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15 mai 2013 3 15 /05 /mai /2013 12:39

Front Line Defenders est une fondation internationale pour la protection des défenseurs des droits humains. Cette fondation travaille à la mise en place d'actions rapides et efficaces qui contribuent à protéger les défenseurs des droits humains en danger, afin qu’ils puissent continuer leur travail en tant qu’agent clé du changement social. Ils ont fait une déclaration exigeant la libération de Somyot Prueksakasemsuk.

Lien de l'article en anglais:

http://www.frontlinedefenders.org/node/22658

 

Traduction:

 

Thaïlande: Poursuite de la détention du défenseur des droits humains M. Somyot Prueksakasemsuk
Le 8 mai 2013, le défenseur des droits humains et rédacteur de magazine M. Somyot Prueksakasemsuk a présenté une demande à la Cour suprême de Bangkok pour réfuter la décision de la Cour d'appel rejetant sa demande précédente. Le 3 Avril 2013, la Cour d'appel avait rejeté la demande de l'avocat de Somyot Prueksakasemsuk pour que celui-ci puisse bénéficier de son droit à la liberté sous caution. Somyot Prueksakasemsuk a été condamné, en vertu de la loi de lèse-majesté, à 10 ans de prison par le Tribunal de première instance, le 23 Janvier 2013, pour avoir publié deux articles faisant soi-disant des références négatives à la monarchie thaïlandaise.
Somyot Prueksakasemsuk est un défenseur des droits de l'homme spécialisé dans le domaine des droits des travailleurs et de la liberté syndicale en Thaïlande, et est rédacteur en chef de "Voice of Taksin".
Le 1er Avril 2013, l'avocat du défenseur des droits humains a présenté un recours contre le verdict du Tribunal de première instance. La demande de Somyot Prueksakasemsuk sur son droit à la liberté sous caution a été rejetée douze fois par le Tribunal de première instance et deux fois par la Cour d'appel. Dans ce document, l'avocat de Somyot Prueksakasemsuk a réitéré qu'il n'y avait aucune preuve comme quoi le défenseur des droits de l'Homme prendrait la fuite si la liberté sous caution lui était accordée car il avait continué de voyager à l'étranger ainsi qu’en Thaïlande après qu'un mandat d'arrêt ait été lancé contre lui en 2011.
L'avocat a également déclaré que, jusqu'à ce que la décision sur l'affaire soit jugée par la Cour suprême, le droit de Somyot Prueksakasemsuk à la liberté sous caution est garanti par la Constitution du Royaume de Thaïlande. Il a également souligné qu'il y avait des problèmes de santé en relation avec la détention du défenseur des droits humains car celui-ci souffre d'hypertension artérielle et de la goutte ainsi que de l'hépatite B.
Le défenseur des droits de l'Homme a été reconnu coupable d'avoir violé l'article 112 du Code pénal thaïlandais, communément appelée loi de lèse-majesté, qui criminalise la diffamation, l'insulte ou la menace contre la famille royale. Le procès a été suivi par environ 170 observateurs, dont des journalistes locaux et internationaux, des universitaires, des défenseurs et des organisations de défense des droits humains ainsi que des membres du corps diplomatique.
Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a indiqué, lors de sa soixante-quatrième session qui s'est tenue du 27 au 31 Août 2012, que la privation de liberté [du défenseur des droits humains], étant en contravention de l'article 19 de la Déclaration universelle des droits de l'homme et aussi de l'article 19 ( 2) du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) (que la Thaïlande a signé) était arbitraire, et il a appelé à sa libération.
Le Haut Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme, Navi Pillay, et l'Union Européenne ont exprimés leur grave préoccupation devant le résultat [du procès] et le Haut Commissariat des Nations Unies a aussi protesté contre le refus de libération sous caution sur une aussi longue période de temps. Le commissaire a communiqué son inquiétude au gouvernement thaïlandais le 15 Juin 2012 et Defenders Front Line a fait de même le 23 Janvier 2013 et le 14 mai 2012.
Front Line Defenders est préoccupée par le maintien en détention de Somyot Prueksakasemsuk qui est, selon l'organisation, uniquement motivée par ses activités légitimes et pacifiques pour les droits de l'Homme, de même que les irrégularités du procès mentionnés ci-dessus, y compris le rejet de la demande de libération sous caution quatorze fois de suite.

 

Somyot6bis

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14 mai 2013 2 14 /05 /mai /2013 15:55

Les organisations "Initiative Légale de Défense des Medias", "Fédération Internationale des Droits de l'Homme" et "Défense des Médias - Asie du Sud-est" ont exhortées la Cour suprême thaïlandaise à accorder la liberté provisoire à l'éditeur de magazine thaïlandais, Somyot Phruksakasemsuk.

Lien en anglais:

http://www.mediadefence.org/news-story/thai-magazine-editor-should-be-granted-bail

 

Les organisations "Initiative Légale de Défense des Medias", "Fédération Internationale des Droits de l'Homme" et "Défense des Médias - Asie du Sud-est" ont déposées, le 3 Mai 2013, un mémoire d'amicus curiae pour l'appel de l'éditeur de magazine Somyot Phruksakasemsuk, face au refus des tribunaux thaïlandais de le libérer sous caution en attendant son procès en appel.

Le 23 Janvier 2013, Somyot a été condamné à dix ans de prison pour deux infractions à la législation stricte de lèse-majesté en Thaïlande qui interdit toute critique de la monarchie. En tant que rédacteur du magasine "Voix de Taksin" ("La Voix des Opprimés"), il a autorisé la publication de deux articles satiriques qui ont été jugés "insultants" pour la monarchie. En Avril, il a déposé un recours contre la décision du tribunal de première instance et a également déposé sa 14eme demande de libération sous caution. La cour d'appel a rejeté la demande de libération sous caution de Somyot en raison de la "gravité de son crime", qui aurait "affecté la morale et les sentiments du peuple".

L'intervention de "Initiative Légale de Défense des Medias", "Fédération Internationale des Droits de l'Homme" et "Défense des Médias - Asie du Sud-est" soutient que les motifs pour lesquels le tribunal a refusé la liberté sous caution aux obligations de Somyot violent le droit international des droits humains que la Thaïlande a signé.

"Le maintien en détention de Somyot est illégitime car il résulte de l'exercice de son droit à la liberté d'expression", a déclaré le premier conseiller juridique de "Initiative Légale de Défense des Medias", Nani Jansen. "Nous espérons que la Cour suprême prendra les obligations de la Thaïlande au regard du droit international en considération lors de l'examen d'une nouvelle demande de libération sous caution, ainsi que pour le procès en appel.

 

Somyot6

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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 14:26

Cet article a été écrit en Décembre 2010, alors qu'Abhisit Vejjajiva était encore le Premier ministre nommé par les militaires.

Liens de l'article

http://archives-lepost.huffingtonpost.fr/article/2010/12/12/2337439_l-etat-d-urgence-et-le-colonialisme-interne-en-thailande.html

 

L'Etat d'urgence et le colonialisme interne en Thaïlande
Traduit d'un article de Robert Amsterdam, avocat international des Droits de l'Homme
Version originale en anglais sur le lien suivant:
http://robertamsterdam.com/thailand/?p=276

Au cours des derniers mois, le gouvernement thaïlandais dirigé par le premier ministre Abhisit Vejjajiva est devenu la cible de beaucoup de critiques internationales pour, entre autres, ses violations des droits de l'homme, son absence d'enquête [sur le massacre de mai 2010], ses violations de la liberté de la presse, et ses détentions arbitraires.
Toutefois, la question la plus importante est que l'Etat d'urgence semble permanent, ce qui suscite de graves inquiétudes et des questions sans réponse. Le 5 juillet dernier, l'influent groupe basé à Bruxelles, International Crisis Group, a publié un rapport qui recommandait comme priorité absolue que "la Thaïlande devrait lever le décret d'urgence imposé sur une grande partie du pays ou sinon elle risquait d'endommager encore plus sa démocratie, ce qui entraverait une réconciliation si nécessaire au pays, et sèmerait les germes d'un conflit meurtrier dans l'avenir." Les commentaires du diplomate américain William Burns J. sont en accord avec ce point. Ce dernier a déclaré que "la promulgation indéfinie de ce genre de décrets n'est pas une chose saine pour tout système démocratique."
Et pourtant, en dépit de certains discours apaisant du Premier ministre instruit en Grande Bretagne, pas un geste n'a été fait pour lever l'état d'urgence à Bangkok et dans les provinces critiques du Centre, du Nord et du Nord-Est, alors qu'aucune explication crédible n'a été fournie pour expliquer pourquoi il était nécessaire de maintenir, à ce stade, ces lois exceptionnelles draconiennes. Suthep Thaugsuban, qui dirige le Centre pour la Résolution de la Situation d'Urgence (CRES), a toujours été opposé à la levée du décret d'urgence, car ce dernier fournit un appareil répressif à l'Etat avec un large éventail de pouvoirs. Le décret d'urgence est toujours en vigueur dans 10 régions, et permet aux autorités d'interdire des médias, de geler des comptes bancaires et d'arrêter des citoyens sans avoir à fournir de prétextes. Il interdit aussi les rassemblements politiques de cinq personnes ou plus, bien que cette interdiction ne semble s'appliquer qu'à des rassemblements politiques qui ne servent pas le programme du gouvernement (NDT référence à la manifestation du PAD qui a bloqué l'avenue Sukumwit le 27 juillet dernier).
Les raisons de l'extension répétée des pouvoirs d'exception en Thaïlande sont basées à la fois par rapport à l'histoire de ces sortes de lois, et à l'opportunité politique car cela sert le gouvernement à court terme.
Un regard en arrière sur certaines des implémentations première de "l'état d'urgence" peut être observée avec les lois de l'Angleterre dans ses territoires coloniaux au 18ème siècle ou on remarque un lien dramatique entre l'utilisation de ces pouvoirs et la reconnaissance de la légitimité chancelante et sans capital social de l'occupation coloniale. Dans un livre sur le sujet intitulé "La jurisprudence d'urgence", Nasser Hussein a fait valoir que les lois d'urgence découlaient de la condition coloniale dans sa forme et son exécution d'un élément fondamental de survie et de pouvoir. Hussein met l'accent sur "les discours du droit moderne qui forment le conflit potentiel entre le pouvoir d'Etat et l'autorité juridique, entre ce que l'État perçoit, à certains moments, comme puissance nécessaire à la survie et ce que la loi met à sa disposition." En d'autres termes, il y a un problème de construction normative de la loi d'urgence, qui peut décider quand elle peut être utilisé et pendant combien de temps elle peut l'être, et la nature vague et arbitraire des Etats déclarant l'urgence nationale contre des intérêts étatiques et personnels.
L'argument Hussein est particulièrement pertinent pour la Thaïlande. En particulier, alors que la Thaïlande est fière d'avoir été le seul pays d'Asie du Sud-Est à n'avoir jamais été colonisé par les puissances occidentales, les écrivains thaïlandais ont souvent fait valoir que d'importantes sections du territoire national de la Thaïlande, qui n'avaient été annexées par le royaume de Siam qu'au cours des deux derniers siècles seulement, ont longtemps été administrés comme des domaines coloniaux. C'est particulièrement le cas dans le Nord du pays et dans les régions du Nord-Est.
En matière économique, des savants comme Chattip Narthsupha ont souligné qu'alors que le système de marché libre introduit au Siam avec le traité Bowring de 1855 avait créé une nouvelle classe capitaliste de marchands chinois, l'accroissement du commerce des produits agricoles n'avait pas été accompagné par des mesures permettant un véritable développement des zones dans lesquelles ces produits sont originaires. Tout comme ce que les puissances occidentales avaient fait dans leurs propres colonies, Chattip fait valoir que cette classe de nouveaux marchands ne s'était pas réellement engagée dans la production capitaliste, mais avait plutôt limité ses activités à l'extraction des richesses des provinces par la force, la trahison, et l'exploitation. De là est née l'alliance entre l'aristocratie de Thaïlande et la bourgeoisie montante qui pratiquait sa propre marque de "capitalisme parasitaire." Les deux avaient un intérêt commun dans la répression de la paysannerie, pour des raisons de pouvoir et d'argent. Les deux partageaient le même manque d'intérêt pour le développement rural.
En matière politique, des savants, comme Somchai Phatharathananunth, ont souligné que l'affirmation de la puissance de Bangkok sur les provinces ultrapériphériques du pays avait rencontré une résistance considérable. Dans le Nord, la résistance à la centralisation avait pris la forme de mouvements millénaristes, comme la révolte des Saints Hommes de 1902, lors de laquelle les agriculteurs avaient d'abord tenté d'entraver la perception des impôts par le gouvernement central. Les rébellions n'ont pas seulement été réprimées brutalement par les autorités siamoises, mais ont également entraîné l'accélération de la projection de l'hégémonie culturelle de l'État sur la périphérie - ce qui a impliqué, entre autres choses, la destruction du bouddhisme particulier à l'Issan, l'affaiblissement des identités locales par l'imposition de la langue de la Thaïlande centrale comme langue nationale, l'invention d'une nouvelle identité nationale avec une hiérarchie sociale correspondante, et un système éducatif moderne qui a servi comme vecteur de la conformité idéologique. À long terme, "la domination idéologique" a supplantée la répression physique comme méthode de contrôle social.
L'histoire du colonialisme interne de la Thaïlande a eu un héritage durable à la fois sur la vie économique et politique du pays. Dans le domaine économique, l'héritage du colonialisme interne est attestée par la persistance des disparités de développement entre les régions relativement prospères du Sud et Centrale d'un côté et celles, relativement pauvres, du Nord-Est de l'autre. Dans le domaine politique, cet héritage se reflète dans le statut continu de citoyen de seconde classe réservés pour les habitants du Nord-Est, ainsi que pour les millions d'entre eux qui ont migré à Bangkok au cours du siècle dernier.
Ce n'est pas un hasard si le soutien au Puea Thai et aux Chemises rouges est plus fort dans les circonscriptions et les régions qui ont le plus souffert du colonialisme interne de Bangkok. La politisation accrue et la mobilisation de ces groupes n'a pas seulement marqué le début d'une crise de légitimité avec des proportions sans précédent pour l'établissement basé à Bangkok. Comme chaque autorité coloniale respectable, le gouvernement d'Abhisit n'avait pas d'autre choix que de suspendre la loi pour tenter de compenser son manque de légitimité. L'espoir de ce dernier est que sa dictature pourra conserver, à court terme, ce que son idéologie ne peut plus défendre. À long terme, il appartiendra aux différents comités de "réconciliation" et de "réforme" mis en place par le gouvernement dans le sillage de la répression de colmater les failles critiques de l'idéologie officielle de Thaïlande pour que l'établissement puisse à nouveau profiter du luxe de mettre en place un gouvernement soi-disant constitutionnel.
Au cours des 15 dernières années, les populations de l'Issan et d'autres régions de Thaïlande ont connu une hausse de leurs revenus et ont exigé que leurs voix soient entendues. Abhisit et le Parti Démocrate, qui semblent préférer une simple rhétorique de la démocratie plutôt qu'une pratique effective de celle-ci, ont toujours niés avoir supprimé ces appels à la représentation de ceux qu'ils ont choisis d'exclure du processus politique. Si ce n'est pas du colonialisme, qu'est ce que c'est alors?
L'état d'urgence imposé par le gouvernement thaï est parfaitement abusif et illégal, et devrait être reconnu par toutes les parties comme étant un élément perturbateur et venimeux par rapport à un véritable processus de réconciliation. En outre, les extensions de ces lois exceptionnelles soulignent la crainte et la réticence d'Abhisit, de Suthep, et de leurs amis de faire face à l'urne.
Il est temps de mettre en place des élections et de donner à la démocratie un essai car la dictature ne fonctionne pas.

 

Photo ci-dessous: Jit Phumisak, le premier thaïlandais a avoir dénoncé la société thaïlandaise comme étant "féodale et colonisée"

Chit 

 

Lien: http://liberez-somyot.over-blog.com/article-jit-phumisak-un-revolutionnaire-thailandais-110940550.html

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 14:32

Dans une lettre datée du 9 Avril 2013, le prisonnier politique Somyot Prueksakasemsuk appelle le Premier ministre Yingluck Shinawatra à concentrer l'énergie de son gouvernement pour libérer les prisonniers politiques de Thaïlande. Son appel à l'amnistie, entre autres, a gagné du terrain dans le Parti Phua Thai qui a décidé de mettre l'amnistie au sommet de l'agenda législatif. Alors que le mouvement est encourageant, le processus parlementaire est susceptible de conduire à une longue bataille avec les membres du Parti Démocrate qui s'opposent à l'amnistie des prisonniers politiques, en particulier pour ceux condamnés pour lèse-majesté (112) comme Somyot.
Par conséquent, Somyot souligne l'importance de garantir le droit à la liberté sous caution pour les prisonniers politiques en attente de jugement ou en processus d'appel. S'étant vu refuser la liberté sous caution 14 fois déjà, Somyot n'est que trop familier avec le traitement inconstitutionnel des prisonniers politiques pour lèse-majesté.

Ci-dessous la lettre de Somyot:

Au Premier ministre Yingluck Shinawatra


Les Thaïlandais devraient être heureux que le gouvernement du Parti Phua Thai ait tenu ses promesses de campagne, notamment les prix fixes du riz et l'augmentation du salaire minimum à 300 bahts par jour dans chaque province. Ces changements ont améliorés la vie des gens. Le projet le plus excitant, c'est la construction du chemin de fer à double voie et le train à grande vitesse qui roulera dans tout le pays. Ces infrastructures ne peuvent que remodeler et accroître la compétitivité de notre économie à travers la promotion de la technologie des transports.
Mais nous ne devons pas oublier que l'appréciation pour le gouvernement élu actuel est venue avec le prix du sang et de la liberté. Il est regrettable que les prisonniers politiques soient incarcérés comme des animaux. Cette circonstance malheureuse nous empêche de nous féliciter de la réussite de ce gouvernement et de la vraie démocratie pour laquelle nous avons lutté.
La réalité est toujours douloureuse. Les organisateurs du Coup d'Etat qui a déchiré la constitution et détruit la démocratie en Thaïlande, un crime punissable de mort, ont été amnistiés et sont libres, mais, en raison d'un complot judiciaire qui est devenu un processus de double standard, les citoyens ordinaires dont le seul crime a été de se lever contre la loi martiale et un gouvernement nommé par les militaires sont enfermés sans droits à la liberté sous caution.
Accorder une amnistie amènerait la justice pour les prisonniers politiques. Nous méritions cela parce que nous nous battons pour la démocratie, la paix et la prospérité du pays et que nous faisons partie du processus de réconciliation dans le futur.
Par conséquent, nous exhortons le gouvernement à libérer tous les prisonniers politiques par la législation d'amnistie dans tous les cas où le détenu a été puni à cause de sa lutte pour la démocratie ou à la suite de conflits politiques et de rassemblements politiques. Nous demandons aussi au gouvernement d'écouter les propositions faites par M. Jaturon Chaisnag et M. Kanin Boonsuwan qui suggèrent que le gouvernement, premièrement, accorde l'amnistie à tous les prisonniers politiques, deuxièmement, passe le projet de loi qui a été rédigée par le NRLC et M. Worachai Hema et troisièmement, rédige un amendement constitutionnel sur la loi d'amnistie.
Pendant le processus de la législation d'amnistie, nous demandons aussi instamment au gouvernement de prendre des mesures sérieuses pour assurer la liberté sous caution de tous les prisonniers politiques dont l'affaire est portée en appel ou à la Cour suprême pour enquête, ce qui est leur droit fondamental en vertu des articles 39 à 40 de la Constitution de 2550 (2007).
Cordialement,
Somyot Prueksakasemsuk

Le 9 Avril 2013

Source:
http://thairedshirts.org/2013/05/07/somyot-calls-on-prime-minister-yingluck-for-amnesty-bail-rights/

 

FREEPP9Fr

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 16:48

Lien de l'article en anglais:

http://www.thejakartaglobe.com/archive/the-cambodian-view-of-preah-vihear/423476/

Quand j'étais éditeur et rédacteur en chef du Phnom Penh Post, j'ai été poursuivi une fois par Hun Sen, alors second premier ministre, qui m'a accusé de propager de la désinformation et d'essayer de créer une instabilité politique. Au fil des ans, plusieurs responsables du gouvernement cambodgien ont souvent accusé mon journal et moi-même de tenter de "détruire la nation".

Au moins, je n'ai jamais été considéré comme un supporter du gouvernement cambodgien. Mais sur la question du différend frontalier actuel entre le Cambodge et la Thaïlande qui concerne le temple Preah Vihear, je suis autant en colère que tous les Cambodgiens sur ce que nous percevons comme un conflit extrêmement injuste à l'initiative de la Thaïlande.

Nous ne sommes pas les seuls. Depuis que cette question a éclaté il y a deux ans, je n'ai pas rencontré un seul diplomate asiatique ou occidental ni un travailleur humanitaire étranger ou un expatrié d'affaires à Phnom Penh qui soit en désaccord. Même quelques amis thaïlandais ont timidement exprimé leur soutien à la partie cambodgienne sur cette prise de bec.

La question lancinante qui embarrasse tout le monde est: Pourquoi la Thaïlande cherche à exporter ses problèmes de politique intérieure et les rejeter sur le pauvre Cambodge? Le sentiment est que si les chemises rouges et les chemises jaunes veulent se battre, qu'ils le fassent quelque part en Thaïlande, mais qu'ils n'utilisent pas le Cambodge comme bouc émissaire.

Le point de vue du Cambodge, est simple: la question de la souveraineté sur le temple a été décidée en 1962, lorsque l'affaire a été soumise à la Cour Internationale de Justice de La Haye.

Si la Thaïlande ne veut pas se conformer à la décision du tribunal alors pourquoi a-t-elle été d'accord pour soumettre l'affaire à celui-ci en premier lieu? Et pourquoi tirent-ils des obus d'artillerie sur le temple cinquante ans après que ce verdict ait été rendu?

En outre, lorsque la Thaïlande affirme: Nous avons contrôlé le temple dans les années 1800 et même avant, les Khmers ont une réponse simple: Oui, mais nous, NOUS L'AVONS BÂTIS! Nous avons commencé la construction du Preah Vihear au début du 9ème siècle, puis nous l'avons modifié et amélioré pendant 250 ans et nous avons ensuite continué à prier et à célébrer nos divinités pendant trois autre siècles jusqu'à ce que vous, les Thaïs, nous l'ayez volé après avoir saccagé et pillé notre capitale Angkor à trois reprises entre 1352 et 1431. Nous vous remercions beaucoup. Fin de l'histoire.

Le Cambodge n'a aucun intérêt à vivre un conflit prolongé violent avec personne. Le Royaume en est encore à essayer de se remettre de 30 années de guerre civile, de la folie de Pol Pot et du conflit de guérilla qui a suivi dans les années 80 et 90 et qui ont coûtés la vie à plus de 2,5 millions de Cambodgiens et laissé le pays en ruines. Chaque dollar dépensé pour le conflit militaire est un dollar de perdu pour la construction de routes, d'écoles et d'hôpitaux dont la Cambodge a désespérément besoin.

L'accusation thaïlandaise comme quoi le Cambodge avait un complot secret pour voler de la terre le long de la frontière avec la Thaïlande est également considéré comme ridicule.

Tout le monde sait que, depuis 1970, le Cambodge a été trop occupé par ses luttes internes pour penser à s'emparer d'un seul mètre de terre de l'un de ses voisins. En fait, les responsables de l'aide étrangère qui ont travaillé sur la frontière thaïlandaise dans les années 80 admettront volontiers que le fluage des frontières a travaillé dans le sens inverse. C'était des fermiers thaïlandais qui vivaient en paix - et je n'en accuse pas le gouvernement thaïlandais - qui ont eu la possibilité de planter quelques hectares supplémentaires dans des zones frontalières contestées tandis que l'intérieur du Cambodge était en plein désarroi.

S'il y a une chose qui est claire, c'est que toute la frontière doit être systématiquement vérifiée et délimitée, étape par étape, une fois pour toutes.

En ce qui concerne les 4,5 kilomètres carrés litigieux, juste au nord du temple, pourquoi ne pas considérer ceci: En faire une région conjointe du Cambodge et de Thaïlande, la transformer en un Park International d'amitié et la configurer comme une entreprise gérée par les ministères du tourisme des deux pays. Invitez des colporteurs, des entrepreneurs, que ce soit des deux côtés de la frontière, à la création d'entreprises pour répondre aux millions de touristes qui veulent visiter le site dans les prochaines décennies et au-delà. Les recettes fiscales pourraient être partagées par les deux nations également. Tout le monde gagne.

Cela pourrait également être un modèle pour d'autres différends frontaliers dans le monde entier.

Si les Thaïlandais veulent être responsable d'une lutte sanglante de longue durée pour le temple, ils en ont une sur leurs mains. Au cours des 20 années que j'ai passé au Cambodge, la question du Preah Vihear est sans aucun doute la seule que j'ai vu qui unifie la nation tout entière. Les chaînes de télévision cambodgiennes ont levées des fonds pour la cause et des dons petits et grands affluent de toutes parts depuis deux ans. Même le turbulent Parti Sam Rainsy et d'autres partis d'opposition sont entièrement d'accord avec le gouvernement cambodgien sur cette question.

À la suite d'une visite au temple la semaine dernière il est clair pour moi que l'armée cambodgienne a creusé dans le long terme. De nouveaux chars lourds, des véhicules blindés et des munitions "donnés par des pays amis" sont évidents partout autour du temple. De tout le Cambodge, des anciens combattants avec des cicatrices venus de dures batailles des quatre factions précédemment en guerre, y compris les ex-Khmers rouges qui contrôlaient le temple de 1975 à 1998, sont maintenant tous unis sous un même drapeau pour une même cause.

Et oui, bien sûr il y a des soldats cambodgiens avec des armes dans des bunkers autour du temple. S'ils n'étaient pas là, l'armée thaïlandaise pourrait littéralement marcher et prendre le contrôle de celui-ci en cinq minutes. Le gouvernement de Phnom Penh pourrait-il permettre cela?

Si ce différend devenait vraiment chaud, les relations entre le Cambodge et la Thaïlande seraient ruinée pendant des années, des centaines de gens mourraient inutilement des deux côtés et les coûts économiques pour les deux pays seraient astronomiques.

La raison devrait l'emporter, mais sachez que les Cambodgiens n'abandonneront jamais le contrôle du temple de Preah Vihear, quel qu'en soit le prix,

Pourquoi le devraient-ils? Il leur appartient.

Michael Hayes

Voir aussi le point de vue de l'exilé politique thaïlandais Giles Ji Ungpakorn:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-les-marionnettes-dansent-sur-l-air-de-l-armee-117260040.html

 

Photo ci-dessous: le temple de Preah Vihear

Preah Vihear

 

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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 16:58

Le 2 Mai 2013, la Cour d'appel de la province d'Ubon Ratchathani a jugé le cas des Chemises rouges accusés d'avoir mis le feu à la mairie d’Ubon en mai 2010.

Selon les juges, les accusés auraient perturbé la sécurité de l'Etat et commis des actes de terrorisme et de destruction de biens lors de l'incendie de la mairie le 19 mai 2010.

Mlle Pattama Moolmil, Mr. Teerwat Sujsuwann, Mr. Sanong Ketsuwan, Mr. Somsak Prasarnsub ont été condamnés à la prison à vie, peine finalement réduite à 33 ans de prison.

Les 4 accusés n'étaient pas présents lors de la décision du tribunal parce qu'ils étaient détenus à la maison d'arrêt de Bangkok. Les autres accusés, libérés sous caution, étaient présents. Ils ont dit qu'ils feraient appel de leur cas devant la Cour suprême.

Source:

http://www.khaosod.co.th/en/view_newsonline.php?newsid=TVRNMk56VXhOVFk0Tmc9PQ%3D%3D&sectionid

Un précédent article sur les prisonniers politiques d’Ubon:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-quatre-chemises-rouges-d-ubon-qui-croupissent-encore-en-prison-poursuivent-leur-lutte-a-travers-de-114021223.html

 

Photo ci-dessous: Sanong Ketsuwan, un des accusés d'Ubon, qui purge actuellement une peine de 33 ans de prison

 

Sanong

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 08:30

A l'occasion de la Journée des Travailleurs, le 1er Mai 2013, le Parti Socialiste de Malaisie a envoyé un message de solidarité aux prisonniers politiques de Thaïlande

Lien du message en anglais:

http://partisosialis.org/en/node/2544

 

Libérez Somyot ainsi que tous les prisonniers politiques et abolissez la Loi de Lèse-majesté en Thaïlande
1er mai 2013
Aujourd'hui, alors que nous nous réunissons pour commémorer la Journée des Travailleurs rappelons-nous les luttes de nos frères et sœurs afin d'améliorer notre travail et notre existence.
Tous nos droits en tant que travailleurs ont été remportés par de longues et dures batailles. Actuellement dans le monde entier, les militants ouvriers font face non seulement aux défis des patrons et des propriétaires, mais aussi à ceux des gouvernements qui utilisent des lois injustes ou militaires pour nous empêcher de nous organiser. Beaucoup de nos frères et sœurs sont en prison à cause de cette répression.
Dans de nombreux pays en Asie, nous continuons à voir des attaques contre les droits démocratiques du travail. Par exemple, la Thaïlande a subi 26 coups d'Etat militaire lors de son histoire moderne. La situation des défenseurs des droits humains et du travail en Thaïlande est devenue très difficile. Depuis le coup d'Etat de 2006, l'utilisation généralisée de la loi répressive de lèse-majesté (article 112 du Code pénal thaïlandais) a conduit à l'emprisonnement de centaines de militants et de citoyens, thaïlandais et étrangers.
Le 23 janvier 2013, le journaliste et militant pour les droits du travail, Somyot Prueksakasemsuk, a été condamné à 10 ans de prison (ainsi qu'à 1 année supplémentaire avec sursis) pour avoir prétendument diffamé la famille royale thaïlandaise.
Le cas de Somyot a attiré l'attention internationale sur la situation en Thaïlande.
Il est devenu évident pour tous que l'article 112 est utilisé par l'élite dirigeante et le gouvernement thaïlandais pour étouffer la dissidence et réprimer les militants et les organisations progressistes. L'article 112 empêche les gens de faire valoir leurs droits civils et politiques en rendant illégales les opinions hostiles au régime et au pouvoir.
Dans un tel climat de peur et de répression, s'organiser sur les lieux de travail et mener des campagnes devient très difficile pour les travailleurs et les syndicats.
Nous appelons les syndicats et les organisations progressistes du monde entier à continuer de défendre et à soutenir nos frères et sœurs en Thaïlande.
Par conséquent, à l'occasion du Premier Mai 2013, la journée internationale des travailleurs, nous voulons déclarer notre solidarité à tous les militants emprisonnés, torturés et qui souffrent en Thaïlande et dans le monde entier:
Nous condamnons l'usage par la Thaïlande de l'article 112 (la loi de lèse-majesté) contre ses opposants et considérons son utilisation comme une atteinte aux droits humains fondamentaux.
Nous appelons le gouvernement thaïlandais à abandonner les charges contre Somyot Prueksakasemsuk, et à libérer tous les autres prisonniers politiques détenus en vertu de l'article 112. Nous demandons également la suppression de l'article 112.
Signé par le Parti Socialiste de Malaisie (Parti Sosialis Malaysia PSM)

 

Somyot Malaisie 2

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 11:25

Environ un millier de manifestants ont défilé à Bangkok en Thaïlande à l'occasion de la Fête du Travail. La manifestation, organisée par plusieurs mouvements dont Labour Workers in Thailand, Turn Left, 24 Juin pour la Démocratie, a commencé à 8 heures du matin devant la statue du roi Rama V et s'est terminé au Monument de la Démocratie en milieu d'après-midi. La principale revendication était la libération de Somyot Prueksakasemsuk détenu depuis deux ans ainsi que celle de tous les prisonniers politiques.

Ci-dessous, quelques photos de la manifestation:

 

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 13:12

Le 24 Avril, la Cour pénale de Thaïlande a tenu une nouvelle audience dans l'enquête sur la mort de Amphon Tangnoppakul, un détenu pour lèse-majesté qui est décédé en prison en mai dernier.
L'enquête a débuté en Février de cette année, avec quatre témoins, dont l'épouse de Amphon, Rosmalin ainsi qu'un enquêteur, un médecin de la prison et un responsable de la prison.
Thantawut Taweewarodomkul est lui-aussi emprisonné pour crime de lèse-majesté et il a pris soin de Amphon alors qu'ils étaient en prison ensemble. C'est aussi l'une des dernières personnes à l'avoir vu vivant.
Selon le témoignage de Thantawut, Amphon a été emprisonné dans la zone 8, une zone de haute sécurité où les prisonniers condamnés pour des crimes graves sont incarcérés, certains atteints de maladies contagieuses telles que la tuberculose ou le sida.
Depuis sa première journée en prison, Amphon avait été affecté à produire 5 kg de gobelets en papier (soit environ 2500 par jour). En raison de sa santé fragile, il n'a jamais atteint le but quotidien de 2500 gobelets, mais il a été aidé par d'autres prisonniers sympathiques, a déclaré Thantawut.
Dans la zone 8, Thantawut explique qu’il y avait 32 cellules, chacune mesurant 3 x 5 mètres et pouvant accueillir environ 20-24 prisonniers, voire jusqu'à 35 lors des inondations en 2011. Les repas sont servis trois fois par jour, avec de la nourriture spéciale seulement pour des raisons religieuses, pas pour toute autre raison, comme une nourriture appropriée pour les malades ou les vieux.
La maison d'arrêt de Bangkok a un seul centre médical pour plus de 5000 prisonniers. Les médecins viennent les mardis et jeudis, et les infirmières et infirmiers sont régulièrement disponibles. Chaque jour, 20 prisonniers sont autorisés à se rendre à l'établissement médical, et chaque détenu est autorisé à y aller une fois par semaine. Thantawut y a été et a constaté que les médecins n'ont pas examinés de près son état. Demander un transfert à l'hôpital des services correctionnels en dehors de la prison est très difficile, sauf dans des cas très graves. En cas d'urgence pendant la nuit, les prisonniers appellent les gardes en appuyant sur un tube de bambou.
Amphon avait dit à Thantawut que quand il était allé au centre médical pour la première fois, les médecins n'avaient pas diagnostiqué sa maladie, mais lui avaient donné des analgésiques pour sa douleur à l'estomac. C'est seulement quand il a crié la deuxième fois que les médecins l'ont examiné, mais en faisant quelques remarques méprisantes au sujet de ses prétendues infractions à la monarchie.
Ensuite Amphon a souffert de douleurs au ventre qui était dur et gonflé. Il ne pouvait pas déféquer normalement, ne pouvait pas manger et ne pouvait pas marcher. Il a été envoyé à l'hôpital des services correctionnels, le 4 mai 2012 et est décédé quatre jours plus tard.
Le 8 mai prochain, le tribunal entendra des témoignages des médecins impliqués dans l'autopsie de Amphon.

Source Prachatai:

http://prachatai.com/english/node/3578

 

Photos ci-dessous: 1 Amphon Tangnoppakul et sa famille, 2 Thantawut Taweewarodomkul

 

Akong

 

tanthawut

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 18:42

Liens en anglais:

 

http://robertamsterdam.com/thailand/2013/04/29/thai-pm-yingluck-aims-to-strengthen-thai-democracy/

 

http://thaiintelligentnews.wordpress.com/2013/04/29/democracy-5-yingluck-statement-at-7th-conference-of-the-community-of-democracies-29-april-2013/

 

Discours de Yingluck Shinawatra:

Déclaration de Son Excellence Mme Yingluck Shinawatra, Premier Ministre du Royaume de Thaïlande à la 7ème Conférence ministérielle de la Communauté des démocraties

Oulan-Bator, Mongolie, le 29 Avril 2013.

Monsieur le Président, Vos Excellences, les délégués à la Conférence, Mesdames et Messieurs,
Je voudrais tout d'abord exprimer ma gratitude à Son Excellence le Président de la Mongolie pour m'avoir invité à prendre la parole lors de cette conférence de la Communauté des Démocraties.
J'ai accepté cette invitation, non seulement parce que je voulais visiter un pays qui a fait de nombreuses réalisations en matière de démocratie, d'échange d’idées et de points de vue sur la démocratie mais aussi parce que la démocratie est si importante pour moi, et surtout pour les gens de Thaïlande, ma maison bien-aimée.
La démocratie n'est pas un concept nouveau. Au fil des années, elle a apporté des progrès et de l'espoir à beaucoup de gens. Dans le même temps, beaucoup de gens ont sacrifié leur sang et leur vie pour protéger et construire une démocratie.
Un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ne vient pas sans un prix. Des gens ont combattus pour les droits, les libertés et la conviction que tous les hommes et les femmes sont créés égaux et, malheureusement, beaucoup sont morts pour cela.
Pourquoi? C'est parce qu'il y a des gens dans ce monde qui ne croient pas en la démocratie. Ils sont prêts à s'emparer du pouvoir et des richesses grâce à la suppression des libertés. Cela signifie qu'ils sont prêts à tirer profit d'autres personnes sans le respect des droits et des libertés. Ils utilisent la force pour obtenir la soumission et abuser du pouvoir. C'est ce qui s'est passé auparavant et qui continue de représenter un défis pour nous tous dans le présent.
Dans de nombreux pays, la démocratie a pris racine fermement. Et il est certainement rafraîchissant de voir une nouvelle vague de démocratie naitre dans les temps modernes, à partir du printemps arabe et de la réussite de la transition au Myanmar grâce aux efforts du président Thein Sein, ainsi qu'aux changements dans mon propre pays, où le pouvoir du peuple en Thaïlande m'a amené ici aujourd'hui.
Au niveau régional, les principes fondamentaux de la Charte de l'ASEAN sont l'engagement de l'État de droit, de la démocratie et d'un gouvernement constitutionnel. Cependant, il faut toujours se méfier car les forces anti-démocratiques ne s'estompent jamais. Permettez-moi de partager mon histoire.
En 1997, la Thaïlande a eu une nouvelle constitution qui a été créé grâce à la participation de la population. Pour cette raison, nous avons tous pensé qu'une nouvelle ère de démocratie était enfin arrivé, une ère sans cycles de coups d'État.
Ce n'était malheureusement pas le cas. Un gouvernement élu, qui a remporté deux élections avec une majorité a été renversé en 2006. La Thaïlande a perdu sa démocratie et le peuple a passé presque une décennie pour retrouver sa liberté démocratique.
Beaucoup d'entre vous savent que le gouvernement dont je parle est celui de mon frère, Thaksin Shinawatra, un Premier ministre légitimement élu.
Beaucoup de ceux qui ne me connaissent pas me demandent pourquoi je me plain? Il s'agirait d'un processus normal où les gouvernements vont et viennent. Et si ce n'était que ma famille et moi qui étions les seuls à souffrir, je laisserais tomber.
Mais ce n'était pas le cas. La Thaïlande a subi un revers et a perdu sa crédibilité internationale. La primauté du droit dans ce pays a été détruite. Les projets et programmes lancés par le gouvernement de mon frère qui venaient de la volonté du peuple ont été détruits. Les gens estimaient que leurs droits et leurs libertés leur ont été indûment retirés.
Thaï signifie libre, et le peuple de la Thaïlande a riposté pour obtenir sa liberté. En mai 2010, une vague de répression contre les manifestants, le mouvement des chemises rouges, a conduit à 91 décès dans le coeur du quartier commercial de Bangkok.
Beaucoup de gens innocents ont été tués par des tireurs embusqués, et le mouvement a été écrasé, ses leaders ont été emprisonnés ou ont dû fuir à l'étranger. Encore aujourd'hui, de nombreuses victimes politiques sont toujours en prison.
Cependant, le peuple a fait pression et finalement le gouvernement d'alors a du appeler à une élection, qui selon lui, pourrait être manipulée. En fin de compte, la volonté du peuple n'a pas pu être niée. J'ai été élu avec une majorité absolue.
Mais l'histoire n'est pas finie. Il est clair que des éléments du régime anti-démocratique existent encore. La nouvelle constitution, élaborée par les putschistes, a mis en place des mécanismes pour restreindre la démocratie.
Un bon exemple de ceci est que la moitié du Sénat thaïlandais est élu, mais l'autre moitié est nommée par un petit groupe de personnes. En outre, les organismes dits indépendants ont abusé du pouvoir qui devrait appartenir au peuple, pour le bénéfice de quelques-uns plutôt qu'à la société thaïlandaise dans son ensemble.
C'est le défi de la démocratie thaïlandaise. Je voudrais voir la réconciliation et la démocratie gagner contre la force. Cela ne peut être atteint qu'à travers le renforcement de la primauté du droit et des procédures. C'est alors seulement que toutes les personnes de tous les horizons de la vie pourront se sentir confiants par le fait qu'ils seront traités équitablement. J'ai annoncé cela au Parlement comme faisant partie de la politique du gouvernement avant d’assumer pleinement mes fonctions de Premier ministre.
En outre, la démocratie devra également promouvoir la stabilité politique, en fournissant un environnement pour les investissements, la création d'emplois et de revenus. Et le plus important, je crois que la liberté politique porte sur les disparités sociales à long terme, il faut ouvrir des débouchés économiques qui permettraient de réduire l'écart de revenu entre les riches et les pauvres.
C'est pourquoi il est si important de renforcer la base. Nous pouvons y parvenir grâce à des réformes de l'éducation. L'éducation crée des opportunités grâce à la connaissance et à la culture démocratique fondée sur les modes de vie des gens.
C'est alors seulement que les gens auront les connaissances nécessaires pour être en mesure de faire des choix éclairés et défendre leurs convictions contre ceux qui souhaitent supprimer leurs droits. C'est pourquoi la Thaïlande appuie la résolution opportune mongole de l'UNGA sur l'éducation pour la démocratie.
Il est également important de combler les lacunes entre les riches et les pauvres. Tout le monde devrait avoir des possibilités et personne ne devrait être laissé pour compte. Cela permettrait aux gens de devenir des acteurs actifs dans la construction de l'économie et de la démocratie dans le pays.
C'est pourquoi mon gouvernement a lancé des politiques visant à offrir aux gens des occasions de gagner leur vie et contribuer au développement de notre société. Il s'agit notamment de la création du Fonds de développement pour les femmes, au soutien des produits et des PME locales ainsi que l'aide à l'augmentation des revenus pour les agriculteurs.
Et je crois que vous avez besoin d'un leadership efficace et innovant. Efficace dans la mise en œuvre de la règle du droit. Novateur dans la recherche de solutions pacifiques créatives pour résoudre les problèmes du peuple.
Vous avez besoin de leadership non seulement de la part des gouvernements, mais aussi de la part de l'opposition et de toutes les parties prenantes. Tout le monde doit respecter la règle du droit et contribuer à la démocratie.
Et aussi messieurs mesdames,
Une autre leçon importante que nous avons appris, c'est l'importance des amis internationaux. La pression exercée par les pays qui valorisent la démocratie a permis aux forces démocratiques en Thaïlande de rester en vie. Les sanctions et la non-reconnaissance sont des mécanismes essentiels pour mettre fin à des régimes anti-démocratiques.
Un forum international comme la Communauté des Démocraties, visant à promouvoir et protéger la démocratie par le dialogue et la coopération, aide à soutenir la démocratie. Plus important encore, si un pays a pris un mauvais tournant contre les principes de la démocratie, nous sommes tous ici près à nous unir afin de faire pression pour le changement et le retour à la liberté des gens.
Je soutiendrai toujours la Communauté des Démocraties et les travaux du Conseil d'administration. Je salue également l'initiative du président pour le partenariat asiatique de soutient à la démocratie et vais étudier les moyens d'étendre notre coopération avec lui.
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais terminer mon discours en déclarant que, j'espère que les souffrances de ma famille, des familles des victimes politiques, et des familles des 91 personnes qui ont perdu la vie en défendant la démocratie au cours de l'effusion de sang de mai 2010, seront les dernières que nous auront à endurer.
Nous continuons à soutenir la démocratie afin que les droits et les libertés de tous les êtres humains soient protégés pour les générations à venir!
Je vous remercie.

 

Photo ci-dessous: Couverture du magasine "Red Power" Super Yingluck

 

Red Power

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