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5 juin 2013 3 05 /06 /juin /2013 11:26

La Thaïlande a amnistié, Wanchai Saetan, un ressortissant de Singapour condamné à quinze années de prison en 2009 pour lèse-majesté. Wanchai, qui vivait dans le pays depuis plus de 30 ans, devrait être expulsé en raison de l’expiration de son permis de séjour.

"Il sera renvoyé à Singapour dans les prochains jours", a déclaré l'avocat Arnon Nampa. Wanchai avait été arrêté pour avoir distribué des tracts politiques jugés offensants pour la monarchie.

Lien pour en savoir plus sur Wanchai Saetan:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-un-autre-prisonnier-pour-lese-majeste-wanchai-saetan-103861506.html

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 10:31

Un article de Reporters sans frontières:

Lien:

http://fr.rsf.org/thailande-les-proches-de-fabio-polenghi-31-05-2013,44692.html

Les proches de Fabio Polenghi redoutent l’amnistie de ses meurtriers

La Cour pénale de Bangkok a reconnu, le 29 mai 2013, les forces de sécurité thaïlandaises responsables du décès du journaliste italien Fabio Polenghi, tué par balle le 19 mai 2010 au cours d’affrontements entre le régime et les “chemises rouges”. Aucun de ces militaires n’a nommément été désigné. Reporters sans frontières s’est entretenue avec Elisabetta Polenghi, la sœur du défunt, qui appelle le gouvernement à ne pas accorder d’amnistie aux auteurs des tirs.

“Nous prenons acte de l’annonce faite par la Cour pénale de Bangkok, qui intervient trois ans après la mort de Fabio Polenghi. Nous exhortons le gouvernement à permettre à la justice d’opérer, en ne prononçant aucune amnistie en faveur des responsables de ce drame. Ces derniers doivent être identifiés et traduits en justice afin que la mort du journaliste, accidentelle ou non, ne reste pas impunie”, a déclaré Reporters sans frontières.

La Cour pénale de Bangkok a conclu que le journaliste freelance Fabio Polenghi a été tué par une balle à haute vitesse de calibre .223, identique aux modèles utilisés par l’armée. Selon l’enquête, le seul groupe présent sur les lieux à cet instant était le Second Bataillon de Garde du Roi, chargé de la dispersion des manifestants. La Cour a ainsi conclu à la responsabilité des militaires, sans pour autant identifier l’auteur du coup de feu fatal au journaliste ni déterminer la nature exacte des ordres reçus par les soldats au moment des faits. Le journaliste Robert Cox et le lieutenant colonel de police de l’Institut central de sciences judiciaires du ministère de la Justice, Watcharat Chalermsooksant, avaient confirmé que la balle provenait des rangs des soldats.

La soeur de Fabio Polenghi, Elisabetta Polenghi, a tenu le soir même une conférence de presse, organisée aux cotés du Foreign Correspondent’s Clud of Thailande. L’avocat de la famille a indiqué que cette dernière allait à présent lancer une procédure contre Abhisit Vejjajiva et Suthep Thaugsuban, respectivement Premier ministre et adjoint en charge de la sécurité au moment des faits.

“La conclusion du tribunal que la balle qui a tué Fabio provenait de l’armée est très importante. Mais ce n’est que la première étape. Nous ne connaissons toujours pas l’auteur du coup de feu. Pour l’instant, il n’y a aucune responsabilité. Je crains fortement que le gouvernement ne vote une amnistie”, a déclaré Elisabetta Polenghi à Reporters sans frontières.

Selon le commandant en chef de l’armée Gen Prayuth Chan-ocha, cité par le Bangkok Post, le verdict du tribunal donnera lieu à une condamnation criminelle. Selon lui, l’affaire se poursuivra devant la Cour d’appel, puis la Cour Suprême.

Le 17 septembre 2011, le directeur général du Département des enquêtes spéciales (DSI), Tharit Pengdit, avait déclaré à l’AFP que l’armée était responsable de la mort du cameraman japonais, Hiroyuki Muramoto, tué le 10 avril 2010.

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2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 14:59

Les réfugiés birmans qui se rendent en Thaïlande afin de fuir les persécutions qu’ils subissent en Birmanie, sont confrontés à des épreuves toutes aussi redoutables. Après avoir surmonté le mauvais traitement des autorités birmanes, ils doivent désormais faire face à ceux des autorités thaïlandaises. En effet, une fois interceptés, les réfugiés rohingyas sont vendus par des policiers et militaires thaïlandais à des trafiquants d’être humains. Ce trafic humain a été révélé par

la BBC, et montre comment des autorités profitent sans gêne de l’impuissance de ces réfugiés démunis.

Ahmed a été vendu pour 1 300 dollars

Les Rohingyas traversent un véritable calvaire pour atteindre des lieux où ils espèrent vivre en sécurité. C’est le cas par exemple d’Ahmed, qui a fui la Birmanie, au bord d’un bateau de fortune, avec 60 personnes à son bord. Après avoir navigué durant 13 jours, leur bateau a été intercepté et arrêté par la marine thaïlandaise. Les réfugiés ont été transférés dans un fourgon de police, puis ils ont été séparés entre plusieurs véhicules, entassés à l’arrière.
Ce n’est que par la suite qu’ils ont découvert qu’ils ont été l’objet d’une vente de la police à des trafiquants humains malaisiens. Ils ont été ensuite transportés dans une ville transfrontalière avec la Malaisie. Ahmed raconte leurs conditions de vie catastrophiques : "Ils ont creusé un trou pour nos toilettes. Nous avons mangé, dormi, et fait nos besoins dans le même endroit". Il évoque aussi les maltraitances dont ils ont été victimes, et comment ils sont battus.

Le prix que les trafiquants ont versé pour acquérir Ahmed s’élève à 1 300 dollars. Pour que le Rohingyas retrouve de nouveau sa liberté, il doit verser ce montant. Alertée, la femme d’Ahmed a vendu leur vache mais la somme n’était pas suffisante. Un Rohingya a finalement pu verser le reste du montant aux trafiquants afin de libérer Ahmed.

Le trafic humain, une solution "naturelle"

Selon les responsables thaïlandais, la vente des réfugiés musulmans birmans est une solution "naturelle" pour régler le problème de ces nouveaux arrivants. En effet, ils estiment que cela va de soi dans la mesure où ils sont vendus à des Malaisiens qui sont tout comme eux des musulmans. Ce serait aussi une manière de se débarrasser d’eux sans passer par les étapes d’expulsion du territoire.

Après la dénonciation de ce vaste trafic humain, le Gouvernement thaïlandais a projeté de lancer prochainement une enquête sur cette traite humaine.

Des bateaux de réfugiés Rohingyas, comprenant des hommes, des femmes et des enfants, accostent presque tous les jours sur le territoire thaïlandais. Les réfugiés affluent, et rencontrent d’énormes difficultés pour se faire accepter dans les pays limitrophes, et sont parfois rejetés comme au Bangladesh par exemple. La Thaïlande est allée plus loin en développant un trafic humain.

 

Source:

http://www.ajib.fr/2013/01/en-thailande-on-vend-des-refugies-rohingyas/

 

 

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 16:13

Des représentants de l'ONU et des Ambassades de France, d'Autriche, de Suède et d'Allemagne ont rendu visite aux prisonniers politiques thaïlandais

Le Bureau de l'ONU du Haut-commissaire aux Droits de l'Homme et des représentants des ambassades européennes ont visité sept prisonniers politiques détenus pour lèse-majesté

Le 21 mai 2013, en réponse à l'invitation de la coordonnatrice du Réseau des Familles 112, Sukanya Phruksakasemsuk, des représentants de l'UE et ses États membres (4 ambassades; France, Autriche, Suède et Allemagne) ont visité Daranee Charncheonsilpakul, Surachai Danwattananusorn, Somyot Phruksakasemsuk, Thantawut Thaweewarodomkul, Wanchai Saetan, Akechai Hongkangwarn et Yuttapoom Martnork et leur ont posés des questions sur leur état et le soutien dont ils auraient besoin

Les représentants des ambassades sont restés une heure avec les détenus.

 

FREEPP9Fr

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 11:04

Le sergent Sakchai Khueankaeo de Phitsanulok a annoncé sur sa page facebook qu'il allait bientôt avoir le plaisir de tirer dans la tête de "ces buffles de chemises rouges".

Le sous-officier est inscrit sur facebook sous le nom de guerre de "Golfza Infantry".

Voici une capture d'écran de sa déclaration (en thaï):

 

SoldatKillRedBuffaloes.jpg

 

Les internautes chemises rouges, scandalisés et écoeurés, ont diffusés la capture d'écran de sa déclaration. L'un d'entre eux a trafiqué la photo en y ajoutant un pied sur le visage du soldat, ce qui est une insulte particulièrement grave en Thaïlande.

Voici la photo trafiquée:

 

SoldatKillRedBuffaloes2.jpg

 

Les Chemises rouges demandent que l’homme soit inculpé pour "appel au meurtre".

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 17:43

Article de Reuters:

 

L'armée thaïlandaise jugée responsable du décès d'un Italien

 

BANGKOK (Reuters) - Le photojournaliste italien qui avait été abattu à Bangkok en 2010 alors qu'il photographiait la répression des manifestants anti-gouvernement par l'armée a été tué d'une balle tirée par un soldat, a jugé mercredi un tribunal thaïlandais.

Fabio Polenghi, 48 ans, a été tué le 19 mai 2010 au moment où l'armée tentait de déloger par la force les "chemises rouges", partisanes de l'ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra, qui occupaient le centre de Bangkok depuis des semaines pour réclamer des élections anticipées.

"Le tribunal a jugé que les ordres donnés par le Premier ministre Abhisit et le vice-Premier ministre Suthep ce jour-là ont conduit à la mort de Fabio", a déclaré l'avocat de la famille du journaliste, Karom Ponthaklang.

"Nous avons clairement pour preuve que la balle utilisée était du type de celles dont se servaient les soldats thaïlandais. Nous sommes satisfaits du verdict", a-t-il souligné, ajoutant qu'il demanderait au département des Enquêtes spéciales, qui fait partie du ministère de la Justice, d'engager des poursuites contre Abhisit Vejjajiva et Suthep Thaugsuban.

Les deux hommes ont été accusés l'an dernier d'avoir donné l'ordre de tirer à balles réelles sur les manifestants, ce qui avait provoqué la mort de 91 personnes, dont celle de deux journalistes, et fait 1.700 blessés.

S'ils sont reconnus coupables, ils encourent la peine capitale ou la prison à perpétuité.

Amy Sawitta Lefevre et Aukkarapon Niyomyat; Hélène Duvigneau pour le service français

 

Article de l'AFP:

 

Thaïlande: un photographe italien probablement tué par l'armée en 2010

  

BANGKOK (AFP) - Des soldats thaïlandais ont probablement tué le photographe italien Fabio Polenghi à Bangkok pendant les manifestations du printemps 2010, a estimé mercredi un tribunal, sans pour autant désigner de responsable nommément.

Polenghi, photographe indépendant de 48 ans, avait été tué le 19 mai 2010 lors de l'assaut militaire contre les "chemises rouges", en majorité fidèles à l'ancien Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra.

Jusqu'à 100.000 "rouges" avaient occupé la capitale pendant deux mois pour faire chuter le Premier ministre de l'époque Abhisit Vejjajiva. La crise, la plus grave qu'ait connue la Thaïlande moderne, avait fait plus de 90 morts et 1.900 blessés.

"Pendant l'enquête, les experts ont indiqué que la victime était décédée d'une blessure infligée par une balle à grande vitesse telle que celles utilisées par les forces de sécurité, et il n'y a aucune preuve de la présence d'autres groupes dans la zone", a indiqué une magistrate de la cour criminelle.

La cour a jugé que la photographe avait été tué par un tir qui venait de l'endroit où les forces de sécurité étaient positionnées "mais n'a pas pu identifier le tireur".

Sa soeur Elisabetta Polenghi a estimé que cette décision était "positive mais n'était pas une solution". "Maintenant, je veux que quelque chose se passe vraiment et que les responsables reçoivent une forme de sanction", a-t-elle déclaré aux journalistes.

Son avocat a pour sa part indiqué qu'il déposerait une plainte contre Abhisit.

La crise de 2010 avait mis en lumière les profondes divisions de la société entre masses rurales et urbaines défavorisés, favorables à Thaksin, et les élites gravitant autour du palais royal qui le considèrent comme une menace pour la monarchie.

Le pays, qui reste très divisé, est dirigé depuis un an par la soeur de Thaksin, Yingluck Shinawatra.

Personne n'a été jusqu'ici jugé pour les morts du printemps 2010. Abhisit et son vice-ministre ont été inculpés pour leur responsabilité dans la mort de plusieurs autres personnes.

Mais aucun militaire n'a été inculpé. Plusieurs leaders "rouges" sont en revanche poursuivis pour terrorisme.

Le gouvernement de Yingluck a déjà affirmé qu'il y avait des preuves claires que des soldats étaient également responsables de la mort d'un autre journaliste tué lors des manifestations, le Japonais Hiroyuki Muramoto, caméraman de l'agence Thomson Reuters.  

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21 mai 2013 2 21 /05 /mai /2013 12:21

Lien de l'article:

http://redthaisocialist.com/francais/416-trois-ans-apres-la-sanglante-repressionpas-dillusions-sur-yingluk-ou-le-pua-thai.html

Trois ans après la sanglante répression:
Pas d'illusions sur Yingluk ou le Pua Thai

Trois ans après la sanglante répression des militaires contre les manifestants chemises rouges pro-démocratie à Bangkok, il serait stupide de se faire des illusions sur le gouvernement du Parti Pua Thai de Yingluk. Ce n'est pas un gouvernement qui se soucie de la justice, de la liberté ou de la démocratie, et c'est pourquoi le général Prayut, le général Anupong, l'ancien premier ministre Abhisit et l'ancien ministre Sutep bénéficient encore de la liberté et de l’agréable vie des élites.
Toute personne, si elle se soucie d'ouvrir les yeux, peut comprendre que Yingluk, Taksin et le Pua Thai ont conclu un accord avec l'armée depuis la victoire électorale du parti en 2011. Taksin a déclaré dans le passé qu'il n'avait "pas de différend" avec l'armée et que son adversaire n'était que le Parti Démocrate d'Abhisit. Il espère être en mesure de retourner en Thaïlande dans un proche avenir. Yingluk s'est fait un devoir d'être photographié en association étroite avec Prayut et le conseiller privé Prem. Elle a aussi une relation chaleureuse avec le boucher de Bahreïn. Malheureusement, la direction chemise rouge de l'UDD soutient à fond cette trahison de la lutte pour la démocratie. Taksin pourra bientôt être en mesure de rentrer chez lui, mais les prisonniers pour lèse-majesté ne le pourront pas. Ni ne le pourront ceux qui sont exilés à l'étranger accusé en vertu de la même odieuse loi et les parents et amis de ceux qui ont été tués ne verront pas les assassins traduits en justice. Traduire les criminels de l'Etat en justice est quelque chose qui n'a jamais été fait en Thaïlande. Si cela était, ça conduirait aussi Taksin à une accusation d'assassinat, notamment pour ses crimes à Takbai et Krue Sa dans le Sud et dans la guerre contre la drogue.
Naturellement, Yingluk et le Pua Thai doivent faire semblant de "faire quelque chose" au sujet du massacre de Rajprasong et même du coup d'Etat de 2006. D'où la farce qui est jouée par le Département des Enquêtes Spéciales dans leur cas contre Abhisit et Sutep et le récent discours anti-coup d'Etat de Yingluk en Mongolie. Mais ce n'est qu'une partie de la négociation avec les militaires et cela ne donnera lieu à aucune poursuite ni peines de prison contre les assassins de l'Etat ou les putschistes.
Le Pua Thai, Yingluk et Taksin sont fermement dans le camp de la classe dirigeante thaïlandaise et celle-ci, en particulier l'armée, a une longue histoire d'utilisation de la [...] monarchie pour se donner une légitimité et attaquer ses opposants politiques. C'est ce qui explique leur refus catégorique d'abolir la loi de lèse-majesté et de libérer les prisonniers en vertu de celle-ci. Les emprisonnements pour lèse-majesté continuent sous ce gouvernement et les sites sont toujours bloqués ou censurés. Le ministre des Télécommunications a même laissé entendre que ceux qui critiquaient Yingluk pourraient aller en prison et que leurs sites Web seraient bloqués.
La dernière trahison du gouvernement de Yingluk est de proposer un système de "ticket modérateur" pour faire payer les soins de santé aux citoyens. Ceci est un retour en arrière à l'ère pré-Taksin et c'est une attaque néo-libérale contre les pauvres. Aussi bien le Parti Pua Thai que le Parti Démocrate soutiennent cette réforme. Cela montre que le gouvernement de Yingluk a abandonné le "populisme" TRT de Taksin, qui visait à répondre à certains des besoins des pauvres. Ainsi, dans leur arrogance, ils pensent que, malgré tout ce qu'ils font, les Chemises rouges vont continuer à les suivre comme des moutons naïfs. Ils pensent qu'ils peuvent marcher sur les corps des Chemises rouges et cracher au visage de ceux qui les ont élus en ignorant la nécessité de la justice, des droits démocratiques et de l'égalité et que personne ne s'opposerait. Certes, les Chemises rouges réactionnaires, comme ceux de Chiang Mai qui détestent les gays et les manifestations des pauvres, ou ceux qui appellent les rebelles malais musulmans du sud "simples criminels", continueront à applaudir ce gouvernement. Mais il y a aussi des Chemises rouges progressistes qui ont besoin de devenir plus organisés et coordonnés afin que nous n'ayons pas à commémorer les anniversaires futurs du bain de sang alors que rien n'a été fait pour créer la justice dans la société.

Giles Ji Ungpakorn

Lien pour en savoir plus sur l'exilé politique thailandais Giles Ji Ungpakorn:

 http://liberez-somyot.over-blog.com/article-un-refugie-politique-pour-lese-majeste-giles-ji-ungpakorn-107494514.html 

 

Photo ci-dessous: Giles Ji Ungpakorn

giles

 

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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 16:50

Environ 40 000 Chemises rouges se sont rassemblés ce dimanche 19 Mai 2013 à Bangkok pour le 3eme anniversaire du massacre de 2010. Plus de 90 personnes avaient été tuées et environ 2000 autres blessées.

Ce mouvement, qui exigeait la démission du gouvernement du Parti Démocrate d'Abhisit Vejajjiva, un parti politique anti-démocratique et soutenu par l'armée qui l'a mis au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat, avait réuni plus de 100 000 personnes, paralysant le centre de la capitale derrière des barricades de bambous. Ces militants pro-démocratie n'avaient lâché prise qu'au terme d'un brutal assaut de l'armée en plein coeur d'une capitale terrifiée, le 19 mai 2010. Entre-temps, plus de 90 d’entre eux avaient été massacrés par l’armée thaïlandaise.

"Les gens qui se sont sacrifiés me manquent, je viendrai jusqu'à ce qu'il y ait une vraie démocratie", affirme Thanadej Nonprocha, 45 ans, venu pour l'occasion comme chaque année du nord-est du pays, le bastion des Chemises rouges. Des rues ont été bloquées pendant le rassemblement des militants, pour la plupart, mais pas tous, fidèles à l'ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, renversé en 2006 par un coup d'État et qui, depuis l'étranger, demeure la personnalité centrale de l'échiquier politique national.

Depuis, le clan Thaksin a gagné les élections de 2011 et sa soeur Yingluck dirige le gouvernement. "La manifestation est pacifique", a précisé le général de police Chantavit Ramasut, ajoutant que 750 policiers avaient été déployés.

Les manifestants ont déployés des banderoles ou était écrit: "Nous savons qui a ordonné ce massacre".

 

Nous-savons.jpg

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 18:18

Nick Nostitz dans la zone de mise à mort

Lien en français:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/nick-nostitz-dans-la-zone-de-mise-a-mort/

Pour les images voir le lien du post en anglais:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2010/05/16/nick-nostitz-in-the-killing-zone/


Assis là à la maison, je me demande si ce jour, le 15 mai, était réel, ou si c’était tout simplement un cauchemar terrible. Jamais dans toute ma vie je n’avais été si effrayé. Je pensais que j’allais mourir ce jour-là.
À l’heure du déjeuner je suis allé à Samliem Din Daeng pour observer les manifestants. Il y avait quelques manifestants autour, pas plus que quelques centaines. Beaucoup de débris des affrontements de la nuit dernière. Un camion militaire brûlé, encore fumant. Les gens ont apporté des pneus pour construire des barricades. Un camion citerne d’eau municipale a été introduit.
Après un moment, les manifestants ont déplacés le camion en direction de la rue Rajaparop vers les lignes militaires, pour l’utiliser comme une barricade contre les tirs de l’armée. Quelques manifestants ont apportés quelques dizaines de pneus pour construire une barricade. Un des manifestants a plaisanté devant les caméras des photographes avec une fronde: "Voyez – voici nos armes contre les soldats".
Les manifestants ont déplacé les pneus sur cette même rue, en face de la station-service Shell près de Soi Rang Naam. Je me suis placé en couverture à la station-service, dans le cas où l’armée aurait ouvert le feu. Et, en effet, tout de suite après, l’armée a ouvert le feu. Peut-être à 5 mètres de moi, dans la rue, un petit groupe de manifestants se trouvaient coincé derrière les pneus tandis que les balles sifflaient. Cela a fait un bruit écœurant quand des balles ont touché le manifestant qui venait de plaisanter avec nous – dans le bras et dans le ventre. Quelques manifestants de notre côté ont essayé de lancer une corde pour tirer le manifestant blessé vers nous, mais cela n’a pas fonctionné. Les tirs n’ont jamais cessé. Un autre manifestant, qui avait essayé de ramper, a été touché à la jambe et à l’épaule. Un homme a réussi à courir vers nous. J’ai commencé à perdre toute notion du temps. De nouveau, un autre manifestant a réussi à nous rejoindre. Un autre homme a été touché au bras. Au bout d’un moment, les deux hommes légèrement blessés ont couru vers nous, l’un d’eux s’est couché et s’est mis à ramper pour plus de sécurité. Je craignais qu’il n’ait été frappé de nouveau.
Avec terreur, j’ai réalisé que les soldats commencent à se diriger pour nous. Des coups de feu ont touché la station-service. Je me suis caché d’abord derrière une voiture garée là, mais j’avais un mauvais pressentiment comme quoi j’étais très mal placé, et j’ai dû me sauver aussi vite que je pouvais. J’ai couru aux toilettes, située à environ 40 mètres, me rendant compte qu’on me tirait dessus pendant que je courais. Mes jambes ont presque volé tellement j’étais effrayé.
Juste après, l’homme blessé au ventre a été traîné là aussi. J’ai pris quelques photos, et j’en ai fait sur le mur ainsi. J’ai sauté dans un joli jardin avec une maison principale et deux pavillons en bois. A l’arrière se trouvait quelques journalistes et des manifestants. Les gens qui y vivaient nous ont donné de l’eau. J’ai vu que le blessé avait été traîné vers le mur et j’y suis allé pour essayer de l’aider. J’ai entendu des soldats courir dans la station d’essence derrière le mur. Les deux personnes qui avaient traîné l’homme blessé ont couru se réfugier dans la maison. Je ne pouvais rien faire de plus, et me suis collé derrière des buissons contre le mur. J’ai vu le blessé glisser dans un petit bassin à coté du mur, peut-être à une dizaine de mètres de moi.
Derrière le mur, à la station d’essence, j’ai entendu les soldats crier. Certaines personnes devaient encore se trouver dans les toilettes. Soudain il y eut une longue rafale de coups de feu, j’ai vu des balles voler au dessus du mur. J’ai entendu supplier en criant ainsi qu’un bruit qui ressemblait à des bottes frappant un corps. J’étais plus effrayé que jamais je ne l’avais été dans ma vie, d’être coincé derrière ce mur. J’ai prié pour que personne ne m’appelle sur mon téléphone mobile. J’étais terrifiée par la possibilité que les soldats fassent tout simplement feu sur le mur, car ils devaient savoir que des gens se cachaient là.
J’ai entendu un soldat ordonner de sortir sinon nous serions abattus. Au début je pensais qu’il s’adressait à moi, mais j’ai vu sa tête au-dessus du mur qui criait vers l’homme dans le bassin. J’ai décidé de signaler ma présence en criant que j’étais un journaliste étranger et en demandant de ne pas me tirer dessus. J’ai répété cela à plusieurs reprises avant que le militaire ne semble s’apercevoir de ma présence. J’ai montré mes mains ouvertes et il m’a ordonné de sortir. J’ai marché vers lui en lui expliquant que l’homme dans l’eau avait reçu une balle dans le ventre et avait aussi une vilaine blessure au bras. Il était en train de flotter dans le bassin, son visage et son ventre à peine hors de l’eau.
Le soldat m’a ordonné de le sortir. Un autre soldat avait également sauté par-dessus le mur et un troisième assurait la sécurité par-dessus le mur. Alors que j’essayais de tirer l’homme hors de l’eau, il implorait de l’aide d’une voix très faible disant qu’il ne pourrait plus tenir très longtemps. Il était trop lourd. J’ai demandé à l’un des soldats de m’aider. En tirant brutalement l’homme, il criait qu’il aurait dû être mort et que, comme il avait survécu, ils allaient être obligés de l’emmener à l’hôpital et qu’il ferait mieux de mourir. Ensuite il s’est éloigné.
Le blessé a glissé dans le bassin. Le second soldat m’a aidé à le sortir, tandis que le premier continuait à crier. Le soldat qui assurait la sécurité par-dessus le mur m’a ordonné de prendre soin de l’homme. J’ai expliqué que je n’ai aucune idée comment faire – il avait une grave blessure au ventre, et j’ai soulevé la chemise de l’homme pour la montrer au soldat. Je m’agenouillais. Le soldat m’a demandé de lever le bras du blessé et le tourner de l’autre côté car ce dernier ne pouvait plus respirer. Je l’ai fait, tandis que le blessé gémissait de douleur.
Les soldats ont apporté une civière, et m’ont ordonné de ne pas prendre de photos. Le premier soldat s’est dirigé vers la maison. Je lui ai expliqué qu’il y avait plusieurs journalistes étrangers là-bas. Sous la menace de son arme, il les a fait sortir, et leur a ordonné de porter le blessé sur la civière à travers la porte du mur menant à la station-service. Je me suis assis dans la maison, je me suis presque évanoui, mes mains tremblaient.
Il m’a fallu beaucoup de temps pour me calmer un peu. Nous avons entendu les sirènes des véhicules de secours et des tirs de soldats dans la station d’essence. Les habitants de la maison nous ont fait du café. Ensuite, un photographe de Neow Na a réussi à communiquer par téléphone avec le monde extérieur, et a expliqué que nous étions coincés ici – le correspondant du journal Spiegel Thilo Thielke, une équipe de télévision indonésienne, un photographe local qui travaillait pour ABC, moi, et quelques manifestants qui étaient resté sur place se sentant protégé par la présence de journalistes étrangers.
J’ai appelé ma femme et plusieurs de mes collègues à l’extérieur pour leur dire que j’étais en sécurité. Nous avons appris que d’autres journalistes avaient été blessés. Nous demandions au téléphone d’essayer de nous faire sortir. Les tirs ont continué pendant une longue période. Au loin, nous avons entendu quelques explosions de grenades M79. Nous n’avons pas entendu de tirs en direction de Samliem Din Daeng. Apparemment le CRES, y compris le Premier ministre, avaient eu une réunion de haut niveau nous concernant. Les personnes propriétaires de la maison nous ont offert à manger. Le propriétaire parlait couramment l’allemand car il avait vécu de nombreuses années en Allemagne, et y a travaillé à une dizaine de minutes à pied de l’appartement de mon père.
Quand nous avons fini de dîner, on nous a dit de sortir par la porte principale du mur, vers la station-service, et de marcher en direction des soldats à Soi Rang Naam. Nous avons demandé aux soldats de nous chercher car nous avions peur de marcher dans la rue. On nous a répondu que les soldats seraient alors pris pour cible et que donc, ils ne pouvaient pas nous chercher. Nous avons décidé que nous devions trouver un autre chemin à l’abri du mur. Il commençait à faire nuit. On nous a expliqué que des snipers se trouvaient sur tous les gratte-ciel, et que des inconnus pouvaient attaquer les soldats, et que par conséquent il était impossible de nous chercher.
Nous avons téléphonés plusieurs fois pour demander le meilleur moyen de se mettre en sécurité. Puis, nous sommes montés sur le mur avec une échelle, où un homme est venu nous chercher. Ensuite, les tirs ont recommencé, assez proche de nous, nous avons dû nous rendre dans un immeuble d’appartements pour notre sécurité. Après quelques discussions, nous nous sommes décidés sur le chemin à prendre, un autre mur qui longeait une petite ruelle. Des gens s’y trouvaient. Nous leur avons demandé le chemin le plus sûr. Au bout de la ruelle, il commençait à faire sombre, très sombre. Quelques manifestants Chemises Rouge se trouvaient là. Nous étions sous le pont à Samliem Din Daeng.
Regarder la ruelle sur la droite, c’était comme regarder dans l’abîme, la fumée et l’obscurité pure dans laquelle le pont avait disparu. Nous avons tourné à gauche, vers Victory Monument. Quelques personnes se cachaient dans l’ombre. Bientôt nous avons pénétrés en zone plus sûr, avec beaucoup d’habitants flânant devant leurs maisons. Quand je suis arrivé à Victory Monument, j’ai entendu chanter des moines. Plus d’une centaine de moines assis devant le monument, priaient pour la fin de la mise à mort. J’ai pris un moto taxi pour rentrer. J’avais dû laisser ma moto en stationnement dans une ruelle se trouvant en plein dans la zone de mise à mort.

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 14:18

En 1992, l'armée thaïlandaise avait déjà massacré des manifestants qui réclamaient la démocratie.

Contexte

En février 1991, un coup d’État militaire a renversé le gouvernement civil dirigé par Chatichai Choonhavan, élu démocratiquement, et un Conseil national de maintien de la paix (CNMP) a été créé.
À la suite des élections générales truquées de mars 1992, le général Suchinda Kraprayoon, un des principaux artisans de ce coup d’État, a été nommé Premier ministre.

En mai 1992, des milliers de personnes ont manifesté pour protester contre cette nomination. Au cours des manifestations, les forces de sécurité ont ouvert le feu à hauteur de tête sur des manifestants non armés et ont frappé à coups de matraque et de pied des civils qui ne constituaient pas une menace pour leur sécurité.

Selon les statistiques officielles, 52 personnes ont été tuées, des centaines d’autres ont été blessées et 34 ont "disparu" sans laisser de trace mais cette répression a sans doute fait des centaines de victimes.

 

Contrairement au massacre d’octobre 1976 de l’Université Thammasat, le roi est intervenu pour éviter un bain de sang qui avait déjà eu lieu mais qui aurait pu être pire sans son intervention.

 

Ci-dessous les articles du journal français l'Humanité parus durant ces événements:

BANGKOK COLERE

Article du journal l'Humanité paru le 21 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273409

Le mouvement de protestation s'amplifie malgré la répression. Divisions dans l'armée. Plus de cent morts, des centaines de blessés, des milliers d'arrestations.

LE gouvernement thaïlandais a décrété mercredi soir le couvre-feu à Bangkok, de 21 heures à 4 heures. Cette décision, annoncée à la télévision, fait suite à une journée marquée par de nouvelles manifestations de rue et des bruits insistants sur des combats opposant, au nord de Bangkok, des troupes loyales et hostiles au gouvernement du général Suchinda Kraprayoon.

La troupe a de nouveau ouvert le feu mercredi après-midi sur des milliers de manifestants répandus dans le centre de Bangkok. Selon la police, les manifestants ont commencé leur mouvement de protestation en brisant des vitrines et en pillant des magasins. Ils ont ensuite entrepris de mettre le feu à des édifices.

Le premier ministre, le général Suchinda Kraprayoon, qui devait donner une conférence de presse télévisée depuis le siège du gouvernement, a brusquement quitté les lieux pour une destination inconnue.

L'opposition pose comme condition préalable à une solution politique de la crise la démission du général Suchinda. Pour des millions de Thaïlandais, il est le principal responsable des émeutes sanglantes qui se poursuivent depuis trois jours. Elle demande qu'il soit remplacé par une personnalité dûment élue au Parlement, ce qui suppose une réforme constitutionnelle.

Selon des sources thaïlandaises et des diplomates étrangers, les chefs modérés de l'armée se seraient mis d'accord pour tenter d'obtenir le départ, volontaire ou forcé, du général Suchinda, désigné premier ministre le 7 avril, et de son beau-frère, le commandant en chef de l'armée Issrapong Noonpackdee. Un nom est avancé avec insistance pour lui succéder à titre transitoire, celui du général à la retraite Prem Tunsilanond, soixante-douze ans.

Des troupes fidèles à la hiérarchie modérée de l'armée thaïlandaise feraient mouvement depuis le nord du pays vers Bangkok, croit-on savoir de sources thaïlandaises et étrangères. Des diplomates confient par ailleurs avoir été saisis de rapports signalant des combats entre soldats au nord de la capitale. De source policière, on se borne à confirmer le mouvement de troupes, sans toutefois préciser leur position actuelle ni leur importance.

Des indications sur une scission au sein de l'armée ont commencé à filtrer mardi, 48 heures après le début des émeutes. Mercredi matin, ces mêmes sources donnaient à entendre que les responsables militaires modérés s'étaient mis d'accord pour tenter d'obtenir le départ volontaire ou forcé du premier ministre.

Les émeutes qui se poursuivent depuis dimanche à Bangkok auraient fait au moins cent morts. Des centaines de personnes ont été blessées, et l'on compte quelque 3.000 arrestations.

THAILANDE LE ROI INTERVIENT POUR RESOUDRE LA CRISE

Article du journal l'Humanité paru le 21 mai 1992

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http://www.humanite.fr/node/273336

Le premier ministre thaïlandais, Suchinda Kraprayoon a annoncé, mercredi soir, à la télévision la libération immédiate des personnes arrêtées lors des incidents de ces derniers jours et une amnistie pour ceux qui ont pris part aux manifestations. Parmi les personnes libérées figure le chef de l’opposition, Chamlong Srimuang qui est également apparu pour appeler la population au calme. Le premier ministre a aussi annoncé que le parlement allait entamer, dès lundi, une révision de la constitution, ce qui constituait l’une des principales revendications de l’opposition et des manifestants. Ces déclarations ont eu lieu après une rencontre entre Suchinda Kraprayoon, le roi Bhumibol Adulyadej, l’ancien premier ministre Prem Tinsulanond et Chamlong Srimuang. Ce dernier a indiqué que l’intervention du roi était à l’origine de ces mesures d’apaisement. La télévision a d’ailleurs montré le souverain s’entretenant avec le premier ministre soutenu par les militaires, M. Chamlong, et M. Prem Tinsulanond, un ancien premier ministre, qui a gardé beaucoup de prestige et jouit de la confiance du roi. Le débat constitutionnel devrait commencer lundi. L’opposition réclame qu’y soit incluse l’obligation pour le premier ministre d’être un élu du Parlement. Ce n’est pas le cas de M. Suchinda qui ne s’était pas présenté aux élections générales du 22 mars dernier et qui, avant de devenir premier ministre le 7 avril, était commandant en chef des forces armées. "Le gouvernement va essayer de résoudre le problème, a dit M. Chamlong. Nous allons travailler avec toutes les parties concernées pour garantir un retour à la normale. S’il vous plaît, restez calmes et ne prenez plus part à des désordres. Je demande votre coopération."


ROYALE INTERVENTION A BANGKOK

Article du journal l'Humanité paru le 22 mai 1992

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http://www.humanite.fr/node/273239

Bhumibol Adulyadej a convoqué le général-premier ministre et son opposant de la veille le général Chamlong Les discussions pour une réforme constitutionnelle doivent reprendre lundi au Parlement APRES l’intervention du roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, les premiers signes de détente sont apparus hier à Bangkok, où l’on annonçait coup sur coup la libération des quelque 3.000 détenus arrêtés depuis dimanche et la levée du couvre-feu. Le souverain thaïlandais, bien que sans pouvoirs constitutionnels réels, est une personnalité respectée par une grande majorité de l’opinion publique, d’autant plus qu’il n’intervient publiquement que très rarement - et seulement en période de crise grave - dans les affaires du pays. Dans la nuit de mercredi à jeudi, il a reçu le général-premier ministre Sichunda Kraprayoon, responsable de la répression, et l’ex-général Chamlong Srimuang, leader de l’opposition parlementaire. Ce dernier a été libéré de la prison où les hommes de Sichunda l’avaient enfermé mardi soir. Les deux hommes se sont engagés à reprendre les discussions en vue de l’élaboration d’unamendement de la Constitution destiné à interdire les fonctions de premier ministre à toute personne ne faisant pas partie du Parlement. Le roi a demandé aux deux adversaires de la veille d’« éviter de se battre dans (leur) propre maison » et de « se rencontrer en tête à tête plutôt que de s’affronter, pour essayer de régler le problème ». Dès lundi, les deux chambres thaïlandaises - une Assemblée nationale dominée par les partis promilitaires et un Sénat dont tous les membres sont désignés par les généraux - devront débattre de ce processus. Selon l’AFP, le souverain aurait chargé l’un de ses conseillers privés, le général Prem Tinsulanond, ancien premier ministre de 1980 à 1988, de « superviser » l’opération. Jeudi matin, l’armée a levé le couvre-feu décrété la veille et les barrages dans la capitale. A l’exception des écoles qui restaient fermées, les administrations et les commerces ont rouvert leurs portes. Les transports publics circulaient normalement. En un quart d’heure, la Bourse a pris 56 points jeudi matin, mais cette soudaine euphorie des spéculateurs locaux n’était pas encore partagée par les firmes étrangères. Les investisseurs étrangers craignent toujours la reprise des manifestations. Sans attendre les déclarations royales, à Washington, le département d’Etat a indiqué que, contrairement à certaines déclarations, aucun programme de ventes d’armes à la Thaïlande n’avait été annulé. A Bruxelles, la CEE a demandé à toutes les parties « d’agir avec la plus grande retenue », tout en demandant aux militaires de « s’abstenir de recourir à nouveau à la violence ». Jeudi soir, quelques milliers de personnes étaient à nouveau rassemblées sur la place de la Démocratie à Bangkok pour se recueillir en mémoire des victimes de la répression. Une centaine de personnes ont été tuées par les militaires et plus d’un millier blessées depuis dimanche soir.


AMERE VICTOIRE

Article du journal l'Humanité paru le 25 mai 1992

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http://www.humanite.fr/node/273106

Les manifestants de Bangkok ont obtenu le départ du premier ministre, mais l’amnistie accordée par le roi aux responsables du bain de sang est lourde de menaces pour l’avenir LE premier ministre de Thaïlande, le général Suchinda Kraprayoon, a annoncé sa démission dimanche à la télévision, au cours d’une allocution apparemment enregistrée à l’avance. « Pour endosser mes responsabilité des erreurs et faciliter le débat parlementaire sur la nouvelle constitution, j’ai présenté ma démission au roi, a-t-il dit. J’espère qu’à partir de cet instant, toutes les parties s’efforceront d’aplanir les conflits et les divergences dans l’intérêt de l’unité, de la réconciliation et de la coopération ». Il a exprimé ses regrets pour les morts et les dégâts causés dans la capitale lors des manifestations de la semaine dernière, estimant qu’il faudrait « des années pour en effacer les traces dans le coeur des gens et dans l’économie nationale ». Rappelons que la répression des manifestations de la semaine dernière à Bangkok a fait cent morts selon les chiffres officiels, plusieurs centaines selon d’autres sources. Agé de cinquante-huit ans, le général Suchinda était devenu premier ministre le 7 avril dernier. L’opposition s’était aussitôt insurgée contre l’accession à la tête du gouvernement d’un officier qui, un an plus tôt, avait dirigé un coup d’Etat militaire pour renverser le gouvernement de Chatichai Choonhavan. Les rumeurs qui circulaient samedi affirmant que le général était en fuite et avait pris l’avion pour Copenhague ou Stockholm ont été démenties. Il se trouvait toujours dans la capitale thaïlandaise et s’est rendu dimanche matin au temple de Bovornivet pour demander la bénédiction du patriarche bouddhiste. Cette démarche donne à penser que le général s’apprête effectivement à partir en exil. D’autant que l’amnistie générale décrétée dimanche par le roi Bhumibol pour toutes les personnes ayant été mêlées aux événements des derniers jours lui laisse le champ libre. Elle semble le résultat de longues tractations entre le roi et l’armée. Elle aura pour effet de mettre le général Suchinda et les responsables militaires des fusillades à l’abri de poursuites. Une décision qui risque d’être fort mal accueillie par la population. L’opposition a en effet réclamé que soient traduits en justice le général Suchinda et d’autres chefs militaires, notamment le commandant en chef Kaset Rojananil et le commandant de l’armée de terre Issarapong Noonpakdi. Ce dernier n’est autre que le beau-frère du général Suchinda. Dimanche matin, 50.000 personnes au moins ont assisté à un office célébré devant le monument à la démocratie, à la mémoire des nombreuses victimes tombées au cours des manifestations, qui s’étaient déroulées pour la plupart devant le monument. Beaucoup portaient des vêtements noir et blanc, en signe de deuil. Des guirlandes de fleurs ont été déposées au pied du monument et de la nourriture a été offerte à quelque 300 moines bouddhistes, suivant la tradition. Les gens manifestaient à la fois leur peine et leur colère, estimant que « ceux qui ont donné l’ordre de tirer sur le peuple doivent être punis ».

 

Photo ci-dessous: mai 2010, des snipers de l'armée thaïlandaise tirent sur la foule

 

Snipers

 

 

 

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Published by liberez-somyot
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