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1 septembre 2015 2 01 /09 /septembre /2015 10:44

Un article de Chatwadee Rose Amornpat

Lien:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/08/27/remembering-the-victims-of-lese-majeste/

 

Alors que les peines de lèse-majesté se multiplient sous la junte, un système qui protège la monarchie ne punit que les gens.

Ces derniers temps, je ne peux pas m’arrêter de penser aux deux étudiants universitaires thaïlandais qui ont été jetés dans une prison sale plus tôt cette année pour avoir joué dans une pièce de théâtre racontant l’histoire d’un roi de conte de fées et de ses conseillers politiques.

En février dernier, Patiwat Saraiyaem, 23 ans, et Porntip Maunkong, 26 ans, ont plaidés coupable de lèse-majesté après leur arrestation en août de l’année dernière pour leur rôle dans "La Fiancée du Loup", une satire dont l’intrigue se passe dans un royaume fictif. La pièce a été considérée comme une parabole du conflit politique actuel en Thaïlande.

"La Fiancée du Loup" n'a été joué qu’une seule fois, en 2013 à l'Université Thammasat de Bangkok, dans le cadre d'une série d'événements marquant le 40eme anniversaire de la protestation étudiante pro-démocratie à l'université qui avait été brutalement réprimée par le régime militaire en octobre 1973.

Au moment où elle a été jouée, la pièce est passé largement inaperçue. Tout cela a changé après que le général Prayuth Chan-ocha ait pris le contrôle du pays suite au coup d’Etat de mai 2014.

Après cela, les deux anciens étudiants ont été inculpés du chef d'accusation de lèse-majesté ou d’insulte à la monarchie.

Leur peine initiale était de cinq ans de prison, mais, comme dans de nombreux autres cas lèse-majesté, les accusés ont reconnus leur culpabilité et ont présentés leurs excuses au roi; leur peine a, par la suite, été diminuée de moitié. Ils avaient plaidés pour la clémence et espérés, étant donné qu'ils n’avaient jamais eus à faire avec la justice auparavant. En tout cas, ils ne l'ont pas obtenu et, pour la première fois, la performance d'une pièce de théâtre en Thaïlande a conduit quelqu'un en prison.

Bien qu’ils aient plaidé coupable, et même s’ils servent leurs deux ans et demi de prison, lors de leur libération Patiwat et Porntip seront mis au ban de la société thaïlandaise. Les victimes de poursuites de lèse-majesté portent souvent un stigmate sur eux pour le reste de leur vie - je suis bien placé pour le savoir.

Malheureusement, aujourd'hui, en Thaïlande sous le régime militaire actuel, l'application de l’injuste loi de lèse-majesté augmente d'une manière toujours implacable.

Il y a deux semaines un porte-parole du département d'Etat américain, Mark Toner, a déclaré que son gouvernement était "profondément préoccupé" par les récentes inculpations de lèse-majesté.

"Personne ne devrait être emprisonné pour avoir exprimé pacifiquement son opinions", a déclaré Toner dans un communiqué.

"Nous demandons régulièrement aux autorités thaïlandaises, à la fois publiquement et en privé, de s’assurer que la liberté d'expression ne soit pas criminalisée et soit protégée conformément aux obligations et engagements internationaux de la Thaïlande."

Juste pour illustrer comment les choses ont empirées sous la junte, plus tôt ce mois-ci le voyagiste de 48 ans, Pongsak Sriboonpeng, a été condamné à une peine de lèse-majesté record pour six messages postés sur Facebook qui ont été jugés insultants pour le roi. Le juge du tribunal militaire l'a condamné à 10 ans pour chaque message.

La condamnation à 60 ans d’emprisonnement a été réduite de moitié après qu’il ait plaidé coupable.

Lors d’une autre affaire, une employée d'hôtel de 29 ans et mère de deux enfants a été condamnée à 56 ans par un tribunal de la ville septentrionale de Chiang Mai. Sa peine a également été réduite de moitié après un plaidoyer de culpabilité.

Comme dans la plupart des cas de lèse-majesté, les autorités thaïlandaises ont exhorté les accusés à plaider coupable pour gagner du temps. Un procès prolongé pourrait être considérée comme potentiellement endommageant pour la réputation du roi, quelqu'un qui est souvent décrit comme ayant de la "compassion".

Bien sûr, il y a ceux qui refusent de plaider coupable (au procès ou au moins pendant les cinq premières années suivant leur arrestation).

Une de ces victimes est Darunee Charnchoensilpakul, surnommée "Da Torpedo" pour ses discours mordants. Elle a été condamnée à 15 ans de prison pour lèse-majesté en raison des discours qu'elle a fait lors de rassemblements chemises rouges en 2008.

Condamnée en 2009 et maintenant purgeant sa septième année en prison (elle a été emprisonnée pendant un an sans procès), elle s’est récemment vu refuser un traitement pour une infection de la gencive.

Il y a aussi Somyot Pruksakasemsuk, un militant de la démocratie de premier plan et un éditeur qui, en 2013, a été condamné à 11 ans de prison pour avoir diffamé le roi. Plusieurs groupes de défense des droits de l’homme ont condamné sa sentence comme étant un affront à la liberté d'expression dans ce pays d'Asie du Sud-Est.

Somyot a été reconnu coupable d’avoir publié deux articles dans un magazine anti-establishment qui faisait des références négatives à la couronne. Cependant, certains affirment que sa lourde peine est moins due à ce qu'il a publié qu’à ses efforts pour réformer la loi de lèse-majesté.

Il a déposé un recours auprès de la cour royale, mais a attendu des années en vain pour une décision. J'ai entendu de sa femme que lui aussi pourrait être contraint de solliciter la grâce royale en raison de la torture physique et mentale qu'il a enduré jusqu'ici.

Voilà la façon dont le système fonctionne, même pour ceux qui ne plaident pas coupable.

Les victimes de la lèse-majesté sont souvent inculpées et condamnées sans que les détails des accusations ne soient particulièrement clairs. Puis le "monarque bienveillant" est censé accorder un pardon tandis que les médias portent parfois plus d'attention à la grâce qu’à l'affaire elle-même.

Pendant ce temps, le fait de nourrir et chérir une telle loi draconienne, ainsi que les longues périodes d'emprisonnement et la vicieuse répression, se produisent au moment même où la monarchie prétend qu'elle n'a pas besoin d'une telle "protection" parce qu'elle est aimé par tous et chacun.

Il faut se rappeler que si Somyot obtient un jour un appel, le procès aura lieu dans une cour où il y a une énorme photo du Roi accrochée sur le mur au-dessus du panel de juges.

Cela ne présage rien de bon pour la tâche presque impossible de gagner un tel cas, en particulier lorsque les juges ont été en premier lieu nommés et approuvés par le Roi.

Chatwadee Rose Amornpat est basée à Londres. Elle a été accusée de lèse-majesté par la junte thaïlandaise en juillet 2014.

Patiwat Saraiyaem à gauche, et Porntip Mankong, à droite, sont escortés par des gardes de la prison après leur verdict à la Cour pénale de Bangkok

Patiwat Saraiyaem à gauche, et Porntip Mankong, à droite, sont escortés par des gardes de la prison après leur verdict à la Cour pénale de Bangkok

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 17:06

Tout le monde se souvient de l’affaire de Koh Tao ou deux jeunes touristes anglais, un homme et une femme, ont été massacrés sauvagement après que la jeune femme ait été violée. Deux jeunes travailleurs immigrés birmans avaient été accusés et sont toujours emprisonnés aujourd’hui, en attente de jugement, pour ce crime qu’ils n’ont pas commis.

Nous, Libérez-Somyot, avions démontrés après enquête que les vrais coupables dans l’affaire de Koh Tao n’étaient pas les deux travailleurs immigrés birmans qui n’ont servis que de boucs émissaires, mais Warot Tuwichien, fils du maire de l’ile et aussi un politicien du tristement fameux antidémocratique Parti Démocrate thaïlandais, et ses amis qui, bourrés, avaient décidés de se violer une Farang (étrangère de race caucasienne). Elle s’était débattue et le jeune britannique est intervenu pour l’aider, ce qui a conduit au sauvage assassinat de ces deux jeunes par Warot et ses amis.

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/11/le-probable-criminel-dans-l-affaire-de-koh-tao-est-protege-par-la-junte-militaire.html

 

Aujourd’hui, il se pourrait bien que la justice thaïlandaise ait trouvé un nouveau bouc émissaire pour une autre affaire, celle de l’attentat du 17 aout à Bangkok qui a couté la vie à plus de 20 personnes.

La question que vous pourriez vous poser, chers lecteurs, est celle-ci; «Sur quoi Libérez-Somyot s’appuie-t-il pour affirmer cela?»

Notre réponse est simple, nous nous appuyons sur trois faits.

1- Le portrait-robot n’est pas du tout ressemblant avec la photo de l’homme arrêté. Constatez par vous-mêmes.

A gauche, le portrait-robot, à droite, l’homme arrêté

A gauche, le portrait-robot, à droite, l’homme arrêté

2- Le terroriste aurait-il attendu gentiment à Bangkok que la police l’arrête 15 jours après l’attentat et n’aurait-il pas résisté comme les terroristes des attentats de Madrid du 11 mars 2004 qui ont coutés la vie à 191 personnes? Ces terroristes avaient préférés se faire exploser plutôt que d’être arrêtés. Selon Wikipédia, sept terroristes dont le chef supposé du groupe, Sarhane ben Abdelmajid Fakhet sont morts dans leur appartement à Leganés, dans la banlieue sud de Madrid, juste avant l'assaut de la police espagnole, le 3 avril 2004, qu'ils ont fait exploser tuant également un policier du Grupo special de operaciones (lien: https://fr.wikipedia.org/wiki/Attentats_de_Madrid_du_11_mars_2004)

3- Le terroriste aurait été arrêté avec tout ce qu’il fallait pour faire une bombe soit selon la police thaïlandaise; 2 paires de ciseaux, 5 piles électriques, 1 briquet et 2 tournevis… Voir la photo ci-dessous:

Les outils du terroriste pour fabriquer une bombe photographiés par la police thaïlandaise

Les outils du terroriste pour fabriquer une bombe photographiés par la police thaïlandaise

De plus, le terroriste supposé ne semblerait pas du tout coopératif avec la police selon le chef de la police (voir: http://www.france24.com/en/20150830-bangkok-bomb-suspect-uncooperative-thai-army-chief?ns_campaign=reseaux_sociaux&ns_source=twitter&ns_mchannel=social&ns_linkname=depeche&aef_campaign_ref=partage_user&aef_campaign_date=2015-08-30)

Bon il devrait collaborer assez vite car la torture en vogue parmi l’armée et la police thaïlandaise, c’est le branchement électrique sur les testicules (la bonne vielle gégène). Nous supposons qu’après un tel traitement, le terroriste sera en mesure d’avouer aussi son implication dans l’attentat du World Trade Center à New York le 11 septembre 2001 et dans le massacre de l’équipe de Charlie Hebdo le 7 janvier dernier.

Et ce pauvre terroriste ne pourra même pas compter sur la Turquie pour le protéger car cette dernière affirme qu’il ne fait pas partie de ses citoyens (voir: http://www.nationmultimedia.com/breakingnews/Turkish-embassy-denies-suspect-it-citizen-30267752.html)

Cet homme est donc un bouc émissaire parfait.

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30 août 2015 7 30 /08 /août /2015 11:45

Personne avec un brin d'intelligence n’aurait pu espérer que la junte et sa meute "d’universitaires à vendre" puissent proposer une constitution démocratique ou quoi que ce soit d’autre qu’une série d'anti-réformes afin de définir l'ordre du jour politique autoritaire pour les années à venir. Aussi fastidieux que cela puisse avoir été, moi-même, ainsi que beaucoup d'autres militants et d’universitaires avons dû nous plonger dans les interminables pages pleine d'ordures du nouveau projet de constitution pour établir une critique fondée sur les faits de ce repoussant document.

Le projet de constitution thaïlandaise de la junte reporte indéfiniment le retour à la démocratie

Globalement, il diffère peu dans sa tonalité de la version précédente bien qu'il y ait un article supplémentaire choquant vers la fin. Le ton général est condescendant et banal, avec des références constantes à la monarchie. Depuis la fin des années 1950, la monarchie a été un outil des élites militaires et autres pour justifier toutes sortes de mesures autoritaires ainsi que les violations des droits de l'homme. Dans le même temps, le Roi a été un personnage pathétique et lâche, toujours prêt à faire le jeu de ses maîtres, tout en gardant la prétention d'être un "génie équivalent à un dieu".

Le projet de Constitution se lit comme un texte de la maternelle de style thaïlandais, parlant des "devoirs" des citoyens d'être fidèle au Roi, au pays et au maintien de la discipline. Le devoir et la discipline ont la priorité sur les droits des citoyens. Il y a des pages et des pages de détritus sur les qualités des "bons" dirigeants politiques et, naturellement, ils doivent être loyaux envers "la Nation, la Religion et le Roi". Nous ne devons pas oublier que ce projet de constitution est rédigé par des gangsters et voyous en uniforme, qui ont tué des manifestants pro-démocratie et recourus à la violence pour mettre en scène des coups d'Etat militaires et pervertir le processus démocratique.

Il s’agit également d’une constitution néolibérale, comme toutes les précédentes constitutions depuis la crise économique de 1996. Donc, elle parle de la santé publique comme étant quelque chose d’organisé selon une économie de marché "équitable", de la nécessité de maintenir "la discipline budgétaire" et de l'importance de suivre la réactionnaire idéologie "d’économie de suffisance" du Roi. Comme d'habitude, tout cela est dirigé contre la redistribution des richesses et des dépenses de l'état qui profiteraient aux pauvres. Naturellement, les dépenses militaires et celles du Palais ne sont pas une menace envers la discipline budgétaire (dans l'intérêt de la sécurité nationale).

Dans cette optique, l'article 189 et d'autres articles de la Constitution interdisent ce que les réactionnaires se plaisent à appeler "les politiques populistes". Cela vise directement les mesures de style Taksin qui étaient très populaires auprès de l'électorat. Ces politiques doivent être mises hors la loi par des hommes "sages" car la majorité de la population est "trop stupide" pour savoir ce qui est bon pour elle. Cependant, il y aura une "participation de la population" dans la gestion des communautés par le biais d’organismes croupions tel que des "ensembles citoyens".

Les gens comme Taksin et quelques autres politiciens du Parti Pua Thai seront interdits de fonctions pour des raisons "légales", un peu comme le système électoral truqué de Singapour ou de Birmanie qui interdit les politiciens de l'opposition pour des raisons juridiques douteuses. Cependant, les meurtriers de l'Etat comme Abhisit et Sutep, ne seront pas interdits de politique.

Il y aura 300 députés de circonscription et de 150 à 170 députés nationaux de listes de partis. Le nombre de députés de listes de partis sera ajusté en fonction du vote national pour chaque parti et le nombre de députés de circonscription élus, de sorte que ce sera un système représentatif plus proportionnel. Toutefois, le Parlement aura des pouvoirs réduits.

Le Premier ministre n'aura pas besoin d'être un député élu, s’il est supporté par les deux tiers du parlement. Tous les ministres devront avoir un baccalauréat, ceci afin d'éliminer toutes les personnes pauvres et ignorantes, et le premier ministre ne pourra pas exercer ses fonctions pendant plus de 8 années consécutives.

Le sénat tout-puissant sera composé de 77 sénateurs, élus dans chaque province, et 123 autres sénateurs nommés par les militaires et les élites. Le sénat aura des pouvoirs étendus pour nommer la Commission électorale, la Commission anti-corruption et les juges constitutionnels. Dans le passé, ces organismes ont exercés leur pouvoir contre le gouvernement démocratiquement élu de Yingluck et ouvert la voie à un coup d'Etat militaire. Le Sénat va également nommer la Commission inutile des droits de l'homme, en veillant sans aucun doute qu'il y siège beaucoup d'officiers militaires et de police.

La constitution "temporaire" illégale et très oppressive qui a été établie par l'armée en 2014, immédiatement après le coup d'Etat, servira de force motrice pour la nouvelle constitution, en veillant, grâce à l'article 285, que tous les actes anti-démocratiques de la junte soient "jugés légaux".

Cependant, le pire aspect de ce nouveau projet est la dernière section, celle de l'article 259, avec la création d'un comité afin de déterminer la stratégie pour les anti-réformes et que l'on appelle la réconciliation. Ce comité sera en effet une "Super Junte", avec des pouvoirs de veto sur toute décision prise par un gouvernement élu et pourra prendre le pouvoir à tout moment via un "coup d'Etat légalisé", si et quand il le juge opportun. Naturellement la "Super Junte" sera dominé par la hiérarchie militaire. L’existence de cette "Super Junte" sera gravée dans la pierre pour 5 ans, mais sa durée de service pourra être étendue.

Le résultat de ceci est que celui qui sera élu démocratiquement afin de former un gouvernement aura un pouvoir très limité pour déterminer la politique.

Bien sûr, la Constitution ne pourra jamais être modifiée de façon à transformer la Thaïlande en république ou pour permettre l'auto-détermination de Patani. Tous les autres amendements qui auront été sanctionnés par un vote parlementaire, devront être approuvés par la Cour constitutionnelle nommée par l’élite.

Maintenant, il va de soi que toute personne qui soutient la démocratie et les droits humains s’opposerait à cette constitution absurde. Pourtant, toutes sortes de menaces sont émises afin de faire taire les critiques. En dehors de menacer de repousser les élections si la constitution ne passait pas lors d'un référendum, le vice-Premier ministre Wisanu Kruangarm et le chef de la Commission électorale, ont déclaré qu'il serait illégal de faire campagne contre cette constitution par l'intermédiaire des médias sociaux ou en utilisant d'autres moyens. Wisanu a également saisi l'occasion de dire aux médias qu'elle était la "meilleure constitution jamais écrite".

Nous avons tous des droits, mais certains ont plus de droits que le reste d'entre nous!

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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 18:12

Un groupe national d'acheteurs d'aliments pour animaux a porté plainte contre Nestlé, alléguant que le fabricant d'aliments pour animaux de compagnie soutient sciemment un système d'esclavage et de traite des êtres humains tout en cachant son implication dans des violations des violations des droits de l'Homme", selon des avocats du cabinet Hagens Berman.

La poursuite affirme que Nestlé travaille avec un partenaire thaïlandais, Thai Union Frozen Products PCL, d'importer plus de 28 millions de livres d'aliments pour animaux à base de fruits de mer pour de grandes marques vendues en Amérique dont certains ingrédients sont produits dans des conditions d'esclavage.

Les personnes qui ont acheté de la nourriture pour chat Fancy Feast peuvent contacter Hagens Berman par courriel petfood@hbsslaw.com ou en appelant le numéro de téléphone 206-623-7292 pour en savoir plus au sujet de la poursuite en recours collectif contre Nestlé.

Les victimes de la traite sont souvent des hommes et des enfants originaires des pays voisins de la Thaïlande les plus pauvres comme le Cambodge et la Birmanie et qui sont vendus à des capitaines de bateaux de pêche recherchant des équipages pour leurs navires, selon la plainte. Le travail est dangereux et épuisant avec des horaires pouvant durer jusqu'à 20 heures par jour et recevant peu ou pas du tout de salaire, sous peine d'être battus ou même tués s’ils refusent de travailler.

"En cachant cela au public, Nestlé a conduit des millions de consommateurs à soutenir et encourager l'esclavage dans des prisons flottantes", a déclaré Steve Berman, associé gérant de Hagens Berman. "C’est un fait que les milliers d'acheteurs de ses produits alimentaires pour animaux de compagnie n’auraient pas acheté cette marque s’ils avaient su la vérité comme quoi des centaines de personnes sont asservis, battus ou même assassinés dans la production de ses aliments pour animaux de compagnie."

La plainte de 29 pages déposée le 27 août 2015 au tribunal du District Central de Californie allègue que Thai Union supervise les conserveries, les principaux navires de pêche ainsi que les petits bateaux de pêche. Cette pyramide structurée des flottes de pêche veille à ce que les bateaux de pêche individuels opèrent à grande distance des ports, sans surveillance. Les employés des bateaux de pêche de l'Union Thai travaillent comme des esclaves modernes, selon un récent article du New York Times, " Sea Slaves: The Human Misery that Feeds Pets and Livestock."

L'action de classe à l'échelle nationale cherche à obtenir un remboursement pour les consommateurs qui n’auraient pas acheté ces produits s’ils avaient été au courant de ces violations des droits de l'homme, et demande aussi une injonction exigeant Nestlé à mettre fin à sa commercialisation trompeuse.

La plainte accuse aussi Nestlé d'avoir violé la loi sur la concurrence déloyale en Californie […]

Hagens Berman est un pionnier dans le contentieux des droits des consommateurs, ainsi que pour les poursuites déposée afin de garantir les droits humains à travers le monde.

Source:

http://www.businesswire.com/news/home/20150827006036/en/Hagens-Berman-Class-Action-Filed-Nestl%C3%A9-Slave#.VeHDhuz2TXQ

Nestlé complice de l'esclavage en Thaïlande
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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 13:02

Le monde à l’envers en Thaïlande : un reporter risque la prison pour port de gilet pare-balles

Une déclaration de Reporters sans frontières

Lien:

http://fr.rsf.org/thailande-le-monde-a-l-envers-en-thailande-26-08-2015,48254.html

 

Reporters sans frontières (RSF) dénonce les charges retenues contre le journaliste hongkongais Anthony Kwan pour possession d’un gilet pare-balles, considéré par la loi thaïlandaise comme du matériel militaire.

En Thaïlande, un gilet pare-balles, censé vous sauver la vie, vous mène au tribunal ! Le photo-journaliste hongkongais Hok-chun (Anthony) Kwan en a fait l’expérience le dimanche 23 août 2015, lorsqu’il a été arrêté pour «possession d’arme illégale» à l’aéroport de Suvarnabhumi, Bangkok, tandis qu’il s’apprêtait à rentrer à Hong Kong avec, dans ses bagages, un gilet pare-balles et un casque.

En vertu de la loi de 1987 sur le contrôle des armes (Arms Control Act), les casques et gilets pare-balles sont considérés en Thaïlande comme des armes et doivent donc faire l’objet d’une licence délivrée par le ministère de la Défense. Toutefois, cette loi est rarement appliquée et de nombreux journalistes en Thaïlande se munissent de gilets pare-balles lorsqu’ils couvrent l’agitation politique que connaît le pays.

Relâché sous caution lundi après-midi, Anthony Kwan s’est vu confisquer son passeport et a reçu l’interdiction de quitter le territoire thaïlandais dans l’attente de son inculpation. Selon son avocate Pawinee Chumsri, de l’organisation des Avocats thaïlandais pour les droits de l’homme, il devra se rendre tous les 12 jours au tribunal jusqu’à ce que le parquet décide de déposer ou non une plainte officielle. Il pourrait être jugé par un tribunal militaire et risque jusqu’à 5 ans de prison ainsi qu’une amende de 50 000 Baht thaïlandais (environ 1 230 euros).

“Nous appelons les autorités judiciaires thaïlandaises à lever l’interdiction de quitter le territoire qui a été notifiée à Anthony Kwan et à ne pas retenir de charges contre ce reporter, déclare Christophe Deloire, secrétaire général de RSF. Il est inadmissible qu’un journaliste cherchant à se protéger dans un environnement à risques soit poursuivi de la sorte. Les dispositifs de sécurité physique tels que les gilets pare-balles et les casques sont des éléments essentiels de protection pour les journalistes. Nous attendons des autorités thaïlandaises qu’elles permettent aux journalistes de se protéger plutôt que de leur rendre la protection encore plus difficile. Nous observons que les demandes des journalistes pour se procurer la licence nécessaire au port d’un tel équipement restent en général sans réponse de la part de l’administration en charge, preuve s’il en est de l’hypocrisie des autorités. Les reporters doivent pouvoir éviter qu’on leur tire dessus comme des lapins.”

Travaillant pour une plateforme d’informations en langue chinoise basée à Hong Kong, Initium Media, Anthony Kwan, 29 ans, avait été mandaté par son employeur pour couvrir les suites de l’attentat du 17 août 2015 au sanctuaire d’Erawan à Bangkok ayant fait 22 morts, dont deux jeunes hongkongaises.

Lors d’affrontements entre les différentes factions politiques et l’armée, récurrents en Thaïlande avant le coup d’Etat, les médias et les journalistes ont été visés, à répétition, par l’armée et les manifestants. Hiroyuki Muramoto, un cameraman japonais de l’agence Reuters âgé de 44 ans, avait été tué par balles le 10 avril 2010 à Bangkok, lors de violents affrontements entre l’armée et les "chemises rouges" (fidèles à l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra). Dans la nuit de mardi 18 au mercredi 19 mai 2010, le photographe de presse italien Fabio Polenghi, 45 ans, travaillant en freelance, était tué dans des circonstances similaires. Ni l’un ni l’autre ne portait alors de gilet pare-balles.

Depuis le coup d’Etat de mai 2014, la situation des journalistes étrangers en Thaïlande est très précaire. Ces derniers font état de plus en plus de difficultés pour obtenir ou renouveler leur visa de travail et leur accréditation. Le Club des correspondants étrangers de Thaïlande (FCCT) fait l’objet de pressions et d’intimidations répétées de la part de la junte. Les menaces contre la presse, en particulier contre les reporters et journalistes d’investigation étrangers, qui existaient avant l’arrivée des militaires au pouvoir, sont exacerbées par le climat de tension politique créé par les militaires.

La Thaïlande figure au 134e rang sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2015 établi par Reporters sans frontières.

Anthony Kwan

Anthony Kwan

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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 14:02

La dernière théorie (et la plus plausible) sur l’identité des auteurs de l’attentat de Bangkok est que ce serait un groupe d’extrême droite turc, les Loups gris, qui auraient posés la bombe afin de se venger de l’expulsion des Ouïghours turcophones vers la Chine.

En juillet 2015, la Thaïlande avait déporté 109 Ouïghours vers la Chine ce qui avait déclenché la fureur des ultra-nationalistes turcs qui avaient, en représailles, saccagés le consulat thaïlandais à Istanbul (Voir le lien suivant: http://www.rojbas.org/2015/08/26/attentat-en-thailande-la-police-sur-la-piste-des-loups-gris-turcs/)

Or ce groupe turc fascisant, les Loups gris, a longtemps été sponsorisé par la CIA dans les années 1970/80 afin de commettre des attentats contre les mouvements turcs d’extrême gauche et les Kurdes indépendantistes du PKK. Ce qui ouvre une nouvelle piste, celle de la CIA, les Américains étant furieux de voir la Thaïlande, leur vieil allié, faire de l’œil a l'un de leurs principaux ennemis, la Chine. La junte thaïlandaise a même reçu le Ministre Nord-Coréen des affaires étrangères le 10 aout dernier (une semaine avant l’attentat) et envisage des échanges commerciaux avec la Corée du Nord, un autre  des principaux ennemis de Washington (lien en anglais: http://www.bangkokpost.com/news/politics/650732/thai-n-korean-foreign-ministers-meet-in-bangkok)

De là à supposer que la CIA serait impliquée dans l’attentat de Bangkok, il n’y a qu’un pas… que nous nous garderons bien de franchir avant d’en savoir plus.

Le ministre des affaires étrangères de Corée du Nord Ri Su Yong (à gauche) en compagnie de son homologue thaïlandais Tanasak Patimapragorn lors d’une visite d’Etat à Bangkok

Le ministre des affaires étrangères de Corée du Nord Ri Su Yong (à gauche) en compagnie de son homologue thaïlandais Tanasak Patimapragorn lors d’une visite d’Etat à Bangkok

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 19:59

Lamentable, pathétique et pitoyable sont des mots qui reviennent souvent pour décrire l’enquête de la police thaïlandaise afin de découvrir les auteurs de l’attentat à la bombe qui a frappé Bangkok.

Ce n’est pas la première fois (ni la dernière) que la police thaïlandaise se révèle être aussi minable lors d’enquêtes sur des activités criminelles ou terroristes.

Quelques exemples parmi tant d’autres:

Le dimanche 31 décembre 2006, alors que la Thaïlande se trouvait sous le régime militaire du général Surayud Chulanont qui avait renversé par un coup d’Etat le gouvernement élu de Thaksin Shinawatra trois mois auparavant, l'explosion d'au moins six bombes de faible puissance avait frappé Bangkok au soir du Nouvel an, faisant deux morts et plus de 20 blessés.

Les poseurs de bombe n’ont jamais été retrouvés.

Lien:

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20061231.OBS5023/six-bombes-explosent-a-bangkok-2-morts.html

Le 15 septembre 2014 deux jeunes touristes britanniques, Hannah Witheridge et David Miller, ont été assassinés sur l’ile thaïlandaise de Koh Tao. Alors que tout accuse le fils d’un notable de l’ile, la police thaïlandaise ne trouve rien de mieux à faire que d’arrêter deux jeunes birmans, visiblement des boucs émissaires, et de les torturer pour qu’ils avouent ce crime qu’ils n’ont sans doute pas commis.

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/11/le-probable-criminel-dans-l-affaire-de-koh-tao-est-protege-par-la-junte-militaire.html

Dans le cas de l’attentat à la bombe de Bangkok qui a eu lieu le 17 aout 2015, nous vous proposons cette comparaison avec l’attaque terroriste du 7 janvier contre le journal Charlie Hebdo à Paris qui a été faite par un utilisateur de Facebook:

2015 a été l'année de deux puissantes attaques terroristes.

La première a eu lieu à Paris en France le 7 Janvier (19 morts) et l'autre à Bangkok en Thaïlande le 17 Août (23 morts).

La réaction des forces de sécurité pendant les 2 attaques:

France (une démocratie)

Jour 1: Les terroristes sont identifiés

Jour 2: Les terroristes sont pourchassés par la police française

Jour 3: Les terroristes sont tués par la police française

Thaïlande (une dictature militaire)

Jour 1: Rien, la police thaïlandaise soupçonne les Chemises rouges

Jour 2: Rien, la police thaïlandaise soupçonne les Musulmans du Sud

Jour 3: Rien, la police thaïlandaise soupçonne les Ouïghours

Jour 4: Rien, la police thaïlandaise soupçonne un Farang (homme de race caucasienne)

Jour 5: Rien, la police thaïlandaise soupçonne de nouveau les Chemises rouges

Jour 6: Rien, la police thaïlandaise soupçonne de nouveau les Musulmans du Sud

Jour 7: La police thaïlandaise suppose que le poseur de bombe "pourrait avoir fui la Thaïlande"...

Ce graffiti photographié à Bangkok démontre le peu de respect qu’ont les Thaïlandais pour leur police

Ce graffiti photographié à Bangkok démontre le peu de respect qu’ont les Thaïlandais pour leur police

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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 17:25

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/08/23/thailands-disorganised-left/

 

Il y a quarante ans, des partis politiques de gauche en Thaïlande avaient réussi à obtenir 14,4%, soit 2,5 millions de voix lors de l'élection législative de 1975. Trois principaux partis de "gauche" étaient représentés au parlement. Il s’agissait du Parti socialiste, du Front socialiste et de Palang Mai (Nouvelle Force). Ces partis avaient remporté de nombreux sièges dans le Nord et le Nord-est du pays. En dehors de l'arène de la politique légale, le Parti communiste de Thaïlande (PCT) avait une influence énorme parmi les étudiants ainsi que chez les travailleurs militants et le PCT avait établi le programme idéologique des partis socialistes légaux représentés au parlement.

Beaucoup de gens étaient conscients des soulèvements dans le monde qui avaient lieu depuis 1968. Les luttes menées par les militants thaïlandais faisaient également partie de cette vague de radicalisme et ont conduit au soulèvement de 1973 qui a renversé la dictature militaire de Tanom Kittikajorn. Le 14 octobre 1973, un demi-million de personnes, principalement des jeunes étudiants du secondaire et de l'université, mais aussi les travailleurs ordinaires, ont protesté autour du monument de la démocratie. La vague de révoltes étudiantes et l'activisme chez les jeunes en Europe occidentale et aux États-Unis étaient l'inspiration qui a enflammé les luttes de gauche dans les années 1970 en Thaïlande. Les idées libertaires de gauche des mouvements occidentaux ont pénétrées la société thaïlandaise par la voie de bulletins de nouvelles, d’articles, de livres, de la musique et du retour des étudiants thaïlandais de l'Occident, spécialement des étudiants d'art en première instance. La victoire des partis communistes en Indochine, après que les Etats-Unis aient commencé à perdre la guerre du Vietnam, et la Révolution culturelle de Mao, ont également eu un impact massif en allumant des luttes pour une société nouvelle en Thaïlande.

Comme toujours, la classe dirigeante thaïlandaise a réagi avec violence contre le mouvement de gauche croissant, en utilisant des voyous armés, des soldats et la police. Le summum de cette violence a été le massacre de l'Université Thammasart le 6 octobre 1976. Cela a détruit l'espace démocratique créé par le soulèvement de 1973 et a conduit directement à une intensification de la lutte armée menée par le PCT dans la campagne. Des milliers de militants urbains et d’étudiants se sont rendus dans les bases du PCT.

Mais le problème avec la stratégie maoïste du PCT était qu’elle avait plus ou moins abandonné la ville et la classe ouvrière. Le PCT a fait valoir que, puisque les villes étaient le centre du pouvoir de la classe dirigeante, une victoire communiste en Thaïlande ne pourrait s’obtenir qu’en entourant les villes avec des "zones libérées". Leur stratégie maoïste signifiait qu'ils n’avaient jamais, à aucun moment, prévu de résister à la réaction de la droite à Bangkok. Pourtant, depuis 1932, tous les changements sociaux importants avaient eu lieu suite aux luttes dans les zones urbaines, en particulier à Bangkok. Le PCT était également un " modèle archaïque" de parti stalinien autoritaire et cela ne collait pas très bien avec les vues libertaires de nombreux étudiants. En plus de cela, la lutte par l’intermédiaire des petits paysans, que les maoïstes favorisaient, n’était fondamentalement qu’une lutte défensive et conservatrice pour survivre, pas une lutte pour bâtir une société future.

Ce qui a été absent de la stratégie du PCT dans les années 1970 a été une tentative de construire un parti des travailleurs urbains afin qu'il puisse organiser des grèves massives. Auparavant, le PCT avait eu une certaine influence parmi les syndicats et de grandes grèves se sont produites. Cependant, son virage maoïsme a changé les priorités du parti.

Ce désintérêt pour la classe ouvrière est également apparu lors de la stratégie des Chemises rouges de l’UDD pour mettre à bas la dictature en 2010. À aucun moment il n’a été envisagé de bâtir une organisation parmi les travailleurs démocratiques qui aurait pu organiser des grèves afin d’arrêter les tirs de l'armée contre les manifestants dans la rue.

Aussi bien le PCT que les Chemises rouges ont été défaits à cause de cette faiblesse.

La lutte armée rurale du PCT a échoué au milieu des années 1980 et le parti s’est effondré lorsque des événements internationaux ont commencé à saper le stalinisme et le maoïsme comme courant mondial.

Trois ans après 1976, le gouvernement a décrété une "amnistie" pour ceux qui étaient partis combattre aux côtés des communistes. Cela a coïncidé avec des scissions et des disputes entre les militants étudiants et les dirigeants conservateurs du PCT. En 1988, les militants étudiants étaient tous retournés à la ville alors que le PCT s’effondrait. La Thaïlande était revenue à un système presque complet de démocratie parlementaire, mais à une condition particulière: c’était une démocratie parlementaire sans partis de gauche.

L'effondrement du PCT a entraîné un changement d'idéologie parmi les militants vers des idées autonomistes et une politique de pression des ONG. Les militants ouvriers de gauche se sont tournés vers le syndicalisme et ont rejeté la nécessité de construire un parti. Le Parti Thai Rak Thai de Taksin a alors été en mesure de monopoliser la direction politique des pauvres à travers ses politiques populistes et grâce au leadership des Chemises rouges de l’UDD. Cela signifie que les nouvelles générations de militants ne cherchent pas à bâtir un parti politique de la classe ouvrière et des petits agriculteurs. Les idées autonomistes dominent parmi les nouveaux militants étudiants qui s’opposent à la junte.

Nous en payons le prix aujourd'hui, étant donné que Taksin et les dirigeants de l'UDD ont capitulé devant les militaires.

D'Athènes et de Madrid à Bangkok les questions importantes pour les militants sont la manière de construire des partis révolutionnaires indépendants, comment se comporter envers la classe ouvrière et la façon de placer la lutte des mouvements sociaux au-dessus de la politique purement électorale.

La gauche désorganisée de Thaïlande
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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 19:48

Un article de Political Prisoners of Thailand (PPT)

Lien de l’article :

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/08/21/the-economist-on-bombs-junta-and-monarchism/

 

Les lecteurs peuvent trouver un certain intérêt à l’article "Game of Thrones" du magazine "The Economist" (lien: http://www.economist.com/news/asia/21661944-game-thrones)

Quelques citations:

Rien n’est clair, sauf une chose: la bombe a brisé l'illusion de la sécurité que la junte, qui a pris le pouvoir en mai 2014, désirait promouvoir. Les généraux avaient justifié leur coup d'Etat en prétendant qu'ils étaient les seuls a pouvoir protéger les Thaïlandais de la violence qui éclatait sporadiquement depuis une décennie de querelles entre les gouvernements démocratiquement élus du pays et les élites conservatrices de Bangkok. En ciblant les touristes, les terroristes ont également miné les prétentions des généraux à stimuler économie chancelante de la Thaïlande. Avec la contraction des exportations, la diminution des investissements étrangers et l'endettement élevé des ménages, l'économie a cruellement besoin que les touristes viennent en Thaïlande et y dépensent leur argent [...]

Deux jours seulement après l'explosion de la bombe, le général Prayuth Chan-ocha, le premier ministre et organisateur du coup d’Etat, a assisté à l'ouverture à Hua Hin d'un nouveau parc contenant les statues colossales de sept rois thaïlandais, morts depuis longtemps, construites par l'armée pour un coût d’environ 20 millions de dollars américains. Les monarques de bronze ne sont pas entièrement en conformité avec la pincée d'attractions coquètes qui entourent déjà Hua Hin, une station balnéaire avec des connexions royales. Mais ils représentent un spectacle étrange de style soviétique.

Plus sinistrement, lors des 15 derniers mois, sous le régime de la junte, il y a eu une forte augmentation du nombre de personnes accusées d'avoir insulté le souverain, une faute grave en Thaïlande. Les peines ont également augmenté et les condamnations sont devenues beaucoup plus dures...

Certains observateurs estiment que la junte n’envisagera pas de céder une partie de son contrôle, même bien après la mort du roi Bhumibol qui est malade depuis longtemps....

L'article se poursuit alors en relayant un tas de rumeurs concernant la succession.

Une Thaïlandaise opposée a la loi 112 (la loi de lèse-majesté)

Une Thaïlandaise opposée a la loi 112 (la loi de lèse-majesté)

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 17:49

Un article de Lee Jones

Lien:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/08/21/thai-junta-turning-tragedy-to-farce/

 

Dans la foulée de l'attentat de Bangkok, tout ce que nous avons vu est une enquête caractérisée par l'incohérence et l'incompétence.

Bien que sympathisant comme tout le monde avec la Thaïlande et les victimes de l'attentat de cette semaine au sanctuaire d'Erawan à Bangkok, nous devons aussi reconnaître que la réponse des autorités thaïlandaises transforme une tragédie en une farce.

L'hôte de déclarations contradictoires émanant de la police et, en particulier, du dictateur erratique et incompétent, le général Prayuth Chan-ocha, suggère un désarroi interne grave, ce qui rend difficile de savoir si les auteurs seront capturés ou non.

Il y a eu au moins trois grandes sources de confusion. La première est la nature des auteurs. Initialement, ils étaient censés être Thaïs: Prayuth a instantanément lié l'attentat à un groupe "d’opposition" (sous-entendu les Chemises rouges) basé dans le Nord-est de la Thaïlande. Le porte-parole du régime a rapidement fait marche arrière, disant qu'ils pourraient être étrangers.

Suite à la diffusion de séquences de vidéosurveillance extrêmement granuleuse montrant un individu en T-shirt jaune laissant un sac à dos dans le sanctuaire, la police a rapidement déclaré - sans aucun fondement apparent – qu’ils recherchaient un homme de "race blanche" ou ressemblant à un "Arabe" (sic).

Toutefois, le conseiller du vice-Premier ministre pour la sécurité a déclaré plus tard qu'il était difficile de savoir si le suspect était un homme ou une femme. La diffusion d'un portrait-robot confirme apparemment son sexe, mais certainement pas son appartenance ethnique. Puis la police admet de nouveau qu’il aurait pu être un Thaïlandais déguisé.

Deuxièmement, combien y a-t-il de suspects? La police a d'abord déclaré que l’homme en T-shirt jaune n’était "pas seulement le suspect mais aussi le poseur de bombe". Maintenant, ils affirment qu'ils ne sont "plus qu’à 50 pour cent sûr" de cela.

Ils ont identifié deux autres personnes par la suite dans la vidéo de surveillance comme étant ses complices. Ils ont ensuite fait marche arrière, en disant que des images subséquentes avaient prouvé leur innocence, car ils avaient réagi "comme des petites filles" lors de l'explosion - vraiment une déduction digne de Sherlock Holmes (Les deux hommes terrifiés se sont eux-mêmes livrés à la police plus tard et ont été rapidement blanchis des accusations de participation).

Même avant cela, cependant, d'autres porte-paroles de la police avaient prétendus que 10 personnes au moins seraient impliquées dans un "réseau" - apparemment de simples suppositions.

Troisièmement, y avait-il des liens et des motifs internationaux? Initialement, il était implicite que le "réseau" supposé comportait 10 étrangers impliqués - mais il a fallu trois jours pour la police thaïlandaise demande l’aide d’Interpol. Cependant, la participation de terroristes internationaux a ensuite été exclue - apparemment uniquement sur la base de discussions avec des agences de renseignement alliées.

Prayuth a ensuite déclaré hardiment cela, tout en rejetant tout lien avec la déportation récente de 109 Ouïghours en Chine (ce qui pourrait expliquer pourquoi les touristes chinois auraient apparemment été pris pour cible). Pourtant, il a été simultanément signalé que la police avait poursuivi ce qui était sa principale piste, avec la Direction générale spéciale ayant donné un avertissement spécifique sur une attaque possible conte les touristes chinois après le 11 août.

Néanmoins, cela a apparemment été étouffé par Prayuth et ses alliés, qui tentent encore de recentrer l'attention sur les opposants internes. D'autres dans la police ont suggéré un lien avec la criminalité organisée - mais la raison pour laquelle la mafia thaïlandaise aurait voulu commettre un attentat contre le sanctuaire d’Erawan demeure une énigme.

Évidemment, toute attaque de ce genre, qui prend les forces de sécurité au dépourvu, crée de la confusion et de la panique, et un large éventail d'hypothèses doit être étudié pour affiner une enquête. Mais la réaction thaïlandaise est particulièrement chaotique.

Hier, le journaliste de la BBC Jonathan Head a trouvé des fragments de la bombe près du sanctuaire et s’est ensuite retrouvé dans l’incapacité de les remettre à la police - qui a ultérieurement critiqué la propre connaissance d'Head en explosifs.

En effet, la hâte avec laquelle le sanctuaire a été balayé et nettoyé peut avoir sérieusement compromis l'enquête. Prayuth et ses alliés ont de toute évidence donnés la priorité au rétablissement du calme superficiel et du "bonheur" plutôt qu’à l'arrestation des coupables.

Cela évoque d'autant les attentats du nouvel an 2006/07 à Bangkok.

Alors, comme aujourd'hui, le dirigeant militaire de l’époque, Surayud Chulanont, avait instantanément (et sans fondement) blâmé les Chemises rouges. Et tout comme aujourd'hui, les sites des attentats avaient été rapidement balayés et nettoyés, sapant l'enquête.

De même, comme aujourd'hui, le régime a semblé avoir été pris de complet désarroi interne, avec des suspects allant des amis de Thaksin, aux ennemis de Thaksin, à la police, à des factions au sein du régime militaire lui-même.

A l’époque, comme aujourd'hui, les séparatistes musulmans du Sud de la Thaïlande avaient été instantanément montrés du doigt comme suspects – pourtant, actuellement, la meilleure estimation des services de renseignements thaïlandais­ (sur les attentats du nouvel an 2006/07) est que l'Organisation de libération unifiée de Pattani était responsable (éventuellement avec l'aide extérieure de la Jemaah Islamiyah). Ceci est cohérent avec le fait que personne n'a jamais revendiqué la responsabilité – ce qui est une caractéristique des attentats séparatistes dans le Sud.

Cela réfute également la suggestion, répétée aujourd'hui, que les séparatistes n’auraient jamais frappé à l'extérieur du Sud et n’ont jamais fait de mal aux touristes (10 étrangers se trouvaient parmi les 38 blessés).

En fin de compte, personne n'a jamais été pris pour les attentats de 2006. Cela pourrait bien être encore le cas cette fois-ci.

Le professionnalisme, la compétence, l'expertise, l'indépendance politique et la rectitude morale de la police thaïlandaise ne se sont pas sensiblement amélioré au cours des neuf années qui ont suivi; ils apparaissent bien hors de leur profondeur. Prayuth est encore pire que Surayud: paranoïaque, emphatique, bruyant, erratique, idiosyncrasique et ignorant.

Après avoir dirigé une catastrophe en matière de sécurité, il a maintenant tout intérêt à diriger les enquêteurs loin de tout ce dont les militaires pourrait également être blâmé - notamment l'escalade de l’insurrection du Sud et les déportations des Ouïghours.

Sans surprise, Prayuth a immédiatement refusé des offres d'aide extérieure - y compris l'aide du gouvernement britannique – affirmant qu’il s’agissait de tentatives pour "intervenir" en Thaïlande. A la place, sa brillante solution est d’inciter la police thaïlandaise à regarder la série télévisée policière américaine "Blue Bloods" pour y trouver "des conseils, des idées et des connaissances".

Beaucoup de Thaïs perçoivent tout cela comme une honte nationale. Ils ont raison.

Lee Jones est maître de conférences en politique internationale à l'Université Queen Mary de Londres.

Quelques idées? Le général Prayuth parle aux journalistes thaïlandais.

Quelques idées? Le général Prayuth parle aux journalistes thaïlandais.

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