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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 09:44

L'ONU "consternée" par les condamnations pour lèse-majesté en Thaïlande

Un article du journal en ligne "Sputnik"

Lien:

http://fr.sputniknews.com/international/20150811/1017474192.html

 

Les Nations unies se sont déclarées "consternées" par les sentences "disproportionnées" prononcées ces derniers mois pour des cas de lèse-majesté en Thaïlande, citant notamment les deux condamnations vendredi à 28 et 30 ans de prison.

"Nous sommes consternés par les peines de prison scandaleusement disproportionnées prononcées au cours des derniers mois pour des cas de crime de lèse-majesté en Thaïlande", écrivent les Nations unies dans un communiqué publié mardi.

Les poursuites et condamnations pour lèse-majesté sont en constante augmentation depuis un peu plus d'un an.

Depuis leur prise de pouvoir par un coup d'Etat en mai 2014, les militaires ont fait de la lutte contre le crime de lèse-majesté leur cheval de bataille, dans un contexte de grande incertitude liée à la succession du roi, actuellement hospitalisé et soigné pour une infection à la poitrine et une hydrocéphalie, d'après un communiqué du palais publié lundi.

La monarchie thaïlandaise est protégée par une des lois de lèse-majesté les plus sévères du monde, ayant pour conséquence une importante autocensure des médias, y compris étrangers.

Le roi est présenté comme un demi-dieu et le bienfaiteur de la nation depuis des décennies. Le culte de sa personnalité encore renforcé depuis le coup d'Etat car le roi est vu comme le ciment d'une nation très divisée.

Dans son communiqué, l'ONU évoque les deux dernières condamnations, parlant des plus "sévères peines" infligées depuis 2006 quand les Nations unies ont commencé à suivre les procès pour lèse-majesté.

La semaine passée, un homme a été condamné à 30 ans de prison et une femme à 28 ans après avoir publié plusieurs messages sur Facebook jugés insultants pour la famille royale.

L'ONU se dit également "alarmée par l'aggravation des difficiles conditions de détention" et par le fait que "les tribunaux militaires ne respectent pas les normes internationales des droits humains, notamment le droit à un procès équitable".

"Nous appelons à la libération immédiate" de toutes les personnes en "détention préventive prolongée pour avoir exercé leur droit à la liberté d'expression", ajoute l'ONU, qui demande une modification de la loi.

"Le discours impitoyable de la junte pour protéger la monarchie encourage les cyber-justiciers à traquer les suspects de crime de lèse-majesté. C'est un triste constat quand des civils sont emprisonnés pour des décennies pour avoir simplement exprimé leurs opinions", estime Andrea Giorgetta de la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).

Une Thaïlandaise francophone réclame la libération de Somyot Prueksakasemsuk

Une Thaïlandaise francophone réclame la libération de Somyot Prueksakasemsuk

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11 août 2015 2 11 /08 /août /2015 13:20

Auteur de la pétition: Michael Taylor

Cible de la pétition: Conseil des droits de l'homme des Nations Unies CDH

Lien pour signer la pétition (en anglais):

http://www.thepetitionsite.com/takeaction/768/038/355/?z00m=25476575&redirectID=1769153005

Texte de la pétition:

Les Rohingyas sont apatrides, indésirables et opprimés.

Leur persécution dans leur pays d'origine, l'état de Rakhine au Myanmar, a récemment augmenté - le gouvernement du Myanmar ne reconnaît pas les Rohingyas, mais les rejette comme étant des Bengalis étrangers. Fuir au Bangladesh n'est pas mieux; ils ne sont pas les bienvenus là-bas non plus. N'ayant aucun État pour protéger leur intérêt, ils font des esclaves parfaits car ils sont anonymes.

Leur triste situation à la recherche d'un havre sûr s'accompagne de leur désespoir d'échapper aux trafiquants d'êtres humains qui gagnent beaucoup d'argent en les vendant comme esclaves en Thaïlande. Une fois vendus en Thaïlande, ils finissent dans des centres de détention de l'immigration ou des camps de la jungle où ils sont détenus contre leur volonté. L'indignation ne concerne pas seulement les camps de la jungle où ils sont, torturés, violés et assassinés, les survivants étant vendus à des courtiers qui les revendent ensuite comme esclaves à des bateaux de pêche - mais aussi le fait que ce sont les fonctionnaires du gouvernement qui les récupèrent des trafiquants et les vendent à des camps de jungle dirigées par des voyous et la mafia thaïlandaise, tout cela facilité par les responsables thaïlandais et soutenu par les courtiers qui fournissent du travail migrant pas cher aux propriétaires de bateaux.

Les centres de détention du gouvernement ne fournissent pas de refuge; Les responsables thaïlandais collectent les réfugiés des centres de détention, leur réclament une rançon ou les vendent aux courtiers qui les revendent ensuite aux navires négriers.

Dans un pays qui n'a pas de volonté politique pour arrêter ce commerce, et où une vente peut vous faire gagner 30.000 bahts thaïlandais ou 900 dollars US, il n'y a pas d'amélioration en vue pour les migrants rohingyas en Thaïlande.

La Thaïlande est toujours considérée comme un lieu principal de transit ainsi qu'un pays de destination pour l'esclavage, et près d'un demi-million de personnes sont actuellement asservies à l'intérieur des frontières de la Thaïlande.

Bien que le gouvernement thaïlandais ait promis que "la lutte contre la traite des êtres humains est une priorité nationale", des éléments de preuve montrent que cela est loin d'être la réalité.

Cela concerne chacun d'entre nous; Les crevettes thaïlandaises sont vendues dans les supermarchés de Walmart, Carrefour, Costco et Tesco ainsi qu'Aldi, aux États-Unis et au Royaume-Uni (ainsi qu'en France) entre autres. Si vous achetez des crevettes "made in Thailand", vous achetez le produit du travail des esclaves. L'échelle de cette pratique est hallucinante. 300.000 personnes travaillent dans l'industrie de la pêche thaïlandaise, dont 90% sont des migrants escroqués, victimes de la traite et vendus aux bateaux de pêche.

Le trafic des Rohingyas est encouragé par le manque de volonté du gouvernement thaïlandais de faire quelque chose contre le commerce illicite, ainsi que par sa complicité. Cette complicité doit être reconnue et fermement condamné par la communauté internationale. Ceci est plus qu'une pétition, c'est plus qu'une campagne pour attirer l'attention sur un cas tragique; cela donne une voix à tout un peuple ainsi que la chance d'être entendu - il s'agit de changer le sort de milliers de pères, de mères, de leurs fils et leurs filles, tous des sans-voix mais pas oubliés - c'est une question de droits humains.

Signez cette pétition avec moi, et demandez à la Commission de l'ONU sur les droits humains de condamner cela dans les termes les plus forts possibles. C'est là où notre combat commence, et c'est là où cette pratique méprisable se terminera.

Michael Taylor

A gauche les bateaux esclavagistes thaïlandais, à droite des réfugiés rohingyas

A gauche les bateaux esclavagistes thaïlandais, à droite des réfugiés rohingyas

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9 août 2015 7 09 /08 /août /2015 09:41

Un statut sur Facebook peut-il vous envoyer en prison? Deux Thaïlandais viennent juste d'en faire l'expérience

Ils ont été condamnés à un total de 58 ans.

Un article de Kristina Marusic

Lien:

http://www.mtv.com/news/2234968/status-updates-prison-thailand/

 

Un homme à Bangkok a été tout simplement condamné à 30 ans de prison pour une série de messages sur Facebook critiquant la royauté thaïlandaise, et une femme à Chiang Mai - qui est la maman de deux jeunes filles - a été condamné à 28 années pour la même raison. Les deux peines étaient du double à l'origine, mais ont été réduites de moitié après que les inculpés aient plaidé coupable pour l'écriture de plusieurs mises à jour de statut critiquant le roi de Thaïlande.

Un juge du tribunal militaire a déclaré que le procès de l'homme avait été maintenu à hui-clos parce que "ce qu'il a écrit était au-delà de l'insulte. Même le procureur ne voulait pas le lire à haute voix ".

La Thaïlande est l'un des quelques pays qui ont encore des lois de "lèse-majesté" dans leur code pénal, qui font qu'il est illégal de dire du mal à propos de la royauté, et la sienne est parmi les plus strictes. Les gens en Thaïlande qui sont accusés d'avoir insulté la monarchie peuvent être condamnés à des peines de prison allant de 3 à 15 ans pour tout acte de "diffamation", et dans ce cas, chaque mise à jour de statut distinct est considéré comme un cas à part.

Le Roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, est âgé de 87 ans et a régné depuis 1950 sans beaucoup de critiques, mais les gens ont commencé à se plaindre de son leadership après que le palais ait soutenu un coup d'Etat militaire controversé en 2006. La BBC rapporte que "le gouvernement militaire actuel, qui est venu au pouvoir à la suite d'un autre coup d'Etat l'année dernière, a fait de la défense de la monarchie une priorité absolue", ce qui peut être la raison pour laquelle ces deux verdicts sont parmi les plus durs qui ont été prononcés dans ce pays pour avoir insulté la royauté.

L'Associated Press (AP) rapporte que plus tôt cette semaine, un homme souffrant de troubles mentaux en Thaïlande avait également été condamné à cinq ans de prison après avoir plaidé coupable d'avoir déchiré un portrait du roi Bhumibol [...]

Attention à ce que vous postez les amis!

Photo: Porntip Mankong, une Thaïlandaise de 26 ans qui purge actuellement une peine de 2 ans et demi pour lèse-majesté

Photo: Porntip Mankong, une Thaïlandaise de 26 ans qui purge actuellement une peine de 2 ans et demi pour lèse-majesté

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8 août 2015 6 08 /08 /août /2015 10:31

Il ne peut y avoir de lutte pour la démocratie qui ignore la lèse-majesté alors pourquoi le Mouvement des Thaïlandais Libres garde le silence à ce sujet?

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/08/07/there-can-be-no-struggle-for-democracy-which-ignores-lese-majeste-so-why-is-the-free-thai-movement-silent-about-this/

 

Il y a quelques mois, lors d'un voyage au Danemark, j'ai rencontré des militants thaïlandais pro-démocratie. Beaucoup d'entre eux étaient d'anciens Chemises rouges qui se considèrent désormais comme des membres du Mouvement des Thaïlandais Libres. À ma grande surprise, je découvris que le Mouvement des Thaïlandais Libres était réticents à toute discussion publique ou toute autre position publique à propos de la loi de lèse-majesté.

Il y a quelques semaines lors d'une autre discussion avec deux militants du Mouvement des Thaïlandais Libres, qui sont basés en Europe, il m'a été confirmé qu'il y avait une politique de garder le silence sur la lèse-majesté. Il a été affirmé que la société thaïlandaise "n'était pas encore prête" pour une campagne contre la loi. Ils m'ont expliqué que "les villageois ordinaires ne comprendraient pas" une telle campagne et que les gens accuseraient le mouvement de vouloir renverser la monarchie. Ils croyaient que ce serait un "détournement" de la lutte pour la démocratie.

Somsak Jeamteerasakul estime que la position des Thaïlandais Libres sur la lèse-majesté provient de Taksin et du Parti Pua Thai. Cela semble une conclusion raisonnable, étant donné que Taksin n'a jamais dit un mot sur la nécessité d'abolir la lèse-majesté et que la désastreuse loi d'amnistie du Pua Thai à la fin de 2013 avait spécifiquement exclu les prisonniers politiques pour lèse-majesté tout en proposant de donner l'amnistie aux tueurs de l'Etat. Sur ce point, le Pua Thai et les partisans de la junte militaire actuelle sont en total accord. Pour ces personnes, la lèse-majesté est une "sainte loi" qui ne peut être touchée. Selon leur avis, le soi-disant crime de lèse-majesté est pire que l'assassinat et est une menace "extrêmement grave contre la sécurité nationale".

Sur ce dernier point, la menace contre la sécurité nationale, ces différents membres de l'élite ont une raison pour prétendre cela. Aussi bien les élites conservatrices, en particulier les organisateurs de putschs militaires, que leurs rivaux des élites du camp opposé, celui de Taksin, utilisent la monarchie pour justifier la défense de leurs positions privilégiées. Ceci est ce qu'ils entendent par "sécurité nationale". Pour eux tous, la monarchie est leur justification pour le pouvoir de la classe dirigeante et l'inégalité, un masque pour qu'ils puissent se cacher derrière. La seule différence entre les deux parties est que, pour le camp de Taksin, des élections démocratiques et le soutien électoral écrasant sont un facteur important de légitimation.

Rien de tout cela n'implique que le roi possède un quelconque pouvoir. Comme je l'ai soutenu dans d'autres articles et déclarations, il n'est simplement qu'un outil des élites, en particulier de l'armée. C'est un "dieu synthétique" créé par eux afin de l'utiliser pour diriger le reste d'entre nous.

Mais revenons à la question de la lèse-majesté; l'expansion de l'espace démocratique de la Thaïlande est impossible sans l'abolition de cette loi draconienne. Tous les mouvements ou les organisations des droits de l'homme qui demeureront silencieux sur la lèse-majesté et les prisonniers qui croupissent en prison à cause de cette loi, seront totalement inefficace vis-à-vis de la lutte pour la démocratie.

Aussi bien Somsak que moi pensons que ceux qui ont des positions de premier plan dans le mouvement pour la démocratie ont le devoir de diriger et une partie de cette direction devrait inclure des campagnes contre la loi de lèse-majesté. Sans une telle direction, comment la majorité des citoyens ordinaires de Thaïlande pourrait être persuadé de s'opposer à la lèse-majesté? Comment les gens ordinaires, qui ne sont soumis qu'à un seul côté de la propagande royaliste, pourraient-ils être forcé de penser et de choisir leur camp? Et si cette loi n'est pas abolie comment pourrait-il y avoir la liberté d'expression et la démocratie?

 

Note de Libérez-Somyot: A Bangkok, Un homme vient d'être condamné à 30 ans de prison et à Chiang Mai, une femme à 56 ans de prison pour lèse-majesté.

Manifestante thaïlandaise contre la lèse-majesté

Manifestante thaïlandaise contre la lèse-majesté

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7 août 2015 5 07 /08 /août /2015 13:00

Un article de Saing Soenthrith

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https://www.cambodiadaily.com/news/five-illegal-loggers-shot-dead-in-thailand-so-far-this-year-90748/

 

Cinq Cambodgiens ont été abattus par des soldats thaïlandais alors qu'ils exploitaient la foret illégalement à travers la frontière au cours de la première moitié de l'année, selon les derniers chiffres du gouvernement, ce qui correspond à peu près aux statistiques de l'an dernier pour la même période.

Les tirs mortels contre les bûcherons illégaux par des soldats thaïlandais ont été un point de discorde régulier entre les voisins au cours des dernières années, et faisait partie des sujets discutés mardi lors d'une réunion conjointe de la frontière entre les fonctionnaires thaïlandais et cambodgiens à Poipet.

Au cours des six premiers mois de cette année, cinq bûcherons cambodgiens ont été tués, un a été blessé, 15 ont disparu, 15 ont été emprisonnés et libérés, et 29 demeurent dans les prisons thaïlandaises, a déclaré Sao Vesna, un officier de liaison du poste frontalier international de Poipet, citant un rapport présenté à la réunion de mardi.

"La plupart des gens sur lesquels ont tiré sur les soldats thaïlandais coupaient du bois de rose dans la forêt thaïlandaise," a-t-il précisé [...]

Le Cambodge avait demandé à plusieurs reprises à la Thaïlande d'arrêter les bûcherons au lieu de les massacrer [...]

Le groupe des droits de l'homme Adhoc a déclaré mardi qu'un autre cambodgien avait été tué en Thaïlande la semaine dernière, la troisième victime de cette année liée à l'exploitation forestière à travers la frontière de la province d'Oddar Meanchey [...]

Un bûcheron cambodgien victime de l'armée thaïlandaise

Un bûcheron cambodgien victime de l'armée thaïlandaise

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5 août 2015 3 05 /08 /août /2015 13:45

Une déclaration de la Fédération internationale des droits de l'homme

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https://www.fidh.org/International-Federation-for-Human-Rights/asia/thailand/thailand-police-summons-issued-against-mr-baramee-chairat

 

L'Observatoire a été informé par des sources fiables qu'une convocation de la police avait été émise à l'encontre de M. Baramee Chairat, un coordinateur de l'Assemblée des pauvres de Thaïlande, un mouvement populaire qui travaille sur le terrain pour la protection et la promotion des droits fonciers.

L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, un programme conjoint de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) a reçu de nouvelles informations et vous prie d'intervenir de toute urgence sur la situation suivante en Thaïlande.

- Nouvelles informations:

Selon les informations reçues, le 5 août 2015 à 10 heures, M. Baramee doit se signaler au poste de police Samranrat à Bangkok en réponse à une assignation délivrée contre lui le 3 Juillet pour des accusations de sédition en vertu de l'article 116 du Code Criminel thaïlandais.

La citation ne fournit pas de détails sur les actes présumés qui ont provoqué la convocation. L'Observatoire craint que les autorités ne ciblent M. Baramee simplement pour avoir observé une manifestation pacifique organisée par 14 militants étudiants au Monument de la Démocratie de Bangkok le 25 juin 2015 (voir les informations générales ci-dessous), et pour leur avoir fourni un logement.

L'Observatoire exprime sa plus vive préoccupation face aux actes de harcèlement judiciaire contre M. Baramee ainsi que contre les 14 étudiants militants, comme ils ne semblent viser qu'à sanctionner leurs activités légitimes pour les droits de l'homme.

En conséquence, l'Observatoire appelle les autorités thaïlandaises à mettre un terme à toute forme de harcèlement contre M. Baramee, à ne pas menacer ni harceler les 14 militants étudiants, et à abroger l'ordonnance n° 3/2015 NCPO, qui empêche la Thaïlande de se conformer aux obligations légales internationales.

- Informations générales:

Le 22 mai 2015, la police thaïlandaise a arrêté des militants étudiants suivants; M. Chatupat Boonyapatraksa, M. Apiwat Suntararak, M. Payu Boonsopon, M. Panupong Srithananuwat, M. Suvicha Tipangkorn, M. Supachai Pukrongploy, M. Wasant Sadesit, qui sont également membres du groupe Dao Din, et M. Rangsiman Rome, M. Songtham Kaewpanphruek, M. Rattapol Supasophon, M. Apisit Sapnapaphan, M. Pakorn Areekul, M. Pornchai Yuanyee et Mlle Chonticha Chaengreo, dans le cadre de leur participation à des manifestations pacifiques tenues à Khon Kaen ainsi qu'à Bangkok à l'occasion du premier anniversaire du coup d'Etat militaire.

Le 23 mai 2015, les sept étudiants de l'Université de Khon Kaen ont été libérés sous caution avec des inculpations par la police de Khon Kaen d'avoir violé l'ordonnance n° 3/2015 du NCPO (la junte).

Les sept militants étudiants de diverses universités à Bangkok, ont également été libérés à la même date mais sans inculpation.

Les 24 et 25 juin 2015, les 14 militants étudiants avaient participé à des rassemblements pacifiques à Bangkok pour demander la fin du régime militaire.

Le 26 juin 2015, la police a arrêté 14 militants étudiants suite à un mandat d'arrêt délivré par la Cour militaire de Bangkok et lié à la manifestation du 25 juin. Ils ont été accusés d'avoir violé l'Ordonnance n° 3/2015 du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO, le nom officiel de la junte) et l'article 116 du Code pénal thaïlandais (sédition).

À 0 heure 30 le 27 juin 2015, le tribunal militaire de Bangkok a ordonné la garde à vue pendant 12 jours des 14 militants étudiants. Les 13 hommes ont été détenus au centre de détention provisoire de Bangkok et Mlle Chonticha Chaengreowas détenue à l'établissement correctionnel pour femmes.

Le 7 juillet 2015, le tribunal militaire de Bangkok a rejeté la demande de la police pour une prolongation de 12 jours de détention avant le procès des 14 militants étudiants. Les militants étudiants ont été libérés sans aucune condition la matinée du 8 juillet 2015.

Cependant, les accusations de violation de l'ordonnance n° 3/2015 du NCPO, qui interdit les rassemblements de plus de cinq personnes, et de l'article 116 du Code pénal thaïlandais (sédition) n'ont pas été abandonnées. S'ils sont reconnus coupable de sédition, les militants étudiants risquent jusqu'à sept ans de prison. En outre, ils risquent jusqu'à six mois de prison et une amende pouvant aller jusqu'à 10.000 bahts (282 euros) s'ils sont reconnus coupable d'avoir violé l'ordonnance n° 3/2015 du NCPO.

- Actions requises:

S'il vous plaît écrivez aux autorités de la Thaïlande pour leur demander de:

1. Mettre un terme à toute forme de harcèlement - y compris au niveau judiciaire - contre M. Baramee, les 14 militants étudiants, et tous les défenseurs des droits humains en Thaïlande;

2. Garantir en toutes circonstances l'intégrité physique et psychologique de M. Baramee, des 14 militants étudiants, et de tous les défenseurs des droits humains en Thaïlande;

3. Abroger l'ordonnance n° 3/2015 du NCPO interdisant les rassemblements de plus de cinq personnes;

4. Garantir que l'exercice de la liberté d'expression et de réunion ne soient pas poursuivis en vertu de l'article 116 du Code pénal thaïlandais;

5. Mettre un terme à la poursuite de civils devant des tribunaux militaires, conformément au droit international des droits de l'homme qui interdit aux gouvernements d'utiliser les tribunaux militaires pour juger des civils lorsque les tribunaux civils fonctionnent;

6. Se conformer aux dispositions de la Déclaration des Nations unies sur les défenseurs des droits de l'homme, adoptée par l'Assemblée générale des Nations Unies le 9 Décembre 1998, en particulier à son article 1 qui dit que "chacun a le droit, individuellement ou en association avec d'autres, de promouvoir et d'œuvrer pour la protection et la réalisation des droits de l'homme et des libertés fondamentales aux niveaux national et international", et de l'article 12.2, qui dit que "l'Etat doit prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la protection par les autorités compétentes de chacun, individuellement ou en association avec d'autres, contre toute violence, menace, représailles, discrimination défavorable de facto ou de jure, pression ou toute autre action arbitraire dans le cadre de son exercice légitime des droits visés dans la présente Déclaration";

Assurer en toutes circonstances le respect des droits de l'homme et des libertés fondamentales conformément aux normes internationales des droits de l'homme et aux contributions internationales ratifiées par la Thaïlande.

- Adresses:

- Premier ministre, Général Prayuth Chan-ocha, Government House, 1, Phitsanulok Road, Dusit, 10300, Bangkok, Thaïlande; Fax: +66 (0) 2282 5131

- Ministre de l'Intérieur, Général Anupong Paochinda, Asatang Road, Ratchabophit, 10200, Bangkok, Thaïlande

- Ministre des Affaires étrangères, Général Tanasak Patimapragorn, Sri Ayutthaya Building, 443 Sri Ayutthaya Road, Phaya Thai, 10400, Bangkok, Thaïlande; Fax: +66 (0) 2 643-5320; E-mail: minister@mfa.go.th

- Ministre de la Justice, Général Paiboon Khumchaya, 120, Chaeng Watthana Road, Laksi, 10210, Bangkok, Thaïlande; Fax: +66 (0) 2 953-0503

- Général de Police Somyot Poompanmoung, Commissaire général de la Police royale thaïlandaise, 1er bâtiment, 7eme étage, Rama I Road, Pathumwan, 10330, Bangkok, Thaïlande; Fax: +66 (0) 2 251 5956 / +66 (0) 2 251 8702

- Mme Amara Pongsapich, Présidente de la Commission nationale des droits humains de Thaïlande; 120, Chaeng Watthana Road, Laksi, 10210, Bangkok, Thaïlande; E-mail: help@nhrc.or.th

- Mission permanente de la Thaïlande auprès des Nations Unies à Genève, 5 rue Gustave Moynier, 1202 Genève, Suisse, Tél: + 41 22 715 10 10; Fax: + 41 22 715 10 00/10 02; Email: mission.thailand@ties.itu.int

- Ambassade de Thaïlande à Bruxelles, 2 Sq. du Val de la Cambre, 1050 Ixelles, Belgique, Tél: + 32 2 640.68.10; Fax: + 32 2 .648.30.66. Email: thaibxl@pophost.eunet.be

S'il vous plaît écrivez également à la mission diplomatique ou à l'ambassade de Thaïlande dans votre pays respectif.

Baramee Chairat

Baramee Chairat

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3 août 2015 1 03 /08 /août /2015 07:23

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/08/02/why-is-the-thai-economy-slowing-down-is-it-the-fault-of-the-junta/

 

Il n'y a aucun doute à ce sujet; l'économie thaïlandaise est sérieusement en train de ralentir. La croissance du PIB en 2014 est tombée à 0,7%, contre 6,5% en 2012 et 2,9% en 2013. La croissance annuelle du PIB à la fin du premier trimestre de 2015 était de 3%, mais va-t-elle tomber à nouveau ou récupérer?

Selon Bloomberg, la croissance du PIB thaïlandais est déjà en dessous de celle de ses voisins: la Malaisie, les Philippines et l'Indonésie.

 

Pourquoi l'économie thaïlandaise est-elle en train de ralentir? Est-ce la faute de la junte?

L'investissement, un indicateur clé de la confiance économique, a diminué de 2% en 2013 et à nouveau de 2,8% en 2014. La production manufacturière a diminué de 4,6% et celle de détail a diminué de 6,1% en 2014. En mai 2015, la production manufacturière a diminué de 7,6% par rapport au même mois de l'an dernier, une baisse dont la cause est la diminution de la production dans la fabrication des produits électroniques et des automobiles.

Plus de 1.300 travailleurs de l'usine Samsung à Korat ont été licenciés. Les travailleurs de nombreuses usines de pièces automobiles et d'électronique font face à un avenir incertain avec des licenciements à la clé. Les fabriques de vêtements sportifs et d'autres fabricants de textiles ont également été touchés.

Les ventes intérieures d'automobiles de petite et de moyenne taille ont chuté, tandis que les ventes de voitures de luxe Mercedes-Benz ont augmenté. Dans le monde entier les riches ont toujours augmenté leur fortune durant les périodes de dépressions économiques ainsi que pendant celles de croissances économique.

L'inflation est tombée à 0,1% l'an dernier, ce qui est un autre signe de la dépression économique. Cette année, pour la première fois depuis 2010, les exportations ont diminué de 0,5% et les importations ont diminué de 8,6%. La Thaïlande est très dépendante des exportations pour sa croissance économique, ces dernières contribuant à 60% du PIB, et la baisse des importations reflète la baisse de l'investissement pour la production future.

Donc, est-ce la faute de la junte militaire et des classes moyennes enragées et arriérées qui ont détruit la démocratie et la stabilité politique? La baisse du tourisme est certainement liée à cela, sans parler de la crise dans l'industrie de l'aviation thaïlandaise.

The Economist rapporte que certains universitaires estiment que les coups militaires font baisser de 1 à 2% la croissance annuelle du PIB. Ajouté à ce facteur est la crise politique à long terme qui dure depuis 2006, une crise provoquée par le refus de respecter les élections démocratiques de la part des élites et des classes moyennes. Malgré le fait que les économistes thaïlandais pro-militaires ignorent le problème d'avoir une junte militaire ainsi que l'instabilité politique, la Banque mondiale et d'autres établissements économiques prédisent que la croissance économique thaïlandaise continuera d'être problématique.

Mais la principale raison pour laquelle les exportations ont baissé est le fait que la Thaïlande s'appuie sur les marchés en Chine, en Europe et aux Etats-Unis. Tous ces marchés n'ont pas encore bien récupéré de la récession économique qui a commencé en 2008 et l'économie chinoise est en train de connaitre un problème plus profond. Compte tenu de la concurrence acharnée qui se pose dans ces circonstances, la Thaïlande doit encore émerger à partir de bas salaire, de la faiblesse des investissements, d'un modèle d'exportation et ne peut donc pas entrer en concurrence avec les pays voisins dans la région où les salaires sont plus bas. Ce fut déjà un problème en 1997 quand la crise économique asiatique a éclaté. Le gouvernement Taksin, qui a remporté les élections après cette crise, a fait des tentatives pour moderniser l'économie, améliorer la technologie et la productivité, et augmenter le pouvoir d'achat intérieur. Toutefois, cela a été écourté par les élites conservatrices qui ont organisé deux coups d'Etat militaires contre ses partis politiques.

Dans le secteur agricole, la chute des prix mondiaux en raison de la stagnation mondiale ont récemment été éclipsé par la sécheresse en Thaïlande, conduisant à des prévisions de baisse de 3,4% du PIB pour l'agriculture cette année, la plus forte baisse en 36 ans. Le gouvernement précédent de Yingluck avait essayé d'aider les producteurs de riz, mais il a été sévèrement attaqué par les élites et les classes moyennes pour cela.

Compte tenu de la mauvaise situation mondiale, la seule autre option pour le gouvernement de développer l'économie serait d'accroître les investissements de l'Etat dans la modernisation et augmenter le pouvoir d'achat des citoyens. Mais cela est un anathème pour les néolibéraux réactionnaires qui dirigent maintenant le spectacle sous les yeux de la junte militaire. Ils sont violemment opposés à toute importante dépense de l'Etat pour une intervention sur l'infrastructure et les prix agricoles, qu'ils rejettent comme n'étant que du "populisme de style Taksin". Ils sont également contre une augmentation significative du salaire minimum; Prayut affirmant que cela affecterait négativement les exportations.

La junte peut décider d'ignorer tous ces problèmes en utilisant sa puissance militaire pour reporter indéfiniment les élections. Elle peut également être contrainte d'adopter des mesures précédemment utilisées par les gouvernements du Thai Rak Thai ou du Pua Thai. Déjà, les militaires ont invité l'ex-ministre Thai Rak Thai de l'économie, Somkit Jatusipituk, à se joindre à la dictature. Mais plus les bouffons égoïstes en uniforme s'accrocheront au pouvoir politique, plus ils terniront leur réputation parmi la population.

Un lien en anglais pour en savoir plus:

https://thenextrecession.wordpress.com/2015/08/01/the-emerging-market-crisis-returns/

Pourquoi l'économie thaïlandaise est-elle en train de ralentir? Est-ce la faute de la junte?
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2 août 2015 7 02 /08 /août /2015 13:27

Un article du Washington Post

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https://www.washingtonpost.com/opinions/returning-uighurs-to-a-dangerous-home/2015/07/24/97d8d492-2be8-11e5-bd33-395c05608059_story.html

 

Après le coup d'Etat militaire de mai 2014, qui a fait passer la Thaïlande de la démocratie à la dictature, le pays avait fait ses adieux à la liberté d'expression et aux élections libres et équitables. Maintenant, il dit aussi au revoir à ses obligations internationales. Il n'y a pas d'exemple plus frappant des échecs juridiques et moraux de la Thaïlande que sa décision ce mois-ci (juillet 2015) d'extrader 109 Ouïghours, une minorité musulmane d'ethnie turque, vers la Chine, où ils feront presque sûrement face à la persécution et éventuellement à la torture.

Les Ouïghours de Chine vivent principalement dans la région du Xinjiang située à l'extrême ouest, mais leurs racines sont turques. Cela les distingue de la majorité Han en Chine, où les Ouïghours ont été systématiquement privés par la violence de leurs droits pendant des années. Fuir de Chine n'a pas été facile pour les Ouïghours, mais avec la Thaïlande et des pays tels que la Malaisie et le Cambodge capitulant devant les demandes de rapatriement chinois, demeurer en dehors du pays est devenu tout aussi difficile.

Le rapatriement organisé par la Thaïlande vient suite à une forte réprimande du gouvernement chinois après que le pays ait permis à environ 170 femmes et enfants ouïghours de se rendre en Turquie. La Chine est le deuxième plus grand partenaire commercial de la Thaïlande, ce qui rend particulièrement dangereux pour les petits pays de contrarier son puissant voisin. Le rapatriement de ce mois est une tentative d'apaisement surprenante. Mais la Thaïlande a de plus grandes obligations qu'elle devrait garder à l'esprit: En tant que participant à la Convention contre la torture, la Thaïlande a entrepris de ne pas renvoyer quelqu'un dans un pays où l'individu ferait face à la persécution. Pour un Ouïghour, la Chine est exactement ce genre de pays.

Les Ouïghours renvoyés en Chine dans le passé ont fait l'objet d'arrestations arbitraires et de détention indéfinie, généralement suivi par des poursuites pénales sur de fausses accusations. Dans ce cas, la Chine a prétendu que certains des Ouïghours expulsés de Thaïlande seraient des terroristes désireux de rejoindre le djihad, sans offrir aucune preuve pour appuyer ces affirmations.

Le rapatriement de ce mois-ci rabaisse la Thaïlande aux normes même du pays qu'elle cherche à satisfaire: la Chine est un praticien infâme du rapatriement forcé qui a renvoyé des dizaines de milliers de réfugiés Nord-Coréens dans leur pays d'origine au cours des deux dernières décennies […]

 

Manifestation de femmes Ouïghours à Urumqi en Chine

Manifestation de femmes Ouïghours à Urumqi en Chine

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 13:52

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/784-the-thai-state-is-wrong-to-involve-buddhist-monks-with-soldiers.html

 

L'attentat à la bombe contre les moines bouddhistes à Sai Bury dans le Sud est un acte terrible. De même l'est aussi l'utilisation par l'État thaïlandais d'escadrons de la mort, de la police et des soldats, afin de tuer des militants malais musulmans locaux qui luttent pour l'indépendance vis-à-vis de la Thaïlande. L'utilisation de la force armée par la Thaïlande afin de faire respecter la domination coloniale à Patani pendant des centaines d'années est aussi quelque chose que nous devons condamner.

Lorsque l'on considère les détails de la récente attaque de Sai Bury contre des moines bouddhistes, qui étaient "protégés" par des soldats, il est utile de rappeler que la politique de l'implication des moines avec les soldats avait été sévèrement critiquée par Ajarn Chaiwat Satha-Anand il y a quelques années. Il avait averti qu'elle équivalait à la militarisation des moines bouddhistes dans une zone où les soldats thaïlandais sont considérés comme des oppresseurs. Le fait que l'armée ait essayé d'encourager les soldats à devenir moines à Patani n'a fait qu'empirer les choses. Il semble que maintenant il faille payer les pots cassés.

Au lieu de se cacher derrière les soldats, les moines bouddhistes qui souhaitent accomplir leurs devoirs religieux devraient se joindre aux chefs religieux musulmans et travailler avec eux dans la communauté. Le conflit de Patani n'est pas un conflit religieux entre des gens de différentes traditions ethniques. C'est une lutte pour la liberté de la part des Malais musulmans contre l'Etat thaïlandais.

Les chœurs de la condamnation de l'attentat de Sai Bury par des soi-disant organisations des "droits de l'homme" et diverses organisations religieuses ne se traduiront pas par une solution, car ils appellent les forces armées oppressives de l'Etat thaïlandais à "protéger" la population. Rappelez-vous que ces mêmes forces de sécurité, sous le commandement du général Prayut et d'autres, sont responsables de la mort des manifestants pro-démocratie à Bangkok et également de la destruction de la liberté et de la démocratie en organisant des coups d'Etat militaires.

L'État thaïlandais et ses forces armées sont la véritable source du conflit de Patani, pas la solution. Si la paix, la liberté et la sécurité doivent être établies, les troupes doivent être retirées et les populations locales de toutes ethnies ou religions doivent déterminer leur propre avenir. Il devrait n'y avoir aucune condition attachée à ces discussions. L'Etat thaïlandais unitaire et centralisé doit être mis au rebut. Les gens devraient être libres de choisir l'indépendance, l'autonomie ou de rester avec la Thaïlande.

La junte militaire est un obstacle à la paix à Patani en raison de son insistance pour utiliser des moyens militaires plutôt que la politique démocratique afin de "régler" le problème de la rébellion. Sans renverser la junte, nous ne pourrons pas commencer à établir la paix.

Dans le cas des rebelles qui ont pris les armes contre l'État thaïlandais, nous devrions sympathiser avec eux. Ils subissent l'oppression et la violence de l'armée depuis des années. Pourtant, la lutte armée est une impasse. Non seulement elle risque de saper la légitimité de la lutte lorsque des civils sont tués, mais il n'y a aussi aucun espoir de battre l'armée thaïlandaise. La réponse réside dans la construction d'un mouvement de masse venu de la population locale pour la lutte pour la liberté. C'est ce que les étudiants de Patani essayent de faire depuis un certain temps.

L'État thaïlandais a tort d'associer les moines bouddhistes avec les soldats
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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 14:53

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/07/26/what-the-rohingya-slave-labour-and-ko-tao-scandals-reveal/

 

Aussi bien le scandale de la main-d'œuvre rohingya esclave, exposée par le journal The Guardian et d'autres médias, que la manipulation par la police des meurtres brutaux de deux touristes britanniques sur l'ile de Ko Tao, révèlent un côté très sombre de la société thaïlandaise.

Alors qu'un grand nombre de Thaïlandais décents condamnent le trafic d'êtres humains, les viols systématiques, l'emprisonnement sur des grands navires cargos et l'esclavage dans l'industrie de la pêche de centaines de réfugiés rohingyas de Birmanie, il reste encore beaucoup à faire. Les organisations thaïlandaises et les groupes politiques devraient se mobiliser et faire campagne sur cette question et les syndicats devraient prendre une position contre les choquantes conditions de travail dans l'industrie de la pêche.

Il se pourrait qu'il y ait de la sympathie parmi la société thaïlandaise pour les victimes du trafic d'êtres humains, quand il est exposé dans les médias, mais le profond racisme et le nationalisme, qui infecte la plupart des Thaïlandais, fait que lorsque la question de l'accueil des réfugiés et leur intégration dans la société thaïlandaise normale est soulevée, ça déclenche une hostilité généralisée. Cela se traduit par un mépris flagrant de la situation des travailleurs migrants des pays voisins. Lorsqu'ils ne sont pas victimes de la traite, ils sont maltraités, battus et volés de leurs salaires par les employeurs et les membres des forces de sécurité. Des affiches gouvernementales renforcent les vues désobligeantes sur les migrants, les accusant de crimes et de porter des maladies. Les Thaïs ordinaires utilisent systématiquement des termes racistes comme "Kaek", "Yuan", "Farang", "Aye-Meud" (Nègre), etc. pour désigner les personnes d'autres ethnies.

Ce racisme toxique est responsable du déni continuel de justice dans l'affaire des meurtres Ko Tao. Les deux travailleurs migrants birmans, qui font face à des accusations graves devant les tribunaux, sont les "boucs émissaires habituels". Il y a aussi une attitude épouvantable de la part de nombreux Thaïlandais envers les femmes européennes et le port de maillots de bain sur les plages normales, comme si cela indiquait des "mœurs légères".

Pourtant, il suffit de regarder le manque de moralité dans la société thaïlandaise. Nous avons une industrie du sexe florissante où les jeunes sont exploités et victimes de la traite. Les Thaïlandais sont les clients prédominants et les bénéficiaires de cette industrie. Les dirigeants du pays, passés et présents, y compris Prayut, Abhisit et Taksin, sont généralement des meurtriers de masse qui ne seront jamais jugés pour violations des droits de l'homme. La corruption et l'exploitation par les riches et les puissants est à l'ordre du jour.

La cause profonde de cette situation déplorable est qu'il y a trop peu d'opposition à l'autoritarisme sous toutes ses formes. Ceci est un cercle vicieux parce que quand les gens individuels sont assez courageux pour parler, ils sont soumis à la répression. La gauche est faible, les syndicats sont désorganisés ou principalement apolitiques et les Chemises rouges pro-démocratie ont été démobilisés par l'UDD et Taksin. La Commission nationale des droits de l'homme est composée de membres des forces de sécurité, de royalistes fanatiques et de réactionnaires. Les ONG sont soit avec l'armée soit ne sont intéressés que par les campagnes pour des questions uniques et fragmentées.

Fondamentalement, c'est la faiblesse de la gauche et de syndicats organisés qui fait qu'il n'y ait pas de forte opposition. Non seulement l'opposition à l'autoritarisme est trop faible, mais il n'y a presque pas d'opposition au nationalisme et au racisme dans la société. Dans de telles circonstances, les travailleurs thaïlandais ordinaires sont liés à l'idéologie dominante de la classe dirigeante. Karl Marx a fait remarquer que les travailleurs britanniques ne seraient jamais en mesure de se libérer tant qu'ils ne se seront pas débarrassés de leurs idées racistes envers les Irlandais. Nous pourrions dire pareillement que les travailleurs thaïlandais ordinaires ne seront pas en mesure de se libérer tant qu'ils ne rejetteront pas le nationalisme et le racisme. A travers l'Europe d'aujourd'hui, dans une ère d'austérité, le nationalisme et le racisme sont utilisés pour affaiblir les mouvements opposés au néolibéralisme et à l'appauvrissement des travailleurs. Il y a des socialistes et des organisations de gauche qui forment le noyau de l'opposition au racisme et au nationalisme en Europe.

En Thaïlande nous avons désespérément besoin de faire revivre la gauche dans une lutte pour la démocratie et contre le chauvinisme national.

Ce que les scandales de l'esclavage des Rohingyas et de Ko Tao nous révèlent
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