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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 14:49

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/01/17/the-morals-of-thugs-and-gangsters/

 

Un scandale sexuel fait le tour des vidéo-clips des media thaïlandais. Une vidéo de fonctionnaires et d'hommes d'affaires d'âge moyen pelotant des jeunes femmes nues dans un "Centre de remise en forme" a largement circulé. La junte est intervenue pour condamner ce comportement et a promis une enquête.

Ce n'est que de l'hypocrisie flagrante. Les mâles thaïlandais de l'élite paient régulièrement des jeunes femmes pour le sexe et l'armée est bien connue pour ses fêtes où les femmes sont payées à parader nue devant des jeunes hommes en uniforme. Le prince héritier est également bien connu pour faire poser ses femmes nues pour les photographies. Les élites thaïlandaises n'ont aucun respect pour les femmes ni pour la majorité de la population.

Auparavant Prayut, l'organisateur du coup d'Etat, et ses acolytes ont annoncé qu'ils allaient mettre en place un "Forum national de morale" dans le cadre de leur processus anti-réforme. Si cela n'impliquait pas d'importantes dépenses ou encore la nature vicieuse de la junte, ce serait une plaisanterie.

Tout comme les soi-disant "réformes" sur lesquelles ils mentent, leurs "mœurs" sont exactement le contraire de tous les principes moraux. C'est leur premier crime: le mensonge. La junte et ses partisans ont menti sur la raison pour laquelle ils ont pris le pouvoir, ils ont menti au sujet de leurs intentions pour la démocratie, ils ont menti au sujet de la loi et de la constitution, ils ont menti en prétendant que la majorité de la population "soutien" leur gouvernement et ils ont menti en affirmant être en mesure d'extrader les nombreux exilés thaïlandais qui sont accusés de lèse-majesté. Ils ont aussi menti à plusieurs reprises à propos de l'assassinat de manifestants pro-démocratie non armés en 2010 ... ce qui nous amène à leur prochain crime immoral.

Le généralissime Prayut et ses tueurs à gages ont délibérément abattus les Chemises rouges désarmés en 2010, en utilisant des tireurs d'élite spéciaux. Près de 90 civils ont été massacrés de sang-froid, certains d'entre eux après s'être abrité dans un temple. Il s'agissait purement et simplement d'un assassinat. Mais, selon le soi-disant "Forum national de morale", les assassinats de sang-froid, comme cela sont le sommet de la force morale.

L'utilisation de la force meurtrière, comprenant des coups d'Etat militaires, afin d'imposer votre pouvoir, en opposition à la volonté démocratique de la majorité, est un comportement de gangsters. Mais, naturellement, les coups d'Etat ne figurent pas dans la liste des actes immoraux du "Forum national de morale".

La junte a donné des emplois à ses boys et Prayut, ainsi que ses collègues généraux, ont remplis leurs propres poches grâce à de multiples salaires; de la corruption pure et simple. Pourtant, le "Forum national de morale" perçoit la corruption comme un problème "relatif". Cela dépend de qui est impliqué. Si ce sont les adversaires de la junte alors il s'agit-la très certainement de corruption. Mais si c'est la junte et ses laquais, alors il s'agit seulement d'une "récompense légitime pour un dur travail". Prayut s'est plaint à plusieurs reprises d'être fatigué de toutes ses responsabilités. Le peuple devrait le soulager de cela et lui permettre de se reposer pendant des années dans une cellule de prison.

Les tortures physiques et mentales sont reconnues comme étant des actes immoraux par les honnêtes gens. Pourtant, le "Forum national de morale" va travailler sur l'idée selon laquelle les critiques de l'ordre de décision ou de la monarchie sont des crimes odieux, alors que la destruction de la liberté d'expression et l'incarcération, dans des conditions épouvantables, de personnes innocentes en vertu de l'abominable loi de lèse-majesté n'est que "la défense de la morale de la nation". Le fait de menacer de tuer ou de violer des personnes, dans le cadre des activités de la junte sur le "changement d'attitude", est de la torture. Mais le "Forum national de morale" va considérer cela comme "apportant la paix et le bonheur à la société".

Le "Forum national de morale" fera sans aucun doute l'éloge de "l'égoïsme" et "l'arrogance", des qualités spéciales indiquées par le Grand Leader de la Thaïlande Prayut.

En vérité, le "Forum national de morale" est sur "l'obéissance". Il devrait être appelé "Forum national d'obéissance" parce que ce que ces mégalomanes pensent que la majorité du peuple thaïlandais doit baisser la tête, ramper sur le sol, et conserver de faux sourires heureux sur leurs visages tout en étant obéissant en faisant ce que la junte leur dit de faire. Ce n'est rien d'autre qu'une mesure de la dégénérescence morale de la société thaïlandaise sous les bottes de l'armée.

La morale des voyous et des Gangsters
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12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 15:02

Un article de Numnual Yapparat

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http://uglytruththailand.wordpress.com/2015/01/10/2015-looks-bleak-for-thai-society/

 

Alors que commence l'année 2015, les perspectives pour la liberté et la démocratie en Thaïlande sont très sombres. La junte s'est mise en place en utilisant la répression et la violence contre les dissidents épris de liberté. La chasse aux sorcières continue, avec des arrestations et des procès de style stalinien dans les tribunaux kangourous militaires. Ceux qui sont accusés "d'hérésie" sous la loi de lèse-majesté sont emprisonnés pendant des années dans des conditions médiévales terribles. Les innocents sont pressurisés à "avouer" leurs prétendus crimes.

Divers agents de la junte dans l'industrie des communications sont occupés à essayer d'identifier et d'attraper ceux qui expriment des opinions libres sur internet. Bientôt les gens seront obligés d'enregistrer leurs noms avant de pouvoir utiliser une connexion Wi-Fi. La Thaïlande est une société en proie à la peur où les gens sont obligés de prêter serment d'allégeance au leader, cela nous rappelle la Corée du Nord ou l'Allemagne nazie.

On peut ajouter à toute cette misère l'état de détérioration de l'économie. Même les partisans de la junte admettent que les pauvres "devrons" se serrer la ceinture. Mais bien sûr, les généraux, les hommes d'affaires et la monarchie continueront à jouir de leurs gains mal acquis.

Le vice-premier ministre et le conseiller économique de la junte, l'aristocrate Pritiyatorn Tewakun, s'est récemment vanté que la dictature gérait l'économie "mieux qu'un gouvernement élu". Pourtant, la réalité est que le pays sombre dans la misère économique, en partie à cause de l'instabilité politique et la répression, et en partie parce que la junte n'a pas la moindre idée, ou n'est pas intéressé, de la façon d'augmenter le niveau de vie lorsque l'économie mondiale est en difficulté.

Le mensonge, l'hypocrisie et la tromperie continuent. De brutales machines à tuer, récemment utilisées contre les Chemises rouges pro-démocratie non armés, ont été mise entre les mains de gamins à Bangkok afin que ces derniers puissent "profiter" de la journée des enfants.

Ce qui est le plus frustrant, c'est que, bien que des activités anti-dictature continuent d'avoir lieu, elles ne sont pas coordonnées et donc n'ont pas le pouvoir de refléter la colère grandissante des gens ordinaires contre la junte.

C'est notre longue nuit, notre sombre hiver. Mais comme le poète Shelly l'a écrit une fois pour le cas de la réaction répressive en Europe: "Oh Vent, Quand vient l'hiver, le printemps peut-il être loin derrière?"

Cela doit rester notre espoir aujourd'hui.

Numnual Yapparat

Numnual Yapparat

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11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 16:27

Une analyse de Libérez-Somyot

Les différences politiques fondamentales qui séparent l’ASEAN de l’Union Européenne

Le 1er janvier dernier aurait dû voir l'ouverture du marché commun de l'ASEAN (Association of Southeast Asian Nations, en français; Association des nations de l'Asie du Sud-Est).

Mais cela n'a pas eu lieu. Cette ouverture a été reportée au 31 décembre 2015, soi-disant pour de petits problèmes techniques...

Le rêve de l'ASEAN est de devenir l'équivalent de l'Union Européenne pour le Sud-Est Asiatique. Mais beaucoup de choses, comme nous allons le voir, séparent ces deux entités.

Les origines de la création et les principes fondateurs

- L'Union Européenne

Les fondements de l'Union Européenne remontent au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, alors que l'Europe cherchait un moyen de consolider la paix et la liberté.

Le 25 mars 1957, la Communauté économique européenne (CEE) est créée. Elle comprend 6 pays, la France, l'Allemagne de l'Ouest (RFA), l'Italie, la Belgique, les Pays Bas et le Luxembourg.

Son premier élargissement a eu lieu le 3 mai 1973 avec l'adhésion du Danemark, du Royaume-Uni et de l’Irlande, tous des pays démocratiques.

Un Parlement Européen, élu au suffrage direct, est mis en place.

Les premières élections, eurent lieu en juin 1979 afin d'élire 410 députés européens représentant les neuf pays membres.

Selon les principes de base de la Communauté européenne, aucun pays non-démocratique ne devait en faire partie et il devait y avoir une période de renforcement de la démocratie dans les anciennes dictatures avant qu'elles ne puissent être acceptées, C'est pourquoi la Grèce, ancienne dictature des Colonels, et démocratie depuis 1974, a dû attendre 6 ans après sa première demande d'adhésion (1975) avant d'y être admise le 1er janvier 1981, l'Espagne, qui avait subi la dictature fasciste de Franco jusqu'à la mort de ce dernier en 1975 et le Portugal, qui n'était redevenu une démocratie qu'à la suite de la Révolution des Œillets du 25 avril 1974, n'ont pu devenir membres de la CEE qu'en 1986 après une période de transition démocratique, malgré une demande d'adhésion datant de 1977.

La CEE s'est transformée en Union Européenne en 1993, une transformation qui donnait plus de pouvoir à l'Europe au dépend des Etats. Cette transformation a nécessité des votes parlementaires ou des referendums populaires (en France, le referendum sur le traité de Maastricht en 1992).

Quand les anciennes dictatures communistes staliniennes du bloc de l'Est ont voulu y adhérer après la chute de l'Union Soviétique en 1991, Il a fallu qu'elles attendent 2004 avant que l'UE, estimant que leur transition démocratique était terminée, ne les accepte.

L'Union Européenne est loin d'être parfaite mais son principe de gouvernance démocratique ne saurait être remis en cause.

- L'ASEAN

L'ASEAN a été fondée en 1967 à Bangkok en Thaïlande par cinq Etats d'Asie du Sud-Est patronnés par les Etats-Unis, les Philippines, l'Indonésie, la Malaisie, Singapour et la Thaïlande. Le contexte était la Guerre Froide et le but, une alliance militaire anti-communiste sous le parapluie des Etats-Unis, considéré à l'époque comme le "Big Brother" de l'ASEAN. A ce moment-là, aucun des pays fondateurs n'était démocratique.

Le Brunei a rejoint l'organisation en 1984. Il venait d'obtenir son indépendance du Royaume-Uni et n'a pas eu besoin de "transition démocratique" avant de pouvoir adhérer à l'ASEAN. On ne lui demandait que d'être anti-communiste.

A la suite de l'effondrement de l'Union Soviétique et de la fin de la Guerre Froide, les Etats de l'ASEAN commencent à réfléchir sur la possibilité de transformer cette alliance anticommuniste en grand marché. Certains de ces Etats commencent à opérer une transformation démocratique; le dictateur Marcos est chassé du pouvoir aux Philippines en 1986 par des manifestations, en Thaïlande, une révolte populaire renverse le général Suchinda en 1992 et le dictateur indonésien Suharto tombe en 1999.

Cette transformation démocratique est beaucoup plus timide à Singapour et en Malaisie ou les chefs d'Etat se contentent de donner un peu plus d'espace à l'opposition tout en conservant le principal du pouvoir (une situation un peu similaire à celle que connait la Birmanie aujourd'hui).

Brunei, quant à lui, demeure une monarchie féodale islamique.

L'ASEAN décide de s'élargir en accueillant les 3 anciens pays qui faisaient partie de la sphère d'influence soviétique, Vietnam Laos et Cambodge, ainsi que la Birmanie, une dictature soutenue par la Chine.

Le Vietnam y adhère en 1995, suivi du Laos et de la Birmanie en 1997 et du Cambodge en 1999.

Or, contrairement à l'Union Européenne quand elle a accueilli les anciennes dictatures fascistes de Grèce, d'Espagne ou du Portugal et les anciens pays communistes staliniens du bloc de l'Est, l'ASEAN n'a jamais envisagé d'imposer des périodes de transitions démocratiques avant d'accueillir ces pays en son sein. Il est vrai qu'à l'intérieur de l'organisation, une majorité de pays ne pouvaient rivaliser avec l'Europe en matière de gouvernance démocratique.

A aucun moment, les peuples des pays membres n'ont été consultés par voie parlementaire ou de referendum sur le devenir de l'ASEAN alors qu'ils l'ont toujours été en Europe.

Face aux coups d'Etat militaires fascistes de 2006 et 2014 en Thaïlande, au maintien de systèmes politiques de type stalinien au Vietnam et au Laos, aux semi-démocraties musclées du Cambodge, de la Malaisie et de Singapour, au régime militaire soi-disant adouci de Birmanie, au sultanat autocrate de Brunei, les régimes démocratiques de l'Indonésie et des Philippines font figure de marginaux et cela démontre que pour l'ASEAN, la gouvernance démocratique ne compte pas.

L'ASEAN n'est pas l'Union Européenne mais l'OTAN de l'Asie du Sud-Est

En fait, si l'on compare les principes fondateurs de ces deux entités, on peut conclure que l'ASEAN n'est pas l'Union Européenne mais plutôt l'OTAN de l'Asie du Sud-Est.

L'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord) est une alliance militaire qui ne s'encombre pas de principes démocratiques. Elle a été fondée en 1949 afin de lutter contre l'expansion communiste. C'est exactement le même principe fondateur que celui de l'ASEAN. Le Portugal, alors dictature cléricale dirigée par Salazar, est un des membres fondateurs de l'OTAN. En 1952, l'OTAN a accueillie en son sein une dictature, la Turquie, ainsi que la Grèce, alors démocratique mais qui allait sous peu être victime du coup d'Etat des colonels, un putsch qui ne remettra pas en cause son appartenance à cette organisation militaire dominée par les Etats-Unis.

La Turquie n'a pas encore été admise dans l'Union Européenne car cette dernière lui demande de reconnaitre le génocide arménien et de trouver un accord permettant aux Kurdes de pouvoir s'exprimer démocratiquement. Le Portugal et la Grèce n'ont été acceptés dans l'Union qu'après être redevenus des démocraties à part entière.

Mais certains pourraient s'interroger et poser la question; "Si l'ASEAN est une organisation similaire à l'OTAN, comment se fait-il que le Cambodge et la Thaïlande ont été si prêt de se faire la guerre?"

Appartenir à une même organisation militaire ne signifie pas s'aimer les uns les autres et la Grèce et la Turquie, toutes les deux membres de l'OTAN, ont été plusieurs fois à deux doigts de se faire la guerre pour la question de Chypre.

Mais la Grèce fait partie de l'Union Européenne, ce qui n'est pas le cas de la Turquie bien que ces deux pays fassent partie de l'OTAN.

Dans l’OTAN, comme dans l’ASEAN, deux pays membres peuvent se faire la guerre, quelque chose d’impensable dans l’Union Européenne.

Voici ce qui fait la différence entre l'ASEAN/OTAN et l'Union Européenne! 

En Europe, nous avons 28 démocraties, imparfaites certes mais démocratie quand même car tout le monde y a le droit de vote, y compris sur des questions concernant l'Union Européenne elle-même.

Qu'avons-nous dans l'ASEAN?

Deux démocraties parlementaires (Indonésie, Philippines)

Trois démocraties "musclées" ou "semi-démocratiques" (Malaisie, Singapour, Cambodge)

Une dictature militaire d'extrême droite connue pour être depuis longtemps le Cheval de Troie des Etats-Unis en Asie du Sud-Est (Thaïlande)

Deux pays “communistes" anciennement soutenus par l’ex-URSS (Laos, Vietnam)

Une dictature militaire soutenue par la Chine (Birmanie)

Un sultanat islamique appliquant la Charia (Brunei)

A tout cela nous pouvons rajouter certaines différences culturelles

Les pays fondateurs de l'Union Européenne, et ceux qui y ont adhéré après, ont une culture commune, la culture judéo-chrétienne. Il ne s'agit pas de la meilleure ni de la pire (l'auteur de ces lignes pense que toutes les cultures du monde sont égales) mais leurs bases étaient déjà établies selon une trame similaire.

Dans l'ASEAN nous avons:

Un pays à majorité catholique (Philippines)

Trois à majorité musulmane (Indonésie, Malaisie, Brunei)

Quatre à majorité bouddhiste hinayana (Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Laos)

Un à majorité bouddhiste mahayana (Vietnam)

Il y a de multiples langues et dialectes, comme en Europe mais un des points qui ont fait reculer l'ouverture de l'ASEAN est le manque de “langue” commune alors que l'UE utilise l'anglais et a surtout une multitude de traducteurs et cela, dans toutes les langues des pays concernés.

Si l'on rajoute quelques rancœurs territoriales (Thaïlande-Laos, Thaïlande-Cambodge, Cambodge-Vietnam, Indonésie-Malaisie, Malaisie-Thaïlande) toujours d'actualité; quelques mauvais œil de la part de marchés communs déjà présents devant cette nouvelle concurrence; le nationalisme égoïste de certains pays, nous sommes en droit de nous poser des questions sur la viabilité de l'ASEAN, sa durabilité, son efficacité et surtout sur son ouverture.

Une transformation de l'ASEAN en entité similaire à celle de l'Union Européenne est possible mais pour que cela se fasse, il est nécessaire que tous les pays de l'ASEAN renoncent à leurs vieux féodalismes et mettent en place des gouvernances démocratiques dans lesquelles les peuples de ces pays puissent s'exprimer sur leur avenir.

Les pays de l’ASEAN

Les pays de l’ASEAN

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 18:00

Chiranuch Premchaiporn, la directrice du journal progressiste Prachatai, elle-même ancienne inculpée de lèse-majesté a organisée un rassemblement pour Charlie Hebdo le 8 janvier 2015 à Bangkok.

Plusieurs dizaines de personnes, dont Sukanya Pruksakasemsuk, la femme du prisonnier politique Somyot Pruksakasemsuk, se sont rassemblées dans le centre de Bangkok jeudi soir pour honorer les personnes tuées dans l'attaque meurtrière contre le magazine satirique français à Paris la veille.

Le groupe a allumé des bougies et déposé des fleurs autour de papiers imprimés avec les mots "Je Suis Charlie" en solidarité avec le magazine satirique.

Deux hommes armés et masqués avaient fait irruption dans le bureau de la revue à Paris le 7 janvier 2015 et ouvert le feu sur les journalistes et dessinateurs qui s'y étaient rassemblés pour une réunion de rédaction, tuant douze personnes, dont deux officiers de police.

"Je ne pouvais pas dormir la nuit dernière après avoir entendu les nouvelles, et quand je me suis réveillé le lendemain, j'ai senti que j'avais besoin de faire quelque chose", a déclaré Chiranuch Premchaiporn, directrice de Prachatai qui a aidé à organiser la veillée devant le Bangkok Art et Centre culturel.

"Nous devions faire quelque chose de simple à cause de la loi martiale", a expliqué Chiranuch. "Donc nous avons dit clairement que ce n'était pas un rassemblement politique, juste un rassemblement spirituel afin d'honorer ceux dont les vies ont été perdues."

La junte militaire de la Thaïlande a interdit toutes les activités politiques peu après sa prise du pouvoir par un coup d'Etat sur le 22 mai 2014.

Prach Panchakunathorn, un ancien journaliste qui a assisté à la veillée, a déclaré que l'attaque en France lui faisait penser à une autre restriction contre la liberté d'expression en Thaïlande: la loi de lèse-majesté draconienne qui punit toute critique envers la monarchie de peines allant jusqu'à 15 ans de prison.

"Ce qui est arrivé en France est ce qui se passe en Thaïlande à un degré moindre," explique Prach. "Les gens qui se moquent ou de critiquent les membres de la famille royale sont souvent victimes d'intimidation. Dans certains cas, des gens sont même venus à l'endroit où ils vivent et ont tiré des balles sur leur domicile ".

Ceux qui sont accusés de lèse-majesté sont souvent confrontés à la stigmatisation sociale grave en Thaïlande, où le roi Bhumibol est largement révéré. Même ceux qui ont été acquittés de l'accusation éprouvent souvent des difficultés à trouver un emploi.

Sources:

http://www.khaosodenglish.com/detail.php?newsid=1420724915

https://www.facebook.com/events/1535407426711702/?pnref=story

Sukanya Pruksakasemsuk et Chiranuch Premchaiporn au rassemblement pour Charlie Hebdo à Bangkok

Sukanya Pruksakasemsuk et Chiranuch Premchaiporn au rassemblement pour Charlie Hebdo à Bangkok

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9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 17:54

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://uglytruththailand.wordpress.com/2015/01/08/freedom-of-speech-is-a-class-issue/

 

Beaucoup de gens ont été choqué par l'attaque des bureaux du magazine "Charlie Hebdo" à Paris. La plupart seront à juste titre d'avis que cet attentat est inacceptable. Mais nous devons être clair sur le fait que ce n'est pas une question de "liberté de parole". Dans le contexte de la Thaïlande, les opposant à la lèse-majesté et la liberté de critiquer la monarchie et la dictature, ne pourront jamais être assimilée à la défense des attaques provocatrices et racistes de Charlie Hebdo contre l'Islam, en France.

Il n'existe pas de "liberté d'expression" illimitée et abstraite. La plupart des gens sont d'accord qu'il n'y ait pas quelque chose comme un "droit" pour les gens de préconiser le viol, l'extermination en masse du peuple juif, ou la maltraitance des enfants. Donc, la liberté d'expression est relative. Je crois qu'il n'y a aucun droit fondamental à être raciste.

Non seulement la "liberté d'expression" est relative, mais elle s'obtient par la lutte. Les gens puissants qui nous gouvernent ne nous accordent pas la liberté d'expression. On doit se battre pour la liberté d'expression contre les dirigeants oppressifs. C'est pourquoi il est juste de se battre pour la liberté de critiquer la monarchie thaïlandaise et la dictature. C'est progressif et dans l'intérêt des citoyens thaïlandais qui luttent pour la libération.

La soi-disant "liberté" d'être provocant et raciste contre l'Islam est le contraire de cela. C'est quelque chose qui aide à justifier les guerres impérialistes au Moyen-Orient et l'islamophobie contre les minorités migrantes opprimées en Europe. C'est réactionnaire et permet à la classe dirigeante d'utiliser le racisme afin de nous diviser. C'est contre les intérêts de la majorité des citoyens.

Par conséquent, la "Liberté d'expression" est fondamentalement une question de classe.

Ainsi est la justification de la violence. Alors que nos dirigeants et ceux qui sont influencés par les grands médias condamnent la fusillade de Charlie Hebdo, ils restent silencieux ou soutiennent les frappes des drones faites par les gouvernements occidentaux contre les civils en Afghanistan, en Irak ou au Pakistan. Mais la violence des opprimés dans leur tentative désespérée de se libérer est toujours plus légitime que la violence des oppresseurs.

Il est compréhensible que les musulmans veulent se battre contre l'impérialisme et l'oppression, et nous devrions nous tenir au côté des opprimés. Mais aussi, nous devons fermement faire valoir que de telles attaques, comme celle contre Charlie Hebdo, ne font que renforcer l'ultra-droite et les racistes. Elles rendent la lutte contre le racisme, l'islamophobie et l'impérialisme d'autant plus difficile.

De la même manière, toute tentative de poser des bombes dans un combat contre la junte thaïlandaise, ou même la monarchie, bien que compréhensible, serait contre-productif et renforcerait l'oppression. Les Thaïlandais doivent se libérer par des luttes de masse, des mouvements sociaux et des partis politiques.

La liberté d'expression est une question de classe
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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 10:14

Un reportage de Susan Loone pour le journal malaisien "Malaysiakini"

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http://www.malaysiakini.com/news/285402

 

Les Malaisiens ont toujours considéré l'«Amazing Thailand» comme un paradis du tourisme et du shopping, oubliant qu'il y a des Thaïlandais qui ont été ou se sont exilés eux-mêmes dans plusieurs pays en raison de leurs convictions politiques.

Le 1er décembre, plusieurs ONG ont protesté contre la visite du Premier ministre thaïlandais Prayuth Chan-ocha en Malaisie, en solidarité avec les exilés thaïlandais qui ont exhorté les autres pays visité par Prayuth à suivre l'exemple des Malaisiens en envoyant un message fort comme quoi ils s'opposaient à la dictature militaire thaïlandaise.

Malaysiakini a interrogé plusieurs exilés thaïlandais, qui ont exprimé leur désir de voir une Thaïlande libérée dans leur vie.

L'un d'entre eux, Jakrapob Penkair, était professeur d'université et journaliste à la télévision avant de consacrer son temps à la politique en 2003.

Pendant le règne de Thaksin Shinawatra, Jakrapob était membre du Parlement representant Bangkok, en plus d'être un ministre du Cabinet du Premier ministre thaïlandais et un porte-parole du gouvernement.

Il a aidé à former le Front uni de la démocratie contre la dictature (UDD) et a ensuite été emprisonné pendant 12 jours pour ses activités anti-coup d'Etat militaire.

En tant que membre du cabinet, il était sur le point de renoncer à certains des pouvoirs de l'Etat quand il a été accusé de lèse-majesté, la loi qui punit les citoyens pour avoir insulté la monarchie.

Jakrapob a quitté son pays bien-aimé, le 14 avril 2009 et n'y est jamais retourné depuis. Et il n'a pas renoncé à ses convictions politiques.

"Nous espérons pouvoir briser le lavage de cerveau de la Thaïlande et poursuivre le processus de démocratisation."

"Nous Thaïlandais avons été poussés à croire que le roi de Thaïlande peut régler tous les torts et que nous ne devions pas avoir confiance en nous-mêmes, mais juste croire en lui.

"Aucun pays ne peut compter que sur une personne, même si un bon leader peut encourager plusieurs autres personnes à bouger et à se secouer", a déclaré Jakrapob lors de son interview pour Malaysiakini.

Il est fier et reconnaissant que plusieurs militants malaisiens aient protesté contre la visite de Prayuth en Malaisie le 1er décembre dernier.

"Vous avez clairement montré au dictateur votre dégoût et le mépris que vous avez pour lui et ses semblables. Nous tenons à vous exprimer notre gratitude.

"Nous comprenons que votre lutte interne n'en est pas moins difficile et fastidieuse. Nous espérons être en mesure de joindre nos forces aux vôtres aussi", a-t-il dit.

Junya Lek Yimprasert est une militante thaïlandaise des droits des travailleurs qui se bat et écrit sur l'exploitation en bas des chaînes d'approvisionnement.

Après le massacre de civils par les forces militaires à Bangkok en mai 2010, Junya a écrit un essai, "Pourquoi je n'aime pas le roi", et a été accusée de lèse-majesté.

Elle vit en Finlande depuis juillet 2010 comme "réfugiée politique".

"La dernière goutte d'eau qui m'a fait partir c'est après avoir vu de nombreux syndicats et des ONG intégrer le mouvement des royalistes qui, depuis 2005, a renversé de nombreux gouvernements élus.

"Là où cela a été le comble, c'est quand 40000 militaires ont réprimés violemment les manifestants, en tuant une centaine et en blessant près de 2000", a-t-elle dit lors de son interview pour Malaysiakini.

Même ceux qui sont en exil font face à des menaces

Etre en exil ne garantit pas la liberté ni contre la violence ou la peur.

Junya a déclaré que les Thaïlandais qui vivent en exil à cause du régime militaire font face aussi à beaucoup de menaces, aussi bien de la part des ultra-royalistes que de l'armée, et risquent l'emprisonnement, sans aucune chance de se défendre.

"Pour moi, être recherché par la junte militaire thaïlandaise en tant que "criminelle et menace contre la sécurité nationale" à cause de mes écrits est quelque chose qui m'a frappé durement car cela m'a fait prendre conscience que le chemin de la lutte pour la démocratie et la liberté en Thaïlande sera long et plein d'obstacles", dit-elle.

Comme beaucoup de ceux qui vivent en exil, Junya n'est pas heureuse de voir que Prayuth a été chaleureusement accueilli en Malaisie par le Premier ministre Najib Abdul Razak.

Elle a donc lancé un appel aux Malaisiens de s'opposer à la junte thaïlandaise et ne permettent pas à Prayuth d'empoisonner les aspirations à la liberté et la démocratie dans son pays.

"Il est important pour la Malaisie, la Thaïlande et l'ASEAN dans son ensemble que les gens de l'ASEAN restent solidaires dans leur volonté de respecter le principe de la liberté et de la démocratie. Les Thaïlandais ont énormément besoin de la solidarité de vous tous pour nous aider à lutter contre le régime militaire dictatorial", explique-t-elle.

Suda Rangkupan était professeur adjoint au Département de linguistique à la Faculté des arts de l'Université Chulalongkorn, de 2000 à 2014 avant de fuir la Thaïlande.

Suda faisait partie du mouvement bien connu, "29 Jan 10,000 Liberate", où 10 000 personnes ont demandé l'amnistie pour les prisonniers politiques.

Elle a quitté la Thaïlande après le coup d'Etat du 22 mai de l'année dernière, après s'être rendu compte que l'opposition du Mouvement des Chemises rouges au coup d'Etat militaire ne pouvait être poussée plus loin en ce moment.

Elle n'accepte pas le coup d'Etat et considère que les ordres de Prayuth sont "illégaux et constituent un acte de rébellion".

"Cependant, je me rends compte combien brutale est l'armée royale thaïlandaise, qui a pris le contrôle de la Thaïlande, vis-à-vis des Chemises rouges alors j'ai décidé de quitter la Thaïlande, en espérant que le moins que je puisse faire en tant que personne libre est de dire au monde que les Thaïlandais n'ont pas tous capitulé devant ce dernier coup royal", explique-t-elle.

"Prayuth est juste le chef de la junte"

Suda ne comprend pas comment on peut accepter Prayuth comme le dirigeant de la Thaïlande. "Je refuse de l'appeler Premier ministre, car il est juste le chef de la junte," dit-elle.

Pavin Chachavalpongpun, professeur associé au Centre d'études sur l'Asie du Sud-Est à l'Université de Kyoto au Japon a été convoqué à deux reprises par la junte thaïlandaise pour ses critiques envers l'armée.

"J'ai rejeté la convocation et, en conséquence, la junte a délivré un mandat d'arrêt contre moi. Peu de temps après, mon passeport a été révoqué et cela m'a forcé à demander le statut de réfugié au gouvernement japonais," affirme Pavin.

Il se sent maintenant en sécurité au Japon car le gouvernement de ce pays s'occupe bien de lui, explique-t-il. Il a un travail permanent, avec un revenu régulier ce qui lui donne un sentiment de sécurité.

"Heureusement, je vais bénéficier du statut de réfugié à l'avenir et cela me permettra de voyager légalement, ce qui est une partie importante de mon travail comme universitaire, car j'ai besoin de voyager pour mon travail."

Le message de Pavin à Prayuth reste néanmoins clair: "Rendez le pouvoir à la population thaïlandaise immédiatement. Cessez de violer les droits des gens."

"L'armée doit se retirer de la politique; l'armée doit également cesser de politiser la monarchie pour ses propres intérêts politiques".

Le coordonnateur de l'Organisation des Thaïlandais Libres pour les droits de l'homme et la démocratie, Jaran Ditapichai, affirme que les Thaïlandais qui aiment la liberté et la démocratie ont besoin de soutien moral et politique, notamment de la communauté internationale, afin d'arrêter les violations des droits humains que la junte au pouvoir exerce quotidiennement.

Jaran possède actuellement l'asile politique sous la protection juridique et administrative de la France.

"J'ai plusieurs bons amis, des Européens et des Thaïlandais, qui gardent un œil sur moi.

"Mais le gros problème est de savoir comment gagner sa vie dans ce pays, où le coût de la vie est élevé", a déclaré Jaran, qui était le conseiller d'un ancien vice-premier ministre et l'ancien commissaire national des droits humains de Thaïlande.

Ce dirigeant du Front uni de la démocratie contre la dictature, qui est également connu sous le nom de Mouvement des Chemises rouges, est reconnaissant vis-à-vis des politiciens malaisiens, des membres d'organisations des droits humains, des ONG démocratiques et des médias qui ont organisé la protestation contre Prayuth lors de sa visite en Malaisie.

"J'espère que les amis des droits de l'homme et de la démocratie dans les autres pays de l'ASEAN, s'exprimeront ouvertement sur ce qu'ils pensent de la direction de l'armée thaïlandaise, comme les Malaisiens l'ont fait", a ajouté Jaran.

Suda Rangkupan

Suda Rangkupan

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 00:07

Bangkok : deux jeunes plaident coupable pour crime de lèse-majesté

Un article d'Amélie Petitdemange

Lien:

http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/bankgok-deux-jeunes-plaident-coupable-pour-crime-de-lese-majeste-10344/

 

Deux jeunes Thaïlandais plaident coupable ce lundi 29 décembre dans un procès de lèse-majesté. Ils avaient été emprisonnés en août, pour avoir représenté à l’université Thammasat de Bangkok une pièce de théâtre, jugée trop subversive par la junte militaire.

Deux jeunes Thaïlandais plaident coupable ce lundi 29 décembre dans une affaire de lèse-majesté. Porntip Mankong, activiste de 25 ans, et Patiwat Saraiyaem, étudiant en musique de 23 ans, sont poursuivis pour avoir représenté une pièce de théâtre peu au goût de la junte militaire, au pouvoir en Thaïlande. La fiancée du loup («Jao Sao Ma Pa» en thaï) mettait en scène une royauté fictionnelle. Jouée à la prestigieuse université Thammasat de Bangkok, la pièce commémorait le soulèvement étudiant d’octobre 1973, réprimé dans le sang par l’armée.

L’armée, qui a pris le pouvoir dans le pays après la destitution de la Première ministre Yingluck Shinawatra en mai dernier, voit d’un mauvais œil ces souvenirs sanglants. D’autant que le général Prayuth Chan-ocha, qui devait organiser des élections en juillet, a plutôt choisi de se faire nommer Premier ministre trois mois plus tard.

Patiwat Saraiyaem et Porntip Mankong sont détenus depuis août dans l’attente de ce procès. Ils sont tous deux apparus à l’audience en costume marron clair de prisonnier, pieds nus, l’un avec des chaînes aux pieds. «Mon garçon n’avait aucune mauvaise intention», a plaidé le père de Patiwat, agent de sécurité qui avait revêtu pour l’occasion une chemise jaune, couleur du roi. Le verdict, a priori peu clément, sera prononcé le 23 février 2015.

«Spirale du silence»

Amnesty International dénonçait le 9 décembre une «répression de la liberté d’expression», qui «crée une spirale du silence» en Thaïlande. «Les autorités militaires de la Thaïlande doivent mettre un terme à la détérioration inquiétante de la liberté d’expression et de réunion pacifique, et notamment à l’utilisation effrénée de la loi relative au crime de lèse-majesté», avait déclaré l’association à l’approche de la Journée des droits de l’homme.

La junte est en effet très sévère face aux éventuelles critiques du système monarchique. Le roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, bien que dénué de rôle politique officiel, est protégé par une des législations les plus sévères du monde. Un musicien de 28 ans a ainsi été condamné fin juillet à quinze ans de prison pour des propos jugés insultants envers la monarchie.

Le 17 décembre, le pouvoir a même décidé d’étendre cette répression hors du pays. Il a promis de «traquer et arrêter [les] suspects» de lèse-majesté exilés à l’étranger, notamment en France et en Grande-Bretagne.

Le général Prayuth Chan-ocha, chef de la junte thaïlandaise

Le général Prayuth Chan-ocha, chef de la junte thaïlandaise

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 17:54

A quoi s’expose-t-on lorsqu’on mène un combat contre plus puissant que soi ? Persona non grata dans son propre pays, Rose se bat depuis l’Europe pour la liberté d’expression. Son ennemi ? La monarchie thaïlandaise. Un petit bout de femme lutte au péril de sa vie contre l’un des monarques les plus puissants de la planète, pour que le royaume du sourire devienne enfin une démocratie.

Le 8 janvier de 19 à 21 heures

Adresse:

Escale à La Grange aux Belles

6 rue Boy Zelenski, 75010 Paris, France

Liens:

www.camillegazeau.com

https://www.facebook.com/events/1540766909491349/?ref=22

L'exposition se tiendra du mardi 6 au vendredi 30 janvier

Carte google indiquant l'emplacement de l'exposition

Carte google indiquant l'emplacement de l'exposition

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 07:54

Robert Amsterdam d'Amsterdam & Partners LLP a annoncé vendredi dernier la formation d'une nouvelle campagne indépendante afin de tenir les putschistes thaïlandais pour responsables vis-à-vis des juridictions étrangères.

Lien:

http://www.eurasiareview.com/02012015-robert-amsterdam-launches-independent-campaign-hold-thailands-coup-leaders-accountable/

 

Parmi les objectifs de la nouvelle campagne se trouve le fait de porter des accusations criminelles contre la direction du coup d'Etat et les responsables du massacre de 2010 à Bangkok, ainsi que de poursuivre des sanctions ciblées afin de livrer les responsables et la justice aux victimes. La campagne sera menée sur une base pro bono, totalement indépendante de toute politique active ou d'un quelconque parti en Thaïlande.

"Face à la terrible répression en cours sous le gouvernement du coup d'Etat, nous ne devons pas abandonner l'effort d'appliquer les conséquences pour ceux qui violent les droits humains et qui ont détruit la fragile démocratie de la Thaïlande", a déclaré Amsterdam. "Nous considérons cela comme une question d'importance historique. C'est seulement quand nous verrons ces élites inculpées et sanctionnées pour leurs crimes qu'il pourra y avoir un espoir de restaurer l'État de droit ainsi qu'un gouvernement représentatif en Thaïlande."

Amsterdam & Partners LLP a été chargé en avril 2010, par l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, de défendre les droits du mouvement chemise rouge pro-démocratie et de porter plainte devant la Cour pénale internationale (CPI) pour les massacres dévastateurs qui ont abouti à l'assassinat de plus de 90 citoyens désarmés par l'armée thaïlandaise à Bangkok.

Toutefois, suite au coup d'Etat militaire qui a renversé le gouvernement élu en mai dernier, les conditions pour les droits humains se sont fortement détériorée, et l'engagement entre Robert Amsterdam et l'ancien Premier ministre Thaksin s'est conclu, explique Amsterdam & Partners LLP dans un communiqué.

"Nous sommes reconnaissants à Khun Thaksin pour l'occasion qu'il nous a donné de nous impliquer dans ces questions, et nous lui souhaitons le meilleur dans ses efforts. Notre objectif sera désormais de poursuivre des alliances avec la société civile, les ONG et d'autres groupes politiquement indépendants afin de continuer à plaider pour les droits des citoyens par le biais de tous les moyens disponibles. Notre engagement est inébranlable", a déclaré Amsterdam.

Robert Amsterdam

Robert Amsterdam

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 13:24

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/01/03/does-the-thai-kings-immense-wealth-give-him-political-power/

 

Pour beaucoup de gens, il semble être évident que le roi Pumibon parce qu'il possède un énorme conglomérat capitaliste, connu sous le nom de Bureau des Biens de la Couronne (Crown Property Bureau, sigle anglais: CPB), et le fait qu'il est aussi la personne la plus riche de Thaïlande, lui donne un immense pouvoir politique. Le CPB est propriétaire d'un grand nombre d'actions de la Siam Commercial Bank et de Siam Cement. Il possède également d'énormes quantités de terre, souvent dans des sites principaux de l'immobilier. Les royalistes prétendent que le roi n'est pas le propriétaire du CPB, parce que celui-ci appartiendrait à la monarchie. Ce n'est qu'un détail. Simon Montlake, dans un article de Forbes datant de 2012, surnomme le CPB une "entreprise familiale, préservée pour  la prochaine génération". Ce n'est ni un organisme gouvernemental ni une société privée. Le monarque est officiellement en charge de ses investissements. Le roi a également une fortune privée séparée.

Il est peu probable que Pumibon n'ait une quelconque capacité pour les affaires. Tout comme n'importe quel grand fonds de pension, le CPB a un comité qui gère ses investissements pour le roi. Ses discours sur l'économie de suffisance sont dépourvus de toute analyse économique ou commerciale réelle et ne parlent en réalité que de laisser les pauvres rester pauvres sans être assistés par le gouvernement. Bien sûr, c'est un conservateur; tous les monarques le sont.

Les investissements du CPB ont été revigorés après la crise économique de 1996 par les politiques gouvernementales de Taksin. Ce qui ne pourrait guère faire de Pumibon un ennemi de Taksin.

Mais le fait de posséder d'immense richesse et d'être nominalement responsable d'un immense conglomérat confère-t-il automatiquement le pouvoir politique? Si oui, alors Bill Gates et Warren Buffett dirigeraient les Etats-Unis Ce n'est pas de cette façon que l'Etat capitaliste fonctionne. Il y a une division du travail aussi bien dans les démocraties que les États autoritaires. Les gouvernements et les partis politiques dirigent l'Etat au nom de la classe des affaires, même lorsque le gouvernement est dirigé par des partis sociaux-démocrates, comme en Europe.

Dans le cas des grandes entreprises, tout ce qu'elles veulent, ce sont des politiques gouvernementales qui leur permettent de continuer à faire des profits. Elles peuvent utiliser leur influence, via le financement des campagnes des partis politiques ou la propriété des médias, afin d'influencer la politique, mais elles sont soucieuses de ne pas se mouiller directement. La raison la plus importante est que les politiciens et les gouvernements vont et viennent. Ils deviennent populaires un jour et perdent leur popularité le lendemain. Ils sont blâmés par l'électorat pour leurs erreurs. Les sociétés et leurs patrons peuvent s'élever au-dessus de tout cela et continuer à faire des affaires. C'est pourquoi, Dhanin Chearavanont, patron de la CP Corporation, la plus grande multinationale de Thaïlande, a toujours donné de l'argent à tous les partis politiques thaïlandais.

Pumibon n'est que l'un des plus importants capitalistes de Thaïlande, même s'il est le plus riche. Il ne peut pas être vu intervenant dans la politique en raison du fait qu'il est le chef de l'Etat. Non seulement Pumibon n'est pas un chef d'entreprise qui dirige les gouvernements, pas plus que ne le sont Bill Gates ou Warren Buffet, mais nous devons regarder qui l'a rendu riche en en premier lieu. C'est la faction militaire conservatrice des élites qui a réintégré le contrôle formel du monarque sur le CPB après le coup d'Etat de 1947. Pumibon n'est redevable qu'à l'armée pour sa richesse. Elle pourrait le renverser comme elle l'a fait [pour un autre monarque] après la révolution de 1932.

Le fait que Pumibon ait toujours été redevable à l'armée pour son statut signifie qu'il n'a également aucun contrôle sur les forces armées, contrairement à ce que certains affirment à tort. C'est l'armée et les autres élites qui contrôlent Pumibon.

Un autre facteur supposé que les gens pourraient avancer afin d'affirmer ce qu'on appelle le pouvoir politique de Pumibon pourrait être l'idée comme quoi "tous les Thaïlandais vénèrent le Roi". C'est un mythe soutenu par la classe dirigeante thaïlandaise et répété par de nombreux journalistes étrangers. Si cela était vrai, pourquoi la Thaïlande doit-elle donc posséder une loi de lèse-majesté qui impose un tel respect? La popularité de la monarchie a augmenté et diminué tout au long du règne de Pumibon. Elle était à un faible niveau au milieu des années 1970 lorsque le Parti communiste menait une guerre contre la dictature militaire. Elle a ensuite augmentée avant de chuter à nouveau après que le roi ait refusé de condamner le coup d'État militaire de 2006 et qu'il soit resté silencieux lors du massacre des manifestants chemises rouges désarmés.

Mais même si de nombreux Thaïlandais "vénéreraient" le roi, cela ne lui conférerait pas automatiquement la puissance politique. Le peuple thaïlandais n'est pas stupide. Il se pose des questions et se fait sa propre opinion quant à l'attitude à prendre vis-à-vis des politiciens en fonction de leurs réalisations. Si Pumibon devait intervenir directement dans la politique, il serait tôt ou tard mis à l'examen. Pumibon évite à tout prix l'examen du public. Il est aussi extrêmement lâche et a toujours suivi le flux.

Pumibon ne peut pas être séparé du pouvoir politique, de même que l'institution de la monarchie, mais pas parce qu'ils sont puissants. C'est parce que ceux qui ont un réel pouvoir politique les utilisent comme des outils. Ils ne peuvent pas être séparés de leur rôle dans la perpétuation des inégalités économiques de la Thaïlande. C'est pourquoi la monarchie devrait être supprimée et ses vastes richesses nationalisées pour le bénéfice des gens ordinaires.

Giles Ji Ungpakorn

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