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6 mai 2013 1 06 /05 /mai /2013 16:58

Le 2 Mai 2013, la Cour d'appel de la province d'Ubon Ratchathani a jugé le cas des Chemises rouges accusés d'avoir mis le feu à la mairie d’Ubon en mai 2010.

Selon les juges, les accusés auraient perturbé la sécurité de l'Etat et commis des actes de terrorisme et de destruction de biens lors de l'incendie de la mairie le 19 mai 2010.

Mlle Pattama Moolmil, Mr. Teerwat Sujsuwann, Mr. Sanong Ketsuwan, Mr. Somsak Prasarnsub ont été condamnés à la prison à vie, peine finalement réduite à 33 ans de prison.

Les 4 accusés n'étaient pas présents lors de la décision du tribunal parce qu'ils étaient détenus à la maison d'arrêt de Bangkok. Les autres accusés, libérés sous caution, étaient présents. Ils ont dit qu'ils feraient appel de leur cas devant la Cour suprême.

Source:

http://www.khaosod.co.th/en/view_newsonline.php?newsid=TVRNMk56VXhOVFk0Tmc9PQ%3D%3D&sectionid

Un précédent article sur les prisonniers politiques d’Ubon:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-quatre-chemises-rouges-d-ubon-qui-croupissent-encore-en-prison-poursuivent-leur-lutte-a-travers-de-114021223.html

 

Photo ci-dessous: Sanong Ketsuwan, un des accusés d'Ubon, qui purge actuellement une peine de 33 ans de prison

 

Sanong

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 08:30

A l'occasion de la Journée des Travailleurs, le 1er Mai 2013, le Parti Socialiste de Malaisie a envoyé un message de solidarité aux prisonniers politiques de Thaïlande

Lien du message en anglais:

http://partisosialis.org/en/node/2544

 

Libérez Somyot ainsi que tous les prisonniers politiques et abolissez la Loi de Lèse-majesté en Thaïlande
1er mai 2013
Aujourd'hui, alors que nous nous réunissons pour commémorer la Journée des Travailleurs rappelons-nous les luttes de nos frères et sœurs afin d'améliorer notre travail et notre existence.
Tous nos droits en tant que travailleurs ont été remportés par de longues et dures batailles. Actuellement dans le monde entier, les militants ouvriers font face non seulement aux défis des patrons et des propriétaires, mais aussi à ceux des gouvernements qui utilisent des lois injustes ou militaires pour nous empêcher de nous organiser. Beaucoup de nos frères et sœurs sont en prison à cause de cette répression.
Dans de nombreux pays en Asie, nous continuons à voir des attaques contre les droits démocratiques du travail. Par exemple, la Thaïlande a subi 26 coups d'Etat militaire lors de son histoire moderne. La situation des défenseurs des droits humains et du travail en Thaïlande est devenue très difficile. Depuis le coup d'Etat de 2006, l'utilisation généralisée de la loi répressive de lèse-majesté (article 112 du Code pénal thaïlandais) a conduit à l'emprisonnement de centaines de militants et de citoyens, thaïlandais et étrangers.
Le 23 janvier 2013, le journaliste et militant pour les droits du travail, Somyot Prueksakasemsuk, a été condamné à 10 ans de prison (ainsi qu'à 1 année supplémentaire avec sursis) pour avoir prétendument diffamé la famille royale thaïlandaise.
Le cas de Somyot a attiré l'attention internationale sur la situation en Thaïlande.
Il est devenu évident pour tous que l'article 112 est utilisé par l'élite dirigeante et le gouvernement thaïlandais pour étouffer la dissidence et réprimer les militants et les organisations progressistes. L'article 112 empêche les gens de faire valoir leurs droits civils et politiques en rendant illégales les opinions hostiles au régime et au pouvoir.
Dans un tel climat de peur et de répression, s'organiser sur les lieux de travail et mener des campagnes devient très difficile pour les travailleurs et les syndicats.
Nous appelons les syndicats et les organisations progressistes du monde entier à continuer de défendre et à soutenir nos frères et sœurs en Thaïlande.
Par conséquent, à l'occasion du Premier Mai 2013, la journée internationale des travailleurs, nous voulons déclarer notre solidarité à tous les militants emprisonnés, torturés et qui souffrent en Thaïlande et dans le monde entier:
Nous condamnons l'usage par la Thaïlande de l'article 112 (la loi de lèse-majesté) contre ses opposants et considérons son utilisation comme une atteinte aux droits humains fondamentaux.
Nous appelons le gouvernement thaïlandais à abandonner les charges contre Somyot Prueksakasemsuk, et à libérer tous les autres prisonniers politiques détenus en vertu de l'article 112. Nous demandons également la suppression de l'article 112.
Signé par le Parti Socialiste de Malaisie (Parti Sosialis Malaysia PSM)

 

Somyot Malaisie 2

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 11:25

Environ un millier de manifestants ont défilé à Bangkok en Thaïlande à l'occasion de la Fête du Travail. La manifestation, organisée par plusieurs mouvements dont Labour Workers in Thailand, Turn Left, 24 Juin pour la Démocratie, a commencé à 8 heures du matin devant la statue du roi Rama V et s'est terminé au Monument de la Démocratie en milieu d'après-midi. La principale revendication était la libération de Somyot Prueksakasemsuk détenu depuis deux ans ainsi que celle de tous les prisonniers politiques.

Ci-dessous, quelques photos de la manifestation:

 

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 13:12

Le 24 Avril, la Cour pénale de Thaïlande a tenu une nouvelle audience dans l'enquête sur la mort de Amphon Tangnoppakul, un détenu pour lèse-majesté qui est décédé en prison en mai dernier.
L'enquête a débuté en Février de cette année, avec quatre témoins, dont l'épouse de Amphon, Rosmalin ainsi qu'un enquêteur, un médecin de la prison et un responsable de la prison.
Thantawut Taweewarodomkul est lui-aussi emprisonné pour crime de lèse-majesté et il a pris soin de Amphon alors qu'ils étaient en prison ensemble. C'est aussi l'une des dernières personnes à l'avoir vu vivant.
Selon le témoignage de Thantawut, Amphon a été emprisonné dans la zone 8, une zone de haute sécurité où les prisonniers condamnés pour des crimes graves sont incarcérés, certains atteints de maladies contagieuses telles que la tuberculose ou le sida.
Depuis sa première journée en prison, Amphon avait été affecté à produire 5 kg de gobelets en papier (soit environ 2500 par jour). En raison de sa santé fragile, il n'a jamais atteint le but quotidien de 2500 gobelets, mais il a été aidé par d'autres prisonniers sympathiques, a déclaré Thantawut.
Dans la zone 8, Thantawut explique qu’il y avait 32 cellules, chacune mesurant 3 x 5 mètres et pouvant accueillir environ 20-24 prisonniers, voire jusqu'à 35 lors des inondations en 2011. Les repas sont servis trois fois par jour, avec de la nourriture spéciale seulement pour des raisons religieuses, pas pour toute autre raison, comme une nourriture appropriée pour les malades ou les vieux.
La maison d'arrêt de Bangkok a un seul centre médical pour plus de 5000 prisonniers. Les médecins viennent les mardis et jeudis, et les infirmières et infirmiers sont régulièrement disponibles. Chaque jour, 20 prisonniers sont autorisés à se rendre à l'établissement médical, et chaque détenu est autorisé à y aller une fois par semaine. Thantawut y a été et a constaté que les médecins n'ont pas examinés de près son état. Demander un transfert à l'hôpital des services correctionnels en dehors de la prison est très difficile, sauf dans des cas très graves. En cas d'urgence pendant la nuit, les prisonniers appellent les gardes en appuyant sur un tube de bambou.
Amphon avait dit à Thantawut que quand il était allé au centre médical pour la première fois, les médecins n'avaient pas diagnostiqué sa maladie, mais lui avaient donné des analgésiques pour sa douleur à l'estomac. C'est seulement quand il a crié la deuxième fois que les médecins l'ont examiné, mais en faisant quelques remarques méprisantes au sujet de ses prétendues infractions à la monarchie.
Ensuite Amphon a souffert de douleurs au ventre qui était dur et gonflé. Il ne pouvait pas déféquer normalement, ne pouvait pas manger et ne pouvait pas marcher. Il a été envoyé à l'hôpital des services correctionnels, le 4 mai 2012 et est décédé quatre jours plus tard.
Le 8 mai prochain, le tribunal entendra des témoignages des médecins impliqués dans l'autopsie de Amphon.

Source Prachatai:

http://prachatai.com/english/node/3578

 

Photos ci-dessous: 1 Amphon Tangnoppakul et sa famille, 2 Thantawut Taweewarodomkul

 

Akong

 

tanthawut

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 18:42

Liens en anglais:

 

http://robertamsterdam.com/thailand/2013/04/29/thai-pm-yingluck-aims-to-strengthen-thai-democracy/

 

http://thaiintelligentnews.wordpress.com/2013/04/29/democracy-5-yingluck-statement-at-7th-conference-of-the-community-of-democracies-29-april-2013/

 

Discours de Yingluck Shinawatra:

Déclaration de Son Excellence Mme Yingluck Shinawatra, Premier Ministre du Royaume de Thaïlande à la 7ème Conférence ministérielle de la Communauté des démocraties

Oulan-Bator, Mongolie, le 29 Avril 2013.

Monsieur le Président, Vos Excellences, les délégués à la Conférence, Mesdames et Messieurs,
Je voudrais tout d'abord exprimer ma gratitude à Son Excellence le Président de la Mongolie pour m'avoir invité à prendre la parole lors de cette conférence de la Communauté des Démocraties.
J'ai accepté cette invitation, non seulement parce que je voulais visiter un pays qui a fait de nombreuses réalisations en matière de démocratie, d'échange d’idées et de points de vue sur la démocratie mais aussi parce que la démocratie est si importante pour moi, et surtout pour les gens de Thaïlande, ma maison bien-aimée.
La démocratie n'est pas un concept nouveau. Au fil des années, elle a apporté des progrès et de l'espoir à beaucoup de gens. Dans le même temps, beaucoup de gens ont sacrifié leur sang et leur vie pour protéger et construire une démocratie.
Un gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple ne vient pas sans un prix. Des gens ont combattus pour les droits, les libertés et la conviction que tous les hommes et les femmes sont créés égaux et, malheureusement, beaucoup sont morts pour cela.
Pourquoi? C'est parce qu'il y a des gens dans ce monde qui ne croient pas en la démocratie. Ils sont prêts à s'emparer du pouvoir et des richesses grâce à la suppression des libertés. Cela signifie qu'ils sont prêts à tirer profit d'autres personnes sans le respect des droits et des libertés. Ils utilisent la force pour obtenir la soumission et abuser du pouvoir. C'est ce qui s'est passé auparavant et qui continue de représenter un défis pour nous tous dans le présent.
Dans de nombreux pays, la démocratie a pris racine fermement. Et il est certainement rafraîchissant de voir une nouvelle vague de démocratie naitre dans les temps modernes, à partir du printemps arabe et de la réussite de la transition au Myanmar grâce aux efforts du président Thein Sein, ainsi qu'aux changements dans mon propre pays, où le pouvoir du peuple en Thaïlande m'a amené ici aujourd'hui.
Au niveau régional, les principes fondamentaux de la Charte de l'ASEAN sont l'engagement de l'État de droit, de la démocratie et d'un gouvernement constitutionnel. Cependant, il faut toujours se méfier car les forces anti-démocratiques ne s'estompent jamais. Permettez-moi de partager mon histoire.
En 1997, la Thaïlande a eu une nouvelle constitution qui a été créé grâce à la participation de la population. Pour cette raison, nous avons tous pensé qu'une nouvelle ère de démocratie était enfin arrivé, une ère sans cycles de coups d'État.
Ce n'était malheureusement pas le cas. Un gouvernement élu, qui a remporté deux élections avec une majorité a été renversé en 2006. La Thaïlande a perdu sa démocratie et le peuple a passé presque une décennie pour retrouver sa liberté démocratique.
Beaucoup d'entre vous savent que le gouvernement dont je parle est celui de mon frère, Thaksin Shinawatra, un Premier ministre légitimement élu.
Beaucoup de ceux qui ne me connaissent pas me demandent pourquoi je me plain? Il s'agirait d'un processus normal où les gouvernements vont et viennent. Et si ce n'était que ma famille et moi qui étions les seuls à souffrir, je laisserais tomber.
Mais ce n'était pas le cas. La Thaïlande a subi un revers et a perdu sa crédibilité internationale. La primauté du droit dans ce pays a été détruite. Les projets et programmes lancés par le gouvernement de mon frère qui venaient de la volonté du peuple ont été détruits. Les gens estimaient que leurs droits et leurs libertés leur ont été indûment retirés.
Thaï signifie libre, et le peuple de la Thaïlande a riposté pour obtenir sa liberté. En mai 2010, une vague de répression contre les manifestants, le mouvement des chemises rouges, a conduit à 91 décès dans le coeur du quartier commercial de Bangkok.
Beaucoup de gens innocents ont été tués par des tireurs embusqués, et le mouvement a été écrasé, ses leaders ont été emprisonnés ou ont dû fuir à l'étranger. Encore aujourd'hui, de nombreuses victimes politiques sont toujours en prison.
Cependant, le peuple a fait pression et finalement le gouvernement d'alors a du appeler à une élection, qui selon lui, pourrait être manipulée. En fin de compte, la volonté du peuple n'a pas pu être niée. J'ai été élu avec une majorité absolue.
Mais l'histoire n'est pas finie. Il est clair que des éléments du régime anti-démocratique existent encore. La nouvelle constitution, élaborée par les putschistes, a mis en place des mécanismes pour restreindre la démocratie.
Un bon exemple de ceci est que la moitié du Sénat thaïlandais est élu, mais l'autre moitié est nommée par un petit groupe de personnes. En outre, les organismes dits indépendants ont abusé du pouvoir qui devrait appartenir au peuple, pour le bénéfice de quelques-uns plutôt qu'à la société thaïlandaise dans son ensemble.
C'est le défi de la démocratie thaïlandaise. Je voudrais voir la réconciliation et la démocratie gagner contre la force. Cela ne peut être atteint qu'à travers le renforcement de la primauté du droit et des procédures. C'est alors seulement que toutes les personnes de tous les horizons de la vie pourront se sentir confiants par le fait qu'ils seront traités équitablement. J'ai annoncé cela au Parlement comme faisant partie de la politique du gouvernement avant d’assumer pleinement mes fonctions de Premier ministre.
En outre, la démocratie devra également promouvoir la stabilité politique, en fournissant un environnement pour les investissements, la création d'emplois et de revenus. Et le plus important, je crois que la liberté politique porte sur les disparités sociales à long terme, il faut ouvrir des débouchés économiques qui permettraient de réduire l'écart de revenu entre les riches et les pauvres.
C'est pourquoi il est si important de renforcer la base. Nous pouvons y parvenir grâce à des réformes de l'éducation. L'éducation crée des opportunités grâce à la connaissance et à la culture démocratique fondée sur les modes de vie des gens.
C'est alors seulement que les gens auront les connaissances nécessaires pour être en mesure de faire des choix éclairés et défendre leurs convictions contre ceux qui souhaitent supprimer leurs droits. C'est pourquoi la Thaïlande appuie la résolution opportune mongole de l'UNGA sur l'éducation pour la démocratie.
Il est également important de combler les lacunes entre les riches et les pauvres. Tout le monde devrait avoir des possibilités et personne ne devrait être laissé pour compte. Cela permettrait aux gens de devenir des acteurs actifs dans la construction de l'économie et de la démocratie dans le pays.
C'est pourquoi mon gouvernement a lancé des politiques visant à offrir aux gens des occasions de gagner leur vie et contribuer au développement de notre société. Il s'agit notamment de la création du Fonds de développement pour les femmes, au soutien des produits et des PME locales ainsi que l'aide à l'augmentation des revenus pour les agriculteurs.
Et je crois que vous avez besoin d'un leadership efficace et innovant. Efficace dans la mise en œuvre de la règle du droit. Novateur dans la recherche de solutions pacifiques créatives pour résoudre les problèmes du peuple.
Vous avez besoin de leadership non seulement de la part des gouvernements, mais aussi de la part de l'opposition et de toutes les parties prenantes. Tout le monde doit respecter la règle du droit et contribuer à la démocratie.
Et aussi messieurs mesdames,
Une autre leçon importante que nous avons appris, c'est l'importance des amis internationaux. La pression exercée par les pays qui valorisent la démocratie a permis aux forces démocratiques en Thaïlande de rester en vie. Les sanctions et la non-reconnaissance sont des mécanismes essentiels pour mettre fin à des régimes anti-démocratiques.
Un forum international comme la Communauté des Démocraties, visant à promouvoir et protéger la démocratie par le dialogue et la coopération, aide à soutenir la démocratie. Plus important encore, si un pays a pris un mauvais tournant contre les principes de la démocratie, nous sommes tous ici près à nous unir afin de faire pression pour le changement et le retour à la liberté des gens.
Je soutiendrai toujours la Communauté des Démocraties et les travaux du Conseil d'administration. Je salue également l'initiative du président pour le partenariat asiatique de soutient à la démocratie et vais étudier les moyens d'étendre notre coopération avec lui.
Mesdames et Messieurs,
Je voudrais terminer mon discours en déclarant que, j'espère que les souffrances de ma famille, des familles des victimes politiques, et des familles des 91 personnes qui ont perdu la vie en défendant la démocratie au cours de l'effusion de sang de mai 2010, seront les dernières que nous auront à endurer.
Nous continuons à soutenir la démocratie afin que les droits et les libertés de tous les êtres humains soient protégés pour les générations à venir!
Je vous remercie.

 

Photo ci-dessous: Couverture du magasine "Red Power" Super Yingluck

 

Red Power

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 14:14

L'emprisonnement de Korkaew Pikulthong est un inversement de la démocratie thaïlandaise

Un article de Robert Amsterdam

Lien de l'article en anglais:

http://robertamsterdam.com/thailand/2013/04/27/reversing-thai-democracy-the-imprisonment-of-korkaew-pikulthong/


Ça a été une semaine terrible pour la démocratie thaïlandaise avec le système judiciaire du royaume ajoutant un prisonnier politique de plus à ses prisons, le député démocratiquement élu du Parti Pua Thai et dirigeant chemise rouge, Korkaew Pikulthong.
Cette fois, l'acte d'emprisonnement n'a même pas eu droit au prétexte d'une condamnation pénale et personne n'a été reconnu coupable d'une infraction. L'emprisonnement de Korkaew est venu au moment ou sa liberté sous caution (pour des accusations liées à ce que beaucoup considèrent comme des raisons totalement politisées) a été annulée par la Cour pénale après qu'il ait osé exprimer publiquement une opinion sur la tristement célèbre Cour constitutionnelle de Thaïlande.
Les accusations initiales contre Korkaew venaient de la décision politique prise par le régime illégitime d'Abhisit d'utiliser des menaces juridiques pour intimider la direction du mouvement des Chemises rouges pro-démocratie. En 2010, après qu'une centaine de Chemises rouges aient été massacrées dans les rues de Bangkok, le Parti Démocrate du gouvernement d'Abhisit lançait de fausses accusations de terrorisme contre Korkaew et 23 autres dirigeants des chemises rouges. Bien sûr, seul Abhisit a pu utiliser une telle interprétation abjecte de la primauté du droit pour créer des allégations de terrorisme contre une manifestation pro-démocratie tout à fait légitime et largement pacifique. Pourtant, l'objectif à long terme de ces inculpations n'était pas nécessairement d'obtenir des condamnations. Au contraire, il s'agissait de créer un climat d'intimidation dans lequel les dirigeants des Chemises rouges pourraient être renvoyés en prison à tout moment jugé nécessaire.
En outre, il est désormais clair que l'emprisonnement de Korkaew et l'annulation de sa liberté sous caution sont destinés à nous faire réfléchir sur deux autres questions.

Premièrement, il s'agit de faire taire toute critique de la Cour constitutionnelle ainsi que de mettre fin aux tentatives [de Korkaew] pour mettre en place des changements parfaitement légaux de la Constitution thaïlandaise tel que proposé par le peuple thaïlandais et de ses représentants démocratiquement élus.

Deuxièmement, l'emprisonnement de Korkaew est un autre signal que le non élu "Etat profond" de Thaïlande est disposé et en mesure d'utiliser le système judiciaire pour réduire le processus démocratique.
Pour mieux comprendre la nature politisée de la révocation de la liberté sous caution de Korkaew, il faut la comparer au traitement par la cour du cas du député du Parti Démocrate Kanchit Tabsuwan. Kanchit a été inculpé dans le cadre d'un assassinat brutal après qu'un homme ait été filmé par CCTV dans une station service, tirant plusieurs balles dans la tête de sa victime, le tuant instantanément. Les policiers ne cherchent personne d'autre en ce qui concerne cette affaire [car ils ont toutes les preuves nécessaires] et il n'a pas été question que Kanchit voit sa liberté sous caution refusée. Il n'est donc pas déraisonnable de s'interroger sur le fait que des protestations légitimes soient considérées comme étant du "terrorisme" et qu'un assassinat soit considéré comme un moindre mal, un délit pouvant bénéficier de la libération sous caution.

Bien sûr, le fait que Kanchit soit un député du Parti Démocrate explique qu'il n'est donc pas soumis à la même règle de droit qui a toujours été impitoyablement invoquée contre quiconque ose être un Chemise rouge.
Ceux qui analysent la situation politique actuelle en Thaïlande ne devraient avoir aucune illusion sur le fait que le lien entre les actes tels que l'emprisonnement de Korkaew et l'utilisation de la fameuse loi 112 sur la lèse-majesté soient explicite. Les décisions de la démocratie affectant les droits constitutionnels fondamentaux doivent être entièrement ouvertes à l'examen, à la discussion et à l'objection. Les décisions de la Cour constitutionnelle et leur validité doivent devenir partie intégrante du discours public pour que la démocratie thaïlandaise puisse prospérer. L'emprisonnement de Korkaew est clairement une violation de la liberté d'expression et du droit. Il doit être immédiatement remis en liberté sans condition et l'intimidation menée par la Cour constitutionnelle contre ses détracteurs doit prendre fin.

 

Photo ci-dessous: le député Korkaew Pikulthong lors de son arrestation

 

Korkeaw

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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 03:03

Bonjour à tous

S'il vous plaît veuillez utiliser ce poster:

 

free-them.jpg

 

S'il vous plaît téléchargez ce poster sur votre page Facebook, sur le blog de votre organisation ainsi que toute déclaration de solidarité que vous lirez pendant le 1er Mai et aussi des photos du rassemblement.

S'il vous plaît utilisez l'affiche des liens ci-dessous pendant la manifestation afin que les visages des prisonniers politiques soient visibles:

https://www.facebook.com/pages/Free-Somyot/122999694453000?fref=ts

https://www.facebook.com/pages/International-Solidarity-for-Thailand/120794617952386?fref=tsdésolé

Si vous souhaitez imprimer l'affiche, téléchargez-la directement à partir des liens ci-dessous:

Forma A3
http://www.mediafire.com/view/?pq3eihvkede16hd

Forma A4
http://www.mediafire.com/view/?3iiprxod54vuaft

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 04:43

Un article du journal en ligne "Political Prisoners of Thailand"

Lien de l'article:

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2013/04/23/amnesty-for-lese-majeste-prisoners/

 

Une des questions souvent posées au sujet de projets de loi d'amnistie est de savoir s'ils comprennent ceux qui sont accusés ou reconnus coupables en vertu de la loi draconienne de lèse-majesté.
Un article du journal "The Nation" indique aux lecteurs que:
Le député du Parti Pheu Thai, Vorachai Haema, a dévoilé son propre projet de loi d'amnistie .... Elle diffère de la loi d'amnistie en vigueur par sa proposition comme quoi les personnes reconnues coupables de lèse-majesté entre le 19 septembre 2006 et mai 2010 seraient amnistiées de meme que les manifestants chemises rouges emprisonnés pour les incendies d'Hôtels de Ville dans plusieurs provinces.
Une partie de ces derniers ont été condamné à 20 ans de prison mais, peut-être miraculeusement, ont pu bénéficier de la liberté sous caution.
Il est signalé que le projet de loi proposé par Vorachai aurait un impact sur plusieurs affaires, notamment celle du cas très médiatisé de Somyot Prueksakasemsuk, condamné à 10 ans de prison ainsi que celle de Surachai Danwattanusorn, du groupe Red Siam, condamné à 12 ans et six mois d'emprisonnement.
Cela permettrait également de libérer l'indomptable Darunee Charnchoensilpakul (Da Torpedo), condamné à 15 ans pour des commentaires qu'elle a faits en 2008. Il est remarquable que Da ne soit pas oubliée.
Les victimes de la loi de lèse-majesté et leurs partisans gardent naturellement bon espoir que ces prisonniers politiques soient bientôt libérés. Mais les royalistes seraient furieux car ils fonctionnent avec une mentalité féodale qui exige la punition pour ceux qui pensent différemment.

 

Photos ci dessous: 1 Somyot, 2 Surachai, 3 Da Torpedo

Somyot Pechabun

 

Surachai

 

Da

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 06:06

Le vendredi 19 Avril, quatre prisonniers chemises rouges ont été libérés sous caution de la prison de Laksi à Bangkok alors qu'ils ont fait appel de leurs condamnations pour l'incendie criminel de l'Hôtel de ville d'Udon Thani qui a eu lieu le 19 mai 2010.
La Cour provinciale d'Udon Thani a accepté de libérer Arthit Saithong, Kittipong Chaikung, Daycha Komkhum et Buarian Pangsa, après que sept témoins aient appuyés les demandes de libération sous caution. Bien que confrontée à de lourdes peines allant jusqu'à 22 ans, ces quatre hommes se sont engagés à prouver leur innocence lors du jugement en appel.
M. Daycha Komkhum pense que les Chemises rouges ont été utilisés comme boucs émissaires dans cet incendie criminel. Les acquittements récents des Chemises rouges Saichon Paebua et Pinit Chanarong, accusées de l'incendie criminel de Central World à Bangkok, vont dans le sens de la théorie de Daycha.
Dans son cas, Daycha a été arrêté un mois après l'incendie criminel sur la base d'une photo qui le montrait transportant ce qu'il prétend être une bouteille d'eau.
Il a affirmé que la police cherchait à tout prix des coupables, même s'il n'y avait pas de preuves contre eux.
Des militants chemises rouges et la présidente de l'UDD, Tida Tawornseth, ont été accueillir les quatre prisonniers à leur sortie de prison. Ils passèrent le reste de la journée entre amis au siège de l'UDD. Daycha a dit qu'il allait rejoindre sa femme et sa fille à Udon Thani.
Source: http://thairedshirts.org/2013/04/22/bailed-red-shirt-prisoners-to-fight-for-innocence/

 

Photo ci-dessous: la présidente de l'UDD, Tida Tawornseth (au milieu sur la photo)

Thida

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21 avril 2013 7 21 /04 /avril /2013 11:43

Un article de Giles Ji Ungpakorn, exilé politique thaïlandais

Lien de l’article:

http://redthaisocialist.com/francais/411-les-marionnettes-dansent-sur-lair-de-larmee.html

Alors que la Première ministre de Thaïlande, Yingluk, posait avec le sourire, main dans la main avec le Boucher de Bahreïn, Hamad bin Isa bin Salman Al Khalifa, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères Surapong Tovichakchaikul a joué un jeu nationaliste extrême avec le Cambodge à propos du temple de Preah Vihear.
Le temple de Preah Vihear a été construit par les Khmers, dans le style khmer, lorsque les Khmers contrôlaient un grand empire couvrant la zone qui est aujourd'hui la Thaïlande, le Cambodge et le Laos. Il appartient au Cambodge. Presque tout ce que la classe dirigeante thaïlandaise revendique comme étant "Thaï" a été copié sur les Khmers, y compris la langue royale et l'architecture dite de style thaïlandais. Sukotai était une ville khmère avec un roi khmer. Ayutthaya a également eu quelques rois khmers. Par conséquent, lorsque ces idiots de Chemises jaunes nationalistes et les militaires demandent que "le territoire thaïlandais" soit rendu, ils ne font que jouer sur un mythe imbécile. C'est un mythe fait pour détourner l'attention sur l'inégalité, l'exploitation et la répression au sein de la société thaïlandaise.
Au lieu d'aller de l'avant afin de développer conjointement Preah Vihear comme monument historique et lieu touristique, pour le bénéfice pacifique de ceux qui vivent des deux côtés de la frontière, comme c'était le cas avant le coup d'Etat militaire de 2006, le ministre thaïlandais des Affaires étrangères, Surapong Tovichakchaikul, est maintenant en train de danser comme une marionnette sur l'air de l'armée ultra-nationaliste.
La dispute enfantine pour quelques mètres carrés de terrain autour du temple serait risible si des gens n'étaient pas déjà morts pour cela. Qui se soucie de qui possède réellement un lopin de terre sur le sommet de la montagne? Les gens normaux ne devraient pas s'en préoccuper. Mais les classes dirigeantes de Thaïlande et du Cambodge s'en préoccupent. Ils s'en soucient car il s'agit de montrer leur force politique et militaire. Mais n'oubliez jamais que c'est exactement ce pouvoir de l'État qui est utilisé pour exploiter, réprimer ou assassiner les citoyens thaïlandais et cambodgiens ordinaires dans leur propre pays.
Par conséquent, les ultra-nationalistes qui agitent le drapeau thaïlandais sur Preah Vihear et qui comprennent malheureusement quelques Chemises rouges et le gouvernement Pua Thai, agissent simplement comme des serviteurs de l'élite thaïlandaise. C'est l'équivalent intellectuel de ramper sur le sol.
Ce que nous voyons aujourd'hui, c'est que le gouvernement Pua Thai de Yingluk soutient le rôle de l'armée dans la société. La même armée a tué des manifestants pro-démocratie dans les rues à 5 reprises de mémoire d'homme. Des assassins comme le général Prayut Junocha sont autorisés à avoir une opinion publique sur les affaires étrangères.
L'armée peut disposer de nombreuses chaînes de télévision pour son propre usage, sous prétexte de "sécurité intérieure". Le contrôle des médias par l'armée thaïlandaise accroît son influence sur la politique et rempli les poches des hauts gradés corrompus. Leur influence sur les conseils d'administration des entreprises publiques sert le même but. Ce contrôle et cette influence proviennent tous les deux de périodes de dictature militaire dans le passé.
Les soi-disant "pourparlers de paix" dans le Sud sont dominés par les forces de sécurité. Ce n’est évidemment pas pour trouver une solution politique à la répression de l'État thaïlandais des musulmans malais. Il s'agit de souligner la sécurité intérieure.
Même la mal-nommée Commission Nationale des Droits de l'Homme est remplie d'officiers de l’armée et de la police.
L'utilisation continue de la lèse-majesté par le gouvernement Pua Thai et le refus d'abandonner cette loi barbare et de libérer les prisonniers politiques, est une autre façon d'amadouer l'armée. L'armée utilise le Roi pour légitimer toutes ses mauvaises actions et a besoin de la lèse-majesté pour se protéger. Bien sûr, les politiciens d'affaires du Pua Thai, comme Taksin, veulent aussi utiliser le Roi.
Récemment, le vice-Premier ministre et politicien gangster, Chalerm Yubamrung, a annoncé sa version d'une loi d'amnistie qui effacerait l'ardoise des généraux et les politiciens qui ont tué des Chemises rouges pro-démocratie. Cela permettrait aussi à Taksin de revenir en Thaïlande. En fait, une telle loi serait inutile, puisque, dans la pratique, les meurtriers des Chemises rouges jouissent actuellement d'une immunité totale.
Le fait que Yingluk ait serré la main du tyran sanguinaire de Bahreïn est symbolique. Cela légitime les massacres des manifestants pro-démocratie à Bahreïn et en Thaïlande.
Dans les pays qui avaient des antécédents de dictatures militaires, comme la Turquie ou de l'Argentine, des gouvernements démocratiquement élus ont sérieusement réduit le budget de l'armée et punis les généraux. Ce n'est pas que le Pua Thai "n'ose pas" le faire de peur de provoquer un coup d'Etat. C'est ce que le gouvernement veut promouvoir délibérément le rôle de l'armée dans la vie politique. Ce sont devenu des marionnettes qui dansent volontiers sur l'air des militaires. Pua Thai est le nouveau parti de l'armée et il fait un bien meilleur travail que le Parti Démocrate parce qu'il a été élu démocratiquement et peut contrôler le mouvement des Chemises rouges.

Giles Ji Ungpakorn

 

Lien pour en savoir plus sur Giles Ji Ungpakorn:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-un-refugie-politique-pour-lese-majeste-giles-ji-ungpakorn-107494514.html

 

Photo ci-dessous: Le temple de Preah Vihear

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