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5 juillet 2014 6 05 /07 /juillet /2014 16:08

En Thaïlande, le verdict de culpabilité, dans le cas d'un manifestant pacifique anti-coup crée un dangereux précédent pour la liberté de réunion et contribue au climat de peur sous le régime militaire, a déclaré Amnesty International.

 

Lien:

http://www.amnesty.org/en/news/thailand-first-conviction-protester-under-military-rule-sets-dangerous-precedent-2014-07-03

 

Lors du premier verdict, lié à une protestation, livré depuis que l'armée a pris le pouvoir, le Pathumwan Municipal Courtin de Thaïlande à Bangkok a condamné Weerayuth Kongkanathan pour violation de la loi martiale et violation de l'interdiction de rassemblements de plus de cinq personnes. Il a été condamné à un mois de prison avec sursis pendant un an (cela veut dire qu'il devra faire sa peine de prison l'année prochaine), et à payer une amende de 3.000 bahts (93 dollars US).

"Weerayuth n'a rien fait d'autre que d'exercer pacifiquement son droit à manifester, il n'aurait jamais dû être inculpé et sa condamnation doit être annulée", a déclaré Richard Bennett, directeur du programme Asie-Pacifique d'Amnesty International.

"Si c'est un soulagement que Weerayuth n'ait pas été emprisonné, ce verdict envoie un message alarmant comme quoi les protestations pacifiques ne sont pas tolérée en Thaïlande. Ce sera probablement le premier d'une série de procès prévus de personnes qui ont exprimé leur dissidence contre le régime de l'armée. Nous demandons que ce soit le dernier".

Weerayuth a plaidé coupable, ce qui a entraîné le juge à prononcer une peine plus clémente, mais il devra aller en prison s'il prend part à de nouvelles manifestations pacifiques.

Il a d'abord été détenu le 23 mai 2014 pour avoir prétendument participé à une manifestation pacifique dans le centre de Bangkok contre le coup d'Etat, un jour après que l'armée ait pris le pouvoir et créé le Conseil National pour la Paix et l'Ordre (NCPO) afin de gouverner le pays.

Après une semaine de détention par la police, Weerayuth a été officiellement accusé, le 30 mai, par la Cour municipale de Pathumwan, d'avoir violé une nouvelle ordonnance interdisant les rassemblements de plus de cinq personnes.

"Les menaces d'emprisonnement pour avoir participé à une manifestation pacifique est l'une des mesures qui contribuent à un climat de peur en Thaïlande", a déclaré Richard Bennett.

"Le NCPO devrait lever les restrictions de la loi martiale envers les manifestations pacifiques et la liberté d'expression, et les accusations portées contre toutes les personnes arrêtées d'avoir exercé pacifiquement leurs droits fondamentaux devraient être abandonné."

Les soldats de la junte

Les soldats de la junte

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 14:17

L'Union Européenne doit continuer à s'opposer aux putschistes thaïlandais et faire pression pour la restauration de la démocratie.

 

Un article de Serhat Ünaldi

Lien:

http://thediplomat.com/2014/07/europe-must-support-democracy-in-thailand/

 

Il y a des chances pour que Kritsuda Khunasen doive sa liberté à Bruxelles. Cette activiste chemise rouge de 27 ans avait été arrêtée, à la fin de mai dernier, par les forces de sécurité dans la province de Chonburi en Thaïlande. Pendant près de trois semaines sa location est restée inconnue et des rumeurs circulaient comme quoi elle avait été tuée. Puis, mardi dernier, l'armée thaïlandaise l'a finalement libéré.

La libération de Kritsuda a eu lieu un jour seulement après que l'UE ait déclaré qu'elle examinait ses relations avec la Thaïlande suite à une réunion des ministres des Affaires étrangères de ses Etats membres. Dans l'annonce qui a suivit, le Conseil de l'UE a conclu que les visites officielles entre la Thaïlande et l'UE devraient être suspendues et que l'UE et ses Etats membres ne signeront pas d'accords avec le pays à moins qu'un gouvernement démocratiquement élu soit mis en place. Il a également exhorté la junte à libérer tous les prisonniers politiques.

Contrairement à de nombreuses autres annonces de l'UE, ce document d'une page a été lu dans la lointaine Asie du Sud-est. Selon les rapports des médias, la condamnation de Bruxelles a incité les généraux de Thaïlande à libérer tous les prisonniers qui étaient détenus dans des "circonstances spéciales".

"Nous allons envoyer des informations sur leur libération, la situation des droits de l'homme, et nos efforts pour revenir à la démocratie en Thaïlande afin d'informer et de favoriser la compréhension avec les pays étrangers, en particulier les membres de l'UE," a déclaré un porte-parole de la junte, selon le journal thaïlandais Khaosod.

En prenant au sérieux les violations flagrantes des droits de l'homme en Thaïlande, l'UE commence enfin à utiliser son poids économique pour appuyer efficacement un changement positif. Il était temps.

Plus d'un mois après le coup d'Etat militaire qui a renversé le gouvernement démocratiquement élu du Pua Thai, il est devenu clair que l'armée n'est pas l'arbitre neutre qu'elle a prétendu être. En fait, une récente révélation de Suthep Thaugsuban, qui a dirigé les manifestations anti-gouvernementales dans les mois qui ont précédé le coup d'Etat, indique que l'intervention militaire avait été décidée depuis longtemps. Si l'on en croit Suthep, le coup d'Etat a été la grande finale d'un plan à long terme pour se débarrasser du gouvernement Pua Thai et de l'influente famille Shinawatra. Certes, Suthep est un fanfaron émotionnel qui aime à exagérer (il est impossible de compter le nombre de "batailles finales" qu'il a commandé contre le gouvernement, les repoussant à chaque fois à une date ultérieure jusqu'à ce que l'armée intervienne). Mais il n'est pas impossible que le chef de la junte, le général Prayuth Chan-ocha, et Suthep aient effectivement collaborés depuis un certain temps.

L'UE a raison d'envoyer un message d'opposition fort face à cette attaque soutenue contre la démocratie, la liberté et la primauté du droit. Même si un grand nombre de Thaïlandais apprécient le calme post-coup d'État brutalement forcé qui prévaut actuellement en Thaïlande, les conditions de ceux qui pensent différemment sont devenues insupportables. La junte organise des chasses aux sorcières et offre des récompenses aux personnes qui fournissent des informations sur les militants anti-coup. Selon le Global Post, les opposants au coup d'Etat risquent maintenant d'être détenus pour d'absurdes raisons comme lire 1984 de George Orwell en public ou manger des sandwichs. En même temps, le salut à trois doigts du film "The Hunger Games" peut lui-aussi vous conduire en prison. Les généraux de Thaïlande pensent la seule vérité est la leur et ont adopté un type de paternalisme qui viole les droits les plus fondamentaux des citoyens thaïlandais. La Thaïlande a longtemps été un pays ami de l'Europe. Mais si un ami maltraite ses enfants et les enferme pour créer un faux sentiment d'unité dans la famille, on ne va plus lui rendre visite. Et on ne fait plus d'affaire avec lui.

Comme un père qui justifie son utilisation de la violence en prétendant qu’il s’agit d’une mesure éducative, la junte pense qu'elle peut "informer" l'Occident sur ​​ses bonnes intentions en utilisant ses canaux diplomatiques et médiatiques. Dans ce contexte, l'affirmation de Kritsuda comme quoi elle serait "plus heureuse que les mots peuvent le dire", qui a probablement été prononcée sous la contrainte lors d'une maladroite apparition à la télévision après sa libération, peut lui avoir été dictée dans le but de rassurer un public international. L'UE, cependant, ne semble pas croire aux contes de fées ni à la campagne de bonheur de l'armée.

Une tentative futile pour promouvoir le coup a été faite récemment par une diplomate thaïlandaise à Bruxelles, Chulamanee Chartsuwan. Elle a demandé aux organisateurs d'une table ronde sur les droits de l'homme d'exclure l'universitaire thaïlandais bien connu Pavin Chachavalpongpun de l'événement. Pavin, un critique virulent du coup d'Etat et des institutions traditionnelles du pays, est actuellement confronté à un mandat d'arrêt délivré par la junte. Finalement, Pavin a pris part à la discussion par vidéoconférence et au mépris des efforts de lobbying de Chulamanee. Il a exposé l'absurdité des efforts diplomatiques de l'armée et, quand Chulamanee s'est mise à louer la monarchie thaïlandaise pendant la session, a commencé à lire "The King Never Smiles", un livre qui remet en cause le mythe du règne du Roi Bhumipon. "Pour ceux d'entre vous qui justifient et font la promotion du coup alors qu’ils sont assis dans cette salle en plein cœur de Bruxelles, je tiens à dire: Vous devriez avoir honte de vous-même. Je tiens à vous condamner!",  ensuite déclaré Pavin (il visait Chulamanee). Bruxelles l'a écouté et a publié sa propre condamnation une semaine plus tard.

En suspendant la conclusion d'accords de coopération importants avec la Thaïlande, l'UE, cependant, n'a pas encore impressionné le secteur d'affaires thaïlandais. Lors d'un événement récent à Berlin sur la Communauté économique de l'ASEAN, un représentant du National Shippers Council thaïlandais a mis en évidence les effets positifs que le coup aurait eu sur les opérations commerciales. "Le gouvernement militaire est une dictature. Ils peuvent prendre des décisions rapides et les businessmen comme nous peuvent effectivement faire pression sur eux. Donc, nous pouvons faire des affaires plus rapidement. "Les effets économiques du désengagement international ne semblent pas peser trop lourd dans son esprit. Bien qu'il ait finalement ajouté que, politiquement, le coup d'État avait eu tort, il fallait du cran pour défendre la politique économique de la junte dans une salle juste à côté de la porte de Brandebourg à Berlin, symbole de la liberté et de l'effondrement d'un autre régime autoritaire qui s’est écroulé parce qu'il était sourd à la voix de son peuple et à cause de l'instabilité économique due en partie à l'isolement international.

Néanmoins, les capitalistes thaïlandais ne semblent pas trop dérangés. Selon un rapport récent, le secteur privé ne s'attend qu'à des effets limités suite à la décision de l'UE. Toutefois, l'UE est le troisième plus grand marché d'exportation du pays et avec le départ probable de la Thaïlande du système généralisé de préférences de l'UE (Generalized System of Preferences GSP) et la mise en place, suite à cela, de droits de douane plus élevés dés l'année prochaine, seul un accord de libre-échange pourrait assurer à la Thaïlande de continuer à jouir d'un accès privilégié. Bien que cela soit le propre intérêt de l'UE de renforcer les échanges avec la deuxième économie de l'ASEAN (aussi récemment qu'à la fin de 2013, la Commission Européenne avait annoncé son désir de "renforcer ses relations avec le pays") la suspension du partenariat et de l'accord de coopération ainsi que, selon toute vraisemblance, des négociations de libre-échange, auront certainement un impact sur la Thaïlande. Le projet d'extension du libre-échange avec d'autres pays d'Asie du Sud-est, notamment la Malaisie et le Vietnam, après la conclusion d'un traité de libre-échange avec Singapour en 2012, est le programme officiel de l'Union Européenne, comme indiqué dans les "Lignes directrices sur des affaires étrangères et la politique de sécurité de l'UE en Asie de l'Est". Dans ce contexte, la Thaïlande pourrait bientôt perdre en compétitivité face aux pays voisins.

Comme on pouvait s'y attendre, les principaux acteurs du secteur privé thaïlandais jouent la carte de la Chine en réponse à l'UE. Selon leur argument, la Chine compenserait la baisse des exportations vers l'Europe. Politiquement, la junte a déjà tissé des liens étroits avec la Chine suite à la critique du coup d'Etat de la part des pays occidentaux. À la mi-juin, une délégation militaire thaïlandaise a visité la Chine tandis que l'ambassadeur de Chine aurait salué la junte pour relancer la confiance des entreprises dans le pays.

Dans ce contexte, il peut sembler contre-intuitif d'isoler la Thaïlande. Personne ne veut prendre le risque de pousser un allié à long terme dans les bras de la Chine. Mais, là encore, il est très peu probable que la Thaïlande soit prête à prendre effectivement cette direction. Le pays a trop à perdre en coupant ses liens lucratifs et de longue date avec l'Occident et il a généralement cherché un équilibre pragmatique dans ses relations extérieures. La Thaïlande, dont les gardiens conservateurs traduisent le mot "Thaï" comme "libre" et possèdent un complexe de supériorité à l'égard de ses voisins anciennement colonisés, ne voudra pas redevenir un pays tributaire de la Chine. Bien que la culture est-asiatique ait connue un énorme succès en Thaïlande au cours des dernières décennies, c'est généralement les exportations culturelles des pays démocratiques qui ont retenu l'attention de la population thaïlandaise, comme la J-Pop des années 1990 et les "soaps opéras" (un terme pour designer les séries télévisées thaïlandaise à l’eau de rose) ainsi que les coiffures de style coréens dans les années 2000. Une vague chinoise correspondante ne semble pas être à l'horizon pour l'instant. Donc, la Thaïlande ne sera pas perdue, même si l'UE doit prendre des mesures fortes dans les prochains mois.

Si l'Europe prend sa stratégie, esquissée dans ses lignes politiques directrices, vis-à-vis de l'Asie au sérieux, elle devrait effectivement "envisager d'autres mesures possibles" que celle suggérées par le Conseil, dans sa conclusion sur la Thaïlande. Le développement et la consolidation de la démocratie ainsi que la primauté du droit sont la pierre angulaire déclarée du programme régional de l'Europe. Par conséquent, l'UE doit continuer à suivre une approche étroite vis-à-vis de l'Asie sur la base de relations commerciales qui favorisent efficacement les systèmes et les sociétés politiques ouvertes et libres. À cette fin, elle doit user de son influence économique pour faire sentir sa présence. En tant que région auparavant déchiré par les guerres et dirigé par certains des dirigeants les plus vicieux de l'histoire du monde, l'Union européenne d'aujourd'hui a des leçons à offrir. Aider la junte militaire thaïlandaise à consolider son pouvoir en faisant des affaires avec elle serait une gifle au visage de ceux qui défendent les mêmes valeurs que l'UE. Les généraux ne devraient pas être autorisés à se présenter comme des stabilisateurs économiques alors que ce sont les militaires et d'autres forces conservatrices qui ont déstabilisé la Thaïlande en premier lieu. Et même d'un point de vue purement économique, l'Europe doit avoir un intérêt à voir le pays se développer en une société stable et fondé sur des règles avec un climat d'investissement prévisible.

La Thaïlande offre donc un terrain d'essai pour le sérieux de l'engagement de l'UE en Asie comme il est temps pour un "pivot" européen dans la région. Le pays est de la plus haute importance pour les développements régionaux. Pour ceux qui souhaitent une consolidation démocratique en Asie du Sud-est, la Thaïlande a été une fois une source d'espoir. Maintenant, c'est une source de désespoir. Déjà des gens dans des pays comme le Myanmar et le Vietnam observent le chaos de la Thaïlande et disent: "Si c'est à cela que la démocratie conduit, nous ne voulons pas de la démocratie" Ils ne perçoivent pas les problèmes de la Thaïlande comme résultant d'interventions militaires constantes qui empêchent la maturation de la démocratie thaïlandaise. Ils voient cela comme venant du processus démocratique lui-même. Si la règle constitutionnelle en Thaïlande ne peut pas être restaurée rapidement, l'échec de la démocratie dans ce pays enverra un signal fort et inquiétant pour la région.

Il est donc important pour les Européens de regarder au-delà des images de carte postale de plages et de bateaux à longue queue en pensant à la Thaïlande, et pour les économies européennes à reconsidérer leur perception du pays comme une simple source de matériel électronique, pièces de machines, et de fruits exotiques. Ils doivent voir la Thaïlande pour ce qu'elle est: une nation d'une importance stratégique.

 

Serhat Ünaldi est le chef de projet du programme en Allemagne et en Asie de la Fondation Bertelsmann. Il a récemment terminé un doctorat à l'Université Humboldt à Berlin, où il a travaillé sur la crise politique thaïlandaise.

Des militaires surveillant les citoyens thaïlandais

Des militaires surveillant les citoyens thaïlandais

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4 juillet 2014 5 04 /07 /juillet /2014 14:15

Les célébrations de la Journée de l'Indépendance ont débuté hier à l'ambassade américaine de Bangkok mais les généraux de la junte n'ont pas été invité. Toutefois, le personnel du gouvernement renversé de Yingluck Shinawatra et des partisans des chemises rouges ont été invités et étaient présents.

Bien que Yingluck elle-même ait été invitée à la fête, elle a choisie de ne pas s'y rendre de peur que sa présence puisse être politisée (Yingluck est toujours en résidence surveillé à Bangkok).

L'ancien secrétaire général de la Première ministre, Suranand Vejjajiva (un cousin d'Abhisit mais qui ne fait pas parti du même camp politique que lui), l'ancien ministre des Finances Kittiratt Na-Ranong et l'ancien ministre des transports Chadchat Sittipunt se sont rendu à la fête de la célébration du 4 juillet.

Certains dirigeants des chemises rouges tels que Chaturon Chaisang, Veera Musikapong et Prateep Ungsongtham Hata étaient également présents.

Cependant, aucun membre du Conseil National pour la Paix et l'Ordre (la junte) n'était présent à l'événement.

Les dirigeants du Parti Démocrate ont également brillé par leur absence.

Le porte-parole de la junte, le colonel Weerachon Sukondhapatipak, a confirmé que l'ambassade des États-Unis n'a invité aucun officier supérieur à la célébration.

L'ambassade envoie habituellement des invitations aux responsables des organismes gouvernementaux, aux figures de la haute société et aux membres de la communauté diplomatique.

Il s'agit d'une immense perte de face pour le général Prayuth.

Washington a également réduit de 4,7 millions de dollars US l'aide militaire à la Thaïlande et a annulé de nombreuses activités ainsi que des exercices militaires conjoints entre les États-Unis et la Thaïlande.

D'autres pays occidentaux ont également pris une position ferme contre la junte. L'ambassade britannique a annulé une réception pour célébrer l'anniversaire de la reine Elizabeth II dans un hôtel de Bangkok le 11 juin prochain afin de refléter son opposition au coup d'État.

Source:

http://www.nationmultimedia.com/politics/Junta-figures-and-Yingluck-among-those-absent-30237710.html

L’ambassadrice américaine Kristie Kenney souhaite la bienvenue à Chaturon Chaisang, l’ancien ministre de l’éducation du gouvernement de Yingluck Shinawatra

L’ambassadrice américaine Kristie Kenney souhaite la bienvenue à Chaturon Chaisang, l’ancien ministre de l’éducation du gouvernement de Yingluck Shinawatra

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 02:33

Écrit par Robert Amsterdam et Jakrapob Penkair 
Lien:
http://www.diplomaticourier.com/news/opinion/2246-expecting-more-from-thailand

Moins d'un mois après que l'armée de la Thaïlande ait pris le pouvoir suite à un coup d'Etat, la junte n'a pas tardé à tenter de "normaliser" sa prise de pouvoir illégale. 
Cherchant à obtenir des soutiens, la junte a lancé une offensive de charme en envoyant une délégation en Chine, où elle affirme maintenant avoir le soutien de son coup d'Etat, et un programme de visites de chefs militaires des Etats voisins. Le but de cette stratégie régionale est d'exercer une pression extraordinaire sur Washington afin que les Américains n’aient que deux choix, celui de reconnaitre le coup d'Etat ou celui de risquer d'observer la dérive d'un allié clé vers le camp des Chinois. 
Pour quelqu'un qui se souvient du coup d'Etat de 2006, c'est peut-être un sentiment de déjà vu. Dans un premier temps, les gouvernements étrangers ont fait des déclarations fortes, suivies par une inaction, et plus tard par la démission et l'acquiescement. 
Le secrétaire d'Etat américain John Kerry a été ferme dans ses premiers commentaires en déclarant: "Il n'existe aucune justification pour ce coup d'Etat militaire. (...) Nous réexaminons notre aide militaire ainsi que nos autres engagements, conformément au droit des États-Unis". 
La loi sur cette question est claire: aucune aide des États-Unis ne doit aller à un gouvernement dont le représentant élu a été renversé par un coup d'Etat militaire. Un exercice conjoint à grande échelle avec l'armée thaïlandaise a déjà été annulé, mais des sanctions n'ont toujours pas été prises. 
La première réaction de l'Union européenne a été similaire, mais jusqu'à présent, elle a refusé de suspendre les ventes d'armes ou de discuter des sanctions. La Haute Représentante de l'UE, Catherine Ashton, a exhorté l'armée à libérer les milliers de prisonniers politiques détenus et assouplir la censure, et ajouté qu'elle suivait l'évolution de la situation avec "une extrême prudence." 
Malheureusement, cela ne suffit pas. 
La dernière fois qu'il y a eu un coup d'Etat en Thaïlande, les pays occidentaux n'ont pas soutenu la volonté démocratique du peuple thaïlandais. Les généraux ont clairement interprété ce message comme quoi le coup ne posait que des inconvénients à court terme qui ne débouchaient pas sur de réelles conséquences. 
Avant le coup d'Etat de mai 2014, la Thaïlande a connu 18 interruptions de la démocratie par les militaires. On peut se poser la question: si les gouvernements occidentaux et les partenaires commerciaux de la Thaïlande étaient moins permissifs et indulgent dans leur réponse vis-à-vis des coups d'Etat militaires, ces derniers continueraient-ils à se produire avec une telle fréquence? Avons-nous réduit nos attentes pour la Thaïlande? 
Il n'y a pas d'ambiguïté sur la répression qui se déroule en Thaïlande aujourd'hui. Les soldats de la junte ont arrêté et détenu des milliers de personnes en les menaçant de leurs fusils et les maintenant au-delà de la portée de leurs familles (ou de leurs avocats) parfois pendant des semaines. Les citoyens thaïlandais peuvent être arrêtés pour presque rien, par exemple en faisant le salut anti-coup à "trois doigts" du film Hunger Games, alors que l'armée menace les gens de prison s'ils cliquent "j'aime" dans certains contenus de médias sociaux. Le spectre hideux de la lèse-majesté est en plein essor, alors que même des gens vivants en dehors de la Thaïlande ont été menacés par la direction du coup d'Etat. 
Pour des généraux tels que Prayuth Chan-ocha, un architecte du massacre qui couté la vie à plus de 90 manifestants non armés il y a quatre ans, le coup d'Etat représente à la fois une opportunité économique (les budgets militaires ont déjà été augmenté sous une transparence zéro) ainsi qu'un moteur pour l'impunité, un exercice qui se déroule obligatoirement une fois par décennie pour couvrir la responsabilité des violations des droits de l'homme. Il y a malheureusement une classe de citoyens en Thaïlande qui ne croient pas que leurs compatriotes doivent jouir des mêmes droits de représentation qu'eux. Ce genre de tyrannie conduit à une image réfrigèrent sur ce qui pourrait se passer ensuite. 
Le coup d'Etat a commencé bien avant la déclaration de la loi martiale par l'armée. Il a été forgé dans le soi-disant Comité de Réforme Démocratique Populaire (PDRC) de l'ancien vice-Premier ministre Suthep Thaugsuban, qui avait été auparavant accusé d'assassinat. Tout autre gouvernement aurait arrêté et condamné cet homme mais l'administration de Yingluck Shinawatra a été dépouillée de ses pouvoirs les plus élémentaires dont les gouvernements élus sont généralement dotés. 
Si la communauté internationale veut voir la Thaïlande émerger avec succès du coup d'Etat, une action forte est nécessaire, en commençant, et ne se limitant pas, par à des actions telles que le refus constant de reconnaître la junte en tant que gouvernement légitime de Thaïlande, l'arrêt de toutes les ventes d'armes et de la coopération militaire, des sanctions contre les actifs et les privilèges de voyage des putschistes, des sanctions et des boycotts publiques des principaux conglomérats d'entreprises qui ont parrainé financièrement Suthep ainsi que le renversement du gouvernement élu et exiger le rétablissement immédiat de la gouvernance démocratique. 
Une absence de réponse, d'une manière beaucoup plus forte que par le passé, à ce coup d'Etat, ne fera que perpétuer ce cycle destructeur. Il est temps d'espérer plus de la Thaïlande et de se tenir derrière les valeurs démocratiques. C’est peut être notre dernière occasion de le faire. 

Tout ce qui peut conduire à une arrestation en Thaïlande aujourd'hui (dessin de Prachatai)

Tout ce qui peut conduire à une arrestation en Thaïlande aujourd'hui (dessin de Prachatai)

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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 02:26

La junte thaïlandaise est-elle en train d'instaurer un modèle de censure à la birmane?
Un article de Reporters sans frontières
Lien:
http://fr.rsf.org/thailande-la-junte-thailandaise-est-elle-en-27-06-2014,46543.html

 

Le Conseil national pour la paix et l’ordre (National Council for Peace and Ordre, NCPO) a annoncé, le 25 juin 2014, la création de commissions de contrôle du contenu des médias. La raison officielle invoquée par les militaires : éviter que ceux-ci ne deviennent des outils de diffusion de fausses informations pouvant inciter à la violence et la haine publique contre la monarchie.
Les programmes de radios, la télévision, la presse écrite, les médias en ligne, les réseaux sociaux et les médias étrangers seront désormais surveillés chacun par un comité différent. Différents panels seront créés afin de contrôler le contenu des médias. Ils seront composés de représentants de la police royale (Royal Thai Police), de l’armée, de la marine, de l’armée de l’air, du ministère des Affaires étrangères (foreign affairs ministry), du bureau du Premier ministre (Office of the Prime Minister), du département des relations publiques (Public Relations Department) ainsi que de plusieurs autres organes étatiques.
Les médias ayant diffusé un contenu inapproprié (inappropriate content) pourraient être poursuivis pénalement. Les “fausses” informations diffusées seraient immédiatement rapportées auprès du général Prayuth tandis que les comités seront censés préparer régulièrement des rapports destinés au général.
“La création de ces comités constitue une étape supplémentaire dans le musellement de l’information par la junte militaire thaïlandaise. La junte est-elle en train d’instaurer un modèle de censure à la birmane ?”, s’interroge Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières.
La composition annoncée des comités et l’absence totale de membres issus de la communauté des médias laissent craindre un niveau de liberté proche de zéro. Par ailleurs, aucune indication n’a été fournie sur le mode de fonctionnement de ces comités. Reporters sans frontières appelle donc le Conseil national pour la paix et l’ordre à abandonner purement et simplement ce projet qui pourrait ramener la Thaïlande à un niveau inédit de censure.
De nombreuses mesures portant atteinte à la liberté de l’information ont été décrétées depuis le coup d’Etat militaire du 22 mai. Parmi elles, l’interdiction faite à de nombreuses chaînes de télévision de diffuser sous réserve de se soumettre aux exigences militaires, ainsi que la convocation et la détention de journalistes critiques à l’égard de l’armée ou de la monarchie.
La Marine royale thaïlandaise poursuit actuellement le journal Phuketwan pour diffamation suite à la publication d’un paragraphe issu d’un rapport écrit par l’agence Reuters traitant de la situation des réfugiés Rohingyas en Thaïlande. Les premières audiences ont été fixées pour le mois de mars 2015.
La Thaïlande se positionne à la 130e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières.

L'association des journalistes du Myanmar (Birmanie) s'inquiète de la restriction de la liberté de la presse en Thaïlande

L'association des journalistes du Myanmar (Birmanie) s'inquiète de la restriction de la liberté de la presse en Thaïlande

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 09:55

La lettre a été diffusée en anglais par Asia Provocateur et Thai Political Prisoners sur les liens suivants:
http://asiaprovocateur.blogspot.com.au/2014/06/free-thai-leader-charupong-issues-open.html
et
https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/06/30/charupongs-open-letter/

"Salut à tous les amis thaïlandais épris de liberté, 
Face à la répression de la junte, les meilleures armes du peuple thaïlandais désarmé est votre sincérité, votre amour pour la justice et la dignité humaine de tous les Thaïlandais. 
Depuis les premiers jours du coup d'Etat militaire, la junte a tenté de fabriquer de nombreuses histoires dans le but de détruire la foi dans la liberté et la démocratie de nos amis thaïlandais qui ont se sont levés contre la répression. Plus récemment, la junte a lancé de fausses accusations de possession "d'armes de guerre" contre l'un des membres fondateurs de notre organisation Free Thai, Jakrapob Penkair. Ils l'ont fait sans aucune preuve. 
Cette tactique sale n'est pas différente de celle que l'armée a utilisée contre les étudiants dans le passé. Le 6 octobre 1976, à l'université de Thammasat, ils ont montés de toute pièce une fausse accusation de possession d'armes de guerre comme justification du massacre des manifestants pacifiques. L'Histoire a révélé la vérité et a prouvé que ces histoires étaient des tromperies fabriqués créés afin d'écraser les gens qui étaient opposés à la junte militaire. 

A gauche, le "Bangkok Post" d'octobre 1976, à droite, "The Nation" de juin 2014

A gauche, le "Bangkok Post" d'octobre 1976, à droite, "The Nation" de juin 2014

Actuellement la dignité du pays et de la population thaïlandaise est tombée à un niveau bas sans précédent dans l'Histoire. Cette dignité a été volée par la junte, qui tente de nous fermer les yeux et les oreilles face à la vérité et veut vous empêcher d'être au courant de notre lutte collective contre eux. En outre, le régime de la junte cherche désespérément d'empêcher le peuple thaïlandais de connaitre la pression que la communauté internationale a placée sur lui. La junte a fermé de nombreuses chaînes de télévision ainsi que des stations de radio communautaires et tente de contrôler le contenu de celles qui restent en envoyant ses soldats occuper les bureaux des médias afin de s'assurer que seul des nouvelles pro-junte soient diffusées. Elle a convoquée et intimidée des journalistes, des universitaires et même des citoyens thaïlandais ordinaires qui utilisent les médias sociaux, afin de limiter les libertés de la presse et contrôler la diffusion de l'information. 
Les Thaïs qui aiment et veulent protéger la liberté, et qui le font sans avoir recours à la force des armes, se sont engagés à dire la vérité, peu importe la profession, l'âge ou le sexe des personnes concernées. Les gens devraient exposer et totalement rejeter la prison de tromperie de la junte, une création conçue uniquement pour subjuguer le peuple.
Nous demandons à nos partisans et aux autres personnes qui soutiennent les mêmes idéaux démocratiques que le mouvement Free Thai de faire circuler distribuer les informations de nos réseaux de médias sociaux à leurs voisins, amis, membres de leurs familles, ainsi qu'aux frères et sœurs et même aux organisations internationales. Nous devons faire de la vérité un écho fort, de sorte que ceux qui ont une conscience libre se rappellent que la junte ne peut pas simplement acheter si bon marché notre amitié ni notre amour pour la vérité, et utiliser de telles tactiques pour nous persécuter. 
Mes bien-aimés amis thaïlandais, nous continuerons à travailler ensemble pour créer un cadre d'idées qui peuvent aider à pousser le pays en avant vers la démocratie. Chaque dimanche, pour le bien de la liberté et de l'humanité, pour tous les Thaïlandais, nous distribueront un bulletin Free Thai afin de dire la vérité et lutter contre la tromperie de la junte. Et le moment venu, nous allons nous lever ensemble, debout et droit, remplis de fierté et de croyance en l'égalité pour tous les êtres humains, une fois de plus. 
Avec la foi en la puissance de la démocratie et du peuple, 
Charupong Ruangsuwan 
Secrétaire général 
FreeThai 
Organisation des Thaïlandais Libres pour les Droits de l'Homme et la Démocratie"

 

Charupong Ruangsuwan

Charupong Ruangsuwan

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 16:22

Un article de Numnual Yapparat

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/06/30/prayut-and-his-language/

 

Prayut est M. Fauteur de Troubles. Il ne sait pas comment parler de manière appropriée. Son langage démontre un manque de sensibilité. Son langage est plein de significations grotesques. Son langage est dépassé dans le monde moderne. Son langage ne profite qu'un peu aux élites. Son langage fait du tort aux gens. Son langage est toxique. Son langage intensifie les méchants préjudices.

Il a récemment donné des conférences aux musulmans malais de Patani en disant: "Si vous voulez vivre en Thaïlande, alors vous ne devez parler que le thaï". Il est tout à fait hors de contact avec la réalité de la crise actuelle à Patani.

Prayut a déclaré avec arrogance que toute solution au conflit du sud doit être fondée sur la constitution thaïlandaise; la constitution qui souligne que la Thaïlande est un État unitaire et indivisible. Mais Prayut a déchiré deux constitutions récentes en organisant ou en participant à des coups militaires!

Sous le gouvernement de Taskin, une Commission de Réconciliation nationale (NRC), chargée de trouver une solution adaptée à la crise dans le Sud, a été mise en place. La NRC a élaboré, en interviewant des habitants locaux, la façon dont ils souhaiteraient être traités par l'état thaïlandais. Suite à son enquête, la proposition de la NRC était que l'Etat thaïlandais devait respecter les citoyens musulmans malais. Ce faisant, l'État thaïlandais devrait permettre l'utilisation de la langue yawi comme deuxième langue officielle dans la région. Cela permettrait de garantir l'égalité. Cependant, Taksin Shinawat et Prem Tinsulanon ont rapidement mis de côté la proposition. Le problème est toujours là. Prayut n'a fait qu'empirer les choses. Il a également rejeté la proposition d'une deuxième langue officielle pour Patani.

La centralisation de l'Etat thaïlandais a toujours été un problème. Les langues locales sont interdites dans les écoles. Cela comprend la langue lao, parlée par des millions de gens dans le Nord-est, et aussi le khmer ainsi que d'autres langues minoritaires. La possibilité d'utiliser de multiples langues serait bonne pour l'économie ainsi que pour l'enrichissement de la culture. La croissance du commerce et des affaires que cela amènerait permettrait à des millions de personnes de sortir de la pauvreté. Le Canada, la Belgique, la Suisse et Singapour ont plusieurs langues officielles. Pourquoi ne pourrions-nous pas utiliser ce modèle en Thaïlande?

La liberté et l'égalité sont les ennemis des élites conservatrices thaïlandaises et de leurs privilèges. Ils ne veulent pas que les gens découvrent le monde. Ils ne veulent pas que les gens puissent faire une comparaison entre la Thaïlande et d'autres pays. Ils ne veulent pas que les gens se dirigent eux-mêmes.

Lorsque Prayut insulte et opprime les musulmans malais de Patani, il insulte et opprime aussi des millions de Thaïlandais dans le reste du pays.

Prayut et son langage

Prayut et son langage

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 16:03

Déclaration de Jakrapob Penkair suite aux accusations propagandistes de la junte: "Je n'ai aucune participation d'aucune sorte dans une soi-disant "lutte" armée

Asia Provocateur a reçu la déclaration suivante de Jakrapob Penkair, le secrétaire exécutif de l'Organisation des Thaïlandais Libres pour les droits de l'homme et la démocratie (FT-HD) suite aux accusations ridicules du régime militaire de Thaïlande prétendant qu’il impliqué dans la possession "d'armes de guerre" et également suite à la révocation des passeports des dirigeants pro-démocratie dont le sien.

 

Lien:

http://asiaprovocateur.blogspot.co.uk/2014/06/jakrapob-penkair-statement-on-juntas.html

 

Déclaration de Jakrapob Penkair:

 

"Les accusations portées contre moi aujourd'hui par le régime du coup d'Etat illégitime de Thaïlande révèlent, une nouvelle fois, le désespoir des généraux et de l'établissement qu'ils représentent. L'affirmation mensongère comme quoi je serais derrière une sorte "d'éléments armés" n'est pas seulement une fiction, mais un autre exemple de la mauvaise foi de la frauduleuse junte thaïlandaise.

Permettez-moi d'être clair; il n'y a tout simplement aucune preuve que ce soit pour me connecter à la saisie d'armes de la junte et je les mets au défi de produire une telle preuve. Bien sûr, même la saisie de ces armes est plus que suspecte venant d'eux. Il n’y a pas eu d'enquête indépendante concernant les saisies de ces armes, absolument aucune preuve n'a été produite [comme quoi ces armes avaient bien été saisies et ne provenaient pas de stocks de l'armée] et les accusations de la junte sont si fragiles qu'elles seraient très rapidement démontées si elles étaient soumises à un bon contre-interrogatoire.

Alors qu'elle tente tout afin de me faire "extrader" avec ces accusations, la junte devrait savoir qu'aucun gouvernement sur ​​terre ne cédera à ses menaces et que je recevrai un accès complet à toutes les preuves qu'elle a concocté ainsi qu'une plate-forme pour contester de telles preuves.

Pour la petite histoire, je dois dire que je n'ai aucune participation dans une sorte de lutte "armée". Je crois fermement à la lutte politique, sociale et culturelle fixée dans la réalité par la volonté démocratique du peuple thaïlandais. Les généraux et leurs maîtres de l'établissement savent très bien que si la volonté démocratique du peuple thaïlandais pouvait s'exprimer librement, le pouvoir leur serait retiré et reviendrait à des gens qui l'exerceraient dans la légalité de façon plus responsable.

Il y a quelques jours seulement, notre organisation était rejetée comme "sans intérêt" par la junte. Maintenant nous faisons face à des allégations comme quoi nous serions derrière une "lutte armée" contre le régime, concoctées de pair avec des tentatives pour restreindre nos droits à voyager en révoquant nos passeports. Ces mesures prises par la junte ne révèlent qu'une seule chose, son sentiment d'insécurité, de plus en plus évident, et qui ne fera que croître dans les jours et semaines à venir.

C'est pourquoi le seul véhicule "judiciaire" qu'ils peuvent utiliser pour accélérer leurs fausses accusations est leurs propres "tribunaux" dirigés par des militaires où les procédures régulières et la primauté du droit ont longtemps été abolies en faveur du despotisme. Il faut dire que tous les affaires portées devant ces "tribunaux" militaires ne le sont que dans le contexte d'une forme de jurisprudence qui est un peu plus qu'un théâtre de l'absurde, comme l'est d'ailleurs l'absence de toute forme de droits légaux.

En ce moment, l'armée et les forces qu'elle représente sont les seuls agents engagés dans une sorte de lutte "armée" illégitime contre la volonté du peuple thaïlandais. Ceux qui croient en la démocratie n'ont pas besoin d'utiliser la force des armes car nous sommes convaincus que la franchise et la vérité sont retournées au peuple thaïlandais et que la junte ne sera bientôt plus qu'une aberration historique.

Je dois ajouter que la révocation des passeports par la junte n'est pas seulement qu'un acte répressif grotesque, il transforme également tout citoyen thaïlandais qui se dresse contre le régime militaire en réfugié politique. Ces révocations seront en outre exposées à la communauté internationale et démontreront que la junte n'est guère plus qu'un ramassis de tyrans pétulants qui se foutent des normes du droit international.

Nous demandons à nos partisans de rester fermes et ne pas être découragés ni sombrer dans la détresse suite aux menaces et aux jeux de la junte. La seule chose que la junte soit capable de faire, c'est de tenter d'écraser les espoirs et les aspirations des Thaïlandais. Pourtant, chaque tour de vis répressif de la junte ne fait que sceller davantage son propre destin et renforcer votre détermination à rendre sa souveraineté au peuple thaïlandais".

 

Jakrapob Penkair

Jakrapob Penkair

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 15:21

La torréfaction de gens vivants par l'armée thaïlandaise, le massacre des barils rouges de Phattalung durant les années 1970:

Cet article explicatif a été publié dans le Bangkok Post le 14 octobre 2003 à l'occasion du trentième anniversaire de cet horrible massacre.

Les massacres des barils rouges de Phattalung il y a 30 ans

Les massacres des barils rouges, il y a 30 ans, représentent les excès de la contre-insurrection dont personne ne veut parler. Mais les souvenirs ont la vie dure et la façon la plus saine de vivre avec les horreurs est de les admettre.

Au moins 3008 personnes, accusées d'être des suspects communistes, ont été tuées après avoir été enfermées vivantes dans des barils de pétrole de 200 litres et incinérées (Le nombre 3008, cité par le Bangkok Post, est le nombre prouvé de Thaïlandais ayant été incinérés vivant par l'armée thaïlandaise. Il semble que le vrai chiffre approche les 25000). Les atrocités ont commencé dans des camps militaires dans un petit village de la province de Phattalung deux ans avant les événements du 13 octobre 1973, et ont continué jusqu'en 1975, selon un ancien officier de la police spéciale.

Afin de mettre au repos les âmes des villageois, des milliers de personnes des provinces méridionales de Phattalung, Surat Thani, Songkhla, Trang et Nakhon Si Thammarat, ont convergé afin d'organiser des rites religieux dans une plantation de caoutchouc à Ban Kho Lung, un village situé dans le sous-district de Si Nakarin de la province de Phattalung le 10 Avril de cette année (2003).

Aujourd'hui, le terrain (où a eu lieu les massacres) est occupé par deux compagnies de soldats, l'une de la caserne Senanarong à Songkhla, et l'autre de la caserne Ingkayuth Boriharn à Pattani.

"C'était la politique du gouvernement du général Thanom Kittikachorn afin de se débarrasser, de façon décisive, des insurgés communistes", a expliqué l'ancien officier de la police spéciale.

Mais le gouvernement n'a jamais précisé ce que "façon décisive" signifiait. Alors qu'à Ban Kho Lung, les soldats mettaient les suspects dans des barils rouges afin de les incinérer, les forces armées de Nakhon Si Thammarat massacraient des familles entières et laissaient les corps sur place, a-t-il ajouté.

"En tant que subordonnés, les fonctionnaires n'ont fait que suivre les ordres. Les erreurs étaient inévitables. "

La police a également joué son rôle dans la répression drastique, tuant des suspects sur la base de listes transmises par les unités de renseignement, a-t-il confirmé. Ils ont envoyé certains des suspects dans les camps militaires à Ban Kho Lung. Mais l'officier a souligné qu'il n'a jamais assisté à l'une des exécutions des barils rouges.

Ce massacre mené par l'armée et la police a conduit des milliers de villageois à rejoindre le Parti Communiste hors la loi de Thaïlande.

Fon Silamul, qui est aujourd'hui conseiller provincial, était l'un d'eux, son front opérationnel était la chaîne de montagnes Phu Banthad. Il se souvient comment la peur l'a convaincu de se joindre au Parti Communiste après que des soldats et des policiers se soient rendus au domicile de ses parents et aient embarqué tous les hommes afin de les interroger au camp de Ban Kho Lung.

Lorsque les parents sont allés visiter les hommes au camp deux jours plus tard, on leur a dit que certains avaient été libérés mais que d'autres étaient maintenant morts. Mais aucun (y compris les soi-disant "libérés") n'est jamais rentré chez lui.

M. Fon a affirmé qu'il ne se souvenait pas d'un seul homme, "jeune ou vieux", qui soit resté chez lui dans les villages de Ban Na, Lamsin, Khao Khram, Ban Tone, Ban Loh Kwai, Ban Lam Nai, Ban Na Wong, Ban Rai Nua et Ban Kongla après que les nouvelles aient commencé à circuler comme quoi les personnes accusées d'aider le Parti Communiste Thaïlandais étaient brûlées vives.

"Que pouvaient faire les villageois comme nous alors que nous étions pris en sandwich entre les représentants du gouvernement et ceux du PCT? Si nous refusions de coopérer avec l'un ou l'autre nous nous mettions en grand danger.

Prendre parti pour le PCT semblait être la meilleure façon de survivre dans des circonstances sous lesquelles les agents de police et de sécurité ne pouvaient nous fournir une protection (bien au contraire) et tout nous semblait être un véritable gâchis".

M. Fon se souvient des voyous et des voleurs qui sont venus voler du bétail la plupart des nuits jusqu'à ce que il n'y ait plus un seul animal dans son village. La police craignait pour sa propre sécurité car elle était surpassée en nombre par ces gangs. Elle refusait de répondre aux appels des villageois lui demandant d'extirper les voleurs.

Quand les gens ont constatés qu'ils ne pouvaient pas compter sur les représentants du gouvernement, ils se sont tournés vers les membres du front uni du Parti Communiste Thaïlandais qui s'étaient installés dans la région "neuf ans plus tôt" (depuis le début des années 1960). Ces hommes et ces femmes ont promis de les sauver des atrocités militaires et de maintenir la loi et l'ordre.

Les choses sont devenues pire pour de nombreux villages qui étaient suspectés d'abriter parmi eux des membres du PCT et des hooligans et les chefs de village dénonçaient souvent des personnes innocentes mais avec qui ils étaient en conflit. Ces gens ont été arrêtés mais n'ont pas été exécutés avant l'année 1970. Auparavant, ils devaient subir une "rééducation".

Les massacres ont commencé en 1970, quand des "rangers" ainsi que des groupes d'escadrons de la mort de Lop Buri et les troupes de la caserne Ingkayuth Borihan ont été envoyés pour écraser les insurgés communistes.

Lorsque on a demandé à M. Fon et à d'autres villageois vivant près du camp de Ban Kho Lung comment ils savaient que les personnes arrêtées devenaient plus tard les victimes des barils rouges flamboyants, ils ont expliqué qu'ils pouvaient entendre le bruit des camions militaires, utilisé pour couvrir les cris de ceux que l'on brûlait vif, tout au long de la soirée après que des suspects communistes aient été amenés dans le camp. Les villageois sentaient l'odeur de brûlé de la chair humaine et voyaient les fumées s'élever dans le ciel nocturne.

"Dans le même temps, certains villageois de Surat Thani arrêtés ont été jetés à partir d'hélicoptères sur la chaine de montagne de Phu Banthad," affirme M. Fon.

Alors qu'on lui a demandé s'ils avaient des preuves de cette tuerie de masse, M. Fon et d'autres villageois ont dit avoir trouvé des crânes et des ossements humains éparpillés le long de Klong Muay, à côté du camp de Ban Kho Lung, après sa fermeture à la fin de 1975.

"Beaucoup d'enfants utilisaient ces crânes pour jouer au football et on nous a dit que les cendres ainsi que les autres restes avaient été jetés dans Lamphan, une partie de Thalae Luang (Thalae signifie grand lac ou mer) à Phattalung."

Les habitants de Phattalung ne savent pas grand chose sur les atrocités des barils rouges. Tout ce qu'ils savent, c'est que les soldats tuaient les communistes parce qu'ils étaient en guerre avec les troupes gouvernementales.

Le chiffre de 3008 personnes exterminées dans des barils rouges a été dévoilé en 1975 par les membres d'un comité enquêtant pour la Fédération étudiante de Thaïlande qui avait été envoyés pour visiter la région afin de recueillir des informations sur les victimes. Il n'y a pas d'exemplaires connus de ce rapport disponible actuellement.

Les villageois ont dit qu'ils n'avaient aucune rancune contre ceux qui ont apporté tant de terreur dans leur vie. Ils n'avaient aucun désir de se venger contre la police et l'armée.

"Oublions le passé, et modifions nos différences d'idéologie", a déclaré M. Fon. "Je comprends parfaitement que les troupes impliquées dans l'affaire des barils rouges devaient suivre les ordres et les villageois pensaient se battre pour leur survie et pour une vie meilleure. Personne n'était vraiment en faute car il était très fréquent de voir des pertes des deux côtés lorsque chaque partie prétendait se battre pour un meilleur système de décision ".

Pour l'ancien officier de la police spéciale, les événements d'il y a 30 ans peuvent être considérés comme un cas de réaction disproportionnée de l'Etat. Mais pour les fonctionnaires de l'Etat, puis, le danger rôdait dans tous les coins, en particulier dans le district de La Kong, dans lequel ils ne pouvaient pas se rendre, pas même quand le nombre des morts a commencé à monter.

Les massacres des barils rouges a pris fin en 1975, deux ans après la chute du régime Thanom, et lorsque la Thaïlande a établi des relations diplomatiques avec la Chine, a expliqué l'officier.

Bien que les souvenirs des événements de Ban Kho Lung s'estompent, la plupart des villageois qui ont survécu aux horreurs refusent toujours d'en parler.

Leur seul désir, disent-ils, est de faire du mérite en l'honneur de ceux qui ont péri dans les barils rouges parce que "quand ces gens ont été tués, ils n'ont eu aucune chance de voir des moines pour leur dernière bénédiction".

"Nous voulons que le cas des barils rouge soit une leçon et ne soit pas oublié par la prochaine génération car leurs ancêtres ont sacrifié leurs vies pour la démocratie." affirme un villageois.

Un groupe de villageois a déjà acheté un lopin de terre 450 000 baht afin de construire un centre d'information et un monument aux morts, un plan qui suscite apparemment l'opposition des autorités de l'Etat, et parmi elles celle de l'ancien agent spécial.

Mais comment les fantômes des barils rouges pourront-ils se reposer?

Source:

http://asiaprovocateur.blogspot.co.uk/2014/06/roasting-people-alive-thai-armys-red.html

Croquis des barils rouges et du mémorial publié dans le Bangkok Post le 14 octobre 2003

Croquis des barils rouges et du mémorial publié dans le Bangkok Post le 14 octobre 2003

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 15:19

Thaïlande: Sombres perspectives pour la situation des droits humains après un mois de loi martiale

Un article d'Amnesty International

Lien:

http://www.amnesty.fr/Presse/Communiques-de-presse/Thailande-Sombres-perspectives-pour-la-situation-des-droits-humains-apres-un-mois-de-loi-martiale-11996

 

Un mois après l’instauration de la loi martiale en Thaïlande, aucune perspective d’amélioration ne semble se dessiner à l’horizon, s’agissant des violations de différents droits humains, a déclaré Amnesty International vendredi 20 juin.

Depuis que l’armée a décrété la loi martiale le 20 mai 2014, les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique sont sévèrement restreints et les pouvoirs renforcés en matière de détention se sont traduits par l’arrestation arbitraire de 511 personnes, dont des militants politiques – détenus pour la plupart quelques jours seulement.

« Sacrifier les droits humains sur l’autel de l’opportunisme politique est toujours voué à l’échec. Le Conseil national pour le maintien de la paix et de l’ordre doit protéger les droits à la liberté d’expression et de réunion. Il doit cesser d’arrêter de manière arbitraire les détracteurs non violents et de les poursuivre en justice, a déclaré Richard Bennett, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« Il est temps que l’armée thaïlandaise revienne sur les décrets répressifs et vagues qu’elle a mis en place, bien souvent en violation des obligations incombant à la Thaïlande au titre du droit international relatif aux droits humains. »

Renoncer aux protections constitutionnelles et aux garanties en matière de détention porte atteinte au respect des droits humains et à l’état de droit, et a sans doute contribué à la disparition forcée d’une militante.

En effet, on est sans nouvelles de Kritsuda Khunasen, militante politique bien connue, depuis qu’elle aurait été arrêtée dans la province de Chonburi, au sud-est de la capitale Bangkok, le 28 mai.

Les autorités recourent de plus en plus à la détention arbitraire et aux poursuites judiciaires, et refusent les libérations sous caution, afin d’empêcher les citoyens de parler de la situation politique. Des centaines de personnes, dont plus de 90 % sont des alliés politiques ou des partisans de l’ancien gouvernement, ainsi que des universitaires et des journalistes, ont été arrêtées de manière arbitraire, après avoir reçu l’ordre de se présenter aux autorités.

Tout refus d’obtempérer constitue une infraction pénale. Ceux qui se présentent et sont ensuite relâchés sont menacés de poursuites s’ils participent à des activités considérées comme hostiles au coup d’État militaire.

Les autorités accusent leurs détracteurs d’actes de dissidence pacifique aux termes de lois sur la sécurité qui restreignent fortement les droits humains, en violation des obligations juridiques internationales qui incombent à la Thaïlande. Le fait de se servir des réseaux sociaux pour appeler à manifester, ou de cliquer « J’aime » sur certaines pages Facebook, peut être considéré comme une infraction pénale.

Par ailleurs, les autorités multiplient les poursuites au titre de la loi sur les crimes de lèse-majesté – qui érige en infraction toute critique de la monarchie – et refusent toute libération sous caution pour les personnes concernées.

Les restrictions mises en place réduisent au silence les médias, et créent également un climat d’autocensure et d’incertitude quant à la liberté d’expression qui nuit à la libre participation aux débats sur la réconciliation et l’avenir politique de la Thaïlande.

« La série de mesures répressives mises en place en Thaïlande dresse un sombre tableau de la situation des droits humains sous la loi martiale. Les autorités militaires doivent y renoncer et cesser de placer en détention et de poursuivre des militants parce qu’ils exercent pacifiquement leurs droits », a déclaré Richard Bennett.

Amnesty International appelle une nouvelle fois les autorités à divulguer l’identité de toutes les personnes détenues au titre de la loi martiale, ainsi que le lieu où elles se trouvent. L’organisation demande la libération immédiate et inconditionnelle des personnes détenues uniquement pour avoir exercé sans violence leurs droits à la liberté d’expression et de réunion. Toute personne soupçonnée d’une infraction pénale reconnue doit être inculpée et comparaître devant des tribunaux civils, dans le cadre de procédures conformes aux normes internationales d’équité.

Selon Amnesty International, en Thaïlande, les perspectives pour la situation des droits humains sont sombres
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