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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 16:35

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/03/21/junta-use-pseudo-legal-action-against-yingluk/

Soyons clairs. L'action pseudo-juridique de la junte contre l'ancienne première ministre Yingluck Shinawat, sur son rôle dans le régime de soutien des prix pour les riziculteurs, est une tentative délibérée d'interdire Yingluck de politique et elle est conçue pour détruire la démocratie. Cela n'a rien à voir avec la politique de subvention du riz.

Yingluck est accusée d'avoir "permis que la corruption puisse avoir lieu" dans ce régime de subvention des prix du riz et que cette politique aurait conduit à des pertes financières pour le gouvernement.

Tout d'abord, il convient de préciser qu'il n'y a pas l'ombre d'une preuve pour affirmer que Yingluk aurait été elle-même corrompue. En fait, le mot "corruption" est maintenant une insulte commode jetée à tous ceux que les classes moyennes ou les élites n'aiment pas. L'institution la plus corrompue de la société thaïlandaise est en fait l'armée ainsi que ses acolytes nommés par cette dernière au parlement désigné. Presque tous les généraux thaïlandais, y compris les dirigeants actuels de la junte, ont accumulé des richesses s'élevant à des centaines de millions de baht, bien au-delà de ce qu'ils pouvaient gagner avec leurs salaires normaux. Non seulement ils sont corrompus, mais ce sont aussi des assassins.

Deuxièmement, il se pourrait bien que de la corruption se soit produite à certains niveaux du système de soutien des prix du riz, probablement du fait de malhonnêtes sociétés de stockage et de négoce du riz. Les adversaires de Yingluck veulent la punir pour avoir omis de mettre fin à cette corruption. Si ne pas avoir arrêté la corruption est une raison pour être condamné, alors tous les premiers ministres thaïlandais, y compris Prayut, devraient être punis. Mais la différence entre Yingluck et Prayut est que le peuple thaïlandais a voté pour Yingluck lors d'élections démocratiques alors que Prayut s'est auto-nommé premier ministre en pointant ses fusils sur ce même peuple.

Troisièmement, la plupart des pertes financières de l'Etat dus au régime de soutien des prix du riz proviennent de deux sources. Le gouvernement a utilisé des fonds publics pour garantir les prix du riz payés aux agriculteurs pauvres. Ces pertes sont totalement justifiées et font partie de la distribution des revenus aux populations rurales pauvres. Mais d'autres pertes sont venues s'ajouter à cause du marché mondial du riz et dans l'espoir que le prix du riz augmenterait, ce qui ne s'est pas passé. Pour faire face à cela, le gouvernement aurait dû vendre le riz bon marché aux pauvres des villes et récupérer tout manque à gagner en taxant les riches et en coupant les budgets militaires ainsi que ceux du Palais.

Bien sûr, les classes moyennes, les extrémistes néo-libéraux, l'armée et les royalistes auraient immédiatement organisé un soulèvement armé si le gouvernement avait osé faire cela.

Alors que Yingluck fait face à un simulacre de procès, Prayut et son gang ont massacrés des manifestants désarmés lors des manifestations des Chemises rouges en 2010, et ont, plus récemment, organisé un coup d'État illégal, séquestré des gens qui s'opposaient à la junte, torturé des prisonniers et emprisonné des opposants en utilisant l'illégitime loi de lèse-majesté (Voir mon article précédent: http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/03/utilisation-de-la-torture-et-enlevements-de-dissidents-par-la-junte-thailandaise.html). Les membres du parlement nommé par la junte ont également nommé leurs proches à des postes "d'assistants" avec des salaires payés par l'État. Naturellement aucun de ces escrocs et bandits ne font l'objet de poursuites.

La junte thaïlandaise utilise des mesures pseudo-juridiques contre Yingluck
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21 mars 2015 6 21 /03 /mars /2015 14:50

Interview de Pavin Chachavalpongpun par Adrien Le Gal pour le journal "Le Monde"

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http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2015/03/13/en-thailande-le-roi-est-un-personnage-qui-divise_4593146_3216.html

 

Pavin Chachavalpongpun, universitaire thaïlandais, enseigne la politique asiatique au Centre d’études de l’Asie du Sud-Est, à Kyoto (Japon). En juillet 2014, le gouvernement militaire a révoqué son passeport pour avoir critiqué le coup d’Etat. Selon lui, la perspective de la succession du roi Bhumibol Adulyadej, 87 ans, est le principal facteur d’instabilité du pays.

Adrien Le Gal: Selon vous, le coup d’Etat du 22 mai 2014 à Bangkok est-il un coup d’Etat classique, comme l’armée thaïlandaise en a habitué le pays depuis 1932?

Pavin Chachavalpongpun: Le coup du 22 mai était très différent de celui de 2006. Il y a neuf ans, il s’agissait de mettre à l’écart un ennemi de l’establishment, à savoir Thaksin Shinawatra [premier ministre de 2001 à 2006]. A présent, le pays attend la succession royale. Les élites traditionnelles ont pris le contrôle de la politique en exploitant l’image de la monarchie. Depuis le coup d’Etat de 2014, elles peuvent considérer comme un ennemi n’importe quelle personne qui critiquerait la monarchie. Surtout, en 2006, les élites ont échoué à empêcher un gouvernement civil de revenir au pouvoir [Yingluck Shinawatra, sœur de Thaksin, a remporté les élections législatives de 2011]. Cette fois-ci, les militaires mettent en place de nouvelles institutions politiques qu’ils seront en mesure de contrôler, qu’ils soient au pouvoir ou pas au moment de la succession royale.

Adrien Le Gal: Le fils aîné du roi Bhumibol Adulyadej, le prince Vajiralongkorn, est désigné depuis les années 1970 comme héritier du trône. Si la succession est déjà réglée, comment les militaires et les élites traditionnelles pourraient-elles l’influencer ?

Pavin Chachavalpongpun: Très longtemps, il y a eu des rumeurs persistantes selon lesquelles les élites traditionnelles préféraient la princesse Sirindhorn pour succéder au roi Bhumibol Adulyadej. Mais les choses ne sont plus si simples. Les élites sont conscientes que ce scénario ouvrirait la possibilité de luttes internes au sein du Palais royal, et qu’un tel conflit ne serait pas utile à la monarchie, ni à l’armée. Les élites, aujourd’hui, pensent que le prince Vajiralongkorn doit être le successeur sur le trône, même s’il n’est pas populaire. Au moins, cette succession se déroulerait dans la légalité. Les élites veulent néanmoins être en mesure de contrôler le prince.

Adrien Le Gal: A quoi, selon vous, ressemblera la succession royale?

Pavin Chachavalpongpun: C’est très difficile à imaginer, car la dernière fois qu’il y a eu une succession normale, c’était en 1910. Si le roi mourait demain, la Thaïlande rentrerait certainement dans une période de deuil profond, qui durerait des mois. Le pays porterait du noir pendant six mois, peut-être un an, peut-être davantage. Il n’y aurait plus de célébrations pendant tout ce temps. Cela serait utile pour contrôler le pays, rendant ainsi la succession plus facile. Toute l’attention porterait sur les funérailles, pas sur le couronnement du nouveau roi. Mais si la princesse devait être choisie, cela serait beaucoup plus compliqué, car beaucoup de questions juridiques seraient alors soulevées. Le Parlement a un rôle crucial pour désigner le successeur. C’est pour cela que l’armée veut contrôler le Parlement à ce moment-là : elle cherche à éviter à tout prix qu’un gouvernement civil domine la succession royale.

Adrien Le Gal: Peut-on imaginer une réconciliation des «chemises rouges», soutiens du clan Thaksin, et des «chemises jaunes», représentant les élites traditionnelles, à la faveur du deuil national?

Pavin Chachavalpongpun: Les divisions de la société thaïlandaise ne vont pas s’effacer de sitôt. Le roi lui-même est un personnage qui divise. En fait, sa mort serait très sensible à gérer pour les deux camps. Pour les «chemises jaunes», cette mort serait tellement dévastatrice d’un point de vue émotionnel que leurs militants peuvent devenir très déraisonnables en obligeant tout le pays à porter le deuil de manière très stricte. Pour les «chemises rouges», ce serait aussi très compliqué : il leur faudrait trouver un moyen d’empêcher ceux qui ont des vues républicaines de s’exprimer. Si des [manifestations antimonarchistes] éclataient, elles seraient sans doute réprimées avec beaucoup de violence, parce que l’armée a très peur du républicanisme.

Adrien Le Gal: Le sentiment républicain est-il partagé en Thaïlande?

Pavin Chachavalpongpun: Il y a un an, j’aurais dit non. Mais aujourd’hui, il existe un mouvement républicain, notamment chez les «chemises rouges» qui tentent de s’exiler. Beaucoup de Thaïlandais ont encore de l’amour et du respect pour le roi. La majorité des Thaïlandais sont pour la monarchie, mais les interventions du Palais royal dans la politique sont très mal vécues par certains d’entre eux. Nous sommes dans une période critique pour la Thaïlande. La principale cause est la succession royale, mais les divisions entre riches et pauvres, urbains et ruraux, jouent aussi un rôle. La Thaïlande future va dépendre de qui sera le prochain roi, s’il sera actif en politique, s’il se laissera instrumentaliser par tel ou tel groupe social.

Adrien Le Gal: Le clergé bouddhique est-il affaibli par son implication dans la politique thaïlandaise?

Pavin Chachavalpongpun: L’institution bouddhique est de plus en plus politisée, ce qui est contraire à sa tradition. A la différence de la Birmanie, le clergé bouddhique n’avait pas, jusque-là, l’habitude de descendre dans la rue. Mais pendant les manifestations contre Yingluck Shinawatra [en 2014], un moine, Buddha Issara, a pris la tête du mouvement. Il a considéré que se politiser lui permettrait d’accroître le pouvoir de la Sangha [le clergé bouddhique]. L’institution bouddhique a depuis longtemps des liens très forts avec l’establishment.

Pavin Chachavalpongpun était à Paris le 6 mars pour donner une conférence au Centre d’études et de recherches internationales (Sciences Po)

Pavin Chachavalpongpun était à Paris le 6 mars pour donner une conférence au Centre d’études et de recherches internationales (Sciences Po)

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20 mars 2015 5 20 /03 /mars /2015 02:25

La Cour suprême de Thaïlande a confirmé ce jeudi 19 mars, la mise en examen de l'ancienne première ministre Yingluck Shinawatra, qui sera jugée pour négligence, et a fixé le procès au 19 mai. Yingluck risque dix ans de prison.

Ci-dessous, la déclaration de Yingluck Shinawatra:

Déclaration de Mme Yingluck Shinawatra, 28eme Premier ministre de Thaïlande:

La Division criminelle de la Cour suprême pour les gens tenant une position politique a décidé d'accepter l'acte d'accusation pour d'autres procédures contre moi sur des accusations de négligence dans le régime de subvention du riz.

Tout au long de mon temps en tant que Première ministre, j'ai fait mon travail au service de tous les Thaïlandais avec la plus grande honnêteté et intégrité sur la base des principes d'une démocratie avec une monarchie constitutionnelle. J'ai aussi adhéré strictement à toutes les clauses tel que stipulées dans la constitution ainsi qu'aux lois et règlements connexes. Je ne voulais que voir prospérer notre pays où tous les Thaïlandais puissent bénéficier de l'égalité des chances, en particulier les producteurs de riz car ils l'ont longtemps souffert d'un traitement injuste.

Je voudrais ici souligner à nouveau que les accusations dirigées contre moi en vertu de la politique de mise en gage du riz établissent un nouveau précédent. Il s'agit du premier cas lié à la mise en œuvre d'une politique économique fondamentale qui a été soutenue par la majorité des Thaïlandais en vertu des principes de la démocratie. Le système de mise en gage du riz a aidé à promouvoir l'équité dans le mécanisme du marché et à améliorer le niveau de vie des producteurs de riz. Avant le projet, les agriculteurs travaillaient dur en tant que producteurs, mais n'avaient aucune influence sur le prix du marché car le pouvoir de négociation était dans les mains d'un petit groupe d'acheteurs. Par conséquent, l'affaire n'affecte pas seulement les systèmes économiques et politiques, mais plus important encore, la décision des gouvernements futurs sur la mise en œuvre de politiques avantageuses pour tous les citoyens thaïlandais.

J'ai noté que la "primauté du droit" n'a pas été appliquée dans les procédures concernant mon cas, ce qui devrait être un droit fondamental de tous les Thaïlandais afin de garantir la justice pour les accusés. Comme on le voit dans ce cas, le rapport et les documents de la Commission nationale anti-corruption (NACC) déclarent qu'il "n'existe pas de preuve démontrant que je me serais engagé dans la corruption ou que de la corruption ait eu lieu" mais ils ont pris la décision de m'inculper malgré cette déclaration. Par la suite, le Bureau du vérificateur général a également omis de mener une enquête suffisante et s'est précipité pour déposer les accusations. Ces procédures et mesures indiquent que l'accusée n'a pas reçu la justice.

Malgré le fait que la Cour suprême ait décidé d'accepter les accusations, je reste confiante car je suis innocente et je crois que les preuves qui seront présentées lors de la procédure judiciaire démontreront que je ne suis coupable d'aucun acte répréhensible.

Je ne peux qu'espérer que les procédures de la Cour suprême seront justes et que j'aurais des possibilités adéquates de présenter des faits et des preuves pour soutenir mon cas pendant le procès. Plus important encore, j'espère que la Cour suprême traitera le cas de façon à atteindre des résultats précis et le fera d'une manière transparente et libre de tout préjugé. Je précise cela parce que je sens que, dans le passé, je n'ai pas bénéficiée de ces droits et qu'il y a eu de fréquentes ingérences politiques dans ce cas afin de me cibler personnellement.

Enfin, je voudrais demander que toutes les parties s'abstiennent de toute critique ni ne s'engagent dans des actions à des fins politiques jusqu'à la fin du procès, afin que la justice puisse un jour retourner à la société thaïlandaise.

Lien en thaï:

https://www.facebook.com/Y.Shinawatra/photos/a.106877456023385.4057.105044319540032/966175453426910/?type=1&theater

Lien en anglais:

http://ptp.or.th/news/133

Yingluck Shinawatra

Yingluck Shinawatra

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 13:17

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/03/18/thai-junta-uses-torture-and-kidnappings/

 

Les "avocats thaïlandais des droits humains" ont publié une déclaration condamnant le traitement par la junte militaire de quatre des neuf accusés qui ont été accusés d'avoir lancé une grenade RGD-5 dans le parking de la Cour pénale de Rachadpisek à Bangkok le 7 mars 2015. L'attaque à la grenade sur le parking de la cour n'a fait aucune victime. Selon les "Avocats thaïlandais pour les droits humains" ces quatre accusés ont été soumis à des passages à tabac et des chocs électriques afin d'extraire des "aveux" de leur part. La torture physique de Sansern Si-oonrungrueng, Charnwit Jariyanukun, Norpat Luapon et Wichai Yusuk a eu lieu alors qu'ils étaient en détention militaire entre le 9 et le 15 mars 2015. Ils ont également reçu des menaces verbales de violence. Ils se sont vu refuser la liberté sous caution.

Un des quatre accusés montre des traces de torture à l'électricité

Un des quatre accusés montre des traces de torture à l'électricité

Ce n'est pas la première fois que la junte utilise la torture physique et mentale contre des détenus depuis le coup d'Etat militaire de mai 2014. Mlle Kritsuda Khunasen a fui la Thaïlande peu de temps après avoir été libérée d'une détention illégale au secret de 3 semaines et a accusé les soldats de l'avoir torturé.

En plus de tout cela, les militants pro-démocratie qui sont arrêtés en Thaïlande aujourd'hui, doivent faire face à des tribunaux militaires qui dispensent une justice sommaire d'une manière systématique.

Dans une procédure distincte, mais connexe, les soldats ont enlevés Mlle Nattathida Meewangpla, une infirmière bénévole qui est aussi un témoin clé des assassinats de civils non armés par les militaires au temple Wat Patum le 19 mai 2010. Elle a été emmenée par des soldats sans mandat pour son arrestation. Lors de l'incident sanglant de Wat Patum, six personnes, dont deux infirmières bénévoles, ont été abattues de sang-froid par des snipers militaires stationnés sur la ligne de métro aérien surplombant le temple. Wat Patum avait été désigné par les troupes du général Prayut Chan-ocha comme un "refuge sûr" au cours de leur sanglante répression contre les Chemises rouges pro-démocratie désarmés. Près d'une centaine de civils ont été tués par les soldats du général Prayut ce mois-là. Le premier ministre et le vice-premier ministre installés par les militaires étaient à l'époque Abhisit Vejjajiva et Sutep Tueksuban du Parti Démocrate. Prayut s'est lui-même nommé chef de la junte actuelle et premier ministre après le récent coup d'Etat de mai 2014.

En août 2013, la Cour de justice a statué que ceux qui avaient été abattus dans le temple Wat Patum étaient des civils non armés et que les tirs venaient de la direction de l'endroit où les forces de sécurité étaient stationnés sur la ligne de métro aérien.

Mai 2010, des militaires stationnés sur la ligne de métro aérien tirent sur le Wat Patum

Mai 2010, des militaires stationnés sur la ligne de métro aérien tirent sur le Wat Patum

Le tribunal a jugé qu'il n'y avait aucune preuve comme quoi il y aurait eu des manifestants armés ou de soi-disant "hommes en noir". Abhisit et Prayut ont longtemps essayé de mentir en prétendant que les manifestants chemises rouges étaient armés, afin de justifier les tirs de sang-froid par les militaires.

Utilisation de la torture et enlèvements de dissidents par la junte thaïlandaise

Malgré la décision du tribunal, aucun des officiers militaires, ni des fonctionnaires de l'Etat, n'ont été accusés d'assassinat et Prayut, Abhisit et Sutep n'ont jamais été tenu pour responsable de ces assassinats.

Lors d'un volte-face bizarre dans le cas de l'arrestation du témoin clé de ces évènements, les militaires ont d'abord nié qu'ils avaient arrêté Mlle Nattathida Meewangpla. Le colonel Winthai Suwaree, porte-parole de la junte, a nié que Nattathida était en détention militaire, et a attribué son enlèvement présumé à des "personnes ayant de mauvaises intentions" qui se seraient déguisés en officiers militaires. Ensuite, les militaires ont finalement dû admettre qu'elle était en fait détenue par l'armée depuis le 11 mars. Le 17 mars, elle a été transférée à la police et accusée d'être impliqué dans l'attaque à la grenade de la Cour pénale.

Nattathida Meewangpla

Nattathida Meewangpla

Le traitement de Nattathida, ainsi que les accusations portées contre elle, sont une tentative mal dissimulée par les militaires de se blanchir pour le cas de l'incident du Wat Patum et d'absoudre les tueurs de l'Etat comme Prayut et Abhisit.

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 13:30

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/740-chaturon-slams-juntas-anti-reforms.html

 

Chaturon Chaisang, ancien ministre de l'Éducation et ancien député du Parti Pua Thai, a critiqué le projet d'anti-réformes de la Constitution de la junte. S'exprimant récemment au cours d'une table ronde au Club des correspondants étrangers de Thaïlande, Chaturon a noté que de nombreux gouvernements occidentaux avaient demandé à la junte quand les élections auront lieu. Mais la question principale n'est pas "quand" les élections auront lieu, mais "le type" d'élections qu'il y aura.

Chaturon Chaisang a été l'un des rares politiciens du Parti Pua Thai à refuser de se soumettre à la junte du Prayut. À son crédit, il ne s'est pas signalé à l'armée lorsqu’il a été invité à le faire et a ensuite été arrêté après avoir donné une conférence de presse à des journalistes étrangers.

Chaturon note que le nouveau projet de constitution anti-réforme permettra la possibilité d'avoir un premier ministre non élu à la tête de l'Etat, qui ne sera pas un député et n'aura pas été élu par le peuple. La principale excuse pour cela est qu'une crise politique pourrait se déclencher à nouveau dans l'avenir. Il a conclu à juste titre qu'il y aurait un manque de pouvoir populaire dans le choix d'un premier ministre.

En plus de cela, Chaturon a expliqué que le rôle des partis politiques ainsi que leurs programmes seraient sévèrement réduits en raison des soi-disant "politiques de réformes", prévues par la junte, qui seront appliquées à tous les gouvernements futurs dans les années à venir. L'électorat n'aurait donc plus aucun mot à dire sur l'avenir de la société thaïlandaise. Plus de pouvoirs seront donnés à des organismes non élus qui contrôlent les représentants élus.

Chaturon a également expliqué que les anti-réformistes tentent actuellement de concevoir une équation anti-démocratique de répartition du nombre de députés au parlement. Le nombre des députés élus par circonscription et ceux par la proportionnelle sera déterminé par une équation bizarre conçue pour empêcher un parti populaire d'atteindre une majorité et donner plus de députés élus par Liste du Parti aux partis politiques qui ne parviennent pas à gagner beaucoup de députés de circonscription. Bien qu'il ne l'ait pas précisé, cette formule donnerait plus de députés au "Parti démocrate" pro-militaire au détriment d'un parti comme le Pua Thai, qui a remporté la majorité absolue du fait que ses politiques avaient gagné les cœurs et les esprits du peuple.

Chaturon note qu'il n'y a pas de réformes judiciaires proposées. Étant donné le scandale des doubles standards judiciaires en Thaïlande, il s'agit d'une affaire sérieuse.

Nous pouvons aller plus loin et constater que les laquais de la junte sont occupés à essayer d'attaquer de nombreux anciens députés du Parti Pua Thai, y compris Yingluck, dans le but de les interdire de politique. L'argument scandaleux utilisé pour la mise en accusation de ces députés est le fait qu'ils ont essayé de changer la Constitution de la junte précédente afin d'augmenter l'espace démocratique.

Sous la nouvelle constitution proposée par les militaires, un vote des deux tiers des députés et des sénateurs nommés, siégeant ensemble, sera nécessaire pour modifier la Constitution. La Cour constitutionnelle, nommée par l'armée, devra alors considérer si c'est légal ou non. Cela devra ensuite être approuvé par référendum. Tous les 5 ans, un comité nommé d'antidémocrates réactionnaires se réunira pour examiner la constitution et décider si de nouveaux amendements devraient être déposés.

Toute tentative des partis politiques afin de proposer des programmes politiques sera examinée par des organismes non élus qui auront le pouvoir de veto et le Sénat nommé par l'armée pourra faire une enquête sur tous les futurs ministres du gouvernement avant qu'ils ne soient autorisés à entrer en fonction.

Il a également été suggéré que la Commission nationale des droits de l'homme fusionne avec le bureau du médiateur national et que la Commission électorale soit mise au rebut et remplacée par un "comité d'organisation de l'élection", dont les membres seront choisis par des secrétaires permanents nommés par les militaires dans un certain nombre de ministères, notamment le Ministre de la Défense et le chef de la police nationale.

Rien de tout cela n'est particulièrement surprenant. Le projet de constitution est conçu pour permettre un contrôle militaire et conservateur sur un pseudo système électoral dans le futur. La poigne de fer contre les programmes politiques est conçue pour geler le statu quo et enlever tout choix électoral; le tout dans l'intérêt des élites conservatrices.

Pour parvenir à la démocratie, cette constitution pourrie et toutes les personnes impliquées dans les dictatures passées, devront être balayées.

Chaturon Chaisang

Chaturon Chaisang

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 16:18

En abandonnant l'idéal démocratique, le pays risque de retourner à une ère pré-moderne.

Un article de Sam Michael

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http://thediplomat.com/2015/03/thailands-big-step-backwards/

 

Beaucoup de développements inquiétants ont lieu en Thaïlande dernièrement, malgré le calme relatif rendu possible par un an de loi martiale. La liberté d'expression a été réduite de façon alarmante depuis que l'armée a organisé le coup d'Etat et les universitaires dissidents ainsi que les membres de l'opposition ont été convoqués dans les casernes pour "changer d'attitude", intimidés psychologiquement, détenus, ou même arrêtés. Beaucoup de ceux qui insistaient pour exprimer leur désaccord avec le régime militaire ont vu leurs passeports révoqués, les obligeant à demander l'asile politique à l'étranger. La surveillance des médias sociaux ainsi que la censure des médias, et les poursuites en hausse pour les allégations de lèse-majesté, ont conduit ensemble les Thaïlandais et les non-Thaïlandais dans la peur et le silence. Les changements constitutionnels ainsi que les autres réformes montrent des signes d'un retour à une ère autoritaire, avec des perspectives de gouvernement non élu, de premier ministre désigné, d'éléments non-démocratiques, et d'une plus grande centralisation des pouvoirs entre les mains de la vieille élite traditionnelle: l'armée, la bureaucratie et les réseaux de la monarchie.

Depuis mai 2014, la communauté internationale se demande comment la Thaïlande en est arrivée là. Il y a dix ans, la Thaïlande était un phare de la démocratie dans la région, bénéficiant de la confiance des démocraties occidentales afin de pousser le Myanmar hors de l'autoritarisme. Maintenant, l'inverse semble imminent. Il semble de plus en plus envisageable que le Myanmar voisin puisse dépasser la Thaïlande dans la course vers plus de liberté et de démocratisation.

Comment l'élite traditionnelle ou les Thaïlandais typiques supporters de la monarchie expliquent-ils cette spirale descendante? D'abord, ils vont affirmer que les manifestations prolongées visant à empêcher les élections d'avoir lieu, dont ils prétendent qu'elles étaient bien intentionnées, que les contre-manifestations des partisans de la démocratie électorale ont déstabilisé le pays et que l'intervention "réticente" de l'armée était nécessaire afin de sauver la nation du chaos et "ramener le bonheur" aux Thaïlandais.

Deuxièmement, ils insistent sur le fait que l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra et son clan tout entier auraient été extrêmement corrompus, comme si la vie politique thaïlandaise avant eux aurait été propre et pure, et qu'ils auraient menacé de saper, voire renverser, l'institution royale, qui, selon eux, serait inconditionnellement et universellement vénérée par tous les Thaïlandais.

Troisièmement, ils vous diront que la Thaïlande est unique et que sa monarchie est la meilleure et la plus noble, que la Thaïlande est exceptionnelle par le fait que son identité nationale est intimement liée à la mise en place de la royauté au sommet de la hiérarchie sociale. Ils affirmeront également que la Thaïlande reste fidèle à sa propre version de la démocratie, dont ils prétendent qu'elle allait bien avec la monarchie constitutionnelle, au moins jusqu'à ce que Thaksin soit apparu.

Ces arguments sont des points de discussion bien usés utilisés par la bureaucratie thaïe et le segment conservateur, qui comprennent les riches bien nantis, les pauvres manipulés, et la masse de ceux qui ont subis un lavage de cerveau. Mais le nombre exact de Thaïlandais qui soutiennent vraiment cette version médiévale de la monarchie n'est pas connu car aucun référendum sur ce sujet n'a jamais été autorisé. Les Thaïs n'ont malheureusement pas le droit de choisir le type de régime de leur pays; ils ont été formés dès la naissance à croire qu'ils avaient la chance d'avoir la meilleure famille royale du monde. Les dissidents sont effectivement excommuniés. Les pays développés, notamment les États-Unis, le Japon et l'Union européenne, ont essayé en vain d'utiliser la logique et les arguments politiques libéraux avec les dirigeants thaïlandais, qui ont refusé de changer d'un iota leurs vues dépassées et insulaires sur le rôle que la monarchie devrait jouer dans les temps modernes. Cette vieille garde insiste sur le fait (de son point de vue) que la seule façon de conserver la Thaïlande telle-quelle est de préserver ces pratiques et protocoles anciens et que Thaksin et ses réseaux devraient être bannis de la vie politique thaïlandaise pour de bon si le pays veut parvenir à l'unité et prospérer. A cet effet, la lèse-majesté est exercée comme un outil, sur le terrain de la sauvegarde de la sécurité nationale, pour réprimer des opinions différentes et les progressifs efforts de réforme.

Premièrement, pour ceux qui ont étudié les arts libéraux et la philosophie occidentale, les arguments de l'élite militaire et traditionnelle ne sont que des excuses vides pour se raccrocher au pouvoir absolu. Leurs points de discussion sont viciés pour de nombreuses raisons. Tout d'abord, les conflits et les troubles qui ont eu lieu au cours des dernières années n'ont pas été causés uniquement par les Shinawatra comme ils le prétendent. En fait, il s'agissait de symptômes d'une maladie grave qui frappe la culture politique en Thaïlande et qui a besoin de soins d'urgence si le pays veut survivre à l'ère moderne. Les démonstrations par la foule, des dénonciations essentiellement urbaine de gens qui se considéraient fièrement comme la "police de la corruption" qui ont eu lieu de la fin de 2013 au début de 2014 et qui ont poussé au coup d'Etat de mai 2014, ont été induites en erreur et trompées dans leurs hypothèses démocratiques. En fait, le recours à des moyens non-parlementaires, notamment le sabotage des élections et la destruction des urnes de vote, ont montré le manque de respect des manifestants pour la majorité du peuple et leur peur de perdre les élections. Encore une fois, ils vous prétendront que la masse avait été trompée par Thaksin et que donc des élections démocratiques n'étaient pas la solution. Imaginez si d'autres pays utilisaient la même justification chaque fois qu'ils voudraient se débarrasser d'un adversaire politique populaire.

Deuxièmement, la prétention de l'armée pour "le retour du bonheur" en Thaïlande n'est pas convaincante. Cette définition du "bonheur" est paternaliste, il n'y a pas eu de référendum pour demander aux gens ce qu'ils veulent vraiment. Et tandis que la corruption est largement vilipendé, personne n'a dit un mot sur la culture du favoritisme qui a rongé le noyau démocratique du pays ni sur les réseaux de patronage dans lesquels la monarchie est au sommet. Un patronage, qui échappe souvent la loi et qui peut être aussi mauvais que la corruption.

Troisièmement, l'affirmation selon laquelle la démocratie était compatible avec le système et la culture politique de la Thaïlande jusqu'à l'arrivée au pouvoir de Thaksin n'est pas fondée. La démocratie en Thaïlande est jeune et a toujours été faible... et affaiblie par la culture thaïlandaise. Le pays n'a connu sa première démocratie que récemment dans les années 1990, et le système a été entravé par une bureaucratie centrée sur la monarchie et un électorat avec peu d'éducation politique et civique, et tiré vers le bas par le copinage et le favoritisme. Le nœud du problème réside dans le fait que les élites traditionnelles refusent de partager le pouvoir avec la nouvelle élite et d'accueillir en son sein la nouvelle machine de puissance de Thaksin et ses réseaux concurrentiels, et le fait que les éléments conservateurs se raccrochent à leur pouvoir et à leurs privilèges ont miné la demande croissante pour une plus grande égalité des droits provoquée par l'éveil démocratique.

La Thaïlande ne peut pas prétendre s'engager pour la démocratie, à moins qu'elle n'améliore sa compréhension et son respect de la liberté individuelle et de la liberté d'opinion. Le plus important, et le plus difficile, est la nécessité de réformer la monarchie du pays, dont la relation avec les réseaux de l'élite de la Thaïlande a besoin d'une analyse sérieuse ainsi que d'être débattu. Malheureusement, de nombreux Thaïlandais continuent de fermer leurs portes et bloquer leurs oreilles aux différents points de vue, en exigeant que le monde les comprenne alors qu'ils refusent de considérer la façon dont le monde extérieur les perçoit. Alors que le monde extérieur donne son avis sur ce pays jadis florissant, de nombreux Thaïlandais restent encore emprisonnés par la peur et le manque d'imagination politique. Même après la tenue des élections, il est peu probable que la Thaïlande devienne plus démocratique et plus libre. La mise en accusation et d'éventuelles poursuites contre l'ancienne première ministre Yingluck Shinawatra, la sœur de Thaksin et la dernière première ministre à avoir été démocratiquement élue, est un autre mauvais signe comme quoi la réconciliation du pays est peu probable de réussir compte tenu de cette mentalité du gagnant qui prend tout.

Le plus inquiétant dans tout cela est le manque de courage moral parmi les intellectuels traditionnels, l'élite et la classe moyenne, qui préfèrent s'autocensurer et rester silencieux. Sauf si la loi de lèse-majesté est réformée, la Thaïlande ne pourra jamais progresser vers la modernité, sans parler de la démocratie. Tout aussi inquiétante est la tendance à accuser les partisans de la démocratie d'être contre la monarchie, ce qui risque de lier la monarchie avec l'autoritarisme. Comme la direction actuelle ne montre aucun signe d'acceptation des réformes les plus progressistes, le seul espoir réside peut-être dans la plus jeune population du pays. Influencer cette cohorte avec une éducation libérale et une exposition positive aux valeurs démocratiques peut être la seule voie pour sauver la Thaïlande de son retour à l'antiquité. Ironiquement, la Thaïlande semble être trop liée par sa propre "thaïness" pour se moderniser et se démocratiser.

Sam Michael est un écrivain indépendant.

En Thaïlande nombreuses sont les jolies femmes qui soutiennent la démocratie

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 16:53

Un article de Kevin Hewison

Lien:

http://kyotoreview.org/issue-17/inequality-and-politics-in-thailand-2/

 

Écrivant sur la démocratie en Amérique, Alexis de Tocqueville est resté célèbre pour avoir déclaré "l'égalité générale des conditions de la Fondation de la démocratie américaine". Pour la Thaïlande, c'est différent, car c'est l'inégalité générale qui la définie comme condition de base. En modifiant les mots de Tocqueville, nous pouvons dire que l'inégalité de la Thaïlande a une influence prodigieuse qui s'exerce sur tout le cours de la société en donnant une certaine direction à l'idéologie de l'État et un ténor particulier aux lois en offrant des maximes au pouvoir régissant et des habitudes aux gouvernés. L'influence de l'inégalité s'étend au-delà de la politique et du droit: elle crée des opinions, engendre des sentiments, suggère les pratiques ordinaires de la vie, et modifie tout ce qu'elle ne produit pas. L'inégalité des conditions en Thaïlande est le fait fondamental dont tous les autres découlent.

- LA PAUVRETÉ, LES REVENUS ET LES INÉGALITÉS

Les inégalités économiques et politiques en Thaïlande se renforcent mutuellement selon des conditions qui ont résulté de la façon dont les gains de la rapide croissance économique ont été capturés par les élites. La préservation de ces privilèges produit une structure politique qui est basée sur l'exclusion et est dominée par une élite autoritaire. Pendant une bonne partie de sa période de croissance économique rapide depuis les années 1950, les régimes autoritaires ont dominé en promouvant le capitalisme et l'incubation des classes capitalistes et moyennes, tout en limitant les droits politiques. La croissance a réduit la pauvreté mais l'inégalité est restée élevée. Ainsi, tandis que la croissance a été bénéfique pour la plupart, c'est la classe capitaliste et ses alliés qui ont bénéficiés de la plupart des gains.

La pauvreté n'a pas réduit les inégalités parce que les augmentations de revenu ont été concentrées avec le bien-être. De 0,45 à 0,53, l'indice de Gini est demeuré élevé depuis les années 1980 et s'est reproduit pour d'autres mesures de la richesse. Les données de 2007 montrent que 10% des familles contrôlent plus de 51% de la richesse tandis que les 50% les plus pauvres n'en contrôlent que 8,5%. Pour les terrains, les maisons et les autres actifs, seul 10% de la population détient environ 90% des terres privées. D'autres données démontrent une redistribution des revenus du travail vers le capital, avec une augmentation de la productivité par le travail ayant largement bénéficiés au capital du fait de l'augmentation des profits. Jusqu'à la fin de 2011, la stagnation des salaires réels étaient une partie de cette tendance.

- EXPLIQUER LES INÉGALITÉS

Ce modèle d'exploitation et d'inégalité existe depuis longtemps. En fait, les chercheurs ont rapporté des données similaires à celles citées ci-dessus au cours de plusieurs décennies. Dans les années 1960, Bell a identifié d'importants transferts excédentaires de la région pauvre du Nord-Est, "région sous-développée ou les producteurs étaient exploités par de bas salaires et des rendements agricoles pauvres."

1 - Trois décennies plus tard, Teerana a conclu que la réduction de la pauvreté n'avait pas réduit l'écart des revenus et a montré que l'inégalité en Thaïlande était très élevée par rapport à celle d'autres économies asiatiques.

2 - Quelles sont les raisons de la persistance de l'inégalité? Les meilleures réponses se trouvent dans la politique de l'Etat et le pouvoir structurel du capital.

L'État et la politique

Les études de la politique de l'Etat indiquent une fracture rurale-urbaine de longue date. L'industrialisation promue par l'Etat a abouti à une plus grande classe ouvrière, mais avec une forte intensité capitalistique, le secteur ne pouvait pas absorber tous les migrants ruraux qui s'étaient déplacés vers les zones urbaines pour trouver du travail. Le résultat a été un vaste secteur informel où les travailleurs sont restés en dehors du système de protection sociale limitée de l'État. Cela a contribué à l'inégalité alors que les transferts de l'Etat ont été dirigés vers le secteur formel.

De même, l'investissement de l'État dans l'éducation a été concentré dans les zones urbaines. Lorsque l'économie s'est développée rapidement, les dépenses de l'Etat pour l'éducation sont restées faibles pendant une longue période. Dans les années 1960, alors que les agriculteurs et les travailleurs constituaient 85% de la population, seul 15,5% des étudiants universitaires étaient originaires de ces groupes. Vers le milieu des années 1980, ce taux a chuté à seulement 8,8%. Ainsi, les classes inférieures ont été exclues d'une avenue importante pour se retrouver dans des travaux peu rémunérés et peu qualifiés.

Les politiques fiscales ont également fait preuve de discrimination envers les pauvres. Les taux élevés de protection des industries ont discriminé l'agriculture et, pendant des décennies, une taxe régressive sur le riz a transféré les richesses des campagnes vers les villes. Dans les années 1990, de nombreuses taxes régressives ont permis aux riches d'être gagnants dans le système fiscal. En 2012, les politiques et les dépenses budgétaires de l'Etat sont restés en faveur des riches. L'impact de ces politiques a été une redistribution économique allant dans le sens des pauvres vers les riches.

Ces programmes ont été complétées par une politique de haut rendement à faible salaire qui a été maintenue par le gouvernement et les entreprises et a transféré la richesse au capital.

Classe et pouvoir

Le pouvoir politique nécessaire pour maintenir la stratégie de bas salaires/hauts profits est un ensemble de stratégies de l'Etat et du monde des affaires impliquant le droit, la politique, l'idéologie et la coercition. Lors de la plupart de la période de la rapide croissance économique, les politiques subalternes ont été limitées, souvent fortement réprimées. Ces stratégies fondées sur les classes sociales cherchent à maintenir des régimes autoritaires en limitant la politique électorale.

Le clientélisme ou la "politique de l'argent" marginalise l'attention de la politique à l'inégalité en obtenant un soutien politique particulariste, et a été la politique dominante, au moins jusqu'en 2001. Lorsque des élections avaient lieu, elles impliquaient un tel éventail de partis politiques que les gouvernements de coalition restaient toujours faibles et que les partis concernées ne développaient jamais leurs programmes au-delà des politiques locales. Cette politique excluait la majorité et conservait des institutions représentatives faibles, permettant à l'armée et à la monarchie de dominer. Le résultat a été que l'inégalité n'était pas abordée par les élites politiques et les groupes exclus ont dû accepter des marchandages politiques particularistes plutôt que des attentions programmatiques aux questions de redistribution, au moins jusqu'à ce que Thaksin Shinawatra soit élu en 2001.

- RÉPONDRE AUX INÉGALITÉS

L'inégalité et les structures qui la maintiennent ont été contestées. Plus récemment, les longues manifestations des Chemises rouges de 2009 et 2010 ont été l'un de ces défis. Lors du rejet du coup d'Etat de 2006, un débat sur la liaison entre l'inégalité et la démocratisation a émergé. Cette liaison résulte d'une série de crises politiques et économiques qui ont commencées avec le coup d'Etat militaire de 1991, le soulèvement civil subséquent de mai 1992, et la fin de la longue période d'expansion en 1997. La Constitution de 1997 a suivi et cela a changé les règles politiques.

Les seuls gouvernements élus en vertu de la Constitution de 1997 ont été ceux de Thaksin en 2001 et 2005. Formé en 1998, le Thai Rak Thai de Thaksin (TRT) est devenu électoralement un Parti populaire en raison de prometteurs changements politiques pour les pauvres, dont un moratoire de la dette pour les agriculteurs, des prêts bonifiés au niveau communautaire et, plus définissant, des soins de santé universels. Pour la première fois, un parti politique promettait, et mettait en place une fois élu, des programmes universels relatifs à la pauvreté et au bien-être. Le ralentissement économique, qui a débuté en 1997, avait affaibli l'élite, et sa crainte d'un conflit social a été suffisante pour qu'elle accepte l'accord politique de Thaksin avec les masses.

Non seulement le TRT est devenu extraordinairement populaire, mais les électeurs ont découvert qu'un gouvernement plus sensible à leurs problèmes était possible. Ces conséquences ont déstabilisé l'élite. Les royalistes craignaient que les politiciens élus et populairement considérés comme Thaksin ne soient dangereux pour eux car ce dernier semblait établir une popularité qui entrait en compétition avec celle de la monarchie. Après l'écrasante réélection de M. Thaksin en 2005, les hommes du palais comme le président du Conseil privé Prem Tinsulanonda ont perçu cette diminution de la centralité politique autour de la monarchie comme une menace, et cette perception a déclenché une lutte politique, encore inachevée de nos jours, afin de limiter la politique électorale.

Les conservateurs ont vu les élections comme posant des menaces envers leur point de vue comme quoi la politique devrait fonctionner avec la monarchie en tant qu'institution primordiale. Ils ont pensé que la politique électorale sapait le rôle fondamental de la monarchie vis-à-vis de l'ordre social et politique. Thaksin avait également contesté le statu quo en secouant la bureaucratie, ce qui la rendait plus sensible aux élus et au public. En restructurant la bureaucratie et les ministères de restructuration, Thaksin a promu ses favoris, et les hauts fonctionnaires qui contrôlaient la population depuis des décennies se sont sentis en danger. De même, Thaksin a contesté la classe capitaliste en exigeant que les entreprises nationales soient plus compétitives. Les opposants ont pensé que les entreprises Shinawatra cherchaient à gagner un avantage concurrentiel et ont perçu ce réarrangement du pouvoir économique comme une menace.

Thaksin n'était pas pleinement conscient de la menace qu'il posait pour la coalition politique de l'élite du palais, des militaires et du milieu des affaires, et son non-respect des hiérarchies traditionnelles a fait qu'il a été identifié comme dangereux. L'attention de Thaksin pour les classes inférieures a été la raison pour laquelle une coalition des forces conservatrices, hiérarchiques et autoritaires en sont venu à s'opposer à son gouvernement. Le résultat a été le coup d'Etat de 2006. Le coup d'Etat n'a pas mis fin à cette contestation des élites traditionnelles et les Chemises rouges ainsi que d'autres partisans de Thaksin se sont opposés au palais et à l'armée. En exigeant de nouvelles élections en 2010, les Chemises rouges se sont engagés dans une protestation prolongée, concentrant leur rhétorique politique sur les inégalités.

Les manifestants ont adopté un célèbre ancien mot pour définir les roturiers en Thaïlande, "phrai", afin de désigner leur position vis-à-vis de l'ammat ou des "aristocrates au pouvoir". Ils ont souligné les doubles standards de la loi, la monopolisation du pouvoir politique par "l'ammat", et ont exprimé un ressentiment profondément ressenti de l'inégalité. Malgré les affirmations comme quoi les Chemises rouges étaient des radicaux, leurs demandes étaient réformistes: "Nous voulons un Etat capitaliste libre dans lequel l'écart entre les riches et les pauvres soit réduit. Nous voulons créer plus d'opportunités pour les pauvres".

Cet appel au statut des classes a irrité l'élite, d'autant que les protestations avaient développées une solidarité considérable de la part des plus pauvres.

Cette solidarité s'est développée à travers la mobilisation politique, les habitudes de vote et les données économiques. Les habitudes de vote étaient alignées avec les régions les plus pauvres du Nord et du Nord-est, plusieurs provinces de la région centrale et les zones de la classe ouvrière autour de Bangkok votant systématiquement pour les partis pro-Thaksin. En 2007, la moyenne du produit provincial brut par habitant dans les provinces qui ont voté pour le Parti Démocrate soutenu par l'élite était près de 2,4 fois plus élevée que dans les provinces qui soutenaient le parti pro-Thaksin.

- LA POLITIQUE DES INÉGALITÉS

Des revenus relativement faibles, la propriété biaisée et le détournement des revenus vers les riches indiquent une tendance de longue date de l'exploitation. S'il y a eu des révoltes contre cette exploitation, celles-ci n'ont pas modifié cette tendance. L'élite répond habituellement à ces "rébellions" par la répression. Lorsque les contestations aboutissaient à la politique électorale, que les manifestants ont exigé en 1973, 1992, 2009 et 2010, le résultat a été le clientélisme politique qui permettait de dénigrer les politiciens civils comme étant mauvais et corrompus. Ce dénigrement a ouvert la voie à des interventions militaires et royales afin de ré-établir la répression, l'autoritarisme et la domination des élites. Lorsque l'élite impose ses règles, elle légitimise son droit à gouverner, en s'appuyant sur ses conceptions de l'ordre, de l'autorité et de la morale. Au cœur de ce système se trouve une revendication comme quoi la monarchie serait indispensable et que les règles de l'élite seraient en phase avec l'autorité morale du roi.

Ceux qui contestent cette idéologie ont demandé à plusieurs reprises une représentation et des politiques qui remettraient en question cette exploitation. Plus précisément, il y a eu un support inébranlable pour la politique électorale. Depuis le coup d'Etat de 2006, lorsque des élections ont été autorisées, les électeurs ont élu à plusieurs reprises des gouvernements pro-Thaksin. Il ne s'agit pas d'un pro-Thaksinisme de la part de l'électorat mais cela équivaut à un soutien pour la politique électorale et aux partis perçus comme représentant les intérêts des plus pauvres. L'électorat venu des classes rurales et du travail semble rejeter le clientélisme politique et désire peut-être une société mieux organisée, moins hiérarchique et avec moins d'exploitation.

Pour beaucoup de Chemises rouges, la démocratie signifie une politique électorale plutôt que des coups d'Etat. Ils identifient l'inégalité comme étant un "double standard" notamment dans le cas de la soumission des tribunaux vis-à-vis du pouvoir extra-politique. Les Chemises rouges exigeaient un état où "le pouvoir politique appartiendrait vraiment au peuple thaïlandais". Ils voulaient un "État juste et équitable", où "les gens soient libérés de l'oligarchie aristocratique (ammat) et soient fiers de la liberté et de l'égalité".

Ces exigences de liberté, de justice et d'égalité ont aboutie à une lutte acharnée pour le contrôle du système politique. La réponse de l'élite à ces demandes a été l'utilisation de la magistrature, des canons de l'armée ainsi que des manifestations royalistes répétées. Le 22 mai 2014, le coup d'État militaire a été l'aboutissement de l'effort déterminé afin de neutraliser les politiciens en dehors de l'élite royaliste et de faire reculer la politique électorale.

- CONCLUSION

S'il se rendait aujourd'hui en Thaïlande, Tocqueville ne trouverait pas "l'égalité générale des conditions" qui caractérisaient les débuts de la démocratie américaine. Il constaterait plutôt l'influence prodigieuse et pernicieuse d'un système social, politique et économique structuré pour maintenir l'inégalité.

Kevin Hewison

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6 mars 2015 5 06 /03 /mars /2015 09:16

Un article de Giles Ji Ungpakorn publié dans le magazine australien "Red Flag"

Lien:

http://redflag.org.au/article/freedom-thailand

 

La lèse-majesté est le crime de violer la majesté, c'est une offense contre la dignité d'un souverain régnant ou contre un Etat. Cela est interdit en Thaïlande depuis 1908.

De 1990 à 2005, la Cour jugeait quatre ou cinq cas par an. Après le coup d'Etat militaire de 2006, qui a été soutenu par la famille royale, le nombre de cas est passé à une moyenne de 80 par an.

La loi n'est pas vraiment faite pour lutter contre les offenses, mais est déployée contre les militants et ceux qui s'interrogent sur le rôle de la famille royale et de l'armée dans la vie politique thaïlandaise. Des militants, des universitaires et des journalistes ont été condamnés ou ont été menacés par l'utilisation de la loi.

Giles Ji Ungpakorn, un universitaire socialiste qui a été contraint à l'exil après la publication de son livre "Un Coup d'Etat pour les Riches" (traduction en français téléchargeable sur le lien suivant: http://fr.scribd.com/doc/243049902/Un-Coup-d-Etat-Pour-Les-Riches) en 2006, fait valoir que la suppression de la lèse-majesté et le fait de se débarrasser de la monarchie et de briser le pouvoir de l'armée sont des conditions préalables pour obtenir une Thaïlande véritablement démocratique.

L'article de Giles Ji Ungpakorn:

Dans le sillage des peines de prison encore plus scandaleuses accordées aux deux jeunes militants pour lèse-majesté, il est important de continuer à dénoncer cette loi et exiger la libération inconditionnelle de tous les prisonniers politiques.

Ne faisons pas semblant. L'utilisation de la loi de lèse-majesté en Thaïlande est liée à la puissance et l'influence de l'armée et à l'utilisation de la monarchie par les élites thaïlandaises. Par conséquent la liberté en Thaïlande est conditionnelle à la destruction de la puissance de l'armée ainsi qu'à l'abolition de la monarchie et de la lèse-majesté. Louvoyer avec l'une ou l'autre ne fera rien pour élargir l'espace démocratique.

Les cas de lèse-majesté ne servent qu'à punir les gens qui osent critiquer le puissant établissement et le statu quo. Ils ont peu à voir avec "l'insulte à la monarchie", une expression souvent utilisée par la plupart des médias internationaux.

Il est inutile d'expliquer à la plupart des gens que la loi de lèse-majesté représente une attaque grave contre la liberté d'expression et la liberté académique. L'impact pratique est que la Thaïlande a lutté pendant des années pour atteindre une démocratie pleinement développée, une presse libre et des normes académiques internationalement acceptées dans les universités.

Les prisonniers pour lèse-majesté sont jugés par des tribunaux secrets et privés de liberté sous caution. Les juges royalistes prétendent que l'infraction est "une menace à la sécurité nationale" et "trop grave". Les peines de prison pour lèse-majesté sont draconiennes pour ceux qui n'admettent pas leur "culpabilité".

Aujourd'hui, la junte militaire juge également de tels cas dans les tribunaux militaires. Pendant ce temps, les tueurs de l'Etat comme l'auto-nommé premier ministre général Prayut, et beaucoup d'autres, ne sont jamais punis. La conséquence est qu'il n'y a pas de système de justice qui fonctionne dans ce pays.

Les dictatures thaïlandaises ont toujours utilisé l'excuse comme quoi leurs adversaires cherchaient à "renverser la monarchie" afin de massacrer des manifestants non armés en 1976 et 2010.

La lèse-majesté n'est pas seulement à propos de la censure, la violence et l'intimidation par l'Etat. L'utilisation généralisée de la loi et la promotion maniaque de la monarchie par les militaires, et d'autres, est un feu vert pour des voyous royalistes et d'autres acteurs non étatiques pour commettre des violences ou faire des menaces contre les citoyens. Elle s'applique à tous ceux qui sont simplement accusés de lèse-majesté par n'importe qui, qu'ils soient oui ou non inculpés ou jugés coupable.

Parce que l'armée a toujours eu un problème pour essayer de légitimer ses actions en citant la "démocratie", elle s'est fortement appuyée sur l'aide de la monarchie afin de se trouver une légitimité. Dans le même temps, l'armée devait également promouvoir la monarchie parce que les sentiments royalistes n'ont jamais été automatiques parmi la population thaïlandaise. Ce processus a été lancé dans les années 1960.

Aujourd'hui, les militaires revendiquent toujours qu'ils "protègent la monarchie" et qu'ils "sont les fidèles serviteurs du roi et de la reine". Nous pouvons voir les généraux poser pour des photos et prenant soi-disant leurs ordres de la royauté. Pourtant, ce sont les généraux qui sont vraiment en charge du Palais. Le Palais coopère volontiers à cet arrangement, y gagnant beaucoup de richesse et de prestige.

Si nous voulons comprendre le rôle du roi dans la société thaïlandaise, nous devons comprendre la double action effectuée par l'armée et la monarchie. Pour atteindre l'hégémonie dans la plupart des sociétés modernes, les classes dirigeantes exigent à la fois la coercition et la légitimité.

La monarchie symbolise l'idéologie conservatrice qui donne une légitimité aux actions autoritaires de l'armée et ses alliés. Il s'agit d'un double acte de "pouvoir" et de "légitimité idéologique". Lors de ce double acte, le velléitaire roi Pumibon n'a aucun pouvoir réel. Tout au long de vie gâchée en tant que roi, Pumibon n'a jamais encouragé la démocratie, la paix sociale, l'harmonie ou le bien-être des citoyens thaïlandais. Il a seulement défendu le pouvoir autoritaire et l'inégalité de la richesse brute.

C'est pourquoi nous devons nous débarrasser de la monarchie et anéantir le pouvoir des militaires.

Une manifestante contre le coup d’Etat militaire

Une manifestante contre le coup d’Etat militaire

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4 mars 2015 3 04 /03 /mars /2015 14:11

Une conférence organisée par Pavin Chachavalpongpun, mercredi 4 mars 2015 à Londres

Lien:

http://www.lse.ac.uk/SEAC/events/Events/150504-Post-Coup-Thailand.aspx

 

Le 22 mai 2014, l'armée thaïlandaise a renversé le gouvernement élu de la Première ministre Yingluck Shinawatra. Extérieurement, l'armée a justifié son intervention politique par le prétexte classique comme quoi la corruption était la pourriture de la politique thaïlandaise et le coup d'Etat était nécessaire pour purifier le domaine politique. A un niveau plus profond cependant, l'armée est intervenue à un moment où une transition critique dans la vie politique thaïlandaise est à l'horizon: la succession royale imminente. L'orateur soutient que le gouvernement militaire dirigé par le général Prayuth Chan-ocha cherche à accomplir trois missions:

1 - Reconstruire le système électoral qui profitera aux élites traditionnelles.

2 - Eliminer des ennemis politiques grâce au système juridique, en particulier la loi de lèse-majesté et d'autres moyens non juridiques.

3 - Renforcer la position du palais pour s'assurer que la monarchie continuera d'être au centre du pouvoir dans les jours post-Bhumibol.

Il est peu probable que ces missions vont stabiliser la vie politique thaïlandaise, et que les électeurs deviennent aliénés par le processus politique à la Prayuth. De violentes manifestations à grande échelle peuvent être considérée comme inévitables pour restaurer la démocratie.

La conférence aura lieu ce soir à Londres.

Pour y participer, envoyez un mail à seac.admin@lse.ac.uk (il ne reste que quelques heures)

Intervenants: Dr Pavin Chachavalpongpun; Président Dr Kirsten Schulze

Pavin Chachavalpongpun est un professeur agrégé du Centre d'études sur l'Asie du Sud-Est à l'Université de Kyoto.

Pavin Chachavalpongpun

Pavin Chachavalpongpun

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3 mars 2015 2 03 /03 /mars /2015 16:06

A Kingdom in Crisis. Thailand’s Struggle for Democracy in the Twenty-First Century

Andrew MacGregor Marshall

Un article de Xavier Monthéard pour le Monde Diplomatique

Lien:

http://www.monde-diplomatique.fr/2015/02/MONTHEARD/52689

 

En raison des lois de lèse-majesté, il est presque impossible d’évoquer en Thaïlande le rôle que joue la monarchie dans la politique du pays, y compris pour les journalistes et les chercheurs étrangers. Andrew MacGregor Marshall a quitté Bangkok et l’agence Reuters en 2011 pour écrire librement. Résultat, un livre hardi, développant l’idée qu’une bataille de succession secrète explique la crise qui fait rage en Thaïlande depuis 2005 ; les élites traditionnelles mettraient tout en œuvre, jusqu’au soutien actif au régime militaire issu du coup d’Etat de 2014, pour s’opposer à l’accession au trône du prince héritier. La thèse est partiale, mais cet ouvrage fera date par son refus de tout souci apologétique. S’appuyant sur des analyses universitaires jusqu’alors dispersées et fourmillant d’anecdotes, il démonte le mythe d’une royauté bienfaitrice — propagande financée par les prodigieuses richesses de la Couronne — et ne recule devant aucun tabou : fratricide fondateur, manœuvres de la reine, liens avec les forces armées...

Xavier Monthéard

Voir aussi l'excellente critique du livre d'Andrew MacGregor Marshall par l'universitaire thaïlandais en exil Giles Ji Ungpakorn sur le lien suivant:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/12/critique-du-livre-a-kingdom-in-crisis-d-andrew-macgregor-marshall.html

Un extrait de la critique du livre d'Andrew MacGregor Marshall par Giles Ji Ungpakorn

Un extrait de la critique du livre d'Andrew MacGregor Marshall par Giles Ji Ungpakorn

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