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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 16:21

Un nouveau groupe, formé d'universitaires, l'Assemblée pour la Défense de la Démocratie (Assembly for the Defence of Democracy, sigle anglais: AFDD), qui, après quelques jours du démarrage d'une page de fans sur Facebook, a obtenu près de 200.000 "like", explique que les appels des manifestants pour un conseil du peuple n'est que du pur fascisme. L’AFDD s'est opposée à la proposition du groupe des présidents d'université pour installer un gouvernement intérimaire, car ce mouvement est inconstitutionnel et antidémocratique. Piyabut Saengkanokkul, un membre de l'AFDD et du groupe anti-lèse-majesté Nitirat, dit que l'idée de mettre en place un conseil du peuple comprenant des membres de diverses professions est une idée héritée du corporatisme fasciste qui a été mis en place en Italie au cours de la période de la dictature fasciste de Benito Mussolini. Mussolini. Piyabut explique que le dictateur italien a modifié la loi en 1928 afin que son gouvernement puisse comprendre des personnes non-élues. Ce gouvernement faisait partie d'un mécanisme important qui a finalement conduit l'Italie vers une dictature totalitaire, affirme-t-il. Selon l'AFDD, Suthep Thaugsuban ne ferait que marcher dans les traces du "duce" italien en cherchant à imposer ses propres valeurs et remplacer le gouvernement élu du peuple par un élitiste "conseil du peuple" nommé. Cela ne ferait que préparer le terrain pour une nouvelle effusion de sang conclu l’AFDD.

Source:

http://thaiintelligentnews.wordpress.com/2013/12/21/academics-brand-sutheps-peoples-council-fascism/

 

Image ci-dessous: montage d'Albert Z. comparant la marche sur Rome de Mussolini à celle de Suthep sur Bangkok

 

MUSSO_SUTHEP.jpg

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23 décembre 2013 1 23 /12 /décembre /2013 13:21

L'ambassade des États-Unis vient d'envoyer une liste de 14 membres du Parti Démocrate, y compris le dirigeant des manifestants anti-gouvernementaux Suthep Tuaksuban, demandant au gouvernement américain de leur interdire l’entrée dans le territoire des États-Unis:

Voici le nom de la 14

1- Suthep Tuaksuban

2- Sathit Wongnantoei

3- Chumpon Julasai

4- Putapong Wunnakam

5- Issara Somchai

6- Witthaya Keowpraedai

7- Tawon Sengniam

8- Nattaporn Tepsuwan...

9- Ekkana Prompan

10- Mlle Anchalee Parirak

11- Nittitorn Lamlua

12- Uthai Yodmanee

13- Samdin Leurdbook

14- Le général Preecha Yiemsuphan

L'information a été donnée par la chaine thaïlandaise de télévision Nation Channel. 

NationChannel 

 

Nation Channel est une chaine de télévision thaïlandaise du groupe nationmultimedia qui est aussi propriétaire du journal The Nation. Ce groupe soutient les Chemises jaunes du Parti Démocrate. Mais Kristie Kenney, l’ambassadrice des Etats Unis à Bangkok, vient de démentir sur Twitter cette information.

Kristie.png

 

A-t-elle démentie parce que l’information était fausse ou parce qu’elle était confidentielle ? Info ou intox ?

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 16:13

Thaïlande: Ce n'est pas une façon de traiter une femme
Un article de Tom Plate

Lien de l'article

http://thaiintelligentnews.wordpress.com/2013/12/19/facism-respected-jpurnalist-tom-plate-says-thailand-is-in-danger-of-heading-down-a-fascist-path/

Un pays de la beauté est en danger de se transformer en pays de la bête. Le Royaume de Thaïlande, le pays des gens souriants, à la campagne magnifique et l'histoire riche d’il-était-une-fois le Siam, est maintenant dans un cas grave de laideur politique. Cette démocratie constitutionnelle, ancrée par une monarchie de longue durée, est en danger de virer vers une voie fasciste.
Pour l'Amérique, la bonne question est; quel est notre place, s'il y en a une, et notre rôle dans la tragédie, que pouvons-nous faire de manière appropriée pour aider?
Soyons clair, il serait illégitime de la part du gouvernement des États-Unis de s'immiscer en aucune manière dans la politique de Thaïlande. Washington doit accepter tout gouvernement légitime et constitutionnel.
Mais les milliers de manifestants en colère à Bangkok, la capitale, où le mouvement antigouvernemental est en ébullition, ne luttent pas pour la démocratie, mais pour sa fin. Ils sont haineux contre le gouvernement actuel de Yingluck Shinawatra, la Première ministre représentant le parti élu en 2011. En effet, ils prétendent que la majorité des Thaïlandais (des régions rurales du pays) n'est pas suffisamment instruite pour prendre des décisions concernant la gouvernance du pays et son orientation future. Ils réclament ainsi la fin du système de suffrage universel en place depuis 1933 et son remplacement par un système autoritaire élitiste.
Pour sa part, la Première ministre Yingluck a dissous le Parlement et l'électorat s'est vu offrir une autre chance l'année prochaine de faire connaitre sa volonté nationale. Votez contre nous si vous le désirez, propose-t-elle. Et c'est précisément parce qu'il est probable que son parti gagnera encore un autre mandat qu'un nuage de mauvais augure annonçant de nouvelles violences et un possible coup d'Etat continue à planer. Face à cela, la position des États-Unis doit être claire et ferme. Compte tenu du fait qu'aucune clause ou article de la Constitution thaïlandaise n’autorise la possibilité de coup d'Etat ou d'assassinat politique, l'Amérique doit s'opposer aux changements violents ou inconstitutionnels et soutenir le gouvernement de Yingluck jusqu'à ce que l'électorat thaïlandais se soit exprimé, mais seulement par des moyens constitutionnels.
Les menaces, malsaines, nocives et révoltantes qui pèsent sur Yingluck sont déplorables. Elles menacent de saper la crédibilité de la Thaïlande dans le monde et son rôle clé dans l'Asie du Sud-est, où même le Myanmar a fait des progrès vers un gouvernement plus représentatif. Les violentes menaces et les insultes salaces (qui ne méritent aucun espace dans une discussion ou un débat civilisé) qui ont été lancées contre la Première ministre Yingluck et sa famille ont une tendance vers la malveillance misogyne.
Yingluck est la dirigeante choisie par le parti politique dominant en Thaïlande fondé, entre autres, par son frère aîné Thaksin Shinawatra. Il n'a jamais perdu une élection et Thaksin lui-même a été éjecté de son poste de Premier ministre en 2006 non pas par une élection ni par toute autre méthode civilisée ou constitutionnelle, mais par un coup d'Etat militaire envers lequel, comme n'importe qui a pu le constater, ni le Roi, ni la Reine n'ont levés un royal doigt pour le décourager.
Dans la crise actuelle, le style breveté de Yingluck a été de répondre aux manifestations de rue anti-gouvernementales de Bangkok avec son aplomb tranquille et une patiente volonté d'engager toutes les parties et d'examiner toutes les questions. Mais l'opposition implacable, tournant autour du bizarrement nommé Parti Démocrate, ne veut rien de tout cela, et la Première ministre a exécutée une sortie gracieuse afin de rencontrer et saluer la vaste gamme de partisans et sympathisants du parti dans le populeux nord-est pauvre du pays, où son parti bénéficie d'une écrasante popularité, et où peut-être la moitié de la population vit. C'est une façon honteuse de traiter un Premier ministre, homme ou femme, élu.
Il n'y a pas de mystère sur le vitriol jeté contre son frère Thaksin. C'est peut être le gourou dominant d'un parti et un cerveau politique moderne qui semblait apparemment ne pas pouvoir perdre une élection nationale. Mais il s'est fait de très nombreux ennemis parmi les nombreux initiés thaïlandais qu'il a déçu au fil des années, en partie grâce à un style têtu parfois arrogant qu'il a fini lui-même par reconnaître et beaucoup regretter parce que contre-productif. Mais il a publiquement accepté, dès 2010, lors d'interviews publiques, que ses jours en tant que titulaire d'une charge politique en Thaïlande faisaient partie de l'Histoire et qu'il ne postulerait jamais plus pour un mandat.
Il n'est pas surprenant, cependant, que ce ne soit pas suffisant pour l'opposition anti-Thaksin, qui le considère comme le Premier ministre de l'ombre, alors qu'il refuse de mettre fin à son rôle (mais c'est peut-être compréhensible) de frère ainé et de conseilleur de Yingluck. Ainsi, le vitriol violent est jeté contre Yingluck, dont le style de gouvernement a été tout sauf arrogant et dont le cheminement personnel a été au-dessus de tout reproche.
Tragiquement, cette haine de la part de groupes d'extrême droite semble rappeler un style européen, celui des Chemises noires, les milices fascistes de Mussolini qui, l'écume à la bouche comme eux, lançaient à travers leurs médias des attaques nauséabondes, misogynes, sexistes et même pire. La Thaïlande, aussi beau pays qu'elle soit, doit rejeter cette obscurité et embrasser l'illumination de l'acceptation de l'implication de tous ses citoyens de toutes origines dans le processus permanent et vital de l'élaboration de son avenir.
Le principe de la démocratie une personne une voix peut ou peut ne pas être le meilleur de tous les systèmes possibles, mais il est celui indiqué par la Constitution thaïlandaise ainsi que celui qui mérite le respect et le soutien de tous les Thaïlandais décents. Cela aussi doit être la position du peuple américain et de son gouvernement.
Tom Plate est un journaliste et un universitaire qui a travaillé pour le magazine Time, le Los Angeles Times, Newsday et d'autres
institutions médiatiques.

Photo ci-dessous: Le magazine Red Power avec Yingluck Shinawatra en couverture

Red Power

 

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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 06:27

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l'article:

http://redthaisocialist.com/francais/481-cest-une-question-de-classe-pas-de-geographie.html


Beaucoup de commentateurs de la crise politique thaïlandaise continuent d'affirmer le non-sens comme quoi les Chemises rouges seraient les villageois ou les travailleurs migrants de la ville et les Chemises jaunes partisans de Sutep, des résidents de Bangkok. Pourtant, les résultats de l'élection législative de 2011 ont montré que, dans les 33 circonscriptions de Bangkok, le Parti Démocrate avait remporté 44,34% des voix, tandis que le Parti Pua Thai avait fait 40,72%. Le Pua Thai a même pris deux sièges aux Démocrates. Dans l'ensemble, le Pua Thai a réussi à augmenter ses sièges à Bangkok avec 4 de plus que précédemment. Les Démocrates avaient encore plus de sièges avant les élections, mais en ont perdus 7.
Cela montre que la population de Bangkok est répartie également entre le Pua Thai et les Démocrates et ceci est basé sur ceux qui ont leur lieu de résidence enregistré à Bangkok. Des milliers de travailleurs migrants ruraux qui travaillent et résident en permanence à Bangkok sont inscrits pour voter dans leurs villages d'origines. S'ils avaient été enregistrées où ils vivent et travaillent réellement, le Pua Thai aurait obtenu la majorité absolue à Bangkok.
La seule région du pays où les Démocrates ont une certaine force est le Sud où la dynastie familiale de Sutep Tueksuban contrôle la politique grâce à un système de patronage. Certains membres de sa famille sont également députés. D'autres régions du sud sont également contrôlées par un patronage de longue date du Parti Démocrate, comme la circonscription de Chuan Leekpai. Ce patronage fait que le but avoué de Sutep pour une politique de "réforme" est une moquerie. Le patronage du Parti Démocrate est antérieur à Taksin et au Thai Rak Thai et un facteur qui a contribué à le créer a été le soutien apporté aux Démocrates par les ex-communistes de la région. En dehors de ces aspects historiques, le Sud est aussi la partie la plus prospère de la Thaïlande, à l'exception de Bangkok. Beaucoup de ses revenus sont générés par le tourisme et une agriculture à haute valeur ajoutée.
La vraie division entre les "rouges" et les "jaunes" dans la crise actuelle, qui remonte à 2005, est une division de CLASSE. Il y a une tendance claire parmi les travailleurs et les agriculteurs pauvres ou à revenu intermédiaire, à soutenir le Pua Thai et les Chemises rouges, indépendamment de l'emplacement géographique. Les raisons de leur soutien sont les politiques pro-pauvres du Thai Rak Thai de soins de santé universel, de création d'emplois et d'aide aux producteurs de riz. Dans les provinces et à Bangkok, les classes moyennes et les élites ont tendance à voter pour les Démocrates et veulent réduire l'espace démocratique et revenir aux temps pré-Thai Rak Thai.

Photo ci-dessous: Giles Ji Ungpakorn

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 15:57

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l'article:

http://redthaisocialist.com/francais/480-yingluk-est-tombee-dans-le-piege-tendu-par-les-forces-anti-democratiques-de-lelite.html

Yingluk et son gouvernement Pua Thai ont été mis sous pression afin de dissoudre le parlement, par une dangereuse coalition entre les Démocrates de Sutep Tuaksuban, les protestataires de la classe moyenne, les universitaires pro-militaires, les fonctionnaires et les groupes conservateurs des ONG. Il s'agit de la même coalition qui avait soutenu le coup d'Etat militaire de 2006.
Ayant maintenant goûté au sang, ils réclament plus. Ils exigent que Yingluk démissionne de son poste de Premier ministre par intérim, un rôle pourtant prévu par la Constitution. Ils réclament que les élections soient boycottées par les partis d'opposition. Ils veulent aussi que ces élections législatives, qui doivent se tenir au début de Février, soient reportées. Ils justifient cela par une malhonnête revendication de politique de "réforme" en Thaïlande avant toute nouvelle élection. Mais ce qu'ils veulent vraiment, c'est de changer les règles électorales afin que le Parti Démocrate puisse gagner plus de sièges au parlement. Les Démocrates n'ont jamais remporté plus d'un tiers des voix au niveau national durant ces 20 dernières années. C'est parce que ce parti est un parti conservateur de l'élite et des grandes entreprises, qui est contre l'utilisation de fonds publics pour la création d'emplois, la protection sociale et des soins de santé décents. En plus des élections truquées qu'ils désirent, ils veulent réduire le rôle des élus et accroître encore plus le rôle et le pouvoir des conservateurs nommés par l'élite. Déjà les juges constitutionnels, nommés par l'armée, ont estimés qu'ils pouvaient empêcher un parlement élu de modifier la Constitution.
Honteusement, la Commission électorale, qui est censé superviser des élections démocratiques libres et équitables, fait également pression sur le gouvernement pour qu'il reporte l'élection et fasse un compromis avec ceux qui souhaitent réduire l'espace démocratique. Le Parti Pua Thai et ses partisans, les dirigeants des Chemises rouges de l'UDD, n'ont pas réussi à contrer ces attaques contre la démocratie. Yingluk est tombée, comme une somnambule, dans le piège tendu par les forces anti-démocratiques de l'élite. Auparavant, son parti avait fait un mauvais marché avec l'armée, en promettant d'amnistier les généraux et les politiciens du Parti Démocrate qui avaient massacrés les manifestants en 2010. Le Pua Thai espérait alors être en mesure de faire revenir Taksin en Thaïlande. Une autre partie de cet accord assurait aux militaires qu'ils conserveraient toute leur puissance ainsi que leurs privilèges et défendait aussi l'utilisation continue de la lèse-majesté. Jusqu'à présent, les militaires sont restés à l'écart de la confrontation entre Sutep et Yingluk.
Des réformes démocratiques réelles impliqueraient une refonte complète du système judiciaire, la mise en place d'un système de jury, le retrait de l'armée de la politique et des médias, la suppression de la loi de lèse-majesté et la fin de l'impunité pour les assassins de l'Etat et les responsables du coup d'Etat. Cependant, tout ceci est très loin de l'esprit de ceux qui maintenant bêlent à l'appel d'une "réforme politique".

Photo ci-dessous: Yingluk

 

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 15:49

Gare aux crimes de lèse-majesté sur les réseaux sociaux en Thaïlande

Un article d'Arnaud Dubus pour RFI

Lien de l'article:

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20131216-thailande-roi-Bhumibol-internet-reseaux-sociaux-controle-

La crise politique en Thaïlande est surtout visible dans les rues. Depuis un mois, des dizaines de milliers de manifestants antigouvernementaux occupent des quartiers de Bangkok, investissent des ministères ou défilent dans la rue. De leurs côtés, les « chemises rouges », qui soutiennent le gouvernement se sont rassemblées pendant une dizaine de jours dans un stade sportif de la capitale. Mais cette guerre politique se déroule aussi dans la dimension digitale, notamment sur les réseaux sociaux de l'internet.

De notre correspodant à Bangkok,

Facebook est bien évidemment un lieu privilégié d'expression pour les divers groupements politiques. Ainsi les « chemises jaunes », c'est à dire schématiquement les gens issus des milieux urbains qui s'opposent au clan politique de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, interagissent sur le réseau Facebook en postant articles, commentaires et caricatures qui dénigrent ce clan.

Mais les « chemises rouges », dont la majorité viennent des provinces rurales, ne sont pas en reste. Il y a notamment une frange d'intellectuels « chemises rouges » qui se montrent extrêmement active sur le réseau Facebook, critiquant le mouvement antigouvernemental et notamment son rejet des élections. Un troisième groupe est composé des Occidentaux qui s'intéressent de près à la politique thaïlandaise. Ceux-ci adoptent une approche plus analytique. Ils postent des articles universitaires, de la presse internationale ou encore leur propre vision du conflit. Certaines pages d'experts étrangers sont très suivies. Mais la confrontation des points de vue des groupes opposés se déroule rarement sur Facebook, car les « rouges » acceptent rarement les « jaunes » parmi leurs amis, et vice versa. C'est surtout sur le réseau Twitter que la véritable guerre de l'Internet se déroule, c'est là où les partisans du gouvernement et les opposants s'apostrophent et se contredisent.

Patrouille sur les réseaux sociaux

Globalement, l'expression politique est extrêmement libre sur les réseaux sociaux. A une exception près toutefois, la question de la monarchie. Les lois punissant le crime de lèse-majesté sont extrêmement sévères en Thaïlande : la moindre critique contre la famille royale peut être punie d'une peine entre trois et quinze ans de prison. Et cela vaut aussi pour les réseaux sociaux. Certains membres du gouvernement ont même indiqué qu'appuyer sur la touche « j'aime » pour dire qu'on apprécie un commentaire négatif sur le roi ou la reine pouvait tomber sur le coup de la loi.

La police dispose d'une section spéciale d'informaticiens qui passent leur journée à patrouiller sur les réseaux sociaux pour repérer ce genre de commentaires. Cela n'est pas à prendre à la légère car certaines personnes ont été condamnées à plusieurs années de prison pour des faits de ce genre même si ces personnes ne se trouvaient pas sur le sol thaïlandais au moment où ils ont posté le commentaire. C'est pour cette même raison que des dizaines de milliers de sites Internet sont inaccessibles en Thaïlande, notamment un grand nombre de sites d'informations spécialisés sur l'Asie, basés hors de Thaïlande.

 

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 17:31

Thaïlande: bataille pour le droit

Universitaires, artistes et étudiants créent une Assemblée de défense de la démocratie face au mouvement insurrectionnel des chemises jaunes.

Un article de l'Humanité

Lien de l'article:

http://www.humanite.fr/monde/thailande-bataille-pour-le-droit-555069

Bangkok (Thaïlande), envoyée spéciale. C’est l’une de ses tristes ironies dont le calendrier a le secret. Hier, la Thaïlande fêtait l’anniversaire de la Constitution de 1932 et, outre le fait que depuis l’établissement de la monarchie constitutionnelle, le pays a changé dix-neuf fois de loi fondamentale, cette dernière est une nouvelle fois extrêmement menacée par le mouvement insurrectionnel des chemises jaunes. En ce jour de commémoration, universitaires, artistes, étudiants ont lancé une Assemblée de défense de la démocratie pour démontrer le caractère anticonstitutionnel de l’action de l’opposition qui se prévaut pourtant de la démocratie. Une initiative rare : jusqu’alors le monde universitaire, corseté par les chemises jaunes, sortait peu de sa réserve et entretenait des relations distantes avec les rouges. Alors que le premier ministre vient de dissoudre le Parlement et que de nouvelles législatives devraient se tenir le 2 février, Kasian Tejapira, professeur associé à l’université de Thammasat, rappelle que les manifestants « expriment leur refus du recours à l’élection comme moyen de sélection des représentants du peuple considérant que tous les Thaïlandais ne sont pas égaux en droit » et ne méritent par conséquent pas tous le droit de vote. En clair, la majorité rurale qui se prononce régulièrement pour le Pheu Thai au pouvoir ne serait pas assez éduquée pour choisir ses dirigeants. Pour justifier un changement de régime, l’opposition s’appuie sur le syndrome de la corruption, une réalité que la dictature ne risque pas d’arranger. « Nous voulons agir pour que le pays ne se dirige pas vers une guerre civile », a ajouté Kasian Tejapira. Aux chemises jaunes qui demandent l’instauration d’un « Conseil du peuple » non élu en brandissant l’article 7 de la Constitution, le professeur de droit constitutionnel Vorajet Pakeerat répond que cette disposition « est un article de substitution si le pays traverse une crise qu’aucun autre article ne peut couvrir. Or, ce n’est pas le cas aujourd’hui et il est impossible de dissoudre sans organiser d’élections. Si un conseil non élu était mis sur pied, le risque serait grand de voir la moitié du pays dans la rue. Une crise qui risquerait de déboucher sur de grandes violences ». Par ailleurs, quel serait le projet politique de ce conseil si ce n’est d’en finir avec la démocratie et de renforcer la monarchie ? Deux visions du projet national s’opposent aujourd’hui en Thaïlande à tel point qu’« aucun consensus ne semble possible sur quelque sujet que ce soit », conclut l’historien Charnvit Kasetsiri.

Lina Sankari

 

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 15:03

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l'article:

http://redthaisocialist.com/francais/466-premier-round-pour-le-gouvernement-de-yingluk.html


Un semblant de calme est revenu à Bangkok alors que les manifestants royalistes anti-démocratiques ont été autorisés à occuper symboliquement Government House. Ils ont pris des photos et puis sont partis. Une trêve temporaire a eu lieu pour l'anniversaire du roi, les royalistes ne voulant pas paraître irrespectueux vis-à-vis de leur "cher leader". Le gouvernement veut aussi montrer sa loyauté en organisant les cérémonies d'usage dans une atmosphère calme. Taksin, après tout, est lui-aussi un royaliste. Mais ne soyez pas dupe[...] C'est l'armée qui a le pouvoir réel.
Alors quel est le score actuel dans la bataille entre les conservateurs royalistes et le gouvernement élu?
Du côté du gouvernement, le fait qu'il s'est abstenu d'utiliser la violence contre la foule incontrôlée des royalistes est très à son actif et il a renforcé sa position sur le terrain moral. Sa légitimité l'emporte largement sur les voyous royalistes parce que le gouvernement a été clairement élu démocratiquement tandis que les royalistes ont appelé à une dictature. Jusqu'à présent, le gouvernement a refusé de démissionner ou de dissoudre le parlement. Mais nous ne savons pas ce qui va se passer dans les jours et mois à venir. Il y a eu beaucoup de pression sur le gouvernement de la part des universitaires réactionnaires et des ONG qui ont appelé le Parlement à se dissoudre. Lors de la conférence des recteurs des universités thaïlandaises, ceux-ci ont même ajouté que le futur premier ministre n'a pas besoin d’être élu. La position politique de ces personnes n'est pas une surprise. Ils ont tous soutenus le coup d'Etat de 2006, ont accusés la majorité de la population de manquer d'intelligence et ont applaudis la répression des militaires contre les manifestations pro-démocratie en 2010. Ce qui est plus surprenant, c'est que quelques universitaires naïfs, avec de bonnes références démocratiques, ont également appelé à la dissolution du Parlement. C'est une erreur. Retour en 2006, Taksin avait dissous le Parlement et convoqué de nouvelles élections. Mais les dirigeants de l'opposition ont ensuite refusé de se présenter aux élections parce qu'ils savaient qu'ils perdraient. Les manifestants royalistes de Sutep ont dit qu'ils rejetteraient une élection de toute façon. Une façon de sortir de la crise serait un référendum, peut-être sur la nécessité d'abolir la constitution militaire. Si le gouvernement le gagnait, ce serait un vote de confiance. S'il le perdait, il devrait démissionner. Mais il est peu probable que le Pua Thai soit assez progressif pour souhaiter un tel référendum.
Du côté de Sutep, ses propositions pour une assemblée non élue, nommée par lui-même et ses amis, ainsi qu'un gouvernement de "bons" dictateurs pour le peuple ne lui ont pas apporté de nouveaux partisans. Il espérait inciter l'armée à organiser un coup d'Etat mais, jusqu'à présent, les militaires ne veulent pas d'un tel coup. L'armée a fait un accord avec Taksin et le Pua Thai en 2011. Même si les militaires étaient intervenus une fois de plus, ils auraient eu du mal à mettre l'ordre du jour de Sutep en pratique. Pourquoi donner le pouvoir à un singe lorsque c'est le joueur d'orgue qui prend les décisions? La classe dirigeante thaïlandaise sait par expérience qu'elle a besoin d'une sorte de processus démocratique et qu'elle ne peut pas écarter simplement les Chemises rouges et les partisans du gouvernement. Sutep a conduit ses troupes jusqu'au sommet de la colline et a dû ensuite redescendre, ce qui n'a pas augmenté sa crédibilité. Son compagnon Abhisit a dû inventer une nouvelle série de pathétiques mensonges lors d'une interview à CNN pour justifier leur position. Cela peut difficilement renforcer leur légitimité.
Bien sûr, il y a toujours un réel danger que, dans les prochains jours, des membres influents de l'élite militaire fassent pression sur le Gouvernement pour le remplacer par un "gouvernement d'unité nationale". Ce serait presque la même chose qu'un coup d'Etat et cela devra être combattu. Il se peut que cela ne se produise pas. La plupart des chemises rouges et probablement la majorité de l'électorat serait contre cela. Mais le gouvernement et la direction des Chemises rouges de l'UDD pourraient essayer de se justifier vis-à-vis des Chemises rouges en disant qu'il n'y avait "pas d'alternative". Il existe une alternative. L'espace démocratique peut être étendu à travers les actions des mouvements et des syndicalistes pro-démocratie. Les diverses propositions de réforme du Groupe Nitirat doivent être placées au sommet de l'ordre du jour et la loi de lèse-majesté doit être abolie. Ce serait simplement les premiers pas dans la bonne direction.

Photos ci-dessous: Giles Ji Ungpakorn

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 15:10

Les syndicats australiens du Conseil des Unions Syndicales (Australian Council of Trade Unions, sigle anglais: ACTU) ont adoptés deux motions demandant la libération immédiate de Somyot Prueksakasemsuk et l'abolition de l'article 112 en Thaïlande. Ces deux motions de l'ACTU ont été présentées lors de la réunion régionale de la Confédération syndicale internationale (CSI) de la région Asie-Pacifique qui s'est tenue à Bangkok, en Thaïlande, plus tôt cette semaine. La conférence de la CSI a adopté une motion en faveur du droit à la liberté d'expression pour les travailleurs ainsi que pour les militants des droits humains.

La réunion de la CSI a eu lieu lors de la montée des tensions à Bangkok tandis que les royalistes et d'autres forces d’extreme droite tentent de renverser le gouvernement thaïlandais élu.

Ci-dessous, la déclaration de la CSI:


Nous exprimons notre préoccupation et notre opposition à l'utilisation de lois répressives en Thaïlande pour étouffer le débat démocratique et le droit des personnes et des travailleurs à la liberté d'expression.

Nous, en accord avec les mouvements syndicaux du monde entier, apportons notre soutien à la solidarité internationale des travailleurs et à la lutte permanente pour la démocratie en Thaïlande.

Nous demandons:

1) La libération immédiate du journaliste Somyot Pruksakasemsuk ainsi que celle de tous les prisonniers politiques en Thaïlande.

2) La suppression de l'article 112 (la loi de lèse-majesté).

Une délégation de la CSI Asie-Pacifique va visiter Somyot en prison et rencontrer son groupe de soutien à Bangkok.

Lien:

https://www.facebook.com/pages/Free-Somyot/122999694453000?ref=tn_tnmn#!/notes/free-somyot/les-syndicats-australiens-soutiennent-somyot-et-le-droit-des-travailleurs-%C3%A0-sorg/557349474351351

 

FREEPP9Fr

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 09:51

Thaïlande: Bangkok secouée par des violences autour du siège du gouvernement, 4 morts et des dizaines de blessés

Lien de l'article:

http://www.huffingtonpost.fr/2013/12/01/violences-thailande-siege-gouvernement_n_4366855.html?utm_hp_ref=fb&src=sp&comm_ref=false

INTERNATIONAL - La police thaïlandaise a utilisé gaz lacrymogènes et canons à eau contre les manifestants menaçant dimanche de prendre le siège du gouvernement, après des violences qui ont fait quatre morts et des dizaines de blessés.

Au coeur de la colère des manifestants, alliance hétéroclite de bourgeois conservateurs proches du Parti démocrate, le principal parti d'opposition, et de groupuscules ultra-royalistes: une haine profonde du frère de la Première ministre Yingluck Shinawatra, le milliardaire Thaksin Shinawatra.

Les manifestants -qui étaient dimanche, selon la police, 70.000 à travers Bangkok contre près de 180.000 il y a une semaine- accusent Thaksin, renversé de son poste de Premier ministre par un coup d'État en 2006, d'être toujours le véritable décisionnaire de la politique du gouvernement depuis son exil à Dubaï.

Deux visages du mouvement de protestation étaient visibles dimanche. Devant une entrée du siège du gouvernement, des assauts répétés de quelques centaines de manifestants violents, déplaçant les blocs de béton et cisaillant les rouleaux de fil barbelé. Ils ont été repoussés systématiquement par des gaz lacrymogènes et des canons à eau.

Grève des fonctionnaires lundi

Devant une autre entrée, un sit-in pacifique avec la formule "Berlin wall in Bangkok" ("le mur de Berlin à Bangkok") peinte sur les blocs.

Suthep Thaugsuban, meneur du mouvement, a assuré avoir rencontré la Première ministre. "Yingluck n'a répondu à rien (...) Nous maintenons nos plans. Cela sera fini dans deux jours", a dit Suthep, toujours en liberté malgré un mandat d'arrêt pour l'occupation du ministère des Finances. Il a aussi appelé les fonctionnaires à se mettre en grève à partir de lundi.

Le vice-Premier ministre Pracha Promnog a conseillé à la population de ne pas sortir entre 22h00 et 5h00 pour des raisons de sécurité, promettant un retour "à la normale aussitôt que possible". Après l'occupation et le siège cette semaine de ministères et d'administrations, que les autorités ont tolérés de crainte d'aviver la tension, les manifestants ont été autorisés à pénétrer dimanche dans l'enceinte du ministère de l'Intérieur.

Dimanche matin, les meneurs des "chemises rouges", partisans du pouvoir, réunis par dizaines de milliers dans un stade à Bangkok, avaient appelé leurs troupes à se disperser, par crainte de violences et "afin de ne pas compliquer davantage la tâche du gouvernement".

Les violences ont éclaté samedi soir près du stade, quand des opposants ont attaqué à coups de pavés un autobus transportant des "chemises rouges". Un homme de 21 ans a été tué par balles dans des circonstances non élucidées. Trois autres personnes sont mortes et 57 ont été blessées, selon les secours. Au moins deux "rouges" feraient partie des victimes, selon la police.

18 coups d'État depuis 1932

Les meneurs du mouvement avaient réclamé un ultime effort pour obtenir dimanche la "victoire" avant l'anniversaire du roi Bhumibol le 5 décembre, célébrations pendant lesquelles il est impensable de manifester, dans une société thaïlandaise très attachée à son roi. L'escalade de la tension depuis un mois, qui a franchi un cap ce week-end, fait redouter le pire dans un pays prompt à s'embraser. Plusieurs grands centres commerciaux, dont l'un avait été incendié pendant la crise de 2010, ont été fermés.

Au printemps 2010, environ 100.000 "rouges" avaient occupé le centre de Bangkok pendant deux mois pour réclamer la chute du gouvernement, avant un assaut de l'armée. La crise, qui avait fait environ 90 morts et 1900 blessés, avait mis en lumière les divisions de la société entre masses défavorisées du Nord et du Nord-Est, fidèles à Thaksin, et les élites de la capitale qui les voient comme une menace pour la monarchie.

Le mouvement actuel a été provoqué par un projet de loi d'amnistie taillé sur mesure, selon l'opposition, pour permettre le retour de Thaksin, en exil pour échapper à une condamnation à la prison pour malversations financières. Malgré le rejet du texte par le Sénat, les manifestants n'ont pas désarmé.

Dans un pays qui a connu 18 coups d'État ou tentatives de coups depuis l'établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932, l'armée, appelée en renfort par la police dimanche, a prié les manifestants de ne pas lui demander de prendre parti. Ce qui ne l'a pas empêchée de laisser apparaître des dissensions, le puissant chef de l'armée de terre, le général Prayut Chan-O-Cha, critiquant l'usage de gaz lacrymogènes par la police.

 

Thaïlande: la Première ministre refuse de démissionner

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http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/thailande-nouvelles-echauffourees-entre-manifestants-et-police_1304308.html

Bangkok - La Première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, a refusé lundi de démissionner, rejetant comme inconstitutionnelle l'exigence des manifestants de remplacer son gouvernement par un "conseil du peuple", lors de sa première allocution télévisée depuis les manifestations violentes du week-end.

La Première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, a refusé lundi de démissionner, rejetant comme inconstitutionnelle l'exigence des manifestants de remplacer son gouvernement par un "conseil du peuple", lors de sa première allocution télévisée depuis les manifestations violentes du week-end.

"Je suis prête à tout faire pour que le peuple soit heureux. Mais en tant que Premier ministre, ce que je fais doit être en adéquation avec la Constitution", a-t-elle déclaré, rejetant l'idée du "conseil du peuple" non issu d'élections réclamé par l'opposition.

Elle n'a certes pas annoncé sa démission lundi, mais a laissé la porte ouverte d'une éventuelle dissolution du Parlement voire de son départ.

"Je ne m'accroche pas à ma position, une démission ou une dissolution du Parlement peuvent être envisagés si cela pouvait calmer les manifestants et restaurer le calme", a-t-elle dit, appelant pour la énième fois l'opposition à négocier.

"Une dissolution du Parlement ou une démission sont deux moyens qui respectent la loi constitutionnelle", a-t-elle insisté.

Elle s'est par ailleurs dite confiance dans le soutien de l'armée, très puissante en Thaïlande, marquée par 18 coups d'Etat ou tentatives de coup d'Etat depuis 1932, date à laquelle la Thaïlande est devenue une monarchie constitutionnelle.

"Les forces armées resteront neutres. Je sais qu'elles veulent voir le pays en paix", a-t-elle dit.

Des milliers de manifestants ont affronté lundi les forces de l'ordre protégeant le siège du gouvernement à Bangkok, où la tension est montée d'un cran, le meneur de l'opposition ayant donné un "ultimatum" de deux jours au gouvernement pour partir.

Au coeur de la colère des manifestants, alliance de bourgeois conservateurs proches du Parti démocrate et de groupuscules ultra-royalistes: une haine profonde du frère de la Première ministre Yingluck Shinawatra, le milliardaire Thaksin Shinawatra.

Les manifestants accusent l'ex-Premier ministre Thaksin, renversé par un coup d'État en 2006, d'être toujours celui qui décide en coulisses de la politique du gouvernement.

 

Thaïlande: deuxième mandat d'arrêt lancé contre Suthep, meneur de la fronde

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http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20131202-thailande-mandat-arret-insurrection-suthep-thaugsuban-yingluck-shinawatra

La tension monte d'un cran en Thaïlande. Des heurts ont eu lieu ce mardi entre manifestants et forces de l'ordres aux abords du siège du gouvernement. Dans les rues de la capitale, des milliers de personnes réclament la démission de la Première ministre, qui refuse de partir. Quant au leader du mouvement antigouvernemental, Suthep Thaugsuban, il est désormais visé par un nouveau mandat d'arrêt pour « insurrection ».

On a appris qu'un mandat d'arrêt pour « insurrection » a été émis à l'encontre de Suthep Thaugsuban, le leader du mouvement antigouvernemental. Un mandat d'arrêt avait déjà été émis contre lui par la police, mais cette dernière n'était jamais passée à l'acte, probablement pour ne pas envenimer une situation déjà très tendue.

Ce deuxième mandat d'arrêt pour « insurrection » est lourd de conséquences s'il est mis à exécution. Suthep Thaugsuban est passible de la peine de mort ou de la prison à vie et son arrestation risquerait de faire basculer le pays dans la violence.

Suthep Thaugsuban, ancien député du Parti démocrate conservateur, est quelqu'un de très controversé. Il est à l'origine de la violente répression des manifestations des « chemises rouges » qui réclamaient la chute du gouvernement au printemps 2010. L'assaut de l'armée pour mettre fin à deux mois d'occupation s'était soldé par la mort 90 morts et 1 900 blessés. Il est d'ailleurs poursuivi pour meurtre dans ces événements.

Yingluck Shinawatra refuse de plier

Depuis un mois, Suthep Thaugsuban ne cesse d'appeler la cheffe du gouvernement à démissionner. Il a organisé plusieurs actions « coup de poing » en occupant des bâtiments publics et des ministères. Dimanche soir, après avoir rencontré en personne la n°1 du gouvernement, il a lancé un nouvel ultimatum à cette dernière, Yingluck Shinawatra, qui refuse de quitter le pouvoir, du moins pour l'instant, continuant d'appeler l'opposition au dialogue et au calme.

Yingluck Shinawatra s'est d'ailleurs exprimée ce mardi, dans une conférence de presse télévisée. Elle a réitéré son offre de dialogue à l'opposition, tout en refusant de répondre favorablement à la demande que lui avait formulé, en personne et de visu, dimanche soir, Suthep Thaugsuban, à savoir la création d'un « conseil du peuple » non issu d'élections pour réformer en profondeur le système politique thaïlandais.

Ce lundi, le quotidien conservateur The Nation a indiqué qu'une nouvelle rencontre entre Suthep et Yingluck était en cours. Le journal ajoutait qu'une annonce importante devait être faite à l'issue de cet entretien. Depuis, rien n'a filtré.

 

Violents heurts à Bangkok, la Première ministre "ouverte au dialogue"

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http://www.france24.com/fr/20131202-thailande-violents-heurts-yingluck-ouverte-dialogue

Lundi, des milliers de manifestants ont affronté les forces de l'ordre en Thaïlande pour faire tomber le gouvernement. La Première ministre, Yingluck Shinawatra, qui a exclu de démissionner, s'est dite ouverte au dialogue.

La mobilisation en Thaïlande se poursuit. De nouvelles échauffourées ont eu lieu lundi 2 décembre au matin à Bangkok entre les forces de l'ordre et les milliers de manifestants d'opposition voulant faire tomber le gouvernement. De son côté, la Première ministre, Yingluck Shinawatra, a réitéré son offre de dialogue pour désamorcer la plus grave crise politique du royaume depuis 2010.

Lors d'une conférence de presse télévisée organisée après une deuxième journée d'affrontements dans la capitale, Yingluck Shinawatra a affirmé que les généraux n'interviendraient pas. "L'armée s'est placée en position de neutralité et elle souhaite une solution pacifique", a-t-elle dit, promettant d'ouvrir "toutes les portes" à la négociation.

Le rôle décisif de l'armée

Mais quelques minutes après son allocution, le chef de la police a déclaré que les forces de l'ordre avaient tiré des balles en caoutchouc contre des protestataires qui menaçaient de marcher jusqu'au siège du gouvernement."Nous utilisons en alternance canons à eau, gaz lacrymogène et balles en caoutchouc dans un seul secteur, celui du pont près du siège du gouvernement", a déclaré Paradorn Pattanathabutr.

"Reste à connaître le rôle que va tenir l'armée thaïlandaise", estime Cyril Payen, envoyé spécial de FRANCE 24 à Bangkok. "Elle s'est souvent invitée dans la politique du pays, avec pas moins de 18 coups d'État. Pour le moment, elle observe mais elle pourrait avoir un rôle de pivot dans cette crise", précise le journaliste.

"Journée de la victoire"

Des échauffourées ont eu lieu devant le siège de la police métropolitaine. Face à la gravité de la situation, plusieurs grandes universités, invoquant la sécurité des étudiants, sont restées fermées.

Après avoir décrété sans succès dimanche "journée de la victoire", le chef des contestataires, Suthep Thaugsuban, a fixé à mardi une nouvelle date butoir pour que Yingluck Shinawatra renonce au pouvoir.

Le grand meneur de la contestation fait, par ailleurs, l'objet d'un mandat d'arrêt contre lui."Même si je dois mourir au champ de bataille, je sais que je serai relayé" a déclaré Suthep Thaugsuban.

Crainte d'un retour de Thaksin

Au cœur de la colère des manifestants, alliance hétéroclite de bourgeois conservateurs proches du Parti démocrate, le principal parti d'opposition, et de groupuscules ultra-royalistes : une haine profonde de Thaksin Shinawatra, frère de la Première ministre. Ils accusent le milliardaire, renversé de son poste de Premier ministre par un coup d'État en 2006, d'être toujours le véritable décisionnaire de la politique du gouvernement depuis son exil à Dubaï.

Le mouvement de contestation a été provoqué par un projet de loi d'amnistie taillé sur mesure, selon l'opposition, pour permettre le retour de Thaksin, en exil pour échapper à une condamnation à la prison pour malversations financières. Malgré le rejet du texte par le Sénat, les manifestants n'ont pas désarmé. Dimanche, on comptait encore environ 70 000 manifestants à Bangkok.

Ban Ki-moon "préoccupé"

L'escalade de la tension depuis un mois, qui a franchi un cap ce week-end, fait redouter le pire dans un pays prompt à s'embraser. Plusieurs grands centres commerciaux, dont l'un avait été incendié pendant la crise de 2010, ont été fermés.

En marge de la Conférence générale de l'agence des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), à Lima au Pérou, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré à la presse "noter avec préoccupation les tentatives répétées des manifestants d'occuper par la force les bâtiments officiels et des médias".

 

Thaïlande : nouveaux heurts à Bangkok, les négociations dans l'impasse

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http://www.france24.com/fr/20131202-crise-politique-thailande-shinawatra-heurts-manifestants-policiers

En Thaïlande, des milliers de manifestants d'opposition sont toujours mobilisés. Lundi, de nouvelles échauffourées les ont opposés aux forces de l'ordre, au lendemain d'une entrevue entre le meneur de la contestation et la Première ministre.

La mobilisation en Thaïlande se poursuit. De nouvelles échauffourées ont eu lieu lundi 2 décembre au matin en Thaïlande entre forces de l'ordre et les milliers de manifestants d'opposition voulant faire tomber le gouvernement. Ces heurts surviennent au lendemain d'une entrevue entre le leader du mouvement et la Première ministre contestée Yingluck Shinawatra.

"Yingluck n'a répondu à rien (...) Nous maintenons nos plans. Cela sera fini dans deux jours", a ainsi rapporté à l'issue de la rencontre Suthep Thaugsuban, le meneur de la contestation toujours en liberté malgré un mandat d'arrêt pour l'occupation du ministère des Finances.

Lundi, la police a de nouveau eu recours à des tirs de gaz lacrymogènes pour défendre

le siège du gouvernement, sous haute protection, entouré de blocs de béton et de rouleaux de fil barbelé, selon des journalistes de l'AFP sur place. Les manifestants jetaient quant à eux des projectiles sur les policiers, notamment des barres.

Des échauffourées ont également eu lieu devant le siège de la police métropolitaine, où de nombreux gaz lacrymogènes ont été tirés, selon des journalistes de l'AFP sur place. Lundi, la plupart des universités de Bangkok étaient fermées, pour des raisons de sécurité.

Crainte d'un retour de Thaksin

Au cœur de la colère des manifestants, alliance hétéroclite de bourgeois conservateurs proches du Parti démocrate, le principal parti d'opposition, et de groupuscules ultra-royalistes : une haine profonde du frère de la Première ministre Yingluck Shinawatra, Thaksin Shinawatra. Ils accusent le milliardaire renversé de son poste de Premier ministre par un coup d'État en 2006, d'être toujours le véritable décisionnaire de la politique du gouvernement depuis son exil à Dubaï.

Le mouvement de contestation a été provoqué par un projet de loi d'amnistie taillé sur mesure, selon l'opposition, pour permettre le retour de Thaksin, en exil pour échapper à une condamnation à la prison pour malversations financières. Malgré le rejet du texte par le Sénat, les manifestants n'ont pas désarmé. Dimanche, on comptait environ 70 000 manifestants à travers Bangkok contre près de 180 000 il y a une semaine.

L'escalade de la tension depuis un mois, qui a franchi un cap ce week-end, fait redouter le pire dans un pays prompt à s'embraser. Plusieurs grands centres commerciaux, dont l'un avait été incendié pendant la crise de 2010, ont été fermés.

La dernière apparition publique de la Première ministre remonte à samedi.

"L'armée s'invite souvent dans la politique thaïlandaise."

Par Cyril PAYEN, correspondant de France 24 à Bangkok

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