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7 septembre 2015 1 07 /09 /septembre /2015 12:37

Un article de Phoowadon Duangmee

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http://www.nationmultimedia.com/life/A-plant-out-of-place-30268047.html

 

La Thaïlande ne décriminalisera pas de sitôt la marijuana, et c’est une déception pour les participants à un forum public sur la libération du cannabis.

Les intervenants à un forum public le week-end dernier (29 et 30 aout) sur la légalisation de la marijuana en Thaïlande – ou un jeune homme a brandit une pancarte demandant la légalisation de l’herbe – n’ont fait qu’essentiellement "prêcher des convertis". Toutes les personnes présentes lors de la discussion qui a eu lieu au Centre de la Culture et des Arts de Bangkok étaient convaincues que la ganja – le nom sous lequel la marijuana est plus communément appelée ici - avait été injustement diabolisé depuis trop longtemps […]

Suite aux espoirs et aux attentes soutenus par la légalisation du cannabis au cours des dernières années aux Pays-Bas, en Uruguay et dans les États américains du Colorado, de l'Oregon, de l'Alaska et de Washington, plus de 450 personnes se sont présentées au forum "Où est la liberté pour la marijuana?" organisé par iLaw, une organisation non gouvernementale fondée par Jon Ungpakorn qui aborde les questions judiciaires et de droits de l'homme.

Il s’agissait du deuxième débat public sur la marijuana en Thaïlande, dont le climat subtropical chaud et humide apporte des conditions parfaites pour la culture de la ganja, que ce soit pour le plaisir, le profit, à usage médical ou, cultivé sans les ingrédients psychoactives, comme le chanvre pour être transformé en corde et en nourriture pour le bétail.

"L'Office des Nations Unies contre la drogue et le crime - UNODC - a démonisée le cannabis", explique Veeraphan Ngamee de l’Ozone Foundation, qui a admis consomer de temps en temps la drogue illégale. "Fumer de la marijuana, indique-t-il sur son site, nuirait à l'utilisateur de plusieurs manières, y compris en causant des dommages au cerveau et de la dysfonction sexuelle… Allons donc l' UNODC, fumer un joint ne serait pas bon pour votre vie sexuelle? Je suis totalement en désaccord! Dans les faits, les cigarettes et le whisky sont bien pires que le cannabis en termes de dommages causés par l'abus, et pourtant ces drogues sont légalement vendus dans le commerce."

"Contrairement au tabac et aux spiritueux, le cannabis offre des avantages pour la santé en cas de consommation responsable, souligne-t-il. Les patients cancéreux soumis à une chimiothérapie peuvent éviter les nausées et les vomissements caractéristiques en fumant ou en consommant de petites quantités [de marijuana].

Alors que les gens du Moyen-Orient et d’Asie du Sud ont longtemps utilisé la résine de haschisch en provenance de plantes de cannabis femelles comme relaxant, les Thaïlandais ont utilisee les feuilles de la plante depuis des siècles dans le même but. Dans la cuisine, quelques bourgeons de cannabis séchés ajoutent de la saveur au poulet au curry, et de nombreux vendeurs de nourriture dans les rues de la ville ajoutaient communément de la ganja à leurs soupes de nouilles avec l'approbation tacite ou explicite de leurs clients" […]

La loi sur les drogues narcotiques de la Thaïlande de 1979 met le cannabis dans la catégorie 5 de la liste des drogues, aux côtés des feuilles de la plante de Mitragyna, largement disponibles sous le nom de Krathom et qui a des effets psychoactifs similaires. Le cannabis ne peut pas être cultivé en Thaïlande même pour la recherche médicale, à la différence de l'autorisation formelle du gouvernement américain accordé à l'Université du Mississippi pour mener des études. Si les pharmacologues thaïlandais ont besoin d’en savoir plus sur le potentiel du cannabis pour soulager les symptômes des maladies, ils ne peuvent que consulter les revues médicales.

La professeur adjointe Niyada Kiatying a même décrit les bienfaits du cannabis comme étant "une chose mythique" pour le domaine de la pharmacologie. "Nous pouvons entendre parler de la marijuana médicale par le biais du bouche à oreille", a-elle-dit à la tribune, "mais nous ne disposons pas de recherches pour confirmer ces affirmations, et donc l'ensemble de ce domaine reste incertain" […]

"Mon frère est un étudiant en médecine et il m'a souvent expliqué les succès de la marijuana médicale", a déclaré un étudiant de l'Université Chulalongkorn. "Par exemple, une petite quantité de marijuana soulage la douleur neuropathique chronique pour cause de blessure, ainsi que les effets secondaires de la chimiothérapie.

"Ce que je veux dire est que le cannabis est titulaire d'un grand intérêt pour la science médicale Malheureusement, la loi et la menace de saisies de drogue ne laissent aucune chance pour les chercheurs. Nous devrions aider à passer une nouvelle loi pour légaliser le cannabis - Au moins pour les études de médecine. Rien ne doit nous empêcher de revendiquer notre droit à l'accès à la connaissance".

Mis à part les graves problèmes juridiques abordés, la discussion sur la marijuana a aussi débouchée sur quelques rires. L’étudiant brandissant la pancarte "Légalisez l’herbe" a fièrement annoncé qu'il avait même brandit dans le bus public le conduisant au forum de Nonthaburi. "Et j’ai fumé un joint dans les toilettes avant le début du forum," a-t-il admis.

Une chercheuse en sciences sociales n'a cependant pas été amusée par l'approche du jeune homme. Les partisans ne feront pas modifier la législation en agitant des pancartes ou en organisant un "smoke-in" devant la Maison du gouvernement, affirme-t-elle. Ils doivent se comporter honorablement afin de gagner la confiance du public. Sinon leurs adversaires peuvent affirmer que le véritable objectif de la légalisation du cannabis à usage médical est de le rendre plus facile à obtenir pour les gens qui veulent le consommer pour les loisirs.

Un autre orateur a décrit un usage médical de la ganja pour des cas moins graves que ceux impliquant le cancer et d'autres maladies chroniques, mais tout aussi importants. "J’ai grandi dans une famille où tout le monde passait son temps à se battre et crier," dit l'homme âgé d’environ 30 ans. "Cela me rendait fou, mais fumer de la marijuana m'a calmé. Cela m'a probablement sauvé d'un trouble de l'anxiété."

La discussion s’est poursuivie par le biais de divers aspects de la question - comme le nombre de plantes pouvant être cultivée tout en étant légalement considérée comme "pour un usage personnel"? Plusieurs idées ont été examinées pour la refonte de la loi, y compris l’usage de l'article 44. Mais aucune proposition concrète n’a émergé. Tout le monde semblait d'accord sur le fait que la marijuana devait être décriminalisée, mais personne ne savait par où commencer.

"Je suis d'accord avec toutes les idées qui ont été mentionnées -, sauf celle sur l’utilisation de l'article 44", a déclaré Jon Ungpakorn lors de son discours de clôture. "Je pense que nous devrions essayer d'obtenir que 10.000 personnes signent une pétition pour un nouveau projet de loi sur le cannabis, et je crois que nous pourrions même obtenir plus de 10.000 signataires."

Un étudiant brandit une pancarte réclamant la légalisation du cannabis

Un étudiant brandit une pancarte réclamant la légalisation du cannabis

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 14:09

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/797-draft-constitution-rejected.html

 

Le parlement nommé par la junte, "l’Assemblée nationale anti-réforme" a rejeté le projet de constitution anti-réforme, écrit par le "Comité de rédaction de la Constitution" lui-aussi nommé par la junte.

Le point intéressant est que les officiers militaires à l'Assemblée ont voté contre le projet de charte tandis que de nombreux universitaires (vendus) et les représentants des ONG ont voté pour. A quel niveau de bassesse ces personnes des ONG peuvent-t-ils se rabaisser? Les universitaires a vendre sont déjà totalement discrédités.

Manifestement, il y a des soupçons comme quoi les militaires seraient simplement en train d’essayer de retarder les élections. Pourtant, officiellement le retard des élections ne serait qu'une question de mois, mais cela pourrait changer.

Plus important encore, il se peut aussi que les militaires aient eu peur que le projet de charte soit rejeté par les citoyens lors du référendum...

Il n'y a aucune garantie comme quoi le nouveau projet de charte serait meilleur. Peut-être une "issue" pour la junte serait d'imposer simplement une nouvelle version, légèrement modifié à la population sans passer par un référendum. Ceci, bien sûr, ne pourrait guère aboutir à la réconciliation et à la paix sociale.

Quoi qu'il arrive, la lutte continue.

Pour plus de détails sur le terrible projet de charte voir mes articles précédents dont:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/08/le-projet-de-constitution-thailandaise-de-la-junte-reporte-indefiniment-le-retour-a-la-democratie.html

Le parlement de la junte

Le parlement de la junte

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6 septembre 2015 7 06 /09 /septembre /2015 12:20

Un article de Political Prisoners of Thailand

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https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/09/02/still-intent-on-silencing/

 

Le Bangkok Post rapporte que la dictature militaire a révoqué le passeport de l'ancien ministre de l'éducation du Parti Pua Thai, Chaturon Chaisaeng.

Pourquoi? Apparemment "pour avoir défié l'appel du NCPO à se signaler, violant la loi martiale et incitant à l'agitation en violation de l'article 116 du Code criminel."

Dans le langage de la junte, cela signifie que Chaturon a été punis pour avoir osé critiquer la junte militaire.

Le ministère a menti en prétendant que "l'annulation de passeport était une pratique normale au ministère." Il s’agit en fait d’une action inhabituelle et vise un politicien dont la junte craint qu’il critique le projet de constitution qu'elle impose à la nation et au peuple.

Chaturon est un critique qui s’exprime clairement aussi bien en anglais qu’en thaï et la junte veut lui imposer le silence lors de la campagne pour la constitution. Nous soupçonnons que la junte utilise cette mesure comme un avertissement ou est en train de concocter de nouvelles accusations contre lui.

Chaturon Chaisaeng arrêté par des soldats

Chaturon Chaisaeng arrêté par des soldats

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 10:00

Un article de Doug Bandow

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http://www.cato.org/blog/thailands-military-delivers-oppression-rather-happiness

 

La Thaïlande a longtemps été le pays du sourire, un lieu convivial et informel aussi accueillant pour les routards que pour les hommes d'affaires. Mais sa politique est devenue horrible ces dernières années.

Comme je l’ai dit dans le journal Forbes en ligne: "Maintenant, un dictateur caricatural d'un opéra-comique de Gilbert et Sullivan dirige une junte pas si drôle qui emprisonne les opposants et supprime la liberté d'expression. L’attentat à la bombe contre un sanctuaire hindou populaire à Bangkok démontre le danger que le terrorisme puisse devenir une tactique pour les mécontents, dans ce cas la vie en Thaïlande pourrait générer beaucoup plus de froncements de sourcils que de sourires. "Le général Prayuth Chan-ocha a pris le pouvoir, l'an dernier, en promettant le bonheur, la prospérité et la sécurité. Mais la junte n'a réussi à fournir aucun des trois.

Ceux qui voient leurs droits politiques et libertés civiles refusés ne sont pas heureux. Les généraux ont également constaté que les forces économiques ne cèdent pas aux diktats militaires. L'enquête sur les récents attentats de Bangkok a apportée des déclarations officielles contradictoires et le gouvernement a menacé les gens si ces derniers faisaient circuler de "fausses informations." Le général premier ministre Prayuth a suggéré que la police regarde la série américaine dramatique "Blue Bloods", dont l’action se passe à New York, pour y trouver de l'aide.

Le dictateur présente une touche de mégalomanie comique. En prenant le pouvoir, il a déclaré que le bonheur était revenu en Thaïlande. Irrité par la question d'un journaliste, il a tempêté: "Voulez-vous que j'utilise tous mes pouvoirs? Avec mes pouvoirs, je pourrais fermer tous les médias ... Je pourrais vous faire fusiller. " Espérons qu'il ne parlait pas sérieusement. Toutefois, le généralissime a souvent cédé à son autocratie intérieure. Freedom House a signalé que le coup d’Etat avait fait descendre la Thaïlande de la catégorie des pays "partiellement libre" à celle de ceux qui ne sont "pas libre", avec une réduction des libertés civiles et des droits politiques en particulier.

L'armée intimide les médias, ordonnant à la télévision et à la radio d'éviter la politique. Les publications imprimées ont reçues l’instruction de ne pas critiquer l'armée. Le faire conduit à des menaces de poursuites. La junte a bloqué plus de 200 sites et poursuit les journalistes en ligne. Le régime a empêché près de 70 réunions publiques dont celles qui envisageaient de discuter des violations des droits humains par la junte.

La dictature de Prayuth a arrêté ou détenu plus de 1.000 personnes, y compris des étudiants protestataires, des politiciens de l'opposition, des journalistes indépendants, et même des universitaires critiques. Beaucoup de ceux qui ont été arrêtés ont été détenus au secret, ce qui, a averti Human Rights Watch, augmente "le risque de disparition forcée, de torture et d'autres mauvais traitements. " Quelque 700 personnes ont été jugées par des tribunaux militaires qui ne sont reconnus ni pour leur indépendance, ni pour leur équité.

Le gouvernement a interdit tout ce qui pourrait être perçu comme une protestation politique, y compris le fait de se tenir tout simplement debout et de manger. Le 22 mai dernier, lors de l’anniversaire du coup d'Etat, 20 manifestants ont été arrêtés pour avoir simplement regardé une horloge.

La junte a considérablement augmenté l'utilisation de la loi oppressive de lèse-majesté de la Thaïlande pour arrêter la critique au nom de la "sécurité nationale". Deux cas récents, impliquant des messages écrits sur Facebook, ont aboutis à des peines de 28 et 30 ans après des plaidoyers de culpabilité.

Globalement, Amnesty International a dénoncé "une atmosphère d'autocensure et de peur" aggravée par des restrictions juridiques, des poursuites, et "des pressions informelles ainsi que des menaces publiques faites par les autorités, dont le premier ministre lui-même, contre les médias et la société civile s’ils osent élever la voix pour formuler des critiques."

Rien ne va changer à l'avenir si le généralissime et ses apparatchiks continuent de cette manière. Le projet de constitution est conçu pour empêcher et non pas faire avancer la démocratie. Niran Pitakwatchare, un membre de la Commission nationale des droits humains, se plaint que le projet "donne à l'Etat une prise en main plus ferme et prive les gens des droits dont ils jouissaient auparavant."

La proposition permettrait de faire que la junte ne soit jamais jugée pour ses crimes, de fracturer le vote populaire, d’encourager les faibles coalitions, de prévoir la possibilité d'un premier ministre non élu, de mettre en place un Sénat majoritairement nommé, d’utiliser des organismes administratifs et judiciaires biaisés contre les mouvements démocratiques, et de permettre aux forces armées d’intervenir en cas de crise. Pourtant, encore plus de répression risque de convaincre les Thaïlandais que la violence est leur seule option pour se libérer.

L'administration d’Obama a fait pression pour un retour à la démocratie. Les futurs efforts seraient plus efficaces s’ils étaient coordonnés avec ceux des démocraties asiatiques et européennes ayant les mêmes idées. Il est tentant de ne pas prendre les fanfaronnades du généralissime de la Thaïlande au sérieux. Mais plus il règnera, moins seront grandes les chances que la Thaïlande puisse bénéficier d’une démocratie stable à l’avenir.

Doug Bandow est un analyste politique américain membre de l’institut CATO. Il a travaillé dans l’administration Reagan comme assistant spécial du président.

Cet article est un résumé de son excellente analyse sur la situation en Thaïlande publiée le journal Forbes en ligne.

Lien de cette analyse (5 pages):

http://www.forbes.com/sites/dougbandow/2015/09/01/thailand-suffers-as-military-plans-to-extend-control-junta-delivers-oppression-not-happiness/

Note de Libérez-Somyot: Il est étonnant de constater que Doug Bandow, un Américain de droite, fait quasiment la même analyse sur la société thaïlandaise que l’exilé politique thaïlandais de gauche Giles Ji Ungpakorn.

Des manifestantes thaïlandaises anti-junte

Des manifestantes thaïlandaises anti-junte

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2 septembre 2015 3 02 /09 /septembre /2015 13:20

Une déclaration de Reporters sans frontières

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https://fr.rsf.org/thailande-touche-mais-pas-coule-la-marine-01-09-2015,48287.html

 

Touché mais pas coulé : la Marine royale thaïlandaise échoue à torpiller le site Phuketwan

Reporters sans frontières (RSF) accueille avec soulagement l’acquittement des journalistes du site Phuketwan, Alan Morison et Chutima Sidasathian, abusivement poursuivis pour diffamation par la Marine Royale thaïlandaise.

Reporters sans frontières se félicite de l’acquittement, prononcé le 1er septembre 2015, des journalistes Alan Morison et Chutima Sidasathian, après quelque 20 mois de poursuites judiciaires. Alan Morison, 67 ans, rédacteur en chef australien du site d’informations Phuketwan, et Chutima Sidasathian, 31 ans, journaliste et spécialiste de la question des Rohingyas, étaient poursuivis pour diffamation et violation du Computer Crime Act par la Marine royale thaïlandaise. Ils encouraient sept ans de prison.

"Nous sommes extrêmement soulagés d’apprendre l’acquittement d’Alan Morison et Chutima Sidasathian, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières. Même dans une Thaïlande gouvernée par les militaires, la Marine ne saurait dissuader des journalistes d’enquêter, et d’autres de citer ces enquêtes, qui d’ailleurs ne la visaient pas directement. La Marine royale a cherché à torpiller un site d’information local. Si elle ne l’a pas coulé, le Phuketwan est touché financièrement. Sans oublier l’effet dissuasif d’un tel procès, qui pourrait inciter d’autres reporters à l’autocensure. Les autorités thaïlandaises doivent cesser de faire usage à tort et à travers de la loi sur la diffamation. Le Computer Crime Act doit être abrogé. Ces deux lois représentent une épée de Damoclès permanente pour la liberté de la presse dans le pays. "

Les deux journalistes étaient poursuivis depuis le 18 décembre 2013, pour diffamation et violation du Computer Crime Act. En cause, la publication, le 17 juillet 2013, par le Phuketwan d’un article intitulé "Les militaires thaïlandais profitent du commerce de boat people, selon une enquête spéciale" contenant un paragraphe issu d’une enquête publiée par Reuters dans laquelle l’agence accuse l’ensemble des forces navales thaïlandaises de participer au trafic de Rohingyas. Reuters n’a pas fait l’objet de poursuites.

La Thaïlande est 134eme sur 180 pays au Classement mondial de la liberté de la presse 2015, établi par Reporters sans frontières.

Note de Libérez-Somyot: Si la justice thaïlandaise a acquittées les deux journalistes malgré la plainte en diffamation des forces navales thaïlandaises, c’est qu’elle reconnait implicitement que ces dernières se livrent bien au trafic d’esclave dont sont victimes les réfugiés rohingyas.

Alan Morison à droite et Chutima Sidasathian à gauche du journal en ligne Phuketwan

Alan Morison à droite et Chutima Sidasathian à gauche du journal en ligne Phuketwan

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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 10:44

Un article de Chatwadee Rose Amornpat

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http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/08/27/remembering-the-victims-of-lese-majeste/

 

Alors que les peines de lèse-majesté se multiplient sous la junte, un système qui protège la monarchie ne punit que les gens.

Ces derniers temps, je ne peux pas m’arrêter de penser aux deux étudiants universitaires thaïlandais qui ont été jetés dans une prison sale plus tôt cette année pour avoir joué dans une pièce de théâtre racontant l’histoire d’un roi de conte de fées et de ses conseillers politiques.

En février dernier, Patiwat Saraiyaem, 23 ans, et Porntip Maunkong, 26 ans, ont plaidés coupable de lèse-majesté après leur arrestation en août de l’année dernière pour leur rôle dans "La Fiancée du Loup", une satire dont l’intrigue se passe dans un royaume fictif. La pièce a été considérée comme une parabole du conflit politique actuel en Thaïlande.

"La Fiancée du Loup" n'a été joué qu’une seule fois, en 2013 à l'Université Thammasat de Bangkok, dans le cadre d'une série d'événements marquant le 40eme anniversaire de la protestation étudiante pro-démocratie à l'université qui avait été brutalement réprimée par le régime militaire en octobre 1973.

Au moment où elle a été jouée, la pièce est passé largement inaperçue. Tout cela a changé après que le général Prayuth Chan-ocha ait pris le contrôle du pays suite au coup d’Etat de mai 2014.

Après cela, les deux anciens étudiants ont été inculpés du chef d'accusation de lèse-majesté ou d’insulte à la monarchie.

Leur peine initiale était de cinq ans de prison, mais, comme dans de nombreux autres cas lèse-majesté, les accusés ont reconnus leur culpabilité et ont présentés leurs excuses au roi; leur peine a, par la suite, été diminuée de moitié. Ils avaient plaidés pour la clémence et espérés, étant donné qu'ils n’avaient jamais eus à faire avec la justice auparavant. En tout cas, ils ne l'ont pas obtenu et, pour la première fois, la performance d'une pièce de théâtre en Thaïlande a conduit quelqu'un en prison.

Bien qu’ils aient plaidé coupable, et même s’ils servent leurs deux ans et demi de prison, lors de leur libération Patiwat et Porntip seront mis au ban de la société thaïlandaise. Les victimes de poursuites de lèse-majesté portent souvent un stigmate sur eux pour le reste de leur vie - je suis bien placé pour le savoir.

Malheureusement, aujourd'hui, en Thaïlande sous le régime militaire actuel, l'application de l’injuste loi de lèse-majesté augmente d'une manière toujours implacable.

Il y a deux semaines un porte-parole du département d'Etat américain, Mark Toner, a déclaré que son gouvernement était "profondément préoccupé" par les récentes inculpations de lèse-majesté.

"Personne ne devrait être emprisonné pour avoir exprimé pacifiquement son opinions", a déclaré Toner dans un communiqué.

"Nous demandons régulièrement aux autorités thaïlandaises, à la fois publiquement et en privé, de s’assurer que la liberté d'expression ne soit pas criminalisée et soit protégée conformément aux obligations et engagements internationaux de la Thaïlande."

Juste pour illustrer comment les choses ont empirées sous la junte, plus tôt ce mois-ci le voyagiste de 48 ans, Pongsak Sriboonpeng, a été condamné à une peine de lèse-majesté record pour six messages postés sur Facebook qui ont été jugés insultants pour le roi. Le juge du tribunal militaire l'a condamné à 10 ans pour chaque message.

La condamnation à 60 ans d’emprisonnement a été réduite de moitié après qu’il ait plaidé coupable.

Lors d’une autre affaire, une employée d'hôtel de 29 ans et mère de deux enfants a été condamnée à 56 ans par un tribunal de la ville septentrionale de Chiang Mai. Sa peine a également été réduite de moitié après un plaidoyer de culpabilité.

Comme dans la plupart des cas de lèse-majesté, les autorités thaïlandaises ont exhorté les accusés à plaider coupable pour gagner du temps. Un procès prolongé pourrait être considérée comme potentiellement endommageant pour la réputation du roi, quelqu'un qui est souvent décrit comme ayant de la "compassion".

Bien sûr, il y a ceux qui refusent de plaider coupable (au procès ou au moins pendant les cinq premières années suivant leur arrestation).

Une de ces victimes est Darunee Charnchoensilpakul, surnommée "Da Torpedo" pour ses discours mordants. Elle a été condamnée à 15 ans de prison pour lèse-majesté en raison des discours qu'elle a fait lors de rassemblements chemises rouges en 2008.

Condamnée en 2009 et maintenant purgeant sa septième année en prison (elle a été emprisonnée pendant un an sans procès), elle s’est récemment vu refuser un traitement pour une infection de la gencive.

Il y a aussi Somyot Pruksakasemsuk, un militant de la démocratie de premier plan et un éditeur qui, en 2013, a été condamné à 11 ans de prison pour avoir diffamé le roi. Plusieurs groupes de défense des droits de l’homme ont condamné sa sentence comme étant un affront à la liberté d'expression dans ce pays d'Asie du Sud-Est.

Somyot a été reconnu coupable d’avoir publié deux articles dans un magazine anti-establishment qui faisait des références négatives à la couronne. Cependant, certains affirment que sa lourde peine est moins due à ce qu'il a publié qu’à ses efforts pour réformer la loi de lèse-majesté.

Il a déposé un recours auprès de la cour royale, mais a attendu des années en vain pour une décision. J'ai entendu de sa femme que lui aussi pourrait être contraint de solliciter la grâce royale en raison de la torture physique et mentale qu'il a enduré jusqu'ici.

Voilà la façon dont le système fonctionne, même pour ceux qui ne plaident pas coupable.

Les victimes de la lèse-majesté sont souvent inculpées et condamnées sans que les détails des accusations ne soient particulièrement clairs. Puis le "monarque bienveillant" est censé accorder un pardon tandis que les médias portent parfois plus d'attention à la grâce qu’à l'affaire elle-même.

Pendant ce temps, le fait de nourrir et chérir une telle loi draconienne, ainsi que les longues périodes d'emprisonnement et la vicieuse répression, se produisent au moment même où la monarchie prétend qu'elle n'a pas besoin d'une telle "protection" parce qu'elle est aimé par tous et chacun.

Il faut se rappeler que si Somyot obtient un jour un appel, le procès aura lieu dans une cour où il y a une énorme photo du Roi accrochée sur le mur au-dessus du panel de juges.

Cela ne présage rien de bon pour la tâche presque impossible de gagner un tel cas, en particulier lorsque les juges ont été en premier lieu nommés et approuvés par le Roi.

Chatwadee Rose Amornpat est basée à Londres. Elle a été accusée de lèse-majesté par la junte thaïlandaise en juillet 2014.

Patiwat Saraiyaem à gauche, et Porntip Mankong, à droite, sont escortés par des gardes de la prison après leur verdict à la Cour pénale de Bangkok

Patiwat Saraiyaem à gauche, et Porntip Mankong, à droite, sont escortés par des gardes de la prison après leur verdict à la Cour pénale de Bangkok

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 17:06

Tout le monde se souvient de l’affaire de Koh Tao ou deux jeunes touristes anglais, un homme et une femme, ont été massacrés sauvagement après que la jeune femme ait été violée. Deux jeunes travailleurs immigrés birmans avaient été accusés et sont toujours emprisonnés aujourd’hui, en attente de jugement, pour ce crime qu’ils n’ont pas commis.

Nous, Libérez-Somyot, avions démontrés après enquête que les vrais coupables dans l’affaire de Koh Tao n’étaient pas les deux travailleurs immigrés birmans qui n’ont servis que de boucs émissaires, mais Warot Tuwichien, fils du maire de l’ile et aussi un politicien du tristement fameux antidémocratique Parti Démocrate thaïlandais, et ses amis qui, bourrés, avaient décidés de se violer une Farang (étrangère de race caucasienne). Elle s’était débattue et le jeune britannique est intervenu pour l’aider, ce qui a conduit au sauvage assassinat de ces deux jeunes par Warot et ses amis.

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/11/le-probable-criminel-dans-l-affaire-de-koh-tao-est-protege-par-la-junte-militaire.html

 

Aujourd’hui, il se pourrait bien que la justice thaïlandaise ait trouvé un nouveau bouc émissaire pour une autre affaire, celle de l’attentat du 17 aout à Bangkok qui a couté la vie à plus de 20 personnes.

La question que vous pourriez vous poser, chers lecteurs, est celle-ci; «Sur quoi Libérez-Somyot s’appuie-t-il pour affirmer cela?»

Notre réponse est simple, nous nous appuyons sur trois faits.

1- Le portrait-robot n’est pas du tout ressemblant avec la photo de l’homme arrêté. Constatez par vous-mêmes.

A gauche, le portrait-robot, à droite, l’homme arrêté

A gauche, le portrait-robot, à droite, l’homme arrêté

2- Le terroriste aurait-il attendu gentiment à Bangkok que la police l’arrête 15 jours après l’attentat et n’aurait-il pas résisté comme les terroristes des attentats de Madrid du 11 mars 2004 qui ont coutés la vie à 191 personnes? Ces terroristes avaient préférés se faire exploser plutôt que d’être arrêtés. Selon Wikipédia, sept terroristes dont le chef supposé du groupe, Sarhane ben Abdelmajid Fakhet sont morts dans leur appartement à Leganés, dans la banlieue sud de Madrid, juste avant l'assaut de la police espagnole, le 3 avril 2004, qu'ils ont fait exploser tuant également un policier du Grupo special de operaciones (lien: https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_de_Madrid_du_11_mars_2004)

3- Le terroriste aurait été arrêté avec tout ce qu’il fallait pour faire une bombe soit selon la police thaïlandaise; 2 paires de ciseaux, 5 piles électriques, 1 briquet et 2 tournevis… Voir la photo ci-dessous:

Les outils du terroriste pour fabriquer une bombe photographiés par la police thaïlandaise

Les outils du terroriste pour fabriquer une bombe photographiés par la police thaïlandaise

De plus, le terroriste supposé ne semblerait pas du tout coopératif avec la police selon le chef de la police (voir: http://www.france24.com/en/20150830-bangkok-bomb-suspect-uncooperative-thai-army-chief?ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_source=twitter&ns_mchannel=social&ns_linkname=depeche&aef_campaign_ref=partage_user&aef_campaign_date=2015-08-30)

Bon il devrait collaborer assez vite car la torture en vogue parmi l’armée et la police thaïlandaise, c’est le branchement électrique sur les testicules (la bonne vielle gégène). Nous supposons qu’après un tel traitement, le terroriste sera en mesure d’avouer aussi son implication dans l’attentat du World Trade Center à New York le 11 septembre 2001 et dans le massacre de l’équipe de Charlie Hebdo le 7 janvier dernier.

Et ce pauvre terroriste ne pourra même pas compter sur la Turquie pour le protéger car cette dernière affirme qu’il ne fait pas partie de ses citoyens (voir: http://www.nationmultimedia.com/breakingnews/Turkish-embassy-denies-suspect-it-citizen-30267752.html)

Cet homme est donc un bouc émissaire parfait.

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 11:45

Personne avec un brin d'intelligence n’aurait pu espérer que la junte et sa meute "d’universitaires à vendre" puissent proposer une constitution démocratique ou quoi que ce soit d’autre qu’une série d'anti-réformes afin de définir l'ordre du jour politique autoritaire pour les années à venir. Aussi fastidieux que cela puisse avoir été, moi-même, ainsi que beaucoup d'autres militants et d’universitaires avons dû nous plonger dans les interminables pages pleine d'ordures du nouveau projet de constitution pour établir une critique fondée sur les faits de ce repoussant document.

Le projet de constitution thaïlandaise de la junte reporte indéfiniment le retour à la démocratie

Globalement, il diffère peu dans sa tonalité de la version précédente bien qu'il y ait un article supplémentaire choquant vers la fin. Le ton général est condescendant et banal, avec des références constantes à la monarchie. Depuis la fin des années 1950, la monarchie a été un outil des élites militaires et autres pour justifier toutes sortes de mesures autoritaires ainsi que les violations des droits de l'homme. Dans le même temps, le Roi a été un personnage pathétique et lâche, toujours prêt à faire le jeu de ses maîtres, tout en gardant la prétention d'être un "génie équivalent à un dieu".

Le projet de Constitution se lit comme un texte de la maternelle de style thaïlandais, parlant des "devoirs" des citoyens d'être fidèle au Roi, au pays et au maintien de la discipline. Le devoir et la discipline ont la priorité sur les droits des citoyens. Il y a des pages et des pages de détritus sur les qualités des "bons" dirigeants politiques et, naturellement, ils doivent être loyaux envers "la Nation, la Religion et le Roi". Nous ne devons pas oublier que ce projet de constitution est rédigé par des gangsters et voyous en uniforme, qui ont tué des manifestants pro-démocratie et recourus à la violence pour mettre en scène des coups d'Etat militaires et pervertir le processus démocratique.

Il s’agit également d’une constitution néolibérale, comme toutes les précédentes constitutions depuis la crise économique de 1996. Donc, elle parle de la santé publique comme étant quelque chose d’organisé selon une économie de marché "équitable", de la nécessité de maintenir "la discipline budgétaire" et de l'importance de suivre la réactionnaire idéologie "d’économie de suffisance" du Roi. Comme d'habitude, tout cela est dirigé contre la redistribution des richesses et des dépenses de l'état qui profiteraient aux pauvres. Naturellement, les dépenses militaires et celles du Palais ne sont pas une menace envers la discipline budgétaire (dans l'intérêt de la sécurité nationale).

Dans cette optique, l'article 189 et d'autres articles de la Constitution interdisent ce que les réactionnaires se plaisent à appeler "les politiques populistes". Cela vise directement les mesures de style Taksin qui étaient très populaires auprès de l'électorat. Ces politiques doivent être mises hors la loi par des hommes "sages" car la majorité de la population est "trop stupide" pour savoir ce qui est bon pour elle. Cependant, il y aura une "participation de la population" dans la gestion des communautés par le biais d’organismes croupions tel que des "ensembles citoyens".

Les gens comme Taksin et quelques autres politiciens du Parti Pua Thai seront interdits de fonctions pour des raisons "légales", un peu comme le système électoral truqué de Singapour ou de Birmanie qui interdit les politiciens de l'opposition pour des raisons juridiques douteuses. Cependant, les meurtriers de l'Etat comme Abhisit et Sutep, ne seront pas interdits de politique.

Il y aura 300 députés de circonscription et de 150 à 170 députés nationaux de listes de partis. Le nombre de députés de listes de partis sera ajusté en fonction du vote national pour chaque parti et le nombre de députés de circonscription élus, de sorte que ce sera un système représentatif plus proportionnel. Toutefois, le Parlement aura des pouvoirs réduits.

Le Premier ministre n'aura pas besoin d'être un député élu, s’il est supporté par les deux tiers du parlement. Tous les ministres devront avoir un baccalauréat, ceci afin d'éliminer toutes les personnes pauvres et ignorantes, et le premier ministre ne pourra pas exercer ses fonctions pendant plus de 8 années consécutives.

Le sénat tout-puissant sera composé de 77 sénateurs, élus dans chaque province, et 123 autres sénateurs nommés par les militaires et les élites. Le sénat aura des pouvoirs étendus pour nommer la Commission électorale, la Commission anti-corruption et les juges constitutionnels. Dans le passé, ces organismes ont exercés leur pouvoir contre le gouvernement démocratiquement élu de Yingluck et ouvert la voie à un coup d'Etat militaire. Le Sénat va également nommer la Commission inutile des droits de l'homme, en veillant sans aucun doute qu'il y siège beaucoup d'officiers militaires et de police.

La constitution "temporaire" illégale et très oppressive qui a été établie par l'armée en 2014, immédiatement après le coup d'Etat, servira de force motrice pour la nouvelle constitution, en veillant, grâce à l'article 285, que tous les actes anti-démocratiques de la junte soient "jugés légaux".

Cependant, le pire aspect de ce nouveau projet est la dernière section, celle de l'article 259, avec la création d'un comité afin de déterminer la stratégie pour les anti-réformes et que l'on appelle la réconciliation. Ce comité sera en effet une "Super Junte", avec des pouvoirs de veto sur toute décision prise par un gouvernement élu et pourra prendre le pouvoir à tout moment via un "coup d'Etat légalisé", si et quand il le juge opportun. Naturellement la "Super Junte" sera dominé par la hiérarchie militaire. L’existence de cette "Super Junte" sera gravée dans la pierre pour 5 ans, mais sa durée de service pourra être étendue.

Le résultat de ceci est que celui qui sera élu démocratiquement afin de former un gouvernement aura un pouvoir très limité pour déterminer la politique.

Bien sûr, la Constitution ne pourra jamais être modifiée de façon à transformer la Thaïlande en république ou pour permettre l'auto-détermination de Patani. Tous les autres amendements qui auront été sanctionnés par un vote parlementaire, devront être approuvés par la Cour constitutionnelle nommée par l’élite.

Maintenant, il va de soi que toute personne qui soutient la démocratie et les droits humains s’opposerait à cette constitution absurde. Pourtant, toutes sortes de menaces sont émises afin de faire taire les critiques. En dehors de menacer de repousser les élections si la constitution ne passait pas lors d'un référendum, le vice-Premier ministre Wisanu Kruangarm et le chef de la Commission électorale, ont déclaré qu'il serait illégal de faire campagne contre cette constitution par l'intermédiaire des médias sociaux ou en utilisant d'autres moyens. Wisanu a également saisi l'occasion de dire aux médias qu'elle était la "meilleure constitution jamais écrite".

Nous avons tous des droits, mais certains ont plus de droits que le reste d'entre nous!

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 18:12

Un groupe national d'acheteurs d'aliments pour animaux a porté plainte contre Nestlé, alléguant que le fabricant d'aliments pour animaux de compagnie soutient sciemment un système d'esclavage et de traite des êtres humains tout en cachant son implication dans des violations des violations des droits de l'Homme", selon des avocats du cabinet Hagens Berman.

La poursuite affirme que Nestlé travaille avec un partenaire thaïlandais, Thai Union Frozen Products PCL, d'importer plus de 28 millions de livres d'aliments pour animaux à base de fruits de mer pour de grandes marques vendues en Amérique dont certains ingrédients sont produits dans des conditions d'esclavage.

Les personnes qui ont acheté de la nourriture pour chat Fancy Feast peuvent contacter Hagens Berman par courriel petfood@hbsslaw.com ou en appelant le numéro de téléphone 206-623-7292 pour en savoir plus au sujet de la poursuite en recours collectif contre Nestlé.

Les victimes de la traite sont souvent des hommes et des enfants originaires des pays voisins de la Thaïlande les plus pauvres comme le Cambodge et la Birmanie et qui sont vendus à des capitaines de bateaux de pêche recherchant des équipages pour leurs navires, selon la plainte. Le travail est dangereux et épuisant avec des horaires pouvant durer jusqu'à 20 heures par jour et recevant peu ou pas du tout de salaire, sous peine d'être battus ou même tués s’ils refusent de travailler.

"En cachant cela au public, Nestlé a conduit des millions de consommateurs à soutenir et encourager l'esclavage dans des prisons flottantes", a déclaré Steve Berman, associé gérant de Hagens Berman. "C’est un fait que les milliers d'acheteurs de ses produits alimentaires pour animaux de compagnie n’auraient pas acheté cette marque s’ils avaient su la vérité comme quoi des centaines de personnes sont asservis, battus ou même assassinés dans la production de ses aliments pour animaux de compagnie."

La plainte de 29 pages déposée le 27 août 2015 au tribunal du District Central de Californie allègue que Thai Union supervise les conserveries, les principaux navires de pêche ainsi que les petits bateaux de pêche. Cette pyramide structurée des flottes de pêche veille à ce que les bateaux de pêche individuels opèrent à grande distance des ports, sans surveillance. Les employés des bateaux de pêche de l'Union Thai travaillent comme des esclaves modernes, selon un récent article du New York Times, " Sea Slaves: The Human Misery that Feeds Pets and Livestock."

L'action de classe à l'échelle nationale cherche à obtenir un remboursement pour les consommateurs qui n’auraient pas acheté ces produits s’ils avaient été au courant de ces violations des droits de l'homme, et demande aussi une injonction exigeant Nestlé à mettre fin à sa commercialisation trompeuse.

La plainte accuse aussi Nestlé d'avoir violé la loi sur la concurrence déloyale en Californie […]

Hagens Berman est un pionnier dans le contentieux des droits des consommateurs, ainsi que pour les poursuites déposée afin de garantir les droits humains à travers le monde.

Source:

http://www.businesswire.com/news/home/20150827006036/en/Hagens-Berman-Class-Action-Filed-Nestl%C3%A9-Slave#.VeHDhuz2TXQ

Nestlé complice de l'esclavage en Thaïlande
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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 13:02

Le monde à l’envers en Thaïlande : un reporter risque la prison pour port de gilet pare-balles

Une déclaration de Reporters sans frontières

Lien:

http://fr.rsf.org/thailande-le-monde-a-l-envers-en-thailande-26-08-2015,48254.html

 

Reporters sans frontières (RSF) dénonce les charges retenues contre le journaliste hongkongais Anthony Kwan pour possession d’un gilet pare-balles, considéré par la loi thaïlandaise comme du matériel militaire.

En Thaïlande, un gilet pare-balles, censé vous sauver la vie, vous mène au tribunal ! Le photo-journaliste hongkongais Hok-chun (Anthony) Kwan en a fait l’expérience le dimanche 23 août 2015, lorsqu’il a été arrêté pour «possession d’arme illégale» à l’aéroport de Suvarnabhumi, Bangkok, tandis qu’il s’apprêtait à rentrer à Hong Kong avec, dans ses bagages, un gilet pare-balles et un casque.

En vertu de la loi de 1987 sur le contrôle des armes (Arms Control Act), les casques et gilets pare-balles sont considérés en Thaïlande comme des armes et doivent donc faire l’objet d’une licence délivrée par le ministère de la Défense. Toutefois, cette loi est rarement appliquée et de nombreux journalistes en Thaïlande se munissent de gilets pare-balles lorsqu’ils couvrent l’agitation politique que connaît le pays.

Relâché sous caution lundi après-midi, Anthony Kwan s’est vu confisquer son passeport et a reçu l’interdiction de quitter le territoire thaïlandais dans l’attente de son inculpation. Selon son avocate Pawinee Chumsri, de l’organisation des Avocats thaïlandais pour les droits de l’homme, il devra se rendre tous les 12 jours au tribunal jusqu’à ce que le parquet décide de déposer ou non une plainte officielle. Il pourrait être jugé par un tribunal militaire et risque jusqu’à 5 ans de prison ainsi qu’une amende de 50 000 Baht thaïlandais (environ 1 230 euros).

“Nous appelons les autorités judiciaires thaïlandaises à lever l’interdiction de quitter le territoire qui a été notifiée à Anthony Kwan et à ne pas retenir de charges contre ce reporter, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Il est inadmissible qu’un journaliste cherchant à se protéger dans un environnement à risques soit poursuivi de la sorte. Les dispositifs de sécurité physique tels que les gilets pare-balles et les casques sont des éléments essentiels de protection pour les journalistes. Nous attendons des autorités thaïlandaises qu’elles permettent aux journalistes de se protéger plutôt que de leur rendre la protection encore plus difficile. Nous observons que les demandes des journalistes pour se procurer la licence nécessaire au port d’un tel équipement restent en général sans réponse de la part de l’administration en charge, preuve s’il en est de l’hypocrisie des autorités. Les reporters doivent pouvoir éviter qu’on leur tire dessus comme des lapins.”

Travaillant pour une plateforme d’informations en langue chinoise basée à Hong Kong, Initium Media, Anthony Kwan, 29 ans, avait été mandaté par son employeur pour couvrir les suites de l’attentat du 17 août 2015 au sanctuaire d’Erawan à Bangkok ayant fait 22 morts, dont deux jeunes hongkongaises.

Lors d’affrontements entre les différentes factions politiques et l’armée, récurrents en Thaïlande avant le coup d’Etat, les médias et les journalistes ont été visés, à répétition, par l’armée et les manifestants. Hiroyuki Muramoto, un cameraman japonais de l’agence Reuters âgé de 44 ans, avait été tué par balles le 10 avril 2010 à Bangkok, lors de violents affrontements entre l’armée et les "chemises rouges" (fidèles à l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra). Dans la nuit de mardi 18 au mercredi 19 mai 2010, le photographe de presse italien Fabio Polenghi, 45 ans, travaillant en freelance, était tué dans des circonstances similaires. Ni l’un ni l’autre ne portait alors de gilet pare-balles.

Depuis le coup d’Etat de mai 2014, la situation des journalistes étrangers en Thaïlande est très précaire. Ces derniers font état de plus en plus de difficultés pour obtenir ou renouveler leur visa de travail et leur accréditation. Le Club des correspondants étrangers de Thaïlande (FCCT) fait l’objet de pressions et d’intimidations répétées de la part de la junte. Les menaces contre la presse, en particulier contre les reporters et journalistes d’investigation étrangers, qui existaient avant l’arrivée des militaires au pouvoir, sont exacerbées par le climat de tension politique créé par les militaires.

La Thaïlande figure au 134e rang sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2015 établi par Reporters sans frontières.

Anthony Kwan

Anthony Kwan

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