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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 08:11

5 militants étudiants anti-putschistes de Dao Din ont été arrêtés pour avoir fait le salut à trois doigts lors de la visite de chef de la junte à Khon Kaen

Un article de Thaweporn Kummetha

Lien:

http://www.prachatai.com/english/node/4501

 

Cinq militants étudiants de l'Université de Khon Kaen ont été arrêtés mercredi matin après avoir fait le salut à trois doigts, un geste de dissidence inspiré du film Hunger Games, devant le chef de la junte, le général Prayut Chan-o-cha, qui visitait la province de Khon Kaen.

Alors que le général Prayut donnait un discours pour le Département de prévention des catastrophes au Hall provincial de Khon Kaen, les militants sont venus et ont fait le salut à trois doigts avant de crier "Nous sommes contre le coup."

Les cinq étudiants font partie du groupe de militant "Dao Din" de l'Université de Khon Kaen:

Voici les noms des cinq étudiants:

- Jatupat Boonpattararaksa

- Wason Sedsit

- Jedsarit NamKod

- Payu Boonsopon

- Wichakorn Anuchon

Selon Wassana Nanuam, la journaliste spécialiste des affaires militaires du journal Bangkok Post, les militants portaient des t-shirts disant en thaï "mai ao ratpraharn", ce qui signifie "pas de gouvernement militaire" sous leurs vestes. Ils ont enlevé leurs vestes au moment de l'action révélant le message, fait le salut et annoncé "Nous sommes contre le coup d'Etat."

Au début de juin dernier, cinq membres du groupe Dao Din, y compris Jatupat, avaient été convoqués et détenus au camp militaire de Khon Kaen dans le but de les forcer à arrêter la mobilisation des activités contre la mine dans le village de Ban Na Nong Bong, situé dans le district de Wang Sapung de la province de Loei.

Une jeune femme, membre du groupe, a expliqué à Prachatai qu'ils avaient décidé de risquer la loi martiale parce qu'ils voulaient dénoncer la légitimité de la junte après la remarque de mardi dernier du général Prawit Wongsuwan, vice-premier ministre et ministre de la Défense. Le groupe a dit qu'ils voulaient montrer aux militaires que les gens de l'Issan ne les accueillaient pas.

Le général Prawit avait déclaré aux médias mardi dernier que le Premier ministre Prayut pouvait voyager n'importe où et dans n'importe quelle région, car il n'avait pas de conflit avec qui que ce soit parce qu’il n'avait aucun ennemi.

La membre du groupe a ajouté qu'à 8 heures du matin (le 19 novembre 2014) un camion pick-up sans plaques d'immatriculation aux vitres fumées avait tourné autour de la maison d'un membre de Dao Din. Elle pense que c'était un moyen mis en place par les responsables de la sécurité afin de les menacer.

A 11h20, les autorités ont transférés les cinq étudiants prisonniers du poste de police de Khon Kaen au camp militaire Sri Patcharin situé dans la même province. Leurs téléphones mobiles ont été confisqués.

Le groupe a également publié une déclaration au sujet de leur action et arrestation. Nous la reproduisons ci-dessous:

"Déclaration de Dao Din (19 novembre 2014)

Après le coup d'Etat du NCPO, dirigé par le général Prayut Chan-o-cha, qui agit maintenant comme un premier ministre ne provenant pas d'une élection, le travail du gouvernement a inclus beaucoup d'erreurs et le problème est maintenant de plus en plus violent. Les gens ont été privés des droits et libertés sous un régime de dictature total. Beaucoup de gens commencent à sentir ces menaces croissantes. Il y a eu plein de cas d'arrestations et de détentions pour faits d'exercice du droit à la liberté d'expression que les gens ont à la naissance dans le but de menacer ceux qui ne sont pas d'accord avec le gouvernement militaire (NCPO) et dont ce dernier craint qu'ils vont se lever et protester.

La plupart des politiques [de la junte] sont bénéfiques aux entreprises, mais ignorent les droits et les libertés du peuple. La plupart des politiques choisissent d'ignorer les voix des gens, telles que celles sur la gestion de l'eau, comme dans le cas du barrage de Mae Wong qui a été choisi en tant que politique, même si la plupart des gens ne sont pas d'accord avec cela. Le refus de la participation de la population sur des problèmes comme la question de l'énergie ainsi que le plan de gestion des forêts et des terres a conduit à une situation où les gens ont été indistinctement et injustement expulsés de leurs maisons et de leurs plantations de caoutchouc. Ces incidents montrent que ce gouvernement dictatorial ne respecte pas du tout les droits et les libertés du peuple.

De cette frustration avec le système de la dictature militaire, nous, le Human Rights Law Centre for Society (Dao Din) déclarons notre point de vue qui est de combattre et de lutter jusqu'à que nos exigences de liberté et de démocratie du peuple soient respectées. Nous voulons choisir et déterminer nos propres vies. Nous déclarons que nous n'accepterons aucun ordre venu du gouvernement de la dictature et demandons au général Prayut Chan-ocha de lever la loi martiale car elle cause des problèmes aux personnes à travers le pays qui ne sont plus en mesure d'exprimer leurs opinions, ce qui a détruit les droits fondamentaux de l'homme dont les gens devraient bénéficier. Nous demandons également au gouvernement de rejeter les politiques et les projets qui détruisent l'environnement local dans de nombreux domaines tels que le plan directeur de gestion des forêts et des terres ainsi que la réforme de l'énergie qui n'impliquent pas la voix du peuple et de nombreux autres de ses projets, et de rendre le pouvoir au peuple afin que nous puissions à nouveau jouir de nos droits et libertés."

Arrestation des étudiants faisant le signe des trois doigts devant Prayut

Arrestation des étudiants faisant le signe des trois doigts devant Prayut

Les étudiants ont été conduits à la caserne et sont actuellement interrogés par les militaires

Les étudiants ont été conduits à la caserne et sont actuellement interrogés par les militaires

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 09:49

Cinq étudiants sont détenus dans un camp militaire pour avoir fait le salut anti-coup à trois doigts tandis que le Premier ministre chef de la junte Prayut Chan-ocha donnait un discours dans la province de Khon Kaen au Nord-Est ce matin.
Le général Prayut, qui a organisé le coup d'Etat du 22 mai, s'exprimait sur une scène quand les étudiants en droit se sont levés et on fait le salut à trois doigts tout en révélant des t-shirts noirs qui disait: "Nous n'acceptons pas le coup d'Etat."
Le salut à trois doigts est devenu un symbole de la résistance anti-coup peu après la prise de contrôle par l'armée le 22 mai dernier, et il est inspiré par le film populaire de science-fiction, The Hunger Games, où il est utilisé pour symboliser la rébellion contre un pouvoir totalitaire.
Les étudiants ont rapidement été escortés hors des lieux et emmenés dans un poste de police de Khon Kaen avant d'être transférés dans un camp de l'armée dans la province. Leurs téléphones cellulaires auraient été confisqués et ils n'ont pas eu accès à un avocat.
Peu de temps après sa prise de pouvoir, la junte a interdit les manifestations publiques et a envoyé des contrevenants subir un procès devant un tribunal militaire, où aucun recours n'est possible.
Les étudiants en droit, tous des hommes, sont membres du groupe de militants étudiants Dao Din à l'Université de Khon Kaen.
Le groupe a publié aujourd'hui une déclaration dans laquelle il a déclaré son opposition au coup d'Etat au le leadership du général Prayut.
"Nous n'accepterons aucun ordre ni aucune politique qui viennent du gouvernement de la dictature," affirme la déclaration. "Nous demandons au général Prayut Chan-Ocha de lever la loi martiale car elle cause des problèmes aux personnes à travers le pays qui ne sont plus en mesure d'exprimer leurs opinions, ce qui a détruit les droits fondamentaux de l'homme dont les gens devraient bénéficier."
Aujourd'hui marque la première visite du général Prayut dans le Nord-Est de la Thaïlande, le cœur de la faction politique connue sous le nom de Chemises rouges qui soutenait le gouvernement renversé par le coup d'Etat du 22 mai.
Dans le sillage du coup d'Etat, la junte a réprimé les réseaux des Chemises rouges en détenant brièvement des centaines de politiciens, militants et universitaires perçus comme des sympathisants de l'ancien gouvernement. Comme condition de leur libération, la plupart des détenus ont été forcés de signer des accords ou ils s'engageaient à ne plus participer à des activités politiques.
Source:
http://www.khaosodenglish.com/detail.php?newsid=1416375318

 

Les étudiants faisant le salut à trois doigts devant le général Prayut

Les étudiants faisant le salut à trois doigts devant le général Prayut

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 07:54

Mardi 18 novembre 2014, Sukunya Pruksakasemsuk a présenté la 16 eme demande (depuis l'arrestation de Somyot en avril 2011) de libération sous caution pour son mari à la cour de Bangkok.

Le militant du travail et des droits humains Somyot Pruksakasemsuk a été condamné en Janvier 2013 à 11 ans de prison pour avoir prétendument violé l'article 112 (le crime de lèse-majesté).

Avec ses 16 tentatives de libération sous caution Somyot détient un triste record en Thaïlande. Dans l'histoire du système juridique thaïlandais aucun autre prisonnier n'avait soumis autant de demandes de libération sous caution. Cependant, si la Cour devait rejeter sa demande à nouveau, nous pouvons être sûr qu'il soumettra une 17eme demande de libération sous caution.

Sources:

https://www.facebook.com/jupsukanya/posts/856747391043000?notif_t=tagged_with_story

et

http://yanawa.blogspot.sg/2014/11/the-somyot-case-update-16th-request-for.html

Sukunya Pruksakasemsuk présente à la cour la demande de libération sous caution pour son mari

Sukunya Pruksakasemsuk présente à la cour la demande de libération sous caution pour son mari

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 08:39

Un article du Bangkok Post avec des notations entre parenthèse de Libérez-Somyot

Lien:

http://bangkokpost.com/news/politics/443013/france-calls-for-thai-democracy

 

La France a réaffirmé son désir de voir la Thaïlande retourner à un régime constitutionnel démocratique. Le message a été transmis au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères Tanasak Patimapragorn par l'ambassadeur français en Thaïlande, Thierry Viteau, lors d'une réunion récente. M. Viteau a dit qu'il avait fait au général Tanasak une visite de courtoisie et avait transmis les attentes de Paris. "Nous avons pris note de la feuille de route du gouvernement et sommes encore dans une phase d'observation," a-t-il précisé (Note de Libérez-Somyot: Il est intéressant de noter que, malgré toutes les atteintes aux droits de l'Homme de la junte, la France est "encore dans une phase d'observation"). Le diplomate français a déclaré qu'il suivra de près les développements et espère que le plan sera poursuivi dans son intégralité, avec des élections libres et transparentes tenues en octobre prochain (Note de Libérez-Somyot: M. Viteau accorde donc le droit à la junte illégale de gouverner jusqu'en octobre 2015). En ce qui concerne les réformes nationales, M. Viteau déclaré que les consultations sur la nouvelle charte devrait être aussi inclusives que possible (Note de Libérez-Somyot: M. Viteau ne dénie donc pas les revendications du PDRC comme quoi la Thaïlande a besoin d'une reforme avant toute élection). Les principes démocratiques sont universels, a-t-il dit. La Thaïlande devrait être en mesure de s'inspirer des modèles occidentaux pour mettre en place une nouvelle constitution et de nouvelles institutions. L'ambassadeur français a déclaré que la coopération entre les ambassades européennes à Bangkok et le gouvernement s'exerceront normalement malgré les restrictions imposées par le Conseil des Affaires étrangères de l'Union européenne (Note de Libérez-Somyot: genre faux cul on ne fait pas mieux. M. Viteau affirme d'une manière détournée que les affaires entre la France et la Thaïlande ne souffriront pas de l'actuelle situation). Les visites officielles en Thaïlande ont été suspendues depuis juin dernier suite à une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne. M. Viteau a dit qu'il continue de travailler avec le gouvernement et a demandé plusieurs réunions avec celui-ci et il espère qu'elles auront lieu dans les prochaines semaines (Note de Libérez-Somyot: M. Viteau veut sans doute faire passer le message comme quoi "les affaires c'est les affaires" et qu'une entorse de la Thaïlande vis-à-vis de la démocratie n'aura pas de conséquences durables). La France désire renforcer les liens économiques avec les pays d'Asie du Sud-Est, a-t-il dit. Bangkok accueillera le 11eme Forum de l'Asean organisé par la Thaïlande qui accueillera pour l'occasion des conseillers français pour le commerce avec l'étranger la semaine prochaine. M. Viteau a parlé au Bangkok Post, après une cérémonie marquant le centenaire du début de la Première Guerre mondiale et a rendu hommage aux soldats du Royaume de Siam impliqués dans le conflit. Le Roi Rama VI a envoyé un corps d'experts de l'aviation et de la logistique ainsi que des infirmières en Europe après avoir déclaré la guerre aux puissances centrales en Juillet 1917. Les 1 284 volontaires sont arrivés en France durant l'été 1918 et ont servi pendant les derniers mois de la Grande Guerre (Note de Libérez-Somyot: en fait, les volontaires thaïlandais ont eus la bonne idée d'arriver dans la zone des combats après l'armistice du 11 novembre 1918).

L'ambassadeur de France Thierry Viteau

L'ambassadeur de France Thierry Viteau

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 07:07

Un article de Pavin Chachavalpongpun

Lien:

http://www.japantimes.co.jp/opinion/2014/11/13/commentary/world-commentary/china-ready-write-shinawatras/#.VGVigPmUde9

 

Au cours des huit dernières années, l'armée thaïlandaise a organisé deux coups d'État militaires qui ont renversé deux membres de la famille Shanawatra. Thaksin a été renversé en 2006 et sa sœur, Yingluck, a été chassée du pouvoir en mai de cette année. Évidemment, les militaires, qui sont intervenus au nom de l'ancien établissement, percevaient les Shinawatras comme une menace vis-à-vis de leur pouvoir. Et ils ont estimé que cette menace devait être éliminée.

Pendant des décennies, le pouvoir politique en Thaïlande avait été dominé par l'ancien établissement. Mais à partir de 2001, lorsque Thaksin est devenu premier ministre, sa popularité écrasante, due à ses politiques populistes efficaces, a fait de lui un champion de la politique électorale. Depuis lors, le paysage politique thaïlandais a été transformé d'une manière drastique. Son succès politique a été transmis à Yingluck, un membre relativement inconnu de la famille. Apres avoir gagné une élection de manière écrasante en 2011, Yingluck s'est élevée et est devenue une dirigeante populaire par elle-même.

Le fait que la Thaïlande se rapproche d'une succession royale a approfondi l'angoisse de l'ancien établissement qui crève de trouille à l'idée que les Shinawatras puissent revenir à la politique et prendre en charge la transition à l'intérieur du palais. Cette inquiétude a conduit les militaires à chasser Yingluck à cause de son succès politique.

Depuis le coup d'Etat de mai dernier, la junte, désormais dirigé par le Premier ministre, le général Prayuth Chan-ocha, a du mal à acquérir une légitimité à la fois vis-à-vis du public thaïlandais et de la communauté internationale. Dans les relations étrangères, son gouvernement s'est efforcé d'affirmer au monde que le coup d'Etat était nécessaire pour empêcher la Thaïlande de tomber dans un abîme politique. Il a également promis de s'engager dans des réformes politiques et d'organiser une élection à la première occasion.

Mais jusqu'à présent, il n'y a eu aucun signe de ces réformes, ni de délai fixé pour l'élection. Pendant ce temps, les droits de l'homme des Thaïlandais ont continué à être violés. Ainsi, certains gouvernements occidentaux ont décidé d'imposer des sanctions contre la junte. Cette situation a incité Prayuth à rechercher de nouvelles sources de légitimité parmi les pays voisins. Depuis qu'il est devenu premier ministre, il a effectué des visites officielles au Myanmar (Birmanie) et au Cambodge. Le mois dernier, Prayuth a participé au sommet Asie-Europe (ASEM) à Milan, en Italie, où il a eu des entretiens bilatéraux avec certains membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), ainsi qu'avec les représentants de la Chine et du Japon.

Dans cette région, la Chine et le Japon semblent avoir servi en tant que fournisseurs de légitimité pour la junte face aux sanctions occidentales contre la Thaïlande. Prayuth était particulièrement désireux de prouver ses liens étroits avec la Chine. Il a rencontré un groupe d'entreprises chinoises en Thaïlande et a envoyé ses représentants en Chine afin de renforcer ses relations avec les dirigeants de ce pays.

De même, Prayuth espérait obtenir la bénédiction du Japon pour son régime militaire. Après une rencontre avec le Premier ministre Shinzo Abe à Milan, Prayuth a informé le public thaïlandais que le Japon "comprenait" la situation politique de la Thaïlande, et que cela pourrait signifier que la junte thaïlandaise est un gouvernement avec lequel le Japon pourrait travailler.

La diplomatie à la Prayuth semblait bien fonctionner jusqu'à ce que les Shinawatras fassent un retour diplomatique afin de récupérer leur légitimité perdue.

Alors que Prayuth revenait d'Italie, Yingluck quittait la Thaïlande pour se rendre au Japon afin d'y retrouver son frère Thaksin. C'était censé être juste des vacances en famille pour la junte thaïlandaise. Mais les Shinawatras ont démontré à merveille leurs compétences en communication en affichant d'innombrables photos de leur séjour de vacances au Japon sur leurs pages Facebook. Des photos d'eux mangeant des hamburgers à l'un des McDonald de Tokyo ont largement éclipsés les nouvelles de routine en Thaïlande.

De Tokyo, Thaksin et Yingluck sont allés en Chine, où ils ont parcourus la Grande Muraille et visité de nombreux temples ainsi que des musées.

Ils ont également été invités au Bureau de planification de la ville de Pékin afin d'apprendre davantage sur le développement urbain de la Chine. Les photos des Shinawatras présentées par les responsables chinois laissaient supposer qu'aussi bien Thaksin que Yingluck, étaient encore les premiers ministres thaïlandais.

De Pékin, les Shinawatras se sont rendus à Guangdong afin de rendre hommage à leurs ancêtres et des centaines de personnes ont fait la queue pour les saluer. Des bannières géantes avec des messages de bienvenue ont été accrochés aux arbres et aux bâtiments autour de la ville. Une partie de la rue a été aménagée pour célébrer la visite des "enfants des Chinois" dans leur ville natale ancestrale. Alors que Thaksin et Yingluck se sont agenouillé devant les tombes de leurs ancêtres chinois, leurs actions ont souligné leur lien avec la Chine.

Plus intéressant encore, le gouvernement chinois a attribué l'ancien ambassadeur de Chine à Bangkok, Guan Mu, afin d'accompagner les Shinawatras tout au long de leur voyage.

Guan est une figure influente au sein du ministère des Affaires étrangères de Chine. Grace à ses capacités, il a servi d'ambassadeur en Thaïlande pendant plus de 18 ans. Il parle couramment le thaï et dispose d'un accès direct aux hauts dirigeants thaïlandais.

Alors qu'il était ambassadeur au Myanmar (Birmanie), Guan a pu exercer son influence grâce à l'aide de son gouvernement pour les secours et la réhabilitation vis-à-vis des victimes de la catastrophe du cyclone Nargis. Les réunions n'auraient pas pu aller de l'avant sans la présence de Guan. Par conséquent, les apparitions de Guan avec Thaksin et Yingluck démontrent une indication claire de l'approche pragmatique de la Chine envers les différents membres de la scène politique thaïlandaise.

La Chine a offert un soutien au régime militaire. Mais en même temps, elle a accueilli les Shinawatras avec un tapis rouge ce qui suggère que la Chine désire se laisser une certaine marge de manœuvre diplomatique au cas où la durée de vie du gouvernement Prayuth soit limitée. Alors que la démocratie a récemment balayé la région de l'Asie du Sud-Est, avec l'Indonésie et le Myanmar subissant une série de réformes démocratiques, la dictature ne peut pas survivre dans un tel environnement.

Le voyage des Shinawatras en Chine et au Japon devrait rappeler à la junte thaïlandaise qu'aucun pays ne met tous ses œufs dans un même panier. Si la junte estime que la Chine et le Japon sont fermement de son côté, elle doit réfléchir à nouveau. Le pragmatisme continue à définir la politique internationale, ici comme ailleurs.

Pavin Chachavalpongpun est professeur agrégé au Centre de l'Université de Kyoto pour les études d'Asie du Sud-Est, où il enseigne la politique d'Asie du Sud-Est et les relations internationales en Asie.

Thaksin et Yingluck parcourant la Grande Muraille de Chine

Thaksin et Yingluck parcourant la Grande Muraille de Chine

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 14:01

L'Union Européenne a publié une timide dénonciation de la lèse-majesté sans oser la nommer ouvertement. Elle a préféré l'appeler "loi pénale contre la diffamation en Thaïlande".

Voici la déclaration de la délégation de l'Union Européenne en Thaïlande:

"Déclaration de l'Union Européenne sur l'abus local croissant des lois pénales contre la diffamation en Thaïlande

La délégation de l'Union européenne a émis la déclaration suivante en accord avec les chefs de mission de l'UE en Thaïlande

Bangkok, le 14 novembre 2014, l'UE s'est engagée à promouvoir et protéger la liberté d'opinion et d'expression dans le monde entier. La délégation de l'UE tient à exprimer sa préoccupation quant à l'utilisation abusive croissante des lois pénales sur la diffamation en Thaïlande. L'UE estime que ces lois sur la diffamation ne devraient pas être utilisées à mauvais escient afin de censurer la critique et le débat concernant les questions d'intérêt public, car cela constitue une grave menace pour la liberté d'expression. Des cas récents portés contre le défenseur des droits humains Andy Hall, les journalistes Alan Morison et Chutima Sidasathian du journal "Phuketwan", et le journaliste indépendant Andrew Drummond, ont démontré comment la criminalisation de ces lois sur la diffamation est vexatoire et utilisée pour faire taire la liberté d'expression ainsi que le journalisme d'investigation dans le pays. L'UE voudrait lancer un appel aux autorités de l'Etat pour qu'elles respectent pleinement leurs obligations internationales. Dans le cadre d'une réforme plus large en Thaïlande, nous exhortons le Conseil national de réforme de traiter cette question, afin que les lois pénales sur la diffamation ne puissent à l'avenir être utilisées comme un moyen de faire taire toute analyse ou débat légitime."

Liens:

https://www.facebook.com/EUinThailand/photos/a.160589827329440.42007.160579703997119/747585318629885/?type=1&theater

et

http://www.prachatai.com/english/node/4488

Logo de la page facebook EU in Thailand

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 16:23

Les chansons de la vie politique thaïlandaise

Un article de Numnual Yapparat

Lien de l'article:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/11/15/the-music-of-thai-politics/

 

La musique est l'un des bons indicateurs pour montrer ce qui se passe dans notre société. Elle reflète les espoirs, les rêves et les sentiments de colère contre les injustices. Les chansons jouent un rôle vital dans la vie politique thaïlandaise aussi bien aux niveaux primaires comme dans les villages et les syndicats, qu'aux luttes nationales des partis politiques et des mouvements sociaux comme les chemises jaunes et rouges.

Ces jours-ci, les chansons "Pleng Luk Tung" ("Country Music") sont un fer de lance pour contester les normes de la "Thainess". Le courant principal de la classe moyenne tourne autour des chansons pop commerciales se concentrant sur les désirs individuels et ignore le monde réel autour d'elle. Le Pleng Luk Tung traite ouvertement des désirs sexuels des gens du peuple ou des difficultés auxquelles ils sont confrontés dans la vie quotidienne. Il aide à libérer le ressentiment qu'ils éprouvent envers l'état de la société. Toutefois, les chansons du Pleng Luk Tung sont loin d'être révolutionnaires parce qu'elles n'offrent pas de solution. Elles peuvent également être sexistes.

Il y avait auparavant un grand nombre de chants révolutionnaires en Thaïlande, en particulier durant la période où le Parti communiste de Thaïlande (PCT) était populaire. Les chansons qui ont été composées par les artistes du PCT sont en train de disparaître parce qu'elles n'ont pas été correctement enregistrées. Les ex-gauchistes ont essayé de sauvegarder et de diffuser ces chansons à la nouvelle génération, mais le succès est limité. Certaines des chansons sont restées connue jusqu'à aujourd'hui parce qu'elles ont été composées par des bandes bien connues comme "Caravan". Cependant, elles ont été dépolitisées pour accéder à un public plus large. Ce qui est encore plus tragique, c'est qu'aujourd'hui les membres du groupe "Caravan" sont du mauvais côté parce qu'ils soutiennent les Chemises jaunes. (Voir l'article: Thaïlande: 25 ans après la chute du mur de Berlin sur le lien suivant:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/11/thailande-25-ans-apres-la-chute-du-mur-de-berlin.html).

Le conflit entre les Chemises rouges et jaunes ont contribué à façonner une nouvelle ère de chansons radicales, en particulier chez les Chemises rouges. Certains de leurs mélodies sont très belles et compliquées, mais d'autres sont plutôt pauvres. Cependant, leurs messages politiques sont très clairs. Nous avons recensé deux niveaux de musique politique.

Dans le premier niveau se trouve les chansons radicales qui réclament un agenda politique progressiste dans la mesure du possible. Elles veulent un nouveau système où nous serions tous égaux.

Un des exemples les plus frappants se trouve parmi les artistes de Chiang Mai qui ont composé "Guillotine" (เพลง กิ โย ติ น). "Guillotine" est devenue très populaire parmi les Chemises rouges en particulier chez ceux qui sont anti-monarchie. La chanson a été jouée à plusieurs reprises par l'intermédiaire de canaux de radio locaux dans le Nord-Est et le Nord. Après "Guillotine", ils ont sorti quelques autres chansons qui parlent du rôle de la famille royale thaïlandaise.

เพลง กิ โย ติ น "Guillotine" (http://www.youtube.com/watch?v=0Twol-8HRhg)

Un autre groupe de Chemises rouges est "Fai Yen" (วง ไฟ เย็น). Le groupe a été formé par un ex-étudiant progressif qui a rejoint le Parti communiste de Thaïlande (PCT) en 1976 et représente aujourd'hui les étudiants chemises rouges. Presque tous ses membres vivent aujourd'hui en exil. Ils ont composé une chanson qui saluait le rôle du chauffeur de taxi "Nuam Tong", qui s'est suicidé en 2006 pour protester contre le coup d'Etat d'alors. Puis ils se sont concentrés sur la famille royale. Voici certaines de leurs chansons:

ไม่ รัก ระวัง ติด คุก นะ "Si vous n'aimez pas, méfiez-vous de la prison." (http://www.youtube.com/watch?v=kF7o6GahsEo) La chanson se moque de lèse-majesté.

เพลง 112 ไม่ เป็น ธรรม (http://www.youtube.com/watch?v=vUDnDKndiWc) Cette chanson demande d'abolir la loi 112 lèse-majesté.

Les chansons chemises rouges de deuxième niveau sont composées par des groupes qui soutiennent le Pua Thai ou la direction des Chemises rouges de l'UDD. Elles étaient chantées lors des rassemblements de Chemises rouges. La plupart de leurs contenus réclament leurs droits. Elles protestent contre ceux qui les ont dépouillés de leurs gouvernements élus.

La majorité des dirigeants de l'UDD ont aussi leurs propres chansons et les chantaient avant leurs discours. La musique est devenue un élément indispensable de la lutte des Chemises rouges. Ils avaient même une chanson qu'ils ne joueraient que quand ils perdaient leurs amis sur le champ de bataille. Ils exprimaient collectivement leur chagrin en jouant la chanson qui représente tout ce qu'ils avaient à dire pour cette occasion.

เพลง นัก สู้ ธุลี ดิน "Le guerrier de la cendre et de la terre", composé par จิ้ น กรร มา ชน (Jin Kam-Ma-Chon) (http://www.youtube.com/watch?v=53R5droqdro)

L'ère du PCT

Cette forme musicale de la bataille qui se passait avant, comme dans les années 1960 ou les mouvements étudiants payaient attentions aux principaux événements dans le monde, comme la guerre du Vietnam, le mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, etc. Après le 6 Octobre 1976, lorsque les étudiants ont été massacrés à l'Université Thammasart, les étudiants ont fui les villes pour se joindre au PCT dans les forêts et ils composaient des chansons sur leurs espoirs de revenir pour se venger au nom de leurs amis et aussi de mettre en place une nouvelle société socialiste.

จาก ลาน โพธิ์ ถึง ภู พาน "De Lan Po Thammasart à la forteresse de montagne du CPT à Puparn" (http://www.youtube.com/watch?v=xQS-3rmdQW8) Le compositeur vit aujourd'hui en exil.

Le groupe "Caravan" a produit une chanson historique คน กับ ควาย ("Les gens et les buffles") en 1975 qui était fortement influencée par "Masters of War" de Bob Dylan. La chanson a été composée par Somkid Singsong qui est un écrivain de l'aile gauche et s'est exilé en Suède pendant plusieurs années avant de revenir en Thaïlande.

คน กับ ควาย "Les gens et les buffles" (http://www.youtube.com/watch?v=B3RVsRsjKFQ)

La chanson parle de l'exploitation.

ยิ้ม กลาง สาย ฝน "Sourire sous la pluie" (http://www.youtube.com/watch?v=S7Y4sfzRCDQ) La chanson encourage les étudiants à réaliser leur rêve et l'espoir de créer un nouveau pays. La chanson est très belle à la fois en paroles et en rythme.

เพลง สหาย "camarade" (http://www.youtube.com/watch?v=ZrUE4Ku0K1U) Composé par Jin Kam-Ma-Chon. La chanson promeut le rôle des camarades et du parti.

Une chose que nous pouvons constater sur la différence entre les chants révolutionnaires de l'époque du PCT et les chansons des Chemises rouges d'aujourd'hui, c'est que les chants révolutionnaires insistaient sur le besoin de changement et comment y parvenir, ce qui ne pouvait se faire que par l'existence d'un parti de la révolution.

Les Chemises jaunes

Contrairement aux chemises rouges, les chemises jaunes ont utilisé la chanson de l'extrême-droite des années 1970 appelé หนักแผ่นดิน "Nug Pandin" (qui se traduit à peu près comme "un gaspillage de l'espace"). Cette chanson avait été utilisée pour insulter les gauchistes et les étudiants.

(http://www.youtube.com/watch?v=ItxSyvWz6bY&list=PLbQ6aDnSUkoApxy3mqbY-HsFMgpq2aYRk).

Les Chemises jaunes ont également chanté de vieilles chansons du PCT lors de leur protestation et, de même que le port de masques de Guy Fawkes par les émeutiers de Sutep, le sens original a été changé et même carrément inversé!

Les chansons de la vie politique thaïlandaise
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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 08:12

Un article de l'agence de presse Belga

Lien:

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/2119375/2014/11/13/La-Thailande-interdit-un-livre-diffamatoire-sur-la-monarchie.dhtml

 

La Thaïlande vient d'interdire la vente et la distribution d'un livre écrit par un journaliste britannique sur la politique thaïlandaise, que les autorités jugent "diffamatoire" pour la monarchie.

"Le livre met en péril la sécurité nationale, la paix et l'ordre public", a estimé jeudi dans un communiqué Somyot Poompanmoung, le chef de la police nationale. "Conformément à la loi de 2007 sur les publications, il est interdit d'importer le livre pour le distribuer dans le pays", est-il précisé.

La violation de cette interdiction est punie d'un maximum de trois ans de prison et d'une amende de 60.000 bahts.

Écrit par Andrew MacGregor Marshall, ancien journaliste en Thaïlande, et publié le mois dernier par un éditeur londonien, "A Kingdom in Crisis", évoque la crise actuelle, le tabou de la succession royale et la lutte pour la démocratie.

Le journaliste, qui ne vit plus en Thaïlande, a réagi de façon ironique sur son compte Twitter: "Merci beaucoup à la police thaïlandaise d'interdire mon livre", a-t-il écrit évoquant une "excellente publicité".

La famille royale, qui n'a aucun rôle politique officiel en Thaïlande, est un sujet extrêmement sensible. Le roi Bhumibol Adulyadej, 86 ans, qui jouit auprès de certains de ses sujets d'un statut de demi-dieu, est protégé par une des législations les plus sévères au monde, qui prévoit jusqu'à 15 ans de prison par accusation.

Depuis sa prise de pouvoir en mai, la junte et son chef, le général Prayut Cha-O-Cha, également Premier ministre, a plusieurs fois souligné l'importance de la monarchie et a martelé sa volonté de protéger l'institution.

Andrew MacGregor Marshall présente son livre dans une émission

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 08:37

THAÏLANDE: Résurgence d'assignation militaires des militants et des défenseurs des droits humains

Une déclaration de la Commission asiatique des droits de l'homme

Liens:

http://www.prachatai.com/english/node/4476

et

http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/11/11/ahrc-military-summons-activists/

 

La Commission asiatique des droits de l'homme est gravement préoccupée par la résurgence de sommations militaires de militants et de défenseurs des droits de l'homme. Selon les informations fournies par les avocats thaïlandais pour les droits de l'homme, 16 militants et défenseurs des droits de l'homme du Nord-Est de la Thaïlande (l'Issan) ont été convoqués à se présenter aux autorités militaires locales. Les citations à comparaitre sont venues après que ces 16 personnes, représentant 12 organisations des droits de l'homme et de la société civile dans le Nord-Est de la Thaïlande, aient publié une déclaration, le 3 novembre 2014, déclarant qu'elles ne participeraient pas au processus de réforme engagé depuis le coup d'Etat du 22 mai 2014 organisé par le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO, le nom officiel de la junte). La déclaration remettait en question les intentions et les bénéficiaires du coup d'Etat, et concluait par l'annonce de la position des signataires qu'ils n'acceptaient pas l'autorité du coup d'Etat ni les structures et organismes gérant établies par la junte après le coup. Certains de ceux qui ont été convoqués et se sont rendus à la convocation se sont vu forcé de promettre de ne pas se livrer à des activités politiques supplémentaires, et dans certains cas, à rétracter publiquement leur position précédemment publiée dans la déclaration en écrivant un post sur Facebook à cet effet.

La déclaration avait été signée par les 12 organisations suivantes:

- Isaan Human Rights and Peace Center

- Ecological Studies Group

- Project for Publicly-Driven Mineral Resource Policy

- Thai Network for Citizen-Owned Mining

- Isaan Natural Resource and Environment Network

- Center to Protect the Rights and Manage the Resources of Lum Nam Chi Community

- Rights for Poor People Action Project (Isaan region)

- Isaan Human Rights Defender Network

- Baan Peace Group

- Isaan Voices

- Community Media Center for a Justice Society

- Center for Human Rights Law for Society

Les 16 signataires qui ont été convoqués sont les suivants:

1. M. Chakraphong Thonworaphong

2. M. Suwit Kulapwong

3. M. Lerdsak Khamkhongsak

4. M. Sirisak Saduak

5. M. Panya Khamlap

6. M. Decha Khambaomuang

7. M. Nattaphong Rachamee

8. M. Natrin Cha-onsri

9. M. Paitoon Soisod

10. M. Sawang Noikham

11. Mme Chonthicha Tangwornmongkhol

12. M. Withuwat Thongbu

13. Mlle Nattaporn Ajhan

14. M. Adisak Tum sur

15. M. Nitikorn Khamchu

16. M. Yongyut Dongpratha

Selon les informations communiquées, les autorités militaires ont menacé ceux qui se sont rendus à la convocation de poursuites s'ils s'engageaient dans d'autres activités critiques de la junte et du coup d'Etat. Ceux qui ne se sont pas rendus à la convocation ont noté que les autorités sont ensuite venues les chercher chez eux. L'utilisation de sommation pour forcer les défenseurs des droits humains, les militants, les écrivains, les éditeurs, les universitaires ainsi que d'autres citoyens est une caractéristique des deux premiers mois de règne du NCPO. Durant cette première période, certaines personnes ont été convoquées par une diffusion publique de l'ordre de se signaler aux autorités de la junte à Bangkok et à l'extérieur de la capitale. Les gens ciblés ont été plutôt convoqués officieusement par des appels téléphoniques ou d’autres notifications et ont reçu l'ordre de se présenter aux autorités militaires locales. Comme la Commission asiatique des droits de l'homme l'avait déclaré à l'époque, l'utilisation de sommation pour forcer les citoyens à se présenter aux autorités militaires est un moyen de créer la terreur et de contraindre à la conformité.

La Commission asiatique des droits de l'homme note que ces 16 personnes ont été ciblés, convoqué, et intimidé uniquement parce qu'elles avaient exprimées leur opinion sur le coup d'Etat. La limitation de la liberté d'expression est aggravé par l'utilisation de la part du NCPO du pouvoir exécutif pour faire passer des mégaprojets de l'environnement qui ont un impact significatif sur les droits d'un grand nombre d'individus, en particulier les marginaux et les pauvres, qui ne peuvent donc pas critiquer ni même soulever des questions sur les projets sans risquer le harcèlement ou la criminalisation. Cela indique que, près de six mois après le coup d'Etat, penser différemment que le NCPO est de facto considéré comme un crime.

En tant qu'État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (International Covenant on Civil and Political Rights, sigle anglais ICCPR), le gouvernement de la Thaïlande a la responsabilité de protéger les droits prévus par l'article 19 du ICCPR, qui note que;

-1. Tout le monde a le droit d'avoir des opinions sans interférence de qui que ce soit.

- 2. Toute personne a droit à la liberté d'expression; ce droit comprend la liberté de recherche, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute sorte, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou sous forme d'art, ou par tout autre moyen de son choix.

- 3. L'exercice des libertés prévues au paragraphe 2 du présent article comporte des devoirs spéciaux et des responsabilités. Il peut en conséquence être soumis à certaines restrictions, qui doivent toutefois être expressément fixées par la loi et qui sont nécessaires: (a) Au respect des droits ou de la réputation d'autrui; (b) A la sauvegarde de la sécurité nationale ou de l'ordre public, ou de la santé ou la moralité publiques ".

L'obligation faite aux 16 personnes qui ont signé la déclaration dans le Nord-Est de se signaler aux autorités et d'abjurer leurs points de vue est une violation flagrante de l'article 19.

La Commission asiatique des droits de l'homme condamne sans équivoque le coup d'Etat dans les termes les plus forts possibles et tient à exprimer sa vive préoccupation face au déclin rapide de la protection des droits de l'homme qu'il a engendré. La Commission asiatique des droits de l'homme appelle le Conseil national pour la paix et l'ordre à cesser immédiatement les convocations, arrestations et détentions des citoyens qui ne font qu'exprimer leurs points de vue. Penser différemment que la junte n'est pas un crime.

Des militaires interrompant une réunion d’activistes à Khon Kaen le 5 novembre dernier

Des militaires interrompant une réunion d’activistes à Khon Kaen le 5 novembre dernier

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 14:19

L'un des hommes politiques les plus détestables de Grande-Bretagne est l'ancien premier ministre Tony Blair. Blair s'est rendu à Bangkok à la demande du dictateur de la junte militaire, le général Prayuth Chan-ocha. Rien de plus normal pour Tony Blair. Cet homme sans principes, co-responsable avec George W. Bush de la plupart des guerres actuelles au Moyen-Orient, peut être loué par les dictateurs du monde entier.

Le dictateur thaïlandais Prayuth Chan-ocha a probablement payé l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair pour que ce dernier lui rende visite en Thaïlande afin de soutenir son coup d'Etat.

Prayuth Chan-ocha et Tony Blair affirment tous les deux avoir "surtout discuté de la situation politique thaïlandaise et des plans futurs du gouvernement thaïlandais." Cela a sans doute été une brève discussion car Tony Blair ne connait rien à propos de la politique en Thaïlande.

Selon un rapport officiel de la junte thaïlandaise, M. Blair aurait rendu une visite de courtoisie au général Prayuth à Government House, en vue de se présenter au nouveau premier ministre thaïlandais afin de renforcer l'amitié entre la Thaïlande et le Royaume-Uni. A cette occasion, le général Prayut a donné un accueil chaleureux à M. Blair et l'a loué pour son rôle dans la résolution des conflits mondiaux (sic).

Tony Blair semble comprendre la dictature et la répression. Il "a exprimé sa confiance dans la capacité du gouvernement à faire avancer le pays dans toutes les dimensions tout en l'encourageant à continuer de clarifier ses plans pour les directions politiques et économiques futures vis-à-vis de la communauté internationale."

Prayuth parle probablement du Moyen-Orient, où le seul succès de Tony Blair a été ses énormes honoraires de consultant payé.

Le fait que Tony Blair soit une marionnette embauchée a été confirmé quand il a osé affirmer qu'il avait compris le raisonnement derrière la prise de pouvoir du général Prayuth dictée par l'urgence de résoudre les conflits dans le pays.

Tony Blair a amassé une fortune personnelle depuis qu'il a quitté son poste de premier ministre, agissant souvent comme conseiller pour des entreprises et des régimes controversés.

Un contrat secret avec une compagnie pétrolière saoudienne dirigée par un membre de la famille royale du pays qui a été divulgué montre que Tony Blair se fait payer 41,000 livres britanniques par mois plus 2 pour cent de commission pour les contrats de millions de livres qu'il aidait à négocier (41,000 livres britanniques = environ 55,000 euros).

Le contrat entre Tony Blair Associates, et PetroSaudi, signé en Novembre 2010, impliquait que M. Blair devait personnellement organiser des introductions en Chine, tels que de hauts responsables politiques, pour ses contacts.

Tony Blair avait déjà été l'objet de critiques acerbes après qu'il est apparu qu'il avait donné au président autocratique du Kazakhstan, Nursultan Nazarbayev, des conseils sur la façon de gérer son image après le massacre de 14 civils non armés.

L'ancien premier ministre britannique Tony Blair est l'homme qui avait traité l'ancien président français Jacques Chirac de ver-de-terre en 2003 après que ce dernier ait refusé d'engager l'armée française au côté de celles des Anglais et des Américains pour renverser le dirigeant irakien Saddam Hussein.

De plus, Tony Blair est un membre éminent ainsi qu'un ancien dirigeant du Parti Travailliste de Grande-Bretagne, un parti membre de l'internationale sociale-démocrate dont fait aussi partie le Parti Socialiste français du président François Hollande.

Sources:

http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/11/06/buying-blair/

http://thainews.prd.go.th/CenterWeb/NewsEN/NewsDetail?NT01_NewsID=WNPOL5711040010001

et

http://stopwar.org.uk/news/tony-blair-s-insatiable-greed-exposed-by-his-secret-deal-with-saudi-arabia

Tony Blair et le général Prayuth

Tony Blair et le général Prayuth

Tony Blair et ses employeurs saoudiens

Tony Blair et ses employeurs saoudiens

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