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16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 12:33

Publiée en anglais par le site New Mandala

Lien de l'interview en anglais:

http://asiapacific.anu.edu.au/newmandala/2013/04/15/interview-with-joe-gordon-lese-majeste-and-democracy/


Ceci est une interview spéciale avec Joe Gordon (Lerpong Vichaikhammart), qui a été inculpé de lèse-majesté en 2011, puis condamné à deux ans et demi d'emprisonnement.
Il a été interviewé à Los Angeles aux Etats-Unis le 24 Mars 2013 par Pavin Chachavalpongpun, professeur associé du Centre d'études sur l'Asie du Sud-est de l'Université de Kyoto


Pavin Chachavalpongpun: Depuis votre retour aux États-Unis, qu'avez-vous fait?
Joe Gordon: Je suis dans un processus de réajustement. Après mes expériences horribles de la vie en prison thaïlandaise, je suis toujours troublé et le fait que je n'ai jamais reçu de justice a joué dans mon esprit. Le problème est l'article 112 (loi de lèse-majesté), il permet à quiconque de déposer une plainte contre d'autres bon gré mal gré. Je ne savais pas que quelqu'un avait déposé une plainte contre moi. Plus important encore, les juges thaïlandais, ceux qui ont examinés les accusations portées contre moi, étaient politisés. Ils ne se sont jamais considérés comme caution dans mon cas. Encore aujourd'hui, ces expériences sont traumatisantes et reflètent les actions non-civilisées qui entourent la question de la lèse-majesté. Après ma libération de prison le 10 Juillet 2012, je suis immédiatement retourné aux États-Unis et j’ai subi une réhabilitation progressive, à la fois physiquement et mentalement.
Pavin Chachavalpongpun: Avez-vous le projet de retourner en Thaïlande?
Joe Gordon: Je suis allé en Thaïlande en tant que touriste américain ayant en ma possession un passeport américain. Mais quand j'ai été arrêté, les autorités thaïlandaises ont affirmé que j'étais encore citoyen thaïlandais. En d'autres termes, ils ont forcés la "Thainess" sur moi. Le processus judiciaire thaïlandais manque sérieusement de normes. Tant que la loi de lèse-majesté existera, la Thaïlande restera antidémocratique. L'article 112 supprime notre liberté d'expression. Il ne permet pas une opinion franche sur la monarchie thaïlandaise. Au lieu de cela, il crée un climat de peur parmi le peuple.
Pavin Chachavalpongpun: Votre point de vue sur la loi de lèse-majesté?
Joe Gordon: Si la Thaïlande veut devenir une nation civilisée, elle doit abolir cette loi anachronique. Le monde a changé. Et la Thaïlande n'est plus sous le régime de la monarchie absolue. La monarchie thaïlandaise devra agir comme prescrit par la Constitution. Elle devra s'adapter à l'évolution des circonstances politiques et sociales. La monarchie britannique a survécu principalement parce qu'elle a appris à vivre avec la démocratie. En outre, le budget de la monarchie doit être transparent et responsable. Et puisque les membres de la famille royale sont des personnages publics, ils doivent être ouverts à la critique. La glorification de la monarchie a lieu depuis longtemps en Thaïlande, c'est irréaliste et c'est une fabrication. D'autres institutions qui ont forgé des liens intimes avec la monarchie devront s'adapter aussi. Par exemple, le pouvoir judiciaire, connu pour être un instrument de la monarchie, est également en crise. Tant qu'ils ne sont pas prêts à vivre avec une nouvelle réalité, une véritable démocratisation de la Thaïlande ne sera pas possible.
Pavin Chachavalpongpun: Votre point de vue sur le mouvement des Chemises rouges aux Etats-Unis?
Joe Gordon: Je souhaite que les Chemises rouges de Los Angeles travaillent plus étroitement ensemble afin d'augmenter leur voix et leur potentiel. Pourtant, ils ont fait un bon travail en matière de sensibilisation sur la situation politique en Thaïlande. J'espère qu'il y aura plus d'activités parmi les chemises rouges d'ici et je suis heureux d'y participer. Pour ma part, je vais continuer à faire campagne pour l'abolition de la loi de lèse-majesté à travers les réseaux sociaux, tels que par ma propre page Facebook. J'espère que cela mettra en lumière les problèmes de cette loi, à la fois pour les Thaïlandais et pour le reste du monde. Après 14 mois de prison, il est impossible pour moi de garder le silence sur ces questions.
Pavin Chachavalpongpun: Les conditions de détention de la prison?
Joe Gordon: Terribles. Les prisons thaïlandaises sont fétides et décrépites, elles ont été délaissées pendant des années et sont dans un état de délabrement. Les médecins ne sont généralement pas disponibles et, quand ils sont sur place, ils refusent généralement de répondre aux besoins des détenus. Ils traitent les prisonniers de façon bien pire qu'ils traitent les animaux. En outre, les agents se montrent préjudiciaux, en particulier vis-à-vis des détenus pour lèse-majesté qui sont durement traités. Après qu'un certain nombre de Chemises rouges se soient plaint au gouvernement de Yingluck Shinawatra à propos des conditions de détention déplorables, il y a eu une légère amélioration avec quelques zones des prisons mise à niveau. La violence physique contre les prisonniers a aussi disparu. Je rejette personnellement l'idée de séparer ceux qui sont prisonniers politiques de ceux qui sont emprisonnés pour lèse-majesté. Mais cet appel a, jusqu'ici, été infructueux. Aujourd'hui, les prisonniers accusés d'infraction à la loi 112 sont placés dans les mêmes cellules que les autres criminels. Les prisons sont surpeuplées. Nous devons vivre côte à côte avec ceux qui souffrent du sida, de la tuberculose et d'autres maladies transmissibles.
Pavin Chachavalpongpun: Quel a été l'assistance du gouvernement américain?
Joe Gordon: Depuis que je suis revenu aux États-Unis, je n'ai pas eu de contact avec les autorités américaines. Toutefois, dans le processus pour être émancipé, l'ambassade américaine à Bangkok s'est bien occupée de moi. Alors que j'étais en prison, des agents de l'ambassade américaine m'ont rendus visite régulièrement, et les visites ont augmenté lors de mes derniers jours en prison. Ils ont suivi la pétition pour un pardon royal. Une fois libéré, j'ai été embarqué par des agents de l'ambassade dans le milieu de la nuit pour éviter l'attention des médias. Ils voulaient que je parte de Thaïlande le plus rapidement possible. Alors que j'attendais pour mon départ, j'ai été placée dans une "maison sûre", principalement pour avoir un contrôle médical complet. Les agents de l'ambassade m'ont finalement conduit à l'aéroport. Ils voulaient être sûrs que je puisse effectivement quitter la Thaïlande sans être harcelé par qui que ce soit. J'ai volé sur United Airlines. A ce moment là, la mission de l'ambassade américaine avait pris fin.
Pavin Chachavalpongpun: Comment voyez-vous le rôle des universitaires dans la campagne pour l'abolition de la loi 112?
Joe Gordon: Je les admire pour leur courage et leur prise de position claire en ce qui concerne la loi lèse-majesté et le rôle de la monarchie dans la politique. Mais la poussée de la communauté universitaire ne suffit pas. Nous avons besoin d'un soutien de masse pour apporter de réels changements. Il nous manque encore un dirigeant qui soutiendrait des rassemblements et transformerait ces appels abstraits en actions pratiques. Mais comme je l'ai dit, je suis heureux de constater le rôle courageux des universitaires qui offrent leurs connaissances et prennent des responsabilités tout en exprimant leurs opinions sans crainte.

Quelques liens en français sur l'affaire Joe Gordon:

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-joe-gordon-104221998.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-lettre-du-prisonnier-politique-joe-gordon-au-president-obama-107802317.html

http://liberez-somyot.over-blog.com/article-le-prisonnier-politique-joe-gordon-libere-108018621.html

 

Ci-dessous: une photo de Joe Gordon alors qu'il était emprisonné en Thaïlande

 

Joe Gordon

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 17:35

Un article de Pravit Rojanaphruk

 

Lien de l'article en anglais:

http://www.nationmultimedia.com/politics/Somyos-face-of-free-speech-group-30203944.html


Les dirigeants du groupe des "gens sans visage" n'ont jamais rencontré le condamné pour lèse-majesté Somyot Prueksakasemsuk. Mais troublé par le sort de l'ancien rédacteur en chef emprisonné de la défunte revue "Voice of Taksin" et par l'interdiction de lire des documents critiques envers l'institution de la monarchie, ils ont décidé d'enfiler des masques de Somyot en public.

Le groupe, composé d’une dizaine de membres, a été repéré trois fois lors de la récente "Foire Nationale du Livre" au "Queen Sirikit Convention Centre", causant tout un émoi.

"Nous avons vu la promotion de Bangkok comme capitale mondiale du livre cette année. Mais comment pouvons-nous être une capitale mondiale du livre quand les gens sont interdits de lecture? Des gens ont été emprisonnés pour avoir publié des livres, et nous devrions être une capitale mondiale du livre?" a demandé Wirapa Angkoontassaniyarat, une dirigeante des "gens sans visage" et ancienne écrivain dans un grand magazine mensuel.

Un autre membre clé du groupe, un homme qui a demandé à être appelé seulement comme "Uan", a déclaré que la formation d'un tel groupe était un moyen commode pour s'opposer à la loi de lèse-majesté, qui conduit à un emprisonnement maximal de 15 ans. Il a dit qu'il n'avait pas l'intention de rendre visite à Somyot, qui a été condamné à 10 ans suite à la publication par sa revue de deux articles jugés offensants pour la monarchie, mais qui auraient été rédigés par l'ancien ministre Jakrapob Penkair.

"Lek", une femme de 33 ans, est le troisième membre clé du groupe, et a également demandé que son identité ne soit pas révélée. Elle a dit qu'elle aurait fait la même chose si quelqu'un d'autre devait être emprisonné pour avoir simplement été l'éditeur d'une publication. "Nous voulons juste avoir la liberté de lire", a déclaré Lek.

Wirapa a expliqué que les sept volontaires s'étaient réunis après avoir médiatisés leurs activités sur Facebook. Sentant la colère croissante parmi les gens de divers horizons qui ont rejoint les protestations, elle a averti que de tels mouvements pourraient croître aussi longtemps que les Thaïlandais ne jouiraient pas de la liberté de lire des publications critique envers la monarchie. "Si vous bloquez l'information, les choses vont entrer dans la clandestinité et créer un fossé encore plus large dans la société", a-t-elle prédit.

Photo ci-dessous: lors d'une récente manifestation, des Thaïlandais ont réclamés le droit à la liberté de parole

 

DSC09951

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14 avril 2013 7 14 /04 /avril /2013 12:58

Un article de Robert Amsterdam

Lien de l'article en anglais:

http://robertamsterdam.com/thailand/2013/04/09/justiceforthedeadofkokwua/


Terdsak Phungkinchan n'était âgé que de 29 ans quand la balle du tireur d'élite a pris sa vie. Il y a trois ans aujourd'hui, le 10 Avril 2010, il est tombé, mortellement blessé, sur le tarmac dur d'une rue de Bangkok. Le tir utilisée contre Terdsak, malgré qu'il soit très clair pour la personne qui a appuyé sur la gâchette que sa victime était complètement désarmé et ne présentant pas de menace pour quiconque, était mortel et destiné à l’être. Le seul mot qui peut être utilisé pour décrire cet acte est "assassinat" et mon cabinet d’avocat continu de faire tout son possible pour conduire les responsables à la justice.
Il ne peut pas non plus y avoir d'équivoque en ce qui concerne l'analyse de la force utilisée contre les Chemises rouges à Kok Wua cette nuit terrible d'Avril 2010, elle a été conçue exclusivement pour tuer. Et elle a tué. 21 manifestants chemises rouges sont tombés sous une grêle de balles tirées par les fusils de l'armée à qui l'ancien Premier ministre thaïlandais Abhisit Vejjajiva avait ordonné de nettoyer les rues de Bangkok. En outre, cinq soldats de l'armée thaïlandaise sont morts, leur vie se terminant dans ce qui peut seulement être décrit comme étant des circonstances mystérieuses, tandis qu'une enquête sur la mort du cameraman japonais, Hiro Muromoto, est toujours en cours. Tous ces actes ont laissés des veuves et des mères encore plus accablées de douleur.
Du fait qu’il n’y a pas eu de justice pour toutes ces victimes, la tragédie d'Avril 2010 est toujours en cours aujourd'hui. La Thaïlande n'est pas encore en paix avec elle-même et, depuis cette nuit-là, les familles des victimes ont été laissées avec plus de questions que de réponses.
Pour avoir une idée de la profondeur du sentiment qu'a suscité le massacre du 10 Avril à Kok Wua, ne cherchez pas plus loin que le livre remarquable publié en thaï par la Fondation des Martyrs de la Démocratie dont le titre se traduit approximativement par: "Les morts ont un visage et ceux qui ont été tués avaient une vie". Ce livre donne la parole aux victimes d'Avril 2010, un cri qui doit être entendu si la Thaïlande souhaite une véritable réconciliation.
Par exemple, la mère de Terdsak, Suwimon, a déclaré aux auteurs de ce livre exceptionnel:
"Au fond, j'ai toujours envie de me battre pour mon fils parce qu'il était innocent, il ne méritait pas de mourir, il n'aurait pas dû être traité comme ça. Je me sens comme quelqu'un qui ne peut pas faire grand-chose car nous sommes juste des gens ordinaires ... Je n'oublierai jamais cela. "
Ce sont ces mots de Suwimon que nous devrions méditer alors que nous commémorons le 10 Avril 2010 - "Je veux toujours me battre pour mon fils."

Les mères des Chemises rouges tombés sous les balles de l’armée, contrairement aux commentateurs, politiciens et, oserais-je dire, aux avocats, ne peuvent pas " tout simplement" oublier. Nous pouvons et devons offrir notre soutien et notre solidarité à Suwimon dans sa lutte pour la justice.
Le tailleur Wasan Puthong, âgé de 39 ans, est une autre victime du massacre de Kok Wua. Sa jeune sœur, Numthip, qui est également cité dans "Les morts ont un visage et ceux qui ont été tués avaient une vie" dit:
Aujourd'hui, il me manque toujours car nous avions travaillé ensemble pendant si longtemps. Chaque fois que je me retourne, je le vois car nous étions ensemble tous les jours et toutes les nuits.... Il est difficile pour moi d'accepter cela.
Le commentaire de Numthip sur le décès d'un frère dans des circonstances si odieuses est un reflet qui convient. Le manque de justice continuera de rendre difficile pour les victimes de Kok Wua de simplement "accepter cela".
Aujourd'hui (NDT le 10 avril 2013), mon bureau a eu l'honneur de parler au beau-frère de Wasan, Klin, et c'est avec ses paroles que nous allons terminer. Ses mots doivent être notre bannière alors que nous passons une autre année où nos proches nous ont été enlevés.
"Il n'y a pas encore de justice car les auteurs [de ces crimes] n'ont pas encore eu à rendre compte. Nous allons continuer à lutter pour cette justice."

 

Photo ci-dessous: un Chemise rouge assassiné par l'armée thaïlandaise à Kok Wua le 10 Avril 2010

chemise-rouge-tue.jpg

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 12:28

Un article de Pravit Rojanaphruk

Lien de l'article en anglais:

http://www.nationmultimedia.com/politics/Staunch-Thaksin-critic-agrees-to-take-Somyos-appea-30202883.html


L'ancien commissaire de la Commission Nationale des Droits de l'Homme Vasant Panich a déclaré qu'il défendrait le cas du condamné pour lèse-majesté Somyot Prueksakasemsuk à la Cour d'appel.
Cette nouvelle pourrait apparaitre comme une surprise pour certains car Vasant est un critique virulent bien connu de l'ancien Premier ministre évincé Thaksin Shinawatra, alors que Somyot était le rédacteur en chef de la désormais défunte revue "Voice of Taksin".

Vasant, 65 ans, a expliqué que sa décision de représenter Somyot était une question de principe, car il est persuadé que l'homme est innocent et devrait au moins être libéré sous caution.

"Je peux être en désaccord avec beaucoup de choses liées à Thaksin, mais les gens ont le droit de penser différemment", a déclaré Vasant, qui est maintenant directeur de l'Institut des Juristes et Droits de l'Homme, au journal The Nation.

Vasant a dit que Sukanya, la femme de Somyot, lui avait demandé de représenter son mari et qu'il avait accepté de le faire parce qu'il croyait que Somyot n'aurait pas dû être emprisonné, surtout depuis la loi sur la presse, qui exige que les éditeurs soient responsable de tous les articles, n'existe plus depuis 2007.

Il a ajouté que Somyot avait clairement affirmé, dans son témoignage, que la personne derrière le nom de plume de Jit Polachan était Jakrapob Penkair, un ancien ministre, qui est maintenant en exil auto-imposé. Il a également souligné que des membres du personnel de la revue avaient témoignés au tribunal que Somyot n'avait probablement pas lu les deux articles avant leur publication. Par ailleurs, Vasant a affirmé qu'il ne voyait rien qui violait la loi de lèse-majesté dans ces articles. Somyot a été condamné à une peine de prison de 10 ans.

 

Photo ci-dessous: Vasant Panich

 

Vasant.jpg

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 16:56

Lien en anglais:

https://www.facebook.com/pages/%E0%B8%88%E0%B8%B1%E0%B8%81%E0%B8%A3%E0%B8%A0%E0%B8%9E-%E0%B9%80%E0%B8%9E%E0%B9%87%E0%B8%8D%E0%B9%81%E0%B8%82-Jakrapob-Penkair/560398830659767#!/photo.php?fbid=568768386489478&set=a.567695279930122.1073741828.560398830659767&type=1&theater

Traduction en français:

Mes chers chemises rouges du monde entier

Vous rappelez-vous la signification du 10 Avril? Nous nous rappelons toujours le 14 Octobre comme l'un des premiers temps, où le peuple thaïlandais s'est soulevé et a exigé ses droits de citoyens et la liberté, ce qui a entraîné tant de courageux morts autour du palais privé de Chitralada du Roi. Nous nous rappelons toujours le 6 Octobre comme un jour où les gens ont soulignés ce qui était bien et mal dans ce pays, ce pourquoi ils ont été brutalement massacrés. Nous nous rappelons toujours de Mai 1992, une journée où les gens se sont directement confrontés à l'armée, l'outil majeur de l'ancien pouvoir de Thaïlande, avant de se faire tuer eux-aussi. Et nous nous souvenons que quelqu'un nous a dit que tout allait bien, que les ennemis rejoignaient leurs mains et qu'il fallait rentrer à la maison maintenant, sans aucune autre explication jusqu'à nos jours. "Le Songkran  (Festival de l'eau) sanglant" de 2009 et les massacres d'Avril et Mai de 2010 font parti des objectifs généraux de la nouvelle demande pour plus de démocratie et ont fait face à la même vieille brutalité.

Mais le 10 Avril est unique et différent de ces autres journées. Le 10 Avril a été le jour où les gens sont devenus convaincus de leur droit en tant que propriétaire de la nation thaïlandaise, le jour ou leurs craintes ont cessées et ou ils sont passés à l'offensive lors de la confrontation avec l'armée envoyée pour les massacrer dans l'avenue Rachadamnoen de Bangkok. Leurs mouvements offensifs, qui ont forcé des soldats à remettre leurs armes et à se retirer, sera toujours un triomphe symbolique de la démocratie. Bien que perdu pour un temps lors du mois de mai de la même année, le mental et l'esprit du 10 Avril ont été fixés en permanence parmi les Thaïlandais, et personne ne peut le leur prendre. C'est la grande et capitale victoire politique du peuple thaïlandais. C'est une façon d'expliquer que le mouvement pour la démocratie est encore en marche de façon constante. Nous nous contentons de diviser la responsabilité politique dans son ensemble entre les rôles parallèles d'un gouvernement (avec une puissance limitée) et de plus grands et plus profonds [pouvoirs] qui continent à imposer leur "modèle" pour l'avenir de la Thaïlande.

Le mental et l'esprit du 10 Avril font parti de l'art. Nous devrions les mémoriser sérieusement, sans cesse, et enseigner ce souvenir dans les manuels scolaires. Je partage mes larmes [de tristesse] pour ceux qui sont tombés, et plus encore mes larmes de gratitude pour la voie qu'ils ont tracés.

Jakrapob Penkair
Le 10 avril 2013

Photo ci-dessous: Jakrapob Penkair

 

Jakrapob.jpg

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11 avril 2013 4 11 /04 /avril /2013 08:23

Environ 3000 manifestants chemises rouges, selon la police, se sont rassemblés ce mercredi 10 avril à Bangkok à l'occasion de l'anniversaire de la répression de leur mouvement en 2010.

Les manifestants se sont rendus au Monument de la Démocratie où une vingtaine de Chemises rouges étaient tombées, il y a trois ans, sous les balles des militaires.

Le massacre qui a suivi s'était prolongé jusqu'au 19 mai 2010 et avait fait plus de 90 morts et 1 900 blessés parmi les Chemises rouges.

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 07:45

Un appel d'International Solidarity for Thailand

 

Appel à la solidarité internationale pour le 1er mai - Libérez Somyot, tous les prisonniers politiques thaïlandais et abolissez la loi de lèse-majesté (article 112)

 

Lien de l'appel en anglais

 

sur Facebook:

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.459007874154765.102307.100001366680656&type=3#!/notes/international-solidarity-for-thailand/call-for-international-solidarity-message-for-1-may-free-somyot-free-all-thai-po/561821113849853

 

sur le site Political Prisoners of Thailand:

http://thaipoliticalprisoners.wordpress.com/2013/04/08/the-urgent-need-to-free-all-political-prisoners/

 

Top of Form 1

Cher tous, camarades et amis
Chaleureuses salutations
Nous faisons appel à tous nos amis et camarades pour affirmer leur soutien à la solidarité internationale des travailleurs vis-à-vis de la lutte pour la démocratie en Thaïlande.
Le verdict et la peine sévère du militant syndical Somyot, le 23 janvier 2013, et l'utilisation continue de la loi de lèse-majesté afin d'emprisonner des militants et des civils thaïlandais est un signe que la situation des droits de l'homme et de la démocratie s'aggrave en Thaïlande. Un pays démocratique ne permet pas de prisonniers politiques ni d'utilisation de lois draconiennes pour réprimer la liberté d'expression.
La loi de lèse-majesté (article 112) est un droit féodal, promulgué en 1958, au nom de la protection de la monarchie et utilisé de façon abusive contre le mouvement progressif, le mouvement ouvrier et paysan ainsi que les étudiants. En réalité, cette loi sert à préserver un système oppressif et est utilisée contre ceux qui affectent les intérêts de classe du pouvoir en place. Tant que la loi de lèse-majesté/article 112 restera en vigueur en Thaïlande, il n'y aura pas de droits réels pour les pauvres ou la classe ouvrière. Il n'y aura pas de démocratie pour tous.
Dans l'esprit de solidarité internationale des personnes et de la démocratie ouvrière, nous devons continuer à faire entendre nos voix jusqu'à ce que tous les prisonniers politiques soient libres en Thaïlande.
Ayons une voix forte surtout en cette importante journée - le 1er Mai est la journée internationale du Travail.
Nous appelons les mouvements syndicaux à diffuser et à lire la déclaration de solidarité pour appeler à la libération de Somyot et celle de tous les prisonniers politiques de Thaïlande ainsi qu'à l'abolition de la loi de lèse-majesté (Article 112) et à réaliser des affiches/bannières qui véhiculent les mêmes messages.
S'il vous plaît diffusez le message de solidarité et brandissez les affiches préparés par nous. N'hésitez pas à le lire lors des manifestations pendant la journée du 1er Mai.

C'est le message du mouvement international du travail de solidarité pour nos camarades et amis thaïlandais, Somyot et tous les autres prisonniers politiques pour lèse-majesté:
Nous sommes toujours avec vous tous et nous continuerons à appeler pour votre liberté et l'abolition de la loi de lèse-majesté/article 112.
En solidarité
Groupe de soutien de Malaisie pour la démocratie en Thaïlande.
Ps: S'il vous plaît envoyer les photos de vos actions et vos déclarations de solidarité sur ces pages Facebook ou envoyez aux pages un message privé.

Lien d’International Solidarity for Thailand:
https://www.facebook.com/pages/International-Solidarity-for-Thailand/120794617952386?ref=hl


Lien de Free Somyot:
https://www.facebook.com/pages/Free-Somyot/122999694453000?ref=hl


PS: Des posters peuvent être sélectionnés sur ce lien:
https://www.facebook.com/media/set/?set=a.558866517478525.1073741825.120794617952386&type=1


Voici le projet de message de solidarité que vous pouvez utiliser pour l'événement de la journée du 1er Mai dans votre pays:
Message de solidarité: 1er Mai 2013
"Libération de Somyot et de tous les prisonniers politiques, abolition de la loi de lèse-majesté en Thaïlande"
Aujourd'hui, nous nous réunissons pour commémorer le 1er Mai, jour des travailleurs. Rappelons-nous les luttes de nos frères et sœurs pour améliorer nos conditions de travail et notre vie. Tous nos droits en tant que travailleurs ont été remportés par de longues et dures batailles. Actuellement dans le monde entier, les militants ouvriers font face, non seulement aux défis des patrons et des propriétaires, mais aussi aux gouvernements qui utilisent des lois injustes ou militaires pour les empêcher de s'organiser. Beaucoup de nos frères et sœurs sont en prison à cause de cette répression.
Dans de nombreux pays en Asie, nous continuons à voir des attaques contre les droits syndicaux et démocratiques. Par exemple, la Thaïlande a subi 26 coups d'Etat militaire lors de son histoire moderne. La situation des défenseurs des droits humains et du travail en Thaïlande est devenue très difficile. Depuis le coup d'État de 2006, l'utilisation généralisée de la loi répressive de lèse-majesté (article 112 du Code pénal de Thaïlande) a conduit à l'emprisonnement de nombreux militants et citoyens thaïlandais ainsi qu'étrangers.
Le 23 janvier 2013, le militant du travail et journaliste, Somyot Prueksakasemsuk, a été condamné à 10 ans de prison (ainsi qu'à une autre année de prison avec sursis) pour avoir prétendument diffamé la famille royale thaïlandaise.
Le cas de Somyot a attiré l'attention internationale sur la situation en Thaïlande.
Il est devenu évident pour tous que l'article 112 est utilisé par le gouvernement thaïlandais et l'élite dirigeante pour étouffer la dissidence et réprimer les militants progressistes ainsi que leurs organisations. L'article 112 empêche les gens de faire valoir leurs droits civils et politiques en exprimant des opinions hostiles au régime au pouvoir.
Dans un tel climat de peur et de répression, l'organisation des lieux de travail et de mener des campagnes par les travailleurs et les syndicats devient très difficile.
Nous appelons tous les syndicats et les organisations progressistes à travers le monde à continuer de défendre et de soutenir nos frères et sœurs en Thaïlande.
Par conséquent, à l'occasion de la Journée du 1er Mai 2013, la journée internationale des travailleurs, nous voulons affirmer notre solidarité à tous les militants emprisonnés, torturés et qui souffrent en Thaïlande et dans le monde entier:
Nous condamnons l'usage par le gouvernement thaïlandais de l'article 112 (loi de lèse-majesté) contre ses opposants et dénonçons son utilisation comme étant une atteinte aux droits humains fondamentaux.
Nous appelons le gouvernement thaïlandais à abandonner les charges contre Somyot Prueksakasemsuk, et à libérer tous les autres prisonniers politiques détenus en vertu de l'article 112.
Nous demandons également la suppression de l'article 112."

 

Ci-dessous: exemples d'affiches à imprimer et à brandir lors des manifestations du 1er Mai

 

FREEPP9Fr 

 

Liberez Somyot2 

 

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 14:54

Les Chemises rouges Pinit Chanarong et Saichon Paebua ont été acquittés la semaine dernière de leur inculpation pour les attaques incendiaires contre le centre commercial Central World, le 19 mai 2010. Au moment de leur libération, ces deux hommes, reconnus innocents par la justice, avaient cependant passés trois ans en détention préventive sans pouvoir bénéficier de la libération sous caution (contrairement aux dirigeants des Chemises jaunes, Sondhi Limtongkul et Chamlong Srimuang, inculpés de terrorisme suite à l'occupation en 2008 des aéroports internationaux de Bangkok et la prise en otage de milliers de touristes étrangers qu'ils ont organisés et qui sont toujours en liberté sous caution sans n'avoir jamais passé ne serait-ce qu'une nuit en prison pour leurs crimes).

Ci-dessous, une interview des deux acquittés par le journal en ligne "Thai Red Shirts" (TRS).

Lien de l'interview en anglais:

http://thairedshirts.org/2013/04/06/free-at-last/

 

TRS: Comment vous sentez-vous depuis que vous êtes sortis de prison? Vous attendiez-vous à ce résultat?
Pinit: C'est génial. Je tiens à dire que je m'attendais à être acquitté pendant tout ce temps, parce que je ne pouvais pas m'imaginer purgeant une peine pour un crime que je n'ai pas commis. Mais le fait que j'ai malgré tout été en prison pendant trois ans avait imbibé ma confiance. Je suis reconnaissant que le juge ait eu pitié de moi.
Saichon: Je suis tellement heureux! Pour être honnête, je ne m'attendais pas à être acquitté, je m'attendais au pire. Lorsque le juge a lu le verdict je ne pouvais pas retenir mes larmes de joie. Mais je pense aussi à mes amis qui sont toujours en prison, je m'inquiète à leur sujet. Nous avons besoin d'une amnistie pour les prisonniers politiques, et il faut que cela se fasse rapidement.
TRS: Pourquoi avez-vous participé aux manifestations de 2010?
Pinit: Nous marchions pour la démocratie. Je voulais que le gouvernement non élu post-coup d'État soit dissout [NDT: celui d'Abhisit Vejjajiva] et que de nouvelles élections aient lieu.
TRS: Quand et où avez-vous été arrêté?
Pinit: j'ai été arrêté alors que je sortais de Wat Pathum, j'avais entendu dire que c'était une zone sécuritaire, exempt de tir réel, mais les balles volaient tout autour de moi. La police qui m'a arrêté m'a battue et a utilisé un pistolet taser sur moi jusqu'à ce que je perde connaissance. J'ai été accusé d'incendie criminel après avoir été en prison pendant un mois avec d'autres prisonniers chemises rouges.
Saichon: J'ai aussi été frappé par la police quand j'ai été arrêté. Je n'ai été informé des accusations d'incendie criminel que le jour de mon arrestation, et gardé au poste de police de Chana Songhklan pendant plusieurs jours.
TRS: Pensez-vous que vous avez eu un procès équitable?
Pinit: Oui, je le pense. Mais je pense aussi que le système de justice en Thaïlande manque de normes claires. J'ai eu de la chance. D'autres prisonniers politiques n'ont pas reçu un traitement équitable. La procédure judiciaire pendant le gouvernement d'Abhisit était injuste.
TRS: Quelles étaient les conditions à l'intérieur des prisons?
Pinit: Tout d'abord, ça a été horrible de voir mes demandes de liberté sous caution refusées à six reprises. J'ai passé un moment très stressé et déprimé en prison. J'ai passé un an et demi à la maison d'arrêt de Bangkok, qui est gravement surpeuplé. Il était très difficile d'obtenir des visites de mes amis et de ma famille. Ensuite, j'ai été transféré à la prison de Laksi [Note: Laksi est une prison temporaire pour les prisonniers politiques] qui était beaucoup plus confortable. Pour être honnête, mon temps en prison m'a formé à la patience. A Laksi J'ai aussi beaucoup appris sur l'histoire thaïlandaise et sur la politique grâce à d'autres prisonniers, je me sens très bien informé maintenant.
Saichon: J'ai passé plus d'un an en détention provisoire à la maison d'arrêt de Bangkok avant d'être transféré à Laksi, et je suis d'accord, Laksi est beaucoup plus confortable. Il y est possible d'obtenir des visites d'autres chemises rouges, et le soutien qu'ils ont fourni est inestimable.
TRS: Quel type de soutien avez-vous reçu de l'extérieur?
Pinit: J'ai reçu beaucoup d'aide de la part des Chemises rouges, dont de la nourriture et des produits de première nécessité. Surtout, ils nous ont rendu visite, nous ont parlé et nous ont fourni un grand confort. J'ai aussi reçu une aide médicale d'une organisation des droits de l'homme dont je ne peux pas me rappeler le nom.
Saichon: Les Chemises rouges nous apportaient de la nourriture ainsi que des produits de première nécessité et nous ont soutenus tout au long de notre séjour en prison. Je ne pourrais jamais remercier assez suffisamment les bénévoles chemises rouges comme Tui qui ont pris tant de temps de leur vie ordinaire pour prendre soin de nous. Ils sont la raison pour laquelle j'ai survécu aussi longtemps.
TRS: Quels sont vos projets pour l'avenir?
Pinit: Je veux rentrer chez moi en Isaan [NDT: Nord-est de la Thaïlande] et ouvrir une boutique avec l'argent des compensations que j'espère pouvoir recevoir du gouvernement. Mais avant de penser à des plans d'affaires, je veux devenir un moine pendant un petit moment. Je me suis inspiré en prison et j'ai besoin de le faire.
Saichon: J'ai l'intention de se lancer en affaires avec ma mère. Je suis très optimiste quant à l'avenir, je suis libre maintenant. Mais l'amnistie pour mes amis emprisonnés sera toujours dans mon esprit.
TRS: Que pensez-vous à propos de l'avenir de la démocratie thaïlandaise?
Pinit: Je rêve de la démocratie en Thaïlande. Je suis heureux que le gouvernement actuel ait été élu démocratiquement, mais je ne peux pas trop attendre de lui. Je sais que le conflit politique thaïlandais est toujours en cours. La démocratie ne sera pas facile, mais nous sommes sur la bonne voie.

Photo ci-dessous : Pinit Chanarong (à gauche) et Saichon Paebua (à droite)

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7 avril 2013 7 07 /04 /avril /2013 12:56

Ci-dessous, un article de l'AFP (Agence France Presse) sur Akechai (ou Eakachai) Hongkangwan, le dernier condamné pour lèse-majesté en Thaïlande:

Thaïlande: prison pour un homme qui avait vendu un documentaire sur le roi

Un Thaïlandais a été condamné jeudi à Bangkok à trois ans et quatre mois de prison pour avoir vendu des copies d'un documentaire australien controversé sur la famille royale, a indiqué son avocat.
Eakachai Hongkangwan, 37 ans, est le dernier en date d'une longue série de Thaïlandais condamnés pour avoir porté atteinte à la famille royale, protégée par une des lois de lèse-majesté les plus sévères du monde.
"Le tribunal l'a jugé coupable de lèse-majesté et l'a condamné à cinq ans", une peine réduite à trois ans et quatre mois "en raison de son témoignage utile", a précisé Anon Numpa, indiquant que son client ferait appel.
Il devra également payer une amende de 64.000 bahts (1.700 euros) pour avoir vendu des DVD sans autorisation.
Le film avait été diffusé par la chaîne publique Australian Broadcasting Corporation (ABC) en avril 2010, alors que les "chemises rouges" antigouvernementales occupaient Bangkok pour obtenir la démission du gouvernement de l'époque.
Bangkok avait prévenu Canberra que les relations bilatérales en seraient affectées.
La famille royale, qui n'a aucun rôle politique officiel, est un sujet extrêmement sensible en Thaïlande où le roi Bhumibol, âgé de 85 ans, jouit auprès de certains de ses sujets d'un statut de demi-dieu.
La justice a multiplié ces dernières années les lourdes peines et les arrestations pour des propos jugés insultants à son endroit, entraînant des critiques de la communauté internationale et des défenseurs des droits de l'Homme.
Le débat autour de cette loi est également devenu brûlant, voire agressif, au sein de la société thaïlandaise, après la mort en prison l'an dernier d'un grand-père, condamné à 20 ans pour quatre SMS jugés insultants envers la monarchie. Le dossier est devenu un symbole de la lutte pour la liberté d'expression.
AFP

Photo ci-dessous: Akechai (ou Eakachai) Hongkangwan

Akachai-Hongkangwan-010

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 09:22

Déclaration de la Fédération Internationale des Droits de l'Homme

 

Lien:

http://www.fidh.org/Press-Release-THAILAND-Thai-human-rights-defender-and-editor-Somyot-files-13123

 

Communiqué de presse: THAÏLANDE: L'éditeur défenseur thaïlandais des droits humains Somyot dépose un recours

Paris-Genève, le 4 Avril 2013

La Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH) et l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT), dans le cadre de l'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, demandent à la Cour d'appel de réexaminer dès que possible la condamnation du défenseur thaïlandais des droits humains et militant syndical M. Somyot Prueksakasemsuk en conformité avec les normes internationales relatives aux droits de l'Homme.
Le 1er Avril 2013, M. Somyot Prueksakasemsuk a fait appel de sa condamnation et a déposé une demande de libération sous caution. Le tribunal doit d'urgence examiner la demande de libération sous caution et l'appel. Le 30 avril 2013 marquera le deuxième anniversaire de la détention de Somyot. Somyot été arrêté le 30 Avril 2011, cinq jours après avoir lancé une campagne de pétition pour recueillir 10.000 signatures nécessaires à un examen parlementaire de la loi de lèse-majesté.

L'Observatoire rappelle que le 23 Janvier 2013, Somyot a été condamné par la Cour pénale de Bangkok, en vertu de l'article 112 du Code pénal thaïlandais (la loi de lèse-majesté), à 10 ans de prison pour deux chefs d'accusation de violation de la loi de lèse-majesté ainsi qu'à un an avec sursis pour une infraction à la loi sur la presse en 2009.

Somyot a été condamné car il avait autorisé, en tant que rédacteur en chef, la publication de deux articles satiriques écrits par quelqu'un d'autre, dans le magazine "Voice of Taksin" (Voix des Opprimés) qui ont été considérées comme "insultant" envers la monarchie. La loi de lèse-majesté en Thaïlande interdit toute parole ou tout geste qui "diffame, insulte ou menace le roi, la reine, l'héritier présomptif ou le régent". Cette loi place le pays en violation de ses obligations juridiques internationales à respecter les normes internationales de la liberté d'expression.

"Cette affaire est un test pour la démocratie en Thaïlande. Le lancement d'une pétition pour réviser la loi lèse-majesté et la publication d'articles qui ont été par la suite jugés critique envers la monarchie se situent dans les limites d'opinions et d'expression protégée par l'article 19 de la DUDH (Déclaration universelle des droits de l'homme) et du PIDCP (Pacte international relatif aux droits civils et politiques)", a déclaré Souhayr Belhassen, présidente de la FIDH . "En outre, un éditeur ne doit pas être tenu pénalement responsable pour des articles postés par des tierces personnes".

"La demande de libération sous caution de Somyot devrait être examinée sur la base de critères objectifs. La détention provisoire doit être légale, raisonnable et nécessaire dans toutes les circonstances. Les autorités n'ont pas encore fournies une justification suffisante pour son maintien en détention ou une explication juridiquement valable pour expliquer pourquoi des mesures moins restrictives et non privatives de liberté ne seraient pas suffisantes pour empêcher la fuite et la non-altération des preuves ", a déclaré Gerald Staberock, secrétaire général de l'OMCT.

La répétition du concept mal défini de "sécurité nationale" comme motif pour rejeter les demandes de mise en liberté des accusés en vertu de la loi de lèse-majesté renforce la perception que la criminalisation de la parole est de plus en plus un outil pour légaliser l'oppression en Thaïlande, y compris contre ceux qui documentent les violations des droits de l'homme.

L'Observatoire rappelle qu'en Août 2012, le Groupe de travail des Nations Unies sur la détention arbitraire (UNWGAD) a constaté que la détention provisoire du défenseur des droits humains M. Somyot était en violation des lois et des normes internationales des droits humains et a appelé à sa libération. Il a ajouté que la loi de lèse-majesté en Thaïlande "supprime d'importants débats sur des questions d'intérêt public, mettant ainsi en péril le droit à la liberté d'opinion et d'expression", qui est protégé par l'article 19 du Pacte international relatif aux droits civils et politiques (PIDCP) et par la Déclaration universelle des droits de l'homme (DUDH). L'UNWGAD appelle non seulement à sa libération, mais aussi au versement d'une indemnisation à Somyot.

En conséquence, l'Observatoire réitère son appel à la libération immédiate de Somyot et à la fin du harcèlement judiciaire contre lui.

Contact Presse:
· FIDH: Audrey Couprie / Arthur Manet: + 33 1 43 55 25 18
· OMCT: Delphine Reculeau: + 41 22 809 49 39

S'il vous plaît joignez vous à la campagne Facebook pour la libération de Somyot:

https://www.facebook.com/media/set/?set=a.377638448989122.94336.122999694453000&type=3

 

Liberez Somyot2

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