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24 mars 2012 6 24 /03 /mars /2012 08:47

Voici trois lettres de Somyot écrite durant son incarcération :

La première a été écrite le 2 mai 2011, quelques jours après son arrestation, alors que le gouvernement non élu d’Abhisit Vejjajiva, responsable du massacre d’avril/mai 2010, était encore au pouvoir : 

Lettre de Somyot Preuksakasemsuk à toutes les organisations des droits de l'homme
Le contenu de l'article 112 est vague et contient des lacunes qui ont été exploitées par des gens corrompus en vue de neutraliser d'autres personnes. Dans une société au bord de l'affrontement, ces arrestations sont de nature à placer la monarchie en confrontation directe avec les gens.
Auparavant, plusieurs des principaux dirigeants des Chemises rouges ont été accusés d'avoir commis le crime de lèse-majesté, des radios communautaires ont été fermées et des sites internet bloqués pour empêcher les gens d'obtenir les informations. Cela a abouti à mon arrestation et à l'injuste action juridique qui en découle.
Ainsi, je suis juste une victime de l'abus du droit, une victime du jeu politique dans la lutte acharnée entre le mouvement démocratique et la dictature qui doit passer par des élections.
Je suis une cible que les pouvoirs corrompus, qui se qui proclament de moralité et de charisme supérieurs, veulent apprivoiser afin de maintenir leurs pouvoirs corrompus.
Je ne serais pas la dernière victime aussi longtemps que nous continuons à vivre sous cette règle qui est essentiellement celle d'une dictature, mais qui est présentée comme une démocratie au monde.
Je lutterai pour la liberté jusqu'à mon dernier souffle.
Je suis prêt à renoncer à ma liberté, mais certainement pas à mon humanité.
1. Je n'ai jamais cherché à fuir. Dans mon combat politique, j'ai subi la pression de plusieurs inculpations par des agences gouvernementales, y compris dans une affaire de diffamation contre moi de la part du général Saprang Kalanamitra, ancien commandant de la troisième armée. Le général a été l'un des responsables du coup d'Etat de 2006 et a ensuite été nommé Secrétaire exécutif adjoint du Conseil de Sécurité Nationale (CNS). Après avoir lutté par le processus normal de la justice, j'ai été condamné à une peine d'emprisonnement avec sursis. Dans un autre procès en diffamation par la Commission Nationale Anti Corruption (CNAC), je me suis battu jusqu'à ce que la plainte ait été rejetée. Et jusqu'à mon arrestation je suis apparu en public normalement.
2. En Thaïlande, les travailleurs sont encore soumis à l'exploitation et les rôles des syndicats ont été supprimés. Ils ne sont pas autorisés à défendre un quelconque programme politique. Mais si les syndicats cherchaient à s'élever, ils risqueraient d'être accusés d'avoir commis une infraction selon l'article 112, tout comme moi. Le droit de signaler un cas de lèse-majesté en Thaïlande est a porté de tout le monde. Et statistiquement, pendant la période 2008-2011, près de 500 cas liés à cette infraction ont été admis à la Cour. La plupart des accusés dans ces affaires sont partisans des Chemises rouge. En conséquence, les prisons sont surpeuplées et maintenant l'accès aux services médicaux est gravement compromis. Je souffre beaucoup de la goutte chronique (inflammation douloureuse des articulations) et de plaies enflammées.
J'apprécie profondément votre effort d'écrire une lettre pour demander au gouvernement thaïlandais ma libération ainsi que celle d'autres prisonniers politiques. Ce que je demande est tout simplement un droit fondamental qui doit être accordé à tout être humain; le droit d'être mis en liberté provisoire. Je devrais avoir la liberté de penser et de m'exprimer aussi longtemps que la loi viole les droits des gens. Et pour garantir mon droit légitime à me défendre, il n'y a tout simplement aucune raison de me priver de ma liberté. S'il vous plaît tout le monde, écrivez aux gouvernements et aux organismes concernés. J'ai vraiment hâte d'être libéré ainsi que mes frères et sœurs emprisonnés. Bien que mes amis aient pris soin de moi au cours de mon incarcération, personne ne veut rester enchaîné pendant une longue période. Et après tout, une telle détention est un exercice de pouvoir abusif par l'Etat qui porte atteinte à la liberté de base de l'homme et à la dignité humaine. J'aspire à la même liberté que celle d’un citoyen ordinaire.
Solidairement vôtre,
Somyos Preuksakasemsuk

La deuxième a été écrite le 20 aout 2011, trois mois après son arrestation et un mois après l’arrivée du nouveau gouvernement de Yingluck Shinawatra, soutenu par les Chemises rouges, au pouvoir :

A ceux que cela peut concerner,

Je suis détenu à la prison de Bangkok en détention provisoire depuis le 30 avril 2011 pour violation de l'article 112 du Code pénal.

Je tiens à exprimer ma gratitude à ceux qui se sentent concernés, tant au niveau international qu'à l'intérieur du pays, au sujet de leur demande au gouvernement thaïlandais de libérer les prisonniers politiques.

Depuis plus de vingt ans, j'ai été impliqué dans la lutte des travailleurs thaïlandais afin de s'assurer qu'ils vivent avec dignité et soient exempts de la pauvreté.

Certains aspects que j'ai contribué à leur apporter ont été le droit à 90 jours de congé de maternité, le droit de travailler dans un environnement de travail sécuritaire (1996), le Social Security Act (1990). J'ai aussi aidé pour des questions du travail, y compris la rémunération de l'emploi ainsi que l'allocation de chômage (2003).

Les réalisations mentionnées ci-dessus ont été le résultat du mouvement ouvrier thaïlandais. Mon expérience m'a démontré que ces droits ne peuvent émerger qu'à la suite d'un processus démocratique mis en avant par les élections. Dans le passé, les gouvernements militaires ont toujours violé les droits et les libertés des travailleurs.

Un exemple de ceci est que lors du coup d'Etat du 23 Février 1991, le dirigeant syndical, Thanong Pho-aan a été enlevé et on l'a fait disparaître. Les syndicats d'entreprise commerciale de l'Etat ont été abolis et interdits, et la convention collective du secteur privé s'est détériorée.

A la suite du coup d'Etat du 19 Septembre 2006, le gouvernement militaire a modifié la loi de protection du travail qui légitimait l'emploi par des contrats de travail et a gelé le salaire minimum.

Après le putsch de 2006, j'ai commencé à participer au mouvement pro-démocratie contre les forces derrière le coup d'Etat et la junte militaire. Je voulais publier un magazine qui critiquerait vivement le coup d'Etat. Des gens se sont rassemblés pour former le Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (UDD), ou le mouvement des Chemises rouges, qui a organisé des manifestations et des rassemblements, jusqu'à ce que le gouvernement d'Abhisit utilise la force militaire pour l'anéantir en mai 2010. Au moins 91 personnes ont perdu la vie lors de cette répression. Durant cette période, mon magazine a également été censuré, et j'ai été arrêté et détenu dans un camp militaire pendant 21 jours alors que je n'avais pas commis d'infractions.

Après ma libération, j'ai fondé le magazine "Red Power" qui a vivement critiqué le gouvernement et ses politiques. Une des questions clés était que le gouvernement avait promis d'augmenter le salaire minimum à 250 bahts, mais n'a pas tenu sa promesse.

Red Power a aussi cherché à enquêter sur les incidents et les causes de la mort des 91 personnes ainsi que les autres causalités. Néanmoins, sa maison d'édition a été fermée en octobre 2010. Pour continuer l'impression de Red Power, nous avons dû déplacer notre base au Cambodge.

Après le coup d'État 19 Septembre 2006, un certain nombre de militants, de journalistes et de sympathisants chemise rouge ont été raflés et jetés en prison sous prétexte de loi lèse-majesté.

Les journalistes étrangers n'étaient pas autorisés à exercer leur droit à la liberté d'expression et au journalisme d'investigation. Les personnes détenues en attendant le procès ont été soumis à la torture et se sont vues refuser la liberté sous caution ce qui les privaient de leur droit à l'auto-défense.

Trois militants syndicaux ont été accusés de violation de la loi de lèse-majesté. M. Giles Ungpakorn et sa femme ont été forcés de vivre en exil au Royaume-Uni; Junya Yimprasert, dirigeante de la Thai Labour Campaign ne peut plus revenir en Thaïlande; Moi-même, Somyot Pruksakasemsuk, ancien directeur du Centre de Service d'information du Travail et de la Formation, est actuellement détenu sans droit à la liberté sous caution sous inculpation de lèse-majesté.

La majorité de la population thaïlandaise est endoctrinée à croire en "la démocratie avec le roi comme chef de l'Etat" et si quelqu’un exprime des opinions différentes ou est considéré comme une menace à l'institution, il est traité comme un ennemi de l'Etat.

Red Power est la seule plateforme qui permet aux individus d'exprimer librement leurs pensées et opinions. C'est pour cette raison que j'ai été arrêté et inculpé de lèse-majesté.

La loi a été utilisée comme un outil de répression pour supprimer le droit à la liberté d'expression. En outre, les personnes accusées de violer la loi se voient, pour la plupart, refuser la liberté sous caution, ce qui est en violation des normes internationales relatives aux droits humains.

En tant que prisonnier politique, l'incarcération me prive de tous mes droits et libertés. Je trouve que ma vie, qui est d'être simplement « un animal domestiqué dans une cage » est misérable. Les traumatismes physiques et mentaux me blessent gravement. Beaucoup de camarades prisonniers politiques comme moi ont inutilement perdu leur vie familiale ainsi que leur carrière.

J'ai été informé par des visiteurs que des militants des droits humains et des syndicalistes ont exigé la libération par le Gouvernement Royal thaïlandais de tous les prisonniers politiques. Votre mouvement signifie beaucoup pour les Thaïlandais. Il reflète la façon dont la communauté internationale s'efforce d'atteindre le but commun de forger une société pacifique, où chacun pourrait véritablement bénéficier du droit à l'égalité, la liberté et la démocratie.

Je crois fermement en la puissance collective et la solidarité de tous les syndicats et des gens concernés par la justice. Votre lutte pour réclamer la libération de tous les prisonniers politiques en Thaïlande est une première étape vers la démocratisation.

En solidarité,

Somyot Pruksakasemsuk

 

La troisième a été écrite le 1er janvier 2012 plus de 7 mois après son arrestation

Chers amis,
En référence à la campagne de 8 organisations internationales des droits de l'Homme d'Asie, d'Europe et du Canada qui ont demandé ma libération au gouvernement thaïlandais ainsi que la révision de la loi n° 112 (la loi de lèse-majesté), je suis très heureux et apprécie vraiment le mouvement significatif qui s’est développé pour protéger les droits humains et la démocratie en Thaïlande. La loi n° 112 est une loi criminelle qui est en place depuis longtemps. Elle conduit a de lourdes sanctions et a été utilisé pour diminuer la liberté et les droits du peuple thaïlandais. Dans les années passées, il y a eu environ 109 procès et plus de 10.000 sites Web qui ont été fermés en raison de la violation de cette loi. Beaucoup de gens inculpés de violation de cette loi ont souffert d'être arrêtés et emprisonnés pour de longues périodes sans traitement équitable, notamment celui du droit à la liberté sous caution. J'ai 50 ans et dans ma vie, j'ai vu quatre périodes de violence politique en Thaïlande. Il y a eu un nombre élevé d'assassinats de dirigeants étudiants, de politiciens et de syndicalistes en raison de la loi de lèse-majesté. En outre, beaucoup de gens ont été contraints à l'exil pour éviter une arrestation. Il s’agit de violations des droits de l'Homme qui sont ignorés par la société thaïlandaise. En raison de notre mouvement et des campagnes, impliquant des organisations internationales des droits humains, en collaboration avec des communautés universitaires et des syndicats, nous avons été en mesure d'alerter la société sur la nécessité de réviser la loi n° 112. Les Thaïlandais sont de plus habilités à recueillir leurs demandes pour l'abolition de cette loi, quelque chose que nous n'avons pas vu au cours des 50 dernières années.
Je vous demande vigoureusement de continuer à faire campagne contre cette loi, indépendamment des conséquences personnelles pour moi-même. Même si je devais passer ma vie entière comme prisonnier politique, je ne capitulerais jamais et ce, jusqu'à mon dernier souffle.
Ma foi dans la solidarité
Somyot Pruksakasemsuk

 

Ci-dessous : photo de Somyot prise le 19 décembre 2011 à Petchabun lors de son procès

 

Somyot-Pechabun.JPG

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 14:32

La Fédération Internationale des Journalistes (FIJ) a exhorté les autorités de Thaïlande à libérer Somyot Prueksakasemsuk, le rédacteur en chef de La Voix des Opprimés (Voix de Taksin), qui est emprisonné en vertu de la loi thaïlandaise de lèse-majesté. Le journaliste, qui a été arrêté le 30 Avril 2011, est accusé d’avoir publié des articles qui auraient fait des références négatives au monarque.

« Nous sommes profondément préoccupés par le bien-être de notre collègue qui a été détenu pendant près d'un an, malgré son mauvais état de santé», a déclaré le président de la FIJ, Jim Boumelha. « Somyot est innocent jusqu'à preuve du contraire et ne présente aucun risque pour l'ordre public. Il n’y a tout simplement aucune raison de lui refuser la liberté sous caution afin qu'il puisse se faire soigner. »

Somyot, qui est aussi un militant syndicaliste important en Thaïlande, a été arrêté le 30 avril 2011 à cause de la publication dans son magasine de deux articles dont les autorités prétendent qu’ils offensent le monarque au pouvoir du pays. Il a été accusé de délit de lèse-majesté, un crime qui peut conduire à 30 ans d'emprisonnement, et s’est vu à plusieurs reprises refuser la liberté sous caution.

Les rapports indiquent que son procès, qui a débuté en novembre de l'année dernière, a eu lieu devant des juridictions pénales en dehors de Bangkok dans les provinces de Sa Kaeo, Petchabun et Nakorn Sawan. Il s’est plaint de son traitement pendant sa détention, notamment d’avoir été contraint de rester debout dans un camion cellulaire lors des déplacements aux audiences des différents tribunaux en dehors de la capitale, malgré sa goutte son hypertension.

Selon la FIJ, les conditions de détention de Soymot s’ajoutent à l'indignation contre l'usage persistant de la loi archaïque de lèse-majesté qui manque de clarté et peut être utilisée pour réprimer la dissidence légitime dans le pays.

La Fédération soutient le Rapporteur spécial des Nations Unies sur la Liberté d'Expression, Frank La Rue, qui a appelé en octobre 2011 à la réforme de cette loi, notant que « la menace d'une longue peine de prison et l'imprécision sur ce qui pourrait constituer une diffamation, insulte, ou menace pour la monarchie, encourage l'auto-censure et étouffe les débats importants sur des questions d'intérêt public, mettant ainsi en péril le droit à la liberté d'opinion et d'expression ».

«Nous croyons que le cas de la réforme de cette loi est nécessaire à la survie de la liberté de presse et du pluralisme démocratique en Thaïlande», a ajouté Boumelha. «La détention de Somyot a mis à nu l'abus flagrant de la législation à des fins politiques. »



Pour plus d'informations, s'il vous plaît contactez la FIJ au + 32 2 235 22 07
La FIJ représente plus de 600.000 journalistes dans 134 pays

 

Lien : http://www.ifj.org/en/articles/ifj-calls-for-immediate-release-of-senior-journalist-in-thailand

Photo ci-dessous : couverture du magasine Red Power de juillet 2011

 

Red-Power.JPG

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22 mars 2012 4 22 /03 /mars /2012 13:28

Voici un exemplaire de lettre de soutien à envoyer :

Votre Excellence,
Je vous écris pour vous parler du procès à venir et du maintien en détention de Somyot Prueksakasemsuk qui est jugé suite à des accusations de lèse-majesté. Son procès se déroule actuellement. Il a commencé le 21 Novembre 2011 et se terminera le 4 mai 2012. Somyot pourrait faire face à une peine maximale de 30 ans d'emprisonnement. Cela fait onze mois qu’il est en détention provisoire depuis son arrestation par des fonctionnaires du ministère des enquêtes spéciales en avril 2011.
La Constitution thaïlandaise reconnaît le droit à un procès rapide et équitable. Nous sommes préoccupés par le fait que Somyot Prueksakasemsuk ne bénéficie pas de ces droits fondamentaux. Nous pensons que le déplacement des audiences à travers la Thaïlande sans raison évidente apporte un risque grave et inutile pour la santé et la sécurité de Somyot. Nous croyons que le refus de la liberté sous caution fait parti d'une campagne de harcèlement et d'intimidation à l’encontre des défenseurs des droits de l'homme en Thaïlande. Nous demandons aux autorités judiciaires thaïlandaises de garantir que les droits de Somyot Prueksakasemsuk soient maintenus pendant sa détention et qu'il lui soit accordé le droit à un procès équitable, y compris le droit à la liberté sous caution ainsi que la tenue des audiences au tribunal de Bangkok.
Nous vous rappelons respectueusement que la Déclaration des Nations Unies sur le droit et la responsabilité des individus, groupes et organes de la société de promouvoir et protéger les droits humains universellement reconnus et les libertés fondamentales, a été adoptée par consensus par l'Assemblée générale des Nations Unies le 9 décembre 1998 et qu’elle reconnaît la légitimité des activités des défenseurs des droits de l'homme, leur droit à la liberté d'association de même qu’elle invite les États membres à veiller à ce qu'ils puissent mener leurs activités sans crainte de représailles.
Nous vous demandons de veiller à ce que Somyot Prueksakasemsuk soit libéré. A défaut de sa libération immédiate et inconditionnelle, nous demandons que Somyot Prueksakasemsuk puisse bénéficier de son droit à la liberté sous caution, conformément aux normes d'un procès équitable en vertu du droit national et international;
Les audiences suivantes se dérouleront à Bangkok, y compris celle des témoins de l'accusation qui ont déjà été entendu le 13 février dernier.
Les défenseurs des droits de l'homme en Thaïlande, en particulier ceux qui luttent pour la liberté d'expression,  doivent avoir la possibilité de mener à bien leurs actions légitimes en faveur des droits humains sans crainte de représailles. Ils devraient être aussi libres de toutes restrictions, y compris celle du harcèlement judiciaire.
Cordialement

Voici les deux adresse ou envoyer votre lettre :

The President of the Supreme Court of Justice of Thailand
6 Ratchadamnoen Nai Road,
Prabarommaharatchawang, Phranakorn

Thaïlande

HE Ms Yingluck Shinawatra
Prime Minister of the Kingdom of Thailand
Government House
Pitsanulok Road, Dusit District
Bangkok 10300

Thaïlande

Vous pouvez aussi envoyer cette lettre à somyot.righttobail@gmail.com

 

 

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 13:38

Biographie de Somyot Prueksakasemsuk

Un article de Sukanya Prueksakasemsuk

 

Adolescent, Somyot Prueksakasemsuk rejoint le mouvement syndical thaïlandais lorsqu’il commence ses études à l’Université de Ramkhamhang à Bangkok. Dans le cadre du mouvement étudiant, il participe à la lutte pour la démocratie dans les années 1970, prenant part aux manifestations de 1976.

Ci-dessous : photo de Somyot quand il était à l’université et publiait le livre de l'année des étudiants.

. 

Somyot1

 

 

Somyot a alors commencé à travailler au sein du mouvement ouvrier comme militant des

droits humains, travaillant pour des ONG et des organisations de travailleurs qui militaient pour les droits fondamentaux et l'amélioration des salaires et des conditions de travail. Pendant ce temps, il a soutenu les travailleurs de Thai-Belgium, Par Garment et Keder, célèbre victimes d'un incendie industriel, et lancé une campagne nationale pour les droits de maternité en Thaïlande.

 

Ci-dessous : photo de Somyot quand il a été arrêté au cours de la campagne de grève contre les bas salaires des petites usines de Omnoi (zone de la banlieue de Bangkok).

 

Somyot2

 

Ci-dessous : 2 photos de Somyot quand il a rejoint les organisations internationales du travail et offert une formation aux syndicats d'usine.

 

Somyot3Somyot3bis

 

Durant les années 1980 Somyot créé le Centre de Service d'Information du Travail et de la Formation (Centre for Labor Information Service and Training CLIST), mis en place pour assurer la formation nécessaire ainsi que pour donner des conseils aux syndicats locaux qui travaillent dans les zones industrielles de la région de Bangkok dans des secteurs aussi divers que l'automobile, les produits chimiques, l'habillement et les secteurs de l'énergie. Ce travail a été réalisé en collaboration avec un large éventail d’organisations de droits de l'homme et syndicales, tant au niveau national qu’international, bâtissant un réseau bien respecté de militants et d’activistes.

 

Somyot4.pngSomyot4bis





En 2005 Somyot se tourne vers l'édition, un vieux rêve. Il créé une maison d’édition ancrée à gauche et lance le Magazine « Siam Praritat », publie des livres de poche qui expliquent le mouvement ouvrier thaïlandais, et des thèmes politiques nationaux comme la démocratie et la justice sociale. Ces publications fournissent des informations et points de vue sur le système thaïlandais, ce dernier n’étant souvent pas bien compris dans le pays et à l'étranger. Dans le cadre du travail de diffusion de sa société, Somyot organise une série de débats publics et de séminaires et utilise des forums en ligne et des blogs pour engager les gens plus largement sur les questions de la vie politique thaïlandaise, du travail et de la justice sociale.

 

Ci-dessous : 2 photos de Somyot visitant la Corée du Sud ou il a étudié le mouvement du travail coréen

 

Somyot5.pngSomyot5bis

 

Pendant cette période Somyot rejoint l’organisation démocratique thaïlandaise, Nor Por Chor plus connu sous le nom de Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (les Chemises rouges) et devient le porte-parole pour les questions de justice sociale et de démocratie en Thaïlande. Mais les autorités thaïlandaises de l’époque (gouvernement d’Abhisit Vejjajiva) essayent de saboter le travail de Somyot et, en 2010, bloquent le compte bancaire de son magazine. Celui-ci est finalement arrêté et détenu en vertu du décret d’urgence d’Abhisit dans une prison militaire en mai et juin 2010, puis est finalement libéré suite à des pressions internationales ainsi que dans le pays.

Le 30 avril 2011, Somyot est de nouveau arrêté à Aranyaprathet, une ville de Thaïlande située à la frontière avec le Cambodge et inculpé de violation de l'article 112 (Loi de Lèse Majesté). L’accusation s’appuie sur deux articles publiés dans « 
Voice of Thaksin » (la Voix de Thaksin), le magazine publié par Somyot. Ces articles ont été écrits par un autre auteur. Sa demande de libération sous caution est refusée, au motif que le tribunal estime qu'il aurait l'intention de s'échapper de Thaïlande. La peine maximale pour ces faits est de 15 ans, et constitue un crime grave contre la nation et le roi.

 

 

Somyot6.pngSomyot6bis

 

 

Somyot n'a pas écrit ces articles, et pourtant il est détenu depuis 11 mois. 7 demandes de libération sous caution ont été refusées.

 

 

Somyot7.pngSomyot7bis

 

 

Somyot a subi un traitement cruel et inhumain tout au long de sa détention. Celle-ci est conçue pour lui causer un maximum de dégâts physiques et psychologiques en le déplaçant à travers toute la Thaïlande pour participer aux auditions des témoins à charge dans quatre différentes provinces (la prison provinciale de Sakaew en novembre 2011, la prison provinciale de Petchaboon en décembre 2011, la prison provinciale de Nakornsawan en janvier 2012 et, pour finir, la prison provinciale de Songkla en février 2012) en dépit du fait que tous les témoins soient basés à Bangkok. Il a parcouru plus de 4.000 kilomètres transportés dans des fourgons cellulaires, enchaînés par des chaînes métalliques pesant plus de 10kg.

 

Ci-dessous : photos de Somyot prises par des groupes de soutien, « Démocratie 24 Juin » et « Liberté pour Somyot » (Free Somyot)

 

 

Somyot8Somyot8bis

 

 

Le 27 Juin 2011, une action de protestation a été organisée en Thaïlande par l'Organisation des Travailleurs pour la Démocratie (WOD) en face de la maison d’arrêt pour les prisonniers en détention provisoire de Bangkok.

 

 

Somyot9

 

 

Le syndicat coréen des travailleurs des services de santé et de médecine (Korean Health & Medical Wokers' Union - KHMU) a rapporté le 11 Juillet 2011, que des travailleurs syndicalistes faisaient grève pour réclamer la libération de Somyot en face de l’ambassade de Thaïlande à Séoul ou un homme faisait un piquet de grève pendant 2 heures. Le KHMU est membre de la Confédération Coréenne des Syndicats (KCTU). Les piquets de grève d’un homme se sont poursuivis pendant 14 jours consécutifs.

  

 

Somyot10Somyot10bis

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21 mars 2012 3 21 /03 /mars /2012 13:28

Cher tous, amis et camarades.
S'il vous plaît aidez à faire circuler ce communiqué de presse aux médias de votre pays ainsi qu'à vos amis et associés
Nous avons besoin de votre soutien lors des prochains mois pour intensifier la campagne Free Somyot (liberté pour Somyot) et pendant les procès d'avril/mai 2012
http://freesomyot.wordpress.com/2012/03/12/press-release-free-somyot-pruksakasemsuk/~~V
Communiqué de presse! Free Somyot Pruksakasemsuk
LIBERTÉ POUR SOMYOT PRUKSAKASEMSUK
L'éditeur thaïlandais est toujours emprisonné pour des accusations de lèse-majesté
Dans le monde entier, des partisans intensifient leur action pour libérer le Thaïlandais Somyot Pruksakasemsuk. Le militant vétéran de la démocratie et des droits des travailleurs est en prison depuis avril 2011 pour lèse-majesté. Il est emprisonné uniquement sous le régime de la détention provisoire. À ce jour, les accusations portées contre lui n'ont pas été prouvées. Dans tous les cas, il n'est pas accusé d'avoir lui-même écrit les articles en question. Il est uniquement inculpé de "publication et de diffusion" de deux articles dans le journal "Voice of Thaksin", dont il était le rédacteur en chef, mais pas l'éditeur. L'acte d'accusation allègue que ce faisant, il a "osé diffamer, insulter et menacer Sa Majesté le Roi Bhumipol Adulyadej du Royaume de Thaïlande". Les textes complets de ces deux articles sont inclus dans l'acte d'accusation. Les témoins experts ont témoigné qu'ils ne se réfèrent pas au roi ou à d'autres membres de la famille royale thaïlandaise.
Le procès a mis Somyot, âgé de 50 ans, sous une grande pression physique et psychologique. Le tribunal a insisté pour le déplacer d'une province à une autre lors de l'audition des témoins à charge, même si tous les témoins sont en fait basés à Bangkok. En tout, il a été transporté plus de 4000 kilomètres dans des fourgons cellulaires. Il est obligé de porter des chaînes de métal pesant plus de 10kg.
La libération sous caution de Somyot est donc devenue une priorité pour ses partisans. Mais la liberté sous caution a été refusée à sept reprises - la dernière fois en février 2012, juste après la grève de la faim du fils de Somyot, Tai, pendant 112 heures pour exiger la libération de son père. La longueur du jeûne était une référence à l'article 112 du Code criminel de Thaïlande, qui prescrit des peines sévères pour les actes de lèse-majesté. S'il est reconnu coupable, Somyot pourrait faire face à 15 ans d'emprisonnement pour chacun des deux articles publiés.
La loi lèse-majesté de Thaïlande a été critiquée localement et à l'étranger. En décembre 2011, par exemple, le Haut Commissariat pour les droits de l'homme a exprimé son inquiétude sur "les procès en cours et les peines sévères de personnes reconnues coupables de lèse-majesté en Thaïlande et l'effet paralysant que cela peut avoir sur la liberté d'expression dans le pays". Des journalistes thaïlandais et étrangers sont tombés sous le coup de cette loi. En décembre dernier, le blogueur américain Joe Gordon a été condamné à deux ans et demi de prison sous l'inculpation d'utilisation de l'Internet pour diffuser des informations qui insultaient la monarchie thaïlandaise. En 2009, des correspondants étrangers basés à Bangkok ont été parmi les personnes interrogées par la police après qu'une plainte pour lèse-majesté ait été déposée contre l'ensemble du conseil du Club des Correspondants Étrangers de Thaïlande.
Somyot Pruksakasemsuk est bien connu dans le mouvement syndical international pour son travail novateur sur l'organisation des syndicats en Thaïlande et dans d'autres pays nouvellement industrialisés. Son emprisonnement a suscité des protestations de travailleurs à la fois en Thaïlande et à l'étranger. En novembre 2011, les organisations, y compris la "Clean Clothes Campaign" et l'Alliance de Presse du Sud-est Asiatique ont écrit une lettre conjointe au Premier ministre thaïlandais Yingluck Shinawatra, appelant à la suppression des accusations portées contre Somyot ou à sa liberté provisoire. Ils ont également demandé que la loi thaïlandaise de lèse-majesté soit revue, afin de "s'assurer de sa conformité avec les obligations internationales en matière des droits de l'homme de Thaïlande.
Pour informations:
• Des mises à jour régulières du procès sont disponibles sur le site de la campagne, ainsi que des articles ou vidéo des entrevues avec Somyot, son fils Tai, ses avocats et partisans, et des documents biographiques. Lien:
http://freesomyot.wordpress.com/
• Il y a une page spéciale sur Facebook: Lien: http://www.facebook.com/pages/Free-Somyot/122999694453000?ref=ts
• La campagne peut fournir des copies de l'acte d'accusation contre Somyot dans la version officielle thaïlandaise ainsi qu'une traduction en anglais.
• Des photos non copyright de Somyot en prison et au tribunal sont disponibles sur demande, ainsi que des photos de ses campagnes et de sa carrière dans l'organisation.
• Depuis le 15 novembre 2011 une lettre de la "Clean Clothes Campaign" et d'autres organisations au Premier ministre thaïlandais est en ligne. Lien:
http://www.cleanclothes.org/component/docman/doc_download/46-ua-thailand-somyot-15-11 -2011
• La note du Point de Presse de l'ONU du 9 décembre 2011 est aussi en ligne. Lien:
http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=11704
&;LangID=E
Contacts de personnes:
Anglophone: Sukanya Pruksakasemsuk, tél. + 66 81 847 5132
Thaïophone: Jitra Kotchadej, tél. + 66 87 020 6672

 

 

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