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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 13:01

Trente-neuf pour cent des touristes européens qui prévoyaient un voyage en Thaïlande dans les six aux 24 prochains mois suivent de près l'enquête sur l'assassinat macabre de l'île méridionale de Koh Tao, selon un sondage réalisé par Envirosell.

Ils disent que l'assassinat a affecté l'image de la Thaïlande comme destination touristique et qu'ils surveillent étroitement l'évolution de l'enquête avant de prendre une décision finale.

L'enquête a montré que 94 pour cent des touristes du Royaume-Uni ont connaissance de l'assassinat, ainsi que 73 pour cent d'entre eux dans d'autres pays européens, comme l'Autriche, l'Espagne, la France, la Russie, l'Allemagne, la Suède, l'Italie et les Pays-Bas.

Source:

http://www.nationmultimedia.com/national/Koh-Tao-case-influences-tourist-mood-30245950.html

Les deux touristes anglais, Hannah Witheridge et David Miller, assassinés et la scène du crime

Les deux touristes anglais, Hannah Witheridge et David Miller, assassinés et la scène du crime

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 03:32

Un article de la BBC

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http://www.bbc.com/news/world-asia-pacific-29694726

 

Les tribunaux thaïlandais interprètent la stricte loi de lèse-majesté non seulement pour inclure ceux qui logent aujourd'hui dans le palais royal de Bangkok, mais aussi les dirigeants précédents du pays.

Un universitaire thaïlandais très connu a été accusé d'avoir insulté la monarchie, pour des remarques sur un roi qui est mort il y a plus de 400 ans.

Deux officiers de l'armée à la retraite se sont plaints de l'érudit, Sulak Sivaraksa, pour des propos tenus sur le Roi Naresuan.

En cas de condamnation, Sulak pourrait être emprisonné pendant 15 ans.

La stricte loi de lèse-majesté de Thaïlande a été interprétée ces dernières années pour couvrir les rois, y compris ceux du passé.

Héros national

Sulak Srivaraksa, agé de 82 ans, est, de son propre aveu, un royaliste. Il affirme que ses critiques envers la monarchie thaïlandaise sont destinées à l'aider à survivre à l'ère moderne.

Mais ceci est la cinquième plainte contre lui pour insulte contre la monarchie.

Cette dernière accusation est due à un commentaire qu'il a fait sur un épisode dans lequel le Roi Naresuan, un héros national thaïlandais décédé en 1605, aurait battu son rival birman lors d'une bataille lors de laquelle les deux rois montaient des éléphants (NDT: selon la version birmane, plus crédible car jamais les armées des rois siamois n'ont occupé la Birmanie au court de l'Histoire contrairement aux armées birmanes qui ont occupé le Siam plusieurs fois, ce serait le roi birman qui aurait gagné).

Les remarques [de Sulak] ont été faites lors d'un séminaire universitaire organisé à l'Université Thammasat de Bangkok.

S'il est inculpé, il se joindra à au moins 16 autres personnes qui ont été poursuivies en vertu de cette loi depuis le coup d'État militaire en mai dernier.

Le leader du coup d'Etat, le général Prayuth Chan-ocha, a promis d'utiliser tous les moyens à sa disposition pour éradiquer toutes les opinions anti-monarchie.

D'autres inculpations ont été portées contre un homme qui a griffonné des graffitis dans des toilettes publiques, un chauffeur de taxi dont les commentaires ont été enregistrés par un passager sur un smartphone et deux étudiants qui ont joués dans une pièce de théâtre, commémorant une attaque contre les gauchistes dans les années 1970, à l'université l'année dernière.

Des gens en attente de procès sont actuellement détenus par des tribunaux militaires.

Jonathan Head, le correspondant de la BBC à Bangkok, affirme que cette frénésie de poursuites royalistes est due à l'anxiété aiguë sur la succession royale imminente, compte tenu de la santé fragile du roi Bhumibol Adulyadej, qui est âgé de 86 ans.

Mais elle est également due aux craintes face aux sentiments de plus en plus anti-monarchie des partisans de l'ancien gouvernement civil qui a été déposé par le coup d'Etat.

Sulak Sivaraksa

Sulak Sivaraksa

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23 octobre 2014 4 23 /10 /octobre /2014 03:58

Un article de Khaosod

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http://www.khaosodenglish.com/detail.php?newsid=1413954464

 

Le gouvernement de la junte en Thaïlande n'a pas obtenu suffisamment de voix pour se joindre au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies, perdant devant les quatre autres pays asiatiques qui ont demandé des sièges.

La Thaïlande, l'Indonésie, l'Inde, le Bangladesh et le Qatar étaient en lice pour quatre sièges attribués aux pays de la région Asie-Pacifique dans le groupe des droits de l'homme des Nations Unies. La Thaïlande est le seul de ces cinq pays à ne pas avoir réussi à gagner un siège, n'ayant reçu que 136 votes des membres de l'Assemblée générale des Nations Unies, contre 162 voix pour l'Inde, 152 pour l'Indonésie, 149 pour le Bangladesh, et 142 pour le Qatar.

Ces quatre pays asiatiques vont maintenant rejoindre onze autres pays en tant que nouveaux membres du Conseil des droits de l'homme. Ils commenceront leur mandat de 3 ans le 1er janvier 2015.

Il n'y a pas eu de réaction immédiate de la part des autorités thaïlandaises.

Avant le vote, les organisations des droits de l'homme ont attiré à plusieurs reprises l'attention sur la détérioration de la situation des droits de l'homme en Thaïlande après le coup d'Etat militaire du 22 mai 2014.

Le groupe Human Rights Watch, basé à New York, a écrit une lettre ouverte à l'organisateur du coup d'Etat et premier ministre autoproclamé, le général Prayuth Chan-ocha, adressant une litanie de violations des droits humains qui ont eu lieu sous son règne, y compris l'imposition de la loi martiale, la censure de la presse, les détentions arbitraires, et une politique abusive de répression contre les drogues.

"Les promesses de la Thaïlande au Conseil des droits de l'homme ne peuvent pas être prises au sérieux tant que le pays est sous la coupe de ce violent régime militaire", a déclaré Brad Adams, directeur pour l'Asie de Human Rights Watch. "Les déclarations de la Thaïlande en faveur des droits de l'homme, sans aucune action de sa part pour révoquer le droit militaire et mettre fin à la répression contre les libertés de parole, d'association et de manifestation pacifique, seront facilement ignorés."

Depuis sa prise de pouvoir en mai dernier, la junte militaire de Thaïlande, plus connue sous le nom de Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO), a écrasé la dissidence et interdit toute activité politique au nom du rétablissement de la paix et de l'ordre après des mois de protestations qui avaient paralysé la capitale du pays.

Les personnes reconnues coupables d'avoir enfreint l'interdiction du NCPO sur les manifestations politiques ont été emprisonnées afin de subir un procès en cour martiale, où elles peuvent être condamnées à un maximum de six mois de prison et ne sont pas autorisées à faire appel.

La junte a aussi intimidé les médias, interféré avec les forums académiques, et accordé aux forces de sécurité l'autorité sur les questions civiles en vertu de la loi martiale, qui exonère l'armée de toute responsabilité sur les dommages encourus.

La tentative ratée de la Thaïlande pour rejoindre le Conseil des droits de l'homme est venu quelques jours après que le chef de la junte, le Premier ministre Prayuth, ait prétendu que la communauté internationale "comprenait" la situation en Thaïlande.

Le général Prayuth avait également affirmé que sa visite à la récente réunion Asie-Europe (ASEM) à Milan, en Italie, avec été un succès et "avait levé l'image" d'un gouvernement de Thaïlande dirigé par les militaires aux yeux du monde.

L'ONU ne veut pas de la Thaïlande au Conseil des droits de l'homme

L'ONU ne veut pas de la Thaïlande au Conseil des droits de l'homme

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 06:12

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/10/20/a-flash-of-lightning-at-midnight/

 

La protestation massive contre la dictature, lorsque des centaines de personnes ont fait le salut à trois doigts durant les funérailles d'Apiwan Wiriyachai, était comme une lumière dans la nuit. Cela doit avoir causé un gros malaise à Prayut et ses gangsters de la junte, et également gêné Yingluk et Taksin.

Au début, quand des centaines de chemises rouges pro-démocratie ont afflué à l'aéroport pour accueillir le corps d'Apiwan, qui avait été transféré depuis les Philippines, où il avait été contraint à l'exil, cela symbolisait les gens voulant rendre hommage à un chef qui représentait la démocratie et les élections à un moment où la Thaïlande est sous la dictature. Apiwan n'était pas un leader chemise rouge particulièrement important, mais sa mort est devenue un symbole. En outre, il avait été accusé de lèse-majesté, l'outil répressif préféré de tous ceux qui veulent détruire la démocratie.

Quand la foule a chanté des encouragements à Yingluk quand elle est apparue aux funérailles, elle était composée de gens qui soutenaient plus ou moins le parti Pua Thai et Taksin, et nous ne pouvons pas le nier. Mais, soutenir un leader qui a été inculpé de lèse-majesté va un peu plus loin que ce simple fait parce que Taksin, Yingluk et le Pua Thai ne veulent pas parler de la lèse-majesté, ni n'ont jamais eu à l'esprit d'appeler à son abolition.

Cependant, lorsque la foule a montré sa colère en faisant le salut anti-dictature à trois doigts, elle agissait manifestement indépendamment du Pua Thai ou des dirigeants chemises rouges de l'UDD qui ont constamment essayé d'arrêter les manifestations anti-junte.

Cette "lumière dans la nuit" est un rappel clair à tous que sous l'aspect "calme" de la société thaïlandaise après le coup d'État, des millions de gens sont extrêmement en colère et veulent voir la fin de la dictature. Compte tenu de l'organisation et du leadership, ce pouvoir de masse peut être mobilisé. Mais il faudra du temps et nous ne verrons pas automatiquement plus de lumière jusqu'à ce que la prochaine occasion se présente.

Des manifestants lors des funérailles d’Apiwan

Des manifestants lors des funérailles d’Apiwan

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22 octobre 2014 3 22 /10 /octobre /2014 06:04

L'autorité du tourisme thaïlandais s'apprête à lancer une campagne pour inciter les touristes à venir dans le pays. L'argument choc : la loi martiale s'applique, donc vous êtes en sécurité.

Un article de Christine Chaumeau

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http://www.courrierinternational.com/article/2014/10/13/la-loi-martiale-nouvel-argument-touristique

 

Profitez de la Thaïlande 24 heures sur 24 car le pays est sous loi martiale ! C'est l'argument phare de l'autorité du tourisme de Thaïlande (ATT) pour attirer les touristes qui évitent le pays depuis le coup d'Etat de mai 2014.

Selon l'ATT, la loi martiale est bénéfique pour le tourisme, car elle permet de garantir la sécurité des voyageurs étrangers à toute heure du jour et de la nuit. "Nous voulons que les touristes soient rassurés et sachent qu'ils peuvent voyager en toute sécurité jour et nuit", a indiqué Thawatchai Arunyik, directeur de l'autorité du tourisme de Thaïlande, selon Khaosod. Un concept qu'il espère voir se répandre sur les réseaux sociaux.

Commentaires sarcastiques

Pour l'instant, cette campagne soulève plutôt des commentaires sarcastisques sur Twitter. Comme ici ce journaliste qui suggère une alliance avec la Corée du Nord pour promouvoir les vacances dans les dictatures.

La loi martiale a été imposée le 20 mai dernier, et les militaires ont pris le pouvoir deux jours plus tard. Depuis, les organisations des droits de l'homme ont souligné leur inquiétude vis-à-vis des pouvoirs étendus que cette loi d'exception donne aux forces de l'ordre : interdiction des rassemblements, possibilité d'arrêter des individus et de perquisitionner sans contrôle du parquet, etc.

Vague d'arrestations

Selon Amnesty International, qui a récemment publié un rapport sur le bilan du coup d'Etat, le pays a connu une vague d’arrestations arbitraires depuis mai avec 665 personnes détenues ou convoquées par les militaires. Des opposants à la loi martiale et à la dictature, proches de l'ancien gouvernement, devraient être traduits devant un tribunal militaire sans recours possible du jugement qui sera rendu. Les militaires ont également renforcé le contrôle d'Internet et des médias en général, avec la volonté affichée de limiter toute expression contestataire.

Le nombre de touristes a diminué depuis le début des manifestations antigouvernementales, qui ont paralysé la vie politique du royaume et bloqué une partie du centre de Bangkok à partir de novembre 2013. Cette baisse des entrées touristiques s'est accentuée ces six derniers mois.

En septembre, l'assassinat de deux touristes britanniques dans l'île de Koh Tao, dans le sud du pays, a également entaché l'image de destination paisible que la Thaïlande tente de donner aux voyageurs.

Des touristes passant devant un check point de l’armée

Des touristes passant devant un check point de l’armée

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21 octobre 2014 2 21 /10 /octobre /2014 14:16

Un article d'Evan Gershkovich

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http://isaanrecord.com/2014/10/19/isaan-poor-targeted-by-juntas-forest-policies/

 

Sakon Nakhon, le 1er octobre, 37 villageois du village de Jatrabiap ont été arrêté et détenu avant d'être remis en liberté sous caution pour une inculpation de récupération illégale et d'occupation d'une partie de la réserve forestière de Phu Phan.

En juin dernier, une "task force" composée de responsables du parc, de soldats et de policiers ont abattu des hévéas dans les fermes de 18 familles, soit 383 rai (151,4 hectares), dans le village de Non Jaroen situé dans la même réserve. Selon un militant local, les responsables prévoient d'éliminer un total de 10,000 rai d'hévéa dans la région d'ici la fin de l'année, une décision qui pourrait priver 700 ménages de tout revenu.

Ces actions sont en ligne avec la politique du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO) qui est arrivé au pouvoir suite à un coup d'Etat en mai dernier. Selon Laothai Ninuan, un conseiller de l'Assemblée des pauvres et du réseau du Nord-Est pour le développement des pauvres sur les questions foncières et forestières basés dans la région, les autorités de l'Etat sont en train d'expulser plus de 50 communautés des zones forestières du Nord-est.

L'attitude de plus en plus agressive de la part des autorités de l'Etat fait partie d'une tendance qui vise à expulser plus de 50 communautés du Nord-est des zones forestières et menace les moyens de subsistance de ce qu'un fonctionnaire de la foresterie a estimé à pas moins de deux millions de personnes dans tout le pays.

En juin dernier, le NCPO a publié l'article 64, qui appelle à la fin de la déforestation et à l'empiètement. L'ordre a pour but de réglementer les opérations commerciales corrompues à grande échelle dans les forêts de la réserve. L'Ordre 66, publié trois jours plus tard, affirme que les personnes pauvres ou sans terre vivant sur ​​des terres de réserve avant l'article 64 ne doivent pas être compromises.

L'avocat représentant les villageois de Jatrabiap, Sai Thongdeenok, ne croit pas que l'Ordre 66 ait effectivement fonctionné en tant que contrôle efficace de l'article 64.

"Dans la pratique, l'article 64 a principalement été appliqué contre les villageois ordinaires plutôt que les investisseurs de grande envergure", explique M. Sai.

Les villageois ont peu de moyen pour faire face aux expulsions. Avec l'aide de M. Laothai, les villageois de Non Jaroen ont envoyé une pétition à la Commission des droits de l’homme de Thaïlande (Human Rights Commission of Thailand, sigle anglais: NHRC) demandant que le NCPO annule ses plans pour détruire les arbres à caoutchouc restants. La NHRC a reçu plus d'une douzaine de ces pétitions.

Une réunion à Bangkok entre le NCPO et le ministère des Ressources naturelles et de l'Environnement a eu lieu le 10 août lors de laquelle le NCPO a été invité à modifier sa politique en ce qui concerne l'empiètement des forêts.

Apparemment sans succès, quatre jours après la réunion de Bangkok, M. Palinchai Sonsoe, le chef du district de Phu Phan, a rendu une ordonnance ordonnant aux villageois de Jatrabiap de quitter la terre qu'ils utilisaient pour cultiver des hévéas. Après leurs refus, M. Palinchai a émis un mandat d'arrestation.

Il est question de savoir à qui bénéficient ces hévéas. Les autorités locales affirment que les investisseurs poussent les agriculteurs à exploiter le caoutchouc. M. Palinchai ne croit pas que les villageois peuvent se permettre de faire pousser des hévéas de leur propre initiative.

"La culture d'hévéas n'a pas été décidé par les pauvres", a-t-il affirmé. "Elle a été organisé par des investisseurs qui embauchent les villageois afin de travailler pour eux."

Lorsqu'on lui a demandé des preuves comme quoi des investisseurs avaient engagé les villageois afin de travailler pour eux, M. Palinchai n'a pas pu en produire.

Les villageois locaux cultivent le manioc et la canne à sucre. En 2001, les autorités locales ont introduits des plants de caoutchouc dans la région dans le cadre de la politique agricole de la première administration de Thaksin Shinawatra.

Contrairement aux affirmations du gouvernement, les villageois disent qu'ils sont propriétaires des arbres et que maintenant le revenu de nombreuses familles dépend uniquement du caoutchouc.

Mme Sunan Singwong, une agricultrice de 28 ans du village de Jatrabiap, explique que les familles ont commencé avec un rai et ont ensuite ajouté progressivement un rai à la fois. Mme Sunan affirme que les parents qui travaillent dans d'autres provinces fournissaient de l'argent pour aider à développer plus d'hévéaculture.

Selon M. Laothai, une famille moyenne dans le village de Jatrabiap détient une participation modeste d'environ 15 rai. Chaque mois, une famille gagne généralement environ 1000 bahts par rai pour la récolte de caoutchouc. Avec deux personnes qui travaillent les arbres pour une moyenne de 15 rai, ils peuvent espérer gagner environ 300 bahts par jour.

Bien que ne faisant pas partie des plus pauvres, ces familles ne sont pas riche non plus. C'est pour cette raison que M. Laothai affirme que les villageois ne sont en aucun cas les propriétaires riches que l'article 64 du NCPO cherche à cibler et devraient être protégés par l'ordonnance 66.

Bien que les villageois de Non Jaroen et Jatrabiap affirment vivre sur ​​leurs terres depuis des générations, le domaine a été nommé parc national de Phu Phan en 1972. Après des négociations avec les villageois et les ONG en 1993, les ministres ont publié une résolution autorisant le Bureau de la réforme des terres agricoles à allouer des terres aux villageois.

Mais maintenant, le gouvernement semble être sur le point de révoquer cette résolution. M. Palinchai insiste pour dire qu'il suivra l'ordre du NCPO. "Je dois saisir toutes les réserves de la zone de la forêt", dit-il. "Les hévéas doivent être coupés et détruits."

Cependant, la politique du NCPO conduit à l'insécurité foncière et menace les moyens de subsistance de deux millions de familles à travers le pays. Mme Sunan a peu de doute sur la volonté du gouvernement. "Je pense que le gouvernement va couper nos arbres et saisir notre terre," dit-elle. "Mais nous sommes pauvres. De ce que j'ai entendu parler du [NCPO], il affirmerait que si nous sommes pauvres, nous devrions être en mesure de conserver notre terre".

Le Dr Komsan Rueangritsakul du Bureau de la Département royal de l'office de gestion communautaire des forêts a reconnu les problèmes avec l'ordre du NCPO dans une interview précédente.

"Ce problème est un vieux, vieux problème, mais notre première priorité est de faire en sorte que plus de terres forestières soient converties à un usage commercial", a-t-il déclaré à Khao Sod. "Il y a deux millions de personnes dans les zones forestières protégées en Thaïlande, et ce ne sont pas des criminels, ce sont des agriculteurs."

M. Laothai craint que la criminalisation des villageois dans le Nord-est va continuer. Il craint également que lui-même pourrait être arrêté.

"Ce n'est pas que j'ai peur pour moi-même", dit M. Laothai. "Je me bats contre la dictature depuis longtemps. Nous avons eu beaucoup de coups d'Etat en Thaïlande. Mais si je me rendais dans ces zones, cela serait encore pire pour les villageois; les militaires penseraient que je suis en train de susciter un mouvement politique dans la région. "

Sa crainte n'est pas rare dans le climat de la loi martiale. L'interdiction de toute discussion politique et des réunions de groupes de cinq personnes ou plus ainsi que les "assignations" fréquentes d'autres dirigeants AOP a fait réfléchir beaucoup de gens comme M. Laothai.

"Je dois juste faire attention", explique-t-il.

Le Dr Sataporn Roengtam, professeur d'administration publique à l'Université de Khon Kaen, estime que le ciblage des villageois par des officiers de district continuera à moins que la politique du gouvernement ne soit clarifiée et protège les droits des pauvres.

"En Issan, il y a beaucoup de paysans pauvres qui plantent quelques rai d'hévéa, mais les autorités locales ne font pas de distinction entre les pauvres et les grosses entreprises dirigées par des gens corrompus qui prennent des terres en l'état, selon la politique qui a été fait pour cela", a-t-il affirmé dans une interview.

Comme les villageois, le Dr Sataporn estime qu'il existe un décalage entre les décideurs et les gens sur le terrain. "Je me suis entretenu avec beaucoup de gens à ce sujet, et je ne pense vraiment pas que les responsables gouvernementaux mettent vraiment cette politique en place contre les grandes opérations commerciales; ce sont les fonctionnaires subalternes du gouvernement qui utilisent cette politique pour tirer profit des pauvres. Et cela est un gros problème en Thaïlande en ce moment."

La première audience dans l'affaire contre les villageois de Jatrabiap est prévue pour le 21 novembre. Le procureur, M. Sai, est incertain quant à l'issue de l'affaire; Ban Jatrabiap est situé dans le parc national de Phu Phan, note-t-il, et la résolution du Cabinet de 1993 ne permet pas la culture de l'hévéa.

M. Sai craint que le tribunal ne décide d'imposer des sanctions sévères, qui pourraient inclure jusqu'à quinze ans de prison, la confiscation des terres, et des amendes allant jusqu'à 150 000 bahts par rai en cas de violation.

Phinitnan Chanasabaeng a contribué à ce reportage.

Evan Gershkovich est un journaliste indépendant basé à Bangkok.

Un villageois de Jatrabiap compte les hévéas qui lui restent; les autorités envisagent de couper le reste à la fin de l'année.

Un villageois de Jatrabiap compte les hévéas qui lui restent; les autorités envisagent de couper le reste à la fin de l'année.

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20 octobre 2014 1 20 /10 /octobre /2014 14:26

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/10/19/seri-thai-fails-a-crucial-test/

 

La semaine dernière, Seri Thai a échoué lors d'un test crucial en Europe. Il est extrêmement regrettable que l'organisation n'ait pas pu envoyer une équipe pour protester contre le chef de la junte thaïlandaise, Prayut, lorsqu'il est apparu comme un monstre mal placé lors d'une réunion internationale en Italie.

Il y a quelques mois, j'ai écrit un article me félicitant de la création de Seri Thai, mais j'ai aussi prévenu qu'il faudrait organiser les Thaïs en Thaïlande s'ils étaient sérieux au sujet de renverser la junte militaire et l'héritage de retour en arrière que cette junte souhaite laisser après qu'elle ait éventuellement décidée d'abandonner le pouvoir.

Pourtant, toutes les déclarations, interviews et actions des chefs de file de Seri Thai indiquent que la seule priorité de l'organisation est de faire pression sur les gouvernements étrangers. Ce lobbying est important et beaucoup de ceux d'entre nous qui vivent en Europe ont contacté les responsables politiques locaux pour leur faire part de nos préoccupations au sujet de la démocratie thaïlandaise. Nous avons fait cela sans l'aide de Seri Thai. Mais aucune pression sur des puissances occidentales indignes de confiance ne ramènera la démocratie en Thaïlande. La clé du succès est d'organiser un mouvement de masse en Thaïlande et cette organisation doit être faite de façon souterraine jusqu'à ce que les conditions s'améliorent.

Ce qui est le plus pénible et décevant, c'est que même sur la question de la pression sur les gouvernements étrangers, Seri Thai a lamentablement échoué dans le cas de la visite de Prayut en Italie la semaine dernière. Cependant, je comprends que de nombreux Thaïlandais, y compris moi-même, doivent travailler et gagner leur vie et n'ont pas avoir de congé annuel ou de fonds pour faire le voyage en Italie, mais il y a des gens parmi Seri Thai ou les chemises rouges qui vivent en Europe et qui disposent de fonds et de temps et, dans le passé, des protestations contre la junte ont été organisées par les Thaïlandais dans de nombreux pays.

Par conséquent, ce qui est encore plus décevant, c'est que cet échec est dû à un symptôme de sectarisme brut et une incapacité à s'unir de la part des Thaïlandais pro-démocratie en Europe. Je me suis souvent élevé contre ce sectarisme lors de réunions et dans des articles écrits en thaï, mais jusqu'à présent, ils ont fait la sourde oreille.

Ce que nous devons plus que jamais mettre en place, c'est un front uni non-sectaire contre la dictature qui soit inclusif et tolère les différences d'opinions. Il n'est pas trop tard pour construire un tel front si les gens sont prêts à changer d'attitude.

Le dirigeant de Seri Thai, Jarupong Ruangsuwan

Le dirigeant de Seri Thai, Jarupong Ruangsuwan

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 18:54

Les autorités thaïlandaises ont accepté d'accorder un droit de regard aux Britanniques mais refusent qu'ils participent à l'enquête qui, selon elles, est close. Entretemps, des Anglais et des Thaïlandais ont manifestés à Londres pour réclamer une réouverture de l’enquête.

Le général Prayuth, le chef de la junte thaïlandaise, vient de se rendre au sommet de l'Asem (Rencontres Europe-Asie) ou il prétend avoir discuté avec le premier ministre britannique David Cameron et que ce dernier lui aurait affirmé qu'il se foutait de l'enquête et désirait laisser les autorités thaïlandaises trouver le coupable elles-mêmes. C'est un mensonge car Cameron n'a pas pris le temps de discuter avec le chef de la junte thaïlandaise et, si l'on en croit les photos, l'a plutôt snobé.

Les mensonges de Prayuth, qui avait auparavant dit que les touristes en bikini se faisant violer l'avaient bien cherché car elles n'avaient qu'à être plus pudiques sur la plage, nous pousse à republier notre article ou nous dénoncions les vrais coupables, des membres d'une famille mafieuse de Koh Tao.

Le voici:

Suite à notre article "Des boucs émissaires birmans dans une affaire de meurtre en Thaïlande", nous avons reçu une douzaine de courriels en anglais et en français envoyé par des résidents de Koh Tao. Ces gens veulent rester anonymes car ils vivent sur place et ont très peur de cette famille capable d'influer sur les conclusions de l'enquête de police.

Voici en gros ce que ces personnes disent:

Les responsables du meurtre et du viol d'Hannah Witheridge et de l'assassinat de David Miller qui tentait de la défendre seraient un homme nommé Warot Tuwichian ainsi qu'un ami à lui non identifié. Warot Tuwichian a oublié sur place un préservatif qui contenait bien sûr son ADN.

Warot Tuwichian est le fils de Montriwat Tuwichian, agé de 45 ans, et gérant du AC Bar, un bar fréquenté par les jeunes touristes et recommandé par le guide de voyage "Lonely Planet".

Montriwat Tuwichian est visiblement l'homme à gauche sur la photographie prise par un touriste des deux Thaïlandais qui ont menacé Sean McAnna, le jeune témoin écossais.

Là où ça se complique, c'est que le frère de Montriwat Tuwichian, et donc l'oncle du supposé violeur et assassin, n'est autre que Voraphan Toovichien, un politicien mafieux local, maire de Koh Tao et aussi un important membre de la section de Surat Thani du Parti Démocrate.

Le chef du Parti Démocrate de la province de Surat Thani (dont dépend l'ile de Koh Tao) n'est autre que Suthep Thaugsuban, l'homme qui a créé le PDRC et organisé les manifestations qui ont donnée à l'armée le prétexte pour faire un coup d'Etat.

Voraphan Toovichien a été un des organisateurs du PDRC dans la province de Surat Thani et a donc le soutien des militaires. Il aurait donc ordonné aux policiers de détruire le préservatif contenant l'ADN de son neveu et de ramasser un mégot de cigarette dans un endroit de la plage ou les jeunes birmans avaient l'habitude de jouer de la guitare une fois leur travail terminé et de prétendre l'avoir trouvé sur les lieux du crime. Ensuite, les jeunes birmans ont été torturés afin d'extraire des aveux.

Les jeunes birmans sont depuis revenus sur leurs aveux et ont affirmés avoir été torturés.

Malgré tout, ils seront probablement condamnés à mort car il s'agit de protéger la réputation d'une famille mafieuse de Koh Tao.

L’article, avec les photos des protagonistes, est disponible sur le lien suivant :

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/10/koh-tao-un-membre-d-une-famille-mafieuse-locale-serait-il-le-responsable-du-meurtre-des-deux-jeunes-touristes-britanniques.html

Des manifestants à Londres réclament la vérité sur le meurtre de Koh Tao

Des manifestants à Londres réclament la vérité sur le meurtre de Koh Tao

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 17:26

Thaïlande: Une victime présumée d'actes de torture se voit refuser des réparations

Cette décision suscite des inquiétudes quant à la protection des Thaïlandais contre la torture

"La décision rendue dans l’affaire Hasan Useng met en lumière l’effritement des protections des droits humains en Thaïlande depuis le coup d’État militaire, et l’extrême difficulté lorsqu’il s’agit d’amener les forces de sécurité à rendre compte de leurs actes."

Brad Adams, directeur de la division Asie à Human Rights Watch

Lien:

http://www.hrw.org/fr/news/2014/10/13/thailande-une-victime-presumee-dactes-de-torture-se-voit-refuser-des-reparations

(Bangkok, le 13 octobre 2014) - Le gouvernement royal de Thaïlande devrait s’acquitter de ses obligations internationales relatives aux droits humains et offrir des recours et des réparations aux victimes de torture et de mauvais traitements, ont déclaré conjointement aujourd’hui la Commission internationale de juristes (CIJ), Human Rights Watch et Amnesty International.

Le 7 octobre, le tribunal de la province de Pattani, située dans l’extrême-sud du pays en proie à des troubles, a statué que Hasan Useng, victime présumée d’actes de torture et de mauvais traitements, n’avait pas droit à un recours judiciaire ni à des réparations, car sa requête avait été déposée au titre de l’article 32 de la Constitution thaïlandaise de 2007, abrogée par le Conseil national pour la paix et l’ordre (NCPO) après le coup d’État militaire du 22 mai 2014.

Selon la requête déposée par la sœur de Hasan Useng le 2 mai, c’est-à-dire avant l’abrogation de la Constitution de 2007 par l’armée, des policiers et des soldats ont arrêté Hasan Useng le 13 avril et perquisitionné son domicile, dans la province de Narathiwat. Il a été conduit au camp militaire d’Inkhayuthaborihan, dans la province de Pattani, où les soldats lui auraient donné des coups de pied et lui auraient ordonné de faire plusieurs centaines de pompes et de sauts les bras écartés alors qu’il était pieds nus, sur le sol en béton brûlant.

"La décision rendue par le tribunal n’est pas conforme aux obligations incombant à la Thaïlande au titre du droit international: elle est tenue d’interdire la torture et les mauvais traitements et de fournir aux victimes des recours effectifs et des réparations proportionnées", a déclaré Ian Seiderman, directeur politique et légal de la Commission internationale de juristes (CIJ). "L’effet de cette décision va à l’encontre de l’obligation qui lui incombe de garantir l’accès à un recours effectif en cas de torture et de mauvais traitements, en tous lieux et en tous temps, même sous la loi martiale".

Le 31 juillet, la CIJ a soumis au tribunal de Pattani un "amicus curiae" (mémoire destiné à éclairer la cour). Ce document a fait valoir que l’abrogation de la Constitution de 2007 ne modifie pas l’obligation du gouvernement thaïlandais d’accorder des réparations et des recours en cas de torture et de mauvais traitements, au titre du droit international relatif aux droits humains, notamment du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants. La Thaïlande est en effet partie à ces deux traités.

Dans son jugement oral, le juge n’a fait aucune référence aux obligations juridiques internationales de la Thaïlande. Il n’a pas non plus mentionné l’article 4 de la Constitution provisoire actuellement en vigueur, qui reconnaît les obligations internationales de la Thaïlande en termes de droits humains, notamment au titre du PIDCP et de la Convention contre la torture. Un jugement écrit est attendu le 13 octobre.

Le Centre des avocats musulmans (Muslim Attorney Centre, MAC), qui représente la sœur de Hasan Useng, a déclaré qu’elle ferait appel de la décision devant la Cour d’appel de Thaïlande. Ce centre a été fondé par un groupe d’avocats musulmans en février 2007 afin d’apporter une assistance juridique gratuite aux personnes défavorisées dans les quatre provinces de l’extrême-sud de la Thaïlande.

"La décision rendue dans l’affaire Hasan Useng met en lumière l’effritement des protections des droits humains en Thaïlande depuis le coup d’État militaire, et l’extrême difficulté lorsqu’il s’agit d’amener les forces de sécurité à rendre compte de leurs actes", a déclaré Brad Adams, directeur de la division Asie à Human Rights Watch. "Si cette affaire répond à la requête d’une seule personne, la décision du tribunal aura pour effet de nier la pertinence du droit international relatif aux droits humains en Thaïlande, laissant à penser que les Thaïlandais ne sont pas protégés juridiquement contre la torture."

La décision du tribunal provincial de Pattani va à l’encontre des engagements répétés du gouvernement thaïlandais de respecter et de mettre en œuvre la Convention contre la torture. Il s’y est encore engagé lors de sa présentation devant le Comité contre la torture à Genève, le 1er mai.

Dans ses Observations finales, le Comité contre la torture a recommandé à la Thaïlande de prendre des mesures efficaces afin de garantir, en droit et en pratique, que tous les détenus bénéficient des garanties juridiques fondamentales dès le début de leur détention : les détenus et les personnes exposées aux actes de torture ou aux mauvais traitements doivent bénéficier de recours judiciaires et autres leur permettant de voir leurs plaintes examinées rapidement et équitablement, de défendre leurs droits et de contester la légalité de leur détention, ou de dénoncer des mauvais traitements.

"Les obligations internationales de la Thaïlande en termes de droits humains demeurent inchangées, notamment l’interdiction de la torture, qui s’applique en tous temps, indépendamment de la situation politique ou de la loi martiale", a déclaré Richard Bennett, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International. "La Thaïlande doit également lever les nombreuses restrictions imposées à d’autres droits depuis le coup d’État, notamment à la liberté d’expression et de réunion pacifique."

Pour en savoir plus sur la torture en Thaïlande, voir:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/10/la-torture-en-thailande.html

Simulation vivante des méthodes de torture lors d’une exposition

Simulation vivante des méthodes de torture lors d’une exposition

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 15:49

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/10/18/the-tradition-of-thai-kingship/

 

Le fait que la royauté thaïlandaise est une "tradition" inventée n'est pas surprenant. Eric Hobsbawm décrit la monarchie britannique comme étant elle-aussi une tradition inventée. En effet, le mot "Thaï" comme ayant quelque chose à voir avec "Thaïlande", est également un concept inventé correspondant à la centralisation de l'État et la construction de la nation qui a eu lieu en Asie du Sud-Est à la fin du XIXème siècle.

L'idée que le roi thaïlandais est "vénéré" par les Thaïs est un "fait" douteux et inventé. Tout d'abord, un tel respect a été imposé dans le passé par la loi de lèse-majesté et celle de suppression du communisme. Deuxièmement, il existe une réelle pression sur les gens pour qu'ils disent qu'ils vénèrent le roi. Mais le plus important est que la mesure du soutien des gens pour la monarchie est tombée et a ressuscité à différents moments de l'histoire récente. Au plus fort de la lutte du Parti communiste, de nombreux Thaïlandais ont détesté la monarchie. Aujourd'hui la monarchie est aussi haïe par de nombreux partisans des Chemises rouges. C'est pourquoi la junte militaire est tellement maniaque sur le fait d'inculper des gens pour crime de lèse-majesté.

L'idée d'un roi comme divinité ou souverain absolu est un phénomène très récent de l'histoire thaïlandaise. Avant les années 1870, les rois de Bangkok ou d'Ayutthaya avaient un pouvoir limité. Lors du système féodal de la "Sakdina" (NDT: Sakdina est un mot thaï qui signifie avec quelques nuances "féodalisme"), ils devaient partager le pouvoir avec les dirigeants d'autres villes et avec les recruteurs de la corvée. La corvée était un système où les villageois étaient obligés de travailler pour un patron, un chef, l'autorité du temple local ou le roi. Les villageois étaient également forcés de devenir soldats en temps de guerre et l'objectif principal de la guerre dans la région, pendant cette période, était de capturer des esclaves et de piller les villes rivales.

Étant donné que le travail forcé sous une forme ou une autre était la base de la plupart de la production de richesse dans le système "Sakdina", les dirigeants et les recruteurs locaux du travail forcé bénéficiaient d'un pouvoir politique à la hauteur de celui du roi. Le commerce et la fiscalité apportaient également des sources importantes de richesse, mais aussi bien le commerce que la fiscalité étaient sous-traités à des marchands privés qui détenaient eux-aussi le pouvoir.

En ce qui concerne les gens ordinaires, les rois et les chefs locaux n'apportaient que des "mauvaises nouvelles". Quand ils se pointaient avec leurs voyous armés, ils emmenaient les hommes pour travailler ou se battre et kidnappaient les jeunes femmes pour leur plaisir. En général, les gens ordinaires essayaient de vivre aussi loin que possible des rois et des dirigeants locaux et, quand ces derniers se ramenaient chez eux, ils s'enfuyaient et se cachaient dans la forêt. Certains villageois barbouillaient leurs filles de merde afin de les rendre moins attrayantes. Donc, pour les gens de cette époque, les rois étaient redoutables, mais certainement pas vénérés.

Toute cette puissance décentralisée faisait que les rois du système "Sakdina" demeuraient faibles. C'est pourquoi le roi Chulalongkorn a fait la guerre au système "Sakdina", en abolissant le travail forcé et en réduisant la puissance des patrons et des dirigeants locaux. Sa mise en place de la monarchie absolue a été une étape nécessaire vers la construction d'un Etat centralisé thaïlandais afin que celui-ci puisse avoir sa place dans le nouvel ordre mondial capitaliste.

La monarchie absolue n'a duré que 60 ans. Elle a été renversée par la révolution de 1932 et le roi a perdu toute sa puissance. Aujourd'hui, le roi n'a toujours pas de pouvoir, mais les militaires et les capitalistes ont inventé le mythe de la "royauté thaïlandaise traditionnelle", où le roi est à la fois un monarque absolu et un monarque constitutionnel en même temps. L'historien britannique de gauche, Christopher Hill, a écrit que, après la révolution anglaise des années 1640, la classe capitaliste anglaise avait restauré la monarchie après la mort de Cromwell, en affirmant que le roi avait été oint par Dieu, alors qu'en fait, il avait été nommé pour être utilisé par les capitalistes. Il y a de fortes similitudes avec la Thaïlande.

Enfin, si la puissance et la nature de la royauté thaïlandaise ont tellement pu changer au court de l'histoire récente, cela n'est pas au-delà de l'imagination de penser que nous puissions bientôt voir la fin de la monarchie dans son ensemble.

Un roi de l'époque "Sakdina", le roi Narai d'Ayutthaya qui a régné de 1656 à 1688

Un roi de l'époque "Sakdina", le roi Narai d'Ayutthaya qui a régné de 1656 à 1688

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