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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 13:02

L'Organisation des Thaïlandais Libres pour les droits de l'homme et la démocratie (FTHD ou Seri Thai) condamne la nomination du général Prayuth Chan-ocha comme Premier ministre de Thaïlande et appelle à la résistance du peuple par tous les moyens.

 

Lien:

https://www.facebook.com/FreeThaiOfficial1/photos/a.1487145578189143.1073741828.1487139438189757/1518050615098639/?type=1&relevant_count=1

 

L'Organisation des Thaïlandais Libres pour les droits de l'homme et la démocratie (FTHD) condamne la nomination du général Prayuth Chan-ocha comme Premier ministre de Thaïlande pour les raisons suivantes:

Il est au pouvoir par le biais d'un régime de dictature militaire et est totalement illégitime selon les principes et les valeurs démocratiques.

Il est évident que le général Prayuth Chan-ocha, ainsi que d'autres chefs militaires, ont effectivement aidé le groupe rebelle appelé PDRC conduit par son Secrétaire général, M. Suthep Tueksuban qui a fermé Bangkok afin de légitimer un coup d'Etat militaire et de renverser le gouvernement du peuple. Depuis le coup d'Etat du 22 mai 2014, le général Prayuth, au nom de NCPO ou le Conseil national pour la paix et l'ordre, a clairement indiqué son intention d'inverser la démocratisation de la Thaïlande afin de conduire le pays à un état de dictature militaire. Il n'a indiqué aucun désir de démocratie ou de démocratisation. Par exemple, sa constitution, illégale et écrite par lui-même, autorise de nombreuses et répétées arrestations et violations des droits humains fondamentaux, menace le peuple et les journalistes des médias de masse afin de limiter leur liberté d'expression, nomme les membres de la soi-disant "Assemblée nationale", et détruit la structure électorale locale sur lequel l'ensemble de la démocratie a été basé.

La sélection du Premier ministre par le NCPO n'est qu'une farce politique et viole la règle de droit.

Le peuple thaïlandais et le monde entier savent que les membres de "l'Assemblée législative nationale" ont tous été nommé par le dictateur, Prayuth Chan-ocha, afin qu'ils puissent le choisir comme Premier ministre. Cette sélection ne peut en aucun cas être justifiée ou légitimée comme étant la décision du peuple. Même le processus lui-même, avec la nomination d'un seul nom pour le poste [de premier ministre], a été tourné en dérision et a apporté la honte internationale envers notre pays. Notre conclusion est qu'une telle disgrâce politique est la pire forme de politique de retour en arrière.

Pour les raisons susmentionnées, Le mouvement FTHD demande à tous les amoureux de la démocratie, aussi bien en Thaïlande qu'à l'étranger, de condamner et de résister à la nomination du général Prayuth Chan-ocha comme nouveau Premier ministre de Thaïlande, et à s'opposer au régime tout entier par tous les moyens possibles et imaginables. Nous vous appelons également a lutter en écrivant afin d'informer et pour expliquer les répercussions négatives de cet abus de pouvoir qui freine le développement et le progrès de la démocratisation en l'Asie du Sud-Est et affaiblit l'investissement étranger et le développement de marché, et en envoyant vos écrits aux ministères des affaires étrangères de vos pays respectifs, aux ambassades, et aux bureaux diplomatiques à travers le monde.

Nous, le FTHD, croyons fermement qu'un régime non élu par le peuple n'aura jamais les intérêts des gens à cœur.

M. Jarupong Rueangsuwan

Secrétaire général de l'Organisation des Thaïlandais Libres pour les droits de l'homme et la démocratie (FTHD)

Jarupong Rueangsuwan

Jarupong Rueangsuwan

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 16:24

Quatre questions de Sunai Julphongsathorn au Premier ministre Prayut

Lien en thaï:

https://www.facebook.com/photo.php?fbid=248714748671558&set=a.154650848077949.1073741836.100005991037959&type=1&theater

 

La bonne image d'un Premier ministre dans le monde est un bon facteur dans la gestion du pays. Elle favorise aussi le développement de la nation, les importations ainsi que les exportations de biens et de produits agricoles, ce qui nous permettrait d'augmenter le prix de nos produits. Je voudrais demander au général Prayut comment il va faire pour changer ses quatre désastreuses images.

1 - Comment pouvez-vous modifier votre image de dictateur, rejoint par le général Pravit, le général Anupong et le général Daopong (que vous nommerez ministres de votre gouvernement afin de former une nouvelle bande des quatre ) ainsi que celle d'avoir volé le pouvoir au peuple et soutenu Suthep Thuagsuban afin de créer le chaos en fermant Bangkok dans le but de trouver une excuse pour organiser un coup d'Etat et devenir Premier ministre?

2 - Comment pouvez-vous changer votre image de la première heure qui vous empêche de voyager dans les pays développés, nos principaux partenaires d'exportations, comme l'Union Européenne, les Etats-Unis et l'Australie étant donné que ces pays ont boycotté la Thaïlande pour l'acte illicite [du coup d'Etat] et la violation des droits humains jusqu'à ce qu'ils soient condamnés par le Secrétaire général de l'ONU lui-même. Vers le milieu de septembre, il y aura une grande conférence de l'ONU à New York. Vous pouvez toujours vous joindre à la réunion afin d'essayer de changer votre image.

3 - Pourquoi n'enquêtez-vous pas sur cette affaire extrêmement illégale de l'énorme trafic d'héroïne en provenance de Thaïlande à Taiwan ces derniers temps. La drogue était emballée dans des emballages "Doikam", un produit du projet royal. Elle a été interceptée à Taiwan et l'affaire a fait le tour du monde. C'est très humiliant vis-à-vis du nom royal, mais vous n'avez rien fait. Le représentant du NCPO (Conseil national pour la paix et l'ordre) a annoncé vouloir rendre les gens heureux et donc les Thaïlandais ainsi que la communauté mondiale doivent être convaincu que vous n'êtes pas impliqué. Ceci est très négatif pour la nation et ne peut être comparé aux accusations contre ceux qui aiment la nation et la démocratie. Je ne veux pas me rendre à vous car je n'accepte pas votre acte illégal, mais vous continuez à me pourchasser tous les jours tout en ignorant l'affaire de drogue qui a un effet négatif vis-à-vis du monarque. S'il vous plaît, expliquez donc aux gens pourquoi?

4 Le plus gros problème à l'heure actuelle est le bas prix de nos produits, caoutchouc, huile de palme et riz. Les prix sont les plus bas depuis 10 ans et les gens n'ont pas confiance en votre capacité à travailler pour le pays car vous avez une image politique complètement détruite mais vous continuez à essayer de vous insérer comme Premier ministre. Vous allez provoquer le problème le plus difficile à résoudre. Je voudrais demander: Comment pouvez-vous résoudre le problème du prix des produits agricoles afin que les gens puissent avoir confiance en vous. Ce n'est pas en donnant une interview qui laisse penser que vous voulez pousser les ordures loin de vous [que vous y arriverez].

Sunai Julphongsathorn est un ancien sénateur aujourd'hui en exil. Il fait partie de la direction du mouvement de résistance "Thaï Libre" (Seri Thai ou Free Thai)

Sunai Julphongsathorn

Sunai Julphongsathorn

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23 août 2014 6 23 /08 /août /2014 06:53

La répression globale qui a lieu aujourd'hui en Thaïlande sous la junte militaire est d'un comique absurde d'une façon qui défie toute mesure.

 

Un article de Robert Amsterdam

Lien:

http://www.foreignpolicyjournal.com/2014/08/19/the-thai-coup-and-the-threat-to-historical-memory/

 

Dans quel autre pays au monde peut-on être arrêté pour jouer l'hymne national français, pour lire George Orwell, ou pour faire le salut à trois doigts du film Hunger Games? La campagne de "bonheur" semblait supplier le ridicule, et puis quand le comédien britannique Jon Oliver a plaisanté [sur le système de la junte], il a lui aussi été menacé de prison si jamais il mettait un pied dans le pays.

De toute façon, après tout, la même junte tourne autour d'elle-même et demande aux gens de ne pas l'appeler "coup d'Etat" ou "dictature". S'il s'agissait d'un film hollywoodien, il serait tourné en dérision comme invraisemblable.

Mais sous ce tas de symbolisme, il y a un terrain plus dangereux, celui qui résonne à partir des derniers coups d'Etat en Thaïlande afin de contrôler la façon dont ces événements sont compris et interprétés par le public, et qui arrive à écrire l'histoire.

La dynamique du pouvoir unique de la Thaïlande, qui a présenté pas moins de 18 coups d'Etat, a été décrite comme une forme de "colonisation interne", selon laquelle les pouvoirs de l'État sont souvent saisis par les élites et rendus pratiquement illimités contre les droits des citoyens à chaque fois que l'établissement sent que sa survie est en jeu. Elle a conduit à une mentalité très irrégulière et à couper le souffle parmi beaucoup d'élites, qui voient les ruraux pauvres comme des sous-hommes: leurs droits en tant que citoyens dans une démocratie sont considérés comme des privilèges conditionnels et non pas des droits inaliénables en vertu de la loi.

Sous une telle distorsion, le contrôle de la narration nationale est primordial. Les élites sont ceux qui arrivent à définir ce que ces "valeurs thaïlandaises" sont, et, à partir de cette pensée de groupe normatif, organisent des coups d'Etat et renversent des gouvernements élus afin de défendre leurs intérêts.

En Thaïlande, la lutte séculaire entre les élites et la population majoritaire a été définie par ces mêmes contours entre militaires, élites, et Etat. Bien que [le peuple] ait voté pour éjecter les élites du pouvoir lors des six dernières élections, le but de coup d'Etat est une fois de plus, non seulement de rechercher le pouvoir, mais aussi de priver des millions de Thaïlandais du droit à exister en tant que partie de la narration nationale. À la suite de nombreuses atrocités, ce vide d'information est souvent désigné comme étant la mémoire historique.

Le thème de la mémoire historique a longtemps été un thème central pour de nombreux groupes de chemises rouges, et c'est une question d'importance vitale pour de nombreux pays qui ont connu la tragédie et la guerre civile. Mais c'est précisément, le cas comparatif du Guatemala qui a frappé mon attention pour sa ressemblance avec la Thaïlande en lisant ces derniers jours l'excellent livre "Paper Cadavers" de l'universitaire canadienne Kirsten Weld.

En surface, il y a très peu de choses qui relient la petite république d'Amérique centrale de 15 millions d'habitants au rouleau compresseur d'Asie du Sud-Est peuplé par 67 millions de gens, des sociétés, des économies et des systèmes politiques complètement différents. Mais ce que le Guatemala et la Thaïlande ont en commun est fascinant: une histoire commune de répétitif coups d'Etat militaires violents et une forte implication des États-Unis à la suite de la guerre froide, créant une distorsion persistante dans la culture politique ces deux nations.

De nombreux passages du livre de Weld sont tout à fait applicables à la Thaïlande d'aujourd'hui.

Dans le cadre de ses travaux de recherche examinant les archives secrètes de la dictature militaire du Guatemala, elle est tombée sur un ancien guérillero nommé Gustavo Meoño, qui pendant un temps a été directeur des archives.

Selon Weld:

"Les objectifs d'après-guerre de Meoño incluent la reprise de ce qu'il appelle "la mémoire démocratique", mettant l'accent sur l'histoire de la lutte politique, le sauvetage et la restauration de l'histoire de ceux qui avaient résisté à la dictature, même si leurs visions alternatives ont échoué ou ont été viciée après leurs exécutions. Sans la sauvegarde de cette "mémoire démocratique", Meoño pense que le Guatemala n'aurait jamais pu construire une identité nationale démocratique et, qu'à la place, il continuerait à criminaliser ceux qui ont combattu pour le droit de penser différemment, ce qui découragerait à l'avenir les jeunes de s'investir en politique et dans le leadership. "L'idée du droit à la mémoire, à la vérité et à la justice n'est pas une question de gauche ou de la droite," précise-t-il. "C'est une question de droits de l'homme fondamentaux, indépendamment de l'idéologie ou du militantisme politique."

Après avoir travaillé pendant des années au Guatemala dans le cas d'un conflit entre élites dirigeantes, je ferai observer que la Thaïlande et le Guatemala ont subi la malchance de tomber dans le calcul de la guerre froide de Washington au niveau de son penchant pour un changement de régime. Le processus de coups d'Etat militaires et les campagnes de propagande les accompagnants - directement ou indirectement soutenus par les Etats-Unis - ont aboutis à la légitimation morale de la prise du pouvoir par les militaires en tant que "gardiens" des "valeurs" du "peuple".

Un document déclassifié de la CIA de 1961 intitulé "Problèmes et perspectives de la sécurité de la Thaïlande" (Thailand’s Security Problems and Prospects), révèle l'appui résolu du gouvernement des États-Unis pour le brutal maréchal Sarit, qui a gouverné la Thaïlande de 1958 à 1963, car il le considérait comme un partenaire fiable contre le communisme, peu importe que ses tactiques consistaient à réprimer sa population. De même que dans le cas du Guatemala, ainsi que celui de l'Iran, la planification du jeu des coups d'Etat militaires a eu lieu à Langley.

Dans les deux cas, les mesures prises par le gouvernement des États-Unis ont aidé certains groupes de l'élite des deux pays à amasser un pouvoir énorme au prix de réformes démocratiques et sociales importantes. Il a créé un obstacle redoutable à la réconciliation et l'unité nationale après la guerre civile (dans le cas du Guatemala), ou coups d'Etat et des massacres en cours (en Thaïlande).

Pour en revenir au présent, le coup d'Etat du général Prayuth se situe parmi les plus ambitieux de l'histoire récente. La junte a publié un document bien préparé par les généraux appelant à une "constitution provisoire." En réalité, ce document n'est pas une constitution pour tous, mais semble être une compilation de décrets militaires qui consolident le pouvoir absolu légitime.

Contrairement aux nombreux coups d'Etat militaires précédents en Thaïlande, la fausse constitution de celui-ci est de remettre en place en Thaïlande un système pré-1932 qui supprimera à la population le statut de citoyens pour en faire à nouveau des sujets: il n'y aura pas d'élections, seulement des organismes nommés. Seuls ceux qui seront nommés par les militaires participeront à tous les niveaux de prise de décision, et même alors, leurs décisions devront être approuvées par la junte.

Les militaires se sont déjà donné la majorité des sièges à l'Assemblée législative nationale nouvellement créé, avec le reste des membres nommés provenant des parties les plus extrémistes de la société thaïlandaise. Ce pseudo-parlement est composé de près de 100% de membres du sexe masculin, avec seulement 12 femmes pour 200 sièges, offerts à des femmes comme Songsuda Yodmanee, la fille du maréchal Sarit, qui a ouvertement préconisé un retour aux méthodes barbares de son père.

C'est pourquoi je crois que nous devrions visualiser ce coup d'Etat actuel en Thaïlande avec beaucoup plus d'alarme, car il menace de procéder aux changements les plus radicaux en termes de droits, de citoyenneté et de société de l'histoire récente du pays, recherchant à remonter la montre en arrière jusqu'à l'âge des ténèbres de la féodalité où la majorité de la population perdra non seulement son droit de vote, mais aussi son droit à la vérité.

Robert Amsterdam

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22 août 2014 5 22 /08 /août /2014 10:03

Un article de Giles Ji Ungpakorn

 

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/08/21/supremo-prayut-appoints-himself-as-prime-minister/

 

L'auto-nomination du dictateur Prayut Chan-ocha en tant que Premier ministre, par son parlement militaire nommé par lui-même, a été un non-événement sans surprise. Prayut n'a même pas pris la peine d'y assister et le soi-disant "vote" a été unanime.

Prayut s'est installé comme "Supremo" de Thaïlande, se nommant à tous les postes importants. Cette rappelle les vieux jours sombres de la dictature militaire des années 1960 et 1970. Le célèbre écrivain Wat Wanyangkoon a dit; "La junte est un détritus laissé par la guerre froide".

La junte de Prayut est à la fois brutale et stupide. Elle est brutale dans sa répression contre les militants pro-démocratie, son utilisation de la lèse-majesté afin d'emprisonner ses opposants, et sa violence contre les détenus. Elle est stupide dans ses tentatives de créer une image comme quoi le coup aurait apporté "la paix et le bonheur" aux citoyens. Prayut aime aussi pavaner et aboyer des ordres dans sa quête pathétique pour apparaître comme un "homme fort" périmé.

Il y a plus de militants politiques thaïlandais en exil aujourd'hui que lors de toute autre période depuis la répression sanglante à l'Université Thammasart en 1976.

La junte affirme qu'elle est en train de "réformer" le système politique thaïlandais. Le vrai sens de ce processus est de mettre en place un semblant de démocratie de style birman où les gens seront autorisés à participer aux élections, mais où les antidémocrates conservateurs et les militaires détiendraient le pouvoir réel. Les universitaires réactionnaires de la classe moyenne, les responsables gouvernementaux égoïstes et la plupart des médias sont complices de ce processus. Ils pensent qu'ils peuvent tromper la population en lui faisant croire que ce sont de véritables "réformes", mais ils ne sont eux-mêmes des illusions et ne trompent que ceux qui sont faibles d'esprit.

La réforme politique véritable n'aura lieu que lorsque la junte militaire et ses serviles partisans seront jetés à bas. Cette réforme devrait réduire le pouvoir et l'influence de l'armée, abolir la loi de lèse-majesté et apporter des mesures sérieuses afin de lutter contre l'inégalité économique. Elle devrait aussi abolir toutes les lois qui ont été écrites par des juntes militaires et il faudrait supprimer les soi-disant "organismes indépendants" qui ont servi les antidémocrates. Les prisonniers politiques devraient également être libérés immédiatement et les officiers de l'armée ainsi que les politiciens qui se sont rendus coupables de violations flagrantes des droits de l'homme devraient être punis. En haut de la liste de ceux qui doivent être traduits en justice se trouve Prayut. Il a ordonné le massacre de 90 manifestants pro-démocratie non armée en 2010. Taksin Shinawat devrait également être traduit en justice pour ses violations des droits de l'homme lors de la guerre contre la drogue et à Patani.

Mais nous ne devons pas croire que la junte et ses partisans anti-démocratiques vont en quelque sorte "s'autodétruire" et que la démocratie sera automatiquement restaurée au bout d'un certain temps. Nous ne devons pas faire erreur en pensant que la mort du roi et de la reine ne changera quoi que ce soit. Les monarques ne sont que des outils volontaires de l'armée ainsi que des conservateurs et la prochaine génération de la famille royale ne sera pas différente. Dans de précédents articles, j'ai expliqué pourquoi la crise thaïlandaise n'était pas à propos de la succession royale.

La démocratie et la justice sociale ne seront mises en place que si nous nous organisons et luttons pour cela. Taksin, Yingluk, le Pua Thai et la direction chemise rouge de l'UDD n'ont pas l'intention de diriger cette lutte nécessaire. Ils préfèrent attendre un futur accord entre les factions de l'élite et protéger le statu quo, que de prendre le risque de conduire la société dans un véritable processus de changement politique.

La lutte pour la démocratie nécessite une organisation politique sur le terrain à l'intérieur du pays afin de créer un véritable mouvement de masse à partir des Chemises rouges et d'autres. Certains enseignements peuvent être tirés des méthodes d'organisation du Parti Communiste de Thaïlande dans les années 1970. Cependant, nous devons rejeter la structure autoritaire du PCT ainsi que sa dépendance à l'égard de la lutte armée.

Faire pression sur les puissances étrangères peut être utile, mais une organisation qui se concentre uniquement sur ce point, plutôt que de construire un mouvement à l'intérieur de la Thaïlande, ne fera rien. Jusqu'à présent, le "Mouvement Thai Libre" n'a pas montré de sérieuse volonté d'organiser un mouvement de masse. Cela est regrettable.

Un mouvement de masse pro-démocratie en Thaïlande doit également annoncer publiquement ses buts. Il doit appeler au démantèlement de la puissance militaire et à l'abolition de la lèse-majesté. Il faut préciser le sujet des véritables réformes et que les violateurs des droits de l'homme seront traduits en justice. Sans une telle approche, la lutte risquera d'aboutir à un sale compromis avec les conservateurs.

Le Supremo Prayut se nomme Premier ministre
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21 août 2014 4 21 /08 /août /2014 09:34

Un article d'Ilya Garger

Liens:

http://www.thecrimson.com/article/2014/8/18/harvard-thai-troubles/

et

https://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2014/08/18/questioning-royalism-at-harvard/

 

Tandis que les droits de l'homme en Thaïlande se détériorent sous une junte militaire, Harvard collabore avec les principaux partisans du récent coup d'Etat afin de créer un programme d'études thaïlandaises permanent à l'université. Ces personnes, des anciens ministres des Affaires étrangères bien en vue, Surin Pitsuwan et Surakiart Satirathai, ont mené une campagne de sensibilisation afin de réunir 6 millions de dollars pour le programme, qu'ils ont caractérisé comme un moyen de promouvoir la monarchie de Thaïlande et les intérêts nationaux. Le professeur Michael Herzfeld, qui dirige l'initiative, a écrit dans un communiqué qu'il m'a envoyé par courriel que le programme ne serait pas lié à des intérêts politiques spécifiques et qu'Harvard effectue une diligence raisonnable sur ses bailleurs de fonds. Toutefois, en donnant de la crédibilité aux alliés d'un régime totalitaire et en leur permettant d'utiliser Harvard comme une plate-forme, l'université est en train de se rendre et de rendre à la Thaïlande un bien mauvais service.

Dans un éditorial du Bangkok Post appelant "les amis étrangers" de la Thaïlande à soutenir le coup d'Etat, Surakiart caractérise la prise de contrôle des militaires, qui ont renversés un gouvernement démocratiquement élu et détenus arbitrairement des centaines de militants, des universitaires et des journalistes, comme un bénin "processus de réforme." Lors d'un événement de collecte de fonds auquel j'ai assisté à Bangkok en août dernier, Surakiart a déclaré que les études thaïlandaises à Harvard était destinées comme "un programme pour honorer le roi." Le roi Bhumibol est né à Cambridge en 1927, lorsque son père étudiait la santé publique à Harvard, mais il n'a pas apporté les valeurs progressistes de la ville en Thaïlande. Pendant son règne, il a soutenu les dictatures militaires, approuvé des coups d'Etat successifs, et présidé un culte de la personnalité forcée avec plus d'un demi-siècle d'endoctrinement, de propagande, de censure et de violence occasionnelle. La critique de la monarchie est illégale en Thaïlande, et des centaines de personnes ont été emprisonnées ou poursuivies au cours des dernières années pour violation de la loi de lèse-majesté du pays, qui est la plus dure du monde.

Dans son empressement à obtenir des fonds pour le programme permanent, qui comprendrait un poste de professeur et d'élargir les conférences et les cours mis en place en 2012 avec le financement du ministère des Affaires étrangères, Harvard a joué avec les royalistes thaïlandais. L'Asia Center de Harvard a nommé, en 2012, la Princesse Maha Chakri Sirindhorn, la fille du roi Bhumibol et son possible successeur, comme membre non-résident distingué. Il est difficile d'évaluer ses qualifications car les informations sur la famille royale sont étroitement contrôlées. Ses réalisations universitaires pour les langues, la musique et l'art ont été vantées depuis des décennies par l'appareil de relations publiques de la monarchie, mais sont peu documentées par des sources indépendantes. Sa camaraderie a faite, suite à l'annonce, un don annuel récurrent à Harvard de la part du ministère des Affaires étrangères de Thaïlande, ce qui favorise la monarchie à l'étranger. Depuis le coup d'Etat du 22 mai, ni la princesse ni les autres membres de la famille royale n'ont publiquement exprimé leur inquiétude vis-à-vis de la suspension des droits politiques des citoyens thaïlandais, ou du harcèlement par l'armée d'universitaires, des médias et des autres personnes qui ont critiqué ses abus.

La plupart des bailleurs de fonds thaïlandais du programme de Harvard sont membres d'une élite conservatrice, qui comprend l'aristocratie, les généraux et les familles riches qui dominent le pays depuis les années 1950 et sont revenus sur certaines réformes adoptées après que la monarchie absolue ait été renversé en 1932, Ce groupe perçoit de plus en plus la participation politique comme une menace à ses privilèges, et a sapé les gouvernements élus successifs grâce à son influence sur les tribunaux, les organismes nommés et les forces armées. Plus récemment, l'establishment conservateur a soutenu les manifestations de rue des militants qui ont fourni un prétexte pour le coup d'Etat de mai dernier, et par la suite soutenu de tout son poids la junte royalement endossée actuellement au pouvoir en Thaïlande. Surin était une voix publique de premier plan pour rationaliser des actions des protestataires (dirigé par les piliers de son Parti Démocrate ironiquement nommé) qui ont pris d'assaut les bureaux du gouvernement, obstrués physiquement les élections, et poussés au coup d'Etat. Surakiart et Surin ont été mentionnés comme premiers ministres potentiels dans une prochaine administration nommée par les militaires.

Alors que la junte affirme que son objectif est de rétablir l'ordre, son ordre du jour principal a été de purger les alliés de l'ancien premier ministre élu Thaksin Shinawatra ainsi que de promouvoir des intérêts de la monarchie et de ses associés de l'élite. Le gouvernement militaire a supprimé toute discussion critique envers la monarchie (et a même ciblé l'activité des gens sur Facebook), intensifié la propagande glorifiant le roi et sa famille, et entrepris de modifier le système d'éducation afin de promouvoir davantage le royalisme et le nationalisme. Le ministère des Affaires étrangères, un bastion conservateur et aristocratique, a même tenté d'étouffer la critique du coup d'Etat dans des universités étrangères.

Lors de la collecte de fonds de Harvard à laquelle j'ai assisté en août dernier à Bangkok, Surin a utilisé l'expression "tête de pont" pour décrire le rôle envisagé du programme d'études thaïlandais. Son choix d'une expression ayant une connotation militaire et stratégique est important. Ayant renversé une série de gouvernements élus et faisant face à critique croissante de ses alliés de la guerre froide, l'establishment conservateur travaille dur pour reconstruire sa légitimité à l'étranger, et mettre en place un programme à Harvard serait une victoire importante. Surin a annoncé des dons de plusieurs magnats, et a dit qu'il cherchait à obtenir un financement pour le programme de la part du Bureau de la Propriété de la Couronne, qui gère la fortune de plus de 30 milliards de dollars du monarque.

Les partisans du programme des études thaïlandaises à Harvard comprennent des personnes bien intentionnées et politiquement astucieuses qui sont conscientes qu'une partie de l'argent sera livrée avec un ordre du jour. Michael Herzfeld en particulier, a une solide réputation de défendre la liberté académique. Harvard doit s'assurer que le programme est financé et fonctionner de manière transparente, et qu'il n'est pas coopté par les apologistes du coup d'Etat ni ne serve à légitimer la monarchie. En attendant, Harvard pourrait redorer son blason en Thaïlande en fournissant un soutien aux universitaires thaïlandais forcés de se cacher ou à s'exiler pour avoir critiqué le coup d'État et ses bailleurs de fonds.

 

Ilya Garger GSAS '02 est le fondateur de Profil Capital, un service de recherche de l'entreprise basée à Hong Kong. C'est un ancien journaliste pour le magazine Time, et un membre du comité exécutif du Harvard Club of Thailand.

Les antidémocrates partisans de la junte militaire Surin Pitsuwan (gauche) et Surakiart Satirathai (droite)

Les antidémocrates partisans de la junte militaire Surin Pitsuwan (gauche) et Surakiart Satirathai (droite)

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20 août 2014 3 20 /08 /août /2014 08:17

Une déclaration de la Commission asiatique des droits de l'homme

Lien:

http://www.humanrights.asia/news/ahrc-news/AHRC-STM-159-2014

 

La Commission asiatique des droits de l'homme est gravement préoccupé d'apprendre qu'une autre militante, Pornthip, 25 ans, diplômée de la Faculté de science politique à l'Université Ramkhamhaeng, a été arrêtée suite à une plainte en vertu de l'article 112 du code criminel de Thaïlande. C'est la deuxième arrestation d'une personne pour la représentation d'une pièce, "La fiancée du loup," (Jao Sao Ma Pa), qui s'est tenue en octobre 2013 à l'Université de Thammasat à Bangkok dans le cadre des commémorations du quarantième anniversaire du soulèvement populaire du 14 octobre 1973. L'AHRC avait auparavant publiée une déclaration (AHRC-STM-157-2014) à propos d'une première arrestation, celle de Patiwat et a noté que l'arrestation était un exemple clair de la crise croissante suite à la criminalisation de la liberté d'expression après le coup d'Etat du 22 mai par le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO).

Les enquêtes contre Patiwat et Pornthip font partie d'une expansion, après le coup d'Etat, du nombre de personnes inculpées de violations alléguées de l'article 112, qui stipule que: "Quiconque, diffame, insulte ou menace le roi, la reine, l'héritier présomptif ou le Régent, sera puni d'un emprisonnement de trois à quinze ans." Selon les informations recueillies par le site internet du dialogue pour ​​la réforme du droit (iLaw), il y aurait douze nouvelles affaires en cour devant divers tribunaux criminels à travers le pays dont le tribunal militaire de Bangkok. La façon dont l'action a été prise à l'encontre de Patiwat et de Pornthip seulement maintenant dix mois après la présentation de la pièce en question, suggère que le passé est un livre ouvert des actes qui peuvent être punis rétrospectivement par la junte et ses alliés.

Pornthip a été arrêtée le 15 août dans l'aéroport de Yai Hat et a ensuite été amené à comparaître devant la Cour pénale de Bangkok le 16 août. Les enquêtes de la police sur ces deux étudiants sont toujours en cours et ils n'ont pas été inculpés d'actes criminels. Ils ont tous les deux demandé une libération sous caution, mais dans les deux cas, la Cour a refusé et approuvé les ordres de détention provisoire soumis par la police alors que l'enquête se poursuit. La raison du refus de la libération sous caution est que la plainte contre eux est grave et que si elle était accordée, ils pourraient s'enfuir. Patiwat est actuellement détenu à la maison d'arrêt de Bangkok et Pornthip est détenue à la prison centrale des femmes.

Bien que le refus de libération sous caution et l'extension de la détention provisoire soient devenu typique pour les cas en rapport avec l'article 112, cela ne rend pas ces pratiques en accord avec les principes des droits de l'homme. Le refus d'accorder la liberté provisoire à Patiwat et à Pornthip est une violation flagrante de leurs droits fondamentaux et est en conflit avec les obligations de la Thaïlande en tant qu'État signataire du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (International Covenant on Civil and Political Rights, sigle anglais ICCPR). Le droit à la liberté provisoire est un principe juridique d'une importance cruciale établie en droit international à laquelle la Thaïlande a adhéré. En particulier, l'AHRC tient à rappeler à la junte et à la Cour pénale que l'article 9 (3) de l'ICCPR dit que; "Tout individu arrêté ou détenu pour une infraction pénale doit être aussitôt conduit devant un juge ou un autre magistrat habilité par la loi à exercer des fonctions judiciaires, et devra soit être jugé dans un délai raisonnable soit libéré. Cela ne doit pas être la règle générale que les personnes en attente de jugement soient placées en détention, mais leur liberté peut être subordonnée à des garanties pour comparaître à leur procès, à tout autre stade de la procédure judiciaire, et, le cas échéant, à l'exécution du jugement." Dans le cas de Patiwat et Pornthip, ils ont été privés de liberté provisoire avant même d'être inculpés.

La Commission asiatique des droits de l'homme condamne sans équivoque le coup d'Etat dans les termes les plus forts possibles et tient à exprimer vivement sa préoccupation suite à la négation de la liberté d'expression et l'expansion de la chasse aux sorcières contre ceux qui expriment ou ont exprimé dans le passé, des critiques ou opinions dissidentes. L'AHRC demande la libération immédiate de Patiwat et de Pornthip  ainsi que l'annulation des enquêtes contre eux de même que celles contre les autres personnes poursuivies en vertu de l'article 112.

Nouvelle arrestation pour liberté d'expression et refus de libération sous caution par la junte
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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 10:38

Un article de Numnual Yapparat & Giles Ji Ungpakorn

Lien:

http://uglytruththailand.wordpress.com/2014/08/17/the-dirty-lese-majeste-law-a-convenient-tool-for-the-junta/

 

Il est manifestement clair que la loi de lèse-majesté est un bâton pratique pour frapper ceux qui sont en désaccord avec la junte. Les victimes les plus récentes de la lèse-majesté sont des étudiants qui ont joué dans un drame politique à l'Université Thammasart en 2013 Le drame faisait partie d’une cérémonie commémorative pour rendre hommage au mouvement étudiant de 1973 qui, à l'époque, avait conduit au renversement d'une junte militaire.

Les personnes arrêtées sont M. Butiwat Sarai-yam et Mlle Porntip Munkong ("Golf"). Il est intolérable que des étudiants soient arrêtés en raison de leurs activités dans une pièce de théâtre sur un campus universitaire. Nous avons besoin d'une action collective pour lutter contre cette brutalité commise par la junte.

Qu'est-ce qui peut être fait de l'extérieur de la Thaïlande? Tous les universitaires d'études thaïlandaises qui croient en la liberté d'expression et la démocratie doivent se réveiller et faire campagne contre l'utilisation de la lèse-majesté par la junte en écrivant des lettres de protestation à l'Université Thammasart, aux autorités thaïlandaises et aux journaux locaux. Demandez au recteur de l'Université Thammasart, qui collabore avec la junte, s'il croit en la liberté académique. Ce problème doit être fermement discuté lors des conférences académiques internationales avec une participation thaïlandaise. En agissant ainsi, les universitaires qui soutiennent la junte seraient au moins exposés de sorte qu'ils ne pourraient plus tenir leur place lors des conférences internationales. Un boycott de toute collaboration avec les universités thaïlandaises doit être envisagé.

Il est toujours préférable d'écrire en tant que groupe de personnes plutôt que comme simple individu.

Si vous êtes un militant syndical, vous pouvez également écrire une lettre ouverte afin de faire connaître vos préoccupations et inviter vos collègues à signer.

Si vous faites partie d'une organisation des droits de l'homme, assurez-vous qu'elle soulève cette question et fasse campagne pour la libération de tous ceux qui sont actuellement en prison.

De nombreux prisonniers politiques sont toujours en prison et ils ont besoin de notre aide.

Porntip Munkong

Porntip Munkong

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18 août 2014 1 18 /08 /août /2014 10:32

THAÏLANDE: Criminalisation de la liberté d'expression des militants étudiants et défenseurs des droits humains par la junte

 

Lien de la déclaration en anglais:

http://www.humanrights.asia/news/ahrc-news/AHRC-STM-157-2014

 

La Commission asiatique des droits de l'homme (sigle anglais: AHRC) est gravement préoccupée d'apprendre que Patiwat, un étudiant en cinquième année à la faculté des Beaux-arts et arts appliqués de l'Université de Khon Kaen et un défenseur des droits de l'homme, est confrontée à une enquête criminelle suite à une plainte en vertu de l'article 112 du Code criminel de Thaïlande. La plainte contre Patiwat est en relation avec son rôle dans une pièce de théâtre, "La fiancée du loup," (Jao Sao Ma Pa), réalisée par Prakai Fai Kan Lakorn, une troupe de théâtre progressive. La pièce a été jouée en octobre 2013 à l'Université Thammasat de Bangkok dans le cadre des commémorations du quarantième anniversaire du  soulèvement populaire du 14 octobre 1973. Patiwat reconnaît avoir joué dans la pièce mais a pleinement nié avoir violé l'article 112. Patiwat a été arrêté après qu'un mandat ait été délivré et l'enquête de police est en cours. L'AHRC considère les mesures répressives contre Patiwat comme une confirmation de la crise actuelle des droits de l'homme et de la limitation de la liberté d'expression qui caractérisent la Thaïlande depuis le coup d'Etat du 22 mai par le Conseil national pour la paix et l'ordre (NCPO).

L'enquête sur Patiwat fait partie d'une expansion, après le coup d'Etat, du nombre de personnes inculpées de violations alléguées de l'article 112, qui stipule que: "Quiconque, diffame, insulte ou menace le roi, la reine, l'héritier présomptif ou le régent, sera puni d'un emprisonnement de trois à quinze ans." Selon les informations recueillies par le site internet du dialogue pour ​​la réforme du droit (iLaw), il y aurait douze nouvelles affaires en cour devant divers tribunaux criminels à travers le pays dont le tribunal militaire de Bangkok. Les cas qui sont en instance devant le tribunal militaire sont ceux pour lesquels les violations alléguées ont eu lieu à la suite de l'annonce du NCPO n° 37/2557 [2014], faite le 25 mai, qui a placé les crimes contre la couronne et l'Etat dans la compétence de la juridiction militaire; l'AHRC a détaillé les dangers du traitement des civils par les tribunaux militaires dans une lettre ouverte aux titulaires des procédures spéciales mandatés par l'ONU (PAC-BTA-006-2014). L'AHRC considère cette recrudescence des accusations en vertu de l'article 112 comme une constriction politisée et inquiétante de la liberté d'expression par la junte militaire. La façon particulière dont l'action a été prise à l'encontre Patiwat, seulement maintenant dix mois après la présentation de la pièce en question, suggère que le passé est un livre ouvert des actes qui peuvent être punis rétrospectivement par la junte et ses alliés.

En outre, l'AHRC est également préoccupée par la manière dont Patiwat a été arrêté. Selon les informations publiées dans un communiqué par le Centre des étudiants thaïlandais pour la démocratie, le doyen de la Faculté des beaux-arts et arts appliqués de l'Université de Khon Kaen, où il étudiait, a été informé le 13 août que Patiwat avait reçu l'ordre de se présenter à une base militaire provinciale afin de "changer d'attitude." Patiwat, le doyen et les autres membres du personnel de la Faculté des Beaux-Arts ont fait suite à cette demande. Mais quand ils ont rencontré le militaire responsable, celui-ci, plutôt que de conduire Patiwat à la base militaire, les a informé qu'il avait été arrêté pour des violations alléguées de l'article 112 et l'ont emmené d'abord à la station de police locale à Khon Kaen, puis au poste de police Chana Songkram à Bangkok, où la plainte contre lui avait été déposée.

La Commission asiatique des droits de l'homme condamne sans équivoque le coup d'Etat dans les termes les plus forts possibles et tient à exprimer vivement sa préoccupation suite à la baisse rapide de la protection des droits humains et au déni de la liberté d'expression qu'il a engendré. L'AHRC demande la libération immédiate de Patiwat ainsi que l'annulation de l'enquête contre lui de même que celles des autres personnes poursuivies en vertu de l'article 112. En outre, l'AHRC appelle le NCPO à reconnaître que la tolérance pour les différentes idées et la dissidence font partie de la construction d'un système politique fondé sur les droits humains et la primauté du droit. Défendre les droits humains et penser différemment que la junte ne sont pas des crimes.

Patiwat appelé aussi Butiwat

Patiwat appelé aussi Butiwat

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15 août 2014 5 15 /08 /août /2014 18:51

Un article du Monde Diplomatique

Généralement plus prolixes, les chancelleries occidentales ont accueilli le putsch des généraux thaïlandais avec la plus grande discrétion. Après avoir instauré la loi martiale, le 20 mai, puis écarté les principaux responsables politiques deux jours plus tard, l’armée exerce la totalité du pouvoir. Derrière une neutralité de façade, elle fait le jeu des élites de Bangkok, régulièrement défaites aux élections.

par David Camroux, Maître de conférences et chercheur au Centre d’études et de recherches internationales (CERI) de Sciences Po, juillet 2014

La Thaïlande a connu dix-huit tentatives de putsch depuis la fin de la monarchie absolue, en 1932. Douze ont abouti. C’est le cas de la dernière, qui a eu lieu le 22 mai 2014, deux jours après la proclamation de la loi martiale par le commandant en chef de l’armée, le général Prayuth Chan-ocha. Durant les sept mois précédents, Bangkok avait été secouée par les manifestations antigouvernementales des ultramonarchistes, les "chemises jaunes" — le jaune étant dans le calendrier bouddhiste la couleur du lundi, jour anniversaire du roi Bhumibol Adulyadej. Orchestrées par le People’s Democratic Reform Committee (PDRC), dirigé par l’ancien vice-premier ministre Suthep Thaugsuban (alors membre du Parti démocrate), elles visaient à provoquer un coup d’Etat judiciaire et militaire. Une fois de plus...

Revenir à un gouvernement faible

En 1992, pourtant, lorsque des citoyens, appartenant essentiellement aux classes moyennes, avaient investi les rues de Bangkok pour dénoncer un gouvernement dominé par les militaires et poussé le roi Bhumipol à intervenir, on pouvait croire le cycle infernal rompu. Puis, à la suite de la crise financière asiatique, on avait pu présumer que la "Constitution du peuple" de 1997 permettrait l'instauration d'une démocratie moderne. Ce texte gommait les aspects les plus excessifs d'un système politique néopatrimonial (1) et encourageait la création de partis politiques disposant d'un réel programme.

Il devait s'ensuivre la victoire en 2001 d'un parti de masse, le Thai Rak Thai ("Les Thaïlandais aiment les Thaïlandais"). Son fondateur, sorte de Berlusconi asiatique, M. Thaksin Shinawatra, magnat sino-thaïlandais des affaires et ancien colonel de police dont le fief se trouve à Chiang Mai (dans le Nord) et non à Bangkok, fut nommé premier ministre.

Le modèle démocratique ne résista cependant pas à l'emprise partisane exercée d'abord par le premier ministre, puis par ses opposants, sur des institutions établies pour arbitrer la vie politique du pays; la Cour constitutionnelle, la Commission électorale et la Commission nationale de lutte contre la corruption. En outre, le nouveau système contrariait l'élite économique, militaire et bureaucratique de Bangkok, rassemblée derrière une monarchie qui constitue la clé de voute de l'ordre social. Le décor était donc planté pour le putsch de 2006 et le renversement - déjà à l'instigation des "chemises jaunes" - du gouvernement Thaksin. Celui-ci venait alors d'etre réélu, bien que sa réputation ait été entachée par des affaires de corruption et par de graves violations des droits humains, telles les deux milles exécutions extrajudiciaires commises dans le cadre de sa "guerre contre la drogue".

A première vue, le putsch de 2014 ressemble à une réédition de celui de 2006. Cette fois encore, les militaires se sont posés en gardiens de l'unité nationale et en défenseurs de la monarchie. Pourtant, les différences sont importantes. En 2006, les instigateurs du coup d'Etat bénéficiaient de l'appui d'un ancien général et ex-premier ministre, M. Prem Tinsulanonda, qui était chef du Conseil privé du roi et pouvait à ce titre être considéré comme le représentant de Bhumipol lui-même. En mai dernier, ils ne semblent pas avoir reçu l'aval du palais, même tacite. Le roi, 86 ans, et la reine Sirikit, 82 ans, véritable Lady Macbeth, tous deux gravement malades, n'ont fait aucune déclaration publique depuis plus de deux ans.

La perspective de la disparition du monarque se rapprochant chaque jour, il faut voir dans le putsch de 2014 une tentative de mettre en place dans l'urgence un régime propre à y faire face. Trois objectifs sont visés. D'abord, empêcher le retour au pouvoir de M. Thaksin, en exil depuis 2006 bien que son parti ait remporté toutes les élections depuis 2001 (2005, 2006, 2007, 2011 et 2014). Ensuite, en revenir à la situation d'avant 2001 avec un gouvernement et un Etat faibles, de façon à permettre aux élites de l'armée, de la bureaucratie et du monde des affaires de conserver la réalité du pouvoir. Enfin, donner l'occasion aux militaires, une fois de retour dans leurs casernes, de définir leurs prérogatives et de se positionner par rapport à une succession imminente.

Sous la loi martiale, de 1948 à 1972, puis sous des gouvernements quasi civils, l'armée a toujours tenu la monarchie comme l'ultime source de légitimité. Elle intervient en son nom. Le roi Bhumibol incarne l'idéal du dhamma raja, le roi-père bienfaisant et plein de sagesse. Derrière une apparence de neutralité, la "monarchie de réseau" comme la dénomme le chercheur Duncan McCargo (2), représente, autant qu'une force politique, une puissance économique dont la richesse s'élève à quelque 30 milliards de dollars (22 milliards d'euros), détenus en grande partie par le Bureau des biens de la Couronne (Crown Property Bureau).

Non seulement l'héritier de Bhumipol, le prince Maha Vajiralongkorn, dont certains mettent en doute la santé mentale, est impopulaire, mais ceux qui, à Bangkok, soutiennent la monarchie le considère comme proche de M. Thaksin et de sa sœur Yingluck, la première ministre destituée. D'où ce dilemme pour les militaires; comment maintenir le mythe de la monarchie quand le futur monarque est indéfendable à leurs yeux?

Ce contexte de fin de règne explique le moment choisi pour ce dernier coup d'Etat, qui, du point de vue du mouvement anti-gouvernemental, semblait objectivement superflu. En effet, Mme Yingluck Shinawatra et huit de ses ministres avaient déjà été limogés le 6 mai par la Cour constitutionnelle. Le lendemain, la Commission nationale de lutte contre la corruption avait lancé devant le Sénat (majoritairement composé d'opposants) une procédure visant à la destituer et à la rendre inéligible, de même que tous les membres de son parti. L'affrontement entre ses partisans (les "chemises rouges") et les "chemises jaunes" avait été en grande partie enrayé, et le niveau de violence, sensiblement réduit. Un gouvernement croupion assurait les affaires courantes; des élections étaient prévues pour juillet 2014, celle de février, boycottées par l'opposition, ayant été invalidées.

Autrement dit, avant même le coup d'Etat, l'opposition extraparlementaire des "chemises jaunes" avait atteint la plupart de ses objectifs, à l'exception - certes importante - de la mise en œuvre d'une réforme constitutionnelle visant à instaurer un Parlement et un gouvernement dont une grande partie des membres ne seraient plus élus, mais nommés.

Car, comme l'opposition parlementaire, représentée par le Parti Démocrate, n'a pas remporté une seule élection en vingt ans et que le gouvernement renversé bénéficie du soutien de la majorité de la population, le seul moyen de prendre le pouvoir est de changer les règles du jeu. C'est ce que permet le coup d'Etat.

A tout cela s'ajoute la lutte pour le pouvoir que se livre les élites politiques et économiques de Bangkok et celles des provinces. Depuis la fin de la monarchie absolue, cette concurrence a toujours existé. Elle s'est intensifiée dans les années 1970-1980, lorsque l'armée s'est effacée de la scène - tout en restant prête à intervenir - et que la bureaucratie s'est professionnalisée. A l'origine, et avec la bénédiction du palais, cela aboutissait à un confortable partage du pouvoir, au gré des alternances, entre les membres de l'establishment de Bangkok, soutenus par l'armée et la fonction publique. Une série de gouvernements de coalition faibles permirent à la bureaucratie alliée à l'armée de tenir les rênes du pouvoir, tout en imposant le minimum de contraintes au monde des affaires de Bangkok, qui en profita pour prospérer. La situation évolua lorsque apparurent, dans les années 1980, des dirigeants et des hommes d'affaires dont le pouvoir prenait sa source en province, comme M. Banharn Silpa-archa. M. Thaksin et sa sœur sont les exemples parfaits de cette transition sociopolitique.

Ainsi, la nouvelle traduction sur la scène politique du clivage ville-campagne donna au malaise thaïlandais une seconde dimension, sociale celle-là. Pour les classes moyennes de Bangkok, la population rurale et ses cousins pauvres de la ville sont des "buffles d'eau", honnêtes mais idiots, incapables de comprendre la démocratie. Pourtant, ces gens-là ont assisté par deux fois, en septembre 2006 puis en mai 2014, à des coups d'Etat, et à deux autres reprises, en septembre et en décembre 2008, à la déstabilisation puis au renversement - à travers des manœuvres parlementaires et une instrumentalisation de la justice - de gouvernements qu'ils avaient dument élu. Et l'occupation du centre de Bangkok, en avril-mai 2010, par les "chemises rouges" favorables à M. Thaksin a abouti à une violente répression au cours de laquelle quelque quatre-vingt-dix manifestants ont été tués (3) ; de quoi attester le risque de guerre civile qui plane sur la Thaïlande.

 

Crise de légitimité

 

Néanmoins, la simple dichotomie ville-campagne ne suffit pas à expliquer la situation. Il faut également souligner l'importante diversité de classes et d'ethnies dans le pays. En dehors des paysans du Nord et du Nord-Est, de nombreux partisans des "chemises rouges" sont des "paysans urbains", ces migrants de l'intérieur qui occupent des emplois non qualifiés dans la région de Bangkok tout en maintenant des liens forts avec leur village d'origine. C'est cette population que M. Thaksin a émancipé en subventionnant des villages et des cantons, en développant l'accès aux soins médicaux et les infrastructures. Le gouvernement de sa sœur a appliqué des mesures encore plus radicales, telles que l'achat de riz à 40% au-dessus du prix du marché et l'instauration d'un salaire minimum de 300 baths (environ 7 euros) par jours. La population de l'Isaan, dans le Nord-Est, appartenant à l'ethnie lao, que les Thaïs du centre, à la peau plus claire, considèrent avec mépris, n'est plus disposée à accepter un ordre social néoféodal (4).

Pour comprendre la crise de légitimité actuelle, il faut remonter aux réformes menées entre le milieu des années 1850 et les années 1920 par trois rois successifs, Mongkut, Chulalongkorn et Vajiravudh, afin de moderniser et de consolider l'Etat nation (5). Ces monarques ont accru le rôle de Bangkok comme cœur du pouvoir et conçu l'appartenance à la communauté nationale comme une adhésion aux valeurs de la "thaïté" (thainess), c'est-à-dire la langue, les valeurs et les coutumes des groupes ethniques thaïs du centre du pays. Une instruction publique efficace a entrepris d'homogénéiser une société multiethnique en enseignant une langue thaïe standard et en résumant l'histoire à un schéma narratif unique; si le Siam, comme on appelait alors la Thaïlande, était le seul pays d'Asie du Sud-Est à ne pas avoir été colonisé, c'était grâce à la gouvernance avisée de ses monarques, à la gouvernance avisée de ses monarques, à son ordre social paternaliste et à son armée.

Toutefois, il manque au nationalisme thaïlandais le mythe fondateur de la patrie tel qu'il peut se constituer lors d'une guerre d'indépendance, quand les clivages sociaux et ethniques sont transcendés. A cet égard, la Thaïlande n'est pas le Vietnam ou l'Indonésie. Résultat; l'identité de citoyen dans une nation, opposée à celle de sujet dans un royaume, manque de force, et les questions de légitimité demeurent irrésolues. Les instigateurs du putsch et les "chemises jaunes" jugent fondés le pouvoir du monarque et la gouvernance que mettent en œuvre des hommes vertueux; pour les "chemises rouges" et leurs partisans, c'est le processus électoral qui est source de droit et de légalité.

Le coup d'Etat du 22 mai se traduira peut-être par une stabilité à court terme. Mais plutôt que de résoudre la crise de légitimité, il devrait l'exacerber, sans toucher à ses racines sociales profondes ni aux blocages du pays.

 

Notes

(1) Où une apparence extérieure d'Etat moderne recouvre une logique de fonctionnement de type traditionnel (liens clientélistes, népotisme...)

(2) Duncan McCargo, "Network monarchy and legitimacy crises in Thailand", The Pacific Revue, vol. 18, n. 4, décembre 2005.

(3) Lire David Camroux et Philip S. Golub, "Rouges contre jaunes, affrontements de classe à Bangkok", et Xavier Monthéard, "Le roi, les élites et le peuple thaï", Le Monde Diplomatique, juillet 2010.

(4) Cf. Charles Keyes, Finding Their Voice: Northeastern Villagers and the Thai State, Silkworm Books, Chiang Mai, 2014.

(5) Cf. Marc Askew (sous la dir. de), Legitimacy Crisis in Thailand, Silkworms Books, 2010, et Michael Kelly Connors, Democracy and National Identity in Thailand, Nordic Institute of Asian Studies Press, Copenhague, 2007 (1re éd: 2002).

 

Lien de l'article (payant):

http://www.monde-diplomatique.fr/2014/07/CAMROUX/50617

Scan de la version papier de l'article

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14 août 2014 4 14 /08 /août /2014 13:31

Un article de Giles Ji Ungpakorn

Lien:

https://uglytruththailand.wordpress.com/2014/08/13/reform-turned-on-its-head-1984-style/

 

Tout comme la dictature dans "1984", le livre de George Orwell, affirme que "la guerre c'est la paix, la liberté c'est l'esclavage, l'ignorance c'est la force", la junte thaïlandaise affirme qu'une dictature militaire qui a détruit la démocratie est "le coup d'envoi d'un processus de réforme politique".

Soyons clairs à ce sujet. Le général Prayut Chan-ocha, le chef de la junte, a ordonné l'assassinat de sang-froid de 90 manifestants pro-démocratie non armés à Bangkok en 2010, lui et ses compagnons militaires ont pris part à deux coups d'Etat contre des gouvernements élus et ils ont menacé, emprisonné et torturé des prisonniers politiques. Les alliés de l'armée au sein du Parti Démocrate ont organisé des manifestations de rue violentes contre le processus électoral en toute impunité, tandis que l'armée restait sans rien faire et regardait avec satisfaction. Cette vague réactionnaire a déclaré à plusieurs reprises que les citoyens thaïlandais étaient "trop incultes" pour avoir le droit de voter. Ils détestent toutes les dépenses publiques qui profitent aux pauvres. Ce sont des gens qui appuient l'utilisation de la loi de lèse-majesté afin d'envoyer les militants en prison pendant des décennies pour avoir simplement critiqué le statu quo. Ceux qui protestent contre la dictature sont convoqués dans des camps militaires pour "changer leur attitude".

Les antidémocrates détestaient Taksin et sa machine politique parce qu'il avait gagné les cœurs et l'esprit de millions de gens ordinaires grâce à de réelles politiques pro-pauvres. Ces réactionnaires ne pouvaient jamais gagner le soutien des masses dans la société, de sorte qu’ils devaient recourir à l'usage de la force.

Les partis de Taksin ne menaient pas la lutte pour la démocratisation, mais ce n'est pas le point. Le fait est que la plupart des citoyens ont utilisé leur cerveau afin de voter pour ces partis pour de très bonnes raisons. C'est pourquoi les antidémocrates détestent la démocratie.

Si Prayut et ses répugnants copains tentent de réformer le système politique thaïlandais afin de le rendre plus démocratique, la Terre doit être plate, il doit y avoir des fées dans nos jardins et les étrangers doivent être en mesure de contrôler nos pensées à travers la télévision !!

Pourtant, il ne manque pas de lèches-bottes, serviles, sournois, réactionnaires qui se bousculent pour participer aux anti-réformes de l'armée. Parmi eux se trouve des universitaires de droite, des juges, la Commission électorale, les gens du milieu des affaires et des responsables civils et militaires. Ils affirment sans honte que cela va "réformer" la Thaïlande et nous mettre sur la voie de la liberté et de la paix.

Il ne manque pas aussi de journalistes de caniveau dans les journaux Bangkok Post et The Nation qui rapportent ce cirque comme s'il s'agissait d'un véritable processus de réforme.

Enfin, il y a les militants pathétiques des ONG et les pires sections du mouvement syndical qui font des pieds et des mains afin de monter dans le train anti-réforme en faisant des suggestions pour la junte. Ils sont soit des opportunistes bon marché soit des idiots politiques. Peut-être bien qu'ils sont les deux.

Mais la création d'une "démocratie guidée de style birman", où les militaires et leurs alliés contrôlent le pouvoir quelles que soient les résultats des élections, sera instable en Thaïlande. Les gens ont une longue tradition de lutte pour la démocratie et ils ne toléreront pas longtemps le tournant de l'horloge vers le retour au bon vieux temps de la dictature.

Lorsque le combat pour la démocratie reprendra en force, nous aurons à balayer tous les courtisans serviles des militaires et du pouvoir et devrons leur refuser tout rôle dans l'édification d'un système démocratique à venir.

Giles Ji Ungpakorn

Giles Ji Ungpakorn

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