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26 mai 2015 2 26 /05 /mai /2015 08:23

Un article de Robert Amsterdam

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http://robertamsterdam.com/abhisits-shameful-responsibility-for-the-2010-bangkok-massacre/

Il y a cinq ans, le 19 mai 2010, quelques centaines de manifestants thaïlandais pro-démocratie désarmés ont cherché refuge dans l'un des temples les plus célèbres du centre de Bangkok, le Wat Pathum. Ils y étaient allés sous la promesse des autorités thaïlandaises comme quoi le temple resterait un havre de paix désigné et qu'ils pourraient échapper aux tireurs d'élite et aux soldats envoyés sur les rues de la capitale thaïlandaise par le gouvernement de l'époque dirigé par Abhisit "Mark" Vejjajiva. A ce moment-là, après deux mois de protestation, près de 90 personnes - y compris des enfants, des soldats, et des dizaines de civils non armés - avaient été tuées et 2000 personnes avaient été blessées alors que le centre de Bangkok s'était transformé en un champ de bataille.

La nuit d'avant que ces dernières personnes désespérées se soient recroquevillés dans le Wat Pathum, des membres du sénat thaïlandais avait rencontré les dirigeants de la protestation lors d'une ultime tentative afin d'obtenir une résolution pacifique à la manifestation pro-démocratie des Chemises rouges qui avait lentement dégénéré en une crise nationale. Les sénateurs sont allés à cette réunion croyant qu’ils avaient la garantie du Premier ministre Abhisit comme quoi si les leaders de la contestation étaient d'accord pour des discussions inconditionnelles, alors les soldats de son gouvernement cesseraient leur "répression" et permettraient à la manifestation de se disperser pacifiquement.

Les preuves que nous avons publié lors de ces derniers jours - y compris une note de service de la réunion tenue entre les leaders de la contestation et les représentants du Sénat - montre maintenant, sans équivoque, que les dirigeants chemises rouges de l'UDD avaient accepté de telles négociations et étaient plus que disposés à le faire sans aucune condition et à travailler avec les autorités afin de disperser pacifiquement la protestation.

Pourtant, ce qui est arrivé le 19 mai, le jour d'après celui ou les négociations entre le Sénat et les Chemises rouges de l'UDD avaient abouties, montre clairement qu'Abhisit a non seulement agi de mauvaise foi, mais qu'il avait utilisé les représentants du Sénat dans un stratagème pour tromper les leaders de la contestation. Et, vers la fin de l'après-midi du 19 mai, les soldats de l'armée thaïlandaise qu'Abhisit lui-même avait déployé dans les rues de Bangkok, ont tirés et tués certains des civils désarmés qui se recroquevillaient dans le Wat Pathum.

Lors de la nuit du 19 mai, six des personnes qui avaient cherché refuge dans le Wat Pathum ont été tués. Mark MacKinnon, correspondant très respecté et expérimenté, travaillant pour le journal canadien "The Globe and Mail", était présent dans le Wat Pathum et un témoin oculaire des événements qui s'y sont déroulé. En 2011, il a déclaré à la BBC que le temple "était une zone de sécurité désignée" et qu'il "avait passé des heures là-bas sans n'avoir vu d'arme à feu". Le témoignage de MacKinnon est soutenu non seulement par de nombreux autres récits de témoins oculaires, mais, surtout, par les durs et froids faits incontestables d'un rapport criminel médico-légal.

Nous avons récemment publié les conclusions de ce rapport médico-légal et il établit qu'aucune des six personnes abattu dans le Wat Pathum n'avait manipulé des armes à feu ou des explosifs, que tous ont été abattus par des balles venues de la direction de l'endroit où un groupe de soldats thaïlandais étaient positionnés et qu'il n'y avait aucune preuve matérielle démontrant que ces soldats ne faisaient que répondre à des tirs (NDT: un autre témoignage, celui du journaliste australien Steve Tickner qui se trouvait lui-aussi au Wat Phatum le 19 mai, corrobore ces faits. Lien: http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/05/il-y-a-5-ans-le-massacre-d-avril-mai-2010-le-temoignage-du-journaliste-australien-steve-tickner.html)

Alors pourquoi l'ancien premier ministre Abhisit - un homme instruit dans l'une des écoles privées de l'élite les plus chères du Royaume-Uni et qui, ensuite, a été diplômé de l'Université d'Oxford - se livre-t-il à de telles méthodes fourbes et téméraires dans une telle situation volatile? Pourquoi a-t-il permit à ses troupes de mettre en danger la vie de civils thaïlandais et d'en tuer quelques-uns? Abhisit était-il au courant de ses obligations légales en tant que premier ministre de s'assurer que le montant minimum de force ait été utilisé, même lors de la dispersion de rassemblements illégaux?

Les preuves que nous avons publiées révèlent qu'Abhisit a été clairement informé par son procureur général et connaissait très bien les limites légales de l'opération de dispersion qu'il a ordonné.

Face à tout cela, une question évidente se pose - pourquoi Abhisit n'a-t-il pas été tenu pour responsable de ses actes? Avait-il perdu le contrôle des soldats qu'il avait lâché sur les personnes mêmes qu'il était de son devoir de protéger? Et s'il a perdu effectivement le contrôle, pourquoi n'a-t-il pas donné sa démission immédiate et ne s'est-il pas engagé à enclencher une poursuite pénale contre ces officiers et soldats de l'armée thaïlandaise qui avait assassiné des civils désarmés qui s'étaient refugiés dans le refuge désigné par son propre gouvernement?

Comme l'histoire le démontre, Abhisit n'a rien fait de tout cela. Les militants pro-démocratie des droits de l'homme le surnomment maintenant "Mark au 100 cadavres" démontrant son rôle dans ce chapitre sanglant de l'histoire thaïlandaise en répondant aux questions d'un intervieweur de la BBC sur le massacre de Bangkok que "malheureusement certaines personnes sont mortes".

Nous espérons que, grâce à la publication de ces documents, que le peuple thaïlandais pourra commencer à conserver un certain contrôle sur son passé et que l'impunité accordée à Abhisit prendra fin un jour ou l'autre.

Nous espérons que la mort "malheureuse" de l'ensemble des victimes du massacre de Bangkok ne sera pas oubliée et que la justice prévaudra un jour.

Abhisit Vejjajiva

Abhisit Vejjajiva

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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 08:50

Un article de Robert Amsterdam

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http://robertamsterdam.com/one-year-after-the-coup-thailand-languishes-in-darkness/

 

Le coup d'Etat militaire thaïlandais du 22 mai 2014 avait été préparé depuis des mois, voire des années. Depuis la victoire électorale concluante de la Première ministre Yingluck Shinawatra en Juillet 2011, il était clair - pour tous ceux qui étaient prêts à le voir - que l'engagement réel de la population thaïlandaise envers la démocratie était voué à être usurpé par l'établissement des riches et de leurs sbires retranchés derrière l'armée thaïlandaise.

Cet établissement - connu en Thaïlande sous le nom d'amaart - avait sombré de plus en plus dans le désespoir depuis l'élection de juillet 2011 et avait utilisé tous les trucs possibles afin de déloger le gouvernement démocratiquement élu du peuple thaïlandais. Aucun sens moral ne semblait pouvoir les arrêter alors que, pour renverser le gouvernement de la Première ministre Yingluck, ils ont utilisé de grandes catastrophes naturelles (NDT: les inondations de 2011, voir l'article de Florence Compain écrit à l'époque sur http://www.lefigaro.fr/international/2011/10/25/01003-20111025ARTFIG00657-la-thailande-a-la-merci-d-un-coup-d-etat-aquatique.php), éliminé le peu qui restait de la crédibilité de l'appareil judiciaire thaïlandais et utilisé ouvertement certains des gangsters les plus vicieux du pays afin de terroriser les habitants de Bangkok pendant les protestations ouvertement anti-démocratiques du "PDRC" dans les mois qui ont précédé le coup d'État.

La clé chorégraphie servant soigneusement de toile de fond théâtrale à tout cela était la volonté de l'amaart de débarrasser le pays d'un système de subventions agricoles très populaire - le riz engageant la politique - tandis que les médias occidentaux tombaient dans le piège de l'établissement thaïlandais et affirmaient que cette redistribution de la richesse était une "catastrophe économique". Le fait qu'aucun régime de subvention agricole sur la terre n'ait été organisé pour apporter des bénéfices aux gouvernements qui les avait mis en place (NDT: notamment aux USA et en France ou les régimes de subventions agricoles ne sont là que pour aider les agriculteurs) semblait avoir été oublié dans un besoin désespéré de trouver une sorte de rationalisation pour expliquer "pourquoi" un coup d'Etat était nécessaire. Que ce programme politique de subvention du riz ait bénéficié d'un tel écrasant mandat démocratique de la part du peuple thaïlandais lors de l'élection de juillet 2011 a été encore plus la cause de sa destruction ainsi que de celle du gouvernement de Yingluck.

Mais le définisseur clé du coup d'Etat de mai 2014 est le fait qu'il était l'ultime acte désespéré d'une amaart thaïlandaise en train de réaliser que son influence et son emprise sur les événements était en danger d'effondrement complet. L'intervention militaire elle-même était la concrète et vivante expression du déclin inévitable de l'amaart vers l'insignifiance.

Depuis le coup d'Etat de mai 2014, la Thaïlande a sombré dans une version de la Corée du Nord encore plus sombre et absurde, avec des spas de luxe et un général de l'armée se pavanant, Prayuth Chan-ocha, qui joue le rôle connu d'un dictateur dément et draconien.

Des menaces publiques contre les journalistes à l'interdiction de manger publiquement des sandwichs, la règle du général Prayuth a également été marquée par des arrestations massives et arbitraires, de tribunaux militaires pour les civils et de torture pour les dissidents. La capacité de Prayuth à passer de la comédie surréaliste aux arts les plus sombres de la dictature militaire a réduit le statut de la Thaïlande à celui d'un paria international. La réputation de son peuple épris de démocratie a ete terrassé par des dirigeants incompétents, illégitimes et odieux.

Et que se passe-t-il pour les dirigeants choisis et légitimes du peuple thaïlandais? En ce moment, le dernier acte de la farce tragique de l'amaart est la poursuite pénale de l'ancienne Première ministre Yingluck sur des accusations de "corruption" à cause du régime de subvention du riz que son gouvernement avait été chargé de mettre en œuvre par le peuple thaïlandais lui-même. Le tribunal a même fait clairement entendre que Yingluck n'était pas jugée pour une quelconque "corruption" personnelle, mais pour avoir omis de prévenir des "pots-de-vin présumé" à l'intérieur du régime lui-même. Pourtant, malgré près d'un an d'enquête, il a été prouvé que les "pots-de-vin présumé" n'avait eu lieu qu'au coup par coup et à relativement petite échelle, tombant ainsi dans les paramètres de "corruption" d'autres nations (NDT: USA, France) lors de tels régimes de subventions. La différence évidente est que ces nations vont directement punir le petit nombre de criminels impliqués dans de tels pots-de-vin et n'utilisent pas de tels crimes comme une justification pour renverser la démocratie, la primauté du droit et réclamer l'intervention des militaires contre leurs peuples.

Certains observateurs ont perçus à tort le procès de Yingluck comme étant une vendetta contre les Shinawatras, à défaut de voir que l'objectif plus large de ce procès est, en fait, une vendetta contre le peuple thaïlandais et la démocratie elle-même. En fait, le message est que si le peuple thaïlandais continue à voter massivement pour des licites politiques de redistribution, l'amaart restera plus que disposée à recourir à la force brutale pour écraser ses choix démocratiques, emprisonner ses dirigeants et suspendre la règle du droit.

Le procès de Yingluck est une tentative de cimenter la destruction de la démocratie thaïlandaise et de "discipliner" les attentes du peuple thaïlandais. Alors que l'amaart thaïlandaise cherche à contrôler le passé de la nation en couvrant son rôle lors de crimes terribles comme le massacre de 2010 à Bangkok, elle veut aussi contrôler le futur en faisant clairement comprendre que la démocratie véritable ne sera pas tolérée et que tout gouvernement cherchant à travailler selon un mandat démocratique pourra être poursuivi à tout moment par des moyens illégitimes.

Pourtant, un an après la dernière attaque de l'amaart contre son propre peuple, l'établissement thaïlandais n'a toujours pas réalisé que le sol sous ses pieds diminuait rapidement. La volonté du peuple thaïlandais n'a pas été brisée et son désir de démocratie et de responsabilité est toujours présent. Ceci est la vraie leçon du coup d'Etat du 22 mai 2014.

Un an après le coup d'Etat, la Thaïlande piétine dans l'obscurité
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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 19:16

Le 19 mai 2010, le photographe italien Fabio Polenghi a été tué par l'armée thaïlandaise.

Un peu plus d'un an après, en juillet 2011, Yingluck Shinawatra était élue par le peuple thaïlandais. A cette occasion, la sœur de Fabio, Elisabetta Polenghi, a écrit une lettre ouverte à la nouvelle première ministre thaïlandaise.

La voici:

Lettre ouverte d'Elisabetta Polenghi à Yingluck Shinawatra

Lien:

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/08/05/2563015_lettre-ouverte-d-elisabetta-polenghi-a-yingluck-shinawatra.html

 

Lettre ouverte à Yingluck Shinawatra

Elisabetta Polenghi sœur du photographe italien Fabio Polenghi, tué à Bangkok au printemps 2010

La nouvelle de la victoire des Chemises rouges m'a amené à des larmes incontrôlables; un sentiment qu'il est difficile d'expliquer et qui était à la fois joyeux et douloureux, mais en même temps, plein d'espoir.

J'ai pleuré dans l'espoir qu'aujourd'hui, une nouvelle ère de justice de respect adviendra et que toutes ces victimes qui ont cru en un meilleur pays et contribué à le changer suite à leur sacrifice ultime recevront désormais le respect et la vérité qu'elles méritent vraiment.

Bien que ma position ne me permette pas d'exprimer un sentiment de participation à la politique de votre pays, il est encore vrai que je suis une femme et une humaniste et comme telle, je reconnais l'importance de votre victoire. Je souhaite donc vous féliciter et vous souhaiter la force et la sagesse que cette nomination requiert. À cet égard, et c'est mon espoir le plus sincère, je voudrais que les enquêtes sur les morts de 2010 soient rouvertes et revues pour que tant de sacrifices de vie humaine n'aient pas été inutiles et soient réparées avec honnêteté, justice, et responsabilité dans le cadre d'un engagement pour une forte et saine renaissance de la Thaïlande avec un accent particulier sur la défense de la vie humaine.

A votre disposition, je suis à vous sincèrement,

Elisabetta Polenghi

Fabio Polenghi

Fabio Polenghi

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24 mai 2015 7 24 /05 /mai /2015 12:47

Durant la nuit du samedi 23 mai au dimanche 24 mai, des résistants thaïlandais inconnus ont peint le signe de l'anarchie, un A majuscule entouré d'un cercle, sur le mur de la Cour de Justice de Bangkok.

La Cour de Justice de Bangkok est fameuse pour ses jugements double-standards condamnant les Chemises rouges à de lourdes peines, même sans preuves d'un quelconque délit, mais acquittant les Chemises jaunes, même quand ces derniers avaient commis des meurtres.

Cette Cour de Justice n'est considéré par de nombreux thaïlandais, que comme un outil des militaires.

Les policiers sont en train de vérifier les caméras de sécurité en face de l'Office de Cour de justice afin de trouver des indices.

Source:

http://www.nationmultimedia.com/breakingnews/Anarchy-sign-painted-over-Office-of-Court-of-Justi-30260816.html

Le signe de l'anarchie peint sur les murs de la Cour de Justice de Bangkok

Le signe de l'anarchie peint sur les murs de la Cour de Justice de Bangkok

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 15:53
La junte thaïlandaise a ramené l'horloge politique cinquante ans en arrière

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/05/22/thai-junta-turns-the-political-clock-back-fifty-years/

 

Le coup d'Etat qui a eu lieu le 22 mai de l'année dernière a ramené l'horloge politique de la Thaïlande cinquante ans en arrière. Aujourd'hui, nous avons un vicieux gouvernement militaire, condescendant et plein d'auto-illusions, dirigé par un meurtrier de masse. Le généralissime Prayut est responsable du massacre de près d'une centaine de manifestants pro-démocratie en 2010. L'armée a continué sa barbarie à Patani, avec le meurtre de sang-froid de civils innocents. La junte et les forces de sécurité thaïlandaises ont également été impliqués dans la traite des êtres humains de réfugiés rohingyas et dans leur cruelle expulsion hors des frontières de la Thaïlande.

Depuis le coup d'État, les droits humains sont inexistants. Des gens qui tentaient d'organiser des rassemblements ou des manifestations pacifiques contre la dictature ont été arrêtés. Le nombre de poursuites contre les libres penseurs, en vertu de la draconienne et illégitime loi de lèse-majesté, ont augmenté de façon spectaculaire. Les personnes arrêtées sont traduits devant des tribunaux militaires et privés de justice. Des séminaires académiques ont été interdits. Des militants de l'opposition ont été conduits dans des camps militaires pour des sessions de "changement d'attitude". Les médias d'opposition sont constamment fermés. La Thaïlande est gouvernée par la loi du fusil.

Pourtant, les généraux et leurs acolytes civils se sont auto-proclamés "bonnes personnes", à la différence des hommes politiques démocratiquement élus qui avaient gagnés les cœurs et les esprits du peuple.

La société thaïlandaise a connu une militarisation rapide, avec des généraux en charge dans toutes les branches de l'administration. De gros et riches bénéfices sont faits par les militaires corrompus et avides.

L'attitude condescendante de la junte envers la plupart des citoyens et les auto-illusions des principaux généraux sont les échos du passé de la Thaïlande au cours des années 1960. A cette époque, les généraux de la dictature émettraient des slogans tels que "faites le bien, faites le bien, faites le bien" ou "L'argent est le travail, le travail est l'argent, c'est la voie du bonheur". Dans ces temps-là, les généraux corrompus et meurtriers n'ont fait que peu de travail, mais ils savaient certainement comment remplir leurs propres poches. Ils avaient aussi l'habitude de faire des déclarations ridicules en public qui ne faisaient qu'exposer leur stupidité. Mais ils étaient convaincus qu'ils pouvaient intimider les autres afin de rester au pouvoir .... Ceci jusqu'à ce que des manifestations de masse éclatent dans les rues et les lieux de travail et qu'ils ne puissent plus tuer suffisamment de personnes afin de réprimer le mouvement démocratique.

Aujourd'hui Prayut est si arrogant, plein d'auto-illusion et stupide qu'il pense pouvoir se nommer lui-même comme "gardien moral" de la société. Il a publié ses "12 commandements", une liste d'attitudes réactionnaires qui sied à toute dictature. Ses courtisans ministériels, qui rampent devant lui et lui lèchent les bottes, chantent les louanges de Prayut et engagent des fonds publics pour la promotion de ses commandements. Certaines de ces personnes ont pourtant des doctorats d'universités occidentales.

Prayut aime parler sans cesse de "Thainess", mais sa connaissance de l'histoire thaïlandaise est rudimentaire et dépassée. Il croit que les Thaïlandais ont émigré vers le sud à partir des montagnes de l'Altaï situées en Mongolie, un mensonge historique perpétué dans le passé par les nationalistes.

Prayut croit également que les femmes qui portent des bikinis sur les plages thaïlandaises ne doivent blâmer qu'elles-mêmes uniquement si elles sont violées et assassinées.

Interrogé par une presse habituellement dociles, Prayut a, à de nombreuses reprises, exposé des crises de gamins en se mettant en colère et en menaçant de violence les journalistes.

Le nouveau projet de constitution, écrit sous l'œil vigilant de l'armée, officialisera l'influence des généraux et des élites conservatrices anti-démocratiques, réduisant considérablement l'espace démocratique. Les élections seront fabriquées conformément aux spécifications propres de la junte et les "bonnes personnes" autoproclamées vont contrôler les représentants élus du peuple. Si cela ne suffisait pas, l'ensemble du document montre un mépris total pour les citoyens. Il est plein de définitions condescendantes, écrites par des gangsters, sur les qualités des "bons" représentants et de la "bonne" gouvernance. Il met l'accent sur les devoirs des citoyens plutôt que sur la garantie des droits humains. Il interdit "trop" de dépenses gouvernementales pour des politiques pro-pauvres tout en assurant que les dépenses militaires restent élevées.

Le projet de constitution insiste à n'en plus finir à propos de la monarchie. La monarchie a toujours été un outil utile pour les dictatures thaïlandaises, estampillant tous les abus contre la démocratie et les droits humains commis par l'armée. Cette fois, le roi âgé et faible a été utilisé par Prayut pour justifier son coup d'Etat sans même que Prayut prenne la peine de lui parler. Mais toute personne critiquant le monarque ou la relation entre la monarchie et l'armée sera inculpée de lèse-majesté.

Il ne peut y avoir de liberté de parole ou de démocratie en Thaïlande sans l'abolition de la lèse-majesté.

Si vous voulez comprendre la relation entre la monarchie et la dictature, vous devez voir le roi comme une divinité. En Occident, dans le passé, les rois prétendaient être nommés par Dieu. Il n'y a jamais eu aucun argument logique pour le prouver car, dans le monde réel, les divinités n'existent pas. On n'a jamais entendu les divinités exprimer elles-mêmes leurs véritables pensées. Alors, on prétend que le roi de Thaïlande nomme lui-même les dictateurs et les guide dans leurs mauvaises actions sans que personne n'ait besoin de prouver quoi que ce soit. Il fait exactement ce qu'on lui dit de faire tout en empochant l'argent pour sa richesse pléthorique.

Les voyous anti-démocratiques dirigés par Sutep Tuaksuban, qui ont saboté les élections de l'année dernière au nom du "Comité de la Réforme Démocratique Populaire", ont maintenant abandonné toute prétention à être "indépendant" du Parti Démocrate. Il fallait avoir un esprit faible pour croire cela en premier lieu. Mais ils ont maintenant "rejoint le Parti Démocrate" en préparation des futurs élections charcutées de la junte. La plupart des politiciens du Pua Thai vont probablement aussi y prendre part, dans l'espoir d'obtenir la possibilité de glisser leur groin dans l'auge politique. Les politiciens des deux partis ont demandé à la junte de rester encore 2 ans au pouvoir afin de donner du temps pour la mise en place d'autres "réformes".

Nous devons nous opposer à cette sale constitution de la junte, qu'il y ait un référendum ou non, et les forces de la réaction et de l'autoritarisme doivent être mises à bas. Mais, sans aborder la question du pouvoir de la classe dirigeante et la combattre en s'organisant politiquement, nous n'y parviendrons pas.

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 08:30

Vendredi 22 mai 2015, à l'occasion du premier anniversaire du coup d'Etat de Thaïlande, une vingtaine de Thaïlandais exilés politiques ont manifestés à Paris, Place de la République, pour demander le retour à la démocratie et la libération des prisonniers politiques.

Parmi les manifestants se trouvaient les célèbres activistes Aum Neko et Jaran Ditapichai.

A Bangkok, quelques dizaines d'étudiants ont été interpellés pour avoir manifestés contre la dictature.

Les manifestants thaïlandais à Paris (1)

Les manifestants thaïlandais à Paris (1)

Les manifestants thaïlandais à Paris (2)

Les manifestants thaïlandais à Paris (2)

Les manifestants thaïlandais à Paris (3)

Les manifestants thaïlandais à Paris (3)

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 08:47

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/762-the-rohingya-crisis-is-a-crisis-of-class-society.html

 

L'arrivée de bateaux plein de migrants fuyant la guerre, la violence et l'oppression, que ce soit en Asie du Sud-Est ou en Méditerranée, n'est seulement "qu'un problème" pour les gens qui ont été socialisés par les vues traditionnelles de la classe dirigeante.

Le capitalisme, en Thaïlande et ailleurs, est un système fondamentalement inégal, où la richesse et les ressources sont concentrées entre les mains de quelques exploiteurs. Cela crée une fausse image d'une société n'ayant pas suffisamment de ressources afin de financer correctement un logement décent ni un accès aux écoles et aux hôpitaux pour les immigrants et ne disposant pas d'emplois pour eux. Il s'agit d'une "pénurie créé" délibérément conçue pour les intérêts de la classe dirigeante. Ce mensonge est renforcé par le nationalisme et d'autres idéologies qui incitent les gens à ramper devant l'autorité. C'est tout cet ensemble de brutales croyances qui pousse les gens à penser que la Thaïlande "ne peut pas se permettre" d'ouvrir ses frontières pour accueillir les Rohingyas.

Le monarque thaïlandais est l'homme le plus riche du pays et dispose d'une quantité obscène de richesse. L'armée thaïlandaise dépense d'énormes sommes d'argent pour ses achats d'armes et pour remplir les poches de ses généraux. Les hommes d'affaires les plus riches ainsi que les grands fonctionnaires vivent une vie de luxe tandis que la majorité des citoyens ordinaires n'arrive guère à joindre les deux bouts. Il ne manque pas de fonds ou de ressources pour aider les Rohingyas.

Voilà pourquoi les socialistes en Thaïlande, et à travers le monde, demandent que tous les réfugiés soient acceptés dans la société. Quand ils se réfugient dans nos pays, ils peuvent également apporter une contribution positive à la création de richesses.

Le côté le plus sombre de l'idéologie capitaliste est qu'elle tente de transformer des millions de personnes décentes en salauds sans cœur qui soutiennent le fait de repousser leurs frères humains dans la mer pour qu'ils y meurent.

Si nous ne pouvons pas aller au-delà du nationalisme ainsi que du royalisme et accueillir ces réfugiés, nous ne serons également jamais en mesure de contester les inégalités capitalistes au sein de notre société. Mais pour changer la société, nous devons également nous organiser politiquement.

 

Voir aussi :

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-en-thailande-nous-vendons-des-refugies-rohingyas-118225321.html

Dessin de Latuff

Dessin de Latuff

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 18:39

Thaïlande. Manifestation le 22 mai à Paris à l'occasion du premier anniversaire du coup d'Etat militaire

Manifestation le 22 mai 2015 à l'occasion du premier anniversaire du coup d'Etat militaire en Thaïlande. Ce coup d'État a établi un régime dictatorial qui a détruit tous les institutions démocratiques thaïes et a violé les droits de l'Homme. Nous, les démocrates, voulons déclarer nos idées pour la démocratie dans notre pays.

Nous souhaitons manifester à la place de la République entre 14 et 16h.

Jaran Ditapichai, coordinateur Européen de L'Organisation des Thaïs Libres pour les Droits de l'homme et pour la Démocratie.

Lien:

http://www.humanite.fr/thailande-manifestation-paris-locasion-de-lanniversaire-premier-anniversaire-du-coup-detat-militaire

Jaran Ditapichai

Jaran Ditapichai

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 14:04

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/05/17/thailand-under-the-junta-the-bull-shit-continues/

 

La décriée "commission anti-corruption" a accusé l'ancienne première ministre Yingluck ainsi que 34 anciens ministres du précèdent gouvernement d'avoir agi illégalement en allouant des fonds du gouvernement pour compenser les gens qui avaient été touchés par la crise politique entre 2005 et 2010. C'est, en fait, une autre arme utile dans l'arsenal de la junte contre les politiciens du Parti Pua Thai. Selon le projet de constitution de la junte, si Yingluck et ces ministres sont reconnus "coupable" par une quelconque cour kangourou, ils pourraient être interdits de politique pour la vie.

Une journée plus tard, la commission anti-corruption a accusé Sutep Tuaksuban, le chef des gangsters anti-élection, de détournement de fonds lors de la construction de postes de police pendant le gouvernement d'Abhisit. Cependant, Abhisit n'a, jusqu'à présent, été accusé d’aucun méfait... Ni aucun des autres anciens ministres du Parti Démocrate. Il est intéressant d'observer si Sutep sera finalement blanchi ou s'il sera sacrifié afin de créer une fausse image d'impartialité de la commission anti-corruption.

Un groupe de "militants" composé de proches de certains des manifestants pro-démocratie tués par des soldats en mai 1992, a invité le généralissime Prayut pour qu'il assiste à un mémorial pour commémorer les décès. Cela ne fait que démontrer que de longues périodes de régime militaire et de mascarades de la junte peuvent adoucir les têtes de certaines personnes. Prayut est lui-même coupable d'avoir ordonné le meurtre de quatre-vingt-dix manifestants chemises rouges non armés en 2010. La Thaïlande possède une longue tradition de dirigeants de diverses juntes aux mains tachées de sang. Le dirigeant de la précédente junte, celle qui avait organisé un coup d'Etat contre le gouvernement Taksin en 2006, le général Surayut, avait précédemment dirigé, en mai 1992, des groupes de soldats dans des opérations de saccage et de violence, y compris la destruction gratuite d'un hôpital de campagne mis en place par des bénévoles dans l'Hôtel Royal. Une des principales revendications des manifestants en 1992 était de veiller à ce que tout futur premier ministre soit un député élu. Prayut et ses acolytes, dans leur projet de constitution, ont proposé que le futur premier ministre n'ait plus besoin d'être un député élu.

Pendant ce temps, un séminaire commémoratif afin de discuter du soulèvement de mai 1992, organisé par la pro-démocratie "Fondation pour les Héros de la Démocratie", a été interdit après un raid des soldats.

Dans le sud, des militants étudiants à Yala se sont plaints du fait d'être soumis à des raids policiers répétitifs. Lors du dernier de ces raids, ils ont été photographiés et leurs numéros de carte d'identité ont été enregistrés. Ceci en dépit du fait que la police ne puisse les accuser d'aucune infraction. La junte a augmenté la tension dans le sud du pays ou encore plus de meurtres extrajudiciaires de musulmans malais ont eu lieu ces derniers temps.

Les scories réactionnaires de la société thaïlandaise, "l'Organisation de Collecte des Déchets", a de nouveau été occupée par ses activités de chasse aux sorcières. Ils ont lancé une accusation de lèse-majesté contre un autre utilisateur libre-penseur de Facebook. Ces chasseurs de sorcières ont reçu un coup de pouce de la part du généralissime Prayut lui-même, qui au début de mai avait dit; "Nous devons balayer les détritus humain de notre pays". Il faisait allusion à ses adversaires politiques.

Dans la province méridionale de Nakorn Sitamarat, le directeur d'une école secondaire est sorti pour défendre le fait que des étudiants aient été punis en les faisant se coucher par terre sous un chaud soleil. Leur "crime" est d'avoir essayé d'éviter les séances de bizutage pour les nouveaux étudiants. Le directeur a poursuivi en disant que ce brutal système d'ancienneté avait beaucoup de qualités positives. Sans doute l'une de ces qualités est de préparer les étudiants à une vie d'inconditionnelle obéissance envers l'armée et les élites dirigeantes.

Dessin de "Shucking Korn"

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 12:39

En 1992, l'armée thaïlandaise avait déjà massacré des manifestants qui réclamaient la démocratie.

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-il-y-a-21-ans-black-may-le-massacre-de-mai-1992-a-bangkok-117808798.html

Contexte

En février 1991, un coup d’État militaire a renversé le gouvernement civil dirigé par Chatichai Choonhavan, élu démocratiquement, et un Conseil national de maintien de la paix (CNMP) a été créé.

À la suite des élections générales truquées de mars 1992, le général Suchinda Kraprayoon, un des principaux artisans de ce coup d’État, a été nommé Premier ministre.

En mai 1992, des milliers de personnes ont manifesté pour protester contre cette nomination. Au cours des manifestations, les forces de sécurité ont ouvert le feu à hauteur de tête sur des manifestants non armés et ont frappé à coups de matraque et de pied des civils qui ne constituaient pas une menace pour leur sécurité.

Selon les statistiques officielles, 52 personnes ont été tuées, des centaines d’autres ont été blessées et 34 ont "disparu" sans laisser de trace mais cette répression a sans doute fait des centaines de victimes.

Contrairement au massacre d’octobre 1976 de l’Université Thammasat, le roi est intervenu pour éviter un bain de sang qui avait déjà eu lieu mais qui aurait pu être pire sans son intervention.

Ci-dessous les articles du journal français l'Humanité parus durant ces événements:

BANGKOK COLERE

Article du journal l'Humanité paru le 21 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273409

Le mouvement de protestation s'amplifie malgré la répression. Divisions dans l'armée. Plus de cent morts, des centaines de blessés, des milliers d'arrestations.

LE gouvernement thaïlandais a décrété mercredi soir le couvre-feu à Bangkok, de 21 heures à 4 heures. Cette décision, annoncée à la télévision, fait suite à une journée marquée par de nouvelles manifestations de rue et des bruits insistants sur des combats opposant, au nord de Bangkok, des troupes loyales et hostiles au gouvernement du général Suchinda Kraprayoon.

La troupe a de nouveau ouvert le feu mercredi après-midi sur des milliers de manifestants répandus dans le centre de Bangkok. Selon la police, les manifestants ont commencé leur mouvement de protestation en brisant des vitrines et en pillant des magasins. Ils ont ensuite entrepris de mettre le feu à des édifices.

Le premier ministre, le général Suchinda Kraprayoon, qui devait donner une conférence de presse télévisée depuis le siège du gouvernement, a brusquement quitté les lieux pour une destination inconnue.

L'opposition pose comme condition préalable à une solution politique de la crise la démission du général Suchinda. Pour des millions de Thaïlandais, il est le principal responsable des émeutes sanglantes qui se poursuivent depuis trois jours. Elle demande qu'il soit remplacé par une personnalité dûment élue au Parlement, ce qui suppose une réforme constitutionnelle.

Selon des sources thaïlandaises et des diplomates étrangers, les chefs modérés de l'armée se seraient mis d'accord pour tenter d'obtenir le départ, volontaire ou forcé, du général Suchinda, désigné premier ministre le 7 avril, et de son beau-frère, le commandant en chef de l'armée Issrapong Noonpackdee. Un nom est avancé avec insistance pour lui succéder à titre transitoire, celui du général à la retraite Prem Tunsilanond, soixante-douze ans.

Des troupes fidèles à la hiérarchie modérée de l'armée thaïlandaise feraient mouvement depuis le nord du pays vers Bangkok, croit-on savoir de sources thaïlandaises et étrangères. Des diplomates confient par ailleurs avoir été saisis de rapports signalant des combats entre soldats au nord de la capitale. De source policière, on se borne à confirmer le mouvement de troupes, sans toutefois préciser leur position actuelle ni leur importance.

Des indications sur une scission au sein de l'armée ont commencé à filtrer mardi, 48 heures après le début des émeutes. Mercredi matin, ces mêmes sources donnaient à entendre que les responsables militaires modérés s'étaient mis d'accord pour tenter d'obtenir le départ volontaire ou forcé du premier ministre.

Les émeutes qui se poursuivent depuis dimanche à Bangkok auraient fait au moins cent morts. Des centaines de personnes ont été blessées, et l'on compte quelque 3.000 arrestations.

THAILANDE LE ROI INTERVIENT POUR RESOUDRE LA CRISE

Article du journal l'Humanité paru le 21 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273336

Le premier ministre thaïlandais, Suchinda Kraprayoon a annoncé, mercredi soir, à la télévision la libération immédiate des personnes arrêtées lors des incidents de ces derniers jours et une amnistie pour ceux qui ont pris part aux manifestations. Parmi les personnes libérées figure le chef de l’opposition, Chamlong Srimuang qui est également apparu pour appeler la population au calme. Le premier ministre a aussi annoncé que le parlement allait entamer, dès lundi, une révision de la constitution, ce qui constituait l’une des principales revendications de l’opposition et des manifestants. Ces déclarations ont eu lieu après une rencontre entre Suchinda Kraprayoon, le roi Bhumibol Adulyadej, l’ancien premier ministre Prem Tinsulanond et Chamlong Srimuang. Ce dernier a indiqué que l’intervention du roi était à l’origine de ces mesures d’apaisement. La télévision a d’ailleurs montré le souverain s’entretenant avec le premier ministre soutenu par les militaires, M. Chamlong, et M. Prem Tinsulanond, un ancien premier ministre, qui a gardé beaucoup de prestige et jouit de la confiance du roi. Le débat constitutionnel devrait commencer lundi. L’opposition réclame qu’y soit incluse l’obligation pour le premier ministre d’être un élu du Parlement. Ce n’est pas le cas de M. Suchinda qui ne s’était pas présenté aux élections générales du 22 mars dernier et qui, avant de devenir premier ministre le 7 avril, était commandant en chef des forces armées. "Le gouvernement va essayer de résoudre le problème, a dit M. Chamlong. Nous allons travailler avec toutes les parties concernées pour garantir un retour à la normale. S’il vous plaît, restez calmes et ne prenez plus part à des désordres. Je demande votre coopération."

ROYALE INTERVENTION A BANGKOK

Article du journal l'Humanité paru le 22 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273239

Bhumibol Adulyadej a convoqué le général-premier ministre et son opposant de la veille le général Chamlong Les discussions pour une réforme constitutionnelle doivent reprendre lundi au Parlement APRES l’intervention du roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, les premiers signes de détente sont apparus hier à Bangkok, où l’on annonçait coup sur coup la libération des quelque 3.000 détenus arrêtés depuis dimanche et la levée du couvre-feu. Le souverain thaïlandais, bien que sans pouvoirs constitutionnels réels, est une personnalité respectée par une grande majorité de l’opinion publique, d’autant plus qu’il n’intervient publiquement que très rarement - et seulement en période de crise grave - dans les affaires du pays. Dans la nuit de mercredi à jeudi, il a reçu le général-premier ministre Sichunda Kraprayoon, responsable de la répression, et l’ex-général Chamlong Srimuang, leader de l’opposition parlementaire. Ce dernier a été libéré de la prison où les hommes de Sichunda l’avaient enfermé mardi soir. Les deux hommes se sont engagés à reprendre les discussions en vue de l’élaboration d’un amendement de la Constitution destiné à interdire les fonctions de premier ministre à toute personne ne faisant pas partie du Parlement. Le roi a demandé aux deux adversaires de la veille d’«éviter de se battre dans (leur) propre maison» et de «se rencontrer en tête à tête plutôt que de s’affronter, pour essayer de régler le problème». Dès lundi, les deux chambres thaïlandaises - une Assemblée nationale dominée par les partis promilitaires et un Sénat dont tous les membres sont désignés par les généraux - devront débattre de ce processus. Selon l’AFP, le souverain aurait chargé l’un de ses conseillers privés, le général Prem Tinsulanond, ancien premier ministre de 1980 à 1988, de « superviser » l’opération. Jeudi matin, l’armée a levé le couvre-feu décrété la veille et les barrages dans la capitale. A l’exception des écoles qui restaient fermées, les administrations et les commerces ont rouvert leurs portes. Les transports publics circulaient normalement. En un quart d’heure, la Bourse a pris 56 points jeudi matin, mais cette soudaine euphorie des spéculateurs locaux n’était pas encore partagée par les firmes étrangères. Les investisseurs étrangers craignent toujours la reprise des manifestations. Sans attendre les déclarations royales, à Washington, le département d’Etat a indiqué que, contrairement à certaines déclarations, aucun programme de ventes d’armes à la Thaïlande n’avait été annulé. A Bruxelles, la CEE a demandé à toutes les parties «d’agir avec la plus grande retenue», tout en demandant aux militaires de «s’abstenir de recourir à nouveau à la violence». Jeudi soir, quelques milliers de personnes étaient à nouveau rassemblées sur la place de la Démocratie à Bangkok pour se recueillir en mémoire des victimes de la répression. Une centaine de personnes ont été tuées par les militaires et plus d’un millier blessées depuis dimanche soir.

AMERE VICTOIRE

Article du journal l'Humanité paru le 25 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273106

Les manifestants de Bangkok ont obtenu le départ du premier ministre, mais l’amnistie accordée par le roi aux responsables du bain de sang est lourde de menaces pour l’avenir LE premier ministre de Thaïlande, le général Suchinda Kraprayoon, a annoncé sa démission dimanche à la télévision, au cours d’une allocution apparemment enregistrée à l’avance. «Pour endosser mes responsabilité des erreurs et faciliter le débat parlementaire sur la nouvelle constitution, j’ai présenté ma démission au roi, a-t-il dit. J’espère qu’à partir de cet instant, toutes les parties s’efforceront d’aplanir les conflits et les divergences dans l’intérêt de l’unité, de la réconciliation et de la coopération». Il a exprimé ses regrets pour les morts et les dégâts causés dans la capitale lors des manifestations de la semaine dernière, estimant qu’il faudrait «des années pour en effacer les traces dans le cœur des gens et dans l’économie nationale». Rappelons que la répression des manifestations de la semaine dernière à Bangkok a fait cent morts selon les chiffres officiels, plusieurs centaines selon d’autres sources. Agé de cinquante-huit ans, le général Suchinda était devenu premier ministre le 7 avril dernier. L’opposition s’était aussitôt insurgée contre l’accession à la tête du gouvernement d’un officier qui, un an plus tôt, avait dirigé un coup d’Etat militaire pour renverser le gouvernement de Chatichai Choonhavan. Les rumeurs qui circulaient samedi affirmant que le général était en fuite et avait pris l’avion pour Copenhague ou Stockholm ont été démenties. Il se trouvait toujours dans la capitale thaïlandaise et s’est rendu dimanche matin au temple de Bovornivet pour demander la bénédiction du patriarche bouddhiste. Cette démarche donne à penser que le général s’apprête effectivement à partir en exil. D’autant que l’amnistie générale décrétée dimanche par le roi Bhumibol pour toutes les personnes ayant été mêlées aux événements des derniers jours lui laisse le champ libre. Elle semble le résultat de longues tractations entre le roi et l’armée. Elle aura pour effet de mettre le général Suchinda et les responsables militaires des fusillades à l’abri de poursuites. Une décision qui risque d’être fort mal accueillie par la population. L’opposition a en effet réclamé que soient traduits en justice le général Suchinda et d’autres chefs militaires, notamment le commandant en chef Kaset Rojananil et le commandant de l’armée de terre Issarapong Noonpakdi. Ce dernier n’est autre que le beau-frère du général Suchinda. Dimanche matin, 50.000 personnes au moins ont assisté à un office célébré devant le monument à la démocratie, à la mémoire des nombreuses victimes tombées au cours des manifestations, qui s’étaient déroulées pour la plupart devant le monument. Beaucoup portaient des vêtements noir et blanc, en signe de deuil. Des guirlandes de fleurs ont été déposées au pied du monument et de la nourriture a été offerte à quelque 300 moines bouddhistes, suivant la tradition. Les gens manifestaient à la fois leur peine et leur colère, estimant que «ceux qui ont donné l’ordre de tirer sur le peuple doivent être punis».

Un article sur le massacre du journal "The Nation" daté du 20 mai 1992

Un article sur le massacre du journal "The Nation" daté du 20 mai 1992

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