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24 juin 2014 2 24 /06 /juin /2014 05:53

Le nouveau mouvement thaïlandais de résistance en exil nous est présenté par Andrew Spooner

Lien:

http://asiaprovocateur.blogspot.co.uk/2014/06/declaration-of-organisation-of-free.html

 

J'ai reçu une déclaration enregistrée sur bande vidéo ainsi qu'une version écrite en anglais de "l’Organisation des Thaïlandais Libres pour les Droits de l'Homme et la Démocratie (Free Thais for Human Rights and Democracy FT-HD)" nouvellement créé. La version enregistrée sur bande vidéo est lue par le chef chemise rouge et ancien ministre du gouvernement thaïlandais, Jakrapob Penkair.

La voici:

"Chers Thaïlandais,

Il est désormais tragiquement évident que la Thaïlande est retournée, encore une fois, dans un cercle vicieux de gouvernance dictatoriale absolue. Le régime de la junte militaire qui a promulgué cela, au nom du Conseil National pour la Paix et l'Ordre (NCPO), dirigé par le chef de l'armée, le général Prayuth Chan-Ocha, a utilisé la force contre un gouvernement civil démocratiquement élu afin de s'emparer du pouvoir. C'est un acte scandaleux qui a violé les lois thaïlandaises et internationales.

Il est clair que les actions de la junte ne sont rien d'autres qu'un grand larcin. Ce qu'ils ont volé, cependant, sont votre plus précieuse souveraineté et vos droits fondamentaux qui sont garantis par la loi en vertu de la gouvernance démocratique. Il est impossible de mettre un prix sur ces droits parce qu'ils sont directement équivalents à la dignité humaine de base, un trésor dont la valeur est inestimable.

Par ailleurs, la junte a violé la règle de droit ainsi que les principes démocratiques, et détruit vos droits, les libertés et la dignité humaine. Ce sont leurs crimes les plus destructeurs. Les tentatives de la junte de présenter ces actes criminels comme légitimes sont prévisibles, ainsi que sa fausse promesse de revenir à "la paix et l'ordre", mais ne sont rien de plus qu'une tromperie dans laquelle elle tente de rationaliser et de justifier ses actes criminels. Leur but ultime est de tenter de convaincre les Thaïlandais ordinaires de croire que la dictature est supérieure à la démocratie. Ce plan, humiliant et discréditant vis-à-vis de votre souveraineté est celui qui a toujours été joué par des dictateurs thaïlandais et, comme toujours, il a échoué et échouera.

Nous condamnons toutes les violations arbitraires et répressives des droits et libertés des Thaïlandais et des étrangers par le régime militaire thaïlandais et ses alliés dans leurs tentatives répétées de transformer la Thaïlande en "état de peur". Le régime militaire a également affirmé que, plus tard, il transférera le pouvoir souverain à des autorités civiles. Ce qu'il veut dire, c'est que cela aura lieu après la création d'une nouvelle structure de marionnettes dont le seul but sera de réorganiser les éléments anti-démocratiques en corps politique de la Thaïlande et de saboter le développement de la démocratie thaïlandaise. Toute cette structure devra être supprimée avant de pouvoir construire une société plus démocratique et civilisée.

Au nom des Thaïs à travers le monde qui sont attachés aux principes de la démocratie et des droits de l'homme universels, J'annonce notre réfutation complète et totale de la légitimité du NCPO. Le régime militaire et ses conspirateurs n'ont aucun pouvoir légitime à gouverner l'économie et la société du pays.

En outre, nous ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour empêcher le ré-enracinement des éléments anti-démocratiques en Thaïlande, afin de défendre toutes les formes de liberté, d'exiger le respect de toutes les formes de droits de l'homme, et de mettre en place une démocratie comme pilier permanent de la société thaïlandaise.

Afin que les Thaïlandais puissent établir une démocratie où le pouvoir souverain appartiendra pleinement au peuple, nous réfutons complètement la légitimité du régime militaire thaïlandais et annonçons officiellement la création de l'Organisation des Thaïlandais Libres pour les Droits de l'Homme et la Démocratie (FT-HD) ce mardi 24 juin 2014. Cette organisation va maintenant devenir le centre de tous les Thaïlandais qui possèdent un désir inébranlable pour la pleine démocratie, en pleine conformité avec les principes de la démocratie, des droits humains universels, des lois internationales, et de la non violence.

 

Le terme "Thaï Libre", "Free Thai" ou "Seri Thai", avec ses connexions au mouvement de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale, a une résonance profonde pour les Thaïlandais ordinaire, reflétant leurs véritables désirs de liberté et de dignité. Nous avons la chance aujourd'hui que les Thaïlandais possèdent un tel modèle historique afin de lutter contre un autre oppresseur. Et cela doit être clair pour nos oppresseurs, nous ne resterons pas inactifs ni n'accepteront l'ordre imposé et nous allons nous battre ensemble jusqu'à ce que la victoire se réalise pleinement.

Des compagnons en Thaïlande et dans d'autres pays dans le monde ont donc convenu de poursuivre les objectifs initiaux suivants pour la mise en place de l'Organisation des Thaïlandais Libres pour les Droits de l'Homme et la Démocratie:

1. S'opposer à la dictature militaire ainsi qu'à son réseau aristocratique, et établir la souveraineté complète et incontestée du peuple;

2. Rétablir et renforcer la démocratie thaïlandaise afin qu'elle devienne la fondation stable et le pilier de l'État thaïlandais;

3. Garantir et préserver le respect de la dignité humaine, l'égalité, la liberté et la paix;

4. Promouvoir une économie libre et équitable.;

5. Réformer la culture thaïlandaise ainsi que ses valeurs afin de les rendre pleinement compatibles avec la démocratie;

6. Développer et améliorer la qualité de vie pour tous les citoyens thaïlandais

J'annonce la création de l'Organisation des Thaïlandais Libres pour les Droits de l'Homme et la Démocratie (FT-HD). Notre lutte ne sera possible que lorsque tous les groupes et secteurs travailleront dur et activement ensemble afin que nous puissions atteindre nos objectifs communs.

Annoncé le mardi 24 juin 2014

M. Charupong Reuangsuwan

Secrétaire général

E-mail: freethai7557@gmail.com"

Autre source:

http://www.prachatai.com/english/node/4157

 

Charupong Reuangsuwan

Charupong Reuangsuwan

Annonce en anglais par Jakrapob Penkair

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23 juin 2014 1 23 /06 /juin /2014 16:17

Un leader chemise jaune affirme que le coup d'Etat thaïlandais était prévu depuis 2010

Un article de Charlie Campbell pour "The Time"

Lien:

http://time.com/2910484/thai-coup-planned-2010-suthep-thaugsuban/

 

Suthep Thaugsuban affirme que le général putschiste Prayuth Chan-ocha lui aurait dit que c'était "le devoir" de l'armée de prendre en charge la tâche de s'opposer au gouvernement de Yingluck Shinawatra

La planification du dernier coup d'Etat militaire de Thaïlande aurait commencé il y a quatre ans, selon le chef des manifestants antigouvernementaux qui ont paralysé Bangkok pendant six mois et ont contribué à l'éviction de la Première ministre Yingluck Shinawatra.

Suthep Thaugsuban, le chef du Comité de la Réforme Démocratique Populaire (PDRC), le principal groupe de protestation chemise jaune, a révélé lors d'un dîner de collecte de fonds ce week-end que le chef de l'armée thaïlandaise Prayuth Chan-ocha et lui-même avaient discuté de comment purger la Thaïlande de la puissante influence des Shinawatra avant même que la violence politique meurtrière n’éclate en 2010.

Le Bangkok Post a cité Suthep comme disant, "Avant que la loi martiale ait été déclarée [le 20 mai], le général Prayuth m'a dit "Khun Suthep, vous et vos masses de supporters du PDRC sont trop fatigués. C’est maintenant le devoir de l'armée de prendre le relais."

Suthep est un ancien vice-premier ministre du Parti Démocrate soutenu par l'établissement. L'homme de 64 ans est accusé de meurtre suite à la répression des manifestants chemises rouges pro-Thaksin qu'il avait ordonné en 2010 et qui a coûté au moins 90 vies et fait plus de 2000 blessés, et il est considéré comme étant étroitement lié aux institutions de l'élite comme l'armée, le système judiciaire et le palais. Cependant, il affirme maintenant qu'il va prendre sa retraite de la vie politique et que le PDRC "fonctionnera comme une organisation non gouvernementale chargé de mener des recherches."

La répression contre l'opposition au coup d'État du 22 mai continue. Ce dimanche, huit personnes ont été arrêtées à l'extérieur d'un centre commercial de la capitale, le Siam Paragon, une pour la lecture du classique futuriste 1984 de George Orwell qui est devenu un des symboles du mouvement de protestation. D'autres ont été arrêtés pour le port de sandwichs, qui sont eux-aussi devenus une propagande pince-sans-rire pro-démocratie.

L'Autorité du Tourisme de Thaïlande n'a pas répondu aux demandes de clarification du Time quant à savoir si les visiteurs étrangers devraient s'abstenir d'amener le livre 1984 dans le pays.

Pendant ce temps, l'éminent linguiste américain et commentateur politique, Noam Chomsky, a exprimé son soutien au dissident Pavin Chachavalpongpun, professeur agrégé au Centre de l'Université de Kyoto pour les études sur l'Asie du Sud-est. Comme d'autres critiques thaïlandais de premier plan du coup d'Etat vivant à l'étranger, Pavin est recherché par le régime et a été menacé de deux ans de prison s'il ne se rendait pas.

"Je suis profondément troublé d'apprendre qu'il y a eu des menaces proférée contre le professeur Pavin Chachavalpongun", a déclaré Chomksy. "J'espère qu'elles seront rapidement retirées, comme elles devraient l'être, et qu'il sera libre de visiter sa famille et de continuer sa vie sans subir la répression du gouvernement."

La première page du journal Bangkok Post où Suthep affirme que le coup d'Etat était prévu depuis 2010

La première page du journal Bangkok Post où Suthep affirme que le coup d'Etat était prévu depuis 2010

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22 juin 2014 7 22 /06 /juin /2014 10:47

Il existe de nombreux rapports disponibles sur le déclassement de la Thaïlande au niveau 3 par le gouvernement américain, ce qui est le niveau le plus bas parmi les pays pratiquant l'esclavage. Le journal anglais "The Guardian" rapporte que:

"Les États-Unis ont signalés leur inquiétude croissante sur l'esclavage moderne en Thaïlande et au Qatar après avoir déclassé ces deux pays sur la liste de la traite humaine à la suite des révélations de maltraitance effroyable vis-à-vis des travailleurs migrants."

La Thaïlande a été reléguée au rang le plus bas des pays pratiquant la traite des esclaves par le rapport du Département d'Etat des Etats-Unis ce qui signifie qu'elle est désormais considérée au même niveau que la Corée du Nord, l'Iran ou l'Arabie saoudite dans la façon dont elle traite les travailleurs et les protège contre les abus.

Un point est à noter à ce sujet; si ce rapport arrive à un moment particulier très mauvais pour la dictature militaire de Thaïlande, ce n'est pas seulement l'armée qui est impliquée dans le trafic. Tous les derniers gouvernements thaïlandais ont été carrément minables à ce sujet, et celui d'Abhisit Vejjajiva a été le pire. Avec ses alliés militaires, le gouvernement d'Abhisit a adopté des tactiques extrémistes plus d'une fois. Il a écopé de beaucoup de critiques. Le ministre des Affaires Etrangères d'alors, Kasit Piromya a même travaillé sur un plan de rapatriement des réfugiés birmans. Mais le gouvernement de Yingluck Shinawatra a une excuse d'importance. Il était incapable de commander l'armée thaïlandaise qui est la principale force derrière ce trafic d'être humains.

La complicité des fonctionnaires civils et militaires dans le trafic est indiquée dans ce rapport:

Des fonctionnaires civils et militaires thaïlandais corrompus ont profité de la contrebande des demandeurs d'asile rohingyas venus de Birmanie et du Bangladesh (qui transitent par la Thaïlande pour se rendre en Malaisie ou en Indonésie) et étaient complices de leur vente pour des travaux forcés sur des navires de pêche. La marine de guerre thaïlandaise aurait détournée des bateaux transportant des demandeurs d'asile rohingyas en route pour la Malaisie vers la Thaïlande et facilitée le transfert de certains migrants à des passeurs et des courtiers qui ont vendu certains Rohingyas comme esclaves pour des navires de pêche. En outre, il y a des rapports des médias comme quoi certains fonctionnaires de la police thaïlandaise se sont systématiquement emparés des hommes de l'ethnie Rohingya qui se trouvaient dans des centres de détention en Thaïlande et les ont vendus à des passeurs et à des courtiers. Ces contrebandiers et ces courtiers ont ensuite conduit ces hommes dans le sud de la Thaïlande, où ils ont été vendus comme esclaves pour des exploitations agricoles ou des compagnies maritimes.

Le mauvais traitement des migrants en Thaïlande est le reflet de la capacité brute de l'élite pour l'exploitation ignoble qui est souvent intégré dans des perspectives profondément ancrées et racistes sur les droits et privilèges de l'élite. La dictature militaire actuelle est probablement le régime le moins susceptible de faire quelque chose de sérieux à propos de cette situation honteuse.

Sources:

http://politicalprisonersofthailand.wordpress.com/2014/06/21/thailands-shame/

et

http://www.theguardian.com/global-development/2014/jun/20/thailand-qatar-downgraded-human-trafficking-report/print

Arrestation de réfugiés rohingyas par la marine de guerre thaïlandaise

Arrestation de réfugiés rohingyas par la marine de guerre thaïlandaise

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 15:44

Une note de l'écrivain Jake Needham 
Lien:
http://jakeneedham.com/2014/06/fork-road/

Chers lecteurs,
J'ai eu beaucoup de plaisir au cours des dernières années à écrire ces lettres occasionnelles d'Asie sur la vie d'un expatrié en Thaïlande et les livres que j'ai écrits pendant que j'étais là, mais la Thaïlande est un endroit très différent de ce qu'elle était lorsque nous nous nous sommes installés à Bangkok il y a plus de vingt ans. Et je suppose que la simple vérité est que j'en ai vraiment marre d'elle.
Il y a un vieux dicton polonais qui résume exactement ce que je ressens à propos de la Thaïlande en ce moment: "Ce n'est pas mon cirque, ce ne sont pas mes singes".
La prise de contrôle de la Thaïlande par les militaires a abouti à la suppression absolue de toute dissidence. Pas un jour ne se passe sans une nouvelle déclaration orwellienne de la junte sur ce que les Thaïlandais sont autorisés à dire et ce qu'ils ne peuvent pas dire à moins de risquer une arrestation. Tout commentaire sur l'armée, le coup d'État militaire, les généraux de la junte, ou le palais et ses acolytes est strictement interdite, sauf bien sûr les commentaires élogieux.
La junte a clairement fait savoir qu'elle allait prendre des mesures énergiques afin de verrouiller l'Internet et de se donner un contrôle absolu sur qui peut accéder à l'Internet et ce sur quoi [les gens] sont autorisés à lire et à dire quand ils le font. Les généraux ont également montré leur volonté de supprimer aux Thaïlandais les sources internationales d'information à tout moment si ces sources rapportaient quelque chose sur la Thaïlande qui leur déplait, et les  opérateurs de télévision par câble et satellite locaux semblent désireux de coopérer.
De loin le plus triste bouleversement pour moi a été de voir le nombre de Thaïs qui semblent désespérés d'être obligé de se prosterner devant leurs nouveaux et entièrement autoproclamés maîtres et d'encenser l'armée pour avoir mis fin à un gouvernement démocratique et limité leur liberté personnelle. "Chaque pays obtient le gouvernement qu'il mérite", aurait écrit Alexis de Tocqueville, et ce principe n'a jamais été plus clairement illustré que dans la Thaïlande d'aujourd'hui.
Heureusement, nous sommes maintenant en toute sécurité hors du pays. De plus, je n'ai pas écrit un livre en Thaïlande depuis la publication de "A World of Trouble" en 2011, et franchement je ne peux pas m'imaginer en écrire un autre.
Si vous avez lu "A World of Trouble" , vous savez déjà que Jack Shepherd (NDT: le héros du livre) avait assez bien vu ce qui allait se passer en Thaïlande et c'est pourquoi il a choisi Hong-Kong pour commencer une nouvelle pratique du droit et recommencer sa vie ailleurs, ce qui conduit directement au quatrième livre de la série Jack Shepherd, "The King of Macau". 
Et l'inspecteur Samuel Tay du CID de Singapour (NDT: un autre héros des livres de Jake Needham) verra son troisième livre "The Dead American" publié en septembre, un livre écrit, la plupart du temps, à Singapour.
Je me dis que Shepherd et Tay me garderont beaucoup occupé sans essayer de décider comment je peux continuer à écrire sur la triste Thaïlande sans commettre une infraction criminelle aux yeux des généraux.
Je vais continuer de publier des notes ici de temps en temps sur les nouveaux livres que j'ai publiés ou que je prévois d'écrire, les éditions audio et les rééditions de mes anciens titres, les drames sans fin sur les versions cinématographiques de mes livres, et même de nouveaux livres d'autres auteurs, je pense que vous aimerez certainement. Mais j'en ai fini d'écrire sur la Thaïlande.
Merci pour la lecture de ces lettres d'Asie au cours de ces dernières années. Et puisse cette bifurcation de la route nous mener quelque part qui enflammera une fois de plus notre imagination et nous donnera de l'espoir pour l'avenir.
Restez cool.

L'écrivain Jake Needham

L'écrivain Jake Needham

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 13:54

Traduction partielle d'un article de Pavin Chachavalpongpun (certains passages pouvant briser la loi 112 n'ont pas été traduits et ont été remplacés par le pointillé suivant: [...])

Lien de l'article original en anglais:

http://www.japantimes.co.jp/opinion/2014/06/20/commentary/world-commentary/a-climate-of-fear-in-thailand/?#.U6VbvPmSxe9

 

L'armée thaïlandaise a affirmé que le coup d'Etat qu'elle a organisé le 22 mai était nécessaire pour rétablir la paix et l'ordre dans le pays. En réalité, l'intervention militaire n'a restauré ni la paix ni l'ordre. Au lieu de cela, ce qui remplace l'incertitude politique est un climat de peur.

L'organe directeur de la junte, le Conseil National pour la Paix et l'Ordre, a commis des violations flagrantes des droits de l'homme. Il a publié une série de commandes, en convoquant des centaines de personnes provenant de divers milieux, y compris ceux proches du gouvernement déchu de la Premiere ministre Yingluck Shinawatra, et ceux qui critiquent les putschistes.

Des politiciens, des militants politiques, des personnalités des médias ainsi que des membres d'organisations de la société civile ont été citées à comparaître devant les autorités, sans raison apparente. Ils peuvent être détenus pendant sept jours. Certains ont été libérés et certains ont été accusés de divers méfaits. Ils devaient tous passer par le tribunal militaire sans avocats pour les représenter.

Pour la première fois depuis longtemps, des universitaires ont eux-aussi été convoqués par la junte. Des critiques connus du gouvernement ou de la politique ont été harcelés et détenus. Les personnes libérées ont été contraintes de signer un contrat affirmant qu'elles ne participeraient pas à des activités politiques ni ne diffuseraient à nouveau leurs opinions politiques. Certains universitaires ont quitté la Thaïlande par peur d'être emprisonnés.

Mon nom est sur la liste des personnes recherchées par la junte. Depuis le coup d'Etat, j'ai critiqué l'armée. J'ai rejeté la légitimité du coup d'Etat et ai refusé de me déclarer à l'armée. Je ne vais pas obéir à des despotes. Par conséquent, le 13 Juin, un mandat d'arrêt a été émis contre moi. Je suis maintenant officiellement un fugitif.

L'argument selon lequel l'armée a l'intention de transformer la vie politique thaïlandaise en quelque chose de plus démocratique est absurde. En effet, la junte n'a pas de plan pour rendre de sitôt le pouvoir au peuple thaïlandais. La tenue d'une élection n'est pas une priorité pour la junte. Rester au pouvoir afin de superviser la succession royale est l'objectif ultime de l'armée.

[...]

L'ennemi de l'armée a longtemps été l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, frère de la Première ministre récemment renversée Yingluck Shinawatra. Si les Shinawatra réussissent encore à dominer la politique électorale, l'armée craint qu'elle ne puisse perdre sa fortune et ses avantages.

Par conséquent, le but de ce coup n'est pas seulement à propos de la succession royale imminente, mais aussi d'éliminer les éléments pro-Thaksin, une fois pour toutes.

L'élimination a commencé par des assignations de hauts dirigeants du Parti Pua Thai de Thaksin à se présenter devant la junte. Comme la plupart ont refusé de se rendre, des mandats d'arrêt ont été émis contre eux, leur garantissant ainsi une peine d'emprisonnement de deux ans au moins.

L'armée a également ciblé les partisans de la famille Shinawatra dans le mouvement chemise rouge. La répression des réseaux chemises rouges est en cours, mais ceci n'est pas rapporté dans les médias traditionnels.

Il est rapporté que l'armée a envoyé ses troupes dans les régions lointaines du Nord et du Nord-est, connus pour être des bastions pro-Thaksin, afin d'harceler et de détenir les membres connus du mouvement chemise rouge. Certains ont été enlevés et certains ont disparu.

Une guerre psychologique est menée contre les Chemises rouges. Les villages chemises rouges, mis en place à la suite du dernier coup d'Etat de 2006, ont été contraints d'arrêter leurs activités politiques et de brûler leurs drapeaux rouges. Presque du jour au lendemain, la couleur rouge est devenue absente de ces villages anti-coup d'Etat.

Un des outils les plus puissants pour porter atteinte aux opposants politiques est la loi de lèse-majesté, qui stipule que toute personne qui commet des actes diffamatoires ou insultants contre le Roi, la Reine ou l'Héritier, peut être condamné de trois à 15 ans de prison.

Dans cette situation précaire où la seule justice est la cour martiale, les cas de lèse-majesté conduisent surement à une longue peine de prison.

[...]

L'utilisation de la loi de lèse-majesté pour faire taire les critiques est pratique. Pourtant, elle peut aussi être dangereux, non seulement pour la situation des droits humains en Thaïlande, mais aussi pour la position de la monarchie elle-même.

Certains hyper-royalistes thaïlandais vivant au Royaume-Uni ont déjà entrepris d'harceler une Thaïlandaise de nationalité britannique qui s'est donné le surnom de "Rose" et qui a brisé le tabou de critiquer la famille royale thaïlandaise.

[...]

Rose a récemment été harcelée par deux Thaïlandais. Une femme royaliste s'est rendue à sa maison avec une douzaine d'œufs, dans l'espoir de les jeter sur Rose. Mais elle ne savait pas que Rose a depuis longtemps quitté son domicile dans l'ouest de Londres.

Dans un autre cas, un homme, Thaïlandais lui-aussi, portant un faux pistolet s'est également rendu à son ancienne maison et a vandalisé la propriété en peignant un drapeau thaïlandais sur la porte. Ces deux cas montrent de quoi les hyper-royalistes thaïlandais sont capables.

Le coup d'Etat de 2014 a intensifié le degré d'hyper-royalisme. Tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la Thaïlande, l'armée a cherché à politiser la monarchie afin de légitimer son existence. J'ai la chance de vivre au Japon, où mes droits fondamentaux sont protégés. D'autres Thaïlandais n'ont pas cette chance, et leurs droits sont limités par la politique musclée de la junte thaïlandaise.

Pavin Chachavalpongpun est professeur agrégé au Centre d'études pour l'Asie du Sud-est de l'Université de Kyoto.

Pavin Chachavalpongpun

Pavin Chachavalpongpun

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21 juin 2014 6 21 /06 /juin /2014 06:36

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/06/19/class-war/

 

La junte militaire thaïlandaise a convoqué tous les dirigeants des syndicats locaux afin de se signaler aux bureaux de l'armée. Jusqu'à présent, seule la moitié environ des syndicalistes élus se sont conformé aux diktats des généraux.

Bien sûr, la junte n'a pas convoqué les employeurs ou les hommes d'affaires pour se signaler et se voir donner une conférence sur la discipline.

Bien sûr, la junte n'a pas systématiquement convoqué les dirigeants des ONG ni les universitaires conservateurs qui ont préconisé un rétrécissement de l'espace démocratique. Elle n'a pas arrêté ni emprisonné les voyous du Parti démocrate qui ont utilisé la violence dans les rues plus tôt cette année.

Pris dans le tableau général de la répression de l'armée, il est évident que les chemises rouges, les syndicalistes, les universitaires progressistes ainsi que tous ceux qui militent pour la démocratie, sont la cible de la répression.

Ne vous méprenez pas, il s'agit d'une guerre de classe, menée par les élites conservatrices qui haïssent la démocratie parce que la démocratie contribue à l'autonomisation des pauvres, de la classe ouvrière et des paysans. Ils détestent Taksin parce qu'il a gagné les cœurs et les esprits des pauvres et pouvait gagner les élections. Ils ne détestent pas Taksin pour ses violations des droits de l'homme ou encore pour le fait qu'il aurait utilisé les mêmes pratiques de corruption que les généraux et le Parti Démocrate.

Guerre de classe
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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:59

A la frontière thaïlandaise, les travailleurs cambodgiens expulsés parlent de raids coordonnés et d'extorsions

 

Un reportage de Saing Soenthrith pour le journal "Cambodia Daily"

Lien:

http://www.cambodiadaily.com/news/at-thai-border-workers-speak-of-coordinated-raids-extortion-61696/

 

District d'Aranyaprathet en Thaïlande - Alors qu'un camion cage de la police de l'immigration (thaïlandaise) le déverse ici, Sin Many se lève de son siège, soulagé que son épreuve soit presque terminée. En moins d'une heure, lui et environ 50 autres immigrés clandestins cambodgiens vont s'entasser dans un camion, traverser la frontière, et enfin arriver à la maison.

"Nous avons dormis par terre la nuit dernière," témoigne-t-il, en expliquant comment son groupe de détenus, arrivé trop tard pour être expulsé séance tenante, a dû dormir dans la cour en béton de la station de police de l'immigration de la province de Sa Kaeo.

"Ils ne nous ont pas arrêté, mais nous avons entendu des bruits d'arrestations de la part des militaires thaïlandais et donc, nous nous sommes portés volontaires pour revenir", a déclaré ce pêcheur âgé de 36 ans.

Alors que plus de 100 000 travailleurs migrants ont afflué vers le Cambodge cette semaine afin de fuir la répression redoutée de la junte militaire qui a pris le pouvoir en Thaïlande le mois dernier, la police de l'immigration thaïlandaise s'est chargé d'expulser ces travailleurs.

M. Sin Many a été rapidement chargé sur un camion de police pour les derniers 10 km du voyage jusqu'à la frontière alors qu'un autre camion de travailleurs arrivait de Hua Hin, plein de gens gémissant et soulagé d'arriver après un voyage de sept heures sans arrêt entassé dans le véhicule.

Le gouvernement militaire thaïlandais a nié toute politique visant à sévir contre les migrants illégaux, et a insisté dans un communiqué la semaine dernière que les allégations d'arrestations ou de violence contre les travailleurs étaient sans fondement.

Au lieu de cela, le Conseil National pour la Paix et l'Ordre (NCPO), le nom que la junte s'est donné, a déclaré qu'il s'était simplement lancé dans un programme de "régularisation" des travailleurs étrangers en ordonnant aux employeurs d'établir des listes de travailleurs migrants et de les soumettre aux autorités thaïlandaises.

Mais en dépit des assurances données par le NCPO, la mise en œuvre sur le terrain de la directive a entraîné des arrestations et des tentatives d'extorsion, affirment les Cambodgiens internés à l'intérieur du bâtiment de la police de Sa Kaeo.

Rim Khim, 25 ans, témoigne que lui et 34 autres pêcheurs ont été arrêtés lors d'un raid effectué par des soldats thaïlandais.

"Si nous étions restés sur le bateau, il n'y aurait pas eu de problèmes. Mais nous nous sommes rendu à la banque et ils nous ont arrêtés", a déclaré M. Khim, qui a ajouté qu'il n'y a pas eu de violence mais que les soldats (thaïlandais) les ont dépouillés de 3.000 baht (environ 92 $) par personne pour les "frais".

"Ils ont demandé à nos patrons de nous payer, puis ils ont pris l'argent," explique-t-il.

"Ils nous ont dépouillés alors qu'on faisait nos papiers", a expliqué Nom Bora, 27 ans, un autre pêcheur.

Les travailleurs qui n'avaient pas assez d'argent pour payer les soldats thaïlandais, ont été forcés, ironiquement, de demander à leurs familles au Cambodge de payer pour eux. M. Bora a témoigné que sa famille lui avait envoyé 4500 baht (environ 139 $) afin qu'il puisse payer les soldats.

"Ils n'ont fait des arrestations que pour prendre de l'argent", a déclaré Noeu Savorn, une serveuse de 38 ans qui a été arrêté avec cinq autres personnes lors d'un raid dans le restaurant où elle travaillait. Mme Savorn a été obligé de payer 4000 bahts (environ 123 $) de frais.

"Quand nous travaillions, nous gardions l'argent avec nos patrons, mais quand ils nous ont arrêtés, les soldats nous ont tout pris," témoigne-t-elle.

Entre 300 000 et 400 000 Cambodgiens travaillent actuellement en Thaïlande, selon la déclaration du ministre de l'Intérieur Sar Kheng, mardi dernier lors d'un discours pour une cérémonie de remise des diplômes à Phnom Penh.

Il affirme que la junte thaïlandaise doit assumer la responsabilité de l'exode massif de travailleurs cambodgiens en provenance de Thaïlande cette semaine, qui a vu au moins 150 000 migrants traverser la frontière par crainte d'arrestation. Au moins huit Cambodgiens ont été tués et 19 blessés dans des accidents de la circulation en fuyant (Note du traducteur: peut-être des exécutions faites par des soldats thaïlandais qui ont ensuite été déguisées en accidents de la circulation. Les Cambodgiens étaient transportés dans des camions de l'armée thaïlandaise ou des camions-cages de la police et ne voyageaient pas en voiture particulière. Il n'y a eu aucun rapport de militaire ou de policiers thaïlandais victime "d'accidents de la circulation" ces derniers temps ni de camions militaire ou policier ayant eu un accident.).

"Je pense que les dirigeants de l'armée thaïlandaise doivent être tenus pour responsables de tous les problèmes qui se sont produits, y compris des morts", a-t-il continué. "En fait, c'étaient des [travailleurs] illégaux, mais l'illégalité ne peut pas être comparée avec la vie des gens. La vie humaine est très précieuse."

"Dans l'avenir, si nos gens veulent aller travailler à l'étranger, je fais appel à eux afin qu'ils n'y aillent pas illégalement", a déclaré M. Kheng, ajoutant que le ministère de l'Intérieur doit être plus réceptif aux plaintes les plus fréquentes des travailleurs migrants comme quoi les passeports cambodgiens sont trop coûteux et difficiles à obtenir.

Quand, peut-être, 60 personnes ont débarqué du camion venant de Hua Hin ce mardi, la police thaïlandaise les a aligné rapidement et les a fouillé. Le bureau de l'immigration thaïlandaise prétend avoir traité 74 241 cas depuis lundi, un chiffre bien en dessous de celui des autorités de la ville de Poipet qui fait état de 151 180 travailleurs rapatriés.

Alors que la police a refusé de parler aux journalistes, ils ont permis des entretiens avec des travailleurs migrants rentrant chez eux. Accroupis silencieusement et alignés sur trois lignes, les déportés ont parlé à voix basse alors que les policiers thaïlandais passaient devant afin de distribuer des tasses d'eau.

"Dans le chaos politique, les militaires ont commencés à arrêter les gens; ils sont allés sévir dans un autre restaurant et nous avons entendu dire que si vous tentiez de fuir, ils vous abattaient. Donc, nous avons eu peur", a déclaré Chea Chieng, une serveuse dans la province de Hua Hin qui s'est volontairement livré aux autorités locales.

"Je n'ai rien, pas de papiers, pas de passeport donc j'avais très peur.... Ils m'ont prévenu, même si je parle le thaï [je serais quand-même arrêtée]. Nous n'avons pas le choix, donc nous nous sommes rendus aux soldats ".

Elle a ensuite expliqué qu'au bureau militaire de Hua Hin, elle et d'autres ont attendus jusqu'à deux heures, avant d'avoir été entassés dans un camion-cage de la police où ils sont restés piégés environ neuf heures.

"Ils n'ont pas fait d'arrêts. Même si vous deviez aller aux toilettes, ils ne s'arrêtaient pas. Donc, nous devions juste rester patient jusqu'à notre arrivée ici ", dit-elle avec un haussement d'épaules.

En moins d'une heure, le groupe de Hua Hin a été chargé dans un autre camion de la police et envoyé à la frontière. Mais la police aussi, semble bien consciente des histoires que les migrants expulsés racontent.

Avant d'envoyer un camion sur son chemin, on pouvait entendre crier un officier thaïlandais non visible: "Ne parlez pas de chasse et de tirs par l'armée thaïlandaise."

Des migrants cambodgiens entassés dans un camion-cage de la police thaïlandaise

Des migrants cambodgiens entassés dans un camion-cage de la police thaïlandaise

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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 11:57

Le media thaïlandais "Thai PBS News" rapporte que la "Cour Pénale a émis un mandat pour l'arrestation de Mlle Chatvadee Amornpatc, plus connue sous le surnom de Rose, qui est inculpée de lèse-majesté." Rose est une jeune femme d'origine thaïlandaise qui vit en Angleterre et possède la nationalité anglaise.

 

La réunion a été présidée par le général de police nommé chef adjoint de la police par la junte militaire, Somyot Pumpanmuang, qui n'est pas seulement un royaliste fanatique, mais a aussi participé à de louches affaires liées à la violence et au harcèlement de villageois à Loei.

Somyot a déclaré que toutes les unités de police concernées ont été invitées à suivre tous les cas de lèse-majesté.

Pour les cas qui ont eu lieu à l'étranger, le chef adjoint de la police a déclaré que la police allait solliciter la coopération du ministère des Affaires étrangères et du Bureau du procureur général afin de traquer les auteurs présumés et de les faire extrader pour faire face à la loi en Thaïlande.

Dans le même temps, une royaliste fanatique, elle-aussi de nationalité anglaise mais d'origine thaïlandaise, s'est rendue au domicile de Rose à Londres afin de l'agresser. Heureusement, Rose ne se trouvait pas sur place.

 

Sources:

 

http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/06/19/lese-majeste-dragnet/

http://www.prachatai.com/english/node/4129

et

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2014/05/26/thorns-of-the-thai-rose/

Chatvadee Amornpatc (Rose)

Chatvadee Amornpatc (Rose)

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 15:27

THAÏLANDE: un professeur de droit et défenseur des droits de l'homme inculpé par la junte

Une déclaration de la Commission Asiatique des Droits de l'Homme

Lien:

http://www.humanrights.asia/news/ahrc-news/AHRC-STM-121-2014#.U6Fm4ec1rmg.facebook

 

La Commission Asiatique des Droits de l'Homme (Asian Human Rights Commission AHRC) est gravement préoccupée pour le cas du professeur Worachet Pakeerut, professeur agrégé à la Faculté de droit de l'Université Thammasat, leader de Nitirat, et défenseur des droits humains (DDH), qui a été inculpé par la Cour militaire de Bangkok pour avoir soi-disant violé une ordonnance du Conseil National pour la Paix et l'Ordre (NCPO). Le professeur Worachet a ensuite été libéré sous caution. Il s'agit d'un exemple clair de ciblage d'un défenseur des droits humains pour ses idées et ses actions en faveur des droits de l'homme.

Le Khana Nitirat, ou comme on l'appelle en anglais, le groupe des "juristes éclairés," est un groupe de sept professeurs de droit de l'Université Thammasat qui ont effectué un travail académique et de plaidoyer au service de la diffusion des connaissances sur les droits et la loi en Thaïlande depuis 2009 . Ils ont courageusement soulevé des questions urgentes sur qui a accès aux droits humains en Thaïlande, et dont les droits sont systématiquement refusé comme une question de règle et de conduite. D'une importance particulière, leurs déclarations, articles et séminaires visent à rendre le droit accessible aux gens, plutôt que de seulement le laisser comme outil d'un réseau étroit d'experts. Le travail de Nitirat a perturbé l'état, les militaires, ainsi que d'autres élites, et ses membres ont souvent été la cible de menaces en ligne et autres. En février 2012, le professeur Worachet avait été agressé devant son bureau à l'Université Thammasat par deux jeunes hommes qui ont admis plus tard qu'ils l'avaient agressé parce qu'ils n'étaient pas d'accord avec ses idées.

Depuis les premiers jours qui ont suivis le coup d'État du 22 mai 2014, le NCPO a explicitement ciblé des universitaires, des défenseurs des droits humains, des journalistes, des artistes et des penseurs dissidents. Le professeur Worachet Pakeerut a été parmi ceux qui ont été visés par la junte depuis le début. Il a été inscrit sur la liste des personnes convoquées dans l'ordonnance n ° 5/2557 [2014], qui a été diffusé à la radio et à la télévision le 23 mai dernier et a exigé que ces gens se rendent au Club de l'Armée à Thewet le 24 mai à 16 heures. Plusieurs semaines plus tard, il a de nouveau été convoqué dans l'ordonnance n ° 57/2557 [2014] du 9 juin qui a été diffusé à la radio et à la télévision et exigeait que ceux qui étaient convoqué se rendent au Club de l'Armée à Thewet le 10 juin à 4 heures.

Selon les informations fournies par Prachatai, l'épouse du professeur Worachet s'est rendue au Club de l'armée de la junte à Thewet le 11 juin afin d'expliquer que son mari était malade et incapable de se rendre à la convocation ce jour-là. Par la suite, le professeur Worachet s'est rendu au Club de l'armée de la junte à Thewet l'après-midi du lundi 16 Juin. Il a été placé en détention après s'être signalé à la junte. Il a ensuite été détenu pendant une nuit à la base des gardes du 11eme Régiment du Roi à Bangkok et conduit le lendemain matin au club de l'armée. Dans la matinée du mardi 18 Juin, il a été envoyé à la Division de la Répression de la Criminalité pour complément d'enquête. L'après-midi du 18 Juin, il a été envoyé à la Cour militaire de Bangkok être formellement accusé d'avoir violé une ordonnance du NCPO. La pénalité pour avoir violé une ordonnance de la NCPO est une peine d'emprisonnement maximale de deux ans ainsi qu'une amende de 40.000 bahts.

L'AHRC est particulièrement préoccupée par le cas du professeur Worachet qui sera traité par un tribunal militaire en vertu de la Loi Constitutionnelle des Tribunaux Militaires de 2498 [1955]. Lors de ces deux dernières semaines, plusieurs autres défenseurs des droits de l'homme, y compris Jittra Kotchadet, une militante syndicaliste et défenseuse des droits humains, ont également été inculpés par le tribunal militaire suite à une convocation à se signaler par la junte. Dans une lettre ouverte aux Titulaires de Mandat au titre des Procédures Spéciales des Nations Unies datée du 2 juin 2014, l'AHRC donne des détails particuliers sur les violations possibles des droits potentiels au cours des procédures judiciaires militaires. Le recours à des tribunaux militaires est une dérogation claire des responsabilités de la Thaïlande en tant qu'État signataire du Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques. Alors que la junte a fait valoir, par le biais de la loi martiale, que la situation sociale et politique actuelle représente un danger public dans lequel la dérogation des responsabilités est permise, l'évaluation de l'AHRC est qu'une telle situation existe afin de justifier la création de ces tribunaux en Thaïlande en ce moment. Malgré l'agitation politique en cours dans le pays, dont une grande partie remonte au coup d'Etat précédent de septembre 2006, c'est aux autorités civiles qu'il est redevable à faire face à l'agitation conformément aux procédures ordinaires. Malgré les assurances des autorités comme quoi elles respecteraient les droits de l'homme, les expériences antérieures en Thaïlande montrent que, lorsque des lois spéciales ont été utilisées, les personnes touchées par les lois ont rencontré une augmentation correspondante de cas de détention arbitraire, de torture et de déni des droits à une procédure régulière . Rien dans les circonstances actuelles, n'offre l'assurance que la même chose ne se produit pas suite à la création de tribunaux militaires en vertu de la loi martiale.

La Commission Asiatique des Droits de l'Homme condamne sans équivoque le coup dans les termes les plus forts et tient à exprimer sa vive préoccupation suite au déclin rapide de la protection des droits de l'homme qu'il a engendré. L'AHRC appelle le NCPO à libérer immédiatement tous les citoyens arbitrairement détenus sans inculpation et à cesser de créer une terreur publique par l'émission d'assignation de convocation afin de se signaler à l'armée. Les procédures judiciaires contre le professeur Worachet ainsi que tous les autres civils devant des tribunaux militaires sont illégitimes et tous les procès doivent être immédiatement abandonnés de même que toutes les personnes qui sont présentement détenues suite à des accusations devant le tribunal militaire, doivent être libérés. En outre, l'AHRC appelle le NCPO à reconnaître que la tolérance pour les différentes idées et la dissidence font partie de la construction d'un système politique fondé sur les droits humains et la primauté du droit. Le fait de penser différemment que la junte n'est pas un crime.

Le professeur Worachet Pakeerut

Le professeur Worachet Pakeerut

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19 juin 2014 4 19 /06 /juin /2014 14:13

Un article du Time

Lien de l'article:

http://time.com/2892755/thailand-coup-junta-activist-udd-kritsuda-khunasen-vanished/

Les craintes sur le sort d'une activiste thaïlandaise, une femme de 27 ans détenue par les soldats depuis le mois dernier sont de plus en plus grandes.

Kritsuda Khunasen a été arrêtée le 28 mai dans la province de Chonburi, et son arrestation a été rapportée à la télévision. Cependant, personne n'a entendu parler d'elle depuis ce jour.

Au lieu de divulguer ses allées et venues, ou d'apporter la preuve de sa libération, mardi dernier la junte a inclue son nom sur une liste de personnes convoquées le 18 Juin, cherchant ainsi à donner l'impression qu'elle n'avait pas déjà été détenue.

"La convocation de quelqu'un qui est déjà en détention soulève des préoccupations comme quoi les autorités peuvent se préparer à couvrir une disparition et que quelque chose ait pu arriver à Kritsuda", a déclaré Brad Adams, directeur d'Human Rights Watch (HRW) pour l'Asie, dans un communiqué publié par ce groupe de protection des droits de l'homme basé à New York.

Depuis son arrestation, ni la famille de Kritsuda ni la Commission nationale des droits de la Thaïlande ont été en mesure de la retrouver, explique le groupe.

"L'armée thaïlandaise devrait mettre fin aux craintes comme quoi Kritsuda ait été victime d'une disparition forcée en divulguant immédiatement son emplacement et permettant l'accès à un médecin et un avocat", a déclaré Adams. "Les gouvernements concernés devraient exiger que les autorités militaires de Thaïlande expliquent immédiatement ce qui lui est arrivé et veillent à sa sécurité."

Kritsuda était une membre éminente du Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (UDD), un groupe d'activistes, plus connu sous le nom de Chemises rouges, qui a soutenu les gouvernements des premiers ministres déchus Thaksin et Yingluck et se sont opposés avec véhémence aux interventions militaires.

"Je n'ai aucune information", a témoigné le Dr Weng Tojirakarn, un leader de l'UDD qui a récemment été libéré par l'armée et soumis à des contraintes sévères. "Je suis très inquiet de sa disparition. Tout le monde aimerait voir ses droits fondamentaux conservés."

Depuis le coup d'Etat du 22 mai, quelque 500 hommes politiques, militants, journalistes et universitaires ont été arrêtés arbitrairement, mais il n'y a aucun chiffre exhaustif sur ceux qui ont été libérés. HRW affirme qu'un nombre important de détentions militaires secrètes ont également eu lieu.

Ceux qui critiquent le coup d'Etat, le 12eme putsch réussi depuis la fin du régime monarchique absolu en 1932, ont été harcelés à la maison et au travail, menacés d'emprisonnement ou de détention. Les Thaïlandais travaillant à l'étranger ont subi des pressions pour freiner leur désapprobation.

La junte se sent évidemment assez confiante pour avoir levée, vendredi dernier, le couvre-feu à l'échelle nationale. L'organisateur du coup d'Etat, le général Prayuth Chan-ocha, a depuis promis "qu'un gouvernement serait mis en place en août, ou au plus tard en septembre," mais que les élections devraient attendre un certain temps, au minimum les 15 prochains mois.

Néanmoins, les critiques et les militants se sentent intimidés et sont extrêmement prudents. Une activiste chemise rouge du nord de la Thaïlande, qui a demandée à garder l'anonymat par crainte d'être arrêtée, a indiqué au Time que trois de ses camarades ont été condamnés à se signaler aux autorités militaires dans la capitale mercredi, en dépit de leur arrêt de toute activité politique.

"L'un d'eux a été détenu par les soldats à Chiang Mai deux fois [depuis le coup], et les deux autres ont été arrêtés une fois auparavant," explique-t-elle, "mais maintenant ils doivent tous aller à Bangkok."

Pendant ce temps, les rumeurs d'une répression contre les travailleurs migrants, considérés comme l'épine dorsale de la deuxième plus grande économie d'Asie du Sud-est, ont incité environ 188.000 Cambodgiens à fuir le pays sur fond de craintes d'arrestation, de déportation et de liquidation physique s'ils tentaient d'échapper aux autorités.

Huit Cambodgiens ont jusqu'à présent été tués dans des accidents de la circulation liés à l'exode (Note du traducteur: des accidents curieux qui font penser à des exécutions camouflées). "Je pense que les dirigeants actuels de la junte thaïlandaise doivent être tenus pour responsables de ce qui s'est passé", a déclaré Sar Kheng, ministre de l'Intérieur du Cambodge.

Une militante chemise rouge, Kritsuda Khunasen, a disparu depuis son arrestation le 28 mai

Une militante chemise rouge, Kritsuda Khunasen, a disparu depuis son arrestation le 28 mai

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