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31 juillet 2016 7 31 /07 /juillet /2016 11:03

Huit politiciens de Chiang Mai seront détenus pendant sept jours et ensuite inculpés de sédition et de diffusion de fausses informations sur le projet de constitution par le tribunal militaire, a déclaré le vice-Premier ministre Prawit Wongsuwon jeudi. La période de détention d’une semaine a été ordonnée par le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO). Les politiciens du Parti Pheu Thai sont accusés d’avoir diffusé des lettres colportant des informations erronées dans le Nord de la Thailande. Le general Prawit, qui est aussi ministre de la Défense, a démenti les affirmations comme quoi le NCPO persécutait ses adversaires politiques avant le référendum du 7 août sur la constitution.

Plusieurs des personnes ciblées font partie de la famille Buranupakorn politiquement influente et très riche, qui soutient le Parti Pheu Thai à Chiang Mai, une ville qui est le bastion du parti.

Ils comprennent Tasanee Buranupakorn, une ancienne députée de Chiang Mai et vice-présidente de l'organisation administrative provinciale de Chiang Mai, ainsi que sa sœur cadette, et son oncle Boonlert Buranupakorn, dont le Premier ministre Prayut Chan-o-cha l’avait précédemment suspendu de sa position de président de l’organisation administrative provinciale de Chiang Mai.

 

Tasanee Buranupakorn

Tasanee Buranupakorn

La police a perquisitionné la propriété de la famille et a déclaré avoir trouvé des lettres qui expliquaient que le projet de constitution mettrait fin au régime gouvernemental de soins de santé a 30 baht, aux paiements mensuels des personnes âgées et à la scolarisation gratuite. Les détenus ont été conduits au Cercle militaire situé dans le district de Dusit à Bangkok.

Source :

http://www.bangkokpost.com/news/politics/1046649/pheu-thai-detainess-to-be-tried-in-military-court

Tasanee Buranupakorn au moment de son arrestation

Tasanee Buranupakorn au moment de son arrestation

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30 juillet 2016 6 30 /07 /juillet /2016 08:52

Une femme audacieuse a jeté l'institution dans la controverse lors de sa quête de justice.

Un article de Pavin Chachavalpongpun

Lien de l’article en anglais:

http://thediplomat.com/2016/07/the-dark-secrets-of-thailands-military/

 

L'armée thaïlandaise a une fois de plus plongé dans la controverse après qu’une série de jeunes cadets aient été retrouvés morts alors qu’ils subissaient une formation militaire. Pour aggraver la situation, dans le dernier cas, la nièce d'un cadet défunt a été accusée d'atteinte à la réputation de l'armée quand elle a essayé de révéler les brutalités qui ont lieu à l'intérieur de la caserne.

Cette semaine, Naritsarawan Kaewnopparat, une aide sociale travaillant pour le bien-être social des enfants, a été arrêtée pour avoir diffamé l'armée à travers ses écrits sur Facebook. Elle a accusé les militaires de protéger «certains personnes» dans l'armée qui sont responsables du violent assassinat de son oncle, Wichian Puaksom, qui est mort dans un camp de l'armée en juin 2011. Bien qu'elle ait ensuite été libéré sous caution, la plainte contre elle demeure et elle a exposé ce qui est un problème plus large en Thaïlande.

Un conte noir

Wichian, volontaire pour servir dans l'armée, a été muté dans la province de Narathiwat située dans le Sud profond de la Thaïlande. Il a été pris alors qu’il s’enfuyait du camp et, selon Naritsarawan, a été torturé à mort. Reconnu coupable d'avoir abandonné son devoir, il a été frappé au visage à plusieurs reprises et traîné nu sur le sol en béton. Son corps et son visage ont été écrasés par plusieurs soldats de rang supérieur, qui ont également piétiné son cou, poignardé ses cuisses avec des bâtons de bambou pointus, et lui ont donné des coups de pieds dans les testicules.

Bien que cela serait clairement considéré par tout observateur extérieur comme inhumain, ce n'est en fait pas rare dans la culture militaire thaïlandaise. Dans l'armée, il existe une sorte de punition, connu en thaï comme "som", qui implique des attaques physiques brutales contre les victimes.

Le préjudice causé à son corps était si grave qu'il a été envoyé dans la salle d'urgence d’un hôpital de Narathiwat, mais le médecin n’a pas pu le sauver. Pendant tout ce temps, sa famille a été maintenue dans l'ignorance de ce qui se passait. Quand la nouvelle de sa mort a éclaté, l'armée a tenté de faire taire la famille en offrant une compensation de 7 millions de baht (200 000 $), mais la famille Puaksom voulait plutôt la justice pour leur fils.

Naritsarawan, à l’époque étudiante à l'université, a entrepris un voyage afin de découvrir la vérité sur la mort de son oncle. Elle a écrit de nombreuses lettres de plainte et de pétition aux plus hautes autorités de l'armée, y compris au général Prayut Chan-o-cha, l'actuel premier ministre qui était alors le chef de l'armée, pour enquêter sur l'affaire et traduire les coupables en justice. Mais tous ses efforts semblaient tomber dans l'oreille d'un sourd.

Outre le fait que ses appels répétés à la justice pour Wichian ont été refusées, Naritsarawan et sa famille ont également continué d'être victime d'intimidation et de menaces. Les membres de sa famille ont été avertis par les autorités de ne pas enquêter sur le cas sinon ils risquaient de perdre leurs propres vies. Une fois, quelqu'un a tiré un coup de feu sur sa maison, mais heureusement personne n'a été blessé.

Les griefs de Naritsarawan ont à nouveau fait l'objet de l'attention du public après la mort récente d'un autre officier de l'armée, Kittikorn Suthiraphan. Kittikorn a également été tué dans un camp militaire en février de cette année. La tragédie a rappelé aux Thaïlandais que la culture du "som" au sein de l'armée n'a pas été abolie, contrairement à ce que l'armée avait dit à Naritsarawan comme quoi son oncle serait le dernier cas de ce genre. Se sentant trahi, elle a commencé à écrire de manière critique sur Facebook sur les sombres secrets à l'intérieur de l'armée, y compris sa culture de l'impunité, ainsi que son aversion pour la transparence vis-à-vis du reste de la société thaïlandaise.

Une plus grande perspective

Étant donné que les militaires ont organisés un coup d’Etat pour renverser le gouvernement élu de la première ministre Yingluck Shinawatra en mai 2014, les principales institutions de la Thaïlande se sont progressivement militarisées, en partie en raison des avantages de cette militarisation, mais aussi en partie à cause de la réalité du fait que l'armée a dorénavant fusionné avec l’Etat.

Dans ce contexte, il y a eu de nombreux cas impliquant des actes répréhensibles ou des irrégularités de la part de l'armée ou de groupes ou d’individus en son sein. Pourtant, ces incidents ont été soit enterré ou farouchement défendus par les responsables du coup d'Etat. Par exemple, Rajapakdi Park a été entaché par un scandale de corruption impliquant l'armée, même si elle a niée son implication jusqu'à aujourd'hui.

Les élites supérieures de l’armée ont également exploité leur position pour promouvoir leurs parents, amis et alliés. Le frère de Prayut, le général Preecha, a été promu au poste de secrétaire permanent du ministère de la Défense et est membre du Conseil législatif national. Preecha a également nommé son fils à un poste important de l'armée. Patikom, le frère du Vice-Premier Ministre, le général Prawit Wongsuwan, a été choisi pour diriger le ministère des Services correctionnels. Les médias en Thaïlande n'a pas le droit de discuter des promotions de ces puissants personnages.

La poursuite inlassable de Naritsarawan pour la justice ne doit pas être considérée comme juste une tentative afin d’obtenir réparation, mais aussi comme l'occasion d'exposer les sombres secrets de l'armée de Thaïlande, armée qui est à l'origine des nombreux problèmes du pays. Son cas est la preuve que les institutions clés ont été militarisées, y compris le pouvoir judiciaire, qui a travaillé en étroite collaboration avec l'armée pour défendre leurs intérêts politiques mutuels.

Les décès des deux cadets peuvent suggérer une série d'incidents troublants au sein de l'armée. Mais ils symbolisent aussi un problème plus important en Thaïlande: ce pays est en train de devenir un état de non-droit dirigé par des despotes militaires impitoyables.

Pavin Chachavalpongpun est professeur agrégé au Centre de l'Université de Kyoto pour les études d'Asie du Sud-Est.

 

Naritsarawan Kaewnopparat

Naritsarawan Kaewnopparat

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29 juillet 2016 5 29 /07 /juillet /2016 06:22

Une déclaration d’Amnesty International:

Les autorités thaïlandaises doivent immédiatement abandonner l’enquête pénale ouverte contre trois des défenseurs des droits humains les plus en vue du pays, a déclaré Amnesty International lundi 25 juillet. Ces trois militants, parmi lesquels se trouve la présidente de la section thaïlandaise d’Amnesty International, risquent d’être inculpés le 26 juillet pour avoir rassemblé des informations et publié un rapport sur le recours à la torture par les forces de sécurité en Thaïlande.

Somchai Homla-or, Anchana Heemmina et Pornpen Khongkachonkiet, qui a été nommée à la présidence du bureau exécutif d’Amnesty International Thaïlande en juin, encourraient jusqu’à cinq ans de prison et une amende de 4 800 dollars des États-Unis s’ils venaient à être déclarés coupables de «diffamation» et d’«infractions dans le domaine informatique». Tous trois doivent se présenter à un poste de police de Pattani le 26 juillet.

«Il est paradoxal de constater qu’à l’heure où le gouvernement thaïlandais promet de légiférer contre la torture des militants sont harcelés pour avoir dénoncé cette pratique», a déclaré Salil Shetty, secrétaire général d’Amnesty International.

«Les autorités thaïlandaises devraient immédiatement classer l’enquête pénale ouverte contre les trois militants, abandonner toutes les charges et ordonner l’ouverture d’une enquête indépendante et impartiale sur les graves violations des droits humains qu’ils ont dénoncées. L’État a pour devoir de protéger les défenseurs des droits humains, pas d’éviter aux forces de sécurité d’avoir à rendre des comptes.»

Somchai Homla-or, Pornpen Khongkachonkiet et Anchana Heemmina sont membres de la Cross Cultural Foundation et du groupe Duay Jai. Ensemble, ils ont publié en février 2016 un rapport décrivant 54 cas de torture et autres mauvais traitements dont la police et l’armée royales thaïlandaises se seraient rendues coupables dans les provinces du sud, où la situation est instable.

La plainte contre eux a été déposée le 17 mai 2016 par le commandement des opérations de sécurité intérieure pour la quatrième région, responsable des opérations de sécurité dans les provinces du sud du pays, sur lesquelles se concentre le rapport.

Les accusations portées contre eux ne sont que la dernière manifestation en date d’une longue série d’actes visant à intimider des défenseurs des droits humains, ce qui va clairement à l’encontre de l’obligation qui incombe à la Thaïlande, au titre du droit international, de protéger les droits de ces personnes.

Depuis le coup d’État de 2014, le gouvernement militaire thaïlandais a intensifié ses efforts pour étouffer toute forme de dissidence, notamment en imposant de larges restrictions aux libertés d’expression, d’association et de réunion. Au cours des seuls trois derniers mois, les autorités ont engagé des poursuites contre plus de 100 personnes qui se seraient opposées à un projet de constitution devant être soumis à un référendum national le 7 août.

«Si ce genre de chose peut arriver à des militants connus, alors le message qu’envoie le gouvernement militaire est que personne ne peut lui échapper, personne n’est en sécurité», a affirmé Salil Shetty.

Amnesty International considère toute personne emprisonnée uniquement pour avoir exercé pacifiquement son droit à la liberté d’expression comme un prisonnier d’opinion, qui doit être libéré immédiatement et sans condition.

Complément d’information

Somchai Homla-or est conseiller principal et ancien président de la Cross Cultural Foundation, une organisation qui rassemble des informations sur les violations des droits humains. Pornpen Khongkachonkiet est directrice de cette organisation.

Le mois dernier, elle a également été élue présidente du bureau exécutif d’Amnesty International Thaïlande, un rôle qu’elle exerce indépendamment de son travail avec la Cross Cultural Foundation.

Amnesty International n’a pas participé à l’élaboration ou à la publication du rapport des trois défenseurs des droits humains sur la torture.

Le 17 décembre 2015, la Thaïlande a soutenu, avec 127 autres États membres, une résolution des Nations unies condamnant les actes d’intimidation et de représailles organisés par des représentants de l’État contre des défenseurs des droits humains.

Source:

https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2016/07/drop-complaint-against-ai-thailand-chair/

Pornpen Khongkachonkiet

Pornpen Khongkachonkiet

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22 juillet 2016 5 22 /07 /juillet /2016 11:10

Le journaliste britannique Andrew MacGregor Marshall, connu pour son livre "A Kingdom in Crisis" (Un Royaume en crise) sur la monarchie thaïlandaise, avait publié hier sur sa page Facebook des photos du prince héritier qui avaient auparavant été publiées par le journal allemand Bild et reprises par le media francophone en ligne 20 minutes (lien: http://www.20min.ch/ro/news/insolite/story/Le-prince-debraille-fiche-la-honte-a-tout-le-royaume-13855909).

Suite à cela, la police thaïlandaise a arrêté ce matin Noppawan Bunluesilp, l’épouse thaïlandaise du journaliste ainsi que Charlie, son fils de 3 ans, alors qu’ils étaient en visite familiale en Thaïlande.

 

Noppawan Bunluesilp et Charlie au moment de leur arrestation

Noppawan Bunluesilp et Charlie au moment de leur arrestation

Le beau-père d’Andrew MacGregor Marshall a lui aussi été arrêté. Tous les trois ont été conduits à la Division de Suppression du Crime ou ils sont actuellement interrogés. L’avocat des droits de l’homme, Weeranan Huadsri, n’a pas eu l’autorisation de leur rendre visite.

Nous demandons la libération immédiate de Noppawan Bunluesilp, de son père et de Charlie!!!

Source:

http://www.khaosodenglish.com/politics/2016/07/22/police-raid-home-foreign-critic-thai-monarchy-home/

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17 juillet 2016 7 17 /07 /juillet /2016 14:12
Deux pays, deux méthodes

La Thaïlande et la Turquie ont toutes les deux connues des expériences de longues périodes de régime militaire brutal. Dans les deux pays, les élites conservatrices se sont opposés à des gouvernements démocratiquement élus qui ont bénéficié du soutien des pauvres. Les magistratures des deux pays ont tenté de renverser le processus électoral. En Turquie, les classes moyennes pro-occidentales se sont généralement alliées avec les militaires, en soutenant le "kémalisme" dans une tentative pour supprimer ceux qui osaient critiquer l'ordre ancien. En Thaïlande, les classes moyennes royalistes se sont alliées avec les militaires, en soutenant la loi de lèse-majesté oppressive, utilisée contre les dissidents. Dans les deux pays, les gouvernements démocratiquement élus avaient le soutien des sections les plus pauvres de la société.

Mais ces gouvernements n'étaient pas des bastions de la liberté et de la démocratie et étaient prêts à utiliser la violence pour opprimer les sections de la société en dehors du courant majoritaire. En Turquie, le gouvernement élu opprime les Kurdes, les jeunes dissidents, les journalistes et la gauche. En Thaïlande, le gouvernement élu opprimait les Malais musulmans dans le sud et a mené une campagne extra-judiciaire d'assassinat contre les usagers et les petits trafiquants de drogue.

Samedi 16 juillet 2016 : Les partisans du président Recep Tayyip Erdogan protestent sur la place Taksim d'Istanbul. Le président Erdogan a dit à la nation samedi que son gouvernement était en train d’écraser une tentative de coup d'Etat après une nuit d'explosions, de combats aériens et de tirs à travers la capitale.

Samedi 16 juillet 2016 : Les partisans du président Recep Tayyip Erdogan protestent sur la place Taksim d'Istanbul. Le président Erdogan a dit à la nation samedi que son gouvernement était en train d’écraser une tentative de coup d'Etat après une nuit d'explosions, de combats aériens et de tirs à travers la capitale.

Toutefois, il y a une chose qui se démarque de manière frappante aujourd'hui, c’est la manière dont l'action de masse des gens ordinaires en Turquie a empêché le coup d'Etat militaire dans la nuit du 15 juillet 2016. Cela devrait être comparé aux gestes symboliques presque risibles du Mouvement Nouvelle Démocratie en Thaïlande (Voir photo ci-dessous).

Deux pays, deux méthodes

Cependant, les actions du Mouvement de la Nouvelle Démocratie ne sont pas vraiment risibles pour deux raisons. Tout d'abord, il est tragique qu'ils croient sincèrement que par la mise en scène de sacrifices personnels ou en faisant l’actualité, ils puissent faire tomber la dictature. Ceci est une sorte de protestation de style Ghandi ou Aung San Suu Kyi où la puissance potentielle des mouvements de masse est réduite aux actions d'une seule poignée de "héros" ou "héroïnes". Regardez ce qui se passe en Birmanie aujourd'hui où les militaires sont encore au pouvoir, mené par un gouvernement dirigé par Suu Kyi.

Deuxièmement, ce n’est pas risible car en ignorant la puissance des mouvements de masse et en refusant de construire de tels mouvements, la junte militaire thaïlandaise et son influence sur la société ne seront jamais entièrement détruites.

Naturellement, il y a toujours des différences de détail dans les différentes époques et les différents pays. En Turquie, Erdogan a appelé les gens à sortir dans les rues pour s’opposer à l'armée. En Thaïlande, Taksin et les dirigeants des Chemises rouges ont toujours appelé au calme dans une tentative de démobiliser le mouvement. En Turquie, les militaires étaient divisés, mais ces divisions ont pu s’élargir et s’amplifier suite aux mouvements de protestation de masse. En Thaïlande, les dirigeants chemises rouges ont appelé les gens à placer leur foi en Taksin ou les soldats "pastèques" pro-Taksin "melon d'eau" les hommes ou la police militaire. Cette foi a été déplacée.

En Turquie, mes camarades du Parti des Travailleurs Socialistes Révolutionnaires (Revolutionary Socialist Workers Party DSİP) ont très justement appelé à l'opposition de masse dans les rues contre le coup d'Etat, mais ont aussi affirmés clairement que les gens ne devraient pas avoir d'illusions avec Erdogan ou l'AKP. La lutte pour la démocratie contre l'AKP doit continuer.

Deux pays, deux méthodes

En Thaïlande, l'expérience du mal dirigé mouvement chemise rouge et des idées autonomistes ou atomistes des jeunes ont fait que l'opposition à la junte se limite à la faiblesse de gestes symboliques. La riche expérience des mouvements de masse thaïlandais capables de vaincre l'armée en 1973 et 1992 et l'énorme potentiel du mouvement des Chemises rouges ont été mis de côté.

Pourtant, le brin important de la vérité que nous pouvons retenir des événements en Turquie et en Thaïlande est que seuls les mouvements de masse peuvent défendre et renforcer la démocratie.

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3 juillet 2016 7 03 /07 /juillet /2016 15:52
A gauche, Somyot, à droite, les détenus sont systématiquement enchainés

A gauche, Somyot, à droite, les détenus sont systématiquement enchainés

À la mi-juin 2016 Somyot Preuksakasemsuk a écrit une lettre exposant la détérioration choquante des conditions des prisonniers dans les prisons thaïlandaises.

Depuis mars 2016, le Département des prisons a émis un certain nombre de nouveaux règlements qui ont réduit les conditions de vie et le bien-être des prisonniers. Cela équivaut à une violation flagrante des droits de l'homme.

Tout d'abord, les autorités pénitentiaires ont enlevé tous les matelas, oreillers et couvertures des prisonniers et les ont détruits. L'excuse pour cet acte de barbarie était que les autorités recherchaient des drogues. Ces objets de literie et des couvertures avaient été initialement vendus aux détenus de la prison. Les nouveaux règlements stipulent que les prisonniers se verront désormais autorisés la possession de 3 couvertures de qualité extrêmement pauvres qui leur seront donné par les autorités. Ces actions ont un impact négatif sur le bien-être psychologique et physique des prisonniers, dont beaucoup sont en mauvaise santé ou sont des personnes âgées. Souvent, la nuit, les prisonniers thaïlandais sont enchaînés ensemble dans de petites cellules.

Il y a quelques années, Surachai Darnwatanatrakun, un autre militant qui a également été emprisonné pour lèse-majesté, a décrit les conditions dégoûtantes de la prison de Pataya. La prison avait été construite pour 600 détenus, mais abritait 3600 personnes. Il n'y avait pas assez d'espace sur le sol pour dormir, donc certains devaient dormir sur des cartons couvrant les toilettes. Même alors, de 5 à 10 prisonniers devaient se relayer pour se lever et s'asseoir pendant la nuit. Surachai a été détenu dans une cellule de 5X10 mètres avec 60 autres détenus durant la nuit. Ils ont dû construire des étagères pour pouvoir dormir. L’arrivée d'eau était coupée, sauf pendant 2 ou 3 heures, généralement de 10 heures à minuit. On ne fournissait pas de papier de toilette et de nombreux prisonniers avaient des maladies de la peau. Heureusement, Surachai a été libéré, mais Somyot est toujours en prison parce qu'il refuse de plaider coupable et de demander "pardon".

La Thaïlande est 17eme dans le monde pour la proportion de ses citoyens en prison, avec 340 prisonniers pour 100.000 habitants. Cela se compare à 64 pour la Norvège et 94 pour la France.

Deuxièmement, Somyot a rapporté que les autorités pénitentiaires ont imposé de nouvelles restrictions sur l'accès aux informations et aux livres. Les journaux sont désormais interdits et les prisonniers ne peuvent plus acheter des livres ou des magazines. Les familles des prisonniers ne sont autorisées à apporter que 3 livres ou magazines par mois à partir d'une liste étroitement restreinte de matériel de lecture "approuvé". Cet abus brut des prisonniers est conçu pour les garder totalement dans l'ignorance des événements dans le monde extérieur et est particulièrement cruel pour les détenus de longue durée. De telles actions signifient que les prisonniers ne sont pas du tout préparés à la vie en dehors quand ils sont enfin libérés.

Enfin, il y a de nouvelles restrictions sur la quantité et la fréquence avec laquelle les parents des détenus peuvent déposer de l'argent sur les comptes des prisonniers. Depuis le coup d'Etat militaire de Prayut, il y a deux ans, le nombre de personnes autorisées à visiter chaque prisonnier a également été sévèrement réduit.

Somyot est un activiste et éditeur thaïlandais de magazine politique qui a été condamné en 2013 à une peine de onze ans pour lèse-majesté pour des articles qu'il n'a pas écrit. Il a été arrêté le 30 avril 2011 et est détenu depuis cette date. Ce qui est remarquable à propos de Somyot, c’est qu'il a continué à être un défenseur actif de la justice, même en prison. Il y a vingt ans, c’était un organisateur syndical qui a organisé avec succès un mouvement syndical dans un certain nombre d'usines de textile au nord de Bangkok.

Comme avec la plupart des pays, les prisons thaïlandaises sont pleines de gens pauvres, principalement pour des inculpations liées au vol et à la drogue. Il n'y a pas assez de discussions dans la société thaïlandaise sur le rôle des prisons et les droits des détenus. Naturellement, la classe dirigeante thaïlandaise ne considère même pas les gens ordinaires comme des "citoyens ayant des droits". Ils sont faits pour se prosterner devant les riches et les puissants et les prisonniers sont traités de manière encore pire.

La répression dans le système judiciaire thaïlandais est totalement hors de proportion. Les gens son condamné à quelques années de prison à peine pour assassinat ou usage de la violence, alors que les prisonniers pour lèse-majesté sont condamnés à des peines se situant en moyenne entre 20 et 40 ans. Ceux qui sont au sommet de la société et qui commettent des assassinats massifs de manifestants jouissent de l'impunité.

Les accusés dans les procès sont enchaînés et forcés de porter des uniformes inhumains de détention. Cela signifie qu'ils sont maltraités avant l'issue du procès et doivent comparaître en cour en ressemblant à des "criminels". Cela se traduit par des erreurs judiciaires. Dans les procès de lèse-majesté, vous pouvez être reconnu coupable même si ce que vous avez dit et écrit était factuellement vrai. De nombreux procès politiques sous la présente junte sont jugés par des tribunaux militaires.

Quand un pays comme la Thaïlande est gouvernée par un groupe de gangsters militaires qui détruisent la liberté et la démocratie, ceux qui sont au bas de la société ne sont même pas traités comme des êtres humains.

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28 juin 2016 2 28 /06 /juin /2016 13:09
Une militante thaïlandaise pour le Non au referendum sur la constitution de l’armée

Une militante thaïlandaise pour le Non au referendum sur la constitution de l’armée

Treize personnes ont été arrêtées alors qu'elles distribuaient des tracts exhortant les gens à voter non au référendum sur le projet de constitution

Un tribunal thaïlandais a emprisonné sept militants vendredi pour avoir fait campagne contre un projet de constitution soutenu par l'armée, qui sera soumis à un référendum en août prochain.

Les autorités ont arrêté 13 personnes jeudi alors qu'elles distribuaient des tracts incitant les gens à voter contre la charte. Six ont été libérés sous caution, a déclaré un avocat du groupe, alors que les autres ont choisis de ne pas déposer de caution.

"Six ont été libérés, mais sept restent emprisonnés", a déclaré Kumklao Songsomboon, un avocat membre du groupe "Thai Lawyers for Human Rights".

Lors d’une rare démonstration d'unité, les partis politiques des deux camps opposés en Thaïlande ont déclaré que le projet de constitution était antidémocratique car il consacrerait la puissance militaire et entraverait la politique civile.

La junte a interdit la critique de la charte dans la période précédant le vote. Elle avait déjà publié des règles en mai dernier, interdisant à quiconque de faire campagne pour chaque côté avant le référendum du 7 août. Ceux qui violent ces règles font face à 10 ans de prison maximum.

Le référendum verra le premier retour du pays à l’urne depuis que le chef de la junte, Prayuth Chan-ocha, a pris le pouvoir lors d’un coup d'Etat en mai 2014 sous le prétexte de mettre fin à des mois de manifestations de rue qui avaient paralysé le gouvernement.

Dans un communiqué publié vendredi dernier, Amnesty International a exhorté la Thaïlande à mettre fin à sa répression contre les militants.

"Ces tactiques brutales représentent la plus récente série de tentatives par les autorités militaires thaïlandaises pour museler la dissidence", a déclaré Champa Patel d'Amnesty.

"Si un petit groupe de militants ne peut pas distribuer de tracts, quel espoir y-a-t-il que les droits aux libertés d'expression et de réunion soient respectés lors de la campagne pour le référendum?"

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 15:27
Oui, les drogues devraient être décriminalisées

L'annonce par le ministre de la justice de la junte, le général Paiboon Koomchya, qu'il envisageait de décriminaliser les méthamphétamines ou "Ya Ba" est une bonne nouvelle. Cependant, nous ne pouvons pas faire confiance à la junte militaire pour mettre en place les politiques nécessaires qui doivent accompagner cela. Ce n’est également pas suffisant. D'autres drogues devraient également être décriminalisées.

Dans le passé, la criminalisation des drogues a conduit à la violence et à l'abus des droits de l'homme. Cela n’a jamais fonctionné en termes d'éradication de l'usage de drogues et c’est un obstacle au traitement humain des personnes dépendantes de la drogue.

Les gouvernements thaïlandais précédents ont mené de soi-disant "guerres contre la drogue". La pire a eu lieu sous l'ancien Premier ministre Taksin Shinawat quand environ 3000 personnes ont été exécutées par des escadrons de la mort composés de policiers et militaires. Les généraux en chef comme Prem Tinsulanon ont également été présentés sur des affiches destinées à créer un climat de peur. Prem a été cité disant que si vous consommiez des méthamphétamines, vous finiriez morts. Pendant la dictature de Sarit, des exécutions publiques de trafiquants de drogue ont eu lieu.

La campagne d'exécutions extrajudiciaires ne repose pas sur des preuves scientifiques du préjudice relatif de diverses drogues et aucune discussion ouverte dans la société à ce sujet ne pourrait prendre place. Les chiffres du ministère de la Santé publique montrent que les principales raisons pour lesquelles les Thaïlandais meurent jeunes est dû à ce qui suit (ce sont des proportions approximatives des causes de décès précoces):

SIDA: 17% chez les hommes et 10% chez les femmes

Accidents de la route: 9% chez les hommes et 3% chez les femmes

Maladies cardiovasculaires et pulmonaires, souvent causés par le tabac et l'alcool: 17% chez les hommes et 12% chez les femmes

Usage de drogues illicites: 2% chez les hommes et moins de 1% chez les femmes

Comme d'habitude, il y a un biais capitaliste contre les drogues illicites par rapport à l'alcool et aux cigarettes. Cela est dû aux intérêts des grandes entreprises et aussi à la capacité des gouvernements de taxer ces drogues "légales".

Les gouvernements thaïlandais n’ont jamais été sérieux au sujet de la lutte contre les raisons pour lesquelles les gens se tournent vers la drogue, par exemple, les longues heures de travail, l'aliénation et le manque d'opportunités dans la vie. La Thaïlande ne dispose pas d'un état providence et la présente junte est contre l’utilisation des fonds publics pour améliorer la qualité de vie des citoyens. Les néo-libéraux de la dictature ont gelé le salaire minimum et tentent de démanteler le système de soins de santé universels.

Quand il y a une guerre contre les petits trafiquants de drogue, les gros poissons évitent toujours toute punition. Les grands acteurs du commerce de la drogue sont des politiciens, des gangsters bien connectés ou des officiers militaires ou de police de haut rang. Parfois, ces personnages sont tout cela à la fois. De toute façon, la Thaïlande est actuellement dirigée par un groupe de gangsters militaires.

En dehors de la décriminalisation des drogues, il doit y avoir une politique de "réduction des méfaits" pour augmenter la capacité à se protéger des citoyens qui choisissent d'utiliser des drogues. La fourniture d'aiguilles propres et la production à faible coût de drogues de qualité, d'une manière sensible, fait partie de cela. Si les drogues sont coûteuses alors les utilisateurs ont tendance à commettre des crimes afin de pouvoir s’approvisionner. Ils auront également besoin de dealer plus de drogues pour augmenter leurs revenus. Donc, si le gouvernement pouvait produire des drogues et garantir leur qualité et leur sécurité, ce serait une bonne chose.

Un autre point important pour réduire les méfaits est d'avoir une société libre et ouverte où les gens pourraient discuter et en apprendre davantage sur les effets des drogues et de leurs dangers potentiels. Ils pourraient également discuter des avantages aussi. Cela est essentiel si nous voulons doter les jeunes de moyens pour être en mesure de prendre des décisions éclairées au sujet de la drogue. Ils ont besoin de penser par eux-mêmes. Ils ont besoin d'être auto-habilitées.

Mais aujourd'hui, il n'y a pas d'espace pour une discussion ouverte dans la société et les jeunes sont sous pression pour qu’ils prennent leurs ordres des enseignants et des militaires.

Ma conjecture est que la junte veut décriminaliser les méthamphétamines parce qu’elle sait qu'elle ne possède pas la capacité de contrôler leur utilisation.

Elle ne veut pas sembler avoir échoué dans ses tentatives de réduire la consommation de drogues. Elle pourra également réduire la population carcérale. Mais il est difficile de lire dans les esprits tordus de ces généraux. Certains prétendent que les généraux veulent se faire de l'argent en vendant ouvertement des méthamphétamines, mais je doute que cela soit la vraie raison. Cependant, ce que nous pouvons dire avec certitude, c’est qu’ils ne prendront pas les mesures nécessaires afin de réduire les risques pour les usagers de drogues ou d'augmenter la qualité de vie de la population et qu’ils ne vont certainement pas créer un climat où la discussion ouverte et libre sur les drogues ou sur quoi que ce soit d'autre puisse avoir lieu.

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26 juin 2016 7 26 /06 /juin /2016 07:54

Un article d’Asian Correspondent

Lien:

https://asiancorrespondent.com/2016/06/junta-muzzles-media-rohingya/

 

La junte a réprimé les tentatives des médias et des militants pour mettre l'accent sur le sort de la minorité Rohingya en Birmanie (Myanmar) pendant la très médiatisé visite officielle de Aung San Suu Kyi en Thaïlande.

Jeudi dernier, les autorités ont fait annuler une conférence de presse du "Rohingya Thailand Group" au Club des correspondants étrangers en Thaïlande (FCCT) à cause des préoccupations de la junte comme quoi la question controversée aurait bouleversé le leader de facto de la Birmanie.

Plutôt que de procéder à la conférence de presse comme prévu, les représentants des ONG ont été autorisés à faire de brèves déclarations et se sont vu interdits de répondre aux questions des médias.

Siwawong Suktavee, un activiste thaïlandais de la Coalition pour les droits des réfugiés et des apatrides (CRSP), a lu une déclaration, alors que le secrétaire général du "Rohingya Thailand Group", Hajee Ismail, a distribué une lettre ouverte adressée à Aung San Suu Kyi.

Dans la déclaration, les ONG ont demandé à la Birmanie "d’arrêter la discrimination contre les minorités ethniques" et "d’envisager d'adhérer aux traités internationaux relatifs aux droits de l'homme".

"Tous nos espoirs envers la direction des politiciens démocratiques ont disparu. En effet, nous ne nous attendions pas à ce genre de position politique dure et négative et à cette rhétorique anti-démocratique de la part de notre noble lauréat du Prix Nobel de la Paix," a-t-il dit.

Alors qu'il quittait la salle, Maung Kyaw Nu, président de l'Association Rohingya de Birmanie en Thaïlande, a déclaré à la Voix de l'Amérique qu'il avait "peu d'espoir que le sort des Rohingyas soit soulevé par Aung San Suu Kyi lors de sa visite".

"Nous ne pouvons pas obtenir quelque chose d'elle parce qu'elle viole également les droits de l'homme [de la minorité Rohingya]," a-t-il ajouté.

Selon le Bangkok Post, il y a aussi des rapports non confirmés comme quoi Hajee Ismail aurait été arrêté par la police après l'événement pour avoir donné une brève entrevue à un journaliste.

En Birmanie, même la simple mention de la minorité musulmane marginalisée est devenue une question sensible.

Plus tôt cette semaine, le ministère de l'information de Birmanie a émis une directive interdisant l'utilisation des termes "Rohingya" ou "Bengali" parmi ses fonctionnaires. Selon Yanghee Lee, rapporteur spécial de l'ONU sur les droits de l'homme, Suu Kyi elle-même a dit que le gouvernement allait éviter d'utiliser les termes dans le but de se démarquer de la critique internationale sur sa complicité dans la persécution continue des Rohingyas.

Tout au long de sa visite de trois jours, les médias ont également été informés que Suu Kyi ne répondrait pas aux questions de la presse, même lors de la conférence de presse conjointe à Bangkok avec le Premier ministre thaïlandais Prayuth Chan-ocha.

Le gouvernement thaïlandais semble acquiescer à la demande tacite de Suu Kyi de ne pas discuter de la question. Il a été rapporté que le general Prayuth aurait dit qu'il ne voulait pas soulever cette question avec elle au cours de sa visite car ce serait "interférer" dans les affaires intérieures de la Birmanie.

Beaucoup de Rohingyas ont tenté d'échapper à l'oppression en Birmanie et de se réfugier en Thaïlande, où il y a actuellement un nombre inconnu de réfugiés rohingyas dans les centres de détention.

 

Montage photographique du Collectif HAMEB (Halte Au Massacre En Birmanie)

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24 juin 2016 5 24 /06 /juin /2016 17:18

Sept étudiants ont été arrêtés pour avoir commémorer le 84eme anniversaire de la Révolution de 1932 au Siam. La police a accusé ces sept étudiants d’avoir violé l'interdiction de la junte concernant les rassemblements politiques et a demandé à la Cour militaire de les détenir.

A 9 heures, ce vendredi 24 juin 2016, des policiers ont arrêté des étudiants de l'Université Kasetsart qui s’étaient réunis au Monument Lak Si, à Bangkok, aussi appelé Monument de Protection de la Constitution, afin de commémorer la Révolution du 24 Juin 1932 qui avait renversé la monarchie absolue.

Source :

http://prachatai.org/english/node/6293

 

 

Une étudiante thaïlandaise interpelée par la police de la junte

Une étudiante thaïlandaise interpelée par la police de la junte

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