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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 10:44

La Révolution thaïlandaise de 1973 a été décrite dans le livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais" de Sylvia et Jean Cattori.

Voici l'extrait du chapitre 1 du livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais" de Sylvia et Jean Cattori:

"Déployant vos ailes, fuyant cette ville

Oiseaux jaunes, vous nous avez quittés

Volant vers la liberté

Maintenant que votre vie s'est brisée

Comme vous vous élevez dans le ciel

Un nuage blanc demande qui vous êtes

Vos ailes luisent dans la lumière du soleil

De quelle couleur est le monde dont vous rêvez?"

(Poème de Vinay Ukrit à la mémoire des victimes du

soulèvement d'octobre 1973.)

Les dix jours qui ébranlèrent la Thaïlande

Le 6 octobre 1973, la dictature militaire fait arrêter onze personnes qui distribuent pacifiquement une pétition sur la place d'un marché de Bangkok. Rien de bien étrange apparemment dans un pays soumis au régime de la loi martiale. Et pourtant, c'est là l'étincelle qui va faire exploser un mécontentement longtemps accumulé. Dix jours plus tard, les trois dictateurs, le maréchal Prapass Charusathiara, Thanom Kittikachorn et son fils Narong seront contraints de s'enfuir sous la pression d'un soulèvement populaire dont l'ampleur n'a aucun précédent dans l'histoire de la Thaïlande.

Que réclament les hommes arrêtés? La promulgation de la Constitution tant de fois promise et toujours différée. Qui sont-ils? Quelques étudiants ou jeunes diplômés universitaires. Disposent-ils de quelque soutien? Oui, mais bien dérisoire à première vue face à la force des armes que détient la dictature: la pétition du "Mouvement pour la Constitution" qu'ils distribuent est signé par cent intellectuels et ils peuvent compter sur le soutien actif des quelque 100,000 étudiants universitaires du pays regroupés au sein du "National Student Center of Thailand" (N.S.C.T.).

Les dictateurs sont décidés à en finir avec ces étudiants qui défient depuis plusieurs mois l'arbitraire de leur pouvoir. "Il faut faire respecter la loi. Nous pouvons avoir à sacrifier quelque 2 % des centaines de milliers d'étudiants pour la survie du pays" déclare Prapass au cours d'une réunion (1). Excluant toute libération, il déclare publiquement que des livres "communistes" ont été saisis au domicile des inculpés. Mais, malgré l'hystérie anticommuniste entretenue par le pouvoir depuis des dizaines d'années, l'accusation trop souvent brandie ne porte plus. La revendication avancée par le "Mouvement pour la Constitution" est celle des droits démocratiques. Elle est claire pour tout le monde, y compris le petit peuple de Bangkok.

Le 9 octobre, les étudiants décident de boycotter les cours et de se rassembler aussi longtemps qu'il le faudra sur le campus de l'Université Thammasat. C'est par dizaines de milliers que les élèves affluent. La population leur témoigne son soutien par des dons d'argent et de nourriture.

Les dictateurs commencent à prendre avec inquiétude la vraie mesure du mouvement. La radio gouvernementale cherche alors à semer la confusion: elle répand le bruit que des "terroristes armés" sont mêlés aux manifestants.

Le N.S.C.T. lance un ultimatum: tous les prisonniers devront être libérés inconditionnellement faute de quoi une "action décisive" sera entreprise.

Des deux côtés on se prépare maintenant à l'affrontement. Le gouvernement met sur pied d'alerte l'armée et toutes les forces de sécurité.

Le 13 octobre, à l'échéance de l'ultimatum, la plus formidable manifestation qu'ait connue la Thaïlande se met en mouvement en direction du Monument à la Démocratie (plus familièrement appelé monument à la faillite de la démocratie). C'est un raz de marée: un demi-million de personnes. Le roi intervient, obtenant de Thanom la libération des prisonniers et la promesse de promulguer la nouvelle Constitution. Certains délégués du N.S.C.T. crient victoire et appellent à la dispersion. Mais pour d'autres, c'est trop peu ou trop tard.

Seksan Prasertkul, un des principaux dirigeants étudiants, se rend bien compte du danger qu'il y a à abandonner la position de force conquise, avant d'avoir obtenu la démission du gouvernement, alors qu'il y a encore des centaines de milliers de manifestants sur place, prêts à poursuivre la lutte. Quelles garanties ont-ils que le trio de dictateurs tienne ses promesses?

Dans la nuit, la tension ne cessant de monter, Seksan qui a pris le commandement de la manifestation dirige la foule vers la résidence du roi pour obtenir des assurances.

Un message du souverain est lu publiquement.

C'est l'aube du 14 octobre: les manifestants commencent à se disperser. Mais la police intervient. Des grenades lacrymogènes éclatent, on entend siffler des rafales d'armes automatiques. Les premières victimes tombent. Le bruit que "des étudiantes ont été battues à mort" se répand comme une traînée de poudre.

A Thammasat, on commence à fabriquer des cocktails Molotov. La radio diffuse des nouvelles falsifiées: les étudiants utiliseraient "des armes à feu contre les policiers". De sévères mesures de répression sont annoncées. En réalité, face aux soldats en armes et face aux tanks, la foule massée n'a guère que quelques bâtons.

Les rafales partent. Des gens se jettent au sol, rampant pour chercher un abri. Une centaine de corps restent sur le terrain. Dès lors, la manifestation vire à l'insurrection.

Le long de l'avenue Radjdamnoen où se concentrent les affrontements, les forces de police n'épargnent même pas les équipes de secours, mitraillées alors qu'elles cherchent à relever les corps. Les hôpitaux débordent de blessés. Parmi les victimes, il y a plus de gens du menu peuple que d'étudiants.

Malgré l'horreur, les scènes déchirantes, les hélicoptères qui tirent sur tout ce qui bouge, les manifestants défient les soldats avec une audace insensée. Ce n'est plus une insurrection étudiante mais un soulèvement populaire.

La colère de la foule se tourne contre les bâtiments publics, symboles de la corruption et d'un pouvoir détesté.

Sous la pression populaire grandissante, le roi annonce la démission de Thanom. L'armée se retire. L'affrontement va-t-il cesser?

Dans le feu du combat, la chute des trois dictateurs est clairement devenue le but de l'insurrection. Mais sont-ils vraiment tombés? Ce n'est pas l'avis de tous [...]

(1) Réunion du 8 octobre 1973 au Ministère de l'Intérieur

Sylvia et Jean Cattori

Lien de l’excellent site de nouvelles Arrêt sur Info dont Sylvia Cattori est la webmaster:

http://arretsurinfo.ch/

Le livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais" de Sylvia et Jean Cattori

Le livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais" de Sylvia et Jean Cattori

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 15:46

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/10/11/dont-let-the-military-off-the-hook-by-saying-that-the-king-ordered-the-6th-october-crack-down-and-other-state-atrocities/

 

Il est à la mode parmi de nombreux membres du mouvement pro-démocratie d’affirmer que le Roi Pumipon aurait ordonné le bain de sang du 6 octobre 1976 à l'Université Thammasart et aussi le massacre des Chemises rouges pro-démocratie désarmés en 2010. En dehors du fait que cela est faux, cela permet aux militaires et aux autres sections de l'élite d’être totalement hors du coup.

Pumipon est un monarque faible et sans caractère qui a passé sa vie inutile et privilégié dans une bulle, entouré par de serviles et rampants flagorneurs prétendant qu'il était un "dieu". Il est toujours resté muet sur les meurtres de civils innocents par les militaires. Pumipon est un outil volontaire de l'armée et cela lui a rapporté de grandes récompenses. Au cours de son règne, il a amassé tant de richesses à partir du travail des autres, qu'il est devenu l’homme le plus riche de Thaïlande. Pourtant, ce n’est pas lui qui ordonne aux militaires de faire quoi que ce soit. Ce sont les militaires qui lui disent quoi faire. Il est leur "sainte marionnette". L'armée peut alors prétendre agir dans l'intérêt de la monarchie. Le vrai pouvoir réside chez les militaires et dans les autres sections de l'élite politique, et non pas chez le Roi.

Si nous examinons les événements entourant le massacre de la gauche du 6 octobre 1976, il faut noter le contexte de la guerre froide et le fait que les Etats-Unis avaient perdu leur guerre d’Indochine. Il serait faux de penser qu'il y avait un plan bien coordonné, par une seule institution, qui aurait conduit aux événements du 6 octobre. Mettre trop d'accent sur le rôle de l'armée, de la monarchie ou d'un parti politique en particulier serait faire preuve d’une méconnaissance de la période. Ce qui est arrivé le 6 octobre a été le résultat d'un consensus entre l'ensemble de la classe dirigeante pour qui un système démocratique ouvert laissait trop de liberté à la gauche. Cependant, il est probable qu'il y avait aussi bien des accords que des désaccords au sein des cercles dirigeants sur la façon d’agir et sur qui devait agir. L'opinion générale comme quoi il faudrait utiliser "de violentes méthodes extra-parlementaires" a conduit à la création non coordonnée des différents groupes de droite fascisante.

La tournure des événements qui ont menés au 6 octobre contenait des éléments prévus et imprévus. Parmi ceux qui ont fait des plans spéciaux pour écraser la gauche et provoquer un coup d'État se trouvait une coalition de politiciens des partis de droite Chart Thai et Démocrate qui travaillaient avec des éléments de l’armée proches des anciens dictateurs Tanom et Prapart.

Certains observateurs de l'époque croyaient que la monarchie avait également soutenu l'idée d'un coup d'Etat, dans l'espoir d'arrêter l'élan vers la gauche, mais aussi afin d'empêcher le pouvoir de tomber aux mains des forces imprévisibles de la droite et de l’extrême-droite. D'autres pensent que les plans de la monarchie pour un coup d'Etat ont été contrecarrés par le groupe qui a effectivement pris le pouvoir. Cependant, la plupart des auteurs sont d'avis que la monarchie a contribué à légitimer le bain de sang dans un sens large, en montrant un soutien ouvert pour la droite. Cela serait étonnant qu’une monarchie ne supporte pas la droite alors que la gauche souhaite une république!

Le 5 octobre, la station radio Tank Corps et le journal d’extrême-droite Dao Sayam ont appelés à une mobilisation des forces de droite afin de "s’occuper" des étudiants. A la radio, les speakers ont exhorté les gens à "tuer... tuer... tuer"...

Le coup d'Etat militaire qui a effectivement mis eu lieu à 18 heures 30 dans l'après-midi du 6 Octobre n’a, en fait, pas mis en scène par Chart Thai et les factions de droite du Parti Démocrate ainsi que leurs alliés militaires. Au lieu de cela, c’est le "Conseil national de réforme administrative" (National Administrative Reform Council, sigle en anglais N.A.R.C.) de l’amiral Sangad Chaloryu, qui a pris le pouvoir et nommé par la suite Tanin Kraivichien au poste de premier ministre, cela afin d'empêcher le premier groupe qui souhaitait un coup d'Etat d’arriver à ses fins. Le N.A.R.C. a été soutenue par des factions de l'armée opposées à Tanom et Prapat.

L'image générale de la classe dirigeante qui se dégage pendant l'année 1976 est donc d'une part un degré d'unité sur la nécessité d'écraser la gauche, mais d’autre part une désunion sur la façon de le faire et, plus important encore, la façon de procéder après la cassure.

Pour paraphraser Karl Marx, la classe dirigeante thaïlandaise est et a toujours été un groupe de belligérants frères, unis dans leur haine de la gauche et des pauvres, mais se battant en permanence entre eux pour le pouvoir. Au milieu de ce tas de dégénérés se trouve le Roi qui, comme une fée impuissante sur un arbre de Noël, cherchait constamment à être du côté des vainqueurs.

Un journal de l’époque sur le massacre du 6 octobre 1976

Un journal de l’époque sur le massacre du 6 octobre 1976

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 09:54

Une déclaration de l’avocat de Yingluck Shinawatra

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https://www.facebook.com/NorrawitSocial/photos/a.1549753511949106.1073741827.1549395275318263/1650829345174855/?type=3&theater

 

Yingluck fait appel pour sa plainte contre le procureur général et trois procureurs de la Cour d'appel, bien qu’elle soit déçue d'avoir perdu l'occasion de présenter des preuves importantes.

Aujourd'hui (le 7 octobre 2015) M. Norrawit Larlaeng, représentant légal de Mlle Yingluck Shinawatra a déclaré que sa cliente insistait afin de faire appel pour son cas contre le procureur général et trois procureurs pour faute grave dans l'exercice de leur devoir. Après que Mlle Yingluck ait appris la décision de la Cour pénale, l'ancienne première ministre a insisté sur son droit à faire appel pour son cas à la Cour d'appel.

En outre, M. Norrawit a révélé que Mlle Yingluck était déçue d’avoir perdu l'occasion de présenter des preuves importantes préparées pour l'audience préliminaire, notamment un document relatif à la réunion conjointe entre la Commission nationale de lutte contre la corruption (NACC) et les procureurs de la Cour. Toutefois, lorsque la décision de la Cour a été de rejeter la poursuite, Mlle Yingluck a procédé à l'appel.

Voir aussi:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/09/yingluck-shinawatra-depose-une-plainte-a-la-cour-penale-contre-le-procureur-general.html

Yingluck Shinawatra et son avocat Norrawit Larlaeng

Yingluck Shinawatra et son avocat Norrawit Larlaeng

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 08:19

Un communiqué de presse de l’AFP

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http://www.afp.com/fr/agence/communiques-presse-newsletter/lafp-decerne-le-prix-kate-webb-une-journaliste-thailandaise

 

L’AFP a décerné le prix Kate Webb 2015 à Mutita Chuachang, journaliste thaïlandaise d’investigation, pour sa couverture indépendante des atteintes aux droits de l’homme dues à l’usage draconien de la loi royale sur la diffamation.

Rédactrice en chef adjointe du site d’informations en ligne Prachatai (http://www.prachatai.com/, http://www.prachatai.com/english/), pour lequel elle travaille depuis 2004, Mutita Chuachang couvre les affaires de lèse-majesté de manière rigoureuse en dépit de l’opacité du système juridique thaïlandais et de l’important tabou social qui pèse sur le sujet.

«Nous avons voulu distinguer Mutita pour la qualité et la profondeur de ses articles sur des sujets hautement sensibles en Thaïlande, un exercice particulièrement exigeant et compliqué compte tenu de l’environnement politique dans le pays», a déclaré Philippe Massonnet, directeur de l'AFP pour la région Asie-Pacifique.

Le Prix, qui comprend une bourse de 3.000 euros (3.400 $), récompense chaque année un journaliste de la région Asie-Pacifique pour son travail dans des circonstances difficiles ou dangereuses. Il a été créé en mémoire de Kate Webb, journaliste néo-zélandaise de l'Agence France-Presse décédée d'un cancer en 2007, à l'âge de 64 ans, qui s'est distinguée en couvrant de nombreux conflits dans la région.

«Je suis très émue et honorée de recevoir le Prix Kate Webb», a déclaré la journaliste âgée de 33 ans. «Mais il ne s’agit pas de moi, de mon site d’informations ou même de l’équipe qui contribue à ces reportages. L’essentiel est d’attirer l’attention du public dans une période difficile pour les droits de l’homme en Thaïlande. Quand nous avons écrit ces articles, nous n’avons pas cherché à être courageux – c’était quelque chose que nous devions faire et le site Prachatai m’a été d’un grand soutien».

«Nous sommes ravis qu’une journaliste thaïlandaise ait gagné le Prix cette année. L’Indochine était une région spéciale aux yeux de Kate», a indiqué Rachel Miller, la sœur de Kate Webb.

L’an dernier, la journaliste philippine Patricia Evangelista avait été choisie pour sa couverture d’une insurrection musulmane ainsi que pour un sujet consacré aux ravages du Typhon Haiyan. Le prix avait été remis pour la première fois en 2008 au Pakistanais Mushtaq Yusufzai pour ses reportages dans les zones tribales à la frontière afghane.

A propos du prix Kate Webb

Née en Nouvelle Zélande, Kate Webb a acquis une solide réputation de journaliste de terrain en couvrant guerres et événements historiques en Asie pendant une quarantaine d’années. Elle s’est fait un nom durant la guerre du Vietnam et a travaillé également au Cambodge, en Indonésie, en Thaïlande, aux Philippines, en Inde, en Corée du Sud et au Moyen-Orient. Elle était connue pour sa gentillesse et sa compassion et fut le mentor de nombre de jeunes journalistes asiatiques.

Le prix est géré par la Fondation AFP – une association à but non lucratif dont la mission est de promouvoir la liberté de la presse auprès des étudiants en journalisme dans les pays en développement – et par la famille Webb. Il a été remis pour la première fois en 2008.

A propos de l’AFP

L’AFP est une agence de presse mondiale fournissant une information rapide, vérifiée et complète en vidéo, texte, photo, multimédia et infographie sur les événements qui font l’actualité internationale. Des guerres et conflits à la politique, au sport, au spectacle jusqu’aux grands développements en matière de santé, de sciences ou de technologie. Ses 2.326 collaborateurs, de 80 nationalités différentes, répartis dans 150 pays, rendent compte en six langues de la marche de la planète, 24 heures sur 24.

Mutita Chuachang

Mutita Chuachang

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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 14:47

Une déclaration du Comité de protection des journalistes

Lien:

https://cpj.org/2015/10/in-thailand-cartoonist-detained-and-warned-he-coul.php

 

Dimanche dernier (le 4 octobre), les autorités de Thaïlande ont brièvement détenu Sakda Sae Lao, un caricaturiste de premier plan qui publie dans le journal local Thai Rath et lui ont signifié qu'il pourrait être poursuivi pour ses futurs dessins, selon les rapports de presse. Le Comité de protection des journalistes condamne ce harcèlement et appelle le Premier ministre Prayuth Chan-ocha à mettre fin à la campagne d'intimidation de son gouvernement militaire contre les journalistes.

Sakda embarqué par la police thaïlandaise

Sakda embarqué par la police thaïlandaise

Sakda, connu sous son nom de plume "Sia", a déclaré aux journalistes qu'il avait été interrogé pendant environ 90 minutes au siège de l'Armée royale thaïlandaise à Bangkok. Le caricaturiste a déclaré que les autorités militaires avaient critiqué plusieurs de ses dessins, dont un publié le 3 octobre qui se moquait du discours que Prayuth avait faite à l'Assemblée générale des Nations Unies, dans lequel le premier ministre auto-désigné affirmait son engagement à défendre les droits de l'homme.

"Les dessins satiriques de Sakda Sae Lao osaient dire la vérité sur le pouvoir alors que l’environnement médiatique est très réprimé en Thaïlande", a déclaré Shawn Crispin, le représentant du CPJ pour l’Asie du Sud-est. "La demande de monopole de la vérité de la junte thaïlandaise est aussi grotesque que sa prétention à la légitimité. Sakda devrait être autorisé à continuer à dessiner ses dessins de presse critiques sans crainte de représailles."

Selon les rapports de presse, c’est la deuxième fois depuis que l'armée a pris le pouvoir lors du coup d'Etat de mai 2014 que Sakda est convoqué pour ce que la junte appelle un "ajustement d'attitude". La première fois a eu lieu deux semaines après le coup d'Etat du 22 mai 2014. La junte de Thaïlande qui se dénomme elle-même le "Conseil national pour la paix et l'ordre", a fortement réprimé toutes les critiques des médias envers son coup d'Etat et sa dure gouvernance. Les autorités ont dit à Sakda qu’il ne serait pas puni pour ses dessins existants, mais qu'il pourrait être poursuivi si ses futures caricatures étaient perçues comme une déformation de la vérité.

La junte de Prayuth a récemment intensifié sa répression des médias. Un journaliste, Pravit Rojanaphruk, été maintenu en détention militaire pendant trois jours, le mois dernier, pour un tweet que les autorités considéraient comme critique vis-à-vis de Prayuth et du coup d'Etat. Pravit a été libéré sans inculpation mais il a été exigé comme condition de sa libération qu’il signe un formulaire ou il s’engageait à ne pas participer à des activités anti-junte sinon le pouvoir pourrait saisir ses biens personnels.

Un dessin de Sakda se moquant du général Prayuth

Un dessin de Sakda se moquant du général Prayuth

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 08:33

Il y a 39 ans, l’armée et la police thaïlandaise ainsi que des miliciens d’extrême droite massacraient les étudiants de l’Université Thammasat à Bangkok.

Voici un extrait de livre "Un coup d’Etat pour les riches" de Giles Ji Ungpakorn

Lien pour télécharger l’ensemble du livre:

http://redthaisocialist.com/download-/77-francais/671-un-coup-detat-pour-les-riches.html

 

Dans les premières heures du 6 octobre 1976, des policiers thaïlandais en uniforme se positionnèrent dans le parc du Musée National, voisin de l'université Thammasat et anéantirent d'une implacable grêle de balles d'armes automatiques, un rassemblement pacifique d'étudiants et de travailleurs sur le campus de cette dernière. Au même moment, une importante bande "de forces officieuses" d'ultra-droite, connues sous les noms de Scouts de Village, Krating Daeng et Nawapon, s'adonnèrent à une orgie de violence et de brutalité envers tous les gens à côté de l'entrée principale de l'université. Des étudiants et leurs partisans furent trainés en dehors de celle-ci et pendus aux arbres autour de Sanam Luang, d'autres furent brulés vivant devant le Ministère de la Justice tandis que la foule dansait autour des flammes. Des hommes et des femmes, morts ou vivants, furent soumis aux plus extrêmes comportements violents et dégradants.

Dès avant l'aube ce matin-là, les étudiants furent empêchés de quitter le campus par la police qui était positionnée à chaque porte. A l'intérieur du campus bouclé de l'université, la violence fut exécutée par des policiers lourdement armés de la Division de Suppression du Crime, de la Police de Patrouille des Frontières et des Unités de Forces Spéciales de la Police Métropolitaine. Des étudiants, hommes et femmes, désarmés qui avaient fuis les lieux initiaux de lourde fusillade pour se réfugier à l'intérieur du bâtiment de la faculté de commerce furent poursuivis et obligés de s'allonger face à terre sur le terrain de football, sans chemises. Des policiers en uniforme tiraient sans discontinuer à la mitrailleuse au-dessus de leurs têtes. La chaleur des tirs qui passaient au-dessus d'eux brula la peau de leurs dos nus. D'autres étudiants qui essayèrent de s'enfuir des bâtiments du campus par l'entrée arrière de l'université, furent traqués et abattus sans pitié.

Les actions de la police et de la foule d'extrême droite lors du 6 octobre furent l'aboutissement des tentatives par la classe dirigeante d'en terminer avec le développement d'un mouvement socialiste en Thaïlande. Les événements de l'université Thammasat furent suivis d'un coup d'état militaire qui amena au pouvoir un des gouvernements les plus à droite de l'histoire de la Thaïlande. Dans les jours qui ont suivis, les bureaux et les maisons des organisations subirent des raids. Les syndicalistes furent arrêtés et les droits syndicaux réduits. Les journaux de Gauche et de Centre Gauche furent supprimés et leurs bureaux mis à sac. Les partis politiques, les unions étudiantes et les organisations paysannes furent interdits. Le nouveau régime militaire communiqua une liste de 204 livres illicites. Les bibliothèques des universités furent fouillées et des livres furent confisqués et brulés publiquement. Quand l'entrepôt et la librairie de Sulak Sivaraksa furent mis à sac, on brula plus de 100 000 livres. En plus des ouvrages communistes évidents comme Marx, Engels, Lénine, Mao ou Jit Phumisak, des auteur comme Pridi Bhanomyong, Maxime Gorky, Julius Nyerere, Saneh Chamarik, Chai-anan Samudwanij, Charnvit Kasetsiri et Rangsan Tanapornpan apparurent sur la liste des livres interdits. Le désir de la classe dirigeante thaïlandaise de détruire le développement du mouvement socialiste, spécialement dans les zones urbaines, peut être compris en observant le climat politique de l'époque. Trois ans auparavant, le mouvement de masse du 14 octobre avait renversé les militaires, qui étaient au pouvoir depuis 1957. Cependant, l'établissement d'une monarchie parlementaire ne régla pas les problèmes sociaux profondément enracinés. Donc, les protestations, les grèves et les occupations d'usines s'intensifièrent. Au même moment, les Etats Unis étaient en train de perdre la Guerre du Vietnam. En 1975, des gouvernements communistes avaient pris le pouvoir dans les pays voisins du Laos, du Cambodge et au Vietnam tandis qu'en Thaïlande, l'insurrection rurale conduite par le Parti Communiste Thaïlandais s'amplifiait. Les événements du 6 octobre et le coup d'état qui a suivi n'ont pas été un simple retour des militaires au gouvernement. Ils furent une tentative d'écraser le mouvement populaire pour la justice sociale, pour éradiquer la Gauche et renforcer la position des élites. Ce n'était ni la première, ni la dernière fois que l'élite thaïlandaise avait recours à la violence et au coup d'état pour protéger ses intérêts.

Il serait faux de penser qu'il y eut un plan détaillé et bien coordonné, de l'entière classe dirigeante, qui conduisit aux événements du 6 octobre. Inversement, il serait aussi erroné de suggérer que seul un ou deux individus ou groupes furent derrière l'écrasement de la Gauche. Ce qui est arrivé le 6 octobre fut le résultat d'un consensus parmi la totalité de la classe dirigeante sur le fait qu'un système démocratique ouvert donnait "trop de liberté" à la Gauche. Cependant, il est probable qu'il y eut aussi bien des accords que des désaccords sur comment agir exactement et qui devrait agir. Le point de vue général était que des "méthodes extra-parlementaire" devraient être utilisées, dirigées par l'établissement de divers groupes fascistes. Le rôle du Palais lors des événements à été débattu par beaucoup d'écrivains. La plupart expriment l'idée que celui-ci aida, dans un sens large, à paver la voie pour un coup d'état en donnant son soutien ouvert à la Droite. Ce que nous savons, c'est que le Palais supporta ouvertement et encouragea les Scouts de Village. De plus, il était proche de la Police de Patrouille des Frontières qui fonda le mouvement des Scouts de Village et joua aussi un rôle central dans le massacre de Thammasat. Pour finir, juste avant les sanglants événements, des membres du Palais ont rendus une visite à l'ex dictateur Thanom peu après son retour en Thaïlande.

L'image générale de la classe dirigeante qui émerge durant 1976 est son degré d'unité dans son besoin de détruire la Gauche mais aussi de ses désaccords sur comment le faire et, beaucoup plus important, sur qui allait diriger le pays. Cela eut des conséquences importantes sur l'évolution de la dictature post-1976. La conséquence immédiate du bain de sang de Thammasat fut que des milliers d'étudiants partirent à la campagne rejoindre la lutte menée par le P.C.T. contre l'état thaïlandais. Toutefois, au bout d'un an, le gouvernement d'extrême droite de Tanin Kraivichien fut chassé du pouvoir. Ceux qui prenaient le dessus dans la classe dirigeante étaient convaincus que, non seulement la nature des mesures prises le 6 octobre, mais aussi la façon dont le gouvernement Tanin se conduisait, créaient de grandes divisions et une instabilité à l'intérieur de la société et aidaient le Parti Communiste Thaïlandais à se développer. Il n'est pas étonnant que ces officiers de l'armée qui défendaient une ligne plus libérale fussent ceux qui étaient sur le front à combattre contre le P.C.T. Ils comprenaient, comme beaucoup de militaires dans ce cas, que la lutte contre la Gauche devait impliquer une sorte d'accord politique en plus de l'utilisation de la force. Comme le Général Prem Tinsulanonda, Premier ministre de 1980 à 1988, l'a fait remarquer lors d'une émission de la chaine de télévision ITV en 1999: "Les étudiants ont rejoints les Communistes parce qu'ils furent brutalement réprimés. Le moyen de saper les Communistes était d'établir la justice dans la société."

Trois ans après 1976, le gouvernement décréta une "amnistie" pour ceux qui étaient partis se battre au côté des communistes. Cela coïncida avec des disputes et des scissions entre les activistes étudiants et les dirigeants conservateurs du P.C.T. En 1988, les premiers étaient tous retournés en ville lorsque le P.C.T. s'effondra. La Thaïlande était revenue à un système de démocratie parlementaire presque complet mais avec une condition spéciale: c'était une démocratie parlementaire sans partis de Gauche ou représentant les intérêts des ouvriers et des petits paysans. Auparavant, les partis de Gauches, comme le Parti Socialiste, le Front Socialiste et Palang Mai (Nouvelle Force) avaient obtenus 2,5 millions de voix (14,4%) lors de l'élection législative de 1975. Ces partis avaient gagnés beaucoup de sièges dans le nord et le nord-est du pays et, en dehors de l'arène politique légale, le Parti Communiste Thaïlandais avait aussi eu une grande influence. Dorénavant, la Gauche organisée était détruite.

Extrait d’un article de journal publié en 1988 à l’occasion du 12ème anniversaire du massacre

Extrait d’un article de journal publié en 1988 à l’occasion du 12ème anniversaire du massacre

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5 octobre 2015 1 05 /10 /octobre /2015 10:30

Pavin Chachavalpongpun a discuté de la politique thaïlandaise, de la monarchie, du régime autoritaire et de Thaksin avec un intellectuel de renommée mondiale.

Un article de Pavin Chachavalpongpun

Lien:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2015/10/01/a-conversation-with-chomsky/

 

Depuis le coup d'Etat thaïlandais du 22 mai 2014, ma vie a été bouleversée.

La junte thaïlandaise m'a convoqué à deux reprises pour avoir critiqué son intervention dans la politique. Quand j’ai rejeté la citation à comparaitre tout simplement parce que je ne reconnaissais pas la légitimité des putschistes, ils ont émis un mandat d'arrêt contre moi et ont révoqué mon passeport. Cela m'a forcé à demander le statut de réfugié politique au Japon.

Tout au long de cette période tumultueuse, le professeur Noam Chomsky, l'un des universitaires, commentateurs politiques et militants pour la justice sociale les plus renommés du monde, m’a offert ses encouragements et son soutien lors du processus de demande de mon statut de réfugié.

Il a aidé à faire appel au gouvernement japonais pour que ce dernier envisage sérieusement mon cas, tandis que dans le même temps il condamnait la junte thaïlandaise pour son harcèlement contre mes droits humains fondamentaux.

Je n'avais jamais rencontré Chomsky avant le coup d'Etat en Thaïlande. Par conséquent, sa sympathie envers mon combat était inattendue et très appréciée. Ainsi, lorsque je fus invité à prendre la parole lors du programme d'études thaïlandaises à l'Université de Harvard le 25 septembre dernier, j’ai écrit une note Chomsky pour lui demander s’il serait disponible pour me rencontrer. Il a répondu oui.

Notre réunion a eu lieu le même jour à son bureau à l'intérieur du Massachusetts Institute of Technology (MIT), où nous avons eu une conversation privée. Dès que je fus invité à m'asseoir, Chomsky m’a posé de nombreuses questions percutantes. Il était intéressé par trois questions: l'armée, la monarchie, et Thaksin Shinawatra.

D'abord, il m'a demandé si je pouvais décrire la performance du gouvernement militaire actuel dirigé par le général Prayuth Chan-ocha. Il était curieux de savoir comment le gouvernement militaire avait fait face à la pression à la fois nationale et internationale. Dans le même temps, il m'a demandé de donner une mise à jour sur l'état des droits de l'homme en Thaïlande.

Chomsky m’a donné son point de vue sur un régime autoritaire dans le monde d'aujourd'hui et comment il fonctionne à contre-courant de la démocratisation. Il m'a dit que, dans ce siècle, tout régime non pris en charge par le peuple ne devrait pas durer longtemps. Mais dans le cas de la Thaïlande, il a admis qu'il y avait des facteurs contributifs à la longévité du régime militaire. L'un d'entre eux est la monarchie.

Il m'a demandé dans quelle mesure la monarchie thaïlandaise avait interféré dans la vie politique. Je lui ai répondu en me référant à la stratégie de déplacement de la monarchie et de son implication dans la politique.

L'institution royale a rompu son modus operandi passé qui était de tirer les ficelles derrière la scène politique et s’est maintenant décidé à faire ouvertement de la politique. Cela est devenu clair quand, après le coup d’Etat de 2006, la Reine a assisté aux funérailles d'une chemise jaune et quand la Princesse Chulabhorn a soutenu ouvertement la manifestation anti-gouvernementale dirigée par le Comité pour une réforme démocratique populaire (PDRC) (NDT: qui a abouti à la chute du gouvernement élu de Yingluck Shinawatra et au coup d’Etat militaire de Prayut).

Chomsky a répondu en affirmant que l'engagement de la monarchie dans la politique expliquait pourquoi la politique thaïlandaise était devenue confuse et compliquée. La tendance mondiale montre que les monarchies du monde sont en diminution. Travailler contre la marée de la démocratie ne ferait qu'accélérer ce processus de retrait.

Mais il a également été surpris par le fait que le public thaïlandais puisse tolérer l'ingérence politique de la monarchie et celle de l'armée, en particulier parmi ceux qui sont politiquement marginalisés. Cette discussion nous a conduits à mettre l'accent sur la flambée des cas impliquant des accusations de lèse-majesté.

Il m'a raconté qu'il se souvenait avoir signé une pétition il y a plusieurs années appelant à une réforme de la loi de lèse-majesté en Thaïlande. Toutefois, il dit aussi que son effort était vain. Il estime que sans une réforme immédiate de la loi, il sera encore plus difficile pour la monarchie de coexister avec la démocratie.

Chomsky semble être également très fasciné par le fait que l'ancien Premier ministre Thaksin ait toujours suscité l'amour et le respect de la part d'un certain nombre de chemises rouges en Thaïlande. Il était curieux de connaître l’efficace politique populiste de Thaksin qui semblait avoir "hypnotisé" les Thaïlandais à tel point qu’ils continuent à voter pour ses mandataires politiques.

Cependant, Chomsky se méfiait également de la politique compétitive de Thaksin, qui était très différente de celle "du réseau de la monarchie". Il a soulevé la question pertinente sur la façon dont les idées politiques de Thaksin pourraient vraiment changer le paysage politique de la Thaïlande vers une plus grande démocratisation.

Chomsky a aussi demandé pourquoi les opposants politiques de Thaksin, qu'ils fassent partie de ses opposants ou de ses ennemis du vieil établissement, aient échoué à initier des politiques meilleures et plus commercialisés, conçues pour gagner les cœurs et les esprits des villageois thaïlandais. J’ai répondu qu'ils n’étaient pas intéressés par l'autonomisation des personnes car une telle autonomisation aurait pu contester leur propre position de force dans les sphères politiques et économiques.

Chomsky a posé d'autres questions sur les aspects négatifs du populisme de Thaksin, mais en même temps, il comprenait la raison pour laquelle ses tactiques populistes avaient bien fonctionné dans un pays où les personnes marginalisées avaient encore du mal à avoir accès aux ressources politiques et économiques.

Cela nous a conduits à la dernière question de la discussion, l'économie thaïlandaise. Chomsky était curieux de connaitre les conséquences économiques du coup d’Etat, l’évolution des conditions socio-économiques nationales et les implications sur les investisseurs étrangers en Thaïlande. Encore une fois, je ne pouvais que lui donner une vision pessimiste. Chomsky a déploré que la Thaïlande soit tombée dans son propre piège politique.

Mis à part sa curiosité à propos de la crise politique thaïlandaise, Chomsky m'a interrogé sur mes projets d'avenir, maintenant que je suis devenu un réfugié fuyant mon propre pays. Que ferais-je à partir de maintenant?

Je lui ai dit que mon statut au Japon était garanti et que j’attendais simplement d’assister aux changements au cours de cette période de transition en Thaïlande. Il m’a affirmé que si j’avais besoin de son aide, il était prêt à aider autant qu'il le pourrait.

Je lui ai alors posé une dernière question; comment voyait-t-il l'avenir de la Thaïlande? Chomsky a rapidement répondu, "Un Etat démocratique sans interventions des institutions non-élues."

Pavin Chachavalpongpun est professeur agrégé au Centre de l'Université de Kyoto pour les études d'Asie du Sud-est.

A gauche Pavin Chachavalpongpun, à droite Noam Chomsky

A gauche Pavin Chachavalpongpun, à droite Noam Chomsky

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4 octobre 2015 7 04 /10 /octobre /2015 14:39

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/10/04/prayuts-little-toy-soldiers-in-thai-universities/

 

Chaque année, à chaque arrivée de nouveaux étudiants dans les universités thaïlandaises, le système " SOTUS" dresse sa tête hideuse. SOTUS signifie "Ancienneté, Ordre, Tradition, Unité, Esprit (Seniority, Order, Tradition, Unity, Spirit)", qualités qui réchauffent le cœur du généralissime Prayut. Il s’agit d’un système de "bizutage" basé sur la cruauté, la torture, la déshumanisation et l'abus de pouvoir de la part des étudiants supérieurs contre ceux qui sont en première année. Il trouve son origine dans les pires institutions des États-Unis et est peut-être venu en Thaïlande via les Philippines.

Récemment, une jeune maîtresse de conférences à l'Université de Mahasarakarm s’est exprimée sur ces abus et a été inondé de menaces violentes et sexistes venus de diverses personnes, la pire venant d'un ex-étudiant. Heureusement, c’est devenu un enjeu national et les étudiants les plus progressistes de son université se sont unis pour la soutenir. Pourtant, aussi longtemps que des hommes armés en uniforme contrôleront la société thaïlandaise et exigeront de faire respecter "l'Ancienneté, l’Ordre, la Tradition, l’Unité et l’Esprit" via des coups d'Etat et des lois draconiennes comme celle de la lèse-majesté, ce système restera en place.

Non seulement il demeurera en place en raison du climat d'autoritarisme, mais il sera également renforcé par les mesquins étudiants supérieurs qui obtiennent leurs autorité en donnant des coups de pied aux jeunes autour d’eux. C’est choquant et c’est également renforcé par l’approbation de nombreux membres du personnel des universités qui semblent croire qu'ils ont un intérêt dans le maintien de cette brutale absurdité. Habituellement, il s’agit de conférenciers qui sont eux-mêmes passé par le système SOTUS et qui enseignent maintenant dans les mêmes universités où ils étaient étudiants. Ces employés retiendront des "points de comportement" aux étudiants qui refusent de prendre part à ces activités de bizutage.

Quand j’ai écrit un article dans un quotidien thaïlandais en 2002 pour condamner le système SOTUS, j’ai aussi reçu beaucoup d'insultes, mais pas au niveau connu par Lalita Harnwong, la conférencière de Mahasarakarm.

En 2002, je donnais des cours à l'Université Chulalongkorn et un jour, à la fin de l’après-midi, alors que je marchais pour prendre le transport public afin de rentrer chez moi, j’ai entendu des bruits similaires à ceux émis par des bêtes sauvages ou des hooligans provenant des salles de classe verrouillés où les étudiants de première année avaient été emprisonnés sous une chaleur insupportable. L'air conditionné était éteint et ils étaient soumis aux cris et aux abus de la part de personnes plus âgés qu’eux. Cela se produisait chaque jour pendant des semaines. A l'extérieur, autour du mât portant le drapeau, des groupes de personnes âgées de sexe masculin étaient souvent vus intimidant de jeunes étudiantes, leur ordonnant de courir vers l'arrière et vers l'avant, de s'asseoir ou de se lever. Tous les nouveaux étudiants étaient obligés d'apprendre les chansons de l'université et celles des stupides professeurs. Tout étudiant qui refusait de prendre part à cela était ostracisé. Des menaces étaient faites comme quoi, après avoir obtenu leurs diplômes, leurs futures progressions de carrière seraient bloquées par le "réseau" des anciens.

À une occasion, une de mes conférences a duré 15 minutes de plus que le temps habituel et mes élèves ont ensuite été soumis à une punition pour être arrivé en retard aux séances de torture organisées par les chefs autoproclamés des "petits soldats de plomb", des chefs tout justes sortis des couches de leurs mères qui organisaient le bizutage. Ces aînés n’arrivaient jamais à temps aux conférences.

Un argument ridicule en faveur du système SOTUS est qu'il serait censé encourager l'esprit d'équipe et l'unité. Mais ce n’est qu’une unité définie par les oppresseurs et basée sur la coercition et la brutalité. Elle consiste à briser l'esprit des jeunes. Elle cherche plus à rassembler la nouvelle promotion d'étudiants dans un "troupeau" de stupides sous-hommes. Elle est très étroitement liée à la nature de la formation militaire qui transforme les conscrits en meurtriers déshumanisés qui massacrent de sang-froid.

Dans le cas où le système d'éducation de l'école n'a pas déjà détruit toute individualité, originalité, confiance en soi, imagination ou tout amour d'apprendre des étudiants, le système SOTUS est conçu pour finir le travail. Les étudiants universitaires en Thaïlande sont obligés de porter des "uniformes scolaires". Les femmes n’ont pas le droit de porter un pantalon et toute personne en tongs est interdite de bibliothèques. C’est comme si les autorités universitaires voulaient tout faire sauf veiller à ce que les jeunes reçoivent une éducation décente. Quelle belle publicité pour la qualité des universités thaïlandaises!

La bonne nouvelle, c’est qu'il y a une longue tradition de lutte contre le système SOTUS parmi les étudiants progressistes. Dans les années 1970, lorsque d'énormes vagues de radicalisation ont balayé les universités ainsi que les écoles à travers le monde et que les étudiants thaïlandais ont renversé la dictature militaire de l'époque, le système SOTUS a provisoirement disparu. Il est revenu plein de vengeance après la réaction brutale contre la démocratie qui a eu lieu à la fin des années 1970 et au début des années 1980.

Aujourd'hui aussi, il y a des signes de résistance. Non seulement nous avons de jeunes conférenciers qui osent prendre la parole mais nous avons aussi des manifestations étudiantes contre la junte. L'étudiant de l'école secondaire, qui a osé se lever et poser à Prayut une question sur l'éducation, en est un excellent exemple. Il a été immédiatement jeté hors de la salle, mais son message a été propagé par les médias sociaux et même par les médias traditionnels. Prit Chiwaruk avait demandé pourquoi les étudiants thaïlandais n’étaient pas autorisés à étudier la philosophie et l'éthique afin de pouvoir penser par eux-mêmes. Il avait aussi dénoncé le fait que les écoles nourrissaient de force tous les élèves de la notion "du devoir des citoyens".

Les petits soldats de plomb des universités thaïlandaises

Les petits soldats de plomb des universités thaïlandaises

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 07:58

Un article de Political Prisoners of Thailand

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https://politicalprisonersofthailand.wordpress.com/2015/09/24/rich-fascist-fails-to-get-her-way/

 

Les médias sociaux sont en effervescence [en Thaïlande], car il a été divulgué que Chitpas Bhirombhakdi/Kridakorn voulait intégrer la police dans une "situation particulière" pour un "poste réservé seulement à des spécialistes." La "position particulière" n’était en fait qu’une "qualification" pour quelqu’un ayant "des compétences en langue anglaise."

Cela sonne remarquablement comme un poste créé uniquement pour un ami.

Chitpas a été l'une des forces motrices de l’ antidémocrate Comité de réforme démocratique populaire après avoir démissionné du Parti Démocrate afin de pouvoir se livrer à des actes illégaux.

Pourquoi Chitpas voudrait d’une telle position alors qu’elle est fabuleusement riche. Elle refuse de le dire, mais nous pouvons deviner que, en tant que supportrice du coup d'Etat et de la dictature militaire, ce serait une nomination politique.

Tweet du journaliste Andrew Marshall expliquant que Chitpas n’est qu’une stupide antidémocrate

Tweet du journaliste Andrew Marshall expliquant que Chitpas n’est qu’une stupide antidémocrate

Sa nomination - oups, désolé, "sélection" - a été contestée par ses opposants politiques.

L'héritière Boonrawd (la société qui produit les bières Singha et Leo) a déclaré les larmes aux yeux: "Je regrette profondément de ne pas avoir assez de chance pour rejoindre la police et de porter un uniforme de policier afin de devenir une protectrice du peuple...".

Bien sûr, la "chance" n'a rien à voir avec cela. Elle était juste abasourdie que sa richesse et ses positions politiques n'aient pas été suffisantes pour lui obtenir une "position" ou sinécure qu’elle convoitait absurdement. En Thaïlande, les gens riches et bien connectés ont l’habitude d’obtenir ce qu’ils veulent.

Nous sommes sûrs qu'après sa crise de colère, elle intriguera pour une vengeance politique.

Note de Libérez-Somyot: Chitpas Bhirombhakdi/Kridakorn est bien connue pour avoir déclaré en 2014 qu’en Thaïlande, les pauvres étaient trop cons pour bénéficier du droit de vote. Nous continuons à appeler au boycott des bières Singha et Leo ainsi que de tous les produits de la compagnie Boonrawd qui appartient à sa famille.

Appel au boycott de tous les produits Boonrawd dont les bières Singha et Leo

Appel au boycott de tous les produits Boonrawd dont les bières Singha et Leo

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30 septembre 2015 3 30 /09 /septembre /2015 13:33

Déclaration du comité de soutien à Yingluck Shinawatra

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https://www.facebook.com/Y.Shinawatra/photos/a.106877456023385.4057.105044319540032/1085853151459139/?type=3&theater

 

Une déclaration du comité de soutien à Yingluck Shinawatra

Le 29 septembre 2015, Mlle Yingluck Shinawatra a déposé une plainte pénale à la Cour pénale contre le procureur général et les personnes concernées pour leur effort concerté dans le but de causer des dommages à l'égard d'autres personnes conformément à l'article 83 du Code criminel, leur négligence du devoir, conformément à l'article 157 du Code criminel et leur l'échec d'exercer leurs fonctions conformément à l'article 200 du Code criminel. Les 3 méfaits comprennent;

1. Le procureur général a décidé d'inculper sans examen suffisant de matériaux, preuves et des témoins qui ont été jugés pertinents et utiles à l'affaire, alors que cela est requis en vertu de la loi organique sur la procédure pénale pour personne détenant des positions politiques. Certaines de ces questions comprennent les questions non concluantes du régime de mise en gage du riz, la négligence du devoir et les questions liées à des actes de corruption. Le procureur général a omis de prendre en compte ces questions et l’a inculpé 1 heure seulement avant le processus de destitution à l'Assemblée nationale législative.

2. Le procureur général a déposé un dossier qui comprenait des accusations supplémentaires ne figurant pas dans la plainte déposée par la Commission nationale de lutte contre la corruption (NACC). La plainte de la NACC sous la section 157 du Code criminel ne comprenait pas d’accusations concernant la corruption ou qui aurait permis à des actes de corruption de se produire sous le régime de mise en gage du riz, mais le procureur général a inclus ces accusations qui devraient donc être considérées comme illégales.

3. Au cours de la procédure judiciaire, le procureur général a également utilisé des matériaux qui ne figuraient ni dans ceux de la NACC ni dans ceux du groupe de travail conjoint entre la NACC et le processus d'enquête du procureur général. Le procureur général a inclus 60.000 pages supplémentaires de matériaux pour ce cas, ce qui devrait également être considéré comme illégal.

Par conséquent, Mlle Yingluck estime qu'il est nécessaire pour elle de se protéger par l'exercice de ses droits conformément à la loi en déposant une plainte contre toutes les actions du procureur général et des personnes concernées qui ne sont pas en conformité avec la loi, les règlements et la règle du droit.

 Yingluck Shinawatra

Yingluck Shinawatra

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