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24 décembre 2013 2 24 /12 /décembre /2013 08:11

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l'article:

http://redthaisocialist.com/francais/486-le-parti-democrate-est-un-parti-de-lancien-qpatronage-des-parrains-locauxq.html

Pour la majorité de la population thaïlandaise, la raison pour laquelle le Parti Démocrate et les manifestants de la classe moyenne qu'il dirige veulent détruire le système parlementaire actuel, est tout à fait évidente. Ils détestent la démocratie parce que celle-ci leur donne de mauvais résultats aux élections. Les Démocrates n'ont jamais remporté plus d'un tiers des voix au niveau national lors des 20 dernières années et cela avant même que le Thai Rak Thai n'ait commencé à exister. La dépendance des Démocrates vis-à-vis d'ancienne patrons politiques localisés dans le sud du pays peut, d'une certaine façon, expliquer cela.
Pourtant, de nombreux commentateurs extérieurs gobent encore les divers mythes qui leur sont fournis par leurs contacts thaïlandais de la classe moyenne. Ils répètent que la Thaïlande a besoin de réformes politiques "en raison de l'achat de voix par le Thai Rak Thai et le Pua Thai". Ce non-sens sur l'achat de voix existe à plusieurs niveaux.
D'une part, les gens parlent du don d'argent aux électeurs des représentants des partis dans diverses localités. On ne peut pas nier que cela ait lieu. Mais il s'agit plus d'un rituel électoral que d'un réel achat d'allégeance des gens. La recherche de Siripan Nogsuan sur l'élection de 2011 démontre que la grande majorité des gens ont voté pour les partis en raison de leurs programmes. L'achat de voix n'était significatif pour le résultat de l'élection que dans quelques sièges marginaux. Les politiciens qui ont dépensé de grandes quantités d'argent pour cela ont souvent perdus. Dans la plupart des circonscriptions, les deux principaux partis ont remporté une écrasante majorité qui n'avait rien à voir avec l'achat de voix. La recherche d'Andrew Walker sur les villages du Nord, publiée en 2008, confirme également le fait que les gens ont passé du temps à examiner les programmes, quel que soit l'argent qui leur ait été remis.
Maintenant, "compte tenu des programmes du parti" pourrait signifier une variété de choses. Dans la majorité des circonscriptions, les politiques nationales du Thai Rak Thai, tels que les soins de santé universel et la création d'emplois, ont permis à ce parti de remporter une énorme majorité. Le Pua Thai a hérité de ce soutien populaire.
Mais " compte tenu des politiques du parti " pourrait également signifier apprécier le système de patronage dirigé par les parrains politiques locaux. Cela peut amener de réels bénéfices aux personnes vivant dans les zones locales. Ceux qui suivent la politique thaïlandaise connaissent les noms des nombreux dirigeants politiques locaux comme Banharn, Sanoh, Chalerm et Sutep. Certains sont associés au Thai Rak Thai/Pua Thai et d'autres avec le Parti Démocrate. Cependant, la chose importante à savoir à propos de cette politique de mécénat, c'est qu'il s'agit d'un phénomène local et principalement associée à l'absence de vrais programmes politiques. Cela signifie que le rôle de ces chefs politiques locaux du Thai Rak Thai et du Pua Thai a été grandement éclipsé par les politiques nationales de Taksin. On ne peut pas en dire autant du système de patronage de Sutep du Parti démocrate dans la province de Surat Thani.
Sutep Tuaksuban a deux autres frères qui étaient députés du Parti Démocrate pour Surat Thani dans ce parlement sortant. Sa famille a été une famille de patrons locaux durant des générations et en dehors de leurs nombreux et lucratifs intérêts dans des entreprises locales, ils essaient aussi de contrôler les conseils locaux. L'ironie est que ces universitaires et ces journalistes qui parlent d'un "Bangkok contre les villages ruraux" ne parviennent pas à reconnaître qu'une bonne partie des manifestants de Sutep sont des villageois du sud amenés à Bangkok grâce au contrôle exercé sur eux par le système de patronage de la famille de Sutep.
Outre le support de sections de la classe moyenne de Bangkok pour les Démocrates, leur seule autre zone de soutien important se situe dans le sud. La principale explication réside dans le système de patronage local contrôlée par les Démocrates. Historiquement, les communistes ont aidé à construire un soutien pour les Démocrates dans le sud et, plus récemment, Taksin a perdu beaucoup de votes dans cette région après le massacre de Malais musulmans à Takbai, dans la province de Naratiwat, en 2004.
La signification de ceci est que le Parti Démocrate ne peut espérer gagner au niveau national à moins de proposer de vrais programmes qui pourraient bénéficier à la majorité de l'électorat. Mais ce parti s'est constamment opposé au système universel de soins de santé, aux politiques de création d'emploi, au régime de soutien des riziculteurs et aux projets de développement des infrastructures. Il rejette les dépenses de l'Etat pour ​​la population et favorise à la place un patronage local. C'est clairement un parti de la "politique à l'ancienne". Même Abhisit Vejjajiva, malgré son accent chic de l'école publique anglaise, et ses tentatives pour avoir une "image moderne" ne peut pas échapper au fait qu'il a longtemps été dans le même lit que les conservateurs les plus durs et les militaires.
Enfin, il y a ces idiots qui écrivent des articles pour le journal "The Guardian" en Grande-Bretagne ou apparaissent sur la chaine de télévision Al Jazeera, et qui prétendent que le système de soins de santé universel de Taksin était un "achat de votes" ou simplement une "distribution" pour les ruraux pauvres. Ce genre d'attitude montre un mépris total des principes démocratiques. Ce serait considéré comme un outrage en Europe occidentale si des commentateurs étrangers affirmaient que la mise en place du Service national de la santé ou d'un État providence n’était que des tentatives de corruption pour acheter les votes des pauvres ignorants!

 

Photo ci-dessous: Giles Ji Ungpakorn

giles

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 16:21

Un nouveau groupe, formé d'universitaires, l'Assemblée pour la Défense de la Démocratie (Assembly for the Defence of Democracy, sigle anglais: AFDD), qui, après quelques jours du démarrage d'une page de fans sur Facebook, a obtenu près de 200.000 "like", explique que les appels des manifestants pour un conseil du peuple n'est que du pur fascisme. L’AFDD s'est opposée à la proposition du groupe des présidents d'université pour installer un gouvernement intérimaire, car ce mouvement est inconstitutionnel et antidémocratique. Piyabut Saengkanokkul, un membre de l'AFDD et du groupe anti-lèse-majesté Nitirat, dit que l'idée de mettre en place un conseil du peuple comprenant des membres de diverses professions est une idée héritée du corporatisme fasciste qui a été mis en place en Italie au cours de la période de la dictature fasciste de Benito Mussolini. Mussolini. Piyabut explique que le dictateur italien a modifié la loi en 1928 afin que son gouvernement puisse comprendre des personnes non-élues. Ce gouvernement faisait partie d'un mécanisme important qui a finalement conduit l'Italie vers une dictature totalitaire, affirme-t-il. Selon l'AFDD, Suthep Thaugsuban ne ferait que marcher dans les traces du "duce" italien en cherchant à imposer ses propres valeurs et remplacer le gouvernement élu du peuple par un élitiste "conseil du peuple" nommé. Cela ne ferait que préparer le terrain pour une nouvelle effusion de sang conclu l’AFDD.

Source:

http://thaiintelligentnews.wordpress.com/2013/12/21/academics-brand-sutheps-peoples-council-fascism/

 

Image ci-dessous: montage d'Albert Z. comparant la marche sur Rome de Mussolini à celle de Suthep sur Bangkok

 

MUSSO_SUTHEP.jpg

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 13:21

L'ambassade des États-Unis vient d'envoyer une liste de 14 membres du Parti Démocrate, y compris le dirigeant des manifestants anti-gouvernementaux Suthep Tuaksuban, demandant au gouvernement américain de leur interdire l’entrée dans le territoire des États-Unis:

Voici le nom de la 14

1- Suthep Tuaksuban

2- Sathit Wongnantoei

3- Chumpon Julasai

4- Putapong Wunnakam

5- Issara Somchai

6- Witthaya Keowpraedai

7- Tawon Sengniam

8- Nattaporn Tepsuwan...

9- Ekkana Prompan

10- Mlle Anchalee Parirak

11- Nittitorn Lamlua

12- Uthai Yodmanee

13- Samdin Leurdbook

14- Le général Preecha Yiemsuphan

L'information a été donnée par la chaine thaïlandaise de télévision Nation Channel. 

NationChannel 

 

Nation Channel est une chaine de télévision thaïlandaise du groupe nationmultimedia qui est aussi propriétaire du journal The Nation. Ce groupe soutient les Chemises jaunes du Parti Démocrate. Mais Kristie Kenney, l’ambassadrice des Etats Unis à Bangkok, vient de démentir sur Twitter cette information.

Kristie.png

 

A-t-elle démentie parce que l’information était fausse ou parce qu’elle était confidentielle ? Info ou intox ?

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 16:13

Thaïlande: Ce n'est pas une façon de traiter une femme
Un article de Tom Plate

Lien de l'article

http://thaiintelligentnews.wordpress.com/2013/12/19/facism-respected-jpurnalist-tom-plate-says-thailand-is-in-danger-of-heading-down-a-fascist-path/

Un pays de la beauté est en danger de se transformer en pays de la bête. Le Royaume de Thaïlande, le pays des gens souriants, à la campagne magnifique et l'histoire riche d’il-était-une-fois le Siam, est maintenant dans un cas grave de laideur politique. Cette démocratie constitutionnelle, ancrée par une monarchie de longue durée, est en danger de virer vers une voie fasciste.
Pour l'Amérique, la bonne question est; quel est notre place, s'il y en a une, et notre rôle dans la tragédie, que pouvons-nous faire de manière appropriée pour aider?
Soyons clair, il serait illégitime de la part du gouvernement des États-Unis de s'immiscer en aucune manière dans la politique de Thaïlande. Washington doit accepter tout gouvernement légitime et constitutionnel.
Mais les milliers de manifestants en colère à Bangkok, la capitale, où le mouvement antigouvernemental est en ébullition, ne luttent pas pour la démocratie, mais pour sa fin. Ils sont haineux contre le gouvernement actuel de Yingluck Shinawatra, la Première ministre représentant le parti élu en 2011. En effet, ils prétendent que la majorité des Thaïlandais (des régions rurales du pays) n'est pas suffisamment instruite pour prendre des décisions concernant la gouvernance du pays et son orientation future. Ils réclament ainsi la fin du système de suffrage universel en place depuis 1933 et son remplacement par un système autoritaire élitiste.
Pour sa part, la Première ministre Yingluck a dissous le Parlement et l'électorat s'est vu offrir une autre chance l'année prochaine de faire connaitre sa volonté nationale. Votez contre nous si vous le désirez, propose-t-elle. Et c'est précisément parce qu'il est probable que son parti gagnera encore un autre mandat qu'un nuage de mauvais augure annonçant de nouvelles violences et un possible coup d'Etat continue à planer. Face à cela, la position des États-Unis doit être claire et ferme. Compte tenu du fait qu'aucune clause ou article de la Constitution thaïlandaise n’autorise la possibilité de coup d'Etat ou d'assassinat politique, l'Amérique doit s'opposer aux changements violents ou inconstitutionnels et soutenir le gouvernement de Yingluck jusqu'à ce que l'électorat thaïlandais se soit exprimé, mais seulement par des moyens constitutionnels.
Les menaces, malsaines, nocives et révoltantes qui pèsent sur Yingluck sont déplorables. Elles menacent de saper la crédibilité de la Thaïlande dans le monde et son rôle clé dans l'Asie du Sud-est, où même le Myanmar a fait des progrès vers un gouvernement plus représentatif. Les violentes menaces et les insultes salaces (qui ne méritent aucun espace dans une discussion ou un débat civilisé) qui ont été lancées contre la Première ministre Yingluck et sa famille ont une tendance vers la malveillance misogyne.
Yingluck est la dirigeante choisie par le parti politique dominant en Thaïlande fondé, entre autres, par son frère aîné Thaksin Shinawatra. Il n'a jamais perdu une élection et Thaksin lui-même a été éjecté de son poste de Premier ministre en 2006 non pas par une élection ni par toute autre méthode civilisée ou constitutionnelle, mais par un coup d'Etat militaire envers lequel, comme n'importe qui a pu le constater, ni le Roi, ni la Reine n'ont levés un royal doigt pour le décourager.
Dans la crise actuelle, le style breveté de Yingluck a été de répondre aux manifestations de rue anti-gouvernementales de Bangkok avec son aplomb tranquille et une patiente volonté d'engager toutes les parties et d'examiner toutes les questions. Mais l'opposition implacable, tournant autour du bizarrement nommé Parti Démocrate, ne veut rien de tout cela, et la Première ministre a exécutée une sortie gracieuse afin de rencontrer et saluer la vaste gamme de partisans et sympathisants du parti dans le populeux nord-est pauvre du pays, où son parti bénéficie d'une écrasante popularité, et où peut-être la moitié de la population vit. C'est une façon honteuse de traiter un Premier ministre, homme ou femme, élu.
Il n'y a pas de mystère sur le vitriol jeté contre son frère Thaksin. C'est peut être le gourou dominant d'un parti et un cerveau politique moderne qui semblait apparemment ne pas pouvoir perdre une élection nationale. Mais il s'est fait de très nombreux ennemis parmi les nombreux initiés thaïlandais qu'il a déçu au fil des années, en partie grâce à un style têtu parfois arrogant qu'il a fini lui-même par reconnaître et beaucoup regretter parce que contre-productif. Mais il a publiquement accepté, dès 2010, lors d'interviews publiques, que ses jours en tant que titulaire d'une charge politique en Thaïlande faisaient partie de l'Histoire et qu'il ne postulerait jamais plus pour un mandat.
Il n'est pas surprenant, cependant, que ce ne soit pas suffisant pour l'opposition anti-Thaksin, qui le considère comme le Premier ministre de l'ombre, alors qu'il refuse de mettre fin à son rôle (mais c'est peut-être compréhensible) de frère ainé et de conseilleur de Yingluck. Ainsi, le vitriol violent est jeté contre Yingluck, dont le style de gouvernement a été tout sauf arrogant et dont le cheminement personnel a été au-dessus de tout reproche.
Tragiquement, cette haine de la part de groupes d'extrême droite semble rappeler un style européen, celui des Chemises noires, les milices fascistes de Mussolini qui, l'écume à la bouche comme eux, lançaient à travers leurs médias des attaques nauséabondes, misogynes, sexistes et même pire. La Thaïlande, aussi beau pays qu'elle soit, doit rejeter cette obscurité et embrasser l'illumination de l'acceptation de l'implication de tous ses citoyens de toutes origines dans le processus permanent et vital de l'élaboration de son avenir.
Le principe de la démocratie une personne une voix peut ou peut ne pas être le meilleur de tous les systèmes possibles, mais il est celui indiqué par la Constitution thaïlandaise ainsi que celui qui mérite le respect et le soutien de tous les Thaïlandais décents. Cela aussi doit être la position du peuple américain et de son gouvernement.
Tom Plate est un journaliste et un universitaire qui a travaillé pour le magazine Time, le Los Angeles Times, Newsday et d'autres
institutions médiatiques.

Photo ci-dessous: Le magazine Red Power avec Yingluck Shinawatra en couverture

Red Power

 

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 06:27

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l'article:

http://redthaisocialist.com/francais/481-cest-une-question-de-classe-pas-de-geographie.html


Beaucoup de commentateurs de la crise politique thaïlandaise continuent d'affirmer le non-sens comme quoi les Chemises rouges seraient les villageois ou les travailleurs migrants de la ville et les Chemises jaunes partisans de Sutep, des résidents de Bangkok. Pourtant, les résultats de l'élection législative de 2011 ont montré que, dans les 33 circonscriptions de Bangkok, le Parti Démocrate avait remporté 44,34% des voix, tandis que le Parti Pua Thai avait fait 40,72%. Le Pua Thai a même pris deux sièges aux Démocrates. Dans l'ensemble, le Pua Thai a réussi à augmenter ses sièges à Bangkok avec 4 de plus que précédemment. Les Démocrates avaient encore plus de sièges avant les élections, mais en ont perdus 7.
Cela montre que la population de Bangkok est répartie également entre le Pua Thai et les Démocrates et ceci est basé sur ceux qui ont leur lieu de résidence enregistré à Bangkok. Des milliers de travailleurs migrants ruraux qui travaillent et résident en permanence à Bangkok sont inscrits pour voter dans leurs villages d'origines. S'ils avaient été enregistrées où ils vivent et travaillent réellement, le Pua Thai aurait obtenu la majorité absolue à Bangkok.
La seule région du pays où les Démocrates ont une certaine force est le Sud où la dynastie familiale de Sutep Tueksuban contrôle la politique grâce à un système de patronage. Certains membres de sa famille sont également députés. D'autres régions du sud sont également contrôlées par un patronage de longue date du Parti Démocrate, comme la circonscription de Chuan Leekpai. Ce patronage fait que le but avoué de Sutep pour une politique de "réforme" est une moquerie. Le patronage du Parti Démocrate est antérieur à Taksin et au Thai Rak Thai et un facteur qui a contribué à le créer a été le soutien apporté aux Démocrates par les ex-communistes de la région. En dehors de ces aspects historiques, le Sud est aussi la partie la plus prospère de la Thaïlande, à l'exception de Bangkok. Beaucoup de ses revenus sont générés par le tourisme et une agriculture à haute valeur ajoutée.
La vraie division entre les "rouges" et les "jaunes" dans la crise actuelle, qui remonte à 2005, est une division de CLASSE. Il y a une tendance claire parmi les travailleurs et les agriculteurs pauvres ou à revenu intermédiaire, à soutenir le Pua Thai et les Chemises rouges, indépendamment de l'emplacement géographique. Les raisons de leur soutien sont les politiques pro-pauvres du Thai Rak Thai de soins de santé universel, de création d'emplois et d'aide aux producteurs de riz. Dans les provinces et à Bangkok, les classes moyennes et les élites ont tendance à voter pour les Démocrates et veulent réduire l'espace démocratique et revenir aux temps pré-Thai Rak Thai.

Photo ci-dessous: Giles Ji Ungpakorn

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 15:57

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l'article:

http://redthaisocialist.com/francais/480-yingluk-est-tombee-dans-le-piege-tendu-par-les-forces-anti-democratiques-de-lelite.html

Yingluk et son gouvernement Pua Thai ont été mis sous pression afin de dissoudre le parlement, par une dangereuse coalition entre les Démocrates de Sutep Tuaksuban, les protestataires de la classe moyenne, les universitaires pro-militaires, les fonctionnaires et les groupes conservateurs des ONG. Il s'agit de la même coalition qui avait soutenu le coup d'Etat militaire de 2006.
Ayant maintenant goûté au sang, ils réclament plus. Ils exigent que Yingluk démissionne de son poste de Premier ministre par intérim, un rôle pourtant prévu par la Constitution. Ils réclament que les élections soient boycottées par les partis d'opposition. Ils veulent aussi que ces élections législatives, qui doivent se tenir au début de Février, soient reportées. Ils justifient cela par une malhonnête revendication de politique de "réforme" en Thaïlande avant toute nouvelle élection. Mais ce qu'ils veulent vraiment, c'est de changer les règles électorales afin que le Parti Démocrate puisse gagner plus de sièges au parlement. Les Démocrates n'ont jamais remporté plus d'un tiers des voix au niveau national durant ces 20 dernières années. C'est parce que ce parti est un parti conservateur de l'élite et des grandes entreprises, qui est contre l'utilisation de fonds publics pour la création d'emplois, la protection sociale et des soins de santé décents. En plus des élections truquées qu'ils désirent, ils veulent réduire le rôle des élus et accroître encore plus le rôle et le pouvoir des conservateurs nommés par l'élite. Déjà les juges constitutionnels, nommés par l'armée, ont estimés qu'ils pouvaient empêcher un parlement élu de modifier la Constitution.
Honteusement, la Commission électorale, qui est censé superviser des élections démocratiques libres et équitables, fait également pression sur le gouvernement pour qu'il reporte l'élection et fasse un compromis avec ceux qui souhaitent réduire l'espace démocratique. Le Parti Pua Thai et ses partisans, les dirigeants des Chemises rouges de l'UDD, n'ont pas réussi à contrer ces attaques contre la démocratie. Yingluk est tombée, comme une somnambule, dans le piège tendu par les forces anti-démocratiques de l'élite. Auparavant, son parti avait fait un mauvais marché avec l'armée, en promettant d'amnistier les généraux et les politiciens du Parti Démocrate qui avaient massacrés les manifestants en 2010. Le Pua Thai espérait alors être en mesure de faire revenir Taksin en Thaïlande. Une autre partie de cet accord assurait aux militaires qu'ils conserveraient toute leur puissance ainsi que leurs privilèges et défendait aussi l'utilisation continue de la lèse-majesté. Jusqu'à présent, les militaires sont restés à l'écart de la confrontation entre Sutep et Yingluk.
Des réformes démocratiques réelles impliqueraient une refonte complète du système judiciaire, la mise en place d'un système de jury, le retrait de l'armée de la politique et des médias, la suppression de la loi de lèse-majesté et la fin de l'impunité pour les assassins de l'Etat et les responsables du coup d'Etat. Cependant, tout ceci est très loin de l'esprit de ceux qui maintenant bêlent à l'appel d'une "réforme politique".

Photo ci-dessous: Yingluk

 

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 15:49

Gare aux crimes de lèse-majesté sur les réseaux sociaux en Thaïlande

Un article d'Arnaud Dubus pour RFI

Lien de l'article:

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20131216-thailande-roi-Bhumibol-internet-reseaux-sociaux-controle-

La crise politique en Thaïlande est surtout visible dans les rues. Depuis un mois, des dizaines de milliers de manifestants antigouvernementaux occupent des quartiers de Bangkok, investissent des ministères ou défilent dans la rue. De leurs côtés, les « chemises rouges », qui soutiennent le gouvernement se sont rassemblées pendant une dizaine de jours dans un stade sportif de la capitale. Mais cette guerre politique se déroule aussi dans la dimension digitale, notamment sur les réseaux sociaux de l'internet.

De notre correspodant à Bangkok,

Facebook est bien évidemment un lieu privilégié d'expression pour les divers groupements politiques. Ainsi les « chemises jaunes », c'est à dire schématiquement les gens issus des milieux urbains qui s'opposent au clan politique de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, interagissent sur le réseau Facebook en postant articles, commentaires et caricatures qui dénigrent ce clan.

Mais les « chemises rouges », dont la majorité viennent des provinces rurales, ne sont pas en reste. Il y a notamment une frange d'intellectuels « chemises rouges » qui se montrent extrêmement active sur le réseau Facebook, critiquant le mouvement antigouvernemental et notamment son rejet des élections. Un troisième groupe est composé des Occidentaux qui s'intéressent de près à la politique thaïlandaise. Ceux-ci adoptent une approche plus analytique. Ils postent des articles universitaires, de la presse internationale ou encore leur propre vision du conflit. Certaines pages d'experts étrangers sont très suivies. Mais la confrontation des points de vue des groupes opposés se déroule rarement sur Facebook, car les « rouges » acceptent rarement les « jaunes » parmi leurs amis, et vice versa. C'est surtout sur le réseau Twitter que la véritable guerre de l'Internet se déroule, c'est là où les partisans du gouvernement et les opposants s'apostrophent et se contredisent.

Patrouille sur les réseaux sociaux

Globalement, l'expression politique est extrêmement libre sur les réseaux sociaux. A une exception près toutefois, la question de la monarchie. Les lois punissant le crime de lèse-majesté sont extrêmement sévères en Thaïlande : la moindre critique contre la famille royale peut être punie d'une peine entre trois et quinze ans de prison. Et cela vaut aussi pour les réseaux sociaux. Certains membres du gouvernement ont même indiqué qu'appuyer sur la touche « j'aime » pour dire qu'on apprécie un commentaire négatif sur le roi ou la reine pouvait tomber sur le coup de la loi.

La police dispose d'une section spéciale d'informaticiens qui passent leur journée à patrouiller sur les réseaux sociaux pour repérer ce genre de commentaires. Cela n'est pas à prendre à la légère car certaines personnes ont été condamnées à plusieurs années de prison pour des faits de ce genre même si ces personnes ne se trouvaient pas sur le sol thaïlandais au moment où ils ont posté le commentaire. C'est pour cette même raison que des dizaines de milliers de sites Internet sont inaccessibles en Thaïlande, notamment un grand nombre de sites d'informations spécialisés sur l'Asie, basés hors de Thaïlande.

 

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 17:31

Thaïlande: bataille pour le droit

Universitaires, artistes et étudiants créent une Assemblée de défense de la démocratie face au mouvement insurrectionnel des chemises jaunes.

Un article de l'Humanité

Lien de l'article:

http://www.humanite.fr/monde/thailande-bataille-pour-le-droit-555069

Bangkok (Thaïlande), envoyée spéciale. C’est l’une de ses tristes ironies dont le calendrier a le secret. Hier, la Thaïlande fêtait l’anniversaire de la Constitution de 1932 et, outre le fait que depuis l’établissement de la monarchie constitutionnelle, le pays a changé dix-neuf fois de loi fondamentale, cette dernière est une nouvelle fois extrêmement menacée par le mouvement insurrectionnel des chemises jaunes. En ce jour de commémoration, universitaires, artistes, étudiants ont lancé une Assemblée de défense de la démocratie pour démontrer le caractère anticonstitutionnel de l’action de l’opposition qui se prévaut pourtant de la démocratie. Une initiative rare : jusqu’alors le monde universitaire, corseté par les chemises jaunes, sortait peu de sa réserve et entretenait des relations distantes avec les rouges. Alors que le premier ministre vient de dissoudre le Parlement et que de nouvelles législatives devraient se tenir le 2 février, Kasian Tejapira, professeur associé à l’université de Thammasat, rappelle que les manifestants « expriment leur refus du recours à l’élection comme moyen de sélection des représentants du peuple considérant que tous les Thaïlandais ne sont pas égaux en droit » et ne méritent par conséquent pas tous le droit de vote. En clair, la majorité rurale qui se prononce régulièrement pour le Pheu Thai au pouvoir ne serait pas assez éduquée pour choisir ses dirigeants. Pour justifier un changement de régime, l’opposition s’appuie sur le syndrome de la corruption, une réalité que la dictature ne risque pas d’arranger. « Nous voulons agir pour que le pays ne se dirige pas vers une guerre civile », a ajouté Kasian Tejapira. Aux chemises jaunes qui demandent l’instauration d’un « Conseil du peuple » non élu en brandissant l’article 7 de la Constitution, le professeur de droit constitutionnel Vorajet Pakeerat répond que cette disposition « est un article de substitution si le pays traverse une crise qu’aucun autre article ne peut couvrir. Or, ce n’est pas le cas aujourd’hui et il est impossible de dissoudre sans organiser d’élections. Si un conseil non élu était mis sur pied, le risque serait grand de voir la moitié du pays dans la rue. Une crise qui risquerait de déboucher sur de grandes violences ». Par ailleurs, quel serait le projet politique de ce conseil si ce n’est d’en finir avec la démocratie et de renforcer la monarchie ? Deux visions du projet national s’opposent aujourd’hui en Thaïlande à tel point qu’« aucun consensus ne semble possible sur quelque sujet que ce soit », conclut l’historien Charnvit Kasetsiri.

Lina Sankari

 

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 15:03

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l'article:

http://redthaisocialist.com/francais/466-premier-round-pour-le-gouvernement-de-yingluk.html


Un semblant de calme est revenu à Bangkok alors que les manifestants royalistes anti-démocratiques ont été autorisés à occuper symboliquement Government House. Ils ont pris des photos et puis sont partis. Une trêve temporaire a eu lieu pour l'anniversaire du roi, les royalistes ne voulant pas paraître irrespectueux vis-à-vis de leur "cher leader". Le gouvernement veut aussi montrer sa loyauté en organisant les cérémonies d'usage dans une atmosphère calme. Taksin, après tout, est lui-aussi un royaliste. Mais ne soyez pas dupe[...] C'est l'armée qui a le pouvoir réel.
Alors quel est le score actuel dans la bataille entre les conservateurs royalistes et le gouvernement élu?
Du côté du gouvernement, le fait qu'il s'est abstenu d'utiliser la violence contre la foule incontrôlée des royalistes est très à son actif et il a renforcé sa position sur le terrain moral. Sa légitimité l'emporte largement sur les voyous royalistes parce que le gouvernement a été clairement élu démocratiquement tandis que les royalistes ont appelé à une dictature. Jusqu'à présent, le gouvernement a refusé de démissionner ou de dissoudre le parlement. Mais nous ne savons pas ce qui va se passer dans les jours et mois à venir. Il y a eu beaucoup de pression sur le gouvernement de la part des universitaires réactionnaires et des ONG qui ont appelé le Parlement à se dissoudre. Lors de la conférence des recteurs des universités thaïlandaises, ceux-ci ont même ajouté que le futur premier ministre n'a pas besoin d’être élu. La position politique de ces personnes n'est pas une surprise. Ils ont tous soutenus le coup d'Etat de 2006, ont accusés la majorité de la population de manquer d'intelligence et ont applaudis la répression des militaires contre les manifestations pro-démocratie en 2010. Ce qui est plus surprenant, c'est que quelques universitaires naïfs, avec de bonnes références démocratiques, ont également appelé à la dissolution du Parlement. C'est une erreur. Retour en 2006, Taksin avait dissous le Parlement et convoqué de nouvelles élections. Mais les dirigeants de l'opposition ont ensuite refusé de se présenter aux élections parce qu'ils savaient qu'ils perdraient. Les manifestants royalistes de Sutep ont dit qu'ils rejetteraient une élection de toute façon. Une façon de sortir de la crise serait un référendum, peut-être sur la nécessité d'abolir la constitution militaire. Si le gouvernement le gagnait, ce serait un vote de confiance. S'il le perdait, il devrait démissionner. Mais il est peu probable que le Pua Thai soit assez progressif pour souhaiter un tel référendum.
Du côté de Sutep, ses propositions pour une assemblée non élue, nommée par lui-même et ses amis, ainsi qu'un gouvernement de "bons" dictateurs pour le peuple ne lui ont pas apporté de nouveaux partisans. Il espérait inciter l'armée à organiser un coup d'Etat mais, jusqu'à présent, les militaires ne veulent pas d'un tel coup. L'armée a fait un accord avec Taksin et le Pua Thai en 2011. Même si les militaires étaient intervenus une fois de plus, ils auraient eu du mal à mettre l'ordre du jour de Sutep en pratique. Pourquoi donner le pouvoir à un singe lorsque c'est le joueur d'orgue qui prend les décisions? La classe dirigeante thaïlandaise sait par expérience qu'elle a besoin d'une sorte de processus démocratique et qu'elle ne peut pas écarter simplement les Chemises rouges et les partisans du gouvernement. Sutep a conduit ses troupes jusqu'au sommet de la colline et a dû ensuite redescendre, ce qui n'a pas augmenté sa crédibilité. Son compagnon Abhisit a dû inventer une nouvelle série de pathétiques mensonges lors d'une interview à CNN pour justifier leur position. Cela peut difficilement renforcer leur légitimité.
Bien sûr, il y a toujours un réel danger que, dans les prochains jours, des membres influents de l'élite militaire fassent pression sur le Gouvernement pour le remplacer par un "gouvernement d'unité nationale". Ce serait presque la même chose qu'un coup d'Etat et cela devra être combattu. Il se peut que cela ne se produise pas. La plupart des chemises rouges et probablement la majorité de l'électorat serait contre cela. Mais le gouvernement et la direction des Chemises rouges de l'UDD pourraient essayer de se justifier vis-à-vis des Chemises rouges en disant qu'il n'y avait "pas d'alternative". Il existe une alternative. L'espace démocratique peut être étendu à travers les actions des mouvements et des syndicalistes pro-démocratie. Les diverses propositions de réforme du Groupe Nitirat doivent être placées au sommet de l'ordre du jour et la loi de lèse-majesté doit être abolie. Ce serait simplement les premiers pas dans la bonne direction.

Photos ci-dessous: Giles Ji Ungpakorn

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 15:10

Les syndicats australiens du Conseil des Unions Syndicales (Australian Council of Trade Unions, sigle anglais: ACTU) ont adoptés deux motions demandant la libération immédiate de Somyot Prueksakasemsuk et l'abolition de l'article 112 en Thaïlande. Ces deux motions de l'ACTU ont été présentées lors de la réunion régionale de la Confédération syndicale internationale (CSI) de la région Asie-Pacifique qui s'est tenue à Bangkok, en Thaïlande, plus tôt cette semaine. La conférence de la CSI a adopté une motion en faveur du droit à la liberté d'expression pour les travailleurs ainsi que pour les militants des droits humains.

La réunion de la CSI a eu lieu lors de la montée des tensions à Bangkok tandis que les royalistes et d'autres forces d’extreme droite tentent de renverser le gouvernement thaïlandais élu.

Ci-dessous, la déclaration de la CSI:


Nous exprimons notre préoccupation et notre opposition à l'utilisation de lois répressives en Thaïlande pour étouffer le débat démocratique et le droit des personnes et des travailleurs à la liberté d'expression.

Nous, en accord avec les mouvements syndicaux du monde entier, apportons notre soutien à la solidarité internationale des travailleurs et à la lutte permanente pour la démocratie en Thaïlande.

Nous demandons:

1) La libération immédiate du journaliste Somyot Pruksakasemsuk ainsi que celle de tous les prisonniers politiques en Thaïlande.

2) La suppression de l'article 112 (la loi de lèse-majesté).

Une délégation de la CSI Asie-Pacifique va visiter Somyot en prison et rencontrer son groupe de soutien à Bangkok.

Lien:

https://www.facebook.com/pages/Free-Somyot/122999694453000?ref=tn_tnmn#!/notes/free-somyot/les-syndicats-australiens-soutiennent-somyot-et-le-droit-des-travailleurs-%C3%A0-sorg/557349474351351

 

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