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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 01:31

RSF condamne l'agression d’un journaliste et le ciblage abusif de la presse

Lien de l'article:

http://fr.rsf.org/thailande-rsf-condamne-l-agression-d-un-27-11-2013,45510.html

Alors que des voix s’élèvent pour protester contre l'absence de couverture ou le traitement biaisé par les chaînes d’État, particulièrement Channel 3, 5, 7, 9 et 11, des manifestations anti-gouvernementales qui secouent le pays depuis le début du mois, Reporters sans frontières condamne le ciblage des acteurs de l'information par les manifestants, dans les rues de la capitale.

Une couverture impartiale des rassemblements pro et anti-gouvernementaux par la télévision d'État est un enjeu de taille. Les frustrations des manifestants vis-à-vis du pouvoir ne sauraient en aucun cas justifier une telle focalisation sur la couverture médiatique ni l'agression dont a été victime un journaliste freelance allemand. Il est inacceptable que des journalistes soient physiquement pris à parti pour leur couverture supposée pro-gouvernementale. Ce type d'attaque à l'encontre d'un journaliste, clairement identifié par son brassard, remet sérieusement en cause la légitimité du mouvement, a déclaré Reporters sans frontières.

L'Association des journalistes de l'audio-visuel thaïlandais et l'Association des journalistes thaïlandais ont toutes deux publié un communiqué de presse rappelant à la presse nationale l'importance d'une couverture impartiale des événements. Elles ont toutefois réfuté les accusations de couverture biaisée des événements portées contre les médias et ont appelé au maintien du caractère pacifique des protestations. Les associations demandent notamment aux organisateurs de ne pas diriger leur marche vers les locaux des chaînes télévisées.

Le 24 novembre 2013, les manifestations à Bangkok ont dégénéré lorsque des véhicules appartenant à Channel 3 et Channel 7 ont été encerclés par les manifestants.

Le 25 novembre, un journaliste freelance allemand, Nick Nostitz, a été pris à parti par la foule après avoir été désigné comme un soutien du gouvernement, une chemise rouge, par l'un des leaders politiques de la contestation, Jumpol Chumsai, incitant la foule à le chasser du rassemblement. Le journaliste a été légèrement blessé mais est parvenu à s'échapper avec l'aide de la police.

L'agression a été immédiatement condamnée par le Club des correspondants étrangers de Thailande qui a appelé les leaders de la manifestation à reconnaître publiquement que les droits de tous les journalistes nationaux ou étrangers devaient être respectés.

La Thaïlande se situe à la 135ème position sur 179 selon le classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2013.

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 18:39

Le Sénat thaïlandais rejette une loi d’amnistie controversée

Un article de "La Croix"

Lien de l'article:

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Le-Senat-thailandais-rejette-une-loi-d-amnistie-controversee-2013-11-12-1059571

 

La chambre haute du Parlement thaïlandais a rejeté une loi d’amnistie après de grandes manifestations de l’opposition, qui reste mobilisée.

L’opposition jugeait la loi taillée sur mesure pour un retour de Thaksin Shinawatra, l’ancien premier ministre en exil.

Que prévoyait le projet de loi ?

Prônant officiellement une politique de réconciliation, Yingluck Shinawatra, première femme chef d’un gouvernement thaïlandais, avait fait adopter, le 1er novembre, à la chambre basse du Parlement, un projet de loi d’amnistie visant à la fois les pro et anti-Thaksin Shinawatra. Le projet de loi a été rejeté par l’autre chambre, le Sénat, lundi soir, à l’unanimité de ses 141 membres.

Thaksin, frère de Yingluck Shinawatra et ancien premier ministre lui-même, est à la fois adoré et haï dans le pays. Déposé par l’armée en 2006, il avait été condamné en 2008 à deux ans de prison dans une affaire de corruption et vit en exil à Dubaï. Qualifié de populiste par les élites urbaines, ses partisans se trouvent dans les zones rurales et parmi les habitants pauvres des villes. L’opposition dénonçait une loi d’amnistie taillée sur mesure pour son retour en Thaïlande.

Qui s’oppose à cette amnistie ?

Lundi, des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis à Bangkok à l’appel de la principale formation d’opposition, le Parti démocrate. Les appels à manifester sont quotidiens depuis fin octobre et l’opposition a appelé à la grève générale de mardi jusqu’à vendredi. Elle réclame désormais la démission du gouvernement, tandis que le premier ministre, Yingluck Shinawatra, réclamait, hier, la fin des manifestations, jugeant que « nombre de leurs exigences » avaient « été satisfaites ». La police est déployée en masse à Bangkok et le quotidien Bangkok Post, généralement prudent, évoque le spectre d’une « guerre civile ».

Plusieurs personnalités de la majorité se sont aussi prononcées contre le texte, car celui-ci prévoit l’amnistie des responsables de la répression des partisans de Thaksin (les « chemises rouges ») en 2010, qui avait fait 90 morts. « Cette législation viole l’autorité de la loi. Tout le monde doit être égal devant la loi », a déclaré, lors des débats, le sénateur indépendant Manoj Kraiwong.

Le gouvernement peut-il passer en force ?

Le projet de loi d’amnistie a réveillé les vieux démons des Thaïlandais. Depuis la répression sanglante de 2010, le pays connaissait un calme relatif. Yingluck Shinawatra avait largement remporté les élections législatives en juillet 2011 à la tête de son parti, le Puea Thai. Elle a promis de respecter le choix du Sénat, mais pourra toujours passer outre à son avis dans un délai de cent quatre-vingts jours.

Rémy Pigaglio

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 14:23

La zone autour du temple de Preah Vihear attribué au Cambodge

Le Monde.fr avec AFP et Reuters

Lien de l'article:

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/11/11/la-zone-autour-du-temple-de-preah-vihear-attribuee-au-cambodge_3511687_3216.html

 

La Cour internationale de justice (CIJ), plus haut organe judiciaire de l'Organisation des Nations unies, sise à La Haye, adjuge au Cambodge la zone autour du temple de Preah Vihear, qu'il se dispute avec la Thaïlande, et ordonne à celle-ci de mettre fin à toute présence militaire et policière autour du temple hindou, situé du côté cambodgien de la frontière entre les deux pays. "La cour déclare à l'unanimité que le Cambodge dispose de la souveraineté sur toute la superficie du promontoire de Preah Vihear", a déclaré Peter Tomka, président de la Cour internationale de justice.

Des affrontements autour du temple, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, avaient fait au moins vingt-huit morts et des dizaines de milliers de déplacés en 2011. Depuis plusieurs semaines, les autorités des deux pays ont tenté de calmer les esprits à l'approche de cette décision, qui sera retransmise en direct à la télévision de part et d'autre. Le premier ministre cambodgien, Hun Sen, et son homologue thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, assurent que leurs pays accepteront le verdict, quel qu'il soit.

Le Cambodge avait déposé en avril 2011 une plainte à la CIJ, lui demandant d'interpréter un arrêt rendu en 1962 lui octroyant la souveraineté sur le temple de Preah Vihear, construit au XIe siècle. Si la Thaïlande ne conteste pas cette souveraineté, les deux pays revendiquent une zone de 4,6 km2 en contrebas des ruines, dont Bangkok contrôle les principaux accès. Celui au temple, perché en haut d'une falaise, est beaucoup plus aisé par la Thaïlande que par le Cambodge, où il est tellement difficile que la place fut d'ailleurs la dernière à tomber aux mains des Khmers rouges dans les années 1970.

Le verdict défavorable à la Thaïlande pourrait fragiliser un peu plus encore le gouvernement, confronté à des manifestations massives contre une loi d'amnistie controversée. Yingluck Shinawatra s'adressera à la nation lundi soir.

 

Extrait du jugement de la Cour:

LA COUR,
1) À l’unanimité,
Dit qu’elle a compétence en vertu de l’article 60 du Statut pour connaître de la demande en interprétation de l’arrêt de 1962 présentée par le Cambodge, et que cette demande est recevable ; ...
2) À l’unanimité,
Déclare, à titre d’interprétation de l’arrêt du 15 juin 1962, que la Cour a, dans cet arrêt, décidé que le Cambodge avait souveraineté sur l’intégralité du territoire de l’éperon de Préah Vihéar tel que défini au paragraphe 98* du présent arrêt, et que, en conséquence, la Thaïlande était tenue de retirer de ce territoire les éléments de forces armées ou de police ou autres gardes ou gardiens thaïlandais qui y étaient installés.
=====
*Paragraphe 98:
["98. Au vu des motifs de l’arrêt de 1962, examinés à la lumière des écritures et plaidoiries en l’instance initiale, il apparaît que les limites de l’éperon de Préah Vihéar, au sud de la ligne de la carte de l’annexe I, sont des accidents géographiques naturels. À l’est, au sud et au sud-ouest de cet éperon, un escarpement abrupt mène à la plaine cambodgienne. Les Parties convenaient, en 1962, que cet escarpement, ainsi que le terrain situé au pied de celui-ci, relevaient, en tout état de cause, de la souveraineté du Cambodge. À l’ouest et au nord-ouest, le terrain s’infléchit en une pente moins abrupte mais néanmoins prononcée menant à la vallée qui sépare Préah Vihéar de la colline voisine de Phnom Trap (voir paragraphe 89 ci-dessus) ; cette même vallée, vers le sud, descend dans la plaine cambodgienne. Pour les raisons déjà indiquées (voir paragraphes 92-97 ci-dessus), la Cour estime que Phnom Trap ne fait pas partie de la zone litigieuse et que la question de savoir si elle est située en territoire thaïlandais ou cambodgien n’a pas été examinée dans l’arrêt de 1962. En conséquence, elle considère que l’éperon de Préah Vihéar se termine au pied de la colline de Phnom Trap, c’est-à-dire là où le terrain commence à remonter depuis la vallée.
Au nord, la limite de l’éperon est la ligne de la carte de l’annexe I, à partir d’un point, au nord-est du temple, où cette ligne rencontre l’escarpement, jusqu’à un point, au nord-ouest, où le terrain commence à s’élever depuis la vallée, au pied de la colline de Phnom Trap.
La Cour estime que le deuxième point du dispositif de l’arrêt de 1962 prescrivait à la Thaïlande de retirer de l’intégralité du territoire de l’éperon ainsi défini tous les personnels thaïlandais qui y étaient installés, jusqu’à son propre territoire.]

Lien:

http://www.icj-cij.org/docket/files/151/17705.pdf

 

Photo ci-dessous: le temple de Preah Vihear

 

Preah Vihear

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 14:20

Thaïlande : rassemblement pro-gouvernement pour répondre à l'opposition

Lien de l'article:

http://www.romandie.com/news/n/_Thailande__rassemblement_pro_gouvernement_pour_repondre_a_l_opposition98101120131608.asp


BANGKOK - Des dizaines de milliers de chemises rouges, partisans du gouvernement thaïlandais, se sont rassemblés dimanche à Bangkok, en réponse à une série de manifestations de l'opposition qui proteste contre une loi d'amnistie controversée.

La télévision a montré une marée rouge de sympathisants venus pour beaucoup en cars du nord-est du pays, une région pauvre, pour participer à ce rassemblement dans un parc de Bangkok.

En début de soirée, quelque 45.000 personnes étaient rassemblées, selon la police.

Cette manifestation répond au mouvement lancé par l'opposition après le vote le 1er novembre par le Parlement d'un projet de loi d'amnistie qui selon ses détracteurs permettrait le retour d'exil de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra.

Le texte doit être examiné au sénat lundi.

Le Puea Thai, le parti au pouvoir, a assuré qu'il abandonnerait ce projet si le texte était rejeté par le sénat et a retiré les autres projets de loi liés à une amnistie.

Thaksin, renversé par un coup d'Etat en 2006 et frère de la Première ministre actuelle Yingluck Shinawatra, reste le personnage le plus haï et le plus admiré du royaume. Il a nié cette semaine que le texte ait été conçu spécifiquement pour lui, condamné en 2008 à deux ans de prison pour malversations financières.

Le projet d'amnistie inclut les crimes liés aux violences politiques des dernières années, mais aussi les individus poursuivis par des organisations mises en place après le coup d'Etat.

Les manifestations quasi quotidiennes de l'opposition se sont déroulées dans le calme depuis dix jours mais le mouvement fait craindre une nouvelle crise politique dans un pays marqué par des mouvements violents depuis le putsch de 2006.

Les opposants au gouvernement ont également à nouveau manifesté dimanche à Bangkok, réunissant quelque 13.000 personnes selon la police.

Mais pour les dirigeants des chemises rouges, la loi d'amnistie n'est qu'un prétexte pour l'opposition dont le véritable objectif serait de renverser le gouvernement.

Leur opposition à la loi d'amnistie est juste une couverture. Ils veulent en fait détruire le système démocratique, a lancé dimanche Worachai Hema, député du Puea Thai.

Le projet de loi a cependant irrité également une partie des chemises rouges, qui réclament justice pour la répression des manifestations du printemps 2010.

Jusqu'à 100.000 rouges avaient alors occupé le centre de Bangkok pendant deux mois pour réclamer la démission du chef du gouvernement de l'époque, Abhisit Vejjajiva, avant d'être délogés par l'armée. La crise avait fait quelque 90 morts et 1.900 blessées.

Nous ne sommes pas d'accord avec l'amnistie générale, qui est aussi une amnistie pour les meurtriers, a dénoncé dimanche le militant rouge Sombat Boonngamanong lors d'un rassemblement séparé.

Abhisit et son ancien vice-Premier ministre sont poursuivis pour meurtre en lien avec cette répression.

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 11:16

Le feuilleton de l'amnistie
Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l’article:

http://redthaisocialist.com/francais/451-le-feuilleton-de-lamnistie.html


La Thaïlande est soumise à un écoeurant feuilleton "soap opéra" avec le projet de loi d'amnistie qui cherche à blanchir les crimes de l'armée et du Parti Démocrate ainsi que permettre à Taksin de revenir tout en laissant les prisonniers pour lèse-majesté pourrir en prison.
Lors de la première scène, la direction des Chemises rouges de l'UDD a demandé un "divorce" avec le Parti Pua Thai au pouvoir en raison d'un différend au sujet de la couverture par la télévision. Cette petite crise a été utile pour satisfaire les Chemises rouges mécontents de la loi d’amnistie. Mais nous devons réfléchir attentivement à ce que l'UDD a omis de dire. Le mouvement n'a jamais affirmé qu'il allait mobiliser les Chemises rouges afin de s'opposer au gouvernement Pua Thai et appeler au jugement des généraux Prayut et Anupong et des politiciens du Parti Démocrate, Abhisit et Sutep, pour avoir massacré des civils non armés. Il est aussi resté silencieux, comme d'habitude, à propos des prisonniers politiques pour lèse-majesté détenus et sur la loi elle-même. En fait, l'UDD a seulement affirmée qu'elle allait protéger le gouvernement. Dans l'ensemble, le but de l'opposition de l'UDD à la loi d'amnistie était simplement de conserver une bonne image.
Durant la deuxième scène, le Pua Thai a annoncé qu'il allait retirer le projet de loi d'amnistie si le Sénat le rejetait. Mais il n'a à aucun moment mentionné que Prayut, Anupong, Abhisit et Sutep seraient poursuivis en justice. En fait, le Pua Thai et ses partenaires de la direction de l'UDD ont cessé de parler des crimes de l'armée depuis 2011. Ils ne parlaient que d'Abhisit et de Sutep, mais n'ont pas réussi à parvenir à les envoyer devant la Cour pénale internationale. Ceci en dépit du fait que l'armée ait organisé un coup d'Etat en 2006, nommé le gouvernement d'Abhisit et ensuite massacré les manifestants pro-démocratie en 2010. Le Pua Thai a également omis de promettre qu'il s'opposerait à tout projet de loi d'amnistie proposée par d'autres à l'avenir dans le but de blanchir les coupables.
La troisième scène a vue l'intrigue prendre une petite diversion. Taksin est intervenu pour dire que tout ce tapage au sujet de la loi d'amnistie était "juste pour moi" ... Moi! Moi! Moi! Il a expliqué combien il avait souffert mais n'a jamais mentionné les prisonniers pour lèse-majesté. Cependant, les millionnaires comme Taksin ont la vie facile partout où ils se trouvent dans le monde à la différence des prisonniers qui croupissent dans les prisons thaïlandaises ou des autres exilés plus pauvres. Taksin a également eu l'audace de demander à chacun "d'avaler un peu de sang pour la paix". Le fait est que beaucoup de chemises rouges ont déjà avalé de grandes quantités de sang quand ils ont été abattus par l'armée.
La quatrième scène s'est tournée vers une histoire de fantôme. Les dirigeants de l'UDD et ceux qui soutiennent sans réserve le gouvernement Pua Thai, ont commencés à agiter le spectre d'un "coup d'Etat". Ils font toujours cela afin de ramener les Chemises rouges dissidents dans la ligne. Mais il n'y a absolument aucun danger de putsch en ce moment. Les militaires ne veulent pas être traduits en justice et ils ont fait, de toute façon, un bon petit pacte avec Taksin et le Pua Thai. Depuis 2011 Yingluk a été vu souriante en compagnie des généraux. Parler d'un coup d'Etat, c'est faire comme le petit garçon qui pleurait "Au loup!" Nous ne devons pas nous laisser berner par cette absurdité.
Dans une autre partie de la ville, divers réactionnaires chemises jaunes ainsi que les politiciens du Parti démocrate, qui ont tous soutenus le coup d'Etat militaire de 2006 et les atrocités commises contre les chemises rouges, se rassemblent pour s'opposer au projet de loi d’amnistie. Mais ils font cela pour une seule raison. Ils détestent Taksin. Ils se fichent complètement des droits de l'homme ou de la démocratie. Pourtant, ce problème a été créé par le fait que le Pua Thai voulait amnistier Taksin. Le Pua Thai et l'UDD sont désormais opposés à la démocratie et aux droits de l'homme, tout comme les Chemises jaunes, car ils veulent s'assurer que les meurtriers de l'Etat restent, une fois de plus, en liberté, tout en protégeant la loi draconienne de lèse-majesté.
Dans la cinquième scène la direction de l'UDD et le gouvernement Pua Thai s'embrassent et maquillent une réconciliation. Apparemment, l'UDD a seulement joué à "difficile à obtenir".
Ceux qui croient en la démocratie et aux droits humains, ne doivent pas être détournés par ce feuilleton ridicule. Les questions fondamentales sont que les meurtriers de l'Etat doivent être punis, la loi de lèse-majesté doit être abolie et les prisonniers politiques pour lèse-majesté libéré.

 

Photos ci-dessous: Giles Ji Ungpakorn

 

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 19:13

Pour la première fois depuis 2006, les deux camps se retrouvent pour un même combat. Lutter contre un texte proposé par le gouvernement au nom de la réconciliation.

Un article de Courrier International

Lien de l'article:

http://www.courrierinternational.com/article/2013/11/08/la-loi-d-amnistie-fait-l-unanimite-contre-elle

La capitale thaïlandaise vit à nouveau au rythme des manifestations de rue. Depuis le 31 octobre, les rangs des opposants au projet de loi d'amnistie s'épaississent au centre de Bangkok. Dans les prochains jours, jusqu'à 50 000 personnes pourraient rejoindre les manifestants, estime le quotidien The Nation.

Raison de leur colère : un texte, adopté en catimini et en pleine nuit, qui, s'il était validé par le Sénat lèverait les obstacles judiciaires à un éventuel retour de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra. Thaksin, renversé par un coup d'Etat en 2006, vit en exil pour échapper à plusieurs condamnations de corruption. Mais il continue à avoir une large influence politique. Le Premier ministre actuel, Yingluck Shinawatra, est sa sœur.

"La Thaïlande se porterait bien sans Thaksin", écrit le Bangkok Post dans son édition du 7 novembre. En effet, la personnalité de l'ancien Premier ministre continue de diviser la scène politique du royaume.

"Chemises rouges" et "chemises jaunes" pour une fois dans le même camp

Mais, le texte adopté en première lecture à la Chambre des représentants dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre provoque la colère à la fois des "chemises rouges", traditionnellement partisans de Thaksin, et des "chemises jaunes", ses opposants de toujours. "La réalité est que, dès que le nom de Thaksin est prononcé, le pays devient fou", poursuit le jeune commentateur politique Voranai Vanijaka dans le quotidien conservateur.

Le texte propose de tirer un trait sur les poursuites et les condamnations liées aux violences politiques qui secouent le royaume depuis 2006. Une proposition inacceptable pour les deux camps. Les "chemises rouges" souhaitent que les responsables de la répression sanglante des manifestations de 2010 soient poursuivis, et les "chemises jaunes" et le Parti démocrate demandent que les condamnations de Thaksin pour corruption soient appliquées.

La base des "chemises rouges", qui s'est battue dans les rues en 2010 contre le gouvernement démocrate de l'époque et a soutenu le gouvernement du Pheu Thai emmené par Yingluck, est mécontente. On peut lire sur le site d'information Prachatai : "Cher gouvernement pour lequel j'ai combattu, nuit et jour, en 2010 et jusqu'aujourd'hui. Cher gouvernement pour lequel j'ai voté, s'il te plaît, retire ce texte avant qu'il ne soit trop tard." Cette supplique est signée Anuthee Dejthevaporn, l'ancien secrétaire général de la Fédération des étudiants thaïlandais, une composante importante du mouvement des chemises rouges.

"Si le parti Pheu Thai insiste à vouloir faire revenir Thaksin par le stratagème d'une loi d'amnistie, les risques de confrontation sont importants, voire inévitables", conclut The Nation.

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 12:57

Mise à jour de ce qui s'est passé en septembre/octobre 2013 en Thaïlande par "Free Somyot"

Culture de l'impunité - La licence pour assassinat est prolongée en Thaïlande.

Cher tous, amis et camarades !
Chaleureuses salutations !

Voici les mises à jour de ce qui s'est passé en septembre/octobre 2013 en Thaïlande :
Nous avons une bonne et des mauvaises nouvelles sur ce qui s'est passé en Thaïlande au cours de cette période.
La bonne nouvelle est que l'un des leaders socialistes de longue date, Surachai Sae Darn, a été libéré dernièrement du fait d’une grâce royale.
Les mauvaises nouvelles sont qu'il n'y a pas de signe comme quoi les prisonniers politiques en vertu de la loi de lèse-majesté puissent être en mesure d'obtenir la justice en bénéficiant du droit à la liberté sous caution et aussi que l'utilisation de cette loi est toujours en vigueur pour maintenir le silence parmi les dissidents.
Un projet de loi d'amnistie a été adopté par le Parlement. Malheureusement, ce projet de loi permet l'impunité à ceux qui ont massacrés des civils en Thaïlande. Beaucoup de manifestants et militants pro-démocratie ont été tués dans le passé, en 1973, 1976, 1992, 2009, jusqu'à ce dernier massacre de l'année 2010. Pourtant, il n'y a aucun signe comme quoi il pourrait être fin à la culture de l'impunité en Thaïlande alors que le gouvernement au pouvoir souhaite conserver le statu-quo favorable aux puissants. Ils ont même exclu de l'amnistie les personnes condamnées pour lèse-majesté. C'est un coup dur pour les membres du mouvement pro-démocratie de Thaïlande qui soutenaient le gouvernement et dont le pouvoir judiciaire du pays continue à les mettre dans l'incertitude de leur sort dans les prisons pour les années à venir.

En septembre 2012, Sukanya Pruksakasemsuk, l'épouse de Somyot, le  militant thaïlandais condamné pour lèse-majesté, s'est rendu à Genève. Elle y a présenté la situation de son mari et des prisonniers politiques pour lèse-majesté de Thaïlande au cours d'une table ronde sur la liberté d'expression, lors de la 24ème session pour les droits de l’homme de l'ONU.
Plus de détails (en anglais) ici:
https://www.facebook.com/notes/free-somyot/lese-majeste-aired-in-geneva/520979517988347

En octobre 2012, Somyot Pruksakasemsuk a déclaré: "Je ne vais pas demander de grâce royale. Je n'abandonnerai jamais mes idées et mes principes."
Sukanya Pruksakasemsuk, l'épouse de Somyot a témoigné: "Le 16 octobre 2013, j'ai rendu visite à Somyot ce matin et lui ai dit que beaucoup de gens continuaient de s’interroger s'il allait demander une grâce royale ou non. Il a répondu qu'il ne voulait pas renoncer à ses idées et ses principes. Du fait de son innocence il n'a pas à demander de grâce royale. Il est décidé à subir sa peine d'emprisonnement de 11 ans si son innocence n'est pas reconnue.
Somyot a été interviewé par "Thailand Mirror", le vendredi 25 octobre 2013 et a expliqué qu'il se battait pour la justice, pas pour la pitié. Ce combat est significatif pour la société thaïlandaise, il s'agit d'une lutte pour le droit et un appel à la liberté d'expression. Il est prêt à suivre le processus de la loi et conserve l'espoir d'obtenir le droit à la libération sous caution comme cela s’est produit dans d'autres procès criminels et pour lèse-majesté. Il est bien préparé à subir sa peine, qui est une torture au quotidien.
Le 2 octobre 2013, un tribunal thaïlandais a condamné une femme à cinq ans de prison pour avoir posté un commentaire en ligne insultant vis-à-vis de la monarchie. Elle a cependant été autorisée à être libérée sous caution.
Un juge a statué que les commentaires postés, en 2008 sur le journal en ligne Prachatai, par Noppawan Tangudomsuk, surnommé Bento, étaient offensants pour la monarchie et constituaient une violation de la loi sur les crimes informatiques de Thaïlande (une loi controversée adoptée par la junte des généraux thaïlandais après un coup d'Etat de 2006).
Le 4 octobre 2013, Surachai Danwattananusorn, un activiste politique qui a été reconnu coupable de diffamation envers la monarchie en Thaïlande a bénéficié d'une grâce royale et a été libéré de prison.
Surachai Danwattananusorn a été emprisonné le 22 février 2011 et condamné à sept ans et demi de prison pour avoir fait des remarques jugées insultantes vis-à-vis de la monarchie. C'était un ancien insurgé communiste dans les années 1970 en Thaïlande et il avait déjà été emprisonné dans les années 1980. Surachai a également dirigé une faction du mouvement politique des Chemises rouges, dont les membres ont participés aux manifestations réprimées par l'armée de 2010.

Note: Il est évident que, pour la justice de Thaïlande, vous devez vous déclarer coupable même si vous êtes innocent. Si vous acceptez cela, vous serez pardonné et libéré. Aucune remise en question de la loi draconienne de lèse-majesté ne sera tolérée. C'est un moyen d'écraser à la fois le mouvement de résistance à la loi ainsi que la liberté d'expression.

Lien
http://www.bangkokpost.com/news/politics/373035/lese-majeste-convict-surachai-released

 

La culture de l'impunité continue en Thaïlande avec la loi d'amnistie générale qui permettra à l'État de continuer les massacres de manifestants pro-démocratique.
Thaksin a tort de parler de pardon. Il devrait tenir compte de ceux, qui ne cherchent pas la vengeance, mais qui veulent la justice comme un moyen de briser le cycle de l'impunité.
Une culture de l'impunité est profondément ancrée en Thaïlande. Durant toutes les périodes tumultueuses de l'histoire thaïlandaise dans laquelle les vies des citoyens ordinaires ont été sacrifiés, elle n'a jamais permis que les massacres ne s'arrêtent.

 

FREEPP9Fr

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 12:42

Rohingyas birmans : le silencieux nettoyage ethnique des généraux

Un article du journal "Humanité"

Lien:

http://www.humanite.fr/monde/rohingyas-birmans-le-silencieux-nettoyage-ethnique-552140

Reportage à Bangkok (Thaïlande) et à Rangoun (Birmanie), de notre envoyée spéciale. Considérés comme la population la plus persécutée au monde par l’ONU, les Rohingyas birmans ont été privés de leur nationalité en 1982. Après des décennies de pogroms et de terres confisquées, les violences perpétrées par
les bouddhistes ont repris.
Et l’exil avec elles.

C’est un sac en plastique bleu, tout ce qu’il y a de plus banal. Gardé précieusement dans la poche intérieure de sa veste, il contient pourtant la preuve de l’existence de Ladjo. Une carte d’identité, un nom, un prénom… De ses hanches tombe d’ailleurs le longyi traditionnel birman qui renseigne un peu plus sur ses origines. Ladjo vient de l’État septentrional de l’Arakan, il est l’un des 800 000 Rohingyas et, chez lui, le nom de sa communauté ne se prononce pas. On les appelle les Bangladais ou les « Kalas », une appellation péjorative, empreinte de racisme. Dès 1982, le dictateur birman Ne Win décidait de rayer les Rohingyas de la carte en faisant d’eux des apatrides. Avec la réforme de la loi sur la nationalité, une mosaïque de 135 « races nationales » était alors définie. Pas de place dans ce large spectre pour les Rohingyas. « À cette date, les autorités ont cessé de nous délivrer des cartes d’identité. Un système de corruption s’est développé pour obtenir des papiers. Une filière de faux documents s’est mise en place afin de s’échapper ou d’obtenir le certificat permettant de poursuivre des études », explique Maung Kyaw Nu, le président de l’association des Rohingyas birmans en Thaïlande, qui a connu la répression et la prison avant de fuir le pays en 1976. Aujourd’hui, la même politique est poursuivie. Privés du statut de citoyens, les Rohingyas ne peuvent quitter les communes de l’Arakan légalement et, depuis 1994, ils doivent se procurer des autorisations spéciales en échange de pots-de-vin pour se marier ; une disposition récente tente même de les empêcher d’avoir plus de deux enfants. « Les Rohingyas sont des clandestins venus du Bangladesh », déclare doctement le président birman Thein Sein, rayant ainsi plusieurs siècles d’existence dans le pays. La présence de ces musulmans dans l’Arakan remonterait aux flux venus de l’ancien Bengale aux XVe et XVIe siècles. Cinq ans avant la réforme de la loi sur la nationalité, Ladjo avait déjà senti le feu brûler. Chaque semaine, un groupe d’hommes emmenés par des moines bouddhistes s’introduisait dans la ferme familiale pour réquisitionner les bœufs et la récolte de riz. Puis, un jour, ce furent les terres. « Si l’on avait le malheur de s’y opposer, nous étions battus. Le jour où ils sont venus armés, j’ai su qu’il fallait que je m’en aille. » Dans un long et périlleux voyage, il quitte la Birmanie pour la Thaïlande voisine.

Ce soir-là, comme tant d’autres, il faudra rouler un long moment pour parvenir à s’extraire des embouteillages de Bangkok. Sous le ciel gris, les travailleurs s’entassent à l’arrière des pick-up, le visage enturbanné d’un tee-shirt pour ne pas respirer les gaz d’échappement. Alors que la capitale, ses gratte-ciel et ses centres commerciaux climatisés prisés des classes moyennes s’éloignent, seules les publicités colorées pour chanteurs à la mode redonnent un peu de vie aux rideaux de fer baissés des échoppes. Dans une petite ruelle de Samut Prakan, à l’est de Bangkok, les Rohingyas en exil organisent une fête dans le hall de l’école coranique Asasul Ihsan. La plupart des enfants qui rient aux éclats sont nés en Thaïlande, loin du pays de leurs parents. Loin également des silences et des regards suspendus de leurs aînés qui évoquent tour à tour les massacres, les humiliations, les viols, les arrestations, les travaux et déplacements forcés. De 1942 à 1991, il y eut entre autres les opérations « Conquérant », « Davantage de pureté », « Millions de succès » ou « Belle nation immaculée », autant de pogroms planifiés par la majorité bamar (bouddhiste) au pouvoir. Entre ces campagnes de nettoyage ethnique, le quotidien peut virer au drame. « Quand un militaire vous demande d’approcher, vous savez qu’il faut se préparer au pire », frémit Nazibra, qui a rejoint la Thaïlande en 2001 après un périple à travers le Bangladesh et l’Inde. Depuis, les mêmes questions ne cessent de le hanter : « Pourquoi ce déni de citoyenneté ? Pourquoi l’ONU et les grandes puissances ferment les yeux ? Pourquoi donnent-elles caution au gouvernement birman en levant les sanctions économiques qui pesaient sur lui ? » Nazibra, dont les nuits restent hantées par la vision des flammes qui ont réduit sa maison en cendres, prône une force de maintien de la paix. D’autres n’hésitent plus à parler d’une intervention militaire étrangère pour mettre fin aux violences.

En 1997, Muhammad fut enlevé par l’armée. Son corps gardera à vie les stigmates des travaux forcés et des coups de bambou. « Il y avait toujours un prétexte pour nous infliger les pires tortures : un travail trop lent, l’impossibilité de donner l’argent demandé par nos gardes… » Il ne peut étouffer les larmes qui ponctuent son récit. Pour l’aider, Yusuf l’interrompt pour narrer sa propre expérience de travail forcé sur des terres confisquées à des familles rohingyas faute de titres de propriété. « Aucun villageois ne dispose de tels titres », explique-t-il. Outre les expropriations, la destruction du patrimoine religieux et les déplacements de populations qui visent à effacer toute trace de présence rohingya en Birmanie en vue du recensement de 2014, le gouvernement a mis sur pied un véritable plan de colonisation. Partout, des villages « modèles » sortent de terre. Dans la pratique, d’anciens généraux et d’anciens prisonniers sont chargés de « bouddhiser » l’Arakan.

Depuis juin 2012 et la reprise des violences entre bouddhistes de l’ethnie rakhine et Rohingyas, l’exode connaît une nouvelle vague. Embarqués sur des bateaux de fortune, ils succombent parfois à la faim et à la soif. En Thaïlande, les autorités estiment à près de 2 000 ceux qu’elles retiennent dans les centres de détention. L’ONG Human Rights Watch évoque l’enfer des cellules surpeuplées où s’entassent 80 à 150 personnes. La Thaïlande n’a jamais ratifié la convention relative au statut des réfugiés de 1951 et, à ce titre, s’autorise à expulser les réfugiés en dépit des dangers qu’ils encourent. La seule solution qui s’offre alors aux Birmans est de postuler au statut de travailleurs migrants. Des démarches coûteuses et fastidieuses qui n’échappent pas à la corruption. La carte de séjour est valable deux ans, renouvelable une fois. Au-delà, les Birmans ont obligation de regagner le pays. « À mon arrivée en Thaïlande en 2005, le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU m’a délivré une carte de réfugié. Impossible de travailler avec ce papier. Je me suis échappé du camp et j’ai trouvé un petit boulot de vendeur de chapatis (pains indiens – NDLR) dans la rue. Un maigre revenu qui me permet tout juste de me nourrir », relate Maung Shwee, qui milite toujours activement au sein de la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi. Pire, pour certains réfugiés qui croyaient quitter l’enfer : ils sont vendus par des agents de police thaïlandais à des esclavagistes modernes pour la somme de 1 300 dollars par tête. Pour recouvrer leur liberté, ils doivent réunir l’équivalent de cette somme. En janvier dernier, le général Prayuth Chan-ocha, chef de l’armée thaïlandaise, a reconnu que certains officiers étaient impliqués dans ce trafic d’êtres humains. « Les réfugiés rohingyas ne constituent en aucun cas un problème thaïlandais. Le problème est du ressort de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean), voire du monde », écrivait le Bangkok Post en janvier dernier. Triste ironie : en 2014, l’Asean confiera sa présidence tournante à la Birmanie, pour saluer les premiers pas du pays vers la démocratie.

De plus en plus d’opposants birmans sont désormais convaincus que les militaires hostiles au processus de transition laissent sciemment s’installer les violences communautaires afin de garder le pays sous leur botte et saper ainsi le processus électoral de 2015. Le risque est grand de voir l’armée se poser en unique garante de l’unité et de l’ordre quand la Constitution de 2008 prévoit que l’institution puisse s’accaparer les pleins pouvoirs « en situation d’urgence ». Dans ce contexte, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer le silence du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. En juin 2012, lors de la reprise des violences, la députée s’était contentée de dire que « la majorité, dans une société, doit avoir de la sympathie pour la minorité ». Le jeu serré dans lequel est entrée la Dame de Rangoun pour conquérir le pouvoir l’oblige d’une part à composer avec l’armée et d’autre part à éviter de froisser une population majoritairement bouddhiste, travaillée par les discours xénophobes et la haine religieuse. « Le monde n’entend qu’une seule voix en Birmanie et tant que cette voix ne se prononcera pas, le massacre continuera », écrit l’auteur rohingya Habiburahman, exilé en Australie (1). Et quand une réforme de la loi sur la citoyenneté serait indispensable pour parachever la démocratie, Aung San Suu Kyi répond qu’elle ne « sait pas » si les Rohingyas doivent être considérés comme birmans. « Nous travaillons avec les autorités birmanes mais tant que la Birmanie ne les reconnaîtra pas en tant que citoyens, il est très difficile d’élaborer un quelconque programme. Il est nécessaire de modifier la loi sur la nationalité, une telle réforme est la clé qui assurerait aux Rohingyas un minimum de protection légale », estime Vivian Tan, porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) en Thaïlande.

La plupart des 140 000 Rohingyas déplacés depuis juin 2012 croupissent dans l’un des neuf camps de Sittwe, au nord-ouest de la Birmanie. La Nasaka, la police frontalière birmane, déclenche régulièrement des rafles. « Ils sont terrifiés par les gangs de Rakhines qui les entourent mais aussi par la police et les militaires, qui ont leur part dans les violences. Ils sont à la merci de ceux qui les encerclent », décrit la journaliste Sophie Ansel. Malgré tout, Vivian Tan appelle tout de même à la prudence : « Al Djazira parle régulièrement du génocide caché et Human Rights Watch disait pouvoir établir la liste de charniers. Seule une enquête internationale est à même de le prouver. » En juillet, lors de sa visite en France, le président birman, Thein Sein, a récusé toute entreprise de « nettoyage ethnique ». « Il s’agit d’une opération de dénigrement », a-t-il balayé. Balayé également l’extrémisme entretenu par certains moines bouddhistes. La presse birmane, dont on célèbre ici la liberté retrouvée, relaie les campagnes racistes. À longueur de colonnes, ce ne sont pas des Rohingyas – qui n’existent pas officiellement – dont il est question mais des « chiens », des « cafards », des « sous-hommes », des « virus ». Mais que pèse leur calvaire face à la transition démocratique tant espérée et à l’eldorado économique offert par la levée des sanctions économiques par Washington et Bruxelles ? Au large de l’État de l’Arakan, un projet d’extraction de gaz et d’acheminement du pétrole moyen-oriental d’une envergure inégalée est sur le point de naître. Le géant sud-coréen Daewoo, en partenariat avec des compagnies indiennes, travaille à un gazoduc et un pipeline vers l’Inde et la Chine. Une manne financière inédite pour ces pays ainsi que pour les militaires birmans, qui contrôlent entièrement l’économie.

(1) Nous, les Innommables. Un tabou birman, d’Habiburahman avec Sophie Ansel.
Éditions Steinkis, 2012.

969, le nombre de la haine. Emmené par des moines bouddhistes, le très actif Mouvement 969
est à l’origine d’une campagne acharnée de propagande nationaliste
et antimusulmans. Le moine Wirathu, qui aime à se décrire comme
le « Ben Laden birman », dispose de nombreuses antennes locales et appelle
au boycott des commerces tenus par des musulmans. Le mouvement publie par ailleurs des livres intitulés De la peur de perdre notre race ou Notre nation,
qui connaissent une certaine audience. « Il est vraiment étrange que le ministère des Affaires religieuses ait laissé cette campagne provoquer la tension », commente le moine Ashin Issariya, meneur des mouvements de protestation
de 2007. Le ministre Sint Sann osait à propos des appels au boycott :
« Nous sommes dans une économie de marché, les gens consomment ce qu’ils veulent. On ne peut pas l’empêcher. Les sermons de Wirathu appellent à l’amour et à la compréhension entre les religions. » Le 2 septembre, une directive
a interdit la création d’organisations en lien avec le Mouvement 969.
Le comité d’État Sangha Maha Nayaka, à l’origine du texte, est chargé de contrôler le clergé. Une étape vers l’apaisement ?

 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 12:40

Improbable convergence d'opposants à une loi d'amnistie en Thaïlande

Un article de "Radio France Internationale" (RFI)

Lien:

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20131031-improbable-convergence-opposants-une-loi-amnistie-thailande

Regain de tension politique en Thaïlande. Le dépôt par des parlementaires du parti au pouvoir d’une proposition de loi d’amnistie générale provoque une levée de boucliers. Cette amnistie vise à exonérer toutes les personnes condamnées ou en cours de jugement à cause des troubles politiques ces neuf dernières années, ce qui inclut l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, condamné pour corruption en 2008.

Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Le gouvernement thaïlandais a réussi le rare exploit de se mettre à dos de multiples portions de la population en quelques jours. Les opposants au gouvernement dirigé par la sœur de Thaksin, Yingluck, se sont rassemblés ce jeudi dans le centre de Bangkok. Il n’est guère étonnant, bien sûr, que les partisans du Parti démocrate d’opposition dénoncent la proposition de loi d’amnistie. Mais plus surprenant, même les partisans du gouvernement descendent dans les rues pour s’opposer à l’amnistie.

Celle-ci permettrait de lever la condamnation à deux ans de prison pour abus de pouvoir et pour corruption prononcée il y a cinq ans contre l’ancien Premier ministre Thaksin, exilé depuis. La colère règne parmi les milliers de manifestants rassemblés dans le centre de Bangkok : ils ont l’impression que le parti au pouvoir révèle son vrai visage, celui d’une machine pour défendre les intérêts du clan Thaksin.

Atteinte à la moralité de la nation

Même les Chemises rouges, favorables à Thaksin, sont donc en partie opposées à cette amnistie, parce qu’elle disculperait les responsables civils et militaires de la répression des manifestations de 2010. Plusieurs dizaines de Chemises rouges avaient été tuées par l’armée à cette occasion.

Fait important : les milieux d’affaires, financiers et bancaires dénoncent aussi la proposition de loi. Selon eux, elle porterait atteinte à la moralité de la Nation, car elle blanchirait toutes les personnes incriminées pour corruption ces dernières années. Le gouvernement est aux abois, mais il semble néanmoins déterminé à faire voter cette proposition de loi dans les prochains jours.

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 19:04

Thaïlande: troisième jour de manifestations contre une loi d'amnistie

 

Bangkok — Plusieurs milliers de manifestants se sont réunis samedi à Bangkok, pour le troisième jour consécutif, afin de dénoncer une loi d'amnistie qui pourrait permettre le retour de l'ancien Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra.

Un article de l'AFP (Agence France Presse)

Lien de l'article:

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gK0QbESDSsj-BgULMoVF_0kRPBWA?docId=b09e756a-1779-4718-8153-62017578fdad&hl=fr

"Quand ils ont triché, ils leur suffit de faire passer une loi comme celle-ci pour eux-mêmes, afin de ne pas être reconnus coupables. Je ne peux pas accepter ça", explique à l'AFP au milieu de la foule un manifestant, Theerayu Chatchakul.

"Je ne suis pas d'accord, parce que cela servira à une seule personne, et pas à celles qui sont en prison. Celui qui a fait le mal n'est pas en prison. Il est celui qui ne reconnaît pas ses fautes", ajoute dans une allusion à l'ex-Premier ministre accusé de corruption Piayad, moine bouddhiste d'un temple de Bangkok.

Près de 3.000 manifestants, selon la police, ont répondu à l'appel du Parti démocrate samedi encore, bien loin ce pendant de la mobilisation massive attendue.

Votée vendredi en troisième lecture par le Parlement, la loi d'amnistie doit encore être approuvée par le Sénat. Et l'opposition s'est engagée à tout faire pour la bloquer, jusqu'à saisir la cour constitutionnelle.

Le parti Démocrate, qui rassemble l'élite urbaine, et ses alliés des chemises jaunes, ont réussi par le passé à mobiliser les foules. Cette mobilisation avait à l'époque joué un rôle important dans le renversement du Premier ministre Thaksin Shinawatra.

Mais désormais, l'opposition peine à mobiliser. Elle a rassemblé ces derniers jours plusieurs milliers de manifestants, un nombre jugé insuffisant pour menacer le gouvernement du Premier ministre, Mme Yingluck Shinawatra, soeur de Thaksin, qui pousse cette réforme.

Les partisans d'une amnistie générale estiment qu'elle permettrait au pays de repartir sur des bases saines, alors que la Thaïlande vit depuis des années au rythme d'immenses mouvements de rue pro- ou anti-Thaksin, renversé par un coup d'Etat en 2006.

La société est toujours profondément divisée entre les masses rurales défavorisées du nord et du nord-est, fidèles au milliardaire, et les élites de Bangkok gravitant autour du palais royal, qui le haïssent.

Les violences avaient culminé au printemps 2010, lors de la pire crise qu'ait connue la Thaïlande moderne.

Jusqu'à 100.000 "chemises rouges" favorables à Thaksin avaient alors occupé le centre de Bangkok pendant deux mois pour réclamer la démission du chef du gouvernement de l'époque Abhisit Vejjajiva, avant d'être délogés par l'armée. Quelque 90 personnes avaient été tuées et 1.900 blessées.

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