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3 juillet 2014 4 03 /07 /juillet /2014 02:26

La junte thaïlandaise est-elle en train d'instaurer un modèle de censure à la birmane?
Un article de Reporters sans frontières
Lien:
http://fr.rsf.org/thailande-la-junte-thailandaise-est-elle-en-27-06-2014,46543.html

 

Le Conseil national pour la paix et l’ordre (National Council for Peace and Ordre, NCPO) a annoncé, le 25 juin 2014, la création de commissions de contrôle du contenu des médias. La raison officielle invoquée par les militaires : éviter que ceux-ci ne deviennent des outils de diffusion de fausses informations pouvant inciter à la violence et la haine publique contre la monarchie.
Les programmes de radios, la télévision, la presse écrite, les médias en ligne, les réseaux sociaux et les médias étrangers seront désormais surveillés chacun par un comité différent. Différents panels seront créés afin de contrôler le contenu des médias. Ils seront composés de représentants de la police royale (Royal Thai Police), de l’armée, de la marine, de l’armée de l’air, du ministère des Affaires étrangères (foreign affairs ministry), du bureau du Premier ministre (Office of the Prime Minister), du département des relations publiques (Public Relations Department) ainsi que de plusieurs autres organes étatiques.
Les médias ayant diffusé un contenu inapproprié (inappropriate content) pourraient être poursuivis pénalement. Les “fausses” informations diffusées seraient immédiatement rapportées auprès du général Prayuth tandis que les comités seront censés préparer régulièrement des rapports destinés au général.
“La création de ces comités constitue une étape supplémentaire dans le musellement de l’information par la junte militaire thaïlandaise. La junte est-elle en train d’instaurer un modèle de censure à la birmane ?”, s’interroge Benjamin Ismaïl, responsable du bureau Asie-Pacifique de Reporters sans frontières.
La composition annoncée des comités et l’absence totale de membres issus de la communauté des médias laissent craindre un niveau de liberté proche de zéro. Par ailleurs, aucune indication n’a été fournie sur le mode de fonctionnement de ces comités. Reporters sans frontières appelle donc le Conseil national pour la paix et l’ordre à abandonner purement et simplement ce projet qui pourrait ramener la Thaïlande à un niveau inédit de censure.
De nombreuses mesures portant atteinte à la liberté de l’information ont été décrétées depuis le coup d’Etat militaire du 22 mai. Parmi elles, l’interdiction faite à de nombreuses chaînes de télévision de diffuser sous réserve de se soumettre aux exigences militaires, ainsi que la convocation et la détention de journalistes critiques à l’égard de l’armée ou de la monarchie.
La Marine royale thaïlandaise poursuit actuellement le journal Phuketwan pour diffamation suite à la publication d’un paragraphe issu d’un rapport écrit par l’agence Reuters traitant de la situation des réfugiés Rohingyas en Thaïlande. Les premières audiences ont été fixées pour le mois de mars 2015.
La Thaïlande se positionne à la 130e place sur 180 pays dans le Classement mondial de la liberté de la presse 2014 établi par Reporters sans frontières.

L'association des journalistes du Myanmar (Birmanie) s'inquiète de la restriction de la liberté de la presse en Thaïlande

L'association des journalistes du Myanmar (Birmanie) s'inquiète de la restriction de la liberté de la presse en Thaïlande

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 09:55

La lettre a été diffusée en anglais par Asia Provocateur et Thai Political Prisoners sur les liens suivants:
http://asiaprovocateur.blogspot.com.au/2014/06/free-thai-leader-charupong-issues-open.html
et
https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/06/30/charupongs-open-letter/

"Salut à tous les amis thaïlandais épris de liberté, 
Face à la répression de la junte, les meilleures armes du peuple thaïlandais désarmé est votre sincérité, votre amour pour la justice et la dignité humaine de tous les Thaïlandais. 
Depuis les premiers jours du coup d'Etat militaire, la junte a tenté de fabriquer de nombreuses histoires dans le but de détruire la foi dans la liberté et la démocratie de nos amis thaïlandais qui ont se sont levés contre la répression. Plus récemment, la junte a lancé de fausses accusations de possession "d'armes de guerre" contre l'un des membres fondateurs de notre organisation Free Thai, Jakrapob Penkair. Ils l'ont fait sans aucune preuve. 
Cette tactique sale n'est pas différente de celle que l'armée a utilisée contre les étudiants dans le passé. Le 6 octobre 1976, à l'université de Thammasat, ils ont montés de toute pièce une fausse accusation de possession d'armes de guerre comme justification du massacre des manifestants pacifiques. L'Histoire a révélé la vérité et a prouvé que ces histoires étaient des tromperies fabriqués créés afin d'écraser les gens qui étaient opposés à la junte militaire. 

A gauche, le "Bangkok Post" d'octobre 1976, à droite, "The Nation" de juin 2014

A gauche, le "Bangkok Post" d'octobre 1976, à droite, "The Nation" de juin 2014

Actuellement la dignité du pays et de la population thaïlandaise est tombée à un niveau bas sans précédent dans l'Histoire. Cette dignité a été volée par la junte, qui tente de nous fermer les yeux et les oreilles face à la vérité et veut vous empêcher d'être au courant de notre lutte collective contre eux. En outre, le régime de la junte cherche désespérément d'empêcher le peuple thaïlandais de connaitre la pression que la communauté internationale a placée sur lui. La junte a fermé de nombreuses chaînes de télévision ainsi que des stations de radio communautaires et tente de contrôler le contenu de celles qui restent en envoyant ses soldats occuper les bureaux des médias afin de s'assurer que seul des nouvelles pro-junte soient diffusées. Elle a convoquée et intimidée des journalistes, des universitaires et même des citoyens thaïlandais ordinaires qui utilisent les médias sociaux, afin de limiter les libertés de la presse et contrôler la diffusion de l'information. 
Les Thaïs qui aiment et veulent protéger la liberté, et qui le font sans avoir recours à la force des armes, se sont engagés à dire la vérité, peu importe la profession, l'âge ou le sexe des personnes concernées. Les gens devraient exposer et totalement rejeter la prison de tromperie de la junte, une création conçue uniquement pour subjuguer le peuple.
Nous demandons à nos partisans et aux autres personnes qui soutiennent les mêmes idéaux démocratiques que le mouvement Free Thai de faire circuler distribuer les informations de nos réseaux de médias sociaux à leurs voisins, amis, membres de leurs familles, ainsi qu'aux frères et sœurs et même aux organisations internationales. Nous devons faire de la vérité un écho fort, de sorte que ceux qui ont une conscience libre se rappellent que la junte ne peut pas simplement acheter si bon marché notre amitié ni notre amour pour la vérité, et utiliser de telles tactiques pour nous persécuter. 
Mes bien-aimés amis thaïlandais, nous continuerons à travailler ensemble pour créer un cadre d'idées qui peuvent aider à pousser le pays en avant vers la démocratie. Chaque dimanche, pour le bien de la liberté et de l'humanité, pour tous les Thaïlandais, nous distribueront un bulletin Free Thai afin de dire la vérité et lutter contre la tromperie de la junte. Et le moment venu, nous allons nous lever ensemble, debout et droit, remplis de fierté et de croyance en l'égalité pour tous les êtres humains, une fois de plus. 
Avec la foi en la puissance de la démocratie et du peuple, 
Charupong Ruangsuwan 
Secrétaire général 
FreeThai 
Organisation des Thaïlandais Libres pour les Droits de l'Homme et la Démocratie"

 

Charupong Ruangsuwan

Charupong Ruangsuwan

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 16:22

Un article de Numnual Yapparat

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/06/30/prayut-and-his-language/

 

Prayut est M. Fauteur de Troubles. Il ne sait pas comment parler de manière appropriée. Son langage démontre un manque de sensibilité. Son langage est plein de significations grotesques. Son langage est dépassé dans le monde moderne. Son langage ne profite qu'un peu aux élites. Son langage fait du tort aux gens. Son langage est toxique. Son langage intensifie les méchants préjudices.

Il a récemment donné des conférences aux musulmans malais de Patani en disant: "Si vous voulez vivre en Thaïlande, alors vous ne devez parler que le thaï". Il est tout à fait hors de contact avec la réalité de la crise actuelle à Patani.

Prayut a déclaré avec arrogance que toute solution au conflit du sud doit être fondée sur la constitution thaïlandaise; la constitution qui souligne que la Thaïlande est un État unitaire et indivisible. Mais Prayut a déchiré deux constitutions récentes en organisant ou en participant à des coups militaires!

Sous le gouvernement de Taskin, une Commission de Réconciliation nationale (NRC), chargée de trouver une solution adaptée à la crise dans le Sud, a été mise en place. La NRC a élaboré, en interviewant des habitants locaux, la façon dont ils souhaiteraient être traités par l'état thaïlandais. Suite à son enquête, la proposition de la NRC était que l'Etat thaïlandais devait respecter les citoyens musulmans malais. Ce faisant, l'État thaïlandais devrait permettre l'utilisation de la langue yawi comme deuxième langue officielle dans la région. Cela permettrait de garantir l'égalité. Cependant, Taksin Shinawat et Prem Tinsulanon ont rapidement mis de côté la proposition. Le problème est toujours là. Prayut n'a fait qu'empirer les choses. Il a également rejeté la proposition d'une deuxième langue officielle pour Patani.

La centralisation de l'Etat thaïlandais a toujours été un problème. Les langues locales sont interdites dans les écoles. Cela comprend la langue lao, parlée par des millions de gens dans le Nord-est, et aussi le khmer ainsi que d'autres langues minoritaires. La possibilité d'utiliser de multiples langues serait bonne pour l'économie ainsi que pour l'enrichissement de la culture. La croissance du commerce et des affaires que cela amènerait permettrait à des millions de personnes de sortir de la pauvreté. Le Canada, la Belgique, la Suisse et Singapour ont plusieurs langues officielles. Pourquoi ne pourrions-nous pas utiliser ce modèle en Thaïlande?

La liberté et l'égalité sont les ennemis des élites conservatrices thaïlandaises et de leurs privilèges. Ils ne veulent pas que les gens découvrent le monde. Ils ne veulent pas que les gens puissent faire une comparaison entre la Thaïlande et d'autres pays. Ils ne veulent pas que les gens se dirigent eux-mêmes.

Lorsque Prayut insulte et opprime les musulmans malais de Patani, il insulte et opprime aussi des millions de Thaïlandais dans le reste du pays.

Prayut et son langage

Prayut et son langage

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1 juillet 2014 2 01 /07 /juillet /2014 16:03

Déclaration de Jakrapob Penkair suite aux accusations propagandistes de la junte: "Je n'ai aucune participation d'aucune sorte dans une soi-disant "lutte" armée

Asia Provocateur a reçu la déclaration suivante de Jakrapob Penkair, le secrétaire exécutif de l'Organisation des Thaïlandais Libres pour les droits de l'homme et la démocratie (FT-HD) suite aux accusations ridicules du régime militaire de Thaïlande prétendant qu’il impliqué dans la possession "d'armes de guerre" et également suite à la révocation des passeports des dirigeants pro-démocratie dont le sien.

 

Lien:

http://asiaprovocateur.blogspot.co.uk/2014/06/jakrapob-penkair-statement-on-juntas.html

 

Déclaration de Jakrapob Penkair:

 

"Les accusations portées contre moi aujourd'hui par le régime du coup d'Etat illégitime de Thaïlande révèlent, une nouvelle fois, le désespoir des généraux et de l'établissement qu'ils représentent. L'affirmation mensongère comme quoi je serais derrière une sorte "d'éléments armés" n'est pas seulement une fiction, mais un autre exemple de la mauvaise foi de la frauduleuse junte thaïlandaise.

Permettez-moi d'être clair; il n'y a tout simplement aucune preuve que ce soit pour me connecter à la saisie d'armes de la junte et je les mets au défi de produire une telle preuve. Bien sûr, même la saisie de ces armes est plus que suspecte venant d'eux. Il n’y a pas eu d'enquête indépendante concernant les saisies de ces armes, absolument aucune preuve n'a été produite [comme quoi ces armes avaient bien été saisies et ne provenaient pas de stocks de l'armée] et les accusations de la junte sont si fragiles qu'elles seraient très rapidement démontées si elles étaient soumises à un bon contre-interrogatoire.

Alors qu'elle tente tout afin de me faire "extrader" avec ces accusations, la junte devrait savoir qu'aucun gouvernement sur ​​terre ne cédera à ses menaces et que je recevrai un accès complet à toutes les preuves qu'elle a concocté ainsi qu'une plate-forme pour contester de telles preuves.

Pour la petite histoire, je dois dire que je n'ai aucune participation dans une sorte de lutte "armée". Je crois fermement à la lutte politique, sociale et culturelle fixée dans la réalité par la volonté démocratique du peuple thaïlandais. Les généraux et leurs maîtres de l'établissement savent très bien que si la volonté démocratique du peuple thaïlandais pouvait s'exprimer librement, le pouvoir leur serait retiré et reviendrait à des gens qui l'exerceraient dans la légalité de façon plus responsable.

Il y a quelques jours seulement, notre organisation était rejetée comme "sans intérêt" par la junte. Maintenant nous faisons face à des allégations comme quoi nous serions derrière une "lutte armée" contre le régime, concoctées de pair avec des tentatives pour restreindre nos droits à voyager en révoquant nos passeports. Ces mesures prises par la junte ne révèlent qu'une seule chose, son sentiment d'insécurité, de plus en plus évident, et qui ne fera que croître dans les jours et semaines à venir.

C'est pourquoi le seul véhicule "judiciaire" qu'ils peuvent utiliser pour accélérer leurs fausses accusations est leurs propres "tribunaux" dirigés par des militaires où les procédures régulières et la primauté du droit ont longtemps été abolies en faveur du despotisme. Il faut dire que tous les affaires portées devant ces "tribunaux" militaires ne le sont que dans le contexte d'une forme de jurisprudence qui est un peu plus qu'un théâtre de l'absurde, comme l'est d'ailleurs l'absence de toute forme de droits légaux.

En ce moment, l'armée et les forces qu'elle représente sont les seuls agents engagés dans une sorte de lutte "armée" illégitime contre la volonté du peuple thaïlandais. Ceux qui croient en la démocratie n'ont pas besoin d'utiliser la force des armes car nous sommes convaincus que la franchise et la vérité sont retournées au peuple thaïlandais et que la junte ne sera bientôt plus qu'une aberration historique.

Je dois ajouter que la révocation des passeports par la junte n'est pas seulement qu'un acte répressif grotesque, il transforme également tout citoyen thaïlandais qui se dresse contre le régime militaire en réfugié politique. Ces révocations seront en outre exposées à la communauté internationale et démontreront que la junte n'est guère plus qu'un ramassis de tyrans pétulants qui se foutent des normes du droit international.

Nous demandons à nos partisans de rester fermes et ne pas être découragés ni sombrer dans la détresse suite aux menaces et aux jeux de la junte. La seule chose que la junte soit capable de faire, c'est de tenter d'écraser les espoirs et les aspirations des Thaïlandais. Pourtant, chaque tour de vis répressif de la junte ne fait que sceller davantage son propre destin et renforcer votre détermination à rendre sa souveraineté au peuple thaïlandais".

 

Jakrapob Penkair

Jakrapob Penkair

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 15:21

La torréfaction de gens vivants par l'armée thaïlandaise, le massacre des barils rouges de Phattalung durant les années 1970:

Cet article explicatif a été publié dans le Bangkok Post le 14 octobre 2003 à l'occasion du trentième anniversaire de cet horrible massacre.

Les massacres des barils rouges de Phattalung il y a 30 ans

Les massacres des barils rouges, il y a 30 ans, représentent les excès de la contre-insurrection dont personne ne veut parler. Mais les souvenirs ont la vie dure et la façon la plus saine de vivre avec les horreurs est de les admettre.

Au moins 3008 personnes, accusées d'être des suspects communistes, ont été tuées après avoir été enfermées vivantes dans des barils de pétrole de 200 litres et incinérées (Le nombre 3008, cité par le Bangkok Post, est le nombre prouvé de Thaïlandais ayant été incinérés vivant par l'armée thaïlandaise. Il semble que le vrai chiffre approche les 25000). Les atrocités ont commencé dans des camps militaires dans un petit village de la province de Phattalung deux ans avant les événements du 13 octobre 1973, et ont continué jusqu'en 1975, selon un ancien officier de la police spéciale.

Afin de mettre au repos les âmes des villageois, des milliers de personnes des provinces méridionales de Phattalung, Surat Thani, Songkhla, Trang et Nakhon Si Thammarat, ont convergé afin d'organiser des rites religieux dans une plantation de caoutchouc à Ban Kho Lung, un village situé dans le sous-district de Si Nakarin de la province de Phattalung le 10 Avril de cette année (2003).

Aujourd'hui, le terrain (où a eu lieu les massacres) est occupé par deux compagnies de soldats, l'une de la caserne Senanarong à Songkhla, et l'autre de la caserne Ingkayuth Boriharn à Pattani.

"C'était la politique du gouvernement du général Thanom Kittikachorn afin de se débarrasser, de façon décisive, des insurgés communistes", a expliqué l'ancien officier de la police spéciale.

Mais le gouvernement n'a jamais précisé ce que "façon décisive" signifiait. Alors qu'à Ban Kho Lung, les soldats mettaient les suspects dans des barils rouges afin de les incinérer, les forces armées de Nakhon Si Thammarat massacraient des familles entières et laissaient les corps sur place, a-t-il ajouté.

"En tant que subordonnés, les fonctionnaires n'ont fait que suivre les ordres. Les erreurs étaient inévitables. "

La police a également joué son rôle dans la répression drastique, tuant des suspects sur la base de listes transmises par les unités de renseignement, a-t-il confirmé. Ils ont envoyé certains des suspects dans les camps militaires à Ban Kho Lung. Mais l'officier a souligné qu'il n'a jamais assisté à l'une des exécutions des barils rouges.

Ce massacre mené par l'armée et la police a conduit des milliers de villageois à rejoindre le Parti Communiste hors la loi de Thaïlande.

Fon Silamul, qui est aujourd'hui conseiller provincial, était l'un d'eux, son front opérationnel était la chaîne de montagnes Phu Banthad. Il se souvient comment la peur l'a convaincu de se joindre au Parti Communiste après que des soldats et des policiers se soient rendus au domicile de ses parents et aient embarqué tous les hommes afin de les interroger au camp de Ban Kho Lung.

Lorsque les parents sont allés visiter les hommes au camp deux jours plus tard, on leur a dit que certains avaient été libérés mais que d'autres étaient maintenant morts. Mais aucun (y compris les soi-disant "libérés") n'est jamais rentré chez lui.

M. Fon a affirmé qu'il ne se souvenait pas d'un seul homme, "jeune ou vieux", qui soit resté chez lui dans les villages de Ban Na, Lamsin, Khao Khram, Ban Tone, Ban Loh Kwai, Ban Lam Nai, Ban Na Wong, Ban Rai Nua et Ban Kongla après que les nouvelles aient commencé à circuler comme quoi les personnes accusées d'aider le Parti Communiste Thaïlandais étaient brûlées vives.

"Que pouvaient faire les villageois comme nous alors que nous étions pris en sandwich entre les représentants du gouvernement et ceux du PCT? Si nous refusions de coopérer avec l'un ou l'autre nous nous mettions en grand danger.

Prendre parti pour le PCT semblait être la meilleure façon de survivre dans des circonstances sous lesquelles les agents de police et de sécurité ne pouvaient nous fournir une protection (bien au contraire) et tout nous semblait être un véritable gâchis".

M. Fon se souvient des voyous et des voleurs qui sont venus voler du bétail la plupart des nuits jusqu'à ce que il n'y ait plus un seul animal dans son village. La police craignait pour sa propre sécurité car elle était surpassée en nombre par ces gangs. Elle refusait de répondre aux appels des villageois lui demandant d'extirper les voleurs.

Quand les gens ont constatés qu'ils ne pouvaient pas compter sur les représentants du gouvernement, ils se sont tournés vers les membres du front uni du Parti Communiste Thaïlandais qui s'étaient installés dans la région "neuf ans plus tôt" (depuis le début des années 1960). Ces hommes et ces femmes ont promis de les sauver des atrocités militaires et de maintenir la loi et l'ordre.

Les choses sont devenues pire pour de nombreux villages qui étaient suspectés d'abriter parmi eux des membres du PCT et des hooligans et les chefs de village dénonçaient souvent des personnes innocentes mais avec qui ils étaient en conflit. Ces gens ont été arrêtés mais n'ont pas été exécutés avant l'année 1970. Auparavant, ils devaient subir une "rééducation".

Les massacres ont commencé en 1970, quand des "rangers" ainsi que des groupes d'escadrons de la mort de Lop Buri et les troupes de la caserne Ingkayuth Borihan ont été envoyés pour écraser les insurgés communistes.

Lorsque on a demandé à M. Fon et à d'autres villageois vivant près du camp de Ban Kho Lung comment ils savaient que les personnes arrêtées devenaient plus tard les victimes des barils rouges flamboyants, ils ont expliqué qu'ils pouvaient entendre le bruit des camions militaires, utilisé pour couvrir les cris de ceux que l'on brûlait vif, tout au long de la soirée après que des suspects communistes aient été amenés dans le camp. Les villageois sentaient l'odeur de brûlé de la chair humaine et voyaient les fumées s'élever dans le ciel nocturne.

"Dans le même temps, certains villageois de Surat Thani arrêtés ont été jetés à partir d'hélicoptères sur la chaine de montagne de Phu Banthad," affirme M. Fon.

Alors qu'on lui a demandé s'ils avaient des preuves de cette tuerie de masse, M. Fon et d'autres villageois ont dit avoir trouvé des crânes et des ossements humains éparpillés le long de Klong Muay, à côté du camp de Ban Kho Lung, après sa fermeture à la fin de 1975.

"Beaucoup d'enfants utilisaient ces crânes pour jouer au football et on nous a dit que les cendres ainsi que les autres restes avaient été jetés dans Lamphan, une partie de Thalae Luang (Thalae signifie grand lac ou mer) à Phattalung."

Les habitants de Phattalung ne savent pas grand chose sur les atrocités des barils rouges. Tout ce qu'ils savent, c'est que les soldats tuaient les communistes parce qu'ils étaient en guerre avec les troupes gouvernementales.

Le chiffre de 3008 personnes exterminées dans des barils rouges a été dévoilé en 1975 par les membres d'un comité enquêtant pour la Fédération étudiante de Thaïlande qui avait été envoyés pour visiter la région afin de recueillir des informations sur les victimes. Il n'y a pas d'exemplaires connus de ce rapport disponible actuellement.

Les villageois ont dit qu'ils n'avaient aucune rancune contre ceux qui ont apporté tant de terreur dans leur vie. Ils n'avaient aucun désir de se venger contre la police et l'armée.

"Oublions le passé, et modifions nos différences d'idéologie", a déclaré M. Fon. "Je comprends parfaitement que les troupes impliquées dans l'affaire des barils rouges devaient suivre les ordres et les villageois pensaient se battre pour leur survie et pour une vie meilleure. Personne n'était vraiment en faute car il était très fréquent de voir des pertes des deux côtés lorsque chaque partie prétendait se battre pour un meilleur système de décision ".

Pour l'ancien officier de la police spéciale, les événements d'il y a 30 ans peuvent être considérés comme un cas de réaction disproportionnée de l'Etat. Mais pour les fonctionnaires de l'Etat, puis, le danger rôdait dans tous les coins, en particulier dans le district de La Kong, dans lequel ils ne pouvaient pas se rendre, pas même quand le nombre des morts a commencé à monter.

Les massacres des barils rouges a pris fin en 1975, deux ans après la chute du régime Thanom, et lorsque la Thaïlande a établi des relations diplomatiques avec la Chine, a expliqué l'officier.

Bien que les souvenirs des événements de Ban Kho Lung s'estompent, la plupart des villageois qui ont survécu aux horreurs refusent toujours d'en parler.

Leur seul désir, disent-ils, est de faire du mérite en l'honneur de ceux qui ont péri dans les barils rouges parce que "quand ces gens ont été tués, ils n'ont eu aucune chance de voir des moines pour leur dernière bénédiction".

"Nous voulons que le cas des barils rouge soit une leçon et ne soit pas oublié par la prochaine génération car leurs ancêtres ont sacrifié leurs vies pour la démocratie." affirme un villageois.

Un groupe de villageois a déjà acheté un lopin de terre 450 000 baht afin de construire un centre d'information et un monument aux morts, un plan qui suscite apparemment l'opposition des autorités de l'Etat, et parmi elles celle de l'ancien agent spécial.

Mais comment les fantômes des barils rouges pourront-ils se reposer?

Source:

http://asiaprovocateur.blogspot.co.uk/2014/06/roasting-people-alive-thai-armys-red.html

Croquis des barils rouges et du mémorial publié dans le Bangkok Post le 14 octobre 2003

Croquis des barils rouges et du mémorial publié dans le Bangkok Post le 14 octobre 2003

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30 juin 2014 1 30 /06 /juin /2014 15:19

Thaïlande: Sombres perspectives pour la situation des droits humains après un mois de loi martiale

Un article d'Amnesty International

Lien:

http://www.amnesty.fr/Presse/Communiques-de-presse/Thailande-Sombres-perspectives-pour-la-situation-des-droits-humains-apres-un-mois-de-loi-martiale-11996

 

Un mois après l’instauration de la loi martiale en Thaïlande, aucune perspective d’amélioration ne semble se dessiner à l’horizon, s’agissant des violations de différents droits humains, a déclaré Amnesty International vendredi 20 juin.

Depuis que l’armée a décrété la loi martiale le 20 mai 2014, les droits à la liberté d’expression et de réunion pacifique sont sévèrement restreints et les pouvoirs renforcés en matière de détention se sont traduits par l’arrestation arbitraire de 511 personnes, dont des militants politiques – détenus pour la plupart quelques jours seulement.

« Sacrifier les droits humains sur l’autel de l’opportunisme politique est toujours voué à l’échec. Le Conseil national pour le maintien de la paix et de l’ordre doit protéger les droits à la liberté d’expression et de réunion. Il doit cesser d’arrêter de manière arbitraire les détracteurs non violents et de les poursuivre en justice, a déclaré Richard Bennett, directeur du programme Asie-Pacifique d’Amnesty International.

« Il est temps que l’armée thaïlandaise revienne sur les décrets répressifs et vagues qu’elle a mis en place, bien souvent en violation des obligations incombant à la Thaïlande au titre du droit international relatif aux droits humains. »

Renoncer aux protections constitutionnelles et aux garanties en matière de détention porte atteinte au respect des droits humains et à l’état de droit, et a sans doute contribué à la disparition forcée d’une militante.

En effet, on est sans nouvelles de Kritsuda Khunasen, militante politique bien connue, depuis qu’elle aurait été arrêtée dans la province de Chonburi, au sud-est de la capitale Bangkok, le 28 mai.

Les autorités recourent de plus en plus à la détention arbitraire et aux poursuites judiciaires, et refusent les libérations sous caution, afin d’empêcher les citoyens de parler de la situation politique. Des centaines de personnes, dont plus de 90 % sont des alliés politiques ou des partisans de l’ancien gouvernement, ainsi que des universitaires et des journalistes, ont été arrêtées de manière arbitraire, après avoir reçu l’ordre de se présenter aux autorités.

Tout refus d’obtempérer constitue une infraction pénale. Ceux qui se présentent et sont ensuite relâchés sont menacés de poursuites s’ils participent à des activités considérées comme hostiles au coup d’État militaire.

Les autorités accusent leurs détracteurs d’actes de dissidence pacifique aux termes de lois sur la sécurité qui restreignent fortement les droits humains, en violation des obligations juridiques internationales qui incombent à la Thaïlande. Le fait de se servir des réseaux sociaux pour appeler à manifester, ou de cliquer « J’aime » sur certaines pages Facebook, peut être considéré comme une infraction pénale.

Par ailleurs, les autorités multiplient les poursuites au titre de la loi sur les crimes de lèse-majesté – qui érige en infraction toute critique de la monarchie – et refusent toute libération sous caution pour les personnes concernées.

Les restrictions mises en place réduisent au silence les médias, et créent également un climat d’autocensure et d’incertitude quant à la liberté d’expression qui nuit à la libre participation aux débats sur la réconciliation et l’avenir politique de la Thaïlande.

« La série de mesures répressives mises en place en Thaïlande dresse un sombre tableau de la situation des droits humains sous la loi martiale. Les autorités militaires doivent y renoncer et cesser de placer en détention et de poursuivre des militants parce qu’ils exercent pacifiquement leurs droits », a déclaré Richard Bennett.

Amnesty International appelle une nouvelle fois les autorités à divulguer l’identité de toutes les personnes détenues au titre de la loi martiale, ainsi que le lieu où elles se trouvent. L’organisation demande la libération immédiate et inconditionnelle des personnes détenues uniquement pour avoir exercé sans violence leurs droits à la liberté d’expression et de réunion. Toute personne soupçonnée d’une infraction pénale reconnue doit être inculpée et comparaître devant des tribunaux civils, dans le cadre de procédures conformes aux normes internationales d’équité.

Selon Amnesty International, en Thaïlande, les perspectives pour la situation des droits humains sont sombres
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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 16:12

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Liens:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/06/28/the-militarisation-of-thai-society/

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article32351

 

Alors que le régime autocratique de Big Brother, le généralissime Prayut Chan-ocha, poursuit bruyamment son chemin, nous assistons à la militarisation de la politique, de l'économie et de la société.

Tous les ministères sont contrôlés par les militaires. Les fonctionnaires qui étaient en poste avant le coup d'Etat sont remplacés par ceux qui sont de fidèles chiens lèches-bottes ou des copains de la junte.

Des nouveaux membres ont été nommés aux conseils de direction des entreprises d'Etat, avec les militaires de chaque coté et Son Excellence le Généralissime Prayut comme président général. Leurs copains civils sont soigneusement choisis parmi les rangs des foules de souffleurs de sifflets de la classe moyenne qui haïssent la démocratie. Piyasawat Amaranan, qui a été nommé à la compagnie pétrolière d'Etat PTT, est un bon exemple. Il se trouve à côté de l'assistant de Prayut, le général de l'armée Paiboon Kumchaya. Historiquement, les militaires ont toujours utilisés les entreprises d'Etat comme des vaches à lait pour se remplir les poches. Cela est particulièrement le cas avec les plus rentables comme PTT ou l'Airports Authority. Cette tradition de corruption a commencé avec les dictatures dans les années 1950. Prayut veut revenir en arrière.

Prayut s'est également nommé en charge de l'économie. Il y a un dicton du Yorkshire qui dit: "là où il y a du fumier, il y a du cuivre". Peut-être devrions nous plutôt dire "là où il y a de l'argent, il y a des gradés" (NDT: l'auteur fait un jeu de mot en anglais entre "where there’s muck, there’s brass" et "where there’s a buck, there’s top brass").

Idéalement, la soi-disant Commission contre la Corruption a déclaré que les membres de la junte n'avaient pas à déclarer leurs gains mal acquis avant et après leur prise de fonction, à la différence des politiciens précédemment élus. La commission tente désespérément de trouver une accusation de corruption douteuse à coller sur l'ancienne première ministre Yingluk. Ce serait un moyen "légal" de l'interdire de politique. Peut-être qu'il y aurait aussi un moyen de dissoudre le Parti Pua Thai.

Les écoles sont obligées de changer leurs programmes pour suivre les préceptes de la junte. La discipline, le nationalisme et l'amour de Big Brother sont soulignés dans le nouveau code moral. Mais l'éducation doit être faite à petit prix parce que le budget de l'éducation a été réduit afin de financer et gonfler le budget de la junte militaire. De nombreux projets de modernisation des infrastructures ont été annulés. Certains pourront être ressuscités, mais à condition que cela soit une nouvelle occasion pour les entreprises de proposer de nouvelles offres et de payer des pots de vin à des membres de la junte.

La junte a rassuré les médias de masse en affirmant qu'ils n'avaient "rien à craindre" de l'envoi de troupes chargées de siéger dans leurs bureaux. Les médias sont libres de rapporter les nouvelles. Ils doivent juste éviter de rapporter quoi que ce soit qui critique la junte. Comment pourrait-on être plus démocratique et plus libre que ça?

Après le coup d'Etat de 2006, la junte précédente a écrit une constitution militaire et bourré les organismes dits indépendants de fidèles supporters. Ils ont fait la même chose avec la moitié du sénat et les tribunaux. Ces organismes anti-démocratiques ont travaillé main dans la main avec les foules du Parti Démocrate de Sutep afin de faire tomber le gouvernement de Yingluk juste avant le coup d'Etat de mai 2014. Mais cela a été un processus de longue haleine et les conservateurs n'avaient pas d'autres choix que de permettre aux partis de Yingluk et Taksin de gagner d'honnêtes élections. Cette fois, la junte veut s'assurer que cette situation ne se reproduira pas. C'est le but du changement des hauts fonctionnaires et de la nomination prochaine d'une assemblée, chargée de la rédaction d'une constitution de style birman, composée de soldats et de civils anti-démocratiques. Un "excellent" candidat pour ce parlement nommé par les militaires serait Surapon Nitigraipoj, vice-chancelier de l'Université Thammasart, qui pense que le gouvernement élu de Yingluk était une dictature. Selon lui, le coup d'Etat n'a fait que la mettre en uniforme.

Le nouvel ordre de Thaïlande rejoint le style "dwifungsi" de Suharto et la démocratie guidée!

Les écoliers du nouveau régime thaïlandais

Les écoliers du nouveau régime thaïlandais

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29 juin 2014 7 29 /06 /juin /2014 16:10

Walmart: cessez de vendre des crevettes péchées par des esclaves!

Auteur de la pétition: Chris Wolverton

Cible de la pétition: C. Douglas McMillon, PDG de Walmart

Un nouveau rapport publié par le journal "The Guardian" a révélé que les crevettes vendues dans les grands supermarchés des États-Unis, du Royaume-Uni et de France, sont péchées par de la main-d'œuvre esclave traitée cruellement.

Basé en Thaïlande, Charoen Pokphand, ou CP Foods, est le plus grand fournisseur de crevettes au monde et vend ses crustacés à de grands supermarchés comme Wal-Mart, Costco et Tesco. Ils nourrissent leurs crevettes avec de la farine de poisson produite par des esclaves qui travaillent au large des côtes de Thaïlande.

Des interviews d'esclaves en fuite ont révélées que les travailleurs en captivité sur des navires sont obligés de travailler sans être payés, et sont torturés, battus et parfois assassinés devant d'autres ouvriers. Certains sont à peine nourris durant leurs longues journées de travail. Une victime a dit qu'il avait été témoin de 20 autres esclaves tués en face de lui, les membres liés et jetés dans la mer.

Si les grands supermarchés ferment les yeux sur ces abus et continuent à profiter d'eux, qui pourra savoir d'où le reste de leurs produits vient. S'il vous plaît, signez la pétition pour exhorter Walmart et d'autres détaillants à cesser de vendre ces crevettes et d'autres produits par les esclaves de Charoen Pokphand/CP Foods!

Des dizaines de milliers de gens, à travers le monde entier, ont signé cette pétition appelant au boycott des crevettes "Made in Thailand".

A chaque fois que vous achetez des crevettes "Made in Thailand", vous financez l’esclavagisme.

A chaque fois que vous dégustez un “Tom Yam Koung” (soupe épicée aux crevettes, le plat national thaïlandais) lors de vos vacances en Thaïlande, vous financez l’esclavagisme.

A chaque fois que vous faites vos courses dans un magasin 7/11 en Thaïlande, vous financez l’esclavagisme (les magasins 7/11 de Thaïlande appartiennent à Charoen Pokphand).

Le webmaster de Libérez-Somyot a donc signé la pétition et décidé de boycotter toutes les crevettes "Made in Thailand" ainsi que tous les produits de la firme esclavagiste Charoen Pokphand/CP Foods et vous encourage à faire de même.

Pour signer la pétition, cliquez sur ce lien:

http://www.thepetitionsite.com/666/661/705/walmart-stop-selling-shrimp-produced-by-slave-labor/?z00m=21243695&redirectID=1397091283

Le milliardaire sino-thaï Dhanin Chearavanont propriétaire du groupe Charoen Pokphand/CP Foods

Le milliardaire sino-thaï Dhanin Chearavanont propriétaire du groupe Charoen Pokphand/CP Foods

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 09:38

Le régime de censure en Thaïlande connait une croissance de plus en plus haute, depuis que l'armée a pris le pouvoir le mois dernier, avec des peines visant la liberté de parole et les lecteurs de médias interdits. Dans les rues, des Thaïlandais ont été arrêtés pour avoir porté des T-shirts avec des messages qui déplaisaient à la junte, ou pour avoir lu "1984" de George Orwell en public. Sur l'internet, selon les propres rapports du régime, des centaines de nouveaux sites ont été ajoutés à la liste noire officielle du gouvernement thaïlandais, y compris des sites politiques et d'information couvrant le coup. Maintenant, les autorités cherchent à tromper les internautes afin qu'ils divulguent leurs informations personnelles, notamment les adresses électroniques et les informations de profil Facebook, quand ces derniers essaient de visiter ces sites interdits.

Sous l'infrastructure nationale de blocage d'internet de Thaïlande, les internautes qui tentent de visiter des sites bloqués dans le pays sont redirigés vers une page d'atterrissage Web du gouvernement, géré par la Division de répression de la criminalité liée aux technologies (TCSD). Après le coup d'Etat, un groupe de défense des droits numériques du pays, le Réseau Netizen thaïlandais, a remarqué que la page de blocage TCSD avait mis en place deux nouveaux graphiques: un bouton bleu "Fermer", et une icône "Connexion avec Facebook". Les deux mènent à une page trompeuse intitulé "Connexion" Facebook, où on demande aux utilisateurs la permission de remettre les informations personnelles stockées dans leur profil Facebook, en thaï et en anglais, sans aucune indication sur  ces données a été envoyé, ou pour ce qui but. En fait, la "Connexion" app a été exécuté par TCSD lui-même, qui a utilisé la plate-forme d'application Facebook pour recueillir les informations d'utilisateurs de Facebook en visite à la page d'atterrissage.

Les autorités thaïlandaises ont longtemps prétendu que les entreprises étrangères doivent se conformer à toutes leurs demandes pour supprimer certains contenus et leur remettre des données personnelles. Facebook a toujours refusé ces demandes. En trompant les utilisateurs en les poussant à cliquer sur la première page des autorisations d'octroi de son application Facebook, les autorités thaïlandaises ont rassemblées ce que le service juridique de Facebook a refusé de leur remettre.

Une application Facebook trompeuse sans une politique de confidentialité claire ou d'explication incorporé est une violation des propres politiques de la plate-forme de Facebook, et l'application de la Division de répression de la criminalité a été suspendu par Facebook au moins deux fois. La premiere application "Connexion" a été retirée peu de temps après que le Réseau Netizen thaïlandais ait publié les détails de son apparence trompeuse. Une application identique qui a ensuite été remplacée sur la page, a été suspendue par Facebook après moins d'une semaine de fonctionnement.

Vendredi 20 juin, après des jours de critiques en ligne, le TCSD tardivement affiché une justification de leur demande, par écrit:

- "La collecte de témoin ou des données d'utilisateur est une procédure de collecte de données de TCSD.info, qui est corroborée par l'article 26 de la loi sur la cybercriminalité (2007). Cette collecte de données est la même que d'autres sites Web qui utilisent Facebook pour leur authentification. De cette manière, TCSD peut gérer plusieurs témoins qui peuvent conduire à plus de poursuites et rendre la société en ligne plus propre. Nous vous invitons à envoyer des informations à https://www.facebook.com/jahooktcsd"

Les statistiques des pages des propres applications publiques de Facebook montrent que ces deux fausses applications ont réussies à ramasser des centaines d'adresses de courriel thaïlandais avant d'être arrêté. Ces utilisateurs d'Internet savent-ils qu'en distribuant leurs noms et adresses e-mail, ils deviennent de potentiels "témoins" pour des poursuites futures?

Ce n'est pas la première fois que nous voyons des gouvernements adopter des techniques de phishing et de spam afin de recueillir des informations sur leurs propres citoyens. Bien qu'il ne soit pas surprenant que le régime militaire qui a renversé la règle de droit puisse s'abaisser à espionner avec une application de médias sociaux, il montre comment le gouvernement thaïlandais est déterminé à déformer l'Internet, y compris les médias sociaux, à ses propres fins.

Source:

https://www.eff.org/deeplinks/2014/06/thai-junta-used-facebook-app-harvest-email-addresses

 

Un avertissement du Réseau Netizen thaïlandais, montrant l'application Facebook trompeuse

Un avertissement du Réseau Netizen thaïlandais, montrant l'application Facebook trompeuse

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28 juin 2014 6 28 /06 /juin /2014 09:30

Voici la liste des membres fondateurs de l’Organisation des Thaïlandais Libres pour les Droits de l'Homme et la Démocratie (Free Thais for Human Rights and Democracy FT-HD)

Secrétaire général:

M. Charupong Ruengsuwan

Ancien président du Parti Pua Thai et ancien Ministre de l'Intérieur

Secrétaire exécutif et Porte-parole

M. Jakrapob Penkair

Ancien ministre de bureau du Premier ministre, ancien membre du Parlement, fondateur du Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (UDD)

Directeur

Dr Sunai Julapongsathorn

Président du Comité de la Chambre pour les relations étrangères, ancien membre du Parlement

Directeur

Professeur agrégé Jaran Dittapichai

Ancien commissaire aux droits de l'homme, fondateur du Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (UDD)

Directeur

M. Arkhom Sydney

Campagne pour la démocratie thaïlandaise en Australie

Conseiller

M. Robert Amsterdam

Avocat international des droits de l'homme

Source:

http://asiaprovocateur.blogspot.co.uk/2014/06/anti-coup-free-thai-board-members.html

Charupong Ruengsuwan

Charupong Ruengsuwan

Sunai Julapongsathorn à gauche et Jakrapob Penkair à droite

Sunai Julapongsathorn à gauche et Jakrapob Penkair à droite

Jaran Dittapichai

Jaran Dittapichai

Robert Amsterdam

Robert Amsterdam

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