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23 octobre 2015 5 23 /10 /octobre /2015 11:48

Le chanteur de rock thaïlandais pro-chemises rouges, Tom Dundee, de son vrai nom Thanat Thanawachanon, est emprisonné depuis juin 2014, il y a un an et 4 mois, pour lèse-majesté ainsi que pour avoir omis de se rendre à la convocation de la junte. Selon le media des Chemises jaunes, Manager, Tom Dundee a été convoqué par la Cour de Bangkok le 20 octobre dernier. Le chanteur a confirmé qu’il allait plaider non-coupable pour ses accusations de lèse-majesté et la Cour a rejeté sa demande de libération sous caution.

Lien:

http://www.manager.co.th/Crime/ViewNews.aspx?NewsID=9580000117414

Tom Dundee escorté par des gardiens de prison le 20 octobre dernier

Tom Dundee escorté par des gardiens de prison le 20 octobre dernier

Il y a un an, en septembre 2014, alors qu’il venait d’être incarcéré à la prison centrale de Bangkok, il a écrit une lettre témoignage pour se défendre et expliquer son cas. Libérez-Somyot avait traduit et publié cette lettre. Nous la republions aujourd’hui afin de rappeler que cet homme, qui a vécu plusieurs années en France, parle le français et est marié a une Laotienne de nationalité française, croupit toujours en prison pour avoir simplement utilisé son droit à la liberté d’opinons.

Ci-dessous la lettre témoignage écrite par Tom Dundee le 24 septembre 2014:

Le témoignage de Tom Dundee sur son arrestation et son emprisonnement

Lien:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2014/09/le-temoignage-de-tom-dundee-sur-son-arrestation-et-son-emprisonnement.html

 

Le problème a commencé après que la loi martiale ait été déclarée. Je faisais du jardinage à la maison de mon père à Phetchaburi. J'avais demandé à un ami de me prévenir immédiatement s'il y avait une annonce du NCPO pour Thanat Thanawachanon. C'est parce qu'il n'y a ni télévision ni radio chez moi et que donc je ne pourrais jamais s'avoir si j'avais été convoqué ou non. Malheureusement, l'annonce du NCPO a utilisé mon ancien nom "Panthiwa Pumiprathet" donc je n'ai pas reçu de nouvelles de mon ami.

Le 8 juin 2014, vers 21 heures, il y a eu une annonce pour Thanat Thanawachanon. Mon ami m'a appelé pour m'informer le 9 juin 2014 vers 11 heures alors que je supervisais les travailleurs agricoles. J'ai apris la nouvelle pendant la pause déjeuner, donc j'ai contacté un ami qui travaillait pour le "projet Santiparp" de la Princesse Siridhorn situé au district de Jana, Sabayoi et ait parlé au Lieutenant Général Tanayod afin de prendre rendez-vous pour signaler au NCPO. Le Lieutenant Général Tanayod a ensuite informé le colonel Nithi. J'ai donc appelé le colonel Nithi qui m'a dit que, compte tenu de l'heure de cet appel, il serait assez difficile pour moi de me signaler ce jour-là. Il s'arrangerait que je puisse me signaler le jour suivant, le 10 juin, 2014, entre 10 et 11 heures au Thai Army Club de Bangkok.

Après que le rendez-vous ait été fixé, vers 15 heures ce même jour, j'ai conduit ma camionnette afin de transporter des produits agricoles, des pousses de bambou doux Kim Sung, pour livrer à notre client. Alors que je conduisais sur la route de Kaeng Krachan, à environ 10 km de la maison, une Jeep Cherokee m'a suivi, s'est mis en travers de la route afin de m'obliger à m'arrêter et un convoi de quatre véhicules est arrivé derrière. Ensuite, un groupe d'environ 15/20 hommes armés (avec des fusils d'assaut et des pistolets) a entouré ma voiture et a crié pour nous ne résistions pas et sortions de la camionnette. Leur action a causé de la confusion et de la peur pour moi et surtout pour ma femme. Ensuite, un soldat en uniforme et un officier de police en civil se sont présentés et m'ont arrêté pour avoir omis de me déclarer après avoir été convoqué par le NCPO. Sans mandat d'arrêt, sans vouloir entendre la moindre explication, des véhicules militaires et des soldats en uniforme, portants des gilets pare-balles, m'ont conduit au 15ème Bataillon d'infanterie, dans la province de Phetchaburi.

Après notre arrivée, des soldats et des officiers de police sont venus m'interroger et m'ont accusé de tentative d'évasion et d'entrave à leurs fonctions officielles. Ils m'ont aussi accusé d'implication dans une affaire d'armes de guerre, d'avoir formé des forces armées de guérilla et d'avoir mis au point un plan pour bombarder la province de Rajchaburi. Ils m'ont aussi accusé de diffamation, d'insulte ou de menace contre la monarchie (article 112).

Les officiers pensaient et concluaient conformément à la vision de ceux qui sont au pouvoir. Cela me désole vraiment que les impôts soient utilisés pour prendre soin de ces personnes, trop immature pour diriger le pays.

J'ai été interrogé de 20 heures 30 à 23 heures 20. Les Soldats m'ont livré aux Forces Rangers à Lard Ya dans la province de Kanchanaburi. Les militaires des Forces Rangers ont pris très bien soin de moi. Ils me connaissaient car nous avions planté ensemble des arbres afin de célébrer la monarchie dans la province de Prachuabkirikan. Durant les deux nuits ou je suis resté là-bas, je leur ai donné des conseils sur comment jouer de la musique pendant de nombreuses heures.

Le 12 juin 2014, à 5 heures du matin, 5 officiers de la police militaire de Bangkok et un soldat chauffeur sont venus me chercher pour un interrogatoire au Thai Army Club de Bangkok. Nous sommes arrivés à 7 heures 30, les policiers m'ont emmené dans une petite pièce où j'ai attendu pendant environ 2 heures avant d'être amené dans une autre pièce. Ils m'ont mis un sac en tissu sur la tête, m'ont menotté et m'ont emmené dans une voiture. La voiture a ensuite démarrée.

Le voyage a duré environ une demi-heure avant que la voiture ne se gare. J'ai été emmené par un chemin sinueux dans une petite salle climatisée, on m'a alors dit de m'asseoir sur une chaise et de pencher la tête vers le bas. Apres un certain moment, un autre groupe de personnes, peut-être 3 personnes, est entré et a commencé l'interrogatoire.

- Une personne était assise sur la droite, prenait des notes et fournissait des questions.

- La seconde a allumé le clip audio lié à l'enquête.

- Le troisième se tenait en face de moi et posait les questions.

Tout au long de l'interrogatoire, j'ai été menacé, insulté, et on m'a crié à plusieurs reprises des mots sarcastiques. Ils m'ont menacé de me tuer et de s'en aller, d'amener ma femme et mes enfants et les torturer jusqu'à ce que je l'avoue.

Pas moins de 3 groupes de policiers se relayaient pour m'interroger avec les mêmes questions:

"Où caches-tu les armes?"

"Combien de personnes composent ton groupe de guérilla?

"Nous avons toutes les preuves!"

J'ai dit tout ce que je savais en fonction des faits. J'ai répondu: "Je ne sais rien à propos des bombes. Je n'ai pas d'armes de guerre, ne dirige pas de forces de guérilla et ne suis pas impliqués dans le commerce des armes".

"Si vous (les soldats) avez une photo de moi portant des armes de guerre, elle vient de quel film? Quand j'étais un acteur de film d'action, je portais une arme à feu dans la plupart des films. De plus alors que je suis un chanteur bien connu, pourquoi devrais-je endommager ma réputation. Ne serait-il pas plus agréable pour moi de faire de la moto, conduire, boire du vin et manger?

La raison pour laquelle j'ai lutté pour la démocratie, c'est pour le bien-être du peuple. Je n'aime pas les guerres ni la violence. J'aime les gens qui s'aiment et "font l'amour pas la guerre". Si vous, les soldats, avez des preuves claires comme vous l'avez affirmé, vous pouvez aller de l'avant et me pendre".

Alors que j'étais interrogé et contraint, j'ai essayé d'expliquer au sujet de la charge de diffamation de la monarchie. Je leur ai dit que j'avais participé au projet de la princesse Siridhorn, "Paix pour le sud". J'ai planté des arbres et participé à la création des glorieux versets avec 7000 autres motards sur de grosses motos dans un stade de la province de Kanchanaburi ainsi qu'au stade de l'Armée de l'Air à Bangkok, et bien d'autres endroits.

Un des interrogateurs a hurlé: "Menteur! Connard! Ça ne m'intéresse pas! "

Quand ils ont vus qu'ils n'avaient pas réussi à m'intimider, ils se sont mis à bien me parler, à adopter une attitude plus amicale mais ont continué à me poser les mêmes questions auxquelles je donnais encore et encore les mêmes réponses.

Ah oui, j'oubliais. Pendant l'interrogatoire, quand j'ai dit que j'étais une star de cinéma, l'équipe de l'interrogatoire s'est arrêté brièvement et m'a demandé qui j'étais. Quand j'ai précisé que j'étais Tom Dundee, cela les a stupéfiés et ils ont immédiatement quitté la salle. Apres qu'ils soient revenus, leur façon de m'interroger avait radicalement changé. Ils sont passé des pronoms grossiers "mungo", "goo" à d'autres beaucoup plus polis comme "khun", "pom", "krub" et ne cessaient de répéter: "Nous sommes amis. Ne vous inquiétez pas!" "Je fais juste mon travail." Ha...ha...ha... C'est cela les soldats thaïlandais!

L'interrogatoire avait commencé tôt le matin et a duré jusqu'à 23 heures passé. J'ai reçu un paquet de riz frit avec des poivrons, mais je ne pouvais pas le manger car j'étais menotté. Heureusement il y avait un régime de bananes suffisant pour soutenir la faim. Lorsque l'interrogatoire a pris fin et qu'ils ont été (probablement pas) satisfaits, ils m'ont forcé à signer une attestation disant que "L'armée n'avait pas fait de menaces. L'armée avait bien parlé au suspect. L'armée n'avait pas physiquement agressé ni causé des lésions corporelles." Si je n'avais pas été Tom Dundee, j'aurais craché du sang comme les autres suspects. Mais qui sait.

Après que l'interrogatoire ait pris fin, à 11 heures 30 la nuit du 12 juin 2014, les agents de la police militaire m'ont ramené au Thai Army Club, au même endroit que le matin. Il a fallu seulement 5 minutes en voiture tandis que le trajet du matin avait pris plus d'une demi-heure. Je suppose que la sale d'interrogatoire se trouvait dans la même enceinte que le Thai Army Club. J'ai expliqué aux soldats qui étaient avec moi que, "Dans les films ou j'ai joué, ils utilisaient la même technique." Ils m'ont demandé comment je le savais et ont rigolé.

Ensuite, ils m'ont remis dans la voiture et enlevé le sac de ma tête. J'ai été conduit à Aksa Road qui était un camp militaire temporaire à ce moment-là. J'ai vu 4 détenus chemises rouges, 1 homme et 3 femmes, mais ils n'étaient pas autorisés à parler. On m'a isolé d'eux et j'ai dormi seul.

Le 13 juin 2014, des officiers de la police militaire m'ont envoyé à la Division de la répression de la criminalité pour des interrogatoires de police et une détention. J'ai rencontré des personnes qui avaient levé trois doigts, 2 hommes et 1 femme (Khun Ning). J'ai dormi à la Division de la répression de la criminalité de Lardprao pendant 2 nuits puis les officiers de police m'ont conduit à la cour martiale de Bangkok (Sanam Luang) pour être ensuite envoyé à la maison d'arrêt de Bangkok, dans la Division 1.

Être en prison, c'est comme être en enfer. Mais j'ai rencontré beaucoup de Chemises rouges là-bas. Je suis resté détenu dans la Division 1 pendant 3 nuits avant de pouvoir obtenir, de la Cour militaire, une libération sous caution avec les conditions suivantes:

1 - Pas d'implication dans la vie politique

2 - Aucun discours sur scène

3 - Pas d'interview dans les médias

4 - Aucune participation à un mouvement politique et interdiction de déplacement à l'étranger

L'armée ne se donnerait pas la peine de m'inculper. Tout était censé se terminer ici. Tom Dundee pouvait librement accepter des contrats de concerts et de performances mais devait se signaler selon le calendrier.

Dignité militaire

Bien sûr, en tant qu'homme, j'aurais tenu mes promesses. Mais l'armée a menti et a ordonné mon arrestation après que je sois allé me signaler. Ils m'ont fait payer la violation de la loi sur la cybercriminalité et de l'article 112 et me soumettent à la fois au tribunal militaire et la cour criminelle. Les soldats ont fouillés deux fois ma maison pour rechercher un ordinateur qu'ils voulaient mais ne pouvaient pas trouver. Je n'avais pas d'ordinateurs. Je ne sais même pas comment les utiliser. Il existe des preuves à l'appui de ce que j'ai dit, mais les soldats ne veulent pas écouter et ne sont pas intéressés. Ce qu'ils ont fait constitue une diffamation très grave.

Le 9 juillet 2014, vers 14 heures, environ 30 militaires des forces spéciales en uniforme et armés jusqu'aux dents ont envahis ma ferme de bambou et m'ont arrêté comme si j'étais un gros trafiquant de drogue. Ils ont essayé de me faire peur, mais je n'ai pas été effrayé. J'étais sûr que je n'avais rien fait de mal et tenu ma promesse faite à l'armée.

Mais ils m'ont agressé et m'ont arrêté comme si j'avais commis une infraction très grave. Ils ont fouillé tous les coins de ma maison pour trouver l'ordinateur, mais n'ont rien pu trouver. Alors, ils m'ont conduit à Bangkok et m'ont détenu là-bas, puis m'ont envoyé à la Division de la répression de la criminalité liée aux technologies située au 4ème étage du Complexe gouvernemental de Changwatana.

Les agents de police ont alors gentiment ajouté deux autres accusations contre moi, la diffamation du roi, de la reine, de l'héritier présomptif qui est considérée comme portant atteinte à la sécurité nationale (article 112) et la violation de la loi sur la criminalité informatique (article 14 (3)) en transmettant ce genre d'informations dans le système informatique.

Je me sens triste, déplorable et offensé.

Un artiste comme moi, qui avait travaillé pour la société tout au long de sa carrière, est maintenant dans un état pitoyable dans une prison. C'est en effet l'enfer.

Ma pétition à tous les médias

Tom Dundee

(M. Thanut Thanawatchanon)

Griefs: J'ai les griefs suivants et je voudrais demander par l'intermédiaire de mes amis.

1 - Pourquoi le clip de mon discours de l'année dernière (2013) n'est apparu sur Youtube que pendant la loi martiale?

2 - Pourquoi la personne qui l'a téléchargé et a donné des explications supplémentaires sur l'internet n'a pas été arrêtée ou interrogée?

3 Pourquoi une personne (NDT; Ton Dundee lui-même) est accusée et mise en prison en dépit du fait que son droit ait été violé?

4 Est-ce le meilleur processus judiciaire de Thaïlande?

Tom Dundee en septembre 2014, au moment de son emprisonnement, serre une dernière fois sa femme dans ses bras

Tom Dundee en septembre 2014, au moment de son emprisonnement, serre une dernière fois sa femme dans ses bras

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21 octobre 2015 3 21 /10 /octobre /2015 08:35

Une déclaration du comité de soutien au militant britannique pour les droits des migrants Andy Hall

Lien:

http://www.walkfree.org/drop-the-charges-against-andy-hall-now/?utm_source=Subscribers&utm_medium=email&utm_campaign=drop-the-charges-against-andy-hall-now&utm_content=Andy-Hall_EmailTarget_Chaser_en_Inactive_17Oct15

 

"Ceci n’est que de la persécution. Il s’agit d’une affaire politique pour essayer de me faire taire... Je suis quelqu'un qui a révélé des choses que le gouvernement et l'industrie alimentaire ne souhaitent pas voir révélée," a expliqué Andy Hall à la presse.

Le 18 septembre 2015: les juges thaïlandais ont confirmé une décision prise l'année dernière de rejeter les accusations de diffamation criminelle contre Andy pour une interview qu'il avait donné à Al-Jazira sur les droits des travailleurs migrants qui travaillent pour la compagnie thaïlandaise "Natural Fruit". "Natural Fruit" a refusé d’admettre cet acquittement et a fait appel de la décision au tribunal. Nous étions alors heureux que la justice ait été soutenue et (ce que nous pensions alors) l'affaire ait été rejetée pour de bon.

Le 24 août 2015: Andy Hall a été inculpé par la Cour pénale de Bangkok de diffamation et de criminalité informatique. Le procès doit commencer le 19 octobre 2015, et si Andy est reconnu coupable, il risque 7 ans de prison ainsi qu’une amande de 7 millions de livres anglaises. Nous condamnons cette décision et nous exhortons les autorités thaïlandaises à faire tout en leur pouvoir pour s’assurer que ces accusations soient retirées immédiatement.

Le militant des droits humains Andy Hall va bientôt savoir s’il fera face à une peine de prison pour ses rapports sur les violations des droits du travail dans l'industrie thaïlandaise de production de l'ananas. En 2013, un rapport comprenant une partie de ses recherches a été publié et ce dernier comprenait des allégations d'abus des travailleurs et des pratiques analogues à l'esclavage commises par la compagnie "Natural Fruit", une société thaïlandaise qui vend des ananas et fournit les détaillants dans le monde entier.

Au lieu d’enquêter sur ces allégations, "Natural Fruit" a ciblé Andy. Il a été conduit à la cour et inculpé de criminalité informatique et de diffamation criminelle.

Malgré un tollé international, "Natural Fruit" a refusé de céder. Nous devons maintenant appeler le gouvernement thaïlandais à bien agir et à veiller à ce que toutes les charges contre Andy Hall soient abandonnées.

Les autorités thaïlandaises sont déjà confrontés à un examen global pour n’avoir pas fait assez afin de protéger les travailleurs contre les abus - le dernier rapport de l’organisation américaine contre le trafic humain, "US Trafficking in Persons" donne à la Thaïlande la plus mauvaise note dans l'action pour lutter contre l’esclavage.

Nous avons quelques semaines pour agir dans ce cas. S'il vous plaît montrer votre soutien à Andy et aux travailleurs migrants qui restent vulnérables à l'esclavage moderne en Thaïlande: prenez des mesures pour exiger que ces accusations soient abandonnées maintenant.

Pour signer la pétition, cliquez sur le lien suivant:

http://www.walkfree.org/drop-the-charges-against-andy-hall-now/?utm_source=Subscribers&utm_medium=email&utm_campaign=drop-the-charges-against-andy-hall-now&utm_content=Andy-Hall_EmailTarget_Chaser_en_Inactive_17Oct15

Andy Hall arrêté par la police thaïlandaise

Andy Hall arrêté par la police thaïlandaise

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18 octobre 2015 7 18 /10 /octobre /2015 13:45

Nithiwat Wannasiri fait partie du groupe de rock punk thaïlandais "Faiyen" politiquement engagé dont tous les membres se sont exilés après le coup d’Etat militaire de mai 2014.

Lien de l’appel en version originale anglaise et thaïe:

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=875699169182454&set=a.101154469970265.2055.100002271364703&type=3

 

Chers camarades qui croient en l'égalité de l'humanité,

Je suis l'un des nombreux réfugiés politiques en provenance de Thaïlande.

Mon exil est dû à mon opposition au coup d'État de 2014 fomenté par le gouvernement militaire actuel, dont les membres prétendent être "les soldats du roi."

Ils ont pris le pouvoir et transformés la Thaïlande, où je vivais, en un pays sans démocratie ni droits, ni de liberté non plus. Ce pays ressemble maintenant de plus en plus à la Corée du Nord. Afin d’éliminer les dissidents, la loi lèse-majesté - l'article 112 du code pénal - est utilisée comme arme principale par la junte autoritaire.

Il y a quelques années, un homme de 62 ans connu sous le nom de "Akong Amphol SMS" a été condamné à 20 ans de prison et est mort dans la solitude à cause de cette loi draconienne et des violations des droits humains de l'État thaïlandais.

Alors que vous lisez ceci, un autre vieil homme de 68 ans nommé "Opas" a été privé de sa liberté. Il a été inculpé pour avoir "écrit des déclarations séditieuses contre le gouvernement et la monarchie sur le mur des toilettes" d’un grand magasin.

Le tribunal militaire (nommé pour traiter les cas de lèse-majesté après le coup d’Etat de 2014) l'a condamné à 1 an et 6 mois de prison sans possibilité de liberté sous caution.

Il a déjà purgé un an de sa peine (Il est détenu depuis le 15 octobre, 2014).

Malheureusement, l'oncle Opas fait maintenant face à une autre accusation de lèse-majesté en raison d'un autre graffiti sur le mur de toilettes différentes, ce qui peut lui valoir une prolongation de 18 mois de détention (note de Libérez-Somyot, l’Oncle Opas a été condamné a ces 18 mois supplémentaires de prison vendredi 16 octobre soit un jour après que les versions en anglais et en thaï de cet appel aient été publiées, ce qui lui fait un total de 3 ans d’emprisonnement pour ces graffitis dans les toilettes. Il lui reste donc 2 ans de détention à subir avant d’être libéré).

Malgré les nombreux documents médicaux concernant sa maladie qui ont été soumis à la cour, la junte a refusé sa demande de libération provisoire. Sous l'extrême restriction de la liberté politique, il est difficile pour les personnes en Thaïlande de faire connaître son histoire et de soutenir collectivement l’Oncle Opas.

Je suis un citoyen thaïlandais qui croit que l'oncle Opas est l'un de mes compagnons et qu’il ne devrait pas être mis derrière les barreaux à cet âge en raison de cette accusation absurde. Aucun pays civilisé ne poursuit les gens qui "écrivent des graffitis contre des personnalités publiques au pouvoir sur un mur des toilettes." Bien que les États-Unis et l'UE, ainsi que des organisations internationales de protection des droits de l'homme aient fait pression pendant des années sur la Thaïlande afin qu’elle modifie l'article 112 (personnellement, je pense qu'il devrait être révoqué), il n'y a eu aucun signe d'action de la part des dirigeants autoritaires.

Il n'y a rien que je peux faire de plus pour aider un vieil homme à être libre de cette accusation sans aucun sens que ce que je fais maintenant.

Le cas de l'oncle Opas ne doit pas avoir la même fin tragique que celle de Akong SMS. Ce vieil homme avait passé 426 jours de prison en dépit du fait qu’il était atteint d’un cancer chronique. Bien que de nombreux militants aient appelé à sa libération, Akong est resté emprisonné jusqu'au dernier jour de sa vie.

D'autre part, l'oncle Opas a passé 365 jours en prison. Si nous laissons faire et que son état de santé s’exacerbe, nous regretterions éternellement d'être restés silencieux alors que l'injustice s’abattait sur lui.

Oncle Opas pourrait être en mesure de passer sa vie comme une personne âgée normale à l'extérieur des prisons infernales grâce à la paume de votre main ou votre soutien en diffusant son histoire afin de laisser le monde connaître la brutalité de la junte thaïlandaise.

Si vous pensez vous-aussi que "tout le monde a droit à l'égalité des droits et à la liberté", que "nul ne peut être emprisonné jusqu’à la mort en raison de ses pensées politiques différentes", qu’"un homme de 68 ans mérite un meilleur traitement médical que celui offert par les prison thaïlandaise", et que "tout changement impossible peut être rendu possible par notre croyance partagée et des actions collectives pour promouvoir les droits fondamentaux", s'il vous plaît diffusez cette histoire à vos amis, ou joigniez-vous à notre campagne "Free Opas!!" (Liberté pour Opas) en écrivant ces mots sur la paume de votre main, en la photographiant et en postant la photo en commentaire sur ce post de Facebook: https://www.facebook.com/photo.php?fbid=875699169182454&set=a.101154469970265.2055.100002271364703&type=3.

PS. Je n’ai rien à rajouter, sauf une chanson. Cette chanson a été composée par l'Oncle Opas lui-même. Chaque mot est venu de son émotion et a été soigneusement écrit sur un papier. Nous avons traduit ses mots en anglais et fait cette chanson pour diffuser sa mélodie de son agonie de prison. Espérons qu’un maximum de gens vont diffuser cette chanson afin de faire connaître ses tourments oubliés dans le "Pays du Sourire".

Pour la version acoustique de la chanson diffusée par son avocat des droits humains, il faut cliquer sur le lien suivant:

https://soundcloud.com/bravery-jam/status-quo-written-by-opas-cover-by-jammy

Pour notre version Rock Punk à nous, le groupe Faiyen, il faut cliquer sur le lien suivant:

https://www.youtube.com/watch?v=5Y5vWhfPKH0

A droite, l’Oncle Opas, à gauche, Nithiwat Wannasiri

A droite, l’Oncle Opas, à gauche, Nithiwat Wannasiri

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15 octobre 2015 4 15 /10 /octobre /2015 13:48

Ci-dessous, une lettre ouverte de l’ancienne première ministre Yingluck au chef de la junte, le général Prayuth Chan-ocha

Lien:

https://www.facebook.com/Y.Shinawatra/photos/a.106877456023385.4057.105044319540032/1093227190721735/?type=3

 

Lettre ouverte

Adressée au général Prayuth Chan-ocha,

Chef du Conseil national pour la paix et l'ordre

Je vous écris une lettre ouverte parce que je n'ai pas eu l'occasion de communiquer avec vous ni de vous rencontrer en personne depuis que vous êtes au pouvoir en tant que chef du Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO) et Premier ministre depuis le 22 mai 2014, soit plus d'une année. Depuis lors, je suis constamment maltraité à cause de ma politique de "régime de subvention du riz" que j'avais déclaré au Parlement à de nombreuses reprises;

1. L’Assemblée législative nationale (ALN) m’a mis en accusation et m'a démissionné du poste de Premier ministre mais à l'époque je n’étais déjà plus dans cette position parce que j'avais été disqualifiée par la Cour constitutionnelle.

2. Le procureur général a tenu une conférence de presse indiquant sa décision de m'inculper et de me poursuivre devant la Division criminelle de la Cour suprême pour des sujets concernant des personnes ayant occupé des postes politiques seulement "une heure" avant ma destitution par l'ALN.

Vous pouvez rejeter un problème et affirmer que cela ne dépend pas de votre responsabilité, car les deux questions ci-dessus sont dans les mains de l'ALN et du procureur général. Cependant, la question suivante dépend de votre autorité directe.

Selon l'ordre numéro 448/2558 signé par vous et le ministre des Finances daté du 3 avril 2015 au sujet de "la Constitution de la Commission d'établissement des faits", vous avez désigné un comité pour savoir si quelqu'un doit être tenu pour responsable afin de payer une compensation au gouvernement pour les pertes subies lors du régime de subvention du riz. Dans cette affaire, vous avez parlé à la presse insistant que si quelqu'un était trouvé responsable pour ces pertes, des compensations devront être réclamées.

Vous avez également souligné que "si les faits constatés indiquent que quelqu'un est coupable, alors la conclusion sera qu’il/elle est coupable. Si les faits constatés suggèrent le contraire, la conclusion sera qu’il/elle est non coupable. Si il/elle est reconnu coupable, la procédure régulière sera suivie du dépôt d'une plainte au civil. Une norme unique sera appliquée pour toutes les parties afin d'assurer la justice de manière équitable".

Je souhaite sincèrement que vous ayez assigné le Comité d'établissement des faits pour enquêter sur l'affaire en vertu de l'application régulière de la loi de fournir la "Justice" et se conformer strictement à la procédure régulière sans accélérations inutiles pour les conclusions. Je souhaite que vous vous assuriez qu’il y ait une opportunité juste et équitable pour les personnes afin de pouvoir présenter des preuves.

Je me sens inquiète parce que l'un de vos conseillers juridiques a déclaré publiquement qu'il était favorable pour réclamer immédiatement des dommages dans ce cas civil qui, selon lui, coûterait d’énormes frais de justice au gouvernement, bien que normalement le chemin utilisé pour réclamer des dommages en portant l'affaire devant le tribunal soit la meilleure façon de maintenir la justice.

Toutefois, votre conseiller juridique a essayé de "mal interpréter la loi et le mécanisme juridique" en réclamant des dommages et vous conseillant de prendre une mesure administrative, me forçant à payer pour les dommages et faire saisir mon actif juste pour éviter les frais de justice. En exerçant l'ordre administratif, vous ne devez même pas consulter le cabinet. Cela signifie que vous utilisez votre pouvoir comme si vous étiez un juge alors que le procès de procédure pénale est toujours en cours de procédure judiciaire devant les tribunaux.

Je fais cette déclaration en tant qu’ancienne première ministre qui était en charge du régime de subvention du riz dont le but était d’améliorer les conditions de vie des agriculteurs thaïlandais, qui sont responsables de la production de la marchandise de notre nation. Le régime est également indispensable pour résoudre les problèmes du prix du riz et du mécanisme de marché. J’ai effectué mes fonctions avec le plus grand dévouement afin d’assurer qu'il a conduit à la promotion économique et sociale de la nation. Le régime a été géré dans le cadre du poste de président du Comité de Politique nationale de riz au cours de mon mandat alors qu’il est dans la même position aujourd'hui, sous votre gouvernement.

Je crois que tous les gens ont droit à un procès équitable devant un tribunal qui devrait être fondamentalement pour la primauté du droit. Le Programme de subventions du riz était une politique publique qui a été déclaré au parlement et la mise en œuvre du régime était un acte administratif obligatoire. Le Programme de subventions du riz est lié juridiquement à tous les ministères chargés de son exécution. Par conséquent, le processus de réclamation des frais civils doit être transparent et équitable. Vous, en tant que premier ministre et président du Comité national de la politique du riz, vous penchez actuellement sur les questions du riz tout en étant en désaccord avec ma politique du riz. Cela signifie que vous êtes un "acteur" et ne pouvez donc pas offrir des vues "impartiales" sur la question. Par conséquent, l'exercice du pouvoir en tant que premier ministre d'ordonner une action civile à un juge, sans qu’une décision ait été prise par la cour est certainement contre la primauté du droit.

Pour procéder conformément à la règle des lois, je vous propose d’agir comme suit:

1. Réexaminer et mettre fin à toutes les exécutions concernant l'action civile du Programme de subventions de riz proposé par vos conseillers juridiques et signé par le Premier ministre et le président de la commission politique nationale de riz à l'heure actuelle qui sont injustes et sujettes à des conflits d'intérêts.

2. Après la décision de la Cour dans l'affaire criminelle, le gouvernement devrait déposer une réclamation civile par l’intermédiaire de la cour afin d'être juste pour l'accusée si elle est reconnue coupable.

3. Le procès à la division criminelle de la Cour suprême pour les personnes occupant des postes politiques n’est pas encore définitif. Votre conseiller juridique a déclaré qu’il y avait encore assez de temps avant le délai de prescription de l'affaire. Le gouvernement ne devrait pas accélérer ni raccourcir la démarche de l'affaire. Pour être juste et équitable, vous devez fournir suffisamment de possibilités pour que les personnes liées à l’affaire puissent témoigner et présenter leurs preuves. J’ai envoyé de nombreuses demandes à vous ainsi qu’à la commission d'établissement des faits pour demander la possibilité de présenter des preuves, mais mes nombreuses demandes n’ont pas été considérées ni examinées.

Enfin, j'ai demandé à mon avocat de vous soumettre la lettre formelle sur cette affaire le mardi 13 octobre 2015 à 10 heures au Canal gouvernemental d'information et de plainte. Je souhaite sincèrement que lorsque vous recevez cette lettre, vous ne vous contentiez pas simplement de l'ignorer, mais prendrez ma demande en considération d'une manière juste, puisque vous avez toujours affirmé que vous garantiriez une justice équitable pour tous.

Merci.

Yingluck Shinawatra

Ancienne Première ministre de Thaïlande

Le 12 octobre 2015

Yingluck Shinawatra

Yingluck Shinawatra

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14 octobre 2015 3 14 /10 /octobre /2015 09:44

La Révolution thaïlandaise de 1973 a aussi été décrite dans le livre de Giles Ji Ungpakorn "Un coup d’Etat pour les riches"

Lien pour télécharger le livre:

http://redthaisocialist.com/download-/77-francais-671-un-coup-detat-pour-les-riches.htlm

 

Voici un extrait du livre:

La domination de la politique thaïlandaise par l'armée commença peu apres la révolution de 1932. Mais sa consolidation au pouvoir est venue avec le coup d'état militaire de Sarit thanarat en 1957. Le développement économique durant les années de dictature militaire des années 1950 et 1960 se situait dans un contexte de boom économique mondial et aussi local créé par les guerres de Corée et du Vietnam. Cette croissance économique eut un impact profond dans la société thaïlandaise. Naturellement l'importance de la classe ouvrière progressa tandis que des usines et des affaires furent développées. Cependant, sous la dictature, les droits syndicaux furent supprimés et les salaires, ainsi que les conditions d'emplois étaient bien contrôlés. Au début de 1973, le salaire minimum journalier était fixé autour de 10 baths, un taux inchangé depuis le début des années 1950 alors que le prix des marchandises avait augmenté de 50%. Des grèves illégales s'étaient déjà produites durant la période de dictature, mais celles-ci se multiplièrent rapidement à cause du mécontentement dû à la situation économique générale. Les 9 premiers mois de 1973, précédant le 14 octobre, il y eu un total de 40 grèves, et l'une d'entre elle, à la Thai Steel Company, qui dura un mois, a abouti à une victoire grâce au niveau élevé de solidarité venu des autres travailleurs.

Une des conséquences du développement économique fut aussi l'expansion massive du nombre d'étudiants et une augmentation des admissions d'étudiants venus de la classe ouvrière. L'ouverture, en 1969, de l'université Ouverte Ramkamhaeng, fut un facteur significatif. Le nombre d'étudiant passa de 15 000 en 1961 à 50 000 en 1972. La nouvelle génération d'étudiants, du début des années 1970, fut influencée par les révoltes et les révolutions qui se produisaient à travers le monde durant cette période et mai 1968 à Paris en étant un des principaux exemples. Avant cela, en 1966 le journal radical, Social Science Review, fut fondé par des intellectuels progressifs. Les étudiants commencèrent à partir pour des camps de développement rural dans le but d'apprendre sur les problèmes de la pauvreté des campagnes. En 1971, 3 500 étudiants étaient allés dans un total de 64 camps. En 1972, un mouvement pour boycotter les produits japonais fut organisé dans le cadre de la lutte contre la domination étrangère de l'économie. Les étudiants se mobilisèrent aussi contre l'augmentation des tarifs de bus de Bangkok. En juin 1973, le recteur de l'université Ramkamhaeng fut obligé de démissionner âpres avoir tenté d'expulser un étudiant pour avoir écrit un pamphlet critiquant la dictature militaire. Quatre mois plus tard, l'arrestation de 11 universitaires et étudiants pour avoir distribué des tracts réclamant une constitution démocratique, eu pour résultat de faire descendre dans les rues de Bangkok des centaines de milliers d'étudiants et de travailleurs. Alors que des soldats avec des tanks ouvrirent le feu sur des manifestants désarmés, la population de Bangkok commença à répliquer. Des passagers d'autobus descendirent spontanément de leurs véhicules pour rejoindre les manifestants. Des bâtiments gouvernementaux furent incendiés. Les "Tigres jaunes", un groupe d'étudiants militants, mirent le feu au poste de police du pont Parn-Fa en y envoyant de l'essence prélevée sur un moteur dont ils avaient pris possession. Plus tôt dans la journée, la police leur avait tiré dessus.

La révolte massive couronnée de succès du 14 octobre 1973 choqua la classe dirigeante thaïlandaise jusque dans ses fondements. Durant les quelques jours suivants, il y eu une étrange nouvelle atmosphère à Bangkok. Les officiers de l'état en uniforme disparurent des rues et des gens ordinaires s'organisèrent eux même pour nettoyer la ville. Des scouts dirigeaient la circulation. C'était la première fois que les pu-noi (petites gens) avaient réellement entamés une révolution à partir de la base. Ce n'était pas prévu et ceux qui y prirent part n'avaient que de vagues notions de la sorte de démocratie et de société qu'ils désiraient Mais la classe dirigeante thaïlandaise ne pouvait pas abattre assez de manifestants pour protéger son régime. Ce n'était pas seulement une révolte étudiante pour réclamer une constitution. Cela impliquait des milliers de gens ordinaires de la classe ouvrière et eu lieu au sommet d'une vague montante de grèves des travailleurs.

Le succès du renversement de la dictature militaire éleva énormément la confiance du peuple. Les travailleurs, les paysans et les étudiants commencèrent à se battre pour un peu plus qu'une simple démocratie parlementaire. Durant les deux mois suivant la révolte, le nouveau gouvernement de Sanya Tammasak nommé par le Roi fit face à un total de 300 grèves des travailleurs. Une fédération centrale des syndicats fut formée. De nouveaux organismes d'étudiants radicaux surgirent. Le 1er mai 1975, 250 000 personnes manifestèrent à Bangkok et, un an plus tard, un demi-million de travailleurs prirent part à une grève générale contre l'augmentation des prix. A la campagne, des petits fermiers commencèrent à bâtir des organisations et ils allèrent à Bangkok pour faire entendre leurs voix. Les ouvriers et les paysans voulaient la justice sociale et la fin des privilèges. Une Triple Alliance entre les étudiants, les ouvriers et les petits fermiers fut créé. Certains activistes désiraient la fin de l'exploitation et du capitalisme lui-même. L'influence du Parti Communiste de Thaïlande (P.C.T) grandit rapidement, spécialement parmi les activistes des zones urbaines.

Comme part du processus de réforme politique, en décembre 1973, le Roi présida un Forum National (souvent appelé "l'assemblé du champ de course de chevaux" à cause de sa location) trié sur le volet. Ce forum, dont les membres avaient été choisis parmi des professions variées, eu pour tâche de désigner un nouveau parlement. Kukrit Pramoj fut choisi comme président de celui-ci lors de son ouverture le 28 décembre, tandis que Sanya Tammasak conservait le poste de premier ministre. Cependant, ce parlement et le gouvernement de Sanya ne purent régler les tensions grandissantes dans la société entre les Conservateurs et la Gauche ou entre les riches et les pauvres.

Les premières élections démocratiques, depuis la révolution d'octobre 1973, furent tenues en janvier 1975. Le parlement avait une représentation de Gauche et le programme du gouvernement reflétait un besoin de traiter avec la pression des questions sociales. Les partis de Gauche, comme le Parti de la Nouvelle Force, le Parti Socialiste de Thaïlande et le Parti du Front Socialiste obtinrent 37 sièges (sur un total de 269) mais ne rejoignirent aucune coalition gouvernementale. Le premier gouvernement de coalition, entre le Parti Démocrate et le Parti d'Agriculture Sociale, fut établi par Seni Pramoj. Celui-ci, de centre droit, annonça qu'il allait suivre une politique "Sociale-Démocrate". Cependant, il perdit le vote de confiance au parlement en mars 1975 et fut remplacé par un nouveau gouvernement de coalition avec, à sa tête, Kukrit Pramoj (le frère de Seni) du Parti d'Action Sociale. Ce dernier introduit un certain nombre de programme pour les pauvres, y compris un plan de création d'emplois. Il gouverna durant une période de tensions sociales grandissantes. Des grèves, manifestations, et assassinats politiques se produisaient régulièrement. Finalement le parlement fut dissous en janvier 1976 et des élections eurent lieu en avril. Ces dernières virent un revirement à Droite. C'était dû à une combinaison de plusieurs facteurs, comme l'intimidation de la Gauche et un déplacement électoral à Droite de la classe moyenne qui avait peur du radicalisme.

L'activisme étudiant dans la société

Dans la période qui suivit le renversement des militaires, le 14 octobre 1973, beaucoup de centres et de coalitions étudiantes furent formées dans des régions variées ainsi que des institutions d'enseignement différent. Quoi qu'il en soit, il y eu des tentatives pour coordonner les actions de ces différents groupes sous une simple organisation: The National Student Centre of Thailand (Centre National des Etudiants de Thaïlande). Cette dernière, ainsi que d'autres organisations d'étudiants, devint encore plus active dans des campagnes sociales variée, souvent en tant que membres de la Triple Alliance avec les travailleurs et les paysans. Néanmoins, ce mouvement fut obsédé par les scissions personnelles et politiques. Seksan Prasertkul, un des dirigeants étudiants du 14 octobre, forma le Free Thammasart Group (Groupe Thammasart Libre) et Tirayut Boonmi, un autre dirigeant étudiant, créa le People for Democracy Group (Peuple pour les Groupes Démocratiques). Ces soi-disant "groupes indépendants" pensaient que la direction du National Student Centre était trop conservatrice, refusant souvent de mobiliser les étudiants pour des questions importantes comme la protestation couronnée de succès contre le retour du Marechal Thanom Kittikachorn, l'ancien dictateur évincé, en 1974. Pour cette raison, ces groupes indépendants variés formèrent un centre alternatif, le “National Coalition Against Dictatorship” (Coalition Nationale Contre la Dictature) avec Sutam Sangprathum comme secrétaire général. Un important domaine d'activité pour les étudiants fut la lutte contre l'impérialisme américain et pour une soi-disant "indépendance thaïlandaise". La dictature militaire avait été une proche alliée des Etats Unis durant la Guerre Froide, envoyant un nombre symbolique de troupes thaïlandaises pour aider les Américains aussi bien en Corée qu'au Vietnam. En 1973, il y avait 12 bases militaires américaines dans le pays, avec 550 avions de combat et des milliers de soldats stationnés sur le sol thaïlandais dans le but de soutenir l'effort de guerre des Etats Unis en Indochine. Ces bases étaient légalement un territoire des Etats Unis, un point mis en lumière par l'arrestation et l'exécution d'un citoyen thaïlandais, Tep Kankla, par une cour de justice américaine pour le meurtre d'un soldat américain en décembre 1973. Mis à part ça, peu âpres la guerre du Vietnam, les Etats Unis utilisèrent la base navale d'U-Tapao pour lancer une attaque contre le Cambodge le 14 mai 1975 sans consulter le gouvernement thaïlandais

La présence d'un si grand nombre de soldats américains, ainsi que ce qui était vu comme la dominance de l'économie locale par des compagnies américaines, semblait confirmer l'analyse maoïste du Parti Communiste de Thaïlande que ce pays était une "semi-colonie" des Etats Unis. Apres 1973, il y eu donc une campagne grandissante pour flanquer dehors les bases américaines. Cette campagne, qui fut stimulée par la défaite des Etats Unis au Vietnam et les nouvelles conséquences géopolitique qui en résultèrent, conduisit le premier ministre Kukrit à réclamer le retrait des Américains en mars 1975. Ce fut renforcé par une manifestation massive contre les bases américaines le 21 mars 1976. Peu âpres cela, les Etats Unis retirèrent finalement leurs troupes de Thaïlande.

Un autre domaine important dans lequel le mouvement étudiant était actif, fut celui des droits de l'homme et de la démocratie. Les Etudiants firent campagne pour rajouter plus d'amendements dans la Constitution de 1974 et ils se mobilisèrent contre la répression de l'état. Le 24 janvier 1974, les forces de sécurité du gouvernement attaquèrent et brulèrent le village de Na Sai situé dans la province du Nord-Est de Nong Khai. Trois villageois furent tués par les troupes gouvernementales. Initialement, le gouvernement prétendit que cette atrocité fut commise par les communistes, mais Tirayut Boonmi, fut capable de prouver publiquement que c'était le fait du gouvernement. Des pressions du mouvement étudiant obligèrent ce dernier à admettre le crime et à payer des compensations aux villageois. Le général Saiyut Kertpol, chef de la Communist Suppression Unit (Unité de Suppression des Communistes), fut aussi forcé d'avouer que la politique gouvernementale précédente avait été "trop dure".

L'incident de Na Sai fut suivi par la révélation d'un autre crime d'état dans la province du Sud de Patalung. Il est estimé qu'entre 1971 et 1973, les forces gouvernementales ont systématiquement arrêtées et interrogées des villageois, ce qui aboutit à plus de 3000 morts. Dans ce qui deviendra connu comme l'incident des Bidons Rouges (Tang Daeng), les villageois furent tués et ensuite brulés dans des bidons d'essence ou jetés des hélicoptères.

En plus de dénoncer la répression d'état, des volontaires étudiants s'impliquèrent aussi dans la campagne, plutôt sponsorisée et patronnée par l'état, pour "diffuser les idées démocratiques parmi les gens du monde rural" lors des vacances d'été de 1974. Quoi qu'il en soit, cette campagne offrit l'opportunité pour des milliers d'étudiants urbains d'observer sur le terrain les problèmes sociaux des villages tout en renforçant la coopération future entre les étudiants et les petits fermiers dans la Triple Alliance. Cela contribua à élargir les activités des étudiants dans le domaine de la justice sociale et ils devinrent encore plus à gauche.

Sur le front culturel, les étudiants firent campagne pour l'art et la littérature pour être plus en harmonie avec la vie des gens ordinaires. C'était souvent influencé par les idées étroites et limitées du "réalisme socialiste" stalinien, qui pouvaient être trouvées dans les écrits de Jit Pumisak. Une exposition nommée "bruler la littérature" condamnait les livres conservateurs qui servaient les intérêts féodaux. Au même moment il y eu un fleurissement d'une nouvelle "littérature pour le peuple", d'un "théâtre pour le peuple" et la naissance de "chansons pour le peuple", qui parfois ajoutait des paroles thaïlandaises à la musique des "protest songs" occidentaux de la même période. Une campagne de critique fut aussi engagée contre le système d'éducation élitiste et compétitif. Cette dernière aboutie à un comité gouvernemental qui fut établi en 1975 dans le but de reformer l'éducation.

Une importante organisation qui émergea de ces activités culturelles fut la "Coalition des Artistes Thaïlandais", qui organisa une exposition de rue sur "l'Art Populaire" le long de l'avenue Rajchadamnern en octobre 1975. Ces artistes et étudiants d'art eurent aussi un rôle très important en produisant des affiches et des bannières de propagande contre l'influence de l'armée et les bases américaines. D'une certaine manière le mouvement artistique fut plus pluriel que beaucoup d'organisations estudiantines, étant influencé par les idées plus radicalement libertaires du mouvement occidental des années 1960 que par l'influence du P.C.T. Apres le bain de sang du 6 octobre 1976, beaucoup d'artistes partirent rejoindre les guérillas communistes de la jungle mais luttèrent pour maintenir leur esprit libre parmi l'étroite idéologie du P.C.T.

La politique des étudiants à l'intérieur des universités et collèges

Une importante conséquence de la victorieuse révolte du 14 octobre 1973 contre la dictature fut l'établissement de partis politiques de Gauche étudiants dans les universités et les lycées. Ces derniers se portèrent candidats pour l'union étudiante. Quelques-uns gagnèrent immédiatement tandis que les autres augmentèrent graduellement leur influence au dépend de la Droite. Au milieu de l'année 1976, la plupart des universités avaient des organismes étudiants de Gauche, y compris l'université Kasetsart qui était auparavant perçue comme un bastion de la Droite. Une fois que la victoire de la Gauche fut complète, le corps étudiant fut capable de s'unifier une fois de plus autour du National Student Centre avec Kriangkamol Laohapairote comme secrétaire général. Un effet de la victoire de la Gauche fut la disparition temporaire du système de séniorité puisque les étudiants étaient devenus plus égalitaires et actifs dans leur tentative de changer la société. Des camps d'été étudiants furent organisés à la campagne dans le but de partager des expériences avec les pauvres villageois et moins d'insistance fut placée sur les matchs de football inter-universités. Malgré le fait que les divers partis étudiants de l'aile Gauche dans les institutions variées étaient plus ou moins autonomes dans les structures officielles, ils partageaient la même idéologie qui était lourdement influencée par le maoïsme du Parti Communiste Thaïlandais. Cela peut être vu dans leur concentration sur des activités à la campagne, bien que beaucoup de groupes travaillaient aussi parmi les travailleurs urbains. En gros, le mouvement étudiant était un mouvement socialiste qui partageait l'analyse du P.C.T. comme quoi la Thaïlande était une société semi-féodale semi-colonie des Etats Unies. La lutte armée du P.C.T. à la campagne était perçue comme la clé pour bâtir une société meilleure. Beaucoup d'étudiants de gauche prirent aussi parti pour la direction du P.C.T. lors de disputes idéologiques comme celle qui opposa la direction du P.C.T avec l'ancien dirigeant communiste Pin Bua-orn. Ce dernier était opposé à la lutte armée adopté par le P.C.T. et voulait continuer la politique d’Alliance Inter-Classe stalinienne/maoïste que le Parti Communiste Thaïlandais avait défendue durant la période du régime de Pibul Songkram et au début de la dictature de Sarit Thannarat. Les groupes étudiants s'impliquèrent aussi aux cotés de la direction du P.C.T. sur la lutte de faction qui avait pris place en Chine vers la fin de la Révolution Culturelle.

L'influence du P.C.T. à l'intérieur du mouvement étudiant n'était pas une conspiration secrète. Elle reflétait la montée des idées de Gauche parmi beaucoup de gens dans la société thaïlandaise. En pratique, cette influence du Parti Communiste Thaïlandais dans le corps étudiant provenait de 3 sources principales. La première est que le P.C.T. était le seul parti politique de l'aile Gauche qui avait une analyse cohérente de la société et un plan d'action clair. Cela voulait dire naturellement que beaucoup de ceux qui recherchaient une réponse, se tournerait vers le Parti Communiste Thaïlandais, spécialement après les victoires des divers partis communistes dans les pays voisins d'Indochine. La seconde est que de jeunes membres (Yor) du P.C.T. ainsi que des membres ainés (Sor) étaient actifs à l'intérieur même du mouvement étudiant. Certains avaient été recrutés lorsqu'ils étaient encore au lycée et d'autres, après être entrés à l'université. Le recrutement était un long processus, impliquant des petits groupes secrets d'études organisé parmi des relations, mais cela aida à éduquer les activistes à l'idéologie du P.C.T. La troisième est que des articles exprimant la stratégie politique du Parti Communiste Thaïlandais étaient imprimés dans des journaux étudiants comme Atipat et que la station de radio du P.C.T., La Voix du Peuple de Thaïlande, était très populaire parmi beaucoup de gens à cette époque.

Il serait tout à fait faux de croire que les dirigeants étudiants, même ceux qui étaient membres du parti, recevaient des ordres direct du Comité Central du P.C.T. D'abord parce que les dirigeants du parti étaient au loin dans la campagne et ensuite parce que le parti ne vit jamais la lutte urbaine comme étant centrale dans la stratégie maoïste globale. Pour cette raison, on peut supposer que, durant la période entre 1973 et 1976, les activistes étudiants possédaient un degré élevé d'indépendance dans la direction et l'organisation, bien qu'ils acceptaient l'analyse politique globale du parti. C'est d'ailleurs confirmé par beaucoup d'activistes étudiants de cette période.

Comme déjà mentionné plus haut, entre 1973 et 1976, les partis étudiants de gauche gagnèrent graduellement les élections. A l'université Thammasart le Parti Palang Tum (Parti de la Force Morale) fut fondé juste avant la révolte d'octobre 1973 et il gagna un nombre substantiel d'élections, soutenant Peerapol Triyakasem comme son candidat. A l'université ouverte Ramkamhaeng, le Parti Sajja-Tum (Parti de la Vérité Morale) pris graduellement le dessus sur des partis plus centristes, gagnant la direction du corps étudiant en 1975. A l'université Chulalongkorn le Parti Chula Prachachon (Parti du Peuple de Chula) gagna les élections en 1976 contre un parti de droite et Anek Laothamatas devint président des étudiants. A Mahidol et Sri-Nakarin les partis de gauche gagnèrent aussi les élections et, à Chiangmai, Chaturon Chaisaeng du Parti Pracha Tum Party (Parti du Peuple Moral) gagna l'élection de l'union des étudiants en 1976.

Le glissement progressif vers des politiques de gauche parmi les étudiants pendant la période 1973-1976, jusqu'à que la Gauche devienne l'influence principale, refléta la polarisation entre la Droite et la Gauche qui prenait place dans une large société. A partir de ça nous pouvons comprendre pourquoi la classe dirigeante devint déterminé à faire n'importe quoi, y compris utiliser la force si nécessaire pour détruire le mouvement étudiant et ses tentatives aboutirent au bain de sang du 6 octobre 1976 à l'université Thammasat.

Couverture de la version originale en anglais du livre "Un coup d’Etat pour les riches"

Couverture de la version originale en anglais du livre "Un coup d’Etat pour les riches"

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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 10:18

1973: l'armée thaïlandaise tire sur les manifestants

Un article de la BBC publié le 14 octobre 1973

Lien:

http://news.bbc.co.uk/onthisday/hi/dates/stories/october/14/newsid_2534000/2534347.stm

 

Des dizaines de personnes ont été tuées à Bangkok, la capitale de la Thaïlande, lors de combats de rue entre les troupes gouvernementales et les manifestants.

La plupart des victimes sont des étudiants de l'Université Thammasat, qui s'étaient réunis en grand nombre pour une deuxième journée de manifestations contre le régime militaire thaïlandais.

Les violences ont éclaté lorsque plusieurs milliers d'étudiants sont descendus dans les rues pour réclamer la démission du gouvernement militaire. Ils appellent également à la mise en place d'une nouvelle constitution.

Affrontement

Aujourd'hui, les manifestants ont barricadé les rues menant aux bureaux du gouvernement. Selon des témoins, les manifestants ont jeté des pierres et des cocktails Molotov, mais ont été repoussés par la police et les troupes qui ont utilisées des balles réelles.

Plusieurs personnes sont tombées après que des coups de feu aient été tirés par des tireurs d'élite.

Il a également été rapporté que des camions de pompiers et des autobus avaient été saisis et conduits pour s'écraser contre les blindés.

Les affrontements entre les troupes et les étudiants ont également eu lieu à l'Université Thammasat après que les étudiants aient commencé à retourner aux manifestations de rue.

Les étudiants sont en colère contre le maréchal Thanom et son régime, des gouvernements militaires successifs qui ont dirigé la Thaïlande depuis 1947.

Le maréchal a aboli la Constitution en vigueur à la suite d'un coup d'Etat en novembre 1971 et, il y a moins de 10 jours, 13 militants pro-démocratie ont été arrêtés pour avoir appelé à la mise en place d'une constitution permanente.

Après une manifestation pacifique d'environ 200.000 personnes hier, le gouvernement s'est engagé à introduire une nouvelle constitution dans les 12 mois.

Mais le scepticisme du public est considérable quant aux promesses du gouvernement, il a fallu 10 ans pour que la dernière constitution soit mise en place.

Bangkok est désormais sous l'état d'urgence. La censure des journaux et le couvre-feu ont été imposés, et les écoles de la capitale resteront fermées jusqu'à ce que la situation se calme.

Le contexte

De nombreux témoignages indiquent le régime a ouvert le feu sur des civils non armés. Le bilan officiel des victimes est de 77 tués. Plus de 800 personnes ont été blessées.

Plus tard ce jour-là, le maréchal Thanom démissionné ainsi que deux autres officiers supérieurs. Les trois hommes ont été temporairement exilés.

Le Dr Sanya Dhammasak, recteur de l'Université Thammasat, est devenu le nouveau Premier ministre.

Le gouvernement civil a survécu jusqu'en octobre 1976, date à laquelle un régime militaire a de nouveau repris le pouvoir.

Il y a eu un autre coup d'Etat militaire en 1991. Les élections de 1992 ont conduit au retour de la démocratie en Thaïlande.

Mais en septembre 2006, l'armée est intervenue de nouveau pour renverser le Premier ministre Thaksin Shinawatra.

La plupart des Thaïlandais célèbrent l'anniversaire de la "révolte du 14 octobre 1973" comme Journée de la liberté et des droits du peuple thaïlandais.

Manifestation au monument de la démocratie le 14 octobre 1973

Manifestation au monument de la démocratie le 14 octobre 1973

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12 octobre 2015 1 12 /10 /octobre /2015 10:44

La Révolution thaïlandaise de 1973 a été décrite dans le livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais" de Sylvia et Jean Cattori.

Voici l'extrait du chapitre 1 du livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais" de Sylvia et Jean Cattori:

"Déployant vos ailes, fuyant cette ville

Oiseaux jaunes, vous nous avez quittés

Volant vers la liberté

Maintenant que votre vie s'est brisée

Comme vous vous élevez dans le ciel

Un nuage blanc demande qui vous êtes

Vos ailes luisent dans la lumière du soleil

De quelle couleur est le monde dont vous rêvez?"

(Poème de Vinay Ukrit à la mémoire des victimes du

soulèvement d'octobre 1973.)

Les dix jours qui ébranlèrent la Thaïlande

Le 6 octobre 1973, la dictature militaire fait arrêter onze personnes qui distribuent pacifiquement une pétition sur la place d'un marché de Bangkok. Rien de bien étrange apparemment dans un pays soumis au régime de la loi martiale. Et pourtant, c'est là l'étincelle qui va faire exploser un mécontentement longtemps accumulé. Dix jours plus tard, les trois dictateurs, le maréchal Prapass Charusathiara, Thanom Kittikachorn et son fils Narong seront contraints de s'enfuir sous la pression d'un soulèvement populaire dont l'ampleur n'a aucun précédent dans l'histoire de la Thaïlande.

Que réclament les hommes arrêtés? La promulgation de la Constitution tant de fois promise et toujours différée. Qui sont-ils? Quelques étudiants ou jeunes diplômés universitaires. Disposent-ils de quelque soutien? Oui, mais bien dérisoire à première vue face à la force des armes que détient la dictature: la pétition du "Mouvement pour la Constitution" qu'ils distribuent est signé par cent intellectuels et ils peuvent compter sur le soutien actif des quelque 100,000 étudiants universitaires du pays regroupés au sein du "National Student Center of Thailand" (N.S.C.T.).

Les dictateurs sont décidés à en finir avec ces étudiants qui défient depuis plusieurs mois l'arbitraire de leur pouvoir. "Il faut faire respecter la loi. Nous pouvons avoir à sacrifier quelque 2 % des centaines de milliers d'étudiants pour la survie du pays" déclare Prapass au cours d'une réunion (1). Excluant toute libération, il déclare publiquement que des livres "communistes" ont été saisis au domicile des inculpés. Mais, malgré l'hystérie anticommuniste entretenue par le pouvoir depuis des dizaines d'années, l'accusation trop souvent brandie ne porte plus. La revendication avancée par le "Mouvement pour la Constitution" est celle des droits démocratiques. Elle est claire pour tout le monde, y compris le petit peuple de Bangkok.

Le 9 octobre, les étudiants décident de boycotter les cours et de se rassembler aussi longtemps qu'il le faudra sur le campus de l'Université Thammasat. C'est par dizaines de milliers que les élèves affluent. La population leur témoigne son soutien par des dons d'argent et de nourriture.

Les dictateurs commencent à prendre avec inquiétude la vraie mesure du mouvement. La radio gouvernementale cherche alors à semer la confusion: elle répand le bruit que des "terroristes armés" sont mêlés aux manifestants.

Le N.S.C.T. lance un ultimatum: tous les prisonniers devront être libérés inconditionnellement faute de quoi une "action décisive" sera entreprise.

Des deux côtés on se prépare maintenant à l'affrontement. Le gouvernement met sur pied d'alerte l'armée et toutes les forces de sécurité.

Le 13 octobre, à l'échéance de l'ultimatum, la plus formidable manifestation qu'ait connue la Thaïlande se met en mouvement en direction du Monument à la Démocratie (plus familièrement appelé monument à la faillite de la démocratie). C'est un raz de marée: un demi-million de personnes. Le roi intervient, obtenant de Thanom la libération des prisonniers et la promesse de promulguer la nouvelle Constitution. Certains délégués du N.S.C.T. crient victoire et appellent à la dispersion. Mais pour d'autres, c'est trop peu ou trop tard.

Seksan Prasertkul, un des principaux dirigeants étudiants, se rend bien compte du danger qu'il y a à abandonner la position de force conquise, avant d'avoir obtenu la démission du gouvernement, alors qu'il y a encore des centaines de milliers de manifestants sur place, prêts à poursuivre la lutte. Quelles garanties ont-ils que le trio de dictateurs tienne ses promesses?

Dans la nuit, la tension ne cessant de monter, Seksan qui a pris le commandement de la manifestation dirige la foule vers la résidence du roi pour obtenir des assurances.

Un message du souverain est lu publiquement.

C'est l'aube du 14 octobre: les manifestants commencent à se disperser. Mais la police intervient. Des grenades lacrymogènes éclatent, on entend siffler des rafales d'armes automatiques. Les premières victimes tombent. Le bruit que "des étudiantes ont été battues à mort" se répand comme une traînée de poudre.

A Thammasat, on commence à fabriquer des cocktails Molotov. La radio diffuse des nouvelles falsifiées: les étudiants utiliseraient "des armes à feu contre les policiers". De sévères mesures de répression sont annoncées. En réalité, face aux soldats en armes et face aux tanks, la foule massée n'a guère que quelques bâtons.

Les rafales partent. Des gens se jettent au sol, rampant pour chercher un abri. Une centaine de corps restent sur le terrain. Dès lors, la manifestation vire à l'insurrection.

Le long de l'avenue Radjdamnoen où se concentrent les affrontements, les forces de police n'épargnent même pas les équipes de secours, mitraillées alors qu'elles cherchent à relever les corps. Les hôpitaux débordent de blessés. Parmi les victimes, il y a plus de gens du menu peuple que d'étudiants.

Malgré l'horreur, les scènes déchirantes, les hélicoptères qui tirent sur tout ce qui bouge, les manifestants défient les soldats avec une audace insensée. Ce n'est plus une insurrection étudiante mais un soulèvement populaire.

La colère de la foule se tourne contre les bâtiments publics, symboles de la corruption et d'un pouvoir détesté.

Sous la pression populaire grandissante, le roi annonce la démission de Thanom. L'armée se retire. L'affrontement va-t-il cesser?

Dans le feu du combat, la chute des trois dictateurs est clairement devenue le but de l'insurrection. Mais sont-ils vraiment tombés? Ce n'est pas l'avis de tous [...]

(1) Réunion du 8 octobre 1973 au Ministère de l'Intérieur

Sylvia et Jean Cattori

Lien de l’excellent site de nouvelles Arrêt sur Info dont Sylvia Cattori est la webmaster:

http://arretsurinfo.ch/

Le livre "Asie du Sud-Est, l’enjeu thaïlandais" de Sylvia et Jean Cattori

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11 octobre 2015 7 11 /10 /octobre /2015 15:46

Un article de Giles Ji Ungpakorn

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https://uglytruththailand.wordpress.com/2015/10/11/dont-let-the-military-off-the-hook-by-saying-that-the-king-ordered-the-6th-october-crack-down-and-other-state-atrocities/

 

Il est à la mode parmi de nombreux membres du mouvement pro-démocratie d’affirmer que le Roi Pumipon aurait ordonné le bain de sang du 6 octobre 1976 à l'Université Thammasart et aussi le massacre des Chemises rouges pro-démocratie désarmés en 2010. En dehors du fait que cela est faux, cela permet aux militaires et aux autres sections de l'élite d’être totalement hors du coup.

Pumipon est un monarque faible et sans caractère qui a passé sa vie inutile et privilégié dans une bulle, entouré par de serviles et rampants flagorneurs prétendant qu'il était un "dieu". Il est toujours resté muet sur les meurtres de civils innocents par les militaires. Pumipon est un outil volontaire de l'armée et cela lui a rapporté de grandes récompenses. Au cours de son règne, il a amassé tant de richesses à partir du travail des autres, qu'il est devenu l’homme le plus riche de Thaïlande. Pourtant, ce n’est pas lui qui ordonne aux militaires de faire quoi que ce soit. Ce sont les militaires qui lui disent quoi faire. Il est leur "sainte marionnette". L'armée peut alors prétendre agir dans l'intérêt de la monarchie. Le vrai pouvoir réside chez les militaires et dans les autres sections de l'élite politique, et non pas chez le Roi.

Si nous examinons les événements entourant le massacre de la gauche du 6 octobre 1976, il faut noter le contexte de la guerre froide et le fait que les Etats-Unis avaient perdu leur guerre d’Indochine. Il serait faux de penser qu'il y avait un plan bien coordonné, par une seule institution, qui aurait conduit aux événements du 6 octobre. Mettre trop d'accent sur le rôle de l'armée, de la monarchie ou d'un parti politique en particulier serait faire preuve d’une méconnaissance de la période. Ce qui est arrivé le 6 octobre a été le résultat d'un consensus entre l'ensemble de la classe dirigeante pour qui un système démocratique ouvert laissait trop de liberté à la gauche. Cependant, il est probable qu'il y avait aussi bien des accords que des désaccords au sein des cercles dirigeants sur la façon d’agir et sur qui devait agir. L'opinion générale comme quoi il faudrait utiliser "de violentes méthodes extra-parlementaires" a conduit à la création non coordonnée des différents groupes de droite fascisante.

La tournure des événements qui ont menés au 6 octobre contenait des éléments prévus et imprévus. Parmi ceux qui ont fait des plans spéciaux pour écraser la gauche et provoquer un coup d'État se trouvait une coalition de politiciens des partis de droite Chart Thai et Démocrate qui travaillaient avec des éléments de l’armée proches des anciens dictateurs Tanom et Prapart.

Certains observateurs de l'époque croyaient que la monarchie avait également soutenu l'idée d'un coup d'Etat, dans l'espoir d'arrêter l'élan vers la gauche, mais aussi afin d'empêcher le pouvoir de tomber aux mains des forces imprévisibles de la droite et de l’extrême-droite. D'autres pensent que les plans de la monarchie pour un coup d'Etat ont été contrecarrés par le groupe qui a effectivement pris le pouvoir. Cependant, la plupart des auteurs sont d'avis que la monarchie a contribué à légitimer le bain de sang dans un sens large, en montrant un soutien ouvert pour la droite. Cela serait étonnant qu’une monarchie ne supporte pas la droite alors que la gauche souhaite une république!

Le 5 octobre, la station radio Tank Corps et le journal d’extrême-droite Dao Sayam ont appelés à une mobilisation des forces de droite afin de "s’occuper" des étudiants. A la radio, les speakers ont exhorté les gens à "tuer... tuer... tuer"...

Le coup d'Etat militaire qui a effectivement mis eu lieu à 18 heures 30 dans l'après-midi du 6 Octobre n’a, en fait, pas mis en scène par Chart Thai et les factions de droite du Parti Démocrate ainsi que leurs alliés militaires. Au lieu de cela, c’est le "Conseil national de réforme administrative" (National Administrative Reform Council, sigle en anglais N.A.R.C.) de l’amiral Sangad Chaloryu, qui a pris le pouvoir et nommé par la suite Tanin Kraivichien au poste de premier ministre, cela afin d'empêcher le premier groupe qui souhaitait un coup d'Etat d’arriver à ses fins. Le N.A.R.C. a été soutenue par des factions de l'armée opposées à Tanom et Prapat.

L'image générale de la classe dirigeante qui se dégage pendant l'année 1976 est donc d'une part un degré d'unité sur la nécessité d'écraser la gauche, mais d’autre part une désunion sur la façon de le faire et, plus important encore, la façon de procéder après la cassure.

Pour paraphraser Karl Marx, la classe dirigeante thaïlandaise est et a toujours été un groupe de belligérants frères, unis dans leur haine de la gauche et des pauvres, mais se battant en permanence entre eux pour le pouvoir. Au milieu de ce tas de dégénérés se trouve le Roi qui, comme une fée impuissante sur un arbre de Noël, cherchait constamment à être du côté des vainqueurs.

Un journal de l’époque sur le massacre du 6 octobre 1976

Un journal de l’époque sur le massacre du 6 octobre 1976

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9 octobre 2015 5 09 /10 /octobre /2015 09:54

Une déclaration de l’avocat de Yingluck Shinawatra

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https://www.facebook.com/NorrawitSocial/photos/a.1549753511949106.1073741827.1549395275318263/1650829345174855/?type=3&theater

 

Yingluck fait appel pour sa plainte contre le procureur général et trois procureurs de la Cour d'appel, bien qu’elle soit déçue d'avoir perdu l'occasion de présenter des preuves importantes.

Aujourd'hui (le 7 octobre 2015) M. Norrawit Larlaeng, représentant légal de Mlle Yingluck Shinawatra a déclaré que sa cliente insistait afin de faire appel pour son cas contre le procureur général et trois procureurs pour faute grave dans l'exercice de leur devoir. Après que Mlle Yingluck ait appris la décision de la Cour pénale, l'ancienne première ministre a insisté sur son droit à faire appel pour son cas à la Cour d'appel.

En outre, M. Norrawit a révélé que Mlle Yingluck était déçue d’avoir perdu l'occasion de présenter des preuves importantes préparées pour l'audience préliminaire, notamment un document relatif à la réunion conjointe entre la Commission nationale de lutte contre la corruption (NACC) et les procureurs de la Cour. Toutefois, lorsque la décision de la Cour a été de rejeter la poursuite, Mlle Yingluck a procédé à l'appel.

Voir aussi:

http://liberez-somyot.over-blog.com/2015/09/yingluck-shinawatra-depose-une-plainte-a-la-cour-penale-contre-le-procureur-general.html

Yingluck Shinawatra et son avocat Norrawit Larlaeng

Yingluck Shinawatra et son avocat Norrawit Larlaeng

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8 octobre 2015 4 08 /10 /octobre /2015 08:19

Un communiqué de presse de l’AFP

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http://www.afp.com/fr/agence/communiques-presse-newsletter/lafp-decerne-le-prix-kate-webb-une-journaliste-thailandaise

 

L’AFP a décerné le prix Kate Webb 2015 à Mutita Chuachang, journaliste thaïlandaise d’investigation, pour sa couverture indépendante des atteintes aux droits de l’homme dues à l’usage draconien de la loi royale sur la diffamation.

Rédactrice en chef adjointe du site d’informations en ligne Prachatai (http://www.prachatai.com/, http://www.prachatai.com/english/), pour lequel elle travaille depuis 2004, Mutita Chuachang couvre les affaires de lèse-majesté de manière rigoureuse en dépit de l’opacité du système juridique thaïlandais et de l’important tabou social qui pèse sur le sujet.

«Nous avons voulu distinguer Mutita pour la qualité et la profondeur de ses articles sur des sujets hautement sensibles en Thaïlande, un exercice particulièrement exigeant et compliqué compte tenu de l’environnement politique dans le pays», a déclaré Philippe Massonnet, directeur de l'AFP pour la région Asie-Pacifique.

Le Prix, qui comprend une bourse de 3.000 euros (3.400 $), récompense chaque année un journaliste de la région Asie-Pacifique pour son travail dans des circonstances difficiles ou dangereuses. Il a été créé en mémoire de Kate Webb, journaliste néo-zélandaise de l'Agence France-Presse décédée d'un cancer en 2007, à l'âge de 64 ans, qui s'est distinguée en couvrant de nombreux conflits dans la région.

«Je suis très émue et honorée de recevoir le Prix Kate Webb», a déclaré la journaliste âgée de 33 ans. «Mais il ne s’agit pas de moi, de mon site d’informations ou même de l’équipe qui contribue à ces reportages. L’essentiel est d’attirer l’attention du public dans une période difficile pour les droits de l’homme en Thaïlande. Quand nous avons écrit ces articles, nous n’avons pas cherché à être courageux – c’était quelque chose que nous devions faire et le site Prachatai m’a été d’un grand soutien».

«Nous sommes ravis qu’une journaliste thaïlandaise ait gagné le Prix cette année. L’Indochine était une région spéciale aux yeux de Kate», a indiqué Rachel Miller, la sœur de Kate Webb.

L’an dernier, la journaliste philippine Patricia Evangelista avait été choisie pour sa couverture d’une insurrection musulmane ainsi que pour un sujet consacré aux ravages du Typhon Haiyan. Le prix avait été remis pour la première fois en 2008 au Pakistanais Mushtaq Yusufzai pour ses reportages dans les zones tribales à la frontière afghane.

A propos du prix Kate Webb

Née en Nouvelle Zélande, Kate Webb a acquis une solide réputation de journaliste de terrain en couvrant guerres et événements historiques en Asie pendant une quarantaine d’années. Elle s’est fait un nom durant la guerre du Vietnam et a travaillé également au Cambodge, en Indonésie, en Thaïlande, aux Philippines, en Inde, en Corée du Sud et au Moyen-Orient. Elle était connue pour sa gentillesse et sa compassion et fut le mentor de nombre de jeunes journalistes asiatiques.

Le prix est géré par la Fondation AFP – une association à but non lucratif dont la mission est de promouvoir la liberté de la presse auprès des étudiants en journalisme dans les pays en développement – et par la famille Webb. Il a été remis pour la première fois en 2008.

A propos de l’AFP

L’AFP est une agence de presse mondiale fournissant une information rapide, vérifiée et complète en vidéo, texte, photo, multimédia et infographie sur les événements qui font l’actualité internationale. Des guerres et conflits à la politique, au sport, au spectacle jusqu’aux grands développements en matière de santé, de sciences ou de technologie. Ses 2.326 collaborateurs, de 80 nationalités différentes, répartis dans 150 pays, rendent compte en six langues de la marche de la planète, 24 heures sur 24.

Mutita Chuachang

Mutita Chuachang

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