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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 09:27

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https://www.facebook.com/groups/ACT4DEM/permalink/845681905494126/

 

1er janvier 2015

Cher Mark Zuckerberg,

Nous tenons à vous remercier pour la création de Facebook: un espace qui a grandement permis au peuple thaïlandais de partager des souvenirs, des sentiments et des pensées avec leurs parents et amis bien-aimés dans leur propre patrie ainsi qu'avec les gens partout dans le monde.

Facebook a connu une croissance rapide en Thaïlande au cours des dernières années. Cette rapide croissance est le résultat du climat politique en Thaïlande, où les royalistes et la junte militaire imposent une lourde censure sur toutes les formes de médias et de communication et encouragent activement l'application des lois archaïques et draconiennes de lèse-majesté de ce pays.

Des rapports précis et honnête des événements en Thaïlande ne sont pas possible dans ce pays. Cela rend presque impossible pour les habitants de la Thaïlande de se faire une analyse précise de leur propre situation et des circonstances en Thaïlande.

Pour le plus grand nombre de la population thaïlandaise qui chérissent les principes de la démocratie, le maintien en ligne de l'ouverture du cyberespace est maintenant une question d'une importance cruciale, et Facebook est actuellement le lieu de rencontre le plus important avec une moyenne de 30 millions d'utilisateurs en Thaïlande, environ la moitié de la population - pour suivre les développements politiques, glaner des informations à partir du plus large éventail d'opinions possible et mettre plus ou moins à jour leurs points de vue et opinions qui peuvent ensuite être communiquées et débattues ouvertement.

Les coups d'État que les militaires ont organisés en 2006 et 2014 n'ont pas conduit à la stabilité sociale ou économique ni à la paix et des millions de Thaïlandais commencent à être extrêmement fatigué de lutter pour rester rationnel dans la défense de la démocratie et garder la main sur les potentiels qui peuvent empêcher le rétablissement d'un ordre social hiérarchique et autoritaire.

D'un côté de ce conflit politique se trouve la grande majorité de la population qui exige que le résultat des élections soit respecté. De l'autre la minorité, le pouvoir de l'élite royaliste main dans la main avec la nouvelle élite urbaine, s'accrochent à leurs croyances dans un droit divin de régner.

Nous tenons à mentionner brièvement que des décennies de troubles politiques en Thaïlande se sont considérablement approfondis après la répression militaire de 2010, l'exercice simultané de la Loi sur le décret d'urgence (2005), la Loi sur les crimes informatiques (2007), une large application de la loi martiale, en particulier après le coup d'Etat militaire de 2014, et l'augmentation de l'application de la loi de lèse-majesté. Les six ou sept gouvernements que nous avons eus depuis le coup militaire de 2006 ont tous mis l'accent sur le blocage de la liberté des médias publics et la liberté des personnes individuelles à s'exprimer, en particulier sur les questions relatives à la puissance des institutions sous le patronage de la monarchie.

Tout cela contribue à faire de la plate-forme Facebook le plus important espace de discussion politique, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Thaïlande et un canal par l'intermédiaire duquel les Thaïlandais peuvent exprimer leurs frustrations légitimes. Dans l'arène politique thaïlandaise, la mobilisation "chemise rouge" a eu un impact très significatif sur l'affranchissement de la conscience politique de millions de citoyens thaïlandais, notamment dans le cas de la majorité rurale. En réponse à cela, le camp royaliste et celui des nouvelles élites urbaines se sont mobilisés pour rétablir leurs avantages dans tous les domaines de l'administration, notamment en matière de contrôle de la justice.

L'outil non-militaire le plus efficace de l'arsenal politique royaliste est l'article 112 du Code pénal thaïlandais: l'instrument pour faire taire "les gens qui pensent différemment". Cette loi de lèse-majesté déclare que: "Quiconque diffame, insulte ou menace le roi, la reine, le prince héritier ou le régent, sera puni d'un emprisonnement de trois à quinze ans." La loi elle-même permet d'être utilisée par tout le monde pour accuser n'importe qui.

Les chiffres exacts des cas ne sont pas connus. Toutefois, on estime que, depuis 2006, plus de 1000 personnes ont été inculpées en vertu de l'article 112 et des dizaines parmi ces personnes sont détenues en prison indéfiniment. Beaucoup de ceux qui sont inculpés sont, en effet, des militants pour la démocratie. Beaucoup d'entre eux sont aussi des citoyens ordinaires qui veulent simplement utiliser leur franc-parler, des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, des écrivains d'opinion, des universitaires, des journalistes, des étudiants, des agriculteurs et des travailleurs, et aussi des gens du monde des affaires. Plusieurs ont été contraints de fuir cette vieille terre des sourires et ont cherché l'asile politique ailleurs - c'est le cas pour plus de 200 personnes.

Dans nos trois plus récentes élections générales (2006, 2007 et 2011), les élites royalistes ont perdu avec d'énormes marges.

Il semble, aujourd'hui, que les pages Facebook, même thaïlandaises commencent à être dominées par des éléments fascistes qui travaillent en groupe afin d'intimider tout ceux qu'ils peuvent. Il y a maintenant un réseau Facebook appelé "l'Organisation de Collecte des Poubelles" (Rubbish Collection Organization) dont l'objectif est d'organiser une chasse aux sorcières contre toute personne réputée ne pas faire suffisamment preuve de loyauté envers la monarchie. Les messages et commentaires visent à encourager les sympathisants royalistes à agresser, aussi bien physiquement que mentalement, quiconque pense différemment sur la monarchie. Les utilisateurs Facebook réputés coupables de ne pas démontrer suffisamment d'amour envers le roi pourrait se trouver inculpés en vertu de l'article 112.

Depuis le coup d'Etat militaire de mai 2014, les réseaux royalistes, aussi bien officiels, qu'officieux et d'infiltration, ont de plus en plus espionnés les posts et les articles publiés sur Facebook afin d'y rechercher des preuves pour inculper les gens de lèse-majesté en vertu de l'article 112.

Cette tactique royaliste de former des groupes pour espionner les utilisateurs de Facebook est alarmante. Conformément à l'article 112, des gens rationnels et normaux sont contraints de vivre dans l'ombre de la peur, dans la crainte d'être déclaré coupable de penser différemment, dans la crainte de nombreuses formes de sanction sociale et de menaces mentales, matérielles ainsi que de représailles physiques. Cela signifie que de nombreux utilisateurs de Facebook ne peuvent pas risquer de révéler ou de confirmer leur identité et, de même, ne peuvent pas se lever pour défendre leur position lorsque leur compte Facebook est fermé.

D'autre part, comme s'ils étaient protégés, les comptes Facebook des royalistes apparaissent libres de toutes menaces de fermeture, même quand ils utilisent également des pseudonymes. Peu importe qu'ils soient agressifs, qu'ils se protègent avec des suffixes "Love the King", les cyber-scouts royalistes semblent être en mesure de se concentrer sur l'intimidation d'utilisateurs réguliers de Facebook sans avoir à se soucier d'être fermés.

Nous vous écrivons dans l'espoir que vous et votre équipe Facebook donnerez à ces préoccupations et à cet appel votre attention sérieuse.

Il y a chaque jour des plaintes parmi la population thaïlandaise comme quoi leurs pages Facebook ont été supprimées à la suite de rapports des royalistes à Facebook.

Il semble que ces jours-ci, les voix critiques du régime militaire/royaliste de Thaïlande soient victimes d'intimidation, même à travers Facebook et en sont réduits eux-mêmes à désactiver leur compte Facebook par crainte de représailles, ou se le voient fermer par Facebook lui-même.

Nous pensons que nous devons communiquer avec vous, en personne, afin de vous informer sur les conditions en Thaïlande et les difficultés auxquelles de nombreux utilisateurs thaïlandais de Facebook, qui luttent pour la liberté et la démocratie, font face actuellement.

Nous tenons à confirmer que, dans le cadre de la situation politique qui règne actuellement en Thaïlande, à un moment où la liberté d'expression dans ce pays est de nouveau fortement censurée, Facebook fonctionne comme un canal de communication vital pour des dizaines de millions de thaïlandais.

Lorsque, même dans les universités, la liberté de dialoguer, ne parlons même pas de celles d'analyser et de tirer des conclusions, est interdite, l'importance de Facebook comme espace éducatif où les gens peuvent étudier et partager des informations à propos de ce qui se passe dans leur propre pays, est vraiment importante, surtout pour ceux qui se sont engagés dans la lutte pour une démocratie pleinement représentative.

Nous pensons que l'expérience thaïlandaise actuelle donne à Facebook, encore une fois, l'occasion de reconnaître l'importance et la nécessité de FB qui est devenu essentiel dans notre lutte commune pour un monde libre.

Nous aimerions demander à Facebook, ce qui suit:

- De reconnaître que la fermeture des pages FB de personnes signalées par des royalistes thaïlandais ou des réseaux royalistes ne sert pas les intérêts de notre lutte commune pour défendre les principes de gouvernance démocratique ni les intérêts du monde libre.

À la lumière de cela, nous proposons que Facebook établisse certaines normes d'enquête avant de décider de mettre fin aux pages Facebook de personnes, par exemple, dans le cas de la Thaïlande, en établissant un protocole pour communiquer avec elles, par exemple dans le cas où une personne est signalée à FB par les royalistes thaïlandais (accusée d'affaiblir l'opposition royaliste), et de fournir à l'accusé une possibilité décente pour, non seulement se défendre, mais aussi pour se protéger.

- D'étudier, sur une base égale, les discours haineux du camp royaliste, en particulier les menaces d'agressions physiques ou mentales ou même les appels à commettre des meurtres, des assassinats ou à blesser les gens qui pensent différemment que les royalistes thaïlandais.

- À adhérer au principe de la protection de la vie privée des utilisateurs de Facebook et à ne pas divulguer des informations sur les utilisateurs thaïlandais de Facebook à d'autres organisations, en particulier aux organisations qui travaillent pour la junte militaire en Thaïlande ou y sont affiliés.

Nous souhaitons et espérons que vous allez entendre nos voix et nos préoccupations.

Merci.

Signé par:

Junya Yimprasert

Jom Petchpradab

Doungchampa Spencer-Isenberg

Aum Neko

Somsak Pakdidech

Junya Yimprasert qui est actuellement exilée politique en Finlande

Junya Yimprasert qui est actuellement exilée politique en Finlande

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 15:36

Un article d'Asia Sentinel

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http://www.asiasentinel.com/politics/thailand-shuts-strong-opposition-voice/

 

Financée par l'État, l'Organisation de Collecte des Poubelles (Rubbish Collection Organization) dénonce les dissidents

Les autorités thaïlandaises, agissant sur la plainte de "l'Organisation de Collecte des Poubelles", une organisation parrainée par l'Etat et qui cherche à discréditer les opposants de la junte, ont persuadé Facebook de fermer l'accès aux thaïlandais de "Thai Voice Media", fondé par le journaliste thaïlandais respecté Jom Petchpradub, ancien rédacteur en chef adjoint de la station de télévision TITV.

La fermeture du site de Jom est une indication de la volonté des autorités thaïlandaises à agir contre les dissidents réfugiés à l'étranger. Le journaliste s'est échappé du pays et a demandé l'asile politique aux États-Unis après avoir refusé de faire son rapport à l'armée à la suite du coup d'Etat du 22 mai dernier qui a amené l'ancien chef de l'armée, Prayuth Chan-Ocha, au pouvoir. Il avait auparavant utilisé sa page Facebook pour diffuser ses vues à travers ses entretiens avec des militants de la démocratie à l'étranger ou vivant en Thaïlande via Skype.

L'Organisation de Collecte des Poubelles (Rubbish Collection Organization) a vu le jour en avril 2014, surfant sur le chaos politique organisé par les adversaires du gouvernement démocratiquement élu du parti Pua Thai et a été conçu pour étouffer la dissidence. L'ordre de la créer provient du lieutenant-général Surayud Chulanont, qui a dirigé le gouvernement militaire à la suite du coup d'Etat de 2006 qui a renversé l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, et qui siège maintenant au Conseil privé qui conseille le roi malade Bhumibol Adulyadej.

Malgré les blocages de sites web, les Thaïlandais ont continué à être en mesure d'obtenir des informations du monde extérieur, ce qui a causé des maux de tête à la monarchie et à son réseau composé de royalistes et d'élites. Lors du stade précoce de l'Internet en Thaïlande il y a 10 ans environ, les personnes au pouvoir n'avaient pas été préparées à l'impact de la libre circulation de l'information. Les royalistes ont sous-estimé l'impact et l'influence du réseau internet.

À un moment donné, le gouvernement a ordonné la fermeture complète de YouTube pendant 90 jours même si une telle action violait le protocole de l'Internet selon l'organisme international régissant le monde du web. L'arrêt a provoqué un tollé parmi les communautés étrangères diplomatiques et d'affaires, et a forcé le gouvernement thaïlandais à repenser sa position de ligne dure. YouTube a été autorisé de nouveau.

Avec le pays qui attend la mort du vieux roi de 87 ans et le passage du trône à son fils Vajiralongkorn agé de 62 ans, qui est détesté par beaucoup de membres du conseil privé qui ne savent pas quoi faire de lui, le gouvernement thaïlandais a créé l'un des filets les plus serrés et restrictifs du monde sur l'Internet, rivalisant en cela avec la Corée du Nord. Un nombre inconnu mais important de blogueurs ont été arrêtés pour avoir violé la loi de lèse-majesté et celle de juin 2007 sur les crimes informatiques, une loi faite pour rendre plus facile l'inculpation des personnes accusées de cyber-crimes.

En outre, grâce à l'aide d'hommes d'affaires basés aussi bien en Thaïlande qu'aux États-Unis, les autorités auraient ordonné le blocage élaborée ainsi que le contrôle de l'équipement de surveillance des sociétés américaines, ce qui est peut-être illégal en vertu des lois américaines qui spécifient que l'équipement ne devra pas être mis entre les mains de pays cherchant à en faire usage afin d'empêcher la liberté de parole et d'expression.

Il semble que le gouvernement thaïlandais ait aussi violé un accord de bonne foi avec l'Agence américaine antidrogue (DEA) sur les dispositifs de surveillance d'internet sophistiqués censé être remis à la police thaïlandaise par la DEA afin de lutter contre le flux de drogues et le trafic de stupéfiants. Au lieu de cela, l'équipement semble avoir été utilisé plus tard dans la détection des adresses IP de ceux qui postait des commentaires hostiles ou peu flatteur au sujet de la famille royale. Des milliers de sites Web, blogs et pages Facebook ont été bloqués par les autorités.

De même qu'il y a un an, Surayud a demandé à son associé, un médecin et major-général à la retraite, le Dr Rientong Nan-nan, de former l'Organisation de Collecte des Poubelles , qui a obtenu son financement des royalistes et de l'armée afin de traquer les gens qui violaient peut être la loi de lèse-majesté dans le cyber-monde et pour extirper ceux qui critiquent les membres de la famille royale. Cela comprenait de créer un compte Facebook pour recruter des pro-royalistes comme "chasseurs de sorcières" afin d'extirper les  dissidents "sorcières" qui critiquent la monarchie et la junte.

Dans un effort pour intimider l'opposition et le mouvement démocratique, certains adeptes de l'Organisation de Collecte des Poubelles ont posté d'horribles photos du massacre et de la violence contre les étudiants non armés qui ont été mutilés et tués le 6 octobre 1976 à l'Université Thammasat. Ils ont également posté des photos nues ou offensantes dans les commentaires des pages Facebook, puis ont immédiatement informé les autorités afin d'inculper les pages violant les règles du gouvernement, et arrêter les contrevenants. Surayud et Rientong ont offert des récompenses pour toute "Mah-Mod แม่มด" ou sorcière dénoncée.

Les Chemises jaunes royalistes, qui ont adoptés le jaune comme leur couleur fétiche, ont recueillis des preuves sur les messages postés sur Twitter, Instagram et Facebook, pour savoir où les "sorcières" vivent et travaillent, Ils ont ensuite fait circuler l'information entre leurs réseaux et rapporté les "délinquants" à la police.

Les médias thaïlandais traditionnels considèrent l'Organisation de Collecte des Poubelles comme une faction politique inoffensive. Yingluck Shinawatra, l'ancienne première ministre, n'a rien fait pour mettre fin à ses activités. Chatwadee Rose Amornpat, une blogueuse basée à Londres et opposante virulente à la monarchie, a dit à Asia Sentinel que ses propres parents l'avaient signalé à la police et avait déposé des accusations de lèse-majesté contre elle.

Parmi les autres personnes dénoncées par le président du "Réseau pour protéger la Nation, la Religion et la Monarchie" se trouve Aum Neko qui chercherait soi-disant à "détruire la religion bouddhiste." Aum Neko, une transsexuelle militante pro-démocratie et ancienne étudiante à l'université Thammasat, qui plus tard s'est exilée en France pour y demander l'asile politique. Ironiquement, il n'y a pas eu de telles accusations contre Bhudda Issara, le moine étroitement liée à Suthep Thaugsuban, dont les émeutiers ont fait tomber le gouvernement de Yingluck, et qui appelle à la violence contre les défenseurs de la démocratie.

L'activiste chemise rouge et militante anti-lèse-majesté La doctoresse Suda Rangukan, a été victime de l'Université Chulalongkorn, qui a refusé de renouveler son contrat. Elle est au Cambodge et a elle-aussi demandé l'asile politique.

En attendant, le doyen et vice-chancelier de cette université a soutenu activement les émeutiers de Suthep et la destruction du mouvement pro-démocratie. Personne n'osait le critiquer. Une telle organisation est illégales et anti droit de l'homme pour toutes les personnes civilisées sauf les royalistes thaïlandais.

L'Armée et la Marine royale thaïlandaise se sont également impliquées afin de montrer leur loyauté. Un bataillon des cyber escadrons des deux branches des forces armées a mis en place des dénonciations en ligne grâce à de coûteux matériaux informatiques et des ordinateurs portables dont la seule fonction est de collecter des données, de bloquer les messages hostiles et surveiller les activités de divers sites internet populaires tels que Facebook, Twitter, Instagram, et 24/7 sur la Thaïlande. Ils savent comment bloquer des comptes Facebook et l'ont prouvé à plusieurs reprises. Chatwadee a expliqué que son compte Facebook a été bombardé par l'Organisation de Collecte des Poubelles plus de 10 fois cette année. Parmi les Thaïlandais, le mot "bombarder" est un euphémisme pour la fermeture d'un compte internet par des autorités thaïlandaises parrainées par l'État.

Chatwadee a dit qu'elle avait écrit à Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, pour lui demander de l'aide et l'a informé de ces actes parrainés par l'État, mais en vain. Elle a aussi affirmé, "nous sommes découragés et dans un état de désespoir du fait que nous menons une lutte désespérée, mais nous n'avons pas d'autre choix que de continuer à raconter au monde la vérité sur la Thaïlande - que le peuple thaïlandais est pris en otage par la junte militaire ainsi que par la monarchie et son réseau."

Dessin de Supachai

Dessin de Supachai

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 08:57

Un article de Pavin Chachavalpongpun

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http://www.japantimes.co.jp/opinion/2014/12/28/commentary/world-commentary/thai-regime-plays-royal-card-silence-critics/#.VKOlOCuUde9

 

Tandis que, dans le monde, nombreux sont ceux qui célèbrent cette saison festive et la fin de 2014, en Thaïlande beaucoup de gens ne sont pas enthousiastes sur ce que la nouvelle année apportera à la suite du coup d'Etat organisé par l'armée le 22 mai dernier.

Jusqu'à présent, il n'y a eu aucun signe montrant une volonté de l'armée de se retirer de la politique. Une date pour l'élection n'a toujours pas été fixée. Les droits humains fondamentaux des Thaïlandais continuent d'être violés.

Ces derniers mois, l'augmentation des cas de lèse-majesté suggère que la prétention de la Thaïlande à être le "Pays du Sourire" ne sonne plus tout à fait vrai.

Il y a plusieurs raisons derrière l'application de la loi. Étayer une institution monarchique affaiblie et déguiser l'incertitude de la succession royale sont des justifications.

Les tentatives de contrôle de la société pour conserver les privilèges élitistes, prolonger le rôle de l'armée dans la politique, entraver la démocratisation et faire face à la révolution technologique dans le cyberespace jouent également un rôle important.

Le gouvernement militaire du général Prayuth Chan-ocha est très sévère pour les cas de lèse-majesté. À bien des égards, ces accusations semblent confirmer l'existence du soi-disant mouvement anti-monarchie en Thaïlande.

Ils justifient également le coup d'Etat dont le programme, entre autres choses, est de protéger l'institution royale. Mais plus les militaires utilisent la loi à des fins politiques, plus ils affaiblissent la monarchie, surtout maintenant au crépuscule du long règne du roi Bhumibol Adulyadej.

L'application de la loi met en évidence un sentiment de désespoir, et non pas d'autorité, de la part de l'Etat thaïlandais.

Le fait que beaucoup de gens acceptent le fait que la monarchie ait un rôle légitime à jouer dans la vie politique thaïlandaise, et ait le droit d'intervenir en temps de crise, sans sanction, souligne la domination royale sur le système démocratique.

Un état fonctionnant de manière prérogative semble désormais coexister avec la société thaïlandaise régulière, dans lequel le palais et les militaires opèrent au-dessus de l'état de droit et ou la responsabilité démocratique n'a plus aucune force.

La loi de lèse-majesté est utilisée pour protéger l'institution royale ainsi qu'un système beaucoup plus vaste connue sous ce nom. La loi sert à masquer le fonctionnement de manière prérogative de l'État et à défendre les membres de la monarchie de réseau contre l'examen du public... et cela tant que leurs actions seront justifiées par le prétexte de sauvegarder la monarchie. Ce processus se déroule parallèlement à la re-sacralisation et la re-glorification sans fin du roi Bhumibol.

Cette stratégie permet d'accuser les opposants politiques de dénigrer la séculaire institution et de les étiqueter comme "ennemis de l'État."

Un fait intéressant est à noter; il y a une décennie, les allégations de crime de lèse-majesté servaient principalement de moyen inter-élite pour éliminer ses ennemis. Par exemple, l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra a accusé le Parti Démocrate d'avoir commis le crime de lèse-majesté en exploitant la monarchie dans sa campagne électorale.

De même que Thaksin et Sonthi Limthongkul, un chef de file du mouvement royaliste "Alliance du peuple pour la démocratie (PAD)", pointaient également du doigt l'autre camp en l'accusant de ne pas respecter l'institution royale.

Aujourd'hui, avec un espace politique beaucoup plus ouvert, et avec la menace actuelle contre la prérogative de l'Etat, les royalistes ont commencé à cibler pratiquement n'importe qui venu de toutes les tendances politiques.

Trente-trois cas de lèse-majesté ont été jugés devant les tribunaux de première instance en 2005; le nombre a presque quadruplé en atteignant 126 cas en 2007. C'est passé à 164 cas en 2009, puis a triplé pour atteindre 478 cas en 2010. Les augmentations les plus spectaculaires ont eu lieu sous le gouvernement du Parti Démocrate d'Abhisit Vejjajiva. Depuis le coup d'Etat de cette année [2014], de nombreux Thaïlandais ont été emprisonnés pour lèse-majesté, sans aucune chance d'obtenir une libération sous caution.

Deux étudiants de l'université [Thammasat] ont été emprisonnés pour une pièce de théâtre jugés critiques envers la monarchie. Une femme, dont le compte Facebook a été piraté, a également été accusée, bien que le contenu lèse-majesté soit apparu sur sa page à son insu.

Une autre femme est sous enquête pour avoir porté du noir lors de l'anniversaire du roi (le 5 décembre); cela a été interprété comme un acte de malveillance envers le roi.

Plus tôt, en décembre dernier, un homme a été inculpé pour avoir critiqué le discours du roi, qui louait son chien nommé Thongdaeng de sa fidélité par rapport aux politiciens corrompus. Il avait montré sa colère, s'était interrogé sur la comparaison et avait fini par exprimer sa malédiction.

Au cœur du problème se trouve la tentative de l'armée pour faire taire les critiques de la monarchie en utilisant la loi de lèse-majesté comme une arme. Dans cette ligne de pensée, la trahison semble rôder autour de chaque coin, et la loi de lèse-majesté est un appareil puissant pour éliminer la dissidence politique.

Si les objectifs de ce genre expliquent clairement l'utilisation abusive de la loi, la raison de singulariser des ennemis particuliers est plus insaisissable. À titre d'exemple, en 2011, le Centre de la Thaïlande pour la résolution des situations d'urgence (Thailand’s Center for the Resolution of Emergency Situations) a élaboré une "carte mentale" stupéfiante qui présentait un tableau obscur et compliqué prétendument cartographie des présumés liens entre les ennemis de la monarchie. Cette carte mentale s'est révélé plus tard être imaginaire. Et personne n'en a été tenu pour responsable.

Il est vrai que le roi Bhumibol a déclaré en 2005 qu'il pouvait être critiqué et qu'il était irréaliste de dire qu'il ne pouvait pas se tromper. Cela a été sa seule réponse face au nombre grandissant de cas de lèse-majesté, qui ont à leur tour accentués le ressentiment du public contre le palais.

Il est évident que le réseau de la monarchie exploite toujours la loi pour ses intérêts. La politisation de la monarchie a abaissé le niveau de respect envers le roi lui-même.

La seule façon pour la monarchie de survivre à l'évolution du contexte politique de la Thaïlande est de se réformer elle-même ou d'abolir cette loi anachronique.

La position actuelle du gouvernement de Prayuth est claire: éliminer les critiques de la monarchie est sa priorité.

C'est une triste et malheureuse situation que les Thaïlandais doivent endurer aujourd'hui. Si cette tendance à la chasse aux critiques de la monarchie continue, 2015 sera une autre année tragique pour les droits de l'homme en Thaïlande.

Pavin Chachavalpongpun est un professeur agrégé au Centre de l'Université de Kyoto pour les études d'Asie du Sud-Est, où il enseigne la politique d'Asie du Sud-Est et les relations internationales en Asie. Il est aussi un exilé politique et ne peut retourner dans son pays à cause de ses prises de position.

Pavin Chachavalpongpun

Pavin Chachavalpongpun

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 09:25

Une satire de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/12/30/have-a-happy-new-year-you-serfs-eat-generalissimo-prayuts-12-principles/

 

1. Défendez l'institution de l'armée thaïlandaise, l'institution clé de l'Univers.

2. Respectez les lois du pays; ne faites pas ce que je fais, faites ce que je dis. C'est OK pour moi de massacrer des manifestants non armés et de déchirer la Constitution après un coup militaire, mais si vous faites le salut trois doigts vous irez tout droit en prison sur des accusations de lèse-Prayut.

3. Soyez toujours respectueux envers vos supérieurs qui vous ont sauvé de la mauvaise démocratie, surtout envers moi.

4. Vous n'avez pas de père ni de mère, le roi et la reine vous ont engendrés et ils sont vos vrais père et mère. La promiscuité est la règle de la famille royale.

5. Cherchez toujours à tout apprendre comme un perroquet, ne pensez jamais par vous-même. L'ignorance, c'est la force.

6. Aimez beaucoup toutes les traditions thaïlandaises. Passez autant de temps que possible sur vos genoux ou à ramper à quatre pattes. Ne me regardez pas dans les yeux.

7. Soyez avide et cupide dans les meilleures traditions du Grand Riche Homme qui a inventé l'économie de suffisance.

8. Apprenez par cœur que "la Démocratie et la Réforme ne se développent que sur le canon d'un tank". Assistez les divers reptiles qui rédigent sous mes ordres la nouvelle Constitution du Monde des Merveilles.

9. Maintenez une discipline de style jeunesse hitlérienne. FAITES CE QU'ON VOUS DIT!!! Sinon, je vous convoquerais pour un "changement d'attitude" assisté.

10. Soyez conscient et ayez à l'esprit que vos actions soient toujours en conformité avec les enseignements de notre Cher Leader le Généralissime Prayut.

11. Maintenez une attitude inflexible face aux forces obscures du diable, Taksin, le mal incarné. Rappelez-vous que le bouddhisme vous permet de mentir, de tuer et de supprimer les droits humains des autres personnes tant qu'il fait partie de la guerre sainte contre Taksin.

12. Mettez mes intérêts et les intérêts de notre Glorieuse Armée au-dessus de vos intérêts personnels.

Bonne année à vous, serfs ignorants !!

Ayez une bonne et heureuse année, avalez les 12 Principes du Généralissime Prayut!
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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 14:45

Une déclaration de la Commission asiatique des droits de l'homme

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http://prachatai.org/english/node/4638?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+prachataienglish+%28Prachatai+in+English%29

 

Ce lundi 29 Décembre 2014, à 9 heures, à la Cour pénale de Ratchadaphisek Road à Bangkok, Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkhong vont comparaître devant le tribunal pour la première fois depuis qu'ils ont été formellement inculpés le 25 octobre 2014. Ils ont été accusés d'avoir violé l'article 112 du Code criminel thaïlandais à cause de la représentation d'une pièce de théâtre, "La fiancée du Loup (Jao Sao Ma Pa)" en octobre 2013. Ce cas est l'un des nombreux cas impliquant la limitation de la liberté d'expression depuis le coup d'Etat du 22 mai 2014 par le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO). L'Asian Human Rights Commission (AHRC) invite toutes les personnes intéressées [qui vivent à Bangkok] à assister au procès en qualité d'observateurs, et appelle les autres personnes intéressées à suivre cette affaire de près.

Détails du cas:

Patiwat Saraiyaem, 23 ans, étudiant en cinquième année de la Faculté des Beaux-arts et arts appliqués à l'Université de Khon Kaen, qui est aussi un militant, a été arrêté le 14 août 2014 dans la province de Khon Kaen et est actuellement détenu dans la prison centrale de Bangkok.

Pornthip Munkhong, 25 ans, diplômée de la Faculté de science politique à l'Université Ramkhamhaeng et militante elle-aussi, a été arrêté le 15 août 2014 à l'aéroport de Hat Yai, et est détenue à la prison centrale pour les femmes.

Ces deux étudiants ont été détenus sans droits à la liberté sous caution, malgré de nombreuses demandes, depuis leur arrestation et depuis qu'ils ont été formellement inculpés, le 25 octobre dernier, de violation de l'article 112.

L'article 112 du Code pénal stipule que: "Quiconque, diffame, insulte ou menace le roi, la reine, le prince héritier ou le régent, sera puni d'un emprisonnement de trois à quinze ans." L'utilisation de l'article 112 est très politisée et il a souvent été utilisé comme une méthode afin de faire taire les voix dissidentes, notamment dans les moments de crise de régime. Bien que cette mesure fasse partie du Code criminel depuis sa dernière révision en 1957, il y a eu une augmentation exponentielle du nombre de plaintes déposées depuis le coup d'Etat du 19 Septembre 2006 et cette augmentation a encore été multipliée après le coup d'Etat le 22 mai 2014.

L'affaire contre Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkhong vient d'une plainte en rapport avec leur participation à la performance d'une pièce de théâtre, "La fiancée du Loup (Jao Sao Ma Pa)" à l'Université Thammasat en octobre 2013 à l'occasion du quarantième anniversaire du soulèvement du 14 octobre 1973. Au moment de leur arrestation, l'AHRC avait noté que leur arrestation pour avoir exercé leur liberté d'expression dans une pièce de théâtre était une indication de la criminalisation de la pensée et de la liberté d'expression en Thaïlande après le coup d'Etat du 22 mai 2014 organisé par le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO). Leur maintien en détention est un rappel quotidien de l'aggravation de la crise des droits de l'homme suite au coup d'Etat.

Dans ce cas, ainsi que dans d'autres affaires de liberté d'expression depuis le coup d'Etat, la manière dont ces deux militants ont été accusés, plus d'un an après le crime présumé, suggère que le passé est devenu un catalogue ouvert des actes et des discours pouvant être criminalisée rétrospectivement.

La Commission asiatique des droits de l'homme tient à rappeler à la junte et à la Cour pénale qu'en tant qu'État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (International Covenant on Civil and Political Rights: sigle anglais ICCPR), la Thaïlande est dans l'obligation de protéger et de faire respecter l'article 19, qui note que;

- 1. Tout le monde a le droit d'avoir des opinions sans interférence.

- 2. Toute personne a droit à la liberté d'expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute sorte, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou sous la forme de l'art, ou par tout autre moyen de son choix.

- 3. L'exercice des libertés prévues au paragraphe 2 du présent article comporte des devoirs et des responsabilités spéciaux. Il peut en conséquence être soumis à certaines restrictions, qui doivent toutefois être expressément fixées par la loi et qui sont nécessaires: - (a) Au respect des droits ou de la réputation d'autrui;

- (b) A la sauvegarde de la sécurité nationale ou de l'ordre public, de la santé ou de la moralité publique.

La Commission asiatique des droits de l'homme condamne sans équivoque le coup d'Etat dans les termes les plus forts possibles et condamne de même le déni de la liberté d'expression et la chasse aux sorcières envers ceux qui expriment, ou ont exprimé dans le passé, des points de vue critiques ou dissidents. Le fait de penser autrement que la junte n'est pas un crime.

La Commission asiatique des droits de l'homme reste également gravement préoccupé par le refus persistant d'accorder la liberté sous caution pour ce cas ainsi que pour d'autres affaires de liberté d'expression. Bien que des périodes prolongées de pré-inculpation et de détention provisoire soient devenues courantes en cas de violation alléguée de l'article 112, en tant qu'État partie de l'ICCPR, les autorités thaïlandaises sont également tenus de respecter le droit à la libération temporaire. En particulier, l'AHRC tient à rappeler à la junte ainsi qu'à la Cour pénale que l'article 9 (3) de l'ICCPR prévoit que; "Tout individu arrêté ou détenu du fait d'une infraction pénale doit être aussitôt traduit devant un juge ou un autre magistrat habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaires, et devra être jugé dans un délai raisonnable ou libéré. Cela ne doit pas être la règle générale que les personnes en attente de jugement soient placées en détention, mais leur liberté peut être subordonnée à des garanties afin de comparaître pour leur procès, à tout autre stade de la procédure judiciaire, et, le cas échéant, pour l'exécution du jugement.

Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkhong se sont vu refuser la libération sous caution durant plus de deux mois avant d'être inculpé, puis ce déni a continué après qu'ils aient été officiellement inculpés. Semblable à d'autres refus pour cas de violation de l'article 112, la Cour pénale a affirmé que le motif pour ce refus, était que s'ils étaient reconnus coupables, ils seraient soumis à une peine lourde et pourraient être ainsi susceptibles de fuir.

Sept mois se sont écoulés depuis le coup d'Etat du 22 mai 2014 et il n'y a toujours pas d'échéance claire pour la fin de la loi martiale ni pour un retour à un gouvernement démocratique et à la protection des droits de l'homme. Dans ce contexte, la présence d'observateurs au sein de la salle d'audience sera un rappel visible pour la junte et les juges que la violation des droits de l'homme ne passera pas inaperçue.

Pornthip Munkhong

Pornthip Munkhong

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 07:54

Un article de Giles Ji Ungpakorn

http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/706-anti-reform-academics-hide-their-intentions-with-lies.html

 

Récemment, les universitaires conservateurs anti-réforme, comme Nakarin Mektrairat et Suchit Bunbongkarn, ont chanté les louanges du système politique allemand comme étant un modèle à suivre pour la Thaïlande. Mais leurs louanges sont basées sur un compte-rendu sélectif du système allemand et une distorsion des faits au sujet de la politique thaïlandaise.

Le système électoral allemand, au scrutin majoritaire pour les députés de circonscription et à la proportionnelle pour la liste des députés de parti, est similaire à celui de la Thaïlande sous la Constitution de 1997, bien que le système allemand ne soit légèrement meilleur pour refléter la proportion des suffrages exprimés vis-à-vis de chaque parti. Ce qui est bon sur le système allemand, par rapport à la Thaïlande, c'est l'élection d'un chef de l'Etat, l'absence de toute loi de lèse-majesté, et le fait que l'Allemagne possède un système fédéral, par opposition à l'état centralisé de la Thaïlande. Un tel système fédéral en Thaïlande pourrait être une étape vers la résolution de la guerre de longue durée à Patani.

Quand elle a été rétablie après la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande a mis en place un comité de sélection afin d'éliminer les généraux qui ne croyaient pas en la démocratie. Nous pourrions faire la même chose en Thaïlande.

Mais, naturellement, aussi bien Nakarin Mektrairat que Suchit Bunbongkarn ne souhaitent pas introduire l'un de ces bons points dans la vie politique thaïlandaise.

Suchit Bunbongkarn est un universitaire de droite anciennement établi, éduqué aux États-Unis, et fait partie de "l'école du fonctionnalisme structurel". Suchit était auparavant un juge constitutionnel. La Cour constitutionnelle non élue a cru qu'elle avait le droit de veto sur les politiques mises en avant par un gouvernement élu. Elle travaille maintenant à l'élaboration d'une constitution anti-réforme pour la junte militaire. Auparavant, dans ses écrits académiques, il a soutenu l'idée que la population thaïlandaise n’avait "aucun intérêt" pour la politique et que les gens étaient pris au piège dans un système "patron-client", qui les liait aux politiciens individuels. Il a plaidé pour le renforcement des partis politiques et une culture démocratique. Maintenant, il a changé son fusil d'épaule sans aucune hésitation. Il affirme actuellement que les partis politiques sont "trop puissants". Cela parce qu'il déteste les politiques pro-pauvres de Taksin. Il veut revenir en arrière à l'époque où l'électorat votait simplement pour des personnes influentes et non pas pour des partis ayant de réels programmes.

Nakarin Mektrairat est également occupé à travailler pour le Comité anti-constitutionnel de réforme de la junte. Récemment, il a soutenu l'interdiction de la junte pour les activités politiques associées aux événements du 6 octobre 1976 à l'Université Thammasart où il travaille également. Il a affirmé que ces activités créaient la "division". En d'autres mots, les gens ne devraient pas être autorisés à avoir des points de vue différents. Il affirme que tout le monde doit aimer le pays. Dans une interview pour l'agence de nouvelles "Isara", il a salué le roi pour avoir "protégé la démocratie" et s'être "assuré que les coups d'Etat militaires ne provoquaient pas de divisions de la société ni ne l'affaiblissaient". Dans un livre publié par l'Université Thammasart, il a affirmé que le roi "n'avait rien à voir avec" le bain de sang du 6 octobre et il cité sélectivement le discours du roi en 1976, en veillant à omettre sa claire approbation de l'événement ainsi que du coup d'Etat qui a eu lieu le même jour. Nakarin prétend être un "historien".

La démocratie ne se développera pas par un coup d'Etat militaire et les réformes ne sortiront pas de toutes les distorsions ni des mensonges des différents universitaires pro-militaires. Les anti-réformes de l'armée ne sont simplement conçues que pour réduire l'espace démocratique, la liberté d'expression et le droit de tout gouvernement démocratiquement élu de mettre en avant un manifeste clair au moment des élections.

Giles Ji Ungpakorn

Giles Ji Ungpakorn

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26 décembre 2014 5 26 /12 /décembre /2014 15:51

Un article de Giles Ji Ungpakorn

http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/705-military-junta-extends-its-life-beyond-elections.html

 

La junte militaire thaïlandaise a déjà reportée les "élections" jusqu'en 2016. Maintenant, elle cherche à prolonger sa vie en changeant son nom en "Le Comité pour la protection de la Constitution" !! MDR! C'est la junte qui a déchiré la constitution en premier lieu.

Le gang du généralissime Prayut a fait cette suggestion en proposant en même temps un parlement "élu" de 350 députés, aux côtés d'un Sénat de 150 membres nommés par les militaires.

Lors d'articles précédents sur ce site, j'ai soutenu que les anti-réformes étaient conçues afin de réduire la puissance de l'électorat et de tous les gouvernements élus dans une "démocratie guidée de style birman". J'ai auparavant expliqué que "la Commission contre la corruption avait mise au point un plan avec la Commission électorale afin de forcer tous les partis politiques à présenter leurs programmes à la Commission des élections avant qu'une campagne électorale ne puisse commencer."

Dans un autre article, j'ai écrit que "la junte birmane avait beaucoup d'expérience pour fausser les élections et mettre en place un système politique où les élus n'ont aucun pouvoir réel. Qui plus est, seul le "bon type de personnes" a la possibilité d'occuper un poste important en Birmanie. Les élections sont une mascarade juste pour faire semblant. C'est exactement la conception actuelle de Prayut et de son équipe d'antidémocrates pour la Thaïlande".

Aujourd'hui, le processus anti-réforme est aussi un coûteux gaspillage d'argent, de l'argent qui aurait pu être utilisé afin d'améliorer les services de santé ou pour d'autres projets utiles. Une estimation récente du coût, à ce jour, des anti-réformes se monte à 256 millions de bahts. Mais le coût pour la démocratie thaïlandaise ne peut pas être mesuré en numéraire.

La destruction de la démocratie, la répression de l'opposition et des libres penseurs, et le travail de l'anti-réforme sont les vrais événements qui se déroulent aujourd'hui. Rien de tout cela n'est liée, de prêt ou de loin, aux mythes de conspiration au sujet d'une crise de succession royale.

La junte militaire étend sa durée de vie au-delà des élections
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24 décembre 2014 3 24 /12 /décembre /2014 09:25

L'universitaire et militante chemise Suda Rangkupan, plus connue sous son surnom d’Ajan Waan, a été accusée de lèse-majesté par le mal-nommé et pro-établissement Parti Démocrate de Thaïlande, parce qu'elle s'était habillée en noir lors du mois d'anniversaire du roi.

Selon ASTV-Manager en ligne, Wirat Kalayasiri, le conseiller juridique du Parti Démocrate, a déclaré mardi lors d'une conférence de presse que le parti avait déposé une plainte de lèse-majesté au général Rungroj Chamrasromran, adjoint du ministre de l'Intérieur, contre Suda Rangkupan, une militante politique chemise rouge et ancienne professeur de l'Université Chulalongkorn, qui vit maintenant en exil volontaire dans un pays voisin.

Le parti a accusé Suda d'avoir diffamé le roi en portant du noir en décembre, le mois de l'anniversaire du roi.

Elle aurait affiché sa photo sur Facebook avec le message suivant, "je suis vêtue de noir pour pleurer la fin officielle de l'affaire contre l'Autorité de restructuration du secteur financier (Financial Sector Restructuring Authority, sigle anglais FSRA)".

Le cas du FSRA est un scandale financier de la crise financière "Tom Yam Kung" en 1997, où le FSRA sous l'administration du premier ministre du Parti Démocrate, Chuan Leepai, avait omis de séparer les actifs financiers louches des bons actifs des grandes institutions financières. Il en est résulté une perte financière de 66 milliards de baht (20 milliards USD).

L'échec a incité la Commission nationale anti-corruption à enquêter sur l'affaire, mais le cas a été officiellement abandonné le 30 novembre dans le cadre du délai de prescription après 10 ans sans progrès.

Bien que Suda ait clairement indiqué sur Facebook qu'elle était simplement en deuil à cause de l'absence de poursuites contre les auteurs du fiasco financier de la FSRA, Wirat, le conseiller juridique du Parti Démocrate, a déclaré aux médias que son action était inappropriée parce qu'elle portait du noir le mois de l'anniversaire du roi quand le peuple thaïlandais était censé porter du jaune pour rendre hommage au souverain.

Wirat a également déclaré que le parti a aussi déposé une plainte en diffamation contre Suda pour "avoir faussement accusé le Parti Démocrate d'avoir provoqué la crise financière" en 1997.

Dans la même conférence de presse, le parti a également pressé les autorités à poursuivre en justice le fils d'un politicien du Parti Pua Thai, qui aurait diffamé la monarchie, mais n'a pas été inculpé par la police.

Source:

http://www.prachatai.com/english/node/4628

Suda Rangkupan

Suda Rangkupan

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23 décembre 2014 2 23 /12 /décembre /2014 08:34

Déclaration faite aux Nations Unies, le 12 décembre, 2014

Lien de la déclaration:

http://freethaicitizens.org/cicc/?p=50

 

Respectés Mesdames et Messieurs:

Je vous remercie de me permettre de parler au nom des nombreux citoyens malheureux de Thaïlande. Je parle en tant que demandeur d'asile politique aux Etats-Unis en provenance de Thaïlande, un demandeur d'asile qui avait auparavant été le chef du parti au pouvoir dans le gouvernement déchu de Yingluck et ministre de l'Intérieur jusqu'au récent coup d'État du 22 mai 2014. je représente également une organisation à but non lucratif nouvellement créée, basée en Californie, l'Organisation des Thaïlandais libres pour les droits de l'homme et la démocratie (Free Thais for Human Rights and Democracy), dont je suis le secrétaire général. Bien que mes épreuves personnelles et de celles de ma famille en tant que réfugié soient abondantes, les souffrances rencontrées par les citoyens thaïlandais, mes concitoyens, qui subissent le régime tyrannique de l'armée qui gouverne le pays avec un pouvoir abusif et essaye de se légitimer lui-même, sont plus importantes et doivent être adressées au monde.

Les violations des droits de l'homme en Thaïlande ont été systématiquement gérées et politiquement motivées, et la justice universelle des sociétés civiles que la Cour pénale internationale, ainsi que vous tous, défendez, a été systématiquement entravée et réprimée en Thaïlande par l'ancien établissement et ses réseaux qui ont conspiré pour saper la croissance de la population thaïlandaise et donc le progrès de la démocratie. Depuis le coup d'Etat du 19 septembre 2006, des poursuites judiciaires contre des personnes exerçant leur liberté d'expression ainsi que d'autres droits ont grimpé en flèche; plusieurs massacres ont eu lieu en 2009 et 2010, et plus récemment, lors du coup d'Etat de mai 2014, de nombreuses disparitions forcées n'ont fait l'objet d'aucune enquête et les coupables n'ont pas été traduits en justice, quelque chose que nous avons pu constater à plusieurs reprises au cours des 70 dernières années.  Malheureusement, aujourd'hui, la Thaïlande est, pour ainsi dire, en chute libre dans tous ses aspects.

Après le dernier coup d'Etat, qui a eu lieu il y a plus de six mois, les violations des droits de l'homme sont devenues tout simplement plus crues et barbares. Plusieurs centaines de citoyens politiquement actifs ont été convoqués afin de se rapporter au chef du putsch, le général Prayuth Chan-O-Cha, qui allait bientôt devenir un autre premier ministre royalement nommé. Ces ordres sous la loi martiale forcée ont fait que des milliers de dirigeants politiques, des universitaires pro-démocratie, des militants sociaux, des journalistes, et la plupart des anciens partisans du gouvernement ont été convoqués, recherchés, poursuivis, détenus arbitrairement sans caution, menacés, maltraités physiquement, et forcés d'accepter d'être complètement politiquement inactif. Permettez-moi de citer une déclaration de Brad Adams, directeur pour l'Asie d'Human Rights Watch, qui semble résumer la situation actuelle très bien: "Le respect des libertés fondamentales et de la démocratie en Thaïlande sous le régime militaire est tombé dans une fosse apparemment sans fond. Six mois après le coup d'Etat, la critique est systématiquement poursuivie, l'activité politique est interdite, les médias sont censurés, et les dissidents sont jugés par des tribunaux militaires. "

Ma seule pensée est que, dès maintenant, la communauté internationale aide sérieusement les citoyens thaïlandais à établir une véritable démocratie dès que possible. C'est seulement quand un gouvernement démocratique sera libre de toute influence de la puissance tyrannique et dictatoriale de l'ancien établissement et de ses alliés que la Thaïlande pourra ratifier le Statut de Rome et que la vraie justice pour tous sera envisageable en Thaïlande. Je demande à tous de faire tout votre possible pour aider le peuple de Thaïlande. S'il vous plaît, aider nous à ramener les sourires dans ce beau pays et sur les gens afin que nous puissions tous en profiter et en bénéficier totalement dès que possible. Merci.

Charupong Ruangsuwan

Secrétaire général / Président

Email: president@ofhd.org

Organisation des Thaïlandais libres pour les droits de l'homme et la démocratie (Organization of Free Thais for Human Rights and Democracy)

Ancien ministre de l'Intérieur de la Thaïlande

Dirigeant du Parti Pua Thai (le parti au pouvoir pendant le gouvernement de Yingluck)

Charupong Ruangsuwan

Charupong Ruangsuwan

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22 décembre 2014 1 22 /12 /décembre /2014 09:09

Un article de Phak Seangly et Shaun Turton

Lien:

http://www.phnompenhpost.com/national/border-killing-prompts-demand

 

Le gouvernement du Cambodge a exigé que la Thaïlande enquête sur le meurtre par balle dans la tête d'une femme cambodgienne par des soldats thaïlandais après qu'elle se soit égarée à travers la frontière en quête de nourriture.

Dans une lettre, utilisant des termes forts, envoyée à l'ambassade de Thaïlande au Cambodge, le Ministère des Affaires Etrangères du Royaume a condamné cet assassinat et a appelé le gouvernement de Thaïlande à interdire à ses soldats de tuer des citoyens khmers dans la région frontalière.

"Le gouvernement royal du Cambodge proteste énergiquement contre les actes barbares commis par les soldats thaïlandais et demande aux autorités thaïlandaises d'enquêter sur ce meurtre et de traduire les assassins en justice", indique la lettre.

Phorn Chem, 55 ans, originaire de la commune d'O'Smach, dépendante de la ville de Samrong située dans la province d'Oddar Meanchey, a été tuée le 9 décembre dernier après qu'elle et deux de ses filles aient traversé la frontière en quête de nourriture.

La lettre du ministère cambodgien, livrée mercredi dernier, déclare que Chem ne savait pas qu'elle avait traversé la frontière de la Thaïlande quand elle est partie à la recherche de champignons et de manioc.

Selon la police locale, Chem a été initialement enterrée par des soldats thaïlandais, mais son cadavre a ensuite été déterré et a été rendu à sa famille.

Le premier ministre cambodgien Hun Sen a récemment tenté d'améliorer les relations du pays avec l'armée thaïlandaise.

En octobre dernier, alors que l'organisateur du coup d'Etat en Thaïlande, le premier ministre thaïlandais Prayuth Chan-Ocha, était reçu lors de sa première visite au Royaume, Hun Sen avait demandé que les militaires thaïlandais arrêtent les Cambodgiens qui franchissent la frontière au lieu de les liquider.

Cependant, le ton de la récente lettre marque un changement par rapport aux bons vœux des discussions des dirigeants.

"Le gouvernement royal du Cambodge souhaite demander encore et encore aux autorités thaïlandaises de faire cesser ces actes atroces contre des Cambodgien innocents", peut-on-lire.

Les tirs mortels et non mortels par des soldats sur le côté thaïlandais de la frontière sont fréquents, bien que les pays soient en désaccord sur les chiffres.

En septembre, les autorités thaïlandaises n'ont signalé aucun bûcherons - qui sont souvent blessés ou tués - tués entre le 1er Janvier et le 1er Septembre.

Cependant, le ministère cambodgien de l'Intérieur a signalé qu'une douzaine d'entre eux avaient été tués en une seule journée en mars dernier.

Bien que se félicitant de la réaction du gouvernement cambodgien, Ny Chakrya, chef de la section de surveillance des droits de l'homme de l'ONG Adhoc, a déclaré qu'il ne s'attendait pas à ce que les autorités thaïlandaises écoutent, ajoutant que le gouvernement devrait déposer une plainte auprès d'un tribunal international.

Ou Virak, président du Centre cambodgien pour les droits de l'homme, est d'accord et suggère que la question soit soumise au rapporteur spécial de l'ONU pour les exécutions extrajudiciaires.

"L'armée thaïlandaise agie mal depuis très, très longtemps. Ils s'en sortent toujours avec leurs crimes, ils s'en tirent toujours avec ces assassinats. Beaucoup, beaucoup de gens ont été victimes, ce n’est pas le premier incident et pas une seule fois ils n'en n'ont pris la responsabilité".

Prayuth en visite à Phnom Penh (on peut noter que l’arrogant général thaïlandais prend toute la place sur le tapis rouge et repousse le premier ministre cambodgien Hun Sen sur le bord)

Prayuth en visite à Phnom Penh (on peut noter que l’arrogant général thaïlandais prend toute la place sur le tapis rouge et repousse le premier ministre cambodgien Hun Sen sur le bord)

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