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21 février 2017 2 21 /02 /février /2017 07:27
Thaïlande: Sit-in de cinq femmes contre les centrales au charbon

Thaïlande: Sit-in de cinq femmes contre les centrales au charbon

Le généralissime Prayut, chef arriéré de la junte militaire thaïlandaise et président du Comité national de l'énergie, a ordonné à l'Autorité de production d'électricité d'aller de l'avant en bâtissant des centrales au charbon controversées au sud à Krabi et Tepa à Songkla. Ceci en dépit de l'opposition des groupes environnementaux de la région.

Thaïlande: Manifestation contre les centrales au charbon

Thaïlande: Manifestation contre les centrales au charbon

Ces groupes sont venus protester pacifiquement devant la Maison du Gouvernement à Bangkok, mais le régime militaire a ordonné l'arrestation de leurs dirigeants à cause des lois draconiennes qui proscrivent le droit de protester.

Thaïlande: des manifestants contre les centrales au charbon

Thaïlande: des manifestants contre les centrales au charbon

L'opposition aux centrales à charbon repose sur l'impact négatif qu’elles auront sur l'environnement local de Songkla, Krabi et Patani. Les centrales électriques et les quais de déchargement du charbon importé détruiront les habitats naturels, y compris les forêts de mangroves et les récifs coralliens, qui sont également importants pour la pêche locale. Elles seront également situées dans les zones de tourisme, où les gens viennent visiter la beauté naturelle de l'environnement.

Un manifestant écologique thaïlandais

Un manifestant écologique thaïlandais

Mais ce n'est pas seulement une question de "je ne veux pas ça chez moi". La plupart des scientifiques et des gens informés reconnaissent que la combustion de combustibles fossiles, en particulier dans les centrales alimentées au charbon, est l’une des causes d’un dangereux réchauffement planétaire.

De nombreux pays tentent d'éliminer les centrales au charbon et d'augmenter la production d'électricité via des moyens alternatifs et durables tels que l'énergie solaire et éolienne. Ce qui n’est pas le cas des idiots et arriérés militaires qui dirigent maintenant la Thaïlande.

La compagnie d’électricité de Thaïlande, Electricity Generating Authority of Thailand, (EGAT), est liée au charbon et au gaz et sa propagande au sujet des nouvelles centrales affirme qu'elles utiliseront la technologie la plus avancée qui réduira la fumée et les dommages à l'environnement local. Rien n'a été dit au sujet de la combustion continue des combustibles fossiles et le problème de la génération du dioxyde de carbone dont découle le réchauffement global.

Le sud de la Thaïlande est enclin à de puissants cyclones qui causent des inondations et d’importants dommages. Ces tempêtes ne vont qu'empirer au fur et à mesure que la température de la Terre augmente.

L'EGAT a travaillé avec les autorités locales, qui sont contrôlées par l'armée, pour appeler les populations locales à venir "montrer leur soutien " aux centrales électriques.

La Thaïlande a une grande abondance de soleil et il serait parfaitement logique pour l'état de promouvoir vigoureusement un plan national afin d’augmenter considérablement la production d'électricité à partir de l'énergie solaire. De nouvelles technologies de l'énergie solaire sont en cours de développement en Chine et en Espagne et le coût du développement de l'énergie solaire est en baisse rapide, surtout lorsqu'il est effectué sur une grande échelle.

Des panneaux solaires

Des panneaux solaires

Tout gouvernement tourné vers l'avenir en Thaïlande devrait pousser en avant l'énergie solaire et l'énergie éolienne tout en éliminant les centrales au charbon et au gaz. Mais les généraux arriérés à têtes de porcs n'ont pas de tels plans. Ils veulent naturellement développer une puissance nucléaire dangereuse et coûteuse afin de pouvoir avoir accès à la technologie des armes nucléaires dans l'avenir. La junte et leurs alliés conservateurs des tribunaux ont également réussi à retarder les plans progressifs pour les liaisons ferroviaires à grande vitesse avancées par le précédent gouvernement de Yingluck. De tels projets ferroviaires à grande vitesse réduiraient également le réchauffement climatique en diminuant les déplacements aériens inutiles dans le pays.

La question des centrales thermiques à charbon est un autre exemple de la façon dont la junte militaire thaïlandaise utilise ses pouvoirs dictatoriaux pour contrer les désirs des citoyens et les arguments raisonnés contre l'utilisation accrue des combustibles fossiles.

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19 février 2017 7 19 /02 /février /2017 06:56

L'armée kachine de Birmanie se prépare à la guerre

Un reportage d’Alastair Leithead pour la BBC

Lien:

http://news.bbc.co.uk/2/hi/asia-pacific/8528985.stm

 

La ville de Laiza, située au nord de la Birmanie: Le son aigu des armes chargées et les ordres hurlés par le sergent-major se répercutent à travers les montagnes du nord de la Birmanie alors que les jeunes cadets font leurs exercices matinaux.

Leur discipline est bonne, leurs uniformes sont impeccables et il y a peu de doute sur leur sens du devoir ou leur patriotisme envers le drapeau rouge et vert avec machettes croisées qu'ils portent fièrement sur leurs épaules droites.

Ils sont la prochaine génération de l'armée de l'indépendance de l’Etat Kachin (KIA), et affirment qu'ils n'ont pas peur d'être la génération qui se battra lors d’une guerre civile dont beaucoup craignent qu’elle ne débute très bientôt.

"L'Union de Birmanie a été formée sur la base de l'égalité pour les gens des minorités ethniques, mais ces dernières sont victimes d’inégalités depuis l’indépendance et nous sommes encore opprimés", nous explique le cadet Dashi Zau Krang.

Il a 26 ans et possède un diplôme d’études commerciales, mais affirme que l'inégalité l'a empêché d'obtenir un bon emploi et l'a poussé à rejoindre l'armée.

Un soldat de la KIA

Un soldat de la KIA

Mais il n'a pas peur.

"L'armée birmane est peut-être la plus puissante d’Asie du Sud-Est, alors que nous sommes très peu, mais Dieu nous aidera à libérer notre peuple pour obtenir la liberté et l'égalité. C’est notre devoir", continue-t-il.

C'est une guerre dont les Kachins ne veulent pas et qu'ils ne peuvent pas gagner.

Mais leurs généraux estiment que le cessez-le-feu en place depuis 17 ans pourrait bientôt se terminer à mesure que l'échéance de l’ultimatum de l'armée birmane, exigeant que les forces kachines fusionnent avec elle ou désarment, approche.

Ils ont déjà refusé, et bien que leurs dirigeants continuent à chercher une solution politique, leurs commandants se préparent au pire alors que le temps presse, les Kachins devant donner leur réponse à la fin de février.

"Je ne peux pas dire s'il y aura une guerre à coup sûr, mais le gouvernement veut que nous devenions une force de garde frontalière pour eux d'ici la fin du mois", a déclaré le chef d'état-major de la KIA, le général Gam Shawng.

"Nous ne ferons pas cela ni ne désarmerons tant que l’on ne nous accordera pas une place dans une union fédérale ainsi que des droits en tant que minorité ethnique, comme cela a été convenu en 1947".

La KIA et son organisation civile avaient été autorisées à contrôler une grande partie du nord de la Birmanie dans le cadre d'un accord de cessez-le-feu avec les généraux au pouvoir du pays.

Commerce avec la Chine

Ils fournissent l'électricité, les routes et les écoles sont financées par les taxes sur le commerce dynamique avec la Chine ainsi que par les mines de jade, d'or et de teck.

Mais maintenant, des soldats sont recrutés, les anciens combattants sont rappelés et ré-entrainés, et une armée ethnique se prépare à combattre ce qui est peut-être la plus grande force militaire d’Asie du Sud-Est.

L'autoradio diffuse des chansons appelant à la liberté, et dans un des camps d'entraînement un cours de danse traditionnelle est exécuté – Le nationalisme culturel et la propagande sont forts.

Carte de la Birmanie. La région kachine est en brun

Carte de la Birmanie. La région kachine est en brun

Une équipe de la BBC s'est rendue dans une zone du nord de la Birmanie contrôlée par l'armée kachine et son bras civil, l'Organisation de l'Indépendance des Kachines (KIO).

Nous avons été conduits dans des camps d'entraînement et des avant-postes, mais nous n'avons pas pu entrer dans la ville de Laiza pour parler aux gens dans la rue, de peur d'être vus par un réseau étendu d'informateurs et d'espions des gouvernements birmans ou chinois.

Cela a rendu très difficile la formation d'une vision équilibrée, mais la détermination et la planification de l'armée étaient claires.

En haut, sur un point de vue au-dessus de leur quartier général, des tranchées sont creusées et des troncs d'arbres sont transportés, taillés et empilés devant des postes de mitrailleuses, et renforcés avec de la terre.

Ils peuvent voir les positions de l'armée birmane d'ici et ils savent que cet emplacement sera juste une des lignes de front si les combats éclatent.

Un canon anti-aérien de gros calibre, bien huilé et parfaitement poli, est installé, debout sur un trépied dans un bunker donnant sur la vallée luxuriante de la jungle.

Guerre de guérilla

Ils sont organisés et affirment avoir d’autres armes lourdes, mais nous ne les avons pas vus.

Il y a environ deux douzaines de groupes ethniques en Birmanie, la plupart dispersés autour de ses frontières, et les plus importants sont passés par différents stades de cessez-le-feu ou de guerre civile au cours des dernières décennies.

Les danses traditionnelles des Kachines prennent maintenant un thème militaire

Les danses traditionnelles des Kachines prennent maintenant un thème militaire

La KIA est l'une des plus importantes armées ethniques. Leurs commandants affirment qu'elle comprend 10000 soldats réguliers et autant de réservistes, mais il est impossible de le savoir avec certitude.

L'armée birmane est très puissante. Elle possède une force aérienne et de l'artillerie et la KIA sait que la seule façon de lutter sera de se retirer dans la jungle et de mener une guerre de guérilla.

Mais la guerre civile créerait des dizaines de milliers de réfugiés ainsi qu’une instabilité régionale.

"Si nous sommes attaqués, les autres groupes ethniques nous soutiendront, car ils savent que la même chose pourrait leur arriver", explique le général Gam Shawng.

Le groupe ethnique Wa possède des dizaines de milliers de soldats et d’énormes ressources financées par le trafic de drogue, et on nous a dit qu'un accord avait été conclu entre les Kachins et eux.

La question de savoir si la guerre civile éclatera ou non dépend du gouvernement birman.

Si ce dernier utilise cette année électorale pour résoudre ce qu'il appelle le "problème" des groupes ethniques, il y aura une guerre et la région devra faire face aux conséquences.

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17 février 2017 5 17 /02 /février /2017 14:14

Le prisonnier politique thaïlandais Somyot Prueksakasemsuk, l’ancien rédacteur en chef du magazine "Voice of Taksin" aujourd’hui disparu, est emprisonné pour lèse-majesté depuis le 30 avril 2011 pour avoir autorisé la publication dans son journal d’un article écrit par Jakrapob Penkair, un exilé politique thaïlandais, suggérant que le précédent roi du pays aurait été à l’origine du massacre des Chemises rouges en avril/mai 2010 ainsi que de celui des étudiants de l’université Thammasat à Bangkok le 6 octobre 1976. Il a écrit à Angkhana Neelapaijit, la présidente de la Commission nationale des droits de l'homme nommée par la junte militaire au pouvoir en Thaïlande suite au coup d'Etat du 22 mai 2014, pour protester contre les nouveaux règlements draconiens en vigueur dans les prisons du pays depuis la prise de pouvoir par l’armée.

Voici la traduction en français de sa lettre:

Somyot Prueksakasemsuk

Maison d'arrêt de Bangkok

33 Ngam Wong Wan Rd., Sous-district de Lat Yao,

Chatuchak District, Bangkok 10900

Le 14 juin 2016

Objet: Plainte pour violation des droits humains

Chère Madame Angkhana Neelapaijit, Présidente de la Commission nationale des droits de l'homme,

Mon nom est Somyot Prueksakasemsuk et je suis emprisonné en vertu de l'article 112 du Code pénal thaïlandais, plus connu sous le nom de loi de lèse-majesté, sans droit à la liberté sous caution ou à une libération conditionnelle bien que l'affaire soit toujours jugée devant la Cour suprême, ce qui est une violation flagrante de mes droits de l'homme. Je suis détenu à la maison d'arrêt de Bangkok depuis le 30 avril 2011, soit plus de 5 ans. En général, j'ai été traité conventionnellement dans la Zone 1 de la prison. Toutefois, depuis le 1er mars 2016, le ministère des Services correctionnels a émis de nombreux règlements et commandements déraisonnables qui entraînaient une baisse des conditions de vie carcérale, une plus grande misère et des difficultés nouvelles ainsi que d’autres effets très durs pour les prisonniers. Ces nouveaux règlements, violent non seulement les droits de l'homme, mais sont aussi dommageable financièrement aux prisonniers et gaspillent les budgets gouvernementaux. Par conséquent, je voudrais porter plainte à la Commission nationale des droits de l'homme comme suit:

1. Du 6 au 8 juin 2016, les agents des services correctionnels ont saisi des matelas, des oreillers (taille 7,5 x 180 x 3 cm) et des couvertures que les prisonniers (environ 5000 prisonniers) avaient achetés à la prison pour environ 800-1 000 bahts, et ils les ont jetés. Le préjudice se monte à au moins 5 millions de bahts. Pendant ce temps, le ministère des Services correctionnels a précisé que chacun d'entre nous aurait seulement 3 couvertures à utiliser pour la literie au lieu des matelas, oreillers et couvertures que l’on nous a retirées. Ces nouvelles couvertures sont de mauvaise qualité, difficiles à nettoyer, et accumulent la poussière et les germes. En outre, elles ne suffisent pas pour nous protéger de la fraicheur pendant l'hiver, soit entre décembre et janvier de chaque année (NDT: contrairement à ce que l’on pourrait penser pour un pays tropical comme la Thaïlande, il arrive que les températures chutent jusqu’à atteindre une dizaine de degrés durant l’hiver). Ces règlements et ces consignes affectent la santé physique et mentale des prisonniers. Beaucoup d'entre nous sont malades, vieux, avec des problèmes de dos, y compris les blessures aux disques lombaires. Saisir des matelas, des oreillers et des couvertures que nous avions achetés à la prison est une façon de détruire les biens des prisonniers ainsi que leur infliger des souffrances supplémentaires et viole leurs droits humains et leur dignité humaine.

2. La prison avait auparavant l'habitude de fournir des journaux aux prisonniers afin qu’ils puissent lire, ceci pour favoriser le développement comportemental et personnel, transmettre des informations, des nouvelles publiques et promouvoir l'amélioration de la connaissance des détenus pour le bien de la communauté carcérale. Mais récemment, il s'avère que la prison a cessé ces services et ne nous permet plus de commander des journaux. Par conséquent, nous ne sommes pas en mesure de recevoir des informations venues de l'extérieur de la prison. En outre, la prison nous autorise la lecture de seulement 3 livres par mois et limite aussi les types de livres ou de magazines autorisés. Cette réglementation va à l'encontre de la politique de promotion de la lecture et de la politique d'auto-apprentissage mise en place autrefois par le ministère des Services correctionnels du gouvernement. En outre, elle viole les droits des détenus à accéder à l'information publique.

3. La prison a limité la possession des détenus sur leurs comptes bancaires à 9 000 bahts par mois (NDT: dans les prisons thaïlandaises les détenus ne sont pas autorisés à posséder de l'argent liquide. Leur argent doit être déposé dans une banque interne de la maison d'arrêt et à chaque fois qu'ils achètent quelque chose à la boutique de la prison, celle-ci débite le prix d'achat de leur compte), et les proches des prisonniers ne peuvent y déposer que 3 000 bahts à la fois. C'est très incommode pour les prisonniers dont la famille vit dans d'autres provinces ou d'autres pays parce que leurs parents ne peuvent plus déposer l'argent à l'avance pour eux (NDT: la boutique de la prison ne fait pas crédit). Cela affecte grandement la qualité de vie des prisonniers et de leurs familles.

En outre, de nombreux autres ordres causent des tensions et des troubles parmi les détenus et les agents des services correctionnels et augmentent les souffrances et la misère des prisonniers. Cela constitue un moyen de torture et de violation de la dignité humaine, contrairement à la vision et aux objectifs des lignes directrices du Département des services correctionnels, conformément aux règles minimales de l'ONU pour le traitement des prisonniers, règles que la Thaïlande a ratifiées et qui sont obligatoires selon la convention contre la torture des détenus et celle sur les normes de traitement vis-à-vis des prisonniers. La majorité des détenus souffrent du fait d'ordres et de règlements qui ne résolvent pas le problème de la surpopulation et ne résolvent même pas la question des drogues. Ils ne servent qu'à aggraver la qualité de vie des prisonniers.

Les autres prisonniers et moi-même voudrions porter plainte auprès de la Commission nationale des droits de l'homme pour que le ministère des Services correctionnels révoque tous les règlements et les commandements cités dans la plainte ci-dessus et apporte une amélioration aux règlements et aux ordres actuels qui aggravent notre existence ou qui vont à l'encontre des droits humains. Ceci dans le cas ou vous pensiez que le ministère de l'administration correctionnelle doit se conformer aux droits de l'homme et à la dignité humaine.

Nous vous remercions à l'avance de votre future action en conséquence, et espérions que vous protégerez le pétitionnaire contre toute maltraitance ou pression de toutes sortes qui pourraient lui arriver en raison de cette plainte.

Cordialement,

Somyot Prueksakasemsuk

Source:

https://www.facebook.com/ThaiAllianceforHumanRights/posts/194842997663152

Le prisonnier politique thaïlandais Somyot Prueksakasemsuk

Le prisonnier politique thaïlandais Somyot Prueksakasemsuk

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16 février 2017 4 16 /02 /février /2017 13:56

Crime de lèse-majesté en Thaïlande, ou comment la junte censure l’information

Une déclaration de Reporters sans frontières

Lien:

https://rsf.org/fr/actualites/crime-de-lese-majeste-en-thailande-ou-comment-la-junte-censure-linformation

 

Reporters sans frontières (RSF) condamne fermement l’inculpation d’un étudiant et militant pro-démocratie qui avait partagé, en décembre dernier, un article de la BBC sur Facebook. RSF demande aux autorités de cesser d’instrumentaliser la loi sur le crime de lèse-majesté pour emprisonner les voix critiques et dissuader les médias d’écrire sur la monarchie.

Pour avoir partagé et cité des extraits d’un article en thaï de la BBC sur son compte Facebook, Jatupat Boonpattararaksa (surnommé “Pai”) a été arrêté le 2 décembre 2016.

L’article de la BBC, intitulé “Biographie du roi de Thaïlande” dresse le portrait du nouveau souverain et détaille notamment les frasques de sa vie personnelle, avant son accession au trône le 1er décembre 2016, ainsi que d’anciennes affaires de lèse-majesté. Si la BBC n’a pas été mise en cause par les autorités, l’étudiant a lui été accusé d’avoir diffamé le nouveau roi, Maha Vajiralongkorn, en violation de l'article 112 du code pénal et du “Computer Crimes Act” (loi sur la cybercriminalité). Le 27 décembre dernier, une Cour a refusé de le libérer sous caution et a prolongé sa détention jusqu’au 10 février, date de son inculpation formelle.

Jatupat Boonpattararaksa était connu des autorités en tant que militant pro-démocratie et avait déjà été arrêté dans le passé pour avoir participé à des manifestations contre le pouvoir. L’accusation de lèse-majesté dont il fait l’objet a été largement commentée sur les réseaux sociaux et nombreux sont ceux qui y voient une instrumentalisation de la loi à des fins politiques.

“Il est scandaleux qu’un internaute puisse être accusé en vertu de la loi sur la lèse-majesté pour avoir simplement partagé un article dont il n’est pas l’auteur et pour lequel la BBC n’a même pas été poursuivie,” déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique à Reporters sans frontières. Cette incohérence manifeste ne laisse dupe personne. ll s’agit d’un message dissuasif aux destinataires multiples : il signifie aux militants pro-démocratie que le régime dispose d’un arsenal législatif lui permettant de les mettre hors d’état de nuire à tout moment. Ensuite, il rappelle aux internautes qu’aucune information sensible à l’encontre du pouvoir ne sera tolérée en ligne. Journalistes et médias se voient eux avertis que leurs contenus sont toujours étroitement surveillés par les autorités, et que même lorsqu’ils décident de braver l’auto-censure régnante, leur courage peut avoir des conséquences dramatiques pour leurs lecteurs. Nous demandons l’abandon des charges qui pèsent contre Jatupat Boonpattararaksa et réitérons notre demande de voir abrogé l’article 112 du code pénal.”

Plusieurs lois prévoient des peines d’emprisonnement pour des publications en ligne qui seraient jugées illégales, à l’instar du Computer Crimes Act en vertu duquel les journalistes de Phuketwan avaient été poursuivis en 2013. Mais le crime de “lèse-majesté” (offense à la monarchie, punie de 3 à 15 ans de prison par l’article 112 du code pénal) reste l’une pires craintes des professionnels des médias, leur faisant même hésiter à relater les affaires judiciaires concernant l’offense à la monarchie, voire à rechercher sur leur navigateur web les mots-clés s’y rapportant. Les médias évoquant ces affaires ne donnent aucun détail des accusations, car cela peut être considéré comme une violation de la loi.

Le 12 novembre 2015, Reporters sans frontières a publié un rapport d’enquête dressant un état des lieux. Intitulé “Thaïlande : coup d’Etat permanent contre la presse”, ce rapport appelle notamment les autorités thaïlandaises à cesser de recourir à des lois répressives, dans le but de museler les médias critiques et indépendants, à la censure du Net et à la surveillance des blogueurs et de tous ceux qui publient des informations “critiques” sur les réseau sociaux.

Depuis le coup d’Etat militaire de mai 2014, la liberté de la presse est sévèrement réprimée en Thaïlande, qui se situe à la 136e place sur 180 dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2016 de RSF.

Jatupat Boonpattararaksa

Jatupat Boonpattararaksa

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15 février 2017 3 15 /02 /février /2017 11:29

Incrimination de l’opposition par les autorités thaïlandaises : la société civile menacée

Une déclaration d’Amnesty International

Lien :

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2017/02/thailand-criminalizing-civil-society/

 

Les autorités thaïlandaises mènent une campagne visant à criminaliser et à punir l’opposition en s’en prenant à la société civile et aux militants politiques alors qu’ils ne font qu’exercer pacifiquement leurs droits à la liberté d’expression et de réunion, écrit Amnesty International dans une nouvelle synthèse publiée ce mercredi 8 février.

Plusieurs dizaines de défenseurs des droits humains, de militants pour la démocratie et d’autres personnes font actuellement l’objet d’enquêtes et de poursuites au titre de lois et de décrets draconiens, dont se sert la junte militaire de la Thaïlande pour faire taire ses détracteurs.

«Les autorités thaïlandaises ont créé un environnement de peur, où les gens ne peuvent pas s’exprimer ni se rassembler de façon pacifique sans craindre d’être arrêtés ou poursuivis en justice», a déclaré Champa Patel, directrice du programme Asie du Sud-Est et Pacifique d’Amnesty International.

«Les restrictions drastiques qui pèsent sur les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique en disent long sur les actions d’un gouvernement qui ne peut tolérer d’opinions divergentes sur des questions importantes pour le pays.»

La synthèse d’Amnesty International, intitulée “They Cannot Keep Us Quiet”: The Criminalization of Activists, Human Rights Defenders and Others in Thailand, expose les procédures pénales actuellement engagées contre 64 membres de la société civile thaïlandaise, parmi lesquels des militants politiques, des étudiants, des dirigeants associatifs et des défenseurs de l’environnement. Sont également relatées des affaires visant des chercheurs, des avocats, des journalistes et des universitaires.

Les personnes visées par des enquêtes et des poursuites n’ont fait qu’exercer les droits humains que la Thaïlande est tenue de respecter et de protéger au titre du droit international. Aucune n’a utilisé ni prôné la violence. Certaines ont été prises pour cible parce qu’elles ont signalé des actes de torture et d’autres mauvais traitements, et ont fait part de leurs préoccupations au sujet de la corruption. D’autres, parce qu’elles ont réclamé de plus grandes libertés académiques ou qu’elles ont exprimé le souhait d’avoir leur mot à dire dans les affaires publiques.

Parmi les personnes arrêtées et poursuivies, beaucoup ne faisaient qu’accomplir leur travail d’avocat, de journaliste ou de défenseur des communautés vulnérables.

Les autorités utilisent toute une série de lois et de décrets pour enquêter sur des membres de la société civile thaïlandaise, les arrêter et les poursuivre en justice. Sont notamment invoquées régulièrement les dispositions du Code pénal relatives à la sédition, à la diffamation et aux infractions liées à la monarchie, ainsi que celles restrictives de la Loi relative à la cybercriminalité.

Les autorités ont également engagé des procédures pénales au titre de nouveaux décrets et lois promulgués par la junte militaire depuis qu’elle a pris le pouvoir par un coup d’État en mai 2014, dont la Loi de 2015 relative aux rassemblements publics et celle de 2017 relative aux référendums. La décision n° 3/2558 du Conseil national pour la paix et l’ordre, adoptée par décret en 2015 par le Premier ministre Prayuth Chan-o-cha, interdit les «rassemblements politiques» de cinq personnes ou plus. Ce texte est souvent utilisé par les autorités pour arrêter et inculper des manifestants pacifiques.

De nombreux militants et défenseurs des droits humains sont jugés devant des juridictions militaires, qui ne protègent pas le droit à un procès équitable, dans le cadre de procédures anormalement longues. Certains d’entre eux sont poursuivis dans plusieurs affaires, encourant des dizaines d’années d’emprisonnement s’ils sont reconnus coupables.

Par exemple, Jatupat «Pai» Boonpattararaksa, militant étudiant et défenseur des droits humains, est visé par cinq procédures pénales distinctes intentées contre lui parce qu’il a participé à des manifestations publiques, distribué des supports d’information engageant les votants à rejeter le projet de constitution avant la tenue du référendum de 2016 et publié sur Facebook un article jugé critique à l’égard de la monarchie thaïlandaise. Il est détenu au centre de détention provisoire de Khon Kaen depuis la révocation par un tribunal de sa mise en liberté sous caution. S’il est déclaré coupable dans toutes les affaires, il encourt une peine pouvant aller jusqu’à 40 ans d’emprisonnement.

«Les autorités ont transformé la législation thaïlandaise en outil de contrainte pour réduire au silence les militants politiques et les défenseurs des droits humains. Si les procédures pénales aboutissent à des condamnations, la tâche qui ternit le bilan du gouvernement militaire deviendra indélébile», a déclaré Champa Patel.

La campagne que mène en ce moment le gouvernement thaïlandais contre la société civile et les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique jette une ombre sur ses projets d’élections, qui auront probablement lieu en 2018.

La condamnation d’un grand nombre de ses membres risque d’avoir des répercussions profondes sur la société civile, déjà soumise aux restrictions imposées par la junte militaire à un large éventail de droits humains. Beaucoup de ceux qui sont poursuivis ont un rôle de chef de file dans leur domaine respectif, et il est fondamental qu’ils soient en mesure de contribuer à dessiner l’avenir de la Thaïlande.

En conséquence, les autorités doivent immédiatement abandonner les charges retenues contre les personnes présentées dans la synthèse d’Amnesty International, et d’autres encore qui font l’objet d’enquêtes et de poursuites pour le simple fait d’avoir exercé pacifiquement leurs droits humains.

En janvier, le parquet a établi un précédent positif à cet égard en abandonnant les poursuites engagées contre Naritsarawan «May» Kaewnopparat, une jeune femme dont le cas est évoqué dans la synthèse. Un officier de l’armée avait engagé des poursuites contre May en raison de l’action qu’elle menait publiquement pour obtenir justice en faveur de son oncle, un soldat torturé à mort pendant un entraînement militaire.

Cependant, plus de deux ans et demi après le coup d’État, les restrictions visant les droits humains, présentées à l’époque comme des mesures temporaires, n’ont toujours pas été levées, et pourraient devenir permanentes au titre de la nouvelle constitution thaïlandaise, leur conférant ainsi légitimité et légalité.

Les autorités n’ont en particulier nullement laissé entendre qu’elles allaient lever l’interdiction des rassemblements publics prévue par le décret n° 3/2558, ce qui a inquiété les partis politiques et les groupes civiques qui se préparent à une nouvelle période de campagne. Le gouvernement thaïlandais doit accorder la priorité à la révision ou à l’abrogation des lois et décrets qui restreignent les droits humains de façon injustifiée, notamment les lois et décrets présentés dans la synthèse d’Amnesty International.

«Depuis son accession au pouvoir, la junte militaire thaïlandaise a anéanti la protection des droits humains et étouffé la liberté d’expression dans le pays. Si les lois et décrets répressifs ne sont pas rapidement révisés ou abrogés, les restrictions pesant sur les droits humains pourraient bien prendre racine», a déclaré Champa Patel.

Naritsarawan Kaewnopparat

Naritsarawan Kaewnopparat

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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 08:25

Une déclaration de Reporters sans frontières

Lien:

https://rsf.org/fr/actualites/la-chaine-thai-pbs-et-quatre-de-ses-employes-poursuivis-pour-diffamation

 

La chaîne Thai PBS et quatre de ses employés poursuivis pour diffamation

Reporters sans frontières (RSF) demande à la cour pénale de Bangkok de refuser de se saisir de la plainte déposée par la compagnie minière Tungkum Limited à l’encontre de la chaîne Thai Public Broadcasting Service (Thai PBS) et de quatre de ses employés, après la diffusion, en septembre 2015, d’une vidéo contenant des allégations de pollution environnementale. RSF demande également l'abrogation de la loi sur la diffamation et du Computer Crime Act.

Le 16 novembre 2016, la cour criminelle de Bangkok décidera de recevoir ou non les plaintes pour diffamation pénale et les accusations de violation du Computer Crime Act déposée par la compagnie Tungkum Ltd. à l’encontre de Thai PBS et de quatre de ses employés. Si la cour valide le bien-fondé de l’affaire, un procès aura lieu à l’issue duquel les journalistes encourront des peines allant jusqu’à cinq ans de prison et 200 000 bahts (environ 5200 euros) d’amende. Les quatre journalistes visés par la plainte sont Wirada Saelim, Somchai Suwanbun, ancien directeur général de Thaï PBS, Korkhet Chantalertluk, directeur de l’information et Yothin Sitthibodeekul, directeur du département de la télévision et de la radio.

La compagnie minière, qui extrait de l’or dans la province de Loei (nord-est du pays) depuis plusieurs années, a estimé en novembre 2015 que la vidéo diffusée par Thai PBS deux mois plus tôt et dans laquelle une écolière de 15 ans discutait de l’impact de la mine d’or à ciel ouvert sur plusieurs villages de la région, avait porté atteinte à sa réputation. La compagnie a demandé 50 millions de bahts (environ 1,3 million d’euros) de dommages ainsi que le retrait de la licence de la chaîne pour les cinq années à venir.

“Nous demandons à la cour pénale à Bangkok de ne retenir ni la plainte pour diffamation ni les accusations de violation de l'amendement du Computer Crime Act, qui est une fois de plus instrumentalisée au mépris de la liberté de la presse et de l’information, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. La justice ne doit pas faire le jeu d’une société privée dont le seul objectif est d’empêtrer ceux qui se montrent critiques à son encontre dans de longues et coûteuses procédures judiciaires.”

Selon la loi thaïlandaise, si la cour accepte de juger l’affaire, un éventuel retrait de la plainte pour diffamation par Tungkum n'annulerait pas forcément l’accusation pour violation de l’amendement du Computer Crime Act et les accusés risqueraient toujours de lourdes peines d'emprisonnement.

“La poursuite en justice émanant de Tungkum Ltd n’est rien d’autre qu’une manoeuvre désespérée d’intimidation à l’encontre de tous ceux qui tentent d’attirer l’attention sur l’impact environnemental de ses activités minières dans la région. S’ils se soucient véritablement de l’image de la compagnie, les dirigeants de Tungkum Ltd, devraient examiner les allégations des citoyens de la province de Loei et retirer leur plainte afin de privilégier des mesures proportionnées telles que le recours au droit de réponse ou à la médiation”, conclut Benjamin Ismaïl.

Tungkum Ltd. a également déposé six plaintes pour diffamation à l’encontre des membres de l’association Khon Rak Ban Kerd Group (KRBKG), qui oeuvre pour la protection de l’environnement, la réadaptation de l’environnement local et la fermeture de la mine d’or dans la province de Loei. En 2014, la compagnie avait organisé des représailles physiques contre les manifestants environnementalistes et avec la complicité des forces de l’ordre qui n’étaient pas intervenues malgré des appels en urgence des manifestants.

La Thaïlande occupe la 136e place dans le Classement mondial de la liberté de la presse, établi par RSF.

La journaliste thaïlandaise Wirada Saelim de la chaîne Thai PBS

La journaliste thaïlandaise Wirada Saelim de la chaîne Thai PBS

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12 février 2017 7 12 /02 /février /2017 15:03

Un article d’Asian Correspondent

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https://asiancorrespondent.com/2016/11/thai-police-finds-islamic-state-links-restive-south/

 

Les policiers thaïlandais ont découvert des liens et des partisans de l'Etat islamique, aussi appelé Daesh, parmi certains habitants du sud profond du pays, alors qu'ils avaient auparavant toujours nié l'existence de sympathisants du groupe militant dans ces provinces agitées.

Selon le Bangkok Post, les policiers ont confirmés la présence de partisans de Daesh après que leurs homologues australiens les aient avertis que "plus de 100 000 utilisateurs de Facebook en Thaïlande avaient visités des communautés en ligne liées à l’Etat islamique cette année".

Le journal affirme toutefois que l'Australie n'a pas publiquement commenté la déclaration de la police thaïlandaise, ajoutant que les insurgés du sud n'ont pas encore établi de liens avec des groupes étrangers comme Al-Qaïda et le groupe Jemaah Islamiyah d'Asie du Sud-Est.

Par mesure de précaution, les agences de sécurité en Thaïlande ont reçu l'ordre d'enquêter sur ces informations afin d’éviter des attaques terroristes dans le pays, a rapporté The Nation.

Le site de nouvelles a également reçu la confirmation de la police thaïlandaise comme quoi les autorités vérifiaient les noms d'utilisateur et étaient en train d’obtenir des informations sur leur identité et leur lieu de résidence. Ils ont ajouté qu'il n'y avait pour l’instant aucune preuve que les suspects soient reliés aux troubles dans le sud profond.

La police insiste également sur le fait que des liens avec le groupe terroriste ne signifient pas nécessairement que des attaques soient prévues.

Sur son site Web, le Département australien des Affaires étrangères et du Commerce a conseillé à ses citoyens d'être très prudents lorsqu'ils voyagent en Thaïlande en raison d'éventuelles attaques terroristes et de troubles civils. Il a énuméré les provinces de Yala, Pattani, Narathiwat et Songkhla comme étant des zones où il ne fallait pas se rendre.

L'État islamique et l'Asie du Sud-Est

Il y a eu une augmentation significative de l'influence de l'Etat islamique en Asie du Sud-Est suite à l’allégeance de groupes terroristes locaux. Avec l'influence croissante de Daesh dans la région, les gouvernements de l'Asie du Sud-Est sont confrontés à la tâche de plus en plus difficile de contenir des militants de l'Etat islamique qui sont retournés chez eux après un séjour dans les zones de conflit en Syrie et en l'Irak suite aux nombreuses pertes du groupe dans la région.

Selon Reuters, des militants de l'Etat islamique ont annoncé qu'ils avaient choisi Isnilon Hapilon, qui est sur la liste des personnes les plus recherchées aux Philippines, pour diriger leur faction du Sud-Est asiatique, dans une vidéo qui a également appelé les partisans à lancer des attaques dans la région.

Cela a conduit à la consolidation d'une alliance entre l'Indonésie, la Malaisie et les Philippines qui ont signé des accords sur le partage du renseignement afin de lutter contre la menace à la sécurité.

Des démineurs thaïlandais inspectent le site d'une voiture piégée dans la province de Narathiwat

Des démineurs thaïlandais inspectent le site d'une voiture piégée dans la province de Narathiwat

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10 février 2017 5 10 /02 /février /2017 10:32

Un article de Pravit Rojanaphruk

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http://www.khaosodenglish.com/politics/2017/02/07/no-place-democracy-lese-majeste-un-expert-says/

 

Genève - Dans un rapport sur l'utilisation de la lèse-majesté en Thaïlande, un rapporteur spécial des Nations Unies sur la liberté d'expression a appelé les autorités à cesser d'utiliser cette loi comme un outil politique.

Décrivant la loi, qui punit les insultes envers la monarchie de peines allant jusqu'à 15 ans de prison, comme "incompatible" avec le droit international, David Kaye a dit qu'elle devrait être abrogée dans une déclaration publiée mardi.

"La loi de lèse-majesté du Code pénal thaïlandais est incompatible avec le droit international des droits de l'homme, et c'est une préoccupation que nous avons soulevée à maintes reprises auprès des autorités", a déclaré M. Kaye.

Sa déclaration vient après que 60 cas de lèse-majesté aient été inculpés depuis le coup d'Etat de 2014. Beaucoup d'accusés et détenus étaient des opposants à la junte au pouvoir.

Le porte-parole de la junte, le colonel Winthai Suvarai, n'a pas pu être contacté par téléphone mardi. Cependant, la junte, depuis qu'elle a pris le pouvoir, a fait les poursuites pour lèse-majesté une priorité, en affirmant qu'elles étaient nécessaire afin de protéger la monarchie.

Kaye, qui est professeur dans une université de droit publique en Californie, a exhorté la Thaïlande à réviser le Code criminel et à abroger la loi, affirmant qu'elle n'a "aucune place dans un pays démocratique".

"Les personnalités publiques, y compris celles qui exercent la plus haute autorité politique, peuvent faire l'objet de critiques et le fait que certaines formes d'expression soient considérées comme insultantes envers une personnalité publique ne suffit pas à justifier des restrictions ou des sanctions".

La déclaration a souligné le cas de Jatupat 'Pai' Boonpatararaksa, qui a été arrêté le 2 décembre pour avoir partagé une biographie publiée par BBC Thai sur Facebook. Jatupat est actuellement en détention et s'est vu refuser la liberté sous caution une sixième fois. Ce vendredi, il y a une septième audience où la police va très probablement demander au tribunal de le garder en détention une septième fois, la dernière autorisée en vertu de la loi avant son cas ne passe aux procureurs.

"Je suis préoccupé par les informations selon lesquelles l'audience du tribunal lors de laquelle sa liberté sous caution a été refusé ait eu lieu à huis clos, en contradiction avec le droit à une audience publique et équitable", a écrit M. Kaye.

La déclaration a également mentionné que bien que le chef de la junte, le général Prayuth Chan-ocha, ait révoqué une ordonnance comme quoi la lèse-majesté devait être jugée par des tribunaux militaires, les personnes dont les procès sont en cours sont toujours jugées par les tribunaux militaires "qui ont appliqués des peines plus sévères pour des condamnations de lèse-majesté".

La déclaration a noté que dans un cas, un homme, Phongsak Sribunpeng, a été condamné à 30 ans de prison.

1er février 2017: des manifestants réclament la libération de Jatupat 'Pai' Boonpatararaksa devant la cour provinciale de Khon Kaen.

1er février 2017: des manifestants réclament la libération de Jatupat 'Pai' Boonpatararaksa devant la cour provinciale de Khon Kaen.

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7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 08:23

Le député français du parti Les Républicains, Thierry Mariani, a déclaré ceci lors d'une interview donnée au "Petit Journal":

"L’Europe est la seule région du monde à attribuer des sanctions à la Thaïlande. Il ne s’agit pas de sanctions de niveau élevé comme avec la Russie, mais ce sont des sanctions inutilement vexatoires. Certes, il y a eu un changement de régime mais si l’on en croit les Thaïlandais c’est un changement de régime qui a apporté une stabilité dans une période de transition."

Selon lui donc, le coup d'Etat qui a détruit la démocratie n'est qu'un simple "changement de régime". Et de plus il a l'outrecuidance d'affirmer que les Thaïlandais, qui ne cessent de revoter pour des gouvernements chassés par les militaires depuis 2001, soutiendrait ce "changement de régime" qui aurait apporté la "stabilité" au pays. C'est honteux !!!

Mais qui sont donc ces Thaïlandais avec lesquels Thierry Mariani s'est entretenu? Certainement pas l'un des nombreux prisonniers politique du pays. Ni l'un des presque 60% de Thaïlandais qui ont votés pour le gouvernement précédent, celui qui a été renversé pour "apporter la stabilité".

Mais sur ce sujet, Thierry Mariani nous en dit plus:

"Enfin, ayant été le seul parlementaire à être intervenu à l’Assemblée Nationale -à deux reprises- pour demander jusqu’à quand les sanctions européennes qui pèsent sur la Thaïlande allaient être maintenues, cela m’a donné l’occasion de rencontrer, sur sa proposition, le vice-ministre des Affaires Etrangères de Thaïlande, M. Virasakdi, pour discuter des relations entre nos deux pays [...] J’essaye de travailler de plus en plus la partie bilatérale car je crois que nos relations politiques comme économiques mériteraient d’être meilleures [avec la Thaïlande]. M. Virasakdi et moi avons eu une discussion vraiment intéressante au cours de laquelle nous avons pu faire le tour de la situation dans la région, faire le point sur la vision de la Thaïlande sur certains problèmes, comme l’évolution des rapports avec la Chine, l’évolution des accords internationaux commerciaux dans la zone."

C'est donc le vice-ministre des Affaires Etrangères de la junte thaïlandaise qui a expliqué à Thierry Mariani que ce "changement de régime" aurait "apporté la stabilité" au pays. Quelle source indépendante!!!

Thierry Mariani devrait rougir de honte pour avoir osé affirmer de telles choses lors d'une interview. Et cette honte rejaillie sur l'ensemble de la communauté française vivant en Thaïlande car Mariani est le député de la 11ème circonscription des Français à l'étranger, celle de la zone Asie Pacifique qui comprend la Thaïlande. Nous appelons les Français expatriés qui soutiennent la démocratie dans ce pays à ne pas voter pour lui lors des prochaines élections législatives.

Lien de l'interview de Thierry Mariani:

http://www.lepetitjournal.com/bangkok/communaute/francophone-thailande-pass-partoo/265984-thierry-mariani-en-thailande-il-faut-encourager-le-reseau-d-ecoles-dans-les-villes-secondaires

A gauche le député français du parti Les Républicains Thierry Mariani, à droite le vice-ministre des Affaires Etrangères de la junte thaïlandaise Virasakdi Futrakul

A gauche le député français du parti Les Républicains Thierry Mariani, à droite le vice-ministre des Affaires Etrangères de la junte thaïlandaise Virasakdi Futrakul

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3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 09:26

Une brève du journaliste britannique Andrew MacGregor Marshall

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https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10154722936741154&set=a.34733576153.67568.627196153&type=3&theater

 

Le général Prawit Wongsuwan, numéro 2 de la junte militaire de Thaïlande, voulait voter pour la candidate thaïlandaise lors du concours Miss Univers, mais "ne savait pas comment faire".

J'imagine que c'est l'un des problèmes quand un groupe d'hommes âgés qui méprisent la démocratie et sont dans l'incapacité d'utiliser même un ordinateur, prennent le pouvoir dans un pays moderne.

Les dictateurs militaires thaïlandais ont la mauvaise habitude de causer des problèmes lors des concours de beauté. Le concours annuel de Miss Thaïlande a dû être suspendu pendant une décennie de 1954 à 1964 parce qu'à cette époque, le dictateur Sarit Thanarat exigeait un droit de cuissage sur la gagnante et toutes les finalistes.

Capture d'écran d'une page du Bangkok avec la photo de Chalita Suansane, la candidate thaïlandaise du concours Miss Univers

Capture d'écran d'une page du Bangkok avec la photo de Chalita Suansane, la candidate thaïlandaise du concours Miss Univers

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