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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 09:51

Thaïlande: Bangkok secouée par des violences autour du siège du gouvernement, 4 morts et des dizaines de blessés

Lien de l'article:

http://www.huffingtonpost.fr/2013/12/01/violences-thailande-siege-gouvernement_n_4366855.html?utm_hp_ref=fb&src=sp&comm_ref=false

INTERNATIONAL - La police thaïlandaise a utilisé gaz lacrymogènes et canons à eau contre les manifestants menaçant dimanche de prendre le siège du gouvernement, après des violences qui ont fait quatre morts et des dizaines de blessés.

Au coeur de la colère des manifestants, alliance hétéroclite de bourgeois conservateurs proches du Parti démocrate, le principal parti d'opposition, et de groupuscules ultra-royalistes: une haine profonde du frère de la Première ministre Yingluck Shinawatra, le milliardaire Thaksin Shinawatra.

Les manifestants -qui étaient dimanche, selon la police, 70.000 à travers Bangkok contre près de 180.000 il y a une semaine- accusent Thaksin, renversé de son poste de Premier ministre par un coup d'État en 2006, d'être toujours le véritable décisionnaire de la politique du gouvernement depuis son exil à Dubaï.

Deux visages du mouvement de protestation étaient visibles dimanche. Devant une entrée du siège du gouvernement, des assauts répétés de quelques centaines de manifestants violents, déplaçant les blocs de béton et cisaillant les rouleaux de fil barbelé. Ils ont été repoussés systématiquement par des gaz lacrymogènes et des canons à eau.

Grève des fonctionnaires lundi

Devant une autre entrée, un sit-in pacifique avec la formule "Berlin wall in Bangkok" ("le mur de Berlin à Bangkok") peinte sur les blocs.

Suthep Thaugsuban, meneur du mouvement, a assuré avoir rencontré la Première ministre. "Yingluck n'a répondu à rien (...) Nous maintenons nos plans. Cela sera fini dans deux jours", a dit Suthep, toujours en liberté malgré un mandat d'arrêt pour l'occupation du ministère des Finances. Il a aussi appelé les fonctionnaires à se mettre en grève à partir de lundi.

Le vice-Premier ministre Pracha Promnog a conseillé à la population de ne pas sortir entre 22h00 et 5h00 pour des raisons de sécurité, promettant un retour "à la normale aussitôt que possible". Après l'occupation et le siège cette semaine de ministères et d'administrations, que les autorités ont tolérés de crainte d'aviver la tension, les manifestants ont été autorisés à pénétrer dimanche dans l'enceinte du ministère de l'Intérieur.

Dimanche matin, les meneurs des "chemises rouges", partisans du pouvoir, réunis par dizaines de milliers dans un stade à Bangkok, avaient appelé leurs troupes à se disperser, par crainte de violences et "afin de ne pas compliquer davantage la tâche du gouvernement".

Les violences ont éclaté samedi soir près du stade, quand des opposants ont attaqué à coups de pavés un autobus transportant des "chemises rouges". Un homme de 21 ans a été tué par balles dans des circonstances non élucidées. Trois autres personnes sont mortes et 57 ont été blessées, selon les secours. Au moins deux "rouges" feraient partie des victimes, selon la police.

18 coups d'État depuis 1932

Les meneurs du mouvement avaient réclamé un ultime effort pour obtenir dimanche la "victoire" avant l'anniversaire du roi Bhumibol le 5 décembre, célébrations pendant lesquelles il est impensable de manifester, dans une société thaïlandaise très attachée à son roi. L'escalade de la tension depuis un mois, qui a franchi un cap ce week-end, fait redouter le pire dans un pays prompt à s'embraser. Plusieurs grands centres commerciaux, dont l'un avait été incendié pendant la crise de 2010, ont été fermés.

Au printemps 2010, environ 100.000 "rouges" avaient occupé le centre de Bangkok pendant deux mois pour réclamer la chute du gouvernement, avant un assaut de l'armée. La crise, qui avait fait environ 90 morts et 1900 blessés, avait mis en lumière les divisions de la société entre masses défavorisées du Nord et du Nord-Est, fidèles à Thaksin, et les élites de la capitale qui les voient comme une menace pour la monarchie.

Le mouvement actuel a été provoqué par un projet de loi d'amnistie taillé sur mesure, selon l'opposition, pour permettre le retour de Thaksin, en exil pour échapper à une condamnation à la prison pour malversations financières. Malgré le rejet du texte par le Sénat, les manifestants n'ont pas désarmé.

Dans un pays qui a connu 18 coups d'État ou tentatives de coups depuis l'établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932, l'armée, appelée en renfort par la police dimanche, a prié les manifestants de ne pas lui demander de prendre parti. Ce qui ne l'a pas empêchée de laisser apparaître des dissensions, le puissant chef de l'armée de terre, le général Prayut Chan-O-Cha, critiquant l'usage de gaz lacrymogènes par la police.

 

Thaïlande: la Première ministre refuse de démissionner

Lien de l'article:

http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/thailande-nouvelles-echauffourees-entre-manifestants-et-police_1304308.html

Bangkok - La Première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, a refusé lundi de démissionner, rejetant comme inconstitutionnelle l'exigence des manifestants de remplacer son gouvernement par un "conseil du peuple", lors de sa première allocution télévisée depuis les manifestations violentes du week-end.

La Première ministre thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, a refusé lundi de démissionner, rejetant comme inconstitutionnelle l'exigence des manifestants de remplacer son gouvernement par un "conseil du peuple", lors de sa première allocution télévisée depuis les manifestations violentes du week-end.

"Je suis prête à tout faire pour que le peuple soit heureux. Mais en tant que Premier ministre, ce que je fais doit être en adéquation avec la Constitution", a-t-elle déclaré, rejetant l'idée du "conseil du peuple" non issu d'élections réclamé par l'opposition.

Elle n'a certes pas annoncé sa démission lundi, mais a laissé la porte ouverte d'une éventuelle dissolution du Parlement voire de son départ.

"Je ne m'accroche pas à ma position, une démission ou une dissolution du Parlement peuvent être envisagés si cela pouvait calmer les manifestants et restaurer le calme", a-t-elle dit, appelant pour la énième fois l'opposition à négocier.

"Une dissolution du Parlement ou une démission sont deux moyens qui respectent la loi constitutionnelle", a-t-elle insisté.

Elle s'est par ailleurs dite confiance dans le soutien de l'armée, très puissante en Thaïlande, marquée par 18 coups d'Etat ou tentatives de coup d'Etat depuis 1932, date à laquelle la Thaïlande est devenue une monarchie constitutionnelle.

"Les forces armées resteront neutres. Je sais qu'elles veulent voir le pays en paix", a-t-elle dit.

Des milliers de manifestants ont affronté lundi les forces de l'ordre protégeant le siège du gouvernement à Bangkok, où la tension est montée d'un cran, le meneur de l'opposition ayant donné un "ultimatum" de deux jours au gouvernement pour partir.

Au coeur de la colère des manifestants, alliance de bourgeois conservateurs proches du Parti démocrate et de groupuscules ultra-royalistes: une haine profonde du frère de la Première ministre Yingluck Shinawatra, le milliardaire Thaksin Shinawatra.

Les manifestants accusent l'ex-Premier ministre Thaksin, renversé par un coup d'État en 2006, d'être toujours celui qui décide en coulisses de la politique du gouvernement.

 

Thaïlande: deuxième mandat d'arrêt lancé contre Suthep, meneur de la fronde

Lien de l'article:

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20131202-thailande-mandat-arret-insurrection-suthep-thaugsuban-yingluck-shinawatra

La tension monte d'un cran en Thaïlande. Des heurts ont eu lieu ce mardi entre manifestants et forces de l'ordres aux abords du siège du gouvernement. Dans les rues de la capitale, des milliers de personnes réclament la démission de la Première ministre, qui refuse de partir. Quant au leader du mouvement antigouvernemental, Suthep Thaugsuban, il est désormais visé par un nouveau mandat d'arrêt pour « insurrection ».

On a appris qu'un mandat d'arrêt pour « insurrection » a été émis à l'encontre de Suthep Thaugsuban, le leader du mouvement antigouvernemental. Un mandat d'arrêt avait déjà été émis contre lui par la police, mais cette dernière n'était jamais passée à l'acte, probablement pour ne pas envenimer une situation déjà très tendue.

Ce deuxième mandat d'arrêt pour « insurrection » est lourd de conséquences s'il est mis à exécution. Suthep Thaugsuban est passible de la peine de mort ou de la prison à vie et son arrestation risquerait de faire basculer le pays dans la violence.

Suthep Thaugsuban, ancien député du Parti démocrate conservateur, est quelqu'un de très controversé. Il est à l'origine de la violente répression des manifestations des « chemises rouges » qui réclamaient la chute du gouvernement au printemps 2010. L'assaut de l'armée pour mettre fin à deux mois d'occupation s'était soldé par la mort 90 morts et 1 900 blessés. Il est d'ailleurs poursuivi pour meurtre dans ces événements.

Yingluck Shinawatra refuse de plier

Depuis un mois, Suthep Thaugsuban ne cesse d'appeler la cheffe du gouvernement à démissionner. Il a organisé plusieurs actions « coup de poing » en occupant des bâtiments publics et des ministères. Dimanche soir, après avoir rencontré en personne la n°1 du gouvernement, il a lancé un nouvel ultimatum à cette dernière, Yingluck Shinawatra, qui refuse de quitter le pouvoir, du moins pour l'instant, continuant d'appeler l'opposition au dialogue et au calme.

Yingluck Shinawatra s'est d'ailleurs exprimée ce mardi, dans une conférence de presse télévisée. Elle a réitéré son offre de dialogue à l'opposition, tout en refusant de répondre favorablement à la demande que lui avait formulé, en personne et de visu, dimanche soir, Suthep Thaugsuban, à savoir la création d'un « conseil du peuple » non issu d'élections pour réformer en profondeur le système politique thaïlandais.

Ce lundi, le quotidien conservateur The Nation a indiqué qu'une nouvelle rencontre entre Suthep et Yingluck était en cours. Le journal ajoutait qu'une annonce importante devait être faite à l'issue de cet entretien. Depuis, rien n'a filtré.

 

Violents heurts à Bangkok, la Première ministre "ouverte au dialogue"

Lien de l'article:

http://www.france24.com/fr/20131202-thailande-violents-heurts-yingluck-ouverte-dialogue

Lundi, des milliers de manifestants ont affronté les forces de l'ordre en Thaïlande pour faire tomber le gouvernement. La Première ministre, Yingluck Shinawatra, qui a exclu de démissionner, s'est dite ouverte au dialogue.

La mobilisation en Thaïlande se poursuit. De nouvelles échauffourées ont eu lieu lundi 2 décembre au matin à Bangkok entre les forces de l'ordre et les milliers de manifestants d'opposition voulant faire tomber le gouvernement. De son côté, la Première ministre, Yingluck Shinawatra, a réitéré son offre de dialogue pour désamorcer la plus grave crise politique du royaume depuis 2010.

Lors d'une conférence de presse télévisée organisée après une deuxième journée d'affrontements dans la capitale, Yingluck Shinawatra a affirmé que les généraux n'interviendraient pas. "L'armée s'est placée en position de neutralité et elle souhaite une solution pacifique", a-t-elle dit, promettant d'ouvrir "toutes les portes" à la négociation.

Le rôle décisif de l'armée

Mais quelques minutes après son allocution, le chef de la police a déclaré que les forces de l'ordre avaient tiré des balles en caoutchouc contre des protestataires qui menaçaient de marcher jusqu'au siège du gouvernement."Nous utilisons en alternance canons à eau, gaz lacrymogène et balles en caoutchouc dans un seul secteur, celui du pont près du siège du gouvernement", a déclaré Paradorn Pattanathabutr.

"Reste à connaître le rôle que va tenir l'armée thaïlandaise", estime Cyril Payen, envoyé spécial de FRANCE 24 à Bangkok. "Elle s'est souvent invitée dans la politique du pays, avec pas moins de 18 coups d'État. Pour le moment, elle observe mais elle pourrait avoir un rôle de pivot dans cette crise", précise le journaliste.

"Journée de la victoire"

Des échauffourées ont eu lieu devant le siège de la police métropolitaine. Face à la gravité de la situation, plusieurs grandes universités, invoquant la sécurité des étudiants, sont restées fermées.

Après avoir décrété sans succès dimanche "journée de la victoire", le chef des contestataires, Suthep Thaugsuban, a fixé à mardi une nouvelle date butoir pour que Yingluck Shinawatra renonce au pouvoir.

Le grand meneur de la contestation fait, par ailleurs, l'objet d'un mandat d'arrêt contre lui."Même si je dois mourir au champ de bataille, je sais que je serai relayé" a déclaré Suthep Thaugsuban.

Crainte d'un retour de Thaksin

Au cœur de la colère des manifestants, alliance hétéroclite de bourgeois conservateurs proches du Parti démocrate, le principal parti d'opposition, et de groupuscules ultra-royalistes : une haine profonde de Thaksin Shinawatra, frère de la Première ministre. Ils accusent le milliardaire, renversé de son poste de Premier ministre par un coup d'État en 2006, d'être toujours le véritable décisionnaire de la politique du gouvernement depuis son exil à Dubaï.

Le mouvement de contestation a été provoqué par un projet de loi d'amnistie taillé sur mesure, selon l'opposition, pour permettre le retour de Thaksin, en exil pour échapper à une condamnation à la prison pour malversations financières. Malgré le rejet du texte par le Sénat, les manifestants n'ont pas désarmé. Dimanche, on comptait encore environ 70 000 manifestants à Bangkok.

Ban Ki-moon "préoccupé"

L'escalade de la tension depuis un mois, qui a franchi un cap ce week-end, fait redouter le pire dans un pays prompt à s'embraser. Plusieurs grands centres commerciaux, dont l'un avait été incendié pendant la crise de 2010, ont été fermés.

En marge de la Conférence générale de l'agence des Nations unies pour le développement industriel (ONUDI), à Lima au Pérou, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a déclaré à la presse "noter avec préoccupation les tentatives répétées des manifestants d'occuper par la force les bâtiments officiels et des médias".

 

Thaïlande : nouveaux heurts à Bangkok, les négociations dans l'impasse

Lien de l'article:

http://www.france24.com/fr/20131202-crise-politique-thailande-shinawatra-heurts-manifestants-policiers

En Thaïlande, des milliers de manifestants d'opposition sont toujours mobilisés. Lundi, de nouvelles échauffourées les ont opposés aux forces de l'ordre, au lendemain d'une entrevue entre le meneur de la contestation et la Première ministre.

La mobilisation en Thaïlande se poursuit. De nouvelles échauffourées ont eu lieu lundi 2 décembre au matin en Thaïlande entre forces de l'ordre et les milliers de manifestants d'opposition voulant faire tomber le gouvernement. Ces heurts surviennent au lendemain d'une entrevue entre le leader du mouvement et la Première ministre contestée Yingluck Shinawatra.

"Yingluck n'a répondu à rien (...) Nous maintenons nos plans. Cela sera fini dans deux jours", a ainsi rapporté à l'issue de la rencontre Suthep Thaugsuban, le meneur de la contestation toujours en liberté malgré un mandat d'arrêt pour l'occupation du ministère des Finances.

Lundi, la police a de nouveau eu recours à des tirs de gaz lacrymogènes pour défendre

le siège du gouvernement, sous haute protection, entouré de blocs de béton et de rouleaux de fil barbelé, selon des journalistes de l'AFP sur place. Les manifestants jetaient quant à eux des projectiles sur les policiers, notamment des barres.

Des échauffourées ont également eu lieu devant le siège de la police métropolitaine, où de nombreux gaz lacrymogènes ont été tirés, selon des journalistes de l'AFP sur place. Lundi, la plupart des universités de Bangkok étaient fermées, pour des raisons de sécurité.

Crainte d'un retour de Thaksin

Au cœur de la colère des manifestants, alliance hétéroclite de bourgeois conservateurs proches du Parti démocrate, le principal parti d'opposition, et de groupuscules ultra-royalistes : une haine profonde du frère de la Première ministre Yingluck Shinawatra, Thaksin Shinawatra. Ils accusent le milliardaire renversé de son poste de Premier ministre par un coup d'État en 2006, d'être toujours le véritable décisionnaire de la politique du gouvernement depuis son exil à Dubaï.

Le mouvement de contestation a été provoqué par un projet de loi d'amnistie taillé sur mesure, selon l'opposition, pour permettre le retour de Thaksin, en exil pour échapper à une condamnation à la prison pour malversations financières. Malgré le rejet du texte par le Sénat, les manifestants n'ont pas désarmé. Dimanche, on comptait environ 70 000 manifestants à travers Bangkok contre près de 180 000 il y a une semaine.

L'escalade de la tension depuis un mois, qui a franchi un cap ce week-end, fait redouter le pire dans un pays prompt à s'embraser. Plusieurs grands centres commerciaux, dont l'un avait été incendié pendant la crise de 2010, ont été fermés.

La dernière apparition publique de la Première ministre remonte à samedi.

"L'armée s'invite souvent dans la politique thaïlandaise."

Par Cyril PAYEN, correspondant de France 24 à Bangkok

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 09:16

Qui sont les manifestants anti-gouvernementaux thaïlandais, que veulent-ils?

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l'article:

http://redthaisocialist.com/francais/460-qui-sont-les-manifestants-anti-gouvernementaux-thailandais-que-veulent-ils.html


Des milliers de royalistes de la classe moyenne devenus fous, dirigés par le notoire Parti Démocrate aux mains ensanglantées, manifestent pour tenter de se débarrasser du gouvernement et de l'ensemble de l'influence de l'ancien Premier ministre Taksin en politique. Ils espèrent que les militaires vont les aider à le faire. Ils ont occupé des bâtiments gouvernementaux et bloquent des routes.
Ce sont ces gens qui ont appelé à soutenir le coup d'Etat militaire de 2006. A l'époque on les appelait les "Chemises jaunes" et ils rejetaient déjà les résultats répétés des élections qui donnaient une écrasante majorité au parti Thai Rak Thai dirigé par Taksin Shinawat. Ils affirmaient, et affirment encore, que la majorité des Thaïlandais sont "trop stupides et incultes" pour mériter le droit de vote. Ils veulent que les militaires ou le roi interviennent dans la vie politique. Ils défendent le fait que des sénateurs soient nommés. En 2008, après que le Parti Démocrate ait de nouveau perdu une autre élection démocratique, ils ont occupé les aéroports internationaux et saccagé des bâtiments gouvernementaux jusqu'à ce que les tribunaux pro-militaires dissolvent le gouvernement élu et que l'armée installe Abhisit Vejjajiva du Parti démocrate comme Premier ministre. Le mouvement pro-démocratie chemise rouge a été créé à la suite de cela.
Les manifestants sont aussi ceux qui ont soutenu la répression sanglante contre les manifestants pro-démocratie chemises rouges en 2010, où quatre-vingt dix personnes ont été tuées par l’armée. Aujourd'hui, l'homme fort du Parti Démocrate, Sutep Tueksuban, appelle à la "restauration de la monarchie absolue". Ces réactionnaires ne pourront jamais gagner une élection. Les élections répétées depuis 2006 l'ont prouvé. Ils prétendent être pro-démocratie et aiment porter des masques "Guy Fawkes" pour faire semblant d'être comme le mouvement "Occupy".
En plus de leurs points de vue anti-démocratiques, ce sont aussi des néo-libéraux extrêmes. Ils parlent constamment de "discipline budgétaire" et sont opposés à ce que des fonds publics soient dépensés en soins de santé et pour améliorer la condition des pauvres. Ils s'opposent à l'appui du gouvernement pour les producteurs de riz et sont opposés à la transformation de l'actuelle infrastructure ferroviaire en décomposition de Thaïlande en un système à grande vitesse. Pourtant, ils ne s'opposent pas aux dépenses massives en faveur de l'armée […]
Ils mentent en prétendant être "anti- corruption". La question de la corruption est utilisée par eux dans le but d'attaquer Taksin, mais ils restent silencieux sur la vieille corruption institutionnelle de l'armée qui dure depuis des décennies[...] Ils font aussi semblant d'ignorer la corruption au sein du Parti Démocrate.
Quand les journalistes mettent en garde contre de possibles "violences" à Bangkok, ils devraient essayer de se rappeler quelques faits: C'était l'armée et le Parti Démocrate qui ont délibérément abattu des manifestants pro-démocratie en 2010. Mais les journalistes aiment encore répéter des absurdités sur un soi-disant "affrontement" entre les militaires et les Chemises rouges, alors qu'il s'agissait en fait d'une partie de tir aux canards pour l'armée.


Les militaires?
Malgré les images de chaos à Bangkok, les manifestants anti-gouvernementaux sont en position de faiblesse. Ils n'ont jamais été en mesure de faire quoi que ce soit sans l'armée et ils n'ont aucune légitimité démocratique. Il est douteux que l'armée soit prête à renverser le gouvernement Yingluk dès maintenant. Un accord entre Taksin et l'armée a été conclu en 2011. Il y a des zones grises non couvertes par l'accord et l'armée ne peut pas contrôler ce que les "jaunes" disent et font. La question concerne plus ce que serait le gain militaire d'un coup. Les militaires ont déjà un accord comme quoi ils ne seront pas poursuivis pour le coup d'Etat ou leurs atteintes graves aux droits de l'homme. Les généraux contrôlent toujours l'armée et ses entreprises lucratives, comme les médias. Quelle excuse donneraient-ils pour un coup d'Etat et comment pourraient-ils gouverner face à une massive opposition populaire vis à vis d'un tel putsch? Les tribunaux ont eu la possibilité de renverser le gouvernement par la dissolution du parti au pouvoir. Mais ils simplement jugé qu'il était "inconstitutionnel" de la part du Parlement de modifier la constitution militaire afin d'assurer que tous les sénateurs soient élus [...] Donc, il semble difficile que le gouvernement soit renversé. Pourtant, la politique peut être pleine de surprises. Nous devrons être attentif à ce qui se passe.


Le gouvernement Yingluk
Le gouvernement du Parti Pua Thai de Yingluk Shinawat a déclenché cette crise contre lui-même en essayant de faire passer un projet de loi d'amnistie générale qui aurait laisser tous les militaires et tueurs du Parti démocrate impunis. Cela aurait également permis à Taksin de revenir en Thaïlande. La possible amnistie de Taksin a rendu furieux les Chemises jaunes, mais c'était aussi une claque dans le visage des Chemises rouges qui avaient combattu la dictature et sont morts pour cela. L'amnistie ne couvrait pas les prisonniers politiques détenus pour lèse-majesté. On ne peut pas faire confiance au gouvernement comme quoi il ne pas conclure un compromis sordide avec ses adversaires de l'élite. La tragédie est que les forces progressistes de gauche sont trop faibles pour prendre la direction du mouvement des Chemises rouges.

 

Photo ci-dessous: Giles Ji Ungpakorn

 

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30 novembre 2013 6 30 /11 /novembre /2013 12:21

Thaïlande: qui sont les manifestants qui veulent la chute du gouvernement?

Lien:

http://www.levif.be/info/actualite/international/thailande-qui-sont-les-manifestants-qui-veulent-la-chute-du-gouvernement/article-4000459460264.htm

Source: L'Express

La pression monte sur le gouvernement tandis que les manifestations se multiplient en Thaïlande. Qui sont ces opposants? Que veulent-ils et quelles sont les suites possibles? Eléments de réponse.

Les manifestants demandant la chute du gouvernement thaïlandais sont unis par leur haine de l'ex-Premier ministre Thaksin Shinawatra, frère de la Première ministre Yingluck, chassé par un coup d'Etat en 2006.

Que veulent-ils?

Mobilisés depuis des semaines par le Parti démocrate, principal parti d'opposition, ils réclament la fin du "système Thaksin", en référence à Thaksin Shinawatra, Premier ministre chassé du pouvoir par un coup d'Etat en 2006, accusé de continuer à contrôler la politique depuis son exil, avec sa soeur Yingluck à la tête du gouvernement.

Un projet de loi d'amnistie, taillé sur mesure pour permettre le retour de Thaksin selon les manifestants, a mis le feu aux poudres fin octobre. Mais depuis, malgré le rejet de la loi par le Sénat, les manifestants voient plus large, réclamant la chute du gouvernement, sans que leur stratégie sur l'après-chute soit claire.

Quelles sont les forces en présence?

La Thaïlande est divisée depuis des années entre deux tendances, souvent résumées à "chemises rouges" contre "chemises jaunes".
Les "chemises rouges", partisans du parti au pouvoir Puea Thai, réunissent masses rurales et urbaines défavorisées du nord et du nord-est du pays, fidèles à Thaksin. Plusieurs milliers de "rouges" sont rassemblés depuis dimanche dans un stade de Bangkok en soutien au gouvernement. Les manifestations des "chemises jaunes" ont été un élément clef du coup d'Etat contre Thaksin en 2006 et elles ont également aidé à chasser du pouvoir deux chefs de gouvernement pro-Thaksin en 2008.

L'organisation n'est plus vraiment active, même si on retrouve certains de ses membres dans les actuelles manifestations. Ils sont traditionnellement alliés au Parti démocrate, rassemblant les élites de Bangkok gravitant autour du palais royal. Le principal meneur des manifestants est Suthep Thaugsuban, figure du Parti démocrate. Un mandat d'arrêt a été émis contre lui pour l'occupation d'un ministère. Le Parti démocrate ne se met pas en avant en tant que force organisatrice, et Suthep a récemment démissionné du parti pour éviter des poursuites contre sa formation. Le chef du parti, Abhisit Vejjajiva, fait néanmoins des apparitions sur la scène du Monument de la Démocratie, base arrière où campent les manifestants.

Ceux-ci sont d'horizons différents. On y croise des cadres bangkokiens qui viennent manifester après leur journée de travail mais aussi des cultivateurs de caoutchouc du sud de la Thaïlande convoyés en bus et nourris par les organisateurs. Des groupes disparates se joignent aux manifestations, comme les ultra-royalistes de l'Armée du peuple pour renverser le régime Thaksin ou le Réseau des étudiants et citoyens pour la Thaïlande.

Quelles possibles suites?

1. L'expulsion des manifestants des ministères et la répression des manifestations par les forces de l'ordre. Un scénario que les autorités cherchent à éviter.
2. La descente dans la rue des "chemises rouges" pour en découdre avec leurs opposants.
3. L'appel à des élections anticipées par la Première ministre, la motion de censure examinée mardi au Parlement n'ayant pas de chance d'aboutir (le parti au pouvoir étant majoritaire). Yingluck ne peut cependant pas dissoudre l'assemblée avant la fin du débat sur la motion, prévu jeudi.
4. Un coup d'Etat militaire, comme en 2006. Un scénario qui n'a rien d'exceptionnel dans un pays qui a connu 18 coups d'Etat ou tentatives depuis 1932, date où la Thaïlande est devenue une monarchie constitutionnelle. Pour l'heure, l'armée n'a pas donné de signe en ce sens.
5. Une décision de la Cour constitutionnelle, comme en 2008, quand elle avait dissout le parti du Premier ministre Somchai Wongsawat, beau-frère de Thaksin, en un "coup judiciaire" qui avait permis aux Démocrates de prendre le pouvoir.
6. L'essoufflement du mouvement de protestation à l'approche de l'anniversaire du roi, le 5 décembre. Après des semaines de mobilisation, l'opposition serait victime de sa stratégie de l'usure.
7. Le roi Bhumibol est intervenu lors de crises dans les années 1970 et 1990. Mais le monarque de 85 ans ne s'exprime plus que rarement en public.

 

En Thaïlande, les opposants cherchent l'appui des fonctionnaires

Lien:

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20131127-thailande-anti-gouvernements-cherchent-appui-fonctionnaires?ns_campaign=google_choix_redactions&ns_mchannel=editors_picks&ns_source=google_actualite&ns_linkname=asie-pacifique.20131127-thailande-anti-gouvernements-cherchent-appui-fonctionnaires&ns_fee=0

 

En Thaïlande, les manifestations anti-gouvernementales ne faiblissent pas. Des milliers de manifestants encerclent plusieurs nouveaux ministères. Le leader du mouvement, l'ancien député d'opposition Suthep Thaugsuban, refuse de se livrer à la police après la délivrance d'un mandat d'arrêt contre lui. Il a demandé aux manifestants de se rassembler dans le centre historique de Bangkok pour une annonce importante.

Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Plusieurs milliers de manifestants, agitant des drapeaux thaïlandais et soufflant de tous leurs poumons dans des sifflets, marchent sur le principal centre des fonctionnaires de Bangkok. Ils disent vouloir obtenir le soutien de ceux-ci dans leur campagne contre le gouvernement de Yingluck Shinawatra.

Parmi les manifestants, Kornwika Paediramon, une jeune designer de Bangkok. Pour elle, même si ce gouvernement a été élu, il peut être considéré comme illégitime parce qu'il est sous l'influence de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra. «Les élections, vous savez... Beaucoup de gens disent maintenant que nous devons trouver une nouvelle voie, explique Kornwika Paediramon. Peut-être que la démocratie n'est pas une bonne chose pour nous. Si nous organisons de nouvelles élections, beaucoup de Chemises rouges n'ont pas encore compris ce qu'était le système Thaksin.»

Les Chemises rouges sont les partisans de l'ancien Premier ministre Thaksin. Et pour les manifestants, le «système Thaksin» perdure car celui-ci, depuis son exil, continue à diriger le pays par l'intermédiaire de sa soeur, la chef du gouvernement Yingluck Shinawatra.

 

Thaïlande : les manifestations s'étendent à d'autres villes

Lien:

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/11/27/thailande-les-manifestations-s-etendent-a-d-autres-villes_3520845_3216.html

 

Après Bangkok, ce sont plusieurs villes du sud de la Thaïlande qui sont désormais le théâtre de mouvements de protestations antigouvernement. Le sud est le bastion du Parti démocrate, principal parti d'opposition.

Des manifestants, parfois plusieurs milliers, se sont rassemblés autour de 12 sièges d'administrations provinciales, a informé un haut responsable du ministère de l'intérieur. Notamment à Nakhon Si Thammarat, Surat Thani, et sur l'île touristique de Phuket.

Dans la capitale, les manifestants ont à nouveau marché, mercredi 27 novembre, vers des bâtiments officiels, qu'ils occupent successivement depuis lundi. Plusieurs milliers d'entre eux sont entrés dans un complexe qui abrite plusieurs agences gouvernementales, dans un faubourg éloigné de la ville, tandis que le ministère des finances restait occupé.

La police a annoncé avoir demandé à la justice d'émettre des mandats d'arrêt contre six meneurs. La veille, elle en avait obtenu un contre Suthep Thaugsuban, figure du Parti démocrate, pour l'occupation du ministère des finances. Mais les autorités attendent de lui qu'il se rende, a déclaré Pracha Promnog, vice-premier ministre. « La police ne va pas l'arrêter au milieu des manifestants, a-t-il ajouté, assurant que le pouvoir ne permettrait pas l'occupation du siège du gouvernement et du Parlement. La situation est grave, mais sous contrôle. »

LA CENSURE DISCUTÉE AU PARLEMENT

Les manifestants réclament le départ de la première ministre, Yingluck Shinawatra, et répètent leur haine de son frère Thaksin, premier ministre renversé par un coup d'Etat en 2006, qui reste, malgré son exil, le personnage le plus aimé et le plus haï du royaume.

La colère des manifestants a été déclenchée par une loi d'amnistie, spécialement taillée selon eux pour Thaksin, condamné à deux ans de prison pour malversations. Le rejet du texte au Sénat ne les a pas apaisés.

Une motion de censure déposée par l'opposition contre le gouvernement est en cours de discussion au Parlement. La première ministre s'est dit prête à discuter avec Suthep et a réaffirmé que l'Etat n'aurait « pas recours à la violence ». « Il n'y a qu'une démocratie, et un gouvernement élu, pas de régime Thaksin », a-t-elle dit, rejetant les accusations de ses opposants selon lesquels elle serait la marionnette de son frère.

 

La Thaïlande chancèle, la rue veut faire tomber l’État

Lien:

http://www.radinrue.com/article8916.html

 

Les manifestations ne datent pas d’hier, elles sont quotidiennes et ce depuis des jours et des jours. Toutefois ce vendredi la situation a pris une tournure plus grave pour l’exécutif. Ceux qui veulent la chute du gouvernement de Yingluck Shinawatra se sont emparés des locaux de l’armée, le QG situé à Bangkok, la capitale.

www.radinrue.com le XXIX - XI - MMXIII, 22h25, par notre correspondance propre KM et Jïm Laan,

LA THAÏLANDE vit un tournant décisif dans les tensions politiques qui de jour en jour prennent de l’ampleur. Peu médiatisé, sans doute pour ne pas faire peur aux touristes, la surtension de la rue est de plus en plus forte, et les manifestations de plus en plus proches d’un coup d’état.

Les manifestants ont déjà investis il y a quelques jours des ministères, des locaux de la police et le QG de cette dernière avant hier ; C’est là qu’ils avaient coupé l’électricité. Ce vendredi c’est le Siège central de l’armée de Terre qui a été occupé. Les militaires présents sur place, des officiers, n’ont pas cherché la confrontation violentes, ils ont fait entrer la foule.

Par ailleurs les manifestants ont assiégé également le siège du parti au pouvoir. Leurs revendications portent sur la demande de départ du pouvoir de l’actuel gouvernement. Symboliquement habillé de chemises jaunes, ils réclament le départ de Yingluck Shinawatra ainsi que son frère Thaksin, qui fut Premier ministre mais qui a été renversé en 2006 lors d’un coup d’Etat. Malgré cela, il reste un des personnages les plus influents politiquement dans le royaume. L’exil dont il fait l’objet n’empêche pas sa présence politique dans le pays.

Face à eux, les "rouges" qui soutiennent le gouvernement en place. Ils sont rassemblés depuis dimanche dans un stade de Bangkok en soutien au gouvernement. Et ils annoncent une grande manifestation, au même endroit, pour samedi.

Pendant ce temps, comme pour faire une "pause" dans ce conflit politique le gouvernement tente de calmer les esprits en annonçant de grandes festivités à l’occasion de l’anniversaire du roi. Celui-ci fêtera son 86e anniversaire. Les festivités se tiendront selon l’annonce des autorités durant le mois de Décembre.

Après avoir présidé une réunion avec le comité d’organisation de Sa Majesté le premier ministre Yingluck Shinawatra a déclaré que cette année, le gouvernement tiendra une exposition intitulée "Le roi qui est plus qu’un roi" "en l’honneur de Sa Majesté du 1er au 10 décembre." 1-10 au Siam Paragon le Shopping Center de Bangkok. Par conséquent, le gouvernement a étendu son invitation à tous les citoyens thaïlandais "pour qu’ils se rendent à cette exposition et signent le livre de souhaits dédié au monarque vénéré".

Selon le bureau du Premier Ministre, chose exceptionnelle le roi devrait saluer la foule cette année à partir du Palais Klai Kangwon à Prachuap Khiri Khan.

Une grande répétition pour la cérémonie royale est prévue pour le 3 Décembre.
Le 21 Décembre, le ministère de la Défense sera également l’hôte d’un feu d’artifice dans le district de Hua Hin, Prachuap Khiri Khan, en commémoration de cet anniversaire du souverain.

Le chef des chemises jaunes, Suthep Thaugsuban qui est l’ex vice-Premier ministre poursuivi pour meurtre pour son rôle dans la répression sanglante de 2010, et qui est retranché dans un complexe gouvernemental sur l’avenue Chaeng Wattana, au nord de la ville a garanti que les rassemblements contre le "régime Thaksin" resteront pacifique, tandis que les dirigeants de l’UDD (chemises rouge) ont exhorté leurs partisans à rester à l’intérieur du stade, et ce pour éviter des confrontations entre les deux groupes. En soirée, Suthep a déclaré qu’il voulait la mise en place d’un "conseil du peuple", non élu, pour diriger le pays. Un mandat d’arrêt a été publiait contre lui, notamment pour l’occupation illégale d’un ministère, mais les autorités se refusent de l’arrêter alors qu’il est entouré de centaines de manifestants.

Alors que la situation devient préoccupante pour l’ensemble des observateurs thaïlandais et étrangers, un groupe d’universitaires dirigée par Charnvit Kasetsiri et Nidhi Eoseewong a publié une déclaration adressée au Premier ministre Yingluck Shinawatra jeudi lui demandant d’organiser un référendum sur l’opportunité de dissoudre l’Assemblée et de travailler sur une nouvelle Constitution, et ce, afin de faire cesser les troubles et les violences politiques dans le royaume.

Depuis le 26 novembre Yingluck Shinawatra a imposé la Loi sur la sécurité intérieure (ISA) dans la capitale et dans les régions voisines. Enfin la premier ministre a déclarée qu’elle s’opposait à la dissolution de la Chambre Parlementaire et qu’elle ne démissionnerai pas. L’ISA permet aux autorités d’imposer des couvre-feux, mis en place des postes de contrôle et de restreindre la circulation des manifestants.

M. Suthep a déclaré aux journalistes au ministère des Finances que son mouvement est celui de la révolution d’un peuple visant à transformer le pays en un « véritable monarchie constitutionnelle ».

radinrue.com

 

Suthep, figure de proue controversée des manifestations en Thaïlande

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http://www.dhnet.be/dernieres-depeches/afp/suthep-figure-de-proue-controversee-des-manifestations-en-thailande-52986e053570b69ffde4219f

 

Ses partisans voient en lui un sauveur de la Nation, n'hésitant pas à prendre la tête des manifestants pour occuper des ministères à Bangkok. Pour ses détracteurs, Suthep Thaugsuban est un dangereux va-t-en-guerre qui a du sang sur les mains.

Tous les soirs depuis un mois, tout de noir vêtu, Suthep Thaugsuban fait son "show" devant des milliers de partisans en liesse, sur la scène montée devant le Monument de la Démocratie, lieu symbolique des manifestations qui tentent de pousser le gouvernement au départ, ou dans un des bâtiments gouvernementaux occupés.

Sa rhétorique, exposée lors de discours-fleuve, est centrée sur la dénonciation du "régime Thaksin", Premier ministre en exil renversé par un coup d'Etat en 2006, dont la soeur Yingluck dirige le gouvernement actuel, sous sa gouverne selon Suthep.

"Je ne le déteste pas. Cela n'a rien de personnel (...). Mais Thaksin a détruit le système démocratique thaïlandais, a détruit les vertus et l'éthique du peuple", explique à l'AFP celui qui mêle bizarrement agressivité et références à Gandhi ou Nelson Mandela.

Son autre fer de lance est une promesse de "pouvoir au peuple", une fois la "victoire" atteinte.

Son manifeste politique est imprécis, notamment sur les modalités d'établissement du "conseil du peuple" auquel il aspire, qui serait à la tête du pays pendant une "période de transition" censée remettre la scène politique à plat, avant des élections. Une idéologie qui peut inquiéter dans un pays qui a connu 18 coups ou tentatives de coups d'Etat depuis 1932.

Suthep, 64 ans, est un homme politique aguerri, qui a été vice-Premier ministre lors des trois années aux manettes du Parti démocrate (2008-2011), à la faveur d'une dissolution du parti pro-Thaksin au pouvoir après de grandes manifestations ayant duré plusieurs mois.

Image ternie par les 90 morts de 2010

Le projet de loi d'amnistie du gouvernement, qui a mis le feu aux poudres de la contestation, l'opposition y voyant une loi taillée spécialement pour permettre le retour en Thaïlande de Thaksin, a permis à Suthep de "régénérer son image", ternie par la crise du printemps 2010 qui avait fait quelque 90 morts, estime Pavin Chachavalpongpun, du Centre des Etudes d'Asie du sud-est à l'université de Kyoto.

En effet, il était alors un homme clef du gouvernement, qui a donné le feu vert à la répression des manifestations des "chemises rouges" pro-Thaksin.

Suthep fait face à des poursuites pour meurtre pour ces événements et vit désormais sous la menace également d'un mandat d'arrêt pour la prise du ministère des Finances cette semaine, le premier bâtiment officiel à être occupé par les manifestants. Une menace judiciaire dont il joue, appelant sur scène ses partisans à le protéger d'une arrestation.

"Est-ce que j'ai l'air inquiet?", lance-t-il à l'AFP, bravache, baissant ses lunettes d'un geste dramatique, dans le gigantesque complexe gouvernemental occupé par les manifestants, dans un faubourg de Bangkok. Avant d'éclater d'un rire tonitruant.

"Quand vous travaillez pour le peuple, il vous faut tout oublier. Que vous gagniez ou perdiez, ce n'est pas l'important. C'est le peuple qui est important", se plaît-il à répéter.

Il était, jusqu'à peu encore, membre du Parti démocrate, mais a démissionné pour prendre la tête des protestations. Ces derniers jours, les doutes se sont multipliés quant au fait qu'il serait allé trop loin avec les occupations de bâtiments publics et serait devenu incontrôlable.

Une des composantes importantes de son influence est son origine: Surat Thani, province du sud de la Thaïlande où sa famille a fait fortune dans l'huile de palme et la crevette.

"Kamnan" Suthep, comme l'appellent ses partisans, utilisant le terme honorifique désignant le chef de village dans le sud du pays, avait débuté comme maire, avant de devenir député, puis vice-Premier ministre.

Accusé de corruption par le passé, une pratique généralisée en Thaïlande, cela ne l'empêche pas de se présenter aujourd'hui comme un chantre de la lutte contre la corruption.

"En donnant l'impression que la scène politique thaïlandaise est une zone dangereuse, où Thaksin est une menace à l'avenir de la Nation, Suthep peut apparaître comme un Sauveur. Il est l'homme du moment. Et le message qu'il envoie est +la lutte ou la mort+", estime Pavin.

 

Thaïlande : des manifestants sont entrés de force au siège de l'armée

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http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/11/29/thailande-des-manifestants-sont-entres-de-force-au-siege-de-l-armee_3522467_3216.html

 

La volonté des manifestants de faire tomber le gouvernement thaïlandais de Yingluck Shinawatra ne fléchit pas depuis une semaine. Ils sont entrés de force, vendredi 29 novembre, au siège de l'armée de terre à Bangkok.

« Les manifestants ont forcé le portail à 12 h 10 [heure locale, 6 h 10, heure de Paris] et sont maintenant dans le quartier général de l'armée de terre », a déclaré une porte-parole de l'armée, alors qu'une journaliste de l'AFP sur place a évalué à des milliers le nombre de personnes entrées dans le complexe pour demander aux militaires de les rejoindre. « Nous sommes venus voir de quel côté se range l'armée ! », hurlait un manifestant.

Toujours dans la capitale thaïlandaise, des centaines de contestataires ont entrepris de se rassembler aux abords du siège du parti au pouvoir Puea Thai, intensifiant leur campagne pour obtenir le départ de Yingluck Shinawatra, première ministre, après avoir rejeté son appel au dialogue.

Yingluck Shinawatra, sœur de l'ex-premier ministre Thaksin Shinawatra, a surmonté sans difficulté jeudi une motion de censure au Parlement. Elle n'a toutefois pas réussi à apaiser les manifestants, qui l'accusent d'abuser de la majorité dont dispose son parti pour faire adopter des lois renforçant les manœuvres en coulisse de Thaksin.

MARIONNETTE MANIPULÉE

Si le nombre de manifestants tend à diminuer depuis le début de la semaine, il en reste un noyau dur déterminé à s'en prendre aux symboles du « régime Thaksin », afin d'affaiblir la chef du gouvernement, qu'ils considèrent comme une marionnette manipulée par son frère.

Le chef des contestataires, Suthep Thaugsuban, qui était vice-premier ministre dans le précédent gouvernement, a rejeté l'appel au dialogue lancé à la télévision par Yingluck Shinawatra, laquelle exclut de démissionner comme de dissoudre le Parlement.

Les manifestants sont présents au moins en cinq endroits de Bangkok, dont trois dans son centre historique, un autre en lisière nord de la ville, ainsi qu'au siège du ministère des finances, qu'ils occupent depuis lundi.

Yingluck Shinawatra a gouverné pendant deux ans sans problème majeur, jusqu'au mois d'octobre, lorsque le parti au pouvoir a tenté de faire passer un projet de loi d'amnistie qui aurait blanchi Thaksin Shinawatra de sa condamnation pour corruption en 2008 et aurait facilité son retour en politique.

 

Est-ce dangereux d’aller en Thaïlande?

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http://www.20minutes.fr/monde/1256859-20131129-est-ce-dangereux-daller-thailande

 

Quelle est la situation sur place ?

A Bangkok, la capitale, des milliers de manifestants réclament la chute du gouvernement thaïlandais. Leur mobilisation a commencé il y a un mois, mais a pris de l’ampleur ces derniers jours. Plusieurs bâtiments officiels, dont le ministère des Finances, ont été pris d’assaut. Les manifestants ont aussi assiégé le siège du parti au pouvoir et plusieurs administrations, dont le quartier général de la police nationale.

Ce vendredi, quelques milliers d'entre eux ont jeté leur dévolu sur le siège de l'armée de terre, dont ils ont forcé le portail, entrant dans le complexe, avant de ressortir de leur plein gré un peu plus de deux heures plus tard. «Nous voulons savoir si l'armée se mettra du côté du peuple», a l’un des meneurs des assaillants, Amorn Amornrattananont, affirmant néanmoins «ne pas vouloir d'un coup d'Etat militaire». Cette hypothèse n’est pourtant pas absurde dans un pays qui a connu 18 coups d'Etat ou tentatives depuis l'établissement de la monarchie constitutionnelle en 1932. Mais un haut responsable du ministère de la Défense a assuré que les militaires ne sortiraient pas de leurs casernes.

D’où vient la crise ?

Les manifestants sont en colère contre la chef du gouvernement Yingluck Shinawatra. Il lui reproche un projet de loi d’amnistie, qu’ils estiment taillé sur mesure pour permettre le retour de Thaksin, son frère et ancien Premier ministre milliardaire, réfugié à l’étranger pour échapper à une condamnation pour malversations financières. Renversé par un coup d'Etat en 2006, Thaksin reste au coeur de la politique du royaume malgré son exil.

Bien que le texte ait été rejeté par le Sénat, les manifestants, groupes hétéroclites rassemblés par leur haine de l’ancien Premier ministre, n’ont pas désarmé et exigent désormais la tête de Yingluck, qu'ils considèrent comme une marionnette de son frère.

Est-ce dangereux d’aller en Thaïlande pour les vacances de Noël?

Non, si l’on observe les règles élémentaires de prudence. L’atmosphère insurrectionnelle est concentrée dans quelques endroits de Bangkok. En dehors de ces «points chauds», la vie suit son cours.

Selon sa dernière mise à jour le 27 novembre, le ministère des Affaires étrangères conseille simplement «d’éviter tout rassemblement ou manifestation où des débordements pourraient avoir lieu» à Bangkok. Il recommande aussi d’éviter l’avenue Ratchadamnoen (où se situent le monument de la Démocratie et le pont Makkawan Rangsan, près du siège de la représentation de l’ONU), et l’intersection de Nang Loeng, à proximité du siège du gouvernement, en raison de la présence de manifestants.

Le ministère appelle en revanche à la «la plus grande prudence» si les voyageurs se déplaçant dans le sud du pays, touché par de fortes pluies et inondations les 23 et 24 novembre. «Il convient (…) de se renseigner sur l’état des réseaux routier et ferroviaire», avertit-il.

F.V.

 

Chronologie de la crise politique thaïlandaise

- 19 septembre 2006: des généraux royalistes renversent Thaksin Shinawatra, Premier ministre depuis 2001, alors qu'il est à New York. Les militaires gèrent le pays.

- Décembre 2007: le Parti du pouvoir du Peuple (PPP), proche de Thaksin, remporte les premières élections post-coup.

- Mai 2008: le mouvement royaliste et anti-Thaksin des «chemises jaunes» organise de nouvelles manifestations, à l'image de celles ayant précédé le putsch.

- Septembre 2008: l'Etat d'urgence est déclaré et le Premier ministre pro-Thaksin Samak Sundaravej est contraint à la démission par la Cour constitutionnelle.

- Octobre 2008: deux personnes sont tuées et près de 500 blessées lors d'affrontements entre forces de l'ordre et manifestants. Un tribunal condamne Thaksin, toujours en exil, à deux ans de prison pour conflit d'intérêt.

- Décembre 2008: la Cour constitutionnelle dissout le parti du Premier ministre Somchai Wongsawat, beau-frère de Thaksin. Le chef du Parti démocrate Abhisit Vejjajiva, soutenu par les «jaunes», devient Premier ministre à la tête d'une coalition.

- 14 mars 2010: des dizaines de milliers de «rouges» s'installent à Bangkok.

- 19 mai 2010: assaut final de l'armée contre le camp retranché des «rouges», en plein centre-ville. Plusieurs dizaines d'immeubles sont incendiés. La crise a fait plus de 90 morts et 1.900 blessés.

- 3 juillet 2011: le parti pro-Thaksin Puea Thai, avec comme tête de liste la soeur du milliardaire Yingluck Shinawatra, remporte largement les élections. Yingluck est élue Première ministre par le Parlement.

- 7 août 2013: début d'examen au Parlement d'un nouveau projet de loi d'amnistie qui selon ses détracteurs pourraient permettre le retour de Thaksin. Manifestation de quelque 2.000 partisans de l'opposition.

- 31 octobre 2013: début de manifestations quasi quotidienne de l'opposition.

- 24 novembre 2013: la pression contre le gouvernement prend de l'ampleur avec selon les autorités 150.000 à 180.000 manifestants à Bangkok. Quelque 50.000 «rouges» manifestent en parallèle.

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 16:46

Mise à jour de "International Solidarity for Thailand"

Les forces de droite du mouvement syndical ont rejoint la foule ultra-royaliste et appellent à une intervention militaire en Thaïlande

Lien de l’article:

http://www.facebook.com/notes/free-somyot/les-forces-de-droite-du-mouvement-syndical-appellent-%C3%A0-un-coup-detat-militaire-e/555163344569964

 

Les forces de droite du mouvement syndical ont rejoint la foule ultra-royaliste et soutiennent également l'appel pour le retour de la monarchie absolue en Thaïlande. Leur principal dirigeant, Suthep du Parti Démocrate royaliste, appelle a renverser le gouvernement actuel pour former un nouveau gouvernement de l'Assemblée du Peuple composé de dirigeants des chemises jaunes ultra-royalistes qui sera chargé d'organiser le rétablissement de la monarchie absolue en Thaïlande. Ils appellent aussi à un nouveau coup d'Etat… une répétition de ce qu'ils avaient fait en 2006.
Il est ironique de constater que certains leaders syndicalistes connus et de renommée internationale se joignent à cet appel et aux manifestations. Ils apportent un soutien non négligeable à la protestation et soutiennent l'appel à renverser un gouvernement légitimement élu et à rétablir la monarchie absolue en Thaïlande. Malheureusement, la plupart des syndicalistes de Thaïlande ont rejoint les manifestations fascistes des "jaunes".
Il s'agit en effet d'un grand puzzle. Ces militants syndicaux connus soutiennent les Chemises jaunes royalistes et, se faisant, trahissent tous leurs idéaux ainsi que les militants syndicaux de Thaïlande qui leur faisaient confiance.
Le mouvement syndicaliste international ne peut plus "rester neutre". Un appel pour un coup d'Etat militaire et le retour de la monarchie absolue ne procurera aucun avantage à la classe ouvrière. C'est même plutôt le contraire. Leur attitude pro-coup d'Etat soi-disant pour éviter un retour du capitaliste Thaksin est un autre mythe.
Parmi ceux qui font partie des bandes ultra-royalistes, il y a les plus riches capitalistes de Thaïlande qui sont également corrompus. Ils sont bien pire que Thaksin.
Ce mythe a été créé afin de confondre la communauté internationale pour cacher à celle-ci le fait que les racines profondes du conflit d'aujourd'hui a pour origine les intérêts économiques et politiques de ces ultra-royalistes. Ils ont contrôlé la richesse et le pouvoir en Thaïlande depuis des siècles sans que personne ne leur demande quoi que ce soit. Ils accusaient tout ceux qui parlaient contre eux d'être contre la monarchie et les mettaient en prison pour violation de la loi de lèse-majesté comme dans le cas de Somyot. Ils ne veulent à aucun prix que la question de l'intérêt de la classe ouvrière soit soulevée dans ce système.
Restez à l'affût de ce qui se passe en Thaïlande : Un autre coup d'Etat peut se produire. Si ça arrivait, cela nuirait fortement aux travailleurs et aux masses en Thaïlande. La règle de tout coup d'Etat, ce sont les balles, des balles qui sont aveugles.
Quand le secrétaire pro-chemise jaune de la Confédération syndicale des entreprises d'Etat appelle l'armée à organiser un putsch, est-ce la démocratie pour vous?

 

FREEPP9Fr

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 01:31

RSF condamne l'agression d’un journaliste et le ciblage abusif de la presse

Lien de l'article:

http://fr.rsf.org/thailande-rsf-condamne-l-agression-d-un-27-11-2013,45510.html

Alors que des voix s’élèvent pour protester contre l'absence de couverture ou le traitement biaisé par les chaînes d’État, particulièrement Channel 3, 5, 7, 9 et 11, des manifestations anti-gouvernementales qui secouent le pays depuis le début du mois, Reporters sans frontières condamne le ciblage des acteurs de l'information par les manifestants, dans les rues de la capitale.

Une couverture impartiale des rassemblements pro et anti-gouvernementaux par la télévision d'État est un enjeu de taille. Les frustrations des manifestants vis-à-vis du pouvoir ne sauraient en aucun cas justifier une telle focalisation sur la couverture médiatique ni l'agression dont a été victime un journaliste freelance allemand. Il est inacceptable que des journalistes soient physiquement pris à parti pour leur couverture supposée pro-gouvernementale. Ce type d'attaque à l'encontre d'un journaliste, clairement identifié par son brassard, remet sérieusement en cause la légitimité du mouvement, a déclaré Reporters sans frontières.

L'Association des journalistes de l'audio-visuel thaïlandais et l'Association des journalistes thaïlandais ont toutes deux publié un communiqué de presse rappelant à la presse nationale l'importance d'une couverture impartiale des événements. Elles ont toutefois réfuté les accusations de couverture biaisée des événements portées contre les médias et ont appelé au maintien du caractère pacifique des protestations. Les associations demandent notamment aux organisateurs de ne pas diriger leur marche vers les locaux des chaînes télévisées.

Le 24 novembre 2013, les manifestations à Bangkok ont dégénéré lorsque des véhicules appartenant à Channel 3 et Channel 7 ont été encerclés par les manifestants.

Le 25 novembre, un journaliste freelance allemand, Nick Nostitz, a été pris à parti par la foule après avoir été désigné comme un soutien du gouvernement, une chemise rouge, par l'un des leaders politiques de la contestation, Jumpol Chumsai, incitant la foule à le chasser du rassemblement. Le journaliste a été légèrement blessé mais est parvenu à s'échapper avec l'aide de la police.

L'agression a été immédiatement condamnée par le Club des correspondants étrangers de Thailande qui a appelé les leaders de la manifestation à reconnaître publiquement que les droits de tous les journalistes nationaux ou étrangers devaient être respectés.

La Thaïlande se situe à la 135ème position sur 179 selon le classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2013.

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18 novembre 2013 1 18 /11 /novembre /2013 18:39

Le Sénat thaïlandais rejette une loi d’amnistie controversée

Un article de "La Croix"

Lien de l'article:

http://www.la-croix.com/Actualite/Monde/Le-Senat-thailandais-rejette-une-loi-d-amnistie-controversee-2013-11-12-1059571

 

La chambre haute du Parlement thaïlandais a rejeté une loi d’amnistie après de grandes manifestations de l’opposition, qui reste mobilisée.

L’opposition jugeait la loi taillée sur mesure pour un retour de Thaksin Shinawatra, l’ancien premier ministre en exil.

Que prévoyait le projet de loi ?

Prônant officiellement une politique de réconciliation, Yingluck Shinawatra, première femme chef d’un gouvernement thaïlandais, avait fait adopter, le 1er novembre, à la chambre basse du Parlement, un projet de loi d’amnistie visant à la fois les pro et anti-Thaksin Shinawatra. Le projet de loi a été rejeté par l’autre chambre, le Sénat, lundi soir, à l’unanimité de ses 141 membres.

Thaksin, frère de Yingluck Shinawatra et ancien premier ministre lui-même, est à la fois adoré et haï dans le pays. Déposé par l’armée en 2006, il avait été condamné en 2008 à deux ans de prison dans une affaire de corruption et vit en exil à Dubaï. Qualifié de populiste par les élites urbaines, ses partisans se trouvent dans les zones rurales et parmi les habitants pauvres des villes. L’opposition dénonçait une loi d’amnistie taillée sur mesure pour son retour en Thaïlande.

Qui s’oppose à cette amnistie ?

Lundi, des dizaines de milliers de manifestants se sont réunis à Bangkok à l’appel de la principale formation d’opposition, le Parti démocrate. Les appels à manifester sont quotidiens depuis fin octobre et l’opposition a appelé à la grève générale de mardi jusqu’à vendredi. Elle réclame désormais la démission du gouvernement, tandis que le premier ministre, Yingluck Shinawatra, réclamait, hier, la fin des manifestations, jugeant que « nombre de leurs exigences » avaient « été satisfaites ». La police est déployée en masse à Bangkok et le quotidien Bangkok Post, généralement prudent, évoque le spectre d’une « guerre civile ».

Plusieurs personnalités de la majorité se sont aussi prononcées contre le texte, car celui-ci prévoit l’amnistie des responsables de la répression des partisans de Thaksin (les « chemises rouges ») en 2010, qui avait fait 90 morts. « Cette législation viole l’autorité de la loi. Tout le monde doit être égal devant la loi », a déclaré, lors des débats, le sénateur indépendant Manoj Kraiwong.

Le gouvernement peut-il passer en force ?

Le projet de loi d’amnistie a réveillé les vieux démons des Thaïlandais. Depuis la répression sanglante de 2010, le pays connaissait un calme relatif. Yingluck Shinawatra avait largement remporté les élections législatives en juillet 2011 à la tête de son parti, le Puea Thai. Elle a promis de respecter le choix du Sénat, mais pourra toujours passer outre à son avis dans un délai de cent quatre-vingts jours.

Rémy Pigaglio

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 14:23

La zone autour du temple de Preah Vihear attribué au Cambodge

Le Monde.fr avec AFP et Reuters

Lien de l'article:

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2013/11/11/la-zone-autour-du-temple-de-preah-vihear-attribuee-au-cambodge_3511687_3216.html

 

La Cour internationale de justice (CIJ), plus haut organe judiciaire de l'Organisation des Nations unies, sise à La Haye, adjuge au Cambodge la zone autour du temple de Preah Vihear, qu'il se dispute avec la Thaïlande, et ordonne à celle-ci de mettre fin à toute présence militaire et policière autour du temple hindou, situé du côté cambodgien de la frontière entre les deux pays. "La cour déclare à l'unanimité que le Cambodge dispose de la souveraineté sur toute la superficie du promontoire de Preah Vihear", a déclaré Peter Tomka, président de la Cour internationale de justice.

Des affrontements autour du temple, inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco, avaient fait au moins vingt-huit morts et des dizaines de milliers de déplacés en 2011. Depuis plusieurs semaines, les autorités des deux pays ont tenté de calmer les esprits à l'approche de cette décision, qui sera retransmise en direct à la télévision de part et d'autre. Le premier ministre cambodgien, Hun Sen, et son homologue thaïlandaise, Yingluck Shinawatra, assurent que leurs pays accepteront le verdict, quel qu'il soit.

Le Cambodge avait déposé en avril 2011 une plainte à la CIJ, lui demandant d'interpréter un arrêt rendu en 1962 lui octroyant la souveraineté sur le temple de Preah Vihear, construit au XIe siècle. Si la Thaïlande ne conteste pas cette souveraineté, les deux pays revendiquent une zone de 4,6 km2 en contrebas des ruines, dont Bangkok contrôle les principaux accès. Celui au temple, perché en haut d'une falaise, est beaucoup plus aisé par la Thaïlande que par le Cambodge, où il est tellement difficile que la place fut d'ailleurs la dernière à tomber aux mains des Khmers rouges dans les années 1970.

Le verdict défavorable à la Thaïlande pourrait fragiliser un peu plus encore le gouvernement, confronté à des manifestations massives contre une loi d'amnistie controversée. Yingluck Shinawatra s'adressera à la nation lundi soir.

 

Extrait du jugement de la Cour:

LA COUR,
1) À l’unanimité,
Dit qu’elle a compétence en vertu de l’article 60 du Statut pour connaître de la demande en interprétation de l’arrêt de 1962 présentée par le Cambodge, et que cette demande est recevable ; ...
2) À l’unanimité,
Déclare, à titre d’interprétation de l’arrêt du 15 juin 1962, que la Cour a, dans cet arrêt, décidé que le Cambodge avait souveraineté sur l’intégralité du territoire de l’éperon de Préah Vihéar tel que défini au paragraphe 98* du présent arrêt, et que, en conséquence, la Thaïlande était tenue de retirer de ce territoire les éléments de forces armées ou de police ou autres gardes ou gardiens thaïlandais qui y étaient installés.
=====
*Paragraphe 98:
["98. Au vu des motifs de l’arrêt de 1962, examinés à la lumière des écritures et plaidoiries en l’instance initiale, il apparaît que les limites de l’éperon de Préah Vihéar, au sud de la ligne de la carte de l’annexe I, sont des accidents géographiques naturels. À l’est, au sud et au sud-ouest de cet éperon, un escarpement abrupt mène à la plaine cambodgienne. Les Parties convenaient, en 1962, que cet escarpement, ainsi que le terrain situé au pied de celui-ci, relevaient, en tout état de cause, de la souveraineté du Cambodge. À l’ouest et au nord-ouest, le terrain s’infléchit en une pente moins abrupte mais néanmoins prononcée menant à la vallée qui sépare Préah Vihéar de la colline voisine de Phnom Trap (voir paragraphe 89 ci-dessus) ; cette même vallée, vers le sud, descend dans la plaine cambodgienne. Pour les raisons déjà indiquées (voir paragraphes 92-97 ci-dessus), la Cour estime que Phnom Trap ne fait pas partie de la zone litigieuse et que la question de savoir si elle est située en territoire thaïlandais ou cambodgien n’a pas été examinée dans l’arrêt de 1962. En conséquence, elle considère que l’éperon de Préah Vihéar se termine au pied de la colline de Phnom Trap, c’est-à-dire là où le terrain commence à remonter depuis la vallée.
Au nord, la limite de l’éperon est la ligne de la carte de l’annexe I, à partir d’un point, au nord-est du temple, où cette ligne rencontre l’escarpement, jusqu’à un point, au nord-ouest, où le terrain commence à s’élever depuis la vallée, au pied de la colline de Phnom Trap.
La Cour estime que le deuxième point du dispositif de l’arrêt de 1962 prescrivait à la Thaïlande de retirer de l’intégralité du territoire de l’éperon ainsi défini tous les personnels thaïlandais qui y étaient installés, jusqu’à son propre territoire.]

Lien:

http://www.icj-cij.org/docket/files/151/17705.pdf

 

Photo ci-dessous: le temple de Preah Vihear

 

Preah Vihear

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11 novembre 2013 1 11 /11 /novembre /2013 14:20

Thaïlande : rassemblement pro-gouvernement pour répondre à l'opposition

Lien de l'article:

http://www.romandie.com/news/n/_Thailande__rassemblement_pro_gouvernement_pour_repondre_a_l_opposition98101120131608.asp


BANGKOK - Des dizaines de milliers de chemises rouges, partisans du gouvernement thaïlandais, se sont rassemblés dimanche à Bangkok, en réponse à une série de manifestations de l'opposition qui proteste contre une loi d'amnistie controversée.

La télévision a montré une marée rouge de sympathisants venus pour beaucoup en cars du nord-est du pays, une région pauvre, pour participer à ce rassemblement dans un parc de Bangkok.

En début de soirée, quelque 45.000 personnes étaient rassemblées, selon la police.

Cette manifestation répond au mouvement lancé par l'opposition après le vote le 1er novembre par le Parlement d'un projet de loi d'amnistie qui selon ses détracteurs permettrait le retour d'exil de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra.

Le texte doit être examiné au sénat lundi.

Le Puea Thai, le parti au pouvoir, a assuré qu'il abandonnerait ce projet si le texte était rejeté par le sénat et a retiré les autres projets de loi liés à une amnistie.

Thaksin, renversé par un coup d'Etat en 2006 et frère de la Première ministre actuelle Yingluck Shinawatra, reste le personnage le plus haï et le plus admiré du royaume. Il a nié cette semaine que le texte ait été conçu spécifiquement pour lui, condamné en 2008 à deux ans de prison pour malversations financières.

Le projet d'amnistie inclut les crimes liés aux violences politiques des dernières années, mais aussi les individus poursuivis par des organisations mises en place après le coup d'Etat.

Les manifestations quasi quotidiennes de l'opposition se sont déroulées dans le calme depuis dix jours mais le mouvement fait craindre une nouvelle crise politique dans un pays marqué par des mouvements violents depuis le putsch de 2006.

Les opposants au gouvernement ont également à nouveau manifesté dimanche à Bangkok, réunissant quelque 13.000 personnes selon la police.

Mais pour les dirigeants des chemises rouges, la loi d'amnistie n'est qu'un prétexte pour l'opposition dont le véritable objectif serait de renverser le gouvernement.

Leur opposition à la loi d'amnistie est juste une couverture. Ils veulent en fait détruire le système démocratique, a lancé dimanche Worachai Hema, député du Puea Thai.

Le projet de loi a cependant irrité également une partie des chemises rouges, qui réclament justice pour la répression des manifestations du printemps 2010.

Jusqu'à 100.000 rouges avaient alors occupé le centre de Bangkok pendant deux mois pour réclamer la démission du chef du gouvernement de l'époque, Abhisit Vejjajiva, avant d'être délogés par l'armée. La crise avait fait quelque 90 morts et 1.900 blessées.

Nous ne sommes pas d'accord avec l'amnistie générale, qui est aussi une amnistie pour les meurtriers, a dénoncé dimanche le militant rouge Sombat Boonngamanong lors d'un rassemblement séparé.

Abhisit et son ancien vice-Premier ministre sont poursuivis pour meurtre en lien avec cette répression.

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9 novembre 2013 6 09 /11 /novembre /2013 11:16

Le feuilleton de l'amnistie
Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien de l’article:

http://redthaisocialist.com/francais/451-le-feuilleton-de-lamnistie.html


La Thaïlande est soumise à un écoeurant feuilleton "soap opéra" avec le projet de loi d'amnistie qui cherche à blanchir les crimes de l'armée et du Parti Démocrate ainsi que permettre à Taksin de revenir tout en laissant les prisonniers pour lèse-majesté pourrir en prison.
Lors de la première scène, la direction des Chemises rouges de l'UDD a demandé un "divorce" avec le Parti Pua Thai au pouvoir en raison d'un différend au sujet de la couverture par la télévision. Cette petite crise a été utile pour satisfaire les Chemises rouges mécontents de la loi d’amnistie. Mais nous devons réfléchir attentivement à ce que l'UDD a omis de dire. Le mouvement n'a jamais affirmé qu'il allait mobiliser les Chemises rouges afin de s'opposer au gouvernement Pua Thai et appeler au jugement des généraux Prayut et Anupong et des politiciens du Parti Démocrate, Abhisit et Sutep, pour avoir massacré des civils non armés. Il est aussi resté silencieux, comme d'habitude, à propos des prisonniers politiques pour lèse-majesté détenus et sur la loi elle-même. En fait, l'UDD a seulement affirmée qu'elle allait protéger le gouvernement. Dans l'ensemble, le but de l'opposition de l'UDD à la loi d'amnistie était simplement de conserver une bonne image.
Durant la deuxième scène, le Pua Thai a annoncé qu'il allait retirer le projet de loi d'amnistie si le Sénat le rejetait. Mais il n'a à aucun moment mentionné que Prayut, Anupong, Abhisit et Sutep seraient poursuivis en justice. En fait, le Pua Thai et ses partenaires de la direction de l'UDD ont cessé de parler des crimes de l'armée depuis 2011. Ils ne parlaient que d'Abhisit et de Sutep, mais n'ont pas réussi à parvenir à les envoyer devant la Cour pénale internationale. Ceci en dépit du fait que l'armée ait organisé un coup d'Etat en 2006, nommé le gouvernement d'Abhisit et ensuite massacré les manifestants pro-démocratie en 2010. Le Pua Thai a également omis de promettre qu'il s'opposerait à tout projet de loi d'amnistie proposée par d'autres à l'avenir dans le but de blanchir les coupables.
La troisième scène a vue l'intrigue prendre une petite diversion. Taksin est intervenu pour dire que tout ce tapage au sujet de la loi d'amnistie était "juste pour moi" ... Moi! Moi! Moi! Il a expliqué combien il avait souffert mais n'a jamais mentionné les prisonniers pour lèse-majesté. Cependant, les millionnaires comme Taksin ont la vie facile partout où ils se trouvent dans le monde à la différence des prisonniers qui croupissent dans les prisons thaïlandaises ou des autres exilés plus pauvres. Taksin a également eu l'audace de demander à chacun "d'avaler un peu de sang pour la paix". Le fait est que beaucoup de chemises rouges ont déjà avalé de grandes quantités de sang quand ils ont été abattus par l'armée.
La quatrième scène s'est tournée vers une histoire de fantôme. Les dirigeants de l'UDD et ceux qui soutiennent sans réserve le gouvernement Pua Thai, ont commencés à agiter le spectre d'un "coup d'Etat". Ils font toujours cela afin de ramener les Chemises rouges dissidents dans la ligne. Mais il n'y a absolument aucun danger de putsch en ce moment. Les militaires ne veulent pas être traduits en justice et ils ont fait, de toute façon, un bon petit pacte avec Taksin et le Pua Thai. Depuis 2011 Yingluk a été vu souriante en compagnie des généraux. Parler d'un coup d'Etat, c'est faire comme le petit garçon qui pleurait "Au loup!" Nous ne devons pas nous laisser berner par cette absurdité.
Dans une autre partie de la ville, divers réactionnaires chemises jaunes ainsi que les politiciens du Parti démocrate, qui ont tous soutenus le coup d'Etat militaire de 2006 et les atrocités commises contre les chemises rouges, se rassemblent pour s'opposer au projet de loi d’amnistie. Mais ils font cela pour une seule raison. Ils détestent Taksin. Ils se fichent complètement des droits de l'homme ou de la démocratie. Pourtant, ce problème a été créé par le fait que le Pua Thai voulait amnistier Taksin. Le Pua Thai et l'UDD sont désormais opposés à la démocratie et aux droits de l'homme, tout comme les Chemises jaunes, car ils veulent s'assurer que les meurtriers de l'Etat restent, une fois de plus, en liberté, tout en protégeant la loi draconienne de lèse-majesté.
Dans la cinquième scène la direction de l'UDD et le gouvernement Pua Thai s'embrassent et maquillent une réconciliation. Apparemment, l'UDD a seulement joué à "difficile à obtenir".
Ceux qui croient en la démocratie et aux droits humains, ne doivent pas être détournés par ce feuilleton ridicule. Les questions fondamentales sont que les meurtriers de l'Etat doivent être punis, la loi de lèse-majesté doit être abolie et les prisonniers politiques pour lèse-majesté libéré.

 

Photos ci-dessous: Giles Ji Ungpakorn

 

giles-copie-1.jpg

 

giles

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8 novembre 2013 5 08 /11 /novembre /2013 19:13

Pour la première fois depuis 2006, les deux camps se retrouvent pour un même combat. Lutter contre un texte proposé par le gouvernement au nom de la réconciliation.

Un article de Courrier International

Lien de l'article:

http://www.courrierinternational.com/article/2013/11/08/la-loi-d-amnistie-fait-l-unanimite-contre-elle

La capitale thaïlandaise vit à nouveau au rythme des manifestations de rue. Depuis le 31 octobre, les rangs des opposants au projet de loi d'amnistie s'épaississent au centre de Bangkok. Dans les prochains jours, jusqu'à 50 000 personnes pourraient rejoindre les manifestants, estime le quotidien The Nation.

Raison de leur colère : un texte, adopté en catimini et en pleine nuit, qui, s'il était validé par le Sénat lèverait les obstacles judiciaires à un éventuel retour de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra. Thaksin, renversé par un coup d'Etat en 2006, vit en exil pour échapper à plusieurs condamnations de corruption. Mais il continue à avoir une large influence politique. Le Premier ministre actuel, Yingluck Shinawatra, est sa sœur.

"La Thaïlande se porterait bien sans Thaksin", écrit le Bangkok Post dans son édition du 7 novembre. En effet, la personnalité de l'ancien Premier ministre continue de diviser la scène politique du royaume.

"Chemises rouges" et "chemises jaunes" pour une fois dans le même camp

Mais, le texte adopté en première lecture à la Chambre des représentants dans la nuit du 31 octobre au 1er novembre provoque la colère à la fois des "chemises rouges", traditionnellement partisans de Thaksin, et des "chemises jaunes", ses opposants de toujours. "La réalité est que, dès que le nom de Thaksin est prononcé, le pays devient fou", poursuit le jeune commentateur politique Voranai Vanijaka dans le quotidien conservateur.

Le texte propose de tirer un trait sur les poursuites et les condamnations liées aux violences politiques qui secouent le royaume depuis 2006. Une proposition inacceptable pour les deux camps. Les "chemises rouges" souhaitent que les responsables de la répression sanglante des manifestations de 2010 soient poursuivis, et les "chemises jaunes" et le Parti démocrate demandent que les condamnations de Thaksin pour corruption soient appliquées.

La base des "chemises rouges", qui s'est battue dans les rues en 2010 contre le gouvernement démocrate de l'époque et a soutenu le gouvernement du Pheu Thai emmené par Yingluck, est mécontente. On peut lire sur le site d'information Prachatai : "Cher gouvernement pour lequel j'ai combattu, nuit et jour, en 2010 et jusqu'aujourd'hui. Cher gouvernement pour lequel j'ai voté, s'il te plaît, retire ce texte avant qu'il ne soit trop tard." Cette supplique est signée Anuthee Dejthevaporn, l'ancien secrétaire général de la Fédération des étudiants thaïlandais, une composante importante du mouvement des chemises rouges.

"Si le parti Pheu Thai insiste à vouloir faire revenir Thaksin par le stratagème d'une loi d'amnistie, les risques de confrontation sont importants, voire inévitables", conclut The Nation.

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