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9 janvier 2014 4 09 /01 /janvier /2014 10:13

 

Bruit de bottes en Thaïlande

Un article de Lina Sankari

Lien de l'article:

http://www.humanite.fr/monde/bruit-de-bottes-en-thailande-556412

À moins d’un mois des élections anticipées, le Front uni pour la démocratie et contre la dictature s’inquiète des manœuvres militaires en cours. L’opposition organise le chaos pour pousser l’armée à intervenir.

En annonçant le blocus des carrefours stratégiques de Bangkok lundi prochain, l’opposition thaïlandaise cherche-t-elle à détourner l’attention, à gagner du temps ? C’est ce que laisse entendre le Front uni pour la démocratie et contre la dictature (UDD), proche du pouvoir et dont les soutiens se recrutent parmi les chemises rouges.

Photo ci-dessous: Des Chemises rouges

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À moins d’un mois des élections législatives anticipées, l’UDD redoute un coup d’État militaire dont les mouvements au sein du 11e régiment d’infanterie seraient l’illustration. Officiellement, ces manœuvres, dont certaines prévoient l’arrivée d’artillerie lourde à Bang­kok, visent à préparer la Journée de l’enfance le 11 janvier, puis celle des Forces armées le 18. Autre motif d’inquiétude : samedi, l’agitateur à la tête des manifestations de l’opposition, Suthep Thaugsuban, s’est entretenu avec plusieurs dirigeants de l’armée. Ce que ces derniers avaient toujours refusé jusqu’alors. Le secrétaire général du Comité de la réforme démocratique populaire (PDRC), qui boycottera le scrutin, n’a par ailleurs abandonné aucune de ses revendications (démission du premier ministre et mise en place d’un comité du peuple non élu).

En guise de réponse, le premier ministre, Yingluck Shinawatra, a expliqué que « le forum des réformes devrait être utilisé pour faire valoir les changements que vous voulez mettre en œuvre. Les élections doivent être transparentes et équitables. Il faut éradiquer la corruption qui règne parmi les politiciens, les fonctionnaires et les hommes d’affaires. Pour y parvenir, il faut modifier les lois, et nous avons besoin d’un gouvernement et d’un Parlement pour cela ».

Photos ci-dessous: Yingluck Shinawatra

 

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Autre motif d’inquiétude: la présence d’éléments armés parmi les manifestants, dont il n’est plus à prouver que certains sont payés par le Comité de la réforme démocratique populaire pour attiser les violences. Selon le ministre de l’Information, des armes et des explosifs auraient ainsi été saisis. "L’atmosphère à Bangkok est assez tendue. Divers groupes de citoyens commencent à descendre dans la rue pour exprimer leur désaccord face à la menace de blocus et demander le respect des élections. Pour l’instant, il n’y a pas eu encore d’affrontements entre ces groupes et le grand mouvement d’opposition. Mais si le PDRC parvient à créer le chaos dans Bangkok, le coup d’État est tout à fait possible, je le crains", explique un professeur d’université joint par l’Humanité. Alors qu’elles avaient opéré un retrait en décembre et annulé certains rassemblements, les chemises rouges ont annoncé leur intention de libérer la capitale en réponse au blocage de l’opposition. L’histoire récente a prouvé que ce type d’opérations pouvait se terminer en bain de sang.

Le grand plongeon économique

Après plusieurs semaines de crise politique, la devise thaïlandaise, le baht, a effectué une chute de plus de 5 %, le 2 janvier, pour renouer avec le niveau historiquement bas de début 2010, autre année de tensions politiques. Selon Pichai Naripthapan, chargé des dossiers économiques pour le parti Pheu Thai au pouvoir, les investisseurs étrangers ont vendu 4,5 milliards d’euros d’actions en décembre et la crise aurait déjà coûté 1,5 milliard d’euros à l’économie thaïlandaise. En attendant le blocus…

Source:

http://www.humanite.fr/monde/bruit-de-bottes-en-thailande-556412

 

La Première ministre thaïlandaise rejette la possibilité d’un coup d’État

Un article du Courrier du Vietnam

Lien:

http://lecourrier.vn/lecourrier/fr-fr/details/33/politique/75643/la-premiere160ministre-thailandaise-rejette-la-possibilite-dun-coup-detat.aspx

La Première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, a affirmé que l’armée ne ferait pas de coup d’État pour mettre fin à l’actuelle crise politique, a-t-on appris du quotidien The Bangkok Post.

La meilleure solution est la négociation, a-t-elle affirmé avant de déclarer que le gouvernement s’efforcera d’éviter toutes échauffourées en interdisant la détention d’armes lors de l’opération du 13 janvier prochain de l’opposition.

Selon Mme Yingluck Shinawatra, le gouvernement thaïlandais va prolonger l’application de la loi de sécurité intérieure à Bangkok et dans trois provinces voisines, et décréter si nécessaire l’état d’urgence afin de faire face aux grands rassemblements de l’opposition.

Elle s’inquiète des conséquences des manifestations de l’opposition pour l’économie nationale. Son parti au pouvoir, le Puea Thai, a estimé les pertes économiques à 600 milliards de bahts en suite du blocus de la capitale qui sera effectué le 13 janvier prochain.

Cependant, le meneur des manifestations, Suthep Thaugsuban, a déclaré que l’opération du 13 janvier prochain est de seulement bloquer sept lieux importants de la capitale, et non les transports publics et les aéroports, ce qui n’aura que peu d’incidence pour l’économie nationale.

Photo ci-dessous: Suthep Thaugsuban

Selon le vice-Premier ministre et ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Surapong Tovichakchaikul, près de 143.800 Thaïlandais résidant à l’étranger se sont inscrits pour les législatives anticipées de février prochain.

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 07:50

Les forces armées thaïlandaises ont démenti les rumeurs de coup d'Etat pour renverser le gouvernement intérimaire de la Première ministre Yingluck Shinawatra. Ces rumeurs sont apparues après que l'armée thaïlandaise ait annoncé qu’elle allait transporter des équipements militaires lourds, y compris des tanks et de l'artillerie, dans la capitale.

Deux journaux thaïlandais, le Bangkok Post et Khaosod, rapportent que le vendredi 9 janvier, l'armée va transporter des troupes, des hélicoptères et des chars, des provinces à Bangkok. Mais Khaosod affirme que c’est à l’occasion du  jour des enfants le 11 janvier alors que le Bangkok Post prétend que c'est pour la fête de l'armée le18 janvier.
Citation du Bangkok Post:
"L'armée a annoncé un plan de transport de troupes, des hélicoptères et d'autres armements tels que de l'artillerie et des chars, à partir des provinces vers Bangkok cette semaine. Les assurances de l'armée, comme quoi les mouvements sont simplement destinés à la préparation d’un défilé pour la Journée de l'Armée le 18 janvier dans la capitale, n'ont pas réussi à convaincre le gouvernement ni les Chemises rouges du Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (UDD) qu'un putsch n'est pas en préparation. Le dirigeant de l’UDD, Jatuporn Prompan, a demandé au chef de l'armée Prayuth Chan-ocha de préciser si les armes sont destinées à un défilé ou à un coup d’Etat. Le porte-parole du Parti Pua Thai, Prompong Nopparit, a affirmé plus tôt que deux généraux de l'armée étaient derrière le PDRC ".
Lien de l’article du Bangkok Post:
http://www.bangkokpost.com/news/local/388268/army-silence-sparks-coup-panic

Citation de Khaosod :
"L'armée va déplacer des chars, des véhicules blindés ainsi que d’autres équipements lourds, le 9 Janvier, a déclaré la vice porte-parole de l'armée royale thaïlandaise, Sirichan Ngathong. L'armement sera exposée au public à l'occasion de la Journée des enfants, qui tombe le 11 Janvier de cette année, affirme-t-elle […] Sirichan demande au public de ne pas confondre cette manœuvre avec un coup d'Etat militaire. Les rumeurs d'un possible coup d'Etat se répandent à nouveau en Thaïlande en raison des troubles politiques, en particulier après que le Commandant en chef de l'Armée royale thaïlandaise, le général Prayuth Chan-ocha, ait refusé de démentir les rapports comme quoi l'armée pourrait faire un coup d’Etat dans l'avenir."
Lien de l’article de Khaosod:

http://www.khaosod.co.th/en/view_newsonline.php?newsid=TVRNNE9EazVNREl5TkE9PQ%3D%3D&sectionid=TURVd01BPT0%3D

Photo ci-dessous: Des snipers de l’armée tirant sur les Chemises rouges en mai 2010

Snipers

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8 janvier 2014 3 08 /01 /janvier /2014 04:44

L'ancien Premier ministre Abhisit Vejjajiva a été interpellé hier (7 janvier 2013) par Ake Auttuagorn, un homme courageux qui a dit à l'ancien dirigeant de respecter son droit de vote.
M. Abhisit faisait un discours lors d'une conférence de presse organisée par le Parti Démocrate au Centre d’Art et de Culture de Bangkok dans le but de soutenir les manifestants anti-démocratiques de Suthep quand Ake Auttuagorn, qui était assis parmi le public, s’est levé et a sifflé.
Le public l'a d’abord pris pour un partisan de M. Abhisit car les manifestants anti-gouvernementaux utilisent des sifflets jusqu'à ce qu'il lève une pancarte où était écrit en anglais "Respectez mon vote".

Photo ci-dessous: Ake Auttuagorn

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Il a ensuite crié à M. Abhisit , "Si vous ne pouvez même pas vous réformer vous-même, comment pouvez-vous réformer le pays? ". M. Abhisit a été visiblement surpris par l’incident, mais l'ancien Premier ministre a essayé de gérer la confrontation en remerciant l'homme pour ses remarques.
Photo ci-dessous: Abhisit Vejjajiva

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Cependant, Ake Auttuagorn a continué à argumenter: "Lorsque vous dirigiez le gouvernement, pourquoi n'avez-vous rien réformé? Arrêtez ce discours hypocrite sur la lutte contre la corruption. Vous avez intimidé d'autres personnes, donc n’ont-elles pas le droit de vous intimider elles-aussi? ".
"Ceci est un exemple des raisons pour lesquelles nous avons besoin de réformes. C'est la tactique des rivaux de Parti démocrate", a déclaré M. Abhisit au public. Ake Auttuagorn a rétorqué : "Je ne suis pas votre rival, je suis le peuple!".
Les agents de sécurité l'ont ensuite expulsé de la salle.

Sources:

http://www.khaosod.co.th/en/view_newsonline.php?newsid=TVRNNE9UQTVOVFE1TlE9PQ==HYPERLINK "http://www.khaosod.co.th/en/view_newsonline.php?newsid=TVRNNE9UQTVOVFE1TlE9PQ==&sectionid=TURFd01BPT0"&HYPERLINK "http://www.khaosod.co.th/en/view_newsonline.php?newsid=TVRNNE9UQTVOVFE1TlE9PQ==&sectionid=TURFd01BPT0"sectionid=TURFd01BPT0=

http://www.bangkokpost.com/news/local/388406/abhisit-taken-aback-by-whistle-blower

http://ireport.cnn.com/docs/DOC-1073426

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 11:49

Questions et réponses sur la crise thaïlandaise

Question 1: Pourquoi les manifestants thaïlandais de Suthep souhaitent un coup d'Etat militaire
Réponse: En un mot, si vous ne pouvez pas obtenir ce que vous voulez lors d’un scrutin, c’est l'alternative la plus facile. Ils espèrent que, si suffisamment de turbulences sont créées dans la capitale de Thaïlande, Bangkok, les militaires vont intervenir et mettre en place un gouvernement plus à leur goût, de préférence antidémocratique. Ils appellent à la formation d’un gouvernement de dirigeants nommés et pourtant ils prétendent s’appeler
"Parti Démocrate".
Le Parti Démocrate, plus ancien parti politique de Thaïlande, a remporté sa dernière élection en 1992 (et encore sans majorité absolue). Ses bases pro-bureaucratie conservatrice de Bangkok et du Sud ne sont pas suffisantes pour lui garantir une majorité aux élections. Et ce très mauvais perdant joue désormais un rôle central en essayant de renverser un gouvernement élu.

Photo ci-dessous: Abhisit Vejjajiva, le dirigeant de l'anti-démocratique Parti Démocrate

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Le principal ennemi du Parti Démocrate est un parti politique créé par Thaksin, un milliardaire charismatique, qui a remporté les élections en 2001, 2005, 2006, 2007 et 2011. Ses adversaires ont organisé un coup d'Etat militaire en 2006, et les juges des tribunaux thaïlandais nommés par la junte militaire, ont deux fois interdits son parti et l’ont déclaré coupable de corruption. Malgré tout, il reste très populaire et ne cadre pas bien avec les élites de Bangkok.

Question 2: Pourquoi Thaksin, et maintenant sa sœur qui est la Première ministre, sont-ils si populaire?
Réponse: Yingluck est l’actuelle première ministre de Thaïlande et la sœur de Thaksin.

Photo ci-dessous: Yingluck Shinawatra, première ministre de Thaïlande, avec son fils

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La Thaïlande, comme les Etats-Unis et d’autres parties du monde, possède d’énormes richesses et aussi de grandes inégalités. Plus que dans la plupart des pays à travers le monde, Thaksin a offert des soins de santé universels et une vraie réforme qui consistait à investir pour les provinces via des fonds de développement villageois. Ses adversaires du Parti Démocrate appellent cela de l'achat de votes. Personnellement,  je dirais que ce n’était que faire ce que les gouvernements sont censés faire s’ils se préoccupent des gens qu’ils gouvernent.

Question 3: Quel sont les camps en présence dans la division actuelle de la société thaïlandaise?
Réponse: La fracture n'est pas seulement entre les riches citadins et les pauvres paysans mais plutôt entre les riches et la classe moyenne bangkokienne et du Sud d'un côté, et les classes moyennes des provinces ainsi que les pauvres de l’autre. Il y a aussi des divisions géographiques, culturelles et linguistiques. Le Nord-est où l'on parle Lao, le Nord, où l'on parle Thaï Nua (similaire au Thaï-Lue) par rapport au Thaï-Central ou Siamois parlé à Bangkok. Au Sud, il y a une sanglante insurrection musulmane depuis des années.
Les pauvres et la classe moyenne des provinces sont beaucoup plus nombreux que les riches et la classe moyenne de Bangkok. Donc, le Parti des riches (Parti Démocrate) perd toujours les élections dans le processus démocratique et ils le savent.
Le populisme démocratique de Thaksin et de ses disciples menace aussi la structure du pouvoir royaliste qui gouvernait la Thaïlande depuis des temps immémoriaux.
Verapat Pariyawong , un avocat et commentateur formé à Harvard, explique que la bureaucratie et les puissants courtisans qui gravitent autour de la monarchie craignent que de nouvelles élites, symbolisées par la montée de Thaksin, les remplacent.

Photo ci-dessous: Thaksin Shinawatra et son ami, l'ancien président d'Afrique du Sud, Nelson Mandela

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Le
Crown Property Bureau (Bureau de Propriété de la Couronne) est de loin le plus grand propriétaire foncier à Bangkok et a des participations dans certaines des plus grandes sociétés du pays. Les gestionnaires de cette fortune sont parmi ceux qui "agissent dans les coulisses ", a précisé M. Verapat.

Source:

http://www.dailykos.com/story/2014/01/04/1267155/-Why-Thai-Protesters-Hope-For-A-Military-Coup-D-etat#

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 11:45

Atiya Achakulwisut, rédactrice en chef adjointe au Bangkok Post, a écrit un bon article dans l'ensemble malgré quelques méchantes remarques contre la " tyrannie de la majorité parlementaire" qui rappellent qu'Atiya supportait Abhisit lors de la répression des Chemises rouges en avril/mai 2010...

Liens:

http://www.bangkokpost.com/opinion/opinion/388284/mr-suthep-the-road-ahead-is-empty-for-you

traduit par

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=420711151393582&set=a.320056538125711.1073741828.319726414825390&type=1&theater

Photo ci-dessous: Suthep Thaugsuban

Suthep
Monsieur Suthep Thaugsuban,
Est-ce que je me rends compte de ce qui se passe parce que je ne suis pas dans le système ? Ou bien parce que je n'appartiens pas au cercle des vétérans immergés dans les trahisons de la politique thaïlandaise, comme vous l'êtes?
Quelque soit la raison, il m'apparaît évident qu'il n'y aura pas de place pour vous après le blocus de Bangkok. Même si vous réussissez à empêcher l'accès à certaines routes et carrefours stratégiques lundi - paralyser la capitale en faisant supporter à de nombreuses personnes de graves inconvénients, empêcher certains de se rendre chez un médecin, signer des contrats importants ou prendre un avion - que pouvez-vous espérer à l'avenir, vous et votre mouvement ?
Si mon sentiment est exact, vous espérez provoquer le chaos avec votre soulèvement - qui ne représente ni la majorité, ni une masse critique suffisante - transformer la rue en lieu de protestation, et paralyser ainsi les entreprises et les activités touristiques de la ville prospère de Bangkok. Vous pensez que ce fardeau trop lourd à porter fragilisera le gouvernement de transition, en particulier la Première ministre par intérim, Yingluck Shinawatra.
La paralysie peut entraîner des violences de la part de ceux qui s'opposent au blocus, et obliger le gouvernement à intervenir. Vous espérez que la réaction soit excessive et la situation devienne incontrôlable, comme cela était le cas lors des affrontements meurtriers de Ramkhamhaeng et autour du Thai-Japanese Stadium de Din Daeng.
Vous pourrez alors envisagez une autre pause ou donner un coup de pouce à votre mouvement.
Vous espérez sans doute qu'une telle confusion, si cela se produit, pourrait servir de prétexte à l'armée pour intervenir. En fin de compte, vous voulez que l'armée s'empare du pouvoir détenu par le gouvernement de transition. Appelez ça un coup d'Etat, une opération de maintien de l'ordre, un coup de main en faveur de la "révolution du peuple" qui lui permette de réformer le pays, si vous le souhaitez. Vous voulez que l'armée s'empare du pouvoir de ce gouvernement de transition, même temporairement, pour vous laissez faire ce que vous voulez.
Est-ce que je me rends compte de tout cela par ce que je le vois de l'extérieur ?
Il n'y aura pas de coup d'Etat, parce que l'armée ne vas pas prendre le risque de déclencher une guerre civile. Malgré sa puissance, l'armée ne serait pas en mesure de contrôler la réaction qu'elle pourrait provoquer en se mêlant des affaires politiques, comme cela a été le cas lors du coup d'Etat de 2006. Les Chemises rouges se soulèveraient dans tout le pays. Certains soldats peuvent même se rebeller. La route de coup d'Etat est mortelle et sans issue.
Il semble tout aussi impossible que vous puissiez mettre en place un gouvernement réformiste et votre "conseil du peuple". Alors que de nombreuses personnes approuvent vos idées de réforme, très peu d'entre elles souhaitent que vous et votre "People's Democratic Reform Committee" puissent bénéficier de pouvoirs étendus pour diriger le pays pendant un an et demi. Je vous ai approuvé à l'origine de votre mouvement, quand il a fallu s'opposer au projet de loi d'amnistie. Je suis également d'accord avec la plupart de vos propositions de réformes, comme celles qui concernent la décentralisation de la police et l'élection des gouverneurs provinciaux. Mais je ne peux pas approuver la mise en place de votre conseil de personnes nommées, et si vous pouviez y parvenir, je me joindrais à ceux qui s'y opposent.
Alors, comme quelqu'un de l'extérieur, je me rends compte que vous ne disposez d'aucun moyen pour agir, même si vous paralysez Bangkok, et causez de grands dommages à la ville.
Monsieur Suthep, vous n'irez pas plus loin. Vous avez accompli un travail admirable en terme de leadership en rassemblant des personnes désespérées, victimes de la tyrannie de la majorité parlementaire qui a adopté une loi d'amnistie aussi inique.
Le mouvement de réforme doit maintenant être dirigé par quelqu'un d'autre, dans le cadre d'un processus qui ne soit pas monopolisé par vous et votre mouvement.
Il y a une grande scène dans le film 1995. Le chef de la politique intérieure Lewis Rothschild, joué par Michael J Fox, dit au président américain, joué par Michael Douglas, que les gens veulent du leadership. "En l'absence d'un véritable leadership, ils vont écouter tous ceux qui s'avanceront vers le micro. Ils veulent du leadership. Ils ont tellement soif de cela qu'ils vont ramper à travers le désert vers un mirage, et quand ils découvriront qu'il n'y a pas l'eau, ils boiront le sable". Le président répondra alors que les gens ne boiront pas le sable car ils auront soif, mais parce qu'ils ne sauront pas faire la différence.
Le pays et les Thaïlandais ont soif de la réforme que vous avez contribué à promouvoir. Monsieur Suthep, il est temps pour vous d'arrêter le mouvement de protestation et de commencer à parler.
Il est temps de faire la différence.

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7 janvier 2014 2 07 /01 /janvier /2014 04:27

Une personne anonyme (probablement un membre important du PDRC en désaccord avec le plan) a pris discrètement avec son téléphone portable une photo du tableau sur lequel Suthep avait exposé le plan de fermeture de Bangkok pour le 13 janvier aux cadres du mouvement anti-démocratique.

Le plan est effrayant.

Quelques points sont à noter:

Les guerriers de Srivijaya, composé de voyous du sud de la Thaïlande, et l'armée du Dharma (la secte bouddhiste extrémiste Santi Asoke), qui avaient déjà participés à l'occupation des aéroports internationaux de Bangkok en 2008, feront partie des troupes de choc. De même que le "Student and People Network for Thailand's Reform (SRT) composé d'étudiants voyous de l'Université Ramkhamhaeng connus pour leurs fameuses bagarres d'étudiants qui ont coutées la vie à de nombreuses personnes.

Les grandes lignes du plan sont:

- L'occupation de 20 points centraux pour fermer les rues de la capitale thaïlandaise.

- La coupure de l'eau et de l'électricité dans la ville.

- L'occupation des bureaux des entreprises de télécommunications CAT et de TOT et la coupure des signaux internet.

- La fermeture du métro aérien et de l'aéroport international de Bangkok.

- L'occupation de la résidence privée de Yingluck Shinawatra.

- La création d'un "chaos" dans de nombreuses villes du sud, Chumpon et Surat Thani entre autres.

 

Les troupes de chocs seront en possession d'armes à feu.

Photos ci-dessous: le plan

 

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 15:06

Un article de Thai Intelligent News

Lien de l’article :

http://thaishortnews.wordpress.com/2014/01/03/thaksins-latest-economic-thinking-key-to-asia-success-is-in-diversify-diversity/


Voici les points clés d'un rapport de presse basée à Dubaï :
Dubaï (Décembre 2013) : Thaksin Shinawatra , le controversé ex-Premier ministre de Thaïlande , a appelé les pays asiatiques à renforcer l'intégration économique entre eux dans un discours lors d’une cérémonie à Dubaï le samedi soir . Dans le discours de clôture de l’année 2013 des dirigeants d’

Asian Business Leaders Forum (ABLF), l'ancien Premier ministre a expliqué que la nécessité pour l'Asie de se réunir n'a jamais été aussi grande, en soulignant que les pays occidentaux n’importent plus autant de produits asiatiques qu’auparavant.
"C'est en effet le moment de se métamorphoser en une Asie unie. Il est maintenant temps de bâtir sur le potentiel de l'Asie pour en faire le moteur économique qu'elle devrait être", a déclaré Thaksin."C'est là que réside la clé pour l'Asie afin qu’elle diversifie ses sources de croissance et développe la force de sa diversité", a-t-il dit.
Les prix ABLF récompensent les personnalités politiques et économiques de toute l'Asie et du Moyen-Orient. Thaksin Shinawatra est un ancien lauréat du Prix.
Dans son discours, Thaksin a déclaré que l'Asie était unie dans sa vision d'un continent dynamique et confiant, mais qu'elle avait regardé trop vers l’occident.
"Pendant de nombreuses décennies, nous avons compté sur le modèle occidental de développement. Même dans nos interactions régionales, nous avons toujours eu un œil sur l'Europe", a-t-il dit. Il a parlé de l'Union européenne et la façon dont le coût de l'intégration avait "produit un grand degré de similitude et de normalisation" conduisant à une "incapacité de se concurrencer, réduisant ainsi l'interaction et la diversification économique."
Thaksin Shinawatra n’a pas précisé le rôle que les gouvernements asiatiques devraient jouer dans sa notion économique d’Asie unie mais a plus tard dit qu'il espérait que "le message d’Asie unie allait générer un soutien et une vue politique de l'appel."
Selon Thaksin, l'Asie aura besoin de diversifier ses actifs et d'améliorer la connectivité entre les pays si elle veut développer son économie. Il a expliqué que les pays asiatiques devraient à nouveau se concentrer sur la production, mais aussi augmenter les exportations et les importations intra-régionales. Il a également parlé de la grande disparité des revenus à travers l'Asie et proposé de renforcer le pouvoir d'achat de tous les Asiatiques, ce qui contribuerait à la croissance économique mondiale.
Cependant, Thaksin a prévenu que le problème de l'Asie, c'est qu'elle a suivi le mode occidental de production en mettant l'accent sur ​​l'exportation de marchandises produites en masse.
"Pour la réalisation du droit et du potentiel des personnes en Asie, nous devons reconnaître que le processus de qualification du rôle de l'Asie dans la production et des actifs dans le passé peut être un facteur important dans l'amélioration de la qualité de vie de nos peuples mais nous ne devrions pas copier la méthode de production du début du 20e siècle", a-t-il continué.
Il a expliqué que, bien que l'Asie soit un producteur de masse réussi, elle risquait de tomber dans le même piège que l'Union européenne, qui selon lui, a cessé de penser à la diversité.
"C'est là que réside la clé pour la réussite de l'Asie, diversifier ses sources de croissance et développer la force de sa diversité ", a-t-il conclu.
Photo ci-dessous: Thaksin Shinawatra et Nelson Mandela s'estimaient mutuellement

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6 janvier 2014 1 06 /01 /janvier /2014 09:20

Thaïlande: les élections à l'épreuve de la "révolution lente"

Un article de l’AFP

Lien:

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/thailande-les-elections-a-l-epreuve-de-la-revolution-lente-04-01-2014-3461923.php

 

L'opposition en Thaïlande a annoncé son retour massif dans les rues de Bangkok le 13 janvier: un repli temporaire stratégique, afin d'être en pleine forme pour perturber les législatives du 2 février et faire aboutir sa "révolution lente" lancée il y a plus de deux mois.
Alors que les Thaïlandais s'attendaient à une reprise des manifestations cette semaine, après une pause pour cause de nouvel an, le tonitruant meneur des manifestants, Suthep Thaugsuban, les a pris de court en ajournant son "shutdown", ou bouclage, de la capitale.

"Notre vrai jour d'action sera le 13 janvier (...). Nous allons bloquer tout Bangkok, vous pouvez bloquer vos provinces. Le gouvernement ne pourra plus travailler, ce sera la fin du jeu", a-t-il lancé mercredi devant ses partisans.

Photos ci-dessous: Suthep Taugsuban

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"Le problème aujourd'hui en Thaïlande, c'est que nous avons atteint le stade d'une guerre civile imminente, qui avance lentement", analyse Paul Chambers, directeur de recherche à l'université de Chiang Mai, dans le nord de la Thaïlande.
Le lendemain de l'annonce de Suthep, la
Bourse de Thaïlande a chuté de plus de 5%, à sa réouverture après les fêtes du nouvel an. Et la monnaie nationale, le baht, a atteint son plus bas niveau depuis près de quatre ans.
Mercredi 1er janvier, la Première ministre Yingluck Shinawatra avait pourtant été reçue par le conseiller principal du roi, le général Prem Tinsulanonda, comme si de rien n'était.
Comme le veut la tradition, elle était accompagnée des plus hauts responsables de l'armée, dont le puissant chef de l'armée de terre, Prayuth Chan-O-Cha. Celui-là même qui avait suscité la polémique quelques jours plus tôt en affirmant que la porte restait "ouverte" à un coup d'Etat.
Suthep et ses manifestants prévoient de perturber au maximum la vie de la capitale à partir du 13 janvier.
"Ils utilisent ce délai pour apporter des vivres, coordonner les groupes de manifestants et trouver un accord avec l'armée et les forces royalistes", assure Paul Chambers.
De plus, dans l'intervalle, les manifestants restent actifs, avec un noyau dur à Bangkok mais surtout dans le sud du royaume, fief de l'opposition, où cette semaine, ils ont bloqué l'enregistrement des candidatures aux législatives.
Dans le même temps, les préparatifs électoraux ont avancé, à moins d'un mois de ces législatives anticipées, malgré l'annonce de leur boycott par la principale formation d'opposition, le Parti démocrate.
Campagne lancée samedi
La campagne du parti au pouvoir, le Puea Thai, débutait ainsi samedi, avec un grand meeting près de Bangkok.
"Tenez-vous en aux règles, afin de préserver la démocratie, respectez la décision du peuple", pouvait-on lire sur les affiches électorales du Puea Thai apparues dans les rues de Bangkok, sous une photo de sa tête de liste Yingluck.

Photos ci-dessous: Yingluck Shinawatra

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Mais malgré cette apparente normalité et le sourire de la Première ministre sur ses affiches de campagne, la situation reste tendue.
Et tenace la haine qu'inspire chez une partie de la population le "régime Thaksin", du nom du frère de Yingluck, lui-même ex-Premier ministre, chassé par un coup d'Etat en 2006 mais qui continue malgré son exil de régner à travers elle, selon l'opposition.
Cette dernière a promis de redescendre dans la rue dès dimanche, un avant-goût de la grande opération de bouclage de la capitale. Alors que depuis novembre les violences ont fait huit morts et des centaines de blessés, le but est clairement affiché: créer un chaos tel que les élections devront être ajournées.

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 08:10

Un article de Giles Ji Ungpakorn

 

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Lien:

http://redthaisocialist.com/francais/496-la-commission-electorale-de-thailande-permet-que-le-processus-electoral-devienne-lotage-de-sutep.html


La commission électorale de Thaïlande se lave les mains en refusant  d'organiser une élection démocratique pour début février. Ses actions sont assimilables à un soutien pour le mouvement anti- démocratique de Sutep.
Dans 28 circonscriptions, situées dans une partie des provinces du sud contrôlées par le système patron-client du Parti Démocrate, les candidats qui désiraient s'inscrire pour l'élection ont été bloqués par des foules violentes. Pourtant, la commission électorale refuse d'organiser les enregistrements dans les postes de police ou les casernes militaires ainsi que de prolonger le délai pour l'enregistrement et prendre d'autres dispositions.
Le Parti Pua Thai se prépare à attaquer en justice la commission électorale, mais il est peu probable que cela résolve la crise.
Les actions de la commission électorale sont identiques à celles d'autres institutions où les élites conservatrices ont de l'influence. Les tribunaux ont bloqué le droit d'un parlement élu à amender la constitution militaire et ils ont refusés de sanctionner Sutep et sa bande pour leur utilisation de la violence afin d’entraver le processus démocratique. Un policier a été tué à Bangkok alors que cette foule a tenté sans succès d'empêcher l'enregistrement des candidats.
Les militaires ont eux-aussi refusé

 de garantir la bonne marche d’une élection. Mais il serait faux de croire qu'ils soutiennent secrètement les bandes de Sutep. Contrairement à des politiciens comme Sutep, le pouvoir et l’influence des militaires ne dépendent pas des élections. Ce qu'ils veulent, c'est que le gouvernement leur donne un énorme budget, les laisse s’en tirer librement et sans avoir à rendre des comptes après avoir tués des manifestants ou organisés des coups d’Etat dans le passé, leur permette de contrôler leurs propres nominations, les laisse continuer à faire d'énormes profits grâce aux médias contrôlés par l'armée et leur permettre d'engranger les énormes salaires des entreprises d'Etat . Le gouvernement de Yingluk leur a accordé tout cela et plus encore. Quand il est question de la réforme politique, ils veulent être au centre du processus, afin de protéger leurs intérêts. Donc, les militaires n'ont pas besoin de soutenir les manifestants de Sutep. Cela ne signifie pas cependant qu'ils lèveront le petit doigt pour défendre le Pua Thai ou le processus électoral. Ils peuvent simplement s'asseoir avec un sourire béat sur le visage et attendre de voir ce qui se passe, prêt à tout moment à défendre leur veau d'or ou à protéger "la stabilité de l'Etat" et agir comme des "héros".
Pour qu’un régime autoritaire soit installé en Thaïlande et qu’il se maintienne longtemps, il faudrait une répression sévère et un état policier. Les dirigeants du Parti Démocrate de Sutep et d’Abhisit ne se soucient pas des conséquences à long terme qu’entraineraient une limitation de la démocratie pourvu qu'ils exercent une influence politique plus immédiate, mais les hauts gradés militaires et les sections les plus intelligentes de l'élite conservatrice savent qu'ils ne peuvent pas simplement se montrer rudes et aller contre la volonté de la majorité de l'électorat en abolissant la démocratie. C'est la logique de la situation. Mais en politique, il faut toujours prévoir les accidents et les décisions illogiques d’un certain nombre d'acteurs.
Il faudrait la mobilisation d'un mouvement pro-démocratie de masse pour rendre moins probable le succès de Sutep dans sa quête. Les Chemises rouges peuvent effectuer cette fonction, mais nombreux sont ceux qui ne sont pas prêts à être simplement des pions dans la stratégie politique de Pua Thai. Il y en a d'autres qui souhaitent fermer les yeux et espérer à tort que le mauvais rêve disparaîtra de lui-même. Ils soutiennent qu’une mobilisation des Chemise rouge conduirait tout simplement à un coup d'Etat militaire. Mais sans une telle mobilisation, on ne peut pas rappeler aux élites que la majorité ne tolérera pas une dictature. Sans une telle mobilisation, la probabilité d'un coup d'Etat militaire serait plus grande
.

 

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5 janvier 2014 7 05 /01 /janvier /2014 05:42

Un article de l’AFP

Lien de l’article:

http://www.liberation.fr/monde/2014/01/03/thailande-la-crise-politique-compromet-la-paix-avec-la-rebellion_970350

 

Pour une analyse complète sur le conflit du sud de la Thaïlande, voir:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-les-malheurs-du-sud-de-la-thailande-111914180.html

Souththailandmap

 

Les négociations de paix entre la rébellion du sud de la Thaïlande et le pouvoir central à Bangkok, déjà mal en point, sont un peu plus compromises avec la crise politique qui secoue la capitale depuis deux mois, alors que le conflit dans le sud du royaume dure depuis dix ans.

Près de 6.000 personnes ont été tuées en cette décennie marquée par des fusillades ou des attaques à la bombe quasi quotidiennes dans les trois régions de l’extrême-sud thaïlandais, Pattani, Yala et Narathiwat.

Ce conflit complexe mené par des insurgés musulmans se poursuit, avec son cortège de victimes souvent civiles, des bouddhistes ou des musulmans soupçonnés de pactiser avec Bangkok, sans réel impact ni prise de conscience dans le reste du pays.

Tout a commencé le 4 janvier 2004 avec une attaque de la rébellion sur un entrepôt de l’armée, dans cette zone frontalière de la Malaisie qui n’est rattachée à la Thaïlande que depuis un siècle.

La date a été retenue comme marquant le début du conflit, bien que des groupes rebelles armés aient été actifs depuis longtemps dans la région, notamment dans les années 1970 et 1980.

Population musulmane, état bouddhiste

Le conflit puise ses racines dans une colère profonde contre les tentatives d’assimilation de la population musulmane locale, d’ethnie malaise, par un Etat majoritairement bouddhiste.

Les rebelles, sans lien avec la mouvance terroriste internationale, ne cessent depuis d’affronter l’armée thaïlandaise, dont 30.000 hommes sont stationnés dans la zone.

En 2013, plusieurs «rounds» de négociations sans précédent avaient été accueillis avec un optimisme prudent. L’un des principaux groupes armés, le Barisan Revolusi Nasional (BRN, Front national révolutionnaire, BRN), fuyant jusqu’alors toute publicité, avait même émis des revendications en cinq points et une feuille de route de 32 pages, levant un peu la confusion sur les motivations d’une rébellion très secrète.

Mais à l’automne, les discussions se sont interrompues, faute de réponse du gouvernement sur ces cinq principales revendications.

Et la rencontre prévue en décembre a été repoussée sine die, le gouvernement thaïlandais de Yingluck Shinawatra étant alors aux prises avec une contestation massive dans les rues de Bangkok.

Des négociations conditionnées par les manifestations

Le chef du Conseil de sécurité nationale, Paradorn Pattanatabut, a affirmé que le processus de paix pourrait reprendre en janvier «si la situation s’améliore du côté des manifestations». Mais la situation ne donne aucune signe d’amélioration, l’opposition ayant annoncé le boycott des législatives de février et menaçant de redescendre d’ici là massivement dans la rue.

«Il n’y aura aucune discussion en janvier», a confié à l’AFP une source proche des discussions. Ce nouveau retard pourrait remettre en cause un processus de paix fragile.

De plus, du côté du pouvoir central, des personnalités respectées comme Paradorn et Tawee Sodsong, à la tête de l’administration des provinces du sud, pourraient ne plus être là lors des prochaines rencontres.

«Les personnalités ont leur importance lors d’un processus. Au fil du temps, ils ont noué de bonnes relations avec l’autre partie», souligne Srisompob Jitpiromsri, de l’université de Pattani et observateur des pourparlers.

Certains observateurs voient comme un bon signe le fait que le BRN ait émis une feuille de route et envisage désormais une possible fin négociée des violences, un changement d’attitude notable par rapport à son intransigeance des débuts.

Les rebelles revendiquent une reconnaissance du BRN comme une «organisation de libération», la libération de leurs partisans emprisonnés, la présence d’observateurs internationaux aux discussions, et, point essentiel, la «souveraineté» de la Nation de Pattani.

Sans être un Etat autonome, détaché de la Thaïlande, elle jouirait d’une plus grande autonomie, ce qui supposerait une politique de décentralisation, peu probable en cette période de troubles où le gouvernement marche sur des oeufs.

L’absence du conflit dans les revendications des manifestants suscite une certaine aigreur dans l’extrême sud de la Thaïlande, où les habitants ont l’impression d’être oubliés.

«Nous n’en pouvons plus des manifestants anti-gouvernement», explique Danyal Abdulloh, membre à Pattani d’un mouvement de jeunesse en faveur de la paix, soucieux du retour des dirigeants actuels à la table des négociations.

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