Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
7 février 2017 2 07 /02 /février /2017 08:23

Le député français du parti Les Républicains, Thierry Mariani, a déclaré ceci lors d'une interview donnée au "Petit Journal":

"L’Europe est la seule région du monde à attribuer des sanctions à la Thaïlande. Il ne s’agit pas de sanctions de niveau élevé comme avec la Russie, mais ce sont des sanctions inutilement vexatoires. Certes, il y a eu un changement de régime mais si l’on en croit les Thaïlandais c’est un changement de régime qui a apporté une stabilité dans une période de transition."

Selon lui donc, le coup d'Etat qui a détruit la démocratie n'est qu'un simple "changement de régime". Et de plus il a l'outrecuidance d'affirmer que les Thaïlandais, qui ne cessent de revoter pour des gouvernements chassés par les militaires depuis 2001, soutiendrait ce "changement de régime" qui aurait apporté la "stabilité" au pays. C'est honteux !!!

Mais qui sont donc ces Thaïlandais avec lesquels Thierry Mariani s'est entretenu? Certainement pas l'un des nombreux prisonniers politique du pays. Ni l'un des presque 60% de Thaïlandais qui ont votés pour le gouvernement précédent, celui qui a été renversé pour "apporter la stabilité".

Mais sur ce sujet, Thierry Mariani nous en dit plus:

"Enfin, ayant été le seul parlementaire à être intervenu à l’Assemblée Nationale -à deux reprises- pour demander jusqu’à quand les sanctions européennes qui pèsent sur la Thaïlande allaient être maintenues, cela m’a donné l’occasion de rencontrer, sur sa proposition, le vice-ministre des Affaires Etrangères de Thaïlande, M. Virasakdi, pour discuter des relations entre nos deux pays [...] J’essaye de travailler de plus en plus la partie bilatérale car je crois que nos relations politiques comme économiques mériteraient d’être meilleures [avec la Thaïlande]. M. Virasakdi et moi avons eu une discussion vraiment intéressante au cours de laquelle nous avons pu faire le tour de la situation dans la région, faire le point sur la vision de la Thaïlande sur certains problèmes, comme l’évolution des rapports avec la Chine, l’évolution des accords internationaux commerciaux dans la zone."

C'est donc le vice-ministre des Affaires Etrangères de la junte thaïlandaise qui a expliqué à Thierry Mariani que ce "changement de régime" aurait "apporté la stabilité" au pays. Quelle source indépendante!!!

Thierry Mariani devrait rougir de honte pour avoir osé affirmer de telles choses lors d'une interview. Et cette honte rejaillie sur l'ensemble de la communauté française vivant en Thaïlande car Mariani est le député de la 11ème circonscription des Français à l'étranger, celle de la zone Asie Pacifique qui comprend la Thaïlande. Nous appelons les Français expatriés qui soutiennent la démocratie dans ce pays à ne pas voter pour lui lors des prochaines élections législatives.

Lien de l'interview de Thierry Mariani:

http://www.lepetitjournal.com/bangkok/communaute/francophone-thailande-pass-partoo/265984-thierry-mariani-en-thailande-il-faut-encourager-le-reseau-d-ecoles-dans-les-villes-secondaires

A gauche le député français du parti Les Républicains Thierry Mariani, à droite le vice-ministre des Affaires Etrangères de la junte thaïlandaise Virasakdi Futrakul

A gauche le député français du parti Les Républicains Thierry Mariani, à droite le vice-ministre des Affaires Etrangères de la junte thaïlandaise Virasakdi Futrakul

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
3 février 2017 5 03 /02 /février /2017 09:26

Une brève du journaliste britannique Andrew MacGregor Marshall

Lien:

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=10154722936741154&set=a.34733576153.67568.627196153&type=3&theater

 

Le général Prawit Wongsuwan, numéro 2 de la junte militaire de Thaïlande, voulait voter pour la candidate thaïlandaise lors du concours Miss Univers, mais "ne savait pas comment faire".

J'imagine que c'est l'un des problèmes quand un groupe d'hommes âgés qui méprisent la démocratie et sont dans l'incapacité d'utiliser même un ordinateur, prennent le pouvoir dans un pays moderne.

Les dictateurs militaires thaïlandais ont la mauvaise habitude de causer des problèmes lors des concours de beauté. Le concours annuel de Miss Thaïlande a dû être suspendu pendant une décennie de 1954 à 1964 parce qu'à cette époque, le dictateur Sarit Thanarat exigeait un droit de cuissage sur la gagnante et toutes les finalistes.

Capture d'écran d'une page du Bangkok avec la photo de Chalita Suansane, la candidate thaïlandaise du concours Miss Univers

Capture d'écran d'une page du Bangkok avec la photo de Chalita Suansane, la candidate thaïlandaise du concours Miss Univers

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
31 janvier 2017 2 31 /01 /janvier /2017 09:51

Un article de Prachatai

Lien:

http://prachatai.org/english/node/6879

 

Un tribunal militaire a condamné un partisan des activistes anti-junte et des Chemises rouges anti-établissement à 11 ans et quatre mois de prison pour diffamation contre la royauté.

Le 27 janvier 2017, le tribunal militaire de Bangkok a infligé une peine d'emprisonnement à Burin Intin pour infraction à l'article 112 du Code pénal, la loi sur la lèse majesté.

Le tribunal militaire a rendu le verdict après que Bunrin ait plaidé coupable aux deux chefs d'accusation de lèse-majesté dont il était accusé. Burin a également été inculpé en vertu de l'article 14 de la Loi sur la criminalité informatique de 2007 pour avoir publié du contenu informatique illégal.

La première condamnation concerne un commentaire sur Facebook qui a été publié peu de temps avant sa participation à une manifestation le 27 avril 2016. La deuxième est due à un message privé sur Facebook avec Patnaree Chankij, la mère de Sirawit Serithiwat, militante anti-junte bien connue.

Burin, un soudeur du nord de la Thaïlande âgé de 29 ans, a été arrêté lors d'une manifestation anti-coup qui s'est tenue le 27 avril 2016 au Victory Monument de Bangkok. Il est en détention depuis son arrestation.

Contrairement à d'autres manifestants qui ont été arrêtés et relâchés par la suite, Burin a ensuite été embarqué par des soldats et détenu à la 11ème base du Cercle militaire à Bangkok. Après un interrogatoire, l'armée l'a accusé de deux chefs d'accusation de lèse-majesté.

Selon Burin, la nuit où il a été détenu à la base militaire, les officiers de l'armée ont exigé qu'il leur donne son mot de passe Facebook, mais il a résisté en refusant d'ouvrir la bouche.

Plus tard, un homme costaud a frappé Burin de quatre coups forts sur la tête, tandis qu'un officier d'interrogatoire le menaçait en disant: "Tu ne survivras sûrement pas. Tu ne sortiras pas d’ici. Si tu ne me donnes pas ton mot de passe, je t’emmènerai dans un endroit où tu seras confronté à un traitement encore plus dur."

Bien que Burin ait résisté en refusant de donner son mot de passe aux autorités, les policiers ont utilisé des conversations ayant prétendument été obtenues à partir de la boîte de réception de Facebook de Burin comme preuve à l'appui des poursuites contre lui.

Plus important encore, les documents justificatifs semblent avoir été préparés avant même que la police ne fasse une incursion dans sa maison et confisque son ordinateur.

Burin Intin

Burin Intin

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
28 janvier 2017 6 28 /01 /janvier /2017 10:47
Aung San Suu Kyi, par Atiqullah Shahid, Tlaxcala

Aung San Suu Kyi, par Atiqullah Shahid, Tlaxcala

Hier icône révérée de la démocratie et des droits de l’homme, le prix Nobel de la paix 1991 partage désormais le pouvoir avec ses anciens geôliers militaires. Elle est inactive et silencieuse, au nom de la raison d’État et de la solidarité avec la majorité bouddhiste, face aux violences qu’inflige l’armée à la minorité musulmane des Rohingya.

L’exercice du pouvoir peut être un révélateur cruel pour les anciens opposants devenus dirigeants, même – et peut-être surtout – s’ils ont été l’objet d’un véritable culte. Aung San Suu Kyi, lauréate en 1991 du prix Nobel de la paix pour «son engagement en faveur de la démocratie et des droits de l’homme» en Birmanie, est accusée, un quart de siècle plus tard, par onze autres «Nobel de la paix» et une douzaine de personnalités internationales de passivité, sinon de complicité par le silence et l’inaction dans «la tragédie humaine, le nettoyage ethnique et les crimes contre l’humanité» dont est victime l’ethnie musulmane rohingya, dans le nord-ouest du pays.

Dans une lettre au président du Conseil de sécurité des Nations unies, datée du 29 décembre 2016, où elles demandent à l’ONU d’inscrire d’urgence cette crise à l’ordre du jour de ses travaux, ces personnalités reprochent à Aung San Suu Kyi, qui exerce aujourd’hui de facto les fonctions de premier ministre, de n’avoir pris, malgré leurs «appels répétés», «aucune initiative pour défendre les droits des Rohingya en leur assurant la citoyenneté». «Mme Aung San Suu Kyi, soulignent-ils, est la dirigeante, elle a la responsabilité primordiale de diriger et de le faire avec courage, humanité et compassion.»

«Courage, humanité et compassion.» C’étaient les qualités mêmes que ses visiteurs et le comité Nobel reconnaissaient à la «Dame de Rangoon» pendant ses quelque trente années de lutte inlassable pour la démocratie, lutte à laquelle elle a sacrifié sa liberté, sa santé et jusqu’à sa famille. Pourquoi l’icône révérée, inflexible au point de résister à quinze ans d’assignation à résidence dans sa vieille demeure décrépie, se révèle-t-elle au pouvoir incapable de fidélité à ses idéaux démocratiques et à ses engagements de dissidente?

La Birmanie, expliquent ses fidèles, n’est pas encore, malgré le triomphe de la Ligue nationale pour la démocratie aux élections de novembre 2015, en situation de démocratie, mais en phase de transition. Certes, la LND contrôle les deux chambres du Parlement. Aung San Suu Kyi est à la fois ministre des affaires étrangères et conseiller de l’État – c’est-à-dire premier ministre de fait. Mais l’armée détient toujours, en application de la constitution de 2008, 25 % des sièges des deux chambres, ainsi que les ministères de la défense, de l’intérieur et des frontières. Elle contrôle aussi – modeste copie du système indonésien – quelques entreprises industrielles, autrefois étatisées.

Ces atouts, décrits par un diplomate comme un «bunker constitutionnel», conjugués à ses effectifs démesurés – près de 500 000 hommes, renforcés par plus de 50 000 miliciens – et à une activité anti-insurrectionnelle incessante face aux rebellions persistantes de certaines minorités ethniques, donnent à son chef d’état-major, le général Min Aung Hlaing, un poids politique énorme. Ce qui ne laisse à Aung San Suu Kyi qu’une marge d’initiative modeste. Dont elle n’abuse d’ailleurs pas, hantée par la crainte d’ouvrir avec les militaires une crise qui mettrait en péril le processus de démocratisation du pays.

Même si elle peut être entendue, cette argumentation des partisans de «la Dame» n’explique pas tout. Et surtout, elle ne justifie en rien la poursuite d’une discrimination et d’une pratique de moins en moins inavouée de nettoyage ethnique à l’encontre des Rohingya. Politique qui a commencé bien avant la dictature militaire, à l’époque de la colonisation britannique, et qui a été endossée par tous les régimes successifs. Y compris hélas par l’actuel, c’est-à-dire le premier issu d’élections libres.

Originaires dit-on de Perse, de Turquie, d’Arabie ou des confins musulmans du sous-continent indien – l’ostracisme qui les frappe n’a pas facilité les recherches sur leurs origines –, ceux qu’on appelle aujourd’hui les Rohingya sont arrivés du Bengale oriental au début du XIXe siècle, poussés par les Britanniques qui cherchaient à s’en débarrasser vers l’Arakan, au nord-ouest de l’actuelle Birmanie.

En gris sur la carte, l’Arakan

En gris sur la carte, l’Arakan

D’abord minoritaires parmi les Arakanais bouddhistes, ces musulmans de langue bengalie – qui seraient aujourd’hui plus d’1,3 million en Birmanie et près d’un million en exil – se sont donné au milieu du siècle dernier, dans la ferveur des luttes nationalistes et anticolonialistes, le nom de “Rohingya” pour se démarquer des autres musulmans venus d’Inde, installés depuis des siècles en Birmanie et largement assimilés.

Ils sont désormais l’une des communautés minoritaires les plus faibles en nombre et la moins tolérée. Dans un pays où les bouddhistes représentent près de 90 % de la population et où les Bamars (Birmans bouddhistes) sont, de loin, le groupe ethnique le plus puissant avec près de 70 % de la population, les musulmans – parmi lesquels les Rohingya – ne représentent pas plus de 5 % des habitants de la Birmanie, rebaptisée Myanmar par les militaires.

Le bonze Wirathu, leader du movement intégriste bouddhiste Ma Ba Tha

Le bonze Wirathu, leader du movement intégriste bouddhiste Ma Ba Tha

Nationalisme birman, fanatisme bouddhiste

Certains spécialistes de la région imputent les dernières éruptions de colère de la communauté rohingya, réprimées avec sauvagerie par l’armée birmane, ses milices et des groupes de bouddhistes fanatisés, à l’influence en son sein de mouvements islamistes indonésiens, ou même du gouvernement malaisien. Pertinente ou non, cette donnée n’explique pas la dimension de la tragédie actuelle. Loin s’en faut.

Car c’est bien au nom du nationalisme birman, largement nourri par le bouddhisme et soutenu par les bonzes, que la dictature xénophobe et autarcique du vieux général Ne Win, obsédé de numérologie au point de changer la valeur des billets de banque, a décidé en 1982 de priver les Rohingya de la citoyenneté de l’Union birmane, ce qui les privait du même coup de la possibilité de travailler et d’avoir accès aux maigres services de l’État.

Désespérés, des milliers d’entre eux ont tenté de fuir vers le Bangladesh voisin, la Malaisie ou les provinces musulmanes de Thaïlande. Immigrants illégaux, ils y sont devenus la proie des trafiquants de main-d’œuvre. Ceux qui sont restés dans l’Arakan se sont rassemblés dans les trois agglomérations du nord de l’État, voisines du Bangladesh, ou dans les dizaines de camps de personnes déplacées où ils ont été regroupés «pour leur sécurité» par l’armée.

Ils seraient près de 140 000 dans ces camps, livrés aux sévices infligés par la police, les soldats, les extrémistes bouddhistes et la foule fanatisée par les bonzes. Des milliers ont été tués, la plupart depuis la vague de violences racistes qui a déferlé sur le pays en 2012, victimes de ces chasses aux musulmans.

De nombreux autres – mais ces non-citoyens n’entrent pas dans les statistiques – ont été victimes de tortures, de détentions arbitraires et de viols et la quasi-totalité des Rohingya ont été privés de toute liberté de mouvement, d’accès à la nourriture et à l’eau potable, de soins médicaux, de travail, d’éducation. «J’ai vu beaucoup de camps lorsque j’étais responsable des secours d’urgence de l’ONU, déclarait en 2012 le sous-secrétaire général des Nations unies pour les affaires humanitaires, en visite dans les camps d’Arakan, mais les conditions ici, sont parmi les pires.»

La plupart de ces camps, il est vrai, sont aménagés dans des secteurs inondables pendant la saison des pluies, manquent de latrines, de dépôts d’ordures, d’eau propre et sont cernés par de véritables égouts à ciel ouvert. Médecins sans frontières, qui fut le principal fournisseur d’aide médicale à près de 700 000 personnes dans le nord de l’État, en a été chassé par le gouvernement birman fin février 2014 pour avoir rendu publiques les violences dont venaient d’être victimes les Rohingya à Maungdaw.

Selon une étude du département de droit de l’université de Yale publiée en octobre 2015, peu avant les élections législatives birmanes, les atrocités perpétrées par les forces de sécurité, la police et des civils locaux à l’encontre des Rohingya semblaient répondre aux trois critères qui caractérisent le crime de génocide aux termes de la Convention de 1948 sur la prévention et la répression du crime de génocide. Les victimes appartiennent à un groupe, tel que précisé par la Convention. Les actes perpétrés figurent dans la liste mentionnée par la Convention. Et ils ont été perpétrés avec l’intention de détruire le groupe, en partie ou en totalité.

«À la lumière de ces conclusions, écrivaient les auteurs du rapport, les Nations unies devraient adopter une résolution en vue d’établir une commission d’enquête sur la situation des droits de l’homme dans l’État Rakhine, au Myanmar. […] La commission devrait être chargée d’établir les faits et les circonstances, qui ensemble pourraient indiquer qu’un génocide a eu lieu ou est en train de se dérouler. Le mandat confié à la commission devrait lui assigner la tâche d’identifier les auteurs de ces crimes.»

Le secrétaire général de l’ONU et le Conseil de sécurité n’avaient pas retenu cette suggestion. Ils avaient pourtant entendu, le 19 novembre 2015, le conseiller spécial du secrétaire général pour la Birmanie, le diplomate indien Vijay Nambiar, rapporter que les opérations électorales s’étaient globalement déroulées dans «l’ordre et le calme», mais constater que la majeure partie des Rohingya (près de 700 000 selon Human Rights Watch) n’avaient pu participer.

Aung San Suu Kyi, elle, en dépit de sa victoire éclatante, était alors déjà critiquée par une frange du mouvement démocratique birman pour n’avoir désigné aucun Rohingya comme candidat de son parti et, surtout, pour être restée silencieuse pendant toute sa campagne électorale sur la discrimination et les violences dont ils étaient les victimes. Confrontée à la tâche colossale d’organiser les rapports harmonieux des sept régions et des sept États de l’Union birmane et de maintenir ou instaurer des cessez-le-feu durables avec les quinze groupes rebelles armés encore en activité aux confins du pays, «la Dame», avançaient alors ses amis, était hantée par le souvenir de son père assassiné alors qu’elle n’avait que deux ans.

Le village rohingya de Wa Peik, district de Maungdaw, dans l’Etat de Rakhine, après le passage de l’armée, 14 octobre 2016.  Photo  YE AUNG THU/AFP/Getty Images

Le village rohingya de Wa Peik, district de Maungdaw, dans l’Etat de Rakhine, après le passage de l’armée, 14 octobre 2016. Photo YE AUNG THU/AFP/Getty Images

Militaires et policiers traversant le district de Maungdaw, 14 octobre 2016. Photo YE AUNG THU/AFP/Getty Images

Militaires et policiers traversant le district de Maungdaw, 14 octobre 2016. Photo YE AUNG THU/AFP/Getty Images

«Point de rupture», selon Amnesty international

Figure du nationalisme birman et artisan historique de l’indépendance, le général Aung San, président de la Ligue antifasciste pour la liberté du peuple et chef du gouvernement de transition vers l’indépendance, avait payé de sa vie son projet de créer un État fédéral fondé sur la reconnaissance réciproque et la coexistence de la majorité birmane et des minorités ethniques. Le 19 juillet 1947, un groupe de tueurs à la solde d’un de ses rivaux l’avait abattu avec six de ses ministres en pleine réunion du gouvernement provisoire, avant même que son projet puisse être débattu.

Suu Kyi dans les bras de sa mère Daw Khin Kyi, qui fit une carrière de diplomate après l’assassinat du général

Suu Kyi dans les bras de sa mère Daw Khin Kyi, qui fit une carrière de diplomate après l’assassinat du général

Loin de relever le défi lancé il y a 70 ans par son père aux archaïsmes du pouvoir birman et à la domination qu’exerce le clergé bouddhiste sur la société comme sur le pouvoir politique, Aung San Suu Kyi semble avoir pris le parti d’accepter ou de se résigner à l’un et l’autre. Lorsqu’en octobre dernier, moins d’un an après son arrivée au pouvoir, l’armée a répondu par une vague de répression sanglante à l’assassinat de trois gardes-frontières par les combattants d’un groupe armé islamiste jusque-là inconnu, elle est demeurée silencieuse. Et rien, depuis, n’a pu tirer cette bouddhiste fervente de son silence.

Pourtant, elle ne peut plus invoquer comme autrefois le manque d’informations crédibles pour expliquer sa réserve. Même si un blocus, instauré par l’armée, empêche les journalistes de se rendre dans l’Arakan, Amnesty international a publié fin décembre 2016, après deux mois d’enquête, un rapport de 62 pages titré «Nous sommes au point de rupture». Ce rapport ne laisse aucun doute sur les crimes commis impunément par l’armée birmane et ses supplétifs contre les Rohingya. Attaques de villages et liquidations aveugles, arrestations arbitraires et tortures, viols et violences sexuelles systématiques, stratégie de la terre brûlée avec incendie des habitations, des écoles et des mosquées, sont longuement décrits et documentés.

«Ces opérations, écrivent en conclusion les auteurs du rapport, semblent prendre pour cible, collectivement, les Rohingya sur la base de leurs caractéristiques ethniques et de leur religion. Les preuves réunies par Amnesty, montrent que les violations des droits de l’homme perpétrées par les forces de sécurité [birmanes] relèvent d’attaques systématiques et de grande envergure contre la population rohingya […] et pourraient constituer des crimes contre l’humanité.» La réaction du gouvernement birman a été «irréfléchie, contre-productive et insensible», estimait de son côté en décembre Zeid Ra’ad al-Hussein, commissaire aux droits de l’homme des Nations unies. Et dans leur lettre au Conseil de sécurité, les lauréats du prix Nobel de la paix constataient qu’une «tragédie humaine allant jusqu’au nettoyage ethnique et à des crimes contre l’humanité se déroule actuellement» [en Birmanie].

Et s’il fallait d’autres preuves encore pour attester de l’ampleur du désastre, le flux incessant des Rohingya qui, parfois au péril de leur vie, cherchent l’asile des pays voisins pour échapper aux massacres, pourrait en fournir par milliers. Selon le Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU, près de 65 000 Rohingya se trouvaient à la date du 5 janvier dans les camps répertoriés, les campements improvisés ou les centres d’accueil de Cox’s Bazar, au sud du Bangladesh, où ils sont loin d’être les bienvenus. 22 000 d’entre eux étaient arrivés depuis moins d’une semaine.

Pour le gouvernement birman, qui s’appuie sur le rapport d’une commission d’enquête dirigée par un général, «la taille de la population musulmane ou la présence des mosquées prouvent qu’il n’y a pas eu de cas de génocide et de persécution religieuse». Quant aux «allégations» de viols commis par des soldats, elles sont écartées par la commission, faute de «preuves suffisantes».

Ces dénégations sont apparemment partagées par Aung Suu Kyi, qui au nom de la raison d’État et de la solidarité bouddhiste semble s’être désormais rangée aux côtés de ceux qui furent pendant près de trente ans ses geôliers…

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
25 janvier 2017 3 25 /01 /janvier /2017 12:25

Un article du journal britannique "The Guardian"

Lien:

https://www.theguardian.com/global-development/2017/jan/23/how-will-we-survive-syrian-refugees-trapped-in-poverty-in-thailand

 

Après les prières, Nasser, 58 ans, allume une des 60 cigarettes qu'il fumera ce jour-là. "C'est le stress", dit-il en s'excusant. "La tension d'être un réfugié illégal en Thaïlande."

Comme l'appel du minaret se fane, le bruit des bateaux du khlong de Bangkok s'intensifie car ils transportent les navetteurs le long des voies navigables. Avec deux amis irakiens, Nasser, un Palestinien syrien, surveille l'agitation, souhaitant pouvoir trouver un emploi.

"Nous ne pouvons pas travailler. Il n'y a pas d'options pour gagner de l'argent. Tout ce que nous pouvons faire, c'est attendre," explique Nasser.

Il y a quatre ans, Nasser habitait dans la banlieue de Damas avec sa femme et ses trois enfants adolescents, et il vendait des tapis. Mais à mesure que la guerre se rapprochait, tout changeait. Au lieu de gens qui souriaient, il y avait des cadavres dans les rues. Il était temps de partir.

Un ami syrien, qui était arrivé à Bangkok, a conseillé à Nasser d'oublier la route risquée vers la Grèce et d'obtenir des visas de touristes pour la Thaïlande, le dernier pays ayant un consulat ouvert à Damas.

"La simplicité était attrayante", se souvient Nasser. "Nous sommes allés là-bas, nous avons demandé des visas - 100 dollars chacun - acheté cinq billets d'avion et avant de se rendre compte de ce que nous faisions, nous étions en Thaïlande."

Ni Nasser ni sa famille ne connaissaient beaucoup la Thaïlande, mais son ami lui a dit que, une fois à Bangkok, il ne se passerait que quelques semaines avant que l'ONU ne les réinstallât dans un endroit sûr.

"Je croyais que nous pourrions atteindre l'Europe, mais sans le risque de perdre ma famille en mer", explique Nasser.

Quatre ans plus tard, il n'a toujours pas de date de départ. L'agence des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR) lui a dit qu'il devrait attendre au moins deux ans avant de pouvoir déménager. L'agence affirme que les demandes d'asile sont évaluées cas par cas, sur la base du premier arrivé, premier servi, en donnant la priorité à ceux qui sont considérés comme vulnérables.

Pendant qu'il attend, Nasser passe ses jours entre la mosquée et les épiceries. "J'essaie de rester à l'intérieur autant que possible, en évitant d'attirer l'attention. On ne sait jamais s'ils vont vous arrêter.

Nasser dit que sa famille et lui comptent sur le soutien de ses frères et sœurs, qui vivent à l'étranger. La plupart d'entre eux ont quitté la Syrie avant le début de la guerre.

La Thaïlande n'est pas signataire de la convention sur les réfugiés, de sorte que ni le statut des réfugiés ni leur protection ne sont reconnus. Le nombre de demandeurs d'asile urbains en Thaïlande a triplé au cours des trois dernières années, indique le HCR.

"Une fois que le visa touristique de trois mois expire, vous devenez un étranger illégal ici", explique Jennifer Bose du HCR Thaïlande. Dès lors, les réfugiés risquent d'être détenus ou expulsés.

Pour les quelques centaines de Syriens en Thaïlande - le nombre exact n'est pas disponible - la vie dans les tropiques est une lutte constante. Vivant constamment dans l'incertitude, ils se cachent souvent dans leurs chambres, incapables de travailler ou d'aller à l'école.

Chaque fois qu'un son inconnu pénètre le minuscule appartement d'une pièce de Firaz situé à la périphérie de Bangkok, il tremble. La police de l'immigration semble toujours arriver inopinément, comme il y a deux ans, lorsque sa famille a été arrêtée et emmenée dans un centre de détention. Après deux semaines de détention - entassés dans une cellule "comme des sardines" - et le paiement d'une caution de 140 000 bahts thaïlandais (environ 3600 euros), ils ont été libérés.

"Ils peuvent se présenter la nuit et nous ne savons jamais s'ils sont là pour nous taquiner ou pour nous arrêter", explique Firaz, 42 ans, assis sur le sol de la chambre qu'il partage avec sa femme, sa mère et ses deux enfants.

Firaz est un réfugié de deuxième génération dont la famille est originaire de Palestine. Lorsque, en 2012, la guerre a atteint sa maison dans le camp de Yarmouk (un district de Damas peuplé par les réfugiés palestiniens), la famille a fui au Liban. Après ce qu'ils ont décrit comme une période difficile, ils ont recueilli l'argent pour un voyage à sens unique en Thaïlande.

Outre un paiement mensuel de 3 000 bahts thaïlandais de l'ONU - en raison des problèmes de santé de Firaz - et 600 bahts pour soutenir les enfants, la famille vit de cadeaux (3600 bahts = 100 euros).

"J'ai arrêté d'envoyer mes enfants aux cours de thaï à l'école de réfugiés [gratuite]", dit Firaz. "Le bus me coûtait 70 bahts par jour, mais je peux cuisiner un repas complet avec ça."

Son réfrigérateur contient des carottes flétries, du chou brun et une boîte de sardines. "C'est avec ça que je nourris ma famille. Je ne peux pas dormir. Je n'arrête pas de penser: «Comment survivrons-nous demain? Que vais-je faire?»"

Avec des inquiétudes sur la nourriture, Firaz souhaite parfois n'avoir jamais été en Thaïlande, même s'il dit qu'à part les fonctionnaires de l'immigration, les habitants sont amicaux.

Zahra, 15 ans, voit les choses différemment. Elle est heureuse que son père, un dentiste syrien, l'ait emmenée avec ses sœurs et sa mère en Thaïlande et n'ait pas choisi la route à travers la Grèce comme la plupart des membres de sa famille. "D'abord tu échappes à la mort en Syrie", dit Zahra, dont la maison familiale à Damas a été détruite. "Ce sont seulement les chanceux qui échappent à la mort une seconde fois en mer."

Depuis plus de deux ans, Zahra n'a pas pu aller à l'école. Elle quitte rarement son appartement de Bangkok. "Ce n'est pas sûr de sortir", dit-elle. Au lieu de cela, elle passe ses journées à lire "tout ce qu'elle peut trouver".

La famille compte sur l'aide du Bangkok Refugee Centre, qui est soutenu par le HCR, après que son père n'ait pas pu travailler.

Mais un avenir meilleur est à venir. La famille a reçu des papiers de réinstallation pour les États-Unis. Moins de 1% de tous les réfugiés dans le monde auront cette chance.

Zahra est enthousiaste quant à leur nouveau départ. "Pourtant, la Thaïlande va me manquer", dit-elle. "Ce n'est pas facile, mais c'est mieux que de vivre en guerre."

Les noms ont été changés pour protéger les identités

Une famille de réfugiés syriens

Une famille de réfugiés syriens

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
24 janvier 2017 2 24 /01 /janvier /2017 09:13

Un article de Prachatai

Lien:

http://prachatai.org/english/node/6852

 

La police thaïlandaise a intimidé la famille de la femme d'un ancien journaliste britannique recherché pour lèse-majesté.

Ruedeewan Lahthip, la belle-mère d'Andrew MacGregor Marshall, un journaliste britannique accusé de lèse-majesté, a déclaré à la BBC Thai que deux policières habillées en civil avaient visité sa maison pour chercher sa fille Noppawan "Ploy "Bunluesilp, 39 ans.

Comme Noppawan n'était pas à la maison, une des policières a dit à Ruedeewan que leur supérieur voudrait que Marshall arrête de publier en ligne des informations censées être diffamatoire à la monarchie thaïe.

"Ils ont été polis et m'ont dit" s'il vous plaît dites à Andrew que [s'il aime ou n'aime pas certaines choses], il devrait garder cela pour lui et ne pas publier [certaines] images, de sorte que son enfant puisse revenir en Thaïlande sans soucis ", a déclarée Ruedeewan à la BBC Thai.

Le même jour, Marshall a écrit sur son compte Facebook: "Je suis terriblement triste et furieux d'apprendre à Ploy, la mère de mon fils Charlie, que trois policiers thaïlandais en civil se sont présentés aujourd'hui à la maison de sa famille à Bangkok pour faire des menaces. A cause de mes publications sur la Thaïlande. Ils ont harcelé et menacé la grand-mère de Charlie, qui était toute seule chez elle."

Noppawan "Ploy" Bunluesilp, la femme de Marshall, à la Division de Suppression du Crime à Bangkok le 22 juillet 2016

Noppawan "Ploy" Bunluesilp, la femme de Marshall, à la Division de Suppression du Crime à Bangkok le 22 juillet 2016

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
20 janvier 2017 5 20 /01 /janvier /2017 11:50

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2017/01/15/thailand-is-run-by-barbarians-in-uniform/

 

Alors que certains prisonniers ont été libérés lors d'une amnistie traditionnelle à l'occasion de l'entrée en fonction d'un nouveau roi en Thaïlande, les prisons continuent à se remplir de prisonniers politiques.

Jatupat Boonpatraksa, alias "Pai Dao Din"

Jatupat Boonpatraksa, alias "Pai Dao Din"

La dernière victime de cette répression est Jatupat Boonpatraksa, plus connu sous le nom de "Pai Dao Din". Naturellement, Pai est simplement "coupable" de s'opposer au sanglant généralissime Prayut et à sa junte. Activiste étudiant bien connu et membre du groupe étudiant du nord-est "Dao Din", Pai a longtemps été une épine dans le pied des soldats qui ont détruit la démocratie et qui sont maintenant occupés à augmenter leur pouvoir et à s'enrichir. Le groupe Dao Din s'est joint au groupe étudiant de Bangkok, Mouvement pour une Nouvelle Démocratie, afin de protester contre la junte et sa nouvelle constitution autoritaire. Ces étudiants ont également dénoncé la corruption militaire.

Les barbares en uniforme sont allés chercher Pai pour le garder un moment. L'occasion s'est présentée quand le site internet de la BBC en langue thaïe a publié une biographie véridique du nouveau roi Wachiralongkorn. Après que Pai ait "partagé" ce post sur les médias sociaux, il a été sélectionné pour un traitement spécial: une inculpation de lèse-majesté. D'autres personnes qui avaient partagé ce post n'ont pas été inculpées et de toute façon, les citoyens thaïlandais ont le droit de connaître l'homme qui leur a été imposé comme nouveau roi par les militaires. Ironiquement, les Thaïlandais les plus politiquement conscients savent déjà que Wachiralongkorn est un voyou-gamin inintelligent.

Les audiences de Pai devant le tribunal ont été tenues en secret et on lui a refusé à maintes reprises la liberté sous caution même pour passer ses examens finaux, ce qui pourrait lui couter son diplôme universitaire. À cela s'ajoutent les dégoûtantes fouilles anales qu'il a dû subir "parce qu'il aurait pu introduire de la drogue en prison". Tout cela équivaut à de la brutalité gratuite, à une victimisation et à un manque total de justice.

Trois mille six cents personnes ont signé une pétition pour la libération de Pai et des groupes de militants ont effectué des visites de solidarité dans la prison. Les autorités ont essayé sans succès de saboter leur voyage en train. Malheureusement, nous attendons encore la construction d'un mouvement social de masse qui pourrait chasser effectivement la junte du pouvoir et libérer les prisonniers politiques.

Un groupe de militants allume des bougies devant la cour pour demander la libération de Pai

Un groupe de militants allume des bougies devant la cour pour demander la libération de Pai

Quand un groupe de militants a allumé des bougies en dehors de la cour pour demander la libération de Pai, une employée de la junte, Seup-pong Sipongkun, porte-parole des tribunaux, a averti les jeunes militants qu'ils étaient coupables "d'outrage au tribunal". La répression de la junte contre la liberté d'expression inclut l'interdiction de tout commentaire sur les tribunaux kangourou méprisables de Thaïlande!

Bien sûr, Pai ne devrait pas simplement être libéré sous caution. Les fausses accusations portées contre lui et tous les autres prisonniers politiques, tels que Somyot Pruksakasemsuk et ceux dont le nom n'est pas bien connu du public, devraient être abandonnées. De sa cellule, Somyot a envoyé à Pai une lettre ouverte pour stimuler le moral de l'étudiant.

Pendant ce temps, les dirigeants de l'UDD, ou de ce qu'on appelait les chemises rouges, ont été condamnés à des peines de prison pour diverses infractions, y compris la tenue d'une manifestation pacifique devant la maison de l'ancien premier ministre, le général Prem, il y a dix ans! Non seulement il y a un manque de justice en Thaïlande, mais les rouages ​​de l'injustice se déplacent à un rythme d'escargot. Bien sûr, aucun des Chemises jaunes qui ont bloqués Bangkok et occupés l'aéroport ne sont en prison. Le moine fasciste favori de Prayut, qui a perturbé les dernières élections, n'est lui non plus pas emprisonné.

Le généralissime Prayut a déclaré que la soi-disant "réconciliation" devrait avoir lieu sans la libération des prisonniers. Pourtant, l'existence de prisonniers politiques est la marque d'une société barbare et incivilisée. Les rites de Prayut sont connus pour être stupide et erratique, plus encore que ceux de Donald Trump. C'est presque comme s'il avait des hallucinations. Dans une de ses récentes sorties, il a dit qu'il croyait que la langue thaïlandaise pourrait devenir la langue internationale du monde et que la Thaïlande était devenue une super puissance. Peut-être rêvait-il d'être le dictateur du monde!

Des rapports de l'autre côté de la frontière en Birmanie indiquent que le gouvernement d'Aung San Suu Kyi maintient aussi le rythme des prisonniers politiques emprisonnés qui osent critiquer son équipe politique et ses amis proches, les généraux barbares. Les médias sociaux en Birmanie font face à des lois restrictives comme en Thaïlande. Il est bon de voir les deux régimes despotiques travailler en harmonie après des siècles de guerre entre les deux pays!

Juste pour ajouter à la barbarie, la brigade "Pendez-les et fouettez-les" en Thaïlande demande la peine de mort pour les politiciens qui causent des pertes sérieuses au trésor public à cause de leur corruption. Naturellement, les généraux corrompus qui ont forcé leur chemin au pouvoir à la pointe des armes à feu, puis se sont nommés, ainsi que leurs amis et leurs parents, dans de multiples emplois lucratifs d'État, continueront à jouir de l'impunité. De même que les généraux et les membres de la famille royale qui gaspillent l'argent de l'État pour des armes, des chars et des styles de vie somptueux.

Ce pays est gouverné par des barbares.

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
8 décembre 2016 4 08 /12 /décembre /2016 14:06

Un article de RT

Lien:

https://francais.rt.com/international/30271-bbc-est-sous-coup-enquete-thailandaise-pour-insulte-monarchie

 

Jugé insultant pour la monarchie thaïlandaise, le portrait du roi Rama X mis en ligne par la BBC a été censuré par le gouvernement. Le crime de lèse-majesté est sévèrement puni par la loi thaïlandaise.

Le général Prawit Wongsuwan, Premier ministre (et ministre de la Défense) thaïlandais, a annoncé que les autorités thaïlandaises allaient ouvrir une enquête sur un article biographique sur le roi Rama X, publié par la chaîne britannique BBC dans son service en langue thaï. Les locaux de la BBC ont été perquisitionnés le 6 décembre par les forces de l'ordre. La chaîne britannique a pour l'instant refusé de commenter l'affaire.

La biographie du roi est inaccessible sur internet depuis le 6 décembre et «bloquée pour contenu inapproprié» par le gouvernement thaïlandais. Insulter la monarchie en Thaïlande est un grave délit passible de peine pouvant aller jusqu'à quinze ans de prison.

L'article mis en ligne le 2 décembre sur le site de la BBC avait déclenché la colère sur les réseaux sociaux d'habitants du pays le jugeant insultant. La biographie mentionnait entre autres que le nouveau roi disposait d'un prestige moindre par rapport au précédent monarque, Rama IX, mort le 13 octobre 2016 après 70 ans de règne.

La junte militaire au pouvoir depuis 2014 en Thaïlande, se présente comme protectrice de la monarchie et prend ce rôle très au sérieux. L'année dernière, des tribunaux militaires ont condamnés deux personnes à 30 ans et 28 ans de prison pour avoir insulté la monarchie sur Facebook.

L'article de la BBC sur le nouveau roi est bloqué en Thaïlande

L'article de la BBC sur le nouveau roi est bloqué en Thaïlande

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
7 décembre 2016 3 07 /12 /décembre /2016 10:17

Le 8 décembre 2015, Thanakorn Siripaiboon a été arrêté par des militaires et des policiers. Il a été accusé de violer la loi de lèse-majesté en publiant un commentaire "sarcastique" sur Facebook qui se moquait de Thong Daeng, le chien favori de l'ancien roi.
Un tribunal provincial avait conclu que le tribunal militaire de Bangkok était compétent pour juger l'affaire.
Le 29 novembre 2016, la Cour militaire de Bangkok a tenu une audience de déposition sur l'affaire, en lisant "une déclaration de la Cour provinciale de Samut Prakan, qui a conclu que la compétence pour juger Thanakorn appartient au tribunal militaire selon l'annonce n°37/2014 du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO, le nom que se donne la junte militaire)."
Cela signifie que se moquer du chien de compagnie du roi mort est considéré comme un crime impliquant la sécurité nationale.
Thanakorn fait aussi face à des accusations en vertu de la Loi sur les crimes informatiques pour le commentaire présumé de lése-majesté et pour une autre accusation de sédition non liée, le post d'une infographie sur le scandale de corruption de Rajabhakti Park sur Facebook.
Thanakorn est actuellement en liberté sous caution. Il est entré dans les ordres et est devenu un moine bouddhiste.
Source:
https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2016/12/01/more-on-dog-lese-majeste/

 

Un dessin du journal satirique français Charlie Hebdo sur cette affaire

Un dessin du journal satirique français Charlie Hebdo sur cette affaire

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
6 décembre 2016 2 06 /12 /décembre /2016 10:19

Le dirigeant révolutionnaire cubain Fidel Castro est décédé le 25 novembre 2016 suivant de peu le roi Rama IX de Thaïlande mort le 13 octobre 2016

Période de deuil:

Le roi de la Thaïlande meurt. 365 jours de deuil en Thaïlande.

Fidel Castro meurt. 9 jours de deuil à Cuba.

Le journal thaïlandais en ligne "Khaosod" écrit à propos du décès de Fidel Castro:

"Le président Raul Castro a annoncé que Cuba avait interdit de nommer des rues et des au nom de son frère Fidel, et interdit la construction de statues de l'ancien dirigeant et icône révolutionnaire en conformité avec le désir de ce dernier d'éviter un culte de la personnalité."

Sources:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2016/12/05/anti-cult-of-personality/

et

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2016/11/27/mourning/

Fidel Castro

Fidel Castro

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article