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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 11:41

Il n'y a pas beaucoup de bonnes nouvelles dans le monde déformé de la lèse-majesté. La police et les procureurs sont lâches, les tribunaux ignorent souvent la loi et les gouvernements font partis de la conspiration afin de mettre en œuvre ce droit féodal et politique.
Pourtant, le récent verdict rendu par la Cour d'appel amnistiant Surapak Puchaisaeng, est une bonne nouvelle.
Le tribunal a déterminé que "les preuves" de l'accusation "n'étaient pas assez convaincantes."
Surapak aura quand même passé plus d'un an en prison avant d'être finalement acquitté.

Sources:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/03/26/good-news-on-one-lese-majeste-case/

et

http://prachatai.com/english/node/3905?utm_source=feedburner&utm_medium=feed&utm_campaign=Feed%3A+prachataienglish+%28Prachatai+in+English%29

Surapak Puchaisaeng

Surapak Puchaisaeng

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28 mars 2014 5 28 /03 /mars /2014 11:38

Un article de David Streckfuss

Lien de l'article:

http://www.bangkokpost.com/opinion/opinion/401769/risky-road-ahead-in-avoiding-civil-war


La situation politique en Thaïlande se dirige lentement mais sûrement vers quelque chose qui s'apparente à une guerre civile. Les guerres civiles sont, par nature, des affaires sanglantes qui font ressortir le pire en chacun, laissent la place aux pires des extrémistes de tous bords et n'ont pas de véritables héros.
Pour éviter la guerre civile, il reste quelques possibilités. Toutes, malheureusement, sont très risquées.
La première consiste à procéder de façon constitutionnelle. L'annulation de l'élection du 2 février a aigri beaucoup, sinon la majorité, de gens qui pensent qu'une fois de plus la souveraineté populaire a été déjouée.
Bien que la Constitution ne le précise pas, la réponse la plus "normale" lorsqu'une élection est annulée, est d'en organiser une nouvelle, selon les termes de l'élection annulée. Si, lors d'une première tentative, le gouvernement est invité à organiser une élection entre 45 et 60 jours après la dissolution de la Chambre des représentants, l'horloge recommence à nouveau une fois que la première élection ait été officiellement annulée. Cela signifie que la nouvelle élection devrait avoir lieu entre le 5 mai et le 15 mai prochain.
Il a été question, dans certains milieux politiques, de retarder la nouvelle élection pendant des mois et des mois. Cela ne serait pas du tout constitutionnel. Il n'y a rien dans la Constitution qui suggère que l'élection devrait ou pourrait être retardée [...]

Certains peuvent prétendre que la situation politique n'a pas été résolue, que les partis n'ont pas eu l'occasion de se réunir pour négocier. Il n'y a rien dans la Constitution qui stipule que les conflits politiques doivent être négociés avant que les élections puissent avoir lieu. Les partis politiques sont libres de le faire s'ils le souhaitent. Mais l'horloge est déjà comptée et des élections devrait être annoncée dès que possible.
Enfin, il ne fait aucun doute que Comité pour la Réforme Démocratique Populaire (PDRC) s'opposerait à une nouvelle élection sans "réformes" auparavant. C'est le choix du Comité. Mais cela n'autorise pas ses membres à entraver l'enregistrement du vote ou des urnes le jour de l’élection. Que l'élection soit annulée ou pas, l'acte d'obstruction des élections est illégal.
Une deuxième possibilité est de remettre l'ensemble du cadre gouvernemental au peuple. La présente Constitution a été mise en place à la suite d'un référendum (NDLS partiellement truqué) et il n'y a aucune raison pour empêcher que les gens puissent voter à nouveau pour dire si c'est la constitution qu'ils veulent ou pas. La charte de 2007 a été fondée sur l'illégalité de base du coup d'Etat de 2006. Son référendum était voué à l'échec. Toutes critiques de la constitution étaient sévèrement freinées et il n'y avait pas d'alternative claire au cas où elle aurait été rejetée. Pire encore, elle s'est avérée presque absolument imperméable au changement.
Lorsque les élections deviennent trop compliqué (comme elles semblent l'être devenues maintenant), les référendums sont la voie la plus directe afin que la souveraineté populaire puisse s'exprimer. Les référendums sont utilisés à bon escient en Suisse et ils limitent en général les effusions de sang comme nous avons pu le voir en Crimée et le constaterons en Ecosse.
Si, dans lors d'un choix proposé entre la Constitution de 2007 et la "constitution du peuple" plus démocratique de 1997, la première gagnait, alors la Thaïlande retournerait à son insoluble situation présente. De nouvelles élections seraient tentées et nous n'aurions plus qu'à observer la suite.
Si la Constitution de 1997 gagnait, alors les deux grands partis pourraient s'entendre sur un ensemble de réformes communes à toutes les plates-formes des partis pour la première élection. Les points les plus progressistes de la Constitution de 2007 pourraient faire partie de cet ensemble de réformes.
Avec une nouvelle constitution, les membres de tous les organismes indépendants seraient licenciés et les nouveaux membres seraient choisis dans le cadre du système bien meilleur de mise en candidature proposé par la Constitution de 1997.
Une suggestion serait d'éliminer le terme "neutre" du vocabulaire politique thaïlandais. L'approche "neutre" de la Constitution de 2007 a conduit à cette catastrophe qui a bafoué les bases de l'intégrité de la loi thaïlandaise dans son ensemble [...]
Pour avoir un débat national ouvert sur l'avenir de la Thaïlande, il faudrait que les lois restreignant la liberté de parole soient dépénalisées. La présence étouffante de l'article 112 du Code criminel doit être traitée et ceux qui sont inculpés ou emprisonnés en vertu de l'article doivent être libérés. Le dialogue doit inclure des discussions ouvertes sur le statut de la monarchie et de ses actifs. Ces lois sont un risque pour les intérêts à long terme de l'institution.
La troisième possibilité est de laisser les choses comme elles sont. La rhétorique se réchauffe sur les deux côtés. À un certain point bientôt, la Thaïlande se retrouvera dans une guerre civile. Quand ce jour viendra, cette situation créera une dynamique qui lui est propre et sera, en grande partie, hors de contrôle [...]
Le PDRC et le Parti Démocrate peuvent être opposés à de nouvelles élections ou une nouvelle constitution. Mais s'ils veulent continuer à exister dans un monde démocratique, ils doivent se rendre compte que le chemin qu'ils ont choisis, obstruer et annuler les élections, en partie grâce à la partialité des organismes "indépendants" qui décident des règles au fur et à mesure, ne fera que conduire à la ruine.
Le temps est compté.


 

David Streckfuss

David Streckfuss

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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 09:45

Il y a presque 6 mois, en novembre 2013, alors que les manifestations de Suthep à Bangkok venaient juste de commencer, le journaliste écossais Andrew Mac Gregor Marshall faisait les prévisions suivantes:

"Une autre crise terriblement dommageable se profile. Le bloc jaune fera de son mieux pour inciter une fois de plus le chaos à Bangkok dans les jours et semaines à venir. Le Parti Démocrate a totalement renoncé à son devoir d'être une opposition parlementaire responsable qui demanderait des comptes au gouvernement par des moyens constitutionnels. Au lieu de cela, ils ont l'intention de continuer à saboter la capacité du Parlement à fonctionner et ensuite prétendre que la démocratie en Thaïlande ne fonctionne plus. Le mouvement jaune a également l'intention d'organiser plus de rassemblements de masse à Bangkok pour paralyser la ville. Et quand ils auront intensifié le chaos et que la tension sera à son comble, ils ont l'intention de renverser le gouvernement par un coup d'Etat judiciaire grâce aux juges partisans.

Ils chercheront ensuite à geler la démocratie pour des années et à installer un gouvernement probablement dirigé par Prawit Wongsuwan sans mandat démocratique.
Ce plan est une pure folie. S'il échoue, comme c'est le plus probable, l'établissement jaune va tenter d'autres mesures désespérées. Kidnapping et assassinat, y compris celui de Thaksin ou de [...autocensure...] ou des deux, est une idée qui circule de plus en plus dans le camp ultra-royaliste. Quelques balles, croient-ils, pourraient corriger la situation une fois pour toutes.
Si le plan réussit, comme c'est toujours possible, la Thaïlande se retrouverait plongée dans un vicieux conflit fratricide beaucoup plus sanglant que les jours les plus sombres de 1976 et 2010. Un soulèvement populaire de masse à Bangkok, dans l'Isaan et le Lanna est inévitable. Il pourrait finir de deux façons. Les événements pourraient suivre le même scénario que l'Egypte en 2011 (chute de Moubarak), avec une résistance de masse contre un régime autoritaire qui forcerait des élections démocratiques. Ou ils pourraient suivre le scénario de l'Egypte en 2013 (coup d'Etat contre Morsi), dans lequel l'Etat profond appliquerait l'ordre et l'unité par la dictature militaire et les massacres sauvages de ceux qui oseraient s'opposer.

Andrew Mac Gregor Marshall"

La première partie de ces prévisions s'est réalisé presque mot pour mot. Les prochaines semaines nous diront si la deuxième partie suivra le même développement...

Liens:

Première partie du texte seulement:

http://asiancorrespondent.com/117256/thailand-who-is-backing-suthep-and-what-do-they-want/

ou dans les commentaires de l'article de New Mandala, la totalité du texte:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2013/12/05/thailands-stark-choice/

Andrew Mac Gregor Marshall

Andrew Mac Gregor Marshall

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 11:20

Khaosod rapporte que l'armée a déployé plus de 170 points de contrôle (surnommé "bunkers") dans le quartier financier de Bangkok avec le but déclaré de maintenir l'ordre public au milieu des manifestations antigouvernementales en cours au parc Lumpini. Bien que le gouvernement ait révoqué l'état d'urgence, les bunkers sont là pour rester, a affirmé le major-général Warah Bunyasidh qui a insisté sur le fait que les contrôles de sécurité sont un outil nécessaire pour prévenir toute attaque contre les manifestants anti-gouvernementaux. C'est certainement beaucoup de protection pour un groupe très réduit de manifestants.

Source:

http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/03/24/protecting-anti-democrats/

Protéger les anti-démocrates
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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 11:20

THAILANDE POUR NE PAS MOURIR IDIOT aime le GRAND SOIR, love!

http://www.legrandsoir.info/comment-l-occident-fabrique-les-mouvements-d-opposition.html

Comment l’Occident fabrique les mouvements d’opposition

Andre VLTCHEK

Venezuela, Ukraine, Syrie, Thaïlande : des édifices publics ravagés, saccagés, violence, morts... Les gouvernements paraissent désarmés, trop craintifs pour intervenir. Que se passe-t-il ? Les gouvernements du monde démocratiquement élus sont-ils en train de devenir illégitimes à mesure que l’Occident crée puis soutient des mouvements d’opposition violents et conçus pour déstabiliser tout Etat qui se dresse debout contre sa volonté de contrôler totalement la planète ?

Ils lèvent la voix et intimident ceux qui veulent voter en faveur du gouvernement modéré et progressiste actuellement à la tête de la Thaïlande. Il n’y a pourtant aucun contentieux concernant le processus électoral – le vote est généralement libre, comme en attestent aussi bien les observateurs internationaux que les membres de la Commission électorale.

La liberté, la légitimité et la transparence, voilà les vrais enjeux. J’ai quitté Bangkok, et alors que je suis dans l’avion, une pensée me hante : beaucoup de lieux sur lesquels j’ai écrit dernièrement vivent une situation similaire à la Thaïlande. Ceux qui sont élus démocratiquement, les progressistes les plus fervents, tous ces gouvernements à travers le monde sont sous le feu nourri d’attaques menées par des voyous, des bandits, des éléments antisociaux, voire carrément des terroristes.

Je l’ai vu à la frontière turco-syrienne, j’ai entendu des récits de plusieurs autochtones, dans la ville turque de Hatay, ainsi que dans la campagne près de la frontière. Là, on m’a stoppé, empêché de travailler, interrogé par la police locale, l’armée, les groupes religieux alors que j’essayais de photographier un de ces "camps de réfugiés" construit par l’OTAN spécialement pour les combattants syriens qui y étaient hébergés, entrainés et armés dans cette zone.

Hatay a été envahie par des cadres djihadistes saoudiens et qataris, avec le soutien des Etats-Unis, de l’Union Européenne et de la Turquie qui ont fourni logistique, appui, arme et argent.

La terreur que ces gens répandent dans cette partie du monde, reconnue comme historiquement paisible, multiculturelle et tolérante, est difficilement descriptible. Des enfants vivant dans un village à proximité de la frontière nous ont décrit des raids, des vols, de la violence et même des meurtres commis par les rebelles anti-Assad.

Ici et à Istanbul où j’ai travaillé avec des intellectuels progressistes, issus des médias et du monde académique, on m’a toujours dit que "l’opposition" anti-syrienne était entrainée, financée et encouragée par l’Occident et par la Turquie (membre de l’OTAN), causant la mort et la perte de millions de vies dans la région toute entière.

A l’heure où j’écris ces mots, RT (une radio locale) diffuse un reportage exclusif depuis la ville syrienne d’Adra. La ville a été bombardée et détruite par les pro-Al Qaeda et les forces d’opposition pro-Occidentales, dont l’Armée Syrienne Libre. C’est ici qu’il y a un mois, plusieurs personnes ont été tuées, lapidées, brulées vives et décapitées. Au lieu de mettre un terme à l’appui apporté à une ‘opposition’ syrienne raciste, fanatique et brutale, Washington continue à diaboliser le Régime d’Assad et à le menacer d’intervenir militairement.

Dans ces pays où des gouvernements patriotes et progressistes ont été élus, ce sont les élites locales qui recrutent ces voyous pour le compte de l’Empire Occidental. Et avant eux, les soi-disant ‘’élites’’ sont recrutées, financées, entrainées ou à tout le moins éduquées par l’Occident. Sur un plan intellectuel, les médias privés se livrent une concurrence acharnée pour savoir qui d’entre eux sera le plus soumis au maître étranger. L’armée et les forces féodales les plus rétrogrades, dont les forces fascistes à travers le monde (voyez l’Ukraine par exemple), sont ainsi remises en selle, bénéficiant et profitant pleinement de la situation.

Tout ceci se passe à divers niveaux et à des degrés de brutalité très variables : Thaïlande, Chine, Egypte, Syrie, Ukraine, Venezuela, Bolivie, Brésil, Zimbabwe et de nombreux autres lieux à travers le monde.

Le procédé et la tactique sont quasiment toujours les mêmes : des médias financés par l’Occident, voire des médias Occidentaux eux-mêmes, jettent le discrédit sur les gouvernements élus par les peuples, participent à la création de scandales, tressent des lauriers aux mouvements d’opposition nouvellement créés.

Pour peu que le gouvernement soit "nationaliste", réellement patriote et au service des intérêts de son propre peuple contre le pilonnage international, (à l’inverse du Gouvernement Abe au Japon apparemment décrit comme nationaliste, mais qui en réalité collabore étroitement avec la politique étrangère américaine dans la région), il se retrouve dans le collimateur et figure dès lors sur une liste noire invisible mais puissante, à la manière de la mafia d’antan. Comme l’a particulièrement bien résumé Michael Parenti : « Tu fais ce qu’on te dit de te faire ou on te brise les jambes, capice ? »

J’ai assisté à la destitution du Président Morsi par l’Armée (j’étais critique par rapport à sa politique au début, comme j’étais critique du gouvernement de Mr Shinawatra, avant que les atrocités frappent l’Egypte comme la Thaïlande), qui dans sa course zélée, a entraîné la mort de plusieurs milliers de personnes, principalement des pauvres.

Je multipliais à ce moment-là les aller-retour en Egypte depuis plusieurs mois, tournant un documentaire pour la Chaine de Télévision Sud-Américaine, Telesur. J’ai vu avec désespoir mes amis révolutionnaires se terrer, disparaître de la surface de la terre. Pendant ce temps, des familles célébraient honteusement et ouvertement les morts causés par l’armée.

La logique et la tactique étaient prévisibles : bien que capitalistes et d’une certaine façon soumis au FMI et à l’Occident, le Président Morsi et les Frères Musulmans n’étaient pas très enthousiastes pour collaborer avec l’Occident. Ils n’ont jamais réellement dit ‘non’, mais cela ne semblait pas suffisant au régime américano-européen qui exige non seulement une obéissance totale, inconditionnelle mais aussi qu’on lui baise la main et d’autres parties du corps. Le régime exige une obéissance à l’ancienne mode protestante, qui s’accompagne d’une auto dévaluation et d’un sentiment constant de culpabilité : il ordonne une servilité sincère et véridique.

Il apparaît clair que presqu’aucun pays, aucun gouvernement ne peut échapper à l’annihilation s’il ne se soumet pas totalement. Le sentiment va tellement loin que si les gouvernements de pays en voie de développement tel les Philippines, l’Indonésie, l’Ouganda ou le Rwanda ne proclament pas clairement à Washington, Londres ou Partis « nous sommes uniquement là pour votre bonheur, vous l’Occident », ils risquent alors une annihilation totale, même s’ils ont été élus démocratiquement, même si (et même surtout si) ils sont supportés par la majorité du peuple.

Tout ceci n’est pas nouveau, bien-sûr. Mais dans le passé, les choses se faisaient avec un peu plus de discrétion. Aujourd’hui, elles se font au grand jour, ainsi personne n’osera se rebeller, ni même rêver.

C’est ainsi que la révolution en Égypte a été sabotée, détruite et cruellement exterminée. Il ne reste absolument rien du prétendu "Printemps arabe", juste un avertissement clair "qu’on ne vous y reprenne pas, ou alors..."

J’ai vu les élites en Égypte danser et célébrer leur victoire. Les élites aiment l’armée. L’armée leur garantit une place au Zénith, voilà leur pouvoir. Les élites donnent à leurs enfants à brandir des portraits de leaders militaires responsables du Coup d’Etat, responsables d’avoir causé la mort de milliers de vies, responsables d’avoir brisé les espoirs et les rêves du Monde arabe.

Ce que j’ai vu en Égypte était terrifiant et ressemblait au putsch de 1973 au Chili (un pays que je considère comme mon deuxième ou troisième chez-moi), ce putsch, dont je ne me souviens de rien en raison de mon âge, mais dont les séquences vues et revues, n’en ont jamais diminué l’horreur.

Ou alors... c’est la torture ou bien le meurtre de civils à Bahreïn. Ou alors... c’est l’Indonésie en 1965-66. Ou encore la chute de l’Union Soviétique. Ou alors... c’est l’explosion d’un avion de ligne en plein vol ; un avion cubain détruit par des agents de la CIA. Ou encore les ravages causés à l’Irak, la Lybie, l’Afghanistan, au Vietnam, au Cambodge et au Laos, renvoyés à l’âge de pierre. Ou alors... ce sont des pays totalement dévastés comme le Nicaragua, Grenade, Panama ou la République Dominicaine. Ou alors... ce sont 10 millions de personnes massacrées en République démocratique du Congo, tant pour ses ressources naturelles que pour l’anti-impérialisme ouvertement affiché par son grand leader, Patrice Lumumba.

Il est certain que ce que vit le monde actuellement pourrait être décrit comme une nouvelle vague de l’offensive impériale occidentale. Cette offensive se déroule sur tous les fronts et s’accélère de manière très rapide. Sous la houlette du très distingué prix Nobel de la Paix Barack Obama, de ses amis néo-conservateurs, de ses amis socialistes aux accents bruns, de la réélection du Premier ministre fasciste au Japon, le monde devient un lieu particulièrement dangereux. C’est comme si une certaine ville frontalière était envahie par des gangs violents.

La perception biblique de « vous êtes avec moi ou contre moi » gagne du terrain. Soyons conscients face aux récits. Soyons conscients lors des soulèvements, soyons conscients lors des mouvements de protestation contre les gouvernements. Lesquels sont réels et lesquels sont créés de toute pièce par l’impérialisme et le néo-colonialisme ?

Cela apparaît extrêmement déstabilisant pour la majorité des gens qui sont noyés par le flot d’informations des médias privés. Il y a effectivement de quoi être déstabilisé. Et plus les gens le sont, moins ils sont enclins à s’opposer aux réels dangers et à l’oppression.

Mais au final et malgré tout, le peuple thaïlandais a voté le 2 février dernier. Il a surmonté les barricades, il s’est battu contre ceux qui essayaient de fermer les bureaux de vote. Et en Ukraine la majorité continue de supporter son gouvernement. Et ni le Venezuela ni Cuba ne sont tombés. Et les rebelles Djihadistes n’ont pas encore pris le contrôle de la Syrie. Et l’Erythrée et le Zimbabwe sont encore et toujours derrière leurs leaders.

Les gens ne sont pas des brebis. Dans plusieurs endroits du monde, ils ont réalisé qui étaient leurs véritables ennemis. Quand les Etats-Unis ont participé au coup d’Etat contre Chavez, l’armée a refusé de suivre, et quand un homme d’affaires a été désigné pour prêter serment en tant que Président, l’armée a commencé à faire route vers Caracas avec ses chars afin de protéger le leader élu et légitime. La révolution a survécu.

Chavez est décédé, et d’aucuns affirment qu’il a été empoisonné, que le cancer lui a été inoculé, qu’il a été éliminé depuis le Nord. Je ne sais pas si c’est vrai, mais avant de mourir, on l’a photographié, chauve et transpirant, souffrant d’une maladie incurable, mais déterminé et fier. Il criait "ici personne ne se rend !" Et cette image et cette phrase à elles seules ont inspiré des millions de personnes.

Je me souviens, l’an dernier à Caracas, debout face à un énorme poster montrant son visage, épelant ses mots. Je l’aurais remercié, serré contre moi si j’avais pu, s’il était encore en vie. Non pas parce qu’il était parfait- il ne l’était pas. Mais parce que sa vie, ses mots et ses actes ont inspiré des millions de personnes, sorti des nations entières de la dépression, du malheur et de l’esclavagisme. Je lis sur son visage ceci : ’’ils essaient de te descendre par tous les moyens, mais tu résistes...tu tombes et tu te bats encore. Ils essaient de te tuer mais tu te bats...pour la justice, pour ton pays, pour un monde meilleur.’’ Chavez n’a pas dit cela, bien-sûr, mais face à son photographe, tel a été le ressenti.

Depuis, une partie des pays d’Amérique du Sud a été libérée et s’est unie contre l’impérialisme occidental, et ils seront difficiles à battre. Oui, ici, personne ne se rend !

Le reste du monde est encore très vulnérable et enchaîné. L’Occident ne cesse de produire et d’aider des forces d’oppression, qu’elles soient féodales ou religieuses. Plus la population est oppressée, moins elle est disposée à se battre pour la justice et pour ses droits. Plus elle est effrayée, plus elle est facile à contrôler.

La féodalité, l’oppression religieuse et les dictatures d’extrême droite, tout cela sert parfaitement le fondamentalisme de marché de l’Empire, et son obsession de vouloir contrôler la planète. Mais un tel programme est anormal, et donc temporaire. Les êtres humains sont épris de justice, par essence, c’est une espèce décente et altruiste. Albert Camus, à juste titre, en arrive à la conclusion dans son magnifique Roman ‘La Peste’ (analogie pour combattre le fascisme) : « il y a dans les hommes plus de choses à admirer que de choses à mépriser ».

Ce que l’Occident fait actuellement au reste du monde n’a rien de nouveau : fomenter des conflits, soutenir le banditisme et le terrorisme, sacrifier des millions de personnes pour ses seuls intérêts commerciaux. C’est ce qu’on appelle le "fascisme ordinaire". Et le fascisme est venu et il a été vaincu par le passé. Et il le sera à nouveau. Il sera battu à nouveau car il est néfaste, car il va à l’encontre de l’évolution humaine naturelle et car les peuples à travers le monde sont en train de prendre conscience que les structures féodales que le fascisme occidental essaie de mettre en place à travers le monde, appartiennent au 18ème siècle, pas à celui-ci et ne devraient plus être tolérées.

Andre Vltchek

Traduit pour Investig’Action par Mustapha Bahman

Source : http://www.informationclearinghouse.info/article37544.htm

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 10:11

La Cour constitutionnelle de Thaïlande a annulé les élections législatives anticipées organisées le mois dernier sur fond de contestation politique et de boycott des urnes par le Parti Démocrate.

La cour a jugé que les élections n'avaient pu avoir lieu simultanément sur tout le territoire en raison de manifestations et de perturbations et que cela était contraire à la constitution.

Le vote, le 2 février, avait été remporté par le parti Pua Thai de la Première ministre, Yingluck Shinawatra, mais l'impossibilité d'ouvrir les bureaux de vote dans près d'une circonscription sur cinq n'a pas permis d'atteindre le quorum à la Chambre des représentants.

On ignore quand un nouveau scrutin pourra avoir lieu.

Source:

http://fr.news.yahoo.com/la-cour-constitutionnelle-annule-les-%C3%A9lections-en-tha%C3%AFlande-063401882.html

La Cour constitutionnelle annule les élections
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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 10:07

Un article de Thai Political Prisoners
Lien de l'article:

http://politicalprisonersofthailand.wordpress.com/2014/03/20/shooter-caught/


Khaosod rapporte que les tribunaux de l'Amart ont finalement "approuvé un mandat d'arrêt sur ​​l'un des militants armés anti-gouvernementaux alliés aux manifestants qui se sont engagés dans une fusillade pré-électorale contre les manifestants pro-gouvernementaux."
Il s'agit du tireur qui avait caché son arme dans un grand sac de pop-corn.
Il y a quelque temps, les tribunaux avaient refusé un mandat contre ce tireur, et c'est seulement maintenant que la "Cour pénale a approuvé un mandat d'arrêt contre ​​l'un des hommes armés qui cachaient une arme à feu dans un sac de pop-corn."
Le suspect a été identifié. Son nom est Wiwat Yordprasit, et il "est accusé de tentative d'assassinat, possession non autorisée d'armes à feu et de munitions, transport d'armes à feu dans un quartier résidentiel sans raison valable et violation du décret d'urgence qui interdit le port d'armes à feu dans un lieu public."
Quelques heures après, il a été signalé au Bangkok Post que la police avait arrêté le tireur.
Il est rapporté que l'homme âgé de "24 ans, originaire de Phitsanulok se cachait dans le sud de la province de Surat Thani, la ville natale de Suthep Thaugsuban, le secrétaire général du Comité pour la Réforme Démocratique Populaire (PDRC)." Il a "nié toutes les accusations et a été ramené à Bangkok".
Le ministre du Travail intérimaire, Chalerm Yubamrung, "a déclaré la police avait reçu une information comme quoi Vivat se cachait dans une maison appartenant à la femme d'un chef des gardes de sécurité du PDRC."

Le tireur "pop-corn"

Le tireur "pop-corn"

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21 mars 2014 5 21 /03 /mars /2014 10:03

La situation en Thaïlande demeure tendue bien que les autorités aient levé l'état d'urgence. Des inconnus ont fait sauter deux bombes à Bangkok sans faire de blessés.

Selon la police, deux explosions se sont produites dans la matinée de mercredi non loin du parque Lumpini occupé par les manifestants antigouvernementaux.

L'incident a eu lieu dans la proximité immédiate d'un poste militaire déployé pour assurer l'ordre public.

Source: La Voix de la Russie
http://french.ruvr.ru/news/2014_03_19/De-nouvelles-explosions-a-Bangkok-3680/

Un T-shirt du PDRC à la gloire du tireur "pop-corn"

Un T-shirt du PDRC à la gloire du tireur "pop-corn"

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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 08:23

Un article d'Andrew Spooner

Lien de l'article:

http://asiaprovocateur.blogspot.co.uk/2014/03/human-rights-watch-wikileaks-reveals.html


Suite à la forte odeur de putsch ou d'un autre engagement militaire thaïlandais qui flotte dans l'air à Bangkok, il semble adéquat de rappeler aux lecteurs la position de Human Rights Watch lors du dernier coup d'État en Thaïlande en 2006.
En octobre 2006, Sunai Phasuk, un chercheur thaïlandais de Human Rights Watch, a visité l'ambassade des États-Unis et fait un certain nombre de commentaires étonnants au personnel rassemblé de l'ambassade et qui ont été enregistrés pour la postérité pour être ensuite dévoilés au public par Bradley Manning et Wikileaks.
Dans un câble daté du 17 octobre 2006, Sunai Phasuk a clairement indiqué son soutien au coup d'État militaire illégal qui a renversé un gouvernement démocratiquement élu et a également abrogé la Constitution de 1997 de Thaïlande (considéré comme la plus démocratique de l'histoire de la Thaïlande) en disant:
"En tant qu'ardent militant anti-Thaksin j'ai été soulagé de voir l'administration Thaksin chassée du pouvoir."

Un extrait du câble de Wikileaks qui prouve que Sunai Phasuk soutenait le coup d'État de 2006

Un extrait du câble de Wikileaks qui prouve que Sunai Phasuk soutenait le coup d'État de 2006

Plus loin dans le même câble, Sunai Phasuk exprime aussi sa loyauté et son admiration pour l'armée thaïlandaise... ce qui est extraordinaire vu les 17 coups d'Etat et les massacres précédents dans lesquels cette armée avait été directement impliquée... sans parler du massacre de Tak Bai par cette même armée qui avait eu lieu seulement deux ans plus tôt.
Ces câbles prouvent que Sunai Phasuk "a souligné qu'il était proche de nombreux officiers et a, en fait, enseigné à beaucoup d'entre eux en tant que conférencier invité de l'Académie royale militaire de Chulachomklao et de l'Académie de l'Aviation royale thaïlandaise. Il a affirmé qu'il avait toujours eu les militaires en haute estime pour leur sens de l'honneur et leur dévouement pour le pays."
Bien sûr, rien de la secrète et servile admiration de Sunai Phasuk pour l'armée thaïlandaise, sa politisation évidente, son abandon de la règle du droit, son soutien à ceux qui attaquent la démocratie et ses fausses prétentions d'être soi-disant "neutre", n'a jamais été remis en question ne serait-ce que par un seul correspondant des médias internationaux basé à Bangkok.
Pourtant, ces mêmes médias sont plus qu'heureux de continuer à citer Sunai Phasuk comme source crédible et impartiale plutôt que de dénoncer le pro-coup d'État qu'il est en réalité.
Je suppose que les correspondants des médias internationaux basé à Bangkok préfèrent conserver la vie facile dont ils bénéficient dans la capitale thaïlandaise, appartements penthouse, servantes et piscines, que de prendre le risque de perdre tout cela en disant la vérité.
Nous ne pouvons que spéculer sur ce dernier point.

Sunai Phasuk

Sunai Phasuk

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 12:57

La Cour de justice a décidé de poursuivre des militants chemises rouges pour s'être moqué de celle-ci après qu'elle ait rendu une décision comme quoi les manifestations du Comité pour la Réforme Démocratique Populaire (PDRC) étaient pacifiques.
Le 14 mars, la Cour civile a rendu une ordonnance sermonnant Daranee Kritboonyalai, Sudsanguan Suteesorn et Picha Vijitsilp, les organisateurs de l'activité, d'assister à une audience le 21 Avril pour infraction contre la Cour.
L'activité symbolique avait eu lieu le 21 février devant la Cour de justice, avenue Ratchadaphisek, après que cette dernière ait jugée que le décret d'urgence ne pouvait pas être utilisé contre les manifestants antidémocratiques, le raisonnement étant qu'ils mobilisaient leurs troupes pacifiquement et sans armes. Environ 100 Chemises rouges avaient rejoint l'activité.
Ils avaient également déposé une gerbe avec le message "pour l'injustice de la Cour de justice".
Daranee a expliqué que pendant les manifestations chemises rouges en 2010, au cour desquelles 91 manifestants avaient été massacré par l'armée, des activistes pro-démocratie avaient demandé à la Cour de justice d'annuler le décret d'urgence, mais que cette dernière avait rejeté la demande sous le prétexte que la Cour ne pouvait pas violer la puissance administrative du gouvernement.
Source:

http://prachatai.com/english/node/3898

Une femme caricaturant Madame Justice en face de l'édifice de la Cour de justice. Sa main gauche tient un talisman palad-khik, une image de pénis en bois

Une femme caricaturant Madame Justice en face de l'édifice de la Cour de justice. Sa main gauche tient un talisman palad-khik, une image de pénis en bois

Des manifestants jugés désarmés par la Cour de justice

Des manifestants jugés désarmés par la Cour de justice

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