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23 novembre 2014 7 23 /11 /novembre /2014 13:14

Annonce du Groupe des étudiants pour la protection de la démocratie de l'Université Ramkhamhaeng

Lien en thaï:

https://www.facebook.com/pluk5506119725/photos/a.312666545562476.1073741827.312617612234036/385559741606489/?type=1&theater

 

Traduction de l'annonce:

Six mois de dictature

Le 22 mai 2014 dernier, le général Prayuth Chan-ocha, chef de la junte, avait annoncé prendre le pouvoir en chassant le gouvernement élu par les voix de l'ensemble de la nation selon la règle de la démocratie, sous prétexte de la situation anormale du pays.

Depuis ce jour, cela fait six mois que la junte, dirigée par le général Prayuth, a volé le pouvoir aux gens. La junte s'est transformée en un gouvernement qui prétend gérer le pays par la réforme et la réconciliation.

Mais, en observant l'ensemble de cette période, nous avons constaté qu'ils n'agissent pas comme ils prétendent le faire, mais qu'ils font en fait le contraire. Ce gouvernement rebelle qui a volé le pouvoir au peuple, abuse de son pouvoir délibérément, utilise l'injustice afin de maltraiter les gens et utilise avec discernement la règle du double standard pour d'autre groupe de personnes. Ils empêchent aussi les médias publics d'être libres de servir directement et correctement le public. Ils ont abusés des droits de l'homme, de la liberté et de la dignité qui sont des droits fondamentaux dont tout le monde devrait bénéficier. Nous, groupe des "étudiants qui protègent la démocratie", somment un groupe d'étudiants venus d'un institut soutenu par l'impôt des gens du peuple. Nous ne pouvons pas ignorer ni rester sans réactions quand nous voyons les gens faire face à toutes ces difficultés résultant de la crise actuelle et victimes de l'administration de ce gouvernement rebelle, que ce soit en économie, au niveau social ainsi que d'autres domaines.

Suite à notre discussion lors de notre dernière réunion, nous avons décidés d'être un groupe d'étudiants qui s'oppose à tous les aspects de ce système et le condamne car il est gouverné illégalement sans démocratie et n'est pas accepté par le peuple, ni par la communauté internationale,.

Groupe des étudiants pour la protection de la démocratie

Université Ramkhamhaeng

22 novembre 2014

Logo du Groupe des étudiants pour la protection de la démocratie de l'Université Ramkhamhaeng

Logo du Groupe des étudiants pour la protection de la démocratie de l'Université Ramkhamhaeng

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22 novembre 2014 6 22 /11 /novembre /2014 16:22

L'universitaire thaïlandais renommé Somsak Jeamteerasakul, qui était passé dans la clandestinité et avait disparu peu après le coup d'Etat, a récemment rouvert son compte facebook et a remercié les nombreuses personnes qui l'avaient aidé à échapper aux griffes de la junte. Il a aussi publié son analyse de la situation actuelle et des causes du coup d'Etat.

Son analyse en thaï:

https://www.facebook.com/somsakjeam/posts/751895458197069

 

Traduction en français:

 

"Ratpraharn Sueb Chata" ou le Coup d'Etat pour prolonger une vie

Une analyse de Somsak Jeamteerasakul

 

Il y a quelques jours, je pensais avoir trouvé un nom approprié pour ce coup d'Etat. Je ne suis pas bon pour nommer mais je pense qu'il devrait être appelé "Ratpraharn Sueb Chata" (Coup d'Etat pour prolonger une vie).

Beaucoup de Thaïs connaissent une cérémonie rituelle du Nord qu'ils appellent "Sueb Chata" ou "Prolonger la vie".

Cette cérémonie comprend l'organisation de rite religieux, des donations, etc... et va jusqu'à faire semblant de mourir en se couchant dans un cercueil. L'idée est d'étendre sa vie.

Ce coup d'Etat a aussi pour cible ou but de prolonger la vie.

Question: Quelle vie?

Réponse: La durée de vie de la monarchie.

J'aimerais vous donner les raisons de mon analyse et de mon choix d'appeler ce coup d'Etat de cette façon. Les voici:

1) Les organismes gouvernementaux qui ont leur autorité au-dessus de l'enquête publique comme le conseil privé, les militaires, les procureurs jusqu'aux organisations comme le Bureau de la propriété de la Couronne ou de nombreuses organisations non officielles, comptent sur le pouvoir légal et l'existence de la monarchie, qui est le pouvoir suprême au-dessus de toute enquête publique.

(En fait, si nous parlons du point de vue plus large des "sciences sociales", nous pouvons analyser que les villes moyennes ont augmenté et sont devenue "le peuple de base" pour la monarchie depuis 1987. Ils s'appuient sur la monarchie comme "facteur idéologique" afin de devenir un leader reconnu dans la société, mais il y a des complications qui nécessitent plus d'explications).

2) Depuis 1987, il y a eu beaucoup de changements importants dans le système de la monarchie (ce phénomène que j'appelle "la monarchie de masse", a également besoin d'une longue explication. Si vous êtes intéressé, regardez s'il vous plaît mon interview donnée lors de la dernière exposition au mémorial du 14 octobre).

Un point important est la personnalisation de la monarchie au travers du roi actuel (c'est un phénomène plus récent que ce qu'affirment de nombreux universitaires. Par exemple, lors de la période entre le 14 octobre 1973 et le 6 octobre 1976 ainsi qu'avant et aussi durant quelques années après, l'image n'était pas la même qu’à présent.)

3) Les résultats de la personnification a aussi bien des points forts que des points faibles. Le point fort que nous connaissons tous, c'est que la classe moyenne des villes qui acclame la famille royale peut différencier ses sentiments pour le roi vis-à-vis de ceux pour d'autres membres de la famille, par exemple le prince héritier, et les actions d'autres membres de la famille ne pourront pas "toucher" leur sentiment de loyauté envers "l'institution de la monarchie" (parce que leur perception réelle est que "l'institution de la monarchie" = le roi).

Le plus important "point faible" et qui est directement lié à la crise et au coup d'Etat actuel est que tout le monde doit "naitre - vieillir - tomber malade - et mourir" définitivement. Tant que la personne que nous considérons comme "l'institution de la monarchie" est en bonne condition, il n'y aura pas de problème mais s'il se fait vieux et tombe malade?

4) De la façon dont la monarchie est sérieusement personnifiée depuis les deux derniers siècles et quand la situation se produit ou la personne se fait vieille et malade, la nouvelle science médicale moderne ne va "prolonger le temps" que pour quelques années.

Que peuvent-ils faire avec l'institution de la monarchie comme le "fondement" de leur pouvoir, s'ils n'ont pas la personne qui est personnifié comme étant "l'institution" elle-même? Ceci est le "cœur" de l'objectif suprême de ce coup d'Etat.

C'est quand ils ne peuvent utiliser la science médicale pour prolonger la vie de façon tout à fait illimité, qu'ils décident alors d'utiliser le "coup d'Etat" pour prolonger la vie à la place (si vous utilisez un dicton informel), en gros, s'ils ne peuvent pas utiliser la médecine pour prolonger la vie, ils utilisent des armes et des chars à la place.

Ils espèrent que ce contrôle strict et absolu contrôlé pourra résister au changement (qui est déclinant) de l'institution de la monarchie et de leur situation actuelle, même sans le roi qui est égalisé à l'institution de la monarchie. C'est "le maintien du statut de l'institution de la monarchie sans roi qui est personnifié comme l'institution de la monarchie".

5) En fait, des années avant ce putsch, j'avais discuté avec mes amis du scénario à l'origine de ce coup d'État. C'est la prise de pouvoir absolue afin de tout contrôler. Nous avons convenu que ce genre de prise de pouvoir se produirait quand il y aura un changement de roi. Ce que nous avons oublié d'analyser, c'est que nous ne nous attendions pas à ce que cela se produise si vite comme c'est arrivé il y a six mois (mon erreur sur ce point sera élaborée plus tard).

6) Si nous regardons les "cibles" de ce coup d'Etat, ce ne sont pas les anciens politiciens du gouvernement, mais ce sont les cas "112" qui ont été "mis de cotés et blanchis" du 112 pendant de nombreuses années. Ceci est passé et ce sont eux qui ont été vraiment attaqué ce qui signifie vraiment emprisonnés sans droits à la liberté sous caution (à proprement parler il y a un autre type de "cible" qui a été attaqué par ce putsch - Ceci est une autre question importante et je trouverai un bon timing pour l'élaborer. Juste pour aujourd'hui, je tiens à dire, qu'en bref, cette question implique aussi le maintien du statut de l'institution).

La première politique de ce "gouvernement" peut être expliqué en termes simples (différente de la langue officielle utilisée dans leur politique d'annonce) comme "éliminer ceux dont la bouche négligente cause des démangeaisons ou ceux ayant la mauvaise intention de secouer l'institution nationale principale".

Le véritable objectif suprême de ce coup est de "tourner l'horloge du temps en arrière" et de revenir à 2007/2008 (environ).

A cette époque, la question de l'établissement de la monarchie n'avait pas encore été mise en valeur publiquement.

7) Il y a des facteurs supplémentaires de cette analyse, mais je veux soulever un point:

Si cette analyse est correcte, il n'y a pas de chance que la junte relâche ses mains du pouvoir absolu. Il se poursuivra au moins jusqu'au changement de roi. Peu importe l'idée d'élection pour cette année ou l'année prochaine parce que leurs intentions est de garder le pouvoir absolu afin de garantir qu'ils conserveront le statut de la monarchie sans avoir le monarque qui a été personnifiée comme l'institution, ce qui risque de se produire bientôt.

Somsak Jeamteerasakul

Somsak Jeamteerasakul

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 13:57

Trois étudiants de l'université ont été arrêtés par la police à Bangkok pour organiser une visite de masse du dernier film "Hunger Games", qui est devenu associé à la dissidence contre le régime militaire de Thaïlande.

Un étudiant de quatrième année en économie Rattapon Supsopon a été interpellé par des agents en civil et emmené au poste de police. Peu de temps après, un deuxième étudiant a été arrêté pour possession d'une copie du roman de George Orwell 1984, un autre symbole anti-coup interdit par la junte militaire de Thaïlande.

Natcha Kong-Udom, une étudiante de première année à l'Université de Bangkok, a été arrêtée par la police après avoir fait le salut à trois doigts devant un cinéma à proximité du centre commercial Siam Paragon, devant un cinéma qui diffusait "The Hunger Games: Mockinjay 1ere Partie".

Natcha, qui ne s'était pas associée avec les autres militants, a déclaré aux journalistes à la station de police. "Je savais que le salut conduirait à mon arrestation, mais je pense que c'est la seule chose qu'une personne soit en mesure de faire." Elle a ensuite été emmenée par des soldats au siège de la 2eme division de cavalerie dans le district de Sanam Pao pour y être détenue.

Pendant ce temps en France, des membres de la diaspora thaïlandaise conduite par la célèbre étudiante transsexuelle Aum Neko, se sont réunis devant un cinéma à Paris qui jouait le film "Hunger Games" pour faire le salut à  trois doigts afin de montrer leur solidarité avec les personnes arrêtées et leur opposition au régime militaire thaïlandais.

Sources:

http://www.khaosodenglish.com/detail.php?newsid=1416476484

et

http://prachatai.org/english/node/4514

L'étudiante Natcha Kong-Udom faisant le signe des trois doigts à Bangkok

L'étudiante Natcha Kong-Udom faisant le signe des trois doigts à Bangkok

Aum Neko (4ème à partir de la droite) mène une protestation anti-coup en face d'un cinéma de Paris diffusant Hunger Games

Aum Neko (4ème à partir de la droite) mène une protestation anti-coup en face d'un cinéma de Paris diffusant Hunger Games

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 09:06

Vous voulez savoir si la junte de Thaïlande surveille votre ordinateur à votre insu, bonne nouvelle, Amnesty International vient de lancer un programme pour détecter des logiciels espions

Lien:

http://www.amnesty.fr/Nos-campagnes/Liberte-expression/Actualites/Detekt-un-programme-pour-savoir-si-votre-ordinateur-est-espionne-par-des-gouvernements-13312

 

Un programme pour savoir si votre ordinateur est espionné

Imaginez que vous n’êtes jamais seul. Que quelqu’un vous regarde par-dessus votre épaule, enregistre tous les mouvements sur votre ordinateur ; lit et écoute toutes vos conversations sur skype, utilise le microphone et la caméra de votre téléphone portable. Tout cela à votre insu. C’est ce qui arrive à des milliers de défenseurs des droits humains à travers le monde, surveillés par des logiciels espions installés par des gouvernements pour surveiller et réprimer les voix critiques.

En cause, des logiciels espions développés hors de tout cadre légal par des entreprises et utilisés par de nombreux gouvernements. Face à ces menaces, Amnesty International, avec une coalition d’organisations de défense des droits humains lance Detekt, un outil simple pour détecter des logiciels espions installés à votre insu par des gouvernements pour surveiller vos activités.

LE RÊVE DES RÉGIMES RÉPRESSIFS DEVENU RÉALITÉ

La surveillance numérique ciblée s’est considérablement développée ces dernières années, dans l’illégalité et l’opacité la plus totale. Désormais, les logiciels espions développés ne se contentent pas de collecter vos communications, mais entrent à l’intérieur des ordinateurs et en prennent le contrôle. 

DETEKT : UN OUTIL SIMPLE A PORTÉE DE TOUS

Le 20 novembre 2014, en collaboration avec d’autres organisations et experts, nous lançons DETEKT, un nouvel outil permettant aux journalistes et aux défenseurs des droits humains d'effectuer une analyse de leur ordinateur afin de trouver d'éventuels logiciels espions connus.

Detekt est le premier outil mis à la disposition du public qui puisse détecter, sur les ordinateurs et les appareils mobiles, les principaux logiciels de surveillance connus, dont certains sont utilisés par des gouvernements.

Detekt est un outil simple qui avertit les militants de ce type d'intrusion afin qu'ils puissent agir. Il permet de contre-attaquer face à des gouvernements qui utilisent certaines informations soutirées par le biais de la surveillance afin de soumettre défenseurs des droits humains et journalistes à des arrestations arbitraires, des détentions illégales, voire à la torture.

Conçu par Claudio Guarnieri, chercheur allemand spécialisé dans les questions de sécurité, Detekt est lancé en collaboration avec Amnesty International, Digitale Gesellschaft, l'Electronic Frontier Foundation et Privacy International.

Attention, l’outil s’utilise quand votre ordinateur est hors ligne et que vous exécutez en mode administrateur. Il s'agit d'une première version du logiciel et des bugs sont existants, notamment sur Windows 8.1.

Les sources sont disponibles et téléchargeables sur GitHub.

TELECHARGEZ DETEKT

Lien de téléchargement:

https://resistsurveillance.org/#waypoint2

 

UN COMMERCE DE LA SURVEILLANCE NUMÉRIQUE HORS DE TOUT CONTRÔLE

Le marché de la technologie de surveillance est hors de tout contrôle. Nous avons désespérément besoin d’une régulation légale stricte qui puisse ramener ce marché dans les normes des droits humains. Les conséquences négatives et dangers de ces technologies sont énormes et doivent être contrôlées.

L'utilisation et le commerce de technologies de surveillance des télécommunications se sont développés de manière exponentielle ces dernières années. La Coalition contre l'exportation illégale de technologies de surveillance, dont Amnesty International est membre, estime que le commerce mondial des technologies de surveillance représente 4 milliards d'euros par an, et qu'il est en expansion.

Selon Claudio Garnieri, l’une des personnes à l’origine du logiciel Detekt :

"Tellement de pays utilisent maintenant ces technologies qu’il serait en fait plus simple de penser à ceux qui ne le font pas. Si on met un point rouge sur chaque pays qui l’utilise sur une carte du monde, la vue est plutôt choquante. Parmi ces pays, notons le Bahrein, le Maroc, les Emirats Arabes Unis, Oman, l’Ethiopie, le Soudan, l’Ouzbekistan, le Kazakhstan, l’Azerbaïdjan, l’Angleterre, l’Allemagne, le Mexique, l’Australie, parmi bien d’autres."

LES DEFENSEURS DES DROITS HUMAINS EN PREMIERE LIGNE

Les défenseurs des droits humains, les opposants, les journalistes, et toute voix critique de manière générale peuvent aujourd’hui être surveillés dans leurs moindres mouvements. Ils ne l’apprennent généralement qu’une fois interrogés dans les prisons et centres de détention où ils sont conduits sur la base de ces informations.

Ahmed Mansoor a été libéré en 2011. Il avait été emprisonné après avoir signé une pétition appelant à la démocratie, et pour avoir administré un forum de discussion critique des autorités, et interdit par elles. Après sa libération, il s’aperçut que ses mouvements étaient surveillés : il a été passé à tabac à deux reprises. Il s’est ensuite rendu compte que son ordinateur avait été infecté par un logiciel espion qui donnait aux autorités accès à ses moindres mouvements. Son compte email et twitter avaient aussi été piratés.

Finspy, Gamma International, et la surveillance des activistes du Bahreïn, même en exil

L’entreprise allemande Finfisher, qui appartenait au groupe britannique Gamma International,  a développé le logiciel espion Finspy : celui-ci peut surveiller les conversations sur skype, extraire des fichiers du disque dur, enregistrer les emails et l’usage du microphone, et même prendre des captures d’écran et des photos à partir de l’appareil photo intégré. »

D’après des recherches menées par Citizenlab et des informations publiées sur Wikileaks, Finspy a été utilisé pour surveiller d’éminents défenseurs des droits humains du Bahreïn, dont certains vivant en exil à Londres.

Saeed Al-Shehabi est l’un des activistes surveillés par Finspy au Royaume-Uni :

"Nous savions que les autorités bahreïnies espionnaient les militants au Bahreïn, mais nous ne savions pas qu’il leur était aussi possible de le faire en Angleterre. J’ai peur, car on ne sait jamais la quantité d’informations qu’ils ont sur toi, comment ils peuvent l’arranger pour s’en servir contre toi. Tu te sens d’un coup très vulnérable. Detekt est un outil très utile. Cela a une valeur inestimable pour un militant comme moi."

En rouge: les gouvernements qui surveillent le plus internet. La Thaïlande fait bien sur partie du lot

En rouge: les gouvernements qui surveillent le plus internet. La Thaïlande fait bien sur partie du lot

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20 novembre 2014 4 20 /11 /novembre /2014 08:11

5 militants étudiants anti-putschistes de Dao Din ont été arrêtés pour avoir fait le salut à trois doigts lors de la visite de chef de la junte à Khon Kaen

Un article de Thaweporn Kummetha

Lien:

http://www.prachatai.com/english/node/4501

 

Cinq militants étudiants de l'Université de Khon Kaen ont été arrêtés mercredi matin après avoir fait le salut à trois doigts, un geste de dissidence inspiré du film Hunger Games, devant le chef de la junte, le général Prayut Chan-o-cha, qui visitait la province de Khon Kaen.

Alors que le général Prayut donnait un discours pour le Département de prévention des catastrophes au Hall provincial de Khon Kaen, les militants sont venus et ont fait le salut à trois doigts avant de crier "Nous sommes contre le coup."

Les cinq étudiants font partie du groupe de militant "Dao Din" de l'Université de Khon Kaen:

Voici les noms des cinq étudiants:

- Jatupat Boonpattararaksa

- Wason Sedsit

- Jedsarit NamKod

- Payu Boonsopon

- Wichakorn Anuchon

Selon Wassana Nanuam, la journaliste spécialiste des affaires militaires du journal Bangkok Post, les militants portaient des t-shirts disant en thaï "mai ao ratpraharn", ce qui signifie "pas de gouvernement militaire" sous leurs vestes. Ils ont enlevé leurs vestes au moment de l'action révélant le message, fait le salut et annoncé "Nous sommes contre le coup d'Etat."

Au début de juin dernier, cinq membres du groupe Dao Din, y compris Jatupat, avaient été convoqués et détenus au camp militaire de Khon Kaen dans le but de les forcer à arrêter la mobilisation des activités contre la mine dans le village de Ban Na Nong Bong, situé dans le district de Wang Sapung de la province de Loei.

Une jeune femme, membre du groupe, a expliqué à Prachatai qu'ils avaient décidé de risquer la loi martiale parce qu'ils voulaient dénoncer la légitimité de la junte après la remarque de mardi dernier du général Prawit Wongsuwan, vice-premier ministre et ministre de la Défense. Le groupe a dit qu'ils voulaient montrer aux militaires que les gens de l'Issan ne les accueillaient pas.

Le général Prawit avait déclaré aux médias mardi dernier que le Premier ministre Prayut pouvait voyager n'importe où et dans n'importe quelle région, car il n'avait pas de conflit avec qui que ce soit parce qu’il n'avait aucun ennemi.

La membre du groupe a ajouté qu'à 8 heures du matin (le 19 novembre 2014) un camion pick-up sans plaques d'immatriculation aux vitres fumées avait tourné autour de la maison d'un membre de Dao Din. Elle pense que c'était un moyen mis en place par les responsables de la sécurité afin de les menacer.

A 11h20, les autorités ont transférés les cinq étudiants prisonniers du poste de police de Khon Kaen au camp militaire Sri Patcharin situé dans la même province. Leurs téléphones mobiles ont été confisqués.

Le groupe a également publié une déclaration au sujet de leur action et arrestation. Nous la reproduisons ci-dessous:

"Déclaration de Dao Din (19 novembre 2014)

Après le coup d'Etat du NCPO, dirigé par le général Prayut Chan-o-cha, qui agit maintenant comme un premier ministre ne provenant pas d'une élection, le travail du gouvernement a inclus beaucoup d'erreurs et le problème est maintenant de plus en plus violent. Les gens ont été privés des droits et libertés sous un régime de dictature total. Beaucoup de gens commencent à sentir ces menaces croissantes. Il y a eu plein de cas d'arrestations et de détentions pour faits d'exercice du droit à la liberté d'expression que les gens ont à la naissance dans le but de menacer ceux qui ne sont pas d'accord avec le gouvernement militaire (NCPO) et dont ce dernier craint qu'ils vont se lever et protester.

La plupart des politiques [de la junte] sont bénéfiques aux entreprises, mais ignorent les droits et les libertés du peuple. La plupart des politiques choisissent d'ignorer les voix des gens, telles que celles sur la gestion de l'eau, comme dans le cas du barrage de Mae Wong qui a été choisi en tant que politique, même si la plupart des gens ne sont pas d'accord avec cela. Le refus de la participation de la population sur des problèmes comme la question de l'énergie ainsi que le plan de gestion des forêts et des terres a conduit à une situation où les gens ont été indistinctement et injustement expulsés de leurs maisons et de leurs plantations de caoutchouc. Ces incidents montrent que ce gouvernement dictatorial ne respecte pas du tout les droits et les libertés du peuple.

De cette frustration avec le système de la dictature militaire, nous, le Human Rights Law Centre for Society (Dao Din) déclarons notre point de vue qui est de combattre et de lutter jusqu'à que nos exigences de liberté et de démocratie du peuple soient respectées. Nous voulons choisir et déterminer nos propres vies. Nous déclarons que nous n'accepterons aucun ordre venu du gouvernement de la dictature et demandons au général Prayut Chan-ocha de lever la loi martiale car elle cause des problèmes aux personnes à travers le pays qui ne sont plus en mesure d'exprimer leurs opinions, ce qui a détruit les droits fondamentaux de l'homme dont les gens devraient bénéficier. Nous demandons également au gouvernement de rejeter les politiques et les projets qui détruisent l'environnement local dans de nombreux domaines tels que le plan directeur de gestion des forêts et des terres ainsi que la réforme de l'énergie qui n'impliquent pas la voix du peuple et de nombreux autres de ses projets, et de rendre le pouvoir au peuple afin que nous puissions à nouveau jouir de nos droits et libertés."

Arrestation des étudiants faisant le signe des trois doigts devant Prayut

Arrestation des étudiants faisant le signe des trois doigts devant Prayut

Les étudiants ont été conduits à la caserne et sont actuellement interrogés par les militaires

Les étudiants ont été conduits à la caserne et sont actuellement interrogés par les militaires

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 09:49

Cinq étudiants sont détenus dans un camp militaire pour avoir fait le salut anti-coup à trois doigts tandis que le Premier ministre chef de la junte Prayut Chan-ocha donnait un discours dans la province de Khon Kaen au Nord-Est ce matin.
Le général Prayut, qui a organisé le coup d'Etat du 22 mai, s'exprimait sur une scène quand les étudiants en droit se sont levés et on fait le salut à trois doigts tout en révélant des t-shirts noirs qui disait: "Nous n'acceptons pas le coup d'Etat."
Le salut à trois doigts est devenu un symbole de la résistance anti-coup peu après la prise de contrôle par l'armée le 22 mai dernier, et il est inspiré par le film populaire de science-fiction, The Hunger Games, où il est utilisé pour symboliser la rébellion contre un pouvoir totalitaire.
Les étudiants ont rapidement été escortés hors des lieux et emmenés dans un poste de police de Khon Kaen avant d'être transférés dans un camp de l'armée dans la province. Leurs téléphones cellulaires auraient été confisqués et ils n'ont pas eu accès à un avocat.
Peu de temps après sa prise de pouvoir, la junte a interdit les manifestations publiques et a envoyé des contrevenants subir un procès devant un tribunal militaire, où aucun recours n'est possible.
Les étudiants en droit, tous des hommes, sont membres du groupe de militants étudiants Dao Din à l'Université de Khon Kaen.
Le groupe a publié aujourd'hui une déclaration dans laquelle il a déclaré son opposition au coup d'Etat au le leadership du général Prayut.
"Nous n'accepterons aucun ordre ni aucune politique qui viennent du gouvernement de la dictature," affirme la déclaration. "Nous demandons au général Prayut Chan-Ocha de lever la loi martiale car elle cause des problèmes aux personnes à travers le pays qui ne sont plus en mesure d'exprimer leurs opinions, ce qui a détruit les droits fondamentaux de l'homme dont les gens devraient bénéficier."
Aujourd'hui marque la première visite du général Prayut dans le Nord-Est de la Thaïlande, le cœur de la faction politique connue sous le nom de Chemises rouges qui soutenait le gouvernement renversé par le coup d'Etat du 22 mai.
Dans le sillage du coup d'Etat, la junte a réprimé les réseaux des Chemises rouges en détenant brièvement des centaines de politiciens, militants et universitaires perçus comme des sympathisants de l'ancien gouvernement. Comme condition de leur libération, la plupart des détenus ont été forcés de signer des accords ou ils s'engageaient à ne plus participer à des activités politiques.
Source:
http://www.khaosodenglish.com/detail.php?newsid=1416375318

 

Les étudiants faisant le salut à trois doigts devant le général Prayut

Les étudiants faisant le salut à trois doigts devant le général Prayut

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 07:54

Mardi 18 novembre 2014, Sukunya Pruksakasemsuk a présenté la 16 eme demande (depuis l'arrestation de Somyot en avril 2011) de libération sous caution pour son mari à la cour de Bangkok.

Le militant du travail et des droits humains Somyot Pruksakasemsuk a été condamné en Janvier 2013 à 11 ans de prison pour avoir prétendument violé l'article 112 (le crime de lèse-majesté).

Avec ses 16 tentatives de libération sous caution Somyot détient un triste record en Thaïlande. Dans l'histoire du système juridique thaïlandais aucun autre prisonnier n'avait soumis autant de demandes de libération sous caution. Cependant, si la Cour devait rejeter sa demande à nouveau, nous pouvons être sûr qu'il soumettra une 17eme demande de libération sous caution.

Sources:

https://www.facebook.com/jupsukanya/posts/856747391043000?notif_t=tagged_with_story

et

http://yanawa.blogspot.sg/2014/11/the-somyot-case-update-16th-request-for.html

Sukunya Pruksakasemsuk présente à la cour la demande de libération sous caution pour son mari

Sukunya Pruksakasemsuk présente à la cour la demande de libération sous caution pour son mari

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18 novembre 2014 2 18 /11 /novembre /2014 08:39

Un article du Bangkok Post avec des notations entre parenthèse de Libérez-Somyot

Lien:

http://bangkokpost.com/news/politics/443013/france-calls-for-thai-democracy

 

La France a réaffirmé son désir de voir la Thaïlande retourner à un régime constitutionnel démocratique. Le message a été transmis au vice-premier ministre et ministre des Affaires étrangères Tanasak Patimapragorn par l'ambassadeur français en Thaïlande, Thierry Viteau, lors d'une réunion récente. M. Viteau a dit qu'il avait fait au général Tanasak une visite de courtoisie et avait transmis les attentes de Paris. "Nous avons pris note de la feuille de route du gouvernement et sommes encore dans une phase d'observation," a-t-il précisé (Note de Libérez-Somyot: Il est intéressant de noter que, malgré toutes les atteintes aux droits de l'Homme de la junte, la France est "encore dans une phase d'observation"). Le diplomate français a déclaré qu'il suivra de près les développements et espère que le plan sera poursuivi dans son intégralité, avec des élections libres et transparentes tenues en octobre prochain (Note de Libérez-Somyot: M. Viteau accorde donc le droit à la junte illégale de gouverner jusqu'en octobre 2015). En ce qui concerne les réformes nationales, M. Viteau déclaré que les consultations sur la nouvelle charte devrait être aussi inclusives que possible (Note de Libérez-Somyot: M. Viteau ne dénie donc pas les revendications du PDRC comme quoi la Thaïlande a besoin d'une reforme avant toute élection). Les principes démocratiques sont universels, a-t-il dit. La Thaïlande devrait être en mesure de s'inspirer des modèles occidentaux pour mettre en place une nouvelle constitution et de nouvelles institutions. L'ambassadeur français a déclaré que la coopération entre les ambassades européennes à Bangkok et le gouvernement s'exerceront normalement malgré les restrictions imposées par le Conseil des Affaires étrangères de l'Union européenne (Note de Libérez-Somyot: genre faux cul on ne fait pas mieux. M. Viteau affirme d'une manière détournée que les affaires entre la France et la Thaïlande ne souffriront pas de l'actuelle situation). Les visites officielles en Thaïlande ont été suspendues depuis juin dernier suite à une réunion des ministres des Affaires étrangères de l'Union Européenne. M. Viteau a dit qu'il continue de travailler avec le gouvernement et a demandé plusieurs réunions avec celui-ci et il espère qu'elles auront lieu dans les prochaines semaines (Note de Libérez-Somyot: M. Viteau veut sans doute faire passer le message comme quoi "les affaires c'est les affaires" et qu'une entorse de la Thaïlande vis-à-vis de la démocratie n'aura pas de conséquences durables). La France désire renforcer les liens économiques avec les pays d'Asie du Sud-Est, a-t-il dit. Bangkok accueillera le 11eme Forum de l'Asean organisé par la Thaïlande qui accueillera pour l'occasion des conseillers français pour le commerce avec l'étranger la semaine prochaine. M. Viteau a parlé au Bangkok Post, après une cérémonie marquant le centenaire du début de la Première Guerre mondiale et a rendu hommage aux soldats du Royaume de Siam impliqués dans le conflit. Le Roi Rama VI a envoyé un corps d'experts de l'aviation et de la logistique ainsi que des infirmières en Europe après avoir déclaré la guerre aux puissances centrales en Juillet 1917. Les 1 284 volontaires sont arrivés en France durant l'été 1918 et ont servi pendant les derniers mois de la Grande Guerre (Note de Libérez-Somyot: en fait, les volontaires thaïlandais ont eus la bonne idée d'arriver dans la zone des combats après l'armistice du 11 novembre 1918).

L'ambassadeur de France Thierry Viteau

L'ambassadeur de France Thierry Viteau

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17 novembre 2014 1 17 /11 /novembre /2014 07:07

Un article de Pavin Chachavalpongpun

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http://www.japantimes.co.jp/opinion/2014/11/13/commentary/world-commentary/china-ready-write-shinawatras/#.VGVigPmUde9

 

Au cours des huit dernières années, l'armée thaïlandaise a organisé deux coups d'État militaires qui ont renversé deux membres de la famille Shanawatra. Thaksin a été renversé en 2006 et sa sœur, Yingluck, a été chassée du pouvoir en mai de cette année. Évidemment, les militaires, qui sont intervenus au nom de l'ancien établissement, percevaient les Shinawatras comme une menace vis-à-vis de leur pouvoir. Et ils ont estimé que cette menace devait être éliminée.

Pendant des décennies, le pouvoir politique en Thaïlande avait été dominé par l'ancien établissement. Mais à partir de 2001, lorsque Thaksin est devenu premier ministre, sa popularité écrasante, due à ses politiques populistes efficaces, a fait de lui un champion de la politique électorale. Depuis lors, le paysage politique thaïlandais a été transformé d'une manière drastique. Son succès politique a été transmis à Yingluck, un membre relativement inconnu de la famille. Apres avoir gagné une élection de manière écrasante en 2011, Yingluck s'est élevée et est devenue une dirigeante populaire par elle-même.

Le fait que la Thaïlande se rapproche d'une succession royale a approfondi l'angoisse de l'ancien établissement qui crève de trouille à l'idée que les Shinawatras puissent revenir à la politique et prendre en charge la transition à l'intérieur du palais. Cette inquiétude a conduit les militaires à chasser Yingluck à cause de son succès politique.

Depuis le coup d'Etat de mai dernier, la junte, désormais dirigé par le Premier ministre, le général Prayuth Chan-ocha, a du mal à acquérir une légitimité à la fois vis-à-vis du public thaïlandais et de la communauté internationale. Dans les relations étrangères, son gouvernement s'est efforcé d'affirmer au monde que le coup d'Etat était nécessaire pour empêcher la Thaïlande de tomber dans un abîme politique. Il a également promis de s'engager dans des réformes politiques et d'organiser une élection à la première occasion.

Mais jusqu'à présent, il n'y a eu aucun signe de ces réformes, ni de délai fixé pour l'élection. Pendant ce temps, les droits de l'homme des Thaïlandais ont continué à être violés. Ainsi, certains gouvernements occidentaux ont décidé d'imposer des sanctions contre la junte. Cette situation a incité Prayuth à rechercher de nouvelles sources de légitimité parmi les pays voisins. Depuis qu'il est devenu premier ministre, il a effectué des visites officielles au Myanmar (Birmanie) et au Cambodge. Le mois dernier, Prayuth a participé au sommet Asie-Europe (ASEM) à Milan, en Italie, où il a eu des entretiens bilatéraux avec certains membres de l'Association des nations de l'Asie du Sud-Est (ASEAN), ainsi qu'avec les représentants de la Chine et du Japon.

Dans cette région, la Chine et le Japon semblent avoir servi en tant que fournisseurs de légitimité pour la junte face aux sanctions occidentales contre la Thaïlande. Prayuth était particulièrement désireux de prouver ses liens étroits avec la Chine. Il a rencontré un groupe d'entreprises chinoises en Thaïlande et a envoyé ses représentants en Chine afin de renforcer ses relations avec les dirigeants de ce pays.

De même, Prayuth espérait obtenir la bénédiction du Japon pour son régime militaire. Après une rencontre avec le Premier ministre Shinzo Abe à Milan, Prayuth a informé le public thaïlandais que le Japon "comprenait" la situation politique de la Thaïlande, et que cela pourrait signifier que la junte thaïlandaise est un gouvernement avec lequel le Japon pourrait travailler.

La diplomatie à la Prayuth semblait bien fonctionner jusqu'à ce que les Shinawatras fassent un retour diplomatique afin de récupérer leur légitimité perdue.

Alors que Prayuth revenait d'Italie, Yingluck quittait la Thaïlande pour se rendre au Japon afin d'y retrouver son frère Thaksin. C'était censé être juste des vacances en famille pour la junte thaïlandaise. Mais les Shinawatras ont démontré à merveille leurs compétences en communication en affichant d'innombrables photos de leur séjour de vacances au Japon sur leurs pages Facebook. Des photos d'eux mangeant des hamburgers à l'un des McDonald de Tokyo ont largement éclipsés les nouvelles de routine en Thaïlande.

De Tokyo, Thaksin et Yingluck sont allés en Chine, où ils ont parcourus la Grande Muraille et visité de nombreux temples ainsi que des musées.

Ils ont également été invités au Bureau de planification de la ville de Pékin afin d'apprendre davantage sur le développement urbain de la Chine. Les photos des Shinawatras présentées par les responsables chinois laissaient supposer qu'aussi bien Thaksin que Yingluck, étaient encore les premiers ministres thaïlandais.

De Pékin, les Shinawatras se sont rendus à Guangdong afin de rendre hommage à leurs ancêtres et des centaines de personnes ont fait la queue pour les saluer. Des bannières géantes avec des messages de bienvenue ont été accrochés aux arbres et aux bâtiments autour de la ville. Une partie de la rue a été aménagée pour célébrer la visite des "enfants des Chinois" dans leur ville natale ancestrale. Alors que Thaksin et Yingluck se sont agenouillé devant les tombes de leurs ancêtres chinois, leurs actions ont souligné leur lien avec la Chine.

Plus intéressant encore, le gouvernement chinois a attribué l'ancien ambassadeur de Chine à Bangkok, Guan Mu, afin d'accompagner les Shinawatras tout au long de leur voyage.

Guan est une figure influente au sein du ministère des Affaires étrangères de Chine. Grace à ses capacités, il a servi d'ambassadeur en Thaïlande pendant plus de 18 ans. Il parle couramment le thaï et dispose d'un accès direct aux hauts dirigeants thaïlandais.

Alors qu'il était ambassadeur au Myanmar (Birmanie), Guan a pu exercer son influence grâce à l'aide de son gouvernement pour les secours et la réhabilitation vis-à-vis des victimes de la catastrophe du cyclone Nargis. Les réunions n'auraient pas pu aller de l'avant sans la présence de Guan. Par conséquent, les apparitions de Guan avec Thaksin et Yingluck démontrent une indication claire de l'approche pragmatique de la Chine envers les différents membres de la scène politique thaïlandaise.

La Chine a offert un soutien au régime militaire. Mais en même temps, elle a accueilli les Shinawatras avec un tapis rouge ce qui suggère que la Chine désire se laisser une certaine marge de manœuvre diplomatique au cas où la durée de vie du gouvernement Prayuth soit limitée. Alors que la démocratie a récemment balayé la région de l'Asie du Sud-Est, avec l'Indonésie et le Myanmar subissant une série de réformes démocratiques, la dictature ne peut pas survivre dans un tel environnement.

Le voyage des Shinawatras en Chine et au Japon devrait rappeler à la junte thaïlandaise qu'aucun pays ne met tous ses œufs dans un même panier. Si la junte estime que la Chine et le Japon sont fermement de son côté, elle doit réfléchir à nouveau. Le pragmatisme continue à définir la politique internationale, ici comme ailleurs.

Pavin Chachavalpongpun est professeur agrégé au Centre de l'Université de Kyoto pour les études d'Asie du Sud-Est, où il enseigne la politique d'Asie du Sud-Est et les relations internationales en Asie.

Thaksin et Yingluck parcourant la Grande Muraille de Chine

Thaksin et Yingluck parcourant la Grande Muraille de Chine

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 14:01

L'Union Européenne a publié une timide dénonciation de la lèse-majesté sans oser la nommer ouvertement. Elle a préféré l'appeler "loi pénale contre la diffamation en Thaïlande".

Voici la déclaration de la délégation de l'Union Européenne en Thaïlande:

"Déclaration de l'Union Européenne sur l'abus local croissant des lois pénales contre la diffamation en Thaïlande

La délégation de l'Union européenne a émis la déclaration suivante en accord avec les chefs de mission de l'UE en Thaïlande

Bangkok, le 14 novembre 2014, l'UE s'est engagée à promouvoir et protéger la liberté d'opinion et d'expression dans le monde entier. La délégation de l'UE tient à exprimer sa préoccupation quant à l'utilisation abusive croissante des lois pénales sur la diffamation en Thaïlande. L'UE estime que ces lois sur la diffamation ne devraient pas être utilisées à mauvais escient afin de censurer la critique et le débat concernant les questions d'intérêt public, car cela constitue une grave menace pour la liberté d'expression. Des cas récents portés contre le défenseur des droits humains Andy Hall, les journalistes Alan Morison et Chutima Sidasathian du journal "Phuketwan", et le journaliste indépendant Andrew Drummond, ont démontré comment la criminalisation de ces lois sur la diffamation est vexatoire et utilisée pour faire taire la liberté d'expression ainsi que le journalisme d'investigation dans le pays. L'UE voudrait lancer un appel aux autorités de l'Etat pour qu'elles respectent pleinement leurs obligations internationales. Dans le cadre d'une réforme plus large en Thaïlande, nous exhortons le Conseil national de réforme de traiter cette question, afin que les lois pénales sur la diffamation ne puissent à l'avenir être utilisées comme un moyen de faire taire toute analyse ou débat légitime."

Liens:

https://www.facebook.com/EUinThailand/photos/a.160589827329440.42007.160579703997119/747585318629885/?type=1&theater

et

http://www.prachatai.com/english/node/4488

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