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12 août 2016 5 12 /08 /août /2016 15:41

Une dizaine d'attentats et d'incendies criminels ont ravagés le Sud touristique de la Thaïlande les 11 et 12 aout 2016.

Le 11 à 15 heures 20, il y a eu un attentat à la bombe dans une rue commerciale de Trang qui a fait 1 mort et 7 blesses.

Le 11 à 22 heures 15, il y a eu deux attentats à la bombe à Hua Hin qui ont fait 1 mort et 20 blesses dont 10 touristes.

Le 12 à 2 heures 30 du matin, il y a eu un incendie criminel au Lee Mart Department Store de Trang qui a causé environ 100 millions de bahts de dégâts.

Le 12 à 8 heures 02 du matin, il y a eu un attentat à la bombe devant un commissariat de police de Surat Thani qui a fait 1 mort et plusieurs blessés.

Le 12 à 8 heures 05 à Patong (Phuket), il y a eu deux attentats à la bombe qui ont fait plusieurs blessés.

Le 12 à 8 heures 50, il y a eu un incendie criminel dans le Tesco Lotus de Nakorn Sri Thammarat.

Le 12 à 9 heures 10, il y a eu un incendie criminel dans un marché fréquenté par les touristes à Phan Nga. L'incendie a détruit plus de 80 boutiques et la police a découvert que deux bombes étaient à l'origine de l'incendie.

Le 12 à 9 heures 14, il y a eu deux nouveaux attentats à la bombe à Hua Hin.

Le 12 dans la matinée, il y a eu un incendie criminel dans une zone commerciale à Krabi.

Les attentats ont fait 4 morts et plusieurs dizaines de blessés. Le fait qu'ils se soient produits la veille et le jour de l'anniversaire de la Reine, une personnalité qui a longtemps soutenu les antidémocratiques chemises jaunes, laisse dubitatif.

Une touriste néerlandaise blessée lors de l'attentat de Hua Hin

Une touriste néerlandaise blessée lors de l'attentat de Hua Hin

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10 août 2016 3 10 /08 /août /2016 15:01

Une déclaration de l’avocat pour les droits de l'homme, Robert Amsterdam

Lien:

http://robertamsterdam.com/thailands-exit-from-democracy-a-fait-accompli-enforced-down-a-gun-barrel/

 

Le dimanche 7 août 2016, les Thaïlandais ont été contraints, sous la menace des armes, à prendre part au sordide "Référendum sur la Constitution" de la junte.

On a fait savoir à ces décents thaïlandais qui travaillent dur, que s'ils faisaient campagne contre le référendum, ils pourraient être arrêtés, jugés par un tribunal militaire et jetés dans l'une des horribles prisons de Thaïlande qui se remplissent de prisonniers politiques depuis une décennie. Ces mêmes citoyens thaïlandais connaissaient aussi la spectaculaire capacité de la junte à la violence - la pile des 100 cadavres criblés de balles à Bangkok lors du massacre de 2010 était là pour leur rappeler la dernière fois où ils avaient osé affronter les militaires thaïlandais - et ils savaient que leur dictateur non élu, le général Prayuth Chan-ocha, avait une volonté prête pour réprimer brutalement à nouveau si l'occasion se présentait. Enfin, les Thaïlandais savaient que s'ils rejetaient la constitution, ils pouvaient s'attendre au pire - Prayuth lui-même a menacé à plusieurs reprises d'imposer une constitution encore plus anti-démocratique aux Thaïlandais s'ils osaient refuser de soutenir sa charte sordide.

Donc, les Thaïlandais ont pris le seul choix qu'ils pouvaient - ils ont voté pour la Constitution. Sur un très faible taux de participation d'environ 55% (la dernière élection législative libre en 2011 a eu un taux de participation de 75%) un peu plus de 61% ont voté en sa faveur. Ce "Oui" représente 33,5% de l'électorat thaïlandais - à peine le genre de pourcentage suffisant pour mettre en place de tels changements constitutionnels. Cependant, nous devons dire ici que nous respectons pleinement la volonté du peuple thaïlandais et comprenons parfaitement que, compte tenu des choix à leur disposition, ils ont pris la meilleure option qu'ils pouvaient. Mais nous faisons cette déclaration avec un cœur très lourd et d'énormes doutes comme quoi le référendum de dimanche a donné un autre coup de marteau aux aspirations démocratiques des Thaïlandais.

La Constitution elle-même est essentiellement un document destiné à saper la légitimité des députés élus. Cette nouvelle constitution supprime le pouvoir de modifier la constitution des représentants légitimement élus par le peuple et le remet au sénat non élu thaïlandais qui comprendra des membres de l'armée. Pour le dire de manière plus simple, le pouvoir exécutif ne repose plus sur un organisme démocratiquement mandaté par le peuple thaïlandais. La démocratie est abrogée.

Pourtant, le vrai désir des Thaïlandais est de voir Prayuth démis de ses fonctions, que la main fouetteuse des tribunaux militaires cesse sa répression et que les voyous fous de pouvoir de l'armée thaïlandaise retournent dans leurs casernes, qu'ils ont voté pour cette aberration d'un Constitution. Au moins, les Thaïlandais peuvent désormais espérer une sorte "d'élections" promises pour 2017 et un retour à un minimum de régime civil.

Bien sûr, quelques Thaïlandais ont tenté de lutter à la fois contre le référendum et la constitution. Sans surprise ces braves gens ont été immédiatement réprimés par le draconien gouvernement militaire - certaines sources citent que près de 200 personnes ont été arrêtées par l'armée thaïlandaise pour avoir simplement faire campagne pour le "Non" lors de la campagne électorale du référendum. Le sort de ces 200 Thaïlandais, au moment de l'écriture de cet article, est inconnu mais beaucoup d'entre eux pourraient faire face à de longues peines de prison.

La réaction internationale au "Référendum pour l'Exit de la Démocratie" a été marquée par son absence presque totale et honteuse. Quelques groupes de défense des droits humains ont fait quelques déclarations sommaires et notoirement insipides. Les correspondants des médias occidentaux de Bangkok ont écrits quelques platitudes, mais les gouvernements d'Europe et d'Amérique du Nord sont restés presque complètement silencieux.

Le résultat net est que la sortie du peuple thaïlandais de la démocratie est un fait accompli imposé par un gouvernement militaire et ignoré par le monde.

Nous continuons d'offrir un soutien à ceux qui souhaitent une véritable démocratie thaïlandaise et appelons la communauté internationale à condamner, sans aucune réserve, la terrible main forcée sur les Thaïs et la destruction continue de leur démocratie.

 

Deux courageuses thaïlandaises manifestent contre la junte militaire

Deux courageuses thaïlandaises manifestent contre la junte militaire

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8 août 2016 1 08 /08 /août /2016 06:34
Un pas en arrière deux pas en avant

Les résultats du référendum sur le projet de constitution de la junte sont décevants et sont un revers pour la démocratie. Mais nous ne devons jamais oublier que cela n'a jamais été un référendum démocratique. La junte a arrêté et intimidé tous ceux qui voulaient exprimer leur opposition à son épouvantable charte et a essayé de faire en sorte que les médias ne rapportent que la version pro-junte des faits. Les troupes ont été envoyées dans les communautés pour "expliquer" la constitution autoritaire. Beaucoup de ceux qui vivent et travaillent en dehors de leur province d'origine ont été incapables de voter pour des raisons bureaucratiques.

Un certain nombre de gens aurait également voté à tort pour accepter la constitution parce qu'ils voulaient voir des élections le plus tôt possible. Pourtant, toutes les futures élections ne seront pas démocratiques et tout gouvernement sera sous le contrôle potentiel de l'armée et des conservateurs.

Compte tenu de cette situation, il est remarquable que 10 millions de personnes aient voté pour rejeter le projet de charte.

Ceux qui veulent voir la démocratie en Thaïlande devront commencer par considérer ces millions de personnes comme leurs alliés dans toute lutte pratique contre la junte. Ce n'est pas le moment de sombrer dans la dépression. Il est temps de transformer la colère en organisation et en action future contre la junte. Une telle action est pleinement légitime étant donné la nature non démocratique du référendum et de la constitution.

Alors que nous devons regarder la réalité en face et admettre ce retour en arrière, nous ne devons en même temps pas respecter les résultats du référendum. Affirmer cela ne ressemble en rien à la façon dont les classes moyennes conservatrices enragées ont rejeté les souhaits démocratiques des millions d'électeurs lors des élections législatives précédentes remportées par le parti Pua Thai ou le Thai Rak Thai. Ces élections n'ont pas du tout eu lieu dans les mêmes conditions autoritaires que nous avons vu lors du référendum.

Il ne faut pas négliger le fait que seulement 55% des personnes admissibles pour voter sont effectivement allé aux bureaux de vote. Cela signifie que seulement 33% de la population a approuvé la terrible constitution de la junte.

Au risque de me répéter, je dois souligner que la voie à suivre est de construire un mouvement social de masse contre la junte. L'action de masse des gens ordinaires en Turquie a empêché le récent coup d'Etat militaire dans la nuit du 15 juillet 2016. La riche expérience des mouvements de masse thaïlandais battant l'armée en 1973 et 1992 et l'énorme potentiel du mouvement des Chemises rouges devraient être réexaminés. Il est temps d'arrêter de jouer à des jeux symboliques organisés par une poignée de héros autoproclamés. Ces vues erronées proviennent d'une analyse inexacte comme quoi dans ces temps de médias sociaux, nous ne devrions pas bâtir des mouvements de masse. L'expérience du mal dirigé mouvement chemise rouge et les idées autonomistes ou atomistes des courageux jeunes étudiants nous a distrait des tâches réelles.

Débarrasser la Thaïlande de l'influence de l'armée prendra du temps et nécessitera une organisation politique déterminée à construire un mouvement qui sera indépendant de la vieille direction des Chemises rouges et de Taksin. Taksin n'a jamais appelé à une action de masse pour vaincre la junte. Tout ce que fait Taksin quand il parle au peuple thaïlandais, c'est de parler de lui-même.

Le mouvement politique de masse pour la démocratie devrait être un mouvement inclusif qui serait un front uni de tous ceux qui sont opposés à la junte. Dans la passé, les militants ont permis à leur sectarisme et leur vain désir de rester "purs" de devenir une excuse pour exclure des gens ou d'agir en petits groupes. Les différences politiques des divers membres de ce front devraient être louées. Cela signifie également que les militants de gauche ont besoin de bâtir un parti socialiste afin de devenir une partie importante de ce mouvement.

Cependant, ce n'est pas vraiment une discussion pour les lecteurs anglophones ou francophones. Il est essentiel que les débats sur les stratégies se déroulent en thaï parmi les activistes thaïlandais. Voilà pourquoi je tiens un blog parallèle en langue thaïe comme une tentative de parler directement aux gens à l'intérieur du pays [https://turnleftthai.wordpress.com/]. Bien sûr, leur promotion par soi-même ne garantit pas que ces idées seront mises un jour en pratique. Cependant, c'est tout ce que les exilés comme moi peuvent faire dans les circonstances actuelles.

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7 août 2016 7 07 /08 /août /2016 13:27

Le vote du référendum national pour décider d'accepter ou de rejeter un projet de constitution et si les sénateurs non élus pourront prendre part au choix du premier ministre, a pris fin. Des sondages indiquent une grande victoire du "Oui". Des rumeurs de fraude massive circulent sur Facebook.

Les résultats non officiels sont attendus à environ 21 heures. Environ 50 millions de Thaïlandais étaient admissibles pour voter.

Dès que les bureaux de vote ont fermé, Nida (l'Institut national d'administration du développement) a publié les résultats d'un sondage téléphonique de 5800 électeurs à travers le pays, qui indique un soutien étonnamment fort pour le projet de constitution et un soutien clair mais moindre pour le vote du Sénat sur un futur premier ministre. 76,8 pour cent ont déclarés avoir voté "Oui" au projet de constitution et 58 pour cent pour que le sénat non élu puisse nommer le premier ministre.

Un deuxième sondage fait par l'Université de Bangkok avant le vote, a donné le "Oui" gagnant à 57 pour cent.

Sources: Facebook et

http://www.bangkokpost.com/learning/advanced/1055361/voting-ends-in-referendum

Une électrice thaïlandaise

Une électrice thaïlandaise

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6 août 2016 6 06 /08 /août /2016 12:32

JAKARTA - Des parlementaires d'Asie du Sud-Est (Indonésie, Malaisie et Philippines), ont déplorés le processus antidémocratique menant au référendum de ce dimanche sur une nouvelle constitution en Thaïlande, soulevant des inquiétudes sur le harcèlement, les arrestations et l'intimidation de ceux qui cherchent à faire campagne contre le projet de charte.

"Il ne s'agit pas d'un référendum dans un sens véritable du mot. Ce n'est pas un processus démocratique. C'est un vote forcé face au canon d'une arme à feu après une campagne où les autorités ont cherché à contrecarrer activement tout débat éclairé", a déclaré Charles Santiago, membre du parlement malaisien et président des parlementaires de l'ASEAN pour les droits de l'homme (ASEAN Parliamentarians for Human Rights, sigle anglais: APHR).

La constitution qui sera votée ce dimanche a été écrite par un comité de rédaction militaire nommé et a été vertement critiqué par les groupes des droits de l'homme, y compris l'APHR, ainsi que par des universitaires thaïlandais et des politiciens de toutes horizons politiques. Leur critique a mis en évidence les clauses anti-démocratiques de la charte qui enchâssent le contrôle militaire sur la politique, sapent le pouvoir des représentants élus, et suppriment aux communautés leurs droits précédents sur la protection de leur propre environnement.

"En tant que parlementaires qui croient en la démocratie et en la primauté du droit, nous ne pouvons pas soutenir cette constitution, ou le vote de dimanche pour elle. Nous souhaitons envoyer un message de solidarité au le peuple thaïlandais et à tous ceux qui luttent pour regagner leurs droits et leurs libertés fondamentales dans ce pays ", a déclaré Santiago.

L'APHR souhaite mettre en évidence les restrictions de plus en plus arbitraires contre la liberté d'expression et de réunion pour le vote de ce dimanche, qui ont été utilisés pour arrêter des militants, des politiciens et des journalistes qui font maintenant face à des inculpations pour leurs critiques de la charte. Les autorités ont également ordonné l'annulation de manifestations publiques pour discuter de la constitution et cherché à intimider les participants.

La loi qui régit les règles du référendum interdit la diffusion d'informations "agressives" destinées à influencer les électeurs, une clause que les parlementaires ont précédemment identifiée comme étant trop large et en violation des normes internationales.

"Ce n'est pas une atmosphère dans laquelle il est bon de procéder à un vote. Un débat libre et ouvert est essentiel pour assurer que le public puisse prendre une décision éclairée. Sans cela, la tenue de ce référendum n'est rien d'autre qu'une tentative par une junte non élu de manipuler le processus démocratique afin de réclamer une sorte de légitimité", a conclu Santiago.

L'APHR a également noté les efforts déployés par la junte pour limiter la surveillance des élections, notamment en arrêtant au moins 38 personnes pour leur implication dans des tentatives de créer des centres à travers le pays consacré à la surveillance de la fraude électorale. Ces mouvements sapent davantage la légitimité déjà fragile du vote, ont fait valoir les parlementaires.

Les chefs militaires de Thaïlande ont ignoré les demandes des gouvernements étrangers ainsi que celles des acteurs régionaux et internationaux, dont le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon, de révoquer les restrictions arbitraires imposées à la liberté d'expression et de réunion, afin de permettre un débat plus légitime avant le référendum.

"La junte n'a pas tenu compte de toutes les demandes pour un débat ouvert et équitable et a obstinément ignoré les normes internationales de base pour mener ce genre de référendum", a déclaré Walden Bello, ancien membre du Congrès des Philippines et membre du Conseil de l'APHR.

La constitution, si elle était adoptée, serait la 20eme de la Thaïlande depuis que la monarchie absolue a été abolie en 1932. Les leaders de la junte, dont le Premier ministre Prayuth Chan-ocha, ont juré de rester au pouvoir si le projet de charte était rejeté.

"Il semble que le peuple thaïlandais soit damné s'il vote pour la constitution et damné aussi s'il ne l'approuve pas. Le général Prayuth et son conseil des anciens n'ont manifestement pas l'intention de céder volontairement leur emprise sur le pouvoir, et ils n'ont pas fourni un choix clair au peuple thaïlandais, mais une dangereuse situation sans solution", a déclaré Bello.

Source:

http://aseanmp.org/2016/08/04/regional-parliamentarians-cry-foul-ahead-thai-constitutional-referendum/

Une manifestante thaïlandaise contre la junte

Une manifestante thaïlandaise contre la junte

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2 août 2016 2 02 /08 /août /2016 12:01

BANGKOK: L'ancienne première ministre thaïlandaise Yingluck Shinawatra a déclaré qu'elle allait voter "Non" au référendum du 7 août et rejeter le projet de constitution.

Elle a clairement indiqué sa position sur le projet de charte aujourd'hui dans sa page Facebook.

Elle a dit qu'elle allait certainement aller voter, mais ce ne serait pas pour accepter le projet de constitution qui va à l'encontre des principes de la démocratie.

Elle a aussi précisé être également en désaccord avec la question référendaire posée aux électeurs lors du référendum qui est "les sénateurs devraient-il être en mesure de choisir un premier ministre?" car le Senat sera entièrement nommé par l'armée. Les électeurs ont deux réponses possibles, "Oui" ou "Non".

Source:

https://www.facebook.com/Y.Shinawatra/photos/a.106877456023385.4057.105044319540032/1285081078203011/?type=3&theater

Copie d'écran de la déclaration de Yingluck sur sa page Facebook

Copie d'écran de la déclaration de Yingluck sur sa page Facebook

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1 août 2016 1 01 /08 /août /2016 07:17
Le referendum de la junte sur la constitution autoritaire n'est ni libre ni équitable

Le soi-disant "référendum" de la junte thaïlandaise sur sa constitution autoritaire n'est pas un véritable référendum démocratique. Il est organisé dans un climat de peur, d'intimidation et de harcèlement. Ceux qui s'opposent à la constitution et mènent campagne pour le "Non" sont constamment arrêtés et jetés en prison et voient leur littérature confisquée. Même les réunions neutres pour discuter de la constitution sont interdites. Les médias indépendants ont été perquisitionnés par des soldats. Les médias sous contrôle militaire donnent une vision unilatérale, pro-junte de cette constitution épouvantable et des soldats sont envoyés dans les communautés pour "expliquer" les "avantages" de la constitution au peuple.

Le referendum de la junte sur la constitution autoritaire n'est ni libre ni équitable
Le referendum de la junte sur la constitution autoritaire n'est ni libre ni équitable

La paranoïa de la junte a atteint des niveaux tels que deux filles âgées de 8 ans qui déchiraient une liste d'inscription des électeurs, parce qu'elles voulaient récupérer son papier rose, ont été arrêtées.

Le referendum de la junte sur la constitution autoritaire n'est ni libre ni équitable

La police aura plus de difficulté pour arrêter un groupe de singes ou les chiens du temple qui ont déchiré les listes d'inscription dans deux autres endroits!

Le referendum de la junte sur la constitution autoritaire n'est ni libre ni équitable

La paranoïa de la junte est compréhensible et en dit long sur la situation politique thaïlandaise. Aujourd'hui en Thaïlande, les putschs militaires ne peuvent être justifiés vis-à-vis du peuple que s'ils prétendent être menés pour prévenir la corruption et "reformer" la démocratie. La présente junte a du prétendre que quand elle aurait réécrit la constitution, elle la soumettrait à un référendum et autoriserait ensuite des élections. En effet, la plupart des citoyens thaïlandais ont une culture politique démocratique et ne supportent plus la dictature permanente. Les juntes militaires, passées et présentes, mentent en affirmant que sous leur domination la Thaïlande est toujours une "démocratie".

Même le généralissime Prayut ne peut tout simplement pas affirmer qu'il veut faire du régime militaire une caractéristique permanente. Pourtant, c'est exactement ce que leur projet de constitution vise à faire par des moyens détournés. Ceci est quelque chose qui est compris par les Thaïlandais politiquement conscients, en particulier ceux qui font partie de groupes ou de réseaux de médias sociaux et qui ont analysé le document. Donc, le référendum est un mouvement nécessaire mais risqué de la part de l'armée.

Ce projet à vomir de constitution devrait être rejeté parce qu'il est mis au point par les gens qui ont du mépris pour la démocratie et pour la plupart des citoyens. Cela se reflète dans le "prologue" ridicule qui justifie et amnistie toutes les actions de la junte militaire. Il y a un certain nombre de mesures qui augmentent les pouvoirs des organes militaires nommés sur les gouvernements élus et le Parlement. Il permet à un non-membre du parlement de devenir premier ministre dans certaines circonstances et il y a une question supplémentaire spéciale lors du référendum qui demande si les gens aimeraient que le parlement et le sénat puissent voter ensemble afin de nommer premier ministre quelqu'un de la junte après les premières élections. Bien sûr, le Sénat doit être entièrement nommé par la junte. En outre, la formule pour déterminer le nombre de membres du Parlement favorise le Parti Démocrate.

Cette constitution est la plus néolibérale jamais rédigée en Thaïlande. D'un seul coup, elle revient en arrière et abolit pratiquement le système de soins de santé universel et le droit à la gratuité de l'enseignement secondaire. Elle privilégie aussi le bouddhisme Theravada au détriment des autres croyances.

Si la majorité des électeurs votaient contre ce serait une énorme gifle pour Prayut et sa junte et ils perdront toute légitimité restante. Pourtant, leur climat de peur, d'intimidation et de mensonges pourrait simplement leur offrir un vote pour le "Oui". Nous devons être prêts pour les deux éventualités.

Il se peut que certaines personnes votent pour accepter la constitution juste pour être en mesure de bénéficier d'une élection, en espérant que la constitution pourra être modifiée dans l'avenir. Pourtant, ils seront déçus. Les règles de modification de la constitution signifie qu'il sera impossible pour un gouvernement démocratiquement élu de changer la constitution sans la permission des militaires et de leurs alliés conservateurs.

Il y a eu quelques militants qui ont préconisé un boycott du référendum. Cependant, en l'absence d'une vaste campagne pour un boycott, ce serait inefficace et offrirait un "Oui" à la junte. La meilleure tactique est de soutenir la campagne existante pour le "Non".

Si le vote "Non" gagne, il devrait y avoir ensuite des manifestations de masse pour exiger l'éviction de la junte. Mais rien n'est automatique et ces manifestations doivent être organisées. Si le vote "Oui" gagne, nous devons être clairs en affirmant que ni le référendum, ni la constitution n'ont de légitimité démocratique. La lutte pour la démocratie devra donc continuer.

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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 11:03

Huit politiciens de Chiang Mai seront détenus pendant sept jours et ensuite inculpés de sédition et de diffusion de fausses informations sur le projet de constitution par le tribunal militaire, a déclaré le vice-Premier ministre Prawit Wongsuwon jeudi. La période de détention d’une semaine a été ordonnée par le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO). Les politiciens du Parti Pheu Thai sont accusés d’avoir diffusé des lettres colportant des informations erronées dans le Nord de la Thailande. Le general Prawit, qui est aussi ministre de la Défense, a démenti les affirmations comme quoi le NCPO persécutait ses adversaires politiques avant le référendum du 7 août sur la constitution.

Plusieurs des personnes ciblées font partie de la famille Buranupakorn politiquement influente et très riche, qui soutient le Parti Pheu Thai à Chiang Mai, une ville qui est le bastion du parti.

Ils comprennent Tasanee Buranupakorn, une ancienne députée de Chiang Mai et vice-présidente de l'organisation administrative provinciale de Chiang Mai, ainsi que sa sœur cadette, et son oncle Boonlert Buranupakorn, dont le Premier ministre Prayut Chan-o-cha l’avait précédemment suspendu de sa position de président de l’organisation administrative provinciale de Chiang Mai.

 

Tasanee Buranupakorn

Tasanee Buranupakorn

La police a perquisitionné la propriété de la famille et a déclaré avoir trouvé des lettres qui expliquaient que le projet de constitution mettrait fin au régime gouvernemental de soins de santé a 30 baht, aux paiements mensuels des personnes âgées et à la scolarisation gratuite. Les détenus ont été conduits au Cercle militaire situé dans le district de Dusit à Bangkok.

Source :

http://www.bangkokpost.com/news/politics/1046649/pheu-thai-detainess-to-be-tried-in-military-court

Tasanee Buranupakorn au moment de son arrestation

Tasanee Buranupakorn au moment de son arrestation

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 08:52

Une femme audacieuse a jeté l'institution dans la controverse lors de sa quête de justice.

Un article de Pavin Chachavalpongpun

Lien de l’article en anglais:

http://thediplomat.com/2016/07/the-dark-secrets-of-thailands-military/

 

L'armée thaïlandaise a une fois de plus plongé dans la controverse après qu’une série de jeunes cadets aient été retrouvés morts alors qu’ils subissaient une formation militaire. Pour aggraver la situation, dans le dernier cas, la nièce d'un cadet défunt a été accusée d'atteinte à la réputation de l'armée quand elle a essayé de révéler les brutalités qui ont lieu à l'intérieur de la caserne.

Cette semaine, Naritsarawan Kaewnopparat, une aide sociale travaillant pour le bien-être social des enfants, a été arrêtée pour avoir diffamé l'armée à travers ses écrits sur Facebook. Elle a accusé les militaires de protéger «certains personnes» dans l'armée qui sont responsables du violent assassinat de son oncle, Wichian Puaksom, qui est mort dans un camp de l'armée en juin 2011. Bien qu'elle ait ensuite été libéré sous caution, la plainte contre elle demeure et elle a exposé ce qui est un problème plus large en Thaïlande.

Un conte noir

Wichian, volontaire pour servir dans l'armée, a été muté dans la province de Narathiwat située dans le Sud profond de la Thaïlande. Il a été pris alors qu’il s’enfuyait du camp et, selon Naritsarawan, a été torturé à mort. Reconnu coupable d'avoir abandonné son devoir, il a été frappé au visage à plusieurs reprises et traîné nu sur le sol en béton. Son corps et son visage ont été écrasés par plusieurs soldats de rang supérieur, qui ont également piétiné son cou, poignardé ses cuisses avec des bâtons de bambou pointus, et lui ont donné des coups de pieds dans les testicules.

Bien que cela serait clairement considéré par tout observateur extérieur comme inhumain, ce n'est en fait pas rare dans la culture militaire thaïlandaise. Dans l'armée, il existe une sorte de punition, connu en thaï comme "som", qui implique des attaques physiques brutales contre les victimes.

Le préjudice causé à son corps était si grave qu'il a été envoyé dans la salle d'urgence d’un hôpital de Narathiwat, mais le médecin n’a pas pu le sauver. Pendant tout ce temps, sa famille a été maintenue dans l'ignorance de ce qui se passait. Quand la nouvelle de sa mort a éclaté, l'armée a tenté de faire taire la famille en offrant une compensation de 7 millions de baht (200 000 $), mais la famille Puaksom voulait plutôt la justice pour leur fils.

Naritsarawan, à l’époque étudiante à l'université, a entrepris un voyage afin de découvrir la vérité sur la mort de son oncle. Elle a écrit de nombreuses lettres de plainte et de pétition aux plus hautes autorités de l'armée, y compris au général Prayut Chan-o-cha, l'actuel premier ministre qui était alors le chef de l'armée, pour enquêter sur l'affaire et traduire les coupables en justice. Mais tous ses efforts semblaient tomber dans l'oreille d'un sourd.

Outre le fait que ses appels répétés à la justice pour Wichian ont été refusées, Naritsarawan et sa famille ont également continué d'être victime d'intimidation et de menaces. Les membres de sa famille ont été avertis par les autorités de ne pas enquêter sur le cas sinon ils risquaient de perdre leurs propres vies. Une fois, quelqu'un a tiré un coup de feu sur sa maison, mais heureusement personne n'a été blessé.

Les griefs de Naritsarawan ont à nouveau fait l'objet de l'attention du public après la mort récente d'un autre officier de l'armée, Kittikorn Suthiraphan. Kittikorn a également été tué dans un camp militaire en février de cette année. La tragédie a rappelé aux Thaïlandais que la culture du "som" au sein de l'armée n'a pas été abolie, contrairement à ce que l'armée avait dit à Naritsarawan comme quoi son oncle serait le dernier cas de ce genre. Se sentant trahi, elle a commencé à écrire de manière critique sur Facebook sur les sombres secrets à l'intérieur de l'armée, y compris sa culture de l'impunité, ainsi que son aversion pour la transparence vis-à-vis du reste de la société thaïlandaise.

Une plus grande perspective

Étant donné que les militaires ont organisés un coup d’Etat pour renverser le gouvernement élu de la première ministre Yingluck Shinawatra en mai 2014, les principales institutions de la Thaïlande se sont progressivement militarisées, en partie en raison des avantages de cette militarisation, mais aussi en partie à cause de la réalité du fait que l'armée a dorénavant fusionné avec l’Etat.

Dans ce contexte, il y a eu de nombreux cas impliquant des actes répréhensibles ou des irrégularités de la part de l'armée ou de groupes ou d’individus en son sein. Pourtant, ces incidents ont été soit enterré ou farouchement défendus par les responsables du coup d'Etat. Par exemple, Rajapakdi Park a été entaché par un scandale de corruption impliquant l'armée, même si elle a niée son implication jusqu'à aujourd'hui.

Les élites supérieures de l’armée ont également exploité leur position pour promouvoir leurs parents, amis et alliés. Le frère de Prayut, le général Preecha, a été promu au poste de secrétaire permanent du ministère de la Défense et est membre du Conseil législatif national. Preecha a également nommé son fils à un poste important de l'armée. Patikom, le frère du Vice-Premier Ministre, le général Prawit Wongsuwan, a été choisi pour diriger le ministère des Services correctionnels. Les médias en Thaïlande n'a pas le droit de discuter des promotions de ces puissants personnages.

La poursuite inlassable de Naritsarawan pour la justice ne doit pas être considérée comme juste une tentative afin d’obtenir réparation, mais aussi comme l'occasion d'exposer les sombres secrets de l'armée de Thaïlande, armée qui est à l'origine des nombreux problèmes du pays. Son cas est la preuve que les institutions clés ont été militarisées, y compris le pouvoir judiciaire, qui a travaillé en étroite collaboration avec l'armée pour défendre leurs intérêts politiques mutuels.

Les décès des deux cadets peuvent suggérer une série d'incidents troublants au sein de l'armée. Mais ils symbolisent aussi un problème plus important en Thaïlande: ce pays est en train de devenir un état de non-droit dirigé par des despotes militaires impitoyables.

Pavin Chachavalpongpun est professeur agrégé au Centre de l'Université de Kyoto pour les études d'Asie du Sud-Est.

 

Naritsarawan Kaewnopparat

Naritsarawan Kaewnopparat

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 06:22

Une déclaration d’Amnesty International:

Les autorités thaïlandaises doivent immédiatement abandonner l’enquête pénale ouverte contre trois des défenseurs des droits humains les plus en vue du pays, a déclaré Amnesty International lundi 25 juillet. Ces trois militants, parmi lesquels se trouve la présidente de la section thaïlandaise d’Amnesty International, risquent d’être inculpés le 26 juillet pour avoir rassemblé des informations et publié un rapport sur le recours à la torture par les forces de sécurité en Thaïlande.

Somchai Homla-or, Anchana Heemmina et Pornpen Khongkachonkiet, qui a été nommée à la présidence du bureau exécutif d’Amnesty International Thaïlande en juin, encourraient jusqu’à cinq ans de prison et une amende de 4 800 dollars des États-Unis s’ils venaient à être déclarés coupables de «diffamation» et d’«infractions dans le domaine informatique». Tous trois doivent se présenter à un poste de police de Pattani le 26 juillet.

«Il est paradoxal de constater qu’à l’heure où le gouvernement thaïlandais promet de légiférer contre la torture des militants sont harcelés pour avoir dénoncé cette pratique», a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

«Les autorités thaïlandaises devraient immédiatement classer l’enquête pénale ouverte contre les trois militants, abandonner toutes les charges et ordonner l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale sur les graves violations des droits humains qu’ils ont dénoncées. L’État a pour devoir de protéger les défenseurs des droits humains, pas d’éviter aux forces de sécurité d’avoir à rendre des comptes.»

Somchai Homla-or, Pornpen Khongkachonkiet et Anchana Heemmina sont membres de la Cross Cultural Foundation et du groupe Duay Jai. Ensemble, ils ont publié en février 2016 un rapport décrivant 54 cas de torture et autres mauvais traitements dont la police et l’armée royales thaïlandaises se seraient rendues coupables dans les provinces du sud, où la situation est instable.

La plainte contre eux a été déposée le 17 mai 2016 par le commandement des opérations de sécurité intérieure pour la quatrième région, responsable des opérations de sécurité dans les provinces du sud du pays, sur lesquelles se concentre le rapport.

Les accusations portées contre eux ne sont que la dernière manifestation en date d’une longue série d’actes visant à intimider des défenseurs des droits humains, ce qui va clairement à l’encontre de l’obligation qui incombe à la Thaïlande, au titre du droit international, de protéger les droits de ces personnes.

Depuis le coup d’État de 2014, le gouvernement militaire thaïlandais a intensifié ses efforts pour étouffer toute forme de dissidence, notamment en imposant de larges restrictions aux libertés d’expression, d’association et de réunion. Au cours des seuls trois derniers mois, les autorités ont engagé des poursuites contre plus de 100 personnes qui se seraient opposées à un projet de constitution devant être soumis à un référendum national le 7 août.

«Si ce genre de chose peut arriver à des militants connus, alors le message qu’envoie le gouvernement militaire est que personne ne peut lui échapper, personne n’est en sécurité», a affirmé Salil Shetty.

Amnesty International considère toute personne emprisonnée uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression comme un prisonnier d’opinion, qui doit être libéré immédiatement et sans condition.

Complément d’information

Somchai Homla-or est conseiller principal et ancien président de la Cross Cultural Foundation, une organisation qui rassemble des informations sur les violations des droits humains. Pornpen Khongkachonkiet est directrice de cette organisation.

Le mois dernier, elle a également été élue présidente du bureau exécutif d’Amnesty International Thaïlande, un rôle qu’elle exerce indépendamment de son travail avec la Cross Cultural Foundation.

Amnesty International n’a pas participé à l’élaboration ou à la publication du rapport des trois défenseurs des droits humains sur la torture.

Le 17 décembre 2015, la Thaïlande a soutenu, avec 127 autres États membres, une résolution des Nations unies condamnant les actes d’intimidation et de représailles organisés par des représentants de l’État contre des défenseurs des droits humains.

Source:

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/07/drop-complaint-against-ai-thailand-chair/

Pornpen Khongkachonkiet

Pornpen Khongkachonkiet

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Published by liberez-somyot
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