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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 16:13

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/10/05/what-do-we-see-when-we-compare-the-6th-october-massacre-with-todays-crisis/

 

Le massacre du 6 octobre 1976 à l'Université Thammasart était une tentative de la classe dirigeante thaïlandaise afin d'écraser le grandissant mouvement de gauche qui s'était développé suite à la révolte victorieuse contre la dictature militaire trois ans plus tôt.

Un point important sur ​​le mouvement des années 1973-1976 était que, pour lui, la démocratie et l'égalité économique ne pouvaient pas être séparés. Le soulèvement de 1973 était un mouvement de protestation contre la dictature, mais aussi contre les politiques néo-libérales répressives des gouvernements militaires, lorsque les dirigeants et les élites s'enrichissaient alors que les salaires restaient stagnants et que le développement rural était quasiment inexistant. Les événements étaient étroitement liés avec les grèves et les protestations des travailleurs et des paysans. Les étudiants et les travailleurs ont soutenu le Parti Communiste, car ce parti était à la fois contre la dictature et l'injustice économique.

La crise politique actuelle et les successions de coups d'Etat militaires et judiciaires depuis 2006, sont également le résultat de la révolte contre les inégalités économiques par la masse de la population. Mais c'est une révolte sous une forme différente. Depuis l'effondrement du Parti Communiste, la gauche est devenue trop faible pour exprimer les frustrations des gens ordinaires qui travaillent dans les villes et les villages. C'est le grand homme d'affaires Taksin qui a ouvert une boîte de Pandore en proposant des politiques concrètes afin de moderniser le pays après la crise économique de 1996. Ces politiques incluaient un régime universel de services de soins de la santé et la création d'emplois. Taksin a déclaré que la majorité des gens qui étaient pauvres étaient des potentielles parties prenantes, et non pas un fardeau pour la société. La majorité de la population a répondu avec enthousiasme parce qu'auparavant la classe dirigeante faisait payer les pauvres pour la crise. Même lorsque l'économie était en plein essor, les salaires n'augmentaient jamais aussi vite que les énormes profits générés par les affaires et la population n'avait jamais été respectée par les élites. Cette alliance entre Taksin et l'électorat est vite devenue intolérable pour les conservateurs, les militaires et les classes moyennes. La dictature actuelle cherche à revenir sur la politique universelle et gratuite des soins de santé et veut faire payer les gens pour les traitements hospitaliers. Elle s'oppose à la hausse des salaires, ne voulant pas donner aux gens un salaire décent, et favorise l'idéologie d'extrême droite d'économie de suffisance du roi.

Un autre point important, quand on regarde vers les années 1970, est la question de l'organisation. Le Parti Communiste a entrepris de bâtir un parti de masse sur la base de sa version stalinienne et maoïste de la politique de gauche. Lorsque le parti a été défait dans les années 1980, certains de ses anciens membres ont tourné le dos à l'organisation politique et à la théorie politique consciente. Ils ont rejeté la nécessité de prendre le pouvoir. Certains ont rejoint le parti Thai Rak Thai de Taksin, certains sont devenus membres des ONG et d'autres sont devenus des hommes d'affaires royalistes et réactionnaires ou des universitaires. Les leçons sur la façon de construire un parti politique de masse ont été perdues. Les Chemises rouges ont construit un mouvement de masse pour la démocratie, souvent de niveau local, mais la direction était entre les mains de l'UDD qui suivait Taksin. Maintenant que Taksin et Yingluk ont capitulé devant l'armée pour leurs propres fins, les Chemises rouges de la base sont perdus sur la façon de lutter contre la dictature.

Un troisième point important à considérer, quand on observe le 6 octobre 1976 et la situation d'aujourd'hui, est la brutalité de la classe dirigeante thaïlandaise. Depuis les années 1970, encore et encore, jusqu'au massacre des Chemises rouges par l'armée en 2010, la classe dirigeante thaïlandaise a été préparée pour noyer dans le sang tout mouvement pour la liberté, la démocratie et l'égalité économique. C'est sa vraie nature. Elle utilise la violence contre le peuple thaïlandais afin de protéger ses intérêts de classe. Pourtant, certains idiots occidentaux parlent encore de la façon dont les "Thaïs cherchent à éviter la confrontation".

Les classes moyennes ont soutenu la dictature brutale en 1976, certains ont jubilé ouvertement quand les étudiants ont été suspendus à des arbres et brûlés vifs. Aujourd'hui, elles soutiennent la dictature et ont pris part à des actes de violence pour empêcher les élections. Elles sont heureuses de voir les militants pro-démocratie incarcérés dans les prisons.

Le massacre du 6 octobre 1976, et la défaite finale des communistes dix ans plus tard, a ouvert la porte à une forme de politique de l'argent basée sur le système patron-client. Cela n'a commencé à changer qu'après le soulèvement de 1992 contre une autre dictature, la crise économique de 1996, la rédaction d'une nouvelle constitution et enfin la création du Thai Rak Thai.

Maintenant, les militaires, main dans la main avec leurs amis réactionnaires, veulent revenir à nouveau en arrière avec leurs anti-réformes.

Il n'est donc pas étonnant que la junte et les autorités universitaires réactionnaires ont interdit les manifestations commémoratives annuelles pour le 6 octobre et interdit tous les séminaires publics sur la démocratie. Ils veulent enterrer l'histoire de notre lutte.

Des étudiants massacrés par les fascistes le 6 octobre 1976

Des étudiants massacrés par les fascistes le 6 octobre 1976

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5 octobre 2014 7 05 /10 /octobre /2014 08:46

Un article de Thai Political Prisoners

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https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/09/29/denying-lese-majeste-charges/

 

Le Bangkok Post rapporte qu'un autre détenu pour lèse-majesté a été promené entre la prison et le tribunal. Prasit Chaisisa, un ancien député élu du Parti Pua Thai de Surin, a défilé de la prison au tribunal lundi. Il a nié devant la Cour pénale "avoir insulté la monarchie". Son procès devrait commencer le 20 février prochain.

Prasit a été accusé de lèse-majesté "pour un discours prononcé lors d'un meeting du Front Uni pour la Démocratie contre la Dictature (l'UDD) à l'Imperial Lad Phrao (Bangkok) le 7 mai dernier". L'ancien commandement des opérations de sécurité intérieure anti-communiste a jugé que son discours était "une insulte envers la monarchie" et l'a dénoncé.

L'ancien député ne fera pas de nouveau face à la cour ni aux témoins avant le 20 février prochain. Il a été arrêté le 29 mai dernier. En d'autres termes, il aura été maintenu en prison sans liberté sous caution pendant neuf mois avant que son procès ne commence. Encore une fois, ces longues détentions sans accès adéquat à des avocats en raison du refus de libération sous caution, équivalent à un traitement inhumain.

Prasit Chaisisa embarqué par des policiers

Prasit Chaisisa embarqué par des policiers

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4 octobre 2014 6 04 /10 /octobre /2014 17:41

Le 15 septembre dernier, David Miller, 24 ans, et Hannah Witheridge, 23 ans, ont été assassiné sur l’ile de Koh Tao en Thaïlande. Il semble que deux hommes ont violés la jeune femme après avoir tué le jeune homme qui essayait de la défendre. Ensuite, après le viol, ils ont tués la femme.

Les policiers chargés de l’enquête (des policiers de Surat Thani) ont d’abord accusé des immigrés birmans d’être responsables du meurtre, puis ensuite ont affirmé qu’un autre touriste anglais les avait assassinés par jalousie, puis, après le témoignage d’un jeune écossais affirmant que deux Thaïlandais avaient suivis la jeune touriste anglaise sur la plage le soir du meurtre, ont prétendu poursuivre l’enquête en demandant aux deux Thaïlandais des exemplaires de leurs ADN que ces derniers ont refusé de leur donner et ont ensuite été menacer le jeune écossais de mort (il a dû fuir l’ile et le pays suite à cela). Enfin, ils terminent l’enquête en arrêtant deux jeunes immigres birmans et en les torturant pour qu’ils avouent.

Donc, bien sûr, nous sommes en droit de nous poser quelques questions.

Pourquoi les deux Thaïlandais qui ont menacé Sean McAnna, le jeune témoin écossais qui a vu qu'ils suivaient Hannah Witheridge, la touriste anglaise violée et assassinée, la nuit du meurtre, et qui ont refusé de donner un échantillon de leur ADN à la police, n'ont-ils pas été arrêtés?

Et pourquoi Sean McAnna, le témoin, a-t-il dû fuir en Thaïlande après son témoignage à la police?

La photo des deux Thaïlandais publié par Sean McAnna sur sa page facebook

La photo des deux Thaïlandais publié par Sean McAnna sur sa page facebook

Le fait que ces deux Thaïlandais aient refusé de donner un échantillon de leur ADN à la police prouve deux choses:

1 - Ils sont plus puissants que les policiers qui n'avaient aucun moyen de les obliger à le faire.

2 - Ils ont quelque chose à cacher.

Certains soupçonnent que ces deux Thaïlandais aurait auparavant été des gardes du PDRC durant la fermeture de Bangkok entre novembre 2013 et mai 2014 par ce mouvement antidémocratique. Le chef du PDRC était Suthep Thaugsuban, le politicien mafieux de la province de Surat Thani dont l'ile de Koh Tao fait partie. La fermeture de Bangkok par le PDRC a donné au général Prayuth le prétexte qu'il fallait pour organiser son coup d'Etat et prendre le pouvoir. Ceci pourrait expliquer cela de plus que Prayuth s’est mêlé à deux reprises à l’enquête, la première en faisant une affirmation comme quoi les touristes qui se promenaient en bikini sur la plage le faisaient à leurs risques et périls et la deuxième tout récemment en affirmant que les deux boucs émissaires birmans étaient les coupables. Mais les deux pauvres jeunes birmans risquent d'être condamnés à la peine de mort pour cela.

Les deux gamins birmans qui risquent de payer pour un crime commis par des Thaïlandais

Les deux gamins birmans qui risquent de payer pour un crime commis par des Thaïlandais

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3 octobre 2014 5 03 /10 /octobre /2014 13:29

Suite aux viols et aux meurtres de Koh Tao et de Phuket, la réponse de la junte est de mettre un bracelet électronique à tous les touristes (et aussi, selon certaines rumeurs, à tous les expats).

En France, le placement sous surveillance électronique mobile est un régime de surveillance électronique instauré par la loi de décembre 2005 sur la récidive des infractions pénales. Instauré par la loi de décembre 2005 sur la récidive, il a été élargi à la "surveillance de sûreté" par la loi sur la rétention de sûreté de février 2008.

Donc, placer un touriste sous surveillance électronique mobile équivaudrait à le considérer comme un criminel. Le fait de mettre en place un couvre-feu spécial-touristes à 10 heures du soir ne ferait que conforter ce sentiment.

De plus, la junte cherche à faire démarrer le Tour de France... en Thaïlande... Oui j'ai bien dit en Thaïlande... comme si le Tour de France pouvait se transformer par l'intermédiaire d'une baguette magique en "Tour de Thaïlande"...

La junte militaire thaïlandaise semble tomber dans la folie furieuse et cela devient sérieusement inquiétant, aussi bien pour les touristes que pour les expatriés...

 

Sources:

Sur les bracelets électroniques et le couvre-feu pour les touristes:

http://fr.wikipedia.org/wiki/Placement_sous_surveillance_%C3%A9lectronique_mobile_en_France

http://www.therakyatpost.com/world/2014/09/30/thailand-mulls-id-wristbands-curfews-tourists/#ixzz3EmVac8He

http://french.ruvr.ru/news/2014_09_30/La-Thailande-veut-equiper-les-touristes-de-bracelets-didentification-0175/

 

Sur le Tour de France en Thaïlande:

http://www.bangkokpost.com/news/sports/435527/thailand-in-talks-to-host-tour-de-france

http://www.tatnews.org/tour-de-france-held-thailand-next-year/

Un bracelet électronique

Un bracelet électronique

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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 10:39

Un article de The Isaan Record

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http://isaanrecord.com/2014/09/28/reconciliation-trainings-target-northeastern-villages/

 

Khon Kaen - Dans un pavillon du temple, 60 villageois chemises rouges regardent l'image projetée d'une bougie sur un écran. Une femme, membre du personnel militaire, a demandé à chacun de fermer les yeux, garder le silence et méditer pendant qu'elle lisait à haute voix.

"Comment est-ce que nous avons gardé une emprise sur notre pays et évité d'être colonisés par un autre pays? C'est parce que notre roi a protégé notre nation", selon elle. "Si des étrangers viennent détruire notre pays, nous allons nous battre jusqu'à la mort. Nous devons protéger notre terre et nous devons nous aimer les uns les autres comme dans un pays uni".

Après la brève méditation, un groupe de soldats a conduit les villageois dans une danse synchronisée, scandant des noms de fruits et balançant les hanches de gauche à droite.

Ces activités faisaient partie d'une formation menée récemment à Khon Kaen dans le cadre d'une grande tournée de réunions de trois jours dans les villages à travers l'Isaan. Le gouvernement militaire a convoqué ces camps d'entraînement complets avec des conférences, des spectacles et des exercices physiques, dans le but de dissoudre les tensions politiques qu'ils citent comme raison du coup d'Etat du 22 mai. Mais les villageois d'ici disent que l'événement a évité de mentionner les clivages politiques du pays et n'a pas réussi à répondre aux préoccupations économiques de la population du Nord-Est.

Ce "Projet de renforcement de la stabilité au niveau du village", organisé par le Commandement des opérations de sécurité interne (ISOC), débute chaque matin à 8 heures avec un salut au drapeau national. Le personnel militaire et les haut-parleurs donnent des conférences sur des sujets couvrant leurs objectifs pour la réconciliation et l'importance de la monarchie en Thaïlande. La nuit, l'armée organise des matchs de football villageois-contre-soldat, sert un dîner, et projette le film nationaliste "La Légende du Roi Naresuan."

Les événements au niveau du village font partie de la deuxième phase de la campagne de l'armée afin d'unifier le pays. À la fin mai, la junte a ordonné la création de ce qu'on appelle des "centres de réconciliation" dans chaque province afin d'aider à stabiliser la situation politique. Ils ont maintenant porté leurs efforts de réconciliation dans les fiefs des partisans de l'ancien gouvernement.

"Le but de l'événement est de dispenser les couleurs de la communauté et de fournir un programme d'unité", a déclaré l'entraîneur en chef de l'événement. Il a estimé que les seize formations qu'il a organisé avaient eu 80% de réussite.

Lorsqu'on lui a demandé si certains des participants avaient exprimé leur opposition au coup d'État ou au gouvernement militaire, il a répondu: "Ils n'oseraient pas!" Et, le cas échéant faire, a-t-il dit, "Eh bien, nous recommencerions à nouveau."

Cependant, les villageois et les dirigeants de la communauté disent que l'événement ne répondait pas à leurs préoccupations les plus pressantes.

"Tout ce que nous voulons, c'est la démocratie et il n'y aura jamais plus de démocratie à la suite d'un coup d'Etat", a déclaré un responsable de la communauté après que la Formation pour la Réconciliation ait quitté les lieux. "Aucun gouvernement né d'un coup d'Etat n'a jamais gouverné démocratiquement."

Les représentants des trois villages ont assisté à l'événement, et presque tous les villageois présents étaient des Chemises rouges qui se sentent plus libres d'exprimer leurs opinions politiques. Les drapeaux rouges, t-shirts et affiches ne sont plus exposés au public dans leurs maisons, mais les villageois n'ont pas renoncé à leur loyauté envers le mouvement pro-démocratie.

Bien que l'entraîneur en chef ait affirmé que le but de l'événement etait de mettre fin à la fracture entre Rouge et Jaune, les haut-parleurs n'ont pas une seule fois abordé la politique de couleur.

"L'armée voulait que les gens sachent ce qu'ils faisaient et s'assurer que les gens ne s'y opposent pas. C'est leur version de "réconciliation", dit un chef de village qui a participé à la formation. "Les autres activités étaient secondaires, comme le soulagement du stress en chantant des chansons."

La formation a également échoué à répondre aux questions des villageois au sujet de la position du nouveau gouvernement sur les programmes de subventions agricoles et les autres politiques de bien-être que ces villageois considèrent essentiel pour le processus de réconciliation.

"Quels sont les problèmes de la population en Isaan? Le prix du riz et les prix des autres cultures qu'ils produisent. Si nous pouvons les vendre bien, alors nous avons de la liquidité ", dit un vendeur de fruits dans le village, qui a demandé à être nommé Joy.

Les soldats ont consacré une session à l'économie de suffisance, une initiative royalement soutenu qui encourage les agriculteurs à la durabilité et la modération. Ils ont demandé à Martin Wheeler, un Anglais agriculteur dans l'Isaan, de charmer la foule avec des plaisanteries burlesques en faisant l'éloge du modèle d'économie de suffisance en langue isaan, le dialecte régional (NDT: Martin Wheeler, un Anglais pro-chemise jaune qui parle parfaitement le lao, avait auparavant soutenu le coup d'Etat de 2006 et le gouvernement d'Abhisit. Il vit en Isaan depuis 1993).

Mais, selon le chef de la communauté villageoise, son village connaît bien les principes de l'économie de suffisance, et lui et ses voisins attendent impatiemment d'entendre comment le nouveau gouvernement va soutenir leur travail agricole. Avec le riz qui se vent maintenant à seulement 12 bahts le kilo sur le marché local, de nombreux producteurs de riz du coin atteignent juste le seuil de rentabilité.

"Les villageois ne savent pas de qui dépendre maintenant", explique le chef de la communauté. "Nous ne voyons pas de transparence dans les règles militaires et nous n'avons aucun moyen d'examiner ce gouvernement." Dans le même temps, il ne pense pas qu'il puisse parler ouvertement de son opposition au coup d'État.

Les militaires termineront leurs formations de réconciliation au niveau du village à la fin de ce mois. Selon l'entraîneur en chef, la prochaine phase de la réconciliation entraînera un examen interne des évaluations des manifestations des villageois.

Les soldats jouent de la musique pour les villageois lors d'une tournée de la réconciliation au Nord-Est

Les soldats jouent de la musique pour les villageois lors d'une tournée de la réconciliation au Nord-Est

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1 octobre 2014 3 01 /10 /octobre /2014 13:00

Un article de Peter Zsombor

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http://www.cambodiadaily.com/news/thai-student-activist-seeks-asylum-in-cambodia-68356/

 

Un ressortissant thaïlandais recherché par l'armée thaïlandaise pour offense à la monarchie de son pays se cache au Cambodge et a demandé l'asile politique au gouvernement, selon un agent de l'immigration.

Ekkapob Luara, un militant étudiant, est recherché pour avoir prétendument violé la draconienne loi de lèse-majesté de Thaïlande, qui transforme tous les débats sur la question du statut de la famille royale thaïlandaise en crime.

Selon le Bangkok Post, M. Ekkapob était l'une des 28 personnes pour lesquelles le tribunal militaire de Bangkok avait approuvé des mandats d'arrêt en juin dernier pour avoir omis de se déclarer au Conseil National pour la Paix et l'Ordre, qui est au pouvoir dans le pays depuis que l'armée thaïlandaise a renversé le gouvernement élu en mai 2014.

Mardi dernier, Kerm Sarin, qui dirige le bureau de réfugié au département de l'immigration du ministère de l'Intérieur, a confirmé que M. Ekkapob, surnommé aussi Tang Achiva, était au Cambodge et demandait l'asile.

"Nous connaissons cette personne", a déclaré M. Sarin. "Il a demandé l'asile. Sa demande est en cours de procédure. Nous avons vérifié des informations concernant son pays d'origine.

Nous devons savoir si c'est un cas réel, et pourquoi il demande l'asile," a-t-il ajouté. "Nous devons savoir toutes les choses."

M. Sarin a dit qu'il ne se souvenait pas quand M. Ekkapob avait déposé sa demande d'asile ni ne savait combien de temps il faudrait pour évaluer sa demande, mais a ajouté que l'activiste vivait actuellement au Cambodge.

Dans un article publié dimanche dans "The Japan Times", Pavin Chachavalpongpun, un universitaire thaïlandais vivant maintenant à Kyoto, au Japon, et qui connait M. Ekkapob, a déclaré qu'il avait récemment été en contact avec le militant, qui dit-il est au Cambodge sous la protection du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

M. Pavin, qui est lui-même recherché par la police thaïlandaise pour ne pas s'être rendu à la convocation de la junte, a déclaré que M. Ekkapob prétendait être surveillé par des agents de l'armée thaïlandaise, et se cachait à Sihanoukville depuis le mois dernier. M. Pavin a aussi déclaré qu'un ami de l'activiste avait été contraint de révéler où se trouvait M. Ekkapob après avoir été arrêté en Thaïlande, et que l'ami a appris que l'armée thaïlandaise avait reçu un "feu vert" du Cambodge afin de l'appréhender et le rapatrier.

Contacté lundi par courriel, M. Pavin, un critique virulent de la junte thaïlandaise, a ajouté qu'il avait parlé avec M. Ekkapob la semaine dernière mais avait depuis perdu le contact. Il a expliqué que M. Ekkapob lui avait dit que des clients thaïlandais séjournant dans son hôtel de Sihanoukville avaient cherchés à se renseigner sur lui.

"Les clients ont parlé thaïlandais et ont posé beaucoup de questions à son sujet au propriétaire", a déclaré M. Pavin. "Peut-être qu'ils voulaient le suivre afin de découvrir d'autres fugitifs."

M. Sarin, du ministère de l'Immigration, a nié les accusations comme quoi le Cambodge aurait donné la permission à la Thaïlande d'enlever M. Ekkapob. Il a refusé de commenter quoi que ce soit sur le rôle de l'UNHCR dans ce cas, mais a affirmé que l'agence était toujours informé lorsque des demandeurs d'asile étaient interrogés au Cambodge.

"Dans l'ensemble du processus, l'ONU est toujours impliqué chaque fois que nous faisons ces entretiens," a-t-il dit.

Un porte-parole régional du HCR à Bangkok a indiqué que l'agence ne voulait faire aucun commentaire sur les cas individuels.

Le porte-parole de l'armée thaïlandaise, le colonel Werachon Sukondhadhpatipak, n'a pas pu être contacté.

En juin, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères cambodgien, Koy Kuong, avait nié qu'un autre opposant thaïlandais, Jakrapob Penkair, était dans le pays, quelques jours après que ce dernier ait donné une interview à un journaliste à Phnom Penh.

M. Jakrapob, l'un des fondateurs du mouvement pro-démocratie "chemise rouge" de Thaïlande ainsi qu'un ancien porte-parole du Premier ministre thaïlandais évincé Thaksin Shinawatra, était, à l'époque, à la recherche d'un pays d'accueil pour mettre en place un gouvernement thaïlandais en exil. Le Premier ministre Hun Sen, en dépit de ses liens chaleureux avec M. Thaksin, avait clairement indiqué qu'il ne permettrait pas à un gouvernement thaïlandais en exil de s'enraciner au Cambodge.

Depuis le coup d'Etat de mai dernier, la junte thaïlandaise a été accusée de cibler les membres et les partisans du gouvernement renversé en mettant en place un régime de plus en plus répressif.

Amnesty International affirme que plus de 570 personnes ont reçu l'ordre de se rendre aux autorités dans les jours qui ont suivi la prise de pouvoir. Dans un rapport publié plus tôt ce mois-ci, Amnesty avait également déclaré que la junte avait inculpé un nombre "sans précédent" de personnes, 14 en moins de quatre mois, pour des délits de lèse-majesté.

Pavin Chachavalpongpun

Pavin Chachavalpongpun

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30 septembre 2014 2 30 /09 /septembre /2014 06:12

Un article de Giles Ji Ungpakorn
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https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/09/28/the-disappointment-of-seri-thai/

Lorsque le Mouvement Seri Thai (Thaï Libre) a été lancé à la fin de juin de cette année, il a soulevé les espoirs de nombreux Thaïlandais pro-démocratie, tant à l'intérieur du pays qu'à l'extérieur. Il a soulevé mes propres espoirs.
Ce fut particulièrement le cas depuis que Taksin, Yingluk et leur Parti Pua Thai avaient clairement capitulé devant les militaires, gardant l'espoir d'un règlement avec eux à l'avenir. C'était également important parce que la direction de l'UDD avait cessé ses activités et qu’il y avait un vide de leadership parmi les Chemises rouges.
Cependant, il y avait des doutes sérieux soulevés par les quelques personnes qui faisaient partie de Seri Thai dès le début. On pouvait craindre que ce n'était juste qu'un spectacle de trois hommes, sans aucune appartenance politique ni base solide. On se posait des questions sur ce que Seri Thai allait faire exactement et sur son manifeste politique.
Alors que le temps a passé ces doutes ont augmenté.
Lors des 3 derniers mois, Seri Thai n'a presque rien fait. Ils ont fait pression sur l'Union Européenne et soi-disant "parlé à l'Organisation des Nations Unies". Mais rien n'a été fait pour organiser les gens de manière efficace afin de lutter contre la junte en Thaïlande. Un temps précieux ainsi que l'élan de base ont été perdus.
On peut faire pression sur les gouvernements étrangers tout comme ils l'ont fait, mais sans résistance de masse à l'intérieur de la Thaïlande, la dictature ne pourra pas être renversée.
Un manifeste anti-dictature doit comporter des propositions pour établir des normes de droits de l'homme. Cela signifie de préciser que les dirigeants de la junte doivent être traduits en justice pour assassinat de masse et destruction de la démocratie. Cela signifie qu'il devrait y avoir une déclaration claire pour réclamer la suppression de la lèse-majesté et la libération de tous les prisonniers politiques. Cela signifie qu'il devrait y avoir une intention claire de réduire le rôle de l'armée dans la société.
Un dirigeant de Seri Thai semblait croire que le rôle de l'organisation n'était que d'agir comme un autre groupe des droits de l'homme, et non pas comme noyau et potentiel de leadership d'un mouvement pro-démocratie de masse. Cela semble être la réalité de Seri Thai. Compte tenu de l'absence de véritable adhésion, il est douteux que cela puisse même être appelé une "organisation".
Ce qui se passe chez certains groupes de Chemises rouges thaïlandais d'Europe, des Etats-Unis et d'autres pays, c'est qu'ils ont simplement changé leur nom de "Chemises rouges" en "Seri Thai" sans aucun nouveau plan d'action. Ce qui est aussi inquiétant, c'est que le sectarisme de certains groupes chemises rouges s'est transféré dans ces groupes Seri Thai auto-établis. Au lieu de bâtir un gigantesque front uni des opposants à la junte militaire, ils souhaitent exclure les gens, étouffer le débat et s'en tenir à leurs "positions" au sein de leurs groupes. Heureusement, ce n'est pas le cas partout, mais c'est un problème.
Les problèmes de Seri Thai poussent aussi à une croyance erronée comme quoi les gens en Thaïlande ne pourraient pas lutter contre la dictature à cause de toutes les restrictions et les menaces qui pèsent sur les militants. Mais des gens luttent, en particulier les étudiants. Aucune semaine ne se passe sans que certaines formes de résistance ne se produisent comme des affiches ou des tentatives pour organiser des séminaires. Cela démontre que si des membres de la direction des Chemises rouges ou de Seri Thai montraient l'exemple et faisaient preuve de leadership pour propager la résistance à petite échelle, cela encouragerait plus de gens à résister aux militaires. Cette résistance devrait être soigneusement planifiée et exécutée avec prudence, mais cela pourrait se faire. Partout dans le monde des millions de personnes se sont organisé secrètement contre des dictatures militaires brutales dans le passé. En Thaïlande, le Parti communiste a mené une sérieuse lutte contre l'armée dans les années 1970.
Ce serait une erreur de penser que tout est perdu. Des millions de Thaïlandais détestent la dictature et les élites. En fait, c'est l'opinion de la majorité. Nous le savons grâce aux résultats des élections répétées, à l'importance du mouvement chemise rouge et aux premières manifestations anti-putschistes. Ce qui est désespérément nécessaire c'est une organisation et un leadership.

Charupong Ruangsuwan, dirigeant de Seri Thai

Charupong Ruangsuwan, dirigeant de Seri Thai

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29 septembre 2014 1 29 /09 /septembre /2014 15:31

Déclaration du Haut-Commissariat des Nations Unies pour les Droits de l'Homme sur la Thaïlande

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http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=15085&LangID=E

 

Nous sommes très déçus par la décision de la Cour d'appel en Thaïlande qui a confirmé, le 19 septembre dernier, le verdict de culpabilité et la condamnation de l'éditeur et militant Somyot Pruksakasemsuk en Thaïlande. M. Somyot, l'éditeur de la revue Voix de Taksin, a été condamné en vertu de la loi de lèse-majesté après que le magazine ait publié deux articles jugés offensants pour le roi. En 2013, il avait été condamné à 11 ans de prison, et cette sentence a été confirmée le vendredi 19 septembre dernier. Les autorités n'ont ni informé l'avocat de M. Somyot ni sa famille de la date du verdict d'appel, les empêchant ainsi d'assister au procès.

En 2013, le Haut-Commissaire avait exprimé publiquement ses inquiétudes profondes au sujet de la condamnation extrêmement sévère de M. Somyot en disant que celle-ci signifiait un revers pour la protection et la promotion des droits de l'homme en Thaïlande. Le Groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire a conclu que la détention de Somyot était arbitraire et appelé le gouvernement de Thaïlande à le libérer.

Depuis le coup d'Etat le 22 mai, selon les informations dont nous disposons, le nombre de personnes en détention en vertu de la loi de lèse-majesté est passé de 6 à 22, avec huit autres personnes faisant face à des accusations, mais qui ne sont actuellement pas en garde à vue. Nous réitérons notre appel au gouvernement militaire pour qu'il restaure l'espace de libre expression ainsi que le dialogue avec le public, en conformité avec les obligations internationales de la Thaïlande.

Somyot Pruksakasemsuk

Somyot Pruksakasemsuk

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28 septembre 2014 7 28 /09 /septembre /2014 07:53

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/09/26/thailands-shame/

 

Des photos nues de la touriste britannique abusée et assassinée ont été diffusées dans les médias sociaux par certains thaïlandais méprisables. Il est difficile d'imaginer la mentalité derrière ces actes. Cela me confirme que, pour beaucoup de gens dans la société pervertie de la Thaïlande, le respect des êtres humains n'est pas encore à l'ordre du jour.

Ces photos ont été prises par des agents de police thaïlandais et partagées à partir de leurs téléphones cellulaires. C'est une honte!

Mais la honte de la police thaïlandaise ne s'arrête pas là. Ils n'ont pas réussi à sécuriser les lieux du crime, ce qui compromet les preuves médico-légales. Ils n'ont pas tardé à accuser à tort les travailleurs migrants. Ils évitent d'affronter un parrain de la mafia locale. Comment vont-ils résoudre ce cas?

Pour couronner le tout, le chef de la junte thaïlandaise, Prayut, a laissé entendre que les victimes étaient responsables du crime parce qu'elles n'étaient pas habillées convenablement.

C'est la honte de la Thaïlande !!!

La police thaïlandaise recueillant l'ADN de travailleurs migrants birmans dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat des deux touristes britanniques à Koh Tao

La police thaïlandaise recueillant l'ADN de travailleurs migrants birmans dans le cadre de l'enquête sur l'assassinat des deux touristes britanniques à Koh Tao

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 09:27

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/09/24/inequality-in-biscuit-tin-land/

 

L'Office national de l'économie et du développement social a publié une étude récente qui a montré que près d'un quart de la population thaïlandaise (15,6 millions de personnes) vivent dans la pauvreté. Dans le même temps, 0,1% des élites les plus riches possèdent près de la moitié des actifs de la nation. Les riches propriétaires possèdent près de 80% des terres tandis que les 20% les plus pauvres n'en disposent que de 0,3%. Les Thaïs qui font partie du top des 10% gagnent 40% du revenu global, tandis les 10% les plus pauvres n'en gagnent que 1,6%.

Nous savons que le Roi est l'homme le plus riche de Thaïlande et l'un des hommes les plus riches du monde. Pourtant, il a l'audace de faire la leçon aux citoyens avec son idéologie néo-libérale "d'économie de suffisance", où les pauvres doivent apprendre à vivre selon leurs moyens. D'autres millionnaires thaïlandais approuvent ce credo tout en mettant leur museau dans l'auge.

La junte militaire de Prayut a, comme d'habitude, adopté cette idéologie réactionnaire comme une importante pierre angulaire de sa politique.

Cette semaine, il a été annoncé que les fonds publics pour le régime de soins de santé universels, créés par le gouvernement de Taksin, seraient gelés. Ils espèrent ouvrir la voie à un système de co-paiement pour remplacer les soins de santé gratuits.

Auparavant, la junte avait elle-même contribué à une forte augmentation du budget militaire.

Les Thaïlandais utilisent l'expression "sous une coque de noix de coco" pour désigner le pays, où les gens sont forcés de se soumettre à des lobotomies politiques. Maintenant, la Thaïlande est devenue le "biscuit-tin land", après qu'un universitaire pro-démocratie ait assisté à une réunion de la direction de l'université en portant une boîte de biscuits sur la tête. Il protestait contre un collègue universitaire qui avait accepté une position supplémentaire avec la junte tout en conservant son poste universitaire. Le port d'une boîte de biscuits est maintenant devenu un nouveau symbole de résistance et la junte vient d'interdire un séminaire académique sur la question à la Faculté de droit de l'Université de Chiang Mai.

Après l'interdiction d'autres séminaires universitaires à Bangkok et des arrestations d'étudiants, Prayut, le dictateur au cerveau de biscuit, a annoncé qu'il n'y avait "pas de restriction à la liberté académique". Tout ce que la junte ordonnait, c'est que la politique ne devait pas être débattue. Il a poursuivi en expliquant que les gens étaient libres de discuter de ses propres enseignements en 12 points sur la nation, la religion et la monarchie.

Durant les manifestations de la classe moyenne réactionnaires qui ont saboté l'élection plus tôt cette année, on a beaucoup parlé de la "corruption de Taksin et de Yingluk". Cela a été repris par les médias étrangers, sans aucune analyse critique. Mais maintenant, le cumul des postes et donc de plusieurs salaires est devenue une épidémie nationale sous la junte. Un commissaire électoral, célèbre pour son refus d'organiser des élections en février soutenant ainsi les protestataires de la classe moyenne, vient de s'offrir un beau et cher voyage de shopping au Royaume-Uni en prétendant "observer" le référendum écossais. Tout cela s'est fait à la charge des contribuables. Mais il ne semble pas y avoir les mêmes protestations vis-à-vis de cette corruption-là.

Le népotisme non plus n'est pas abordé bien que Prayut ait nommé son propre frère à un poste élevé dans l'armée.

Les pratiques vicieuses et incompétentes habituelles de la police thaïlandaise corrompue ont été exposées lors des meurtres horribles de deux vacanciers britanniques. Mais ce qui se passe tous les jours et c'est l'expérience de la plupart des Thaïlandais, c'est que la police n'a jamais attrapé de vrais criminels, et que ses enquêtes se fondent uniquement sur l'arrestation des boucs émissaires habituels: les travailleurs migrants, les personnes pauvres ou les Chemises rouges. A plusieurs reprises la police s'est livrée à l'assassinat. Elle a assassiné l'avocat des droits de l'homme dans le sud, Somchai Neelapaijit, qui défendait un groupe de Malais musulmans torturés par la police.

Dans le "biscuit-tin land", l'impunité va de pair avec la corruption, la répression et l'inégalité néo-libérale.

"Biscuit-tin land" (pays des boîtes de biscuits)

"Biscuit-tin land" (pays des boîtes de biscuits)

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