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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 09:27

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/09/24/inequality-in-biscuit-tin-land/

 

L'Office national de l'économie et du développement social a publié une étude récente qui a montré que près d'un quart de la population thaïlandaise (15,6 millions de personnes) vivent dans la pauvreté. Dans le même temps, 0,1% des élites les plus riches possèdent près de la moitié des actifs de la nation. Les riches propriétaires possèdent près de 80% des terres tandis que les 20% les plus pauvres n'en disposent que de 0,3%. Les Thaïs qui font partie du top des 10% gagnent 40% du revenu global, tandis les 10% les plus pauvres n'en gagnent que 1,6%.

Nous savons que le Roi est l'homme le plus riche de Thaïlande et l'un des hommes les plus riches du monde. Pourtant, il a l'audace de faire la leçon aux citoyens avec son idéologie néo-libérale "d'économie de suffisance", où les pauvres doivent apprendre à vivre selon leurs moyens. D'autres millionnaires thaïlandais approuvent ce credo tout en mettant leur museau dans l'auge.

La junte militaire de Prayut a, comme d'habitude, adopté cette idéologie réactionnaire comme une importante pierre angulaire de sa politique.

Cette semaine, il a été annoncé que les fonds publics pour le régime de soins de santé universels, créés par le gouvernement de Taksin, seraient gelés. Ils espèrent ouvrir la voie à un système de co-paiement pour remplacer les soins de santé gratuits.

Auparavant, la junte avait elle-même contribué à une forte augmentation du budget militaire.

Les Thaïlandais utilisent l'expression "sous une coque de noix de coco" pour désigner le pays, où les gens sont forcés de se soumettre à des lobotomies politiques. Maintenant, la Thaïlande est devenue le "biscuit-tin land", après qu'un universitaire pro-démocratie ait assisté à une réunion de la direction de l'université en portant une boîte de biscuits sur la tête. Il protestait contre un collègue universitaire qui avait accepté une position supplémentaire avec la junte tout en conservant son poste universitaire. Le port d'une boîte de biscuits est maintenant devenu un nouveau symbole de résistance et la junte vient d'interdire un séminaire académique sur la question à la Faculté de droit de l'Université de Chiang Mai.

Après l'interdiction d'autres séminaires universitaires à Bangkok et des arrestations d'étudiants, Prayut, le dictateur au cerveau de biscuit, a annoncé qu'il n'y avait "pas de restriction à la liberté académique". Tout ce que la junte ordonnait, c'est que la politique ne devait pas être débattue. Il a poursuivi en expliquant que les gens étaient libres de discuter de ses propres enseignements en 12 points sur la nation, la religion et la monarchie.

Durant les manifestations de la classe moyenne réactionnaires qui ont saboté l'élection plus tôt cette année, on a beaucoup parlé de la "corruption de Taksin et de Yingluk". Cela a été repris par les médias étrangers, sans aucune analyse critique. Mais maintenant, le cumul des postes et donc de plusieurs salaires est devenue une épidémie nationale sous la junte. Un commissaire électoral, célèbre pour son refus d'organiser des élections en février soutenant ainsi les protestataires de la classe moyenne, vient de s'offrir un beau et cher voyage de shopping au Royaume-Uni en prétendant "observer" le référendum écossais. Tout cela s'est fait à la charge des contribuables. Mais il ne semble pas y avoir les mêmes protestations vis-à-vis de cette corruption-là.

Le népotisme non plus n'est pas abordé bien que Prayut ait nommé son propre frère à un poste élevé dans l'armée.

Les pratiques vicieuses et incompétentes habituelles de la police thaïlandaise corrompue ont été exposées lors des meurtres horribles de deux vacanciers britanniques. Mais ce qui se passe tous les jours et c'est l'expérience de la plupart des Thaïlandais, c'est que la police n'a jamais attrapé de vrais criminels, et que ses enquêtes se fondent uniquement sur l'arrestation des boucs émissaires habituels: les travailleurs migrants, les personnes pauvres ou les Chemises rouges. A plusieurs reprises la police s'est livrée à l'assassinat. Elle a assassiné l'avocat des droits de l'homme dans le sud, Somchai Neelapaijit, qui défendait un groupe de Malais musulmans torturés par la police.

Dans le "biscuit-tin land", l'impunité va de pair avec la corruption, la répression et l'inégalité néo-libérale.

"Biscuit-tin land" (pays des boîtes de biscuits)

"Biscuit-tin land" (pays des boîtes de biscuits)

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 15:45

Tom Dundee est un ancien chanteur thaïlandais devenu militant politique, et plus récemment, propriétaire d'une plantation de bambou. Tom est détenu à la maison d'arrêt de Bangkok. Il a été accusé de violation de l'article 112 ainsi que d'avoir omis de se rendre à la convocation du NCPO.

 

Liens:

https://www.facebook.com/UfdAllies/photos/a.292260007632468.1073741828.289684374556698/307802236078245/?type=1&theater

et

https://www.facebook.com/notes/825546057477356/

 

Le problème a commencé après que la loi martiale ait été déclarée. Je faisais du jardinage à la maison de mon père à Phetchaburi. J'avais demandé à un ami de me prévenir immédiatement s'il y avait une annonce du NCPO pour Thanat Thanawachanon. C'est parce qu'il n'y a ni télévision ni radio chez moi et que donc je ne pourrais jamais s'avoir si j'avais été convoqué ou non. Malheureusement, l'annonce du NCPO a utilisé mon ancien nom "Panthiwa Pumiprathet" donc je n'ai pas reçu de nouvelles de mon ami.

Le 8 juin 2014, vers 21 heures, il y a eu une annonce pour Thanat Thanawachanon. Mon ami m'a appelé pour m'informer le 9 juin 2014 vers 11 heures alors que je supervisais les travailleurs agricoles. J'ai apris la nouvelle pendant la pause déjeuner, donc j'ai contacté un ami qui travaillait pour le "projet Santiparp" de la Princesse Siridhorn situé au district de Jana, Sabayoi et ait parlé au Lieutenant Général Tanayod afin de prendre rendez-vous pour signaler au NCPO. Le Lieutenant Général Tanayod a ensuite informé le colonel Nithi. J'ai donc appelé le colonel Nithi qui m'a dit que, compte tenu de l'heure de cet appel, il serait assez difficile pour moi de me signaler ce jour-là. Il s'arrangerait que je puisse me signaler le jour suivant, le 10 juin, 2014, entre 10 et 11 heures au Thai Army Club de Bangkok.

Après que le rendez-vous ait été fixé, vers 15 heures ce même jour, j'ai conduit ma camionnette afin de transporter des produits agricoles, des pousses de bambou doux Kim Sung, pour livrer à notre client. Alors que je conduisais sur la route de Kaeng Krachan, à environ 10 km de la maison, une Jeep Cherokee m'a suivi, s'est mis en travers de la route afin de m'obliger à m'arrêter et un convoi de quatre véhicules est arrivé derrière. Ensuite, un groupe d'environ 15/20 hommes armés (avec des fusils d'assaut et des pistolets) a entouré ma voiture et a crié pour nous ne résistions pas et sortions de la camionnette. Leur action a causé de la confusion et de la peur pour moi et surtout pour ma femme. Ensuite, un soldat en uniforme et un officier de police en civil se sont présentés et m'ont arrêté pour avoir omis de me déclarer après avoir été convoqué par le NCPO. Sans mandat d'arrêt, sans vouloir entendre la moindre explication, des véhicules militaires et des soldats en uniforme, portants des gilets pare-balles, m'ont conduit au 15ème Bataillon d'infanterie, dans la province de Phetchaburi.

Après notre arrivée, des soldats et des officiers de police sont venus m'interroger et m'ont accusé de tentative d'évasion et d'entrave à leurs fonctions officielles. Ils m'ont aussi accusé d'implication dans une affaire d'armes de guerre, d'avoir formé des forces armées de guérilla et d'avoir mis au point un plan pour bombarder la province de Rajchaburi. Ils m'ont aussi accusé de diffamation, d'insulte ou de menace contre la monarchie (article 112).

Les officiers pensaient et concluaient conformément à la vision de ceux qui sont au pouvoir. Cela me désole vraiment que les impôts soient utilisés pour prendre soin de ces personnes, trop immature pour diriger le pays.

J'ai été interrogé de 20 heures 30 à 23 heures 20. Les Soldats m'ont livré aux Forces Rangers à Lard Ya dans la province de Kanchanaburi. Les militaires des Forces Rangers ont pris très bien soin de moi. Ils me connaissaient car nous avions planté ensemble des arbres afin de célébrer la monarchie dans la province de Prachuabkirikan. Durant les deux nuits ou je suis resté là-bas, je leur ai donné des conseils sur comment jouer de la musique pendant de nombreuses heures.

Le 12 juin 2014, à 5 heures du matin, 5 officiers de la police militaire de Bangkok et un soldat chauffeur sont venus me chercher pour un interrogatoire au Thai Army Club de Bangkok. Nous sommes arrivés à 7 heures 30, les policiers m'ont emmené dans une petite pièce où j'ai attendu pendant environ 2 heures avant d'être amené dans une autre pièce. Ils m'ont mis un sac en tissu sur la tête, m'ont menotté et m'ont emmené dans une voiture. La voiture a ensuite démarrée.

Le voyage a duré environ une demi-heure avant que la voiture ne se gare. J'ai été emmené par un chemin sinueux dans une petite salle climatisée, on m'a alors dit de m'asseoir sur une chaise et de pencher la tête vers le bas. Apres un certain moment, un autre groupe de personnes, peut-être 3 personnes, est entré et a commencé l'interrogatoire.

- Une personne était assise sur la droite, prenait des notes et fournissait des questions.

- La seconde a allumé le clip audio lié à l'enquête.

- Le troisième se tenait en face de moi et posait les questions.

Tout au long de l'interrogatoire, j'ai été menacé, insulté, et on m'a crié à plusieurs reprises des mots sarcastiques. Ils m'ont menacé de me tuer et de s'en aller, d'amener ma femme et mes enfants et les torturer jusqu'à ce que je l'avoue.

Pas moins de 3 groupes de policiers se relayaient pour m'interroger avec les mêmes questions:

"Où caches-tu les armes?"

"Combien de personnes composent ton groupe de guérilla?

"Nous avons toutes les preuves!"

J'ai dit tout ce que je savais en fonction des faits. J'ai répondu: "Je ne sais rien à propos des bombes. Je n'ai pas d'armes de guerre, ne dirige pas de forces de guérilla et ne suis pas impliqués dans le commerce des armes".

"Si vous (les soldats) avez une photo de moi portant des armes de guerre, elle vient de quel film? Quand j'étais un acteur de film d'action, je portais une arme à feu dans la plupart des films. De plus alors que je suis un chanteur bien connu, pourquoi devrais-je endommager ma réputation. Ne serait-il pas plus agréable pour moi de faire de la moto, conduire, boire du vin et manger?

La raison pour laquelle j'ai lutté pour la démocratie, c'est pour le bien-être du peuple. Je n'aime pas les guerres ni la violence. J'aime les gens qui s'aiment et "font l'amour pas la guerre". Si vous, les soldats, avez des preuves claires comme vous l'avez affirmé, vous pouvez aller de l'avant et me pendre".

Alors que j'étais interrogé et contraint, j'ai essayé d'expliquer au sujet de la charge de diffamation de la monarchie. Je leur ai dit que j'avais participé au projet de la princesse Siridhorn, "Paix pour le sud". J'ai planté des arbres et participé à la création des glorieux versets avec 7000 autres motards sur de grosses motos dans un stade de la province de Kanchanaburi ainsi qu'au stade de l'Armée de l'Air à Bangkok, et bien d'autres endroits.

Un des interrogateurs a hurlé: "Menteur! Connard! Ça ne m'intéresse pas! "

Quand ils ont vus qu'ils n'avaient pas réussi à m'intimider, ils se sont mis à bien me parler, à adopter une attitude plus amicale mais ont continué à me poser les mêmes questions auxquelles je donnais encore et encore les mêmes réponses.

Ah oui, j'oubliais. Pendant l'interrogatoire, quand j'ai dit que j'étais une star de cinéma, l'équipe de l'interrogatoire s'est arrêté brièvement et m'a demandé qui j'étais. Quand j'ai précisé que j'étais Tom Dundee, cela les a stupéfiés et ils ont immédiatement quitté la salle. Apres qu'ils soient revenus, leur façon de m'interroger avait radicalement changé. Ils sont passé des pronoms grossiers "mungo", "goo" à d'autres beaucoup plus polis comme "khun", "pom", "krub" et ne cessaient de répéter: "Nous sommes amis. Ne vous inquiétez pas!" "Je fais juste mon travail." Ha...ha...ha... C'est cela les soldats thaïlandais!

L'interrogatoire avait commencé tôt le matin et a duré jusqu'à 23 heures passé. J'ai reçu un paquet de riz frit avec des poivrons, mais je ne pouvais pas le manger car j'étais menotté. Heureusement il y avait un régime de bananes suffisant pour soutenir la faim. Lorsque l'interrogatoire a pris fin et qu'ils ont été (probablement pas) satisfaits, ils m'ont forcé à signer une attestation disant que "L'armée n'avait pas fait de menaces. L'armée avait bien parlé au suspect. L'armée n'avait pas physiquement agressé ni causé des lésions corporelles." Si je n'avais pas été Tom Dundee, j'aurais craché du sang comme les autres suspects. Mais qui sait.

Après que l'interrogatoire ait pris fin, à 11 heures 30 la nuit du 12 juin 2014, les agents de la police militaire m'ont ramené au Thai Army Club, au même endroit que le matin. Il a fallu seulement 5 minutes en voiture tandis que le trajet du matin avait pris plus d'une demi-heure. Je suppose que la sale d'interrogatoire se trouvait dans la même enceinte que le Thai Army Club. J'ai expliqué aux soldats qui étaient avec moi que, "Dans les films ou j'ai joué, ils utilisaient la même technique." Ils m'ont demandé comment je le savais et ont rigolé.

Ensuite, ils m'ont remis dans la voiture et enlevé le sac de ma tête. J'ai été conduit à Aksa Road qui était un camp militaire temporaire à ce moment-là. J'ai vu 4 détenus chemises rouges, 1 homme et 3 femmes, mais ils n'étaient pas autorisés à parler. On m'a isolé d'eux et j'ai dormi seul.

Le 13 juin 2014, des officiers de la police militaire m'ont envoyé à la Division de la répression de la criminalité pour des interrogatoires de police et une détention. J'ai rencontré des personnes qui avaient levé trois doigts, 2 hommes et 1 femme (Khun Ning). J'ai dormi à la Division de la répression de la criminalité de Lardprao pendant 2 nuits puis les officiers de police m'ont conduit à la cour martiale de Bangkok (Sanam Luang) pour être ensuite envoyé à la maison d'arrêt de Bangkok, dans la Division 1.

Être en prison, c'est comme être en enfer. Mais j'ai rencontré beaucoup de Chemises rouges là-bas. Je suis resté détenu dans la Division 1 pendant 3 nuits avant de pouvoir obtenir, de la Cour militaire, une libération sous caution avec les conditions suivantes:

1 - Pas d'implication dans la vie politique

2 - Aucun discours sur scène

3 - Pas d'interview dans les médias

4 - Aucune participation à un mouvement politique et interdiction de déplacement à l'étranger

L'armée ne se donnerait pas la peine de m'inculper. Tout était censé se terminer ici. Tom Dundee pouvait librement accepter des contrats de concerts et de performances mais devait se signaler selon le calendrier.

 

Dignité militaire

 

Bien sûr, en tant qu'homme, j'aurais tenu mes promesses. Mais l'armée a menti et a ordonné mon arrestation après que je sois allé me signaler. Ils m'ont fait payer la violation de la loi sur la cybercriminalité et de l'article 112 et me soumettent à la fois au tribunal militaire et la cour criminelle. Les soldats ont fouillés deux fois ma maison pour rechercher un ordinateur qu'ils voulaient mais ne pouvaient pas trouver. Je n'avais pas d'ordinateurs. Je ne sais même pas comment les utiliser. Il existe des preuves à l'appui de ce que j'ai dit, mais les soldats ne veulent pas écouter et ne sont pas intéressés. Ce qu'ils ont fait constitue une diffamation très grave.

Le 9 juillet 2014, vers 14 heures, environ 30 militaires des forces spéciales en uniforme et armés jusqu'aux dents ont envahis ma ferme de bambou et m'ont arrêté comme si j'étais un gros trafiquant de drogue. Ils ont essayé de me faire peur, mais je n'ai pas été effrayé. J'étais sûr que je n'avais rien fait de mal et tenu ma promesse faite à l'armée.

Mais ils m'ont agressé et m'ont arrêté comme si j'avais commis une infraction très grave. Ils ont fouillé tous les coins de ma maison pour trouver l'ordinateur, mais n'ont rien pu trouver. Alors, ils m'ont conduit à Bangkok et m'ont détenu là-bas, puis m'ont envoyé à la Division de la répression de la criminalité liée aux technologies située au 4ème étage du Complexe gouvernemental de Changwatana.

Les agents de police ont alors gentiment ajouté deux autres accusations contre moi, la diffamation du roi, de la reine, de l'héritier présomptif qui est considérée comme portant atteinte à la sécurité nationale (article 112) et la violation de la loi sur la criminalité informatique (article 14 (3)) en transmettant ce genre d'informations dans le système informatique.

Je me sens triste, déplorable et offensé.

Un artiste comme moi, qui avait travaillé pour la société tout au long de sa carrière, est maintenant dans un état pitoyable dans une prison. C'est en effet l'enfer.

 

Ma pétition à tous les médias

Tom Dundee

(M. Thanut Thanawatchanon)

 

Griefs: J'ai les griefs suivants et je voudrais demander par l'intermédiaire de mes amis.

1 - Pourquoi le clip de mon discours de l'année dernière (2013) n'est apparu sur Youtube que pendant la loi martiale?

2 - Pourquoi la personne qui l'a téléchargé et a donné des explications supplémentaires sur l'internet n'a pas été arrêtée ou interrogée?

3 Pourquoi une personne (NDT; Ton Dundee lui-même) est accusée et mise en prison en dépit du fait que son droit ait été violé? 

4 Est-ce le meilleur processus judiciaire de Thaïlande?

Tom Dundee et son épouse

Tom Dundee et son épouse

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24 septembre 2014 3 24 /09 /septembre /2014 16:41

Un article de Charlie Campbell du journal The Time

Lien:

http://time.com/3420299/thailand-koh-tao-murder-hannah-witheridge-david-miller/

 

Les meurtres sauvages de Koh Tao mettent à nu le contraste entre l'image de paradis tropical de la Thaïlande et la réalité sur la violence et la justice tâtonnante du pays.

L'assassinat brutal des touristes britanniques Hannah Witheridge, 23, et David Miller, 24, sur l'île thaïlandaise de Koh Tao, a résonné dans le monde entier.

L'existence de deux armes "fait penser qu'il y a au moins deux agresseurs," a déclaré le chef adjoint de la police nationale, le général Somyot Pumpanmuang, aux journalistes lundi dernier.

Witheridge a succombée à des blessures graves à la tête tandis que Miller est mort de coups portés à la tête et de noyade, selon le département de médecine légale thaïlandais. Même s'il y avait des signes de violence sexuelle, les enquêteurs n'ont pas vérifié si Witheridge avait été violée.

La police thaïlandaise a d'abord accusé des travailleurs migrants birmans (les "cibles favorites," selon les mots de Paul Quaglia, un analyste basé à Bangkok). Les "Thaïs ne le feraient pas" a prononcé un policier haut-placé, et les agents ont commencé à arrêter les travailleurs birmans pour des interrogatoires et des tests ADN. Des règles plus strictes pour l'embauche de travailleurs migrants à travers l'archipel ont été introduites à la suite de ces meurtres avec une rapidité étonnante.

Mais en l'absence de preuves pour mettre l'assassinat sur le dos des Birmans, l'enquête s'est déplacée vers d'autres outsiders: des amis occidentaux des victimes. Les soupçons sont tombés sur le touriste britannique, Christopher Alan Ware, qui a partagé une chambre avec Miller, avec une tentative des policiers de faire passer le meurtre pour un "crime passionnel". Ware a été arrêté à l'aéroport principal de Bangkok avec son frère James. Il s'est avéré que ce dernier avait quitté Koh Tao la nuit d'avant les meurtres et qu'il était donc au-dessus de tout soupçon. Des tests ADN sur un mégot de cigarette trouvé sur les lieux ont maintenant confirmé cela.

Ensuite, les soupçons se sont tournés vers deux hommes thaïlandais que Sean McAnna, un ami écossais de Miller âgé de 25 ans, affirme avoir vu molester Witheridge dans la nuit avant qu'elle ne soit tuée, une altercation ou elle aurait été secourue par Miller. McAnna, un musicien de rue bien connue à Koh Tao comme joueur de guitare, a pris une photo des Thaïs et l'a téléchargé sur l'internet, après quoi il a commencé à recevoir des menaces de mort. Il a apparemment fui dans la clandestinité par crainte pour sa vie.

La police a révélé que les deux Thaïlandais ont été interrogés, mais ont été libérés après avoir refusé de fournir des échantillons d'ADN.

"Le problème, c'est toutes les distractions," a expliqué Quaglia à The Time. "Les policiers reçoivent beaucoup de couverture médiatique non seulement nationale, mais aussi internationale, et sont sous pression pour faire des déclarations au sujet des progrès de l'enquête."

Le cas de Witheridge et Miller a, une fois de plus, mis à nu la dichotomie entre les îles bordées de palmiers de la Thaïlande et leur côté sombre - immortalisé en 1996 par le roman d'Alex Garland "The Beach". Les drogues, le viol et les agressions sont une conséquence malheureuse de la réputation de la Thaïlande pour l'hédonisme, et les éléments criminels qu'il attire.

La Thaïlande reçoit plus de 20 millions de touristes chaque année, attirés par les plages de sable blanc éclatant, des temples magnifiques et une cuisine exquise. La grande majorité d'entre eux passent des vacances agréables, mais quelques-uns ne sont pas aussi chanceux. Une analyse rapide des portails d'information de langue anglaise pour la station en plein essor de Pattaya - l'une des destinations les plus populaires du pays - révèle une litanie choquante d'agressions, vols à l'arrachée de téléphones portables, fusillades, coups de couteau, accidents de voiture mortels, noyades et autres, impliquant tous les visiteurs.

A Koh Phangan, les agressions sexuelles et les viols, en grande partie non déclarées, perturbent le monde célèbre des fêtes de la pleine lune.

Mais loin de chercher à résoudre les problèmes de la sécurité des visiteurs, le chef de l'armée thaïlandaise, le général Prayuth Chan-ocha, auto-nommé premier ministre de la nation à la suite d'un coup d'Etat militaire le 22 mai dernier, a alimenté l'indignation en pointant du doigt les victimes. "Nous devons nous pencher sur le comportement de l'autre partie [Witheridge et Miller] aussi", a-t-il affirmé.

Lors d'une déclaration distincte, pour laquelle il a depuis présenté ses excuses, il a dit que les touristes "pensent que notre pays est beau et qu'il est suffisamment sécuritaire pour qu'ils puissent faire ce qu'ils veulent, ils peuvent porter des bikinis et marcher partout." Le général a même suggéré que les seuls touristes femmes qui peuvent se sentir en sécurité dans des bikinis étaient celles qui n'étaient "pas belles."

Il n'a pas mentionné le fait que, huit jours après le meurtre de Witheridge et Miller, pas un seul suspect n'ait été identifié ni ne se trouve en garde à vue. Mais ceux qui sont familiarisé avec le minable système de justice de la Thaïlande ne seront pas surpris par cela.

Hannah Witheridge peu avant son assassinat

Hannah Witheridge peu avant son assassinat

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23 septembre 2014 2 23 /09 /septembre /2014 17:08

Déclaration de l'Australia Asia Worker Links publiée le 22 septembre 2014

Lien:

http://aawl.org.au/content/thai-labour-activist-marks-his-53rd-birthday-jail

 

Un militant syndicaliste thaïlandais fête son 53eme anniversaire en prison

La campagne pour la libération de Somyot Prueksakasemsuk continue en Thaïlande dans le contexte d'une répression croissante de la part du gouvernement militaire. La junte militaire a récemment arrêté les parents de ceux qui avaient été tués par l'armée de Thaïlande lors de la répression violente de 2010 et qui se sont battus pour la justice durant toutes ces années. En plus d'un nombre croissant de cas de torture dans le pays, le gouvernement vient d'annoncer qu'il va utiliser tous les moyens technologiques à sa disposition pour protéger la monarchie et augmenter la répression contre les dissidents. En attendant, l'affaire contre le militant syndical Andy Hall vient d'une constatation initiale.

Non à l'armée! Libérez tous les prisonniers politiques! S'organiser n'est pas un crime!

Somyot Prueksakasemsuk

Somyot Prueksakasemsuk

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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 15:51

Selon le Bangkok Post, 389 Britanniques sont morts en Thaïlande entre juillet 2013 et juillet 2014 ce qui donne un taux de mortalité d'un par jour en moyenne. Ce taux de décès compte les maladies, les accidents, les meurtres ... et surtout les suicides qui ne sont souvent que des meurtres déguisés et qui représentent le plus haut pourcentage des décès de ces statistiques. Le taux de mortalité des autres nationalités, Américains, Français, Allemands, Japonais, Russes ou autres, serait aussi très important mais jusqu'à maintenant, seule l'ambassade du Royaume-Uni a donné des chiffres clairs et précis.

La province où les touristes et expatriés meurent le plus est Phuket, Surat Thani (Koh Samui, Koh Pangnan et Koh Tao) vient en deuxième et Chonburi (Pattaya) en troisième. Il y a quelques jours, deux jeunes britanniques, David Miller, 24 ans et Hannah Witheridge, 23 ans, ont été assassinés de façon horrible à Koh Tao, une ile de la province de Surat Thani. Le chef de la junte thaïlandaise, le général Prayuth Chan-ocha, a même prétendu que c'était de leur faute car ils auraient, selon lui, osés se promener en bikini sur la plage.

En 2008, Andrew Spooner, l'auteur du guide anglais Footprint Handbooks sur la Thaïlande, avait déjà sonné le signal d'alarme et écrit un article sur les dangers du pays pour le journal "The independent".

 

Voici le lien de l'article en anglais:

http://www.independent.co.uk/news/world/asia/with-so-many-britons-murdered-in-thailand-why-does-our-government-not-warn-of-the-dangers-faced-there-769640.html

 

Voici la traduction en français:

"Alors qu'il y a autant de Britanniques tués en Thaïlande, pourquoi notre gouvernement ne nous met-il pas en garde contre ​​les dangers de ce pays?

Au moins 17 Britanniques ont été assassinés en Thaïlande depuis 2003 (NDT: Il s'agit de statistiques sur 4 ans) - y compris Toby Charnaud, brutalement assassiné par sa femme thaïlandaise. Maintenant, sa famille veut savoir pourquoi notre gouvernement est si réticent à avertir les gens que le "pays du sourire" est l'un des endroits les plus dangereux au monde pour les Britanniques.

 

PAR ANDREW SPOONER, Dimanche 13 Janvier 2008

 

"Ses doigts tremblaient en allumant une autre cigarette, la précédente fumant encore dans le cendrier. Ses mains étaient moites et il transpirait malgré la fraicheur de l'air conditionné. Il sentait une lourdeur dans le creux de son estomac. C'était la chose la plus terrible qu'il avait fait dans sa vie, et l'attente était la partie la plus difficile".

Ce passage est tiré d'une nouvelle intitulée "Rainfall", écrite en 2003 par Toby Charnaud, un Anglais expatrié vivant dans la station balnéaire chic de Hua Hin, en Thaïlande. Charnaud raconte, avec un sens de l'imminence de la crainte, l'histoire d'un Britannique nommé Guy qui envisage de tuer sa femme thaïlandaise. Pourtant, cette parabole qui donne à réfléchir s'est retourné contre lui, car c'est sa femme thaïlandaise qui l'a tué à la place.

Deux ans plus tard, le 27 mars 2005, Charnaud a lui-même été assassiné dans des circonstances horribles. L'homme de 41 ans a été attiré dans la maison qu'il avait acheté pour son ex-femme thaïlandaise, Panadda Laoruang, près de Hua Hin. Là, après qu'un pistolet fait maison n'ait pas réussi à le tuer, trois hommes embauchés par Laoruang l'ont battu à mort avec un objet lourd. Son corps a été partiellement incinéré dans un barbecue, coupé en petits morceaux et dispersé dans une forêt voisine. Les parents de Charnaud, Jeremy et Sarah, ont ensuite été forcés d'endurer l'insensibilité d'une ambassade britannique sans grâce, l'embauche de détectives privés et de nombreux tests ADN afin de vérifier, plusieurs mois plus tard, que les restes calcinés appartenaient bien à leur fils.

Lors de la tâche épuisante pour découvrir le sort terrible de leur fils, les parents de Charnaud ont découvert une Thaïlande que l'on ne voit pas dans les brochures sur papier glacé de ses autorités touristiques. Ce qui ressort de la mort de Charnaud et de bien d'autres, c'est le fait que la Thaïlande, malgré sa popularité parmi les Britanniques, est l'un des endroits les plus dangereux au monde pour les visiteurs du Royaume-Uni, un fait que le Foreign & Commonwealth Office (FCO) est très réticent à reconnaître.

Né fils d'agriculteur et élevé comme tel, Charnaud ne semblait destiné qu'à n'avoir qu'une seule voie. "Nous avons toujours pensé qu'il allait devenir agriculteur", explique son père. Je suis assis dans la cuisine d'une ferme de campagne dans le petit village de West Kington, où Charnaud et Som (surnom thaï de son épouse Laoruang) ont passé deux années heureuses ensemble.

Charnaud a eu une enfance rurale sans histoire, qu'il partageait avec ses deux sœurs, Marthe et Hannah, et son frère, Matthew, et a commencé ses études dans l'une des meilleures écoles privées de Grande-Bretagne, Marlborough College. Il a ensuite décidé d'étudier au Royal Agricultural College de Cirencester. "Il a rencontré plein de gens là-bas", raconte sa mère. "C'était l'une des périodes les plus heureuses de sa vie."

Après l'obtention de son diplôme, Charnaud a commencé une carrière réussie en tant que "land agent", se déplaçant dans tout le Royaume-Uni et se bâtissant une réputation. C'est durant cette période qu'il a été mordu par le virus du voyage. "Toby a voyagé en Australie, Nouvelle-Zélande, puis a fait un voyage par la route jusqu'en Afrique du Sud", explique son père. La partie du monde qui a vraiment attiré son attention, c'est l'Asie du Sud-Est et, en particulier, la Thaïlande. "Alors qu'il travaillait comme "land agent", il a commencé à voyager beaucoup plus régulièrement", raconte sa mère. "Nous avons su à ce moment-là qu'il commençait à avoir une fascination particulière pour la Thaïlande."

C'est au court d'un de ces voyages que Charnaud a rencontré Laoruang. "Apparemment, elle travaillait comme agent de sécurité dans un grand magasin", raconte sa sœur Hannah. "Ils ont eu une sorte de bref contact mais Toby ne l'a plus vu pendant un certain nombre d'années." Puis, lors d'un voyage, Charnaud s'est heurté à l'improviste à Laoruang et leur romance s'est épanouit. "Toby est ensuite retourné avec nous pour travailler à la ferme", dit son père. "Nous avons remarqué qu'il correspondait avec quelqu'un là-bas et que certains sentiments intenses se développaient."

En octobre 1997, Charnaud et Laoruang se sont mariés lors d'une cérémonie bouddhiste dans le village natal de cette dernière situé dans l'Issan, une région pauvre du Nord-est de la Thaïlande. Martha est le seul membre de la famille du Royaume-Uni qui y a assisté. "Les parents de Som étaient incroyablement accueillant," raconte-t-elle. "Le village lui-même était idyllique, il semblait complètement retiré de la culture de consommation occidentale et je suppose que Toby pensait que Som ne pourrait pas être si facilement séduits par les pièges de cette dernière." Un incident a été remarqué par Martha alors qu'elle était chez la famille de Laoruang: "Som a secoué un arbre et a fait tomber une noix de coco pour nous. Toby a été très impressionné par cela, il semblait totalement séduit."

Peu de temps après le mariage, Laoruang et Charnaud se sont rendus en Grande-Bretagne et ont vécus dans un chalet à West Kington. "Je me sentais très bien avec Som", se rappelle Martha. "Elle était chaleureuse, sympathique et drôle. Nous avions l'habitude d'avoir des petites conversations entre femmes. Bien sûr, je n'ai jamais rien soupçonné. Je veux dire, pourquoi aurais-je dû me méfier?" La femme de Charnaud semblait prendre part à la vie du village anglais. Elle a trouvé un emploi dans une pépinière horticole locale et faisait partie de la famille. "Som était une épouse aimante, elle sympathisait avec la population locale et était bien adapté à la vie de West Kington" explique le père. "Je pensais qu'elle était d'agréable compagnie."

En 1999, suite à la crise de l'agriculture au Royaume-Uni, Charnaud et son épouse ont pris la décision de retourner en Thaïlande. "Elle n'a jamais fait pression sur lui pour repartir", explique son père. "Il était vraiment très enthousiaste avec cette idée." Au début de 2000, le couple, installé depuis à Hua Hin, a eu un fils, Daniel. Avec l'arrivée d'un beau petit garçon, une femme qu'il aimait et une entreprise en plein essor dans l'une des premières villégiatures de Thaïlande, la vie semblaient presque trop belle pour être vraie.

C'est à ce moment que les choses ont commencé à aller mal. "Quand Toby a ramené Som en Grande-Bretagne, nous l'avions accueilli dans notre famille", raconte le père. "Elle semblait toujours douce, une fille thaïlandaise presque naïve", ajoute Hannah. "Mais Som a réussi à jeter de la poudre aux yeux de tous."

En fait, le mariage n'était pas seulement la rencontre de deux personnes, mais de deux cultures très différentes. Pour les Occidentaux vivant en Thaïlande, il est souvent difficile de déchiffrer des codes sociaux et culturels subtils et très complexes du pays. Comme il est courant dans d'autres cultures asiatiques, les Thaïlandais ont tendance à séparer le personnage qu'ils représentent devant le monde de leur caractère intérieur. Maintenir un "jai yen" (un "cœur frais" ou garder son "sang-froid" en restant calme) dans toutes les situations est considérée comme la bonne façon de se comporter. Révéler un "jai rawn" (un "cœur chaud" ou perdre son "sang-froid") en montrant de la colère, en étant direct ou en s'engageant dans une confrontation verbale, c'est risquer de provoquer vous-même et les autres à "perdre la face", et c'est considéré comme une violation grave du protocole social.

Le résultat, pour Laoruang, c'est que quand elle a eu des difficultés, elle a essayé de son mieux pour empêcher que son mari ne les découvre. "J'ai reçu une lettre du Som en 2001 qui disait qu'elle avait eu des ennuis et avait besoin de 5000 livres anglaises pour payer un pot de vin", raconte Martha. "Elle m'a aussi prié de ne pas mentionner la question à Toby." En fait, Laoruang commençait à avoir quelques sérieuses dettes de jeu. Il semble qu'elle ait entamé une liaison avec un policier du coin et se soit impliqué dans des affaires d'or louches. Avec un mari étranger et riche, il est également possible que Laoruang soit devenue une cible pour les arnaqueurs locaux.

En 2004, ses dettes avaient presque ruiné l'entreprise et ses aventures extraconjugales ont détruit sa relation avec Charnaud, qui a donc divorcé. Il a obtenu la garde de Daniel, a mis en place un règlement de divorce généreux qui comprenait une importante somme versée ainsi qu'une allocation mensuelle et le paiement du loyer de Laoruang, puis l'a ensuite viré de l'entreprise. "Vu ce qui s'est passé avec Toby, vous pourriez penser qu'il était tout à fait naïf", raconte Martha. "Mais en fait, il était tout à fait avisé. Il avait vraiment compris la façon thaïlandaise de faire les choses."

Pourtant, l'année suivante, Charnaud est mort. Son destin entre les mains de son ex-femme donne un aperçu tragique d'un aspect tout à fait sombre du soi-disant "pays du sourire". La Thaïlande a l'un des plus hauts taux de meurtres par habitant au monde. Selon l'ONU, en 2000, il se situait à 5140 par an et le total annuel est maintenant supposé être de plus de 6000. Entre les années 2003 et 2006, 17 de ces victimes étaient des ressortissants britanniques, selon le FCO. Parmi ces meurtres, on compte; un meurtre à motivation sexuelle d'une jeune femme britannique; un agent de police thaïlandais exécutant deux routards dans une rue bondée; plusieurs morts par fusillades et égorgements; deux cas d'autres Occidentaux assassinant des ressortissants du Royaume-Uni; et, de façon plus pertinente, plusieurs cas de femmes thaïlandaises ou de membres de leur famille tuant des maris britanniques.

En moyenne, environ 50 ressortissants civils britanniques sont tués dans le monde chaque année (à l'exception des attaques terroristes). Cela signifie que près de 10 pour cent de tous les meurtres de Britanniques à l'étranger sont commis en Thaïlande. C'est un chiffre effrayant, étant donné que la Thaïlande ne reçoit que 0,6 pour cent de tous les voyageurs du Royaume-Uni à l'étranger.

Le taux d'assassinat est peut-être surprenant. Parmi les 420.000 voyageurs britanniques annuels en Thaïlande, un petit pourcentage d’entre eux est victime d'actes criminels. Les Thaïlandais sont des hôtes sympathiques et attachants et, avec leurs célèbres plages, stations balnéaires et des prix bas qui plaisent aux millions de touristes, il est facile de comprendre pourquoi nous sommes tombés amoureux du pays, et qu'actuellement nous comptons parmi la plus forte proportion de visiteurs occidentaux.

Pourtant, son côté sombre est bien visible. Hua Hin, où Charnaud a vécu et travaillé, est l'une des stations balnéaires les plus détendue de Thaïlande, située à 150 miles au sud de Bangkok. Longtemps une escapade de la royauté thaïlandaise, qui a attiré toute une partie de l'élite thaïlandaise dans son sillage, il a une poignée de bars miteux, mais la ville est une image de l'innocence par rapport à Pattaya situé à 150 miles au nord à travers le golfe de Thaïlande. C'est là-bas que les visiteurs étrangers les moins bienvenus du pays rencontrent ses confins les plus sombres, les plus dangereux de la culture thaïlandaise; c'est là-bas que l'énorme industrie du sexe de Thaïlande a son épicentre.

Bien que rien n'indique que Charnaud n'était en aucune façon impliqué dans ce monde - "Toby ne pourrait jamais être appelé un touriste sexuel", dit Hannah, "Je ne peux pas imaginer qu'il soit allé à un club de strip durant tout le temps où il était en Thaïlande, ce n'était pas son style"- il est utile d'inclure Pattaya dans son histoire pour une image plus complète de la société dans laquelle il vécut et mourut; il est considéré par certains que plus de citoyens britanniques terminent de fin violente ici plus que n'importe où ailleurs en Thaïlande (NDT: excepté Phuket et Koh Samui).

Des dizaines de milliers de prostituées travaillent dans les maisons closes, les bars, les rues, les halls d'hôtel, les fronts de plage et même les centres commerciaux de cette ville voyante. Pattaya est aussi l'objet de niveaux élevés d'activité criminelle de gangs internationaux venus de Russie, d'Allemagne, du Royaume-Uni et de Chine. Le nombre de décès des ressortissants britanniques à Pattaya est difficile de déterminer - même si certaines sources affirment que c'est quatre par semaine, ni le FCO, ni les autorités thaïlandaises n'ont toutes les données. Cependant, ce qui peut être spéculé avec une certaine confiance, c'est que sur les 226 décès annuels moyens de citoyens britanniques en Thaïlande enregistrés par le FCO, un grand pourcentage se produit à Pattaya. (Le FCO refuse de donner causes de décès, il faut donc aussi spéculer sur les raisons de ce hotspot morbide. Des preuves anecdotiques suggèrent des causes directes de la mort pour certains, tels que des accidents de la route et des problèmes de santé;. Puis il y a le pourcentage suspect de "suicides", sauter d'un balcon semble être la méthode préférée).

À l'heure actuelle l'information du FCO sur les décès en Thaïlande est limitée. Andy Pearce, chef de mission adjoint à l'ambassade britannique de Bangkok, admet que le taux d'assassinat des Britanniques résident en Thaïlande est environ le même que le taux intérieur thaïlandais, environ cinq fois plus élevé qu'au Royaume-Uni, mais ajoute que ce n'est que une estimation (On estime à environ 50.000 le nombre de résident britannique dans le pays à l'heure actuelle). "Pour publier le nécessaire avertissement sur les taux de meurtre, il faudrait une base statistique plus précise", explique-t-il (NDT: cela a été fait depuis la publication de cet article).

Au début de 2006, juste après le viol brutal et l'assassinat de la jeune routard britannique Katherine Horton sur une plage déserte de Koh Samui, et après une période de 18 mois au cours duquel neuf Britanniques ont été assassinés, le FCO a eu un débat interne révélateur sur les conseils de sécurité qu'ils devraient donner aux ressortissants britanniques voyageant en Thaïlande, comme un e-mail obtenu par la BBC dans le cadre du Freedom of Information Act l'explique: "Le problème avec [le fait de donner des conseils suite au taux d'assassinat] est que cela aurait pour effet de mettre en évidence le nombre de meurtres au cours de la dernière année, ce qui dans les circonstances actuelles pourraient avoir un impact disproportionné sur la réputation de la Thaïlande et nos intérêts commerciaux communs légitimes".

Aucune statistique donnée par les fonctionnaires de l'ambassade britannique n'aurait pu sauver Charnaud. Alors que sa fin a été brutale, les raisons pour lesquelles il est mort n'ont jamais été vraiment claires. "La seule chose que nous savons, c'est qu'elle l'a tué pour des raisons financières", explique Hannah. "Som [qui a été condamné à la prison à vie pour l'assassinat ainsi que trois complices lors d'un procès en septembre 2006] pensait qu'elle pourrait obtenir de l'argent de Toby par leur fils, Daniel. Mais elle n'obtenait jamais un sou. Cela a été un moment horrible pour nous tous", ajoute Martha, "mais la famille ne s'est pas effondré" (Daniel vit maintenant heureux dans le Royaume-Uni avec les membres de la famille).

Pourtant, la famille de Charnaud pense que les fonctionnaires britanniques en Thaïlande auraient pu faire beaucoup plus pour les aider, ce qui a conduit leur député local, James Gray, à poser des questions au Parlement en 2006. "En contraste direct avec les Thaïlandais, qui manipulaient tout depuis le début, notre ambassade s'est révélé insensible, incompétente et inefficace", affirme Hannah. "Lorsque les restes de Toby ont été trouvés, ils nous ont envoyé un email court, avec des détails graphiques. Cela a été fait après que nous ayons parlé à la presse. Ils ont offert de l'aide pour les tests d'ADN, puis ont créés de grandes difficultés."

À un moment donné, quand les restes de Charnaud ont été mis à disposition par la police thaïlandaise alors que toute la famille était de retour au Royaume-Uni, l'ambassade a contacté la famille et a offert d'incinérer le corps. "J'ai dit, 'Quoi? Vous voulez faire la crémation alors que personne n'est là-bas? et ils ont dit "Oui", raconte Hannah. "J'étais stupéfaite. On dirait qu'ils avaient juste envie de se débarrasser du cas."

En 2006, une cérémonie du souvenir pour Charnaud a eu lieu à Hua Hin, ses cendres ont été dispersées dans les eaux miroitantes du golfe de Thaïlande. "C'était l'un des jours les plus durs de ma vie", explique Hannah. Pour les sœurs, les frères, les futures mères et pères des Britanniques tués en Thaïlande, il semble que des jours plus difficiles vont suivre.

"Guy se força à regarder vers le haut. Ses yeux s'écarquillent sous le choc en voyant le fusil dirigé sur lui. Il ne comprenait pas, ne pouvait admettre ce qu'il voyait. Sa dernière pensée, bizarrement, c'est que le silencieux était aussi grand que le pistolet. La jeune fille se glissa dans la chambre. Elle était minuscule avec de grands yeux bruns. Elle regarda le corps de Guy sur le sol, puis l'homme thaïlandais qui glissait l'arme dans la ceinture de son jean. L'expression de son visage exprimait du regret, de la tristesse et du désarroi. Cela passa rapidement..." extrait de "Rainfall" par Toby Charnaud, 1964-2005."

Andrew Spooner est l'auteur du Guide anglais "Footprint Handbooks" sur la Thaïlande

Article d’un journal britannique sur l’assassinat de Charnaud

Article d’un journal britannique sur l’assassinat de Charnaud

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21 septembre 2014 7 21 /09 /septembre /2014 09:58

Le New York Times revele que "les élèves du secondaire ne trouveront pas le nom Thaksin Shinawatra dans les manuels d'histoire que la junte militaire du pays a récemment ordonné aux écoles d'utiliser." La domination des élections de 2001 à 2011 par Thaksin et ses partisans, et son rôle dans le soulèvement des Chemise rouge seront tout simplement effacés de l'histoire de la Thaïlande.

Le ministère de l'éducation a, selon l'auteur du manuel, Thanom Anarmwat, "juste supprimé, coupé" la période de Thaksin des livres d'histoire.

Bien sûr, le ministère de l'Éducation en Thaïlande a toujours été un ministère de la Propagande. Il a longtemps servi les dictateurs et l'élite dirigeante en fournissant des textes aseptisés. Plus important encore, le ministère a eu le rôle de discipliner les "elements sales et indisciplinés", un terme de Korn Chatikavanij (l'ancien ministre des finances du gouvernement d'Abhisit Vejjajiva), et de leur faire courber l'échine.

Dans son travail de propagande le plus récent, le ministère a ordonné ce qui suit:

- Tous les lycées publics doivent utiliser le nouveau manuel, cela fait partie d'un effort plus large visant à inculquer le patriotisme chez les jeunes thaïlandais. La junte a ordonné un nouveau programme scolaire qui souligne ce qui est perçu comme les thèmes fédérateurs de la monarchie et la gloire des anciens royaumes du Siam, l'ancien nom de la Thaïlande.

La propagande royaliste a toujours été fortement encouragée par les chefs militaires dictatoriaux de la Thaïlande. Comme l'explique l'historien Charnvit Kasetsiri, "C'est bien la pratique habituelle de l'élite thaïlandaise .... Mais ce sera plus difficile à cause des médias sociaux et parce qu'il n'est pas facile de contrôler la pensée des masses, en particulier des jeunes instruits".

Un autre historien, Chris Baker, a déclaré: "Effacer l'histoire comme cela est tout droit sorti du manuel des régimes totalitaires... Je pense que faire cela dans une société qui est devenue plus ouverte comme la Thaïlande est contre-productif, parce que les gens remarqueront l'absence."

Les autres mesures pour ramener la Thaïlande en conformité avec les dictatures à parti unique comme la Corée du Nord et la Chine sont les suivantes:

- Dans le cadre du nouveau programme, les étudiants apprendront daventage sur la signification et le symbolisme du drapeau national tricolore de la Thaïlande, et des chansons telles que l'hymne du roi seront jouées dans les écoles.

- Les écoliers seront formés pour agir comme ambassadrices de l'esprit patriotique...

 

Source:

http://thaipoliticalprisoners.files.wordpress.com/2012/03/slippery-slope.jpg?w=181&h=218

Thaksin Shinawatra dont le nom a été supprimé des manuels d'histoire thaïlandais

Thaksin Shinawatra dont le nom a été supprimé des manuels d'histoire thaïlandais

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20 septembre 2014 6 20 /09 /septembre /2014 09:15

Thaïlande. Il faut libérer le militant emprisonné pour insulte à la monarchie

Déclaration d'Amnesty International:

Lien:

http://www.amnesty.fr/Presse/Communiques-de-presse/Thailande-Il-faut-liberer-le-militant-emprisonne-pour-insulte-la-monarchie-12614

 

La confirmation par un tribunal thaïlandais de la condamnation à 10 ans de prison d’un rédacteur en chef et militant social pour «insulte» envers la famille royale s’inscrit dans le mouvement d’érosion de la liberté de parole en Thaïlande, a déclaré Amnesty International.

La cour d’appel a confirmé la sentence prononcée à l’encontre de Somyot Prueksakasemsuk, condamné pour avoir publié deux articles sur un monarque imaginaire, jugés diffamatoires à l’égard de la monarchie thaïlandaise. Il n’a pas écrit les articles en question.

« Cette décision marque une nouvelle régression de la part des tribunaux thaïlandais : Somyot Prueksakasemsuk est incarcéré uniquement pour avoir exercé sans violence son droit à la liberté d’expression. Il n’aurait jamais dû être poursuivi en justice et doit être libéré immédiatement », a déclaré Rupert Abbott, directeur adjoint du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

Aujourd’hui âgé de 53 ans, Somyot Prueksakasemsuk est détenu depuis le 30 avril 2011 et les autorités ont rejeté ses demandes de remise en liberté sous caution et de libération provisoire à 15 reprises. Ses avocats et ses proches n’ont pas été informés de l’audience qui s’est déroulée dans la matinée du 19 septembre devant la cour d’appel.

« La condamnation de Somyot Prueksakasemsuk doit être effacée et toutes les procédures pénales engagées contre lui abandonnées. Les autorités thaïlandaises doivent le libérer immédiatement et sans condition, tout comme l’ensemble des prisonniers d’opinion. Pour le moins, elles doivent respecter son droit, garanti par la loi thaïlandaise, à la libération sous caution provisoire, a déclaré Rupert Abbott.

« Depuis quelques années, les autorités thaïlandaises recourent de plus en plus fréquemment à la législation, notamment aux dispositions sur le crime de lèse-majesté, afin de réduire au silence les voix dissidentes, même lorsqu’elles s’expriment pacifiquement, et d’incarcérer les prisonniers d’opinion. Depuis le coup d’État du 22 mai, les affaires relevant du crime de lèse-majesté ont nettement augmenté. Cette loi draconienne doit être immédiatement suspendue, et le texte doit être modifié de manière à mettre ses dispositions en conformité avec les obligations internationales de la Thaïlande en matière de droits humains. »

La loi relative au crime de lèse-majesté interdit tout propos ou acte considéré comme diffamatoire, insultant ou menaçant à l’égard du roi, de la reine, du prince héritier ou du régent. Elle rend ces infractions passibles d’une peine de 15 ans d’emprisonnement. Cette loi porte atteinte au droit à la liberté d’expression reconnu par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP), que la Thaïlande a ratifié en 1996.

En Thaïlande, on assiste à un durcissement en vue de faire taire les dissidents et à une multiplication des poursuites pénales engagées contre ceux qui expriment leur opposition au gouvernement militaire. Somyot Prueksakasemsuk est condamné, lors même que la veille un tribunal militaire de Bangkok a condamné quatre manifestants pacifiques pour avoir enfreint l’interdiction des rassemblements publics.

19 septembre 2014

Somyot Prueksakasemsuk

Somyot Prueksakasemsuk

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19 septembre 2014 5 19 /09 /septembre /2014 08:14

Un article de Numnual Yapparat

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/09/17/keep-children-safe-from-the-mad-dictator/

 

Jour après jour, il devient très clair que Prayut a un problème de "trouble de la personnalité".

Prayut rajoute sans relâche des gaffes absurdes sur un certain nombre de questions. Il dit que l'armée n'interviendra pas dans le fonctionnement du gouvernement, mais c'est un Premier ministre non élu. Il a suggéré aux producteurs de caoutchouc d'aller vendre leurs produits sur Mars s'ils voulaient en obtenir un bon prix. Il a également montré sa vision sur la façon de s'attaquer à la crise des inondations en disant que si les gens veulent éviter d'être inondés, ils doivent déménager dans des endroits plus sûrs. Les exemples de ses gaffes sont infinis.

L'une des pires de ses scandaleuses déclarations est de blâmer les deux touristes britanniques assassinés pour ne pas s'être habillés modestement. Pendant ce temps, son gouvernement a arrêté les "suspects habituels"... des travailleurs migrants.

C'est un fait connu que les soldats thaïlandais organisent des soirées où des femmes nues dansent pour eux. Quelle hypocrisie brute!!

Récemment, Prayut a mis en place un nouvel ensemble de valeurs morales pour donner des conseils de bonne conduite aux enfants des écoles. Il y a 12 lignes directrices dans sa doctrine réactionnaire. Il exige en priorité que les enfants respectent les principales institutions nationales.

Quelles sont les principales institutions? Ce sont la Religion, la Nation et la Monarchie. Prayut insiste pour que la nouvelle génération comprenne "la démocratie de style thaïlandais" avec le roi comme chef de l'Etat. La démocratie de style thaïlandais n'est pas comparable avec celle du reste du monde, affirme-t-il. Des dictateurs présents et passés en Birmanie, Indonésie, Corée du Nord et à Singapour ont fait les mêmes demandes idiotes.

Prayut dit que "les bons garçons et les filles ne contestent pas leurs aînés ni leurs supérieurs". Les Thaïlandais doivent mettre la nation avant leurs propres intérêts. Les pauvres doivent apprendre à être heureux selon leurs moyens en suivant l'idéologie d'économie de suffisance du vieux roi pathétique.

Une omission flagrante dans l’enseignement du généralissime Prayut est sur le meurtre d'autres êtres humains. Il ne dit à aucun moment qu'abattre les citoyens non armés dans les rues est un péché. Eh bien, il ne le ferait pas n'est-ce-pas?

Pour résumer, dans ce nouvel ensemble de valeurs, promu par Prayut, il n'y a pas de place pour les gens ordinaires. Il n'y a pas de place pour des idées créatives. Il n'y a pas de place pour le respect de soi alors qu'il répète que nous sommes inégaux. Seuls les privilégiés auront leur mot à dire.

Pour le bien de tous les enfants thaïlandais nous devons rejeter l'ensemble de son répugnant ordre du jour. Les enfants ont besoin d'être encouragés à sortir des sentiers battus. Les enfants doivent apprendre à respecter les autres citoyens et êtres humains. Dans le cas contraire, nous allons voir continuer sans fin le racisme et le sexisme dans la société thaïlandaise. Récemment, une notice de mise en garde a été installée dans le temple du Bouddha d'émeraude afin de dire aux touristes de se méfier des pickpockets "non-thaïlandais"!

Préservez les enfants du dictateur fou. Nous n'avons pas besoin d'écouter des malades comme lui.

La notice de mise en garde dans le temple du Bouddha d'émeraude

La notice de mise en garde dans le temple du Bouddha d'émeraude

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18 septembre 2014 4 18 /09 /septembre /2014 02:11

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/09/16/so-called-peace-talks-with-muslim-malay-rebels-will-not-solve-the-crisis/

 

Une grande partie de la population musulmane malaise de Patani souhaite la liberté et l'autodétermination. Beaucoup veulent être indépendants de l'Etat thaïlandais oppressif. C'est une question de démocratie de base.

Mais la Thaïlande n'est pas une démocratie. Aujourd'hui, elle est dirigée par une junte militaire arriérée qui a supprimé la démocratie et la liberté d'expression dans tout le pays. Qui plus est, la junte est dans un processus d'élaboration d'un système politique non démocratique permanent.

Les militaires sont bien décidés à maintenir la Thaïlande comme État unitaire. Ils sont fanatiquement nationalistes et royalistes. Ils disposent d'escadrons de la mort qui effectuent des exécutions extrajudiciaires à Patani. Ils n'ont pas hésité à tirer sur des manifestants pro-démocratie dans les rues de Bangkok. Ils entérinent la torture de dissidents à Patani, mais aussi à Bangkok.

Alors, comment peut-on croire que les négociations entre les groupes rebelles PULO/BRN et l'armée thaïlandaise pourraient éventuellement aboutir à un accord de paix?

L'objectif principal de l'armée dans ces négociations est de parvenir à une reddition négociée des rebelles armés en échange de quelques miettes comme des subventions supplémentaires pour le développement ou l'amélioration du statut local de la langue yawee. Mais ils n'admettront pas l'indépendance de Patani ni même une démocratique autonomie.

Le fait que nous ne savons pas exactement quelle est la proportion de la population locale de Patani qui soutient le PULO ou le BRN (NDT: les deux mouvements indépendantistes) c'est parce qu'il n'y a pas de liberté d'expression. Les partis politiques prônant l'indépendance sont interdits et leurs membres soumis à une répression brutale. Toute la zone est fortement militarisée, à la fois par l'armée thaïlandaise et ses forces auxiliaires, et aussi dans l'ombre, par les rebelles armés. Dans de telles circonstances aucunes des discussions ouvertes sur l'avenir de Patani ne peuvent avoir lieu. Ces discussions devraient inclure toute la multitude des points de vue politiques détenus par tous les groupes ethniques et religieux et les différentes classes sociales de la population locale.

De véritables négociations sur l'avenir de Patani ne peuvent avoir lieu qu'entre représentants civils élus. L'armée ne devrait jouer aucun rôle là-dedans ni dans la sphère politique plus large.

Il pourrait être possible pour les militaires d'obtenir une reddition négociée en brutalisant et soudoyant le PULO et le BRN. Cela s'est produit dans le passé. Mais ça ne ferait que prolonger cette crise chronique et une nouvelle génération de combattants se développeraient à cause de l'état permanent de l'injustice.

L'avenir de la paix et de la stabilité à Patani est étroitement lié à l'état de la démocratie dans la société thaïlandaise. Mais la démocratie ne suffit pas. Nous savons comment le gouvernement démocratiquement élu de Taksin a présidé le meurtre de sang-froid de nombreux jeunes hommes innocents à Takbai en 2004. Ce qui est également nécessaire, par conséquent, c'est un mouvement, basé en dehors de Patani, qui se mobilise contre le chauvinisme nationaliste de l'Etat thaïlandais.

Arrestation de Malais musulmans par l’armée thaïlandaise à Tak Bai en 2004

Arrestation de Malais musulmans par l’armée thaïlandaise à Tak Bai en 2004

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 13:50

A peine le futur premier policier de Thaïlande s'est-il vanté d'avoir capturé les hommes en noir qui auraient tué des soldats en avril 2010, qu'il a dû faire marche arrière.

Il y a seulement quelques jours, le général de Police, Somyos Pumpanmuang, avait fièrement déclaré que la Chemise rouge exilée, Kritsuda Khunasen, serait impliquée dans les transferts d'argent et d'armes pour les présumés hommes en noir arrêtés par la police. Maintenant Somyos dit que "la police n'a pas établi de lien clair entre la militante de 26 ans et les militants armés."

Hier, le général Somyos insistait sur la nécessité de l'effort actuel de la police afin d'extrader Mlle Kritsuda pour l'interroger sur les hommes en noir. Aujourd'hui, il prétend que les policiers ne savent pas où elle est et qu'ils ne peuvent rien prouver à l'heure actuelle sur les liens revendiqués.

Il y a quelques jours, le général Somyos a déclaré que les hommes en noir étaient connectés à un "groupe militant chemise rouge responsable de l'assassinat d'un colonel de l'armée durant les troubles politiques en 2010". Il s'agit de colonel Romklao Thuwatham . La veuve de ce dernier avait même remercié les policiers. Aujourd'hui, le général de police a déclaré: "Cette affaire n'est pas liée à l'assassinat du colonel Romklao Thuvatham...".

Entretemps a circulé sur le net une photo prouvant que deux des hommes en noir arrêté faisaient partie des gardes du PDRC de Suthep Thaugsuban il y a 6 mois...

A droite, les hommes en noirs arrêtés il y a quelques jours, à gauche, des miliciens du PDRC lors de la fermeture de Bangkok il y a 6 mois.

A droite, les hommes en noirs arrêtés il y a quelques jours, à gauche, des miliciens du PDRC lors de la fermeture de Bangkok il y a 6 mois.

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