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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 15:53
La junte thaïlandaise a ramené l'horloge politique cinquante ans en arrière

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/05/22/thai-junta-turns-the-political-clock-back-fifty-years/

 

Le coup d'Etat qui a eu lieu le 22 mai de l'année dernière a ramené l'horloge politique de la Thaïlande cinquante ans en arrière. Aujourd'hui, nous avons un vicieux gouvernement militaire, condescendant et plein d'auto-illusions, dirigé par un meurtrier de masse. Le généralissime Prayut est responsable du massacre de près d'une centaine de manifestants pro-démocratie en 2010. L'armée a continué sa barbarie à Patani, avec le meurtre de sang-froid de civils innocents. La junte et les forces de sécurité thaïlandaises ont également été impliqués dans la traite des êtres humains de réfugiés rohingyas et dans leur cruelle expulsion hors des frontières de la Thaïlande.

Depuis le coup d'État, les droits humains sont inexistants. Des gens qui tentaient d'organiser des rassemblements ou des manifestations pacifiques contre la dictature ont été arrêtés. Le nombre de poursuites contre les libres penseurs, en vertu de la draconienne et illégitime loi de lèse-majesté, ont augmenté de façon spectaculaire. Les personnes arrêtées sont traduits devant des tribunaux militaires et privés de justice. Des séminaires académiques ont été interdits. Des militants de l'opposition ont été conduits dans des camps militaires pour des sessions de "changement d'attitude". Les médias d'opposition sont constamment fermés. La Thaïlande est gouvernée par la loi du fusil.

Pourtant, les généraux et leurs acolytes civils se sont auto-proclamés "bonnes personnes", à la différence des hommes politiques démocratiquement élus qui avaient gagnés les cœurs et les esprits du peuple.

La société thaïlandaise a connu une militarisation rapide, avec des généraux en charge dans toutes les branches de l'administration. De gros et riches bénéfices sont faits par les militaires corrompus et avides.

L'attitude condescendante de la junte envers la plupart des citoyens et les auto-illusions des principaux généraux sont les échos du passé de la Thaïlande au cours des années 1960. A cette époque, les généraux de la dictature émettraient des slogans tels que "faites le bien, faites le bien, faites le bien" ou "L'argent est le travail, le travail est l'argent, c'est la voie du bonheur". Dans ces temps-là, les généraux corrompus et meurtriers n'ont fait que peu de travail, mais ils savaient certainement comment remplir leurs propres poches. Ils avaient aussi l'habitude de faire des déclarations ridicules en public qui ne faisaient qu'exposer leur stupidité. Mais ils étaient convaincus qu'ils pouvaient intimider les autres afin de rester au pouvoir .... Ceci jusqu'à ce que des manifestations de masse éclatent dans les rues et les lieux de travail et qu'ils ne puissent plus tuer suffisamment de personnes afin de réprimer le mouvement démocratique.

Aujourd'hui Prayut est si arrogant, plein d'auto-illusion et stupide qu'il pense pouvoir se nommer lui-même comme "gardien moral" de la société. Il a publié ses "12 commandements", une liste d'attitudes réactionnaires qui sied à toute dictature. Ses courtisans ministériels, qui rampent devant lui et lui lèchent les bottes, chantent les louanges de Prayut et engagent des fonds publics pour la promotion de ses commandements. Certaines de ces personnes ont pourtant des doctorats d'universités occidentales.

Prayut aime parler sans cesse de "Thainess", mais sa connaissance de l'histoire thaïlandaise est rudimentaire et dépassée. Il croit que les Thaïlandais ont émigré vers le sud à partir des montagnes de l'Altaï situées en Mongolie, un mensonge historique perpétué dans le passé par les nationalistes.

Prayut croit également que les femmes qui portent des bikinis sur les plages thaïlandaises ne doivent blâmer qu'elles-mêmes uniquement si elles sont violées et assassinées.

Interrogé par une presse habituellement dociles, Prayut a, à de nombreuses reprises, exposé des crises de gamins en se mettant en colère et en menaçant de violence les journalistes.

Le nouveau projet de constitution, écrit sous l'œil vigilant de l'armée, officialisera l'influence des généraux et des élites conservatrices anti-démocratiques, réduisant considérablement l'espace démocratique. Les élections seront fabriquées conformément aux spécifications propres de la junte et les "bonnes personnes" autoproclamées vont contrôler les représentants élus du peuple. Si cela ne suffisait pas, l'ensemble du document montre un mépris total pour les citoyens. Il est plein de définitions condescendantes, écrites par des gangsters, sur les qualités des "bons" représentants et de la "bonne" gouvernance. Il met l'accent sur les devoirs des citoyens plutôt que sur la garantie des droits humains. Il interdit "trop" de dépenses gouvernementales pour des politiques pro-pauvres tout en assurant que les dépenses militaires restent élevées.

Le projet de constitution insiste à n'en plus finir à propos de la monarchie. La monarchie a toujours été un outil utile pour les dictatures thaïlandaises, estampillant tous les abus contre la démocratie et les droits humains commis par l'armée. Cette fois, le roi âgé et faible a été utilisé par Prayut pour justifier son coup d'Etat sans même que Prayut prenne la peine de lui parler. Mais toute personne critiquant le monarque ou la relation entre la monarchie et l'armée sera inculpée de lèse-majesté.

Il ne peut y avoir de liberté de parole ou de démocratie en Thaïlande sans l'abolition de la lèse-majesté.

Si vous voulez comprendre la relation entre la monarchie et la dictature, vous devez voir le roi comme une divinité. En Occident, dans le passé, les rois prétendaient être nommés par Dieu. Il n'y a jamais eu aucun argument logique pour le prouver car, dans le monde réel, les divinités n'existent pas. On n'a jamais entendu les divinités exprimer elles-mêmes leurs véritables pensées. Alors, on prétend que le roi de Thaïlande nomme lui-même les dictateurs et les guide dans leurs mauvaises actions sans que personne n'ait besoin de prouver quoi que ce soit. Il fait exactement ce qu'on lui dit de faire tout en empochant l'argent pour sa richesse pléthorique.

Les voyous anti-démocratiques dirigés par Sutep Tuaksuban, qui ont saboté les élections de l'année dernière au nom du "Comité de la Réforme Démocratique Populaire", ont maintenant abandonné toute prétention à être "indépendant" du Parti Démocrate. Il fallait avoir un esprit faible pour croire cela en premier lieu. Mais ils ont maintenant "rejoint le Parti Démocrate" en préparation des futurs élections charcutées de la junte. La plupart des politiciens du Pua Thai vont probablement aussi y prendre part, dans l'espoir d'obtenir la possibilité de glisser leur groin dans l'auge politique. Les politiciens des deux partis ont demandé à la junte de rester encore 2 ans au pouvoir afin de donner du temps pour la mise en place d'autres "réformes".

Nous devons nous opposer à cette sale constitution de la junte, qu'il y ait un référendum ou non, et les forces de la réaction et de l'autoritarisme doivent être mises à bas. Mais, sans aborder la question du pouvoir de la classe dirigeante et la combattre en s'organisant politiquement, nous n'y parviendrons pas.

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23 mai 2015 6 23 /05 /mai /2015 08:30

Vendredi 22 mai 2015, à l'occasion du premier anniversaire du coup d'Etat de Thaïlande, une vingtaine de Thaïlandais exilés politiques ont manifestés à Paris, Place de la République, pour demander le retour à la démocratie et la libération des prisonniers politiques.

Parmi les manifestants se trouvaient les célèbres activistes Aum Neko et Jaran Ditapichai.

A Bangkok, quelques dizaines d'étudiants ont été interpellés pour avoir manifestés contre la dictature.

Les manifestants thaïlandais à Paris (1)

Les manifestants thaïlandais à Paris (1)

Les manifestants thaïlandais à Paris (2)

Les manifestants thaïlandais à Paris (2)

Les manifestants thaïlandais à Paris (3)

Les manifestants thaïlandais à Paris (3)

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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 08:47

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/762-the-rohingya-crisis-is-a-crisis-of-class-society.html

 

L'arrivée de bateaux plein de migrants fuyant la guerre, la violence et l'oppression, que ce soit en Asie du Sud-Est ou en Méditerranée, n'est seulement "qu'un problème" pour les gens qui ont été socialisés par les vues traditionnelles de la classe dirigeante.

Le capitalisme, en Thaïlande et ailleurs, est un système fondamentalement inégal, où la richesse et les ressources sont concentrées entre les mains de quelques exploiteurs. Cela crée une fausse image d'une société n'ayant pas suffisamment de ressources afin de financer correctement un logement décent ni un accès aux écoles et aux hôpitaux pour les immigrants et ne disposant pas d'emplois pour eux. Il s'agit d'une "pénurie créé" délibérément conçue pour les intérêts de la classe dirigeante. Ce mensonge est renforcé par le nationalisme et d'autres idéologies qui incitent les gens à ramper devant l'autorité. C'est tout cet ensemble de brutales croyances qui pousse les gens à penser que la Thaïlande "ne peut pas se permettre" d'ouvrir ses frontières pour accueillir les Rohingyas.

Le monarque thaïlandais est l'homme le plus riche du pays et dispose d'une quantité obscène de richesse. L'armée thaïlandaise dépense d'énormes sommes d'argent pour ses achats d'armes et pour remplir les poches de ses généraux. Les hommes d'affaires les plus riches ainsi que les grands fonctionnaires vivent une vie de luxe tandis que la majorité des citoyens ordinaires n'arrive guère à joindre les deux bouts. Il ne manque pas de fonds ou de ressources pour aider les Rohingyas.

Voilà pourquoi les socialistes en Thaïlande, et à travers le monde, demandent que tous les réfugiés soient acceptés dans la société. Quand ils se réfugient dans nos pays, ils peuvent également apporter une contribution positive à la création de richesses.

Le côté le plus sombre de l'idéologie capitaliste est qu'elle tente de transformer des millions de personnes décentes en salauds sans cœur qui soutiennent le fait de repousser leurs frères humains dans la mer pour qu'ils y meurent.

Si nous ne pouvons pas aller au-delà du nationalisme ainsi que du royalisme et accueillir ces réfugiés, nous ne serons également jamais en mesure de contester les inégalités capitalistes au sein de notre société. Mais pour changer la société, nous devons également nous organiser politiquement.

 

Voir aussi :

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-en-thailande-nous-vendons-des-refugies-rohingyas-118225321.html

Dessin de Latuff

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 18:39

Thaïlande. Manifestation le 22 mai à Paris à l'occasion du premier anniversaire du coup d'Etat militaire

Manifestation le 22 mai 2015 à l'occasion du premier anniversaire du coup d'Etat militaire en Thaïlande. Ce coup d'État a établi un régime dictatorial qui a détruit tous les institutions démocratiques thaïes et a violé les droits de l'Homme. Nous, les démocrates, voulons déclarer nos idées pour la démocratie dans notre pays.

Nous souhaitons manifester à la place de la République entre 14 et 16h.

Jaran Ditapichai, coordinateur Européen de L'Organisation des Thaïs Libres pour les Droits de l'homme et pour la Démocratie.

Lien:

http://www.humanite.fr/thailande-manifestation-paris-locasion-de-lanniversaire-premier-anniversaire-du-coup-detat-militaire

Jaran Ditapichai

Jaran Ditapichai

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 14:04

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/05/17/thailand-under-the-junta-the-bull-shit-continues/

 

La décriée "commission anti-corruption" a accusé l'ancienne première ministre Yingluck ainsi que 34 anciens ministres du précèdent gouvernement d'avoir agi illégalement en allouant des fonds du gouvernement pour compenser les gens qui avaient été touchés par la crise politique entre 2005 et 2010. C'est, en fait, une autre arme utile dans l'arsenal de la junte contre les politiciens du Parti Pua Thai. Selon le projet de constitution de la junte, si Yingluck et ces ministres sont reconnus "coupable" par une quelconque cour kangourou, ils pourraient être interdits de politique pour la vie.

Une journée plus tard, la commission anti-corruption a accusé Sutep Tuaksuban, le chef des gangsters anti-élection, de détournement de fonds lors de la construction de postes de police pendant le gouvernement d'Abhisit. Cependant, Abhisit n'a, jusqu'à présent, été accusé d’aucun méfait... Ni aucun des autres anciens ministres du Parti Démocrate. Il est intéressant d'observer si Sutep sera finalement blanchi ou s'il sera sacrifié afin de créer une fausse image d'impartialité de la commission anti-corruption.

Un groupe de "militants" composé de proches de certains des manifestants pro-démocratie tués par des soldats en mai 1992, a invité le généralissime Prayut pour qu'il assiste à un mémorial pour commémorer les décès. Cela ne fait que démontrer que de longues périodes de régime militaire et de mascarades de la junte peuvent adoucir les têtes de certaines personnes. Prayut est lui-même coupable d'avoir ordonné le meurtre de quatre-vingt-dix manifestants chemises rouges non armés en 2010. La Thaïlande possède une longue tradition de dirigeants de diverses juntes aux mains tachées de sang. Le dirigeant de la précédente junte, celle qui avait organisé un coup d'Etat contre le gouvernement Taksin en 2006, le général Surayut, avait précédemment dirigé, en mai 1992, des groupes de soldats dans des opérations de saccage et de violence, y compris la destruction gratuite d'un hôpital de campagne mis en place par des bénévoles dans l'Hôtel Royal. Une des principales revendications des manifestants en 1992 était de veiller à ce que tout futur premier ministre soit un député élu. Prayut et ses acolytes, dans leur projet de constitution, ont proposé que le futur premier ministre n'ait plus besoin d'être un député élu.

Pendant ce temps, un séminaire commémoratif afin de discuter du soulèvement de mai 1992, organisé par la pro-démocratie "Fondation pour les Héros de la Démocratie", a été interdit après un raid des soldats.

Dans le sud, des militants étudiants à Yala se sont plaints du fait d'être soumis à des raids policiers répétitifs. Lors du dernier de ces raids, ils ont été photographiés et leurs numéros de carte d'identité ont été enregistrés. Ceci en dépit du fait que la police ne puisse les accuser d'aucune infraction. La junte a augmenté la tension dans le sud du pays ou encore plus de meurtres extrajudiciaires de musulmans malais ont eu lieu ces derniers temps.

Les scories réactionnaires de la société thaïlandaise, "l'Organisation de Collecte des Déchets", a de nouveau été occupée par ses activités de chasse aux sorcières. Ils ont lancé une accusation de lèse-majesté contre un autre utilisateur libre-penseur de Facebook. Ces chasseurs de sorcières ont reçu un coup de pouce de la part du généralissime Prayut lui-même, qui au début de mai avait dit; "Nous devons balayer les détritus humain de notre pays". Il faisait allusion à ses adversaires politiques.

Dans la province méridionale de Nakorn Sitamarat, le directeur d'une école secondaire est sorti pour défendre le fait que des étudiants aient été punis en les faisant se coucher par terre sous un chaud soleil. Leur "crime" est d'avoir essayé d'éviter les séances de bizutage pour les nouveaux étudiants. Le directeur a poursuivi en disant que ce brutal système d'ancienneté avait beaucoup de qualités positives. Sans doute l'une de ces qualités est de préparer les étudiants à une vie d'inconditionnelle obéissance envers l'armée et les élites dirigeantes.

Dessin de "Shucking Korn"

Dessin de "Shucking Korn"

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 12:39

En 1992, l'armée thaïlandaise avait déjà massacré des manifestants qui réclamaient la démocratie.

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-il-y-a-21-ans-black-may-le-massacre-de-mai-1992-a-bangkok-117808798.html

Contexte

En février 1991, un coup d’État militaire a renversé le gouvernement civil dirigé par Chatichai Choonhavan, élu démocratiquement, et un Conseil national de maintien de la paix (CNMP) a été créé.

À la suite des élections générales truquées de mars 1992, le général Suchinda Kraprayoon, un des principaux artisans de ce coup d’État, a été nommé Premier ministre.

En mai 1992, des milliers de personnes ont manifesté pour protester contre cette nomination. Au cours des manifestations, les forces de sécurité ont ouvert le feu à hauteur de tête sur des manifestants non armés et ont frappé à coups de matraque et de pied des civils qui ne constituaient pas une menace pour leur sécurité.

Selon les statistiques officielles, 52 personnes ont été tuées, des centaines d’autres ont été blessées et 34 ont "disparu" sans laisser de trace mais cette répression a sans doute fait des centaines de victimes.

Contrairement au massacre d’octobre 1976 de l’Université Thammasat, le roi est intervenu pour éviter un bain de sang qui avait déjà eu lieu mais qui aurait pu être pire sans son intervention.

Ci-dessous les articles du journal français l'Humanité parus durant ces événements:

BANGKOK COLERE

Article du journal l'Humanité paru le 21 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273409

Le mouvement de protestation s'amplifie malgré la répression. Divisions dans l'armée. Plus de cent morts, des centaines de blessés, des milliers d'arrestations.

LE gouvernement thaïlandais a décrété mercredi soir le couvre-feu à Bangkok, de 21 heures à 4 heures. Cette décision, annoncée à la télévision, fait suite à une journée marquée par de nouvelles manifestations de rue et des bruits insistants sur des combats opposant, au nord de Bangkok, des troupes loyales et hostiles au gouvernement du général Suchinda Kraprayoon.

La troupe a de nouveau ouvert le feu mercredi après-midi sur des milliers de manifestants répandus dans le centre de Bangkok. Selon la police, les manifestants ont commencé leur mouvement de protestation en brisant des vitrines et en pillant des magasins. Ils ont ensuite entrepris de mettre le feu à des édifices.

Le premier ministre, le général Suchinda Kraprayoon, qui devait donner une conférence de presse télévisée depuis le siège du gouvernement, a brusquement quitté les lieux pour une destination inconnue.

L'opposition pose comme condition préalable à une solution politique de la crise la démission du général Suchinda. Pour des millions de Thaïlandais, il est le principal responsable des émeutes sanglantes qui se poursuivent depuis trois jours. Elle demande qu'il soit remplacé par une personnalité dûment élue au Parlement, ce qui suppose une réforme constitutionnelle.

Selon des sources thaïlandaises et des diplomates étrangers, les chefs modérés de l'armée se seraient mis d'accord pour tenter d'obtenir le départ, volontaire ou forcé, du général Suchinda, désigné premier ministre le 7 avril, et de son beau-frère, le commandant en chef de l'armée Issrapong Noonpackdee. Un nom est avancé avec insistance pour lui succéder à titre transitoire, celui du général à la retraite Prem Tunsilanond, soixante-douze ans.

Des troupes fidèles à la hiérarchie modérée de l'armée thaïlandaise feraient mouvement depuis le nord du pays vers Bangkok, croit-on savoir de sources thaïlandaises et étrangères. Des diplomates confient par ailleurs avoir été saisis de rapports signalant des combats entre soldats au nord de la capitale. De source policière, on se borne à confirmer le mouvement de troupes, sans toutefois préciser leur position actuelle ni leur importance.

Des indications sur une scission au sein de l'armée ont commencé à filtrer mardi, 48 heures après le début des émeutes. Mercredi matin, ces mêmes sources donnaient à entendre que les responsables militaires modérés s'étaient mis d'accord pour tenter d'obtenir le départ volontaire ou forcé du premier ministre.

Les émeutes qui se poursuivent depuis dimanche à Bangkok auraient fait au moins cent morts. Des centaines de personnes ont été blessées, et l'on compte quelque 3.000 arrestations.

THAILANDE LE ROI INTERVIENT POUR RESOUDRE LA CRISE

Article du journal l'Humanité paru le 21 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273336

Le premier ministre thaïlandais, Suchinda Kraprayoon a annoncé, mercredi soir, à la télévision la libération immédiate des personnes arrêtées lors des incidents de ces derniers jours et une amnistie pour ceux qui ont pris part aux manifestations. Parmi les personnes libérées figure le chef de l’opposition, Chamlong Srimuang qui est également apparu pour appeler la population au calme. Le premier ministre a aussi annoncé que le parlement allait entamer, dès lundi, une révision de la constitution, ce qui constituait l’une des principales revendications de l’opposition et des manifestants. Ces déclarations ont eu lieu après une rencontre entre Suchinda Kraprayoon, le roi Bhumibol Adulyadej, l’ancien premier ministre Prem Tinsulanond et Chamlong Srimuang. Ce dernier a indiqué que l’intervention du roi était à l’origine de ces mesures d’apaisement. La télévision a d’ailleurs montré le souverain s’entretenant avec le premier ministre soutenu par les militaires, M. Chamlong, et M. Prem Tinsulanond, un ancien premier ministre, qui a gardé beaucoup de prestige et jouit de la confiance du roi. Le débat constitutionnel devrait commencer lundi. L’opposition réclame qu’y soit incluse l’obligation pour le premier ministre d’être un élu du Parlement. Ce n’est pas le cas de M. Suchinda qui ne s’était pas présenté aux élections générales du 22 mars dernier et qui, avant de devenir premier ministre le 7 avril, était commandant en chef des forces armées. "Le gouvernement va essayer de résoudre le problème, a dit M. Chamlong. Nous allons travailler avec toutes les parties concernées pour garantir un retour à la normale. S’il vous plaît, restez calmes et ne prenez plus part à des désordres. Je demande votre coopération."

ROYALE INTERVENTION A BANGKOK

Article du journal l'Humanité paru le 22 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273239

Bhumibol Adulyadej a convoqué le général-premier ministre et son opposant de la veille le général Chamlong Les discussions pour une réforme constitutionnelle doivent reprendre lundi au Parlement APRES l’intervention du roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, les premiers signes de détente sont apparus hier à Bangkok, où l’on annonçait coup sur coup la libération des quelque 3.000 détenus arrêtés depuis dimanche et la levée du couvre-feu. Le souverain thaïlandais, bien que sans pouvoirs constitutionnels réels, est une personnalité respectée par une grande majorité de l’opinion publique, d’autant plus qu’il n’intervient publiquement que très rarement - et seulement en période de crise grave - dans les affaires du pays. Dans la nuit de mercredi à jeudi, il a reçu le général-premier ministre Sichunda Kraprayoon, responsable de la répression, et l’ex-général Chamlong Srimuang, leader de l’opposition parlementaire. Ce dernier a été libéré de la prison où les hommes de Sichunda l’avaient enfermé mardi soir. Les deux hommes se sont engagés à reprendre les discussions en vue de l’élaboration d’un amendement de la Constitution destiné à interdire les fonctions de premier ministre à toute personne ne faisant pas partie du Parlement. Le roi a demandé aux deux adversaires de la veille d’«éviter de se battre dans (leur) propre maison» et de «se rencontrer en tête à tête plutôt que de s’affronter, pour essayer de régler le problème». Dès lundi, les deux chambres thaïlandaises - une Assemblée nationale dominée par les partis promilitaires et un Sénat dont tous les membres sont désignés par les généraux - devront débattre de ce processus. Selon l’AFP, le souverain aurait chargé l’un de ses conseillers privés, le général Prem Tinsulanond, ancien premier ministre de 1980 à 1988, de « superviser » l’opération. Jeudi matin, l’armée a levé le couvre-feu décrété la veille et les barrages dans la capitale. A l’exception des écoles qui restaient fermées, les administrations et les commerces ont rouvert leurs portes. Les transports publics circulaient normalement. En un quart d’heure, la Bourse a pris 56 points jeudi matin, mais cette soudaine euphorie des spéculateurs locaux n’était pas encore partagée par les firmes étrangères. Les investisseurs étrangers craignent toujours la reprise des manifestations. Sans attendre les déclarations royales, à Washington, le département d’Etat a indiqué que, contrairement à certaines déclarations, aucun programme de ventes d’armes à la Thaïlande n’avait été annulé. A Bruxelles, la CEE a demandé à toutes les parties «d’agir avec la plus grande retenue», tout en demandant aux militaires de «s’abstenir de recourir à nouveau à la violence». Jeudi soir, quelques milliers de personnes étaient à nouveau rassemblées sur la place de la Démocratie à Bangkok pour se recueillir en mémoire des victimes de la répression. Une centaine de personnes ont été tuées par les militaires et plus d’un millier blessées depuis dimanche soir.

AMERE VICTOIRE

Article du journal l'Humanité paru le 25 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273106

Les manifestants de Bangkok ont obtenu le départ du premier ministre, mais l’amnistie accordée par le roi aux responsables du bain de sang est lourde de menaces pour l’avenir LE premier ministre de Thaïlande, le général Suchinda Kraprayoon, a annoncé sa démission dimanche à la télévision, au cours d’une allocution apparemment enregistrée à l’avance. «Pour endosser mes responsabilité des erreurs et faciliter le débat parlementaire sur la nouvelle constitution, j’ai présenté ma démission au roi, a-t-il dit. J’espère qu’à partir de cet instant, toutes les parties s’efforceront d’aplanir les conflits et les divergences dans l’intérêt de l’unité, de la réconciliation et de la coopération». Il a exprimé ses regrets pour les morts et les dégâts causés dans la capitale lors des manifestations de la semaine dernière, estimant qu’il faudrait «des années pour en effacer les traces dans le cœur des gens et dans l’économie nationale». Rappelons que la répression des manifestations de la semaine dernière à Bangkok a fait cent morts selon les chiffres officiels, plusieurs centaines selon d’autres sources. Agé de cinquante-huit ans, le général Suchinda était devenu premier ministre le 7 avril dernier. L’opposition s’était aussitôt insurgée contre l’accession à la tête du gouvernement d’un officier qui, un an plus tôt, avait dirigé un coup d’Etat militaire pour renverser le gouvernement de Chatichai Choonhavan. Les rumeurs qui circulaient samedi affirmant que le général était en fuite et avait pris l’avion pour Copenhague ou Stockholm ont été démenties. Il se trouvait toujours dans la capitale thaïlandaise et s’est rendu dimanche matin au temple de Bovornivet pour demander la bénédiction du patriarche bouddhiste. Cette démarche donne à penser que le général s’apprête effectivement à partir en exil. D’autant que l’amnistie générale décrétée dimanche par le roi Bhumibol pour toutes les personnes ayant été mêlées aux événements des derniers jours lui laisse le champ libre. Elle semble le résultat de longues tractations entre le roi et l’armée. Elle aura pour effet de mettre le général Suchinda et les responsables militaires des fusillades à l’abri de poursuites. Une décision qui risque d’être fort mal accueillie par la population. L’opposition a en effet réclamé que soient traduits en justice le général Suchinda et d’autres chefs militaires, notamment le commandant en chef Kaset Rojananil et le commandant de l’armée de terre Issarapong Noonpakdi. Ce dernier n’est autre que le beau-frère du général Suchinda. Dimanche matin, 50.000 personnes au moins ont assisté à un office célébré devant le monument à la démocratie, à la mémoire des nombreuses victimes tombées au cours des manifestations, qui s’étaient déroulées pour la plupart devant le monument. Beaucoup portaient des vêtements noir et blanc, en signe de deuil. Des guirlandes de fleurs ont été déposées au pied du monument et de la nourriture a été offerte à quelque 300 moines bouddhistes, suivant la tradition. Les gens manifestaient à la fois leur peine et leur colère, estimant que «ceux qui ont donné l’ordre de tirer sur le peuple doivent être punis».

Un article sur le massacre du journal "The Nation" daté du 20 mai 1992

Un article sur le massacre du journal "The Nation" daté du 20 mai 1992

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 13:32

Témoignage: Un journaliste australien dans le temple Wat Patum à Bangkok

Traduit du journal "The Australian"

Lien:

http://www.theaustralian.com.au/news/world/australian-reporter-hides-out-in-bangkok-temple/story-e6frg6so-1225868915779

 

Le journaliste australien Steve Tickner a été se réfugier dans un temple à moins de 100 mètres du cœur de la contestation mortelle entre les Chemises rouges et l'armée thaïlandaise dans le centre commercial de Bangkok.

Alors que Tickner témoignait par téléphone pour The Australian, hier soir (19 mai 2010), les sons des tirs et des explosions continuait lourdement non loin.

Il a expliqué, "qu'un flot de morts et de blessés" se trouvaient dans le temple ainsi que plus de 2000 supporters chemises rouges et trois journalistes britanniques (d'après certaines mauvaises langues, l'ensemble des correspondants français travaillants pour l'AFP, le Monde, Libération, le Figaro, RFI entre autres, s'étaient courageusement refugiés dans les bars à putes de Pat Pong à l'abri d'un possible coup dur).

Tickner a expliqué que la plupart des réfugiés étaient des femmes.

Il a dit que l'un des journalistes, qui n'a pas souhaité être nommé, avait été blessé par des éclats dans les fesses.

"La plupart des Chemises rouges qui sont ici ne sont pas de la tendance dure, a-t-il affirmé.

Tickner, qui est originaire de Newcastle en Australie, a dit qu'il avait pris l'avion pour Bangkok de Timor, dimanche, pour couvrir les manifestations.

Il a dit que, plus tôt dans l'après-midi, il avait vu un civil thaïlandais être abattu par l'armée à quelques mètres du temple.

"J'ai vu la balle sortir tout droit de l'autre côté de sa poitrine et il est tombé à terre, affirme-t-il.

Un moine est sorti avec moi pour aider l'homme, Tickner a dit qu'ils leur ont également tiré dessus.

"Ils savaient que j'étais un journaliste étranger - ils ont vu mes appareils photos, a-t-il expliqué."

"Nous craignions que l'homme allait saigner à mort sur le trottoir - nous ne pouvions pas le laisser là."

Tickner et le moine ont emmené l'homme à l'intérieur pour sa sécurité, mais il est mort dans le temple.

Il a expliqué qu'il y avait "au moins six morts" parmi ceux entassés dans le temple.

"Beaucoup de gens ici sont blessés", a-t-il dit.

"Des gens sont encore en train de se faire tuer et nous entendons des explosions au loin."

Tickner a expliqué que l'ambiance était sombre dans le temple et que presque tout le monde était "paniqué, effrayé et nerveux".

Il a dit qu'il craignait "être abattu au bout de quelques minutes" s'il quittait le temple.

"Il y a des snipers là-bas, il y a des blindés, il n'y a que le chaos et le carnage."

L'armée de Thaïlande a déclaré hier soir (19 mai 2010), que la situation à Bangkok était "sous contrôle" et qu'une opération militaire contre la base des manifestations anti-gouvernementales était en cour.

Mais Tickner a dit qu’il n’était pas sûr que la fusillade prenne fin aujourd'hui (19 mai 2010).

Il a dit que si la situation ne se calmait par à ce stade, le groupe se retrouverait à court de nourriture et d'eau.

De nombreux morts ont été retrouvés dans le Wat Patum

De nombreux morts ont été retrouvés dans le Wat Patum

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 17:10

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/05/10/the-1997-economic-crash-and-the-crisis-of-thai-democracy/

 

Durant la période qui a précédé la crise économique de 1997, l'économie thaïlandaise avait progressé à un rythme phénoménal. Le taux de croissance du PIB atteingnait 8% en moyenne et, certaines années, le taux annuel était à deux chiffres. Les principaux bénéficiaires, naturellement, étaient les riches. Entre 1975 et 1988, les 20% les plus riches parmi la population ont augmenté leur part de la richesse nationale de 43% à 55,4%, tandis que la part contrôlée par les 20% les plus pauvres a chuté de 6% à 4,5%.

La crise économique a été un choc pour tout le monde car personne ne l'avait prédit. Une fois que la crise a éclaté, des boucs émissaires politiques ont été rapidement trouvé afin de protéger le statu quo. Les sections les plus néo-libérale de la communauté des grands capitalistes, qui avaient toujours nourris une aversion pour le "populiste" et "peu fiable" Parti de la Nouvelle Aspiration (sigle en anglais: NAP pour New Aspiration Party), ont rapidement suggéré l'idée que la crise était la faute du premier ministre du gouvernement de l'epoque, Chawalit Yongjaiyut, le leader du NAP.

Une fois que Chawalit ait démissionné, son gouvernement a été remplacé par une coalition dirigée par le Parti Démocrate de Chuan Leekpai (qui est devenu le nouveau Premier ministre). Le nouveau ministre des Finances, Tarrin Nimmanhaemind, était considéré comme etant un "homme des banques" fiable. Cette suggestion est née par le fait que le gouvernement avait rapidement renoncé à nationaliser les dettes privées de 56 banques en faillite ainsi que les sociétés de financement.

Le même enthousiasme pour l'utilisation des finances publiques n'a pas été utilisé pour aider les pauvres et les chômeurs qui avaient pourtant été les plus durement frappés par la crise. Le gouvernement a adopté un projet de loi lui permettant de supprimer la contribution de l'Etat au Fonds d'assurance sociale des salariés du secteur privé et d'empecher, à plusieurs reprises, la mise en œuvre d'un régime d'indemnisation du chômage. La Banque mondiale a estimé qu'au début 1999, le nombre des chomeurs était de 2,6 millions, soit 8% de la population active. Les chiffres cités par les universitaires variaient de 1,500,000 à 4,000,000 de chomeurs. Toutefois, un indicateur beaucoup plus fiable sur l'effet de la crise sur l'emploi a été celui de la "qualité de l'emploi". Selon une enquête réalisée pour le Conseil national du développement économique et social, il y a eu une baisse de 12,6% des taux de bénéfices et une baisse de 4,4% des heures de travail lors du premier semestre de 1998. Celles-ci ont été les principaux facteurs à l'origine d'une chute en temps réel des revenus de 19,2% durant cette période.

La surcapacité et la baisse des taux de rendement, qui sont les causes de la crise, ont été uniquement confinée au secteur immobilier très médiatisé, qui pourtant se trouvait être le déclencheur initial du probleme. La baisse du taux des exportations industrielles thaïlandaises a aussi été un facteur important qui a conduit à la devualation du baht, et cela était dû à la surproduction des produits d'exportation à l'échelle mondiale.

Lors de l'élection générale de janvier 2001, le Parti Thai Rak Thai de Taksin (TRT) a remporté une victoire écrasante. Cette victoire électorale était une réponse [du peuple] à la politique précédente du gouvernement du Parti Démocrate qui avait totalement ignoré le sort des pauvres aussi bien ruraux qu'urbains. Le Thai Rak Thai avait également fait trois promesses importantes à l'électorat. Premierement, il avait fait la promesse d'introduire un régime de soins de santé universel pour tous les citoyens, deuxiemement, il avait fait la promesse de fournir un 1 million de baht de prêt à chaque village afin de stimuler l'activité économique et troisiemement, il avait fait la promesse d'instaurer un moratoire de la dette pour les paysans pauvres. [Une fois arrivé au pouvoir grace au mandat des electeurs, ce parti] a tenu ses promesses et s'est bati une forte base de supporters parmi la majorité de la population.

Les politiques du TRT sont apparus suite à un certain nombre de facteurs, notamment la crise économique de 1997 et l'influence à la fois des grandes entreprises et de certains ex-militants étudiants des années 1970 au sein du parti. "L'aile Taksin" des grandes entreprises capitalistes croyait qu'il y avait un besoin urgent de moderniser l'économie et de faire que l'électorat devienne une partie prenante dans la société.

C'est ce soutien des masses pour le parti de Taksin qui a préparé le terrain pour la crise politique actuelle. La classe moyenne ainsi que les sections militaires et autres des élites conservatrices n'avaient seulement toléré la démocratie dans le passé que quand il y avait pas de concurrence de la part de politiques concrètes lors des élections et quand ils pouvaient tous manger leur part de riches à la table économique. La domination politique de Taksin a bouleversé les donnees de la mangeoire.

Par conséquent, les revendications actuelles de la junte comme quoi elle chercherait à réformer la démocratie thaïlandaise sont l'exact opposé de la vérité. En fait, ce qu'ils veulent, c'est revenir en arrière et de réduire l'espace démocratique.

Le krach économique de 1997 et la crise de la démocratie thaïlandaise
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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 11:34

Bernd Mechsner était un biologiste et photographe suisse vivant à Bangkok, en Thaïlande, et qui est décédé le 13 septembre 2011 d'une rupture d'anévrisme. En mai 2010, il vivait dans un appartement situé au cœur du quartier de Ratchaprasong et a écrit un témoignage, le 16 mai 2010, sur ce qui se passait autour de chez lui.

Liens en français:

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/09/14/2589861_le-photographe-suisse-bernd-mechsner-est-decede-a-bangkok.html

et

http://www.franco-thai.com/news/viewtopic.php?f=2&t=3606

 

Lien du témoignage original en anglais:

http://womenlearnthai.com/index.php/update-expats-eye-witness-report-ratchaprasong-resort/

 

Un étranger bloqué à Ratchaprasong témoigne

Bernd Mechsner, le 16 mai 2010

Pour le moment nous avons de l'énergie la plupart du temps. Il y a eu seulement quelques pannes d'électricité à ce jour. Le signal de téléphone mobile est éteint et surtout le signal Internet est très instable. Beaucoup d'interruptions - parfois pendant des heures. Il y a toujours de l'eau malgré quelques interruptions.

Notre quartier est complètement bouclé par l'armée qui en a fait une "zone de tir à balles réelles". Le gouvernement a annoncé que 32 000 soldats encerclaient la zone et qu'ils avaient reçu l'ordre de "tirer pour tuer". Le gouvernement a confirmé aujourd'hui que les troupes sont autorisées à utiliser des munitions réelles et à tirer sur quiconque les approche à moins de 30 mètres.

Nous n'avons absolument aucun moyen de sortir de la zone sans risquer nos vies.

Aller à proximité des barrages de l'armée est une roulette russe. Il y a eu 24 morts et environ 180 blessés depuis les deux derniers jours selon la presse. Je crains pour ma part que le nombre réel pourrait être beaucoup plus élevé.

Il est confirmé que tous les morts étaient des civils non armés. Aucun soldat mort ou blessé n'a été signalé pour le moment.

Aucune livraison de denrées alimentaires ou de toute autre chose n'a eu lieu dans notre quartier, nous vivons maintenant de nos réserves.

Hier et jusqu'à l'aube, on entendait des coups de feu à peu près constamment ainsi que quelques explosions venues de directions différentes. Nous n'avons pas dormi correctement depuis plusieurs jours maintenant.

En ce moment c'est calme - ce qui nous procure un soulagement incroyable! Espérons que ce ne soit pas le calme avant la grosse tempête! La seule chose menaçante que nous pouvons observer en ce moment est une fumée noire venue de Lumpini Park.

Nous continuons à prier pour que tout aille mieux.

Cordialement,

Bernd Mechsner

La zone encerclée de Ratchaprasong en mai 2010

La zone encerclée de Ratchaprasong en mai 2010

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 18:48

Le 8 mai dernier, les peuples et les gouvernements de la plupart des pays du Monde ont célébrés la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Mais quel a été le rôle et la participation de la Thaïlande lors de ce conflit?

Tout d'abord, il faut savoir que, dans les années 1930, le premier ministre thaïlandais de l'époque, le Marechal Pibun Songgran, était un aficionado du dictateur fasciste italien, Benito Mussolini, et que lors de son voyage en Italie en 1936, il s'était fait offrir par le Duce un portrait de ce dernier avec un autographe avec ces mots; "A mon ami Pibun Songgran qui partage les mêmes valeurs que moi." Signé: Benito Mussolini.

En 1934, le roi thaïlandais Rama VII s'est rendu à Berlin ou, après avoir signé un pacte d'alliance de son pays avec celui d'Hitler, il a donné l'accolade à ce dernier.

Rama VII serrant la main à Hitler

Rama VII serrant la main à Hitler

En 1940, à la suite de la défaite de la France face à l'Axe (l'alliance Germano-Italo-Japonaise), le Marechal Pibun Songgran a trouvé que c'était l'occasion idéale d'attaquer l'Indochine française qui avait cessé d'être protégée par la métropole suite à la défaite et qui ne pouvait plus compter que sur elle-même.
Face à la Thaïlande, forte de 300,000 soldats, d'une marine moderne équipée de navires importés d'Italie et du Japon, d'une force aérienne moderne (pour l'époque) équipée de 300 avions de chasse d'origine japonaise ainsi que d'une centaine de bombardiers et d'environ 200 véhicules blindés, l'Indochine Française, dirigée par l'amiral vichyste Decoux, ne disposait que de 60,000 hommes mal équipés à l'exception d'un bataillon de la Légion étrangère et d'un bataillon de l'infanterie coloniale, soit 20,000 hommes, ce qui représentait un tiers seulement des forces chargées de défendre l'Indochine, d'une centaine d'avions bombardiers biplans datant de la première guerre mondiale, d'une quinzaine de chasseurs monoplans "Morane", de quelques pièces d'artillerie et d'un seul navire de guerre moderne. Les forces franco-indochinoises n'avaient aucuns véhicules blindés.
Lors de la Bataille Navale de Koh Chang, le 17 janvier 1941, les 2 cuirassés modernes thaïlandais livrés par le Japon et 3 navires torpilleurs thaïlandais livrés par l'Italie furent coulés par un seul navire français, le croiseur "Lamotte-Picquet", le seul navire qui avait été laissé par la France pour défendre l'Indochine française.
Sur terre, les soldats thaïlandais réussirent à prendre la ville de Poipet située à la frontière entre le Cambodge français et la Thaïlande... mais guère plus. L'intervention des légionnaires français avait bloqué les troupes siamoises à quelques kilomètres de la ville de Battambang, restée aux mains des Français.
Le Japon, qui venait d'attaquer avec succès les forces françaises dans le Nord du Vietnam, a dû alors imposer son arbitrage afin de protéger ses alliés fascistes thaïlandais:
"Tous les territoires occupés par la France après 1893 revenaient à la Thaïlande (Battambang et Siem Reap au Cambodge ainsi que Champassak et Sanyabuli au Laos", selon les termes de la "médiation japonaise".
L’Indochine française, alors gouvernée par Vichy, a capitulé malgré ses victoires militaires contre la Thaïlande. Son gouverneur, l'amiral Decoux, a néanmoins réussi à obtenir que les temples d'Angkor restent la propriété de l'Indochine française.
Le dictateur-général Pibun Songgran a alors demandé à l'artiste fasciste italien Corrado Feroci d'élever un monument de la victoire à Bangkok.
C'est l'actuel "Victory Monument" de Bangkok qui ne célèbre en fait qu'une défaite.
En décembre 1941, peu après l'attaque de Pearl Harbour, les forces japonaises ont débarquées en Thaïlande. A part quelques escarmouches, les forces thaïlandaises n'ont pas résistés. Par contre, la police des frontières thaïlandaise a résisté contre les forces britanniques venues de Malaisie afin d'empêcher un débarquement japonais à Songkhla (une ville du sud de la Thaïlande proche de la frontière de la Malaisie britannique et appelée "Singora" à l'époque). Cette résistance de la part de la police des frontières thaïlandaise a permis aux forces japonaises de débarquer en toute tranquillité et d'envahir ensuite la Malaisie et Singapour.
Ensuite, les troupes thaïlandaises, dirigées par le général Sarit Thanarat (un futur dictateur), ont envahis la Birmanie britannique aux cotés des troupes japonaises.

Les forces thaïlandaises et japonaises main dans la main durant la Seconde Guerre Mondiale

Les forces thaïlandaises et japonaises main dans la main durant la Seconde Guerre Mondiale

Les Thaïlandais ont envahis l'Etat Chan (situé au Nord-est de la Birmanie) tandis que les troupes japonaises envahissaient le reste du pays.

Apres quelques faciles victoires contre des éléments britanniques en déroute et contre une armée chinoise mal équipée venue au secours des Anglais, la Thaïlande a annexé les territoires chans de Birmanie ainsi que le nord de la Malaisie.

Mais, en Thaïlande même, existait une résistance contre les forces de l'Axe. Cette résistance était dirigée par Pridi Phanomyong, un homme qui était un profond supporter de la démocratie.

A la suite de la victoire des Alliés, Pridi Phanomyong est devenu Premier ministre... mais à cause de ses positions socialistes, il a été renversé en 1947 par l'ancien dictateur mussolinien Pibun Songgran. Cet ancien dictateur fasciste était soutenu par les Etats-Unis dans le cadre de la guerre froide anti-communiste. En 1957, l'ancien dirigeant fasciste a été lui-même victime du coup d'Etat de la part du général Sarit Thanarat, un autre ancien collaborateur du Japon, et a dû s'exiler... au Japon.

La Thaïlande est le seul pays de l'ancien axe fasciste de la Seconde Guerre Mondiale à avoir conservé ses dirigeants fascistes dans l'après-guerre. Ceux de l'Allemagne, du Japon, de l'Italie, de la Hongrie, de la Roumanie et de la Bulgarie ont été punis... Pas ceux de la Thaïlande.

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