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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 13:52

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/784-the-thai-state-is-wrong-to-involve-buddhist-monks-with-soldiers.html

 

L'attentat à la bombe contre les moines bouddhistes à Sai Bury dans le Sud est un acte terrible. De même l'est aussi l'utilisation par l'État thaïlandais d'escadrons de la mort, de la police et des soldats, afin de tuer des militants malais musulmans locaux qui luttent pour l'indépendance vis-à-vis de la Thaïlande. L'utilisation de la force armée par la Thaïlande afin de faire respecter la domination coloniale à Patani pendant des centaines d'années est aussi quelque chose que nous devons condamner.

Lorsque l'on considère les détails de la récente attaque de Sai Bury contre des moines bouddhistes, qui étaient "protégés" par des soldats, il est utile de rappeler que la politique de l'implication des moines avec les soldats avait été sévèrement critiquée par Ajarn Chaiwat Satha-Anand il y a quelques années. Il avait averti qu'elle équivalait à la militarisation des moines bouddhistes dans une zone où les soldats thaïlandais sont considérés comme des oppresseurs. Le fait que l'armée ait essayé d'encourager les soldats à devenir moines à Patani n'a fait qu'empirer les choses. Il semble que maintenant il faille payer les pots cassés.

Au lieu de se cacher derrière les soldats, les moines bouddhistes qui souhaitent accomplir leurs devoirs religieux devraient se joindre aux chefs religieux musulmans et travailler avec eux dans la communauté. Le conflit de Patani n'est pas un conflit religieux entre des gens de différentes traditions ethniques. C'est une lutte pour la liberté de la part des Malais musulmans contre l'Etat thaïlandais.

Les chœurs de la condamnation de l'attentat de Sai Bury par des soi-disant organisations des "droits de l'homme" et diverses organisations religieuses ne se traduiront pas par une solution, car ils appellent les forces armées oppressives de l'Etat thaïlandais à "protéger" la population. Rappelez-vous que ces mêmes forces de sécurité, sous le commandement du général Prayut et d'autres, sont responsables de la mort des manifestants pro-démocratie à Bangkok et également de la destruction de la liberté et de la démocratie en organisant des coups d'Etat militaires.

L'État thaïlandais et ses forces armées sont la véritable source du conflit de Patani, pas la solution. Si la paix, la liberté et la sécurité doivent être établies, les troupes doivent être retirées et les populations locales de toutes ethnies ou religions doivent déterminer leur propre avenir. Il devrait n'y avoir aucune condition attachée à ces discussions. L'Etat thaïlandais unitaire et centralisé doit être mis au rebut. Les gens devraient être libres de choisir l'indépendance, l'autonomie ou de rester avec la Thaïlande.

La junte militaire est un obstacle à la paix à Patani en raison de son insistance pour utiliser des moyens militaires plutôt que la politique démocratique afin de "régler" le problème de la rébellion. Sans renverser la junte, nous ne pourrons pas commencer à établir la paix.

Dans le cas des rebelles qui ont pris les armes contre l'État thaïlandais, nous devrions sympathiser avec eux. Ils subissent l'oppression et la violence de l'armée depuis des années. Pourtant, la lutte armée est une impasse. Non seulement elle risque de saper la légitimité de la lutte lorsque des civils sont tués, mais il n'y a aussi aucun espoir de battre l'armée thaïlandaise. La réponse réside dans la construction d'un mouvement de masse venu de la population locale pour la lutte pour la liberté. C'est ce que les étudiants de Patani essayent de faire depuis un certain temps.

L'État thaïlandais a tort d'associer les moines bouddhistes avec les soldats
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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 14:53

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/07/26/what-the-rohingya-slave-labour-and-ko-tao-scandals-reveal/

 

Aussi bien le scandale de la main-d'œuvre rohingya esclave, exposée par le journal The Guardian et d'autres médias, que la manipulation par la police des meurtres brutaux de deux touristes britanniques sur l'ile de Ko Tao, révèlent un côté très sombre de la société thaïlandaise.

Alors qu'un grand nombre de Thaïlandais décents condamnent le trafic d'êtres humains, les viols systématiques, l'emprisonnement sur des grands navires cargos et l'esclavage dans l'industrie de la pêche de centaines de réfugiés rohingyas de Birmanie, il reste encore beaucoup à faire. Les organisations thaïlandaises et les groupes politiques devraient se mobiliser et faire campagne sur cette question et les syndicats devraient prendre une position contre les choquantes conditions de travail dans l'industrie de la pêche.

Il se pourrait qu'il y ait de la sympathie parmi la société thaïlandaise pour les victimes du trafic d'êtres humains, quand il est exposé dans les médias, mais le profond racisme et le nationalisme, qui infecte la plupart des Thaïlandais, fait que lorsque la question de l'accueil des réfugiés et leur intégration dans la société thaïlandaise normale est soulevée, ça déclenche une hostilité généralisée. Cela se traduit par un mépris flagrant de la situation des travailleurs migrants des pays voisins. Lorsqu'ils ne sont pas victimes de la traite, ils sont maltraités, battus et volés de leurs salaires par les employeurs et les membres des forces de sécurité. Des affiches gouvernementales renforcent les vues désobligeantes sur les migrants, les accusant de crimes et de porter des maladies. Les Thaïs ordinaires utilisent systématiquement des termes racistes comme "Kaek", "Yuan", "Farang", "Aye-Meud" (Nègre), etc. pour désigner les personnes d'autres ethnies.

Ce racisme toxique est responsable du déni continuel de justice dans l'affaire des meurtres Ko Tao. Les deux travailleurs migrants birmans, qui font face à des accusations graves devant les tribunaux, sont les "boucs émissaires habituels". Il y a aussi une attitude épouvantable de la part de nombreux Thaïlandais envers les femmes européennes et le port de maillots de bain sur les plages normales, comme si cela indiquait des "mœurs légères".

Pourtant, il suffit de regarder le manque de moralité dans la société thaïlandaise. Nous avons une industrie du sexe florissante où les jeunes sont exploités et victimes de la traite. Les Thaïlandais sont les clients prédominants et les bénéficiaires de cette industrie. Les dirigeants du pays, passés et présents, y compris Prayut, Abhisit et Taksin, sont généralement des meurtriers de masse qui ne seront jamais jugés pour violations des droits de l'homme. La corruption et l'exploitation par les riches et les puissants est à l'ordre du jour.

La cause profonde de cette situation déplorable est qu'il y a trop peu d'opposition à l'autoritarisme sous toutes ses formes. Ceci est un cercle vicieux parce que quand les gens individuels sont assez courageux pour parler, ils sont soumis à la répression. La gauche est faible, les syndicats sont désorganisés ou principalement apolitiques et les Chemises rouges pro-démocratie ont été démobilisés par l'UDD et Taksin. La Commission nationale des droits de l'homme est composée de membres des forces de sécurité, de royalistes fanatiques et de réactionnaires. Les ONG sont soit avec l'armée soit ne sont intéressés que par les campagnes pour des questions uniques et fragmentées.

Fondamentalement, c'est la faiblesse de la gauche et de syndicats organisés qui fait qu'il n'y ait pas de forte opposition. Non seulement l'opposition à l'autoritarisme est trop faible, mais il n'y a presque pas d'opposition au nationalisme et au racisme dans la société. Dans de telles circonstances, les travailleurs thaïlandais ordinaires sont liés à l'idéologie dominante de la classe dirigeante. Karl Marx a fait remarquer que les travailleurs britanniques ne seraient jamais en mesure de se libérer tant qu'ils ne se seront pas débarrassés de leurs idées racistes envers les Irlandais. Nous pourrions dire pareillement que les travailleurs thaïlandais ordinaires ne seront pas en mesure de se libérer tant qu'ils ne rejetteront pas le nationalisme et le racisme. A travers l'Europe d'aujourd'hui, dans une ère d'austérité, le nationalisme et le racisme sont utilisés pour affaiblir les mouvements opposés au néolibéralisme et à l'appauvrissement des travailleurs. Il y a des socialistes et des organisations de gauche qui forment le noyau de l'opposition au racisme et au nationalisme en Europe.

En Thaïlande nous avons désespérément besoin de faire revivre la gauche dans une lutte pour la démocratie et contre le chauvinisme national.

Ce que les scandales de l'esclavage des Rohingyas et de Ko Tao nous révèlent
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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 13:07

Un article de Chatwadee Rose Amornpat

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https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/07/13/rose-on-rindas-case/

 

La Suisse était connue depuis longtemps parmi les voleurs de grand-chemin, y compris les politiciens véreux, les hommes d'affaires super-riches et les fonctionnaires corrompus de Thaïlande comme étant leur choix de destination pour y déposer leur richesse et butins mal acquis venus de leurs activités illégitimes. Ces voleurs comprenaient également des fraudeurs, des propriétaires de tripot, des trafiquants du sexe, des trafiquants de drogue et d'importants royalistes thaïlandais qui ne paient pas leur juste part d'impôts.

Cela était dû au fait que le droit suisse avait ancré le secret bancaire en 1934, ce qui faisait que c'était une infraction pénale de révéler l'identité d'un client.

Mais ces dernières années, le gouvernement suisse a décidé de sévir contre les criminels étrangers qui déposent leurs butins dans les banques suisses, ces dernières étant condamné à une lourde amende et l'identité des déposants étant révélée. Ainsi, ces criminels, y compris les criminels thaïlandais, retirent leur argent de Suisse et ceci à une vitesse assez rapide.

Les États-Unis ont pris la position la plus ferme. Ils veulent que 11 banques suisses leur révèlent les noms de leurs clients américains. Dans ce qui est la première grande brèche du secret bancaire suisse, UBS a accepté en 2009 de payer une amende de 780 millions de dollars pour avoir aidé l'évasion fiscale et a remis les données de plus de 4400 comptes. Quelques mois plus tard, plusieurs autres banques ont remis les données de leurs clients aux autorités suisses.

En 2012, les États-Unis ont découverts que la banque HSBC, y compris sa succursale suisse, avait blanchi des centaines de millions de dollars de l'argent des cartels de la drogue. En conséquence, la banque a dû payer 1,9 milliard de dollars d'amende.

Je n'ai pas été surprise quand j'ai appris que le chef de la junte militaire thaïlandaise, le général Prayuth Chan-Ocha avait été si bouleversé à la suite de la dénonciation d'une Thaïlandaise de 45 ans, Mme Rinda Paruechabutr, membre des Chemises rouges, qui a été injustement arrêtée le jeudi 9 juillet 2015 pour avoir prétendument diffusée de soi-disant fausses rumeurs sur son compte Facebook concernant le transfert par le général Prayuth et son épouse de 10 milliards de bahts (303 millions de dollars US) à une banque de Singapour.

Mes recherches et des discussions avec mes sources en Thaïlande révèlent que Singapour est maintenant devenue la destination de choix pour le blanchiment d'argent des escrocs thaïlandais! Le général Prayuth et ses acolytes possèdent tous des comptes bancaires à Singapour. En outre, la famille royale thaïlandaise a des relations d'affaires étroites avec Tamasek Holdings, une société d'investissement détenue par le gouvernement de Singapour.

La police du général Prayuth a invoqué l'article 116 de la loi sur les crimes informatiques qui est similaire à l'article 112 de la loi de lèse-majesté pour arrêter Mme Rinda Paruechabutr, une mère de deux enfants et qui est la seule de la famille à travailler pour nourrir ses enfants. Son mari est mort il y a cinq ans tué par un sniper militaire lors du massacre de Rachaprasong.

L'article 116 du Code pénal thaïlandais donne un pouvoir illimité à la police et à l'armée pour emprisonner sans caution quiconque pour avoir posté quelque chose sur l'Internet que les autorités thaïlandaises - la police ou l'armée - jugent être un acte de sédition et/ou causant des troubles dans la société. Cette couverture universelle par la loi est en effet une parodie de justice et une violation à la liberté d'expression et de parole. L'article 116 est presque toujours une charge concomitante à l'article 112. Mme Rinda s'est vu refuser la liberté sous caution et son sort est inconnu.

Tout comme les prisonniers en vertu de la loi 112, Mme Rinda a été interrogée non-stop pendant 16 heures sans que ni nourriture ni boisson ne lui soit offert. Ceci dans le but de la démoraliser et de la pousser à faire des aveux. Comme d'habitude, sous la contrainte, elle a été conduite à une conférence de presse au siège de la police. En cas de condamnation, elle pourrait faire face à 12 ans de prison pour "violation de loi sur la cybercriminalité, incitation à l'agitation, et provocation d'une panique parmi la population." Curieusement, il n'y a pas eu de panique et pas de troubles à l'exception du bouleversement et de la colère de Prayuth, le dictateur militaire, lorsqu'il a connu la rumeur.

Cependant, Mme Rinda a expliqué qu'elle n'avait aucune intention de déstabiliser l'Etat. Elle a dit qu'elle avait invoqué ses droits en tant que citoyen thaïlandais de critiquer le chef de la junte, qui est, à son avis, un personnage public.

Un des enfants de Rinda, Nong Omm, une fille âgée de 15 ans, a fait un poignant appel les larmes aux yeux à la junte thaïlandaise et à la communauté internationale via Youtube pour la libération de sa mère sans condition. Elle a expliqué que, maintenant que sa mère est en prison, personne ne prend soin d'elle ni de sa sœur qui est âgée de 7 ans. Les deux filles sont à l'école en ce moment. Mais dans un long terme, elles pourront être obligées de quitter l'école. Si une telle chose se réalise, elles n'auront plus qu'à vendre quoi que ce soit dans les rues pour joindre les deux bouts. Bien que leur mère leur ait laissé un peu d'argent, les fonds passent vite.

Je tiens à faire un appel personnel à tous ceux qui lisent cet article pour que vous communiquiez avec votre gouvernement et/ou de toute organisation des droits humains et de bienfaisance pour aider ces pauvres enfants.

Le général Prayuth Chan-Ocha est arrivé au pouvoir avec la bénédiction du roi thaïlandais et de son conseil privés pour qu'il prenne le pouvoir illégalement en renversant le gouvernement démocratiquement élu de la Premiere ministre Yingluck Shinawatra. Le monde ne doit pas reconnaître son régime et nous devons continuer à le condamner, lui et ses sbires militaires qui ont pris le contrôle du pays. L'amour de la paix et de la démocratie du peuple thaïlandais sont actuellement pris en otage en Thaïlande par ce voleur en uniforme.

La majorité du peuple thaïlandais en Thaïlande est si impuissante à exprimer sa pensée en raison de la menace toujours présente des voyous militaires qui sont prêts à envahir la maison de quelqu'un dans la nuit si le propriétaire ose parler publiquement contre ce régime. La Thaïlande est aujourd'hui un pays de non-droit et il est très dangereux de faire des affaires là-bas, parce qu'il n'y a pas de stabilité, socialement, économiquement et politiquement parlant.

Je voudrais continuer à exhorter le président des Etats-Unis Barrack Obama, David Cameron du Royaume-Uni, le Premier ministre de l'Australie Tony Abbott, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker et le reste des nations civilisées pour qu'ils lancent un boycott plus sévère contre la Thaïlande et cessent de délivrer des visas à toute personne associée à la junte militaire thaïlandaise jusqu'à ce que Mme Rinda Paruechabutr soit libéré, la vraie démocratie soit rétablie et que la méprisable loi de lèse-majesté soit abolie.

Alors et seulement alors les Thaïlandais pourront être libres.

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

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20 juillet 2015 1 20 /07 /juillet /2015 12:34

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/07/19/trouble-with-submarines/

 

La junte militaire a décidé d'acheter quelques très chers "jouets pour ses gars" sous la forme de 3 sous-marins chinois qui coûteront 3,6 milliards de baht. Cela de la part d'une junte dont les partisans s'étaient plaints des "dépenses publiques élevées" du gouvernement démocratiquement élu de Yingluck. Bien sûr, la décision de dépenser de telles sommes d'argent pour les militaires n'a pas été contestée par le parlement croupion nommé par la junte ou par un quelconque juge.

Dans le même temps, le généralissime Prayut a été pleurnicher à propos du "coût élevé" du régime de soins de santé universel et gratuit inspiré par Taksin, qui a donné à tous les citoyens le droit d'accéder à un traitement médical.

Un groupe d'artistes indépendants se nommant eux-mêmes "Les Whalewatchers", a calculé que le montant d'argent dépensé pour les 3 sous-marins pourrait suffire à la construction de 324 nouvelles écoles, ou à acheter 2,1 millions de iPads à distribuer aux élèves de l'école, ou à payer 900 millions de repas scolaires, ou à la subvention de 2,4 millions de tonnes de riz afin d'aider les agriculteurs. Pourtant, les réactionnaires jugeraient ces dépenses socialement bénéfiques comme n'étant que du "populisme".

La junte a facilement écarté et ignoré les divagations du vieux roi Pumipon, qui a critiqué la proposition de la junte militaire issue du putsch de 2006 d'acheter des sous-marins en 2007. Pumipon affirmait que les sous-marins se retrouveraient seulement "coincés dans la boue du Golfe de Thaïlande". Voilà pour la puissance et la sagesse de Pumipon.

Alors, quelle est la raison qui se cache derrière le désir de l'armée d'acheter des sous-marins?

Le généralissime Prayut a récemment déclaré qu'on ne les achetait pas dans un but de guerre, mais juste pour montrer la puissance militaire de la Thaïlande afin de protéger les voies maritimes et l'industrie de la pêche.

Nous devons jeter un œil sur ce qui se passe dans la région pour comprendre cela.

Dans le passé, la puissance de l'impérialisme britannique dépendait d'une marine puissante afin de protéger les routes commerciales du Royaume-Uni et afin d'agir comme des "bases militaires mobiles avec de gros canons". Elle était utilisée dans le but d'intimider et d'envahir d'autres pays. Dans la perspective de la Première Guerre mondiale, l'Allemagne et les Etats-Unis ont commencé à construire leurs marines en concurrence avec celle de la Grande-Bretagne et ce genre de rivalités impérialistes a conduit aux deux guerres mondiales.

Après la Seconde Guerre mondiale, les États-Unis sont devenus la grande puissance navale du monde en concurrence avec la Russie. Mais après la fin de la guerre froide, les États-Unis sont devenu la puissance navale incontestée du monde.

Cependant, aujourd'hui, avec l'expansion rapide des économies asiatiques, en particulier celle de la Chine, qui est le plus grand producteur mondial de produits industriels, la balance du pouvoir est en train de changer. La Chine renforce sa marine afin de protéger ses voies de navigation dans la région Asie-Pacifique qui fournissent le pays en matières premières en provenance d'Afrique et d'Amérique latine.

L'accumulation par la Chine de la puissance navale a conduit à des tensions avec les Etats-Unis dans la région et à des conflits avec le Japon, les Philippines et le Vietnam pour divers groupes d'îles dans le sud de la Chine et dans l'Est des mers de Chine. Il y a une course aux armements militaires et navals en Asie de l'Est et les dirigeants thaïlandais ne veulent pas être laissés pour compte.

Cependant, nous devons être clairs. L'augmentation des dépenses militaires par le gouvernement thaïlandais ne profitera jamais aux intérêts de la majorité de la population. Elle ne conduira pas à un meilleur niveau de vie et à une meilleure qualité de vie des citoyens. L'achat des sous-marins est un gaspillage total d'argent fait dans un but de rivalité impériale. Les achats d'armes de base pour l'armée sont aussi un gaspillage d'argent et ces armes finissent par être utilisées contre la population afin de supprimer la démocratie et de remplir les poches des généraux corrompus par l'intermédiaire de différents "pots-de-vin".

Problème avec les sous-marins
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8 juillet 2015 3 08 /07 /juillet /2015 11:28

Un article de Chatwadee Rose Amornpat

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http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/07/07/thailands-thieves-in-uniform/

 

Les liens entre l'armée et la monarchie volent le pays de sa liberté et de la démocratie.

Avec toute l'agitation en Thaïlande aujourd'hui, il est intéressant d'observer que l'institution dite "vénéré", la monarchie, n'est jamais intervenue pour arrêter le chaos.

Les royalistes thaïlandais et la maison royale informent souvent subrepticement les médias locaux et étrangers que le Roi n'a pas de pouvoir politique. Mais un rapide coup d'œil à la constitution actuelle révèle que c'est le contraire qui est vrai.

Le chef de la junte, le général Prayuth Chan-ocha, a déclaré en mai dernier, après avoir pris le pouvoir en renversant un gouvernement démocratiquement élu, que la Constitution était abrogée; à l'exception de tous les articles relatifs au monarque et la loi de lèse-majesté.

Cela revient à dire que les lois concernant la puissance du roi, son bien-être et sa protection ont été laissées intactes et exécutoires. Elles sont de grande envergure.

Par exemple la section trois de la Constitution stipule que:

Le pouvoir souverain appartient au peuple thaïlandais. Le Roi, comme chef de l'Etat, doit exercer ce pouvoir à l'Assemblée nationale, au Conseil des ministres et aux tribunaux en conformité avec les dispositions de la présente Constitution.

Mais cela revient à dire que la voiture appartient au peuple, mais que seul le Roi peut la conduire. Ou que le peuple possède l'arme mais que seul le Roi peut tirer sur la gâchette. Dans les deux cas, le peuple doit effectuer la maintenance et l'entretien de la voiture et du pistolet.

La section huit de la Constitution stipule que:

Le Roi est intronisé dans une position de culte vénéré et ne doit pas être profané. Personne n'a le droit de l'exposer à toute sorte d'accusation ou d'action.

Cette section signifie que le Roi thaïlandais est équivalent à Dieu et personne ne peut parler contre le roi, même s'il commet un vol qualifié, des mensonges flagrants, des mutilations ou des assassinats.

La section 10 spécifie que le Roi est aussi le commandant suprême des forces armées thaïlandaises, tandis que l'article 11 donne au Roi le droit de créer des titres et de décerner des décorations.

Tout cela explique d'une certaine façon pourquoi aujourd'hui en Thaïlande nous n'avons pas qu'un seul dictateur, mais deux.

Il existe une relation symbiotique entre la monarchie et l'armée, qui est en cours depuis les six dernières décennies. Chaque fois qu'il y a un coup d'Etat, tandis que les généraux pouvaient changer, la monarchie est toujours restée intacte. Pour cette raison nous ne pouvons blâmer, pour les troubles actuels en cours en Thaïlande, que le sommet; la monarchie. C'est la caractéristique principale de la société thaïlandaise et de la politique qui ne change jamais.

Le vendredi 19 juin, la police thaïlandaise a arrêté 14 étudiants qui avaient protesté contre la junte au pouvoir au mépris d'une interdiction des rassemblements publics. Ce sont de jeunes universitaires qui sont courageux et plein d'esprit démocratique. Ils ne veulent rien sauf le droit de s'exprimer librement sur les questions qui affectent leur vie et leur avenir. Ils sont maintenant confinés dans une prison sale et encombrée de Bangkok.

Les étudiants ont participé à des rassemblements pacifiques appelant à la fin du régime militaire du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO). Le commandant en chef de l'armée, le général Udomdej Seetabutr, a publiquement accusé les 14 militants étudiants d'être soutenu par des groupes anti-gouvernementaux et affirmé que leurs actions pourraient conduire à des troubles et de la violence.

En outre, le général Udomdej Seetabutr, a indiqué que des inculpations de lèse-majesté pourraient être portées contre eux, parce que ces étudiants auraient peut-être reçu le soutien d'éléments anti-monarchie.

Le fait que l'armée thaïlandaise soit conçue pour protéger uniquement la monarchie plutôt que de defendre le pays et le peuple est en opposition avec les normes internationales. Il est maintenant de plus en plus clair que la Thaïlande est régie par deux types de voleurs en uniforme.

Le premier, le Roi, porte son uniforme avec fierté. En tant que chef de l'Etat, il porte souvent des médailles décoratives et des signes extérieurs et aussi parfois enfile des uniformes semblables à ceux des caractères d'un ancien jeu de Ramayana, avec des coiffures de cérémonie pour couronner le tout.

Le premier voleur est seulement préoccupé par sa stabilité et sa grande richesse, sous le contrôle de la secrète branche d'investissement, le Bureau de la propriété de la Couronne. Il a l'intention de prolonger son statu quo ainsi que de conserver ses privilèges et ses droits pour les générations à venir.

Les seconds voleurs en uniforme sont les généraux qui bénéficient de leur collusion avec la monarchie. Chaque haut général a bénéficié du budget et des allocations militaires annuelles pour les achats d'armes. Les huiles empochent des millions et des millions de dollars ou de bahts en termes de commission.

Et aujourd'hui, les généraux sont rejoints par les hommes de troupe. Sous "l'Article 44", qui donne un pouvoir illimité à la junte, les militaires peuvent faire à peu près tout ce qui leur plaît, de la fouille des maisons ou des gens sans mandat, à l'emprisonnement de toute personne sous n'importe quelle accusation mineure.

Beaucoup de soldats de rang inférieur se comportent comme des voyous en extorquant de l'argent à des vendeurs ambulants et des détaillants en plein jour en toute impunité.

Sauf si le peuple thaïlandais s'unie pour exiger la réorganisation de ces deux institutions à partir de la base jusqu'au sommet, la possibilité de réaliser une véritable démocratie est quasiment nulle. Et si rien ne se produit bientôt, le peuple et la Thaïlande resteront à jamais volés.

Chatwadee Rose Amornpat

MISE À JOUR DE LA REDACTION DE NEW MANDALA: Le tribunal militaire a jugé mardi que les étudiants devaient être libérés de prison. Cependant, ils sont toujours confrontés à un procès et à une peine possible de sept ans pour leur protestation pacifique contre la junte au pouvoir.

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

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6 juillet 2015 1 06 /07 /juillet /2015 12:10

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/775-the-demise-of-the-red-shirts.html

 

L'arrestation et l'emprisonnement de 14 étudiants militants pro-démocratie a exposé l'état du "mouvement pour la démocratie" en Thaïlande.

Dans un post précédent sur ce site j'ai expliqué que les militants étudiants nous avaient "jeté un défi" à tous. Ce défi était de savoir si oui ou non les gens étaient prêts à reconstruire un mouvement de masse pour renverser la dictature. Ne vous méprenez pas, la dictature de Prayut prévoit de projeter son horrible ombre sur la vie politique thaïlandaise bien au-delà du jour ou ce gang militaire meurtrier démissionnera formellement de ses fonctions et autorisera de soi-disant élections en vertu de leurs règles déformées.

Les bottes militaires de la junte pénètrent maintenant dans les maisons ou les bureaux des gens et menacent toute personne associée ou liée aux étudiants. Ils ordonnent aux autres militants de cesser de critiquer la junte sur les médias sociaux et ils font pression sur les médias pour que ces derniers arrêtent de rendre compte des activités anti-junte.

Par conséquent, la question de savoir comment se débarrasser de la dictature est extrêmement importante.

Jusqu'à maintenant, la réponse des citoyens pro-démocratiques concernés a été de visiter les étudiants en prison, tenir des veillées aux chandelles et d'organiser une solidarité "symbolique" via l'internet. Tout cela est très louable, mais ça ne construira pas le mouvement de masse nécessaire afin de lutter pour la démocratie. Beaucoup plus peut et doit être fait.

Alors que font les chemises rouges? La réponse est un silence de mort.

Le mouvement des Chemises rouges a été le plus grand mouvement social pro-démocratie dans l'histoire de la Thaïlande. Des millions de citoyens ordinaires ont pris part à des manifestations afin d'élargir l'espace démocratique. Ce ne sont pas de simples "pions ignorants de Taksin", comme les réactionnaires l'ont prétendus. Ils se battaient pour leurs droits et leur dignité. Mais ils ont été conduits par une direction qui était proche de Taksin et qui a maintenant décidé de capituler devant l'armée. La tragédie des Chemises rouges est que la plupart des Chemises rouges progressistes de gauche, qui avaient rejeté Taksin et les dirigeants de l'UDD, avaient refusé d'organiser une organisation politique alternative cohérente pour contester les dirigeants de l'UDD.

Dans un post précédent sur ce site, j'avais aussi expliqué que, selon les marxistes comme moi-même, les divers mouvements pro-démocratie venus de la base doivent être considérés comme un grand mouvement social avec de nombreux bras et jambes, en constante évolution à travers le temps. Les Chemises rouges étaient un continuum des mouvements pro-démocratiques passées telles que le Parti du peuple qui a renversé la monarchie absolue en 1932, les soulèvements pro-démocratie contre l'armée en 1973 et 1992 et la guerre civile inspiré par les communistes dans les années 1970.

Le point clé est que les diverses formes du mouvement social ne sont pas permanentes. Elles se lèvent, atteignent un sommet et puis disparaissent. C'est ce qui est arrivé aux Chemises rouges en tant que mouvement. Comme je l'ai mentionné ci-dessus, l'une des principales raisons est la décision prise par les dirigeants de l'UDD de "désactiver" le mouvement. Une fois qu'un mouvement est démobilisé, il est très difficile de le remobiliser dans son état original. Une autre raison de la disparition des Chemises rouges est la répression sanglante contre eux organisée par Prayut et ses amis militaires en 2010.

Cependant, le fait que le mouvement des Chemises rouges soit mort ne signifie pas que les différents chemises rouges ne puissent être remobilisés dans un nouveau mouvement pour la démocratie. Il est à espérer que ce sera le cas avec l'apparition de nouvelles forces pour construire ce nouveau mouvement sous une direction plus progressiste venue de la base.

Un point de vue sur la relation entre les Chemises rouges et les militants étudiants, qui doit être vigoureusement combattus, est que les étudiants seraient en quelque sorte une "force pure" à la différence des Chemises rouges qui auraient été "entachés par Taksin". Beaucoup d'étudiants peuvent porter des chemises blanches, qui font partie de leurs uniformes de l'université, mais ils ne sont pas vraiment une "génération stérile, non infectés par la politique". Ceux qui craignent que les classes moyennes puissent être "rebutés" de soutenir les étudiants si les Chemises rouges se joignaient au mouvement de solidarité ne font que proposer un mouvement autolimité qui est vouée à l'échec. Les classes moyennes ne peuvent être courtisées en préconisant des limitations sur la démocratie.

Les gens qui décrivent des étudiants comme une "force pure" espèrent naïvement que certains chemises jaunes et autres membres de la mafia anti-démocratique de Sutep finissent par rallier les étudiants. Ceci est un exemple de la politique banale qui ne parvient pas à saisir le fait que la société thaïlandaise est profondément divisée entre les élites et leurs alliés de la classe moyenne, qui sont violemment opposés à la liberté et la démocratie, et les gens ordinaires dans les villes et dans les zones rurales, qui luttent pour la liberté et la justice sociale. Les nouveaux militants étudiants font partie de ce côté pro-démocratie de la fracture. Le fossé ne peut être comblé sans l'un des côtés ou si l'autre est modéré. Il n'y a pas de compromis démocratique entre l'autoritarisme et la liberté. Cinquante pour cent de démocratie n'est pas la démocratie.

Il est vital de rebâtir un mouvement de masse pour la démocratie en unifiant les travailleurs des villes et des zones rurales avec les étudiants et autres activistes qui auparavant n'avaient jamais été impliqués activement dans un mouvement politique.

Les Chemises rouges en 2013 (en blanc, la fille de Sae Daeng)

Les Chemises rouges en 2013 (en blanc, la fille de Sae Daeng)

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5 juillet 2015 7 05 /07 /juillet /2015 15:57

Un article d'archive du journal "The Economist" daté du 2 juillet 1932

Lien:

http://www.economist.com/node/13479303

 

Révolution au Siam

2 juillet 1932

Vendredi dernier, une révolution a été réussie au Siam par les officiers - ou une clique parmi les officiers - des forces navales et militaires. L'héritier du trône ainsi que le chef de police ont été placés en état d'arrestation et le roi, qui n'était pas à Bangkok lorsque le coup a été effectué, est retourné dans la capitale et a accepté le fait accompli.

La seule victime semble être un officier militaire haut-gradé qui a été blessé par balle lors d'un acte de résistance à son arrestation et cette unique victime est heureusement en train de récupérer.

Les révolutionnaires désapprouvent l'application du terme "révolution" pour leur acte mais une révolution ne cesse pas d'être une révolution quand elle est accomplie sans perte de vie et ce spécimen siamois n'est pas difficile à classer dans ce casier.

Comme les récentes alarmes et évènements au Chili, le présent bouleversement au Siam est évidemment une expression politique du malaise produit par la pression de la crise économique. Mais la crise a atteint le Siam alors qu'il se trouvait à un stade différent de développement social par rapport à certains de ces autres pays et, en conséquence, cette révolution siamoise a plutôt prise une forme différente.

Alors que nos révolutionnaires latino-américains se déplacent dans un cycle sans fin d'un dictateur ou d'une junte à l'autre, et alors que les fascistes japonais reculent d'un régime pseudo-constitutionnel vers la tyrannie d'un seul parti, les révolutionnaires siamois se déplacent dans la direction opposée - de la monarchie absolue vers l'autonomie gouvernementale.

Cette affaire siamoise est un mouvement, conçu par des officiers militaires afin de fixer une constitution parlementaire et l'analogie évidente moderne la plus proche est la révolution turque de 1908.

Au Siam, comme en Turquie, les officiers militaires sont les radicaux politiques parce qu'ils représentent l'élément du pays qui a été le plus profondément imprégné par les idées occidentales.

La crise économique a entraîné le mouvement politique au Siam à un dénouement en imposant la nécessité d'une augmentation de la fiscalité, soit une augmentation que le gouvernement précédent avait tenté de prévoir en imposant une taxe sur les salaires.

Les paysans siamois, dont les esprits sont encore à peine touché par l'occidentalisation et dont les taxes ont été effectivement allégée, semblent avoir été des spectateurs passifs. Il reste à voir comment ces masses paysannes s'accorderont avec la petite et plutôt exotique intelligentsia occidentalisée si l'intelligentsia se maintient maintenant efficacement au pouvoir à travers la curieuse constitution semi-démocratique que le roi a maintenant accepté.

Un magazine français daté du 7 mai 1932 avec en couverture le 150eme anniversaire de la dynastie Chakry qui a eu lieu deux mois avant la Révolution

Un magazine français daté du 7 mai 1932 avec en couverture le 150eme anniversaire de la dynastie Chakry qui a eu lieu deux mois avant la Révolution

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1 juillet 2015 3 01 /07 /juillet /2015 09:39

L’exilé politique thaïlandais Jaran Ditapichai lance un appel pour la libération des étudiants emprisonnés en Thaïlande

Liberté pour les étudiants

Le vendredi 26 juin vers 17h00 à Bangkok, la police a procédé à l'arrestation de 14 étudiants rassemblés pacifiquement dans un lieu privé. Les étudiants arrêtés ont été conduits au bureau du tribunal militaire en vue d'être jugés.

Il leur est reproché d'avoir transgressé l'article 116 de la loi criminelle et de l'ordre de l'acte 44 du « Conseil national pour la Paix », qui interdit tout rassemblement de plus de cinq personnes, dans un lieu public ou privé, ayant un objet politique ; la peine maximale prévue est de 6 mois d'emprisonnement. Mais aussi d'avoir commis un acte de propagande politique destiné à mobiliser les citoyens contre le régime ; et dans ce cas ils sont passibles d'une peine maximale de 7 ans !

Ces jeunes gens, qui ont tous moins de 25 ans, entendaient protester pacifiquement contre le régime militaire, avec courage et conscience.

Nous, citoyens thaïs du Mouvement pour les droits de l'homme et pour la démocratie, dénonçons fermement cet acte de barbarie juridique et demandons à la communauté internationale de condamner cette arrestation injustifiée, et exigeons la libération immédiate de ces 14 jeunes prisonniers politiques.

Jaran Ditapichai

Coordinateur des Thaïlandais Libres.

Ancien Comité national pour les droits de l'homme.

Jaran Ditapichai

Jaran Ditapichai

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28 juin 2015 7 28 /06 /juin /2015 13:31

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/773-pro-democracy-students-throw-down-a-challenge-to-all-of-us-and-themselves.html

 

Les courageux jeunes militants étudiants pro-démocratie, qui se surnomment le "Mouvement de la Nouvelle Démocratie" et les étudiants "Dao-Din", ont jeté un défi pour nous tous et aussi à eux-mêmes. Dans une déclaration lue la veille de leur arrestation afin d'être jugés par un tribunal militaire pour avoir seulement demandé pacifiquement la liberté et la démocratie, ils ont fait l'appel suivant pour nous tous qui souhaitons la fin de cette vile dictature militaire:

"Nous comprenons très bien que vous ne vous sentiez pas prêt à sortir et à lutter ouvertement. Nous comprenons que la peur soit présente dans vos cœurs. Nous connaissons également la peur. Mais vous ne pouvez rester plus longtemps silencieux et inactif, car en faisant cela face à l'utilisation illégitime du pouvoir par la junte, vous vous retrouvez à cautionner le régime par votre silence. Notre lutte d'aujourd'hui sera dénuée de sens si vous restez passif. Vous pourriez ne pas sentir que la situation a eu un impact négatif sur vous en ce moment, mais nous savons tous que cela ne pourra pas rester éternellement le cas. N'attendez pas qu'il ne soit trop tard et qu'il n'y ait plus personne qui soit prêt à se battre".

Une chose est claire: il ne suffit plus de faire l'éloge de ces jeunes militants et de leur souhaiter du bien. Si nous demeurons de simples spectateurs observant la défiance symbolique de la junte par les étudiants, la dictature ne pourra jamais être renversée.

Mais faire seulement un appel à l'action de la façon dont ces militants l'ont fait, ne se traduira pas automatiquement par un soulèvement de masse contre les militaires. L'acte de simplement écrire ce court article que vous lisez en ce moment ne conduira lui-aussi pas à un soulèvement.

Nous devons tirer les leçons du soulèvement du 14 octobre 1973 contre la dictature, où un demi-million d'étudiants et de travailleurs sont sortis dans les rues de Bangkok et ont bravé les chars ainsi que les fusils et ont battu l'armée. Ce soulèvement a été déclenché par les arrestations de militants pro-démocratie. Mais il y a certaines différences cruciales.

Nous ne pouvons évidemment ignorer la stupidité infantile du généralissime Prayut quand il a dit "qu'aujourd'hui ne ressemble pas au 16 octobre". En Thaïlande, les gens qui se réfèrent au "16 octobre" font preuve d'une ignorance totale de l'histoire thaïlandaise. Le soulèvement contre l'armée dans les années 1970 a eu lieu le 14 octobre de l'année bouddhiste 2516 (1973). Le retour en arrière répressif qui a détruit les libertés durement acquises a eu lieu trois ans plus tard, le 6 octobre de l'année bouddhiste 2519 (1976). La date du "16 octobre" n'a donc pas de sens. Malgré tout son nationalisme thaï, Prayut ne connait rien de l'histoire thaïlandaise.

Mais nous devons prendre au sérieux une vue erronée parmi certains des étudiants militants aujourd'hui qui croient que la différence entre 1973 et aujourd'hui est le pouvoir des médias et de l'internet. Certes, il n'y avait pas d'internet à cette époque, mais les gens savaient quand même ce qui se passait.

Une des leçons les plus importantes du soulèvement du 14 octobre 1973 est qu'il n'est pas seulement arrivé comme cela. A cette époque, les étudiants et les travailleurs possédaient des organisations de masse et la colère face à la répression militaire a touché ces organisations et cela a abouti à un demi-million de personnes dans les rues. Ajouté à cela, il y avait l'influence politique du Parti communiste dans l'élaboration d'une critique claire et unifiée de la société, même si ce parti n'a joué qu'un petit rôle dans l'organisation de l'insurrection elle-même.

Ce que nous devons de toute urgence mettre au point est une organisation de masse. Les Chemises rouges étaient un mouvement de masse, mais la direction de l'UDD a gelé le Mouvement des Chemises rouges. Il appartient à chacun d'entre nous de relever le défi et de reconstruire un mouvement de la démocratie qui pourrait éventuellement répondre à l'appel lancé par les étudiants d'aujourd'hui.

L'absence d'un parti politique de gauche soulève également des difficultés. Les généraux idiots peuvent prétendre "qu'ils savent qui soutient les étudiants", mais ceci n'est juste qu'un de leurs mensonges habituels. Malheureusement, il n'existe pas d'organisation soutenant les étudiants. Si nous observons la société thaïlandaise, nous constatons que les soi-disant ONG du "Mouvement Populaire" sont aveuglées par leur adhésion post-communiste aux simples questions. Beaucoup d'entre-elles soutiennent même la junte. Le Comité de solidarité syndicale peut faire un appel futile à Prayut pour qu'il augmente le salaire minimum tout en refusant de s'opposer à la junte. Beaucoup d'autres militants des simples questions font de même.

Mais les étudiants "Dao Din" sont allés au-delà des simples questions. Ils militent pour les droits fonciers et contre la dictature en même temps. Une telle approche est d'une importance vitale. L'insurrection du 14 octobre 1973 liait le mécontentement des questions sociales et économiques à la lutte contre les militaires. C'est pourquoi elle a été si puissante.

Aujourd'hui, le défi pour nous tous, mais aussi pour les étudiants actifs dans la lutte, est de savoir si nous pouvons tous contribuer à la reconstruction d'un mouvement de masse pour la démocratie qui rassemble ensemble toutes les questions pressantes de la société.

 

Les étudiants "Dao Din"

Les étudiants "Dao Din"

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27 juin 2015 6 27 /06 /juin /2015 16:16

Chatwadee Rose Amornpat a écrit une lettre ouverte au président Barack Obama, appelant les États-Unis à rompre les liens militaires avec la Thaïlande et à imposer des sanctions économiques.

Lien:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/06/23/dear-mr-president/

 

Monsieur le Président Obama

Le peuple thaïlandais souhaite contester la déclaration de la junte thaïlandaise demandant que le gouvernement américain ne se mêle pas des affaires politiques du pays et affirmant que "les Thaïlandais ont été blessés" par les récentes remarques de Daniel Russel, un émissaire américain qui a critiqué les mesures prises par le régime au pouvoir.

Les royalistes d'extrême droite ont employé la même vieille ligne pour justifier leurs actions illégales, y compris de fréquents coups d'Etat, l'imposition de la loi martiale, et l'actuel article 44 qui donne un pouvoir illimité au chef de la junte, le général Prayuth Chan-ocha.

Nous tenons à vous remercier d'avoir réduit l'exercice militaire annuel conjoint avec la Thaïlande, Cobra Gold. En toute honnêteté, s'il vous plaît, supprimez l'exercice militaire annuel dans son intégralité. Ces manœuvres sont un gaspillage de l'argent des contribuables américains. Les élites thaïlandaises ont été très ingrates vis-à-vis de votre pays durant une longue période. S'il vous plaît utiliser cet argent pour, à la place, aider les enfants pauvres de Thaïlande car une telle entreprise serait plus bénéfique pour le pays et l'image des Etats-Unis.

Les États-Unis devraient imposer des sanctions économiques plus sévères contre la Thaïlande. Si possible, s'il vous plaît, supprimez la Thaïlande de la liste des "nations les plus favorisées" en termes d'importation de marchandises thaïlandaises, à moins que l'article 44 ne soit abrogé et la liberté de parole rétablie.

L'une des causes profondes de tous les problèmes de la Thaïlande et du fait que le processus démocratique soit au point mort dans ce pays est le méprisable article 112 du Code criminel. Cet article est également appelé la loi de lèse-majesté, et interdit aux gens de faire des commentaires ou des critiques constructives envers le roi thaïlandais, même si ces commentaires sont basés sur la vérité.

Cette injuste loi de lèse-majesté a effectivement réduit au silence le peuple thaïlandais en empêchant les gens de dire ce qu'ils pensent. Quand des gens sont reconnus coupable, cela brise des familles et des proches pendant des années. La plupart de ceux qui sont accusés de lèse-majesté sont aujourd'hui condamnés par des tribunaux militaires thaïlandais. Le procès n'est souvent qu'une session de la cour à huis-clos sans que les médias ne soient autorisés à y assister. Les auteurs présumés de l'article 112 peuvent être envoyés en prison de trois ans à 15 ans pour chaque infraction.

Des centaines de gens sont maintenant emprisonnés dans toute la Thaïlande. Certains servent des sentences de 10 ou 20 ans. Ceci est une parodie de justice. Ce ne sont pas des criminels mais des individus courageux qui osent parler contre cette loi barbare et injuste et ceux qui en bénéficient.

Par exemple, Darunee Charnchoensilpakul a été condamnée à 18 ans de prison sur des accusations de lèse-majesté, le 28 août 2009. Lors du procès, mené en secret dans une cour fermée, elle a été condamnée à six ans pour chacun des trois discours qu'elle a faits lors d'un rassemblement politique. L'affaire a démontré la parodie qu'est le processus judiciaire de la Thaïlande. Elle purge actuellement sa septième année dans une prison thaïlandaise et est en mauvaise santé.

Darunee souffre d'une infection aiguë de la gencive et pourtant le directeur de la prison lui a refusé un traitement médical approprié. Ceci est un moyen pour la torturer encore plus pour avoir critiqué le soi-disant "Père de la Nation." On croit que son mauvais traitement la conduirait à finalement se confesser et demander le pardon du roi thaïlandais. Jusqu'ici, Darunee refuse d'admettre qu'elle a fait quelque chose de mal.

Un autre prisonnier en vertu de l'article 112 qu'il convient de mentionner ici est Somyot Prueksakasemsuk, un ancien rédacteur en chef d'un magazine pro-démocratie qui a été condamné à 11 ans de prison pour avoir publié un article jugé lèse-majesté. Lui aussi, il refuse d'admettre qu'il a fait quelque chose de mal et purge maintenant sa quatrième année en prison. Les deux individus mentionnés méritent un Prix Nobel de la Paix pour dire le moins.

Lors des jours fériés royaux comme l'anniversaire du Roi ou de la Reine, et aussi, depuis récemment, celui de la princesse Sirindhorn, les détenus se voient régulièrement offrir une réduction de peine; sauf les prisonniers pour lèse-majesté qui purgeront toute leur durée en prison.

Toute personne peut déposer une accusation de lèse-majesté contre quiconque et la police est tenue d'enquêter sur tous les cas et souvent de compléter le processus jusqu'à la présentation de l'accusé devant la cour. Ne pas le faire peut avoir de graves répercussions pour les enquêteurs. Même si le roi a déclaré lors d'un discours prononcé en 2005 qu'il était en désaccord avec cette loi, il n'a rien fait pour l'abolir. Il a tout le pouvoir pour le faire. Mais rien n'a été fait jusqu'ici.

Les États-Unis doivent prendre les devants afin de demander l'abolition de cette très injuste loi ou la Thaïlande continuera à souffrir. L'Union Européenne, le Royaume-Uni, l'Australie, la Nouvelle-Zélande, le Japon, l'Inde et tous les pays d'Asie du Sud-Est doivent aussi être unis et imposer des sanctions jusqu'à ce que la Thaïlande et la monarchie thaïlandaise abolissent cette loi barbare.

Cette loi n'est pas une affaire intérieure de la Thaïlande. Elle est l'affaire du monde et tous les citoyens du monde doivent dire au roi thaïlandais que c'en est assez.

Les royalistes thaïlandais, y compris les médias, affirment souvent au monde que le roi thaïlandais est bien aimé par les gens. S'il vous plaît dites-leur d'abolir l'article 112 et ensuite voyons si cette affirmation est encore vraie.

Une dernière chose, la guerre froide a pris fin il y a bien longtemps. Il n'y a plus aucune menace du communisme. Nous comprenons que le gouvernement des États-Unis, pendant la guerre du Vietnam, ait créé un monstre à partir du roi Bhumibol afin de servir de tête de pont contre la Chine communiste.

Mais maintenant, la Chine agit davantage comme un grand pays capitaliste et donc, les Etats-Unis ainsi que de nombreux pays démocratiques n'ont pas besoin de la monarchie thaïlandaise. Les Thaïlandais veulent une véritable démocratie, pas une démocratie déformée avec un roi comme chef de l'Etat.

Voilà pourquoi je vous supplie d'imposer des sanctions économiques contre la junte au pouvoir en Thaïlande, jusqu'à ce que leur dictatorial article 44 et la loi de lèse-majesté soient abolis.

Merci,

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

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