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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 18:39

Le Sénat thaïlandais rejette une loi d’amnistie controversée

Un article de "La Croix"

Lien de l'article:

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Le-Senat-thailandais-rejette-une-loi-d-amnistie-controversee-2013-11-12-1059571

 

La chambre haute du Parlement thaïlandais a rejeté une loi d’amnistie après de grandes manifestations de l’opposition, qui reste mobilisée.

L’opposition jugeait la loi taillée sur mesure pour un retour de Thaksin Shinawatra, l’ancien premier ministre en exil.

Que prévoyait le projet de loi ?

Prônant officiellement une politique de réconciliation, Yingluck Shinawatra, première femme chef d’un gouvernement thaïlandais, avait fait adopter, le 1er novembre, à la chambre basse du Parlement, un projet de loi d’amnistie visant à la fois les pro et anti-Thaksin Shinawatra. Le projet de loi a été rejeté par l’autre chambre, le Sénat, lundi soir, à l’unanimité de ses 141 membres.

Thaksin, frère de Yingluck Shinawatra et ancien premier ministre lui-même, est à la fois adoré et haï dans le pays. Déposé par l’armée en 2006, il avait été condamné en 2008 à deux ans de prison dans une affaire de corruption et vit en exil à Dubaï. Qualifié de populiste par les élites urbaines, ses partisans se trouvent dans les zones rurales et parmi les habitants pauvres des villes. L’opposition dénonçait une loi d’amnistie taillée sur mesure pour son retour en Thaïlande.

Qui s’oppose à cette amnistie ?

Lundi, des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis à Bangkok à l’appel de la principale formation d’opposition, le Parti démocrate. Les appels à manifester sont quotidiens depuis fin octobre et l’opposition a appelé à la grève générale de mardi jusqu’à vendredi. Elle réclame désormais la démission du gouvernement, tandis que le premier ministre, Yingluck Shinawatra, réclamait, hier, la fin des manifestations, jugeant que « nombre de leurs exigences » avaient « été satisfaites ». La police est déployée en masse à Bangkok et le quotidien Bangkok Post, généralement prudent, évoque le spectre d’une « guerre civile ».

Plusieurs personnalités de la majorité se sont aussi prononcées contre le texte, car celui-ci prévoit l’amnistie des responsables de la répression des partisans de Thaksin (les « chemises rouges ») en 2010, qui avait fait 90 morts. « Cette législation viole l’autorité de la loi. Tout le monde doit être égal devant la loi », a déclaré, lors des débats, le sénateur indépendant Manoj Kraiwong.

Le gouvernement peut-il passer en force ?

Le projet de loi d’amnistie a réveillé les vieux démons des Thaïlandais. Depuis la répression sanglante de 2010, le pays connaissait un calme relatif. Yingluck Shinawatra avait largement remporté les élections législatives en juillet 2011 à la tête de son parti, le Puea Thai. Elle a promis de respecter le choix du Sénat, mais pourra toujours passer outre à son avis dans un délai de cent quatre-vingts jours.

Rémy Pigaglio

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 14:23

La zone autour du temple de Preah Vihear attribué au Cambodge

Le Monde.fr avec AFP et Reuters

Lien de l'article:

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/11/11/la-zone-autour-du-temple-de-preah-vihear-attribuee-au-cambodge_3511687_3216.html

 

La Cour internationale de justice (CIJ), plus haut organe judiciaire de l'Organisation des Nations unies, sise à La Haye, adjuge au Cambodge la zone autour du temple de Preah Vihear, qu'il se dispute avec la Thaïlande, et ordonne à celle-ci de mettre fin à toute présence militaire et policière autour du temple hindou, situé du côté cambodgien de la frontière entre les deux pays. "La cour déclare à l'unanimité que le Cambodge dispose de la souveraineté sur toute la superficie du promontoire de Preah Vihear", a déclaré Peter Tomka, président de la Cour internationale de justice.

Des affrontements autour du temple, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, avaient fait au moins vingt-huit morts et des dizaines de milliers de déplacés en 2011. Depuis plusieurs semaines, les autorités des deux pays ont tenté de calmer les esprits à l'approche de cette décision, qui sera retransmise en direct à la télévision de part et d'autre. Le premier ministre cambodgien, Hun Sen, et son homologue thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, assurent que leurs pays accepteront le verdict, quel qu'il soit.

Le Cambodge avait déposé en avril 2011 une plainte à la CIJ, lui demandant d'interpréter un arrêt rendu en 1962 lui octroyant la souveraineté sur le temple de Preah Vihear, construit au XIe siècle. Si la Thaïlande ne conteste pas cette souveraineté, les deux pays revendiquent une zone de 4,6 km2 en contrebas des ruines, dont Bangkok contrôle les principaux accès. Celui au temple, perché en haut d'une falaise, est beaucoup plus aisé par la Thaïlande que par le Cambodge, où il est tellement difficile que la place fut d'ailleurs la dernière à tomber aux mains des Khmers rouges dans les années 1970.

Le verdict défavorable à la Thaïlande pourrait fragiliser un peu plus encore le gouvernement, confronté à des manifestations massives contre une loi d'amnistie controversée. Yingluck Shinawatra s'adressera à la nation lundi soir.

 

Extrait du jugement de la Cour:

LA COUR,
1) À l’unanimité,
Dit qu’elle a compétence en vertu de l’article 60 du Statut pour connaître de la demande en interprétation de l’arrêt de 1962 présentée par le Cambodge, et que cette demande est recevable ; ...
2) À l’unanimité,
Déclare, à titre d’interprétation de l’arrêt du 15 juin 1962, que la Cour a, dans cet arrêt, décidé que le Cambodge avait souveraineté sur l’intégralité du territoire de l’éperon de Préah Vihéar tel que défini au paragraphe 98* du présent arrêt, et que, en conséquence, la Thaïlande était tenue de retirer de ce territoire les éléments de forces armées ou de police ou autres gardes ou gardiens thaïlandais qui y étaient installés.
=====
*Paragraphe 98:
["98. Au vu des motifs de l’arrêt de 1962, examinés à la lumière des écritures et plaidoiries en l’instance initiale, il apparaît que les limites de l’éperon de Préah Vihéar, au sud de la ligne de la carte de l’annexe I, sont des accidents géographiques naturels. À l’est, au sud et au sud-ouest de cet éperon, un escarpement abrupt mène à la plaine cambodgienne. Les Parties convenaient, en 1962, que cet escarpement, ainsi que le terrain situé au pied de celui-ci, relevaient, en tout état de cause, de la souveraineté du Cambodge. À l’ouest et au nord-ouest, le terrain s’infléchit en une pente moins abrupte mais néanmoins prononcée menant à la vallée qui sépare Préah Vihéar de la colline voisine de Phnom Trap (voir paragraphe 89 ci-dessus) ; cette même vallée, vers le sud, descend dans la plaine cambodgienne. Pour les raisons déjà indiquées (voir paragraphes 92-97 ci-dessus), la Cour estime que Phnom Trap ne fait pas partie de la zone litigieuse et que la question de savoir si elle est située en territoire thaïlandais ou cambodgien n’a pas été examinée dans l’arrêt de 1962. En conséquence, elle considère que l’éperon de Préah Vihéar se termine au pied de la colline de Phnom Trap, c’est-à-dire là où le terrain commence à remonter depuis la vallée.
Au nord, la limite de l’éperon est la ligne de la carte de l’annexe I, à partir d’un point, au nord-est du temple, où cette ligne rencontre l’escarpement, jusqu’à un point, au nord-ouest, où le terrain commence à s’élever depuis la vallée, au pied de la colline de Phnom Trap.
La Cour estime que le deuxième point du dispositif de l’arrêt de 1962 prescrivait à la Thaïlande de retirer de l’intégralité du territoire de l’éperon ainsi défini tous les personnels thaïlandais qui y étaient installés, jusqu’à son propre territoire.]

Lien:

http://www.icj-cij.org/docket/files/151/17705.pdf

 

Photo ci-dessous: le temple de Preah Vihear

 

Preah Vihear

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 14:20

Thaïlande : rassemblement pro-gouvernement pour répondre à l'opposition

Lien de l'article:

http://www.romandie.com/news/n/_Thailande__rassemblement_pro_gouvernement_pour_repondre_a_l_opposition98101120131608.asp


BANGKOK - Des dizaines de milliers de chemises rouges, partisans du gouvernement thaïlandais, se sont rassemblés dimanche à Bangkok, en réponse à une série de manifestations de l'opposition qui proteste contre une loi d'amnistie controversée.

La télévision a montré une marée rouge de sympathisants venus pour beaucoup en cars du nord-est du pays, une région pauvre, pour participer à ce rassemblement dans un parc de Bangkok.

En début de soirée, quelque 45.000 personnes étaient rassemblées, selon la police.

Cette manifestation répond au mouvement lancé par l'opposition après le vote le 1er novembre par le Parlement d'un projet de loi d'amnistie qui selon ses détracteurs permettrait le retour d'exil de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra.

Le texte doit être examiné au sénat lundi.

Le Puea Thai, le parti au pouvoir, a assuré qu'il abandonnerait ce projet si le texte était rejeté par le sénat et a retiré les autres projets de loi liés à une amnistie.

Thaksin, renversé par un coup d'Etat en 2006 et frère de la Première ministre actuelle Yingluck Shinawatra, reste le personnage le plus haï et le plus admiré du royaume. Il a nié cette semaine que le texte ait été conçu spécifiquement pour lui, condamné en 2008 à deux ans de prison pour malversations financières.

Le projet d'amnistie inclut les crimes liés aux violences politiques des dernières années, mais aussi les individus poursuivis par des organisations mises en place après le coup d'Etat.

Les manifestations quasi quotidiennes de l'opposition se sont déroulées dans le calme depuis dix jours mais le mouvement fait craindre une nouvelle crise politique dans un pays marqué par des mouvements violents depuis le putsch de 2006.

Les opposants au gouvernement ont également à nouveau manifesté dimanche à Bangkok, réunissant quelque 13.000 personnes selon la police.

Mais pour les dirigeants des chemises rouges, la loi d'amnistie n'est qu'un prétexte pour l'opposition dont le véritable objectif serait de renverser le gouvernement.

Leur opposition à la loi d'amnistie est juste une couverture. Ils veulent en fait détruire le système démocratique, a lancé dimanche Worachai Hema, député du Puea Thai.

Le projet de loi a cependant irrité également une partie des chemises rouges, qui réclament justice pour la répression des manifestations du printemps 2010.

Jusqu'à 100.000 rouges avaient alors occupé le centre de Bangkok pendant deux mois pour réclamer la démission du chef du gouvernement de l'époque, Abhisit Vejjajiva, avant d'être délogés par l'armée. La crise avait fait quelque 90 morts et 1.900 blessées.

Nous ne sommes pas d'accord avec l'amnistie générale, qui est aussi une amnistie pour les meurtriers, a dénoncé dimanche le militant rouge Sombat Boonngamanong lors d'un rassemblement séparé.

Abhisit et son ancien vice-Premier ministre sont poursuivis pour meurtre en lien avec cette répression.

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 11:16

Le feuilleton de l'amnistie
Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l’article:

http://redthaisocialist.com/francais/451-le-feuilleton-de-lamnistie.html


La Thaïlande est soumise à un écoeurant feuilleton "soap opéra" avec le projet de loi d'amnistie qui cherche à blanchir les crimes de l'armée et du Parti Démocrate ainsi que permettre à Taksin de revenir tout en laissant les prisonniers pour lèse-majesté pourrir en prison.
Lors de la première scène, la direction des Chemises rouges de l'UDD a demandé un "divorce" avec le Parti Pua Thai au pouvoir en raison d'un différend au sujet de la couverture par la télévision. Cette petite crise a été utile pour satisfaire les Chemises rouges mécontents de la loi d’amnistie. Mais nous devons réfléchir attentivement à ce que l'UDD a omis de dire. Le mouvement n'a jamais affirmé qu'il allait mobiliser les Chemises rouges afin de s'opposer au gouvernement Pua Thai et appeler au jugement des généraux Prayut et Anupong et des politiciens du Parti Démocrate, Abhisit et Sutep, pour avoir massacré des civils non armés. Il est aussi resté silencieux, comme d'habitude, à propos des prisonniers politiques pour lèse-majesté détenus et sur la loi elle-même. En fait, l'UDD a seulement affirmée qu'elle allait protéger le gouvernement. Dans l'ensemble, le but de l'opposition de l'UDD à la loi d'amnistie était simplement de conserver une bonne image.
Durant la deuxième scène, le Pua Thai a annoncé qu'il allait retirer le projet de loi d'amnistie si le Sénat le rejetait. Mais il n'a à aucun moment mentionné que Prayut, Anupong, Abhisit et Sutep seraient poursuivis en justice. En fait, le Pua Thai et ses partenaires de la direction de l'UDD ont cessé de parler des crimes de l'armée depuis 2011. Ils ne parlaient que d'Abhisit et de Sutep, mais n'ont pas réussi à parvenir à les envoyer devant la Cour pénale internationale. Ceci en dépit du fait que l'armée ait organisé un coup d'Etat en 2006, nommé le gouvernement d'Abhisit et ensuite massacré les manifestants pro-démocratie en 2010. Le Pua Thai a également omis de promettre qu'il s'opposerait à tout projet de loi d'amnistie proposée par d'autres à l'avenir dans le but de blanchir les coupables.
La troisième scène a vue l'intrigue prendre une petite diversion. Taksin est intervenu pour dire que tout ce tapage au sujet de la loi d'amnistie était "juste pour moi" ... Moi! Moi! Moi! Il a expliqué combien il avait souffert mais n'a jamais mentionné les prisonniers pour lèse-majesté. Cependant, les millionnaires comme Taksin ont la vie facile partout où ils se trouvent dans le monde à la différence des prisonniers qui croupissent dans les prisons thaïlandaises ou des autres exilés plus pauvres. Taksin a également eu l'audace de demander à chacun "d'avaler un peu de sang pour la paix". Le fait est que beaucoup de chemises rouges ont déjà avalé de grandes quantités de sang quand ils ont été abattus par l'armée.
La quatrième scène s'est tournée vers une histoire de fantôme. Les dirigeants de l'UDD et ceux qui soutiennent sans réserve le gouvernement Pua Thai, ont commencés à agiter le spectre d'un "coup d'Etat". Ils font toujours cela afin de ramener les Chemises rouges dissidents dans la ligne. Mais il n'y a absolument aucun danger de putsch en ce moment. Les militaires ne veulent pas être traduits en justice et ils ont fait, de toute façon, un bon petit pacte avec Taksin et le Pua Thai. Depuis 2011 Yingluk a été vu souriante en compagnie des généraux. Parler d'un coup d'Etat, c'est faire comme le petit garçon qui pleurait "Au loup!" Nous ne devons pas nous laisser berner par cette absurdité.
Dans une autre partie de la ville, divers réactionnaires chemises jaunes ainsi que les politiciens du Parti démocrate, qui ont tous soutenus le coup d'Etat militaire de 2006 et les atrocités commises contre les chemises rouges, se rassemblent pour s'opposer au projet de loi d’amnistie. Mais ils font cela pour une seule raison. Ils détestent Taksin. Ils se fichent complètement des droits de l'homme ou de la démocratie. Pourtant, ce problème a été créé par le fait que le Pua Thai voulait amnistier Taksin. Le Pua Thai et l'UDD sont désormais opposés à la démocratie et aux droits de l'homme, tout comme les Chemises jaunes, car ils veulent s'assurer que les meurtriers de l'Etat restent, une fois de plus, en liberté, tout en protégeant la loi draconienne de lèse-majesté.
Dans la cinquième scène la direction de l'UDD et le gouvernement Pua Thai s'embrassent et maquillent une réconciliation. Apparemment, l'UDD a seulement joué à "difficile à obtenir".
Ceux qui croient en la démocratie et aux droits humains, ne doivent pas être détournés par ce feuilleton ridicule. Les questions fondamentales sont que les meurtriers de l'Etat doivent être punis, la loi de lèse-majesté doit être abolie et les prisonniers politiques pour lèse-majesté libéré.

 

Photos ci-dessous: Giles Ji Ungpakorn

 

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 19:13

Pour la première fois depuis 2006, les deux camps se retrouvent pour un même combat. Lutter contre un texte proposé par le gouvernement au nom de la réconciliation.

Un article de Courrier International

Lien de l'article:

http://www.courrierinternational.com/article/2013/11/08/la-loi-d-amnistie-fait-l-unanimite-contre-elle

La capitale thaïlandaise vit à nouveau au rythme des manifestations de rue. Depuis le 31 octobre, les rangs des opposants au projet de loi d'amnistie s'épaississent au centre de Bangkok. Dans les prochains jours, jusqu'à 50 000 personnes pourraient rejoindre les manifestants, estime le quotidien The Nation.

Raison de leur colère : un texte, adopté en catimini et en pleine nuit, qui, s'il était validé par le Sénat lèverait les obstacles judiciaires à un éventuel retour de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra. Thaksin, renversé par un coup d'Etat en 2006, vit en exil pour échapper à plusieurs condamnations de corruption. Mais il continue à avoir une large influence politique. Le Premier ministre actuel, Yingluck Shinawatra, est sa sœur.

"La Thaïlande se porterait bien sans Thaksin", écrit le Bangkok Post dans son édition du 7 novembre. En effet, la personnalité de l'ancien Premier ministre continue de diviser la scène politique du royaume.

"Chemises rouges" et "chemises jaunes" pour une fois dans le même camp

Mais, le texte adopté en première lecture à la Chambre des représentants dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre provoque la colère à la fois des "chemises rouges", traditionnellement partisans de Thaksin, et des "chemises jaunes", ses opposants de toujours. "La réalité est que, dès que le nom de Thaksin est prononcé, le pays devient fou", poursuit le jeune commentateur politique Voranai Vanijaka dans le quotidien conservateur.

Le texte propose de tirer un trait sur les poursuites et les condamnations liées aux violences politiques qui secouent le royaume depuis 2006. Une proposition inacceptable pour les deux camps. Les "chemises rouges" souhaitent que les responsables de la répression sanglante des manifestations de 2010 soient poursuivis, et les "chemises jaunes" et le Parti démocrate demandent que les condamnations de Thaksin pour corruption soient appliquées.

La base des "chemises rouges", qui s'est battue dans les rues en 2010 contre le gouvernement démocrate de l'époque et a soutenu le gouvernement du Pheu Thai emmené par Yingluck, est mécontente. On peut lire sur le site d'information Prachatai : "Cher gouvernement pour lequel j'ai combattu, nuit et jour, en 2010 et jusqu'aujourd'hui. Cher gouvernement pour lequel j'ai voté, s'il te plaît, retire ce texte avant qu'il ne soit trop tard." Cette supplique est signée Anuthee Dejthevaporn, l'ancien secrétaire général de la Fédération des étudiants thaïlandais, une composante importante du mouvement des chemises rouges.

"Si le parti Pheu Thai insiste à vouloir faire revenir Thaksin par le stratagème d'une loi d'amnistie, les risques de confrontation sont importants, voire inévitables", conclut The Nation.

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 12:57

Mise à jour de ce qui s'est passé en septembre/octobre 2013 en Thaïlande par "Free Somyot"

Culture de l'impunité - La licence pour assassinat est prolongée en Thaïlande.

Cher tous, amis et camarades !
Chaleureuses salutations !

Voici les mises à jour de ce qui s'est passé en septembre/octobre 2013 en Thaïlande :
Nous avons une bonne et des mauvaises nouvelles sur ce qui s'est passé en Thaïlande au cours de cette période.
La bonne nouvelle est que l'un des leaders socialistes de longue date, Surachai Sae Darn, a été libéré dernièrement du fait d’une grâce royale.
Les mauvaises nouvelles sont qu'il n'y a pas de signe comme quoi les prisonniers politiques en vertu de la loi de lèse-majesté puissent être en mesure d'obtenir la justice en bénéficiant du droit à la liberté sous caution et aussi que l'utilisation de cette loi est toujours en vigueur pour maintenir le silence parmi les dissidents.
Un projet de loi d'amnistie a été adopté par le Parlement. Malheureusement, ce projet de loi permet l'impunité à ceux qui ont massacrés des civils en Thaïlande. Beaucoup de manifestants et militants pro-démocratie ont été tués dans le passé, en 1973, 1976, 1992, 2009, jusqu'à ce dernier massacre de l'année 2010. Pourtant, il n'y a aucun signe comme quoi il pourrait être fin à la culture de l'impunité en Thaïlande alors que le gouvernement au pouvoir souhaite conserver le statu-quo favorable aux puissants. Ils ont même exclu de l'amnistie les personnes condamnées pour lèse-majesté. C'est un coup dur pour les membres du mouvement pro-démocratie de Thaïlande qui soutenaient le gouvernement et dont le pouvoir judiciaire du pays continue à les mettre dans l'incertitude de leur sort dans les prisons pour les années à venir.

En septembre 2012, Sukanya Pruksakasemsuk, l'épouse de Somyot, le  militant thaïlandais condamné pour lèse-majesté, s'est rendu à Genève. Elle y a présenté la situation de son mari et des prisonniers politiques pour lèse-majesté de Thaïlande au cours d'une table ronde sur la liberté d'expression, lors de la 24ème session pour les droits de l’homme de l'ONU.
Plus de détails (en anglais) ici:
https://www.facebook.com/notes/free-somyot/lese-majeste-aired-in-geneva/520979517988347

En octobre 2012, Somyot Pruksakasemsuk a déclaré: "Je ne vais pas demander de grâce royale. Je n'abandonnerai jamais mes idées et mes principes."
Sukanya Pruksakasemsuk, l'épouse de Somyot a témoigné: "Le 16 octobre 2013, j'ai rendu visite à Somyot ce matin et lui ai dit que beaucoup de gens continuaient de s’interroger s'il allait demander une grâce royale ou non. Il a répondu qu'il ne voulait pas renoncer à ses idées et ses principes. Du fait de son innocence il n'a pas à demander de grâce royale. Il est décidé à subir sa peine d'emprisonnement de 11 ans si son innocence n'est pas reconnue.
Somyot a été interviewé par "Thailand Mirror", le vendredi 25 octobre 2013 et a expliqué qu'il se battait pour la justice, pas pour la pitié. Ce combat est significatif pour la société thaïlandaise, il s'agit d'une lutte pour le droit et un appel à la liberté d'expression. Il est prêt à suivre le processus de la loi et conserve l'espoir d'obtenir le droit à la libération sous caution comme cela s’est produit dans d'autres procès criminels et pour lèse-majesté. Il est bien préparé à subir sa peine, qui est une torture au quotidien.
Le 2 octobre 2013, un tribunal thaïlandais a condamné une femme à cinq ans de prison pour avoir posté un commentaire en ligne insultant vis-à-vis de la monarchie. Elle a cependant été autorisée à être libérée sous caution.
Un juge a statué que les commentaires postés, en 2008 sur le journal en ligne Prachatai, par Noppawan Tangudomsuk, surnommé Bento, étaient offensants pour la monarchie et constituaient une violation de la loi sur les crimes informatiques de Thaïlande (une loi controversée adoptée par la junte des généraux thaïlandais après un coup d'Etat de 2006).
Le 4 octobre 2013, Surachai Danwattananusorn, un activiste politique qui a été reconnu coupable de diffamation envers la monarchie en Thaïlande a bénéficié d'une grâce royale et a été libéré de prison.
Surachai Danwattananusorn a été emprisonné le 22 février 2011 et condamné à sept ans et demi de prison pour avoir fait des remarques jugées insultantes vis-à-vis de la monarchie. C'était un ancien insurgé communiste dans les années 1970 en Thaïlande et il avait déjà été emprisonné dans les années 1980. Surachai a également dirigé une faction du mouvement politique des Chemises rouges, dont les membres ont participés aux manifestations réprimées par l'armée de 2010.

Note: Il est évident que, pour la justice de Thaïlande, vous devez vous déclarer coupable même si vous êtes innocent. Si vous acceptez cela, vous serez pardonné et libéré. Aucune remise en question de la loi draconienne de lèse-majesté ne sera tolérée. C'est un moyen d'écraser à la fois le mouvement de résistance à la loi ainsi que la liberté d'expression.

Lien
http://www.bangkokpost.com/news/politics/373035/lese-majeste-convict-surachai-released

 

La culture de l'impunité continue en Thaïlande avec la loi d'amnistie générale qui permettra à l'État de continuer les massacres de manifestants pro-démocratique.
Thaksin a tort de parler de pardon. Il devrait tenir compte de ceux, qui ne cherchent pas la vengeance, mais qui veulent la justice comme un moyen de briser le cycle de l'impunité.
Une culture de l'impunité est profondément ancrée en Thaïlande. Durant toutes les périodes tumultueuses de l'histoire thaïlandaise dans laquelle les vies des citoyens ordinaires ont été sacrifiés, elle n'a jamais permis que les massacres ne s'arrêtent.

 

FREEPP9Fr

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 12:42

Rohingyas birmans : le silencieux nettoyage ethnique des généraux

Un article du journal "Humanité"

Lien:

http://www.humanite.fr/monde/rohingyas-birmans-le-silencieux-nettoyage-ethnique-552140

Reportage à Bangkok (Thaïlande) et à Rangoun (Birmanie), de notre envoyée spéciale. Considérés comme la population la plus persécutée au monde par l’ONU, les Rohingyas birmans ont été privés de leur nationalité en 1982. Après des décennies de pogroms et de terres confisquées, les violences perpétrées par
les bouddhistes ont repris.
Et l’exil avec elles.

C’est un sac en plastique bleu, tout ce qu’il y a de plus banal. Gardé précieusement dans la poche intérieure de sa veste, il contient pourtant la preuve de l’existence de Ladjo. Une carte d’identité, un nom, un prénom… De ses hanches tombe d’ailleurs le longyi traditionnel birman qui renseigne un peu plus sur ses origines. Ladjo vient de l’État septentrional de l’Arakan, il est l’un des 800 000 Rohingyas et, chez lui, le nom de sa communauté ne se prononce pas. On les appelle les Bangladais ou les « Kalas », une appellation péjorative, empreinte de racisme. Dès 1982, le dictateur birman Ne Win décidait de rayer les Rohingyas de la carte en faisant d’eux des apatrides. Avec la réforme de la loi sur la nationalité, une mosaïque de 135 « races nationales » était alors définie. Pas de place dans ce large spectre pour les Rohingyas. « À cette date, les autorités ont cessé de nous délivrer des cartes d’identité. Un système de corruption s’est développé pour obtenir des papiers. Une filière de faux documents s’est mise en place afin de s’échapper ou d’obtenir le certificat permettant de poursuivre des études », explique Maung Kyaw Nu, le président de l’association des Rohingyas birmans en Thaïlande, qui a connu la répression et la prison avant de fuir le pays en 1976. Aujourd’hui, la même politique est poursuivie. Privés du statut de citoyens, les Rohingyas ne peuvent quitter les communes de l’Arakan légalement et, depuis 1994, ils doivent se procurer des autorisations spéciales en échange de pots-de-vin pour se marier ; une disposition récente tente même de les empêcher d’avoir plus de deux enfants. « Les Rohingyas sont des clandestins venus du Bangladesh », déclare doctement le président birman Thein Sein, rayant ainsi plusieurs siècles d’existence dans le pays. La présence de ces musulmans dans l’Arakan remonterait aux flux venus de l’ancien Bengale aux XVe et XVIe siècles. Cinq ans avant la réforme de la loi sur la nationalité, Ladjo avait déjà senti le feu brûler. Chaque semaine, un groupe d’hommes emmenés par des moines bouddhistes s’introduisait dans la ferme familiale pour réquisitionner les bœufs et la récolte de riz. Puis, un jour, ce furent les terres. « Si l’on avait le malheur de s’y opposer, nous étions battus. Le jour où ils sont venus armés, j’ai su qu’il fallait que je m’en aille. » Dans un long et périlleux voyage, il quitte la Birmanie pour la Thaïlande voisine.

Ce soir-là, comme tant d’autres, il faudra rouler un long moment pour parvenir à s’extraire des embouteillages de Bangkok. Sous le ciel gris, les travailleurs s’entassent à l’arrière des pick-up, le visage enturbanné d’un tee-shirt pour ne pas respirer les gaz d’échappement. Alors que la capitale, ses gratte-ciel et ses centres commerciaux climatisés prisés des classes moyennes s’éloignent, seules les publicités colorées pour chanteurs à la mode redonnent un peu de vie aux rideaux de fer baissés des échoppes. Dans une petite ruelle de Samut Prakan, à l’est de Bangkok, les Rohingyas en exil organisent une fête dans le hall de l’école coranique Asasul Ihsan. La plupart des enfants qui rient aux éclats sont nés en Thaïlande, loin du pays de leurs parents. Loin également des silences et des regards suspendus de leurs aînés qui évoquent tour à tour les massacres, les humiliations, les viols, les arrestations, les travaux et déplacements forcés. De 1942 à 1991, il y eut entre autres les opérations « Conquérant », « Davantage de pureté », « Millions de succès » ou « Belle nation immaculée », autant de pogroms planifiés par la majorité bamar (bouddhiste) au pouvoir. Entre ces campagnes de nettoyage ethnique, le quotidien peut virer au drame. « Quand un militaire vous demande d’approcher, vous savez qu’il faut se préparer au pire », frémit Nazibra, qui a rejoint la Thaïlande en 2001 après un périple à travers le Bangladesh et l’Inde. Depuis, les mêmes questions ne cessent de le hanter : « Pourquoi ce déni de citoyenneté ? Pourquoi l’ONU et les grandes puissances ferment les yeux ? Pourquoi donnent-elles caution au gouvernement birman en levant les sanctions économiques qui pesaient sur lui ? » Nazibra, dont les nuits restent hantées par la vision des flammes qui ont réduit sa maison en cendres, prône une force de maintien de la paix. D’autres n’hésitent plus à parler d’une intervention militaire étrangère pour mettre fin aux violences.

En 1997, Muhammad fut enlevé par l’armée. Son corps gardera à vie les stigmates des travaux forcés et des coups de bambou. « Il y avait toujours un prétexte pour nous infliger les pires tortures : un travail trop lent, l’impossibilité de donner l’argent demandé par nos gardes… » Il ne peut étouffer les larmes qui ponctuent son récit. Pour l’aider, Yusuf l’interrompt pour narrer sa propre expérience de travail forcé sur des terres confisquées à des familles rohingyas faute de titres de propriété. « Aucun villageois ne dispose de tels titres », explique-t-il. Outre les expropriations, la destruction du patrimoine religieux et les déplacements de populations qui visent à effacer toute trace de présence rohingya en Birmanie en vue du recensement de 2014, le gouvernement a mis sur pied un véritable plan de colonisation. Partout, des villages « modèles » sortent de terre. Dans la pratique, d’anciens généraux et d’anciens prisonniers sont chargés de « bouddhiser » l’Arakan.

Depuis juin 2012 et la reprise des violences entre bouddhistes de l’ethnie rakhine et Rohingyas, l’exode connaît une nouvelle vague. Embarqués sur des bateaux de fortune, ils succombent parfois à la faim et à la soif. En Thaïlande, les autorités estiment à près de 2 000 ceux qu’elles retiennent dans les centres de détention. L’ONG Human Rights Watch évoque l’enfer des cellules surpeuplées où s’entassent 80 à 150 personnes. La Thaïlande n’a jamais ratifié la convention relative au statut des réfugiés de 1951 et, à ce titre, s’autorise à expulser les réfugiés en dépit des dangers qu’ils encourent. La seule solution qui s’offre alors aux Birmans est de postuler au statut de travailleurs migrants. Des démarches coûteuses et fastidieuses qui n’échappent pas à la corruption. La carte de séjour est valable deux ans, renouvelable une fois. Au-delà, les Birmans ont obligation de regagner le pays. « À mon arrivée en Thaïlande en 2005, le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU m’a délivré une carte de réfugié. Impossible de travailler avec ce papier. Je me suis échappé du camp et j’ai trouvé un petit boulot de vendeur de chapatis (pains indiens – NDLR) dans la rue. Un maigre revenu qui me permet tout juste de me nourrir », relate Maung Shwee, qui milite toujours activement au sein de la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi. Pire, pour certains réfugiés qui croyaient quitter l’enfer : ils sont vendus par des agents de police thaïlandais à des esclavagistes modernes pour la somme de 1 300 dollars par tête. Pour recouvrer leur liberté, ils doivent réunir l’équivalent de cette somme. En janvier dernier, le général Prayuth Chan-ocha, chef de l’armée thaïlandaise, a reconnu que certains officiers étaient impliqués dans ce trafic d’êtres humains. « Les réfugiés rohingyas ne constituent en aucun cas un problème thaïlandais. Le problème est du ressort de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean), voire du monde », écrivait le Bangkok Post en janvier dernier. Triste ironie : en 2014, l’Asean confiera sa présidence tournante à la Birmanie, pour saluer les premiers pas du pays vers la démocratie.

De plus en plus d’opposants birmans sont désormais convaincus que les militaires hostiles au processus de transition laissent sciemment s’installer les violences communautaires afin de garder le pays sous leur botte et saper ainsi le processus électoral de 2015. Le risque est grand de voir l’armée se poser en unique garante de l’unité et de l’ordre quand la Constitution de 2008 prévoit que l’institution puisse s’accaparer les pleins pouvoirs « en situation d’urgence ». Dans ce contexte, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer le silence du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. En juin 2012, lors de la reprise des violences, la députée s’était contentée de dire que « la majorité, dans une société, doit avoir de la sympathie pour la minorité ». Le jeu serré dans lequel est entrée la Dame de Rangoun pour conquérir le pouvoir l’oblige d’une part à composer avec l’armée et d’autre part à éviter de froisser une population majoritairement bouddhiste, travaillée par les discours xénophobes et la haine religieuse. « Le monde n’entend qu’une seule voix en Birmanie et tant que cette voix ne se prononcera pas, le massacre continuera », écrit l’auteur rohingya Habiburahman, exilé en Australie (1). Et quand une réforme de la loi sur la citoyenneté serait indispensable pour parachever la démocratie, Aung San Suu Kyi répond qu’elle ne « sait pas » si les Rohingyas doivent être considérés comme birmans. « Nous travaillons avec les autorités birmanes mais tant que la Birmanie ne les reconnaîtra pas en tant que citoyens, il est très difficile d’élaborer un quelconque programme. Il est nécessaire de modifier la loi sur la nationalité, une telle réforme est la clé qui assurerait aux Rohingyas un minimum de protection légale », estime Vivian Tan, porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) en Thaïlande.

La plupart des 140 000 Rohingyas déplacés depuis juin 2012 croupissent dans l’un des neuf camps de Sittwe, au nord-ouest de la Birmanie. La Nasaka, la police frontalière birmane, déclenche régulièrement des rafles. « Ils sont terrifiés par les gangs de Rakhines qui les entourent mais aussi par la police et les militaires, qui ont leur part dans les violences. Ils sont à la merci de ceux qui les encerclent », décrit la journaliste Sophie Ansel. Malgré tout, Vivian Tan appelle tout de même à la prudence : « Al Djazira parle régulièrement du génocide caché et Human Rights Watch disait pouvoir établir la liste de charniers. Seule une enquête internationale est à même de le prouver. » En juillet, lors de sa visite en France, le président birman, Thein Sein, a récusé toute entreprise de « nettoyage ethnique ». « Il s’agit d’une opération de dénigrement », a-t-il balayé. Balayé également l’extrémisme entretenu par certains moines bouddhistes. La presse birmane, dont on célèbre ici la liberté retrouvée, relaie les campagnes racistes. À longueur de colonnes, ce ne sont pas des Rohingyas – qui n’existent pas officiellement – dont il est question mais des « chiens », des « cafards », des « sous-hommes », des « virus ». Mais que pèse leur calvaire face à la transition démocratique tant espérée et à l’eldorado économique offert par la levée des sanctions économiques par Washington et Bruxelles ? Au large de l’État de l’Arakan, un projet d’extraction de gaz et d’acheminement du pétrole moyen-oriental d’une envergure inégalée est sur le point de naître. Le géant sud-coréen Daewoo, en partenariat avec des compagnies indiennes, travaille à un gazoduc et un pipeline vers l’Inde et la Chine. Une manne financière inédite pour ces pays ainsi que pour les militaires birmans, qui contrôlent entièrement l’économie.

(1) Nous, les Innommables. Un tabou birman, d’Habiburahman avec Sophie Ansel.
Éditions Steinkis, 2012.

969, le nombre de la haine. Emmené par des moines bouddhistes, le très actif Mouvement 969
est à l’origine d’une campagne acharnée de propagande nationaliste
et antimusulmans. Le moine Wirathu, qui aime à se décrire comme
le « Ben Laden birman », dispose de nombreuses antennes locales et appelle
au boycott des commerces tenus par des musulmans. Le mouvement publie par ailleurs des livres intitulés De la peur de perdre notre race ou Notre nation,
qui connaissent une certaine audience. « Il est vraiment étrange que le ministère des Affaires religieuses ait laissé cette campagne provoquer la tension », commente le moine Ashin Issariya, meneur des mouvements de protestation
de 2007. Le ministre Sint Sann osait à propos des appels au boycott :
« Nous sommes dans une économie de marché, les gens consomment ce qu’ils veulent. On ne peut pas l’empêcher. Les sermons de Wirathu appellent à l’amour et à la compréhension entre les religions. » Le 2 septembre, une directive
a interdit la création d’organisations en lien avec le Mouvement 969.
Le comité d’État Sangha Maha Nayaka, à l’origine du texte, est chargé de contrôler le clergé. Une étape vers l’apaisement ?

 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 12:40

Improbable convergence d'opposants à une loi d'amnistie en Thaïlande

Un article de "Radio France Internationale" (RFI)

Lien:

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20131031-improbable-convergence-opposants-une-loi-amnistie-thailande

Regain de tension politique en Thaïlande. Le dépôt par des parlementaires du parti au pouvoir d’une proposition de loi d’amnistie générale provoque une levée de boucliers. Cette amnistie vise à exonérer toutes les personnes condamnées ou en cours de jugement à cause des troubles politiques ces neuf dernières années, ce qui inclut l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, condamné pour corruption en 2008.

Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Le gouvernement thaïlandais a réussi le rare exploit de se mettre à dos de multiples portions de la population en quelques jours. Les opposants au gouvernement dirigé par la sœur de Thaksin, Yingluck, se sont rassemblés ce jeudi dans le centre de Bangkok. Il n’est guère étonnant, bien sûr, que les partisans du Parti démocrate d’opposition dénoncent la proposition de loi d’amnistie. Mais plus surprenant, même les partisans du gouvernement descendent dans les rues pour s’opposer à l’amnistie.

Celle-ci permettrait de lever la condamnation à deux ans de prison pour abus de pouvoir et pour corruption prononcée il y a cinq ans contre l’ancien Premier ministre Thaksin, exilé depuis. La colère règne parmi les milliers de manifestants rassemblés dans le centre de Bangkok : ils ont l’impression que le parti au pouvoir révèle son vrai visage, celui d’une machine pour défendre les intérêts du clan Thaksin.

Atteinte à la moralité de la nation

Même les Chemises rouges, favorables à Thaksin, sont donc en partie opposées à cette amnistie, parce qu’elle disculperait les responsables civils et militaires de la répression des manifestations de 2010. Plusieurs dizaines de Chemises rouges avaient été tuées par l’armée à cette occasion.

Fait important : les milieux d’affaires, financiers et bancaires dénoncent aussi la proposition de loi. Selon eux, elle porterait atteinte à la moralité de la Nation, car elle blanchirait toutes les personnes incriminées pour corruption ces dernières années. Le gouvernement est aux abois, mais il semble néanmoins déterminé à faire voter cette proposition de loi dans les prochains jours.

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 19:04

Thaïlande: troisième jour de manifestations contre une loi d'amnistie

 

Bangkok — Plusieurs milliers de manifestants se sont réunis samedi à Bangkok, pour le troisième jour consécutif, afin de dénoncer une loi d'amnistie qui pourrait permettre le retour de l'ancien Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra.

Un article de l'AFP (Agence France Presse)

Lien de l'article:

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gK0QbESDSsj-BgULMoVF_0kRPBWA?docId=b09e756a-1779-4718-8153-62017578fdad&hl=fr

"Quand ils ont triché, ils leur suffit de faire passer une loi comme celle-ci pour eux-mêmes, afin de ne pas être reconnus coupables. Je ne peux pas accepter ça", explique à l'AFP au milieu de la foule un manifestant, Theerayu Chatchakul.

"Je ne suis pas d'accord, parce que cela servira à une seule personne, et pas à celles qui sont en prison. Celui qui a fait le mal n'est pas en prison. Il est celui qui ne reconnaît pas ses fautes", ajoute dans une allusion à l'ex-Premier ministre accusé de corruption Piayad, moine bouddhiste d'un temple de Bangkok.

Près de 3.000 manifestants, selon la police, ont répondu à l'appel du Parti démocrate samedi encore, bien loin ce pendant de la mobilisation massive attendue.

Votée vendredi en troisième lecture par le Parlement, la loi d'amnistie doit encore être approuvée par le Sénat. Et l'opposition s'est engagée à tout faire pour la bloquer, jusqu'à saisir la cour constitutionnelle.

Le parti Démocrate, qui rassemble l'élite urbaine, et ses alliés des chemises jaunes, ont réussi par le passé à mobiliser les foules. Cette mobilisation avait à l'époque joué un rôle important dans le renversement du Premier ministre Thaksin Shinawatra.

Mais désormais, l'opposition peine à mobiliser. Elle a rassemblé ces derniers jours plusieurs milliers de manifestants, un nombre jugé insuffisant pour menacer le gouvernement du Premier ministre, Mme Yingluck Shinawatra, soeur de Thaksin, qui pousse cette réforme.

Les partisans d'une amnistie générale estiment qu'elle permettrait au pays de repartir sur des bases saines, alors que la Thaïlande vit depuis des années au rythme d'immenses mouvements de rue pro- ou anti-Thaksin, renversé par un coup d'Etat en 2006.

La société est toujours profondément divisée entre les masses rurales défavorisées du nord et du nord-est, fidèles au milliardaire, et les élites de Bangkok gravitant autour du palais royal, qui le haïssent.

Les violences avaient culminé au printemps 2010, lors de la pire crise qu'ait connue la Thaïlande moderne.

Jusqu'à 100.000 "chemises rouges" favorables à Thaksin avaient alors occupé le centre de Bangkok pendant deux mois pour réclamer la démission du chef du gouvernement de l'époque Abhisit Vejjajiva, avant d'être délogés par l'armée. Quelque 90 personnes avaient été tuées et 1.900 blessées.

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 13:12

Impossible de comprendre la situation politique en Thaïlande, sans revenir sur les années Thaksin. Difficile de prendre pour argent comptant les déclarations d'anciens ministres du Parti démocrate et les articles des journalistes du quotidi...en "The Nation" sans connaître le rôle qu'ils jouent depuis 10 ans, surtout quand ils parlent de corruption. Voici la première partie de l'histoire récente de la Thaïlande ...

Vingt-troisième Premier ministre de la Thaïlande, Thaksin Shinawatra est à l'origine de réformes qui ont profondément modifié l'économie, la santé publique, l'éducation, le secteur de l'énergie, l'accès aux soins et aux médicaments et les relations internationales de la Thaïlande. Toujours réélu, on lui doit des mesures particulièrement efficaces pour réduire la pauvreté en milieu rural et procurer une couverture santé abordable à tous les Thaïlandais. La base de son électorat provient essentiellement des milieux ruraux pauvres.

Thaksin Shinawatra a réuni autour de lui des universitaires, d'anciens leaders étudiants et d'anciens dirigeants du parti Palang Dharma, notamment Prommin Lertsuridej, Chaturon Chaisang, Prapat Panyachatraksa, Surapong Suebwonglee, Somkid Jatusripitak, Surakiart Sathirathai, et Sudarat Keyuraphan. Son gouvernement a souvent été accusé d'être autoritaire, de pratiquer la démagogie, d'encourager la corruption, de tirer profit de conflits d'intérêts, de ne pas respecter les droits de l'homme dans un certain nombre de cas, d'agir de manière brutale... Pour l'abattre ses adversaires ont tout essayé, avant d'avoir recours à un coup d'état et mettre un terme à un processus électoral qu'ils ne pouvaient que perdre. On l'a accusé de tout : lèse-majesté, trahison, usurpation de l'autorité religieuse et royale, vente d'actifs stratégiques à des investisseurs internationaux, profanation religieuse, et relations avec les forces des ténèbres.

Le pouvoir de Thaksin Shinawatra repose presque entièrement sur la fidélité des masses rurales, auparavant méprisées et confinées dans la pauvreté, à qui il a accordé l'accès au crédit, à des taux bonifiés pour les agriculteurs, l'accès aux soins et aux médicaments, l'accès à un système scolaire qui a bénéficié de moyens importants. Tout ceci a été accompagné par des injections directes de liquidités dans les fonds de développement villageois (le schéma SML), le développement des infrastructures et l' One Tambon One Product (OTOP) qui s'inscrit dans le cadre du programme de développement des petites et moyennes entreprises en milieu rural.

Les "Thaksinomics", mesures prises pour sortir de la pays de la grave crise financière asiatique de 1997 et relancer l'économie, sont un modèle du genre. Le PIB a progressé de 44% en 5 ans, entre 2001 et 2006 ! La Thaïlande a remboursé ses dettes envers le Fonds monétaire International avec deux ans d'avance. Les revenus des habitants du Nord-Est du pays ont progressé de 40%, la Bourse de Thaïlande a surperformé les autres marchés de la région, après deux années de déficit budgétaires en 2001 et 2002, la Thaïlande a accumulé d'importants excédents en 2003, 2004 et 2005. La dette publique est passée de 57% du PIB en janvier 2001 à 41 % en septembre 2006. Les réserves de change ont doublé, passant de 30 milliards de dollars en 2001 à 64 milliards de dollars en 2006. Les économistes du "Thailand Development Research Institute" indiquent que la reprise économique du pays doit beaucoup au développement des exportations. Il a moralisé la pratique de la loterie (Thai:
หวย), jusque là clandestine et très répandue, en créant le Government Lottery Office. Les profits du jeu sont affectés à des projets de développement et à des bourses pour des étudiants sans ressources. La junte qui a pris le pouvoir a interdit la loterie, affirmant qu'il s'agissait d' un vice social. Le gouvernement Thaksin a réduit le contrôle de l' état dans les médias en privatisant MCOT, une grande chaîne de télévision et de radio.

En matière de santé, Thaksin a instauré les soins universels subventionnés (30 bahts/visite) et l'accès à faible coût aux médicaments anti-rétro viraux contre le Sida. Le succès a été fulgurant, avec une hausse de 76% du nombre de patients qui ont pu consulter un médecin. Les financements se sont vite avérés insuffisants. De nombreux médecins ont opté pour le secteur privé, et les investisseurs ont porté tous leurs efforts sur les hôpitaux aspirés par le boom de l' industrie du tourisme médical. Principal résultat obtenu par Thaksin, le nombre de personnes infestées par le Sida a nettement diminué.

S'il est un domaine pour lequel Thaksin a été épinglé par les associations des "Droits de l'Homme", c'est bien dans celui des moyens utilisés pour lutter contre le traffic de drogue, notamment du yabba qui fait des ravages parmi les jeunes. Toutes les mesures de prévention ayant échoué, il a ordonné la mise en œuvre "impitoyable" de mesures qui aurait causé la mort de 2.275 personnes selon certaines associations, victimes "d'exécutions extra-judiciaires". Les méthode de Thaksin ont été largement critiquée par la communauté internationale. Une commission d'enquête nommé par les militaires qui ont renversé Thaksin, n'a pas réuni de preuves suffisantes pour inculper Thaksin de meurtre.

Le classement de la Thaïlande dans le classement établi par Transparency International indique que la corruption a été moindre sous Thaksin qu'auparavant. L'Indice de perception de la corruption de la Thaïlande (IPC) est passé de 3,2 (classé 61) en 2001 à 3,8 (classé 59) en 2005.

Pour les élites qui détenaient le pouvoir depuis des générations, l'arrivée de Thaksin au pouvoir a été vécu comme une révolution. Elles ont mis quelques mois pour comprendre que le Premier ministre était installé au pouvoir pour longtemps, et que la Thaïlande allait devenir une nouvelle Singapour. A chaque scrutin, la défaite était plus profonde, et donc plus amère. Il fallait réagir, dans un premier temps de manière légale. L'opposition disposait de puissants soutiens dans les médias. La campagne de dénonciation de la violente répression contre les trafiquants de drogue s'est retourné contre ceux qui l'ont lancée. Les conditions de la vente des actions de l'opérateur de téléphonie détenu par la Shin Corporation à une entreprise de Singapour n'ont suscité que des haussements d'épaules. Thaksin est le seul Premier ministre démocratiquement élu de la Thaïlande a avoir été reconduit par les électeurs au terme de son mandat, avec une marge insolente.
Le début des évènements qui ont conduit au coup d'état est sans doute lié au licenciement de Viroj Nualkhair, président de la Krung Thai Bank (KTB), accusé d'avoir accordé d'importantes lignes de crédit à Sondhi Limthongkul, un magnat des médias qui avait soutenu Thaksin sans réserves en 2001, et qui croulait sous les pertes. La banque finançait un incinérateur à cash-flow. Thaksin a dit stop quand il a fallu épongé 1.6 milliard de dettes et remettre au pot. Sondhi Limthongkul est alors devenu son opposant le plus virulent. Sondhi Channel 11 /1 a perdu le droit d'émettre sur câblo-opérateur UBC.

Le 10 avril 2005, Thaksin Shinawatra, a présidé une cérémonie religieuse dans le Temple du Bouddha d'Emeraude, le site le plus sacré du bouddhisme thaïlandais.
Le site du journal Phoochatkarn a publié un article en octobre 2005, qui prétendait que le Premier ministre avait usurpé les pouvoirs royaux présidant cette cérémonie. Le journal "The Nation", qui n'a jamais reculé devant rien pour abattre Thaksin et les Chemises Rouges, a publié une photo qui a servi de prétexte à une campagne en faveur du Roi, et donc contre Thaksin assis sur une chaise qui serait normalement réservée au souverain. Thaïlande-insider.com, le site de Ekkayuth Anchanbutr qui est opposant virulent de Thaksin, a relayé la photo sur internet. Sondhi Limthongkul, le propriétaire de Phoochatkarn, a lancé la campagne médiatique avec le slogan "Nous aimons le roi", "Nous allons nous battre pour le roi ", et "Rendez le pouvoir au roi"
Le 9 novembre 2005, le secrétaire général du Cabinet royal, Bovornsak Uwanno, a affirmé que le roi Bhumibol Adulyadej avait accordé la permission au Premier ministre Thaksin Shinawatra de présider la cérémonie religieuse. cette autorisation a été confirmée par Chaktham Thammasak, qui était directeur général du "Bureau of National Buddhism" au moment des faits. Selon Chaktham, le Bureau de la Maison Royale avait réglé tous les aspects de la cérémonie, y compris le positionnement des chaises. Le 17 novembre 2005, la justice a interdit à Sondhi de se livrer à de nouvelles révélations mensongères.
Des universitaires et intellectuels ont immédiatement attaqué Thaksin en l'accusant de restreindre la liberté de la presse. En novembre 2005, le général Kittisak Ratprasert, un ancien chef aide-de-camp du roi Bhumibol Adulyadej, a déposé une plainte au poste de police Phra Ratchawang alléguant que Thaksin et son adjoint Visanu Krue-Ngarm avaient accompli des gestes de lèse-majesté dans le temple.

Thanakorn Pakdeepol, un déséquilibré mental âgé de 27 ans, a détruit à coup de marteaux la statue de Brahma (Phra Phrom) dans le temple d'Erawan le 21 mars 2006. La foule l'a lynché à mort. Au cours de la manifestation anti Thaksin du lendemain, Sondhi Limthongkul a affirmé que Thaksin Shinawatra avait orchestré la destruction de la divinité afin de remplacer Brahma avec par une "force obscure" qui lui était favorable, en prétendant détenir des informations très précises. On les attend toujours.

De nombreux leaders politiques se sont livrés à des attaques personnelles contre Thaksin, notamment le sénateur Karoon Sai-Ngam de la province de Buriram, qui a demandé aux femmes de passer des photos de Thaksin entre leurs jambes et maudire Thaksin trois fois pour qu'il quitte la Thaïlande et aille à Singapour.

Sulak Sivaraksa, qui a obtenu le "Right Livelihood Award" a raconté aux médias que Thaksin Shinawatra avait commis l'adultère... "je n'ai pas de preuves tangibles mais il y a beaucoup de rumeurs qui indiquent que Thaksin et ses ministres se sont livrés à des ébats sexuels illégitimes, et que Thaksin a été infidèle à sa femme. Il y a même un petit enfant qui lui ressemble étonnamment. Tout cela ne peut pas être prouvée, nous devons lui accordé le bénéfice du doute. La vie sexuelle de Thaksin sera étalée au grand jour après sa chute, comme celle du dictateur Sarit Thanarat".

L'affaire pour laquelle Thaksin peut être sérieusement être mis en cause moralement concerne la vente des actions de sa famille dans Shin Corporation pour 1.88 milliard de dollars à la Temasek Holdings basée à Singapour, trois jours après l'adoption par le Parlement de la loi "Thai Telecommunication Act". La transaction a bénéficié d'une exemption fiscale sur les plus-values, en application de la loi qui exonère les particuliers et non les entreprises.
La "Thailand Securities and Exchange Commission" a enquêté sur la légalité de la transaction. Le fils de Thaksin, Panthongtae, a été poursuivi pour ne pas avoir respecter les règles d'information entre 2000 et 2002. Il a été condamné à une amende de 6 millions de bahts. Les enquêteurs n'ont décelé aucun délit d'initiés. Les militaires qui ont organisé le coup d'état ont relancé la procédure, en accusant Thaksin d'avoir vendu un actif stratégique de la Thaïlande à des étrangers, et donc un morceau du pays. Le porte-parole du Parti démocrate, qui n'ont pas critiqué le coup d'état (euphémisme) a qualifié Thaksin d'homme politique pire que le dictateur Saddam". Le dirigeant du Parti démocrate Abhisit Vejjajiva avait critiqué Thaksin plus tôt pour ne pas avoir ouvert le secteur des télécommunications thaïlandais aux étrangers. Comique.

Bien que déclaré innocent de toutes les accusations portées contre lui lors de la vente de ses actions dans la Shin Corporation, l'affaire va servir de ferment au mouvement des Chemises Jaunes voulant "sauver la monarchie". Les manifestations ont fortement mobilisé parmi les classes moyennes et supérieures de Bangkok, qualifiés de "Blue Blood Jet Set" par le Bangkok Post. Elles ont été rejointes par la secte bouddhiste Santi Asoke du moine Luang Ta Maha Bua, très contesté, et les employés des entreprises menacées de privatisations, qui ne voulaient pas perdre leur statut de fonctionnaires. Quelques intellectuels se sont joints au mouvement.
Le 24 janvier 2006, des centaines de manifestants avec à leur tête Sondhi Limthongkul, l'ancien sénateur Pratin Santiprapop, Klanarong Chantik, et le député du NPD Kalaya Sophonpanich ont fait irruption dans Government House à minuit et demi. Ils ont occupé les bâtiment pendant 20 minutes, avant de se regrouper à l'extérieur. Une manifestation anti-Thaksin a réuni entre 40.000 et 50.000 manifestants (estimation de la presse) le 24 février 2006. Les suivantes pas plus de 5.000 à 15.000 selon les estimations de l'AFP et de Reuters.

Le 24 février 2006, Thaksin annonçait le dissolution du Parlement et de nouvelles élections pour le 2 avril, afin de mettre un terme à l'affaire de la vente des actions de la Shin Corporation. Dans son allocution hebdomadaire à la radio après l'annonce de sa décision, monsieur Thaksin a promis de nouvelles mesures populistes, notamment des augmentations de salaire pour les fonctionnaires, une augmentation du salaire minimum et des allégements de la dette pour les agriculteurs. L'opposition démocrate, les partis d'opposition Chart Thai et Mahachon ont annoncé le 27 février qu'ils boycottaient les élections.

"The Nation" a révélé sa vraie nature. Le quotidien a critiqué les élections, par ce qu'elle ne prenaient pas en compte une erreur majeure du concept de démocratie dans les pays moins développés comme la Thaïlande, où la masse des pauvres gens mal informée se laisse facilement manipulée par des gens peu scrupuleux.

Les Chemises Jaunes ont pratiqué l'escalade. Le chef bouddhiste Sulak Sivaraksa a qualifié Thaksin de "chien pitoyable" lors d'une manifestation organisée le 26 février 2006 et le président du groupe des enseignants du Nord-Est, Auychai Watha, a souhaité que les enfants de Thaksin deviennent des "prostitués infectés par des maladies vénériennes".

La manifestation en faveur du Premier ministre a réuni des 150.000 à 200.000 personnes le 3 mars 2006. Thaksin s'est alors engagé a refusé le poste de Premier ministre si son parti obtenait moins de suffrages que le nombre d'abstentions et de voix aux petits partis, alors que l'opposition refusait de prendre part au vote. Un manifestation anti-Thaksin a réuni quelques dizaines de milliers de manifestants les 5 mars 2006, avec pour mot d'ordre : "Thaksin dehors" et "Restaurons le pouvoir du Roi". A partir du 13 mars 2006, les manifestants se sont installés avec des tentes en face du Government House, au carrefour de Miskawan, rendant la circulation impossible dans le quartier. Le 15 mars 2006, les partisans de Thaksin en provenance du Nord-Est du pays se sont rassemblés à Bangkok. Ils ont garé leur " Ee Taen" dans le Parc de Chatuchak, où ils ont été rejoints par 400 "motorcycle taxi drivers" qui prostestaient contre les pots de vins qu'ils devaient verser à la police. Le 19 mars 2006, des partisans de Thaksin ont brûlé le cercueil d' Apirak Kosayothin, le gouverneur démocrate de Bangkok, qui voulait évacuer le Parc de Chatuchak. Les adversaires de Thaksin ont provoqué d'importants dégâts dans le centre d'affaires de Bangkok (Bumrungrad International Hospital, The Emporium, et Siam Square... Siam Centre, Siam Discovery, Siam Paragon). Un sondage a indiqué que 71% des habitants de Bangkok ont désapprouvé l'initiative.

Le 24 mars 2006, devant 50.000 personnes réunies à Sanam Luang, le dirigeant du Parti démocrate Abhisit Vejjajiva a demandé que le Roi Bhumibol Adulyadej nomme un nouveau Premier ministre et un nouveau Cabinet pour résoudre la crise politique. L'Alliance populaire pour la démocratie (PAD ), le Barreau de la Thaïlande, et le Conseil de la presse de la Thaïlande ont également appelé à l'intervention royale. Les demandes d' intervention royale sont restées lettres mortes. Le roi lui-même dans son discours prononcé le 26 avril devant les juges nouvellement nommés, a rejeté l'idée en disant que l'article 7 de la Constitution invoqué par les manifestants anti-Thaksin ne lui donne pas ce pouvoir. "Demander qu'un Premier ministre soit nommé royalement est antidémocratique. C'est pardonnez-moi, un gâchis. C'est irrationnel".

Les élections du 3 avril 2006 ont permis à Thaksin de réunir 16 millions de voix, avec 10 millions d' abstentions et des bulletins nuls. Il obtient 66% des suffrages exprimés et de remporter 462 sièges au Parlement. Les partis d'opposition ont demandé l'annulation du vote. Thaksin Shinawatra, est apparu à la télévision pour annoncer sa victoire et appeler à l'unité dans le royaume. Il a réitéré sa proposition de mise en place d'un gouvernement d'union nationale, et a proposé la création d'une commission de réconciliation indépendante, composée de trois anciens présidents du parlement, trois présidents Cour suprême, et trois anciens premiers ministres et recteurs des universités, pour mettre fin à l'impasse politique.

Après une audience avec le roi Bhumibol, Thaksin a annoncé le 4 avril 2006 qu'il n'accepterait pas le poste de Premier ministre après la reprise des travaux parlementaires.
Le 8 mai 2006, la Cour constitutionnelle a invalidé les résultats des élections d'avril et ordonné un nouveau tour de scrutin, en octobre.

On a accusé Thaksin d'avoir organisé un complot pour renverser le souverain à la veille du 60ème anniversaire du règne du roi Bhumibol Adulyadej. Thaworn Senniam, le secrétaire général adjoint du Parti démocrate, a confirmé l'authenticité du plan "Finlande". Thaskin a menacer de poursuivre le propriétaire du quotidien Sondhi Limthongkul, son rédacteur en chef, un chroniqueur et deux cadres pour diffamation.

Thaksin a dénoncé "des gens ayant une forte aura et certaines organisations autres que celles sanctionnées par la Constitution, qui tentent de renverser le gouvernement, les règles et les lois, la Constitution et la démocratie". Plusieurs membres de la famille royale ont considéré que Thaksin faisait allusion au roi Bhumibol ou au président de son Conseil privé Prem Tinsulanonda. Sondhi Limthongkul a demandé au public de prendre position et de choisir entre le roi et Thaksin. Le 14 juillet 2006, le président du Conseil privé Prem Tinsulanonda s'est adressé aux cadets de l' Académie royale militaire de Chulachomklao, en leur disant que l'armée thaïlandaise doit obéir aux ordres du roi, pas à ceux du gouvernement.

Le 24 août 2006, une voiture contenant 67 kg d'explosifs s'est garée à proximité de la résidence de M. Thaksin à Thonburi. Selon le lieutenant général Wiroj Jantharangsee, Commissaire du Metropolitan Police Bureau, la charge était opérationnelle, équipée d'une commande à distance et prête à exploser en faisant des dégâts dans un rayon d'environ 1 kilomètre. La voiture avait été conduite par le lieutenant Thawatchai Klinchana, ancien chauffeur personnel de Pallop Pinmanee, directeur adjoint du commandement des opérations de sécurité intérieure (ISOC). La police a découvert que la voiture avait quitté le siège ISOC plus tôt ce matin.Thawatchai a été immédiatement arrêté et Pallop a été démis de ses fonctions. Pallop a nié toute implication, soulignant que "si on avait voulu le faire, je l'aurais fait plus subtilement... Dans ma carrière, j'ai dirigé des escadrons de la mort. Si j'avais voulu le tuer, le premier ministre n'aurait pas échappé". Selon les opposants au gouvernement, la voiture piégée n'était qu'un coup monté du gouvernement. Cinq officiers ont été arrêtés pour leur rôle dans le complot. Le lieutenant général Pirach Swamivat, un camarade de classe de Pallop à la Royal Military Academy de Chulachomklao, a dit qu'il pensait que Pallop avait obéi à des ordres. Trois officiers ont été libérés après le coup d'Etat.

La préparation du coup d'Etat, qui a commencé en février 2006, s'est poursuivie durant la crise. Face aux rumeurs, le général Sonthi Boonyaratglin a affirmé en mai 2006 que l'armée ne prendrait pas le pouvoir. Le 20 juillet 2006, des officiers favorables à Thaksin ont été mutés. Les commandant de la "3rd Army Area", Saprang Kalayanamitr, a indiqué que "le niveau de la politique thaïlandaise était inférieur aux standards, et que la Thaïlande ne jouissait pas d'une réelle démocratie". Les chars se sont approchés de Bangkok en août 2006. Les militaires ont évoqués des exercices militaires. Le coup d'Etat a eu lieu le 19 septembre 2006, alors que Thaksin assistait à l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies à New York.
Dans un communiqué, le Conseil de la réforme démocratique militaire a évoqué le crime de lèse-majesté du gouvernement, des interférences avec les organismes publics, et la création de divisions sociales pour justifier le putsch.

Les militaires et les opposants politiques de Thaksin ont cherché partout pour l'inculper et le discréditer aux yeux de l'opinion. En octobre 2008, il est reconnu coupable de conflit d’intérêts dans le cadre d’une transaction immobilière liée à son épouse et condamné par contumace à deux ans d'emprisonnement par la Cour suprême criminelle des délits politiques. Il n'ont rien trouvé d'autre ! (sources : wikipedia)

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Published by liberez-somyot
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