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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 18:44

Parmi ces nombreux dirigeants de l'Asem présents, il y en aura au moins un de contesté. Il s'agit du général Prayuth Chan-ocha, commandant en chef des forces armées thaïlandaises, qui a pris la direction du pays suite à un putsch en mai dernier. Jeudi, à 12 heures, un rassemblement de protestation aura lieu dans la rue Gattamelata. Un appel a été lancé via Facebook. Il disait: "Nous ne devons pas permettre à un dictateur d'obtenir une légitimité en Italie, ni dans toute autre nation européenne."

Source:

http://milano.corriere.it/notizie/cronaca/14_ottobre_15/milano-ponte-europa-asia-4cd7a018-5434-11e4-ac5b-a95e1580fe8e.shtml

L'activiste thaïlandaise Junya Yimprasert à Milan pour organiser une manifestation contre Prayuth

L'activiste thaïlandaise Junya Yimprasert à Milan pour organiser une manifestation contre Prayuth

Le journal italien "Milano Corriere"

Le journal italien "Milano Corriere"

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15 octobre 2014 3 15 /10 /octobre /2014 17:23

Des centaines de manifestants sont attendus à Londres devant Downing Street vendredi prochain pour réclamer au gouvernement britannique la mise en place une enquête indépendante sur les meurtres des deux citoyens britanniques, Hannah Witheridge et David Miller, sur l'île thaïlandaise de Koh Tao le mois dernier.

Une pétition signée par plus de 65.000 personnes, décrivant les craintes que l'enquête de l'autorité thaïlandaise sur les meurtres de David Miller, 24 ans, et Hannah Witheridge, 23 ans, avait été faussé, sera remise au bureau du Premier ministre britannique David Cameron.

Lien:

http://jerseyeveningpost.com/news/2014/10/14/hundreds-to-march-on-downing-street-over-thai-murders/

Liberez-Somyot a déjà publié plusieurs articles sur ce sujet.

Liens:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/10/koh-tao-un-membre-d-une-famille-mafieuse-locale-serait-il-le-responsable-du-meurtre-des-deux-jeunes-touristes-britanniques.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/10/des-boucs-emissaires-birmans-dans-une-affaire-de-meurtre-en-thailande.html

et

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/10/amnesty-international-denonce-la-torture-dont-ont-ete-victimes-les-deux-immigres-birmans-de-koh-tao-afin-de-leur-faire-avouer-le-double.html

Double-meurtre de Koh Tao: Manifestation à Londres vendredi prochain pour réclamer la mise en place d'une enquête indépendante
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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 08:00

1973: l'armée thaïlandaise tire sur les manifestants

Un article de la BBC publié le 14 octobre 1973

Lien:

http://news.bbc.co.uk/onthisday/hi/dates/stories/october/14/newsid_2534000/2534347.stm

 

Des dizaines de personnes ont été tuées à Bangkok, la capitale de la Thaïlande, lors de combats de rue entre les troupes gouvernementales et les manifestants.

La plupart des victimes sont des étudiants de l'Université Thammasat, qui s'étaient réunis en grand nombre pour une deuxième journée de manifestations contre le régime militaire thaïlandais.

Les violences ont éclaté lorsque plusieurs milliers d'étudiants sont descendus dans les rues pour réclamer la démission du gouvernement militaire. Ils appellent également à la mise en place d'une nouvelle constitution.

Affrontement

Aujourd'hui, les manifestants ont barricadé les rues menant aux bureaux du gouvernement. Selon des témoins, les manifestants ont jeté des pierres et des cocktails Molotov, mais ont été repoussés par la police et les troupes qui ont utilisées des balles réelles.

Plusieurs personnes sont tombées après que des coups de feu aient été tirés par des tireurs d'élite.

Il a également été rapporté que des camions de pompiers et des autobus avaient été saisis et conduits pour s'écraser contre les blindés.

Les affrontements entre les troupes et les étudiants ont également eu lieu à l'Université Thammasat après que les étudiants aient commencé à retourner aux manifestations de rue.

Les étudiants sont en colère contre le maréchal Thanom et son régime, des gouvernements militaires successifs qui ont dirigé la Thaïlande depuis 1947.

Le maréchal a aboli la Constitution en vigueur à la suite d'un coup d'Etat en novembre 1971 et, il y a moins de 10 jours, 13 militants pro-démocratie ont été arrêtés pour avoir appelé à la mise en place d'une constitution permanente.

Après une manifestation pacifique d'environ 200.000 personnes hier, le gouvernement s'est engagé à introduire une nouvelle constitution dans les 12 mois.

Mais le scepticisme du public est considérable quant aux promesses du gouvernement, il a fallu 10 ans pour que la dernière constitution soit mise en place.

Bangkok est désormais sous l'état d'urgence. La censure des journaux et le couvre-feu ont été imposés, et les écoles de la capitale resteront fermées jusqu'à ce que la situation se calme.

Le contexte

De nombreux témoignages indiquent le régime a ouvert le feu sur des civils non armés. Le bilan officiel des victimes est de 77 tués. Plus de 800 personnes ont été blessées.

Plus tard ce jour-là, le maréchal Thanom démissionné ainsi que deux autres officiers supérieurs. Les trois hommes ont été temporairement exilés.

Le Dr Sanya Dhammasak, recteur de l'Université Thammasat, est devenu le nouveau Premier ministre.

Le gouvernement civil a survécu jusqu'en octobre 1976, date à laquelle un régime militaire a de nouveau repris le pouvoir.

Il y a eu un autre coup d'Etat militaire en 1991. Les élections de 1992 ont conduit au retour de la démocratie en Thaïlande.

Mais en septembre 2006, l'armée est intervenue de nouveau pour renverser le Premier ministre Thaksin Shinawatra.

La plupart des Thaïlandais célèbrent l'anniversaire de la "révolte du 14 octobre 1973" comme Journée de la liberté et des droits du peuple thaïlandais.

Les étudiants sont en colère contre le maréchal Thanom et son régime

Les étudiants sont en colère contre le maréchal Thanom et son régime

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14 octobre 2014 2 14 /10 /octobre /2014 06:46

Thaïlande: il y a 41 ans, la révolte du 14 octobre 1973

 

Extrait du livre de Giles Ji Ungpakorn "Un coup d'Etat pour les riches"

Lien:

http://redthaisocialist.com/books/71-a-coup-for-the-rich.html

 

La domination de la politique thaïlandaise par l'armée commença peu après la révolution de 1932. Mais sa consolidation au pouvoir est venue avec le coup d'état militaire de Sarit Thanarat en 1957.

 

Le développement économique durant les années de dictature militaire des années 1950 et 1960 se situait dans un contexte de boom économique mondial et aussi local créé par les guerres de Corée et du Vietnam. Cette croissance économique eut un impact profond dans la société thaïlandaise. Naturellement l'importance de la classe ouvrière progressa tandis que des usines et des affaires furent développées. Cependant, sous la dictature, les droits syndicaux furent supprimés et les salaires, ainsi que les conditions d'emplois étaient bien contrôlés. Au début de 1973, le salaire minimum journalier était fixé autour de 10 baths, un taux inchangé depuis le début des années 1950 alors que le prix des marchandises avait augmenté de 50%. Des grèves illégales s'étaient déjà produites durant la période de dictature, mais celles-ci se multiplièrent rapidement à cause du mécontentement dû à la situation économique générale. Les 9 premiers mois de 1973, précédant le 14 octobre, il y eu un total de 40 grèves, et l'une d'entre elle, à la Thai Steel Company, qui dura un mois, a abouti à une victoire grâce au niveau élevé de solidarité venu des autres travailleurs.

Une des conséquences du développement économique fut aussi l'expansion massive du nombre d'étudiants et une augmentation des admissions d'étudiants venus de la classe ouvrière. L'ouverture, en 1969, de l'université Ouverte Ramkamhaeng, fut un facteur significatif. Le nombre d'étudiant passa de 15 000 en 1961 à 50 000 en 1972. La nouvelle génération d'étudiants, du début des années 1970, fut influencée par les révoltes et les révolutions qui se produisaient à travers le monde durant cette période et mai 1968 à Paris en étant un des principaux exemples. Avant cela, en 1966 le journal radical, Social Science Review, fut fondé par des intellectuels progressifs. Les étudiants commencèrent à partir pour des camps de développement rural dans le but d'apprendre sur les problèmes de la pauvreté des campagnes. En 1971, 3 500 étudiants étaient allés dans un total de 64 camps. En 1972, un mouvement pour boycotter les produits japonais fut organisé dans le cadre de la lutte contre la domination étrangère de l'économie. Les étudiants se mobilisèrent aussi contre l'augmentation des tarifs de bus de Bangkok. En juin 1973, le recteur de l'université Ramkamhaeng fut obligé de démissionner âpres avoir tenté d'expulser un étudiant pour avoir écrit un pamphlet critiquant la dictature militaire. Quatre mois plus tard, l'arrestation de 11 universitaires et étudiants pour avoir distribué des tracts réclamant une constitution démocratique, eu pour résultat de faire descendre dans les rues de Bangkok des centaines de milliers d'étudiants et de travailleurs. Alors que des soldats avec des tanks ouvrirent le feu sur des manifestants désarmés, la population de Bangkok commença à répliquer. Des passagers d'autobus descendirent spontanément de leurs véhicules pour rejoindre les manifestants. Des bâtiments gouvernementaux furent incendiés. Les "Tigres jaunes", un groupe d'étudiants militants, mirent le feu au poste de police du pont Parn-Fa en y envoyant de l'essence prélevée sur un moteur dont ils avaient pris possession. Plus tôt dans la journée, la police leur avait tiré dessus.

La révolte massive couronnée de succès du 14 octobre 1973 choqua la classe dirigeante thaïlandaise jusque dans ses fondements. Durant les quelques jours suivants, il y eu une étrange nouvelle atmosphère à Bangkok. Les officiers de l'état en uniforme disparurent des rues et des gens ordinaires s'organisèrent eux même pour nettoyer la ville. Des scouts dirigeaient la circulation. C'était la première fois que les pu-noi (petites gens) avaient réellement entamés une révolution à partir de la base. Ce n'était pas prévu et ceux qui y prirent part n'avaient que de vagues notions de la sorte de démocratie et de société qu'ils désiraient Mais la classe dirigeante thaïlandaise ne pouvait pas abattre assez de manifestants pour protéger son régime. Ce n'était pas seulement une révolte étudiante pour réclamer une constitution. Cela impliquait des milliers de gens ordinaires de la classe ouvrière et eu lieu au sommet d'une vague montante de grèves des travailleurs.

Le succès du renversement de la dictature militaire éleva énormément la confiance du peuple. Les travailleurs, les paysans et les étudiants commencèrent à se battre pour un peu plus qu'une simple démocratie parlementaire. Durant les deux mois suivant la révolte, le nouveau gouvernement de Sanya Tammasak nommé par le Roi fit face à un total de 300 grèves des travailleurs. Une fédération centrale des syndicats fut formée. De nouveaux organismes d'étudiants radicaux surgirent. Le 1er mai 1975, 250 000 personnes manifestèrent à Bangkok et, un an plus tard, un demi-million de travailleurs prirent part à une grève générale contre l'augmentation des prix. A la campagne, des petits fermiers commencèrent à bâtir des organisations et ils allèrent à Bangkok pour faire entendre leurs voix. Les ouvriers et les paysans voulaient la justice sociale et la fin des privilèges. Une Triple Alliance entre les étudiants, les ouvriers et les petits fermiers fut créé. Certains activistes désiraient la fin de l'exploitation et du capitalisme lui-même. L'influence du Parti Communiste de Thaïlande (P.C.T) grandit rapidement, spécialement parmi les activistes des zones urbaines.

Comme part du processus de réforme politique, en décembre 1973, le Roi présida un Forum National (souvent appelé "l'assemblé du champ de course de chevaux" à cause de sa location) trié sur le volet. Ce forum, dont les membres avaient été choisis parmi des professions variées, eu pour tâche de désigner un nouveau parlement. Kukrit Pramoj fut choisi comme président de celui-ci lors de son ouverture le 28 décembre, tandis que Sanya Tammasak conservait le poste de premier ministre. Cependant, ce parlement et le gouvernement de Sanya ne purent régler les tensions grandissantes dans la société entre les Conservateurs et la Gauche ou entre les riches et les pauvres.

Les premières élections démocratiques, depuis la révolution d'octobre 1973, furent tenues en janvier 1975. Le parlement avait une représentation de Gauche et le programme du gouvernement reflétait un besoin de traiter avec la pression des questions sociales. Les partis de Gauche, comme le Parti de la Nouvelle Force, le Parti Socialiste de Thaïlande et le Parti du Front Socialiste obtinrent 37 sièges (sur un total de 269) mais ne rejoignirent aucune coalition gouvernementale. Le premier gouvernement de coalition, entre le Parti Démocrate et le Parti d'Agriculture Sociale, fut établi par Seni Pramoj. Celui-ci, de centre droit, annonça qu'il allait suivre une politique "Sociale-Démocrate". Cependant, il perdit le vote de confiance au parlement en mars 1975 et fut remplacé par un nouveau gouvernement de coalition avec, à sa tête, Kukrit Pramoj (le frère de Seni) du Parti d'Action Sociale. Ce dernier introduit un certain nombre de programme pour les pauvres, y compris un plan de création d'emplois. Il gouverna durant une période de tensions sociales grandissantes. Des grèves, manifestations, et assassinats politiques se produisaient régulièrement. Finalement le parlement fut dissous en janvier 1976 et des élections eurent lieu en avril. Ces dernières virent un revirement à Droite. C'était dû à une combinaison de plusieurs facteurs, comme l'intimidation de la Gauche et un déplacement électoral à Droite de la classe moyenne qui avait peur du radicalisme.

L'activisme étudiant dans la société

Dans la période qui suivit le renversement des militaires, le 14 octobre 1973, beaucoup de centres et de coalitions étudiantes furent formées dans des régions variées ainsi que des institutions d'enseignement différent. Quoi qu'il en soit, il y eu des tentatives pour coordonner les actions de ces différents groupes sous une simple organisation: The National Student Centre of Thailand (Centre National des Etudiants de Thaïlande). Cette dernière, ainsi que d'autres organisations d'étudiants, devint encore plus active dans des campagnes sociales variée, souvent en tant que membres de la Triple Alliance avec les travailleurs et les paysans. Néanmoins, ce mouvement fut obsédé par les scissions personnelles et politiques. Seksan Prasertkul, un des dirigeants étudiants du 14 octobre, forma le Free Thammasart Group (Groupe Thammasart Libre) et Tirayut Boonmi, un autre dirigeant étudiant, créa le People for Democracy Group (Peuple pour les Groupes Démocratiques). Ces soi-disant "groupes indépendants" pensaient que la direction du National Student Centre était trop conservatrice, refusant souvent de mobiliser les étudiants pour des questions importantes comme la protestation couronnée de succès contre le retour du Marechal Thanom Kittikachorn, l'ancien dictateur évincé, en 1974. Pour cette raison, ces groupes indépendants variés formèrent un centre alternatif, le “National Coalition Against Dictatorship” (Coalition Nationale Contre la Dictature) avec Sutam Sangprathum comme secrétaire général. Un important domaine d'activité pour les étudiants fut la lutte contre l'impérialisme américain et pour une soi-disant "indépendance thaïlandaise". La dictature militaire avait été une proche alliée des Etats Unis durant la Guerre Froide, envoyant un nombre symbolique de troupes thaïlandaises pour aider les Américains aussi bien en Corée qu'au Vietnam. En 1973, il y avait 12 bases militaires américaines dans le pays, avec 550 avions de combat et des milliers de soldats stationnés sur le sol thaïlandais dans le but de soutenir l'effort de guerre des Etats Unis en Indochine. Ces bases étaient légalement un territoire des Etats Unis, un point mis en lumière par l'arrestation et l'exécution d'un citoyen thaïlandais, Tep Kankla, par une cour de justice américaine pour le meurtre d'un soldat américain en décembre 1973. Mis à part ça, peu après la guerre du Vietnam, les Etats Unis utilisèrent la base navale d'U-Tapao pour lancer une attaque contre le Cambodge le 14 mai 1975 sans consulter le gouvernement thaïlandais

La présence d'un si grand nombre de soldats américains, ainsi que ce qui était vu comme la dominance de l'économie locale par des compagnies américaines, semblait confirmer l'analyse maoïste du Parti Communiste de Thaïlande que ce pays était une "semi-colonie" des Etats Unis. Apres 1973, il y eu donc une campagne grandissante pour flanquer dehors les bases américaines. Cette campagne, qui fut stimulée par la défaite des Etats Unis au Vietnam et les nouvelles conséquences géopolitique qui en résultèrent, conduisit le premier ministre Kukrit à réclamer le retrait des Américains en mars 1975. Ce fut renforcé par une manifestation massive contre les bases américaines le 21 mars 1976. Peu après cela, les Etats Unis retirèrent finalement leurs troupes de Thaïlande.

Un autre domaine important dans lequel le mouvement étudiant était actif, fut celui des droits de l'homme et de la démocratie. Les Etudiants firent campagne pour rajouter plus d'amendements dans la Constitution de 1974 et ils se mobilisèrent contre la répression de l'état. Le 24 janvier 1974, les forces de sécurité du gouvernement attaquèrent et brulèrent le village de Na Sai situé dans la province du Nord-Est de Nong Khai. Trois villageois furent tués par les troupes gouvernementales. Initialement, le gouvernement prétendit que cette atrocité fut commise par les communistes, mais Tirayut Boonmi, fut capable de prouver publiquement que c'était le fait du gouvernement. Des pressions du mouvement étudiant obligèrent ce dernier à admettre le crime et à payer des compensations aux villageois. Le général Saiyut Kertpol, chef de la Communist Suppression Unit (Unité de Suppression des Communistes), fut aussi forcé d'avouer que la politique gouvernementale précédente avait été "trop dure".

L'incident de Na Sai fut suivi par la révélation d'un autre crime d'état dans la province du Sud de Patalung. Il est estimé qu'entre 1971 et 1973, les forces gouvernementales ont systématiquement arrêtées et interrogées des villageois, ce qui aboutit à plus de 3000 morts. Dans ce qui deviendra connu comme l'incident des Barils Rouges (Tang Daeng), les villageois furent tués et ensuite brulés dans des bidons d'essence ou jetés des hélicoptères.

(voir: http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/06/les-barils-rouges-de-phattalung.html)

En plus de dénoncer la répression d'état, des volontaires étudiants s'impliquèrent aussi dans la campagne, plutôt sponsorisée et patronnée par l'état, pour "diffuser les idées démocratiques parmi les gens du monde rural" lors des vacances d'été de 1974. Quoi qu'il en soit, cette campagne offrit l'opportunité pour des milliers d'étudiants urbains d'observer sur le terrain les problèmes sociaux des villages tout en renforçant la coopération future entre les étudiants et les petits fermiers dans la Triple Alliance. Cela contribua à élargir les activités des étudiants dans le domaine de la justice sociale et ils devinrent encore plus à gauche.

Sur le front culturel, les étudiants firent campagne pour l'art et la littérature pour être plus en harmonie avec la vie des gens ordinaires. C'était souvent influencé par les idées étroites et limitées du "réalisme socialiste" stalinien, qui pouvaient être trouvées dans les écrits de Jit Pumisak. Une exposition nommée "bruler la littérature" condamnait les livres conservateurs qui servaient les intérêts féodaux. Au même moment il y eu un fleurissement d'une nouvelle "littérature pour le peuple", d'un "théâtre pour le peuple" et la naissance de "chansons pour le peuple", qui parfois ajoutait des paroles thaïlandaises à la musique des "protest songs" occidentaux de la même période. Une campagne de critique fut aussi engagée contre le système d'éducation élitiste et compétitif. Cette dernière aboutie à un comité gouvernemental qui fut établi en 1975 dans le but de reformer l'éducation.

Une importante organisation qui émergea de ces activités culturelles fut la "Coalition des Artistes Thaïlandais", qui organisa une exposition de rue sur "l'Art Populaire" le long de l'avenue Rajchadamnern en octobre 1975. Ces artistes et étudiants d'art eurent aussi un rôle très important en produisant des affiches et des bannières de propagande contre l'influence de l'armée et les bases américaines. D'une certaine manière le mouvement artistique fut plus pluriel que beaucoup d'organisations estudiantines, étant influencé par les idées plus radicalement libertaires du mouvement occidental des années 1960 que par l'influence du P.C.T. Apres le bain de sang du 6 octobre 1976, beaucoup d'artistes partirent rejoindre les guérillas communistes de la jungle mais luttèrent pour maintenir leur esprit libre parmi l'étroite idéologie du P.C.T.

La politique des étudiants à l'intérieur des universités et collèges

Une importante conséquence de la victorieuse révolte du 14 octobre 1973 contre la dictature fut l'établissement de partis politiques de Gauche étudiants dans les universités et les lycées. Ces derniers se portèrent candidats pour l'union étudiante. Quelques-uns gagnèrent immédiatement tandis que les autres augmentèrent graduellement leur influence au dépend de la Droite. Au milieu de l'année 1976, la plupart des universités avaient des organismes étudiants de Gauche, y compris l'université Kasetsart qui était auparavant perçue comme un bastion de la Droite. Une fois que la victoire de la Gauche fut complète, le corps étudiant fut capable de s'unifier une fois de plus autour du National Student Centre avec Kriangkamol Laohapairote comme secrétaire général. Un effet de la victoire de la Gauche fut la disparition temporaire du système de séniorité puisque les étudiants étaient devenus plus égalitaires et actifs dans leur tentative de changer la société. Des camps d'été étudiants furent organisés à la campagne dans le but de partager des expériences avec les pauvres villageois et moins d'insistance fut placée sur les matchs de football inter-universités. Malgré le fait que les divers partis étudiants de l'aile Gauche dans les institutions variées étaient plus ou moins autonomes dans les structures officielles, ils partageaient la même idéologie qui était lourdement influencée par le maoïsme du Parti Communiste Thaïlandais. Cela peut être vu dans leur concentration sur des activités à la campagne, bien que beaucoup de groupes travaillaient aussi parmi les travailleurs urbains. En gros, le mouvement étudiant était un mouvement socialiste qui partageait l'analyse du P.C.T. comme quoi la Thaïlande était une société semi-féodale semi-colonie des Etats Unies. La lutte armée du P.C.T. à la campagne était perçue comme la clé pour bâtir une société meilleure. Beaucoup d'étudiants de gauche prirent aussi parti pour la direction du P.C.T. lors de disputes idéologiques comme celle qui opposa la direction du P.C.T avec l'ancien dirigeant communiste Pin Bua-orn. Ce dernier était opposé à la lutte armée adopté par le P.C.T. et voulait continuer la politique d’Alliance Inter-Classe stalinienne/maoïste que le Parti Communiste Thaïlandais avait défendue durant la période du régime de Pibul Songkram et au début de la dictature de Sarit Thannarat. Les groupes étudiants s'impliquèrent aussi aux cotés de la direction du P.C.T. sur la lutte de faction qui avait pris place en Chine vers la fin de la Révolution Culturelle.

L'influence du P.C.T. à l'intérieur du mouvement étudiant n'était pas une conspiration secrète. Elle reflétait la montée des idées de Gauche parmi beaucoup de gens dans la société thaïlandaise. En pratique, cette influence du Parti Communiste Thaïlandais dans le corps étudiant provenait de 3 sources principales. La première est que le P.C.T. était le seul parti politique de l'aile Gauche qui avait une analyse cohérente de la société et un plan d'action clair. Cela voulait dire naturellement que beaucoup de ceux qui recherchaient une réponse, se tournerait vers le Parti Communiste Thaïlandais, spécialement après les victoires des divers partis communistes dans les pays voisins d'Indochine. La seconde est que de jeunes membres (Yor) du P.C.T. ainsi que des membres ainés (Sor) étaient actifs à l'intérieur même du mouvement étudiant. Certains avaient été recrutés lorsqu'ils étaient encore au lycée et d'autres, après être entrés à l'université. Le recrutement était un long processus, impliquant des petits groupes secrets d'études organisé parmi des relations, mais cela aida à éduquer les activistes à l'idéologie du P.C.T. La troisième est que des articles exprimant la stratégie politique du Parti Communiste Thaïlandais étaient imprimés dans des journaux étudiants comme Atipat et que la station de radio du P.C.T., La Voix du Peuple de Thaïlande, était très populaire parmi beaucoup de gens à cette époque.

Il serait tout à fait faux de croire que les dirigeants étudiants, même ceux qui étaient membres du parti, recevaient des ordres direct du Comité Central du P.C.T. D'abord parce que les dirigeants du parti étaient au loin dans la campagne et ensuite parce que le parti ne vit jamais la lutte urbaine comme étant centrale dans la stratégie maoïste globale. Pour cette raison, on peut supposer que, durant la période entre 1973 et 1976, les activistes étudiants possédaient un degré élevé d'indépendance dans la direction et l'organisation, bien qu'ils acceptaient l'analyse politique globale du parti. C'est d'ailleurs confirmé par beaucoup d'activistes étudiants de cette période.

Comme déjà mentionné plus haut, entre 1973 et 1976, les partis étudiants de gauche gagnèrent graduellement les élections. A l'université Thammasart le Parti Palang Tum (Parti de la Force Morale) fut fondé juste avant la révolte d'octobre 1973 et il gagna un nombre substantiel d'élections, soutenant Peerapol Triyakasem comme son candidat. A l'université ouverte Ramkamhaeng, le Parti Sajja-Tum (Parti de la Vérité Morale) pris graduellement le dessus sur des partis plus centristes, gagnant la direction du corps étudiant en 1975. A l'université Chulalongkorn le Parti Chula Prachachon (Parti du Peuple de Chula) gagna les élections en 1976 contre un parti de droite et Anek Laothamatas devint président des étudiants. A Mahidol et Sri-Nakarin les partis de gauche gagnèrent aussi les élections et, à Chiangmai, Chaturon Chaisaeng du Parti Pracha Tum Party (Parti du Peuple Moral) gagna l'élection de l'union des étudiants en 1976.

Le glissement progressif vers des politiques de gauche parmi les étudiants pendant la période 1973-1976, jusqu'à que la Gauche devienne l'influence principale, refléta la polarisation entre la Droite et la Gauche qui prenait place dans une large société. A partir de ça nous pouvons comprendre pourquoi la classe dirigeante devint déterminé à faire n'importe quoi, y compris utiliser la force si nécessaire pour détruire le mouvement étudiant et ses tentatives aboutirent au bain de sang du 6 octobre 1976 à l'université Thammasat.

14 octobre 1973; des centaines de milliers de Thaïlandais dans les rues de Bangkok

14 octobre 1973; des centaines de milliers de Thaïlandais dans les rues de Bangkok

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13 octobre 2014 1 13 /10 /octobre /2014 06:20

Noam Chomsky avait déjà tout compris sur la Thaïlande et sur le reste du monde en 1971.

Voici un extrait de l'essai de Noam Chomsky "Pour la défense du mouvement étudiant" écrit en 1971 (comme quoi, l'histoire se répète ou se confirme):

"Les dangers de la guerre nucléaire et ses conséquences sont évidemment immense et ne nécessitent aucun commentaire. Mais le problème de la répression, de l'institution de formes dictatoriales, est celui qui peut certainement faire le plus parler de lui, et est très grave. Par exemple, l'année dernière, il y a eu beaucoup de rapports dans les journaux sur les développements politiques en Thaïlande. Mais il y a un certain nombre de choses qui n'ont pas été mentionnées dans ces rapports. En particulier, un long article a été publié dans le New York Times à propos de la réapparition soudaine à Pékin d'un homme nommé Pridi Banomyong, qui était tout simplement identifié comme un leader communiste thaïlandais et qui était devenu tout à coup d'une certaine importance pour la Chine. Cependant, il y a des faits historiques intéressants, qui ne sont pas signalé dans l'article, notamment sur les causes de sa loyauté vis-à-vis de Pékin.

Si on se penche sur l'histoire de ces évolutions, on trouve des choses importantes. En 1932, Pridi Banomyong était le leader du mouvement de réforme libérale qui a essayé d'introduire des institutions parlementaires en Thaïlande et a renversé la monarchie absolue. Il fut lui-même renversé peu après, puis, pendant la Seconde Guerre mondiale, a combattu aux côtés de l'OSS américaine dans le mouvement de guérilla "Free Thai" contre les Japonais tandis que la Thaïlande était sous la domination d'un dictateur fasciste qui avait formé une alliance avec le Japon. En 1946-47, Pridi a mené un mouvement libéral pour la réforme parlementaire et a remporté les seules élections libres de l'histoire de la Thaïlande. Mais il n'a pratiquement pas reçu de soutien de la part des États-Unis et a été rapidement renversé par un coup d'Etat. En 1948, le dictateur fasciste qui avait collaboré avec les Japonais était de retour au pouvoir. Il a été immédiatement reconnu par les États-Unis et, compte tenu de leur aide économique et militaire très importante, a pu développer la Thaïlande comme l'un des prétendus bastions de la liberté en Asie du Sud-Est.

En fait, la Thaïlande est devenue l'une des dictatures les plus répressives, sanglantes et vicieuses du monde. Ses crimes énormes sont rapportés dans les documents historiques d'un livre écrit par un libéral pro-Kennedy nommé Frank Darling, qui explique, avec beaucoup de détail, le rôle des Etats-Unis dans cette répression de l'après-guerre, après le coup d'Etat. Et il souligne quelque chose que le New York Times n'a pas pris la peine de mentionner; à savoir, qu'après que Pridi ait été renversé par un coup d'Etat qui a été reconnu immédiatement par les États-Unis, ce dernier est resté en Thaïlande pendant quelques années avant de s'enfuir en Chine, de sorte qu'en 1954, le réformateur libéral qui avait combattu contre les Japonais, main dans la main avec les Américains, avait dû se réfugier en Chine communiste, et le dictateur fasciste, qui s'était allié avec les Japonais et nous avait déclaré la guerre, avait repris le pouvoir en Thaïlande, tout en maintenant une dictature militaire autoritaire avec un soutien militaire américain important.

Ce qui selon M. Darling était "ironique"! Il conclut alors et résume la situation comme suit:

"Le vaste soutien matériel et diplomatique des États-Unis pour les chefs militaires thaïlandais a contribué à empêcher l'émergence d'un groupe de concurrents qui auraient pu contester cette tendance à la domination politique absolue et conduire le pays à une forme de gouvernement plus moderne."

La dernière partie de la phrase est intéressante: "conduire le pays à une forme de gouvernement plus moderne." Elle est tout à fait appropriée parce que les Thaïlandais avaient déjà eu une forme de gouvernement plus moderne en 1946-47 sous la direction d'un réformateur libéral qui est maintenant réfugié en Chine communiste; et c'est l'aide militaire américaine qui a très largement créé cette situation dans laquelle on espère maintenant qu'ils pourraient revenir à cette forme de gouvernement plus moderne.

Ceci est un exemple assez typique de l'impact américain sur les pays les moins développés. Dans le cas où nous échapperions à la guerre nucléaire, les perspectives de paix sont vraiment des perspectives de paix en prison ou de paix au cimetière si les tendances actuelles se poursuivent. Il est intéressant de noter que Darling, s'il déplore les conséquences de nos actions en Thaïlande, exhorte néanmoins à ce que nous continuions à peu près comme avant. Il exprime ainsi la voix prédominante dans la société américaine: "Les conséquences de nos actions sont déplorables, mais ce n'est pas notre faute, nous n'avons pas le choix, nous devons continuer." Cependant, bien sûr, ce n'est pas tout à fait la voix prépondérante parce que Frank Darling est avant tout un libéral, un analyste de la CIA et fondamentalement un libéral pro-Kennedy."

 

Lien de l'essai "Pour la défense du mouvement étudiant" en anglais:

http://www.chomsky.info/articles/1971----03.htm

 

Si vous désirez en savoir plus sur Pridi Banomyong, lisez donc "Mon adolescence révolutionnaire" en cliquant sur le lien suivant:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-mon-adolescence-revolutionnaire-par-pridi-banomyong-109171714.html

Noam Chomsky

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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 16:38

Double meurtre en Thaïlande. Les autorités doivent enquêter sur les allégations de torture et respecter les droits humains

 

Lien de la déclaration d'Amnesty International:

http://www.amnesty.fr/Presse/Communiques-de-presse/Double-meurtre-en-Thailande-Les-autorites-doivent-enqueter-sur-les-allegations-de-torture-et-respect-12804

 

Les autorités thaïlandaises doivent veiller à ce qu’une enquête indépendante et approfondie soit menée sur les allégations de plus en plus nombreuses faisant état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés par des policiers, et respecter les droits de la défense dans le cadre de l’enquête concernant le meurtre de deux touristes sur l’île de Koh Tao, a déclaré Amnesty International mardi 7 octobre.

À la suite de l’arrestation de deux ressortissants du Myanmar pour le meurtre de Hannah Witheridge et Andrew Miller en septembre, un avocat de l’équipe juridique de l’ambassade du Myanmar, qui a rencontré ces détenus, a déclaré que l’un d’eux avait affirmé que des policiers l’avaient battu et menacé d’électrocution.  

De nombreuses sources ont signalé des actes de torture et d’autres traitements cruels, inhumains et dégradants subis par d’autres travailleurs migrants originaires du Myanmar arrêtés par la police dans le cadre de cette enquête.

"Les autorités thaïlandaises doivent diligenter une enquête indépendante, efficace et transparente sur les allégations de plus en plus nombreuses faisant état d’actes de torture et d’autres mauvais traitements infligés par des policiers, a déclaré Richard Bennett, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

"La pression qu’implique la mission d’élucider un crime ayant recueilli une attention considérable ne doit pas entraîner des violations des droits humains, notamment du droit à un procès équitable."

Hannah Witheridge, 23 ans, et Andrew Miller, 24 ans, ont été tués aux premières heures du 15 septembre sur l’île touristique de Koh Tao.

Selon certaines informations, des policiers ont battu des travailleurs migrants originaires du Myanmar interrogés dans le cadre de cette affaire, les ont menacés et ont versé de l’eau bouillante sur eux.

La mère de l’un d’eux aurait déclaré que la police thaïlandaise avait ordonné aux détenus torturés ou soumis à d’autres mauvais traitements de ne pas parler aux médias et les avait menacés.

"Les autorités doivent protéger des menaces et des actes de représailles toute personne, quel que soit son statut migratoire, qui signale ou évoque des actes de torture ou d’autres mauvais traitements, et fournir une pleine réparation aux victimes, a déclaré Richard Bennett.

"Elles doivent également veiller à ce que les prétendus aveux et autres informations extorqués au moyen de la torture ne soient pas admis à titre de preuve devant les tribunaux, hormis pour prouver que des actes de torture ont été commis."

En mai 2014, le Comité des Nations unies contre la torture a exprimé sa vive inquiétude au sujet des allégations persistantes indiquant que les membres de l’armée, de la police et de l’administration pénitentiaire thaïlandaises ont fréquemment recours à la torture et à d’autres formes de mauvais traitements sur des détenus. Il a engagé les autorités à prendre des mesures immédiates et efficaces pour enquêter sur ces allégations, traduire en justice les responsables présumés et les punir.

"L’enquête sur ces allégations de torture doit être menée par un organe indépendant, et certainement pas par la police elle-même", a déclaré Richard Bennett.

Les autorités ont déjà fait participer les suspects à une reconstitution publique et télévisée du crime, qui a porté atteinte à leur droit d’être présumés innocents.

"Tous les suspects doivent bénéficier du respect de leur droit à un procès équitable, qui revêt une importance particulière lorsqu’il s’agit d’un crime potentiellement passible de la peine capitale", a déclaré Richard Bennett.

Amnesty International est opposée en toutes circonstances à la peine de mort, qui constitue le châtiment le plus cruel, inhumain et dégradant qui soit, ainsi qu’une violation du droit à la vie.

Les deux jeunes immigrés birmans torturés par la police thaïlandaise

Les deux jeunes immigrés birmans torturés par la police thaïlandaise

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11 octobre 2014 6 11 /10 /octobre /2014 09:39

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/10/09/prayut-travels-to-burma-to-meet-his-only-true-friends/

 

Le voyage du général Prayut en Birmanie est une tentative pathétique de sa part pour être vu comme un "homme d'Etat international". La vérité est que si le chef de la junte thaïlandaise avait fait une demande de voyage officiel à tout pays ayant une démocratie véritable, elle aurait été refusée. C'est un paria doublé d'un embarras. Donc, il doit se tourner vers ses meilleurs amis, les militaires birmans.

La Thaïlande et la Birmanie se sont beaucoup rapprochées et sont devenues très semblable après le récent coup d'Etat. La junte birmane a beaucoup d'expérience dans le trucage des élections et la construction d'un système politique où les élus n'ont aucun pouvoir réel. Qui plus est, seul le "bon type de personnes" peut exercer une haute fonction en Birmanie. Les élections sont une mascarade pour faire semblant. C'est exactement la conception qu'ont Prayut et son équipe d'antidémocrates pour la Thaïlande en ce moment. Ils veulent mettre en place un système politique où les élections auront peu de poids et où les politiciens comme Taksin et Yingluk seront interdits.

La plupart des médias internationaux pensent que rien de substantiel en termes d'accords économiques ne sortira du voyage de Prayut en Birmanie. La promotion de l'image et le renforcement de l'amitié mutuelle sont les principales raisons de ce voyage.

Le régime birman peut poliment protester contre la torture de deux travailleurs migrants birmans, qui a aboutie à ce qu'on appelle une confession pour les meurtres brutaux de deux touristes britanniques, mais cela ne sera que pour la galerie. La dure réalité est que les généraux birmans se sont donné la part du lion de la richesse en Birmanie, tout en négligeant le bien-être économique et social des gens ordinaires. C'est pourquoi des millions de Birmans cherchent du travail au-delà des frontières. La junte thaïlandaise est également occupée à exploiter et abuser les travailleurs migrants. Ses politiques économiques, y compris l'idéologie du roi d'économie de suffisance, favorisent les riches et les généraux thaïlandais sont occupés à accumuler leur propre richesse.

Aussi bien la junte thaïlandaise que le régime birman ont peu de respect pour les minorités ethniques qui luttent pour l'autonomie et la liberté.

Aussi bien la junte thaïlandaise que le régime birman n'hésitent pas à recourir à la violence brutale contre des gens qui sont en désaccord avec eux. Prayut est le militaire clé qui a ordonné le massacre des Chemises rouges pro-démocratie en 2010.

L'amitié entre les citoyens de Birmanie et ceux de Thaïlande serait une bonne chose. Une réduction du racisme thaïlandais contre les migrants en provenance de Birmanie serait aussi un énorme pas en avant.

Mais l'amitié entre les dirigeants despotiques de la Thaïlande et de la Birmanie ne sera pas bénéfique aux citoyens des deux pays. C'est un autre obstacle à la construction de la liberté et de la démocratie de part et d'autre de la frontière.

Nous avons besoin de solidarité à travers les frontières entre les gens qui veulent se battre pour la démocratie.

Les militaires birmans

Les militaires birmans

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10 octobre 2014 5 10 /10 /octobre /2014 12:35

Une interview de Jaran Ditapichai par Adrien Le Gal du journal Le Monde

Lien:

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/10/03/la-communaute-internationale-doit-faire-pression-sur-la-junte-thailandaise_4500140_3216.html

 

Jaran Ditapichai est un des représentants des Chemises rouges, mouvement proche de l’ancien premier ministre thaïlandais Thaksin Shinawatra et hostile au coup d’Etat militaire du 22 mai, qui a porté au pouvoir le général Prayuth Chan-Ocha. Né en 1947 dans la province de Phatthalung, dans le Sud thaïlandais, Jaran Ditapichai est une des figures de la révolution étudiante de 1973 à Bangkok. Après la répression de 1976, il rejoint le Parti communiste thaïlandais et entre dans la clandestinité, avant de trouver refuge à Paris entre 1984 et 1999. Dans les années 2000, il fait partie de la Commission thaïlandaise des droits de l’homme, une ONG. Depuis le coup d’Etat du 22 mai, il est entré en dissidence et a de nouveau rejoint la France, où il a demandé l’asile politique.

 

Adrien Le Gal - Que s’est-il passé pour vous depuis le coup d’Etat du 22 mai?

 

Jaran Ditapichai - Après avoir pris le pouvoir, les militaires ont convoqué 150 personnes supposées hostiles au coup d’Etat, dont moi. La plupart ont répondu à la convocation parce qu’elles n’avaient aucune idée de comment elles pouvaient se cacher. Elles ont été détenues quelques jours, puis relâchées, pour toutes celles qui n’étaient pas accusées d’un crime de lèse-majesté. Moi j’ai choisi de ne pas me rendre à la convocation. J’ai traversé clandestinement la frontière avec le Cambodge, et trois semaines plus tard je suis arrivé en France. Entre-temps, mon passeport thaïlandais a été annulé et une enquête pour crime de lèse-majesté a été ouverte à mon sujet.

 

Adrien Le Gal - Que vous reproche la justice thaïlandaise?

 

Jaran Ditapichai - D’avoir été l’un des organisateurs d’une représentation de théâtre, l’an dernier, à l’occasion du 40e anniversaire de la manifestation étudiante du 14 octobre 1973, qui avait fait tomber la dictature militaire. Les autorités ont considéré que cette pièce critiquait la monarchie, et aujourd’hui, deux personnes sont toujours détenues pour y avoir participé.

 

Adrien Le Gal - Pourquoi le gouvernement issu du coup d’Etat militaire est-il aussi prompt à réprimer le crime de lèse-majesté?

 

Jaran Ditapichai - Ce thème est central dans la crise thaïlandaise actuelle. Après le coup d’Etat de 2006, qui a renversé Thaksin Shinawatra, des Thaïlandais ont critiqué l’implication du Roi dans la politique thaïlandaise, ainsi que son immense fortune – c’est le souverain le plus riche du monde. C’était du jamais vu dans l’histoire du pays. L’armée ne savait pas comment faire cesser ce phénomène, et elle a pris le pouvoir. Le coup d’Etat du 22 mai avait pour objectif de stopper ceux qui critiquent la monarchie et de détruire le Pheu Thai ["Pour les Thaïlandais"], le parti pro-Thaksin, que les militaires considèrent comme trop puissant électoralement.

 

Adrien Le Gal - En tant que membre des Chemises rouges, êtes-vous pour l’abolition pure et simple du crime de lèse-majesté?

 

Jaran Ditapichai - Il faudrait en tout cas réformer la législation. Aujourd’hui, n’importe quel citoyen peut accuser un autre de ce crime auprès de la police. Les personnes arrêtées ne sont pas libérées sous caution jusqu’à la fin de la procédure, qui peut durer plusieurs années. Enfin, les peines prévues, entre cinq et quinze ans de prison, sont trop sévères.

 

Adrien Le Gal - Aujourd’hui, où en est le mouvement des Chemises rouges?

 

Jaran Ditapichai - Huit ans se sont écoulés depuis le coup d’Etat de 2006. Beaucoup de militants sont découragés, ont dû s’enfuir, se cacher, certains ont été tués… Mais en Thaïlande, les représentants du gouvernement renversé le 22 mai sont de plus en plus virulents. A l’étranger, nous avons fondé l’Organisation des Thaïlandais libres pour les droits de l’homme et la démocratie (FTHD), que je représente en Europe. Nous souhaitons interpeller la communauté internationale, afin qu’elle mette la pression sur le gouvernement de Prayuth, par exemple en refusant de vendre des armes à l’armée thaïlandaise. Le mécontentement grandit en Thaïlande. Dans quelques mois, il y aura sans doute des manifestations importantes contre les militaires.

 

Adrien Le Gal - Comment jugez-vous l’action de Prayuth Chan-ocha depuis son arrivée au pouvoir?

 

Jaran Ditapichai - Je trouve qu’il n’est pas très intelligent et qu’il dit beaucoup de bêtises, comme on l’a vu dans l’affaire des bikinis [après le meurtre de deux touristes britanniques, le 15 septembre, Prayuth Chan-ocha s’était publiquement interrogé : "Peuvent-elles être en sécurité en bikini ? A moins qu’elles ne soient pas belles"]. Il affirme presque tous les jours qu’il va donner "du bonheur au peuple", qu’il va lutter contre la corruption, mais on sait qu’il n’y croit pas lui-même.

 

Adrien Le Gal - Que pensez-vous de l’intention affichée par Prayuth Chan-ocha de réconcilier les deux clans rivaux en Thaïlande, les Chemises rouges et les Chemises jaunes (militants ultraroyalistes, souvent issus des classes favorisées de Bangkok)?

 

Jaran Ditapichai - Ce n’est pas possible, le fossé est trop grand. Les Chemises jaunes ne croient pas en la démocratie, ils estiment que les élections ne profitent qu’aux hommes politiques corrompus. Ils se considèrent comme des saints et nous considèrent comme des démons. Cette situation durera pendant encore dix ou vingt ans.

 

Adrien Le Gal - Les Chemises jaunes estiment que les membres des Chemises rouges, fortement représentés dans les régions pauvres de la Thaïlande, sont ignorants en matière politique…

 

Jaran Ditapichai - Oui, ils disent que nous sommes comme des buffles [une expression péjorative en thaï]… Mais c’est une méconnaissance de leur part. Dans la Thaïlande d’aujourd’hui, lorsque l’on va dans les villages, on constate au contraire que les gens sont très instruits, très au fait de l’actualité politique. Ils lisent des journaux, vont sur Internet, écoutent des disques politiques… A Bangkok, les chauffeurs de taxi, qui sont souvent pro-Thaksin, parlent facilement de l’actualité avec leurs clients. Il est facile de constater qu’ils ont une bonne culture politique et qu’ils sont bien informés.

 

Adrien Le Gal - Dans les années 2000, en tant que militant des droits de l’homme, vous vous êtes montré très critique envers Thaksin Shinawatra. Aujourd’hui, vous vous retrouvez dans le même camp que lui…

 

Jaran Ditapichai - A l’époque, j’ai en effet dénoncé la violence de la répression contre la drogue. Mais je fais la distinction entre ce qui s’est passé quand il était premier ministre et la situation actuelle. De mon côté, j’ai toujours été un militant des droits de l’homme, et donc un opposant aux coups d’Etat militaires. Par ailleurs, aujourd’hui, Thaksin essaie de se faire discret. Il veut retourner en Thaïlande, que ce soit par le compromis ou par la lutte politique, et depuis le coup d’Etat il est difficile d’avoir accès à lui, même pour l’opposition en exil.

 

Adrien Le Gal - Qu’en est-il de la gauche en Thaïlande?

 

Jaran Ditapichai - Elle n’existe pratiquement pas. Mais il y a quand même des clivages économiques entre les rouges et les jaunes : les rouges sont des libéraux. Mais certains jaunes, qui interprètent à leur manière la philosophie du roi Bhumibol Adulyadej sur l’autosuffisance du pays, veulent que la Thaïlande se déconnecte de l’économie mondiale. A mon sens, cela serait une erreur.

Jaran Ditapichai, le 25 septembre à Paris

Jaran Ditapichai, le 25 septembre à Paris

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9 octobre 2014 4 09 /10 /octobre /2014 14:14

Suite à notre article "Des boucs émissaires birmans dans une affaire de meurtre en Thaïlande", nous avons reçu une douzaine de courriels en anglais et en français envoyé par des résidents de Koh Tao. Ces gens veulent rester anonymes car ils vivent sur place et ont très peur de cette famille capable d'influer sur les conclusions de l'enquête de police.

Voici en gros ce que ces personnes disent:

Les responsables du meurtre et du viol d'Hannah Witheridge et de l'assassinat de David Miller qui tentait de la défendre seraient un homme nommé Warot Tuwichian ainsi qu'un ami à lui non identifié. Warot Tuwichian a oublié sur place un préservatif qui contenait bien sûr son ADN.

Warot Tuwichian est le fils de Montriwat Tuwichian, agé de 45 ans, et gérant du AC Bar, un bar fréquenté par les jeunes touristes et recommandé par le guide de voyage "Lonely Planet".

Montriwat Tuwichian

Montriwat Tuwichian

La recommandation du guide de voyage "Lonely Planet"

La recommandation du guide de voyage "Lonely Planet"

Montriwat Tuwichian est visiblement l'homme à gauche sur la photographie prise par un touriste des deux Thaïlandais qui ont menacé Sean McAnna, le jeune témoin écossais.

Koh Tao: Un membre d'une famille mafieuse locale serait-il le responsable du meurtre des deux jeunes touristes britanniques?

Là où ça se complique, c'est que le frère de Montriwat Tuwichian, et donc l'oncle du supposé violeur et assassin, n'est autre que Voraphan Toovichien, un politicien mafieux local, maire de Koh Tao et aussi un important membre de la section de Surat Thani du Parti Démocrate.

Koh Tao: Un membre d'une famille mafieuse locale serait-il le responsable du meurtre des deux jeunes touristes britanniques?

Le chef du Parti Démocrate de la province de Surat Thani (dont dépend l'ile de Koh Tao) n'est autre que Suthep Thaugsuban, l'homme qui a créé le PDRC et organisé les manifestations qui ont donnée à l'armée le prétexte pour faire un coup d'Etat.

Suthep Thaugsuban qui porte le même bracelet jaune que Montriwat Tuwichian sur la photo ci-dessus

Suthep Thaugsuban qui porte le même bracelet jaune que Montriwat Tuwichian sur la photo ci-dessus

Voraphan Toovichien a été un des organisateurs du PDRC dans la province de Surat Thani et a donc le soutien des militaires. Il aurait donc ordonné aux policiers de détruire le préservatif contenant l'ADN de son neveu et de ramasser un mégot de cigarette dans un endroit de la plage ou les jeunes birmans avaient l'habitude de jouer de la guitare une fois leur travail terminé et de prétendre l'avoir trouvé sur les lieux du crime. Ensuite, les jeunes birmans ont été torturés afin d'extraire des aveux.

Les jeunes birmans sont depuis revenus sur leurs aveux et ont affirmés avoir été torturés.

Malgré tout, ils seront probablement condamnés à mort car il s'agit de protéger la réputation d'une famille mafieuse de Koh Tao.

Les jeunes birmans qui seront probablement condamné à mort

Les jeunes birmans qui seront probablement condamné à mort

Lien de notre article "Des boucs émissaires birmans dans une affaire de meurtre en Thaïlande":

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/10/des-boucs-emissaires-birmans-dans-une-affaire-de-meurtre-en-thailande.html  

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8 octobre 2014 3 08 /10 /octobre /2014 07:27

Une déclaration de l'Asian Human Rights Commission (AHRC)

Lien:

http://www.humanrights.asia/news/ahrc-news/AHRC-STM-177-2014

 

La Commission asiatique des droits de l'homme (AHRC) est gravement préoccupée par le maintien en détention sans inculpation de Patiwat et de Pornthip, qui sont détenus dans le cadre d'une plainte déposée contre eux pour violation alléguée de l'article 112 du Code criminel de la Thaïlande. Patiwat, 23 ans, étudiant de cinquième année à la faculté des Beaux-arts et arts appliqués à l'Université de Khon Kaen, a été arrêté le 14 août 2014 dans la province de Khon Kaen et est actuellement détenu dans la maison d'arrêt de Bangkok. Pornthip, 25 ans, diplômée de la Faculté de science politique à l'Université Ramkhamhaeng et militante, a été arrêtée le 15 août 2014 à l'aéroport de Hat Yai, et est actuellement détenue dans la prison centrale pour femmes. La plainte est en relation avec leur participation à la représentation d'une pièce, "La fiancé du Loup" (Jao Sao Ma Pa) à l'Université Thammasat en octobre 2013 pour commémorer le quarantième anniversaire du soulèvement du 14 octobre 1973. Au moment de leur arrestation, l'AHRC avait fait remarquer que leur emprisonnement, pour avoir exercé leur liberté d'expression dans une pièce de théâtre, était une indication de la criminalisation continue de la pensée et de l'expression en Thaïlande, suite au coup d'Etat du 22 mai 2014 par le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO). Leur maintien en détention sans inculpation est un rappel quotidien de l'aggravation de la crise des droits de l'homme depuis le coup d'Etat.

L'article 112 du Code pénal stipule que: "Quiconque, diffame, insulte ou menace le roi, la reine, l'héritier présomptif ou le régent, sera puni d'un emprisonnement de trois à quinze ans." L'utilisation de l'article 112 est très politisée et il a souvent été utilisé comme moyen pour faire taire les voix dissidentes, en particulier lors des moments de crise de régime. Bien que cette mesure fasse partie du Code criminel depuis sa dernière révision en 1957, il y a eu une augmentation exponentielle du nombre de plaintes déposées depuis le coup d'Etat du 19 septembre 2006 et cette augmentation s'est encore multipliée après le coup d'Etat du 22 mai 2014. Selon les informations recueillies par le site de dialogue Internet sur la réforme du droit (iLaw), il y aurait quinze nouvelles affaires pendantes devant divers tribunaux criminels à travers le pays ainsi que le tribunal militaire de Bangkok. Dans ce cas, ainsi que dans d'autres, la manière dont l'action a été prise à l'encontre de Patiwat et Pornthip, seulement maintenant, dix mois après la présentation de la pièce en question, suggère qu'à suite du coup d'Etat, le passé est devenu un catalogue ouvert des actes et de la parole qui peut être criminalisé de manière rétroactive.

Le 1er octobre 2014, les autorités ont demandé une nouvelle prolongation de leur détention alors qu'elles continuent leur enquête sur Patiwat et Pornthip. La Cour pénale a accordé la prolongation. C'est la sixième fois que leur détention a été prolongée par la Cour. Dans le cas de Patiwat, son premier ordre de détention a été approuvé par la Cour le 15 août 2014, pendant 12 jours. Dans le cas de Pornthip, son premier ordre de détention a été approuvé par la Cour le 16 août 2014, pendant 12 jours. Pour les deuxième et troisième ordres de détention des deux prisonniers, le tribunal a accordé une période supplémentaire de 12 jours de détention à chaque fois. Pour le quatrième ordre de détention, la Cour a accordé six jours de détention aux deux, et pour le cinquième ordre de détention, la Cour a accordé six jours de détention pour Patiwat et 5 jours de détention pour Pornthip. Pour le sixième ordre de détention, le procureur a affirmé avoir tout juste reçu le dossier de l'enquête et n'avoir pas eu le temps nécessaire pour l'examiner, et la Cour a accordé une prolongation de 12 jours. Cela signifie qu'aujourd'hui (6 octobre 2014), Patiwat est détenu depuis 52 jours et Pornthip depuis 53 jours. Les avocats ont adressé des réclamations contre les ordres de détention subséquents au premier d'entre eux, mais la Cour les a rejetées à chaque fois. En outre, aussi bien Patiwat que Pornthip ont demandé trois fois la libération sous caution, mais la Cour a refusé à chaque fois. Lors de la prochaine audience, qui aura lieu pour tous les deux le 13 octobre prochain, le procureur doit prendre la décision ou non de formellement inculper Patiwat et Pornthip de violation de la loi ou les libérer sous caution tandis que l'enquête se poursuit ou que la plainte contre eux soit rejetée.

Peu de temps après les premières arrestations en août dernier, l'AHRC a noté dans un communiqué que, bien que des périodes prolongées sans inculpation de détention provisoire soient devenues monnaie courante dans les cas d'allégations de violation de l'article 112, les autorités thaïlandaises, en tant qu'État partie du Pacte international relatif aux droits civils et les droits politiques (PIDCP), ont l'obligation de respecter le droit à la libération temporaire.

Cependant, l'AHRC tient à rappeler à la junte, la police métropolitaine de Bangkok et la Cour pénale que l'article 9 (3) du PIDCP affirme que, "Tout individu arrêté ou détenu du fait d'une infraction pénale doit être aussitôt traduit devant un juge ou un autre magistrat habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaires, et devra être jugé dans un délai raisonnable ou libéré. ​​Cela ne doit pas être la règle générale que les personnes en attente de jugement soient placées en détention, mais leur liberté peut être subordonnée à des garanties assurant leur comparution lors du procès, ainsi qu'à tout autre stade de la procédure judiciaire, et, le cas échéant, à l'exécution du jugement". Dans le cas de Patiwat et Pornthip, ils ont été privés de liberté provisoire avant même d'être inculpés. Comme pour d'autres cas relatifs à l'article 112, la Cour pénale a prétendu que ce refus était dû au motif que s'ils étaient reconnus coupable, ils seraient soumis à une lourde peine et seraient donc susceptibles de s'enfuir.

Dans une déclaration à l'Assemblée générale des Nations Unies à New York le 27 septembre 2014, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères Tanasak Patimapagorn a affirmé que malgré le coup d'Etat, la Thaïlande reste attaché aux droits de l'homme et que, "La démocratie devait être fondée sur le respect de la primauté du droit. Et qu'une bonne gouvernance signifiait la transparence, la responsabilité et l'égalité d'accès à la justice." Le ministre des Affaires étrangères a parlé avec éloquence en faveur de la candidature de la Thaïlande pour le Conseil des droits de l'homme pour la période de 2015 à 2017 et de celle pour le Conseil de sécurité pour la période de 2017 à 2018. Toutefois, compte tenu de la forte baisse des droits de l'homme et des fortes disparités pour l'accès à la justice à la suite du coup d'Etat, qui comprennent le maintien en détention sans inculpation de Patiwat et Pornthip pour leur participation à la représentation d'une pièce de théâtre, cette déclaration ne peut pas être considéré comme sincère.

La Commission asiatique des droits de l'homme demande instamment au Conseil national pour la paix et l'ordre d'agir avec sincérité selon les principes de démocratie et de droits de l'homme dont le ministre des Affaires étrangères Tanasak a parlé à l'Assemblée générale des Nations Unies. Un moyen concret de le faire serait de libérer immédiatement aussi bien Patiwat que Pornthip et de décider que les enquêtes contre eux et les autres personnes poursuivies en vertu de l'article 112, soient annulées. La Commission asiatique des droits de l'homme condamne sans équivoque le coup d'Etat dans les termes les plus forts possibles et tient à exprimer sa vive préoccupation face à la négation de la liberté d'expression et à l'expansion de la chasse aux sorcières contre ceux qui expriment, ou ont exprimé dans le passé, des critique ou opinions dissidentes. Penser différemment que la junte n'est pas un crime.

Pornthip, 25 ans, actuellement détenue dans la prison centrale pour femmes de Bangkok

Pornthip, 25 ans, actuellement détenue dans la prison centrale pour femmes de Bangkok

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