Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 11:00

Lien:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/01/20/lese-majeste-and-foreign-policy/

Les dictateurs militaires ne brillent généralement pas par leur intelligence. C'est aussi vrai en Thaïlande qu'ailleurs. Ses dirigeants militaires hésitent sur les politiques à tenir alors que quelques questions les préoccupent. Malheureusement, ce ne sont que des bêtises idéologiques qui comprennent un ultranationalisme brut entraînée par la lèse-majesté et une répression réactionnaire contre tous ceux qui sont perçus comme anti-coup d'Etat et antimilitaire. Ils n'ont que des réponses brutes et généralement peu réfléchies dans ces deux cas.

Quand la politique étrangère se trouve entre les mains des militaires, ces derniers ont tendance à être assez perdus et ont rarement les compétences des diplomates. Lorsque la lèse-majesté et la diplomatie troublent l'esprit lent d'un militaire, il n'y a pas beaucoup d'occasions pour lui d'examen approfondi.

Comme nous l'avons posté précédemment, des royalistes furieux et le ministère des Affaires étrangères, dont l'action est dirigée par le dictateur, le général Prayuth Chan-ocha, ont été frénétiques afin de contrer les efforts du HCR pour obtenir que le gouvernement de Nouvelle-Zélande offre l'asile politique à Ekaphop Luera. Ekaphop a été inculpé en Thaïlande en vertu de la loi draconienne de lèse-majesté qui a été implacablement mise en œuvre par le régime militaro/royaliste. La réponse de la Nouvelle-Zélande à la folie de la lèse-majesté a été prudente et réfléchie.

Selon un rapport de Khaosod, Prayuth a effectivement affirmé quelque chose d'un peu sensé. Toutefois ne vous arrêtez pas à ce petit éloge vis-à-vis du dictateur,.

Prayuth doit sentir la chaleur royaliste intérieure car il a déclaré aux journalistes qu'il ne pouvait pas faire beaucoup plus: "Ils prétendent qu'il s'agit d'une assistance basée sur l'aspect humanitaire, alors que puis-je faire?" Il est logique quand il explique aux royalistes fous furieux qu'attaquer le HCR et lancer un appel pour arrêter les dons à cette organisation était une erreur mélangeant la lèse-majesté et le travail de l'agence internationale.

Mais il revient au mode agréable vis-à-vis des royalistes du pays quand il prétend avoir "envoyé une lettre de protestation à l'agence pour les réfugiés des Nations Unies pour avoir aidé un homme soupçonné de crime de lèse-majesté à s'enfuir de Thaïlande." Prayuth a ajouté que "le ministère des Affaires étrangères avait envoyé des lettres de protestation" à environ "7 ou 8 pays" dont le régime pense qu'ils "hébergent des Thaïlandais suspects de lèse-majesté". Prayuth ajoute cependant "qu'aucun de ces gouvernements étrangers n'avait répondu aux lettres".

La suite de son discours est également un peu censée: "Ils ne nous ont pas donné de réponse, alors nous ne pouvons rien faire de plus à ce sujet..." Mais là où il montre son manque de connaissances et son point de vue militaire étroit, c'est quand il affirme que la Thaïlande ne peut rien faire "parce que nous ne sommes pas assez fort pour combattre le monde entier... Nous devons d'abord attendre de devenir une superpuissance avant de penser à faire quelque chose comme cela".

C'est malgré tout une déclaration raisonnable. Mais c'est dit dans le contexte de la ridicule et féodale loi de lèse-majesté de Thaïlande qui criminalise la liberté d'expression et de pensée, et des discours politiques plutôt normaux. C'est également dans le contexte de l'utilisation la plus scandaleuse de la loi depuis sa mise en place il y a plus d'un siècle. Prayuth en porte la responsabilité.

La lèse-majesté et la politique étrangère
Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
21 janvier 2015 3 21 /01 /janvier /2015 00:29

Un article de Democratic Voice of Burma

Lien:

http://www.dvb.no/news/wirathu-calls-un-envoy-a-whore-burma-myanmar/47467

 

Vendredi dernier, le moine nationaliste controversé Wirathu a fustigé la rapporteuse spéciale de l'ONU pour les droits de l'homme en Birmanie, Yanghee Lee, lors d'un discours au Parc Kyeikkasan situé dans le canton Tamwe de Rangoon. Il l'a traité de "pute" à cause de sa prétendue partialité envers la minorité musulmane rohingya du pays.

"Nous avons déjà rendu public notre loi sur la protection de la race, mais sans même l'étudier, cette salope [birman: kaungma] continue à se plaindre du fait qu'elle (la loi) soit contre les droits de l'homme", a-t-il crié à des centaines de partisans vendredi après-midi.

"Cette pute vient-elle vraiment d'une famille respectable?" a-t-il tonné. Une question à laquelle le public a répondu, "Non!"

"Ne présumez pas que vous êtes une personne respectable, juste parce que vous avez une position à l'ONU," a-t-il poursuivi. "Dans notre pays, vous êtes juste une pute.

«Si vous êtes si pleine de bonne volonté, vous pouvez toujours offrir votre cul à ces kalar [terme raciste signifiant "Noirs"]. Mais vous ne braderez jamais notre Etat de l'Arakan!"

L'ONU n'avait pas répondu à l'insulte au moment de la mise sous presse.

Vendredi matin, un groupe d'environ 500 partisans moines et laïcs, dirigé par les moines bouddhistes conservateurs Wirathu et Parmaukkha, a défilé de la pagode Kyay Thon, près de la pagode Shwedagon, au canton de Tamwe à l'est du centre-ville, brandissant des pancartes disant "Les décisions de l'ONU causent des problèmes en Birmanie - nous ne le voulons pas"!

Parmi les marcheurs se trouvaient des membres du Réseau national d'Arakan, qui a condamné l'appel de l'ONU à la Birmanie pour qu'elle accorde la citoyenneté aux membres de la communauté Rohingya qui sont nés dans le pays.

Le discours de Wirathu a coïncidé avec la conférence de presse de Yanghee Lee à Rangoon ce vendredi alors qu'elle concluait un voyage de 10 jours en Birmanie, sa deuxième visite officielle dans le pays.

"Les droits fondamentaux ne sont pas hiérarchique - ils ne sont pas subordonnée à l'un par rapport à l'autre. Ils sont inaliénables", a déclaré Lee vendredi. "Vous pouvez être assuré que dans toutes mes réunions avec des interlocuteurs du gouvernement, j'utilise le mot "Rohingya". Les droits des Rohingyas doivent être protégés, promus et respectés ".

En décembre dernier, l'Assemblée générale de l'ONU avait approuvé une résolution non contraignante, rédigée par l'Union européenne, qui appelait Naypyidaw à étendre les droits de la citoyenneté aux Rohingyas et à supprimer les restrictions à la mobilité qui leur sont imposées. La résolution a également demandé une enquête sur les violations des droits dans l'État d'Arakan ainsi que l'égalité d'accès aux services essentiels, et la réconciliation entre les communautés bouddhistes et musulmanes dans la région.

Voir aussi les articles suivants publié par Libérez-Somyot:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-birmanie-un-racisme-anti-musulman-organise-par-l-etat-116792427.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-en-thailande-nous-vendons-des-refugies-rohingyas-118225321.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-des-moines-bouddhistes-defilent-en-scandant-des-discours-neonazis-118811209.html

Couverture du magazine "Time" avec le moine birman Wirathu qui se surnomme lui-même le "Ben Laden Bouddhiste"

Couverture du magazine "Time" avec le moine birman Wirathu qui se surnomme lui-même le "Ben Laden Bouddhiste"

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
20 janvier 2015 2 20 /01 /janvier /2015 09:19

Un article de Thai Political Prisoners

Lien:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2015/01/19/voting-advice-from-the-dictator/

 

Khaosod rapporte que le "dirigeant militaire non élu de Thaïlande a demandé aux gens de penser à ce qui est le mieux pour la nation quand ils votent, au lieu de voter en fonction de leur «familiarité» avec les candidats lors d'une élection."

Voir un général, qui n'a jamais été élu, donner des conseils aux gens sur la façon de voter semble assez bizarre. Pourtant le général Prayuth Chan-ocha n'a pas de honte, pas de conscience et beaucoup d'arrogance. En effet, il a déjà fait cela auparavant.

Ses conseils pompeux et non sollicités à des électeurs auxquels il ne peut pas faire confiance est rapportée ainsi:

"Celui qui va diriger le pays prochainement doit en savoir plus que ce que je sais moi-même. Ne vous contentez pas d'élire le même groupe de politiciens que vous avez élus dans le passé".

Il a poursuivi: "Ne choisissez pas les politiciens affiliés au groupe précédent. Ne vous contentez pas d'élire les personnes que vous connaissez. Aujourd'hui, nous devons mettre en place des politiciens présentant leur vision sur la façon dont ils vont diriger le pays."

En fait, il veut dire de ne pas voter pour les politiciens liés à la famille Shinawatra. Il a sans doute remarqué que ces derniers ont remporté toutes les élections depuis 2000.

Nous soupçonnons que Prayuth espère que, au moment où il permettra des élections, il y aura un parti militaire en place et que les gens seront obligés persuadés de voter pour ses partisans.

Prayuth Chan-ocha

Prayuth Chan-ocha

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
18 janvier 2015 7 18 /01 /janvier /2015 11:23

Lien:

https://www.facebook.com/notes/international-solidarity-for-thailand/the-final-war-new-year-greeting-card-from-somyot-to-all-friends-and-comrades-who/888884541143507

 

13 Janvier 2015

Les vœux de Somyot pour la nouvelle année à tous les amis et camarades qui l'ont soutenu, lui et la Thaïlande

La guerre finale

Glorieuse, à l'extérieur, mais démontée à l'intérieur

Dieu ou les anges ne peuvent pas la retenir.

Une crise se prépare. Embrassez la lutte, mes amis.

La guerre finale. La destination finale.

Mes souhaits de Nouvel An à vous tous, les Thaïlandais et tous les autres,

Perdez la tristesse et atteignez le bonheur, chers tous.

Somyos Prueksakasemsuk (zone 1)

Prisonnier d'opinion en vertu de l'article 112

La carte de vœux pour la nouvelle année de Somyos Prueksakasemsuk

La carte de vœux pour la nouvelle année de Somyos Prueksakasemsuk

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 14:49

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/01/17/the-morals-of-thugs-and-gangsters/

 

Un scandale sexuel fait le tour des vidéo-clips des media thaïlandais. Une vidéo de fonctionnaires et d'hommes d'affaires d'âge moyen pelotant des jeunes femmes nues dans un "Centre de remise en forme" a largement circulé. La junte est intervenue pour condamner ce comportement et a promis une enquête.

Ce n'est que de l'hypocrisie flagrante. Les mâles thaïlandais de l'élite paient régulièrement des jeunes femmes pour le sexe et l'armée est bien connue pour ses fêtes où les femmes sont payées à parader nue devant des jeunes hommes en uniforme. Le prince héritier est également bien connu pour faire poser ses femmes nues pour les photographies. Les élites thaïlandaises n'ont aucun respect pour les femmes ni pour la majorité de la population.

Auparavant Prayut, l'organisateur du coup d'Etat, et ses acolytes ont annoncé qu'ils allaient mettre en place un "Forum national de morale" dans le cadre de leur processus anti-réforme. Si cela n'impliquait pas d'importantes dépenses ou encore la nature vicieuse de la junte, ce serait une plaisanterie.

Tout comme les soi-disant "réformes" sur lesquelles ils mentent, leurs "mœurs" sont exactement le contraire de tous les principes moraux. C'est leur premier crime: le mensonge. La junte et ses partisans ont menti sur la raison pour laquelle ils ont pris le pouvoir, ils ont menti au sujet de leurs intentions pour la démocratie, ils ont menti au sujet de la loi et de la constitution, ils ont menti en prétendant que la majorité de la population "soutien" leur gouvernement et ils ont menti en affirmant être en mesure d'extrader les nombreux exilés thaïlandais qui sont accusés de lèse-majesté. Ils ont aussi menti à plusieurs reprises à propos de l'assassinat de manifestants pro-démocratie non armés en 2010 ... ce qui nous amène à leur prochain crime immoral.

Le généralissime Prayut et ses tueurs à gages ont délibérément abattus les Chemises rouges désarmés en 2010, en utilisant des tireurs d'élite spéciaux. Près de 90 civils ont été massacrés de sang-froid, certains d'entre eux après s'être abrité dans un temple. Il s'agissait purement et simplement d'un assassinat. Mais, selon le soi-disant "Forum national de morale", les assassinats de sang-froid, comme cela sont le sommet de la force morale.

L'utilisation de la force meurtrière, comprenant des coups d'Etat militaires, afin d'imposer votre pouvoir, en opposition à la volonté démocratique de la majorité, est un comportement de gangsters. Mais, naturellement, les coups d'Etat ne figurent pas dans la liste des actes immoraux du "Forum national de morale".

La junte a donné des emplois à ses boys et Prayut, ainsi que ses collègues généraux, ont remplis leurs propres poches grâce à de multiples salaires; de la corruption pure et simple. Pourtant, le "Forum national de morale" perçoit la corruption comme un problème "relatif". Cela dépend de qui est impliqué. Si ce sont les adversaires de la junte alors il s'agit-la très certainement de corruption. Mais si c'est la junte et ses laquais, alors il s'agit seulement d'une "récompense légitime pour un dur travail". Prayut s'est plaint à plusieurs reprises d'être fatigué de toutes ses responsabilités. Le peuple devrait le soulager de cela et lui permettre de se reposer pendant des années dans une cellule de prison.

Les tortures physiques et mentales sont reconnues comme étant des actes immoraux par les honnêtes gens. Pourtant, le "Forum national de morale" va travailler sur l'idée selon laquelle les critiques de l'ordre de décision ou de la monarchie sont des crimes odieux, alors que la destruction de la liberté d'expression et l'incarcération, dans des conditions épouvantables, de personnes innocentes en vertu de l'abominable loi de lèse-majesté n'est que "la défense de la morale de la nation". Le fait de menacer de tuer ou de violer des personnes, dans le cadre des activités de la junte sur le "changement d'attitude", est de la torture. Mais le "Forum national de morale" va considérer cela comme "apportant la paix et le bonheur à la société".

Le "Forum national de morale" fera sans aucun doute l'éloge de "l'égoïsme" et "l'arrogance", des qualités spéciales indiquées par le Grand Leader de la Thaïlande Prayut.

En vérité, le "Forum national de morale" est sur "l'obéissance". Il devrait être appelé "Forum national d'obéissance" parce que ce que ces mégalomanes pensent que la majorité du peuple thaïlandais doit baisser la tête, ramper sur le sol, et conserver de faux sourires heureux sur leurs visages tout en étant obéissant en faisant ce que la junte leur dit de faire. Ce n'est rien d'autre qu'une mesure de la dégénérescence morale de la société thaïlandaise sous les bottes de l'armée.

La morale des voyous et des Gangsters
Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
12 janvier 2015 1 12 /01 /janvier /2015 15:02

Un article de Numnual Yapparat

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2015/01/10/2015-looks-bleak-for-thai-society/

 

Alors que commence l'année 2015, les perspectives pour la liberté et la démocratie en Thaïlande sont très sombres. La junte s'est mise en place en utilisant la répression et la violence contre les dissidents épris de liberté. La chasse aux sorcières continue, avec des arrestations et des procès de style stalinien dans les tribunaux kangourous militaires. Ceux qui sont accusés "d'hérésie" sous la loi de lèse-majesté sont emprisonnés pendant des années dans des conditions médiévales terribles. Les innocents sont pressurisés à "avouer" leurs prétendus crimes.

Divers agents de la junte dans l'industrie des communications sont occupés à essayer d'identifier et d'attraper ceux qui expriment des opinions libres sur internet. Bientôt les gens seront obligés d'enregistrer leurs noms avant de pouvoir utiliser une connexion Wi-Fi. La Thaïlande est une société en proie à la peur où les gens sont obligés de prêter serment d'allégeance au leader, cela nous rappelle la Corée du Nord ou l'Allemagne nazie.

On peut ajouter à toute cette misère l'état de détérioration de l'économie. Même les partisans de la junte admettent que les pauvres "devrons" se serrer la ceinture. Mais bien sûr, les généraux, les hommes d'affaires et la monarchie continueront à jouir de leurs gains mal acquis.

Le vice-premier ministre et le conseiller économique de la junte, l'aristocrate Pritiyatorn Tewakun, s'est récemment vanté que la dictature gérait l'économie "mieux qu'un gouvernement élu". Pourtant, la réalité est que le pays sombre dans la misère économique, en partie à cause de l'instabilité politique et la répression, et en partie parce que la junte n'a pas la moindre idée, ou n'est pas intéressé, de la façon d'augmenter le niveau de vie lorsque l'économie mondiale est en difficulté.

Le mensonge, l'hypocrisie et la tromperie continuent. De brutales machines à tuer, récemment utilisées contre les Chemises rouges pro-démocratie non armés, ont été mise entre les mains de gamins à Bangkok afin que ces derniers puissent "profiter" de la journée des enfants.

Ce qui est le plus frustrant, c'est que, bien que des activités anti-dictature continuent d'avoir lieu, elles ne sont pas coordonnées et donc n'ont pas le pouvoir de refléter la colère grandissante des gens ordinaires contre la junte.

C'est notre longue nuit, notre sombre hiver. Mais comme le poète Shelly l'a écrit une fois pour le cas de la réaction répressive en Europe: "Oh Vent, Quand vient l'hiver, le printemps peut-il être loin derrière?"

Cela doit rester notre espoir aujourd'hui.

Numnual Yapparat

Numnual Yapparat

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
11 janvier 2015 7 11 /01 /janvier /2015 16:27

Une analyse de Libérez-Somyot

Les différences politiques fondamentales qui séparent l’ASEAN de l’Union Européenne

Le 1er janvier dernier aurait dû voir l'ouverture du marché commun de l'ASEAN (Association of Southeast Asian Nations, en français; Association des nations de l'Asie du Sud-Est).

Mais cela n'a pas eu lieu. Cette ouverture a été reportée au 31 décembre 2015, soi-disant pour de petits problèmes techniques...

Le rêve de l'ASEAN est de devenir l'équivalent de l'Union Européenne pour le Sud-Est Asiatique. Mais beaucoup de choses, comme nous allons le voir, séparent ces deux entités.

Les origines de la création et les principes fondateurs

- L'Union Européenne

Les fondements de l'Union Européenne remontent au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, alors que l'Europe cherchait un moyen de consolider la paix et la liberté.

Le 25 mars 1957, la Communauté économique européenne (CEE) est créée. Elle comprend 6 pays, la France, l'Allemagne de l'Ouest (RFA), l'Italie, la Belgique, les Pays Bas et le Luxembourg.

Son premier élargissement a eu lieu le 3 mai 1973 avec l'adhésion du Danemark, du Royaume-Uni et de l’Irlande, tous des pays démocratiques.

Un Parlement Européen, élu au suffrage direct, est mis en place.

Les premières élections, eurent lieu en juin 1979 afin d'élire 410 députés européens représentant les neuf pays membres.

Selon les principes de base de la Communauté européenne, aucun pays non-démocratique ne devait en faire partie et il devait y avoir une période de renforcement de la démocratie dans les anciennes dictatures avant qu'elles ne puissent être acceptées, C'est pourquoi la Grèce, ancienne dictature des Colonels, et démocratie depuis 1974, a dû attendre 6 ans après sa première demande d'adhésion (1975) avant d'y être admise le 1er janvier 1981, l'Espagne, qui avait subi la dictature fasciste de Franco jusqu'à la mort de ce dernier en 1975 et le Portugal, qui n'était redevenu une démocratie qu'à la suite de la Révolution des Œillets du 25 avril 1974, n'ont pu devenir membres de la CEE qu'en 1986 après une période de transition démocratique, malgré une demande d'adhésion datant de 1977.

La CEE s'est transformée en Union Européenne en 1993, une transformation qui donnait plus de pouvoir à l'Europe au dépend des Etats. Cette transformation a nécessité des votes parlementaires ou des referendums populaires (en France, le referendum sur le traité de Maastricht en 1992).

Quand les anciennes dictatures communistes staliniennes du bloc de l'Est ont voulu y adhérer après la chute de l'Union Soviétique en 1991, Il a fallu qu'elles attendent 2004 avant que l'UE, estimant que leur transition démocratique était terminée, ne les accepte.

L'Union Européenne est loin d'être parfaite mais son principe de gouvernance démocratique ne saurait être remis en cause.

- L'ASEAN

L'ASEAN a été fondée en 1967 à Bangkok en Thaïlande par cinq Etats d'Asie du Sud-Est patronnés par les Etats-Unis, les Philippines, l'Indonésie, la Malaisie, Singapour et la Thaïlande. Le contexte était la Guerre Froide et le but, une alliance militaire anti-communiste sous le parapluie des Etats-Unis, considéré à l'époque comme le "Big Brother" de l'ASEAN. A ce moment-là, aucun des pays fondateurs n'était démocratique.

Le Brunei a rejoint l'organisation en 1984. Il venait d'obtenir son indépendance du Royaume-Uni et n'a pas eu besoin de "transition démocratique" avant de pouvoir adhérer à l'ASEAN. On ne lui demandait que d'être anti-communiste.

A la suite de l'effondrement de l'Union Soviétique et de la fin de la Guerre Froide, les Etats de l'ASEAN commencent à réfléchir sur la possibilité de transformer cette alliance anticommuniste en grand marché. Certains de ces Etats commencent à opérer une transformation démocratique; le dictateur Marcos est chassé du pouvoir aux Philippines en 1986 par des manifestations, en Thaïlande, une révolte populaire renverse le général Suchinda en 1992 et le dictateur indonésien Suharto tombe en 1999.

Cette transformation démocratique est beaucoup plus timide à Singapour et en Malaisie ou les chefs d'Etat se contentent de donner un peu plus d'espace à l'opposition tout en conservant le principal du pouvoir (une situation un peu similaire à celle que connait la Birmanie aujourd'hui).

Brunei, quant à lui, demeure une monarchie féodale islamique.

L'ASEAN décide de s'élargir en accueillant les 3 anciens pays qui faisaient partie de la sphère d'influence soviétique, Vietnam Laos et Cambodge, ainsi que la Birmanie, une dictature soutenue par la Chine.

Le Vietnam y adhère en 1995, suivi du Laos et de la Birmanie en 1997 et du Cambodge en 1999.

Or, contrairement à l'Union Européenne quand elle a accueilli les anciennes dictatures fascistes de Grèce, d'Espagne ou du Portugal et les anciens pays communistes staliniens du bloc de l'Est, l'ASEAN n'a jamais envisagé d'imposer des périodes de transitions démocratiques avant d'accueillir ces pays en son sein. Il est vrai qu'à l'intérieur de l'organisation, une majorité de pays ne pouvaient rivaliser avec l'Europe en matière de gouvernance démocratique.

A aucun moment, les peuples des pays membres n'ont été consultés par voie parlementaire ou de referendum sur le devenir de l'ASEAN alors qu'ils l'ont toujours été en Europe.

Face aux coups d'Etat militaires fascistes de 2006 et 2014 en Thaïlande, au maintien de systèmes politiques de type stalinien au Vietnam et au Laos, aux semi-démocraties musclées du Cambodge, de la Malaisie et de Singapour, au régime militaire soi-disant adouci de Birmanie, au sultanat autocrate de Brunei, les régimes démocratiques de l'Indonésie et des Philippines font figure de marginaux et cela démontre que pour l'ASEAN, la gouvernance démocratique ne compte pas.

L'ASEAN n'est pas l'Union Européenne mais l'OTAN de l'Asie du Sud-Est

En fait, si l'on compare les principes fondateurs de ces deux entités, on peut conclure que l'ASEAN n'est pas l'Union Européenne mais plutôt l'OTAN de l'Asie du Sud-Est.

L'OTAN (Organisation du traité de l'Atlantique Nord) est une alliance militaire qui ne s'encombre pas de principes démocratiques. Elle a été fondée en 1949 afin de lutter contre l'expansion communiste. C'est exactement le même principe fondateur que celui de l'ASEAN. Le Portugal, alors dictature cléricale dirigée par Salazar, est un des membres fondateurs de l'OTAN. En 1952, l'OTAN a accueillie en son sein une dictature, la Turquie, ainsi que la Grèce, alors démocratique mais qui allait sous peu être victime du coup d'Etat des colonels, un putsch qui ne remettra pas en cause son appartenance à cette organisation militaire dominée par les Etats-Unis.

La Turquie n'a pas encore été admise dans l'Union Européenne car cette dernière lui demande de reconnaitre le génocide arménien et de trouver un accord permettant aux Kurdes de pouvoir s'exprimer démocratiquement. Le Portugal et la Grèce n'ont été acceptés dans l'Union qu'après être redevenus des démocraties à part entière.

Mais certains pourraient s'interroger et poser la question; "Si l'ASEAN est une organisation similaire à l'OTAN, comment se fait-il que le Cambodge et la Thaïlande ont été si prêt de se faire la guerre?"

Appartenir à une même organisation militaire ne signifie pas s'aimer les uns les autres et la Grèce et la Turquie, toutes les deux membres de l'OTAN, ont été plusieurs fois à deux doigts de se faire la guerre pour la question de Chypre.

Mais la Grèce fait partie de l'Union Européenne, ce qui n'est pas le cas de la Turquie bien que ces deux pays fassent partie de l'OTAN.

Dans l’OTAN, comme dans l’ASEAN, deux pays membres peuvent se faire la guerre, quelque chose d’impensable dans l’Union Européenne.

Voici ce qui fait la différence entre l'ASEAN/OTAN et l'Union Européenne! 

En Europe, nous avons 28 démocraties, imparfaites certes mais démocratie quand même car tout le monde y a le droit de vote, y compris sur des questions concernant l'Union Européenne elle-même.

Qu'avons-nous dans l'ASEAN?

Deux démocraties parlementaires (Indonésie, Philippines)

Trois démocraties "musclées" ou "semi-démocratiques" (Malaisie, Singapour, Cambodge)

Une dictature militaire d'extrême droite connue pour être depuis longtemps le Cheval de Troie des Etats-Unis en Asie du Sud-Est (Thaïlande)

Deux pays “communistes" anciennement soutenus par l’ex-URSS (Laos, Vietnam)

Une dictature militaire soutenue par la Chine (Birmanie)

Un sultanat islamique appliquant la Charia (Brunei)

A tout cela nous pouvons rajouter certaines différences culturelles

Les pays fondateurs de l'Union Européenne, et ceux qui y ont adhéré après, ont une culture commune, la culture judéo-chrétienne. Il ne s'agit pas de la meilleure ni de la pire (l'auteur de ces lignes pense que toutes les cultures du monde sont égales) mais leurs bases étaient déjà établies selon une trame similaire.

Dans l'ASEAN nous avons:

Un pays à majorité catholique (Philippines)

Trois à majorité musulmane (Indonésie, Malaisie, Brunei)

Quatre à majorité bouddhiste hinayana (Birmanie, Thaïlande, Cambodge, Laos)

Un à majorité bouddhiste mahayana (Vietnam)

Il y a de multiples langues et dialectes, comme en Europe mais un des points qui ont fait reculer l'ouverture de l'ASEAN est le manque de “langue” commune alors que l'UE utilise l'anglais et a surtout une multitude de traducteurs et cela, dans toutes les langues des pays concernés.

Si l'on rajoute quelques rancœurs territoriales (Thaïlande-Laos, Thaïlande-Cambodge, Cambodge-Vietnam, Indonésie-Malaisie, Malaisie-Thaïlande) toujours d'actualité; quelques mauvais œil de la part de marchés communs déjà présents devant cette nouvelle concurrence; le nationalisme égoïste de certains pays, nous sommes en droit de nous poser des questions sur la viabilité de l'ASEAN, sa durabilité, son efficacité et surtout sur son ouverture.

Une transformation de l'ASEAN en entité similaire à celle de l'Union Européenne est possible mais pour que cela se fasse, il est nécessaire que tous les pays de l'ASEAN renoncent à leurs vieux féodalismes et mettent en place des gouvernances démocratiques dans lesquelles les peuples de ces pays puissent s'exprimer sur leur avenir.

Les pays de l’ASEAN

Les pays de l’ASEAN

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 18:00

Chiranuch Premchaiporn, la directrice du journal progressiste Prachatai, elle-même ancienne inculpée de lèse-majesté a organisée un rassemblement pour Charlie Hebdo le 8 janvier 2015 à Bangkok.

Plusieurs dizaines de personnes, dont Sukanya Pruksakasemsuk, la femme du prisonnier politique Somyot Pruksakasemsuk, se sont rassemblées dans le centre de Bangkok jeudi soir pour honorer les personnes tuées dans l'attaque meurtrière contre le magazine satirique français à Paris la veille.

Le groupe a allumé des bougies et déposé des fleurs autour de papiers imprimés avec les mots "Je Suis Charlie" en solidarité avec le magazine satirique.

Deux hommes armés et masqués avaient fait irruption dans le bureau de la revue à Paris le 7 janvier 2015 et ouvert le feu sur les journalistes et dessinateurs qui s'y étaient rassemblés pour une réunion de rédaction, tuant douze personnes, dont deux officiers de police.

"Je ne pouvais pas dormir la nuit dernière après avoir entendu les nouvelles, et quand je me suis réveillé le lendemain, j'ai senti que j'avais besoin de faire quelque chose", a déclaré Chiranuch Premchaiporn, directrice de Prachatai qui a aidé à organiser la veillée devant le Bangkok Art et Centre culturel.

"Nous devions faire quelque chose de simple à cause de la loi martiale", a expliqué Chiranuch. "Donc nous avons dit clairement que ce n'était pas un rassemblement politique, juste un rassemblement spirituel afin d'honorer ceux dont les vies ont été perdues."

La junte militaire de la Thaïlande a interdit toutes les activités politiques peu après sa prise du pouvoir par un coup d'Etat sur le 22 mai 2014.

Prach Panchakunathorn, un ancien journaliste qui a assisté à la veillée, a déclaré que l'attaque en France lui faisait penser à une autre restriction contre la liberté d'expression en Thaïlande: la loi de lèse-majesté draconienne qui punit toute critique envers la monarchie de peines allant jusqu'à 15 ans de prison.

"Ce qui est arrivé en France est ce qui se passe en Thaïlande à un degré moindre," explique Prach. "Les gens qui se moquent ou de critiquent les membres de la famille royale sont souvent victimes d'intimidation. Dans certains cas, des gens sont même venus à l'endroit où ils vivent et ont tiré des balles sur leur domicile ".

Ceux qui sont accusés de lèse-majesté sont souvent confrontés à la stigmatisation sociale grave en Thaïlande, où le roi Bhumibol est largement révéré. Même ceux qui ont été acquittés de l'accusation éprouvent souvent des difficultés à trouver un emploi.

Sources:

http://www.khaosodenglish.com/detail.php?newsid=1420724915

https://www.facebook.com/events/1535407426711702/?pnref=story

Sukanya Pruksakasemsuk et Chiranuch Premchaiporn au rassemblement pour Charlie Hebdo à Bangkok

Sukanya Pruksakasemsuk et Chiranuch Premchaiporn au rassemblement pour Charlie Hebdo à Bangkok

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
9 janvier 2015 5 09 /01 /janvier /2015 17:54

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2015/01/08/freedom-of-speech-is-a-class-issue/

 

Beaucoup de gens ont été choqué par l'attaque des bureaux du magazine "Charlie Hebdo" à Paris. La plupart seront à juste titre d'avis que cet attentat est inacceptable. Mais nous devons être clair sur le fait que ce n'est pas une question de "liberté de parole". Dans le contexte de la Thaïlande, les opposant à la lèse-majesté et la liberté de critiquer la monarchie et la dictature, ne pourront jamais être assimilée à la défense des attaques provocatrices et racistes de Charlie Hebdo contre l'Islam, en France.

Il n'existe pas de "liberté d'expression" illimitée et abstraite. La plupart des gens sont d'accord qu'il n'y ait pas quelque chose comme un "droit" pour les gens de préconiser le viol, l'extermination en masse du peuple juif, ou la maltraitance des enfants. Donc, la liberté d'expression est relative. Je crois qu'il n'y a aucun droit fondamental à être raciste.

Non seulement la "liberté d'expression" est relative, mais elle s'obtient par la lutte. Les gens puissants qui nous gouvernent ne nous accordent pas la liberté d'expression. On doit se battre pour la liberté d'expression contre les dirigeants oppressifs. C'est pourquoi il est juste de se battre pour la liberté de critiquer la monarchie thaïlandaise et la dictature. C'est progressif et dans l'intérêt des citoyens thaïlandais qui luttent pour la libération.

La soi-disant "liberté" d'être provocant et raciste contre l'Islam est le contraire de cela. C'est quelque chose qui aide à justifier les guerres impérialistes au Moyen-Orient et l'islamophobie contre les minorités migrantes opprimées en Europe. C'est réactionnaire et permet à la classe dirigeante d'utiliser le racisme afin de nous diviser. C'est contre les intérêts de la majorité des citoyens.

Par conséquent, la "Liberté d'expression" est fondamentalement une question de classe.

Ainsi est la justification de la violence. Alors que nos dirigeants et ceux qui sont influencés par les grands médias condamnent la fusillade de Charlie Hebdo, ils restent silencieux ou soutiennent les frappes des drones faites par les gouvernements occidentaux contre les civils en Afghanistan, en Irak ou au Pakistan. Mais la violence des opprimés dans leur tentative désespérée de se libérer est toujours plus légitime que la violence des oppresseurs.

Il est compréhensible que les musulmans veulent se battre contre l'impérialisme et l'oppression, et nous devrions nous tenir au côté des opprimés. Mais aussi, nous devons fermement faire valoir que de telles attaques, comme celle contre Charlie Hebdo, ne font que renforcer l'ultra-droite et les racistes. Elles rendent la lutte contre le racisme, l'islamophobie et l'impérialisme d'autant plus difficile.

De la même manière, toute tentative de poser des bombes dans un combat contre la junte thaïlandaise, ou même la monarchie, bien que compréhensible, serait contre-productif et renforcerait l'oppression. Les Thaïlandais doivent se libérer par des luttes de masse, des mouvements sociaux et des partis politiques.

La liberté d'expression est une question de classe
Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 10:14

Un reportage de Susan Loone pour le journal malaisien "Malaysiakini"

Lien:

http://www.malaysiakini.com/news/285402

 

Les Malaisiens ont toujours considéré l'«Amazing Thailand» comme un paradis du tourisme et du shopping, oubliant qu'il y a des Thaïlandais qui ont été ou se sont exilés eux-mêmes dans plusieurs pays en raison de leurs convictions politiques.

Le 1er décembre, plusieurs ONG ont protesté contre la visite du Premier ministre thaïlandais Prayuth Chan-ocha en Malaisie, en solidarité avec les exilés thaïlandais qui ont exhorté les autres pays visité par Prayuth à suivre l'exemple des Malaisiens en envoyant un message fort comme quoi ils s'opposaient à la dictature militaire thaïlandaise.

Malaysiakini a interrogé plusieurs exilés thaïlandais, qui ont exprimé leur désir de voir une Thaïlande libérée dans leur vie.

L'un d'entre eux, Jakrapob Penkair, était professeur d'université et journaliste à la télévision avant de consacrer son temps à la politique en 2003.

Pendant le règne de Thaksin Shinawatra, Jakrapob était membre du Parlement representant Bangkok, en plus d'être un ministre du Cabinet du Premier ministre thaïlandais et un porte-parole du gouvernement.

Il a aidé à former le Front uni de la démocratie contre la dictature (UDD) et a ensuite été emprisonné pendant 12 jours pour ses activités anti-coup d'Etat militaire.

En tant que membre du cabinet, il était sur le point de renoncer à certains des pouvoirs de l'Etat quand il a été accusé de lèse-majesté, la loi qui punit les citoyens pour avoir insulté la monarchie.

Jakrapob a quitté son pays bien-aimé, le 14 avril 2009 et n'y est jamais retourné depuis. Et il n'a pas renoncé à ses convictions politiques.

"Nous espérons pouvoir briser le lavage de cerveau de la Thaïlande et poursuivre le processus de démocratisation."

"Nous Thaïlandais avons été poussés à croire que le roi de Thaïlande peut régler tous les torts et que nous ne devions pas avoir confiance en nous-mêmes, mais juste croire en lui.

"Aucun pays ne peut compter que sur une personne, même si un bon leader peut encourager plusieurs autres personnes à bouger et à se secouer", a déclaré Jakrapob lors de son interview pour Malaysiakini.

Il est fier et reconnaissant que plusieurs militants malaisiens aient protesté contre la visite de Prayuth en Malaisie le 1er décembre dernier.

"Vous avez clairement montré au dictateur votre dégoût et le mépris que vous avez pour lui et ses semblables. Nous tenons à vous exprimer notre gratitude.

"Nous comprenons que votre lutte interne n'en est pas moins difficile et fastidieuse. Nous espérons être en mesure de joindre nos forces aux vôtres aussi", a-t-il dit.

Junya Lek Yimprasert est une militante thaïlandaise des droits des travailleurs qui se bat et écrit sur l'exploitation en bas des chaînes d'approvisionnement.

Après le massacre de civils par les forces militaires à Bangkok en mai 2010, Junya a écrit un essai, "Pourquoi je n'aime pas le roi", et a été accusée de lèse-majesté.

Elle vit en Finlande depuis juillet 2010 comme "réfugiée politique".

"La dernière goutte d'eau qui m'a fait partir c'est après avoir vu de nombreux syndicats et des ONG intégrer le mouvement des royalistes qui, depuis 2005, a renversé de nombreux gouvernements élus.

"Là où cela a été le comble, c'est quand 40000 militaires ont réprimés violemment les manifestants, en tuant une centaine et en blessant près de 2000", a-t-elle dit lors de son interview pour Malaysiakini.

Même ceux qui sont en exil font face à des menaces

Etre en exil ne garantit pas la liberté ni contre la violence ou la peur.

Junya a déclaré que les Thaïlandais qui vivent en exil à cause du régime militaire font face aussi à beaucoup de menaces, aussi bien de la part des ultra-royalistes que de l'armée, et risquent l'emprisonnement, sans aucune chance de se défendre.

"Pour moi, être recherché par la junte militaire thaïlandaise en tant que "criminelle et menace contre la sécurité nationale" à cause de mes écrits est quelque chose qui m'a frappé durement car cela m'a fait prendre conscience que le chemin de la lutte pour la démocratie et la liberté en Thaïlande sera long et plein d'obstacles", dit-elle.

Comme beaucoup de ceux qui vivent en exil, Junya n'est pas heureuse de voir que Prayuth a été chaleureusement accueilli en Malaisie par le Premier ministre Najib Abdul Razak.

Elle a donc lancé un appel aux Malaisiens de s'opposer à la junte thaïlandaise et ne permettent pas à Prayuth d'empoisonner les aspirations à la liberté et la démocratie dans son pays.

"Il est important pour la Malaisie, la Thaïlande et l'ASEAN dans son ensemble que les gens de l'ASEAN restent solidaires dans leur volonté de respecter le principe de la liberté et de la démocratie. Les Thaïlandais ont énormément besoin de la solidarité de vous tous pour nous aider à lutter contre le régime militaire dictatorial", explique-t-elle.

Suda Rangkupan était professeur adjoint au Département de linguistique à la Faculté des arts de l'Université Chulalongkorn, de 2000 à 2014 avant de fuir la Thaïlande.

Suda faisait partie du mouvement bien connu, "29 Jan 10,000 Liberate", où 10 000 personnes ont demandé l'amnistie pour les prisonniers politiques.

Elle a quitté la Thaïlande après le coup d'Etat du 22 mai de l'année dernière, après s'être rendu compte que l'opposition du Mouvement des Chemises rouges au coup d'Etat militaire ne pouvait être poussée plus loin en ce moment.

Elle n'accepte pas le coup d'Etat et considère que les ordres de Prayuth sont "illégaux et constituent un acte de rébellion".

"Cependant, je me rends compte combien brutale est l'armée royale thaïlandaise, qui a pris le contrôle de la Thaïlande, vis-à-vis des Chemises rouges alors j'ai décidé de quitter la Thaïlande, en espérant que le moins que je puisse faire en tant que personne libre est de dire au monde que les Thaïlandais n'ont pas tous capitulé devant ce dernier coup royal", explique-t-elle.

"Prayuth est juste le chef de la junte"

Suda ne comprend pas comment on peut accepter Prayuth comme le dirigeant de la Thaïlande. "Je refuse de l'appeler Premier ministre, car il est juste le chef de la junte," dit-elle.

Pavin Chachavalpongpun, professeur associé au Centre d'études sur l'Asie du Sud-Est à l'Université de Kyoto au Japon a été convoqué à deux reprises par la junte thaïlandaise pour ses critiques envers l'armée.

"J'ai rejeté la convocation et, en conséquence, la junte a délivré un mandat d'arrêt contre moi. Peu de temps après, mon passeport a été révoqué et cela m'a forcé à demander le statut de réfugié au gouvernement japonais," affirme Pavin.

Il se sent maintenant en sécurité au Japon car le gouvernement de ce pays s'occupe bien de lui, explique-t-il. Il a un travail permanent, avec un revenu régulier ce qui lui donne un sentiment de sécurité.

"Heureusement, je vais bénéficier du statut de réfugié à l'avenir et cela me permettra de voyager légalement, ce qui est une partie importante de mon travail comme universitaire, car j'ai besoin de voyager pour mon travail."

Le message de Pavin à Prayuth reste néanmoins clair: "Rendez le pouvoir à la population thaïlandaise immédiatement. Cessez de violer les droits des gens."

"L'armée doit se retirer de la politique; l'armée doit également cesser de politiser la monarchie pour ses propres intérêts politiques".

Le coordonnateur de l'Organisation des Thaïlandais Libres pour les droits de l'homme et la démocratie, Jaran Ditapichai, affirme que les Thaïlandais qui aiment la liberté et la démocratie ont besoin de soutien moral et politique, notamment de la communauté internationale, afin d'arrêter les violations des droits humains que la junte au pouvoir exerce quotidiennement.

Jaran possède actuellement l'asile politique sous la protection juridique et administrative de la France.

"J'ai plusieurs bons amis, des Européens et des Thaïlandais, qui gardent un œil sur moi.

"Mais le gros problème est de savoir comment gagner sa vie dans ce pays, où le coût de la vie est élevé", a déclaré Jaran, qui était le conseiller d'un ancien vice-premier ministre et l'ancien commissaire national des droits humains de Thaïlande.

Ce dirigeant du Front uni de la démocratie contre la dictature, qui est également connu sous le nom de Mouvement des Chemises rouges, est reconnaissant vis-à-vis des politiciens malaisiens, des membres d'organisations des droits humains, des ONG démocratiques et des médias qui ont organisé la protestation contre Prayuth lors de sa visite en Malaisie.

"J'espère que les amis des droits de l'homme et de la démocratie dans les autres pays de l'ASEAN, s'exprimeront ouvertement sur ce qu'ils pensent de la direction de l'armée thaïlandaise, comme les Malaisiens l'ont fait", a ajouté Jaran.

Suda Rangkupan

Suda Rangkupan

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article