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21 septembre 2015 1 21 /09 /septembre /2015 07:44
La presse soumise aide la junte thaïlandaise à museler toute discussion

Le traitement du journaliste pro-démocratie au franc-parler Prawit Rojanapruk devrait dissiper toutes les illusions comme quoi la Thaïlande serait sur le chemin d’une "réforme politique".

La semaine dernière, il a été emmené dans un camp militaire de la junte et détenu au secret, sans inculpation, pendant un certain nombre de jours. Lors de son transport, on lui a bandé les yeux pour l’aveugler et il n'a pas été autorisé à savoir où il allait ni ce qui lui arriverait. Il a été enfermé dans une petite cellule sans fenêtre. Voilà ce qui arrive aux critiques de la junte quand ils sont traînés dans des "sessions de changement d'attitude". Les plus malchanceux se voient alors coudre la bouche par le moyen de graves accusations comme la lèse-majesté. Heureusement cela n’est pas arrivé à Prawit cette fois-là.

Son traitement ainsi que ceux qu’ont subis d’autres personnes, s’élèvent à de l'intimidation, à de la torture mentale et à une violation flagrante des droits de l'homme. Prawit n'a pas été soumis à la torture physique, mais d'autres l’ont été.

Pourtant, malgré tout cela, les employeurs de Prawit, le groupe de presse Nation Multimedia, a fait pression sur lui pour qu’il démissionne après sa dernière expérience. Cette soumission et lâcheté morale du journal The Nation est incroyable. Pourtant, cela ne devrait pas nous surprendre.

Le Nation a débuté sa carrière dans les années 1970 en se présentant comme une soi-disant alternative radicale au journal conservateur Bangkok Post. Au milieu des années 1990, il avait dégénéré en un genre de tabloïd. Après le 11 septembre, il a adopté un extrémisme pro-guerre et une position islamophobe, soutenant les guerres illégales de Bush et de Blair au Moyen Orient. Aujourd'hui, il est tout aussi conservateur que le Bangkok Post dans sa position politique sur la crise politique thaïlandaise, sauf qu'il pourrait bien être encore plus trivial dans ses articles. Le seul facteur de rachat était les articles de Prawit Rojanapruk. Cela vient d’arriver à son terme.

Le Bangkok Post a toujours été un journal royaliste et conservateur. En 1976, il a permis son utilisation par des royalistes fanatiques qui ont menti quand ils ont prétendu que sa photo en première page représentait des étudiants effectuant une mise en scène d’une sorte de tableau vivant figurant la pendaison du prince héritier. En fait, cela dépeignait la pendaison de deux travailleurs électriciens syndicalistes qui avaient été assassinés par la police alors qu’ils collaient des affiches anti-dictature. Bien que le Bangkok Post n'ait jamais prétendu qu’il s’agissait du prince héritier, il n'a jamais non plus tenté de contrer les mensonges des extrémistes royalistes qui utilisaient sa photographie. Plus de vingt ans plus tard, on m'a demandé d'écrire un article sur le massacre du 6 octobre 1976 pour ce journal. Il a décidé de censurer toute mention du rôle de la monarchie dans mon article, bien que je citais de respectés articles universitaires sur la question. A cette époque, comme beaucoup d'autres, y compris mon père, je croyais à tort que ce journal avait délibérément répandu des mensonges à propos de la pendaison factice. La vérité n’était que d’une différente subtilité. Les propriétaires du Bangkok Post ont essayé de me poursuivre en justice pour diffamation à cause de mes points de vue exprimés.

Aujourd'hui, presque tous les mass-médias de Thaïlande, à l'exception peut-être de Khao Sod, perpétuent le mythe que Prayut et sa bande tentent de "réformer" le système politique. Ils rapportent ses arrogantes manigances, sans les condamner. Ils utilisent les titres officiels et malhonnêtes des comités nommés par la junte sans commentaire. Ils pratiquent l'autocensure et sont trop faibles et lâches pour critiquer vigoureusement la junte. Ils pourraient faire un stand en faveur de la démocratie comme d'autres journaux ont fait dans d'autres pays. Mais il est douteux que les hommes d'affaires, qui sont leurs propriétaires et leurs rédacteurs en chef, soutiennent vraiment la démocratie. Comme la plupart des classes moyennes thaïlandaises, ils sont beaucoup plus susceptibles de se méfier de l'autonomisation des travailleurs ordinaires et des agriculteurs dans une telle démocratie. Par leurs actions, ils soutiennent la destruction continue de la liberté.

La presse soumise aide la junte thaïlandaise à museler toute discussion

Les graines de la résistance contre la junte, comme la récente manifestation dirigée par des étudiants à l’occasion de l'anniversaire du coup d’Etat du 19 Septembre 2006, ne seront pas nourries par la presse thaïlandaise.

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20 septembre 2015 7 20 /09 /septembre /2015 14:07

Manifestation pro-démocratie à Bangkok à l’occasion de l’anniversaire du putsch militaire du 19 septembre 2006

Un article de Political Prisoners of Thailand

Lien:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/09/19/coup-anniversary/

 

Après une première tentative pour empêcher la commémoration de la chute du gouvernement de Thaksin Shinawatra en 2006 suite à un coup d'Etat militaire, la dictature militaire a permis au Mouvement néo-démocratie d’organiser une discussion de groupe et un rassemblement.

Le mouvement avait ignoré un avertissement écrit pour empêcher le rassemblement. Les autorités avaient déclaré qu'elles "n’autoriseraient aucune activité qui pourrait affecter la paix et l'ordre." Elles ont déclaré que seuls les événements à l'intérieur du campus de Thammasat seraient autorisés.

Parmi les intervenants à la commémoration se trouvaient le militant Sombat Boonngamanong, "qui a été l'un des premiers qui ont protesté contre le coup d’Etat en 2006, il y a neuf ans, ainsi que le politologue Puangthong Pawakapan."

Les membres du Mouvement néo-démocratie "sont encore confrontés à des accusations criminelles pour une manifestation contre la junte au monument de la démocratie en juin dernier."

Les manifestants ont défilé du campus Tha Prachan de l’Université Thammasat au Monument de la démocratie. Sur les bannières portés par les manifestants étaient écrits des messages tels que "Rendez le pouvoir au peuple! " et "A bas les dictateurs!"

Alors qu'il n'y a pas eu d'affrontements ou d'arrestations signalées, on ne sait pas si les leaders de la contestation feront face à des accusations.

Mise à jour: Le Bangkok Post fournit plus de détails sur la discussion à Thammasat, notant que la police a empêché l'utilisation de la salle réservée à l'origine, en forçant les participants à déménager dans un autre bâtiment. Un orateur a fait observer: "Au bout de neuf ans et après deux coups d’Etat, nous sommes toujours coincé, avec aucune lumière au bout du tunnel..."

La manifestation pro-démocratie a rassemblé environ 500 personnes

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19 septembre 2015 6 19 /09 /septembre /2015 13:32

Peu avant sa mort, l’ancien premier ministre Samak Sundarajev a fait des révélations sur le coup d’Etat de septembre 2006. Ces révélations ont été dévoilées par Wikileaks en décembre 2010. Suite à cela, le journal français Le Figaro a publié un article le 15 décembre 2010.

Lien:

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/12/15/97001-20101215FILWWW00348-thailandecoup-d-etat-la-reine-accusee.php

 

Voici l’article du Figaro:

Un ex-premier ministre thaïlandais, décédé l'an passé, a accusé la reine de Thaïlande d'être derrière le coup d'Etat de 2006, préambule à une grande instabilité dans le pays, selon une note diplomatique américaine.

Samak Sundarajev "a fait preuve de dédain pour la reine Sirikit, affirmant qu'elle avait été responsable du coup d'Etat de 2006", indique ce télégramme de l'ambassade des Etats-Unis à Bangkok daté d'octobre 2008, et obtenu du site Wikileaks par le quotidien britannique The Guardian.

L'ex-chef du gouvernement accusait aussi l'épouse du roi Bhumibol, âgé de 83 ans, d'être derrière les "chemises jaunes" de l'Alliance du peuple pour la démocratie (PAD), un mouvement royaliste qui avait manifesté pendant neuf mois à Bangkok en 2008 pour faire chuter le gouvernement. L'ex-premier ministre "se considère comme fidèle au roi mais a laissé entendre que l'agenda politique de la reine différait de celui de son mari".

La famille royale n'a, officiellement, aucun rôle politique en Thaïlande. Son image, comme celle de la monarchie elle-même, est protégée par un code pénal qui réprime sévèrement le crime de lèse-majesté.

Le coup d'Etat de 2006 avait renversé Thaksin Shinawatra, aujourd'hui en exil. Un an plus tard, son allié Samak avait remporté les élections. Mais il avait été contraint par la Cour constitutionnelle de démissionner après un peu plus de sept mois de pouvoir, reconnu coupable d'avoir accepté de l'argent d'une entreprise privée produisant ses émissions culinaires à la télévision. Il est décédé fin 2009 d'un cancer du foie à l'âge de 74 ans.

Le royaume est depuis 2006 le théâtre d'instabilité et de grandes violences politiques. Au printemps dernier (NDLS 2010), plus de 90 personnes ont été tuées et 1.900 blessées lors de deux mois de manifestations des "chemises rouges", mouvement majoritairement pro-Thaksin qui réclamait, notamment, le retour à l'ordre constitutionnel en vigueur avant le coup.

Il y a 9 ans, le coup d’Etat du 19 septembre 2006 (2)
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18 septembre 2015 5 18 /09 /septembre /2015 08:30

A cette époque, le journal américain "New York Times" soutenait plus ou moins le coup d’Etat militaire thaïlandais.

Un article de l’époque:

Le "New York Times" invente le coup d’État militaire "démocratique" et "non-violent "

Lien:

http://www.voltairenet.org/article143546.html

 

"Les généraux ont déclaré que c’était un coup d’État militaire pro-démocratie, et bien qu’ils aient renversé un des premiers ministres les plus populaires de l’histoire de la Thaïlande, la plupart des commentateurs ici s’accordent, ce mercredi, pour approuver [ce point de vue]" [1] indique le correspondant à Bangkok New York Times dans son édition du 21 septembre 2006 [2].

A l’attention des lecteurs que la notion de "coup d’État militaire pro-démocratie" (sic) laisse dubitatifs, le quotidien des élites américanistes poursuit en indiquant qu’il s’agissait d’un "coup d’État non-violent " (re-sic), les putschistes n’ayant pas eu à faire usage de leurs armes car le Premier ministre était en déplacement à l’étranger et que ses partisans n’habitent pas les beaux quartiers de la capitale.

Il n’échappera à personne que le New York Times, comme les élites de Bangkok, éprouve une certaine antipathie pour le Premier ministre renversé, Thaksin Shinawatra, qui a réalisé les plus ambitieuses réformes sociales jamais accomplies dans le royaume et dispose d’un soutien populaire massif. Le journal admet cet héritage (programmes de développement des villages ruraux, annulation du surendettement privé, création d’un service de santé à bas prix) qu’il qualifie avec dégoût de "mesures populistes" (sic) (et non de "mesures populaires").

Le New York Times, qui s’était déjà félicité du coup d’État aux Philippines, précise sa pensée : "Avec ce coup d’État, la Thaïlande devient un État du Sud-Est asiatique de plus qui réinterprète la démocratie en des termes non-démocratiques, y compris en manipulant ou en suspendant le processus constitutionnel pour atteindre des objectifs politiques [démocratiques]" [3].

La leçon est complète. Pour la classe dirigeante états-unienne, la démocratie n’a pas grand-chose à voir avec le gouvernement du peuple par le peuple, mais avec l’usage de tous les moyens possibles pour atteindre un régime qui serve les intérêts des États-Unis.

De son côté, le département d’État des États-Unis a condamné le recours au coup d’État militaire pour résoudre la crise politique thaïlandaise. Il a appelé à un "retour du pouvoir aux civils" (sic), ce qui signifie que Washington approuverait la désignation par les militaires d’un nouveau gouvernement en lieu et place de celui élu par le peuple… Cela tombe bien, c’est précisément l’intention du général Sonthi Boonyaratglin.

[1] "The generals billed it as a pro-democracy military coup, and although they had ousted one of the most popular prime ministers in Thailand’s history, most commentators here tended to agree on Wednesday".

[2] "Thailand Reinterprets the Rules of Democracy, Again", The New York Times, 21 septembre 2006.

[3] "But with the coup, Thailand became one more Southeast Asian nation that has reinterpreted democracy in undemocratic terms, either manipulating or sidestepping constitutional processes to achieve political ends."

Il y a 9 ans avait lieu le coup d’Etat du 19 septembre 2006
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17 septembre 2015 4 17 /09 /septembre /2015 09:12

Un article de Chatwadee Rose Amornpat

Lien:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/09/15/the-perils-of-prayuth/

 

Le leader de la junte général Prayuth Chan-ocha est non seulement une source d'embarras pour la Thaïlande, mais met en danger le pays.

L'homme derrière le dernier coup d'État thaïlandais du 22 mai 2014 est le général Prayuth Chan-ocha, un proche collaborateur de la Reine de Thaïlande depuis de nombreuses années.

C’est un ultra-royaliste qui a servi les membres de la famille royale avec brio, recevant de nombreux titres et décorations royales.

Prayuth est imprévisible et ose faire des choses que la plupart des officiers de l'armée n’oseraient pas. Cela pourrait être l'un des facteurs expliquant pourquoi il a été promu chef de l'armée en 2010.

Le dernier coup d'État de la Thaïlande n’est pas le seul dans lequel Prayuth a été impliqué. Il a été crédité avoir eu un rôle clé dans le coup d'État de 2006 qui a renversé le Premier ministre Thaksin Shinawatra.

Malheureusement, renverser des gouvernements élus n’est pas le pire du comportement de Prayuth.

Après s'être nommé lui-même Premier ministre l'an dernier, Prayuth s’est comporté de manière tellement bizarre qu’il a mis la honte à la Thaïlande. Son comportement est à la fois dangereux et nuisibles pour le pays.

Sa liste de tirades, de crises de colère, de gueulantes et de gaffes qui mettent les pieds dans le plat, est longue.

Par exemple, en septembre 2014, après que deux touristes britanniques aient été assassinés sur l'île thaïlandaise de Koh Tao, Prayuth a fait une déclaration accablante et a déclenché un tollé en insinuant que les visiteuses étrangères – du moins les touristes sexy - se mettaient en danger en se promenant légèrement vêtues.

"Je vous demande si elles sont en sécurité quand elles portent des bikinis en Thaïlande? Seulement si elles ne sont pas assez belles", a-t-il dit.

Il a même reconnu avoir été en proie à de multiples personnages. En novembre 2014, il a déclaré à la presse:

Je suis bien conscient que j’ai un tempérament colérique.

Aujourd'hui, je me suis beaucoup calmé... je dois vous remercier pour les avertissements et suggestions. Et je ne vais pas changer ma personnalité, parce que j'ai déjà plusieurs personnalités.

Et bien sûr, il n’est pas défavorable aux menaces et à la violence physique.

En novembre dernier, alors qu’il donnait une conférence de presse improvisée à des journalistes, la plupart d’entre eux thaïlandais, dans la ville du Nord-est de Khon Kaen, Prayuth répondait aux questions tout en tapotant la tête d'un caméraman agenouillé en face de lui, puis il a commencé nonchalamment à masser et tripoter l'oreille de l'homme.

En décembre, lorsque les journalistes thaïlandais ont demandé à Prayuth de faire face à la caméra au cours d'un événement public qu'ils couvraient, le chef de la junte a épluché une banane qu'il mangeait et a lancé la peau sur leurs têtes.

Bien sûr, rien ne l’insupporte plus que la critique de lui-même, de son leadership et de son gouvernement, le soi-disant Conseil national pour la paix et l'ordre.

En mars, il a déclaré: "L'autre jour, un journaliste m'a demandé ce que le gouvernement avait fait. J’ai presque frappé cette personne au visage. J'ai fait tellement pour le pays. Vous ne voyez pas?"

Ce même mois, tout en donnant un discours, il a sorti ce petit joyau sur les mérites relatifs (et les définitions) de la liberté:

"Dans le passé, notre société a connu de nombreux problèmes parce que nous étions trop démocratique. La Thaïlande reste "99 pour cent" libre, parce que si elle ne l’était pas, nous aurions emprisonné (nos adversaires) et les aurions mis devant le peloton d'exécution. Ensuite, tout cela serait fini et je n’aurais pas à rester éveillé la nuit."

Dernier point mais pas le moindre, Prayuth a reçu un mandat du palais pour extirper le clan Shinawatra de la politique thaïlandaise.

Un cas juridique en cours signifie que Yingluck Shinawatra pourrait bientôt subir le même sort que son frère, qui vit actuellement en exil.

Le litigieux régime de subvention du riz initié alors que Yingluck était Première ministre a été conçu pour aider à stimuler les revenus des agriculteurs thaïlandais en achetant leur riz au-dessus des prix du marché.

Cette politique phare a aidée à la pousser au pouvoir, mais a aussi laissé la Thaïlande avec une montagne de dettes et de riz. Ce régime du riz a été le prétexte de l’interdiction de Yingluck de politique pendant cinq ans.

La junte militaire royaliste poursuit également Yingluck pour ce régime, alléguant que son gouvernement aurait perdu des dizaines de milliards de baht. Le gouvernement actuel de la junte est susceptible d'exiger une compensation de Yingluck et de son précédent gouvernement.

Si ce coup d'État judiciaire est réussi, tous les actifs de Yingluck seront saisis et elle pourrait faire face à une peine d'emprisonnement. Mes sources en Thaïlande ont indiqué que les plus hautes élites voudraient qu’elle quitte le pays, tout comme M. Thaksin.

Cependant, ce qui devrait le plus concerner les gens à propos de Prayuth, plus encore que son comportement étrange et son désir d'extirper le clan Shinawatra, c’est la "carte de la Chine" qu’il joue maintenant et dont il fait l’étalage devant l'Occident. Il a fermement dirigé la Thaïlande dans les bras de la République populaire de Chine.

Par exemple, plusieurs contrats ont été attribués à la Chine pour la construction de méga projets en Thaïlande, y compris un train à grande vitesse reliant les deux pays. Une délégation d’officiers de haut rang des forces royales a également visité récemment la Chine.

Ceci est un jeu très dangereux que Prayuth est en train de jouer, à la lumière de plusieurs programmes précieux d'assistance que la Thaïlande a reçu des pays de l'Ouest, y compris les Etats-Unis, le Royaume-Uni et l’Australie.

Chatwadee Rose Amornpat est basée à Londres. Elle a été accusée de lèse-majesté par la junte militaire thaïlandaise en juillet 2014.

Chatwadee Rose Amornpat

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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 08:39

Une déclaration de Reporters sans frontières

Lien:

https://fr.rsf.org/thailande-le-journaliste-pravit-rojanaphruk-14-09-2015,48342.html

 

Le journaliste Pravit Rojanaphruk détenu au secret par les militaires

Reporters sans frontières (RSF) dénonce fermement la détention arbitraire du journaliste de The Nation, Pravit Rojanaphruk, dans un lieu tenu secret depuis dimanche 13 septembre. L’organisation appelle à sa libération immédiate.

Pravit Rojanaphruk, qui travaille pour le quotidien thaïlandais The Nation, a été convoqué pour une session d’ “ajustement de comportement” par les militaires le 13 septembre 2015 en début d’après-midi après que deux militaires se sont rendus à son domicile sans l’y trouver. Le journaliste s’est rendu au quartier général de l’armée à Bangkok accompagné de l’avocate Pawinee Chumsri, de Thai Lawyers for Human Rights, et d’un représentant des Nations unies, Pokpong Lawansiri. Ces derniers n’ont pas été autorisés à accompagner Pravit Rojanaphruk durant sa détention. Le téléphone portable du journaliste a également été confisqué. L’avocate a par la suite appris que Pravit Rojanaphruk avait été transféré dans une autre base militaire, dont le nom n’a pas été révélé par les autorités.

Interrogés par le journal The Nation ce lundi, les militaires à l’origine de la convocation de Pravit Rojanaphruk n’ont toujours pas divulgué le lieu ni le motif de la détention.

“Nous dénonçons vivement la détention arbitraire de Pravit Rojanaphruk par la junte au pouvoir et exigeons sa libération immédiate et inconditionnelle, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Si le Conseil national pour la Paix et l’Ordre considère que le journaliste a commis un délit, il doit saisir la justice, qui rendra publiques les charges pesant contre lui, et non le détenir au secret, sans motif valable. De telles pratiques, qui relèvent d’un régime dictatorial, visent à intimider les journalistes indépendants et à susciter l’autocensure de la presse.”

Connu pour ses positions critiques à l’égard de la junte et de la loi sur les crimes de lèse-majesté, Pravit Rajanaphruk avait déjà été arrêté et détenu sept jours en mai 2014, quelques jours après la prise de pouvoir par les militaires.

La Thaïlande occupe la 134e place sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015 établi par Reporters sans frontières.

Pravit Rojanaphruk

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 06:47

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/09/13/the-reform-junket/

 

L’"Assemblée nationale anti-réforme" nommée par la junte vient de clôturer son "travail" avec une croisière de célébration à grands frais des contribuables le long de la rivière Chao Praya. L'organisation "iLaw" a révélé que 700 millions de bahts avaient été dépensés par cette assemblée au cours des derniers mois. Le produit du travail de l'Assemblée a été résumé par iLaw comme étant "une liste de souhaits nébuleuse et pleine d’illusions" de 505 propositions, dont aucune ne pourrait être mise en pratique. En plus de cela, il n'y a rien eu de nouveau proposé et au moins une centaine de nouvelles lois ont été prévues pour être rédigées au cours des 17 prochaines années! La base idéologique de tout ce fatras était la foi totalement naïve que des "bonnes personnes" pourraient réaliser ce que les autres ne pouvaient pas. Il aurait été plus rapide et moins coûteux de sous-traiter le travail à un groupe d'enfants de la maternelle. Quel beau bric-à-brac pour les amis de la junte!!

Une autre somme de 85 millions de baht a été dépensée par le Comité de rédaction constitutionnelle nommé par la junte, qui a chié le défunt projet de charte qui a ensuite été annulé par le comité anti-réforme. Qu'est-ce que c’est cher pour du papier-cul!!

Bien sûr, contrairement aux cas du projet de liaison ferroviaire à grande vitesse du gouvernement de Yingluck ou de la politique de garantie des prix du riz, il n'y aura pas de Cour constitutionnelle kangourou ou de Comité anti-corruption pour destituer le généralissime Prayut sur les motifs de corruption et de gaspillage des fonds publics.

Le résultat des actions de l'armée et de leurs alliés de l'élite, c’est que l'état de la politique thaïlandaise et de la justice sont allés aux chiens. Il n’est presque pas la peine de mettre en évidence le dernier cas de double standard ou d’abus de pouvoir. Il n’est presque pas la peine non plus de se prononcer sur les différentes propositions anti-démocratiques émanant des entrailles de la dictature; tout cela au nom de la "réforme".

Alors quelle position devons-nous prendre sur la question des réformes politiques et la rédaction d'une constitution?

Presque tout le monde, y compris les plus purs et durs des antidémocrates, diront que ce qui est nécessaire, c’est "la participation du peuple". Donc, nous devons être prudents dans notre définition sur ce à quoi cela devrait vraiment ressembler. Ce devrait être l'inverse du système, favorisés par les militaires et autres antidémocrates, d'auto-sélection parmi les "notables" de diverses professions. Cela ne devrait être rien qui ressemble à "la Grande populeuse", ce qui signifie la nomination des amis du gangster et émeutier de la rue, Sutep Tuaksuban. Ca ne devrait pas être le genre de "participation de la population" favorisé par les ONG. Les dirigeants des ONG aiment à se présenter comme des "représentants de la société civile", alors qu’ils n'ont jamais été élus, et qu’ils ne représentent pas les mouvements de masse. Qui plus est, les gens des ONG faisant partie du comité national anti-réforme ont voté pour accepter la charte défunte et discréditée.

La participation démocratique de masse ne peut pas être mise en place à partir des moyens ci-dessus. Elle ne peut pas être écrite dans une constitution. Elle ne peut pas provenir de commissions. Elle se met en place lorsque des millions de gens ordinaires deviennent actifs dans la lutte et se joignent à des mouvements sociaux qui sont créés à partir de ci-dessous. Un tel mouvement social aura des dimensions de classe parce que nous vivons tous dans une société de classes. Un tel mouvement aura à lutter contre le statu quo de décision. Un tel mouvement doit être un champ de bataille d'idées conflictuelles découlant de la participation des organisations et partis politiques. Ces groupes politiques seraient en concurrence pour l'acceptation et le soutien dans le but de devenir des leaders ou des représentants du peuple.

Une prise de conscience de la société de classe est d'une importance vitale quand les gens s’assoient pour réellement élaborer une constitution ou des lois. Il n'y a rien de bon si les mouvements sociaux ne font que des suggestions et laissent à d'autres le soin de rédiger les règles. Si le pouvoir de rédiger des constitutions est donnée aux "personnes qualifiées"; les élites et les antidémocrates, alors le résultat ne sera que de plus coûteux rouleaux de papier-cul ou, pire encore, des lois oppressives.

La tâche d'élargir l'espace démocratique et de rendre la société plus juste et équitable ne peut être obtenue simplement en écrivant de nouvelles règles pour la société. En fait, toutes les constitutions et les lois de réforme dans le monde n’ont aucun sens sans mouvements de la société pour sauvegarder les objectifs. Il serait préférable d'avoir une constitution minimaliste et un moins grand nombre de lois. Les décisions et les politiques devraient être dévolues aux communautés, si possible, avec la participation active du plus grand nombre de personnes possible.

La conclusion est qu'une véritable réforme ne viendra au monde que si les Thaïlandais démocratiques se mettent à bâtir des mouvements sociaux de masse à partir de la base, en prenant exemple sur le mouvement syndical et d'autres mouvements des classes exploitées.

La réforme bric-à-brac
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11 septembre 2015 5 11 /09 /septembre /2015 13:31

Nous demandons la fin des détentions militaires au secret de critiques et de dissidents de la junte

Une déclaration de Human Rights Watch

Lien:

https://www.hrw.org/news/2015/09/10/thailand-dissenting-ex-minister-secretly-detained

 

(New York) - La junte thaïlandaise doit immédiatement révéler le lieu où les militaires détiennent l’ancien ministre du gouvernement depuis le 9 Septembre 2015, a exigé Human Rights Watch aujourd'hui. Pichai Naripthaphan, qui était ministre de l'énergie en 2011-2012, est détenu au secret.

Le 10 septembre, le général Prayuth Chan-ocha, premier ministre, déclaré aux médias que Pichai avait été arrêté en raison de son "expression d'opinions qui défient les autorités .... Quant à savoir s’il y aura des mesures sévères ou clémentes [contre Pichai], cela dépendra de ma décision .... Personne ne peut s’opposer à moi. S’ils ne veulent pas apprendre, ils seront détenus encore et encore ... je pourrais aussi leur coudre la bouche pour qu’elle reste fermée." Le colonel Winthai Suwaree, porte-parole du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO), a déclaré que Pichai était sous la garde de l'armée, mais a refusé de fournir des renseignements sur ses allées et venues ou sur son statut. La junte a également refusé l'accès à Pichai aux membres de sa famille et à un avocat.

"La junte thaïlandaise continue d’utiliser l'arrestation arbitraire et la détention secrète pour intimider et réduire au silence ceux qui critiquent pacifiquement le régime militaire", a déclaré Brad Adams, directeur d’Human Rights Watch pour l'Asie. "Comme la junte resserre ses pouvoirs dictatoriaux, le climat de peur s’intensifie en Thaïlande."

Le 9 septembre à 08h05, Pichai a posté un commentaire sur sa page Facebook: "Je suis de nouveau convoqué pour «changer d'attitude»". Les soldats vont venir me chercher ce matin à 9h30 "Puis, à 9h42, il a affiché sa photo à côté de deux soldats de la 12eme Division de l'armée (la Garde du Roi) avant qu’ils ne l’emmènent hors de sa maison à Bangkok. Il n'a pas été vu en public depuis lors.

Human Rights Watch a condamné à plusieurs reprises l'utilisation des arrestations et des détentions militaires secrètes et arbitraires par la junte de Thaïlande. Depuis le coup d'Etat du 22 mai 2014, le NCPO a arrêté des centaines de politiciens, des activistes, des journalistes et des personnes accusées de soutenir le gouvernement déchu, de manquer de respect ou d'offenser la monarchie, ou d’être impliqué dans des activités anti-putschistes présumées.

Le NCPO a emprisonné bon nombre de ces personnes au secret dans des camps militaires, en violation des obligations internationales de la Thaïlande vis-à-vis des droits de l'homme. La junte a systématiquement omis de fournir des informations sur les personnes en détention secrète, affirmant que de telles pratiques seraient souhaitables pour assurer la sécurité des détenus et leur permettre de se soumettre au "changement d'attitude" forcé sans perturbation de l'extérieur.

Le risque de disparition forcée, de torture et d'autres mauvais traitements augmente considérablement lorsque les détenus sont maintenus au secret en détention militaire officieuse. La disparition forcée est définie par le droit international comme étant l'arrestation ou la détention d'une personne par des fonctionnaires de l'Etat ou leurs agents suivis par un refus de reconnaissance de la privation de liberté ou de révéler le sort de la personne ni le lieu où elle se trouve. Les disparitions forcées violent toute une gamme de droits fondamentaux protégés par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, que la Thaïlande a signée.

La junte oblige généralement les personnes libérées de la détention militaire à signer un accord qui porte atteinte à leurs libertés fondamentales, y compris celles d’accepter de ne pas faire des commentaires politiques, participer à des activités politiques, ou voyager à l'étranger sans la permission de la junte. Le fait de ne pas se conformer à l'accord peut conduire à une nouvelle détention, une peine de deux ans de prison ou une amende de 40.000 baht (1,250 dollars US). Ceux qui ne se déclarent pas à l'assignation du NCPO font également face à l'arrestation et la poursuite en justice militaire, ce qui ne leur donne pas le droit de faire appel du verdict.

"Les promesses de la junte de respecter les droits humains ont prouvé qu’elles étaient vide de sens", a déclaré Adams. "Le général Prayuth devrait ordonner immédiatement un terme à l'arrestation arbitraire et la détention secrète, et libérer toutes les personnes injustement détenues."

https://www.hrw.org/news/2015/09/10/thailand-dissenting-ex-minister-secretly-detained

L'ancien ministre de l'Énergie de la Thaïlande Pichai Naripthaphan

L'ancien ministre de l'Énergie de la Thaïlande Pichai Naripthaphan

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 07:30

Un article de la journaliste économique hongkongaise Shuli Ren

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http://blogs.barrons.com/asiastocks/2015/09/06/thailand-extends-military-rule-for-two-more-years-dragging-down-the-economy/

 

Dimanche dernier, le Conseil national de réforme de la Thaïlande (NRC) a voté contre un projet de constitution, aidant par la même occasion la junte militaire à rester au pouvoir pendant au moins deux ans de plus.

Alors que ce projet de constitution, qui comprend une clause contraignante "d’équipe de crise" permettant à un groupe de 22 membres de saisir le pouvoir exécutif au cours d'une période de crise, ait largement été pressenti pour être soumis à l’examen public par l’intermédiaire d’un referendum, les analystes sont surpris que le rejet soit venu si tôt.

"La spéculation maintenant à Bangkok est que les factions extrémistes au sein du gouvernement ont peut-être voulu l'échec de ce projet afin d’éviter toute transition ... Borwornsak Uwanno, qui a dirigé le comité de rédaction de la constitution, a déclaré que les membres militaires du NRC "avaient écouté leurs supérieurs" selon un rapport, "ce qui suggère un rejet pré-planifié", écrit Bob Herrera-Lim de Teneo Intelligence, un cabinet de conseil de risque géopolitique.

Le rejet du projet de constitution dimanche dernier signifie que la junte militaire pourra rester au pouvoir deux ans de plus, jusqu'à la première moitié de 2017, au plus tôt.

Teneo a fait le calcul suivant:

La constitution provisoire de 2014 dissout automatiquement les deux institutions impliquées dans le processus, le NRC et le Comité de rédaction de la Constitution (CDC) - et de nouveaux membres devront être nommés, éventuellement en octobre de cette année. Le prochain projet pourrait être éventuellement soumis à un vote de la prochaine NRC autour d’avril ou mai 2016. Un référendum ultérieur aurait lieu en septembre ou octobre 2016 puis les élections seront repoussée au deuxième trimestre de 2017 au plut tôt, soit près de deux ans à partir de maintenant.

"Cela signifie que l'incertitude politique sous-jacente qui a sapé la croissance économique pour l'année écoulée persistera probablement à moyen terme", a déclaré Teneo.

Les économistes de Nomura Securities s’accordent pour dire:

"En ce qui concerne les implications du rejet sur l'économie en général, nous continuons à croire que, bien que l’extension du pouvoir de la junte pourrait leur donner l'espace pour fournir plus de mesures de relance budgétaire à court terme, les dynamiques politiques sous-jacentes à long terme aurait une incidence négative sur les perspectives économiques.

Bien que le calme politique au cours des prochains mois profitera probablement aux dépenses du gouvernement dans une certaine mesure, nous nous attendons à des vents contraires en provenance d'autres facteurs tels que la pauvre croissance des exportations et la faible demande d'investissement du secteur privé qui ne pourront compenser ces gains et, à long terme, un environnement politique incertain pèsera probablement sur les dépenses du secteur public. Comme cela a été le cas dans le passé, les questions politiques seront probablement prioritaires, laissant l'agenda économique (y compris les réformes structurelles et les projets d'infrastructure à grande échelle) en veilleuse".

A noter:

Les iShares MSCI Thailand ETF (THD) libellés en dollars ont reculé de 16,3%. Le baht thaïlandais a baissé de 9% et l'indice SET de la Thaïlande a chuté de 8,5%.

La journaliste économique hongkongaise Shuli Ren

La journaliste économique hongkongaise Shuli Ren

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8 septembre 2015 2 08 /09 /septembre /2015 08:47

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/09/06/the-junta-is-an-obstacle-to-peace-in-patani/

 

Lors d’une récente interview vidéo pour Prachatai (1) Abu Hafez du mouvement Majlis Amanah Rakyat Patani ou coalition "Mara Patani", a expliqué que les récentes réunions entre les militaires thaïlandais et eux avaient été marquées par l'intransigeance du général Prayut sur toutes les propositions de modifications apportées à l'administration politique de la région. Tout en prétendant vouloir tenir des "pourparlers de paix", qu'il a rebaptisé plus tard "pourparlers pour établir le bonheur", Prayut a déclaré que la question de l'administration de la région de Patani n’était pas négociable. Abu Hafez se demande à juste titre quel est l’intérêt de négocier avec la junte dans de telles conditions.

Les militaires semblent être simplement en train d’essayer de demander une reddition inconditionnelle des insurgés sous la forme d’une fin de la lutte armée. Rien n'a été offert en retour. Cela semble indiquer que la junte n’est pas du tout sérieuse quand elle prétend vouloir la fin du conflit.

Le fond du problème est que, pour établir la paix, une solution politique est nécessaire. Telle est l’unique leçon de toutes les insurrections nationalistes ou séparatistes. Une telle solution politique devra commencer par aborder les questions de l'injustice à Patani alors que l'état thaïlandais unitaire actuel ne reconnaît pas l'utilisation de la langue locale yawi et ne respecte pas la culture musulmane malaise ni sa religion. Le système d'éducation devrait être réformé pour tenir compte des préférences locales. L’autodétermination politique devrait être mise en avant et discutée par l'examen de l'indépendance ou de diverses formes d'autonomie. Si les insurgés renoncent à leurs armes, les militaires doivent également retourner dans leurs casernes et arrêter de patrouiller dans la zone. En fait, il doit y avoir une démilitarisation totale de toutes les forces, y compris celle des soi-disant volontaires villageois. En dehors de cela, il doit y avoir une "commission de vérité et de justice" authentique pour enquêter sur les injustices commises dans le passé par l'Etat thaïlandais. Les prisonniers politiques doivent également être libérés.

Rien de tout cela ne peut avoir lieu sous une dictature militaire où les mobilisations politiques et les discussions politiques ouvertes sont interdites, à l'exception de celles organisées par les voyous pro-junte de Sutep. Dans son interview, Abu Hafez regrettait beaucoup que le développement démocratique précédemment prometteur de la Thaïlande ait été étranglé par l'intervention militaire et la crise politique.

Non seulement il ne peut y avoir de progrès pour l'établissement de la paix sous la dictature, mais la longue domination des événements politiques a Patani et dans l'ensemble de la Thaïlande par l'armée, et la monopolisation des soi-disant pourparlers de paix par les militaires, même sous des gouvernements civils démocratiquement élu, signifie que l'État thaïlandais n’est pas sérieux quand il prétend rechercher une solution politique. Tout est dirigé par un agenda militaire pour maintenir l'état thaïlandais unitaire et écraser toute rébellion.

La paix et le bien-être des citoyens de Patani, et de la Thaïlande dans son ensemble, est complètement liée avec la lutte pour la démocratie et la nécessité de réduire et d’anéantir le pouvoir des militaires. Cela signifie que les activistes thaïlandais qui luttent pour la démocratie doivent aussi rejeter le chauvinisme thaïlandais et tous les compromis à long terme avec les militaires.

(1) Lien de l’interview de Prachatai:

https://www.youtube.com/watch?v=INNVOXzjHy0

La junte est un obstacle à la paix à Patani
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