Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
1 décembre 2014 1 01 /12 /décembre /2014 01:49

Les militants étudiants arrêtés à Khon Kaen pour avoir fait le salut à trois doigts devant le chef de la junte ont rapporté aux fonctionnaires des Nations Unies à Bangkok, les intimidations qu'ils avaient reçus après leur libération. Pour l'occasion, Prachatai les a interviewés et leur a demandé ce qu'ils pensaient de l'accusation d'être des Chemises rouges.

Lien:

http://www.prachatai.com/english/node/4544

 

Deux représentants du groupe Dao Din, un groupe militant étudiant basé à l'université Khon Kaen du Nord-Est de la Thaïlande, ont rencontré le personnel du Bureau du Haut-Commissaire aux droits de l'homme (HCDH) à Bangkok jeudi dernier afin de signaler les intimidations et les harcèlements dont le groupe a eu à faire face.

Les intimidations ont commencé après la libération des cinq étudiants militants du groupe Dao Din, arrêtés pour avoir fait le salut à trois doigts et porté des t-shirts avec le message "Pas de coup d'Etat" pendant le discours de Prayuth Chan-ocha, le chef de la junte, la semaine dernière.

Selon la page facebook du groupe, l'armée aurait visité les maisons de certains membres du groupe et aurait surveillé les activités et les mouvements du groupe.

Prachatai a eu la chance d'interviewer deux membres du groupe après leur rencontre avec le HCDH.

Prachatai: Comment s'est passé la réunion avec le HCDH?

Les étudiants militants: Les gens du HCDH nous ont dit qu'ils se rendaient compte de la situation des droits de l'homme en Thaïlande et des intimidations dont nous sommes victimes. Ils ont confirmé qu'ils suivront notre situation de près et ont promis qu'ils consulteront le ministère thaïlandais des Affaires étrangères au sujet de notre situation. En outre, ils suggèrent que le groupe Dao Din devrait présenter un rapport sur les intimidations contre les étudiants de Dao Din à l'ONU.

Prachatai: Vous sentez vous mal à l'aise d'avoir été accusé d'être des Chemises rouges?

Les étudiants militants: Ce n'est pas important, nous avons une position ferme et tenons à dire que ceux qui sont contre le coup d'État ne sont pas que des Chemises rouges. Il s'agit de gens des deux côtés qui ne se sentent pas à l'aise avec la situation, mais dans notre cas, nous luttons au nom de la nouvelle génération qui croit en la démocratie et nous voulons que la société pense au-delà du clivage politique des couleurs. Une évidence de cela est que nos activités se préoccupent principalement de résoudre les problèmes des villageois avec nous avons travaillé ce qui est très difficile en raison de la pression de l'autorité et des codes politiques de couleur, qui ne font qu'obstruer les idées de la nouvelle génération.

Prachatai: Quel est la relation entre Dao Din et les Chemises rouges?

Les étudiants militants: Dans certains aspects, tels que les élections, nous sommes d'accord car en faveur des élections et nous avons fait campagne pour cela. Lorsque la Cour constitutionnelle a jugé que la dernière élection était invalide, nous sommes allés à la Cour administrative pour déposer plainte contre ceux qui avaient invalidé l'élection car ils n'avaient pas le droit de le faire. Cependant, notre mouvement est indépendant et nous ne sommes pas sous le contrôle des Chemises rouges. Nous disposons de nos propres moyens.

Prachatai: Maintenant que le Conseil national pour la paix et l'ordre de la junte a proposé des programmes de réforme et a suggéré que les participations de la jeunesse et des étudiants pourraient être sur la table, dans le cas où vous seriez invités à participer à cela, iriez-vous? 

Les étudiants militants: En principe, cela ne va pas ensemble. Ils ont des fusils, mais nous n'avons que nos mains vides. Comment pouvons-nous coopérer pour la réforme. S'ils veulent vraiment la réforme alors qu'ils suppriment d'abord la loi martiale.

Les étudiants de Khon Kaen au bâtiment de l’ONU à Bangkok

Les étudiants de Khon Kaen au bâtiment de l’ONU à Bangkok

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
30 novembre 2014 7 30 /11 /novembre /2014 11:57

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/11/29/thai-state-set-to-execute-five-patani-fighters/

 

Il est scandaleux que l'état thaïlandais veuille exécuter cinq rebelles sudistes capturés qui seraient impliqués dans une embuscade contre des soldats en juillet 2012. Quatre soldats d'une patrouille en moto ont été tués et un certain nombre d'autres grièvement blessés lors de cette attaque.

Même si les cinq rebelles capturés étaient vraiment coupable, et nous savons tous comment le système de justice thaïlandais est bon pour trouver des boucs émissaires, l'exécution de combattants ennemis capturés est inacceptable. Ils doivent être traités comme des prisonniers de guerre, et non comme des criminels de droit commun. Qui plus est, la peine de mort est une abomination dans tous les cas.

La dictature militaire thaïlandaise présente est dirigée par le général qui a ordonné le massacre d'environ une centaine de manifestants pro-démocratie non armés en 2010. L'état thaïlandais a assassiné 85 Malais musulmans désarmés à Takbai en 2004 et tout au long de la guerre à Patani, il y a eu beaucoup plus de civils malais musulmans tués que de soldats thaïlandais. Souvent, ces meurtres sont effectués par des escadrons de la mort soutenus ou dirigés par l'État. Pas un seul fonctionnaire, militaire, ni politicien thaïlandais n'a jamais été accusé pour ces crimes d'État, même lorsque nous savons qui sont les coupables. Cela remet les peines de mort vis-à-vis des cinq combattants rebelles dans leur contexte. C'est de la pure et brutale hypocrisie.

Le fait que l'Etat thaïlandais tente d'assimiler les attaques des rebelles du sud à des "actes criminels" n'est pas unique. De  nombreux États, y compris ceux de l'Occident, ont essayé de faire passer les combattants de la libération pour des "terroristes et des bandits". Cependant, cette attitude ne conduit jamais à une solution politique des conflits, car elle nie le fait que les gens opprimés ont des doléances véritables qui les forcent à prendre les armes. En fin de compte, les États finissent toujours par être obligés de négocier. Un tel combattant de la liberté qui a été marqué comme "terroriste" était Nelson Mandela.

La guerre de longue durée à Patani est le résultat d'années d'oppression et de violence par l'Etat thaïlandais. Le conflit ne peut être résolu par une issue pacifique que par un règlement politique négocié qui reconnaît les droits du peuple de Patani à l'autodétermination, même si cela signifie l'autonomie ou l'indépendance.

Pourtant, les divers gouvernements thaïlandais se sont toujours opposé à une véritable solution politique. Ils peuvent entrer en négociations avec certains groupes rebelles de temps en temps, mais ils continuent à privilégier les méthodes militaires pour réprimer la dissidence et la lutte pour la libération.

Le problème a été encore aggravé par les coups d'Etat militaires et la suppression de la démocratie dans la totalité du pays.

Pour plus de détails sur le conflit entre les rebelles et l'état thaïlandais à Patani voir mon analyse (en anglais):

"The Bloody Civil War in Patani and the way to Achieve Peace"

https://www.scribd.com/doc/207169526/The-Bloody-Civil-War-in-Patani

Les condamnés à mort de Patani

Les condamnés à mort de Patani

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 14:32

Le Prince Héritier serait le déclencheur de la purge parmi les haut-gradés de la police thaïlandaise.

Des sources expliquent que la purge de la police n'aurait rien à voir avec une volonté de réforme

Un article d'Asia Sentinel

Lien:

http://www.asiasentinel.com/society/thailand-prince-said-to-trigger-police-purge/

 

Un séisme figuratif s'est produit dans la notoirement corrompue police thaïlandaise cette semaine avec l'arrestation de certains des plus importants représentants de cette institution, dont Pongpat Chayaphan, le chef du Bureau Central d'Enquête, le FBI de la Thaïlande.

Sept des collègues de Pongpat ont été arrêtés avec lui pour des accusations de corruption lors de nominations d'emploi ainsi que d'autorisation illégale de jeu et de contrebande de pétrole et ont été montré aux journalistes. L'un d'entre eux est mort en détention après avoir été démis de son poste, mais il avait été inculpé auparavant selon les autorités qui prétendent qu'il se serait suicidé en sautant d'un bâtiment, bien qu'il ait été presque immédiatement incinéré, ce qui laisse soupçonner que quelque chose d'autre lui serait arrivé.

Il serait tentant de croire que ces arrestations signifieraient que l'armée, qui a organisé le coup d'Etat du 22 mai dernier et a promis de nettoyer la Thaïlande de sa corruption endémique, ait finalement commencé par la police, six mois après que Prayuth Chan-ocha ait pris en charge le pays et chassé les forces alignées avec l'ancien Premier ministre fugitif Thaksin Shinawatra. La police était considérée comme la base du pouvoir de Thaksin, qui venait lui-même des rangs de la police.

Mais selon plusieurs sources, il y aurait une raison plus sombre et plus déroutante derrière ces arrestations.

Pongpat est l'oncle de la princesse Srirasmi Akharapongpreecha, l'épouse du Prince héritier Maha Vajiralongkorn, l'héritier du trône de Thaïlande. Cette femme de 42 ans, qui est considérée dans certains milieux de la société thaïlandaise comme une ancienne hôtesse de bar, a épousé Vajiralongkorn en 2001 et est sa troisième épouse. Une quatrième femme est déjà installée dans le palais et l'on affirme qu'elle est enceinte.

Selon plusieurs sources, le prince héritier a demandé au Conseil privé, les conseillers du roi, la permission du monarque pour divorcer de Srirasmi mais ils auraient refusé car ils ne veulent pas déranger le roi malade, Bhumibol Adulyadej, qui, âgé de 86 ans, est en très mauvaise santé après avoir subi un accident vasculaire cérébral qui l'a complètement incapacisé.

Rien de cela n'est connu du public, bien que les cercles royaux ne parlent que de cette histoire. Cela rappelle le mariage du prince avec sa seconde femme, charitablement décrite comme une actrice en herbe qui a également été nommée major de l'armée royale thaïlandaise à l'instigation du prince et qui a participé à des cérémonies royales. Il y avait des préoccupations comme quoi elle avait amassé de la puissance pour son propre compte. Accusée d'adultère, elle a été forcée de fuir au Royaume-Uni avec ses quatre enfants. Le prince, cependant, a enlevé la fille qu'il avait eu avec elle et l'a ramenée en Thaïlande afin qu'elle vive avec lui. Cette dernière a été élevée au rang de princesse tandis que l'ancienne épouse ainsi que les trois autres enfants (Note de Libérez-Somyot: en fait quatre, tous des garçons) ont été dépouillés de leurs passeports.

Avec le roi Bhumibol dans le coma et apparemment près de la mort, la Thaïlande est en proie, derrière la scène, à de graves préoccupations sur la succession, notamment parce que Vajiralongkorn est considéré comme proche du fugitif Thaksin, qui lui a construit un palais, bien qu'il se pourrait qu'ils ne soient plus proche l'un de l'autre. Le prince a été décrit dans les câbles secrets de l'ambassade américaine publiés par Wikileaks comme instable. Les membres du Conseil privé ont confié qu'ils craignaient son élévation au trône et préféreraient sa sœur, Maha Chakri Sirindhorn. Cependant, les lois de succession précisent que l'héritier du trône doit être un mâle.

En raison de la nature sensible de la succession, les autorités ont utilisé la loi de lèse-majesté, la plus dure de la planète, dans le but de supprimer toute discussion sur la question. En vertu des dispositions de cette loi, toutes les critiques du roi, de la reine, du prince héritier, du régent, des projets de développement royaux, de l'institution royale, de la dynastie Chakri, ou de tous les parents du roi sont interdites. Cela a, de manière effective, empêché toute discussion sur tout ce qui a à voir avec la famille royale dans la presse.

Ainsi, les raisons de l'arrestation des alliés de Vajiralongkorn dans les forces de police restent inconnues. Mais une chose est claire. Cela ne signale probablement pas un nettoyage plus large de la police. Vajiralongkorn aurait abandonné Thaksin afin de faire cause commune avec Prayuth et l'armée en échange du soutien de la junte pour qu'il devienne roi.

"Une véritable réforme exigerait une refonte totale du système de la police en Thaïlande car cette force s'est construite sur la corruption", a déclaré un homme d'affaires expatrié de longue date. "Elle est obligatoire pour toute recrue dès le premier mois ou elle rejoint cette force. Si vous voyez des réformes systémiques profondes mises en œuvre, alors ce serait une raison d'être optimiste. L'arrestation de quelques officiers parmi des milliers n'a pas beaucoup d'importance".

Cela dit, les autorités ont apparemment fait un boucan incroyable lors de cette arrestation y compris en montrant les actifs saisis d'une valeur de 10 milliards de baths (306,8 millions de dollars US) en espèces, or, titres fonciers, amulettes bouddhistes et antiquités.

Selon les médias locaux, les suspects auraient utilisé les allégations de liens avec le palais afin de perpétrer leurs crimes, mais Somyos (Note de Libérez-Somyot: Il s’agit du chef de la police qui possède le même prénom que le prisonnier politique que nous soutenons) a refusé d'élaborer sur les accusations de lèse-majesté, passible d'une peine allant jusqu'à 15 ans de prison.

En plus de Pongpat, les sept autres policiers arrêtés sont le chef adjoint du bureau d'enquête, le chef de la police maritime, un responsable de la Division de la police de protection des consommateurs, deux autres officiers de police [dont l'affectation est pour le moment inconnue], ainsi que le chauffeur de Pongpat.

C'était une terrible chute pour Pongpat, qui est apparu devant les journalistes, escorté par des policiers vêtu d’un T-shirt. Avant de devenir le chef de l'unité centrale du renseignement, il avait acquis une réputation de chasseur du crime, selon les médias locaux, et avait occupé plusieurs postes de haut niveau, y compris au sommet de la Division de la répression de la criminalité.

Pongpat Chayaphan en T-shirt blanc sur la photo

Pongpat Chayaphan en T-shirt blanc sur la photo

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
29 novembre 2014 6 29 /11 /novembre /2014 08:16

Une déclaration de la Commission asiatique des droits de l'homme (Asian Human Rights Commission, sigle anglais: AHRC)

Lien:

http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/11/25/expression-forbidden/

 

Les 19 et 20 novembre, des étudiants et d'autres militants ont mené une série de manifestations pacifiques et symboliques contre la dictature en Thaïlande. En réponse, l'armée et la police ont agi rapidement pour mettre fin aux manifestations et arrêter huit des militants selon les termes de la loi martiale. La position du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO) a été résumée par le vice-premier ministre, le général Prawit Wongsuwan, dans un communiqué largement rapporté dans la presse thaïlandaise le 20 novembre dernier comme quoi [les Thaïlandais] "avaient le droit de penser différemment, mais n'avaient pas celui de l'exprimer." Lors de chacun des cas, décrits ci-dessous par la Commission asiatique des droits de l'homme qui s'appuie sur les rapports effectués par Prachatai, l'armée a tenté d'intimider des étudiants et d'autres militants en leur obligeant de promettre de cesser d'exprimer leurs opinions et de s'engager dans des activités politiques. Alors que les anniversaires des six mois de la déclaration de la loi martiale (20 novembre) et du coup d'Etat par le Conseil national pour la paix et l'ordre (22 novembre) passent en Thaïlande, la junte a étendu et consolidé son appareil répressif.

Dans la matinée du mercredi 19 novembre, un groupe de cinq étudiants (Jatupat Boonpattararaksa, Wason Sedsit, Jedsarit Namkot, Payu Boonsopon et Wichakorn Anuchon), de l'Human Rights Law Centre for Society (Dao Din) de l'Université de Khon Kaen, se sont engagé dans une manifestation pacifique contre le coup d'Etat lors d'un discours aux fonctionnaires locaux du chef de la junte et Premier ministre auto-désigné, le général Prayuth Chan-ocha. Avant et après le coup d'Etat, les membres de Dao Din ont travaillé activement pour soutenir et protéger les droits humains et les droits des communautés par rapport à diverses questions, y compris l'exploitation minière et la réforme agraire. Plusieurs membres du groupe ont été arrêtés en juin dernier peu après le coup d'Etat et ils ont subis des pressions afin de mettre fin à leurs activités. Au cours de la récente manifestation, ils ont enfilé des t-shirts sur lesquels, lorsqu'ils se sont mis en ligne les uns à côté des autres, on pouvait lire "Non au coup d'Etat" (en thaï ไม่ เอา รัฐประหาร) et ont marché devant la scène alors que le général Prayuth parlait. Ils ont soulevé leurs mains pour faire le salut à trois doigts signifiant "liberté-égalité-fraternité", un signe rendu populaire par le film Hunger Games. Ils ont été rapidement arrêtés par la police et d'abord emmenés au poste de police local avant d'être ensuite conduits au camp militaire de Sri Patcharin pour y être interrogé. Les militaires ont ordonné aux étudiants d'enlever leurs t-shirts et quand ces derniers ont refusé, les soldats les leur ont arraché. Lorsque les étudiants ont été libérés mercredi soir, ils sont sortis du camp militaire sans chemises ni vestes. Ils ont reçu, ainsi que leurs parents, l'ordre de se rendre au camp militaire le lendemain matin. Dans la matinée du jeudi 20 novembre, les étudiants et leurs parents se sont rendus au camp militaire où ils ont été menacés que si les étudiants ne signaient pas un accord de cessation des activités politiques, ils seraient soumis à l'expulsion de l'université et feraient face à des procédures des tribunaux militaires pour violation de la loi martiale. Certains des étudiants ont accepté les conditions tandis que d'autres les ont refusé. Après la réunion, ils ont été libérés et il y a eu plusieurs rapports faisant état de véhicules banalisés conduisant devant leurs maisons ainsi que d'autres formes de harcèlement.

Puis, dans la matinée du 20 novembre, la police militaire a arrêté plusieurs militants étudiants dans le cadre des projections du film "The Hunger Games". Pendant la matinée, Rattapol Supasopol, un membre de la Ligue des étudiants libéraux de Thammasat pour la démocratie, et Champ, un militant étudiant déjà arrêté en juin dernier alors qu'il avait protesté symboliquement en mangeant un sandwich et lisant le roman 1984 en public, ont été arrêtés par la police au cinéma Scala de Siam Square. Au moment de leur arrestation, ils ne s'étaient pas engagés dans une protestation ouverte, mais étaient simplement présents avant la projection du film où une manifestation pacifique avait été prévue. La projection au Scala a été annulée et les deux étudiants ont été libérés plus tard. Dans l'après-midi du 20 novembre, Natcha Kong-udom, une étudiante d'université à Bangkok, a été arrêtée quand elle a soulevé trois doigts en signe de protestation devant des journalistes qui s'étaient rassemblés en face de la salle de cinéma du centre commercial Siam Paragon. Elle a été arrêtée et détenue par l'armée jusqu'au soir ou elle a été libérée. La projection du film au Siam Paragon a continué, mais a été accompagnée par une présence militaire et policière.

En outre, au début de la soirée du 20 novembre, Siriporn Kongpetch, une membre active du Service Volontaire Thaïlandais (Thai Volunteer Service, sigle anglais TVS) pour le développement de la jeunesse pour la transformation du projet de société, a été arrêtée et détenue par la police dans le district de Chiang Dao de la province de Chiang Mai. Sa voiture a été fouillée par des soldats et la police, sa carte d'identité a été saisie et elle a été détenue au poste de police local. Aucune accusation n'a été portée contre elle, mais elle a été arrêtée parce que des photographies d'elle portant des pancartes disant; "Abrogez la loi martiale" et "Non au NCPO" devant la montagne de Chiang Dao, avait été posté sur Facebook quelques jours auparavant. Les fonctionnaires l'ont informé qu'ils la recherchaient depuis que les photographies avaient été postées [sur le media social]. Ils ont essayé de la convaincre de signer un accord pour s'abstenir de tout mouvement politique, mais elle a refusé car elle tenait à conserver son droit d'exprimer son opinion.

La Commission asiatique des droits de l'homme note que ces huit individus ont été arrêtés et détenus uniquement pour la raison qu'ils avaient exprimé leurs opinions sur le coup d'Etat. Cela indique que près de six mois après le coup d'Etat, penser différemment que le NCPO est considéré comme un crime de facto. En tant qu'État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (International Covenant on Civil and Political Rights, sigle anglais ICCPR), le gouvernement de Thaïlande a la responsabilité de protéger les droits prévus par l'article 19 de l'ICCPR, qui note que, "1. Tout le monde a le droit d'avoir des opinions sans interférence. 2. Toute personne a droit à la liberté d'expression; ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou sous la forme d'art, ou par tout autre moyen de son choix. 3. L'exercice des libertés prévues au paragraphe 2 du présent article comporte des devoirs et des responsabilités spéciales. Il peut en conséquence être soumis à certaines restrictions, qui doivent toutefois être expressément fixées par la loi et qui sont nécessaires: (A) Pour le respect des droits ou de la réputation d'autrui; (B) Pour la sauvegarde de la sécurité nationale ou de l'ordre public, de la santé ou de la moralité publique. "La demande aux huit personnes de cesser d'exprimer leurs opinions et de s'engager dans des activités politiques est une violation flagrante de l'article 19".

Au cours des dernières semaines, les autorités militaires ont également interpelé les militants et les défenseurs des droits de l'homme, afin d'empêcher une marche de sensibilisation à la réforme agraire à Chiang Mai, et intimidé des avocats qui travaillaient pour soutenir les droits humains. Au cours des six derniers mois, depuis le coup d'Etat du NCPO, les défenseurs des droits humains et les dissidents qui protestaient pacifiquement, ou qui exprimaient une quelconque critique, ont été ciblés par la junte. Combiné avec les pouvoirs étendus accordés à la junte sous la loi martiale et la constitution temporaire, ces actions ont créé une atmosphère de peur qui est préjudiciable aux droits humains et à la primauté du droit.

La Commission asiatique des droits de l'homme condamne sans équivoque le coup d'Etat ainsi que la disparition des droits et libertés en Thaïlande dans les termes les plus forts possibles. Alors que l'AHRC se félicite de la libération des militants qui ont exprimé leurs options dissidentes, elle affirme qu'ils n'auraient pas dû été arrêtés en premier lieu. Ce sont des citoyens qui exprimaient leur opinion pacifiquement et ils ne sont un danger pour personne. Penser autrement que la junte n'est pas un crime. Exprimer son opinion n'est pas un crime. L'AHRC invite le NCPO à cesser d'arrêter et détenir ceux qui le font et demande le retour immédiat à un régime civil.

Natcha Kong-udom

Natcha Kong-udom

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
28 novembre 2014 5 28 /11 /novembre /2014 07:49

L'universitaire Somsak Jeamteerasakul, le défenseur des droits de l'homme Jaran Dittapichai et l'activiste transsexuelle Aum Neko ont tous les trois un point commun. Ils sont réfugiés politiques en France

Aum Neko est l'un de ces militants qui refusent de tenir compte des ordres militaires. Elle n'avait pas beaucoup de choix. Aum Neko est une étudiante transsexuelle, âgée de 22 ans, qui a organisé une série de manifestations spectaculaires avec un maquillage de zombie, du faux sang, et des gestes obscènes, au cours des dernières années. Lors de la manifestation qui l'a transformée en une sensation des médias, elle a tiré le drapeau thaïlandais qui pendait à l'Université Thammsat et l'a remplacé par un drapeau noir.

Aum Neko a vécu en exil dans un pays d'Asie du Sud-Est durant les trois derniers mois, et l'a tout récemment quitté pour rejoindre Paris et la France afin d'y demander l'asile politique. Un animateur populaire de la télévision thaïlandaise avait auparavant signalé aux autorités qu'elle avait insultée la monarchie lors d'une interview pour son spectacle, provoquant une accusation de lèse-majesté. Aum Neko nie l'accusation, et explique que les militaires n'ont jamais montrés de preuves pour cette dernière. Elle affirme n'avoir aucun regret au sujet de sa décision de fuir après avoir été convoqué en mai dernier. Elle sait qu'elle n'aurait jamais eu un procès équitable, et aurait fait face à un grave danger si elle était restée au pays.

"Ils m'auraient probablement conduite à la prison des hommes, et depuis que je suis transgenre, cela aurait été une situation très dangereuse, car il n'y a pas de protection pour les transgenres", explique Aum Neko. "Il y a beaucoup de violence sexuelle contre les transgenres là-bas."

Aum Neko est excentrique, donne le vertige, et aime faire des bruits de chat (elle est obsédée par les chats, et son surnom "Neko" est en fait le mot japonais pour "chat"). Compte tenu de sa jeunesse, on se demande si elle n'est pas un peu naïve sur les conséquences potentielles à long terme de ses actions, ce qui pourrait l'amener à demeurer en exil pendant de nombreuses années à venir. Si elle est extradée, elle pourrait se retrouver dans une prison thaïlandaise pendant 15 ans en raison de ses critiques publiques sur les médias sociaux du rôle de la monarchie dans le coup d'Etat. Mais, comme ses compagnons d'exil, elle sait que son rôle primordial consiste à soutenir le mouvement anti-coup d'Etat en Thaïlande. De nombreux Thaïlandais ont capitulés par peur et par fatigue, ils acceptent leur sort comme faisant partie d'une culture axée sur les coups d'Etat, affirme-t-elle.

Lorsqu'on lui demande si elle espère retourner en Thaïlande, son ton passe du ludique au sérieux. Sa famille lui manque terriblement, et elle pense qu'elle devra attendre cinq à dix années avant de rentrer chez elle. D'ici là, dit-elle, elle espère que la monarchie aura pris fin et que la Thaïlande sera devenue une république.

Source:

http://www.foreignpolicy.com/articles/2014/11/25/home_away_from_home_thailand_exiles

Aum Neko devant l'Arc de Triomphe à Paris

Aum Neko devant l'Arc de Triomphe à Paris

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
27 novembre 2014 4 27 /11 /novembre /2014 07:59

Le Parti Socialiste de Malaisie ainsi que plusieurs organisations syndicales du pays appellent à manifester à Kuala Lumpur contre la visite de Prayuth en Malaisie

 

Lien de l'appel:

https://www.facebook.com/events/379181298918147/?ref_newsfeed_story_type=regular

 

Traduction:

Action de protestation suite à la visite de Prayuth en Malaisie

Nous demandons votre soutien et de vous joindre à l'action de protestation le lundi 1er décembre 2014, à 11 heures, en face de l'ambassade Royale de Thaïlande (206, Jalan Ampang, Kuala Lumpur 55000)

Plan Google Map:

https://www.google.com.my/maps/place/Royal+Thai+Embassy/@3.16052,101.72633,15z/data=!4m2!3m1!1s0x0:0xee4a36be5cf99224

 

Prayuth Chan-ocha est arrivé au pouvoir en mai dernier, après avoir organisé un coup d'Etat militaire contre un gouvernement démocratiquement élu. La loi martiale a été déclarée, des militants et dissidents ont été arrêtés et harcelés par l'appareil répressif du coup d'Etat, une constitution provisoire antidémocratique a été introduite, et Prayuth s'est nommé lui-même premier ministre de Thaïlande sans l'approbation populaire donnée par des élections démocratiques. La liberté d'expression a été supprimée par le répressif Conseil national pour la paix et l'Ordre (NCPO) dirigé par Prayuth.

Le coup d'Etat actuel n'a rien à voir avec l'amélioration de la démocratie et de la justice sociale en Thaïlande. Au lieu de cela il resserre l'emprise de la dictature et tente d'écraser toute institution démocratique existante.

Par conséquent, nous appelons tous les Malaisiens qui respectent les principes de la démocratie et de la justice sociale à exprimer leur opposition à la visite de Prayuth et sa réception par le gouvernement malaisien.

Affiche anti-Prayuth

Affiche anti-Prayuth

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 14:02

Trois responsables de la police thaïlandaise ont été accusés de lèse-majesté et d'être à la tête d'un réseau de corruption.

Arrêtés samedi dernier, le chef du Bureau central des investigations Pongpat Chayapun, son adjoint Kowit Vongrongrotet et un général, chef de la police maritime, ont été démis de leurs fonctions et placés en détention.

Quatre autres policiers et cinq civils ont également été arrêtés dans cette affaire. Trois autres officiers de police se sont mystérieusement "suicidés", l'un en se jetant du 24eme étage d'un bâtiment de l'armée, un autre en se jetant de la fenêtre d'un hôpital militaire, le troisième en se pendant.

Cette affaire a été rapportée par certain des grands médias mais ce que ces derniers ne vous disent pas, car même leurs correspondants vivent dans la peur d'une inculpation pour lèse-majesté (ils ne font pas leur boulot quand ils chient dans leurs frocs devant une junte oppressive), Libérez-Somyot va vous le dire.

Parmi toutes ces arrestations, il se trouve trois personnes affiliées à la famille de l'épouse du Prince Héritier.

Un des civils arrêté est une femme, c'est la propre sœur de la Princesse Srirat, l'épouse du Prince Héritier.

Un des policiers arrêté est son mari, donc le beau-frère du Prince Héritier.

La troisième personne arrêtée est l'un des policiers qui est aussi un cousin de la Princesse.

Beaucoup de choses sont en train de bouger au Royaume du Siam et le mois de décembre promet d'être riche en rebondissements.

Certains des policiers inculpés

Certains des policiers inculpés

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 10:13

Un article du journal The Guardian

Lien:

http://www.theguardian.com/world/2014/nov/24/thai-news-website-editor-jailed-defaming-king?CMP=share_btn_fb

 

Nut Rungwong, l'éditeur du site web Thai E-News, est tombé sous le coup de la loi de lèse-majesté et a été condamné à quatre ans et demi de prison

Un tribunal militaire en Thaïlande a condamné un éditeur de site web à quatre ans et demi de prison pour avoir publié un article il y a cinq ans prétendument diffamant vis-à-vis du roi de la nation.

Un responsable du département "Judge Advocate General" de l'armée a précisé que la sentence de Nut Rungwong avait été réduite de moitié car l'éditeur avait plaidé coupable lors du procès.

Nut Rungwong publiait le site Thai E-News, qui est maintenant bloqué par les censeurs.

L'article, publié en 2009, avait été écrit par Giles Ji Ungpakorn, un intellectuel thaïlandais radical et ancien universitaire en sciences politiques qui s'est réfugié en Grande-Bretagne cette même année.

La loi de lèse-majesté en Thaïlande est considérée comme la plus dure du monde, avec des condamnations à des peines de prison allant de trois à 15 ans.

Capture d'écran de la page du journal "The Guardian" en ligne

Capture d'écran de la page du journal "The Guardian" en ligne

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
25 novembre 2014 2 25 /11 /novembre /2014 11:12

Jakrapob Penkair et l'organisation Seri Thai (Thaïs libres) ont condamnés les arrestations d'étudiants

 

Lien:

https://www.facebook.com/permalink.php?story_fbid=878624952170485&id=560398830659767&fref=nf

 

Nous condamnons les arrestations "Hunger Games"

Nous condamnons les arrestations dictatoriales et embarrassantes de plusieurs étudiants et de citoyens ordinaires en Thaïlande qui avaient juste fait le signe à trois doigt du film "The Hunger Games". Cet acte idiot montre le niveau d'instabilité paranoïaque de la Thaïlande après la prise de contrôle du pays par les militaires armés et l'installation forcée d'une administration dirigée par le général Prayuth Chan-ocha, qui s'est finalement nommé lui-même premier ministre du pays.

Avant les multiples arrestations de "Hunger Games", ce même régime militaire avait arrêté plusieurs personnes vues en train de lire le roman de George Orwell "1984" ou simplement manger des sandwichs (après qu'un manifestant connu l'ait fait en public). Ceci souligne la gravité des violations des droits humains en Thaïlande, un pays qui se dirige aujourd'hui vers un avenir sombre.

La majorité des Thaïlandais sont contre ce régime et ses partisans cachés, dont le seul but est de mettre fin au processus de démocratisation en Thaïlande. Seuls les fusils et autres moyens de la force empêchent les gens de s'exprimer librement. Nous demandons au monde, qui assiste à cet incident, de le voir comme un exemple d'un problème plus vaste.

Vendredi 21 novembre 2014

Jakrapob Penkair

Secrétaire exécutif de l'Organisation des Thaïlandais libres pour les droits humains et la démocratie (FTHD)

Jakrapob Penkair

Jakrapob Penkair

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article
24 novembre 2014 1 24 /11 /novembre /2014 07:01

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l'article:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/11/22/reality-is-less-titillating-than-gossip-about-the-palace/

 

Suite à l'excitation sur les différentes activités du Palais et la spéculation sur la succession royale, il est utile de revenir à la réalité et d'expliquer la raison pour laquelle le généralissime Prayut a organisé son coup d'Etat et ce que lui et ses sbires militaires essaient de faire pour la vie politique thaïlandaise.

Évidemment, nous pouvons rejeter les notions ridicules comme quoi l'armée a dû intervenir pour "rétablir la paix" ou "empêcher une guerre civile". Cela aurait pu être fait il y a des mois ou même des années si l'armée avait pris des mesures pour protéger la souveraineté du peuple ainsi que ses souhaits démocratiques contre les royalistes de la classe moyenne qui ont utilisé des manifestations de rue afin d'empêcher les élections et détruire la démocratie.

Nous pouvons également rejeter le conte de fées qui affirme que l'armée est intervenue pour "mettre fin à la corruption". L'armée thaïlandaise a une longue histoire, qui a commencé à la fin des années 1930, comme étant l'une des institutions publiques les plus corrompues, avec ses divers généraux amassant d'énormes richesses par des moyens malhonnêtes. La présente junte est en train de s'assurer que cette belle tradition se poursuive tandis que ses généraux se payent d'énormes et multiples salaires, bénéficient de fonds publics spéciaux pour les militaires ainsi que par les diverses affaires qui impliquent de toute évidence de graves conflits d'intérêt.

Non, les deux coups d'Etat militaires en 2006 et 2014 ont été conçus pour utiliser le pouvoir illégitime de l'armée afin de renverser le système démocratique. C'est tout le sujet de la crise politique.

Qu'est-ce que les élites conservatrices et militaires haïssent dans le système démocratique? Certes, ils pouvaient vivre avec des élections libres et équitables dans le passé tant qu'il n'y avait pas de domination du parlement par un parti et tant qu'aucune véritable politique n'était jamais proposée au moment des élections. C'est le genre de système avec lequel le Parti Démocrate était à l'aise. Les votes étaient obtenus à travers des réseaux patron-client et la plupart des dirigeants politiques de tous les partis pouvaient partager des postes ministériels ainsi qu'un espace d'alimentation pour se gaver. Mais dès qu'un politicien devenait trop puissant, et surtout quand il menaçait les privilèges de l'armée, comme le cas de Chartchai Choonhawan, il y avait la possibilité de les supprimer via des coups d'Etat militaires ou d'autres moyens.

Ce qui était inquiétant pour l'armée et les élites conservatrices depuis la montée du gouvernement Thai Rak Thai de Taksin Shinawat, c'était l'alliance construite entre l'électorat et un parti politique qui mettait en place une modernisation des politiques et de réels programmes pro-pauvres. L'armée et les élites détestaient l'idée que les gens ordinaires puissent exprimer ce qu'ils voulaient et être écoutés par un parti qui avait obtenu un énorme avantage électoral à la suite de cette alliance.

Soudain, les généraux et les bureaucrates non élus se sont retrouvés débordés. Le Parti Démocrate n'avait pas de moyens démocratiques pour faire concurrence au parti de Taksin parce qu'il s'opposait aux politiques qui bénéficiaient à la majorité. Les classes moyennes, qui avaient toujours jouies d'une vie meilleure que la plupart des gens, déploraient aussi les nouvelles politiques de dépenses de l'Etat qui amélioraient la vie des pauvres et bénéficiaient à la majorité de la population dans une société modernisée. Les néo-libéraux étaient également consternés par les dépenses sociales publiques pour les infrastructures et les soins de santé.

L'avis du roi sur tout cela, s’il en a même eu un, n'était pas pertinent. Ses richesses et son statut de "Dieu Vivant" n'ont jamais été menacés et Taksin était aussi désireux de l'utiliser et de le promouvoir comme l'avaient fait toutes les autres élites. Pumibon a juste suivit le flux. À un moment donné, la princesse héritière avait même laissé échapper de façon irritée que tous les royalistes chemises jaunes avaient eu raison d’utiliser la monarchie pour leurs propres fins. Le roi et la princesse héritière préfèrent être laissé seuls pour profiter de leur richesse et de leur statut. C'est la même chose dans le cas du prince héritier, qui n'a absolument aucun intérêt pour les choses intellectuelles ou politiques. Cependant, comme la crise se développait, certains des membres les plus stupides de la famille royale: la reine et une de ses filles forte en gueule ont sauté sur le wagon de la bande des royalistes. Pourtant, les élites conservatrices ont peu de respect pour ces deux personnages.

Au lieu d'avoir des orgasmes en faisant des commérages sur le palais ou la succession royale à venir, nous devons être sérieux et nous concentrer sur ce que l'armée et les conservateurs mettent au point dans tous leurs processus anti-réforme. Une étude rapide de ce qui est proposé révèle que cela n'a rien à voir avec le Palais ou la succession.

Les principaux plans de l'anti-réformes sont de réduire le pouvoir des futurs gouvernements élus en fragmentant le système politique et déplaçant le pouvoir vers des organismes conservateurs non élus comme les tribunaux, les sénateurs et les organismes non-indépendants profondément conservateurs (qui prétendent être indépendants) nommés. Cela va de pair avec des efforts pour instaurer de manière définitive un programme néo-libéral extrême impliquant un retour en arrière par rapport aux politiques en faveur des pauvres qui consiste à forcer les gens à payer pour les soins de santé et les dépenses publiques. Cet objectif serait atteint en imposant le néo-libéralisme dans la constitution et en utilisant divers organismes non élus ayant droit de veto vis-à-vis de certains types de dépenses du gouvernement. Naturellement les dépenses militaires et le budget pléthorique du Palais ne seront jamais touchés.

Ce processus a été lancé par le coup d'Etat militaire de 2006, mais ce dernier s'est avéré être trop faible pour faire les changements réactionnaires jugés nécessaires par les conservateurs. Cette fois ils utilisent une junte militaire vicieuse, la suppression de tous les droits humains et une charte compréhensive copiant le style birman de "démocratie guidée".

La conclusion de cette analyse est que la junte et ses viles réalisations devraient être contestés et combattus par une base politique et économique fondée sur des principes de gauche. Cela doit être une lutte de gauche parce qu'il s'agit d'élargir l'espace démocratique et d'améliorer la situation économique de la vaste majorité des Thaïlandais.

Pour ceux qui préfèrent les commérages sur la famille royale, je vous suggère de regarder Game of Thrones sur internet ou de lire le nouveau livre d'Andrew MacGregor Marshall. Mais n'oubliez pas de vous joindre à la vraie lutte pour la démocratie et la justice sociale une fois votre divertissement terminé.

Giles Ji Ungpakorn et son livre "Thailand's Crisis and the Fight for Democracy" qui est bien plus intéressant que celui d'Andrew MacGregor Marshall

Giles Ji Ungpakorn et son livre "Thailand's Crisis and the Fight for Democracy" qui est bien plus intéressant que celui d'Andrew MacGregor Marshall

Repost 0
Published by liberez-somyot
commenter cet article