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18 juin 2015 4 18 /06 /juin /2015 09:21

Un article de Robert Amsterdam

Lien:

http://thailandaccountabilityproject.blogspot.com/2015/06/witness-statement-of-police-lt-col.html

 

Déclaration de témoignage du lieutenant-colonel de police Wipot Apornrat sur les décès de mai 2010 au Wat Patum

Ceci est la déclaration de témoignage du lieutenant-colonel de police Wipot Apornrat en ce qui concerne la répression de l'armée le 19 mai 2010. Elle est datée du 7 décembre 2011. L'allégation centrale est qu'une force disproportionnée a été utilisée contre la protestation en 2010. Le témoignage du lieutenant-colonel Wipot a été recueilli par nous-mêmes.

Le lieutenant- colonel Wipot Apornrat a été interdit de toute activité politique pendant cinq ans [à la fin de 2008] alors qu'il était un membre de l'exécutif du Parti du Pouvoir du Peuple (PPP).

Il a affirmé qu'il était un partisan de l'UDD et avait également rejoint la protestation.

Il a déclaré que lorsque le gouvernement a réprimé la [précédente] protestation de 2009 de l'UDD, les manifestants avaient bloqué l'intersection de Din Daeng et trouvé de nombreuses armes de guerre à l'intérieur de camions de l'armée. Cependant, chaque fois qu'ils ont trouvé des armes, ils les ont retournées à la police. Cela a démontré que l'UDD protestait pacifiquement - parce que même si elle avait saisi des armes de l'armée, elle n'avait pas l'intention de les utiliser contre cette dernière.

En 2010, les manifestants de l'UDD sont retournés dans les rues et ont exigé que le gouvernement dissolve le parlement et organise une élection législative - cette protestation était aussi pacifique.

Lorsqu'on lui a demandé s'il pensait que la répression de l'armée était, oui ou non, conforme aux normes internationales, le lieutenant- colonel Wipot Apornrat a déclaré qu'elle ne l'était pas parce qu'il n'y a pas eu de négociation et que même si des négociations avaient échoué, le gouvernement aurait alors dû donner un avertissement, puis utiliser des matraques, canon à eau et/ou des balles en caoutchouc pour disperser les manifestants - il n'y avait strictement aucun droit d'utiliser des balles "létales". Mais lors de la répression, le 19 mai, des munitions de guerre ont été utilisées. Ceci est soutenu par le document du CRES qui indique que pendant la répression d'avril/mai 2010, l'armée a utilisé 120,000 munitions létales et 2600 balles de tireurs embusqués qui ont tués 93 personnes et blessés plus de 2000 autres.

Déclaration témoignage du lieutenant- colonel Wipot Apornrat (1)

Déclaration témoignage du lieutenant- colonel Wipot Apornrat (1)

Déclaration témoignage du lieutenant- colonel Wipot Apornrat (2)

Déclaration témoignage du lieutenant- colonel Wipot Apornrat (2)

Déclaration témoignage du lieutenant- colonel Wipot Apornrat (3)

Déclaration témoignage du lieutenant- colonel Wipot Apornrat (3)

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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 14:20

Un article de Chatwadee Rose Amornpat

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http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/06/16/royal-resilience-thai-dictatorship/

 

Le cortège royal qui a emmené le couple royal thaïlandais de l'hôpital Siriraj à leur palais balnéaire de Hua Hin le 10 mai 2015 a donné aux Thaïlandais et au reste du monde un rare et puissant aperçu d'un état d'aggravation des affaires.

Les photos que la maison royale a publiées pour le public ne ressemblent pas à celles du roi et de la reine dont la plupart des Thaïlandais sont familiers. En particulier, beaucoup de gens sont intrigués par la photo de la reine, qui paraît plus jeune que sa dernière photo publiée connue. Il a été largement rapporté dans les médias "underground" que les photos venaient de vieux stocks récemment retouchés professionnellement. Si non, la supposée reine était-elle un double ou peut-être même un faux?

Au cours des trois dernières années, le couple royal, ou la soi-disant "âme de la nation" n'a pas prononcé un mot pour le public, et encore moins été montré ensemble discutant des questions d'intérêt commun. Le discours du Nouvel An coutumier du roi a été remplacé par une déclaration écrite, souvent lu par la princesse Sirindhorn, une héritière potentielle du trône qui s'occupe actuellement au jour le jour des affaires royales.

L'excuse habituelle pour l'absence du roi lors de son discours du Nouvel An est qu'il est trop faible. Mais nous ne savons pas vraiment si le roi et/ou la reine sont vivants ou morts, parce que la plupart des photos ou vidéo d'eux sont anciennes.

Les Thaïlandais progressifs sont perturbés par la diffusion de vieilles photos de la famille royale par les medias du pays qui prétendent qu’il s’agit d'événements récents. Qu'ont-ils à cacher? Pourquoi les royalistes ne peuvent-il pas être sincères vis-à-vis du peuple thaïlandais? Pourquoi la famille royale est-elle si secrète sur les questions de leur maladie ou de la mort? Après tout, les contribuables thaïlandais ont énormément dépensés durant des décennies pour le palais, y compris pour la nourriture et les gardes du corps.

Ces questions importantes méritent des réponses honnêtes.

Il y a quatre ans, le roi avait déclaré qu'il pourrait vivre jusqu'à 120 ans et qu'il était déterminé à le faire. Les médias thaïlandais ont rapporté cette nouvelle avec jubilation. A-t-elle été l'annonce d'un prélude à son immortalité? A cause des lois répressives de lèse-majesté en Thaïlande, sa prétention presque impossible à vivre 120 ans ne peut pas être traitée comme une blague. En tout cas, les médias étrangers ont échoué à diffuser les nouvelles de son incroyable longévité.

Mais, blague à part, la famille royale a de bonnes raisons de garder leur tête en vie aussi longtemps que possible. C'est un faiseur d'argent. Le roi est non seulement le plus ancien monarque du monde mais il est aussi le plus riche, et cela depuis longtemps.

Comme indiqué par le magazine Forbes, ses vastes exploitations sont gérées par le Bureau de Propriété de la Couronne (CPB), qui gère les investissements du palais et détient d'énormes quantités de terres à travers la Thaïlande, ainsi que des participations dans nombre des plus grandes entreprises de la nation, y compris Siam Cement et Siam Commercial Banque. Cela donne à la fortune du roi une valeur nette d'environ 30 milliards de dollars.

Mais il possèderait apparemment également beaucoup d'autres actifs, y compris de l'or et des bijoux. En 2014, le milliardaire Newswire a rapporté que le roi Bhumpibol aurait en sa possession quelque 9,000 tonnes d'or massif, d'une valeur qui tournerait autour de quelques 350,000,000,000 dollars.

La mort du roi pourrait certainement mettre en péril les milliards de dollars qui sont maintenant éparpillés dans le monde entier dans des formes de participations directes ou indirectes ou par procuration.

De nombreux royalistes fidèles qui gravitent autour de la monarchie seraient également en difficulté si le roi mourrait. Leurs droits et privilèges illimités, tels que le statut en franchise d'impôt, peu importe combien d'argent ils gagnent, ainsi que les millions et les millions venus de l'argent des contribuables, pourraient disparaître.

Ainsi, les conseillers privés et le cercle intérieur de la famille royale vont tout faire, y compris ce qui est contraire à l'éthique, pour tromper le peuple thaïlandais. L'armée est elle-aussi aussi complice dans ce processus.

La monarchie et l'armée ont agi de connivence lors de tous les 19 coups d'Etat qui ont eu lieu en Thaïlande au cours de ces 60 dernières années. Chaque fois, le roi graciait l'organisateur du coup d'Etat et approuvait une nouvelle constitution. Chaque constitution prévoyait plus de privilèges et plus de puissance pour la monarchie, ce qui permettait à cette dernière de prospérer. Suite au récent coup d'Etat, le général Prayuth Chan-ocha, a abrogé la constitution, sauf tous les articles relatifs à la monarchie ainsi que la loi de lèse-majesté.

La monarchie et l'armée partagent la richesse du budget national de la façon dont ils le désirent, parce que, après un coup d'Etat, la monarchie approuve toujours la déclaration de la loi martiale, qui donne un pouvoir illimité à l'armée.

En octobre dernier, les membres de la junte, soi-disant pour montrer leur bonne foi dans la mise en scène du coup d'Etat, ont déclarés leurs biens personnels. Le général Prayuth aurait un actif total de 128 millions de baht thaïlandais soit environ 4 millions de dollars US. Il a été officier de carrière dans l'armée toute sa vie. Son salaire comme général d'armée était seulement de 40,000 dollars par an.

Le général Prayuth apprécie le fait qu'en temps de paix ou de crise, les membres de la famille royale soient toujours à l'honneur dans la société thaïlandaise, agissant comme s'ils étaient gentils et attentionnés alors qu'en fait, ils n'ont pas fait grand-chose pour le peuple thaïlandais. Leurs tenues royales sont impeccables avec des épingles décoratives et des signes extérieurs comme pour montrer aux pauvres thaïlandais qu'ils sont venus du ciel.

Pour promouvoir leur bonne image, des nouvelles les concernant sont diffusées quotidiennement sur les stations de radio et de télévision appartenant au gouvernement. Ils ont aussi leur heure d'information exclusive. A 8 heures du soir, les nouvelles royales apparaissent sur toutes les chaînes de télévision.

Celui ou celle qui critique la famille royale fera l'objet d'une accusation de lèse-majesté - une plainte qui peut être déposée par toute personne et en tout lieu. La police sera obligée de lancer une enquête qui aboutira finalement à une hideuse inculpation par un procureur. Ne pas le faire peut être considérée comme un manquement au devoir et constitue aussi un délit de lèse-majesté.

Une telle loi barbare a séparé des familles et des proches en causant le chaos et le désespoir parmi eux.

À la lumière des sanctions imposées par de nombreuses nations civilisées contre les généraux thaïlandais qui ont organisé le dernier coup d'Etat, les nouvelles venues du pays sur le chômage, les assassinats et les suicides sont omniprésentes. Pourtant, l'armée et la monarchie s'en foutent complètement.

La Thaïlande est maintenant dans un cycle de dictature continue. La Thaïlande a cruellement besoin de l'aide des dirigeants internationaux et d'une pression soutenue pour sortir de ce cycle d'oppression et mettre fin d'urgence à la lèse-majesté.

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

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15 juin 2015 1 15 /06 /juin /2015 07:05

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/770-a-coup-for-the-rich-revisited.html

 

La junte du généralissime Prayut a annoncé qu'elle allait supprimer le salaire minimum national de 300 bahts par jour (environ 8 euros) qui avait été introduit par le gouvernement précédent de Yingluck. Au contraire, elle veut revenir au système "flottant" de salaire minimum favorisé par des fanatiques du marché libre comme Pridiyatorn Devakul. Ce soi-disant système "flottant" de salaire minimum permet aux hommes d'affaires et aux responsables gouvernementaux dans chaque province de fixer un salaire minimum local en fonction de leurs intérêts. Même si ces comités provinciaux sont censés avoir une représentation syndicale, en pratique, certains sont composés de syndicaux comparses des employeurs alors que d'autres n'ont pas de véritables représentants syndicalistes du tout. Cela permettra d'accroître l'inégalité dans tout le pays.

Le vice-Premier ministre pour les affaires économiques, Pridiyatorn Devakul, a affirmé que la baisse des exportations thaïlandaises au cours des 4 dernières années serait due à la politique salariale de 300 baht minimum. Il n'y a absolument aucune preuve de cela et le déclin dans les exportations et les importations a été expérimenté dans toutes les grandes économies émergentes (voir le graphique ci-dessous). La véritable cause est la crise économique mondiale.

Graphique économique

Graphique économique

La leçon de la crise économique thaïlandaise et asiatique de 1997 est que la faible rémunération ainsi que la faible stratégie d'exportation de la technologie, suivie par la plupart des gouvernements thaïlandais depuis des décennies, a rendu le pays non compétitif, car il a dû rivaliser avec de nouveaux arrivants de pays à bas salaires sur le marché de l'exportation comme le Vietnam, la Chine et le Bangladesh. Qui plus est, les politiques néo-libérales de libre marché des gouvernements militaires et civils précédents avaient permis à une bulle spéculative de croître en raison de la suppression des contrôles et de la baisse de la rentabilité des secteurs productifs de l'économie.

Ajouté à cela, les bas salaires des travailleurs thaïlandais ont prouvé que lorsque les exportations ont chuté en 1996, le pouvoir d'achat des citoyens du pays n'a pas été assez fort pour sauver les entreprises en difficulté par la substitution de la demande intérieure afin de remplacer la perte des exportations.

Aujourd'hui, alors que les exportations thaïlandaises sont en chute libre, réduire le pouvoir d'achat des travailleurs thaïlandais ne peut qu'aggraver les choses. Cela ne fait qu'exposer une "course à la stratégie du pire" poursuivie par les néolibéraux de la junte militaire. Cela n'est qu'un retour en arrière afin de faire de la Thaïlande un pays à bas salaire et à faible technologie, en bref, un pays sous-développé. La consommation intérieure sera sérieusement réduite à cause des bas salaires et ne pourra pas compenser la baisse des exportations, comme lors de la dernière récession.

Mais la question la plus importante est que les salaires actuels sont encore beaucoup trop faibles pour permettre aux travailleurs de profiter d'un bon niveau de vie. Trois cents bahts par jour ne sont pas suffisants pour beaucoup de gens. Le niveau d'inégalité économique en Thaïlande est inacceptable. Pourtant, les généraux et les fonctionnaires royalistes, qui n'ont jamais eu à vivre avec 300 bahts par jour, affirment constamment aux travailleurs que leurs salaires sont trop élevés. Depuis le coup d'Etat de l'année dernière, ces élites se sont offert d'énormes augmentations de salaire ainsi que d'autres avantages. Elles ont mis en place un budget militaire pléthorique et ont multiplié les problèmes économiques du pays du fait de l'incertitude due à la poursuite de l'oppression contre toutes les critiques de la junte et la militarisation de toutes les branches de l'administration.

Bien sûr, la junte et ses laquais affirment tous suivre l'économie de suffisance du Roi. Mais cette idéologie d'économie de suffisance n'est qu'une idéologie néolibérale qui vise à préserver les inégalités économiques, car il y est dit que les pauvres doivent s'adapter à leur pauvreté tandis que les riches peuvent rester riches. Cette idéologie réactionnaire a été constamment promue par les deux juntes militaires, celle du coup d'Etat de 2006 et celle du coup d'Etat de Prayut de l'année dernière. Ma critique envers l'idéologie d'économie de suffisance dans mon livre anti-dictature a été la principale raison pour laquelle j'ai été inculpé de lèse-majesté en 2008.

Après le coup d'Etat militaire de 2006, j'ai écrit dans mon livre, "Un coup d'État pour les riches", que le nouveau cabinet nommé par les militaires était bourré de néo-libéraux. "Le ministre des Finances, Pridiyatorn Devakul, était un homme qui croyait en la "discipline fiscale néo-libérale". Il était opposé à "trop de dépenses" pour la santé publique. Après le coup d'État, le bureau du Budget réduisit de 23% les dépenses pour le système de protection de la santé du Thai Rak Thai tandis qu'il augmentait de 30% celui de la Défense. Pridiyatorn menaça d'abandonner de nombreux projets de transports publics destinés à régler les problèmes de circulation de Bangkok..."

Aujourd'hui, Pridiyatorn est de retour au sein du gouvernement, désireux de pousser de l'avant avec des politiques encore plus néo-libérales, comme l'introduction de "co-paiements" pour le système de soins de santé actuellement en place. La junte a déjà privatisé encore plus d'universités, tout comme l'avait fait la junte précédente de 2006.

Prayut, le chef de la junte, a également fait certains commentaires racistes désagréables pour justifier son opposition à un salaire minimum national. Tout d'abord, il a débité le non-sens néo-libéral habituel à propos des soi-disant "hauts salaires" en Thaïlande qui effrayaient les investisseurs. Pire que cela, il a essayé de jouer la carte raciste en disant qu'il était "mal" que les travailleurs migrants étrangers aient été les principaux bénéficiaires du salaire minimum de 300 bahts. Ceci est un moyen politique classique pour tenter de détruire la solidarité à l'intérieur de la classe ouvrière. En réalité, la Thaïlande a une pénurie de main-d'œuvre et a besoin des travailleurs en provenance des pays voisins. De toute façon, ils sont généralement très mal traités et ne touchent jamais le salaire légal. En ce qui concerne les investisseurs, de nombreuses grandes entreprises étrangères, dans l'industrie automobile et la haute technologie de l'industrie de l'électronique, payent des salaires bien au-dessus du salaire minimum pour les travailleurs qualifiés. Ce ne sont que les ateliers domestiques, souvent clandestins, et qui ne disposent que de peu d'investissement, qui pourraient se plaindre du salaire 300 bahts.

Les syndicalistes thaïlandais doivent s'unir dans la solidarité entre les différentes nationalités et ils ont besoin de lutter pour un niveau de vie décent avec la liberté et la démocratie qui vont avec.

Vous pouvez télécharger la traduction française du livre "Un coup d'État pour les riches" à partir de ce site .....

http://redthaisocialist.com/download-/77-francais/671-un-coup-detat-pour-les-riches.html

"Un coup d'État pour les riches" revisité
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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 08:20

De la Méditerranée à l’Asie: les migrants victimes d’une société barbare

Un article de Valérie Fontaine

Lien:

http://www.lutte-ouvriere-journal.org/2015/06/03/de-la-mediterranee-lasie-les-migrants-victimes-dune-societe-barbare_37247.html

 

Après le naufrage meurtrier du 19 avril, au large de la Libye, qui a causé la noyade de plus de 800 personnes, pas une semaine ne se passe sans qu’éclate un nouveau drame impliquant des migrants, d’un bout à l’autre de la planète.

Les circonstances sont partout les mêmes. La pauvreté, la persécution, la guerre ou les exactions des bandes armées poussent de plus en plus de femmes et d’hommes à quitter leur pays et à chercher un travail et une vie meilleure dans un pays moins déshérité. Ils se heurtent partout à des frontières de plus en plus hermétiques et à des polices qui leur font la chasse. Pour parvenir à leurs fins, ces migrants n’ont d’autre choix que de s’en remettre à des passeurs sans scrupules qui les rackettent et les violentent, vont même parfois jusqu’à les emprisonner, les torturer ou les abandonner en mer, c’est-à-dire à la mort dans bien des cas.

Au cours du dernier week-end de mai, plus de 5 000 hommes, femmes et enfants partis de Libye sur des embarcations de fortune, ont été secourus au large de l’Italie. Ils s’ajoutent aux 220 000 personnes qui ont traversé la Méditerranée en 2014, aux 40 000 qui ont tenté le voyage depuis le début 2015. Les patrouilles qui les ont trouvés ont aussi découvert dix-sept nouveaux cadavres. Cela porte à près de 1 790 le nombre de migrants morts ou disparus en tentant de rejoindre les côtes européennes depuis le début de l’année, selon le dernier bilan de l’OIM (Organisation internationale pour les migrations).

À la mi-mai, les médias ont mis en avant un autre drame, celui des migrants de l’Asie du Sud-Est, piégés en mer depuis plusieurs semaines, dans des bateaux surchargés errant au large des côtes d’Indonésie, de Malaisie et de Thaïlande, empêchés d’accoster par ces différents pays. Il s’agissait cette fois de membres de la minorité Rohingya, persécutés dans leur pays, la Birmanie, ou d’habitants du Bangladesh fuyant la misère.

Une semaine plus tard, les médias ont révélé l’horreur de camps de transit installés dans la jungle de Thaïlande ou de Malaisie, où les passeurs gardent prisonniers ces mêmes migrants jusqu’à ce que leurs familles paient de fortes sommes pour leur permettre de continuer le voyage. Un membre de l’OIM affirme avoir observé dans ces camps «un niveau de traitement et de privation identique à celui des camps de concentration nazis», ce qui est corroboré par les dizaines de charniers retrouvés ces dernières semaines de part et d’autre de la frontière thaïlandaise.

Lors d’une conférence réunie en urgence à Bangkok, les représentants des pays impérialistes n’ont pas manqué de s’indigner de ces pratiques particulièrement atroces, et de reprocher leur passivité aux dirigeants des pays impliqués, la Thaïlande et la Birmanie en particulier. Quel culot et quelle hypocrisie ! Dans la région, c’est l’Australie qui, la première, a empêché les bateaux de migrants de pénétrer dans ses eaux territoriales.

Plus généralement, quel que soit leur pays d’origine, les migrants fuient des situations dont les dirigeants du monde capitaliste sont entièrement responsables. Ils fuient les conséquences des guerres impérialistes menées en Afrique et au Moyen-Orient. Ils fuient aussi le chômage de masse et le dénuement extrême dans des villes surpeuplées ou des campagnes abandonnées et l’exploitation féroce dans les nouveaux bagnes capitalistes qui permet aux multinationales de maintenir, voire d’augmenter leurs profits.

D’un bout à l’autre de la planète, les capitalistes mènent la guerre aux pauvres et la situation faite aux migrants n’en est qu’un aspect, particulièrement révoltant… Contre un tel système, travailleurs des différents pays et migrants candidats à le devenir ne peuvent être que des alliés.

Découverte de charniers dans les camps de réfugiés rohingyas

Découverte de charniers dans les camps de réfugiés rohingyas

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10 juin 2015 3 10 /06 /juin /2015 11:01

Un article du site isranews.org

Lien en thaï:

http://isranews.org/isranews-scoop/item/39015-blacklist_8882392392.html?fb_action_ids=477572565733437&fb_action_types=og.shares

 

On y trouve notamment Chupong Tituan, Anek "San Francisco", Jaran Dittapichai, Tang Achiva, Suda Rangkupan, Kotee... et quelques autres.

L'un d'entre eux est un Espagnol (NDT: Emilio Esteban, un Espagnol de pure souche webmaster du blog "The Daily Skipper"), les autres sont des Thaïlandais exilés dont certains ont obtenus la nationalité du pays où ils vivent. 17 d'entre eux se trouveraient dans des pays voisins de la Thaïlande.

Le Colonel Paiboom Koomchaya, ministre de la justice de la junte, a déclaré, en tant que président du Conseil Intérieur de la Prévention et de la Résolution des Problèmes de Sécurité Nationale, qu'il ferait tout son possible pour les ramener au pays afin qu'ils y soient jugés.

Initialement, le directeur du DSI a fait état de trois sortes de gens passibles d’inculpations en vertu de la loi 112 (la loi de lèse-majesté):

1 - Ceux qui vivent à l'étranger et qui font l'objet d'un avis de recherche

2 - Ceux qui vivent dans le pays et font l'objet d'une surveillance des autorités

3 - Ceux qui sont suivis par les autorités et dont la conduite est surveillée

La liste qui suit indique les personnes qui se trouvent à l'étranger et qui sont inculpées de lèse-majesté:

Etats-Unis (5 personnes): 1 - Joe Gordon (qui est un citoyen américain d'origine thaïlandaise), 2 - Chupong Tituan (qui possède lui-aussi la nationalité américaine), 3 - Manoon Chaichana (connu sous le nom d'Anek "San Francisco"), 4 - Richard Saisamorn, 5 - Saney Tinsaen ou Piangdin

Australie (1 personne): Ongart Tanakamonnant

Japon (1 personne): Pavin Chachavalpongpun

France (1 personne): Jaran Dittapichai

Nouvelle-Zélande (1 personne): Ekapop Luaram

Espagne (1 personne): Emilio Esteban (la seule personne de cette liste qui ne soit ni d'ethnie thaïlandaise ni asiatique. Il s'agit d'un pur Espagnol)

Finlande (1 personne): Junya Yimprasert

Canada (1 personne): Colonel Nahatai Tanya

Cambodge (3 personnes): 1 - Pitsanu Promsorn, 2 - Jakrapob Penkair (selon certaines sources, il se trouverait aux Etats-Unis), 3 - Somsak Jeamteerasakul (qui vient d'obtenir l'asile politique en France ce qui prouve que la junte n'est pas vraiment bien informée)

Laos (14 personnes): 1 - Aum Neko (qui a, elle-aussi, obtenu l'asile politique en France ou elle se trouve depuis plusieurs mois), 2 - Surachai Sae Darn (il se trouve toujours en Thaïlande et ne sait même pas qu'il a été de nouveau inculpé après ses 3 ans de prisons suite à une condamnation pour lèse-majesté en 2011), 3 - Wat Wallangoon, 5 - Kotee (qui, selon certaines sources, se trouverait au Cambodge), 6 - Cheep Chuchai, 7 - Thantawut Thaweewarodomkul, 8 - Pipat Pansuwan, 9 - Nitiwat Wansiri, 10 - Taksu Yonoknakpan, 11 - Chaianat Paisiton, 12 - Trairong Sinseubwong, 13 - Suda Rangkupan (qui se trouve aux Etats-Unis après avoir transité par le Cambodge sans avoir mis les pieds au Laos), 14 - Wanchalern Satsaksit

Libérez-Somyot se demande pourquoi la junte thaïlandaise fait-elle une fixation sur le Laos alors que la plupart des gens cités ne s'y trouvent pas. L'armée thaïlandaise aurait-elle envie de prendre sa revanche contre ce pays après la raclée que lui a infligé les troupes laotiennes lors de la guerre d'agression de la Thaïlande en 1988? Quand l'économie va mal, une petite guerre...

Quelques-uns des inculpés de lèse-majesté en exil politique

Quelques-uns des inculpés de lèse-majesté en exil politique

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9 juin 2015 2 09 /06 /juin /2015 10:34

Libérez-Somyot vient de recevoir le rapport qui suit:

"Grande randonnée, un retour aux sources, une immersion complète. Depuis plus de deux mois nous sillonnons les routes de la Thaïlande profonde, hors de la mégapole Bangkok.

Ce ”rapport” qui suit ne vous donnera pas de liens, pas de noms, pas de lieux et pour cause...

Les personnes rencontrées, interviewées, sont au pire terrorisées (le mot n'est pas trop fort), au moins défaitistes.

Vous ne retrouverez leurs témoignages dans aucun médias, surement pas dans les minutes d'un quelconque tribunal, fût-il international.

Car, ces gens sont des gens simples. Riziculteurs, ouvriers, employés, petits entrepreneurs, sans aucune “connection” avec les “bonnes” personnes.

Ils ont été témoins, victimes, de l'oppression sournoise de l'armée, de la justice et d'une certaine police. Ils sont tous au courant des exactions des militaires et de l'impunité totale de leurs méfaits, de la capacité nauséeuse de ces oppresseurs pour désinformer, cacher la vérité en menaçant les familles des dissidents avec des passages à l'acte terrifiants.

2014.

Les anglo-saxons parlent d'un coup d'état bloodless, sans effusions de sang.

Ces deux sympathisants red shirts (rencontrés par “relations”) étaient présents lors de l'évacuation d'AXA suite au coup d'état de l'année dernière. Ils ont fui en entendant les coups de feu (tirés en l'air?) par les militaires évacuant le lieu de la manifestation.. Dans la panique, ils se sont perdus et se sont retrouvés devant un corps avec une blessure à la tête.

Le sang avait la même couleur que son tee-shirt.

Rouge.

Ce jour-là, le 22 Mai 2014, l'hôpital proche de ces lieux a a dénombré et/ou recensé au moins cinq décès dus aux accidents de la route mettant en cause des motos. Les cinq motards accidentés avaient des blessures létales par balles.

Toujours un accident de moto.

Les jours qui ont suivi le coup d'état, des descentes de militaires ont eu lieu dans des maisons ou lieux de travail de sympathisants “reds”.

Il avait quinze ans. Son père est en prison depuis 2014 pour des faits criminels alors que les témoins avaient prouvé sa présence loin des lieux du “crime”.

Les soldats ont investi la maison, bousculant et menaçant sa mère et sa grand-mère. Ils ont mis à sac la maison. Le gamin s'est interposé pour défendre ses parentes. Il a pris plusieurs coups de crosse dans la tête. Après un temps interminable, la mère (paniquée, effondrée n'a pas le souvenir du laps de temps), a eu l'autorisation par les militaires d'emmener le garçon à l'hôpital, accompagnée par des soldats avec pour instruction de déclarer un accident de moto.

Le gamin a récupéré mais il garde de lourdes séquelles.

Encore une descente de l'armée dans une maison de militants “reds” juste après le coup d'état: le couple emprisonné sans jugement. La femme qui sort au bout de deux mois et qui apprend à sa sortie que son mari est mort en prison au bout d'un mois suite au refus de lui fournir sa médication vitale pour sa santé.

Enfin (mais c'est une litanie de témoignages et d'histoires qu'il faudrait dénoncer):

Que des femmes dans ce restaurant. Un des maris est en prison aussi depuis 2014, l'autre est en fuite.

Descente de militaires, bousculade, arrachage des posters pro-reds des murs, confiscation de tous les livres et revues (même les bandes dessinées!) avec promesse de revenir en plus “ méchant” en cas de fuites...

Nous ne dénigrons pas les “vedettes” de la contestation (Somyot, Da Torpedo...) qui font les titres de la presse engagée, au contraire nous les admirons car ils sont les porte-paroles et les exemples de la répression des élites rétrogrades de Thaïlande, mais nos pensées vont de toutes nos forces vers ces petites gens, ces milliers de sous-citoyens dont personne (ou peu) ne parle.

La vie humaine en Thaïlande, surtout celle des masses ne vaut pas grand-chose.

Pour finir, derrière la façade de ces sourires merveilleux, de ces plages immaculées de sable fin, de cocotiers majestueux et de ces prostitués au rabais, un autre témoignage horrible:

Ratchaprasong 2010, proche de la zone de ”combats”, le couvre-feu est de rigueur.

Une famille entière habitant à l'époque près des lieux du carnage nous a affirmé être témoins (tout un quartier en fait) d'une descente de militaires ivres qui ont fait feu sur les familles qui n'avaient pas baissé leur rideau de fer pour le couvre-feu. Des familles qui vaquaient à leur occupations du soir: diner, TV....

Des voisins, des femmes, des enfants.

Des camions sont arrivés par la suite et ont embarqué les corps emballés à la va-vite dans des sacs plastiques.

Puis d'autres militaires sont passés dans les maisons qui avaient baissé leur rideau de fer. Ils ont relevé toutes les identités, toutes, en menaçant, en prévision....

Il y aurait eu selon les chiffres officiels, 90 morts lors de ces évènements.

Tout ceci vous semble incroyable mais la détresse dans les yeux de ces témoins nous ont fait l'effet de preuves irréfutables.

Si un jour la Thaïlande fait sa révolution, toutes ces victimes auront droit enfin à la vérité et à la justice!

À TOUTES NOS SOEURS ET À TOUS NOS FRÈRES THAILANDAIS...."

Un soldat armé devant un manifestant assassiné en 2010

Un soldat armé devant un manifestant assassiné en 2010

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8 juin 2015 1 08 /06 /juin /2015 12:55

Lien de la déclaration d'Amnesty International:

http://www.amnesty.fr/Thailande-annulation-un-debat-par-les-militaires-illustre-la-repression-de-la-liberte-de-parole-15357

 

Déclaration d'Amnesty International:

Thaïlande. L’annulation d’un débat par les militaires illustre la répression de la liberté de parole

L’annulation de dernière minute par le gouvernement militaire thaïlandais d’un débat sur les droits humains vise clairement à faire taire les critiques, en violation des obligations qui incombent à la Thaïlande au titre du droit international, a déclaré Amnesty International.

Les autorités ont en effet annulé jeudi 4 juin à la dernière minute cet événement, au cours duquel l’ONG Avocats thaïlandais pour les droits humains devait présenter son rapport sur les violations des droits humains commises depuis le coup d’État militaire de 2014. Selon les médias, les autorités ont déclaré qu’il était «susceptible de causer des troubles».

«Les autorités doivent cesser de réprimer la liberté de parole et de réunion pacifique au nom de la sécurité. L’annulation de cet événement montre leur volonté de faire taire les critiques et va à l’encontre de leur obligation de respecter la liberté d’expression, a déclaré Rupert Abbott, directeur des recherches sur l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International.

«L’ONG Avocats thaïlandais pour les droits humains rendait public un rapport recensant toute une série d’atteintes aux droits humains commises depuis le coup d’État de 2014. Ironie du sort, elle dénonçait notamment l’annulation arbitraire par les autorités militaires de réunions et d’événements publics sur des sujets comme les droits humains: elles viennent d’en faire la preuve.

«Bien sûr, en annulant cette rencontre, les autorités thaïlandaises ont réussi à attirer l’attention sur le rapport et ses conclusions.

«La répression contre la dissidence pacifique en Thaïlande doit cesser. Les défenseurs des droits humains, les journalistes et tous les citoyens doivent jouir du droit de s’exprimer pacifiquement sans craindre d’être arrêtés. Les informations selon lesquelles des agents en civil photographiaient les personnes présentes sur les lieux de l’événement sont également inquiétantes : personne parmi les Avocats thaïlandais pour les droits humains ne doit être arrêté, poursuivi ni sanctionné uniquement pour avoir organisé une conférence de presse.»

Amnesty International demande une nouvelle fois que les charges soient abandonnées contre toutes les personnes poursuivies uniquement en raison de leur dissidence pacifique.

Dans la matinée du 4 juin, les autorités ont porté plainte contre quatre militants pour leur implication dans une réunion pacifique. Auparavant, elles avaient inculpé des étudiants de l’Université de Khon Kaen parce qu’ils s’étaient rassemblés pour protester à l’occasion de l’anniversaire du coup d’État de 2014.

Rupert Abbott, directeur des recherches sur l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International

Rupert Abbott, directeur des recherches sur l’Asie du Sud-Est et le Pacifique à Amnesty International

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7 juin 2015 7 07 /06 /juin /2015 11:19

Un article de Numnual Yapparat et de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/767-motorcycle-youth-get-full-military-treatment.html

 

Récemment, dans les nouvelles, sont apparues des photos montrant des jeunes hommes torse nu forcés, par des soldats et des policiers armés, de se coucher face contre le sol. Ces images ne peuvent manquer de nous rappeler les atrocités brutales menées par les soldats et la police contre des manifestants pro-démocratie non armés le 6 octobre 1976 ainsi qu'en mai 1992 et à Takbai à Patani en 2004. Cette violence d'Etat est célébrée par la classe dirigeante et elle affirme fièrement que c'est la seule façon de résoudre tous les problèmes.

Mais ces jeunes hommes (il y a quelques filles aussi) ne sont pas des manifestants, ce sont des "Garçons Wan et Filles Sgoi"; des jeunes motards. Ce ne sont pas non-plus des criminels. Les Garçons Wan et Filles Sgoi organisent des courses de motos en masse dans les grandes rues de Bangkok en fin de nuit. Ils aiment leurs motos et portent des T-shirts protecteurs et des tongs. Les filles se peignent le visage en blanc et se mettent du rouge à lèvre rouge-vif. La plupart d'entre eux sont des étudiants d'écoles techniques avec des perspectives de vie limitées. Ce ne sont pas des "Hells Angels".

Maintenant, il est vrai de dire que ces courses peuvent se révéler un peu dangereuses pour ceux qui sont impliqués ou pour quelques passants innocents. Elles peuvent provoquer un peu de nuisance en fermant les routes et il peut y avoir des cas de bagarres qui éclatent entre les différents groupes, bien que leur objectif principal ne soit pas de mettre en place des gangs rivaux afin de provoquer des bagarres. Certains groupes sont également dirigés par des fils de policiers locaux qui utilisent leur "influence". Mais cela ne signifie pas que les Garçons Wan et Filles Sgoi soient des voyous.

La répression de masse contre les Garçons Wan et Filles Sgoi montre que les extrêmes conservateurs royalistes qui dirigent la société thaïlandaise sont incapables de dialoguer avec les jeunes et que, dans la conservatrice Thaïlande, il n'y a pas de place pour l'originalité et la différence. Sans un tel espace pour les différences comment la société peut-elle débattre sur les problèmes sociaux et trouver des solutions?

Rangeons-nous dans une certaine perspective et analysons sur qui sont les vrais criminels en Thaïlande.

Presque tous les jours, divers parasites royaux font fermer les routes de Bangkok pendant des heures afin de pouvoir rouler tout seul dans leurs limousines de luxe. Cela se produit pendant la journée quand les honnêtes citoyens tentent de se rendre au travail ou de rentrer chez eux en fin de journée.

Le présent dictateur, ses partisans du Parti Démocrate et divers groupies serviles vis-à-vis des militaires sont tous responsables de l'assassinat de sang-froid des manifestants pro-démocratie en 2010 ainsi que de la destruction de la démocratie et des droits civils. Les élites conservatrices et royalistes ont empoché les richesses de la société qui sont produites par d'autres, créant ainsi une grande inégalité économique.

Pourtant, les Garçons Wan et Filles Sgoi sont dépeints comme des gens qui causent des problèmes sociaux. Les psychologues réactionnaires sont prompts à prétendre que ces jeunes sont devenus "accro" à l'amusement! Ils affirment que tout cela serait un symptôme "d'échec" à l'école et de la nécessité de trouver une reconnaissance. D'autres commentateurs et les fanatiques se pressent de blâmer ces jeunes pour les crimes violents, le jeu, la drogue et le sexe sauvage.

Si quelqu'un est "accro", c'est la classe dirigeante thaïlandaise qui est accro à la répression violente.

Les royalistes enragés de la classe moyenne soutiennent cette répression contre les Garçons Wan et Filles Sgoi. Certains suggèrent qu'ils devraient être "envoyés dans le Sud pour y être tués par les séparatistes".

L'expérience de l'école en Thaïlande signifie la hiérarchie aveugle, l'obéissance forcée, des uniformes et des punitions stupides. En plus, dans cette société, les gens se voient dire qu'ils doivent ramper sur le sol devant la famille royale, un outil pour la puissance de ceux qui sont au pouvoir. Il n'est donc pas étonnant que les jeunes utilisent divers moyens pour échapper à cela.

Le gouvernement militaire a lancé ce qu'il appelle une "thérapie de choc" de 7 jours pour les Garçons Wan et Filles Sgoi détenus par l'armée et la police. Il se compose d'entretiens avec des psychologues réactionnaires, d'un entraînement à la discipline par la marine et d'être forcé à écouter les discussions sans fin de moines bouddhistes. En réalité, les gens qui ont vraiment besoin d'une "thérapie de choc" afin de corriger leurs manières sont les dirigeants militaires meurtriers.

Le phénomène des Garçons Wan et Filles Sgoi et la réponse des élites conservatrices et de la police militaire ne sont juste qu'un autre symptôme de la crise de la société thaïlandaise, qui résulte de changements sociaux et des tentatives désespérées de la classe dirigeante pour maintenir le statu quo.

Les jeunes motards torse nu et forcés par les soldats de se coucher face contre le sol (1)

Les jeunes motards torse nu et forcés par les soldats de se coucher face contre le sol (1)

Les jeunes motards torse nu et forcés par les soldats de se coucher face contre le sol (2)

Les jeunes motards torse nu et forcés par les soldats de se coucher face contre le sol (2)

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5 juin 2015 5 05 /06 /juin /2015 08:53

La solitude de l'exil lointain

Un article d'Ariane Kupferman-Sutthavong

Lien:

http://www.bangkokpost.com/news/general/570531/the-loneliness-of-the-long-distance-exile

 

Pour les Thaïlandais qui ont été obligés de quitter leur pays après le coup d'Etat, la vie est une lutte de tous les jours

Un an après son exil politique en France suite au coup d'Etat du 22 mai 2014, Jaran Ditapichai se décrit comme un soldat sans champ de bataille.

"Je vis dans une démocratie maintenant, je ne suis plus sur le champ de bataille", dit-il, avec une nostalgie de l'époque ou il était l'un des dirigeants des protestations. Sortant anonymement des transports publics, l'ancien commissaire à la défense des droits de l'homme et intellectuel chemise rouge commande ses boissons dans un français hésitant, s'attirant les railleries d'une serveuse qui ne le comprend pas. Il couvre son léger embarras avec des remarques bien informées au sujet de son choix de bière. À la fin de la journée, il préfère s'asseoir dans un restaurant de som tam dont les patrons sont des collègues chemises rouges. Là, il peut déguster un repas familier et - probablement plus important - entamer une discussion politique qui maintient ses convictions et sa détermination intactes.

M. Jaran, 68 ans, est l'un des nombreux chemises rouges thaïlandais qui se sont réfugiés en Europe après le coup d'Etat de l'année dernière. Bien que les autorités thaïlandaises les considèrent comme des antimonarchistes, ils se considèrent comme des dissidents politiques, luttant pour la cause de la démocratie. Auparavant inculpé de lèse-majesté pour la représentation de la pièce de théâtre "La fiancée du Loup" - considérée comme insultante pour la monarchie - et son rôle en tant qu'organisateur des manifestations, M. Jaran a fait partie des premiers chemises rouges à être convoqué par les militaires. Dirigeant de base des manifestations chemises rouges, il a disparu le 22 mai, alors que les soldats occupaient le site de rassemblement d'Utthayan Road en périphérie de Bangkok.

Mentionner les dissidents politiques chemises rouges en exil évoque l'image d'un réseau de militants unissant leurs forces dans une action concertée pour renverser le régime. Rien ne pourrait être plus éloigné de la vérité, explique M. Jaran. "Il n'y a aucun moyen qu'une telle chose puisse se produire," affirme-t-il avec ironie. En juin 2014, M. Jaran a rejoint d'autres figures exilées du Parti Pua Thai dans la formation de l'Organisation des Thaïlandais Libres pour les Droits de l'Homme et la Démocratie. Initialement conçu comme un gouvernement en exil, l'organisation est confrontée à de nombreux obstacles et critiquée par d'autres adversaires du coup d'Etat pour son inactivité. "La vérité est qu'il n'y a pas grand-chose qu'on puisse faire à partir de l'étranger", explique-t-il. Pesant les résultats mitigés de l'Organisation des Thaïlandais Libres, il ajoute que pour qu'un mouvement de résistance puisse réussir, la poussée doit venir de l'intérieur du pays.

L'intellectuel chemise rouge soutient que la plupart de son travail est lié à la diplomatie et comprend des réunions avec des fonctionnaires étrangers ou des groupes civiques pour discuter de la situation politique en Thaïlande, dans le but de déclencher des sanctions internationales contre le gouvernement de la junte. Ces objectifs, cependant, sont difficiles à satisfaire, admet-il, citant le fait que le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO) ne fait pas partie des dictatures les plus dures du monde, ce qui est pris en compte par la communauté internationale. Cependant, les plus grands problèmes de l'organisation sont internes. Le nombre des membres de l'Organisation des Thaïlandais Libres tourne autour de 20 personnes, affirme-t-il, mais quatre d'entre eux seulement ont divulgué leur identité. Il s'agit de l'ancien ministre de l'Intérieur Jarupong Ruangsuwan, l'ancien ministre attaché au Bureau du Premier ministre Jakrapob Penkhair, l'ancien député du Parti Pua Thai Sunai Jullapongsathorn, et de Jaran lui-même. Les autres préfèrent rester anonymes car ils craignent d'être accusés de lèse-majesté. Selon Jaran, l'organisation souffre également de sa "marque" Pua Thai, qui dissuade de nombreux adversaires du coup d'État de se joindre à eux.

M. Jaran n'est pas seul à avoir cette sombre vision du mouvement politique en exil. "Les Chemises rouges en Europe ne sont pas un mouvement unifié ", affirme Aum Neko, une ancienne étudiante de Thammasat et activiste qui est aussi une exilée politique en France. Une accusation de lèse-majesté a été déposée contre elle en 2013 et une autre après le coup d'Etat du 22 mai 2014. En plus de l'impossibilité d'organiser des activités politiques et des protestations, la perspective d'une arrestation suivie d'une peine d'emprisonnement lourde allant de trois à 15 ans, a fait qu'elle a décidé de quitter le pays. Mais la poursuite d'une vie politique en exil n'est pas facile. Le plus souvent, il est difficile d'organiser une manifestation ou coordonner des actions car il y a de nombreux désaccords entre les membres, ce qui porte atteinte à leur objectif commun, explique-t-elle. Leur situation financière n'est pas si brillante que ça, tous sont d'accord sur ce point. Les sympathisants chemises rouges en Europe ont tendance à être moins riches que ceux qui vivent aux États-Unis. Mlle Aum et M. Jaran disent qu'ils reçoivent une allocation de la part du gouvernement du pays qui les accueille. Ce revenu équivaut à quelques centaines d'euros par mois. Les militants doivent souvent travailler en plus pour pouvoir s'offrir un niveau de confort de base, ce qui leur laisse moins de temps pour faire de la politique. Mlle Aum explique qu'elle fait du baby-sitting et s'occupe d'enfants quand elle n'est pas occupée à étudier ou à réfléchir à des protestations.

Bien que l'Organisation des Thaïlandais Libres ne dépende principalement que des dons, de nombreux partisans ont fui la Thaïlande et d'autres sont détenus par l'armée, selon d'autres membres. Les fonds sont également distribués à plusieurs groupes opposés à la junte, ce qui signifie que l'argent est dispersé. "1.000 bahts par ici, 2.000 autres par-là," explique M. Jaran. L'argent ne couvre qu'une partie des frais des membres tels que les frais de déplacement nécessaires pour leur travail. Ceci est en passe de devenir un sérieux problème à l'avenir, a-t-il ajouté. La plupart des militants chemises rouges se battent depuis maintenant neuf ans ou plus, explique-t-il, et le budget pour les activités politique fait défaut. "Beaucoup de gens me disent que la situation n'est plus la même que dans le temps ou le Parti Pua Thai et les Chemises rouges étaient au top," affirme M. Jaran, qui note que la chute de leur moral a atteint un niveau record. Malgré les obstacles, ils essaient de poursuivre les activités politiques en sensibilisant les étrangers sur les violations des droits de l'homme et des libertés civiques en Thaïlande. Le 1er mai 2015, lors de la fête du Travail, Mlle Aum, M. Jaran et quelques sympathisants chemises rouges ont rejoint un rassemblement de travailleurs à Paris, brandissant des pancartes appelant à la libération des prisonniers politiques en Thaïlande, ce qui a suscité un certain intérêt chez les spectateurs.

La militante des droits du travail Junya Yimprasert, qui est une exilée politique en Finlande, affirme qu'elle tente de se concentrer sur le positif. "J'utilise cet espace sûr afin d'écrire librement sur des questions qui sont sensibles en Thaïlande, tels que les procès pour lèse-majesté et les prisonniers politiques", dit-elle. Mais elle savait que, dès le moment où elle a publié son essai controversé sur la monarchie en mai 2010, elle ne pourrait plus rentrer chez elle. Au moment de la publication, l'auteur (Junya) donnait une série de conférences en Europe et a ensuite prolongé son séjour en raison des nombreuses menaces qu'elle a reçues. Suite à l'accusation de lèse-majesté, elle a demandé l'asile politique en Finlande. L'année dernière, la junte a révoqué son passeport thaïlandais. Les activités politiques de Mlle Junya comprennent une protestation contre le Premier ministre Prayut Chan-ocha lors de sa visite en Italie en octobre dernier. Un mois plus tard, des militants ont fait le salut à trois doigts à Paris et à Londres tandis que le nouveau film Hunger Games sortait sur les écrans. Puis vint une accalmie. Comme d'autres exilés politiques, Mlle Junya n'échappe pas à la douleur que ressentent ceux qui sont déracinés. "Nous nous demandons souvent si nous avons pris la bonne décision", explique Mlle Junya. Même si elle n'a jamais regretté la sienne en tant que syndicaliste luttant pour les droits des travailleurs, Mlle Junya se sent peiné de ne plus pouvoir continuer sa lutte au pays. "Cela me brise le cœur de savoir que je ne suis plus en mesure de revenir en arrière et aider à résoudre les questions qui sont importantes pour moi et pour la Thaïlande," explique-t-elle, en ajoutant que cette pensée la hante. La douleur d'être en exil se produit à plusieurs niveaux et est souvent liée à un sentiment de solitude. La militante pour les droits des travailleurs a officiellement démissionné de son travail et a rompu tous les liens avec sa famille pour éviter qu'elle ne soit persécutée ou stigmatisée en raison de son association avec elle. "Des gens en Thaïlande me considèrent désormais comme une criminelle. Ils m'appellent "l'esclave de Thaksin" et postent des photos diffamatoires de moi sur l'Internet ", ajoute-t-elle. Etant auparavant une respectée militante des droits des travailleurs, ce brusque changement a été le plus difficile à supporter pour elle.

Comme Mlle Junya, Mlle Aum et M. Jaran Aum ont également notés que leurs connaissances étaient plus réticentes à garder le contact avec eux, en grande partie par peur de la junte. L'ancien révolutionnaire, qui se perçoit toujours comme un lutteur, explique que ses émotions sont aussi touchées par l'exil. Il envie ceux qui sont restés sur place, dans le feu de l'action, et peuvent encore être avec leurs proches. De temps en temps, M. Jaran prend son téléphone pour lire des messages. Il le tient en rayonnant, expliquant qu'il vient de recevoir des nouvelles de sa femme qui est restée en Thaïlande pour prendre soin de sa mère. Selon lui, la plupart des couples divorcent lorsqu'ils sont confrontés à une telle situation. Mais sa femme et lui ne veulent pas se séparer, car ils sont toujours amoureux l'un de l'autre. "Elle n'a jamais été militante. Elle a toujours refusé de m'accompagner aux manifestations", explique-t-il. Bien que son avenir personnel reste sombre, M. Jaran estime que la situation a changé au cours de la dernière année, car les politiciens, la société civile et les médias sont devenus plus hardis pour parler des droits et des libertés malgré la junte. Les activités politiques et la critique de la junte ont augmentées, avec des étudiants maintenant dans la ligne de front ainsi que des avocats, des universitaires et des citoyens. Ceci est seulement le début, pense-t-il. "Cependant, mes chances de retourner bientôt au pays restent extrêmement minces. Les inculpations pour lèse-majesté sont irrévocables", explique-t-il. Il se console avec le fait qu'il peut maintenant résider légalement en Europe, où il bénéficie de droits, de la sécurité sociale et d'une pension pour les personnes âgées. Il sourit fièrement quand il annonce être le deuxième citoyen thaïlandais à se voir accorder l'asile politique en France, après Pridi Banomyong et sa famille. "Cet exil sera probablement mon dernier combat," conclu-t-il.

De gauche à droite; Aum Neko, Jaran Ditapichai et Junya Yimprasert

De gauche à droite; Aum Neko, Jaran Ditapichai et Junya Yimprasert

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4 juin 2015 4 04 /06 /juin /2015 09:05

Un article de Thai Political Prisoners

Lien:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/06/01/fear-and-loathing-2/

 

Il est tout à fait étonnant d'observer la peur, la haine et la panique des membres de la junte suite à l'affirmation de Thaksin Shinawatra comme quoi:

"L'armée a écouté les conseillers privés .... Quand ils ne voulaient plus que nous restions [au pouvoir], ils ont fait sortir Suthep [Thaugsuban, le leader des manifestations anti-gouvernementales], puis ensuite l'armée l'a aidé. Certaines personnes [faisant partie] du cercle du palais ont également fourni de l'aide, ce qui nous a rendu complètement impuissants."

La première réaction de la hiérarchie militaire et du dictateur lui-même a été de bondir au plafond et de hurler à propos de la lèse-majesté, la révocation du passeport de Thaksin et de punir Yingluck Shinawatra entre autres.

Rien de politique ou de personnel dans leurs cris de vengeance, juste refuser de traiter avec Thaksin, qui, ils insistent, est un criminel en fuite. Nous ne savons pas s'il y a eu auparavant un "deal" où Thaksin aurait accepté de rester calme après le coup d'Etat en échange que l'armée ne touche pas à sa famille et leur richesse, mais si c'était vrai, les réactions excessives de la dictature militaire et de ses alliés l'ont sans doute fait tomber en morceaux.

Il semble que la dictature ait réalisé que sa réponse excessive ne servait pas du tout ses intérêts. Thaksin pourrait ne pas avoir commis de crime de lèse-majesté a dit la junte, mais il aurait "insulté" l'armée.

Le fait est que de critiquer les conseillers privés ne constitue pas une infraction de lèse-majesté. Insulter l'armée serait très difficile car il s'agit d'une organisation tellement décrépite et corrompue que presque toutes les insultes ne feraient que dire la vérité. Le fait d'affirmer qu'elle est remplie de royalistes stupides est une vérité, pas une insulte.

Une partie de la panique est due à la peur comme quoi les partisans pro-Thaksin auraient pu déclencher une guerre politique. Depuis quelques jours, cette idée semble avoir été abandonnée. Le secrétaire général du Premier ministre a déclaré:

"Tout est normal ...".

Rien n'est normal dans la Thaïlande de la dictature militaire.

Thaksin Shinawatra

Thaksin Shinawatra

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