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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 09:13

Un article de Syed Ahsan Badrul pour le journal en ligne bangladais "BDNews24"

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http://opinion.bdnews24.com/2015/01/25/when-soldiers-occupy-their-own-countries/

 

En Thaïlande, le parlement nommé par l'armée a mis en accusation la Première ministre renversée, Yingluck Shinawatra. Elle ne sera pas en mesure de prendre part à la politique durant les cinq prochaines années. Pire, elle fait maintenant face à une menace d'accusations criminelles portées contre elle. Son "crime" est aussi simple qu'elle est innocente: son gouvernement a donné des subventions aux agriculteurs, qui ont grandement bénéficié du geste. En effet, les Shinawatras, tant Yingluck que son frère Thaksin, sont vénérés par les pauvres de la Thaïlande. Le frère et la sœur, à leur manière et sans équivoque, ont tendu la main aux plus démunis. Parce qu'ils l'ont fait, et malgré le mandat électoral qu'ils ont reçu par l'intermédiaire des bureaux de vote, ils en ont payé le prix. Aujourd'hui, c'est une fois de plus l'armée qui donne les coups à Bangkok. Ce n'est pas surprenant, étant donné qu'au court de son histoire, le pays a été régulièrement réquisitionné par ses soldats. Ajoutez à cette histoire la place écrasante et incontestée de la monarchie dans la vie thaïlandaise. Personne ne conteste le roi ou la famille royale car le faire reviendrait à commettre un crime de lèse-majesté. À Bangkok, la démocratie doit se conformer à certaines normes beaucoup moins démocratiques. Bien sûr, l'armée se réserve le droit d'intervenir chaque fois qu'elle estime devoir le faire. La sanction populaire du gouvernement civil est damnée!

Peut-être que la plus grande condamnation d'un renversement de gouvernement civil par les militaires a été celle de Muhammad Rustam "Justice" Kayani du Pakistan. Peu de temps après le coup d'Etat qui a porté le général Ayub Khan au pouvoir en octobre 1958, Kayani a ironisé, dans ce qui était évidemment un mélange d'humour et de sarcasme, que c'était la chose la plus merveilleuse qui soit que l'armée ait occupé son propre pays. Kayani ne réalisait probablement pas que la saisie de l'État par Ayub Khan n'était que le premier d'une série de coups d'Etat. Le général Yahya Khan a présidé la première élection générale du Pakistan en 1970, et a ensuite brutalisé le parti qui l'a gagné, plaçant l'homme, qui aurait dû être le 1er Premier ministre élu du pays, en prison. En son temps, alors que même le battant Zulfikar Ali Bhutto avait fini par conclure un accord avec ses adversaires politiques, en juillet 1977 le général Zia-ul-Haq s'était saisi de l'état avec ses soldats et des chars, une fois de plus. À la fin des années 1990, le général Pervez Musharraf est littéralement descendu du ciel et a supervisé ses soldats grimpant sur les grilles de la résidence du Premier ministre à Islamabad et emprisonné le chef du gouvernement élu, Nawaz Sharif.

Suivez donc l'histoire des nations qui ont eu le malheur de voir leurs expériences démocratiques contrariées par les militaires à des points donnés dans le temps. Un groupe de majors et de colonels ont joyeusement assassiné le père fondateur du Bangladesh et sa famille au milieu des années 1970 avant de rendre le Bangladesh otage de leur brigandage. Le général Ziaur Rahman, au nom d'une soi-disant révolution soldats-peuple, a ramené le pays dans la grande obscurité dont il s'était sorti en 1971. En mars 1982, le général Hussein Muhammad Ershad n'y réfléchi pas à deux fois avant de renverser le gouvernement élu du président Abdus Sattar et de s'offrir la nation. Ce qui est arrivé au Pakistan et au Bangladesh et maintenant en Thaïlande est une maladie qui a toujours entravé le processus de la démocratie à notre époque. C'est quelque chose qui n'est pas arrivé et n'arrivera pas en Inde, où le maréchal SHFJ Manekshaw avait une fois dû ravaler les mots qu'il avait prononcés lors d'un commentaire inoffensif comme quoi, s'il avait voulu, il aurait pu prendre le pouvoir dans le pays. C'était quelques jours après avoir battu le Pakistan dans la guerre du Bangladesh. Il a été rapidement et correctement discipliné. Depuis, aucun général [indien] n'a répété le faux pas de Manekshaw.

Toutefois, des soldats ont parfois fait du bien à leurs sociétés grâce à des interventions historiquement nécessaires. Mustapha Kemal Atatürk n'aurait pas pu propulser la Turquie dans l'ère moderne s'il n'avait pas utilisé son armée pour prendre en charge l'état. Dans leur tâche de conduire l'Egypte au républicanisme, Naguib et Nasser ont dû renverser une monarchie corrompue en employant l'armée. En 1969, les soldats de Mouammar Kadhafi ont eux aussi détrôné Idris, un autre roi corrompu, en Libye. L'armée du Bangladesh a empêché une corruption délibérée du processus politique quand elle a contraint le président Iajuddin Ahmed d'abandonner le poste de conseiller en chef intérimaire au début de 2007, et a présidé une réforme d'institutions nationales importantes comme la Commission anti-corruption et la Commission électorale, ouvrant ainsi la voie à une élection nationale crédible. Dans le cas de la Corée du Sud, les opinions peuvent différer, mais on ne peut pas nier la réalité du fait que la saisie du pouvoir par le général Park Chung-hee en 1961 a conduit à l'émergence du pays en tant que puissance économique.

Ce ne sont que des exceptions. Ce qui est pénible, c'est l'héritage général des prises de contrôle militaires dans les pays à travers le monde. Au Chili, les soldats ont détruit le gouvernement élu de Salvador Allende en 1973. En Birmanie, le général Ne Win a renversé le gouvernement du Premier ministre U Nu en 1962, un exploit répété par ses successeurs en uniforme en 1988. Un groupe de colonels a provoqué un scandale en Grèce lorsqu’ils se sont saisi de l'État à la suite d'un coup d'Etat en 1967 et l'ont conservé jusqu'à ce qu'ils en soient chassés en 1974.

Et, oui, ce qui est arrivé en Thaïlande est un scandale car ses soldats ne peuvent pas vivre vers le bas. Lorsque les officiers militaires se soucient peu de la primauté de la démocratie et ne s'inquiètent pas du tout des ramifications du renversement d'un gouvernement massivement soutenu par le peuple, ils ne font que provoquer une hémorragie de la structure de l'État. Les citoyens courbent la tête et sont profondément embarrassé.

A Bangkok, l'humiliation ne vient pas de Yingluck Shinawatra. Elle vient du général Prayuth Chan-ocha. Elle vient d'une monarchie qui ne tolère aucune critique d'elle-même, mais regarde habillement ailleurs quand la volonté du peuple est niée, défiée et souillée à cause d'impitoyables ambitions.

Syed Ahsan Badrul est un journaliste du Bangladesh, il est aussi commentateur des affaires en cours, et chroniqueur.

Des soldats thaïlandais

Des soldats thaïlandais

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 12:23

Thaweeporn Kummetha de Prachatai nous rappelle que la torture et les disparitions forcées restent une procédure quasiment habituelle pour les militaires et les policiers de Thaïlande.

Les fonctionnaires utilisent souvent une large gamme de méthodes de torture, généralement afin d'obtenir des aveux. Cela comprend:

- Serrer très fort les mains des détenus avec une corde

- Etouffer les prisonniers

- Mouiller leur visage

- Leur donner des coups de pied et des coups de poing

- Les frapper sur le ventre avec une matraque enveloppé dans un chiffon

- Leur frapper la tête contre le mur

- Les torturer à l'électricité (la fameuse gégène)

Certaines de leurs méthodes ne laissent pas de traces. Par exemple, ils couvrent la tête des détenus avec un sac en plastique noir, ils les exposent à une température ou à une lumière extrêmement élevée ou les laissent dans l'obscurité pendant de longues périodes de temps, ils les menacent de mort ou menacent de nuire à leurs familles, ils pratiquent l'alimentation forcée ou injectent des substances qui font perdre conscience aux prisonniers.

Plusieurs de ces méthodes peuvent être appliquées pour un seul détenu.

Source:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/01/20/torture-enforced-disappearance-and-the-junta/

La journaliste de Prachatai Thaweeporn Kummetha

La journaliste de Prachatai Thaweeporn Kummetha

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 09:18

Mlle Yingluck Shinawatra

28eme Premier ministre de Thaïlande

Le 23 janvier 2015

Comme prévu, l'Assemblée législative nationale a voté pour me destituer de mon poste de Premier ministre de la Thaïlande et, par conséquence, m'interdire de politique pour les cinq prochaines années. Peu de temps avant que le vote ait eu lieu, le Bureau du procureur général a également annoncé qu'il déposera des accusations criminelles contre moi à la Division criminelle de la Cour suprême pour les titulaires d'une position politique. Je voudrais faire la déclaration suivante sur ces questions;

Je tiens à réaffirmer que je suis innocente. Je tiens à remercier la minorité qui a voté contre la destitution. Je vous félicite pour votre grand respect du principe de la justice. Malgré le fait que le processus pour me destituer ait été précipité et qu'une procédure régulière ait été ignoré dans la mesure où on m'a dépouillé de mes droits fondamentaux, ceux que chaque citoyen thaïlandais devrait bénéficier, je pense que j'ai fait de mon mieux pour défendre mon cas.

J'insiste sur le fait que le régime de subvention du riz est bénéfique pour les agriculteurs ainsi que pour le pays, et que ce régime n'a pas encouru les pertes qu'on prétend. Tous les chiffres sur les pertes provenant du régime ont tous été manipulés avec un parti pris contre moi ainsi qu'un ordre du jour secret dont le but était d'éliminer un adversaire politique. Le pire de tout cela, c'est que la vie des riziculteurs est devenue un outil politique.

Le 29 avril 2013 à Oulan-Bator, en Mongolie, j'ai dit ceci à propos de la démocratie en Thaïlande; "Je voudrais voir la réconciliation et la démocratie se renforcer en Thaïlande. Pour ce faire, la justice et la primauté du droit doivent revenir. Seulement alors, les citoyens thaïlandais pourront avoir la certitude que tous les individus seront traités d'une manière juste et équitable".

Mes croyances exprimées ci-dessus restent vraies. Même si la démocratie thaïlandaise est morte et que la primauté du droit est détruite, les forces anti-démocratiques se répandent encore comme une force destructrice, comme j'en fais actuellement l'expérience.

Il est regrettable que les nombreuses soi-disant coïncidences dont j'ai parlé hier se produisent une fois de plus aujourd'hui. Juste une heure avant le vote de l'Assemblée législative nationale sur la destitution, le Bureau du Procureur général a décidé de déposer des accusations criminelles contre moi pour négligence du devoir. Cela est en conflit avec les observations faites par le chef de l'équipe de poursuite comme quoi il n'existe pas encore suffisamment de cause probable. Le Bureau du Procureur général est une institution qui a longtemps joué un rôle clé en assurant la justice. Pourtant, leurs actions sur cette question sont réputés être discutable.

Tout au long de la période de 2 ans 9 mois et 2 jours en tant que Première ministre, j'ai effectué mes fonctions avec la plus grande dévotion et avec des intentions sincères pour atténuer les problèmes des Thaïlandais de manière équitable. Je suis fier d'avoir eu la chance d'aider à soutenir les cultivateurs de riz et les pauvres afin qu'ils aient la chance d'avoir une vie meilleure.

Je n'ai plus aucune position politique, il ne me reste que la tâche de combattre les accusations criminelles devant les tribunaux, un cas qui a été poussé à tort contre moi.

La réconciliation ne pourra se produire que lorsque la justice sera égale pour tous. Elle ne sera pas atteinte en continuant à traquer un individu en particulier. L'égalité devant la loi apportera la justice. La paix et l'ordre suivront.

Parce que nous sommes tous des Thaïlandais, ce que nous devrions faire est de nous engager dans un dialogue sur la façon de rendre ce pays à nouveau prospère et de ne pas inciter à la haine envers l'autre jusqu'à ce qu'il ne puisse plus le supporter. En fin de compte, c'est notre pays qui va en souffrir.

Je ne suis pas triste parce que je suis la victime de toute cette épreuve, mais je suis triste pour les producteurs de riz et tous les citoyens thaïlandais défavorisés dont la vie retournera au cercle vicieux de la pauvreté, de l'endettement, de l'utilisation par les profiteurs, et le plus important de tous, de se voir refuser leurs droits démocratiques fondamentaux en vertu de la règle de droit.

Je ne peux qu'espérer que les membres de l'Assemblée ne permettront pas à tout individu ou groupe, essentiellement anti-démocratique, sans croyances dans les principes de la démocratie, la primauté du droit et l'application du devoir; de continuer à influencer leurs décisions à l'avenir. Une fois, un universitaire a déclaré que "Même s'il n'y a pas Yingluck, tous les Thaïlandais pourront encore survivre", mais ce qui est plus important, c'est que "s'il n'y a pas de justice en Thaïlande, personne ne pourra survivre."

Je réitère mon engagement à continuer à me battre pour prouver mon innocence jusqu'au bout, peu importe ce que sera le résultat. Et je me tiendrai toujours côte à côte avec tous les Thaïlandais. Je ne m'arrêterai pas jusqu'à ce que la démocratie, la justice et la prospérité soient de retour en Thaïlande.

En thaï:

https://www.facebook.com/Y.Shinawatra/photos/a.106877456023385.4057.105044319540032/934293706615085/?type=1&theater

En anglais:

http://www.ptp.or.th/news/88

Yingluck Shinawatra

Yingluck Shinawatra

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 14:03

La destitution de Yingluck: un moyen frauduleux "légal" utilisé par une junte illégale

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Soyons clairs. Le succès de la motion de destitution contre l'ancienne première ministre Yingluck Shinawat, soumise à l'Assemblée désignée de la junte par la Commission anti-corruption nationale, sur son rôle dans le régime de soutien des prix du riz pour les agriculteurs, est une farce totale et un faux-fuyant. C'est une partie délibérée des anti-réformes visant à détruire la démocratie. Cela n'a rien à voir avec le régime du riz.

Yingluck est accusé d'avoir "permis que la corruption puisse avoir lieu" dans ce régime du riz et d'être responsable des pertes financières du gouvernement.

Tout d'abord, il convient de préciser qu'il n'y a pas de preuve de cela, ni aucune évidence permettant d'insinuer que Yingluck aurait été corrompue. En fait, le mot "corruption" est dorénavant une insulte commode jetée à la face de tous ceux que les classes moyennes ou les élites n'aiment pas. D'ailleurs, l'organisation la plus corrompue dans la société thaïlandaise est l'armée. Presque tous les généraux thaïlandais, y compris les dirigeants de la junte actuelle, ont accumulé des richesses s'élevant à des centaines de millions de baht, bien au-delà de ce qu'ils pouvaient gagner avec leurs salaires normaux. Cela a toujours été le cas depuis les mauvais jours des dictatures militaires dans les années 1940. Une partie de cet argent provient d'offres de corruption et de pots de vin. L'autre partie vient de leur abus de pouvoir et d'influence pour faire des affaires, posséder leurs propres sections des médias et se nommer aux conseils d'administration des entreprises publiques.

Toute personne qui accorde une attention aux commentaires des grands médias sur Taksin Shinawat serait pardonné de croire que Taksin et ses acolytes étaient de sales politiciens corrompus qui auraient empoché des millions et saigné le pays à sec en offrant "trop" de politiques pro-pauvres aux masses "ignorantes". Ces rapports font état de la corruption de Taksin comme si c'était un fait indiscutable et que lui seul serait responsable de la corruption.

Taksin est un magnat super-riche. Il est toujours super-riche, même après avoir vu une grande partie de ses biens saisis par les tribunaux pro-militaires. Sa richesse provient principalement de l'exploitation du travail des autres, ce qui n'est pas différent de n'importe quel magnat ou homme d'affaires et ne diffère pas du roi Pumibon qui est l'homme le plus riche de Thaïlande. C'est une forme de vol brut, mais il s'agit d'un vol "légal" dans le cadre du système capitaliste.

La seule inculpation de corruption contre Taksin a été l'accusation selon laquelle il était premier ministre lorsque sa femme a acheté une parcelle de terrain du gouvernement. C'était sans aucun doute contre les règles. Mais les tribunaux ont admis que le prix payé était celui du taux du marché véritable et ils ont également jugé que sa femme n'avait pas à répondre de cela. Taksin a également utilisé divers stratagèmes d'évitement fiscal afin d'éviter de payer des impôts sur son immense fortune.

Deuxièmement, il se pourrait peut-être que la corruption se soit produite à certains niveaux du système de soutien des prix du riz, probablement liées à des sociétés de fraisage de riz et de négoce de riz malhonnêtes. Les adversaires de Yingluck veulent la punir pour avoir omis de mettre fin à cette corruption. Si le fait de ne pas avoir arrêté la corruption est une raison de mise en accusation, dans ce cas, tous les premiers ministres thaïlandais, y compris Prayut, devraient être mis en accusation.

Troisièmement, la plupart des pertes financières de l'Etat due au régime de soutien des prix du riz proviennent de deux sources. Le gouvernement a utilisé des fonds publics pour garantir les prix du riz payés aux pauvres agriculteurs. Ces pertes sont totalement justifiées et font partie de la distribution de revenus aux populations rurales pauvres. Mais d'autres pertes sont dues au marché mondial du riz et à l'espoir que le prix du riz augmenterait, ce qui n'a pas eu lieu. Au lieu de cela le gouvernement aurait dû vendre du riz bon marché aux pauvres des villes et récupéré les pertes en taxant les riches et en réduisant les budgets militaires ainsi que ceux du Palais.

Bien sûr, les classes moyennes, extrémistes néo-libérales, l'armée et les royalistes auraient pris les armes si cela s'était produit. Déjà, le Parti Démocrate et les institutions néo-libérales comme le TDRI étaient à fond contre l'utilisation de fonds de l'Etat au profit des pauvres à travers le système de soutien des prix du riz.

Mais rien de tout cela n'explique vraiment la sanction prise à l'encontre de Yingluck.

Après le coup d'Etat militaire de l'année dernière, j'ai écrit que la junte illégale et ses diverses créatures étaient occupées à élaborer un système non démocratique avec des élections fictives. J'ai aussi écrit que la soi-disant Commission nationale anti-corruption essayait désespérément de trouver une douteuse accusation de corruption à coller sur l'ancienne première ministre Yingluck. Ce serait une voie "légaliste" pour l'interdire de politique et permettrait peut-être aussi la dissolution du Parti Pua Thai.

Aussi bien la destitution que la poursuite de Yingluck sont une imposture frauduleuse et "morale" utilisée par une junte illégale afin de détruire la démocratie et décapiter le parti politique qui a toujours bénéficié d'un soutien populaire de masse.

Pendant ce temps, l'ancien président du parlement, Somsak Kiatsuranon et l'ancien président du Sénat, Nikom Rachpanit, font face à des interdictions similaires, mais infructueuses pour avoir essayé de permettre un vote parlementaire démocratique afin de modifier la Constitution, l'année dernière. Cependant, Prayut et sa bande armée ne font face à aucune sanction pour avoir organisé un coup d'Etat et déchiré la constitution en mai dernier. De même que Prayut et l'ancien premier ministre Abhisit ne font face à aucune inculpation pour le massacre de manifestants pro-démocratie non désarmés. Le message est clair. Quels que soient les crimes que la junte commet, ils sont "légaux" et, à l'avenir, il ne sera pas "légal" de changer la constitution parrainée par les militaires.

La dictature est faite pour être gravée dans la pierre. Mais rien ne dure éternellement lorsque des mouvements sociaux s'organisent afin de lutter pour la démocratie.

Yingluck à son procès

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 08:06

Les travailleurs agricoles ont besoin de protection

Une déclaration de l'organisation américaine des droits de l'homme Human Rights Watch

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http://www.hrw.org/news/2015/01/21/israel-serious-abuse-thai-migrant-workers

 

(Jérusalem) - Les travailleurs agricoles thaïlandais en Israël font face à de graves violations des droits du travail parce que les autorités israéliennes ne parviennent pas à appliquer leurs propres lois, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui. Les autorités israéliennes doivent prendre des mesures immédiates pour améliorer les mécanismes d'application [des lois] et afin de déterminer si la vie insatisfaisante et les conditions de travail ont contribué à une tendance troublante de décès parmi les travailleurs migrants en provenance de Thaïlande.

Le rapport de 48 pages intitulé "A Raw Deal: Abuses of Thai Workers in Israel’s Agricultural Sector" fait état de bas salaires, d'heures de travail excessives, de conditions de travail dangereuses, et de logements insalubres pour les travailleurs agricoles thaïlandais en Israël - ainsi que le non-paiement par les employeurs lorsqu'ils essayent de protester en se mettant en grève. Ces problèmes persistent malgré quelques améliorations en 2011 dans le cas du processus de recrutement pour les travailleurs thaïlandais et des lois israéliennes qui fixent un salaire minimum, limitent les heures de travail, permettent des grèves légales et la syndicalisation, et les normes adéquates de logements pour les travailleurs.

"Le succès de l'industrie agricole d'Israël dépend dans une large mesure du travail des travailleurs migrants thaïlandais, mais Israël fait bien trop peu pour faire respecter leurs droits et les protéger de l'exploitation", a déclaré Sarah Leah Whitson, directeur [d'Human Rights Watch] pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. "Les autorités israéliennes devraient être beaucoup plus actives dans l'application de la loi sur les heures et les conditions de travail, et réprimer les employeurs qui abusent des droits des travailleurs."

Environ 25 000 travailleurs migrants thaïlandais fournissent la grande majorité de la main-d'œuvre pour l'agriculture en Israël. En 2011, Israël a signé un accord bilatéral avec la Thaïlande, connu sous le nom de TIC (Coopération Thaïlande-Israël pour le placement des travailleurs, en anglais Thailand-Israel Cooperation on the Placement of Workers) qui a coupé de façon significative les frais de recrutement que les travailleurs thaïlandais devaient payer pour obtenir un permis de travail et a réduit leur vulnérabilité au travail forcé. Cependant, Human Rights Watch a constaté que d'autres conditions abusives sont restées, et que trouver des employeurs était encore difficile et coûteux.

Human Rights Watch a interrogé un total de 173 travailleurs thaïlandais répartis dans 10 communautés agricoles appelés moshavim dans le nord, le centre et le sud d'Israël. Tous ont témoigné qu'ils étaient payés beaucoup moins que le salaire minimum légal, contraints de travailler plus que la limite légale, exposés à des conditions de travail dangereuses, et avait des difficultés lorsqu'ils essayaient de changer d'employeur. Dans toutes mais particulièrement dans l'une des 10 communautés où Human Rights Watch a enquêté sur les conditions de vie, les travailleurs thaïlandais étaient logés dans des logements de fortune et inadéquats.

Les travailleurs de plusieurs fermes se sont plaints de maux de tête, de problèmes respiratoires et d'autres maladies, y compris des sensations de brûlure dans les yeux qu'ils attribuaient à la pulvérisation de pesticides sans protection adéquate. Certains travailleurs ont déclaré à Human Rights Watch que leurs parents leur ont envoyés des médicaments de Thaïlande parce qu'ils ne pouvaient pas accéder à des soins médicaux en Israël.

La majorité des travailleurs que Human Rights Watch a visité étaient logés dans des structures non résidentielles, comme des entrepôts et hangars, avec des installations de fortune pour la cuisine et la blanchisserie. Dans une exploitation agricole, les travailleurs thaïlandais ont montré à Human Rights Watch qu'ils ne bénéficiaient pour se loger que d'abris construits à partir de carton à l'intérieur des hangars agricoles.

Les chiffres gouvernementaux montrent une tendance inquiétante des décès de travailleurs thaïlandais. De 2008 à 2013, selon les chiffres du gouvernement rapportés par le quotidien israélien Haaretz, 122 travailleurs thaïlandais sont morts en Israël. Cela comprend 43 morts dont les autorités attribuent les décès à une "subite mort nocturne", une maladie cardiaque censée affecter les jeunes hommes asiatiques en bonne santé, et 22 autres qui sont mort de causes inconnues parce que les autorités n'ont pas daigné faire des autopsies.

L'un de ces 22 morts, Praiwan Seesukha, 37 ans, est décédé dans son sommeil en mai 2013. Le lendemain de sa mort, Human Rights Watch s'est entretenu avec ses collègues dans une communauté agricole près de la côte méditerranéenne d'Israël. Ils ont expliqué que les travailleurs dormaient dans un espace étroit situé dans un hangar que l'employeur avait converti en dortoir pour les ouvriers. Les travailleurs ont aussi expliqué qu'ils travaillaient jusqu'à 17 heures par jour, tous les jours, sans jour de congé. Un travailleur d'un autre moshav a affirmé qu'il se sentait "comme de la viande morte" après une journée de travail qui commençait généralement à 4 heures 30 du matin et se terminait à 19 heures.

"Même s'il n'est pas encore clair qu'il y ait un lien entre le nombre élevé de décès parmi les travailleurs thaïlandais et leurs conditions de travail dans le secteur agricole, les faits justifient certainement une enquête", a déclaré Sarah Leah Whitson.

Les travailleurs ont déclaré à Human Rights Watch que quand ils ont essayé d'exercer leur droit à changer d'employeur, les agents de recrutement, qui peuvent faciliter ces transferts, les avaient chargés d'un prix correspondant au salaire d'un mois pour cela. D'autres, travaillant dans un moshav situé au centre d'Israël, ont expliqué qu'ils avaient demandé à un agent de les aider à changer d'employeur en raison de leurs bas salaires, des mauvaises conditions de logement, et des heures de travail excessives - à partir de 5 heures jusqu'à 22 heures ou même 23 heures lors des mois d'été. Ils ont affirmé que l'agent avait refusé et leur a dit qu'ils n'avaient qu'à trouver un nouvel employeur par eux-mêmes.

Les travailleurs se sont alors mis en grève et ont, par conséquent, obtenu une augmentation de salaire et une réduction des heures de travail, bien que leur salaire soit resté inférieur au minimum légal. Mais ils ont aussi expliqué que deux des meneurs de la grève avaient perdu leur emploi dans ce qu'ils percevaient comme un châtiment.

Human Rights Watch a constaté que les abus les travailleurs décrits résultent principalement de la faible application des lois du travail d'Israël, qui sur le papier offrent aux travailleurs migrants une protection étendue. Divers facteurs, cependant, nuisent à l'efficacité du cadre juridique. Il s'agit notamment d'un partage des responsabilités de réglementation, d'un régime d'inspection inefficaces, d'unités d'exécution apparemment insuffisamment financées, et d'une incapacité à imposer des sanctions significatives contre les employeurs et les agents de main-d'œuvre qui enfreignent la loi [...]

Logo d'Human Rights Watch

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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 11:00

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https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/01/20/lese-majeste-and-foreign-policy/

Les dictateurs militaires ne brillent généralement pas par leur intelligence. C'est aussi vrai en Thaïlande qu'ailleurs. Ses dirigeants militaires hésitent sur les politiques à tenir alors que quelques questions les préoccupent. Malheureusement, ce ne sont que des bêtises idéologiques qui comprennent un ultranationalisme brut entraînée par la lèse-majesté et une répression réactionnaire contre tous ceux qui sont perçus comme anti-coup d'Etat et antimilitaire. Ils n'ont que des réponses brutes et généralement peu réfléchies dans ces deux cas.

Quand la politique étrangère se trouve entre les mains des militaires, ces derniers ont tendance à être assez perdus et ont rarement les compétences des diplomates. Lorsque la lèse-majesté et la diplomatie troublent l'esprit lent d'un militaire, il n'y a pas beaucoup d'occasions pour lui d'examen approfondi.

Comme nous l'avons posté précédemment, des royalistes furieux et le ministère des Affaires étrangères, dont l'action est dirigée par le dictateur, le général Prayuth Chan-ocha, ont été frénétiques afin de contrer les efforts du HCR pour obtenir que le gouvernement de Nouvelle-Zélande offre l'asile politique à Ekaphop Luera. Ekaphop a été inculpé en Thaïlande en vertu de la loi draconienne de lèse-majesté qui a été implacablement mise en œuvre par le régime militaro/royaliste. La réponse de la Nouvelle-Zélande à la folie de la lèse-majesté a été prudente et réfléchie.

Selon un rapport de Khaosod, Prayuth a effectivement affirmé quelque chose d'un peu sensé. Toutefois ne vous arrêtez pas à ce petit éloge vis-à-vis du dictateur,.

Prayuth doit sentir la chaleur royaliste intérieure car il a déclaré aux journalistes qu'il ne pouvait pas faire beaucoup plus: "Ils prétendent qu'il s'agit d'une assistance basée sur l'aspect humanitaire, alors que puis-je faire?" Il est logique quand il explique aux royalistes fous furieux qu'attaquer le HCR et lancer un appel pour arrêter les dons à cette organisation était une erreur mélangeant la lèse-majesté et le travail de l'agence internationale.

Mais il revient au mode agréable vis-à-vis des royalistes du pays quand il prétend avoir "envoyé une lettre de protestation à l'agence pour les réfugiés des Nations Unies pour avoir aidé un homme soupçonné de crime de lèse-majesté à s'enfuir de Thaïlande." Prayuth a ajouté que "le ministère des Affaires étrangères avait envoyé des lettres de protestation" à environ "7 ou 8 pays" dont le régime pense qu'ils "hébergent des Thaïlandais suspects de lèse-majesté". Prayuth ajoute cependant "qu'aucun de ces gouvernements étrangers n'avait répondu aux lettres".

La suite de son discours est également un peu censée: "Ils ne nous ont pas donné de réponse, alors nous ne pouvons rien faire de plus à ce sujet..." Mais là où il montre son manque de connaissances et son point de vue militaire étroit, c'est quand il affirme que la Thaïlande ne peut rien faire "parce que nous ne sommes pas assez fort pour combattre le monde entier... Nous devons d'abord attendre de devenir une superpuissance avant de penser à faire quelque chose comme cela".

C'est malgré tout une déclaration raisonnable. Mais c'est dit dans le contexte de la ridicule et féodale loi de lèse-majesté de Thaïlande qui criminalise la liberté d'expression et de pensée, et des discours politiques plutôt normaux. C'est également dans le contexte de l'utilisation la plus scandaleuse de la loi depuis sa mise en place il y a plus d'un siècle. Prayuth en porte la responsabilité.

La lèse-majesté et la politique étrangère
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21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 00:29

Un article de Democratic Voice of Burma

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http://www.dvb.no/news/wirathu-calls-un-envoy-a-whore-burma-myanmar/47467

 

Vendredi dernier, le moine nationaliste controversé Wirathu a fustigé la rapporteuse spéciale de l'ONU pour les droits de l'homme en Birmanie, Yanghee Lee, lors d'un discours au Parc Kyeikkasan situé dans le canton Tamwe de Rangoon. Il l'a traité de "pute" à cause de sa prétendue partialité envers la minorité musulmane rohingya du pays.

"Nous avons déjà rendu public notre loi sur la protection de la race, mais sans même l'étudier, cette salope [birman: kaungma] continue à se plaindre du fait qu'elle (la loi) soit contre les droits de l'homme", a-t-il crié à des centaines de partisans vendredi après-midi.

"Cette pute vient-elle vraiment d'une famille respectable?" a-t-il tonné. Une question à laquelle le public a répondu, "Non!"

"Ne présumez pas que vous êtes une personne respectable, juste parce que vous avez une position à l'ONU," a-t-il poursuivi. "Dans notre pays, vous êtes juste une pute.

«Si vous êtes si pleine de bonne volonté, vous pouvez toujours offrir votre cul à ces kalar [terme raciste signifiant "Noirs"]. Mais vous ne braderez jamais notre Etat de l'Arakan!"

L'ONU n'avait pas répondu à l'insulte au moment de la mise sous presse.

Vendredi matin, un groupe d'environ 500 partisans moines et laïcs, dirigé par les moines bouddhistes conservateurs Wirathu et Parmaukkha, a défilé de la pagode Kyay Thon, près de la pagode Shwedagon, au canton de Tamwe à l'est du centre-ville, brandissant des pancartes disant "Les décisions de l'ONU causent des problèmes en Birmanie - nous ne le voulons pas"!

Parmi les marcheurs se trouvaient des membres du Réseau national d'Arakan, qui a condamné l'appel de l'ONU à la Birmanie pour qu'elle accorde la citoyenneté aux membres de la communauté Rohingya qui sont nés dans le pays.

Le discours de Wirathu a coïncidé avec la conférence de presse de Yanghee Lee à Rangoon ce vendredi alors qu'elle concluait un voyage de 10 jours en Birmanie, sa deuxième visite officielle dans le pays.

"Les droits fondamentaux ne sont pas hiérarchique - ils ne sont pas subordonnée à l'un par rapport à l'autre. Ils sont inaliénables", a déclaré Lee vendredi. "Vous pouvez être assuré que dans toutes mes réunions avec des interlocuteurs du gouvernement, j'utilise le mot "Rohingya". Les droits des Rohingyas doivent être protégés, promus et respectés ".

En décembre dernier, l'Assemblée générale de l'ONU avait approuvé une résolution non contraignante, rédigée par l'Union européenne, qui appelait Naypyidaw à étendre les droits de la citoyenneté aux Rohingyas et à supprimer les restrictions à la mobilité qui leur sont imposées. La résolution a également demandé une enquête sur les violations des droits dans l'État d'Arakan ainsi que l'égalité d'accès aux services essentiels, et la réconciliation entre les communautés bouddhistes et musulmanes dans la région.

Voir aussi les articles suivants publié par Libérez-Somyot:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-birmanie-un-racisme-anti-musulman-organise-par-l-etat-116792427.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-en-thailande-nous-vendons-des-refugies-rohingyas-118225321.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-des-moines-bouddhistes-defilent-en-scandant-des-discours-neonazis-118811209.html

Couverture du magazine "Time" avec le moine birman Wirathu qui se surnomme lui-même le "Ben Laden Bouddhiste"

Couverture du magazine "Time" avec le moine birman Wirathu qui se surnomme lui-même le "Ben Laden Bouddhiste"

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20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 09:19

Un article de Thai Political Prisoners

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https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/01/19/voting-advice-from-the-dictator/

 

Khaosod rapporte que le "dirigeant militaire non élu de Thaïlande a demandé aux gens de penser à ce qui est le mieux pour la nation quand ils votent, au lieu de voter en fonction de leur «familiarité» avec les candidats lors d'une élection."

Voir un général, qui n'a jamais été élu, donner des conseils aux gens sur la façon de voter semble assez bizarre. Pourtant le général Prayuth Chan-ocha n'a pas de honte, pas de conscience et beaucoup d'arrogance. En effet, il a déjà fait cela auparavant.

Ses conseils pompeux et non sollicités à des électeurs auxquels il ne peut pas faire confiance est rapportée ainsi:

"Celui qui va diriger le pays prochainement doit en savoir plus que ce que je sais moi-même. Ne vous contentez pas d'élire le même groupe de politiciens que vous avez élus dans le passé".

Il a poursuivi: "Ne choisissez pas les politiciens affiliés au groupe précédent. Ne vous contentez pas d'élire les personnes que vous connaissez. Aujourd'hui, nous devons mettre en place des politiciens présentant leur vision sur la façon dont ils vont diriger le pays."

En fait, il veut dire de ne pas voter pour les politiciens liés à la famille Shinawatra. Il a sans doute remarqué que ces derniers ont remporté toutes les élections depuis 2000.

Nous soupçonnons que Prayuth espère que, au moment où il permettra des élections, il y aura un parti militaire en place et que les gens seront obligés persuadés de voter pour ses partisans.

Prayuth Chan-ocha

Prayuth Chan-ocha

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18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 11:23

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https://www.facebook.com/notes/international-solidarity-for-thailand/the-final-war-new-year-greeting-card-from-somyot-to-all-friends-and-comrades-who/888884541143507

 

13 Janvier 2015

Les vœux de Somyot pour la nouvelle année à tous les amis et camarades qui l'ont soutenu, lui et la Thaïlande

La guerre finale

Glorieuse, à l'extérieur, mais démontée à l'intérieur

Dieu ou les anges ne peuvent pas la retenir.

Une crise se prépare. Embrassez la lutte, mes amis.

La guerre finale. La destination finale.

Mes souhaits de Nouvel An à vous tous, les Thaïlandais et tous les autres,

Perdez la tristesse et atteignez le bonheur, chers tous.

Somyos Prueksakasemsuk (zone 1)

Prisonnier d'opinion en vertu de l'article 112

La carte de vœux pour la nouvelle année de Somyos Prueksakasemsuk

La carte de vœux pour la nouvelle année de Somyos Prueksakasemsuk

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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 14:49

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/01/17/the-morals-of-thugs-and-gangsters/

 

Un scandale sexuel fait le tour des vidéo-clips des media thaïlandais. Une vidéo de fonctionnaires et d'hommes d'affaires d'âge moyen pelotant des jeunes femmes nues dans un "Centre de remise en forme" a largement circulé. La junte est intervenue pour condamner ce comportement et a promis une enquête.

Ce n'est que de l'hypocrisie flagrante. Les mâles thaïlandais de l'élite paient régulièrement des jeunes femmes pour le sexe et l'armée est bien connue pour ses fêtes où les femmes sont payées à parader nue devant des jeunes hommes en uniforme. Le prince héritier est également bien connu pour faire poser ses femmes nues pour les photographies. Les élites thaïlandaises n'ont aucun respect pour les femmes ni pour la majorité de la population.

Auparavant Prayut, l'organisateur du coup d'Etat, et ses acolytes ont annoncé qu'ils allaient mettre en place un "Forum national de morale" dans le cadre de leur processus anti-réforme. Si cela n'impliquait pas d'importantes dépenses ou encore la nature vicieuse de la junte, ce serait une plaisanterie.

Tout comme les soi-disant "réformes" sur lesquelles ils mentent, leurs "mœurs" sont exactement le contraire de tous les principes moraux. C'est leur premier crime: le mensonge. La junte et ses partisans ont menti sur la raison pour laquelle ils ont pris le pouvoir, ils ont menti au sujet de leurs intentions pour la démocratie, ils ont menti au sujet de la loi et de la constitution, ils ont menti en prétendant que la majorité de la population "soutien" leur gouvernement et ils ont menti en affirmant être en mesure d'extrader les nombreux exilés thaïlandais qui sont accusés de lèse-majesté. Ils ont aussi menti à plusieurs reprises à propos de l'assassinat de manifestants pro-démocratie non armés en 2010 ... ce qui nous amène à leur prochain crime immoral.

Le généralissime Prayut et ses tueurs à gages ont délibérément abattus les Chemises rouges désarmés en 2010, en utilisant des tireurs d'élite spéciaux. Près de 90 civils ont été massacrés de sang-froid, certains d'entre eux après s'être abrité dans un temple. Il s'agissait purement et simplement d'un assassinat. Mais, selon le soi-disant "Forum national de morale", les assassinats de sang-froid, comme cela sont le sommet de la force morale.

L'utilisation de la force meurtrière, comprenant des coups d'Etat militaires, afin d'imposer votre pouvoir, en opposition à la volonté démocratique de la majorité, est un comportement de gangsters. Mais, naturellement, les coups d'Etat ne figurent pas dans la liste des actes immoraux du "Forum national de morale".

La junte a donné des emplois à ses boys et Prayut, ainsi que ses collègues généraux, ont remplis leurs propres poches grâce à de multiples salaires; de la corruption pure et simple. Pourtant, le "Forum national de morale" perçoit la corruption comme un problème "relatif". Cela dépend de qui est impliqué. Si ce sont les adversaires de la junte alors il s'agit-la très certainement de corruption. Mais si c'est la junte et ses laquais, alors il s'agit seulement d'une "récompense légitime pour un dur travail". Prayut s'est plaint à plusieurs reprises d'être fatigué de toutes ses responsabilités. Le peuple devrait le soulager de cela et lui permettre de se reposer pendant des années dans une cellule de prison.

Les tortures physiques et mentales sont reconnues comme étant des actes immoraux par les honnêtes gens. Pourtant, le "Forum national de morale" va travailler sur l'idée selon laquelle les critiques de l'ordre de décision ou de la monarchie sont des crimes odieux, alors que la destruction de la liberté d'expression et l'incarcération, dans des conditions épouvantables, de personnes innocentes en vertu de l'abominable loi de lèse-majesté n'est que "la défense de la morale de la nation". Le fait de menacer de tuer ou de violer des personnes, dans le cadre des activités de la junte sur le "changement d'attitude", est de la torture. Mais le "Forum national de morale" va considérer cela comme "apportant la paix et le bonheur à la société".

Le "Forum national de morale" fera sans aucun doute l'éloge de "l'égoïsme" et "l'arrogance", des qualités spéciales indiquées par le Grand Leader de la Thaïlande Prayut.

En vérité, le "Forum national de morale" est sur "l'obéissance". Il devrait être appelé "Forum national d'obéissance" parce que ce que ces mégalomanes pensent que la majorité du peuple thaïlandais doit baisser la tête, ramper sur le sol, et conserver de faux sourires heureux sur leurs visages tout en étant obéissant en faisant ce que la junte leur dit de faire. Ce n'est rien d'autre qu'une mesure de la dégénérescence morale de la société thaïlandaise sous les bottes de l'armée.

La morale des voyous et des Gangsters
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