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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 14:14

L'emprisonnement de Korkaew Pikulthong est un inversement de la démocratie thaïlandaise

Un article de Robert Amsterdam

Lien de l'article en anglais:

http://robertamsterdam.com/thailand/2013/04/27/reversing-thai-democracy-the-imprisonment-of-korkaew-pikulthong/


Ça a été une semaine terrible pour la démocratie thaïlandaise avec le système judiciaire du royaume ajoutant un prisonnier politique de plus à ses prisons, le député démocratiquement élu du Parti Pua Thai et dirigeant chemise rouge, Korkaew Pikulthong.
Cette fois, l'acte d'emprisonnement n'a même pas eu droit au prétexte d'une condamnation pénale et personne n'a été reconnu coupable d'une infraction. L'emprisonnement de Korkaew est venu au moment ou sa liberté sous caution (pour des accusations liées à ce que beaucoup considèrent comme des raisons totalement politisées) a été annulée par la Cour pénale après qu'il ait osé exprimer publiquement une opinion sur la tristement célèbre Cour constitutionnelle de Thaïlande.
Les accusations initiales contre Korkaew venaient de la décision politique prise par le régime illégitime d'Abhisit d'utiliser des menaces juridiques pour intimider la direction du mouvement des Chemises rouges pro-démocratie. En 2010, après qu'une centaine de Chemises rouges aient été massacrées dans les rues de Bangkok, le Parti Démocrate du gouvernement d'Abhisit lançait de fausses accusations de terrorisme contre Korkaew et 23 autres dirigeants des chemises rouges. Bien sûr, seul Abhisit a pu utiliser une telle interprétation abjecte de la primauté du droit pour créer des allégations de terrorisme contre une manifestation pro-démocratie tout à fait légitime et largement pacifique. Pourtant, l'objectif à long terme de ces inculpations n'était pas nécessairement d'obtenir des condamnations. Au contraire, il s'agissait de créer un climat d'intimidation dans lequel les dirigeants des Chemises rouges pourraient être renvoyés en prison à tout moment jugé nécessaire.
En outre, il est désormais clair que l'emprisonnement de Korkaew et l'annulation de sa liberté sous caution sont destinés à nous faire réfléchir sur deux autres questions.

Premièrement, il s'agit de faire taire toute critique de la Cour constitutionnelle ainsi que de mettre fin aux tentatives [de Korkaew] pour mettre en place des changements parfaitement légaux de la Constitution thaïlandaise tel que proposé par le peuple thaïlandais et de ses représentants démocratiquement élus.

Deuxièmement, l'emprisonnement de Korkaew est un autre signal que le non élu "Etat profond" de Thaïlande est disposé et en mesure d'utiliser le système judiciaire pour réduire le processus démocratique.
Pour mieux comprendre la nature politisée de la révocation de la liberté sous caution de Korkaew, il faut la comparer au traitement par la cour du cas du député du Parti Démocrate Kanchit Tabsuwan. Kanchit a été inculpé dans le cadre d'un assassinat brutal après qu'un homme ait été filmé par CCTV dans une station service, tirant plusieurs balles dans la tête de sa victime, le tuant instantanément. Les policiers ne cherchent personne d'autre en ce qui concerne cette affaire [car ils ont toutes les preuves nécessaires] et il n'a pas été question que Kanchit voit sa liberté sous caution refusée. Il n'est donc pas déraisonnable de s'interroger sur le fait que des protestations légitimes soient considérées comme étant du "terrorisme" et qu'un assassinat soit considéré comme un moindre mal, un délit pouvant bénéficier de la libération sous caution.

Bien sûr, le fait que Kanchit soit un député du Parti Démocrate explique qu'il n'est donc pas soumis à la même règle de droit qui a toujours été impitoyablement invoquée contre quiconque ose être un Chemise rouge.
Ceux qui analysent la situation politique actuelle en Thaïlande ne devraient avoir aucune illusion sur le fait que le lien entre les actes tels que l'emprisonnement de Korkaew et l'utilisation de la fameuse loi 112 sur la lèse-majesté soient explicite. Les décisions de la démocratie affectant les droits constitutionnels fondamentaux doivent être entièrement ouvertes à l'examen, à la discussion et à l'objection. Les décisions de la Cour constitutionnelle et leur validité doivent devenir partie intégrante du discours public pour que la démocratie thaïlandaise puisse prospérer. L'emprisonnement de Korkaew est clairement une violation de la liberté d'expression et du droit. Il doit être immédiatement remis en liberté sans condition et l'intimidation menée par la Cour constitutionnelle contre ses détracteurs doit prendre fin.

 

Photo ci-dessous: le député Korkaew Pikulthong lors de son arrestation

 

Korkeaw

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 03:03

Bonjour à tous

S'il vous plaît veuillez utiliser ce poster:

 

free-them.jpg

 

S'il vous plaît téléchargez ce poster sur votre page Facebook, sur le blog de votre organisation ainsi que toute déclaration de solidarité que vous lirez pendant le 1er Mai et aussi des photos du rassemblement.

S'il vous plaît utilisez l'affiche des liens ci-dessous pendant la manifestation afin que les visages des prisonniers politiques soient visibles:

https://www.facebook.com/pages/Free-Somyot/122999694453000?fref=ts

https://www.facebook.com/pages/International-Solidarity-for-Thailand/120794617952386?fref=tsdésolé

Si vous souhaitez imprimer l'affiche, téléchargez-la directement à partir des liens ci-dessous:

Forma A3
http://www.mediafire.com/view/?pq3eihvkede16hd

Forma A4
http://www.mediafire.com/view/?3iiprxod54vuaft

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 04:43

Un article du journal en ligne "Political Prisoners of Thailand"

Lien de l'article:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2013/04/23/amnesty-for-lese-majeste-prisoners/

 

Une des questions souvent posées au sujet de projets de loi d'amnistie est de savoir s'ils comprennent ceux qui sont accusés ou reconnus coupables en vertu de la loi draconienne de lèse-majesté.
Un article du journal "The Nation" indique aux lecteurs que:
Le député du Parti Pheu Thai, Vorachai Haema, a dévoilé son propre projet de loi d'amnistie .... Elle diffère de la loi d'amnistie en vigueur par sa proposition comme quoi les personnes reconnues coupables de lèse-majesté entre le 19 septembre 2006 et mai 2010 seraient amnistiées de meme que les manifestants chemises rouges emprisonnés pour les incendies d'Hôtels de Ville dans plusieurs provinces.
Une partie de ces derniers ont été condamné à 20 ans de prison mais, peut-être miraculeusement, ont pu bénéficier de la liberté sous caution.
Il est signalé que le projet de loi proposé par Vorachai aurait un impact sur plusieurs affaires, notamment celle du cas très médiatisé de Somyot Prueksakasemsuk, condamné à 10 ans de prison ainsi que celle de Surachai Danwattanusorn, du groupe Red Siam, condamné à 12 ans et six mois d'emprisonnement.
Cela permettrait également de libérer l'indomptable Darunee Charnchoensilpakul (Da Torpedo), condamné à 15 ans pour des commentaires qu'elle a faits en 2008. Il est remarquable que Da ne soit pas oubliée.
Les victimes de la loi de lèse-majesté et leurs partisans gardent naturellement bon espoir que ces prisonniers politiques soient bientôt libérés. Mais les royalistes seraient furieux car ils fonctionnent avec une mentalité féodale qui exige la punition pour ceux qui pensent différemment.

 

Photos ci dessous: 1 Somyot, 2 Surachai, 3 Da Torpedo

Somyot Pechabun

 

Surachai

 

Da

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 06:06

Le vendredi 19 Avril, quatre prisonniers chemises rouges ont été libérés sous caution de la prison de Laksi à Bangkok alors qu'ils ont fait appel de leurs condamnations pour l'incendie criminel de l'Hôtel de ville d'Udon Thani qui a eu lieu le 19 mai 2010.
La Cour provinciale d'Udon Thani a accepté de libérer Arthit Saithong, Kittipong Chaikung, Daycha Komkhum et Buarian Pangsa, après que sept témoins aient appuyés les demandes de libération sous caution. Bien que confrontée à de lourdes peines allant jusqu'à 22 ans, ces quatre hommes se sont engagés à prouver leur innocence lors du jugement en appel.
M. Daycha Komkhum pense que les Chemises rouges ont été utilisés comme boucs émissaires dans cet incendie criminel. Les acquittements récents des Chemises rouges Saichon Paebua et Pinit Chanarong, accusées de l'incendie criminel de Central World à Bangkok, vont dans le sens de la théorie de Daycha.
Dans son cas, Daycha a été arrêté un mois après l'incendie criminel sur la base d'une photo qui le montrait transportant ce qu'il prétend être une bouteille d'eau.
Il a affirmé que la police cherchait à tout prix des coupables, même s'il n'y avait pas de preuves contre eux.
Des militants chemises rouges et la présidente de l'UDD, Tida Tawornseth, ont été accueillir les quatre prisonniers à leur sortie de prison. Ils passèrent le reste de la journée entre amis au siège de l'UDD. Daycha a dit qu'il allait rejoindre sa femme et sa fille à Udon Thani.
Source: http://thairedshirts.org/2013/04/22/bailed-red-shirt-prisoners-to-fight-for-innocence/

 

Photo ci-dessous: la présidente de l'UDD, Tida Tawornseth (au milieu sur la photo)

Thida

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 11:43

Un article de Giles Ji Ungpakorn, exilé politique thaïlandais

Lien de l’article:

http://redthaisocialist.com/francais/411-les-marionnettes-dansent-sur-lair-de-larmee.html

Alors que la Première ministre de Thaïlande, Yingluk, posait avec le sourire, main dans la main avec le Boucher de Bahreïn, Hamad bin Isa bin Salman Al Khalifa, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères Surapong Tovichakchaikul a joué un jeu nationaliste extrême avec le Cambodge à propos du temple de Preah Vihear.
Le temple de Preah Vihear a été construit par les Khmers, dans le style khmer, lorsque les Khmers contrôlaient un grand empire couvrant la zone qui est aujourd'hui la Thaïlande, le Cambodge et le Laos. Il appartient au Cambodge. Presque tout ce que la classe dirigeante thaïlandaise revendique comme étant "Thaï" a été copié sur les Khmers, y compris la langue royale et l'architecture dite de style thaïlandais. Sukotai était une ville khmère avec un roi khmer. Ayutthaya a également eu quelques rois khmers. Par conséquent, lorsque ces idiots de Chemises jaunes nationalistes et les militaires demandent que "le territoire thaïlandais" soit rendu, ils ne font que jouer sur un mythe imbécile. C'est un mythe fait pour détourner l'attention sur l'inégalité, l'exploitation et la répression au sein de la société thaïlandaise.
Au lieu d'aller de l'avant afin de développer conjointement Preah Vihear comme monument historique et lieu touristique, pour le bénéfice pacifique de ceux qui vivent des deux côtés de la frontière, comme c'était le cas avant le coup d'Etat militaire de 2006, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Surapong Tovichakchaikul, est maintenant en train de danser comme une marionnette sur l'air de l'armée ultra-nationaliste.
La dispute enfantine pour quelques mètres carrés de terrain autour du temple serait risible si des gens n'étaient pas déjà morts pour cela. Qui se soucie de qui possède réellement un lopin de terre sur le sommet de la montagne? Les gens normaux ne devraient pas s'en préoccuper. Mais les classes dirigeantes de Thaïlande et du Cambodge s'en préoccupent. Ils s'en soucient car il s'agit de montrer leur force politique et militaire. Mais n'oubliez jamais que c'est exactement ce pouvoir de l'État qui est utilisé pour exploiter, réprimer ou assassiner les citoyens thaïlandais et cambodgiens ordinaires dans leur propre pays.
Par conséquent, les ultra-nationalistes qui agitent le drapeau thaïlandais sur Preah Vihear et qui comprennent malheureusement quelques Chemises rouges et le gouvernement Pua Thai, agissent simplement comme des serviteurs de l'élite thaïlandaise. C'est l'équivalent intellectuel de ramper sur le sol.
Ce que nous voyons aujourd'hui, c'est que le gouvernement Pua Thai de Yingluk soutient le rôle de l'armée dans la société. La même armée a tué des manifestants pro-démocratie dans les rues à 5 reprises de mémoire d'homme. Des assassins comme le général Prayut Junocha sont autorisés à avoir une opinion publique sur les affaires étrangères.
L'armée peut disposer de nombreuses chaînes de télévision pour son propre usage, sous prétexte de "sécurité intérieure". Le contrôle des médias par l'armée thaïlandaise accroît son influence sur la politique et rempli les poches des hauts gradés corrompus. Leur influence sur les conseils d'administration des entreprises publiques sert le même but. Ce contrôle et cette influence proviennent tous les deux de périodes de dictature militaire dans le passé.
Les soi-disant "pourparlers de paix" dans le Sud sont dominés par les forces de sécurité. Ce n’est évidemment pas pour trouver une solution politique à la répression de l'État thaïlandais des musulmans malais. Il s'agit de souligner la sécurité intérieure.
Même la mal-nommée Commission Nationale des Droits de l'Homme est remplie d'officiers de l’armée et de la police.
L'utilisation continue de la lèse-majesté par le gouvernement Pua Thai et le refus d'abandonner cette loi barbare et de libérer les prisonniers politiques, est une autre façon d'amadouer l'armée. L'armée utilise le Roi pour légitimer toutes ses mauvaises actions et a besoin de la lèse-majesté pour se protéger. Bien sûr, les politiciens d'affaires du Pua Thai, comme Taksin, veulent aussi utiliser le Roi.
Récemment, le vice-Premier ministre et politicien gangster, Chalerm Yubamrung, a annoncé sa version d'une loi d'amnistie qui effacerait l'ardoise des généraux et les politiciens qui ont tué des Chemises rouges pro-démocratie. Cela permettrait aussi à Taksin de revenir en Thaïlande. En fait, une telle loi serait inutile, puisque, dans la pratique, les meurtriers des Chemises rouges jouissent actuellement d'une immunité totale.
Le fait que Yingluk ait serré la main du tyran sanguinaire de Bahreïn est symbolique. Cela légitime les massacres des manifestants pro-démocratie à Bahreïn et en Thaïlande.
Dans les pays qui avaient des antécédents de dictatures militaires, comme la Turquie ou de l'Argentine, des gouvernements démocratiquement élus ont sérieusement réduit le budget de l'armée et punis les généraux. Ce n'est pas que le Pua Thai "n'ose pas" le faire de peur de provoquer un coup d'Etat. C'est ce que le gouvernement veut promouvoir délibérément le rôle de l'armée dans la vie politique. Ce sont devenu des marionnettes qui dansent volontiers sur l'air des militaires. Pua Thai est le nouveau parti de l'armée et il fait un bien meilleur travail que le Parti Démocrate parce qu'il a été élu démocratiquement et peut contrôler le mouvement des Chemises rouges.

Giles Ji Ungpakorn

 

Lien pour en savoir plus sur Giles Ji Ungpakorn:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-un-refugie-politique-pour-lese-majeste-giles-ji-ungpakorn-107494514.html

 

Photo ci-dessous: Le temple de Preah Vihear

Preah-Vihear.jpg

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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 12:33

Publiée en anglais par le site New Mandala

Lien de l'interview en anglais:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2013/04/15/interview-with-joe-gordon-lese-majeste-and-democracy/


Ceci est une interview spéciale avec Joe Gordon (Lerpong Vichaikhammart), qui a été inculpé de lèse-majesté en 2011, puis condamné à deux ans et demi d'emprisonnement.
Il a été interviewé à Los Angeles aux Etats-Unis le 24 Mars 2013 par Pavin Chachavalpongpun, professeur associé du Centre d'études sur l'Asie du Sud-est de l'Université de Kyoto


Pavin Chachavalpongpun: Depuis votre retour aux États-Unis, qu'avez-vous fait?
Joe Gordon: Je suis dans un processus de réajustement. Après mes expériences horribles de la vie en prison thaïlandaise, je suis toujours troublé et le fait que je n'ai jamais reçu de justice a joué dans mon esprit. Le problème est l'article 112 (loi de lèse-majesté), il permet à quiconque de déposer une plainte contre d'autres bon gré mal gré. Je ne savais pas que quelqu'un avait déposé une plainte contre moi. Plus important encore, les juges thaïlandais, ceux qui ont examinés les accusations portées contre moi, étaient politisés. Ils ne se sont jamais considérés comme caution dans mon cas. Encore aujourd'hui, ces expériences sont traumatisantes et reflètent les actions non-civilisées qui entourent la question de la lèse-majesté. Après ma libération de prison le 10 Juillet 2012, je suis immédiatement retourné aux États-Unis et j’ai subi une réhabilitation progressive, à la fois physiquement et mentalement.
Pavin Chachavalpongpun: Avez-vous le projet de retourner en Thaïlande?
Joe Gordon: Je suis allé en Thaïlande en tant que touriste américain ayant en ma possession un passeport américain. Mais quand j'ai été arrêté, les autorités thaïlandaises ont affirmé que j'étais encore citoyen thaïlandais. En d'autres termes, ils ont forcés la "Thainess" sur moi. Le processus judiciaire thaïlandais manque sérieusement de normes. Tant que la loi de lèse-majesté existera, la Thaïlande restera antidémocratique. L'article 112 supprime notre liberté d'expression. Il ne permet pas une opinion franche sur la monarchie thaïlandaise. Au lieu de cela, il crée un climat de peur parmi le peuple.
Pavin Chachavalpongpun: Votre point de vue sur la loi de lèse-majesté?
Joe Gordon: Si la Thaïlande veut devenir une nation civilisée, elle doit abolir cette loi anachronique. Le monde a changé. Et la Thaïlande n'est plus sous le régime de la monarchie absolue. La monarchie thaïlandaise devra agir comme prescrit par la Constitution. Elle devra s'adapter à l'évolution des circonstances politiques et sociales. La monarchie britannique a survécu principalement parce qu'elle a appris à vivre avec la démocratie. En outre, le budget de la monarchie doit être transparent et responsable. Et puisque les membres de la famille royale sont des personnages publics, ils doivent être ouverts à la critique. La glorification de la monarchie a lieu depuis longtemps en Thaïlande, c'est irréaliste et c'est une fabrication. D'autres institutions qui ont forgé des liens intimes avec la monarchie devront s'adapter aussi. Par exemple, le pouvoir judiciaire, connu pour être un instrument de la monarchie, est également en crise. Tant qu'ils ne sont pas prêts à vivre avec une nouvelle réalité, une véritable démocratisation de la Thaïlande ne sera pas possible.
Pavin Chachavalpongpun: Votre point de vue sur le mouvement des Chemises rouges aux Etats-Unis?
Joe Gordon: Je souhaite que les Chemises rouges de Los Angeles travaillent plus étroitement ensemble afin d'augmenter leur voix et leur potentiel. Pourtant, ils ont fait un bon travail en matière de sensibilisation sur la situation politique en Thaïlande. J'espère qu'il y aura plus d'activités parmi les chemises rouges d'ici et je suis heureux d'y participer. Pour ma part, je vais continuer à faire campagne pour l'abolition de la loi de lèse-majesté à travers les réseaux sociaux, tels que par ma propre page Facebook. J'espère que cela mettra en lumière les problèmes de cette loi, à la fois pour les Thaïlandais et pour le reste du monde. Après 14 mois de prison, il est impossible pour moi de garder le silence sur ces questions.
Pavin Chachavalpongpun: Les conditions de détention de la prison?
Joe Gordon: Terribles. Les prisons thaïlandaises sont fétides et décrépites, elles ont été délaissées pendant des années et sont dans un état de délabrement. Les médecins ne sont généralement pas disponibles et, quand ils sont sur place, ils refusent généralement de répondre aux besoins des détenus. Ils traitent les prisonniers de façon bien pire qu'ils traitent les animaux. En outre, les agents se montrent préjudiciaux, en particulier vis-à-vis des détenus pour lèse-majesté qui sont durement traités. Après qu'un certain nombre de Chemises rouges se soient plaint au gouvernement de Yingluck Shinawatra à propos des conditions de détention déplorables, il y a eu une légère amélioration avec quelques zones des prisons mise à niveau. La violence physique contre les prisonniers a aussi disparu. Je rejette personnellement l'idée de séparer ceux qui sont prisonniers politiques de ceux qui sont emprisonnés pour lèse-majesté. Mais cet appel a, jusqu'ici, été infructueux. Aujourd'hui, les prisonniers accusés d'infraction à la loi 112 sont placés dans les mêmes cellules que les autres criminels. Les prisons sont surpeuplées. Nous devons vivre côte à côte avec ceux qui souffrent du sida, de la tuberculose et d'autres maladies transmissibles.
Pavin Chachavalpongpun: Quel a été l'assistance du gouvernement américain?
Joe Gordon: Depuis que je suis revenu aux États-Unis, je n'ai pas eu de contact avec les autorités américaines. Toutefois, dans le processus pour être émancipé, l'ambassade américaine à Bangkok s'est bien occupée de moi. Alors que j'étais en prison, des agents de l'ambassade américaine m'ont rendus visite régulièrement, et les visites ont augmenté lors de mes derniers jours en prison. Ils ont suivi la pétition pour un pardon royal. Une fois libéré, j'ai été embarqué par des agents de l'ambassade dans le milieu de la nuit pour éviter l'attention des médias. Ils voulaient que je parte de Thaïlande le plus rapidement possible. Alors que j'attendais pour mon départ, j'ai été placée dans une "maison sûre", principalement pour avoir un contrôle médical complet. Les agents de l'ambassade m'ont finalement conduit à l'aéroport. Ils voulaient être sûrs que je puisse effectivement quitter la Thaïlande sans être harcelé par qui que ce soit. J'ai volé sur United Airlines. A ce moment là, la mission de l'ambassade américaine avait pris fin.
Pavin Chachavalpongpun: Comment voyez-vous le rôle des universitaires dans la campagne pour l'abolition de la loi 112?
Joe Gordon: Je les admire pour leur courage et leur prise de position claire en ce qui concerne la loi lèse-majesté et le rôle de la monarchie dans la politique. Mais la poussée de la communauté universitaire ne suffit pas. Nous avons besoin d'un soutien de masse pour apporter de réels changements. Il nous manque encore un dirigeant qui soutiendrait des rassemblements et transformerait ces appels abstraits en actions pratiques. Mais comme je l'ai dit, je suis heureux de constater le rôle courageux des universitaires qui offrent leurs connaissances et prennent des responsabilités tout en exprimant leurs opinions sans crainte.

Quelques liens en français sur l'affaire Joe Gordon:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-joe-gordon-104221998.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-lettre-du-prisonnier-politique-joe-gordon-au-president-obama-107802317.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-le-prisonnier-politique-joe-gordon-libere-108018621.html

 

Ci-dessous: une photo de Joe Gordon alors qu'il était emprisonné en Thaïlande

 

Joe Gordon

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 17:35

Un article de Pravit Rojanaphruk

 

Lien de l'article en anglais:

http://www.nationmultimedia.com/politics/Somyos-face-of-free-speech-group-30203944.html


Les dirigeants du groupe des "gens sans visage" n'ont jamais rencontré le condamné pour lèse-majesté Somyot Prueksakasemsuk. Mais troublé par le sort de l'ancien rédacteur en chef emprisonné de la défunte revue "Voice of Taksin" et par l'interdiction de lire des documents critiques envers l'institution de la monarchie, ils ont décidé d'enfiler des masques de Somyot en public.

Le groupe, composé d’une dizaine de membres, a été repéré trois fois lors de la récente "Foire Nationale du Livre" au "Queen Sirikit Convention Centre", causant tout un émoi.

"Nous avons vu la promotion de Bangkok comme capitale mondiale du livre cette année. Mais comment pouvons-nous être une capitale mondiale du livre quand les gens sont interdits de lecture? Des gens ont été emprisonnés pour avoir publié des livres, et nous devrions être une capitale mondiale du livre?" a demandé Wirapa Angkoontassaniyarat, une dirigeante des "gens sans visage" et ancienne écrivain dans un grand magazine mensuel.

Un autre membre clé du groupe, un homme qui a demandé à être appelé seulement comme "Uan", a déclaré que la formation d'un tel groupe était un moyen commode pour s'opposer à la loi de lèse-majesté, qui conduit à un emprisonnement maximal de 15 ans. Il a dit qu'il n'avait pas l'intention de rendre visite à Somyot, qui a été condamné à 10 ans suite à la publication par sa revue de deux articles jugés offensants pour la monarchie, mais qui auraient été rédigés par l'ancien ministre Jakrapob Penkair.

"Lek", une femme de 33 ans, est le troisième membre clé du groupe, et a également demandé que son identité ne soit pas révélée. Elle a dit qu'elle aurait fait la même chose si quelqu'un d'autre devait être emprisonné pour avoir simplement été l'éditeur d'une publication. "Nous voulons juste avoir la liberté de lire", a déclaré Lek.

Wirapa a expliqué que les sept volontaires s'étaient réunis après avoir médiatisés leurs activités sur Facebook. Sentant la colère croissante parmi les gens de divers horizons qui ont rejoint les protestations, elle a averti que de tels mouvements pourraient croître aussi longtemps que les Thaïlandais ne jouiraient pas de la liberté de lire des publications critique envers la monarchie. "Si vous bloquez l'information, les choses vont entrer dans la clandestinité et créer un fossé encore plus large dans la société", a-t-elle prédit.

Photo ci-dessous: lors d'une récente manifestation, des Thaïlandais ont réclamés le droit à la liberté de parole

 

DSC09951

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 12:58

Un article de Robert Amsterdam

Lien de l'article en anglais:

http://robertamsterdam.com/thailand/2013/04/09/justiceforthedeadofkokwua/


Terdsak Phungkinchan n'était âgé que de 29 ans quand la balle du tireur d'élite a pris sa vie. Il y a trois ans aujourd'hui, le 10 Avril 2010, il est tombé, mortellement blessé, sur le tarmac dur d'une rue de Bangkok. Le tir utilisée contre Terdsak, malgré qu'il soit très clair pour la personne qui a appuyé sur la gâchette que sa victime était complètement désarmé et ne présentant pas de menace pour quiconque, était mortel et destiné à l’être. Le seul mot qui peut être utilisé pour décrire cet acte est "assassinat" et mon cabinet d’avocat continu de faire tout son possible pour conduire les responsables à la justice.
Il ne peut pas non plus y avoir d'équivoque en ce qui concerne l'analyse de la force utilisée contre les Chemises rouges à Kok Wua cette nuit terrible d'Avril 2010, elle a été conçue exclusivement pour tuer. Et elle a tué. 21 manifestants chemises rouges sont tombés sous une grêle de balles tirées par les fusils de l'armée à qui l'ancien Premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva avait ordonné de nettoyer les rues de Bangkok. En outre, cinq soldats de l'armée thaïlandaise sont morts, leur vie se terminant dans ce qui peut seulement être décrit comme étant des circonstances mystérieuses, tandis qu'une enquête sur la mort du cameraman japonais, Hiro Muromoto, est toujours en cours. Tous ces actes ont laissés des veuves et des mères encore plus accablées de douleur.
Du fait qu’il n’y a pas eu de justice pour toutes ces victimes, la tragédie d'Avril 2010 est toujours en cours aujourd'hui. La Thaïlande n'est pas encore en paix avec elle-même et, depuis cette nuit-là, les familles des victimes ont été laissées avec plus de questions que de réponses.
Pour avoir une idée de la profondeur du sentiment qu'a suscité le massacre du 10 Avril à Kok Wua, ne cherchez pas plus loin que le livre remarquable publié en thaï par la Fondation des Martyrs de la Démocratie dont le titre se traduit approximativement par: "Les morts ont un visage et ceux qui ont été tués avaient une vie". Ce livre donne la parole aux victimes d'Avril 2010, un cri qui doit être entendu si la Thaïlande souhaite une véritable réconciliation.
Par exemple, la mère de Terdsak, Suwimon, a déclaré aux auteurs de ce livre exceptionnel:
"Au fond, j'ai toujours envie de me battre pour mon fils parce qu'il était innocent, il ne méritait pas de mourir, il n'aurait pas dû être traité comme ça. Je me sens comme quelqu'un qui ne peut pas faire grand-chose car nous sommes juste des gens ordinaires ... Je n'oublierai jamais cela. "
Ce sont ces mots de Suwimon que nous devrions méditer alors que nous commémorons le 10 Avril 2010 - "Je veux toujours me battre pour mon fils."

Les mères des Chemises rouges tombés sous les balles de l’armée, contrairement aux commentateurs, politiciens et, oserais-je dire, aux avocats, ne peuvent pas " tout simplement" oublier. Nous pouvons et devons offrir notre soutien et notre solidarité à Suwimon dans sa lutte pour la justice.
Le tailleur Wasan Puthong, âgé de 39 ans, est une autre victime du massacre de Kok Wua. Sa jeune sœur, Numthip, qui est également cité dans "Les morts ont un visage et ceux qui ont été tués avaient une vie" dit:
Aujourd'hui, il me manque toujours car nous avions travaillé ensemble pendant si longtemps. Chaque fois que je me retourne, je le vois car nous étions ensemble tous les jours et toutes les nuits.... Il est difficile pour moi d'accepter cela.
Le commentaire de Numthip sur le décès d'un frère dans des circonstances si odieuses est un reflet qui convient. Le manque de justice continuera de rendre difficile pour les victimes de Kok Wua de simplement "accepter cela".
Aujourd'hui (NDT le 10 avril 2013), mon bureau a eu l'honneur de parler au beau-frère de Wasan, Klin, et c'est avec ses paroles que nous allons terminer. Ses mots doivent être notre bannière alors que nous passons une autre année où nos proches nous ont été enlevés.
"Il n'y a pas encore de justice car les auteurs [de ces crimes] n'ont pas encore eu à rendre compte. Nous allons continuer à lutter pour cette justice."

 

Photo ci-dessous: un Chemise rouge assassiné par l'armée thaïlandaise à Kok Wua le 10 Avril 2010

chemise-rouge-tue.jpg

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 12:28

Un article de Pravit Rojanaphruk

Lien de l'article en anglais:

http://www.nationmultimedia.com/politics/Staunch-Thaksin-critic-agrees-to-take-Somyos-appea-30202883.html


L'ancien commissaire de la Commission Nationale des Droits de l'Homme Vasant Panich a déclaré qu'il défendrait le cas du condamné pour lèse-majesté Somyot Prueksakasemsuk à la Cour d'appel.
Cette nouvelle pourrait apparaitre comme une surprise pour certains car Vasant est un critique virulent bien connu de l'ancien Premier ministre évincé Thaksin Shinawatra, alors que Somyot était le rédacteur en chef de la désormais défunte revue "Voice of Taksin".

Vasant, 65 ans, a expliqué que sa décision de représenter Somyot était une question de principe, car il est persuadé que l'homme est innocent et devrait au moins être libéré sous caution.

"Je peux être en désaccord avec beaucoup de choses liées à Thaksin, mais les gens ont le droit de penser différemment", a déclaré Vasant, qui est maintenant directeur de l'Institut des Juristes et Droits de l'Homme, au journal The Nation.

Vasant a dit que Sukanya, la femme de Somyot, lui avait demandé de représenter son mari et qu'il avait accepté de le faire parce qu'il croyait que Somyot n'aurait pas dû être emprisonné, surtout depuis la loi sur la presse, qui exige que les éditeurs soient responsable de tous les articles, n'existe plus depuis 2007.

Il a ajouté que Somyot avait clairement affirmé, dans son témoignage, que la personne derrière le nom de plume de Jit Polachan était Jakrapob Penkair, un ancien ministre, qui est maintenant en exil auto-imposé. Il a également souligné que des membres du personnel de la revue avaient témoignés au tribunal que Somyot n'avait probablement pas lu les deux articles avant leur publication. Par ailleurs, Vasant a affirmé qu'il ne voyait rien qui violait la loi de lèse-majesté dans ces articles. Somyot a été condamné à une peine de prison de 10 ans.

 

Photo ci-dessous: Vasant Panich

 

Vasant.jpg

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 16:56

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Traduction en français:

Mes chers chemises rouges du monde entier

Vous rappelez-vous la signification du 10 Avril? Nous nous rappelons toujours le 14 Octobre comme l'un des premiers temps, où le peuple thaïlandais s'est soulevé et a exigé ses droits de citoyens et la liberté, ce qui a entraîné tant de courageux morts autour du palais privé de Chitralada du Roi. Nous nous rappelons toujours le 6 Octobre comme un jour où les gens ont soulignés ce qui était bien et mal dans ce pays, ce pourquoi ils ont été brutalement massacrés. Nous nous rappelons toujours de Mai 1992, une journée où les gens se sont directement confrontés à l'armée, l'outil majeur de l'ancien pouvoir de Thaïlande, avant de se faire tuer eux-aussi. Et nous nous souvenons que quelqu'un nous a dit que tout allait bien, que les ennemis rejoignaient leurs mains et qu'il fallait rentrer à la maison maintenant, sans aucune autre explication jusqu'à nos jours. "Le Songkran  (Festival de l'eau) sanglant" de 2009 et les massacres d'Avril et Mai de 2010 font parti des objectifs généraux de la nouvelle demande pour plus de démocratie et ont fait face à la même vieille brutalité.

Mais le 10 Avril est unique et différent de ces autres journées. Le 10 Avril a été le jour où les gens sont devenus convaincus de leur droit en tant que propriétaire de la nation thaïlandaise, le jour ou leurs craintes ont cessées et ou ils sont passés à l'offensive lors de la confrontation avec l'armée envoyée pour les massacrer dans l'avenue Rachadamnoen de Bangkok. Leurs mouvements offensifs, qui ont forcé des soldats à remettre leurs armes et à se retirer, sera toujours un triomphe symbolique de la démocratie. Bien que perdu pour un temps lors du mois de mai de la même année, le mental et l'esprit du 10 Avril ont été fixés en permanence parmi les Thaïlandais, et personne ne peut le leur prendre. C'est la grande et capitale victoire politique du peuple thaïlandais. C'est une façon d'expliquer que le mouvement pour la démocratie est encore en marche de façon constante. Nous nous contentons de diviser la responsabilité politique dans son ensemble entre les rôles parallèles d'un gouvernement (avec une puissance limitée) et de plus grands et plus profonds [pouvoirs] qui continent à imposer leur "modèle" pour l'avenir de la Thaïlande.

Le mental et l'esprit du 10 Avril font parti de l'art. Nous devrions les mémoriser sérieusement, sans cesse, et enseigner ce souvenir dans les manuels scolaires. Je partage mes larmes [de tristesse] pour ceux qui sont tombés, et plus encore mes larmes de gratitude pour la voie qu'ils ont tracés.

Jakrapob Penkair
Le 10 avril 2013

Photo ci-dessous: Jakrapob Penkair

 

Jakrapob.jpg

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