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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 02:47

La semaine prochaine, le gouvernement/junte thaïlandais va octroyer généreusement 29 concessions pétrolifères à des sociétés étrangères.

Première question: Pourquoi les Conseils d'administration précédents n'ont-ils pas développé un "gros" budget pour les recherches et exploitation afin de ne pas avoir à négocier avec des entreprises étrangères (Pathet thai uber alles).

Sur les 29 concessions, une majorité concerne des gisements dans le nord-est plus communément appelé Issan en langage autochtone.

Le reste en off-shore, la mer, le Sud...

D'après le général ministre des hydrocarbures, les concessions ne sont que pour 7 ans car, car: ils ne sont pas surs des réserves.

Question: les compagnies pétrolières étant les plus voraces, lesquelles vont investir sur sept petites misérables années?

Question: à quoi servent les technologies high-techs et onéreuses ( à part les chinois: Explosions d'engrais chimiques dans les forages, engrais qui peuvent servir à la fabrication de bombes) qui permettent d'évaluer à 90% le gisement?

De plus, à l'ordinaire les contrats sont fifty-fifty, un baril pour toi, un baril pour moi, avec des nuances:

Question? Pourquoi le deal est-il basé sur des royalties?

La Cie étrangère exploite et donne du cash aux thaïlandais.

Aux généraux thaïlandais.

Bref, tout le monde court après le pétrole et les généraux thaïs après l'argent!

PS: je deviens un expert en économie gazolineuse!

RE PS: La France, pardon, la société Total a récupéré l'off-shore dans le golfe de Thaïlande qui fait coincer (plus que le temple à la con) les relations Khmero-thaie.

Cocorico!

2 points sont à noter:

Selon Wikipedia, "Depuis peu la Thaïlande n'importe plus son pétrole ayant découvert plusieurs gisements sur son territoire, exploités par la compagnie nationale PTT Public Company Limited, elle produit 173 800 barils/jours (en 2001), ainsi que 18,73 milliards de m3 de gaz naturel."

Lien:

http://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89conomie_de_la_Tha%C3%AFlande

 

Selon cette vidéo, un puits de pétrole situé dans la province de Sukhothai serait géré de façon à faire croire que le pétrole serait importé histoire de toucher plus d'argent:

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 13:31

Le général Prayuth Chan-ocha s'est rendu au sommet de l'Asem (Asia-Europe Meeting ou, en français, Dialogue Asie-Europe) à Milan. Il y a sacrement perdu la face. Non seulement les dirigeants de l'Union Européenne l'ont boudé mais plusieurs centaines d'Italiens et de Thaïlandais ont manifesté contre sa présence. "Prayuth est un criminel" hurlaient les manifestants. 80% des manifestants étaient italiens, les autres thaïlandais (parmi eux, l’activiste thaïlandaise exilée politique, Junya Yimprasert). Les manifestants brandissaient des pancartes demandant la justice pour Fabio Polenghi, le journaliste italien assassiné par les militaires le 19 mai 2010 (un crime de l’armée qui a même été reconnu par la justice thaïlandaise, c'est dire). La police italienne a estimé le nombre de manifestant à environ 300 personnes (un chiffre important pour une ville de province comme Milan).

Dans le même temps, quelques femmes thaïlandaises ont manifesté pour soutenir le dictateur thaïlandais. Cette fois-là, la police italienne a eu beaucoup moins de mal à compter ces manifestantes vu qu'il n'y en avait que 9 en tout et pour tout...

Parmi les manifestants anti-junte, l’activiste thaïlandaise exilée politique, Junya Yimprasert

Parmi les manifestants anti-junte, l’activiste thaïlandaise exilée politique, Junya Yimprasert

Les manifestants anti-junte hurlaient "Prayuth est un criminel"

Les manifestants anti-junte hurlaient "Prayuth est un criminel"

Les manifestants anti-junte étaient environ 300

Les manifestants anti-junte étaient environ 300

Les 9 pathétiques manifestantes pro-junte

Les 9 pathétiques manifestantes pro-junte

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 02:30

Exclusif: des gens témoignent qu'ils ont été électrocutés et battus pendant leur détention par l'armée thaïlandaise

Un article de Thaweporn Kummetha
Lien:
http://prachatai.org/english/node/4395
 
Prachatai avait déjà publié des rapports exclusifs de maltraitance venus de deux groupes de militants étudiants anti-putschistes venus d'une université de Bangkok et de l'Université de Mahasarakham, une province du Nord-Est. Ils ont eu les yeux bandés, puis ont été menacés d'être tués et ont subi des agressions mineures.  
Au début d'août, Kritsuda Khunasen, une militante chemise rouge, a témoignée que les soldats lui avaient bandé les yeux, puis l'avaient roué de coups, harcelé sexuellement, et pratiqué contre elle la torture par suffocation.  
À la mi-septembre, des avocats thaïlandais pour les droits humains ont révélé dans leur rapport que 14 personnes au moins auraient été torturées physiquement et psychologiquement par l'armée. Tous étaient suspects dans les affaires liées à la violence politique et aux armes. La plupart d'entre eux sont des Chemises rouges. Parmi les méthodes de torture figuraient les coups, et l'électrocution.
Les militaires et les policiers ont toujours nié les allégations de torture et prétendu avoir bien traités tous les détenus. Malgré les appels des différentes organisations, locales et internationales, de défense des droits humains, ils ont toujours refusé de mettre en place un organisme indépendant pour enquêter sur ces cas.  
Toutefois, Prachatai a interviewé trois suspects, deux d'entre eux ont été accusés d'avoir commis des crimes liés à la violence politique au cours des manifestations des Chemises rouges en 2010 et de l'anti-électoral Comité de réforme démocratique populaire (PDRC) en 2014.
Prachatai a parlé aux trois suspects, qui ont été arrêtés après le coup d'Etat du 22 mai et auraient été torturés pendant leur détention. Deux d'entre eux sont des partisans des Chemises rouges dont les accusations sont liées à la violence politique. Le troisième a été accusé de trafic de drogues illicites.  
Les rapports de torture comprennent des décharges électriques sur les organes génitaux, de l'étouffement, des coups continus toute la nuit, et la détention dans un trou dans le sol, tandis que le trou était comblé.
 
Suspect 1:
Chatchawan Prabbamrung
Âge: 45 ans
Profession: Réparateur de systèmes de réfrigérations
Arrêté: le 6 juillet 2014
Mandat d'arrêt de la Cour délivré le: 14 juillet 2014
Inculpation de la police déposé le: 15 juillet 2014
Période de détention: 9 jours
Accusation: assassinat prémédité, bombardement ayant causé des blessures, possession d'explosifs illégaux, transport d'explosifs dans un lieu public.
Il a été accusé d'avoir tiré des grenades M79 sur l'hypermarché Big C situé sur la route de Ratchadamri lors de la manifestation du Comité de réforme démocratique populaire contre l'élection du 24 Février 2014, qui ont tué deux enfants.
Compte rendu des allégations de torture:
Environ 50 officiers de l'armée lourdement armés ont arrêté Chatchawan et sa femme à une intersection dans le nord de la province de Chiang Mai et les ont emmenés dans deux fourgons différents. Lors du voyage, les soldats leur ont bandé les yeux et ont dit à Chatchawan d'avouer sinon, ont-ils menacé, sa femme "ne serait pas sans danger".
Apres l'arrivée dans une destination inconnue, les soldats lui ont attaché les mains derrière le dos. Deux hommes, qui portaient des masques ressemblant à des animaux, l'ont battu pendant près de quatre heures. Il a ensuite été transféré dans une salle au sous-sol. Dans la salle, un fil électrique enveloppé dans du coton absorbant a été attaché à ses parties génitales, tandis qu'un autre fil a été inséré dans son anus. L'officier a projeté de l'eau sur lui et allumé l'électricité. Apres qu'il ait poussé un cri de douleur, l'homme a couvert sa tête avec un sac en plastique afin de l'étouffer. Un officier lui a ensuite mis un pistolet dans la bouche. Cela afin de le forcer à répondre à leur question; où avait-il caché les armes.
Il avait été détenu pendant plusieurs jours avant d'être présenté à une conférence de presse et formellement accusé ainsi que trois autres suspects.
Sa femme a été détenue pendant plusieurs jours avant d'être libéré. Même si elle n'a pas été battue, elle a été soumise à l'isolement dans une pièce sans fenêtres de sorte qu'elle ne pouvait pas savoir si c'était le jour ou la nuit.
 
Suspect 2: 
Kittisak Soomsri
Âge: 45 ans
Profession: employé de la Commission de l'enseignement professionnel
Arrêté: la nuit du 5 septembre 2014
Conférence de presse de la police le 11 septembre 2014
Accusation: possession et utilisation d'armes illégales, port d'armes dans un lieu public. Le suspect a été conduit à une conférence de presse en compagnie de cinq autres suspects. Les médias ont indiqué que c'étaient les "hommes en noir" responsables de la mort du colonel Romklao Thuwatham, tués par des explosifs lors d'affrontements qui se sont déroulé le 10 avril 2010 pendant la manifestation des Chemises rouges dans l'Avenue Rajdamnoen. La police a précisé plus tard qu'ils n'étaient pas impliqués dans la mort de Romklao et que leur opération présumée aurait eu lieu à une intersection différente sur la même route.
Compte rendu des allégations de torture:
Trois hommes l'ont arrêté à son bureau sans mandat d'arrêt de la Cour. Ils ont également menacé sa femme de ne pas déposer de plainte à la police, sinon toute la famille ne serait pas en "sûreté". Il a ensuite été détenu dans un lieu inconnu.
L'interrogatoire a commencé la première nuit. Un sac a été utilisé pour couvrir sa tête de sorte qu'il ne pouvait pas voir le visage de l'interrogateur. Pendant l'interrogatoire, il a été frappé sur la tête et la bouche à plusieurs reprises. Deux hommes se sont assis sur son ventre et ses jambes. À l'heure du coucher, le bandeau a été retiré. Il a été menotté tout le temps, même quand il a mangé, dormi ou est allé à la salle de bain.
Ces méthodes de torture étaient destinées à lui faire avouer avoir commis le crime du 10 avril 2010 ainsi que d'autres.
Il a avoué le lendemain matin parce qu'il ne pouvait plus supporter la torture.
 
Suspect 3:  
Bancha Kodphuthorn
Âge: 28 ans
Profession: Travailleur en construction
Arrêté le 22 Juillet 2014
Formellement inculpé: 23 Juillet 2014
Détention avant inculpation: 1 nuit
Accusation: vol
Compte rendu des allégations de torture:
Au cours de la nuit du 22 juillet, plusieurs officiers de l'armée et de la police ont fait irruption dans la maison de son ami, où il était en visite. Bancha et le propriétaire de la maison ont été arrêtés, mis dans une voiture et on leur a bandé les yeux afin qu'ils ne sachent pas où ils allaient. Arrivé à la destination inconnue, les yeux toujours bandés, on lui a donné des coups de pieds et giflé à plusieurs reprises. Quand il a répondu qu'il ne savait pas, ils l'ont battu à nouveau. Après une heure de tabassage, il a été poussé dans un trou creusé dans le sol. Les officiers ont rempli le trou avec de la terre jusqu'à ce que le niveau atteigne au cou. Puis il a été frappé avec une arme à feu. Après une demi-heure dans le trou, il a été mis sur le sol et battu toute la nuit jusqu'au matin du jour suivant.
La torture était destinée à le forcer à nommer les membres d'un gang de trafic de drogue.

Bancha a été poussé dans un trou creusé dans le sol. Les officiers ont rempli le trou avec de la terre jusqu'à ce que le niveau atteigne au cou.

Bancha a été poussé dans un trou creusé dans le sol. Les officiers ont rempli le trou avec de la terre jusqu'à ce que le niveau atteigne au cou.

La journaliste de Prachatai Thaweporn Kummetha

La journaliste de Prachatai Thaweporn Kummetha

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16 octobre 2014 4 16 /10 /octobre /2014 07:24

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/10/12/corruption-and-nepotism-under-the-military-junta/

 

Si vous faites partie des gens qui prêtent attention aux commentaires des grands médias sur les protestations thaïlandaises anti-Taksin et anti-Yingluk, vous seriez pardonné de croire que Taksin Shinawat et ses compagnons étaient de sales politiciens corrompus qui ont empoché des millions et saigné le pays à sec en offrant "trop de politiques pro-pauvres aux masses ignorantes". Ces rapports mentionnent la corruption de Taksin comme si c'était un fait incontestable et que lui seul était responsable de cette corruption.

Taksin est un magnat super-riche. Il est toujours super-riche, même après avoir vu une grande partie de ses biens saisis par les tribunaux pro-militaires. Sa richesse provient principalement de l'exploitation du travail d'autrui et ne diffère pas de celle de n'importe quel chef d'entreprise ou de magnat ni de celle du roi Pumibon qui est l'homme le plus riche de Thaïlande. Cette richesse provient d'une forme de vol brut, mais d'un vol "légal" dans le cadre du système capitaliste. Il s'agit d'un vol à l'encontre des travailleurs faiblement rémunérés par ceux qui détiennent le pouvoir économique et politique. Ce pouvoir ouvre également la voie à divers accords commerciaux qui ne sont pas disponibles pour la majorité de la population.

Le seul fait avéré de corruption contre Taksin est l'accusation selon laquelle il était premier ministre lorsque sa femme a acheté une parcelle de terrain au gouvernement. Cela a sans doute été fait contre les règles. Mais les tribunaux ont considéré que le prix payé était celui du taux véritable du marché et ils ont également jugé que sa femme n'avait pas à répondre de cela. Taksin a également utilisé divers stratagèmes fiscaux afin d'éviter de payer des impôts sur ses immenses richesses.

Il ne fait aucun doute que Taksin a été responsable de choquantes violations des droits de l'homme dans la guerre contre la drogue et dans le sud quand il était le Premier ministre élu. Le général Prayut Chan-Ocha, chef de la junte thaïlandaise est également coupable de violations flagrantes des droits de l'homme pour l'assassinat de sang-froid des Chemises rouges en 2010.

Enfin, Taksin a été accusé de "népotisme" en nommant ses amis et parents à des postes étatiques et politiques.

Maintenant, penchons-nous sur la situation sous la junte militaire; une junte accueillie et soutenue par les classes moyennes qui prétendent être contre la corruption et le népotisme.

Après sa prise du pouvoir par la force militaire illégitime, Prayut a limogé tous les fonctionnaires de l'Etat qui n'étaient pas considérés comme ses serviteurs fidèles et les a remplacés par ses copains. Il a ensuite nommé ses amis comme députés de la soi-disant Assemblée nationale qui l'a ensuite dûment nommé Premier ministre. Il a aussi nommé le comité anti-réforme chargé de concevoir un système politique fait pour lui assurer, ainsi qu'à ses copains, la possibilité de s'accrocher au pouvoir et d'influencer sur les prévisions de l'avenir. Tout cela n'est rien d'autre que de la corruption et de l'abus du pouvoir politique.

Prayut est également coupable de népotisme. Il a promu son frère cadet Preecha à un grade militaire supérieur et l'a nommé au poste de vice-commandant de l'armée. Auparavant, Preecha était le commandant de la 3eme Armée. Prayut a également nommé Preecha à l'Assemblée nationale.

Il a été révélé que Preecha Chan-Ocha a, comme épargne bancaire en son nom propre, plus de 42 millions de baht dans 5 comptes bancaires. De plus, 47 autres millions de baht apparaissent dans 5 comptes différents au nom de sa femme PongPun. Preecha semble également jouer avec la confusion entre ses propres comptes et ceux du "budget spécial" de la 3eme Armée.

Beaucoup de généraux thaïlandais, y compris tous les dirigeants de la junte, ont accumulé en peu de temps des richesses s'élevant à des centaines de millions de baht, bien au-delà de ce qu'ils pouvaient gagner avec leurs salaires normaux. C'est exactement comme lors du bon vieux temps des dictatures militaires des années 1940.

Une partie de cet argent provient des offres de corruption et des pots de vin. L'autre partie vient de l'utilisation de leur pouvoir et leur influence pour faire des ententes commerciales et exploiter le travail des autres, tout comme Taksin et Pumibon. L'armée, en tant qu'institution, possède également une importante banque et de lucratifs canaux médiatiques. Une partie des bénéfices va dans les poches des généraux. Ils acquièrent également plus de richesses en "gérant" des entreprises de l'Etat.

Même les recteurs d'université ne sont pas à l'abri du cirque saisissant de cet argent. Les patrons d'université, qui ont fortement condamné la corruption et sont assis dans le conseil anti-réforme de la junte, ont eux-mêmes empoché des millions, un montant bien au-dessus de leurs salaires déjà gonflés qui sont cent fois plus élevés que le salaire moyen des travailleurs.

La vérité de la question est que la corruption et le népotisme ne peuvent être supprimés (et ils ne l'ont pas encore été dans les démocraties occidentales) qu'en donnant aux gens ordinaires un élargissement de l'espace démocratique et en utilisant des mesures drastiques mais démocratiques pour créer l'égalité économique. Cela devrait également impliquer la suppression de la valeur du marché libre qui permet aux riches d'accumuler sans cesse des richesses au détriment des pauvres.

La corruption et le népotisme de la junte militaire
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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 18:44

Parmi ces nombreux dirigeants de l'Asem présents, il y en aura au moins un de contesté. Il s'agit du général Prayuth Chan-ocha, commandant en chef des forces armées thaïlandaises, qui a pris la direction du pays suite à un putsch en mai dernier. Jeudi, à 12 heures, un rassemblement de protestation aura lieu dans la rue Gattamelata. Un appel a été lancé via Facebook. Il disait: "Nous ne devons pas permettre à un dictateur d'obtenir une légitimité en Italie, ni dans toute autre nation européenne."

Source:

http://milano.corriere.it/notizie/cronaca/14_ottobre_15/milano-ponte-europa-asia-4cd7a018-5434-11e4-ac5b-a95e1580fe8e.shtml

L'activiste thaïlandaise Junya Yimprasert à Milan pour organiser une manifestation contre Prayuth

L'activiste thaïlandaise Junya Yimprasert à Milan pour organiser une manifestation contre Prayuth

Le journal italien "Milano Corriere"

Le journal italien "Milano Corriere"

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 17:23

Des centaines de manifestants sont attendus à Londres devant Downing Street vendredi prochain pour réclamer au gouvernement britannique la mise en place une enquête indépendante sur les meurtres des deux citoyens britanniques, Hannah Witheridge et David Miller, sur l'île thaïlandaise de Koh Tao le mois dernier.

Une pétition signée par plus de 65.000 personnes, décrivant les craintes que l'enquête de l'autorité thaïlandaise sur les meurtres de David Miller, 24 ans, et Hannah Witheridge, 23 ans, avait été faussé, sera remise au bureau du Premier ministre britannique David Cameron.

Lien:

http://jerseyeveningpost.com/news/2014/10/14/hundreds-to-march-on-downing-street-over-thai-murders/

Liberez-Somyot a déjà publié plusieurs articles sur ce sujet.

Liens:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/10/koh-tao-un-membre-d-une-famille-mafieuse-locale-serait-il-le-responsable-du-meurtre-des-deux-jeunes-touristes-britanniques.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/10/des-boucs-emissaires-birmans-dans-une-affaire-de-meurtre-en-thailande.html

et

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/10/amnesty-international-denonce-la-torture-dont-ont-ete-victimes-les-deux-immigres-birmans-de-koh-tao-afin-de-leur-faire-avouer-le-double.html

Double-meurtre de Koh Tao: Manifestation à Londres vendredi prochain pour réclamer la mise en place d'une enquête indépendante
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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 08:00

1973: l'armée thaïlandaise tire sur les manifestants

Un article de la BBC publié le 14 octobre 1973

Lien:

http://news.bbc.co.uk/onthisday/hi/dates/stories/october/14/newsid_2534000/2534347.stm

 

Des dizaines de personnes ont été tuées à Bangkok, la capitale de la Thaïlande, lors de combats de rue entre les troupes gouvernementales et les manifestants.

La plupart des victimes sont des étudiants de l'Université Thammasat, qui s'étaient réunis en grand nombre pour une deuxième journée de manifestations contre le régime militaire thaïlandais.

Les violences ont éclaté lorsque plusieurs milliers d'étudiants sont descendus dans les rues pour réclamer la démission du gouvernement militaire. Ils appellent également à la mise en place d'une nouvelle constitution.

Affrontement

Aujourd'hui, les manifestants ont barricadé les rues menant aux bureaux du gouvernement. Selon des témoins, les manifestants ont jeté des pierres et des cocktails Molotov, mais ont été repoussés par la police et les troupes qui ont utilisées des balles réelles.

Plusieurs personnes sont tombées après que des coups de feu aient été tirés par des tireurs d'élite.

Il a également été rapporté que des camions de pompiers et des autobus avaient été saisis et conduits pour s'écraser contre les blindés.

Les affrontements entre les troupes et les étudiants ont également eu lieu à l'Université Thammasat après que les étudiants aient commencé à retourner aux manifestations de rue.

Les étudiants sont en colère contre le maréchal Thanom et son régime, des gouvernements militaires successifs qui ont dirigé la Thaïlande depuis 1947.

Le maréchal a aboli la Constitution en vigueur à la suite d'un coup d'Etat en novembre 1971 et, il y a moins de 10 jours, 13 militants pro-démocratie ont été arrêtés pour avoir appelé à la mise en place d'une constitution permanente.

Après une manifestation pacifique d'environ 200.000 personnes hier, le gouvernement s'est engagé à introduire une nouvelle constitution dans les 12 mois.

Mais le scepticisme du public est considérable quant aux promesses du gouvernement, il a fallu 10 ans pour que la dernière constitution soit mise en place.

Bangkok est désormais sous l'état d'urgence. La censure des journaux et le couvre-feu ont été imposés, et les écoles de la capitale resteront fermées jusqu'à ce que la situation se calme.

Le contexte

De nombreux témoignages indiquent le régime a ouvert le feu sur des civils non armés. Le bilan officiel des victimes est de 77 tués. Plus de 800 personnes ont été blessées.

Plus tard ce jour-là, le maréchal Thanom démissionné ainsi que deux autres officiers supérieurs. Les trois hommes ont été temporairement exilés.

Le Dr Sanya Dhammasak, recteur de l'Université Thammasat, est devenu le nouveau Premier ministre.

Le gouvernement civil a survécu jusqu'en octobre 1976, date à laquelle un régime militaire a de nouveau repris le pouvoir.

Il y a eu un autre coup d'Etat militaire en 1991. Les élections de 1992 ont conduit au retour de la démocratie en Thaïlande.

Mais en septembre 2006, l'armée est intervenue de nouveau pour renverser le Premier ministre Thaksin Shinawatra.

La plupart des Thaïlandais célèbrent l'anniversaire de la "révolte du 14 octobre 1973" comme Journée de la liberté et des droits du peuple thaïlandais.

Les étudiants sont en colère contre le maréchal Thanom et son régime

Les étudiants sont en colère contre le maréchal Thanom et son régime

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 06:46

Thaïlande: il y a 41 ans, la révolte du 14 octobre 1973

 

Extrait du livre de Giles Ji Ungpakorn "Un coup d'Etat pour les riches"

Lien:

http://redthaisocialist.com/books/71-a-coup-for-the-rich.html

 

La domination de la politique thaïlandaise par l'armée commença peu après la révolution de 1932. Mais sa consolidation au pouvoir est venue avec le coup d'état militaire de Sarit Thanarat en 1957.

 

Le développement économique durant les années de dictature militaire des années 1950 et 1960 se situait dans un contexte de boom économique mondial et aussi local créé par les guerres de Corée et du Vietnam. Cette croissance économique eut un impact profond dans la société thaïlandaise. Naturellement l'importance de la classe ouvrière progressa tandis que des usines et des affaires furent développées. Cependant, sous la dictature, les droits syndicaux furent supprimés et les salaires, ainsi que les conditions d'emplois étaient bien contrôlés. Au début de 1973, le salaire minimum journalier était fixé autour de 10 baths, un taux inchangé depuis le début des années 1950 alors que le prix des marchandises avait augmenté de 50%. Des grèves illégales s'étaient déjà produites durant la période de dictature, mais celles-ci se multiplièrent rapidement à cause du mécontentement dû à la situation économique générale. Les 9 premiers mois de 1973, précédant le 14 octobre, il y eu un total de 40 grèves, et l'une d'entre elle, à la Thai Steel Company, qui dura un mois, a abouti à une victoire grâce au niveau élevé de solidarité venu des autres travailleurs.

Une des conséquences du développement économique fut aussi l'expansion massive du nombre d'étudiants et une augmentation des admissions d'étudiants venus de la classe ouvrière. L'ouverture, en 1969, de l'université Ouverte Ramkamhaeng, fut un facteur significatif. Le nombre d'étudiant passa de 15 000 en 1961 à 50 000 en 1972. La nouvelle génération d'étudiants, du début des années 1970, fut influencée par les révoltes et les révolutions qui se produisaient à travers le monde durant cette période et mai 1968 à Paris en étant un des principaux exemples. Avant cela, en 1966 le journal radical, Social Science Review, fut fondé par des intellectuels progressifs. Les étudiants commencèrent à partir pour des camps de développement rural dans le but d'apprendre sur les problèmes de la pauvreté des campagnes. En 1971, 3 500 étudiants étaient allés dans un total de 64 camps. En 1972, un mouvement pour boycotter les produits japonais fut organisé dans le cadre de la lutte contre la domination étrangère de l'économie. Les étudiants se mobilisèrent aussi contre l'augmentation des tarifs de bus de Bangkok. En juin 1973, le recteur de l'université Ramkamhaeng fut obligé de démissionner âpres avoir tenté d'expulser un étudiant pour avoir écrit un pamphlet critiquant la dictature militaire. Quatre mois plus tard, l'arrestation de 11 universitaires et étudiants pour avoir distribué des tracts réclamant une constitution démocratique, eu pour résultat de faire descendre dans les rues de Bangkok des centaines de milliers d'étudiants et de travailleurs. Alors que des soldats avec des tanks ouvrirent le feu sur des manifestants désarmés, la population de Bangkok commença à répliquer. Des passagers d'autobus descendirent spontanément de leurs véhicules pour rejoindre les manifestants. Des bâtiments gouvernementaux furent incendiés. Les "Tigres jaunes", un groupe d'étudiants militants, mirent le feu au poste de police du pont Parn-Fa en y envoyant de l'essence prélevée sur un moteur dont ils avaient pris possession. Plus tôt dans la journée, la police leur avait tiré dessus.

La révolte massive couronnée de succès du 14 octobre 1973 choqua la classe dirigeante thaïlandaise jusque dans ses fondements. Durant les quelques jours suivants, il y eu une étrange nouvelle atmosphère à Bangkok. Les officiers de l'état en uniforme disparurent des rues et des gens ordinaires s'organisèrent eux même pour nettoyer la ville. Des scouts dirigeaient la circulation. C'était la première fois que les pu-noi (petites gens) avaient réellement entamés une révolution à partir de la base. Ce n'était pas prévu et ceux qui y prirent part n'avaient que de vagues notions de la sorte de démocratie et de société qu'ils désiraient Mais la classe dirigeante thaïlandaise ne pouvait pas abattre assez de manifestants pour protéger son régime. Ce n'était pas seulement une révolte étudiante pour réclamer une constitution. Cela impliquait des milliers de gens ordinaires de la classe ouvrière et eu lieu au sommet d'une vague montante de grèves des travailleurs.

Le succès du renversement de la dictature militaire éleva énormément la confiance du peuple. Les travailleurs, les paysans et les étudiants commencèrent à se battre pour un peu plus qu'une simple démocratie parlementaire. Durant les deux mois suivant la révolte, le nouveau gouvernement de Sanya Tammasak nommé par le Roi fit face à un total de 300 grèves des travailleurs. Une fédération centrale des syndicats fut formée. De nouveaux organismes d'étudiants radicaux surgirent. Le 1er mai 1975, 250 000 personnes manifestèrent à Bangkok et, un an plus tard, un demi-million de travailleurs prirent part à une grève générale contre l'augmentation des prix. A la campagne, des petits fermiers commencèrent à bâtir des organisations et ils allèrent à Bangkok pour faire entendre leurs voix. Les ouvriers et les paysans voulaient la justice sociale et la fin des privilèges. Une Triple Alliance entre les étudiants, les ouvriers et les petits fermiers fut créé. Certains activistes désiraient la fin de l'exploitation et du capitalisme lui-même. L'influence du Parti Communiste de Thaïlande (P.C.T) grandit rapidement, spécialement parmi les activistes des zones urbaines.

Comme part du processus de réforme politique, en décembre 1973, le Roi présida un Forum National (souvent appelé "l'assemblé du champ de course de chevaux" à cause de sa location) trié sur le volet. Ce forum, dont les membres avaient été choisis parmi des professions variées, eu pour tâche de désigner un nouveau parlement. Kukrit Pramoj fut choisi comme président de celui-ci lors de son ouverture le 28 décembre, tandis que Sanya Tammasak conservait le poste de premier ministre. Cependant, ce parlement et le gouvernement de Sanya ne purent régler les tensions grandissantes dans la société entre les Conservateurs et la Gauche ou entre les riches et les pauvres.

Les premières élections démocratiques, depuis la révolution d'octobre 1973, furent tenues en janvier 1975. Le parlement avait une représentation de Gauche et le programme du gouvernement reflétait un besoin de traiter avec la pression des questions sociales. Les partis de Gauche, comme le Parti de la Nouvelle Force, le Parti Socialiste de Thaïlande et le Parti du Front Socialiste obtinrent 37 sièges (sur un total de 269) mais ne rejoignirent aucune coalition gouvernementale. Le premier gouvernement de coalition, entre le Parti Démocrate et le Parti d'Agriculture Sociale, fut établi par Seni Pramoj. Celui-ci, de centre droit, annonça qu'il allait suivre une politique "Sociale-Démocrate". Cependant, il perdit le vote de confiance au parlement en mars 1975 et fut remplacé par un nouveau gouvernement de coalition avec, à sa tête, Kukrit Pramoj (le frère de Seni) du Parti d'Action Sociale. Ce dernier introduit un certain nombre de programme pour les pauvres, y compris un plan de création d'emplois. Il gouverna durant une période de tensions sociales grandissantes. Des grèves, manifestations, et assassinats politiques se produisaient régulièrement. Finalement le parlement fut dissous en janvier 1976 et des élections eurent lieu en avril. Ces dernières virent un revirement à Droite. C'était dû à une combinaison de plusieurs facteurs, comme l'intimidation de la Gauche et un déplacement électoral à Droite de la classe moyenne qui avait peur du radicalisme.

L'activisme étudiant dans la société

Dans la période qui suivit le renversement des militaires, le 14 octobre 1973, beaucoup de centres et de coalitions étudiantes furent formées dans des régions variées ainsi que des institutions d'enseignement différent. Quoi qu'il en soit, il y eu des tentatives pour coordonner les actions de ces différents groupes sous une simple organisation: The National Student Centre of Thailand (Centre National des Etudiants de Thaïlande). Cette dernière, ainsi que d'autres organisations d'étudiants, devint encore plus active dans des campagnes sociales variée, souvent en tant que membres de la Triple Alliance avec les travailleurs et les paysans. Néanmoins, ce mouvement fut obsédé par les scissions personnelles et politiques. Seksan Prasertkul, un des dirigeants étudiants du 14 octobre, forma le Free Thammasart Group (Groupe Thammasart Libre) et Tirayut Boonmi, un autre dirigeant étudiant, créa le People for Democracy Group (Peuple pour les Groupes Démocratiques). Ces soi-disant "groupes indépendants" pensaient que la direction du National Student Centre était trop conservatrice, refusant souvent de mobiliser les étudiants pour des questions importantes comme la protestation couronnée de succès contre le retour du Marechal Thanom Kittikachorn, l'ancien dictateur évincé, en 1974. Pour cette raison, ces groupes indépendants variés formèrent un centre alternatif, le “National Coalition Against Dictatorship” (Coalition Nationale Contre la Dictature) avec Sutam Sangprathum comme secrétaire général. Un important domaine d'activité pour les étudiants fut la lutte contre l'impérialisme américain et pour une soi-disant "indépendance thaïlandaise". La dictature militaire avait été une proche alliée des Etats Unis durant la Guerre Froide, envoyant un nombre symbolique de troupes thaïlandaises pour aider les Américains aussi bien en Corée qu'au Vietnam. En 1973, il y avait 12 bases militaires américaines dans le pays, avec 550 avions de combat et des milliers de soldats stationnés sur le sol thaïlandais dans le but de soutenir l'effort de guerre des Etats Unis en Indochine. Ces bases étaient légalement un territoire des Etats Unis, un point mis en lumière par l'arrestation et l'exécution d'un citoyen thaïlandais, Tep Kankla, par une cour de justice américaine pour le meurtre d'un soldat américain en décembre 1973. Mis à part ça, peu après la guerre du Vietnam, les Etats Unis utilisèrent la base navale d'U-Tapao pour lancer une attaque contre le Cambodge le 14 mai 1975 sans consulter le gouvernement thaïlandais

La présence d'un si grand nombre de soldats américains, ainsi que ce qui était vu comme la dominance de l'économie locale par des compagnies américaines, semblait confirmer l'analyse maoïste du Parti Communiste de Thaïlande que ce pays était une "semi-colonie" des Etats Unis. Apres 1973, il y eu donc une campagne grandissante pour flanquer dehors les bases américaines. Cette campagne, qui fut stimulée par la défaite des Etats Unis au Vietnam et les nouvelles conséquences géopolitique qui en résultèrent, conduisit le premier ministre Kukrit à réclamer le retrait des Américains en mars 1975. Ce fut renforcé par une manifestation massive contre les bases américaines le 21 mars 1976. Peu après cela, les Etats Unis retirèrent finalement leurs troupes de Thaïlande.

Un autre domaine important dans lequel le mouvement étudiant était actif, fut celui des droits de l'homme et de la démocratie. Les Etudiants firent campagne pour rajouter plus d'amendements dans la Constitution de 1974 et ils se mobilisèrent contre la répression de l'état. Le 24 janvier 1974, les forces de sécurité du gouvernement attaquèrent et brulèrent le village de Na Sai situé dans la province du Nord-Est de Nong Khai. Trois villageois furent tués par les troupes gouvernementales. Initialement, le gouvernement prétendit que cette atrocité fut commise par les communistes, mais Tirayut Boonmi, fut capable de prouver publiquement que c'était le fait du gouvernement. Des pressions du mouvement étudiant obligèrent ce dernier à admettre le crime et à payer des compensations aux villageois. Le général Saiyut Kertpol, chef de la Communist Suppression Unit (Unité de Suppression des Communistes), fut aussi forcé d'avouer que la politique gouvernementale précédente avait été "trop dure".

L'incident de Na Sai fut suivi par la révélation d'un autre crime d'état dans la province du Sud de Patalung. Il est estimé qu'entre 1971 et 1973, les forces gouvernementales ont systématiquement arrêtées et interrogées des villageois, ce qui aboutit à plus de 3000 morts. Dans ce qui deviendra connu comme l'incident des Barils Rouges (Tang Daeng), les villageois furent tués et ensuite brulés dans des bidons d'essence ou jetés des hélicoptères.

(voir: http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/06/les-barils-rouges-de-phattalung.html)

En plus de dénoncer la répression d'état, des volontaires étudiants s'impliquèrent aussi dans la campagne, plutôt sponsorisée et patronnée par l'état, pour "diffuser les idées démocratiques parmi les gens du monde rural" lors des vacances d'été de 1974. Quoi qu'il en soit, cette campagne offrit l'opportunité pour des milliers d'étudiants urbains d'observer sur le terrain les problèmes sociaux des villages tout en renforçant la coopération future entre les étudiants et les petits fermiers dans la Triple Alliance. Cela contribua à élargir les activités des étudiants dans le domaine de la justice sociale et ils devinrent encore plus à gauche.

Sur le front culturel, les étudiants firent campagne pour l'art et la littérature pour être plus en harmonie avec la vie des gens ordinaires. C'était souvent influencé par les idées étroites et limitées du "réalisme socialiste" stalinien, qui pouvaient être trouvées dans les écrits de Jit Pumisak. Une exposition nommée "bruler la littérature" condamnait les livres conservateurs qui servaient les intérêts féodaux. Au même moment il y eu un fleurissement d'une nouvelle "littérature pour le peuple", d'un "théâtre pour le peuple" et la naissance de "chansons pour le peuple", qui parfois ajoutait des paroles thaïlandaises à la musique des "protest songs" occidentaux de la même période. Une campagne de critique fut aussi engagée contre le système d'éducation élitiste et compétitif. Cette dernière aboutie à un comité gouvernemental qui fut établi en 1975 dans le but de reformer l'éducation.

Une importante organisation qui émergea de ces activités culturelles fut la "Coalition des Artistes Thaïlandais", qui organisa une exposition de rue sur "l'Art Populaire" le long de l'avenue Rajchadamnern en octobre 1975. Ces artistes et étudiants d'art eurent aussi un rôle très important en produisant des affiches et des bannières de propagande contre l'influence de l'armée et les bases américaines. D'une certaine manière le mouvement artistique fut plus pluriel que beaucoup d'organisations estudiantines, étant influencé par les idées plus radicalement libertaires du mouvement occidental des années 1960 que par l'influence du P.C.T. Apres le bain de sang du 6 octobre 1976, beaucoup d'artistes partirent rejoindre les guérillas communistes de la jungle mais luttèrent pour maintenir leur esprit libre parmi l'étroite idéologie du P.C.T.

La politique des étudiants à l'intérieur des universités et collèges

Une importante conséquence de la victorieuse révolte du 14 octobre 1973 contre la dictature fut l'établissement de partis politiques de Gauche étudiants dans les universités et les lycées. Ces derniers se portèrent candidats pour l'union étudiante. Quelques-uns gagnèrent immédiatement tandis que les autres augmentèrent graduellement leur influence au dépend de la Droite. Au milieu de l'année 1976, la plupart des universités avaient des organismes étudiants de Gauche, y compris l'université Kasetsart qui était auparavant perçue comme un bastion de la Droite. Une fois que la victoire de la Gauche fut complète, le corps étudiant fut capable de s'unifier une fois de plus autour du National Student Centre avec Kriangkamol Laohapairote comme secrétaire général. Un effet de la victoire de la Gauche fut la disparition temporaire du système de séniorité puisque les étudiants étaient devenus plus égalitaires et actifs dans leur tentative de changer la société. Des camps d'été étudiants furent organisés à la campagne dans le but de partager des expériences avec les pauvres villageois et moins d'insistance fut placée sur les matchs de football inter-universités. Malgré le fait que les divers partis étudiants de l'aile Gauche dans les institutions variées étaient plus ou moins autonomes dans les structures officielles, ils partageaient la même idéologie qui était lourdement influencée par le maoïsme du Parti Communiste Thaïlandais. Cela peut être vu dans leur concentration sur des activités à la campagne, bien que beaucoup de groupes travaillaient aussi parmi les travailleurs urbains. En gros, le mouvement étudiant était un mouvement socialiste qui partageait l'analyse du P.C.T. comme quoi la Thaïlande était une société semi-féodale semi-colonie des Etats Unies. La lutte armée du P.C.T. à la campagne était perçue comme la clé pour bâtir une société meilleure. Beaucoup d'étudiants de gauche prirent aussi parti pour la direction du P.C.T. lors de disputes idéologiques comme celle qui opposa la direction du P.C.T avec l'ancien dirigeant communiste Pin Bua-orn. Ce dernier était opposé à la lutte armée adopté par le P.C.T. et voulait continuer la politique d’Alliance Inter-Classe stalinienne/maoïste que le Parti Communiste Thaïlandais avait défendue durant la période du régime de Pibul Songkram et au début de la dictature de Sarit Thannarat. Les groupes étudiants s'impliquèrent aussi aux cotés de la direction du P.C.T. sur la lutte de faction qui avait pris place en Chine vers la fin de la Révolution Culturelle.

L'influence du P.C.T. à l'intérieur du mouvement étudiant n'était pas une conspiration secrète. Elle reflétait la montée des idées de Gauche parmi beaucoup de gens dans la société thaïlandaise. En pratique, cette influence du Parti Communiste Thaïlandais dans le corps étudiant provenait de 3 sources principales. La première est que le P.C.T. était le seul parti politique de l'aile Gauche qui avait une analyse cohérente de la société et un plan d'action clair. Cela voulait dire naturellement que beaucoup de ceux qui recherchaient une réponse, se tournerait vers le Parti Communiste Thaïlandais, spécialement après les victoires des divers partis communistes dans les pays voisins d'Indochine. La seconde est que de jeunes membres (Yor) du P.C.T. ainsi que des membres ainés (Sor) étaient actifs à l'intérieur même du mouvement étudiant. Certains avaient été recrutés lorsqu'ils étaient encore au lycée et d'autres, après être entrés à l'université. Le recrutement était un long processus, impliquant des petits groupes secrets d'études organisé parmi des relations, mais cela aida à éduquer les activistes à l'idéologie du P.C.T. La troisième est que des articles exprimant la stratégie politique du Parti Communiste Thaïlandais étaient imprimés dans des journaux étudiants comme Atipat et que la station de radio du P.C.T., La Voix du Peuple de Thaïlande, était très populaire parmi beaucoup de gens à cette époque.

Il serait tout à fait faux de croire que les dirigeants étudiants, même ceux qui étaient membres du parti, recevaient des ordres direct du Comité Central du P.C.T. D'abord parce que les dirigeants du parti étaient au loin dans la campagne et ensuite parce que le parti ne vit jamais la lutte urbaine comme étant centrale dans la stratégie maoïste globale. Pour cette raison, on peut supposer que, durant la période entre 1973 et 1976, les activistes étudiants possédaient un degré élevé d'indépendance dans la direction et l'organisation, bien qu'ils acceptaient l'analyse politique globale du parti. C'est d'ailleurs confirmé par beaucoup d'activistes étudiants de cette période.

Comme déjà mentionné plus haut, entre 1973 et 1976, les partis étudiants de gauche gagnèrent graduellement les élections. A l'université Thammasart le Parti Palang Tum (Parti de la Force Morale) fut fondé juste avant la révolte d'octobre 1973 et il gagna un nombre substantiel d'élections, soutenant Peerapol Triyakasem comme son candidat. A l'université ouverte Ramkamhaeng, le Parti Sajja-Tum (Parti de la Vérité Morale) pris graduellement le dessus sur des partis plus centristes, gagnant la direction du corps étudiant en 1975. A l'université Chulalongkorn le Parti Chula Prachachon (Parti du Peuple de Chula) gagna les élections en 1976 contre un parti de droite et Anek Laothamatas devint président des étudiants. A Mahidol et Sri-Nakarin les partis de gauche gagnèrent aussi les élections et, à Chiangmai, Chaturon Chaisaeng du Parti Pracha Tum Party (Parti du Peuple Moral) gagna l'élection de l'union des étudiants en 1976.

Le glissement progressif vers des politiques de gauche parmi les étudiants pendant la période 1973-1976, jusqu'à que la Gauche devienne l'influence principale, refléta la polarisation entre la Droite et la Gauche qui prenait place dans une large société. A partir de ça nous pouvons comprendre pourquoi la classe dirigeante devint déterminé à faire n'importe quoi, y compris utiliser la force si nécessaire pour détruire le mouvement étudiant et ses tentatives aboutirent au bain de sang du 6 octobre 1976 à l'université Thammasat.

14 octobre 1973; des centaines de milliers de Thaïlandais dans les rues de Bangkok

14 octobre 1973; des centaines de milliers de Thaïlandais dans les rues de Bangkok

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 06:20

Noam Chomsky avait déjà tout compris sur la Thaïlande et sur le reste du monde en 1971.

Voici un extrait de l'essai de Noam Chomsky "Pour la défense du mouvement étudiant" écrit en 1971 (comme quoi, l'histoire se répète ou se confirme):

"Les dangers de la guerre nucléaire et ses conséquences sont évidemment immense et ne nécessitent aucun commentaire. Mais le problème de la répression, de l'institution de formes dictatoriales, est celui qui peut certainement faire le plus parler de lui, et est très grave. Par exemple, l'année dernière, il y a eu beaucoup de rapports dans les journaux sur les développements politiques en Thaïlande. Mais il y a un certain nombre de choses qui n'ont pas été mentionnées dans ces rapports. En particulier, un long article a été publié dans le New York Times à propos de la réapparition soudaine à Pékin d'un homme nommé Pridi Banomyong, qui était tout simplement identifié comme un leader communiste thaïlandais et qui était devenu tout à coup d'une certaine importance pour la Chine. Cependant, il y a des faits historiques intéressants, qui ne sont pas signalé dans l'article, notamment sur les causes de sa loyauté vis-à-vis de Pékin.

Si on se penche sur l'histoire de ces évolutions, on trouve des choses importantes. En 1932, Pridi Banomyong était le leader du mouvement de réforme libérale qui a essayé d'introduire des institutions parlementaires en Thaïlande et a renversé la monarchie absolue. Il fut lui-même renversé peu après, puis, pendant la Seconde Guerre mondiale, a combattu aux côtés de l'OSS américaine dans le mouvement de guérilla "Free Thai" contre les Japonais tandis que la Thaïlande était sous la domination d'un dictateur fasciste qui avait formé une alliance avec le Japon. En 1946-47, Pridi a mené un mouvement libéral pour la réforme parlementaire et a remporté les seules élections libres de l'histoire de la Thaïlande. Mais il n'a pratiquement pas reçu de soutien de la part des États-Unis et a été rapidement renversé par un coup d'Etat. En 1948, le dictateur fasciste qui avait collaboré avec les Japonais était de retour au pouvoir. Il a été immédiatement reconnu par les États-Unis et, compte tenu de leur aide économique et militaire très importante, a pu développer la Thaïlande comme l'un des prétendus bastions de la liberté en Asie du Sud-Est.

En fait, la Thaïlande est devenue l'une des dictatures les plus répressives, sanglantes et vicieuses du monde. Ses crimes énormes sont rapportés dans les documents historiques d'un livre écrit par un libéral pro-Kennedy nommé Frank Darling, qui explique, avec beaucoup de détail, le rôle des Etats-Unis dans cette répression de l'après-guerre, après le coup d'Etat. Et il souligne quelque chose que le New York Times n'a pas pris la peine de mentionner; à savoir, qu'après que Pridi ait été renversé par un coup d'Etat qui a été reconnu immédiatement par les États-Unis, ce dernier est resté en Thaïlande pendant quelques années avant de s'enfuir en Chine, de sorte qu'en 1954, le réformateur libéral qui avait combattu contre les Japonais, main dans la main avec les Américains, avait dû se réfugier en Chine communiste, et le dictateur fasciste, qui s'était allié avec les Japonais et nous avait déclaré la guerre, avait repris le pouvoir en Thaïlande, tout en maintenant une dictature militaire autoritaire avec un soutien militaire américain important.

Ce qui selon M. Darling était "ironique"! Il conclut alors et résume la situation comme suit:

"Le vaste soutien matériel et diplomatique des États-Unis pour les chefs militaires thaïlandais a contribué à empêcher l'émergence d'un groupe de concurrents qui auraient pu contester cette tendance à la domination politique absolue et conduire le pays à une forme de gouvernement plus moderne."

La dernière partie de la phrase est intéressante: "conduire le pays à une forme de gouvernement plus moderne." Elle est tout à fait appropriée parce que les Thaïlandais avaient déjà eu une forme de gouvernement plus moderne en 1946-47 sous la direction d'un réformateur libéral qui est maintenant réfugié en Chine communiste; et c'est l'aide militaire américaine qui a très largement créé cette situation dans laquelle on espère maintenant qu'ils pourraient revenir à cette forme de gouvernement plus moderne.

Ceci est un exemple assez typique de l'impact américain sur les pays les moins développés. Dans le cas où nous échapperions à la guerre nucléaire, les perspectives de paix sont vraiment des perspectives de paix en prison ou de paix au cimetière si les tendances actuelles se poursuivent. Il est intéressant de noter que Darling, s'il déplore les conséquences de nos actions en Thaïlande, exhorte néanmoins à ce que nous continuions à peu près comme avant. Il exprime ainsi la voix prédominante dans la société américaine: "Les conséquences de nos actions sont déplorables, mais ce n'est pas notre faute, nous n'avons pas le choix, nous devons continuer." Cependant, bien sûr, ce n'est pas tout à fait la voix prépondérante parce que Frank Darling est avant tout un libéral, un analyste de la CIA et fondamentalement un libéral pro-Kennedy."

 

Lien de l'essai "Pour la défense du mouvement étudiant" en anglais:

http://www.chomsky.info/articles/1971----03.htm

 

Si vous désirez en savoir plus sur Pridi Banomyong, lisez donc "Mon adolescence révolutionnaire" en cliquant sur le lien suivant:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-mon-adolescence-revolutionnaire-par-pridi-banomyong-109171714.html

Noam Chomsky

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 16:38

Double meurtre en Thaïlande. Les autorités doivent enquêter sur les allégations de torture et respecter les droits humains

 

Lien de la déclaration d'Amnesty International:

http://www.amnesty.fr/Presse/Communiques-de-presse/Double-meurtre-en-Thailande-Les-autorites-doivent-enqueter-sur-les-allegations-de-torture-et-respect-12804

 

Les autorités thaïlandaises doivent veiller à ce qu’une enquête indépendante et approfondie soit menée sur les allégations de plus en plus nombreuses faisant état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés par des policiers, et respecter les droits de la défense dans le cadre de l’enquête concernant le meurtre de deux touristes sur l’île de Koh Tao, a déclaré Amnesty International mardi 7 octobre.

À la suite de l’arrestation de deux ressortissants du Myanmar pour le meurtre de Hannah Witheridge et Andrew Miller en septembre, un avocat de l’équipe juridique de l’ambassade du Myanmar, qui a rencontré ces détenus, a déclaré que l’un d’eux avait affirmé que des policiers l’avaient battu et menacé d’électrocution.  

De nombreuses sources ont signalé des actes de torture et d’autres traitements cruels, inhumains et dégradants subis par d’autres travailleurs migrants originaires du Myanmar arrêtés par la police dans le cadre de cette enquête.

"Les autorités thaïlandaises doivent diligenter une enquête indépendante, efficace et transparente sur les allégations de plus en plus nombreuses faisant état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés par des policiers, a déclaré Richard Bennett, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

"La pression qu’implique la mission d’élucider un crime ayant recueilli une attention considérable ne doit pas entraîner des violations des droits humains, notamment du droit à un procès équitable."

Hannah Witheridge, 23 ans, et Andrew Miller, 24 ans, ont été tués aux premières heures du 15 septembre sur l’île touristique de Koh Tao.

Selon certaines informations, des policiers ont battu des travailleurs migrants originaires du Myanmar interrogés dans le cadre de cette affaire, les ont menacés et ont versé de l’eau bouillante sur eux.

La mère de l’un d’eux aurait déclaré que la police thaïlandaise avait ordonné aux détenus torturés ou soumis à d’autres mauvais traitements de ne pas parler aux médias et les avait menacés.

"Les autorités doivent protéger des menaces et des actes de représailles toute personne, quel que soit son statut migratoire, qui signale ou évoque des actes de torture ou d’autres mauvais traitements, et fournir une pleine réparation aux victimes, a déclaré Richard Bennett.

"Elles doivent également veiller à ce que les prétendus aveux et autres informations extorqués au moyen de la torture ne soient pas admis à titre de preuve devant les tribunaux, hormis pour prouver que des actes de torture ont été commis."

En mai 2014, le Comité des Nations unies contre la torture a exprimé sa vive inquiétude au sujet des allégations persistantes indiquant que les membres de l’armée, de la police et de l’administration pénitentiaire thaïlandaises ont fréquemment recours à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements sur des détenus. Il a engagé les autorités à prendre des mesures immédiates et efficaces pour enquêter sur ces allégations, traduire en justice les responsables présumés et les punir.

"L’enquête sur ces allégations de torture doit être menée par un organe indépendant, et certainement pas par la police elle-même", a déclaré Richard Bennett.

Les autorités ont déjà fait participer les suspects à une reconstitution publique et télévisée du crime, qui a porté atteinte à leur droit d’être présumés innocents.

"Tous les suspects doivent bénéficier du respect de leur droit à un procès équitable, qui revêt une importance particulière lorsqu’il s’agit d’un crime potentiellement passible de la peine capitale", a déclaré Richard Bennett.

Amnesty International est opposée en toutes circonstances à la peine de mort, qui constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit, ainsi qu’une violation du droit à la vie.

Les deux jeunes immigrés birmans torturés par la police thaïlandaise

Les deux jeunes immigrés birmans torturés par la police thaïlandaise

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