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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 15:22

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/02/01/the-treachery-of-pua-thai-and-taksin/

 

Déjà lors de l'élection du Parti Pua Thai avec Yingluk comme Première ministre en 2011, je soutenais que Taksin, Yingluk et le Pua Thai essayaient de parvenir à un compromis avec les militaires. Nous avions pu constater une critique constante d'Abhisit, de Sutep et du Parti Démocrate, tandis que les critiques envers Prayut et l'armée avaient cessées. Cela correspondait à une trahison des chemises rouges qui avaient protesté pour la démocratie et été massacré par les militaires en 2010 alors que Prayut dirigeait l'armée. L'avocat Robert Amsterdam s'était également concentré sur la déposition d'une plainte contre Abhisit, mais pas contre Prayut ni contre les autres officiers de l'armée.

Lors de l'élection de 2011, Prayut s'était à plusieurs reprises opposé à un vote pour le Parti Pua Thai, mais quand le Pua Thai est devenu le gouvernement, il n'y a eu aucune tentative pour le virer de son poste et Yingluk a posé avec lui et même avec Prem pour des photos.

A cette époque Taksin avait donné une interview où il déclarait qu'il n'avait pas de querelle avec l'armée parce qu'il s'agissait seulement d'un différend entre lui et le Parti Démocrate. Quelle arrogance! Cependant, la vérité est que le Parti Démocrate n'aurait jamais pu former un gouvernement en 2008 sans le ferme soutien de l'armée. Le gouvernement du Parti Démocrate était juste un "front civil" pour le régime militaire.

Lors de différents rassemblements des Chemises rouges, Taksin parlait simplement de lui-même et de ses problèmes dans ses liens vidéo, n'offrant aucune stratégie pour vaincre les forces anti-démocratiques.

Après la victoire électorale du Pua Thai, la direction des Chemises rouges de l'UDD, qui était étroitement liée au Pua Thai et à Taksin, a commencé à démobiliser la base du mouvement chemise rouge. Ensuite, la deuxième trahison a eu lieu. Taksin a suggéré qu'il pourrait y avoir une amnistie pour tous ceux qui ont tué des Chemises rouges. L'amnistie inclurait naturellement des politiciens comme lui. Il était manifeste que les prisonniers pour lèse-majesté et les personnes accusées de crime de lèse-majesté, auraient été les seules personnes à ne pas bénéficier de l'amnistie. Le Pua Thai a ensuite proposé cela comme loi. Le Parti Démocrate et la classe moyenne ont réagi avec fureur parce qu'ils ne veulent pas d'une amnistie pour Taksin. Mais ils ne se sont jamais souciés d'une amnistie pour ceux qui avaient assassiné des civils non armés. Yingluck a appelé une élection et l'armée a permis aux voyous du Parti Démocrate de la classe moyenne de saboter l'élection.

L'armée a alors vu sa chance et est intervenue en organisant un coup d'Etat en mai 2014.

La direction de l'UDD n'a délibérément rien fait pour se mobiliser contre l'armée. Yingluk a docilement fait son rapport à l'armée lors d'une convocation de cette dernière. Taksin a dit "d'attendre".

Maintenant, c'est la troisième trahison. Taksin et le Pua Thai disent que les gens devraient "coopérer" avec la junte et ses anti-réformes. Sans doute Taksin et les politiciens du Pua Thai espèrent qu'un jour ils seront autorisé à revenir en haut de l'échelle ou à partager l'auge des élites thaïlandaises. Au diable la liberté et la démocratie!

Les Chemises rouges aimaient Taksin, mais ils se sont également organisés afin de lutter pour la démocratie indépendamment de lui. Pourtant, la question de la direction est cruciale. Les groupes de Chemises rouges locaux se sont tournés vers l'UDD pour le leadership. Il n'y a pas assez de gens qui se sont organisés politiquement afin de proposer une alternative et de trouver un leader indépendant. Maintenant, nous en payons le prix. La dictature va rester au pouvoir pendant un certain temps et laissera derrière elle un héritage ainsi qu'une nouvelle constitution tous deux antidémocratiques.

Yingluck posant sur des photos avec Prayuth et Taksin disant d'attendre

Yingluck posant sur des photos avec Prayuth et Taksin disant d'attendre

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 13:39

Un article de TravelinAsia

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http://travelinasia.hubpages.com/hub/thailand-racism

 

La Thaïlande est souvent désignée comme le "pays du sourire", car les voyageurs qui s'y rendent pour la première fois sont souvent captivés par les sourires amicaux des Thaïs. Cependant, le plus souvent, il y a quelque chose de plus derrière le sourire que juste un signe de bienvenue, quelque chose qui est peu connu des touristes. Il y a un côté plus sinistre de la Thaïlande, qui n'est pas annoncé dans les brochures de voyage, et que la plupart des touristes ne rencontrent pas durant leurs courtes visites. Pour la plupart d'entre eux, les touristes sont traités très bien en Thaïlande, à part le fait d'être victime d'une politique de double-prix qui fait que les étrangers payent jusqu'à cinq fois de plus que les Thaïlandais.

La pratique de double-prix est très répandue en Thaïlande et elle est même approuvée par le gouvernement et l'Autorité du Tourisme de Thaïlande. La plupart des parcs nationaux, des zoos et des musées du pays ont un prix distinct pour les étrangers qui est beaucoup plus important que celui facturé aux Thaïlandais. En tant qu'étranger avec un fils demi-thaï, si je veux emmener mon fils au zoo, je devrais payer jusqu'à cinq fois plus qu'un Thaï. Cette pratique est également courante dans de nombreux restaurants, où les étrangers se verront proposer un menu séparé, écrit en anglais, avec des prix gonflés par rapport aux mêmes plats qui apparaissent sur le menu en thaï.

Durant les dix années lors desquelles j'ai vécu en Thaïlande, j'ai remarqué que de nombreux Thaïlandais ont un dégoût particulier pour les étrangers. Il y a un stéréotype comme quoi les Caucasiens (les étrangers occidentaux blancs) sont sales, barbare et non-civilisés, et cette croyance est partagée par de nombreux Thaïlandais. Voici un exemple clair qui m'est arrivé l'autre jour, alors que je nageais dans une piscine publique avec mon fils. Je portais un short, et la dame qui travaillait au club-house s'est approché de moi et m'a dit que je devrais porter des maillots de bain adéquats lorsque j'utilisais la piscine. Alors, j'ai essayé de lui expliquer que dans ma culture, les shorts sont considérés comme des maillots de bain adéquat et que la vue de mon gros et anormalement velu corps blanc et pâle serait sans doute beaucoup plus désagréable à tout le monde que mon short. Elle a répondu en disant dans un anglais simple "Oui, mais les Thaïlandais aiment être propre". C'est une indication claire qu'elle sent en quelque sorte que les étrangers ne sont pas particulièrement intéressés par l'hygiène personnelle?

La violence contre les étrangers est en hausse en Thaïlande. Il y a eu récemment des rapports d'attaques à l'acide ciblant des étrangers dans le métro de Bangkok. Ceci est une triste vérité comme quoi l'application de la loi locale n'enquête pas de façon normale dans les cas de crimes commis contre les étrangers. Apparemment, cela suggère qu'ils estiment que lorsqu'un étranger est battu, volé, violé ou même tué, ce n'est pas aussi important que pour un incident similaire impliquant une victime thaïlandaise. À Phuket, la mafia de taxi locale tabasse régulièrement les touristes étrangers qui se plaignent des prix élevés et les policiers ont officiellement affirmés qu'ils se feront un plaisir de servir de médiateur, afin de résoudre la situation. Les autorités refusent d'arrêter ces chauffeurs de taxi qui commettent des crimes contre les étrangers et se proposent de "parler pour eux" à la place [...]

Il y a bien pire que la façon dont laquelle certaines personnes perçoivent les touristes occidentaux, c'est celle de comment les Thaïlandais traitent les Birmans et les travailleurs migrants de toute l'Asie du Sud-Est. Ils sont souvent arrivés illégalement dans le pays grâce à des passeurs thaïlandais afin de travailler pour des travaux de construction que les Thaïlandais refusent de faire. La Thaïlande est dépendante de ces immigrés. En Thaïlande, la vie d'un travailleur birman vaut moins cher que celle d'un chien. La façon dont sont traités les Birmans est vraiment choquante. Lors d'un passage au bureau de l'immigration à Phuket, j'ai vu des dizaines d'hommes, de femmes et d'enfants birmans transpirants dans des cellule en béton de 3 mètres sur 3, sans nourriture, ni eau, ni toilettes. Alors que la chaleur de la journée était très forte, il n'y avait même pas de ventilateur. Je me suis dit que si seulement les touristes pouvaient voir ce spectacle choquant… alors que diraient-ils sur le pays du sourire?

Un autre cas qui vient à l'esprit est celui d'un violeur en série à Phuket. Un Thaïlandais, originaire du coin et se présentant comme un agent de police, a enlevé plusieurs femmes népalaises et les a violé à plusieurs reprises. Les tribunaux ont refusé de le juger pour viol, en prétendant que les preuves suggéraient que les femmes n'avaient fait aucune tentative raisonnable pour échapper au violeur. La communauté népalaise a protesté en expliquant que les femmes croyaient que l'homme était un agent de police et que toute tentative pour lui échapper se traduirait par une peine plus sévère. Des histoires comme cela me font réaliser que mes expériences personnelles de racisme en Thaïlande font pâle figure en comparaison. Le fait est que ce sont des questions qui doivent être discutées. Tant que des gens croiront que la Thaïlande est vraiment le pays du sourire, il faudra leur dire que beaucoup de personnes ne sourient pas dans ce pays.

Voir aussi l'article de Giles Ji Ungpakorn sur le racisme en Thaïlande:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/09/la-thailande-est-une-societe-extremement-raciste.html

Le racisme en Thaïlande - la face noire du pays du sourire
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31 janvier 2015 6 31 /01 /janvier /2015 11:10

Un article de Prachatai

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http://prachatai.org/english/node/4719?utm_source=dlvr.it&utm_medium=twitter

 

La police thaïlandaise a récemment arrêté un homme uniquement pour des messages privés sur Facebook envoyés à un autre suspect de lèse-majesté en détention militaire.

L'homme a prétendu que les messages étaient simplement un échange de vues sur la politique, mais la police a affirmé qu'il avait fourni du contenu lèse-majesté à un autre suspect par messages privés et que tous les deux faisaient partie du "mouvement" pour diffamer la monarchie sur Facebook.

Jamroen S., un fonctionnaire de 59 ans, a été arrêté au début de janvier par la police militaire. Le 14 janvier, la police a tenu une conférence de presse sur l'arrestation. La police l'a accusé d'utiliser le profil de facebook intitulé "Uncha Unyo" pour diffuser des contenus de lèse-majesté.

Au cours de la conférence de presse, la police a affirmé que Jamroen aurait avoué le crime et admit que cela faisait un an qu'il le faisait.

Selon le major-général de la police Siripong Timula, commandant adjoint de la Division de la répression de la criminalité technologique, le suspect était connecté avec Pongsak S., un autre suspect de lèse-majesté arrêté plus tôt pour avoir affiché du contenu lèse-majesté sur le profil facebook intitulé "Sam Parr".

Alors que la police a prétendu que Jamroen avait compilé du contenu lèse-majesté avant de l'envoyer à Pongsak par l'intermédiaire de messages privés sur Facebook, Jamroen a affirmé qu'il s'était simplement plaint à Pongsak de l'anti-élection Comité populaire de la réforme démocratique (PDRC) et avait parfois abordé la question de la monarchie, selon les avocats thaïlandais pour les droits de l'Homme.

Jamroen a ajouté qu'il n'avait jamais posté du contenu lié à la politique sur son mur Facebook.

Après le coup d'Etat, les dissidents détenus par les militaires en vertu de la loi martiale ont déclaré à l'unanimité que les autorités les avaient forcés à donner leurs noms d'utilisateur et mots de passe de leurs comptes Facebook ainsi que leurs emails. Des comptes Facebook sont toujours actifs alors que leurs propriétaires sont toujours en détention. Il est probable que l'armée et la police ont consulté les messages privés de Pongsak et y ont trouvé des preuves de lèse-majesté qui ont conduit à son arrestation.

La police a inculpé Pongsak et Jamroen d'infractions en vertu de l'article 112 ou de la loi de lèse-majesté et de l'article 14 de la loi sur la cybercriminalité (importation de contenu illégal dans un ordinateur.)

Dessin de Slim

Dessin de Slim

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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 08:20

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/01/29/dictator-prayut-hauls-in-more-people-for-attitude-changes/

 

La junte militaire a convoqué un certain nombre de politiciens pour une session de style stalinien de "changement d'attitude". Surapong Tochak-chaikun, l'ancien ministre des Affaires étrangères, Singtong Buachum, un collaborateur de Yingluck et Chaturon Chaisang, l'ancien ministre de l'éducation, ont tous été entraînés dans des camps militaires par les organisateurs de coups d’Etats illégaux pour une "conversation grave". Leurs "crimes" présumés est d'avoir utilisé les médias sociaux et d'autres moyens afin de critiquer la punition illégitime de l'ancienne première ministre Yingluk pour le régime de protection des prix du riz.

La junte se prépare à convoquer encore plus de politiciens du Pua Thai dans les camps militaires pour des changements d'attitude similaires qui pourraient impliquer des nuits de détentions. Parmi ces politiciens se trouve Pichai Narip-tapun, l'ancien ministre de l'énergie, qui a osé critiquer les politiques énergétiques de la junte.

Pendant ce temps l'idiot et vicieux généralissime Prayut, qui parle avec son cul comme d'habitude, a dénié l'affirmation de Yingluck comme quoi la démocratie thaïlandaise serait morte. Il a crié qu'il était un "soldat à l'esprit démocratique" et n'avait pris le pouvoir que pour "protéger la démocratie". Il a maintes fois averti les gens de ne pas critiquer sa junte.

Durant une récente conférence de presse, le mégalomane Prayut a insulté les journalistes et les a également menacés d'être convoqué pour un "changement d'attitude" s'ils persistaient à poser "trop" de questions. Il a montré beaucoup de mécontentement face à certaines photos de lui-même, publiée par les médias, le montrant pointant son doigt d'une manière menaçante. Il a nié qu'il était un dirigeant fou de pouvoir.

Le lancement de l'événement "2014 Asian Media Barometer Thailand", organisé par le Bureau en Thaïlande du "Friedrich-Ebert-Stiftung", a été annulée sur ordre de l'armée. Cet événement devait être organisé pour évaluer la liberté des médias.

Suite à la nouvelle d'une proposition de Sombat Boon-ngarmanong pour que les Chemises rouges portent du rouge tous les dimanches, Prayut a hurlé, la bave à la bouche, que toute personne qui serait active contre la junte se verrait empêché de quitter le pays et aurait ses comptes bancaires gelés.

Dans la même semaine, la Commission nationale des droits de l'homme a publié un rapport critiquant l'ancien gouvernement de Yingluck pour ses méthodes de contrôle des émeutiers anti-élection de Sutep. Ils accusent le gouvernement de Yingluck de ne pas avoir protégé les "droits humains" de cette foule. Pourtant, ce gang du Parti Démocrate a été autorisé à saboter les élections et porter des armes dans les rues en toute impunité.

La Commission nationale des droits humains n'a jamais défendu ceux qui font face à la lèse-majesté ni osé critiquer les meurtres de civils par les militaires.

Cependant, les toutous de la junte qui sont occupés à la rédaction d'une constitution autoritaire, ont suggéré que la Commission nationale des droits de l'homme soit fusionnée avec le bureau de la médiation nationale. Apparemment, la Commission nationale des droits de l'homme n'a pas fait assez pour détruire la démocratie et les droits humains.

Il y a également une proposition pour mettre au rebut la Commission électorale et la remplacer par un "comité d'organisation de l'élection" dont les membres seraient sélectionnés parmi les secrétaires permanents nommés par les militaires d'un certain nombre de ministères, dont celui de la Défense main dans la main avec le chef de la police nationale. Apparemment, la Commission électorale précédente, qui avait contribué à saboter les élections de février 2014 au nom des émeutiers de Sutep, n'était pas assez biaisée. Ce plan s'inscrirait bien avec l'organisation de fausses élections dans le rêve de la junte d'un avenir de "démocratie guidée".

Le dictateur Prayut convoque davantage de gens pour un "changement d'attitude"
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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 20:15

Stéphane Peray est un cartoonist français qui vit en Thaïlande depuis 1989. Il dessine pour le journal thaïlandais pro-chemise jaune "The Nation" ainsi que pour l'hebdomadaire français "Courrier International" qui semble tout ignorer de sa collaboration avec une junte militaire asiatique. Contrairement aux dessinateurs de Charlie Hebdo qui frappaient aussi bien à droite qu'à gauche, Stéphane Peray tape principalement sur Yingluck Shinawatra, et accessoirement sur Abhisit et Prayuth, mais n'a jamais fait de dessins humoristiques sur la famille royale ni sur la Reine Sirikit qui est pourtant impliquée dans les coups d'Etat du pays et qui a ouvertement soutenu les Chemises jaunes fascistes. Les dessins de Stephff sur Yingluck sont particulièrement à vomir.

Le journaliste britannique Andrew MacGregor Marshall a plusieurs fois dénoncé Stéphane Peray sur sa page facebook comme étant un raciste, misogyne, fasciste, puérile et n'ayant aucun talent.

L'opposé des dessinateurs de Charlie Hebdo, Stéphane Peray (Stephff) un cartoonist français collaborateur de la junte thaïlandaise
L'opposé des dessinateurs de Charlie Hebdo, Stéphane Peray (Stephff) un cartoonist français collaborateur de la junte thaïlandaise
L'opposé des dessinateurs de Charlie Hebdo, Stéphane Peray (Stephff) un cartoonist français collaborateur de la junte thaïlandaise

La page facebook pro-chemise rouge "Shucking Korn - The Unauthorized Korn Chatikavanij Page" ne se gène pas, elle non plus, pour dénoncer Stéphane Peray, le collaborateur de la junte militaire thaïlandaise.

L'opposé des dessinateurs de Charlie Hebdo, Stéphane Peray (Stephff) un cartoonist français collaborateur de la junte thaïlandaise
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28 janvier 2015 3 28 /01 /janvier /2015 09:13

Un article de Syed Ahsan Badrul pour le journal en ligne bangladais "BDNews24"

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http://opinion.bdnews24.com/2015/01/25/when-soldiers-occupy-their-own-countries/

 

En Thaïlande, le parlement nommé par l'armée a mis en accusation la Première ministre renversée, Yingluck Shinawatra. Elle ne sera pas en mesure de prendre part à la politique durant les cinq prochaines années. Pire, elle fait maintenant face à une menace d'accusations criminelles portées contre elle. Son "crime" est aussi simple qu'elle est innocente: son gouvernement a donné des subventions aux agriculteurs, qui ont grandement bénéficié du geste. En effet, les Shinawatras, tant Yingluck que son frère Thaksin, sont vénérés par les pauvres de la Thaïlande. Le frère et la sœur, à leur manière et sans équivoque, ont tendu la main aux plus démunis. Parce qu'ils l'ont fait, et malgré le mandat électoral qu'ils ont reçu par l'intermédiaire des bureaux de vote, ils en ont payé le prix. Aujourd'hui, c'est une fois de plus l'armée qui donne les coups à Bangkok. Ce n'est pas surprenant, étant donné qu'au court de son histoire, le pays a été régulièrement réquisitionné par ses soldats. Ajoutez à cette histoire la place écrasante et incontestée de la monarchie dans la vie thaïlandaise. Personne ne conteste le roi ou la famille royale car le faire reviendrait à commettre un crime de lèse-majesté. À Bangkok, la démocratie doit se conformer à certaines normes beaucoup moins démocratiques. Bien sûr, l'armée se réserve le droit d'intervenir chaque fois qu'elle estime devoir le faire. La sanction populaire du gouvernement civil est damnée!

Peut-être que la plus grande condamnation d'un renversement de gouvernement civil par les militaires a été celle de Muhammad Rustam "Justice" Kayani du Pakistan. Peu de temps après le coup d'Etat qui a porté le général Ayub Khan au pouvoir en octobre 1958, Kayani a ironisé, dans ce qui était évidemment un mélange d'humour et de sarcasme, que c'était la chose la plus merveilleuse qui soit que l'armée ait occupé son propre pays. Kayani ne réalisait probablement pas que la saisie de l'État par Ayub Khan n'était que le premier d'une série de coups d'Etat. Le général Yahya Khan a présidé la première élection générale du Pakistan en 1970, et a ensuite brutalisé le parti qui l'a gagné, plaçant l'homme, qui aurait dû être le 1er Premier ministre élu du pays, en prison. En son temps, alors que même le battant Zulfikar Ali Bhutto avait fini par conclure un accord avec ses adversaires politiques, en juillet 1977 le général Zia-ul-Haq s'était saisi de l'état avec ses soldats et des chars, une fois de plus. À la fin des années 1990, le général Pervez Musharraf est littéralement descendu du ciel et a supervisé ses soldats grimpant sur les grilles de la résidence du Premier ministre à Islamabad et emprisonné le chef du gouvernement élu, Nawaz Sharif.

Suivez donc l'histoire des nations qui ont eu le malheur de voir leurs expériences démocratiques contrariées par les militaires à des points donnés dans le temps. Un groupe de majors et de colonels ont joyeusement assassiné le père fondateur du Bangladesh et sa famille au milieu des années 1970 avant de rendre le Bangladesh otage de leur brigandage. Le général Ziaur Rahman, au nom d'une soi-disant révolution soldats-peuple, a ramené le pays dans la grande obscurité dont il s'était sorti en 1971. En mars 1982, le général Hussein Muhammad Ershad n'y réfléchi pas à deux fois avant de renverser le gouvernement élu du président Abdus Sattar et de s'offrir la nation. Ce qui est arrivé au Pakistan et au Bangladesh et maintenant en Thaïlande est une maladie qui a toujours entravé le processus de la démocratie à notre époque. C'est quelque chose qui n'est pas arrivé et n'arrivera pas en Inde, où le maréchal SHFJ Manekshaw avait une fois dû ravaler les mots qu'il avait prononcés lors d'un commentaire inoffensif comme quoi, s'il avait voulu, il aurait pu prendre le pouvoir dans le pays. C'était quelques jours après avoir battu le Pakistan dans la guerre du Bangladesh. Il a été rapidement et correctement discipliné. Depuis, aucun général [indien] n'a répété le faux pas de Manekshaw.

Toutefois, des soldats ont parfois fait du bien à leurs sociétés grâce à des interventions historiquement nécessaires. Mustapha Kemal Atatürk n'aurait pas pu propulser la Turquie dans l'ère moderne s'il n'avait pas utilisé son armée pour prendre en charge l'état. Dans leur tâche de conduire l'Egypte au républicanisme, Naguib et Nasser ont dû renverser une monarchie corrompue en employant l'armée. En 1969, les soldats de Mouammar Kadhafi ont eux aussi détrôné Idris, un autre roi corrompu, en Libye. L'armée du Bangladesh a empêché une corruption délibérée du processus politique quand elle a contraint le président Iajuddin Ahmed d'abandonner le poste de conseiller en chef intérimaire au début de 2007, et a présidé une réforme d'institutions nationales importantes comme la Commission anti-corruption et la Commission électorale, ouvrant ainsi la voie à une élection nationale crédible. Dans le cas de la Corée du Sud, les opinions peuvent différer, mais on ne peut pas nier la réalité du fait que la saisie du pouvoir par le général Park Chung-hee en 1961 a conduit à l'émergence du pays en tant que puissance économique.

Ce ne sont que des exceptions. Ce qui est pénible, c'est l'héritage général des prises de contrôle militaires dans les pays à travers le monde. Au Chili, les soldats ont détruit le gouvernement élu de Salvador Allende en 1973. En Birmanie, le général Ne Win a renversé le gouvernement du Premier ministre U Nu en 1962, un exploit répété par ses successeurs en uniforme en 1988. Un groupe de colonels a provoqué un scandale en Grèce lorsqu’ils se sont saisi de l'État à la suite d'un coup d'Etat en 1967 et l'ont conservé jusqu'à ce qu'ils en soient chassés en 1974.

Et, oui, ce qui est arrivé en Thaïlande est un scandale car ses soldats ne peuvent pas vivre vers le bas. Lorsque les officiers militaires se soucient peu de la primauté de la démocratie et ne s'inquiètent pas du tout des ramifications du renversement d'un gouvernement massivement soutenu par le peuple, ils ne font que provoquer une hémorragie de la structure de l'État. Les citoyens courbent la tête et sont profondément embarrassé.

A Bangkok, l'humiliation ne vient pas de Yingluck Shinawatra. Elle vient du général Prayuth Chan-ocha. Elle vient d'une monarchie qui ne tolère aucune critique d'elle-même, mais regarde habillement ailleurs quand la volonté du peuple est niée, défiée et souillée à cause d'impitoyables ambitions.

Syed Ahsan Badrul est un journaliste du Bangladesh, il est aussi commentateur des affaires en cours, et chroniqueur.

Des soldats thaïlandais

Des soldats thaïlandais

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 12:23

Thaweeporn Kummetha de Prachatai nous rappelle que la torture et les disparitions forcées restent une procédure quasiment habituelle pour les militaires et les policiers de Thaïlande.

Les fonctionnaires utilisent souvent une large gamme de méthodes de torture, généralement afin d'obtenir des aveux. Cela comprend:

- Serrer très fort les mains des détenus avec une corde

- Etouffer les prisonniers

- Mouiller leur visage

- Leur donner des coups de pied et des coups de poing

- Les frapper sur le ventre avec une matraque enveloppé dans un chiffon

- Leur frapper la tête contre le mur

- Les torturer à l'électricité (la fameuse gégène)

Certaines de leurs méthodes ne laissent pas de traces. Par exemple, ils couvrent la tête des détenus avec un sac en plastique noir, ils les exposent à une température ou à une lumière extrêmement élevée ou les laissent dans l'obscurité pendant de longues périodes de temps, ils les menacent de mort ou menacent de nuire à leurs familles, ils pratiquent l'alimentation forcée ou injectent des substances qui font perdre conscience aux prisonniers.

Plusieurs de ces méthodes peuvent être appliquées pour un seul détenu.

Source:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/01/20/torture-enforced-disappearance-and-the-junta/

La journaliste de Prachatai Thaweeporn Kummetha

La journaliste de Prachatai Thaweeporn Kummetha

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 09:18

Mlle Yingluck Shinawatra

28eme Premier ministre de Thaïlande

Le 23 janvier 2015

Comme prévu, l'Assemblée législative nationale a voté pour me destituer de mon poste de Premier ministre de la Thaïlande et, par conséquence, m'interdire de politique pour les cinq prochaines années. Peu de temps avant que le vote ait eu lieu, le Bureau du procureur général a également annoncé qu'il déposera des accusations criminelles contre moi à la Division criminelle de la Cour suprême pour les titulaires d'une position politique. Je voudrais faire la déclaration suivante sur ces questions;

Je tiens à réaffirmer que je suis innocente. Je tiens à remercier la minorité qui a voté contre la destitution. Je vous félicite pour votre grand respect du principe de la justice. Malgré le fait que le processus pour me destituer ait été précipité et qu'une procédure régulière ait été ignoré dans la mesure où on m'a dépouillé de mes droits fondamentaux, ceux que chaque citoyen thaïlandais devrait bénéficier, je pense que j'ai fait de mon mieux pour défendre mon cas.

J'insiste sur le fait que le régime de subvention du riz est bénéfique pour les agriculteurs ainsi que pour le pays, et que ce régime n'a pas encouru les pertes qu'on prétend. Tous les chiffres sur les pertes provenant du régime ont tous été manipulés avec un parti pris contre moi ainsi qu'un ordre du jour secret dont le but était d'éliminer un adversaire politique. Le pire de tout cela, c'est que la vie des riziculteurs est devenue un outil politique.

Le 29 avril 2013 à Oulan-Bator, en Mongolie, j'ai dit ceci à propos de la démocratie en Thaïlande; "Je voudrais voir la réconciliation et la démocratie se renforcer en Thaïlande. Pour ce faire, la justice et la primauté du droit doivent revenir. Seulement alors, les citoyens thaïlandais pourront avoir la certitude que tous les individus seront traités d'une manière juste et équitable".

Mes croyances exprimées ci-dessus restent vraies. Même si la démocratie thaïlandaise est morte et que la primauté du droit est détruite, les forces anti-démocratiques se répandent encore comme une force destructrice, comme j'en fais actuellement l'expérience.

Il est regrettable que les nombreuses soi-disant coïncidences dont j'ai parlé hier se produisent une fois de plus aujourd'hui. Juste une heure avant le vote de l'Assemblée législative nationale sur la destitution, le Bureau du Procureur général a décidé de déposer des accusations criminelles contre moi pour négligence du devoir. Cela est en conflit avec les observations faites par le chef de l'équipe de poursuite comme quoi il n'existe pas encore suffisamment de cause probable. Le Bureau du Procureur général est une institution qui a longtemps joué un rôle clé en assurant la justice. Pourtant, leurs actions sur cette question sont réputés être discutable.

Tout au long de la période de 2 ans 9 mois et 2 jours en tant que Première ministre, j'ai effectué mes fonctions avec la plus grande dévotion et avec des intentions sincères pour atténuer les problèmes des Thaïlandais de manière équitable. Je suis fier d'avoir eu la chance d'aider à soutenir les cultivateurs de riz et les pauvres afin qu'ils aient la chance d'avoir une vie meilleure.

Je n'ai plus aucune position politique, il ne me reste que la tâche de combattre les accusations criminelles devant les tribunaux, un cas qui a été poussé à tort contre moi.

La réconciliation ne pourra se produire que lorsque la justice sera égale pour tous. Elle ne sera pas atteinte en continuant à traquer un individu en particulier. L'égalité devant la loi apportera la justice. La paix et l'ordre suivront.

Parce que nous sommes tous des Thaïlandais, ce que nous devrions faire est de nous engager dans un dialogue sur la façon de rendre ce pays à nouveau prospère et de ne pas inciter à la haine envers l'autre jusqu'à ce qu'il ne puisse plus le supporter. En fin de compte, c'est notre pays qui va en souffrir.

Je ne suis pas triste parce que je suis la victime de toute cette épreuve, mais je suis triste pour les producteurs de riz et tous les citoyens thaïlandais défavorisés dont la vie retournera au cercle vicieux de la pauvreté, de l'endettement, de l'utilisation par les profiteurs, et le plus important de tous, de se voir refuser leurs droits démocratiques fondamentaux en vertu de la règle de droit.

Je ne peux qu'espérer que les membres de l'Assemblée ne permettront pas à tout individu ou groupe, essentiellement anti-démocratique, sans croyances dans les principes de la démocratie, la primauté du droit et l'application du devoir; de continuer à influencer leurs décisions à l'avenir. Une fois, un universitaire a déclaré que "Même s'il n'y a pas Yingluck, tous les Thaïlandais pourront encore survivre", mais ce qui est plus important, c'est que "s'il n'y a pas de justice en Thaïlande, personne ne pourra survivre."

Je réitère mon engagement à continuer à me battre pour prouver mon innocence jusqu'au bout, peu importe ce que sera le résultat. Et je me tiendrai toujours côte à côte avec tous les Thaïlandais. Je ne m'arrêterai pas jusqu'à ce que la démocratie, la justice et la prospérité soient de retour en Thaïlande.

En thaï:

https://www.facebook.com/Y.Shinawatra/photos/a.106877456023385.4057.105044319540032/934293706615085/?type=1&theater

En anglais:

http://www.ptp.or.th/news/88

Yingluck Shinawatra

Yingluck Shinawatra

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 14:03

La destitution de Yingluck: un moyen frauduleux "légal" utilisé par une junte illégale

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Soyons clairs. Le succès de la motion de destitution contre l'ancienne première ministre Yingluck Shinawat, soumise à l'Assemblée désignée de la junte par la Commission anti-corruption nationale, sur son rôle dans le régime de soutien des prix du riz pour les agriculteurs, est une farce totale et un faux-fuyant. C'est une partie délibérée des anti-réformes visant à détruire la démocratie. Cela n'a rien à voir avec le régime du riz.

Yingluck est accusé d'avoir "permis que la corruption puisse avoir lieu" dans ce régime du riz et d'être responsable des pertes financières du gouvernement.

Tout d'abord, il convient de préciser qu'il n'y a pas de preuve de cela, ni aucune évidence permettant d'insinuer que Yingluck aurait été corrompue. En fait, le mot "corruption" est dorénavant une insulte commode jetée à la face de tous ceux que les classes moyennes ou les élites n'aiment pas. D'ailleurs, l'organisation la plus corrompue dans la société thaïlandaise est l'armée. Presque tous les généraux thaïlandais, y compris les dirigeants de la junte actuelle, ont accumulé des richesses s'élevant à des centaines de millions de baht, bien au-delà de ce qu'ils pouvaient gagner avec leurs salaires normaux. Cela a toujours été le cas depuis les mauvais jours des dictatures militaires dans les années 1940. Une partie de cet argent provient d'offres de corruption et de pots de vin. L'autre partie vient de leur abus de pouvoir et d'influence pour faire des affaires, posséder leurs propres sections des médias et se nommer aux conseils d'administration des entreprises publiques.

Toute personne qui accorde une attention aux commentaires des grands médias sur Taksin Shinawat serait pardonné de croire que Taksin et ses acolytes étaient de sales politiciens corrompus qui auraient empoché des millions et saigné le pays à sec en offrant "trop" de politiques pro-pauvres aux masses "ignorantes". Ces rapports font état de la corruption de Taksin comme si c'était un fait indiscutable et que lui seul serait responsable de la corruption.

Taksin est un magnat super-riche. Il est toujours super-riche, même après avoir vu une grande partie de ses biens saisis par les tribunaux pro-militaires. Sa richesse provient principalement de l'exploitation du travail des autres, ce qui n'est pas différent de n'importe quel magnat ou homme d'affaires et ne diffère pas du roi Pumibon qui est l'homme le plus riche de Thaïlande. C'est une forme de vol brut, mais il s'agit d'un vol "légal" dans le cadre du système capitaliste.

La seule inculpation de corruption contre Taksin a été l'accusation selon laquelle il était premier ministre lorsque sa femme a acheté une parcelle de terrain du gouvernement. C'était sans aucun doute contre les règles. Mais les tribunaux ont admis que le prix payé était celui du taux du marché véritable et ils ont également jugé que sa femme n'avait pas à répondre de cela. Taksin a également utilisé divers stratagèmes d'évitement fiscal afin d'éviter de payer des impôts sur son immense fortune.

Deuxièmement, il se pourrait peut-être que la corruption se soit produite à certains niveaux du système de soutien des prix du riz, probablement liées à des sociétés de fraisage de riz et de négoce de riz malhonnêtes. Les adversaires de Yingluck veulent la punir pour avoir omis de mettre fin à cette corruption. Si le fait de ne pas avoir arrêté la corruption est une raison de mise en accusation, dans ce cas, tous les premiers ministres thaïlandais, y compris Prayut, devraient être mis en accusation.

Troisièmement, la plupart des pertes financières de l'Etat due au régime de soutien des prix du riz proviennent de deux sources. Le gouvernement a utilisé des fonds publics pour garantir les prix du riz payés aux pauvres agriculteurs. Ces pertes sont totalement justifiées et font partie de la distribution de revenus aux populations rurales pauvres. Mais d'autres pertes sont dues au marché mondial du riz et à l'espoir que le prix du riz augmenterait, ce qui n'a pas eu lieu. Au lieu de cela le gouvernement aurait dû vendre du riz bon marché aux pauvres des villes et récupéré les pertes en taxant les riches et en réduisant les budgets militaires ainsi que ceux du Palais.

Bien sûr, les classes moyennes, extrémistes néo-libérales, l'armée et les royalistes auraient pris les armes si cela s'était produit. Déjà, le Parti Démocrate et les institutions néo-libérales comme le TDRI étaient à fond contre l'utilisation de fonds de l'Etat au profit des pauvres à travers le système de soutien des prix du riz.

Mais rien de tout cela n'explique vraiment la sanction prise à l'encontre de Yingluck.

Après le coup d'Etat militaire de l'année dernière, j'ai écrit que la junte illégale et ses diverses créatures étaient occupées à élaborer un système non démocratique avec des élections fictives. J'ai aussi écrit que la soi-disant Commission nationale anti-corruption essayait désespérément de trouver une douteuse accusation de corruption à coller sur l'ancienne première ministre Yingluck. Ce serait une voie "légaliste" pour l'interdire de politique et permettrait peut-être aussi la dissolution du Parti Pua Thai.

Aussi bien la destitution que la poursuite de Yingluck sont une imposture frauduleuse et "morale" utilisée par une junte illégale afin de détruire la démocratie et décapiter le parti politique qui a toujours bénéficié d'un soutien populaire de masse.

Pendant ce temps, l'ancien président du parlement, Somsak Kiatsuranon et l'ancien président du Sénat, Nikom Rachpanit, font face à des interdictions similaires, mais infructueuses pour avoir essayé de permettre un vote parlementaire démocratique afin de modifier la Constitution, l'année dernière. Cependant, Prayut et sa bande armée ne font face à aucune sanction pour avoir organisé un coup d'Etat et déchiré la constitution en mai dernier. De même que Prayut et l'ancien premier ministre Abhisit ne font face à aucune inculpation pour le massacre de manifestants pro-démocratie non désarmés. Le message est clair. Quels que soient les crimes que la junte commet, ils sont "légaux" et, à l'avenir, il ne sera pas "légal" de changer la constitution parrainée par les militaires.

La dictature est faite pour être gravée dans la pierre. Mais rien ne dure éternellement lorsque des mouvements sociaux s'organisent afin de lutter pour la démocratie.

Yingluck à son procès

Yingluck à son procès

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23 janvier 2015 5 23 /01 /janvier /2015 08:06

Les travailleurs agricoles ont besoin de protection

Une déclaration de l'organisation américaine des droits de l'homme Human Rights Watch

Lien:

http://www.hrw.org/news/2015/01/21/israel-serious-abuse-thai-migrant-workers

 

(Jérusalem) - Les travailleurs agricoles thaïlandais en Israël font face à de graves violations des droits du travail parce que les autorités israéliennes ne parviennent pas à appliquer leurs propres lois, a déclaré Human Rights Watch dans un rapport publié aujourd'hui. Les autorités israéliennes doivent prendre des mesures immédiates pour améliorer les mécanismes d'application [des lois] et afin de déterminer si la vie insatisfaisante et les conditions de travail ont contribué à une tendance troublante de décès parmi les travailleurs migrants en provenance de Thaïlande.

Le rapport de 48 pages intitulé "A Raw Deal: Abuses of Thai Workers in Israel’s Agricultural Sector" fait état de bas salaires, d'heures de travail excessives, de conditions de travail dangereuses, et de logements insalubres pour les travailleurs agricoles thaïlandais en Israël - ainsi que le non-paiement par les employeurs lorsqu'ils essayent de protester en se mettant en grève. Ces problèmes persistent malgré quelques améliorations en 2011 dans le cas du processus de recrutement pour les travailleurs thaïlandais et des lois israéliennes qui fixent un salaire minimum, limitent les heures de travail, permettent des grèves légales et la syndicalisation, et les normes adéquates de logements pour les travailleurs.

"Le succès de l'industrie agricole d'Israël dépend dans une large mesure du travail des travailleurs migrants thaïlandais, mais Israël fait bien trop peu pour faire respecter leurs droits et les protéger de l'exploitation", a déclaré Sarah Leah Whitson, directeur [d'Human Rights Watch] pour le Moyen-Orient et l'Afrique du Nord. "Les autorités israéliennes devraient être beaucoup plus actives dans l'application de la loi sur les heures et les conditions de travail, et réprimer les employeurs qui abusent des droits des travailleurs."

Environ 25 000 travailleurs migrants thaïlandais fournissent la grande majorité de la main-d'œuvre pour l'agriculture en Israël. En 2011, Israël a signé un accord bilatéral avec la Thaïlande, connu sous le nom de TIC (Coopération Thaïlande-Israël pour le placement des travailleurs, en anglais Thailand-Israel Cooperation on the Placement of Workers) qui a coupé de façon significative les frais de recrutement que les travailleurs thaïlandais devaient payer pour obtenir un permis de travail et a réduit leur vulnérabilité au travail forcé. Cependant, Human Rights Watch a constaté que d'autres conditions abusives sont restées, et que trouver des employeurs était encore difficile et coûteux.

Human Rights Watch a interrogé un total de 173 travailleurs thaïlandais répartis dans 10 communautés agricoles appelés moshavim dans le nord, le centre et le sud d'Israël. Tous ont témoigné qu'ils étaient payés beaucoup moins que le salaire minimum légal, contraints de travailler plus que la limite légale, exposés à des conditions de travail dangereuses, et avait des difficultés lorsqu'ils essayaient de changer d'employeur. Dans toutes mais particulièrement dans l'une des 10 communautés où Human Rights Watch a enquêté sur les conditions de vie, les travailleurs thaïlandais étaient logés dans des logements de fortune et inadéquats.

Les travailleurs de plusieurs fermes se sont plaints de maux de tête, de problèmes respiratoires et d'autres maladies, y compris des sensations de brûlure dans les yeux qu'ils attribuaient à la pulvérisation de pesticides sans protection adéquate. Certains travailleurs ont déclaré à Human Rights Watch que leurs parents leur ont envoyés des médicaments de Thaïlande parce qu'ils ne pouvaient pas accéder à des soins médicaux en Israël.

La majorité des travailleurs que Human Rights Watch a visité étaient logés dans des structures non résidentielles, comme des entrepôts et hangars, avec des installations de fortune pour la cuisine et la blanchisserie. Dans une exploitation agricole, les travailleurs thaïlandais ont montré à Human Rights Watch qu'ils ne bénéficiaient pour se loger que d'abris construits à partir de carton à l'intérieur des hangars agricoles.

Les chiffres gouvernementaux montrent une tendance inquiétante des décès de travailleurs thaïlandais. De 2008 à 2013, selon les chiffres du gouvernement rapportés par le quotidien israélien Haaretz, 122 travailleurs thaïlandais sont morts en Israël. Cela comprend 43 morts dont les autorités attribuent les décès à une "subite mort nocturne", une maladie cardiaque censée affecter les jeunes hommes asiatiques en bonne santé, et 22 autres qui sont mort de causes inconnues parce que les autorités n'ont pas daigné faire des autopsies.

L'un de ces 22 morts, Praiwan Seesukha, 37 ans, est décédé dans son sommeil en mai 2013. Le lendemain de sa mort, Human Rights Watch s'est entretenu avec ses collègues dans une communauté agricole près de la côte méditerranéenne d'Israël. Ils ont expliqué que les travailleurs dormaient dans un espace étroit situé dans un hangar que l'employeur avait converti en dortoir pour les ouvriers. Les travailleurs ont aussi expliqué qu'ils travaillaient jusqu'à 17 heures par jour, tous les jours, sans jour de congé. Un travailleur d'un autre moshav a affirmé qu'il se sentait "comme de la viande morte" après une journée de travail qui commençait généralement à 4 heures 30 du matin et se terminait à 19 heures.

"Même s'il n'est pas encore clair qu'il y ait un lien entre le nombre élevé de décès parmi les travailleurs thaïlandais et leurs conditions de travail dans le secteur agricole, les faits justifient certainement une enquête", a déclaré Sarah Leah Whitson.

Les travailleurs ont déclaré à Human Rights Watch que quand ils ont essayé d'exercer leur droit à changer d'employeur, les agents de recrutement, qui peuvent faciliter ces transferts, les avaient chargés d'un prix correspondant au salaire d'un mois pour cela. D'autres, travaillant dans un moshav situé au centre d'Israël, ont expliqué qu'ils avaient demandé à un agent de les aider à changer d'employeur en raison de leurs bas salaires, des mauvaises conditions de logement, et des heures de travail excessives - à partir de 5 heures jusqu'à 22 heures ou même 23 heures lors des mois d'été. Ils ont affirmé que l'agent avait refusé et leur a dit qu'ils n'avaient qu'à trouver un nouvel employeur par eux-mêmes.

Les travailleurs se sont alors mis en grève et ont, par conséquent, obtenu une augmentation de salaire et une réduction des heures de travail, bien que leur salaire soit resté inférieur au minimum légal. Mais ils ont aussi expliqué que deux des meneurs de la grève avaient perdu leur emploi dans ce qu'ils percevaient comme un châtiment.

Human Rights Watch a constaté que les abus les travailleurs décrits résultent principalement de la faible application des lois du travail d'Israël, qui sur le papier offrent aux travailleurs migrants une protection étendue. Divers facteurs, cependant, nuisent à l'efficacité du cadre juridique. Il s'agit notamment d'un partage des responsabilités de réglementation, d'un régime d'inspection inefficaces, d'unités d'exécution apparemment insuffisamment financées, et d'une incapacité à imposer des sanctions significatives contre les employeurs et les agents de main-d'œuvre qui enfreignent la loi [...]

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