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15 août 2015 6 15 /08 /août /2015 06:32

Le livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais", publié en 1979, est le seul livre en français sur l'histoire de la crise politique des années 70 en Thaïlande et sur le massacre qui a eu lieu à l’université Thammassat de Bangkok le 6 octobre 1976. Il a été écrit par Sylvia et Jean Cattori qui se trouvaient sur place et c'est un témoignage unique sur cette période. Le livre est introuvable en librairie mais peut se commander sur l'internet.

La meilleure critique de ce livre est la préface de ce dernier signée Jean Ziegler et écrite elle-aussi en 1979. Certains passages de cette dernière sont d'avant-garde et il n'y aurait pas beaucoup de mots à changer pour décrire la situation d'aujourd'hui. Voici cette préface:

"Dans la nuit de nos doutes: une trouée de lumière

"La logique de tous les jours ne doit pas se laisser intimider lorsqu'elle visite les siècles." Brecht

Sylvia et Jean Cattori sont d'abord deux témoins, "d'honnêtes gens" tels que les définit Montaigne. Partis de Suisse avec leurs deux enfants en 1975, ils ont vécu à Bangkok pendant deux ans. Jean travaillait en Asie en qualité de fonctionnaire de l 'O.N.U. Sa femme Sylvia, journaliste, y assurait la correspondance de divers journaux dans le monde.

Vint le 6 octobre 1976. Les étudiants de Bangkok tentent de s'opposer au retour des militaires chassés du pouvoir trois ans plus tôt par un soulèvement populaire. Des centaines d'étudiants sont massacrés par les troupes spéciales de l'armée entrainées par les instructeurs américains et la police politique, que les "experts" de la C.I.A. ont formée. La dictature se réinstalle et déclenche une brutale chasse à I'homme. Spontanément, Sylvia et Jean Cattori ouvrent leur maison aux persécutés. Ils abritent des gens en fuite, traqués par la répression. Des liens d'amitié se nouent. Certains des opposants sauvés par eux vont rejoindre les maquis du Parti communiste thaïlandais. Un jour un messager arrive qui est chargé de conduire Sylvia dans les bases de guérilla. Elle deviendra ainsi la première journaliste occidentale à avoir pénétré dans le maquis thaïlandais.

Après leur retour en Suisse, pendant plus d'une année, Sylvia et Jean Cattori rédigent un livre à partir de leur expérience. Le résultat: un texte d'amour et d'espérance, une analyse minutieuse et passionnée d'une des sociétés les moins connues, les plus complexes et les plus riches en symboles culturels de tout le Tiers Monde.

Souffrant, comme d'une blessure personnelle, de l'image mensongère dont l'idéologie impérialiste, secondée par toute une littérature de thèses universitaires dévoyées, affuble la Thaïlande - celle d'un pays "heureux", jamais colonisé, doté d'une royauté populaire et de femmes qui exercent, dans le bonheur, la prostitution au profit de centaines de milliers de touristes - Sylvia et Jean Cattori ont voulu dire, par ce livre, la vraie vie du peuple thaï.

La première signification qu'ils donnent au concept de vérité est celle-ci: montrer les rapports de force économiques qui constituent les fondements de l'actuelle idéologie dominante en Thaïlande. Procéder, comme le dit Horkheimer, à la saisie réelle, non idéologique, non médiatisée de l'objet. Pour ce faire, Sylvia et Jean Cattori utilisent la "logique de tous les jours" (Brecht), c’est-à-dire les catégories exigeantes de militants "dépaysés" qui tentent de comprendre les problèmes, les combats, le destin d'un peuple qui les accueille et qu'ils aiment. Cette logique de tous les jours s'articule autour de quelques questions simples mais fondamentales: Qui sont les dominateurs? Qui sont les serfs? Dans quelle histoire s'enracine la dépendance? A qui profite-t-elle ? Quelles sont les structures sociales, symboliques qui la perpétuent? Quelle est l'identité du peuple asservi et quelles sont la force, l'espérance, le refus qu'elle abrite? Quelles sont les avant-gardes de ce peuple? Quelles alliances transnationales concluent-elles? En vue de quelle stratégie de libération?

Sylvia et Jean Cattori, contentieusement, minutieusement, répondent à chacune de ces questions. Leur livre ressemble à un de ces puits que j'ai vu au Sahara: en forant profondément le sol à un point donné de l'immense territoire, l'explorateur atteint la nappe d'eau qui, de I'Hammada de Tindouf au Hoggar, alimente une vaste région aux horizons étendus. L'étude minutieuse d'une société révèle ainsi les contradictions générales, les craintes, les espérances qui habitent aujourd'hui des dizaines de sociétés asiatiques, latino-américaines, africaines, agressées, asservies par le capital monopolistique transnational et les Etats (Etats-Unis, France, Suisse, etc.) qui le servent.

Le beau et puissant livre de Sylvia et Jean Cattori apparaît dès maintenant comme un ouvrage classique auquel la sociologie des sociétés périphériques, la sociologie de l'impérialisme, feront référence à chaque fois qu'elles tenteront de comprendre l'une ou l'autre des séquences événementielles de la lutte de classes en Asie du Sud-Est.

J'ai dit quelle est la genèse sociale du livre, l'origine de ses auteurs, la passion qui les anime. Je vais maintenant dire quelles sont les idées-forces, les parties absolument originales des analyses empiriques et théoriques qu'ils présentent. Je résume en quelques phrases et schématiquement deux problèmes dont l'exposé novateur, fait par Sylvia et Jean Cattori, fera date dans la sociologie de l'impérialisme.

1 - Il y a d'abord les analyses du deuxième chapitre. La Thaïlande, l'ancien Siam, est le seul des pays d'une région à fortes turbulences qui n'a jamais été envahi par une puissance coloniale - l'armée japonaise mise à part. D'où la naissance d'un mythe, celui de la Thaïlande gouvernée par des monarques éclairés et aimés du peuple, où des rizières abondantes assurent à tous les Thaïs une vie libre et douce, dépourvue de misère et d'angoisse du lendemain.

Cette Thaïlande ressemble aux descriptions des prospectus touristiques destinés aux Japonais et aux Occidentaux.

Sylvia et Jean Cattori détruisent cette vision idyllique. Ils montrent qui la colporte et en vue de quelles stratégies de domination. Leur livre produit ici un indispensable complément au chapitre II de l'ouvrage de René Dumont: "Paysans écrasés, terres massacrées" (1). Dumont y démontre le système usurier, les spoliations par les multinationales de l'agrochimie, par l'oligarchie compradore indigène, responsables de l'inéluctable déchéance et de la sous-alimentation d'un tiers environ des paysans thaïlandais. Cette même agriculture était, il y a trois générations encore, l'une des plus prospères du monde, capable de nourrir largement son peuple. Aujourd'hui, les bidonvilles de Bangkok et des autres grandes villes abritent des centaines de milliers de paysans-prolétaires déchus. Ceux-ci et leurs familles vivent dans un chômage permanent, dans le désespoir, la sous-nutrition et la misère. Là où Dumont analyse le fonctionnement synchronique contemporain d'un système d'exploitation, Sylvia et Jean Cattori révèlent une histoire des racines et des stratégies sociales.

En déclenchant, à partir de 1958, un processus de "modernisation" conforme aux vues de soi-disant "conseillers au développement", la classe dominante thaïlandaise visait non point à l'amélioration des conditions de vie précaires du peuple mais, au contraire, à la mise en place de structures destinées à faciliter l'exploitation capitaliste. Dans leur analyse, les auteurs montrent les mécanismes de cette "modernisation" et surtout ses conséquences sociales: une profonde crise de l'agriculture, due au cercle vicieux investissement/endettement, un formidable exode rural allant de pair avec un mouvement de concentration des propriétés agricoles, la constitution d'un prolétariat urbain, une paupérisation accélérée de la majorité du peuple. Ainsi, en Thaïlande, pays des sourires (ou des grimaces) pour les touristes, un tiers des paysans et la moitié des citadins vivent aujourd'hui "dans l'absolue pauvreté" (selon l'expression de I'O.N.U.).

L'agression extérieure contre l'économie et l'identité culturelle du peuple thaï est le fait, avant tout, du capital transnational nord-américain et de ses alliés d'Europe occidentale et du Japon. Cette colonisation de l'économie thaïe par l'étranger se révèle apparemment aisée, ceci pour deux raisons:

Une vieille oligarchie terrienne autochtone qui s'articule autour de la dynastie royale, affaiblie par les luttes intestines, est - dans sa majorité - prête à collaborer avec l'agresseur. Celui-ci lui laisse quelques miettes. Cependant, cette oligarchie interne n'est pas en mesure de jouer efficacement le rôle de relai interne entre le peuple asservi et l'agresseur étranger, rôle que le maître nord-américain exige d'elle. En conséquence, les services spécialisés du Pentagone, de la C.I.A. et du Département d'Etat font naître au sein des forces armées thaïes, "restructurées" par leurs soins, une bourgeoisie militaire compradore. Celle-ci vit essentiellement des subventions de Washington et du droit régalien au pillage des entreprises nationales que lui confère sa position comme seule force réellement organisée des couches dominantes. La dictature militaire devient le lot coutumier de la Thaïlande. Elle s'exerce tantôt brutalement, à visage découvert, tantôt de façon camouflée, abritée derrière un régime parlementaire de façade, son ossature étant une soldatesque formée par les "conseillers" américains. Les unités les plus représentatives de cette armée thaïlandaise "restructurée" sont les fameux bérets noirs (Police des frontières). En juin 1979, les téléspectateurs occidentaux ont pu voir ces vaillants soldats en action. Ils se sont illustrés par le refoulement systématique vers les champs de mine, vers la mort, de dizaines de milliers d’hommes, de femmes et d'enfants cambodgiens en fuite.

Comme au Chili, en Argentine, en Uruguay, au Zaïre, en Indonésie, aux Philippines, la métropole impérialiste met en place dans sa colonie de Thaïlande un système d'oppression, d'exploitation, dont les principaux agents locaux sont les militaires autochtones et dont les bénéficiaires sont les sociétés multinationales nord-américaines et japonaises. Mais comment, pourquoi, un peuple si puissant, doté d'une longue histoire et d'une identité culturelle presque intacte (jusqu'aux années 40 de ce siècle), s'est-il laissé soumettre à la volonté étrangère avec autant d'apparente facilité?

La structure traditionnelle de la société et notamment son institution-clé, la royauté, jouissaient et jouissent encore aujourd'hui de l'attachement affectif, de la considération d'une majorité des Thaïs: Or, cette royauté, cette oligarchie traditionnelle ont maintenu - à l'usage interne - un discours "populaire" respectueux des engagements religieux, des principes moraux traditionnels de la société autochtone. Leur trahison s'est tramée derrière des portes closes. De sorte qu'aujourd'hui encore, la protection du roi est invoquée contre la spoliation, l'agression, la déchéance dont sont victimes des centaines de milliers de familles thaïlandaises.

La partie de l'ouvrage de Sylvia et Jean Cattori qui décrit la lente destruction de la culture thaïe, la désagrégation de ses forces de résistance est l'une des plus fascinantes de tout le livre. j'insiste sur ce point: en analysant avec précision le cas thaï, Sylvia et Jean Cattori révèlent du même coup une stratégie mondiale d'aliénation, de réification, d'homogénéisation des consciences collectives de peuples dépendants qui, à mon avis, doit devenir l'un des objets d'étude prioritaire de la sociologie naissante de l'impérialisme.

L'impérialisme culturel qui sous-entend, pour le légitimer, cet impérialisme économique, politique et militaire, transforme le système symbolique lui-même. Le système culturel hétérogène du XIXe siècle se mue aujourd'hui en un système de violence symbolique unilatérale. La mondialisation du capital s'accompagne de la mondialisation des significations décrétées par l'oligarchie impérialiste qui en a besoin pour régner. Ce système de violence symbolique - qui n'a plus rien à voir avec les systèmes culturels qu'il détruit sur son passage - est destiné à créer, à l'échelle planétaire, les conditions mentales, culturelles, psychologiques d'une praxis incontestée de l'exploitation. L'impérialisme détruit, par la répression policière, l'endoctrinement techno-gestionnaire des classes dominantes autochtones, la prise en main totale des moyens locaux de communication sociale, la ou les cultures des peuples asservis. Pour les remplacer par quoi? Par rien, ou plus précisément par le discours de la pure rationalité marchande qui réduit l'homme à sa fonctionnalité marchande, qui le prive .de toute identité autre que celle qu'il reçoit du système de production et de reproduction marchande, dont il est désormais un rouage interchangeable. Max Horkheimer: "Alle Geschichte ist Warengeschichte." L'histoire n'est plus désormais histoire d'hommes, histoire de peuples, mais histoire de marchandise. La marchandise devient - pour les dominateurs comme pour les dominés - le sujet sinon exclusif, du moins principal, de leur histoire. Or, le système de violence symbolique de l'impérialisme du capital multinational évacue systématiquement toute question ontologique. Georges Balandier: la société capitaliste marchande a perdu jusqu'au "goût de la recherche du sens."

2 - La deuxième série d'analyses de l'ouvrage de Sylvia et Jean Cattori, qui fera date dans la sociologie de l'impérialisme, est l'étude du combat militaire, du débat théorique, de l'organisation sociale du Parti communiste thaïlandais. Comme dans la plupart des pays de l'aire tricontinentale, les militants communistes sont l'espoir le plus solide des peuples dominés. Le Parti communiste - en Thaïlande comme ailleurs - a réuni, de sa fondation jusqu'à aujourd'hui - un grand nombre de patriotes parmi les plus sûrs, les plus combatifs, les plus déterminés, et les personnes les plus humainement riches et intelligentes de tout le peuple.

Il est devenu de bon ton, aujourd'hui, dans une partie de la presse occidentale, de jeter l'anathème sur tous les mouvements communistes du Sud-Est asiatique. L'effroyable tragédie des réfugiés du Cambodge, du Laos et du Viêtnam, au printemps et à l'été 1979, a servi de prétexte pour oublier et dénigrer un demi-siècle de luttes populaires et patriotiques conduites par les communistes. Sylvia et Jean Cattori restituent, pour la première fois à ma connaissance, la genèse du mouvement et l'intégralité du drame actuellement vécu par le Parti communiste de Thaïlande. La première organisation marxiste du pays a été fondée en 1930, date à laquelle s'est constitué le P.C. Indochinois, sous la conduite d'Hô Chi Minh. En 1942 naît, dans les maquis antijaponais, le Parti communiste thaïlandais (P.C.T). Mais ce n'est qu'en 1965, avec le déclenchement de la guérilla rurale, que le P.C.T commence à compter sur la scène nationale et internationale. Aujourd'hui, ses militants, ses organisateurs, ses syndicalistes, ses guérilleros sont présents dans la plupart des 71 provinces du pays. D'importantes bases rouges existent au Nord, au Nord-Est et au Sud du pays, assiégées par l'armée gouvernementale, entourées de champs de mines et arrosées à l'artillerie et au napalm. Depuis plus de 14 ans, ces bases tiennent bon. Elles accueillent constamment des persécutés politiques, des paysans affamés et leurs familles qui fuient les zones gouvernementales.

Sylvia Cattori a séjourné pendant de longues semaines dans les zones de guérilla. Ce qu'elle raconte sur les maquis - scolarisation des enfants, mise en place d'un réseau sanitaire, réforme agraire, soins à la population civile - me rappelle presque mot pour mot, image pour image, ce que j'avais vu dans les maquis de Guinée-Bissau en 1974, dans les camps palestiniens en 1978, et les territoires libérés par les combattants sahraouis au Sahara occidental en mars 1979.

Une révolution est en marche qui concrétise les espérances les plus immédiates, les plus "simples", les plus urgentes du peuple, celles de manger, de former ses enfants, de guérir ses malades, de cultiver ses champs et d'être libre sur une terre libérée. Nazim Hikmet: "Le socialisme, c'est quand les lois désignent le bonheur comme le devoir de l'homme".

Mais la survie des bases rouges, des territoires libérés, de ce rêve d'une société thaïlandaise fraternelle, unifiée, libre, ne dépend pas que des capacités de résistance et de combat de la guérilla. Elle dépend aujourd'hui - aussi et surtout - de la constellation communiste dans tout le Sud-est asiatique, des alliances que le P.C.T. est en mesure de conclure avec les Etats et partis communistes.

Or la situation est dramatique. Je cite Sylvia et Jean Cattori: "C'est le refus de Pékin de constituer avec l'U.R.S.S. un Front uni pour la défense de la révolution vietnamienne qui va marquer le grand tournant en 1965. Dès cette date, les relations sino-vietnamiennes vont se dégrader et s'accompagner d'une détérioration des rapports entre le P.C. vietnamien et le P.C. khmer. Pour les Vietnamiens confrontés à l'escalade militaire américaine, le Front Uni qu'ils réclamaient avait bien sûr une importance vitale. Le refus de Pékin sera suivi, non pas d'un arrêt de l'aide chinoise mais d'une désorganisation des acheminements de matériel consécutive aux chambardements de la révolution culturelle. Encore une chose qui n'arrange guère Hanoï. Vers 1970, la Chine se met à désigner l'U.R.S.S. comme "l'ennemi principal" et à considérer les Etats-Unis comme un allié potentiel. La visite de Nixon à Pékin, qui va avoir lieu au plus fort des bombardements américains sur le Vietnam du Nord, sera ressentie à Hanoï comme une véritable trahison. Le point le plus important du Communiqué de Changhaï qui couronna le voyage de Nixon consistait en une clause secrète se résumant à un marchandage fait sur le dos des Vietnamiens: les Etats-Unis lâcheraient Taïwan mais pourraient rester en Indochine. Les Chinois auraient pressé Hanoï d'accepter cet arrangement et la réunification ultérieure du Vietnam aurait suscité la colère de Pékin. Les Vietnamiens n'oublieront pas ce lourd passé même s'ils tenteront encore en 1975 de prêcher une réconciliation entre Chinois et Soviétiques.

D'excellents livres ont été écrits dans le passé, comme ceux d'Edgar Morin, Pierre Daix, Claude Lefort, Arthur London, Dominique Desanti, Paul Noirot, etc., sur la tromperie dont ont été victimes des militants communistes européens ayant voué une partie de leur vie soit au Komintern soit à l'un des partis communistes d'Orient ou d'Occident sous Staline. Mais personne, à part Sylvia et Jean Cattori, n'a encore dit le drame intime que vivent aujourd'hui des milliers de militants communistes asiatiques et notamment thaïlandais, pris dans les remous et les prolongements du conflit sino-vietnamien. Or ces drames sont déchirants pour les hommes et les femmes qui ont pendant des années sacrifiés leur énergie et parfois leur vie à la cause communiste.

Par ailleurs, l'exode de centaines de milliers d'habitants du Sud-Est asiatique, l'horrible tragédie des réfugiés cambodgiens et vietnamiens, au lendemain des éblouissantes victoires contre le géant américain, mobilise l'attention du monde.

En l'absence d'analyses sur cette région de l'Asie, cette mobilisation nourrit une violente campagne de calomnies contre l'ensemble des mouvements de libération conduits par les communistes. Contre cela, les militants doivent s'armer.

Les hommes et les femmes conscients de l'histoire de notre temps doivent s'informer. Le beau livre de Sylvia et Jean Cattori est comme une trouée de lumière dans la nuit de nos doutes.

Jean Ziegler

(1) René DUMONT, Paysans écrasés, terres massacrées, Éd. Laffont, 1978."

Pour en savoir plus sur Sylvia Cattori, vous pouvez consulter sa biographie sur le lien suivant:

http://www.silviacattori.net/spip.php?article1

Vous pouvez aussi consulter son excellent site de nouvelles alternatives, "Arrêt sur info", sur le lien suivant:

http://arretsurinfo.ch/ 

La couverture du livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais"

La couverture du livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais"

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14 août 2015 5 14 /08 /août /2015 15:19

La chanson "L'élite" du groupe de hard rock français "Trust" décrit mot pour mot la Thaïlande d'aujourd'hui.

Cette chanson a été écrite en 1979

Paroles:

L'élite

Tes procès on le sait ne sont pas fondés

Dans tes camps on le sait on supprime sans gants

Elle se dit l'élite des peuples civilisés

Elle pourrait arborer sans aucune gêne la croix gammée

Elle a pour principe de protéger les gens

De leur littérature de leurs pensées de leurs chansons

Elle dit que c'est fondé sur l'esprit de liberté

Elle ne fait que parjurer les traités déjà signés

Refrain:

L'élite est entrée sans prévenir

Devant ses chars d'assaut vous n'aviez que des idées

Renforçons l'amitié proclament vos slogans

Amitié enfermant des gens nommés dissidents

[...]

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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 09:44

L'ONU "consternée" par les condamnations pour lèse-majesté en Thaïlande

Un article du journal en ligne "Sputnik"

Lien:

http://fr.sputniknews.com/international/20150811/1017474192.html

 

Les Nations unies se sont déclarées "consternées" par les sentences "disproportionnées" prononcées ces derniers mois pour des cas de lèse-majesté en Thaïlande, citant notamment les deux condamnations vendredi à 28 et 30 ans de prison.

"Nous sommes consternés par les peines de prison scandaleusement disproportionnées prononcées au cours des derniers mois pour des cas de crime de lèse-majesté en Thaïlande", écrivent les Nations unies dans un communiqué publié mardi.

Les poursuites et condamnations pour lèse-majesté sont en constante augmentation depuis un peu plus d'un an.

Depuis leur prise de pouvoir par un coup d'Etat en mai 2014, les militaires ont fait de la lutte contre le crime de lèse-majesté leur cheval de bataille, dans un contexte de grande incertitude liée à la succession du roi, actuellement hospitalisé et soigné pour une infection à la poitrine et une hydrocéphalie, d'après un communiqué du palais publié lundi.

La monarchie thaïlandaise est protégée par une des lois de lèse-majesté les plus sévères du monde, ayant pour conséquence une importante autocensure des médias, y compris étrangers.

Le roi est présenté comme un demi-dieu et le bienfaiteur de la nation depuis des décennies. Le culte de sa personnalité encore renforcé depuis le coup d'Etat car le roi est vu comme le ciment d'une nation très divisée.

Dans son communiqué, l'ONU évoque les deux dernières condamnations, parlant des plus "sévères peines" infligées depuis 2006 quand les Nations unies ont commencé à suivre les procès pour lèse-majesté.

La semaine passée, un homme a été condamné à 30 ans de prison et une femme à 28 ans après avoir publié plusieurs messages sur Facebook jugés insultants pour la famille royale.

L'ONU se dit également "alarmée par l'aggravation des difficiles conditions de détention" et par le fait que "les tribunaux militaires ne respectent pas les normes internationales des droits humains, notamment le droit à un procès équitable".

"Nous appelons à la libération immédiate" de toutes les personnes en "détention préventive prolongée pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression", ajoute l'ONU, qui demande une modification de la loi.

"Le discours impitoyable de la junte pour protéger la monarchie encourage les cyber-justiciers à traquer les suspects de crime de lèse-majesté. C'est un triste constat quand des civils sont emprisonnés pour des décennies pour avoir simplement exprimé leurs opinions", estime Andrea Giorgetta de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).

Une Thaïlandaise francophone réclame la libération de Somyot Prueksakasemsuk

Une Thaïlandaise francophone réclame la libération de Somyot Prueksakasemsuk

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 13:20

Auteur de la pétition: Michael Taylor

Cible de la pétition: Conseil des droits de l'homme des Nations Unies CDH

Lien pour signer la pétition (en anglais):

http://www.thepetitionsite.com/takeaction/768/038/355/?z00m=25476575&redirectID=1769153005

Texte de la pétition:

Les Rohingyas sont apatrides, indésirables et opprimés.

Leur persécution dans leur pays d'origine, l'état de Rakhine au Myanmar, a récemment augmenté - le gouvernement du Myanmar ne reconnaît pas les Rohingyas, mais les rejette comme étant des Bengalis étrangers. Fuir au Bangladesh n'est pas mieux; ils ne sont pas les bienvenus là-bas non plus. N'ayant aucun État pour protéger leur intérêt, ils font des esclaves parfaits car ils sont anonymes.

Leur triste situation à la recherche d'un havre sûr s'accompagne de leur désespoir d'échapper aux trafiquants d'êtres humains qui gagnent beaucoup d'argent en les vendant comme esclaves en Thaïlande. Une fois vendus en Thaïlande, ils finissent dans des centres de détention de l'immigration ou des camps de la jungle où ils sont détenus contre leur volonté. L'indignation ne concerne pas seulement les camps de la jungle où ils sont, torturés, violés et assassinés, les survivants étant vendus à des courtiers qui les revendent ensuite comme esclaves à des bateaux de pêche - mais aussi le fait que ce sont les fonctionnaires du gouvernement qui les récupèrent des trafiquants et les vendent à des camps de jungle dirigées par des voyous et la mafia thaïlandaise, tout cela facilité par les responsables thaïlandais et soutenu par les courtiers qui fournissent du travail migrant pas cher aux propriétaires de bateaux.

Les centres de détention du gouvernement ne fournissent pas de refuge; Les responsables thaïlandais collectent les réfugiés des centres de détention, leur réclament une rançon ou les vendent aux courtiers qui les revendent ensuite aux navires négriers.

Dans un pays qui n'a pas de volonté politique pour arrêter ce commerce, et où une vente peut vous faire gagner 30.000 bahts thaïlandais ou 900 dollars US, il n'y a pas d'amélioration en vue pour les migrants rohingyas en Thaïlande.

La Thaïlande est toujours considérée comme un lieu principal de transit ainsi qu'un pays de destination pour l'esclavage, et près d'un demi-million de personnes sont actuellement asservies à l'intérieur des frontières de la Thaïlande.

Bien que le gouvernement thaïlandais ait promis que "la lutte contre la traite des êtres humains est une priorité nationale", des éléments de preuve montrent que cela est loin d'être la réalité.

Cela concerne chacun d'entre nous; Les crevettes thaïlandaises sont vendues dans les supermarchés de Walmart, Carrefour, Costco et Tesco ainsi qu'Aldi, aux États-Unis et au Royaume-Uni (ainsi qu'en France) entre autres. Si vous achetez des crevettes "made in Thailand", vous achetez le produit du travail des esclaves. L'échelle de cette pratique est hallucinante. 300.000 personnes travaillent dans l'industrie de la pêche thaïlandaise, dont 90% sont des migrants escroqués, victimes de la traite et vendus aux bateaux de pêche.

Le trafic des Rohingyas est encouragé par le manque de volonté du gouvernement thaïlandais de faire quelque chose contre le commerce illicite, ainsi que par sa complicité. Cette complicité doit être reconnue et fermement condamné par la communauté internationale. Ceci est plus qu'une pétition, c'est plus qu'une campagne pour attirer l'attention sur un cas tragique; cela donne une voix à tout un peuple ainsi que la chance d'être entendu - il s'agit de changer le sort de milliers de pères, de mères, de leurs fils et leurs filles, tous des sans-voix mais pas oubliés - c'est une question de droits humains.

Signez cette pétition avec moi, et demandez à la Commission de l'ONU sur les droits humains de condamner cela dans les termes les plus forts possibles. C'est là où notre combat commence, et c'est là où cette pratique méprisable se terminera.

Michael Taylor

A gauche les bateaux esclavagistes thaïlandais, à droite des réfugiés rohingyas

A gauche les bateaux esclavagistes thaïlandais, à droite des réfugiés rohingyas

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 09:41

Un statut sur Facebook peut-il vous envoyer en prison? Deux Thaïlandais viennent juste d'en faire l'expérience

Ils ont été condamnés à un total de 58 ans.

Un article de Kristina Marusic

Lien:

http://www.mtv.com/news/2234968/status-updates-prison-thailand/

 

Un homme à Bangkok a été tout simplement condamné à 30 ans de prison pour une série de messages sur Facebook critiquant la royauté thaïlandaise, et une femme à Chiang Mai - qui est la maman de deux jeunes filles - a été condamné à 28 années pour la même raison. Les deux peines étaient du double à l'origine, mais ont été réduites de moitié après que les inculpés aient plaidé coupable pour l'écriture de plusieurs mises à jour de statut critiquant le roi de Thaïlande.

Un juge du tribunal militaire a déclaré que le procès de l'homme avait été maintenu à hui-clos parce que "ce qu'il a écrit était au-delà de l'insulte. Même le procureur ne voulait pas le lire à haute voix ".

La Thaïlande est l'un des quelques pays qui ont encore des lois de "lèse-majesté" dans leur code pénal, qui font qu'il est illégal de dire du mal à propos de la royauté, et la sienne est parmi les plus strictes. Les gens en Thaïlande qui sont accusés d'avoir insulté la monarchie peuvent être condamnés à des peines de prison allant de 3 à 15 ans pour tout acte de "diffamation", et dans ce cas, chaque mise à jour de statut distinct est considéré comme un cas à part.

Le Roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, est âgé de 87 ans et a régné depuis 1950 sans beaucoup de critiques, mais les gens ont commencé à se plaindre de son leadership après que le palais ait soutenu un coup d'Etat militaire controversé en 2006. La BBC rapporte que "le gouvernement militaire actuel, qui est venu au pouvoir à la suite d'un autre coup d'Etat l'année dernière, a fait de la défense de la monarchie une priorité absolue", ce qui peut être la raison pour laquelle ces deux verdicts sont parmi les plus durs qui ont été prononcés dans ce pays pour avoir insulté la royauté.

L'Associated Press (AP) rapporte que plus tôt cette semaine, un homme souffrant de troubles mentaux en Thaïlande avait également été condamné à cinq ans de prison après avoir plaidé coupable d'avoir déchiré un portrait du roi Bhumibol [...]

Attention à ce que vous postez les amis!

Photo: Porntip Mankong, une Thaïlandaise de 26 ans qui purge actuellement une peine de 2 ans et demi pour lèse-majesté

Photo: Porntip Mankong, une Thaïlandaise de 26 ans qui purge actuellement une peine de 2 ans et demi pour lèse-majesté

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 10:31

Il ne peut y avoir de lutte pour la démocratie qui ignore la lèse-majesté alors pourquoi le Mouvement des Thaïlandais Libres garde le silence à ce sujet?

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/08/07/there-can-be-no-struggle-for-democracy-which-ignores-lese-majeste-so-why-is-the-free-thai-movement-silent-about-this/

 

Il y a quelques mois, lors d'un voyage au Danemark, j'ai rencontré des militants thaïlandais pro-démocratie. Beaucoup d'entre eux étaient d'anciens Chemises rouges qui se considèrent désormais comme des membres du Mouvement des Thaïlandais Libres. À ma grande surprise, je découvris que le Mouvement des Thaïlandais Libres était réticents à toute discussion publique ou toute autre position publique à propos de la loi de lèse-majesté.

Il y a quelques semaines lors d'une autre discussion avec deux militants du Mouvement des Thaïlandais Libres, qui sont basés en Europe, il m'a été confirmé qu'il y avait une politique de garder le silence sur la lèse-majesté. Il a été affirmé que la société thaïlandaise "n'était pas encore prête" pour une campagne contre la loi. Ils m'ont expliqué que "les villageois ordinaires ne comprendraient pas" une telle campagne et que les gens accuseraient le mouvement de vouloir renverser la monarchie. Ils croyaient que ce serait un "détournement" de la lutte pour la démocratie.

Somsak Jeamteerasakul estime que la position des Thaïlandais Libres sur la lèse-majesté provient de Taksin et du Parti Pua Thai. Cela semble une conclusion raisonnable, étant donné que Taksin n'a jamais dit un mot sur la nécessité d'abolir la lèse-majesté et que la désastreuse loi d'amnistie du Pua Thai à la fin de 2013 avait spécifiquement exclu les prisonniers politiques pour lèse-majesté tout en proposant de donner l'amnistie aux tueurs de l'Etat. Sur ce point, le Pua Thai et les partisans de la junte militaire actuelle sont en total accord. Pour ces personnes, la lèse-majesté est une "sainte loi" qui ne peut être touchée. Selon leur avis, le soi-disant crime de lèse-majesté est pire que l'assassinat et est une menace "extrêmement grave contre la sécurité nationale".

Sur ce dernier point, la menace contre la sécurité nationale, ces différents membres de l'élite ont une raison pour prétendre cela. Aussi bien les élites conservatrices, en particulier les organisateurs de putschs militaires, que leurs rivaux des élites du camp opposé, celui de Taksin, utilisent la monarchie pour justifier la défense de leurs positions privilégiées. Ceci est ce qu'ils entendent par "sécurité nationale". Pour eux tous, la monarchie est leur justification pour le pouvoir de la classe dirigeante et l'inégalité, un masque pour qu'ils puissent se cacher derrière. La seule différence entre les deux parties est que, pour le camp de Taksin, des élections démocratiques et le soutien électoral écrasant sont un facteur important de légitimation.

Rien de tout cela n'implique que le roi possède un quelconque pouvoir. Comme je l'ai soutenu dans d'autres articles et déclarations, il n'est simplement qu'un outil des élites, en particulier de l'armée. C'est un "dieu synthétique" créé par eux afin de l'utiliser pour diriger le reste d'entre nous.

Mais revenons à la question de la lèse-majesté; l'expansion de l'espace démocratique de la Thaïlande est impossible sans l'abolition de cette loi draconienne. Tous les mouvements ou les organisations des droits de l'homme qui demeureront silencieux sur la lèse-majesté et les prisonniers qui croupissent en prison à cause de cette loi, seront totalement inefficace vis-à-vis de la lutte pour la démocratie.

Aussi bien Somsak que moi pensons que ceux qui ont des positions de premier plan dans le mouvement pour la démocratie ont le devoir de diriger et une partie de cette direction devrait inclure des campagnes contre la loi de lèse-majesté. Sans une telle direction, comment la majorité des citoyens ordinaires de Thaïlande pourrait être persuadé de s'opposer à la lèse-majesté? Comment les gens ordinaires, qui ne sont soumis qu'à un seul côté de la propagande royaliste, pourraient-ils être forcé de penser et de choisir leur camp? Et si cette loi n'est pas abolie comment pourrait-il y avoir la liberté d'expression et la démocratie?

 

Note de Libérez-Somyot: A Bangkok, Un homme vient d'être condamné à 30 ans de prison et à Chiang Mai, une femme à 56 ans de prison pour lèse-majesté.

Manifestante thaïlandaise contre la lèse-majesté

Manifestante thaïlandaise contre la lèse-majesté

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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 13:00

Un article de Saing Soenthrith

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https://www.cambodiadaily.com/news/five-illegal-loggers-shot-dead-in-thailand-so-far-this-year-90748/

 

Cinq Cambodgiens ont été abattus par des soldats thaïlandais alors qu'ils exploitaient la foret illégalement à travers la frontière au cours de la première moitié de l'année, selon les derniers chiffres du gouvernement, ce qui correspond à peu près aux statistiques de l'an dernier pour la même période.

Les tirs mortels contre les bûcherons illégaux par des soldats thaïlandais ont été un point de discorde régulier entre les voisins au cours des dernières années, et faisait partie des sujets discutés mardi lors d'une réunion conjointe de la frontière entre les fonctionnaires thaïlandais et cambodgiens à Poipet.

Au cours des six premiers mois de cette année, cinq bûcherons cambodgiens ont été tués, un a été blessé, 15 ont disparu, 15 ont été emprisonnés et libérés, et 29 demeurent dans les prisons thaïlandaises, a déclaré Sao Vesna, un officier de liaison du poste frontalier international de Poipet, citant un rapport présenté à la réunion de mardi.

"La plupart des gens sur lesquels ont tiré sur les soldats thaïlandais coupaient du bois de rose dans la forêt thaïlandaise," a-t-il précisé [...]

Le Cambodge avait demandé à plusieurs reprises à la Thaïlande d'arrêter les bûcherons au lieu de les massacrer [...]

Le groupe des droits de l'homme Adhoc a déclaré mardi qu'un autre cambodgien avait été tué en Thaïlande la semaine dernière, la troisième victime de cette année liée à l'exploitation forestière à travers la frontière de la province d'Oddar Meanchey [...]

Un bûcheron cambodgien victime de l'armée thaïlandaise

Un bûcheron cambodgien victime de l'armée thaïlandaise

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 13:45

Une déclaration de la Fédération internationale des droits de l'homme

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https://www.fidh.org/International-Federation-for-Human-Rights/asia/thailand/thailand-police-summons-issued-against-mr-baramee-chairat

 

L'Observatoire a été informé par des sources fiables qu'une convocation de la police avait été émise à l'encontre de M. Baramee Chairat, un coordinateur de l'Assemblée des pauvres de Thaïlande, un mouvement populaire qui travaille sur le terrain pour la protection et la promotion des droits fonciers.

L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, un programme conjoint de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) a reçu de nouvelles informations et vous prie d'intervenir de toute urgence sur la situation suivante en Thaïlande.

- Nouvelles informations:

Selon les informations reçues, le 5 août 2015 à 10 heures, M. Baramee doit se signaler au poste de police Samranrat à Bangkok en réponse à une assignation délivrée contre lui le 3 Juillet pour des accusations de sédition en vertu de l'article 116 du Code Criminel thaïlandais.

La citation ne fournit pas de détails sur les actes présumés qui ont provoqué la convocation. L'Observatoire craint que les autorités ne ciblent M. Baramee simplement pour avoir observé une manifestation pacifique organisée par 14 militants étudiants au Monument de la Démocratie de Bangkok le 25 juin 2015 (voir les informations générales ci-dessous), et pour leur avoir fourni un logement.

L'Observatoire exprime sa plus vive préoccupation face aux actes de harcèlement judiciaire contre M. Baramee ainsi que contre les 14 étudiants militants, comme ils ne semblent viser qu'à sanctionner leurs activités légitimes pour les droits de l'homme.

En conséquence, l'Observatoire appelle les autorités thaïlandaises à mettre un terme à toute forme de harcèlement contre M. Baramee, à ne pas menacer ni harceler les 14 militants étudiants, et à abroger l'ordonnance n° 3/2015 NCPO, qui empêche la Thaïlande de se conformer aux obligations légales internationales.

- Informations générales:

Le 22 mai 2015, la police thaïlandaise a arrêté des militants étudiants suivants; M. Chatupat Boonyapatraksa, M. Apiwat Suntararak, M. Payu Boonsopon, M. Panupong Srithananuwat, M. Suvicha Tipangkorn, M. Supachai Pukrongploy, M. Wasant Sadesit, qui sont également membres du groupe Dao Din, et M. Rangsiman Rome, M. Songtham Kaewpanphruek, M. Rattapol Supasophon, M. Apisit Sapnapaphan, M. Pakorn Areekul, M. Pornchai Yuanyee et Mlle Chonticha Chaengreo, dans le cadre de leur participation à des manifestations pacifiques tenues à Khon Kaen ainsi qu'à Bangkok à l'occasion du premier anniversaire du coup d'Etat militaire.

Le 23 mai 2015, les sept étudiants de l'Université de Khon Kaen ont été libérés sous caution avec des inculpations par la police de Khon Kaen d'avoir violé l'ordonnance n° 3/2015 du NCPO (la junte).

Les sept militants étudiants de diverses universités à Bangkok, ont également été libérés à la même date mais sans inculpation.

Les 24 et 25 juin 2015, les 14 militants étudiants avaient participé à des rassemblements pacifiques à Bangkok pour demander la fin du régime militaire.

Le 26 juin 2015, la police a arrêté 14 militants étudiants suite à un mandat d'arrêt délivré par la Cour militaire de Bangkok et lié à la manifestation du 25 juin. Ils ont été accusés d'avoir violé l'Ordonnance n° 3/2015 du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO, le nom officiel de la junte) et l'article 116 du Code pénal thaïlandais (sédition).

À 0 heure 30 le 27 juin 2015, le tribunal militaire de Bangkok a ordonné la garde à vue pendant 12 jours des 14 militants étudiants. Les 13 hommes ont été détenus au centre de détention provisoire de Bangkok et Mlle Chonticha Chaengreowas détenue à l'établissement correctionnel pour femmes.

Le 7 juillet 2015, le tribunal militaire de Bangkok a rejeté la demande de la police pour une prolongation de 12 jours de détention avant le procès des 14 militants étudiants. Les militants étudiants ont été libérés sans aucune condition la matinée du 8 juillet 2015.

Cependant, les accusations de violation de l'ordonnance n° 3/2015 du NCPO, qui interdit les rassemblements de plus de cinq personnes, et de l'article 116 du Code pénal thaïlandais (sédition) n'ont pas été abandonnées. S'ils sont reconnus coupable de sédition, les militants étudiants risquent jusqu'à sept ans de prison. En outre, ils risquent jusqu'à six mois de prison et une amende pouvant aller jusqu'à 10.000 bahts (282 euros) s'ils sont reconnus coupable d'avoir violé l'ordonnance n° 3/2015 du NCPO.

- Actions requises:

S'il vous plaît écrivez aux autorités de la Thaïlande pour leur demander de:

1. Mettre un terme à toute forme de harcèlement - y compris au niveau judiciaire - contre M. Baramee, les 14 militants étudiants, et tous les défenseurs des droits humains en Thaïlande;

2. Garantir en toutes circonstances l'intégrité physique et psychologique de M. Baramee, des 14 militants étudiants, et de tous les défenseurs des droits humains en Thaïlande;

3. Abroger l'ordonnance n° 3/2015 du NCPO interdisant les rassemblements de plus de cinq personnes;

4. Garantir que l'exercice de la liberté d'expression et de réunion ne soient pas poursuivis en vertu de l'article 116 du Code pénal thaïlandais;

5. Mettre un terme à la poursuite de civils devant des tribunaux militaires, conformément au droit international des droits de l'homme qui interdit aux gouvernements d'utiliser les tribunaux militaires pour juger des civils lorsque les tribunaux civils fonctionnent;

6. Se conformer aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 9 Décembre 1998, en particulier à son article 1 qui dit que "chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres, de promouvoir et d'œuvrer pour la protection et la réalisation des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international", et de l'article 12.2, qui dit que "l'Etat doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection par les autorités compétentes de chacun, individuellement ou en association avec d'autres, contre toute violence, menace, représailles, discrimination défavorable de facto ou de jure, pression ou toute autre action arbitraire dans le cadre de son exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration";

Assurer en toutes circonstances le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales conformément aux normes internationales des droits de l'homme et aux contributions internationales ratifiées par la Thaïlande.

- Adresses:

- Premier ministre, Général Prayuth Chan-ocha, Government House, 1, Phitsanulok Road, Dusit, 10300, Bangkok, Thaïlande; Fax: +66 (0) 2282 5131

- Ministre de l'Intérieur, Général Anupong Paochinda, Asatang Road, Ratchabophit, 10200, Bangkok, Thaïlande

- Ministre des Affaires étrangères, Général Tanasak Patimapragorn, Sri Ayutthaya Building, 443 Sri Ayutthaya Road, Phaya Thai, 10400, Bangkok, Thaïlande; Fax: +66 (0) 2 643-5320; E-mail: minister@mfa.go.th

- Ministre de la Justice, Général Paiboon Khumchaya, 120, Chaeng Watthana Road, Laksi, 10210, Bangkok, Thaïlande; Fax: +66 (0) 2 953-0503

- Général de Police Somyot Poompanmoung, Commissaire général de la Police royale thaïlandaise, 1er bâtiment, 7eme étage, Rama I Road, Pathumwan, 10330, Bangkok, Thaïlande; Fax: +66 (0) 2 251 5956 / +66 (0) 2 251 8702

- Mme Amara Pongsapich, Présidente de la Commission nationale des droits humains de Thaïlande; 120, Chaeng Watthana Road, Laksi, 10210, Bangkok, Thaïlande; E-mail: help@nhrc.or.th

- Mission permanente de la Thaïlande auprès des Nations Unies à Genève, 5 rue Gustave Moynier, 1202 Genève, Suisse, Tél: + 41 22 715 10 10; Fax: + 41 22 715 10 00/10 02; Email: mission.thailand@ties.itu.int

- Ambassade de Thaïlande à Bruxelles, 2 Sq. du Val de la Cambre, 1050 Ixelles, Belgique, Tél: + 32 2 640.68.10; Fax: + 32 2 .648.30.66. Email: thaibxl@pophost.eunet.be

S'il vous plaît écrivez également à la mission diplomatique ou à l'ambassade de Thaïlande dans votre pays respectif.

Baramee Chairat

Baramee Chairat

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 07:23

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/08/02/why-is-the-thai-economy-slowing-down-is-it-the-fault-of-the-junta/

 

Il n'y a aucun doute à ce sujet; l'économie thaïlandaise est sérieusement en train de ralentir. La croissance du PIB en 2014 est tombée à 0,7%, contre 6,5% en 2012 et 2,9% en 2013. La croissance annuelle du PIB à la fin du premier trimestre de 2015 était de 3%, mais va-t-elle tomber à nouveau ou récupérer?

Selon Bloomberg, la croissance du PIB thaïlandais est déjà en dessous de celle de ses voisins: la Malaisie, les Philippines et l'Indonésie.

 

Pourquoi l'économie thaïlandaise est-elle en train de ralentir? Est-ce la faute de la junte?

L'investissement, un indicateur clé de la confiance économique, a diminué de 2% en 2013 et à nouveau de 2,8% en 2014. La production manufacturière a diminué de 4,6% et celle de détail a diminué de 6,1% en 2014. En mai 2015, la production manufacturière a diminué de 7,6% par rapport au même mois de l'an dernier, une baisse dont la cause est la diminution de la production dans la fabrication des produits électroniques et des automobiles.

Plus de 1.300 travailleurs de l'usine Samsung à Korat ont été licenciés. Les travailleurs de nombreuses usines de pièces automobiles et d'électronique font face à un avenir incertain avec des licenciements à la clé. Les fabriques de vêtements sportifs et d'autres fabricants de textiles ont également été touchés.

Les ventes intérieures d'automobiles de petite et de moyenne taille ont chuté, tandis que les ventes de voitures de luxe Mercedes-Benz ont augmenté. Dans le monde entier les riches ont toujours augmenté leur fortune durant les périodes de dépressions économiques ainsi que pendant celles de croissances économique.

L'inflation est tombée à 0,1% l'an dernier, ce qui est un autre signe de la dépression économique. Cette année, pour la première fois depuis 2010, les exportations ont diminué de 0,5% et les importations ont diminué de 8,6%. La Thaïlande est très dépendante des exportations pour sa croissance économique, ces dernières contribuant à 60% du PIB, et la baisse des importations reflète la baisse de l'investissement pour la production future.

Donc, est-ce la faute de la junte militaire et des classes moyennes enragées et arriérées qui ont détruit la démocratie et la stabilité politique? La baisse du tourisme est certainement liée à cela, sans parler de la crise dans l'industrie de l'aviation thaïlandaise.

The Economist rapporte que certains universitaires estiment que les coups militaires font baisser de 1 à 2% la croissance annuelle du PIB. Ajouté à ce facteur est la crise politique à long terme qui dure depuis 2006, une crise provoquée par le refus de respecter les élections démocratiques de la part des élites et des classes moyennes. Malgré le fait que les économistes thaïlandais pro-militaires ignorent le problème d'avoir une junte militaire ainsi que l'instabilité politique, la Banque mondiale et d'autres établissements économiques prédisent que la croissance économique thaïlandaise continuera d'être problématique.

Mais la principale raison pour laquelle les exportations ont baissé est le fait que la Thaïlande s'appuie sur les marchés en Chine, en Europe et aux Etats-Unis. Tous ces marchés n'ont pas encore bien récupéré de la récession économique qui a commencé en 2008 et l'économie chinoise est en train de connaitre un problème plus profond. Compte tenu de la concurrence acharnée qui se pose dans ces circonstances, la Thaïlande doit encore émerger à partir de bas salaire, de la faiblesse des investissements, d'un modèle d'exportation et ne peut donc pas entrer en concurrence avec les pays voisins dans la région où les salaires sont plus bas. Ce fut déjà un problème en 1997 quand la crise économique asiatique a éclaté. Le gouvernement Taksin, qui a remporté les élections après cette crise, a fait des tentatives pour moderniser l'économie, améliorer la technologie et la productivité, et augmenter le pouvoir d'achat intérieur. Toutefois, cela a été écourté par les élites conservatrices qui ont organisé deux coups d'Etat militaires contre ses partis politiques.

Dans le secteur agricole, la chute des prix mondiaux en raison de la stagnation mondiale ont récemment été éclipsé par la sécheresse en Thaïlande, conduisant à des prévisions de baisse de 3,4% du PIB pour l'agriculture cette année, la plus forte baisse en 36 ans. Le gouvernement précédent de Yingluck avait essayé d'aider les producteurs de riz, mais il a été sévèrement attaqué par les élites et les classes moyennes pour cela.

Compte tenu de la mauvaise situation mondiale, la seule autre option pour le gouvernement de développer l'économie serait d'accroître les investissements de l'Etat dans la modernisation et augmenter le pouvoir d'achat des citoyens. Mais cela est un anathème pour les néolibéraux réactionnaires qui dirigent maintenant le spectacle sous les yeux de la junte militaire. Ils sont violemment opposés à toute importante dépense de l'Etat pour une intervention sur l'infrastructure et les prix agricoles, qu'ils rejettent comme n'étant que du "populisme de style Taksin". Ils sont également contre une augmentation significative du salaire minimum; Prayut affirmant que cela affecterait négativement les exportations.

La junte peut décider d'ignorer tous ces problèmes en utilisant sa puissance militaire pour reporter indéfiniment les élections. Elle peut également être contrainte d'adopter des mesures précédemment utilisées par les gouvernements du Thai Rak Thai ou du Pua Thai. Déjà, les militaires ont invité l'ex-ministre Thai Rak Thai de l'économie, Somkit Jatusipituk, à se joindre à la dictature. Mais plus les bouffons égoïstes en uniforme s'accrocheront au pouvoir politique, plus ils terniront leur réputation parmi la population.

Un lien en anglais pour en savoir plus:

https://thenextrecession.wordpress.com/2015/08/01/the-emerging-market-crisis-returns/

Pourquoi l'économie thaïlandaise est-elle en train de ralentir? Est-ce la faute de la junte?
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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 13:27

Un article du Washington Post

Lien:

https://www.washingtonpost.com/opinions/returning-uighurs-to-a-dangerous-home/2015/07/24/97d8d492-2be8-11e5-bd33-395c05608059_story.html

 

Après le coup d'Etat militaire de mai 2014, qui a fait passer la Thaïlande de la démocratie à la dictature, le pays avait fait ses adieux à la liberté d'expression et aux élections libres et équitables. Maintenant, il dit aussi au revoir à ses obligations internationales. Il n'y a pas d'exemple plus frappant des échecs juridiques et moraux de la Thaïlande que sa décision ce mois-ci (juillet 2015) d'extrader 109 Ouïghours, une minorité musulmane d'ethnie turque, vers la Chine, où ils feront presque sûrement face à la persécution et éventuellement à la torture.

Les Ouïghours de Chine vivent principalement dans la région du Xinjiang située à l'extrême ouest, mais leurs racines sont turques. Cela les distingue de la majorité Han en Chine, où les Ouïghours ont été systématiquement privés par la violence de leurs droits pendant des années. Fuir de Chine n'a pas été facile pour les Ouïghours, mais avec la Thaïlande et des pays tels que la Malaisie et le Cambodge capitulant devant les demandes de rapatriement chinois, demeurer en dehors du pays est devenu tout aussi difficile.

Le rapatriement organisé par la Thaïlande vient suite à une forte réprimande du gouvernement chinois après que le pays ait permis à environ 170 femmes et enfants ouïghours de se rendre en Turquie. La Chine est le deuxième plus grand partenaire commercial de la Thaïlande, ce qui rend particulièrement dangereux pour les petits pays de contrarier son puissant voisin. Le rapatriement de ce mois est une tentative d'apaisement surprenante. Mais la Thaïlande a de plus grandes obligations qu'elle devrait garder à l'esprit: En tant que participant à la Convention contre la torture, la Thaïlande a entrepris de ne pas renvoyer quelqu'un dans un pays où l'individu ferait face à la persécution. Pour un Ouïghour, la Chine est exactement ce genre de pays.

Les Ouïghours renvoyés en Chine dans le passé ont fait l'objet d'arrestations arbitraires et de détention indéfinie, généralement suivi par des poursuites pénales sur de fausses accusations. Dans ce cas, la Chine a prétendu que certains des Ouïghours expulsés de Thaïlande seraient des terroristes désireux de rejoindre le djihad, sans offrir aucune preuve pour appuyer ces affirmations.

Le rapatriement de ce mois-ci rabaisse la Thaïlande aux normes même du pays qu'elle cherche à satisfaire: la Chine est un praticien infâme du rapatriement forcé qui a renvoyé des dizaines de milliers de réfugiés Nord-Coréens dans leur pays d'origine au cours des deux dernières décennies […]

 

Manifestation de femmes Ouïghours à Urumqi en Chine

Manifestation de femmes Ouïghours à Urumqi en Chine

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