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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 12:42

Rohingyas birmans : le silencieux nettoyage ethnique des généraux

Un article du journal "Humanité"

Lien:

http://www.humanite.fr/monde/rohingyas-birmans-le-silencieux-nettoyage-ethnique-552140

Reportage à Bangkok (Thaïlande) et à Rangoun (Birmanie), de notre envoyée spéciale. Considérés comme la population la plus persécutée au monde par l’ONU, les Rohingyas birmans ont été privés de leur nationalité en 1982. Après des décennies de pogroms et de terres confisquées, les violences perpétrées par
les bouddhistes ont repris.
Et l’exil avec elles.

C’est un sac en plastique bleu, tout ce qu’il y a de plus banal. Gardé précieusement dans la poche intérieure de sa veste, il contient pourtant la preuve de l’existence de Ladjo. Une carte d’identité, un nom, un prénom… De ses hanches tombe d’ailleurs le longyi traditionnel birman qui renseigne un peu plus sur ses origines. Ladjo vient de l’État septentrional de l’Arakan, il est l’un des 800 000 Rohingyas et, chez lui, le nom de sa communauté ne se prononce pas. On les appelle les Bangladais ou les « Kalas », une appellation péjorative, empreinte de racisme. Dès 1982, le dictateur birman Ne Win décidait de rayer les Rohingyas de la carte en faisant d’eux des apatrides. Avec la réforme de la loi sur la nationalité, une mosaïque de 135 « races nationales » était alors définie. Pas de place dans ce large spectre pour les Rohingyas. « À cette date, les autorités ont cessé de nous délivrer des cartes d’identité. Un système de corruption s’est développé pour obtenir des papiers. Une filière de faux documents s’est mise en place afin de s’échapper ou d’obtenir le certificat permettant de poursuivre des études », explique Maung Kyaw Nu, le président de l’association des Rohingyas birmans en Thaïlande, qui a connu la répression et la prison avant de fuir le pays en 1976. Aujourd’hui, la même politique est poursuivie. Privés du statut de citoyens, les Rohingyas ne peuvent quitter les communes de l’Arakan légalement et, depuis 1994, ils doivent se procurer des autorisations spéciales en échange de pots-de-vin pour se marier ; une disposition récente tente même de les empêcher d’avoir plus de deux enfants. « Les Rohingyas sont des clandestins venus du Bangladesh », déclare doctement le président birman Thein Sein, rayant ainsi plusieurs siècles d’existence dans le pays. La présence de ces musulmans dans l’Arakan remonterait aux flux venus de l’ancien Bengale aux XVe et XVIe siècles. Cinq ans avant la réforme de la loi sur la nationalité, Ladjo avait déjà senti le feu brûler. Chaque semaine, un groupe d’hommes emmenés par des moines bouddhistes s’introduisait dans la ferme familiale pour réquisitionner les bœufs et la récolte de riz. Puis, un jour, ce furent les terres. « Si l’on avait le malheur de s’y opposer, nous étions battus. Le jour où ils sont venus armés, j’ai su qu’il fallait que je m’en aille. » Dans un long et périlleux voyage, il quitte la Birmanie pour la Thaïlande voisine.

Ce soir-là, comme tant d’autres, il faudra rouler un long moment pour parvenir à s’extraire des embouteillages de Bangkok. Sous le ciel gris, les travailleurs s’entassent à l’arrière des pick-up, le visage enturbanné d’un tee-shirt pour ne pas respirer les gaz d’échappement. Alors que la capitale, ses gratte-ciel et ses centres commerciaux climatisés prisés des classes moyennes s’éloignent, seules les publicités colorées pour chanteurs à la mode redonnent un peu de vie aux rideaux de fer baissés des échoppes. Dans une petite ruelle de Samut Prakan, à l’est de Bangkok, les Rohingyas en exil organisent une fête dans le hall de l’école coranique Asasul Ihsan. La plupart des enfants qui rient aux éclats sont nés en Thaïlande, loin du pays de leurs parents. Loin également des silences et des regards suspendus de leurs aînés qui évoquent tour à tour les massacres, les humiliations, les viols, les arrestations, les travaux et déplacements forcés. De 1942 à 1991, il y eut entre autres les opérations « Conquérant », « Davantage de pureté », « Millions de succès » ou « Belle nation immaculée », autant de pogroms planifiés par la majorité bamar (bouddhiste) au pouvoir. Entre ces campagnes de nettoyage ethnique, le quotidien peut virer au drame. « Quand un militaire vous demande d’approcher, vous savez qu’il faut se préparer au pire », frémit Nazibra, qui a rejoint la Thaïlande en 2001 après un périple à travers le Bangladesh et l’Inde. Depuis, les mêmes questions ne cessent de le hanter : « Pourquoi ce déni de citoyenneté ? Pourquoi l’ONU et les grandes puissances ferment les yeux ? Pourquoi donnent-elles caution au gouvernement birman en levant les sanctions économiques qui pesaient sur lui ? » Nazibra, dont les nuits restent hantées par la vision des flammes qui ont réduit sa maison en cendres, prône une force de maintien de la paix. D’autres n’hésitent plus à parler d’une intervention militaire étrangère pour mettre fin aux violences.

En 1997, Muhammad fut enlevé par l’armée. Son corps gardera à vie les stigmates des travaux forcés et des coups de bambou. « Il y avait toujours un prétexte pour nous infliger les pires tortures : un travail trop lent, l’impossibilité de donner l’argent demandé par nos gardes… » Il ne peut étouffer les larmes qui ponctuent son récit. Pour l’aider, Yusuf l’interrompt pour narrer sa propre expérience de travail forcé sur des terres confisquées à des familles rohingyas faute de titres de propriété. « Aucun villageois ne dispose de tels titres », explique-t-il. Outre les expropriations, la destruction du patrimoine religieux et les déplacements de populations qui visent à effacer toute trace de présence rohingya en Birmanie en vue du recensement de 2014, le gouvernement a mis sur pied un véritable plan de colonisation. Partout, des villages « modèles » sortent de terre. Dans la pratique, d’anciens généraux et d’anciens prisonniers sont chargés de « bouddhiser » l’Arakan.

Depuis juin 2012 et la reprise des violences entre bouddhistes de l’ethnie rakhine et Rohingyas, l’exode connaît une nouvelle vague. Embarqués sur des bateaux de fortune, ils succombent parfois à la faim et à la soif. En Thaïlande, les autorités estiment à près de 2 000 ceux qu’elles retiennent dans les centres de détention. L’ONG Human Rights Watch évoque l’enfer des cellules surpeuplées où s’entassent 80 à 150 personnes. La Thaïlande n’a jamais ratifié la convention relative au statut des réfugiés de 1951 et, à ce titre, s’autorise à expulser les réfugiés en dépit des dangers qu’ils encourent. La seule solution qui s’offre alors aux Birmans est de postuler au statut de travailleurs migrants. Des démarches coûteuses et fastidieuses qui n’échappent pas à la corruption. La carte de séjour est valable deux ans, renouvelable une fois. Au-delà, les Birmans ont obligation de regagner le pays. « À mon arrivée en Thaïlande en 2005, le Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU m’a délivré une carte de réfugié. Impossible de travailler avec ce papier. Je me suis échappé du camp et j’ai trouvé un petit boulot de vendeur de chapatis (pains indiens – NDLR) dans la rue. Un maigre revenu qui me permet tout juste de me nourrir », relate Maung Shwee, qui milite toujours activement au sein de la Ligue nationale pour la démocratie d’Aung San Suu Kyi. Pire, pour certains réfugiés qui croyaient quitter l’enfer : ils sont vendus par des agents de police thaïlandais à des esclavagistes modernes pour la somme de 1 300 dollars par tête. Pour recouvrer leur liberté, ils doivent réunir l’équivalent de cette somme. En janvier dernier, le général Prayuth Chan-ocha, chef de l’armée thaïlandaise, a reconnu que certains officiers étaient impliqués dans ce trafic d’êtres humains. « Les réfugiés rohingyas ne constituent en aucun cas un problème thaïlandais. Le problème est du ressort de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (Asean), voire du monde », écrivait le Bangkok Post en janvier dernier. Triste ironie : en 2014, l’Asean confiera sa présidence tournante à la Birmanie, pour saluer les premiers pas du pays vers la démocratie.

De plus en plus d’opposants birmans sont désormais convaincus que les militaires hostiles au processus de transition laissent sciemment s’installer les violences communautaires afin de garder le pays sous leur botte et saper ainsi le processus électoral de 2015. Le risque est grand de voir l’armée se poser en unique garante de l’unité et de l’ordre quand la Constitution de 2008 prévoit que l’institution puisse s’accaparer les pleins pouvoirs « en situation d’urgence ». Dans ce contexte, de nombreuses voix s’élèvent pour dénoncer le silence du prix Nobel de la paix Aung San Suu Kyi. En juin 2012, lors de la reprise des violences, la députée s’était contentée de dire que « la majorité, dans une société, doit avoir de la sympathie pour la minorité ». Le jeu serré dans lequel est entrée la Dame de Rangoun pour conquérir le pouvoir l’oblige d’une part à composer avec l’armée et d’autre part à éviter de froisser une population majoritairement bouddhiste, travaillée par les discours xénophobes et la haine religieuse. « Le monde n’entend qu’une seule voix en Birmanie et tant que cette voix ne se prononcera pas, le massacre continuera », écrit l’auteur rohingya Habiburahman, exilé en Australie (1). Et quand une réforme de la loi sur la citoyenneté serait indispensable pour parachever la démocratie, Aung San Suu Kyi répond qu’elle ne « sait pas » si les Rohingyas doivent être considérés comme birmans. « Nous travaillons avec les autorités birmanes mais tant que la Birmanie ne les reconnaîtra pas en tant que citoyens, il est très difficile d’élaborer un quelconque programme. Il est nécessaire de modifier la loi sur la nationalité, une telle réforme est la clé qui assurerait aux Rohingyas un minimum de protection légale », estime Vivian Tan, porte-parole du Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) en Thaïlande.

La plupart des 140 000 Rohingyas déplacés depuis juin 2012 croupissent dans l’un des neuf camps de Sittwe, au nord-ouest de la Birmanie. La Nasaka, la police frontalière birmane, déclenche régulièrement des rafles. « Ils sont terrifiés par les gangs de Rakhines qui les entourent mais aussi par la police et les militaires, qui ont leur part dans les violences. Ils sont à la merci de ceux qui les encerclent », décrit la journaliste Sophie Ansel. Malgré tout, Vivian Tan appelle tout de même à la prudence : « Al Djazira parle régulièrement du génocide caché et Human Rights Watch disait pouvoir établir la liste de charniers. Seule une enquête internationale est à même de le prouver. » En juillet, lors de sa visite en France, le président birman, Thein Sein, a récusé toute entreprise de « nettoyage ethnique ». « Il s’agit d’une opération de dénigrement », a-t-il balayé. Balayé également l’extrémisme entretenu par certains moines bouddhistes. La presse birmane, dont on célèbre ici la liberté retrouvée, relaie les campagnes racistes. À longueur de colonnes, ce ne sont pas des Rohingyas – qui n’existent pas officiellement – dont il est question mais des « chiens », des « cafards », des « sous-hommes », des « virus ». Mais que pèse leur calvaire face à la transition démocratique tant espérée et à l’eldorado économique offert par la levée des sanctions économiques par Washington et Bruxelles ? Au large de l’État de l’Arakan, un projet d’extraction de gaz et d’acheminement du pétrole moyen-oriental d’une envergure inégalée est sur le point de naître. Le géant sud-coréen Daewoo, en partenariat avec des compagnies indiennes, travaille à un gazoduc et un pipeline vers l’Inde et la Chine. Une manne financière inédite pour ces pays ainsi que pour les militaires birmans, qui contrôlent entièrement l’économie.

(1) Nous, les Innommables. Un tabou birman, d’Habiburahman avec Sophie Ansel.
Éditions Steinkis, 2012.

969, le nombre de la haine. Emmené par des moines bouddhistes, le très actif Mouvement 969
est à l’origine d’une campagne acharnée de propagande nationaliste
et antimusulmans. Le moine Wirathu, qui aime à se décrire comme
le « Ben Laden birman », dispose de nombreuses antennes locales et appelle
au boycott des commerces tenus par des musulmans. Le mouvement publie par ailleurs des livres intitulés De la peur de perdre notre race ou Notre nation,
qui connaissent une certaine audience. « Il est vraiment étrange que le ministère des Affaires religieuses ait laissé cette campagne provoquer la tension », commente le moine Ashin Issariya, meneur des mouvements de protestation
de 2007. Le ministre Sint Sann osait à propos des appels au boycott :
« Nous sommes dans une économie de marché, les gens consomment ce qu’ils veulent. On ne peut pas l’empêcher. Les sermons de Wirathu appellent à l’amour et à la compréhension entre les religions. » Le 2 septembre, une directive
a interdit la création d’organisations en lien avec le Mouvement 969.
Le comité d’État Sangha Maha Nayaka, à l’origine du texte, est chargé de contrôler le clergé. Une étape vers l’apaisement ?

 

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 12:40

Improbable convergence d'opposants à une loi d'amnistie en Thaïlande

Un article de "Radio France Internationale" (RFI)

Lien:

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20131031-improbable-convergence-opposants-une-loi-amnistie-thailande

Regain de tension politique en Thaïlande. Le dépôt par des parlementaires du parti au pouvoir d’une proposition de loi d’amnistie générale provoque une levée de boucliers. Cette amnistie vise à exonérer toutes les personnes condamnées ou en cours de jugement à cause des troubles politiques ces neuf dernières années, ce qui inclut l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, condamné pour corruption en 2008.

Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

Le gouvernement thaïlandais a réussi le rare exploit de se mettre à dos de multiples portions de la population en quelques jours. Les opposants au gouvernement dirigé par la sœur de Thaksin, Yingluck, se sont rassemblés ce jeudi dans le centre de Bangkok. Il n’est guère étonnant, bien sûr, que les partisans du Parti démocrate d’opposition dénoncent la proposition de loi d’amnistie. Mais plus surprenant, même les partisans du gouvernement descendent dans les rues pour s’opposer à l’amnistie.

Celle-ci permettrait de lever la condamnation à deux ans de prison pour abus de pouvoir et pour corruption prononcée il y a cinq ans contre l’ancien Premier ministre Thaksin, exilé depuis. La colère règne parmi les milliers de manifestants rassemblés dans le centre de Bangkok : ils ont l’impression que le parti au pouvoir révèle son vrai visage, celui d’une machine pour défendre les intérêts du clan Thaksin.

Atteinte à la moralité de la nation

Même les Chemises rouges, favorables à Thaksin, sont donc en partie opposées à cette amnistie, parce qu’elle disculperait les responsables civils et militaires de la répression des manifestations de 2010. Plusieurs dizaines de Chemises rouges avaient été tuées par l’armée à cette occasion.

Fait important : les milieux d’affaires, financiers et bancaires dénoncent aussi la proposition de loi. Selon eux, elle porterait atteinte à la moralité de la Nation, car elle blanchirait toutes les personnes incriminées pour corruption ces dernières années. Le gouvernement est aux abois, mais il semble néanmoins déterminé à faire voter cette proposition de loi dans les prochains jours.

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3 novembre 2013 7 03 /11 /novembre /2013 19:04

Thaïlande: troisième jour de manifestations contre une loi d'amnistie

 

Bangkok — Plusieurs milliers de manifestants se sont réunis samedi à Bangkok, pour le troisième jour consécutif, afin de dénoncer une loi d'amnistie qui pourrait permettre le retour de l'ancien Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra.

Un article de l'AFP (Agence France Presse)

Lien de l'article:

http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5gK0QbESDSsj-BgULMoVF_0kRPBWA?docId=b09e756a-1779-4718-8153-62017578fdad&hl=fr

"Quand ils ont triché, ils leur suffit de faire passer une loi comme celle-ci pour eux-mêmes, afin de ne pas être reconnus coupables. Je ne peux pas accepter ça", explique à l'AFP au milieu de la foule un manifestant, Theerayu Chatchakul.

"Je ne suis pas d'accord, parce que cela servira à une seule personne, et pas à celles qui sont en prison. Celui qui a fait le mal n'est pas en prison. Il est celui qui ne reconnaît pas ses fautes", ajoute dans une allusion à l'ex-Premier ministre accusé de corruption Piayad, moine bouddhiste d'un temple de Bangkok.

Près de 3.000 manifestants, selon la police, ont répondu à l'appel du Parti démocrate samedi encore, bien loin ce pendant de la mobilisation massive attendue.

Votée vendredi en troisième lecture par le Parlement, la loi d'amnistie doit encore être approuvée par le Sénat. Et l'opposition s'est engagée à tout faire pour la bloquer, jusqu'à saisir la cour constitutionnelle.

Le parti Démocrate, qui rassemble l'élite urbaine, et ses alliés des chemises jaunes, ont réussi par le passé à mobiliser les foules. Cette mobilisation avait à l'époque joué un rôle important dans le renversement du Premier ministre Thaksin Shinawatra.

Mais désormais, l'opposition peine à mobiliser. Elle a rassemblé ces derniers jours plusieurs milliers de manifestants, un nombre jugé insuffisant pour menacer le gouvernement du Premier ministre, Mme Yingluck Shinawatra, soeur de Thaksin, qui pousse cette réforme.

Les partisans d'une amnistie générale estiment qu'elle permettrait au pays de repartir sur des bases saines, alors que la Thaïlande vit depuis des années au rythme d'immenses mouvements de rue pro- ou anti-Thaksin, renversé par un coup d'Etat en 2006.

La société est toujours profondément divisée entre les masses rurales défavorisées du nord et du nord-est, fidèles au milliardaire, et les élites de Bangkok gravitant autour du palais royal, qui le haïssent.

Les violences avaient culminé au printemps 2010, lors de la pire crise qu'ait connue la Thaïlande moderne.

Jusqu'à 100.000 "chemises rouges" favorables à Thaksin avaient alors occupé le centre de Bangkok pendant deux mois pour réclamer la démission du chef du gouvernement de l'époque Abhisit Vejjajiva, avant d'être délogés par l'armée. Quelque 90 personnes avaient été tuées et 1.900 blessées.

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 13:12

Impossible de comprendre la situation politique en Thaïlande, sans revenir sur les années Thaksin. Difficile de prendre pour argent comptant les déclarations d'anciens ministres du Parti démocrate et les articles des journalistes du quotidi...en "The Nation" sans connaître le rôle qu'ils jouent depuis 10 ans, surtout quand ils parlent de corruption. Voici la première partie de l'histoire récente de la Thaïlande ...

Vingt-troisième Premier ministre de la Thaïlande, Thaksin Shinawatra est à l'origine de réformes qui ont profondément modifié l'économie, la santé publique, l'éducation, le secteur de l'énergie, l'accès aux soins et aux médicaments et les relations internationales de la Thaïlande. Toujours réélu, on lui doit des mesures particulièrement efficaces pour réduire la pauvreté en milieu rural et procurer une couverture santé abordable à tous les Thaïlandais. La base de son électorat provient essentiellement des milieux ruraux pauvres.

Thaksin Shinawatra a réuni autour de lui des universitaires, d'anciens leaders étudiants et d'anciens dirigeants du parti Palang Dharma, notamment Prommin Lertsuridej, Chaturon Chaisang, Prapat Panyachatraksa, Surapong Suebwonglee, Somkid Jatusripitak, Surakiart Sathirathai, et Sudarat Keyuraphan. Son gouvernement a souvent été accusé d'être autoritaire, de pratiquer la démagogie, d'encourager la corruption, de tirer profit de conflits d'intérêts, de ne pas respecter les droits de l'homme dans un certain nombre de cas, d'agir de manière brutale... Pour l'abattre ses adversaires ont tout essayé, avant d'avoir recours à un coup d'état et mettre un terme à un processus électoral qu'ils ne pouvaient que perdre. On l'a accusé de tout : lèse-majesté, trahison, usurpation de l'autorité religieuse et royale, vente d'actifs stratégiques à des investisseurs internationaux, profanation religieuse, et relations avec les forces des ténèbres.

Le pouvoir de Thaksin Shinawatra repose presque entièrement sur la fidélité des masses rurales, auparavant méprisées et confinées dans la pauvreté, à qui il a accordé l'accès au crédit, à des taux bonifiés pour les agriculteurs, l'accès aux soins et aux médicaments, l'accès à un système scolaire qui a bénéficié de moyens importants. Tout ceci a été accompagné par des injections directes de liquidités dans les fonds de développement villageois (le schéma SML), le développement des infrastructures et l' One Tambon One Product (OTOP) qui s'inscrit dans le cadre du programme de développement des petites et moyennes entreprises en milieu rural.

Les "Thaksinomics", mesures prises pour sortir de la pays de la grave crise financière asiatique de 1997 et relancer l'économie, sont un modèle du genre. Le PIB a progressé de 44% en 5 ans, entre 2001 et 2006 ! La Thaïlande a remboursé ses dettes envers le Fonds monétaire International avec deux ans d'avance. Les revenus des habitants du Nord-Est du pays ont progressé de 40%, la Bourse de Thaïlande a surperformé les autres marchés de la région, après deux années de déficit budgétaires en 2001 et 2002, la Thaïlande a accumulé d'importants excédents en 2003, 2004 et 2005. La dette publique est passée de 57% du PIB en janvier 2001 à 41 % en septembre 2006. Les réserves de change ont doublé, passant de 30 milliards de dollars en 2001 à 64 milliards de dollars en 2006. Les économistes du "Thailand Development Research Institute" indiquent que la reprise économique du pays doit beaucoup au développement des exportations. Il a moralisé la pratique de la loterie (Thai:
หวย), jusque là clandestine et très répandue, en créant le Government Lottery Office. Les profits du jeu sont affectés à des projets de développement et à des bourses pour des étudiants sans ressources. La junte qui a pris le pouvoir a interdit la loterie, affirmant qu'il s'agissait d' un vice social. Le gouvernement Thaksin a réduit le contrôle de l' état dans les médias en privatisant MCOT, une grande chaîne de télévision et de radio.

En matière de santé, Thaksin a instauré les soins universels subventionnés (30 bahts/visite) et l'accès à faible coût aux médicaments anti-rétro viraux contre le Sida. Le succès a été fulgurant, avec une hausse de 76% du nombre de patients qui ont pu consulter un médecin. Les financements se sont vite avérés insuffisants. De nombreux médecins ont opté pour le secteur privé, et les investisseurs ont porté tous leurs efforts sur les hôpitaux aspirés par le boom de l' industrie du tourisme médical. Principal résultat obtenu par Thaksin, le nombre de personnes infestées par le Sida a nettement diminué.

S'il est un domaine pour lequel Thaksin a été épinglé par les associations des "Droits de l'Homme", c'est bien dans celui des moyens utilisés pour lutter contre le traffic de drogue, notamment du yabba qui fait des ravages parmi les jeunes. Toutes les mesures de prévention ayant échoué, il a ordonné la mise en œuvre "impitoyable" de mesures qui aurait causé la mort de 2.275 personnes selon certaines associations, victimes "d'exécutions extra-judiciaires". Les méthode de Thaksin ont été largement critiquée par la communauté internationale. Une commission d'enquête nommé par les militaires qui ont renversé Thaksin, n'a pas réuni de preuves suffisantes pour inculper Thaksin de meurtre.

Le classement de la Thaïlande dans le classement établi par Transparency International indique que la corruption a été moindre sous Thaksin qu'auparavant. L'Indice de perception de la corruption de la Thaïlande (IPC) est passé de 3,2 (classé 61) en 2001 à 3,8 (classé 59) en 2005.

Pour les élites qui détenaient le pouvoir depuis des générations, l'arrivée de Thaksin au pouvoir a été vécu comme une révolution. Elles ont mis quelques mois pour comprendre que le Premier ministre était installé au pouvoir pour longtemps, et que la Thaïlande allait devenir une nouvelle Singapour. A chaque scrutin, la défaite était plus profonde, et donc plus amère. Il fallait réagir, dans un premier temps de manière légale. L'opposition disposait de puissants soutiens dans les médias. La campagne de dénonciation de la violente répression contre les trafiquants de drogue s'est retourné contre ceux qui l'ont lancée. Les conditions de la vente des actions de l'opérateur de téléphonie détenu par la Shin Corporation à une entreprise de Singapour n'ont suscité que des haussements d'épaules. Thaksin est le seul Premier ministre démocratiquement élu de la Thaïlande a avoir été reconduit par les électeurs au terme de son mandat, avec une marge insolente.
Le début des évènements qui ont conduit au coup d'état est sans doute lié au licenciement de Viroj Nualkhair, président de la Krung Thai Bank (KTB), accusé d'avoir accordé d'importantes lignes de crédit à Sondhi Limthongkul, un magnat des médias qui avait soutenu Thaksin sans réserves en 2001, et qui croulait sous les pertes. La banque finançait un incinérateur à cash-flow. Thaksin a dit stop quand il a fallu épongé 1.6 milliard de dettes et remettre au pot. Sondhi Limthongkul est alors devenu son opposant le plus virulent. Sondhi Channel 11 /1 a perdu le droit d'émettre sur câblo-opérateur UBC.

Le 10 avril 2005, Thaksin Shinawatra, a présidé une cérémonie religieuse dans le Temple du Bouddha d'Emeraude, le site le plus sacré du bouddhisme thaïlandais.
Le site du journal Phoochatkarn a publié un article en octobre 2005, qui prétendait que le Premier ministre avait usurpé les pouvoirs royaux présidant cette cérémonie. Le journal "The Nation", qui n'a jamais reculé devant rien pour abattre Thaksin et les Chemises Rouges, a publié une photo qui a servi de prétexte à une campagne en faveur du Roi, et donc contre Thaksin assis sur une chaise qui serait normalement réservée au souverain. Thaïlande-insider.com, le site de Ekkayuth Anchanbutr qui est opposant virulent de Thaksin, a relayé la photo sur internet. Sondhi Limthongkul, le propriétaire de Phoochatkarn, a lancé la campagne médiatique avec le slogan "Nous aimons le roi", "Nous allons nous battre pour le roi ", et "Rendez le pouvoir au roi"
Le 9 novembre 2005, le secrétaire général du Cabinet royal, Bovornsak Uwanno, a affirmé que le roi Bhumibol Adulyadej avait accordé la permission au Premier ministre Thaksin Shinawatra de présider la cérémonie religieuse. cette autorisation a été confirmée par Chaktham Thammasak, qui était directeur général du "Bureau of National Buddhism" au moment des faits. Selon Chaktham, le Bureau de la Maison Royale avait réglé tous les aspects de la cérémonie, y compris le positionnement des chaises. Le 17 novembre 2005, la justice a interdit à Sondhi de se livrer à de nouvelles révélations mensongères.
Des universitaires et intellectuels ont immédiatement attaqué Thaksin en l'accusant de restreindre la liberté de la presse. En novembre 2005, le général Kittisak Ratprasert, un ancien chef aide-de-camp du roi Bhumibol Adulyadej, a déposé une plainte au poste de police Phra Ratchawang alléguant que Thaksin et son adjoint Visanu Krue-Ngarm avaient accompli des gestes de lèse-majesté dans le temple.

Thanakorn Pakdeepol, un déséquilibré mental âgé de 27 ans, a détruit à coup de marteaux la statue de Brahma (Phra Phrom) dans le temple d'Erawan le 21 mars 2006. La foule l'a lynché à mort. Au cours de la manifestation anti Thaksin du lendemain, Sondhi Limthongkul a affirmé que Thaksin Shinawatra avait orchestré la destruction de la divinité afin de remplacer Brahma avec par une "force obscure" qui lui était favorable, en prétendant détenir des informations très précises. On les attend toujours.

De nombreux leaders politiques se sont livrés à des attaques personnelles contre Thaksin, notamment le sénateur Karoon Sai-Ngam de la province de Buriram, qui a demandé aux femmes de passer des photos de Thaksin entre leurs jambes et maudire Thaksin trois fois pour qu'il quitte la Thaïlande et aille à Singapour.

Sulak Sivaraksa, qui a obtenu le "Right Livelihood Award" a raconté aux médias que Thaksin Shinawatra avait commis l'adultère... "je n'ai pas de preuves tangibles mais il y a beaucoup de rumeurs qui indiquent que Thaksin et ses ministres se sont livrés à des ébats sexuels illégitimes, et que Thaksin a été infidèle à sa femme. Il y a même un petit enfant qui lui ressemble étonnamment. Tout cela ne peut pas être prouvée, nous devons lui accordé le bénéfice du doute. La vie sexuelle de Thaksin sera étalée au grand jour après sa chute, comme celle du dictateur Sarit Thanarat".

L'affaire pour laquelle Thaksin peut être sérieusement être mis en cause moralement concerne la vente des actions de sa famille dans Shin Corporation pour 1.88 milliard de dollars à la Temasek Holdings basée à Singapour, trois jours après l'adoption par le Parlement de la loi "Thai Telecommunication Act". La transaction a bénéficié d'une exemption fiscale sur les plus-values, en application de la loi qui exonère les particuliers et non les entreprises.
La "Thailand Securities and Exchange Commission" a enquêté sur la légalité de la transaction. Le fils de Thaksin, Panthongtae, a été poursuivi pour ne pas avoir respecter les règles d'information entre 2000 et 2002. Il a été condamné à une amende de 6 millions de bahts. Les enquêteurs n'ont décelé aucun délit d'initiés. Les militaires qui ont organisé le coup d'état ont relancé la procédure, en accusant Thaksin d'avoir vendu un actif stratégique de la Thaïlande à des étrangers, et donc un morceau du pays. Le porte-parole du Parti démocrate, qui n'ont pas critiqué le coup d'état (euphémisme) a qualifié Thaksin d'homme politique pire que le dictateur Saddam". Le dirigeant du Parti démocrate Abhisit Vejjajiva avait critiqué Thaksin plus tôt pour ne pas avoir ouvert le secteur des télécommunications thaïlandais aux étrangers. Comique.

Bien que déclaré innocent de toutes les accusations portées contre lui lors de la vente de ses actions dans la Shin Corporation, l'affaire va servir de ferment au mouvement des Chemises Jaunes voulant "sauver la monarchie". Les manifestations ont fortement mobilisé parmi les classes moyennes et supérieures de Bangkok, qualifiés de "Blue Blood Jet Set" par le Bangkok Post. Elles ont été rejointes par la secte bouddhiste Santi Asoke du moine Luang Ta Maha Bua, très contesté, et les employés des entreprises menacées de privatisations, qui ne voulaient pas perdre leur statut de fonctionnaires. Quelques intellectuels se sont joints au mouvement.
Le 24 janvier 2006, des centaines de manifestants avec à leur tête Sondhi Limthongkul, l'ancien sénateur Pratin Santiprapop, Klanarong Chantik, et le député du NPD Kalaya Sophonpanich ont fait irruption dans Government House à minuit et demi. Ils ont occupé les bâtiment pendant 20 minutes, avant de se regrouper à l'extérieur. Une manifestation anti-Thaksin a réuni entre 40.000 et 50.000 manifestants (estimation de la presse) le 24 février 2006. Les suivantes pas plus de 5.000 à 15.000 selon les estimations de l'AFP et de Reuters.

Le 24 février 2006, Thaksin annonçait le dissolution du Parlement et de nouvelles élections pour le 2 avril, afin de mettre un terme à l'affaire de la vente des actions de la Shin Corporation. Dans son allocution hebdomadaire à la radio après l'annonce de sa décision, monsieur Thaksin a promis de nouvelles mesures populistes, notamment des augmentations de salaire pour les fonctionnaires, une augmentation du salaire minimum et des allégements de la dette pour les agriculteurs. L'opposition démocrate, les partis d'opposition Chart Thai et Mahachon ont annoncé le 27 février qu'ils boycottaient les élections.

"The Nation" a révélé sa vraie nature. Le quotidien a critiqué les élections, par ce qu'elle ne prenaient pas en compte une erreur majeure du concept de démocratie dans les pays moins développés comme la Thaïlande, où la masse des pauvres gens mal informée se laisse facilement manipulée par des gens peu scrupuleux.

Les Chemises Jaunes ont pratiqué l'escalade. Le chef bouddhiste Sulak Sivaraksa a qualifié Thaksin de "chien pitoyable" lors d'une manifestation organisée le 26 février 2006 et le président du groupe des enseignants du Nord-Est, Auychai Watha, a souhaité que les enfants de Thaksin deviennent des "prostitués infectés par des maladies vénériennes".

La manifestation en faveur du Premier ministre a réuni des 150.000 à 200.000 personnes le 3 mars 2006. Thaksin s'est alors engagé a refusé le poste de Premier ministre si son parti obtenait moins de suffrages que le nombre d'abstentions et de voix aux petits partis, alors que l'opposition refusait de prendre part au vote. Un manifestation anti-Thaksin a réuni quelques dizaines de milliers de manifestants les 5 mars 2006, avec pour mot d'ordre : "Thaksin dehors" et "Restaurons le pouvoir du Roi". A partir du 13 mars 2006, les manifestants se sont installés avec des tentes en face du Government House, au carrefour de Miskawan, rendant la circulation impossible dans le quartier. Le 15 mars 2006, les partisans de Thaksin en provenance du Nord-Est du pays se sont rassemblés à Bangkok. Ils ont garé leur " Ee Taen" dans le Parc de Chatuchak, où ils ont été rejoints par 400 "motorcycle taxi drivers" qui prostestaient contre les pots de vins qu'ils devaient verser à la police. Le 19 mars 2006, des partisans de Thaksin ont brûlé le cercueil d' Apirak Kosayothin, le gouverneur démocrate de Bangkok, qui voulait évacuer le Parc de Chatuchak. Les adversaires de Thaksin ont provoqué d'importants dégâts dans le centre d'affaires de Bangkok (Bumrungrad International Hospital, The Emporium, et Siam Square... Siam Centre, Siam Discovery, Siam Paragon). Un sondage a indiqué que 71% des habitants de Bangkok ont désapprouvé l'initiative.

Le 24 mars 2006, devant 50.000 personnes réunies à Sanam Luang, le dirigeant du Parti démocrate Abhisit Vejjajiva a demandé que le Roi Bhumibol Adulyadej nomme un nouveau Premier ministre et un nouveau Cabinet pour résoudre la crise politique. L'Alliance populaire pour la démocratie (PAD ), le Barreau de la Thaïlande, et le Conseil de la presse de la Thaïlande ont également appelé à l'intervention royale. Les demandes d' intervention royale sont restées lettres mortes. Le roi lui-même dans son discours prononcé le 26 avril devant les juges nouvellement nommés, a rejeté l'idée en disant que l'article 7 de la Constitution invoqué par les manifestants anti-Thaksin ne lui donne pas ce pouvoir. "Demander qu'un Premier ministre soit nommé royalement est antidémocratique. C'est pardonnez-moi, un gâchis. C'est irrationnel".

Les élections du 3 avril 2006 ont permis à Thaksin de réunir 16 millions de voix, avec 10 millions d' abstentions et des bulletins nuls. Il obtient 66% des suffrages exprimés et de remporter 462 sièges au Parlement. Les partis d'opposition ont demandé l'annulation du vote. Thaksin Shinawatra, est apparu à la télévision pour annoncer sa victoire et appeler à l'unité dans le royaume. Il a réitéré sa proposition de mise en place d'un gouvernement d'union nationale, et a proposé la création d'une commission de réconciliation indépendante, composée de trois anciens présidents du parlement, trois présidents Cour suprême, et trois anciens premiers ministres et recteurs des universités, pour mettre fin à l'impasse politique.

Après une audience avec le roi Bhumibol, Thaksin a annoncé le 4 avril 2006 qu'il n'accepterait pas le poste de Premier ministre après la reprise des travaux parlementaires.
Le 8 mai 2006, la Cour constitutionnelle a invalidé les résultats des élections d'avril et ordonné un nouveau tour de scrutin, en octobre.

On a accusé Thaksin d'avoir organisé un complot pour renverser le souverain à la veille du 60ème anniversaire du règne du roi Bhumibol Adulyadej. Thaworn Senniam, le secrétaire général adjoint du Parti démocrate, a confirmé l'authenticité du plan "Finlande". Thaskin a menacer de poursuivre le propriétaire du quotidien Sondhi Limthongkul, son rédacteur en chef, un chroniqueur et deux cadres pour diffamation.

Thaksin a dénoncé "des gens ayant une forte aura et certaines organisations autres que celles sanctionnées par la Constitution, qui tentent de renverser le gouvernement, les règles et les lois, la Constitution et la démocratie". Plusieurs membres de la famille royale ont considéré que Thaksin faisait allusion au roi Bhumibol ou au président de son Conseil privé Prem Tinsulanonda. Sondhi Limthongkul a demandé au public de prendre position et de choisir entre le roi et Thaksin. Le 14 juillet 2006, le président du Conseil privé Prem Tinsulanonda s'est adressé aux cadets de l' Académie royale militaire de Chulachomklao, en leur disant que l'armée thaïlandaise doit obéir aux ordres du roi, pas à ceux du gouvernement.

Le 24 août 2006, une voiture contenant 67 kg d'explosifs s'est garée à proximité de la résidence de M. Thaksin à Thonburi. Selon le lieutenant général Wiroj Jantharangsee, Commissaire du Metropolitan Police Bureau, la charge était opérationnelle, équipée d'une commande à distance et prête à exploser en faisant des dégâts dans un rayon d'environ 1 kilomètre. La voiture avait été conduite par le lieutenant Thawatchai Klinchana, ancien chauffeur personnel de Pallop Pinmanee, directeur adjoint du commandement des opérations de sécurité intérieure (ISOC). La police a découvert que la voiture avait quitté le siège ISOC plus tôt ce matin.Thawatchai a été immédiatement arrêté et Pallop a été démis de ses fonctions. Pallop a nié toute implication, soulignant que "si on avait voulu le faire, je l'aurais fait plus subtilement... Dans ma carrière, j'ai dirigé des escadrons de la mort. Si j'avais voulu le tuer, le premier ministre n'aurait pas échappé". Selon les opposants au gouvernement, la voiture piégée n'était qu'un coup monté du gouvernement. Cinq officiers ont été arrêtés pour leur rôle dans le complot. Le lieutenant général Pirach Swamivat, un camarade de classe de Pallop à la Royal Military Academy de Chulachomklao, a dit qu'il pensait que Pallop avait obéi à des ordres. Trois officiers ont été libérés après le coup d'Etat.

La préparation du coup d'Etat, qui a commencé en février 2006, s'est poursuivie durant la crise. Face aux rumeurs, le général Sonthi Boonyaratglin a affirmé en mai 2006 que l'armée ne prendrait pas le pouvoir. Le 20 juillet 2006, des officiers favorables à Thaksin ont été mutés. Les commandant de la "3rd Army Area", Saprang Kalayanamitr, a indiqué que "le niveau de la politique thaïlandaise était inférieur aux standards, et que la Thaïlande ne jouissait pas d'une réelle démocratie". Les chars se sont approchés de Bangkok en août 2006. Les militaires ont évoqués des exercices militaires. Le coup d'Etat a eu lieu le 19 septembre 2006, alors que Thaksin assistait à l'Assemblée générale de l'Organisation des Nations Unies à New York.
Dans un communiqué, le Conseil de la réforme démocratique militaire a évoqué le crime de lèse-majesté du gouvernement, des interférences avec les organismes publics, et la création de divisions sociales pour justifier le putsch.

Les militaires et les opposants politiques de Thaksin ont cherché partout pour l'inculper et le discréditer aux yeux de l'opinion. En octobre 2008, il est reconnu coupable de conflit d’intérêts dans le cadre d’une transaction immobilière liée à son épouse et condamné par contumace à deux ans d'emprisonnement par la Cour suprême criminelle des délits politiques. Il n'ont rien trouvé d'autre ! (sources : wikipedia)

Lien:

https://www.facebook.com/?ref=tn_tnmn#!/QuotidiendeThailande?fref=ts

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31 octobre 2013 4 31 /10 /octobre /2013 13:03

Reporters sans frontières demande au ministère des Technologies de l’information et de la Communication de reformuler la révision de la loi sur les crimes informatiques (Computer Crime Act) de 2007. Permettant déjà aux autorités de procéder à des arrestations de journalistes et blogueurs pour des motifs politiques, la loi, si elle venait à être modifiée, pourrait donner davantage de latitude au gouvernement pour museler la presse indépendante et d’opposition.

"Nous soutenons les cinq associations de journalistes qui se sont publiquement élevées contre ce projet. En facilitant le blocage des sites web par les autorités qui, en plus de s’affranchir de l’aval d’un juge, pourraient bloquer un site d’information que leur décision ne soit visée par le Ministère des Technologies de l’information et de la Communication, le projet de loi éloigne encore un peu plus le Computer Crime Act des standards internationaux en la matière. Nous demandons l’abandon pur et simple de ce projet d’amendement de la loi", a déclaré Reporters sans frontières.

"Si le gouvernement souhaite modifier le Computer Crime Act, il ne saurait le faire en refusant d’associer les différents acteurs du secteur de l’Information et les représentants des associations des médias. Une collaboration fructueuse devrait mener à un texte de loi empêchant toute instrumentalisation de la "lèse-majesté" à des fins politiques et à la décriminalisation des délits d’opinions et des offenses relatives à des publications en ligne", a ajouté l’organisation.

Dans un communiqué de presse publié le 24 octobre 2013, la Thai Journalists Association, la Thai Broadcasting Journalists Association, Online News Providers Association et l’ Information Technology Reporters and the Academic Specialists on Computer Law Group, ont affirmé que la loi allait "contre l’infrastructure" du Net elle-même et rejetait la responsabilité sur les opérateurs de sites web, les fournisseurs d’accès à Internet et les utilisateurs.

Le gouvernement s’est défendu en affirmant qu’un référendum avait été réalisé en amont du projet. Mais selon les associations de médias, ni les représentants des médias, ni les entreprises du Net ni les opérateurs de sites n’ont été véritablement associés au processus ayant mené au projet d’amendement.

Entré en vigueur en 2007, le "Computer Crime Act", oblige les fournisseurs d’accès à Internet à conserver les informations individuelles des internautes pendant 90 jours. Les autorités ont le pouvoir de vérifier ces informations sans aucun contrôle judiciaire. La loi prévoit également des peines d’emprisonnement pour “crime de lèse-majesté”, alors que le cime ne figurait pas dans la première version du texte, adoptée en 2006.

La Thaïlande se situe à la 135ème position sur 179 selon le classement de la liberté de la presse établi par Reporters sans frontières en 2013.

Source:

http://fr.rsf.org/thailande-reporters-sans-frontieres-demande-28-10-2013,45386.html

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 21:35

Manoeuvres autour du projet de loi d'amnistie: un écran de fumée pour détourner l'attention des vrais problèmes

Lien de l'article:

http://redthaisocialist.com/francais/437-manoeuvres-autour-du-projet-de-loi-damnistie-un-ecran-de-fumee-pour-detourner-lattention-des-vrais-problemes.html


Toutes les protestations, les rumeurs et la confusion qui entourent le projet de loi d'amnistie sont une occasion en or pour les conservateurs anti-démocratiques et le gouvernement Pua Thai de détourner l'attention sur les véritables enjeux que sont le coup d'Etat de Septembre 2006 et le massacre des Chemises rouges le 19 Mai 2010.
Pour les conservateurs, qui souhaitent placer la société thaïlandaise dans un "gel profond", tous les discours habituels sur Taksin, les mobilisations de rue, et l'appel à un autre coup d'Etat militaire, sont une merveilleuse façon d'éviter le débat sur les crimes d'Etat commis par l'armée et le Parti Démocrate au gouvernement à l'époque. L'excitation maniaque autour du sujet est aussi un prétexte pour négocier et mettre sous pression le Pua Thai afin que les prisonniers chemises rouges restent en prison aussi longtemps que possible, que le retour de Taksin soit retardé et que rien ne soit fait contre la loi de lèse-majesté draconienne qui protège les militaires.
Pour le Pua Thai et la direction de l'UDD, les rumeurs fastidieuses habituelles de coups d'Etat et la présentation des différents projets de loi d'amnistie contribue à semer la confusion et la peur parmi les Chemises rouges. Cela prépare le terrain pour un autre mauvais compromis avec les militaires. La lèse-majesté ne sera pas modifiée et les prisonniers de lèse-majesté ne seront pas couverts par une amnistie. Non seulement cela, mais l'armée ne sera pas poursuivie pour ses crimes putschistes ni pour ses massacres de civils et les affaires contre Abhisit, Sutep et les Chemises jaunes qui ont occupé les aéroports seront discrètement abandonnées ou reportées indéfiniment. Le Pua Thai espère que, quand cette épouvantable version de la loi d'amnistie sera adoptée, les Chemises rouges pousseront un soupir de soulagement et diront: "Eh bien au moins nous avons eu une loi d'amnistie".
Un tel résultat ne changera rien au piteux état d'absence de droits de l'homme et de justice de base en Thaïlande. Les politiciens du Parti Démocrate et les généraux de l'armée qui ont massacré des gens vont rester libre et continuer à jouir de leurs richesses, tandis que des gens comme Somyot, Da Torpedo et Surachai, qui sont détenus pour simplement avoir critiqué la dictature, continueront de pourrir en prison.

Giles Ji Ungpakorn

 

Photo ci-dessous: Giles Ji Ungpakorn

giles

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26 octobre 2013 6 26 /10 /octobre /2013 21:30

Thaïlande: les immigrés, main-d'oeuvre vitale de l'industrie de la pêche

Pattani (Thaïlande) (AFP) - Occupée à trier des sardines toutes fraîches dans un port du sud de la Thaïlande, Shi-Jai fait partie des milliers d'immigrés, dont des femmes et des enfants, qui permettent à l'immense industrie de la pêche du royaume de fonctionner.

Chaque jour, une armée de travailleurs venus notamment de Birmanie ou du Cambodge, légaux ou illégaux, s'activent sur des chalutiers rouillés ou aident à décharger les poissons dans les ports du pays.

Shi-Jai, qui vient de l'Etat Mon, en Birmanie, gagne environ 7 euros par jour dans le port de Pattani, dans l'extrême sud du royaume en proie à une insurrection séparatiste menée par des militants musulmans, qui a fait plus de 5.700 morts depuis 2004.

"Ce n'est pas beaucoup, mais c'est plus que ce que je peux gagner chez moi", commente-t-elle, pendant qu'un homme à l'air sévère surveille des femmes, et quelques enfants, en train de trier la pêche du matin.

La Thaïlande est le troisième exportateur mondial de poissons en valeur, avec environ 7 milliards de dollars par an.

Mais le pays est également dans le collimateur de la communauté internationale en raison d'accusations évoquant des pêcheurs immigrés parfois transformés en quasi-esclaves.

L'Organisation internationale du travail (OIT) a dénoncé début septembre de "graves abus" sur les bateaux de pêche, décrivant des immigrés illégaux à la merci de violences et du travail forcé.

Selon cette étude de l'OIT, 17% des quelque 600 employés du secteur interrogés (parmi lesquels de nombreux Cambodgiens et Birmans en situation irrégulière) ont dit avoir été forcés à travailler, sous la menace de pénalités financières, de violence, ou de dénonciation aux autorités.

Et 10% des personnes interrogées ont assuré avoir été battues à bord tandis que plus de 25% témoignaient de journées de travail sans fin, avec des astreintes jusqu'à 24 heures sur 24.

Les Etats-Unis, un des marchés majeurs pour les produits de la mer thaïlandais, ont inscrit le royaume sur la liste des pays à surveiller en matière de trafic d'êtres humains.

Mais de nombreux travailleurs immigrés s'inquiètent plus des difficultés à gagner leur vie dans leur pays.

"Nous n'avons pas pu trouver de travail au Cambodge, alors nous sommes venus ici", raconte Makka, pêcheur de 21 ans dont le visage buriné lui donne quelques années de plus.

"Certains ont des permis de travail, d'autres pas (...). Mais nous avons tous besoin de travail", insiste-t-il.

Lien:

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20130925.AFP6506/thailande-les-immigres-main-d-oeuvre-vitale-de-l-industrie-de-la-peche.html

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 10:42

Une Thaïlandaise a été condamnée mercredi en appel à Bangkok à cinq ans de prison pour insulte à la monarchie. Il s'agit de la deuxième condamnation en deux jours dans une affaire de lèse-majesté.

Elle a été reconnue coupable de crime de lèse-majesté pour des commentaires postés en 2008 sur un site Internet populaire, a précisé un responsable de la cour d'appel de Bangkok, sans autre détail.

Elle avait été acquittée en première instance, en 2011, la justice estimant alors que l'accusation n'avait pas réussi à prouver qu'elle était l'auteur des propos incriminés publiés sur le site Prachatai.

Dans une affaire séparée, l'éditrice de Prachatai avait été condamnée à une peine avec sursis pour n'avoir pas enlevé assez rapidement des propos publiés par d'autres sur le site et jugés insultants envers la monarchie.

Demi-dieu

Le roi Bhumibol, 85 ans, jouit auprès de certains de ses sujets d'un statut de demi-dieu. Et si la famille royale n'a aucun rôle politique officiel, elle est protégée par une des législations les plus sévères du monde.

Cette condamnation intervient au lendemain de celle du fondateur du mouvement royaliste des "chemises jaunes", Sondhi Limthongkul.

Le magnat de la presse, personnage très controversé, avait, lui aussi, été acquitté en première instance puis condamné mardi à deux ans de prison en appel pour avoir répété le discours d'une adversaire politique.

Cette dernière s'était elle vue infliger une peine de quinze ans pour crime de lèse-majesté en 2011. La justice thaïlandaise a multiplié ces dernières années les lourdes peines et les arrestations pour des propos jugés insultants envers la monarchie.

Lien:

http://www.swissinfo.ch/fre/detail/content.html?cid=37033888

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 10:32

Un activiste politique thaïlandais emprisonné d’après la loi controversée du royaume contre les insultes à la monarchie a été relâché vendredi 4 Octobre après avoir bénéficié d’une grâce royale.

 

Liens:
http://thailande.vraiforum.com/t4008-Surachai-Sa-darn-detenu-pour-lese-majeste.htm

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-un-autre-detenu-pour-lese-majeste-surachai-sa-darn-102992199.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-l-etrange-affaire-de-surachai-sa-darn-115014395.html


Surachai Danwattananusorn, 71 ans, avait été condamné à 12 ans et 6 mois de prison pour avoir, entre autre, fait des remarques sur la famille royale lors d’un discours sur les supporters des “Red Siam”.
"Je suis très heureux et reconnaissant”, a dit Surachai à l’AFP après sa libération."Sans cette grâce royale, je serais resté en prison jusqu’à mes 80 ans”, a ajouté l’activiste, qui a passé 2 ans et 7 mois dans la maison d'arrêt de Bangkok.

Une loi controversée

Son épouse Pranee, 56 ans, a dit que Surachai avait vécu "des incidents très difficiles" en prison. "C’était très intense pour lui. Un homme de 70 ans ne devrait pas avoir à affronter ce genre de choses".

Les tribunaux thaïlandais ont récemment rendu des décisions très sévères pour insultes à la monarchie, au désarroi des militants pour les droits de l’Homme.
L’avocat de Surachai, Karom Polpornklang, a précisé que son client avait demandé une grâce royale à trois reprises avant d’être libéré.

La famille royale est un sujet extrêmement sensible en Thaïlande, et les demandes de réforme se font de plus en plus fortes afin d’assouplir la législation sur la loi contre le crime de lèse majesté.

D’après la loi, une personne accusée d’avoir insulté le roi, la reine, l’héritier ou les régents pourra être condamnée à 15 ans de prison.
"Si on amendait cette loi, cela bénéficierait non seulement au peuple mais aussi au roi" explique Surachai. "Récemment, on a vu le roi accorder régulièrement des grâces. Cela prouve que le roi voit aussi des faiblesses dans cette loi".

Un instrument politique contre les partisans de Thaksin

En juillet, une grâce royale avait permis la libération d’un thaïlandais condamné à une peine de 13 ans d’emprisonnement pour avoir posté sur internet des commentaires considérés comme offensant pour la monarchie.

Les détracteurs expliquent que la loi sur la lèse majesté est politisée et utilisée contre le mouvement des Chemises Rouges, loyal à l’ancien premier ministre en exil Thaksin Shinawatra.

 

Surachai

 

 

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17 octobre 2013 4 17 /10 /octobre /2013 10:31

Le fondateur des «chemises jaunes» condamné pour lèse-majesté en Thaïlande

Le fondateur du mouvement royaliste thaïlandais des « chemises jaunes » a été condamné mardi en appel à deux ans de prison pour avoir insulté la révérée monarchie en répétant le discours d’une adversaire politique. Sondhi, qui a estimé que les accusations contre lui étaient politiques, a été laissé en liberté sous caution en attendant un recours auprès de la Cour suprême.

Lien:

http://www.sudinfo.be/823727/article/actualite/l-info-en-continu/2013-10-01/le-fondateur-des-chemises-jaunes-condamne-pour-lese-majeste-a-thailande

En Thaïlande, même les royalistes sont condamnés pour crime de lèse-majesté

Par RFI

Le leader d’un mouvement royaliste thaïlandais a été condamné en appel hier, mardi 1er octobre, à deux ans de prison pour crime de lèse-majesté. Sondhi Limthongkul était le principal leader des « chemises jaunes », un mouvement qui avait manifesté des mois durant contre le gouvernement du Premier ministre populiste de l’époque Thaksin Shinawatra. Cette condamnation met en relief l’étrangeté du fonctionnement de cette loi visant à protéger la famille royale de Thaïlande.

Avec notre correspondant à Bangkok, Arnaud Dubus

C’est l’inépuisable histoire de l’arroseur arrosé. Sondhi Limthongkul, royaliste jusqu’aux bout des ongles, farouche adversaire de l’ex-Premier ministre Thaksin, était monté sur l’estrade en 2008 pour dénoncer face aux manifestants les propos d’une militante pro-Thaksin qui avait critiqué la famille royale.

Problème : il avait dénoncé ces critiques en les répétant mot à mot, et donc, il était tombé lui-même sous le coup de la sévère loi contre le crime de lèse-majesté, laquelle punit d’une peine allant jusqu’à quinze ans de prison les propos désobligeants envers le roi, la reine et le prince héritier.

Aussi sévère qu'en Arabie Saoudite

Sondhi Limthongkul avait été acquitté en première instance, mais la cour d’appel a renversé le jugement, estimant qu’il avait nuit à la monarchie en répétant des propos antiroyalistes. Sondhi Limthongkul est libéré sous caution durant la procédure de cassation.

Cet incident tragi-comique souligne le caractère absurde et excessif de la loi de lèse-majesté en Thaïlande, la plus sévère au monde avec celle d’Arabie Saoudite. Ainsi, en 2010, une procédure pour crime de lèse-majesté avait été engagée contre un acteur qui avait utilisé l’expression affectueuse « père » pour parler du roi.

Lien:

http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20131002-thailande-meme-royalistes-sont-condamnes-crime-lese-majeste-sondhi-limthongkul

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