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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 11:29

Au cours des dernières semaines, de plus en plus d'incidents signalés de harcèlement, fouille en public, détention et intimidation suggèrent qu'une campagne organisée par la police, vise les touristes et les ressortissants étrangers.

Même s'il est difficile de vérifier ou corroborer plusieurs des affirmations, le grand nombre de plaintes soulevées dans les forums en ligne, les blogs et les journaux, indiquerait un niveau bien au-dessus de la normale de ces incidents.

"Il semble que cela soit de pire en pire, beaucoup d'amis ont été arrêtés et harcelés, en particulier autour du quartier de Thong Lor," a déclaré un étranger vivant à Bangkok et qui a requis l'anonymat par crainte de nouveaux harcèlements.

Un groupe privé sur Facebook a partagé ces histoires et certains membres affirment avoir été arrêtés, fouillés, menacés d'arrestation et s'être vu parfois demandé de l'argent.

Un expatrié résidant vivant dans le quartier de Phra Khanong temoigne qu'alors qu'il rentrait du 7-Eleven à 18 heures, un homme portant des vêtements civils lui a ordonné de s'arrêter. Craignant qu'il ne s’agisse d'une arnaque, il a continué à marcher. À ce moment l'homme a saisi son bras et lui a dit:

"Vous avez agi de façon suspecte... Je veux voir votre passeport".

Les policiers ont refusé de reconnaitre une photocopie de son passeport et voulaient lui faire passer un test d'urine. Ils l'ont finalement condamné à une amende de 100 baths pour ne pas avoir son passeport sur lui et l'ont libéré.

Il y a de nombreux rapports similaires dans le quartier de Thong Lor. Un autre expatrié a affirmé que la police l'a embarqué au commissariat de police de Thong Lor pour un test d'urine. Alors qu'il ne pouvait pas uriner, les policiers l'ont forcé à boire quatre litres d'eau et pressés avec force sa vessie afin de le faire uriner et touché son pénis.

Un autre étranger a été emmené dans un poste de police où un agent lui a dit qu'il voulait voir son téléphone, puis a lu tous ses messages et SMS et a refusé de le lui rendre.

Plusieurs touristes ont été contraints de passer des tests d'urine.

Dans une lettre au Bangkok Post, une femme, Reese Walker, a décrit son "cauchemar de vacances en Thaïlande". Walker a expliqué que peu après son arrivée à Bangkok, elle se trouvait dans un taxi avec son fiancé quand ils ont été arrêtés par la police qui leur a ordonné de sortir de la voiture. Sans rien dire, les policiers les ont soumis à "une fouille effrayante et humiliante à côté de la route." Ils ont finalement été autorisés à s'en aller. La nuit suivante, ils marchaient près de l'intersection d'Asoke et la même chose s'est reproduite. Les policiers se sont moqués d'eux et ont ordonné à son fiancé de passer un test d'urine. "C'est notre première et dernière visite en Thaïlande. L'atmosphère est intimidante et oppressante".

"Le harcèlement des touristes est inacceptable. Je recommande aux touristes de ne pas visiter ce pays dont la police pratique des arrestations au faciès selon des critères raciaux" a-t-elle ajouté.

Il semble qu'il y ait une politique de plus en plus importante de harcèlement des visiteurs occidentaux et des résidents à Bangkok.

Des touristes sont maintenant régulièrement arrêtés par la police de Bangkok, où ils sont interrogés, fouillés, et doivent donner des échantillons d'urine. Cette politique de contrôles par la police est devenue tristement célèbre dans les zones touristiques de Thong Lor et Lupini. Les Occidentaux sont régulièrement arrêtés au hasard dans la rue et dans les taxis. Les interpellations ont lieu jour et nuit. Des étrangers non-blancs, y compris des expatriés japonais ont également déclaré avoir été arrêtés par la police.

Il est recommandé aux touristes de visiter le pays avec un ami parlant le thaï car il y a peu de chances que la police fournisse un traducteur en cas d'arrestation.

Sources:

http://bangkok.coconuts.co/2014/12/04/surge-reported-police-harassment-suggests-campaign-targeting-tourists-expats

et

http://www.theglobaldispatch.com/police-scam-tourists-in-thailand-under-pretence-of-drug-testing-76550/

Bangkok: un touriste fouillé par des policiers thaïlandais

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 10:13

Un nouvel ordre politique prend forme alors que les élites de Thaïlande se disputent entre elles pour leurs positions avant le prochain règne

Un article du journal "The Economist" ("The Economist" est un journal supportant le libéralisme économique)

Lien:

http://www.economist.com/news/asia/21635605-new-political-order-takes-shape-thailands-elites-vie-position-next

 

Les généraux qui ont dirigés la Thaïlande depuis leur coup d'Etat de mai dernier sont inquiets de leurs possibilités à continuer de le faire. Selon leurs dernières affirmations, la loi martiale restera en place "indéfiniment". Des élections auront lieu mais pas avant début 2016, et ce n'est qu'un "peut-être". Mais garder le contrôle du pays ne leur est pas facile. L'économie de la Thaïlande stagne et les adversaires du régime militaire restent légion. Les intrigues relatives à la famille royale, une institution toujours au centre de la vie politique thaïlandaise, compliquent les calculs des dirigeants. Le 5 décembre le Roi malade Bhumibol Adulyadej a eu 87 ans. Son fils et successeur désigné commence à s'affirmer.

Au moins en surface, les généraux semblent s'amuser. La plupart d'entre eux étaient à peine connu des citoyens ordinaires avant le coup d'Etat et maintenant ce sont des célébrités. Le leader du coup d'État et premier ministre, Prayuth Chan-ocha, qui a pris sa retraite en tant que chef de l'armée en octobre dernier, a mis en place une émission de télévision hebdomadaire: un monologue décousu appelé "Le retour du bonheur au peuple", qui dure environ une heure. Il n'est peut-être pas populaire en Occident, mais ce n'est pas un paria. Lors d'un sommet multi-national en Italie, il a côtoyé les leaders mondiaux et a discuté avec ceux du Myanmar et de la Chine,. Depuis le mois dernier, M. Prayuth s'est rendu en Malaisie, au Vietnam et au Laos, des visites souriantes.

Cependant, au pays, il y a peu de raisons de se réjouir. Le gouvernement militaire a du mal à relancer l'économie. Cette année, elle n'est susceptible que de croître d'environ 1% au maximum, beaucoup moins qu'en 2013. Les dépenses de consommation ont quelque peu reprise depuis le coup. Mais l'investissement, le tourisme, les exportations et la production industrielle sont tous en baisse.

Les généraux, nombre d'entre eux possédant des titres ministériels, n'ont pas été d'une grande aide. Ils ont délégué la politique économique aux bureaucrates sans leur donner un sens clair de direction. Le résultat est une confusion politique. M. Prayuth a affirmé aux investisseurs étrangers que la Thaïlande était ouverte pour les affaires, mais les bureaucrates ont envoyé un message différent. Au début de novembre dernier, ils ont dépoussiérés de vieux plans afin de restreindre la propriété et le contrôle des entreprises étrangères. Le gouvernement a depuis fait volte-face.

La junte a été beaucoup plus occupée dans le cadre de ses efforts pour remodeler la politique en difficulté de la Thaïlande. Mais ses résultats n'ont pas été plus encourageants. La junte a nommé des membres de l'établissement pour écrire une nouvelle constitution d'ici septembre prochain. L'inquiétant auteur principal [de cette nouvelle constitution] affirme que l'alignement de la planète Jupiter assurera que ce projet qu'ils mettent en place bénéficiera de "l'équité et de la sagesse". Ses supérieurs, encore plus inquiétants, affirment que le but de leur intervention militaire était de mettre au point un renouveau afin d'effacer l'influence de Thaksin Shinawatra, le frère aîné de Yingluck Shinawatra, la première ministre renversée par le coup d'Etat de mai dernier. M. Thaksin avait lui-même été éjecté de son poste de premier ministre par un coup d'Etat en 2006, mais il reste une force puissante de son exil auto-imposé à Dubaï.

Les partisans de M. Thaksin ont remporté toutes les élections depuis 2001. Cela suggère que les généraux vont essayer de manipuler les prochaines élections afin d'empêcher les partis politiques qui lui sont fidèles de reprendre le pouvoir. La nouvelle constitution est susceptible de prescrire un parlement partiellement nommé ainsi qu'un sénat entièrement nommé. Selon des rumeurs, M. Thaksin serait beaucoup moins indigné par cette disposition que ce que l'on pourrait espérer. L'armée a réprimé ses partisans chemises rouges, mais les Chemises rouges ont évité de se faire balayer complètement en maintenant un profil bas. Contrairement au parti rival Démocrate pro-établissement, ils ont affiché une remarquable unité.

M. Thaksin peut attendre. Il est en bons termes avec le successeur du roi choisi par ce dernier, le prince héritier Maha Vajiralongkorn, un homme capricieux très différent de son père. Les membres de l'élite conservatrice le détestent. Ils ont longtemps esperés que sa sœur, la princesse Sirindhorn, puisse monter sur le trône. Toutes les chances que cela puisse se produire ont presque disparues. Le prince héritier montre des signes de mise en ordre de sa vie privée en préparation pour le trône. Cela est évident depuis le 1er décembre dernier quand il a été annoncé que les membres de la famille de son ex-épouse, la princesse Srirasmi, ont été pris pour cible lors d'une campagne anti-corruption et dépouillés de leurs titres royaux.

Les généraux ne veulent pas spéculer en public sur la monarchie, une source vitale de leur légitimité. M. Prayuth est un royaliste qui a promis d'extirper les critiques de la monarchie. Les cas de lèse-majesté ont augmenté. Le 4 novembre dernier, un tribunal a condamné un étudiant à plus de deux ans de prison pour un post sur  Facebook jugé insultant pour la monarchie par les tribunaux. De plus, ce mois-ci, un tribunal militaire a approuvé un mandat d'arrêt pour un homme d'affaires thaïlandais milliardaire accusé, entre autres choses, d'avoir utilisé la monarchie afin de faire de l'argent (Note de Libérez-Somyot: il s’agit de Nopporn Suppipat, un homme d'affaires d'une quarantaine d'années qui dirige Wind Energy Holdings, une entreprise qui exploite des parcs éoliens).

Mais les observateurs du palais détectent un changement qui pourrait fournir un moyen de sortir de la morosité politique en Thaïlande. Prem Tinsulanonda, qui est le chef du Conseil privé du roi, est considéré comme avoir perdu la bataille dans les cercles royaux. M. Prem, qui est âgé de 94 ans, dirige une faction ultra-royaliste de la société thaïlandaise qui désapprouve à la fois le prince héritier et M. Thaksin. Ce camp craint que le prochain roi puisse conspirer avec M. Thaksin afin de lancer une révision radicale de la monarchie.

Le successeur probable de M. Prem comme pilier de la politique thaïlandaise, Prawit Wongsuwan, est le mentor de M. Prayuth et occupe maintenant le poste de ministre de la défense. Mais M. Prawit a également servi comme chef de l'armée sous M. Thaksin. Un des haut-gradés supportant M. Thaksin affirme que les deux camps sont en "conversation constante". M. Prawit pourrait-il être un intermédiaire entre le camp de M. Thaksin et celui des généraux? Les optimistes pensent que les généraux pourraient bien vouloir faire des compromis: l'armée pourrait prétendre qu'elle avait joué le rôle, décidé à l'avance, de seul gardien capable de sauvegarder un système brisé. Mais dans le monde opaque de la politique du palais, tout pari serait imprudent.

Des chemises jaunes célébrant l’anniversaire du roi le 5 décembre dernier

Des chemises jaunes célébrant l’anniversaire du roi le 5 décembre dernier

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 20:30

Mercredi dernier, la Cour pénale a condamné l'ancien député du parti Pua Thai, Prasit Chaisrisa, à 2 ans et demi de prison pour lèse-majesté.

Prasit Chaisrisa, un ancien député de la province de Surin, a été condamné en vertu de l'article 112 du Code criminel pour des propos qu'il a prononcés le 7 mai dernier au centre commercial Imperial Lad Phrao. Des parties du discours, intitulé "Arrêtez de renverser la démocratie", ont été jugées insultante vis-à-vis de la monarchie.

Prasit a d'abord nié les accusations de lèse-majesté, mais a ensuite avoué car sinon il aurait été condamné à 5 ans de prison au lieu de 2 ans et demi.

Prasit a été arrêté le 29 mai dernier et a depuis été détenu sans droit à la liberté sous caution. L'ancien député n'a aucune intention de faire appel. Il est emprisonné depuis six mois et il lui reste deux ans d'emprisonnement à faire avant sa libération.

Sources:

http://www.bangkokpost.com/news/politics/446939/ex-mp-gets-2-5-yrs-for-lese-majeste

et

http://www.thairath.co.th/content/466995

Prasit Chaisrisa

Prasit Chaisrisa

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 06:22

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l'article:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/12/04/the-official-religion-in-thailand-is-not-buddhism-but-monarchy/

 

Aussi loin que la classe dirigeante thaïlandaise est concernée, la religion officielle du pays, qu'elle a toujours essayé de faire avaler au peuple, n'est pas le bouddhisme mais la "monarchie".

Pour des raisons historiques et philosophiques, le bouddhisme n'a pas été le principal outil autoritaire de la classe dirigeante thaïlandaise. Les rois et les dictateurs militaires se méfiaient toujours de mettre en place des rivaux s'ils favorisaient la puissance des moines. Depuis la fin des années 1950, l'armée cherche à contrôler les moines et à s'assurer que ces derniers soient essentiellement apolitiques. Cela est différent de la Birmanie ou du Laos où les moines bouddhistes ont été politisés par les mouvements nationalistes.

Le bouddhisme thaï est également une religion basée sur les actions des particuliers qui tentent d'amasser des mérites. Les moines thaïlandais ne font généralement pas de sermons publics dans le but de contrôler les croyances de la population. Le bouddhisme est également pratiqué d'une manière qui est fortement lié avec des croyances animistes pour les esprits et les anciennes superstitions ou il est mélangé avec l'hindouisme.

C'est pourquoi la religion principale, destinée à pacifier et contrôler les masses en Thaïlande, est la "monarchie" et l'idée que le roi est un dieu vivant. Cela est devenu beaucoup plus important dans la Thaïlande moderne après le renversement de la monarchie absolue lors de la révolution de 1932 ainsi que la réinvention de la monarchie à la fin des années 1950 pendant la guerre froide. Cette frénétique promotion du roi a pris de nouvelles proportions lors des années 1980. Il s'agissait d'un rempart contre les idées d'égalité et de démocratie; une justification de l'influence non démocratique ainsi que de la puissance de l'armée et des autres élites.

Dans les sociétés chrétiennes ou musulmanes réactionnaires, les classes dirigeantes ont tenté de justifier leurs positions autoritaires et leurs décrets dictatoriaux en citant "le livre saint".

Le "livre saint" est un objet inanimé, le travail de nombreuses mains humaines, et est ouvert à de multiples interprétations. Ils affirment que le livre viendrait de "Dieu". Ce n'est en fait qu'un outil utilisé par les dirigeants réactionnaires et les puissants prêtres pour justifier leur dictature et l'assujettissement de ceux qu'ils gouvernent. Pourtant, le livre doit aussi contenir des parties qui semblent sonner vrai et se connecter avec la vie des opprimés et ceux qui ont peu d'espoir.

L'Inquisition espagnole était en place afin d'impitoyablement extirper les opinions d'oppositions politiques et religieuses. Le fascisme du XXème siècle a également cherché à déraciner impitoyablement les vues opposées au nom de la patrie en utilisant les mythes religieux comme sujet d'une race pure depuis les temps anciens. Aucune de ces croyances autoritaires n'étaient basées sur l'usage de la raison.

Le moulage et la construction de la monarchie thaïlandaise dans sa forme actuelle est comme la fabrication du "livre saint". Le monarque thaïlandais d'aujourd'hui est un être humain banal, une créature pathétique, qui a été destiné à être un super-humain avec de nombreux talents supposés, mais aussi un dieu devant lequel les gens doivent se prosterner. Nous sommes poussés à croire que Pumibon aime et protège son peuple, en particulier ceux qui ont peu d'espoir. Il est censé être un chef de file national accompli, artisan de la paix, éducateur, économiste, chercheur, agronome et musicien. Ce mythe est simplement une énorme charrette royale de fumier de cheval.

Les déclarations de Pumibon sont guidées par d'autres qui ont un réel pouvoir dans la société. Ses mots peuvent être facilement manipulés parce qu'ils sont ouverts à de multiples interprétations. La religion de la "monarchie" est un outil utilisé par l'armée, les élites bureaucratiques, les politiciens et les magnats des affaires, afin de justifier la "hiérarchie naturelle des choses" et de "prouver" que chaque chose antidémocratique que les puissantes élites mettent en place est "correcte" car elle est sanctionnée par le dieu-roi.

Dans le passé, Pumibon restait assis et isolé dans son palais, trempé dans la paranoïa, entouré de courtisans obséquieux. Les seuls vrais amis qu'il avait étaient ses chiens. Les membres de sa famille, dysfonctionnels et parasitaires, étaient également traités comme des demi-dieux. Maintenant Pumibon peut à peine fonctionner comme un être humain. Pourtant, il est toujours utile à la classe dirigeante de même que le sera son fils quand il deviendra roi. Le réel manque de capacités et de grâces sociales de ces individus n'est pas important parce que personne ne doit remettre en question le "livre saint" ou, dans ce cas précis, le "dieu-roi sacré".

Le dieu-roi est défendu par de graves violences. Aujourd'hui, "l'inquisition thaïlandaise" est bien vivante. Des voyous armées ainsi que des généraux meurtriers utilisent la loi de lèse-majesté pour extirper les blasphémateurs et les jeter en prison pendant des années sans aucune prétention à la justice. Une grande pression est placée sur ces gens pour qu'ils "avouent" leurs péchés inexistants et puissent donc voir leur peine réduite de moitié avec une promesse de pardon. Cela contribue à "prouver" que le pays est miné par de méchants non-croyants.

Non seulement nous devons nous débarrasser de la loi de lèse-majesté, mais nous avons aussi besoin d'abolir la monarchie et détruire les racines du pouvoir de l'armée.

Une militante pour l’abolition de la lèse-majesté

Une militante pour l’abolition de la lèse-majesté

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 01:26

Lien de la déclaration de Reporters sans frontières:

http://fr.rsf.org/thailande-le-journaliste-somsak-pakdeedech-26-11-2014,47281.html

Le journaliste Somsak Pakdeedech condamné en représaille à ses positions contre le coup d'Etat

Un tribunal militaire a condamné le 24 novembre 2014 le rédacteur en chef du site d’information Thai E-News, Somsak Pakdeedech, à une peine de neuf ans de prison. Arrêté par les militaires trois jours après le coup d’état du 22 mai 2014, le manager du site est victime d’une instrumentalisation politique du crime de lèse-majesté.

Réputé critique à l’encontre des militaires, Somsak Pakdeedech a été reconnu coupable de crime de lèse-majesté pour avoir publié un article - sans en être l’auteur - en 2011, violant ainsi le code pénal, selon lequel “quiconque diffame, insulte ou menace le roi, la reine, le prince héritier ou le régent sera puni de trois à quinze ans d’emprisonnement” (art 112 du code pénal de Thaïlande relatif aux offenses à la sécurité du royaume). Parce qu’il avait plaidé coupable quelques jours auparavant, Somsak Pakdeedech a vu sa peine réduite de moitié.

L’article visé par la condamnation avait été écrit par un ancien professeur d’université à Bangkok, Gile Ji Ungpakorn, contraint de quitter la Thaïlande en février 2011 après avoir été lui-même poursuivi pour crime de lèse-majesté, suite à la publication de son livre “Un coup d’État pour les riches”.

“Somsak Pakdeedech était déjà dans le collimateur des militaires avant leur coup d’Etat. Nous condamnons donc fermement ce verdict qui a été prononcé en représailles aux positions anti-militaristes du journaliste et de son site web, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Nous exigeons sa remise en liberté immédiate."

Thai E-News, qui agrège les informations politiques de diverses sources en ligne, a régulièrement été censuré par les autorités, en période de tensions politiques fortes. En juillet 2010, le site faisait partie des médias qualifiés de “pro-chemises rouges” et faisait l’objet d’un blocage, au même titre que les sites officiels du parti des chemises rouges, uddthailand.com. Actuellement, le site est à nouveau bloqué par le ministère des Technologies de l’Information et des Communications mais reste accessible depuis l’étranger.

Depuis son arrivée au pouvoir le 22 mai dernier, la junte militaire semble vouloir contrôler de plus en plus les médias en ligne et les réseaux sociaux. Le 18 novembre dernier, Kathawut Boonpitak, présentateur d’une émission de web radio, a été condamné à une peine de cinq ans d’emprisonnement pour crime de lèse-majesté, une peine disproportionnée que dénonce également Reporters sans frontières.

La Thaïlande se positionne à la 130e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières.

Dessin de Prachatai

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 07:44

Le 1er décembre 2014, en Malaisie, 18 organisations et 4 membres du parlement ont manifesté contre la visite officielle du dictateur thaïlandais, le général Prayuth Chan-ocha. La manifestation s'est déroulée devant l'ambassade de Thaïlande à Kuala Lumpur.

Les manifestants ont fait une déclaration.

Lien de la déclaration en anglais:

https://www.facebook.com/notes/parti-sosialis-malaysia/dictator-is-not-welcome-democracy-now-for-thailand/941993182496001

 

Traduction en français:

Le dictateur n'est pas le bienvenu! Démocratie maintenant pour la Thaïlande!

Déclaration conjointe faite le 1er décembre 2014:

Le dictateur n'est pas le bienvenu!

Démocratie maintenant pour la Thaïlande! 

Nous, les organisations soussignées, condamnons le gouvernement malaisien dirigé par Najib, pour avoir reçu en visite officielle le chef du coup d'Etat militaire en Thaïlande, Prayuth Chan-ocha. La réception de Prayuth est un acte qui reconnaît et donne une légitimité au gouvernement illégal de Thaïlande qui s'est emparé du pouvoir par un coup d'Etat militaire et la suppression de la démocratie en mai de cette année.

Prayuth Chan-ocha est arrivé au pouvoir en mai dernier, après avoir organisé un coup d'Etat militaire contre un gouvernement démocratiquement élu. La loi martiale a été déclarée, des militants et dissidents ont été arrêtés et harcelés par l'appareil répressif du coup d'Etat, une constitution provisoire antidémocratique a été introduite, et Prayuth s'est nommé lui-même premier ministre de Thaïlande sans l'approbation populaire donnée par des élections démocratiques. La liberté d'expression a été supprimée par le répressif Conseil national pour la paix et l'Ordre (NCPO) dirigé par Prayuth.

Le coup d'Etat actuel n'a rien à voir avec l'amélioration de la démocratie et de la justice sociale en Thaïlande. Au lieu de cela il resserre l'emprise de la dictature et tente d'écraser toute institution démocratique existante. Ce coup d'Etat a été mis en place pour protéger les intérêts d'une partie de la classe dirigeante thaïlandaise qui veulent réduire l'espace démocratique afin de consolider leur pouvoir. La junte militaire de Thaïlande n'a aucun intérêt à organiser des élections libres et équitables pour résoudre la crise politique, et ne cherche certainement pas à protéger la liberté d'expression qu'elle considère comme une menace.

L'armée thaïlandaise est tristement célèbre pour sa répression impitoyable contre les mouvements démocratiques. Le gouvernement militaire actuel, dirigé par Prayuth, recherche désespérément la reconnaissance et le soutien de la communauté internationale afin de justifier sa dictature impitoyable en Thaïlande. Le fait d'accepter et de recevoir la visite de Prayuth signifie que le gouvernement de Malaisie exprime aveuglément son soutien à une dictature militaire et remue le couteau dans les plaies du peuple ainsi que dans la démocratie en Thaïlande.

Nous appelons le gouvernement malaisien à cesser de reconnaitre l'administration de Prayuth avant que les conditions suivantes ne soient remplies:

- Abrogation immédiate de la loi martiale en Thaïlande;

- Arrêt de la répression et de l'arrestation des dissidents politiques en Thaïlande et libération de tous les prisonniers politiques;

- Restauration du processus électoral afin de laisser le peuple thaïlandais choisir démocratiquement son futur gouvernement;

La Malaisie occupera la présidence de l'ASEAN l'année prochaine, et il est nécessaire que le gouvernement de la Malaisie soit en tête afin d'obtenir que d'autres gouvernements de l'ASEAN condamnent la Thaïlande et mettent la pression pour ramener la démocratie dans ce pays.

Nous exprimons également notre solidarité avec le mouvement pro-démocratie en Thaïlande pour sa lutte contre la dictature militaire et la restauration de la démocratie en Thaïlande.

Signé par les organisations suivantes:

1. Parti Socialiste de Malaisie (PSM)

2. Groupe de soutien de la Malaisie pour la démocratie en Thaïlande

3. Suara Rakyat Malaysia (SUARAM)

4. Jaringan Rakyat Tertindas (JERIT)

5. Persatuan Sahabat Wanita Selangor

6. Comité pour les femmes asiatiques (Committee for Asian Women, sigle anglais: CAW)

7. Asia Floor Wage Alliance (AFWA)

8. KOMAS

9. Persatuan Kesedaran Komuniti Selangor (EMPOWER)

10. Selangor and KL Hokkien Association Youth Section

11. Persatuan Komuniti Prihatin Selangor dan KL (PRIHATIN)

12. Jihad for Justice

13. National Interlok Action Team (NIAT)

14. School of Acting Justly, Loving Tenderly, Treading Humbly (SALT)

15. Political Studies for Change (KPRU)

15. Pax Romana ICMICA

16. Association of Human Rights Defenders and Promoters- HRDP in Burma

17. Free Trade Union, Sri Lanka

18.Globalisation Monitor, Hong Kong

Signé par les membres du Parlement suivants:

1. Chua Tian Chang, député de Batu

2. Charles Santiago, député de Klang

3. Jeyakumar Devaraj, député de Sungai Siput

4. Chang Lih Kang, député d'Adun Teja

Manifestation contre Prayuth devant l'ambassade de Thaïlande à Kuala Lumpur (1)

Manifestation contre Prayuth devant l'ambassade de Thaïlande à Kuala Lumpur (1)

Manifestation contre Prayuth devant l'ambassade de Thaïlande à Kuala Lumpur (2)

Manifestation contre Prayuth devant l'ambassade de Thaïlande à Kuala Lumpur (2)

Manifestation contre Prayuth devant l'ambassade de Thaïlande à Kuala Lumpur (3)

Manifestation contre Prayuth devant l'ambassade de Thaïlande à Kuala Lumpur (3)

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1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 01:49

Les militants étudiants arrêtés à Khon Kaen pour avoir fait le salut à trois doigts devant le chef de la junte ont rapporté aux fonctionnaires des Nations Unies à Bangkok, les intimidations qu'ils avaient reçus après leur libération. Pour l'occasion, Prachatai les a interviewés et leur a demandé ce qu'ils pensaient de l'accusation d'être des Chemises rouges.

Lien:

http://www.prachatai.com/english/node/4544

 

Deux représentants du groupe Dao Din, un groupe militant étudiant basé à l'université Khon Kaen du Nord-Est de la Thaïlande, ont rencontré le personnel du Bureau du Haut-Commissaire aux droits de l'homme (HCDH) à Bangkok jeudi dernier afin de signaler les intimidations et les harcèlements dont le groupe a eu à faire face.

Les intimidations ont commencé après la libération des cinq étudiants militants du groupe Dao Din, arrêtés pour avoir fait le salut à trois doigts et porté des t-shirts avec le message "Pas de coup d'Etat" pendant le discours de Prayuth Chan-ocha, le chef de la junte, la semaine dernière.

Selon la page facebook du groupe, l'armée aurait visité les maisons de certains membres du groupe et aurait surveillé les activités et les mouvements du groupe.

Prachatai a eu la chance d'interviewer deux membres du groupe après leur rencontre avec le HCDH.

Prachatai: Comment s'est passé la réunion avec le HCDH?

Les étudiants militants: Les gens du HCDH nous ont dit qu'ils se rendaient compte de la situation des droits de l'homme en Thaïlande et des intimidations dont nous sommes victimes. Ils ont confirmé qu'ils suivront notre situation de près et ont promis qu'ils consulteront le ministère thaïlandais des Affaires étrangères au sujet de notre situation. En outre, ils suggèrent que le groupe Dao Din devrait présenter un rapport sur les intimidations contre les étudiants de Dao Din à l'ONU.

Prachatai: Vous sentez vous mal à l'aise d'avoir été accusé d'être des Chemises rouges?

Les étudiants militants: Ce n'est pas important, nous avons une position ferme et tenons à dire que ceux qui sont contre le coup d'État ne sont pas que des Chemises rouges. Il s'agit de gens des deux côtés qui ne se sentent pas à l'aise avec la situation, mais dans notre cas, nous luttons au nom de la nouvelle génération qui croit en la démocratie et nous voulons que la société pense au-delà du clivage politique des couleurs. Une évidence de cela est que nos activités se préoccupent principalement de résoudre les problèmes des villageois avec nous avons travaillé ce qui est très difficile en raison de la pression de l'autorité et des codes politiques de couleur, qui ne font qu'obstruer les idées de la nouvelle génération.

Prachatai: Quel est la relation entre Dao Din et les Chemises rouges?

Les étudiants militants: Dans certains aspects, tels que les élections, nous sommes d'accord car en faveur des élections et nous avons fait campagne pour cela. Lorsque la Cour constitutionnelle a jugé que la dernière élection était invalide, nous sommes allés à la Cour administrative pour déposer plainte contre ceux qui avaient invalidé l'élection car ils n'avaient pas le droit de le faire. Cependant, notre mouvement est indépendant et nous ne sommes pas sous le contrôle des Chemises rouges. Nous disposons de nos propres moyens.

Prachatai: Maintenant que le Conseil national pour la paix et l'ordre de la junte a proposé des programmes de réforme et a suggéré que les participations de la jeunesse et des étudiants pourraient être sur la table, dans le cas où vous seriez invités à participer à cela, iriez-vous? 

Les étudiants militants: En principe, cela ne va pas ensemble. Ils ont des fusils, mais nous n'avons que nos mains vides. Comment pouvons-nous coopérer pour la réforme. S'ils veulent vraiment la réforme alors qu'ils suppriment d'abord la loi martiale.

Les étudiants de Khon Kaen au bâtiment de l’ONU à Bangkok

Les étudiants de Khon Kaen au bâtiment de l’ONU à Bangkok

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30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 11:57

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/11/29/thai-state-set-to-execute-five-patani-fighters/

 

Il est scandaleux que l'état thaïlandais veuille exécuter cinq rebelles sudistes capturés qui seraient impliqués dans une embuscade contre des soldats en juillet 2012. Quatre soldats d'une patrouille en moto ont été tués et un certain nombre d'autres grièvement blessés lors de cette attaque.

Même si les cinq rebelles capturés étaient vraiment coupable, et nous savons tous comment le système de justice thaïlandais est bon pour trouver des boucs émissaires, l'exécution de combattants ennemis capturés est inacceptable. Ils doivent être traités comme des prisonniers de guerre, et non comme des criminels de droit commun. Qui plus est, la peine de mort est une abomination dans tous les cas.

La dictature militaire thaïlandaise présente est dirigée par le général qui a ordonné le massacre d'environ une centaine de manifestants pro-démocratie non armés en 2010. L'état thaïlandais a assassiné 85 Malais musulmans désarmés à Takbai en 2004 et tout au long de la guerre à Patani, il y a eu beaucoup plus de civils malais musulmans tués que de soldats thaïlandais. Souvent, ces meurtres sont effectués par des escadrons de la mort soutenus ou dirigés par l'État. Pas un seul fonctionnaire, militaire, ni politicien thaïlandais n'a jamais été accusé pour ces crimes d'État, même lorsque nous savons qui sont les coupables. Cela remet les peines de mort vis-à-vis des cinq combattants rebelles dans leur contexte. C'est de la pure et brutale hypocrisie.

Le fait que l'Etat thaïlandais tente d'assimiler les attaques des rebelles du sud à des "actes criminels" n'est pas unique. De  nombreux États, y compris ceux de l'Occident, ont essayé de faire passer les combattants de la libération pour des "terroristes et des bandits". Cependant, cette attitude ne conduit jamais à une solution politique des conflits, car elle nie le fait que les gens opprimés ont des doléances véritables qui les forcent à prendre les armes. En fin de compte, les États finissent toujours par être obligés de négocier. Un tel combattant de la liberté qui a été marqué comme "terroriste" était Nelson Mandela.

La guerre de longue durée à Patani est le résultat d'années d'oppression et de violence par l'Etat thaïlandais. Le conflit ne peut être résolu par une issue pacifique que par un règlement politique négocié qui reconnaît les droits du peuple de Patani à l'autodétermination, même si cela signifie l'autonomie ou l'indépendance.

Pourtant, les divers gouvernements thaïlandais se sont toujours opposé à une véritable solution politique. Ils peuvent entrer en négociations avec certains groupes rebelles de temps en temps, mais ils continuent à privilégier les méthodes militaires pour réprimer la dissidence et la lutte pour la libération.

Le problème a été encore aggravé par les coups d'Etat militaires et la suppression de la démocratie dans la totalité du pays.

Pour plus de détails sur le conflit entre les rebelles et l'état thaïlandais à Patani voir mon analyse (en anglais):

"The Bloody Civil War in Patani and the way to Achieve Peace"

https://www.scribd.com/doc/207169526/The-Bloody-Civil-War-in-Patani

Les condamnés à mort de Patani

Les condamnés à mort de Patani

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 14:32

Le Prince Héritier serait le déclencheur de la purge parmi les haut-gradés de la police thaïlandaise.

Des sources expliquent que la purge de la police n'aurait rien à voir avec une volonté de réforme

Un article d'Asia Sentinel

Lien:

http://www.asiasentinel.com/society/thailand-prince-said-to-trigger-police-purge/

 

Un séisme figuratif s'est produit dans la notoirement corrompue police thaïlandaise cette semaine avec l'arrestation de certains des plus importants représentants de cette institution, dont Pongpat Chayaphan, le chef du Bureau Central d'Enquête, le FBI de la Thaïlande.

Sept des collègues de Pongpat ont été arrêtés avec lui pour des accusations de corruption lors de nominations d'emploi ainsi que d'autorisation illégale de jeu et de contrebande de pétrole et ont été montré aux journalistes. L'un d'entre eux est mort en détention après avoir été démis de son poste, mais il avait été inculpé auparavant selon les autorités qui prétendent qu'il se serait suicidé en sautant d'un bâtiment, bien qu'il ait été presque immédiatement incinéré, ce qui laisse soupçonner que quelque chose d'autre lui serait arrivé.

Il serait tentant de croire que ces arrestations signifieraient que l'armée, qui a organisé le coup d'Etat du 22 mai dernier et a promis de nettoyer la Thaïlande de sa corruption endémique, ait finalement commencé par la police, six mois après que Prayuth Chan-ocha ait pris en charge le pays et chassé les forces alignées avec l'ancien Premier ministre fugitif Thaksin Shinawatra. La police était considérée comme la base du pouvoir de Thaksin, qui venait lui-même des rangs de la police.

Mais selon plusieurs sources, il y aurait une raison plus sombre et plus déroutante derrière ces arrestations.

Pongpat est l'oncle de la princesse Srirasmi Akharapongpreecha, l'épouse du Prince héritier Maha Vajiralongkorn, l'héritier du trône de Thaïlande. Cette femme de 42 ans, qui est considérée dans certains milieux de la société thaïlandaise comme une ancienne hôtesse de bar, a épousé Vajiralongkorn en 2001 et est sa troisième épouse. Une quatrième femme est déjà installée dans le palais et l'on affirme qu'elle est enceinte.

Selon plusieurs sources, le prince héritier a demandé au Conseil privé, les conseillers du roi, la permission du monarque pour divorcer de Srirasmi mais ils auraient refusé car ils ne veulent pas déranger le roi malade, Bhumibol Adulyadej, qui, âgé de 86 ans, est en très mauvaise santé après avoir subi un accident vasculaire cérébral qui l'a complètement incapacisé.

Rien de cela n'est connu du public, bien que les cercles royaux ne parlent que de cette histoire. Cela rappelle le mariage du prince avec sa seconde femme, charitablement décrite comme une actrice en herbe qui a également été nommée major de l'armée royale thaïlandaise à l'instigation du prince et qui a participé à des cérémonies royales. Il y avait des préoccupations comme quoi elle avait amassé de la puissance pour son propre compte. Accusée d'adultère, elle a été forcée de fuir au Royaume-Uni avec ses quatre enfants. Le prince, cependant, a enlevé la fille qu'il avait eu avec elle et l'a ramenée en Thaïlande afin qu'elle vive avec lui. Cette dernière a été élevée au rang de princesse tandis que l'ancienne épouse ainsi que les trois autres enfants (Note de Libérez-Somyot: en fait quatre, tous des garçons) ont été dépouillés de leurs passeports.

Avec le roi Bhumibol dans le coma et apparemment près de la mort, la Thaïlande est en proie, derrière la scène, à de graves préoccupations sur la succession, notamment parce que Vajiralongkorn est considéré comme proche du fugitif Thaksin, qui lui a construit un palais, bien qu'il se pourrait qu'ils ne soient plus proche l'un de l'autre. Le prince a été décrit dans les câbles secrets de l'ambassade américaine publiés par Wikileaks comme instable. Les membres du Conseil privé ont confié qu'ils craignaient son élévation au trône et préféreraient sa sœur, Maha Chakri Sirindhorn. Cependant, les lois de succession précisent que l'héritier du trône doit être un mâle.

En raison de la nature sensible de la succession, les autorités ont utilisé la loi de lèse-majesté, la plus dure de la planète, dans le but de supprimer toute discussion sur la question. En vertu des dispositions de cette loi, toutes les critiques du roi, de la reine, du prince héritier, du régent, des projets de développement royaux, de l'institution royale, de la dynastie Chakri, ou de tous les parents du roi sont interdites. Cela a, de manière effective, empêché toute discussion sur tout ce qui a à voir avec la famille royale dans la presse.

Ainsi, les raisons de l'arrestation des alliés de Vajiralongkorn dans les forces de police restent inconnues. Mais une chose est claire. Cela ne signale probablement pas un nettoyage plus large de la police. Vajiralongkorn aurait abandonné Thaksin afin de faire cause commune avec Prayuth et l'armée en échange du soutien de la junte pour qu'il devienne roi.

"Une véritable réforme exigerait une refonte totale du système de la police en Thaïlande car cette force s'est construite sur la corruption", a déclaré un homme d'affaires expatrié de longue date. "Elle est obligatoire pour toute recrue dès le premier mois ou elle rejoint cette force. Si vous voyez des réformes systémiques profondes mises en œuvre, alors ce serait une raison d'être optimiste. L'arrestation de quelques officiers parmi des milliers n'a pas beaucoup d'importance".

Cela dit, les autorités ont apparemment fait un boucan incroyable lors de cette arrestation y compris en montrant les actifs saisis d'une valeur de 10 milliards de baths (306,8 millions de dollars US) en espèces, or, titres fonciers, amulettes bouddhistes et antiquités.

Selon les médias locaux, les suspects auraient utilisé les allégations de liens avec le palais afin de perpétrer leurs crimes, mais Somyos (Note de Libérez-Somyot: Il s’agit du chef de la police qui possède le même prénom que le prisonnier politique que nous soutenons) a refusé d'élaborer sur les accusations de lèse-majesté, passible d'une peine allant jusqu'à 15 ans de prison.

En plus de Pongpat, les sept autres policiers arrêtés sont le chef adjoint du bureau d'enquête, le chef de la police maritime, un responsable de la Division de la police de protection des consommateurs, deux autres officiers de police [dont l'affectation est pour le moment inconnue], ainsi que le chauffeur de Pongpat.

C'était une terrible chute pour Pongpat, qui est apparu devant les journalistes, escorté par des policiers vêtu d’un T-shirt. Avant de devenir le chef de l'unité centrale du renseignement, il avait acquis une réputation de chasseur du crime, selon les médias locaux, et avait occupé plusieurs postes de haut niveau, y compris au sommet de la Division de la répression de la criminalité.

Pongpat Chayaphan en T-shirt blanc sur la photo

Pongpat Chayaphan en T-shirt blanc sur la photo

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29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 08:16

Une déclaration de la Commission asiatique des droits de l'homme (Asian Human Rights Commission, sigle anglais: AHRC)

Lien:

http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/11/25/expression-forbidden/

 

Les 19 et 20 novembre, des étudiants et d'autres militants ont mené une série de manifestations pacifiques et symboliques contre la dictature en Thaïlande. En réponse, l'armée et la police ont agi rapidement pour mettre fin aux manifestations et arrêter huit des militants selon les termes de la loi martiale. La position du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO) a été résumée par le vice-premier ministre, le général Prawit Wongsuwan, dans un communiqué largement rapporté dans la presse thaïlandaise le 20 novembre dernier comme quoi [les Thaïlandais] "avaient le droit de penser différemment, mais n'avaient pas celui de l'exprimer." Lors de chacun des cas, décrits ci-dessous par la Commission asiatique des droits de l'homme qui s'appuie sur les rapports effectués par Prachatai, l'armée a tenté d'intimider des étudiants et d'autres militants en leur obligeant de promettre de cesser d'exprimer leurs opinions et de s'engager dans des activités politiques. Alors que les anniversaires des six mois de la déclaration de la loi martiale (20 novembre) et du coup d'Etat par le Conseil national pour la paix et l'ordre (22 novembre) passent en Thaïlande, la junte a étendu et consolidé son appareil répressif.

Dans la matinée du mercredi 19 novembre, un groupe de cinq étudiants (Jatupat Boonpattararaksa, Wason Sedsit, Jedsarit Namkot, Payu Boonsopon et Wichakorn Anuchon), de l'Human Rights Law Centre for Society (Dao Din) de l'Université de Khon Kaen, se sont engagé dans une manifestation pacifique contre le coup d'Etat lors d'un discours aux fonctionnaires locaux du chef de la junte et Premier ministre auto-désigné, le général Prayuth Chan-ocha. Avant et après le coup d'Etat, les membres de Dao Din ont travaillé activement pour soutenir et protéger les droits humains et les droits des communautés par rapport à diverses questions, y compris l'exploitation minière et la réforme agraire. Plusieurs membres du groupe ont été arrêtés en juin dernier peu après le coup d'Etat et ils ont subis des pressions afin de mettre fin à leurs activités. Au cours de la récente manifestation, ils ont enfilé des t-shirts sur lesquels, lorsqu'ils se sont mis en ligne les uns à côté des autres, on pouvait lire "Non au coup d'Etat" (en thaï ไม่ เอา รัฐประหาร) et ont marché devant la scène alors que le général Prayuth parlait. Ils ont soulevé leurs mains pour faire le salut à trois doigts signifiant "liberté-égalité-fraternité", un signe rendu populaire par le film Hunger Games. Ils ont été rapidement arrêtés par la police et d'abord emmenés au poste de police local avant d'être ensuite conduits au camp militaire de Sri Patcharin pour y être interrogé. Les militaires ont ordonné aux étudiants d'enlever leurs t-shirts et quand ces derniers ont refusé, les soldats les leur ont arraché. Lorsque les étudiants ont été libérés mercredi soir, ils sont sortis du camp militaire sans chemises ni vestes. Ils ont reçu, ainsi que leurs parents, l'ordre de se rendre au camp militaire le lendemain matin. Dans la matinée du jeudi 20 novembre, les étudiants et leurs parents se sont rendus au camp militaire où ils ont été menacés que si les étudiants ne signaient pas un accord de cessation des activités politiques, ils seraient soumis à l'expulsion de l'université et feraient face à des procédures des tribunaux militaires pour violation de la loi martiale. Certains des étudiants ont accepté les conditions tandis que d'autres les ont refusé. Après la réunion, ils ont été libérés et il y a eu plusieurs rapports faisant état de véhicules banalisés conduisant devant leurs maisons ainsi que d'autres formes de harcèlement.

Puis, dans la matinée du 20 novembre, la police militaire a arrêté plusieurs militants étudiants dans le cadre des projections du film "The Hunger Games". Pendant la matinée, Rattapol Supasopol, un membre de la Ligue des étudiants libéraux de Thammasat pour la démocratie, et Champ, un militant étudiant déjà arrêté en juin dernier alors qu'il avait protesté symboliquement en mangeant un sandwich et lisant le roman 1984 en public, ont été arrêtés par la police au cinéma Scala de Siam Square. Au moment de leur arrestation, ils ne s'étaient pas engagés dans une protestation ouverte, mais étaient simplement présents avant la projection du film où une manifestation pacifique avait été prévue. La projection au Scala a été annulée et les deux étudiants ont été libérés plus tard. Dans l'après-midi du 20 novembre, Natcha Kong-udom, une étudiante d'université à Bangkok, a été arrêtée quand elle a soulevé trois doigts en signe de protestation devant des journalistes qui s'étaient rassemblés en face de la salle de cinéma du centre commercial Siam Paragon. Elle a été arrêtée et détenue par l'armée jusqu'au soir ou elle a été libérée. La projection du film au Siam Paragon a continué, mais a été accompagnée par une présence militaire et policière.

En outre, au début de la soirée du 20 novembre, Siriporn Kongpetch, une membre active du Service Volontaire Thaïlandais (Thai Volunteer Service, sigle anglais TVS) pour le développement de la jeunesse pour la transformation du projet de société, a été arrêtée et détenue par la police dans le district de Chiang Dao de la province de Chiang Mai. Sa voiture a été fouillée par des soldats et la police, sa carte d'identité a été saisie et elle a été détenue au poste de police local. Aucune accusation n'a été portée contre elle, mais elle a été arrêtée parce que des photographies d'elle portant des pancartes disant; "Abrogez la loi martiale" et "Non au NCPO" devant la montagne de Chiang Dao, avait été posté sur Facebook quelques jours auparavant. Les fonctionnaires l'ont informé qu'ils la recherchaient depuis que les photographies avaient été postées [sur le media social]. Ils ont essayé de la convaincre de signer un accord pour s'abstenir de tout mouvement politique, mais elle a refusé car elle tenait à conserver son droit d'exprimer son opinion.

La Commission asiatique des droits de l'homme note que ces huit individus ont été arrêtés et détenus uniquement pour la raison qu'ils avaient exprimé leurs opinions sur le coup d'Etat. Cela indique que près de six mois après le coup d'Etat, penser différemment que le NCPO est considéré comme un crime de facto. En tant qu'État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (International Covenant on Civil and Political Rights, sigle anglais ICCPR), le gouvernement de Thaïlande a la responsabilité de protéger les droits prévus par l'article 19 de l'ICCPR, qui note que, "1. Tout le monde a le droit d'avoir des opinions sans interférence. 2. Toute personne a droit à la liberté d'expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou sous la forme d'art, ou par tout autre moyen de son choix. 3. L'exercice des libertés prévues au paragraphe 2 du présent article comporte des devoirs et des responsabilités spéciales. Il peut en conséquence être soumis à certaines restrictions, qui doivent toutefois être expressément fixées par la loi et qui sont nécessaires: (A) Pour le respect des droits ou de la réputation d'autrui; (B) Pour la sauvegarde de la sécurité nationale ou de l'ordre public, de la santé ou de la moralité publique. "La demande aux huit personnes de cesser d'exprimer leurs opinions et de s'engager dans des activités politiques est une violation flagrante de l'article 19".

Au cours des dernières semaines, les autorités militaires ont également interpelé les militants et les défenseurs des droits de l'homme, afin d'empêcher une marche de sensibilisation à la réforme agraire à Chiang Mai, et intimidé des avocats qui travaillaient pour soutenir les droits humains. Au cours des six derniers mois, depuis le coup d'Etat du NCPO, les défenseurs des droits humains et les dissidents qui protestaient pacifiquement, ou qui exprimaient une quelconque critique, ont été ciblés par la junte. Combiné avec les pouvoirs étendus accordés à la junte sous la loi martiale et la constitution temporaire, ces actions ont créé une atmosphère de peur qui est préjudiciable aux droits humains et à la primauté du droit.

La Commission asiatique des droits de l'homme condamne sans équivoque le coup d'Etat ainsi que la disparition des droits et libertés en Thaïlande dans les termes les plus forts possibles. Alors que l'AHRC se félicite de la libération des militants qui ont exprimé leurs options dissidentes, elle affirme qu'ils n'auraient pas dû été arrêtés en premier lieu. Ce sont des citoyens qui exprimaient leur opinion pacifiquement et ils ne sont un danger pour personne. Penser autrement que la junte n'est pas un crime. Exprimer son opinion n'est pas un crime. L'AHRC invite le NCPO à cesser d'arrêter et détenir ceux qui le font et demande le retour immédiat à un régime civil.

Natcha Kong-udom

Natcha Kong-udom

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