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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 15:14

Le compte-rendu d'une convocation d'un expatrié japonais par l'armée

Hara Shintaro est un universitaire japonais marié avec une Thaïlandaise musulmane et qui vit à Patani dans le Sud de la Thaïlande

Il a été convoqué par l'armée et a eu le courage de raconter ce qui s'est passé.

Lien:

http://www.deepsouthwatch.org/node/5915

 

Le 16 juin dernier, j'ai reçu un appel téléphonique du commandant de l'unité spéciale de Patani. Je l'avais rencontré à plusieurs reprises, et cette fois, il m'a dit qu'un officier de renseignement de l'ISOC local (Le commandement des opérations de sécurité intérieure), que je connaissais aussi, voulait avoir une conversation avec moi tout en buvant une tasse de café ensemble, alors j'ai suggéré un rendez-vous dans un café situé en face de mon université dans la ville de Patani.

Quelques minutes plus tard, j'ai été contacté par l'un des vice-recteurs de mon université, m'indiquant que la situation était grave. Il m'a dit de venir à la salle de réunion du bureau du recteur le lendemain. Le vice-doyen de ma faculté assisterait lui-aussi à la réunion.

La réunion avait été programmée pour commencer à 8 heures et je suis arrivé dans la salle de réunion, qui était vide, 5 minutes avant l'heure. Les soldats sont apparus environ une heure plus tard. Outre les deux agents mentionnés ci-dessus, il y avait environ 7 ou 8 autres hommes en uniforme, dont deux cameramen militaires qui ont pris des photos tout le temps.

Ils m'ont expliqué que le commandant de région de la 4eme armée voulait "m'attraper". Il ne m'ont pas expliqué exactement ce que le commandant voulait faire, soit me retenir pendant sept jours sur la base de la loi martiale, soit m'arrêter suite à la loi pénale ou soit me déporter. La raison donnée était qu'il avait obtenu un rapport comme quoi j'aurais critiqué le NCPO dans les médias. L'explication m'a grandement étonnée car j'avais arrêté de me manifester dans tous les médias depuis le coup d'Etat. Le seul moyen de communication que j'utilisais pour le but était Facebook. J'ai donc demandé de quels médias ils voulaient parler, mais les seules réponses que j'ai eues en retour étaient toutes obscures.

L'officier du renseignement m'a expliqué que quelque part (oui, quelque part), j'aurais dit quelque chose dans "Media Selatan", l'une des radios de la communauté locale qui est surveillée de très près par les militaires, et dont je suis un intervenant régulier d'un de leur programme en langue malaise appelé "Dunia Hari Ini" (le monde d'aujourd'hui). Selon eux, j'avais dit que la survie de la station dépendait de l'appui de la population locale, qui avait été, en quelque sorte, interprété par l'armée comme instigation. J'ai donc donné mon explication qui a semblé satisfaire les militaires. Cependant, ils m'ont dit que je devais voir le commandant lui-même le jour suivant (le 18 juin). La réunion devait avoir lieu dans la salle provinciale de Pattani, en présence du gouverneur de la province. C'était un mauvais signe, car j'avais déjà arrangé les choses pour mon voyage de noces en Indonésie. Si je devais être arrêté, cela serait une très mauvaise nouvelle pour ma femme qui en était à son troisième mois de grossesse, et attendait avec impatience le voyage. Cependant, j'ai évalué la situation comme n'étant encore pas trop grave, parce que la réunion devait avoir lieu dans un endroit civil, et que le commandant ne venait probablement pas à Patani que pour voir un Japonais et que je ne le rencontrerais qu'après qu'il ait auparavant participé à une prière pour paix des chefs religieux locaux, un événement organisé par les militaires.

Cette nuit-là, j'ai envoyé un e-mail à un agent de mon ambassade que j'avais rencontré auparavant quand son supérieur et lui étaient descendus à Patani. Dans sa réponse, il m'a donné de très bons conseils pour faire face à une telle occasion, et a promis de faire une "enquête" publique au ministère des Affaires étrangères du Royaume de Thaïlande, de manière à mettre l'accent sur le fait que l'ambassade suivait ce qui se passait.

La rencontre avec le commandant devait commencer à 11 heures. Quand je suis arrivé à la salle de réunion provinciale, il n'y avait que son adjoint, les deux officiers que j'avais rencontrés la veille, tous en uniforme. Le député, dont j'ai oublié le nom, était un petit homme de communication qui a gardé son sourire huileux tout le temps, avec des cheveux anormalement noir pour son âge (57 ans). Il a dominé notre conversation, parlant de toutes sortes de choses, en insistant à plusieurs reprises qu'il était originaire de Narathiwat et que donc il se souciait et connaissait bien les populations locales, et ainsi de suite, toutes ces sortes de choses qui disparaissent immédiatement de la mémoire après avoir terminé la conversation.

Cette conversation "très instructive" s'est poursuivie plus d'une heure jusqu'à ce que le lieutenant-général Walit, le commandant, soit entré dans la salle de réunion. Contrairement à son adjoint, le lieutenant-général Walit a clairement montré son aversion pour moi en conservant un visage clairement maussade, et aussi, à la différence de nombreux Thaïlandais, a immédiatement fait un discours très direct affirmant que j'avais fait des erreurs graves qui étaient la raison principale de ce pourquoi j'avais été "attrapé". C'était le genre de personne qui n'estimait pas nécessaire de cacher son aversion ni son caractère colérique, ce genre de gens pas très bon pour préciser les choses dans un ordre logique. Il a préféré souligner la gravité des infractions que j'aurais commises plutôt que d'expliquer la nature des infractions elles-mêmes. Puis il m'a montré des photocopies du rapport qu'il avait accepté dans laquelle il y avait des captures d'écran de cotation de ce que j'avais dit le 24 mars de l'année dernière. Ce jour-là, devant un public de pas moins de 3000 personnes à Patani, j'avais dit; "Les villageois doivent soutenir le BRN (NDT: Le Barisan Revolusi Nasional, un mouvement indépendantiste du Sud de la Thaïlande) dans son processus de négociation et faire en permanence pression sur l'organisation afin qu'elle ne quitte pas la table de négociation". Mais la citation du rapport n'avait retenu que la moitié de phrase; "Les villageois doivent soutenir le BRN". Il m'a demandé si j'avais vraiment dit cela. J'ai répondu oui. Il a ensuite dit que maintenant que le NCPO avait saisi tous les pouvoirs, on ne pouvait plus critiquer ou attaquer [le pouvoir], parce que cela signifierait provoquer la discorde dans la société, mais que je les avais ouvertement critiqué dans les médias et que c'était une infraction inacceptable. Je savais très bien que l'une des caractéristiques majeures des militaires est d'interpréter les choses de la manière dont ils le veulent, donc je n'ai pas cherché à remettre leurs citations en cause à ce moment là.

J'ai essayé de donner mon explication, mais avant que je puisse prononcer quatre ou cinq mots, le lieutenant-général Walit m'a coupé mon raisonnement, un comportement typique des partisans du PDRC qui coupent la parole à leurs interlocuteurs avant que ceux-ci puissent terminer une phrase.

Il m'a ensuite demandé si je serais heureux dans le cas ou un foutu étranger venait dans mon pays et faisait la même chose que ce que j'avais fait. J'ai dit que c'était son droit de le faire. Puis il a demandé: "Seriez-vous heureux si je faisais la même chose dans votre pays que ce que vous avez fait dans mon pays?" J'ai répondu que je serais très heureux et respecterais son droit. Mes deux réponses n'ont pas satisfait le lieutenant-général. Il semblait croire que tout le monde devrait penser comme lui. Le lieutenant-général Walit a insisté sur le fait que je ne pouvais pas faire ce que je faisais dans son pays. C'est contre la loi et, que maintenant toute la loi dépendait du NPCO.

J'ai tenté d'expliquer au lieutenant-général Walit que je ne m'étais pas manifesté dans les médias depuis le "changement de la structure administrative du pays" et que donc, je serais très heureux s'il pouvait bien vouloir me dire où donc les médias avaient publié, après le coup d'Etat, cette partie fragmentée de mes discours, en laissant ainsi croire des militaires très intelligents que j'avais dit ces choses après le coup d'Etat, malgré le fait que je les ai dit plus d'un an auparavant, alors que ce pays était encore dirigé par le gouvernement civil de Mlle Yingluck.

Le lieutenant-général Walit m'a répondu que je n'avais à recevoir aucune explication car cela avait déjà été publié dans un journal. J'ai donc demandé de quel journal il s'agissait. Il pourrait me dire le nom de celui-ci afin que je puisse établir un contact et déposer une plainte contre "un tel comportement qui manque clairement de responsabilité".

Le commandant détourna son visage de moi vers son adjoint, qui a prononcé à plusieurs reprises certains "ermmm", et m'a dit que ses hommes allaient me contacter plus tard pour m'informer sur la suite de ce qui, comme vous pouvez le deviner, ne s'est jamais produit.

Le lieutenant-général Walit a ensuite dit que ca n'était pas important, mais j'étais supposé comprendre que ces derniers mots étaient faux. J'ai essayé de lui expliquer que ce que j'avais dit se situait dans un contexte différent avant que son grand patron, le général Prayuth, prenne le pouvoir administratif du pays. A ce moment-là, si le gouvernement légitime de l'époque avait voulu m'arrêter pour ce que j'avais dit devant des milliers de personnes et qui avait été cité par de nombreux médias, ils auraient pu le faire. Ce n'était pas mon problème qu'ils s'aperçoivent seulement aujourd'hui de ce que j'avais dit il y a plus d'un an, m'accusant de manquer de respect au NPCO, un organisme qui n'existait pas encore à ce moment-là. Mais le commandant n'était pas ce genre d'homme prêt à écouter les autres quand ils argumentent des choses irritantes pour lui.

L'essentiel de ce qu'il a dit après et que je ne pouvais pas dire cela parce que c'était mal. À la fin, il m'a gentiment dit de s'abstenir de faire état de mon opinion en public pour ma sécurité.

Il m'a également demandé si je m'étais à la réunion suite à son invitation ou à une convocation. J'ai répondu que c'était une invitation. Il a répliqué "exactement", car il n'y avait pas de lettre officielle pour cela, et mon ambassade devait comprendre que ce n'était pas une invocation. Donc, j'ai su que l'enquête de l'ambassade avait eu un certain effet. Cependant, il a continué, disant que maintenant que j'avais compris qu'il était faux de dire des choses telles que celles parues dans le "journal", il n'y aurait pas de nouvelles invitations. Si je m'avisais de commettre à nouveau ce type d'infraction, Walit m'a précisé qu'il ne m'inviterait pas, mais me convoquerait pour que je me déclare moi-même et reste avec ses hommes pendant sept jours. Ensuite, la réunion s'est terminée.

Alors que je lui faisais un wai (NDT: Salut traditionnel thaïlandais), le lieutenant général m'a gentiment offert sa main à serrer. Il a saisit ma main très fermement et l'a secoué plusieurs fois, ce qui peut être interprété de plusieurs façons.

Hara Shintaro

Hara Shintaro

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8 juillet 2014 2 08 /07 /juillet /2014 15:07

L'universitaire américain David Streckfuss a organisé un sondage sur l'opinion des Thaïlandais vis-à-vis du coup d'Etat. Le journaliste américain Frank Gilbert Anderson a fait le graphisme

Résultats du sondage d'opinion de 343 Thaïlandais sur la situation politique

1. A votre avis, le coup d'Etat du 22 mai était-il légal ou illégal? (338 réponses)

Légal: 2,37%

Illégal: 91.42%

Sans opinion: 6.21%

2. A votre avis, le coup d'Etat du 22 mai était-il légitime ou illégitime? (340 réponses)

Légitime: 6,47%

Illégitime: 91.47%

Sans opinion: 2,06%

3. Etes-vous d'accord avec le coup d'Etat du 22 mai? (340 réponses)

Tout à fait d'accord: 2,94%

D'accord: 2,94%

Ni d'accord ni en désaccord: 2,35%

Pas d'accord: 14.41%

Fortement en désaccord: 77.35%

4. Le coup d'Etat du 22 mai permettra de bâtir une démocratie plus durable et stable. (340 réponses)

Tout à fait d'accord: 2,06%

D'accord: 2,06%

Ni d'accord ni en désaccord: 3,24%

Pas d'accord: 14.14%

Fortement en désaccord: 78.53%

5. Le NCPO travaille pour le bien de la majorité des Thaïlandais. (338 réponses)

Tout à fait d'accord: 2,65%

D'accord: 2,07%

Ni d'accord ni en désaccord: 6,21%

Pas d'accord: 15.98%

Fortement en désaccord: 73.08%

6. Lieu où vivent les sondés (337 réponses)

Bangkok: 64.69%

Région centrale: 9,79%

Nord: 10,39%

Nord-est: 8.90%

Sud: 3,56%

Est: 2,67%

7. Origine des sondés (338 réponses)

Bangkok: 46.88%

Région centrale: 17.21%

Nord: 10,39%

Nord-est: 13,35%

Sud: 8,31%

Est: 3,86%

Cette enquête a été menée du 27 Juin au 5 Juillet 2014. Il y a eu 343 réponses.

Lien:

https://www.facebook.com/david.streckfuss/posts/10152289931794217?fref=nf

Le graphisme de Frank Gilbert Anderson

Le graphisme de Frank Gilbert Anderson

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 15:36

Zachary Keck du journal "The Diplomat" a récemment interviewé le Dr Pavin Chachavalpongpun, professeur agrégé de l'Université de Kyoto pour le Centre des études d'Asie du Sud-est.

 

Zachary Keck - Depuis le coup d'Etat thaïlandais du 22 mai, qu'est ce qui s'est passé en Thaïlande? Quels sont les objectifs du coup d'Etat?

 

Pavin Chachavalpongpun - Le 22 mai, l'armée thaïlandaise a organisé son 19ème coup d'Etat depuis que la Thaïlande a abolie la monarchie absolue en 1932. Immédiatement, la junte militaire a entrepris l'élimination des épines qui contestaient sa position de puissance, y compris les politiciens associés avec le gouvernement déchu de Yingluck Shinawatra, les militants politiques anti-coup d'Etat, et des universitaires connus pour leurs critiques vis-à-vis des putschistes. Leur affirmation, comme quoi le coup d'Etat aurait été nécessaire pour mettre fin à l'impasse politique et serait un catalyseur vers une plus grande démocratisation en Thaïlande, est tout simplement ridicule. Des élections libres et équitables n'ont jamais été dans le programme des militaires thaïlandais. Le coup d'Etat est un complot de l'élite thaïlandaise afin de dominer la succession royale imminente. En fait, l'armée est au pouvoir pour y rester.

 

Zachary Keck - Il y a eu des rapports comme quoi les opposants au coup d'Etat subissaient la pression de l'armée. Que pouvez-vous dire à ce sujet?

 

Pavin Chachavalpongpun - Certes, l'armée veut faire taire ses détracteurs. Au lieu de lancer une répression violente contre les manifestants, la junte leur a déclaré la guerre psychologique. Une de ses armes est d'émettre une série de commandes d'invocation vis-à-vis de certaines personnes afin de les interroger sur leurs soi-disant méfaits. Ce processus, selon la junte, est nécessaire pour "ajuster" leur attitude au sujet de la politique; leur "rééducation" ne devrait pas durer plus de sept jours. Ceux qui refusent de répondre à la convocation sont confrontés à des mandats d'arrêt et des emprisonnements de deux ans.

Mon nom est également sur la liste des personnes les plus recherchées par la junte thaïlandaise. Depuis le putsch, j'ai affirmé mon point de vue: en rejetant la légitimité du coup d'Etat. Volontairement, je n'ai pas répondu à la convocation, et en conséquence, un mandat d'arrêt a été délivré; Je suis officiellement devenu un fugitif. Il m'est impossible de retourner au pays pour visiter ma famille. Je vis aussi dans la peur constante que la junte puisse intimider mes parents à Bangkok si je continue à critiquer l'armée à travers mon travail universitaire.

 

Zachary Keck - Avez-vous parlé avec ou êtes-vous au courant du sort de tous les autres opposants?

 

Pavin Chachavalpongpun - Je suis resté en contact avec mes collègues universitaires ainsi que des militants politiques en Thaïlande. La plupart des personnes convoquées ont été libérés après trois à sept jours de détention. Leur rôle et leurs positions politiques ont déterminé la façon dont ils ont été traités dans le camp de l'armée. En cas de profil bas, ils étaient interrogés par des officiers militaires, recevaient l’instruction de ne pas s'engager davantage dans des activités politiques et étaient contraints de signer des accords confirmant qu'ils ont été bien traités lors de leur détention. Une fois libéré, la plupart d'entre eux ont cessé de parler publiquement pour éviter d'être de nouveau arrêté.

Dans certains cas très médiatisés, l'interrogatoire s'est déroulé de façon plus atroce. Dans un compte rendu, une détenue m'a révélé avoir subie une torture psychologique extrême, et a été menacé de poursuites pour lèse-majesté qui conduisent à des peines de prison pouvant aller jusqu'à 15 ans. Elle a été obligée de rester à genoux, pendant son interrogatoire, avait la tête recouverte d'un sac en papier, et a été dépouillé et enfermé dans une minuscule chambre sans fenêtre pendant des jours. Pourtant, quand elle a été libérée, la seule chose qu'elle a pu rapporter aux médias était, "j’ai été très bien traité."

 

Zachary Keck - La junte a-t-elle utilisé d'autres tactiques pour éliminer les éléments anti-coup d'Etat?

 

Pavin Chachavalpongpun - Le jeu de la chasse ne se limite pas à ces noms sur la liste. L'armée a envoyé ses troupes dans les régions du Nord et du Nord-est, les bastions de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra et de puissantes bases du mouvement des chemises rouges, afin d'anéantir les réseaux considérés comme hostiles à l'élite. Des militants chemises rouges, des universitaires anti-coup d'État et des membres d'ONG ont été harcelés, intimidés et arrêtés arbitrairement. Certains ont eu leurs maisons fouillés et leurs biens confisqués. Les villages chemises rouges ont été contraints de fermer; les drapeaux rouges se trouvant sur leurs maisons ont été brulés. Certains chefs de village ont disparu, tandis que d'autres ont été placés en détention sans aucune information sur leur sort et ni sur quand ils pourraient être libérés.

 

Zachary Keck - Je suis curieux de connaître les détails de votre cas. Quand vous avez refusé de répondre à leur convocation, ont-ils arrêté la pression ou ont-ils essayé d'autres tactiques pour vous faire taire?

 

Pavin Chachavalpongpun - En dehors de la Thaïlande, les personnalités anti-putschistes et les universitaires critiques, y compris moi-même, tout en ayant le luxe d'être hors de la portée de la junte, sont incapables d'ignorer l'intimidation et le harcèlement. Dans mon cas, les pressions viennent sous différentes formes et méthodes. La junte a demandé au consul général [de Thaïlande] à Osaka, tout près de Kyoto où je suis basé, de "discuter" avec mon directeur, espérant apporter de la gêne pour le Centre de m'employer. Le Consul général m'a accusé de partialité, d'ignorance au sujet du coup d'Etat, et a donc remis en cause ma compétence scolaire.

Un jour avant, alors que je devais prendre la parole via Skype lors d'un rassemblement à Bruxelles sur la crise des droits humains en Thaïlande, une représentante de l'Ambassade Royale de Thaïlande en Belgique est apparue pour tenter de faire pression sur les organisateurs afin de faire annuler l'événement. Elle m'a ensuite accusé de travailler en faveur de l'ancien gouvernement élu qui a été renversé par la junte, et a affirmé que j'avais souvent donné des entrevues aux réseaux de médias proches de Thaksin. Parallèlement, elle a légitimé le coup d'Etat comme une étape nécessaire pour faire avancer la Thaïlande.

(A ce sujet, voir aussi:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/07/l-europe-doit-soutenir-la-democratie-en-thailande.html)

En même temps, à Bangkok, le Conseil National pour la Paix et l'Ordre (NCPO), l'organisme dirigeant de la junte, a travaillé en étroite collaboration avec le ministère thaïlandais des Affaires étrangères afin de traquer les opposants à l'étranger. Dans mon cas, la junte a tenté de faire pression sur le gouvernement japonais pour que ce dernier m'expulse. Selon des témoignages, un haut gradé militaire a suggéré une option absurde d'enlèvement. Le ministère des Affaires étrangères est entré en pourparlers avec l'ambassadeur du Japon à Bangkok dans le but de discréditer mon professionnalisme et pour demander de l'aide dans la surveillance de mes déplacements.

 

Zachary Keck - Nous avons lu un tas de choses sur le cas de Chatwadee "Rose" Amornpat en Angleterre. Que pouvez-vous nous dire sur son cas?

 

Pavin Chachavalpongpun - Dans les cas plus graves, comme celui de Chatwadee "Rose" Amornpat, une Thaïlandaise de naissance antimonarchiste autoproclamé qui vit en Angleterre, des mesures plus extrêmes ont été mises en œuvre. Le ministère des Affaires étrangères a demandé la coopération de son homologue britannique pour extrader Rose en Thaïlande afin qu'elle serve une longue peine de prison pour avoir insulté le vénéré Roi Bhumipon Adulyadej. Mais l'ambassadeur britannique à Bangkok, Mark Kent, a confirmé que Rose est une ressortissante britannique et ne sera pas expulsé malgré l'existence d'un traité d'extradition entre les deux pays, car il n'existe aucune loi de lèse-majesté au Royaume-Uni. Lorsque les moyens juridiques se sont avérés vains, les hyper-royalistes de Londres ont pris les choses en mains propres afin d'envahir et de vandaliser la propriété de Rose. Ce genre de "pression publique" est effroyablement menaçant.

 

Zachary Keck - Comment voyez-vous l'avenir de la Thaïlande?

 

Pavin Chachavalpongpun - Comme je l'ai dit au début, l'armée a prévu de rester pendant un long moment, afin d'être en mesure de gérer la succession royale. Certains ont même dit que la junte thaïlandaise pourrait imiter de nombreuses politiques passées de la junte du Myanmar, comme celle de réserver une section du parlement à l'armée, ce qui serait important pour elle si la junte veut prendre le plein contrôle de la politique. L'avenir est sombre. Cela permettra également d'entraver le rythme de la démocratisation et d'aggraver la situation des droits de l'homme dans mon pays.

Pavin Chachavalpongpun

Pavin Chachavalpongpun

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7 juillet 2014 1 07 /07 /juillet /2014 15:33

1 - Le professeur Puangthong Pawakapan et le professeur adjoint Pitch Pongsawat, tous deux professeurs de la Faculté de science politique à l'Université de Chulalongkorn ont été convoqués par téléphone au camp militaire et ont été libérés dans la même journée. Le professeur Puangthong a été appelé le 3 juillet 2014 et le professeur adjoint Pitch a été appelé le 4 juillet 2014.

2 - Il a été signalé par l'Assemblée des Pauvres qu'à Non Din Dang dans la province de Buriram, les villageois qui sont le conflit avec l'office de la foret pour la possession de la terre, ont été arrêtés par des militaires qui les ont intimidés afin qu'ils détruisent leurs maisons et se déplacent hors de la zone.

3 - Le 5 Juillet 2014 un rapport complémentaire a déclaré que, Thanapol Eawsakul, un activiste et un éditeur de la revue Samesky [Fa Diew Kan], qui a été arrêté une première fois après la manifestation anti-coup d'Etat du 23 mai 2014 et détenu pendant sept jours, a été à nouveau convoqué par téléphone pour discuter dans un café situé dans l'avenue Phaholyothin à environ 12 heures 30. Après la discussion, les soldats l'ont arrêté à nouveau et conduit dans un camp du régiment de cavalerie situé dans la zone de Sanampao. Ensuite, vers 19 heures, Thanapol a été emmené à la Division de la Suppression du Crime pour y être détenu. Les officiers de l'armée ont donné comme raison à cette nouvelle arrestation que Thanapol aurait publié, sur sa page Facebook, du contenu qui violait ses conditions de libération qui lui interdisait toute publication politique. Conformément à la loi martiale, les militaires peuvent le détenir pendant 7 jours sans avis d'allégation.

4- En outre, il y a un rapport non confirmé comme quoi le Conseil National pour la Paix et l'Ordre (NCPO, l'organisme dirigeant de la junte) a déjà publié une convocation no.82/2014 depuis le 30 juin 2014 afin de commander à 18 personnes de se déclarer. Cette convocation a été envoyée directement aux personnes dont les noms sont dans la liste sans être diffusée par des télévisions ou des radios comme c'est habituellement le cas.

Source: David Streckfuss

Lien:

https://www.facebook.com/david.streckfuss/posts/10152289823094217

Les militaires pénètrent dans le village de Non Din Dang pour obliger les villageois à détruire leurs maisons

Les militaires pénètrent dans le village de Non Din Dang pour obliger les villageois à détruire leurs maisons

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 13:15

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/07/05/leadership-matters/

 

Si vous vous demandez pourquoi l'opposition à la junte s'est calmée et si le camp de la démocratie a perdu, il est important d'observer un peu plus profondément la société thaïlandaise et l'état du mouvement.

Après les spectaculaires manifestations anti-coup d'Etat de la fin mai cette année, la junte a systématiquement arrêtée et détenue les activistes clés, les forçant à promettre de ne plus s'engager dans la politique. L'armée a précisé que d'autres activités seraient passibles de peines de prison par des tribunaux militaires. Certains de ceux qui ont été arrêtés ont été accusés de lèse-majesté.

La junte mise sur l'idée que si elle crée un climat de peur, en arrêtant et détenant suffisamment de manifestants anti-putschistes et de militants pro-démocratie, les gens finiront par se démoraliser et deviendront inactif.

La question que nous devons nous poser est: a-t-elle réussi ou est-ce simplement une situation temporaire?

La stratégie de la junte ne fonctionnera pas si les militants pro-démocratie s'organisent dans un mouvement clandestin et continuent une lutte de faible intensité qui pourrait déboucher à nouveau sur un soulèvement de masse comme en 1973, 1992 ou 2010.

Cela nous amène à la question de l'organisation et du leadership.

Afin de comprendre le mouvement chemise rouge, qui est d'une importance vitale pour la lutte pour la démocratie, nous devons regarder la lutte des Chemises rouges comme une sorte de "guerre parallèle" où des milliers de chemises rouges ordinaires ont lutté pour la démocratie, la dignité et la justice sociale, tandis que Taksin et ses alliés politiques ont mené une campagne très différente pour retrouver l'influence politique qu'ils avaient bénéficié avant le coup d'Etat de 2006.

Pourtant, en même temps, Taksin, le Parti Pua Thai et la direction de l'UDD, qui soutient ce dernier, ont une énorme influence sur le mouvement des Chemises rouges. C'est contradictoire et dialectique, parce que les Chemises rouges sont à la fois auto-organisées avec leur propre ordre du jour, mais soutiennent aussi Taksin et le Pua Thai.

C'est là que la question de l'organisation et du leadership deviennent d'une importance vitale.

Jusqu'à présent, la direction des Chemises rouges, en termes de stratégie et de tactique, venait de l'UDD et du Pua Thai. Mais ces dirigeants se sont rendus à l'armée, dans l'espoir d'obtenir un compromis à l'avenir. Ils ne veulent pas faire tomber le vieil ordre et ils ont peur que, s'ils menaient un mouvement de masse contre les militaires, cela puisse se produire, puis glisser hors de leur contrôle. Ils sont plus intéressés par de futures carrières politiques, indépendamment de savoir si la Thaïlande devenait une véritable démocratie ou suivait une sorte de modèle birman.

Les objectifs de l'UDD et du Pua Thai ne correspondent pas aux rêves et aux aspirations des millions de chemises rouges. Mais pour que les Chemises rouges puissent agir indépendamment de leurs dirigeants défaillants, les militants doivent être organisés et les éléments progressistes doivent se battre pour une direction alternative. Cela doit impliquer les Chemises rouges plus indépendants qui ont jusqu'ici tourné le dos à une organisation sérieuse, préférant mettre en place des réseaux détachés. Mais sans organisation politique sérieuse ni stratégie politique alternative, la dictature ne pourra pas être renversée.

Cette organisation doit être effectuée dans le secret, ce qui signifie qu'il est difficile de savoir si elle se déroule en ce moment ou pas.

Toutefois, si la junte remporte cette manche, ce ne sera qu'une victoire temporaire. Pour comprendre pourquoi, nous devons rejeter les théories absurdes qui se concentrent uniquement sur les luttes pour le pouvoir de l'élite autour du Palais et d'autres institutions. La cause profonde de la crise thaïlandaise est le mécontentement croissant de millions de citoyens thaïlandais vis-à-vis de l'ancienne façon de faire de la politique. Cette ancienne façon a créé de grandes inégalités de richesse alors que l'économie se développait et aussi un sentiment chez la plupart des Thaïlandais comme quoi ils étaient des citoyens de seconde classe. Taksin a exploité ce sentiment afin de gagner les élections à répétition. L'horloge ne ​​peut pas être remontée dans les années 1960 et tout système de démocratie à moitié imposée par la junte ne sera pas en mesure de tapisser les fissures profondes qui existent dans la société.

 

Giles Ji Ungpakorn (sur le papier est écrit "Dimanche Rouge")

Giles Ji Ungpakorn (sur le papier est écrit "Dimanche Rouge")

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 16:11

L'Union Européenne a interdit les visites officielles des dirigeants de la junte thaïlandaise dans les pays membres, selon le ministère thaïlandais des Affaires étrangères.

Dans un communiqué, le ministère thaïlandais des Affaires étrangères a expliqué que la mesure s'appliquait aux visites officielles effectuées par "les responsables thaïlandais tenant les rangs de ministres et au-dessus."

Les Thaïlandais ordinaires peuvent encore visiter les pays de l'UE avec les passeports et les documents de visa concernés, ajoute le communiqué.

La déclaration a été publiée après qu'une rumeur se soit répandue sur les médias sociaux comme quoi les citoyens thaïlandais étaient interdits d'entrer dans l'UE.

Les pays occidentaux tels que l'UE, les Etats-Unis et l'Australie ont réagis négativement au coup militaire du 22 mai en Thaïlande, en rétrogradant leurs relations avec le Royaume, coupant l'aide militaire, et appelant à un retour immédiat à la démocratie.

Il y a deux semaines l'UE a annoncé qu'elle suspendait la signature d'un accord de coopération avec la Thaïlande et annulait les visites d'État en réponse au coup d'Etat du 22 mai.

Le Conseil National pour la Paix et l'Ordre (la junte) prétend que le coup était nécessaire pour rétablir la paix et l'ordre en Thaïlande après six mois de crise politique, dans laquelle les manifestants anti-gouvernementaux ont demandé l'éviction de la Première ministre d'alors, Yingluck Shinawatra.

Source:

http://en.khaosod.co.th/detail.php?newsid=1404369449

Drapeau de l'Union Européenne

Drapeau de l'Union Européenne

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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 16:08

En Thaïlande, le verdict de culpabilité, dans le cas d'un manifestant pacifique anti-coup crée un dangereux précédent pour la liberté de réunion et contribue au climat de peur sous le régime militaire, a déclaré Amnesty International.

 

Lien:

http://www.amnesty.org/en/news/thailand-first-conviction-protester-under-military-rule-sets-dangerous-precedent-2014-07-03

 

Lors du premier verdict, lié à une protestation, livré depuis que l'armée a pris le pouvoir, le Pathumwan Municipal Courtin de Thaïlande à Bangkok a condamné Weerayuth Kongkanathan pour violation de la loi martiale et violation de l'interdiction de rassemblements de plus de cinq personnes. Il a été condamné à un mois de prison avec sursis pendant un an (cela veut dire qu'il devra faire sa peine de prison l'année prochaine), et à payer une amende de 3.000 bahts (93 dollars US).

"Weerayuth n'a rien fait d'autre que d'exercer pacifiquement son droit à manifester, il n'aurait jamais dû être inculpé et sa condamnation doit être annulée", a déclaré Richard Bennett, directeur du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.

"Si c'est un soulagement que Weerayuth n'ait pas été emprisonné, ce verdict envoie un message alarmant comme quoi les protestations pacifiques ne sont pas tolérée en Thaïlande. Ce sera probablement le premier d'une série de procès prévus de personnes qui ont exprimé leur dissidence contre le régime de l'armée. Nous demandons que ce soit le dernier".

Weerayuth a plaidé coupable, ce qui a entraîné le juge à prononcer une peine plus clémente, mais il devra aller en prison s'il prend part à de nouvelles manifestations pacifiques.

Il a d'abord été détenu le 23 mai 2014 pour avoir prétendument participé à une manifestation pacifique dans le centre de Bangkok contre le coup d'Etat, un jour après que l'armée ait pris le pouvoir et créé le Conseil National pour la Paix et l'Ordre (NCPO) afin de gouverner le pays.

Après une semaine de détention par la police, Weerayuth a été officiellement accusé, le 30 mai, par la Cour municipale de Pathumwan, d'avoir violé une nouvelle ordonnance interdisant les rassemblements de plus de cinq personnes.

"Les menaces d'emprisonnement pour avoir participé à une manifestation pacifique est l'une des mesures qui contribuent à un climat de peur en Thaïlande", a déclaré Richard Bennett.

"Le NCPO devrait lever les restrictions de la loi martiale envers les manifestations pacifiques et la liberté d'expression, et les accusations portées contre toutes les personnes arrêtées d'avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux devraient être abandonné."

Les soldats de la junte

Les soldats de la junte

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 14:17

L'Union Européenne doit continuer à s'opposer aux putschistes thaïlandais et faire pression pour la restauration de la démocratie.

 

Un article de Serhat Ünaldi

Lien:

http://thediplomat.com/2014/07/europe-must-support-democracy-in-thailand/

 

Il y a des chances pour que Kritsuda Khunasen doive sa liberté à Bruxelles. Cette activiste chemise rouge de 27 ans avait été arrêtée, à la fin de mai dernier, par les forces de sécurité dans la province de Chonburi en Thaïlande. Pendant près de trois semaines sa location est restée inconnue et des rumeurs circulaient comme quoi elle avait été tuée. Puis, mardi dernier, l'armée thaïlandaise l'a finalement libéré.

La libération de Kritsuda a eu lieu un jour seulement après que l'UE ait déclaré qu'elle examinait ses relations avec la Thaïlande suite à une réunion des ministres des Affaires étrangères de ses Etats membres. Dans l'annonce qui a suivit, le Conseil de l'UE a conclu que les visites officielles entre la Thaïlande et l'UE devraient être suspendues et que l'UE et ses Etats membres ne signeront pas d'accords avec le pays à moins qu'un gouvernement démocratiquement élu soit mis en place. Il a également exhorté la junte à libérer tous les prisonniers politiques.

Contrairement à de nombreuses autres annonces de l'UE, ce document d'une page a été lu dans la lointaine Asie du Sud-est. Selon les rapports des médias, la condamnation de Bruxelles a incité les généraux de Thaïlande à libérer tous les prisonniers qui étaient détenus dans des "circonstances spéciales".

"Nous allons envoyer des informations sur leur libération, la situation des droits de l'homme, et nos efforts pour revenir à la démocratie en Thaïlande afin d'informer et de favoriser la compréhension avec les pays étrangers, en particulier les membres de l'UE," a déclaré un porte-parole de la junte, selon le journal thaïlandais Khaosod.

En prenant au sérieux les violations flagrantes des droits de l'homme en Thaïlande, l'UE commence enfin à utiliser son poids économique pour appuyer efficacement un changement positif. Il était temps.

Plus d'un mois après le coup d'Etat militaire qui a renversé le gouvernement démocratiquement élu du Pua Thai, il est devenu clair que l'armée n'est pas l'arbitre neutre qu'elle a prétendu être. En fait, une récente révélation de Suthep Thaugsuban, qui a dirigé les manifestations anti-gouvernementales dans les mois qui ont précédé le coup d'Etat, indique que l'intervention militaire avait été décidée depuis longtemps. Si l'on en croit Suthep, le coup d'Etat a été la grande finale d'un plan à long terme pour se débarrasser du gouvernement Pua Thai et de l'influente famille Shinawatra. Certes, Suthep est un fanfaron émotionnel qui aime à exagérer (il est impossible de compter le nombre de "batailles finales" qu'il a commandé contre le gouvernement, les repoussant à chaque fois à une date ultérieure jusqu'à ce que l'armée intervienne). Mais il n'est pas impossible que le chef de la junte, le général Prayuth Chan-ocha, et Suthep aient effectivement collaborés depuis un certain temps.

L'UE a raison d'envoyer un message d'opposition fort face à cette attaque soutenue contre la démocratie, la liberté et la primauté du droit. Même si un grand nombre de Thaïlandais apprécient le calme post-coup d'État brutalement forcé qui prévaut actuellement en Thaïlande, les conditions de ceux qui pensent différemment sont devenues insupportables. La junte organise des chasses aux sorcières et offre des récompenses aux personnes qui fournissent des informations sur les militants anti-coup. Selon le Global Post, les opposants au coup d'Etat risquent maintenant d'être détenus pour d'absurdes raisons comme lire 1984 de George Orwell en public ou manger des sandwichs. En même temps, le salut à trois doigts du film "The Hunger Games" peut lui-aussi vous conduire en prison. Les généraux de Thaïlande pensent la seule vérité est la leur et ont adopté un type de paternalisme qui viole les droits les plus fondamentaux des citoyens thaïlandais. La Thaïlande a longtemps été un pays ami de l'Europe. Mais si un ami maltraite ses enfants et les enferme pour créer un faux sentiment d'unité dans la famille, on ne va plus lui rendre visite. Et on ne fait plus d'affaire avec lui.

Comme un père qui justifie son utilisation de la violence en prétendant qu’il s’agit d’une mesure éducative, la junte pense qu'elle peut "informer" l'Occident sur ​​ses bonnes intentions en utilisant ses canaux diplomatiques et médiatiques. Dans ce contexte, l'affirmation de Kritsuda comme quoi elle serait "plus heureuse que les mots peuvent le dire", qui a probablement été prononcée sous la contrainte lors d'une maladroite apparition à la télévision après sa libération, peut lui avoir été dictée dans le but de rassurer un public international. L'UE, cependant, ne semble pas croire aux contes de fées ni à la campagne de bonheur de l'armée.

Une tentative futile pour promouvoir le coup a été faite récemment par une diplomate thaïlandaise à Bruxelles, Chulamanee Chartsuwan. Elle a demandé aux organisateurs d'une table ronde sur les droits de l'homme d'exclure l'universitaire thaïlandais bien connu Pavin Chachavalpongpun de l'événement. Pavin, un critique virulent du coup d'Etat et des institutions traditionnelles du pays, est actuellement confronté à un mandat d'arrêt délivré par la junte. Finalement, Pavin a pris part à la discussion par vidéoconférence et au mépris des efforts de lobbying de Chulamanee. Il a exposé l'absurdité des efforts diplomatiques de l'armée et, quand Chulamanee s'est mise à louer la monarchie thaïlandaise pendant la session, a commencé à lire "The King Never Smiles", un livre qui remet en cause le mythe du règne du Roi Bhumipon. "Pour ceux d'entre vous qui justifient et font la promotion du coup alors qu’ils sont assis dans cette salle en plein cœur de Bruxelles, je tiens à dire: Vous devriez avoir honte de vous-même. Je tiens à vous condamner!",  ensuite déclaré Pavin (il visait Chulamanee). Bruxelles l'a écouté et a publié sa propre condamnation une semaine plus tard.

En suspendant la conclusion d'accords de coopération importants avec la Thaïlande, l'UE, cependant, n'a pas encore impressionné le secteur d'affaires thaïlandais. Lors d'un événement récent à Berlin sur la Communauté économique de l'ASEAN, un représentant du National Shippers Council thaïlandais a mis en évidence les effets positifs que le coup aurait eu sur les opérations commerciales. "Le gouvernement militaire est une dictature. Ils peuvent prendre des décisions rapides et les businessmen comme nous peuvent effectivement faire pression sur eux. Donc, nous pouvons faire des affaires plus rapidement. "Les effets économiques du désengagement international ne semblent pas peser trop lourd dans son esprit. Bien qu'il ait finalement ajouté que, politiquement, le coup d'État avait eu tort, il fallait du cran pour défendre la politique économique de la junte dans une salle juste à côté de la porte de Brandebourg à Berlin, symbole de la liberté et de l'effondrement d'un autre régime autoritaire qui s’est écroulé parce qu'il était sourd à la voix de son peuple et à cause de l'instabilité économique due en partie à l'isolement international.

Néanmoins, les capitalistes thaïlandais ne semblent pas trop dérangés. Selon un rapport récent, le secteur privé ne s'attend qu'à des effets limités suite à la décision de l'UE. Toutefois, l'UE est le troisième plus grand marché d'exportation du pays et avec le départ probable de la Thaïlande du système généralisé de préférences de l'UE (Generalized System of Preferences GSP) et la mise en place, suite à cela, de droits de douane plus élevés dés l'année prochaine, seul un accord de libre-échange pourrait assurer à la Thaïlande de continuer à jouir d'un accès privilégié. Bien que cela soit le propre intérêt de l'UE de renforcer les échanges avec la deuxième économie de l'ASEAN (aussi récemment qu'à la fin de 2013, la Commission Européenne avait annoncé son désir de "renforcer ses relations avec le pays") la suspension du partenariat et de l'accord de coopération ainsi que, selon toute vraisemblance, des négociations de libre-échange, auront certainement un impact sur la Thaïlande. Le projet d'extension du libre-échange avec d'autres pays d'Asie du Sud-est, notamment la Malaisie et le Vietnam, après la conclusion d'un traité de libre-échange avec Singapour en 2012, est le programme officiel de l'Union Européenne, comme indiqué dans les "Lignes directrices sur des affaires étrangères et la politique de sécurité de l'UE en Asie de l'Est". Dans ce contexte, la Thaïlande pourrait bientôt perdre en compétitivité face aux pays voisins.

Comme on pouvait s'y attendre, les principaux acteurs du secteur privé thaïlandais jouent la carte de la Chine en réponse à l'UE. Selon leur argument, la Chine compenserait la baisse des exportations vers l'Europe. Politiquement, la junte a déjà tissé des liens étroits avec la Chine suite à la critique du coup d'Etat de la part des pays occidentaux. À la mi-juin, une délégation militaire thaïlandaise a visité la Chine tandis que l'ambassadeur de Chine aurait salué la junte pour relancer la confiance des entreprises dans le pays.

Dans ce contexte, il peut sembler contre-intuitif d'isoler la Thaïlande. Personne ne veut prendre le risque de pousser un allié à long terme dans les bras de la Chine. Mais, là encore, il est très peu probable que la Thaïlande soit prête à prendre effectivement cette direction. Le pays a trop à perdre en coupant ses liens lucratifs et de longue date avec l'Occident et il a généralement cherché un équilibre pragmatique dans ses relations extérieures. La Thaïlande, dont les gardiens conservateurs traduisent le mot "Thaï" comme "libre" et possèdent un complexe de supériorité à l'égard de ses voisins anciennement colonisés, ne voudra pas redevenir un pays tributaire de la Chine. Bien que la culture est-asiatique ait connue un énorme succès en Thaïlande au cours des dernières décennies, c'est généralement les exportations culturelles des pays démocratiques qui ont retenu l'attention de la population thaïlandaise, comme la J-Pop des années 1990 et les "soaps opéras" (un terme pour designer les séries télévisées thaïlandaise à l’eau de rose) ainsi que les coiffures de style coréens dans les années 2000. Une vague chinoise correspondante ne semble pas être à l'horizon pour l'instant. Donc, la Thaïlande ne sera pas perdue, même si l'UE doit prendre des mesures fortes dans les prochains mois.

Si l'Europe prend sa stratégie, esquissée dans ses lignes politiques directrices, vis-à-vis de l'Asie au sérieux, elle devrait effectivement "envisager d'autres mesures possibles" que celle suggérées par le Conseil, dans sa conclusion sur la Thaïlande. Le développement et la consolidation de la démocratie ainsi que la primauté du droit sont la pierre angulaire déclarée du programme régional de l'Europe. Par conséquent, l'UE doit continuer à suivre une approche étroite vis-à-vis de l'Asie sur la base de relations commerciales qui favorisent efficacement les systèmes et les sociétés politiques ouvertes et libres. À cette fin, elle doit user de son influence économique pour faire sentir sa présence. En tant que région auparavant déchiré par les guerres et dirigé par certains des dirigeants les plus vicieux de l'histoire du monde, l'Union européenne d'aujourd'hui a des leçons à offrir. Aider la junte militaire thaïlandaise à consolider son pouvoir en faisant des affaires avec elle serait une gifle au visage de ceux qui défendent les mêmes valeurs que l'UE. Les généraux ne devraient pas être autorisés à se présenter comme des stabilisateurs économiques alors que ce sont les militaires et d'autres forces conservatrices qui ont déstabilisé la Thaïlande en premier lieu. Et même d'un point de vue purement économique, l'Europe doit avoir un intérêt à voir le pays se développer en une société stable et fondé sur des règles avec un climat d'investissement prévisible.

La Thaïlande offre donc un terrain d'essai pour le sérieux de l'engagement de l'UE en Asie comme il est temps pour un "pivot" européen dans la région. Le pays est de la plus haute importance pour les développements régionaux. Pour ceux qui souhaitent une consolidation démocratique en Asie du Sud-est, la Thaïlande a été une fois une source d'espoir. Maintenant, c'est une source de désespoir. Déjà des gens dans des pays comme le Myanmar et le Vietnam observent le chaos de la Thaïlande et disent: "Si c'est à cela que la démocratie conduit, nous ne voulons pas de la démocratie" Ils ne perçoivent pas les problèmes de la Thaïlande comme résultant d'interventions militaires constantes qui empêchent la maturation de la démocratie thaïlandaise. Ils voient cela comme venant du processus démocratique lui-même. Si la règle constitutionnelle en Thaïlande ne peut pas être restaurée rapidement, l'échec de la démocratie dans ce pays enverra un signal fort et inquiétant pour la région.

Il est donc important pour les Européens de regarder au-delà des images de carte postale de plages et de bateaux à longue queue en pensant à la Thaïlande, et pour les économies européennes à reconsidérer leur perception du pays comme une simple source de matériel électronique, pièces de machines, et de fruits exotiques. Ils doivent voir la Thaïlande pour ce qu'elle est: une nation d'une importance stratégique.

 

Serhat Ünaldi est le chef de projet du programme en Allemagne et en Asie de la Fondation Bertelsmann. Il a récemment terminé un doctorat à l'Université Humboldt à Berlin, où il a travaillé sur la crise politique thaïlandaise.

Des militaires surveillant les citoyens thaïlandais

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 14:15

Les célébrations de la Journée de l'Indépendance ont débuté hier à l'ambassade américaine de Bangkok mais les généraux de la junte n'ont pas été invité. Toutefois, le personnel du gouvernement renversé de Yingluck Shinawatra et des partisans des chemises rouges ont été invités et étaient présents.

Bien que Yingluck elle-même ait été invitée à la fête, elle a choisie de ne pas s'y rendre de peur que sa présence puisse être politisée (Yingluck est toujours en résidence surveillé à Bangkok).

L'ancien secrétaire général de la Première ministre, Suranand Vejjajiva (un cousin d'Abhisit mais qui ne fait pas parti du même camp politique que lui), l'ancien ministre des Finances Kittiratt Na-Ranong et l'ancien ministre des transports Chadchat Sittipunt se sont rendu à la fête de la célébration du 4 juillet.

Certains dirigeants des chemises rouges tels que Chaturon Chaisang, Veera Musikapong et Prateep Ungsongtham Hata étaient également présents.

Cependant, aucun membre du Conseil National pour la Paix et l'Ordre (la junte) n'était présent à l'événement.

Les dirigeants du Parti Démocrate ont également brillé par leur absence.

Le porte-parole de la junte, le colonel Weerachon Sukondhapatipak, a confirmé que l'ambassade des États-Unis n'a invité aucun officier supérieur à la célébration.

L'ambassade envoie habituellement des invitations aux responsables des organismes gouvernementaux, aux figures de la haute société et aux membres de la communauté diplomatique.

Il s'agit d'une immense perte de face pour le général Prayuth.

Washington a également réduit de 4,7 millions de dollars US l'aide militaire à la Thaïlande et a annulé de nombreuses activités ainsi que des exercices militaires conjoints entre les États-Unis et la Thaïlande.

D'autres pays occidentaux ont également pris une position ferme contre la junte. L'ambassade britannique a annulé une réception pour célébrer l'anniversaire de la reine Elizabeth II dans un hôtel de Bangkok le 11 juin prochain afin de refléter son opposition au coup d'État.

Source:

http://www.nationmultimedia.com/politics/Junta-figures-and-Yingluck-among-those-absent-30237710.html

L’ambassadrice américaine Kristie Kenney souhaite la bienvenue à Chaturon Chaisang, l’ancien ministre de l’éducation du gouvernement de Yingluck Shinawatra

L’ambassadrice américaine Kristie Kenney souhaite la bienvenue à Chaturon Chaisang, l’ancien ministre de l’éducation du gouvernement de Yingluck Shinawatra

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 02:33

Écrit par Robert Amsterdam et Jakrapob Penkair 
Lien:
http://www.diplomaticourier.com/news/opinion/2246-expecting-more-from-thailand

Moins d'un mois après que l'armée de la Thaïlande ait pris le pouvoir suite à un coup d'Etat, la junte n'a pas tardé à tenter de "normaliser" sa prise de pouvoir illégale. 
Cherchant à obtenir des soutiens, la junte a lancé une offensive de charme en envoyant une délégation en Chine, où elle affirme maintenant avoir le soutien de son coup d'Etat, et un programme de visites de chefs militaires des Etats voisins. Le but de cette stratégie régionale est d'exercer une pression extraordinaire sur Washington afin que les Américains n’aient que deux choix, celui de reconnaitre le coup d'Etat ou celui de risquer d'observer la dérive d'un allié clé vers le camp des Chinois. 
Pour quelqu'un qui se souvient du coup d'Etat de 2006, c'est peut-être un sentiment de déjà vu. Dans un premier temps, les gouvernements étrangers ont fait des déclarations fortes, suivies par une inaction, et plus tard par la démission et l'acquiescement. 
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a été ferme dans ses premiers commentaires en déclarant: "Il n'existe aucune justification pour ce coup d'Etat militaire. (...) Nous réexaminons notre aide militaire ainsi que nos autres engagements, conformément au droit des États-Unis". 
La loi sur cette question est claire: aucune aide des États-Unis ne doit aller à un gouvernement dont le représentant élu a été renversé par un coup d'Etat militaire. Un exercice conjoint à grande échelle avec l'armée thaïlandaise a déjà été annulé, mais des sanctions n'ont toujours pas été prises. 
La première réaction de l'Union européenne a été similaire, mais jusqu'à présent, elle a refusé de suspendre les ventes d'armes ou de discuter des sanctions. La Haute Représentante de l'UE, Catherine Ashton, a exhorté l'armée à libérer les milliers de prisonniers politiques détenus et assouplir la censure, et ajouté qu'elle suivait l'évolution de la situation avec "une extrême prudence." 
Malheureusement, cela ne suffit pas. 
La dernière fois qu'il y a eu un coup d'Etat en Thaïlande, les pays occidentaux n'ont pas soutenu la volonté démocratique du peuple thaïlandais. Les généraux ont clairement interprété ce message comme quoi le coup ne posait que des inconvénients à court terme qui ne débouchaient pas sur de réelles conséquences. 
Avant le coup d'Etat de mai 2014, la Thaïlande a connu 18 interruptions de la démocratie par les militaires. On peut se poser la question: si les gouvernements occidentaux et les partenaires commerciaux de la Thaïlande étaient moins permissifs et indulgent dans leur réponse vis-à-vis des coups d'Etat militaires, ces derniers continueraient-ils à se produire avec une telle fréquence? Avons-nous réduit nos attentes pour la Thaïlande? 
Il n'y a pas d'ambiguïté sur la répression qui se déroule en Thaïlande aujourd'hui. Les soldats de la junte ont arrêté et détenu des milliers de personnes en les menaçant de leurs fusils et les maintenant au-delà de la portée de leurs familles (ou de leurs avocats) parfois pendant des semaines. Les citoyens thaïlandais peuvent être arrêtés pour presque rien, par exemple en faisant le salut anti-coup à "trois doigts" du film Hunger Games, alors que l'armée menace les gens de prison s'ils cliquent "j'aime" dans certains contenus de médias sociaux. Le spectre hideux de la lèse-majesté est en plein essor, alors que même des gens vivants en dehors de la Thaïlande ont été menacés par la direction du coup d'Etat. 
Pour des généraux tels que Prayuth Chan-ocha, un architecte du massacre qui couté la vie à plus de 90 manifestants non armés il y a quatre ans, le coup d'Etat représente à la fois une opportunité économique (les budgets militaires ont déjà été augmenté sous une transparence zéro) ainsi qu'un moteur pour l'impunité, un exercice qui se déroule obligatoirement une fois par décennie pour couvrir la responsabilité des violations des droits de l'homme. Il y a malheureusement une classe de citoyens en Thaïlande qui ne croient pas que leurs compatriotes doivent jouir des mêmes droits de représentation qu'eux. Ce genre de tyrannie conduit à une image réfrigèrent sur ce qui pourrait se passer ensuite. 
Le coup d'Etat a commencé bien avant la déclaration de la loi martiale par l'armée. Il a été forgé dans le soi-disant Comité de Réforme Démocratique Populaire (PDRC) de l'ancien vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban, qui avait été auparavant accusé d'assassinat. Tout autre gouvernement aurait arrêté et condamné cet homme mais l'administration de Yingluck Shinawatra a été dépouillée de ses pouvoirs les plus élémentaires dont les gouvernements élus sont généralement dotés. 
Si la communauté internationale veut voir la Thaïlande émerger avec succès du coup d'Etat, une action forte est nécessaire, en commençant, et ne se limitant pas, par à des actions telles que le refus constant de reconnaître la junte en tant que gouvernement légitime de Thaïlande, l'arrêt de toutes les ventes d'armes et de la coopération militaire, des sanctions contre les actifs et les privilèges de voyage des putschistes, des sanctions et des boycotts publiques des principaux conglomérats d'entreprises qui ont parrainé financièrement Suthep ainsi que le renversement du gouvernement élu et exiger le rétablissement immédiat de la gouvernance démocratique. 
Une absence de réponse, d'une manière beaucoup plus forte que par le passé, à ce coup d'Etat, ne fera que perpétuer ce cycle destructeur. Il est temps d'espérer plus de la Thaïlande et de se tenir derrière les valeurs démocratiques. C’est peut être notre dernière occasion de le faire. 

Tout ce qui peut conduire à une arrestation en Thaïlande aujourd'hui (dessin de Prachatai)

Tout ce qui peut conduire à une arrestation en Thaïlande aujourd'hui (dessin de Prachatai)

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