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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 15:49

Gare aux crimes de lèse-majesté sur les réseaux sociaux en Thaïlande

Un article d'Arnaud Dubus pour RFI

Lien de l'article:

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20131216-thailande-roi-Bhumibol-internet-reseaux-sociaux-controle-

La crise politique en Thaïlande est surtout visible dans les rues. Depuis un mois, des dizaines de milliers de manifestants antigouvernementaux occupent des quartiers de Bangkok, investissent des ministères ou défilent dans la rue. De leurs côtés, les « chemises rouges », qui soutiennent le gouvernement se sont rassemblées pendant une dizaine de jours dans un stade sportif de la capitale. Mais cette guerre politique se déroule aussi dans la dimension digitale, notamment sur les réseaux sociaux de l'internet.

De notre correspodant à Bangkok,

Facebook est bien évidemment un lieu privilégié d'expression pour les divers groupements politiques. Ainsi les « chemises jaunes », c'est à dire schématiquement les gens issus des milieux urbains qui s'opposent au clan politique de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, interagissent sur le réseau Facebook en postant articles, commentaires et caricatures qui dénigrent ce clan.

Mais les « chemises rouges », dont la majorité viennent des provinces rurales, ne sont pas en reste. Il y a notamment une frange d'intellectuels « chemises rouges » qui se montrent extrêmement active sur le réseau Facebook, critiquant le mouvement antigouvernemental et notamment son rejet des élections. Un troisième groupe est composé des Occidentaux qui s'intéressent de près à la politique thaïlandaise. Ceux-ci adoptent une approche plus analytique. Ils postent des articles universitaires, de la presse internationale ou encore leur propre vision du conflit. Certaines pages d'experts étrangers sont très suivies. Mais la confrontation des points de vue des groupes opposés se déroule rarement sur Facebook, car les « rouges » acceptent rarement les « jaunes » parmi leurs amis, et vice versa. C'est surtout sur le réseau Twitter que la véritable guerre de l'Internet se déroule, c'est là où les partisans du gouvernement et les opposants s'apostrophent et se contredisent.

Patrouille sur les réseaux sociaux

Globalement, l'expression politique est extrêmement libre sur les réseaux sociaux. A une exception près toutefois, la question de la monarchie. Les lois punissant le crime de lèse-majesté sont extrêmement sévères en Thaïlande : la moindre critique contre la famille royale peut être punie d'une peine entre trois et quinze ans de prison. Et cela vaut aussi pour les réseaux sociaux. Certains membres du gouvernement ont même indiqué qu'appuyer sur la touche « j'aime » pour dire qu'on apprécie un commentaire négatif sur le roi ou la reine pouvait tomber sur le coup de la loi.

La police dispose d'une section spéciale d'informaticiens qui passent leur journée à patrouiller sur les réseaux sociaux pour repérer ce genre de commentaires. Cela n'est pas à prendre à la légère car certaines personnes ont été condamnées à plusieurs années de prison pour des faits de ce genre même si ces personnes ne se trouvaient pas sur le sol thaïlandais au moment où ils ont posté le commentaire. C'est pour cette même raison que des dizaines de milliers de sites Internet sont inaccessibles en Thaïlande, notamment un grand nombre de sites d'informations spécialisés sur l'Asie, basés hors de Thaïlande.

 

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14 décembre 2013 6 14 /12 /décembre /2013 17:31

Thaïlande: bataille pour le droit

Universitaires, artistes et étudiants créent une Assemblée de défense de la démocratie face au mouvement insurrectionnel des chemises jaunes.

Un article de l'Humanité

Lien de l'article:

http://www.humanite.fr/monde/thailande-bataille-pour-le-droit-555069

Bangkok (Thaïlande), envoyée spéciale. C’est l’une de ses tristes ironies dont le calendrier a le secret. Hier, la Thaïlande fêtait l’anniversaire de la Constitution de 1932 et, outre le fait que depuis l’établissement de la monarchie constitutionnelle, le pays a changé dix-neuf fois de loi fondamentale, cette dernière est une nouvelle fois extrêmement menacée par le mouvement insurrectionnel des chemises jaunes. En ce jour de commémoration, universitaires, artistes, étudiants ont lancé une Assemblée de défense de la démocratie pour démontrer le caractère anticonstitutionnel de l’action de l’opposition qui se prévaut pourtant de la démocratie. Une initiative rare : jusqu’alors le monde universitaire, corseté par les chemises jaunes, sortait peu de sa réserve et entretenait des relations distantes avec les rouges. Alors que le premier ministre vient de dissoudre le Parlement et que de nouvelles législatives devraient se tenir le 2 février, Kasian Tejapira, professeur associé à l’université de Thammasat, rappelle que les manifestants « expriment leur refus du recours à l’élection comme moyen de sélection des représentants du peuple considérant que tous les Thaïlandais ne sont pas égaux en droit » et ne méritent par conséquent pas tous le droit de vote. En clair, la majorité rurale qui se prononce régulièrement pour le Pheu Thai au pouvoir ne serait pas assez éduquée pour choisir ses dirigeants. Pour justifier un changement de régime, l’opposition s’appuie sur le syndrome de la corruption, une réalité que la dictature ne risque pas d’arranger. « Nous voulons agir pour que le pays ne se dirige pas vers une guerre civile », a ajouté Kasian Tejapira. Aux chemises jaunes qui demandent l’instauration d’un « Conseil du peuple » non élu en brandissant l’article 7 de la Constitution, le professeur de droit constitutionnel Vorajet Pakeerat répond que cette disposition « est un article de substitution si le pays traverse une crise qu’aucun autre article ne peut couvrir. Or, ce n’est pas le cas aujourd’hui et il est impossible de dissoudre sans organiser d’élections. Si un conseil non élu était mis sur pied, le risque serait grand de voir la moitié du pays dans la rue. Une crise qui risquerait de déboucher sur de grandes violences ». Par ailleurs, quel serait le projet politique de ce conseil si ce n’est d’en finir avec la démocratie et de renforcer la monarchie ? Deux visions du projet national s’opposent aujourd’hui en Thaïlande à tel point qu’« aucun consensus ne semble possible sur quelque sujet que ce soit », conclut l’historien Charnvit Kasetsiri.

Lina Sankari

 

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5 décembre 2013 4 05 /12 /décembre /2013 15:03

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l'article:

http://redthaisocialist.com/francais/466-premier-round-pour-le-gouvernement-de-yingluk.html


Un semblant de calme est revenu à Bangkok alors que les manifestants royalistes anti-démocratiques ont été autorisés à occuper symboliquement Government House. Ils ont pris des photos et puis sont partis. Une trêve temporaire a eu lieu pour l'anniversaire du roi, les royalistes ne voulant pas paraître irrespectueux vis-à-vis de leur "cher leader". Le gouvernement veut aussi montrer sa loyauté en organisant les cérémonies d'usage dans une atmosphère calme. Taksin, après tout, est lui-aussi un royaliste. Mais ne soyez pas dupe[...] C'est l'armée qui a le pouvoir réel.
Alors quel est le score actuel dans la bataille entre les conservateurs royalistes et le gouvernement élu?
Du côté du gouvernement, le fait qu'il s'est abstenu d'utiliser la violence contre la foule incontrôlée des royalistes est très à son actif et il a renforcé sa position sur le terrain moral. Sa légitimité l'emporte largement sur les voyous royalistes parce que le gouvernement a été clairement élu démocratiquement tandis que les royalistes ont appelé à une dictature. Jusqu'à présent, le gouvernement a refusé de démissionner ou de dissoudre le parlement. Mais nous ne savons pas ce qui va se passer dans les jours et mois à venir. Il y a eu beaucoup de pression sur le gouvernement de la part des universitaires réactionnaires et des ONG qui ont appelé le Parlement à se dissoudre. Lors de la conférence des recteurs des universités thaïlandaises, ceux-ci ont même ajouté que le futur premier ministre n'a pas besoin d’être élu. La position politique de ces personnes n'est pas une surprise. Ils ont tous soutenus le coup d'Etat de 2006, ont accusés la majorité de la population de manquer d'intelligence et ont applaudis la répression des militaires contre les manifestations pro-démocratie en 2010. Ce qui est plus surprenant, c'est que quelques universitaires naïfs, avec de bonnes références démocratiques, ont également appelé à la dissolution du Parlement. C'est une erreur. Retour en 2006, Taksin avait dissous le Parlement et convoqué de nouvelles élections. Mais les dirigeants de l'opposition ont ensuite refusé de se présenter aux élections parce qu'ils savaient qu'ils perdraient. Les manifestants royalistes de Sutep ont dit qu'ils rejetteraient une élection de toute façon. Une façon de sortir de la crise serait un référendum, peut-être sur la nécessité d'abolir la constitution militaire. Si le gouvernement le gagnait, ce serait un vote de confiance. S'il le perdait, il devrait démissionner. Mais il est peu probable que le Pua Thai soit assez progressif pour souhaiter un tel référendum.
Du côté de Sutep, ses propositions pour une assemblée non élue, nommée par lui-même et ses amis, ainsi qu'un gouvernement de "bons" dictateurs pour le peuple ne lui ont pas apporté de nouveaux partisans. Il espérait inciter l'armée à organiser un coup d'Etat mais, jusqu'à présent, les militaires ne veulent pas d'un tel coup. L'armée a fait un accord avec Taksin et le Pua Thai en 2011. Même si les militaires étaient intervenus une fois de plus, ils auraient eu du mal à mettre l'ordre du jour de Sutep en pratique. Pourquoi donner le pouvoir à un singe lorsque c'est le joueur d'orgue qui prend les décisions? La classe dirigeante thaïlandaise sait par expérience qu'elle a besoin d'une sorte de processus démocratique et qu'elle ne peut pas écarter simplement les Chemises rouges et les partisans du gouvernement. Sutep a conduit ses troupes jusqu'au sommet de la colline et a dû ensuite redescendre, ce qui n'a pas augmenté sa crédibilité. Son compagnon Abhisit a dû inventer une nouvelle série de pathétiques mensonges lors d'une interview à CNN pour justifier leur position. Cela peut difficilement renforcer leur légitimité.
Bien sûr, il y a toujours un réel danger que, dans les prochains jours, des membres influents de l'élite militaire fassent pression sur le Gouvernement pour le remplacer par un "gouvernement d'unité nationale". Ce serait presque la même chose qu'un coup d'Etat et cela devra être combattu. Il se peut que cela ne se produise pas. La plupart des chemises rouges et probablement la majorité de l'électorat serait contre cela. Mais le gouvernement et la direction des Chemises rouges de l'UDD pourraient essayer de se justifier vis-à-vis des Chemises rouges en disant qu'il n'y avait "pas d'alternative". Il existe une alternative. L'espace démocratique peut être étendu à travers les actions des mouvements et des syndicalistes pro-démocratie. Les diverses propositions de réforme du Groupe Nitirat doivent être placées au sommet de l'ordre du jour et la loi de lèse-majesté doit être abolie. Ce serait simplement les premiers pas dans la bonne direction.

Photos ci-dessous: Giles Ji Ungpakorn

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 15:10

Les syndicats australiens du Conseil des Unions Syndicales (Australian Council of Trade Unions, sigle anglais: ACTU) ont adoptés deux motions demandant la libération immédiate de Somyot Prueksakasemsuk et l'abolition de l'article 112 en Thaïlande. Ces deux motions de l'ACTU ont été présentées lors de la réunion régionale de la Confédération syndicale internationale (CSI) de la région Asie-Pacifique qui s'est tenue à Bangkok, en Thaïlande, plus tôt cette semaine. La conférence de la CSI a adopté une motion en faveur du droit à la liberté d'expression pour les travailleurs ainsi que pour les militants des droits humains.

La réunion de la CSI a eu lieu lors de la montée des tensions à Bangkok tandis que les royalistes et d'autres forces d’extreme droite tentent de renverser le gouvernement thaïlandais élu.

Ci-dessous, la déclaration de la CSI:


Nous exprimons notre préoccupation et notre opposition à l'utilisation de lois répressives en Thaïlande pour étouffer le débat démocratique et le droit des personnes et des travailleurs à la liberté d'expression.

Nous, en accord avec les mouvements syndicaux du monde entier, apportons notre soutien à la solidarité internationale des travailleurs et à la lutte permanente pour la démocratie en Thaïlande.

Nous demandons:

1) La libération immédiate du journaliste Somyot Pruksakasemsuk ainsi que celle de tous les prisonniers politiques en Thaïlande.

2) La suppression de l'article 112 (la loi de lèse-majesté).

Une délégation de la CSI Asie-Pacifique va visiter Somyot en prison et rencontrer son groupe de soutien à Bangkok.

Lien:

https://www.facebook.com/pages/Free-Somyot/122999694453000?ref=tn_tnmn#!/notes/free-somyot/les-syndicats-australiens-soutiennent-somyot-et-le-droit-des-travailleurs-%C3%A0-sorg/557349474351351

 

FREEPP9Fr

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 09:51

Thaïlande: Bangkok secouée par des violences autour du siège du gouvernement, 4 morts et des dizaines de blessés

Lien de l'article:

http://www.huffingtonpost.fr/2013/12/01/violences-thailande-siege-gouvernement_n_4366855.html?utm_hp_ref=fb&src=sp&comm_ref=false

INTERNATIONAL - La police thaïlandaise a utilisé gaz lacrymogènes et canons à eau contre les manifestants menaçant dimanche de prendre le siège du gouvernement, après des violences qui ont fait quatre morts et des dizaines de blessés.

Au coeur de la colère des manifestants, alliance hétéroclite de bourgeois conservateurs proches du Parti démocrate, le principal parti d'opposition, et de groupuscules ultra-royalistes: une haine profonde du frère de la Première ministre Yingluck Shinawatra, le milliardaire Thaksin Shinawatra.

Les manifestants -qui étaient dimanche, selon la police, 70.000 à travers Bangkok contre près de 180.000 il y a une semaine- accusent Thaksin, renversé de son poste de Premier ministre par un coup d'État en 2006, d'être toujours le véritable décisionnaire de la politique du gouvernement depuis son exil à Dubaï.

Deux visages du mouvement de protestation étaient visibles dimanche. Devant une entrée du siège du gouvernement, des assauts répétés de quelques centaines de manifestants violents, déplaçant les blocs de béton et cisaillant les rouleaux de fil barbelé. Ils ont été repoussés systématiquement par des gaz lacrymogènes et des canons à eau.

Grève des fonctionnaires lundi

Devant une autre entrée, un sit-in pacifique avec la formule "Berlin wall in Bangkok" ("le mur de Berlin à Bangkok") peinte sur les blocs.

Suthep Thaugsuban, meneur du mouvement, a assuré avoir rencontré la Première ministre. "Yingluck n'a répondu à rien (...) Nous maintenons nos plans. Cela sera fini dans deux jours", a dit Suthep, toujours en liberté malgré un mandat d'arrêt pour l'occupation du ministère des Finances. Il a aussi appelé les fonctionnaires à se mettre en grève à partir de lundi.

Le vice-Premier ministre Pracha Promnog a conseillé à la population de ne pas sortir entre 22h00 et 5h00 pour des raisons de sécurité, promettant un retour "à la normale aussitôt que possible". Après l'occupation et le siège cette semaine de ministères et d'administrations, que les autorités ont tolérés de crainte d'aviver la tension, les manifestants ont été autorisés à pénétrer dimanche dans l'enceinte du ministère de l'Intérieur.

Dimanche matin, les meneurs des "chemises rouges", partisans du pouvoir, réunis par dizaines de milliers dans un stade à Bangkok, avaient appelé leurs troupes à se disperser, par crainte de violences et "afin de ne pas compliquer davantage la tâche du gouvernement".

Les violences ont éclaté samedi soir près du stade, quand des opposants ont attaqué à coups de pavés un autobus transportant des "chemises rouges". Un homme de 21 ans a été tué par balles dans des circonstances non élucidées. Trois autres personnes sont mortes et 57 ont été blessées, selon les secours. Au moins deux "rouges" feraient partie des victimes, selon la police.

18 coups d'État depuis 1932

Les meneurs du mouvement avaient réclamé un ultime effort pour obtenir dimanche la "victoire" avant l'anniversaire du roi Bhumibol le 5 décembre, célébrations pendant lesquelles il est impensable de manifester, dans une société thaïlandaise très attachée à son roi. L'escalade de la tension depuis un mois, qui a franchi un cap ce week-end, fait redouter le pire dans un pays prompt à s'embraser. Plusieurs grands centres commerciaux, dont l'un avait été incendié pendant la crise de 2010, ont été fermés.

Au printemps 2010, environ 100.000 "rouges" avaient occupé le centre de Bangkok pendant deux mois pour réclamer la chute du gouvernement, avant un assaut de l'armée. La crise, qui avait fait environ 90 morts et 1900 blessés, avait mis en lumière les divisions de la société entre masses défavorisées du Nord et du Nord-Est, fidèles à Thaksin, et les élites de la capitale qui les voient comme une menace pour la monarchie.

Le mouvement actuel a été provoqué par un projet de loi d'amnistie taillé sur mesure, selon l'opposition, pour permettre le retour de Thaksin, en exil pour échapper à une condamnation à la prison pour malversations financières. Malgré le rejet du texte par le Sénat, les manifestants n'ont pas désarmé.

Dans un pays qui a connu 18 coups d'État ou tentatives de coups depuis l'établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932, l'armée, appelée en renfort par la police dimanche, a prié les manifestants de ne pas lui demander de prendre parti. Ce qui ne l'a pas empêchée de laisser apparaître des dissensions, le puissant chef de l'armée de terre, le général Prayut Chan-O-Cha, critiquant l'usage de gaz lacrymogènes par la police.

 

Thaïlande: la Première ministre refuse de démissionner

Lien de l'article:

http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/thailande-nouvelles-echauffourees-entre-manifestants-et-police_1304308.html

Bangkok - La Première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, a refusé lundi de démissionner, rejetant comme inconstitutionnelle l'exigence des manifestants de remplacer son gouvernement par un "conseil du peuple", lors de sa première allocution télévisée depuis les manifestations violentes du week-end.

La Première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, a refusé lundi de démissionner, rejetant comme inconstitutionnelle l'exigence des manifestants de remplacer son gouvernement par un "conseil du peuple", lors de sa première allocution télévisée depuis les manifestations violentes du week-end.

"Je suis prête à tout faire pour que le peuple soit heureux. Mais en tant que Premier ministre, ce que je fais doit être en adéquation avec la Constitution", a-t-elle déclaré, rejetant l'idée du "conseil du peuple" non issu d'élections réclamé par l'opposition.

Elle n'a certes pas annoncé sa démission lundi, mais a laissé la porte ouverte d'une éventuelle dissolution du Parlement voire de son départ.

"Je ne m'accroche pas à ma position, une démission ou une dissolution du Parlement peuvent être envisagés si cela pouvait calmer les manifestants et restaurer le calme", a-t-elle dit, appelant pour la énième fois l'opposition à négocier.

"Une dissolution du Parlement ou une démission sont deux moyens qui respectent la loi constitutionnelle", a-t-elle insisté.

Elle s'est par ailleurs dite confiance dans le soutien de l'armée, très puissante en Thaïlande, marquée par 18 coups d'Etat ou tentatives de coup d'Etat depuis 1932, date à laquelle la Thaïlande est devenue une monarchie constitutionnelle.

"Les forces armées resteront neutres. Je sais qu'elles veulent voir le pays en paix", a-t-elle dit.

Des milliers de manifestants ont affronté lundi les forces de l'ordre protégeant le siège du gouvernement à Bangkok, où la tension est montée d'un cran, le meneur de l'opposition ayant donné un "ultimatum" de deux jours au gouvernement pour partir.

Au coeur de la colère des manifestants, alliance de bourgeois conservateurs proches du Parti démocrate et de groupuscules ultra-royalistes: une haine profonde du frère de la Première ministre Yingluck Shinawatra, le milliardaire Thaksin Shinawatra.

Les manifestants accusent l'ex-Premier ministre Thaksin, renversé par un coup d'État en 2006, d'être toujours celui qui décide en coulisses de la politique du gouvernement.

 

Thaïlande: deuxième mandat d'arrêt lancé contre Suthep, meneur de la fronde

Lien de l'article:

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20131202-thailande-mandat-arret-insurrection-suthep-thaugsuban-yingluck-shinawatra

La tension monte d'un cran en Thaïlande. Des heurts ont eu lieu ce mardi entre manifestants et forces de l'ordres aux abords du siège du gouvernement. Dans les rues de la capitale, des milliers de personnes réclament la démission de la Première ministre, qui refuse de partir. Quant au leader du mouvement antigouvernemental, Suthep Thaugsuban, il est désormais visé par un nouveau mandat d'arrêt pour « insurrection ».

On a appris qu'un mandat d'arrêt pour « insurrection » a été émis à l'encontre de Suthep Thaugsuban, le leader du mouvement antigouvernemental. Un mandat d'arrêt avait déjà été émis contre lui par la police, mais cette dernière n'était jamais passée à l'acte, probablement pour ne pas envenimer une situation déjà très tendue.

Ce deuxième mandat d'arrêt pour « insurrection » est lourd de conséquences s'il est mis à exécution. Suthep Thaugsuban est passible de la peine de mort ou de la prison à vie et son arrestation risquerait de faire basculer le pays dans la violence.

Suthep Thaugsuban, ancien député du Parti démocrate conservateur, est quelqu'un de très controversé. Il est à l'origine de la violente répression des manifestations des « chemises rouges » qui réclamaient la chute du gouvernement au printemps 2010. L'assaut de l'armée pour mettre fin à deux mois d'occupation s'était soldé par la mort 90 morts et 1 900 blessés. Il est d'ailleurs poursuivi pour meurtre dans ces événements.

Yingluck Shinawatra refuse de plier

Depuis un mois, Suthep Thaugsuban ne cesse d'appeler la cheffe du gouvernement à démissionner. Il a organisé plusieurs actions « coup de poing » en occupant des bâtiments publics et des ministères. Dimanche soir, après avoir rencontré en personne la n°1 du gouvernement, il a lancé un nouvel ultimatum à cette dernière, Yingluck Shinawatra, qui refuse de quitter le pouvoir, du moins pour l'instant, continuant d'appeler l'opposition au dialogue et au calme.

Yingluck Shinawatra s'est d'ailleurs exprimée ce mardi, dans une conférence de presse télévisée. Elle a réitéré son offre de dialogue à l'opposition, tout en refusant de répondre favorablement à la demande que lui avait formulé, en personne et de visu, dimanche soir, Suthep Thaugsuban, à savoir la création d'un « conseil du peuple » non issu d'élections pour réformer en profondeur le système politique thaïlandais.

Ce lundi, le quotidien conservateur The Nation a indiqué qu'une nouvelle rencontre entre Suthep et Yingluck était en cours. Le journal ajoutait qu'une annonce importante devait être faite à l'issue de cet entretien. Depuis, rien n'a filtré.

 

Violents heurts à Bangkok, la Première ministre "ouverte au dialogue"

Lien de l'article:

http://www.france24.com/fr/20131202-thailande-violents-heurts-yingluck-ouverte-dialogue

Lundi, des milliers de manifestants ont affronté les forces de l'ordre en Thaïlande pour faire tomber le gouvernement. La Première ministre, Yingluck Shinawatra, qui a exclu de démissionner, s'est dite ouverte au dialogue.

La mobilisation en Thaïlande se poursuit. De nouvelles échauffourées ont eu lieu lundi 2 décembre au matin à Bangkok entre les forces de l'ordre et les milliers de manifestants d'opposition voulant faire tomber le gouvernement. De son côté, la Première ministre, Yingluck Shinawatra, a réitéré son offre de dialogue pour désamorcer la plus grave crise politique du royaume depuis 2010.

Lors d'une conférence de presse télévisée organisée après une deuxième journée d'affrontements dans la capitale, Yingluck Shinawatra a affirmé que les généraux n'interviendraient pas. "L'armée s'est placée en position de neutralité et elle souhaite une solution pacifique", a-t-elle dit, promettant d'ouvrir "toutes les portes" à la négociation.

Le rôle décisif de l'armée

Mais quelques minutes après son allocution, le chef de la police a déclaré que les forces de l'ordre avaient tiré des balles en caoutchouc contre des protestataires qui menaçaient de marcher jusqu'au siège du gouvernement."Nous utilisons en alternance canons à eau, gaz lacrymogène et balles en caoutchouc dans un seul secteur, celui du pont près du siège du gouvernement", a déclaré Paradorn Pattanathabutr.

"Reste à connaître le rôle que va tenir l'armée thaïlandaise", estime Cyril Payen, envoyé spécial de FRANCE 24 à Bangkok. "Elle s'est souvent invitée dans la politique du pays, avec pas moins de 18 coups d'État. Pour le moment, elle observe mais elle pourrait avoir un rôle de pivot dans cette crise", précise le journaliste.

"Journée de la victoire"

Des échauffourées ont eu lieu devant le siège de la police métropolitaine. Face à la gravité de la situation, plusieurs grandes universités, invoquant la sécurité des étudiants, sont restées fermées.

Après avoir décrété sans succès dimanche "journée de la victoire", le chef des contestataires, Suthep Thaugsuban, a fixé à mardi une nouvelle date butoir pour que Yingluck Shinawatra renonce au pouvoir.

Le grand meneur de la contestation fait, par ailleurs, l'objet d'un mandat d'arrêt contre lui."Même si je dois mourir au champ de bataille, je sais que je serai relayé" a déclaré Suthep Thaugsuban.

Crainte d'un retour de Thaksin

Au cœur de la colère des manifestants, alliance hétéroclite de bourgeois conservateurs proches du Parti démocrate, le principal parti d'opposition, et de groupuscules ultra-royalistes : une haine profonde de Thaksin Shinawatra, frère de la Première ministre. Ils accusent le milliardaire, renversé de son poste de Premier ministre par un coup d'État en 2006, d'être toujours le véritable décisionnaire de la politique du gouvernement depuis son exil à Dubaï.

Le mouvement de contestation a été provoqué par un projet de loi d'amnistie taillé sur mesure, selon l'opposition, pour permettre le retour de Thaksin, en exil pour échapper à une condamnation à la prison pour malversations financières. Malgré le rejet du texte par le Sénat, les manifestants n'ont pas désarmé. Dimanche, on comptait encore environ 70 000 manifestants à Bangkok.

Ban Ki-moon "préoccupé"

L'escalade de la tension depuis un mois, qui a franchi un cap ce week-end, fait redouter le pire dans un pays prompt à s'embraser. Plusieurs grands centres commerciaux, dont l'un avait été incendié pendant la crise de 2010, ont été fermés.

En marge de la Conférence générale de l'agence des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), à Lima au Pérou, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré à la presse "noter avec préoccupation les tentatives répétées des manifestants d'occuper par la force les bâtiments officiels et des médias".

 

Thaïlande : nouveaux heurts à Bangkok, les négociations dans l'impasse

Lien de l'article:

http://www.france24.com/fr/20131202-crise-politique-thailande-shinawatra-heurts-manifestants-policiers

En Thaïlande, des milliers de manifestants d'opposition sont toujours mobilisés. Lundi, de nouvelles échauffourées les ont opposés aux forces de l'ordre, au lendemain d'une entrevue entre le meneur de la contestation et la Première ministre.

La mobilisation en Thaïlande se poursuit. De nouvelles échauffourées ont eu lieu lundi 2 décembre au matin en Thaïlande entre forces de l'ordre et les milliers de manifestants d'opposition voulant faire tomber le gouvernement. Ces heurts surviennent au lendemain d'une entrevue entre le leader du mouvement et la Première ministre contestée Yingluck Shinawatra.

"Yingluck n'a répondu à rien (...) Nous maintenons nos plans. Cela sera fini dans deux jours", a ainsi rapporté à l'issue de la rencontre Suthep Thaugsuban, le meneur de la contestation toujours en liberté malgré un mandat d'arrêt pour l'occupation du ministère des Finances.

Lundi, la police a de nouveau eu recours à des tirs de gaz lacrymogènes pour défendre

le siège du gouvernement, sous haute protection, entouré de blocs de béton et de rouleaux de fil barbelé, selon des journalistes de l'AFP sur place. Les manifestants jetaient quant à eux des projectiles sur les policiers, notamment des barres.

Des échauffourées ont également eu lieu devant le siège de la police métropolitaine, où de nombreux gaz lacrymogènes ont été tirés, selon des journalistes de l'AFP sur place. Lundi, la plupart des universités de Bangkok étaient fermées, pour des raisons de sécurité.

Crainte d'un retour de Thaksin

Au cœur de la colère des manifestants, alliance hétéroclite de bourgeois conservateurs proches du Parti démocrate, le principal parti d'opposition, et de groupuscules ultra-royalistes : une haine profonde du frère de la Première ministre Yingluck Shinawatra, Thaksin Shinawatra. Ils accusent le milliardaire renversé de son poste de Premier ministre par un coup d'État en 2006, d'être toujours le véritable décisionnaire de la politique du gouvernement depuis son exil à Dubaï.

Le mouvement de contestation a été provoqué par un projet de loi d'amnistie taillé sur mesure, selon l'opposition, pour permettre le retour de Thaksin, en exil pour échapper à une condamnation à la prison pour malversations financières. Malgré le rejet du texte par le Sénat, les manifestants n'ont pas désarmé. Dimanche, on comptait environ 70 000 manifestants à travers Bangkok contre près de 180 000 il y a une semaine.

L'escalade de la tension depuis un mois, qui a franchi un cap ce week-end, fait redouter le pire dans un pays prompt à s'embraser. Plusieurs grands centres commerciaux, dont l'un avait été incendié pendant la crise de 2010, ont été fermés.

La dernière apparition publique de la Première ministre remonte à samedi.

"L'armée s'invite souvent dans la politique thaïlandaise."

Par Cyril PAYEN, correspondant de France 24 à Bangkok

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 09:16

Qui sont les manifestants anti-gouvernementaux thaïlandais, que veulent-ils?

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l'article:

http://redthaisocialist.com/francais/460-qui-sont-les-manifestants-anti-gouvernementaux-thailandais-que-veulent-ils.html


Des milliers de royalistes de la classe moyenne devenus fous, dirigés par le notoire Parti Démocrate aux mains ensanglantées, manifestent pour tenter de se débarrasser du gouvernement et de l'ensemble de l'influence de l'ancien Premier ministre Taksin en politique. Ils espèrent que les militaires vont les aider à le faire. Ils ont occupé des bâtiments gouvernementaux et bloquent des routes.
Ce sont ces gens qui ont appelé à soutenir le coup d'Etat militaire de 2006. A l'époque on les appelait les "Chemises jaunes" et ils rejetaient déjà les résultats répétés des élections qui donnaient une écrasante majorité au parti Thai Rak Thai dirigé par Taksin Shinawat. Ils affirmaient, et affirment encore, que la majorité des Thaïlandais sont "trop stupides et incultes" pour mériter le droit de vote. Ils veulent que les militaires ou le roi interviennent dans la vie politique. Ils défendent le fait que des sénateurs soient nommés. En 2008, après que le Parti Démocrate ait de nouveau perdu une autre élection démocratique, ils ont occupé les aéroports internationaux et saccagé des bâtiments gouvernementaux jusqu'à ce que les tribunaux pro-militaires dissolvent le gouvernement élu et que l'armée installe Abhisit Vejjajiva du Parti démocrate comme Premier ministre. Le mouvement pro-démocratie chemise rouge a été créé à la suite de cela.
Les manifestants sont aussi ceux qui ont soutenu la répression sanglante contre les manifestants pro-démocratie chemises rouges en 2010, où quatre-vingt dix personnes ont été tuées par l’armée. Aujourd'hui, l'homme fort du Parti Démocrate, Sutep Tueksuban, appelle à la "restauration de la monarchie absolue". Ces réactionnaires ne pourront jamais gagner une élection. Les élections répétées depuis 2006 l'ont prouvé. Ils prétendent être pro-démocratie et aiment porter des masques "Guy Fawkes" pour faire semblant d'être comme le mouvement "Occupy".
En plus de leurs points de vue anti-démocratiques, ce sont aussi des néo-libéraux extrêmes. Ils parlent constamment de "discipline budgétaire" et sont opposés à ce que des fonds publics soient dépensés en soins de santé et pour améliorer la condition des pauvres. Ils s'opposent à l'appui du gouvernement pour les producteurs de riz et sont opposés à la transformation de l'actuelle infrastructure ferroviaire en décomposition de Thaïlande en un système à grande vitesse. Pourtant, ils ne s'opposent pas aux dépenses massives en faveur de l'armée […]
Ils mentent en prétendant être "anti- corruption". La question de la corruption est utilisée par eux dans le but d'attaquer Taksin, mais ils restent silencieux sur la vieille corruption institutionnelle de l'armée qui dure depuis des décennies[...] Ils font aussi semblant d'ignorer la corruption au sein du Parti Démocrate.
Quand les journalistes mettent en garde contre de possibles "violences" à Bangkok, ils devraient essayer de se rappeler quelques faits: C'était l'armée et le Parti Démocrate qui ont délibérément abattu des manifestants pro-démocratie en 2010. Mais les journalistes aiment encore répéter des absurdités sur un soi-disant "affrontement" entre les militaires et les Chemises rouges, alors qu'il s'agissait en fait d'une partie de tir aux canards pour l'armée.


Les militaires?
Malgré les images de chaos à Bangkok, les manifestants anti-gouvernementaux sont en position de faiblesse. Ils n'ont jamais été en mesure de faire quoi que ce soit sans l'armée et ils n'ont aucune légitimité démocratique. Il est douteux que l'armée soit prête à renverser le gouvernement Yingluk dès maintenant. Un accord entre Taksin et l'armée a été conclu en 2011. Il y a des zones grises non couvertes par l'accord et l'armée ne peut pas contrôler ce que les "jaunes" disent et font. La question concerne plus ce que serait le gain militaire d'un coup. Les militaires ont déjà un accord comme quoi ils ne seront pas poursuivis pour le coup d'Etat ou leurs atteintes graves aux droits de l'homme. Les généraux contrôlent toujours l'armée et ses entreprises lucratives, comme les médias. Quelle excuse donneraient-ils pour un coup d'Etat et comment pourraient-ils gouverner face à une massive opposition populaire vis à vis d'un tel putsch? Les tribunaux ont eu la possibilité de renverser le gouvernement par la dissolution du parti au pouvoir. Mais ils simplement jugé qu'il était "inconstitutionnel" de la part du Parlement de modifier la constitution militaire afin d'assurer que tous les sénateurs soient élus [...] Donc, il semble difficile que le gouvernement soit renversé. Pourtant, la politique peut être pleine de surprises. Nous devrons être attentif à ce qui se passe.


Le gouvernement Yingluk
Le gouvernement du Parti Pua Thai de Yingluk Shinawat a déclenché cette crise contre lui-même en essayant de faire passer un projet de loi d'amnistie générale qui aurait laisser tous les militaires et tueurs du Parti démocrate impunis. Cela aurait également permis à Taksin de revenir en Thaïlande. La possible amnistie de Taksin a rendu furieux les Chemises jaunes, mais c'était aussi une claque dans le visage des Chemises rouges qui avaient combattu la dictature et sont morts pour cela. L'amnistie ne couvrait pas les prisonniers politiques détenus pour lèse-majesté. On ne peut pas faire confiance au gouvernement comme quoi il ne pas conclure un compromis sordide avec ses adversaires de l'élite. La tragédie est que les forces progressistes de gauche sont trop faibles pour prendre la direction du mouvement des Chemises rouges.

 

Photo ci-dessous: Giles Ji Ungpakorn

 

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 12:21

Thaïlande: qui sont les manifestants qui veulent la chute du gouvernement?

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http://www.levif.be/info/actualite/international/thailande-qui-sont-les-manifestants-qui-veulent-la-chute-du-gouvernement/article-4000459460264.htm

Source: L'Express

La pression monte sur le gouvernement tandis que les manifestations se multiplient en Thaïlande. Qui sont ces opposants? Que veulent-ils et quelles sont les suites possibles? Eléments de réponse.

Les manifestants demandant la chute du gouvernement thaïlandais sont unis par leur haine de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, frère de la Première ministre Yingluck, chassé par un coup d'Etat en 2006.

Que veulent-ils?

Mobilisés depuis des semaines par le Parti démocrate, principal parti d'opposition, ils réclament la fin du "système Thaksin", en référence à Thaksin Shinawatra, Premier ministre chassé du pouvoir par un coup d'Etat en 2006, accusé de continuer à contrôler la politique depuis son exil, avec sa soeur Yingluck à la tête du gouvernement.

Un projet de loi d'amnistie, taillé sur mesure pour permettre le retour de Thaksin selon les manifestants, a mis le feu aux poudres fin octobre. Mais depuis, malgré le rejet de la loi par le Sénat, les manifestants voient plus large, réclamant la chute du gouvernement, sans que leur stratégie sur l'après-chute soit claire.

Quelles sont les forces en présence?

La Thaïlande est divisée depuis des années entre deux tendances, souvent résumées à "chemises rouges" contre "chemises jaunes".
Les "chemises rouges", partisans du parti au pouvoir Puea Thai, réunissent masses rurales et urbaines défavorisées du nord et du nord-est du pays, fidèles à Thaksin. Plusieurs milliers de "rouges" sont rassemblés depuis dimanche dans un stade de Bangkok en soutien au gouvernement. Les manifestations des "chemises jaunes" ont été un élément clef du coup d'Etat contre Thaksin en 2006 et elles ont également aidé à chasser du pouvoir deux chefs de gouvernement pro-Thaksin en 2008.

L'organisation n'est plus vraiment active, même si on retrouve certains de ses membres dans les actuelles manifestations. Ils sont traditionnellement alliés au Parti démocrate, rassemblant les élites de Bangkok gravitant autour du palais royal. Le principal meneur des manifestants est Suthep Thaugsuban, figure du Parti démocrate. Un mandat d'arrêt a été émis contre lui pour l'occupation d'un ministère. Le Parti démocrate ne se met pas en avant en tant que force organisatrice, et Suthep a récemment démissionné du parti pour éviter des poursuites contre sa formation. Le chef du parti, Abhisit Vejjajiva, fait néanmoins des apparitions sur la scène du Monument de la Démocratie, base arrière où campent les manifestants.

Ceux-ci sont d'horizons différents. On y croise des cadres bangkokiens qui viennent manifester après leur journée de travail mais aussi des cultivateurs de caoutchouc du sud de la Thaïlande convoyés en bus et nourris par les organisateurs. Des groupes disparates se joignent aux manifestations, comme les ultra-royalistes de l'Armée du peuple pour renverser le régime Thaksin ou le Réseau des étudiants et citoyens pour la Thaïlande.

Quelles possibles suites?

1. L'expulsion des manifestants des ministères et la répression des manifestations par les forces de l'ordre. Un scénario que les autorités cherchent à éviter.
2. La descente dans la rue des "chemises rouges" pour en découdre avec leurs opposants.
3. L'appel à des élections anticipées par la Première ministre, la motion de censure examinée mardi au Parlement n'ayant pas de chance d'aboutir (le parti au pouvoir étant majoritaire). Yingluck ne peut cependant pas dissoudre l'assemblée avant la fin du débat sur la motion, prévu jeudi.
4. Un coup d'Etat militaire, comme en 2006. Un scénario qui n'a rien d'exceptionnel dans un pays qui a connu 18 coups d'Etat ou tentatives depuis 1932, date où la Thaïlande est devenue une monarchie constitutionnelle. Pour l'heure, l'armée n'a pas donné de signe en ce sens.
5. Une décision de la Cour constitutionnelle, comme en 2008, quand elle avait dissout le parti du Premier ministre Somchai Wongsawat, beau-frère de Thaksin, en un "coup judiciaire" qui avait permis aux Démocrates de prendre le pouvoir.
6. L'essoufflement du mouvement de protestation à l'approche de l'anniversaire du roi, le 5 décembre. Après des semaines de mobilisation, l'opposition serait victime de sa stratégie de l'usure.
7. Le roi Bhumibol est intervenu lors de crises dans les années 1970 et 1990. Mais le monarque de 85 ans ne s'exprime plus que rarement en public.

 

En Thaïlande, les opposants cherchent l'appui des fonctionnaires

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http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20131127-thailande-anti-gouvernements-cherchent-appui-fonctionnaires?ns_campaign=google_choix_redactions&ns_mchannel=editors_picks&ns_source=google_actualite&ns_linkname=asie-pacifique.20131127-thailande-anti-gouvernements-cherchent-appui-fonctionnaires&ns_fee=0

 

En Thaïlande, les manifestations anti-gouvernementales ne faiblissent pas. Des milliers de manifestants encerclent plusieurs nouveaux ministères. Le leader du mouvement, l'ancien député d'opposition Suthep Thaugsuban, refuse de se livrer à la police après la délivrance d'un mandat d'arrêt contre lui. Il a demandé aux manifestants de se rassembler dans le centre historique de Bangkok pour une annonce importante.

Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Plusieurs milliers de manifestants, agitant des drapeaux thaïlandais et soufflant de tous leurs poumons dans des sifflets, marchent sur le principal centre des fonctionnaires de Bangkok. Ils disent vouloir obtenir le soutien de ceux-ci dans leur campagne contre le gouvernement de Yingluck Shinawatra.

Parmi les manifestants, Kornwika Paediramon, une jeune designer de Bangkok. Pour elle, même si ce gouvernement a été élu, il peut être considéré comme illégitime parce qu'il est sous l'influence de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra. «Les élections, vous savez... Beaucoup de gens disent maintenant que nous devons trouver une nouvelle voie, explique Kornwika Paediramon. Peut-être que la démocratie n'est pas une bonne chose pour nous. Si nous organisons de nouvelles élections, beaucoup de Chemises rouges n'ont pas encore compris ce qu'était le système Thaksin.»

Les Chemises rouges sont les partisans de l'ancien Premier ministre Thaksin. Et pour les manifestants, le «système Thaksin» perdure car celui-ci, depuis son exil, continue à diriger le pays par l'intermédiaire de sa soeur, la chef du gouvernement Yingluck Shinawatra.

 

Thaïlande : les manifestations s'étendent à d'autres villes

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http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/11/27/thailande-les-manifestations-s-etendent-a-d-autres-villes_3520845_3216.html

 

Après Bangkok, ce sont plusieurs villes du sud de la Thaïlande qui sont désormais le théâtre de mouvements de protestations antigouvernement. Le sud est le bastion du Parti démocrate, principal parti d'opposition.

Des manifestants, parfois plusieurs milliers, se sont rassemblés autour de 12 sièges d'administrations provinciales, a informé un haut responsable du ministère de l'intérieur. Notamment à Nakhon Si Thammarat, Surat Thani, et sur l'île touristique de Phuket.

Dans la capitale, les manifestants ont à nouveau marché, mercredi 27 novembre, vers des bâtiments officiels, qu'ils occupent successivement depuis lundi. Plusieurs milliers d'entre eux sont entrés dans un complexe qui abrite plusieurs agences gouvernementales, dans un faubourg éloigné de la ville, tandis que le ministère des finances restait occupé.

La police a annoncé avoir demandé à la justice d'émettre des mandats d'arrêt contre six meneurs. La veille, elle en avait obtenu un contre Suthep Thaugsuban, figure du Parti démocrate, pour l'occupation du ministère des finances. Mais les autorités attendent de lui qu'il se rende, a déclaré Pracha Promnog, vice-premier ministre. « La police ne va pas l'arrêter au milieu des manifestants, a-t-il ajouté, assurant que le pouvoir ne permettrait pas l'occupation du siège du gouvernement et du Parlement. La situation est grave, mais sous contrôle. »

LA CENSURE DISCUTÉE AU PARLEMENT

Les manifestants réclament le départ de la première ministre, Yingluck Shinawatra, et répètent leur haine de son frère Thaksin, premier ministre renversé par un coup d'Etat en 2006, qui reste, malgré son exil, le personnage le plus aimé et le plus haï du royaume.

La colère des manifestants a été déclenchée par une loi d'amnistie, spécialement taillée selon eux pour Thaksin, condamné à deux ans de prison pour malversations. Le rejet du texte au Sénat ne les a pas apaisés.

Une motion de censure déposée par l'opposition contre le gouvernement est en cours de discussion au Parlement. La première ministre s'est dit prête à discuter avec Suthep et a réaffirmé que l'Etat n'aurait « pas recours à la violence ». « Il n'y a qu'une démocratie, et un gouvernement élu, pas de régime Thaksin », a-t-elle dit, rejetant les accusations de ses opposants selon lesquels elle serait la marionnette de son frère.

 

La Thaïlande chancèle, la rue veut faire tomber l’État

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http://www.radinrue.com/article8916.html

 

Les manifestations ne datent pas d’hier, elles sont quotidiennes et ce depuis des jours et des jours. Toutefois ce vendredi la situation a pris une tournure plus grave pour l’exécutif. Ceux qui veulent la chute du gouvernement de Yingluck Shinawatra se sont emparés des locaux de l’armée, le QG situé à Bangkok, la capitale.

www.radinrue.com le XXIX - XI - MMXIII, 22h25, par notre correspondance propre KM et Jïm Laan,

LA THAÏLANDE vit un tournant décisif dans les tensions politiques qui de jour en jour prennent de l’ampleur. Peu médiatisé, sans doute pour ne pas faire peur aux touristes, la surtension de la rue est de plus en plus forte, et les manifestations de plus en plus proches d’un coup d’état.

Les manifestants ont déjà investis il y a quelques jours des ministères, des locaux de la police et le QG de cette dernière avant hier ; C’est là qu’ils avaient coupé l’électricité. Ce vendredi c’est le Siège central de l’armée de Terre qui a été occupé. Les militaires présents sur place, des officiers, n’ont pas cherché la confrontation violentes, ils ont fait entrer la foule.

Par ailleurs les manifestants ont assiégé également le siège du parti au pouvoir. Leurs revendications portent sur la demande de départ du pouvoir de l’actuel gouvernement. Symboliquement habillé de chemises jaunes, ils réclament le départ de Yingluck Shinawatra ainsi que son frère Thaksin, qui fut Premier ministre mais qui a été renversé en 2006 lors d’un coup d’Etat. Malgré cela, il reste un des personnages les plus influents politiquement dans le royaume. L’exil dont il fait l’objet n’empêche pas sa présence politique dans le pays.

Face à eux, les "rouges" qui soutiennent le gouvernement en place. Ils sont rassemblés depuis dimanche dans un stade de Bangkok en soutien au gouvernement. Et ils annoncent une grande manifestation, au même endroit, pour samedi.

Pendant ce temps, comme pour faire une "pause" dans ce conflit politique le gouvernement tente de calmer les esprits en annonçant de grandes festivités à l’occasion de l’anniversaire du roi. Celui-ci fêtera son 86e anniversaire. Les festivités se tiendront selon l’annonce des autorités durant le mois de Décembre.

Après avoir présidé une réunion avec le comité d’organisation de Sa Majesté le premier ministre Yingluck Shinawatra a déclaré que cette année, le gouvernement tiendra une exposition intitulée "Le roi qui est plus qu’un roi" "en l’honneur de Sa Majesté du 1er au 10 décembre." 1-10 au Siam Paragon le Shopping Center de Bangkok. Par conséquent, le gouvernement a étendu son invitation à tous les citoyens thaïlandais "pour qu’ils se rendent à cette exposition et signent le livre de souhaits dédié au monarque vénéré".

Selon le bureau du Premier Ministre, chose exceptionnelle le roi devrait saluer la foule cette année à partir du Palais Klai Kangwon à Prachuap Khiri Khan.

Une grande répétition pour la cérémonie royale est prévue pour le 3 Décembre.
Le 21 Décembre, le ministère de la Défense sera également l’hôte d’un feu d’artifice dans le district de Hua Hin, Prachuap Khiri Khan, en commémoration de cet anniversaire du souverain.

Le chef des chemises jaunes, Suthep Thaugsuban qui est l’ex vice-Premier ministre poursuivi pour meurtre pour son rôle dans la répression sanglante de 2010, et qui est retranché dans un complexe gouvernemental sur l’avenue Chaeng Wattana, au nord de la ville a garanti que les rassemblements contre le "régime Thaksin" resteront pacifique, tandis que les dirigeants de l’UDD (chemises rouge) ont exhorté leurs partisans à rester à l’intérieur du stade, et ce pour éviter des confrontations entre les deux groupes. En soirée, Suthep a déclaré qu’il voulait la mise en place d’un "conseil du peuple", non élu, pour diriger le pays. Un mandat d’arrêt a été publiait contre lui, notamment pour l’occupation illégale d’un ministère, mais les autorités se refusent de l’arrêter alors qu’il est entouré de centaines de manifestants.

Alors que la situation devient préoccupante pour l’ensemble des observateurs thaïlandais et étrangers, un groupe d’universitaires dirigée par Charnvit Kasetsiri et Nidhi Eoseewong a publié une déclaration adressée au Premier ministre Yingluck Shinawatra jeudi lui demandant d’organiser un référendum sur l’opportunité de dissoudre l’Assemblée et de travailler sur une nouvelle Constitution, et ce, afin de faire cesser les troubles et les violences politiques dans le royaume.

Depuis le 26 novembre Yingluck Shinawatra a imposé la Loi sur la sécurité intérieure (ISA) dans la capitale et dans les régions voisines. Enfin la premier ministre a déclarée qu’elle s’opposait à la dissolution de la Chambre Parlementaire et qu’elle ne démissionnerai pas. L’ISA permet aux autorités d’imposer des couvre-feux, mis en place des postes de contrôle et de restreindre la circulation des manifestants.

M. Suthep a déclaré aux journalistes au ministère des Finances que son mouvement est celui de la révolution d’un peuple visant à transformer le pays en un « véritable monarchie constitutionnelle ».

radinrue.com

 

Suthep, figure de proue controversée des manifestations en Thaïlande

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http://www.dhnet.be/dernieres-depeches/afp/suthep-figure-de-proue-controversee-des-manifestations-en-thailande-52986e053570b69ffde4219f

 

Ses partisans voient en lui un sauveur de la Nation, n'hésitant pas à prendre la tête des manifestants pour occuper des ministères à Bangkok. Pour ses détracteurs, Suthep Thaugsuban est un dangereux va-t-en-guerre qui a du sang sur les mains.

Tous les soirs depuis un mois, tout de noir vêtu, Suthep Thaugsuban fait son "show" devant des milliers de partisans en liesse, sur la scène montée devant le Monument de la Démocratie, lieu symbolique des manifestations qui tentent de pousser le gouvernement au départ, ou dans un des bâtiments gouvernementaux occupés.

Sa rhétorique, exposée lors de discours-fleuve, est centrée sur la dénonciation du "régime Thaksin", Premier ministre en exil renversé par un coup d'Etat en 2006, dont la soeur Yingluck dirige le gouvernement actuel, sous sa gouverne selon Suthep.

"Je ne le déteste pas. Cela n'a rien de personnel (...). Mais Thaksin a détruit le système démocratique thaïlandais, a détruit les vertus et l'éthique du peuple", explique à l'AFP celui qui mêle bizarrement agressivité et références à Gandhi ou Nelson Mandela.

Son autre fer de lance est une promesse de "pouvoir au peuple", une fois la "victoire" atteinte.

Son manifeste politique est imprécis, notamment sur les modalités d'établissement du "conseil du peuple" auquel il aspire, qui serait à la tête du pays pendant une "période de transition" censée remettre la scène politique à plat, avant des élections. Une idéologie qui peut inquiéter dans un pays qui a connu 18 coups ou tentatives de coups d'Etat depuis 1932.

Suthep, 64 ans, est un homme politique aguerri, qui a été vice-Premier ministre lors des trois années aux manettes du Parti démocrate (2008-2011), à la faveur d'une dissolution du parti pro-Thaksin au pouvoir après de grandes manifestations ayant duré plusieurs mois.

Image ternie par les 90 morts de 2010

Le projet de loi d'amnistie du gouvernement, qui a mis le feu aux poudres de la contestation, l'opposition y voyant une loi taillée spécialement pour permettre le retour en Thaïlande de Thaksin, a permis à Suthep de "régénérer son image", ternie par la crise du printemps 2010 qui avait fait quelque 90 morts, estime Pavin Chachavalpongpun, du Centre des Etudes d'Asie du sud-est à l'université de Kyoto.

En effet, il était alors un homme clef du gouvernement, qui a donné le feu vert à la répression des manifestations des "chemises rouges" pro-Thaksin.

Suthep fait face à des poursuites pour meurtre pour ces événements et vit désormais sous la menace également d'un mandat d'arrêt pour la prise du ministère des Finances cette semaine, le premier bâtiment officiel à être occupé par les manifestants. Une menace judiciaire dont il joue, appelant sur scène ses partisans à le protéger d'une arrestation.

"Est-ce que j'ai l'air inquiet?", lance-t-il à l'AFP, bravache, baissant ses lunettes d'un geste dramatique, dans le gigantesque complexe gouvernemental occupé par les manifestants, dans un faubourg de Bangkok. Avant d'éclater d'un rire tonitruant.

"Quand vous travaillez pour le peuple, il vous faut tout oublier. Que vous gagniez ou perdiez, ce n'est pas l'important. C'est le peuple qui est important", se plaît-il à répéter.

Il était, jusqu'à peu encore, membre du Parti démocrate, mais a démissionné pour prendre la tête des protestations. Ces derniers jours, les doutes se sont multipliés quant au fait qu'il serait allé trop loin avec les occupations de bâtiments publics et serait devenu incontrôlable.

Une des composantes importantes de son influence est son origine: Surat Thani, province du sud de la Thaïlande où sa famille a fait fortune dans l'huile de palme et la crevette.

"Kamnan" Suthep, comme l'appellent ses partisans, utilisant le terme honorifique désignant le chef de village dans le sud du pays, avait débuté comme maire, avant de devenir député, puis vice-Premier ministre.

Accusé de corruption par le passé, une pratique généralisée en Thaïlande, cela ne l'empêche pas de se présenter aujourd'hui comme un chantre de la lutte contre la corruption.

"En donnant l'impression que la scène politique thaïlandaise est une zone dangereuse, où Thaksin est une menace à l'avenir de la Nation, Suthep peut apparaître comme un Sauveur. Il est l'homme du moment. Et le message qu'il envoie est +la lutte ou la mort+", estime Pavin.

 

Thaïlande : des manifestants sont entrés de force au siège de l'armée

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http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/11/29/thailande-des-manifestants-sont-entres-de-force-au-siege-de-l-armee_3522467_3216.html

 

La volonté des manifestants de faire tomber le gouvernement thaïlandais de Yingluck Shinawatra ne fléchit pas depuis une semaine. Ils sont entrés de force, vendredi 29 novembre, au siège de l'armée de terre à Bangkok.

« Les manifestants ont forcé le portail à 12 h 10 [heure locale, 6 h 10, heure de Paris] et sont maintenant dans le quartier général de l'armée de terre », a déclaré une porte-parole de l'armée, alors qu'une journaliste de l'AFP sur place a évalué à des milliers le nombre de personnes entrées dans le complexe pour demander aux militaires de les rejoindre. « Nous sommes venus voir de quel côté se range l'armée ! », hurlait un manifestant.

Toujours dans la capitale thaïlandaise, des centaines de contestataires ont entrepris de se rassembler aux abords du siège du parti au pouvoir Puea Thai, intensifiant leur campagne pour obtenir le départ de Yingluck Shinawatra, première ministre, après avoir rejeté son appel au dialogue.

Yingluck Shinawatra, sœur de l'ex-premier ministre Thaksin Shinawatra, a surmonté sans difficulté jeudi une motion de censure au Parlement. Elle n'a toutefois pas réussi à apaiser les manifestants, qui l'accusent d'abuser de la majorité dont dispose son parti pour faire adopter des lois renforçant les manœuvres en coulisse de Thaksin.

MARIONNETTE MANIPULÉE

Si le nombre de manifestants tend à diminuer depuis le début de la semaine, il en reste un noyau dur déterminé à s'en prendre aux symboles du « régime Thaksin », afin d'affaiblir la chef du gouvernement, qu'ils considèrent comme une marionnette manipulée par son frère.

Le chef des contestataires, Suthep Thaugsuban, qui était vice-premier ministre dans le précédent gouvernement, a rejeté l'appel au dialogue lancé à la télévision par Yingluck Shinawatra, laquelle exclut de démissionner comme de dissoudre le Parlement.

Les manifestants sont présents au moins en cinq endroits de Bangkok, dont trois dans son centre historique, un autre en lisière nord de la ville, ainsi qu'au siège du ministère des finances, qu'ils occupent depuis lundi.

Yingluck Shinawatra a gouverné pendant deux ans sans problème majeur, jusqu'au mois d'octobre, lorsque le parti au pouvoir a tenté de faire passer un projet de loi d'amnistie qui aurait blanchi Thaksin Shinawatra de sa condamnation pour corruption en 2008 et aurait facilité son retour en politique.

 

Est-ce dangereux d’aller en Thaïlande?

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http://www.20minutes.fr/monde/1256859-20131129-est-ce-dangereux-daller-thailande

 

Quelle est la situation sur place ?

A Bangkok, la capitale, des milliers de manifestants réclament la chute du gouvernement thaïlandais. Leur mobilisation a commencé il y a un mois, mais a pris de l’ampleur ces derniers jours. Plusieurs bâtiments officiels, dont le ministère des Finances, ont été pris d’assaut. Les manifestants ont aussi assiégé le siège du parti au pouvoir et plusieurs administrations, dont le quartier général de la police nationale.

Ce vendredi, quelques milliers d'entre eux ont jeté leur dévolu sur le siège de l'armée de terre, dont ils ont forcé le portail, entrant dans le complexe, avant de ressortir de leur plein gré un peu plus de deux heures plus tard. «Nous voulons savoir si l'armée se mettra du côté du peuple», a l’un des meneurs des assaillants, Amorn Amornrattananont, affirmant néanmoins «ne pas vouloir d'un coup d'Etat militaire». Cette hypothèse n’est pourtant pas absurde dans un pays qui a connu 18 coups d'Etat ou tentatives depuis l'établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932. Mais un haut responsable du ministère de la Défense a assuré que les militaires ne sortiraient pas de leurs casernes.

D’où vient la crise ?

Les manifestants sont en colère contre la chef du gouvernement Yingluck Shinawatra. Il lui reproche un projet de loi d’amnistie, qu’ils estiment taillé sur mesure pour permettre le retour de Thaksin, son frère et ancien Premier ministre milliardaire, réfugié à l’étranger pour échapper à une condamnation pour malversations financières. Renversé par un coup d'Etat en 2006, Thaksin reste au coeur de la politique du royaume malgré son exil.

Bien que le texte ait été rejeté par le Sénat, les manifestants, groupes hétéroclites rassemblés par leur haine de l’ancien Premier ministre, n’ont pas désarmé et exigent désormais la tête de Yingluck, qu'ils considèrent comme une marionnette de son frère.

Est-ce dangereux d’aller en Thaïlande pour les vacances de Noël?

Non, si l’on observe les règles élémentaires de prudence. L’atmosphère insurrectionnelle est concentrée dans quelques endroits de Bangkok. En dehors de ces «points chauds», la vie suit son cours.

Selon sa dernière mise à jour le 27 novembre, le ministère des Affaires étrangères conseille simplement «d’éviter tout rassemblement ou manifestation où des débordements pourraient avoir lieu» à Bangkok. Il recommande aussi d’éviter l’avenue Ratchadamnoen (où se situent le monument de la Démocratie et le pont Makkawan Rangsan, près du siège de la représentation de l’ONU), et l’intersection de Nang Loeng, à proximité du siège du gouvernement, en raison de la présence de manifestants.

Le ministère appelle en revanche à la «la plus grande prudence» si les voyageurs se déplaçant dans le sud du pays, touché par de fortes pluies et inondations les 23 et 24 novembre. «Il convient (…) de se renseigner sur l’état des réseaux routier et ferroviaire», avertit-il.

F.V.

 

Chronologie de la crise politique thaïlandaise

- 19 septembre 2006: des généraux royalistes renversent Thaksin Shinawatra, Premier ministre depuis 2001, alors qu'il est à New York. Les militaires gèrent le pays.

- Décembre 2007: le Parti du pouvoir du Peuple (PPP), proche de Thaksin, remporte les premières élections post-coup.

- Mai 2008: le mouvement royaliste et anti-Thaksin des «chemises jaunes» organise de nouvelles manifestations, à l'image de celles ayant précédé le putsch.

- Septembre 2008: l'Etat d'urgence est déclaré et le Premier ministre pro-Thaksin Samak Sundaravej est contraint à la démission par la Cour constitutionnelle.

- Octobre 2008: deux personnes sont tuées et près de 500 blessées lors d'affrontements entre forces de l'ordre et manifestants. Un tribunal condamne Thaksin, toujours en exil, à deux ans de prison pour conflit d'intérêt.

- Décembre 2008: la Cour constitutionnelle dissout le parti du Premier ministre Somchai Wongsawat, beau-frère de Thaksin. Le chef du Parti démocrate Abhisit Vejjajiva, soutenu par les «jaunes», devient Premier ministre à la tête d'une coalition.

- 14 mars 2010: des dizaines de milliers de «rouges» s'installent à Bangkok.

- 19 mai 2010: assaut final de l'armée contre le camp retranché des «rouges», en plein centre-ville. Plusieurs dizaines d'immeubles sont incendiés. La crise a fait plus de 90 morts et 1.900 blessés.

- 3 juillet 2011: le parti pro-Thaksin Puea Thai, avec comme tête de liste la soeur du milliardaire Yingluck Shinawatra, remporte largement les élections. Yingluck est élue Première ministre par le Parlement.

- 7 août 2013: début d'examen au Parlement d'un nouveau projet de loi d'amnistie qui selon ses détracteurs pourraient permettre le retour de Thaksin. Manifestation de quelque 2.000 partisans de l'opposition.

- 31 octobre 2013: début de manifestations quasi quotidienne de l'opposition.

- 24 novembre 2013: la pression contre le gouvernement prend de l'ampleur avec selon les autorités 150.000 à 180.000 manifestants à Bangkok. Quelque 50.000 «rouges» manifestent en parallèle.

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 16:46

Mise à jour de "International Solidarity for Thailand"

Les forces de droite du mouvement syndical ont rejoint la foule ultra-royaliste et appellent à une intervention militaire en Thaïlande

Lien de l’article:

http://www.facebook.com/notes/free-somyot/les-forces-de-droite-du-mouvement-syndical-appellent-%C3%A0-un-coup-detat-militaire-e/555163344569964

 

Les forces de droite du mouvement syndical ont rejoint la foule ultra-royaliste et soutiennent également l'appel pour le retour de la monarchie absolue en Thaïlande. Leur principal dirigeant, Suthep du Parti Démocrate royaliste, appelle a renverser le gouvernement actuel pour former un nouveau gouvernement de l'Assemblée du Peuple composé de dirigeants des chemises jaunes ultra-royalistes qui sera chargé d'organiser le rétablissement de la monarchie absolue en Thaïlande. Ils appellent aussi à un nouveau coup d'Etat… une répétition de ce qu'ils avaient fait en 2006.
Il est ironique de constater que certains leaders syndicalistes connus et de renommée internationale se joignent à cet appel et aux manifestations. Ils apportent un soutien non négligeable à la protestation et soutiennent l'appel à renverser un gouvernement légitimement élu et à rétablir la monarchie absolue en Thaïlande. Malheureusement, la plupart des syndicalistes de Thaïlande ont rejoint les manifestations fascistes des "jaunes".
Il s'agit en effet d'un grand puzzle. Ces militants syndicaux connus soutiennent les Chemises jaunes royalistes et, se faisant, trahissent tous leurs idéaux ainsi que les militants syndicaux de Thaïlande qui leur faisaient confiance.
Le mouvement syndicaliste international ne peut plus "rester neutre". Un appel pour un coup d'Etat militaire et le retour de la monarchie absolue ne procurera aucun avantage à la classe ouvrière. C'est même plutôt le contraire. Leur attitude pro-coup d'Etat soi-disant pour éviter un retour du capitaliste Thaksin est un autre mythe.
Parmi ceux qui font partie des bandes ultra-royalistes, il y a les plus riches capitalistes de Thaïlande qui sont également corrompus. Ils sont bien pire que Thaksin.
Ce mythe a été créé afin de confondre la communauté internationale pour cacher à celle-ci le fait que les racines profondes du conflit d'aujourd'hui a pour origine les intérêts économiques et politiques de ces ultra-royalistes. Ils ont contrôlé la richesse et le pouvoir en Thaïlande depuis des siècles sans que personne ne leur demande quoi que ce soit. Ils accusaient tout ceux qui parlaient contre eux d'être contre la monarchie et les mettaient en prison pour violation de la loi de lèse-majesté comme dans le cas de Somyot. Ils ne veulent à aucun prix que la question de l'intérêt de la classe ouvrière soit soulevée dans ce système.
Restez à l'affût de ce qui se passe en Thaïlande : Un autre coup d'Etat peut se produire. Si ça arrivait, cela nuirait fortement aux travailleurs et aux masses en Thaïlande. La règle de tout coup d'Etat, ce sont les balles, des balles qui sont aveugles.
Quand le secrétaire pro-chemise jaune de la Confédération syndicale des entreprises d'Etat appelle l'armée à organiser un putsch, est-ce la démocratie pour vous?

 

FREEPP9Fr

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 01:31

RSF condamne l'agression d’un journaliste et le ciblage abusif de la presse

Lien de l'article:

http://fr.rsf.org/thailande-rsf-condamne-l-agression-d-un-27-11-2013,45510.html

Alors que des voix s’élèvent pour protester contre l'absence de couverture ou le traitement biaisé par les chaînes d’État, particulièrement Channel 3, 5, 7, 9 et 11, des manifestations anti-gouvernementales qui secouent le pays depuis le début du mois, Reporters sans frontières condamne le ciblage des acteurs de l'information par les manifestants, dans les rues de la capitale.

Une couverture impartiale des rassemblements pro et anti-gouvernementaux par la télévision d'État est un enjeu de taille. Les frustrations des manifestants vis-à-vis du pouvoir ne sauraient en aucun cas justifier une telle focalisation sur la couverture médiatique ni l'agression dont a été victime un journaliste freelance allemand. Il est inacceptable que des journalistes soient physiquement pris à parti pour leur couverture supposée pro-gouvernementale. Ce type d'attaque à l'encontre d'un journaliste, clairement identifié par son brassard, remet sérieusement en cause la légitimité du mouvement, a déclaré Reporters sans frontières.

L'Association des journalistes de l'audio-visuel thaïlandais et l'Association des journalistes thaïlandais ont toutes deux publié un communiqué de presse rappelant à la presse nationale l'importance d'une couverture impartiale des événements. Elles ont toutefois réfuté les accusations de couverture biaisée des événements portées contre les médias et ont appelé au maintien du caractère pacifique des protestations. Les associations demandent notamment aux organisateurs de ne pas diriger leur marche vers les locaux des chaînes télévisées.

Le 24 novembre 2013, les manifestations à Bangkok ont dégénéré lorsque des véhicules appartenant à Channel 3 et Channel 7 ont été encerclés par les manifestants.

Le 25 novembre, un journaliste freelance allemand, Nick Nostitz, a été pris à parti par la foule après avoir été désigné comme un soutien du gouvernement, une chemise rouge, par l'un des leaders politiques de la contestation, Jumpol Chumsai, incitant la foule à le chasser du rassemblement. Le journaliste a été légèrement blessé mais est parvenu à s'échapper avec l'aide de la police.

L'agression a été immédiatement condamnée par le Club des correspondants étrangers de Thailande qui a appelé les leaders de la manifestation à reconnaître publiquement que les droits de tous les journalistes nationaux ou étrangers devaient être respectés.

La Thaïlande se situe à la 135ème position sur 179 selon le classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2013.

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 18:39

Le Sénat thaïlandais rejette une loi d’amnistie controversée

Un article de "La Croix"

Lien de l'article:

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Le-Senat-thailandais-rejette-une-loi-d-amnistie-controversee-2013-11-12-1059571

 

La chambre haute du Parlement thaïlandais a rejeté une loi d’amnistie après de grandes manifestations de l’opposition, qui reste mobilisée.

L’opposition jugeait la loi taillée sur mesure pour un retour de Thaksin Shinawatra, l’ancien premier ministre en exil.

Que prévoyait le projet de loi ?

Prônant officiellement une politique de réconciliation, Yingluck Shinawatra, première femme chef d’un gouvernement thaïlandais, avait fait adopter, le 1er novembre, à la chambre basse du Parlement, un projet de loi d’amnistie visant à la fois les pro et anti-Thaksin Shinawatra. Le projet de loi a été rejeté par l’autre chambre, le Sénat, lundi soir, à l’unanimité de ses 141 membres.

Thaksin, frère de Yingluck Shinawatra et ancien premier ministre lui-même, est à la fois adoré et haï dans le pays. Déposé par l’armée en 2006, il avait été condamné en 2008 à deux ans de prison dans une affaire de corruption et vit en exil à Dubaï. Qualifié de populiste par les élites urbaines, ses partisans se trouvent dans les zones rurales et parmi les habitants pauvres des villes. L’opposition dénonçait une loi d’amnistie taillée sur mesure pour son retour en Thaïlande.

Qui s’oppose à cette amnistie ?

Lundi, des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis à Bangkok à l’appel de la principale formation d’opposition, le Parti démocrate. Les appels à manifester sont quotidiens depuis fin octobre et l’opposition a appelé à la grève générale de mardi jusqu’à vendredi. Elle réclame désormais la démission du gouvernement, tandis que le premier ministre, Yingluck Shinawatra, réclamait, hier, la fin des manifestations, jugeant que « nombre de leurs exigences » avaient « été satisfaites ». La police est déployée en masse à Bangkok et le quotidien Bangkok Post, généralement prudent, évoque le spectre d’une « guerre civile ».

Plusieurs personnalités de la majorité se sont aussi prononcées contre le texte, car celui-ci prévoit l’amnistie des responsables de la répression des partisans de Thaksin (les « chemises rouges ») en 2010, qui avait fait 90 morts. « Cette législation viole l’autorité de la loi. Tout le monde doit être égal devant la loi », a déclaré, lors des débats, le sénateur indépendant Manoj Kraiwong.

Le gouvernement peut-il passer en force ?

Le projet de loi d’amnistie a réveillé les vieux démons des Thaïlandais. Depuis la répression sanglante de 2010, le pays connaissait un calme relatif. Yingluck Shinawatra avait largement remporté les élections législatives en juillet 2011 à la tête de son parti, le Puea Thai. Elle a promis de respecter le choix du Sénat, mais pourra toujours passer outre à son avis dans un délai de cent quatre-vingts jours.

Rémy Pigaglio

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