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10 juin 2014 2 10 /06 /juin /2014 06:58

L'armée thaïlandaise cherche à unir un pays polarisé

Un article de la BBC

Lien:

http://www.bbc.com/news/world-asia-27735992

 

Les villages "rouges" d'Udon Thani ne sont plus rouges. Suite aux ordres des autorités militaires, les drapeaux rouges et les banderoles ont disparu, les portes et les bâtiments qui avaient été peints en rouge ont été repeints.

Aujourd'hui, peu de gens sont assez courageux pour porter des chemises rouges.

Un des premiers actes de l'armée, après son coup d'Etat à Bangkok, a été de détenir, ou de convoquer, tous ceux qui ont eus des rôles de leadership importants dans l'UDD, le mouvement principal des chemises rouges.

Ce mouvement avait été créé il y a six ans afin de lutter contre les groupes chemises jaunes royalistes dédiés à faire tomber les gouvernements liés à la famille de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra.

"Je ne peux pas manger, je ne peux pas dormir, cela ressemble à de la torture pour moi. J'aimerais parler, mais si je le faisais, je devrais quitter le pays", explique Kamsaen, une habitante d'un village "chemise rouge".

L'armée a aussi convoqué des dirigeants chemises jaunes mais a clairement vu les chemises rouges, avec leurs bastions dans le nord peuplé et le nord-est et de leur hostilité à l'intervention militaire, comme la principale menace pour le coup.

Le deuxième acte des putschistes a été de mettre un terme à la politique des différentes couleurs, qui a polarisé la Thaïlande durant les huit dernières années.

Lorsque les dirigeants ont été libérés, ils ont été forcés de signer des accords comme quoi ils cesseraient toute activité politique et s'abstiendraient de faire des déclarations incendiaires.

Étonnamment, considérant les discours démagogiques qu'ils ont utilisés pour organiser leurs rassemblements rouges, notamment des avertissements qu'un soulèvement de masse pourrait se produire s'il y avait un coup, beaucoup de ces leaders ont émergé de détention en appelant leurs partisans à coopérer avec les militaires.

"Attrapez-moi si vous le pouvez"

Une poignée de militants ont continué à défier les ordres du conseil de la junte de se rendre, risquant l'arrestation et l'emprisonnement en le faisant.

Le plus connu d'entre eux, Sombat Boonngamanong, chef d'un groupe se faisant appeler "Dimanche Rouge", a organisé des manifestations anti-putsch à Bangkok, et raillé l'armée sur ses comptes Twitter et Facebook avec le tag "Attrapez-moi si vous le pouvez".

Après deux semaines de cavale, ils l'ont en effet attrapé, suite à un dépistage de son IP d'internet.

Mais la masse des partisans des chemises rouges dans la zone autour de la ville provinciale d'Udon Thani ont été laissés confus et démoralisés par le coup d'Etat, selon les dires des militants sur place.

Ils s'attendaient à être appelés par la direction de l'UDD afin de prendre part à une résistance organisée. Cela n'est pas arrivé.

Au lieu de cela, certains militants locaux, en particulier ceux qui dirigeaient des stations de radio communautaires qui ont joué un rôle important pour la mobilisation des chemises rouges, ont été interpellés.

Les stations de radio ont été fermées, leurs équipements confisqués et leurs bureaux fouillés.

Les soldats ont maintenant mis en place des postes de contrôle sur toutes les routes principales autour d'Udon Thani, et ils ont construit des bunkers aux endroits sensibles.

La présence militaire est très lourde, mais la population est pleinement consciente de cela, ainsi que du fait que l'armée dirige maintenant leur vie, et pénalisera quiconque résiste.

Contraint de se cacher

C'était une scène très différente quand j'ai visité la région il y a six mois.

Je suis retourné à Nong Hu Ling, la première communauté du coin à se déclarer "village rouge".

En décembre dernier, il y avait partout des affiches de la Première ministre Yingluck Shinawatra et de son frère Thaksin.

Un des plus grands portraits de Thaksin que j'ai vu se trouvait dans une place de choix contre le mur extérieur de la maison du maire du village Korngchai Chaikang. Il venait de l'une des campagnes électorales de M. Thaksin.

Sous son regard confiant, les villageois préparaient de la nourriture pour les repas en commun et débattaient sur la politique et des protestations chemises jaunes de Bangkok qui paralysaient le gouvernement de Yingluck.

L'épouse de Korngchai, Kamsaen, m'avait alors dit qu'elle était prête à mourir pour la démocratie.

Cette fois, quand je suis arrivé, la maison était calme, et sans aucune affiche. Kamsaen et Korngchai m'ont montré où ils gardaient maintenant l'affiche de Thaksin, toujours dans son cadre en bois, cachée dans un appentis.

"Je ne peux pas manger, je ne peux pas dormir, ce qui est une torture pour moi", a témoigné Kamsaen. "Je ne peux pas accepter cela, je serais ravi de parler, mais si je le faisais, je devrais quitter le pays."

Elle avait imprimé des slogans anti-coup d'Etat sur des feuilles de format A4 et était prête à se joindre à une manifestation à Udon Thani.

"Mais si l'armée vient, nous allons simplement nous éloigner," explique-t-elle. L'ensemble du village faisait preuve de peu d'appétit pour la confrontation.

A quelques kilomètres, j'ai rencontré Boonsom, un cultivateur de riz et disciple dévoué du mouvement des chemises rouges.

Boonsom vit dans une cabane dans les rizières sans électricité et sans eau courante. Quand je l'ai rencontré, il ne pouvait pas réunir assez d'argent pour louer le tracteur dont il a besoin afin de labourer pour la récolte de cette année.

Il a aidé à mobiliser les gens de sa circonscription pour qu'ils participent aux grands rassemblements des Chemises rouges, il a rencontré sa deuxième femme là-bas, et j'ai adoré les thèmes de la justice sociale et de l'autonomisation des pauvres Thaïlandais qu'il entendait dans ses discours.

Mais après le coup d'Etat, il a expliqué qu'il avait eu peu de communication avec les dirigeants des chemises rouges, et ne savait pas ce qu'il devait faire.

"Nous allons juste attendre et regarder ce qu'ils décident," dit-il.

"S'ils ne gouvernent pas bien, ils devront renoncer au pouvoir. Après tout, nous sommes plus nombreux que les soldats. Il y a plus de gens dans quelques-uns de nos villages que dans toute l'armée."

"Des arme à feu braquées sur nos têtes"

Inky était une DJ chemise rouge de l'une des stations de radio communautaires basée près d'Udon. Mais depuis que les militaires ont occupé la station et l'ont fermé, elle s'est déplacée d'un endroit à un autre par peur d'être capturé.

"Nous devons arrêter nos activités, parce que nous avons un pistolet pointé sur la tête. Nous devrions mais nous ne voulons pas le faire car je me sens si mal avec l'armée Comment vont-ils diriger le pays, sans la volonté et le soutient du peuple?"

Inky a exprimée une plainte J'ai entendu beaucoup de gens autour d'Udon Thani affirmer que l'armée prenait parti contre eux.

Pourquoi n'ont-ils jamais aidés le gouvernement quand il était paralysé par des groupes de chemises jaunes à Bangkok, ont-ils demandé? Comment se fait-il que les militaires peuvent maintenant mettre en place les mêmes projets d'infrastructure pour lesquels le gouvernement de Yingluck a été condamné pour avoir essayé?

Deux choses étaient claires dans les zones chemises rouges d'Udon Thani. Le fait qu'il y ait peu de résistance organisée. Inky m'a dit que l'armée est très nerveuse vis-à-vis de la population locale, mais que peu de gens ont l'intention de se battre.

L'autre est que les chemises rouges n'ont pas renoncé à leurs convictions, et qu'il y a beaucoup de colère sur place.

Le Conseil National pour la Paix et l'Ordre (NCPO), qui dirige aujourd'hui la Thaïlande, envisage de créer des centres de réconciliation pour persuader les gens d'abandonner leurs allégeances politiques et leurs codes couleurs.

L'objectif semble être de dépolitiser les bastions du parti qui a remporté toutes les élections depuis 14 ans, et d'éliminer l'influence de la famille Shinawatra.

Leurs chances de succès ne sont pas bonnes.

Emprisonnement de manifestants anti-coup d'Etat

Emprisonnement de manifestants anti-coup d'Etat

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 11:50

BANGKOK - Selon les nouvelles commandes de l'Office de l'éducation de base de Thaïlande (Office of Basic Education of Thailand OBEC), toute critique de la junte militaire est maintenant interdite dans toutes les écoles publiques thaïlandaises.

L'ordre, délivré par l'OBEC plus tôt cette semaine, interdit la diffusion de "provocation", "d'apologie de la violence", "de "fausses" informations qui pourraient encourager les étudiants à ne pas respecter les lois" ou "à s'opposer à la mission du Conseil National pour la Paix et l'Ordre (NCPO)".

Les nouvelles lignes directrices de l'éducation interdisent également les responsables des écoles publiques de participer à des manifestations politiques ou d'héberger des manifestations ainsi que des séminaires politiques dans leurs écoles. Les enseignants sont invités à encourager les élèves et leurs familles à éviter toutes les manifestations politiques.

Selon l'ordre, les enseignants doivent "collaborer et soutenir la mission du NCPO à tous les niveaux", et donner des cours "qui se concentrent sur la création de la réconciliation."

Depuis la prise du pouvoir par un coup d'Etat le 22 mai dernier, la junte militaire thaïlandaise a entrepris de réaliser la "réconciliation nationale" en gelant les tensions politiques houleuses qui ont conduit à des manifestations de rue et à de la violence sporadique au cours des six derniers mois. Dans la poursuite de cet objectif ambitieux, les militaires ont sévèrement restreint l'expression politique en arrêtant des dizaines de militants, interdisant les manifestations politiques, et censurant la presse.

La junte a combiné les efforts visant à faire taire les critiques avec une campagne de "retour de bonheur pour le peuple thaïlandais" par le biais de concerts gratuits et d'autres événements ainsi que de la propagande sur le "bien-être".

Le secrétaire adjoint de l'OBEC, M. Kamol Rordklai, a déclaré hier qu'il envisage également une révision des manuels scolaires afin de renforcer le sentiment de patriotisme chez les écoliers dans le but d'appuyer le projet de réconciliation du NCPO.

"Nous allons améliorer les modules de l'histoire en insistant sur les devoirs de citoyen, et la morale, conformément à la politique du NCPO, afin d'enseigner aux enfants l'unité et l'amour pour leur pays", a déclaré M. Kamol.

M. Kamol a dit qu'il a déjà présenté ces idées au NPCO.

"Le NCPO pense que ces mesures sont tout à fait appropriées, parce que le pays a connu beaucoup de conflits dans la société", a déclaré M. Kamol aux journalistes.

Lien:

http://en.khaosod.co.th/detail.php?newsid=1402212419&typecate=06&section=

Concert des militaires pour "rendre le bonheur au peuple"

Concert des militaires pour "rendre le bonheur au peuple"

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9 juin 2014 1 09 /06 /juin /2014 05:25

JAKARTA - Des parlementaires de plusieurs pays de l'ASEAN condamnent les dirigeants militaires de Thaïlande, les accusant de violations généralisées des droits de l'homme et demandant la libération immédiate de toutes les personnes détenues pour des raisons politiques. Ils appellent aussi la junte au pouvoir à respecter les droits fondamentaux de l'homme.

"L'armée de Thaïlande est en train de purger tous les opposants politiques, et est responsable de nombreuses violations des droits de l'homme depuis sa prise du pouvoir suite à un coup d'Etat militaire. Il doit être mis fin à ces abus immédiatement et de façon permanente ", a déclaré la présidente de l'APHR (ASEAN Parliamentarians for Human Rights) Eva Kusuma Sundari.

En moins d'une semaine, des centaines de personnes ont été arbitrairement arrêtées par l'armée thaïlandaise, les médias lourdement censurés et intimidés, et les droits fondamentaux, y compris la liberté de réunion, drastiquement réduits.

"Nous avons assisté à l'une des détériorations les plus choquants et rapide de la situation des droits de l'homme dans tous les pays de notre région depuis longtemps. Cela exige une réponse immédiate et concertée de toutes les parties concernées", a déclaré Mme Sundari.

La crise politique en Thaïlande ne peut être remédiée par la persécution de personnes sur des base d'appartenance politique ou idéologiques, déclare l'APHR. L'APHR ne prend pas position sur les profondes divisions politiques du pays, mais affirme qu'une telle réaction musclée et draconienne est illégale, injustifiée et profondément erronée. Cela ne fera qu'aggraver la situation sans y remédier.

L'APHR est extrêmement préoccupée par les détentions arbitraires et l'intimidation de centaines de politiciens, d'activistes, d'universitaires et de citoyens ordinaires. Des centaines de personnes ont été convoquées pour se signaler à l'armée sous peine d'emprisonnement et d'amendes. Beaucoup de ceux qui se sont rendus à la convocation ont ensuite été conduits dans des lieux inconnus et sont détenus au secret et sans inculpation. D'autres ont fui le pays.

"Ce que nous voyons ici semble être une importante purge de la classe politique et le début d'une chasse aux sorcières contre ceux qui s'opposent à la prise du pouvoir par l'armée ou à sa vision pour l'avenir du pays", a averti Walden Bello, membre du Congrès des Philippines et vice-président de l'APHR.

Bello a demandé un retour immédiat à un régime civil et démocratique, en expliquant que le coup d'Etat en Thaïlande menace l'élan vers la démocratie dans l'ASEAN et constitue une menace pour la consolidation de la démocratie dans les pays qui l'ont adopté.

L'armée a également annoncé qu'elle allait faire juger par la Cour militaire toutes les affaires liées à des crimes contre la monarchie ou réputées être liées à la sécurité nationale, qui ne permet pas aux prévenus civils de désigner leur propre représentation juridique.

L'APHR craint que l'armée semble prête à poursuivre sa purge impitoyable envers toute dissidence contre son régime, et que la Thaïlande pourrait bientôt être un pays avec des centaines de prisonniers politiques et de conscience.

L'APHR appelle l'administration militaire au pouvoir à rendre immédiatement disponible une liste de toutes les personnes détenues en vertu de la loi martiale, ainsi que le lieu et les raisons de leur détention. Toute personne détenue doit pouvoir recevoir la visite de membres de sa famille ainsi que d'avocats et soit être inculpée par des tribunaux civils pour un crime reconnu soit immédiatement libérée.

"La Thaïlande a un avenir sombre devant elle si elle devient un pays où les mots et les idées suffisent à vous faire enfermer par un tribunal militaire. Nous implorons tous les parlementaires thaïlandais, peu importe leur affiliation politique, à reconnaître ce danger et à dénoncer les menaces les plus graves faites aux libertés fondamentales", a-t-il ajouté.

"Pour que la Thaïlande puisse avancer, elle a besoin de se lancer dans un débat national ouvert et inclusif qui prend en compte un large éventail d'idées et d'idéologies. Cela ne peut se produire dans le climat actuel ", a précisé M. Bello.

L'APHR craint que les détenus ne soient emprisonnés au secret dans des centres de détention non officiels, augmentant le risque de torture et d'autres abus. Elle est particulièrement préoccupée par les cas d'au moins 30 personnes qui sont détenues pour leurs implications présumées dans des attaques à motivation politique passées ou antérieures.

L'APHR reconnaît que l'impunité pour la violence politique a été un facteur déterminant majeur dans la détérioration de la crise politique en Thaïlande et exhorte les autorités à assurer le suivi des enquêtes et des poursuites pour tous les crimes à motivation politique de ces derniers mois et années.

Cependant, l'APHR craint que l'armée ne suive pas une procédure régulière et que la détention arbitraire de ces suspects, qui n'ont pas accès à des avocats ou à des parents, dans des centres de détention non officiels, augmente le risque de torture. L'APHR demande aux autorités militaires d'inculper tous les suspects de crimes reconnus et de leur permettre un procès équitable devant un tribunal civil.

Sous la loi martiale, les militaires ont le pouvoir de retenir les personnes pendant sept jours sans inculpation ni mandat, et n'est pas susceptible de fournir une compensation à ceux qui sont touchés par les actions du personnel d'application du droit militaire. Ce n'est pas en conformité avec les normes internationales des droits de l'homme.

L'APHR craint que les autorités répriment la dissidence pacifique, y compris en demandant aux médias de ne pas critiquer les actions de l'armée ni de s'entretenir avec les personnes qui pourraient critiquer la situation politique ou militaire actuelle.

"C'est vraiment une situation préoccupante en Thaïlande. Nous constatons que des universitaires et des intellectuels fuient leur pays par crainte de persécutions, des citoyens ordinaires sont arrêtés, et des soldats armés font des raids dans des habitations au milieu de la nuit", a déclaré Charles Santiago, un député de Malaisie et membre de l'APHR.

"Nous sommes obligés d'en parler en ce moment. Il n'y a aucune justification de sécurité ou autre, pour des violations sur une telle échelle. La junte militaire doit cesser immédiatement ces actes ou faire face à la condamnation ainsi qu'aux répercussions régionales et internationales".

Alors que certains Thaïlandais peuvent être en faveur du putsch militaire et le percevoir comme un moyen d'apporter une stabilité temporaire dans un pays instable, le commandement militaire a le devoir et la responsabilité de protéger et de préserver les droits de tous les citoyens de Thaïlande, et pas uniquement de ceux qui ne sont pas en désaccord avec eux, a averti l'APHR.

Lien:

http://www.aseanmp.org/?p=3068

Des manifestants thaïlandais contre le coup d'Etat

Des manifestants thaïlandais contre le coup d'Etat

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 09:40

Prachatai rapporte que Sawatree Suksri, qui est professeur de droit à l'Université Thammasat et une membre du groupe Nitirat, a été arrêtée à l'aéroport de Suvarnabhumi, samedi 7 juin vers 12 heures 30, peu après que son avion ait atterri alors qu'elle revenait en Thaïlande après un voyage d'étude sur les droits de l'homme aux États-Unis.

Elle a été arrêtée et détenue par des fonctionnaires de l'immigration qui l'ont ensuite remis à l'armée.

Sawatree s'était rendue aux États-Unis avant le coup d'État du 22 mai et avait prévu de se rendre à la convocation de l'armée, le lundi 9 juin.

Nitirat est ciblé par la junte dictatoriale à cause de ses propositions d'amendement de la loi de lèse-majesté selon les principes des droits de l'homme ainsi que d'un projet de loi d'amnistie pour les prisonniers politiques. On devine que ces suggestions rendent le groupe de juristes subversif et dangereux aux yeux de la junte et de ses soutiens de l'élite.

Source:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/06/07/nitirat-professor-arrested/

Sawatree Suksri

Sawatree Suksri

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8 juin 2014 7 08 /06 /juin /2014 09:38

À Hong Kong, des manifestants ont remis une déclaration de protestation au représentant du consulat de Thaïlande indiquant qu'ils soutiennent fermement la lutte des citoyens thaïlandais contre la junte militaire.

 

Ci-dessous, le texte de la déclaration:

 

- La junte militaire doit cesser immédiatement la détention arbitraire de tous les défenseurs des droits humains.

 

- La junte militaire doit abolir la lèse-majesté et libérer immédiatement tous les prisonniers politiques détenus en vertu de cette charge, ainsi que les autres prisonniers d'opinion.

 

- La junte militaire doit garantir la liberté des médias et permettre la libre expression de tous les citoyens.

 

- La junte militaire doit garantir la liberté de réunion et le droit de manifester.

 

- La souveraineté appartient aux citoyens thaïlandais. La junte militaire doit immédiatement transférer le pouvoir à un gouvernement civil démocratique et élu.

 

Organisée et approuvé par les organisations suivantes:

Left 21, Globalization Monitor, Asia Monitor Resource Center, Hong Kong Confederation of Trade Union

Source:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/06/06/protesting-the-coup/

Manifestants contre la junte thaïlandaise à Hong Kong

Manifestants contre la junte thaïlandaise à Hong Kong

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 17:07

Suite aux manifestations anti-démocratiques de Suthep, des milliers de Chemises rouges s'étaient rassemblés à Aksa Road pour défendre la démocratie

Le 20 mai 2014, le général Prayuth a proclamé l'état d'urgence sans demander l'avis du gouvernement en place. Il a cependant magnanimement autorisé les manifestants chemises rouges à demeurer à Aksa Road. 
Le 22 mai 2014, le général Prayuth proclamait un coup d'Etat. Il aurait ensuite fait évacuer Aksa Road de manière pacifique selon ses dires.
Plusieurs témoins ont affirmés avoir entendus des bruits de fusillades.
Loin de le nier, la junte militaire a affirmé que les militaires avaient "tirés en l'air afin de faire peur aux manifestants".
Le correspondant de Libérez-Somyot s'est rendu plusieurs fois à Aksa Road avant la prise du pouvoir par l'armée thaïlandaise et a constaté de visu que les gens étaient motivés et prêts à faire face à toutes les tentatives de coup d'Etat. Un Thaïlandais parlant français l'avait même averti qu'il risquait d'y avoir un coup d'Etat et que dans ce cas-la, les Chemises rouges résisteraient. 
Suite à l'évacuation soi-disant pacifique d'Aksa Road, Libérez-Somyot s'est interrogé et a décidé d'enquêter.
Le premier point qui ne collait pas, c'est cette affirmation des militaires d'avoir "tirés en l'air afin de faire peur aux manifestants".
Premièrement: Si l'évacuation s'était réellement déroulée de manière "pacifique", il n'y aurait pas eu besoin de "tirer en l'air".
Deuxièmement: L'armée thaïlandaise n'a jamais "tiré en l'air" afin de faire peur aux manifestants en 1973, 1976, 1992 ou 2010. Donc, pourquoi l'aurait-elle fait le 22 mai dernier alors que son chef, le général Prayuth, est l'un des co-responsables du massacre de 2010?
Ces questions ont servis de base à l'enquête de Libérez-Somyot.
Les survivants interrogés par Libérez-Somyot affirmaient que l'armée thaïlandaise avait massacré au moins 50 personnes et que la plupart des corps avaient été embarqués dans des camions militaires mais cela ne suffisait pas à Libérez-Somyot, il fallait au moins un mort prouvé et nommé par son nom propre.
Ce mort, Libérez-Somyot l'a retrouvé.
Il s'agit de Booncherd Yatree, originaire du district de Ban Khwao, situé dans la province de Chayapum, qui était garde chemise rouge a Aksa Road. Il a été tué le 22 mai. L'hôpital affirme qu'il a eu un accident de moto, mais la famille ne croit pas cette version (le personnel hospitalier a la réputation d'être majoritairement pro-chemises jaunes). Dans cet hôpital, il y a 4 corps inconnus de gardes chemises rouges qui ont eu un "accident de moto" le même jour. 

Avant avoir été tué par l'armée

Avant avoir été tué par l'armée

Après avoir été tué par l'armée

Après avoir été tué par l'armée

Après avoir été tué par l'armée

Après avoir été tué par l'armée

Les funerailles

Les funerailles

Les funerailles

Les funerailles

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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 13:07

Un article de Giles Ji Ungpakorn

 

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/06/05/the-thai-junta-and-its-friends/

 

La junte thaïlandaise a fièrement annoncé que les pays voisins amicaux ont approuvé le coup d'Etat et la destruction ultérieure des droits de l'homme et de la démocratie. Les amis les plus proches de la junte sont (oui, vous l'aurez deviné!) la Chine, la Birmanie et le Vietnam ..... tous les modèles de démocratie et de liberté. Cela vient alors que c'est le 25eme anniversaire de la répression sanglante du mouvement pour la démocratie de la place Tiananmen. Les généraux birmans sont toujours fermement au pouvoir tandis qu'ils mettent en place, pour la façade, leur fausse démocratie. La dictature vietnamienne envoie des voyous des services de sécurité en civil, battre et emprisonner les blogueurs et les militants pro-démocratie. Quel beau petit club autoritaire.

Pendant ce temps, l'Indonésie, l'une des deux nations du Sud-est asiatique qui a un système politique qui correspond à peu près à la démocratie, s'est montré préoccupée par le coup d'Etat et son "caractère antidémocratique" et cela a été déclaré par le président élu de l'Indonésie qui est un ancien général!

 

Retour en Thaïlande, "l'indépendante" Commission Contre la Corruption a annoncé que l'ancienne Première ministre Yingluk n'avait pas déposé le rapport de ses revenus avant "de quitter sa fonction". Mais ils indiquent également qu'il n'y a pas de lois stipulant que les membres de la junte autoproclamés devraient déclarer leurs revenus en prenant leurs fonctions!

 

L'université thaïlandaise ou "Comité de vice-chancelier de la dictature" a annoncé que le coup d'Etat était une grande opportunité pour "réformer" le système éducatif afin d'inculquer la morale aux étudiants, et peut-être aussi une discipline militaire. Le secrétaire permanent de l'éducation est d'accord, ajoutant que pendant trop longtemps les universités ont été sous l'influence de la "politique". Ce qui est nécessaire, selon ce clown prétentieux, est de réformer les universités jusqu'à des "normes internationales"! .... Il suffit de ne pas discuter de politique ni d'autoriser la liberté d'expression afin d'atteindre ces "normes élevées".

 

Enfin, je précise aux lecteurs que j'ai été convoqué au "rapport" de l'armée à Bangkok le 9 Juin. Étant donné que j'ai déjà un mandat d'arrêt contre moi, depuis 2009, pour avoir écrit un livre contre le coup d'Etat de 2006, cela ressemble à un jeu de Monopoly: "Allez tout droit en prison et ne passez pas par la case départ".

La junte thaïlandaise et ses amis
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7 juin 2014 6 07 /06 /juin /2014 13:02

Sombat Boonngamanong, fer de lance d'une campagne d'appel à manifester contre la dictature de la junte, a été arrêté jeudi soir dans la province de Chonburi, dans l'est de la Thaïlande.
"Nous avions une équipe qui le traquait via internet", a confirmé à l'AFP Sirichan Ngathong, porte-parole de la junte.
Sombat était sur une liste de centaines de personnalités, politicien, intellectuels ou journalistes, à avoir été convoqués par l'armée, dans la foulée du coup d'Etat du 22 mai, il y a deux semaines.
Source:
http://www.prachatai.com/english/node/4093
et
http://www.rtl.be/info/monde/international/1098082/thailande-arrestation-du-meneur-de-la-campagne-critique-du-coup-d-etat
Sombat Boonngamanong avait auparavant donné une interview.
Lien:
http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/06/interview-du-militant-pro-democratie-thailandais-en-fuite-nuling-sombat-boonngamanong-par-andrew-spooner.html

 

Sombat Boonngamanong

Sombat Boonngamanong

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6 juin 2014 5 06 /06 /juin /2014 11:07

Dans les jours qui ont suivis le coup d'Etat de Thaïlande le 22 mai 2014, l'armée a cherché à écraser toute opposition en utilisant des moyens de plus en plus répressifs.

Beaucoup d'anciens dirigeants et de militants pro-démocratie ont été arrêté par l'armée thaïlandaise, menacé d'une variété de conséquences draconiennes s'ils ne cessaient pas leurs activités, puis remis en liberté dans ce qui s'apparente souvent à un statut de mise en résidence surveillée.

Toutefois, en dehors de la Thaïlande un petit groupe de militants pro-démocratie sont actuellement en train d'organiser la résistance thaïlandaise contre la junte militaire.

L'un des membres clés de cette résistance est l'ancien ministre thaïlandais, Jakrapob Penkair, qui est un dissident exilé depuis 2009, quand il a été accusé de lèse-majesté.

Voici l'interview de Jakrapob sur la résistance thaïlandaise:

Question: Vous avez dit que la résistance à la junte thaïlandaise était en cours de création. Pouvez-vous donner plus de détails concernant ce sujet?

Jakrapob: Il y a certains d'entre nous: d'anciens membres du gouvernement et parlementaires, des leaders chemises rouges, et des militants politiques, qui ne reconnaîtront jamais les putschistes criminels en Thaïlande et ne se rendront pas. Plus il y a les autres d'entre nous qui sont déjà en dehors de la Thaïlande. Nous allons tous nous unir et nous sommes en train d'organiser un mouvement afin de résister au coup d'Etat, et revenir en Thaïlande pour la démocratie dès que possible. Il n'y a pas encore de finalisation sur le nom et l'emplacement du mouvement ni sur la révélation de tous les noms fondateurs, mais l'organisation va certainement être formée dans le courant du mois de juin 2014.

Question: Quel sera votre rôle dans cette résistance?

Jakrapob: Je serai son Secrétaire exécutif.

Question: Souhaitez-vous négocier avec la junte ou la considérez-vous complètement illégitime?

Jakrapob: Elle est non seulement illégitime mais illégale et criminelle.

Question: Une photo a circulée montrant diverses figures anonymes de représentants de l'autorité, des gens de l'armée, l'armée de l'air, la marine, la police, etc, faire le symbole anti-coup à trois doigts. Quel est votre message aux personnes qui font partie de l'autorité du coup d'Etat mais qui se sentent mal à l'aise avec le régime de la junte thaïlandaise?

Jakrapob: Je veux juste leur dire: nous vous avons vu, nous vous avons entendu, et nous serons bientôt avec vous. Vos braves cœurs sont notre arme la plus précieuse et efficace pour renverser la situation.

Question: Quel est le niveau de répression du régime de la junte en ce moment?

Jakrapob: Il s'agit du régime le plus répressif depuis le régime dictatorial sanglant du maréchal Sarit Thanarat. Des gens sont tués, blessés, violés, victimes d'intimidation, et menacés comme jamais auparavant dans l'histoire récente. Je crois que cela découle du fait qu'ils se rendent compte combien ils se trompent. Leur énorme faux pas leur fait commettre des crimes et des erreurs les uns après les autres.

Question: Pensez-vous que de la violence est susceptible de se produire?

Jakrapob: Je le crains. Mais les partisans du peuple ne veulent pas la violence. Nous exigeons des élections seulement. Cependant, comment peut-on maintenir un ordre social et la paix quand des tyrans sont au pouvoir et violent presque tous les droits de l'homme?

Question: Quel serait votre message à ceux qui pourraient s'adonner à des actes de violence contre la junte?

Jakrapob: Soyez patient. Nous faisons face à une machine à tuer, et la base du mouvement pour la démocratie est toujours naturellement inférieure pour combattre une telle machine. Nous sommes tout simplement pas bien équipés pour lutter de cette façon. Nous devons mettre nos idéologies et nos principes en premiers. Faire comprendre à tout le monde notre situation et leurs crimes. Ensuite, cette guerre pourra être gagnée avant même qu'elle se déroule.

Question: Avez-vous quelque chose à dire aux membres de la communauté thaïlandaise à l'étranger qui sont opposés au coup d'Etat?

Jakrapob: Vous avez des amis, nous. Ne vous sentez pas seul ou découragé.

Question: Et que diriez-vous aux personnes qui protestent contre le coup d'Etat dans les rues de Bangkok?

Jakrapob: Nous saluons votre courage et votre amour véritable pour le pays. Cependant, restez en sécurité et ne prenez pas trop de risques. Nous avons besoin de chacun d'entre vous au cours de la longue bataille à venir pour notre dignité humaine.

Question: Avez-vous un message pour les dirigeants de la junte?

Jakrapob: En fait, nous ne voulons pas combattre ceux d'entre vous qui sont seulement les fonctionnaires. Cependant, vous êtes dans le chemin et refusez de partir, il faudra passer par dessus vous pour atteindre les vrais coupables, les privilégiés qui refusent de laisser la Thaïlande grandir et entrer dans l'âge adulte.

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http://asiaprovocateur.blogspot.co.uk/2014/06/exclusive-interview-with-thai.html

Interview de Jakrapob Penkair, secrétaire exécutif de la résistance thaïlandaise
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5 juin 2014 4 05 /06 /juin /2014 15:23

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/06/04/military-big-brother-stinks-of-fascism/

La junte militaire mène une guerre psychologique contre les militants pro-démocratie. Les soldats ont envahis les maisons des Chemises rouges principaux, ainsi que celles d'autres militants pro-démocratie et les bureaux des radios communautaires. Beaucoup de gens ont été arrêtés.

Au moins une femme a été emmenée de force dans un taxi par 4 policiers ou soldats en civil qui ont refusé de s'identifier. Heureusement, elle a été libérée de la détention militaire.

Depuis le coup d'Etat, des universitaires progressistes, des militants chemises rouges et des journalistes d'investigation ont été convoqués à se signaler aux bureaux de l'armée. La plupart ont été temporairement détenus sans inculpation dans des camps militaires en dehors de Bangkok avant d'être finalement libéré.

Aucun de ceux qui ont été convoqués et arrêtés ou ceux qui ont eu leurs maisons fouillées par des soldats armés n'avaient commis de crime. Pendant ce temps le gang du Parti Démocrate de Sutep, qui a utilisé la violence dans les rues et qui portait ouvertement des armes pour intimider les électeurs, ont été autorisés à rester libre. Il n'y a pas eu de convocations pour tous les universitaires et les militants qui se sont prononcé contre la démocratie. La répression militaire n'est directement employée que contre les Chemises rouges et les autres militants pro-démocratie.

Les gens qui sont passés par le processus de la convocation et qui ont été temporairement internées par les militaires ont parlé de leurs expériences. Ils ont été interrogés par de nombreux officiers de l'armée qui rapportaient l'attitude des gens au QG de l'Armée chaque jour. L'armée a compilé des fichiers de toutes leurs activités, leurs écrits, leurs discours et leurs messages Internet.

Avant que les gens ne soient libérés, ils ont été invités à signer un document attestant qu'ils ont été "bien traités" et qu'ils s'abstiendront dorénavant de tous autres activités politiques, de faire des discours ou d'écrire. Les gens n'ont eu pas le choix entre signer ou refuser de le faire parce que tout refus signifiait devoir faire face à un tribunal militaire, puis à la prison. Les soldats leur disent que c'est un avertissement "carton jaune". Toute autre activité de leur part se traduira par une incarcération immédiate.

En cas de libération, beaucoup de gens expliquent qu'un officier de l'armée leur a été affecté afin de surveiller leur comportement. Certains reçoivent des appels téléphoniques pour leur rappeler cela.

Certains détenus ont été inculpés de lèse-majesté et font maintenant face à des années de prison.

La junte tente clairement de semer la peur dans la société afin de détruire le mouvement pour la démocratie. La peur conduit souvent à la paralysie. Les gens qui n'ont pas été convoqués ou détenus se demandent s'ils seront les prochains.

C'est la première fois, depuis l'année 1976, que les Thaïlandais devront mener une lutte clandestine contre la junte. Cette lutte devra être basée sur le mouvement de masse, pas sur la lutte armée. La junte n'est pas un régime fasciste pleinement développé, comme en Allemagne ou en Italie, mais elle pue le fascisme.

Dans un camp de détention militaire, un militant expérimenté a dit à son camarade: "Nous ne sommes pas des chiens qui hurlent et pleurnichent quand nous sommes enfermés dans une cage, il ne faut pas montrer de faiblesse aux soldats". Beaucoup d'intellectuels ont été assez courageux pour discuter avec leurs ravisseurs du coup d'Etat illégitime.

Nous devons surmonter la peur et riposter dans cette guerre pour la démocratie. La façon de surmonter la peur, ou du moins de la gérer et d'éviter la paralysie, c'est que les gens se réunissent tranquillement ensemble chaque jour en petits groupes afin de pouvoir analyser la situation et discuter de la stratégie et de la tactique. Ces groupes doivent se lier étroitement avec d'autres groupes. Les actions contre la junte seront nécessairement "symboliques" dans les premiers temps, mais des activités plus puissantes comme des grèves, des manifestations et de la désobéissance civile doivent être planifiées. Ce sera une lutte de longue haleine, mais les ennemis du peuple sont une minorité et ils n'ont pas d'avenir; ils ne peuvent que se tourner vers le passé.

Le régime à la "Big Brother" des militaires empeste le fascisme
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