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23 novembre 2016 3 23 /11 /novembre /2016 12:38

Un article de Khaosod

Lien:

http://www.khaosodenglish.com/news/business/2016/11/22/govt-approves-10-year-visas-foreigners-50/

 

BANGKOK - Les riches résidents étrangers de plus de 50 ans seront bientôt en mesure de demander un visa de 10 ans, a déclaré mardi un porte-parole du gouvernement.

Destinée à promouvoir la Thaïlande comme un centre de services médicaux, la politique a été approuvée par le cabinet intérimaire mardi, selon le porte-parole Athisit Chainuwat.

Cela remplacerait les visas renouvelables d'un an et s'effectuerait en deux versements de cinq ans chacun, a indiqué Athisit (à ne pas confondre avec l'ancien premier ministre Abhisit). Il n'était pas très clair sur la date ou le plan serait mis en œuvre.

Les demandeurs doivent soit gagner un revenu mensuel d'au moins 100 000 bahts, soit avoir plus de 3 millions de bahts dans un compte bancaire, une somme qui ne pourra être retiré dans la première année suivant la réception du visa. Ils doivent également avoir une assurance maladie qui couvre les séjours à l'hôpital et fournit au moins 10 000 dollars US en couverture annuelle.

Cependant, les détenteurs de visa de 10 ans devront toujours pointer tous les 90 jours au Bureau de l'immigration, a déclaré Athisit.

Les demandeurs du visa doivent être des étrangers résidant dans des provinces comme Chiang Rai, Chiang Mai et Chonburi, a ajouté le porte-parole.

Note de Libérez-Somyot: comme d'habitude en Thaïlande, les pauvres peuvent aller se faire foutre. 

Un riche expatrié et sa jeune épouse thaïlandaise

Un riche expatrié et sa jeune épouse thaïlandaise

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3 novembre 2016 4 03 /11 /novembre /2016 11:09

Khon Kaen - Natkrita Phicharachot, 50 ans, vendeuse de saucisses arborant une chemise noire avec le slogan "Redémarrons la démocratie", monte les escaliers du 23ème Cour Cercle militaire de la province de Khon Kaen. Elle sourit en faisant le signe de la victoire sur une photo, en dépit de la sombre perspective de son mari faisant face à une possible peine de mort.

Natkrita Phicharachot fait le signe de la victoire devant le tribunal

Natkrita Phicharachot fait le signe de la victoire devant le tribunal

Mme Natkrita est l'une des membres de la famille de 26 Thailandais du Nord-est jugés pour des accusations de terrorisme et de trahison dans une affaire juridique très médiatisée.

Le lendemain du jour ou le Conseil national dirigé par les militaires pour la paix et l'ordre (NCPO) a pris le pouvoir le 22 mai 2014, les forces de sécurité de l'État ont arrêtés plus de 30 militants chemises rouges à Khon Kaen et dans d'autres provinces, saisissant soi-disant des armes, des grenades et des munitions.

Alors au pouvoir depuis moins d'une journée, le NCPO a prétendu avoir découvert un complot clandestin pour une insurrection violente qui est devenu connu sous le nom de «Modèle de Khon Kaen», et cela a servi au nouveau régime dictatorial de justification pour le renversement du parti gouvernemental Pheu Thai élu.

Mais certains parents des accusés ont expliqué en 2014 que le «Modèle de Khon Kaen» n’a jamais cherché a provoquer un soulèvement armé, comme l'armée l’affirmait, mais représentait plutôt une expression utilisée par le mouvement chemise rouge afin de décrire une vaste campagne pour la justice sociale et l'égalité .

Pendant trois mois, les suspects ont été placés en détention militaire avant d'être transféré à la prison centrale de Khon Kaen, et formellement accusés de neuf chefs d’inculpation, notamment de terrorisme, trahison et de possession d'arme. La plupart des suspects ont été libérés sous caution a la fin de 2014, mais trois d’entre eux sont toujours en détention pour des accusations de lèse-majesté.

En décembre 2015, la police a accusé un des détenus de la planification d'une attaque terroriste contre l’événement “Bike For Dad” à Bangkok, alors qu’il était emprisonné depuis 2014. Le premier ministre, le général Prayuth Chan-ocha, a prétendu que le mouvement des Chemises rouges était derrière le complot.

Un tribunal militaire gère le modèle cas Khon Kaen que le gouvernement militaire en 2014 a étendu la compétence des tribunaux militaires pour inclure les infractions contre la sécurité nationale, la violation des ordres du gouvernement, la possession et l'utilisation d'armes, et de lèse-majesté.

Le tribunal militaire de Khon Kaen

Le tribunal militaire de Khon Kaen

Environ 1.800 civils ont été jugés par des tribunaux militaires depuis 2014, selon la Commission internationale de juristes (CIJ), une organisation non gouvernementale internationale des droits humains. Les tribunaux militaires ont tendance à avoir des taux de condamnation plus élevés et il est souvent plus difficile de faire appel.

Le mari de Mme Natkrita est l'une des sept personnes accusées d'avoir fomenté une insurrection, une accusation qui peut déboucher sur une condamnation à la peine de mort.

Source:

http://isaanrecord.com/2016/10/28/trial-over-alleged-terrorist-plot-begins-in-a-khon-kaen-military-court/

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1 novembre 2016 2 01 /11 /novembre /2016 15:01

Les autorités cambodgiennes étudient une demande du gouvernement militaire de Thaïlande d'extrader trois citoyens thaïlandais pour le crime d'insulte à la monarchie, a déclaré le ministère des Affaires étrangères.

Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères Chum Sounry a confirmé que le gouvernement avait reçu une demande d'extradition "pour insulte à la monarchie thaïlandaise" de trois ressortissants thaïlandais réfugiés au Cambodge.

"En ce moment, les autorités compétentes étudient cette demande, ce n'est donc pas le bon moment pour émettre des informations détaillées", a déclaré Sounry, restant discret sur les détails des infractions présumées de ces trois personnes.

Lorsqu'on lui a demandé si le Cambodge faciliterait l'extradition, Sounry a refusé de donner une réponse définitive, mais a rappelé le traité d'extradition signé par la Thaïlande et le Cambodge en 2001. "Les deux pays ont un traité d'extradition, et les autorités cambodgiennes envisagent la demande," a-t-il dit.

Cependant, le traité énonce qu'une infraction, pour donner lieu à une extradition, doit être condamnable d'une peine d'emprisonnement en vertu des lois des deux pays. Insulter un roi n’est pas une infraction pénale en vertu du Code pénal du Cambodge, confirme l'expert juridique Sok Sam Oeun.

"Insulter le roi n'est pas un crime au Cambodge," a-t-il dit.

Sam Oeun a ajouté que cette exigence d'extradition avait également été inscrite dans le Code de procédure pénale du Cambodge. "Nous ne pouvons pas extrader une personne si ce pourquoi elle est accusé n'est pas un crime au Cambodge. Nous ne pouvons donc pas envoyer ces gens en Thaïlande."

Le Bangkok Post a rapporté que la Thaïlande avait également demandé la coopération des États-Unis, de la France, de l'Australie, du Japon et de la Nouvelle-Zélande pour l'extradition de Thaïlandais réfugiés et accusés de lèse-majesté.

Selon le Bangkok Post, le ministre de la Justice thaïlandais Paiboon Koomchaya a prétendu qu'il aurait reçu une "réponse positive" des ambassadeurs qu'il avait approchés, mais qu'il y avait encore "un problème en ce qui concerne le droit international".

Insulter ou diffamer la monarchie peut inclure les observations faites sur les médias sociaux à propos de la famille royale - comme par exemple un cas déconcertant d'un homme qui avait fait un commentaire "sarcastique" sur le chien de feu le roi - et peut être condamné par une peine de prison de 15 ans.

Les universitaires et les observateurs internationaux ont condamné cette loi qui est souvent utilisée par la junte militaire afin de renforcer sa légitimité.

Source:

http://m.phnompenhpost.com/national/cambodia-mulls-thai-juntas-request-three-extraditions

La Thaïlandaise républicaine Suda Rangkupan s’est d’abord réfugiée au Cambodge avant de rejoindre les USA après le coup d’Etat de 2014

La Thaïlandaise républicaine Suda Rangkupan s’est d’abord réfugiée au Cambodge avant de rejoindre les USA après le coup d’Etat de 2014

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 14:46

Des groupes d’ultra-royalistes harcèlent tous ceux qui ne montrent pas assez leur chagrin après la mort du Roi.

Winny Thanawin s’est fait violemment insulter par des inconnus sur sa page Facebook. Son crime? Avoir osé porter un T-shirt rouge pour aller dîner en bas de chez lui, au lieu du noir de rigueur en ces temps de deuil national, après la mort du souverain Bhumibol Adulyadej jeudi dernier.

«À quoi pensais-tu ce matin, quand tu es sorti de chez toi avec ce T-shirt de couleur vive? Quelle insensibilité!» l’a interpellé Teeaun Chongcharoenchaikul, un homme qui s’est donné pour mission de photographier et d’exposer sur les réseaux sociaux tous ceux qui osent déroger à la règle du noir.

Winny a expliqué avoir suivi les cérémonies funéraires au Palais puis être rentré chez lui pour se changer et avoir enfilé le premier T-shirt disponible pour aller dîner rapidement. Il s’est depuis excusé de sa «mauvaise action» et a supprimé son compte Facebook.

Les témoignages similaires se multiplient ces derniers jours. Des Thaïlandais se font siffler, conspuer, parfois frapper pour avoir osé porter autre chose que du noir. Une vidéo partagée plus de 20 000 fois mais rapidement retirée montre une dame âgée en robe bleu ciel violemment prise à partie dans un bus, parce qu’elle aurait répondu “quelque chose d’insultant pour le Roi” à une femme qui lui demandait pourquoi elle ne portait pas de noir. Un officier de police vient la chercher et une femme la frappe violemment au visage. «Je te suis depuis Yaowarat (un autre quartier de la ville) lui hurle-t-elle, tu vas aller en prison.»

Les magasins de vêtements ne vendent que du noir, provoquant une pénurie chez les grossistes et une explosion des prix. Un T-shirt noir tout simple, qui coûtait auparavant environ 150 baths (3 à 4 euros), en coûte désormais 500 (12 euros), ce qui rend impossible pour les plus pauvres de satisfaire au code vestimentaire. Le gouvernement a promis d’agir et le ministre du commerce intérieur a invité le public à «signaler tout commerçant qui vend des t-shirts noirs à prix exagérés».

Les journaux, les sites internets, Google y compris, sont passés en noir et blanc, les ventes d’espace publicitaires sont suspendues, toute la place disponible est consacrée à des hommages funéraires.

Dans un tel contexte, le moindre mot qui peut être interprété comme défavorable à la monarchie met le feu aux poudres.

Plusieurs fois ces derniers jours, on est passé près du lynchage public. Comme dans le sud à Phuket, où le fils de propriétaire d’un magasin de soja avait osé poster la phrase «tout le monde doit mourir un jour». 1 000 personnes se sont rassemblées de nuit devant le magasin en hurlant des insultes et en menaçant de tout détruire. Des incidents similaires ont été signalés dans les villes de Phangna, Chonburi… Dans l’île de Samui, une femme a été sauvée in extremis du lynchage par la police et forcée à se prosterner devant un portrait du roi.

Elle aurait posté des commentaires désobligeants à l’égard du futur nouveau Roi.

On ne sait pas exactement quels ont été ses mots exacts, puisque la loi de lèse-majesté est tellement sévère en Thaïlande qu’elle empêche aux éditeurs et journalistes de reproduire le commentaire incriminé, sous peine d’encourir à leur tour 15 ans de prison.

Source:

http://www.ouest-france.fr/monde/thailande/en-thailande-des-milices-du-deuil-traquent-les-tshirts-de-couleur-4569604

Vêtements noirs obligatoires pour les Bangkokiens

Vêtements noirs obligatoires pour les Bangkokiens

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29 octobre 2016 6 29 /10 /octobre /2016 12:51

Une étudiante thaïlandaise, Aum Neko, réfugiée en France a été menacée de mort par les royalistes après la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux.

Un article de Lina Sankari

Lien:

http://www.humanite.fr/thailande-le-roi-est-mort-les-opposants-peut-etre-618574

 

La junte avait promis de poursuivre ses opposants hors des frontières de la Thaïlande. Ces menaces semblent redoubler en intensité depuis la mort du roi Bhumibol Adulyadej, il y a une semaine. Après la publication d’une vidéo sur les réseaux sociaux, Aum Neko, une étudiante thaïlandaise réfugiée en France, a été menacée de mort par les royalistes. Dans son message, elle exprimait son rejet de la monarchie et sa volonté de voir une République instaurée dans son pays. «Ma vidéo était un peu ironique puisque je sous-entendais que les royalistes eux-mêmes n’aiment pas le prochain roi», avoue Aum Neko. Et d’appuyer là où ça fait mal. La junte est en effet plongée dans un profond dilemme. Accrochée à la monarchie afin de conserver une influence sur les affaires politiques, l’armée s’inquiète de l’aptitude réelle du prince Maha Vajiralongkorn à assurer les intérêts de la couronne et des élites. En plus d’avoir demandé un délai avant de succéder à son père, le prince héritier, déjà impopulaire, est considéré comme un proche de l’ancien premier ministre destitué en 2006, Thaksin Shinawatra. Illustration de ce contexte tendu, la Thaïlande a vécu un moment de flottement, lundi, lorsqu’elle a appris qu’un militaire de 96 ans, Prem Tinsulanonda, assurerait finalement la régence pendant un an. Le temps que la junte prenne ses dispositions et façonne une constitution. Aum Neko, déjà poursuivie en Thaïlande pour crime de lèse-majesté et qui, à ce titre, avait obtenu l’asile en France, est désormais obligée de se cacher hors du territoire. En Thaïlande, ses parents font également l’objet de menaces et l’Université où elle étudie a reçu une demande d’exclusion à son encontre. Protégé par la junte, ces brigades royalistes «disent ne pas craindre la loi française», explique Aum Neko qui conclut: «ils sont même prêts à aller en prison pour avoir réduit les démocrates au silence».

Aum Neko

Aum Neko

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 09:00

Un article du magazine “The Economist”

Lien:

http://espresso.economist.com/b1b20d09041289e6c3fbb81850c5da54

 

Des foules de Thaïlandais continuent d'affluer au Grand Palais à Bangkok pour pleurer leur défunt roi, Bhumibol Adulyadej. Les autorités disent vaguement que Maha Vajiralongkorn, le prince héritier, devrait monter bientôt sur le trône. En attendant, tout le pouvoir est aux mains des militaires. Le contrôle politique est détenu par Prayuth Chan-ocha, le premier ministre militaire; l'autorité royale est tombée aux mains du régent temporaire, Prem Tinsulanonda, âgé de 96 ans, un ancien premier ministre militaire crédité d’avoir supervisé le miracle économique de la Thaïlande. Pendant ce temps, le successeur de M. Prem en tant que chef du Conseil privé est Tanin Kraivixien, âgé de 89 ans, un avocat nommé premier ministre après un coup d'Etat en 1976, mais qui a été renversé un an plus tard à cause de sa gouvernance d’extrême droite fanatique de brûleur de livres. Avant la mort de son père, le prince héritier a dit à plusieurs diplomates étrangers qu'il aimerait voir la volonté de la majorité démocratique respecté. Pour les dirigeants militaires habitués à une monarchie qui sanctifie leurs dictatures, cela doit être une mauvaise nouvelle.

De gauche à droite; Prayuth Chan-ocha, Prem Tinsulanonda et Tanin Kraivixien, les trois dictateurs

De gauche à droite; Prayuth Chan-ocha, Prem Tinsulanonda et Tanin Kraivixien, les trois dictateurs

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24 octobre 2016 1 24 /10 /octobre /2016 08:55

A l'occasion du douxième anniversaire du massacre de Takbai, le 25 octobre 2004, Libérez-Somyot a décidé de publier un extrait du chapitre 4 du livre de Giles Ji Ungpakorn "Un coup d'Etat pour les riches" qui explique la situation dans le Sud de la Thaïlande (Le livre est téléchargeable sur le lien suivant:

https://www.scribd.com/doc/243049902/Un-Coup-d-Etat-Pour-Les-Riches):

 

Les malheurs du Sud

L'Etat thaïlandais est la cause de la violence dans le Sud de la Thaïlande

 

 

Le 25 octobre 2004, les forces de sécurité du gouvernement thaïlandais brisèrent une manifestation à Takbai dans la province méridionale de Naratiwat. En plus d'utiliser des canons à eau et des gaz lacrymogènes, les troupes ouvrirent le feu à balles réelles aux dessus de la tête des manifestants, mais certains soldats tirèrent directement sur la foule, tuant 7 personnes et en blessant beaucoup d'autres, y compris un adolescent de 14 ans. Il y avait des villageois de tous les âges et des deux sexes dans la foule. Après cela, les troupes se dirigèrent vers elle pour capturer les jeunes musulmans malais de sexe masculin. Tandis que les femmes et les enfants se blottissaient dans un coin, les hommes furent mis torse nu et leurs mains furent attachées dans le dos. Les prisonniers durent ramper par terre tandis que les militaires leur donnaient une bordée de coups de pieds sur la tête ainsi que sur le corps et les frappaient avec des bâtons. Beaucoup d'entre eux furent liés ensemble par une longue corde et forcés de rester allongés face contre terre sur le sol. Le commandant local de la 4eme armée déclara à un journaliste de la télévision que cette action devait être une leçon pour tous ceux qui osait défier le gouvernement. "Nous recommencerons cela à chaque fois", précisa-t-il. La totalité de cet événement fut filmé ce qui eut seulement pour effet de montrer combien les forces de sécurité étaient arrogantes et sures d'elles.

Takbai: les détenus attachés

Takbai: les détenus attachés

Finalement les détenus attachés furent jetés dans la benne de camions militaires et allongés de force, couche par couche, les uns sur les autres. Les troupes se tenaient au-dessus de leur cargaison humaine, écrasant occasionnellement ceux qui hurlaient pour avoir de l'eau ou de l'air en leur disant qu'ils allaient bientôt "savoir à quoi ressemblait réellement l'enfer". Plusieurs heures plus tard le premier camion arriva à sa destination, le camp militaire Inkayut. Un grand nombre des prisonniers qui se trouvaient en dessous des autres dans la benne sont morts durant le transport, probablement de suffocation et de lésions rénales. Six heures après, le dernier camion arriva avec presque tous ceux qui se trouvaient dans le fond de la benne morts. Durant les six heures entre l'arrivée du premier et du dernier camion, les autorités ne firent aucune tentative pour changer les méthodes de transports des prisonniers. Environ 80 détenus moururent. Un rapport du sénat conclut que ce n'était rien d'autre "qu'une action criminelle délibérée qui avait probablement été la cause de leur mort" par les forces de sécurité. La première réaction du Premier Ministre Taksin devant cet incident fut de faire l'éloge des troupes pour leur "bon travail". Plus tard, le gouvernement affirma que la mort de plus de 80 manifestants était un regrettable "accident".

Protestation des épouses et sœurs des massacrés de Takbai

Protestation des épouses et sœurs des massacrés de Takbai

Tous ceux qui, en occident, regardent l'incident de Takbai auront en mémoire les méthodes nazies de transport des juifs vers les camps de concentration. Tous ceux qui connaissent l'histoire de la Thaïlande se rappelleront le massacre des étudiants à l'université Thammasart. En 1976, après avoir attaqués avec des armes automatiques un rassemblement pacifique d'étudiants, la police obligea ceux-ci à se mettre torse nu et à ramper sur le sol sous une grêle de coups de pieds et de poings. Certains étudiants furent traînés en dehors du campus et pendus à des arbres, d'autres furent brûlés vifs dans d'immenses feux de joies allumés par des voyous d'Extrême Droite dont certains étaient membres du mouvement d'Ultra Droite Les Scouts de Village.

La classe dirigeante thaïlandaise haïe les pauvres et les radicaux de Gauche, mais elle déteste encore plus les gens de différentes ethnies et religions. Aussi bien après Takbai 2004 que le 6 Octobre 1976, les portes paroles du gouvernement racontèrent des mensonges délibérés. L'une de ces fables fut que les forces de sécurité ont été "obligées d'agir car la situation devenait hors de contrôle". En fait ce ne fut jamais le cas. Dans le cas de Takbai, le Sénateur Chermsak Pintong rapporta que les forces de sécurité admirent à une équipe d'investigation du Sénat qu'ils brisèrent la manifestation dans le but d'arrêter 100 meneurs dont les noms et les photographies étaient sur une liste noire du gouvernement. Selon la Constitution de 1997, les citoyens thaïlandais étaient supposés avoir le droit de protester pacifiquement. Toujours selon la Constitution de 1997, les citoyens étaient supposés être innocents avant un procès. Les agissements de la police et de l'armée à Takbai démontrent qu'ils ne considéraient pas les villageois comme des citoyens. La manifestation était plus ou moins pacifique avant qu'elle ne soit réprimée par les forces de sécurité. Dans l'esprit des troupes et de ceux qui les commandaient, les détenus de Takbai furent capturés comme prisonniers de guerre, "mauvais étrangers" ou "ennemis de l’Etat" qui devaient être punis. Comme le furent les étudiants à Thammasart en 1976...

Après le 6 Octobre 1976 et Takbai 2004, les portes paroles du gouvernement prétendirent aussi que les fauteurs de trouble étaient des étrangers et ne parlaient pas le Thaï. En 1976, ils étaient supposés être Vietnamiens. En 2004, l’Etat affirma qu'ils étaient Arabes ou Malais. Tous les prisonniers tués en 1976 et à Takbai en 2004 étaient des citoyens thaïlandais parlant le Thaï. Les portes paroles du gouvernement mentirent aussi en racontant que les étudiants en 1976 et les manifestants à Takbai en 2004 étaient bien armés et représentaient une menace pour les forces de sécurité. Il n'y a aucune preuve pour soutenir cela. Aucune arme de destruction massive ne fut trouvée sur chacun des deux sites. A Takbai, un fusil rustique, qui avait traîné dans la rivière pendant des années, fut montré comme "preuve". Après le coup d'état militaire du 19 Septembre 2006, le Premier Ministre de la junte se rendit dans le Sud pour s'excuser de ce que le gouvernement Taksin avait fait. Il annonça que les charges contre certains manifestants seraient levées. Mais ni son gouvernement ni le précédent gouvernement de Taksin n'ont lancé de poursuites judiciaires contre un seul membre des forces de sécurité pour l'incident de Takbai. La junte a continué à mettre l'accent sur une "solution" militaire dans le Sud. En Janvier 2007 la junte renouvela le décret d'urgence du gouvernement Taksin, qui donnait un large pouvoir aux forces de sécurité et une immunité de celles-ci contre toute poursuite.

Alors quelles sont les causes de la violence dans les provinces du Sud de la Thaïlande? Avant 2004 il y avait bien eu quelques incidents, des tirs et des attentats, et des incendiaires mettaient régulièrement le feu dans des écoles publiques. Un académicien expliqua à l'auteur de ces lignes que les locaux surnommaient cette situation une "salade mixte de riz" (Kao-yum). En d'autres mots il apparaît qu'il y a beaucoup de causes confuses. Par exemple, se pourrait-il que des officiers de l'armée mécontents aient parrainé cette violence pour prouver qu'on avait toujours besoin des militaires, par peur de perdre le lucratif marché noir transfrontalier? Après tout, le gouvernement Taksin avait essayé de réduire le rôle de l'armée dans le Sud au profit de la police. Il y a quelques signes pour soutenir cette théorie.

Est-ce le mécontentement de longue date dans la région qui dure depuis que Bangkok et Londres capturèrent et divisèrent le Sultanat de Pattani entre le Siam et la Malaisie Britannique qui est la cause du conflit? Oui, les gens parlent de cette histoire, mais des évènements vieux de 200 ans mettent seulement le feu à la passion quand il y a une oppression systématique qui prend place aujourd'hui.

Est-ce uniquement le travail de "fanatiques Islamiste étrangers", qui se seraient débrouillés pour faire un lavage de cerveau à certains jeunes locaux dans le but de leur faire soutenir un mouvement séparatiste? C'est ce que le gouvernement thaïlandais affirme. Les encouragements de George Bush et de Tony Blair à l'Islamophobie pour soutenir leurs invasions de l'Afghanistan et de Irak incitèrent de telles vues et autorisèrent les abus des droits de l'homme contre les Musulmans dans le monde. Mais pourquoi les jeunes locaux accepteraient un tel lavage de cerveau s'il n'y avait pas une cause juste derrière?

Des rumeurs plus tirées par les cheveux circulèrent parmi certaines personnes. Principalement chez ceux qui avaient besoin d'une excuse pour dire que Taksin "n'était pas si mauvais que ça"... C'était d'anciens partisans du Parti Communiste Thaïlandais (P.C.T.) soutenant dorénavant le gouvernement Thai Rak Thai de Taksin. Des affirmations furent faites comme quoi la violence du Sud avait été planifiée par la C.I.A. dans le but d'augmenter l'engagement américain dans la région. Ces théoristes de la conspiration croyaient aussi que la C.I.A. avait planifié l'attaque du 11 Septembre à New York.

Se pourrait-il que cela soit une dispute entre le Palais, avec le soutien de l'armée d'un côté et le "trop puissant" gouvernement Taksin de l'autre? Duncan McCargo suggère que la Violence du Sud pourrait être un conflit entre le "Réseau de la Monarchie" et le "Réseau Taksin". La tentative d'augmenter le rôle de la police ne serait pas une procédure de "normalisation" selon ce point de vue. On croyait que la police était alignée sur Taksin. Ainsi l'oppression de l’Etat thaïlandais est complètement ignorée dans cette théorie. Comme pour la plupart des autres "théories de l'élite" l'histoire et les conflits sont confinés dans des sections de la classe dirigeante tandis que la population se compose de spectateurs passifs. D'après cette théorie, même les séparatistes ou les insurgés sont simplement des gangsters payés par les militaires pour discréditer le gouvernement Taksin.

Lorsque nous considérons la violence dans le Sud, nous devons écouter ce que les locaux disent. Les musulmans locaux ne détestent généralement pas leurs voisins bouddhistes. Ce n'est par une "Violence Communautaire". C'est toujours le cas aujourd'hui malgré le fait que certains moines bouddhistes aient été tués et que l’Etat thaïlandais ait essayé d'en faire un conflit de religion. Des commerçants locaux, des ouvriers de la filière caoutchouc, des enseignants religieux, des villageois ordinaires, des professeurs d'école et des fonctionnaires ont été victime de la violence. La plupart de ces tués sont peut-être mort dans les mains des forces de sécurité. A la fin des années 1990, la plupart des locaux ne réclamaient pas vraiment un Etat séparé, malgré le fait que la violence gouvernementale thaïlandaise ait peut être poussée plus de gens à soutenir la séparation. Les provinces frontalières du Sud ont été négligées économiquement et quand il y a eu développement, ce n'est pas la majorité des musulmans malais locaux qui en ont bénéficié. Il y a un haut niveau de chômage dans cette zone.

Ce que les locaux disent plus que tout, c'est qu'ils ne se sentent pas respectés. Leur religion, leur langue et leur culture ne sont pas respectées par l’Etat thaïlandais. Le système d'éducation public met l'accent sur l'histoire et la culture thaïlandaise de Bangkok. C'est pourquoi les écoles sont systématiquement brûlées. Durant les 60 dernières années, les gouvernements thaïlandais successifs ont arrêtés les dirigeants religieux, bannis l'enseignement du Yawi (le dialecte malais local parlé dans la région), fermés les écoles religieuses, forcés les étudiants à apprendre la langue thaïe, les a aussi obligés à dire les prières Bouddhistes à l'école, les a encore forcés à s'habiller en vêtements de style thaï, encouragés les gens à échanger leurs noms contre des noms thaïs et remplacés de force les noms des districts locaux en noms à consonance thaïe. Tout cela a été mis à exécution par les gouvernements de Bangkok qui maintiennent une armée d'occupation dans les provinces frontalières du Sud. En plus de cela, il n'y a pas de justice. Adil a catalogué une liste de 19 cas de justice majeurs concernant des crimes politiques depuis 1990 où il y eu de sérieuses erreurs judiciaires. Pas de Justice, pas de paix! L'armée d'occupation et la police sont craintes et haïes.

Les opposants de Thaksin aiment prétendre que les locaux détestent la police et aiment l'armée. Ce n'est tout simplement pas vrai. Le peuple local sait que leurs fils, leurs frères et leurs pères ont été embarqués dans la nuit puis torturés par l'armée et la police thaïlandaise, souvent en civil. En 2004, l'avocat Somchai Nilapaichit, qui était un activiste clé des droits de l'homme sur le problème de la torture, fut kidnappé à Bangkok et tué par des policiers de différentes unités. Il essayait de révéler les tactiques de torture des suspects par la police pour obtenir des confessions sur le vol d'armes dans un camp de l'armée début 2004. L'implication de forces de police de différentes unités indiquait un feu vert venu d'en haut, du Premier Ministre Taksin. Au moment où j'écris, personne n'a été inculpé pour le meurtre de Somchai et son corps n'a pas été retrouvé.

Il n'est pas difficile de voir qu'il y a eu un feu vert venu d'en haut pour la violence de l’Etat thaïlandais. Personne n'a été puni pour le bain de sang de 1976 à Thammasart, ni pour le massacre de Mai 1992 ou pour la tuerie de Takbai en 2004. Le gouvernement Taksin a aussi sanctionné les exécutions extra-judiciaires de 3000 "suspects d'affaires de drogue" lors de la guerre contre la drogue. Beaucoup furent tués dans le sud, d'autres parmi les minorités ethniques du Nord. La fille de Somchai, Pratapchit Nilapaichit, a dit que la société thaïlandaise a pour tradition de ne jamais faire passer les criminels d'Etat en justice. De plus, elle maintient la Loi Martiale ou les Décrets d'Urgence uniquement dans le but de faciliter les crimes des forces de sécurité. Les lois ne sont pas mise en place pour protéger les populations locales.

Il y avait des soldats mécontents dans le Sud, c'est vrai. Il y avait aussi des disputes parmi la classe dirigeante thaïlandaise. Le coup d'état du 19 Septembre l'a montré. Et il y avait de petits groupes de jeunes qui ne croyaient pas au séparatisme. Mais, jusqu'à récemment, aucune organisation séparatiste ne revendiqua la responsabilité de tous ces actes.

En Avril 2004, une centaine de jeunes environ, portant des bandeaux de têtes islamiques "magiques", attaquèrent un poste de police. Mais ils n'étaient armés que de machettes et de couteaux rustiques. Ils furent tous abattus. Le mécontentement fut certainement exprimé au travers de la religion. Mais ce n'était pas l'action d'une résistance bien organisée. L'académicien progressiste Niti Eawsriwong expliqua que c'était une vieille forme de révolte de type “Millénariste”, où les gens attaquent les symboles de l'autorité sans stratégie bien préparée. Les jeunes, lors de l'incident d'Avril, furent tués par la police et l'armée. Dans un des pires incidents, l'armée attaqua l'ancienne mosquée de Krue-Sa avec de l'armement lourd après que les jeunes s'enfuirent à l'intérieur du bâtiment. Le Sénateur Kraisak Choonhavan maintient que, outre l'excessive force montrée par l’Etat, les prisonniers de cet évènement furent attachés et exécutés de sang-froid. Un autre groupe de jeunes d'une équipe de football locale fut aussi abattu à bout portant à Saba Yoi. L'officier de l'armée chargé du bain de sang de Krue-Sa était le Général Punlop Pinmanee. En 2002, il a déclaré à un journal local qu'à une époque ancienne, l'armée avait l'habitude d'abattre les dissidents ruraux et les Communistes. Maintenant, ils envoyaient simplement des gens autour pour intimider leurs femmes. Avant le coup d'état du 19 Septembre, les partisans de Taksin accusèrent Punlop d'être derrière le complot visant à assassiner le Premier Ministre avec une bombe. Tel est la nature morale des forces de sécurité thaïlandaise.

Quand on aborde la question de l'insurrection du Sud, une question difficile est: pourquoi les organisations séparatistes ne s'identifient pas elle-même en revendiquant leurs actions? Durant les années 1970, un mouvement séparatiste clair existait, coopérant avec les Partis Communistes de Thaïlande et de Malaisie contre l’Etat thaïlandais. Le Barisan Revolusi Nasiona (B.R.N.) fut créé en 1963 et le Front Uni de Libération de Pattani (sigle Anglais P.U.L.O.) fut fondé en 1968. Le P.U.L.O. n'est pas en position de contrôler beaucoup de ce qui se passe sur le terrain aujourd'hui. Un activiste du P.U.L.O. a admit à la B.B.C. que "En ce moment il y a un groupe qui a beaucoup de sang jeune. Ils sont vifs et rapides et ils ne se préoccupent pas de ce qui va arriver après avoir fait quelque chose. Ils s'en fichent car ils veulent que le gouvernement ait une grosse réaction, ce qui causera plus de problèmes".

En 1984, le B.R.N. s'est scindé en trois. Une des organisations originaire du B.R.N. est le Barisan Revolusi Nasional-Koordinasi (B.R.N.-C). En 2005 le Runda Kumpulan Kecil (R.K.K. ou Unité de la Restauration de l’Etat de Pattani) est devenu plus proéminent dans l'insurrection. On pense qu'il est constitué de gens du B.R.N.-C qui se seraient entraînés en Indonésie. Il semble y avoir beaucoup d'organisations qui opèrent aujourd'hui avec une certaine coordination entre elles. Une explication de leur absence de revendication durant ces dernières années est qu'ils sont peut être organisés de façon trop simple et approximative. Mais alternativement, certains experts pensent qu'ils ne font aucunes revendications délibérément car cela rend extrêmement difficiles pour les services secrets thaïlandais de comprendre qui est qui et laquelle de ces organisations variées prend part à telle ou telle action.

La résistance ne consiste pas uniquement à poser des bombes ou à tirer sur les fonctionnaires de l'Etat. Les communautés agissent de façon unie pour se protéger elles-mêmes des forces de sécurité qui enlèvent et tuent les gens. Les femmes et les enfants bloquent les routes et empêchent les soldats de pénétrer dans les villages. Le 4 Septembre 2004 ils bloquèrent l'entrée de Ban Lahan à Naratiwat et dirent au Gouverneur Provincial que ses soldats et lui n'étaient pas bienvenus dans leur village. Deux semaines plus tard les villageois bloquèrent la route pour Tanyong Limo. Auparavant deux marines avaient été capturés par des villageois et tués ensuite par des militants inconnus. Les villageois suspectaient que ces marines étaient membres d'un escadron de la mort envoyés pour tuer les locaux. Des villageois portaient des affiches destinées aux autorités, disant "Vous êtes les vrais terroristes". En Novembre 2006, six semaines après le coup d'état, d'autres villageois protestèrent dans une école à Yala, demandant que les troupes quittent la région. Une de leurs affiches disait: "Vous tous méchants soldats... Allez-vous en de nos villages. Vous venez ici et détruisez nos villages en tuant des gens innocents. Partez!". La même tactique, impliquant des mobilisations de masse de femmes, est utilisée par la résistance palestinienne.

Ce qui se profile à travers le fouillis de l'explication de la "salade mixte de riz", c'est la brutalité de l'Etat thaïlandais et le fait que celui-ci a occupé les 3 provinces frontalières du Sud pendant 200 ans comme une colonie. Durant les années 1960, la dictature militaire a installée des Bouddhistes du Nord Est dans la région pour "renforcer" l'occupation. Cela rappelle un des moyens des Anglais en Irlande du Nord ou en Palestine. Des temples bouddhistes furent construits dans des endroits peuplés principalement de Musulmans. Durant cette période, il y eu des moments ou les Musulmans devaient s'incliner devant des représentations du Bouddha. Encore maintenant ils doivent s'incliner devant des photos du Roi, ce qui est une offense à leur religion. Il y a des maisons qui sont perquisitionnées par des troupes utilisant des chiens. C'est encore une insulte vis à vis des Musulmans. Aujourd'hui, des soldats sont recrutés pour devenir moines dans ces temples et ceux-ci ont des gardiens de l'armée. Les écoles publiques enseignent l'histoire en insistant sur la supériorité bouddhiste thaïe. Elles ne donnent pas de cours sur les valeurs islamiques ou l'histoire de Pattani. Elles n'enseignent pas les classes en langue locale Yawi. L'extrême Sud est le seul endroit où les troupes sont installées à long terme dans un tel mode d'occupation. Les postes de police sont entourés de sacs de sable et de barbelés. Donc le lien entre les activités illégales des soldats, les disputes entre les factions des forces occupantes et la sensation des locaux d'être maltraités et pas respectés est l'occupation du Sud par l'Etat thaïlandais, sa violence et son oppression.  

L'écrivain anti guerre Arundhati Roy déclara que toute condamnation gouvernementale du "terrorisme" n'est justifiée uniquement que si le gouvernement peut prouver qu'il est en désaccord de façon non violente. Le gouvernement thaïlandais a ignoré les sentiments des populations locales du Sud pendant des décennies. Il fut sourd à leurs demandes de respect. Il a ri au visage de ceux qui défendaient les droits de l'homme quand les gens sont torturés. Sous l'état d'urgence, personne dans le Sud ne dispose de l'espace démocratique pour tenir des discussions politiques. Quel autre choix ont les gens que de se tourner vers la résistance violente? Dans un autre article, Roy expliqua que nous, du Mouvement Populaire, ne pouvons pas condamner le terrorisme si nous même ne faisons rien pour lutter contre la terreur d'Etat. Les mouvements sociaux thaïlandais ont depuis beaucoup trop longtemps été absorbés dans des campagnes à but unique. L'esprit des gens est rendu plus étroit par le nationalisme thaï. Ils ne perçoivent pas les Musulmans comme des citoyens thaïlandais. Ils pensent que tous les Musulmans viennent du Sud, alors qu'en fait il y a une ancienne communauté musulmane chinoise dans le Nord et des gens qui descendent des Perses dans la région Centrale. Cette étroitesse de vue est encouragée par une frénétique agitation autour du drapeau et un nationalisme de tous les gouvernements. Elle est aussi stimulée par des gens au sommet de l'Etat. Récemment, la Reine a exprimé son inquiétude pour les Bouddhistes thaïlandais dans le sud. Aucune mention ne fut faite de nos frères et sœurs musulmans ni de Takbai et, encore pire, la Reine a appelé le mouvement des Scouts de Village à se mobiliser pour sauver le pays. Heureusement, la plupart des Scouts de Village sont d'âge mûr et il y a peu de chance pour qu'ils puissent encore commettre des actions violentes. 

Le Mouvement Populaire thaïlandais n'a pas prêté assez d'attention à l'oppression du Sud. Certains dans le mouvement se sentent concernés et en ont parlé, mais d'habitude ils le font séparément, en tant qu'individus, académiciens ou Sénateurs, mais il ne s'agit pas d'une campagne puissante et unifiée. Quelques bons exemples de ces organisations qui ont pris le problème sérieusement sont la Midnight University, l'Assemblé des pauvres, le journal en ligne Prachatai, de nouveaux groupes étudiants et le Parti de la Coalition du Peuple.

Au début de Décembre 2004, le gouvernement Taksin organisa une campagne pour que des millions de Thaïlandais plient des papiers en "colombes de la paix". Beaucoup de Thaïs y prirent part car ils veulent sincèrement la paix. C'est un facteur encourageant. Mais, pour le gouvernement, ce fut un exercice de relations publiques de très mauvais goût. A l'origine, les colombes de la paix furent pliées au Japon par les victimes de violence pour pardonner à ceux qui les avaient oppressés ou fait du tort. Donc la campagne gouvernementale envoyait le message que les Musulmans du Sud étaient les violents faiseurs de tort et que "nous leur pardonnions". Les forces aériennes larguèrent des tonnes de papiers colombes sur les villes et les villages du Sud. Et au cas où les locaux seraient tentés de mettre le feu à cette insulte, le gouvernement annonça que ces papiers colombes pouvaient être ramassés et échangés aux bureaux gouvernementaux contre des cadeaux gratuits. Au même moment, le gouvernement déclara qu'il allait renforcer les forces de sécurité et prendre des mesures énergiques contre les "militants" 

Lors de l'élection de 2005, le Thai Rak Thai perdit presque tous ses sièges dans le Sud à cause de sa politique. Mais il gagna une énorme majorité absolue au niveau national. Le gouvernement créa la Commission de Réconciliation Nationale sous l'autorité de l'ancien Premier Ministre Anand Panyarachun. Ce dernier avait servi comme Premier Ministre civil sous une junte militaire en 1991. La plupart des gens du Sud doutaient que cette commission puisse régler leurs problèmes. Anand fut cité dans la presse disant que l'autonomie était "hors de question" et que les gens devaient oublier le massacre de Takbai.

Malgré les remarques d'Anand, le rapport de la Commission de Réconciliation Nationale fut publié avec quelques déclarations et suggestions progressistes. Premièrement, il signalait que les problèmes dans le Sud provenaient du fait qu'il y avait un manque de justice ainsi que de respect et que le gouvernement ne recherchait pas une solution pacifique. Il décrivait ensuite comment le gouvernement avait systématiquement abusé des droits de l'homme et était engagé dans des exécutions extra-judiciaires. La commission suggérait que les communautés locales du Sud soient autorisées à contrôler leurs propres ressources naturelles, que la société civile joue un rôle central pour amener la justice et que la langue locale Yawi soit utilisée comme langue de travail, à côté du thaï, dans tous les services gouvernementaux. La dernière suggestion sur la langue est vitale si les populations locales ne doivent plus être discriminées, spécialement par les organismes gouvernementaux. Mais elle fut rapidement rejetée aussi bien par Taksin que par le président du conseil privé, le Général Prem Tinsulanon.

La seule solution à long terme pour la violence dans le sud de la Thaïlande est de s'adresser aux vraies inquiétudes des populations locales et de mettre en place des structures ou ces dernières puissent déterminer leur propre avenir. Les gens doivent avoir le droit à l'auto-détermination de n'importe quelle forme qu'ils choisissent. Ils ont le droit d'établir un Etat séparé ce c'est ce qu'ils veulent. Une solution peut uniquement être trouvée par des discussions démocratiques ouvertes. Mais rien ne peut être achevé du tout tant qu'il y aura des lois répressives de sécurité, une occupation armée de la région par la police et les militaires et une atmosphère continuelle de violence d'Etat.

Le coup d'état militaire de Septembre 2006 n'eut pour seul résultat que de rendre les choses pires. Nous ne pouvons pas construire la paix quand il y a une absence de punitions pour les politiciens, les militaires et les policiers de haut rang coupables de crimes d'Etat. Beaucoup de questions importantes doivent être posées sur la culture et le nationalisme. Tenter de détruire des identités et croyances locales à cause d'un nationalisme à l'esprit étroit est un obstacle à la paix. Le nationalisme doit être sapé.

Les principaux partis politiques n'offrent pas de choix. Partout dans le monde, la cause de la paix doit être reprise par les mouvements sociaux et par les organisations politiques de la Gauche. C'est vrai aussi en Thaïlande, nous avons un long chemin à faire pour construire un puissant mouvement uni.

La violence du Sud doit être réglée par:

1: L'abandon immédiat des lois de sécurité répressive suivit d'un retour à la démocratie.

2: Le retrait des troupes et de la police de la zone.

3: La mise en place de forums politiques où les populations locales pourront discuter de la forme de gouvernement qu'elles désirent. Il ne doit y avoir aucune pré-condition ici, comme celle de dire que les frontières actuelles de la Thaïlande ne peuvent être discutées.

4: L'Etat thaïlandais devrait reconnaître l'islam comme une religion avec les mêmes statuts que les autres croyances, y compris le Bouddhisme. Les festivals musulmans majeurs devraient être fériés et le Yawi devrait être reconnu comme une langue importante à enseigner à l'école et utilisée dans les institutions officielles côte à côte avec les autres langues minoritaires.

5: Il devrait y avoir une reconnaissance publique de tous les crimes d'Etat et une investigation indépendante de la violence d'Etat.

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 14:13

Sutee Arammetapongsa ne savait sans doute pas qu’il allait déclencher une telle colère alors qu’il postait sur son Facebook le statut suivant inspiré de la pensée bouddhiste: «Naitre, exister et mourir est normal. Pourquoi être tant sur le qui-vive?» au sujet de la mort du roi.

Une foule de plusieurs dizaines d’individus vêtus de noir s’est rendu devant son magasin avec l’intention de le lyncher. La police a pu s’interposer mais a dû arrêter l’homme sous la pression de la foule. Elle l’a ensuite relâché, estimant que le commentaire posté ne tombait pas sur le coup de la loi de lèse-majesté mais la foule a réapparu exigeant son inculpation. Sutee a donc été inculpé de lèse-majesté et incarcéré. La foule s’est ensuite dispersée, satisfaite.

Ailleurs, à Bangkok, des rapports font état de gens qui auraient été pris à partie, certains même lapidés, parce qu’ils n’étaient pas vêtus de noir.

Sources :

http://prachatai.org/english/node/6654

http://www.khaosodenglish.com/news/crimecourtscalamity/crime-crime/2016/10/15/phuket-mob-demands-arrest-man-alleged-royal-defamation/

et

http://www.phuketgazette.net/phuket-news/Phuket-man-charged-lese-majeste-early-morning/65716#ad-image-0

La foule de fanatiques royalistes à Phuket

La foule de fanatiques royalistes à Phuket

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15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 12:29

La Révolution thaïlandaise de 1973 a été décrite dans le livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais" de Sylvia et Jean Cattori.

Voici le chapitre 1 du livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais" de Sylvia et Jean Cattori:

"Déployant vos ailes, fuyant cette ville

Oiseaux jaunes, vous nous avez quittés

Volant vers la liberté

Maintenant que votre vie s'est brisée

Comme vous vous élevez dans le ciel

Un nuage blanc demande qui vous êtes

Vos ailes luisent dans la lumière du soleil

De quelle couleur est le monde dont vous rêvez?"

(Poème de Vinay Ukrit à la mémoire des victimes du soulèvement d'octobre 1973.)

Les dix jours qui ébranlèrent la Thaïlande

Le 6 octobre 1973, la dictature militaire fait arrêter onze personnes qui distribuent pacifiquement une pétition sur la place d'un marché de Bangkok. Rien de bien étrange apparemment dans un pays soumis au régime de la loi martiale. Et pourtant, c'est là l'étincelle qui va faire exploser un mécontentement longtemps accumulé. Dix jours plus tard, les trois dictateurs, le maréchal Prapass Charusathiara, Thanom Kittikachorn et son fils Narong seront contraints de s'enfuir sous la pression d'un soulèvement populaire dont l'ampleur n'a aucun précédent dans l'histoire de la Thaïlande.

Que réclament les hommes arrêtés? La promulgation de la Constitution tant de fois promise et toujours différée. Qui sont-ils? Quelques étudiants ou jeunes diplômés universitaires. Disposent-ils de quelque soutien? Oui, mais bien dérisoire à première vue face à la force des armes que détient la dictature: la pétition du "Mouvement pour la Constitution" qu'ils distribuent est signé par cent intellectuels et ils peuvent compter sur le soutien actif des quelque 100,000 étudiants universitaires du pays regroupés au sein du "National Student Center of Thailand" (N.S.C.T.).

Les dictateurs sont décidés à en finir avec ces étudiants qui défient depuis plusieurs mois l'arbitraire de leur pouvoir. "Il faut faire respecter la loi. Nous pouvons avoir à sacrifier quelque 2 % des centaines de milliers d'étudiants pour la survie du pays" déclare Prapass au cours d'une réunion (1). Excluant toute libération, il déclare publiquement que des livres "communistes" ont été saisis au domicile des inculpés. Mais, malgré l'hystérie anticommuniste entretenue par le pouvoir depuis des dizaines d'années, l'accusation trop souvent brandie ne porte plus. La revendication avancée par le "Mouvement pour la Constitution" est celle des droits démocratiques. Elle est claire pour tout le monde, y compris le petit peuple de Bangkok.

Le 9 octobre, les étudiants décident de boycotter les cours et de se rassembler aussi longtemps qu'il le faudra sur le campus de l'Université Thammasat. C'est par dizaines de milliers que les élèves affluent. La population leur témoigne son soutien par des dons d'argent et de nourriture.

Les dictateurs commencent à prendre avec inquiétude la vraie mesure du mouvement. La radio gouvernementale cherche alors à semer la confusion: elle répand le bruit que des "terroristes armés" sont mêlés aux manifestants.

Le N.S.C.T. lance un ultimatum: tous les prisonniers devront être libérés inconditionnellement faute de quoi une "action décisive" sera entreprise.

Des deux côtés on se prépare maintenant à l'affrontement. Le gouvernement met sur pied d'alerte l'armée et toutes les forces de sécurité.

Le 13 octobre, à l'échéance de l'ultimatum, la plus formidable manifestation qu'ait connue la Thaïlande se met en mouvement en direction du Monument à la Démocratie (plus familièrement appelé monument à la faillite de la démocratie). C'est un raz de marée: un demi-million de personnes. Le roi intervient, obtenant de Thanom la libération des prisonniers et la promesse de promulguer la nouvelle Constitution. Certains délégués du N.S.C.T. crient victoire et appellent à la dispersion. Mais pour d'autres, c'est trop peu ou trop tard.

Seksan Prasertkul, un des principaux dirigeants étudiants, se rend bien compte du danger qu'il y a à abandonner la position de force conquise, avant d'avoir obtenu la démission du gouvernement, alors qu'il y a encore des centaines de milliers de manifestants sur place, prêts à poursuivre la lutte. Quelles garanties ont-ils que le trio de dictateurs tienne ses promesses?

Dans la nuit, la tension ne cessant de monter, Seksan qui a pris le commandement de la manifestation dirige la foule vers la résidence du roi pour obtenir des assurances.

Un message du souverain est lu publiquement.

C'est l'aube du 14 octobre: les manifestants commencent à se disperser. Mais la police intervient. Des grenades lacrymogènes éclatent, on entend siffler des rafales d'armes automatiques. Les premières victimes tombent. Le bruit que "des étudiantes ont été battues à mort" se répand comme une traînée de poudre.

A Thammasat, on commence à fabriquer des cocktails Molotov. La radio diffuse des nouvelles falsifiées: les étudiants utiliseraient "des armes à feu contre les policiers". De sévères mesures de répression sont annoncées. En réalité, face aux soldats en armes et face aux tanks, la foule massée n'a guère que quelques bâtons.

Les rafales partent. Des gens se jettent au sol, rampant pour chercher un abri. Une centaine de corps restent sur le terrain. Dès lors, la manifestation vire à l'insurrection.

Le long de l'avenue Radjdamnoen où se concentrent les affrontements, les forces de police n'épargnent même pas les équipes de secours, mitraillées alors qu'elles cherchent à relever les corps. Les hôpitaux débordent de blessés. Parmi les victimes, il y a plus de gens du menu peuple que d'étudiants.

Malgré l'horreur, les scènes déchirantes, les hélicoptères qui tirent sur tout ce qui bouge, les manifestants défient les soldats avec une audace insensée. Ce n'est plus une insurrection étudiante mais un soulèvement populaire.

La colère de la foule se tourne contre les bâtiments publics, symboles de la corruption et d'un pouvoir détesté.

Sous la pression populaire grandissante, le roi annonce la démission de Thanom. L'armée se retire. L'affrontement va-t-il cesser?

Dans le feu du combat, la chute des trois dictateurs est clairement devenue le but de l'insurrection. Mais sont-ils vraiment tombés? Ce n'est pas l'avis de tous. Les dirigeants étudiants les plus radicaux soulignent que la démission du gouvernement n'a pas vraiment changé le rapport de force: Thanom est toujours le chef suprême des forces armées, et Prapass toujours à la tête de la police. La fièvre ne tombe pas.

Un groupe déterminé armé de quelques pistolets se dirige vers le quartier général de la police. Il est accueilli par un feu nourri d'armes automatiques.

Les étudiants devenus cette fois enragés vont livrer pendant quinze heures un assaut hallucinant contre les policiers lourdement armés, retranchés dans le bâtiment. Affrontant la mort avec un courage de kamikaze, des vagues d'assaut se succèdent, fauchées par le tir des mitrailleuses. Pour surmonter l'énorme déséquilibre des armes, les étudiants amènent sur place un camion anti-feu, le vident de son eau et le remplissent d'essence à un poste de distribution tout proche. Maniant sous les balles ennemies les puissantes lances incendie, ils projettent l'essence à l'intérieur du bâtiment et l'allument à coup de cocktails Molotov.

Dans toute la ville, d'autres commandos réquisitionnent les bus et mettent le feu aux postes de police. Thanom et Prapass cherchent désespérément à contre-attaquer; ils font appel aux forces spéciales, mais leur autorité s'est effondrée. L'armée ne bouge pas.

Le 15 octobre au soir, la radio annonce que les trois dictateurs et leurs familles ont quitté le pays. Symbole du renversement de la dictature, de nombreux commissariats se sont écroulés dans les flammes. Pour échapper à la colère populaire, des policiers brulent leurs uniformes. Pendant plusieurs semaines on en verra plus un seul à Bangkok.

Le prix payé par la jeunesse est lourd: quelques trois cents morts, des milliers de blessés. Mais l'enthousiasme déferle dans les rues et un immense espoir se lève.

Les étudiants, fer de lance du soulèvement, ont ainsi remporté une précaire mais gigantesque victoire. La première insurrection de masse dans l'histoire du pays s'est en effet montrée capable de faire tomber la dictature, solidement installée au pouvoir depuis de longues années. Pour la première fois, le peuple thaïlandais a fait massivement irruption sur le terrain politique, domaine réservé de l'élite bureaucratique depuis le coup d'Etat qui mit fin en 1932 à la monarchie absolue, et chasse gardée des cliques militaires depuis 1938, exception fait d'une brève parenthèse après la Deuxième guerre mondiale. Cet événement sans précédent va déboucher sur trois années agitées d’«expérience démocratique».

Comment concilier l'affrontement qui vient de se dérouler dans le sang, avec l'imagerie rose et largement acceptée d’une Thaïlande, pays du tourisme, pays de la passivité politique et du bouddhisme lénifiant, pays de propriétaires ruraux satisfaits?

En réalité, trois éléments essentiels permettent de comprendre ce qui s'est passé.

Tout d'abord l'accumulation d'un mécontentement populaire considérable, fruit de graves déséquilibres sociaux et économiques, accéléré par l'impact immense de la présence américaine.

La nature du «pouvoir bureaucratique» ensuite, machine d'oppression, de corruption et d'exploitation pesant sans aucune médiation sur la vie quotidienne des gens.

Enfin, la constitution progressive du mouvement étudiant. Loin d'être sorti brutalement du néant, son poids politique s'est affirmé au cour d'un lent processus de maturation.

(1) Réunion du 8 octobre 1973 au Ministère de l'Intérieur

Sylvia et Jean Cattori

Lien de l’excellent site de nouvelles Arrêt sur Info dont Sylvia Cattori est la webmaster:

http://arretsurinfo.ch/

Le livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais" de Sylvia et Jean Cattori.

Le livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais" de Sylvia et Jean Cattori.

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14 octobre 2016 5 14 /10 /octobre /2016 12:50

1973: l'armée thaïlandaise tire sur les manifestants

Un article de la BBC publié le 14 octobre 1973

Lien:

http://news.bbc.co.uk/onthisday/hi/dates/stories/october/14/newsid_2534000/2534347.stm

 

Des dizaines de personnes ont été tuées à Bangkok, la capitale de la Thaïlande, lors de combats de rue entre les troupes gouvernementales et les manifestants.

La plupart des victimes sont des étudiants de l'Université Thammasat, qui s'étaient réunis en grand nombre pour une deuxième journée de manifestations contre le régime militaire thaïlandais.

Les violences ont éclaté lorsque plusieurs milliers d'étudiants sont descendus dans les rues pour réclamer la démission du gouvernement militaire. Ils appellent également à la mise en place d'une nouvelle constitution.

Affrontement

Aujourd'hui, les manifestants ont barricadé les rues menant aux bureaux du gouvernement. Selon des témoins, les manifestants ont jeté des pierres et des cocktails Molotov, mais ont été repoussés par la police et les troupes qui ont utilisées des balles réelles.

Plusieurs personnes sont tombées après que des coups de feu aient été tirés par des tireurs d'élite.

Il a également été rapporté que des camions de pompiers et des autobus avaient été saisis et conduits pour s'écraser contre les blindés.

Les affrontements entre les troupes et les étudiants ont également eu lieu à l'Université Thammasat après que les étudiants aient commencé à retourner aux manifestations de rue.

Les étudiants sont en colère contre le maréchal Thanom et son régime, des gouvernements militaires successifs qui ont dirigé la Thaïlande depuis 1947.

Le maréchal a aboli la Constitution en vigueur à la suite d'un coup d'Etat en novembre 1971 et, il y a moins de 10 jours, 13 militants pro-démocratie ont été arrêtés pour avoir appelé à la mise en place d'une constitution permanente.

Après une manifestation pacifique d'environ 200.000 personnes hier, le gouvernement s'est engagé à introduire une nouvelle constitution dans les 12 mois.

Mais le scepticisme du public est considérable quant aux promesses du gouvernement, il a fallu 10 ans pour que la dernière constitution soit mise en place.

Bangkok est désormais sous l'état d'urgence. La censure des journaux et le couvre-feu ont été imposés, et les écoles de la capitale resteront fermées jusqu'à ce que la situation se calme.

Le contexte

De nombreux témoignages indiquent le régime a ouvert le feu sur des civils non armés. Le bilan officiel des victimes est de 77 tués. Plus de 800 personnes ont été blessées.

Plus tard ce jour-là, le maréchal Thanom démissionné ainsi que deux autres officiers supérieurs. Les trois hommes ont été temporairement exilés.

Le Dr Sanya Dhammasak, recteur de l'Université Thammasat, est devenu le nouveau Premier ministre.

Le gouvernement civil a survécu jusqu'en octobre 1976, date à laquelle un régime militaire a de nouveau repris le pouvoir.

Il y a eu un autre coup d'Etat militaire en 1991. Les élections de 1992 ont conduit au retour de la démocratie en Thaïlande.

Mais en septembre 2006, l'armée est intervenue de nouveau pour renverser le Premier ministre Thaksin Shinawatra.

La plupart des Thaïlandais célèbrent l'anniversaire de la "révolte du 14 octobre 1973" comme Journée de la liberté et des droits du peuple thaïlandais.

 

Quelques photos prises ce jour-là :

43ème anniversaire de la Révolution thaïlandaise de 1973; un article de la BBC daté du 14 octobre 1973
43ème anniversaire de la Révolution thaïlandaise de 1973; un article de la BBC daté du 14 octobre 1973
43ème anniversaire de la Révolution thaïlandaise de 1973; un article de la BBC daté du 14 octobre 1973
43ème anniversaire de la Révolution thaïlandaise de 1973; un article de la BBC daté du 14 octobre 1973
43ème anniversaire de la Révolution thaïlandaise de 1973; un article de la BBC daté du 14 octobre 1973
43ème anniversaire de la Révolution thaïlandaise de 1973; un article de la BBC daté du 14 octobre 1973
43ème anniversaire de la Révolution thaïlandaise de 1973; un article de la BBC daté du 14 octobre 1973
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