences sociales n'a cependant pas été amusée par l'approche du jeune homme. Les partisans ne feront pas modifier la législation en agitant des pancartes ou en organisant un "smoke-in" devant la Maison du gouvernement, affirme-t-elle. Ils doivent se comporter honorablement afin de gagner la confiance du public. Sinon leurs adversaires peuvent affirmer que le véritable objectif de la légalisation du cannabis à usage médical est de le rendre plus facile à obtenir pour les gens qui veulent le consommer pour les loisirs.

Un autre orateur a décrit un usage médical de la ganja pour des cas moins graves que ceux impliquant le cancer et d'autres maladies chroniques, mais tout aussi importants. "J’ai grandi dans une famille où tout le monde passait son temps à se battre et crier," dit l'homme âgé d’environ 30 ans. "Cela me rendait fou, mais fumer de la marijuana m'a calmé. Cela m'a probablement sauvé d'un trouble de l'anxiété."

La discussion s’est poursuivie par le biais de divers aspects de la question - comme le nombre de plantes pouvant être cultivée tout en étant légalement considérée comme "pour un usage personnel"? Plusieurs idées ont été examinées pour la refonte de la loi, y compris l’usage de l'article 44. Mais aucune proposition concrète n’a émergé. Tout le monde semblait d'accord sur le fait que la marijuana devait être décriminalisée, mais personne ne savait par où commencer.

"Je suis d'accord avec toutes les idées qui ont été mentionnées -, sauf celle sur l’utilisation de l'article 44", a déclaré Jon Ungpakorn lors de son discours de clôture. "Je pense que nous devrions essayer d'obtenir que 10.000 personnes signent une pétition pour un nouveau projet de loi sur le cannabis, et je crois que nous pourrions même obtenir plus de 10.000 signataires."

Un étudiant brandit une pancarte réclamant la légalisation du cannabis

Un étudiant brandit une pancarte réclamant la légalisation du cannabis

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 14:09

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/797-draft-constitution-rejected.html

 

Le parlement nommé par la junte, "l’Assemblée nationale anti-réforme" a rejeté le projet de constitution anti-réforme, écrit par le "Comité de rédaction de la Constitution" lui-aussi nommé par la junte.

Le point intéressant est que les officiers militaires à l'Assemblée ont voté contre le projet de charte tandis que de nombreux universitaires (vendus) et les représentants des ONG ont voté pour. A quel niveau de bassesse ces personnes des ONG peuvent-t-ils se rabaisser? Les universitaires a vendre sont déjà totalement discrédités.

Manifestement, il y a des soupçons comme quoi les militaires seraient simplement en train d’essayer de retarder les élections. Pourtant, officiellement le retard des élections ne serait qu'une question de mois, mais cela pourrait changer.

Plus important encore, il se peut aussi que les militaires aient eu peur que le projet de charte soit rejeté par les citoyens lors du référendum...

Il n'y a aucune garantie comme quoi le nouveau projet de charte serait meilleur. Peut-être une "issue" pour la junte serait d'imposer simplement une nouvelle version, légèrement modifié à la population sans passer par un référendum. Ceci, bien sûr, ne pourrait guère aboutir à la réconciliation et à la paix sociale.

Quoi qu'il arrive, la lutte continue.

Pour plus de détails sur le terrible projet de charte voir mes articles précédents dont:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/08/le-projet-de-constitution-thailandaise-de-la-junte-reporte-indefiniment-le-retour-a-la-democratie.html

Le parlement de la junte

Le parlement de la junte

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 12:20

Un article de Political Prisoners of Thailand

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https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/09/02/still-intent-on-silencing/

 

Le Bangkok Post rapporte que la dictature militaire a révoqué le passeport de l'ancien ministre de l'éducation du Parti Pua Thai, Chaturon Chaisaeng.

Pourquoi? Apparemment "pour avoir défié l'appel du NCPO à se signaler, violant la loi martiale et incitant à l'agitation en violation de l'article 116 du Code criminel."

Dans le langage de la junte, cela signifie que Chaturon a été punis pour avoir osé critiquer la junte militaire.

Le ministère a menti en prétendant que "l'annulation de passeport était une pratique normale au ministère." Il s’agit en fait d’une action inhabituelle et vise un politicien dont la junte craint qu’il critique le projet de constitution qu'elle impose à la nation et au peuple.

Chaturon est un critique qui s’exprime clairement aussi bien en anglais qu’en thaï et la junte veut lui imposer le silence lors de la campagne pour la constitution. Nous soupçonnons que la junte utilise cette mesure comme un avertissement ou est en train de concocter de nouvelles accusations contre lui.

Chaturon Chaisaeng arrêté par des soldats

Chaturon Chaisaeng arrêté par des soldats

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 10:00

Un article de Doug Bandow

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http://www.cato.org/blog/thailands-military-delivers-oppression-rather-happiness

 

La Thaïlande a longtemps été le pays du sourire, un lieu convivial et informel aussi accueillant pour les routards que pour les hommes d'affaires. Mais sa politique est devenue horrible ces dernières années.

Comme je l’ai dit dans le journal Forbes en ligne: "Maintenant, un dictateur caricatural d'un opéra-comique de Gilbert et Sullivan dirige une junte pas si drôle qui emprisonne les opposants et supprime la liberté d'expression. L’attentat à la bombe contre un sanctuaire hindou populaire à Bangkok démontre le danger que le terrorisme puisse devenir une tactique pour les mécontents, dans ce cas la vie en Thaïlande pourrait générer beaucoup plus de froncements de sourcils que de sourires. "Le général Prayuth Chan-ocha a pris le pouvoir, l'an dernier, en promettant le bonheur, la prospérité et la sécurité. Mais la junte n'a réussi à fournir aucun des trois.

Ceux qui voient leurs droits politiques et libertés civiles refusés ne sont pas heureux. Les généraux ont également constaté que les forces économiques ne cèdent pas aux diktats militaires. L'enquête sur les récents attentats de Bangkok a apportée des déclarations officielles contradictoires et le gouvernement a menacé les gens si ces derniers faisaient circuler de "fausses informations." Le général premier ministre Prayuth a suggéré que la police regarde la série américaine dramatique "Blue Bloods", dont l’action se passe à New York, pour y trouver de l'aide.

Le dictateur présente une touche de mégalomanie comique. En prenant le pouvoir, il a déclaré que le bonheur était revenu en Thaïlande. Irrité par la question d'un journaliste, il a tempêté: "Voulez-vous que j'utilise tous mes pouvoirs? Avec mes pouvoirs, je pourrais fermer tous les médias ... Je pourrais vous faire fusiller. " Espérons qu'il ne parlait pas sérieusement. Toutefois, le généralissime a souvent cédé à son autocratie intérieure. Freedom House a signalé que le coup d’Etat avait fait descendre la Thaïlande de la catégorie des pays "partiellement libre" à celle de ceux qui ne sont "pas libre", avec une réduction des libertés civiles et des droits politiques en particulier.

L'armée intimide les médias, ordonnant à la télévision et à la radio d'éviter la politique. Les publications imprimées ont reçues l’instruction de ne pas critiquer l'armée. Le faire conduit à des menaces de poursuites. La junte a bloqué plus de 200 sites et poursuit les journalistes en ligne. Le régime a empêché près de 70 réunions publiques dont celles qui envisageaient de discuter des violations des droits humains par la junte.

La dictature de Prayuth a arrêté ou détenu plus de 1.000 personnes, y compris des étudiants protestataires, des politiciens de l'opposition, des journalistes indépendants, et même des universitaires critiques. Beaucoup de ceux qui ont été arrêtés ont été détenus au secret, ce qui, a averti Human Rights Watch, augmente "le risque de disparition forcée, de torture et d'autres mauvais traitements. " Quelque 700 personnes ont été jugées par des tribunaux militaires qui ne sont reconnus ni pour leur indépendance, ni pour leur équité.

Le gouvernement a interdit tout ce qui pourrait être perçu comme une protestation politique, y compris le fait de se tenir tout simplement debout et de manger. Le 22 mai dernier, lors de l’anniversaire du coup d'Etat, 20 manifestants ont été arrêtés pour avoir simplement regardé une horloge.

La junte a considérablement augmenté l'utilisation de la loi oppressive de lèse-majesté de la Thaïlande pour arrêter la critique au nom de la "sécurité nationale". Deux cas récents, impliquant des messages écrits sur Facebook, ont aboutis à des peines de 28 et 30 ans après des plaidoyers de culpabilité.

Globalement, Amnesty International a dénoncé "une atmosphère d'autocensure et de peur" aggravée par des restrictions juridiques, des poursuites, et "des pressions informelles ainsi que des menaces publiques faites par les autorités, dont le premier ministre lui-même, contre les médias et la société civile s’ils osent élever la voix pour formuler des critiques."

Rien ne va changer à l'avenir si le généralissime et ses apparatchiks continuent de cette manière. Le projet de constitution est conçu pour empêcher et non pas faire avancer la démocratie. Niran Pitakwatchare, un membre de la Commission nationale des droits humains, se plaint que le projet "donne à l'Etat une prise en main plus ferme et prive les gens des droits dont ils jouissaient auparavant."

La proposition permettrait de faire que la junte ne soit jamais jugée pour ses crimes, de fracturer le vote populaire, d’encourager les faibles coalitions, de prévoir la possibilité d'un premier ministre non élu, de mettre en place un Sénat majoritairement nommé, d’utiliser des organismes administratifs et judiciaires biaisés contre les mouvements démocratiques, et de permettre aux forces armées d’intervenir en cas de crise. Pourtant, encore plus de répression risque de convaincre les Thaïlandais que la violence est leur seule option pour se libérer.

L'administration d’Obama a fait pression pour un retour à la démocratie. Les futurs efforts seraient plus efficaces s’ils étaient coordonnés avec ceux des démocraties asiatiques et européennes ayant les mêmes idées. Il est tentant de ne pas prendre les fanfaronnades du généralissime de la Thaïlande au sérieux. Mais plus il règnera, moins seront grandes les chances que la Thaïlande puisse bénéficier d’une démocratie stable à l’avenir.

Doug Bandow est un analyste politique américain membre de l’institut CATO. Il a travaillé dans l’administration Reagan comme assistant spécial du président.

Cet article est un résumé de son excellente analyse sur la situation en Thaïlande publiée le journal Forbes en ligne.

Lien de cette analyse (5 pages):

http://www.forbes.com/sites/dougbandow/2015/09/01/thailand-suffers-as-military-plans-to-extend-control-junta-delivers-oppression-not-happiness/

Note de Libérez-Somyot: Il est étonnant de constater que Doug Bandow, un Américain de droite, fait quasiment la même analyse sur la société thaïlandaise que l’exilé politique thaïlandais de gauche Giles Ji Ungpakorn.

Des manifestantes thaïlandaises anti-junte

Des manifestantes thaïlandaises anti-junte

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 13:20

Une déclaration de Reporters sans frontières

Lien:

https://fr.rsf.org/thailande-touche-mais-pas-coule-la-marine-01-09-2015,48287.html

 

Touché mais pas coulé : la Marine royale thaïlandaise échoue à torpiller le site Phuketwan

Reporters sans frontières (RSF) accueille avec soulagement l’acquittement des journalistes du site Phuketwan, Alan Morison et Chutima Sidasathian, abusivement poursuivis pour diffamation par la Marine Royale thaïlandaise.

Reporters sans frontières se félicite de l’acquittement, prononcé le 1er septembre 2015, des journalistes Alan Morison et Chutima Sidasathian, après quelque 20 mois de poursuites judiciaires. Alan Morison, 67 ans, rédacteur en chef australien du site d’informations Phuketwan, et Chutima Sidasathian, 31 ans, journaliste et spécialiste de la question des Rohingyas, étaient poursuivis pour diffamation et violation du Computer Crime Act par la Marine royale thaïlandaise. Ils encouraient sept ans de prison.

"Nous sommes extrêmement soulagés d’apprendre l’acquittement d’Alan Morison et Chutima Sidasathian, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. Même dans une Thaïlande gouvernée par les militaires, la Marine ne saurait dissuader des journalistes d’enquêter, et d’autres de citer ces enquêtes, qui d’ailleurs ne la visaient pas directement. La Marine royale a cherché à torpiller un site d’information local. Si elle ne l’a pas coulé, le Phuketwan est touché financièrement. Sans oublier l’effet dissuasif d’un tel procès, qui pourrait inciter d’autres reporters à l’autocensure. Les autorités thaïlandaises doivent cesser de faire usage à tort et à travers de la loi sur la diffamation. Le Computer Crime Act doit être abrogé. Ces deux lois représentent une épée de Damoclès permanente pour la liberté de la presse dans le pays. "

Les deux journalistes étaient poursuivis depuis le 18 décembre 2013, pour diffamation et violation du Computer Crime Act. En cause, la publication, le 17 juillet 2013, par le Phuketwan d’un article intitulé "Les militaires thaïlandais profitent du commerce de boat people, selon une enquête spéciale" contenant un paragraphe issu d’une enquête publiée par Reuters dans laquelle l’agence accuse l’ensemble des forces navales thaïlandaises de participer au trafic de Rohingyas. Reuters n’a pas fait l’objet de poursuites.

La Thaïlande est 134eme sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015, établi par Reporters sans frontières.

Note de Libérez-Somyot: Si la justice thaïlandaise a acquittées les deux journalistes malgré la plainte en diffamation des forces navales thaïlandaises, c’est qu’elle reconnait implicitement que ces dernières se livrent bien au trafic d’esclave dont sont victimes les réfugiés rohingyas.

Alan Morison à droite et Chutima Sidasathian à gauche du journal en ligne Phuketwan

Alan Morison à droite et Chutima Sidasathian à gauche du journal en ligne Phuketwan

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