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22 mai 2015 5 22 /05 /mai /2015 08:47

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/762-the-rohingya-crisis-is-a-crisis-of-class-society.html

 

L'arrivée de bateaux plein de migrants fuyant la guerre, la violence et l'oppression, que ce soit en Asie du Sud-Est ou en Méditerranée, n'est seulement "qu'un problème" pour les gens qui ont été socialisés par les vues traditionnelles de la classe dirigeante.

Le capitalisme, en Thaïlande et ailleurs, est un système fondamentalement inégal, où la richesse et les ressources sont concentrées entre les mains de quelques exploiteurs. Cela crée une fausse image d'une société n'ayant pas suffisamment de ressources afin de financer correctement un logement décent ni un accès aux écoles et aux hôpitaux pour les immigrants et ne disposant pas d'emplois pour eux. Il s'agit d'une "pénurie créé" délibérément conçue pour les intérêts de la classe dirigeante. Ce mensonge est renforcé par le nationalisme et d'autres idéologies qui incitent les gens à ramper devant l'autorité. C'est tout cet ensemble de brutales croyances qui pousse les gens à penser que la Thaïlande "ne peut pas se permettre" d'ouvrir ses frontières pour accueillir les Rohingyas.

Le monarque thaïlandais est l'homme le plus riche du pays et dispose d'une quantité obscène de richesse. L'armée thaïlandaise dépense d'énormes sommes d'argent pour ses achats d'armes et pour remplir les poches de ses généraux. Les hommes d'affaires les plus riches ainsi que les grands fonctionnaires vivent une vie de luxe tandis que la majorité des citoyens ordinaires n'arrive guère à joindre les deux bouts. Il ne manque pas de fonds ou de ressources pour aider les Rohingyas.

Voilà pourquoi les socialistes en Thaïlande, et à travers le monde, demandent que tous les réfugiés soient acceptés dans la société. Quand ils se réfugient dans nos pays, ils peuvent également apporter une contribution positive à la création de richesses.

Le côté le plus sombre de l'idéologie capitaliste est qu'elle tente de transformer des millions de personnes décentes en salauds sans cœur qui soutiennent le fait de repousser leurs frères humains dans la mer pour qu'ils y meurent.

Si nous ne pouvons pas aller au-delà du nationalisme ainsi que du royalisme et accueillir ces réfugiés, nous ne serons également jamais en mesure de contester les inégalités capitalistes au sein de notre société. Mais pour changer la société, nous devons également nous organiser politiquement.

 

Voir aussi :

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-en-thailande-nous-vendons-des-refugies-rohingyas-118225321.html

Dessin de Latuff

Dessin de Latuff

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 18:39

Thaïlande. Manifestation le 22 mai à Paris à l'occasion du premier anniversaire du coup d'Etat militaire

Manifestation le 22 mai 2015 à l'occasion du premier anniversaire du coup d'Etat militaire en Thaïlande. Ce coup d'État a établi un régime dictatorial qui a détruit tous les institutions démocratiques thaïes et a violé les droits de l'Homme. Nous, les démocrates, voulons déclarer nos idées pour la démocratie dans notre pays.

Nous souhaitons manifester à la place de la République entre 14 et 16h.

Jaran Ditapichai, coordinateur Européen de L'Organisation des Thaïs Libres pour les Droits de l'homme et pour la Démocratie.

Lien:

http://www.humanite.fr/thailande-manifestation-paris-locasion-de-lanniversaire-premier-anniversaire-du-coup-detat-militaire

Jaran Ditapichai

Jaran Ditapichai

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 14:04

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/05/17/thailand-under-the-junta-the-bull-shit-continues/

 

La décriée "commission anti-corruption" a accusé l'ancienne première ministre Yingluck ainsi que 34 anciens ministres du précèdent gouvernement d'avoir agi illégalement en allouant des fonds du gouvernement pour compenser les gens qui avaient été touchés par la crise politique entre 2005 et 2010. C'est, en fait, une autre arme utile dans l'arsenal de la junte contre les politiciens du Parti Pua Thai. Selon le projet de constitution de la junte, si Yingluck et ces ministres sont reconnus "coupable" par une quelconque cour kangourou, ils pourraient être interdits de politique pour la vie.

Une journée plus tard, la commission anti-corruption a accusé Sutep Tuaksuban, le chef des gangsters anti-élection, de détournement de fonds lors de la construction de postes de police pendant le gouvernement d'Abhisit. Cependant, Abhisit n'a, jusqu'à présent, été accusé d’aucun méfait... Ni aucun des autres anciens ministres du Parti Démocrate. Il est intéressant d'observer si Sutep sera finalement blanchi ou s'il sera sacrifié afin de créer une fausse image d'impartialité de la commission anti-corruption.

Un groupe de "militants" composé de proches de certains des manifestants pro-démocratie tués par des soldats en mai 1992, a invité le généralissime Prayut pour qu'il assiste à un mémorial pour commémorer les décès. Cela ne fait que démontrer que de longues périodes de régime militaire et de mascarades de la junte peuvent adoucir les têtes de certaines personnes. Prayut est lui-même coupable d'avoir ordonné le meurtre de quatre-vingt-dix manifestants chemises rouges non armés en 2010. La Thaïlande possède une longue tradition de dirigeants de diverses juntes aux mains tachées de sang. Le dirigeant de la précédente junte, celle qui avait organisé un coup d'Etat contre le gouvernement Taksin en 2006, le général Surayut, avait précédemment dirigé, en mai 1992, des groupes de soldats dans des opérations de saccage et de violence, y compris la destruction gratuite d'un hôpital de campagne mis en place par des bénévoles dans l'Hôtel Royal. Une des principales revendications des manifestants en 1992 était de veiller à ce que tout futur premier ministre soit un député élu. Prayut et ses acolytes, dans leur projet de constitution, ont proposé que le futur premier ministre n'ait plus besoin d'être un député élu.

Pendant ce temps, un séminaire commémoratif afin de discuter du soulèvement de mai 1992, organisé par la pro-démocratie "Fondation pour les Héros de la Démocratie", a été interdit après un raid des soldats.

Dans le sud, des militants étudiants à Yala se sont plaints du fait d'être soumis à des raids policiers répétitifs. Lors du dernier de ces raids, ils ont été photographiés et leurs numéros de carte d'identité ont été enregistrés. Ceci en dépit du fait que la police ne puisse les accuser d'aucune infraction. La junte a augmenté la tension dans le sud du pays ou encore plus de meurtres extrajudiciaires de musulmans malais ont eu lieu ces derniers temps.

Les scories réactionnaires de la société thaïlandaise, "l'Organisation de Collecte des Déchets", a de nouveau été occupée par ses activités de chasse aux sorcières. Ils ont lancé une accusation de lèse-majesté contre un autre utilisateur libre-penseur de Facebook. Ces chasseurs de sorcières ont reçu un coup de pouce de la part du généralissime Prayut lui-même, qui au début de mai avait dit; "Nous devons balayer les détritus humain de notre pays". Il faisait allusion à ses adversaires politiques.

Dans la province méridionale de Nakorn Sitamarat, le directeur d'une école secondaire est sorti pour défendre le fait que des étudiants aient été punis en les faisant se coucher par terre sous un chaud soleil. Leur "crime" est d'avoir essayé d'éviter les séances de bizutage pour les nouveaux étudiants. Le directeur a poursuivi en disant que ce brutal système d'ancienneté avait beaucoup de qualités positives. Sans doute l'une de ces qualités est de préparer les étudiants à une vie d'inconditionnelle obéissance envers l'armée et les élites dirigeantes.

Dessin de "Shucking Korn"

Dessin de "Shucking Korn"

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19 mai 2015 2 19 /05 /mai /2015 12:39

En 1992, l'armée thaïlandaise avait déjà massacré des manifestants qui réclamaient la démocratie.

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http://liberez-somyot.over-blog.com/article-il-y-a-21-ans-black-may-le-massacre-de-mai-1992-a-bangkok-117808798.html

Contexte

En février 1991, un coup d’État militaire a renversé le gouvernement civil dirigé par Chatichai Choonhavan, élu démocratiquement, et un Conseil national de maintien de la paix (CNMP) a été créé.

À la suite des élections générales truquées de mars 1992, le général Suchinda Kraprayoon, un des principaux artisans de ce coup d’État, a été nommé Premier ministre.

En mai 1992, des milliers de personnes ont manifesté pour protester contre cette nomination. Au cours des manifestations, les forces de sécurité ont ouvert le feu à hauteur de tête sur des manifestants non armés et ont frappé à coups de matraque et de pied des civils qui ne constituaient pas une menace pour leur sécurité.

Selon les statistiques officielles, 52 personnes ont été tuées, des centaines d’autres ont été blessées et 34 ont "disparu" sans laisser de trace mais cette répression a sans doute fait des centaines de victimes.

Contrairement au massacre d’octobre 1976 de l’Université Thammasat, le roi est intervenu pour éviter un bain de sang qui avait déjà eu lieu mais qui aurait pu être pire sans son intervention.

Ci-dessous les articles du journal français l'Humanité parus durant ces événements:

BANGKOK COLERE

Article du journal l'Humanité paru le 21 mai 1992

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http://www.humanite.fr/node/273409

Le mouvement de protestation s'amplifie malgré la répression. Divisions dans l'armée. Plus de cent morts, des centaines de blessés, des milliers d'arrestations.

LE gouvernement thaïlandais a décrété mercredi soir le couvre-feu à Bangkok, de 21 heures à 4 heures. Cette décision, annoncée à la télévision, fait suite à une journée marquée par de nouvelles manifestations de rue et des bruits insistants sur des combats opposant, au nord de Bangkok, des troupes loyales et hostiles au gouvernement du général Suchinda Kraprayoon.

La troupe a de nouveau ouvert le feu mercredi après-midi sur des milliers de manifestants répandus dans le centre de Bangkok. Selon la police, les manifestants ont commencé leur mouvement de protestation en brisant des vitrines et en pillant des magasins. Ils ont ensuite entrepris de mettre le feu à des édifices.

Le premier ministre, le général Suchinda Kraprayoon, qui devait donner une conférence de presse télévisée depuis le siège du gouvernement, a brusquement quitté les lieux pour une destination inconnue.

L'opposition pose comme condition préalable à une solution politique de la crise la démission du général Suchinda. Pour des millions de Thaïlandais, il est le principal responsable des émeutes sanglantes qui se poursuivent depuis trois jours. Elle demande qu'il soit remplacé par une personnalité dûment élue au Parlement, ce qui suppose une réforme constitutionnelle.

Selon des sources thaïlandaises et des diplomates étrangers, les chefs modérés de l'armée se seraient mis d'accord pour tenter d'obtenir le départ, volontaire ou forcé, du général Suchinda, désigné premier ministre le 7 avril, et de son beau-frère, le commandant en chef de l'armée Issrapong Noonpackdee. Un nom est avancé avec insistance pour lui succéder à titre transitoire, celui du général à la retraite Prem Tunsilanond, soixante-douze ans.

Des troupes fidèles à la hiérarchie modérée de l'armée thaïlandaise feraient mouvement depuis le nord du pays vers Bangkok, croit-on savoir de sources thaïlandaises et étrangères. Des diplomates confient par ailleurs avoir été saisis de rapports signalant des combats entre soldats au nord de la capitale. De source policière, on se borne à confirmer le mouvement de troupes, sans toutefois préciser leur position actuelle ni leur importance.

Des indications sur une scission au sein de l'armée ont commencé à filtrer mardi, 48 heures après le début des émeutes. Mercredi matin, ces mêmes sources donnaient à entendre que les responsables militaires modérés s'étaient mis d'accord pour tenter d'obtenir le départ volontaire ou forcé du premier ministre.

Les émeutes qui se poursuivent depuis dimanche à Bangkok auraient fait au moins cent morts. Des centaines de personnes ont été blessées, et l'on compte quelque 3.000 arrestations.

THAILANDE LE ROI INTERVIENT POUR RESOUDRE LA CRISE

Article du journal l'Humanité paru le 21 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273336

Le premier ministre thaïlandais, Suchinda Kraprayoon a annoncé, mercredi soir, à la télévision la libération immédiate des personnes arrêtées lors des incidents de ces derniers jours et une amnistie pour ceux qui ont pris part aux manifestations. Parmi les personnes libérées figure le chef de l’opposition, Chamlong Srimuang qui est également apparu pour appeler la population au calme. Le premier ministre a aussi annoncé que le parlement allait entamer, dès lundi, une révision de la constitution, ce qui constituait l’une des principales revendications de l’opposition et des manifestants. Ces déclarations ont eu lieu après une rencontre entre Suchinda Kraprayoon, le roi Bhumibol Adulyadej, l’ancien premier ministre Prem Tinsulanond et Chamlong Srimuang. Ce dernier a indiqué que l’intervention du roi était à l’origine de ces mesures d’apaisement. La télévision a d’ailleurs montré le souverain s’entretenant avec le premier ministre soutenu par les militaires, M. Chamlong, et M. Prem Tinsulanond, un ancien premier ministre, qui a gardé beaucoup de prestige et jouit de la confiance du roi. Le débat constitutionnel devrait commencer lundi. L’opposition réclame qu’y soit incluse l’obligation pour le premier ministre d’être un élu du Parlement. Ce n’est pas le cas de M. Suchinda qui ne s’était pas présenté aux élections générales du 22 mars dernier et qui, avant de devenir premier ministre le 7 avril, était commandant en chef des forces armées. "Le gouvernement va essayer de résoudre le problème, a dit M. Chamlong. Nous allons travailler avec toutes les parties concernées pour garantir un retour à la normale. S’il vous plaît, restez calmes et ne prenez plus part à des désordres. Je demande votre coopération."

ROYALE INTERVENTION A BANGKOK

Article du journal l'Humanité paru le 22 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273239

Bhumibol Adulyadej a convoqué le général-premier ministre et son opposant de la veille le général Chamlong Les discussions pour une réforme constitutionnelle doivent reprendre lundi au Parlement APRES l’intervention du roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, les premiers signes de détente sont apparus hier à Bangkok, où l’on annonçait coup sur coup la libération des quelque 3.000 détenus arrêtés depuis dimanche et la levée du couvre-feu. Le souverain thaïlandais, bien que sans pouvoirs constitutionnels réels, est une personnalité respectée par une grande majorité de l’opinion publique, d’autant plus qu’il n’intervient publiquement que très rarement - et seulement en période de crise grave - dans les affaires du pays. Dans la nuit de mercredi à jeudi, il a reçu le général-premier ministre Sichunda Kraprayoon, responsable de la répression, et l’ex-général Chamlong Srimuang, leader de l’opposition parlementaire. Ce dernier a été libéré de la prison où les hommes de Sichunda l’avaient enfermé mardi soir. Les deux hommes se sont engagés à reprendre les discussions en vue de l’élaboration d’un amendement de la Constitution destiné à interdire les fonctions de premier ministre à toute personne ne faisant pas partie du Parlement. Le roi a demandé aux deux adversaires de la veille d’«éviter de se battre dans (leur) propre maison» et de «se rencontrer en tête à tête plutôt que de s’affronter, pour essayer de régler le problème». Dès lundi, les deux chambres thaïlandaises - une Assemblée nationale dominée par les partis promilitaires et un Sénat dont tous les membres sont désignés par les généraux - devront débattre de ce processus. Selon l’AFP, le souverain aurait chargé l’un de ses conseillers privés, le général Prem Tinsulanond, ancien premier ministre de 1980 à 1988, de « superviser » l’opération. Jeudi matin, l’armée a levé le couvre-feu décrété la veille et les barrages dans la capitale. A l’exception des écoles qui restaient fermées, les administrations et les commerces ont rouvert leurs portes. Les transports publics circulaient normalement. En un quart d’heure, la Bourse a pris 56 points jeudi matin, mais cette soudaine euphorie des spéculateurs locaux n’était pas encore partagée par les firmes étrangères. Les investisseurs étrangers craignent toujours la reprise des manifestations. Sans attendre les déclarations royales, à Washington, le département d’Etat a indiqué que, contrairement à certaines déclarations, aucun programme de ventes d’armes à la Thaïlande n’avait été annulé. A Bruxelles, la CEE a demandé à toutes les parties «d’agir avec la plus grande retenue», tout en demandant aux militaires de «s’abstenir de recourir à nouveau à la violence». Jeudi soir, quelques milliers de personnes étaient à nouveau rassemblées sur la place de la Démocratie à Bangkok pour se recueillir en mémoire des victimes de la répression. Une centaine de personnes ont été tuées par les militaires et plus d’un millier blessées depuis dimanche soir.

AMERE VICTOIRE

Article du journal l'Humanité paru le 25 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273106

Les manifestants de Bangkok ont obtenu le départ du premier ministre, mais l’amnistie accordée par le roi aux responsables du bain de sang est lourde de menaces pour l’avenir LE premier ministre de Thaïlande, le général Suchinda Kraprayoon, a annoncé sa démission dimanche à la télévision, au cours d’une allocution apparemment enregistrée à l’avance. «Pour endosser mes responsabilité des erreurs et faciliter le débat parlementaire sur la nouvelle constitution, j’ai présenté ma démission au roi, a-t-il dit. J’espère qu’à partir de cet instant, toutes les parties s’efforceront d’aplanir les conflits et les divergences dans l’intérêt de l’unité, de la réconciliation et de la coopération». Il a exprimé ses regrets pour les morts et les dégâts causés dans la capitale lors des manifestations de la semaine dernière, estimant qu’il faudrait «des années pour en effacer les traces dans le cœur des gens et dans l’économie nationale». Rappelons que la répression des manifestations de la semaine dernière à Bangkok a fait cent morts selon les chiffres officiels, plusieurs centaines selon d’autres sources. Agé de cinquante-huit ans, le général Suchinda était devenu premier ministre le 7 avril dernier. L’opposition s’était aussitôt insurgée contre l’accession à la tête du gouvernement d’un officier qui, un an plus tôt, avait dirigé un coup d’Etat militaire pour renverser le gouvernement de Chatichai Choonhavan. Les rumeurs qui circulaient samedi affirmant que le général était en fuite et avait pris l’avion pour Copenhague ou Stockholm ont été démenties. Il se trouvait toujours dans la capitale thaïlandaise et s’est rendu dimanche matin au temple de Bovornivet pour demander la bénédiction du patriarche bouddhiste. Cette démarche donne à penser que le général s’apprête effectivement à partir en exil. D’autant que l’amnistie générale décrétée dimanche par le roi Bhumibol pour toutes les personnes ayant été mêlées aux événements des derniers jours lui laisse le champ libre. Elle semble le résultat de longues tractations entre le roi et l’armée. Elle aura pour effet de mettre le général Suchinda et les responsables militaires des fusillades à l’abri de poursuites. Une décision qui risque d’être fort mal accueillie par la population. L’opposition a en effet réclamé que soient traduits en justice le général Suchinda et d’autres chefs militaires, notamment le commandant en chef Kaset Rojananil et le commandant de l’armée de terre Issarapong Noonpakdi. Ce dernier n’est autre que le beau-frère du général Suchinda. Dimanche matin, 50.000 personnes au moins ont assisté à un office célébré devant le monument à la démocratie, à la mémoire des nombreuses victimes tombées au cours des manifestations, qui s’étaient déroulées pour la plupart devant le monument. Beaucoup portaient des vêtements noir et blanc, en signe de deuil. Des guirlandes de fleurs ont été déposées au pied du monument et de la nourriture a été offerte à quelque 300 moines bouddhistes, suivant la tradition. Les gens manifestaient à la fois leur peine et leur colère, estimant que «ceux qui ont donné l’ordre de tirer sur le peuple doivent être punis».

Un article sur le massacre du journal "The Nation" daté du 20 mai 1992

Un article sur le massacre du journal "The Nation" daté du 20 mai 1992

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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 13:32

Témoignage: Un journaliste australien dans le temple Wat Patum à Bangkok

Traduit du journal "The Australian"

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http://www.theaustralian.com.au/news/world/australian-reporter-hides-out-in-bangkok-temple/story-e6frg6so-1225868915779

 

Le journaliste australien Steve Tickner a été se réfugier dans un temple à moins de 100 mètres du cœur de la contestation mortelle entre les Chemises rouges et l'armée thaïlandaise dans le centre commercial de Bangkok.

Alors que Tickner témoignait par téléphone pour The Australian, hier soir (19 mai 2010), les sons des tirs et des explosions continuait lourdement non loin.

Il a expliqué, "qu'un flot de morts et de blessés" se trouvaient dans le temple ainsi que plus de 2000 supporters chemises rouges et trois journalistes britanniques (d'après certaines mauvaises langues, l'ensemble des correspondants français travaillants pour l'AFP, le Monde, Libération, le Figaro, RFI entre autres, s'étaient courageusement refugiés dans les bars à putes de Pat Pong à l'abri d'un possible coup dur).

Tickner a expliqué que la plupart des réfugiés étaient des femmes.

Il a dit que l'un des journalistes, qui n'a pas souhaité être nommé, avait été blessé par des éclats dans les fesses.

"La plupart des Chemises rouges qui sont ici ne sont pas de la tendance dure, a-t-il affirmé.

Tickner, qui est originaire de Newcastle en Australie, a dit qu'il avait pris l'avion pour Bangkok de Timor, dimanche, pour couvrir les manifestations.

Il a dit que, plus tôt dans l'après-midi, il avait vu un civil thaïlandais être abattu par l'armée à quelques mètres du temple.

"J'ai vu la balle sortir tout droit de l'autre côté de sa poitrine et il est tombé à terre, affirme-t-il.

Un moine est sorti avec moi pour aider l'homme, Tickner a dit qu'ils leur ont également tiré dessus.

"Ils savaient que j'étais un journaliste étranger - ils ont vu mes appareils photos, a-t-il expliqué."

"Nous craignions que l'homme allait saigner à mort sur le trottoir - nous ne pouvions pas le laisser là."

Tickner et le moine ont emmené l'homme à l'intérieur pour sa sécurité, mais il est mort dans le temple.

Il a expliqué qu'il y avait "au moins six morts" parmi ceux entassés dans le temple.

"Beaucoup de gens ici sont blessés", a-t-il dit.

"Des gens sont encore en train de se faire tuer et nous entendons des explosions au loin."

Tickner a expliqué que l'ambiance était sombre dans le temple et que presque tout le monde était "paniqué, effrayé et nerveux".

Il a dit qu'il craignait "être abattu au bout de quelques minutes" s'il quittait le temple.

"Il y a des snipers là-bas, il y a des blindés, il n'y a que le chaos et le carnage."

L'armée de Thaïlande a déclaré hier soir (19 mai 2010), que la situation à Bangkok était "sous contrôle" et qu'une opération militaire contre la base des manifestations anti-gouvernementales était en cour.

Mais Tickner a dit qu’il n’était pas sûr que la fusillade prenne fin aujourd'hui (19 mai 2010).

Il a dit que si la situation ne se calmait par à ce stade, le groupe se retrouverait à court de nourriture et d'eau.

De nombreux morts ont été retrouvés dans le Wat Patum

De nombreux morts ont été retrouvés dans le Wat Patum

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 17:10

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/05/10/the-1997-economic-crash-and-the-crisis-of-thai-democracy/

 

Durant la période qui a précédé la crise économique de 1997, l'économie thaïlandaise avait progressé à un rythme phénoménal. Le taux de croissance du PIB atteingnait 8% en moyenne et, certaines années, le taux annuel était à deux chiffres. Les principaux bénéficiaires, naturellement, étaient les riches. Entre 1975 et 1988, les 20% les plus riches parmi la population ont augmenté leur part de la richesse nationale de 43% à 55,4%, tandis que la part contrôlée par les 20% les plus pauvres a chuté de 6% à 4,5%.

La crise économique a été un choc pour tout le monde car personne ne l'avait prédit. Une fois que la crise a éclaté, des boucs émissaires politiques ont été rapidement trouvé afin de protéger le statu quo. Les sections les plus néo-libérale de la communauté des grands capitalistes, qui avaient toujours nourris une aversion pour le "populiste" et "peu fiable" Parti de la Nouvelle Aspiration (sigle en anglais: NAP pour New Aspiration Party), ont rapidement suggéré l'idée que la crise était la faute du premier ministre du gouvernement de l'epoque, Chawalit Yongjaiyut, le leader du NAP.

Une fois que Chawalit ait démissionné, son gouvernement a été remplacé par une coalition dirigée par le Parti Démocrate de Chuan Leekpai (qui est devenu le nouveau Premier ministre). Le nouveau ministre des Finances, Tarrin Nimmanhaemind, était considéré comme etant un "homme des banques" fiable. Cette suggestion est née par le fait que le gouvernement avait rapidement renoncé à nationaliser les dettes privées de 56 banques en faillite ainsi que les sociétés de financement.

Le même enthousiasme pour l'utilisation des finances publiques n'a pas été utilisé pour aider les pauvres et les chômeurs qui avaient pourtant été les plus durement frappés par la crise. Le gouvernement a adopté un projet de loi lui permettant de supprimer la contribution de l'Etat au Fonds d'assurance sociale des salariés du secteur privé et d'empecher, à plusieurs reprises, la mise en œuvre d'un régime d'indemnisation du chômage. La Banque mondiale a estimé qu'au début 1999, le nombre des chomeurs était de 2,6 millions, soit 8% de la population active. Les chiffres cités par les universitaires variaient de 1,500,000 à 4,000,000 de chomeurs. Toutefois, un indicateur beaucoup plus fiable sur l'effet de la crise sur l'emploi a été celui de la "qualité de l'emploi". Selon une enquête réalisée pour le Conseil national du développement économique et social, il y a eu une baisse de 12,6% des taux de bénéfices et une baisse de 4,4% des heures de travail lors du premier semestre de 1998. Celles-ci ont été les principaux facteurs à l'origine d'une chute en temps réel des revenus de 19,2% durant cette période.

La surcapacité et la baisse des taux de rendement, qui sont les causes de la crise, ont été uniquement confinée au secteur immobilier très médiatisé, qui pourtant se trouvait être le déclencheur initial du probleme. La baisse du taux des exportations industrielles thaïlandaises a aussi été un facteur important qui a conduit à la devualation du baht, et cela était dû à la surproduction des produits d'exportation à l'échelle mondiale.

Lors de l'élection générale de janvier 2001, le Parti Thai Rak Thai de Taksin (TRT) a remporté une victoire écrasante. Cette victoire électorale était une réponse [du peuple] à la politique précédente du gouvernement du Parti Démocrate qui avait totalement ignoré le sort des pauvres aussi bien ruraux qu'urbains. Le Thai Rak Thai avait également fait trois promesses importantes à l'électorat. Premierement, il avait fait la promesse d'introduire un régime de soins de santé universel pour tous les citoyens, deuxiemement, il avait fait la promesse de fournir un 1 million de baht de prêt à chaque village afin de stimuler l'activité économique et troisiemement, il avait fait la promesse d'instaurer un moratoire de la dette pour les paysans pauvres. [Une fois arrivé au pouvoir grace au mandat des electeurs, ce parti] a tenu ses promesses et s'est bati une forte base de supporters parmi la majorité de la population.

Les politiques du TRT sont apparus suite à un certain nombre de facteurs, notamment la crise économique de 1997 et l'influence à la fois des grandes entreprises et de certains ex-militants étudiants des années 1970 au sein du parti. "L'aile Taksin" des grandes entreprises capitalistes croyait qu'il y avait un besoin urgent de moderniser l'économie et de faire que l'électorat devienne une partie prenante dans la société.

C'est ce soutien des masses pour le parti de Taksin qui a préparé le terrain pour la crise politique actuelle. La classe moyenne ainsi que les sections militaires et autres des élites conservatrices n'avaient seulement toléré la démocratie dans le passé que quand il y avait pas de concurrence de la part de politiques concrètes lors des élections et quand ils pouvaient tous manger leur part de riches à la table économique. La domination politique de Taksin a bouleversé les donnees de la mangeoire.

Par conséquent, les revendications actuelles de la junte comme quoi elle chercherait à réformer la démocratie thaïlandaise sont l'exact opposé de la vérité. En fait, ce qu'ils veulent, c'est revenir en arrière et de réduire l'espace démocratique.

Le krach économique de 1997 et la crise de la démocratie thaïlandaise
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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 11:34

Bernd Mechsner était un biologiste et photographe suisse vivant à Bangkok, en Thaïlande, et qui est décédé le 13 septembre 2011 d'une rupture d'anévrisme. En mai 2010, il vivait dans un appartement situé au cœur du quartier de Ratchaprasong et a écrit un témoignage, le 16 mai 2010, sur ce qui se passait autour de chez lui.

Liens en français:

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2011/09/14/2589861_le-photographe-suisse-bernd-mechsner-est-decede-a-bangkok.html

et

http://www.franco-thai.com/news/viewtopic.php?f=2&t=3606

 

Lien du témoignage original en anglais:

http://womenlearnthai.com/index.php/update-expats-eye-witness-report-ratchaprasong-resort/

 

Un étranger bloqué à Ratchaprasong témoigne

Bernd Mechsner, le 16 mai 2010

Pour le moment nous avons de l'énergie la plupart du temps. Il y a eu seulement quelques pannes d'électricité à ce jour. Le signal de téléphone mobile est éteint et surtout le signal Internet est très instable. Beaucoup d'interruptions - parfois pendant des heures. Il y a toujours de l'eau malgré quelques interruptions.

Notre quartier est complètement bouclé par l'armée qui en a fait une "zone de tir à balles réelles". Le gouvernement a annoncé que 32 000 soldats encerclaient la zone et qu'ils avaient reçu l'ordre de "tirer pour tuer". Le gouvernement a confirmé aujourd'hui que les troupes sont autorisées à utiliser des munitions réelles et à tirer sur quiconque les approche à moins de 30 mètres.

Nous n'avons absolument aucun moyen de sortir de la zone sans risquer nos vies.

Aller à proximité des barrages de l'armée est une roulette russe. Il y a eu 24 morts et environ 180 blessés depuis les deux derniers jours selon la presse. Je crains pour ma part que le nombre réel pourrait être beaucoup plus élevé.

Il est confirmé que tous les morts étaient des civils non armés. Aucun soldat mort ou blessé n'a été signalé pour le moment.

Aucune livraison de denrées alimentaires ou de toute autre chose n'a eu lieu dans notre quartier, nous vivons maintenant de nos réserves.

Hier et jusqu'à l'aube, on entendait des coups de feu à peu près constamment ainsi que quelques explosions venues de directions différentes. Nous n'avons pas dormi correctement depuis plusieurs jours maintenant.

En ce moment c'est calme - ce qui nous procure un soulagement incroyable! Espérons que ce ne soit pas le calme avant la grosse tempête! La seule chose menaçante que nous pouvons observer en ce moment est une fumée noire venue de Lumpini Park.

Nous continuons à prier pour que tout aille mieux.

Cordialement,

Bernd Mechsner

La zone encerclée de Ratchaprasong en mai 2010

La zone encerclée de Ratchaprasong en mai 2010

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 18:48

Le 8 mai dernier, les peuples et les gouvernements de la plupart des pays du Monde ont célébrés la fin de la Deuxième Guerre Mondiale. Mais quel a été le rôle et la participation de la Thaïlande lors de ce conflit?

Tout d'abord, il faut savoir que, dans les années 1930, le premier ministre thaïlandais de l'époque, le Marechal Pibun Songgran, était un aficionado du dictateur fasciste italien, Benito Mussolini, et que lors de son voyage en Italie en 1936, il s'était fait offrir par le Duce un portrait de ce dernier avec un autographe avec ces mots; "A mon ami Pibun Songgran qui partage les mêmes valeurs que moi." Signé: Benito Mussolini.

En 1934, le roi thaïlandais Rama VII s'est rendu à Berlin ou, après avoir signé un pacte d'alliance de son pays avec celui d'Hitler, il a donné l'accolade à ce dernier.

Rama VII serrant la main à Hitler

Rama VII serrant la main à Hitler

En 1940, à la suite de la défaite de la France face à l'Axe (l'alliance Germano-Italo-Japonaise), le Marechal Pibun Songgran a trouvé que c'était l'occasion idéale d'attaquer l'Indochine française qui avait cessé d'être protégée par la métropole suite à la défaite et qui ne pouvait plus compter que sur elle-même.
Face à la Thaïlande, forte de 300,000 soldats, d'une marine moderne équipée de navires importés d'Italie et du Japon, d'une force aérienne moderne (pour l'époque) équipée de 300 avions de chasse d'origine japonaise ainsi que d'une centaine de bombardiers et d'environ 200 véhicules blindés, l'Indochine Française, dirigée par l'amiral vichyste Decoux, ne disposait que de 60,000 hommes mal équipés à l'exception d'un bataillon de la Légion étrangère et d'un bataillon de l'infanterie coloniale, soit 20,000 hommes, ce qui représentait un tiers seulement des forces chargées de défendre l'Indochine, d'une centaine d'avions bombardiers biplans datant de la première guerre mondiale, d'une quinzaine de chasseurs monoplans "Morane", de quelques pièces d'artillerie et d'un seul navire de guerre moderne. Les forces franco-indochinoises n'avaient aucuns véhicules blindés.
Lors de la Bataille Navale de Koh Chang, le 17 janvier 1941, les 2 cuirassés modernes thaïlandais livrés par le Japon et 3 navires torpilleurs thaïlandais livrés par l'Italie furent coulés par un seul navire français, le croiseur "Lamotte-Picquet", le seul navire qui avait été laissé par la France pour défendre l'Indochine française.
Sur terre, les soldats thaïlandais réussirent à prendre la ville de Poipet située à la frontière entre le Cambodge français et la Thaïlande... mais guère plus. L'intervention des légionnaires français avait bloqué les troupes siamoises à quelques kilomètres de la ville de Battambang, restée aux mains des Français.
Le Japon, qui venait d'attaquer avec succès les forces françaises dans le Nord du Vietnam, a dû alors imposer son arbitrage afin de protéger ses alliés fascistes thaïlandais:
"Tous les territoires occupés par la France après 1893 revenaient à la Thaïlande (Battambang et Siem Reap au Cambodge ainsi que Champassak et Sanyabuli au Laos", selon les termes de la "médiation japonaise".
L’Indochine française, alors gouvernée par Vichy, a capitulé malgré ses victoires militaires contre la Thaïlande. Son gouverneur, l'amiral Decoux, a néanmoins réussi à obtenir que les temples d'Angkor restent la propriété de l'Indochine française.
Le dictateur-général Pibun Songgran a alors demandé à l'artiste fasciste italien Corrado Feroci d'élever un monument de la victoire à Bangkok.
C'est l'actuel "Victory Monument" de Bangkok qui ne célèbre en fait qu'une défaite.
En décembre 1941, peu après l'attaque de Pearl Harbour, les forces japonaises ont débarquées en Thaïlande. A part quelques escarmouches, les forces thaïlandaises n'ont pas résistés. Par contre, la police des frontières thaïlandaise a résisté contre les forces britanniques venues de Malaisie afin d'empêcher un débarquement japonais à Songkhla (une ville du sud de la Thaïlande proche de la frontière de la Malaisie britannique et appelée "Singora" à l'époque). Cette résistance de la part de la police des frontières thaïlandaise a permis aux forces japonaises de débarquer en toute tranquillité et d'envahir ensuite la Malaisie et Singapour.
Ensuite, les troupes thaïlandaises, dirigées par le général Sarit Thanarat (un futur dictateur), ont envahis la Birmanie britannique aux cotés des troupes japonaises.

Les forces thaïlandaises et japonaises main dans la main durant la Seconde Guerre Mondiale

Les forces thaïlandaises et japonaises main dans la main durant la Seconde Guerre Mondiale

Les Thaïlandais ont envahis l'Etat Chan (situé au Nord-est de la Birmanie) tandis que les troupes japonaises envahissaient le reste du pays.

Apres quelques faciles victoires contre des éléments britanniques en déroute et contre une armée chinoise mal équipée venue au secours des Anglais, la Thaïlande a annexé les territoires chans de Birmanie ainsi que le nord de la Malaisie.

Mais, en Thaïlande même, existait une résistance contre les forces de l'Axe. Cette résistance était dirigée par Pridi Phanomyong, un homme qui était un profond supporter de la démocratie.

A la suite de la victoire des Alliés, Pridi Phanomyong est devenu Premier ministre... mais à cause de ses positions socialistes, il a été renversé en 1947 par l'ancien dictateur mussolinien Pibun Songgran. Cet ancien dictateur fasciste était soutenu par les Etats-Unis dans le cadre de la guerre froide anti-communiste. En 1957, l'ancien dirigeant fasciste a été lui-même victime du coup d'Etat de la part du général Sarit Thanarat, un autre ancien collaborateur du Japon, et a dû s'exiler... au Japon.

La Thaïlande est le seul pays de l'ancien axe fasciste de la Seconde Guerre Mondiale à avoir conservé ses dirigeants fascistes dans l'après-guerre. Ceux de l'Allemagne, du Japon, de l'Italie, de la Hongrie, de la Roumanie et de la Bulgarie ont été punis... Pas ceux de la Thaïlande.

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9 mai 2015 6 09 /05 /mai /2015 10:29

Témoignage: Nick Nostitz dans la zone de mise à mort

Le 16 mai 2010 par Nick Nostitz

Lien en français:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/nick-nostitz-dans-la-zone-de-mise-a-mort/

Lien en anglais:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2010/05/16/nick-nostitz-in-the-killing-zone/

 

Assis là à la maison, je me demande si ce jour, le 15 mai, était réel, ou si c’était tout simplement un cauchemar terrible. Jamais dans toute ma vie je n’avais été si effrayé. Je pensais que j’allais mourir ce jour-là.

À l’heure du déjeuner je suis allé à Samliem Din Daeng pour observer les manifestants. Il y avait quelques manifestants autour, pas plus que quelques centaines. Beaucoup de débris des affrontements de la nuit dernière. Un camion militaire brûlé, encore fumant. Les gens ont apporté des pneus pour construire des barricades. Un camion-citerne d’eau municipale a été introduit.

Après un moment, les manifestants ont déplacés le camion en direction de la rue Rajaparop vers les lignes militaires, pour l’utiliser comme une barricade contre les tirs de l’armée. Quelques manifestants ont apportés quelques dizaines de pneus pour construire une barricade. Un des manifestants a plaisanté devant les caméras des photographes avec une fronde: “Voyez – voici nos armes contre les soldats”.

Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz

Les manifestants ont déplacé les pneus sur cette même rue, en face de la station-service Shell près de Soi Rang Naam. Je me suis placé en couverture à la station-service, dans le cas où l’armée aurait ouvert le feu. Et, en effet, tout de suite après, l’armée a ouvert le feu. Peut-être à 5 mètres de moi, dans la rue, un petit groupe de manifestants se trouvaient coincé derrière les pneus tandis que les balles sifflaient. Cela a fait un bruit écœurant quand des balles ont touché le manifestant qui venait de plaisanter avec nous – dans le bras et dans le ventre. Quelques manifestants de notre côté ont essayé de lancer une corde pour tirer le manifestant blessé vers nous, mais cela n’a pas fonctionné. Les tirs n’ont jamais cessé. Un autre manifestant, qui avait essayé de ramper, a été touché à la jambe et à l’épaule. Un homme a réussi à courir vers nous. J’ai commencé à perdre toute notion du temps. De nouveau, un autre manifestant a réussi à nous rejoindre. Un autre homme a été touché au bras. Au bout d’un moment, les deux hommes légèrement blessés ont couru vers nous, l’un d’eux s’est couché et s’est mis à ramper pour plus de sécurité. Je craignais qu’il n’ait été frappé de nouveau.

Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz

Avec terreur, j’ai réalisé que les soldats commencaient à se diriger pour nous. Des coups de feu ont touché la station-service. Je me suis caché d’abord derrière une voiture garée là, mais j’avais un mauvais pressentiment comme quoi j’étais très mal placé, et j’ai dû me sauver aussi vite que je pouvais. J’ai couru aux toilettes, située à environ 40 mètres, me rendant compte qu’on me tirait dessus pendant que je courais. Mes jambes ont presque volé tellement j’étais effrayé.

Juste après, l’homme blessé au ventre a été traîné là aussi. J’ai pris quelques photos, et j’en ai fait sur le mur ainsi. J’ai sauté dans un joli jardin avec une maison principale et deux pavillons en bois. A l’arrière se trouvait quelques journalistes et des manifestants. Les gens qui y vivaient nous ont donné de l’eau. J’ai vu que le blessé avait été traîné vers le mur et j’y suis allé pour essayer de l’aider. J’ai entendu des soldats courir dans la station d’essence derrière le mur. Les deux personnes qui avaient traîné l’homme blessé ont couru se réfugier dans la maison. Je ne pouvais rien faire de plus, et me suis collé derrière des buissons contre le mur. J’ai vu le blessé glisser dans un petit bassin à coté du mur, peut-être à une dizaine de mètres de moi.

Derrière le mur, à la station d’essence, j’ai entendu les soldats crier. Certaines personnes devaient encore se trouver dans les toilettes. Soudain il y eut une longue rafale de coups de feu, j’ai vu des balles voler au-dessus du mur. J’ai entendu supplier en criant ainsi qu’un bruit qui ressemblait à des bottes frappant un corps. J’étais plus effrayé que jamais je ne l’avais été dans ma vie, d’être coincé derrière ce mur. J’ai prié pour que personne ne m’appelle sur mon téléphone mobile. J’étais terrifiée par la possibilité que les soldats fassent tout simplement feu sur le mur, car ils devaient savoir que des gens se cachaient là.

J’ai entendu un soldat ordonner de sortir sinon nous serions abattus. Au début je pensais qu’il s’adressait à moi, mais j’ai vu sa tête au-dessus du mur qui criait vers l’homme dans le bassin. J’ai décidé de signaler ma présence en criant que j’étais un journaliste étranger et en demandant de ne pas me tirer dessus. J’ai répété cela à plusieurs reprises avant que le militaire ne semble s’apercevoir de ma présence. J’ai montré mes mains ouvertes et il m’a ordonné de sortir. J’ai marché vers lui en lui expliquant que l’homme dans l’eau avait reçu une balle dans le ventre et avait aussi une vilaine blessure au bras. Il était en train de flotter dans le bassin, son visage et son ventre à peine hors de l’eau.

Le soldat m’a ordonné de le sortir. Un autre soldat avait également sauté par-dessus le mur et un troisième assurait la sécurité par-dessus le mur. Alors que j’essayais de tirer l’homme hors de l’eau, il implorait de l’aide d’une voix très faible disant qu’il ne pourrait plus tenir très longtemps. Il était trop lourd. J’ai demandé à l’un des soldats de m’aider. En tirant brutalement l’homme, il criait qu’il aurait dû être mort et que, comme il avait survécu, ils allaient être obligés de l’emmener à l’hôpital et qu’il ferait mieux de mourir. Ensuite il s’est éloigné.

Le blessé a glissé dans le bassin. Le second soldat m’a aidé à le sortir, tandis que le premier continuait à crier. Le soldat qui assurait la sécurité par-dessus le mur m’a ordonné de prendre soin de l’homme. J’ai expliqué que je n’ai aucune idée comment faire – il avait une grave blessure au ventre, et j’ai soulevé la chemise de l’homme pour la montrer au soldat. Je m’agenouillais. Le soldat m’a demandé de lever le bras du blessé et le tourner de l’autre côté car ce dernier ne pouvait plus respirer. Je l’ai fait, tandis que le blessé gémissait de douleur.

Les soldats ont apporté une civière, et m’ont ordonné de ne pas prendre de photos. Le premier soldat s’est dirigé vers la maison. Je lui ai expliqué qu’il y avait plusieurs journalistes étrangers là-bas. Sous la menace de son arme, il les a fait sortir, et leur a ordonné de porter le blessé sur la civière à travers la porte du mur menant à la station-service. Je me suis assis dans la maison, je me suis presque évanoui, mes mains tremblaient.

Il m’a fallu beaucoup de temps pour me calmer un peu. Nous avons entendu les sirènes des véhicules de secours et des tirs de soldats dans la station d’essence. Les habitants de la maison nous ont fait du café. Ensuite, un photographe de Neow Na a réussi à communiquer par téléphone avec le monde extérieur, et a expliqué que nous étions coincés ici – le correspondant du journal Spiegel Thilo Thielke, une équipe de télévision indonésienne, un photographe local qui travaillait pour ABC, moi, et quelques manifestants qui étaient resté sur place se sentant protégé par la présence de journalistes étrangers.

J’ai appelé ma femme et plusieurs de mes collègues à l’extérieur pour leur dire que j’étais en sécurité. Nous avons appris que d’autres journalistes avaient été blessés. Nous demandions au téléphone d’essayer de nous faire sortir. Les tirs ont continué pendant une longue période. Au loin, nous avons entendu quelques explosions de grenades M79. Nous n’avons pas entendu de tirs en direction de Samliem Din Daeng. Apparemment le CRES, y compris le Premier ministre, avaient eu une réunion de haut niveau nous concernant. Les personnes propriétaires de la maison nous ont offert à manger. Le propriétaire parlait couramment l’allemand car il avait vécu de nombreuses années en Allemagne, et y a travaillé à une dizaine de minutes à pied de l’appartement de mon père.

Quand nous avons fini de dîner, on nous a dit de sortir par la porte principale du mur, vers la station-service, et de marcher en direction des soldats à Soi Rang Naam. Nous avons demandé aux soldats de nous chercher car nous avions peur de marcher dans la rue. On nous a répondu que les soldats seraient alors pris pour cible et que donc, ils ne pouvaient pas nous chercher. Nous avons décidé que nous devions trouver un autre chemin à l’abri du mur. Il commençait à faire nuit. On nous a expliqué que des snipers se trouvaient sur tous les gratte-ciel, et que des inconnus pouvaient attaquer les soldats, et que par conséquent il était impossible de nous chercher.

Nous avons téléphonés plusieurs fois pour demander le meilleur moyen de se mettre en sécurité. Puis, nous sommes montés sur le mur avec une échelle, où un homme est venu nous chercher. Ensuite, les tirs ont recommencé, assez proche de nous, nous avons dû nous rendre dans un immeuble d’appartements pour notre sécurité. Après quelques discussions, nous nous sommes décidés sur le chemin à prendre, un autre mur qui longeait une petite ruelle. Des gens s’y trouvaient. Nous leur avons demandé le chemin le plus sûr. Au bout de la ruelle, il commençait à faire sombre, très sombre. Quelques manifestants Chemises Rouge se trouvaient là. Nous étions sous le pont à Samliem Din Daeng.

 

Regarder la ruelle sur la droite, c’était comme regarder dans l’abîme, la fumée et l’obscurité pure dans laquelle le pont avait disparu. Nous avons tourné à gauche, vers Victory Monument. Quelques personnes se cachaient dans l’ombre. Bientôt nous avons pénétrés en zone plus sûr, avec beaucoup d’habitants flânant devant leurs maisons. Quand je suis arrivé à Victory Monument, j’ai entendu chanter des moines. Plus d’une centaine de moines assis devant le monument, priaient pour la fin de la mise à mort. J’ai pris un moto taxi pour rentrer. J’avais dû laisser ma moto en stationnement dans une ruelle se trouvant en plein dans la zone de mise à mort.

Il y a 5 ans, le massacre d'avril/mai 2010; le témoignage de Nick Nostitz
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6 mai 2015 3 06 /05 /mai /2015 07:33

Un article du journal "The Diplomat"

Lien:

http://thediplomat.com/2015/05/thailands-self-absorbed-dictatorship/

 

Un fou est au pouvoir dans le pays du sourire. Un an après sa prise du pouvoir par un coup d'Etat, il est devenu clair que le général Prayuth Chan-ocha est un dictateur malade mental qui ne propose aucune solution aux problèmes auxquels la Thaïlande est confrontée. Au lieu de cela, il fait des menaces de mort contre les journalistes, traîne devant des cours martiales ceux qui osent s'exprimer, reporte la possibilité d'élections démocratiques, repousse ces possibles d'élections a jamais et rédige une constitution qui pourra légalement prolonger son poste de premier ministre, ou au moins permettre son retour quand (et si) des élections auront finalement lieu. Ses commentaires agressifs envers les médias sont aussi légendaires qu'ils sont dangereux car ils révèlent son caractère, son manque de rationalité, et son absence de toute impartialité. Le monde devrait avoir perdu depuis longtemps toute patience vis-à-vis de cet homme qui a traîné la Thaïlande dans une terre inconnue politiquement et économiquement.

Près de douze mois se sont écoulés depuis que Prayuth a organisé son coup d'Etat le 22 mai 2014 dernier contre le gouvernement intérimaire dirigé par le Parti Pua Thai à cette époque. Ce putsch est une tentative d'éliminer une fois pour toute l'influence de l'ancien premier ministre Thaksin, déjà renversé par un coup d'Etat en 2006, et de sa sœur Yingluck, qui avait été élue première ministre en 2011. Le putsch de Prayuth a été suivi par l'adoption d'une constitution provisoire et la formation d'un Parlement croupion, qui lui a consciencieusement remis le poste de premier ministre. Depuis lors, il a supervisé une économie anémique. La confiance des consommateurs a atteint son plus bas en mars dernier et les prévisions de croissance à 2,8 pour cent sont surévaluées selon certaines estimations. Ces chiffres économiques sont étroitement liées aux perspectives politiques sombre de la Thaïlande, car aucune des actions de Prayuth n'a restauré l'investissement ni la confiance des consommateurs.

La communauté internationale observe un pays, qui était autrefois - il semble maintenant qu'il y a bien longtemps - considéré comme une lueur d'espoir pour la démocratie en Asie du Sud-Est, glisser davantage dans l'abîme. Mais l'opposition est devenue plus vocale ces derniers mois. Lors de sa visite dans le pays en janvier dernier, le Secrétaire d'Etat adjoint américain pour l'Asie et le Pacifique, Daniel Russel, a exprimé les préoccupations de l'administration Obama sur "les contraintes significatives envers les libertés depuis le coup d'Etat," dans un processus politique "qui ne semble pas représenter tous les éléments de la société thaïlandaise," et, à propos du traitement de Yingluck Shinawatra, qui a été démise de ses fonctions peu de temps avant le coup d'Etat de l'an dernier, mise en accusation, puis ciblée par des accusations criminelles, Russel considère cela comme étant dicté par "des motifs politiques." Comme il fallait s'y attendre, ses commentaires n'ont pas du tout été appréciés par la junte de la Thaïlande. Cette dernière a répondu en convoquant le chargé d'affaire des Etats-Unis; Prayuth prétend être un "soldat avec un cœur démocratique."

Le dictateur malade mental Prayuth Chan-ocha

Le dictateur malade mental Prayuth Chan-ocha

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