Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 10:31

Il ne peut y avoir de lutte pour la démocratie qui ignore la lèse-majesté alors pourquoi le Mouvement des Thaïlandais Libres garde le silence à ce sujet?

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/08/07/there-can-be-no-struggle-for-democracy-which-ignores-lese-majeste-so-why-is-the-free-thai-movement-silent-about-this/

 

Il y a quelques mois, lors d'un voyage au Danemark, j'ai rencontré des militants thaïlandais pro-démocratie. Beaucoup d'entre eux étaient d'anciens Chemises rouges qui se considèrent désormais comme des membres du Mouvement des Thaïlandais Libres. À ma grande surprise, je découvris que le Mouvement des Thaïlandais Libres était réticents à toute discussion publique ou toute autre position publique à propos de la loi de lèse-majesté.

Il y a quelques semaines lors d'une autre discussion avec deux militants du Mouvement des Thaïlandais Libres, qui sont basés en Europe, il m'a été confirmé qu'il y avait une politique de garder le silence sur la lèse-majesté. Il a été affirmé que la société thaïlandaise "n'était pas encore prête" pour une campagne contre la loi. Ils m'ont expliqué que "les villageois ordinaires ne comprendraient pas" une telle campagne et que les gens accuseraient le mouvement de vouloir renverser la monarchie. Ils croyaient que ce serait un "détournement" de la lutte pour la démocratie.

Somsak Jeamteerasakul estime que la position des Thaïlandais Libres sur la lèse-majesté provient de Taksin et du Parti Pua Thai. Cela semble une conclusion raisonnable, étant donné que Taksin n'a jamais dit un mot sur la nécessité d'abolir la lèse-majesté et que la désastreuse loi d'amnistie du Pua Thai à la fin de 2013 avait spécifiquement exclu les prisonniers politiques pour lèse-majesté tout en proposant de donner l'amnistie aux tueurs de l'Etat. Sur ce point, le Pua Thai et les partisans de la junte militaire actuelle sont en total accord. Pour ces personnes, la lèse-majesté est une "sainte loi" qui ne peut être touchée. Selon leur avis, le soi-disant crime de lèse-majesté est pire que l'assassinat et est une menace "extrêmement grave contre la sécurité nationale".

Sur ce dernier point, la menace contre la sécurité nationale, ces différents membres de l'élite ont une raison pour prétendre cela. Aussi bien les élites conservatrices, en particulier les organisateurs de putschs militaires, que leurs rivaux des élites du camp opposé, celui de Taksin, utilisent la monarchie pour justifier la défense de leurs positions privilégiées. Ceci est ce qu'ils entendent par "sécurité nationale". Pour eux tous, la monarchie est leur justification pour le pouvoir de la classe dirigeante et l'inégalité, un masque pour qu'ils puissent se cacher derrière. La seule différence entre les deux parties est que, pour le camp de Taksin, des élections démocratiques et le soutien électoral écrasant sont un facteur important de légitimation.

Rien de tout cela n'implique que le roi possède un quelconque pouvoir. Comme je l'ai soutenu dans d'autres articles et déclarations, il n'est simplement qu'un outil des élites, en particulier de l'armée. C'est un "dieu synthétique" créé par eux afin de l'utiliser pour diriger le reste d'entre nous.

Mais revenons à la question de la lèse-majesté; l'expansion de l'espace démocratique de la Thaïlande est impossible sans l'abolition de cette loi draconienne. Tous les mouvements ou les organisations des droits de l'homme qui demeureront silencieux sur la lèse-majesté et les prisonniers qui croupissent en prison à cause de cette loi, seront totalement inefficace vis-à-vis de la lutte pour la démocratie.

Aussi bien Somsak que moi pensons que ceux qui ont des positions de premier plan dans le mouvement pour la démocratie ont le devoir de diriger et une partie de cette direction devrait inclure des campagnes contre la loi de lèse-majesté. Sans une telle direction, comment la majorité des citoyens ordinaires de Thaïlande pourrait être persuadé de s'opposer à la lèse-majesté? Comment les gens ordinaires, qui ne sont soumis qu'à un seul côté de la propagande royaliste, pourraient-ils être forcé de penser et de choisir leur camp? Et si cette loi n'est pas abolie comment pourrait-il y avoir la liberté d'expression et la démocratie?

 

Note de Libérez-Somyot: A Bangkok, Un homme vient d'être condamné à 30 ans de prison et à Chiang Mai, une femme à 56 ans de prison pour lèse-majesté.

Manifestante thaïlandaise contre la lèse-majesté

Manifestante thaïlandaise contre la lèse-majesté

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 13:00

Un article de Saing Soenthrith

Lien:

https://www.cambodiadaily.com/news/five-illegal-loggers-shot-dead-in-thailand-so-far-this-year-90748/

 

Cinq Cambodgiens ont été abattus par des soldats thaïlandais alors qu'ils exploitaient la foret illégalement à travers la frontière au cours de la première moitié de l'année, selon les derniers chiffres du gouvernement, ce qui correspond à peu près aux statistiques de l'an dernier pour la même période.

Les tirs mortels contre les bûcherons illégaux par des soldats thaïlandais ont été un point de discorde régulier entre les voisins au cours des dernières années, et faisait partie des sujets discutés mardi lors d'une réunion conjointe de la frontière entre les fonctionnaires thaïlandais et cambodgiens à Poipet.

Au cours des six premiers mois de cette année, cinq bûcherons cambodgiens ont été tués, un a été blessé, 15 ont disparu, 15 ont été emprisonnés et libérés, et 29 demeurent dans les prisons thaïlandaises, a déclaré Sao Vesna, un officier de liaison du poste frontalier international de Poipet, citant un rapport présenté à la réunion de mardi.

"La plupart des gens sur lesquels ont tiré sur les soldats thaïlandais coupaient du bois de rose dans la forêt thaïlandaise," a-t-il précisé [...]

Le Cambodge avait demandé à plusieurs reprises à la Thaïlande d'arrêter les bûcherons au lieu de les massacrer [...]

Le groupe des droits de l'homme Adhoc a déclaré mardi qu'un autre cambodgien avait été tué en Thaïlande la semaine dernière, la troisième victime de cette année liée à l'exploitation forestière à travers la frontière de la province d'Oddar Meanchey [...]

Un bûcheron cambodgien victime de l'armée thaïlandaise

Un bûcheron cambodgien victime de l'armée thaïlandaise

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 13:45

Une déclaration de la Fédération internationale des droits de l'homme

Lien:

https://www.fidh.org/International-Federation-for-Human-Rights/asia/thailand/thailand-police-summons-issued-against-mr-baramee-chairat

 

L'Observatoire a été informé par des sources fiables qu'une convocation de la police avait été émise à l'encontre de M. Baramee Chairat, un coordinateur de l'Assemblée des pauvres de Thaïlande, un mouvement populaire qui travaille sur le terrain pour la protection et la promotion des droits fonciers.

L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, un programme conjoint de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) a reçu de nouvelles informations et vous prie d'intervenir de toute urgence sur la situation suivante en Thaïlande.

- Nouvelles informations:

Selon les informations reçues, le 5 août 2015 à 10 heures, M. Baramee doit se signaler au poste de police Samranrat à Bangkok en réponse à une assignation délivrée contre lui le 3 Juillet pour des accusations de sédition en vertu de l'article 116 du Code Criminel thaïlandais.

La citation ne fournit pas de détails sur les actes présumés qui ont provoqué la convocation. L'Observatoire craint que les autorités ne ciblent M. Baramee simplement pour avoir observé une manifestation pacifique organisée par 14 militants étudiants au Monument de la Démocratie de Bangkok le 25 juin 2015 (voir les informations générales ci-dessous), et pour leur avoir fourni un logement.

L'Observatoire exprime sa plus vive préoccupation face aux actes de harcèlement judiciaire contre M. Baramee ainsi que contre les 14 étudiants militants, comme ils ne semblent viser qu'à sanctionner leurs activités légitimes pour les droits de l'homme.

En conséquence, l'Observatoire appelle les autorités thaïlandaises à mettre un terme à toute forme de harcèlement contre M. Baramee, à ne pas menacer ni harceler les 14 militants étudiants, et à abroger l'ordonnance n° 3/2015 NCPO, qui empêche la Thaïlande de se conformer aux obligations légales internationales.

- Informations générales:

Le 22 mai 2015, la police thaïlandaise a arrêté des militants étudiants suivants; M. Chatupat Boonyapatraksa, M. Apiwat Suntararak, M. Payu Boonsopon, M. Panupong Srithananuwat, M. Suvicha Tipangkorn, M. Supachai Pukrongploy, M. Wasant Sadesit, qui sont également membres du groupe Dao Din, et M. Rangsiman Rome, M. Songtham Kaewpanphruek, M. Rattapol Supasophon, M. Apisit Sapnapaphan, M. Pakorn Areekul, M. Pornchai Yuanyee et Mlle Chonticha Chaengreo, dans le cadre de leur participation à des manifestations pacifiques tenues à Khon Kaen ainsi qu'à Bangkok à l'occasion du premier anniversaire du coup d'Etat militaire.

Le 23 mai 2015, les sept étudiants de l'Université de Khon Kaen ont été libérés sous caution avec des inculpations par la police de Khon Kaen d'avoir violé l'ordonnance n° 3/2015 du NCPO (la junte).

Les sept militants étudiants de diverses universités à Bangkok, ont également été libérés à la même date mais sans inculpation.

Les 24 et 25 juin 2015, les 14 militants étudiants avaient participé à des rassemblements pacifiques à Bangkok pour demander la fin du régime militaire.

Le 26 juin 2015, la police a arrêté 14 militants étudiants suite à un mandat d'arrêt délivré par la Cour militaire de Bangkok et lié à la manifestation du 25 juin. Ils ont été accusés d'avoir violé l'Ordonnance n° 3/2015 du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO, le nom officiel de la junte) et l'article 116 du Code pénal thaïlandais (sédition).

À 0 heure 30 le 27 juin 2015, le tribunal militaire de Bangkok a ordonné la garde à vue pendant 12 jours des 14 militants étudiants. Les 13 hommes ont été détenus au centre de détention provisoire de Bangkok et Mlle Chonticha Chaengreowas détenue à l'établissement correctionnel pour femmes.

Le 7 juillet 2015, le tribunal militaire de Bangkok a rejeté la demande de la police pour une prolongation de 12 jours de détention avant le procès des 14 militants étudiants. Les militants étudiants ont été libérés sans aucune condition la matinée du 8 juillet 2015.

Cependant, les accusations de violation de l'ordonnance n° 3/2015 du NCPO, qui interdit les rassemblements de plus de cinq personnes, et de l'article 116 du Code pénal thaïlandais (sédition) n'ont pas été abandonnées. S'ils sont reconnus coupable de sédition, les militants étudiants risquent jusqu'à sept ans de prison. En outre, ils risquent jusqu'à six mois de prison et une amende pouvant aller jusqu'à 10.000 bahts (282 euros) s'ils sont reconnus coupable d'avoir violé l'ordonnance n° 3/2015 du NCPO.

- Actions requises:

S'il vous plaît écrivez aux autorités de la Thaïlande pour leur demander de:

1. Mettre un terme à toute forme de harcèlement - y compris au niveau judiciaire - contre M. Baramee, les 14 militants étudiants, et tous les défenseurs des droits humains en Thaïlande;

2. Garantir en toutes circonstances l'intégrité physique et psychologique de M. Baramee, des 14 militants étudiants, et de tous les défenseurs des droits humains en Thaïlande;

3. Abroger l'ordonnance n° 3/2015 du NCPO interdisant les rassemblements de plus de cinq personnes;

4. Garantir que l'exercice de la liberté d'expression et de réunion ne soient pas poursuivis en vertu de l'article 116 du Code pénal thaïlandais;

5. Mettre un terme à la poursuite de civils devant des tribunaux militaires, conformément au droit international des droits de l'homme qui interdit aux gouvernements d'utiliser les tribunaux militaires pour juger des civils lorsque les tribunaux civils fonctionnent;

6. Se conformer aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 9 Décembre 1998, en particulier à son article 1 qui dit que "chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres, de promouvoir et d'œuvrer pour la protection et la réalisation des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international", et de l'article 12.2, qui dit que "l'Etat doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection par les autorités compétentes de chacun, individuellement ou en association avec d'autres, contre toute violence, menace, représailles, discrimination défavorable de facto ou de jure, pression ou toute autre action arbitraire dans le cadre de son exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration";

Assurer en toutes circonstances le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales conformément aux normes internationales des droits de l'homme et aux contributions internationales ratifiées par la Thaïlande.

- Adresses:

- Premier ministre, Général Prayuth Chan-ocha, Government House, 1, Phitsanulok Road, Dusit, 10300, Bangkok, Thaïlande; Fax: +66 (0) 2282 5131

- Ministre de l'Intérieur, Général Anupong Paochinda, Asatang Road, Ratchabophit, 10200, Bangkok, Thaïlande

- Ministre des Affaires étrangères, Général Tanasak Patimapragorn, Sri Ayutthaya Building, 443 Sri Ayutthaya Road, Phaya Thai, 10400, Bangkok, Thaïlande; Fax: +66 (0) 2 643-5320; E-mail: minister@mfa.go.th

- Ministre de la Justice, Général Paiboon Khumchaya, 120, Chaeng Watthana Road, Laksi, 10210, Bangkok, Thaïlande; Fax: +66 (0) 2 953-0503

- Général de Police Somyot Poompanmoung, Commissaire général de la Police royale thaïlandaise, 1er bâtiment, 7eme étage, Rama I Road, Pathumwan, 10330, Bangkok, Thaïlande; Fax: +66 (0) 2 251 5956 / +66 (0) 2 251 8702

- Mme Amara Pongsapich, Présidente de la Commission nationale des droits humains de Thaïlande; 120, Chaeng Watthana Road, Laksi, 10210, Bangkok, Thaïlande; E-mail: help@nhrc.or.th

- Mission permanente de la Thaïlande auprès des Nations Unies à Genève, 5 rue Gustave Moynier, 1202 Genève, Suisse, Tél: + 41 22 715 10 10; Fax: + 41 22 715 10 00/10 02; Email: mission.thailand@ties.itu.int

- Ambassade de Thaïlande à Bruxelles, 2 Sq. du Val de la Cambre, 1050 Ixelles, Belgique, Tél: + 32 2 640.68.10; Fax: + 32 2 .648.30.66. Email: thaibxl@pophost.eunet.be

S'il vous plaît écrivez également à la mission diplomatique ou à l'ambassade de Thaïlande dans votre pays respectif.

Baramee Chairat

Baramee Chairat

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 07:23

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/08/02/why-is-the-thai-economy-slowing-down-is-it-the-fault-of-the-junta/

 

Il n'y a aucun doute à ce sujet; l'économie thaïlandaise est sérieusement en train de ralentir. La croissance du PIB en 2014 est tombée à 0,7%, contre 6,5% en 2012 et 2,9% en 2013. La croissance annuelle du PIB à la fin du premier trimestre de 2015 était de 3%, mais va-t-elle tomber à nouveau ou récupérer?

Selon Bloomberg, la croissance du PIB thaïlandais est déjà en dessous de celle de ses voisins: la Malaisie, les Philippines et l'Indonésie.

 

Pourquoi l'économie thaïlandaise est-elle en train de ralentir? Est-ce la faute de la junte?

L'investissement, un indicateur clé de la confiance économique, a diminué de 2% en 2013 et à nouveau de 2,8% en 2014. La production manufacturière a diminué de 4,6% et celle de détail a diminué de 6,1% en 2014. En mai 2015, la production manufacturière a diminué de 7,6% par rapport au même mois de l'an dernier, une baisse dont la cause est la diminution de la production dans la fabrication des produits électroniques et des automobiles.

Plus de 1.300 travailleurs de l'usine Samsung à Korat ont été licenciés. Les travailleurs de nombreuses usines de pièces automobiles et d'électronique font face à un avenir incertain avec des licenciements à la clé. Les fabriques de vêtements sportifs et d'autres fabricants de textiles ont également été touchés.

Les ventes intérieures d'automobiles de petite et de moyenne taille ont chuté, tandis que les ventes de voitures de luxe Mercedes-Benz ont augmenté. Dans le monde entier les riches ont toujours augmenté leur fortune durant les périodes de dépressions économiques ainsi que pendant celles de croissances économique.

L'inflation est tombée à 0,1% l'an dernier, ce qui est un autre signe de la dépression économique. Cette année, pour la première fois depuis 2010, les exportations ont diminué de 0,5% et les importations ont diminué de 8,6%. La Thaïlande est très dépendante des exportations pour sa croissance économique, ces dernières contribuant à 60% du PIB, et la baisse des importations reflète la baisse de l'investissement pour la production future.

Donc, est-ce la faute de la junte militaire et des classes moyennes enragées et arriérées qui ont détruit la démocratie et la stabilité politique? La baisse du tourisme est certainement liée à cela, sans parler de la crise dans l'industrie de l'aviation thaïlandaise.

The Economist rapporte que certains universitaires estiment que les coups militaires font baisser de 1 à 2% la croissance annuelle du PIB. Ajouté à ce facteur est la crise politique à long terme qui dure depuis 2006, une crise provoquée par le refus de respecter les élections démocratiques de la part des élites et des classes moyennes. Malgré le fait que les économistes thaïlandais pro-militaires ignorent le problème d'avoir une junte militaire ainsi que l'instabilité politique, la Banque mondiale et d'autres établissements économiques prédisent que la croissance économique thaïlandaise continuera d'être problématique.

Mais la principale raison pour laquelle les exportations ont baissé est le fait que la Thaïlande s'appuie sur les marchés en Chine, en Europe et aux Etats-Unis. Tous ces marchés n'ont pas encore bien récupéré de la récession économique qui a commencé en 2008 et l'économie chinoise est en train de connaitre un problème plus profond. Compte tenu de la concurrence acharnée qui se pose dans ces circonstances, la Thaïlande doit encore émerger à partir de bas salaire, de la faiblesse des investissements, d'un modèle d'exportation et ne peut donc pas entrer en concurrence avec les pays voisins dans la région où les salaires sont plus bas. Ce fut déjà un problème en 1997 quand la crise économique asiatique a éclaté. Le gouvernement Taksin, qui a remporté les élections après cette crise, a fait des tentatives pour moderniser l'économie, améliorer la technologie et la productivité, et augmenter le pouvoir d'achat intérieur. Toutefois, cela a été écourté par les élites conservatrices qui ont organisé deux coups d'Etat militaires contre ses partis politiques.

Dans le secteur agricole, la chute des prix mondiaux en raison de la stagnation mondiale ont récemment été éclipsé par la sécheresse en Thaïlande, conduisant à des prévisions de baisse de 3,4% du PIB pour l'agriculture cette année, la plus forte baisse en 36 ans. Le gouvernement précédent de Yingluck avait essayé d'aider les producteurs de riz, mais il a été sévèrement attaqué par les élites et les classes moyennes pour cela.

Compte tenu de la mauvaise situation mondiale, la seule autre option pour le gouvernement de développer l'économie serait d'accroître les investissements de l'Etat dans la modernisation et augmenter le pouvoir d'achat des citoyens. Mais cela est un anathème pour les néolibéraux réactionnaires qui dirigent maintenant le spectacle sous les yeux de la junte militaire. Ils sont violemment opposés à toute importante dépense de l'Etat pour une intervention sur l'infrastructure et les prix agricoles, qu'ils rejettent comme n'étant que du "populisme de style Taksin". Ils sont également contre une augmentation significative du salaire minimum; Prayut affirmant que cela affecterait négativement les exportations.

La junte peut décider d'ignorer tous ces problèmes en utilisant sa puissance militaire pour reporter indéfiniment les élections. Elle peut également être contrainte d'adopter des mesures précédemment utilisées par les gouvernements du Thai Rak Thai ou du Pua Thai. Déjà, les militaires ont invité l'ex-ministre Thai Rak Thai de l'économie, Somkit Jatusipituk, à se joindre à la dictature. Mais plus les bouffons égoïstes en uniforme s'accrocheront au pouvoir politique, plus ils terniront leur réputation parmi la population.

Un lien en anglais pour en savoir plus:

https://thenextrecession.wordpress.com/2015/08/01/the-emerging-market-crisis-returns/

Pourquoi l'économie thaïlandaise est-elle en train de ralentir? Est-ce la faute de la junte?
Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 13:27

Un article du Washington Post

Lien:

https://www.washingtonpost.com/opinions/returning-uighurs-to-a-dangerous-home/2015/07/24/97d8d492-2be8-11e5-bd33-395c05608059_story.html

 

Après le coup d'Etat militaire de mai 2014, qui a fait passer la Thaïlande de la démocratie à la dictature, le pays avait fait ses adieux à la liberté d'expression et aux élections libres et équitables. Maintenant, il dit aussi au revoir à ses obligations internationales. Il n'y a pas d'exemple plus frappant des échecs juridiques et moraux de la Thaïlande que sa décision ce mois-ci (juillet 2015) d'extrader 109 Ouïghours, une minorité musulmane d'ethnie turque, vers la Chine, où ils feront presque sûrement face à la persécution et éventuellement à la torture.

Les Ouïghours de Chine vivent principalement dans la région du Xinjiang située à l'extrême ouest, mais leurs racines sont turques. Cela les distingue de la majorité Han en Chine, où les Ouïghours ont été systématiquement privés par la violence de leurs droits pendant des années. Fuir de Chine n'a pas été facile pour les Ouïghours, mais avec la Thaïlande et des pays tels que la Malaisie et le Cambodge capitulant devant les demandes de rapatriement chinois, demeurer en dehors du pays est devenu tout aussi difficile.

Le rapatriement organisé par la Thaïlande vient suite à une forte réprimande du gouvernement chinois après que le pays ait permis à environ 170 femmes et enfants ouïghours de se rendre en Turquie. La Chine est le deuxième plus grand partenaire commercial de la Thaïlande, ce qui rend particulièrement dangereux pour les petits pays de contrarier son puissant voisin. Le rapatriement de ce mois est une tentative d'apaisement surprenante. Mais la Thaïlande a de plus grandes obligations qu'elle devrait garder à l'esprit: En tant que participant à la Convention contre la torture, la Thaïlande a entrepris de ne pas renvoyer quelqu'un dans un pays où l'individu ferait face à la persécution. Pour un Ouïghour, la Chine est exactement ce genre de pays.

Les Ouïghours renvoyés en Chine dans le passé ont fait l'objet d'arrestations arbitraires et de détention indéfinie, généralement suivi par des poursuites pénales sur de fausses accusations. Dans ce cas, la Chine a prétendu que certains des Ouïghours expulsés de Thaïlande seraient des terroristes désireux de rejoindre le djihad, sans offrir aucune preuve pour appuyer ces affirmations.

Le rapatriement de ce mois-ci rabaisse la Thaïlande aux normes même du pays qu'elle cherche à satisfaire: la Chine est un praticien infâme du rapatriement forcé qui a renvoyé des dizaines de milliers de réfugiés Nord-Coréens dans leur pays d'origine au cours des deux dernières décennies […]

 

Manifestation de femmes Ouïghours à Urumqi en Chine

Manifestation de femmes Ouïghours à Urumqi en Chine

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 13:52

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/784-the-thai-state-is-wrong-to-involve-buddhist-monks-with-soldiers.html

 

L'attentat à la bombe contre les moines bouddhistes à Sai Bury dans le Sud est un acte terrible. De même l'est aussi l'utilisation par l'État thaïlandais d'escadrons de la mort, de la police et des soldats, afin de tuer des militants malais musulmans locaux qui luttent pour l'indépendance vis-à-vis de la Thaïlande. L'utilisation de la force armée par la Thaïlande afin de faire respecter la domination coloniale à Patani pendant des centaines d'années est aussi quelque chose que nous devons condamner.

Lorsque l'on considère les détails de la récente attaque de Sai Bury contre des moines bouddhistes, qui étaient "protégés" par des soldats, il est utile de rappeler que la politique de l'implication des moines avec les soldats avait été sévèrement critiquée par Ajarn Chaiwat Satha-Anand il y a quelques années. Il avait averti qu'elle équivalait à la militarisation des moines bouddhistes dans une zone où les soldats thaïlandais sont considérés comme des oppresseurs. Le fait que l'armée ait essayé d'encourager les soldats à devenir moines à Patani n'a fait qu'empirer les choses. Il semble que maintenant il faille payer les pots cassés.

Au lieu de se cacher derrière les soldats, les moines bouddhistes qui souhaitent accomplir leurs devoirs religieux devraient se joindre aux chefs religieux musulmans et travailler avec eux dans la communauté. Le conflit de Patani n'est pas un conflit religieux entre des gens de différentes traditions ethniques. C'est une lutte pour la liberté de la part des Malais musulmans contre l'Etat thaïlandais.

Les chœurs de la condamnation de l'attentat de Sai Bury par des soi-disant organisations des "droits de l'homme" et diverses organisations religieuses ne se traduiront pas par une solution, car ils appellent les forces armées oppressives de l'Etat thaïlandais à "protéger" la population. Rappelez-vous que ces mêmes forces de sécurité, sous le commandement du général Prayut et d'autres, sont responsables de la mort des manifestants pro-démocratie à Bangkok et également de la destruction de la liberté et de la démocratie en organisant des coups d'Etat militaires.

L'État thaïlandais et ses forces armées sont la véritable source du conflit de Patani, pas la solution. Si la paix, la liberté et la sécurité doivent être établies, les troupes doivent être retirées et les populations locales de toutes ethnies ou religions doivent déterminer leur propre avenir. Il devrait n'y avoir aucune condition attachée à ces discussions. L'Etat thaïlandais unitaire et centralisé doit être mis au rebut. Les gens devraient être libres de choisir l'indépendance, l'autonomie ou de rester avec la Thaïlande.

La junte militaire est un obstacle à la paix à Patani en raison de son insistance pour utiliser des moyens militaires plutôt que la politique démocratique afin de "régler" le problème de la rébellion. Sans renverser la junte, nous ne pourrons pas commencer à établir la paix.

Dans le cas des rebelles qui ont pris les armes contre l'État thaïlandais, nous devrions sympathiser avec eux. Ils subissent l'oppression et la violence de l'armée depuis des années. Pourtant, la lutte armée est une impasse. Non seulement elle risque de saper la légitimité de la lutte lorsque des civils sont tués, mais il n'y a aussi aucun espoir de battre l'armée thaïlandaise. La réponse réside dans la construction d'un mouvement de masse venu de la population locale pour la lutte pour la liberté. C'est ce que les étudiants de Patani essayent de faire depuis un certain temps.

L'État thaïlandais a tort d'associer les moines bouddhistes avec les soldats
Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 14:53

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/07/26/what-the-rohingya-slave-labour-and-ko-tao-scandals-reveal/

 

Aussi bien le scandale de la main-d'œuvre rohingya esclave, exposée par le journal The Guardian et d'autres médias, que la manipulation par la police des meurtres brutaux de deux touristes britanniques sur l'ile de Ko Tao, révèlent un côté très sombre de la société thaïlandaise.

Alors qu'un grand nombre de Thaïlandais décents condamnent le trafic d'êtres humains, les viols systématiques, l'emprisonnement sur des grands navires cargos et l'esclavage dans l'industrie de la pêche de centaines de réfugiés rohingyas de Birmanie, il reste encore beaucoup à faire. Les organisations thaïlandaises et les groupes politiques devraient se mobiliser et faire campagne sur cette question et les syndicats devraient prendre une position contre les choquantes conditions de travail dans l'industrie de la pêche.

Il se pourrait qu'il y ait de la sympathie parmi la société thaïlandaise pour les victimes du trafic d'êtres humains, quand il est exposé dans les médias, mais le profond racisme et le nationalisme, qui infecte la plupart des Thaïlandais, fait que lorsque la question de l'accueil des réfugiés et leur intégration dans la société thaïlandaise normale est soulevée, ça déclenche une hostilité généralisée. Cela se traduit par un mépris flagrant de la situation des travailleurs migrants des pays voisins. Lorsqu'ils ne sont pas victimes de la traite, ils sont maltraités, battus et volés de leurs salaires par les employeurs et les membres des forces de sécurité. Des affiches gouvernementales renforcent les vues désobligeantes sur les migrants, les accusant de crimes et de porter des maladies. Les Thaïs ordinaires utilisent systématiquement des termes racistes comme "Kaek", "Yuan", "Farang", "Aye-Meud" (Nègre), etc. pour désigner les personnes d'autres ethnies.

Ce racisme toxique est responsable du déni continuel de justice dans l'affaire des meurtres Ko Tao. Les deux travailleurs migrants birmans, qui font face à des accusations graves devant les tribunaux, sont les "boucs émissaires habituels". Il y a aussi une attitude épouvantable de la part de nombreux Thaïlandais envers les femmes européennes et le port de maillots de bain sur les plages normales, comme si cela indiquait des "mœurs légères".

Pourtant, il suffit de regarder le manque de moralité dans la société thaïlandaise. Nous avons une industrie du sexe florissante où les jeunes sont exploités et victimes de la traite. Les Thaïlandais sont les clients prédominants et les bénéficiaires de cette industrie. Les dirigeants du pays, passés et présents, y compris Prayut, Abhisit et Taksin, sont généralement des meurtriers de masse qui ne seront jamais jugés pour violations des droits de l'homme. La corruption et l'exploitation par les riches et les puissants est à l'ordre du jour.

La cause profonde de cette situation déplorable est qu'il y a trop peu d'opposition à l'autoritarisme sous toutes ses formes. Ceci est un cercle vicieux parce que quand les gens individuels sont assez courageux pour parler, ils sont soumis à la répression. La gauche est faible, les syndicats sont désorganisés ou principalement apolitiques et les Chemises rouges pro-démocratie ont été démobilisés par l'UDD et Taksin. La Commission nationale des droits de l'homme est composée de membres des forces de sécurité, de royalistes fanatiques et de réactionnaires. Les ONG sont soit avec l'armée soit ne sont intéressés que par les campagnes pour des questions uniques et fragmentées.

Fondamentalement, c'est la faiblesse de la gauche et de syndicats organisés qui fait qu'il n'y ait pas de forte opposition. Non seulement l'opposition à l'autoritarisme est trop faible, mais il n'y a presque pas d'opposition au nationalisme et au racisme dans la société. Dans de telles circonstances, les travailleurs thaïlandais ordinaires sont liés à l'idéologie dominante de la classe dirigeante. Karl Marx a fait remarquer que les travailleurs britanniques ne seraient jamais en mesure de se libérer tant qu'ils ne se seront pas débarrassés de leurs idées racistes envers les Irlandais. Nous pourrions dire pareillement que les travailleurs thaïlandais ordinaires ne seront pas en mesure de se libérer tant qu'ils ne rejetteront pas le nationalisme et le racisme. A travers l'Europe d'aujourd'hui, dans une ère d'austérité, le nationalisme et le racisme sont utilisés pour affaiblir les mouvements opposés au néolibéralisme et à l'appauvrissement des travailleurs. Il y a des socialistes et des organisations de gauche qui forment le noyau de l'opposition au racisme et au nationalisme en Europe.

En Thaïlande nous avons désespérément besoin de faire revivre la gauche dans une lutte pour la démocratie et contre le chauvinisme national.

Ce que les scandales de l'esclavage des Rohingyas et de Ko Tao nous révèlent
Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 13:07

Un article de Chatwadee Rose Amornpat

Lien:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/07/13/rose-on-rindas-case/

 

La Suisse était connue depuis longtemps parmi les voleurs de grand-chemin, y compris les politiciens véreux, les hommes d'affaires super-riches et les fonctionnaires corrompus de Thaïlande comme étant leur choix de destination pour y déposer leur richesse et butins mal acquis venus de leurs activités illégitimes. Ces voleurs comprenaient également des fraudeurs, des propriétaires de tripot, des trafiquants du sexe, des trafiquants de drogue et d'importants royalistes thaïlandais qui ne paient pas leur juste part d'impôts.

Cela était dû au fait que le droit suisse avait ancré le secret bancaire en 1934, ce qui faisait que c'était une infraction pénale de révéler l'identité d'un client.

Mais ces dernières années, le gouvernement suisse a décidé de sévir contre les criminels étrangers qui déposent leurs butins dans les banques suisses, ces dernières étant condamné à une lourde amende et l'identité des déposants étant révélée. Ainsi, ces criminels, y compris les criminels thaïlandais, retirent leur argent de Suisse et ceci à une vitesse assez rapide.

Les États-Unis ont pris la position la plus ferme. Ils veulent que 11 banques suisses leur révèlent les noms de leurs clients américains. Dans ce qui est la première grande brèche du secret bancaire suisse, UBS a accepté en 2009 de payer une amende de 780 millions de dollars pour avoir aidé l'évasion fiscale et a remis les données de plus de 4400 comptes. Quelques mois plus tard, plusieurs autres banques ont remis les données de leurs clients aux autorités suisses.

En 2012, les États-Unis ont découverts que la banque HSBC, y compris sa succursale suisse, avait blanchi des centaines de millions de dollars de l'argent des cartels de la drogue. En conséquence, la banque a dû payer 1,9 milliard de dollars d'amende.

Je n'ai pas été surprise quand j'ai appris que le chef de la junte militaire thaïlandaise, le général Prayuth Chan-Ocha avait été si bouleversé à la suite de la dénonciation d'une Thaïlandaise de 45 ans, Mme Rinda Paruechabutr, membre des Chemises rouges, qui a été injustement arrêtée le jeudi 9 juillet 2015 pour avoir prétendument diffusée de soi-disant fausses rumeurs sur son compte Facebook concernant le transfert par le général Prayuth et son épouse de 10 milliards de bahts (303 millions de dollars US) à une banque de Singapour.

Mes recherches et des discussions avec mes sources en Thaïlande révèlent que Singapour est maintenant devenue la destination de choix pour le blanchiment d'argent des escrocs thaïlandais! Le général Prayuth et ses acolytes possèdent tous des comptes bancaires à Singapour. En outre, la famille royale thaïlandaise a des relations d'affaires étroites avec Tamasek Holdings, une société d'investissement détenue par le gouvernement de Singapour.

La police du général Prayuth a invoqué l'article 116 de la loi sur les crimes informatiques qui est similaire à l'article 112 de la loi de lèse-majesté pour arrêter Mme Rinda Paruechabutr, une mère de deux enfants et qui est la seule de la famille à travailler pour nourrir ses enfants. Son mari est mort il y a cinq ans tué par un sniper militaire lors du massacre de Rachaprasong.

L'article 116 du Code pénal thaïlandais donne un pouvoir illimité à la police et à l'armée pour emprisonner sans caution quiconque pour avoir posté quelque chose sur l'Internet que les autorités thaïlandaises - la police ou l'armée - jugent être un acte de sédition et/ou causant des troubles dans la société. Cette couverture universelle par la loi est en effet une parodie de justice et une violation à la liberté d'expression et de parole. L'article 116 est presque toujours une charge concomitante à l'article 112. Mme Rinda s'est vu refuser la liberté sous caution et son sort est inconnu.

Tout comme les prisonniers en vertu de la loi 112, Mme Rinda a été interrogée non-stop pendant 16 heures sans que ni nourriture ni boisson ne lui soit offert. Ceci dans le but de la démoraliser et de la pousser à faire des aveux. Comme d'habitude, sous la contrainte, elle a été conduite à une conférence de presse au siège de la police. En cas de condamnation, elle pourrait faire face à 12 ans de prison pour "violation de loi sur la cybercriminalité, incitation à l'agitation, et provocation d'une panique parmi la population." Curieusement, il n'y a pas eu de panique et pas de troubles à l'exception du bouleversement et de la colère de Prayuth, le dictateur militaire, lorsqu'il a connu la rumeur.

Cependant, Mme Rinda a expliqué qu'elle n'avait aucune intention de déstabiliser l'Etat. Elle a dit qu'elle avait invoqué ses droits en tant que citoyen thaïlandais de critiquer le chef de la junte, qui est, à son avis, un personnage public.

Un des enfants de Rinda, Nong Omm, une fille âgée de 15 ans, a fait un poignant appel les larmes aux yeux à la junte thaïlandaise et à la communauté internationale via Youtube pour la libération de sa mère sans condition. Elle a expliqué que, maintenant que sa mère est en prison, personne ne prend soin d'elle ni de sa sœur qui est âgée de 7 ans. Les deux filles sont à l'école en ce moment. Mais dans un long terme, elles pourront être obligées de quitter l'école. Si une telle chose se réalise, elles n'auront plus qu'à vendre quoi que ce soit dans les rues pour joindre les deux bouts. Bien que leur mère leur ait laissé un peu d'argent, les fonds passent vite.

Je tiens à faire un appel personnel à tous ceux qui lisent cet article pour que vous communiquiez avec votre gouvernement et/ou de toute organisation des droits humains et de bienfaisance pour aider ces pauvres enfants.

Le général Prayuth Chan-Ocha est arrivé au pouvoir avec la bénédiction du roi thaïlandais et de son conseil privés pour qu'il prenne le pouvoir illégalement en renversant le gouvernement démocratiquement élu de la Premiere ministre Yingluck Shinawatra. Le monde ne doit pas reconnaître son régime et nous devons continuer à le condamner, lui et ses sbires militaires qui ont pris le contrôle du pays. L'amour de la paix et de la démocratie du peuple thaïlandais sont actuellement pris en otage en Thaïlande par ce voleur en uniforme.

La majorité du peuple thaïlandais en Thaïlande est si impuissante à exprimer sa pensée en raison de la menace toujours présente des voyous militaires qui sont prêts à envahir la maison de quelqu'un dans la nuit si le propriétaire ose parler publiquement contre ce régime. La Thaïlande est aujourd'hui un pays de non-droit et il est très dangereux de faire des affaires là-bas, parce qu'il n'y a pas de stabilité, socialement, économiquement et politiquement parlant.

Je voudrais continuer à exhorter le président des Etats-Unis Barrack Obama, David Cameron du Royaume-Uni, le Premier ministre de l'Australie Tony Abbott, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le reste des nations civilisées pour qu'ils lancent un boycott plus sévère contre la Thaïlande et cessent de délivrer des visas à toute personne associée à la junte militaire thaïlandaise jusqu'à ce que Mme Rinda Paruechabutr soit libéré, la vraie démocratie soit rétablie et que la méprisable loi de lèse-majesté soit abolie.

Alors et seulement alors les Thaïlandais pourront être libres.

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 12:34

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/07/19/trouble-with-submarines/

 

La junte militaire a décidé d'acheter quelques très chers "jouets pour ses gars" sous la forme de 3 sous-marins chinois qui coûteront 3,6 milliards de baht. Cela de la part d'une junte dont les partisans s'étaient plaints des "dépenses publiques élevées" du gouvernement démocratiquement élu de Yingluck. Bien sûr, la décision de dépenser de telles sommes d'argent pour les militaires n'a pas été contestée par le parlement croupion nommé par la junte ou par un quelconque juge.

Dans le même temps, le généralissime Prayut a été pleurnicher à propos du "coût élevé" du régime de soins de santé universel et gratuit inspiré par Taksin, qui a donné à tous les citoyens le droit d'accéder à un traitement médical.

Un groupe d'artistes indépendants se nommant eux-mêmes "Les Whalewatchers", a calculé que le montant d'argent dépensé pour les 3 sous-marins pourrait suffire à la construction de 324 nouvelles écoles, ou à acheter 2,1 millions de iPads à distribuer aux élèves de l'école, ou à payer 900 millions de repas scolaires, ou à la subvention de 2,4 millions de tonnes de riz afin d'aider les agriculteurs. Pourtant, les réactionnaires jugeraient ces dépenses socialement bénéfiques comme n'étant que du "populisme".

La junte a facilement écarté et ignoré les divagations du vieux roi Pumipon, qui a critiqué la proposition de la junte militaire issue du putsch de 2006 d'acheter des sous-marins en 2007. Pumipon affirmait que les sous-marins se retrouveraient seulement "coincés dans la boue du Golfe de Thaïlande". Voilà pour la puissance et la sagesse de Pumipon.

Alors, quelle est la raison qui se cache derrière le désir de l'armée d'acheter des sous-marins?

Le généralissime Prayut a récemment déclaré qu'on ne les achetait pas dans un but de guerre, mais juste pour montrer la puissance militaire de la Thaïlande afin de protéger les voies maritimes et l'industrie de la pêche.

Nous devons jeter un œil sur ce qui se passe dans la région pour comprendre cela.

Dans le passé, la puissance de l'impérialisme britannique dépendait d'une marine puissante afin de protéger les routes commerciales du Royaume-Uni et afin d'agir comme des "bases militaires mobiles avec de gros canons". Elle était utilisée dans le but d'intimider et d'envahir d'autres pays. Dans la perspective de la Première Guerre mondiale, l'Allemagne et les Etats-Unis ont commencé à construire leurs marines en concurrence avec celle de la Grande-Bretagne et ce genre de rivalités impérialistes a conduit aux deux guerres mondiales.

Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont devenus la grande puissance navale du monde en concurrence avec la Russie. Mais après la fin de la guerre froide, les États-Unis sont devenu la puissance navale incontestée du monde.

Cependant, aujourd'hui, avec l'expansion rapide des économies asiatiques, en particulier celle de la Chine, qui est le plus grand producteur mondial de produits industriels, la balance du pouvoir est en train de changer. La Chine renforce sa marine afin de protéger ses voies de navigation dans la région Asie-Pacifique qui fournissent le pays en matières premières en provenance d'Afrique et d'Amérique latine.

L'accumulation par la Chine de la puissance navale a conduit à des tensions avec les Etats-Unis dans la région et à des conflits avec le Japon, les Philippines et le Vietnam pour divers groupes d'îles dans le sud de la Chine et dans l'Est des mers de Chine. Il y a une course aux armements militaires et navals en Asie de l'Est et les dirigeants thaïlandais ne veulent pas être laissés pour compte.

Cependant, nous devons être clairs. L'augmentation des dépenses militaires par le gouvernement thaïlandais ne profitera jamais aux intérêts de la majorité de la population. Elle ne conduira pas à un meilleur niveau de vie et à une meilleure qualité de vie des citoyens. L'achat des sous-marins est un gaspillage total d'argent fait dans un but de rivalité impériale. Les achats d'armes de base pour l'armée sont aussi un gaspillage d'argent et ces armes finissent par être utilisées contre la population afin de supprimer la démocratie et de remplir les poches des généraux corrompus par l'intermédiaire de différents "pots-de-vin".

Problème avec les sous-marins
Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 11:28

Un article de Chatwadee Rose Amornpat

Lien:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/07/07/thailands-thieves-in-uniform/

 

Les liens entre l'armée et la monarchie volent le pays de sa liberté et de la démocratie.

Avec toute l'agitation en Thaïlande aujourd'hui, il est intéressant d'observer que l'institution dite "vénéré", la monarchie, n'est jamais intervenue pour arrêter le chaos.

Les royalistes thaïlandais et la maison royale informent souvent subrepticement les médias locaux et étrangers que le Roi n'a pas de pouvoir politique. Mais un rapide coup d'œil à la constitution actuelle révèle que c'est le contraire qui est vrai.

Le chef de la junte, le général Prayuth Chan-ocha, a déclaré en mai dernier, après avoir pris le pouvoir en renversant un gouvernement démocratiquement élu, que la Constitution était abrogée; à l'exception de tous les articles relatifs au monarque et la loi de lèse-majesté.

Cela revient à dire que les lois concernant la puissance du roi, son bien-être et sa protection ont été laissées intactes et exécutoires. Elles sont de grande envergure.

Par exemple la section trois de la Constitution stipule que:

Le pouvoir souverain appartient au peuple thaïlandais. Le Roi, comme chef de l'Etat, doit exercer ce pouvoir à l'Assemblée nationale, au Conseil des ministres et aux tribunaux en conformité avec les dispositions de la présente Constitution.

Mais cela revient à dire que la voiture appartient au peuple, mais que seul le Roi peut la conduire. Ou que le peuple possède l'arme mais que seul le Roi peut tirer sur la gâchette. Dans les deux cas, le peuple doit effectuer la maintenance et l'entretien de la voiture et du pistolet.

La section huit de la Constitution stipule que:

Le Roi est intronisé dans une position de culte vénéré et ne doit pas être profané. Personne n'a le droit de l'exposer à toute sorte d'accusation ou d'action.

Cette section signifie que le Roi thaïlandais est équivalent à Dieu et personne ne peut parler contre le roi, même s'il commet un vol qualifié, des mensonges flagrants, des mutilations ou des assassinats.

La section 10 spécifie que le Roi est aussi le commandant suprême des forces armées thaïlandaises, tandis que l'article 11 donne au Roi le droit de créer des titres et de décerner des décorations.

Tout cela explique d'une certaine façon pourquoi aujourd'hui en Thaïlande nous n'avons pas qu'un seul dictateur, mais deux.

Il existe une relation symbiotique entre la monarchie et l'armée, qui est en cours depuis les six dernières décennies. Chaque fois qu'il y a un coup d'Etat, tandis que les généraux pouvaient changer, la monarchie est toujours restée intacte. Pour cette raison nous ne pouvons blâmer, pour les troubles actuels en cours en Thaïlande, que le sommet; la monarchie. C'est la caractéristique principale de la société thaïlandaise et de la politique qui ne change jamais.

Le vendredi 19 juin, la police thaïlandaise a arrêté 14 étudiants qui avaient protesté contre la junte au pouvoir au mépris d'une interdiction des rassemblements publics. Ce sont de jeunes universitaires qui sont courageux et plein d'esprit démocratique. Ils ne veulent rien sauf le droit de s'exprimer librement sur les questions qui affectent leur vie et leur avenir. Ils sont maintenant confinés dans une prison sale et encombrée de Bangkok.

Les étudiants ont participé à des rassemblements pacifiques appelant à la fin du régime militaire du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO). Le commandant en chef de l'armée, le général Udomdej Seetabutr, a publiquement accusé les 14 militants étudiants d'être soutenu par des groupes anti-gouvernementaux et affirmé que leurs actions pourraient conduire à des troubles et de la violence.

En outre, le général Udomdej Seetabutr, a indiqué que des inculpations de lèse-majesté pourraient être portées contre eux, parce que ces étudiants auraient peut-être reçu le soutien d'éléments anti-monarchie.

Le fait que l'armée thaïlandaise soit conçue pour protéger uniquement la monarchie plutôt que de defendre le pays et le peuple est en opposition avec les normes internationales. Il est maintenant de plus en plus clair que la Thaïlande est régie par deux types de voleurs en uniforme.

Le premier, le Roi, porte son uniforme avec fierté. En tant que chef de l'Etat, il porte souvent des médailles décoratives et des signes extérieurs et aussi parfois enfile des uniformes semblables à ceux des caractères d'un ancien jeu de Ramayana, avec des coiffures de cérémonie pour couronner le tout.

Le premier voleur est seulement préoccupé par sa stabilité et sa grande richesse, sous le contrôle de la secrète branche d'investissement, le Bureau de la propriété de la Couronne. Il a l'intention de prolonger son statu quo ainsi que de conserver ses privilèges et ses droits pour les générations à venir.

Les seconds voleurs en uniforme sont les généraux qui bénéficient de leur collusion avec la monarchie. Chaque haut général a bénéficié du budget et des allocations militaires annuelles pour les achats d'armes. Les huiles empochent des millions et des millions de dollars ou de bahts en termes de commission.

Et aujourd'hui, les généraux sont rejoints par les hommes de troupe. Sous "l'Article 44", qui donne un pouvoir illimité à la junte, les militaires peuvent faire à peu près tout ce qui leur plaît, de la fouille des maisons ou des gens sans mandat, à l'emprisonnement de toute personne sous n'importe quelle accusation mineure.

Beaucoup de soldats de rang inférieur se comportent comme des voyous en extorquant de l'argent à des vendeurs ambulants et des détaillants en plein jour en toute impunité.

Sauf si le peuple thaïlandais s'unie pour exiger la réorganisation de ces deux institutions à partir de la base jusqu'au sommet, la possibilité de réaliser une véritable démocratie est quasiment nulle. Et si rien ne se produit bientôt, le peuple et la Thaïlande resteront à jamais volés.

Chatwadee Rose Amornpat

MISE À JOUR DE LA REDACTION DE NEW MANDALA: Le tribunal militaire a jugé mardi que les étudiants devaient être libérés de prison. Cependant, ils sont toujours confrontés à un procès et à une peine possible de sept ans pour leur protestation pacifique contre la junte au pouvoir.

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article