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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 15:02

CP sont les initiales du groupe Charoen Pokphand, dont le propriétaire est Dhanin Chearavanont, un sino-thaï vivant la plupart du temps à Hong-Kong et parlant le thaï avec un terrible accent chinois. Dhanin est un multi-milliardaire. C'est la deuxième fortune de Thaïlande.

CP Foods peut s'enrichir facilement vu que la plupart des produits que l'entreprise agroalimentaire vend viennent de l'esclavage.

Le journal anglais "The Guardian" a interviewé des dizaines de pêcheurs esclaves birmans et cambodgiens qui avaient réussis à s'enfuir. Ces hommes étaient obligés de travailler plus de vingt heures par jour, devaient se contenter d'un bol de riz quotidien pour toute nourriture et étaient régulièrement battus. Les témoignages recueillis par le journal font aussi état de tortures et d'exécutions par les esclavagistes ainsi que de suicides d'esclaves.

CP Foods n'est pas qu'un exportateur de crevettes mais produit aussi des plats surgelés et possède des industries de poulets destinés en grande partie à l'exportation. CP Foods possède aussi la "joint venture" (coentreprise) de tous les magasins 7/11 de Thaïlande.

Carrefour et Tesco font partie des chaînes de supermarchés qui se fournissent auprès de CP Foods.

Suite aux révélations du journal "The Guardian", l'entreprise française des hypermarchés Carrefour a décidé de suspendre ses achats de crevettes à CP Foods mais n'a pas parlé de suspendre ses achats de poulets industriels thaïlandais qui sont eux-aussi produits par l'entreprise esclavagiste thaïlandaise CP.

Le groupe britannique Tesco, également client de CP Foods, a quant à lui indiqué qu'il "continuerait à se fournir" auprès de cette entreprise mais allait "travailler avec elle pour améliorer les conditions de travail de ses employés".

On peut supposer que Tesco, qui possède aussi une "joint venture" (coentreprise) en Thaïlande avec CP Foods sous le nom de Tesco Lotus, va timidement réclamer à CP Foods de ne faire travailler ses esclaves que 18 heures par jour au lieu de 20.

Même les États-Unis ont pensés à mettre la Thaïlande sur une "liste noire" suite aux révélations sur l'esclavage dans les industries de pêche aux crevettes. Cette "liste noire" des États-Unis placerait la Thaïlande au même niveau que l'Iran et la Corée du Nord.

Nous appelons donc:

1 - à boycotter tous les produits CP Foods

2 - à boycotter les magasins 7/11 en Thaïlande

3 - à boycotter les magasins Tesco Lotus en Thaïlande

A chaque fois que vous romprez ce boycott, vous financerez l'esclavage d'un immigré cambodgien ou birman en Thaïlande.

 

Liens en français:

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2014/06/13/pecheurs-esclaves-carrefour-suspend-ses-achats-de-crevettes-aupres-de-l-entreprise-mise-en-cause_4437892_3216.html

http://www.lexpress.fr/styles/saveurs/des-esclaves-thailandais-derriere-les-crevettes-vendues-en-supermarches_1550259.html

 

Liens en anglais:

http://www.theguardian.com/global-development/2014/jun/10/supermarket-prawns-thailand-produced-slave-labour

http://www.theguardian.com/global-development/2014/jun/11/us-blacklist-thailand-prawn-trade-slavery-revelations

http://en.wikipedia.org/wiki/Charoen_Pokphand

Dhanin Chearavanont, l'esclavagiste sino-thaï propriétaire de CP Foods

Dhanin Chearavanont, l'esclavagiste sino-thaï propriétaire de CP Foods

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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 07:13

Déclaration de la Commission Asiatique des Droits de l'Homme:

Chers amis,

Nous souhaitons partager avec vous la déclaration suivante du Comité d'Action Cambodgien pour les Droits de l'Homme (Cambodian Human Rights Action Committee CHRAC)

Commission Asiatique des Droits de l'Homme

Hong-Kong

Lien:

http://www.humanrights.asia/news/forwarded-news/AHRC-FST-039-2014

 

Une déclaration du Comité d'Action Cambodgien pour les Droits de l'Homme (CHRAC) reprise par la Commission Asiatique des Droits de l'Homme

CAMBODGE: déclaration appelant le gouvernement thaïlandais à traiter humainement les travailleurs migrants cambodgiens dans le respect de leurs droits et de leur dignité

Le Comité d'Action Cambodgien pour les Droits de l'Homme (CHRAC) - une coalition de 21 ONG travaillant pour la promotion des droits de l'homme, la démocratie et l'Etat de droit au Cambodge déplore la décision de la junte thaïlandaise d'expulser les migrants cambodgiens en masse et exige que leur expulsion soit effectuée d'une manière qui respecte les droits de l'homme.

Depuis le 1er juin 2014 environ 40.000 travailleurs cambodgiens en Thaïlande se sont auto-expulsés ou ont été expulsés de force du pays par la junte militaire. Les enquêteurs de l'ADHOC ont reçu des témoignages crédibles qui rapportent que jusqu'à neuf migrants cambodgiens ont été tués, et que d'autres ont été battus par les forces armées thaïlandaises. Malheureusement, en temps de crise en Thaïlande, les Cambodgiens servent souvent de boucs émissaires. Beaucoup de travailleurs cambodgiens sont maintenant bloqués à la frontière et n'ont pas assez d'argent pour rentrer chez eux.

Dans le passé, les autorités de Thaïlande avaient fermé les yeux sur la présence d'immigrants illégaux nécessaires pour une économie en plein essor. Mais la situation a changé et le pays a connu une baisse du PIB de 2,1% dans le premier trimestre de 2014 par rapport au trimestre précédent.

La dignité humaine est un droit humain fondamental, comme mentionné dans l'article 1 de la Déclaration des Droits de l'Homme des Nations Unies que la Thaïlande et le Cambodge ont signés.

L'armée thaïlandaise a violé les droits de l'homme des travailleurs migrants cambodgiens sans-papiers quand elle les a expulsés de force du pays, en les plaçant dans des camions bondés. Ce traitement soumis à ces travailleurs est un traitement cruel, inhumain et dégradant interdit par le Pacte International Relatif aux Droits Civils et Politiques. En outre, en raison du manque de préparation et de coordination entre la Thaïlande et les autorités cambodgiennes, les travailleurs migrants ont été contraints de loger dans des tentes de fortune à la frontière, et des centaines d'autres travailleurs continuent d'arriver chaque jour. L'eau, la nourriture, les soins de santé et le logement sont très limités.

Pour traiter et améliorer la situation des droits de l'homme de ces travailleurs migrants cambodgiens, le CHRAC appelle et transmet les recommandations suivantes aux gouvernements thaïlandais et cambodgiens:

Le gouvernement thaïlandais doit mettre en place un processus convenable pour l'expulsion de travailleurs migrants cambodgiens, veiller à ce que le droit des travailleurs migrants cambodgiens soient respectés et informer l'ambassade du Cambodge et/ou les autorités consulaires en Thaïlande dans le cadre d'arrestation, de détention et de toute déportation nécessaire de travailleurs migrants cambodgiens et les traiter équitablement et humainement.

Le gouvernement thaïlandais doit promouvoir et respecter les droits de l'homme des travailleurs migrants et doit également respecter ses obligations internationales relatives aux droits de l'homme en ce qui concerne le traitement des travailleurs migrants cambodgiens en tant que membres de l'ASEAN.

Le gouvernement thaïlandais doit immédiatement enquêter sur les allégations de massacres de Cambodgiens.

Le gouvernement cambodgien devrait créer une commission ad hoc pour surveiller la situation des travailleurs migrants cambodgiens et les questions d'urgence auxquels font face les travailleurs migrants cambodgiens en Thaïlande et avoir un plan clair pour l'évacuation des travailleurs migrants cambodgiens, leur fournissant des abris temporaires, de la nourriture et de l'eau.

Le gouvernement cambodgien doit mettre en place des bureaux temporaires afin de fournir un soutien et une assistance d'urgence aux travailleurs migrants cambodgiens et diffuser largement ces bureaux temporaires afin qu'ils puissent agir là où les travailleurs migrants cambodgiens se trouvent.

Pour plus d'informations, contactez s'il vous plaît:

- M. Sok Sam Oeun, président de CHRAC, 012 901199

- M. Ny Chakrya, president de la section des Droits de l'Homme et de l'Aide Juridique (ADHOC), 011 274959

- M. Ya Navuth, directeur exécutif de Caram - Cambodge 012 961427

- M. Run Saray, directeur exécutif de LAC, 012 838341

- Mme Sith Hong Eang, Président par intérim de KYA, 017 788955

- M. Yong Kim Eng, président du PDP - Centre, 016 828211

- M. Suon Bunsak, chef du secrétariat du CHRAC, 092 344357

Des travailleurs migrants cambodgiens retenus par les autorités thaïlandaises

Des travailleurs migrants cambodgiens retenus par les autorités thaïlandaises

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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 18:24

"Les droits fondamentaux sont en jeu en Thaïlande" - des experts de l'ONU préoccupés par les détentions arbitraires et les restrictions

Lien:

http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=14696&LangID=E

 

GENÈVE (13 Juin 2014) - "La stabilité et la réconciliation ne peuvent guère être atteints en Thaïlande si les garanties des droits de l'homme sont négligés", a déclaré aujourd'hui un groupe d'experts indépendants des Nations Unies *, tout en exhortant les autorités actuelles à annuler toutes les mesures affectant les droits fondamentaux et à rétablir un régime démocratique dans le pays.

"Dans les moments de crise politique et de turbulence, il est essentiel de promouvoir le plein respect de la primauté du droit", ont souligné les experts des droits de l'homme.

"Les différentes limitations des droits fondamentaux mis en place depuis que l'armée a pris le contrôle du pays et que la Constitution a été suspendue sont profondément troublant", ont-ils noté. "Selon les témoignages de nombreuses personnes demeurent détenues arbitrairement, et des restrictions inacceptables continuent d'être imposées sur la liberté d'expression, d'association et de réunion pacifique."

Une préoccupation particulière a été exprimée à l'égard des effets refroidissants de la convocation par l'armée de plus de 440 personnes, dont des dirigeants politiques, des universitaires, des journalistes et des militants, dans des bases militaires. Beaucoup de gens restent en détention sans accès à leurs familles ou à un avocat. Certains sont détenus au secret dans des lieux inconnus et courent peut-être des risques de torture ou de mauvais traitements.

"La critique publique des autorités et la liberté des médias thaïlandais sont affectés par ces diverses mesures, y compris l'interdiction des rassemblements politiques de plus de cinq personnes et la fermeture présumée d'un grand nombre de radios communautaires," expliquent-ils.

"La restauration de l'espace pour le dialogue public est cruciale pour permettre que soient trouvées des solutions durables à l'impasse politique qui affecte la Thaïlande," ont souligné les experts.

Le groupe d'experts a demandé des informations aux autorités actuelles sur plusieurs allégations de violations des droits humains qu'ils ont reçus après l'imposition de la loi martiale le 22 mai 2014.

"Nous sommes prêts à engager un dialogue avec les autorités du pays", ont conclu les experts.

(*) Les experts: M. Mads Andenas, président-rapporteur du Groupe de travail sur la détention arbitraire; le Groupe de travail sur les disparitions forcées ou involontaires; M. Frank La Rue, rapporteur spécial sur le droit à la liberté d'opinion et d'expression; M. Maina Kiai, rapporteur spécial sur les droits d'association et à la liberté de réunion pacifique et M. Juan E. Méndez, rapporteur spécial sur la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants.

M. Frank La Rue, rapporteur spécial sur le droit à la liberté d'opinion et d'expression

M. Frank La Rue, rapporteur spécial sur le droit à la liberté d'opinion et d'expression

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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 16:01

Un article de Prachatai

La police de Roi-Et, une province du Nord-est a inculpé Sombat Boongamanong de lèse-majesté ce vendredi matin (13 juin).

Les accusations ont été déposées par Wiput Sukprasert, un businessman chemise jaune de Roi-Et, en Janvier 2014. Wiput, dont le nom de code est "IPad", a porté plainte contre au moins 15 personnes pour lèse-majesté compris Pravit Rojanaphruk, un ancien journaliste à The Nation, Surapot Taweesak, un  universitaire et chroniqueur pour Prachatai, ainsi que Chiranuch Premchaiporn, directrice de Prachatai. 

La police accuse Sombat d'avoir diffusé une image trafiquée diffamant la monarchie.

L'image est une image trafiquée des putschistes de 2006. Dans cette image, les photos de Suthep Thuangsuban, le chef de file du PDRC et d'une femme remplacent les photos du Roi et de la Reine, tandis que les faces des chefs de l'armée, de la Marine, de l'armée de l'air, de la police et du commandant suprême de l'époque avaient été remplacées par les visages des figures clés du PDRC et du Parti Démocrate.

Sombat a expliqué à Prachatai qu'il n'avait pas créé la photo trafiquée. Il a ajouté qu'il était très attentif à la question de la monarchie et n'avait jamais touché à la question.

Lien:

http://www.prachatai.com/english/node/4124

 

Dans un article du Straits Times publié auparavant, il était expliqué que Sombat risquait 14 ans de prison pour s'être opposé à la junte militaire.

Lien:

http://www.straitstimes.com/news/asia/south-east-asia/story/thai-anti-coup-leader-faces-14-years-jail-20140612

Sombat fait un geste signifiant une colombe tandis que la police l'escorte à la cour militaire. Le geste est devenu le dernier symbole adopté par les manifestants anti-coup d'Etat.

Sombat fait un geste signifiant une colombe tandis que la police l'escorte à la cour militaire. Le geste est devenu le dernier symbole adopté par les manifestants anti-coup d'Etat.

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 16:07

Un article de Thai Political Prisoners
Lien:
http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/06/12/more-lese-majeste-charges/
Beaucoup de lecteurs ont lu l'article de Prachatai qui fournit quelques détails sur deux autres accusations pour lèse-majesté ayant eu lieu sous la dictature militaire de Thaïlande. Nous publions ci-dessous presque intégralement cet article comme une question de triste record:
"Deux hommes ont été accusés de lèse-majesté après avoir été détenu pendant sept jours par l'armée. Le tribunal a rejeté leurs demandes de libération sous caution.
Mardi dernier, la police a inculpé Chaleaw J. et Kathawut B. de violation de l'article 112 du Code criminel, la loi de lèse-majesté. Ils ont été privés de liberté sous caution et emprisonnés à la maison d'arrêt de Bangkok.
Ils se trouvaient parmi 28 autres personnes convoquées par le Conseil National pour la Paix et l'Ordre (sigle anglais NCPO, il s'agit de la junte), en vertu de l'ordre numéro 44, mis en application depuis le 1er juin dernier. La plupart ont été libérés.
Chaleaw est un tailleur. Il a été interrogé à trois reprises et a également dû subir un interrogatoire avec l'aide d'un détecteur de mensonge, alors que la plupart des autres détenus n'ont été interrogés une seule fois, selon iLaw. Il est accusé d'avoir téléchargé des fichiers vidéo de l'Internet comportant de la lèse-majesté.
Kathawut est un animateur de radio dont les programmes, diffusé en ligne sur un site pro-chemise rouge situé à l'étranger, sont soupçonnés de contenir de la lèse-majesté."

 

 

Les arrestations se multiplient

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 15:34

Un article de Prachatai

Lien:

http://www.prachatai.com/english/node/4118

 

Un manifestant anti-putschistes a été détenu pendant sept jours et inculpé pour avoir défié la junte, tandis que sept autres manifestants anti-putschistes seront jugés par la cour martiale.

Le 9 Juin dernier, la police de la province de Chiang Rai a accusé Sarawut Kulomturapoj d'avoir protesté contre la junte et diffusé des messages anti-militaires sur Internet.

Le 31 mai dernier, les militaires ont perquisitionné sa maison situé dans le nord de la province de Chiang Rai, mais il n'était pas chez lui. Sarawut s'est ensuite rendu à l'armée le 1er Juin. Il a été emprisonné au camp militaire de Mengrai Maharaj pendant sept jours, puis détenu au poste de police de Chiang Rai durant une nuit avant d'etre libéré sous caution le 9 juin.

Sarawut a témoigné qu'il avait été accusé pour ses actions du dimanche 25 mai lorsque des manifestants anti-junte  avaient organisé un rassemblement anti-junte devant le McDonald de Chiang Rai parallèlement à la manifestation devant le McDonald du quartier Ratchaprasong à Bangkok.

"Brandir une pancarte n'est pas un crime", pouvait-on lire sur la banderole que Sarawut avait brandit devant le McDonald.

Il a été contraint de signer une condition pour mettre fin à ses activités politiques et à cesser d'exprimer ses opinions politiques sur la voie publique. Il devra se rendre à la cour martiale pour sa première audience le 14 juin prochain.

Alors que Sarawut n'a pas été arrêté sur les lieux, sept autres manifestants ont été arrêtés devant le restaurant de restauration rapide et font maintenant face à procès devant le tribunal militaire.

Les sept manifestants, dont parmi eux, des dirigeants chemises rouges locaux, se sont signalés à la cour martiale le mardi 10 juin. Ils doivent se déclarer à nouveau le 13 juin.

Ils sont accusés d'avoir participé à une assemblée publique de plus de cinq personnes et risquent une peine d'emprisonnement d'un an ainsi qu'une amende de 20.000 bahts.

Justice thaïlandaise

Justice thaïlandaise

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 02:17

Les diplomates de Bangkok ont reçus l'ordre de s'occuper des dissidents à l'étranger et de les faire extrader

Un article d'Asia Sentinel

Lien:

http://www.asiasentinel.com/politics/thai-generals-go-exiles-academics/

 

Le ministère des Affaires étrangères à Bangkok a appelé les ambassadeurs et consuls généraux thaïlandais de 22 pays dans le but de trouver des moyens de travailler avec les pays d'accueil afin de faire rapatrier les universitaires ainsi que d'autres critiques de la junte.

Beaucoup d'universitaires ainsi que d’autres thaïlandais vivants à l'étranger ont profondément critiqués le nouveau régime dirigé par le chef de l'armée, Prayuth Chan-ocha, à la suite du coup d'État le 22 mai dernier. La répression s'intensifie et jusqu'à 350 militants ont été forcés de comparaître devant la junte, qui vise ainsi à lutter contre la dissidence, avant d'être arrêté et détenu pendant sept jours.

Une réunion des ambassadeurs et consuls généraux s'est tenue au ministère thaïlandais des Affaires étrangères ce mercredi pour discuter des moyens de forcer le retour des militants et des autres refugiés qui sont à l'étranger. Un nombre indéterminé de militants auraient fui au Cambodge pour échapper à la junte.

15 universitaires environ seraient ciblés, selon des sources du ministère des Affaires étrangères. Parmi eux se trouve Pavin Chachavalpongpun, un professeur associé du Centre d'études sur l'Asie du Sud-est de l'Université de Kyoto et un collaborateur régulier d'Asia Sentinel.

Également sur la liste se trouve Giles Ji Ungpakorn, un critique féroce qui vit en exil au Royaume-Uni depuis plusieurs années. L'ancien prisonnier politique thaï/américain Joe Gordon, maintenant aux États-Unis, est aussi sur la liste ainsi que Jakrapob Penkair, un chef de file des Chemises rouges du Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (UDD), qui a longtemps été recherché pour des accusations de violation de la stricte loi de lèse-majesté du pays. Jakrapob est un allié de l'ancien Premier ministre déchu Thaksin Shinawatra.

Les groupes locaux des droits de l'homme estiment que quelque 200 personnes sont toujours en détention, soit à Bangkok soit dans d'autres parties du pays, notamment le Nord et le Nord-est, où le soutien pour le régime évincé du Pua Thai, dirigé par l'ancienne première ministre Yingluck Shinawatra, est le plus fort.

Dans un article publié le 25 mai dernier par Asia Sentinel, Pavin a expliqué qu'il nie la légitimité du coup d'Etat et refuse de retourner en Thaïlande. Des sources du ministère des Affaires étrangères affirment que l'ambassadeur thaïlandais à Tokyo et le consul général à Osaka ont tous les deux été informé que s'ils ne parvenaient pas à forcer l'universitaire à rentrer, ils seraient confrontés à la perspective d'être transféré ou d'être forcé de quitter le service extérieur. On ne sait pas si d'autres fonctionnaires du service extérieur ont reçu les mêmes ordres.

Il est également difficile de savoir comment l'Université de Kyoto va répondre à l'appel de la junte. Le Centre d'études de l'Asie du Sud-est a la réputation de soutenir la liberté académique et a auparavant offert une bourse à Aung San Suu Kyi avant qu'elle n'entre en politique et soit placée en résidence surveillée par la junte birmane.

Il semble y avoir peu de chose que le ministère thaïlandais des Affaires étrangères puisse effectivement faire pour contraindre ses citoyens vivant à l'étranger à revenir de leur exil dans les pays démocratiques. Ces pays seraient peu susceptibles d'extrader les universitaires ou les autres refugiés dans un pays qui serait susceptible de les jeter en prison pour avoir exercé leur liberté d'expression. Le Cambodge, qui a des relations tendues avec la Thaïlande, n'est pas non plus susceptible d'extrader quelqu'un dans ce pays.

Les observateurs en Thaïlande parlent de la "pression" appliquée contre les dissidents et les critiques, et soulignent que beaucoup de gens ont peur de parler par crainte de faire face à des tribunaux militaires d'une puissance extraordinaire.

"Ils ont ordonné aux gens de garder le silence", a déclaré une source. "Et la plupart le font car ils ont peur."

Quelques 26 éminents spécialistes des études thaïlandaises, dont Thongchai Winichakul de l'Université du Wisconsin à Madison et ancien président de l'Association des études asiatiques, ont signé une lettre dénonçant le coup d'Etat, comme l'ont fait un certain nombre de gouvernements occidentaux, y compris les États-Unis, l'Australie et le Royaume-Uni.

Le coup d'Etat a été condamné par la Commission Asiatique des Droits Humains (Asian Human Rights Commission AHRC). Dans un communiqué, l'AHRC a déclaré qu'elle "condamne sans équivoque le coup d'Etat et tient à exprimer sa vive préoccupation sur le déclin rapide de la protection des droits de l'homme qu'il a engendré. L'AHRC appelle le Conseil National de la Paix et l'Ordre à libérer immédiatement tous les citoyens arbitrairement détenus sans inculpation et de cesser de créer une terreur publique par l'émission d'assignation de convocation pour se signaler à l'armée".

Comme Asia Sentinel l'a rapporté le 6 Juin dernier, la junte tente d'effacer toute opposition à sa stratégie officiellement concocté de "Bonheur Rendu au Peuple". Le slogan est régulièrement répété dans des bannières et des émissions. Le régime va "augmenter le bonheur du peuple", a promis Radio Thaïlande le 4 Juin dernier.

La réponse de Joe Gordon à sa convocation par la junte

La réponse de Joe Gordon à sa convocation par la junte

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 02:13

Cliquer "like" sur une déclaration anti-coup ou anti-militaire sur Facebook est désormais un crime. Il n'est maintenant légal que d'aimer le leader, les militaires, la junte et le Roi.

Prachatai rapporte que la police a décrété "qu'aimer" ou exprimer une approbation pour des messages anti-militaires ou anti-junte est désormais un crime. Bien sûr, "partager et aimer des pages lèse-majesté de Facebook" a toujours été un acte ignoble qui peut conduire une personne en prison pour plusieurs années. Maintenant, le même sort attend tout thaïlandais qui pourraient envisager qu'une dictature militaire est mauvaise pour leur pays.

Les dirigeants militaires, qui sont eux-mêmes des criminels pour leur sabotage en série du processus électoral, la destruction de l'ordre constitutionnel, la corruption endémique et le meurtre de leurs concitoyens, sont ceux qui devraient être enfermés. Mais ils sont si désespérément dépourvu de bon sens que "aimer" est devenu un crime. Les protestations silencieuses sont également un crime. La vente de sandwiches pour protester contre l'interdiction du salut de solidarité d'Hunger Games est un crime. Le salut de solidarité d'Hunger Games est un crime. Monter un spectacle est un crime. La lecture en silence de 1984 est un crime. Faire un petit signe anti-coup est de la criminalité. Dire la vérité sur ce régime est un crime. Ne pas apprendre à aimer les dictateurs fascistes est un crime.

L'autodafé des livres n'est pas loin.

Mise à jour: La société de télécoms norvégienne Telenor exploite le deuxième réseau en Thaïlande. Elle a confirmé qu'elle avait "temporairement bloqué l'accès à Facebook" le 28 mai sur les ordres des dictateurs militaires de Thaïlande. Il est précisé que "Tor Odland, responsable de la communication chez Telenor Asie a dit que la Commission de radiodiffusion et de télécommunications nationale de Thaïlande avait tenu une réunion avec les principaux fournisseurs des services Internet du pays après le coup d'Etat du 22 mai. Le 28 mai, l'entreprise DTAC, qui appartient à Telenor, a reçu des instructions de la commission afin de bloquer l'accès à Facebook en Thaïlande pendant une heure dans une mesure qui a pu avoir un impact sur 10 millions d'utilisateurs".

Ne pas aimer l'armée est un crime
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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 04:56

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/06/09/what-do-the-junta-really-want/

 

C'était évident dès le départ que les objectifs de la junte militaire n'avaient rien à voir avec une tentative sincère de rétablir la paix entre les deux côtés opposés de la crise de la Thaïlande. Comment cela aurait-il pu l'etre? Les militaires faisaient partie de ceux qui voulaient mettre à bas le système démocratique dès le début.

Ils ont organisé un coup d'Etat au début de 2006, ont rédigé une nouvelle constitution moins démocratique, et nommé la moitié du sénat et la plupart des membres des organismes dits indépendants. Ils ont ensuite travaillé avec les juges afin de contrecarrer les désirs de l'électorat en affaiblissant les gouvernements élus et installant au pouvoir le gouvernement non élu du Parti Démocrate dirigé par Abhisit Vejjajiva et Sutep Tueksuban. En 2010, quand les Chemises rouges ont protesté par milliers pour exiger des élections libres et équitables, le chef de la junte actuelle, le general Prayut Chan-ocha, a ordonné à ses troupes de massacrer près de 90 citoyens non armés dans les rues. Lorsque le gouvernement Pua Thai de Yingluk a été élu par une majorité écrasante de la population en 2011, et ce contre la volonté exprimée publiquement du general Prayut, l'armée a attendu et n'a rien fait alors que les bandes armées de Sutep Tueksuban parcouraient les rues, occupaient des bâtiments gouvernementaux et sabotaient l'élection de février.

Mais que veulent vraiment les militaires? Ils n'ont probablement pas programmé an avance le présent coup d'Etat, mais ont agis de façon opportuniste lorsque leurs alliés parmi les voyous et les classes moyennes anti-démocratiques du Parti Démocrate ont créé les conditions d'intervention. Les alliés de l'armée sont, bien entendu, pour ce putsch, tout comme les Chemises jaunes avaient déjà soutenus le coup d'Etat en 2006.

L'arrogance de la présente junte, avec sa chaîne de décrets, ses violations flagrantes des droits de l'homme et sa stupide campagne de "bonheur", me rappelle les dictateurs betes mais brutaux de la fin des années 1960 comme Sarit, Tanom et Prapart. Mais ils ne peuvent certainement pas vraiment être assez stupide pour croire qu'ils peuvent revenir en arrière, surtout apres l'évolution de la société thaïlandaise au cours des 40-50 dernières années?

Peut-être que Prayut et la masse de ses partisans serviles sont vraiment stupide, ou peut-être qu'ils se sont engagés dans un énorme pari.

Il ne fait aucun doute que les Thaïlandais, dans leur grande majorité, sont furieux et bouleversés par la façon dont leurs souhaits démocratiques ont été bafoués à plusieurs reprises et dont les conservateurs les ont insultés comme étant "trop ​​stupides pour mériter le droit de vote". Beaucoup sont aussi en colère apres avoir constaté comment les conservateurs créent des obstacles à la modernisation.

Mais peut-être que la junte joue sur l'idée que si elle crée un climat de peur, ce qu'elle est en train de faire, les gens finiront par se démoraliser et demeureront inactifs. Cela ne fonctionnera pas si les militants de la démocratie s'organisent et continuent une lutte de faible intensité qui pourra à nouveau deboucher sur un soulèvement de masse comme en 1973, 1992 ou 2010.

Taksin, le Pua Thai et les dirigeants chemises rouges de l'UDD ont certainement essayé de faire en sorte que les Chemises rouges restent inactifs, en espérant qu'un jour ils pourront faire un retour en politique, indépendamment de l'état actuel du processus démocratique. Mais les manifestations qui ont été organisées immédiatement après le coup d'État n'étaient pas sous leur contrôle et beaucoup de Chemises rouges sont en colère contre leurs propres dirigeants.

Même si la junte parvient à forcer le respect et à démoraliser la majorité des citoyens, cela ne fera que dissimuler les fissures dans la société. Les racines de la crise se trouvent dans les inégalités flagrantes de la société et la façon dont la majorité des citoyens se sentent politiquement marginalisé alors que, dans le même temps, ils comprennent que les choses devraient être mieux. Lorsque les gens retrouveront leur confiance pour lutter, la crise explosera à nouveau et si les gens apprennent les leçons des précédents revers, ils exigeront le retrait de la totalité du vieil ordre.

Vous ne serez pas en mesure d'avoir une telle analyse si vous croyez encore que la crise ne concerne que les élites et la question de la succession.

Interpelation d'un manifestant pro-démocratie par les militaires

Interpelation d'un manifestant pro-démocratie par les militaires

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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 07:13

Le 5 Juin dernier, Sombat Boonngamanong a été arrêté dans la province de Chonburi.

Il avait cependant laissé un message pré-enregistré à diffuser sur Youtube et les médias sociaux en cas d'arrestation.

Ci-dessous la traduction en français de son message:

"Bonjour à mes frères et sœurs, au peuple et à tous ceux à qui le pouvoir souverain appartient. C'est moi Sombat Boonngamanong. Si vous écoutez ce message, cela signifie que je suis détenu, ou que je suis dans l'incapacité d'être contacté.

Je veux vous transmettre un message. Tout d'abord, je vous prie de croire que "la souveraineté" appartient à tout le monde: cela signifie que "la plus grande puissance" devrait en fait appartenir au peuple.

Sur la base du principe ci-dessus, nous avons un droit légitime de manifester afin d'exprimer notre avis que "faire un coup d'Etat" constitue la destruction de ce principe. Ce n'est pas seulement une question politique, mais c'est aussi une question de droits de l'homme, parce que c'est un "droit fondamental." Il s'agit du droit politique fondamental du "peuple" d'affirmer que: "Nous sommes partenaires, nous sommes une partie de ce pays" et, comme tel, nous faisons partie "des gens qui possèdent ensemble la souveraineté".

Même si j'ai été convoqué afin de me reporter moi-même [à l’armée] et qu'il a été annoncé que j'ai été arrêté et détenu, et même si j'ai été menacé de bien des façons, je tiens à vous dire que je ne me sens pas un malfaiteur. Mais je sens toujours au fond de moi que "je fais partie de ceux qui possèdent la souveraineté."

C'est en fait de quoi je suis accusé et je me tiens sur ce principe.

Et quoi qu'il m'arrive, je tiens à affirmer que ce n'était pas une erreur de ma part.

Car il faut insister pour nos droits jusqu'à la fin. Même si je suis emprisonné, battu, ou tout autre chose, peu importe. Ce n'est pas "le prix que je dois payer", mais c'est un acte de crime politique contre le peuple de ce pays qui aspire à la liberté et à l'égalité.

S'il vous plaît, continuez votre mission historique qui est de faire que la démocratie évolue et devienne plus forte et plus large. Même si je suis dans l'incapacité de me joindre à la lutte, pour diverses raisons, peu importe.

J'espère que mes frères et sœurs chercheront et inventeront des moyens de luttes pacifiques afin de rétablir notre système démocratique, qui a été détruit plusieurs fois de suite, jusqu'à ce qu'il puisse se relever.

Mes remerciements à tout le monde et au revoir".

Ci-dessous, le message de Sombat Boonngamanong sur Youtube:

http://www.youtube.com/watch?v=_tDtXyJh-LM

 

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Published by liberez-somyot
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