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19 mai 2013 7 19 /05 /mai /2013 16:50

Environ 40 000 Chemises rouges se sont rassemblés ce dimanche 19 Mai 2013 à Bangkok pour le 3eme anniversaire du massacre de 2010. Plus de 90 personnes avaient été tuées et environ 2000 autres blessées.

Ce mouvement, qui exigeait la démission du gouvernement du Parti Démocrate d'Abhisit Vejajjiva, un parti politique anti-démocratique et soutenu par l'armée qui l'a mis au pouvoir à la suite d'un coup d'Etat, avait réuni plus de 100 000 personnes, paralysant le centre de la capitale derrière des barricades de bambous. Ces militants pro-démocratie n'avaient lâché prise qu'au terme d'un brutal assaut de l'armée en plein coeur d'une capitale terrifiée, le 19 mai 2010. Entre-temps, plus de 90 d’entre eux avaient été massacrés par l’armée thaïlandaise.

"Les gens qui se sont sacrifiés me manquent, je viendrai jusqu'à ce qu'il y ait une vraie démocratie", affirme Thanadej Nonprocha, 45 ans, venu pour l'occasion comme chaque année du nord-est du pays, le bastion des Chemises rouges. Des rues ont été bloquées pendant le rassemblement des militants, pour la plupart, mais pas tous, fidèles à l'ex-Premier ministre en exil Thaksin Shinawatra, renversé en 2006 par un coup d'État et qui, depuis l'étranger, demeure la personnalité centrale de l'échiquier politique national.

Depuis, le clan Thaksin a gagné les élections de 2011 et sa soeur Yingluck dirige le gouvernement. "La manifestation est pacifique", a précisé le général de police Chantavit Ramasut, ajoutant que 750 policiers avaient été déployés.

Les manifestants ont déployés des banderoles ou était écrit: "Nous savons qui a ordonné ce massacre".

 

Nous-savons.jpg

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17 mai 2013 5 17 /05 /mai /2013 18:18

Nick Nostitz dans la zone de mise à mort

Lien en français:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/nick-nostitz-dans-la-zone-de-mise-a-mort/

Pour les images voir le lien du post en anglais:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2010/05/16/nick-nostitz-in-the-killing-zone/


Assis là à la maison, je me demande si ce jour, le 15 mai, était réel, ou si c’était tout simplement un cauchemar terrible. Jamais dans toute ma vie je n’avais été si effrayé. Je pensais que j’allais mourir ce jour-là.
À l’heure du déjeuner je suis allé à Samliem Din Daeng pour observer les manifestants. Il y avait quelques manifestants autour, pas plus que quelques centaines. Beaucoup de débris des affrontements de la nuit dernière. Un camion militaire brûlé, encore fumant. Les gens ont apporté des pneus pour construire des barricades. Un camion citerne d’eau municipale a été introduit.
Après un moment, les manifestants ont déplacés le camion en direction de la rue Rajaparop vers les lignes militaires, pour l’utiliser comme une barricade contre les tirs de l’armée. Quelques manifestants ont apportés quelques dizaines de pneus pour construire une barricade. Un des manifestants a plaisanté devant les caméras des photographes avec une fronde: "Voyez – voici nos armes contre les soldats".
Les manifestants ont déplacé les pneus sur cette même rue, en face de la station-service Shell près de Soi Rang Naam. Je me suis placé en couverture à la station-service, dans le cas où l’armée aurait ouvert le feu. Et, en effet, tout de suite après, l’armée a ouvert le feu. Peut-être à 5 mètres de moi, dans la rue, un petit groupe de manifestants se trouvaient coincé derrière les pneus tandis que les balles sifflaient. Cela a fait un bruit écœurant quand des balles ont touché le manifestant qui venait de plaisanter avec nous – dans le bras et dans le ventre. Quelques manifestants de notre côté ont essayé de lancer une corde pour tirer le manifestant blessé vers nous, mais cela n’a pas fonctionné. Les tirs n’ont jamais cessé. Un autre manifestant, qui avait essayé de ramper, a été touché à la jambe et à l’épaule. Un homme a réussi à courir vers nous. J’ai commencé à perdre toute notion du temps. De nouveau, un autre manifestant a réussi à nous rejoindre. Un autre homme a été touché au bras. Au bout d’un moment, les deux hommes légèrement blessés ont couru vers nous, l’un d’eux s’est couché et s’est mis à ramper pour plus de sécurité. Je craignais qu’il n’ait été frappé de nouveau.
Avec terreur, j’ai réalisé que les soldats commencent à se diriger pour nous. Des coups de feu ont touché la station-service. Je me suis caché d’abord derrière une voiture garée là, mais j’avais un mauvais pressentiment comme quoi j’étais très mal placé, et j’ai dû me sauver aussi vite que je pouvais. J’ai couru aux toilettes, située à environ 40 mètres, me rendant compte qu’on me tirait dessus pendant que je courais. Mes jambes ont presque volé tellement j’étais effrayé.
Juste après, l’homme blessé au ventre a été traîné là aussi. J’ai pris quelques photos, et j’en ai fait sur le mur ainsi. J’ai sauté dans un joli jardin avec une maison principale et deux pavillons en bois. A l’arrière se trouvait quelques journalistes et des manifestants. Les gens qui y vivaient nous ont donné de l’eau. J’ai vu que le blessé avait été traîné vers le mur et j’y suis allé pour essayer de l’aider. J’ai entendu des soldats courir dans la station d’essence derrière le mur. Les deux personnes qui avaient traîné l’homme blessé ont couru se réfugier dans la maison. Je ne pouvais rien faire de plus, et me suis collé derrière des buissons contre le mur. J’ai vu le blessé glisser dans un petit bassin à coté du mur, peut-être à une dizaine de mètres de moi.
Derrière le mur, à la station d’essence, j’ai entendu les soldats crier. Certaines personnes devaient encore se trouver dans les toilettes. Soudain il y eut une longue rafale de coups de feu, j’ai vu des balles voler au dessus du mur. J’ai entendu supplier en criant ainsi qu’un bruit qui ressemblait à des bottes frappant un corps. J’étais plus effrayé que jamais je ne l’avais été dans ma vie, d’être coincé derrière ce mur. J’ai prié pour que personne ne m’appelle sur mon téléphone mobile. J’étais terrifiée par la possibilité que les soldats fassent tout simplement feu sur le mur, car ils devaient savoir que des gens se cachaient là.
J’ai entendu un soldat ordonner de sortir sinon nous serions abattus. Au début je pensais qu’il s’adressait à moi, mais j’ai vu sa tête au-dessus du mur qui criait vers l’homme dans le bassin. J’ai décidé de signaler ma présence en criant que j’étais un journaliste étranger et en demandant de ne pas me tirer dessus. J’ai répété cela à plusieurs reprises avant que le militaire ne semble s’apercevoir de ma présence. J’ai montré mes mains ouvertes et il m’a ordonné de sortir. J’ai marché vers lui en lui expliquant que l’homme dans l’eau avait reçu une balle dans le ventre et avait aussi une vilaine blessure au bras. Il était en train de flotter dans le bassin, son visage et son ventre à peine hors de l’eau.
Le soldat m’a ordonné de le sortir. Un autre soldat avait également sauté par-dessus le mur et un troisième assurait la sécurité par-dessus le mur. Alors que j’essayais de tirer l’homme hors de l’eau, il implorait de l’aide d’une voix très faible disant qu’il ne pourrait plus tenir très longtemps. Il était trop lourd. J’ai demandé à l’un des soldats de m’aider. En tirant brutalement l’homme, il criait qu’il aurait dû être mort et que, comme il avait survécu, ils allaient être obligés de l’emmener à l’hôpital et qu’il ferait mieux de mourir. Ensuite il s’est éloigné.
Le blessé a glissé dans le bassin. Le second soldat m’a aidé à le sortir, tandis que le premier continuait à crier. Le soldat qui assurait la sécurité par-dessus le mur m’a ordonné de prendre soin de l’homme. J’ai expliqué que je n’ai aucune idée comment faire – il avait une grave blessure au ventre, et j’ai soulevé la chemise de l’homme pour la montrer au soldat. Je m’agenouillais. Le soldat m’a demandé de lever le bras du blessé et le tourner de l’autre côté car ce dernier ne pouvait plus respirer. Je l’ai fait, tandis que le blessé gémissait de douleur.
Les soldats ont apporté une civière, et m’ont ordonné de ne pas prendre de photos. Le premier soldat s’est dirigé vers la maison. Je lui ai expliqué qu’il y avait plusieurs journalistes étrangers là-bas. Sous la menace de son arme, il les a fait sortir, et leur a ordonné de porter le blessé sur la civière à travers la porte du mur menant à la station-service. Je me suis assis dans la maison, je me suis presque évanoui, mes mains tremblaient.
Il m’a fallu beaucoup de temps pour me calmer un peu. Nous avons entendu les sirènes des véhicules de secours et des tirs de soldats dans la station d’essence. Les habitants de la maison nous ont fait du café. Ensuite, un photographe de Neow Na a réussi à communiquer par téléphone avec le monde extérieur, et a expliqué que nous étions coincés ici – le correspondant du journal Spiegel Thilo Thielke, une équipe de télévision indonésienne, un photographe local qui travaillait pour ABC, moi, et quelques manifestants qui étaient resté sur place se sentant protégé par la présence de journalistes étrangers.
J’ai appelé ma femme et plusieurs de mes collègues à l’extérieur pour leur dire que j’étais en sécurité. Nous avons appris que d’autres journalistes avaient été blessés. Nous demandions au téléphone d’essayer de nous faire sortir. Les tirs ont continué pendant une longue période. Au loin, nous avons entendu quelques explosions de grenades M79. Nous n’avons pas entendu de tirs en direction de Samliem Din Daeng. Apparemment le CRES, y compris le Premier ministre, avaient eu une réunion de haut niveau nous concernant. Les personnes propriétaires de la maison nous ont offert à manger. Le propriétaire parlait couramment l’allemand car il avait vécu de nombreuses années en Allemagne, et y a travaillé à une dizaine de minutes à pied de l’appartement de mon père.
Quand nous avons fini de dîner, on nous a dit de sortir par la porte principale du mur, vers la station-service, et de marcher en direction des soldats à Soi Rang Naam. Nous avons demandé aux soldats de nous chercher car nous avions peur de marcher dans la rue. On nous a répondu que les soldats seraient alors pris pour cible et que donc, ils ne pouvaient pas nous chercher. Nous avons décidé que nous devions trouver un autre chemin à l’abri du mur. Il commençait à faire nuit. On nous a expliqué que des snipers se trouvaient sur tous les gratte-ciel, et que des inconnus pouvaient attaquer les soldats, et que par conséquent il était impossible de nous chercher.
Nous avons téléphonés plusieurs fois pour demander le meilleur moyen de se mettre en sécurité. Puis, nous sommes montés sur le mur avec une échelle, où un homme est venu nous chercher. Ensuite, les tirs ont recommencé, assez proche de nous, nous avons dû nous rendre dans un immeuble d’appartements pour notre sécurité. Après quelques discussions, nous nous sommes décidés sur le chemin à prendre, un autre mur qui longeait une petite ruelle. Des gens s’y trouvaient. Nous leur avons demandé le chemin le plus sûr. Au bout de la ruelle, il commençait à faire sombre, très sombre. Quelques manifestants Chemises Rouge se trouvaient là. Nous étions sous le pont à Samliem Din Daeng.
Regarder la ruelle sur la droite, c’était comme regarder dans l’abîme, la fumée et l’obscurité pure dans laquelle le pont avait disparu. Nous avons tourné à gauche, vers Victory Monument. Quelques personnes se cachaient dans l’ombre. Bientôt nous avons pénétrés en zone plus sûr, avec beaucoup d’habitants flânant devant leurs maisons. Quand je suis arrivé à Victory Monument, j’ai entendu chanter des moines. Plus d’une centaine de moines assis devant le monument, priaient pour la fin de la mise à mort. J’ai pris un moto taxi pour rentrer. J’avais dû laisser ma moto en stationnement dans une ruelle se trouvant en plein dans la zone de mise à mort.

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 14:18

En 1992, l'armée thaïlandaise avait déjà massacré des manifestants qui réclamaient la démocratie.

Contexte

En février 1991, un coup d’État militaire a renversé le gouvernement civil dirigé par Chatichai Choonhavan, élu démocratiquement, et un Conseil national de maintien de la paix (CNMP) a été créé.
À la suite des élections générales truquées de mars 1992, le général Suchinda Kraprayoon, un des principaux artisans de ce coup d’État, a été nommé Premier ministre.

En mai 1992, des milliers de personnes ont manifesté pour protester contre cette nomination. Au cours des manifestations, les forces de sécurité ont ouvert le feu à hauteur de tête sur des manifestants non armés et ont frappé à coups de matraque et de pied des civils qui ne constituaient pas une menace pour leur sécurité.

Selon les statistiques officielles, 52 personnes ont été tuées, des centaines d’autres ont été blessées et 34 ont "disparu" sans laisser de trace mais cette répression a sans doute fait des centaines de victimes.

 

Contrairement au massacre d’octobre 1976 de l’Université Thammasat, le roi est intervenu pour éviter un bain de sang qui avait déjà eu lieu mais qui aurait pu être pire sans son intervention.

 

Ci-dessous les articles du journal français l'Humanité parus durant ces événements:

BANGKOK COLERE

Article du journal l'Humanité paru le 21 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273409

Le mouvement de protestation s'amplifie malgré la répression. Divisions dans l'armée. Plus de cent morts, des centaines de blessés, des milliers d'arrestations.

LE gouvernement thaïlandais a décrété mercredi soir le couvre-feu à Bangkok, de 21 heures à 4 heures. Cette décision, annoncée à la télévision, fait suite à une journée marquée par de nouvelles manifestations de rue et des bruits insistants sur des combats opposant, au nord de Bangkok, des troupes loyales et hostiles au gouvernement du général Suchinda Kraprayoon.

La troupe a de nouveau ouvert le feu mercredi après-midi sur des milliers de manifestants répandus dans le centre de Bangkok. Selon la police, les manifestants ont commencé leur mouvement de protestation en brisant des vitrines et en pillant des magasins. Ils ont ensuite entrepris de mettre le feu à des édifices.

Le premier ministre, le général Suchinda Kraprayoon, qui devait donner une conférence de presse télévisée depuis le siège du gouvernement, a brusquement quitté les lieux pour une destination inconnue.

L'opposition pose comme condition préalable à une solution politique de la crise la démission du général Suchinda. Pour des millions de Thaïlandais, il est le principal responsable des émeutes sanglantes qui se poursuivent depuis trois jours. Elle demande qu'il soit remplacé par une personnalité dûment élue au Parlement, ce qui suppose une réforme constitutionnelle.

Selon des sources thaïlandaises et des diplomates étrangers, les chefs modérés de l'armée se seraient mis d'accord pour tenter d'obtenir le départ, volontaire ou forcé, du général Suchinda, désigné premier ministre le 7 avril, et de son beau-frère, le commandant en chef de l'armée Issrapong Noonpackdee. Un nom est avancé avec insistance pour lui succéder à titre transitoire, celui du général à la retraite Prem Tunsilanond, soixante-douze ans.

Des troupes fidèles à la hiérarchie modérée de l'armée thaïlandaise feraient mouvement depuis le nord du pays vers Bangkok, croit-on savoir de sources thaïlandaises et étrangères. Des diplomates confient par ailleurs avoir été saisis de rapports signalant des combats entre soldats au nord de la capitale. De source policière, on se borne à confirmer le mouvement de troupes, sans toutefois préciser leur position actuelle ni leur importance.

Des indications sur une scission au sein de l'armée ont commencé à filtrer mardi, 48 heures après le début des émeutes. Mercredi matin, ces mêmes sources donnaient à entendre que les responsables militaires modérés s'étaient mis d'accord pour tenter d'obtenir le départ volontaire ou forcé du premier ministre.

Les émeutes qui se poursuivent depuis dimanche à Bangkok auraient fait au moins cent morts. Des centaines de personnes ont été blessées, et l'on compte quelque 3.000 arrestations.

THAILANDE LE ROI INTERVIENT POUR RESOUDRE LA CRISE

Article du journal l'Humanité paru le 21 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273336

Le premier ministre thaïlandais, Suchinda Kraprayoon a annoncé, mercredi soir, à la télévision la libération immédiate des personnes arrêtées lors des incidents de ces derniers jours et une amnistie pour ceux qui ont pris part aux manifestations. Parmi les personnes libérées figure le chef de l’opposition, Chamlong Srimuang qui est également apparu pour appeler la population au calme. Le premier ministre a aussi annoncé que le parlement allait entamer, dès lundi, une révision de la constitution, ce qui constituait l’une des principales revendications de l’opposition et des manifestants. Ces déclarations ont eu lieu après une rencontre entre Suchinda Kraprayoon, le roi Bhumibol Adulyadej, l’ancien premier ministre Prem Tinsulanond et Chamlong Srimuang. Ce dernier a indiqué que l’intervention du roi était à l’origine de ces mesures d’apaisement. La télévision a d’ailleurs montré le souverain s’entretenant avec le premier ministre soutenu par les militaires, M. Chamlong, et M. Prem Tinsulanond, un ancien premier ministre, qui a gardé beaucoup de prestige et jouit de la confiance du roi. Le débat constitutionnel devrait commencer lundi. L’opposition réclame qu’y soit incluse l’obligation pour le premier ministre d’être un élu du Parlement. Ce n’est pas le cas de M. Suchinda qui ne s’était pas présenté aux élections générales du 22 mars dernier et qui, avant de devenir premier ministre le 7 avril, était commandant en chef des forces armées. "Le gouvernement va essayer de résoudre le problème, a dit M. Chamlong. Nous allons travailler avec toutes les parties concernées pour garantir un retour à la normale. S’il vous plaît, restez calmes et ne prenez plus part à des désordres. Je demande votre coopération."


ROYALE INTERVENTION A BANGKOK

Article du journal l'Humanité paru le 22 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273239

Bhumibol Adulyadej a convoqué le général-premier ministre et son opposant de la veille le général Chamlong Les discussions pour une réforme constitutionnelle doivent reprendre lundi au Parlement APRES l’intervention du roi de Thaïlande, Bhumibol Adulyadej, les premiers signes de détente sont apparus hier à Bangkok, où l’on annonçait coup sur coup la libération des quelque 3.000 détenus arrêtés depuis dimanche et la levée du couvre-feu. Le souverain thaïlandais, bien que sans pouvoirs constitutionnels réels, est une personnalité respectée par une grande majorité de l’opinion publique, d’autant plus qu’il n’intervient publiquement que très rarement - et seulement en période de crise grave - dans les affaires du pays. Dans la nuit de mercredi à jeudi, il a reçu le général-premier ministre Sichunda Kraprayoon, responsable de la répression, et l’ex-général Chamlong Srimuang, leader de l’opposition parlementaire. Ce dernier a été libéré de la prison où les hommes de Sichunda l’avaient enfermé mardi soir. Les deux hommes se sont engagés à reprendre les discussions en vue de l’élaboration d’unamendement de la Constitution destiné à interdire les fonctions de premier ministre à toute personne ne faisant pas partie du Parlement. Le roi a demandé aux deux adversaires de la veille d’« éviter de se battre dans (leur) propre maison » et de « se rencontrer en tête à tête plutôt que de s’affronter, pour essayer de régler le problème ». Dès lundi, les deux chambres thaïlandaises - une Assemblée nationale dominée par les partis promilitaires et un Sénat dont tous les membres sont désignés par les généraux - devront débattre de ce processus. Selon l’AFP, le souverain aurait chargé l’un de ses conseillers privés, le général Prem Tinsulanond, ancien premier ministre de 1980 à 1988, de « superviser » l’opération. Jeudi matin, l’armée a levé le couvre-feu décrété la veille et les barrages dans la capitale. A l’exception des écoles qui restaient fermées, les administrations et les commerces ont rouvert leurs portes. Les transports publics circulaient normalement. En un quart d’heure, la Bourse a pris 56 points jeudi matin, mais cette soudaine euphorie des spéculateurs locaux n’était pas encore partagée par les firmes étrangères. Les investisseurs étrangers craignent toujours la reprise des manifestations. Sans attendre les déclarations royales, à Washington, le département d’Etat a indiqué que, contrairement à certaines déclarations, aucun programme de ventes d’armes à la Thaïlande n’avait été annulé. A Bruxelles, la CEE a demandé à toutes les parties « d’agir avec la plus grande retenue », tout en demandant aux militaires de « s’abstenir de recourir à nouveau à la violence ». Jeudi soir, quelques milliers de personnes étaient à nouveau rassemblées sur la place de la Démocratie à Bangkok pour se recueillir en mémoire des victimes de la répression. Une centaine de personnes ont été tuées par les militaires et plus d’un millier blessées depuis dimanche soir.


AMERE VICTOIRE

Article du journal l'Humanité paru le 25 mai 1992

Lien:

http://www.humanite.fr/node/273106

Les manifestants de Bangkok ont obtenu le départ du premier ministre, mais l’amnistie accordée par le roi aux responsables du bain de sang est lourde de menaces pour l’avenir LE premier ministre de Thaïlande, le général Suchinda Kraprayoon, a annoncé sa démission dimanche à la télévision, au cours d’une allocution apparemment enregistrée à l’avance. « Pour endosser mes responsabilité des erreurs et faciliter le débat parlementaire sur la nouvelle constitution, j’ai présenté ma démission au roi, a-t-il dit. J’espère qu’à partir de cet instant, toutes les parties s’efforceront d’aplanir les conflits et les divergences dans l’intérêt de l’unité, de la réconciliation et de la coopération ». Il a exprimé ses regrets pour les morts et les dégâts causés dans la capitale lors des manifestations de la semaine dernière, estimant qu’il faudrait « des années pour en effacer les traces dans le coeur des gens et dans l’économie nationale ». Rappelons que la répression des manifestations de la semaine dernière à Bangkok a fait cent morts selon les chiffres officiels, plusieurs centaines selon d’autres sources. Agé de cinquante-huit ans, le général Suchinda était devenu premier ministre le 7 avril dernier. L’opposition s’était aussitôt insurgée contre l’accession à la tête du gouvernement d’un officier qui, un an plus tôt, avait dirigé un coup d’Etat militaire pour renverser le gouvernement de Chatichai Choonhavan. Les rumeurs qui circulaient samedi affirmant que le général était en fuite et avait pris l’avion pour Copenhague ou Stockholm ont été démenties. Il se trouvait toujours dans la capitale thaïlandaise et s’est rendu dimanche matin au temple de Bovornivet pour demander la bénédiction du patriarche bouddhiste. Cette démarche donne à penser que le général s’apprête effectivement à partir en exil. D’autant que l’amnistie générale décrétée dimanche par le roi Bhumibol pour toutes les personnes ayant été mêlées aux événements des derniers jours lui laisse le champ libre. Elle semble le résultat de longues tractations entre le roi et l’armée. Elle aura pour effet de mettre le général Suchinda et les responsables militaires des fusillades à l’abri de poursuites. Une décision qui risque d’être fort mal accueillie par la population. L’opposition a en effet réclamé que soient traduits en justice le général Suchinda et d’autres chefs militaires, notamment le commandant en chef Kaset Rojananil et le commandant de l’armée de terre Issarapong Noonpakdi. Ce dernier n’est autre que le beau-frère du général Suchinda. Dimanche matin, 50.000 personnes au moins ont assisté à un office célébré devant le monument à la démocratie, à la mémoire des nombreuses victimes tombées au cours des manifestations, qui s’étaient déroulées pour la plupart devant le monument. Beaucoup portaient des vêtements noir et blanc, en signe de deuil. Des guirlandes de fleurs ont été déposées au pied du monument et de la nourriture a été offerte à quelque 300 moines bouddhistes, suivant la tradition. Les gens manifestaient à la fois leur peine et leur colère, estimant que « ceux qui ont donné l’ordre de tirer sur le peuple doivent être punis ».

 

Photo ci-dessous: mai 2010, des snipers de l'armée thaïlandaise tirent sur la foule

 

Snipers

 

 

 

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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 12:39

Front Line Defenders est une fondation internationale pour la protection des défenseurs des droits humains. Cette fondation travaille à la mise en place d'actions rapides et efficaces qui contribuent à protéger les défenseurs des droits humains en danger, afin qu’ils puissent continuer leur travail en tant qu’agent clé du changement social. Ils ont fait une déclaration exigeant la libération de Somyot Prueksakasemsuk.

Lien de l'article en anglais:

http://www.frontlinedefenders.org/node/22658

 

Traduction:

 

Thaïlande: Poursuite de la détention du défenseur des droits humains M. Somyot Prueksakasemsuk
Le 8 mai 2013, le défenseur des droits humains et rédacteur de magazine M. Somyot Prueksakasemsuk a présenté une demande à la Cour suprême de Bangkok pour réfuter la décision de la Cour d'appel rejetant sa demande précédente. Le 3 Avril 2013, la Cour d'appel avait rejeté la demande de l'avocat de Somyot Prueksakasemsuk pour que celui-ci puisse bénéficier de son droit à la liberté sous caution. Somyot Prueksakasemsuk a été condamné, en vertu de la loi de lèse-majesté, à 10 ans de prison par le Tribunal de première instance, le 23 Janvier 2013, pour avoir publié deux articles faisant soi-disant des références négatives à la monarchie thaïlandaise.
Somyot Prueksakasemsuk est un défenseur des droits de l'homme spécialisé dans le domaine des droits des travailleurs et de la liberté syndicale en Thaïlande, et est rédacteur en chef de "Voice of Taksin".
Le 1er Avril 2013, l'avocat du défenseur des droits humains a présenté un recours contre le verdict du Tribunal de première instance. La demande de Somyot Prueksakasemsuk sur son droit à la liberté sous caution a été rejetée douze fois par le Tribunal de première instance et deux fois par la Cour d'appel. Dans ce document, l'avocat de Somyot Prueksakasemsuk a réitéré qu'il n'y avait aucune preuve comme quoi le défenseur des droits de l'Homme prendrait la fuite si la liberté sous caution lui était accordée car il avait continué de voyager à l'étranger ainsi qu’en Thaïlande après qu'un mandat d'arrêt ait été lancé contre lui en 2011.
L'avocat a également déclaré que, jusqu'à ce que la décision sur l'affaire soit jugée par la Cour suprême, le droit de Somyot Prueksakasemsuk à la liberté sous caution est garanti par la Constitution du Royaume de Thaïlande. Il a également souligné qu'il y avait des problèmes de santé en relation avec la détention du défenseur des droits humains car celui-ci souffre d'hypertension artérielle et de la goutte ainsi que de l'hépatite B.
Le défenseur des droits de l'Homme a été reconnu coupable d'avoir violé l'article 112 du Code pénal thaïlandais, communément appelée loi de lèse-majesté, qui criminalise la diffamation, l'insulte ou la menace contre la famille royale. Le procès a été suivi par environ 170 observateurs, dont des journalistes locaux et internationaux, des universitaires, des défenseurs et des organisations de défense des droits humains ainsi que des membres du corps diplomatique.
Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a indiqué, lors de sa soixante-quatrième session qui s'est tenue du 27 au 31 Août 2012, que la privation de liberté [du défenseur des droits humains], étant en contravention de l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et aussi de l'article 19 ( 2) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) (que la Thaïlande a signé) était arbitraire, et il a appelé à sa libération.
Le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme, Navi Pillay, et l'Union Européenne ont exprimés leur grave préoccupation devant le résultat [du procès] et le Haut Commissariat des Nations Unies a aussi protesté contre le refus de libération sous caution sur une aussi longue période de temps. Le commissaire a communiqué son inquiétude au gouvernement thaïlandais le 15 Juin 2012 et Defenders Front Line a fait de même le 23 Janvier 2013 et le 14 mai 2012.
Front Line Defenders est préoccupée par le maintien en détention de Somyot Prueksakasemsuk qui est, selon l'organisation, uniquement motivée par ses activités légitimes et pacifiques pour les droits de l'Homme, de même que les irrégularités du procès mentionnés ci-dessus, y compris le rejet de la demande de libération sous caution quatorze fois de suite.

 

Somyot6bis

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 15:55

Les organisations "Initiative Légale de Défense des Medias", "Fédération Internationale des Droits de l'Homme" et "Défense des Médias - Asie du Sud-est" ont exhortées la Cour suprême thaïlandaise à accorder la liberté provisoire à l'éditeur de magazine thaïlandais, Somyot Phruksakasemsuk.

Lien en anglais:

http://www.mediadefence.org/news-story/thai-magazine-editor-should-be-granted-bail

 

Les organisations "Initiative Légale de Défense des Medias", "Fédération Internationale des Droits de l'Homme" et "Défense des Médias - Asie du Sud-est" ont déposées, le 3 Mai 2013, un mémoire d'amicus curiae pour l'appel de l'éditeur de magazine Somyot Phruksakasemsuk, face au refus des tribunaux thaïlandais de le libérer sous caution en attendant son procès en appel.

Le 23 Janvier 2013, Somyot a été condamné à dix ans de prison pour deux infractions à la législation stricte de lèse-majesté en Thaïlande qui interdit toute critique de la monarchie. En tant que rédacteur du magasine "Voix de Taksin" ("La Voix des Opprimés"), il a autorisé la publication de deux articles satiriques qui ont été jugés "insultants" pour la monarchie. En Avril, il a déposé un recours contre la décision du tribunal de première instance et a également déposé sa 14eme demande de libération sous caution. La cour d'appel a rejeté la demande de libération sous caution de Somyot en raison de la "gravité de son crime", qui aurait "affecté la morale et les sentiments du peuple".

L'intervention de "Initiative Légale de Défense des Medias", "Fédération Internationale des Droits de l'Homme" et "Défense des Médias - Asie du Sud-est" soutient que les motifs pour lesquels le tribunal a refusé la liberté sous caution aux obligations de Somyot violent le droit international des droits humains que la Thaïlande a signé.

"Le maintien en détention de Somyot est illégitime car il résulte de l'exercice de son droit à la liberté d'expression", a déclaré le premier conseiller juridique de "Initiative Légale de Défense des Medias", Nani Jansen. "Nous espérons que la Cour suprême prendra les obligations de la Thaïlande au regard du droit international en considération lors de l'examen d'une nouvelle demande de libération sous caution, ainsi que pour le procès en appel.

 

Somyot6

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 14:26

Cet article a été écrit en Décembre 2010, alors qu'Abhisit Vejjajiva était encore le Premier ministre nommé par les militaires.

Liens de l'article

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2010/12/12/2337439_l-etat-d-urgence-et-le-colonialisme-interne-en-thailande.html

 

L'Etat d'urgence et le colonialisme interne en Thaïlande
Traduit d'un article de Robert Amsterdam, avocat international des Droits de l'Homme
Version originale en anglais sur le lien suivant:
http://robertamsterdam.com/thailand/?p=276

Au cours des derniers mois, le gouvernement thaïlandais dirigé par le premier ministre Abhisit Vejjajiva est devenu la cible de beaucoup de critiques internationales pour, entre autres, ses violations des droits de l'homme, son absence d'enquête [sur le massacre de mai 2010], ses violations de la liberté de la presse, et ses détentions arbitraires.
Toutefois, la question la plus importante est que l'Etat d'urgence semble permanent, ce qui suscite de graves inquiétudes et des questions sans réponse. Le 5 juillet dernier, l'influent groupe basé à Bruxelles, International Crisis Group, a publié un rapport qui recommandait comme priorité absolue que "la Thaïlande devrait lever le décret d'urgence imposé sur une grande partie du pays ou sinon elle risquait d'endommager encore plus sa démocratie, ce qui entraverait une réconciliation si nécessaire au pays, et sèmerait les germes d'un conflit meurtrier dans l'avenir." Les commentaires du diplomate américain William Burns J. sont en accord avec ce point. Ce dernier a déclaré que "la promulgation indéfinie de ce genre de décrets n'est pas une chose saine pour tout système démocratique."
Et pourtant, en dépit de certains discours apaisant du Premier ministre instruit en Grande Bretagne, pas un geste n'a été fait pour lever l'état d'urgence à Bangkok et dans les provinces critiques du Centre, du Nord et du Nord-Est, alors qu'aucune explication crédible n'a été fournie pour expliquer pourquoi il était nécessaire de maintenir, à ce stade, ces lois exceptionnelles draconiennes. Suthep Thaugsuban, qui dirige le Centre pour la Résolution de la Situation d'Urgence (CRES), a toujours été opposé à la levée du décret d'urgence, car ce dernier fournit un appareil répressif à l'Etat avec un large éventail de pouvoirs. Le décret d'urgence est toujours en vigueur dans 10 régions, et permet aux autorités d'interdire des médias, de geler des comptes bancaires et d'arrêter des citoyens sans avoir à fournir de prétextes. Il interdit aussi les rassemblements politiques de cinq personnes ou plus, bien que cette interdiction ne semble s'appliquer qu'à des rassemblements politiques qui ne servent pas le programme du gouvernement (NDT référence à la manifestation du PAD qui a bloqué l'avenue Sukumwit le 27 juillet dernier).
Les raisons de l'extension répétée des pouvoirs d'exception en Thaïlande sont basées à la fois par rapport à l'histoire de ces sortes de lois, et à l'opportunité politique car cela sert le gouvernement à court terme.
Un regard en arrière sur certaines des implémentations première de "l'état d'urgence" peut être observée avec les lois de l'Angleterre dans ses territoires coloniaux au 18ème siècle ou on remarque un lien dramatique entre l'utilisation de ces pouvoirs et la reconnaissance de la légitimité chancelante et sans capital social de l'occupation coloniale. Dans un livre sur le sujet intitulé "La jurisprudence d'urgence", Nasser Hussein a fait valoir que les lois d'urgence découlaient de la condition coloniale dans sa forme et son exécution d'un élément fondamental de survie et de pouvoir. Hussein met l'accent sur "les discours du droit moderne qui forment le conflit potentiel entre le pouvoir d'Etat et l'autorité juridique, entre ce que l'État perçoit, à certains moments, comme puissance nécessaire à la survie et ce que la loi met à sa disposition." En d'autres termes, il y a un problème de construction normative de la loi d'urgence, qui peut décider quand elle peut être utilisé et pendant combien de temps elle peut l'être, et la nature vague et arbitraire des Etats déclarant l'urgence nationale contre des intérêts étatiques et personnels.
L'argument Hussein est particulièrement pertinent pour la Thaïlande. En particulier, alors que la Thaïlande est fière d'avoir été le seul pays d'Asie du Sud-Est à n'avoir jamais été colonisé par les puissances occidentales, les écrivains thaïlandais ont souvent fait valoir que d'importantes sections du territoire national de la Thaïlande, qui n'avaient été annexées par le royaume de Siam qu'au cours des deux derniers siècles seulement, ont longtemps été administrés comme des domaines coloniaux. C'est particulièrement le cas dans le Nord du pays et dans les régions du Nord-Est.
En matière économique, des savants comme Chattip Narthsupha ont souligné qu'alors que le système de marché libre introduit au Siam avec le traité Bowring de 1855 avait créé une nouvelle classe capitaliste de marchands chinois, l'accroissement du commerce des produits agricoles n'avait pas été accompagné par des mesures permettant un véritable développement des zones dans lesquelles ces produits sont originaires. Tout comme ce que les puissances occidentales avaient fait dans leurs propres colonies, Chattip fait valoir que cette classe de nouveaux marchands ne s'était pas réellement engagée dans la production capitaliste, mais avait plutôt limité ses activités à l'extraction des richesses des provinces par la force, la trahison, et l'exploitation. De là est née l'alliance entre l'aristocratie de Thaïlande et la bourgeoisie montante qui pratiquait sa propre marque de "capitalisme parasitaire." Les deux avaient un intérêt commun dans la répression de la paysannerie, pour des raisons de pouvoir et d'argent. Les deux partageaient le même manque d'intérêt pour le développement rural.
En matière politique, des savants, comme Somchai Phatharathananunth, ont souligné que l'affirmation de la puissance de Bangkok sur les provinces ultrapériphériques du pays avait rencontré une résistance considérable. Dans le Nord, la résistance à la centralisation avait pris la forme de mouvements millénaristes, comme la révolte des Saints Hommes de 1902, lors de laquelle les agriculteurs avaient d'abord tenté d'entraver la perception des impôts par le gouvernement central. Les rébellions n'ont pas seulement été réprimées brutalement par les autorités siamoises, mais ont également entraîné l'accélération de la projection de l'hégémonie culturelle de l'État sur la périphérie - ce qui a impliqué, entre autres choses, la destruction du bouddhisme particulier à l'Issan, l'affaiblissement des identités locales par l'imposition de la langue de la Thaïlande centrale comme langue nationale, l'invention d'une nouvelle identité nationale avec une hiérarchie sociale correspondante, et un système éducatif moderne qui a servi comme vecteur de la conformité idéologique. À long terme, "la domination idéologique" a supplantée la répression physique comme méthode de contrôle social.
L'histoire du colonialisme interne de la Thaïlande a eu un héritage durable à la fois sur la vie économique et politique du pays. Dans le domaine économique, l'héritage du colonialisme interne est attestée par la persistance des disparités de développement entre les régions relativement prospères du Sud et Centrale d'un côté et celles, relativement pauvres, du Nord-Est de l'autre. Dans le domaine politique, cet héritage se reflète dans le statut continu de citoyen de seconde classe réservés pour les habitants du Nord-Est, ainsi que pour les millions d'entre eux qui ont migré à Bangkok au cours du siècle dernier.
Ce n'est pas un hasard si le soutien au Puea Thai et aux Chemises rouges est plus fort dans les circonscriptions et les régions qui ont le plus souffert du colonialisme interne de Bangkok. La politisation accrue et la mobilisation de ces groupes n'a pas seulement marqué le début d'une crise de légitimité avec des proportions sans précédent pour l'établissement basé à Bangkok. Comme chaque autorité coloniale respectable, le gouvernement d'Abhisit n'avait pas d'autre choix que de suspendre la loi pour tenter de compenser son manque de légitimité. L'espoir de ce dernier est que sa dictature pourra conserver, à court terme, ce que son idéologie ne peut plus défendre. À long terme, il appartiendra aux différents comités de "réconciliation" et de "réforme" mis en place par le gouvernement dans le sillage de la répression de colmater les failles critiques de l'idéologie officielle de Thaïlande pour que l'établissement puisse à nouveau profiter du luxe de mettre en place un gouvernement soi-disant constitutionnel.
Au cours des 15 dernières années, les populations de l'Issan et d'autres régions de Thaïlande ont connu une hausse de leurs revenus et ont exigé que leurs voix soient entendues. Abhisit et le Parti Démocrate, qui semblent préférer une simple rhétorique de la démocratie plutôt qu'une pratique effective de celle-ci, ont toujours niés avoir supprimé ces appels à la représentation de ceux qu'ils ont choisis d'exclure du processus politique. Si ce n'est pas du colonialisme, qu'est ce que c'est alors?
L'état d'urgence imposé par le gouvernement thaï est parfaitement abusif et illégal, et devrait être reconnu par toutes les parties comme étant un élément perturbateur et venimeux par rapport à un véritable processus de réconciliation. En outre, les extensions de ces lois exceptionnelles soulignent la crainte et la réticence d'Abhisit, de Suthep, et de leurs amis de faire face à l'urne.
Il est temps de mettre en place des élections et de donner à la démocratie un essai car la dictature ne fonctionne pas.

 

Photo ci-dessous: Jit Phumisak, le premier thaïlandais a avoir dénoncé la société thaïlandaise comme étant "féodale et colonisée"

Chit 

 

Lien: http://liberez-somyot.over-blog.com/article-jit-phumisak-un-revolutionnaire-thailandais-110940550.html

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 14:32

Dans une lettre datée du 9 Avril 2013, le prisonnier politique Somyot Prueksakasemsuk appelle le Premier ministre Yingluck Shinawatra à concentrer l'énergie de son gouvernement pour libérer les prisonniers politiques de Thaïlande. Son appel à l'amnistie, entre autres, a gagné du terrain dans le Parti Phua Thai qui a décidé de mettre l'amnistie au sommet de l'agenda législatif. Alors que le mouvement est encourageant, le processus parlementaire est susceptible de conduire à une longue bataille avec les membres du Parti Démocrate qui s'opposent à l'amnistie des prisonniers politiques, en particulier pour ceux condamnés pour lèse-majesté (112) comme Somyot.
Par conséquent, Somyot souligne l'importance de garantir le droit à la liberté sous caution pour les prisonniers politiques en attente de jugement ou en processus d'appel. S'étant vu refuser la liberté sous caution 14 fois déjà, Somyot n'est que trop familier avec le traitement inconstitutionnel des prisonniers politiques pour lèse-majesté.

Ci-dessous la lettre de Somyot:

Au Premier ministre Yingluck Shinawatra


Les Thaïlandais devraient être heureux que le gouvernement du Parti Phua Thai ait tenu ses promesses de campagne, notamment les prix fixes du riz et l'augmentation du salaire minimum à 300 bahts par jour dans chaque province. Ces changements ont améliorés la vie des gens. Le projet le plus excitant, c'est la construction du chemin de fer à double voie et le train à grande vitesse qui roulera dans tout le pays. Ces infrastructures ne peuvent que remodeler et accroître la compétitivité de notre économie à travers la promotion de la technologie des transports.
Mais nous ne devons pas oublier que l'appréciation pour le gouvernement élu actuel est venue avec le prix du sang et de la liberté. Il est regrettable que les prisonniers politiques soient incarcérés comme des animaux. Cette circonstance malheureuse nous empêche de nous féliciter de la réussite de ce gouvernement et de la vraie démocratie pour laquelle nous avons lutté.
La réalité est toujours douloureuse. Les organisateurs du Coup d'Etat qui a déchiré la constitution et détruit la démocratie en Thaïlande, un crime punissable de mort, ont été amnistiés et sont libres, mais, en raison d'un complot judiciaire qui est devenu un processus de double standard, les citoyens ordinaires dont le seul crime a été de se lever contre la loi martiale et un gouvernement nommé par les militaires sont enfermés sans droits à la liberté sous caution.
Accorder une amnistie amènerait la justice pour les prisonniers politiques. Nous méritions cela parce que nous nous battons pour la démocratie, la paix et la prospérité du pays et que nous faisons partie du processus de réconciliation dans le futur.
Par conséquent, nous exhortons le gouvernement à libérer tous les prisonniers politiques par la législation d'amnistie dans tous les cas où le détenu a été puni à cause de sa lutte pour la démocratie ou à la suite de conflits politiques et de rassemblements politiques. Nous demandons aussi au gouvernement d'écouter les propositions faites par M. Jaturon Chaisnag et M. Kanin Boonsuwan qui suggèrent que le gouvernement, premièrement, accorde l'amnistie à tous les prisonniers politiques, deuxièmement, passe le projet de loi qui a été rédigée par le NRLC et M. Worachai Hema et troisièmement, rédige un amendement constitutionnel sur la loi d'amnistie.
Pendant le processus de la législation d'amnistie, nous demandons aussi instamment au gouvernement de prendre des mesures sérieuses pour assurer la liberté sous caution de tous les prisonniers politiques dont l'affaire est portée en appel ou à la Cour suprême pour enquête, ce qui est leur droit fondamental en vertu des articles 39 à 40 de la Constitution de 2550 (2007).
Cordialement,
Somyot Prueksakasemsuk

Le 9 Avril 2013

Source:
http://thairedshirts.org/2013/05/07/somyot-calls-on-prime-minister-yingluck-for-amnesty-bail-rights/

 

FREEPP9Fr

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 16:48

Lien de l'article en anglais:

http://www.thejakartaglobe.com/archive/the-cambodian-view-of-preah-vihear/423476/

Quand j'étais éditeur et rédacteur en chef du Phnom Penh Post, j'ai été poursuivi une fois par Hun Sen, alors second premier ministre, qui m'a accusé de propager de la désinformation et d'essayer de créer une instabilité politique. Au fil des ans, plusieurs responsables du gouvernement cambodgien ont souvent accusé mon journal et moi-même de tenter de "détruire la nation".

Au moins, je n'ai jamais été considéré comme un supporter du gouvernement cambodgien. Mais sur la question du différend frontalier actuel entre le Cambodge et la Thaïlande qui concerne le temple Preah Vihear, je suis autant en colère que tous les Cambodgiens sur ce que nous percevons comme un conflit extrêmement injuste à l'initiative de la Thaïlande.

Nous ne sommes pas les seuls. Depuis que cette question a éclaté il y a deux ans, je n'ai pas rencontré un seul diplomate asiatique ou occidental ni un travailleur humanitaire étranger ou un expatrié d'affaires à Phnom Penh qui soit en désaccord. Même quelques amis thaïlandais ont timidement exprimé leur soutien à la partie cambodgienne sur cette prise de bec.

La question lancinante qui embarrasse tout le monde est: Pourquoi la Thaïlande cherche à exporter ses problèmes de politique intérieure et les rejeter sur le pauvre Cambodge? Le sentiment est que si les chemises rouges et les chemises jaunes veulent se battre, qu'ils le fassent quelque part en Thaïlande, mais qu'ils n'utilisent pas le Cambodge comme bouc émissaire.

Le point de vue du Cambodge, est simple: la question de la souveraineté sur le temple a été décidée en 1962, lorsque l'affaire a été soumise à la Cour Internationale de Justice de La Haye.

Si la Thaïlande ne veut pas se conformer à la décision du tribunal alors pourquoi a-t-elle été d'accord pour soumettre l'affaire à celui-ci en premier lieu? Et pourquoi tirent-ils des obus d'artillerie sur le temple cinquante ans après que ce verdict ait été rendu?

En outre, lorsque la Thaïlande affirme: Nous avons contrôlé le temple dans les années 1800 et même avant, les Khmers ont une réponse simple: Oui, mais nous, NOUS L'AVONS BÂTIS! Nous avons commencé la construction du Preah Vihear au début du 9ème siècle, puis nous l'avons modifié et amélioré pendant 250 ans et nous avons ensuite continué à prier et à célébrer nos divinités pendant trois autre siècles jusqu'à ce que vous, les Thaïs, nous l'ayez volé après avoir saccagé et pillé notre capitale Angkor à trois reprises entre 1352 et 1431. Nous vous remercions beaucoup. Fin de l'histoire.

Le Cambodge n'a aucun intérêt à vivre un conflit prolongé violent avec personne. Le Royaume en est encore à essayer de se remettre de 30 années de guerre civile, de la folie de Pol Pot et du conflit de guérilla qui a suivi dans les années 80 et 90 et qui ont coûtés la vie à plus de 2,5 millions de Cambodgiens et laissé le pays en ruines. Chaque dollar dépensé pour le conflit militaire est un dollar de perdu pour la construction de routes, d'écoles et d'hôpitaux dont la Cambodge a désespérément besoin.

L'accusation thaïlandaise comme quoi le Cambodge avait un complot secret pour voler de la terre le long de la frontière avec la Thaïlande est également considéré comme ridicule.

Tout le monde sait que, depuis 1970, le Cambodge a été trop occupé par ses luttes internes pour penser à s'emparer d'un seul mètre de terre de l'un de ses voisins. En fait, les responsables de l'aide étrangère qui ont travaillé sur la frontière thaïlandaise dans les années 80 admettront volontiers que le fluage des frontières a travaillé dans le sens inverse. C'était des fermiers thaïlandais qui vivaient en paix - et je n'en accuse pas le gouvernement thaïlandais - qui ont eu la possibilité de planter quelques hectares supplémentaires dans des zones frontalières contestées tandis que l'intérieur du Cambodge était en plein désarroi.

S'il y a une chose qui est claire, c'est que toute la frontière doit être systématiquement vérifiée et délimitée, étape par étape, une fois pour toutes.

En ce qui concerne les 4,5 kilomètres carrés litigieux, juste au nord du temple, pourquoi ne pas considérer ceci: En faire une région conjointe du Cambodge et de Thaïlande, la transformer en un Park International d'amitié et la configurer comme une entreprise gérée par les ministères du tourisme des deux pays. Invitez des colporteurs, des entrepreneurs, que ce soit des deux côtés de la frontière, à la création d'entreprises pour répondre aux millions de touristes qui veulent visiter le site dans les prochaines décennies et au-delà. Les recettes fiscales pourraient être partagées par les deux nations également. Tout le monde gagne.

Cela pourrait également être un modèle pour d'autres différends frontaliers dans le monde entier.

Si les Thaïlandais veulent être responsable d'une lutte sanglante de longue durée pour le temple, ils en ont une sur leurs mains. Au cours des 20 années que j'ai passé au Cambodge, la question du Preah Vihear est sans aucun doute la seule que j'ai vu qui unifie la nation tout entière. Les chaînes de télévision cambodgiennes ont levées des fonds pour la cause et des dons petits et grands affluent de toutes parts depuis deux ans. Même le turbulent Parti Sam Rainsy et d'autres partis d'opposition sont entièrement d'accord avec le gouvernement cambodgien sur cette question.

À la suite d'une visite au temple la semaine dernière il est clair pour moi que l'armée cambodgienne a creusé dans le long terme. De nouveaux chars lourds, des véhicules blindés et des munitions "donnés par des pays amis" sont évidents partout autour du temple. De tout le Cambodge, des anciens combattants avec des cicatrices venus de dures batailles des quatre factions précédemment en guerre, y compris les ex-Khmers rouges qui contrôlaient le temple de 1975 à 1998, sont maintenant tous unis sous un même drapeau pour une même cause.

Et oui, bien sûr il y a des soldats cambodgiens avec des armes dans des bunkers autour du temple. S'ils n'étaient pas là, l'armée thaïlandaise pourrait littéralement marcher et prendre le contrôle de celui-ci en cinq minutes. Le gouvernement de Phnom Penh pourrait-il permettre cela?

Si ce différend devenait vraiment chaud, les relations entre le Cambodge et la Thaïlande seraient ruinée pendant des années, des centaines de gens mourraient inutilement des deux côtés et les coûts économiques pour les deux pays seraient astronomiques.

La raison devrait l'emporter, mais sachez que les Cambodgiens n'abandonneront jamais le contrôle du temple de Preah Vihear, quel qu'en soit le prix,

Pourquoi le devraient-ils? Il leur appartient.

Michael Hayes

Voir aussi le point de vue de l'exilé politique thaïlandais Giles Ji Ungpakorn:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-les-marionnettes-dansent-sur-l-air-de-l-armee-117260040.html

 

Photo ci-dessous: le temple de Preah Vihear

Preah Vihear

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 16:58

Le 2 Mai 2013, la Cour d'appel de la province d'Ubon Ratchathani a jugé le cas des Chemises rouges accusés d'avoir mis le feu à la mairie d’Ubon en mai 2010.

Selon les juges, les accusés auraient perturbé la sécurité de l'Etat et commis des actes de terrorisme et de destruction de biens lors de l'incendie de la mairie le 19 mai 2010.

Mlle Pattama Moolmil, Mr. Teerwat Sujsuwann, Mr. Sanong Ketsuwan, Mr. Somsak Prasarnsub ont été condamnés à la prison à vie, peine finalement réduite à 33 ans de prison.

Les 4 accusés n'étaient pas présents lors de la décision du tribunal parce qu'ils étaient détenus à la maison d'arrêt de Bangkok. Les autres accusés, libérés sous caution, étaient présents. Ils ont dit qu'ils feraient appel de leur cas devant la Cour suprême.

Source:

http://www.khaosod.co.th/en/view_newsonline.php?newsid=TVRNMk56VXhOVFk0Tmc9PQ%3D%3D&sectionid

Un précédent article sur les prisonniers politiques d’Ubon:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-quatre-chemises-rouges-d-ubon-qui-croupissent-encore-en-prison-poursuivent-leur-lutte-a-travers-de-114021223.html

 

Photo ci-dessous: Sanong Ketsuwan, un des accusés d'Ubon, qui purge actuellement une peine de 33 ans de prison

 

Sanong

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 08:30

A l'occasion de la Journée des Travailleurs, le 1er Mai 2013, le Parti Socialiste de Malaisie a envoyé un message de solidarité aux prisonniers politiques de Thaïlande

Lien du message en anglais:

http://partisosialis.org/en/node/2544

 

Libérez Somyot ainsi que tous les prisonniers politiques et abolissez la Loi de Lèse-majesté en Thaïlande
1er mai 2013
Aujourd'hui, alors que nous nous réunissons pour commémorer la Journée des Travailleurs rappelons-nous les luttes de nos frères et sœurs afin d'améliorer notre travail et notre existence.
Tous nos droits en tant que travailleurs ont été remportés par de longues et dures batailles. Actuellement dans le monde entier, les militants ouvriers font face non seulement aux défis des patrons et des propriétaires, mais aussi à ceux des gouvernements qui utilisent des lois injustes ou militaires pour nous empêcher de nous organiser. Beaucoup de nos frères et sœurs sont en prison à cause de cette répression.
Dans de nombreux pays en Asie, nous continuons à voir des attaques contre les droits démocratiques du travail. Par exemple, la Thaïlande a subi 26 coups d'Etat militaire lors de son histoire moderne. La situation des défenseurs des droits humains et du travail en Thaïlande est devenue très difficile. Depuis le coup d'Etat de 2006, l'utilisation généralisée de la loi répressive de lèse-majesté (article 112 du Code pénal thaïlandais) a conduit à l'emprisonnement de centaines de militants et de citoyens, thaïlandais et étrangers.
Le 23 janvier 2013, le journaliste et militant pour les droits du travail, Somyot Prueksakasemsuk, a été condamné à 10 ans de prison (ainsi qu'à 1 année supplémentaire avec sursis) pour avoir prétendument diffamé la famille royale thaïlandaise.
Le cas de Somyot a attiré l'attention internationale sur la situation en Thaïlande.
Il est devenu évident pour tous que l'article 112 est utilisé par l'élite dirigeante et le gouvernement thaïlandais pour étouffer la dissidence et réprimer les militants et les organisations progressistes. L'article 112 empêche les gens de faire valoir leurs droits civils et politiques en rendant illégales les opinions hostiles au régime et au pouvoir.
Dans un tel climat de peur et de répression, s'organiser sur les lieux de travail et mener des campagnes devient très difficile pour les travailleurs et les syndicats.
Nous appelons les syndicats et les organisations progressistes du monde entier à continuer de défendre et à soutenir nos frères et sœurs en Thaïlande.
Par conséquent, à l'occasion du Premier Mai 2013, la journée internationale des travailleurs, nous voulons déclarer notre solidarité à tous les militants emprisonnés, torturés et qui souffrent en Thaïlande et dans le monde entier:
Nous condamnons l'usage par la Thaïlande de l'article 112 (la loi de lèse-majesté) contre ses opposants et considérons son utilisation comme une atteinte aux droits humains fondamentaux.
Nous appelons le gouvernement thaïlandais à abandonner les charges contre Somyot Prueksakasemsuk, et à libérer tous les autres prisonniers politiques détenus en vertu de l'article 112. Nous demandons également la suppression de l'article 112.
Signé par le Parti Socialiste de Malaisie (Parti Sosialis Malaysia PSM)

 

Somyot Malaisie 2

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