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14 décembre 2014 7 14 /12 /décembre /2014 15:00

Giles Ji Ungpakorn nous donne son avis sur la succession dans cet article:

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/12/13/wachiralongkorn-should-not-be-the-future-king-thailand-should-be-a-republic/

 

Dans cette période où le vieux roi de Thaïlande est presque mourant, le prince Wachiralongkorn est préparé à être le prochain roi. Par conséquent, son caractère et son comportement devraient être des questions d'intérêt public.

Wachiralongkorn n'a jamais été très bon à l'école ou au collège. Peut-être qu'il n'avait aucun intérêt pour les études. Mais un chef d'État devrait prendre une participation dans la société et être en mesure de tenir une conversation intellectuelle raisonnable avec les politiciens de Thaïlande ainsi que des autres pays. Wachiralongkorn ne peut pas faire cela. C'est un idiot égocentrique. Il suffit de se renseigner auprès de la communauté diplomatique à Bangkok.

Un chef de l'Etat devrait avoir les bonnes manières de base lorsqu’il se conduit en public. Pourtant Wachiralongkorn est connu pour avoir conduit son jet sur la piste à l'aéroport international de Bangkok dans le but de bloquer celui du Premier ministre japonais. Cela à cause de la rancune personnelle d'une femme. Ensuite, lors d'un dîner de haut niveau en Thaïlande, Wachiralongkorn a permis à son chien, "le Maréchal Fufu de l'Air Force" de monter et descendre de la table d'honneur, renifler et lécher la nourriture dans les assiettes des invités thaïlandais et étrangers. Il ne lui est pas monté à l'idée que c'était un problème.

Mais plus important encore, si Wachiralongkorn devait être le prochain roi, ce serait une insulte, une claque au visage, à plus de 35 millions de femmes thaïlandaises.

Le fait que Wachiralongkorn tombe en amour ou dans la luxure avec beaucoup de femmes n'est pas un problème en soi. S'il veut prendre des photos de ses femmes nues et les garder pour lui, c'est une affaire personnelle entre elles et lui. Mais son comportement remet en question son respect fondamental pour toute personne et en particulier les femmes.

Des millions de Thaïlandais et d'étrangers ont vu la vidéo de Wachiralongkorn avec sa désormais ex-épouse. Ils boivent du vin et mangent devant une piscine. Elle est nue et il est tout habillé. Pas de comptabilité pour le goût, pourrait-on dire. Mais cela va bien au-delà. Les serviteurs sont en grand uniforme et il y a des gens qui prennent des vidéos et des photos. Wachiralongkorn demande à son ex-femme sur le sol, nue, à prendre du gâteau, comme s'il nourrissait un chien. Des millions de Thaïlandais ont vu toute une couvée de photos nues de ses diverses autres copines. C'est un porc sexiste et arrogant. Il n'a pas une once de respect pour les femmes. Il les abuse grâce à son pouvoir et son argent. Et son argent est tiré de la richesse collective du peuple thaïlandais.

Quand on voit les photos nues de ses femmes, il ne faut pas oublier qui a le pouvoir sur elles. Pardonnez leurs erreurs. Poser nue pour montrer son beau corps n'est pas immoral, ni un péché. Mais pourquoi ces images sont diffusées au public thaïlandais sur l'Internet? Il est difficile de deviner ce qui se passe dans l'esprit dépravé de Wachiralongkorn. Il est tellement aliéné qu'il ne sait pas comment respecter le reste du monde. La publication de ces images n'est pas un accident. Elles ont été dévoilées à intervalles réguliers depuis des années. Peut-être qu'il veut détruire leur dignité et leur montrer qu'il est le patron. Peut-être qu'il veut montrer qu'il peut "baiser" toutes les belles femmes. Peut-être qu'il sent qu'il est si puissant que personne ne peut le toucher et il peut faire ce qu'il veut. En d'autres mots, il n'en a rien à foutre.

Wachiralongkorn a divorcé de sa femme actuelle pour une nouvelle petite amie. Beaucoup s'attendent à voir des photos d'elle nues bientôt sur l'Internet. Il n'y a aucun moyen de savoir si cela se produira, mais cela serait en accord avec son caractère.

N'oubliez pas que sa mère, la reine, regarde son fils avec tendresse et pardonne tout. Ils sont proches. Sa mère et une de ses filles soutenaient ouvertement le PAD semi-fasciste ainsi que la foule anti-démocratique de Sutep. Son père, le roi, est resté muet comme d'habitude, refusant de critiquer son fils. Il s'agit d'une riche et sale famille dysfonctionnelle, comme la plupart des familles royales. Nous devrions nous débarrasser de la plupart d'entre eux et cela inclue la toute aussi parasitaire Princesse Couronnée Sirintorn.

N'oubliez pas qu'en Thaïlande, les gens sont obligés de se coucher et de montrer du respect au chef de l'État. Les gens doivent se prosterner et utiliser la langue royale. Ils doivent payer des impôts pour soutenir le riche style de vie de la famille royale. Ils doivent attendre dans les embouteillages que la famille royale soit passée.

Ce qui est pathétique, c'est que Taksin ait encouragé des illusions parmi les chemises rouges comme quoi Wachiralongkorn serait un "roi démocratique". C'est une absurdité totale. Wachiralongkorn ne se soucie pas de la politique ou de la société. Il ne se soucie que de ses intérêts égoïstes.

Wachiralongkorn ne devrait pas être le prochain roi parce que la Thaïlande devrait être une République.

Srirat, l’ex-femme de Wachiralongkorn

Srirat, l’ex-femme de Wachiralongkorn

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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 00:38

Un article du site internet "Thai Political Prisoners"

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http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/12/06/who-supports-the-military-dictatorship/

 

Comme la plupart des lecteurs le savent, le gouvernement des États-Unis est censé avoir arrêté son assistance militaire pour la Thaïlande à la suite du coup d'Etat militaire le 22 mai 2014.

Selon un article du Foreign Assistance Act, promulguée en 1961, les États-Unis sont tenus de suspendre leur aide étrangère à tout pays qui subit un coup d'Etat militaire. La loi, selon son texte, "limite l'assistance au gouvernement de tout pays dont le dirigeant d'un gouvernement dûment élu est renversé par coup d'État militaire ou un décret."

Lorsque le coup d'Etat militaire a eu lieu en Egypte, ce décret a été beaucoup discuté aux États-Unis.

Mais que se passe vraiment en Thaïlande?

Truthout, une agence critique et indépendante de nouvelles, a étudié cette question. Selon son analyse sur l'assistance militaire des États-Unis à la Thaïlande:

Dans les six mois qui ont suivis le coup d'Etat militaire en Thaïlande, les États-Unis ont exporté des dizaines de millions de dollars d'équipement militaire au gouvernement non élu du pays. Cette conclusion est fondée sur une nouvelle analyse des données d'exportation du "US Census Bureau" menées par Truthout.

Truthout continue d'observer que:

Les dossiers, parcourus depuis septembre dernier, montrent que depuis le coup d'État du 22 mai 2014, les États-Unis ont livrés 11 millions de dollars de pièces d'aéronefs militaires, plus de 1 million de dollars de pièces détachées pour missiles guidés et trois hélicoptères UH-60 Blackhawk valant plus de 40 millions de dollars.

Et il est ajouté que la livraison des armes pouvant être utilisés contre des manifestants ou des dissidents internes a continué:

Les États-Unis ont continué à livrer des armes au gouvernement thaïlandais. Durant le mois qui a suivi la prise de pouvoir par l'armée thaïlandaise, le gouvernement américain a exporté plus de 1 million de dollars de pièces et accessoires pour les fusils mitrailleurs et a continué à exporter des centaines de fusils d’assaut ainsi que des fusils de snipers depuis le coup d'Etat de mai dernier.

En outre, l'agence médiatique note que:

Lorsque l'armée thaïlandaise a pris le contrôle de la Thaïlande, le Département d'Etat a suspendu 4,7 millions de dollars de son aide au pays. Cependant, le Département d'Etat a continué d'approuver les ventes d'armes à la Thaïlande. L'exemple le plus récent a eu lieu en septembre dernier, quand la vente de neuf hélicoptères UH-72A Lakota ainsi que des pièces connexes et un service d'entretien, tout cela coutant 89 millions de dollars, a été approuvé. Le Département d'Etat a également demandé au Congrès d'approuver une aide étrangère de plus de 11 millions de dollars pour la Thaïlande en 2015, y compris 900 000 dollars d'aide militaire.

Le rapport conclut que "les livraisons d'armes américaines vers la Thaïlande sont peut-être illégale en vertu du droit des États-Unis".

Vente d'armes US à la Thaïlande

Vente d'armes US à la Thaïlande

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 15:01

Déclaration commune des organisations de la société civile et des syndicats coréens:

Il n'y a rien à attendre du Sommet commémoratif ASEAN-République de Corée de 2014 qui a eu lieu en présence des principaux acteurs de coup d'Etat militaire en Thaïlande.

Dans le Sommet commémoratif ASEAN-République de Corée qui a eu lieu le 10 décembre 2014 à Busan, en Corée, l'un des participants était Prayut Chan-ocha, qui a organisé le coup d'Etat militaire de mai 2014 et est devenu le nouveau premier ministre de la junte militaire. Les organisations de la société civile y compris les organisations coréennes du travail étaient fortement contre la participation au Sommet de Prayut, qui a été sévèrement critiqué par la communauté internationale pour sa prise du pouvoir par un coup d'Etat militaire et les arrestations arbitraires des citoyens opposé au coup d'Etat.

Le coup d'Etat militaire en Thaïlande menace sensiblement la démocratie non seulement en Thaïlande mais aussi dans l'ensemble de la région asiatique. L'histoire démontre clairement que ceux qui ont pris le pouvoir par la violence sans élections équitables ont toujours recouru à des pouvoirs répressifs pour leur propre intérêt et non pas celui des citoyens. Si la Corée et l'ASEAN ne parviennent pas à s'opposer vigoureusement au coup d'Etat militaire, cela conduira à une reculade de la démocratie qui a été dure à obtenir via les sacrifices de nombreux asiatiques.

Ce n'est pas seulement à propos de la Thaïlande. Tous les Etats membres de l'ASEAN ainsi que la Corée ont été invités à intensifier leurs efforts dans l'amélioration de la démocratie et des droits humains. À cet égard, il va sans dire que la démocratie et les droits humains doivent être inclus dans le principal ordre du jour du Sommet. Toutefois, dans le site web officiel du Sommet, il n'y a aucun ordre du jour du Sommet sur les questions de démocratie et de droits de l'homme.

Les travailleurs immigrés des pays de l'ASEAN sont expulsées de force par le gouvernement coréen après avoir vus leurs salaires impayés. Les préoccupations sur les droits de l'homme et des abus envers les travailleurs et les résidents des pays de l'ASEAN par le gouvernement coréen ou les entreprises coréennes ont été régulièrement soulevées.

Lorsque les questions des droits de l'homme sont ignorées, aucun véritable "partenariat" n'est possible.

Les sociétés civiles coréennes et asiatiques se souviennent des prisonniers de consciences de la Thaïlande qui ont été mis derrière les barreaux simplement parce qu'ils étaient contre le coup d'Etat militaire. Ce que nous voulons entendre de la part des dirigeants de la Corée et de l'ASEAN ne sont pas les questions sur l'effet économique négligeable du Sommet. Nous leur demandons de clarifier leur position vis-à-vis du récent coup d'Etat militaire en Thaïlande. Lorsque les gens de conscience sont privés de liberté, le slogan officiel du Sommet "Bâtir la confiance, apporter le bonheur», n'est qu'une phrase vide de sens.

Le 10 décembre 2014

Signé par 13 ONG de Corée du Sud

- Les partisans des lois d'intérêt public

- Civilian Military Watch

- Human Rights Law Foundation Gong Gam

- Confédération coréenne des syndicats

- Union coréenne des travailleurs médicaux et de la santé

- Maison coréenne pour la Solidarité Internationale

- Avocats coréens pour les droits de l'homme et l'intérêt public

- MINBYUN - Avocats pour un Comité de solidarité international de soutien aux sociétés démocratiques

- Nanum MunHwa (Activités mondiales pour la paix)

- Paix et Solidarité avec la Palestine en Corée du Sud

- Solidarité populaire pour la démocratie participative

- Groupe SARANGBANG des droits de l'homme

- Solidarité des travailleurs

 

Contacts:

Hyun Phil Na,

Directeur exécutif adjoint, KHIS (http://www.khis.or.kr)

Khis21@hanmail.net

Lien:

https://www.facebook.com/notes/international-solidarity-for-thailand/10-december-2014-the-joint-declaration-of-korean-civil-society-labor-organizatio/867608233271138

Drapeau de la Corée du Sud

Drapeau de la Corée du Sud

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 01:06

Une interview de Thaweeporn Kummetha

Lien:

http://prachatai.org/english/node/4574?utm_source=dlvr.it&utm_mediumes

 

A l'occasion de la Journée internationale des droits de l'homme le 10 Décembre, l'ambassade française à Bangkok a offert un prix aux avocats thaïlandais des droits de l'homme qui ont fourni une assistance juridique aux personnes touchées par le coup d'Etat militaire de 2014.

C'est la première fois que l'ambassade de France a donné un tel prix. La remise des prix a eu lieu le soir du 9 décembre à la Résidence française. L'ambassade a expliqué dans son communiqué de presse publié la semaine dernière que la promotion des droits humains est une des priorités de la France et de l'Union Européenne.

Depuis plus de six mois que le centre a été établi, ce petit organisme, composé de six avocats à temps plein, a fourni une assistance juridique et une représentation aux clients dans des affaires liées au coup d'État et aux violations des droits de l'homme. Par exemple, ils ont représentés et assistés des personnes arrêtées pour avoir protesté contre le coup d'Etat, des gens qui ont été arrêtés et inculpés en vertu de l'article 112 (la loi de lèse-majesté), et des personnes qui ont été convoqués par l'armée.

Thaweeporn Kummetha, du journal en ligne Prachatai, a interviewée Yaowalak Anupan, la présidente et co-fondatrice du centre des avocats thaïlandais des droits de l'homme, et lui a demandée d'expliquer les obstacles auxquels ces avocats sont confrontés lorsqu'ils travaillent pour les droits humains à une époque où la Thaïlande est privée de ces droits.

Thaweeporn Kummetha: Êtes-vous heureuse d'avoir reçu ce prix?

Yaowalak Anupan: Oui, nous sommes tous très heureux. Il nous donne le courage moral de continuer à travailler et à lutter sans être dissuadés comme avocats malgré la loi spéciale et le fait de faire face à de nombreux obstacles.

Thaweeporn Kummetha: Pourquoi pensez-vous que le centre a obtenu le prix?

Yaowalak Anupan: Peut-être parce que nous sommes l'une des peu nombreuses organisations qui travaillent directement et largement avec les personnes touchées par le coup d'Etat. Le gouvernement a utilisé beaucoup de pouvoirs spéciaux. La situation est inhabituelle, mais nous essayons de faire notre mieux pour s'assurer que tout le monde a accès aux droits fondamentaux.

Thaweeporn Kummetha: Vous êtes-vous sentis en insécurité ou avez-vous eu peur de travailler comme avocats dans cette situation?

Yaowalak Anupan: Oui, nous sentons que nous sommes surveillés par les gens au pouvoir. Cependant, nos avocats n'ont pas peur de ce pouvoir. Nous insistons sur le fait que nous continuerons à travailler professionnellement.

Thaweeporn Kummetha: Vos avocats ont été menacés ou intimidés?

Yaowalak Anupan: Non, nous n'avons jamais été menacés. Mais un avocat a autrefois été appelé "l'avocat des bandits." L'avocat était allé visiter une personne arrêtée et détenue pour avoir fait le symbole anti-coup. Un militaire a alors appelé cet avocat "l'avocat des bandits" Les soldats ne comprennent pas les droits fondamentaux des suspects. Ils ne comprennent pas que tout suspect est innocent si le tribunal n'a pas trouvé les coupables. Les suspects ont également le droit de voir un avocat.

Thaweeporn Kummetha: Comment ce centre a été créé? Quelle était votre pensée à cette époque?

Yaowalak Anupan: Nous l'avons créé deux jours après le coup d'Etat. J'ai eu cette idée le 23 mai suite à une protestation contre le coup d'Etat en face du Bangkok Art and Culture Centre lors de laquelle quelques personnes ont été arrêtées. Après cela, l'armée a convoqué les gens pour se signaler. Donc le 24 mai, nous nous sommes réunis et avons établi le Centre des Avocats Thaïlandais pour les Droits de l'Homme. Tous les avocats sont anti-coup d'Etat. Au début, la plupart d'entre nous étaient des jeunes avocats, et les avocats chevronnés nous ont rejoints plus tard.

Nous avons pensé qu'en ces temps difficiles, il y avait tellement de limitations des droits et libertés. Les médias et les universitaires sont harcelés. Donc, nous, en tant que juristes, pensions que nous devrions faire quelque chose.

Nous devons remercier les nombreux organismes qui nous soutiennent, comme iLaw, Cross Cultural Foundation, la Commission internationale des juristes, les Nations Unies, l'Union européenne, l'ambassade britannique, l'ambassade du Canada, entre autres.

Nous avons maintenant six avocats à temps plein et environ 10 bénévoles. Notre organisation est en croissance rapide parce que nous sommes très travailleurs. En outre, il y a de nouveaux travaux tous les jours, ou en d'autres termes, il y a de nouvelles personnes détenues et arrêtées tous les jours. Nous sommes également une unité se déplaçant rapidement pour arriver sur place.

Thaweeporn Kummetha: Lorsque vous avez établi le centre, avez-vous jamais pensé que cela durerait si longtemps, il y a plus de six mois depuis le coup d'Etat a eu lieu?

Yaowalak Anupan: Au début, je ne pensais pas que cela durerait aussi longtemps. Je pensais que ce serait juste une action ponctuelle et que nous allions plus tard être moins occupés de jour en jour. Cependant, des gens continuent d'être arrêtés tous les jours. La junte utilise encore des mesures sévères pour réprimer les dissidents. Nous ne pensions pas que nous aurions beaucoup de travail comme aujourd'hui.

Thaweeporn Kummetha: Comme avocate travaillant normalement dans un tribunal civil, faites-vous face à des difficultés lors de votre travail devant un tribunal militaire?

Yaowalak Anupan: Il est assez difficile d'accéder aux fichiers des accusés. Normalement, à la cour de justice, les avocats peuvent copier tous les documents, mais,  à la cour militaire, nous ne le pouvons pas. Dans un tribunal civil, les accusés disposent de leur dossier le jour où ils sont inculpés, mais dans tribunal militaire, ils ne le reçoivent qu'un mois plus tard. Cela fait qu'il est plus difficile et plus lent pour les accusés d'obtenir justice.

Thaweeporn Kummetha: Comment voyez-vous vos collègues avocats et les autres organisations d'avocats ainsi que leurs rôles après le coup d'Etat?

Yaowalak Anupan: Les avocats de certaines organisations d'avocats professionnels servent ce pouvoir antidémocratique. Nous les exhortons à revoir leur rôle et à adhérer au code de déontologie des avocats. Au cours des dernières années, les organisations professionnelles n'ont pas suivi la loi, mais ont contribué à détruire la constitution. Ils devraient se demander s'ils sont encore des avocats qui s'en tiennent à la loi ou non.

Thaweeporn Kummetha: Quelles sont plus grandes préoccupations du centre concernant la situation des droits humains en Thaïlande?

Yaowalak Anupan: Premièrement, l'utilisation de la loi martiale qui autorise le fait de détenir une personne pendant plus de sept jours sans déclarer ses allées et venues et sans lui donner l'accès à un avocat. La loi martiale est faite pour être utilisée en temps de guerre, mais la junte l'utilise actuellement afin de réprimer les dissidents. Nous exhortons la junte à lever la loi martiale.

Deuxièmement, les civils ne doivent pas être jugés par des tribunaux militaires.

Les avocats thaïlandais pour les droits de l'homme ont reçu un prix des droits de l'homme de l'ambassade de France
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10 décembre 2014 3 10 /12 /décembre /2014 11:29

Au cours des dernières semaines, de plus en plus d'incidents signalés de harcèlement, fouille en public, détention et intimidation suggèrent qu'une campagne organisée par la police, vise les touristes et les ressortissants étrangers.

Même s'il est difficile de vérifier ou corroborer plusieurs des affirmations, le grand nombre de plaintes soulevées dans les forums en ligne, les blogs et les journaux, indiquerait un niveau bien au-dessus de la normale de ces incidents.

"Il semble que cela soit de pire en pire, beaucoup d'amis ont été arrêtés et harcelés, en particulier autour du quartier de Thong Lor," a déclaré un étranger vivant à Bangkok et qui a requis l'anonymat par crainte de nouveaux harcèlements.

Un groupe privé sur Facebook a partagé ces histoires et certains membres affirment avoir été arrêtés, fouillés, menacés d'arrestation et s'être vu parfois demandé de l'argent.

Un expatrié résidant vivant dans le quartier de Phra Khanong temoigne qu'alors qu'il rentrait du 7-Eleven à 18 heures, un homme portant des vêtements civils lui a ordonné de s'arrêter. Craignant qu'il ne s’agisse d'une arnaque, il a continué à marcher. À ce moment l'homme a saisi son bras et lui a dit:

"Vous avez agi de façon suspecte... Je veux voir votre passeport".

Les policiers ont refusé de reconnaitre une photocopie de son passeport et voulaient lui faire passer un test d'urine. Ils l'ont finalement condamné à une amende de 100 baths pour ne pas avoir son passeport sur lui et l'ont libéré.

Il y a de nombreux rapports similaires dans le quartier de Thong Lor. Un autre expatrié a affirmé que la police l'a embarqué au commissariat de police de Thong Lor pour un test d'urine. Alors qu'il ne pouvait pas uriner, les policiers l'ont forcé à boire quatre litres d'eau et pressés avec force sa vessie afin de le faire uriner et touché son pénis.

Un autre étranger a été emmené dans un poste de police où un agent lui a dit qu'il voulait voir son téléphone, puis a lu tous ses messages et SMS et a refusé de le lui rendre.

Plusieurs touristes ont été contraints de passer des tests d'urine.

Dans une lettre au Bangkok Post, une femme, Reese Walker, a décrit son "cauchemar de vacances en Thaïlande". Walker a expliqué que peu après son arrivée à Bangkok, elle se trouvait dans un taxi avec son fiancé quand ils ont été arrêtés par la police qui leur a ordonné de sortir de la voiture. Sans rien dire, les policiers les ont soumis à "une fouille effrayante et humiliante à côté de la route." Ils ont finalement été autorisés à s'en aller. La nuit suivante, ils marchaient près de l'intersection d'Asoke et la même chose s'est reproduite. Les policiers se sont moqués d'eux et ont ordonné à son fiancé de passer un test d'urine. "C'est notre première et dernière visite en Thaïlande. L'atmosphère est intimidante et oppressante".

"Le harcèlement des touristes est inacceptable. Je recommande aux touristes de ne pas visiter ce pays dont la police pratique des arrestations au faciès selon des critères raciaux" a-t-elle ajouté.

Il semble qu'il y ait une politique de plus en plus importante de harcèlement des visiteurs occidentaux et des résidents à Bangkok.

Des touristes sont maintenant régulièrement arrêtés par la police de Bangkok, où ils sont interrogés, fouillés, et doivent donner des échantillons d'urine. Cette politique de contrôles par la police est devenue tristement célèbre dans les zones touristiques de Thong Lor et Lupini. Les Occidentaux sont régulièrement arrêtés au hasard dans la rue et dans les taxis. Les interpellations ont lieu jour et nuit. Des étrangers non-blancs, y compris des expatriés japonais ont également déclaré avoir été arrêtés par la police.

Il est recommandé aux touristes de visiter le pays avec un ami parlant le thaï car il y a peu de chances que la police fournisse un traducteur en cas d'arrestation.

Sources:

http://bangkok.coconuts.co/2014/12/04/surge-reported-police-harassment-suggests-campaign-targeting-tourists-expats

et

http://www.theglobaldispatch.com/police-scam-tourists-in-thailand-under-pretence-of-drug-testing-76550/

Bangkok: un touriste fouillé par des policiers thaïlandais

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7 décembre 2014 7 07 /12 /décembre /2014 10:13

Un nouvel ordre politique prend forme alors que les élites de Thaïlande se disputent entre elles pour leurs positions avant le prochain règne

Un article du journal "The Economist" ("The Economist" est un journal supportant le libéralisme économique)

Lien:

http://www.economist.com/news/asia/21635605-new-political-order-takes-shape-thailands-elites-vie-position-next

 

Les généraux qui ont dirigés la Thaïlande depuis leur coup d'Etat de mai dernier sont inquiets de leurs possibilités à continuer de le faire. Selon leurs dernières affirmations, la loi martiale restera en place "indéfiniment". Des élections auront lieu mais pas avant début 2016, et ce n'est qu'un "peut-être". Mais garder le contrôle du pays ne leur est pas facile. L'économie de la Thaïlande stagne et les adversaires du régime militaire restent légion. Les intrigues relatives à la famille royale, une institution toujours au centre de la vie politique thaïlandaise, compliquent les calculs des dirigeants. Le 5 décembre le Roi malade Bhumibol Adulyadej a eu 87 ans. Son fils et successeur désigné commence à s'affirmer.

Au moins en surface, les généraux semblent s'amuser. La plupart d'entre eux étaient à peine connu des citoyens ordinaires avant le coup d'Etat et maintenant ce sont des célébrités. Le leader du coup d'État et premier ministre, Prayuth Chan-ocha, qui a pris sa retraite en tant que chef de l'armée en octobre dernier, a mis en place une émission de télévision hebdomadaire: un monologue décousu appelé "Le retour du bonheur au peuple", qui dure environ une heure. Il n'est peut-être pas populaire en Occident, mais ce n'est pas un paria. Lors d'un sommet multi-national en Italie, il a côtoyé les leaders mondiaux et a discuté avec ceux du Myanmar et de la Chine,. Depuis le mois dernier, M. Prayuth s'est rendu en Malaisie, au Vietnam et au Laos, des visites souriantes.

Cependant, au pays, il y a peu de raisons de se réjouir. Le gouvernement militaire a du mal à relancer l'économie. Cette année, elle n'est susceptible que de croître d'environ 1% au maximum, beaucoup moins qu'en 2013. Les dépenses de consommation ont quelque peu reprise depuis le coup. Mais l'investissement, le tourisme, les exportations et la production industrielle sont tous en baisse.

Les généraux, nombre d'entre eux possédant des titres ministériels, n'ont pas été d'une grande aide. Ils ont délégué la politique économique aux bureaucrates sans leur donner un sens clair de direction. Le résultat est une confusion politique. M. Prayuth a affirmé aux investisseurs étrangers que la Thaïlande était ouverte pour les affaires, mais les bureaucrates ont envoyé un message différent. Au début de novembre dernier, ils ont dépoussiérés de vieux plans afin de restreindre la propriété et le contrôle des entreprises étrangères. Le gouvernement a depuis fait volte-face.

La junte a été beaucoup plus occupée dans le cadre de ses efforts pour remodeler la politique en difficulté de la Thaïlande. Mais ses résultats n'ont pas été plus encourageants. La junte a nommé des membres de l'établissement pour écrire une nouvelle constitution d'ici septembre prochain. L'inquiétant auteur principal [de cette nouvelle constitution] affirme que l'alignement de la planète Jupiter assurera que ce projet qu'ils mettent en place bénéficiera de "l'équité et de la sagesse". Ses supérieurs, encore plus inquiétants, affirment que le but de leur intervention militaire était de mettre au point un renouveau afin d'effacer l'influence de Thaksin Shinawatra, le frère aîné de Yingluck Shinawatra, la première ministre renversée par le coup d'Etat de mai dernier. M. Thaksin avait lui-même été éjecté de son poste de premier ministre par un coup d'Etat en 2006, mais il reste une force puissante de son exil auto-imposé à Dubaï.

Les partisans de M. Thaksin ont remporté toutes les élections depuis 2001. Cela suggère que les généraux vont essayer de manipuler les prochaines élections afin d'empêcher les partis politiques qui lui sont fidèles de reprendre le pouvoir. La nouvelle constitution est susceptible de prescrire un parlement partiellement nommé ainsi qu'un sénat entièrement nommé. Selon des rumeurs, M. Thaksin serait beaucoup moins indigné par cette disposition que ce que l'on pourrait espérer. L'armée a réprimé ses partisans chemises rouges, mais les Chemises rouges ont évité de se faire balayer complètement en maintenant un profil bas. Contrairement au parti rival Démocrate pro-établissement, ils ont affiché une remarquable unité.

M. Thaksin peut attendre. Il est en bons termes avec le successeur du roi choisi par ce dernier, le prince héritier Maha Vajiralongkorn, un homme capricieux très différent de son père. Les membres de l'élite conservatrice le détestent. Ils ont longtemps esperés que sa sœur, la princesse Sirindhorn, puisse monter sur le trône. Toutes les chances que cela puisse se produire ont presque disparues. Le prince héritier montre des signes de mise en ordre de sa vie privée en préparation pour le trône. Cela est évident depuis le 1er décembre dernier quand il a été annoncé que les membres de la famille de son ex-épouse, la princesse Srirasmi, ont été pris pour cible lors d'une campagne anti-corruption et dépouillés de leurs titres royaux.

Les généraux ne veulent pas spéculer en public sur la monarchie, une source vitale de leur légitimité. M. Prayuth est un royaliste qui a promis d'extirper les critiques de la monarchie. Les cas de lèse-majesté ont augmenté. Le 4 novembre dernier, un tribunal a condamné un étudiant à plus de deux ans de prison pour un post sur  Facebook jugé insultant pour la monarchie par les tribunaux. De plus, ce mois-ci, un tribunal militaire a approuvé un mandat d'arrêt pour un homme d'affaires thaïlandais milliardaire accusé, entre autres choses, d'avoir utilisé la monarchie afin de faire de l'argent (Note de Libérez-Somyot: il s’agit de Nopporn Suppipat, un homme d'affaires d'une quarantaine d'années qui dirige Wind Energy Holdings, une entreprise qui exploite des parcs éoliens).

Mais les observateurs du palais détectent un changement qui pourrait fournir un moyen de sortir de la morosité politique en Thaïlande. Prem Tinsulanonda, qui est le chef du Conseil privé du roi, est considéré comme avoir perdu la bataille dans les cercles royaux. M. Prem, qui est âgé de 94 ans, dirige une faction ultra-royaliste de la société thaïlandaise qui désapprouve à la fois le prince héritier et M. Thaksin. Ce camp craint que le prochain roi puisse conspirer avec M. Thaksin afin de lancer une révision radicale de la monarchie.

Le successeur probable de M. Prem comme pilier de la politique thaïlandaise, Prawit Wongsuwan, est le mentor de M. Prayuth et occupe maintenant le poste de ministre de la défense. Mais M. Prawit a également servi comme chef de l'armée sous M. Thaksin. Un des haut-gradés supportant M. Thaksin affirme que les deux camps sont en "conversation constante". M. Prawit pourrait-il être un intermédiaire entre le camp de M. Thaksin et celui des généraux? Les optimistes pensent que les généraux pourraient bien vouloir faire des compromis: l'armée pourrait prétendre qu'elle avait joué le rôle, décidé à l'avance, de seul gardien capable de sauvegarder un système brisé. Mais dans le monde opaque de la politique du palais, tout pari serait imprudent.

Des chemises jaunes célébrant l’anniversaire du roi le 5 décembre dernier

Des chemises jaunes célébrant l’anniversaire du roi le 5 décembre dernier

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 20:30

Mercredi dernier, la Cour pénale a condamné l'ancien député du parti Pua Thai, Prasit Chaisrisa, à 2 ans et demi de prison pour lèse-majesté.

Prasit Chaisrisa, un ancien député de la province de Surin, a été condamné en vertu de l'article 112 du Code criminel pour des propos qu'il a prononcés le 7 mai dernier au centre commercial Imperial Lad Phrao. Des parties du discours, intitulé "Arrêtez de renverser la démocratie", ont été jugées insultante vis-à-vis de la monarchie.

Prasit a d'abord nié les accusations de lèse-majesté, mais a ensuite avoué car sinon il aurait été condamné à 5 ans de prison au lieu de 2 ans et demi.

Prasit a été arrêté le 29 mai dernier et a depuis été détenu sans droit à la liberté sous caution. L'ancien député n'a aucune intention de faire appel. Il est emprisonné depuis six mois et il lui reste deux ans d'emprisonnement à faire avant sa libération.

Sources:

http://www.bangkokpost.com/news/politics/446939/ex-mp-gets-2-5-yrs-for-lese-majeste

et

http://www.thairath.co.th/content/466995

Prasit Chaisrisa

Prasit Chaisrisa

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5 décembre 2014 5 05 /12 /décembre /2014 06:22

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l'article:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/12/04/the-official-religion-in-thailand-is-not-buddhism-but-monarchy/

 

Aussi loin que la classe dirigeante thaïlandaise est concernée, la religion officielle du pays, qu'elle a toujours essayé de faire avaler au peuple, n'est pas le bouddhisme mais la "monarchie".

Pour des raisons historiques et philosophiques, le bouddhisme n'a pas été le principal outil autoritaire de la classe dirigeante thaïlandaise. Les rois et les dictateurs militaires se méfiaient toujours de mettre en place des rivaux s'ils favorisaient la puissance des moines. Depuis la fin des années 1950, l'armée cherche à contrôler les moines et à s'assurer que ces derniers soient essentiellement apolitiques. Cela est différent de la Birmanie ou du Laos où les moines bouddhistes ont été politisés par les mouvements nationalistes.

Le bouddhisme thaï est également une religion basée sur les actions des particuliers qui tentent d'amasser des mérites. Les moines thaïlandais ne font généralement pas de sermons publics dans le but de contrôler les croyances de la population. Le bouddhisme est également pratiqué d'une manière qui est fortement lié avec des croyances animistes pour les esprits et les anciennes superstitions ou il est mélangé avec l'hindouisme.

C'est pourquoi la religion principale, destinée à pacifier et contrôler les masses en Thaïlande, est la "monarchie" et l'idée que le roi est un dieu vivant. Cela est devenu beaucoup plus important dans la Thaïlande moderne après le renversement de la monarchie absolue lors de la révolution de 1932 ainsi que la réinvention de la monarchie à la fin des années 1950 pendant la guerre froide. Cette frénétique promotion du roi a pris de nouvelles proportions lors des années 1980. Il s'agissait d'un rempart contre les idées d'égalité et de démocratie; une justification de l'influence non démocratique ainsi que de la puissance de l'armée et des autres élites.

Dans les sociétés chrétiennes ou musulmanes réactionnaires, les classes dirigeantes ont tenté de justifier leurs positions autoritaires et leurs décrets dictatoriaux en citant "le livre saint".

Le "livre saint" est un objet inanimé, le travail de nombreuses mains humaines, et est ouvert à de multiples interprétations. Ils affirment que le livre viendrait de "Dieu". Ce n'est en fait qu'un outil utilisé par les dirigeants réactionnaires et les puissants prêtres pour justifier leur dictature et l'assujettissement de ceux qu'ils gouvernent. Pourtant, le livre doit aussi contenir des parties qui semblent sonner vrai et se connecter avec la vie des opprimés et ceux qui ont peu d'espoir.

L'Inquisition espagnole était en place afin d'impitoyablement extirper les opinions d'oppositions politiques et religieuses. Le fascisme du XXème siècle a également cherché à déraciner impitoyablement les vues opposées au nom de la patrie en utilisant les mythes religieux comme sujet d'une race pure depuis les temps anciens. Aucune de ces croyances autoritaires n'étaient basées sur l'usage de la raison.

Le moulage et la construction de la monarchie thaïlandaise dans sa forme actuelle est comme la fabrication du "livre saint". Le monarque thaïlandais d'aujourd'hui est un être humain banal, une créature pathétique, qui a été destiné à être un super-humain avec de nombreux talents supposés, mais aussi un dieu devant lequel les gens doivent se prosterner. Nous sommes poussés à croire que Pumibon aime et protège son peuple, en particulier ceux qui ont peu d'espoir. Il est censé être un chef de file national accompli, artisan de la paix, éducateur, économiste, chercheur, agronome et musicien. Ce mythe est simplement une énorme charrette royale de fumier de cheval.

Les déclarations de Pumibon sont guidées par d'autres qui ont un réel pouvoir dans la société. Ses mots peuvent être facilement manipulés parce qu'ils sont ouverts à de multiples interprétations. La religion de la "monarchie" est un outil utilisé par l'armée, les élites bureaucratiques, les politiciens et les magnats des affaires, afin de justifier la "hiérarchie naturelle des choses" et de "prouver" que chaque chose antidémocratique que les puissantes élites mettent en place est "correcte" car elle est sanctionnée par le dieu-roi.

Dans le passé, Pumibon restait assis et isolé dans son palais, trempé dans la paranoïa, entouré de courtisans obséquieux. Les seuls vrais amis qu'il avait étaient ses chiens. Les membres de sa famille, dysfonctionnels et parasitaires, étaient également traités comme des demi-dieux. Maintenant Pumibon peut à peine fonctionner comme un être humain. Pourtant, il est toujours utile à la classe dirigeante de même que le sera son fils quand il deviendra roi. Le réel manque de capacités et de grâces sociales de ces individus n'est pas important parce que personne ne doit remettre en question le "livre saint" ou, dans ce cas précis, le "dieu-roi sacré".

Le dieu-roi est défendu par de graves violences. Aujourd'hui, "l'inquisition thaïlandaise" est bien vivante. Des voyous armées ainsi que des généraux meurtriers utilisent la loi de lèse-majesté pour extirper les blasphémateurs et les jeter en prison pendant des années sans aucune prétention à la justice. Une grande pression est placée sur ces gens pour qu'ils "avouent" leurs péchés inexistants et puissent donc voir leur peine réduite de moitié avec une promesse de pardon. Cela contribue à "prouver" que le pays est miné par de méchants non-croyants.

Non seulement nous devons nous débarrasser de la loi de lèse-majesté, mais nous avons aussi besoin d'abolir la monarchie et détruire les racines du pouvoir de l'armée.

Une militante pour l’abolition de la lèse-majesté

Une militante pour l’abolition de la lèse-majesté

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4 décembre 2014 4 04 /12 /décembre /2014 01:26

Lien de la déclaration de Reporters sans frontières:

http://fr.rsf.org/thailande-le-journaliste-somsak-pakdeedech-26-11-2014,47281.html

Le journaliste Somsak Pakdeedech condamné en représaille à ses positions contre le coup d'Etat

Un tribunal militaire a condamné le 24 novembre 2014 le rédacteur en chef du site d’information Thai E-News, Somsak Pakdeedech, à une peine de neuf ans de prison. Arrêté par les militaires trois jours après le coup d’état du 22 mai 2014, le manager du site est victime d’une instrumentalisation politique du crime de lèse-majesté.

Réputé critique à l’encontre des militaires, Somsak Pakdeedech a été reconnu coupable de crime de lèse-majesté pour avoir publié un article - sans en être l’auteur - en 2011, violant ainsi le code pénal, selon lequel “quiconque diffame, insulte ou menace le roi, la reine, le prince héritier ou le régent sera puni de trois à quinze ans d’emprisonnement” (art 112 du code pénal de Thaïlande relatif aux offenses à la sécurité du royaume). Parce qu’il avait plaidé coupable quelques jours auparavant, Somsak Pakdeedech a vu sa peine réduite de moitié.

L’article visé par la condamnation avait été écrit par un ancien professeur d’université à Bangkok, Gile Ji Ungpakorn, contraint de quitter la Thaïlande en février 2011 après avoir été lui-même poursuivi pour crime de lèse-majesté, suite à la publication de son livre “Un coup d’État pour les riches”.

“Somsak Pakdeedech était déjà dans le collimateur des militaires avant leur coup d’Etat. Nous condamnons donc fermement ce verdict qui a été prononcé en représailles aux positions anti-militaristes du journaliste et de son site web, déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. Nous exigeons sa remise en liberté immédiate."

Thai E-News, qui agrège les informations politiques de diverses sources en ligne, a régulièrement été censuré par les autorités, en période de tensions politiques fortes. En juillet 2010, le site faisait partie des médias qualifiés de “pro-chemises rouges” et faisait l’objet d’un blocage, au même titre que les sites officiels du parti des chemises rouges, uddthailand.com. Actuellement, le site est à nouveau bloqué par le ministère des Technologies de l’Information et des Communications mais reste accessible depuis l’étranger.

Depuis son arrivée au pouvoir le 22 mai dernier, la junte militaire semble vouloir contrôler de plus en plus les médias en ligne et les réseaux sociaux. Le 18 novembre dernier, Kathawut Boonpitak, présentateur d’une émission de web radio, a été condamné à une peine de cinq ans d’emprisonnement pour crime de lèse-majesté, une peine disproportionnée que dénonce également Reporters sans frontières.

La Thaïlande se positionne à la 130e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières.

Dessin de Prachatai

Dessin de Prachatai

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2 décembre 2014 2 02 /12 /décembre /2014 07:44

Le 1er décembre 2014, en Malaisie, 18 organisations et 4 membres du parlement ont manifesté contre la visite officielle du dictateur thaïlandais, le général Prayuth Chan-ocha. La manifestation s'est déroulée devant l'ambassade de Thaïlande à Kuala Lumpur.

Les manifestants ont fait une déclaration.

Lien de la déclaration en anglais:

https://www.facebook.com/notes/parti-sosialis-malaysia/dictator-is-not-welcome-democracy-now-for-thailand/941993182496001

 

Traduction en français:

Le dictateur n'est pas le bienvenu! Démocratie maintenant pour la Thaïlande!

Déclaration conjointe faite le 1er décembre 2014:

Le dictateur n'est pas le bienvenu!

Démocratie maintenant pour la Thaïlande! 

Nous, les organisations soussignées, condamnons le gouvernement malaisien dirigé par Najib, pour avoir reçu en visite officielle le chef du coup d'Etat militaire en Thaïlande, Prayuth Chan-ocha. La réception de Prayuth est un acte qui reconnaît et donne une légitimité au gouvernement illégal de Thaïlande qui s'est emparé du pouvoir par un coup d'Etat militaire et la suppression de la démocratie en mai de cette année.

Prayuth Chan-ocha est arrivé au pouvoir en mai dernier, après avoir organisé un coup d'Etat militaire contre un gouvernement démocratiquement élu. La loi martiale a été déclarée, des militants et dissidents ont été arrêtés et harcelés par l'appareil répressif du coup d'Etat, une constitution provisoire antidémocratique a été introduite, et Prayuth s'est nommé lui-même premier ministre de Thaïlande sans l'approbation populaire donnée par des élections démocratiques. La liberté d'expression a été supprimée par le répressif Conseil national pour la paix et l'Ordre (NCPO) dirigé par Prayuth.

Le coup d'Etat actuel n'a rien à voir avec l'amélioration de la démocratie et de la justice sociale en Thaïlande. Au lieu de cela il resserre l'emprise de la dictature et tente d'écraser toute institution démocratique existante. Ce coup d'Etat a été mis en place pour protéger les intérêts d'une partie de la classe dirigeante thaïlandaise qui veulent réduire l'espace démocratique afin de consolider leur pouvoir. La junte militaire de Thaïlande n'a aucun intérêt à organiser des élections libres et équitables pour résoudre la crise politique, et ne cherche certainement pas à protéger la liberté d'expression qu'elle considère comme une menace.

L'armée thaïlandaise est tristement célèbre pour sa répression impitoyable contre les mouvements démocratiques. Le gouvernement militaire actuel, dirigé par Prayuth, recherche désespérément la reconnaissance et le soutien de la communauté internationale afin de justifier sa dictature impitoyable en Thaïlande. Le fait d'accepter et de recevoir la visite de Prayuth signifie que le gouvernement de Malaisie exprime aveuglément son soutien à une dictature militaire et remue le couteau dans les plaies du peuple ainsi que dans la démocratie en Thaïlande.

Nous appelons le gouvernement malaisien à cesser de reconnaitre l'administration de Prayuth avant que les conditions suivantes ne soient remplies:

- Abrogation immédiate de la loi martiale en Thaïlande;

- Arrêt de la répression et de l'arrestation des dissidents politiques en Thaïlande et libération de tous les prisonniers politiques;

- Restauration du processus électoral afin de laisser le peuple thaïlandais choisir démocratiquement son futur gouvernement;

La Malaisie occupera la présidence de l'ASEAN l'année prochaine, et il est nécessaire que le gouvernement de la Malaisie soit en tête afin d'obtenir que d'autres gouvernements de l'ASEAN condamnent la Thaïlande et mettent la pression pour ramener la démocratie dans ce pays.

Nous exprimons également notre solidarité avec le mouvement pro-démocratie en Thaïlande pour sa lutte contre la dictature militaire et la restauration de la démocratie en Thaïlande.

Signé par les organisations suivantes:

1. Parti Socialiste de Malaisie (PSM)

2. Groupe de soutien de la Malaisie pour la démocratie en Thaïlande

3. Suara Rakyat Malaysia (SUARAM)

4. Jaringan Rakyat Tertindas (JERIT)

5. Persatuan Sahabat Wanita Selangor

6. Comité pour les femmes asiatiques (Committee for Asian Women, sigle anglais: CAW)

7. Asia Floor Wage Alliance (AFWA)

8. KOMAS

9. Persatuan Kesedaran Komuniti Selangor (EMPOWER)

10. Selangor and KL Hokkien Association Youth Section

11. Persatuan Komuniti Prihatin Selangor dan KL (PRIHATIN)

12. Jihad for Justice

13. National Interlok Action Team (NIAT)

14. School of Acting Justly, Loving Tenderly, Treading Humbly (SALT)

15. Political Studies for Change (KPRU)

15. Pax Romana ICMICA

16. Association of Human Rights Defenders and Promoters- HRDP in Burma

17. Free Trade Union, Sri Lanka

18.Globalisation Monitor, Hong Kong

Signé par les membres du Parlement suivants:

1. Chua Tian Chang, député de Batu

2. Charles Santiago, député de Klang

3. Jeyakumar Devaraj, député de Sungai Siput

4. Chang Lih Kang, député d'Adun Teja

Manifestation contre Prayuth devant l'ambassade de Thaïlande à Kuala Lumpur (1)

Manifestation contre Prayuth devant l'ambassade de Thaïlande à Kuala Lumpur (1)

Manifestation contre Prayuth devant l'ambassade de Thaïlande à Kuala Lumpur (2)

Manifestation contre Prayuth devant l'ambassade de Thaïlande à Kuala Lumpur (2)

Manifestation contre Prayuth devant l'ambassade de Thaïlande à Kuala Lumpur (3)

Manifestation contre Prayuth devant l'ambassade de Thaïlande à Kuala Lumpur (3)

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