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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 00:07

Bangkok : deux jeunes plaident coupable pour crime de lèse-majesté

Un article d'Amélie Petitdemange

Lien:

http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/bankgok-deux-jeunes-plaident-coupable-pour-crime-de-lese-majeste-10344/

 

Deux jeunes Thaïlandais plaident coupable ce lundi 29 décembre dans un procès de lèse-majesté. Ils avaient été emprisonnés en août, pour avoir représenté à l’université Thammasat de Bangkok une pièce de théâtre, jugée trop subversive par la junte militaire.

Deux jeunes Thaïlandais plaident coupable ce lundi 29 décembre dans une affaire de lèse-majesté. Porntip Mankong, activiste de 25 ans, et Patiwat Saraiyaem, étudiant en musique de 23 ans, sont poursuivis pour avoir représenté une pièce de théâtre peu au goût de la junte militaire, au pouvoir en Thaïlande. La fiancée du loup («Jao Sao Ma Pa» en thaï) mettait en scène une royauté fictionnelle. Jouée à la prestigieuse université Thammasat de Bangkok, la pièce commémorait le soulèvement étudiant d’octobre 1973, réprimé dans le sang par l’armée.

L’armée, qui a pris le pouvoir dans le pays après la destitution de la Première ministre Yingluck Shinawatra en mai dernier, voit d’un mauvais œil ces souvenirs sanglants. D’autant que le général Prayuth Chan-ocha, qui devait organiser des élections en juillet, a plutôt choisi de se faire nommer Premier ministre trois mois plus tard.

Patiwat Saraiyaem et Porntip Mankong sont détenus depuis août dans l’attente de ce procès. Ils sont tous deux apparus à l’audience en costume marron clair de prisonnier, pieds nus, l’un avec des chaînes aux pieds. «Mon garçon n’avait aucune mauvaise intention», a plaidé le père de Patiwat, agent de sécurité qui avait revêtu pour l’occasion une chemise jaune, couleur du roi. Le verdict, a priori peu clément, sera prononcé le 23 février 2015.

«Spirale du silence»

Amnesty International dénonçait le 9 décembre une «répression de la liberté d’expression», qui «crée une spirale du silence» en Thaïlande. «Les autorités militaires de la Thaïlande doivent mettre un terme à la détérioration inquiétante de la liberté d’expression et de réunion pacifique, et notamment à l’utilisation effrénée de la loi relative au crime de lèse-majesté», avait déclaré l’association à l’approche de la Journée des droits de l’homme.

La junte est en effet très sévère face aux éventuelles critiques du système monarchique. Le roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, bien que dénué de rôle politique officiel, est protégé par une des législations les plus sévères du monde. Un musicien de 28 ans a ainsi été condamné fin juillet à quinze ans de prison pour des propos jugés insultants envers la monarchie.

Le 17 décembre, le pouvoir a même décidé d’étendre cette répression hors du pays. Il a promis de «traquer et arrêter [les] suspects» de lèse-majesté exilés à l’étranger, notamment en France et en Grande-Bretagne.

Le général Prayuth Chan-ocha, chef de la junte thaïlandaise

Le général Prayuth Chan-ocha, chef de la junte thaïlandaise

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 17:54

A quoi s’expose-t-on lorsqu’on mène un combat contre plus puissant que soi ? Persona non grata dans son propre pays, Rose se bat depuis l’Europe pour la liberté d’expression. Son ennemi ? La monarchie thaïlandaise. Un petit bout de femme lutte au péril de sa vie contre l’un des monarques les plus puissants de la planète, pour que le royaume du sourire devienne enfin une démocratie.

Le 8 janvier de 19 à 21 heures

Adresse:

Escale à La Grange aux Belles

6 rue Boy Zelenski, 75010 Paris, France

Liens:

www.camillegazeau.com

https://www.facebook.com/events/1540766909491349/?ref=22

L'exposition se tiendra du mardi 6 au vendredi 30 janvier

Carte google indiquant l'emplacement de l'exposition

Carte google indiquant l'emplacement de l'exposition

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 07:54

Robert Amsterdam d'Amsterdam & Partners LLP a annoncé vendredi dernier la formation d'une nouvelle campagne indépendante afin de tenir les putschistes thaïlandais pour responsables vis-à-vis des juridictions étrangères.

Lien:

http://www.eurasiareview.com/02012015-robert-amsterdam-launches-independent-campaign-hold-thailands-coup-leaders-accountable/

 

Parmi les objectifs de la nouvelle campagne se trouve le fait de porter des accusations criminelles contre la direction du coup d'Etat et les responsables du massacre de 2010 à Bangkok, ainsi que de poursuivre des sanctions ciblées afin de livrer les responsables et la justice aux victimes. La campagne sera menée sur une base pro bono, totalement indépendante de toute politique active ou d'un quelconque parti en Thaïlande.

"Face à la terrible répression en cours sous le gouvernement du coup d'Etat, nous ne devons pas abandonner l'effort d'appliquer les conséquences pour ceux qui violent les droits humains et qui ont détruit la fragile démocratie de la Thaïlande", a déclaré Amsterdam. "Nous considérons cela comme une question d'importance historique. C'est seulement quand nous verrons ces élites inculpées et sanctionnées pour leurs crimes qu'il pourra y avoir un espoir de restaurer l'État de droit ainsi qu'un gouvernement représentatif en Thaïlande."

Amsterdam & Partners LLP a été chargé en avril 2010, par l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, de défendre les droits du mouvement chemise rouge pro-démocratie et de porter plainte devant la Cour pénale internationale (CPI) pour les massacres dévastateurs qui ont abouti à l'assassinat de plus de 90 citoyens désarmés par l'armée thaïlandaise à Bangkok.

Toutefois, suite au coup d'Etat militaire qui a renversé le gouvernement élu en mai dernier, les conditions pour les droits humains se sont fortement détériorée, et l'engagement entre Robert Amsterdam et l'ancien Premier ministre Thaksin s'est conclu, explique Amsterdam & Partners LLP dans un communiqué.

"Nous sommes reconnaissants à Khun Thaksin pour l'occasion qu'il nous a donné de nous impliquer dans ces questions, et nous lui souhaitons le meilleur dans ses efforts. Notre objectif sera désormais de poursuivre des alliances avec la société civile, les ONG et d'autres groupes politiquement indépendants afin de continuer à plaider pour les droits des citoyens par le biais de tous les moyens disponibles. Notre engagement est inébranlable", a déclaré Amsterdam.

Robert Amsterdam

Robert Amsterdam

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4 janvier 2015 7 04 /01 /janvier /2015 13:24

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/01/03/does-the-thai-kings-immense-wealth-give-him-political-power/

 

Pour beaucoup de gens, il semble être évident que le roi Pumibon parce qu'il possède un énorme conglomérat capitaliste, connu sous le nom de Bureau des Biens de la Couronne (Crown Property Bureau, sigle anglais: CPB), et le fait qu'il est aussi la personne la plus riche de Thaïlande, lui donne un immense pouvoir politique. Le CPB est propriétaire d'un grand nombre d'actions de la Siam Commercial Bank et de Siam Cement. Il possède également d'énormes quantités de terre, souvent dans des sites principaux de l'immobilier. Les royalistes prétendent que le roi n'est pas le propriétaire du CPB, parce que celui-ci appartiendrait à la monarchie. Ce n'est qu'un détail. Simon Montlake, dans un article de Forbes datant de 2012, surnomme le CPB une "entreprise familiale, préservée pour  la prochaine génération". Ce n'est ni un organisme gouvernemental ni une société privée. Le monarque est officiellement en charge de ses investissements. Le roi a également une fortune privée séparée.

Il est peu probable que Pumibon n'ait une quelconque capacité pour les affaires. Tout comme n'importe quel grand fonds de pension, le CPB a un comité qui gère ses investissements pour le roi. Ses discours sur l'économie de suffisance sont dépourvus de toute analyse économique ou commerciale réelle et ne parlent en réalité que de laisser les pauvres rester pauvres sans être assistés par le gouvernement. Bien sûr, c'est un conservateur; tous les monarques le sont.

Les investissements du CPB ont été revigorés après la crise économique de 1996 par les politiques gouvernementales de Taksin. Ce qui ne pourrait guère faire de Pumibon un ennemi de Taksin.

Mais le fait de posséder d'immense richesse et d'être nominalement responsable d'un immense conglomérat confère-t-il automatiquement le pouvoir politique? Si oui, alors Bill Gates et Warren Buffett dirigeraient les Etats-Unis Ce n'est pas de cette façon que l'Etat capitaliste fonctionne. Il y a une division du travail aussi bien dans les démocraties que les États autoritaires. Les gouvernements et les partis politiques dirigent l'Etat au nom de la classe des affaires, même lorsque le gouvernement est dirigé par des partis sociaux-démocrates, comme en Europe.

Dans le cas des grandes entreprises, tout ce qu'elles veulent, ce sont des politiques gouvernementales qui leur permettent de continuer à faire des profits. Elles peuvent utiliser leur influence, via le financement des campagnes des partis politiques ou la propriété des médias, afin d'influencer la politique, mais elles sont soucieuses de ne pas se mouiller directement. La raison la plus importante est que les politiciens et les gouvernements vont et viennent. Ils deviennent populaires un jour et perdent leur popularité le lendemain. Ils sont blâmés par l'électorat pour leurs erreurs. Les sociétés et leurs patrons peuvent s'élever au-dessus de tout cela et continuer à faire des affaires. C'est pourquoi, Dhanin Chearavanont, patron de la CP Corporation, la plus grande multinationale de Thaïlande, a toujours donné de l'argent à tous les partis politiques thaïlandais.

Pumibon n'est que l'un des plus importants capitalistes de Thaïlande, même s'il est le plus riche. Il ne peut pas être vu intervenant dans la politique en raison du fait qu'il est le chef de l'Etat. Non seulement Pumibon n'est pas un chef d'entreprise qui dirige les gouvernements, pas plus que ne le sont Bill Gates ou Warren Buffet, mais nous devons regarder qui l'a rendu riche en en premier lieu. C'est la faction militaire conservatrice des élites qui a réintégré le contrôle formel du monarque sur le CPB après le coup d'Etat de 1947. Pumibon n'est redevable qu'à l'armée pour sa richesse. Elle pourrait le renverser comme elle l'a fait [pour un autre monarque] après la révolution de 1932.

Le fait que Pumibon ait toujours été redevable à l'armée pour son statut signifie qu'il n'a également aucun contrôle sur les forces armées, contrairement à ce que certains affirment à tort. C'est l'armée et les autres élites qui contrôlent Pumibon.

Un autre facteur supposé que les gens pourraient avancer afin d'affirmer ce qu'on appelle le pouvoir politique de Pumibon pourrait être l'idée comme quoi "tous les Thaïlandais vénèrent le Roi". C'est un mythe soutenu par la classe dirigeante thaïlandaise et répété par de nombreux journalistes étrangers. Si cela était vrai, pourquoi la Thaïlande doit-elle donc posséder une loi de lèse-majesté qui impose un tel respect? La popularité de la monarchie a augmenté et diminué tout au long du règne de Pumibon. Elle était à un faible niveau au milieu des années 1970 lorsque le Parti communiste menait une guerre contre la dictature militaire. Elle a ensuite augmentée avant de chuter à nouveau après que le roi ait refusé de condamner le coup d'État militaire de 2006 et qu'il soit resté silencieux lors du massacre des manifestants chemises rouges désarmés.

Mais même si de nombreux Thaïlandais "vénéreraient" le roi, cela ne lui conférerait pas automatiquement la puissance politique. Le peuple thaïlandais n'est pas stupide. Il se pose des questions et se fait sa propre opinion quant à l'attitude à prendre vis-à-vis des politiciens en fonction de leurs réalisations. Si Pumibon devait intervenir directement dans la politique, il serait tôt ou tard mis à l'examen. Pumibon évite à tout prix l'examen du public. Il est aussi extrêmement lâche et a toujours suivi le flux.

Pumibon ne peut pas être séparé du pouvoir politique, de même que l'institution de la monarchie, mais pas parce qu'ils sont puissants. C'est parce que ceux qui ont un réel pouvoir politique les utilisent comme des outils. Ils ne peuvent pas être séparés de leur rôle dans la perpétuation des inégalités économiques de la Thaïlande. C'est pourquoi la monarchie devrait être supprimée et ses vastes richesses nationalisées pour le bénéfice des gens ordinaires.

Giles Ji Ungpakorn

Giles Ji Ungpakorn

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3 janvier 2015 6 03 /01 /janvier /2015 09:27

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https://www.facebook.com/groups/ACT4DEM/permalink/845681905494126/

 

1er janvier 2015

Cher Mark Zuckerberg,

Nous tenons à vous remercier pour la création de Facebook: un espace qui a grandement permis au peuple thaïlandais de partager des souvenirs, des sentiments et des pensées avec leurs parents et amis bien-aimés dans leur propre patrie ainsi qu'avec les gens partout dans le monde.

Facebook a connu une croissance rapide en Thaïlande au cours des dernières années. Cette rapide croissance est le résultat du climat politique en Thaïlande, où les royalistes et la junte militaire imposent une lourde censure sur toutes les formes de médias et de communication et encouragent activement l'application des lois archaïques et draconiennes de lèse-majesté de ce pays.

Des rapports précis et honnête des événements en Thaïlande ne sont pas possible dans ce pays. Cela rend presque impossible pour les habitants de la Thaïlande de se faire une analyse précise de leur propre situation et des circonstances en Thaïlande.

Pour le plus grand nombre de la population thaïlandaise qui chérissent les principes de la démocratie, le maintien en ligne de l'ouverture du cyberespace est maintenant une question d'une importance cruciale, et Facebook est actuellement le lieu de rencontre le plus important avec une moyenne de 30 millions d'utilisateurs en Thaïlande, environ la moitié de la population - pour suivre les développements politiques, glaner des informations à partir du plus large éventail d'opinions possible et mettre plus ou moins à jour leurs points de vue et opinions qui peuvent ensuite être communiquées et débattues ouvertement.

Les coups d'État que les militaires ont organisés en 2006 et 2014 n'ont pas conduit à la stabilité sociale ou économique ni à la paix et des millions de Thaïlandais commencent à être extrêmement fatigué de lutter pour rester rationnel dans la défense de la démocratie et garder la main sur les potentiels qui peuvent empêcher le rétablissement d'un ordre social hiérarchique et autoritaire.

D'un côté de ce conflit politique se trouve la grande majorité de la population qui exige que le résultat des élections soit respecté. De l'autre la minorité, le pouvoir de l'élite royaliste main dans la main avec la nouvelle élite urbaine, s'accrochent à leurs croyances dans un droit divin de régner.

Nous tenons à mentionner brièvement que des décennies de troubles politiques en Thaïlande se sont considérablement approfondis après la répression militaire de 2010, l'exercice simultané de la Loi sur le décret d'urgence (2005), la Loi sur les crimes informatiques (2007), une large application de la loi martiale, en particulier après le coup d'Etat militaire de 2014, et l'augmentation de l'application de la loi de lèse-majesté. Les six ou sept gouvernements que nous avons eus depuis le coup militaire de 2006 ont tous mis l'accent sur le blocage de la liberté des médias publics et la liberté des personnes individuelles à s'exprimer, en particulier sur les questions relatives à la puissance des institutions sous le patronage de la monarchie.

Tout cela contribue à faire de la plate-forme Facebook le plus important espace de discussion politique, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Thaïlande et un canal par l'intermédiaire duquel les Thaïlandais peuvent exprimer leurs frustrations légitimes. Dans l'arène politique thaïlandaise, la mobilisation "chemise rouge" a eu un impact très significatif sur l'affranchissement de la conscience politique de millions de citoyens thaïlandais, notamment dans le cas de la majorité rurale. En réponse à cela, le camp royaliste et celui des nouvelles élites urbaines se sont mobilisés pour rétablir leurs avantages dans tous les domaines de l'administration, notamment en matière de contrôle de la justice.

L'outil non-militaire le plus efficace de l'arsenal politique royaliste est l'article 112 du Code pénal thaïlandais: l'instrument pour faire taire "les gens qui pensent différemment". Cette loi de lèse-majesté déclare que: "Quiconque diffame, insulte ou menace le roi, la reine, le prince héritier ou le régent, sera puni d'un emprisonnement de trois à quinze ans." La loi elle-même permet d'être utilisée par tout le monde pour accuser n'importe qui.

Les chiffres exacts des cas ne sont pas connus. Toutefois, on estime que, depuis 2006, plus de 1000 personnes ont été inculpées en vertu de l'article 112 et des dizaines parmi ces personnes sont détenues en prison indéfiniment. Beaucoup de ceux qui sont inculpés sont, en effet, des militants pour la démocratie. Beaucoup d'entre eux sont aussi des citoyens ordinaires qui veulent simplement utiliser leur franc-parler, des hommes et des femmes, des jeunes et des vieux, des écrivains d'opinion, des universitaires, des journalistes, des étudiants, des agriculteurs et des travailleurs, et aussi des gens du monde des affaires. Plusieurs ont été contraints de fuir cette vieille terre des sourires et ont cherché l'asile politique ailleurs - c'est le cas pour plus de 200 personnes.

Dans nos trois plus récentes élections générales (2006, 2007 et 2011), les élites royalistes ont perdu avec d'énormes marges.

Il semble, aujourd'hui, que les pages Facebook, même thaïlandaises commencent à être dominées par des éléments fascistes qui travaillent en groupe afin d'intimider tout ceux qu'ils peuvent. Il y a maintenant un réseau Facebook appelé "l'Organisation de Collecte des Poubelles" (Rubbish Collection Organization) dont l'objectif est d'organiser une chasse aux sorcières contre toute personne réputée ne pas faire suffisamment preuve de loyauté envers la monarchie. Les messages et commentaires visent à encourager les sympathisants royalistes à agresser, aussi bien physiquement que mentalement, quiconque pense différemment sur la monarchie. Les utilisateurs Facebook réputés coupables de ne pas démontrer suffisamment d'amour envers le roi pourrait se trouver inculpés en vertu de l'article 112.

Depuis le coup d'Etat militaire de mai 2014, les réseaux royalistes, aussi bien officiels, qu'officieux et d'infiltration, ont de plus en plus espionnés les posts et les articles publiés sur Facebook afin d'y rechercher des preuves pour inculper les gens de lèse-majesté en vertu de l'article 112.

Cette tactique royaliste de former des groupes pour espionner les utilisateurs de Facebook est alarmante. Conformément à l'article 112, des gens rationnels et normaux sont contraints de vivre dans l'ombre de la peur, dans la crainte d'être déclaré coupable de penser différemment, dans la crainte de nombreuses formes de sanction sociale et de menaces mentales, matérielles ainsi que de représailles physiques. Cela signifie que de nombreux utilisateurs de Facebook ne peuvent pas risquer de révéler ou de confirmer leur identité et, de même, ne peuvent pas se lever pour défendre leur position lorsque leur compte Facebook est fermé.

D'autre part, comme s'ils étaient protégés, les comptes Facebook des royalistes apparaissent libres de toutes menaces de fermeture, même quand ils utilisent également des pseudonymes. Peu importe qu'ils soient agressifs, qu'ils se protègent avec des suffixes "Love the King", les cyber-scouts royalistes semblent être en mesure de se concentrer sur l'intimidation d'utilisateurs réguliers de Facebook sans avoir à se soucier d'être fermés.

Nous vous écrivons dans l'espoir que vous et votre équipe Facebook donnerez à ces préoccupations et à cet appel votre attention sérieuse.

Il y a chaque jour des plaintes parmi la population thaïlandaise comme quoi leurs pages Facebook ont été supprimées à la suite de rapports des royalistes à Facebook.

Il semble que ces jours-ci, les voix critiques du régime militaire/royaliste de Thaïlande soient victimes d'intimidation, même à travers Facebook et en sont réduits eux-mêmes à désactiver leur compte Facebook par crainte de représailles, ou se le voient fermer par Facebook lui-même.

Nous pensons que nous devons communiquer avec vous, en personne, afin de vous informer sur les conditions en Thaïlande et les difficultés auxquelles de nombreux utilisateurs thaïlandais de Facebook, qui luttent pour la liberté et la démocratie, font face actuellement.

Nous tenons à confirmer que, dans le cadre de la situation politique qui règne actuellement en Thaïlande, à un moment où la liberté d'expression dans ce pays est de nouveau fortement censurée, Facebook fonctionne comme un canal de communication vital pour des dizaines de millions de thaïlandais.

Lorsque, même dans les universités, la liberté de dialoguer, ne parlons même pas de celles d'analyser et de tirer des conclusions, est interdite, l'importance de Facebook comme espace éducatif où les gens peuvent étudier et partager des informations à propos de ce qui se passe dans leur propre pays, est vraiment importante, surtout pour ceux qui se sont engagés dans la lutte pour une démocratie pleinement représentative.

Nous pensons que l'expérience thaïlandaise actuelle donne à Facebook, encore une fois, l'occasion de reconnaître l'importance et la nécessité de FB qui est devenu essentiel dans notre lutte commune pour un monde libre.

Nous aimerions demander à Facebook, ce qui suit:

- De reconnaître que la fermeture des pages FB de personnes signalées par des royalistes thaïlandais ou des réseaux royalistes ne sert pas les intérêts de notre lutte commune pour défendre les principes de gouvernance démocratique ni les intérêts du monde libre.

À la lumière de cela, nous proposons que Facebook établisse certaines normes d'enquête avant de décider de mettre fin aux pages Facebook de personnes, par exemple, dans le cas de la Thaïlande, en établissant un protocole pour communiquer avec elles, par exemple dans le cas où une personne est signalée à FB par les royalistes thaïlandais (accusée d'affaiblir l'opposition royaliste), et de fournir à l'accusé une possibilité décente pour, non seulement se défendre, mais aussi pour se protéger.

- D'étudier, sur une base égale, les discours haineux du camp royaliste, en particulier les menaces d'agressions physiques ou mentales ou même les appels à commettre des meurtres, des assassinats ou à blesser les gens qui pensent différemment que les royalistes thaïlandais.

- À adhérer au principe de la protection de la vie privée des utilisateurs de Facebook et à ne pas divulguer des informations sur les utilisateurs thaïlandais de Facebook à d'autres organisations, en particulier aux organisations qui travaillent pour la junte militaire en Thaïlande ou y sont affiliés.

Nous souhaitons et espérons que vous allez entendre nos voix et nos préoccupations.

Merci.

Signé par:

Junya Yimprasert

Jom Petchpradab

Doungchampa Spencer-Isenberg

Aum Neko

Somsak Pakdidech

Junya Yimprasert qui est actuellement exilée politique en Finlande

Junya Yimprasert qui est actuellement exilée politique en Finlande

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2 janvier 2015 5 02 /01 /janvier /2015 15:36

Un article d'Asia Sentinel

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http://www.asiasentinel.com/politics/thailand-shuts-strong-opposition-voice/

 

Financée par l'État, l'Organisation de Collecte des Poubelles (Rubbish Collection Organization) dénonce les dissidents

Les autorités thaïlandaises, agissant sur la plainte de "l'Organisation de Collecte des Poubelles", une organisation parrainée par l'Etat et qui cherche à discréditer les opposants de la junte, ont persuadé Facebook de fermer l'accès aux thaïlandais de "Thai Voice Media", fondé par le journaliste thaïlandais respecté Jom Petchpradub, ancien rédacteur en chef adjoint de la station de télévision TITV.

La fermeture du site de Jom est une indication de la volonté des autorités thaïlandaises à agir contre les dissidents réfugiés à l'étranger. Le journaliste s'est échappé du pays et a demandé l'asile politique aux États-Unis après avoir refusé de faire son rapport à l'armée à la suite du coup d'Etat du 22 mai dernier qui a amené l'ancien chef de l'armée, Prayuth Chan-Ocha, au pouvoir. Il avait auparavant utilisé sa page Facebook pour diffuser ses vues à travers ses entretiens avec des militants de la démocratie à l'étranger ou vivant en Thaïlande via Skype.

L'Organisation de Collecte des Poubelles (Rubbish Collection Organization) a vu le jour en avril 2014, surfant sur le chaos politique organisé par les adversaires du gouvernement démocratiquement élu du parti Pua Thai et a été conçu pour étouffer la dissidence. L'ordre de la créer provient du lieutenant-général Surayud Chulanont, qui a dirigé le gouvernement militaire à la suite du coup d'Etat de 2006 qui a renversé l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, et qui siège maintenant au Conseil privé qui conseille le roi malade Bhumibol Adulyadej.

Malgré les blocages de sites web, les Thaïlandais ont continué à être en mesure d'obtenir des informations du monde extérieur, ce qui a causé des maux de tête à la monarchie et à son réseau composé de royalistes et d'élites. Lors du stade précoce de l'Internet en Thaïlande il y a 10 ans environ, les personnes au pouvoir n'avaient pas été préparées à l'impact de la libre circulation de l'information. Les royalistes ont sous-estimé l'impact et l'influence du réseau internet.

À un moment donné, le gouvernement a ordonné la fermeture complète de YouTube pendant 90 jours même si une telle action violait le protocole de l'Internet selon l'organisme international régissant le monde du web. L'arrêt a provoqué un tollé parmi les communautés étrangères diplomatiques et d'affaires, et a forcé le gouvernement thaïlandais à repenser sa position de ligne dure. YouTube a été autorisé de nouveau.

Avec le pays qui attend la mort du vieux roi de 87 ans et le passage du trône à son fils Vajiralongkorn agé de 62 ans, qui est détesté par beaucoup de membres du conseil privé qui ne savent pas quoi faire de lui, le gouvernement thaïlandais a créé l'un des filets les plus serrés et restrictifs du monde sur l'Internet, rivalisant en cela avec la Corée du Nord. Un nombre inconnu mais important de blogueurs ont été arrêtés pour avoir violé la loi de lèse-majesté et celle de juin 2007 sur les crimes informatiques, une loi faite pour rendre plus facile l'inculpation des personnes accusées de cyber-crimes.

En outre, grâce à l'aide d'hommes d'affaires basés aussi bien en Thaïlande qu'aux États-Unis, les autorités auraient ordonné le blocage élaborée ainsi que le contrôle de l'équipement de surveillance des sociétés américaines, ce qui est peut-être illégal en vertu des lois américaines qui spécifient que l'équipement ne devra pas être mis entre les mains de pays cherchant à en faire usage afin d'empêcher la liberté de parole et d'expression.

Il semble que le gouvernement thaïlandais ait aussi violé un accord de bonne foi avec l'Agence américaine antidrogue (DEA) sur les dispositifs de surveillance d'internet sophistiqués censé être remis à la police thaïlandaise par la DEA afin de lutter contre le flux de drogues et le trafic de stupéfiants. Au lieu de cela, l'équipement semble avoir été utilisé plus tard dans la détection des adresses IP de ceux qui postait des commentaires hostiles ou peu flatteur au sujet de la famille royale. Des milliers de sites Web, blogs et pages Facebook ont été bloqués par les autorités.

De même qu'il y a un an, Surayud a demandé à son associé, un médecin et major-général à la retraite, le Dr Rientong Nan-nan, de former l'Organisation de Collecte des Poubelles , qui a obtenu son financement des royalistes et de l'armée afin de traquer les gens qui violaient peut être la loi de lèse-majesté dans le cyber-monde et pour extirper ceux qui critiquent les membres de la famille royale. Cela comprenait de créer un compte Facebook pour recruter des pro-royalistes comme "chasseurs de sorcières" afin d'extirper les  dissidents "sorcières" qui critiquent la monarchie et la junte.

Dans un effort pour intimider l'opposition et le mouvement démocratique, certains adeptes de l'Organisation de Collecte des Poubelles ont posté d'horribles photos du massacre et de la violence contre les étudiants non armés qui ont été mutilés et tués le 6 octobre 1976 à l'Université Thammasat. Ils ont également posté des photos nues ou offensantes dans les commentaires des pages Facebook, puis ont immédiatement informé les autorités afin d'inculper les pages violant les règles du gouvernement, et arrêter les contrevenants. Surayud et Rientong ont offert des récompenses pour toute "Mah-Mod แม่มด" ou sorcière dénoncée.

Les Chemises jaunes royalistes, qui ont adoptés le jaune comme leur couleur fétiche, ont recueillis des preuves sur les messages postés sur Twitter, Instagram et Facebook, pour savoir où les "sorcières" vivent et travaillent, Ils ont ensuite fait circuler l'information entre leurs réseaux et rapporté les "délinquants" à la police.

Les médias thaïlandais traditionnels considèrent l'Organisation de Collecte des Poubelles comme une faction politique inoffensive. Yingluck Shinawatra, l'ancienne première ministre, n'a rien fait pour mettre fin à ses activités. Chatwadee Rose Amornpat, une blogueuse basée à Londres et opposante virulente à la monarchie, a dit à Asia Sentinel que ses propres parents l'avaient signalé à la police et avait déposé des accusations de lèse-majesté contre elle.

Parmi les autres personnes dénoncées par le président du "Réseau pour protéger la Nation, la Religion et la Monarchie" se trouve Aum Neko qui chercherait soi-disant à "détruire la religion bouddhiste." Aum Neko, une transsexuelle militante pro-démocratie et ancienne étudiante à l'université Thammasat, qui plus tard s'est exilée en France pour y demander l'asile politique. Ironiquement, il n'y a pas eu de telles accusations contre Bhudda Issara, le moine étroitement liée à Suthep Thaugsuban, dont les émeutiers ont fait tomber le gouvernement de Yingluck, et qui appelle à la violence contre les défenseurs de la démocratie.

L'activiste chemise rouge et militante anti-lèse-majesté La doctoresse Suda Rangukan, a été victime de l'Université Chulalongkorn, qui a refusé de renouveler son contrat. Elle est au Cambodge et a elle-aussi demandé l'asile politique.

En attendant, le doyen et vice-chancelier de cette université a soutenu activement les émeutiers de Suthep et la destruction du mouvement pro-démocratie. Personne n'osait le critiquer. Une telle organisation est illégales et anti droit de l'homme pour toutes les personnes civilisées sauf les royalistes thaïlandais.

L'Armée et la Marine royale thaïlandaise se sont également impliquées afin de montrer leur loyauté. Un bataillon des cyber escadrons des deux branches des forces armées a mis en place des dénonciations en ligne grâce à de coûteux matériaux informatiques et des ordinateurs portables dont la seule fonction est de collecter des données, de bloquer les messages hostiles et surveiller les activités de divers sites internet populaires tels que Facebook, Twitter, Instagram, et 24/7 sur la Thaïlande. Ils savent comment bloquer des comptes Facebook et l'ont prouvé à plusieurs reprises. Chatwadee a expliqué que son compte Facebook a été bombardé par l'Organisation de Collecte des Poubelles plus de 10 fois cette année. Parmi les Thaïlandais, le mot "bombarder" est un euphémisme pour la fermeture d'un compte internet par des autorités thaïlandaises parrainées par l'État.

Chatwadee a dit qu'elle avait écrit à Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, pour lui demander de l'aide et l'a informé de ces actes parrainés par l'État, mais en vain. Elle a aussi affirmé, "nous sommes découragés et dans un état de désespoir du fait que nous menons une lutte désespérée, mais nous n'avons pas d'autre choix que de continuer à raconter au monde la vérité sur la Thaïlande - que le peuple thaïlandais est pris en otage par la junte militaire ainsi que par la monarchie et son réseau."

Dessin de Supachai

Dessin de Supachai

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1 janvier 2015 4 01 /01 /janvier /2015 08:57

Un article de Pavin Chachavalpongpun

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http://www.japantimes.co.jp/opinion/2014/12/28/commentary/world-commentary/thai-regime-plays-royal-card-silence-critics/#.VKOlOCuUde9

 

Tandis que, dans le monde, nombreux sont ceux qui célèbrent cette saison festive et la fin de 2014, en Thaïlande beaucoup de gens ne sont pas enthousiastes sur ce que la nouvelle année apportera à la suite du coup d'Etat organisé par l'armée le 22 mai dernier.

Jusqu'à présent, il n'y a eu aucun signe montrant une volonté de l'armée de se retirer de la politique. Une date pour l'élection n'a toujours pas été fixée. Les droits humains fondamentaux des Thaïlandais continuent d'être violés.

Ces derniers mois, l'augmentation des cas de lèse-majesté suggère que la prétention de la Thaïlande à être le "Pays du Sourire" ne sonne plus tout à fait vrai.

Il y a plusieurs raisons derrière l'application de la loi. Étayer une institution monarchique affaiblie et déguiser l'incertitude de la succession royale sont des justifications.

Les tentatives de contrôle de la société pour conserver les privilèges élitistes, prolonger le rôle de l'armée dans la politique, entraver la démocratisation et faire face à la révolution technologique dans le cyberespace jouent également un rôle important.

Le gouvernement militaire du général Prayuth Chan-ocha est très sévère pour les cas de lèse-majesté. À bien des égards, ces accusations semblent confirmer l'existence du soi-disant mouvement anti-monarchie en Thaïlande.

Ils justifient également le coup d'Etat dont le programme, entre autres choses, est de protéger l'institution royale. Mais plus les militaires utilisent la loi à des fins politiques, plus ils affaiblissent la monarchie, surtout maintenant au crépuscule du long règne du roi Bhumibol Adulyadej.

L'application de la loi met en évidence un sentiment de désespoir, et non pas d'autorité, de la part de l'Etat thaïlandais.

Le fait que beaucoup de gens acceptent le fait que la monarchie ait un rôle légitime à jouer dans la vie politique thaïlandaise, et ait le droit d'intervenir en temps de crise, sans sanction, souligne la domination royale sur le système démocratique.

Un état fonctionnant de manière prérogative semble désormais coexister avec la société thaïlandaise régulière, dans lequel le palais et les militaires opèrent au-dessus de l'état de droit et ou la responsabilité démocratique n'a plus aucune force.

La loi de lèse-majesté est utilisée pour protéger l'institution royale ainsi qu'un système beaucoup plus vaste connue sous ce nom. La loi sert à masquer le fonctionnement de manière prérogative de l'État et à défendre les membres de la monarchie de réseau contre l'examen du public... et cela tant que leurs actions seront justifiées par le prétexte de sauvegarder la monarchie. Ce processus se déroule parallèlement à la re-sacralisation et la re-glorification sans fin du roi Bhumibol.

Cette stratégie permet d'accuser les opposants politiques de dénigrer la séculaire institution et de les étiqueter comme "ennemis de l'État."

Un fait intéressant est à noter; il y a une décennie, les allégations de crime de lèse-majesté servaient principalement de moyen inter-élite pour éliminer ses ennemis. Par exemple, l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra a accusé le Parti Démocrate d'avoir commis le crime de lèse-majesté en exploitant la monarchie dans sa campagne électorale.

De même que Thaksin et Sonthi Limthongkul, un chef de file du mouvement royaliste "Alliance du peuple pour la démocratie (PAD)", pointaient également du doigt l'autre camp en l'accusant de ne pas respecter l'institution royale.

Aujourd'hui, avec un espace politique beaucoup plus ouvert, et avec la menace actuelle contre la prérogative de l'Etat, les royalistes ont commencé à cibler pratiquement n'importe qui venu de toutes les tendances politiques.

Trente-trois cas de lèse-majesté ont été jugés devant les tribunaux de première instance en 2005; le nombre a presque quadruplé en atteignant 126 cas en 2007. C'est passé à 164 cas en 2009, puis a triplé pour atteindre 478 cas en 2010. Les augmentations les plus spectaculaires ont eu lieu sous le gouvernement du Parti Démocrate d'Abhisit Vejjajiva. Depuis le coup d'Etat de cette année [2014], de nombreux Thaïlandais ont été emprisonnés pour lèse-majesté, sans aucune chance d'obtenir une libération sous caution.

Deux étudiants de l'université [Thammasat] ont été emprisonnés pour une pièce de théâtre jugés critiques envers la monarchie. Une femme, dont le compte Facebook a été piraté, a également été accusée, bien que le contenu lèse-majesté soit apparu sur sa page à son insu.

Une autre femme est sous enquête pour avoir porté du noir lors de l'anniversaire du roi (le 5 décembre); cela a été interprété comme un acte de malveillance envers le roi.

Plus tôt, en décembre dernier, un homme a été inculpé pour avoir critiqué le discours du roi, qui louait son chien nommé Thongdaeng de sa fidélité par rapport aux politiciens corrompus. Il avait montré sa colère, s'était interrogé sur la comparaison et avait fini par exprimer sa malédiction.

Au cœur du problème se trouve la tentative de l'armée pour faire taire les critiques de la monarchie en utilisant la loi de lèse-majesté comme une arme. Dans cette ligne de pensée, la trahison semble rôder autour de chaque coin, et la loi de lèse-majesté est un appareil puissant pour éliminer la dissidence politique.

Si les objectifs de ce genre expliquent clairement l'utilisation abusive de la loi, la raison de singulariser des ennemis particuliers est plus insaisissable. À titre d'exemple, en 2011, le Centre de la Thaïlande pour la résolution des situations d'urgence (Thailand’s Center for the Resolution of Emergency Situations) a élaboré une "carte mentale" stupéfiante qui présentait un tableau obscur et compliqué prétendument cartographie des présumés liens entre les ennemis de la monarchie. Cette carte mentale s'est révélé plus tard être imaginaire. Et personne n'en a été tenu pour responsable.

Il est vrai que le roi Bhumibol a déclaré en 2005 qu'il pouvait être critiqué et qu'il était irréaliste de dire qu'il ne pouvait pas se tromper. Cela a été sa seule réponse face au nombre grandissant de cas de lèse-majesté, qui ont à leur tour accentués le ressentiment du public contre le palais.

Il est évident que le réseau de la monarchie exploite toujours la loi pour ses intérêts. La politisation de la monarchie a abaissé le niveau de respect envers le roi lui-même.

La seule façon pour la monarchie de survivre à l'évolution du contexte politique de la Thaïlande est de se réformer elle-même ou d'abolir cette loi anachronique.

La position actuelle du gouvernement de Prayuth est claire: éliminer les critiques de la monarchie est sa priorité.

C'est une triste et malheureuse situation que les Thaïlandais doivent endurer aujourd'hui. Si cette tendance à la chasse aux critiques de la monarchie continue, 2015 sera une autre année tragique pour les droits de l'homme en Thaïlande.

Pavin Chachavalpongpun est un professeur agrégé au Centre de l'Université de Kyoto pour les études d'Asie du Sud-Est, où il enseigne la politique d'Asie du Sud-Est et les relations internationales en Asie. Il est aussi un exilé politique et ne peut retourner dans son pays à cause de ses prises de position.

Pavin Chachavalpongpun

Pavin Chachavalpongpun

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31 décembre 2014 3 31 /12 /décembre /2014 09:25

Une satire de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/12/30/have-a-happy-new-year-you-serfs-eat-generalissimo-prayuts-12-principles/

 

1. Défendez l'institution de l'armée thaïlandaise, l'institution clé de l'Univers.

2. Respectez les lois du pays; ne faites pas ce que je fais, faites ce que je dis. C'est OK pour moi de massacrer des manifestants non armés et de déchirer la Constitution après un coup militaire, mais si vous faites le salut trois doigts vous irez tout droit en prison sur des accusations de lèse-Prayut.

3. Soyez toujours respectueux envers vos supérieurs qui vous ont sauvé de la mauvaise démocratie, surtout envers moi.

4. Vous n'avez pas de père ni de mère, le roi et la reine vous ont engendrés et ils sont vos vrais père et mère. La promiscuité est la règle de la famille royale.

5. Cherchez toujours à tout apprendre comme un perroquet, ne pensez jamais par vous-même. L'ignorance, c'est la force.

6. Aimez beaucoup toutes les traditions thaïlandaises. Passez autant de temps que possible sur vos genoux ou à ramper à quatre pattes. Ne me regardez pas dans les yeux.

7. Soyez avide et cupide dans les meilleures traditions du Grand Riche Homme qui a inventé l'économie de suffisance.

8. Apprenez par cœur que "la Démocratie et la Réforme ne se développent que sur le canon d'un tank". Assistez les divers reptiles qui rédigent sous mes ordres la nouvelle Constitution du Monde des Merveilles.

9. Maintenez une discipline de style jeunesse hitlérienne. FAITES CE QU'ON VOUS DIT!!! Sinon, je vous convoquerais pour un "changement d'attitude" assisté.

10. Soyez conscient et ayez à l'esprit que vos actions soient toujours en conformité avec les enseignements de notre Cher Leader le Généralissime Prayut.

11. Maintenez une attitude inflexible face aux forces obscures du diable, Taksin, le mal incarné. Rappelez-vous que le bouddhisme vous permet de mentir, de tuer et de supprimer les droits humains des autres personnes tant qu'il fait partie de la guerre sainte contre Taksin.

12. Mettez mes intérêts et les intérêts de notre Glorieuse Armée au-dessus de vos intérêts personnels.

Bonne année à vous, serfs ignorants !!

Ayez une bonne et heureuse année, avalez les 12 Principes du Généralissime Prayut!
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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 14:45

Une déclaration de la Commission asiatique des droits de l'homme

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http://prachatai.org/english/node/4638?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+prachataienglish+%28Prachatai+in+English%29

 

Ce lundi 29 Décembre 2014, à 9 heures, à la Cour pénale de Ratchadaphisek Road à Bangkok, Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkhong vont comparaître devant le tribunal pour la première fois depuis qu'ils ont été formellement inculpés le 25 octobre 2014. Ils ont été accusés d'avoir violé l'article 112 du Code criminel thaïlandais à cause de la représentation d'une pièce de théâtre, "La fiancée du Loup (Jao Sao Ma Pa)" en octobre 2013. Ce cas est l'un des nombreux cas impliquant la limitation de la liberté d'expression depuis le coup d'Etat du 22 mai 2014 par le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO). L'Asian Human Rights Commission (AHRC) invite toutes les personnes intéressées [qui vivent à Bangkok] à assister au procès en qualité d'observateurs, et appelle les autres personnes intéressées à suivre cette affaire de près.

Détails du cas:

Patiwat Saraiyaem, 23 ans, étudiant en cinquième année de la Faculté des Beaux-arts et arts appliqués à l'Université de Khon Kaen, qui est aussi un militant, a été arrêté le 14 août 2014 dans la province de Khon Kaen et est actuellement détenu dans la prison centrale de Bangkok.

Pornthip Munkhong, 25 ans, diplômée de la Faculté de science politique à l'Université Ramkhamhaeng et militante elle-aussi, a été arrêté le 15 août 2014 à l'aéroport de Hat Yai, et est détenue à la prison centrale pour les femmes.

Ces deux étudiants ont été détenus sans droits à la liberté sous caution, malgré de nombreuses demandes, depuis leur arrestation et depuis qu'ils ont été formellement inculpés, le 25 octobre dernier, de violation de l'article 112.

L'article 112 du Code pénal stipule que: "Quiconque, diffame, insulte ou menace le roi, la reine, le prince héritier ou le régent, sera puni d'un emprisonnement de trois à quinze ans." L'utilisation de l'article 112 est très politisée et il a souvent été utilisé comme une méthode afin de faire taire les voix dissidentes, notamment dans les moments de crise de régime. Bien que cette mesure fasse partie du Code criminel depuis sa dernière révision en 1957, il y a eu une augmentation exponentielle du nombre de plaintes déposées depuis le coup d'Etat du 19 Septembre 2006 et cette augmentation a encore été multipliée après le coup d'Etat le 22 mai 2014.

L'affaire contre Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkhong vient d'une plainte en rapport avec leur participation à la performance d'une pièce de théâtre, "La fiancée du Loup (Jao Sao Ma Pa)" à l'Université Thammasat en octobre 2013 à l'occasion du quarantième anniversaire du soulèvement du 14 octobre 1973. Au moment de leur arrestation, l'AHRC avait noté que leur arrestation pour avoir exercé leur liberté d'expression dans une pièce de théâtre était une indication de la criminalisation de la pensée et de la liberté d'expression en Thaïlande après le coup d'Etat du 22 mai 2014 organisé par le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO). Leur maintien en détention est un rappel quotidien de l'aggravation de la crise des droits de l'homme suite au coup d'Etat.

Dans ce cas, ainsi que dans d'autres affaires de liberté d'expression depuis le coup d'Etat, la manière dont ces deux militants ont été accusés, plus d'un an après le crime présumé, suggère que le passé est devenu un catalogue ouvert des actes et des discours pouvant être criminalisée rétrospectivement.

La Commission asiatique des droits de l'homme tient à rappeler à la junte et à la Cour pénale qu'en tant qu'État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (International Covenant on Civil and Political Rights: sigle anglais ICCPR), la Thaïlande est dans l'obligation de protéger et de faire respecter l'article 19, qui note que;

- 1. Tout le monde a le droit d'avoir des opinions sans interférence.

- 2. Toute personne a droit à la liberté d'expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute sorte, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou sous la forme de l'art, ou par tout autre moyen de son choix.

- 3. L'exercice des libertés prévues au paragraphe 2 du présent article comporte des devoirs et des responsabilités spéciaux. Il peut en conséquence être soumis à certaines restrictions, qui doivent toutefois être expressément fixées par la loi et qui sont nécessaires: - (a) Au respect des droits ou de la réputation d'autrui;

- (b) A la sauvegarde de la sécurité nationale ou de l'ordre public, de la santé ou de la moralité publique.

La Commission asiatique des droits de l'homme condamne sans équivoque le coup d'Etat dans les termes les plus forts possibles et condamne de même le déni de la liberté d'expression et la chasse aux sorcières envers ceux qui expriment, ou ont exprimé dans le passé, des points de vue critiques ou dissidents. Le fait de penser autrement que la junte n'est pas un crime.

La Commission asiatique des droits de l'homme reste également gravement préoccupé par le refus persistant d'accorder la liberté sous caution pour ce cas ainsi que pour d'autres affaires de liberté d'expression. Bien que des périodes prolongées de pré-inculpation et de détention provisoire soient devenues courantes en cas de violation alléguée de l'article 112, en tant qu'État partie de l'ICCPR, les autorités thaïlandaises sont également tenus de respecter le droit à la libération temporaire. En particulier, l'AHRC tient à rappeler à la junte ainsi qu'à la Cour pénale que l'article 9 (3) de l'ICCPR prévoit que; "Tout individu arrêté ou détenu du fait d'une infraction pénale doit être aussitôt traduit devant un juge ou un autre magistrat habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaires, et devra être jugé dans un délai raisonnable ou libéré. Cela ne doit pas être la règle générale que les personnes en attente de jugement soient placées en détention, mais leur liberté peut être subordonnée à des garanties afin de comparaître pour leur procès, à tout autre stade de la procédure judiciaire, et, le cas échéant, pour l'exécution du jugement.

Patiwat Saraiyaem et Pornthip Munkhong se sont vu refuser la libération sous caution durant plus de deux mois avant d'être inculpé, puis ce déni a continué après qu'ils aient été officiellement inculpés. Semblable à d'autres refus pour cas de violation de l'article 112, la Cour pénale a affirmé que le motif pour ce refus, était que s'ils étaient reconnus coupables, ils seraient soumis à une peine lourde et pourraient être ainsi susceptibles de fuir.

Sept mois se sont écoulés depuis le coup d'Etat du 22 mai 2014 et il n'y a toujours pas d'échéance claire pour la fin de la loi martiale ni pour un retour à un gouvernement démocratique et à la protection des droits de l'homme. Dans ce contexte, la présence d'observateurs au sein de la salle d'audience sera un rappel visible pour la junte et les juges que la violation des droits de l'homme ne passera pas inaperçue.

Pornthip Munkhong

Pornthip Munkhong

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28 décembre 2014 7 28 /12 /décembre /2014 07:54

Un article de Giles Ji Ungpakorn

http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/706-anti-reform-academics-hide-their-intentions-with-lies.html

 

Récemment, les universitaires conservateurs anti-réforme, comme Nakarin Mektrairat et Suchit Bunbongkarn, ont chanté les louanges du système politique allemand comme étant un modèle à suivre pour la Thaïlande. Mais leurs louanges sont basées sur un compte-rendu sélectif du système allemand et une distorsion des faits au sujet de la politique thaïlandaise.

Le système électoral allemand, au scrutin majoritaire pour les députés de circonscription et à la proportionnelle pour la liste des députés de parti, est similaire à celui de la Thaïlande sous la Constitution de 1997, bien que le système allemand ne soit légèrement meilleur pour refléter la proportion des suffrages exprimés vis-à-vis de chaque parti. Ce qui est bon sur le système allemand, par rapport à la Thaïlande, c'est l'élection d'un chef de l'Etat, l'absence de toute loi de lèse-majesté, et le fait que l'Allemagne possède un système fédéral, par opposition à l'état centralisé de la Thaïlande. Un tel système fédéral en Thaïlande pourrait être une étape vers la résolution de la guerre de longue durée à Patani.

Quand elle a été rétablie après la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande a mis en place un comité de sélection afin d'éliminer les généraux qui ne croyaient pas en la démocratie. Nous pourrions faire la même chose en Thaïlande.

Mais, naturellement, aussi bien Nakarin Mektrairat que Suchit Bunbongkarn ne souhaitent pas introduire l'un de ces bons points dans la vie politique thaïlandaise.

Suchit Bunbongkarn est un universitaire de droite anciennement établi, éduqué aux États-Unis, et fait partie de "l'école du fonctionnalisme structurel". Suchit était auparavant un juge constitutionnel. La Cour constitutionnelle non élue a cru qu'elle avait le droit de veto sur les politiques mises en avant par un gouvernement élu. Elle travaille maintenant à l'élaboration d'une constitution anti-réforme pour la junte militaire. Auparavant, dans ses écrits académiques, il a soutenu l'idée que la population thaïlandaise n’avait "aucun intérêt" pour la politique et que les gens étaient pris au piège dans un système "patron-client", qui les liait aux politiciens individuels. Il a plaidé pour le renforcement des partis politiques et une culture démocratique. Maintenant, il a changé son fusil d'épaule sans aucune hésitation. Il affirme actuellement que les partis politiques sont "trop puissants". Cela parce qu'il déteste les politiques pro-pauvres de Taksin. Il veut revenir en arrière à l'époque où l'électorat votait simplement pour des personnes influentes et non pas pour des partis ayant de réels programmes.

Nakarin Mektrairat est également occupé à travailler pour le Comité anti-constitutionnel de réforme de la junte. Récemment, il a soutenu l'interdiction de la junte pour les activités politiques associées aux événements du 6 octobre 1976 à l'Université Thammasart où il travaille également. Il a affirmé que ces activités créaient la "division". En d'autres mots, les gens ne devraient pas être autorisés à avoir des points de vue différents. Il affirme que tout le monde doit aimer le pays. Dans une interview pour l'agence de nouvelles "Isara", il a salué le roi pour avoir "protégé la démocratie" et s'être "assuré que les coups d'Etat militaires ne provoquaient pas de divisions de la société ni ne l'affaiblissaient". Dans un livre publié par l'Université Thammasart, il a affirmé que le roi "n'avait rien à voir avec" le bain de sang du 6 octobre et il cité sélectivement le discours du roi en 1976, en veillant à omettre sa claire approbation de l'événement ainsi que du coup d'Etat qui a eu lieu le même jour. Nakarin prétend être un "historien".

La démocratie ne se développera pas par un coup d'Etat militaire et les réformes ne sortiront pas de toutes les distorsions ni des mensonges des différents universitaires pro-militaires. Les anti-réformes de l'armée ne sont simplement conçues que pour réduire l'espace démocratique, la liberté d'expression et le droit de tout gouvernement démocratiquement élu de mettre en avant un manifeste clair au moment des élections.

Giles Ji Ungpakorn

Giles Ji Ungpakorn

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