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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 16:23

Les chansons de la vie politique thaïlandaise

Un article de Numnual Yapparat

Lien de l'article:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/11/15/the-music-of-thai-politics/

 

La musique est l'un des bons indicateurs pour montrer ce qui se passe dans notre société. Elle reflète les espoirs, les rêves et les sentiments de colère contre les injustices. Les chansons jouent un rôle vital dans la vie politique thaïlandaise aussi bien aux niveaux primaires comme dans les villages et les syndicats, qu'aux luttes nationales des partis politiques et des mouvements sociaux comme les chemises jaunes et rouges.

Ces jours-ci, les chansons "Pleng Luk Tung" ("Country Music") sont un fer de lance pour contester les normes de la "Thainess". Le courant principal de la classe moyenne tourne autour des chansons pop commerciales se concentrant sur les désirs individuels et ignore le monde réel autour d'elle. Le Pleng Luk Tung traite ouvertement des désirs sexuels des gens du peuple ou des difficultés auxquelles ils sont confrontés dans la vie quotidienne. Il aide à libérer le ressentiment qu'ils éprouvent envers l'état de la société. Toutefois, les chansons du Pleng Luk Tung sont loin d'être révolutionnaires parce qu'elles n'offrent pas de solution. Elles peuvent également être sexistes.

Il y avait auparavant un grand nombre de chants révolutionnaires en Thaïlande, en particulier durant la période où le Parti communiste de Thaïlande (PCT) était populaire. Les chansons qui ont été composées par les artistes du PCT sont en train de disparaître parce qu'elles n'ont pas été correctement enregistrées. Les ex-gauchistes ont essayé de sauvegarder et de diffuser ces chansons à la nouvelle génération, mais le succès est limité. Certaines des chansons sont restées connue jusqu'à aujourd'hui parce qu'elles ont été composées par des bandes bien connues comme "Caravan". Cependant, elles ont été dépolitisées pour accéder à un public plus large. Ce qui est encore plus tragique, c'est qu'aujourd'hui les membres du groupe "Caravan" sont du mauvais côté parce qu'ils soutiennent les Chemises jaunes. (Voir l'article: Thaïlande: 25 ans après la chute du mur de Berlin sur le lien suivant:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/11/thailande-25-ans-apres-la-chute-du-mur-de-berlin.html).

Le conflit entre les Chemises rouges et jaunes ont contribué à façonner une nouvelle ère de chansons radicales, en particulier chez les Chemises rouges. Certains de leurs mélodies sont très belles et compliquées, mais d'autres sont plutôt pauvres. Cependant, leurs messages politiques sont très clairs. Nous avons recensé deux niveaux de musique politique.

Dans le premier niveau se trouve les chansons radicales qui réclament un agenda politique progressiste dans la mesure du possible. Elles veulent un nouveau système où nous serions tous égaux.

Un des exemples les plus frappants se trouve parmi les artistes de Chiang Mai qui ont composé "Guillotine" (เพลง กิ โย ติ น). "Guillotine" est devenue très populaire parmi les Chemises rouges en particulier chez ceux qui sont anti-monarchie. La chanson a été jouée à plusieurs reprises par l'intermédiaire de canaux de radio locaux dans le Nord-Est et le Nord. Après "Guillotine", ils ont sorti quelques autres chansons qui parlent du rôle de la famille royale thaïlandaise.

เพลง กิ โย ติ น "Guillotine" (http://www.youtube.com/watch?v=0Twol-8HRhg)

Un autre groupe de Chemises rouges est "Fai Yen" (วง ไฟ เย็น). Le groupe a été formé par un ex-étudiant progressif qui a rejoint le Parti communiste de Thaïlande (PCT) en 1976 et représente aujourd'hui les étudiants chemises rouges. Presque tous ses membres vivent aujourd'hui en exil. Ils ont composé une chanson qui saluait le rôle du chauffeur de taxi "Nuam Tong", qui s'est suicidé en 2006 pour protester contre le coup d'Etat d'alors. Puis ils se sont concentrés sur la famille royale. Voici certaines de leurs chansons:

ไม่ รัก ระวัง ติด คุก นะ "Si vous n'aimez pas, méfiez-vous de la prison." (http://www.youtube.com/watch?v=kF7o6GahsEo) La chanson se moque de lèse-majesté.

เพลง 112 ไม่ เป็น ธรรม (http://www.youtube.com/watch?v=vUDnDKndiWc) Cette chanson demande d'abolir la loi 112 lèse-majesté.

Les chansons chemises rouges de deuxième niveau sont composées par des groupes qui soutiennent le Pua Thai ou la direction des Chemises rouges de l'UDD. Elles étaient chantées lors des rassemblements de Chemises rouges. La plupart de leurs contenus réclament leurs droits. Elles protestent contre ceux qui les ont dépouillés de leurs gouvernements élus.

La majorité des dirigeants de l'UDD ont aussi leurs propres chansons et les chantaient avant leurs discours. La musique est devenue un élément indispensable de la lutte des Chemises rouges. Ils avaient même une chanson qu'ils ne joueraient que quand ils perdaient leurs amis sur le champ de bataille. Ils exprimaient collectivement leur chagrin en jouant la chanson qui représente tout ce qu'ils avaient à dire pour cette occasion.

เพลง นัก สู้ ธุลี ดิน "Le guerrier de la cendre et de la terre", composé par จิ้ น กรร มา ชน (Jin Kam-Ma-Chon) (http://www.youtube.com/watch?v=53R5droqdro)

L'ère du PCT

Cette forme musicale de la bataille qui se passait avant, comme dans les années 1960 ou les mouvements étudiants payaient attentions aux principaux événements dans le monde, comme la guerre du Vietnam, le mouvement des droits civiques aux Etats-Unis, etc. Après le 6 Octobre 1976, lorsque les étudiants ont été massacrés à l'Université Thammasart, les étudiants ont fui les villes pour se joindre au PCT dans les forêts et ils composaient des chansons sur leurs espoirs de revenir pour se venger au nom de leurs amis et aussi de mettre en place une nouvelle société socialiste.

จาก ลาน โพธิ์ ถึง ภู พาน "De Lan Po Thammasart à la forteresse de montagne du CPT à Puparn" (http://www.youtube.com/watch?v=xQS-3rmdQW8) Le compositeur vit aujourd'hui en exil.

Le groupe "Caravan" a produit une chanson historique คน กับ ควาย ("Les gens et les buffles") en 1975 qui était fortement influencée par "Masters of War" de Bob Dylan. La chanson a été composée par Somkid Singsong qui est un écrivain de l'aile gauche et s'est exilé en Suède pendant plusieurs années avant de revenir en Thaïlande.

คน กับ ควาย "Les gens et les buffles" (http://www.youtube.com/watch?v=B3RVsRsjKFQ)

La chanson parle de l'exploitation.

ยิ้ม กลาง สาย ฝน "Sourire sous la pluie" (http://www.youtube.com/watch?v=S7Y4sfzRCDQ) La chanson encourage les étudiants à réaliser leur rêve et l'espoir de créer un nouveau pays. La chanson est très belle à la fois en paroles et en rythme.

เพลง สหาย "camarade" (http://www.youtube.com/watch?v=ZrUE4Ku0K1U) Composé par Jin Kam-Ma-Chon. La chanson promeut le rôle des camarades et du parti.

Une chose que nous pouvons constater sur la différence entre les chants révolutionnaires de l'époque du PCT et les chansons des Chemises rouges d'aujourd'hui, c'est que les chants révolutionnaires insistaient sur le besoin de changement et comment y parvenir, ce qui ne pouvait se faire que par l'existence d'un parti de la révolution.

Les Chemises jaunes

Contrairement aux chemises rouges, les chemises jaunes ont utilisé la chanson de l'extrême-droite des années 1970 appelé หนักแผ่นดิน "Nug Pandin" (qui se traduit à peu près comme "un gaspillage de l'espace"). Cette chanson avait été utilisée pour insulter les gauchistes et les étudiants.

(http://www.youtube.com/watch?v=ItxSyvWz6bY&list=PLbQ6aDnSUkoApxy3mqbY-HsFMgpq2aYRk).

Les Chemises jaunes ont également chanté de vieilles chansons du PCT lors de leur protestation et, de même que le port de masques de Guy Fawkes par les émeutiers de Sutep, le sens original a été changé et même carrément inversé!

Les chansons de la vie politique thaïlandaise
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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 08:12

Un article de l'agence de presse Belga

Lien:

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/2119375/2014/11/13/La-Thailande-interdit-un-livre-diffamatoire-sur-la-monarchie.dhtml

 

La Thaïlande vient d'interdire la vente et la distribution d'un livre écrit par un journaliste britannique sur la politique thaïlandaise, que les autorités jugent "diffamatoire" pour la monarchie.

"Le livre met en péril la sécurité nationale, la paix et l'ordre public", a estimé jeudi dans un communiqué Somyot Poompanmoung, le chef de la police nationale. "Conformément à la loi de 2007 sur les publications, il est interdit d'importer le livre pour le distribuer dans le pays", est-il précisé.

La violation de cette interdiction est punie d'un maximum de trois ans de prison et d'une amende de 60.000 bahts.

Écrit par Andrew MacGregor Marshall, ancien journaliste en Thaïlande, et publié le mois dernier par un éditeur londonien, "A Kingdom in Crisis", évoque la crise actuelle, le tabou de la succession royale et la lutte pour la démocratie.

Le journaliste, qui ne vit plus en Thaïlande, a réagi de façon ironique sur son compte Twitter: "Merci beaucoup à la police thaïlandaise d'interdire mon livre", a-t-il écrit évoquant une "excellente publicité".

La famille royale, qui n'a aucun rôle politique officiel en Thaïlande, est un sujet extrêmement sensible. Le roi Bhumibol Adulyadej, 86 ans, qui jouit auprès de certains de ses sujets d'un statut de demi-dieu, est protégé par une des législations les plus sévères au monde, qui prévoit jusqu'à 15 ans de prison par accusation.

Depuis sa prise de pouvoir en mai, la junte et son chef, le général Prayut Cha-O-Cha, également Premier ministre, a plusieurs fois souligné l'importance de la monarchie et a martelé sa volonté de protéger l'institution.

Andrew MacGregor Marshall présente son livre dans une émission

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13 novembre 2014 4 13 /11 /novembre /2014 08:37

THAÏLANDE: Résurgence d'assignation militaires des militants et des défenseurs des droits humains

Une déclaration de la Commission asiatique des droits de l'homme

Liens:

http://www.prachatai.com/english/node/4476

et

http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/11/11/ahrc-military-summons-activists/

 

La Commission asiatique des droits de l'homme est gravement préoccupée par la résurgence de sommations militaires de militants et de défenseurs des droits de l'homme. Selon les informations fournies par les avocats thaïlandais pour les droits de l'homme, 16 militants et défenseurs des droits de l'homme du Nord-Est de la Thaïlande (l'Issan) ont été convoqués à se présenter aux autorités militaires locales. Les citations à comparaitre sont venues après que ces 16 personnes, représentant 12 organisations des droits de l'homme et de la société civile dans le Nord-Est de la Thaïlande, aient publié une déclaration, le 3 novembre 2014, déclarant qu'elles ne participeraient pas au processus de réforme engagé depuis le coup d'Etat du 22 mai 2014 organisé par le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO, le nom officiel de la junte). La déclaration remettait en question les intentions et les bénéficiaires du coup d'Etat, et concluait par l'annonce de la position des signataires qu'ils n'acceptaient pas l'autorité du coup d'Etat ni les structures et organismes gérant établies par la junte après le coup. Certains de ceux qui ont été convoqués et se sont rendus à la convocation se sont vu forcé de promettre de ne pas se livrer à des activités politiques supplémentaires, et dans certains cas, à rétracter publiquement leur position précédemment publiée dans la déclaration en écrivant un post sur Facebook à cet effet.

La déclaration avait été signée par les 12 organisations suivantes:

- Isaan Human Rights and Peace Center

- Ecological Studies Group

- Project for Publicly-Driven Mineral Resource Policy

- Thai Network for Citizen-Owned Mining

- Isaan Natural Resource and Environment Network

- Center to Protect the Rights and Manage the Resources of Lum Nam Chi Community

- Rights for Poor People Action Project (Isaan region)

- Isaan Human Rights Defender Network

- Baan Peace Group

- Isaan Voices

- Community Media Center for a Justice Society

- Center for Human Rights Law for Society

Les 16 signataires qui ont été convoqués sont les suivants:

1. M. Chakraphong Thonworaphong

2. M. Suwit Kulapwong

3. M. Lerdsak Khamkhongsak

4. M. Sirisak Saduak

5. M. Panya Khamlap

6. M. Decha Khambaomuang

7. M. Nattaphong Rachamee

8. M. Natrin Cha-onsri

9. M. Paitoon Soisod

10. M. Sawang Noikham

11. Mme Chonthicha Tangwornmongkhol

12. M. Withuwat Thongbu

13. Mlle Nattaporn Ajhan

14. M. Adisak Tum sur

15. M. Nitikorn Khamchu

16. M. Yongyut Dongpratha

Selon les informations communiquées, les autorités militaires ont menacé ceux qui se sont rendus à la convocation de poursuites s'ils s'engageaient dans d'autres activités critiques de la junte et du coup d'Etat. Ceux qui ne se sont pas rendus à la convocation ont noté que les autorités sont ensuite venues les chercher chez eux. L'utilisation de sommation pour forcer les défenseurs des droits humains, les militants, les écrivains, les éditeurs, les universitaires ainsi que d'autres citoyens est une caractéristique des deux premiers mois de règne du NCPO. Durant cette première période, certaines personnes ont été convoquées par une diffusion publique de l'ordre de se signaler aux autorités de la junte à Bangkok et à l'extérieur de la capitale. Les gens ciblés ont été plutôt convoqués officieusement par des appels téléphoniques ou d’autres notifications et ont reçu l'ordre de se présenter aux autorités militaires locales. Comme la Commission asiatique des droits de l'homme l'avait déclaré à l'époque, l'utilisation de sommation pour forcer les citoyens à se présenter aux autorités militaires est un moyen de créer la terreur et de contraindre à la conformité.

La Commission asiatique des droits de l'homme note que ces 16 personnes ont été ciblés, convoqué, et intimidé uniquement parce qu'elles avaient exprimées leur opinion sur le coup d'Etat. La limitation de la liberté d'expression est aggravé par l'utilisation de la part du NCPO du pouvoir exécutif pour faire passer des mégaprojets de l'environnement qui ont un impact significatif sur les droits d'un grand nombre d'individus, en particulier les marginaux et les pauvres, qui ne peuvent donc pas critiquer ni même soulever des questions sur les projets sans risquer le harcèlement ou la criminalisation. Cela indique que, près de six mois après le coup d'Etat, penser différemment que le NCPO est de facto considéré comme un crime.

En tant qu'État partie au Pacte international relatif aux droits civils et politiques (International Covenant on Civil and Political Rights, sigle anglais ICCPR), le gouvernement de la Thaïlande a la responsabilité de protéger les droits prévus par l'article 19 du ICCPR, qui note que;

-1. Tout le monde a le droit d'avoir des opinions sans interférence de qui que ce soit.

- 2. Toute personne a droit à la liberté d'expression; ce droit comprend la liberté de recherche, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute sorte, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou sous forme d'art, ou par tout autre moyen de son choix.

- 3. L'exercice des libertés prévues au paragraphe 2 du présent article comporte des devoirs spéciaux et des responsabilités. Il peut en conséquence être soumis à certaines restrictions, qui doivent toutefois être expressément fixées par la loi et qui sont nécessaires: (a) Au respect des droits ou de la réputation d'autrui; (b) A la sauvegarde de la sécurité nationale ou de l'ordre public, ou de la santé ou la moralité publiques ".

L'obligation faite aux 16 personnes qui ont signé la déclaration dans le Nord-Est de se signaler aux autorités et d'abjurer leurs points de vue est une violation flagrante de l'article 19.

La Commission asiatique des droits de l'homme condamne sans équivoque le coup d'Etat dans les termes les plus forts possibles et tient à exprimer sa vive préoccupation face au déclin rapide de la protection des droits de l'homme qu'il a engendré. La Commission asiatique des droits de l'homme appelle le Conseil national pour la paix et l'ordre à cesser immédiatement les convocations, arrestations et détentions des citoyens qui ne font qu'exprimer leurs points de vue. Penser différemment que la junte n'est pas un crime.

Des militaires interrompant une réunion d’activistes à Khon Kaen le 5 novembre dernier

Des militaires interrompant une réunion d’activistes à Khon Kaen le 5 novembre dernier

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 14:19

L'un des hommes politiques les plus détestables de Grande-Bretagne est l'ancien premier ministre Tony Blair. Blair s'est rendu à Bangkok à la demande du dictateur de la junte militaire, le général Prayuth Chan-ocha. Rien de plus normal pour Tony Blair. Cet homme sans principes, co-responsable avec George W. Bush de la plupart des guerres actuelles au Moyen-Orient, peut être loué par les dictateurs du monde entier.

Le dictateur thaïlandais Prayuth Chan-ocha a probablement payé l'ancien Premier ministre britannique Tony Blair pour que ce dernier lui rende visite en Thaïlande afin de soutenir son coup d'Etat.

Prayuth Chan-ocha et Tony Blair affirment tous les deux avoir "surtout discuté de la situation politique thaïlandaise et des plans futurs du gouvernement thaïlandais." Cela a sans doute été une brève discussion car Tony Blair ne connait rien à propos de la politique en Thaïlande.

Selon un rapport officiel de la junte thaïlandaise, M. Blair aurait rendu une visite de courtoisie au général Prayuth à Government House, en vue de se présenter au nouveau premier ministre thaïlandais afin de renforcer l'amitié entre la Thaïlande et le Royaume-Uni. A cette occasion, le général Prayut a donné un accueil chaleureux à M. Blair et l'a loué pour son rôle dans la résolution des conflits mondiaux (sic).

Tony Blair semble comprendre la dictature et la répression. Il "a exprimé sa confiance dans la capacité du gouvernement à faire avancer le pays dans toutes les dimensions tout en l'encourageant à continuer de clarifier ses plans pour les directions politiques et économiques futures vis-à-vis de la communauté internationale."

Prayuth parle probablement du Moyen-Orient, où le seul succès de Tony Blair a été ses énormes honoraires de consultant payé.

Le fait que Tony Blair soit une marionnette embauchée a été confirmé quand il a osé affirmer qu'il avait compris le raisonnement derrière la prise de pouvoir du général Prayuth dictée par l'urgence de résoudre les conflits dans le pays.

Tony Blair a amassé une fortune personnelle depuis qu'il a quitté son poste de premier ministre, agissant souvent comme conseiller pour des entreprises et des régimes controversés.

Un contrat secret avec une compagnie pétrolière saoudienne dirigée par un membre de la famille royale du pays qui a été divulgué montre que Tony Blair se fait payer 41,000 livres britanniques par mois plus 2 pour cent de commission pour les contrats de millions de livres qu'il aidait à négocier (41,000 livres britanniques = environ 55,000 euros).

Le contrat entre Tony Blair Associates, et PetroSaudi, signé en Novembre 2010, impliquait que M. Blair devait personnellement organiser des introductions en Chine, tels que de hauts responsables politiques, pour ses contacts.

Tony Blair avait déjà été l'objet de critiques acerbes après qu'il est apparu qu'il avait donné au président autocratique du Kazakhstan, Nursultan Nazarbayev, des conseils sur la façon de gérer son image après le massacre de 14 civils non armés.

L'ancien premier ministre britannique Tony Blair est l'homme qui avait traité l'ancien président français Jacques Chirac de ver-de-terre en 2003 après que ce dernier ait refusé d'engager l'armée française au côté de celles des Anglais et des Américains pour renverser le dirigeant irakien Saddam Hussein.

De plus, Tony Blair est un membre éminent ainsi qu'un ancien dirigeant du Parti Travailliste de Grande-Bretagne, un parti membre de l'internationale sociale-démocrate dont fait aussi partie le Parti Socialiste français du président François Hollande.

Sources:

http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/11/06/buying-blair/

http://thainews.prd.go.th/CenterWeb/NewsEN/NewsDetail?NT01_NewsID=WNPOL5711040010001

et

http://stopwar.org.uk/news/tony-blair-s-insatiable-greed-exposed-by-his-secret-deal-with-saudi-arabia

Tony Blair et le général Prayuth

Tony Blair et le général Prayuth

Tony Blair et ses employeurs saoudiens

Tony Blair et ses employeurs saoudiens

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12 novembre 2014 3 12 /11 /novembre /2014 05:28

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

http://redthaisocialist.com/thailand-news-update-in-english/687-a-much-needed-debate-starts-among-thai-ngos.html

 

Des fissures commencent à apparaître dans le mouvement des ONG qui jusqu'à présent avaient tendance à soutenir les forces anti-démocratiques des Chemises jaunes et même soutenu les deux coups d'Etat militaires.

Witoon Lianchamroon a démissionné du Comité national de coordination des ONG (NGO COD), lui reprochant de manquer de toute position politique réelle sur l'état de la "démocratie", "justice" et "participation" dans le cadre de la présente junte. Le NGO COD du Nord-Est a également critiqué l'organisme national des ONG pour n'avoir pas défendu des militants d'ONG du Nord-Est qui ont été convoqués par les militaires car ils avaient déclaré qu'ils ne prendraient pas part à ce qu'on appelle les réformes de l'armée. Dans le même temps les mouvements sociaux locaux de villageois ont été menacés par l'armée de vouloir organiser une marche afin d'interpeler sur leurs problèmes. Certains dirigeants ont été arrêtés.

Une semaine auparavant, Kingkorn Narintornkun Na Ayutthaya, un éminent leader des ONG, a écrit une lettre ouverte critiquant ses collègues militants des ONG qui participaient aux anti-réformes de la junte militaire.

Tout ce débat est une évolution bienvenue dans un mouvement où les aînés des ONG étouffaient généralement toutes les discussions politiques ouvertes et transformaient les désaccords politiques en conflits personnels.

Depuis l'effondrement du Parti communiste, les ONG émergentes ont tendance à tourner le dos à la théorie et l'organisation politique d'une manière anarchique. Elles ont également pris position contre la "démocratie représentative" et les dépenses sociales du gouvernement. Cela leur a permis de se joindre aux Chemises jaunes réactionnaires qui étaient contre le gouvernement de Taksin. Le pire c'est que, bien que "rejetant la politique" formellement, elles ont embrassé les théories économiques et politiques néo-libérales sans aucune critique.

Alors, tandis que Kingkorn Narintornkun Na Ayutthaya critique certaines personnes des ONG leur participation aux anti-réformes de la junte, elle continue d'affirmer que la politique "populiste" de Taksin était problématique, faisant écho aux critiques de droite de la démocratie. Elle a également fait l'affirmation ridicule comme quoi le gouvernement de Taksin était une "dictature parlementaire", car il avait gagné une grande majorité des sièges élus au parlement. Ces deux fausses allégations ont été utilisées par les antidémocrates afin de détruire la démocratie et justifier les coups d'Etat militaires.

Si un vrai débat et une réévaluation du rôle des ONG est en train de prendre place, ce sera une évolution très positive. Mais cela ne donnera rien si ça reste dans les limites d'une critique de la politique "populiste" ou de la "démocratie représentative". De même que cela ne conduira à rien si les ONG ne parviennent pas à prendre une position claire contre la dictature militaire et la répressive loi de lèse-majesté.

Les politiques pro-pauvres de Taksin qui dispensaient des soins de santé, créaient des emplois et soutenaient les riziculteurs et les pauvres des villes, étaient nécessaires depuis bien trop longtemps en Thaïlande. Mais elles étaient loin d'être suffisantes, car elles tournaient le dos à l'imposition progressive de la richesse et à la construction d'un véritable état providence. Son gouvernement était également coupable de violations flagrantes des droits de l'homme, tout comme celui d'Abhisit et de la junte militaire actuelle.

Ce qui est nécessaire c'est davantage de politique de classe; plus de discussions sur le socialisme, et la construction d'un parti et mouvement politique indépendant de la classe ouvrière et des petits agriculteurs. Cela signifie que les Chemises rouges ont également besoin d'ouvrir un débat et de réévaluer leur politique.

Les représentants du NGO COD

Les représentants du NGO COD

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11 novembre 2014 2 11 /11 /novembre /2014 07:48

Prachatai rapporte qu'une autre victime de la draconienne loi de lèse-majesté vient d'être condamnée.

Akradet E. était un étudiant en génie de troisième année à l'Université de Technologie de Mahanakorn sans histoire jusqu'a qu'un "ami facebook" ait prétendu qu'il avait posté des remarques contre la monarchie. Ces accusations faisaient suite à un conflit en ligne avec cet "ami facebook" sur la politique.

La plainte a été déposée en mars 2014 et Akradet a été arrêté le 18 juin par plus de 10 agents de police qui ont fait irruption dans son dortoir à Mahanakorn et confisqué tous ses appareils électroniques.

La liberté sous caution lui a été refusée cinq fois avant qu'il ne soit condamné.

La Cour pénale a stipulé qu'il n'y avait aucune raison de modifier le refus de libération sous caution car le défendeur est un adulte instruit qui connaissait la portée de ses actes et sa détention empêchait toute fuite possible." Cela est habituel dans les cas de lèse-majesté, mais il y avait peu de preuves présentées pour ce risque dans le cas d'Akradet.

Le 11 septembre dernier, le procureur l'a inculpé pour avoir violé les crimes de lèse-majesté et ceux sur les lois informatiques. Akradet a été accusé d'utiliser le nom d'utilisateur facebook "Uncle Dom also loves the king" et d'avoir posté des commentaires lèse-majesté. L'accusation en vertu de l'article 14 de la Loi sur les crimes informatiques portait sur le téléchargement d'un contenu illégal dans un système informatique.

Le 30 septembre 2014, après avoir d'abord plaidé non coupable, Akradet a ensuite plaidé coupable suite à un "discours de réconciliation" avec les militaires.

La Cour a rendu son verdict le 4 novembre 2014, le condamnant à 5 ans de prison, une peine réduite de moitié pour son plaidoyer de culpabilité.

Source:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/11/04/another-lese-majeste-jailing/

Dessin de Shucking Korn

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 12:30

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/11/09/thailand-25-years-after-the-end-of-the-berlin-wall/

 

La fin de la guerre froide, symbolisée par la destruction du mur de Berlin il y a 25 ans, a eu un impact politique sur la Thaïlande et ses effets sont encore visibles aujourd'hui dans la crise actuelle.

La destruction du mur de Berlin a été le dernier clou dans le cercueil du Parti Communiste maoïste de Thaïlande (PCT). Le parti était déjà en déclin en raison de la désillusion des étudiants qui l'avaient rejoint dans la jungle et les montagnes après le bain de sang du 6 octobre 1976. Les étudiants étaient mécontents de la nature autoritaire du parti. Un autre facteur dans le déclin du PCT a été le nouvel alignement international où la Chine a amélioré ses relations avec la junte thaïlandaise et les Etats-Unis en devenant hostile à la Russie et au Vietnam.

Ceux qui ont quitté les fiefs du PCT dans la jungle et sont retourné vers la société tout en restant politiquement actif, se sont repartis dans trois principaux groupes.

Le premier groupe s'est finalement intégré dans le Parti Thai Rak Thai de Taksin (TRT) et les Chemises rouges. Ils ont été attirés par des politiques pro-pauvres du TRT et la politique stalinienne-maoïste d'alliances avec les "hommes d'affaires progressistes" a contribué à légitimer leur alliance avec Taksin. Pumtam Wechayachai, un homme politique de premier plan du TRT, se vantait qu'ils avaient maintenant "pris le pouvoir de l'Etat" sans les privations de la vie dans les camps de la jungle. Aussi bien Weng que Tida, les deux dirigeants des Chemises rouges de l'UDD, ont été auparavant de hauts responsables du PCT.

Le deuxième groupe de militants a organisé des ONG et tourné le dos à la grande politique de l'image. Leur but était de faire pression sur les élites et d'utiliser des fonds étrangers pour aider les villageois pauvres. Ils ont rejeté l'idée de la nécessité d'un parti politique progressiste, estimant que tous les partis ont tendance à l'autoritarisme. Ils ont également rejeté la démocratie représentative et voulaient ignorer l'état. Ces idées anarchistes ont dépolitisé et affaibli les ONG et signifié qu'ils avaient échoué à construire des mouvements de masse ainsi que tout pouvoir politique. Au lieu de cela, leurs ONG fonctionnent comme des petites entreprises autoritaires. Quand le TRT de Taksin est arrivé au pouvoir et a utilisé des fonds publics pour améliorer les conditions de vie des villageois d'une manière significative, les ONG ont été furieuses contre le gouvernement dont la politique faisait que leurs efforts précédents semblaient hors de propos. Mais les ONG ne disposaient pas d'un mouvement de masse ni d'aucune influence politique. Elles ont donc fait une alliance réactionnaire avec les chemises jaunes et ont salué l'intervention de l'armée.

Le troisième groupe de militants qui ont quitté la jungle sont devenu des universitaires. La quasi-totalité d'entre eux ont conclu que "le socialisme est terminé", malgré le fait que ce qui avait vraiment pris fin était le stalinisme et les régimes autoritaires de capitalisme d'Etat en Russie et en Europe de l'Est. Les choix du monde réel n'ont jamais été qu'un choix unique entre le capitalisme d'Etat stalinien et le capitalisme de marché libre. Il y a toujours une troisième possibilité du "socialisme venu d'en bas", représenté par les idées de Marx, Lénine, Trotsky et Rosa Luxembourg. La crise économique mondiale de 2008 l'a très clairement montré de même que l'inégalité croissante qui résulte des politiques néolibérales du marché libre en Chine, au Vietnam et en Europe de l'Est, sans mentionner le reste du monde. Ces universitaires sont devenus des apologistes de droite pour les militaires et certains peuvent maintenant être vus siégeant dans les comités anti-réformes de la junte.

En regardant en arrière au cours des 25 dernières années, il est clair que les chemins des deux côtés; qui les ont conduit à devenir soit des Chemises rouges soit des Chemises jaunes, étaient tous les deux problématiques. Ils ne disposaient pas d'une stratégie socialiste d'autonomisation de la classe ouvrière montante et des petits agriculteurs à travers la construction d'un parti et mouvement de masse indépendant des élites.

Le journal Libération lors de la chute du mur de Berlin (édition du samedi 11 et dimanche 12 novembre 1989)

Le journal Libération lors de la chute du mur de Berlin (édition du samedi 11 et dimanche 12 novembre 1989)

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10 novembre 2014 1 10 /11 /novembre /2014 09:12

Après avoir refusé toutes les demandes de blocage de comptes Facebook en 2013, en 2014, Facebook a accepté de bloquer l'accès à cinq contenus qui contenaient de la lèse-majesté en Thaïlande.

La raison de ce blocage est qu'un certain nombre d'extraits de ces contenus avaient été rapportés par le Ministère de l'Information et de la Communication de Thaïlande en vertu des lois locales interdisant toute critique du roi.

Selon Prachatai, Facebook aurait déclaré "qu'il n'acceptait que des demandes valides relatives aux affaires pénales et que chaque demande devait avoir un fondement juridique solide...".

Le media social précise également que "le gouvernement thaïlandais a présenté une demande à Facebook pour les données des utilisateurs, mais que la société du réseau social ne s'est pas conformé à cette demande."

PPT considère que Facebook a capitulé face à une loi, celle de lèse-majesté, qui est rejeté à l'échelle internationale comme étant un résidu féodal vicieux.

Source:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/11/05/facebook-capitulates/

Facebook capitule devant la junte thaïlandaise
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9 novembre 2014 7 09 /11 /novembre /2014 15:01

"La Thaïlande est aujourd'hui une vraie dictature"

Un article de Cordélia Bonal

Lien:

http://www.liberation.fr/monde/2014/10/27/la-thailande-est-aujourd-hui-une-vraie-dictature_1128730

 

Accusé de crime de lèse-majesté par la junte qui a pris le pouvoir, Jaran Ditapichai, l'un des meneurs des Chemises rouges, est en exil à Paris.

Il ne sait pas s’il pourra un jour retourner en Thaïlande. "Là-bas, je suis passible de trois à quinze ans de prison. Pour que j’y retourne, il faudrait qu’il y ait une amnistie, ou qu’un mouvement populaire renverse la junte militaire." Jaran Ditapichai, 69 ans, militant des droits de l’homme en Thaïlande, vit en exil à Paris depuis le 15 juin. Il a déposé une demande d’asile politique. Il connaît bien la France pour s’y être déjà réfugié dans les années 80. Figure du soulèvement étudiant d’octobre 1973 à Bangkok, il avait rejoint le Parti communiste thaïlandais puis, entré dans la clandestinité lors de la répression, avait trouvé refuge à Paris en 1984. Ex-étudiant en philo à la Sorbonne, il en garde quelques bons restes de français. Il est l’un des meneurs des "Chemises rouges", les partisans de l’ex-Premier ministre en exil, Thaksin Shinawatra, renversé par un coup d’Etat en 2006. Homme d’affaires richissime, Shinawatra était aussi détesté par les milieux royalistes et par l’armée que populaire chez les démunis grâce à ses programmes sociaux et ses subventions. Mais il avait aussi entretenu à son profit tout un système de corruption, ce qui lui a valu d’être condamné (Note de Libérez-Somyot: C'est faux, aucun cas de corruption contre lui n'a pu être prouvé, sa condamnation était exclusivement politique).

Après un nouveau coup d’Etat mené par la junte militaire le 22 mai, Jaran Ditapichai a préféré s’exiler, laissant femme et enfant à Bangkok, plutôt que de risquer la prison. Déjà sous le coup de mandats d’arrêt, il a été accusé le 27 août par la junte de lèse-majesté. Son crime? Avoir organisé l’année passée une pièce de théâtre pour une cérémonie de commémoration du soulèvement étudiant d’octobre 1973. Pour les autorités, la pièce critiquait la monarchie. Deux étudiants qui y participaient ont depuis été jetés en prison.

En exil, Jaran Ditapichai tente d’alerter les politiques, les ONG, les médias sur la situation en Thaïlande. Situation "complexe", comme il le reconnaît lui-même. "Les touristes qui viennent ne le savent pas forcément, mais mon pays est devenu une vraie dictature militaire, dont le but est de réduire au silence les partis politiques et la tendance antimonarchiste qui avait pris beaucoup d’ampleur depuis quelques années. La junte veut en particulier museler le Pheu Thai ["Pour les Thaïlandais", le parti pro-Thaksin, ndlr], parce qu’elle le sait trop puissant électoralement." Le roi Bhumibol Adulyadej, 86 ans et malade, était de fait de plus en plus ouvertement critiqué.

Attaques systématiques de la junte

Pour faire passer son coup d’Etat, le chef de la junte, et Premier ministre autoproclamé, le général Prayuth Chan-ocha, a, tout en s’arrogeant un pouvoir absolu, promis des élections pour la fin de l’année prochaine et une réforme démocratique. Celle-ci est censée être portée par un Conseil national des réformes, qui s’est réuni pour la première fois mardi. "Je n’y crois pas, ni aux élections ni à la réforme. Ce n’est que mensonge, balaie Jaran Ditapichai. Le Conseil national des réformes est entièrement composé de "Chemises jaunes", c’est-à-dire ceux-là même qui défendent l’élite aristocratique, qui ne croient pas en la démocratie, qui n’ont pas intérêt à la réforme." Avec d’autres opposants, il a créé, en juin, Free Thaïs, l’Organisation pour la Thaïlande libre, les droits de l’homme et la démocratie, qui se veut le centre de ralliement des Thaïlandais, en exil ou non, qui "réfutent la légitimité de la junte militaire et aspirent à une démocratie pleine et entière".

Jaran Ditapichai dénonce les attaques systématiques de la junte contre la liberté d’expression et de réunion politique (la loi martiale, instaurée après les manifestations de fin 2013-début 2014 et qui interdit les rassemblements politiques, est toujours en vigueur). Plusieurs dizaines d’intellectuels, journalistes et militants ont, comme lui, pris la fuite à l’étranger, plus d’une centaine d’autres sont détenus dans des camps militaires. "Les autres, convoqués par la junte, ont été libérés au bout de quelques jours après avoir dû signer un contrat qui les engage à ne pas quitter le pays et à cesser toute activité politique, autrement dit faire allégeance à la junte." Les médias sont sommés de relayer la propagande officielle.

Jaran Ditapichai raconte aussi comment, la semaine dernière, un homme de 67 ans s’est retrouvé accusé de crime lèse-majesté pour avoir gribouillé un commentaire antiroyaliste dans des toilettes publiques d’un centre commercial de Bangkok. Il sera jugé par un tribunal militaire, sans possibilité d’appel ni de libération sous caution. Autre signe de la répression en cours, un musicien s’est vu infliger en août quinze ans de prison pour des propos jugés insultants envers la monarchie postés sur Facebook en 2010 et 2011.

La société thaïlandaise est profondément divisée

"Des voix critiques se font encore entendre à Bangkok, mais timidement, constate Jaran Ditapichai. Les dissidents sont obligés de se cacher. Les débats sont muselés." Dans le même temps, le mécontentement grandit. "Les gens voient bien aussi que l’économie s’effondre. Le prix du riz a chuté de moitié, ce qui pousse certains riziculteurs au suicide. Le tourisme est en baisse." Que peut faire la communauté internationale ? "Plusieurs gouvernements, dont la France, ont fermement condamné le pustch du 22 mai, mais depuis, rien. Il faudrait qu’ils fassent davantage pression. Par exemple, suspendre la livraison des hélicoptères commandés par l’armée thaïlandaise à Airbus [quatre appareils EC725 doivent être livrés à partir de 2015 et sept autres ont été commandés cette semaine, ndlr]."

A l’en croire, "le chemin vers la démocratie reste possible, mais ce sera très difficile. La société thaïlandaise est aujourd’hui profondément divisée entre les Chemises jaunes, c’est-à-dire les partisans des élites au pouvoir, et les Chemises rouges, le petit peuple. Cette ligne de fracture divise les familles, les entreprises, les cercles amicaux. Les Chemises jaunes considèrent qu’ils incarnent le bien et que les Chemises rouges sont le mal. Il faudra beaucoup de temps pour rassembler les gens."

Jaran Ditapichai

Jaran Ditapichai

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8 novembre 2014 6 08 /11 /novembre /2014 16:04

Traduction d'un extrait révélateur du chapitre 18 du livre "The King Never Smile" de Paul Handley, pages 361 et 362:

"En février 1993, huit anciens lauréats du prix Nobel visitèrent la Thaïlande, en tant que plus proche voisin de la Birmanie, pour montrer leur solidarité [avec Aung San Suu Kyi]. Oscar Arias, l'ancien président du Costa Rica, le Sud-Africain Desmond Tutu, le Dalai Lama du Tibet et cinq autres furent invités par des activistes sociaux thaïlandais à la grande consternation des militaires thaïs. Apres avoir visité un camp de réfugiés birmans dénué de tout, situé à la frontière nord de la Thaïlande, le groupe fut reçu par le Roi Bhumipol. Ils furent abasourdis de l'entendre leur sermonner qu'Aung San Suu Kyi devrait abandonner sa lutte et retourner en Angleterre élever ses enfants et laisser le SLORC (NDT: State Law and Order Restoration Council, le nom de la junte birmane de 1988 a 1997) diriger le pays. Les gouvernements militaires sont bons pour les pays en développement, insista le roi, et il n'y a aucune raison de soutenir l'opposition. Aung San Suu Kyi n'est seulement qu'une fauteuse de troubles.

Ce n'était pas la seule fois que le roi disait des choses de ce genre. Il fit pression sur des diplomates américains et sur des académiciens étrangers pour qu'ils acceptent le SLORC dans le but de ramener la stabilité en Birmanie. De même que les généraux du SLORC, il soutenait de son palais que, puisque Aung San Suu Kyi était mariée à un étranger et qu'elle avait été éduquée à l'étranger, elle ne représentait pas les valeurs traditionnelles birmanes et que donc elle devait retourner en Angleterre chez sa famille."

 

Le chapitre 18 du livre "The King Never Smile" intitulé "May 1992: October 1976 Redux" a été republié par le journal en ligne Asia Sentinel sur le lien suivant:

http://www.asiasentinel.com/society/the-king-never-smiles-book-excerpt/

Le livre "The King Never Smile"

Le livre "The King Never Smile"

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