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8 août 2014 5 08 /08 /août /2014 19:03

Libérez-Somyot a reçu de Camille Gazeau la version en français de son article publié sur le site de New Mandala le 26 mai dernier sous le titre anglais "Thorns of the Thai rose".

Lien de la version anglaise:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2014/05/26/thorns-of-the-thai-rose/

L'équipe de Libérez-Somyot tient à remercier Camille Gazeau de nous avoir fait l'honneur de choisir notre site pour la première publication de son article en français.

Ci-dessous, le reportage de Camille Gazeau:

 

Les épines de la Rose thaïlandaise

 

Londres, mai 2014. Il pleut, je suis cachée sous mon parapluie quand je la vois arriver. Chatwadee Rose Amornpat vit à Londres depuis 11 ans où elle est coiffeuse. Enveloppée dans son manteau Burbery, elle a tout de la londonnienne typique. A 34 ans, cette jeune femme coquette aux yeux roses et à la voix cristalline se bat pour la liberté d’expression en Thaïlande, son pays d’origine. Elle fait désormais trembler la monarchie thaïlandaise et est même devenue l’ennemie numéro 1 des royalistes thaïlandais. En avril dernier, ses propres parents l’ont accusée de crime de lèse-majesté (article 112 du code pénal thaïlandais). Si Rose retourne en Thaïlande, pays soi-disant démocratique, elle encourt une peine de 100 ans de prison.

 

« La Thaïlande est comme à la Corée du Nord »

 

Son crime ? Elle défie publiquement la famille royale. Selon Rose, la majorité des problèmes en Thaïlande sont liés à la monarchie.

 

En octobre 2013, les Chemises jaunes sont descendus manifester dans les rues de Bangkok, contre une loi d’amnistie qui aurait permis à l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, en exil depuis 2006, de revenir en Thaïlande. Après plusieurs semaines de manifestations, la Premier ministre Yingluck Shinawatra a fait marche arrière et retire sa proposition de loi. Pourtant, les manifestants continuent de se réunir, cette fois pour demander la démission de Yingluck, soufflant dans leurs sifflets devenus symboles de leur révolution, chantant, et pique-niquant dans une ambiance de kermesse.

 

C’est à ce moment que Rose est devenue active sur les réseaux sociaux, et particulièrement sur Facebook. Sous sa véritable identité, elle poste des vidéos dans lesquelles elle critique ouvertement la famille royale thaïlandaise. La première victime de ses attaques a été la princesse Chulaporn, qui avait ouvertement soutenu le PDRC. La cadette du couple royale est devenue la cible de Rose après avoir posté des photos d’elle avec un drapeau thaïlandais, et opinant sur la situation politique du pays. D’après Rose, elle n’aurait jamais dû se comporter de la sorte. « Je l’ai beaucoup attaquée ; je m’adressais à elle directement ».

Cette loi d’amnistie, Rose est contre. « Yingluck a fait une grossière erreure avec cette loi, et c’est pour ça qu’elle s’est faite révoquer par la cour. Bien sûr, son frère Thaksin n’a pas toujours eu un comportement irréprochable, mais au moins je peux le critiquer sans risquer la prison ! J’ai l’impression que la Thaïlande est comme la Corée du Nord ».

 

Rose commence à piquer

 

Hormis ses activités sur Facebook, Rose est connectée avec des membres des Chemises rouges en Europe, avec qui elle échange des informations. Ensemble, ils tentent de faire passer et de répandre des informations en Thaïlande en détournant la censure opérée par le ministère de la Communication et des technologies de l’information. Ils tentent également de lister les activistes ultra-royalistes, et de transmettre les noms aux ambassades, afin d’éviter qu’ils fuient le pays.

 

Petit à petit, les amis de Rose lui ont tourné le dos. Ses activités commençaient à être dérangeantes pour eux. « Je sais qu’on leur a lavé le cerveau. Mais je sais aussi que certains sont très conscients de la situation, mais ils s’en moquent parce qu’ils ont une vie confortable ; ils ne veulent pas que ça change».

 

L’ennemie numéro 1 de l’ « Organisation de Collecte des Déchets »

 

Depuis les élections ratées de février dernier, les tensions augmentent en Thaïlande. Ainsi, des droits tels que la liberté d’expression ont commencé à disparaître.

Les activités de Rose ont donc bien évidemment dérangé les royalistes thaïlandais qui ont, de leur côté, l’article 112 du code pénal : « Quiconque diffame, insulte ou menace le Roi, la Reine, le Prince héritier ou le Régent, risque jusqu’à 15 ans de prison ».

Cette loi est la plus sévère du pays du sourire : aucune libération sous caution n’est possible. Elle est utilisée comme arme politique par les royalistes thaïlandais qui s’en servent pour se débarrasser de leurs opposants. Et Rose est l’une d’entre eux. Elle est devenue l’ennemie numéro 1 des royalistes, particulièrement depuis qu’elle figure en haut de la liste de l’ « Organisation de Collecte des Déchets ». Cette liste fiche les Chemises rouges qui pourraient être dénoncées pour crime de lèse-majesté.

 

D’après Rose, le Dr. Rienthong Nan-Nah, fondateur de cette organisation, a mis la pression à ses parents pour qu’ils portent plainte contre elle. Ils ont été publiquement humiliés, le nom de la compagnie de son père était partout sur internet. Pourtant, son père l’avait avertie en mars et lui avait demandé de mettre un terme à ses activités : « Je lui ai répondu que c’était mon devoir d’alerter le monde sur la situation de la Thaïlande ».

 

« Je me bats pour le peuple thaïlandais »

 

C’est sur Facebook que Rose a découvert la plainte contre elle. Elle était devenue une « star » malgré elle en Thaïlande ; son visage était partout dans les médias. « Quand j’ai découvert tout ça, j’étais anéantie. Je sais qu’ils n’ont pas eu le choix parce que leurs vies étaient menacées. Ils auraient pu être tués, et la police n’aurait rien fait ».

 

Depuis, Rose refuse de parler à son père ; elle ne supporte plus qu’il lui demande d’arrêter. « Je ne le fais pas pour moi ; je me bats pour le peuple thaïlandais ». Elle affirme qu’elle souhaite que les thaïlandais vivent comme les européens : « Je veux un système de santé gratuit, des aides sociales, une éducation gratuite ».

 

Cela fait plus d’un mois maintenant, que Rose et sa famille sont régulièrement menacés par le Dr. Rienthong, qui a demandé aux autorités britanniques de renvoyer Rose en Thaïlande, où elle pourrait être jugée et condamnée. Elle dispose heureusement de la citoyenneté britannique depuis 6 ans et elle est donc protégée par le Royaume-Uni.

 

Vivre en Europe lui a ouvert les yeux sur la Thaïlande

 

Rose est née à Bangkok  et a grandi dans ce qui pourrait être considéré comme la famille thaïlandaise parfaite : une famille Chemise jaune. Sa mère, Somjintan Amornpat, travaillait au Département de l’Aviation civile (elle a été licenciée après le scandale), et son père, Surapong Amornpat, est propriétaire d’une entreprise de design et d’emballage. Son frère aîné est dans la marine. Rose a étudié la communication et s’est spécialisée dans les sciences politiques à l’université de Ramkhamhaen. Tout était parfait, en apparence.

 

Etudiante, elle rencontre un britannique – professeur d’anglais- qui deviendra son mari. Alors qu’il est en Thaïlande, il remet en cause le système. Rose explique « Il me demandait en permanence pourquoi les thaïlandais étaient si pauvres alors que le Roi est très riche » (Rama IX est le roi le plus riche du monde, avec une fortune estimée à 23 milliards d’euros).

Au début, Rose affronte son mari ; il était irrespectueux envers le Roi, envers la Thaïlande, envers le peuple.

« Je me disputais tout le temps avec lui. Je défendais la monarchie thaïlandaise ! Depuis que je suis née, j’ai subi un vrai lavage de cerveau avec toute cette propagande. Les thaïlandais voient le Roi partout, à l’école, à l’hôpital, au cinéma ! Alors je lui disais d’arrêter d’aborder ce sujet ».

 

La répression militaire de 2010

 

Le moment décisif dans la vie de Rose a été la répression militaire de 2010 contre les Chemises rouges (UDD). A ce moment, l’UDD manifestait à Bangkok contre le Premier ministre Abhisit Vejjajiva qui souhaitait dissoudre le parlement et mettre en place de nouvelles élections. En l’espace d’un mois, environ 90 personnes ont trouvé la mort et des milliers d’autres ont été blessées. Rose vivait déjà en Angleterre, et c’est à la télévision qu’elle a découvert des images de soldats tirant sur la foule, sur les journalistes, et même sur des infirmières bénévoles dans les temples. Interpellée par cette situation, son opinion a commencé à évoluer, et elle décide de regarder le documentaire de la BBC « Thailand – Justice under fire ». Rose a été très choquée par les scènes de violence, et c’est précisément après ce visionnage qu’elle a changé radicalement d’avis sur la monarchie.

 

« Les tireurs ont utilisé des M-16 sont rattachés à la garde royale du Roi et de la Reine. Donc je pense que le couple royal était parfaitement au courant du massacre. Et pourtant, ils n’ont rien fait pour empêcher les soldats de tirer sur des Chemises rouges désarmés. Je me suis mise à trembler. J’avais de la fière. J’ai réalisé que j’avais besoin d’en savoir plus. Je suis allée sur internet et j’ai cherché tous les sites sur la monarchie thaïlandaise ».

 

 

Rose s’est mise à éplucher le net, cherchant tous les sites possibles en anglais ou en thaïlandais qui apportaient « des preuves que la monarchie thaïlandaise vole l’argent du peuple ». Elle s’est également documentée sur les différents scandales entourant la famille royale, et particulièrement la rumeur sur le Roi Rama IX, qui aurait tué son frère ainé Ananda, afin de devenir lui-même roi. Alors sans emploi, Rose passait ses journées à lire des livres censurés en Thaïlande comme « The King Never Smiles » de Paul M. Handley. Elle découvre ainsi la fortune de Bhumidol « Il est plus riche que la Reine Elizabeth ! ».

 

Pendant ses recherches, Rose est entrée en contact grâce à Facebook avec le petit-fils d’un soldat présent au palais royal lorsque le Roi Ananda a été retrouvé mort, avec une balle dans la tête. D’après Rose, ce soldat a dû fuir la Thaïlande pour se réfugier aux Etats-Unis, l’armée thaïlandaise était lancée à sa poursuite afin de détruire toutes les preuves. « Plus je découvre de détails sur la famille royale, et plus je comprends que Rama IX n’est pas le Dieu que la propagande dépeint ».

 

Rose a tenté d’envoyer à ses parents et à ses amis tous les liens qu’elle pouvait trouver. Mais elle devait d’abord faire face à son premier adversaire en Thaïlande, le ministère de l’Information et de la Communication, qui censurait la plupart de ses liens. Ses proches ne pouvaient donc pas y accéder. Son père, qui parvenait à lire certains liens, reprochait à Rose d’avoir été influencée par la propagande de Thaksin.

« On se disputait toujours lorsqu’on parlait de politique. Mon père était en colère contre moi. Il a supporté la fermeture de l’aéroport de Don Mueng à Bangkok par les Chemises jaunes en 2008 : il leur a envoyés de l’argent. Il respecte également le Roi ; il a une énorme photo de Rama IX sur le mur. Je lui ai demandé de la jeter ».

 

Avec sa mère, c’est une toute autre histoire : « On ne parle jamais de politique, ça ne sert à rien. Ma mère fait partie de ces fonctionnaires très fiers de servir le Roi ».

 

Pendant ce temps, Rose est également devenue l’un des nombreux administrateur d’une page Facebook intitulée « Nous aimions la famille royale thaïlandaise ». Elle a réalisé qu’elle n’était pas la seule citoyenne thaïlandaise déterminée à découvrir une vérité qui la blessait énormément. Bien évidemment, le gouvernement a tenté de fermer la page. C’est sa vie de famille qui l’a tenue éloignée de son ordinateur pour quelques mois. Elle a eu deux petites filles, aujourd’hui âgée de 3 ans et 18 mois.

 

Rose souhaite que la famille royale soit renvoyée de Thaïlande : « Je n’arrêterai que le jour où la Thaïlande sera une vraie démocratie ».

 

Avec les larmes aux yeux, Rose précise : « Avec ce combat, j’ai tout perdu, mes amis, ma famille. J’aime mon père. C’est mon meilleur ami. Je sais qu’il devait déposer cette plainte ».

La violence de cette trahison de la part de son pays d’origine est tellement ancrée en elle qu’elle continuera de se battre, quoi qu’il puisse arriver. Elle montre sa véritable identité sans la moindre crainte, et a prévenu Scotland Yard des menaces presques quotidiennes qu’elle subit, ainsi que la Cour Pénale Internationale, plusieurs ambassades, et Amnesty International.

Elle veut que le monde sache ce qu’il se cache derrière les plages de sable blanc de Thaïlande.

 

« Je veux que la famille royale soit renvoyée de Thaïlande. C’est eux le véritable problème dans mon pays ! Je veux que la Thaïlande soit comme la France, une république. J’aurais préféré avoir une monarchie à l’anglaise, mais c’est impossible. Ils tiennent beaucoup trop à leurs privilèges ».

 

Aux personnes qui la menacent, Rose répond :

 

« Je veux dire à ces gens qui essaient de me faire taire, que ça n’est pas près d’arriver ! Tant que la Thaïlande n’est pas une démocratie, je continuerai de parler, même si je dois mourir. Au moins si je meurs, le monde verra qui sont vraiment ces personnes. Les images de 2010 sont gravées dans ma mémoire ».

 

Camille Gazeau

http://www.camillegazeau.com/

Chatwadee Rose Amornpat

Chatwadee Rose Amornpat

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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 13:06

La Thaïlande sommée d'enquêter sur les accusations de torture d'une militante

Déclaration de l'organisation des droits de l'Homme "Human Rights Watch" le 5 Août 2014

Lien:

https://www.ifex.org/thailand/2014/08/05/thailand_investigate/

 

Les autorités thaïlandaises doivent enquêter immédiatement et impartialement sur les allégations de torture d'une militante de l'opposition lors d'une détention militaire, a exigé Human Rights Watch le 5 Août 2014. La militante chemise rouge, Kritsuda Khunasen, 27 ans, a été détenue au secret sans inculpation dans un camp militaire non identifié du 27 mai au 24 juin 2014.

Kritsuda a expliqué, dans une interview vidéo diffusée le 2 août, que les soldats l'ont battue lors de son interrogatoire et l'ont étouffé en lui mettant un sac plastique sur la tête jusqu'à ce qu'elle perde conscience. Le 3 août la junte a bloqué l'accès à l'interview publiée sur YouTube ainsi qu'à un article en anglais sur son cas.

"La torture présumée par la junte thaïlandaise d'une militante détenue est d'autant plus rien à craindre que la protection des droits de l'homme n'est pas à l'ordre du jour de l'armée", a déclaré Brad Adams, directeur pour l'Asie d'Human Rights Watch. "Ce n'est qu'en enquêtant immédiatement sur les allégations de Kritsuda et en poursuivant les responsables que la junte pourra annuler les conséquences de son refus à ses graves accusations."

La réponse de la junte thaïlandaise aux allégations de Kritsuda a été méprisante, ce qui soulève des préoccupations plus larges vis-à-vis du traitement par les autorités de tous les détenus, selon Human Rights Watch. Le 3 août, le colonel Winthai Suvaree, porte-parole du Conseil National pour la Paix et l'Ordre (National Council for Peace and Order, sigle anglais NCPO, le nom que la junte se donne), a prétendu que "Kritsuda n'avais pas été maltraité pendant sa détention militaire," et que ses allégations étaient "sans fondement ni aucune preuve à l'appui." Le chef adjoint de la police nationale, Somyos Phumpanmuang, a déclaré que la police ferait une enquête afin de voir si la circulation de l'interview vidéo de Kritsuda avait violé les lois thaïlandaises.

Dans la soirée du 27 mai, des soldats du Cercle militaire 14 ont arrêtés Kritsuda lors d'un raid contre le Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (UDD), plus connu sous le nom de Chemises rouges, dans le district de Muang de la province de Chonburi.

Lors de l'interview, réalisée à distance via Skype, Kritsuda a expliqué qu'on lui a bandé les yeux et conduit en voiture dans un camp militaire inconnu à Bangkok:

"Ils ont utilisé mon écharpe pour me bander les yeux. J'ai su que j'avais été emmené à Bangkok lorsque j'ai entendu le conducteur payer le péage de l'autoroute. Puis j'ai entendu le chauffeur s'arrêter à un point de contrôle. C'était un camp militaire. Le chauffeur a déclaré aux soldats au poste de contrôle qu'il venait livrer un "colis". Il a parlé de moi comme d'un "colis".

Kritsuda a témoigné qu'elle avait été transporté dans une chambre pour se reposer pendant la nuit: "La chambre était gardée par des soldats, je pouvais entendre le bruit de leurs bottes, je pouvais aussi entendre le bruit des soldats faire de l'exercice le lendemain matin..." Elle a décrit son interrogatoire:

"Les soldats m'ont d'abord dit qu'ils voulaient juste avoir une conversation avec moi et qu'ensuite, ils me laisseraient partir.... Mais ce qui s'est passé après n'était pas un discours. J'ai été interrogé. Quand l'écharpe qu'ils ont utilisée pour me bander les yeux s'est relâchée, une femme soldat a reçu l'ordre de la serrer et d'enrouler du ruban adhésif autour de ma tête au-dessus de l'écharpe. Cela m'a complètement aveuglé. Je ne pouvais plus savoir si c'était la nuit ou le jour. Je suis resté comme ça pendant tout l'interrogatoire. Mes mains étaient également liées. Un des soldats m'a alors dit: "Tu ne pourrais pas sortir de ce lieu vivante si tu voyais nos visages."

Kritsuda a ensuite dit qu'elle avait été giflée, frappée, et étouffée lors de l'interrogatoire:

"Le premier matin, quand ils ont commencé à me poser des questions, j'ai été frappé au visage. C'est ainsi que cela a commencé. Après cela, quand je ne pouvais pas leur donner les informations qu'ils voulaient, ils me giflaient et me frappaient. Mais ce n'est pas la chose la plus brutale que ces soldats m'ont faite. Ils m'ont mis un sac plastique sur la tête et l'ont enveloppé d'un morceau de tissu autour afin de m'étouffer. Je me sentais comme si j'étais morte avant qu'ils me laissent respirer à nouveau. Ils ont répété cette torture encore et encore jusqu'à ce que je m'évanouisse."

Kritsuda a ensuite expliqué qu'une femme soldat devait lui enlever son pantalon quand elle allait aux toilettes parce que ses mains sont toujours restées attachées lors de sa détention:

"J'ai été autorisé à prendre une douche deux fois. Alors une femme soldat me déshabillait et me lavait. Pendant qu'elle faisait cela, j'entendais des voix d'hommes près de moi. Je me sentais harcelée sexuellement. J'ai expliqué à ces soldats que je pouvais prendre soin de moi. Mais ils m'ont répliqué qu'ils n'avaient pas reçu l'ordre de me détacher."

Après sept jours, ce qui est la limite d'une détention administrative en vertu de la loi martiale, Kritsuda a déclaré que les autorités lui ont ordonné d'écrire une lettre disant qu'elle se portait volontaire pour rester en détention militaire. Puis, le 23 juin, a-t-elle témoigné, plusieurs officiers supérieurs de l'armée sont venus lui rendre visite au camp militaire. Elle a expliqué que le major-général Sansern Kaewkamnerd, porte-parole du NCPO, lui a dit qu'elle serait interviewée par la chaine de télévision Channel 5 appartenant à l'armée et qu'il fallait qu'elle "dise les bonnes choses afin de faire que l'armée ait l'air bien." Le film, qui a été diffusé à l'échelle nationale dans la soirée du 23 juin, montre Kritsuda disant qu'elle s'était porté volontaire pour être détenue par l'armée et était "plus heureuse que les mots ne pouvait le dire." Le 3 août dernier, en réponse aux accusations de Kritsuda, Winthai, le porte-parole du NCPO, a affirmé que Kritsuda "était vraiment heureuse" lors de l'entrevue.

Suite à un tollé national et international considérable, Kritsuda a été libéré sans inculpation le 24 juin 2014. Depuis, elle a déclaré qu'elle avait vécu dans la peur et n'a pas pu raconter son histoire avant de quitter la Thaïlande. Elle est maintenant en Europe et demande l'asile politique.

Human Rights Watch a soulevé à maintes reprises ses graves préoccupations concernant l'utilisation par la junte thaïlandaise d'arrestation arbitraire et de détention militaire secrète. Depuis le coup d'Etat du 22 mai, le NCPO a arrêté plus de 300 personnes, des militants, des journalistes et des personnes accusées de soutenir le gouvernement déchu, de manquer de respect ou d'offenser la monarchie, ou de participer à des manifestations et des activités anti-putschistes. Le NCPO a enfermé ces gens au secret dans des lieux de détention non officiels, comme les camps militaires. Le risque de disparitions forcées, de torture et d'autres mauvais traitements augmente de manière significative lorsque les détenus sont gardés au secret dans une prison militaire non officielle, selon Human Rights Watch.

Le 24 juin dernier, le NCPO a annoncé que toutes les personnes détenues sans inculpation dans une prison militaire avaient été libérées, mais il n'a jamais fourni d'informations sur les soi-disant libérés. Au lieu de cela, les autorités militaires ont continué d'arrêter et de détenir des personnes malgré l'affirmation publique comme quoi cette pratique  arbitraire avait cessé. Les autorités ont continué de convoquer un large éventail de personnes afin de les interroger, ce qui conduit parfois à des arrestations arbitraires.

L'armée a également arrêté sans mandat des gens dans leurs maisons à Bangkok et dans d'autres provinces. Par exemple, le 30 juillet, les soldats ont arrêtés Dachai Uchukosolkarn, dirigeant du parti Phalang Prathet Thai, à son domicile dans la province de Lampang. Il n'est toujours pas comptabilisé dans les arrestations.

Les autorités obligent généralement ceux qui sont libérés de détention militaire à signer un accord les forçant à ne pas faire de commentaires politiques, participer à des activités politiques, ou voyager à l'étranger sans autorisation du NCPO. Le non-respect de cette clause est passible d'une nouvelle détention, une peine pouvant aller jusqu'à deux ans de prison et d'une amende de 40 000 bahts (1250 $ US).

Le chef de la junte, le général Prayuth Chan-ocha, a donné des assurances publiques répétées comme quoi les détenus seraient en sécurité dans les prisons militaires. Le 25 juillet, il a dit dans un discours télévisé: "Le NCPO voudrais demander à la communauté internationale de comprendre que nous n'avons jamais commis de graves violations des droits de l'homme, nous n'avons pas de politique d'assaillir, tuer, torturer, violer, ou nuire à personne.. "

Sihasak Phuangketkeow, le secrétaire permanent du ministère thaïlandais des Affaires étrangères, a déclaré au Conseil des droits de l'homme des Nations Unies le 12 juillet dernier que la plupart des personnes convoquées par les autorités militaires avaient déjà été libérés en juin, et que personne n'avait été détenu pendant plus d'une semaine. Le NCPO a soutenu que la détention au secret était nécessaire afin de permettre aux détenus de "rafraîchir et d'ajuster leur attitude" sans perturbation de l'extérieur.

La torture alléguée de Kritsuda met en évidence les préoccupations soulevées par la promulgation le 22 Juillet dernier par la junte d'une constitution provisoire qui exempte le NCPO et toute personne agissant en son nom de tous les passifs d'exactions, a déclaré Human Rights Watch. En vertu du droit international et des principes des Nations Unies sur le droit à la réparation pour les violations des droits humains, les gouvernements ont le devoir d'enquêter sur les allégations de violations graves des droits de l'homme et de poursuivre les responsables.

"La torture présumée de Kritsuda est un test pour l'engagement de la junte thaïlandaise à respecter les droits de l'homme et à garantir la justice pour les victimes d'abus", a déclaré Adams. "La junte acceptera-t-elle une enquête sérieuse ou y aura-t-il plus de dissimulations et d'obstruction?"

Kritsuda Khunasen

Kritsuda Khunasen

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7 août 2014 4 07 /08 /août /2014 13:04

Apres cette réflexion de 3 semaines que nous nous sommes accordé suite au blocage de notre site par la junte militaire thaïlandaise, nous avons décidé de conserver la même URL car il semble qu'il suffit d'ajouter un S au http pour la voir en Thaïlande. Comme cela:

https://liberez-somyot.over-blog.com/

D'autres possibilités s'offrent à vous.

Le proxy http://cooloo.org/ n'est pas mal sinon vous pouvez toujours passer par Tor.

Notre site n'étant bloqué qu'en Thaïlande, les lecteurs de tous les autres pays du monde n'ont bien sur pas besoin d'un quelconque proxy pour nous lire.

Libérez-Somyot ne publiera dorénavant que des analyses sur la situation politique thaïlandaise ou des traductions d'universitaires, de journalistes ou de dirigeants de la résistance thaïlandaise.

Pour des informations mise à jour quotidiennement, Libérez-Somyot vous suggère ce site d'actualité tenu par un groupe de Français et Thaïlandais exilés en France:

http://thailandefranceinfos.eklablog.com/

La lutte continue.

Libérez-Somyot revient
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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 19:24

De nombreux lecteurs qui se trouvent en Thailande nous ont annoncé que le site Libérez-Somyot avait été bloqué par la junte vendredi 11 juillet dans l'après-midi.

Les gens qui habitent en Thaïlande tomberont maintenant sur cette image s'ils tentent de nous lire ou cliquent sur le lien de notre site:

Le site Libérez-Somyot bloqué par la junte

Selon nos statistiques, environ 300 lecteurs lisent Libérez-Somyot tous les jours mais nous avons eu des pointes de plus de 2000 visiteurs différents par jour quand l'actualité s'échauffait. Plus de 60% de nos lecteurs viennent de Thaïlande, suivit dans l'ordre par la France, la Belgique, les USA, le Cambodge, le Canada, la Suisse, le Laos et une vingtaine d'autres pays.

Nous allons donc prendre quelques semaines de vacances et ne plus rien poster sur le site avant d'avoir décidé entre ces deux options, soit continuer sur le même site ou soit en rouvrir un autre.

En attendant, bien que le football ne soit pas notre passion, nous encourageons nos lecteurs à soutenir l'Argentine pour la finale de la Coupe du Monde à cause de cette photo de cette photo de Lionel Messi circulant sur la toile. Le joueur argentin porte un T-shirt du Parti Pua Thai, le parti soutenu par les Chemises rouges, en dessous de son maillot de l'équipe de Barcelone :-)

Le site Libérez-Somyot bloqué par la junte

Après ce petit pied-de-nez à l'actualité destiné à faire oublier pendant quelques secondes notre tristesse suite à la situation politique désespérante de la Thaïlande, ce pays que nous aimons tous, nous tenons à remercier tous les lecteurs de Libérez-Somyot pour leur fidélité.

Ce n'est qu'un au-revoir, la lutte pour la démocratie et les droits de l'homme continue.

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12 juillet 2014 6 12 /07 /juillet /2014 19:15

Une démocratie guidée de style néolibéral

 

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien :

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/07/12/guided-democracy-neo-liberal-style/

 

Nous voyons maintenant les néolibéraux anti-démocratiques ramper hors du trou afin d'aider la junte dans sa feuille de route pour "la démocratie guidée de style néolibéral".

Tout d'abord, le Secrétaire permanent de la santé suggère maintenant que le système de santé universel à 30 bahts soit mis au rebut et que les patients payent jusqu'à la moitié des frais pour leurs soins de santé. Plus tôt cette année, le Docteur Narong Sahametapat, le Secrétaire permanent de la santé, avait rejoint la foule de Sutep et appelé à la démission du gouvernement élu. Il retarde aussi les mesures visant à fournir des médicaments essentiels aux personnes atteintes de l'hépatite et du cancer.

Dans mon livre de 2006 "Un coup d'État pour les riches" J'avais prévenu qu'à l'époque, la première junte militaire pensait introduire des "co-paiements" pour les services de santé afin de remplacer le régime de soins de santé à 30 bahts.

Deuxièmement, la Commission Contre la Corruption a parlé à la Commission Électorale d'un plan pour forcer tous les partis politiques à présenter leurs manifestes à cette dernière avant qu'une campagne électorale ne puisse commencer. Ceci afin que ces néolibéraux anti-démocratiques non élus puissent "éliminer" toutes les politiques favorables aux pauvres qui utilisent des fonds publics. Les néolibéraux détestent l'utilisation de fonds publics pour le bénéfice de la majorité des gens. Mais ils aiment que l'armée augmente considérablement son budget!

Enfin, l'Institut Thaïlandais de Recherche du Développement (Thai Development Research Institute TDRI) a proposé que le salaire minimum ne soit pas augmenté comme ça avait été le cas pendant le gouvernement de Yingluk car cela a conduit à une augmentation des prix et que les travailleurs sont toujours resté pauvres! Eh bien, étant donné que la plupart des travailleurs sont effectivement trop pauvres, le salaire minimum devrait être doublé à 600 bahts par jour! La plupart des membres de la classe moyenne thaïlandaise, y compris les universitaires du TDRI, profitent de salaires beaucoup plus élevés que ceux de la plupart des travailleurs. Qui plus est, les coûts salariaux en Thaïlande sont très faibles et ne peuvent pas avoir donné lieu à des prix élevés, mais si c'était le cas, un gouvernement pro-pauvre pourrait s'investir dans le contrôle des prix.

Le TDRI s'est toujours opposé au régime de protection des prix du riz qui a bénéficié aux petits agriculteurs. Il s'oppose également à l'idée d'un état providence.

Cela ne fait que prouver que le néo-libéralisme et la dictature vont main dans la main.

Une démocratie guidée de style néolibéral
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11 juillet 2014 5 11 /07 /juillet /2014 07:31

Un article de Numnual Yapparat

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/07/09/sexual-violence-and-the-death-penalty/

 

Des rapports de femmes violées apparaissent régulièrement dans les premières pages des journaux [en Thaïlande]. Le viol est vraiment triste et inacceptable. Une nouvelle récente signale qu'une jeune fille de 13 ans a été violée dans un train et jeté par la fenêtre. Elle a perdu la vie. C'est une nouvelle épouvantable.

Les gens sont devenus furieux et exigent que le violeur soit condamné à la peine de mort. Ils affirment que la peine de mort permettrait de réduire le nombre de viols.

Cependant, la colère des gens peut obscurcir leur jugement. Une telle punition résoudra-t-elle le problème? Qu'arrivera-t-il aux victimes de viol une fois les violeurs exécutés? Pouvons-nous trouver une solution en nous concentrant sur les individus tels que les violeurs et leurs victimes? Ne vaudrait-il pas mieux analyser le tableau d'ensemble de ce qui se passe dans la société? Quel genre de normes sociales encouragent les gens à se comporter comme des animaux? Ces questions ont besoin d'un débat sobre et rationnel et non pas de frénétique colère.

Ceci est un bon exemple de cette habitude de blâmer les individus sans pour autant régler le problème. La violence domestique en Thaïlande est très élevée. L'État et même les organisations de femmes accusent l'alcool d'être le principal responsable. Leur proposition est "d’interdire de boire". Cette réponse est très pratique pour l'État et les groupes de femmes conservatrices. Ils ne veulent pas se poser les questions difficiles qui remettent en question l'ensemble du système et de ses institutions. Cela donne également la possibilité à l'État de nourrir les mœurs conservatrices dans la société afin de promouvoir les valeurs familiales qui font porter toute la responsabilité aux individus. Les gens sont encouragés à se blâmer eux-mêmes ou les membres de leur famille mais pas le système.

Les hommes sont censés être forts et s'occuper de leurs familles. Qu'est-ce qui se passe quand un homme ne parvient pas à le faire? Personne ne veut être un perdant. Les hommes intimident leurs partenaires femmes ou leurs enfants. Les personnes les plus vulnérables sont susceptibles d'être victimes de violence dans cette hiérarchie. Blâmer l'individu ne réglera jamais le problème.

Karl Marx et Friedrich Engels avaient expliqués très clairement que la classe et la famille étaient les clés pour comprendre l'oppression des femmes. La famille est apparue aux côtés de la propriété privée et de l'Etat. Avant cela, les femmes et les hommes vivaient dans des sociétés de chasseurs-cueilleurs où ils faisaient un travail différent mais égal et avaient leur mot à dire dans la prise de décision. Marx et Engels appelaient cela le "communisme primitif".

Puis, quand les sociétés se sont développées, elles ont commencé à produire des excédents en plus de ce qui leur était nécessaire pour répondre à leurs besoins de base, des choses qui pouvaient être stockées et contrôlées. Et les techniques de production qui ont créé cela se sont alors mises à prioriser le travail des hommes sur celui des femmes pour la première fois. Ensuite, une classe dirigeante a élaboré que les hommes devaient dominer car elle désirait des héritiers "légitimes" à qui transférer le surplus. Le contrôle des femmes et des relations sexuelles est devenu la clé pour posséder ce surplus. L'unité de la famille s'est développée cote-a-cote avec une idéologie qui traite les femmes comme des citoyens de seconde classe ainsi qu'une forme de propriété pouvant être contrôlé par les hommes [1].

La classe dirigeante et ses institutions reproduisent les idées sexistes contre les femmes afin de maintenir une relation inégale entre celles-ci et les hommes au profit de leurs intérêts. Les médias véhiculent une image des femmes comme objets sexuels qui peuvent être achetés comme une marchandise. Ces idées encouragent et aident à rendre légitime la violence contre les femmes.

Le média chemise jaune Manager est un exemple de l'hypocrisie qui règne dans la société thaïlandaise. Il y a quelques jours, il a publié un article "fantaisiste" afin d'encourager le viol en prison d'une personne transsexuelle pro-démocratie. Pourtant, il a condamné le violeur de la fille de 13 ans du train. Des médecins chemises jaunes ont insulté sexuellement l'ancienne Première ministre Yingluk et menacé de la violer. Cependant, les conservateurs, dont de nombreux acteurs de cinéma, appellent à la peine de mort contre les violeurs.

La peine de mort ne résout rien et n'est simplement qu'une forme de barbarie car elle tue des gens par vengeance. Elle influence les gens à accepter la violence. Il n'est aucunement garanti que le viol ne soit empêché par la peine de mort. Il y a eu aussi plein de gens innocents condamnés par des tribunaux ayant un parti-pris ou corrompus. Cela ferme la porte à la recherche de la racine du problème. La morale conservatrice ne nous donne pas de réponse, car elle veut contrôler et condamner les gens et ne s'intéresse pas à l'égalité.

Nous devons accroître les droits des femmes. Mais nous ne pouvons pas le faire sans démocratie. S'opposer à la violence contre les femmes et se battre pour la démocratie font partie de la même lutte.

[1] Un article du journal "Socialist Worker" en anglais qui analyse les causes du viol:

http://bit.ly/1oBQm0P

Numnual Yapparat

Numnual Yapparat

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 14:48

Un article de Meas Sokchea

Source:

http://www.phnompenhpost.com/national/thai-crossings-closed

 

L'armée thaïlandaise a fermé huit postes de contrôle le long de la frontière entre le Cambodge et la Thaïlande dans la province de Banteay Meanchey, affectant les citoyens des deux pays qui traversent la frontière chaque jour pour gagner leur vie, ont témoigné des fonctionnaires cambodgiens.

So Channary, chef de la police de l'Unité 91 de défense des frontières et Khuon Choeun, commandant de la brigade de 51 de l'unité 515, qui est en poste à la frontière, ont déclarés que les points de contrôle dans les districts Svay Chek et O'Chrov sont fermés depuis lundi.

Les soldats thaïlandais avaient informés leurs homologues cambodgiens que les points de contrôle seraient fermés afin de sécuriser la zone avant la visite d'un commandant militaire non identifié à la frontière prévue pour ce lundi.

Mais mardi après-midi, les responsables ont déclaré que les postes frontières étaient restés fermées et qu'aucun commandant thaïlandais n'était venu en visite.

"Les commandants thaïlandais ne sont pas venus. J'observe attentivement cette situation. Maintenant [les points de contrôle] n'ont pas encore été rouvert", a déclaré Channary.

 

La carte des points de passages frontaliers entre le Cambodge et la Thaïlande

La carte des points de passages frontaliers entre le Cambodge et la Thaïlande

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10 juillet 2014 4 10 /07 /juillet /2014 14:44

L'ONG Reporter sans Frontière dénonce l'emprisonnement arbitraire de Thanapol Eawsakul par la junte militaire thaïlandaise.

Lien:

http://fr.rsf.org/thailande-en-thailande-un-message-politique-09-07-2014,46608.html

 

Le journaliste Thanapol Eawsakul a de nouveau été arrêté par la junte militaire. Cette dernière avait exigé du rédacteur en chef du Fah Diew Gan qu’il ne poste plus aucun message sur Facebook. Sa “récidive” lui a valu quatre jours de détention.

La junte thaïlandaise ne plaisante pas avec la liberté conditionnelle. Le journaliste Thanapol Eawsakul a été arrêté, le 5 juillet 2014, par les militaires pour avoir publié un message sur Facebook, ce qui constituerait une violation. Le rédacteur en chef avait été invité par des militaires à une “discussion dans un café”. A son arrivée sur les lieux, il a été immédiatement arrêté. Il a finalement été relâché le 9 juillet.

Déjà arrêté le 23 mai dernier pour avoir participé à une manifestation pacifique contre le coup d’Etat, il avait été relâché sept jours plus tard. La junte qui étend un peu plus chaque jour sa mainmise sur les réseaux sociaux, notamment Facebook, avait exigé du journaliste qu’il signe, lors de sa remise en liberté, un engagement à ne pas s’impliquer dans des activités politiques susceptibles de provoquer des troubles sociaux. Si on ne connaît pas la nature précise du message posté sur Facebook, ce dernier a fortement déplu à la junte qui a tendu un véritable piège au rédacteur pour l’arrêter.

“Il est très inquiétant de constater que l’armée thaïlandaise est en train d’opérer un changement de régime. Ce n’est plus le droit qui gouverne mais la junte, qui dirige par la force", déclare Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières. “Sous prétexte de garantir l’ordre public, l’armée vise à censurer toute critique à son encontre et à dissuader la presse d’émettre librement des opinions. Les militaires doivent mettre un terme aux violations répétées de la liberté de l’information depuis leur arrivée au pouvoir”.

Depuis son arrivée au pouvoir le 22 mai dernier, la junte militaire semble vouloir contrôler de plus en plus les réseaux sociaux. Le 28 mai, Facebook avait été rendu inaccessible pendant une heure environ. Le 25 juin dernier, le Conseil national pour la paix et l’ordre annonçait la création de comités chargés de contrôler le contenu des médias, et notamment des réseaux sociaux. Plus tôt dans le mois, le chef adjoint de la police métropolitaine avait déclaré que ceux qui posteront des message hostiles au coup d’Etat sur les réseaux sociaux seront considérés comme ayant violé la loi, et donc arrêtés. Les auteurs de messages postés constituant des crimes de “lèse-majesté” seront soumis au même traitement.

Le magazine de Thanapol Eawsakul, Fah Diew Gan (Same Sky), est d’ailleurs réputé pour ses prises de position critiques envers le crime de “lèse-majesté”, à l’origine de nombreuses poursuites contre des journalistes et des blogueurs.

La Thaïlande se positionne à la 130e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières.

Arrestation de Thanapol Eawsakul par les militaires

Arrestation de Thanapol Eawsakul par les militaires

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 15:07

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/07/08/killing-unarmed-protesters-or-staging-coups-no-barrier-to-a-future-career-in-politics/

 

La Commission électorale vient de faire des propositions à ses maîtres militaires au sujet des futures règles électorales. Outre l'augmentation de ses pouvoirs à l'égard de tout gouvernement élu sortant, la Commission veut que les gens n'aient pas le droit de se présenter aux élections s'ils ont été reconnus coupables de fraude électorale, de crimes liés à la drogue et de lèse-majesté.

Bien sûr, les gens ne devraient pas avoir le droit de se présenter comme candidats s'ils trichent aux élections, mais dans le passé, l'accusation de "fraude électorale" a été faussée par les anti-démocrates. La masse du Parti Démocrate de Sutep et les universitaires réactionnaires de la classe moyenne ont essayé de prétendre que les soi-disant "politiques populistes", tels que le système de soins de santé universel, les fonds de création d'emplois et l'allégement de la dette pour les pauvres ne seraient en fait que des "achats de votes" et donc de la "fraude électorale". Naturellement, le système patron-client à l'ancienne du Parti Démocrate dans la province de Surat Thani de Sutep ne serait pas compté comme de la "fraude électorale".

La loi lèse-majesté est un affront à la liberté d'expression et aux principes démocratiques de base. La loi existe pour protéger l'ensemble de la classe de l'élite, y compris l'armée. Elle doit être abolie, pas utilisé comme raison pour interdire les gens de faire de la politique.

Manifestement absent de la liste d'infractions graves de la Commission électorale, qui conduiraient à l'interdiction de se présenter aux élections, se trouve; le fait d'avoir ordonné le massacre de manifestants pro-démocratie non armés, l'utilisation de la violence dans le but de saboter les élections, l'organisation d'un coup d'Etat militaire, le fait de déchirer la Constitution et l'appel ainsi que le soutient à un coup d'Etat militaire.

La Commission électorale actuelle a elle-même traînée des pieds lors de l'organisation des élections de février et a refusé d'ouvrir des bureaux de vote dans certains quartiers de Bangkok, privant ainsi de nombreux citoyens du droit de vote.

En Grande-Bretagne la Commission électorale est contrôlé par un parlement élu avec des propositions faites par tous les principaux partis politiques. En Thaïlande, la Commission est nommé par des juges non élus et approuvé par le Sénat, dont la moitié des membres sont nommés par les conservateurs.

Ces dernières propositions ne sont qu'un aperçu de la feuille de route de la junte pour sa "démocratie guidée" en Thaïlande.

Giles Ji Ungpakorn

Giles Ji Ungpakorn

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9 juillet 2014 3 09 /07 /juillet /2014 15:02

La police a inculpé Thanat Thanawatcharanon, alias Tom Dundee, un chanteur country et militant chemise rouge, de lèse-majesté et d'infractions en vertu de loi sur la cybercriminalité.

Environ 20 militaires et policiers, menés par la Division de la Répression du Crime de la Technologie, ont arrêtés Tom, à sa maison dans la province de Phetchaburi ce mercredi (9 juillet).

La femme de Tom a expliqué à Prachatai qu'il était inculpé pour des discours tenus lors de deux rassemblements chemises rouges, organisé par Kotee, en novembre 2013. Les vidéos de ses discours avaient été téléchargées sur Youtube.

Le chanteur avait été précédemment inculpé pour avoir défié le Conseil National pour la Paix et de l'Ordre (NCPO) de la junte afin de ne pas se rapports avec les militaires après convocation. Il a ensuite été libéré sous caution.

En 2010, le Réseau des contributions volontaires des citoyens pour protéger la monarchie sur Facebook avait pression sur le Département des enquêtes spéciales (DSI) afin de poursuivre Tom pour un autre discours lors d'un rassemblement des chemises rouges dans la province de Ratchaburi.

Source:

http://prachatai.org/english/node/4207

Tom Dundee à Aksa Road quelques jours avant le coup d’Etat

Tom Dundee à Aksa Road quelques jours avant le coup d’Etat

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