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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 07:31

Un article de Numnual Yapparat

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/07/09/sexual-violence-and-the-death-penalty/

 

Des rapports de femmes violées apparaissent régulièrement dans les premières pages des journaux [en Thaïlande]. Le viol est vraiment triste et inacceptable. Une nouvelle récente signale qu'une jeune fille de 13 ans a été violée dans un train et jeté par la fenêtre. Elle a perdu la vie. C'est une nouvelle épouvantable.

Les gens sont devenus furieux et exigent que le violeur soit condamné à la peine de mort. Ils affirment que la peine de mort permettrait de réduire le nombre de viols.

Cependant, la colère des gens peut obscurcir leur jugement. Une telle punition résoudra-t-elle le problème? Qu'arrivera-t-il aux victimes de viol une fois les violeurs exécutés? Pouvons-nous trouver une solution en nous concentrant sur les individus tels que les violeurs et leurs victimes? Ne vaudrait-il pas mieux analyser le tableau d'ensemble de ce qui se passe dans la société? Quel genre de normes sociales encouragent les gens à se comporter comme des animaux? Ces questions ont besoin d'un débat sobre et rationnel et non pas de frénétique colère.

Ceci est un bon exemple de cette habitude de blâmer les individus sans pour autant régler le problème. La violence domestique en Thaïlande est très élevée. L'État et même les organisations de femmes accusent l'alcool d'être le principal responsable. Leur proposition est "d’interdire de boire". Cette réponse est très pratique pour l'État et les groupes de femmes conservatrices. Ils ne veulent pas se poser les questions difficiles qui remettent en question l'ensemble du système et de ses institutions. Cela donne également la possibilité à l'État de nourrir les mœurs conservatrices dans la société afin de promouvoir les valeurs familiales qui font porter toute la responsabilité aux individus. Les gens sont encouragés à se blâmer eux-mêmes ou les membres de leur famille mais pas le système.

Les hommes sont censés être forts et s'occuper de leurs familles. Qu'est-ce qui se passe quand un homme ne parvient pas à le faire? Personne ne veut être un perdant. Les hommes intimident leurs partenaires femmes ou leurs enfants. Les personnes les plus vulnérables sont susceptibles d'être victimes de violence dans cette hiérarchie. Blâmer l'individu ne réglera jamais le problème.

Karl Marx et Friedrich Engels avaient expliqués très clairement que la classe et la famille étaient les clés pour comprendre l'oppression des femmes. La famille est apparue aux côtés de la propriété privée et de l'Etat. Avant cela, les femmes et les hommes vivaient dans des sociétés de chasseurs-cueilleurs où ils faisaient un travail différent mais égal et avaient leur mot à dire dans la prise de décision. Marx et Engels appelaient cela le "communisme primitif".

Puis, quand les sociétés se sont développées, elles ont commencé à produire des excédents en plus de ce qui leur était nécessaire pour répondre à leurs besoins de base, des choses qui pouvaient être stockées et contrôlées. Et les techniques de production qui ont créé cela se sont alors mises à prioriser le travail des hommes sur celui des femmes pour la première fois. Ensuite, une classe dirigeante a élaboré que les hommes devaient dominer car elle désirait des héritiers "légitimes" à qui transférer le surplus. Le contrôle des femmes et des relations sexuelles est devenu la clé pour posséder ce surplus. L'unité de la famille s'est développée cote-a-cote avec une idéologie qui traite les femmes comme des citoyens de seconde classe ainsi qu'une forme de propriété pouvant être contrôlé par les hommes [1].

La classe dirigeante et ses institutions reproduisent les idées sexistes contre les femmes afin de maintenir une relation inégale entre celles-ci et les hommes au profit de leurs intérêts. Les médias véhiculent une image des femmes comme objets sexuels qui peuvent être achetés comme une marchandise. Ces idées encouragent et aident à rendre légitime la violence contre les femmes.

Le média chemise jaune Manager est un exemple de l'hypocrisie qui règne dans la société thaïlandaise. Il y a quelques jours, il a publié un article "fantaisiste" afin d'encourager le viol en prison d'une personne transsexuelle pro-démocratie. Pourtant, il a condamné le violeur de la fille de 13 ans du train. Des médecins chemises jaunes ont insulté sexuellement l'ancienne Première ministre Yingluk et menacé de la violer. Cependant, les conservateurs, dont de nombreux acteurs de cinéma, appellent à la peine de mort contre les violeurs.

La peine de mort ne résout rien et n'est simplement qu'une forme de barbarie car elle tue des gens par vengeance. Elle influence les gens à accepter la violence. Il n'est aucunement garanti que le viol ne soit empêché par la peine de mort. Il y a eu aussi plein de gens innocents condamnés par des tribunaux ayant un parti-pris ou corrompus. Cela ferme la porte à la recherche de la racine du problème. La morale conservatrice ne nous donne pas de réponse, car elle veut contrôler et condamner les gens et ne s'intéresse pas à l'égalité.

Nous devons accroître les droits des femmes. Mais nous ne pouvons pas le faire sans démocratie. S'opposer à la violence contre les femmes et se battre pour la démocratie font partie de la même lutte.

[1] Un article du journal "Socialist Worker" en anglais qui analyse les causes du viol:

http://bit.ly/1oBQm0P

Numnual Yapparat

Numnual Yapparat

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 14:48

Un article de Meas Sokchea

Source:

http://www.phnompenhpost.com/national/thai-crossings-closed

 

L'armée thaïlandaise a fermé huit postes de contrôle le long de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande dans la province de Banteay Meanchey, affectant les citoyens des deux pays qui traversent la frontière chaque jour pour gagner leur vie, ont témoigné des fonctionnaires cambodgiens.

So Channary, chef de la police de l'Unité 91 de défense des frontières et Khuon Choeun, commandant de la brigade de 51 de l'unité 515, qui est en poste à la frontière, ont déclarés que les points de contrôle dans les districts Svay Chek et O'Chrov sont fermés depuis lundi.

Les soldats thaïlandais avaient informés leurs homologues cambodgiens que les points de contrôle seraient fermés afin de sécuriser la zone avant la visite d'un commandant militaire non identifié à la frontière prévue pour ce lundi.

Mais mardi après-midi, les responsables ont déclaré que les postes frontières étaient restés fermées et qu'aucun commandant thaïlandais n'était venu en visite.

"Les commandants thaïlandais ne sont pas venus. J'observe attentivement cette situation. Maintenant [les points de contrôle] n'ont pas encore été rouvert", a déclaré Channary.

 

La carte des points de passages frontaliers entre le Cambodge et la Thaïlande

La carte des points de passages frontaliers entre le Cambodge et la Thaïlande

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 14:44

L'ONG Reporter sans Frontière dénonce l'emprisonnement arbitraire de Thanapol Eawsakul par la junte militaire thaïlandaise.

Lien:

http://fr.rsf.org/thailande-en-thailande-un-message-politique-09-07-2014,46608.html

 

Le journaliste Thanapol Eawsakul a de nouveau été arrêté par la junte militaire. Cette dernière avait exigé du rédacteur en chef du Fah Diew Gan qu’il ne poste plus aucun message sur Facebook. Sa “récidive” lui a valu quatre jours de détention.

La junte thaïlandaise ne plaisante pas avec la liberté conditionnelle. Le journaliste Thanapol Eawsakul a été arrêté, le 5 juillet 2014, par les militaires pour avoir publié un message sur Facebook, ce qui constituerait une violation. Le rédacteur en chef avait été invité par des militaires à une “discussion dans un café”. A son arrivée sur les lieux, il a été immédiatement arrêté. Il a finalement été relâché le 9 juillet.

Déjà arrêté le 23 mai dernier pour avoir participé à une manifestation pacifique contre le coup d’Etat, il avait été relâché sept jours plus tard. La junte qui étend un peu plus chaque jour sa mainmise sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, avait exigé du journaliste qu’il signe, lors de sa remise en liberté, un engagement à ne pas s’impliquer dans des activités politiques susceptibles de provoquer des troubles sociaux. Si on ne connaît pas la nature précise du message posté sur Facebook, ce dernier a fortement déplu à la junte qui a tendu un véritable piège au rédacteur pour l’arrêter.

“Il est très inquiétant de constater que l’armée thaïlandaise est en train d’opérer un changement de régime. Ce n’est plus le droit qui gouverne mais la junte, qui dirige par la force", déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. “Sous prétexte de garantir l’ordre public, l’armée vise à censurer toute critique à son encontre et à dissuader la presse d’émettre librement des opinions. Les militaires doivent mettre un terme aux violations répétées de la liberté de l’information depuis leur arrivée au pouvoir”.

Depuis son arrivée au pouvoir le 22 mai dernier, la junte militaire semble vouloir contrôler de plus en plus les réseaux sociaux. Le 28 mai, Facebook avait été rendu inaccessible pendant une heure environ. Le 25 juin dernier, le Conseil national pour la paix et l’ordre annonçait la création de comités chargés de contrôler le contenu des médias, et notamment des réseaux sociaux. Plus tôt dans le mois, le chef adjoint de la police métropolitaine avait déclaré que ceux qui posteront des message hostiles au coup d’Etat sur les réseaux sociaux seront considérés comme ayant violé la loi, et donc arrêtés. Les auteurs de messages postés constituant des crimes de “lèse-majesté” seront soumis au même traitement.

Le magazine de Thanapol Eawsakul, Fah Diew Gan (Same Sky), est d’ailleurs réputé pour ses prises de position critiques envers le crime de “lèse-majesté”, à l’origine de nombreuses poursuites contre des journalistes et des blogueurs.

La Thaïlande se positionne à la 130e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières.

Arrestation de Thanapol Eawsakul par les militaires

Arrestation de Thanapol Eawsakul par les militaires

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 15:07

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/07/08/killing-unarmed-protesters-or-staging-coups-no-barrier-to-a-future-career-in-politics/

 

La Commission électorale vient de faire des propositions à ses maîtres militaires au sujet des futures règles électorales. Outre l'augmentation de ses pouvoirs à l'égard de tout gouvernement élu sortant, la Commission veut que les gens n'aient pas le droit de se présenter aux élections s'ils ont été reconnus coupables de fraude électorale, de crimes liés à la drogue et de lèse-majesté.

Bien sûr, les gens ne devraient pas avoir le droit de se présenter comme candidats s'ils trichent aux élections, mais dans le passé, l'accusation de "fraude électorale" a été faussée par les anti-démocrates. La masse du Parti Démocrate de Sutep et les universitaires réactionnaires de la classe moyenne ont essayé de prétendre que les soi-disant "politiques populistes", tels que le système de soins de santé universel, les fonds de création d'emplois et l'allégement de la dette pour les pauvres ne seraient en fait que des "achats de votes" et donc de la "fraude électorale". Naturellement, le système patron-client à l'ancienne du Parti Démocrate dans la province de Surat Thani de Sutep ne serait pas compté comme de la "fraude électorale".

La loi lèse-majesté est un affront à la liberté d'expression et aux principes démocratiques de base. La loi existe pour protéger l'ensemble de la classe de l'élite, y compris l'armée. Elle doit être abolie, pas utilisé comme raison pour interdire les gens de faire de la politique.

Manifestement absent de la liste d'infractions graves de la Commission électorale, qui conduiraient à l'interdiction de se présenter aux élections, se trouve; le fait d'avoir ordonné le massacre de manifestants pro-démocratie non armés, l'utilisation de la violence dans le but de saboter les élections, l'organisation d'un coup d'Etat militaire, le fait de déchirer la Constitution et l'appel ainsi que le soutient à un coup d'Etat militaire.

La Commission électorale actuelle a elle-même traînée des pieds lors de l'organisation des élections de février et a refusé d'ouvrir des bureaux de vote dans certains quartiers de Bangkok, privant ainsi de nombreux citoyens du droit de vote.

En Grande-Bretagne la Commission électorale est contrôlé par un parlement élu avec des propositions faites par tous les principaux partis politiques. En Thaïlande, la Commission est nommé par des juges non élus et approuvé par le Sénat, dont la moitié des membres sont nommés par les conservateurs.

Ces dernières propositions ne sont qu'un aperçu de la feuille de route de la junte pour sa "démocratie guidée" en Thaïlande.

Giles Ji Ungpakorn

Giles Ji Ungpakorn

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 15:02

La police a inculpé Thanat Thanawatcharanon, alias Tom Dundee, un chanteur country et militant chemise rouge, de lèse-majesté et d'infractions en vertu de loi sur la cybercriminalité.

Environ 20 militaires et policiers, menés par la Division de la Répression du Crime de la Technologie, ont arrêtés Tom, à sa maison dans la province de Phetchaburi ce mercredi (9 juillet).

La femme de Tom a expliqué à Prachatai qu'il était inculpé pour des discours tenus lors de deux rassemblements chemises rouges, organisé par Kotee, en novembre 2013. Les vidéos de ses discours avaient été téléchargées sur Youtube.

Le chanteur avait été précédemment inculpé pour avoir défié le Conseil National pour la Paix et de l'Ordre (NCPO) de la junte afin de ne pas se rapports avec les militaires après convocation. Il a ensuite été libéré sous caution.

En 2010, le Réseau des contributions volontaires des citoyens pour protéger la monarchie sur Facebook avait pression sur le Département des enquêtes spéciales (DSI) afin de poursuivre Tom pour un autre discours lors d'un rassemblement des chemises rouges dans la province de Ratchaburi.

Source:

http://prachatai.org/english/node/4207

Tom Dundee à Aksa Road quelques jours avant le coup d’Etat

Tom Dundee à Aksa Road quelques jours avant le coup d’Etat

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 15:14

Le compte-rendu d'une convocation d'un expatrié japonais par l'armée

Hara Shintaro est un universitaire japonais marié avec une Thaïlandaise musulmane et qui vit à Patani dans le Sud de la Thaïlande

Il a été convoqué par l'armée et a eu le courage de raconter ce qui s'est passé.

Lien:

http://www.deepsouthwatch.org/node/5915

 

Le 16 juin dernier, j'ai reçu un appel téléphonique du commandant de l'unité spéciale de Patani. Je l'avais rencontré à plusieurs reprises, et cette fois, il m'a dit qu'un officier de renseignement de l'ISOC local (Le commandement des opérations de sécurité intérieure), que je connaissais aussi, voulait avoir une conversation avec moi tout en buvant une tasse de café ensemble, alors j'ai suggéré un rendez-vous dans un café situé en face de mon université dans la ville de Patani.

Quelques minutes plus tard, j'ai été contacté par l'un des vice-recteurs de mon université, m'indiquant que la situation était grave. Il m'a dit de venir à la salle de réunion du bureau du recteur le lendemain. Le vice-doyen de ma faculté assisterait lui-aussi à la réunion.

La réunion avait été programmée pour commencer à 8 heures et je suis arrivé dans la salle de réunion, qui était vide, 5 minutes avant l'heure. Les soldats sont apparus environ une heure plus tard. Outre les deux agents mentionnés ci-dessus, il y avait environ 7 ou 8 autres hommes en uniforme, dont deux cameramen militaires qui ont pris des photos tout le temps.

Ils m'ont expliqué que le commandant de région de la 4eme armée voulait "m'attraper". Il ne m'ont pas expliqué exactement ce que le commandant voulait faire, soit me retenir pendant sept jours sur la base de la loi martiale, soit m'arrêter suite à la loi pénale ou soit me déporter. La raison donnée était qu'il avait obtenu un rapport comme quoi j'aurais critiqué le NCPO dans les médias. L'explication m'a grandement étonnée car j'avais arrêté de me manifester dans tous les médias depuis le coup d'Etat. Le seul moyen de communication que j'utilisais pour le but était Facebook. J'ai donc demandé de quels médias ils voulaient parler, mais les seules réponses que j'ai eues en retour étaient toutes obscures.

L'officier du renseignement m'a expliqué que quelque part (oui, quelque part), j'aurais dit quelque chose dans "Media Selatan", l'une des radios de la communauté locale qui est surveillée de très près par les militaires, et dont je suis un intervenant régulier d'un de leur programme en langue malaise appelé "Dunia Hari Ini" (le monde d'aujourd'hui). Selon eux, j'avais dit que la survie de la station dépendait de l'appui de la population locale, qui avait été, en quelque sorte, interprété par l'armée comme instigation. J'ai donc donné mon explication qui a semblé satisfaire les militaires. Cependant, ils m'ont dit que je devais voir le commandant lui-même le jour suivant (le 18 juin). La réunion devait avoir lieu dans la salle provinciale de Pattani, en présence du gouverneur de la province. C'était un mauvais signe, car j'avais déjà arrangé les choses pour mon voyage de noces en Indonésie. Si je devais être arrêté, cela serait une très mauvaise nouvelle pour ma femme qui en était à son troisième mois de grossesse, et attendait avec impatience le voyage. Cependant, j'ai évalué la situation comme n'étant encore pas trop grave, parce que la réunion devait avoir lieu dans un endroit civil, et que le commandant ne venait probablement pas à Patani que pour voir un Japonais et que je ne le rencontrerais qu'après qu'il ait auparavant participé à une prière pour paix des chefs religieux locaux, un événement organisé par les militaires.

Cette nuit-là, j'ai envoyé un e-mail à un agent de mon ambassade que j'avais rencontré auparavant quand son supérieur et lui étaient descendus à Patani. Dans sa réponse, il m'a donné de très bons conseils pour faire face à une telle occasion, et a promis de faire une "enquête" publique au ministère des Affaires étrangères du Royaume de Thaïlande, de manière à mettre l'accent sur le fait que l'ambassade suivait ce qui se passait.

La rencontre avec le commandant devait commencer à 11 heures. Quand je suis arrivé à la salle de réunion provinciale, il n'y avait que son adjoint, les deux officiers que j'avais rencontrés la veille, tous en uniforme. Le député, dont j'ai oublié le nom, était un petit homme de communication qui a gardé son sourire huileux tout le temps, avec des cheveux anormalement noir pour son âge (57 ans). Il a dominé notre conversation, parlant de toutes sortes de choses, en insistant à plusieurs reprises qu'il était originaire de Narathiwat et que donc il se souciait et connaissait bien les populations locales, et ainsi de suite, toutes ces sortes de choses qui disparaissent immédiatement de la mémoire après avoir terminé la conversation.

Cette conversation "très instructive" s'est poursuivie plus d'une heure jusqu'à ce que le lieutenant-général Walit, le commandant, soit entré dans la salle de réunion. Contrairement à son adjoint, le lieutenant-général Walit a clairement montré son aversion pour moi en conservant un visage clairement maussade, et aussi, à la différence de nombreux Thaïlandais, a immédiatement fait un discours très direct affirmant que j'avais fait des erreurs graves qui étaient la raison principale de ce pourquoi j'avais été "attrapé". C'était le genre de personne qui n'estimait pas nécessaire de cacher son aversion ni son caractère colérique, ce genre de gens pas très bon pour préciser les choses dans un ordre logique. Il a préféré souligner la gravité des infractions que j'aurais commises plutôt que d'expliquer la nature des infractions elles-mêmes. Puis il m'a montré des photocopies du rapport qu'il avait accepté dans laquelle il y avait des captures d'écran de cotation de ce que j'avais dit le 24 mars de l'année dernière. Ce jour-là, devant un public de pas moins de 3000 personnes à Patani, j'avais dit; "Les villageois doivent soutenir le BRN (NDT: Le Barisan Revolusi Nasional, un mouvement indépendantiste du Sud de la Thaïlande) dans son processus de négociation et faire en permanence pression sur l'organisation afin qu'elle ne quitte pas la table de négociation". Mais la citation du rapport n'avait retenu que la moitié de phrase; "Les villageois doivent soutenir le BRN". Il m'a demandé si j'avais vraiment dit cela. J'ai répondu oui. Il a ensuite dit que maintenant que le NCPO avait saisi tous les pouvoirs, on ne pouvait plus critiquer ou attaquer [le pouvoir], parce que cela signifierait provoquer la discorde dans la société, mais que je les avais ouvertement critiqué dans les médias et que c'était une infraction inacceptable. Je savais très bien que l'une des caractéristiques majeures des militaires est d'interpréter les choses de la manière dont ils le veulent, donc je n'ai pas cherché à remettre leurs citations en cause à ce moment là.

J'ai essayé de donner mon explication, mais avant que je puisse prononcer quatre ou cinq mots, le lieutenant-général Walit m'a coupé mon raisonnement, un comportement typique des partisans du PDRC qui coupent la parole à leurs interlocuteurs avant que ceux-ci puissent terminer une phrase.

Il m'a ensuite demandé si je serais heureux dans le cas ou un foutu étranger venait dans mon pays et faisait la même chose que ce que j'avais fait. J'ai dit que c'était son droit de le faire. Puis il a demandé: "Seriez-vous heureux si je faisais la même chose dans votre pays que ce que vous avez fait dans mon pays?" J'ai répondu que je serais très heureux et respecterais son droit. Mes deux réponses n'ont pas satisfait le lieutenant-général. Il semblait croire que tout le monde devrait penser comme lui. Le lieutenant-général Walit a insisté sur le fait que je ne pouvais pas faire ce que je faisais dans son pays. C'est contre la loi et, que maintenant toute la loi dépendait du NPCO.

J'ai tenté d'expliquer au lieutenant-général Walit que je ne m'étais pas manifesté dans les médias depuis le "changement de la structure administrative du pays" et que donc, je serais très heureux s'il pouvait bien vouloir me dire où donc les médias avaient publié, après le coup d'Etat, cette partie fragmentée de mes discours, en laissant ainsi croire des militaires très intelligents que j'avais dit ces choses après le coup d'Etat, malgré le fait que je les ai dit plus d'un an auparavant, alors que ce pays était encore dirigé par le gouvernement civil de Mlle Yingluck.

Le lieutenant-général Walit m'a répondu que je n'avais à recevoir aucune explication car cela avait déjà été publié dans un journal. J'ai donc demandé de quel journal il s'agissait. Il pourrait me dire le nom de celui-ci afin que je puisse établir un contact et déposer une plainte contre "un tel comportement qui manque clairement de responsabilité".

Le commandant détourna son visage de moi vers son adjoint, qui a prononcé à plusieurs reprises certains "ermmm", et m'a dit que ses hommes allaient me contacter plus tard pour m'informer sur la suite de ce qui, comme vous pouvez le deviner, ne s'est jamais produit.

Le lieutenant-général Walit a ensuite dit que ca n'était pas important, mais j'étais supposé comprendre que ces derniers mots étaient faux. J'ai essayé de lui expliquer que ce que j'avais dit se situait dans un contexte différent avant que son grand patron, le général Prayuth, prenne le pouvoir administratif du pays. A ce moment-là, si le gouvernement légitime de l'époque avait voulu m'arrêter pour ce que j'avais dit devant des milliers de personnes et qui avait été cité par de nombreux médias, ils auraient pu le faire. Ce n'était pas mon problème qu'ils s'aperçoivent seulement aujourd'hui de ce que j'avais dit il y a plus d'un an, m'accusant de manquer de respect au NPCO, un organisme qui n'existait pas encore à ce moment-là. Mais le commandant n'était pas ce genre d'homme prêt à écouter les autres quand ils argumentent des choses irritantes pour lui.

L'essentiel de ce qu'il a dit après et que je ne pouvais pas dire cela parce que c'était mal. À la fin, il m'a gentiment dit de s'abstenir de faire état de mon opinion en public pour ma sécurité.

Il m'a également demandé si je m'étais à la réunion suite à son invitation ou à une convocation. J'ai répondu que c'était une invitation. Il a répliqué "exactement", car il n'y avait pas de lettre officielle pour cela, et mon ambassade devait comprendre que ce n'était pas une invocation. Donc, j'ai su que l'enquête de l'ambassade avait eu un certain effet. Cependant, il a continué, disant que maintenant que j'avais compris qu'il était faux de dire des choses telles que celles parues dans le "journal", il n'y aurait pas de nouvelles invitations. Si je m'avisais de commettre à nouveau ce type d'infraction, Walit m'a précisé qu'il ne m'inviterait pas, mais me convoquerait pour que je me déclare moi-même et reste avec ses hommes pendant sept jours. Ensuite, la réunion s'est terminée.

Alors que je lui faisais un wai (NDT: Salut traditionnel thaïlandais), le lieutenant général m'a gentiment offert sa main à serrer. Il a saisit ma main très fermement et l'a secoué plusieurs fois, ce qui peut être interprété de plusieurs façons.

Hara Shintaro

Hara Shintaro

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 15:07

L'universitaire américain David Streckfuss a organisé un sondage sur l'opinion des Thaïlandais vis-à-vis du coup d'Etat. Le journaliste américain Frank Gilbert Anderson a fait le graphisme

Résultats du sondage d'opinion de 343 Thaïlandais sur la situation politique

1. A votre avis, le coup d'Etat du 22 mai était-il légal ou illégal? (338 réponses)

Légal: 2,37%

Illégal: 91.42%

Sans opinion: 6.21%

2. A votre avis, le coup d'Etat du 22 mai était-il légitime ou illégitime? (340 réponses)

Légitime: 6,47%

Illégitime: 91.47%

Sans opinion: 2,06%

3. Etes-vous d'accord avec le coup d'Etat du 22 mai? (340 réponses)

Tout à fait d'accord: 2,94%

D'accord: 2,94%

Ni d'accord ni en désaccord: 2,35%

Pas d'accord: 14.41%

Fortement en désaccord: 77.35%

4. Le coup d'Etat du 22 mai permettra de bâtir une démocratie plus durable et stable. (340 réponses)

Tout à fait d'accord: 2,06%

D'accord: 2,06%

Ni d'accord ni en désaccord: 3,24%

Pas d'accord: 14.14%

Fortement en désaccord: 78.53%

5. Le NCPO travaille pour le bien de la majorité des Thaïlandais. (338 réponses)

Tout à fait d'accord: 2,65%

D'accord: 2,07%

Ni d'accord ni en désaccord: 6,21%

Pas d'accord: 15.98%

Fortement en désaccord: 73.08%

6. Lieu où vivent les sondés (337 réponses)

Bangkok: 64.69%

Région centrale: 9,79%

Nord: 10,39%

Nord-est: 8.90%

Sud: 3,56%

Est: 2,67%

7. Origine des sondés (338 réponses)

Bangkok: 46.88%

Région centrale: 17.21%

Nord: 10,39%

Nord-est: 13,35%

Sud: 8,31%

Est: 3,86%

Cette enquête a été menée du 27 Juin au 5 Juillet 2014. Il y a eu 343 réponses.

Lien:

https://www.facebook.com/david.streckfuss/posts/10152289931794217?fref=nf

Le graphisme de Frank Gilbert Anderson

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 15:36

Zachary Keck du journal "The Diplomat" a récemment interviewé le Dr Pavin Chachavalpongpun, professeur agrégé de l'Université de Kyoto pour le Centre des études d'Asie du Sud-est.

 

Zachary Keck - Depuis le coup d'Etat thaïlandais du 22 mai, qu'est ce qui s'est passé en Thaïlande? Quels sont les objectifs du coup d'Etat?

 

Pavin Chachavalpongpun - Le 22 mai, l'armée thaïlandaise a organisé son 19ème coup d'Etat depuis que la Thaïlande a abolie la monarchie absolue en 1932. Immédiatement, la junte militaire a entrepris l'élimination des épines qui contestaient sa position de puissance, y compris les politiciens associés avec le gouvernement déchu de Yingluck Shinawatra, les militants politiques anti-coup d'Etat, et des universitaires connus pour leurs critiques vis-à-vis des putschistes. Leur affirmation, comme quoi le coup d'Etat aurait été nécessaire pour mettre fin à l'impasse politique et serait un catalyseur vers une plus grande démocratisation en Thaïlande, est tout simplement ridicule. Des élections libres et équitables n'ont jamais été dans le programme des militaires thaïlandais. Le coup d'Etat est un complot de l'élite thaïlandaise afin de dominer la succession royale imminente. En fait, l'armée est au pouvoir pour y rester.

 

Zachary Keck - Il y a eu des rapports comme quoi les opposants au coup d'Etat subissaient la pression de l'armée. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

 

Pavin Chachavalpongpun - Certes, l'armée veut faire taire ses détracteurs. Au lieu de lancer une répression violente contre les manifestants, la junte leur a déclaré la guerre psychologique. Une de ses armes est d'émettre une série de commandes d'invocation vis-à-vis de certaines personnes afin de les interroger sur leurs soi-disant méfaits. Ce processus, selon la junte, est nécessaire pour "ajuster" leur attitude au sujet de la politique; leur "rééducation" ne devrait pas durer plus de sept jours. Ceux qui refusent de répondre à la convocation sont confrontés à des mandats d'arrêt et des emprisonnements de deux ans.

Mon nom est également sur la liste des personnes les plus recherchées par la junte thaïlandaise. Depuis le putsch, j'ai affirmé mon point de vue: en rejetant la légitimité du coup d'Etat. Volontairement, je n'ai pas répondu à la convocation, et en conséquence, un mandat d'arrêt a été délivré; Je suis officiellement devenu un fugitif. Il m'est impossible de retourner au pays pour visiter ma famille. Je vis aussi dans la peur constante que la junte puisse intimider mes parents à Bangkok si je continue à critiquer l'armée à travers mon travail universitaire.

 

Zachary Keck - Avez-vous parlé avec ou êtes-vous au courant du sort de tous les autres opposants?

 

Pavin Chachavalpongpun - Je suis resté en contact avec mes collègues universitaires ainsi que des militants politiques en Thaïlande. La plupart des personnes convoquées ont été libérés après trois à sept jours de détention. Leur rôle et leurs positions politiques ont déterminé la façon dont ils ont été traités dans le camp de l'armée. En cas de profil bas, ils étaient interrogés par des officiers militaires, recevaient l’instruction de ne pas s'engager davantage dans des activités politiques et étaient contraints de signer des accords confirmant qu'ils ont été bien traités lors de leur détention. Une fois libéré, la plupart d'entre eux ont cessé de parler publiquement pour éviter d'être de nouveau arrêté.

Dans certains cas très médiatisés, l'interrogatoire s'est déroulé de façon plus atroce. Dans un compte rendu, une détenue m'a révélé avoir subie une torture psychologique extrême, et a été menacé de poursuites pour lèse-majesté qui conduisent à des peines de prison pouvant aller jusqu'à 15 ans. Elle a été obligée de rester à genoux, pendant son interrogatoire, avait la tête recouverte d'un sac en papier, et a été dépouillé et enfermé dans une minuscule chambre sans fenêtre pendant des jours. Pourtant, quand elle a été libérée, la seule chose qu'elle a pu rapporter aux médias était, "j’ai été très bien traité."

 

Zachary Keck - La junte a-t-elle utilisé d'autres tactiques pour éliminer les éléments anti-coup d'Etat?

 

Pavin Chachavalpongpun - Le jeu de la chasse ne se limite pas à ces noms sur la liste. L'armée a envoyé ses troupes dans les régions du Nord et du Nord-est, les bastions de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra et de puissantes bases du mouvement des chemises rouges, afin d'anéantir les réseaux considérés comme hostiles à l'élite. Des militants chemises rouges, des universitaires anti-coup d'État et des membres d'ONG ont été harcelés, intimidés et arrêtés arbitrairement. Certains ont eu leurs maisons fouillés et leurs biens confisqués. Les villages chemises rouges ont été contraints de fermer; les drapeaux rouges se trouvant sur leurs maisons ont été brulés. Certains chefs de village ont disparu, tandis que d'autres ont été placés en détention sans aucune information sur leur sort et ni sur quand ils pourraient être libérés.

 

Zachary Keck - Je suis curieux de connaître les détails de votre cas. Quand vous avez refusé de répondre à leur convocation, ont-ils arrêté la pression ou ont-ils essayé d'autres tactiques pour vous faire taire?

 

Pavin Chachavalpongpun - En dehors de la Thaïlande, les personnalités anti-putschistes et les universitaires critiques, y compris moi-même, tout en ayant le luxe d'être hors de la portée de la junte, sont incapables d'ignorer l'intimidation et le harcèlement. Dans mon cas, les pressions viennent sous différentes formes et méthodes. La junte a demandé au consul général [de Thaïlande] à Osaka, tout près de Kyoto où je suis basé, de "discuter" avec mon directeur, espérant apporter de la gêne pour le Centre de m'employer. Le Consul général m'a accusé de partialité, d'ignorance au sujet du coup d'Etat, et a donc remis en cause ma compétence scolaire.

Un jour avant, alors que je devais prendre la parole via Skype lors d'un rassemblement à Bruxelles sur la crise des droits humains en Thaïlande, une représentante de l'Ambassade Royale de Thaïlande en Belgique est apparue pour tenter de faire pression sur les organisateurs afin de faire annuler l'événement. Elle m'a ensuite accusé de travailler en faveur de l'ancien gouvernement élu qui a été renversé par la junte, et a affirmé que j'avais souvent donné des entrevues aux réseaux de médias proches de Thaksin. Parallèlement, elle a légitimé le coup d'Etat comme une étape nécessaire pour faire avancer la Thaïlande.

(A ce sujet, voir aussi:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/07/l-europe-doit-soutenir-la-democratie-en-thailande.html)

En même temps, à Bangkok, le Conseil National pour la Paix et l'Ordre (NCPO), l'organisme dirigeant de la junte, a travaillé en étroite collaboration avec le ministère thaïlandais des Affaires étrangères afin de traquer les opposants à l'étranger. Dans mon cas, la junte a tenté de faire pression sur le gouvernement japonais pour que ce dernier m'expulse. Selon des témoignages, un haut gradé militaire a suggéré une option absurde d'enlèvement. Le ministère des Affaires étrangères est entré en pourparlers avec l'ambassadeur du Japon à Bangkok dans le but de discréditer mon professionnalisme et pour demander de l'aide dans la surveillance de mes déplacements.

 

Zachary Keck - Nous avons lu un tas de choses sur le cas de Chatwadee "Rose" Amornpat en Angleterre. Que pouvez-vous nous dire sur son cas?

 

Pavin Chachavalpongpun - Dans les cas plus graves, comme celui de Chatwadee "Rose" Amornpat, une Thaïlandaise de naissance antimonarchiste autoproclamé qui vit en Angleterre, des mesures plus extrêmes ont été mises en œuvre. Le ministère des Affaires étrangères a demandé la coopération de son homologue britannique pour extrader Rose en Thaïlande afin qu'elle serve une longue peine de prison pour avoir insulté le vénéré Roi Bhumipon Adulyadej. Mais l'ambassadeur britannique à Bangkok, Mark Kent, a confirmé que Rose est une ressortissante britannique et ne sera pas expulsé malgré l'existence d'un traité d'extradition entre les deux pays, car il n'existe aucune loi de lèse-majesté au Royaume-Uni. Lorsque les moyens juridiques se sont avérés vains, les hyper-royalistes de Londres ont pris les choses en mains propres afin d'envahir et de vandaliser la propriété de Rose. Ce genre de "pression publique" est effroyablement menaçant.

 

Zachary Keck - Comment voyez-vous l'avenir de la Thaïlande?

 

Pavin Chachavalpongpun - Comme je l'ai dit au début, l'armée a prévu de rester pendant un long moment, afin d'être en mesure de gérer la succession royale. Certains ont même dit que la junte thaïlandaise pourrait imiter de nombreuses politiques passées de la junte du Myanmar, comme celle de réserver une section du parlement à l'armée, ce qui serait important pour elle si la junte veut prendre le plein contrôle de la politique. L'avenir est sombre. Cela permettra également d'entraver le rythme de la démocratisation et d'aggraver la situation des droits de l'homme dans mon pays.

Pavin Chachavalpongpun

Pavin Chachavalpongpun

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 15:33

1 - Le professeur Puangthong Pawakapan et le professeur adjoint Pitch Pongsawat, tous deux professeurs de la Faculté de science politique à l'Université de Chulalongkorn ont été convoqués par téléphone au camp militaire et ont été libérés dans la même journée. Le professeur Puangthong a été appelé le 3 juillet 2014 et le professeur adjoint Pitch a été appelé le 4 juillet 2014.

2 - Il a été signalé par l'Assemblée des Pauvres qu'à Non Din Dang dans la province de Buriram, les villageois qui sont le conflit avec l'office de la foret pour la possession de la terre, ont été arrêtés par des militaires qui les ont intimidés afin qu'ils détruisent leurs maisons et se déplacent hors de la zone.

3 - Le 5 Juillet 2014 un rapport complémentaire a déclaré que, Thanapol Eawsakul, un activiste et un éditeur de la revue Samesky [Fa Diew Kan], qui a été arrêté une première fois après la manifestation anti-coup d'Etat du 23 mai 2014 et détenu pendant sept jours, a été à nouveau convoqué par téléphone pour discuter dans un café situé dans l'avenue Phaholyothin à environ 12 heures 30. Après la discussion, les soldats l'ont arrêté à nouveau et conduit dans un camp du régiment de cavalerie situé dans la zone de Sanampao. Ensuite, vers 19 heures, Thanapol a été emmené à la Division de la Suppression du Crime pour y être détenu. Les officiers de l'armée ont donné comme raison à cette nouvelle arrestation que Thanapol aurait publié, sur sa page Facebook, du contenu qui violait ses conditions de libération qui lui interdisait toute publication politique. Conformément à la loi martiale, les militaires peuvent le détenir pendant 7 jours sans avis d'allégation.

4- En outre, il y a un rapport non confirmé comme quoi le Conseil National pour la Paix et l'Ordre (NCPO, l'organisme dirigeant de la junte) a déjà publié une convocation no.82/2014 depuis le 30 juin 2014 afin de commander à 18 personnes de se déclarer. Cette convocation a été envoyée directement aux personnes dont les noms sont dans la liste sans être diffusée par des télévisions ou des radios comme c'est habituellement le cas.

Source: David Streckfuss

Lien:

https://www.facebook.com/david.streckfuss/posts/10152289823094217

Les militaires pénètrent dans le village de Non Din Dang pour obliger les villageois à détruire leurs maisons

Les militaires pénètrent dans le village de Non Din Dang pour obliger les villageois à détruire leurs maisons

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 13:15

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/07/05/leadership-matters/

 

Si vous vous demandez pourquoi l'opposition à la junte s'est calmée et si le camp de la démocratie a perdu, il est important d'observer un peu plus profondément la société thaïlandaise et l'état du mouvement.

Après les spectaculaires manifestations anti-coup d'Etat de la fin mai cette année, la junte a systématiquement arrêtée et détenue les activistes clés, les forçant à promettre de ne plus s'engager dans la politique. L'armée a précisé que d'autres activités seraient passibles de peines de prison par des tribunaux militaires. Certains de ceux qui ont été arrêtés ont été accusés de lèse-majesté.

La junte mise sur l'idée que si elle crée un climat de peur, en arrêtant et détenant suffisamment de manifestants anti-putschistes et de militants pro-démocratie, les gens finiront par se démoraliser et deviendront inactif.

La question que nous devons nous poser est: a-t-elle réussi ou est-ce simplement une situation temporaire?

La stratégie de la junte ne fonctionnera pas si les militants pro-démocratie s'organisent dans un mouvement clandestin et continuent une lutte de faible intensité qui pourrait déboucher à nouveau sur un soulèvement de masse comme en 1973, 1992 ou 2010.

Cela nous amène à la question de l'organisation et du leadership.

Afin de comprendre le mouvement chemise rouge, qui est d'une importance vitale pour la lutte pour la démocratie, nous devons regarder la lutte des Chemises rouges comme une sorte de "guerre parallèle" où des milliers de chemises rouges ordinaires ont lutté pour la démocratie, la dignité et la justice sociale, tandis que Taksin et ses alliés politiques ont mené une campagne très différente pour retrouver l'influence politique qu'ils avaient bénéficié avant le coup d'Etat de 2006.

Pourtant, en même temps, Taksin, le Parti Pua Thai et la direction de l'UDD, qui soutient ce dernier, ont une énorme influence sur le mouvement des Chemises rouges. C'est contradictoire et dialectique, parce que les Chemises rouges sont à la fois auto-organisées avec leur propre ordre du jour, mais soutiennent aussi Taksin et le Pua Thai.

C'est là que la question de l'organisation et du leadership deviennent d'une importance vitale.

Jusqu'à présent, la direction des Chemises rouges, en termes de stratégie et de tactique, venait de l'UDD et du Pua Thai. Mais ces dirigeants se sont rendus à l'armée, dans l'espoir d'obtenir un compromis à l'avenir. Ils ne veulent pas faire tomber le vieil ordre et ils ont peur que, s'ils menaient un mouvement de masse contre les militaires, cela puisse se produire, puis glisser hors de leur contrôle. Ils sont plus intéressés par de futures carrières politiques, indépendamment de savoir si la Thaïlande devenait une véritable démocratie ou suivait une sorte de modèle birman.

Les objectifs de l'UDD et du Pua Thai ne correspondent pas aux rêves et aux aspirations des millions de chemises rouges. Mais pour que les Chemises rouges puissent agir indépendamment de leurs dirigeants défaillants, les militants doivent être organisés et les éléments progressistes doivent se battre pour une direction alternative. Cela doit impliquer les Chemises rouges plus indépendants qui ont jusqu'ici tourné le dos à une organisation sérieuse, préférant mettre en place des réseaux détachés. Mais sans organisation politique sérieuse ni stratégie politique alternative, la dictature ne pourra pas être renversée.

Cette organisation doit être effectuée dans le secret, ce qui signifie qu'il est difficile de savoir si elle se déroule en ce moment ou pas.

Toutefois, si la junte remporte cette manche, ce ne sera qu'une victoire temporaire. Pour comprendre pourquoi, nous devons rejeter les théories absurdes qui se concentrent uniquement sur les luttes pour le pouvoir de l'élite autour du Palais et d'autres institutions. La cause profonde de la crise thaïlandaise est le mécontentement croissant de millions de citoyens thaïlandais vis-à-vis de l'ancienne façon de faire de la politique. Cette ancienne façon a créé de grandes inégalités de richesse alors que l'économie se développait et aussi un sentiment chez la plupart des Thaïlandais comme quoi ils étaient des citoyens de seconde classe. Taksin a exploité ce sentiment afin de gagner les élections à répétition. L'horloge ne ​​peut pas être remontée dans les années 1960 et tout système de démocratie à moitié imposée par la junte ne sera pas en mesure de tapisser les fissures profondes qui existent dans la société.

 

Giles Ji Ungpakorn (sur le papier est écrit "Dimanche Rouge")

Giles Ji Ungpakorn (sur le papier est écrit "Dimanche Rouge")

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