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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 13:37

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/05/03/buddhism-and-marxism/

 

Suite aux récents commentaires du Dalaï Lama comme quoi il serait un "marxiste", il est intéressant de comparer le bouddhisme et le marxisme.

Aussi bien le bouddhisme que la philosophie marxiste ont des influences venues d'une vieille ascendance des anciennes civilisations indiennes et grecques, en particulier de la branche de la philosophie de cette époque qui met l'accent sur "l'état naturel du changement".

Les idéologies et les philosophies conservatrices ont tendance à mettre l'accent sur "l'ordre naturel des choses" et le "manque de changement" ou "l'impossibilité du changement". Ainsi, il serait dans l'ordre naturel des choses qu'il y ait des riches et des pauvres, des gouvernants et des gouvernés et que ceux au pouvoir soient nommés du ciel.

L'idée que le changement soit naturel peut être interprétée d'une manière révolutionnaire.

Le marxisme accorde beaucoup d'importance à la "dialectique", une ancienne philosophie grecque. Selon la dialectique "la vérité ne peut être comprise que comme un tout" et "dans ce tout le changement est constant et naturel". Qui plus est, "le changement a lieu parce que de dans toute situation vue d'ensemble, nous pouvons voir des contradictions qui sont le moteur du changement". Le changement peut également prendre place par étape, de la quantité à la qualité. Quand un changement qualitatif a lieu, la société change fondamentalement. Mais ces changements sont sans fin car de nouvelles contradictions interviennent tout le temps.

Si nous regardons la société capitaliste il y a beaucoup de contradiction qui aident à apporter des changements. Le capitalisme possède une contradiction interne qui provoque constamment des crises économiques. Certaines classes dirigeantes capitalistes sont en désaccord avec d'autres, ce qui provoque des guerres et de l'impérialisme. Enfin, et surtout pour la libération de l'humanité, il y a une contradiction fondamentale entre les travailleurs et les capitalistes dans la société capitaliste et cela, c'est la lutte des classes. La lutte des classes détermine le degré de liberté et d'égalité dans la société.

Pour le marxisme, la lutte des classes est le facteur qui a conduit à des changements dans la société humaine à travers les âges. Mais cela n'est en rien automatique. Le changement n'a lieu que parce que les humains luttent collectivement pour cela. Cependant, ils ne bénéficient pas du luxe de choisir les circonstances dans lesquelles ils se battent. Ces dernières sont déterminées par l'histoire d'avant et le niveau de développement matériel de la production ou de la façon pratique dont les humains sont capables de survivre et de se soutenir. Ceci est le "matérialisme historique" et il est le jumeau inséparable de la "dialectique".

Par conséquent, les marxistes croient que le changement est une synthèse de l'action humaine, des idées humaines, de la lutte collective et des circonstances matérielles réelles du monde. Le marxisme est la pratique de la libération humaine.

Le bouddhisme souligne également le fait que "le changement est naturel". Les trois marques de l'existence du bouddhisme ou la "trilaksana" sont constitués de "l'anicca" ou l'impermanence, la "dukkha" ou la force naturelle qui conduit à changer et l'impermanence ou "l'anatta" qui est l'idée que les choses ont pas de nature fixe, d'essence, ou de "moi", et ne peuvent pas être commandées par nous.

Le bouddhisme peut parler de changement constant et naturel, mais il ne s'agit pas de contester l'ordre social. Il vise à nous entraîner à accepter le changement constant et au "laisser aller". Après tout, selon l'idée de "l'anatta" nous ne pouvons pas influencer ou commander le changement. Nous ne pouvons qu'apprendre à l'accepter et à réduire la souffrance que nous éprouvons face au monde réel. Le bouddhisme élève la "pensée" au-dessus de la réalité matérielle du monde parce que la pensée correcte peut nous sauver de la souffrance causée par le monde matériel. Il est "idéaliste", pas "matérialiste".

Il s'agit d'une philosophie individuelle tournée vers l'intérieur. Il peut être utile dans la réduction de notre souffrance personnelle si nous sommes enfermés en prison pendant des années à cause de la draconienne loi de lèse-majesté, mais il ne pourra pas abolir la lèse-majesté ou empêcher que d'autres personnes soient emprisonnées dans le futur. Ce n'est pas une philosophie de lutte collective pour changer le monde. C'est une philosophie sur la façon dont un individu peut essayer de faire face aux horreurs du monde. La pratique de faire le mérite, la croyance dans le karma et la pratique d'entrer dans la vie monastique sont également des actes individuels qui sont tournées vers l'intérieur.

Certains utopistes affirment que si, selon les enseignements bouddhistes, nous changions tous pour le mieux et arrêtions d'opprimer les autres et de provoquer leur souffrance, le monde serait un meilleur endroit pour vivre. Mais ceci est le genre de vœu pieux commun à toutes les religions. Il ne tient pas compte des inégalités de pouvoir au sein de la société de classe et n'a jamais provoqué de changements sociaux.

Il y a de nombreux cas où des moines bouddhistes progressistes ont rejoints la lutte pour la démocratie et l'égalité sociale. Les moines en Birmanie, ceux qui sont partisans des Chemises rouges de Thaïlande et les moines de gauche au Laos pendant la guerre américaine sont de bons exemples. Mais il est difficile de trouver un lien entre ces luttes progressistes et la philosophie du bouddhisme. Ce que cela démontre, cependant, c'est que les gens ont souvent beaucoup d'idées philosophiques dans leurs têtes et que le bouddhisme ne doit pas être un obstacle à la lutte progressive. Pourtant, il existe aussi des mouvements de moines bouddhistes réactionnaires et racistes. Les meilleurs exemples se trouvent en Birmanie et au Sri Lanka.

Le bouddhisme ne propose pas de solutions pour changer la société. Voilà sans doute pourquoi le Dalaï Lama, tout en prétendant être un marxiste, nie également être léniniste. Avec ce déni, il tourne le dos à la nécessité de l'organisation politique collective dans le but de renverser le statu quo.

Bouddhisme et marxisme
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3 mai 2015 7 03 /05 /mai /2015 14:01

Actuellement, 26 corps de réfugiés rohingyas ont été exhumés d'une fosse commune découverte en pleine jungle, dans le sud de la Thaïlande. Il s'agit vraisemblablement de réfugiés clandestins venus de Birmanie victimes des trafiquants d'esclaves. Seuls deux survivants, émaciés, ont pu être sauvés.

Dans la région, tout le monde sait que rien ne se fait sans l'accord de l'armée thaïlandaise, la principale organisation mafieuse du pays. Ces trafiquants d'esclaves ont sans doute obéi aux ordres de l'armée.

Il semble que beaucoup d'autres corps de pauvres immigrants emprisonnés que l'on a sciemment laissé mourir de faim, vont être retrouvés ces prochains jours.

Et la plupart d'entre eux ne seront sans doute jamais retrouvés. Le trafic d'esclave organisé par l'armée thaïlandaise, avec la complicité de grands groupes capitalistes comme CP Food, concerne des dizaines de milliers de personnes originaires de Birmanie, du Cambodge, du Laos et d'autres pays de la région.

Source:

https://fr.news.yahoo.com/tha%C3%AFlande-fosse-commune-clandestins-d%C3%A9couverte-pleine-jungle-052808905.html

Une des victimes de l'esclavage en Thaïlande

Une des victimes de l'esclavage en Thaïlande

Le 2 juin 2013, Libérez Somyot avait démontré dans un article l’implication de l’armée et de la police dans la vente de réfugiés originaires de Birmanie comme esclaves:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-en-thailande-nous-vendons-des-refugies-rohingyas-118225321.html

Notre article de l’époque:

Les réfugiés birmans qui se rendent en Thaïlande afin de fuir les persécutions qu’ils subissent en Birmanie, sont confrontés à des épreuves toutes aussi redoutables. Après avoir surmonté le mauvais traitement des autorités birmanes, ils doivent désormais faire face à ceux des autorités thaïlandaises. En effet, une fois interceptés, les réfugiés rohingyas sont vendus par des policiers et militaires thaïlandais à des trafiquants d’être humains. Ce trafic humain a été révélé par

la BBC, et montre comment des autorités profitent sans gêne de l’impuissance de ces réfugiés démunis.

Ahmed a été vendu pour 1 300 dollars

Les Rohingyas traversent un véritable calvaire pour atteindre des lieux où ils espèrent vivre en sécurité. C’est le cas par exemple d’Ahmed, qui a fui la Birmanie, au bord d’un bateau de fortune, avec 60 personnes à son bord. Après avoir navigué durant 13 jours, leur bateau a été intercepté et arrêté par la marine thaïlandaise. Les réfugiés ont été transférés dans un fourgon de police, puis ils ont été séparés entre plusieurs véhicules, entassés à l’arrière.

Ce n’est que par la suite qu’ils ont découvert qu’ils ont été l’objet d’une vente de la police à des trafiquants humains malaisiens. Ils ont été ensuite transportés dans une ville transfrontalière avec la Malaisie. Ahmed raconte leurs conditions de vie catastrophiques : "Ils ont creusé un trou pour nos toilettes. Nous avons mangé, dormi, et fait nos besoins dans le même endroit". Il évoque aussi les maltraitances dont ils ont été victimes, et comment ils sont battus.

Le prix que les trafiquants ont versé pour acquérir Ahmed s’élève à 1 300 dollars. Pour que le Rohingyas retrouve de nouveau sa liberté, il doit verser ce montant. Alertée, la femme d’Ahmed a vendu leur vache mais la somme n’était pas suffisante. Un Rohingya a finalement pu verser le reste du montant aux trafiquants afin de libérer Ahmed.

Le trafic humain, une solution "naturelle"

Selon les responsables thaïlandais, la vente des réfugiés musulmans birmans est une solution "naturelle" pour régler le problème de ces nouveaux arrivants. En effet, ils estiment que cela va de soi dans la mesure où ils sont vendus à des Malaisiens qui sont tout comme eux des musulmans. Ce serait aussi une manière de se débarrasser d’eux sans passer par les étapes d’expulsion du territoire.

Après la dénonciation de ce vaste trafic humain, le Gouvernement thaïlandais a projeté de lancer prochainement une enquête sur cette traite humaine.

Des bateaux de réfugiés Rohingyas, comprenant des hommes, des femmes et des enfants, accostent presque tous les jours sur le territoire thaïlandais. Les réfugiés affluent, et rencontrent d’énormes difficultés pour se faire accepter dans les pays limitrophes, et sont parfois rejetés comme au Bangladesh par exemple. La Thaïlande est allée plus loin en développant un trafic humain.

 

Le 30 juin 2013, Libérez Somyot avait expliqué dans un article pourquoi les Rohingyas fuyaient leur pays.

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-des-moines-bouddhistes-defilent-en-scandant-des-discours-neonazis-118811209.html

Notre article de l’époque:

Birmanie: Invitation au voyage... de l'horreur

Un article de "Siné Mensuel" (Juin 2013)

En Birmanie, les moines bouddhistes massacrent à la machette la minorité musulmane dans l'indifférence générale.

Appelée "Diamant de l'Asie", la Birmanie vous étonnera, vous y découvrirez une atmosphère particulière, des odeurs de génocide bien frais et une histoire riche en émotions.

Pour découvrir le charme le plus brillant du joyau birman, il faudra vous rendre aux frontières où les minorités ethniques non bouddhistes vivent: chrétiens du Nord et musulmans du Sud ont la joie de jouir de l'épuration ethnique qu'ils méritent.

Ils luttent comme ils le peuvent contre la répression et les meurtres en masse à la sauvage.

Le plus étonnant réside dans le fait que tout cela se passe avec la participation des citoyens.

Quand aux ONG, elles sont interdites d'accès aux zones affectées. La censure, dont les autorités avaient annoncé la suppression, est rétablie à propos de toute information sur les émeutes interethniques.

Malgré la libération du Prix Nobel de la Paix, Aung San Suu Kyi, les droits de l'homme sont farouchement bafoués.

Vous remarquerez, au fil de vos balades, les casques du IIIème Reich sur la tète des motocyclistes et vous vous amuserez des moines qui défilent en scandant des discours néonazis. Vous pourrez aussi profiter d'activités plus ludiques telles que pogroms, actions pyromanes ciblées sur lieux de prière et habitations non bouddhistes.

Des ethnies, dont des femmes et des enfants, sont tués à la machette rouillée sous le regard de l'armée et avec la complicité des médias qui attisent le sentiment nationaliste bouddhiste.

Vous ne vous ennuierez pas en Birmanie! Un savant mélange d'oppression, de terrorisme d'Etat et de fascisme auquel vous ne saurez résister.

C'est dans ce pays que vous pourrez rencontrer la minorité la plus persécutée au monde selon l'ONU, celle des musulmans Rohingyas de la région de l'Arakan.

Ah non, quel dommage! Ils sont tous morts ou en fuite par centaines de milliers au Bengladesh et en Thaïlande. Etats connivents puisqu'à leur tour, ils incarcèrent ou vendent sur le marché humain cette ethnie exterminable à souhait.

Les festivités ont commencé en juin 2012, lorsqu'une femme bouddhiste est violée puis tuée. Très vite, des rumeurs se propagent qui désignent des Rohingyas comme les auteurs du meurtre. En réponse, des villageois attaquent un bus et lynchent à mort dix musulmans.

S'engage alors un cycle de représailles sans précédent. Depuis, la haine contre les ethnies non bouddhistes gagne tout le pays. La communauté internationale ne réagit guère et la "Dame de Rangoun" est occupée à fomenter sa stratégie pour la présidentielle de 2015. Il semblerait, selon certains experts, que ces conflits soient instrumentalisés à des fins politiques en vue des élections.

Dépêchez-vous d'aller voir ces vestiges de la démocratie car l'Etat tente de reconstruire et cacher le comble de l'horreur pour bâtir un pays bien bouddhiste! Le "New York Times" l'a écrit en janvier 2012: "Le pays est empreint d'une hospitalité véritable", plaçant la Birmanie à la troisième place des quarante-cinq destinations incontournables.

Alors n'hésitez plus, avec le code GENOCIDE, vous aurez 20 pour cent de réduction sur vos billets.

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1 mai 2015 5 01 /05 /mai /2015 13:35

Lien de la pétition:

http://www.ipetitions.com/petition/tell-thailand-free-thai-activist-somyot

 

Demandez à la Thaïlande la libération de l'activiste thaïlandais Somyot Prueksakasemsuk!

Somyot Prueksakasemsuk, un militant pro-démocratie et des droits du travail en Thaïlande, a été arrêté il y a quatre ans, le 30 avril 2011, quelques jours seulement après avoir lancé une campagne pacifique afin de recueillir 10.000 signatures pour demander un examen parlementaire de la draconienne loi de lèse-majesté de Thaïlande (L'article 112 du Code pénal thaïlandais), qui est utilisée dans le but de saper la liberté d'expression.

En janvier 2013, Somyot a été reconnu coupable et condamné par la Cour pénale de Bangkok à un emprisonnement de 10 ans en vertu de l'article 112. Sa condamnation a déclenché une avalanche de condamnation et de déclarations de préoccupations de la part de l'Organisation des Nations Unies, de l'Union européenne, des Etats-Unis, et de nombreux médias internationaux, régionaux et nationaux, ainsi que de groupes des droits humains et de syndicats.

En août 2012, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire a déclaré que la détention de Somyot était arbitraire et a exigé sa libération. En avril 2013, Somyot a fait appel de sa condamnation, qui a ensuite été confirmée par la Cour d'appel en septembre 2013. Le dernier appel est pendant devant la Cour suprême de Thaïlande depuis novembre 2014.

Les accusations portées contre Somyot découlaient de deux articles satiriques, écrit par quelqu'un d'autre, dans le magazine aujourd'hui disparu "Voice of Taksin" (Voix des Opprimés), dont Somyot était l'éditeur. L'article 112 du Code pénal stipule que "Quiconque diffame, insulte ou menace le roi, la reine, le prince héritier ou le régent, sera puni d'un emprisonnement de trois à quinze ans."

La campagne de Somyot pour la liberté d'expression est maintenant plus importante que jamais suite à l'utilisation accrue de la loi de lèse-majesté depuis le coup d'Etat militaire de mai 2014. Selon les observateurs des droits humains, à la date du 10 Avril 2015, il y a au moins 63 personnes qui ont été jugées, détenues, condamnées ou sont en attente de verdicts pour violation présumée de la loi de lèse-majesté. La plupart de ces affaires ont été engagées après le dernier coup d'Etat militaire. La Thaïlande reste sous la mainmise d'une junte militaire connue sous le nom de Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO) et il n'y a pas de calendrier clair pour le plein rétablissement d'un régime civil et démocratique.

Le 30 avril 2015, Somyot a passé quatre ans derrière les barreaux, au cours desquels ses 16 demandes de libération sous caution ont été rejetées. Somyot souffre de la goutte et d'hypertension et il y a de sérieuses inquiétudes comme quoi le traitement médical qu'il reçoit à la prison de détention provisoire de Bangkok n'est pas suffisant. Pendant son incarcération, Sukanya Prueksakasemsuk a fait campagne sans relâche pour la libération de son mari et elle-même a été soumise à une détention arbitraire par l'armée thaïlandaise après le coup d'Etat de mai 2014.

La situation des droits humains en Thaïlande s'est gravement détériorée depuis le coup d'Etat de mai 2014. Dans sa décision sur l'appel final de Somyot, la Cour suprême de Thaïlande aura une occasion de renverser cette tendance répressive en défendant les droits fondamentaux à la liberté d'expression et à la liberté de la personne.

Les signataires de cette pétition demandent à la Cour suprême de Thaïlande:

1. La libération sous caution immédiate de Somyot

2. L'accélération du processus d'appel, en vue d'assurer la libération sans condition éventuelle de Somyot

Pour signer la pétition, cliquez sur le lien suivant:

http://www.ipetitions.com/petition/tell-thailand-free-thai-activist-somyot

Somyot Prueksakasemsuk

Somyot Prueksakasemsuk

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30 avril 2015 4 30 /04 /avril /2015 11:15

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/04/26/thailand-and-the-american-war-in-vietnam/

 

L'année "1968" évoque des images de radicalisme, en particulier l'opposition à la guerre américaine au Vietnam. Lorsque l'on considère la Thaïlande, il est important de comprendre que le mouvement des "Seventies" en Thaïlande était lié aux luttes des "Sixties" à l'échelle internationale. Ce lien entre les années soixante et soixante-dix se produit de deux façons. Premièrement, la vague de révoltes étudiantes et l'activisme parmi les jeunes gens en Europe de l'Ouest et aux États-Unis, le "mouvement de 1968", furent l'inspiration qui alluma les luttes de l'aile gauche en Thaïlande au début des années 1970. Les idées de gauche libertaires des mouvements occidentaux pénétrèrent dans la société thaïlandaise par le moyen de reportages d'information, d'articles, de livres, de la musique et du retour des étudiants thaïlandais d'Occident, en premier lieu, spécialement des étudiants en art. Deuxièmement, la victoire des partis communistes en Indochine après que les États-Unis aient commencé à perdre la guerre au Vietnam eut un impact massif dans l'initialisation des luttes pour une nouvelle société en Thaïlande. Ces victoires communistes asiatiques furent directement liées aux mouvements des "années 1960" en Occident d'une manière dialectique. Les radicaux occidentaux furent inspirés par les luttes locales contre l'impérialisme et l'injustice en Asie du Sud-Est et en dans d'autres parties du Monde. Le mouvement contre la guerre du Vietnam, qui occupa une part importante de la fin des "années 1960” en Occident, contribua à détruire la capacité des États-Unis à continuer de faire la guerre.

Le mouvement des "Seventies" en Thaïlande

Le mouvement des "Seventies" en Thaïlande

À quoi ressemblaient les "années 1970" thaïlandaises? La première image qui vient à l'esprit devrait être le demi-million de gens, principalement des jeunes lycéens et des étudiants, mais aussi des travailleurs ordinaires, manifestant autour du Monument de la Démocratie le 14 octobre 1973. Cela conduisit au renversement de la dictature militaire. Ce fut la première révolte populaire de masse de l'histoire thaïlandaise moderne. Le 14 octobre et les luttes qui suivirent, victorieuses et défaites, qui composèrent les "années 1970” thaïlandaises ont continué à façonner la nature de la politique et de la société jusqu'à nos jours.

La domination de la politique thaïlandaise par l'armée commença peu après la révolution de 1932. Mais la consolidation de son pouvoir est venue avec le coup d'État militaire de Sarit en 1957. Le développement économique durant les années de dictature militaire des années 1950 et 1960 prit place dans le contexte de boom économique mondial et aussi local créé par les guerres de Corée et du Vietnam. Cette croissance économique eut un impact profond sur la société thaïlandaise. Naturellement la taille de la classe ouvrière progressa tandis que des usines et des affaires furent développées. Cependant, sous la dictature, les droits syndicaux furent supprimés et les salaires, ainsi que les conditions d'emploi, étaient bien contrôlés. Au début de 1973, le salaire minimum journalier, fixé autour de 10 baths, demeurait inchangé depuis le début des années 1950 alors que le prix des marchandises avait augmenté de 50%. Des grèves illégales s'étaient déjà produites durant la période de dictature, mais celles-ci se multiplièrent rapidement à cause du mécontentement dû à la situation économique générale. Les neuf premiers mois de 1973, précédant le 14 octobre, virent un total de quarante grèves, et l'une d'entre elles, à la Thaï Steel Company, qui dura un mois, aboutit à une victoire grâce au niveau élevé de solidarité des autres travailleurs.

La révolte du 14 octobre 1973

La révolte du 14 octobre 1973

Une des conséquences du développement économique fut aussi l'augmentation massive du nombre d'étudiants, en particulier d'étudiants venus de la classe ouvrière. La construction en 1969 de l'université ouverte Ramkamhaeng en fut un facteur significatif. Le nombre d'étudiants de hautes études passa de 15,000 en 1961 à 50,000 en 1972. La génération d'étudiants du début des années 1970 fut influencée par les révoltes et les révolutions qui se produisaient à travers le monde durant cette période, Mai 1968 à Paris en étant l'un des principaux exemples. Avant cela, en 1966 le journal radical Social Science Review fut fondé par des intellectuels progressifs. Les étudiants commencèrent à partir pour des camps de développement rural dans le but d'étudier les problèmes de la pauvreté des campagnes. En 1971, 3500 étudiants étaient allés dans un total de 64 camps. En 1972, un mouvement de boycott des produits japonais fut organisé dans le cadre de la lutte contre la domination étrangère de l'économie. Les étudiants se mobilisèrent aussi contre l'augmentation des tarifs de bus à Bangkok.

En juin 1973, le recteur de l'université Ramkamhaeng fut obligé de démissionner après avoir tenté d'expulser un étudiant pour avoir écrit un pamphlet critiquant la dictature militaire. Quatre mois plus tard, l'arrestation de onze académiciens et étudiants pour avoir distribué des tracts réclamant une constitution démocratique, eut pour résultat de faire descendre dans les rues de Bangkok des centaines de milliers d'étudiants et de travailleurs. Lorsque des soldats avec des tanks ouvrirent le feu sur des manifestants désarmés, la population de Bangkok commença à répliquer. Des passagers d'autobus descendirent spontanément de leurs véhicules pour rejoindre les manifestants. Des bâtiments gouvernementaux furent incendiés. Les Tigres jaunes, un groupe d'étudiants militants, mirent le feu au poste de police du pont Parn-Fa en y envoyant de l'essence prélevée sur un moteur dont ils avaient pris possession. Plus tôt dans la journée, la police leur avait tiré dessus.

La révolte massive couronnée de succès du 14 octobre 1973 choqua la classe dirigeante thaïlandaise jusque dans ses fondements. Durant les quelques jours suivants, il y eut une étrangement nouvelle atmosphère à Bangkok. Les officiers de l'État en uniforme disparurent des rues et des gens ordinaires s'organisèrent eux-mêmes pour nettoyer la ville. Des scouts dirigeaient la circulation.

Le renversement réussi de la dictature militaire accrut énormément la confiance. Les travailleurs, les paysans et les étudiants commencèrent à se battre pour un peu plus qu'une simple démocratie parlementaire. Durant les deux mois suivant la révolte, le nouveau gouvernement de Sanya Tammasak nommé par le Roi fit face à un total de 300 grèves de travailleurs. Une fédération centrale des syndicats fut formée. De nouveaux organismes d'étudiants radicaux surgirent. Le 1er mai 1975, 250,000 personnes manifestèrent à Bangkok et, un an plus tard, 500,000 travailleurs prirent part à une grève générale contre l'augmentation des prix. A la campagne, des petits fermiers commencèrent à bâtir des organisations et ils allèrent à Bangkok pour faire entendre leurs voix. Les ouvriers et les paysans voulaient la justice sociale et la fin des privilèges. Une Triple Alliance entre les étudiants, les ouvriers et les petits fermiers fut créé. Certains activistes désiraient la fin de l'exploitation et du capitalisme lui-même. L'influence du Parti Communiste de Thaïlande (P.C.T) grandit rapidement, spécialement parmi les activistes des zones urbaines.

Manifestation contre les bases américaines en Thaïlande

Manifestation contre les bases américaines en Thaïlande

Un important domaine d'activité pour les étudiants fut la lutte contre l'impérialisme américain et pour une soi-disant "indépendance thaïlandaise". La dictature militaire avait été une proche alliée des États-Unis durant la Guerre Froide, envoyant un nombre symbolique de troupes thaïlandaises pour aider les Américains aussi bien en Corée qu'au Vietnam. En 1973, il y avait 12 bases militaires américaines dans le pays, avec 550 avions de combat et des milliers de soldats stationnés sur le sol thaïlandais dans le but de soutenir l'effort de guerre des États-Unis en Indochine.

En 1968, on m'avait emmené, lors d'un voyage scolaire à visiter la base aérienne d'U Tapao près de Sattahip et Pattaya. Ce fut l'une des bases de l'USAF clés utilisées pour les raids de bombardement des B52 au Vietnam. Sur les côtés de ces monstres assassins géants avaient été peints un certain nombre de bombes rouges, une pour chaque bombardement qui avait été effectué. Autour de la base, il y avait des cabanes en bois, où les femmes des villages pauvres vivaient. C'étaient des travailleuses du sexe servant les soldats américains.

Le gouvernement thaïlandais fut également impliqué dans des opérations clandestines sponsorisées par la CIA au Laos et au Cambodge. Le père de ma petite amie de l'école était un soldat qui avait été tué au Laos. Elle portait une jupe noire à la place de l'habituelle couleur bleue requise pour l'uniforme scolaire.

La présence d'un si grand nombre de troupes des États-Unis, ainsi que ce qui était vu comme la dominance de l'économie locale par des compagnies américaines, semblait confirmer l'analyse maoïste du Parti Communiste de Thaïlande que ce pays était devenu une "semi-colonie" des États-Unis. Après 1973, il y eut donc une campagne grandissante pour flanquer dehors les bases américaines.

Affiche des étudiants thaïlandais contre l'impérialisme américain

Affiche des étudiants thaïlandais contre l'impérialisme américain

Cette campagne, qui fut stimulée par la défaite des États-Unis au Vietnam et les nouvelles conséquences géopolitique qui en résultèrent, conduisit le Premier Ministre Kukrit à réclamer le retrait des Américains en mars 1975. Ce fut renforcé par une manifestation massive contre les bases américaines le 21 mars 1976. Peu après cela, les États-Unis retirèrent finalement leurs troupes de Thaïlande

La crainte de l'élite thaïlandaise vis-à-vis d'un mouvement de gauche en pleine expansion a finalement conduit au bain de sang du 6 octobre 1976 à l'Université Thammasart et au retour d'un régime militaire d'extrême droite.

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 17:48

Somyot Prueksakasemsuk est un journaliste activiste thaïlandais emprisonné depuis 4 ans pour des raisons politiques. Ci-dessous, une biographie de Somyot Prueksakasemsuk écrite par sa femme Sukanya en 2012:

Biographie de Somyot Prueksakasemsuk

Un article de Sukanya Prueksakasemsuk

Lien de l'article:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-biographie-de-somyot-prueksakasemsuk-102010533.html

 

Adolescent, Somyot Prueksakasemsuk rejoint le mouvement syndical thaïlandais lorsqu’il commence ses études à l’Université de Ramkhamhang à Bangkok. Dans le cadre du mouvement étudiant, il participe à la lutte pour la démocratie dans les années 1970, prenant part aux manifestations de 1976.

Somyot quand il était à l’université et publiait le livre de l'année des étudiants.

Somyot quand il était à l’université et publiait le livre de l'année des étudiants.

Somyot a alors commencé à travailler au sein du mouvement ouvrier comme militant des droits humains, travaillant pour des ONG et des organisations de travailleurs qui militaient pour les droits fondamentaux et l'amélioration des salaires et des conditions de travail. Pendant ce temps, il a soutenu les travailleurs de Thai-Belgium, Par Garment et Keder, célèbre victimes d'un incendie industriel, et lancé une campagne nationale pour les droits de maternité en Thaïlande.

Somyot quand il a été arrêté au cours de la campagne de grève contre les bas salaires des petites usines de Omnoi (zone de la banlieue de Bangkok)

Somyot quand il a été arrêté au cours de la campagne de grève contre les bas salaires des petites usines de Omnoi (zone de la banlieue de Bangkok)

Somyot quand il a rejoint les organisations internationales du travail et offert une formation aux syndicats d'usine

Somyot quand il a rejoint les organisations internationales du travail et offert une formation aux syndicats d'usine

Durant les années 1980 Somyot créé le Centre de Service d'Information du Travail et de la Formation (Centre for Labor Information Service and Training CLIST), mis en place pour assurer la formation nécessaire ainsi que pour donner des conseils aux syndicats locaux qui travaillent dans les zones industrielles de la région de Bangkok dans des secteurs aussi divers que l'automobile, les produits chimiques, l'habillement et les secteurs de l'énergie. Ce travail a été réalisé en collaboration avec un large éventail d’organisations de droits de l'homme et syndicales, tant au niveau national qu’international, bâtissant un réseau bien respecté de militants et d’activistes.

En 2005 Somyot se tourne vers l'édition, un vieux rêve. Il créé une maison d’édition ancrée à gauche et lance le Magazine « Siam Praritat », publie des livres de poche qui expliquent le mouvement ouvrier thaïlandais, et des thèmes politiques nationaux comme la démocratie et la justice sociale. Ces publications fournissent des informations et points de vue sur le système thaïlandais, ce dernier n’étant souvent pas bien compris dans le pays et à l'étranger. Dans le cadre du travail de diffusion de sa société, Somyot organise une série de débats publics et de séminaires et utilise des forums en ligne et des blogs pour engager les gens plus largement sur les questions de la vie politique thaïlandaise, du travail et de la justice sociale.

Somyot en Corée du Sud ou il a étudié le mouvement du travail coréen

Somyot en Corée du Sud ou il a étudié le mouvement du travail coréen

Pendant cette période Somyot rejoint l’organisation démocratique thaïlandaise, Nor Por Chor plus connu sous le nom de Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (les Chemises rouges) et devient le porte-parole pour les questions de justice sociale et de démocratie en Thaïlande. Mais les autorités thaïlandaises de l’époque (gouvernement d’Abhisit Vejjajiva) essayent de saboter le travail de Somyot et, en 2010, bloquent le compte bancaire de son magazine. Celui-ci est finalement arrêté et détenu en vertu du décret d’urgence d’Abhisit dans une prison militaire en mai et juin 2010, puis est finalement libéré suite à des pressions internationales ainsi que dans le pays.

Le 30 avril 2011, Somyot est de nouveau arrêté à Aranyaprathet, une ville de Thaïlande située à la frontière avec le Cambodge et inculpé de violation de l'article 112 (Loi de Lèse Majesté). L’accusation s’appuie sur deux articles publiés dans « Voice of Thaksin » (la Voix de Thaksin), le magazine publié par Somyot. Ces articles ont été écrits par un autre auteur. Sa demande de libération sous caution est refusée, au motif que le tribunal estime qu'il aurait l'intention de s'échapper de Thaïlande. La peine maximale pour ces faits est de 15 ans, et constitue un crime grave contre la nation et le roi.

Somyot quand il faisait partie du mouvement des Chemises rouges

Somyot quand il faisait partie du mouvement des Chemises rouges

Somyot lors de son arrestation

Somyot lors de son arrestation

Somyot n'a pas écrit ces articles, et pourtant il est détenu depuis 4 ans. Toutes les demandes de libération sous caution ont été refusées.

Somyot a subi un traitement cruel et inhumain tout au long de sa détention. Celle-ci est conçue pour lui causer un maximum de dégâts physiques et psychologiques en le déplaçant à travers toute la Thaïlande pour participer aux auditions des témoins à charge dans quatre différentes provinces (la prison provinciale de Sakaew en novembre 2011, la prison provinciale de Petchaboon en décembre 2011, la prison provinciale de Nakornsawan en janvier 2012 et, pour finir, la prison provinciale de Songkla en février 2012) en dépit du fait que tous les témoins soient basés à Bangkok. Il a parcouru plus de 4.000 kilomètres transportés dans des fourgons cellulaires, enchaînés par des chaînes métalliques pesant plus de 10kg.

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29 avril 2015 3 29 /04 /avril /2015 08:27

4 longues années de détention: s’il vous plait, envoyez une lettre de soutien aujourd'hui

Lien:

https://freesomyot.wordpress.com/2015/04/27/4-long-years-send-your-letter-of-support-today/

 

S'il vous plaît envoyez cette lettre à l'Email suivant, librarianbangkokprison@yahoo.com, et nous la soumettrons directement à la Cour suprême thaïlandaise.

A l'attention de la Cour suprême de Thaïlande

Bangkok, Thaïlande

Chers Messieurs,

Je vous écris par rapport au maintien en détention de Somyot Prueksakasemsuk qui est emprisonné depuis quatre ans.

Militant de longue date pour les droits du travail et la démocratie, Somyot est emprisonné depuis avril 2011 pour inculpation de crime de lèse-majesté. Il est uniquement inculpé de "publication et de diffusion" de deux articles dans le journal "Voice of Thaksin", dont il était l'éditeur de la rédaction mais pas l'éditeur juridique. L'acte d'accusation allègue qu'il aurait "osé diffamer, insulter ou menacer Sa Majesté le Roi Bhumipol Adulyadej du Royaume de Thaïlande". Tout au long son procès, il a été privé d'un procès équitable et du droit à la liberté sous caution.

La Constitution thaïlandaise accorde le droit à un procès rapide et équitable. Nous sommes préoccupés par le fait que Somyot Prueksakasemsuk ne se soit pas vu accorder ces droits fondamentaux. Nous croyons que le déni de la liberté sous caution fait partie d'une campagne de harcèlement et d'intimidation des défenseurs des droits de l'homme en Thaïlande. Nous demandons aux autorités judiciaires thaïlandaises de s'assurer que les droits de Somyot Prueksakasemsuk soient respectés et que son pourvoi en appel ainsi que sa demande de libération sous caution soient traitées rapidement.

Nous vous rappelons respectueusement que la Déclaration des Nations Unies sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société, de promouvoir et protéger les droits de l'homme universellement reconnus ainsi que les libertés fondamentales, adoptée par consensus par l'Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998, reconnaît la légitimité des activités des défenseurs des droits de l'homme, leur droit à la liberté d'association et invite les États à veiller à ce qu'ils puissent mener leurs activités sans crainte de représailles.

Nous vous demandons de veiller à ce que l'appel de Somyot Prueksakasemsuk soit entendu.

Cordialement

(Votre signature)

Somyot Prueksakasemsuk

Somyot Prueksakasemsuk

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27 avril 2015 1 27 /04 /avril /2015 08:57

Quatre années d'enfer en mer

Un article d'Ethan Harfenist et de Cheang Sokha

Lien:

http://m.phnompenhpost.com/national/four-years-hell-sea

 

Comme de nombreux Cambodgiens avant lui, Sopheap *, 29 ans, a quitté son pays d'origine pour la Thaïlande voisine à la recherche de travail et d'une vie meilleure. Son frère travaillait dans la construction et lui a suggéré de venir le rejoindre. Sopheap, convaincu, a quitté son domicile de Prey Chhor situé dans le district de Kampong Cham.

Il a ensuite contacté une agence pour être conduit en Thaïlande par un passeur, et avait prévu de rejoindre son frère afin de lui-aussi travailler dans la construction. Mais sa quête du bonheur a brusquement mis fin une fois arrivé au Pays du Sourire. Après avoir perdu contact avec son frère, Sopheap s'est vu proposer, à la place, de travailler sur un bateau de pêche. Il a accepté, en dépit du fait qu'il n'avait jamais travaillé comme pêcheur auparavant.

"On m'a ensuite emmené pour travailler comme pêcheur sur un bateau thaïlandais", a déclaré Sopheap lors d'une interview ayant eu lieu à Tual en Indonésie.

"On m'avait affirmé qu'après seulement 15 jours de travail, je pourrais rentrer chez moi."

Mais ces 15 jours se sont transformés en plus de quatre années de travail non-stop, sous des conditions infernales et des menaces faites par ses ravisseurs et d'autres pêcheurs.

Sopheap fait partie des plus de 300 pêcheurs-esclaves birmans, laotiens et cambodgiens libérés de plusieurs bateaux de pécheurs esclavagistes thaïlandais par les autorités indonésiennes au début du mois dernier à Benjina, un village reculé situé dans l'est de l'archipel, à la suite d'un rapport accablant fait par l'Associated Press. L'enquête a exposé les conditions de quasi-esclavage pour ceux qui sont détenus par force à Benjina et doivent travailler comme esclave sur des bateaux de pêche appartenant à des Thaïlandais. Ils n'étaient nourris que d'amuse-gueules, de riz et de curry et étaient mis en cage afin qu'ils ne puissent pas s'enfuir.

"Sur le bateau, il y avait 17 travailleurs - parmi eux, cinq étaient des Cambodgien [esclaves], et le reste étaient des Thaïlandais [libres]", a déclaré Sopheap. "Nous étions parfois menacés par les travailleurs thaïlandais. . . Nous vivions dans la peur sur le bateau, mais nous n'avions pas le choix. . . Nous devions rester patient et continuer à travailler dur".

A Tual, 58 Cambodgiens - beaucoup d'entre eux probablement victimes de la traite des esclaves - attendent de rentrer chez eux. "Les fonctionnaires de l'ambassade du Cambodge à Jakarta nous ont visité deux fois, dit Sopheap, et ils ont promis aux pêcheurs qu'ils pourraient rentrer au pays au début de mai prochain.

Joe Lowry, un porte-parole de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), a confirmé mercredi que le personnel de l'ambassade avait "rendu visite à tous les Cambodgiens [à Tual]. . . Ils ont commencé à vérifier la citoyenneté [des pêcheurs-esclaves] et leurs documents de voyage".

Cependant, l'OIM a récemment découvert que, parmi les 210 hommes de nationalité inconnue à Benjina, il se trouvait 36 Cambodgiens. Ces derniers attendent encore une visite de leur gouvernement.

Nous n'avons pas encore pu joindre un porte-parole du ministère cambodgien des Affaires étrangères pour qu'il nous explique ce fait.

Aux États-Unis, l'ONG Freedom House a présenté, mercredi dernier, un témoignage lors d'une audition au Congrès des Etats-Unis sur l'esclavage, "une note de rang dans la lutte contre la traite des êtres humains", épinglant la réponse du gouvernement cambodgien envers cette question, mais a ajouté que le pays commençait à prendre des mesures afin d'aborder ce problème.

"Des niveaux élevés de corruption et de mauvaise règle du droit au Cambodge continuent à favoriser un environnement prospère pour le trafic interne et transfrontalier", a écrit le président de Freedom House, Mark Lagon.

Il a ajouté, cependant, que le Cambodge avait restructuré son Comité national pour la lutte contre la traite et qu'il était "encourageant de voir le gouvernement du Cambodge prendre davantage de mesures pour lutter contre la traite [des esclaves], mais que cependant, plus de pression devaient être mises en place".

Le porte-parole du gouvernement [cambodgien], Phay Siphan, a rejeté les demandes de Freedom House, en disant qu'il "n'avait pas confiance en [cette organisation] parce qu'elle travaille pour quelqu'un d'autre". Il a cité les lois du Cambodge sur la traite [des esclaves] comme étant la preuve que le gouvernement essayait de lutter contre cette pratique.

Mais pour ceux qui ont passé des années à vivre comme des esclaves, tout ce qu'ils peuvent penser est de revenir au pays.

Taing *, 27 ans, un autre Cambodgien originaire de Chi Kraeng, un quartier de Siem Reap, a été asservi sur un autre bateau [thaïlandais] pendant six ans.

"Sur ce bateau, je travaillais très dur et il n'y avait pas de temps pour se détendre," a-t-il témoigné. "Dans une période de un ou deux mois, nous ne sommes allés à terre que pour quelques jours. Mais alors nous sommes retournés à la mer pour de plus amples pêches".

"Je veux retourner au Cambodge. . . Je veux travailler et aider mes parents", a-t-il ajouté, affirmant qu'il ne voulait jamais travailler à l'étranger de nouveau.

Pour Sopheap, son retour n'est pas assez rapide.

"Cette expérience a été si douloureuse pour moi," a-t-il dit. "Je ne pourrai jamais repartir travailler [à l'étranger]."

* Les noms des victimes ont été changés pour protéger leurs identités.

Les esclaves après leur libération par les autorités indonésiennes

Les esclaves après leur libération par les autorités indonésiennes

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25 avril 2015 6 25 /04 /avril /2015 12:22

THAÏLANDE: DE LA CUISINE DU MONDE A LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE

Une analyse d'Isabelle Delforge*

Lien de l’analyse en anglais:

http://focusweb.org/node/506

 

Lien de la première partie publiée par Libérez Somyot:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/04/thailande-de-la-cuisine-du-monde-a-la-souverainete-alimentaire-1ere-partie.html

 

Lien de la deuxième partie publiée par Libérez Somyot:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/04/thailande-de-la-cuisine-du-monde-a-la-souverainete-alimentaire-2eme-partie-1.html

 

Note de Libérez Somyot: Nous avons décidés de publier cette excellente analyse, dont la totalité fait 16 pages, en trois parties. L’analyse date un peu mais est toujours valable. Voici la troisième et dernière partie:

 

3. LA CUISINE DU MONDE DANS LAQUELLE LES AGRICULTEURS FONT FAILLITE

La troisième contradiction dans les politiques et les pratiques concernant la nourriture thaïe, le commerce et l'agriculture est moins visible du bureau de Charoen Pokphand. Mais cette contradiction est frappante partout en Thaïlande rurale, où les agriculteurs ont du mal à survivre et à garder leurs terres. CP et les autres principaux groupes agroalimentaires en Thaïlande, montrent l'image d'un secteur agroalimentaire prospère, fondée sur le dos de communautés agricoles qui vont à la faillite.

Bien que les dirigeants du CP assurent que "leurs" agriculteurs contractuels soient "très à l'aise", un journaliste thaïlandais, qui a enquêté sur les pratiques de l'entreprise dans la campagne, décrit la situation comme étant de "l'esclavage agricole contractuel". Il a constaté que les agriculteurs avaient perdu tout pouvoir de décision et assument pris tous les risques liés à la production. Selon ses recherches, les agriculteurs ne devenaient pas plus riches mais se retrouvaient plus endettés lors de ce processus.

Veerapon Sopa, un agriculteur biologique de Buriram, a déclaré que de nombreux agriculteurs étaient désormais dépendants de CP. ''La société est venu et a fait des promesses merveilleuses aux agriculteurs, a-t-il expliqué. Dans mon village, elle a convaincu beaucoup d'entre nous de commencer à élever des poulets pour elle. Puis est venu l'exploitation. Les agriculteurs devaient investir beaucoup d'argent au début. Il y avait un prix garanti, mais CP trouvait toujours un moyen de payer moins, en faisant valoir que les agriculteurs ne respectaient pas les normes, que la qualité n'était pas bonne, que la production était en retard. Ensuite, les agriculteurs sous contrat sont devenus très endettés."

Les agriculteurs contractuels sont devenus extrêmement dépendant vis-à-vis de la demande du marché mondial et ont été transformé en travailleurs d'usine dans leur propre domaine: La seule différence, c'est qu'ils n'avaient pas d'entreprise pour prendre la responsabilité de la sécurisation de leurs emplois, de leur bien-être social, etc.

PRODUIRE PLUS POUR APPORTER MOINS

Depuis la crise financière de 1997, alors que même les exportations alimentaires ont augmenté, les agriculteurs sont devenus de plus en plus vulnérables. Tandis que le volume des exportations alimentaires a augmenté de 49% entre 1997 et 2002 (de 19,421 milliers de tonnes en 1997 à 28,926 en 2002), la valeur totale a légèrement diminué (de 10,552 à 9,997 millions de dollars). La Thaïlande produit plus pour moins. Dans le cadre du système néolibéral actuel, en raison de la baisse constante des prix des matières premières sur le marché mondial, le pays a besoin de continuer à augmenter sa production afin de seulement maintenir les mêmes recettes. Cela met évidemment une pression croissante sur les revenus des agriculteurs et sur les ressources naturelles telles que la terre et l'eau.

Entre 1997 et 2000, même si les exportations ont grimpé, les revenus agricoles réels n'ont pas augmenté. D'autre part, les dépenses agricoles ont augmentées depuis quelques années, elles ont même dépassé le revenu moyen d'un agriculteur. Il est donc juste de dire que la situation des agriculteurs est généralement pire qu'avant le boom des exportations. Les chiffres de l'endettement des agriculteurs donnent une autre indication de la misère dans un pays dont l'exportation des produits alimentaires est pourtant une réussite.

De 1988 à 1995, tandis que les chiffres des exportations agroalimentaires explosaient en Thaïlande, le pourcentage des ménages agricoles endettées est passée de 22,45% à 60% et la dette moyenne par ménage agricole a augmenté plus de 10 fois, passant de 3777 baht à 37231 baht (de 151 US $ à 1478 US $). Un rapport de recherche de la Banque de l'agriculture et des coopératives agricoles de Thaïlande en 2002 indique que la dette totale du secteur agricole était d'environ 411 milliards de baht (9,000,000,000 US $). En raison de l'endettement, de nombreux agriculteurs ont perdu leurs terres et doivent travailler comme ouvriers. Plus d'un million de paysans sont sans terre, avec un taux de hausse de 4,05% par an.

Selon l'Office national de développement économique et social, il y aurait 9,9 millions de personnes pauvres en Thaïlande en 2001, pour une population de 62 millions. Quatre-vingt pour cent des pauvres vivent en milieu rural et la plupart d'entre eux sont des agriculteurs, avec peu de terres ou pas de terre du tout.

La Thaïlande est en train de devenir la cuisine du monde, mais des rapports alarmants montrent que la malnutrition reste endémique dans le pays, en particulier dans les zones rurales du Nord-Est. L'Organisation pour l'alimentation et l'agriculture des Nations Unies (FAO) estime que 19% des 62,8 millions d'habitants de la Thaïlande sont chroniquement sous-alimentés. Le ministère de l'éducation a mené une enquête dans les écoles primaires et pré-primaires pour évaluer le nombre d'enfants souffrant de malnutrition. En 2003, sur 6.633.809 étudiants interrogés, plus d'un million souffraient de malnutrition. Cela a un impact dévastateur sur la capacité des enfants pour le développement et l'apprentissage.

LES COMMERCANTS OBTIENNENT LA PART DU LION

Cela montre que le succès présenté par la Thaïlande dans le monde entier est en fait un désastre pour la grande majorité de la population concernée dans l'agriculture et la production alimentaire. La libéralisation du commerce dans le secteur agricole, au lieu de bénéficier aux agriculteurs et aux travailleurs, a bénéficié aux commerçants, courtiers et sociétés de l'agrobusiness.

Une analyse du marché du riz montre que même si la Thaïlande est devenue l'un des plus grands exportateurs de riz dans le monde, cette richesse n'a pas été répartie également entre les agriculteurs et les commerçants. Les producteurs, principalement les petits agriculteurs, n'acquièrent en moyenne que 24% de la valeur des exportations, les 76% restants allant aux exportateurs et aux commerçants.

LE SECTEUR AGRICOLE SOUS PRESSION

Si la Thaïlande offre maintenant un haut profil national et international pour son ambition de devenir la "Cuisine du monde", vantant les qualités de ses 20 millions d'agriculteurs et travailleurs de l'alimentation, depuis les années soixante, cette orientation n'a pas été reflété dans les priorités de la politique. Comme Walden Bello l'a écrit après la crise financière asiatique de 1997: "La stratégie du gouvernement a toujours été déséquilibrée et à courte terme visant une exploitation permanente de l'agriculture subordonnée à des intérêts commerciaux-industriels urbains, avec peu de souci pour l'avenir de l'agriculture, plutôt que d'un équilibre dont le but serait de réduire progressivement le subventionnement du secteur agricole de l'industrialisation et de faire à la place de la prospérité agricole l'un des moteurs de la croissance industrielle ultérieure."

Cette subordination de l'agriculture pour les intérêts du secteur industriel et urbain n'a pas changé après la crise de 1997, même si les communautés rurales et le secteur agricole ont amorti l'impact social de la crise économique en fournissant un "filet de sécurité social" avec un montant estimatif de 1,2 million de travailleurs urbains retournant dans leur zone rurale, et même si ce secteur emploie encore plus de la moitié de l'effectif total.

La part du PIB de la Thaïlande dans l'agriculture a diminué, passant de plus de 30% dans les années 1970 à environ 9% aujourd'hui. Selon un rapport de la BAD, la "politique économique thaïlandaise a contribué à une baisse à long terme du secteur agricole. Bien que les dépenses du gouvernement soient élevés par rapport aux normes régionales, les investissements publics dans la recherche et l'investissement agricole ont été modeste... En outre, les politiques commerciales ont encouragé le développement d'un capital de production intensive, donnant à ce secteur un avantage dans la compétition pour les ressources nationales."

Les salaires dans le secteur agricole sont également beaucoup plus faibles que dans les autres secteurs. En 2000, le salaire mensuel moyen dans le secteur agricole était de 3000 baht (73,7 US $), alors qu'il était de 5800 baht (142 US $) pour le secteur manufacturier et de 6700 baht (164 US $), soit plus du double, pour le salaire moyen tous secteurs confondus.

Derrière l'éclat d'un producteur alimentaire efficace et exportateur, la réalité révèle une crise profonde dans le secteur agricole et alimentaire. Cette image montre également que le modèle néo-libéral imposé par les institutions financières partout dans le monde ne profite pas à la société dans son ensemble et qu'on ne peut pas lui faire confiance en tant que base pour un développement économique national en bonne santé. Même dans un pays comme la Thaïlande, où les exportations de produits alimentaires montent en flèche, les gens continuent d'avoir faim, les agriculteurs s'appauvrissent, les travailleurs sont exploités, l'environnement est épuisé et les consommateurs obtiennent de la nourriture contaminée.

4: VERS UNE STRATEGIE NATIONALE DE SOUVERAINETE ALIMENTAIRE

Face à de plus grandes inégalités, une marginalisation et la vulnérabilité, des agriculteurs, des pêcheurs, des membres des groupes ethniques minoritaires et des travailleurs pauvres ruraux et urbains de Thaïlande se sont organisé afin de lutter pour une société où règne la justice sociale.

Le nombre de protestations et de manifestations organisées chaque jour dans tout le pays donne une indication de la variété et du dynamisme des mouvements d'opposition. Selon une étude, en 1988, il y avait une moyenne d'une manifestation tous les deux jours organisés par les communautés locales. Ce chiffre a quadruplé en 1994. En 1994, il y a eu 739 manifestations au cours de l'année, et en 1995 il s'est produit 754 manifestations au total.

Derrière ces protestations, des mouvements durables venus de la base proposent et mettre en œuvre des stratégies pour survivre et dont le but est que le peuple vive une vie décente. La manière dont la nourriture est produite et distribuée parmi la population est au cœur de ce modèle alternatif. Dans la grande diversité des luttes des peuples, les grandes lignes se dessinent: les communautés se réapproprient le droit de contrôler les ressources naturelles, elles favorisent l'agriculture durable à la place des systèmes de production chimiques dépendant, elles donnent la priorité à l'autosuffisance et s'oriente plutôt vers les marchés intérieurs que vers l'exportation et l'agriculture industrielle. Les grands mouvements tels que l'Assemblée des Pauvres, la Fédération paysanne du Nord, le Réseau d'agriculture alternative et beaucoup d'autres font également pression sur le gouvernement pour le droit de participer au processus de prise de décision, une décision politique qui influerait directement sur eux. Ils affirment que la nourriture ne doit pas être traitée en tant que marchandise comme une autre parce que c'est une pierre angulaire de la santé publique, de la vie culturelle et de la subsistance. Ils se dirigent maintenant vers une stratégie de souveraineté alimentaire qui réaffirmerait le droit des peuples à définir leurs propres politiques et pratiques alimentaires ainsi qu'agricoles afin de servir le droit des peuples à une production sûre, saine et écologiquement durable.

Fin

* Isabelle Delforge est une chercheuse qui met l'accent sur les pays du Sud. Elle est basée à Bangkok en Thaïlande

Note de Libérez Somyot: Cet article a été publié avant le coup d'Etat de mai 2014 et les organisations mentionnées dans cette analyse n'ont malheureusement plus leur mot à dire aujourd'hui.

Dhanin Cheravanont, le PDG de Charoen Pokphand Group

Dhanin Cheravanont, le PDG de Charoen Pokphand Group

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24 avril 2015 5 24 /04 /avril /2015 06:31

Forum de la population de l'ASEAN

Lien:

https://www.facebook.com/notes/international-solidarity-for-thailand/la-lutte-pour-la-d%C3%A9mocratie-en-tha%C3%AFlande-et-son-impact-sur-lasean/943391045692856

 

Le 22 avril 2015, à Kuala Lumpur, en Malaisie a eu lieu une Session de Pré-événement intitulée:

"La lutte pour la démocratie en Thaïlande et son impact sur l'ASEAN"

COMMUNIQUÉ DE PRESSE

Le 22 avril 2015

Pour une ASEAN sans junte

Les organisateurs et les participants de l'atelier de discussion sur "La lutte pour la démocratie en Thaïlande et son impact sur l'ASEAN" dénoncent la junte militaire illégale au pouvoir en Thaïlande et appellent à la libération de tous les prisonniers politiques en Asie du Sud-Est.

Pendant le Forum populaire de l'ASEAN (APF), le 22 Avril 2015, à Kuala Lumpur, le Groupe de Malaisie pour le soutien de la démocratie en Thaïlande, l'Action pour la Démocratie du Peuple de Thaïlande (ACT4DEM), le Parti Socialiste de Malaisie (PSM), le "Community Legal Education Center" du Cambodge et le Centre de ressources du Travail Sedane (LIPS) de l'Indonésie, ont organisé une discussion sur la situation terrible en Thaïlande et son impact sur la communauté de l'ASEAN.

Les libertés politiques sont sous état de siège en Thaïlande depuis le coup d'État militaire de mai 2014, et l'espace démocratique continue à se rétrécir. La crise en Thaïlande ne pourra être résolue tant que l'armée se cramponnera au pouvoir en collusion avec les élites conservatrices et royalistes, et conservera un mépris total pour le principe de la démocratie et des choix du peuple. Le flagrant démantèlement de la démocratie en Thaïlande ne pourra ouvrir la voie qu'à des intérêts capitalistes de plus en plus agressifs et à plus d'assujettissement des citoyens ordinaires.

Les participants de l'atelier de discussion ont exprimé leur solidarité avec Somyot Prueksakasemsuk, le travailleur activiste thaïlandais, qui est emprisonné depuis 4 ans, en vertu des lois de lèse-majesté draconiennes de Thaïlande, pour s'être levé en faveur de la justice.

L'atelier a conclu que le Forum des peuples de l'ASEAN doit appeler pour:

1. une ASEAN sans junte;

2. une ASEAN sans prisonniers politiques;

3. la reconsidération des "principes de non-ingérence" de l'ASEAN, de sorte que les voix et les choix du peuple pourront lutter contre toutes les formes de dictature et renforcer la solidarité pour la démocratie et la justice sociale dans la région.

Le 22 avril 2015

Signé par:

le Groupe de Malaisie pour le soutien de la démocratie en Thaïlande,

Malaisie

l'Action pour la Démocratie du Peuple de Thaïlande (ACT4DEM),

Thaïlande

le Parti Socialiste de Malaisie (PSM),

Malaisie

Le "Community Legal Education Center",

Cambodge

Le Centre de ressources du Travail Sedane (LIPS),

Indonésie

Pour plus d'informations, s'il vous plaît contacter: int.psm@gmail.com, ou par téléphone direct: +60195669518

Bureau international

Parti Socialiste de Malaisie / Parti Sosialis Malaysia (PSM)

Adresse:

No.22A, Lorong Vivekananda, 50470 Brickfields, Kuala Lumpur, Malaisie.

Tél: + 60-3-22747791, (mobile) + 60-19-5669518

Fax: + 60-3-87374772

email: (siège) pusat@partisosialis.org/

(Bureau international) int.psm@gmail.com

Notre site internet:

http://partisosialis.org/

Lien du Communiqué de Presse en anglais:

http://partisosialis.org/node/3268

Les intervenants du forum

Les intervenants du forum

Les participants du forum

Les participants du forum

Etude d’un graphisme montrant les résultats électoraux de l’élection législative thaïlandaise de 2011

Etude d’un graphisme montrant les résultats électoraux de l’élection législative thaïlandaise de 2011

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23 avril 2015 4 23 /04 /avril /2015 17:14

THAÏLANDE: DE LA CUISINE DU MONDE A LA SOUVERAINETE ALIMENTAIRE

Une analyse d'Isabelle Delforge*

Lien de l’analyse en anglais:

http://focusweb.org/node/506

 

Lien de la première partie publiée par Liberez Somyot:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/04/thailande-de-la-cuisine-du-monde-a-la-souverainete-alimentaire-1ere-partie.html

 

Note de Libérez Somyot: Nous avons décidés de publier cette excellente analyse, dont la totalité fait 16 pages, en trois parties. L’analyse date un peu mais est toujours valable. Voici la deuxième partie:

 

2. L'AGRICULTURE BIOLOGIQUE: UN MODE DE VIE OU UN MARCHEE DE DUPES?

Une deuxième contradiction émergeant de la pratique commerciale de Charoen Pokphand est son prétendu intérêt pour l'agriculture et la santé sans nourriture chimique alors que lui-même est un grand détaillant d'intrants chimiques et de semences hybrides nécessitant de grandes quantités de pesticides et d'engrais. Chia Tai Group, la filiale de CP Group pour les affaires de pesticides et de semences, a mélangé une large gamme de produits agro-chimiques importés et les vend sous sa propre marque en Asie depuis des années. En 1979, CP a également conclu un partenariat avec la société américaine DeKalb Genetics Corporation, achetée par Monsanto en 1998, afin de mener des recherches sur le maïs et les graines hybrides. CP a ensuite acquis un quasi-monopole sur les semences de maïs en Thaïlande. Les rapports environnementaux sur Monsanto sont particulièrement mauvais, allant de la production de l'agent orange, un défoliant utilisé par l'armée américaine pendant la guerre du Vietnam à la contamination à la dioxine de la production de produits agricoles chimiques et à la domination des semences génétiquement modifiées très controversées sur le marché mondial.

Dans le même temps, CP Food fait de la publicité sur sa nouvelle politique de "respect de l'environnement" et le lancement de ses propres pratiques alimentaires de santé, tels que la culture sous une moustiquaire pour éviter les infections parasitaires. L'entreprise a récemment pénétré le marché biologique, la production de riz dans l'agriculture sous contrat pour l'exportation. Selon M. Anek Silapapun "le riz biologique est un nouveau marché pour nous. Nous produisons moins de 100 tonnes par année. Mais nous pensons que c'est l'avenir. Le marché intérieur est trop petit donc nous ciblons le marché européen. Nous espérons produire bientôt des mangues biologiques et développer d'autres produits biologiques dans l'avenir".

À la suite de l'épidémie de grippe aviaire qui a eu lieu début 2004, CP et les leaders de l'industrie de la volaille ont également convaincu les autorités thaïlandaises que l'agriculture industrielle dans des élevages fermés était la meilleure façon de garantir la sécurité alimentaire. Le gouvernement a lancé un plan de modernisation de l'élevage de volaille, l'octroi de prêts aux petits agriculteurs pour remplacer les fermes ouvertes par des poulaillers industriels. Le coût d'un tel investissement a entraîné des milliers de petits éleveurs de poulet hors de l'entreprise ainsi que la consolidation de la position de marché de CP et d'autres grands exportateurs. Cependant, dans le monde entier, des petites entreprises agricoles ont également souffert de foyers de grippe aviaire. De plus, loin d'être le moyen le plus sûr d'aller, l'agriculture industrielle a également créé un large éventail de problèmes de sécurité comme le développement de la bactérie salmonella ainsi que d'autres bactéries ou de la résistance aux antibiotiques.

UNE THAÏLANDE SANS PRODUITS CHIMIQUES

Comme Charoen Pokphand, le gouvernement thaïlandais montre maintenant un intérêt croissant pour les aliments biologiques et bons pour la santé, après des décennies de promotion de la révolution verte. Pour la première fois, le 8eme plan national de développement économique et social (1997-2001) a reconnu l'agriculture durable, y compris l'agriculture biologique. Ceci est le résultat d'années de campagne et de mobilisation des mouvements paysannes et des ONG. Le plan s'est fixé l'objectif ambitieux de convertir 20% des terres arables à l'agriculture durable, mais aucune action concrète n'a été prise pour atteindre cet objectif. Le Dr Sangsit Piriyarangsan, un haut conseiller de l'ancien ministre de l'Intérieur et un universitaire respecté, avait même proposé un plan pour déclarer "une Thaïlande sans produits chimiques". Mais ce projet a été abandonné lorsque le Premier ministre Thaksin Shinawatra est arrivé au pouvoir en 2001. Dans l'ensemble, l'utilisation de pesticides en Thaïlande ne cesse d'augmenter. Amphon Kittiampon, directeur de l'Office Standard national des produits agricoles et de l'Alimentation, a déclaré que les importations de produits chimiques toxiques avaient augmenté de 119% au cours des 10 dernières années et que le nombre de personnes tombant malades à la suite de nourriture chimique et de produits agricoles contaminés avait augmenté de 148% en six ans.

Comme pour les entreprises transnationales, l'intérêt des autorités thaïlandaises pour les aliments sûrs et l'agriculture organique est largement poussé par l'attrait des marchés étrangers. L'une des principales stratégies de la Thaïlande pour rester compétitive malgré l'ouverture de ses marchés agricoles aux producteurs géants comme la Chine est d'augmenter les normes de sécurité alimentaire - notamment dans le cadre des "bonnes pratiques agricoles" et les concepts de "bonnes pratiques de production". Il est également révélateur que l'un des rares projets purement organiques actuellement mis en œuvre par les autorités est celui du ministère de la promotion des exportations intitulé "Projet pilote sur l'exportation des produits agricoles organiques" et initié en 1999. Outre ce projet, le ministère de l'Agriculture a mis au point des lignes directrices sur les normes organiques et un organisme de certification. À ce jour, la plupart des producteurs certifiés sont de grands exportateurs.

Cette orientation vers une agriculture durable pour l'exportation est reçue avec des sentiments mitigés par les divers mouvements sociaux de la Thaïlande.

Vitoon Ruenglertpanyakul, directeur de Greennet, qui est depuis longtemps un exportateur de riz organique pour le réseau du commerce équitable, estime qu'il s'agirait clairement de bonnes nouvelles si plus d'entreprises s'impliquaient dans l'agriculture biologique et si le gouvernement les y encourageait. "Cela signifie qu'il y aura moins de produits chimiques autour. Les agriculteurs, les consommateurs et l'environnement seront moins exposés à des résidus toxiques." Pendant ce temps, Greennet travaille pour une meilleure intégration entre les normes organiques et les critères sociaux.

Mais le Réseau d'agriculture alternative (Alternative Agriculture Network, sigle anglais: AAN) est plus critique. Pongtip Samranjit, de la "Rural Reconstruction Alumni and Friends Association (RRAFA)", un membre actif de l'AAN, affirme; "Nous essayons de convaincre le gouvernement que l'agriculture alternative n'est pas synonyme d'une agriculture biologique orientée vers l'exportation. Produire pour l'exportation a conduit les agriculteurs à la pauvreté, la dépendance et la surexploitation de la terre". Les dirigeants de l'AAN soutiennent que l'agriculture contractuelle, même pour les produits biologiques, permet aux grandes entreprises de prendre le contrôle de l'ensemble du processus de production: ils prêtent de l'argent aux agriculteurs, ils leurs vendent des semences, des pesticides et des engrais et ils achètent les récoltes. "Parfois, les agriculteurs ne peuvent même pas manger le riz sain qu'ils produisent, parce qu'il appartient déjà à l'entreprise", explique Samranjit. "Ils doivent donc acheter du riz conventionnel pas cher sur le marché. La monoculture, même pour les produits biologiques, crée une dépendance. Si les prix baissent, les agriculteurs ne gagnent pas assez pour survivre. "Le Réseau d'agriculture alternative favorise d'abord l'auto-suffisance et la production pour les marchés locaux. Les agriculteurs cultivent une grande variété de cultures, pas seulement une seule culture de rente et ils les vendent sur le marché mondial seulement s'ils ont encore des excédents.

Selon Witoon Lianchamroon de Biothai, une autre organisation impliquée dans l'AAN, "Les plus grands exportateurs de riz, comme Capital Rice, produisent actuellement du riz biologique en vertu des accords d'agriculture contractuelle. Les agriculteurs biologiques impliqués avec les ONG dans le Nord-Est sont de plus en plus souvent approchés par des sociétés privées intéressées pour leur acheter toute leur récolte. Cela ressemble à une évolution intéressante, mais je le vois comme une menace sérieuse pour le mouvement. Ces entreprises voient l'agriculture biologique en termes de marché, alors qu'il s'agit d'un mode de vie. Ils peuvent ne pas utiliser de pesticides, mais ils continent d'exploiter les agriculteurs en leur offrant un prix bas et en contrôlant la chaîne de production et le marché. Cette évolution nous montre que la question de l'agriculture alternative n'est pas seulement à propos de l'évolution des pratiques agricoles. C'est une façon différente de voir les relations sociales. Nous devons faire que les êtres humains reviennent dans le marché. Comme dans nos marchés traditionnels locaux ou les agriculteurs et les commerçants ont un sens de la responsabilité et ils connaissent le nom des gens. Les consommateurs n'ont pas besoin de certification à ce niveau. L'échange est basé sur la confiance et le respect".

Aujourd'hui, en Thaïlande, une estimation de 16,761,375 rai (2682 hectares) de terres agricoles sont sous gestion biologique. Cela ne représente que 0,013% du total des terres agricoles et implique environ 750 familles. En 1995, un organisme de certification indépendant (Agriculture Biologique certifiée de Thaïlande, en anglais: Organic Agriculture Certification Thailand) a été reconnu par des institutions internationales telles que la Fédération internationale des mouvements d'agriculture biologique (International Federation of Organic Agriculture Movements, sigle anglais: IFOAM) et des services internationaux d'accréditation organiques. Mais une partie beaucoup plus importante de la surface agricole du pays est gérée selon les pratiques agricoles alternatives, sans aucune certification. L'AAN travaille seul avec un maximum de 3 470 familles d'agriculteurs, à différents stades de la conversion vers des pratiques agricoles durables. Il y a un marché intérieur de plus en plus important pour la nourriture saine et plus d'entreprises offrant des produits garantis sans produits chimiques aux consommateurs thaïlandais.

Pour Witoon Lianchamroon, en Thaïlande, il y a un grand potentiel pour le développement de l'agriculture alternative. "Le public thaïlandais soutient le délaissement de l'agriculture chimique et de nombreux agriculteurs sont prêts à changer leurs pratiques. Mais pour gérer cette transition, nous avons besoin de nous éloigner de l'agriculture industrialisée orientée vers l'exportation et de développer un modèle radicalement différent", affirme-t-il. Cette vision est à l'opposé de la politique gouvernementale qui est de promouvoir une alimentation saine pour un marché de dupes, principalement à l'étranger, tout en encourageant la poursuite de l'industrialisation de l'agriculture, ce qui implique en outre la surexploitation des ressources en terres et en eau, l'utilisation intensive de semences hybrides et des intrants agro-chimiques ainsi que l'appauvrissement des agriculteurs.

(A suivre)

Les produits de Charoen Pokphand Foods

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Published by liberez-somyot
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