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26 août 2015 3 26 /08 /août /2015 14:02

La dernière théorie (et la plus plausible) sur l’identité des auteurs de l’attentat de Bangkok est que ce serait un groupe d’extrême droite turc, les Loups gris, qui auraient posés la bombe afin de se venger de l’expulsion des Ouïghours turcophones vers la Chine.

En juillet 2015, la Thaïlande avait déporté 109 Ouïghours vers la Chine ce qui avait déclenché la fureur des ultra-nationalistes turcs qui avaient, en représailles, saccagés le consulat thaïlandais à Istanbul (Voir le lien suivant: http://www.rojbas.org/2015/08/26/attentat-en-thailande-la-police-sur-la-piste-des-loups-gris-turcs/)

Or ce groupe turc fascisant, les Loups gris, a longtemps été sponsorisé par la CIA dans les années 1970/80 afin de commettre des attentats contre les mouvements turcs d’extrême gauche et les Kurdes indépendantistes du PKK. Ce qui ouvre une nouvelle piste, celle de la CIA, les Américains étant furieux de voir la Thaïlande, leur vieil allié, faire de l’œil a l'un de leurs principaux ennemis, la Chine. La junte thaïlandaise a même reçu le Ministre Nord-Coréen des affaires étrangères le 10 aout dernier (une semaine avant l’attentat) et envisage des échanges commerciaux avec la Corée du Nord, un autre  des principaux ennemis de Washington (lien en anglais: http://www.bangkokpost.com/news/politics/650732/thai-n-korean-foreign-ministers-meet-in-bangkok)

De là à supposer que la CIA serait impliquée dans l’attentat de Bangkok, il n’y a qu’un pas… que nous nous garderons bien de franchir avant d’en savoir plus.

Le ministre des affaires étrangères de Corée du Nord Ri Su Yong (à gauche) en compagnie de son homologue thaïlandais Tanasak Patimapragorn lors d’une visite d’Etat à Bangkok

Le ministre des affaires étrangères de Corée du Nord Ri Su Yong (à gauche) en compagnie de son homologue thaïlandais Tanasak Patimapragorn lors d’une visite d’Etat à Bangkok

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24 août 2015 1 24 /08 /août /2015 19:59

Lamentable, pathétique et pitoyable sont des mots qui reviennent souvent pour décrire l’enquête de la police thaïlandaise afin de découvrir les auteurs de l’attentat à la bombe qui a frappé Bangkok.

Ce n’est pas la première fois (ni la dernière) que la police thaïlandaise se révèle être aussi minable lors d’enquêtes sur des activités criminelles ou terroristes.

Quelques exemples parmi tant d’autres:

Le dimanche 31 décembre 2006, alors que la Thaïlande se trouvait sous le régime militaire du général Surayud Chulanont qui avait renversé par un coup d’Etat le gouvernement élu de Thaksin Shinawatra trois mois auparavant, l'explosion d'au moins six bombes de faible puissance avait frappé Bangkok au soir du Nouvel an, faisant deux morts et plus de 20 blessés.

Les poseurs de bombe n’ont jamais été retrouvés.

Lien:

http://tempsreel.nouvelobs.com/monde/20061231.OBS5023/six-bombes-explosent-a-bangkok-2-morts.html

Le 15 septembre 2014 deux jeunes touristes britanniques, Hannah Witheridge et David Miller, ont été assassinés sur l’ile thaïlandaise de Koh Tao. Alors que tout accuse le fils d’un notable de l’ile, la police thaïlandaise ne trouve rien de mieux à faire que d’arrêter deux jeunes birmans, visiblement des boucs émissaires, et de les torturer pour qu’ils avouent ce crime qu’ils n’ont sans doute pas commis.

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/11/le-probable-criminel-dans-l-affaire-de-koh-tao-est-protege-par-la-junte-militaire.html

Dans le cas de l’attentat à la bombe de Bangkok qui a eu lieu le 17 aout 2015, nous vous proposons cette comparaison avec l’attaque terroriste du 7 janvier contre le journal Charlie Hebdo à Paris qui a été faite par un utilisateur de Facebook:

2015 a été l'année de deux puissantes attaques terroristes.

La première a eu lieu à Paris en France le 7 Janvier (19 morts) et l'autre à Bangkok en Thaïlande le 17 Août (23 morts).

La réaction des forces de sécurité pendant les 2 attaques:

France (une démocratie)

Jour 1: Les terroristes sont identifiés

Jour 2: Les terroristes sont pourchassés par la police française

Jour 3: Les terroristes sont tués par la police française

Thaïlande (une dictature militaire)

Jour 1: Rien, la police thaïlandaise soupçonne les Chemises rouges

Jour 2: Rien, la police thaïlandaise soupçonne les Musulmans du Sud

Jour 3: Rien, la police thaïlandaise soupçonne les Ouïghours

Jour 4: Rien, la police thaïlandaise soupçonne un Farang (homme de race caucasienne)

Jour 5: Rien, la police thaïlandaise soupçonne de nouveau les Chemises rouges

Jour 6: Rien, la police thaïlandaise soupçonne de nouveau les Musulmans du Sud

Jour 7: La police thaïlandaise suppose que le poseur de bombe "pourrait avoir fui la Thaïlande"...

Ce graffiti photographié à Bangkok démontre le peu de respect qu’ont les Thaïlandais pour leur police

Ce graffiti photographié à Bangkok démontre le peu de respect qu’ont les Thaïlandais pour leur police

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23 août 2015 7 23 /08 /août /2015 17:25

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/08/23/thailands-disorganised-left/

 

Il y a quarante ans, des partis politiques de gauche en Thaïlande avaient réussi à obtenir 14,4%, soit 2,5 millions de voix lors de l'élection législative de 1975. Trois principaux partis de "gauche" étaient représentés au parlement. Il s’agissait du Parti socialiste, du Front socialiste et de Palang Mai (Nouvelle Force). Ces partis avaient remporté de nombreux sièges dans le Nord et le Nord-est du pays. En dehors de l'arène de la politique légale, le Parti communiste de Thaïlande (PCT) avait une influence énorme parmi les étudiants ainsi que chez les travailleurs militants et le PCT avait établi le programme idéologique des partis socialistes légaux représentés au parlement.

Beaucoup de gens étaient conscients des soulèvements dans le monde qui avaient lieu depuis 1968. Les luttes menées par les militants thaïlandais faisaient également partie de cette vague de radicalisme et ont conduit au soulèvement de 1973 qui a renversé la dictature militaire de Tanom Kittikajorn. Le 14 octobre 1973, un demi-million de personnes, principalement des jeunes étudiants du secondaire et de l'université, mais aussi les travailleurs ordinaires, ont protesté autour du monument de la démocratie. La vague de révoltes étudiantes et l'activisme chez les jeunes en Europe occidentale et aux États-Unis étaient l'inspiration qui a enflammé les luttes de gauche dans les années 1970 en Thaïlande. Les idées libertaires de gauche des mouvements occidentaux ont pénétrées la société thaïlandaise par la voie de bulletins de nouvelles, d’articles, de livres, de la musique et du retour des étudiants thaïlandais de l'Occident, spécialement des étudiants d'art en première instance. La victoire des partis communistes en Indochine, après que les Etats-Unis aient commencé à perdre la guerre du Vietnam, et la Révolution culturelle de Mao, ont également eu un impact massif en allumant des luttes pour une société nouvelle en Thaïlande.

Comme toujours, la classe dirigeante thaïlandaise a réagi avec violence contre le mouvement de gauche croissant, en utilisant des voyous armés, des soldats et la police. Le summum de cette violence a été le massacre de l'Université Thammasart le 6 octobre 1976. Cela a détruit l'espace démocratique créé par le soulèvement de 1973 et a conduit directement à une intensification de la lutte armée menée par le PCT dans la campagne. Des milliers de militants urbains et d’étudiants se sont rendus dans les bases du PCT.

Mais le problème avec la stratégie maoïste du PCT était qu’elle avait plus ou moins abandonné la ville et la classe ouvrière. Le PCT a fait valoir que, puisque les villes étaient le centre du pouvoir de la classe dirigeante, une victoire communiste en Thaïlande ne pourrait s’obtenir qu’en entourant les villes avec des "zones libérées". Leur stratégie maoïste signifiait qu'ils n’avaient jamais, à aucun moment, prévu de résister à la réaction de la droite à Bangkok. Pourtant, depuis 1932, tous les changements sociaux importants avaient eu lieu suite aux luttes dans les zones urbaines, en particulier à Bangkok. Le PCT était également un " modèle archaïque" de parti stalinien autoritaire et cela ne collait pas très bien avec les vues libertaires de nombreux étudiants. En plus de cela, la lutte par l’intermédiaire des petits paysans, que les maoïstes favorisaient, n’était fondamentalement qu’une lutte défensive et conservatrice pour survivre, pas une lutte pour bâtir une société future.

Ce qui a été absent de la stratégie du PCT dans les années 1970 a été une tentative de construire un parti des travailleurs urbains afin qu'il puisse organiser des grèves massives. Auparavant, le PCT avait eu une certaine influence parmi les syndicats et de grandes grèves se sont produites. Cependant, son virage maoïsme a changé les priorités du parti.

Ce désintérêt pour la classe ouvrière est également apparu lors de la stratégie des Chemises rouges de l’UDD pour mettre à bas la dictature en 2010. À aucun moment il n’a été envisagé de bâtir une organisation parmi les travailleurs démocratiques qui aurait pu organiser des grèves afin d’arrêter les tirs de l'armée contre les manifestants dans la rue.

Aussi bien le PCT que les Chemises rouges ont été défaits à cause de cette faiblesse.

La lutte armée rurale du PCT a échoué au milieu des années 1980 et le parti s’est effondré lorsque des événements internationaux ont commencé à saper le stalinisme et le maoïsme comme courant mondial.

Trois ans après 1976, le gouvernement a décrété une "amnistie" pour ceux qui étaient partis combattre aux côtés des communistes. Cela a coïncidé avec des scissions et des disputes entre les militants étudiants et les dirigeants conservateurs du PCT. En 1988, les militants étudiants étaient tous retournés à la ville alors que le PCT s’effondrait. La Thaïlande était revenue à un système presque complet de démocratie parlementaire, mais à une condition particulière: c’était une démocratie parlementaire sans partis de gauche.

L'effondrement du PCT a entraîné un changement d'idéologie parmi les militants vers des idées autonomistes et une politique de pression des ONG. Les militants ouvriers de gauche se sont tournés vers le syndicalisme et ont rejeté la nécessité de construire un parti. Le Parti Thai Rak Thai de Taksin a alors été en mesure de monopoliser la direction politique des pauvres à travers ses politiques populistes et grâce au leadership des Chemises rouges de l’UDD. Cela signifie que les nouvelles générations de militants ne cherchent pas à bâtir un parti politique de la classe ouvrière et des petits agriculteurs. Les idées autonomistes dominent parmi les nouveaux militants étudiants qui s’opposent à la junte.

Nous en payons le prix aujourd'hui, étant donné que Taksin et les dirigeants de l'UDD ont capitulé devant les militaires.

D'Athènes et de Madrid à Bangkok les questions importantes pour les militants sont la manière de construire des partis révolutionnaires indépendants, comment se comporter envers la classe ouvrière et la façon de placer la lutte des mouvements sociaux au-dessus de la politique purement électorale.

La gauche désorganisée de Thaïlande
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22 août 2015 6 22 /08 /août /2015 19:48

Un article de Political Prisoners of Thailand (PPT)

Lien de l’article :

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/08/21/the-economist-on-bombs-junta-and-monarchism/

 

Les lecteurs peuvent trouver un certain intérêt à l’article "Game of Thrones" du magazine "The Economist" (lien: http://www.economist.com/news/asia/21661944-game-thrones)

Quelques citations:

Rien n’est clair, sauf une chose: la bombe a brisé l'illusion de la sécurité que la junte, qui a pris le pouvoir en mai 2014, désirait promouvoir. Les généraux avaient justifié leur coup d'Etat en prétendant qu'ils étaient les seuls a pouvoir protéger les Thaïlandais de la violence qui éclatait sporadiquement depuis une décennie de querelles entre les gouvernements démocratiquement élus du pays et les élites conservatrices de Bangkok. En ciblant les touristes, les terroristes ont également miné les prétentions des généraux à stimuler économie chancelante de la Thaïlande. Avec la contraction des exportations, la diminution des investissements étrangers et l'endettement élevé des ménages, l'économie a cruellement besoin que les touristes viennent en Thaïlande et y dépensent leur argent [...]

Deux jours seulement après l'explosion de la bombe, le général Prayuth Chan-ocha, le premier ministre et organisateur du coup d’Etat, a assisté à l'ouverture à Hua Hin d'un nouveau parc contenant les statues colossales de sept rois thaïlandais, morts depuis longtemps, construites par l'armée pour un coût d’environ 20 millions de dollars américains. Les monarques de bronze ne sont pas entièrement en conformité avec la pincée d'attractions coquètes qui entourent déjà Hua Hin, une station balnéaire avec des connexions royales. Mais ils représentent un spectacle étrange de style soviétique.

Plus sinistrement, lors des 15 derniers mois, sous le régime de la junte, il y a eu une forte augmentation du nombre de personnes accusées d'avoir insulté le souverain, une faute grave en Thaïlande. Les peines ont également augmenté et les condamnations sont devenues beaucoup plus dures...

Certains observateurs estiment que la junte n’envisagera pas de céder une partie de son contrôle, même bien après la mort du roi Bhumibol qui est malade depuis longtemps....

L'article se poursuit alors en relayant un tas de rumeurs concernant la succession.

Une Thaïlandaise opposée a la loi 112 (la loi de lèse-majesté)

Une Thaïlandaise opposée a la loi 112 (la loi de lèse-majesté)

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21 août 2015 5 21 /08 /août /2015 17:49

Un article de Lee Jones

Lien:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/08/21/thai-junta-turning-tragedy-to-farce/

 

Dans la foulée de l'attentat de Bangkok, tout ce que nous avons vu est une enquête caractérisée par l'incohérence et l'incompétence.

Bien que sympathisant comme tout le monde avec la Thaïlande et les victimes de l'attentat de cette semaine au sanctuaire d'Erawan à Bangkok, nous devons aussi reconnaître que la réponse des autorités thaïlandaises transforme une tragédie en une farce.

L'hôte de déclarations contradictoires émanant de la police et, en particulier, du dictateur erratique et incompétent, le général Prayuth Chan-ocha, suggère un désarroi interne grave, ce qui rend difficile de savoir si les auteurs seront capturés ou non.

Il y a eu au moins trois grandes sources de confusion. La première est la nature des auteurs. Initialement, ils étaient censés être Thaïs: Prayuth a instantanément lié l'attentat à un groupe "d’opposition" (sous-entendu les Chemises rouges) basé dans le Nord-est de la Thaïlande. Le porte-parole du régime a rapidement fait marche arrière, disant qu'ils pourraient être étrangers.

Suite à la diffusion de séquences de vidéosurveillance extrêmement granuleuse montrant un individu en T-shirt jaune laissant un sac à dos dans le sanctuaire, la police a rapidement déclaré - sans aucun fondement apparent – qu’ils recherchaient un homme de "race blanche" ou ressemblant à un "Arabe" (sic).

Toutefois, le conseiller du vice-Premier ministre pour la sécurité a déclaré plus tard qu'il était difficile de savoir si le suspect était un homme ou une femme. La diffusion d'un portrait-robot confirme apparemment son sexe, mais certainement pas son appartenance ethnique. Puis la police admet de nouveau qu’il aurait pu être un Thaïlandais déguisé.

Deuxièmement, combien y a-t-il de suspects? La police a d'abord déclaré que l’homme en T-shirt jaune n’était "pas seulement le suspect mais aussi le poseur de bombe". Maintenant, ils affirment qu'ils ne sont "plus qu’à 50 pour cent sûr" de cela.

Ils ont identifié deux autres personnes par la suite dans la vidéo de surveillance comme étant ses complices. Ils ont ensuite fait marche arrière, en disant que des images subséquentes avaient prouvé leur innocence, car ils avaient réagi "comme des petites filles" lors de l'explosion - vraiment une déduction digne de Sherlock Holmes (Les deux hommes terrifiés se sont eux-mêmes livrés à la police plus tard et ont été rapidement blanchis des accusations de participation).

Même avant cela, cependant, d'autres porte-paroles de la police avaient prétendus que 10 personnes au moins seraient impliquées dans un "réseau" - apparemment de simples suppositions.

Troisièmement, y avait-il des liens et des motifs internationaux? Initialement, il était implicite que le "réseau" supposé comportait 10 étrangers impliqués - mais il a fallu trois jours pour la police thaïlandaise demande l’aide d’Interpol. Cependant, la participation de terroristes internationaux a ensuite été exclue - apparemment uniquement sur la base de discussions avec des agences de renseignement alliées.

Prayuth a ensuite déclaré hardiment cela, tout en rejetant tout lien avec la déportation récente de 109 Ouïghours en Chine (ce qui pourrait expliquer pourquoi les touristes chinois auraient apparemment été pris pour cible). Pourtant, il a été simultanément signalé que la police avait poursuivi ce qui était sa principale piste, avec la Direction générale spéciale ayant donné un avertissement spécifique sur une attaque possible conte les touristes chinois après le 11 août.

Néanmoins, cela a apparemment été étouffé par Prayuth et ses alliés, qui tentent encore de recentrer l'attention sur les opposants internes. D'autres dans la police ont suggéré un lien avec la criminalité organisée - mais la raison pour laquelle la mafia thaïlandaise aurait voulu commettre un attentat contre le sanctuaire d’Erawan demeure une énigme.

Évidemment, toute attaque de ce genre, qui prend les forces de sécurité au dépourvu, crée de la confusion et de la panique, et un large éventail d'hypothèses doit être étudié pour affiner une enquête. Mais la réaction thaïlandaise est particulièrement chaotique.

Hier, le journaliste de la BBC Jonathan Head a trouvé des fragments de la bombe près du sanctuaire et s’est ensuite retrouvé dans l’incapacité de les remettre à la police - qui a ultérieurement critiqué la propre connaissance d'Head en explosifs.

En effet, la hâte avec laquelle le sanctuaire a été balayé et nettoyé peut avoir sérieusement compromis l'enquête. Prayuth et ses alliés ont de toute évidence donnés la priorité au rétablissement du calme superficiel et du "bonheur" plutôt qu’à l'arrestation des coupables.

Cela évoque d'autant les attentats du nouvel an 2006/07 à Bangkok.

Alors, comme aujourd'hui, le dirigeant militaire de l’époque, Surayud Chulanont, avait instantanément (et sans fondement) blâmé les Chemises rouges. Et tout comme aujourd'hui, les sites des attentats avaient été rapidement balayés et nettoyés, sapant l'enquête.

De même, comme aujourd'hui, le régime a semblé avoir été pris de complet désarroi interne, avec des suspects allant des amis de Thaksin, aux ennemis de Thaksin, à la police, à des factions au sein du régime militaire lui-même.

A l’époque, comme aujourd'hui, les séparatistes musulmans du Sud de la Thaïlande avaient été instantanément montrés du doigt comme suspects – pourtant, actuellement, la meilleure estimation des services de renseignements thaïlandais­ (sur les attentats du nouvel an 2006/07) est que l'Organisation de libération unifiée de Pattani était responsable (éventuellement avec l'aide extérieure de la Jemaah Islamiyah). Ceci est cohérent avec le fait que personne n'a jamais revendiqué la responsabilité – ce qui est une caractéristique des attentats séparatistes dans le Sud.

Cela réfute également la suggestion, répétée aujourd'hui, que les séparatistes n’auraient jamais frappé à l'extérieur du Sud et n’ont jamais fait de mal aux touristes (10 étrangers se trouvaient parmi les 38 blessés).

En fin de compte, personne n'a jamais été pris pour les attentats de 2006. Cela pourrait bien être encore le cas cette fois-ci.

Le professionnalisme, la compétence, l'expertise, l'indépendance politique et la rectitude morale de la police thaïlandaise ne se sont pas sensiblement amélioré au cours des neuf années qui ont suivi; ils apparaissent bien hors de leur profondeur. Prayuth est encore pire que Surayud: paranoïaque, emphatique, bruyant, erratique, idiosyncrasique et ignorant.

Après avoir dirigé une catastrophe en matière de sécurité, il a maintenant tout intérêt à diriger les enquêteurs loin de tout ce dont les militaires pourrait également être blâmé - notamment l'escalade de l’insurrection du Sud et les déportations des Ouïghours.

Sans surprise, Prayuth a immédiatement refusé des offres d'aide extérieure - y compris l'aide du gouvernement britannique – affirmant qu’il s’agissait de tentatives pour "intervenir" en Thaïlande. A la place, sa brillante solution est d’inciter la police thaïlandaise à regarder la série télévisée policière américaine "Blue Bloods" pour y trouver "des conseils, des idées et des connaissances".

Beaucoup de Thaïs perçoivent tout cela comme une honte nationale. Ils ont raison.

Lee Jones est maître de conférences en politique internationale à l'Université Queen Mary de Londres.

Quelques idées? Le général Prayuth parle aux journalistes thaïlandais.

Quelques idées? Le général Prayuth parle aux journalistes thaïlandais.

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20 août 2015 4 20 /08 /août /2015 10:17

La Révolution thaïlandaise de 1973 décrite dans le livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais"

Libérez Somyot a décidé de publier cet extrait très vivant du livre de Sylvia et Jean Cattori tout en annotant entre parenthèses des points communs édifiants entre la répression de l'armée contre les étudiants à l'époque et celle contre les Chemises rouge en 2010.

Voici l'extrait du chapitre 1 du livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais" de Sylvia et Jean Cattori:

"Déployant vos ailes, fuyant cette ville

Oiseaux jaunes, vous nous avez quittés

Volant vers la liberté

Maintenant que votre vie s'est brisée

Comme vous vous élevez dans le ciel

Un nuage blanc demande qui vous êtes

Vos ailes luisent dans la lumière du soleil

De quelle couleur est le monde dont vous rêvez?"

(Poème de Vinay Ukrit à la mémoire des victimes du

soulèvement d'octobre 1973.)

Les dix jours qui ébranlèrent la Thaïlande

Le 6 octobre 1973, la dictature militaire fait arrêter onze personnes qui distribuent pacifiquement une pétition sur la place d'un marché de Bangkok. Rien de bien étrange apparemment dans un pays soumis au régime de la loi martiale. Et pourtant, c'est là l'étincelle qui va faire exploser un mécontentement longtemps accumulé. Dix jours plus tard, les trois dictateurs, le maréchal Prapass Charusathiara, Thanom Kittikachorn et son fils Narong seront contraints de s'enfuir sous la pression d'un soulèvement populaire dont l'ampleur n'a aucun précédent dans l'histoire de la Thaïlande.

Que réclament les hommes arrêtés? La promulgation de la Constitution tant de fois promise et toujours différée. Qui sont-ils? Quelques étudiants ou jeunes diplômés universitaires. Disposent-ils de quelque soutien? Oui, mais bien dérisoire à première vue face à la force des armes que détient la dictature: la pétition du "Mouvement pour la Constitution" qu'ils distribuent est signé par cent intellectuels et ils peuvent compter sur le soutien actif des quelque 100,000 étudiants universitaires du pays regroupés au sein du "National Student Center of Thailand" (N.S.C.T.).

Les dictateurs sont décidés à en finir avec ces étudiants qui défient depuis plusieurs mois l'arbitraire de leur pouvoir. "Il faut faire respecter la loi. Nous pouvons avoir à sacrifier quelque 2 % des centaines de milliers d'étudiants pour la survie du pays" déclare Prapass au cours d'une réunion (1). Excluant toute libération, il déclare publiquement que des livres "communistes" ont été saisis au domicile des inculpés. Mais, malgré l'hystérie anticommuniste entretenue par le pouvoir depuis des dizaines d'années, l'accusation trop souvent brandie ne porte plus. La revendication avancée par le "Mouvement pour la Constitution" est celle des droits démocratiques. Elle est claire pour tout le monde, y compris le petit peuple de Bangkok.

Le 9 octobre, les étudiants décident de boycotter les cours et de se rassembler aussi longtemps qu'il le faudra sur le campus de l'Université Thammasat. C'est par dizaines de milliers que les élèves affluent. La population leur témoigne son soutien par des dons d'argent et de nourriture.

Les dictateurs commencent à prendre avec inquiétude la vraie mesure du mouvement. La radio gouvernementale cherche alors à semer la confusion: elle répand le bruit que des "terroristes armés" sont mêlés aux manifestants (Note de Libérez Somyot; il est intéressant de constater que le gouvernement antidémocratique d'Abhisit Vejjajiva avait répandu exactement les mêmes bruits lors de la répression sanglante du mouvement des Chemises rouges en avril/mai 2010. Cependant, comme en 1973, aucune preuve n'a été donnée pour confirmer ces allégations).

Le N.S.C.T. lance un ultimatum: tous les prisonniers devront être libérés inconditionnellement faute de quoi une "action décisive" sera entreprise.

Des deux côtés on se prépare maintenant à l'affrontement. Le gouvernement met sur pied d'alerte l'armée et toutes les forces de sécurité.

Le 13 octobre, à l'échéance de l'ultimatum, la plus formidable manifestation qu'ait connue la Thaïlande se met en mouvement en direction du Monument à la Démocratie (plus familièrement appelé monument à la faillite de la démocratie). C'est un raz de marée: un demi-million de personnes. Le roi intervient, obtenant de Thanom la libération des prisonniers et la promesse de promulguer la nouvelle Constitution. Certains délégués du N.S.C.T. crient victoire et appellent à la dispersion. Mais pour d'autres, c'est trop peu ou trop tard.

Seksan Prasertkul, un des principaux dirigeants étudiants, se rend bien compte du danger qu'il y a à abandonner la position de force conquise, avant d'avoir obtenu la démission du gouvernement, alors qu'il y a encore des centaines de milliers de manifestants sur place, prêts à poursuivre la lutte. Quelles garanties ont-ils que le trio de dictateurs tienne ses promesses?

Dans la nuit, la tension ne cessant de monter, Seksan qui a pris le commandement de la manifestation dirige la foule vers la résidence du roi pour obtenir des assurances.

Un message du souverain est lu publiquement.

C'est l'aube du 14 octobre: les manifestants commencent à se disperser. Mais la police intervient. Des grenades lacrymogènes éclatent, on entend siffler des rafales d'armes automatiques. Les premières victimes tombent. Le bruit que "des étudiantes ont été battues à mort" se répand comme une traînée de poudre.

A Thammasat, on commence à fabriquer des cocktails Molotov. La radio diffuse des nouvelles falsifiées: les étudiants utiliseraient "des armes à feu contre les policiers" (Note de Libérez Somyot; encore une fois cette même vieille propagande a été utilisée contre les manifestants pacifistes chemises rouges en 2010). De sévères mesures de répression sont annoncées. En réalité, face aux soldats en armes et face aux tanks, la foule massée n'a guère que quelques bâtons.

Les rafales partent. Des gens se jettent au sol, rampant pour chercher un abri. Une centaine de corps restent sur le terrain. Dès lors, la manifestation vire à l'insurrection.

Le long de l'avenue Radjdamnoen oû se concentrent les affrontements, les forces de police n'épargnent même pas les équipes de secours, mitraillées alors qu'elles cherchent à relever les corps (Note de Libérez Somyot; le 19 mai 2010, les militaires ont tirés sur des infirmières et des secouristes qui tentaient d'aider les blessés au Wat Patum à Bangkok, une infirmière a été tuée). Les hôpitaux débordent de blessés. Parmi les victimes, il y a plus de gens du menu peuple que d'étudiants.

Malgré l'horreur, les scènes déchirantes, les hélicoptères qui tirent sur tout ce qui bouge, les manifestants défient les soldats avec une audace insensée. Ce n'est plus une insurrection étudiante mais un soulèvement populaire.

La colère de la foule se tourne contre les bâtiments publics, symboles de la corruption et d'un pouvoir détesté.

Sous la pression populaire grandissante, le roi annonce la démission de Thanom. L'armée se retire. L'affrontement va-t-il cesser?

Dans le feu du combat, la chute des trois dictateurs est clairement devenue le but de l'insurrection. Mais sont-ils vraiment tombés? Ce n'est pas l'avis de tous [...]

(1) Réunion du 8 octobre 1973 au Ministère de l'Intérieur

Sylvia et Jean Cattori

Le journal "Bangkok Post" du 14 octobre 1973

Le journal "Bangkok Post" du 14 octobre 1973

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19 août 2015 3 19 /08 /août /2015 12:35

L'ampleur de l'explosion d'une bombe mortelle à Bangkok lundi dernier signifie qu'il est peu probable que cet attentat soit motivé par la politique intérieure, écrit l'analyste Pavin Chachavalpongpun. Voici quelques considérations clés.

Lien:

http://www.bbc.com/news/world-asia-33970901

 

Le sanctuaire ciblé fournit un indice

Beaucoup peuvent négliger l'emplacement de cette attaque, mais finalement il pourrait se révéler crucial.

Le sanctuaire d’Erawan est un endroit populaire, une attraction touristique, et si l'on voulait vraiment avoir un impact maximal, ce serait la cible évidente.

Mais la culture thaïlandaise est bouddhiste et parmi ses valeurs se trouve la tolérance religieuse. Un tel symbole religieux n’est pas le genre de cible qu’un quelconque rebelle thaï choisirait, ce qui me donne à penser que ceux qui sont derrière cette attaque peuvent ne pas être thaïlandais.

Il ne s’agit pas de pointer du doigt les autres religions par une telle affirmation mais simplement de dire que si cela concernait la politique intérieure, le sanctuaire d’Erawan ne serait pas l'endroit idéal pour mettre en place ce drame particulier.

Le sanctuaire d’Erawan est populaire parmi les touristes mais aussi parmi la population locale

Le sanctuaire d’Erawan est populaire parmi les touristes mais aussi parmi la population locale

La violence politique se joue sur une plus petite échelle

L'ampleur des dégâts est trop, trop grande, trop salissante. Si quelqu'un voulait réaliser un programme national, un tel carnage serait inutile.

La Thaïlande a connu des incidents dans le passé où quelqu'un pouvait jeter une grenade qui blessait quelques personnes pour faire passer son message politique, mais cela n’allait généralement pas plus loin.

Les théories sur les séparatistes et les Ouïghours

Il y a des théories comme quoi cela pourrait être lié au conflit séparatiste musulman dans le sud de la Thaïlande, mais la violence politique a toujours été limitée aux trois provinces du sud – elle n’a jamais atteint la capitale.

D'autres ont mentionné la minorité musulmane ouïghoure en Chine. Des membres de cette dernière seraient furieux que la Thaïlande ait déporté des réfugiés ouïghours en Chine, où la minorité se plait de la persécution, et auraient voulu punir l'Etat thaïlandais, selon eux. Mais nous n’avons pas suffisamment d’indices à ce stade pour soutenir cette théorie.

Cependant, les réseaux terroristes internationaux revendiquent généralement leur responsabilité rapidement après un attentat, ce qui n'a pas été le cas jusqu'à présent.

Une défaillance des services de sécurité

Une chose est claire – c’est qu’il s’agit d’un échec des services de renseignement du gouvernement.

La sécurité est très laxiste à Bangkok et les autorités prenaient pour acquis que, dans un pays bouddhiste personne ne ferait une telle chose.

Il a été prouvé maintes et maintes fois avec les soi-disant complots anti-monarchie qu'il n'y a pas de service de renseignement, seulement de l'imagination et des boucs émissaires.

Le gouvernement a commencé à blâmer un "groupe anti-gouvernemental basé dans le Nord-est de la Thaïlande" une référence au mouvement chemise rouge qui soutient l'ancien dirigeant en exil Thaksin Shinawatra.

Le gouvernement pourrait prendre avantage de cette situation pour affirmer sa légitimité et justifier le fait de rester au pouvoir plus longtemps.

Le gouvernement pourrait prendre avantage de cette situation pour rester au pouvoir plus longtemps

Le gouvernement pourrait prendre avantage de cette situation pour rester au pouvoir plus longtemps

Mais aucune des théories avancées n’est totalement convaincante vu le peu d'informations que nous avons jusqu'ici.

Et l'ampleur de cette attaque menace de réduire la confiance du public dans la sécurité et celle des investisseurs dans l'économie.

Aucun groupe militant international n’a revendiqué l'attentat. Mais ce dernier ne ressemble pas du tout aux tactiques adoptées par les acteurs nationaux.

Si cet attentat se révélait être une partie d'un programme de politique intérieure, cela représenterait un changement radical.

Pavin Chachavalpongpun est un professeur agrégé au Centre de l'Université de Kyoto pour Southeast Asian Studies. C’est aussi un exilé politique depuis qu’il a refusé courageusement de se rendre à la convocation du général Prayuth quelques jours après le coup d’Etat de mai 2014.

Le professeur Pavin Chachavalpongpun et Thaksin Shinawatra lors d’un diner le 18 aout dernier (hier) en Allemagne

Le professeur Pavin Chachavalpongpun et Thaksin Shinawatra lors d’un diner le 18 aout dernier (hier) en Allemagne

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 17:49

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/08/18/bomb-poses-unanswered-questions/

 

L'attentat à la bombe de Bangkok n'a pas encore été attribué et cela pourrait rester comme ça si aucune preuve réelle n’est découverte. Ce que l'on peut dire est qu'il semblait cibler les touristes asiatiques, bien que ce ne soit juste qu’une supposition éclairée. Naturellement les théories du complot abondent et, comme le rapporte le Guardian, la junte se raccroche à une branche, essayant de dissimuler son incompétence. Le danger est que Prayut cherche à résoudre cet incident avec une "efficacité militaire", conduisant ainsi à l'arrestation de boucs émissaires et ensuite en créant des liens fictifs avec des opposants à la junte. Beaucoup de théories du complot peuvent être exclues. Il est peu probable que la junte ait posée la bombe elle-même, car elle sait qu'elle peut prolonger son influence politique sans avoir besoin d’une telle excuse. Le processus anti-réforme garantira la poursuite de l’influence la junte. La plupart des experts ont exclu une responsabilité des combattants de Patani. Ils excluent également les militants des Chemises rouges, malgré le fait que la junte ait essayé d’impliquer ces derniers. Pointer du doigt un terrorisme dit de style international est tout simplement un non-sens parce que les objectifs ne correspondent pas. Nous devrons attendre et voir s’il y aura des réponses claires dans les jours à venir ou si cela deviendra un autre de ces mystères thaïlandais non résolus.

Le sanctuaire d'Erawan le lendemain de l’attentat qui a couté la vie a 27 personnes

Le sanctuaire d'Erawan le lendemain de l’attentat qui a couté la vie a 27 personnes

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18 août 2015 2 18 /08 /août /2015 12:11
La bombe a explosé le 17 aout à 18 heures 55

La bombe a explosé le 17 aout à 18 heures 55

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https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=1021074127903013&id=249235548420212

 

Déclaration de Jakrapob Penkair, porte-parole des Thaïlandais Libres pour les droits de l'homme et la démocratie (Seri Thai) à propos de l'attentat de Bangkok:

Il est tout à fait innommable pour moi de voir les images horribles de plusieurs personnes assassinées et blessées à Bangkok. Mes condoléances vont directement aux disparus, à ceux qui sont blessés, et à tous leurs proches. Nous exigeons une enquête rapide et la plus efficace possible pour aller au bout de [la vérité sur] cet acte barbare, et nous ferons tout ce que nous pourrons pour soutenir un tel effort.

Certaines questions fondamentales sur ce sujet:

1. Qui en Thaïlande a en possession de telles armes de destruction massive?

2. Le sanctuaire d'Erawan est exactement celui où un homme mentalement perturbé avait été embauché pour détruire la statue brahmanique pendant le gouvernement élu du Dr. Thaksin Shinawatra (NDT; le 21 mars 2006). Depuis que le porte-parole de la police thaïlandaise vient d'annoncer que la bombe avait été attachée à un pilier du sanctuaire, on doit se demander si les gens en charge de ce même sanctuaire sont impliqués dans cet incident.

3. Cette situation peut retarder le retour à la démocratie en Thaïlande. Qui bénéficierait d'un tel retard?

Jakrapob Penkair

Jakrapob Penkair

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16 août 2015 7 16 /08 /août /2015 13:53

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/08/15/thailand-and-the-second-world-war/

 

A l'occasion du 70eme anniversaire de la fin de la Seconde Guerre mondiale, ce court article revient sur l'attitude de la Thaïlande pendant la guerre.

Lorsque les Japonais ont envahi la Thaïlande à la fin de 1941, le gouvernement thaïlandais du Field Marshall Pibun n'a pas vraiment résisté. Pibun a ensuite déclaré la guerre à la Grande-Bretagne et aux États-Unis.

Il convient de noter que l'armée thaïlandaise n'a jamais vraiment défendu le pays contre des invasions extérieures. Ses armes et son matériel sont utilisés principalement afin de renforcer son pouvoir politique et pour réprimer les citoyens radicaux et pro-démocratie.

Pibun a rapidement conclu un accord avec les Japonais qui cherchaient principalement à attaquer les Britanniques en Birmanie et en Inde. Les chemins de fer de la "mort", reliant Singapour et la Birmanie étaient un élément clé de cette stratégie et la Thaïlande a permis la libre circulation aux japonais entre Singapour occupé par le Japon et la frontière birmane.

Le chemin de fer a été construit dans des conditions terribles utilisant des travailleurs esclaves. Deux cent cinquante mille travailleurs forcés chinois, malais et autres asiatiques ont été utilisés par les Japonais et on estime que près de la moitié d'entre eux sont mort lors de ce processus. Sur les 61,000 prisonniers de guerre alliés qui ont été forcés de travailler à la construction du chemin de fer, 16,000 sont morts. Des ouvriers thaïlandais payés ont d'abord été utilisés par les Japonais, mais ils avaient tendance à échapper aux conditions difficiles.

L'alliance de Pibun avec les Japonais a été contestée par la gauche et les libéraux thaïlandais, le plus important des opposants étant Pridi Panomyong, qui était le principal rival politique de Pibun et de sa dictature militaire.

Aussi bien Pibun que Pridi avaient déjà joué un rôle de leadership lors de la révolution de 1932 contre la monarchie absolue et Pibun est resté une figure unique parmi les généraux de l'armée thaïlandaise car il était antiroyaliste. Son régime militaire a fait bâtir le "monument de la Démocratie" en 1939 comme un monument anti-monarchie. Les visiteurs du monument, qui seront assez courageux pour traverser le rond-point très fréquenté, noteront les images plutôt "héroïques" des citoyens thaïlandais. Cependant, il n'y a aucune image représentant la monarchie. Si vous visitez le monument aujourd'hui, il est préférable de ne pas ressembler à un partisan de la démocratie ou vous pourriez être arrêté par les soldats ou la police de la junte.

Malgré les points de vue anti-monarchie de Pibun, ce dernier et le général Prayut d'aujourd'hui partagent la même tendance à l'égoïsme et l'habitude de faire des déclarations stupides. Pibun a décrété que tous les Thaïlandais devaient porter des chapeaux et des chemises et que tous les hommes devaient "embrasser leurs femmes pour leur dire au revoir avant d'aller travailler le matin". C'était son idée de la civilisation moderne.

Pridi Panomyong a organisé le mouvement clandestin des Thaïlandais Libres (Seri Thai) pour s'opposer aux Japonais et utilisé le nom de code "Ruth" pendant les opérations. Le Mouvement des Thaïlandais Libres a établi des liens avec les Britanniques et les Américains pendant la guerre. Mon père, qui était étudiant en Grande-Bretagne à l'époque, a rejoint le Mouvement des Thaïlandais Libres et a été enrôlé dans la British Force 136. Ses camarades et lui ont été parachuté en Thaïlande à la fin de 1944. Leur mission était de transmettre des renseignements sur les mouvements militaires japonais aux Britanniques en Inde et aussi de faire sauter la voie ferrée à un moment opportun. Cependant, ils ont été capturés par la police thaïlandaise et emprisonnés. Malgré cela, ils eurent bientôt la liberté de se déplacer en dehors de la prison la nuit, après que l'officier de commandement japonais soit rentré chez lui. Ceci parce que les membres des Thaïlandais Libres avaient recruté le chef de la police thaïlandais dans leur mouvement. Ils étaient donc en mesure d'envoyer des renseignements aux Britanniques.

Dans la dernière année de la guerre Pibun a été poussé hors du pouvoir et Pridi est devenu la figure politique la plus influente, bien que les troupes japonaises soient encore stationnées dans le pays. Les Britanniques ont brièvement bombardé Bangkok en avril 1945, coupant l'électricité et l'approvisionnement en eau. À la fin de la guerre, la Grande Bretagne a initialement exigé des réparations sous la forme d'expéditions de riz en Malaisie et la France a exigé le retour des territoires indochinois occupés par le régime de Pibun après que les Français aient été temporairement maîtrisés par les Japonais. L'administration française en Indochine était alliée au régime de Vichy.

Le "Monument de la Victoire" à Bangkok est un autre exemple des projets architecturaux "fascistes" de Pibun, tout comme le Monument de la Démocratie, le bâtiment de la "General Post Office" et l'ancien bâtiment administratif provincial d'Ayuttaya. La soi-disant "victoire" était une guerre courte et peu concluante avec les Français qui a eu lieu à la fin de 1940. Après la victoire des Alliés en 1945, la Thaïlande a été forcé de rendre tous les territoires qu'elle avait occupés.

En novembre 1947 Pridi a perdu tout son pouvoir et son influence, après un coup d'Etat militaire pro-Pibun. Il est finalement décédé en exil à Paris en 1983.

Voir aussi :

http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/05/la-thailande-et-la-deuxieme-guerre-mondiale.html

La Thaïlande et la Seconde Guerre mondiale
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