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17 avril 2015 5 17 /04 /avril /2015 18:41

Un article de Chatwadee Rose Amornpat

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http://www.asiasentinel.com/opinion/remembrance-kamol-duangphasuk-mainueng-kor-kunthee/

 

Cela fait un an que Kamol Duangphasuk, largement connu parmi les chemises rouges militants de Thaïlande sous le nom de "Mainueng Kor Kunthee," a été assassiné par un inconnu qui s'est approché de sa voiture et a tiré sur lui cinq balles dans le parking d'un restaurant situé dans le nord de Bangkok.

L'assassin s'est enfui sur une moto. Mainueng, dont le nom de plume (ไม้ หนึ่ง) signifie "le bois" - "selon la traduction" - a été touché deux fois dans la poitrine et est décédé plus tard dans un hôpital. Sa mort est survenue un mois avant le coup d'Etat militaire qui a verrouillé la société thaïlandaise, aboli la démocratie parlementaire et supprimé la parole pour les pauvres venus du milieu rural de la société. Ce faisant, les putschistes, dirigés par Prayuth Chan-ocha, ont restauré les élites à leur place accoutumée mais à peine justifiée dans la société thaïlandaise.

Mainueng s'est fermement opposé au coup d'Etat militaire de 2006 et à la répression qui a suivi contre les critiques de la monarchie. Il a participé à de nombreux rassemblements du Front uni pour la démocratie contre la dictature (l'UDD). Il a également été très actif dans la campagne pour abolir l'article 112 du Code pénal, la loi de lèse-majesté, qui a été largement utilisé pour criminaliser la liberté d'expression et emprisonner des écrivains, des journalistes, des universitaires et des éditeurs. Son assassinat fait partie d'une série d'attaques violentes contre des militants.

Ses poèmes ont été publiés par un certain nombre de magazines dont le prestigieux hebdomadaire Matichon dans les années 1990. Sa poésie était suffisamment controversée pour faire de lui la cible d'un groupe d'autodéfense [fasciste] connu sous le nom d'Organisation de Ramassage des Ordures qui a publiquement menacé de chasser les opposants de la monarchie, les décrivant comme des ordures.

Mainueng n'était pas seulement un militant de la démocratie, il était brillant et visionnaire. Il était à l'avant-garde du mouvement chemise rouge et des mouvements pour les droits civils. Il a risqué sa vie à plusieurs reprises en dénonçant les injustices de la société thaïlandaise où les élites jouissent de privilèges qu'elles croient avoir été accordé par le ciel tandis que les pauvres sont toujours tirés vers le plus bas. Il avait reçu des demandes et des avertissements préalables de la part de l'Armée royale thaïlandaise afin de cesser ses activités pour la démocratie et la liberté d'expression.

Sa poésie dépeint les causes et les effets de la situation politique et le sort des pauvres devant les yeux attentifs des dictateurs thaïlandais. Il était populaire pour son style poétique direct et pour ses messages politiques forts. Ses poèmes appellent à la justice sociale, aux droits des pauvres venus du milieu rural et à la contestation des forces de l'oppression.

Son style d'écriture poétique était unique et exceptionnel, mais pas toujours conformes aux règles de la poésie dictées par la classe supérieure traditionnelle de Thaïlande. Au contraire, il utilisait son propre esprit et la libre circulation de la pensée pour narrer l'histoire de la vie quotidienne d'une manière simple. Certains de ses poèmes étaient laconiques et équivalents aux poèmes japonais de style Haiku, qui cherchent à en dire le maximum avec le moins de mots possible.

En raison de son franc parler en public et de sa poésie, les autorités thaïlandaises, en particulier l'Organisation de Ramassage des Ordures dirigé par le médecin et général de l'armée, Riengthong Nannah, ont mis la tête de Mainueng à prix. Bien que cela n'ait jamais été confirmé, les défenseurs de la démocratie pensent que cette organisation a déclaré une guerre ouverte contre eux lors de son lancement en 2013 et qu'elle est responsable de la mort prématurée de Maineung.

L'Organisation de Ramassage des Ordures, qui a prétendument reçu des fonds de l'armée et/ou du palais, a offert des récompenses pour inciter les gens à les informer de toutes les activités anti-monarchie ou lèse-majesté. Ceux qui ne sont pas de fervents partisans de la famille royale et de la monarchie sont des cibles. Beaucoup d'entre nous se sont exilés pour échapper à la prison.

Mainueng venait d'une famille thaïlandaise ordinaire. Il s'est inscrit à l'université comme beaucoup d'autres étudiants venus du Nord-est pauvre avant lui. Il a obtenu son baccalauréat en arts appliqués tout en travaillant à temps partiel et en vivant de petits boulots. Tout au long de ses années de collège, il a été témoin du comportement dictatorial de beaucoup de ses employeurs et donc il s'est déclaré à lui-même dans ses divers écrits qu'il devait faire quelque chose pour changer ce système injuste en une société meilleure. Il a perçu le mouvement pour la démocratie comme étant l'un des moyens pour arriver à un tel changement.

Suite au premier anniversaire de son assassinat, je tiens à traduire l'un de ses poèmes politiques les plus sincères:

- Adorez l'esprit libre et les courageux Chemises rouges

- Adorez les gens ordinaires qui osent défier le dictateur

- Adorez la personne éclairée qui s'est échappé du culte

- N'adorez jamais ceux qui vous disent de vivre sous la poussière de leurs souliers. (Une référence à la langue royale lorsqu'une personne s'adresse aux membres de la famille royale)

Chatwadee Rose Amornpat est une militante thaïlandaise en exil au Royaume-Uni qui a été ciblée à maintes reprises pour ses opinions tranchées contre la royauté.

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

Mainueng Kor Kunthee

Mainueng Kor Kunthee

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15 avril 2015 3 15 /04 /avril /2015 09:19

Pour la première fois depuis les années 1970, le tribunal militaire de Thaïlande est utilisé pour juger les crimes civils contre la couronne et l'état.

Un article de Tyrell Haberkorn

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http://asaablog.tumblr.com/post/115351908961/thailand-dictatorship-far-from-benign

 

Depuis le coup d'Etat du 22 mai 2014 organisé par le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO), le 12 coup "réussi" (ce qui signifie que le pouvoir a été saisi) depuis la fin de la monarchie absolue le 24 juin 1932, j'ai souvent eu à faire face à deux compréhensions erronées de la part des observateurs extérieurs au pays. La première est que le NCPO ne serait pas particulièrement répressif et que les effets du coup d'Etat n'auraient pas été de grande envergure. La seconde est qu'il n'y aurait pas d'opposition significative au coup d'Etat. Ces deux observations sont incorrectes.

L'actuel premier ministre, le général Prayuth Chan-ocha, est un dictateur et la Thaïlande est une dictature militaire. La loi martiale a été déclarée deux jours avant le coup d'Etat et elle est restée en vigueur jusqu'au 1er avril 2015. Ensuite, elle a été remplacée par l'utilisation de l'article 44 de la constitution temporaire, qui fournit à la junte le pouvoir de prendre toute mesure jugée nécessaire afin de préserver l'ordre, puis la rendre de facto juridique.

Pendant les dictatures des années 1950, 1960 et 1970, une mesure similaire a été largement utilisée pour la détention et l'exécution sommaire des ennemis supposés de l'Etat. Pour la première fois depuis les années 1970, le tribunal militaire est utilisé pour traiter les crimes civils contre la couronne et l'état.

Il y a aujourd'hui d'importantes restrictions à la liberté d'expression ainsi que de constantes menaces et de l'intimidation contre les étudiants, les militants des droits sur les ressources, les journalistes et d'autres activistes. Selon l'organisation non gouvernementale thaïlandaise iLaw, au moins 690 personnes ont été convoquées et détenues depuis le coup d'Etat. Il y a eu aussi 399 arrestations dont 144 d'entre elles qui ont eu lieu lors de manifestations pacifiques.

Ces arrestations ont entraîné 142 nouvelles affaires pénales pour les crimes politiques, dont plus des deux tiers sont en cours de traitement par le tribunal militaire. Il y a aussi eu une épidémie de poursuites pour de prétendues accusations de lèse-majesté, une loi qui interdit les insultes, la diffamation, ou les menaces contre le roi, la reine, l'héritier présomptif ou le régent. Depuis le coup d'Etat, au moins 47 nouveaux cas de lèse-majesté ont été jugés par les juridictions pénales et militaires, y compris pour des crimes tels que le fait de jouer dans des pièces de théâtre ou l'écriture de graffitis dans les toilettes.

Ce malentendu sur la nature du coup est aussi dû au fait que trop peu d'attention ait été accordée à la gamme de protestation et de dissidence contre cette répression. Alors qu'un certain nombre de citoyens thaïlandais ont encouragés les soldats à quitter la caserne et soutenus le coup d'Etat, un éventail d'acteurs politiques, y compris des figures familières comme les étudiants, mais aussi d'autres activistes, sont entrés en dissidence malgré cet environnement de peur.

En particulier, le Réseau des citoyen résistant (Resistant Citizen), un groupe composé d'intellectuels, de travailleurs et de familles des victimes de la violence politique qui s'était produite auparavant, ont commencé par organiser une "journée de l'amour des élections" effectuée lors de la dernière Saint Valentin, puis ils ont ensuite mis en place une série de manifestations critiques de plus en plus populaires et soutenues par une utilisation intelligente des médias sociaux adaptées avec des méthodes traditionnelles de protestation afin de dénoncer la violence de la loi martiale.

Ils ont planifié et mené une série de protestations solitaires incluant des promenades à Bangkok, poussant délibérément les limites de la loi martiale afin de l'exposer comme un instrument de répression et non pas de réforme. Alors qu'ils recueillaient plus de partisans, la junte, prise par une inquiétude croissante, a répondu par la violence et a criminalisé la marche.

Mais je tiens en particulier à mettre en évidence la dissidence venant d'une position beaucoup plus resserrée, en fait de derrière les barreaux de la prison centrale pour femmes. Pornthip Munkhong est une militante de 26 ans condamnée à 2,5 ans de prison en février 2015 pour avoir prétendument insulté la monarchie lors de la représentation d'une pièce satirique, "La Fiancée du Loup", réalisée en octobre 2013.

Comme la plupart des autres personnes accusées de violation de l'article 112, elle a plaidé coupable, parce qu'il n'y avait aucune possibilité d'obtenir un verdict innocent. A partir de septembre 2014, elle a commencé à écrire, de sa prison, une fable titrée "Little foot" (Petit pied).

Avant son arrestation, elle organisait des ateliers de théâtre pour les enfants, et son auditoire déclaré pour la fable est le groupe des enfants avec lesquels elle avait travaillé. Elle a écrit cinq parties de la fable jusqu'à présent, chacune d'entre elles envoyées de la prison à un ami, puis publié par le site de médias indépendants Prachatai. Chaque partie ne doit pas dépasser la longueur d'une page, ceci afin de se conformer à la longueur autorisée pour les lettres qui sortent de prison.

Petit pied est une créature de forme inconnue. L'histoire que Pornthip est en train d'écrire parle du trajet [de Petit pied] sur un chemin dans la lumière déclinante d'une journée. Nous savons qu'il quitte la maison, mais ne connaissons pas sa destination. Parce que le noir de la nuit est imminent, il doit constamment décider de choisir entre la sécurité ou le risque, et élaborer des stratégies pour survivre dans ce terrain difficile.

Semblable à la pièce satirique pour laquelle elle a été emprisonnée, la fable est elle-aussi une allégorie. Son public comprend également les adultes hors de la prison, qui ont lu sa fable lors de sa publication, ainsi que les censeurs - dont elle parle en termes voilés au début de la cinquième partie comme étant ses premiers lecteurs - qui lisent tout son courrier et estampillent leur approbation sur ce dernier avant qu'il ne quitte la prison.

La raison pour laquelle j'ai choisi de mettre en évidence la fable de Pornthip Munkhong est que je pense que, pour beaucoup de gens, une opposition importante ne peut se constituer que par des milliers de personnes manifestants dans les rues.

Tout comme il est mauvais de romancer la résistance, de même faut-il être myope pour ne pas reconnaître la dissidence, parce que nos optiques ne sont pas assez aiguë pour comprendre ce qui est vraiment répressif et ce qui est vraiment résistant.

Sa fable, son audace pour écrire, son sens comme quoi les censeurs font partie de son public, sont nécessaire pour une dissidence en ces temps de répression.

Tyrell Haberkorn est membre du département de politique et de changement social de l'Université nationale australienne.

La prisonnière politique Pornthip Munkhong

La prisonnière politique Pornthip Munkhong

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12 avril 2015 7 12 /04 /avril /2015 09:14

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/04/11/lack-of-democracy-and-neoliberalism-root-causes-of-songkran-road-deaths/

 

Chaque année, pendant les vacances de Songkran en Thaïlande, des centaines de personnes sont tuées et beaucoup d'autres sont blessées dans des accidents de la route. En fait, les accidents de la route sont l'une des principales causes de décès prématurés dans la société thaïlandaise.

Les élites et les dictateurs, qui dirigent et contrôlent la société, aiment rejeter la faute sur les victimes pour "conduite imprudente et ivresse". Quand ils ne sont pas en train de blâmer, l'écume à la bouche, les activités sexuelles ainsi que les mœurs légères pendant le festival, ces élites et dictateurs essaient d'agir durement et promettent une répression sévère contre la mauvaise conduite. Mais tout comme leurs commentaires sur la morale sexuelle sont hypocrites, des commentaires souvent fait par les mêmes personnes qui bénéficient de l'exploitation sexuelle des jeunes filles, leurs déclarations sur la réduction des accidents touchent à peine la surface du problème.

Les raisons de ces statistiques épouvantables de morts sur les routes sont la piètre qualité des transports publics abordables pour les pauvres, le mauvais état des routes, les niveaux élevés d'inégalité et les longues heures de travail subies par les travailleurs thaïlandais. C'est un problème sous la dictature militaire actuelle et c'en était un sous les gouvernements de Taksin, d'Abhist et de Yingluck.

La grande majorité des personnes tuées sur les routes de Songkran sont des travailleurs pauvres, en particulier ceux qui sont obligés d'utiliser des motocyclettes plutôt que des voitures. la majorité des décès vient des accidents de motocyclettes.

Les réseaux ferroviaires en Thaïlande sont extrêmement sous-financés. Les chemins de fer sont lents et ont désespérément besoin d'être développés. Mais les tentatives du gouvernement précèdent de Yingluck pour commencer ce développement nécessaire ont été attaquées par une alliance contre nature des arriérés, des juges non élus et des partisans anti-démocratique de Sutep venus de la classe moyenne. Bien sûr, les néolibéraux du "Thailand Development Research Institute", qui travaillent main dans la main avec les militaires et les antidémocrates, sont totalement opposé aux dépenses publiques pour moderniser et rendre abordable les chemins de fer. Ils préfèrent l'investissement privé à but lucratif alors qu'il a été prouvé que ce dernier favorisait l'augmentation du prix des billets, réduisait les normes de sécurité et ne fournissait pas de service à la majorité des citoyens qui sont pauvres. De plus, la proposition de la junte d'une joint-venture avec le despotique régime chinois ne concerne que le trafic de marchandises dans un but lucratif.

Le financement public d'un service ferroviaire à haute vitesse moderne et abordable pour les citoyens ne ferait pas que réduire le nombre inacceptable de décès et de blessures de la route, mais il aiderait également à économiser l'énergie et diminuer le réchauffement climatique.

Un financement public adéquat pour l'entretien des routes et une réglementation stricte des autobus interurbains sont également désespérément nécessaires en plus de la modernisation des chemins de fer.

Les salaires de la majorité des travailleurs sont beaucoup trop faibles pour qu'ils puissent se permettre tous les extras de luxe comme les voitures, qui sont beaucoup plus sûres que les motos. Il s'agit simplement de rappeler un fait qui relie l'inégalité à la sécurité. Mais je ne suis pas favorable à la construction d'une "culture de l'automobile". Le transport public doit être la réponse.

La majorité des gens ordinaires travaillent de très longues heures en Thaïlande, devant souvent travailler le samedi, et ne profitent que de quelques jours de congé annuel. Cela signifie que les vacances de Songkran sont devenues une prime devant être apprécié pleinement. Les gens voyagent souvent toute la nuit et passent ces quelques jours précieux de vacances à s'amuser et boire à fond. Cela n'augure rien de bon pour la sécurité sur les routes ni n'importe où ailleurs. Les heures de travail doivent être réduites et les salaires augmentés. Cela exige un mouvement syndical beaucoup plus militant et politique et cela ne pourra se faire qu'après la réduction de la puissance et de l'influence des élites, des chefs d'entreprise et des militaires. En d'autres termes, un enracinement ainsi qu'une expansion profonde de l'espace démocratique sont nécessaires. Le premier pas dans cette direction est de s'organiser afin de renverser la junte militaire et de bâtir une représentation politique de la classe ouvrière.

Pendant des années, les gouvernements conservateurs ou soutenus par l'armée ont ignoré les investissements dans l'infrastructure sociale, qu'il s'agisse de soins de santé, des transports, du logement ou de l'éducation. Le premier coup d'Etat contre Taksin en 2006 a été en partie motivé par la haine de l'élite vis-à-vis d'un gouvernement modernisateur.

Où pourrions-nous obtenir de l'argent pour l'investissement de l'Etat dans les transports publics? Il y a de l'argent pour l'investissement réel, mais afin de l'utiliser pour les bonnes raisons, le budget militaire doit être réduit, les millions gaspillés pour des royaux improductifs devraient être redirigés et les riches doivent être imposés à un "super" taux sans aucune exception.

Outre le carnage routier effroyable du Songkran, le festival de cette année est aussi le 5ème anniversaire du début de la campagne de répression militaire brutale contre les Chemises rouges désarmés. Songkran est un festival de l'eau où les gens aiment s'arroser les uns les autres. Mais l'armée et les élites ont noyés Songkran dans le sang, et ceci plus d'une fois.

Songkran

Songkran

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 09:15

Thaïlande: l'ONU alarmée par l'adoption par le gouvernement de pouvoirs potentiellement illimités

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http://www.un.org/apps/newsFr/storyF.asp?NewsID=34528#.VSOEm_mUde8

 

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Zeid Ra'ad Al Hussein, a fait part jeudi de sa préoccupation après que le gouvernement militaire thaïlandais a annoncé avoir invoqué un article de la Constitution provisoire du pays conférant une autorité illimitée au chef du gouvernement militaire.

Cet article accorde au personnel militaire des pouvoirs coercitifs considérables sur la population civile, bafouant potentiellement un large éventail de droits de l'homme garantis par le droit national et international, estime le Haut-Commissariat aux droits de l'homme (HCDH).

Mercredi, le gouvernement militaire du Premier Ministre et général Prayuth Chan-ocha a obtenu l'autorisation de révoquer la loi martiale et de la remplacer par des pouvoirs extraordinaires en vertu de l'article 44 de la Constitution provisoire.

«En temps ordinaire, je saluerais chaleureusement la levée de la loi martiale. J'ai d'ailleurs vivement plaidé en faveur de sa levée en Thaïlande», a déclaré M. Zeid. «Mais je suis alarmé par la décision de remplacer la loi martiale par quelque chose d'encore plus draconien, qui confère des pouvoirs illimités au Premier Ministre actuel en l'absence de tout contrôle judiciaire. Cela laisse la porte grande ouverte à des violations graves des droits de l'homme fondamentaux. J'appelle le gouvernement à garantir que ces pouvoirs extraordinaires, bien que prévus par la Constitution provisoire, ne seront pas exercés de manière imprudente».

En vertu d'une ordonnance publiée par le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO) qui élabore la mise en application de l'article 44, les membres du personnel militaire à partir du grade de sous-lieutenant peuvent être désignés «officiers de maintien de la paix et de l'ordre», avec des pouvoirs coercitifs considérables, y compris celui de perquisitionner, d'arrêter et de détenir en dehors de tout contrôle judiciaire. Ils auront, par ailleurs, le pouvoir de «mener toute autre action» ordonnée par le NCPO.

L'article 44 permet effectivement au chef du NCPO, le général Chan-ocha, de rendre toute ordonnance législative, exécutive ou judiciaire. De telles ordonnances ainsi que toute action se basant sur celles-ci, seraient automatiquement considérées comme légales, constitutionnelles et probantes. Même les violations des droits de l'homme au regard des lois nationales et internationales existantes seraient considérées comme légales et aucune voie de recours pour que des comptes soient rendus ne pourrait être envisagée. Les officiers de maintien de la paix et de l'ordre bénéficieraient de l'immunité pénale, civile et disciplinaire pour toute action qu'ils pourraient entreprendre en vertu de ces pouvoirs extraordinaires.

«L'ordonnance du NCPO publiée mercredi annihile également la liberté d'expression», a déclaré Zeid Ra'ad Al Hussein. «Elle donne à ces officiers militaires de maintien de la paix et de l'ordre l'autorité d'interdire “la diffusion de nouvelles”, la vente ou la distribution de livres, de publications ou de tout autre médium qui “pourrait susciter la peur du public ou qui sont destinés à déformer les nouvelles et les informations afin d'engendrer des incompréhensions qui pourraient toucher la sécurité nationale ou l'ordre public”. La liberté de réunion demeure également sévèrement restreinte, avec de fortes punitions pour les manifestants qui se réunissent en groupes de plus de cinq personnes».

Selon le Haut-Commissaire, «en pratique, cela signifie balayer tous les contrôles et les équilibres sur l'exercice du pouvoir gouvernemental, privant ainsi de sens la levée de la loi martiale».

Le Haut-Commissaire a exhorté le gouvernement thaïlandais à respecter ses obligations au regard du droit international des droits de l'homme et à restaurer sans tarder l'état de droit normal et civil, comme il avait promis de le faire après le coup en mai l'an dernier.

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al-Hussein

Le Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme, Zeid Ra’ad Al-Hussein

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 09:05

Une déclaration de Reporters sans frontières

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http://fr.rsf.org/thailand-prayut-chan-o-cha-nouveau-03-04-2015,47755.html

Près d’un an après le coup d’Etat militaire, la situation de la liberté de la presse s’est gravement détériorée en Thaïlande. Convocations de journalistes, irruptions dans les rédactions des principaux médias et projets de lois liberticides, la junte militaire exerce une pression croissante sur la presse. Dernier fait en date, les menaces “d’exécutions” du Premier ministre Prayut Chan-ocha, à l’égard des journalistes jugés trop indépendants. Reporters sans frontières (RSF) dénonce cette politique de contrôle de l’information et d’intimidation de la presse.

Le 25 mars dernier, lors d’une conférence de presse, le général Prayut Chan-ocha, chef du Conseil national pour la paix et l’ordre et Premier ministre, répond à une question sur les mesures qu’il envisage face aux journalistes qui ne suivent pas la ‘ligne officielle’: "Nous les exécuterons probablement", affirme-t-il sur ton sans équivoque.

Sa vision du journalisme, le Premier ministre l’avait partagée à la presse quelques semaines plus tôt. Le 5 mars, «Journée des reporters» dans le pays, Prayut Chan-o-cha avait expliqué que les journalistes devaient : «jouer un rôle important en soutenant les actions du gouvernement, entraînant de manière concrète une compréhension des politiques de ce dernier par le public, et ainsi réduire les conflits dans la société».

A l’encontre de ceux qui n’adhèrent pas à sa politique et se prémunissent du droit fondamental de la critiquer, Prayut Chan-o-cha conduit une répression tous azimuts. Depuis l’instauration de la loi martiale en mai 2014, le Premier ministre muselle journalistes, médias, blogueurs, mais aussi artistes, intellectuels, et universitaires, membres de l’opposition politique et plus généralement tous ceux qu’il juge trop critique à son égard et à celui de la junte. Au cours des dernières semaines, la surenchère d’interventions publiques toujours plus hostiles les unes que les autres à l’égard de la presse a révélé au monde entier le mépris total du Premier ministre pour la liberté de l’information et ses défenseurs, qu’il considère comme une menace contre le pays.

Propagande et menaces

Pour proférer ses menaces à l’encontre de la presse, le Premier ministre a instauré la diffusion hebdomadaire d’une émission télévisée intitulée «Rendre le bonheur au peuple», titre d’une chanson composée par le général lui-même et diffusée dans tout le pays. Il y présente la politique du gouvernement, et livre par ailleurs ses critiques concernant les dernières nouvelles publiées dans la presse, voire interpelle directement les rédactions en les exhortant à davantage de «coopération».

En septembre dernier, Prayut avait menacé de créer de nouvelles lois qui auraient des «inconvénients pour les journalistes, la presse, les stations de radio et les chaînes de télévision». Le projet de loi sur la cyber-sécurité, présenté par le gouvernement en janvier dernier, ses discussions sur de nouvelles régulations de la presse audiovisuelle ou encore les commentaires de Prayut sur l’instauration d’examens pour les journalistes, sont les premiers signes d’une mise à exécution de ces menaces.

Lorsqu’ils lui souhaitent un joyeux anniversaire, les journalistes peuvent espérer un bon mot ou des vœux de bonne entente de la part du général, mais lorsqu’ils font preuve d’indépendance, en mettant à jour des scandales et des violations graves des droits de l’homme, la réaction de l’homme fort du pays est toute autre. Le 25 mars dernier, il a accusé Thapanee Lestsrichai, journaliste d’investigation de renom et reporter pour Channel 3, d’avoir porté préjudice à l’économie thaïlandaise en révélant le trafic humain qui touche l’industrie de la pêche. Après avoir enquêté sur l’île indonésienne de Benjina, la journaliste avait révélé l’existence de cimetières où reposent des centaines de ressortissants thaïlandais. Au lieu d’applaudir ce travail d’intérêt public, Prayut s’est répandu en invectives contre la journaliste : «Qu’est-ce qui arrivera si nous rapportons ces informations de manière globale, parlant au monde entier de notre trafic et des problèmes de pêche illégale? Et que (ndlr: se passera-t-il) s’ils arrêtent d’acheter notre poisson, qui représente 200 milliards de bahts? En prendrez-vous la responsabilité?»

Un contrôle toujours plus resserré

La junte de Prayut ne cherche pas seulement à contrôler la presse traditionnelle. Un projet de loi sur la cybersécurité a vu le jour au début de l’année, qui permettrait aux autorités d’exiger la coopération des fournisseurs d’accès à Internet dans le cadre de la surveillance des réseaux par le Conseil national pour la paix et l’ordre.

Sous couvert de «sécurité nationale», un prétexte utilisé quasi quotidiennement, comme le crime de lèse-majesté, pour justifier censure et arrestations d’internautes, le projet de loi autoriserait également la mise sous surveillance des communications électroniques dans tous le pays. En attendant, la police de la pensée sur Internet continue d’arrêter les acteurs de l’information, les cyber-activistes et les défenseurs des droits de l’homme. C’est le cas de l’avocat Anon Numpa, défenseur de nombre de personnes inculpées de lèse-majesté et récemment accusé par l’armée d’avoir publié des points de vue hostiles à la junte, notamment sur Facebook.

Le 31 mars 2015, le général a annoncé qu’il révoquerait la loi martiale, en vigueur depuis le coup d’Etat de mai 2014, pour la remplacer par un ordre judiciaire décrit dans l’article 44 de la Constitution intérimaire instaurée en juillet dernier. L’article 44 donne les pleins pouvoirs au chef du Conseil national pour la paix et l’ordre, en indiquant qu’il peut “donner tous ordre ou conduire ou empêcher toutes actions, sans égard pour le fait que l’ordre ou l’action produise des effets législatifs, exécutifs ou judiciaires”.

Recommandations

Reporters sans frontières demande au Premier ministre de mettre un terme à sa politique liberticide et de favoriser un environnement favorable pour le travail de la presse et la circulation de l’information, y compris en ligne, en prenant notamment les mesures suivantes :

- Renoncer à l’instauration d’un régime en vertu de la Constitution intérimaire et en particulier à l’application de l’article 44 de la Constitution qui enlèverait toute protection pour la presse et permettrait un contrôle abusif de l’information.

- Renoncer à l’adoption de lois permettant la surveillance massive du Net et ne pas permettre la surveillance d’individus par l’instauration d’une nouvelle loi sur la cybersécurité.

- Cesser les convocations et arrestations de journalistes, blogueurs et autres acteurs de l’information sous couvert de “sécurité nationale” ou de “lèse-majesté”.

- Cesser de menacer la presse et les journalistes de représailles, d’inciter à l’autocensure massive des médias et d’interférer dans la ligne éditoriale ou tout autre aspect interne de l’activité de la presse.

Prayut Chan-ocha menace d'exécuter les journalistes qui ne suivent pas la "ligne officielle"

Prayut Chan-ocha menace d'exécuter les journalistes qui ne suivent pas la "ligne officielle"

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4 avril 2015 6 04 /04 /avril /2015 16:36

Un article du journal britannique "The Guardian"

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http://www.theguardian.com/world/2015/apr/02/thailand-west-get-tough-prayuth-chan-ocha-junta-bangkok

 

Ne laissez pas la levée de la loi martiale vous tromper: le glissement de la junte vers une dictature encore plus dure réclame des positions plus fortes de la part des États-Unis, de l'UE et du Japon dont les échanges commerciaux et le tourisme sont nécessaires pour la Thaïlande.

La levée, cette semaine, de la loi martiale par le dirigeant militaire de Thaïlande, Prayuth Chan-ocha, ressemble à une tentative éhontée pour duper ses alliés clés d'outre-mer, notamment les États-Unis, l'UE et le Japon, en cherchant à faire croire que le pays serait sur la voie du retour à la démocratie. La junte de Bangkok, qui a pris le pouvoir en mai dernier en renversant un gouvernement élu, espère manifestement persuader les investisseurs internationaux, les partenaires commerciaux et les touristes étrangers que les affaires marchent comme d'habitude en Thaïlande.

La réalité est très différente. Quelques minutes après l'annonce de mercredi dernier, le régime a invoqué l'article 44 de la Constitution provisoire qui a été mise en place arbitrairement l'année dernière. Connu sous le surnom de "loi du dictateur", cet article donne à Prayuth le pouvoir de passer outre toute branche gouvernementale au nom de la sécurité nationale, et l'absout de toute responsabilité juridique. Dans ses principes essentiels, les possibilités d'abus sont plus menaçantes que sous la loi martiale.

"L'activation par le général Prayuth de l'article 44 de la Constitution marque une étape de plus dans la profonde descente de la Thaïlande dans la dictature", a déclaré Brad Adams, directeur pour l'Asie de Human Rights Watch. "Les amis de la Thaïlande à l'étranger ne devraient pas être abusés par cette tromperie évidente qui fournit de manière efficace des pouvoirs illimités et irresponsables. En particulier, les détentions illégales d'opposants civils semblent en passe d'augmenter", a-t-il ajouté.

La junte avait arrêté des centaines de politiciens, militants, journalistes et autres qu'elle accusait de soutenir le gouvernement déchu de la première ministre Yingluck Shinawatra, de manquer de respect envers la monarchie ou d'organiser des protestations anti-coup d'Etat, a déclaré Human Rights Watch. Les militaires ont interrogé de nombreux détenus dans des installations militaires secrètes sans s'assurer de garanties contre les mauvais traitements. Yingluck, quant à elle, a été bannie de la politique et fait face à des poursuites criminelles.

Prayuth est autant stupide que tyran. Son insistance sur les vertus incomparables de la "Thainess" et les valeurs fondamentales traditionnelles, et sa mission autoproclamée de restaurer "le bonheur au peuple", ont ouvertement tourné au ridicule, même si les médias et les institutions sont étroitement contrôlés. Après que les rassemblements politiques de plus de cinq personnes aient été interdits l'année dernière, les étudiants ont organisé des "parties sandwich" avec sit-in le midi. Lorsque l'idée s'est propagée, l'armée de Prayuth a détenu les piqueniqueurs subversifs les accusant de "manger des sandwichs avec intention politique".

L'ancien général, qui cherche lui-même à prendre un style de premier ministre, dirige le "Conseil national pour la paix et l'ordre", un nom qui sonne orwellien. Il affirme qu'il ne voulait pas du travail de superviseur national et qu'il l'aurait pris par sens du devoir. Mais il est prompt à menacer ceux qui contestent ses pouvoirs ou sa conduite. Les journalistes qui ne diraient pas "la vérité" pourraient être exécutés, a-t-il prévenu ce mois-ci. Il ne plaisantait pas.

Comme les dictateurs de pacotille du monde entier, le calendrier de Prayuth pour la tenue d'élections ne cesse de glisser. Des élections étaient censées se tenir cette année. Maintenant, elles pourraient peut-être avoir lieu l'année prochaine, ou plus tard. Pendant ce temps, la junte, aidé par un comité consultatif et législatif nommé, se prépare une constitution permanente dont le but principal semble être de réduire de façon permanente la démocratie parlementaire et empêcher le retour au pouvoir du clan Shinawatra, qui a remporté tous les scrutins depuis 2001.

"La charte comprend des disposition autorisant un fonctionnaire non élu à assumer le rôle de premier ministre en temps de crise. Les dangers posés à la liberté n'ont pas besoin d'être précisés lorsque les autocrates écartent les principes fondamentaux de la démocratie au nom de "l'urgence nationale", "l'ordre public" et "des mesures de crise", a déclaré le commentateur Aron Shaviv.

"La charte suggère également que le Sénat de 200 membres soit nommé, et non soumis à un quelconque processus électoral. Et pour aider à promouvoir cette mesure totalement anti-démocratique, la junte a fait appel à la justice, souillant le fondement même de la démocratie".

La perspective d'un régime dictatorial de Prayuth se prolongeant indéfiniment n'est pas du gout de Washington. Une dispute orageuse et publique a explosé en janvier dernier quand Daniel Russel, un secrétaire d'Etat adjoint américain, a critiqué le manque de démocratie. Mais l'administration d'Obama est en conflit interne. La Thaïlande est un vieux et précieux allié datant de l'ère de la guerre du Vietnam, qui a coopéré sur la sécurité et les questions militaires, l'interdiction des drogues et la traite des êtres humains.

Plus précisément, les États-Unis ne veulent pas laisser le domaine stratégique ouvert à la Chine dans leur bras de fer avec Pékin pour l'avantage et l'influence en Asie du Sud-est. Le Japon partage les préoccupations de Washington. Son premier ministre, Shinzo Abe, a récemment accueilli Prayuth à Tokyo. Abe a appelé à la restauration d'un régime civil, mais son accent portait également sur le maintien d'une relation bilatérale et commerciale forte.

La Chine a moins de scrupules. "Un mois après le coup d'Etat, la Chine a assuré à Bangkok qu'elle continuerait à soutenir le développement de la Thaïlande et a accueilli une délégation de responsables militaires supérieurs thaïlandais à Beijing", a expliqué Felix Chang, un analyste du "Foreign Policy Research Institute".

"Plus important encore, la Chine a remporté l'approbation d'un nouveau chemin de fer qui reliera Kunming et Bangkok à travers le nord-est de la Thaïlande. Une fois terminé, ce chemin de fer liera plus fortement l'économie (et les intérêts) de la Thaïlande à ceux de la Chine... En février dernier, Prayuth a convenu de renforcer les liens militaires avec la Chine ", a précisé Chang.

L'UE a également une influence considérable sur Bangkok, mais, comme Washington, elle a échoué jusqu'ici à faire pression pour un changement de comportement. Les Ministres des Affaires étrangères de l'UE ont condamné le coup d'État en juin dernier, suspendus quelques visites officielles, et ont promis de garder un œil sur la situation.

Le régime de Prayuth a désespérément besoin du business et du tourisme européen, d'où l'annonce déguisée et trompeuse de cette semaine sur la loi martiale. Comme troisième partenaire commercial de Bangkok et deuxième plus grand investisseur, l'UE, agissant de pair avec Washington et Tokyo, doit rapidement décider si le diaporama consternant de la Thaïlande vers une dictature institutionnalisée demande une position plus ferme. La réponse est assez évidente.

Manifestation pour la démocratie devant l’ambassade de Thaïlande à Manille (Philippines)

Manifestation pour la démocratie devant l’ambassade de Thaïlande à Manille (Philippines)

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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 07:16

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/03/31/dont-be-fooled-by-the-thai-juntas-smoke-and-mirrors/

 

Alors que les organisations internationales des droits humains et les gouvernements occidentaux ont, à juste titre, appelé à la fin de la loi martiale et à des élections rapides, il est important de regarder les détails de toute levée de la loi martiale ou de la tenue d'élections à l'avenir.

La junte et ses serviteurs universitaires ont encensé le remplacement de la loi martiale, qui a été mise en place lors du coup d'Etat militaire du 22 mai 2014, par l'article 44 de la constitution temporaire de l'armée. Cet article peut être adopté dans le cas où la junte militaire juge nécessaire de l'utiliser pour des fins de ce qu'on appelle la "réforme", pour faire respecter l'unité ou pour empêcher des actions jugées comme étant une menace envers la sécurité nationale, la monarchie, la bureaucratie, ou l'économie. L'article peut être invoqué si la menace vient de l'intérieur ou de l'extérieur du pays. L'article 44 donne un pouvoir total à la junte pour ordonner ou agir à titre juridique, exécutif ou judiciaire, de quelque manière qu'elle le juge nécessaire.

La mention d'une prétendue menace pour l'économie donne à la junte un chèque en blanc pour réprimer les grèves ouvrières.

Tout aussi important sont les petits détails à propos de toutes les futures élections. La junte et ses agents anti-réforme sont occupés à concevoir un système politique similaire aux "démocraties guidées" comme celles qui existent en Birmanie ou à Singapour. L'espace démocratique sera gravement compromis du fait que les politiciens élus devront faire certifier leurs programmes politiques et leurs actions par des organismes militaires nommés comme le Sénat, le comité anti-corruption ou le comité d'organisation des élections. Le Parlement sera délibérément affaibli et des mesures seront mises en place pour discriminer le parti politique de Taksin ou toute autre parti politique qui gagnerait le soutien des masses populaires. La junte vivra sous une autre forme et contrôlera la politique thaïlandaise dans l'ombre.

Toute mesure des qualités démocratiques des élections futures en Thaïlande devra inclure des évaluations sérieuses sur le rôle des organismes non élus et sur l'équilibre du pouvoir entre ces derniers et les représentants démocratiquement élus, les partis et les gouvernements. Pour obtenir une véritable démocratie, des mesures doivent être mises en place afin d'arrêter l'influence militaire sur la politique et les gouvernements élus doivent être libres de définir des programmes politiques plutôt que d'être placé dans un carcan politique par les anti-réformistes. Il ne doit pas y avoir de restrictions légales à la liberté des partis politiques et les politiciens du parlement doivent refléter clairement les préférences de vote de l'électorat.

Certains gouvernements occidentaux seront sans doute impatients de sauter sur l'occasion pour offrir à la "démocratie" en Thaïlande un "bilan de santé" lorsque la loi martiale sera levée et que des élections auront lieu. L'attitude de nombreux gouvernements occidentaux vis-à-vis du système politique actuel de Birmanie, dominé par les militaires, est un exemple flagrant. Mais les militants pro-démocratie et les organisations des droits de l'homme ne doivent pas être trompés par la poudre aux yeux jetée par la junte ou par les fausses garanties de santé démocratique accordée au régime thaïlandais par les gouvernements occidentaux.

Même s'il devait y avoir une fin à la loi martiale et une abolition de l'article 44, suivie par des élections libres et équitables, ce qui est hautement improbable dans un avenir proche, il y aura toujours le problème purulent de la draconienne loi de lèse-majesté. Dernièrement, un militant pro-démocratie a été condamné par un tribunal militaire à 50 ans de prison (une peine réduite de moitié parce qu'il a avoué) pour avoir posté des commentaires sur Facebook. Cette loi est utilisée en toute impunité contre les libres penseurs et les militants. La lèse-majesté est l'outil des élites thaïlandaises qui s'en servent d'une manière similaire à celle de l'utilisation d'abstraites accusations de "terrorisme" dans d'autres pays. Mais la Thaïlande utilise les deux à la fois. Le résultat est qu'il n'y a pas de liberté d'expression ou de réunion, et donc pas de véritable démocratie, et cela durera jusqu'à que la lèse-majesté soit abolie.

Manifestantes pour la démocratie à Bangkok

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 08:45

Un rapport de Prachatai nous dit qu'un homme de 58 ans, nommé par les initiales T.S. et connu sous le surnom de "Yai Daengduad", a été condamné par un tribunal militaire condamné à 50 ans de prison pour crime présumé de lèse-majesté.

Une telle sentence est du jamais vu.

L'homme d'affaire pro-chemise rouge a été jugé en secret. Il a demandé que son nom ne soit pas dévoilé. Sa peine ridicule a été diminuée de moitié à 25 ans parce qu'il a plaidé coupable. Tous ceux qui sont maintenant accusés de lèse-majesté savent qu'ils sont susceptibles d'être reconnus coupables par des tribunaux militaires, et qu'un plaidoyer de culpabilité est nécessaire afin de réduire la peine.

Le procès militaire secret l'a reconnu coupable de cinq chefs d'accusation et l'a condamné à 10 années d'emprisonnement pour chacun d'entre eux.

Le tribunal a prétendu que le procès devait être secret "parce que l'affaire est liée à la vénérée monarchie thaïlandaise et pourrait affecter le moral du public...".

Alors que cette sentence est l'une des plus dures jamais prononcée, le tribunal militaire a déclaré: "Le défendeur a insulté la monarchie thaïlandaise bien-aimé et vénéré .... La peine prononcée par le tribunal est légère...".

TS a été accusé d'avoir, entre juillet et novembre 2014, écrit des commentaires qui critiquaient l'idée de l'économie de suffisance souvent attribuée au roi, comparaient la monarchie bhoutanaise à celle de la Thaïlande, liaient la direction de coup d'Etat au roi, parlaient "d'une famille riche et importante impliquée dans des business illégaux d'opium," et discutaient de la santé du roi.

Source:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/03/31/50-years-for-red-shirt/

 

Des policiers anti-émeute devant le tribunal à Bangkok

Des policiers anti-émeute devant le tribunal à Bangkok

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31 mars 2015 2 31 /03 /mars /2015 08:27

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/03/29/there-is-no-trade-off-between-prosperity-and-democracy/

 

Récemment, après la mort de l'ancien dictateur Lee Kuan Yew, beaucoup de fadaises ont été écrites sur le soi-disant compromis entre prospérité et démocratie. Il n'y a pas de compromis. L'égalité de prospérité pour tous les citoyens est conditionnelle à la démocratie. Il y a aussi d'autres conditions importantes bien sûr, mais il n'existe pas de "dictature bienveillante" qui prévoit l'égalité de la prospérité à tous les citoyens. Le terme "dictature bienveillante" n'est utilisé que par les apologistes de régimes autoritaires.

Prenons l'exemple de Singapour. Si vous citez sélectivement le PIB par habitant de Singapour, on pourrait croire que tout le monde est prospère. Mais quand vous regardez le revenu et la distribution de la richesse à Singapour, vous verrez immédiatement que la ville-état a des niveaux d'inégalité qui sont plus élevés qu'au Japon ou qu'en Europe occidentale. A Singapour, il y a des gens fabuleusement riche et le Premier ministre lui-même gagne un salaire plus élevé que celui du président américain. Les citoyens ordinaires de la classe ouvrière à Singapour ont souvent des fins de mois difficiles. Mais ce n'est pas seulement les citoyens de la classe ouvrière qui ont construit la richesse de l'île-état. Des milliers de travailleurs migrants mal payés et maltraités ont également joué un rôle important. Mais ils ne sont même pas considérés comme des citoyens et ne bénéficient d'aucun des avantages sociaux qui sont offerts aux citoyens de l'île.

A Singapour, il n'existe pas de syndicats indépendants ou libres qui pourraient négocier de meilleurs niveaux de vie ou un État providence global. En pratique, il est plus ou moins illégal de faire la grève. Les manifestations sont interdites et aussi bien les socialistes que les autres partis d'opposition ne peuvent pas participer à des élections libres et équitables ni proposer de politiques alternatives pour augmenter la répartition des revenus.

La dictature de Singapour a donc empêché l'égalité économique entre les citoyens et a exclu la possibilité pour de nombreux travailleurs d'être considérés comme des citoyens. En d'autres termes, la dictature de Singapour est un obstacle à la prospérité de la grande majorité des personnes qui y vivent ou y travaillent. En fait, cette dictature n'est que ce genre de système politique qui attire les investissements des sociétés multinationales de financement, et cet investissement a permis à Singapour de s'enrichir d'une manière très inégale. Il s'agit de regarder lesquelles des classes sociales en sont les bénéficiaires.

Les mêmes critiques pourraient être portées contre l'Arabie Saoudite ou l'un des régimes despotiques riches en pétrole.

Il y a aussi de nombreux exemples de gouvernements autoritaires qui règnent sur les pays pauvres comme la Birmanie ou la Corée du Nord.

Cependant, si nous observons les pays de l'État providence en Scandinavie, qui ont une très bonne note sur la qualité des indices de vie, nous pouvons voir que cette qualité de vie, la prospérité et l'égalité vont de pair avec la liberté et la démocratie. Non seulement ce n'est pas une utopie mais c'est la liberté d'organiser des syndicats et des partis politiques qui ont contribué à créer une telle qualité de vie.

Si on ne peut pas avoir une qualité de vie élevée pour tous les citoyens sans droits démocratiques, alors il est tout aussi exact de dire que l'on ne peut pas avoir une véritable démocratie sans égalité. Les sociétés très inégalitaires comme les États-Unis ont de faibles taux de participation politiques. La politique est dominée par les riches élites. Un système démocratique est conditionnel à des élections libres et équitables, mais il s'agit seulement d'une condition de base. Pour être complète, une démocratie dépend de la participation de la masse et d'un contrôle par le peuple de la distribution et de la production de richesse. Elle dépend aussi du droit à une "bonne vie" pour tous.

En Thaïlande, l'inégalité a traditionnellement été élevée en raison de longues périodes de régime militaire, entrecoupées de démocratie politique dominée par les élites. Les revenus de tous les citoyens ont augmenté avec la croissance économique, mais les riches en ont le plus bénéficié. Durant le gouvernement démocratiquement élu de Taksin, les politiques pro-pauvres ont gagné le cœur et l'esprit du peuple et il y a eu une légère diminution de l'inégalité. Mais parce que son gouvernement était un gouvernement des grosses entreprises, l'impact sur l'inégalité a été limité. Après les coups d'Etat militaires, la destruction à long terme de la démocratie et des gouvernements soutenant l'extrême libre-marché, l'inégalité va sans doute de nouveau augmenter.

La prospérité et la démocratie ne peuvent jamais être séparées l'une de l'autre. Il n'y a pas de compromis entre la démocratie et la prospérité.

Il n'y a pas de compromis entre la prospérité et la démocratie
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27 mars 2015 5 27 /03 /mars /2015 08:19

Pansak Srithep est aussi le père de Samaphan Srithep ou Cher, un garçon de 17 ans qui a été assassiné à Soi Rang Nam par les soldats d'Abhisit le 15 mai 2010.

Le 12 décembre 2012, Libérez Somyot avait publié le témoignage de la fille de Pansak sur la mort de son frère.

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-c-etait-mon-frere-et-ils-l-ont-assassine-113392305.html

Il est temps de le republier. Le voici:

 

"C'était mon frère et ils l'ont assassiné

J'ai souvent pensé à lui comme un garçon "mal élevé". Il était ennuyeux, impertinent et avait le don de faire les choses au mauvais moment. Il était aussi provocateur et un peu déséquilibré.

J'avais même pensé que s'il continuait d'agir de cette façon, il finirait probablement par "mourir avant d'avoir vécu."

Toutes ces pensées se sont formées à cause de mes propres préjugés, mon propre "double standard". Ce n'était pas un beau jeune homme. Il avait la peau foncée, il était gros, indiscipliné et irrespectueux. Je suis triste quand je me souviens à quel point je croyais à ces notions idiotes de ce qui rend une personne jeune et belle.

Autant que je me souvienne, je n'ai jamais rien fait de bon pour ce jeune homme [mon frère]. J'avais souvent la langue acérée quand je m'adressais à lui. En fait, je ne l’aimais pas. Mais Cher était toujours là pour aider ses frères et sœurs aînés. Même si j'ai trouvé son indiscipline difficile à gérer, mon frère cadet était toujours là pour m'aider sur beaucoup de choses.

Maintenant je me rends compte qu'il était ce qu'il était parce qu'il était en fait plus âgé que son âge. Il avait été élevé pour jouir d'une indépendance d'esprit. Il était le genre de jeune homme qui avait besoin de son propre "espace". Ses exemples étaient ses frères et sœurs [...] Suracher était le plus jeune d'entre nous, de sorte qu'il a été aimé et haï d'autant plus par ses aînés.

Il n'était pas un tyran, il n'a jamais pensé du mal des gens. Il était un adolescent qui commençait à apprendre à propos de la "vie". C'était comme ça parce qu'il a grandi parmi les gens qui croyaient en la démocratie réelle. Il croyait avoir le même droit que ses frères et sœurs aînés d'exprimer ses opinions. C'est pourquoi nous l'avons jugé comme un impertinent.

Je l'ai vu le 11 avril 2010. Il était venu à la manifestation commémorant ceux qui étaient morts la veille, victimes de l'opération du gouvernement pour "récupérer l'espace". Il est celui qui a attaché le gant blanc, le symbole pour arrêter le massacre des citoyens au Monument de la Démocratie. Il faisait ce qu'il pouvait, volontairement, ce qui était probablement aussi une partie de son expérience d'apprentissage.

C'était impertinent à ce moment-là d'aller dans la zone de danger. Quelqu'un là-bas a été assez cruel pour lui tirer dessus jusqu'à ce qu'il tombe. Le sang de sa tête a laissé une longue traînée. Je suppose qu'il n'est pas mort immédiatement. Il a dû souffrir une douleur immense. Je ne sais pas ce que c'est que pour un corps d'être toujours la à respirer, le pouls continuant à fonctionner, alors que votre tête se trouve écrasé sur le trottoir comme une pastèque qui vient de chuter d'une grande hauteur.

Il est resté sur place pendant presque une heure avant qu'une équipe de sauveteurs réussissent à le secourir alors que son cœur battait encore faiblement. Les soldats ne laissaient personne lui venir en aide. Ils ont tiré sur tous ceux qui ont essayé de le faire. Une des personnes de l'équipe de sauveteurs a reçu une balle dans le bras.

Le médecin a dit qu'il est mort à l'hôpital. Cela m'a choqué et m'a fait pleurer. Cela veut dire que pour un temps insupportablement Nong Cher a dû être conscient alors que sa propre tête trainait sur le trottoir comme une pastèque brisée.

Je suis allé le voir à la morgue de l'hôpital. Je l'ai vu couché immobile, les yeux pas tout à fait fermé. Il avait grandi. Il était un peu plus grand, son corps devenait sombre. Ses pieds étaient tachés de sang et ses mains étaient très tendues. Ses poings étaient serrés comme s'il était dans une grande colère ou subissait une intense douleur. Plus important encore, sa tête était bourrée de coton pour endiguer le flux de sang.

C'était bien lui ... je l’ai constaté. Avant cela, je n'avais vu qu'une photo du corps sous le ciel bleu couché sur le trottoir, prise par une personne qui vit dans le quartier du Soi Rang Nam. Il y avait une longue traînée de sang qui coulait du corps, et un casque de protection à proximité. A cette époque, je ne voulais pas croire que c'était lui [...] À 17 ans, il avait décidé de quitter la maison pour aller dormir au milieu de la route sur le terrain de protestation, afin d'agir comme gardien de sécurité et de protéger les autres [...]

"Avant cela, je n'avais vu qu'une photo du corps sous le ciel bleu couché sur le trottoir, prise par une personne qui vit dans le quartier du Soi Rang Nam. Il y avait une longue traînée de sang qui coulait du corps"

"Avant cela, je n'avais vu qu'une photo du corps sous le ciel bleu couché sur le trottoir, prise par une personne qui vit dans le quartier du Soi Rang Nam. Il y avait une longue traînée de sang qui coulait du corps"

En attendant que le corps arrive, je suis sorti pour acheter des vêtements pour lui, pensant que ce serait la dernière chose, la seule chose, que je puisse faire maintenant pour lui. J'ai acheté un jean, parce que notre père a dit que Cher aimait porter des jeans. J'ai acheté le plus cher que j'ai pu trouver. À ce moment-là il n'y avait pas beaucoup de magasins encore ouverts autour de Victory Monument. La fusillade continuait toujours autour du triangle de Din Daeng.

Il avait "changé" sa chemise, mais les choses d'extérieurs sont toujours les mêmes. J'ai attendu jusqu'à ce qu'il soit prêt à rentrer à la maison, alors j'ai allumé un bâton d'encens pour lui parler. Je l'ai touché. Les jeans lui allaient parfaitement. Il est maintenant souriant doucement, le coin de sa bouche retroussé. Je lui ai demandé pardon et lui a dit qu'il était Suracher, le meilleur frère qu'on ait jamais eu, et combien nous sommes fiers de lui. Je lui ai souhaité une bonne nuit de sommeil.

Il est "Suracher" ou Nong Cher, le fils de papa Neng. Pour ses frères et sœurs aînés, il est Ai Hia Cher. Son nom est Samaphan Srithep, et il avait 17 ans. Il est mort avant d'avoir eu la chance de vivre, tout cela parce qu'il avait le don de faire les choses au mauvais moment et qu'il était impertinent à vouloir en savoir plus sur la démocratie.

Si vous voulez en savoir plus sur la démocratie, allez-y et faites l'expérience.

Si vous voulez la démocratie, allez-y et demandez de le ramener à la maison."

Pansak Srithep, le père de Cher, menotté par les forces de l’ordre

Pansak Srithep, le père de Cher, menotté par les forces de l’ordre

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